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3 . , . e Lln1tiat1on ’ ’ Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT sous LA DIRECTION DE PAPUS î? 0. >1< Docteur en médecine —- Docteur en kabbale 99 4:0" VOLUMzE. — 11"“ ANNÉE SOMMAIRE DU N° 12(Septembre 1898) __,.__ PARTIE INITIATIQUE. . Pr_ophètes et prophéties. (p. 193 à 199.) Papus. Prognoslicaîion de l’émi nent Dr Théophraste Paracelse(à suivre) . . (p, 200 à 238.) Saturninùs. PARTIE PHILOSOPHIMéric contre Mery. . . .
QUE . . . . . . . . . .. (p. 239 à 253.) R. Duplantier. ' Considérations sur la Genèse . . . . . . . . . . (p. 253 à 264.) Quœstor Vitœ. Une maison hantée. . . . (p. 264 à 268). Paul Gourmand. PARTIE LITTÉRAIRE. . Nous ne sommes que les gérants du Trésor. . . (p. 269 à 270.) Estrella. Alchimie . . . . . . . . . . (p. 271). Emile Gigleux. Ordre Martiniste. — Quand on est mort? — La Dame blanche. — Bibliographie. —— Calculs. —- Nécrologie.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, me de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont I’esse de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles 11’ _ abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expé ._ mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestioti distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spirituæ liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découVertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Alorale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science _et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de. toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle’ricalisme et le sectarisme soùs toutes leurs formes ainsi que la. misère.
Enfin l'Initialion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Indé. L’Initiaiion expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
'-'- La première partie de la Revue (Initialique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Scieriee Occulte. 55‘.
La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. ‘ Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et dés nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. _, L’Initialion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois 'ç} compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an ' (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) '
L’Initialion du 15 Septembre 1398 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE 1’ Initiation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO— F. CH. BARLET, S.'. I.'.âv —- GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.‘. — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. m EMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) -——LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. -— GEORGE MONTIERE, S.'. I.'. {Q — PAPUS, S.'. I.'. â — SÉDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.'. I.‘. (C. G.
20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. m AMELINEAU. — ALEPH. — D" BARADUC. -a SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' — BLITZ. — BOJANOV. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAEAY. —- ALFRED LE DAIN. -- G. DELANNE. — ALBAN DUBET.'—— R. DU PLANTIER.— FABRE DES ESSARTS.— D“ FUGAIRON. — DELÉZINIER. — JULES GIRAUD.— L. GOURMAND. — HAATAN. — L. HUTCHINSON.— JOLLIVET-CASTELOT. — L. LE LEU. — L.
LEMERLE. -- LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREL.-— QUESTOR VITŒ. -— RAYMOND. — D“ ROZIER. —— L. SATURMINUS. —— Dr SOUR— BECK. — L. STEVENARD. -— THOMASSIN. — G. VlTOUX. — HENRI WELSCH. —— YALTA.‘ 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— JEAN DELVILLE. a- ESTRELLA. _— E. Gon DEAU.— MANOEL DE GRANDFORD. — JULES”LERMIM. — L.
HEN— NIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS. — GEORGE MONTIÈRE. —LÉON RIOTOR. — SAINT—fiARGEAU. — ROBERT SCHEF FER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRh 40 PQÏS«SIE CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. — JEAN DELVILLE.;— YVAN DIETSCHINE. — E. GIGLEUX. — CH. GROLLEAU. — MAURICE LARGERIS. — PAIII. MARROT. —— EDMOND PILON. _ J. DE TALLE NAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L'Inili.rtion du 15 Septembre 1898 L’ I N IT IA T I O N <”’”ËiËËÊŒNT’) DIRECTION ADMINISTRATION Villa Montmorency, 10, aven. des Peupliers PA RIS-A UTEUIL D1nncrsun : PAPU ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO CHAMUEL Dmr.creun ADJOINT: Lueien MAUCHEL 5, Rue de Savoie Rédacteur en chef: PARIS F.—Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, 11" 811l 0 fr. .1. LEJAY .— PAUL s:cnni ÉTRANGER, _ ,2 h._ RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus a moins d‘avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. GROUPE IIDEPEIDAIT D'ÉTUDES ÉSÛIERIQIJES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Études fermé-s Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M . Paul SÉDI R, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIOUE DE LA ROSE -j— CROIX. «ÉGLISE GNOSTlQUÆ SOCIÉTÉ ALCHIM1QUE DE FRANCE .2. ' ._J'
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La. reproduction des articles inédits publiés par l'Iniliation est formellement interdite. à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE ËRGPHÈTES rr ÿaaratrns Ces dernières années ont été marquées par une floraison toute particulière de prophètes et de pro— phéties.
Certains événements, annoncés bruyamment, ne se sont pas réalisés ; d’autres, décrits devant quel— ques témoins, ont terri'fié , par leur précision, les esprits les plus sceptiques. Aussi pensons-nous qu’une étude d’ensemble sur la-prophétie s’impose, et que le moment est venu de publier une nouvelle traduction des Prophéties de Paracelse, qui servira d’exemple à la plupart de nos dires.
Tout d’abord rappelons que, pour l’occultiste, la prophétie se résume dans la lecture d’un cliché astral relatif au futur. C’est là le procédé le plus élevé que puisse atteindre le prophète, car il nécessite : 1° La perception consciente du plan astral; 2° La connaissance de,la langue symbolique des images, seule utilisée dans l’invisible; .. - « _M....._ , L,. A t... M... q--... -- ..«M_‘m“m.«a-«_Ms-næ.æ __W \<.WWM..‘>«.M. .A..,...——.....,- s.«au
1 94 L’INITIATION [SEPTEMBRE 3° L’habitude de distinguer les images relatives au passé de celles relatives à l’avenir ; 4° L'intuition du degré d'intensité de l’image, d’où l’on déduit sa réalisation plus ou moins prochaine sur le plan physique; 5° Enfin les rapports de cette image avec les autres clichés, avec les courants fluidiques et avec les idées vivantes et les êtres qui peuplent le plan astral, rap ports qui peuvent changer brusquement l’époque ou le sens des réalisations.
Tels sont, résumés rapidement, les états successifs que devait réaliser l’Esprit du véritable prophète, élève régulier d’une école de prophétie dans l’anti quité,et il faut l’ignorance transcendante d’un savant_ positiviste pour croire qu’on devenait prophète en regardant la lune et les étoiles, par les belles nuits d’0rient.
Depuis la disparition des écoles régulières, où l’en traînement méthodique permettait de sélecter les meilleurs sujets, la Providence divine a remplacé les méthodes lentes des hommes par l’illumination directe de certains êtres choisis, etJeanne d’Arc, Swe denborg, certains mystiques, quelle que fût du reste leur religion extérieure, d’une part, puis Nostradamus , Trithème, Paracelse, Cazotte, d’autre part, se sont efforcés d’illuminer leur époque et les siècles suivants.
Nous laissons donc de côté, dans l’étude présente, les astrologues et les mathématiciens de l’invisible, qui ne s’occupent pas des clichés astraux, et nous passerons seulement en revue ceux qui répondent plus ou moins à la définition que nous avons donnée
1898) PROPHÈTES ET PROPHÉTIES 195 de la prophétie. La valeur d’une prophétie dépendra du nombre des conditions, parmi les cinq que nous avons énumérées, que réalisera le voyant. Dans l’invisible, les images relatives au passé et celles relatives à l’avenir sont étroitement mêlées.
De plus, la confusion est augmentée par l’intimité des images concernant la Nation tout entière, ou seule ment ses grands corps constitués, ou seulement chaque individu en particulier; car, de même qu’une Planète ou une Nati0n, noustraînons chacun autour de nous notre cortège de clichés passés ou futurs, et notre jugement est écrit sur notre front, pour le maître auquel rien ne peut être caché.
Celui qui est appelé à voir, pour la première fois, avec les yeux de l’Esprit, ne sachant faire aucune distinction, récite à tort et à travers les visions qui se présentent à lui et mélange passé et futur, individuel et collectif en une étrange salade. S’il veut poursuivre sa route sans terrasser l’orgueil que fait naître en lui sa nouvelle faculté, il est définitivement livré aux êtres de l’erreur, et son évolution est terminée.
Mais si, gardant pour lui seul ses visions et faisant avec humilité appel aux forces d’en haut, d’où vient la seule lumière de l’Esprit, il redouble d’efforts, alors ses invisibles guides se montrent à lui et il prend peu à peu conscience dela langue symbolique qu’il perçoit, sans pouvoir encore bien l’expliquer.
Tel est l’état où furent amenés Nostradamus et Swe— denborg. ‘ Nostradamus a fait, dans son discours en prose imprimé dans toutes les éditions, une prophétie claire Wm-W.flqfiq,4 L . .. . ....
. _M.....—.—...‘_—.fi _. _ u ‘1. _- .. .__u-_.a——A_ -....a..‘.. . —.J—..‘. îm—.;5 -N -I.-; ‘ 7 196 L lNl NATION courte et strictement exacte à plusieurs siècles d’é— chéance. Elle doit toujours être présentée aux positi— vistes, nés malins. qui, ignorant un des côtés de la Natdre, croient tout savoir en mettant en avant leur Raison, qu’ils veulent voir indemne des dangereuses herbes du mysticisme.
La Raison, ainsi éloignée de sa véritable source de vie, est comme un cadavre psy— chique et n’enfante que des images de putréfaction de haine et de division. Aussi il faut voir lamine navrée d’un matérialiste auquel vous faites lire, dans une édition de 1590 de Nostradamus, la phrase suivante : En mi! 86’}?! cent nouante deux, les Français persé cuteront l’Église et détruz’ront la royauté.
Je cite de mémoire, car j’écris à la campagne, sans , aucun livre; mais j‘ai fait l’expérience assez souvent pour être sûr de mon fait. Voilà une question à poser par Gaston Mery à Francisque Sarcey. Une autre source d’erreur, bien difficile à éviter, même pour les voyants les plus exercés, c’est d’abord la distinction des images du passé d’avec celles de l’avenir; puis le sentiment que ces visions peuvent être très retardées dans leur échéance.
Les événements de 1793. puis ceux de la guerre de 1870 et de la commune de 1871 se sont très forte mentinscrits dans l’astral de la France.
Il suit de là que neuf voyants sur dix, apercevant ces images, les décrivent comme des événements futurs, d’autant plus que les clichés, en circulation dans l'invisible depuis plusieurs années, sont aussi terribles, sinon plus, que ceux—là, quoique de très grandes victoires doivent brusquement terminer une grande période d’épreuves. . _.-.._—' '—_..._..« .» .. _...,«....» _%, a»L... 4vævOH—> À_,_«ITI '
PROPHÈTES ET PROPHÉTIES 197 Mais peut—on assigner une date à la réalisation de ces images? C’est ici que la difficulté redouble. Dans l’invisible, la date est indiq uée de deux façons : d’abord dans le plan astral, par les signes astronomiques des saisons; ensuite dans le plan divin (partie la plus as trale) ; par des caractères qu’on peut appeler hiérogly— phiques.
Le voyant se rend compte que c’est pendant la moisson, ou pendant les vendanges que le fait va se produire ; mais il faut une très grande pratique pour assigner une année. C’est là l’erreur que j’ai commise jadis en assignant une date (1895) à la guerre dont le cliché était alors visible en même temps que celui de graves troubles intérieurs en France.
Presque tous les voyants d’alors tombèrent dans le même piège en fixant une date, et M‘le Couëdon n’évita pas la ten tation et détermina aussi une date à certains événe ments non encore réalisés et dont les clichés sont toujours dans le plan astral à la disposition de ceux qui sont assez avancés pour aller les voir. Et puisque je parle de M“6 Couëdon, qu’il me soit permis de redire quelques mots de son cas.
Les scep tiques, qu’elle a d’abord fortement émus, se rattrap pent aujourd’hui et l’accablent d’épigrammes parce que ses facultés se sont, en partie, éteintes.
Or cela indique, au contraire, que cette jeune fille était mis sionnée pour un certain but qui était de décrire les clichés alors imminents et qui sont reculés en ce mo— ment, pour peu de temps et au prix de grands efforts. —Ce but, M'le Couëdon l’a rempli avec le plus grand courage et le plus profond désintéressement. — Si son entourage s’est peu à peu peuplé d’ambitieux et d’in—
198 L'INITIATION ... A Ay.4M—._.,-_. n..A,.,\, trigants, elle n’en est pas cause. Si les êtres très élevés qui se servaient d’elle dans un certain but ont cessé plus ou moins leur inspiration, cela doit tenir à des périodes d’orgueil dont aucun de nous n’est exempt. Avant donc de condamnerla voyante, que je n’ai plus revue, depuis bien des mois, je crois qu’il faudrait avoir passé par où elle a passé et avoir résisté à tout ce qu’elle a enduré.
Eh bien ! j’avoue que, s’il existe des esprits forts qui se croient le droit de juger une mission de ce genre, j’éprouve, au contraire, un grand sentimentde crainte; car je ne sais si j’aurais eu le courage que Mne Couëdon a déployé, ou plutôt je sens que j’aurais faibli à la tâche. et je laisse les ignorants et les sceptiques formuler une condamna tion, qui pourrait atteindre tous ceux qui sont mis sionnés pour éclairer ce monde des ténèbres.
A quoi bon, en effet, parler de couleur aux aveugles ; pourquoi jeter les mystères en pâture aux iconoclastes de tous les plans? Si vous êtes envoyé pour le faire, car l’homme ne doit rien ignorer, faites votre devoir et recevez bravement les sarcasmes et les coups. Si votre mission est autre, accomplissez-la en soldat sans juger les missions des autres.
Car tel voyant peut être envoyé pour annoncer telle image, qui, dès sa divul— gation, sera reculée dans sa matérialisation. Si les hommes font, par exemple, un complot contre la vie d’une nation, il est incontestable que l’esprit de cette nation va créer une série de clichés destinés à atténuer ou à détruire ceux des hommes en question . De là un nouveau sujet de troubles pour les voyants, quand ils veulent s’occuper des faits contemporains. """-‘M‘ «"51..
PROPHÈTES ET PROPHÉTIES 199 Enfin il ne faut pas oublier l’action des associations occultes, qui se rattachent à deux origines suivant qu’elles servent le Prince de ce monde ou le Prince de l’autre.
C’est dans le moment où tout semble perdu, où le mal triomphe partout, chassant les croyances, exaltant le détestable pouvoir de l’argent, alors que les clergés, devenus sectaires, sont plus dangereux encore que ces adversaires, c‘est dans ces moments que les décrets d’en haut éclatent comme la foudre et que les punitions terribles ou les récompenses tombent sur les nations. Les prophètes ont parlé, ont écrit ou ont des siné.
On les a bafoués; mais tôt ou tard les clichés se matérialisent et les petits-neveux publient avec respect les images des anciens, comme nous publions aujour d’hui la « Prognostication de l’admirablejdocteur Pa racelse ». PAPUS. W -n..N 0; _ r a. m‘ .-« N‘«« \wy u_. wna\.,-« mac... - \‘.*‘.v--. _ .,,_L«N-».' ..vs. \»_.-....æ_..«.%
. « -t..._._ lî= -a—-. __————_ —-—*——-—-—-u—Tvi |;»— : , PRüGNÜSTIGM’IÜN De l’Eminent Docteur Théophraste Paracelse (1536) Traduite en français et commentée d’après les prophéties modernes ’ . Par SATURNINL‘S S:;: I:',: C. G. E. Un homme de génie, à qui furent révélés plusieurs secrets dans les cénacles du martinisme, s’est écrié un siècle à l’avance : « Tout annonce je ne sais quelle grande unité vers laquelle nous marchons à grands pas...
Espérance, espérance, saluons de loin cette unité. » Vous avez nommé Joseph de Maistre. Celui-ci connaissait en outre ces prophéties mo dernes, qui toutes annoncent que cette unité sera un jour réalisée par un grand Pape et un grand Mo— marque. Comme toutes les époques troublées, la nôtre a vu se répandre une (remarquable quantité de vaticina tions. Elles diffèrent beaucoup par le style ainsi que par la vraisemblance de leur authenticité. Toutefois, ces prophéties, dont beaucoup sont dues à des inspi
PROGNOSTICATION 201 rés nés en dehors de notre France, confirment les prédictions anciennes en précisant de plus en plus, comme en vertu d'une loi providentielle, les événe ments effrayants non moins qu’extraordinaires qui doivent se passer à l’entrée du xxe’siècle.
Le rationaliste, sans même leur accorder un exa men superficiel, dira que toutes les prophéties qui ont vu le jour au xrx" siècle sont l’œuvre de pieux faus saires, partisans d’une restauration bourbonnienne en France. Mais, s’il a le cœur droit, il ne pourra point faire une objection de ce genre à quiconque lui mon trera des ouvrages datant de plusieurs siècles, où cette restauration est clairement annoncée.
Qu’ils méditent une prophétie célèbre, celle de saint Remy à Clovis, que Baronius a insérée au XVIg siècle dans ses Annales ecclésiastiques (années 494 et 512). « Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Église romaine, qui est la seule vé— ritable Église du Christ.
Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes de la terre, il embras— sera toutes les limites de l’empire romain, et soumet tra tous les autres royaumes à son sceptre : il durera jusqu’à la fin des temps ; il sera victorieux et prospère tant qu’il restera fidèle à la foi romaine et ne com mettra pas un de ces crimes qui ruinent les nations; mais il sera rudement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle à sa vocation. » Bède le Vénérable, au vue siècle, Alcuin, au vme (dans un traité sur l’Antéchrist), Hincmar, au 1x°, Vincent de Beauvais, Gerson et bon nombre d’autres écrivains du moyen âge rapportent cette prophétie
202 L’INITIATION avant Baronius (1). Le rôle d’un grand pape est men tionné dans la compilation que Jean de Vatiguerre fit au XIII" siècle, et précisé par des prédictions moins anciennes. C’est surtout au XVl" siècle, quand la Réforme divisa l’Europe, que les vaticinations se multiplièrent. Le Liber mirabilis, curieux recueil, vit le jour dès 1521 5 il résume les traditions sur l’avenir.
Poste] annonça un siècle d’or, la monarchie universelle (ou la direc tion morale de l’univers) sous un roi français. Nostra— damus écrivit ses immortelles Centuries. Mais, plus de dix années avant qu’il n’eût pris la plume, un autre médecin, Paracelse, avait publié sa Prognostz’cah’o. Eliphas Lévi, dans les Grands Mystères, en a traduit la préface et affirme que l’ouvrage prophétise l’avenir du monde.
Auréole—Théophraste Bombast de Hohenheim est un des hommes les plus extraordinaires qu’ait produits ce XVIe siècle, si fécond en génies de tous genres. Né à Einsiedeln en 1493, mort à Strasbourg en 1541, il fut le plus hardi des novateurs qui renouvelèrent alors. l’esprit de la médecine.
La science doit à cet homme, que l’ignorance appelait fou ou nécromancien, l’usage de l‘opium, du mercure, de l’antimoine, du landa num et les triturations chimiques qui dégagent les propriétés actives des médicaments. Ila été le précur seur des métallothérapistes de notre époque. C’est la (1) Le grand Pape et le grand Roi; Paris, Palmé, 7° éd., 187 2 (par le P. Marie—Antoine). -— A.
Peladan, Dernier mot des prophéties; Nîmes, 1881, in-12. —— Curique, Voix prophé tiques Paris, Palmé, 1872, 2 vol. in-12. u-;-m * ' ’ = '::" ‘;;:‘;à&î
PROGNOSTICATION 203 haute science des Rose—Croix qui lui valut de pouvoir adapter les traditions occultes à la création d‘une thé— rapeutique nouvelle (1). C’est encore cette haute science qui lui inspira la souveraine impartialité dont il fait preuve dans sa Prognostz‘caiz’o, quand il juge, avec la même sévérité, le sectarisme de son temps, et blâme aussi sévèrement l’orgueil des_chef_s de la Réforme que celui des chefs du catholicisme.
Il n’est pas impartial par scepticisme, comme l’auteur des Essais, qui, un jour maire de Bordeaux, parut gibelin aux guelfes et guelfe aux gi belins : il est impartial parce qu’il plane avec la séré— nité d’un archange au—dessus des luttes sans merci de son époque. ' . En outre, les sources de son inspiration sont des plus élevées.
Il affirme, dans Sa Préface, avoir pu, en étudiant les astres, signaler les grands événements de l’avenir; mais il parle plus loin des prophéties sibyl liqùes et des vaticinations nombreuses qui furent mises au jour dans la première moitié de son siècle.
S’il s’est inspiré de ces prédictions, je crois encore être en droit de supposer que lui-mêmea employé les pro cédés de la haute magie, et a pu même être inspiré par un guide fort élevé, pour tracer les trente—deux dessins prophétiques de son ouvrage.
En effet, plusieurs évé nements annoncés par la Prognosiz’caiz’o ne se trou (1) Lire : Hoeier, Histoire de la chimie. — Cruveilhier Œunres choisies. — Trélat, Conférences à la Faculté de mé decine, 1865. -— Papus, Compte_y*endu du Congrès spirite de 1889. — Initiation, février 1894, Abrégé de la préparation . des médicaments, »— et juin 1891, Paracelse et ses XIV livres des paragraphes (traduction et commentaires d’E. Bosc).
204 L’INlTIATION vent pas indiqués avec la même précision dans les livres de ce genre antérieurement publiés : par exemple, l’annonce des malheurs et du relèvement des lis, du renversement du pouvoir temporel, de la mort violente d’un pape futur, des triomphes d’un monarque du lis sur quatre puissances.
Le lecteur appréciera, même dans une’ traduction, combien Paracelse était pénétré de la tradition occulte comme de la tradition catholique, et humaniste savant autant que médecin remarquable (1). Profondément attristé par les divisions qui avaient commencé de délivrer l’Église, ce penseur adresse à ses contemporains et aux âges futurs des avertissements semblables à ceux d’un ’3N: d’lsraël.
Il exhorte les Églises à rétablir l’unité, que le monde chrétien, être moral, doit réaliser, comme doit le faire tout individu pour ressembler à son Créateur et accomplir ainsi sa volonté sainte. Il montre de plus que cette unité s’im posera aux hommes malgréleurs vices et leur inertie ; et prouve ainsi, suivant l’expression de Fénelon, que l’homme s’agite, mais que Dieu le mène à un but fixé de toute éternité.
Que faut—il pour que se réalise cette grandiose unité ardemment souhaitée depuis Paracelse par tant de généreux esprits ? Il estindispensable queles dissidents s’épurent de toute haine, soient disposés à l’abandon (1) La Prognosticalio, aujugement d'un très docte occultiste a un sens hiéroglyphique particulier qui se rapporte à la R + C, àses secrets et à ses épreuves.
Elle peut avoir encore, comme l’Apocalypse. un sens moral, en vertu des lois analo giques. D’autres plus instruits pourront la commenterà ces points de vue particuliers.
PROGNOSTICATION 205 de leurs préjugés séculaires, et qu’exempts d’orgueil comme de prévention ils se montrent prêts à brûler leurs livres et leurs confessions de foi sur l’autel de la vérité.
Il est non moins indispensable que les catho liques, s’épurent de l’esprit d’intolérante domination, abandonnent la prétention de soutenir que l’Église est aussi pure dans sa discipline et ses mœurs qu’elle l‘était aux temps apostoliques, et s’apprêtentà faire des concessions importantes pour tout ce qui ne regarde point le dogme et la morale.
L’infaillible successeur de Pierre pourra faire usage de sa dictature bienfai sante ;mais un Conseil universel sera nécessaire pour régler certaines questions. Quelques'voix, nous en sommes convaincus, revendiqueront alors les droits de la science comme ceux de la conscience : et ces revendications serviront à faire voir l’objet dela science et de la foi dans sa radieuse identité.
L’Église recevra de l’Esprit—Saint des clartés plus grandes ; et il s’élè vera enfin cet édifice sur le fronton duquel pourrait être gravée cette parole d’un autre génie du xvxe siècle: Entrez: qu'on fonde ici la foiprojbnde (I). SATURNINUS.
MARCUS TITINS AU LECTEUR (2) Si tu désrres connaître les mouvements favorables des astres, les paroles mystiques qui correspondent à (1) On sait que Rabelais a publié une série d’almanachs : la Pantagrue‘line prognosticaîion. (2)Ce Marcus Titins est-il le pseudonyme d'un éditeur ? Je l’ignore. L’ouvrage a été imprimé en 1536, in-4, avec la pro
206 L’INITIATION des secrets fameux, les événements promis pour l’ave nir par les signesîcélestes que règle la Providence, etd’autres dont ils nous menacent, l’espérance et la crainte les apprendront. Tu sauras aussi par quel présage la clémence divine, en effrayant l‘esprit des hommes, nous pousse à des actions pieuses. Le doc teur Théophraste, inspiré 'par un souffle d’En-Haut, nous donne ces enseignements admirables avec une fé condeéloquence.
Les destins mauvais nous menacent pour que chacun de nous évite les actions mauvaises; et ce livre ne nomme absolument aucun personnage. PRÉFACE DE LA PROGNOSTICATION DU DOCTEUR THÉOPHRASTE PARACELSE Socrate parlait de la trop curieuse recherche des choses célestes, et de l’oubli des choses humaines, de celles qui sont à nos pieds (I).
Quand il disait que ce qui est au-dessus de nous ne nous regarde point, il phétie de Lichtemberg, et réimprimé’ vers I620 avecla date de I536. Sur papier au filigrane portant les deux L accolées de Louis XIII, peut-être, au jugement d‘initiés instruits, par des frères de la R + C, dont Naudé a parlé. L’édition de I536 est à labibliothèque Sainte—Geneviève. Une autre édition, de 1566, est dédiée à l‘empereur Ferdinand.
M. Chacornac, éditeur (I 1 , quai Saint—Michel, à Paris; offre en vente pour 80 francs une traduction par (Jhristallin, bibliothécaire du comte de Charc— lais, avec le texte latin en regard. Cette traduction inédite est de 1710, (V. S. de Guai‘ta: Serpent de la Genèse, Templede Satan, p. 304, note). Eliphas LéVl a traduit la préface dans les Grands Mystères. (I)DansPlaton. ,
PROGNOSTICATION 207 I faut l’entendre ainsi : la recherche est vaine, vide et nuisible quand elle est trop envieuse et superstitieuse. Elle aurait pour conséquence de détourner des dan gers présents l’homme préoccupé de semblables étu des. Mais il loue et recommande toujours, en Platon, la modération drns les vues.
Comment admettre que ce Socrate, jugé par l’oracle le plus sage des hommes, une source de sagesse et un mortel profond dans toutes les connaissances divines et humaines, ait ca lomnié l’astrologie, quand lui-même, au témoignage de Platon, était un astrologue admirablement savant? Je ne veux pas entreprendre ici l’éloge de l'astrologie, science assez louée par les doctes.
Je dis seulement qu’il n’y a pas de connaissance qui ait-été si particu lièrement transmise, enseignée et démontrée par la Providence. Lisez Moïse: il donne les raisons qui ont fait placer, par Dieu,dans le firmament, le soleil, la lune etles étoiles, pour que ces astres nous mesurentlesjours, les temps et les années ; et saint Paul loue les sages de ce mondequi ont reconnu, par ces créations visibles, le Créateur invisible (1).
Mais. d’autre part, il leur re— proche de ne pas honorer le Créateur au—dessus de la créature. Dieu a voulu que nous considérions les élé ments et que nous reconnaissions, que nous hono rions, que nous adorions l’architecte d’après son œu— vre.
Les choses visibles, tout ce qui apparaît, ce sont des fantômes, des Voiles qui laissent entrevoir les ar canes, les parties cachées et secrètes de la nature (2). (1) Coloss.., I, 16. (2) Théorie occultiste des correspondances.
208 L’INITIATION C'est ainsi qu’ona trouvé des arts magnifiques, et dans les racines, les pierres, les hommes enfin, des efl'ets, un caractère admirable, qui, grâce à une sagacité et à(une habileté subtiles, ont été mis au jour par des hommes qu’Homère et Hésiode appellent Al phistes et Méropes (I), c’est-à»dire cherch/eurs. Mais n’accordons pas trop à la pensée humaine : il y a une science divine, qui procède du Père des hommes, comme dit Jacob.
Comme Dieu a fait connaître les lettres qui nous permettent d'exprimer mes senti— ments et de les faire entendre, ainsi, par leur moyen comme par un instrument, il nous transmet toujours et nous enseigne toutes les sciences (2).
Et parce que Dieu a ainsi créé tant merveilleuse— ment pour l’usage de l’homme des œuvres admi rables, ila voulu aussi qu’elles soient connues, et a institué une école où tous ne peuvent pénétrer, pour que nous y apprenions avec zèle ce qui n’est pas vi sible aux yeux de tous les mortels (3). Le pêcheur tire des plus grandes profondeurs, avec. le filet, des pois sons qu’il n’avait jamais aperçus.
Les ouvriers mi neurs et les chercheurs de trésors amènent aujour des masses d’or et d’argent tirées des cavernes les plus profondes, d’endroits où le regard n’a jamais pénétré. C’est ainsi que Dieu enseigne dans son école tout ce qui est chose cachée, et, peu à peu, le montre à nos (i)'A7.onctnp ou ’A).prptü;. de cîlçoîvm, trouver.
Mépoteç si gnifie plutôt hommes doués du langage, de pa’r,oç, partagé, et 6’, parole. (2) Allusion aux rapports des lettres avec les chiffres, indis pensables aux sciences. Voir Papus : la Kabbale. ' (3) Allusion aux centres qui conservent l’ésotérisme
PROGNOSTICATION 209 yeux. Rien n’est donc assez caché pour n’être jamais dévoilé et mis au jour, soit dans le firmament, soit dans la mer ou dans la terre. Tout est amené en pleine lumière, comme je l’ai dit, par les Alphistes, ou hommes chercheurs.
Ceux qui ont cultivé ces arts na turels et les ont exposés au jour sont aujourd’hui ap pelés illustres parles doctes : leur mémoire ne périra point, la Muse ne veut pas que l’homme digne de gloire périsse, mais qu’il survive par son génie, quand tout le reste est mortel.
Aussi j’ai voulu moi-même, selon mes facultés et mes dons naturels, consulter les astres, glaner les épis derrière les moissonneurs de ce vaste champ, montrer les signes menaçants que la nature et les astres annoncent pour une durée de qua rante—quatre années, afin que les hommes, ainsi aver tis, apprennent à craindre Dieu, et à subir un jour la vengeance des crimes (1).
Il est impossible de dire combien toute chair a corrompu sa voie, comment toutes choses sont bouleversées, troublées, comment le ciel est uni à la terre, tellement que, si les jours de la colère divine n’étaient abrégés, aucune créature ne serait sauvée. Je n’ai été poussé à une considération un peu plus attentive des astres que par la considération de l’état universellement déréglé et perverti de l’humanité.
Il y a dans le soleil, la lune et les étoiles des signes du jugement futur de Dieu; la hache est devant ___, .,___fl,____. (1) Evidemment, ces 44. années ne vont pas de 1536à 1580; multipliez-les par [0, vous avez 440 ans. qui nous conduisent à 1976. Voir le commentaire de la 320 figure.
210 L’INITIATION "‘-, l’arbre (I ). Le sang appelle le sang, comme dit le Pro phète. Personne ne cherche Dieu; tous, sans excep tion, se sont rendus inutiles. Tous les prophètes, les vaticinateurs, lesprédicateùrs, nous rappellent à la charité, à la concorde et à l’unité. L’unité est dans la triade divine, la triade se ramène à l’unité.
Il en est ainsi dans la société humaine ; il faut s’appliquer à faire régner l’unité, la paix et la tranquillité (2). Dès que l’unité s’est résolue en pluralité, surgissent des dissensions, des querelles,des luttes ; autant d’hommes, autant de sentiments. Chacun a sa volonté: on n’a pas les mêmes désirs. Or l’unité donne le repos, l’abon dance et_la paix. David nous crie qu’il est bon, qu’il est agréable d’habiter fraternellement dans l’unité.
Toutes les créatures aiment l’unité; il y a unité dans l’harmonie et le concert des cieux; la terre ne donne ses productions que grâce à l’unité, et c’est par elle qu’elle met au jour son fruit dans le temps fixé. Tous obéissent à cette loi de l’unité, à l’exception de Satan et de l’homme. Les hommes sont avertis pourtant de la rechercher, par les‘ signes du ciel, du soleil, de la _ lune et des étoiles; mais ils en tiennent peu de cas.
Aussi sont-ils menacés d’une ruine imminente et subite. Heureux qui n’est pas assis dans une chaire de pestilence et d’impiété, qui ne marche point dans les voies des pervers, car ils seront bientôt visités par la colère divine qui est sur leurs têtes. Tout homme (1) Au xv" siècle, le cardinal Julien écrivait inutilement au pape que la cognée était à la racine.
Les papes et les princes de l’Église se rendirent inutiles par incurie ou par égoïsme, (2) Enseignement de l’ésotérisme.
PROGNOSTICATION 2 L! qui a senti sa présence dans son cœur ne peut fuir le châtiment et lui échapper. Personne ne pourra triompher de Dieu au jour de sa colère. Il est mau— vais de regimber contre l’aiguillon. Le Dieu des armées est puissant et jaloux: il punit l’iniquité des pères sur leurs fils jusqu’à la troisième et àla qua trième génération (1). C’est la pire folie de combattre contre Dieu.
Téméraires étaient les géants qui s’ef— forçaient de renverser du ciel Jupiter, et qui furent eux-mêmes renversés et accablés par ses foudres. Nous avons voulu condenser en trente-deux figures seulement les actes téméraires et insensés des hommes. En effet, nous avons vu que le péché des Amorrhéens était complet, que l’iniquité criait jusqu’au ciel (2).
Quand tout est arrivé à l’extrémité, l’arc trop tendu se brise.Ainsi les hommes, à leur grand dam, sont entraînés à un autre genre de vie plus indigne : ils se tourmentent misérablement jusqu’à ce que la corrup— tion vienne à sa fin propre. Mais qui en aurait de la tristesse P Le salut et la rédemption de tous les maux approchent pour beaucoup.
Qui ne désirerait en son cœur de voir les jours heureux où l’unité sera rétablie, où nous vivrons en paix sous un seul pasteur (3). Tout chagrin, toute inquiétude auront fui loin de nous. Le baume coulera sur la barbe d’Aaron.
Dieu inspirera (I) Les descendants de ceux qui ont humilié l’Église au XVI' siècle seront humiliés à leur tour. (2) Les Amorrhéens furent vaincus par les Israélites, qui prirent leur territoire. (3) Les temps mellifiques de Nostradamus, rappelant la terre coulante de lait et de miel promise aux Hébreux.
212 L’INITIATION bénédictions, éclat glorieux, actions de grâces à tous ceux qui s’attacheront à l’unité (1). L’orgueil était hâi‘ssable dans les cieux; les esprits célestes ne déplorèrent point la chute de Lucifer, mais s'associèrent au juste jugement de Dieu. Aussi de vrions-nous émettre des plaintes, si dès aujourd’hui Dieu précipitait dans les enfers ceux qui s’enor gueillissent dans leurs propres pensées ?
Comme nous l’avons dit, nous devrions plutôt nous réjouir de ce que le jugement a commencé par la maison du Sei gneur et que son accomplissement est différé pour les superbes de toute espèce (2). Ainsi que nous l’avons annoncé plusieurs fois, notre Prognostication n’a guère qu’une conclusion: les astres menacent d’une mauvaise fin les orgueilleux, les puissants de ce monde.
Que Dieu veuille un jour venger les siens opprimés, les délivrer, renverser les puissants, élever les humbles ; ces signes annoncent des douleurs, mais n’ont pas encore été confirmés; ils le seront, pour que le juste ne périsse point, ne soit point entraîné et réduit avec l’impie. Nous avons dit aussi qu’aucun personnage n’est nommé dans notre Prognostication. Dieu connaît ceux qu’il a décidé de châtier. Ils sont tous ignorés des hommes.
Les criminels sauront bientôt comment nous aurions pu deviner et désigner certains hommes. Toutes ces choses sont cachées pour nous, mais elles sont révélées (un jour). La Cabale, que l’on ditavoir (I) Triomphe éclatant de l’Église chrétienne unifiée. (2) L’Église dégénéréea été seule humiliée au xwe siècle; les grands, les riches, seront humiliés dans l’avenir.
PROGN OSTICATION 2 I 3 inventé et mis au jour l’astrologie, cache ses arcanes au lieu de les révéler en clair langage. Dieu a comme abandonné et aveuglé certains mortels, endurci leur cœur, pour que leurs yeux ne voient point, pour que leur esprit ne comprenne point, qu’ils ne soient point convertis et guéris.
Mais je demande à tous, en ter minant ce préambule, d’interpréter tout ceci en bonne foi, d’apprécier en toute liberté d’esprit, sans soup çonner, par crainte, par colère, par haine ou par envie, qu’ici tel et tel a été désigné. Qu’ils attendent l’accomplissement des prophéties, pour déclarer ce que j’ai voulu annoncer, et qu’ils se précipitent du côté qui leur conviendra (z).
Je sais qu’en cette matière bon nombre de vatici— nateurs ont annoncé aussi beaucoup d’événements. Je ne critique point leurs œuvres, leur zèle et leurs eiiorts; mais, au contraire, j’en fais grand éloge.
En effet, je vois que les astres menacent de leur perte beau coup de maisons religieuses (2); mais, si les hommes étaient prudents, s’ils se tournaient de nouveau vers Dieu, celui qui est bon et miséricordieux serait faci lement fléchi par des prières persévérantes.
Nous ne donnons pas aux signes célestes un caractère de né cessité : ils nous attirent toujours ; mais, si le Seigneur le veut, il peut à lui seul écarter tous les malheurs prédits (3).
Josué pria que le soleil s’arrêtât, jusqu’à (I) Les confirmations de ces prophéties n’ont pas manqué jusqu‘à ces derniers jours. (2) Depuis 1536, les maisons religieuses ont été cruellement éprouvées dans tout le monde chrétien. (3) Astra inclinant, non necessitant: axiome du moyen âge. Le sage domine ses astres, ses tendances fatales marquées par des signes.
214 L'INITIATION ce qu’il,fût vengé de ses ennemis: son voeu fut accueilli et exaucé. Ezéchias obtint une consolation par ses prières. Hélias ferma le ciel aux siennes. La prière persévérante du juste a une grande puissance. Si des chrétiens veulent échapper aux châtiments qu’au— noncent les astres, qu’ils fassent pénitence, qu’ils prient, qu’ils vivent pieusement et sobrement.
Puisse Dieu le Père accorder cette grâce par son Fils chéri, en son Esprit-Saint. Amen. Ovide: Fastes, 2. Heureuses les âmes à qui fut donné de connaître d’abord cette science et de mon ter aux demeures d’en haut ; on peut croire que ces têtes se sont élevées au-dessus des vices et aussi des plaisirs humains. FIGURE I (Une main armée d’un glaive sort d‘un nuage.
Der rière le glaive est un serpent qui mord un faisceau de verges; la queue du reptile est engagée dans le trou d’une meule qui, ainsi qu’une seconde, roule sur un sol d’où s’élève la fumée qui produit le nuage.) Texte. — En toutes chosesil yaun signe extérieur, par lequel nous saisissons ce qui est intérieur et invi sible à nos yeux. Ainsi que la nature, la magie a‘ ses prédestinés, qu’elle marque de ses signes.
C’est ainsi que tu portes avec toi un signe particulier: tu désires ardemmentdévorer, tu recherches ceux qui n’ont rien de commun avec toi. Trois et quatre fois heureux tous ceux qui jouiront du bonheur éternel pour n’a voir avec toi rien de commun ; s’il y a des hommes qui désirent avoir avec toi quelque chose de com—
PROGNOSTICATION 2 1 5 mun, ils recherchent ta beauté, ton éclat, plutôt que la justice et l’intégrité. Commenlaz’re. —— Paracelse pose en principe la théorie occulte des signatures.
Les deux meules, qui ont été entraînées à rouler sur la terre par le mouvement de la queue du reptile, sont les maux que l’antique serpent, de jnouveau rappro ché du séjour des hommes, dont, suivant l’Apoca— Iypse, il a été longtemps éloigné, va entraîner pour l’humanité, de plus en plus corrompue et divisée contre elle-même (I). Les verges symbolisent aussi les châtiments prédits.
Le serpent désire dévorer, c’est— à-dire anéantir ceux qui n’ont rien de commun avec lui, les chrétiens et rachetés par le baptême et desti nés à l’éternité bienheureuse. Ceux qui sont séduits, comme Ève, par l’éclat du serpent,,ce sont les hommes égarés par les vices, les princes et les poutifés que déçoivent les miracles trompeurs de l‘ambition, reflets prestigieux de Nahash.
FIGURE 11 (Trois fleurs de lis sont supportées par une tige dessé— chée qui s’élève au-dessus d’une étendue déserte où quelques pierres apparaissent au—dessus du sable; à l’horizon est un lac d’eau salée.) Texte.
Ce rejeton vigoureux qui sort de terre donne naissance à une fleur plus belle que toutes les autres, puis il laisse 'voir cette même fleur devenue en son lieu (1) L’Apocalypse symbolise le châtiment de Balylone par la précipitation d’une meule dans la mer (xvm).
216 L’INITIATION et en son temps désséchée, fanée et corrompue. Il en sera de même pour toi. Maintenant tu es le lis du champ ;demain, comme l’a dit le Christ, tu seras jeté dans un four, c’est—à-dire tu t’en iras en exil dans une solitude désolée. Tu seras tout à fait abaissé et hu— milié d’une manière extraordinaire, et la période (de ton règne) sera interrompue.
La prudence, la sagesse, la crainte de Dieu, auraient rendu la situation solide et durable ; mais ton habileté sera ta perte, et tu devras sortir du lieu où tu es entré. Commentaire. — Paracelse indique lui-même,dans l’Expositio ou Explication placée à la fin de cet ou— vrage, le sens général de cette figure.
La tradition assure que Clovis avait trois crapauds dans ses armoiries avant d’abjurer le paganisme et que trois lis les remplacèrent quand il eut reçu le baptême (1). Or, depuis le XVI° siècle surtout, la politique des rois de France aété trop souvent inspirée par l’orgueil et a pris les caractères du césarisme païen. C’est une transformation funeste des lis en crapauds.
L’orgueil d’un Louis XIV, qui insultait à la faiblesse du chefde l’Église, employait les moyens les plus perfides et les _ plus injustes pour conquérirdes provinces, prétendait imposer ses bâtards àla nation française et retenait en prison,paraÎt-il,lelégitime héritier de la couronne des lis, que l’histoireconnaît sous le nom de Masque de fer. (1) Sainte Brigitte appelle la France le champ de la Vierge.
La légende dit qu’un ange fit savoir à Clotilde, par un ermite de Je-en-Val, que Clovis devait porter des fleurs de lis au lieu de trois croissants dans sesarmoiries. (Les_très élégantes Annales des belliqueuses Gaules, parNicolas Gilles, I547.)V01r I’Explication de Paracelse.
PROGNOSTICATION 2 ( 7 Cet orgueil, dis-je, a été punidu vivant même dece roi despote et a fait tomber au bout d’un siècle de ter ribles châtiments sur les héritiers du grand prince.
La royauté française“ ayant envié au Souverain Pon tife son autorité légitime, et à tous les ordres de l’État leurs légitimes privilèges, anéantit toute force qui pouvait la soutenir et se trouva un jour isolée devant le peuple, qui l’étoufia : le lis fut ainsi étouffé par ses propres épines (1). ses alliés et ses amis ne pensèrent qu’à profiter de ses dépouilles, au lieu dele secourir d’une manière désintéressée.
Toutefois Paracelse laisse entendre que le lis n’est pas brisé à jamais (nolz'm (amen ut hostz's quantumyis fractus contemnatur; opusestz'n Izac re magnâ, prudentiä). Nostradamus dit que les lis feront longue pause (V111, 18).
Plusieurs prophéties modernes parlent d’un prince qui fera refleurir les lis.La tige desséchée de la figure, Nostra damus la désigne ainsi : V L’arbre qu’étoit par longtemps mort séché Dans une nuit viendra à reverdir. (91, III.) Marie Lataste parle d’un rejeton poussé sur le tronc d’un vieil arbre coupé.
Marianne Galtier a dit : « Un prince connu de Dieu seul, et faisant pénitence au désert, arrivera comme par miracle. » SœurMarianne de Blois annonce que personne ne comptera sur lui, et qu’on ira le chercher (à l’étranger) (2). Le dessin (1) La Bible dit que le buisson a sa production naturelle, ses épines.
Les arbres l’élurent pour roi. (Juges, 1x, 8—1 3 .) Les épines qui; grandissent symbolisent l’envahissement des con cupiscences qui étoufl‘ent le plan divin. (2) Lire : Le Secret de la Salez‘te, par M. l’abbé Combe ; Paris, Delhomme et Briguet.
218 L’INITIATION .. _ .— .. ......... J;.. . prophétique représente un désert: peut-être ne faut-il pas expliquer ce symbolisme d’une façon trop litté— rale. Dans tous pays, un prince privé de son titre ne trouve-t—il pas ce désert d’hommes dont parle le poète anglais ? FIGURE III (Une ville dans une petite île au milieu d’un fleuve; elle est munie de remparts et de tours.
Au premier plan, six piques à gauche, cinq au milieu, deux autres à droite inclinées vers ces dernières.) Texte. —— Tu ne voulais pas te déclarer rassasié dans ta paix, et tu étais le tonneau qui ne peut être rempli. Épaissi, engraissé et gonflé. tu regimbes; tu t’es sur chargé du fardeau énorme de ton avarice, de l’orgueil de la vie et de l’amour des plaisirs charnels. Ton insolence a causé ta destruction.
Tu t’es divisé contre toi—même par tes dissensions et tes mouvements inté— rieurs. Tu te glorifies dans ton mauvais esprit,toi qui es puissant dans l’iniquité; aussi viendra le temps où tu seras visité, humilié, et réduit à ta première situa4 tion: tu viendras à lrésipiscence quand ce ne sera plus le temps d’y venir.
Commentaire. — Ce texte menace toute cité, tout État qui s’abandonne à la triste concupiscence stigmatisée par l’Écfiture : concupiscence des yeux, concupiscence de la chair, orgueil de la vie.
A la rigueur, il peut désigner à la fois Paris, la cité de ÿanz’te’ dont parle [sale (1), .Londres, la nouvelle Tyr, qui doit « tomber (r) Proph. de Prémol. (Voir: Le Soleil prophétique, par feu Victor de Stenay; in-i 2, r875, Tourcoing.) /‘“"u (.— _ . _ ,. _. ,_ ,_,,._ .__‘I ..... N..-... Ay._.w.c._‘._.‘.vîl , ‘
PROGNOSTICATION 2 I 9 plus avant que nous dans le gouffre »; et Rome, centre religieux non moins orgueilleux que le centre économique et le centre intellectuel. Paris, d’après nombre de prédictions, sera brûlé, mais non entière ment : il yaura une limite que la destruction ne pourra franchir ; un monument religieux surmontera ses ruines. Adrien Peladan a supposé que Paris sera réduit aux limites de Lutèce (à sa première situa— tion) (1).
FIGURE IV (Une croix à double branche est divisée en deux par ties verticalement. Ces deux parties sont plantées en terre à côté d’un arbre desséché. Au second plan, un château fort au-dessus_d’une colline qui domine une petite plaine.) Texte. —Tu avais ton amour àta droite et à ta gau— che, mais en ordre interverti, ettu pensaisque par cette manière d’agir ta fortune serait constante.
Mais d’un côté comme de l’autre tu seras resserré, et poursuivi par la haine, comme on le prédit. Ton amour, ainsi qu’un amour coupable, reviendra et retombera sur toi pour t’écraser. Tu te jugeais la tête (du monde) , mais tu deviendras comme un spectre sans tête, un tronc, un bois inutile. Tu seras forcé de dévorer cette douleur, ce dégoût, ce mépris, et d’avaler ces reptiles que tu as commencé de manger.
Commentaire. — Nostradamus, dans son Ëpitre à Henri second, qualifie de vieille stérile tantôt l’Église (1) Dernier mot des prophéties.
220 . L’INITIATION catholique, tantôt la famille royale de France.L’arbre desséché de la figure IV, c’est l’Église stérile (relative ment) depuis la division qui s’est opérée au XVl" siècle. Une voix prophétique, celle de sainte Hildegarde, a bien longtemps d’avance annoncé aux croyants qu’il faudra savoir supporter la vieillesse et la stéri— lité de l’Église chrétienne.
D’autre part, des esprits profonds ont signalé un rapport mystique entre la du rée de la grossesse miraculeuse d'Élisabeth, vieille et stérile, ainsi que le mutisme de Zacharie, et ce qui doit se passer pour l’Église et la maison de France, après une longue stérilité, à la fin du cinquième âge de l’histoire du catholicisme (1).
Toutes les prophé— ties font prévoir une épuration sanglante du catholi— cisme pour son relèvement, et par conséquent le rap prochement des deux parties de la croix symbolique. FIGURE V (Une meule tombe sur une couronne placée elle— même au-dessus de la mer.
Au second plan, le rIvage.) Texte. — La couronne royale réclame la sagesse tem— porelle; mais on est obligé de te la souhaiter; tu as montré le vice opposé, oublié la clémence, dépouillé le caractère d’homme ; tombé dans la tyrannie, tu as commis des crimes insignes et énormes. La pierre (I) Abbé Baylet, Plan de l’histoire utzz’uerselle, [1, pp. 506— 527, — Paris, librairie de l’Œuvre de Saint-Paul, 6, rue Cas sette.
1899. —- Holzhauser, dans son commentaire de l’Apoca lypse, dit que le cinquième âge va de Luther à l'avènement du Grand Monarque.
PROGNOSTICATION 22 I tombera sur toi, pour te briser et te broyer. Elle te punira d’avoir versé le sanginnocent. Il te visitera, dis—je, au lever du soleilet au milieu du jour, celui pour qui tu avais un/mépris orgueilleux. Ce sera bien tôt. Il ne se passera pas deux années. Tu n’auras pas lieu de te confier aux hommes, car tu ne trouveras pas en eux ton salut. Tes alliances seront inutiles, car tes alliés eux-mêmes seront renversés.
Commentaire. -— La vaticination menace le pouvoir devenu despotique. Dieu châtiera les princes coupa bles d’avoir versé le sang innocent, ou du moins les punira dans leur progéniture. Les alliés du prince cou— pable seront renversés. Une vieille prophétie allemande s’exprime ainsi : « Malheurà toi, peuple du Nord! la septième géné— ration répondra de tes forfaits !
Malheurà toi, peuple de l‘Orient ! tu répondras des cris de douleur et du sang innocent! » (1). Mais quelle race princière d’Eu rope n‘a pas versé le sang innocent? Que dire des rois très chrétiens alliés des [Trucs et bourreaux de leurs sujets protestants ? Que dire de ceux qui ont tor— turé l'Irlande catholique ?
Si le terme de deux années signifie deux siècles, cette prophétie s’appliquerait plus particulièrement à la royauté anglaise tyrannique sous Henri VIII. qui était schismatique dès 1533. 'l/ Abbé Raboisson, les Événements prochains d‘après le livre de Daniel et l‘Apocalypse. Plon, 1874, br. in-8.
222 L’INITIATION ’l. , FIGURE Vl (Une tige, brisée en trois parties, gît à terre .4 dans une région stérile.) Texte. — Ton odeur est forte et n‘est pas supportée par tous; elle sera tempérée, si un jour le soleil tra verse de ses rayons les nuages épais qui te cachent, et <. qui l’ont empêché jusqu'ici d’arriver jusqu’à toi : tu n’en croîtras depuis qu’avec une plus grande vigueur.
Au commencement tu florissais, tu triomphais d’une manière admirable; mais tes projets ont dé tourné de toi tes amis et ne pouvaient être stables. Cependant, plus tard, tu vaincras, et tes labeurs te j vaudront de la gloire, car tu paraîtras être revenu à . t01-même. j ‘ Commentaire. — Cette tige n’a pas de fleurs. Mais, j comme elle se trouve brisée et couchée sur le sol d’un _, désert, elle paraît être la tige du lis figuré au second i dessin.
Le lis a été brisé, par haine de son odeur, 1 c’est-à-dire du caractère essentiellement chrétien de la monarchie française. « Malheur au peuple!... s’é l crie Jérôme Botin; il a brisé les lis !... La rosée du ciel descendra sur la terre désolée et sur l’Église éprouvée (1 ). p» Le Roi des lis reviendra aux traditions de Charles-Martel, de Charlemagne et de saint Louis ; et une gloire sans égale lui est assurée.
Dans la V [11" figure,le glaive fleurdelisé s’élèvedevantles rayons du soleil. Cet astre symbolise à la fois la Divinité (1) La rosée du ciel, comme les rayons du soleil, figure des grâces exceptionnelles. —- La prédiction de J. Botin est citée dans Chauñard : Prophéties, Paris, Thorin, 1886, in-12.
PROGNOSTICATION 2 2 3 bienfaisante et la Royauté. C’estainsi que Nostrada— mus adit : c Sol sera veu pur, rutilant et bleu. (IV, 29.) Une médaille, frappée à l’occasion de la mort de Louis XVI, porte cette inscription : Sol regnz’ abiz’l; le soleil du royaume a disparu. Le soleil désigne l’or pour les alchimistes, le métal pur par excellence.
FIGURE VII (Un pontife mitré est dans l’eau jusqu’à la poitrine; des piques le menacent de tous côtés : il élève les mains au ciel.) Texte. -—— La science de la magie annonce par des signes sur la pierre la ruine de toutes tes richesses ; ta vie sera longue mais aflaiblie, parce que, sorti de ta limite (l’onde), tu as essayé de gagner la terre.
Dans les années précédentes, tu étais brillante de santé, de richesses et de volupté; tu surabondais d’orgueil obs tiné. Mais l'arc trop tendu se brise. Tu tomberas écrasée par ton propre poids et devenue plus grande que ta nature ne le comportait. Il arrive d’ordinaire que si les petits oiseaux essaient présomptueusement d’étendre les ailes hors du nid, ils tombent lamenta blement et sont accablés de maux.
Tu t’ignores toi même, et tu es châtié par celui qui transporte et dé— truit les royaumes. Tu ne voulais pas protéger ta tête contre un péril étranger. Commentaire. — L'Église catholique est menacée de cruelles épreuves. L’ambition temporelle des papes amènera la ruine de leur pouvoir temporel, comme le trop grand amour du clergé pourles richesses
2 24 L’lNITIATION [SEPTEMBRE ; territoriales sera puni par la perte de ces richesses. } Boniface Vlll et d’autres pontifes ont été humiliés l} pour avoir fait porter devant eux le globe du monde et les deux glaives. Certains papes ont paru ignorer ou plutôt oublier leur très haute mission. FIGURE Vil! l ' (A droite, une main armée d’un glaive sort d’un nuage: sur la garde du glaive est 0ravé un orne ment en forme de couronne fleurdeîisée.
Le glaive s’élève devant le soleil, qui lance ses rayons sur une plaine ondulée et sur divers arbres.) Texte. —- Quel être, dans cet univers, sait d’une manière certaine pour qui le soleil lance ses rayons ? c’est-à-dire à quel homme prédestiné sont accordés ces dons qu’il serait impossible autrement d’assurer à l’humanité? Tout est placé dans la main du Dieu puissant, qui accorde ce qui doit être accordé, et à qui il veut réserver ses grâces.
C’est en vain que les hommes, comme on dit, veulent regimber contre l’aiguillon ; que leurs projets réussissent à s’accom plir, tous ont trouvé leur terme. Il n’y a pas de pru dence, pas de ruse, pas de puissance contre Dieu. Tu . périras avec tout ce qui t’appartient, si tu essaies de t‘opposer au courant du fleuve.
Commentaire. — Paracelse lui-même, dans son explication finale, laisse entrevoir que cette figure 1 annonce qu‘un jour surgira le héros prédestiné qui doit tout renouveler, tout régénérer. Le glaive fleur delisé s‘élève devant le soleil, emblème de la puis sance bienfaisante du Créateur, comme pour paraître plus éblouissant encore aux adversaires du fleurdelisé. .. A . . . . .---A...g .......-. _._..p_.__..‘_a. . .Ïv<.f ....fl.«. .-......_.4.. . ...—_....-.. _ ... ... . . É f. ... ..
I 89 8] PROGNOSTICATION 225 C’est ainsi que le P. Callixte avu une fleur de lis rayonnante sortant d’un nuage (I). La huitième tête, dit Paracelse, régnera et triomphera (Expositio brem’s). Nostradamus dit à peu près dans les mêmes termes: De nom septième le cinquième sera. (II, 88.) Il paraît compter une génération de moins, sans doute le père du premier ancêtre direct du prince mystérieux.
Il désigne du reste, comme Paracelse, ce prince par les titres d’empereur, de roi d’Orient et d’Occident, de grand législateur, d’empereur paci tique.
FIGURE IX (Un lion furieux, qui s’élance, s'arrête devant deux ba— guettes placées horizontalement devant sa poitrine. _ Au second plan, une ville maritime ayant deux ' ports.) , Texte. —— Si de notre temps les hommes sont saisis de crainte et d’eflroi devant cette terrible bête féroce, cela n’est pas sans la permission divine: mais cette terreur aura elle—même son terme.
La verge que la Volonté divine a suspendue au-dessus de ta tête doit briser ta férocité sanguinaire ; elle te rendra tout à fait débile et inoffensif. Ces hommes qui, frappés d’étonnement devant ce monstre effrayant, étaient comme saisis de stupeur, dirent alors : « Jamais nous n’aurions pensé que cette petite verge aurait subite ment dompté ce lion à la fois si grand et si féroce. » En toutes choses il faut considérer la fin. ' Commentaire. — Au début du XVI" siècle, l’Italie et (I) Curicque, Voix prophétiques.
226 L'INITIATION l’Allemagne tremblaient en apprenant les progrès des armées musulmanes sur les rives du Danube. Mais ces progrès ont été arrêtés un siècle plus tard. Une vieille prophétie sur l‘Orient s’exprime ainsi : « Les Turcs seront extirpe’s. On verra les hommes passer la mer par grandes compagnies, et l’Église de Sophie sera en valeur et viendra toute félicité.
Le lion sauvage (Turc) sera amené à la mère Église chré— tienne avec un la de soie, et sera faite nouvelle réfor— mation qui durera longtemps. » (Henri Dujardin, l’Oracle pour 1840; Paris, Cannes.) Saint François de Sales, dans l’oraison funèbre du duc de Mercœur, dit que le Turc, qui, comme le lion, affronte tout, ne craint que les Français. (Ibid ) La ville maritime est Constantinople.
Paracelse, par une phrase de son explication : « Vous reviendrez à celui qui vous frappe S>, fait allusion à une future conversion des Turcs et des Grecs qu’ils ont conquis. Dans un sens plus étendu, le lion furieux désigne aussi les « barbares de l’intérieur », dont les fureurs rappelleront celles des Turcs, avant la conversion de ceux qui survivront à d’efÏr0yables châtiments (fig. XXXI).
FIGURE 1; (Un moine, au bord d’un étang, frappe une étofle d’un battoir.) Texte. —- Ton vêtement n’est pas une robe nup tiale. La magie a découvert au monde ton cœur caché par le vêtement monacal. L’or est jugé pur quand il.
PROGNQSTICATION _ 227 .a été sept fois examiné et soumis à l’épreuve du feu. C’est ainsi que tu subiras des vexations et des tenta—' tions un bien grând nombre de fois, tu seras tour menté et tu soufiriras des épreuves. Mais le mépris et l’opprobre ne te quitteront point. Au commencement, tu ne te considérais point, tu‘pressurais les malhe‘u reux par des exactions impies.
Or voici que les rapines de tes mains et la sueur des pauvres te seront rede mandées, et elles devront être livrées; à quoi servent des biens de cette espèce, périssables et incertains? Commentaire. — Le vaticinateur adresse un solennel avertissement à tous les ordres religieux, devenus riches, propriétaires de domaines nombreux ainsi que de nombreux et misérables serfs.
Il doit y avoir pour le moins trois grandes persécu— tions contre les ordres religieux avant l’époque de l’Antéchrist: celle du XVl° siècle, celle de la Révolu— tion française imitée ailleurs, enfin celle de la crise que les socialistes appellent le grand soir. ' Les massacres prophétisés seront suivis, lors de la rénovation de l’Église catholique, d’une nouvelle or ganisation des communautés religieuses.
La création des croisés ou apôtres des derniers temps est an noncée par sainte Hildegarde, saint Vincent Ferrier, saint François de Paule, sainte Catherine de Sienne, sainte. Thérèse, le B. Grignon de Montfort, le Secret de la Salette, etc. (1). Cette création ne pourra se faire qu’avec les débris des anciens ordres échappés (1) A. Peladan, Annales du Surnaturel, passim.
2 2 8 L’INITIATION à l’orage. Alors renaîtra la ferveur des temps aposto liques. FIGURE XI (Une ourse assise se nourrit de sa propre substance.en tenant sa patte gauche dans sa gueule.
Au second plan, ville et château.) Texte. — Ton ventre gras était gonflé; ta vie était devenue trop prospère; jusqu’ici tu t’es engraissée cons ciencieusement, et, comme on dit, tu as eu soin de ta chère peau; tu te laissais trop aller à ta nature, tu dévorais le miel de tous côtés, baignée dans les dou ceurs de tout genre, le repos et le plaisir.
Mais le sage, dans la prospérité, considère les malheurs possibles Tu as complètement oublié l’hiver, la famine, tous les maux qui pouvaient t’arriver. Tu seras réduite à une extrême misère; à tel point que tu seras forcée de. sucer tes talons et de te nourrir, comme on dit, de ton propre suc. Tu es affaiblie, privée de raison et de prudence, semblable à une brute stupide.
Commentaire. — Le grand prophète dit, en son ex-. plication, que c’est un état misérable de vivre de sa; propre substance, comme l’ours sauvage. . L’orgueil impie est ainsi désigné.
L’homme a tout. voulu tirer de sa propre substance ; l’individualisme de Luther annonçait le rationalisme, le positivisme,. le matérialisme contemporain, toutes les doctrines. basées sur cette erreur; que l‘homme se suffit à lui même et ne doit dépendre que de sa raison. Or l’homme ainsi trompé finit par avoir faim et soif des vérités célestes, car sa misère morale correspond à la
PROGNOSTICATION 229 misère matérielle qui accable le plus grand nombre. L’ourse est la révolution dans son sens le plus étendu : c’est l'esprit de rébellion dans toutes ses ma nifestations depuis le xvrc siècle. La Rome symbolique de saint Anselme représente l’avenir de l’Église par ' plusieurs figures: dans deux de celles-ci, l’Ourse se tient en face du souverain pontife (I). FlGURE XII (Une chaise curule renversée.
Au-dessous, les majus— cules S. P. R. [Sedes Petri Romanz ?]. Au second plan, des roches dominant une contrée stérile.) Texte. — Personne ne doit s’attribuer téméraire— ment l’honneur dû au siège, et choisir la première place à la table des Pharisiens : quiconque s'élève sera humilié.
C‘est ainsi que tu t’es placé à une place fort honorée sans penser à ce qui t’arriverait: et tu seras forcé, à ta honte, à ton danger et à ta perte, d’occuper le dernier rang. Le rang suprême ne t’appartenait point de plein droit. Le siège de Pierre, jugé un far— deau pesant et insupportable, sera donc renversé. Les sièges des banquiers seront renversés.
Tu as recherché les honneurs,les richesses et le plaisir: ces faux biens causeront ta chute; ne souffre pas Çimpatiemment l’épreuve de la ruine, méritée par tes fautes. Commentaire. — Trois fois, dans l'espace d’un siècle, le pape-roi fut exilé et privé de son trône. Le (1)8aint Anselme de Marsica, Rame sy‘mbolique,Turin,18fi, 2° écl.; et Peladan, Annales du Surnaturel,‘ 1889. (Voir la ’ figure XXII.) '
2 30 L’INITIATION ; _ , .. _.. w. _ _ _ _ ,,| prophète parait encore désigner dans l’avenir un antipape qui méritera la honte d’être relégué à la dernière place.
Ce schisme très prochain est men tionné dans les Centuries de Nostradamus (VIII, 93 ; V, 44, etc.); les prophéties de Prémol, de l’abbé Oriol (I), de Marie Stiéfel; les prédictions dites émi— lienne et augustinienne, celles du roi des lys de saint Cyrille, de Bernard de Bustis, de Madeleine Porsat, de saint Vincent—Ferrier (2).—— A un anti— pape seul peuvent s’appliquer ces paroles de l’auteur : « Le rang suprême ne t’appartenait pas de plein droit. » Dans un sens plus étendu, la figure XII_menace tous ceux qui ont désiré par ambition le siège.
Elle laisse entendre que le renversement du pouvoir tem porel est l’épreuve méritée par l'ambition des prélats et la corruption du clergé de Rome. FIGURE XIII (Un jeune homme s’élance brandissant une é ée à deux mains. Son regard est dItigé vers le me .
Au second plan, un paysage champêtre.) Texte. -- L’excès d’indulgence fait naître le mépris; . quand les méchants abusent de la bénignité d’un homme de bien, ils essaient de s’élever par leur pro pre folie. Il leur arrive comme au gazon verdoyant ; le faucheur le coupe en son temps. Si tu avais réglé (i) Annales des Croisés de Marie (août 1893), par Mgr Ri gaud, à Limoges. . (2) Peladan, Dernier mot des prophéttes. «u. Jf— "W
PROGNOSTICA’I‘I ON 2 3 1 [W - _ .__g tes affaires parla raison, la réflexion et la prudence, tu n’aurais pas été assez sévèrement puni de ta folie. Il s’agit de ta vie, ta tête sera en danger; tu risqueras la mort et aussi le salut de ton âme; et tu ne pourras sortir de cette situation.
C’est ainsi que ceux qui pro jettent d’escalader le ciel en seront renversés et préci pités jusque dans les enfers, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. , Commentaire. —- Ce jeune homme qui brandit une épée, c’est le prince fanfaron, qui viendra mettre un faux pape sur le siège de Pierre dans un temps pro— chain. Paracelse, dans son explication, le compare à Nemrod et aux géants qui voulurent détrôner Jupiter.
“On sait que Nostradamus désigne, par ce nom de Jupiter, tantôtla planète, tantôt le futur Grand Mo narque, et que le terme de jouz‘alz‘sz‘es est appliqué par lui aux catholiques, adorateurs du Dieu très bon et très grand (Jupiter optimus maxim us). Dans son Ëpitre à Henri Second, il mentionne la martiale fac tion par la diversité des religieux.
Mars, « ange et ruyne de l’Ecclésiastique» (Centuries l, 15), troublera « la monarchie du grand pescheur » (V1, 25). La prophétie de saint Cyrille désigne ce prince encore plus clairement (1). Anne Emmerich parle comme saint Cyrille. Ce passage peut tout aussi bien faire allusion au triste sort de Louis XVI et aux châtiments dont sont menacés les révolutionnaires. (1) Peladan, Dernier mot des prophéties.
232 L’INITIATION W w; c .L. :.-.....—u;m-n 3 ‘ FIGURE XIV f‘Deux mains, sortant de deux nuages, déchirent une ‘ charte à laquelle deux sceaux sont appendus.Au-des sous,une place forte dans une île, au milieu d‘une région montueuse.) Texte. — Il est bien vrai que tous les hommes deviennent pires quand ils ont trop de liberté ; et ils tombent ordinairement dans de très grandes cala mités, les princes qui relâchent trop la bride à leurs sujets.
Il est à peu près certain que chacun s’égorge avec son propre glaive, et tombe dans la fosse que lui-même a creusée ou fait creuser. Il est donc lui— mème l’auteur de sa perte. Cet octroi, cette conces sion excessive engendre le mépris, la rupture des liens et l’orgueil, qui amènent ensuite le déchirement et l’anéantissement complet des privilèges accordés.
Tu as été séduit par ton orgueil dédaigneux, et tu as méprisé, en te comparant à eux, non seulement les tiens, mais encore tous tes inférieurs. Toi aussi, tu seras réduit à néant. Commentaire. —Paracelse prédit la rupture des alliances, des pactes et des conventions d’autrefois.
Il annonce en conséquence que les anciens traités entre des États alliés, les vieilles chartes qui accordent trop ou trop peu à l’individu et à la puissance pu blique, enfin les concordats qui ont avili le pouvoir de l’Église, seront remplacés par des arrangements d’une nature bien différente. Les prophéties moder— nes laissent entrévoir une refonte des lois dans le '.-,r' . rävñ' a... au . '
PROGNOSTICATION 23 3 sens chrétien (1). Toutes les conventions faites durant l’âge des bouleversements auront été déchirées. FIGURE XV (Une meule au-dessus de trois couronnes. Au second plan, le SOl€ll levant éclaire un paysage pittoresque et un château fort sur une colline escarpée.) Texte. — Tu as abusé de ta liberté immodérée : tu ne voulais reconnaître dans l’univers aucune puissance comparable à la tienne.
Tu t'enorgueillissais en toi même plus que de raison. Mais il n’y a rien de si élevé qui ne puisse être renversé. Une tète sera donc placée sur toi, et, comme un membre du corps, tu lui obéiras ; et cette tête fera mouvoir tout le corps avec les autres membres.Ceserala punition de ton orgueil, par lequel tu voulais gravir le plus haut sommet. Il s’élèvera contre toi, celui dont tu n'avais pas prévu la venue, et il rendra vains tes projets.
Toute cette affaire sera réglée quand tu dormiras avec tes pères. Commentaire. — Le triple royaume, qui a depuis longtemps abusé d’une liberté immodérée et s’est cru la première puissance du monde, sera humilié. Il.devra obéir à un maître nouveau et ne sera qu’un membre, une partie de son empire, en punition d'un orgueil excessif. ‘ Le P. Necton, saint Thomas, le P.
Idoine Marc, l’abbé (r) Marianne (de Blois) et Hélène Wallrafl‘ parlent de la réforme de l’instruction et des lois civiles, de la suppression des armées permanentes, du rétablissement des corporations (Curque, Voix proph.).
234 L’INITIATION Multon, Nostradamus, et tout récemment l’ange qui inspire M”c Couëd0n, ont développé ce qu’annonce ici Paracelse (1). FIGURE XVl (Un génie souffle sur des feuilles et des chartes déchi— rées qui s’envolent.
A dr01te, deux livres sont aban donnés.) Texte. —Saint Paul dit avec justesse : « Quand j’étais enfant, je parlais, je sentais, je pensais comme un enfant; mais, devenu homme, je ris de ce qui est puéf ri], je le dédaigne et le regarde comme rien. » C‘est ainsi qu’aujourd’hui beaucoup seront privés du fruit d’un labeur puéril. Le sage dit: « On ne finit pas d’écrire des livres. » Mais le temps cache ou découvre tout.
Nous verrons clairement que nous avons pris un excrément pour du safran, une ordure, un gravois pour une perle. Mais tu tomberas entre les mains de ceux qui doivent te saisir; tl1 t’envoleras comme une feuille au souffle du vent, tu seras tout à fait dispersé, et per sonne ne te ramàssera. | Commentaire—Le voyantprédituneréactioncontre les_ égarements de l’individualisme théologique et phi— losophique.
Lettrez et lettres ne seront à grand pris, dit de même le prophète de Salon (Centurzes, VI, 8). Pitoyables paraîtront les livres, les pamphlets et les (1) Curicque, Voix prophétiques.— Nostradamus, 11, 51 ; 11, 53; x, 100 ; n, 68 ;V1, 27 ; 11, 78 ;v1, 7; V111, 37 ;v, 61 ; v, 95 ; vr, 24..
PROGNOSTICATION 2 35 journaux anticatholiques. Les pamphlétaires, les « affreux petits rhéteurs » seront punis par l’exil et par l’oubli. Avantleur formidable châtiment, les adversaires de l’Église auront répandu à profusion leurs ouvrages.
« Les méchants veulenttout détruire, s’écrie le religieux de Belley: leurs livres, leurs doctrines inondent le monde. » -— « Quand les méchants, dit une ancienne religieuse, auront répandu une grande quantité de mauvais livres, les événements seront proches. » De nouveaux livres seront composés, disent les vieilles prophéties allemandes : la religion catholique sera en butte à mille attaques, et l’on s’efforcera de la détruire par la ruse (t).
Nostradamus compare l'œuvre des journaux à une Babel funeste.
FIGURE XVll {Un tailleur de pierre, assis, frappe du maillet sur un coin et grave des lettres à la partie inférieure d’une pierre carrée.) Texte. —— Il est digne d’un sage architecte de cons truire un édifice avec solidité, de lui assurer des fon— dements solides, et, comme dit le Christ, de bâtir sur une pierre bien assise, de peur que la fureur des vents, la chute des pluies, l’irruption des rivières, ne renversent le bâtiment construit.
Si le bâtiment est ren versé, qu’il essaie de le relever, qu’il démolisse, qu’il bâtisse, qu’il change les choses carrées en rondes; et (i) Abbé Chabauty, Lettres sur les prophéties; Poitiers, Oudin, 1871 . 1
236 . L’INITIATION qu’il protège et afiermisse, comme je l'ai dit, ce qu’il aélevé, d’une manière suffisante pour que l’ennemi ne puisse le démolir. Ce qui a été mis au ras du soi, que le démolisseur veilleà ce qu’on ne le relève point. Ainsi apparaîtra la folie des uns et des autres: beau coup ont élevé, beaucoup ont détruit ce qui était élevé. Mais ce qui a été détruit doit être finalement refait.
On n’a pas songé que toute œuvre est fragile, vaine vet peu sensée, quand elle est bâtie avec confiance sur le sable. Commentaire. —- Cette figure annonce à l’avance la nécessité de tout reconstruire, mais surdes fondements plus solides, quand l'époque qu’Holzhauser appelle le cinquième âge de l’Église aura en quatre siècles accu mulé ruines sur ruines et débris sur débris.
Le voyant d’Orval dit du Grand Monarque attendu qu’il « s’as seyera bien »; Nostradamus nous représente un grand pape : Demeurera assis sur la pierre quarrée. (V, 75.) Leur œuvre grande et réparatrice est ainsi carac térisée. Ils relèveront, après le grand orage, ce qui doit être relevé et reconstruit sur un plan meilleur : ils veilleront à ce qu’on ne relève point ce qui aura été mis au ras du sol (le despotisme, la ploutocratie).
Leur édifice ne sera point bâti sur le sable. (Voir fig. XXV.) FIGURE X\’lll (Un vent impétueux renverse au milieu d’un désert stérile trois sacs ouverts d’où s’échappent des grains et des fruits.) Texte. —— L’aigle ne sort pointde toi. Aussi un vent
PROGNOSTICATION 2 3 7 impétueux se précipitera sur toi et te renversera avec ta progéniture. J usqu’ici ta fortune a été prospère. Mais celui que la fortune favorise tropdevient insensé etdit: « Mon âme, tu as beaucoup de biens amassés pour de longues années; repose-toi, mange, bois, réjouis-toi, jouis de tes biens. » Or tu ignores ce qu’apporte le soir terrible. Ta mort inopinée approche. Cette nuit, on te redemandera ton âme.
Quels remparts as—tu pré parés pour arrêter les vents ? Ceux-ci disperseront tes biens les plus précieux; l’inondation "du déluge les engloutira. La vie humaine ne consiste pas à les pos séder en abondance. Tout est passager. Cette vie n’est que la vallée de l’ombre et des larmes. Tu es mortel; - préoccupe-toi donc de ce qui est la destinée des mor— tels.
Commentaire. — La vaticination s’adresse à ceux qui s’attachent à des Oeuvres que la tempête renver— sera. . La ploutocratie égoïste qui domine le monde moderne est ainsi menacée, avec la nation avare par caractère autant qu’égoi‘ste. L’aigle ne sort pas d’elle, c’est-à-dire que sa pensée ne s’élève pas au-delà de la sphère des intérêts matériels. Le soir terrible (ferus resper) arriva.
FIGURE XIX (Un cerfà six cors est étendu mort sur le dos.) Texte. —- Tes projets purement humains causeront ta perte ; et même tous te seront contraires ; tu t’ad mires beaucoup, tu es beaucoup trop indulgent pour
2 38 L’INITIATION toi-même, tu traverses les fleuves et les monts, tu as trouvé un paradis dejardinsvoluptueux; mais tu man— ques de raison et de sens commun, tu fais des bonds rapides et insensés ; tu devras périr, et ce que tu vois périra par ta faute. Tes asiles te trahiront un jour d’une manière surprenante. Les animaux sauvages sentiront'les traces de tes pas et t’y poursuivront.. Souviens-toi de la vanité de tous les biens de ce monde.
Regarde-toi, connais-toi toi—même; considère tous les maux qui te menacent ; il est moins cruel, le mal que l’on prévoit. Corrige toute ta manière de vi vre ; car, si tu n’obs'erves pas une règle sage et décente7 tu périras avec les tiens. Commentaire. — Les princes modernes, vaniteux et inconsidérés pour la plupart, passionnés pour la. chasse et pour tous les plaisirs, sont avertis de chan— ger leur manière de vivre.
Paracelse a probablement en vue ce que Michelet appelle le suicide universef desrois au xvm° siècle, suicide qui pour certaines races se continue dans le nôtre. N‘ostradamus désigne par l’épithète de cerf le ro'r chasseur Charles X (1) : Après aux champs à voir le cerf chassé, Le Loup et l'Ours se donront défiance. (V.
4.) Le cerf est un animal timide, facileàmettreen fuite, voluptueux et de peu d’intelligence. (A suivre.) _ SATURNINUS. (1) Au jugement des commentateurs. (Voir Le Pelletier, Cen turies.) .;..ù.,
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE MÉme auras Murex Serait-il vrai des hommes, comme des pôles élec triques, que ceux de noms différents s’attirent, tandis que ceux de noms semblables se repoussent? Tou— jours est—il que nombre de faits plaident en faveur de ce rapprochement: nous connaissons tous des Dubois qu’une cordiale amitié unit à des Dupont,. et inverse ment des Durand qu’une non moins cordiale animo sité éloigne d’autres Durand.
De même, les polé miques récentes et plus qu’aigres-douces de MM.Mery et Méric semblent bien corroborer l’analogie sus indiquée entre les hommes et les courants, magnéti ques ou électriques. La remarque n’est pas faite pour déplaire aux Occultistes, qui rapprochent volontiers, par des similitudes quelquefois imprévues, des choses souvent fort éloignées.
Quoi qu’il en soit, c’est un fait : MM. Mery et Méric sont de nouveau, pour n’en pas perdre l’habi tude, descendus dans l’arène, et M. Méric, dont les épaules ont touché. secoue le sable —— pulverem olympicum — qu’il a ramassé dans la lutte. '
24.0 L’INITIATION Nos lecteurs connaissent plus ou moins les com battants. M. Mery, que la découverte de la Voyante et l’ex ploration de Tilly ont rendu universellement célèbre, n‘a pas besoin d‘une longue présentation. M. Méric, bien qu‘étant, à ce qu’il assure, l’auteur de « quinze volumes, qui ont eu quelque succès en France et à l’étranger », est un peu moins connu.
Sa notoriété ne dépasse guère le monde où l’on dis cutethéologie et où l‘on parle psychisme. _ Le grand public l'ignore, et c’est bien là ce qui,le chagrine ; ce qui semble le chagriner, dois—je dire plutôt; car M. Méric, en sa qualité d’abbé —- il est abbé, — ne s’inquiète pas, j’imagine, des choses mon— daines et profanes, et consacre, j’en suis sûr, tout son temps à la pratique des vertus théologales et autres, à la prière, aux bonnes œuvres et à la composition de ses multiples ouvrages.
Et puis, M. Méric est mon— szgnor, par la grâce du pape, et, comme tel, porteur d’une belle ceinture couleur de violette, la fleur de la. modestie et de l’humilité.
Les apparences seules, j’en suis convaincu, sont donc contre lui; et, lorsqu’il parle de ses quinze volumes et de leur succès, ou ‘ lorsqu'il envoie aux journaux de longues lettres rec tificatives, c’est par pur souci de la vérité, et non par un vain désir de lire son nom ailleurs que sur la cou verture de ses quinze ouvrages ou dans la revue qu‘il dirige, pour le plus grand bien de l’Église.
De même, je parierais ma tête qu’au fond M. Méric, qui est fervent catholique et dit la messe tous les -, --_.j-—_ _ .. . _ u .
MÉRIC CONTRE MERY 24h matins, est la patience, la résignation et la mansué— tude incarnées, supportant avec joie contrariétés et infortunes, les offrant à Dieu en sacrifice, pardonnant, comme Jésus, à ses bourreaux (M. Mery en est un) et demandant pour eux.au Père céleste les joies éternelles du paradis.
Eh bien! là encore, par une sorte de dédouble— ment de la personnalité, il y a désaccord entre les apparences et l’intime réalité; et cet homme, fonciè rement bon, charitable, doux et résigné, semble, à le juger d'après ses actes, le plus irascible, le plus vio— lent et le plus belliqueux des fils de l’Église.
Si bien que, n’étaient sa voix pleine d’onctueuse gravité, son nez un peu court et son ventre rebondi, comme il. convient à son âge et à sa position, je serais tenté, en le voyant polémiquer et batailler de tous côtés, de le comparer, révérence gardée, à frère Jean des Entom— meures, de célèbre mémoire, « hardy, adventureux, délibéré..., bien fendu de gueule..., beau despescheur d’heures, beau desbrideur de messes, beau descrotteur de vigiles..., au reste, clerc jusque ès dents en matière de bréviaire ».
Si M. Méric se laisse ainsi emporter au-delà de son caractère et se lance àcorps perdu (mais l’âme sauve) dans la mêlée, c’est, n’en doutez pas, pour le plus grand bien de l’Église et la plus grande gloire de Dieu. [la juré de combattre Satan partout et ton-4 jours, et il tient sa promesse. En plus d’une ren contre, il a croisé la plume ou le goupillon avec la fourche de l’Ange déchu : il l’a démasqué naguère à la
242 L’INITIATION .._b . Société des Sciences psychiques, il vient de le brû— ler à Tilly. On sait comment, sur le premier de ces champs de bataille, M. Méric opéra. Depuis plusieurs années, il appartenait à ladite Société et en était l’un des mem bres les plus empressés et les plus assidus.
Pendant cet heureux temps, trop court hélas! rien ne faisait présager, dans la conduite de M. l’abbé, l’imminente catastrophe : aux réunions mensuelles, il défendait la bonne cause -—- je veux dire celle de l’Église —— avec son zèle accoutumé, combattant sans merci hérétiques et mécréants, tenant tête aux Occultistes, et rompant, au moindre prétexte, des lances avec eux.
Il ignorait alors que ceux-ci n’étaient pas, comme ils le disent, des philosophes spiritualistes, libres de toute servitude religieuse, mais bien des fidèles de Lucifer, des adorateurs du Baphomet et du Dieu Bon, ainsi que l’a affirmé, à maintes reprises, M. Taxil, qui s’y connaît, ' Cette grave révélation dicta à M. Méric son devoir : pouvait-il discuter plus longtemps avec des suppôts de I’Enfer, dignes au plus du bûcher, et lui était—il permis de rester plus longtemps dans une assemblée contaminée par leur présence ?
Sa bravoure habituelle lui fit, cette fois, défaut : il s’enfuit devant les cornes du Diable, qu’il voyait poindre derrière les épaules de Papus. Au lieu de confondre l’Adversaire par sa puis sante dialectique, ou de le noyer sous des flots d’eau bénite, il aima mieux désarmer : à la lutte il préféra la retraite.
MÉRIC CONTRE MERY 243 Qui dira les motifs auxquels ilbbéit? Dieu seul les sait, qui lit dans les cœurs comme dans un livre. Pensait-il qu’une rupture solennelle, éclatante, contée au monde entier par la presse attentive, serait plus utile et profitable, non pasà sa renommée, —— il s’en soucie bien ! — mais à l’Église, qu’une lutte continue, mais moins bruyante, peut-être même ignorée? Sans doute, s’il faut en juger d’après l’événement.
Ce fut, en effet, au lendemain du jour où les suf frages de ses collègues, satanisants compris, l’avaient élevé à la présidence de la Société, qu’il la quitta, repoussant, d’un geste indigné,les présents de Lucifer. Sa fuite ressembla à celle de Galatée; il désira qu’on le vit ; — il fut vu, d’autant plus facilement que, comme président, il était en évidence.
Aussitôt, la nouvelle se colporte : le président de la Société des Sciences psychiques a donné sa démission, parce qu’il y ades lucifériens dans cette assemblée!
Les Martinistes, que dirige Papus, ne sont pas autre chose: ils ont, à Paris, deux temples où ils célèbrent le culte de leur Dieu; Papus, le grand-prêtre de la diabolique religion, officie, revêtu d’un costume effrayant et bizarre ; les néophytes renient Dieu et confessent le Diable sur l’autel du Baphomet.
Pendant plus d’une semaine, les journaux bien pensants contèrent en détail mille horreurs sem blables ; ils dénoncèrent le péril qui menaçait l’Église, et tressèrent des couronnes de chêne et de laurier à celui qui l’avait signalé : le nom de M. Méric s’éta lait dans leurs colonnes comme celui d’un sauveur, et plus d’un pieux lecteur des feuilles catholiques a,
244 L’INITIATION en ces jours troublés, prié Dieu pour lui, avec l’ar dente ferveur d’une âme reconnaissante. Cependant, M. Méric ne s’arrêtait pas en si bon chemin et complétait son œuvre.
Désireux de sauver de la perdition les catholiques amateurs de psychisme, il fondait une académie rivale, — purement ortho— doxe, celle-là ! — qui groupait derrière lui la demi douzaine de pieux ecclésiastiques et de médecins dévots qu‘il avait ralliés à son panache violet dans son exode de l’antre satanique. L’Académie des Études psychiques était fondée, sous la présidence — natu rellement — de M. Méric, qui l’avait bien gagné.
Quantà la Société psyèhique, refuge de l’Adversaire et de catholiques complices, à moins que dupes, elle n‘avait qu’à bien se tenir ! C’est qu’on n’entre pas comme on veut dans le nou— veau cénacle.
Ses fondateurs, mal remis encore de la trayeur causée par le voisinage du danger, ont pris, en hommes prudents, leurs précautions: pour être admis dans la docte assemblée, pour entendre tomber des lèvres de M. le Président le dignus es intrare, il faut montrer patte blanche, je veux dire croire aux cornes, à la queue et aux griffes de Satan, fréquenter les églises, s’approcher des sacrements et verser sOn obole au denier de saint Pierre.
De la sorte, les nou veaux académiciens — qui sont loin encore du chiffre de quarante, — n’ont plus à craindre ni l’odeur de soufre, ni la contradiction, qu’ils redoutaient chez les Martinistes lucifériens. Rien ni personne ne trou blent leur unanime accord, et il n’y a, dit-on, dans leurs réunions, qu’une voix pour attribuer à ce pauvre
MÉRIC CONTRE MERY 245 v ,r Diable, qui a heureusement bon dos, tous les faits de hantise, de possession ou de double vue, dont ces messieurs veulent bien s’occuper. Pourquoi faut-il que cette paix, si chère au cœur de M. Méric, ait été troublée par M. Mery ? Comment se fait-il que notre distingué confrère, qui est pourtant bon catholique, ne se soit pas incliné devant l'auto rité et l'exemple de Monsignor ? Mystère et similitude de noms.
Toujours est—il que Mery défendit avec entrain, dans la Libre Parole et l’Echo du Mer veilleux, la Société psychique contre les attaques de .M. Méric. Il soutint qu’on pouvait être bon catho lique et discuter avec des Martinistes ; et la cour de Rome, au rapport de M. le chanoine Brettes, a jugé comme lui, et approuvé, malgré M. Méric, les statuts de la Société psychique.
Celle-ci n’a, d’ailleurs, jamais été aussi prospéré que depuis le départ de M. l’abbé; elle n’a pas souffert des coups qu’il lui porta et qu’il croyait mor tels; et, tandis que sa pauvre petite Académie s'étiole dans l’ombre, la Société psychique fleurit au grand jour. Les gens que vous tuez se portent assez bien! \ Bien plus, s’il n’y eut pas de morts dans les divers combats qui se livrèrent alors, il y eut un blessé, qui fut...
M. Méric lui-même: Mery osa écrire—— il y a des gens qui ont toutes les audaces — que le savant abbé n’était sorti aussi brusquement de la Société psychi que que pour attirer sur lui l’attention et pour fonder une société rivale, où, débarrassé de contradicteurs gê
246 L’INITIATION . .-.«.. A ; . Î _;._..:æ_ .. . ____ û_, __,__ A} ......«» ..-..— -. — . «W nants, il fût un maître absolu et un oracle écouté.
Les voilà bien, les effets funestes de l’ingratitude et dela jalousie l Allez donc, après cela, prêcher la guerre sainte, défendre contre Satan l’Église et la religion, arracher son masque à Lucifer, vous exposer à ses cornes, pour recevoir, en guise de récompenses, les coups de pied des journalistes et les soufflets de la cour de Rome Z Un malheur ne vient jamais seul, dit la sagesse des Nations,M. Méric devait, à son dam, l’expérimen— ter: ces premières escarmouches n’étaient que le prélude de nouveaux combats, moins retentissants peut-être, mais aussi terribles.
Battu par Mery sur la question du Diable à la Société psychique, -—— mais_pas content, -— M. Méric n’a pas, depuis, perdu son temps qnullement décou ragé, il a continué à poursuivre dans ses diverses ma nifestations le chef des noires légions, et il a cherché àTilly un champ de bataille propice. « Ah !
Mery ne veut pas que ce soit Satan qui parle à la Société psychique par la bouche de Papus; des ecclésias tiquestrompés et la cour de Rome abusée sont du même avis. Satan m’a joué cette fois; il a gagné la première manche; nous allons bien voir s’il m’é chappe à Tilly et s’il gagne la seconde l » .Ainsi monologuait M. Méric en débarquant sur les bords verdoyants de la Seulle. Il ne doutait pas non plus, j’imagine, qu’il ne vit Satan lui-même à sa première visite au champ Le—
même CONTRE MERY 247 petit; mais, en homme qui a une déveine noire, plus noire même que son noir ennemi, il n’a rien vu : il a eu beau écarquiller les yeux, s’aider de jumelles puissantes (préalablement bénites), il lui a été impos sible d’apercevoir le moindre bout de corne, de queue ou de griffe. seulement, comme Dieu n’abandonne jamais les siens, M. Méric a pu se procurer une lettre, signée J.
M., dont l’auteur se porte garant que c’est bien le Diable qui se manifeste à Tilly : le Mauvais lui-même l’a, dans un accès de franchise qui l’honore, avoué sans ambages au signataire de ladite lettre. ‘ Après cela, il n’y a plus, évidemment, à douter, et tout le monde doit s‘incliner devant l’aveu du cou pable : habemus confitentem reum.
Il le tenait donc l’argument décisif, l’ultime: ratio, qui devait définitivement clore, à son plus grand avantage, l’interminable controverse ! Mery oserait—il, après cela, soutenir plus longtemps que le Diable n’intervient pas à_ Tilly, comme il l’avait déjà pré— tendu pour la Société psychique? Ce serait impos— sible : Satan lui—même avouait!
On lui ferait, malgré lui, à cet Obstiné contradicteur, toucher du doigt les cornes, tâter les griffes, palper la queue diaboliques ! Il se reconnaîtrait, à son tour, vaincu, et M. Méric savourerait délicieusement le plaisir de la .revanche. Aussi, de quels soins il dut entourer la précieuse lettre jusqu’à son retour, et de quel pas rapide il courut la porter , avec prière d’insérer, aux bureaux dela Croix, on le devine. La pieuse feuille déféra, comme de juste, au désir du « savant prélat» ; et, le
248 L’INITIATION lendemain, la lettre J. M. sbnnait dans ses colonnes la victoire de M. Méric et le glas de M. Mery. Plus de doute, Satan et la Croix avaient parlé : M. Méric avait raison, et c’était bien le Diable — le Dieu Bon — qui apparaissait à Tilly sousles traits de la Vierge et du bon Dieu... Mery, qui connaît Tilly mieux qu’homme qui soit au monde, ne fut nullement ému de la lettre J.
M., et sans doute n'en persista pas moins à attribuer, en son for intérieur, à toute autre cause qu‘à Satan les appa— ritions du champ Lepetit. Au reste, comme il ne s’oc cupe dans sa revue’que des faits, non des hypothèses, il ne jugea pas à propos d’entamer une discussion avec M. Méric sur son explication.\ Le « savant prélat» exultait, comme on pense, et criait victoire à tous les échos.
Hélas! il est des vic toires plus pénibles et dommageables que les plus cruelles défaites, et celle-ci est du nombre: à ceux qui voudraient par eux-mêmes s’en convaincre, je con seille de lire les deux derniers numéros de l’Éc/zo du Merveilleux (1).
Ils y verront de quelle façon M. Mé ric est traité, en bonne place, -— dans les premières pages, —— par M. Mery, et comment le fougueux mon signor, dans l’ardeur de sa lutte contre Satan, en est descendu à des procédés de polémique qui font le plus grand honneur... à ceux qui ne les emploient pas_, Comment M. Méric se procura la lettre J. M., c’est ce que M. Mery nous apprend. Adressée personnelle ment à M. l’évêque de Bayeux, cette lettre, désormais (I) Numéros des 15 août et tcr septembre.
même CONTRE MERY 249 historique, avait été classée par lui dans le dossier se cret relatif à Tilly. Par l’intermédiaire d’un autre abbé, M. Méric en surprend le contenu, en prend copie et la livre, lui tiers, elle lettre confidentielle, à la publicité.
M. Méric s’est sûrement dit, en agissant ainsi : — La foi ni n’a it oint, est-ce une foi sincère? — cl 8 P que la fin justifiait les moyens, et que la déroute de Satan autorisait toutes les ruses et toutes les habiletés. Or, par une singulière divergence de vues, il se trouve que M. Mery ne pense pas de même et qualifie sévère— ment « ces procédés bizarres et tortueux », cet « abus de confiance », cette violation de la correspondance privée.
Là-dessus, grande colère, comme on pense, de Mon— signor, qui prend sa bonne plume et fulmine d’Hon fleur, où il chasse en ce moment le Diable, une lettre_ virulente, qui devait, dans sa pensée, réduire en miettes l’infortuné Mery. Par un de ces coups du sort auxquels M. Méric est habitué, Mery n’a pas été le moins du monde pulvé risé, et l’attaque de son adversaire n’a fait, au con traire, qu’exacerber sa malice et son ironie.
Avec une verve endiablée (naturellement), il prend, l’une après l’autre, les phrases du docte ecclésiastique, les exa« mine à la loupe, met à nu sans pitié leur insignifiante et ridicule vanité, et laisse, en fin de compte, le mal heureux abbé, tout égratigné et meurtri,en fort mau vaise posture. Bien mieux (ou pis), sans lui donner le temps de se relever, il sonne la fanfare d’un nouveau
2 50 L’INITIATION . . . u. aîÎ Ç combat et le met au défid’expliquer son attitude à ses propres lecteurs: « Il (M. Méric) a publié une lettre confidentielle qui avait été adressée à un tiers : c’est là... comment—dirai-je...' un fait de droit commun et non de droit canon. Je dis plus.
M. Méric a pré senté au public cette lettre comme étant l’expression même de la vérité; il doit à ses lecteurs des explica tions sur la manière dont il se l’est procurée. Si, ces explications, il ne les donne pas, c’est qu’il ne peut les donner.
Et l’article paru dans le dernier numéro de l’Écho reste vrai dans son entier, et, d’ailleurs, j’en maintiens purement et simplement tous les termes. » Voilà une mise en demeure ferme et catégorique, qui, n’en doutons pas, sera entendue; le tout est de savoir si la nouvelle réponse de Monsignor sera aussi vide et aussi « piteuse » que celle dont Mery vient de faire bonne et complète justice.
En attendant cette réponse, et comme argument final, —— un argument ad homz’nem, — Mery publie une seconde lettre du mois de septembre de l’année dernière, qui lui fut adressée par le même M. Méric. La comparaison des deux missives est aussi intéres saute qu’insü‘uctive. Quelle différence de ton, grand Dieu 1 et quelle distance entre le Méric d’il y a un an et le Méric d‘aujourd’hui !
Comme ses sentiments ont varié à peu de distance, et qui eût pu prévoir, en lisant sa lettre de 1897, qu’il écrirait celle de 1898 I L’année dernière, il n’avait pas assez de fleurs pour couvrir Mery; cette année, —— quantum mutatus ab 2’110 ! —— pas assez de traits pour le cribler.
MÉRIC CONTRE MERY 2 5 I Toutefois, dès l’année dernière, M. l’abbé ne lais— sait pas chômer sa verve batailleusé, et il se faisait la, main,comme en témoigne cette mêmelettre,en cognant ferme sur un de ses confrères, M. l’abbé Gombault.
« Dans toute cette affaire de Tilly, écrivait-il, M. Gom bault me parait d’une impertinence, d’une légèreté, d’une jactance qui dépasse tout ce que l’on peut ima giner. » Ce n’est déjà pas mal sous la plume d’un monsigfior. Voici mieux:« Oùdonca-t—il pris son di plôme de docteur en philosophie ? je voudrais bien le savoir. De quel droit ce curé d’une bourgade de 800 habitants vient—il ainsi faire la leçon à ceux qui ne pensent pas comme lui?
Je suis indigné de ce pé dantisme. » Que dites-vous de cette charge à fond contre un confrère qui ne peut se défendre, ignorant les attaques dont il est l’objet? Et de celle—ci, exécutée, l’instant d’après, avec le même entrain, contre les religieuses de l’école de Tilly : « Au mois de juillet, je me trouvais dans cette école, je dis à une fillette: « Vous avez vu la sainte « Vierge ? » Pas de réponse. Je réitère ma question.
Pas de réponse à mon grand étonnement. Alors la sœur la poussa vivement du coude, en lui disant: « Mais oui. mais oui, vous savez bien, vous avez « vu la Vierge de tous les côtés. » Et la fillette ne disait rien.
Ceci me parut bien étrange. » Ainsi, d’après la lettre adressée en septembre 1897 à M. Mery par M. Méric, M. l’abbé Gombault est un impertinent et un escroc (puisqu’il usurpe un titre qu’il n’a pas), les religieuses de Tilly sontdes farceuses,
2 52 L‘INITIATION des simulatrices, des monteuses de cou ; il n’y a, par contre, que M. Mery qui soit un homme de talent etdont les ouvrages veillent d’être lus. D’après la lettre d’août 1898, Mery ne vaut plus un sou, il produit contre M. Méric « des allégations mensongères », il soutient sur toute question «, le oui et le non avec un égal scepticisme >;, son Écho fourmille d’erreurs théo logiques; bref, il est mûr pour l'Enfer.
Comment expliquer ces variations sur le même thème ? Je ne m’en charge pas.
Comment justifier ces procédés nouveaux de polémique : publication de lettres confidentielles adressées à des tiers, injures déversées à leur insu sur des confrères, soupçons infa mants dirigés en secret contre des religieuses ? et qu’imaginer des moyens qu’emploierait le « savant prélat » dans une polémique avec des laïques, étant connus ceux dont il use à l’égard des évêques, abbés et nonnes ?
Je frémis d’y songer, et, rêvant pour les infortunc’s journalistes qui auront à polé miquer avec lui un avenir meilleur que ne fut le passé pour leurs malheureux confrères, je dis, suppliant, à M. Méric : « Refrénez, de grâce, Monsignor, la fou gue et les ardeurs d’une foi trop turbulente; faites à vos contradicteurs, lucifériens ou autres, l’aumône d’un peu de tolérance calme et d’urbanité courtoise ; renoncez, par charité, dans vos discussions, à ces « procédés bizarres et tortueux », à ces violences et \ à ces excès ; vous vous trompez, a mon humble avis, ‘ si vous croyez que des diffamations et des injures tiennent lieu d’arguments et de raisons. Ne persé
LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 253 vérez pas dans cette erreur si vous ne voulez qu’on vous croie tombé, à votre tour, sous l'emprise de Sa— tan : errare humanum est, perseverare diabolz'cum. Cette perspective peu rassurante suffira, je l’espère, à calmer vos ardeurs et à modérer vos emportements, et pour vous, Monsignor, j’en suis sûr, la crainte du Diable sera le commencement d’une tardive sagesse. ». Raymond DUPLANTIER.
Le 9 septembre. cessrntmnws SUR LA GENÈSE‘ sur L’ÉV©LÜTE©N aunanna PAR QUŒSTOR ViTŒ Nous avons esquissé, dans un précédent numéro, la genèse et l’évolution humaine à un point de vue différent de celui des écoles connues. Pour en bien comprendre l’exposition, il est néces saire d’indiquer les modes de consciences qui fonc— tionnent,dans notre Univers et constituent les divers plans.
Il est préférable d’adopter des termes modernes et de délaisserles termes hébreux de la Kabbale, qui sont généralement arbitraires et obscurs. M\
’ V j 254 L INITIATION 1. Le plan le plus externe est celui de la personnalité i externe, celui que nous occupons. il est composé du ( monde objectif et subjectif, ou physique et psychique. Comme nous, la terre a son corps et son âme, qu’on appelle sphère astrale et qui est la sphère animique de '.'. la terre : c'est l’âme terrestre. ',Le principe psychique en nous est celui qui fonctionne pendant le sommeil. .
De même, c’est dans la sphère psychique terrestre ,"j_h - que s’accomplit le sommeil de la mort. C’est à tra— vers cette sphère que les germes individualisés des cendentà l’état élémentaire pourinvoluer dans la pa ,‘ renté physique et s’intégrer un corps physique.
Par contre, c‘est dans la même sphère que le corps psychique qui se retire du corps physique, à la‘ mort, ' tombe en sommeil subconscient, somnambulique et vient prendre, pour ainsi dire, le rôle d’œuf vis-à-vis du corps plus élevé qui se forme. De même que le corps physique retourne à la terre, de même le corps psychique retourne à l’âme terrestre. Le corps psychi que se désagrégeet un corps plus élevé, plus éthéré est formé.
Mais ce n’est pas l’homme qui se crée ce corps, pas plus qu’il n’a créé son corps physique ou psychique. C’estle processus de l’Universel qui toujours influe et efflue au travers de lui, qui s’intériorise et s’exté riorise, et préside ainsi à la formation de ces corps, qui dirige tous les moi-conscients dans leur circuit d’involution et d'évolution, qui dirige la naissance et la mort, le passage d’un plan à un autre.
Ainsi que chaque cellule dans notre corps physique est reliée au moi-conscient dont elle dérive et dans laquelle fi, .‘.__ -.&_.-“_ m a un
LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 255 elle vit, par le processus du système nerveux, de même chaque entitéindividualisée, chaque moi—cons cient qui émane du moi—solaire, reste constamment reliéà sa source, au moi-solaire par un flux vital macrocosmique, auquel le système nerveux micro cosmique correspond. C’est ainsi que Dieu-Père et Mère sait tout ce que ses enfants sentent et souf frent.
De même que nous souffrons de la douleur de nos cellules, de même Dieu souffre de nos souffrances, subit nos peines, se réjouit de nos joies, progresse avec notre évolution. L’évolution de l’ensemble des unités, c’est l‘évolution du Dieu-solaire et même du Dieu-universel. La sphère dans laquelle la deuxième mort nous fait pénétrer est celle de la personnalité interne.
Toute substance terrestre étant abandonnée, il n’y a{plus de mal dans cette sphère. Ce qui cause le mal, c’est la substance terrestre ; ce sont les pensées constituant l’esprit terrestre. Le principe spirituel de notre atmos phère qui passe au travers de nous réagit et nous suscite de mauvaises pensées, pensées qui nous font souffrir. La deuxième mort, c’est la régénération. Toute entité est sauvée, aucune n’est perdue.
Toutes souf frent plus ou moins longtemps dans l’état subconscient et somnambulique qui est le purgatoire, état psychique et subjectif de l’âme terrestre ; mais toutes finissent par être}reconstituées, régénérées. Si une fraction du Moi—solaire pouvait se perdre, il serait imparfait. L’Universel même serait imparfait : ce qui est impossible. . ._\_._..- ...—4..- -v .
2 56 L’INITIATION [SEPTEMBRE Tous nous serons sauvés ; nous passerons à l’état de personnalité interne, état d’enfance, où nous ap prendrons à vivre d’une vie nouvelle, plus élevée, plus pure. , Cet état est un état de vie personnelle, de formes masculines et féminines. C’est par conséquent un état de conscience et de connaissance limitées et non équilibrées.
C’est sans doute un état bien supérieur au nôtre, où le mal n’existe plus, mais c’est‘encore un état de limitation, d’imperfection. Les moi—conscients vivent en cet état pendant des périodes qui varient 'et puis le quittent non par une mort, mais par une transmutation au transsubstantia tion. C’est la porte d’entrée à l’état d’indivi—dualite’ (indivi—dualité), état d’équilibration, de vie duelle— unifiée. .
Il faut se rendre compte que la vie consciente universelle est une tri-unité. La Vie infiniecontient des potentialités aux significations duelles : mascu line et féminine, conscience et amour, esprit et âme, intelligence et substance. Le moi—conscient universel est donc Père et Mère. Chaque particularisation de cette vie a donc les mêmes attributs, et dans son origine constitue les âmes jumelles.
Ceci était indiqué dans les mystères d’Éleusis,où Dieu était Zeus-Demeter ou Osiris— Jsis. Les enfants étaient symbolisés par Dionysos Perséphone, qui descendaient successinement sur la Terre pour développer leur connaissance. Les parents angéliques étant eux-mêmes des duali— 'IéS-Ul‘llfiées, la vie du Moi-universel, qui passe en
1898] LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 257 processus à travers eux, est extériorisée en état d’unités germiqües duelles, d’âmes jumelles, de Dionysos Perséphone. Mais quand, dans leur circuit descen dant, ces germes arrivent à l’état de vie personnelle, alors le germe-duel se divise en deux germes, mas— culin et féminin, et devient des personnes. L’une précède l’autre sur la Terre où elles ne se rencontrent jamais.
Quand le premier qui a descendu remonte, àtravers la mort le deuxième descend. C’est pour cela qu’ici l’âme aspire toujours à une affection qu’elle ne trouve jamais. L‘autre moi—même ne se rencontre pas.
Il est en haut, dans une sphère invisible Où il demeure comme notre soleil spirituel, notre moi transcendant. _ Quand tous les deux remontent, après des morts successives, jusqu’au plan de l’i7widi-dualité, alors ils se rencontrent, se reconnaissent, se complimentent, s’unifient. Alors la sagesse est équilibrée par l’amour, et l’amour parla sagesse.
Il n’y a plus “de division entre le cœur et la tête ; ils deviennent un centre, centre symbolisé par le Soleil qui est cœur et tête de notre Univers. La conscience fonctionne non seule— ment par des rapports extérieurs, mais au dedans aussi.
Le flux du processus de la Vie universelle n’est plus divisé en pensées et en substance, comme cela a lieu dans les personnes, maisau contraire extériorisé, unifié, en conscience et substance, en pensée vivante, en moi-conscient. . L’indivi-dualité est un mode de vie angélique. Cette union indz’bi—duelle, cette reconnaissance complimentale est la préface à un nouvel état : l’état 9
2 58 L'INITIATION ,‘.‘..s d’identité dans lequel toutes les unités intégrales par tagent consciemment leurs connaissances et leurs expériences : c’est un état presque déifique. La cons— cience de ces êtres s’étend au long du processus vital du moi-solaire,auquel notre système nerveux corres pond,et elle s’étend jusqu’à l’extrémité du système solaire. Ce sont eux qui constituent le soleil spirituel des occultistes.
C’est au travers d’eux que le processus de la Vie du moi-universel s’intériorise et s’extériorise vers nous. Ce sont les relais conscients à travers les— quels le processus s’écoule, venant d’un système so— laire antécédent en ordre processionnel.
Nous avons fait observer que nous sommes tous reliés par ce processus au moi—solaire, quoique nous ne nous en apercevions pas, pas plus que les cellules de notre corps ne savent qu’elles sont reliées au moi conscient qui dirige le corps. Cependant lemoi—cons— cient le sait et transmet des ordres que la cellule est obligée d’exécuter, quoiqu’elle ne sache pas d’où ces ordres viennent. C’est notre cas.
Nous n’en sommes pas conscients, parce que le mode de conscience qui fonctionne en nous est d’un degré inférieur: celui de la personnalité externe. Cette conscience ne peut Vi— brer à l’unisson des directions qui lui viennent du monde transcendant.
Donc ces ordres arrivent et provoquent des actions, des pensées, des volitions que le moi—conscient croit être siennes. , Par contre, si ces êtres Supérieurs voulaient com muniquer consciemment et s’entretenir avec les hom— mes, ils nele pourraient pas, parce que la conscience humaine ne peut vibrer à l’unisson ; il n’y a pas syn !|, . . 3.æ-_. _ w Ï'ÆW‘W _ y_W
LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 259 chronisme. Pour pouvoir communiquer avec les hommes, ils sont obligés d’employer des relais dans les plans intermédiaires, à travers lesquels le message se trouve traduit pour être mis à la portée de l’homme. Ce mode de transmission au plan de la personnalité interne conditionne la transmission elle-même.
La qualité universaliste de son origine se trouve perdue ou limitée par les qualités personnelles du relais. Les vérités générales se trouvent ainsi personnifiées, sont rendues allégoriques, romantiques, etc. De plus, les idées préconçues du récepteur hu— main colorent encore la transmission. Les impres sions déjà emmagasinées viennent la déformer.
La signification primitive est donc souvent perdue, et des différences surprenantes apparaissent dans les expressions, bien que la vérité en soi ne soit qu’une. C’est pourquoi nous voyons des divergences mar quées, entre les enseignements de Swédenborg et Andrée Jackson Davies, d’un côté, et ceux d’Allan Kardec, d’un autre.
Chez la plupart des médiums en France, la capa cité de percevoir et de répondre à des messages trans mis du plan de la personnalité interne n’est pas dé— veloppée. Il faut que ces messages soient transmis à travers des moi—conscients, qui occupent encore le plan astral, qui n’ont pas encore passé par la deuxiè— me mort.
On ne peut guère ajouter toi à des messages ainsi transmis, car les êtres occupant ce plan ne sont nullement supérieurs aux hommes. La plupart des hommes étant des êtres peu élevés, la masse des esprits qui sont en cet état est au même niveau intel-.
260 L’INITIATION .. . ...a .—.-‘._ lectuel. Ce n’est qu’après le second passage, après la deuxième mort,qu’ils se trouvent améliorés, régénérés Beaucoup de ces esprits sont de vulgaires farceurs, comme pendant leur vie terrestre ; ils se moquent des chercheurs et de leurs travaux. Ces considérations démontrent la nécessité de re chercher la source des messages. Ce n’est que par des questions adroites qu’on peut espérer quelque résul tat.
Encore peut-on faire état de la valeur de leur communication par la valeur même du médium: qui se ressemble s’assemble. L’esprit peut être jugé par son médium, jusqu’à un certain point. Ces rap— ports .ne sont pas fortuits. Le médium et l’esprit communiquant appartiennent toujours à la même Hiérarchie, au même courant vital, au même circuit nerveux du moi—solaire, pour ainsi dire. Donc leurs qualités respectives se ressemblent.
Ce lien invisible constitue la vraie parenté, infiniment plus vraie que la parenté physique. Pour recevoir des Communications supérieures, il faut avoir un médium d‘intelligence et de moralité supérieures et être soi—même imbu de l’amour de la Vérité. Les médiums qui ont la possibilité de recevoir des communications télépathiques du plan de la personnalité interne, celuiqu'on atteintàla deuxième mort, sont très rares. Swedenborg, A.-J.
Davies, Allan Kardec étaient de ceux-là. Mais une nouvelle ère évolutionnaire se prépare dans la vie de notre planète. vL'ascension à travers les plans internes se fait bien plus vite maintenant que dans le passé. Il se trouve qu’il y a actuellement
LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 261 sur la Terre quelques personnes dont l‘autre pôle, le moi complémentaire, les a précédées. et a déjà atteint le plan de l’individualité, pendant que leur pôle contraire est encore sur la Terre. Arrivée à ce degré de développement, leur connaissance peut se projeter le long du lien invisible qui les unit, et elles ont pu reconnaître l’autre partie d’elles—mêmes vivant encore sur la Terre.
Au moyen du circuit vital qui les réunit, elles ont pu agir sur leur moi-subordonné, et développer le degré de conscience corrélative, en pas— sant, pour ainsi dire, de l’état germique à l'état em— bryonnaire. Elles ont pu développer, harmoniser leurs rapports, de telle façon que le moi-subordonné puisse recevoir des messages télépathiques du plan de l‘indivi-dualité même. Donc un nouvel horizon s’ouvre devant nous.
Il est devenu possible aux esprits, occupant un plan avec lequel on n'a jamais pu communiquer jusqu’à présent, de communiquer directement avec les hom— mes. Des communications sont donc maintenant transmises, de l’état de vie équilibrée, de dualité— unifiée, état dans lequel la sagesse est tempérée par l’amour, et l’amour partifié et fortifié par la sa—’ gesse.
' En se servant de ces moi-transcendants, indivi— dualisés, comme de relais, les anges qui occupent le. centre de notre système solaire, qui sont parvenus à l'état d’identité, peuvent transmettre des messages télépathiques aux moi-subordonnés leur appartenant comme pôle complémentaire sur la Terre. Des révéla tions sont donc devenues possibles, étant transmises
262 L’INITIATION -«._._. _M_ &_/ aux hommes par les anges, dualités-identifiées, nos vrais parents originels. Cette genèse et cette évolution humaine ainsi expo sées ont été révélées de cette façon. Les êtres de qui elles émanent ont eux—mêmes accompli le circuit d'involution et d’évolution; ils parlent de ce qu’ils savent expérimentalement.
Ils ont été générés à l’état germique par des parents angéliques; ils sont des— cendus jusqu’à la naissance physique ', ils ont été hommes et femmes et ils ont remonté maintenant au centre même d’où ils étaient partis ; ils sont devenus des anges, des générateurs de germes qui seront hommes et femmes. Telle est notre destinée. Cet exposé nous amène à faire quelques réflexions.
Nous pouvons d’ores et déjà poser les principes d’où découle la théorie androgonique qu’on vient de lire : . 1. L’homme, soit terrestre, soit supra—terrestre, est une soit—dualité : il est esprit etforce. 2“ Ces deux portions de l’être sont unies par _un lien qui va du centre, du principe universel à tous les êtres spirituels et corporels et qui, se spécifiant, détermine les races, les familles et les individus. .
3° L’être s’adapte divers corps plus ou moins éthé réê suivant les plans qu'il doit occuper, mais c’est l’Universel qui, suivant le degré de conscience atteint par l’être, procure et amène cette adaptation. 4° L’esprit est le principe indivisible quicommande à la force.
LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 263 5° La force agrège, désagrége, combine, dissout, etc., les éléments qui sont à sa portée. 6° L’être ne devient conscient que lorsqu’il a ac— quis l‘expérience, et cette expérience peut être limitée par un seul plan. 7° Raisonnant sur le plan où la conscience s’est développée, l’esprit ne peut que faire des conjectures sur les plans supérieurs.
8° Le plan terrestre ne comporte que des effets dont la cause immédiate est surle plan astral, le plan astral lui—même ne comporte que des effets dont la cause est plus haut, etc. 9° Par induction, on peut jusqu’à un certain point déterminer la cause immédiate, mais les causes anté cédentes échappent à l‘observation.
10° La révélation est la base de la vraie connais sance: la foi est l’acquiescementspontané; la science est l‘acq uiescement a: posteriori. I 10 Sans révélation, pas de connaissance; cette révélation est donnée à tous; ceux qui l’ont acquise sans effort la présentent aux autres: ceux-ci ont pour devoir de l’accepter apriori, sauf ensuite, à mesure que la conscience se développe, à la faire contrôler par tous les moyens possibles.
12° Notre état actuel nous fait prendre pour la vé— rité ce qui n’est le plus souvent que le mirage. Les rayons du soleil nous arrivent brisés : l’œil se trompe sur leur direction. De même l’esprit. I3° La révélation précède la connaissance. C’est la potentialité subconsciente qui devient plus tard la puissance consciente. ,p «s‘,.....;», - V... .t - .. _
—s—_, WW , _ v . a . .aÿ . N... _. __._.. 264 L’INITIATION 14" La Révélation est une, parce qu’elle vient di» rectement de l’Universel. Il s'agit, pour la saisir, d’as— pirer à la vérité, et pour cela de développer l’intuition qui n’est que le sens de l’Identité. —- Abandonne tout ce que tu as, et suis-moi, dit le Christ. — Renonce aux vaines apparences, aux illusions des sens, au tumulte des pensées, dit Christna, et tu sauras.
Crois d’abord, dit l’un, et tu sauras plus tard. — Vois d’abord, dit l’autre, et tu croiras ensuite. — Il faut que tu m’aimes assez, dit Jésus, pour avoir foi en moi. , ‘— Expérimente sur ta propre conscience, dit Christna, en suivant mes préceptes (ou en ayantfoi en ma propre expérience), et tu sauras. Foi et science, science et foi. Les deux se rencontrent sur le plan angélique. - Traduit par ALBAN DUBET.
IUNE Marson ËIAlNTIËE Il y a quelques mois, je fus informé de phéno mènes étranges, qui se passaient chez une personne de ma connaissance ; la description qu’on me donna des diverses manifestations remarquées ne me laissa \ . '. -!-’an|'...
UNE MAISON HANTÉE 265 aucun doute sur la nature des faits rapportés : ou l’on se trouvait en présence d’un adroit mystificateur, ou bien il s’agissait d’une cause occulte. J’inclinais à cette dernière opinion.
Mais, comme en pareil cas il importe toujours d’épuiser toutes les hypothèses pos— sibles, attribuant ces phénomènes à des causes ex» ternes, afin d’établir le fait occulte sur les bases inat taquables de l’évidence expérimentale, je résolus de ' ridiculiser d‘abord l'idée de forces cachées, et de noter mes observations avec la plus rigoureuse pré cision ‘ scientifique.
L’éminent directeur de cette Revuea reçu de moi tous les détails (noms, adres— ses, etc.) relatifs à cette singulière occurrence; déférant aux désirs de la famille en la demeure de laquelle tout cela s’est passé, je ne les reproduirai pas ici.
L’Izz'storique.— Au commencement du mois d’avril, M. X... vint s’établir à Manchester avec sa fa _jmille : il avait amené avec lui une jeune servante que j’appellerai Jane, et qui était native d’une petite ville du nom de Hayfield, près Manchester, où les spi rites sont fort nombreux.
Je dois ajouter cependant, pour être correct, que la jeune personne en question, fort ignorante d'ailleurs, ne fréquentait pas de séances et n’avait jamais, autant qu’il m’a été possible de le vérifier, manifesté aucune aptitude de médium. Pendant les premières semaines de son séjour en sa nouvelle habitation, la famille ne remarqua ab— solument rien d’anormal, et M. X... partit pour l’Amér rique où ses affaires l’appelaient. Quelques jours après son départ, et d’une façon toute soudaine, l’In visible commença à se manifester. La servante tra
266 L’INITIATION versait le corridor pour aller ouvrir la porte lorsque, en passant près d’une chaise de bois qui se trouvait dans le vestibule, elle entendit distinctement des coups rapides frappés contre la cloison. Croyant qu’un voisin désirait quelque chose, elle se rendit à Ia maison contiguë, où les coups avaient aussi été parfaitement entendus et interprétés de la même ma nière.
De part et d’autre, près du mur _mitoyen divi sant les deux habitations, il n’y avait personne, et cependant, quand la servante s’approchait de la chaise en question, les coups redoublaient d’intensité. On tâcha d’abord d’expliquer ce phénomène par la pré— sence de quelques gros rats en la cloison, mais bien tôt il fallut bien admettre que l’on se trouvait en face d’agents supra—naturels.
Aussitôt que la jeune personne, qui servait sans doute à l’Invisible de mé dium inconscient, s’approchait du vestibule ou tra— versait le corridor, les coups recommençaient à frap— per contre la cloison pour s’arrêter dès que le mé dium s’éloignait. La plus grande terreur régnait chez les infortunés locataires de la maison qui commen çaient à se croire en la puissance d’une Entité oc culte malfaisante.
Cette opinion fut d’ailleurs établie d’une manière très claire par les événements qui sui virent. L’Invisible en effet se manifesta d’une manière de plus en plus palpable et de plus en plus désa gréable. * Mamfestaz‘z‘ons. — Après les coups ci-dessus men tionnés, I’Occulte commença à se divertir par des mys tifications d’un nouveau genre : les/sonnettes se mi— \ rent a carillonner a tout propos sans aucune cause
UNE MAISON HANTÉE 267 apparente. On crut d’abord que les souris s’étaient introduites sous les planchers et dans leurs allées et venues touchaient aux fils de fer des sonnettes : les parquets furent enlevés, les fils examinés et reconnus en bonne condition 2 et même pendant que les ouvriers faisaient leur inspection, les sonnettes con tinuaient à danser une infernale sarabande, sans aucun mouvement apparent des fils.
Enfin on ré solut de faire changer tous les fils et toutes les son nettes, dans l’espoir que le mauvais daimon se reti rerait avec ses instruments de manifestation: peine perdue; aussitôt que sonnettes et fils furent enlevés, l'Invisible fit connaître sa présence en décrochant des tableaux de valeur qui tombaient à terre et se brisaient. Maintes fois remis en place, ils retombaient toujours, et l’on finit par les laisserà terre.
Plusieurs personnes qui s’étaient jointes à moi, pour passer quelques jours dans la maison hantée, furent témoins de ces faits : une surveillance active avait été établie autour de l’habitation pour prévenir toute mystifica— tion possible, et les constatations rigoureuses des inci dents relatés ne peuvent laisser aucun doute sur leur cause.
1° Les coups. — A différentes reprises, devant des témoins placés des deux côtés dela cloison, des coups répétés et rapides se firent entendre distinctement et assez fortement pour qu’on puise les compter de l’autre trottoir de la rue, au moment du passage de la servante. Ce n’était pas une illusion, mais bien des coups, car, en collant l’oreille contrela cloison, on dis cernait parfaitement les vibrations.
268 L‘INITIATION W,_;. ’ ’ ' ""'v“m-.“:vTTJË—ÿu-—kÿm_ _ 2‘ Les sonnettes. —Afin de bien établir l‘impossibi lité d’exprimer ces phénomènes par des causes exté— rieures. nous fîmes placer tour à tour diverses per sonnes dans les caves en lesquelles passaient les fils de fer, dans la cuisine où étaient les sonnettes, et dans les pièces où aboutissaient les fils : chaque fojs le résultat de l’expérience fut le même : les fils ne bou geaient pas, seuls les battants s’agitaient avec rapidité et comme sous l’impulsion d'une main robuste, tou— jours de droite à gauche.
3° Les tableaux. — Ces phénomènes ne se produisi rent que vers les derniers jours de la hantise, mais par trois fois devant nos yeux : le tableau tombait à terre sans cause apparente, le clou qui le supportait était intact,et nul anneau de la chaîne n’était brisé; il avait donc simplement été décroché.
Enfin fatiguée de cette obsession occulte, Mme X... se décida à renvoyer la servante qui semblait jouer le rôle de médium, et depuis lors les phénomènes ne se sont pas renouvelés. Dernièrement je fus informé que la jeune femme était entrée dans une autre place où, jusqu’à présent, rien d'extraordinaire ne s’est passé...
Chez M'“8 X... il y avait cependant ha 11— tise bien et dûment constatée; mais quelle en était la nature F l’imperfection de mes connaissances occultes ne m’a pas permis de la déterminer. Paul GOURMAND.
PARTIE LITTÉRAIRE ä’laus ne snmmesque les gérants ou ‘ït‘aräsoa Afl'eclueusement dédié à la Princesse Alexandrine Galztzine. D’un côté la mer agitée, de l’autre le vent furieux attaquaient, avec acharnement, le rivage désert. Un grand espace morne, nu, sous un ciel surchargé de gros nuages noirs. Pas un arbre, pas un buisson, pas un brin d’herbe, pas le moindre vestige de vie l...
Et pourtant la vie était là, tout près, sous la terre, dans de pauvres petites graines bien laides, bien insigni— fiantes, qui dormaient paisiblement. Mais le soleil vint et son sourire écarta les nuages, sa chaleur apaisa le vent et la mer, et son rayon des cendit dans le sein de la terre chercher le petit germe endormi, qu’il réveilla en laissant tomber dans son cœur une étincelle de lumière. Alors la petite graine sentit une douleur aiguë, un mal étrange venait de s’emparer d’elle: il lui semblait
270 L‘INITIATION que l’étincelle grandissait, devenait plus brillante, et soudain elle comprit qu’elle ne pouvait l’étouffer, mais qu’elle était obligée de développer le don que lui avait confié le soleil ; et elle se mit à faire des efforts inouîs pour grandir : elle ne dormait plus, elle met— tait toutes ses forces à étendre sa pauvre peau, qui craquait et là faisait souffrir cruellement l Enfin vint un jour où f’on vit paraître sur la sur face de la terre une plante, qui portait un bouton de fleur gigantesque.
Au moment où la fleur s’épanouit complètement, la petite graine cessa de vivre_; mais son âme avait passé dans la fleur,qui, resplendissante de beauté, grisée par la joie de vivre, tendait sa co rolle épanouie aux caresses brûlantes du soleil ! Mais il arriva qu‘en ce moment un pauvre petit oiseau— mouche blessé, mourant de fatigue et d’inanition, s’abattit sur la fleur et se mit à boire avec avidité le nectar, qu’il trouva au fond de la corolle.
A mesure que le petit être reprenait des forces, — la fleur sen tait sa vie s’en aller, cette belle vie, dont la possession la rendait si heureuse l... son cœur se serra comme pour protéger ce trésor, mais... ce ne fut que pour un instant. La vue du pauvre oiseau meurtri lui fit si mal, si mal —— que dans un grand élan de pitié et d’amour ses pétales se rouvrirent de nouveau tout grands, livrant libre passage au malheureux !
Réconforté, plein de forces nouvelles, l’oiseau prit son essor, emportant en lui l’étincelle mystérieuse, que lui avait livrée la fleur avec sa dernière goutte de vie. V ESTRELLA.
POÉSIE INÉDITE ALGÆÆMIE Un léger brouillard d’or enveloppe les villes. Les phalènes du songe et les chauves-souris S’envolent des gibets, naissent des pilotis: Il éclôt, dans le soir, les larves les plus viles. Les reflets d’escarboucle, émanés des creusets, Rougissent le vitrail ouvragé de l’ogive.
Mais une ombre se penche et la flamme s’avive; C’est l’alchimiste noir qui songe au lent succès: — Malgré les golgothas, où moment les prophètes Et les martyrs du Beau, nosfre’res, les poètes — Par nous, les vils métaux seront changés en or. L’homme aura, vers le ciel, jeté son cri degloire. ' Les prophètes obscurs du’siècle d’Alénor Seront alors les rois dont vivra la mémoire.
Imitant Je’hovah, car ce n’est pas en vain Qu’il anima de vie un corps pétri de fange, Jeferai comme lui d’un bloc d’argile un ange, En fécondant mon souffle à sonfoyer divin. Ô gloire, quifais beaux les plus ingrats- visages, Ton nz’mbe ennoblira la laideur de mon nom!
Il est un jour d’aurore où l’inscrr’ront les âges, Sur le mur triomphal d‘un nouveau Parthénonl Et vous baisereg tous le chaton de ma bague, Où, transparente, luit la splendeur de la vague! Émile GIGLEUX. ..,_._._._c_a._.__ _4__‘-...
2 72 L’INITIATION "J ©ä.DÆE MAäTINÆSTE SUPRÊME CONSEIL Le suprême Conseil prie les délégués généraux d’en— voyer, avant le l" décembre, un court rapport (une à deux pages) sur l’état actuel du Martinisme dans chacun des pays où siègent ces délégués. p Les delégués sont, en même temps, priés de centra— liser les vœux des différentes loges concernant soit des modifications de règlement, soit,des créations nouvelles, qui seraient insérées dans le nouveau règlement des Loges que prépare le Suprême Conseil.
Nous avons reçu, de notre délégué à Épernay, un plan d’organisation qui est un modèle du genre et que — nous publierons prochainement. Le Correspondant médical publie l’étude suivante où nos lecteurs trouveront deux cas très nets de dégagement du corps astral. N. . L. D. QUAND ON EST M@RT? Perdons nos préjugés : Est-il bien désagréable de mourir? — Il paraît que non.
Le tout est de savoir S’y prendre et d'envisager la chose sous un certain angle, qui modifie le point de vue. — Qui a fait l’expérience ?demanderez-vous. -—Mals deux personnes au moins : le D" Wiltse, du Saint-Louis medlcal and8urgicalJournal,etun pasteur
QUAND ON EST MORT? 273 protestant, M. Bertrand. Il est vraique ni l’un ni l’autre n’en sont inorts; ce qui n’empêche pas que la Reviewoj Reviews(r), qui s’est fait l’écho des ueux expérimenta teurs, ne tienne, l’expérience pour sérieuse, si ce n’est concluante. ' Arrivé à la dernière phase d’une fièvre typhoïde, en pleine possession de ses facultés, affirme le D' Wiltse, il sentit ses forces s’en aller et la mort venir.
Son dernier effort physique fut de raidir ses jambes, puis il resta plusieurs heures sans mouvement, sans pouls, sans res— piration, sans sensibilité aucune —— puisqu’on lui enfon— çait des aiguilles dans le corps, —— mais non sans cons cience, puisqu’il assistait curieusement, tranquillement, aadépart de son âme. Tout son moi s’était réfugié dans cet ego qui s’en allait. Il se disait : « Je suis sur le point de sortir de mon corps. ».
Et, l’opération lui semblant supérieurement intéressante, il se mit à l'étudier, à l’ana— lyser, à la raisonner. .
Son moi commença‘a quitter les pieds, courant rapide ment des orteils au talon, puis la retraite s'opéra plus lentement le long desjambes, jusqu’aux hanches; il con— tinua à monter— bien que le docteur n’ait aucun souvenir de l'avoir senti passerpar l’estomac et la poitrine; bientôt il le sentit dans la tête et fit cette réflexion : « Maintenant, je suis l‘ont dans ma tête, je passe autour de mon cerveau en en comprimant les membranes, je sors par les sutures du crâne.
Une fois hors du crâne, il flotte vaguement autour de son corps, à peu près comme une bulle de savon, déga_ gée du tuyau de paille, se promène indécise.
Le Moi re prit forme humaine et éprouva un sentiment de pénible embarras en se voyant parfaitement nu devant deux da— mes — sa femme et sa sœur qui pleuraîent agenouillées au côté gauche du lit. —— Et, à ce propos, l’observateur constate qu’il distinguait les sexes, mais non les indivi— dualités : « Femme, sœur, amies, c’était tout un pour moi, je ne me souvenais d’aucun lien de parenté. » S’il avait r)erdu le souvenir de toutes ses affections, il gardait au moins sa moralité, puisqu’il avait honte il) Review oj Reviews, septembre 189 2.
274 L’INlTIATION de paraître nul Est—ce que les sentiments acquis seraient plus tenaces que les sentiments naturels 1’... Mû par la pudeur, le Moi se glissa par une porte entr’— ouverte et descendit dans la rue, où il se trouva tout habillé, sans qu’il pût savoir d’où lui venaient les vête— ments. En les examinant,il reconnut que le drap était de fabrication écossaise, que le pardessus‘ était flottant, ce qui parut très commode pour l’été.
Se sentant parfaite ment à son aise, et jugeant que tout ce qu’il y a de plus heureux, c’est d’être mort, puisqu’on est plus vivant que jamais, le D" Wiltse, au comble d’une joie exubérante, se mit à danser. , Ensuite il rentra dans sa chambre de défunt, où sa femme et sa sœur,toujours agenouillées,continuaient à le pleurer. Avec beaucoup de pitié et de dédain, il re— garda sur le lit la forme livide, décharnée, misérable, qui avait été lui.
Et pendant qu’il se félicitait d’avoir rompu toute communication avec cette enveloppe, voici qu’il vit, avec les yeux de son corps décédé, le derrière de son pardessus! En même temps il sentit qu’un lien, aussi ténu qu’un fil d'araignée, courait des épaules de son Moi vivant au cou de son corps mort et l’attirait douce ment. Deux mainsle soulevèrent et il se mit à courir sur un chemin montant qui était, parait-il, le Chemin du Monde éternel.
Le Moi errant s'étonna de le trouver ab solument désert, puisqu'il meurt plusieurs hommes par minute. Il se mit à désirer vivement un compagnon, car la route lui semblait longue et mélancolique.Elle fut bloquée soudain par trois rochers énormes... Le voya— geur s’arrêta... devint inocnsci6nt.z. Et,quand il retrouva la sensation, il était couché dans son lit. Peu de temps après, il était guéri!
Voici maintenant l‘expérience du pasteur Bertrand : M. Bertrand voyageait dans les Alpes avec quelques élèves.
Pendant l’ascension du Titlis, le pasteur se sen tit tout à coup très fatigué; il confia ses élèves au guide, se fit expliquer minutieusement le chemin qu’on devait: suivre, indiqua lui-même la place quecertains élèves devaient occuper le long de la corde et résolut d’at— tendre, à la même place, le retour de l’expédition, ne réclamant même pas» sa part de provisions.
QUAND ON EST MORT? 275 Quand la bande se fut éloignée, M. Bertrand, pour se distraire, alluma un cigare et contempla le paysage. Sou— dain, il se sentit frappé comme d’apoplexie; mais sa tête resta parfaitement lucide, bien que son corps fût absolument inerte: c’était le sommeil des neiges. D’abord ses pieds et ses mains se glacèrent; peu à peu la mort atteignit les genoux et les coudes.
La sensa— tion n’était pas désagréable et le pasteur Bertrand se sen— tait parfaitement à son aise, mais, quand la mort arriva dans la tête, il sentit un froid intolérable et de violentes douleurs au cœur. Ce fut l'affaire de quelques secondes seulement, et la vie s’en alla du corps.
1 Et M. Bertrand se remit comme un ballon dans l’air, un gros ballon captif attaché à la terre par un cordon élastique : « Bien, pensait-il, me voilà un homme mort, comme c’est étrange ! Je suis seulement un petit espace dans l’espace et sans corps!
Où donc est mon corps? » Regardant au—dessous de lui, le ballon aperçut sa forme et la reconnut; sans aucun reste de vanité ou d’afiection pour sa dépouille, il s’exclama: Quelle horrible chose est ce corps mort, qui a un cigare dans la bouche et des allumettes dans les doigts! J’espère bien que vous ne fumerez jamais plus, vilaine guenille ! Ah! si seulement j'avais une main et des ciseaux pour couper le fil qui me retient encore à cela!
Quand mes compagnons revien— dront, ils s’écrieront :. Le professeur est mort! Ils ne se douteront pas que je n’ai jamais été aussi vivant!
Et la preuve, c’est que je vois le guide prendre le chemin de droite, alors qu’il m’avait promis d’aller à gauche, et deux des jeunes gens quitter la corde pour s’isoler. » Le fait ne lui causait ni inquiétude ni colère; il le consta— tait simplement, pour se donnerà lui-même un certi ficat de vie et de clairvoyance. Un peu plus tard, il aperçut encore le guide attaquant sans scrupule les provisions du pasteur absent.
Ne se doutant guère naturellement dela surveillance d’entre tombe dont il était l’objet, le brave homme déboucha la bouteille de madère et but un bon petit coup, puis il se réconforta d’une belle cuisse de poulet. Avec la magnanimité et le dédain d’un homme assuré désormais contre toutes les nécessités matérielles,
276 L’lNITIATION M. Bertrand -- ou plutôt le ballon captifqui représentait l’être conscient — se mit a dire: « Allez, allez, cama rade, buvez ma bouteille, mangez tout mon poulet, si vous voulez, j’espère bien que mon misérable corps n'aura plus jamais ni faim ni soif. » Après avoir vu disparaître ses provisions d’un œil tout à fait désintéressé, M. Bertrand aperçut sa l’emme,’qu’il avait laissée à lnterlaken pour deux jours encore, se mettre en route pour Lucerne, il s’étonna et ce fut tout: « Eh bien! ma femme, dit-il, je suis un homme mort!
Au revoir! » Il n’épronva ni regrets ni joie (sic) de la quitter. Son seul déplaisir futde ne pouvoir couper "le cordon du ballon captif.
Il désirait vivement deux choses : I° Avoir la certitude qu'il avait bien réellement quitté la terre et qu’il n’y reviendrait plus; 20 aller à la découverte de son corps futur, — sans lequel il se sentait absolument impuissant. — Toutes ces recherches n’a— boutissaient absolument à rien, son prochain corps demeurait invisible et cela le tourmentait.
Cependant le ballon montait, montait, lentement, dou— cement; le fil s’étirait, s’amincissait, comme s’il eût été de caoutchouc... Tout à coup un choc arrêta son ascen sion. Quelqu’un pesait sur le ballon et le tirait en bas. L’irritation du défunt ne connut plus de bornes; il se débattait, mais se sentait sans pouvoir. Avec rage et ter reur, il mesurait la vitesse de sa descente. Enfin il attei gnit son corps.
Un seul espoir lui restait: le ballon semblait infiniment trop gros pour pouvoir entrer par sa bouche. Il y entra cependant. Et, Bertrand reprenant vie, se trouva Bertrand comme devant! Sa première parole trahit son irritation : — Pourquoi n’avez-vous pas coupé le cordon? cria t-il, avec colère, au guide qui le frictionnait. — Le cordon Quel cordon Vous étiez presque mort! —- Et le guide le crut fou. -—— Mort l...
J’étais moins mort que vous ne l’êtes main tenant. Je vous ai bien vu monter au Titlis par la droite au lieu de prendre la gauche, et vous avez permis à deux des jeunes gens de quitter la corde parce que vous me croyiez très éloigné. Suis—je un fou l... Montrez-moi ma bouteille de madère, nous verrons si elle est pleine; - . "" ""...H
LA DAME BLANCHE 277 mon poulet a-t-il encore ses deux cuisses 1... Ce dernier coup fut trop fort pour le pauvre guide. Il cessa instan tanément toute friction, prit son sac, le vida, et s’enfuit en courant, comme s’il avait senti le diable à ses trousses. Pour donner à ces deux expériences leur cachet d’authenticité parfaite, il ne manque qu’une chose, répé tons—1e: c’est que les deux narrateurs en soient morts.
On fait ce que l'on peut 1 Ne soyons pas trop difficiles, et, jusqu’à nouvel ordre, contentons-nous des communi cations que veulent bien nous faire ceux qui en sont revenus. L’expérience des autres n’étant pas encore à notre p0rtée, ne serait-il pas sage de dire: « Dans le doute abstiens-toi l... » Si l’on voulait essayer de conclure, un point semblerait . ‘ acquis: c’est le parfait détachement du cœur de celui qui s’en va pour ceux qui restent.
Le pasteur Bertrand constate que son moi. devenu ballon, disait simple ment: « Eh bien! ma femme... » au lieu de: « Ma chère femme... >>,formule qui lui était, parait-il, aussi habi tuelle que familière de son vivant. Allons! après nous être défaits de nos préjugés, per dons aussi nos illusions l L. LACURIA.
LA DAME BILAN©JËlE Dans la famille des Habsbourg llest notoire, en Autriche, que, chaque fois qu’une ca tastrophe menace l’un des membres de la famille des Habsbourg, une Dameîblanche apparaît dans les salles du château de Schœnbrunn.
On l’aperçut en 1867, avant la mort tragique de Maxi— milien, empereur du Mexique, beau—frère de l’impéra trice Elisabeth ; elle se montra plus tard en 1889, funè bre annonciatrice du drame de Meyerling, dans lequel périt l’archiduc Rodolphe ; on la vit errer dans les cor—
278 ' L’INITIATION ridors du château avant que l’on connût le naufrage. de Jean Orth, l’ex-archiduc englouti dans les mers de l’Amérique du Sud; et l’effroyable mort de cette jeune archiduchesse, qui périt dans les flammes pour avoir essayé de cacher dans sa poche la cigarette qu’elle fumait en cachette, avait été prédite également parla mysté rieuse Dame blanche.
' Or, on se souvient que, dans le début de cette année, un factionnaire du château de Schœnbrunn avait afhr mé avoir vu la Dame blanche rôder dans le château.
Cette singulière confirmation de la tradition popu— laire, qui lie ainsi un être surnaturel aux destinées de la famille des Habsbourg,a frappé profondément les es prits à Vienne, où tout le monde s’est aussitôt souvenu de cette nouvelle et extraordinaire coïncidence. (La Patrie.) BEBÆIQGËAEEEE SAR PELADAN. —La Décadence esthétique; réponse à Tolstoî. ln-18. Chamuel, éditeur, 3 fr. 50.
Le public lettré a été mis au courant, par les jour maux, du réquisitoire que le célèbre écrivain russe lan ça, il y a quelque temps, contre l’Art ; et, à mon sens, M. Peladan était bien le plus autorisé, dans toute la lit— térature française, pour lui répondre, tant par son im mense érudition de critique que par la finesse et la sû reté de son goût esthétique.
NATHANAEL. — Buddhistische Mission und die Lehre des Freien k.1tlzolrschen Kirche; broch. in—8, Berlin, Schôneberg, chez W. Rusbuldt. La présente brochure est l’œuwe d’un mystique sué dois, à.qui nous devons déjà quelques petits chefs-d’œil vre de la plus haute portée spirituelle. On sait que, de puis quelques années, les Hindous, et particulièrement
BIBLIOGRAPHIE 279 . les Bouddhistes, font tous leurs efforts pour implanter dans notre Occident des doctrines qui, d’après le témoi gnage d’hommes véritablement en relations constantes avec le Royaume où règne le Christ, sont stérilisantes et mortelles au premier chef. Nathanaël répond en quel ques pages au réquisitoire dressé par un lama dans une brochure allemande intitulée : La Barbarie chrétienne en‘Europe.
Je n’ai pas lu ce dernier écrit, mais je puis recommander chaudementla réponse à ceux qui ont en ' trevu la profondeur symbolique des évangiles, et surtout à ceux qui cherchent à l’entrevoir.
Ce que l‘on connaît le moins, même parmi les savants qui font profession d’étudier les sciences secrètes, c’est l'ésotérisme de no tre religion: Nathanaêl vient de leur donner une sour ce limpide et abondante, où les cœurs assoiffés de vérité vivante peuvent boire à longs traits.
Je souhaite, en adressant ici à l’auteur l’humble expression de mon ad miration, qu’un traducteur rende son écrit accessible à ceux qui ne peuvent le savourer dans l’original. ’ SÉDIR. *a. DOM J.-A. Panna’rv. Treati5e on the great Art. A system of p/zysics according to /zermetic philosophy and theory and practice of zhe .Magisteriunz. Traduit en anglais par le D“ EDOUARD Burz.
Boston, in-4°, nomb. fig. et deux vocabulaires, 254 p. Le savant délégué du Martinisme aux États-Unis inau— gure par ce volume une série d’éditions sous l’égide de , l’Université des hautes études, destinées à répandre dans ce pays les œuvres des anciens maîtres de l’Occultisme. C’est avec juste raison que le Dr Blitz a choisi un des monuments traditionnels de l’Alchimie en tête de cette collection.
Si, en effet, nous considérons la science oc culte sous un point de vue d’étude méthodique, on ira de bas en haut, du physique au spirituel, de la Nature à Dieu. L’Occultisme a pour caractère primordial de voir le côté vital de la Science. C’est l’Alchimie qui étudie la ' biologie du règne minéral; et comme, ainsi que tous les maîtres s’accordent à le reconnaître, ce règne contient en cristallisation tous les mystères du Royaume de la vie
280 L’INITIATION éternelle, la théorie et la pratique de l’Alchimie consti tuent une initiation complète.
Dans sa préface, le Dr Blitz fait ressortir la valeur et le caractère encyclopédique de l’œuvre de Peroety ; elle présente, dil-il, une analyse complète des ouvrages clas siques, comparant avec une extrême attention les écoles grecque, Alexandrine, arabe, française. allemande, an— glaise, kabbalistique et rosicrucienne; et cette exposi— tion est faite avec la lucidité particulière au savant fran— çais.
L’ouvrage est divisé en deux parties: la première expose la nature des choses, et la seconde le moyen d'agir sur cette nature. Une matière primordiale évertuée par l’action de la lumière, polarisée en quatre éléments, constitue, par diverses modifications, l’ensemble de trois règnes de la Nature physique; chacun des êtres composant cette Na— ture est animé, et le moyen de les faire passer d’une forme à une autre est d’agir surleur âme.
Quant à la pratique, étant donnée, pour le règne miné ral, l’existence de cette matière première, pour la gou— verner, il faut en saisir l’âme double qui est le Mercure philosophique, et pour cela traiter la matière dans un certain vase, au moyen d’un feu qui est le résoluteur universel. Ainsi se succèdent les quatre opérations prin— cipales de l’œuvre: la calcination, la dissolution, la pu tréfaction et la fermentation.
Ainsi s’obtiennent succes sivement les quintessences, les teintures et la pierre. Il faut louer le D'E Blitz des nombreuses notes dont il a su enrichir le texte déjà si complet du savant bénédic— tin ; le volume se termine par trois répertoires qui seront de la plus grande utilité à ’étudiant : le dictionnaire des symboles alchimiques donné par le regrete’ Alb.
Poisson dans ses Théories et Symboles, un répertoire des signes alchimiques compilé d’après les grands maîtres, travail original et précieux, et enfin un index alphabétique des mots employés. Remercions ici le Dr Blitz de son activité, de sa science et de son dévouement, et espérons qu’il donnera bientôt à nos frères d’Ame‘rique deynouvelles preuves de son apostolat idéaliste. SÉDIR. —'J . »_. =._.___.__,__uLT_._ ._.. . JL
BIBLIOGRAPHIE . ' 28 I q ’ ,,_, « .. m«—=mwî,.m«mw— ___ Zeitsehriftflir Kulturgeschichte. Bd. IV, heft. 6, 1897. —— P. PFEIFFER. »— Le manichéisme de l’ordre du Temple décrit deux « caisses mystiques » avec figmes et inscrip— tions arabes, trouvées, l’une à Essarois, près de la com manderie de Voulaine, l’autre à Volterra, près de Pise. On en a pris argument pour prouver que l’ordre avait adopté les idées manichéennes.
C’est une erreur : la pre mière caisse appartient au culte des lsmaélites et la se conde à celle des Druses. Détails intéressants surl'his— toire de ces cultes au moyen âge. \ Nord und Süd. 4iuillet 1897. FUNCK. Rapports entre Lavater et Cægliostro (d’après des documents inédits et les papiers de Lavate_r ce dernier se laissa pendant toute une année duper par le charlatan).
Le Dr Paul FREDERKCQ (De secten der Gee;elaar's en der Dansers in de Nederlanden tijdensde 145“a eeuw : Brussel, Hayez, 4. 1897, 62 p.) montre que les Flagellants ont ap— paru après la peste noire, comme les Danseurs, malades qui se faisaient battre à coups de poing, se serraient le ventre au moyen de linges, et ne pouvaient voir une étoffe rouge sans entrer en» fureur. (Revue historique, mai—juin I898.) M. Ch.
JORET a publié : Les Plantes dans l’antiquité et au moyen âge : histoire, usages et symbolisme (Paris, Benillon, 1897). Le Totémisme, par M. FRAZER,II‘3dUÎI par MM. DIRR et VAN GENNEP, a paru chez Reinwald (Paris, 15, rue des Saints-Pères). Le Dr Félix REGNAULT a publié chez le même éditeur Hypnotisme, Religion.
M. Boum a mis en vente son catalogue spécial delivres d’occasion relatifs aux sociétés secrètes (43,,quai des Grands-Augustins, I898, in-8). La Revue de la France moderne (juillet 1898) renferme « Une visionnaire en 12530, » par Ismala. SATURNINUS.
282 L’INITIATION Nouvelles études de Mythologie, par MAX MULLER, pro— fesseur à l’Université d’0xford, traduit de l'anglais ar LÉON JOB, docteur ès lettres. Un fort vol. in-S° de a Bibliothèque de philosophie contemporaine, 12 fr. 50 (Félix Alcan, éditeur). Tous ceux qu’intéressent la linguistique, la mytho logie comparée et l’histoire de l‘idée religieuse savent la place éminente qu’occupe M. Max Muller dans ces divers domaines.
Comme mythographe en particulier, il a exposé avec tant de science et d’éclat la méthode d’interprétation dite philologique, qu’il y a attaché son, nom.
D’après lui, les mythes inde—européens ne sont le plus souvent, de parleur origine, que des descriptions poétiques des grands spectacles de la nature; les dieux, les agents mystérieux des principaux phénomènes physiques; et les noms des dieux, des épithètes qui dé signent ces phénomènes. , L‘auteur reprend dans cet ouvrage les théories qui lui sont chères, et les défend à l’aide de nombreux et nouveaux exemples contre ses adversaires : humanistes, philologues et anthropologistes. , Les théories de M. Max Muller ont entre autres comme adepte M. Victor Henry, le savant professeur de sanscrit de la Sorbonne; c’est à son instigation, avec son concours etpar un de ses élèves qu'est faite la pré— sente publication qui éclaire un grand nombre de ques— tions encore obscures de l’histoire des religions.
I .4. Dans le Social Demo_crat'(37, A. Clerkenwell Green London E. C.) d’août 1898, on peut lire un très intéressant article de HEADINGLEY intitulé Spiritualism and Socialism. ‘* U 3 Nous appelons tout particulièrement l’attention de n05 lecteurs sur la réédition des planches rarz‘ssz’mes ae Kunrath due aux D" MARC HAVEN et PAPUS. Le volume formé de ces planches, toutes montées sur onglets, est en vente au prix de 7 fr. 50 chez Chamuel, 5, rue de Sa— voie, Paris. ._.»«__u
CALCULS 283 . 4 C Les examens de la Faculté hermétique auront lieu fin octobre. Le programme en sera publié dans notre pro chain numéro. Les cours reprendront fin novembre. GALG‘Ü 298 Dans le numéro d’août de l’Initiatinn, j’ai .donné, sous ce titre, une étude sur les nombres. M. Barbarin me fait observer, et je l’en remercie, que, à la page 150, j’ai fait une simplification critiquable : (3x‘ + I)2fl: (3x)211 + 27: (3x)2“-1+...+ I: m.
3 + I (3x +1)“ : (3x)n + 71 (3x)"-1 + +1 : in. 3 +1 Le second multiple de 3 n’est pas le même que le pre. mier, et je devrais l’indiquer par m'. 3, d’où m. 3 m’. 3 2 2m. 3 2 S" : _+—+_ en,“_L 2 2 Seulement M. Barbarin convient que la somme m. 3 m'. 3 est tou10urs paire et que, par conséquent, rien n est changé au résultat: m. 3+m'. 3 = 2M. 3.
Cette observation est juste, j’aurais dû démontrer le bien fondé de ma simplification, et c’est ce que je vais faire ici. - Posons les identités: \ (3x+1)2“:[(3x+19n—1] +1 <‘3x+ r)“=[(3x+ x>’n— 11+! danslesquelles[(3x+1)"“—1]:m. 3 et [(3x+ I)“-— I] : m'. 3, ce qui ressort avec évidence à la simple inspec tion des formules, page 150, puisque ces quantités ne sont autre chose que les N — I termes des seconds membres des équations (1).
Or toutes les puissances d’un nombre pair sont paires, et toutes les puisænces d’un nombre impair sont im— c (1) Je dis N —— I et non n — I pour éviter une autre rectifi— cation: le développement du bmôme de puissance n con tient n + I terme; je fais N : n + I pour donner plus de clarté à ma démonstration: N — I : 71 représente la totalité des termes moins I.
284 L'INITIATION paires. Donc, si 171. 3 est pair,.m’. 3 est pair aussi, et si m. 3 est impair, il en est de même de m'. 3. D'autre part, la somme de deux nombres impairs est paire, tout aussi bien que la somme de deux nombres pairs. _ Par conséquent, m. 3 + m’. 3 : 2M. 3 ;j’ava15 donc le droit d’écrire = m. 3 + 1. Mais je conviens qu’il est plus régulier de justifier cette abréviation, en a faisant précéder de la démons tration ci-dessus. D“ F.
ROZIER. Nous empruntons à l’Écho du Merveilleux la très belle nécrologie suivante de l’abbé Schnebelin. N. D. L. D. NÉCROLOGIE L’ABBË SCHNEBELIN L‘abbé Schnebelin vient de mourir. Les journaux de la semaine dernière nous ont appris son décès en deux lignes sèches, pressées, pourrait—on dire. Il nous semble que la disparition de cet homme étrange et bon mérite quelque chose de plus qu’une brève information.
L’abbé Schnebelin fut un être très complexe et très mystérieux, dont la psychologie tentera sans doute quelque amateur de problèmes ardus. Nous avons sim— plement l’intention de rappeler ici quelques souvenirs et quelques anecdotes sur sa vie. ' On sait qu’il fut l’inventeur d‘une poudre à laquelle il donna son nom : la -3clmebelite.
Cette découverte lui procura l’avantage de s’aboucher avec une société finan— cière dont il n’eut pas à se louer, croyons—nous. Il est difficile de porter un jugement sur cet épisode de sa vie, — ainsi d’ailleurs que sur le nombre de ses acres. Beaucoup de gens ne parlaient de l’abbé Schnebelin
NÉCROLOGIE 285 qu’avec une sorte d'effroi n0n dissimulé et, pour un peu, se fussent signés en prononçant son nom. « C’est un sorcier. » disait—on de lui. Sans doute, il put se livrer, lui prêtre, à des occupations suspectes, à des sciences et à des expériences que la religion catholique réprouve, mais il ne faut pas oublier qu’il fut, et, je dirais presque, qu’il fut avant tout un être de dévouement et de charité.
J‘en donnerai toutà l’heure des preuves. Rappelons d’abord, si vous le voulez bien, un des faits les plus saillants de son histoire : son intervention dans les phénomènes de Valence-en—Brie. - Ceux—ci ne sont pas très vieux : ils datent de deux ans. None directeur et ami, Gaston Mery, a parlé tout au long de la maison hantée de Valence-en-Brie, dans une de ses brochures.
Un iour, M. et MM Lebègue, les habi— tants de cette maison, constataient avec stupeur qu’une voix caverheuse proférant des grossièretés se faisait entendre dans toutes les parties de leur domicile. Puis ce furent les vitres des fenêtres qui volaient en éclats, les meubles qui changeaient de place, les pendules, les vases, qui dansaient une valse effrénée.
Force fut d’at tribuer ces phénomènes à une autre cause qu’à la mal— veillance.‘ L'abbé Schnebelin vint à Valence—en-Brie. Après examen approfondi, il conclut à la mise en action d'an— ciens secrets que certaines familles de paysans se trans mettent de génération en génération.
Il Conseilla à M. Lebègue, lorsqu'il entendrait la voix, de transpercer le vide, avec un couteau, avec un sabre, avec une pqintc quelconque, à l'endroit d’où elle semblerait partir. « Il n’y a dans ces faits étranges, déclara-t-il à cette époque, absolument rien de diabolique.
Ils ne sont que la mise en œuvre de fluides spiriques qui ont avec les fluides électriques une apparence de parenté. » Partant de ce principe, l’abbé Schnebelin, armé d’une redoutable colichemarde, enheprit de perforer le vide partout où il entendait la voix ou les bruits. Et -— fût-ce simplement une coïncidence? —— les bruits diminuèrent d'intensité, puis cessèrent. L’abbé Schnebelin proclama qu’il avait tué c l’esprit » cause de tout le mal, qu‘on appelait familièrement
2 86 L’INITIATION « Jacques ), et qu'on allait trouver son cadavre. C’est ici où l’histoire devient absolument fantasmagorique. Le jour même Où les phénomènes cessaient à Valence, on trouvait dans une cave, du côté de Bois-Colombes, le cadavre de M. L..., un ancien commandant qui vivait là d’une façon très mystérieuse, et il fut impossible de dire comment il avait été tué.
Or l'abbé prétendit que les phénomènes étaient produits par le commandant L... Avons-nous besoin «le dire que nous sommes beau coup moins affirmatifs, et, que de ces faits, curieux à signaler, nous ne tirons pas les mêmes conclusions que l’abbé Schnebelin? Quoi qu’il en soit, le bruit des exploits de l’abbé se répandit, et ce fut bientôt chez lui une proeession de gens envoûtés ou se disant tels, et de malades de toute sorte.
Un médecin, qui habitait dansla maison de la rue du Rocher où demeurait a cette époque l‘abbé Schne— belin, se plaignit de cet état de choses et réussit à faire donner congé au désenvoùteur. L’expulsé partit en menaçant son propriétaire, qui n’était autre que M. Lockroy, de provoquer dans son immeuble des phénomènes semblables à ceux de Va lence-en-Brie, afin de faire fuir les locataires. L’abbé ne mit pas sa menace à exécution.
Fût-ce parce que les efforts tentés par lui dans ce sens furent impuissants? Ou faut—il croire qu’il renonçaà son projet? La deuxième hypothèse est plus charitable, mais nous ne saurions nous prononcer... Le commerce des malades n’enrichissait pointle pauvre abbé. Un de nos amis, allant lui rendre visite un jour, le trouva au lit.
Il s’enquit de sa maladie : « Je ne suis point malade, lui répondit l’abbé, je viens d’envoyer chez le dégraisseur mon unique soutane. » Il était d’un naturel généreux, et l’argent qu’il recevait pour prix de ses désenvoûtements lui filait, comme on dit, entre les doigts.
Hâtons-nous d'ajouter que cet argent était pour la plus grande part converti en aumônes, et qu’il arriva plusieurs foisà l’abbé Schnebelin, après avoir soulagé dans sa journée plusieurs infortunes, de se mettre en quête de quarante sous à emprunter pour pou voir dîner. \
NÉCROLOGIE 2 87 Ces traits suffisent à éclairer un des côtés d’une vie. Chassé de la rue du Rocher, l’abbé Schnebelin se réfugià au fond d’Auteuil, dans la tranquille rue Ribéra. C’est là qu’il mourut la semaine dernière, et c’est là que je. suis allé chercher pour nos lecteurs quelques détails circonstanciés sur sa mort. Fort obligeamment, les concierges de la maisonqu'ha bitait l’abbé se sont prêtés à l’interview.
Ce sont les per— sonnes les mieux placées pour me renseigner, car l’abbé Schnebelin vivait seul, étant en assez mauvais termes avec les membres de sa famille. —- De quoi l’abbé Schnebelin est-il mort ? ai-je demandé quand je fus assis dans la loge, en face des deux époux. — Tout d'abord, me répond le mari, il avait une ma ladie de coeur. De plus, il était affligé de varices et d’hy dropisie.
Depuis son arrivée ici, il avait été souvent malade, et plus d’une fois il dut s’interrompre de soigner ses malades afin de se soigner lui-même. Il souffrait donc depuis longtemps quand une attaque l’a brusque— ment terrassé. Lundi de l’autre semaine, il était allé voir des amis à lui, faubourg Montmartre. Le soir, on l’a ramené ici agonisant, inerte, les yeux éteints, dans un état lamentable, et le lendemain il rendait le dernier soupir.
Il n’avait que quarante-sept ans, bien qu’il parût plus vieux. — Il recevait beaucoup de malades ? —— Ah! Monsieur, m‘est-il répondu, c’était tous les jours un véritable défilé, et l’on peut dire sans exagérer qu’il a reçu parfois plus de cent personnes dans une journée. Ceux de ses malades qui étaient en traitement ont été bouleversés en apprenant sa mort.
Tenez, il est venu hier un monsieur qui m’a dit : 41 Je suis désespéré, pendant dix ans j’ai vu des médecins. Aucun n’a pu me guérir.
Depuis le peu de temps que l’abbé Schnebelin me soignait j’éprouvais un réel soulagement. ) , Le concierge et sa femme m’expliquent ensuite que la nombreuse clientèle de l’abbé Schnebelin comprenait trois catégories : ceux qui le payaient, ceux qui ne lui donnaient rien, ceux à qui il donnait de l’argent. —v Tout le monde l'aimait, m’assurent-ils. Questionnez tous ceux qui l’ont connu, ils vous diront que c’était un
288 L’lNl'l'lATlON brave homme. Je ne sais comment il faisait, mais il a guéri un grand nombre de personnes. C’est bien curieux! Pour certaines maladies, il ordonnait de mettre sur la peau une feuille de chou! —- Une feuille de c‘*ou? —— Parfaitement, et je sais des gens qui se sont bien trouvés de ce régime. Mais, je vous le répète, je ne sau rais vous dire dans quel cas il conseillait ce remède. — L’abbé n’était pas riche 1’ — Non. Monsieur.
Savez-vous quelle somme on a trouvée chez lui après sa mort? Trente-sept francs. Pas un son de plus. Quand Il est arrivé ici, il était absolu ment dans la gêne. Sa situation, depuis, s’était amé liorée. Mais ce qu’il gagnait d’un côté, il le donnait de l’autre. Alors... _ Je demande des nouvelles du garçonnet que l’abbé Schnebelin avait avec lui lorsqu’il demeurait rue du Rocher, et qui lui servait de médium.
Il a quitté l’abbé voilà près d’un an. Le concierge me confie que le pauvre enfant se grisait abominablement. Nous revenons à l’abbé. . -— J’ai fait poser les scellés chez lui, dit mon interlo cuteur. Croiriez-vous que personne de sa famille ne s’est dérangé pour assister à son enterrement!
C’est moi qui me suis occupé de toutes les formalités, et j’ai marché seul, derrière le cercueil, jusqu’au cimetière de Ba gneux. ’ Pendant quelques minutes encore, j’ai causé avec ces braves gens, chez qui l'on sent, quand ils parlent du dé funt, un attachement sincère, puis j’ai remercié l’aimable ménage.
Je suis parti en évoquant l’originale figure disparue, et, cherchant à résumer mes impressions, je me suis dit: « En somme, il a fait certainement du bien aux autres, et n’a fait de tort qu’à lui. » Gaston Cuosmun. Le Gérant : Excaussn. ‘_.- ... ___ ._ rouas. -— IMP. E. ARRAUL’I‘ ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6. “
AMPHITHEATRUM SAPIENTIÆ ÆTERNÆ KHUNRATH RÉÉDITÈ PAR LES SOINS DES Drs MARC HAVEN et PAPUS CHAMUEL, dépositaire général 5, rue de Savoie, Paris Les exemplaires de cet ouvrage ne se trouvent pas dans le commerce à moins de 30 ou 40 francs, et ils sont le plus souvent incomplets. La réédition actuelle renferme la reproduction absolument parfaite des onze planches de l'ou vrage original, montées sur ouglets et luxueu sement imprimées, Ces planches forment, à elles seules, un tout vraiment complet et chacune d’elles est une véritable synthèse occulte; Le texte latin, qui constitue un autre enseignement, sera traduit et publié avec les œuvres complètes de Khunrath. ' PRIX DE L'OUVRAGE, IN-FOLIO Broché '7 fr. 50, cartonné 9 francs. Cette réédition est tirée à très peu d’exemplaires et sera très vite épuisée.
ïÆNWN ÏDÉAMSTE ËÙNWERSEMÆ Notes and Queries, S. M. Gould .à Manchester (N. H.) U. S. A. Frie 0rd. A. Sabro à Christiania (Norvège.) Nordisk Frimurer-Titenda, Alb. Lange à Chris tiania (Norvège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie) Nuoua LL\‘, 82, via Castro Pretorio à Rome (Italie). Lug astral, 6, passage Sarmiento à Buenos-Ayres (République Argentine), L’112{tiation, 10, avenue des Peupliers, Paris. El—Hadirah, 19., rue de la Kasbah, Tunis. —w..<.(... ___Am I, . . I ' . - ‘* ;A .-._-__.._.-.- idn‘-7-_.. ' ' ."
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Ésotérisme et Socialisme. RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. ‘ CLASSIQUES , ' ELIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. i SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. l ' '\ La Langue hébraïque restituée. FABRE D OLIVET' ' ' ' ' I Histoire philosophique du genre humain. . ALBERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. LITTÉRATURE ‘ ( La Magicienne. JULES LERMINA. . . . . I A Brûler. g Zanoni.
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