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41" L. ’-"“‘ VOLUME. iil8 \ I «,,._sJ ‘ I/t/‘A’ l\_ trou Revue philosophique des Haules Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS U 0. >14 Docteur en médecine — Docteur en kabbale 'l 1 2IIIQ ANNÉE SOMMAIRE DU N0 1 (Octobre 1898) PARTIE INITIATIQUE. J’ARTIE PHILOSOPHI— ‘ QUE... . . . . . . . . . .. il {ARTIE LITTÉRAIRE. -——v >4— .
A propos de noire 12" an Iettre inédite de ClaudedeSainhMarlin. (p. 2 à 11.) La Rose-Croix magm— nique.......... (p. 12 à 25./ Hommes, voyeg es lmr reurs du présent . . . . (p. en {1 40.) Le BÏL’H (’t le l\It‘lI. . . . . (p. 41 à 46.) Initiation en Islam . . . . (p. 47 21 52). Prognoslicatimz de l'émi nent ‘I)= Théopln-aste Paracelse(à suivre) . . p. 35 à 74.) . D.ms les ruines de Tif jauges . . . . . . . . . . .<.P75 à 7?). .
Le thealre poptt .11ré p01— tevin . . . . . . . . . . . (r79 à 83.) A ceux quisoufi‘rent . . . (p. 83.) La Direction. C. de 3t.- Martin. Sédir. L. Tolstoï. O. Thibault. Hugues Le Roux. S atun:inus. Gustave Ferrys. Brezonek. Duval Thibault. Groupe indépendant d'études ésotériques._— Questions Biblionraphie. -— Errata. — AVIS bibliographiques Importants.
2'3 mit, ce qui concerne la Rédaction et les Echangçs doit être adressé villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers. Paris. Administration, Abonnements : 5, me de Savoie 1 .J Chaume], éditeur. __L.-..FL_.:_.1 ‘ 4_-: _1 Le Numéro : UN FRANC. — L%n An: Dm\.lîtîeglÿ(çfiî ( -l—. "_l{ àlâ\’
PROGRAMME ' äi'1‘ Les Doctrines matérialistes ont vécu. . Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en 'arriventà les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’1nitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiatian étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. ' L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d‘existence. — Abonnement: 10 franCs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) ' JJ3:’«F. 313 A , ..
L’Inifian‘on du 15 Octobre 1898 'PRINCIPAUx RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation I. PARTIE IN1TIATIQUE AMO — F. CH. BARLET, S.‘. 1.-.5‘. — GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. 1.-. à — JULIEN LEJAY, 82'. I.-. g —— ÉMILE MICHELET. S.'. l.-. (C. G. E.) -— LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.‘. (D. S. E.) MOGD. S.-. I.'. — GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. i} — PAPUS, S.'. I.'. & — SEDIR, S.-. I.'. ;;.. - SELVA, S.'. l.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. —— AMELINEAU. — ALEPH. — D“ BARADUC. — F SERGE BASSET. -— Le F.'. BERTRAND 30‘ — BLITZ. -— BOJANOV. " — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. —-— CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALEAN DUBET. — R. DU _ PLANTIER. — FAERE DES E55ARTS.—D“ FUOAIRON. — DELÉZINIER. — JULES GIRAUD.—— L. GOURMAND. — HAATAN. — L. HUTCHIN50N.— JOLLIVET-CASTELOT. — L. LE LEU. — L.
LEMERLE. —— LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. - HORACE PELLETIER. — G. POIREL.-— QUESTOR VITŒ. — RAYMOND. —- D' ROZIER. — L. SATURMlNUS. — Dr SOUR BECK. — L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. VITOUx. — HENRI WELSCH. — YALTA. 30 _ PARTIE LITTÉRAIRE ) MAURICE BEAUEOURG.— JEAN DELVILLE. ‘- ESTRELLA. — E. GOU° DEAU.— MANOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. —— L.
HEN NIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDEs. --— GEORGE MONTIERE. —LEON RIOTOR. — SAINT—FAROEAU. — ROBERT SCHEF FER. — EMILE SIGOONE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH. DUBOURG. ."'RODOLPHE DAR2EN5. -— JEAN DELVILLE. -— YVAN DIETSCHINE. — E. GIGLEUX. — CH. GROLLEAU. —— MAURICE LARGERIS. —- PAUL M\A/RROT. — EDMOND PILON. -— l‘ DRI‘AÎŒL y, — ROBER'I’ DE LA ILLEHEIVÉ. - . . M ‘ l'l4i\’tR'cl‘l\ = ‘ :l-RARY
/ / / ’X,Ïî> /) /y*/,’ L’Iniharion du 15 Octobre 1898 /” fi() . 1. Ô'>L’INITIAÏION DIRECTION ADMINISTRATION Villa Ilonlmorency, 10, aven. des Peupliers PARIS—A UTEUIL ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO DIRECTEUR : PAPUS c H A M U E_L DIRECTEUR ADJOINT : Lucien MAUCHEL 5, IIIIO de Savon Rédacteur en chef: S F.«Ch. BARLE’I‘ PARI Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. 10 Îl‘. J. LEJAY — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, _ 12 h..
RÉDACTION.:— Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra 1amais aucune note dans le corps d’un article. Prière d’adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Manuscmrs. -— Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçùs ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. L’Im'tz‘atz‘on est l’organe officiel des centres suivants : Groupe Esoterique. — Ordre martiniste. — Faculté des Sciences hermitiques. — Ordre Kabbalistique de la Rose Croix. »— Union Idéaliste Universelle. — F. T. L. (section _‘, française).
" 8B0lII’E IIDEPEIDAIT D'ÉTUDES É80'IEBIQIIES 1,600 Membres —— 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Études fermés "“ Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtous renseignements, s'adresserparlettreà M. Paul SEDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbr pour la réponse.
' Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE ‘i‘ CROIX. —:ÉGLISE GNOSTIQUE / J-J 3 f'-, r. «J J SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE
La reproduction des nrtlcles lné«llls publiés par l’Iniliation est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale.
PARTIE INITIATIQUE (Cette partie est réservée à l'exposé des idées de la Direction, des Membres du Comité de Rédaction et à la reproduction des classiques anciens.) à propos de notre île ännée A l’occasion de la commémoration de Claude de Saint-Martin, qui a lieu le 13 octobre, nous sommes heureux de publier une de ses lettres inédites.
Notre 12° année ne pouvait mieux com mencer, et nous en profitons pour remercier La" encore une fois nos fidèles lecteurs, dontle nombre ,. v s’accroît si vite que nous allons être encore obligé pour la 4° fois d’augmenter le tirage de l’Initiation. ., Le DIRECTEUR.
a L’INITIATION [OCTOBRE UNE Lettre inédite de Glaude de Saint-Martin Paris, le dimanche au soir, 30 juillet 1775. Depuis vendredi, T. Ch. M"°, que j’ay reçu votre lettre du 2I, je me recueille, je prie, je lis l’Évangile pour obtenir des lumières plus sûres touchant les objets qui nous occupent actuellementet surtout pour ne jamais perdre de vue les traces de la charité et de la douceur.
J’espère que mes vœux ne‘seront pas rejetés et par conséquent que l'ennemi commun ne retirera de ses entreprises contre nous que de la con fusion. J’ay bien du malheur ou de la maladresse, T. Ch.
Mi”, si je vous ai donné à croire que je voulusse absolument vous faire penser comme moi, je rétracte hautement tout ce qui, dans mes lettres ou mes con versations, peut avoir ressemblé à l‘exigence, à l’obs— tination, et je demande à Dieu de ne me laisser jamais quela vérité se persuade mais ne se commande pas.
J’ay encore eu plus grand tort si j’ay osé juger des préjudices que l’a_fl"aire en question pouvoit vous faire, n’imputez ce jugement qu’à mes craintes que cela ne soit et n’imputez les manières dont je les ai exprimées qu'à la précipitation dont ma lettre a- été écrite. Non,T. Ch. M"’°, je ne vous juge point et ne veux juger que moi-même, je vous crois les vues les
1898] LETTRE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 3 plus pures, je vous crois l’âme en paix, et Dieu me garde de jamais la troubler; le reproche que vous me faites à ce sujet est une leçon trop pénible et trop douloureuse pour que je me mette dans le cas de m’exposer à de pareils chagrins, je ferai plutôt tous les sacrifices qui seront en mon pouvoir.
Aussi je con temple sans aigreur l’alternative que vous m’offrez, j’en cherche le motif, je le trouve j ustc et louable, cela me suffit pour me faire faire plus de réflexions et pour tâcher d’écouter un meilleur maître que l'amour— propre.
Par cette même raison, je ferme les yeux sur quelques autres passages qui m’auroient allumé peut être en d'autres tems, mais qui aujourd’huy et venant de vous ne feront que me rendre plus humble sur moi-même, plus attentif et plus sage.
J e le répète donc, je chérirai à jamais votre tranquillité, et s’il m’est encore impossible d’avoir sur l’objet dont il s’agit des vues aussi paisibles que les vôtres, je les rentermerai en moi-même etj’attendrai que le temps vienne à mon secours.
D’ailleurs cette discussion se trouve liée à des circonstances qui me sont si contraires, vous avez si beau jeu contre moi, queje ne ierois que vous tour menter et me nuire d’autant dans votre esprit puisque les erreurs où je suis sur ce point, vous êtes par devoir obligé de m‘y laisser toute ma vie.
Ainsi le silence est à tous égards, le seul et vrai parti qui me convienne, je m’y condamne sur cet article, et même c’est en gémissant que je me suis vu forcé par vous de le rompre. Mais, T. Ch. M“, si votre paix m’est chère, il est bien naturel que la mienne me le soit aussi et‘que je
4 L'INITIATION _r.v..v-rwW ._.____V _ 7 cherche tous les moyens de conserver celle qui m’est donnée et dont je suis sûr de jouir quand j'y peux procéder en liberté. C’est un point sur lequel ma faiblesse est si grande qu’il n’y a pas la plus petite précaution qui ne me soit nécessaire, par la raison qu’il n’y a pas une négligence que je ne paye.
Mille expériences cruelles m’ont appris combien je m’abu« sois quand je comptois un instant sur mes forces, et combien j’avois encore besoin d’être loin des obstacles avant d’être au point d’oser les braver. Cette vérité m’a été confirmée principalement par l’objet qui nous divise. J’ay fait cent fois des efforts pour le concilier avec mes idées, et cent fois il a été pour moi comme une foudre qui les renversoit toutes.
Si à force de prières et de soins j’amassois quelque repos, au premiermot, au premier geste il me l’enlevoit. Voilà au vrai, mon Ch. M”, la situation par où j’ay passé, je voudrois de toute mon âme qu'il en fût autrement mais je n’ose croire que l’heure en fût encore arrivée.
Je _sens quelle imprudence ce seroit pour moi de" m’éxposer encore à un pareil danger, j’y perdrois peut-être le reste de mes forces, vous, de votre côté, votre charité vous engageroit sans doute à vous gêner encore plus pour m’épargner des souffrances, c’est-àdire que, vivant tous deux dans la contrainte, nous ne joyirions ni l’un ni l’autre et nous viendrions mutuellement au point de nous nuire au lieu de nous servir.
C’est une vérité dont nous avons malheureu— sement trop de preuves, et il nous suffit de jeter les yeux sur le passé et le présent pour prévoir ce que \ nous aurions a attendre de l’avenir si nous n’y
LETTRE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 5 Weæu-ae mettions pas ordre. Je vousl’avoue donc, T. Ch. l\ "“, pour notre bien commun, il faut malgré moi que je fasse le sacrifice de votre maison, de tous les agré» ments de la société la plus douce qu’aucune famille puisse procurer et de tous les avantages que votre ingénieuse générosité m’a fait trouver chez vous avec abondance.
Quand je dis pour notre bien commun, c’est que j’ay la croyance que le vôtre s’y trouvera, et pour le mien je n’en fais nul doute, car je ne crains point de vous avouer que l’ordre de faire ces sacrifices m’a été donné spirituellement et que les fruits m’en ont été promis par la même voie, et cela non seule ment pour moi, mais encore pour bien d’autres.
Cependant cela ne sulfiroit point encore, et en cher chant àfaire notre bien, il faut soigneusement éviter le mal de nos frères, ce qui ne manqueroit pas d’arriver si nous faisions à leurs yeux une entière séparation et si nous n’avions aucun motif apparent pour servir de prétexte au plan que je vais vous présenter.
Je croirais exposer nos frères à des remarques très préjudiciables au bien de l’ordre si je quittois Lyon dans ce moment et surtout s’ils soupçonnoient qu‘elle seroit la cause de ma fuite. Je peux leur épargner cet écueil en passant dans leur ville le reste du tems con— venu, peut-être plus, mais en vivant chez moi et dans l’entière liberté dont j‘ay besoin pour ne rien perdre de moi-même. Quant au prétexte, la chymie nous en sert à merveille.
Je paraîtrai y avoir pris un goût infini, désirer vivement d’être plus à portée de suivre M. Privat dans ses opérations, et pour cet effet avoir jugé nécessaire de prendre un logement dans ses
6 L'INITIATION cantons. J’en ay mêmelorgné un d’icy, et si ma pro position ne vous paroît pas insensée, c’est à vous-même àqui je m’adresserai pour le visiter et l’arrêter si vous le trouvez convenable. rien ne couvriroit mieux ma marche qu’en daignant vous-même y participer.
La maison Où je désirerois pouvoir me caserner est un bâtimentneufplacé au haut du chemin neuf, à main gauche avant d’être à la pente qui mène au gourguil Ion, j’y ai vu souvent un écriteau de logements à louer;s’il y en avait encore, je vous prierois de les examiner. Je souhaiterais pour tout une chambre à coucher et un local de physique. S’il se trouvoit de plus un cabinet, cela ne feroit pourtant qu’améliorer la chose.
Vous s’avez les conditions requises pour le local de physique. Mais comme ceux qui bâtissent ne les connoissent pas, je ne prétends pas les trouver toutes et je me contenterai de ce que je trouverai. La vie animale ne me seroit point un obstacle, il y a un traiteur dans le canton, je verrois à m’arranger avec luy, cela me coûteroit moins qu’un ménage et seroit beaucoup moins embarrassant.
Enfin, il me semble que c’est Une chose faisable, et pour quelques anicroches nécessairement attachées aux choses de la vie, je crois que le bien que j’attends de ce projet me feroit, facilement les oublier. Le premier de ces biens seroit la paix dont nous jouirions l’un et l’autre en. pouvant nous livrer sans gêne à ce que nous sentons nous être propres. Nous serions libres quoique rapprochés, nous serions seuls quoique non séparés.
Je des cendrois fréquemment à la ville, j’y porterois une humeur gaye parce que j’aurois joui à ma manière. WA —n-W-'ww »-'«rv—-JMW
LETTRE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 7 Nous nous verrions peut-être autant qu’en vivant chez vous et ce seroit sûrement avec plus de fruits pour tousles deux, je volerois de cœur près de’ma bonne mère qui, malgré tout l’ennui que je dois lui causer, auroit encore assez d‘amitié pour moi pour ne pas me fermer ses bras. Les assemblées iroient leur train autant que vous le jugeriez nécessaire.
En un mot je ferois en sorte que tout le monde fut content sans que rien parût et j’ay la persuasion que j’y parviendrais en me rendant content moi-même. Faute de cette précaution vous avez‘vu en moi un tout autre être que je ne suis; j’ay couru les risques de perdre votre amitié et il faut une âme aussi belle "que la vôtre pour en avoir conservé encore pour moi après ne m’avoir vu que sous des faces si désavanta geuses.
Je dois en outre avoir sûrement perdu votre confiance ayant aussi peu fait pour la mériter; si je continuois, je viendrois peut-être au point de perdre votre estime et tous ces malheurs viendroient que de nous être pas entendus. Oh! jugez quelle victoire pour notre ennemi! non, ne la laissons pas remporter, coupons le mal pendant qu’il en est encore tems.
Peut-être que quand vous m’aurez vu tout entier, me rendrez—vous tous les sentiments que vous pourriez me retirer aujourd’huy sans que j’eus droit de me plaindre.
Si ce tempérament vous agrée, T. ch. m"°, vous me ferez plaisir d’annoncer à tous les nôtres que je désire remplir mon loisir par des occupations chymiques et surtout suivre quelques grandes opé rations en ce genre avec M. Privat, que cela m‘oblige à me loger près de lui et que comme il ne sort point,
8 L’lNl'l‘lA'l’lON c’est vous quej’ay prié de me faire la découverte d’un local dans vos moments perdus et un jour de fête. Vous pourrez vous concerter‘avec ma mère aupara vant et si vous êtes d’accord tous deux, vous rendrez la chose beaucoup plus simple et plus naturelle à leurs yeux.
Quant aux meubles il m’en faudra si peu que je n’aurai pas grands soins à prendre, ni grand argent à dépenser pour me les procurer, d'ailleurs je ne rougirai point de recevoir en forme d’emprunt, de l’un une chaise, de l’autre une table, une pelle, etc., quand ils pourront s’en priver pour un temps sans gêne.
J’ay déjà préparé Périose à ce projet chymique, j’y préparerai Bruysffet quand il sera à Paris; il vous sera facile d’y préparer les autres et tout se pourra arranger pour le mieux.
Je ne parle point à d’Haute rive de voir Privat, c’est un homme avec qui il faut le langage des sciences humaines, cependant s’il veut y aller dans huit à dix jours, je l’y annoncerai et je crois qu’il le trouvera assez préparé sur nos matières pour pouvoir s’en faire entendre. Je ne suis point surpris.
T. ch. m"°, que vous trouviez dans d’Haute— rive tout ce que vous en attendiez, c’est un modèle de vertu et de science, je ne suis auprès de lui que V comme l’ombre d’un tableau pour en faire mieux_ ressortir la lumière; c’est sans contredit le plus fort sujet de l’ordre et auprès duquel il y ait le plus à gagner. le scais pour moi combien il me seroit utile et combien je suis puni de mon escapade à Paris, puisque j’y consomme inutilement mon tems et mon argent et que je me suis privé d’une occasion si favo— rable d’être encouragé par l’exemple d’un homme que
LETTRE DE CLAUDE DE SAINT-MARTlN 9 j’aime et éclairé par ses instructions. Me voilà pour tant collé icy pour au moins cinq semaines encore. Mon compagnon ne sera à Lyon que pour le paye— ment du 10 septembre. Si toutefois des raisons plus fortes que celle qu’il prévoit ne l’y retiennent pas plus longtems.
En attendant, je passe les trois quarts et demi de ma vie dans ma chambre qui, par paren— thèse, est tournée de manière que je n’y peux pour ainsi dire rien faire, étant à découvert de partout, mais les inconvénients ne sont rien quand nous le voulons et celui qui n’a pas les moyens de faire n‘en est pas dispensé pour cela, car alors il faut qu’il les crée.
Je vais tous les deux ou trois jours au Luxembourg, je voisl’abbé à peu près aussi souvent; pour Savalette c‘est un peu plus rarement, mais il y a discrétion de sa part, car si nous le voulions croire, nous l’aurions toute la journée sur les bras étant désœuvré et curieux; avec tout cela je crois que son chemin sera long.
Nous l’avons traité une fois à soupé chez nous, il y prend goût, mais nous ne pouvons répéter la fête aussi souvent que nous le voudrions.
Vous voyez à quoi s‘emploie mon tems, car tout celui que je ne donne point aux autres, je l’occupe avec moi-même et j’aurois besoin d’en employer tant, j’aurois besoin de me sevrer de tant d’obstacles, j’aurois tant besoin enfin d’un local et d’un genre de vieà mon gré, que c‘est ce qui me fait soupirer après l'ac complissement du projet dont je vous ay fait part et que je désire bien sincèrement qu’ilailvotre appro— bation. Vous scavez par vous-même qu’on peut avoir des motifs. purs, les miens le sont, je vous jure et
10 L’INITIATION j’espère, Dieu aidant, que la suite des tems vous en convaincra de manière à n'en pas douter; j’espère, enfin, qu’après n’avoir pu vous empêcher de me blâ mer, vous viendrez au point de ne plus faire que me plaindre, ce sera une grande consolation pour moi, car je serai sûr alors d’être bientôt tranquille sur votre amitié quand elle n’aura en moi que des foi blesses à excuser et qu’elle sera fermement persuadée que je ne cherche que le bien de tous en cherchant le mien, car'il n’y a qu’un seul point de réunion pour tous les hommes.
Le Mtm de Sere m’a écrit pour m’engager d‘aller constituer un temple à Meaux, c’est le M“ de Corby qui lui a écrit à ce sujet, et de Sere me mande luiavoir envoyé mon adresse pour qu’il me fasse lui-même sa convocation. J’ay répondu au M“"’ de Sere que cette fonction seroit beaucoup mieux entre les mains de d’HauterivequidoitêtrepluslongtempsquemoiàParis.
Je lui mande en outre mon peu de goût pour tout ce qui peutdonnerà notre affairel’airjuridique ethumain, mais que, malgré cela, je suis prêt à me rendre à ses ordres et à ses désirs, qu’en conséquence il ait la bonté de régler ma marche dans tous les points, ne sachant pas le premier mot de ce qu’il y a à faire en pareil cas. J’attends et sa réponse et la lettre de Mire Corby, qui n'a point encore paru.
Nous ne nous connoissons l’un et l’autre nid’Ê ve ni d’Adam et je crois qu’il eût mieux aimé que le M“e de Sere l’eût adressé à tout autre qu’à moi, surtout au M“*’d’Hauterive qui sûrement l’aura au moins connu par sa correspondance à Versailles. Faites-lui part, je \ -ñ....l. m-..x.. .; L--_, ,.i. a.“ ..... .-._‘_ .__,_ ‘
LEÏTRE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN Il vous prie,de cette affaire et dites-lui que pour le bien dela chose, je la croirais mieux entre ses mains; ainsi pour peu qu’il en ait d’envie, je lui remets d’avance tous mes futurs pouvoirs.
J’ay vu ce matin chez moi, M. son frère,le Ch'zr qui m’a fait l’honneur de me visiter ; c’est un jeune homme fort doux et que je trouve tres louable de n’avoir pas voulu entrer encore dans notre affaire sur ce qu’il ne s’en croit pas digne, vu sa jeunesse, sa dissipation et l‘empire que les goûts mondains ont encore sur lui. Il est plus que probable que je n’irai point en Tou raine.
Je n’entends plus parler de mon père; mes autres parents m'écrivent comme s’il n’y avait rien de commun entre nous. Je réglerai d’icy mes affaires avec eux et j’économiserai au moins l’argent du voyage. Dans le règlement de mes affaires, j'aurai ' peut-être recours à vos bontés et soins officieux p3ur moi; il s’agit d’une somme de mille écus dont je dois recevoir le remboursement à la fin d’août, à Paris.
Je ne voudrois pas la manger, mais la placer puisque c’est un fonds, et, si mon beau-frère ne veut pas s’en charger, je vous demanderai vos conseils pour la. placer à Lyon. Vous ne doutez pas que je préférasse votre créanceàtouteautre, mais je nescais si vos affaires sont montées sur le pied de prendre de l’argent étran ger, ainsi je ne vous propose que ce qui sera propo— sable. Adieu, T. Ch. M“°,fiat Pax. DE SAINT-MARTIN.
‘1'2 L’INITIATION m ËûSE*‘lIRÛlX }lÏAÇ®NÏNJQUE Je voudrais donner une indication rapide, en quelques pages, de l’ensemble des enseignements éso tériques que renferment les symboles du 18" degré de la F.'. M.'.
Tout d’abord un coup d’œil d’ensemble sur les rituels et les catéchismes maçonniques nous con— vaincra que tout l’enseignement de cette vaste frater nité ne se rapporte ni à la pratique magique, ni à l’il luminisme, ni au mysticisme, mais à ce système de culture intellectuelle qui constitue proprement la science occulte, et que le voile qui recouvre le véri table sens de tous ses symboles est celui de l’adapta tion sociale.
Ainsi que le fait remarquer le Dr Papus (l), le sys tème écossais se divise en quatre parties: Théorique (du [flan 15" degré), symbolique (du 4" au 18°), pra tique (du 19" et 30") et hermétique (du 30° au 31°). 4' Nous avons aujourd’hui à étudier l’enseignement symbolique de la Maçonnerie. A (i) Traité méthodique de science occulte. / ___...._, r. ,. l—-‘A——;;.A,À .w À‘n«
LA ROSE-CROIX MAÇONNIQUE 13 (L) Théorique là (5) (B) Symbolique F Pranque 4-18 M 19—30 IN) Hermétique 31-33 Ainsi nous voyons dans l’ensemble de cette admi rable initiation se retrouver le ternaire dont Eliphas Levi donnait la clé en lisant à l’envers le mot ART.
Soit 11‘ : les grades théorique R: les grades réalisation qui, en leur qualité de terme équilibrant, se trouvent doublement polarisés comme révélation du cœur par le grade de Rose—Croix, et révélation du cerveau par celui de Kadosch.
A: lesgradesd’adaptation qui dirigent l’ensem— ble du travail del’0rdre. , Mais nous remarquons que chaque grade à son tour Se divise, quantà son activité, en deux parties : unesta Lique, si l’on peut dire, comprenant tout ce qui est fixé par le rituel ;-— et l’autre dynamique, par laquelle les membres de laLoge, ou du Chapitre ou de l'Aréopage
t4. L'INITIATION appliquent les formules rituéliques aux différents cas qui se présentent. C’est la partie rituélique qui nous intéresse seule actuellement, nous allons lui découvrir un certain nombre d’objets différents. ’Les séances d’une assemblée maçonnique quel conque comprennent toujours trois parties : Une ouverture; ' Des travaux ; Une fermeture.
Les travaux d’une Loge consistent soitdans la récep« tion d’un néophyte, soit dans des discussions philo— sophiques, soit dans une fête maçonnique quel conque. Or, c’est dans le 189 degré que nous trouvons les types des travaux maçonniques ; et c’est l‘un des caractères qui font de ce grade l’un des plus complets de toute la hiérarchie maçs.
' C’est ici qu’il faut se faire une idée exacte de ce en quoi consiste réellement la réception d’un grade dans une société initiatique quelconque : cette réception symbolise l’entrée d’une âme humaine dans un étatv de vie spécial; par conséquent la cérémonie symbo lique devra reproduire: ' 1° Les caractères de cet état cosmique, du milieu; 2° La voie qu’il faut suivre pour y accéder; ,gj_ 3° L’arrivée de l’âme dans ce milieu; 40 L’état dans lequel l’âme se trouvera lorsqu’elle sera au but. Ces conditions seront respectivement représentées: 1° Par la décoration dulocal; 2° Par la cérémonie de l’initiation;
LA ROSE-CROIX MAÇONNlQUE 15 3° Les mots, signes, attouchements de reconnais— sance etles costumes ; 4° Les cérémonies des grades; pour le 18", l'agape et surtout la cène. (N) Cène [5) Reconnaissance C Récepüon\ Décoration du local (L) Nous allons étudier séparément chacun de ces quatre points. 1 DÉCORATION ou LOCAL On confère au Maître maç.'. qui en faitla demande, avant d'être chevalier R.'.
C.'., les quatorze grades intermédiaires, dont nous ne donnerons point, faute de place, l’explication. Quel que soit le rite auquel on appartienne, le 18° degré se donne en trois chambres: la première noire, la seconde infernale, et la troisième rouge; l’âme vit en exil, sur la terre, dans les ruines du ‘
16 L’INITIATION Temple de la Religion Universelle; puis elle descend aux Enfers, et elle passe ensuite dans la Lumière active, pour devenir un soldat du Verbe (le rouge est la couleur de l’action).
Nous appelons ici âme toute espèce d’étincelle vitale évertuant une forme quel conque de la Matière; Les larmes d’argent dont est semée la tenture noire sont les schémas des larves démoniaques qui nous hantent pendant la vie terrestre; les carreaux blancs noirs sont le binaire impur dansle domaine duquelon vit sur la terre.
Trois d’entre les points cardinaux sont illuminés par les noms des trois vertus théologales : le nord reste dans les ténèbres parce que c’est par là que les âmes s’échappent de la vie terrestre.
La chambre noire est éclairée par onze lumières, qui sont les Séphiroth, agents de l’illumination intellectuelle, la \ seule que l’on puisse acquérir en restant sur le plan physique : L’autel que l’on voit à l'est indique l’oblation que l’âme incarnée doit faire de ses travaux au principe divin, symbolisé par une croix qui indique par sa forme le modus operandi de ce sacrifice.
Mais un 'autel, qui constitue le mystère de l’activité spirituelle de l’homme incarné, est caché par un rideau, et on ne présente aux regards du néophyte que quatre objets qui n’en sont que les symboles : Le Compas et l’Èquerre, le Triangle et la Rose—Croix, »— c’est—à—dire la loi d’analogie et celle des correspondances (t) par (l) Le triangle rectangle ou la table de Pythagore ésoté rique.
LA ROSE-CROIX MAÇONNIQUE 17 qui on ramène toutes les notions intellectuelles au Ternaire, et la vivification de cette science par l’Amour et le Sacrifice. La chambre infernale se retrouve dans toutes les ini tiations; le squelette que l‘on y voit en l’image de l’Ad versaire qui n’existe pas par lui-même, qui est un reflet ou l’outline de l’Étre; aucune lumière ne s’y trouve que des transparents.
La chambre rouge est éclairée par 3 groupes de r I lumières. Le nombre 33 qui en résulte est carac téristique des puissances astrales : il indique la forme dans le deuxième monde : c’est pourquoi le Brahma hisme l’attribue au Yosi réintégré, au Brahatma; ’c’est pourquoi le Christ est mort à cet âge.
Ces 33 étoiles semblent procéder de l’Orient, où se trouve une étoile flamboyante mise au-dessus d'un sépulcre ouvert; car toute étoile est une âme débarrassée de son corps. Autre X rappel de l’initiation brahmanique : l’éten dard se trouve au Nord-Est : point dans la direction duquel se trouve le mont Mérou, le même que le Moria hébreu ; et là se trouve l’image peinte du Verbe soutenant les êtres avec son sang (le pélican et ses sept petits). Voici comment est disposé schémati quement ce symbole :
1 8 ' L’INITIATION Le Pélican . _ Le plan dwm ."’" "'». 1" ° Le Nimam: les 7 petits Le plan créaturel avec ses sept formes 1 Enfin le président, qui se nomme Tirschaz‘a Nfltt?‘tfl : c’est-à-dire échamon (v. Esdras, c. 2. v. 63). Son office est donc de verser à ses frères l’ivresse spirituelle, nous verrons tout à l’heure sous quelles formes sym— boliques. [I LA RÉCEPTION Les assemblées de chevaliers R.'.
C.'. s’appellent des chapitres, parce que tous ceux qui les composent sont censés avoir reconquis leur liberté.
Les chapitres s’ouvrent à « l’heure où le soleil s’obscurcit, où l’étoile flamboyante ayant disparu, les outils de la Maçonnerie furentdispersés, et la parole fut perdue », c’est—à-dire qu’ils devraient servir à retrouver la lu» mière intellectuelle, les méthodes de ;la science oc— culte, et le mot indicible qui résume et contient tout l’Univers.
Le lieu où se tient le chapitre s’appelle une vallée, parce que les assemblées ont pour objet non pas l’adoration, mais le travail actif. ‘
LA ROSE-CROIX MAÇONNIQUE 19 L’acclamation du grade est Hosc/ze’e, en hébreu ‘: ‘| qui est le nom de Jésus, privé du Ion : c’est donc un hiérogramme naturaliste, et cela indique que ce grade correspond à celui d’Initié aux Petits Mystères.
Les Récipiendaires sont présentés comme des voyageurs qui cherchent leur route: on la leur fait découvrir dans le premier appartement en leur lisant les noms des trois vertus théologales : les rituels con temporains donnent des commentaires plus ou moins banals auxquels nous ne nous arrêterons pas; cette pro menade, à la suite de laquelle on reçoit le titre de chevalier d’Hérédom (héritier ou président),findique y la purification morale qu’il nous faut subir avant de pouvoir descendre dans les Enfers.
Après la presta tion d’un serment, une seconde promenade a lieu au cours de laquelle la colonne de l’Espérance reste seule allumée.
Ainsi l’Initié retombe, des visions divines qu’on lui a accordées, dans l‘obscurité terrestre où rien ne lui reste que l’Espoir. _ C’est ici, — demème que le Christ dit : Je viendrai au milieu de la nuit comme un voleur, —— qu’a lieu la descente aux Enfers, c’est-à-dire la descente solitaire de l’âme dans les ténèbres les plus profondes, les plus hostiles qu’elle puisse supporter sans suc comber.
Et c’est à ce moment que le récipien daire est dit avoir retrouvé la Parole (le Verbe) et qu’il frappe à la porte de la Chambre Rouge, où il est reçu et où le Grand Expert fait. en son nom, au T.'. S.'. Alhirsatha, le récit de ses fatigues, de son agonie et d’une révélation intérieure; le Très Sage reçoit une boîte contenant un papier sur lequel est .-c". . .-',n'.
20 L’INITIATION écrit le fameux l. N. R. 1., dont on a donné jus qu'à onze explications.
Les voici : Interprétation suisse et irlandaise : Iesus‘Nazareus Rex Iudæorum ; —- française et italienne : Igne Natura Renovelur Inlegra ; —. hermétique : Igne Nitrum Rorz’s Invenz‘lur; '— hébraïque : Iama'im,N0r, Rouach, Iabaslzah; — jésuitiqué: Justum Necare Reges Impz’os; — antijésuitique : Ignatiz‘ Nationum Regumque ini micz‘; L— espagnole: Indefesso Nisul Repellamus Ignoran tiam; --— anglaise :Infinitas Natura Ratz'oqueImmortalitas; —- de Charleston: Insignia Naturæ Ratio Illustrat; — pratique : Justicz’a Nunc Reget Imperia.
Enfin celle que nous considérons comme la plus significative : ' D’où venez-vous P de la JUDÉE. Par quelle ville avez-vous passé? par NAZARETH. Qui vous a conduit ? RAPHAEL. De quelle tribu êtes—vous ? de JUDA. L’Instruction du grade se divise en deux parties, la première est une récapitulation des symboles des I7 premiers grades, ou de l’histoire de l’Ancien Tes tament depuis Salomon jusqu’à la reconstruction du Temple.
La seconde partie résume les symboles du grade lui-même. Par suite, nous pouvons attribuer à l’initiation ma çonnique toutes les significations secrètes que l’on
LA ROSE-CROIX MAÇONNIQUE 2l découvre à Salomon, au Temple, aux rois d'lsraël. aux prophètes, etc., etc. III LES SIGNES DE RECONNAISSANCE Voici l'énumération de ces signes : 1°”. — Le signe d’ordre: celui du bon Pasteur. 2". —- La marche : trois pas précipités. 3°. — Le signe: lever l'index droitvcrs le ciel.
4°. — Le contre—signe : abaisser l’index vers la terre. _ 5°. — L’attouchement: salut de la tête, et se poser les deux mains sur la poitrine, en croix, alternative— ment. 6=. — Le mot de passe: EMMANUEL -— PAX vomscuu. 7°. —— Le baiser fraternel. 8°. —— Le mot sacré : INRI. 9°. —— La batterie: six coups et un. 10”. — L’acclamation : HOSCHÉE. 11°. —— L’âge: 33 ans. 12*. — Signe de secours: croiser la jambe droite derrière la jambe gauche.
Le signe d’ordre veut dire l‘humilité fervente de l’homme de désir. La marche est la rapidité de sa prière. Le signe et le contre—signe indiquent la loi univer »selle de l’analogie des contraires: ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.
22 LÏNITIATION L’attouchement résume la doctrine de l’hermaphro— disme primitifde l’être humain. ' Le mot de passe indique l’état dans lequel il faut ' être pour recouvrer cet androgynat : alors Dieu est en nous, et toutes les luttes sont terminées pour notre Moi véritable : la Paixy règne, ainsi que l‘amour uni— versel indiqué par le baiser.
En cet état, l’adepte connaît le mot indicible de quatre lettres; il sait que la Nature procède dans ses développements par le nombre 6 avec un sabbat; enfin il est conscient de l’Ame vivante universelle Hoschea ,' et il a acquisles 33 puissances astrales. Enfin, quand il veut aller encore plus loin et qu’il demande encore du secours pour avancer, il fait avec ses. jambes le signe de la 1.20 lance du Tarot: le sacri fice.
Ces douze points forment un zodiaque que l’on peut facilement rétablir pour les schématiser.
La couleur rouge du ruban et de la bordure du tablier est la répétition du symbole donnéparl’accla mation : Hosche’e; le bijou (véritable talisman), qui re présente un compas ouvert sur un quart de cercle, in dique également que les opérations du Rose-Croix : le sacrifice du pélican et la vitalisation de la science, ne s’opèrent que sur un seul élément (ou trois signes du Zodiaque), suivant les aptitudes du chevalier.
Notons enfin que le R +.'. signe en supprimant les voyelles de son nom, ce qui nous rappelle l’ancienne écriture idéographique de Moïse, —et qu’il fait suivre son nom d’un signe qui consiste en un triangle sur monté d’une croix: signe qui est l’inverse de celui
LA ROSE—CROIX MAÇONNIQUE 23 par lequel les Alchimistes représentent leur soufre, et sur lequel on trouvera une curieuse dissertation dans le Tableau naturel de Saint-Martin. lV LA GÈNE Cette cérémonie allégorique se célèbre à la fin des tenues solennellesou de réception ;ceux qui y prennent part tiennent à la main une baguette, image de la ba guettede l’initié.
Le pain y est le symbole du pouvoir et le vin celui de l‘intelligence : ce qui se, rapporte avec une exactitude remarquable aux anciens mythes de Dionytos, de Cérès etde leurs modèles brahmaniques. Le blé et la vigne sont en effet deux végétaux mystérieux sur lesquels Saint—Martin a écritdes pages instructives dans son Esprit des choses. La tradition universelle de tous les peuples en exalte la sainteté.
L'assimila tion de la chair et du sang du Christ, qui s’opère par la communion, exprime exactement la perfectibilité indéfinie de l'être humain qui, au cours de son évolu tion, se nourrit de plus en plus du corps et de la vie du Verbe, sans jamais devenir identique essentielle ment au Verbe; il apparaîtde mieux en mieux comme le Verbe, iln’estjamais le Verbe, sans quoi le finipour rait devenir l’infini.Si cette manière devoir, toute per sonnelle, est exacte, elle constituerait, à mon avis, une des différences essentielles entre l‘initiation hin— doue et l’initiation christique.
24 L’INITIATION Au point de vue cérémonial, les rites de la cène maçonnique sont déterminés "avec moins de science que ceux de la communion catholique, mais les uns et les autres s’écartent beaucoup de ceux qui, aujour d’hui encore, sontcélébrés dans les temples de l’Église brahmanique et qui devraient l’être dans les nôtres.
Toutes les fois qu’il s’agit d’une œuvre de théurgie sociale, d’un culte, le retour périodique des cérémo nies de ce culte implique l'usage préparatoire de toute une série d’actes sacrés, et l’emploi de divers instru ments magiques dont la matière et la forme sont déterminées par l’esprit du culte en question.
Pour le culte catholique, ou sil’on veut de la Race blanche, toutes ces choses sont indiquées dans l’Apocalypse: mais aucun interprète ne s’est encore avisé, à ma con-— naissance, d’aller les y chercher. — Tout ceci n’est encore qu’opinion personnelle, sujette à caution.
V INTERPRÉTATION GÉNÉRALE Nous n’avons donné que l’interprétation humaine, en quelque sorte de ce grade: il y en a trois autres, qui expriment le sens astronomique, le sens phallique et le sens alchimique de ces emblèmes : pour les deux premiers, on consultera avec fruit les œuvres de Ragon, de Yarker et d'Albert Pike. Quant à l‘inter— prétation alchimique, elle est assez simple à faire moyennant la connaissance des théories hermé— tiques. ,I
LA ROSE-CROIX MAÇONNIQUE 25 A mon sens, la signification générale du grade peut se déduire du numéro de ce grade, 18. L’addition théosophique de 18 est 9 ; et ce nombre en est la racine essentielle. La réduction théosophique de 18 est 0. Enfin la famille numérique à laquelle il appartient est 3. 6, 9.
Ces diverses remarques nous prouvent que : [° Le grade renferme une initiation purement humaine: 18 = 2 X 9 (nombre d’Adam); 2° Que les théories auxquelles il conduit sont du ressort de l’initiation féminine puisqu‘elles se réduisent à 0, qui est l’image de la Mère univer selle ; 3° Que le grade s’occupe non pas de l‘essence des choses (1), ni de leur vie (2), mais de leur forme (3).
Enfin, si nous reportons d’une part, au symbole du bijou, dont le compas embrasse un quart de cercle, et de l’autre, au nombre de la mystérieuse fraternité des véritables Rose-Croix qui comprend 72 membres, c’est-à-dire 18X4, on voit la raison organique du numéro de ce grade. SÉom.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE (Cette par_‘tie est ouverte aux écrivains de toute école, sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées) fl©MMŒS vayez les humeurs Il présent I Nous avions passé la nuit chez un vieux soldat de quatre-vingt-quinze ans. Il avait servi sous Alexandre Ier et sous Nicolas I“. —-— Eh quoi P Tu veux mourir P — Mourir? Comment, si je le veux!
Auparavant, j’en avais peur; mais maintenant, je ne demande à Dieu qu’une chose : qu’il me permette seulement de me confesser et de communier ! J’ai beaucoup de péchés. ' — Et quels péchés donc ? — Comment, quels péchés ? Est-ce que je n’ai pas servi sous Nicolas? Alors est—ce que le service était comme aujourd’hui? Alors que se passait-il? Rien qu’à s’en souvenir, on est saisi d’horreur.
Alexandre n’était pas encore mort quand j’entrai au service. Cet Alexandre, les soldats le vantaient; il passait pour clément. - -—-—aLcm Lcïvimrwr‘sfim
HOMMES, VOYEZ LES HORREURS DU PRÉSENT 27 Fut-Ir"“'" Je me rappelais les derniers temps d’Alexandre, quand sur cent hommes on en tuait vingt sous les coups. Il devait vraiment être bon, Nicolas, si, com paré à lui, Alexandre pouvait s’appeler clément. — Mais j’ai surtout servi sous Nicolas, dit le vieil— lard qui, à l’instant, s’anima et se mit à raconter ses souvenirs : -— Alors que se passait-il ?
Alors ce n‘est pas pour cinquante coups de bâton qu’on vous ôtait vos vête ments, mais pour cent cinquante, deux cents, trois cents; on vous rouait jusqu’à la mort. Le bâton... mais il ne se passait pas de semaine qu‘on ne vit un homme ou deux du régiment tomber morts sous le bâton.
A présent on ne sait plus ce que c‘est que le bâton; mais alors ce petit mot ne sortait pas de la bouche : « le bâton! le bâton! » « Nicolas, chez nous, les soldats mêmes le sur nommaient Palkine(t). Au lieu de Nicolas Paulo— vitch, quelques-uns se sontmisà dire Nicolas Palkine ; et le surnom lui est resté.
Voilà, quand on se rappelle ce temps-là, continua le vieillard, -— maintenant ma vie est finie, il faut mourir, —— quand on se rap— pelle ce temps, on se sent mal à l’aise. « J’ai bien des péchés sur la conscience. J’étais en sous-ordre.
On te flanque, je suppose, cent cinquante coups de bâton pour,la faute d’un soldat (le vieillard avait été sous-officier et sergent-major, il était main tenant candidat) et tu lui en administres deux cents. (1)Palka, en russe, veut dire : canne, bâton; on surnomme Palkine celui qui se sert trop souvent de la canne ou du bâton pour faire souflrir ses contemporains.
28 L’INITIATION Ça ne te guérit pas et tu le martyrises. Voilà un péché. « Les sous-officiers frappaient jusqu’à la morf les jeunes soldats ; qu’un coup de crosse ou de poing tombe sur une partie nécessaire, la poitrine ou la tête, et voilà un homme mort. Et jamais de punition. L‘homme est assommé et le commandant écrit :« Mort parla volonté de Dieu, » et tout est dit! Alors est-ce; que tu comprenais quelque chose ? Tu ne pensais qu’à toi.
Et maintenant, voilà que tu te tournes et re tournes sur ton poêle, tu ne dors pas la nuit, tout te revient à l’esprit, tout se représente devant toi. « C’est bien siitu as le temps de communier se« Ion la loi chrétienne et si tu es absous. Pourtant la frayeur te saisit.
Quand tu te rappelles tout, ce que tu as souffert et ce qu’on a souffert par ton fait, il n’y a plus besoin d’enfer, c’est pire que tous les enfers. » Il Je me représentais vivement ce que devait se rappe— ler, dans son existence de vieillard solitaire, cethomme si voisin de la tombe, et mon âme se troublait.
Et je me rappelai ces horreurs —— en dehors des bâtons —— auxquelles il avait dû prendre sa part: les hommes, passés par les baguettes, la fusillade, l’assassinat et le pillage des villes pendant la guerre qu’il avait faite, la guerre de Pologne, et je lui demandai des détails à ce sujet; je le questionnai sur la peine des baguettes. Il raconta en détail cette horrible chose. Comment on menait un homme attaché aux fusils, entre deux rangs de soldats armés de baguettes, comment tous_
HOMMES, VOYEZ LES HORREURS DU PRÉSENT 29 frappaient, les officiers se promenant derrière les sol dats et criant: « Frappe plus fort ! » ' Le vieillard poussait ce cri d’un ton de commande ment qu’il avait évidemment certain plaisir à se rap peler et à reproduire. il racontait tous ces détails sans aucun remords, comme s’il eût parlé d’assommerun bœufet d’en détail ler la viande.
Il racontait comment on tirait le malheu reux en avanteten arrière entreles deux rangs, comment le supplicié se tordait et tombait sur la baïonnette ; d’abord se dessinaient des raies sanglantes qui, peu à peu, s‘entre-croisaient, se gonflaient; le sang jaillis— sait; la chair volait par lambeaux :les os se montraient à nu:le malheureux,au commencement, criait, puis il ne poussait plus qu’un sourd gémissement à chaque pas et àchaque coup; à la longue, on n’entendait plus rien et alors s’approchait le docteur, préparé à l’exé cution : il lui tâtait le pouls, l’examinaitet décidait si l’on pouvait continuer sans le faire mourir, ou s’il fallait attendre et mettre la suite à une autre fois, quand les plaies étant guéries permettraient de recom mencer et de parfaire le nombre de coups que lui avait infligés on ne sait quelle brute, avec Palkine en tête.
Le docteur employaitsa scienceàempêcher l’homme de mourir, avant qu’il eût supporté toutes les tortures que son corps était en mesure d’endurer. Lorsque le malheureux ne pouvait plus marcher, ou l’étendait à plat ventre sur un manteau, avec le coussin sanglant qui lui couvrait tout le dos; on le portait à l’hôpital pour le soigner, afin qu’il pût, aussitôt guéri, recevoir
30 L’INITIATION le restant des mille ou deux mille coups qu’il n’avait pu absorber en une fois. Il avait beau demander la mort, on ne la lui don nait pas d’un coup ; on le guérissait et on le battait une deuxième, quelquefois une troisième fois. Et il vivait et se tourmentait à l’hôpital dans l’attente des nouveaux tourments qui le mèneraient à la mort.
Et tout cela parce que l’homme s’était sauvé du régi ment on avait eu le courage et la hardiesse de se plaindre, pour ses camarades, de la mauvaise nourri ture et des supérieurs qui volaient sur les rations. Le vieillard raconta toutes ces choses, et quand j’es sayai d’éveiller en lui le repentir, il s’étonna tout d’abord, puis fut pris de frayeur. « Non, dit-il, ce n’est rien que cela, c’était en vertu d'un jugement.
Y suis-je pour quelque chose ? C’était en vertu d’un j u— gement, de par la loi. » Cette même tranquillité, cette même absence de re pentir, il la montra à l‘égard des horreurs auxquelles il avait pris part en temps de guerre et dont il avait été fréquemment témoin en Turquie et en Pologne.
Enfants massacrés, prisonniers morts,de faim et de froid, Polonais, tout jeune garçon, assassiné quand il se cachait derrière un arbre il parlait de ces abomi— nations, et lorsque je lui demandai s’il n’en éprouvait pas quelque remords de conscience, il ne comprit plus du tout.
« C’estla guerre, selon'la loi, pour le tsar, pour la patrie. ‘» Ces choses-là, loin d’être mauvaises, étaient, àses yeux, bonnes, vertueuses, propres à effacer les péchés. Ce qui le tourmente uniquement, ce sont ses actes fi>md
HOMMES, VOYEZ LES HORREURS DU PRÉSENT 31 personnels, alors que lui-même, en qualité de chef, il frappait et punissait les hommes. Oui, ces choses-là tourmentent sa conscience; mais, pour s’en purifier, il a un moyen: la communion qu’il espère recevoir avant de mourir; il a prié sa nièce de s’en occuper et elle le lui a promis, comprenant l’importance de la chose, et il est tranquille.
Quant au fait d’avoir perdu des enfants et des femmes. tué des hommesà coups de fusilet de baïon nette, d’avoir lui-même, étant dans le rang, assassiné des soldats, d’avoirtrainé les victimes à l’hôpital pour les ramener ensuite au supplice, tout cela ne le tour mentait guère; ce n’était pas son affaire: ce n’est pas lui qui l’avait fait. mais un autre.
Ill Que deviendrait cependant ce vieillard s’il venait à comprendre aujourd‘hui lune vérité qui devrait lui apparaître si clairement, au seuil de la tombe, à sai sir qu’entre lui, entre sa conscience et Dieu, il n'y avait et ne pouvait y avoir aucun intermédiaire, pas plus au moment où il faisait torturer et assassiner des hommes qu’il n’y en avait en ce moment même à la veille de sa mort P Que deviendrait-il, s’il comprenait maintenant que rien ne pouvait racheter le mal qu’il avait fait aux hommes quand il pouvait ne pas le faire, s’il com prenait qu’il existe une loi éternelle qu’il a toujours connue et qu’il ne pouvait pas ne pas connaître, une loi qui commande l’amour et l’amitié envers les
3 2 L’XNITIA'I‘ION [OCTOBRE hommes; s’il comprenait que ce qu‘il appelle loi en ce moment n’est qu’une duperie insolente et impie à laquelle il ne devait pas se tromper.
On frémit à l’idée des terreurs qui hanteraient ses nuits sans sommeil, à l’idée de son désespoir, lors qu’il aurait compris qu’ayant eu le pouvoir de faire aux hommes du bien et du mal, il ne leur avait fait que du mal; lorsque, sachant enfin distinguer le bien du mal, il s’apercevrait qu’il n’est plus capable de rien’, si ce n’est de se tourmenter et d’être en proie à d’inutiles remords. Combien terribles seraient ses tourments?
Alors pourquoi vouloir le tourmenter ? Pourquoi tourmenter la conscience d’un vieillard mourant ? Mieux vaut la tranquilliser. Pourquoi irriter le peuple, en lui rappelant ce qui déjà est passé ? ' Passé ? Qu’est—ce qui est passé? Est-ce qu’une ma ladie cruelle peut passer uniquement parce que nous disons qu’elle l’est? Elle ne passe pas, et ne passera jamais, elle ne peut passer tant que nous ne nous se rons pas_reconnus malades.
Pour guérir une maladie, il faut avant tout la reconnaître. C’est justement ce que nous ne faisons pas. Non seulement nous ne le faisons pas, mais tous nos efforts tendent à ne pas la voir, à ne pas vouloir la nommer. Et la maladie ne passe pas, elle ne fait que changer de forme, que pénétrer plus profondément dans la chair, dans le sang, dans les os.
La maladie consiste en ce que les hommes nés bons et doux, les hommes éclairés par la vérité chrétienne, les hommes portant dans leurs cœurs l’amour et la pitié pour le prochain,
[898] Hommes, VOYEZ LES HORREURS ou PRÉSENT 33 commettent — hommes contre hommes — de terri fiantes cruautés, sans savoir même dans quel but ni pour quelle raison.
Nos frères russes, hommes bons, doux, pénétrés de l’esprit des enseignements du Christ, hommes qui regrettent profondément d’avoir prononcé un mot of fensant pour leurs semblable, de ne pas avoir parta gé avec un mendiant le peu qu‘ils avaient, de n’avoir pas eu pitié des prisonniers, —- ces hommes passent la meilleure partie de leur existenceà tueret à torturer leurs frères. et, non seulement ils n’en éprouvent pas de regrets, mais ils considèrent cela comme glorieux, ou pour le moins commeindispensable, comme une chosedont on ne saurait pas plus se passer que de l’air et de la nourriture.
N’est-ce pas une maladie terrible? N’est-ce pas un devoir pour chacun de faire tout ce qu‘il peut pour la guérir ? Et premièrement, principalement, de la re— connaître, de l’appeler par son nom ? IV , Le vieux soldat avait passé toute sa vie à torturer et à tuer d’autres hommes. Nous disons : pourquoi en parler ?
Le soldat ne se croit pas coupable, et ces choses horribles — les bâtons, les baguettes, et autres — sont passées; pourquoi rappeler de vieilles histoires, dont il n’est plus trace aujourd’hui ? Il y a eu un Nicolas Palkine. Pourquoi se le rappe— ler P Parce qu’un vieux soldat en a fait mention à la 2
34 L’INITIATION veille de sa mort, est-ce une raison pour irriter le peuple ? Sous Nicolas,on parlait de même d’Alexandre.Sous .Alexandre, on parlait de même de Paul, et de même sous Paul, on parlait de Catherine, de ses débauches, et des folies, de ses amants. De même encore sous Catherine, on parlait de Paul, et ainsi de suite. Pour— quoi le rappeler ?
Comment, pourquoi le rappeler P Si j‘ai été atteint d’une maladie maligne ou dangereuse, difficilement guérissable, et que je m’en sois débarrassé, toujours j’en parlerai avec joie. Si je n’en parle pas, c’est seu lement dans le cas où je serais malade et tout aussi malade ou même encore plus. Je voudrais me trom per moi-même. Oui, c’est alors seulement que je n’en :parlerati pas.
Et notre silence vient de ce que nous. savons fort bien que nous sommes toujours aussi ma lades. Pourquoi chagriner le vieillard, pourquoi ir riter le peuple ? Les bâtons et les baguettes, tout cela est passé! Passé? Cela a changé de forme, mais cela n’est point passé.
A toute époque du passé, ilÿ a eu des choses que nous nous rappelons, non seulement avec ’horreur, mais avec indignation : les fiagellations pour dettes, les auto-da-fé pour hérésie, les tortures des colonies militaires, la peine du bâton et des ba guettes ; et nous en lisons la description, et non seule— ment l’horreur nous saisit devant la cruauté des hommes, mais nous ne pouvons nous imaginer l’état d’âme de ceux qui ont commis de pareils actes. Qu’y avait-il dans l’âme de cet homme qui le matin se le»
HOMMES, vorsz LES HORREURS ou PRÉSENT 35 vait, se débarboüillait, se parait de ses vêtements de seigneur, priait Dieu et se rendait à la chambre de torture pour briser les jointures et- frapper du verrou les vieillards et les femmes, et qui retournait ensuite dans sa famille, dînait tranquillement et lisait les saintes Écritures? Qu’y avait-il dans l’âme de ces commandants de régiments et de compagnies ?
J‘en ai connu un qui, la veille, avait dansé la mazurka avec une charmante demoiselle, fille du maître de la mai-— son, et avait quitté le bal de bonne heure, parce qu‘il devait le lendemain matin commander l’exécution) d’un soldat déserteur, un. condamné aux baguettes; il avait fait fustiger cet homme jusqu’à la mort, puis était revenu dîner dans la même famille.
Tout cela se passait et sous le règne de Pierre «et sous le règne de Catherine, et sous le règne d’Alexandre, et sous le règne de N icolas. Il n’y a pas eu d’époque où n’aient eu lieu ces choses horribles que nous ne pouvons pas comprendre en les lisant. Nous: ne pouvons comprendre que les hommes aient pu ne pas se rendre compte des horreurs qu’ils comb mettaient, ne pas en voir — sinon l’inhumanité sauvage — tout au moins l’absurdité.
De tout temps, cela a existé. Est-il possible que notre temps soit si particulièrement heureux, qu’on; ne puisse y rencontrer de ces horreurs, de ces actes qui paraitraient tout aussi incompréhensibles à nos descendants ? Ces actes, ces horreurs existent, seule ment nous ne les voyons pas, de même que nos an» »cêtres ne voyaient pas les horreurs de leur temps.
36 L’INITIATION V Nous voyons clairement en ce moment la cruauté et l’absurdité des auto-da-fé d’hérétiques et de la question judiciaire pour la découverte de la vérité. Un enfant voit l’absurdité de ces choses. Mais les hommes d’autrefois ne la voyaient pas. Les hommes intelligents, instruits, affirmaient que la torture était une condition indispensable de la vie des hommes, que c‘était pénible, mais qu’on ne pouvait s’en passer.
On raisonnait de même pour les bâtons, pour l’escla V vage. Le temps s’est écoulé, et nous avons de la peine à nous figurer l’état des hommes qui avaient été ca pables d’un tel égarement. Cependant il en a été ainsi de tout temps, et par conséquent il doit en être encore de même à notre époque, et nous aussi nous ' devons avoir une façon de voir analogue sur nos pro pres horreurs. ' Où sont nos tortures. notre esclavage, nos bâtons?
Il nous semble que nous ne les avons pas, que cela exis tait dans le passé et que maintenant cela n’existe plus. Cela nous fait cet effet, parce que nous ne voulons pas comprendre le passé et que nous fermons sor gneusement les yeux sur lui. Mais si nous ouvrons les yeux sur le passé, notre état présent se dévoile à son tout, ainsi que ses causes.
Si nous appelons de leur vrai nom les bûche_rs. le fer rouge, les tortures, les billots, les recrutements, nous trouverons également le vrai nom des prisons, des maisons de force, des guerres avec le service mili
HOMMES, VOYEZ LES HORREURS DU PRÉSENT W-““"’" taire obligatoire, des gendarmes. Si nous ne disons pas : « Pouquoi se souvenir ? » et si nous examinons attentivement ce qui se faisait autrefois, nous verrons et nous comprendrons ce qui se fait actuellement.
Si nous voyons clairement qu‘il est stupide et cruel de trancher les têtes sur des billots et d’arracher la vérité aux gens en leur broyant les os, nous ne ver rons pas moins clairement qu’il est tout aussi stupide et cruel, sinon plus, de pendre les gens, de les con' damner pour la vie au régime cellulaire. qui équivaut à la mort, s’il n’est pire, etd'apprendre la vérité par la bouche d’avocats et de procureurs payés. \ S’il nous apparaît clairement qu’il est stupide et cruel de tuer un homme égaré, il nous apparaîtra non moins clairement qu‘il est encore plus absurde de dé poser un tel homme dans une maison de force pour le pervertir complètement; si nous comprenons qu’il est stupide et cruel de saisir les paysans pour en faire des soldats et de les marquer comme du bétail, il ne sera pas moins stupide et cruel à nos yeux d’obliger tout homme de vingt et un ans à se faire soldat.
S’il est clair pour nous combien en lui-même le service militaire est stupide et cruel, plus claire encore seral'ab surdité d’une garde impériale et d’une garde du corps. Dès que nous cesserons de fermer les yeux sur le passé et de dire : « Pourquoi se rappeler les choses du vieux temps ? » il deviendra clair pour nous qu’il existe de notre temps les mêmes horreurs, avec cette diffé rence seulement qu’elles ont pris des formes nou velles. Tout cela, disons-nous, est passé. Actuellement, il
3 8 L’INITIATION . n’y a plus de tortures, plus d’esclavage, plus de meur }tres àcoups de bâtons, etc. Illusion pure! Des cen taines et des milliers d’hommes sont détenus dans des maisons de force et des compagnies de discipline, enfermés dans des locaux étroits et puants, où ils meurent d’une mort lente, physique et morale.
Leurs femmes et leurs enfants sont abandonnés sans nour riture. tandis qu’on tient ces hommes dans des repaires de dépravation, des maisons de force, des compagnies de discipline; et les surveillants seuls, maîtres tout puissants de ces 3esclaves, ont à tirer quelque profit de cette cruelle et stupide détention.
D'autres, par milliers, sont enfermés dans des forte- ' resses où les uns sont tués secrètement par leurs geôliers, où les autres tombent dans la démence par l’effet du régime cellulaire. Le peuple, par millions, périt physiquement et moralement dans l’esclavage industriel. Des centaines de milliers d’hommes, cha— que automne, quittent leurs familles, leurs jeunes femmes, s’habituent à l’assassinat et se dépravent sys tématiquement.
Un roi prélève des impôts et bâtit une tour, et sur cette tour il fait établir un étang, et, sur cet étang peint en bleu et muni d’une machine qui représente l’orage, il se promène en bateau ; tandis que le peuple meurt dans les fabriques, et en lrlande, et en France, et en Belgique. ' Vl Il ne faut pas une perspicacité particulière pour s’apercevoir qu’à notre époque il n’y a rien de changé, -.—.- .
HOMMES, VOYEZ LES HORREURS ou PRÉSENT 39 que notre époque est remplie des mêmes horreurs, des mêmes tortures, et que celles—ci paraîtront aux générations à venir tout aussi surprenantes par leur cruauté et leur absurdité. La maladie est la même, et par cette maladie je n’entends pas celle des gens qui profitent de ces horreurs.
Qu’ils en profitent cent fois, mille fois plus; qu’ils bâtissent des tours, organisent des bals; qu’ils pillent le peuple, que Palkine le rosse jusqu’à la mort, qu‘ils pendent les détenus par centaines, clandestine ment, dans les forteresses; mais du moins qu’ils le fassent eux—mêmes, qu‘ils ne pervertissent pas le peuple, qu’ils ne le trompent pas, en lui faisant pren 4 dre part à ces horreurs, comme le vieux soldat.
Le terrible mal- est dans l’imposture dont les hommes sont victimes; le mal c’estqu’il puisse exister pour l’homme une autre sainteté, une autre loi de l’amour pourle prochain.
Le mal est dans l’imposture qui cache à l’homme la vérité que voici : L’homme, en exécutant les ordres d’autres hommes, peut faire bien des choses, à l’exception d'une seule ; cette chose là, il ne peut la faire en aucun cas, d‘où que vienne l’ordre reçu ; il ne peut aller contre Dieu, il ne peut tuer et torturer ses frères.
Il y a dix-huit cents ans, aux pharisiens qui deman daient s'il fallait payer l’impôt à César, il a été répondu : « A César ce qui està César, à Dieu ce qui est à Dieu. » Si les hommes avaient un peu de foi et s‘ils croyaient devoir quelque chose à Dieu, ils penseraient qu’ils lui doivent avant tout de pratiquer ce qu'il ne . v.“ . ,*W\ ..—u -.--««-.., \v—» -
40 L’INITIATION s‘est pas contenté d’enseigner à l’homme en disant : « Ne tue pas », en disant : « Ne fais pasà d’autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît à't0i », en disant: « Aime ton prochain comme toi-même »; ce qu'il a gravé en des traits ineffaçables dans le cœur de tout homme: l’amour du prochain, la bonté, l’horreur pour l’assassinat et pour les cruautés infligées à ses frères.
Si les hommes croyaient en Dieu, il leur serait impossible de ne pas reconnaître que leur premier devoir envers lui est de ne pas torturer, de ne pas tuer, et alors les paroles : « A Dieu ce qui est à Dieu, à César ce qui est à César » auraient pour eux une signification claire, précise.
« Au César ou à qui que ce soit tout ce que tu veux, disait un homme ayant la foi, tout, à l’exception de ce qui est contraire à la volonté de Dieu. » S’il faut à César mon argent, qu’il le prenne; ma maison, mon travail, qu’il les prenne; ma femme, mes enfants, ma vie, qu’il les prenne; tout cela n’est pas à Dieu. Mais s’il faut à César que je lève et que j’abaisse la baguette sur le dos de mon prochain, ceci appartient à Dieu.
Mes actes, c’est ma vie, c’est ce dont je rendrai compte à Dieu, et l’acte que Dieu m’a interdit de commettre je ne puis le donner à César. Je ne peux lier, enfermer, traquer, tuer un homme; tout cela c’est ma vie, et ma vie est à Dieu; je ne peux la donner à personne, si ce n’est à Dieu. Les paroles : « A Dieu ce qui est à Dieu » signifient pour nous : donner à Dieu des cierges d’un copek, des prières, en général tout ce qui ne sert à personne,
LE BIEN ET LE MAL 4l _-vr ..., t ? surtout à Dieu; quant à tout le reste, c’est—à-dire toute notre vie, toute la sainteté de notre âme, nous le donnons à César, autrement dit —d’après la signifi cation du mot chez les Juifs — à un homme étranger pour nous, à un homme abhorré. C’est épouvantable. Hommes, revenez à vous! L. TOL5TO'I‘. Extrait de la Revue des Revues, 12, Avenue de l'Opéra, Paris (Particulièrement recommandée à nos lecteurs).
LE BlIJEN E’ll’ ILlE MAIL Le sacrifice c’est l’équilibre entre le bien et le mal. C’est le grarfd arcane de la toute-puissance. Soyez l’acrobate de vos passions, gardez toujours et partout le centre de gravité de la saine raison, et le reste vous viendra par surcroît. ' Le'somnambule qui grimpe sur les toits et marche sur les précipices accomplit des miracles d’équilibre.
L’homme qui sait s’emparer du centre de gravité de ses passions peut accomplir des prodiges de volonté. La vérité‘est immuable comme la lumière. Diapha misez—vous, et la lumière de la vérité vous transpercera de ses rayons sans laisser de traces d’ombre ou d‘er reur à votre suite. La lumière est bienfaisante et génératrice, imitez—en la nature en aidant les autres, et vous deviendrez lucides comme le verre. Le Christ est le prisme à travers lequel se reflète la
42 L’1Ni NATION splendeur de Dieu le Père. Ouvrez les fenêtres de votre maison si vous voulez voir Dieu. Vous ne l’en visagerez jamais à travers les murs de l’égoïsme. Tout ce qui est opaque et dense subit invariablementles lois de la gravité; tout ce qui est subtil et volatil s’élève, sans entraves, en dépit de tout. L’homme est comme la goutte d'eau. Qu’il devienne vapeur, sa force s’agrandira, rien ne pourra plus le comprimer.
L’esprit qui revêt une forme pour descendre dans la matière est comme la neige qui se cristallise pour tomber. Elle se souille au contact du sol. Mais comme la neige remonte sans taches dans les nuages, de même l’esprit doit retourner à sa source régénéré par l’amour, la charité et le sacrifice. La chaleur éva pore l’eau, le froid la condense. Le bien élève l’âme, le mal la rabaisse.
Tout dans la nature nous enseigne qu’il faut faire le bien pour monter. Votre âme est une goutte d’eau descendue du ciel par le refroidisse— ment. Elle y remontera par la chaleur et l’amour. Faire le bien, c’est s’élever à la surface de l’océan— humanité, et le soleil-Dieu aspire toujours les gouttes d’eau qui se tiennent à la surface. La lumière cause-t-elle l’obscurité P Le mal naît—il du bien ? Non.
Ce n’est pas Dieu qui est la cause de Satan, mais c’est Satan qui est la cause du mal. Ce sont les corps réfractaires à la lumière qui produisent l’ombre. Pénétrez-vous des rayons divins, devenez transparents au regard de Dieu, et vous deviendrez bons et le mal ne vous poursuivra plus. La lumière et le bien sont ce qu’ils sont et ne ._ «.,_
LE BIEN ET LE MAL 43 varient point. Mais c’est leur absence qui produit pour un instant la nuit et le mal. Les contraires ne s’unissent jamais sans se confondre. C’est l’éternel combat entre les antagonismes qui constitue la vie, le perfectionnement. Le soleil ne change pas sa nature et ne cesse pas de rayonner dans l'espace parce qu’une partie de la terre, à cause de son opacité, est constamment enveloppée de ténèbres.
L’esprit ne peut entrevoir la lumière divine à travers la matière. La lumière existe quand même de l’autre côté, et le jour succède toujours à la nuit. Le mal est aussi nécessaire au bien que l’humidité est indispensable à la sécheresse. Un soleil perma nent deviendrait un mal. Il y,a longtemps que la terre ne serait plus habitable sans l'humidité et l'eau, sanslhiver et la nuit qui viennent tour à tour com battre la chaleur et le jour.
Pourraibon concevoir une lumière sans ombre, une justice sans miséricorde, une beauté sans laideur, enfin un bien sans mal? L‘un est aussi nécesssaire à l‘autre que l’eau est utile au feu. Le mal doit servir d’appui au bien, car tout mouvement et toute vie résulte de l’équilibre des opposés. _ Si le mouvement alternatif de la terre sur son axe n’équilibrait pas la chaleur et le froid, toute vie cesse rait à sa surface.
Si les soleils ne repoussaient pas les planètes et si les planètes n'attiraient pas vers elles les soleils, et vice versa, toute harmonie cesserait dans l’univers. Lorsque je fais sciemment le mal, j’intercepte les
44 L’INITIATION rayons du bien, dont l’absence produit l’ombre, l’er reur, mais cette ombre comporte quand même en elle le germe du bien, car tout mouvement amène sa réac— tion. La pénombre està mi-chemin entre l’obscurité et le jour Dieu est en nous, mais les attaches matérielles interceptent le rayon visuel de notreâme vers lui.
N os actions, nos pensées, bonnes ou mauvaises, sont comme le crépuscule et l’aurore, les précurseurs du jour et de la nuit. Le mal n’existe pas, il est vrai, parce qu’il est l’ab— sence du bien, mais il se manifeste en Dieu comme dans l’homme. La non-réalité Satan prouve Dieu, de même que l’ombre prouve la lumière, le froid, la cha leur.
Pour vaincre Satan, apprenons à l’ignorer et à ne , le considérer que comme l’ombre de l’humanité en présence de Dieu. Il n’existe pas d’échelle absolue pour mesurer l’in tensité de la souffrance, car on souffre tous à des de— grés différents selon notre sensibilité. Pour jouir d’un bonheur parfait, ignorons le mal.
Jésus a donné l’exemple de sa doctrine, et ses disciples, qui endu raient les délices du martyre pour obtenir la félicité éternelle, étaient des sages. ' Nous avons été mis dans le monde afin d’expier la faute de nos premiers parents. Chaque vie est un per fectionnement, un avancement vers la réintégration ultime. Nous sommes solidaires les uns des autres. Les bons sont responsables des méchants. Dieu est responsable de Satan et il le vaincra pour en faire un Dieu. La grâce est une dette qui oblige le bien à payer
LE BIEN ET LE MAL 45 pour le mal, de même que la chaleur doit réchauffer le froid, la lumière éclairer l’obscurité. L’intelligence qui sait, et il ne lui est pas permis d’ignorer, devient par ce fait même solidaire de l’igno rance. Il y a un profond mystère dans le sacrifice de la croix. Faire le mal, c’est travailler contre soi et contre tous.
Malheur à celui qui défait ce que les autres ont fait, car on lui tiendra un compte sévère des talents qu’il n’aura pas su faire profiter. L’homme est fait à l’image de l’Être qui remplit le ciel et la terre, qui nous contient et que nous conte nons. Tout être humain doit travailler pour Dieu, de même que toute molécule humaine reçoit et doit fournir son contingent de force à l‘être.
Les révolutions, l'assassinat, le vol érigés en prin cipe et régularisé par l’État, l’égoïsme et l’athéisme sont autant d’obstacles au bien-être de Dieu, de même quela destruction,l’inflammation etla maladie de cer taines parties du corps peuvent bouleverser tout l’or ganisme humain.
C’est pour cela que le Christ a tant recommandé la charité et l’amour dans ces paroles qui résument toute sa doctrine : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » En d’autres termes : vous vous unireztous afin que l‘harmonie règne dans le tout. La force que nous dépensons à nous chamailler, à nous haïr et à nous tuer est autant de force dérobée à Dieu.
Nier Dieu, c‘est anéantir l’essence divine, la force univer selle qu’il nous a prêtée et que nous devrons lui ren dre au centuple. L’amour, le sacrifice, c’est l’har—
46 L’INITIATION manie. Détruire cette force, c’est priver Dieu d’un concours précieux et indispensable à la vie univer— selle. La matière est le fond de l’abîme où s’est arrêté Adam dans sa chute.
Ce n’est que par la génération des espèces, l’harmonie des contraires, le sacrifice et l'amour qu’il reconquerra sa liberté, telle la goutte dîeau qui, s’échappant de la nue, s’arrête soudain au sol, planche de salut qui lui permet de se réintégrer de nouveau dans l'azur des cieux jusqu’à sa parfaite éthérisation. L’harmonie résulte de l’analogie des contraires comme l’a si bien dit Eliphas Lévi.
Il n’existe qu’une seule matière, et les contraires ne sont que le résultat de la diversité des mélanges et de la vibration. Le mal est du bien en principe. Hâter son éclosion, c’est parfaire le grand œuvre. L'ombre n’est contraire à la lumière qu’en appa rance. C’est de la lumière en potentialité, car l’ombre que projettent les corps se transforme en lumière aussitôt que disparaît l’opacité.
Il en est ainsi du froid qui devient chaud au contact de la chaleur. Le noir se faitblanc lorsqu’on le mélange avec soin à une grande quantité de blanc. Le poison n’est plus délé tère lorsqu’on le prend en petite quantité et mêlé à d’autres substances. L’eau contient des minéraux et de la terre en dissolution. L’air s’imprègne d’humi—v dité parce que c’est sa nature. Le feu attire l’air. C’estla diversité des mixtes qui constitue le progrès, le mouvement, car ce qui est bon doit aider ce qui est
lNITIA'I‘ION EN ISLAM 47 -' mal. Les bons sont les rédempteurs des méchants. Tout soleil doit rayonner. Et c’est avec raison qu’Eliphas Lévi prévient le néo phyte qu’une fois en chemin, il ne doit plus reculer.
Oui, une fois le fruit de l’arbre de la science du bien et du mal détaché, l’homme se trouvecn pré sence de son Dieu, et le chemin est là tout parsemé de ronces et d’épines. pareil à la lumière qui, pour éclai rer les ravins et les anfractuosités de la nature, se sacrifie au pointde lécher et pénétrer toutes les immon dices qui se trouvent sur la route. C’est là l’œuvre du mage dans son propre monde.
Son soleil, c'est sa raison’, et celui-ci doit conti nuellement rayonner sur l'obscurité et les immondices de son être. Sans cesse il doit recommencer l’opé— ration, car le progrès n’a pas de limite. La perfection n’existe même pas en Dieu.
O.\‘ÉSIME THIBAULT ïNETEA'ÆL‘ION’ " BIT ISX‘.AM Assis sur une natte de prière, dans une des cham 'bres bas—voûtées qui entourent la mosquée comme des alvéoles, le chef des Rahmanya Sahariens, le (i) M. Hugues Le Roux a bien voulu nous autorisera publier l’extrait suivant du beau roman Gens de Poudre; actuellement en cours de publication dans le Journal.
48 L’INITIATION marabout de Tolga, le vénérable Sid-Ali-Ben-Amor, priait, en compagnie de I’iman de la mosquée et de quelques frères particulièrement zélés. Dans une armoire en bois de palmier, des rouleaux de parche min, sur lesquels étaient écrits les pieux commentaires que le fondateur de l’Ordre écrivit au retour de ses voyages à la Mecque, au Soudan et aux Indes, étaient enveloppés dans des lambeaux de toile.
Les couches de poussière qui recouvraient ces saintes paperasses indiquaient qu’elles étaient un objet de fierté pieuse, plutôt que de consultations fréquentes. D’ailleurs, il ne s’agissait pas, ce jour-là, d’une de ces savantes controverses qui hérissent de besicles rondes les maigres profils des commentateurs de la loi.
L’imam avait profité de la présence à Biskra de son illustre ami, le marabout de Tolga,pour le prier d’initier aux mystères de l’Ordre un nègre nommé Corail, qui désirait mettre au service de la confrérie la vigueur exceptionnelle de ses biceps.
Les prières et les enseignements que le marabout devait professer en cette occasion, il n’avait point besoin de les lire sur les parchemins sacrés, car il les avait prononcés des centaines et des milliers de fois.
Il l’affirmait, une voix intérieure les murmurait en lui, jusque dans son sommeil, lorsqu’il conversait familièrement avec les anges, ainsi qu’il arrive à tout marabout un peu considérable qui, par la médi tation ‘et le jeûne, s’est élevé des réalités visibles à la contemplation des Formes pures. Le néophyte était un Soudanais, d’une taille gigan tesque et d’une repoussante laideur. Les reins enve— ___.. . 4_. .
mnumon EN ISLAM 49 loppés d'un pagne d’étoffe voyante, rouge et quadril lée, il était accroupi sur ses talons dans une immobi lité parfaite. Sur l’ordre du marabout, il venait de se mettre en état d’adoration, et, tourné vers la chaire d’où l’on enseigne, il berçait aux paroles de la prière sa songerie indolente, rebelle aux abstractions théolo— giques.
On était arrivé à ce point de la cérémonie où néo- ' phyte et initiateur doivent rapprocher leurs fronts, pour mettre leurs pensées en contact. Avec un grand froissement de ses voiles et un cliquetis des innom brables grains de chapelet, qui, plusieurs fois, entou raient son con, le marabout s‘était levé de la natte.
Conformément au rite, il vint s’agenouiller devant Corail ; il donna un léger coup sur la tête du noir, posa sur les cuisses du néophyte ses mains ouvertes, puis il dit trois fois: — Écoute la formule que je vais t‘apprendre, et réponds moi : «Je t’entends ». Tous deux tenaient leurs paupières abaissées.
Le marabout invoqua l’assistance des saints qui sont les anneaux de la chaîne mystique : — Je vous implore, dit-il, ô Apôtre de Dieu, je vous implore, Docteurs et Saints de cette confrérie, je vous implore, 6 Pôle du Moment! Comme il prononçait Ces paroles, une exclamation indignée, que poussait derrière lui l'iman de la mos quée, l’interrompit dans sa prière et lui fit rouvrir les yeux. Une femme étrangère venait d’entrer dans la cham bre d’initiation. Hardiment, elle écarta le voile qui
50 L‘lNITIATION masquait ses traits et découvrit unvisage d’une beauté régulière que des cheveux d’or encadraient par leurs ondulations. L’imam avait passé l’âge où une apparition si gra cieuse aurait pu désarmer son fanatisme. Il se souleva vivement sur la courte béquille qui assurait sa marche alourdie par la goutte, et il interpella, sans ménage— ment, cette visiteuse impie.
Il allait défiler longuement son chapelet d’injures, mais, d’un geste d’autorité, le marabout l’arrêta court. — Très cher iman, dit-il, sors du sentier de la co lère avant que le péché ne te soit imputé. Celle-ci a reçu l’initiation complète de notre Ordre.
Je me porte garant qu’elle eût été digne d’être comptée au nombre des filles de cette Lala Khadidja qui, à la mort de son mari, adirigé avec tant de distinction la maison-mère de notre Ordre, et qui sut réconcilier nos frères ka— biles avec l’émir des Croyants, Abd-El-Kader, fils de Mahieddin. Ne soyons pas moins tolérants que le prophète et que le fondateur vénéré de notre Ordre.
N’a-t-il pas dit, dans Présents dominz‘caux: « Agis bien avec toutes les créatures. » Un jour, iman, dans cette femme que tu voulais chasser de notre présence, tu connaîtras une énergie et une pensée plus que vi riles. Cependant, achève, je te prie, l’initiation de notre frère Corail. Cependant l’imam continuait de prier à voix haute sur le front du Soudanais toujours agenouillé. Il disait: ..- ,. ..-A...; ‘
INITIATION EN ISLAM 51 -— Ne te plains à personne des épreuves que Dieu te fait subir. C‘est lui qui enlève et c’est lui qui donne... Ne prends que ce qu’il faut pour couvrir ta nudité, abriter ton corps, apaiser ta faim. Si tu en voulais davantage, tu finirais par appartenir aux dé sirs vains... Que le renoncement soit ton drapeau. l’abstinence, ton vêtement... Que la faim et la soif occupent tes jours.
Traverse ce monde comme un étranger, comme un voyageur qui passe... Le marabout n’entendait plus les paroles de la di vine prière que comme un murmure indistinct et loin tain. Presque sans remuer les lèvres, il demanda: — Quelle est l’opportunité ! Un imperceptible sourire détendit un instant la bouche impérieuse de la jeune femme: ——Il faut, dit-elle, que tu me donnes un de nos frères pour l’expédier àTougourt avec des ordres pré cis.
Le commandant Carbuccra —— que Dieu le mau— disse! — envoie, demain, une députation à sultan Abderrhaman. Cet homme est le soutien des mara— bouts de Témacin, l’ennemi du cheikh El-Arab et le tien. S’il accepte le traité d’alliance qu’on lui propose, l’audace de ces mendiants du Sable en sera augmen tée. Il faut que la main du sultan se glace avant qu’il n’ait mis son cachet au bas du traité qu‘on lui ap porte.
Ne me procureras-tu pas un homme dont tu sois aussi sûr que de ton propre bras P... Commande—lui seulement de m’obéir. Moi, je l’armerai. La cérémonie d’initiation était finie. Il ne restait plus à l’imam qu’à recueillir, de la bouche du noir, l’engagement des obéissances passives. -—-_— —__-:.. =_—;—.—:w;w
5 2 L’ INITIATION —- Corail, dit le vieillard, que ton attitude en pré— sence du chef de l’Ordre soit désormais celle de l’es clave devant son roi... Ne vois que lui, partout. Ban nis de ton cœur toute pensée qui n’aurait pas Dieu ou tes initiateurs pour objet... Leur désobéir, c’est en courir la colère de Dieu... Exécute leur volonté, même quand les ordres qu’ils te donneront te paraîtraient injustes.
Sois entre leurs mains comme un cadavre entre les mains du laveur des morts, qui le tourne et, le retourne à son gré... Le marabout ne répondit ni par un oui ni par un non, à la voix qui le tentait. Mais, lentement, ses yeux se relevèrent de dessus la natte, et, avec une fixité re— doutable, ils s’attachèrent sur ce géant noirque l'imam venait d’initier.
La jeune femme comprit l’indication de ce regard, et,.comme le nouveau frère, élevant les mains au dessus de sa tête, faisait rouler, de son épaule à son coude, des biceps de gladiateur, elle sourit à cette force, domptée par la vertu de la prière que l’occulte pouvoir du marabout allait mettre au service de ses projets. . HUGUES LE Roux.
PRUŒNUSTIEA’I‘WN De l’Eminent Docteur Théophraste Paracelse (1536) Traduite en français et commentée d’après les prophéties modernes Par SATURNINUS S:;: I:'_: C. G.
E. (Suite) FIGURE XX (Au premier plan, un théologien, ressemblant à Cal— vin d’une façon extraordinaire, tient des deux mains une croix renversée; au second plan, on voit la perte d’une ville forte, voisine d’une montagne.) Texte. -— Ces inventions des hommes dureront aussi longtemps que ceux-ci pouront les soutenir.
Mais quand un mortel s’élève sans appui et se soutient par ses propres forces, ce qui est trop élevé tombera néces sairement, et il sera trompé dans ses espérances. La sagesse de ce monde est une grande folie devant Dieu. Il a dit : Je perdrai la sagesse des sages, je réprouve— rai les créations de leur intelligence. Seule la sagesse divine est permanente, et, bon gré mal gré, nous sommes forcés de lui obéir. Toute chair, tout intérêt
54 L’INITIATION . charnel, toutjugement, toute sagesse n’est que léger gazon : cela nous plaît admirablement, mais c’est seulement (autrement il n’en serait rien) parce que nous voulons adorer les œuvres de nos mains. Toute gloire humaine passe comme la fleur du gazon ; celui—ci s’est desséché ; la fleur est tombée, tandis que la parole du Seigneur demeure dans l’éternité.
Il en sera de même pour ta doctrine et pour ta vie, 6 toi qui n’es qu’hypocrisie. Commentaire. — La royauté adresse un sévère avertissement aux soi-disant réformateurs qui se sont donné à eux-mêmes mission de réformer l’Église avec l’appui des princes ou des peuples. Ceux-ci n’ont fait qu’une œuvre humaine et qui ne peut durer jusqu’à la fin du monde.
Le théologien tient des deux mains une croix renversée,parce que ceux qui devaient obéir ont prétendu commander, ceux qui devaient recevoir avec humilité les enseignements du siège suprême ont usurpé l’autorité doctrinale et renversé ainsi l’ordre providentiel. Les rationalistes modernes sont aussi dé signés par extension du sens de la figure.
FIGURE XXl (Un aigle couronné et nimbé se précipite sur un; homme dont la tète. corfIée d’un turban, apparaît au—dessus de l’eau d’un fleuve.) Texte. — Après que tu as conquis le repos, tes. alliés ont été brisés, tes molosses ont été privés de. vigueur. Le temps viendra où tu sera visité de nou‘ veau. Ton nid sera précipité à terre avec tes petits. Tu.
PROGNOSTICATION 5 5 «cèderas et tu abandonneras tout ce qui t’appartient par contrainte et violence. Tu seras pris dans les filets que tu avais tendus pour un autre ; et tu ne reviendras jamais à ton ancien état. Tu tomberas avec tes fils; et tout ce que tu possèdes sera ruiné, ravagé et dévasté. Sois—en assuré. Commentaire. — Bon nombre de prophéties annon cent que l’empire turc doitêtre ruiné par une dernière croisade.
Elles nous font savoir aussi que l’aigle du Nord présentera aux Occidentaux le héros prédestiné qui mettra fin à d’efi'royables désordres. « Le fils de l’homme et l’aigle prévaudront, » dit la prophétie de Werdin. (1) C’est l’alliance franco-russe devenue définitive. « L’homme du Nord, selon une prophétie transmise par le P.
Raynaudi, rendra le royaume du blanclis au rejeton de la race légitime en fuite depuis bien des années et réfugié dans de lointains parages. » (2) Après ces guerres enOccident aura lieu la dernière crOisade.
Les Turcs et tous les mahométans, à la suite de nombreux massacres de chrétiens en Syrie, seront écrasés dans plusieurs batailles et forcés de recevoir le saint baptême. (Voir le commentaire de la figure 1x.) L’aigle couronné et nimbé peut désigner aussi bien l’empereur de Russie que son allié.
Nostradamus, dans son Epitreâ HenriSecond, fait savoir quele principal chef oriental sera vaincu par les Septentrionaux et Occidentaux, les deux princes frères par leur alliance (I) Chauflard, la Révolution, p. 228; Avignon, Aubanel, .in-I2. (2) Idem, Ibid, p. 235. Tiré de Mgr. Cerri : Ilfuturi destini; Torino.
56 L’INITIATION (3). D’après les commentaires d’Holzhauser sur l’Apo calypse, la chute du grand empire musulman aurait lieu en 1912 ou 1920 (ou en 1898 selon certains cal culs) (4) . FIGURE XXlI (Au premier plan, un religieux est endormi ; près de lui, on voit des gantelets, une cuirasseetun casque; une main armée d’un poi nard sort d’un nuage pour le frapper.
Au second p an est une ville forte dans laquelle s’élève un monument circulaire à créneaux, dont le dôme est surmonté d’une coupole.) Texte. —Tu caches une bien grande hypocrisie. Ta bouche ne fait pas entendre partout ce que ton cœur garde secrètement. Mais n’ignores pas que rien ne peut être toujours assez bien caché pour ne jamais être révélé.
Ils seront révélés, tes projets, clairement mon trés à tous les hommes : tu t’efforces maintenant de dominer ceux qui portent des vêtements d’étoffe, comme les guerriers revêtus d’une armure d’acier ; tu veux régler la paix et la guerre et tout administrer selon ta volonté. Mais ton espérance sera trompée, tu ne feras rien et tu te réjouiras vainement dans ton cœur. Un jour ton sang ne pourra apaiser une grande colère.
C’est Dieu qui exercera cette vengeance : ne te complais point dans ton orgueilleuse sagesse ; mais crains, et humilie-toi sous la main puissante de Dieu. ('i) Voir Centuries : v, ii;x.13 :vr, 2r ;vx, 85; x, 95 ; x, 79,111, 95;1x, 73 ; v, 80; u, 2 ;VI11732V,86;V1, 42. (4) Chaufiard, Prophéties; 1896.
PROGNOSTICATION 57 Commentaire. — Un pape ici menacé de mort, comme s'il fallait du sang pour achever d’expier l’or— gueil de certains pontifes, ainsi qu'il fallut du sang ' pour expier les plus grandes fautes de certaines mai— ' sons royales. Nostradamus dit en termes aussi voilés : Dix envoyés, chef de nef mettre à mort (vu.
37) Vers le milieu du grand monde la Rose, Pour nouveaux faicts sang public espandu (v.96) Le sang du juste par taurer la taurade(?) (Vlll. 4o) Deuil, cris, pleurs, sang excellent, liesse (x. 78) FIGURE XXIII (Troisthéologiens, dont un n’est point coiffé du bonnet comme les autres, parlent à la fois du haut de leur chaire.
Un homme du peuple passe devant eux et s’éloigne rapidement; il porte sur l’épaule gauche un paquet de forte dimension.) Texte. — Les trois personnes de la triade divine sont aussi l’Unité: et l’Unité est la règle des hommes. Si les hommes ne sont pas réunis par une doctrine unique, une règle de vie unique, il y aura une désola tion et une dévastation perpétuelle.
Ce sera le chaos et la confusion de toutes choses; tout royaume divisé sera désolé; personne n’est blessé que par soi-même; le crachat retombe sur celui qui le jette; les royaumes sont inquiétés par les dangers qu’ils se créent à eux mêmes. Les petites puissances grandissent par la con corde, les grandes sont ruinées par la discorde. Tout est vanité en ce monde. Mais il faut s’appliquer à faire la concorde ; par elle les royaumes et les empires ont
58 L’INITIATION de la durée. Elle reviendra : réjouissez-vous et soyez. heureux. Commentaire. —— Les peuples, accablés par les soucis matériels, s’éloignent des prêtres parce que leurs divi sions déroutent leur intelligence. Mais les enseigne—A ments ne seront pas toujours contradictoires. Pour que s’effectue l'unité des Églises chrétiennes, il faut qu’elle soit préparée dans les cœurs.
L’union de ces Églises est amenée par les prédic tions dites des saints Pères, par celles de sœur Nati— vité, du B. Amadée, de Benoît XII, de Marie Stic fel, de Jean de Rabetaillée, d’Hélène Wallraff, de Jérôme Botin, de Merlin Joachim, de saint Vincent— Ferrier, d’Holzhauser, de P. Pegghi, d’Orval, de l’abbé Souffrant, d’Anne—Maria Taïgi, de sœur Rosa— Colomba, du P.
Nectoux, la vieille compilation de Jean de Vatiguerro, de Nostradamus, etc. (I). FIGURE XXlV (Un homme barbu, vêtu en docteur, est assis sur une chaise curule et exhorte un ours a551s, un coq a I— tant les ailes et ouvrant le bec pour faire enten re son cri. D’un nuage sort une main qui tient un peu gnard levé au-dessus de la tête de l’oiseau.) Texte. — De quelle espèce est cette alliance conclue entre vous? Considérez-le vous-mêmes.
Par la forme, plus encore par l’instinct, vous n’avez rien de com mun; à des natures différentes, un lesprit différent. L’esprit ne peut être d’accord avec lui-même dans des. êtres divers; il erre dans des directions contraires, (I) Voir le Liber mirabilis de 1522, Curicque, etc. ,,,(:l._....,._w
PROGNOSTICATION 59 | ’bizarrement, car il a revêtu une nature, chose éton nante, en prenant ce qu'il n'était pas, tout en restant =ce qu’il était. L‘apparence extérieure est vaine, elle représente les vaines affections de votre esprit. Mais, si vous voulez prendre une résolution conforme à votre intérêt. dépouillez ces formes de bêtes, revenez à la forme humaine, ne vous imposez aucune règle contraire à la 'raison, à la sagesse, à la prudence.
Rendez la crainte à qui la mérite, et l’honneur à qui le mérite (I). Ce changement peut vous paraître dur. Mais nous vous voyons réduits à l’état de bêtes de préférence à celui d’hommes, n’ayant plus de raison en toutes vos créations. Vous périrez par vos projets insensés. Commentaire. — Le sage exhorte l’Ours farouche, c’est-à-dire le révolutionnaire, farouche individualiste, et le Coq gaulois son allié.
Nostradamus représente la révolution par le même animal. Il dit encore: Un monstre en Saxe naistra d’ours et truye (V1, 44.) Et bestes brutes à parler l'on erra (I. 64.) Le changement sera fort difficile, Cité, province, au change gain fera (IV, 21).
Mais il faut, sous peine de mort, qu’un peuple chré Lîien renonce à se métamorphoser honteusement en «une nation païenne et à revêtir une forme inférieure. (I) Au Seigneur et au souverain: Deum timete, regem hono :rificale, «craignez Dieu, honorez le roi ». WŒIMM,_mÏNMMHWMA
60 L’INITIATION FIGURE XXV (Un docteur, qui ressemble à Luther, ouvre la bou che et joint les mains pour indiquer son étonne: ment; il est entouré de nœuds qui s’entrecroisent, et autour de lui se forment des nuées.) Texte.— Dans toutes nos disputes,il doityavoir un but particulier vers lequel se dirigent les traits de nos arguments, de sorte que chaque écrit puisse avoir une conclusion assurée: mais comme tu ne voulais arriver qu’à une conclusion équivoque, tu n’em ployais que des termes ambigus et de sens douteux, et tu t’es pris toi-même dans tes filets.
Sans doute tu pensais qu’il était inutile de sceller de ton sceau la véritable Écriture. Tu t’appuyais sur ta raison, ta science, ta prudence, et, selon ton libre caprice, a la façon des sceptiques, tu poussais tes arguments en avant et en arrière de la limite du vrai ; aussi tu t’es exposé au péril, et tu rends tes propres disciples hési tants et indécis singulièrement.Vous qui bâtissez sur le sable, vous gémirez et vous pleurerez également.
Commentaire. — Les prétendus réformateurs ont bâti sur le sable, parce qu’ils ont substitué le libre choix de la raison individuelle à l’autorité de l’Église et de la tradition. Aussi sont-ils embarrassés dans leurs propres filets, parce que leurs arguments cap tieux ont fait naître le scepticisme chez leurs propres disciples. Leur édifice s’écroulera, ses fondements ne sont pas solides.
PROGNOSTICATION 6 I FIGURE XXVI (La lettre F s’élève du milieu d’une rose épanouie, qui surmonte une couronne placée sur un itde gazon). Texte. — La prophétie sibylline parle du digamma éolique; aussi la lettre F est-elle à juste titre placée dans la rose; le temps t’a fait apparaître, et tout ce que la sibylle annonce de toi, l’âge qui produira les roses l’accomplira en toi et au delà, je l’affirme, en une maturité parfaite.
Notre époque n’est pas favo rable, car tout est bouleversé. Le trouble montre trop bien l’inconstance humaine. Mais toi, tu seras tou jours d’accord avec toi-même, toutes tes créations seront solides, fondées sur la pierre affermie. Ainsi que la montagne de Sion, tu ne seras pas ébranlé tant que le monde durera. Toutes tes entreprises réussiront selon ton désir. Les hommes en seront même dans la stupeur comme devant un miracle.
Mais le temps amènera l‘époque favorable qui verra toutes ces choses. Lorsque le temps sera venu, ces choses arriveront aussi, pour lesquelles il est venu. Commentaire. — Le digamma éolique est la croix coupée par le milieu, privée de tête, comme le Tau mÿstique, et ayant double croisillon. Le grand initié laisse entendre que l’union des deux parties de la croix ne s’eflectuera qu’au temps de l’effloraison de la Rose.
Celle-ci est la haute science de la R. 1C. L’âge qui verra fleurir les roses, c’est la période que le voyant de Salon désigne par l’expression de temps mellipiques. Il faut que le sectarisme ait disparu pour _ .,_._.__ .......“, ..,.«.,
62 L’INITIATION que la haute science puisse accomplir de grandes œuvres. Les créations seront solides parce qu’elles donneront à la foi un caractère plus scientifique: elles s’élèveront sur la pierre carrée. Daniel dit dans le même sens: Plurz’mz’ pertransz‘bunt, et multiplex erit scz'entz’a (XII, 4).
FIGURE XXVII D’un nuage sortent quatre mains tenant des glaives qui s’inclinent vers a gauche du tableau, et surmon tées d’une autre main armée d’un glaive qu’elle tient redressé.) Texte. — Les bons esprits n’ont'jamaisapprouvé la polyarchie; le pouvoir d’un grand nombre régit mal I’État: qu’il n’y ait qu’un roi, comme un Seigneur. Tous deux ont été oubliés. Les fléaux. des républiques ont envahi dans l’univers les empires particuliers.
On recherche ses avantages et ses commodités, sans être aucunement zélé pour les intérêts publics. On cherche son propre bien et non celui du prochain. Aussi les-‘ hommes seront-ils de nouveau soumis; et ils recom naîtront, dans la modération qui réglait jadis les appé— tits, et d’après leur propre situation, peut—être aussi celle des autres, qu’un empire unique est l’autorité pure et durable.
Or cet empire 'aura un bonheur unique, la fortune le favorisera toujours. Sous sa pro tection, les affligés, les malheureux, les pauvres seront dansla joie et l’allégresse. Commentaire. —- Paracelse prédit le triomphe du mystérieux Monarque annoncé par tant de voix pro phétiques. Les quatre épéessont «quatre adversaires »..
PROGNOSTICATION 63 .u..n Une prédiction plus ancienne dit qu'il y aura une époque où les hommes conspireront pour élever des républiques: erigentur respublièæ, vers le milieu du x1x° siècle; circà medz‘um seculi d‘ecimi noni. C’est la prophétie dite augustinienne. Aucun voyant n’en a parlé plus longuement que Nostradamus. Ce dernier multiplie les termes pour le désigner.
Il nous fait savoir: 1° Son origine: Fruictsauvé (des troislys): vu, 18; Reste du sang non espandu : w, 1; De sang troyen cœur germanique: v, 74.; 111, 53 ;VI, 15, vr, 52; (I) Le grand Celtique: v1, 28 ', Entre Gaulois le dernier honoré; 111, 100; L’escotique (de cxo’roç, ténèbres P): vu, 80; v, 93; 111, 78; x, 66; Le grand caché long temps sous les ténèbres : 1, 84.; Nay sous les ombres: v, 41; Le chamberon (héritier) jeune : 1x, 76; 36; Le recloing (repris): x, 84; le Recogneu (quatrain ixxx); Trouvé : 1, 25 ; trouvé sous la tombe: v1, 15; Loin (anagramme de lion): vr, 61, v, 87, présages xuv, LV1, LXII, LXIX, 1.xxvm; L’aubereau, l’auteur: w, 85 : III, 92; 11,11; Jeune milve : v, 45 ; VI, 16; L’aisné (de la famille): v, 45, VI, 95 ; Le grand puisnay: V11, 12; w, 95; w, 85 ; w, 95; le vopisque ou besson (jumeau): I, 95;.
L’enfant du grand n’estant en sa naissance: v, 61, tard arrivé (ou retour): w, 14; v, 96; 1x, 25;x, 84; 111, 92; Le captif: 11, 66; L’attendu: w, 14; v, 96. (1) Comparez: Son sang antique de longue main tissu; v, 39;... Fera renaistre son sang de l‘antique urne: v, 4.1; De son sang lors portant long nom : (quatrain ajouté à la Centurie vu); Fils de Juda (Orval); Lion de Juda (Apocalypse).
64 L’INITIATION [OCTOBRE 2° Son nom : Le grand Chiren ou Roy Chiren: Iv, 34; 11,79; vm,54; 1x, 41 (anagramme de Henric, . Henry second (secundus, favorable), à qui est dédiée une Épître); Chyren Selin: II, 73; VI, 27; VIII, 3I; IV, 77; le gros mastin ou le grand chien : Il.
41 ;\',4; Épître à Henry Second, 52; Cinquième: II, 88; [X, 38; x, 27; Quintin Arras: VIII, 54.; IX, 29. e 3° Son portrait: Renobarbe nez de milve: v, 45; v, 59; Barbe d’airain : 1X, 6; I, 74; Le blondeau nez forche: II, 67; IV, 29; Le boiteux: III, 91; x, 27 (Ascans); VI, 42 (prudent contrefait).
4° Ses titres: Le Roy et ducjoignant: x, 80 ; VI, 3 1; Héritier d’Étrurie 2 v, 39 (2) ; Bordeaux (ou Bourde loys):1, 72;IX,6; Hespérique : x, 94: VI, I5; Le Roy deBlois : V111, 38; VIII, 52; IX, 51 ; IV, 77;IX, 2 [ ;Sol: Iv, 29;v, 53; Le Lion: V111, 34; II, 4.6; I, 33 ; III.
52; Roy d’0rient, d’0ccident : présage XL; Roy cerclé tur lanzrx, 73; v, 86; II, 2; II, 48; 1x, 73; Roy chrestien du monde, w, 77; Pasteur: I, 95 ; Empereur pacifi que: v, 6; I, 32; présage 38 ; IV, 54(?’) 5° Sapuissance. —— Le Grand du Foudre ou Jupi ter: I, 26; 1x, 55; I, 50; x, 71 ; le Grand Mercure d’Hercules fleur de lis; x, 79; Hercule: x, 27 ; de la lignée issu du grand Hermès : X, 75 ; Le grand législa teur: v, 792 prince Ulpian : VIII, 66; Le grand Roy: vu, 68 ; x, 95 ; Basil grand: VI, 78; Le Roy des roys: 1x, 35; Le plus grand: III, 53; VI, 15; v, '83; VIII, 83; Le Falcigère: présage LIX (voir Apoc. : I4); Saturne: v, 87; III, 92; 1x, 44. (2) Ce qui a été pris sera repris (proph. de Marie Lataste).
1898] PROGNOSTICATION 65 II""‘"”' La prophétie du Roi des lis, probablement résumée par maître Antoinin et David Parens. annonce qu’il aura le front haut, les sourcils arqués, de grands yeux, le nez aquilin; la prédiction dite de la Sibylle tibur tine, qu’il sera beau de visage, et de belle stature; une vaticination du xn° siècle l’appelle le Roi blond de l’Occident.
Le portrait tracé par M"“ Couédon s’accorde avec ces données et en ajoute quelques unes (I). La mère du Bourg dit qu’il aura connu l’épreuve et la souffrance; le P. Rieu, Hélène Wallraff, disent que sa famille aura beaucoup souffert. Ceci s’accorde parfaitement encore avec les révéla tions de M“° Couédon. Il viendra de l’Orient, dit le voyant de Prémol ; la lance, selon Olivarius, lui sera donnée par grand prince d’Orient.
FIGURE XXVIII (Quatre personnages sont assis dans une enceinte de pierre semblable à la terrasse d’une tour. L’un deux paraît enseigner les autres. Un de ceux—ci est vêtu en reli ieux, l’autre en docteur, le dernier a des habits aïques.
Une croix à deux branches est plan tée au milieu d’eux.) Texte. —- Les hommes sont isolés et s’isolent aussi dans leurs sentiments comme dans leurs décisions; aussi leurs conclusions n’ont rien de ferme, de sain (I) G. Mery, la Voyants, br. I et 2. (Dentu, 0 fr. 60chacune). Notons que le comte de Chambord était boiteux de la jambe gauche et non de la droite. 3
66 L’INITIATION et de solide. J’ai voulu vous faire considérer et appréciel‘ attentivement cette révélation ; vers le quarante deuxième viendra celui qui vous ceindra les reins pour vous emmener où vous ne voudrez point aller ;. il fera ce qu’il lui plaira, il vous tournera du côté qu’il voudra, et inclinera vos esprits. Vos vues ne sont pas inspirées par Celui que vous prétendez être avec vous. Appréciez la folie impie et vaine de vos pensées.
Si vous en avez conscience, vous vous inquiéterez cer tainement ce jour de la peine qui attend votre crimi— nelle folie. Les vérités qui devaient vous assurer la paix vous sont maintenant cachées. Commentaire. — Le philosophe rationaliste, le reli gieux grec, le pasteur, écoutent les hauts enseigne, ments d’un pape éminent (Léon XIII ou un de ses successeurs). Le chiffre 42 indique Rome, située vers le 42° degré: N ostradamus la désigne de même.
Paracelse avertit les dissidents qu’il leur faut se réu nir au troupeau que doit diriger un seul pasteur: leurs pensées ne sont pas inspirées par Dieu, qu’ils croient être avec eux, mais par l’éternel Diviseur. Le pasteur sera un pape français.
Postel a résumé bon nombre de vieilles prophéties _Il a noté celle de Jehan Le Mayre : De Gaule sortira, étant natif du lieu, l Un juste et vray pasteur, grand vicaire de Dieu, Lequel ayant du Christ receu les clefs du monde, . Fera qu’en l’Univers un seul règne se fonde. (Bibl.qnat., n° 2I 13.) Nostradamus mentionne un pape de sang gallique
PROGNOSTICATION (V1, 7); et de l’antique France (v, 49). Ce sera un pon— tife prédestiné (v, 75; v, 76; v, 77; v, 78; in, 94,; vui, 95 ; vm, 96). La prophétie placentienne parle aussi d’un pape gaulois (Galatia gent‘tus terra). FIGURE XXIX (Un a neau mitré. Au second plan, une campagne ferti e).
Texte. —— Tout le monde se plaint communément que personne ne veuille être content de son propre sort et suivre sa vocation ; il résulte de ce défaut que nous sautons par-dessus les barrières, que nous enva hissons les pâturages d'autrui, que nous tâchons, par quelque tromperie et sous une apparence de droit, de nous attribuer l’argent, les biens, les avantages des autres. De là résultent les querelles, dissensions et discordes de toute espèce.
Mais les choses humaines en viendront à ce point, que l’arrivée du pasteur vers le quarante-troisième ramènera toutes les brebis à leur bercail respectif. Il n’y aura qu’un bercail sous un seul pasteur, un seul chef, un seul empereur. Alors ce sera une heure de félicité parfaite : et bienheureux qui la verra. Commentaire. L’impertinence, dit Louis Veuillot, est le caractère propre de notre temps. » Chacun, en efiet,secroit propre à tout office.
Paracelse dit, en son explication finale, que tout homme (après desépreuves formidables qu’il passe sous silence) saura se résignerà occuper la fonction pour laquelle ilestpro— — ((
68 L'INITIATION pre. Tout récemment, j’ai entendul’Ange qui inspire M"° Couédon annoncer que chacun occupera le rang qui lui est destiné (par la Providence). En d’autres termes, l'action providentielle, dansla période qui va s’ouvrir, sera bien plus évidente que celle du destin et celle de la volonté humaine.
'Des empereurs ont voulu dominer l’Église, envahir lespâturages d’autrui ;dans l’ordre politique, dans l’ordre social, ont eu lieu bien des envahissements. Le rétablissementdel’ordre matériel, grâce à plusieurs souvenirs dont l’un jouera un rôle d’une importance exceptionnelle, sera immédiatement suivi du rétablissement de l’unité religieuse dans le monde chrétien.
Mélanchton disait qu’on devrait pleurer un fleuve de larmes après la grande division du peuple chrétien. Tous ceux qui sont capables de comprendre ce senti ment travailleront à l'œuvre admirable du rétablisse ment de l’unité. Or, cette unité du monde chrétien doit assurer l’unité religieuse de l’univers entier.
Depuis le xvr" siècle, presque toutes les prophéties modernes répandues dans le monde catholique, et inspirées à des voyants de tous pays, annoncent cette rénovation, \ due à un prince français et a un pape français FIGURE XXX (Un religieux paraît discuter avec un pasteur qui lui présente un livre fermé.
Un laïque, assm comme eux, joue le rôle d’arbitre.) \ Texte. —— Tu as tenu jusqu'ici beaucoup d’assem blées : mais tu ne voulais pas écouter les objections, tu méprisais fort tes adversaires, absents et présents ;
PROGNOSTICATION aussi tes travaux ont-ils été vains. Tu ne te connais pas encore aujourd‘hui, mais, le front sévère et plissé, tu veux aller la Où tu ne peux parvenir et où tu ne le dois point.Tu serais assis volontiers sur le siège de Pierre. Mais celui-ci tombera et tu tomberas aussi. Celui qui est ton Seigneur s’opposera à ton effort. Reviens donc à ton cœur ; tu ne feras rien. Tu t’enorgueillis, séduit par une vaine espérance.
Il ne t’est point possible de conduire tes projets à une issue prospère. Vaines seronttoutes tes tentatives ; tu perdras ta peine et ton huile; tu travailleras inutilement tout le jour et toute la nuit, sans recueillir le fruit de ton labeur. Tu as cure en effet de tes propres intérêts et non de ceux de Dieu. Commentaire. — Le voyant reproche aux pontifes romains de n‘avoir pas voulu faire place dans les conciles à leurs adversaires.
L’orgueil et l'esprit de domination ont achevé l’œuvre de l’incurie. Il faut que l’Église s’épure, qu’elle revienne à la per— fection des temps apostoliques, pour que l’unité s’opère. Un concile aidera le grand Papeà parachever l’unité des Églises chrétiennes. Il se terminera à Lyon, sous un pape français, le quatrième successeur de Pie IX. ' A. Peladan : Dernier mot des prophéties, l.
I21.) Il est peu probable que le règne d'un seul pontife suffise à cette grande œuvre. Êlie aurait fait cette révélation à-sœurMarie de Jésus en 1868 : «Le souverain pontife actuel est un saint ;après lui, il en viendra un comme aucun autre. Il aura beaucoupà souffrir entre les mains de ses ennemis. Le troisième Saint—Père sera le Séra A.-«rç..Mwqnn \ \ æ \‘ -..-— —- - -—« --—
70 L’INITIATION phiqüe. Le quatrième... hélas ! il n’y a pas, il n’y aura pas de croix semblable à la sienne 1Mais le triomphe de l’Église commencera dès le règne de ce pontife.
Lui mort, la victoire sera complète. »(1) La prophétie con nue de Malachie désigne les successeurs de Léon XII par les termes de [gnis ardens, Religio depopulata, Fides intrepz‘da, Pastor angelicus, Pastoret nauta, etc. \ FIGURE xxxr. (Quatre beauxenfants nus dansent sur le gazon.) Texte. — La rénovation de toutes choses sera si grande et si belle, ainsi que la transformation, qu’on croira voir l’âge d’or tout à fait revenu.
La candeur, la simplicité de l’enfant régneront avec la justice. L’hu manité aura expulsé la ruse et l’astuce, et les perfidies. Ce siècle paraîtà beaucoup être le quarantième. Il vien dra pourtantdans un tempsrapproché (du nôtre).Tous les maux que le lion rugissant a déchaînés sur l’uni vers ne peuvent être anéantis en un clin d’œil, en un instant. Mais ils diminueront peu à peu. Cependant il demeurera quelques vestiges de l’ancienne fraude.
Il vivra dans la sagesse et le bonheur, celui qui par— viendra à cette époque de la vie innocente. Commentaire. — Le vaticinateur annonce, comme le firent Postel et après lui Jacob Bœhme, le règne des lis, le siècle d’or du nouveau Saturne (le grand monarque). Ce sera la paix du Saint Esprit. Notrada— mus la prédit en ces termes : (1) La sœur Marie de Jésus crucifié, par Bergerot.
PROGNOSTICATION 7 ! _ _ _ py _ V Im_vv , . WII IIfiI I 1 IX. 20. Paix, liberté, longtemps bien lèvera Par tout son règne désert la fleur de lis ; Corps morts d'eau terre la on apportera, Sperans vain heure d’esne là ensevelis. l. 97. Ce que fer, flamme, n'a rien parachever, La douce langue au conseil viendra faire; Par repos et songe le roy fera ses vers, Plus l'ennemy en feu, sang militaire. IV. 35. Foudre à fer,lance les seuls roys garderont X.
80. Fort démoly, nef à fond, iour serein. X. 89. De brique en marbre seront les murs réduicts. ' Sept et cinquante années pacifiques, Joye aux humains, rénovél'aqueduct, Santé, grands fruits, joye et temps mellifiques. X. 99. La fin le loup, le lyon, boeufet l'asne. Timide dama seront avec mastins. (V. Géorgiques et Isaîe.) FIGURE XXXII. (Un vieillard, prosterné au pied d’un arbre, appuie la tête sur la main droite.
Au fond, un château dé mantçlé.) Texte. — Tu as dépensé bien des sueurs et des la beurs pour réformer le monde, afin qu'une nouvelle période puisse s’ouvrir; c’est à bon droit que tu te re poses après avoir achevé ta tâche. Heureux sera ce lui qui mourra pendant ce repos et ce sommeil, car il ne verra point le règne du mal: l’univers alors aura été pacifié, rétabli, réorganisé. Personne n’a pu s’opposer à tes efforts très saints.
Aussi, que personne ne te réveille plus, jusqu’à ce que soit accompli le nombre d'années que tes ennemis comptaient en par tant du jour de ta naissance. C’est ensuite que le pé ché se multipliera de nouveau, que la charité se refroi dira, que la foi périra et qu’arrivera la fin du monde. \;'
72 L’INITIATION Les trente—deux figures indiquent les trente—deux voies qui conduisent à la sagesse (Zohar, 5 174). Commentaire. — Le voyant parle ici des dernières années du règne du Grand Monarque, et du repos du Lion. Hugos’écriait en apostrophant l’ombre de Napo léon: Les nations feront asseoir votre fantôme Au trône universel.
Or la génération qui vivra dans les premières an nées du xxe siècle verra sur ce trône universel non pas un fantôme, non pas même un despote, mais ce grand et dernier Roi des lis, véritable phénix de sa race. Il imposera la paix à l’univers, il égalera Charlemagne par sa puissance, saint Louis par sa pié— té, Napoléon par ses conquêtes. Personne n’aura pu triompher de lui, parce que le bras du Très-Haut l’au _ra soutenu.
Peut-être, après sa mort, quelques Bour bons se succéderont-ils sur le trône de France: la voyante de Saint-Omer, Bertina Bonquillon. aurait prédit que notre dernier roi périra dans une bataille contre l’Antéchrist (I) ; et si la partie de la prophétie (I) « En ce temps la, un grand peuple ‘ de la mer'reprendra vraie croyance en deux tierces parts. Dieu est encore béni pen dant quatorze fois six lunes et six fois treize lunes.
Dieu est saoul d‘avoir baillé des miséricordes, et ce pourtant il veut pour ses bons prolonger encore pendant dix fois douze lunes (phrase interpolée selon certains). Dieu, seul est grand. Les bons sont faits, les saints vont souffrir. L’homme du mal ,arrive de deux sangs, prend naissance.
La fleur blanche s’obs— curcit pendant dix fois six lunes et six fois vingt lunes, puis disparaît pour ne plus paraître. » Il est dit ensuite que les 5/6 de l’univers perdront la foi chrétienne. Werdin a dit que l’ai gle étant mort septuagénaire, — bientôt après, pendant que son . jeune successeur sera encore sous la tutelle des grands, tout
PROGNOSTXCATION 73 d’0rval, qui annonce deux périodes encore prospères, se rapporte aux derniers temps du règne du Grand Monarque, et non à ceux de ses successeurs immé diats, un autre passage de la même prophétie parle de l’obscurcissement de la fleur blanche, pendant deux époques qui seront sans doute deux règnes (2). Nostradamus s’exprime ainsi : l, 63.
Les fleurs passées diminue le monde, Longtemps la paix terres inhabitées; (IX; 20 : Règne désert.) Saur marchera par ciel,terre, mer et onde, Puis de nouveau les guerres suscitées. L'antechrist trois bien tort annichllcl, Vingt et sept ans durera sa guere : Les hérétiques morts, captifs exilez, Sang, corps humain, eau rogie, gresler terre. Vlll,77.
Si les 27 années de guerre de l’Antéchrist s’éten dent de 1969 à 1996, les 57 années pacifiques men tionnées par Nostradamus (Cent., X, täg) pourraient aller de IgI2 à 1969, après la ruine du grand empire musulman, événement qu’Holzhauser fixe à la date de 1912 (voir la XXI° fig). Il me semble que nous devrons distinguer 57 années de paix que le prophète national accorde à la France, et 25 années de paix universelle pendantcette même période.
Ces 25 années sont annoncées par le secret de la Salette et les pré— dictions de M"0 Couédon. Les prophéties de sainte Hildegarde, de sœur de la Nativité, de S. Métho dius, etc, laissent entendre qu’après ces 25 années il y aura dans l'Asi‘e occidentale une invasion de tombera en décadence, et les temps reviendront plus mauvais que jamais. » Le luciférianisme et le satanisme prépareront les voies à l’Antéchrist.
74 L’lNITIATION jaunes, que le Grand Monarque arrêtera peu avant sa mort: Test, tard venu, à si haut et bas âge, 'Que terre et mer faudra qu’on le craigne (Cent. IV, 14). Si les trois temps et demi de l'Apocalypse désignent la durée du futur Saint—Empire, et qu’un temps vaille 19 années lunaires ou 18 ans 5 mois solaires, leur durée serait de 64 ans 5 mois: ils pourraient aller de 1912 à 1976 (1). Mais ces calculs sontpurement hy— pothétiques, attendu que nous ne pouvons indiquer sûrement le point de départ. (A suivre.) (t) Ceci s’accorde avec la note 1, de la 3= page de la Préface écrite par Paracelse. Cæ)
PARTIE LITTÉRAIRE Eans les ‘l’luines de ÿijjauges Par une splendide journée de juin, plusieurs camarades et moi nous dirigions, en excursion, vers ce coin si pittoresque et si vanté du bocage vendéen où s‘élèvent les ruines imposantesde Clisson, de Mor— tagne et de Tiffauges. La visite à la célèbre résidence de « Barbe-Bleue » (de si terrible mémoire) formait le principal but de notre promenade. Les hauts remparts fortifiés du château de Clisson, justement célèbre parmi les monuments historiques, s’offrent les premiers à nos investigations. Après avoir visité, fouillé dans leurs détails les tours, les salles hautement voûtées, les vastes cheminées. les prisons sur lesquelles se referme encore l’épaisse porte de chêne blindée de fer, les oubliettes, nous dirigeons nos pas Vers l’ancienne autre place forte, Tiffauges. Un excellent déjeuner nous y attend. Réconfortés par les mets nourrissants que nous préparent nos braves paysannes. tous admirablement disposés, les visages rayonnants de plaisir et de soleil, nous nous mettons
76 L’INITIATION en quête d’un guide car nous ne voulons omettre aucun détail. _ Bientôt des murailles démantelées, une énorme tour ornée de mâchicoulis, quelques portiques délabrés s’offrent à nos regards. Ce sont là les derniers vestiges d’un passé d’orgies et de crimes, de servitude et de combats. Notre cicerone, une aimable fillette de quatorze à quinze ans, nous indique les passages difficiles, nous en facilite les accès.
Au milieu d’un champ, un énorme portique encore debout nous désigne l’emplacement de l’ancienne -chapelle du château. A demi-couvert de rOnces et de lierres, cet ensemble est harmonieux dans sa forme, imposant par ses dimensions. Une descente tortueuse et étroite nous conduit à une petite salle d’une con servation remarquable.
Les quelques colonnes qui soutiennent la voûte, les ogives, portent à peine la trace des ans; la lumière diffuse et la fraîcheur qui y règnent donnent à cet intérieur je’ne sais quel air de mystère. C’est la crypte. On se sent reporté, par la pensée, à ce temps d’excès barbares dont Tiffauges fut le siège et Gilles de Retz le héros. Nous passons là quelques minutes à peine, sans rien dire, respectant par le silence le calme de ces lieux.
Quelques-uns de nous, redoutant le changement brusque de température, gagnent déjà l’entrée du sou— terrain, lorsque mon ami A. , sensitif merveilleusement doué et possédant des facultés médianimiques assez développées, me retient vivement par le bras, me
DANS LES RUINES DE TIFFAUGES disant : « Restons encore, je suis bien ici, quelle drôle de sensation... » Ses yeux étaient fixes, son expression pénible et souriante. Tout à coup, il se prend le front des deux mains, s’élance vers l’extérieur et sort brusquement. Je‘le rejoins à la hâte et m’inquiète de ce qui vient de se passer.
« Je- ne pensais à rien, me répond-il, lorsque je me suis senti pris et j’ai éprouvé cette sensation agréable et douloureuse qui précède la transe. Si j’étais resté quelques instants de plus, je crois que je n’aurais plus été moi. » Nous continuons notre visite; un ami avait seul entendu notre dialogue et se promit de suivre A. de près.
Toutes les salles qui composent la vaste tour du Vidame communiquent d’un étage à l’autre par des ouvertures carrées d’environ quatre-vingts centimètres de côté, en partie recouvertes par de minces trappes de bois pour parer aux accidents. Ces ouvertures ne se distinguent pas quand on entre, à cause de la trop grande obscurité de la pièce.
Par trois fois, nous voyons notre ami A. entrer le premier et, sans attendre qu’on frotte une allumette, traverser la salle d’un pas précipité, avide de voir peut-être, et s’arrêter net à quelques centimètres seu lement des trappes souvent ouvertes comme s’il s’y sentait attiré sans les voir. Nous nous opposons doré navant à ce qu’il prenne le devant.
Dans chaque cou loir un peu sombre, il éprouve la même sensation que dans la crypte et ne la domine que tort difficilement.
78 L’INITIATION Était-ce bien prudent de poursuivre ainsi notre route dans ces dédales? Nous avons hâte d’en regagner la sortie. ' « C’est curieux, me dit A. à voix basse, en sou-. riant, je n’ai cependant pas peur et je veux tout voir; mais il me faut prendre un tel empire sur moi-même, que cela me cause un violent mal de tête. » Enfin nous pénétrons dans une longue galerie mal éclairée par de rares créneaux.
Je marche l’avant-der» nier de la colonne, précédant seulement mon ami. Soudain une voix bizarre, très grave, tremblante,. frappe mon oreille. Je reconnais à peine la voix de mon camarade et cependant c’est bien lui qui a parlé ainsi: il est seul derrière et tout près de moi. A ce moment nous étions distancés de cinq à six mètres par nos compagnons de route. l Lentement, mais d’une façon énergique, la voix dit : Je veux parler, je veux parler!
Je suis absolument certain d’avoir entendu ces mots articulés avec peine. J’étais fort calme, nullement impressionné par la vue des ruines. Je me retourne brusquement et saisit avec force le bras de A. «Que veux—tu dire?» lui demandais—je d’une voix fort naturelle, m’efforçant de ,rire tout en le regardant fixement. Ses traits sont altérés et mobiles; il ne semble pas absolument maître de lui.
A mon contact cependant, il tressaille et reprend son sang-froid. C’est sans aucune gêne apparente qu’il me répond étonné : « Je n’ai rien dit. » J’ai, je le répète, la conviction absolue d’avoir en-y
LE THEATRE POPULAIRE POITEVIN tendu ces mots. Mon ami ignorait en grande partie la lamentable histoire de Gilles de Retz, et nous n’en avions pas parlé de la journée. Nous avions bien traversé à Clisson des salles aussi sombres ; le crochet de pendaison des condamnés ne l’avait pas impressionné davantage. Depuis cette mémorable promenade, A. me parle souventdes sites ravissants que nous avons traversés.
« Je voudrais bien revoir le château de Clisson, me dit-il, mais à Tiffauges, je crois bien que je n‘y entre rais pas sans toi. » Il en a conservé une sorte d’effroi et évite même d’en parler.
Cette anecdote n'offre—belle pas un rapprochement significatif avec les légendes de toutes sortes que le temps dénature en grand nombre, vieilles légendes attachées aux tours féodales et qui, pour les naïfs indi gènes, constituent toute l’histoire des temps passés ? Gustave Fsaavs.
I.E minas POPULAIRE rmrrvm \ Nous assistons a une véritable renaissance du théâtre du peuple en France et, nous pouvons le dire avec une légitime fierté, les diverses tentatives faites de représentations vraiment populaires ont obtenu un grand succès ; ajoutons même que quelques-unes d’entre elles ont eu un tel éclat qu’on a pu les com
80 L’INITIATION parer au théâtre du peuple célèbre dans le monde entier, l’Oberommergau, en Bavière. En France, nous avons le « Théâtre du Peuple » de Bussang (Vosges), fondé par M. Maurice Pottecher; le Théâtre populaire breton, de Ploujean (Finistère), inauguré récemment avec le beau et vieux Mystère de Sar’nt—Gwenole’, par la troupe indigène de Parkic; enfin, le Théâtre rustique poitevin de la Mothe—Saint Héraye (Deux-Sèvres).
Ce dernier est certes de beaucoup le plus curieux de tous ;disons mieux, il est unique en son genre. ' Quoi de plus original, en effet, qu’un charmant et toutÏu bosquet transformé en une scène de théâtre champêtre, scène rustique au possible, où tout est nature, depuis les arbres, la caverne du fond, le dol men qui en orne l’entrée, les escaliers qui y donnent accès, les praticables qui se perdent sous bois !
Et ne voit-on pas les personnages : des Celtes, des druides, des prêtresses d’l—lésus, des officiers romains, César même, se mouvoir et s’agiter, en dedramatiques et patriotiques circonstances, au milieu de ces bois qui ne sont qu’un réel diminutif des antiques forêts séculaires des Gaules !
Nous croyons que rien de pareil ne s’est vu en France; car ce spectacle, malgré sa simplicité, laisse bien loin derrière lui les manifestations artistiques d’0range et de Béziers. Tel est,en quelques lignes, le nouveau « Théâtre du Peuple », créé à La Mothe—Saint-Hérayc, petite ville de deux mille et quelques cents habitants, par le Dr P. Corneille, un homme de lettres de talent et de goût.
LE THEATRE POPULAIRE POITEVIN 81 W*m r ' r ’ A Poète appréciable et ami du peuple, le D*‘ Cor neille avait eu plusieurs fois l’occasion de s'adresser à la foule naïve et simple des campagnes, il l'avait devinée et avait ainsi compris combien les habitants des champs aiment ce qui leur parle de religion, de patriotisme, ou leur raconte les vieilles légendes du pays.
C’est ainsi que M. Corneille donna dans un site merveilleux, le Val d‘Enfer, près de Saint-Maixent, une scène écrite pour le peuple, ami des beaux vers : La Dame de Chambrz’lle. Comme le succès de cette ' représentation fut très grand, l’auteur pensa à faire mieux encore.
Il trouva, à part les quelques améliorations indis— pensables à toute scène, un théâtre champêtre tout fait dans le curieux monticule boisé et touffu qui orne le jardin public de son pays natal de la Mothe-Saint Héraye. La municipalité comprit l’idée, fit dresser la scène et construire un amphithéâtre.
Et c‘est là que se délecta le pays poitevin, à la première représenta tion d’une tragédie en trois actes, en vers, avec chœurs, écrite par M. Corneille lui-même. Celle-ci était toute de circonstance et appropriée à son rustique décor. Intitulée Erinña, prêtresse d’Hé* sus, elle exalte la résistance à outrance, la défense du sol jusqu’à la mort, dans lalutte héroïque des Gau- ' lois contre César l’envahisseur.
La jolie druidesse Erinna a mis le feu dans le cœur de César, le conquérant des Gaules. Elle l‘aime aussi, tout en haïssant en lui l’ennemi de sa patrie.
82 L’INITIATION ...Le maudire tout haut lorsque tout bas je l’aime l Souhaiter le haïr et l’adorer quand même. Savoir que cet amour est vil, qu‘il est infâme, Et ne le pouvor arracher de mon âme, C'est la de mon orgueil le juste châtiment, dit-elle.
Mais, quand le vainqueur des Celtes vient mettre aux pieds d’Erinna le salut de la Gaule Et l’amour d‘un héros à nul autre pareil. voulant avec le sang gaulois mêler le sien pour prix et comme gage de la paix à laquelle il s’engage, la patriote revit chez la prêtresse d’Hésus.
Le grand guerrier a beau lui dire : César n’est plus César, et le maître c'est vous ! elle considère cet aveu du conquérant comme une insulte et une humiliation, et répond, énergique et superbe : Le charme a trop duré, j’échappe à son pouvoir, L’honneur seul désormais me dicte mon devoir : Je veux que contre vous ce peuple se soulève De nos chefs terrassés je ramasse le glaive...
Alors la Jeanne d’Arc des Celtes profite de la grande réunion des Druides pour la solennelle fête du gui, où l’on entend un joli lied de barde joué surune harpe gauloise, pour faire passer son amour de la patrie et de la revanche dans le sang des prêtres et des apôtres des Gaulois. César, qui vient d’échapper au glaive du barde, veut avoir quand même et à tout prix la jolie drui desse. — Viens me prendre ! dit la prêtresse. Au même
A CEUX QUI SOUFFRENT 83 moment. elle détache le couteau de sacrifice qui pend à sa ceinture et se le plonge dans le cœur : elle tombe morte pour la patrie, au pied du dolmen sacré. le vieil et solitaire autel de nos ancêtres. Elle est morte et la Gaule avec elle périt! ajoute le grand prêtre Alkégor, en guise d'oraison funèbre pour l’héroïne de la défense nationale.
Tel est ce qu’ont entendu à la Mothe-Saintfléraye les heureux qui assistaient à l’inauguration du théâtre populaire, le plus joli et le plus rustique de France. _ BREZONEK. (Extrait du journal La Patrie.) A CEUX @Ull SQUEFÀRJÊÏI‘K’ Oh! vous tous, qui passe: en serrant sur vos cœurs Un fardeau de soufrancc Qui vous semble bien lourd et qui cause vos pleurs. Reprenez l’espérance, Et jetez sous vos pieds avec force et vaillance Cefardeau si cruel.
Il deviendra dès lors un échelon immense Pour monter vers le ciel. a - - Saveq-vous ce qui fait l’âme forte et vaillante? C’est l'épreuve endurée en silence et sans pleurs; C’est le combat, c'est l'heure et douce et triomphante, Où le bien vaine le mal et s;s appels trompeurs. DUVAL-THIBAUL'I'.
84 L’INITIATION amuse 1nnteaunam m@a:unas ESQ'ŒI‘ÈBJÏQ'Ë‘FBS \ Les cadres du Groupe sont organisés de la façon sui vante pour l’année 1898 : Président dugroupe . . . . PAPUS. Commission d’Enseignement. Président. . . . . . F.-CH.BARLET. Commission de Propagande. Président . . . . . . . . . SÉDIR. Commission des Finances. Président. . . . . . . . . CHAMUEL. Vice—président trésorier . . . ROSABIS.
Les correspondances des grades avec l’Ordre Marti niste et les cahiers individuels d’enseignement sont e préparation. - PROGRAMME DES COURS (Novembre 1898, février 1899.) Cette session sera consacrée à la préparation des exa— mens pour le baccalauréat ès scienceshermétiques. Dans ces examens, les élèves seront uniquementinterrogés sur les matières professées pendantla session.
Pour les élèves de province, les cours serontsténographiés, puis publiés dans le Voile d’1sis ou dans l’1nitiation, ou commu niqués, pour qu’ils en prennent copie, aux membres du Groupe qui en feront la demande. Voici le programme provisoire de ces cours (le pro— gramme définitif sera, dès le 15 octobre, mis à la dispo sition du public, au bureau de M. Sisera, secrétaire de la Faculté, 4, rue de Savoie):
GROUPE INDÊPENDANT D'ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 85 F.-CH. BARLET. —— Synthèse des sciences. (Tous les lundis.) D“ PAPUS. — Histoire de la tradition. (1" et 3° mer credis.) ROSABlS. — Arts divinatoires.
Chiromancie. (l" et 3° vendredis.) Srâmn. — Éléments de langue hébraïque. (1" et 3 jeu— dis.) Les cours ouvriront par conséquent le 2 novembre. û‘ EXAMENS DE LICENCE Du 1" au 20 novembre auront lieu les examens pour l’obtention du diplôme licencié ès sciences hermétiques. Nous rappelons pour mémoire le programme de cet examen.
PREMIÈRE PARTIE.—- Histoire religieuse. — L’Initiation Orientale et l'Initiation Occidentale considérées au point de vue religieux. Exotérisme et ésotérisme. — Caractères des principaux révélateurs apparus en Orient : Zoroastre, Bouddha, Confucius, etc. Quelques mots de leur histoire ; résumé de leur doctrine exotérique. Caractères des principaux révélateurs apparus en. Occident: Moise, Orphée, Pythagore, Odin, Mahomet, le Bab.
Quelques mots de leur histoire ; résumé de leur doctrine. Jésus et le Christianisme, caractère esotérique, rôle divin du Christ, difl'érence de sa mission et de celle des révélateurs. La Gnose considérée sous le point de vue religieux. Sa doctrine, ses défenseurs. Dogmes. — Enseignements de l'ésotérisme touchant les principaux dogmes religieux. L’Unité, la Dualité, la Trinité, la Tri-Unité. Origine et applications diverses de ces divisions.
La Chute, la Rédemption, la Réintégration Enseignements traditionnels. Symboles. -— Enumérer les principaux symboles en usage dans les religions orientales ; objets et figures sym boliques, leur caramère, leurs rapports avec l’ésotérisme.
86 L’INITIATION Principaux symboles en usage chez les Égyptiens. Histoires symboliques égyptiennes dans leurs rapports avec les enseignements ésotériques. Symbolisme grec. Symbolisme latin. Fausses concep— tionsde la mythologie. Enseignements ésotériques trans mispar lesmythes. L'initiation aux mystères et la descrip tion de la descente aux Enfers par les Initiés : Homère, Virgile, Apulée, etc. Symbolisme hébraïque.
IEVE: le Tétragramme, la Thorah, le Tarot, les objets symboliques du Culte en Iraël. Histoires symboliques du Zohar et du Talmud. (Mythologie hébraïque.) Symbolisme chrétien. Quelques détails sur le symbo lisme qui a présidé à la construction des cathédrales. Objets symboliques du Culte : la Crosse, le Calice, la Croix, l’Hostie. Rapports ésotériques avec IEVE. Rapports de la messe et de la cérémonie magique.
Histoire de l'origine du symbolisme chrétien. Rapports avec la célébration des anciens mystères. , La légende dorée. Le Dame. La Rose-Croix. Les ensei gnements. Symbolisme des sociétés modernes d'Initiation. La F.'. M.'. L’Etoile flamboyante, l'Acacia, les deux Colonnes Quelques mots sur la décoration symbolique des Ateliers, des Loges et des Aréopages. L.'. D.'. P.'.. L'agape des. 18"“. SJII’lt-MEII‘IIH et le Martinisme.
EXAMENS Le 2 novembre, chaque candidat devra présenter une thèse de six à dix page d’écriture sur un des sujets du programme, àson choix. Les examens oraux auront lieu du 15 au 20 novembreu Les inscriptions sont reçues par M. Sédir, 5, rue de Savoie, Paris. C".
La Direction de l'école a pris ses dispositions pour envoyer aux écoles de province et à l’étranger un résumé d’un ou de deux des principaux cours, prot'essés à Paris Dès que ce service sera organisé, nous en reparlerons 2 longuement.
QUESTIONS 87 QUESTIONS Dans la préface de sa Théorie des quatre mouvements, son premier grand ouvrage par la date (I808) et peut être aussi l’intérêt, le célèbre socialiste Charles Fourier, se plaignant que ses adversaires condamnassent en bloc ses doctrines sur quelques opinions en apparence extra vagantes ou hasardées, écrivait : « Mes détracteurs se dénoncent eux-mêmes en m’atta quant sur des sciences nouvelles, cosmo onie, psycho gonie, analogie, qui sont en dehors de la t écrie de l'in— dustrie combinée.
Quand il serait vrai que ces nouvelles sciences fussenterronées, romanesques, il ne resterait pas moins certain que je suis le premier et le seul qui ait donné un procédé pour associer les inégalités et qua drupler le produit, en employant les passions, caractères . et instincts tels que la nature les donne. C'estle seul point sur lequel doit se fixer l’attention, et non sur des sciences qui ne sont qu'annoncées.
Étrange despotisme que de condamner toutes les roductions d’un auteur parce que quelques—unes sont éfect_ueusesl Newton a écrit des rêveries sur l’Apocaly se; Il a tenté de prouver que le pape était l’antéchrist. ans doute, ce sont des folies scien tifiques; mais ses théories sur l'attraction et les rayons lumineux n’en sont pas moins bonnes et admises. En jugeant tout savant et artiste, on sépare le bon or du faux.
Pourquoi suis—je le seul avec qui la critique ne veuille pas suivre cette règle? ) D’autre part, le grand historien Edgard Quinet écrit, à la page 230 de son intéressant ouvrage, l‘Ultra-monta nisme et la Société moderne (I844) : ( Sous Urbain VlIl, un poète italien, Pellavicini, ren contre uneidée singulièrement hardie; dans un caprice de poésie, il imagine que le Christ au haut des cieux se repent de son alliance avec l’Église romaine.
Saint Paul descend sur terre, pour la répudier. Après le divorce céleste, d’autres Églises prennent d’avance le voile de fiancées; toutes, elles sont repoussées l’une après l’autre.
88 L’INITIATION Plutôt que d’épouser une Église particulière, le Christ préfère demeurer dans l’éternel veuvage. L’auteur de cet ouvrage apocaly tique vivait en sûreté à Venise, sous la protection de la épublique. Un jeune poète de ses amis l’engage à faire en commun un voyage d’imagination du côté de la France; ils partent. Aux fronti res, on se détourne pour voir Avignon, la ville des papes. A peine entré dans la ville, l'ami quitte son rôle.
C'était un affidé de l’Inquisition romaine. Pallavicini est jeté en prison; il a la tête tranchée en 1644. ) Étant, pourle moment, éloigné de tout centre impor— tant et, par suite, privé des ressources précieuses d’une riche bibliothèque, j’ai recours à l’obligeance de quelque chercheur mieux placé, pour obtenir une réponse aux questions suivantes : I.
A propos du passage de Fourier, cité plus haut : a.) Quels sont les titres et sous—titres, la date et le lieu de publication de l’ouvrage de Newton sur l’Apoca-« lypse r b.) Est-ce dans cet ouvrage que l’illustre savant déve— loppe cette Opinion — toute rosicrucienne —-— que lepape est l’antéchrist ? Si non, dans quel autre P c.) ou que ce soit, quels arguments invoque-HI à l’appui de sa thèse? 11.
Au sujet de la citation d’Edgard Quinet : a.) Où, quand, et sous quel titre, Pallavicini a-t-il publié « l’ouvrage apocalyptique » qui le fit mettre à mort par la sainte Inquisition ? b.) En existe-t-il une traduction française? Si oui, prière de donner à son sujet les renseignements biblio graphiques indispensables. 0.) Enfin, de quelle façon l’auteur a—t-il traité son sujet? De quels ornements et de quelles parures l’a-t-il embelli?
Je remercie cordialement par avance l’aimable lecteur de l’Inz‘tiation qui voudra bien répondre à ces diverses questions. Raymond DUPLANTIER. . --.‘ .— .... —.....-....« _: .‘.,..e..a aille—nu
BIBLIOGRAPHIE 89 Errata. -— Dans la composition de mon article Méric contre Mery, paru dans le dernier numéro (septembre), quelques fautes se sont glissées, que je rectifie ci-dessous: P. 24x, l. 15, lire: comme il convient à son âge et en sa position. P. 249, l. 6, lire: M. Méric s’est sûrement dit, en agis sant ainsi, (virgule au lieu de deux points). P. 251, l. 23, lire: Pas de réponse et un grand éton nement. P. 252,1.
1, lire : des simulatrices, des monteuses de COUPS. R. D. ©E!DâE MARTINISTE Les tenues de la Loge Le Sphinx, présidée par le D“ Papus auront lieu, à Paris, à partir du mois de no— vembre les 2° et 4‘ mercredis de chaque mois. Celles de la Loge Hermanubis, auront lieu le 2° et 4e jeudis.
90 L‘INITIATION BEBâI©GLÏAEÆEE L’Apocalpse de saint Jean et le septième chapitre de Danielavec leur interprétation,par l’abbéME1mm, cha— noine de Sens. Paris, Haton, 35, rue Bonaparte, 1898, br. in-S. Il est certain qu’une époque aussi inquiète que la fin du XIX" siècle et le commencement du xx° verra se mul— tiplier les études sur les prophéties bibliques.
Je pense qu’il faudrait le travail d’une collectivité pour mener à bonne fin une étude complète surl’Apocalypse : celui de M. Mémain n’est qu’un abrégé. L’auteur y a montré beaucoup de clarté et de précision. Il se rattaché à l’école de Bossuet et s’appuie sur Tillemont pour montrer commentl’histoire de l’Église est prophétisée dans l’œu vre de saint Jean l’Évangéliste. La corrélation entre Daniel et saint Jean est clairement démontrée.
Le sens figuratif et prophétique des sept lettres de l’apôtre, la corrélation entre les divers septénaires de l’Apocalypse, M. Mémain n'est pas de ceux qui les admettent. La dis cussion fait malheureusement défaut : il faudrait, du reste, plusieurs volumes in—omavo pour résumer et cri— tiquer les principaux commentaires.
Mais l’auteur a raison, me semble-t-il, d‘affirmer que saint Jean a écrit surtout pour annoncer au chrétien des premiers siècles la fin d’un empireypersécuteur.
J’admets aussi sans la moindre difficulté que le premier malheur annoncé par le chapitre Ix consiste dans les guerres amenées par la Réforme, la Révolution et le premier Empire, que le second 'est une très prochaine extermination d’hommes causée par une guerre générale, que le troisième, c’est la persécution des chrétiens au temps de l'antéchrist.
BIBLIOGRAPHIE 9 I "T"'_?Tï'<’j’ La dernière partie de la prophétie de Daniel a le même objet que l'Apocalypse : l’histoire de l'Église chrétienne. Le septième chapitre, aux paragraphes 20, 21 et22, désigne l'empire ami-chrétien de Mahomet. Celui-ci doit durer un temps, deux temps et la moitié d’un temps.
4: Si l’ex— pression un temps, écrit M. Mémain, signifie ici une année d’années, suivantle sentiment bien fondé des interprètes, il faut donc compter pour un temps 365 ans et 3 mois, pour deux temps 730 ans et 6 mois, et pour la moitié d’un temps 182 ans et 7 ou 8 mois environ.
On a ainsi un total de 1.278 ans et quelques mois, lesquels ajoutés à l’an 622 (au mois de juillet), époque de I‘hégire des mahométans, nous mènent à l'an 1900 vers la fin de l’an née... La date de 1900 n’est qu’approximative... ) Le consciencieux auteur ajoute dans une note complémen taire: « L’empire mahométan,d’abord abattu à l‘époque de l’hégire, se relève ensuite vers 626.
C'est peut-être de cette dernière date, un an après la bataille d’0hod, qu'il convient de compter les 1.278 ans que l’on déduit de la prophétie de Daniel comme étant la durée totale de l’em— pire mahométan. » J’aurais souhaitéque plusieurs pages fussent ici consa crées à la discussion des opinions émises par lescommen— tateurs. La Providence comme la nature ne nous livre pas à la fois tous ses secrets.
Pour Rohrbacher, c'était l’année 1881 qui devait voir finir l'empire musulman ; pour M. Chauffard,le plus récent et le plus savant com mentateur français de l’Apocalypse, c'est en 1912 ou en 1920, selon le mode de calcul, que doit avoir lieu ce grand événement (1).
J’ai déjà signalé aux lecteurs de cette revue la haute valeur des travaux de M. Chauffard, etje souhaite que M: l’abbé Mémain complète un jour sa trop courte brochure'par un supplément consacré à (1) L’Apocalypse et son interprétation historique, 2 vol. in-12, Thorin. Les prophéties anciennes et modernes, in-12, 1 vol., ib. 1886.
92 L’INITIATION la question de la durée du mahométisme, et à celle de l’histoire de l’antéchrist. SATURNINUS. ÊIÆBNFÀ Initiation de septembre 1898, p. 205, l. 22, lire: Mar— cus Titius et non Titins; -— p. 207, l. 6, lire: dans les vues; —- p. 208, noter, lire: p.époç et 34; — p. 212,]. 20, lire: séduit et non réduit ; — p. 216, note, lire: Joye-en Val; -— p. 223, l. 2, lire : rutiland et blond; — p. 231, l.
20, lire: auge et non ange, — p. 233, dernière ligne, lire: Nectoux et non Necton; — p. 234, l. 1, lire: Mat tay et non Multon ; — p. 237, l. 23, lire: arriver. Avis Bibli09raphiques importants La réédition de Khunrarh s’est enlevée avec une telle rapidité que l’on se trouve dans l’obligation deporter les exemplaires restant, à partir du 15 octobre 1898, aux prix suivants : Broché. . . . . . . . 10 francs Relié........
12 — Nos lecteurs sont priés de prendre bonne note de ces prix et de se presser, car ils seront peut-être encore augmentés quand le lot actuel sera diminué des deux tiers.
AVIS BIBLIOGRAPHIQUES 93 ' L’Almanàch du Magiste pour 1898 vient de paraître chez Chamuel.
Il contient: 1" un calendrier astrologique donnant le caractère de la naissance à chaque jour de l’année; 2° la Géomancie pratique; 3° la Hiérarchie des véritables Rose-Croix, par Ruysbroek, l‘admirable ; 4° les 33 degrés maçonniques; 5° le tableau chronolo gique de l’occultisme pendant l'année, par Jollivet Caste. l’ot;6° De la baguette divinatoire par le conseiller d’Ec— karshausen. Prix: ofr. 50 franco.
L’Ame humaine avant la naissance et après la mort d’après PistiS-Sophia, par le Dr PAPUS, vient aussi de paraître. En voici la table analytique des matières : Grand tableau général INTRODUCTION . . . . . . . . . . . . . I. — ANALYSE DE PlSTIS-SOPHIA, par E. Amélineau. Il. — L’UNIVERS (Constitution) . . . . . . . . . Les habitants du Monde invisible (2;). Le messager de la mort (27). Le plan céleste (28). III.—-L’HOMME. ... . . . . .. . . .
Constitution de l’homme (3I). L’esprit d’imita tion (34). Origine de l’âme (37). L’âme après la mort physique (3g).Ame du pécheur (4o). Ame del’initié (43). Figure del'évolution de l’âme(45). IV. — Jésus ET L’INITIATION. . . . . . . . . . . Création du christianisme (52). Incarnation de Jésus (54). La Vierge Marie (55). Incarnation de l’Esprit de Jésus (56). Les douze apôtres, leurs rôles (58-59). Les deux vêtements (60). V. -— L’INITIATION ÉVANGÉLIQUE, clef du salut de l’âme incarnée. Rôle de Jésus (64). Je suis venu apporter la di—
94 L’INITIATION vision (Clef du Baptême) (65). Rendez à César (Clef de l’évolution de l‘âme) (66). L’Initié sur terre (69). Paroles de Jésus (7I). La voie d‘ini tiation (72). Théurgie (72). La réintégration to tale (74). Vl.— TABLE ET CLEFS DE PISTIS . . . . . .'. . . Repentances et psaumes(75).Interrogations (76). Table alphabétique de Pistis (79). VIL—CONCLUSION GÉNÉRALE. . . , . . . . . .
Nous appelons l’attention de nos lecteurs sur le cata logue des livresrares de la MaisonBodin qu’ils trouveront sur la couverture de la Revue. I . A consulter les Catalogues très intéressants consacrés aux sciences occultes, que la librairie Ernest Le V1el, I7, rue de Seine, envoie franco sur demande.
REVUES B'll‘ JOURNAUX [TALIE Ï Nous sommes très heureux de constater l’activité du mouvement spiritualiste en Italie et de voir que nos frèresitaliens font tous leurs efforts pour constituer une série d’Unions de toutes les écoles.
' Nous signalons à ce propos l’activité remarquable déployée par le directeur de la Revue Il Mondo Secreto, le D“ GIULIANO KREMMERZ, qui vient de faire paraître une série de très remarquables études sur la Magie Pratique avec une science et une érudition consommées. Notre ami P. BORN[A publie également des notes bien docu mentées surles diverses sociétés occidentales d’initiation, et des gravures de L. ESQUIEU illustrent son article. Mais ce qui doit surtout appeler toutes nos sympathies
AVIS BIBLIOGRAPHIQUES c’est la création, à Naples, d’une SOCIÉTÉ DE RECHERCHES PSYCHIQUES ouverte à toutes les écoles et conçue dans un esprit vraiment large et pratique. Toutes nos félicitations au D' Kremmerz et à nos amis d’Italie qui font tant pour l’occultisme. o ou M. GEORGES Bons fait dans le journal catholique la Vé— rité une série très curieuse d’études sur l’occultisme.
Ces études sont faites aussi impartialement que pos sible et leur auteur s’est efforcé de bien étudier les sujets dont il veut parler. Mais, malgré tout, l’idée préétablie de considérer les occultistes comme des adorateurs du diable perce à tout propos. Dans une chronique, M. Georges Bois parle du Tarot et il écrit gravement que c on admet que (ces cartes) ‘représentent les hiéroglyphes gravés par le dieu Mercure > en personne.
Qui ça ON P Les occultistes, enseignant dans tous leurs écrits que le nom d’Hermès est celui de L’UNIVERSITÉ D'EGYPTE et non d‘un être individuel, n'ont jamais adopté les erreurs de ceux qui, ne connaissant rien de la Mythologie, ont fait des dieux avec des collectivités enseignantes.
M. Georges Bois devrait lire la Mission des Juifs de Saint-Yves d’Alveydre pour éviter des erreurs qui le feraient refuser à un examen des plus élémentaires dans ces écoles dont il veut décrire les enseignements. Tou tefois nous sommes heureux de reconnaître l’entière bonne foi de cet écrivain et le mal qu‘il se donne pour étudier de son mieux les questions qu’il développe pour ses lecteurs. P.
Pouvoir recueillir dans les journaux du monde entier tout ce qui parait sur un sujet quelconque, sur une ques tion dont on aime s’occuper; —— surtout savoir ce que l’on dit de vous et de vos œuvres dans la presse, qui ne 45"...
96 L’INITIATION le souhaite parmi les hommes politiques, les écrivains, les artistes ? Le Courrier de la Presse, fondé en 1880 par M. GALLOIS, 21, boulevard Montmartre, à Paris, répond à ce besoin de la vie moderne avec autant de célérité que d’exac titude. Le Courrier de la Presse lit 6.000 journaux par jour. Le Courrier de la Presse reçoit sans frais les abonne— ments et annonces pour tous les Journaux et Revues.
Ç * La Revue Socialiste, fondée en 1885 par Benoit MALON. ' — Dirigée par Gustave ROUANET, 78, passage Choiseul, Paris.
SOMMAIRE DE LA LIVRAISON DU 15 SEPTEMBRE 1898 (u° 165) Désarmement, Paul Louis. — La Cité idéale (suite), Eugène Fournière. —- La Suppression des Octrois (l'oc troi devant le Parlement) (suite), Adrien Veber. —— L’Extension universitaire (suite et fin), Augustin Cha boseau. — L’Application du système côllectiviste (suite), X. — Revue des Revues (Économie sociale), Gustave Rouanet.— Revue des Livres, Gustave Roua,net. Le Gérant : ENCAUSSE. rouas. -—- IMP. E. ARRAULT ET c“, RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
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ALBERT LE GRAND. — Secrets, I729. . PETIT ALBERT. -— Secrets merveilleux, éd. ancienne. GRIMOIRES DE SORCELLERIE : Clavicules de Salomon ; la Magie noire; le Dragon rouge;Çrimoire du pape Ho norius ; Enchiridz’on du pape Le'on ; le Grand Gri— moire ; etc. ' Le Dragon rouge, ex. authentique cité par Papus dans son Traité de inagie pratique (p. 5m), de toute rareté. PORTA. —— Magie naturelle.
FAERE D’OLIVET. — Etat social de l‘homme; Vers dorés de Pythagore ; Langue hébraïque restituée; etc. SAINT-MARTIN. — Les Erreurs et la Vérité; les Nombres Tableau naturel ; Erre homo ; l’Homme de désir; le Cro codile, etc.
Boum. — Démonomanie des Sorciers. MORIN]. — Astrologia Gallica, in-fol. CHRISTIAN. — Homme rouge des Tuileries. Bibliothèque des philosophes chimiques, .4 vol. DU POTET, —— Magie dévoilée (édition sacrée publiée à 100 francs) BARRUEL. —— Histoire du Jacobinisme, 5 vol. Gommes. — AÙstique divine et diabolique, 5 vol. LE LOYER. — Discours de Spectres. KIRCHER. — Œuvres complètes. Le Lotus rouge, coll. complète très rare.
L’Initiation, 1888-1897, coll. complète très rare. DE Rocms. — Forces non définies ; rarissime. SAINT—YVES D’ALVEYI)RE. —— Mission des Juifs. LAVATER. — Physionomie, 10 vol. LENGLET-DUPRESNOY. — Histoire de la philos. hermé— tique. ' BOURDIN. —L’Uranie de Ptolénzée. OGER FERRIER. — Jugements astrologiques, 1550, etc., etc. .“ En distribution : Catalogue Zspécial relatif aux Sociétés secrètes. (Franc-Maya.
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Principaux Ouvrages recommandés pour l‘étude de l’OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS L’Évolution de l’Idée. L’Instruetion Intégrale. 3 Le Serpent de la Genèse. F.-Cn. BARLET. . . . STANISLAS DE GUAITA . . Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. Traité méthodique de Science Occulte. Traité élémentaire de Magie pratique. P . . . . . . . . . . - . APUS La Somme des Mages. L’Ame Humaine. A. JHOUNEY . . . . . . .
Ésotérisme et Socialisme. RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. _ CLASSIQUES ELIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. La Langue hébraïque restituée. FABRE D OLIVET' ' ' ' ' ’ ,Histoire philosophique du genre humain. ALBE,RT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. IJTTÉRATURE ( La Magicienne. JULES LERMINA. . . . . ) A Brûler. Zanoni.
B LVER LYTTON . . . . . , U ’ La Ma150n Hantee. MYSTIQUE Jeanne Leade. Jacob Bœhme et les Tempéraments Les Incantations. P. SÉDIR . . . . . . . . . POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSERZ A la librairie BBIIIIIBL, 5, rue de Savoir, PARIS Envoi Franco du Catalogue. TOURS, mm. B. ARRAULT ET G".