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"Lnitiation Revue philosophique des Hautes Études ,l PUBLIÉE MENSUELLEMENT sous LA DIRECTION DE PAPUS U O. ’14 Docteur en médecine — Docteur en kabbale 'O 41‘ VOLUME. — 12"“ ANNÉE Numéro Exceptionnel CONSACRÉ A L’ÉTUDE DE LA PROPHETIE (Théorie et application) SOMMAIRE DU N°2 (Novembre 1898) __...__ Notre numéro cœceptionnet sur la prophétie . . . La Direction. Les conditions de la prophétie . . . . . . . . . . Papus.
Prophéties réalisées . . . . . . . . . . . . . . L’avenir de l’Empire d’Allemagne et de Lion XI”. Timothée. Prédictions babysles . . . . . . . . . . . . . . Prophéties de l’abbé Sou/front . . . . . . . . . Étude sur les prophéties et le libre arbitre . . . . Dr P. Rozrer. r La guerre avec I’AngleIerre . . . . . . . . . . . Le grand Pape et le grand Roi . . . . . . . . . L’esprit de prophétie (à suivre) . . . . . . . . . Saturninus.
La prophétie d’Eliphas . . . . . . . . . . . . . Eliphas Lévi. Bibliographie de la prophétie coulemporainc. . . Saturninus. Articles sur lesprophr’lies publiés par (initiation. Les sociétés d’initiation. — Réponse à M. Raymond Duplantier. — Nouvelles diverses. — Errata. — Dernières publications de la librairie Chamuel. — Faculté des sciences hermétiques. — Société des conférences spiritualistes.
Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Ghamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX Fais—Es? un. r
PROGRAMME Les Doctrinès matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société,- de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Ef’frayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, 51donnei une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta— physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue. social, l’Inirimion adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grandsfléaux contemporains: le cle’ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiarion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de I’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiaiion expose les Opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initialique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. ' La sec0nde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides que’stions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaqqe mois et compte déjà huit années d’existence. —- Abonnement: ‘10 franCs par an (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Initialion du I5 Novembre 1898 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation [D PARTI E INITIATIQUE AMO—- F. CH. BARLET, S.'. I.'.fi— GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.-. I.'.'fl— JULIEN LEJAY. S.'. I.'. _\\ -—— EMILB MICHELET, S.-. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.-. (D. S. E.) MoGn, S.°. I.'. — GEORGE MONTIERE, S.'. — PAPUS, Su. I.'. g — SEOIR, S.'. 1.-. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. »- AMELINEAU. — ALEPH. — D" BARAnUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' — BLITZ. — BOJANOV. — JACQUES BRIEU. - CAMILLE CHAIGNEAU.—- CHIMUA nu LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — R. DU PLANTIER.— FABRE DES ESSARTS.— Dr FUGAIRON. — DEI.EZINIER. — JULES GIRAUD.— L. GOURMAND. —— HAATAN. -— L. HUTCHINSON. — JOLLIVET-CASTELOT. -— L. LE LEU. — L.
LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREL.— QUESTOR VITŒ. — RAYMOND. — Dr ROZIER. -— L. SATIIRNINUS. — Dr SOUR BECK. -— L. STEVENARD. — THOMASSIN. —- G. VITOIIx. — HENRI WELSCH. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELVILLE. :— ESTRELLA. —-—E. GOU nEAU.—- MANOE‘L DE GRANDFORD. —— JULES LERMINA. — L.
HEN— NIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDES. — GEORGE MONTIERE. —LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEF FER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH. Dunouno. — RODOLI’HE DAR2ENS. —- JEAN DELVILLE. —— YVAN D1ETSCHINE. — E. GIGLEUX. — CH. GROLLEAU. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. — J. DE TALLE NAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ. . .
L’Initiation du 15 Novembre 1898 L’ 1 N IT LI.T 10 DIRECTION ' ADMINISTRATION Villa Honlmorency, 10, aven. des Peupliers PARIS-A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO CHAMUEL DIRECTEUR ADJOINT : Lueien MAUCHEL 5, Il“ de SEIVOI0 . Rédacteur en chef: PARIS F.-Ch. BARLE’I‘ Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. 10 tr. J. LEJAY — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, __ 12 h..
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Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. L’Initz‘az‘z‘on est l‘organe officiel des centres suivants : Groupe Esotérique. — Ordre martiniste. »— Faculté des Sciences hermétiques. —— Ordre Kabbalistique de la Rose Croix. —— Union Idéaliste Universelle. — F. T.
L. (section française). ‘ GROUPE IIIJEI’EIDAIT D'ÉTUDES ÉSIITEIIIQIIES 1.600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d'Ëtudes fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse.
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Nous nous sommes adressés, pour constituer le fonds de ce numéro, à nos deux rédacteurs les plus compétents sur ces questions : Saturninus et le Dr Rozier. Nos lecteurs ne seront pas étonnés devoir que ce sont les catholiques qui ont le plus étudié ces questions, puisque la prophétie a toujours été un des sujets qui les ont particulièrement intéressés.
Nous avons adjoint à ces derniers quelques extraits d’autres prophéties et nous serions bien reconnaissant à nos lecteurs de nous communiquer, pour un prochain numéro,desprophétiesd’origineprotestante,islamique, brahmanique, etc., autres que celles que nous pu— blions. ' LA DIRECTION. 4
98 L‘INITIATION [NOVEMBRE nns @©Nll‘lÏ‘l©lNS DE ‘lPNOENEME (Nous rappelons, pour mémoire, les conditions de la Pro phétie, telles que nous les avons énumérées dans notre numéro de septembre 1898.) Pour l’occultiste, la prophétie se résume dans la lecture d‘un cliché astral relatif aufutur.
C’est là le procédé le plus élevé que puisse atteindre le prophète, car il nécessite : 1° La perception consciente du plan astral ; 2° La connaissance de la langue symbolique des images. seule utilisée dans l’invisible; 3° L’habitude de distinguer les images relatives au passé de celles relatives à l’avenir; 4° L’intuition du degré d’intensité de l’image, d’où l’on déduit sa réalisation plus ou moins prochaine sur le plan physique; 5° Enfin les rapports de cette image avec les autres clichés, avec les courants fluidiques et avec les idées vivantes et les êtres qui peuplent le plan astral, rap ports qui peuvent changer brusquement l’époque ou le sens des réalisations.
Tels sont, résumés rapidement, les états successifs que devait réaliser l’Esprit du véritable prophète, élève régulier d’une école de prophétie dans l’anti W,MÀFMW“ŒPIU“WMWJW .. _.,. . .....îfl.r.‘fïämmr ; . l_ ....«L .L..
1898] PROPHÉTIES RÉALISÉES 99 quité, et il faut l’ignorance transcendante d’un savant positiviste pour croire qu’on devenait prophète en regardant la lune et les étoiles, par les belles nuits d’Orient. PAPUS. raouaérras Nausées Vous me demandez des prophéties authentiques faites et publiées avant un événement qui s’est réalisé (quelques—unes).
Vous pouvez citer Paracelse annon çant la disparition des Lis (en 1536), Nostradamus prédisant tous les principaux événements de notre histoire depuis Henri II; son commentateur, l’abbé Tomé, a pu prédire, avec ses œuvres, la chute de Napoléon lll, dès 1860, dans le 1cr volume de I’His foire prédzte et jugée par Nostradamus : Centuries, VII, 63.
Par le décide de deux choses bastards Neveu du sang occupera le règne Dedans Lectoyre serontles coups de dards Neveu par peur pliera l'enseigne.
« Par la chute, dit-il, de deux gouvernements de fait et non de droit, le neveu, fils d’un frère de NapoJ léon I", occupera le règne avec un pouvoir absolu. -— Le mot Lectoyre se trouve dans quatre quatrains pour Lectoure, ville du Midi de la France. — Plier l’en— seigne, se dit d’une armée qui ne doit plus com battre... Ces deux vers appartiennent à l’avenir...»
100 L’lNI NATION (pp. 78-79). — (Voir: Imtz‘atz‘on, février 1898, p. 200.) Un prospectus de l’abbé Tomé, dès 1860, avertit que la révolution triompherait à Naples, Palerme, Venise et Rome. Le même prêtre annonçait à qui voulait l’entendre, dès 1862. que le pouvoir tempo— rel durerait autant que l’Empire.
Dans sa réédition des Centuries, en 1862, il annonçaque Garibaldi (Cacus, pourceau demi-homme) et son fils vien draient à Chalon et Mâcon pendant des troubles (III, 69). L’Almanach du grandprophète pour 1872 assure que M. Thiers ne doit rester que vingt mois avec un pouvoir souverain : VIII, 65.
Le vieux frustré du principal espoir, Il parviendra au chef de son empire ; Vingt mois tiendra le règne à grand pouvoir, Tyran cruel en délaissant un pire.
Le vieillard frustré de son principal espoir, celui de délivrer la France de l’envahisseur (en 1870, comme ambassadeur en Europe), parviendra au rang le plus élevé, tiendra vingt mois le pouvoir avec Une autorité souveraine (après le vote de la proposition Rivet): ce sera une tyrannie pire à qui un tyran cruel succédera (allusion au bombardement de Paris et aux fusillades).
En 1861, l’abbé Tomé voyait dans Mac-Mahon «le nouveau connestable » (1X, 1)..... chef anglais (V, 59, III, 16). Il sut que Mac»Mahon serait ren Versé du pouvoir à la suite d’un duel entre deux partis de combat, qu’il serait détesté de Napoléon IV et au
PROPHÉTIES RÉALISÉES 101 contraire approuvé de l'Impératrice (Nostradamus éclairci, 1874, br. in-8°, p. 115). III, 16. Un prince anglais, Mars à son cœur de ciel Voudra poursuivre sa fortune prospère, Des deux duelles l’un percera le fiel, Hay de luy, bien aymé de sa mère. Il prédit l’échec de don Carlos : Les deux grands frères seront chassés d'Espagne, L‘aisne’ vaincu sous les monts Pyrénées.
L’abbé Tomé, pendant le second empire, crut que le Henri V quiest réservé pour pacifier la France et rappeler les vertus de saint Louis serait le comte de Chambord : il se trompa seulement sur la personne. Rien ne vous empêche d’interroger l‘astral sur la future guerre navale avec l’Angleterre et les futurs massacres anarchistes et socialistes en France comme en Europe.
St. de Guaita, dans l’Inz‘tialr‘on, a montré que la prophétie d’Orval (qui est de Nostradamus), impri— mée en 1839 (sinon réimprimée), parle fort clairement de la chute de Louis-Philippe, dont elle fixe la date, d’un coup d’État contre le fils de Brutus, du siège de Paris en 1870 et d’épreuves plus graves encore.
Feu M. Collin La Herte, en mai 1870, imprima la prophétie de Prémol, connue de plusieurs per sonnes depuis 1833, vulgarisée par des copies manus crites depuis.1851. Or le voyant de Prémol a parlé de la chute de Napoléon III, et d’événements qui sont réservés ensuite à la France et à l’Europe (Initiation, -‘ . «
102 L’INITIATION -W._-.\.. . >. ,, décembre 1897 — et article de M. de Novaye dans I’Eclzo du merveilleux, août 1898). " M“ Mongruel, en mars 1848, annonça les jour nées de jUIn, le rôle de Napoléon III .: elle prophétise encore (G. Méry : Écho du merveilleux, avril 1898). Dans le Journal de Saône—et-Loire (21 février 1853) est prédite par elle la prise de Sébastopol.
La prédiction, par M“8 Couédon, de la chute du ministère Bourgeois, du bolide de Madrid, des cyclones en France, de l’incendie du Bazar de la Charité, du peu de durée du ministère Brisson, de massacres à l’étranger, etc.: tout cela était imprimé. avant l’événement (Initiation, fév. 97).
L’avenir de la Prusse a été prophétisé il y a plu sieurs siècles par le voyant de Lehnin (Hermann et les Hohengollern, par l’abbé Dumax: Lille, Desclée et de Brouwer, 1891 , in-8°). (Voyez plus loin : l’Ave— nz'r de l’Empire allemand). 1: a! Le_complot anarchiste contre l’empereur allemand, découvert à l’Égypte, rappelle la curieuse prophétie d’un paysan suédois il y a un mois.
Une semaine avant l’assassinat de l’impératrice d’Autriche, ce clair voyant déclarait qu’on allait tuer « une grande femme quelque part dans l’étranger », et il ajoutait : « On entendra avant la fin de l’année une forte déto nation par où périra un des grands de cette terre ».
L‘AVENIR DE L‘EMPIRE D’ALLEMAGNE 103 L‘AVENIR DE L‘EMPIRE D'ALLEMAGI‘IE 81’ ne LEON mu ‘ (Extrait de l'Echo du Merveilleux du 1" novembre 1898). 19.- Commit-on des révélations sur la fin de notre auguste Pontife Léon X111. G. Me trouvant à Rome en 1891, il me fut dit que Léon XIII régnerait vingt ans, mais n’atteindrait pas la vingt-deuxième année de son règne.
Cette prédiction m’étonna, car le Pape avait alors quatre-vingt-un ans et m‘avait paru vieillard débile. Cependant vingt années de son règne sont remplies depuis la fin de février dernier. La première partie de la prédiction est donc réalisée. Il ne reste plus que quelques mois à attendre pour vérifier si la seconde s’accomplira également. P. DE C.
22. — Existe—t—iz’, en dehors des prédictions bibli— ques, et plus particulièrement de nos jours, un fait deprédiction absolument irrécusable, c'est—d-direpor tant sur un fait précis, devant se produire à une date fixe, et annoncé par une prédiction constatée d'une manière certaine (par exemple, par sa publication dans un journal ou dans un livre) avant l’accomplis sement dufait prédit? N om‘ss.
Me trouvant à Nice au moment de l'attentat de N0 biling contre Guillaume I". j’avais noué quelques re— \ mvÿ’m’d WWMM m "M“'" V ‘ “ ‘ “ “"‘ "'“""‘\‘W'WM » );l,—,.«. 7 * ‘
104. L’INITIATION lations avec un Allemand de bonne conipagnie, pa triote germanique assurément, mais ne manifestant ses sentiments qu’avec mesure et convenance. l’expri mai devant lui la pensée que le vieux monarque ne survivrait pas à ses horribles blessures. — Gardez-vous bien de le croire. me répondit-il. Nous avons en Allemagne une prophétie qui nous fixe sur le sort de tous nos souverains.
Guillaume I”r ne mourra qu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans, dans son lit, comblé de jours et de gloire. —- Et après ? fis—je. — Après, son fils passera sur le trône comme un éclair et ne fera rien de mémorable. —— Et son petit-fils? La figure de mon interlocuteur se rembrunit. — Lisez la prophétie de Lehnin.
Je lus, ou plutôt je relus, en effet, la prophétie de Lehnin qui résume en hexamètres la destinée des treize Hohenzollern qui doivent ceindre la couronne de Berlin depuis l’apostasie du grand maître de l’Ordre teutonique jusqu’à la chute définitive de leur race. Je vis ainsi condensé le règne de Guillaume Il. Ultimus autem Israël infandum scelus audet, morte piandum.
Le dernier de ces princes ose commettre le même crime efl’royable qu’lsrae”! (ou bien ose s’associer à un crime eflroyable d’1sraè‘l) et ceforfait sera suivi d’un terrible châtiment. Quel sera ce forfait? Les événements actuels répondent à cette question. 4
L’AVENIR DE L’EMPIRE D’ALLEMAGNE 105 D’autre part, Guillaume vient d’entreprendre ‘son voyage à Jérusalem, l'âme ulcérée parla dernière ma— nifestation de Léon XIII en faveur du protectorat de la France sur les chrétientés d'0rient. Rumine-t-il quelque atroce vengeance de cette déconvenue? Un très prochain avenir nous l'apprendra sans doute et nous fera connaître le sens exact de la prophétie de Lehnin, en ce qui le concerne.
En tout cas, je pense avoir satisfait la curiosité de M. Norès. La prophétie de Lenhin —- imprimée dans un livre avant l‘accomplissement du fait — réalise les conditions qu’il réclame : et à mon sens la prophétie de l’évêque S. Malachie —-— concernant l’ordre de suc— cession des papes — les réalise aussi bien. P. DE C. M. Norès, s’il étudie à fond les prophéties, consta tera que la plus grande partie ne donnent pas une date fixe.
Tout ce qui est conditionnel peut être avancé, reculé, même annulé, si l’homme se convertit ou au contraire devient pire. Mais Catherine Labouré sut en 1830 qu’un châtiment frapperait la France dans quarante ans : je ne sais si sa prédiction était impri mée avant 1870. M. de Novaye assure que l‘année 1899 est signalée comme fatale par le voyant de Prémol : à la rigueur, ce peut être 1900 (si la troisième période commence en 1852 et non 1851).
Un prophète (d'après une personne que je ne veux pas nommer pour assu rer son repos) a dit que le duc d'Orléans régnerait deux heures (c’e‘st-à-dire deux années). Papus rappelle, dans l’Initiaiz’on de septembre dernier, que la Lettre
I 06 L’INITIATION à Henry second, par Nostradamus, annonce une ré novation de siècle pour I792. Pour comprendre notre prophète national, il est indispensable de lire (au moins àla bibliothèque: 39,6) l’œuvre extraordinaire de l’abbé Tomé : L’histoire prédite et jugée par Nos tradamus.
Le grand prophètey a dit clairement (Cen turies, VI, 2) que: ' En l’an cinq cents cctante plus ou moins On attendra le siècle bien estrange, En l’an sept cents et trois cieux en tesmoings Que plusieurs règnes un a cinq feront change.
C’est-à-dire que vers 1580 on attendra un changement extraordinaire (du temps de la Ligue) et qu’en 1703 les astres annonceront d’autres changements pour les États de Philippe V (III, 77) ; que l’an I727 il y aura une guerre entre la Perse et la Turquie (VII, I3); qu’un usurpateur « par quatorze ans tiendra la tyran« nie » (D&, 89) ; que pour Louis-Philippe « sept ans sera Philippe, fortune, prospère »; mais (V1, 92) qu’ « après le siège tenu dix—sept ans, cinq changeront en tel révolu terme » (ou qu’en I848 cinq princes changeront de situation)! que « Mars » ou Napo— léon III, doit « de sept à neuf du chemin destorner » (VIII, 44) (de la septième à la neuvième année du règne, changer de politique); que le vieux (Thiers) « vingt mois tiendra le règne àgrand pouvoir » (après le vote de la proposition Rivet), etc. Mais le prophète indique ordinairement une date par la position des astres. La négresse Virginie nous a prédit une invasion, trente ans après la guerre de 1870-187I. (Écho du
PROPHÉTIES DE L‘ABBÉ SOUFFRANT 107 Merveilleux, 1897, p. 205). Une autre prophétie dit en quel mois (non en quelle année) un grand doit faire un coup d‘État. Je compte donner à l’Ec/zo d‘autres recherches. TIMOTIIÉE. enÉmcmons mamans D’après les Babystes, un rôle considérable serait réservé à l’Abyssinie dans les événements futurs. C’estun empereurd’Abyssinie quiseraitcharge’ parla Providence d’anéantir définitivement la puissance de l’Islam et les premiers événements auraient l’Égypte pour théâtre. PRÛPHÉ’I‘IËS DÊ Ix’A‘ABBË SOUI‘E‘KM’I‘ CURÉ BRETON (Loran-Inrémaunn) (Vivait sous la Restauration) Le jouroù la parole ira aussi vite que la pensée; Où les voitures marcheront sans chevaux; Où les têtes les plus solides ne sauront où aller et quel sera le droit chemin; Le jour où les légitimistes seront si peu nombreux qu’ils pourront se tenir à l’ombre d’un chêne ;
108 L’INITIATION Alors les grands événements seront proches, on entendra trois cris : Vire1a sociale .’ Vive l’empereur! Vive le roi! qui nous viendront du Nord. Ce sera terrible, màis très court, et tout sera sauvé lorsque tout semblera perdu. ä%ï .
ÉTUDE sur tu PROPHÊTIES ET 13. LÏI’B‘RË‘. ARBITRE Peut-on connaître l’avenir ? Cette question a été de tous temps très discutée, et encore aujourd’hui on est loin d’être d’accord. Les uns disent, d’une manière absolue, que per— sonne ne peut avoir la plus petite indication sur les événements futurs, on a déjà assez de mal à connaitre ceux qui appartiennent au passé, et encore n’y réus sit-on pas toujours.
D’autres disent que tous les événements sont pré déterminés et qu’il n’y a pas de raison pour qu’on ne puisse pas les connaître à l’avance; il existe des cas nombreux de prédictions qui se sont réalisées, quel quefois même avec une précision remarquable.
Si, aujourd’hui, nous en sommes réduits à nous conten— ter de quelques déchirures dans le voile qui nous cache l’avenir, si nous ne pouvons pas tout prévoir, si même, quand nous prévoyons, nous sommes sujets à commettre tant d'erreurs, à mêler le faux et le vrai, à confondre’quelquefois le passé et le présent avec l’avenir, c’est que nous ne sommes pas encore assez
I 10 L’INITIATION instruits et assez expérimentés ; la prévision est une scienée comme une autre, et il faut le temps pour en découvrir les principes. La physique, la chimie, etc., n’ont pas été découvertes en un jour; ces sciences cependant nous ont déjà livré bien des secrets et nous rendent tous les jours bien des services, quoique nous soyons loin encore d’en connaître le dernier mot.
Il en sera de même de la connaissance de l’avenir; un jour viendra où nous pourrons prédire un grand nombre d’événements avec la même facilité et la même préci sion que les éclipses et autres phénomènes astrono miques. D’autres enfin disent que Dieu seul connaît l’ave nir et que l’homme ne peut en savoir que ce que Dieu consent à lui révéler, ce qui du reste n'arrive pas tous les jours.
Ce sont ces derniers qui ont raison, mais les se— conds n’ont pas complètement tort, il suffit de s’en tendre. Tout d’abord, il faut bien savoir qu’il existe deux sortes d’avenir : l’Avenir Déterminé et I’A venir Indé— terminé, c’est-à-dire l’avenir qui existe déjà en puis sance, qui n’est l’avenir que pour nous, mais qui fait déjà partie du domaine des choses existantes, et l’ave nir page blanche, qui fait partie seulement des possi bilités.
Je vais m’expliquer plus clairement par un exemple. Je forme le projet de partir pour Marseille dans huit jours, ce départ n’étant pas encore réalisé appar— tient à l’avenir, mais il est déterminé, il existe en puissance, il y a au moins un homme dans le monde . .!m&ndän....p;_“,4
LES PROPHÉTIES ET LE LlBRE ARBITRE “I qui peut annoncer cet événement à l’avance, le pré dire. Je ne tiens pas compte, pour le moment, des circons— tances qui pourront s’opposer à mon départ et, par conséquent, rendre vaine ma prédiction, j’en tiendrai compte en son temps, quand je parlerai de la valeur des prédictions.
Il existe ainsi une multitude de projets formés, soit par des hommes isolés, soit par des groupes d’hommes. soit par des gouvernements. Ces projets ont une importance plus ou moins considérable, et une force de réalisation plus ou moins grande, sui vant leur origine: à priori, un projet formé par un homme de volonté a plus de chance d'être réalisé que s’il provenait d’un étourdi, d’une tête de linotte.
Tous ces projets constituent des faits existants, on peut les connaître tout aussi bien que des faits du passé, je ne dis pas tout aussi facilement.
Il existe aussi des événements qui n’ont pas encore leur détermination : je forme le projet de partir pour Marseille, mais hier je n’avais pas encore formé ce projet; je suppose que hier il n’ait existé aucune causepréparat0ire devant déterminer la formation de ce projet, je peux dire que hier il n’existait pas, son avenir était indéterminé : à ce moment personne ne pouvait savoir à l’avance que je ferais ce voyage.
Qu’on remarque bien que j’ai supposé pour cet exemple qu’il n’existait hier aucune cause préparatoire, c’est que je sais bien qu’on pourrait me dire: Votre voyage n’estindéterminé que dans votre esprit, rien ne vous prouve que le projet que vous formerez demain . LTQ“‘::I V’q;‘À‘À;—<gäâwc... \ \ \
I 12 L’INITIATION ne sera pas la conséquence de beaucoup de choses que vous ne soupçonnez même pas, mais qui déter minent parfaitement votre voyage et les circonstances qui l’accompagneront. C’est ce qui arrive en effet très souvent; mais, quelque faible que soit la part que nous devions faire à l’indéterminé,il faut cependant bien se résigner à en faire une, sous peine de tomber dans le fatalisme et de détruire toute liberté humaine.
Je sais encore que cette conception du fatalisme plaît à certains penseurs qui ne voient aucun inconvénient à nier la liberté ; pour ceux-là, certainement, tout peut être prévu puisque tout est déterminé à l’avance. Mais c’est là une thèse qu’il faudrait discuter à part et qui ne changerait rien à ce qu’il me reste à dire.
Je me contenterai donc de déclarer que je rejette le fata— lisme et que je suis co‘nvaincu de la liberté humaine; il est bien entendu que la Fatalité n’a rien à voir avec ce que Fabre d’Olivet appelle le Destin.
Je vais éliminer tout de suite l’avenir indéterminé en disant: Cet avenir est complètement fermé pour l’homme, mais il ne l’est pas pour Dieu; si nous le considérons comme une page blanche, c’est parce que ce qui est écrit dessus n’est pas visible pour nous, et nous ne pouvons le lire que lorsque Dieu nous le per ' met.
Cela seul, du reste, est l’avenir vrai, et c’est en ce sens que les chrétiens ont raison de dire que l’ave nir appartient à Dieu, et que nous n’en saurons jamais que ce qu’ll voudra nous communiquer. Nous allons maintenant nous occuper de l’avenir déterminé, et chercher comment, par qui ou' par quoi la plupart des événements sont potentiellement réali
LES PROPHÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE ll3 sés à l’avance, et comment nous pouvons en avoir connaissance. Tous les occultistes savent que nous avons à tenir compte de trois plans: le Plan Divin, le Plan Astral et le Plan Physique. Ces trois plans ne sont pas suf fisants pour tout expliquer, en réalité il y en a un bien plus grandnombre, mais ils sont tous susceptibles d’être classés dans ces trois grandes catégories.
Le Plan Divin est celui de la Cause Unique, sur lequel l’homme n'a aucune action et vers les fron tières duquel quelques-uns seulement peuvent être élevés. Tout ce qui concerne ce plan est étudié par la Mystique, science profonde et sans laquelle il n’est possible de rien comprendre à ce qui se passe dans les deux autres plans. En dehors de la Mystique, on peut étudier et classer les phénomènes, mais on ne peut pas les relier par un lien causal.
Le Plan Divin contient le Monde des Causes par excellence: la Cause Unique et ses diverses spécifications qu’on peut appeler les Causes Premières. Le Plan Astral est celui sur lequel s’élaborent les Causes Secondes, c’est pour cela qu’on l’appelle sou vent le Monde des Causes; en effet, si le Plan Astral est causé par le Plan Divin, il est lui-même Cause pour le Plan Physique.
Le Plan Physique, enfin, est celui des réalisations; il est entièrement gouverné par le Plan Astral. Le Plan Physique est le seul qui soit connu et étudié par les savants matérialistes, c'est pour cela qu’ils n’ont et ne peuvent avoir aucune notion de l’Art Divinatoire. Quand Dieu détermine un événement, [1 le voit
I I 4 L’INITIATION d’abord dans son propre plan, le Plan Divin, mais Il est alors seul à le voir; puis Il le réalise dans le Plan Astral, où il devient une Image qui peut être vue par les sensitifs. Enfin cette Image, fécondée par son Au teur, devient capable de produire l’événement sur le Plan Physique.
Une Image non fécondée pourrait être vue, mais ne pourrait rien produire; pour qu’elle produise, il faut qu’elle contienne un germe vivant: elle devient alors un Clz‘che’Aétral. Quand le Cliché a produit son effet sur le Plan Physique, il subsiste à l’état d’lmage, mais reste stérile, n’est plus capable de rien produire.
Quand l’homme forme un projet, il fabrique une Image Astrale, qui peut être fécondée, elle aussi, et se transformer en un Cliché qui se matérialisera sur le Plan Physique. Le Verbe de Dieu est toujours fécondé, celui de l’homme l’est quelquefois, toutes proportions gardées, bien entendu. Quand Dieu veut une chose, un cliché descend dans l’Astral et se matérialisera dans le Plan Physique au moment choisi.
Ce Cliché peut rester dans le Plan Astral, y être vu, et ne se réaliser sur le Plan Physique que longtemps après. Voilà pourquoi certains événements peuvent être vus longtemps à l‘avance par les Prophètes.
Quand le moment de la réalisation approche, il se produit quelquefois autour du Cliché un tourbillon astral qui agit sur un grand nombre de personnes, et l’on sent qu’il y a quelque chose dans l’air, selon l’expression populaire; mais quelquefois l’événement se produit subitement, sans que rien n’ait pu le faire prévoir. Quand un Cliché
LES PROPHÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE [[5 a séjourné longtemps dans l’Astral, quand sa réali sation a été retardée par des causes diverses, il finit par prendre contact avec le Plan Physique : albrs tout s’oriente dans un sens bien déterminé, les prépara tifs se font et les hommes sont bien obligés de voir ‘ ce qui menace. C’est alors qu'on dit: Parbleu! il n‘y a pas besoin d’être sorcier pour voir cela, tout le monde s'en aperçoit bien.
Seulement on peut faire remarquer que, longtemps auparavant, les Prophètes avaient parlé, et que personne n’y avait prêté la moindre attention. Tous les Clichés provenant de l’action divine ont une puissance de réalisation telle que Dieu seul peut y changer quelque chose: ces Clichés constituent les diverses Destinées.
Chacun de nous a une Destinée qui lui est appliquée dès sa naissance, mais il existe aussi des Destinées collectives: Destinées de Fa milles, de Groupes, de Nations, etc., jusqu’à la grande Destinée, celle du Monde ; cette dernière est connue de Dieu seul, c'est d'elle que Jésus a dit: « De dz’e illo ne] lzorâ nemo sait: neque angeli in cœlo neque Fz’lius, nisi Pater. (Marc, xu1, 32).
« Mais pour ce qui est du jour ou de l'heure, personne n’en sait rien, ni les anges dans le ciel ni le Fils, le Père seul le sait. » Aussi les devins peuvent s’escrimer, toutes les prédictions qu’ils feront n’auront aucune valeur.
On peut essayer d’interpréter les signes qu’on croit découvrir dans le ciel et sur la terre, on peut prédire la fin du Monde pour telle époque, puis pour telle autre; tous ces exercices sont futiles, et nous n’avons à en tenir aucun compte. Chaque fois que les temps
1 16 L’INITIATION sont troublés, qu’il y a des malheurs publics, pour peu qu‘il y ait en même temps quelques tremblements de terre et quelques phénomènes météorologiques, on croit tout fini, on reconnaît les signes précurseurs de la fin du Monde. On ferait bien mieux de relire les Evangiles, on verrait qu’ils seront bien autrement re doutables et extraordinaires, les signes précurseurs. (Math., xxrv, 4—51. Marc, mm, 5-37. Luc, XXI, 8-36).
La Destinée est une chose tellement importante qu’il est bon que nous nous y arrêtions un instant. Avant tout, il ne faut pas la confondre avec la Fatalz‘te’. Ne nous occupons pour l’instant que de la destinée individuelle, celle qui régit l’existence de chacun de nous.
Elle détermine le plan général de notre vie et, forcément, quelques événements particuliers; mais il ne faudrait pas croire que toutes nos actions soient ainsi ordonnées d’une manière inéluctable, ce qui aurait lieu si nous étions régis par la Fatalité; une large part est laissée à notre Libre Arbitre. Les événements qui font partie de notre destinée doivent-ils se réaliser forcément? — Généralement, oui.
Nous pouvons lutter contre notre destinée, cela n’y changera rien, mais, dans des cas rares, nous pou vons obtenir d’En Haut quelques modifications. Ces cas étant exceptionnels, nous pouvons dire, sans erreur sensible, que chacun de nous est forcé d’ac complir sa destinée.
Certains occultistes croient que la Volonté humaine peut lutter efficacement contre le Destin; Fabre d’Oli vet, cependant, enseigne que la Volonté humaine ne peut lutter contre le Destin que si elle a pour alliée
LES PROPHÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE II’7 la Providence. Mais il y a là un malentendu, le Des tin de Fabre d’Olivet est une chose plus complexe que la Destinée : le Destin n’est autre chose que l’en semble des lois de la nature et de ce que les Hindous appellent le Karma. La Volonté humaine est inca pable d’y changer quoi que ce soit, mais elle peut souvent opposer des lois à d’autres lois, pas toujours, de façon à en modifier les résultats.
Il existe un cas dans lequel la loi paraît être en défaut : Je vis, en accomplissant ma destinée, au milieu d’autres hommes qui accomplissent la leur; à certains moments, il peut y avoir telles rencontres qui m’exposent à subir l’influence de ces destinées étran gères, tout comme la route que je suis pour me rendre à tel endroit peut croiser une ligne de chemin de fer, etje peux arriver au moment où un train passe : si je continue à marcher, je serai broyé, mais rien ne m‘em pêche de m’arrêter un moment et de ne continuer ma route qu'après le passage du train.
De même, quand j’entre en conflit avec une destinée étrangère, je peux très bien, plus ou moins facilement, en éviter les conséquences. Dans ce cas on ne pourra pas dire que j’ai évité ma destinée. Il y a du reste des cas où nous nous trouvons en présence d’une simple possibilité: on peut être pré— venu, par un pressentiment ou par une prédiction, de ne pas aller à tel endroit où il pourrait nous arri ver tel ou tel malheur.
Dans ces cas, il est toujours question de conflits avec des destinées étrangères. Mais quand il s'agit de la destinée propre, il n’y a rien à faire, tout s’accomplira en son temps. Je dis:
1 18 L’INITIAT!ON en son temps; en effet, quand le moment n'est pas encore venu, tous les efforts sont inutiles. Cela pro— duit des étonnements fréquents chez ceux qui ne sont pas initiés. La destinée d’une nation est d’avoir la guerre et la révolution, tout cela a été prédit par les voyants; il arrive un moment où tout le monde s’aperçoit que ça menace, les symptômes deviennent lde plus en plus alarmants, et cependant rien ne se fait.
On est étonné; les occasions de révoltes se multi plient, personne ne bouge; les froissements interna tionaux deviennent fréquents et de plus en plus insupportables, chacun reste chez soi, tout a l’air de s’arranger. On n’y comprend plus rien et on accuse l’avachissement général, la lâcheté, que sais—je?
Ce n’est rien de tout cela, c’est tout simplement qu’on n’est pas à échéance : quand le moment sera venu, le plus petit incident fera tout éclater; on sera alors étonné pour la raison inverse et on dira : Qui aurait jamais pu se douter qu’une chose aussi insignifiante puisse avoir de pareilles conséquences? Celui qui sait que le moment est venu s’en doute très bien et comprend ce qui se passe.
Voici maintenant un cas de destinée personnelle qu’on rencontre bien souvent, je le tire de Old diar_y leaves, du colonel Olcott, cité par le Lotus Bleu : « Ce n’est pas par l’entité vague que nous nom mons Volonté qu’on fait fortune,'ou du moins il faut comprendre que la volonté est une chose très complexe,_dans la composition de laquelle entrent diverses espèces d’Élémentals. « Par exemple, ceux qui sont riches de naissance
LES PROI’HÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE Il9 ou qui le deviennent par héritage, ou par leurs entre— prises, sont des gens dans la constitution desquels les Élémentals du règne minéral jouent un rôle prépon dérant.
« Tant que la constitution d’une personne ne con tient pas une proportion suffisante de ces Élémentals, elle restera pauvre, quoi qu‘elle fasse; on lui donne rait des millions qu’elle les perdrait d‘une façon ou d’une autre, tandis que ceux qui ont dans leur cons titution une surabondance de ces Elémentals devien nent riches, s’ils naissent pauvres, quand même ils seraient des crétins.
Ils sont pour les métaux des centres"d’altraction, tandis que les pauvres sont des centres de répulsion. » On peut accepter ou rejeter l’interprétation du colo nel Olcott, mais on est obligé de reconnaître que le résultat qu'il signale est très fréquent dans la vie : la chance, la malchance, la guigne, ne sont que l’ac complissement de la Destinée, qu’il y ait ou non des Elémentals interposés.
Il n'y a rien, du reste, d’inac ceptable dans cette théorie, on connaît bien le pouvoir de Mammon ; mais nous ne nous occupons que de la Destinée et non des moyens employés pour qu’elle s’accomplisse. Du reste il n’est pas toujours possible de discerner ce qui appartient à la destinée de ce qui appartient à d’autres influences.
Au moment de ma naissance,ou plutôt au moment où j’ai été conçu, ma Destinée m’a-t-elle été imposée ou bien l’ai—je choisie moi-même? C’est une question que je ne veux pas traiter aujourd’hui, elle ne faitpas '\>x
120 L'INITIATION partie de mon sujet, mais d’où qu'elle vienne, elle constitue une série de Clichés qui devront se réaliser, se matérialiser sur le Plan Physique à mesure que viendront les temps qui leur sont assignés.
Aussitôt après ma naissance, je commence à réaliser les premiers clichés et, en même temps, de mon fait et du fait des influences au milieu desquelles je vis, d’autres clichés se forment et s’ajoutent à ceux qui primitivement faisaient seuls partie de ma destinée et viennent ainsi la compliquer. J‘ai déjà donné un aperçu, au commencement de ce travail, de ce qu’est un Cliché, mais il faut main tenant entrer dans quelques détails.
Un événement n’a jamais lieu sur le Plan Physique directement, sans avoir déjà été réalisé à l’état potentiel sur le Plan As tral. Or tout ce qui se passe en Astral ne doit pas for cément se réaliser sur le Plan Physique.
Supposons que je dessine une image sur une feuille de papier; si j’ai employé pour cela de l’encre ordinaire, cette image ne pourra pas être reproduite, mais si j’ai em ployé de l’encre communicative, elle pourra repro duire un certain nombre d’autres images identiques à elle-même. Dans ce dernier cas, cette image est un Cliché.
Comme on le voit, il y a beaucoup de ressem blance entre ces deux ordres de faits, et on a appelé, par analogie, Image ce qui existe sur le Plan Astral sans pouvoir‘se reproduire sur le Plan Physique, et Cliché ce qui possède ce pouvoir. ’ Il y a cependant des différences : un cliché est ca pable de donner un grand nombre de reproductions, le Cliché Astral n’en donne qu’une ; le cliché sur le -—'—-:l
LES PROPHÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE 12l Plan Physique produit des images sur le même plan. tandis que le Cliché Astral produit, non pas des Images Astrales, mais un fait matériel sur le Plan Physique et devient ensuite lui-même une Image As trale ; toute Image Astrale est un cliché qui a produit son effet ou qui n’a jamais été capable d’en produire, mais elle n’est jamais le décalque d’un Cliché.
Le Cliché Astral pourrait être comparé à une se mence qui évolue, se développe et suit toutes ses phases; à son début, il n’est qu’un point impercep— tible partant d’en haut ou d’en bas et se fixant dans l’Astral. Là il évolue rapidement et se reproduit sur le Plan Physique avec un retard variable.
Ce retard ou Hystére’sis (de ûe‘repi’Çm. tarder) n‘est pas un fait isolé, on le retrouve partout: toutes les fois qu’une force est appliquée à un mobile, ce dernier ne se met en mouvement qu’au bout d’un temps, quelquefois très court, quelquefois très 10m.
Quand on fait pas ser un courant électrique à travers une bobine conte nant un noyau de fer doux, ce dernier s’aimante; quand le courant cesse. l’aimantation cesse aussi; le passage du courant et l’aimantation se suivent avec une telle rapidité que l'action nous parait instantanée et elle l’est pratiquement. Mais, à l’aide d’artifices de physique, on constate que cette instantanéité n’est qu’apparente, il y a en réalité un délai.
Il en est de même à la cessation du courant, il y a un délai entre elle et la désaimantalion; ces délais sont extrême ment courts. Quand, au contraire, la lune exerce son attraction sur la mer pour produire les marées, l’effet ne se produit que un jour et demi après; ici le retard
122 L’INITIATION est long. Démême il y a des Clichés qui produisent leur effet sur le Plan Physique presque immédiate ment et d’autres au bout de plusieurs siècles. Ces dif— férences tiennent à des causes que nous n'avons pas à étudier ici.
Comme on le voit, le mot Cliché Astral n’exprime pas parfaitement les faits, mais il serait difficile de trouver un mot meilleur; d’autre part il est consacré par l'usage, tous les Occultistes le comprennent, quand on le prononce, ils savent ce qu’on veut dire: il serait donc dangereux de le remplacer par un autre qui ne vaudrait pas mieux.
Ce mot a du reste l’avan tage de faire contraste avec le mot Image Astrale, qui, lui, est très bien trouvé ; le mot Image exprime bien exactement l’idée qu’on lui attribue. J’ajouterai, du reste, qu’il est toujours dangereux de modifier les ter minologies, on encombre ainsi une science d’une multitude de synonymes qui apportent avec eux une confusion déplorable.
J’ai dit que tout ce qui se passe sur la terre a déjà eu lieu dans l’Astral ; en effet, prenons un événement ne faisant pas partie de ma Destinée, dépendant entiè rement de mon Libre Arbitre, un voyage par exemple. Je suppose que ce voyage ne m’est imposé par aucune influence extérieure, je n’ai d’autre raison de le faire que mon bon plaisir : je n’ai pas encore vu Marseille et je veux la visiter.
Je forme le projet de partir tel jour, de ce fait il existe une image d’une nature parti culière, que j’appellerai une Image d’attente; cette image est comme un œuf formé dans la partie fémi— nine de moi-même et qui attend sa fécondation. Je ,_,.-_M-æ,’.l.man a.., «_..,...,y «wv- - ‘.‘,’l—>/‘r>_«a,»v —a_..,,...-m ,-...., , _ ,,_W <--"'-w- '
,LES PROPHETIES ET LE LIBRE ARBITRE [23 délibère, je pèse lepour et le contre, je calcule mes ressources pécuniaires, je me demande si mes occupa tions, mes affaires. me permettent de m’absenter, etc. Tout bien considéré, je vois que je dois renoncer à ce voyage et je décide que je ne le ferai pas: l’œuf n’est pas fécondé, l’Image reste à l’état d’Image, il n’y a pas de Cliché.
Mais, au contraire, les circonstances m’ont paru favorables et je prends la résolution de mettre mon projet à exécution: la partie mâle de moi-même, ma Volonté, a fécondé l’œuf et il éclora, un Cliché est formé: quand lejour fixé arrivera, il se réalisera sur le Plan Physique, il se matérialisera,en d’autres termes mon voyage se fera et deviendra un fait accompli.
Cependant il peut se présenter plusieurs cas, la fé condation peut être opérée par un mâle plus ou moins puissant, par une volonté plus ou moins forte: les conditions de vitalité s’en ressentiront. Quand un œuf est fécondé, il est exposé aux influences exté rieures qui peuvent favoriser son éclosion, la retarder ou l’empêcher; de même le Cliché ne pourra se ma térialiser sur le Plan Physique que dans des condi tions analogues.
Mais s’il est fécondé par une volonté forte, il sera accompagné aussi de cette volonté pen dant la durée de sa réalisation et aura beaucoup plus de chance de lutter contre les obstacles extérieurs que dans le cas contraire. Le mâle ou la volonté qui fé conde l’lmage, pour la transformer en Cliché, n’est pas nécessairement la mienne, ça peut être celle d’un autre. En général, la fécondation produite par une volonté étrangère donnera un Cliché d’une vitalité
124 L'INITIATION plus grande et il sera plus apte à lutter contre les in fluences extérieures. On retrouve encore là l’influence de la consanguinité ; cependant, de même que lorsque les consanguins sont sains, le produit est sain, si ma volonté est forte, elle fécondera aussi bien et mieux qu’une volonté étrangère. On conçoit qu’il peut se rencontrer une infinité de combinaisons.
J’ai pris un exemple très simple et très insignifiant, mais pour les plus petits événements comme pour les plus grands tout se passe de la même façon.
Seule ment on comprend que s’il s’agitde former un Cliché d’une importance considérable, pouvant s’incorporer aux destinées de groupes ou de nations, la volonté d’un homme peut être insuffisante, la fécondation ne pourra être faite que par un groupe de volontés, et encore, dans la plupart des cas, les volontés humaines ne serviront qu’à préparer les instruments de réalisa tion, de matérialisation du Cliché, la fécondation ne pourra être faite que dans l’invisible; Papus va même jusqu’à dire que toutes les institutions humaines sont éphémères et condamnées à périr dans un court délai, si elles ne sont pas fécondées et aidées dans l’invi— sible, ce en quoi je suis complètement de son avis.
Pour être complet, il faut ajouter que tous les cli chés ne sont pas produits consciemment par nous, il s’en faut: un grand nombre ont une autre origine que je n’ai pas à rechercher ici, d’autres proviennent de conflits de volontés, presque toujoursà notre insu.
Toutes nos actions se combinent pour provoquer des conséquences que nous ne soupçonnons même pas, et qui se potentialisent dans l’Astral sous forme de .,.»..—;.—;,» ,»»._I» .r' [. >y.,4 , . _r)\po-Any—'_n—lxr;—‘æ'WJv“rMMŒ”-d.ntr—‘lq‘w ..__.,, .
LES PROPHÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE 125 n clichés qui se réaliseront tôt ou tard. C’est sur ces différentes sortes de Clichés que la Volonté humaine a quelque prise, mais pas autant qu'on crort.
Si l’on admet tout cela, il est facilede voir comment peuvent se faire les prédictions: un sensitif voit dans l’Astral un événement se dérouler, il l’annonce et plus tard on le voit se réaliser sur le Plan Physique; cela n’est pas plus extraordinaire que de voir le plan d‘un architecte et d’annoncer qu’à tel endroit il y aura un bâtiment de telle ou telle façon.
Seulement le problème est en réalité plus compliqué: si le plan de l'architecte est un Projet réel. le bâtiment sera en effet construit; mais si ce plan n’est qu’une Étude, rien ne sera construit et l’annonce sera fautive. De même, si ce qui a été vu dans l’Astral est un Cliché, la pré diction sera juste, mais si ce n’est qu’une image, rien ne se réalisera et le voyant aura été mauvais prophète.
L’important est donc de discerner les Images d’avec les Clichés et d’apprécier en outre la vitalité du Cliché. Quant à l’époque à laquelle les événements arrive ront, il est très difficile de le savoir.
Souvent l'é chéance n’est que provisoire, la matérialisation du Cliché peut être retardée plusieurs fois, pour diverses causes : c’est ce qui arrive actuellement pour les mal heurs qui nous ontété prédits : ces retards sont même un bienfait à plusieurs points de vue. Quand le voyant peut fixer une date certaine,et cela arrivequelquef0is, c’est que On la lui a fait connaître d’En Haut.
Géné ralement on voit les événements isolés, sans rien qui puisse faire juger de leur plus ou moins grand éloi— gnement dans le temps; d’autres fois quelques cir
126 L’INITIATION constances concomitantes peuvent en donner une idée approximative. Le lieu où ce que l’on voit doit se réaliser est sou vent assez bien déterminé, mais il arrive aussi que l’on est réduit à des conjectures: on voit un paysage servant de cadre aux événements; si on ne l’avait jamais vu auparavant, on ne peut pas dire dans quel pays il se trouve.
Mais il résulte de l’expérience que le lieu est très souvent indiqué par divers procédés, bien plus souvent que le temps.
Il y a deux catégories principales de Prognosti queurs: les Prophètes qui reçoivent leurs communi cations d’En Haut et ne voient que des Clichés, et les Devins qui prennent dans l’Astral tout ce qu’ils y rencontrent, pèle-mêle, et le racontent sans aucun choix, confondant ainsi le passé, le présent, l’avenir et les simples images ne se rapportant à aucun événe ment futur.
Entre les deux, il y en a qui voient les clichés, les distinguent généralement des images, mais, ne comptant que sur leur sensitivité et leur expérience, sont assez sujets à l’erreur. Voilà le secret des lucidités intermittentes des Somnambules, Chiro— manciens, Tireurs de cartes, etc. Toutes ces pratiques ne sont que les divers moyens d’entrer en communi cation avec l’Astral, moyens appropriés aux divers tempéraments.
Il nous faut maintenant tenir compte d’une parti cularité très importante : les visions de l’ordre le plus élevé sont le plus souvent symboliques, c’est—à-dire que l’action qui se déroule et les personnages qui agissent sont différents de ce qui aura lieu lors de la
LES PROPHÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE 127 réalisation,mais s’y rapportent parallusion. Exemples : on voit un lion déchirant une. couronne, allusion au Peuple renversant la Royauté; on voit un coq dévo rant une fleur de lis, allusion à Louis-Philippe se substituant à Charles X. Il arrive aussi que des choses peu importantes soient vues symboliquement.
Je rêve que j’ai de l’eau jusqu‘au cou et que j’ai du mal à reprendre pied : symbole de dangers dont je me tire rai, mais avec difficulté. Quelquefois le symbolisme est une simple abré viation: on voit, par exemple, un petit groupe de soldats fuyant précipitamment, en désordre, devant un groupe d’ennemis plus nombreux et acharnés à sa poursuite, pour symboliser l'armée tout entière ou la nation elle-même, vaincue.
Tout ceci tient à ce que, sur le Plan Astral, on ne voit pas avec les yeux du corps; ceux-ci peuvent être fermés sans inconvénient. On a connaissance de ce qui se passe et on transmet cette connaissance au cerveau sous forme sensible, c’est-à-dire sous forme d'uneimage semblable à celles qui lui sonttransmises habituellement par les cinq sens corporels : images visuelles, auditives, olfactives, gustatives et du tou cher.
Ces images cérébrales constituent notre seul moyen d’information sur le Plan Physique. Dans la vie ordinaire, tout aussi bien qu’au moment d’une vision nous nous représentons une idée par une image, le plus souvent symbolique. Si nous voulons exprimer l’idée de Patrie, nous ne pourrons pas nous repré senter une image renfermant tout ce que ce mot con— tient, nous verrons le Drapeau, qui est l’emblème. le
12 8 L’INITIATION [NOVEMBRE “nr 2., symbole de la Patrie; nous verrons un drapeau parti culier si nous pensonsà une patrie particulière, au Drapeau Tricolore par exemple si nous pensons à la Patrie Française. Quand une idée est habituellement représentée par un symbole connu, accepté de tout le monde, ce sera ce symbole que nous verrons, soit dans nos pensées. soit dans nos visions.
C’est ce fait qui explique l'Anthropomorphisme en Religion, et même le Zoomorphisme, tel que le Saint-Esprit représenté par une colombe, le Christ par un agneau. Quand une idée n’est représentée par aucun symbo lisme connu, l’esprit en imagine un à son usage, mais ceci se fait naturellement, sans calcul dans l’inconscient. Les événements simples sont le plus souvent perçus sous leur forme directe.
Il reste enfin à expliquer ce que c’est qu’une Vision et comment on la perçoit. Il est bien entendu que le mot Vision s’applique tout aussi bien aux choses entendues, senties par l’odorat, le goût ou le toucher qu’aux choses vues.
' ' Mais, avant d’aller plus loin, je dois déclarer que le mot Viszon exprime quelque chose de réel; il ne s’agit nullement ici d‘Hallucmalz’ons, et à ce propos il est bon de bien nous entendre sur la valeur du mot Hallucination.
Littré le définit : « Perception de sensations sans aucun objet extérieur qui les fasse naître. » C’est bien ainsi que l’on comprend généra lement ce mot que d’autres définissent: Perception de ce qui n’existe pas; cette dernière définition est absurde, comment peut-on percevoir ce qui n’existe pas ? Pour l’étymologie, Littré accepte le mot o’0uîw, .....Jf“Wæ-W ' "“ "/w;,W”“far—m " ñ
1898] LES PROPHÊI‘IES ET LE LIBRE ARBITRE 129 r&:.di ‘ CF avoir l’esprit égaré; il est possible que ce mot ait été en effet dérivé ainsi à une époque où halluciné était synonyme de fou, mais aujourd’hui, surtout depuis les travaux de Brière de Boismont, on sait très bien que l’hallucination est compatible avec la saine rai son.
Mais la définition de Littré est-elle acceptable P — Oui et non. — Oui, si l‘on veut se bornerà consi dérer comme hallucinations les créations du cerveau, de l’imagination, en un mot les visions subjectives. Non, si l’on veut classer parmi les hallucinations tous les cas de perception, par une seule personne, de sensations que les assistants n’éprouvent pas.
Il faut d'abord noter que les hallucinations, telles qu’elles sont comprises par les médecins, corres pondent toujours à une sensation extériorisée, ayant toutes les apparences de l’objectivité; les sensations intérieures sont classées parmi les idées délirantes, les imaginations déréglées. Or les Occultistes savent que beaucoup de sensations sont causées par des objets extérieurs, très réels, mais perce’ptibles seulement par les sensitifs.
Ces objets n’étant pas perçus par tout le monde, les médecins en profitent pour déclarer qu’ils n’existent pas. Voyons donc ce que c’est qu’une hallucination vraie, celle qui correspond à la définition de Littré. Prenons, pour simplifier, l’hallucination de la vue, tout ce que j’en dirai s’appliquera aussi bien aux. hallucinations des autres sens, et j’éviterai ainsi un langage trop général. Toutes les fois qu'un homme bien portant ou malade voit quelque chose que les 5
130 L’INITIATION aUtres ne voient pas, si la chose vue est complètement ' inattendue, on peut être sûr qu’il y a un objet exté— rieur, invisible pour les non-sensitifs, mais réel : celui qui voit n’est pas halluciné. Mais si le sujet pense à quelqu’un ou à quelque chose, et qu’il finisse par le voir de ses yeux corporels, aussi bien que s’il était présent, là seulement il y a hallucination. .
Je sais bien que cette manière de voir restreint énormément le champ de l’hallucination, mais je n’y vois aucun inconvénient; l’hallucination en effet n’est pas si commune qu’on le croit. L’hallucination dont je viens de parler ne peut provenir que d’un souvenir; si l’on voit quelqu‘un ou quelque chose qu’on ne connaissait pas, on peut être certain qu’il y a un objet extérieur.
Il faut bien se rappeler aussi que le fait de voir en imagination ce dont on se souvient n’est pas Une hal lucination ; il faut, pour qu’ily ait hallucination, que le souvenir soit extériorise’. La Mystique décrit trois sortes de Visions: la Vi— sion sensible, la Vision spirituelle ou Imaginaire et la Vision Intellectuelle.
La Vision sensible, ou Corporelle, ou extérieure, est celle qui est perçue par les sens extérieurs, de la même façon que tous les objets du Plan Physique. L’être, quel qu’il soit, qui produit cette vision, est perçu par un seul, par plusieurs ou par tout le monde. Je n’ai pas grand’chose à dire sur cette pre mière classe de visions, elle correspond à ce que les Occultistes connaissent sous le nom de Matérz‘alt'sa tions. Quand ces matérialisations sont incomplètes,
LES PROPHÉTIES ET LE LIBRE-ARBITRE 1 31 elles peuvent n'être vues que par une seule personne, douée d’une certaine sensitivité ; quand elles sont poussées à un degré suffisant, tout le monde les voit. La Vision Spirituelle ou Imaginaire est celle qui n’est perçue que par les sens intérieurs.
Le mot Ima— ginaire doit être pris dans le sens de Imago, image, et non dans le sens de choses qui n’existent que dans l'imagination ; en effet. la Vision Imaginaire se diffé rencie des créations de l’imagination en ce que ces der— nières sont moins bien formées, ne sont pas vues, à proprement parler, n’ont rien d’inattendu et durent autant qu’on le veut; tandis que la Vision Imaginaire vient à l’improviste et dure peu de temps; en outre, comme le dit très bien sainte Thérèse, si l’on fait des efforts pour la prolonger, c’est le plus sûr moyen de la faire disparaître.
Elle s’accompagne souvent d’une très vive lumière, plus vive que tout ce qu’on peut imaginer, et qui cependant ne fatigue pas les yeux. Quand pourtant elle se transforme en Vision sen sible, cette lumière frappe les yeux corporels et il n’est alors plus possible de la supporter: c’est ce qui est arrivé à saint Paul sur le chemin de Damas.
Mais ce n‘est pas cette lumière qui est la véritable caractéristique de la Vision Imaginaire, comme parais— sent le croire beaucoup de Mystiques; il arrive sou vent que le paysage est éclairé moyennement etmême faiblement (1). Ce qui la caractérise, c’est que l’on a (l) Dire qu’un tableau très éclairé est un Cliché et qu'un ta. blean peu éclairé n‘est qu’une simple image n’est pas toujours exact.
En principe, un Cliché étant vivant produit lui-même la lumière qui l’éclaire, tandis qu'une Image n'ayant aucune * '* " ‘ ‘ "«r.a..“‘—‘h-Ën’‘:""
13 2 L’INITIATION la perception très nette des choses. plus nette même parfois que sur le Plan Physique, mais avec la pleine conscience que les sens corporels n’ont aucune part dans cette perception. Comme je l’ai dit plus haut, s’il s’agit d’une sensation visuelle, l’occlusion des pau— pières n’amène aucune modification.
On est généralement conscient d’une Vision Imagi naire d’une façon assez curieuse: il semble qu’il y a déjà un moment que ça dure, mais qu'on était inat tentif; il n’y a pas un moment où l’on ne voyait rien, suivi d’un moment où l’on voit quelque chose, il y a simplement un moment où on commence à être attentif à un phénomène qui se déroule depuis déjà quelque temps, mais qui passait inaperçu faute d’at tention.
La Vision Imaginaire peut avoir lieu tout aussi bien pendant la veille que pendant le sommeil.Quand elle a lieu à l’état de veille, on est pleinement conscient sur deux plans ; on peut raconter à ceux qui sont au— près de soi tout ce qu’on voit et en raisonner (1). vie ne peut être éclairée que par une lumière empruntée; un Cliché serait comparable à un soleil et une Image a une planète ou à une lune.
Malgré cela, certains sensitifs voient tout très éclairé, d‘autres voient tout peu éclairé; le même voit tantôt d’une façon, tantôt d’une autre, suivant ses dispositions du mo ment. D’autre part, un Cliché peut émettre peu de lumière ou être obscuré par l’éloignement, par des brumes interposées ou par d’autres causes, tandis qu'une Image peut être fortement éclairée.
L’éclairage est donc insuffisant pour distinguer u Cliché d’une Image. ‘ (1) Je parle ici de la Vision Imaginaire simple;quand il y a complication des divers degrés d’0raison : de quiétude, d’u— nion, etc., on est bien conscient, mais on ne pourrait pas par< ler à ceux qui sont auprès de soi. Seulement je ne fais que signaler cette particularité qui ne fait pas partie de mon sujets “ ‘ï"°"i‘f‘°‘WJfl,’/’"".J,',’.æ“' f’_p-—r.'> '
LES PROPHETIES ET LE LIBRE ARBITRE 133 Quand elle a lieu pendant le sommeil, on lui donne ' le nom de songe, en opposition avec le rêve, qui n’a pas la même signification, on n’est alors conscient que sur un seul plan, le Plan Astral, mais on con serve un souvenir précis au réveil, qui, du reste, a souvent lieu immédiatement, pas toujours.
Le rêve est une série de divagations sur des perceptions d‘Images mal interprétées et qui, à cause même de ce désordre, se heurtent dans le cerveau de façon à ne laisser au cun souvenir ou seulement un souvenir confus. Mais il y a d’autres causes à cet oubli, dont je n‘ai pas à parler ici. — La Psychométrie est un cas particulier de la Vision Imaginaire. Enfin, la Vision Intellectuelle est celle qui a lieu sans aucune image.
Cette vision est le type de l’Illu— mination. On a l’esprit vaguement occupé de choses quelconques, on n’est, actuellement tout au moins, préoccupé d’aucun problème; tout à coup on est, in tellectuellement, frappé d’une vivelumière, on ne voit rien en réalité, mais on a la sensation d'un pointbril— lant très petit, éclairant un grand espace.
Ce point ne fait qu’apparaitre et disparaître ; sa durée est d’une fraction de seconde, et on se trouve avoir une con naissance complète sur un sujet déterminé, connais sance qu’on ne possédait pas auparavant. Il est impos sible d’assigner une durée à ce phénomène, tellement il a été rapide, et cependant il faudrait quelquefois plusieurs centaines de pages pour donner une idée de ce qu‘on vient d’apprendre.
Cela ne se passe pas toujours ainsi: quelquefois on n’a aucune sensation de point lumineux, mais on ressent un choc, une N‘;\N‘“qämwx
134 L’INITIATION émotion, etc. Il y a toujours un retentissement quel conque sur l’organisme. Il est quelquefois impossible de donner une idée, même approchée, de ce qu’on a appris, et cependant on en conserve le souvenir et l’intelligence complète, à peu près indéfiniment. Le mystère qui est ainsi révélé dans la Vision Intellec tuelle est quelquefois celui dont on a été préoccupé antérieurement, mais quelquefois il est entièrement inattendu.
J’ai décrit la forme type de chacune des trois sortes de visions, mais il ne faudrait pas croire qu’il en soit toujours ainsi, il y a des formes atténuées, des formes / mixtes ; une Vision Imaginaire est souvent accompa gnée d’un faible degré de Vision Intellectuelle, etc. Par exemple, on voit’un personnage qu’on ne connaît pas et, cependant, on sait qui il est sans qu’on l’ait entendu nommer.
Cette connaissance est une forme très atténuée de Vision Intellectuelle. Les Mystiques sont d’accord pour dire que la vision la plus élevée est la Vision Intellectuelle, et la plus inférieure la Vision Sensible; la Vision Imaginaire est entre les deux. Cela est vrai, mais je crois qu’ils exagèrent quand ils disent que les commençants ne peuvent avoir que la Vision Sensible et que la Vision Intellectuelle est réservée aux plus avancés.
Il y a sans doute du vrai dans leurs assertions, mais les trois sortes de visions peuventlexister, plus ou moins atténuées, chez toute personne prédisposée par son tempérament. On comprend cependant que plus l’es prit est libéré de la matière, plus il est apte à saisir les inspirations, les intuitions les plus élevées. Il faut \ w.:r apwñ——»æ.—-u—'
LES PHOPHÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE 135 un certain degré de développement pour entendre les voix intérieures. Du reste. la vision principale est la Vision Intellec tuelle, c’est toujours par elle que tout commence.
Seulement, si nous n’avons pas encore exercé notre esprit à s’abstraire de notre corps, si le fracas des in terchanges Somatico-Psychiq ues accapare encore notre attention, notre cerveau nous impose sa participation et, par un phénomène de réversibilité (i) spéciale, s’empare de la connaissance pour la traduire en image, ce qui produit la Vision Imaginaire.
Si nos sens phy siques, eux aussi, ont conservé une prédominance suffisante sur nos sens intérieurs, ils transformeront cette Vision Imaginaire en Vision Sensible ou, pour mieux dire, ils percevront la vision si d’Imaginaire elle peut devenir Sensible, ce qui n’est pas toujours possible; autrement tout sera perdu.
Voilà pourquoi les Mystiques disentqu’il faut nous exercer à faire le silence en nous, à faire le vide, pour permettre à Dieu de se manifester dans ce que Saint Martin appelle le Centre. Voyons maintenant les observations que j’ai à pro duire pour prouver le bien fondé de ma théorie.
C’est surtout dans les cas de Visions Imaginaires que nous allons trouver la preuve de ce que j’ai dit plus haut: Tous les actes qui ont lieu sur le Plan Physique ont déjà eu lieu sur le Plan Astral; sans quoi il serait impossible d’expliquer la précision dans (l) La réversibilité consiste en un renversement des rôles qui transforme le récepteur en transmetteur et réciproque ment. .,_v—-vw\!meïb\-W“ñ“_r“.
136 L’INITIATION les détails qu’on observe dans certaines prédictions. L’abbé Richaudeau a publié, en 1870, une petite brochure sur les prophéties de la sœur Marianne, con verse du couvent des Ursulines de Blois. Ces prophé ties ont fait beaucoup de bruit à cette époque, sous le nom de Prophétie de Blais.
Voici un passage de cette brochure, qui est très remarquable : « Dans sa der nière maladie, qui arriva au mois d’août 1804. elle recevait les visites et les soins d’une grande pension naire, M”6 de Leyrette, alors âgée de vingt-six ans. Habituée avec elle à une certaine intimité de conver sation, surtout à témoigner son attachementà l’égard de la communauté, elle se mit un jour à lui dévoiler l’avenir de cette maison.
M“° de Leyrette, qui n’était nullement préparée à croire à des prédictions aussi extraordinaires, refusa d’abord de les entendre. — Ce n’est pas à moi qu’il faut dire cela, répliquait-elle à Marianne, c’est aux religieuses. —- Non, ce n’est pas aux religieuses, c’est à vous; les religieuses actuelles n’y seront plus quand les derniers événements que je vous annonCe arriveront ; vous, vous vivrez encore. — Mais je ne serai pas religieuse. — Vous serez reli gieuse, et plusieurs fois supérieure; vous serez le sou tien de la communauté. — Vous savez bien que ma mère s’y oppose. — Dans six mois Madame votre mère ne pourra plus s’y opposer.
« Six mois après, Mme de Leyrette était morte. Sa fille..... régla ses affaires et revint aux Ursulines, où elle entra définitivement au noviciat, le jour de la fête des Cinq-Plaies, 1806.
LES PROPHETIES ET LE LIBRE ARBITRE [3'] « Sœur Marianne, continuant ses prédictions, ajouta: « On ne restera pas toujours dans la maison où nous sommes ; on en aura une autre où l’on sera bien mieux... Mais voilà quelque chose de fâcheux! Des religieuses ne voudront pas y aller;elles se monte ront la tête et se sépareront de la communauté.
Nous voilà dans cette maison. (En disant cela, et chaque fois qu’elle se transportait dans l’avenir, elle regardait le mur auprès duquel était son lit, comme si elle y eût vu les lieux et les choses dont elle parlait.) « Ah! nous sommes bien mieux que dans «l’autre! Pourtant!... nous ne pouvons pas rester « commecela;il fautun murlà.....
Mais nous som « mes trop pauvres; nous ne pouvons pas faire de « dettes. — Cependant, nous ne pouvons pas rester « comme cela; nous ne sommes pas renfermées; il (< « « â’Aâââ faut un mur là. — Nous ne pouvons pourtant pas faire de dettes. —— Eh bien l voilà tout, on y mettra une cafetière d'argent. » Puis, se mettant à rire, elle dit: « Ah! c‘est bien drôle, une cafetière d'argent .
« dans un mur. » « Huit ans après. les Ursulines... achetère nt, dansle haut de la ville, une petite partie de l’établissement qu’elles occupent maintenant, et elles allèrent s’y installerle 22 juillet 18 I 2 ; mais il y eutdeux religieuses qui,ne trouvant pas ce changement de domicile àleur goût, refusèrent de suivre le reste de la communauté et s’en séparèrent.
Le jardin de la nouvelle maison était ferméde murs de trois côtés; mais un bout n’était séparé du clos d’un voisin que par une haie de bois sec.
138 L'INITIATION Ce voisin étaitun maquignon qui laissait ses chevaux paître à l’abandon dans sa propriété. Ces animaux, apercevant dans le jardin des religieuses une pâture meilleure que celle qui leur était abandonnée, sautaient par-dessus la haie et causaient le ravage que l'on peut imaginer.
« Lamentations des pauvres religieuses, qui disaient à la supérieure: Nous sommes bien mieux ici que dans la rue des Juifs; mais pourtant, nous ne pouvons pas rester comme cela; il faut un mur là. —- Nous som mes trop pauvres, répliquait la supérieure, nous ne pouvons pas faire de dettes.
« Le lendemain ou deux jours après, nouvelle inva sion et nouveaux_ dégâts; les religieuses recommen cent leurs plaintes: Nous ne sommes pas renfermées; il faut un mur là! La supérieure fait la même répli que: Nous sommes trop pauvres, nous souffrirons; impossible de faire de nouvelles dettes.
« — C’est absolument le monologue de Marianne, reprend la mère Providence; elle faisait d’avance les plaintes des religieuses et donnait les réponses que donne notre mère supérieure. Elle a ajouté: Eh bien! voilà tout, on y mettra une cafetière d’argent. — Qu’est-ce que cela veut dire, ma mère ? hasarde une novice. — Je n’en sais rien, ma petite sœur. « On resta dans cette position désagréable jus qu’en 1819.
Alors une zélée bienfaitrice des Ursu lines, appelée 1 "‘° Bongard, ayant appris que les pauvres religieuses continuaient à éprouver des désa— gréments par suite du mauvais état de clôture du jar din,vint faire une visite à la supérieure, qui était alors
LES PROPHÉTIES ET 1.1: LIBRE ARBITRE 139 la mère Providence. — Il faut absolument remédier à cela, ma chère mère, et construire un mur au bout de votre jardin. — Nous le voudrions bien, Madame, mais cela nous est impossible; je n’ose pas faire de dettes. —- Allons! vous me faites pitié! j’avais l’inten— tion d’acheter une cafetière d’argent, j’en fais le sacri fice, et je mets ma cafetière dans votre mur.
« Aussitôt elle fait venir les ouvriers..... » Comment expliquer cette précision dans les détails, si l’on n’admet pas que la soeur Marianne a vu les événements eux-mêmes se passer devant elle avant leur matérialisation sur le Plan Physique? C’est du reste ce qui ressort du récit lui-même : la sœur Marianne paraissait voir sur le mur tout ce qu’elle racontait.
Elle faisait plus que paraître voir, elle voyait réellement tous ces faits se dérouler dans l'Astral, et, pour qu’elle les puisse voir, il fallait bien qu’ils y soient. Ils y étaient, en effet, à l’état d’un Cli— ché dans lequel tout avait déjà été vécu.
La sœur Marianne prédit aussi que l’Évêché de Blois serait rétabli : « Il y aura un évêque à Blois (rien n’était plus invraisemblable en 1804.); les mères une telle. une telle, qu’elle nommait, ne le verront pas; elle désigna également celles qui devaient le voir. Ma sœur Monique le verra... Le verra-belle? Non, elle ne le verra pas; mais au moins elle saura qu’il est venu.
« Or, voici ce qui arriva : « Pour le concordat de 1817, le siège de Blois avait été rétabli, et Louis XVIII yavait nommé‘M. de Bois— ville. La supérieure des Ursulines, ayant appris cela,
‘ 140 L’INITIATION dit à la mère Providence : Ma bonne Mère, voilà vos prophéties qui vont s’accomplir, nous allons avoir un évêque. — Notre mère, je ne crois pas, nous n’y sommes pas. — Mais si, il est nommé. — Je ne crois pas. — Puisque je vous dis qu’il est nommé. — Notre mère, je crois que nous n’y sommes pas.
«< Quelques semaines après, arrivèrentà Blois des caisses renfermant des effets de M. de Boisville, qui, ayant ses bulles, se regardait comme assuré de prendre possession. — Au moins, ma chère mère, vous conviendrez maintenant que nous allons avoir un évêque. -— Notre mère, je crois que nous n’y sommes pas. — Mais ses malles sont arrivées. — Ses malles ne sont pas lui.
En effet, Louis XVIII n’ayant pas osé présenter son concordat aux Chambres, la restauration du siège de Blois fut sans résultat, et M. de Boisvillafut nommé à l’évêché de Dijon où il mourut. « J’ai demandé un jour à la mère Providence pour quoi, en 1817, elle avait cru si fermement que le m0 ment d’avoir un évêque n’était pas arrivé. Elle ne s’en souvenait pas.
Mais, en consultant les registres, j’ai découvert qu’une mère Saint-Aubin, qui ne devait pas voir l’évêque, vivait encore. Cette religieuse mourut le 13 juillet 1823. « Cette date nous révèle une particularité très ;emarquable.
La nomination de Mgr Sausin à l’évêché de Blois était connue depuis plusieurs semaines : cependant les religieuses, qui avaient appris cette nomination, ayant demandé à la mère Pr0vidence si, cette fois, c’était pour de bon qu’on allait avoir un ;,;Læ_, —
u:s PROPHÊTIES ET 1.1: LIBRE ARBITRE 141 évêque, elle répondit : Ah! oui, pour cette fois, nous y sommes. Il fallait donc qu’elle fût persuadée que la mère Saint—Aubin allait mourir bientôt. Toutes les autres qui ne devaient pas voir l’évêque étaient mortes; sœur Monique, converse, était aveugle, et de plus tellement malade, que sa fin paraissait immi- ' mente.
Le 23 juin, on pria le médecin, qui était venu la voir, d’attester dans un certificat l'impossibilité où il était de donner sa signature, afin que l’on pût faire payer un semestre de rente viagère qui lui était du le lendemain. Si cette rente est exigible demain, dit le docteur, je vous conseille de la faire payer dès le matin, car je doute que votre malade vive encore demain soir.
Cependant elle devait, sinon voir l’évêque de Blois, au moins savoir son arrivée, et l’on était sûr qu’il ne viendrait pas avant plusieurs semaines, peut—être même plusieurs mois. Ce n’était ni la première ni la dernière fois que l’on se trouvait en présence d’une impossibilité apparente de l’accom plissement de la prophétie 2< La malade, déjà agonisante, était donc con damnée à vivre encore plus de deux mois et demi.
En efl’et, Mgr de Sausin, qui arriva à Blois le 29 août 1823, ne vint faire sa visite aux Ursulines que le 1 1 septembre suivant. Entré dañs la salle de commu nauté et se voyant entouré de religieuses, il demanda à la supérieure si toutes étaient là. —— Oui, Monsei gneur, toutes, excepté deux : une sœur converse, aveugle depuis six mois, presque mourante depuis près de trois mois, et à l’agonie depuis trois jours, et l’infirmière qui la garde. Après avoir causé un peu
1 4 2 L’INITIATION . avec les religieuses, le vénérable prélat voulut voir la malade et se fit conduire à l’infirmerie. La supérieure dit à l’oreille de l’agonisante : Ma sœur, voilà Mgr l’évêque qui vient vous voir, Mgr l’évêque de Blois. Sœur Monique, qui paraissait privée de con— naissance depuis trois jours, essaya de parler; mais elle ne put que gesticuler des mains pour témoigner son contentement.
Monseigneur lui donna sa béné— diction, et le lendemain, à cinq heures du matin, elle rendait le dernier soupir. » La sœur Marianne avait encore vu la des scènes vécues à l’avance : la sœur Monique vivant juste assez pour voir l’évêque, et encore ne le voyant pas parce qu’elle est aveugle; le dénombrement des sœurs qui devaient être mortes à ce moment, dénombre ment suffisamment précis pour indiquer à la mère Providence le moment réel de la venue de l’évêque.
Enfin, cette même prophétie de Blois contient un passage extrêmement remarquable : « Vous serez en oraison quand vous entendrez dire que deux courriers sont passés ; alors il en arrivera un troisième,feu et eau, qui dira que tout est sauvé et qui devra être à Tours dans une heure et demie. » Les trois mots: feu et eau ne sont pas soulignés dans le texte, c’est moi qui les souligne pour les faire bien ressortir, car ils ont une importance majeure.
Qu’on se représente l’effetque devaient produire ces mots en 1804! Que peut bien être un courrier‘ feu et eau ? Et puis, que penser de sa prétention d’aller de Blois à Tours en une heure et demie? Quel cheval pourrait jamais exécuter un pareil tour de force ? de l
LES PROPHÉT‘IES ET LE LIBRE ARBITRE 143 Blois à Tours, il y a 56 kilomètres (indicateur des che mins de fer), faire 56 kilomètres en une heure et demie, c’est faire 37 kilomètres à l’heure, soit un peu plus de 9 lieues! En 1804., tout cela a dû pa raître un bafouillage insensé.
Aujourd’hui on com prend facilement: le courrier feu et eau représente très exactement le chemin de fer, et 9 lieues à l’heure sont une vitesse moyenne, certains trains font ce tra jet en une heure, d’autres en une heure et demie.
La sœur Marianne a donc bien réellement vu marcher un train de chemin de fer, mais elle n’avait aucun point de comparaison parmi les choses existantes de son temps, et elle ne pouvait que décrire ce qui la frappait; or ce qu’il y avait de plus remarquable pour elle était bien cette machine qui emportait le courrier et qui marchait avec une vitesse inconnue alors, par le moyen du feu et de l’eau.
Car, il n’y a pas à dire, ellea rapporté fidèlement la vitesse qui lui a été mon _trée et qui a été réalisée en effet depuis: « et qui devra être à Tours dans une heure et demie. » Et qu’on ne croie pas qu’il y ait là un fait isolé: Papus a cité quelque part ce passage de la prophétie d’Orval, où il est dit: Quel feu va avec ses flèches! et il faisait très justement ressortir que le voyant ne con naissait pas les armes à feu; de son temps on ne se servait que de flèches.
Comment pouvait-il exprimer ce qu’il voyait sinon en le comparant à des flèches, avec un éclat de feu les accompagnant ? Il avait donc réellement vu fonctionner des armes à feu. Voici maintenant deux visions récentes, que je tire de mes propres observations de la présente année 1898 ;
144 L’INITIATION elles sont surtout intéressantes parce que je suis cer tain de leur authenticité. ' Dans le courant de mars dernier, M. X. a vu\ deux hommes sur le point de se battre en duel, les témoins faisaient les arrangements préliminaires. M. X. les quitte et va dans une église voisine où il assiste aux vêpres, c‘était un dimanche.
Quand il en sortit, il était près de quatre heures; il vit l’un des deux adver saires étendu mort, le corps traversé d’un coup d’épée ; plusieurs personnes allaient et venaient, se remuaient beaucoup pour porter secours, l’adversaire lui-même paraissait s’y employer, mais il était un peu loin du cadavre. M. X., ayant raconté cela à plusieurs per sonnes, ajoutait qu’il fallait s’attendre, d’ici peu, à un duel suivi de mort d’homme.
Quelques jours plus tard, le duel Cavalotti lui donna raison ;seulement il y avait une légère différence entre la vision et l’évé nement: dans la vision, la blessure était au cœur, et c’est dans la gorge que le malheureux Cavalotti a été‘ blessé.
Mais Papus, qui a eu connaissance de la vision, a fait observer que le cœur avait été vu symbolique ment, comme étant l’origine de la carotide: la pro longation du cœur a été atteinte au lieu du cœur lui même. Cela est parfaitement admissible, et j’ajouterai qu’un Cliché peut bien être légèrement modifié dans un de ses détails, entre le moment où il a été vu et le moment de sa matérialisation.
En tout cas, le duel a bien eu lieu un dimanche soir vers quatre heures. Le même M. X. avu, dans ce même mois de mars, les divers épisodes d’un banquet qui devait avoir lieu quelques jours plus tard, et il eut l’occasion d’en faire
LES PROPIIÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE [4.5 vérifier l’exactitude par un de ses amis, M. B. L’ayant rencontré la veille du jour où devait avoir lieu ce ban quet, il lui demanda s’il ne voudrait pas yassister. M. B. y consentit et alla de suite se faire inscrire. Voici, lui dit alors M. X., comment les choses vont se passer: M. P. sera presque au bout d'une table, à droite du président, mais pas tout à fait à côté de lui.
En face de M. P. sera assis quelqu’un que je ne con nais pas, je ne l’ai jamais vu sur le Plan Physique. — A ce moment ils furent croisés par un monsieur qui ressemblait beaucoup à l'inconnu, et M. X. le signala à l’attention de M. B., en lui disant: Remarquez bien ce monsieur, il a presque la même figure que celui dont je vous parle; M. B. regarda bien et dit qu’il le reconnaîtrait. — M. X. continua ainsi : La personne dont je viens de vous montrer le sosie, si ce n’est lui— même, s’assoira en face de M. P.
Il conservera tout le temps une figure sérieuse, presque ennuyée. Vers la fin du repas, M. P. se lèvera et fera un discours, pen dant lequel il regardera quelquefois l’inconnu.
Celui ci croisera sa jambe gauche sur sa jambe droite et s’accoudera sur son bras gauche; il restera ainsi un moment, les yeux dans le vide, puis il décroisera ses jambes, se tournera, regardera à la dérobée M. P., qui, à ce moment, sera arrivé au point important de son discours, et croisera sa jambe droite sur sa jambe gauche, en s’accoudant sur son bras droit, de façon à laisser errer ses yeux du côté opposé à celui où il re— gardait pendant Ia première partie du discours de M. P. ; à aucun moment il ne détendra ses traits, il ne sourirajamais. Quand M. P. se rassoira, son discours
146 L’INITIATION terminé, l’inconnu changera encore de position d’un air indifférent, mais sa figure exprimera vaguement ' une légère approbation. Un autre orateur, à une table à gauche du président, à peu près en, face de la place où vous serez, se lèvera à son tour et fera un discours avec un accent méridional ; celui-ci sera gai et mettra de l’humour dans son discours.
Le reste de ce qui se passera n’aura rien d’intéressant, je ne vous en parle pas. ' M. B. raconta le surlendemain à M. X. comment les choses s’étaient passées : Quand je suis entré dansjla salle, il y avait déjà plusieurs personnes qui causaient en groupes séparés.
J’ai reconnu de suite la personne que vous m’aviez montrée la veille; mais j’ai été un peu dérouté, car ce monsieur causait avec d’autres personnes juste à l’opposé de l’endroit que vous m’a viez indiqué. Mais, quand on s’est mis àtable, il a fait un long détour pour venir s’asseoir à la place que vous lui aviez assignée. A partir de ce moment, tout s’est passé comme vous me l’aviez annoncé, jusque dans les plus petits détails.
En résumé, vous m’avez parlé avant-hier comme vous auriez pu le faire hier soir à dix heures. Pour que M. X. ait pu parler ainsi la veille du banquet, il faut bien que ce qu’il avait vu ait été la scène elle-même qui se déroulait dansl’invisible avant de se matérialiser sur le Plan Physique. Comment expliquer autrement ces détails insignifiants et n’ayant d’autre intérêt que de permettre la vérification, ces croisements de jambes, par exemple ? Il ne serait pas difficile de retrouver un grand nom
LES PROPHÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE 147 bre de visions dans lesquelles on constaterait des cir constances tout aussi détaillées et tout aussi insigni fiantes. On voit souvent des clichés concernant des personnes qu’on ne connaît pas, et dont on ne trouve que ‘ par hasard l’occasion de vérifierl’exactitude; on en voit aussi dont on ne connaîtra jamais la valeur.
Voici un exemple de vision du présent, et non plus de l’avenir, que je tire du Progrès spirite, numéro du 20 septembre 1898 ; il est raconté par M. Amédée Thabourin : « Une jeune personne de ma famille avait attiré l’attention d’un jeune employé de commerce; une demande en mariage s’ensuivit.
Le jeune homme était admis dans la famille, tout marchaitàsouhait, quand, un matin, grand émoi de la jeune fille, qui, s’éveillant, dit à sa mère: « — J’ai fait un drôle de rêve. « —— Raconte-le-moi, dit la mère. « —— J’étais, dit-elle, dans une maison inconnue; il y avait là une jeune femme et deux enfants : une petite fille de quatre ans et un petit garçon de deux ans; ce dernier était bossu. Pauvre petit bossu ! il l’était devant comme derrière.
La jeune femme me disait: ‘« — Ce sont les enfants de M. A. D. » « On alla aux renseignements, et voici ce que l’on apprit: le jeune homme avait deux domiciles, un à Ménilmontant, et un autre à Montparnasse, où habi tait la femme avec qui il vivait en ménage. De cette union étaient nés deux enfants, une petite fille et un petit garçon, qui était bel et bien bossu, comme il était apparu en rêve. »
148 L’INITIATION M. Thabourin croit que le corps astral de la jeune fille s’est transporté dans la maison de Montparnasse et y a vu tout ce qu’elle a raconté à sa mère.
Cette hypothèse n’est pas la seule possible, on peut tout aussi bien admettre une vision imaginaire pure et simple;les paroles explicatives de la jeune femme seraient un phénomène mixte: un premier degré de vision intellectuelle révèle à la percipitente la signifi cation de ce qu’elle voit, et cette connaissance se trans forme en une vision imaginaire auditive, qui traduit mieux pour elle la situation, en venant s’ajouterà la première vision.
Du reste il ne faut pas perdre de vue que, sur le Plan Astral, on ne doit pas tenir compte des distances comme sur le Plan Physique. Les distances sont une conséquence de la matière et, dans une vision, il est tout à fait indifférent que la scène se passe en Afrique ou dans la pièce à côté.
Quelquefois on a la sensation d’un véritable voyage, mais alors il y a autre chose qu’une vision simple: quand Marie d’A gréda, sans quitter son couvent, en Espagne, se trans— portait au Nouveau Mexique pour évangéliserles indi gènes, elle avait la sensation de traverser la mer et diverses terres, avec une rapidité excessive.
Mais il y avait, en effet, un transport réel: une partie de la matière de son corps quittait l’E_spagne pour aller en Amérique; la preuve, c’est qu’elle était vue, entendue et touchée par tout le monde; elle éprouvait aussi certains phénomènes de répercussion qui ne peuvent laisser aucun doute. On peut donc affirmer que la partie principale du phénomène se passait sur le Plan
LES PROPHETIES ET LE LIBRE ARBITRE I49 Physique, plan sur lequel les distances ne sont pas négligeables. Il nous resteà voir maintenant comment toutes ces choses peuvent se concilier avec la liberté humaine.
Si nous n’exécutons sur le Plan Physique que ce que nous avons déjà élaboré dans l’invisible, on pourrait croire que nous ne sommes libres que sur le Plan Astral; et cependant c’est le contraire qui est vrai, nous sommes rarement libres sur ce dernier plan: c’est bien là que nous avons formé les Clichés qui se réaliseront plus ou moins fidèlement sur le Plan Phy sique, mais c'est sur le Plan Physique seulement que nous sommes capables de les élaborer, consciemment ou inconsciemment.
En réalité,’notre liberté dans l'in visible est à conquérir, et cette conquête, déjà faite par quelques-uns, doit être le but de tous nos efforts; c’est principalement pour cela que nous sommes en ce monde. C'est l’esclavage auquel nous sommes sou mis dans l'invisible qui s’oppose à notre montée dans les plans supérieurs, et c’est à la seule condition d‘être libres que nous pourrons opérer cette montée.
État de trouble, Avitchi, Kama-Loka, Enfer, Purga toire, etc., sont la conséquence de notre esclavage en Àstral.l Le Paradis, dans ces diverses conceptions, est la conséquence de notre liberté, grâce à laquelle nous quittons le Plan Astral lui-même pour nous éle ver jusqu’au Plan Divin. Mais tout cela demande à être expliqué.
Tous les psychologues savent que le nombre de nos actions qui dépendent directementde notre raison est très restreint: nos actes sont, dans l’immense
150 UlNlTIATION majorité des cas, déterminés par nos passions, nos entraînements, nos habitudes; la plupart du temps notre liberté n’a même pas été mise en cause, nous avons agi à peu près inconsciemment, par suite d’un pli pris, ou bien nous avons agi sous le coup d’une passion, par réflexe, avant que la raison ait pu intervenir. Plus nous avons ce que l’on appelle de la puissance sur nous—mêmes, plus ce dernier cas est rare.
Mais qui de nous peut se vanter d’être toujours maître de lui 1'" \ . Qu’on réfléchisse à la lenteur avec laquelle s’exé— cute un acte quelconque sous la direction de la raison, et on verra que la vie serait impossible dans ces con— ditions.
Nous n’avons donc à considérer qu’un seul cas où l’on fasse réellement des actes réfléchis, c’est quand on veut se créer une habitude, et alors la liberté est pleine et entière: je peux m’exercer à faire le bien ou à faire le mal, il en résultera ce qu’on appelle de bonnes ou de mauvaises habitudes.
Il y a un cas dans lequel la liberté ne nous abandonne jamais: nous avons toujours, à tous moments, la liberté de juger nos actes, selon nos lumières, bien entendu, de les approuver ou de les condamner, et de chercher à les corriger s’il y a lieu. Pour cela, il arrive quelquefois que nous sommes aidés par des visions: c’est une des applications de l’Image Astrale.
Si le Cliché nous indique ce qui arrivera, l’Image peut nous indiquer le point où nous sommes arrivés. Prenons un exemple : j’ai résolu de conquérir ma liberté sur le Plan Astral, je ne puis y arriver que.
LES PROPHETIES ET LE LIBRE ARBITRE I5! par le procédé que les Nlystiques appellent la Vie Purgah’ve, qui consiste à combattre successivement toutes mes passions ; car, il ne faut pas se le dissimu ler, la liberté complète n’existe qu’à ce prix: je ne puis être libre qu’à la condition d’être maître chez moi, d’imposer silence à mes entraînements.
C'est une vérité, du reste, qui n’est pas à démontrer, nous n’avons qu‘à regarder ce qui se passe autour de nous pour voir combien les gens habiles s’emparent facile ment de la volonté des autres en exploitant l'eurs pas sions. Je m’attaque donc d‘abord à l’une d’entre elles. la haine par exemple.
Après des luttes plus ou moins longues, je crois être enfin arrivé à m’en rendre maître: je regarde mon prochain avec_ bienveillance, je pense à M. un tel à qui j'en ai voulu beaucoup pour une infamie dont il s‘est rendu coupable à mon égard, et je ne suis pas troublé, je ne sens pas remonter ma colère, je suis arrivé à penser à lui avec indifférence, peut-être même chercherais—je à le tirer d’un mauvais pas si l‘occasion s’en présentait.
Me voilà maintenant bien tranquille sur cette passion, elle est bien domptée et je vais diriger mes efforts ailleurs. Une nuit, je rêve: je suis sur le Plan Astral, mon corps repose et ne peut plus venir à mon aide; j‘agis, par conséquent, selon ce que les Occultistes appellent mon Astralite‘, c’est-à-dire selon les dispositions réelles de mon être intérieur.
Au réveil, je suis outré, je me rappelle très bien tout ce que j’ai fait en rêve, et ce n’est pas beau. Si je n’ai aucune notion des di— verses conditions de la vie sur les divers plans, je dis: J’ai fait un mauvais rêve; tout ce que j’ai vu est bien
152 L’INITIATION loin de mes véritables dispositions: je me suis vu méchant, et je ne ferais pas de mal à une mouche. — Si, au contraire, je connais la valeur des Images As trales, et si je sais ce qu’est la vie sur le Plan Astral, je dis: j’ai cru avoir bien dompté mes passions hai neuses, je les ai simplement refoulées et endormies; je dois veiller.
Je suis arrivé à avoir horreur de ce péché, mais je nel’ai pas chassé complètement de mon Astral: aussitôt que mon corps n’est plus là pour me rappeler à l’ordre, comme je lui en ai confié la mis sion, je me laisse aller et je fais ce que j’avais résolu de ne plus faire.
Tous mes efforts ont réussi à donner le pli à mon cerveau corporel, mais ne l’ont pas dée passé, il faut que je force la dose, que j’insiste, pour que mon action déborde et finisse par atteindre mon Astral lui-même.
Quand je suis éveillé, mon corps possède toute sa puissance et me rend ce que je lui ai donné; c’est lui en effet qui subit les premières modi— fications et qui doit, sous la continuité de mes efforts, agir à'son tour sur mon Astral pour fixer définitive ment mes progrès.
C’est ainsi que se trouve vérifiée la solidarité qui existe entre l’âme etle corps pendant ‘ la vie, solidarité grâce à laquelle je peux débarrasser mon Astral de toutes ses impuretés. Voilà pourquoi le corps, qui peut être un affreux tyran pour nous, peut être aussi une aide puissante, un protecteur, sui— vant la manière dont nous l’avons traité. Cet exemple suffira pour montrer la valeur des Images et esquisser l’art d’interpréter les songes. Je pourrais montrer comment chaque péché peut se révé ler à nous et par quelle série d’lmages; mais à quoi
LES PROPHÉTIES ET LE LIBRE ARBITRE 153 bon? chacun n’aura qu’à être attentif et trouvera l’occasion de suppléer, par sa propre expérience, à ce que je suis obligé de passer sous silence pour ne pas allonger davantage cet article. J’arrive donc à la conclusion: Dieu seul connaît l’avenir vrai et en communique la connaissance à qui Il veut.
Les voyants peuvent avoir la perception des Clichés et décrire ce qui s’est passé en Astral pour être réalisé plus tard sur le Plan Physique, ce qui revient bien pour nous à prédire un certain avenir.
Mais, même dans ces proportions res treintes, il y a beaucoup decausesd’erreur: un Cliché peut être modifié, le voyant peut prendre une Image pour un Cliché, il peut mal traduire ou mal interpréter ce qu’il a vu; et puis il ne voit pas tout ce qu’il veut, il ya des conditions particulières pour bien voir: quand on pénètre dans le Plan Astral, il faut être très évolué pour voir tout distinctement; on est entouré d’une multitude d’entités de toutes sortes, et souvent on ne voit qu’un ou deux tableaux très restreints.
Ceux, au contraire, qui voient beaucoup de choses sont embarrassés pour choisir ce dont ils doivent tenir compte. Le véritable prophète est celui qui ne cherche rien et reçoit les communications à l’improviste, Dieu lui fait connaître ce qu’il veut qu’on sache.
Les autres surprennent bien quelquefois des secrets, mais cela n’a pas grande importance, car ils commettent telle ment d’erreurs qu’il est difficile de tenir un grand compte de ce qu’ils disent; quelques—uns cependant voient généralement juste. Le sujet est loin d’être épuisé, il y aurait encore beau “-——-—.- MW“... Mm .
15 4 L’INITIATION coup à dire, mais je me suis surtout attaché à étudier un point particulier: Dans quelles conditions peut-on prédire l’avenir et quel compte doit—on tenir des divers genres de prophéties et de rêves?
Dans un prochain article, j’étudierai des cas spéciaux, tels que les visions des saints, et surtout ces cas si curieux de commerce avec des entités supérieures, le cas de Gichtel, par exemple, avec Sophia; celui d’un autre Allemand, le B. Suso, avec la Sagesse Éternelle (synonyme de Sophia), etc. Il y aura là une étude curieuse et très, intéressante à faire.
J’ai aussi esquissé une théorie de la Liberté Humai ne; mais, pour élucider complètement ce sujet, il fau drait un volume. L’homme est sur cette terre comme un voyageur en pays sauvage: il est exposé aux atta— ques incessantes de mille ennemis de toutes sortes, qui emploient contre lui la force et la ruse. Au milieu de tous ces dangers, sa liberté paraît bien peu de chose.
Cependant elle est indéniable, il peut mettre en oeuvre tous les moyens qui lui semblent appropriés à la lutte ; il peut s’associer avec d’autres voyageurs, menacés comme lui; faire le sacrifice d’une partie de sa liberté dans l’intérêt du salut commun.
Mais il faut bien convenir que, sans l’aide d’En Haut, cette liberté serait bien problématique, elle ressemblerait furieusement à la liberté d’être dévoré. _ En résumé, Dieu nous a donné le Libre Arbitre, et nous avons pour tâche de conquérir notre Liberté sur les trois plans.
En général on emploie le mot Liberté comme synonyme de Libre Arbitre, et alors on doit dire que l’homme est libre ; mais si on voulait donlI .AWN._M_,_Ù, a_,.,.7,_.[«...,.‘,—-.—T,ta_,*’rvs_m.WdW‘/A,m
LES PROPHETIES ET LE LIBRE ARBITRE I55 mer à chaque mot une signification précise, conforme à l’étymologie, on devrait dire que l’homme possède le libre arbitre et doit devenirlibre: il peut juger et se déterminer librement et il doit s’exercer à vaincre les obstacles qui s’opposent à la réalisation de ses décisions. En tout cas, j’espère avoir montré quela liberté est parfaitement compatible avec la possibilité de prédire l’avenir. . Dr F. Roman. , .. Q)k‘) W. —..,.«‘;‘_; --‘ñ"fi
äa iiuene avec l’ängletene (Extrait de l’Echo du Merveilleux du 1" novembre 1898) Au moment où on se demande avec tant d’anxiété si nous ne sommes pasà la veille d’un conflit avec l’Angleterre, il est peut—être intéressant de reproduire ce que, à diverses époques, M“° Couédon a dit d’une guerre possible avec cette nation. Nos lecteurs pourront s’entraîner avec ces citations au petit travail de juxtaposition et d’interprétation dont nous parlons plus haut. L’A ngleterre sera changée, Je la vois démembrée. Une famille qui a régné Et qu’on a empêchée 1 Je la vois remonter. Un roi du passé Lui sera donné Quand ceux qui ont usurpé Seront détrônés. , (Écho, n° II, p. 27.) Quand la terre va trembler, Ce n’est pas éloigné, Trois nations se rassembler Et la guerre éclater, zmp,-v-æ;» ,,'YE:M»’FmWJ.Ë_MWW
L LA GUERRE AVEC L’ANGLETERRÉ 157 Des maux vont frapper. La guerre déchaînée. (II, p. 28.) Je vois d’un autre côté Une nation armée Qui est près d’arriver. Mais qui ne peut entrer... Elle voudrait s’implanter. Je vois les aigles déployées. Les armes sont graissées... Je vois cette nation se remuer Et la guerre déclarer. (V, P- 76-) L’hymne sera entonné Car on va guerroyer Ce n’est pas éloigné. L’A ngleterre a poussé A la guerre que vous voyeq. Sa flotte est bien armée. Mais la mer s'agiter. Des vaisseaux vont couler. Vous êtes en danger. Une guerre déclarée. L’Europe va s’embrouiller, Et le sang va couler. (VI, p. 91.)
l 58 L’INITIATION Une guerre est déclarée. Mais une autre est approchée Quand un coup va porter... (VIII, p. 123.) Je vois une guerre enragée... Toutes vos flottes vont aller... Dans un port... Je vois les navires rangés Et les pavillons flotter. Ce n’est pas éloigné... Puis d’un autre côté ‘ Une guerre déclarée; L’Europe sera incendiée..... Je vois le sang ruisseler. Les drapeaux vont s’élever, J’en vois de l’étranger... Un vous sera donné, Il nefaudra pas vous y attacher Car il vous sera enlevé. (XI, p. 171.) Quant au Jubilé. . .. Pour cette reine ilfaut prier... Les Anglais vont changer. Les Indes leur seront ôtées. Je vois la guerre déclarée. Je vois leur flotte décimée. Je la vois submergée. Il n’en va pas rester. (XII, p. 186.) ‘ ‘ . . .fimtififix,.rgzŸ4çpfiim}fij" " ‘ I ..4mm
LE GRAND PAPE ET LE GRAND ROI 159 Pour elle (Reine Victoria), il faut prier. Je vois qu’elle va quitter, Ce ne sera pas de longue durée. Elle sera viIipendée Car on va éclairer Quelque chose d’insoupçvnné... Quant au détroit aisé 11 va lui être enlevé... (Xlll, p. 204.) L’A ngleterre va s'armer: C’est elle qui va pousser. Des navires vont se montrer. (XIV, p. :22.) L’Angleterre démembrée; Cela va commencer...
L’A nglelerre va se montrer, La guerre se déclarer, Les Indes vont lui être ôte'es. (xv, p. 235.) LE ©IÆMIIID PAPE ET LE. ®IälMl@ Mlll La Revue des Revues du 1" novembre 1898 publie sous la signature de notre collaborateur G. Maurevert un article sur le prochain pape et les prophéties. On sait que les prédictions de saint Malachie désignent
160 L’INITIATION [NOVEMBRE comme successeur à Léon XIII (Lumen in cælo) un pape dont le nom symbolique est [gnis ardens. Les probabilités sontl’archevêque de Bologne, le cardinal Nampa, les cardinaux Vannutelli, Ferrari, Angelo di Pietro et G.-M. Gotti.
Le chevalier Adrien Peladan pense quéle pontifi cat d’1gnis ardens coïncidera avec le règne du Grand Monarque français, lequel, descendant de Pépin, sera placé sur le trône par le pape, « étoile éclatante, élue contre l’attente des hommes, au sein d’une grande lutte électorale, étoile dontla splendeur illuminera l’Église universelle ».
Vaticinium memorabile du bien heu reux Werdin d’0trante; M. Maurevert cite encore: Un grand monarque, Auxilium Dei, Lilifer, monar que fort.., rétablira la paix de concours avec une puis sance du Nord (Barth. Holzauser); puis Jean de Vatiguerro ou Prescheguerre (qui seraitJérôme Savo— narole puis Nostradamus, 6e centurie, 5 25 : « Jeune Roi rouge prendra la monarchie.
Puis la prophétie de Mar—de-Souliac, évêque des Lodève: en 1888, naissance d’un grand homme; en 1899, conversion des infidèles; en 1999, paix univer selle. Enfin la célèbre prophétie d’Orval commentée dans cette revue même par Stanislas de Guaita.
L’ESPRIT DE PRIIPHÈ’I’IE PAR SATURNINUS L‘auteur de ce mémoire, confor mément aux décrets d'Urbain Vlll, déclare se soumettre d'avance aux jugements de l'Église catholiqueen matière de surnaturel.
AVIS AU LECTEUR Un trop grand nombre d‘hommes refusent à priori d’admettre l'existence d‘un Dieu personnel comme du monde des esprits; et pour ces hommes la prophétie n’est qu’une manifestation curieuse d’un délire parti culier ou d’une surexcitation du système nerveux. Selon leur jugement, il est impossible d’examiner si les prophéties sont exactes, car elles ne peuvent pas provenir d'un état d’inspiration surnaturelle (I).
« Il existe dans notre nature, a dit Auguste Nicolas, un (1) D“ M. Prouvost, le Délire pr0phétique; Bordeaux, Cas— signol, I896, in-3°. —. - , .,._ . , . -.., _ . --..——..‘w”n__ss_. . A... :...—. « m,am.wmmfictwswmfiwu ... m... ..,..,._ 6
162 L’INITIATION principe qui repousse la preuve elle-même d’un fait et sa démonstration, lorsque les conséquences qu’il renferme paraissent aboutir à l’impossible ou à l’absurde.
Les preuves Extérieures, considérées avec attention, sont assez fortes pour convaincre un homme de la vérité d‘un fait quelconque, pourvu qu’il n’ait pas d’avance rejeté ce fait en lui-même hors de la partie des preuves, en le déclarant impos— sible (I). » Lorsque nous en sommes venus à être convaincus de l’existence du Créateur et du monde angélique, notre esprit ne considère nullement comme absurde l’hypothèse qu’une personne a reçu l’inspiration prophétique.
Il nous parait au contraire naturel que l'être humain puisse avoir des relations, exception nelles, il est vrai, avec le plan divin comme avec le plan astral supérieur ou inférieur (2). Le mot prophétz’ser s’employait chez les Hébreux dans un sens plus étendu qu’à notre époque. Il s’ap— pliquait, par extension, à toute inspiration d’en haut et à tout acte provenant de cetteinspiration.
Le même terme signifiait : prédire l’avenir; révéler ce qui est arrivé dans le passé (3); être ému et agité par un esprit bon ou mauvais (4); danser, chanter, jouer des instruments par inspiration d’artistes (5); expliquer (1) Études philosophiques sur le Christianisme; Poussielgue, in—xz, t. IV, p. 25.
I (2) Papas, le Cas de Mlle Couédon et la tradition (Initia— tion, juin 1896), (3) Isaïe, xuv, 7-9; Lue, xx11, 64, (4) I, Reg., xvm, 10. (5) I, Reg., xvm, 16; I, Pan, xxv, 1 . /k .. A . ‘Ww—wyera-Lafi’i‘y‘gfi «
L‘ESPRIT m: PROPHÉ'I [E 163 l'Écriture, haranguer dans le Temple enfin faire un miracle (2). Le prophète était désigné par le terme de nm (Roëh), voyant, ou 'îî‘l (Hêz) contemplaieur. spectateur (l, Reg., 1x, 9). Après l’établissement des Hébreux en Palestine, on appela le prophète N’:J (Nabi), c'est—à dire inspiré parlant de la part de Dieu (Genèse, xx, 7; Exode, vu, 1). Parfois le prophète est qualifié d’Ange ou Envoyé, ou encore d’homme de Dieu.
Dans nm il y a l'idée de renouvellement de l’homme vivant : le voyant, l‘homme qui a les puissances supé rieures développées en lui, est en effet le nouvel homme dont parle Saint—Martin. Dans ‘tn il y a l’idée de contemplation extasique ou celle de vision corporelle. Dans N"DJ il y a l'idée productive d’une action intérieure et active en un être humain, ou d’inspi ration céleste, de pénétration de l’individu par l’esprit divin.
I. — ESSENCE ET MODES DE LA PROPHÉTIE La prophétie, dans le sens ordinaire, est accordée par 7011 (Chézed, la Grâce), vient de la puissance (i) I, Cor.,xr, x1v. (2) Eccl., x1.vm, 4; xux, 18 ; extrait de la Dissertation de Dom Calmet sur les prophètes.
« Rendre la vie à ce qui n'est plus, écrit Auguste Nicolas, ne suppose pas plus de puissance que la prédire en ce qui n'est pas, lorsque la, prédiction est tellement éloignée, tellement cir. constanciée et ponctuelle, qu'il n‘y a que l'Auteur de la vie qui peut avoir confié le secret de son événement La puissance de prédire se confond alors avec celle de produire, et n’en est qu’une dérivation. » (Lac. cit.) ..m.«...‘ --. » . ' - ‘ l"‘.n:—‘l«g.mvœ‘ry‘qa—ç.u w%“mæ“g\‘fl‘.‘èfl“Na—“m‘y.
164, L'INITIATION de 1m (Kether, la Couronne) par l’action de 'jD’ (Jésod, la Génération), et se rapporte à un des dons du Saint Esprit, celui d’intelligence. provenant de mu (Binah). Elle ne s’étend pas seulement à la connaissance des événements futurs, mais encore à celle des Vérités de la foi, comme des mystères plus profonds réservés aux parfaits et concernant la sagesse (1). La Genèse révèle le passé par inspiration divine de nmn (Chokmah).
Le prophète a le don caractéristique de connaître ce qui est éloigné de la connaissance des hommes et voilé des ombres du mystère. Il manifeste ce don par la parole ou l’écriture. Ces manifestations sont cor roborées par des miracles divins, du moins en règle générale (saint Marc. xvx). ' La prophétie s'exerce presque toujours en mode passif. Elle est la résultante d‘un état de l’âme qui ne dépend point de la volonté humaine.
Cet état est pas sager et jamais permanent. Elisée ne put prédire à la demande de Josaphat :ce fait a quelque analogie avec celui du somnambule qui n’a pas toujours ses facultés hyperphysiques obéissant selon son désir et celui de qui le consulte. Mais le véritable prophète ne trompe jamais. Élisée essaya de ravir son esprit par une extase artificielle qu’il espéra provoquer au moyen du son des instruments de musique.
L’arrivée de l’Esprit est subite : elle ne se commande point (2). (i) S. Thomas, Somme, part. 3, CLXXI et sq. —- Isai'e, 6, 4.0, 58. (2) Reg., ig; Isaïe, 50. ...a..,_,.. ,. V , . _V ,.. V . n., »f_.«;ar« .-w_‘..»;u‘;- r,;r -r v _w- W ;' M "’9‘"; —N‘ > V A. .. ..... , ',«:.'H‘.l,-"‘
L'ESPRIT DE PROPIIETIE Cynthius aurem Vellit, et admonuit... Saint Thomas d‘Aquin admet qu'une fois que l'âmea été ébranlée par l’action de l‘esprit, elle est plus disposée à recevoir de nouveau l’inspiration (I). Le mode de connaissance le plus élevé est la vision en Dieu. Moïse en fut favorisé. Michét: dit que Dieu est la lumière de ses ténèbres. C'est le transport en nqp'7n (Malchut) où apparaissent les jugements de mini (Geturah).
Un voyant peut connaître l‘avenir par des paroles qu’il rapporte, et aussi à certains jours par l’illumi nation intérieure.
Marie Lataste écrit à un ecclésias tique: « Dans la dernière lettre que je vous ai adressée sur le même sujet (la France), je n’entendis que les paroles que j’ai rapportées, c’est-à-dire que je ne reçus point en moi de connaissance intérieure, tandis que, lorsque le Sauveur Jésus m’eut adressé les paroles que j'ai rapportées en cette lettre, il se fit en moi comme une lumière spirituelle et céleste.
Or, je vis clairement et distinctement, si du moins ce n’est point une illu sion, ce que je pus exprimer ainsi: il y a en France beaucoup de bien et beaucoup de mal aussi.
Si le bien était proportionné au mal, nous n'aurions pas autant à redouter les coups de la justice de Dieu, etc. » Cette connaissance intérieure est celle dont parlent sainte Thérèse et les grands mystiques de tous les > temps, de toutes les contrées : la théorie occultiste de la vision dans l’astral ne peut en donnerl’explication, (I) Somme, part. 3, 2. 4, CLXXI, art. Il. “(fig—«v.
166 L‘lNITIA'I‘ION puisque cette connaissance ne s’applique point à des images. Il n’est pas possible, dit saint Thomas d’Aquin, qu’un mortel voie dans l’essence divine les raisons des événements humains et les créatures qui les ac complirojnt, car il verrait en même temps l’essence divine, raison de tout ce qui existe; et ce privilège est réservé aux saints dans l’autre vie.
Les voyants aperçoivent l’avenir dans un reflet de la divine lu mière, comme dans un miroir.
Les prophètes voient dans le livre de la prescience divine, en tantque cette prescicnce leur inspire la vérité; ils voient dans la vérité premièrela forme propre par laquelle ils existent, en tant que la ressemblance de cette vérité se reflète dans l’esprit de l’homme, d’où l’âme peut se con naître cile—même; et comme en Dieu les futurs con tingents sont immuables, une connaissance immuable peut être imprimée dans l’esprit du prophète, sans qu’il voie pour cela Dieu même dans son essence. (Somme, I, p. 9, 163, a 1).
« Je vois toujours, écrit sainte I-Iildegarde, cette lu mière dans mon âme, et je ne la perçois ni par les yeux, ni par le corps, ni par les pensées du cœur, ni par aucune action de mes cinq sens extérieurs, mes yeux cependant restent ouverts, et les autres sens cor porels conservent leur activité.
Cette lumière que je sens n’est pas locale, mais infiniment plus éclatante que celle du soleil, et je ne saurais en considérer ni la hauteur, ni la longueur, ni la largeur. Elle m’est nommée l’ombre de la lumière vivante: et comme le soleil, la lune et les étoiles se réfléchissent dans l’eau, \ _.—.,À.,____-,
L’ESPRIT DE PROPH ÉTIE 167 ainsi les écrits, les discours, les vertus et les œuvres des hommes m’apparaissent dans cette lumière. Tout ce que je vois ou apprends de la sorte, j’en conserve la mémoire pendant longtemps. Je vois, j’entends et je sais tout avec ensemble, et ce que je sais, je l’ap« prends comme en un moment; mais ce que je ne vois pas, je l’ignore, car je suis presque ignorante...
Je n’entends pas les paroles comme des sons que forme la bouche humaine, mais comme une flamme étincelante ou comme un nuage qui glisse sur un ciel pur... J’aperçois de temps en temps dans cette lumière (lumen) une autre lumière (lux) qui m’est nommée la lumière vivante; mais celle-ci; je ne la vois pas fré quemment, et je serais bien moins encore capable d'en déterminer la forme que celle dela première.
Lorsque je la contemple, je perds le souvenir de toute tristesse et de toute douleur... » Berguille a dit de même qu’une lumière intérieure pénètre son âme « comme si elle l’avait mangée » (1). Dans ce mode de vision, Dieu parle à l’âme direc— tement comme l’ange peut parler à l’ange.
L’être humain est provisoirement ramené à la puissance cognitive qu'il avait avant la chute, à cette puissance qu’il ne peut reconquérir qu’après avoir passé les portes du tombeau. La cognition se fait avec une rapi dité exceptionnelle, dont le langage humain ne peut donner une idée précise. « Il y a tant de choses en peu de phrases, dit sainte Thérèse dans le livre de sa (I) Acta 85. Comm. in vita S. Hildeg.. Il I5. —- Peladan, Dernier mot des prophéties. lmfin—s‘awwñv‘.—s’gfiw‘.m rwfi * ‘ s v\ '- ‘ ‘** "“- -‘W'A"""Ê"
. 168 L’INITIATION vie, qu'il faudrait beaucoup de temps pour les rédiger en ordre... Nous nous trouvons instruits sans aucune perte de temps, et l‘on comprend des choses qui, pour être mises en ordre, exigeraient, ce semble, un mois entier: l’intelligence elle-même et l’âme tout entière demeurent étonnées de certaines choses qu’elles comprennent» (ch. 24).
« Avec les paroles, ajoute-t-elle dans le Château intérieur, et par un mode que je ne saurais expliquer, on vous donne souventà entendre-et on Vous explique, sans rien ajouter de sensible, beaucoup plus que ces paroles indiquent par elles-mêmes. » (Dem. 6, ch.
3). — Sainte Brigitte, et de nos jours Mélanie Calvot, la bergère dela Salette, ont reçi1 ainsi en quelques instants les règles de deux ordres religieux, avec le don d’en garder parfaitement le souvenir. ,. Saint Bonaventure appelle ce mode de vision la vision intellectuelle. par opposition à celles qui ont lieu grâce à la faculté imaginative ou encore par vision corporelle.
Sainte Thérèse assure, comme saint Jean‘ de la Croix, que ce mode élevé est tel, que le démon et l’imagination ne peuvent produire d’illu » sions (1). Ainsi, l’inspiré est soustrait à toute douleur durant le temps de l’inspiration, parce qu’il est alors dans l’état paradisiaque; et le don de prophétie lui assure des lumières supérieures quant aux facultés ration. (1) In vita, cap. 27. — In asc. mort., 1. 2, cap.
31, Marie d’Agréda dans la Cité de Dieu,distingue cinq degrés de vision surnaturelle correspondant à autant de grâces particulières Guerres, Mystique, 1. IV, ch. x1). w—*‘mn—, rw
L’ESPRIT DE PROPHÊ'I‘IE 169 Îi' nelles et quant àcelles d’observation, maisàtitre provisoire seulement. Parfois il reçoit la science infuse comme Salomon, une inspiration pratique pour régler sa vie entière, comme lsaïe, ou comme les apôtres, le don de com— prendre les Écritures: mais Ces dons spéciaux ont un caractère de permanence. Le mode supérieur de prophétie ne peut s’exercer qu’avec l’extase.
Les livres saints la mentionnent assez souvent: c’est la mort momentanée des saints, qui est précieuse devant le Seigneur (1). Le voyant, parfois, est comme arraché hors de son corps et pousse un cri inattendu. D’ordinaire son poil se hérisse à l’arrivée ‘ de l’esprit, ses dents claquent, ses os sont émus.
L’effroi lui enlève ses forces et peut même se communiquer aux assistants qui n’ont pas le privi— lège de la vision (2).Quand l’esprit est un envoyé de Dieu, il rassure le voyant, et après sa disparition celui-cine ressent qu’un bonheur paisible et confiant; si au contraire c’est un mauvais esprit, le trouble ne quitte point l’âme, après que la visiona cessé (3).
Dans l’extase, quand l’âme subit la domination des séphiroths, .13: (Netzach) et “fin (Hod), la Victoire et la Décoration,qui donnent la vieàl’inspiration prophétique, le voyant peut apercevoir des figures ou (1)Psal.115.15. (z) Job, VIII, et Daniel, x. (3) M““ Couédon dit avoir prié pour n'être point trompée par un mauvais esprit: à la seconde audition, l'ange s'est nommé, l’a rassuréeet luiainspiré une confiance inébranlable.
Comparez les histoires de Zacharie et d'Anne,de récit de l'An— nonciation. Le Juif croyait mourir bientôt quand un ange lui apparaissait (Juges, xnr, 22; V1, 22).
170 L'lNITIA'HON entendre des voix. C'est, disent les kabbalistes, la vision intuitive dans le Soleil ou dans la Lune (-inDn Tipharesh) ou nqpb:u Malchut, la Beauté, le Royaume — c’est-à-dire dans un reflet symbolique de la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. » Les vaticinateurs modernes ont été en cet état, quand ils disent avoir vu « en Dieu » tel ou tel événement.
Ou Nostradamus a vu les événements futurs dans un miroir magique de très grande valeur, peut-être de son invention, ou, ce qui me paraît plus probable, il a vu l’avenir dans‘un miroir que Dieu même a dai gné mettre sous ses yeux. Nous savons que les puis— sances hyperphysiques de l’être humain vivant peu vent arriver à s’exercer en mode actif (c’est le cas des occultistes et des mages) ou bien en mode passif comme chez les mystiques.
Ainsi, la pieuse Anna—Maria Taïgi voyait toujours dans un mystérieux soleil, quand elle y portait ses regards, l’état des consciences, la situation morale des peuples, les guerres, les desseins des gouverne— ments, les fléaux préparés par Dieu pour punir les péchés des hommes.
Dieu lui-même daigna lui dire: « Ceci est un miroir que je te montre, pour que tu saches le bien et le mal. » Elle ne regardait dans ce miroir que par charité ou pour la gloire de Dieu, iamais pour satisfaire une vaine curiosité. Les visions y étaient tantôt réelles, tantôt symboliques. Le P.
Calixte, son biographe, dit avec raison qu’on peut appliquer au soleil de la servante de Dieu cette parole du roi-prophète : « In sole posait tabernacu— lum suum, il a établi sa demeure dans le soleil. Anna
L‘ESPRIT DE PROPHÉTIE 17t Maria avait toujours ce miroir divin auprès d’elle, et il devint de plus en plus brillant. Les figures pas saient à côté du disque lumineux et y disparaissaient C'est, à un degré peu inférieur, le privilège qu’eut sainte Hildegarde (1). De même, Ëlisabeth Canori— Mora dit qu’en 1820 elle fut ravie au ciel et unie inti mement à Dieu par le moyen d’une lumière inacces— sible dans laquelle elle était toute transformée.
Saint Pierre lui apparut: il fit passer sous l’abri de quatre arbres magnifiques les bons chrétiens qui doivent survivre au châtiment de l’univers..... Cette lumière symbolise l’lntelligencc divine dans laquelle brille la Vérité, comme la lumière paisible et la lumière vivante de sainte Hildegarde. L’audition d’une voix est un mode moins élevé mais fréquent de la manifestation d‘en haut (2).
On remarqua chez les juifs qu'au temps d’Héli il n'y eut pas de vision sensible. mais seulement une audition de voix par Samuel. Dans notre siècle, Joséphine Lamarine entendait une voix d’en haut lui réciter ces strophes: 0 toi, France, 6 ma patrie.
Si célèbre par ta foi, Quelle fureur inouïe A pu s’emparer de toi l (I) M. l'abbé Curicque a su noter ici que David s‘écrie, au Psaume XXXV, l' : In lamine tuo videbimus lumen ; et qu‘on chante au Symbole de Nicée: Lumen de Iumine, Deum verum de Deo yero ( Voix proph., p. 16). (2) Exode, m. 2. — Gen., mur, H, 12. —— I,Reg., 3; Juges, Samuel, etc.
172 L’INITIATION Telle que l’Ange rebelle Dans ses élans orgueilleux, Ta nation renouvelle La guerre contre les cieux (I). Peut-être les esprits qui parlèrent de tout temps aux inspirés ont-ils employé plus souvent la forme versi fiée que le langage ordinaire: les prophètes juifs parlaient en vers paraboliques; les sibylles et les py thies, Nostradamus, et de nos jours M"° Couédon, quantité d’autres voyants ont employé la forme rythmique.
Il y a toutefois, me semble-t-il, une rai son de douter lorsqu’il n’y a pas eu de témoins affir— mant qu’un voyant parlait en vers: personne ne peut prouver, par exemple, que les vieilles et fameuses prédictions de Plaisance, de Lehnin, de Benedict— beuern, aient été récitéeS en vers latins et non pas mises en vers latins postérieurement par un croyant (a).
Le caractère du langage intérieur n’est pas celui du langage tenu par une voix surnaturelle. Les paroles du langage intérieur, comme il a été dit plus haut. sont énoncées avec une rapidité inconcevable. Une voix Surnaturelle, au contraire, parle tantôt avec un son éclatant, tantôt comme une voix humaine; la rapidité de l’énonciation n’est jamais telle que les paroles ne puissent être bien comprises.
Parfois. ces paroles ne sont entendues que d’un (I) Curicque, Voix prophétiques. (2) Plutarque admet que les vers de la Pythie ne sont pas d‘Apollon, mais de la Pythie elle-même subissant l’influence d‘Apollon.
L'ESPRIT DE PROPHÉTIE 173 voyant, parfois, mais bien plus rarement, elles le sont de plusieurs auditeurs. Il en est de même pour certaines visions: nous arrivons ici à la limite qui sépare le don prophétique proprement dit de la grâce exceptionnelle ayant un caractère prophétique et accordée à une collectivité.
Certaines visions collectives célèbres, comme celles des images miraculeuses d’ltalie en 1796, celles de Notre-Dame de Campocavallo et de Notre-Dame de Castelpetroso à notre époque, celle de la croix de Mi gné en 1826, celle des phénomènes célestes de Vienne, près de Lyon, l’an 1848, ont été perçues par tous les assistants; d’autres, par quelques-uns comme à Pont main, à Tilly, ou par un seul comme à Lourdes.
La forme ordinaire de la vision est la vision sen— sible ou corporelle, par images, figures d’hommes, d’animaux, d’objets inanimés, d’anges, etc. Tantôt elle est figurative, comme celle d'lsaïe, qui voit le Seigneurassis sur un trône et entouré de ses anges (1), tantôt elle est conforme à la réalité des objets, ou prend l’aspect qu’elle peut prendre pour être vue des yeux de tous les assistants.
Le Seigneur paraît aux Israélites un feu ardent au sommet de la montagne sainte; Moïse vit le Seigneur aussi complètement qu’un homme peut le voir sans mourir. Souvent la vision apparaît dans une nuée. Un ange éleva une colonne de nuages entre les Hébreux et les Égyptiens. (i) Restaux (vers 1880) disaitentendre un bruissement avant l’arrivée de l'archange saint Michel.
Bien des relations ont parlé de tourbillons annonçant l'apparition de mauvais esprits; ce phénomène est donc insuffisant pour distinguer la nature de ceux-ci. J'ignore si Restaux n‘a pas été trompé par le démon.
r 74 L‘INITIATION Le lecteur devra en outre constater quelles prophé— ties, provenant de visions réelles, ont été abrégées par les voyants et non pas exposées en détail quand ils en ont fait le récit. Celles du P.
Nectoux me paraissent de cette catégorie: après avoir parlé longuement de la Révolution, des messes célébrées dans les gre niers, etc., le pieux jésuite aurait dit : « Il y aura en suite une réaction que l’on prendra pour la contre révolution. » -— Or, il est impossible de représenter cette phrase par une seule image: nous y verrons ou une interpolation, ou un exposé sommaire fait par le voyant un certain temps après de nombreuses visions De même, une personne a représenté la guerre 50—7 ciale, les chemins de fer coupés, les couvents pillés et brûlés, les prêtres et religieux massacrés, et a ensuite ajouté: « 11 y en aura beaucoup que l’on croit bons et qui le croient eux-mêmes, mais qui reculeront au dernier moment et qui verront de quoi ils seront capables ; la plus grande partie se trouveront surpris et paraîtront étonnés d’eux-mêmes » (1).
Joséphine Lamarine, au contraire, a brièvementdépeint la guil lotine, le drapeau rouge, la destruction de Paris, la famine, la dispersion des prêtres, les inondations et les ténèbres : ce n’est pas une abréviation de visions nombreuses, c’est le brefénoncé de visions rapides (2), des scènes sans liaison entre elles, par vision des causes en astral. (i) Curicque, Voix prophétiques, II, 387. (2)Curicque, Voix prophétiques, II, 387. A Notre—Dame-de Lorette, comme à Fontet, à Tilly, il y a eu vision collective d’un temple futur.
L’ESPRIT DE PROPHÉTIE 175 h Quand le Seigneur ou son ange arriva, Èlie enten dit le bruit d’un vent violent arrachant les pierres du sol; puis il y eut une commotion ; une grande flamme apparut; ensuite un souffle doux se fit sentir.
Lorsque le voyant distingue des objets sensibles, tantôt il aperçoit une grande scène, ou une série de tableaux qui se succèdent avec rapidité et dont il re tientles traits principaux; tantôt au contraire il voit de menus détails, des scènes même vulgaires (en as— tral).
Dans le premier genre de visions, nous classe— rons celles de Maximin et de Mélanie à la Salette: où ils virent dans un miroir divin, où ils aperçurent des scènes tracées par l’intermédiaire des anges.
Dans le second, nous rangerons celles du curé d’Ars (dont fort peu du reste sont connues) qui aurait vu détruire plu sieurs maisons près d’une communauté religieuse et même endommager le mur de cette dernière; la fa meuse prophétie de sœur Marianne de Blois, qui p’arle de marchands forains se hâtant d'emballer pour aller voir ce qui se passe chez eux, d'un évêque de Blois qui se réfugiera dans un château, d’un courrier pressé qui refusera de s'arrêter, etc. Il est à remarquer que les somnambules et les voyants de tout pays, de toute croyance, sont dans l’un ou l’autre cas: ou bien ils voient les grands traits de l’avenir d’un individu, d'une nation, d’une reli gion, ou bien ils aperçoivent de menus événements.
C’est ainsi que l’Im‘tz'ation a reproduit des visions .semi-réelles, semi—symboliques, et le Voile d’Isis d’autres non moins émouvantes, obtenues, les pre— mières, par le magnétisme, les secondes par l’ascèse
176 L’INITlATION personnelle d’un chercheur (1). Dans ces deux cas, les visions en astral ont moins de netteté que celles qui sont obtenues par des personnes avancées dans la sainteté, et ces personnes ne se sentent point ins pirées pour en donner l’explication. Les visions symboliques sont fréquentes.
M. Migo rel, curé de Malétable, a vu la France couverte de ténèbres, des rayons de lumière la traversant en cer— tains endroits; deux armées rangées en bataille près de Rome; les ennemis de l’Église soulevés de terre et renversés (2). La yénérable Anne de la Foi aperçut, après avoir entendu la voix de saint Ignace de Loyola, un aigle étranglé par un serpent, des ânes et des serpents dévorant des lions, etc. (3).
Marie Lataste aperçut un homme vigoureux, prenant avec un filet une immense quantité d’oiseaux qui l’importunaient. Anna-Maria Taïgi apercevait, dans le soleil mysté rieux, tantôt des phénomènes et des événements naturels (tempêtes, massacres, etc.), tantôt des sym— boles allégoriques (poignards, faisceaux dïépines,_ couronnes, pluie d’or, etc.) (4). Parfois, la vision symbolique estexpliquée au voyant, parfois elle n’estpointcommentée.
Saint Jean de Capis tran ne reçut point l’explication d’une scène symbo lique : quatre fleuves luttant ensemble, jusqu’à ce que (1) Voir aussi G.
Mèry, Echo du merveilleux, 1"juin (vision de Mme Auffinger).— En télépathie, parait-il, les visions sont mieux comprises si le voyant a une forte culture scientifique. (2) Curicque. (3) De Stenay, Des grâces futures,Phare prophétique. (4,) Une pluie d’argent a été vue à Tilly : elle rñe paraît figu rer l’abondance.
L'ESPRIT DE PROPHÉTIE 177 le fleuve de l’occident l’emportât; la lune etles étoiles combattant le soleil et ayant l’avantage. Une voix lui cria seulement : « Le soleil a été vaincu par la lune; les jugements de Dieu sont de profonds abîmes... Les jugements de Dieu sont incompréhensibles; l’abîme appelle l’abîme.
Le plus grand sera assujetti au plus petit, et la fin approche. » Ces termes bibliques me paraissent faire allusion au triomphe de l'Antéchrist. L’histoire d’Anne Emmerich et celle des autres extatiques racontent souvent des visions de ce genre. En certains cas, au contraire, la vision est immédiatement commentée, et le voyant retient parfaitement les explications.
Catherine de Raconigi vit une fontaine profonde sur laquelle surnageaient quelques fétus; puis des ani maux furieux qui vinrent troubler son onde et la détourner.
Saint Pierre lui expliqua que cette fontaine symbolisait la famille des Frères Prêcheurs; l’eau très pure, les saines doctrines; les débris surnageants, les quelques manquements des religieux et religieuses, et les animaux farouches, les hommes méchants et vicieux, à qui sont odieuses les vertus chrétiennes. Parfois enfin les visions symboliques sont expli quées au moyen de quelques lignes que lisent les voyants.
Sainte Thérèse vit un dominicain lui appa raître, tenant un livre dans lequel elle lut : « Dans le temps à venir, cet ordre fleurira, il aura beaucoup de martyrs. » Elle aperçut plusieurs religieux tenant des épées, pour indiquer qu’ils défendraient la foi chré— tienne. Plusieurs enfants, à Pontmain, en 1871, virent
178 L'INITIATION aussi des signes symboliques et des mots écrits'en gros caractères (1). C’est ainsi qu’Ezéchiel lut dans un livre qu’une main mystérieuse déroulait: Lamen— tations, regrets, malédictions. L’inscription lue pen— dant le festin de Balthazar est beaucoup plus connue ’ du vulgaire. A Vienne en Dauphiné, la célèbre vision de 1848 était accompagnée de quelques mots et de quelques chiffres (2).
Certains, comme Berguille, voient tantôt des signes symboliques, tantôt des scènes du présent et de l’avenir. Les modes intérieurs de la prophétie sont évidem— ment ceux qui n’élèvent pas au-dessus d’elles-mêmes les facultés du voyant, et qui même lui feront con naître et révéler l’avenir tout en étant dans une incons cience plus ou moins absolue.
La parole automatique (comme dans le cas de Balaam et de M‘19 Couédon), l’écriture automatique et le songe prophétique sont de cette espèce. (A suivre.) (I) Aces visions on peut comparer les avertissements sym boliques dont une foule entière est témoin. (2) A. Peladan, Nouveau Liber mirabilis. %’
SEPTIÈME GRAND SYMBOLE ILA PR©‘PHIÊTJÈ D'ÉMIPŒIAS Vieil Éliphas, toi qui lis dans les astres, Vois-tu venir la jeune liberté P Non, mais je vois après d’autres désastres Surgir encor la féodalité. Le libre—échange a détruit Ia patrie, Et le commerce a croisé ses vaisseaux. Courbe; vos fronts, martyrs de l’industrie, Forgei des/ers, enclumes et marteaux.
Tout un chaos de machines géantes Des travailleurs a supprimé les bras, On voit marcher des fournaises ardentes Et du progrès l’or escompte les pas ; Le culte même a ses taux à la bourse. La bienfaisance exploite ses manteaux. Le pauvre peuple a la mort pour ressource.
Forge{ desfers, enclumes et marteaux, J’ai traversé la Niniue moderne, Usine immense aux soupiraux d’enfer, Où le soleil apparaît rare et terne, Toujours voilé de carbone et defer. /
1 80 L’XNITIATION Au lieu de cœurs des balanciers palpitant; L’homme a pour loi des rouages égaux, Et sans amour ses intérêts s’agitent... Forge; desfers, enclumes et marteaux. Là de .Maltlzus triomphe l’ironie, La liberté c’est le droit de mourir. Et pour sesfils la nature renie _ Ceux que l‘argent refuse de nourrir; La pauvreté c’est la haine et l’envie, Maispour sa cage on refait des barreaux ; On va griller les égouts de la vie.
Forgeq des fers, enclumes et marteaux. Ainsi vivra la misère profonde, Tant qu’une voix n’aura pas dit un jour: Oui, l’industrie est la reine du monde, Mais elle est femme, et son roi c'est l’amour! Rendez un père à lafamille humaine, Et sur Iafoi des oracles nouveaux Pour enchaîner l'égoïsme et la haine: Forge; des fers, enclumes et marteaux! Vieil Éliplzas, que deviendra l‘Église P Boutique à vendre ou martyre nouveau.
Quand adviendra la liberté promise P Lorsqu’onferà du tonnerre unflambeau : Lorsque la presse en vérités féconde Ne vendra plus des grossiers écriteaux. Mais jusque-là, pour le salut du monde; Forge; des fers, enclumes et marteaux.
LA PROPlIÉTIE D‘ÉLIPHAS i8t Garibaldi sauvera-t-il la terre P Il doit mourir bientôt abandonné. Quand rendra-t—on la couronne au Saint—Père P Lorsqu’au progrès il aura pardonné. Qu’aduiendra-t-il de la jeune ltalic P Son drame un soir finit sur les tréteaux. De Maççinifernzente la /olie : Forgeç des fers, cnclumes et marteaux.
Ainsi toujours des bourreaux et des chaînes, Tant qu’il sera des méchants et desfous : Tant qu’on verra les lâchetés humaines Devant l'argent se traîner à genoux. Mais des partis le pilori se fonde _: La croix se taille au jeu de leurs couteaux, Et son éclat s'élève sur le monde; Forge; des fers, enclumes et marteaux.
Par qui m‘endra la fin de nos misères P -— Par un grand pape assisté d’un grand roi, Qui brisera les armes étrangères, Pour réunir le progrès et la loi. L’intellige’nce a triomphé du crime; L‘ancien serpent resserre ses anneaux : Satan rugit et tombe dans l'abîme : Forge{ desfers, enclumes et marteaux! ELIPHAS LÉVY.
182 L‘INITIATION BEBÆ4Æ@ŒÆAPÆEE DES PRINCIPAUX RECUEILS CONTEMPORAINS PUBLIÉS EN FRANCE SUR LES PROPHÉTIES Les Prophéties françaises, suivies d’un projet présenté au Roi, pour dégrader et punir le Duc d’0rléans, par M. Berg[asse], député. 1789, in-8. Pièce Bibi. Nat. Réserve, 2 ex., Lb39 2490. La Prophétesse du Périgord. In-8. Ib., 3488. Les véritables Prophéties de Nostradamus en concor dance avec les événements de la Révolution. La32 366.
Nouvelles Prophéties de Nostradamus aux: Parisiens. In—8. Ib., 4138. La Révolution française, par Nostràdamus(par M. Odon cet;. La32 292. Les Prédictions des astronomes sur la fin du inonde. In-8. Ib., 4466. La Révolution de Franceprophe’tise’e. 1791, 2 vol. in-8. Ib., 5659 (par Chaillon de Jouville, d’après Barbier). Mémoires secrets depuis 1767. Prédictions sur les évé— nements politiquesjusqu’à 1850, par M. Prudhomme père. 1829, Paris, in—8.
Ib., La“. La Prophétie de IIolzhauser. 1815, in—12 (par l’abbé Viguier). Ib., Lb“, 48. Relation des événements arrivés à Th. Martin. Ib., 527. Prédictions relatives à la naissance du duc de Bord-7 deauœ. 1820, in-16. Ib., I787. Prophéties curieuses... Paris, in-8. Ib., Lb“, 481. Le Passé, le Présent et l’Avenir, ou les prédictions d’un jeune homme de cent ans. In-8. Ib., Lb“. La Révolution de Juillet consultant la sibylle, par Col net. Ira-8. Ib., 464. Le Livre admirable (traduction du Mirabilis liber, par Bricon). Paris, 1830, iu-12.
BIBLlOGRAPHIE 183 L’Erislent‘e de Louis .\'l'l[,prouvée par les faits et les prophéties, par Fortin. 1831. Ib., Ln27 15065. Exposé des rit/l‘érentes prédictions sur l’avènement du Pontife saint et du Monarque fort, par Demouville. 1832. Les Destinées futures de la France, par Antoine de Saint-Gervais. 1832, in-8. Ib., Lb*’l1 1171. Le Passé et I’A venir expliqués par les événements arri vés à Th. Martin... 1832, in-8. Ib., Lb“ 2898.
Le Doigt de Dieu... par Ad. Doré (de Sens). Reims, 183;, in»8. Ib., Lb”1 2677. La fin des temps, par Bareste. 1840. Nostradamus, par Bareste. 1840. Le Passé, le Présent et l’.-l venir... (d’après Nostradamus) par Fr. Girault. 183g. Ib., Lb51 2976. L’Oracle pour 1840, par Dujardin (l’abbé James). Recueil de prophéties. Les Grandeurs de la Patrie et ses destinées, par Madrolle. 1840, in-8. Ib., Lbm 30.14. Prédictions modernes. Avignon, Seguin, 1848.
Almanach prophétique, par Bareste. 1842-1856, in-18. Ib., Lc22124. Le Bonheur public. Prophéties de Nostradamus, par Girault de Saint-Fargeau. Ib., Lb54 2172. L’Oracle français, par Rouy. ln—18. Ib., Le” 29. Histoire prophétique de la Révolution de 1848, par Du jardin. Ib., Lb“ 5074. Avertissements à la capitale, par Madrolle. In-8. Ib., Lb51 3050. Le Monarque fort, son avènement en août 1850, par A. Silvestre. Dentu, 1850, in-8. lb.
Le Livre de toutes les prophéties et prédictions. 1848. Le Grand Prophète et le Grand Roi, par Madrolle. Ib., Lb55 2002. Dieu Pardonne, par Demouville. Ib., Lb55 5756, 1841), 1n-4. Accomplissemrnl des prophéties, par M. d’0rient, 1850. L’histoire prédite et jugée par Nostradamus, par l‘abbé Tomé. Bordeaux, 3 vol. in-4, 1860-62. Ib., La39 6. Réédition des Centuries de Nostradamus, par le même. In-8.
1 84 L’INITIATIO N I’IL’Avenirt... par Félix Levacher—d’Urché. Paris, Ilavy, in-8, 1869.1:1-f0l, plane Lb'°°“2+67. Par C. V. de Stenay (Collin La Herte): L’Avenir dévoilé jusqu’à l’Ante’christ. Paris, 1870, in-3, — Supplémentà l’Avenir dévoilé. 11). Derniers avisprophe’tiques, par le même. Paris, Palmé, 1872, in-12. La prophétie de Blais, par l’abbé Richaudeau. Tours, Cattier, in-8. Ib., Lb“676.
Choix des prophéties les plus célèbres ou mis“ siècle. Lyon, Josserand, in-rz. Ib., 678. , Le Livre des prophéties, par Kermor. Rennes, Librairie générale de l’Ouest. In-1t<, 12470. (Ne se trouve plus à la Bibliothèque nationale.) Recueil deprophe’ties remarquables. Lyon, Girard, 1370, in—32. Ib., 680. \ Recueil complet des prophéties lesplus authentiques. Lyon, Josserand, in—8. Ib., 681.
Lisez! lisez .’ lisez! et compare: ce que vous avez lu avec ce guise passe. Roanne, Ferlay, in-8. Ib., 682. La ete/‘des temps, par Le Pelletier. Ib., 1272. Henri V restaurateur. Lyon, Girard, 1871, Ib.,in-18’, Lb57 2209. Le Monarque fort... Alençon, Thomas, 1871, in-S. Ib., 2210. ' Le Grand Pape et le Grand Roi. Ib., 2211. Pie IX et les secrets de la Salette, par le P. Huguet. Lyon, Gauthier, 1871, in-8. Ib.,2212.
Concordance de quelquesprç3phe’ties... Bourges, Pigolet, 1871, in-32.1b., 2213. Ilenri V est—il près d’arriver ? Oui... par l’abbé de la Tour de Noé. Toulouse, Blagé, 1871, in—8.1b., 2248. Les Destinées de la France, par L. Mond. Lyon, Mérat, 1874, in-8. Ib., 2297. ‘ Lettres sur les prophéties modernes, par Chabauty. Poitiers, Oudin, 1871, in-8. Ib., 2442. Nouveau choix de prophéties. Nimes, Giraud, 1871, in-12. Ib., 2444.. ‘ L’Avenir de la France, par l’abbé Latour. Toulouse, Rouget et Delahant, 1871, in-8. Ib., 2908.
BIBLIOGRAPHIE 18 5 Id., par l’abbé Desorges. Paris, Haton, 1871, in-18. Ib., 2909. Les Prédictions modernes devant la Semaine liturgique de Marseille, par A. Nicolas.Marseille, Olive, 1571, in-12. Ib., 2910. Nouveau Liber Mirabilis, par Adrien Peladan (recueil de prophéties). In-12. 11)., 2912. Prophéties. Dentu, 1871, in—8. 11)., 2012.
Prophéties dites d’Olivarias et d'0real interprétées par leur auteur Noslradamus, par Tomé, Angoulême, Vve Girard, 1872, in-‘S. 11)., 3113. Nos malheurs et nos espérances d’après les prophéties, Lyon, Gay, 1872, in-18. 1b., 3586. La clef ou concordance des prophéties, par l’abbé Brandy. Avignon, Séguin, 1872, 111-12. 11)., 3773. Le Sauveur de la France. Givors, Dumons, 1872, 111-16. 11)., 3774.
Échos prophétiques des derniers temps, par Antoine Morin. ln—32.1b., 3807. Les événements prochains. par l‘abbé Raboisson. Paris, Plon. 1b., 4689. Lellre de Mgr d’0rléans sur les prophéties contempo— raines. [11-18. Ib., 4818. Les prophéties modernes venge’es, par l'abbé Chabau1y. Poitiers, in-18. Ib., 4876. Voir prophétiques, par l’abbé Curicque, 2 vol. in-12. Paris. Palmé, 1872. Dictionnaire des prophéties, par l‘abbé Migne, in-4.
Le Soleil et les Étoiles prophétiques, par V. de Ste— nay. ln-12, Paris, Wattelier, 1875. ' Dernier mot des prophéties, par Adrien Peladan. Nimes, 1881, 2 vol. in-12. . Les Prophéties, par Chauffard. Paris, Thorin, 1886, 1n-12. Les grands événements de demain. Paris, librairie légitimiste, 35, rue de Grenelle, 1888, in-16. Les Prophéties, par Blond et Barra]. Paris, 1892, br. 1n-12. La Révolution, par Chauffard. Avignon, Aubanel, 1893, 1n-rz. TW:)Q‘}W“
186 L’INITIATION Le grand Coup, par l’abbé Combes. Paris, Vie et Amat, Briguet, 1894, br. in-8. Le Sauveur de demain. Paris, Cobra, 1896, br. in-8. La Révélation de saint Jean, par Chauffard. Paris,Thœ rin, 1894, in-12. Les Prophéties rapprochées des Oracles sacrés, par Chauffard. Toulouse, Sistac, 2 vol. in-16, 1895. Guerre et Révolution, par le baron de Novaye. Paris, Chamuel, 1896, in-18.
SATURNINUS. ’ &R’I‘IÛIÆS SUR LES PRÛI’IIÉ’I‘IES PUBLIÉS PAR « L'INITIATION » 28° vol., n° Il. Horoscope de la République pour 1895-96-97 : EISTIBUS°NITIBUS. 296 vol., n° 2.Prophétitæs sur l’année 1896 (p. 181): SATURNINUS. 30e vol., n° 5. Lecatholicisme au xx‘* s., d’après les prophéties modernes : SATURNINUS. 30° vol., n° 6. Prophètes et prophéties pour 1896 (pp. 269—271) : PAPUS. 31° vol., n° 8.
Prophétie: le futur Sauveur des l Français (pp. 179-185) : SATURNINUS. 31° VOL, n° 9. a La génération du futur et la Pro— phétie(pp. 244—269) : St. de GUAITA.Ô Échos :in,scrip tion prophétique (p. 291) : SATURNINUS. 32e VOI., n° [1. Notes sur la prophétie d’Orval (pp. 147-152) : SATURNINUS. l r-«..«”rN.r-vx . / w» ._»-* »—.;f“‘»æw<«_(w ///// dvu‘f’N"""*" , .—,_»»-...V .- ,,,fl,..ÿ_., . ..z ‘ 7.... ,
LES SOCIÉTÉS n‘1x1nxnox 187 34° vol., n° 5. M"° Couéd0n et les Prophéties modernes (pp. 121-135) :Snunmnus. 36° vol., 11" Il. Prophéties (p. 191). 37“ vol., n°2. Prochaine guerre (211-217): VILL‘K. 37° vol., n° 3. Prophétie de Prémol ou corthu sienne (pp. 243-265) : SATURNINL'S.
LES 8 D’INITÏEATJÏÛN S@@ÏÉËÈ L‘abondance exceptionnelle des matières de ce numéro nous obligeà condenser en quelques lignes les commu nications des diverses sociétés initiatiques.
GROUPE ESOTÉRIQUE. — Le premier manuscrit d’ini tiation personnelle a été envoyé à divers délégués et il fera le tour des délégations. — Tous les délégués mar— tinistes pourront le recevoir, ainsi que les manuscrits qui suivront, en s’engageant à les traduire ou à les copier pour leurs administrés.
ORDRE MARTINISTE. —— Les délégués recevront ce mois le nom des membres de la Chambre des Affaires esté— rieures avec lesquels ils doivent correspondre cette année. Les délégués en France seront aussi avertisà temps. Les deux Loges de Paris ont repris leurs séances. FACULTÉ DES SCIENCES HERMÉTIQUES. — Brillante réou— verture des cours. Le résumé et la sténographie des principaux cours sont organisés.
Prière à ceux qui en désireraient des copies d’écrire à M. Sisera, librairie Cha muel, 5, rue de Savoie, Paris. Les examens de licence ont été remis au mois de jan vier, sur pétition des élèves. ' WM‘ .s.‘‘\W*»M r“"\.A\æ4\
18 8 ' LÏNl'l'IA'l‘ION SOCIÉTÉ DES CONFÉRENÇES SPIRITUALISTES. — Nouvelle création ayant son siège à l’Hôtel des Sociétés Savantes, 28, rue Serpente, Paris, sous la direction de Papus. Pour devenir membre de la Société, ilsuffit d’adresser une demande au Président, qui fera le nécessaire. Les membres sont actifs (5/‘7‘. par an) outitulaire (10/‘r.par on). Ils prennent part aux discussions et aux élections.
Les membres titulaires peuvent amener un invité à chaque séance ouverte. Les séances régulières se'tiennent le quatrième vendredide chaque mois, à 8 h. 1/2 du soir, au siège social. La première séance aura lieu le 25 novembre. M. Albau Dubet est secrétaire général. i Les statuts sont envoyés sur demande.
Ils seront publiés dans notre prochain numéro. aÉæomsn A M. RAYMOND DUPLANTIER Je me fais un plaisir de donner, en réponse aux ques tions posées par M. Duplantier dans la dernière Initia tion, les renseignements suivants : 19 Les Commentaires sur Daniel et sur l‘Apocalypsc de saint Jean traduits de l’anglais en latin par Suderman forment dans l’édition de Castillon des Opuscula de Newton (t.
Il’l) 150 pages in-4°; 2° Cet ouvrage existe_aussi sous ce titre : Isaac New— ton. Ad. Danielis profetæ vaticinia necnon... Apocalypsis observationes (trad. Suderman), I vol. in-4° de Kit-223 pages, à Amsterdam, chez Mort. Schagen, 1737; 3° C‘est dans les chapitres 3 et suivants que se trou vent les interprétations des prophéties et en particulier l’annonce de la chute de la papauté vers l'an 2060.
40 Pallavicino, et non Pallavicini, a peut—être en effet écrit un pamphlet dirigé contre la cour de Rome sous le /WÊ‘.,}IWIÂ’(\‘_ “L‘W‘M‘f‘fiwwj‘fi‘N—‘ñæü‘uFNf4—l' ‘f‘s iË WÎ , -' .".t
NOUVELLES mvr:nsss 189 titre : Il Divorzio celeste, Divor:io di Chrislo con la Chicsa romano, qui ne fut pas terminé et parut en 1679 à Venise (in-12) avec une continuation attribuée à Gregorio Leti. 5" Il existe de ce livre une trad. française par Brodeau d‘0iseville, conseiller au parlement de Metz, Cologne (Amsterdam), 1606, in-12.
6° Je vous prie, Monsieur Duplantier, de bien vouloir, soit par un article, soit par une lettre, préciserle sens des mots qu’il a écrits au paragraphe 6 du titre I. Sur quels testes se fonde-t-il pour dire que l’opinion de Newton est rosivrucimneetcomment faut-il comprendre le mot d'an téchrist ? Il y a la Rose-Croix, les Rose-Croix de 1610, ceux de 1710, d'autres encore ; il y a,commeSédir l'a fait connaître, le grade 18° de la franc-maçonnerie.
Autant de doctrines ou d’opinions. Le mot d'antéchrist lui aussi prête à bien des confusions et je souhaiterais quel'auteur précisât le sens qu‘il lui attribue. Je regrette de ne pouvoir donner sur le texte même des livres en question de plus complets renseignements.
Je crois savoir cependant que M. Bodin, libraire à Paris, possède un exemplaire du Newton: en tout cas, j’ap prouve beaucoup M. Duplantier de donner l’exemple de cet enseignement mutuelpar questions et réponses, etje me ferai toujours un plaisir d'y apporter mon concours. Marc HAVEN. Nouvmms lDwunsas Une salle de lecture gratuite des ouvrages de Sweden berg est ouverte tous les jours de 1 heure à 5 heures de l'après-midi, 12, rue Thouin.
Nous engageons très vivement nos lecteurs habitant Paris à profiter de cette bonne aubaine. A-.-._ . r._..‘vWnro ...\\ ...\ __
1go L’INITIA'I‘ION A lire dans l’Église de l’Avenir, organe mensuel de la Nouvelle Jérusalem, 12. rue Thouin, une bonne étude de Ch. Grolleau sur la doctrine secrète des Ismaelis. Dans la Nouvelle Encyclopédie (25 octobre) une étude savoureuse d’Alcanter de Brahm surle magnifique roman de Bourgerel, les Pierres quipleurent. l.0 Le premier numéro de Er merde Licht .' organe de la société théosophique à Leipzig‘, vient de paraître.
Page 53, ligne 12, lire la porte, au lieu de perte. — P. 54., l. 10, lire le voyant adresse. — P. 56, l. 14, lire n’ignore pas. — P. 57, l. 10, lire daurade (lancement de dard). — P. 58, l. 9, lire est annoncée; l. 12, lire Jean de Rochetaillée; l. 16, lire de la vieille compilation. — P. 59,1. 20, lire l’on orra. —— P. 61, dernière ligne, lire temps mellifiques. — P. 33, l. 16, lire chaulveron. — P. 64,1. 8, lire Aenobarbe; l.
9, lire le blond au nez forche; l. 17, lire cérulé turban (bleu turban). — P. 65, l. 2, lire Antonin et Paréus; l. 11, lire le P. Ricci. — P. 62, avant—dernière ligne, lire Bibl. nat., ms. —— P. 68,\ l. 10, lire plusieurs souverains. -—— P. 70, note 1, lire Pau, Bergerot. — P. 71, l. 1, lire lieu louera; l. 4., lire heur; l. 7, lire fera resver. — P. 72, placer le mot Commentaire avant la première ligne; 1.
19, lire Bouquil Ion et ajouter note 1 : V. de Stenay, Derniers avis pro— phétiques; Paris, Palmé, 1872, in-12. (La note suivante se place après la 1re phrase de la page 73.) MCouverture, p. 3 (Partie philosophique, etc.), lire l..g: Saturninus au lieu de Saturminus. 1 _;M . . , ,, éfiü,fig»ïç_ . " ....1w-’, .- :-_—h-W .*
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192 L’INITIATION En outre, des conférences, réservées aux bacheliers ès sciences hermétiques, seront données à des dates irrégulières. Le droit d’inscription est fixé à 10 fr., pour l’ensemble des cours, il est payable entre les mains de M. SISERA, tous les jours de 9 heures à 6 heures, 5, rue de Savoie. Les demandes de dispenses doivent également être adresséesà M. SISERA, à la librairie Chamuel.
Les cours ont lieu 4, rue de Savoie, au second étage, à 8 h. l/2 du soir. Ëaciété des fian’jèremres Ëpititualistes sn‘:on SOCIAL : ‘. Hôtel des Sociétés Savantes, rue Serpeule, 28, Paris RÉUNION DES MEMBRES : Le 46 vendredi de chaque mois, à 8 h. 1/2 du soir, au S1ège social Chaque réunion comporte u. I-.:onférem c. et la discussion de cette conférence par les membres présents. SÉANCE D’INAUGURÀTION Le vendredi 25 novembre 1898, à 8 h.
1,’2 du sorr ORDRE DU JOUR î Installation du bureau provisoire. — But de la Société et plan des travaux. — Allocution. — L’Immorlaliz‘é devant la Science, conférence du D“ PAPUS. —— Dis cussion dela conférence par les membres de la Société. (Les dames sont admises aux séances et dans la Société au même titre que les hommes.) Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. -— IMP. 1:. ARRAULT ET (3". RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
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1845, 2 vol. ira-8. 2. BESSUCHET (l. C. B.). — Précis historique de l'ordre des F.'. M.'., avec biographie des célèbres F.'. M.'. 1829, 2 vol. in-8. 3. CLAVEL.— Historique pittoresque de la franc-maçonne rie. 1843, in-8. 4. LARUTY. — Recherches sur le rite écossais ancien accepté (1879—1080.) 5. Des Emacs. — Archives de la F.'.
M.'., ou les secrets et travaux de tous les grades, 1821, in-8; Œuvres maçonniques: initiations, cérémonies, installations. 1848, in-8. 6. GALXFFE.-—- La chaîne symbolique: origine, développe ments et tendances de l’idée maçonnique. 1852, in-8. 7. J.OUAUST. — Histoire du Grand-Orient de France, 1865, in-8; Histoire de la franc-maçonnerie en France, 1878, in-8. - 8.-JUBÈ. — Recueil des actes du Suprême Conseil de France (1806-1830), 1832, in-8. g. KAUFFMANN ET CHARPIN. — Histoire philosophique de la F.'. M.'.,1850,in-8.
10. LA TIERCE. — Histoire et statuts des F.'. M.'., 1742, in-8. 11. LAURENS. — Essais historiques et critiques surla franc-maçonnerie. 1806. 12. MARGQNIN. — Le Panthéon maçonnique. 1860, le Rameau d’or d’Eleusis. 1861. 13. RAGON. — Hermes ou Archives. 1818-19, in-8;Cours des initiations anciennes et modernes. 1841, in-8; Orthodoxie maç.‘.. Maçonnerie occulte. 1853, in-8; Rituels (15) 1860, in-8; Thuileur général ou manuel de l’initie'.
1860, in-8; la Messe, 1880, in—8. 14. ROBIN (l’abbé). — Initiations anciennes et modernes 1779, in-12. 15. THORY. — Histoire de la fondation du G.'. O.'.dé France. 1812, in-8; Acta latomorum. 1815, 2 vol. in-8. V 16. Tcnounv. — L'Etoile flamboyante ou la F.-. M.'. sous tousles aspects. 1766, 2 vol. in-8. 27. PORTA. — Magiæ Naturalis. 1576. Magiæ naturalis. 1650. 18.
MICHŒLER. — Histoire de la possession et conver sion d’une pénitente. . . . . la faisant sorcière et prin cesse des sorciers au pays de Provence. 1614. 10. Lettres qui découvrent l’illusion des philosophes sur 'la baguette, 1693.—— Le véritable dragon rouge sur .l’éd. de 1521. — Le Grand Grimoire..... 20. BOISSIER. — Recueil de lettres au sujet des malé fices et sortilèges. 1731. . 21. Histoire du Diable, traduit de l'anglais. 1729. 2 v. en un.
' 22. Le grand œuvre dévoilé en faveur des personnes qui ont grand besoin d’argent. 1778. 23. ODOUCET. -— Science des signes ou médecine de l’esprit, 3 vol. ’24. DE GENLIS. — Arabesques mythologiques ou attributs de toutes les divinités de la Fable. 1810. 25. Vie de Joseph Balsamo... comte Cagliostro, tra duite de l’italien. 1791. Et autres_ouvrages inscrits au catalogue. TOURS, IMI’. E. ARRAULT ET C".