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L’Initiation {7.x ' Revue philosophique des Hautes Études v/. ' ' PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DXRECTION DE ' PAPUS o o. »1« Docteur en médecine ——Docteur en kabbale - 40° VOLUME. — ’1’1'“ ANNÉE ‘ SOMMAIRE DU N0 11 (Août 1898) ._ÿ .._ PARTIE INITIATIQUE. . La Création . . . . . . . . Sédir. ' (p.. 97 à 128.) PARTIE PHILOSOPHI— e comte Cagliostro par QUE _ _ . _ _ , , . nu les Rus.9eS. . . . Heyking. _(p. 129 à 133.) Afirabeau . . . . . . . . .
Guymiot. (p. 134 à'14n.) Calculs . . . . . . . . . . Dr Rozier. (p. 141 à 156). Quelques superstitions d’ordre médical en Chine . . . . . . . . . . J.-J. Matignon. (p. 156 à 164.) De la réduction théoso— . plzique . . . . . . . . . . A. Ritt. (p. 165 à 184.) Ordre Martiniste. — Une explication.— Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, me de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME 1' Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Efl’rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue Social, l'1nitialion adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains: le cle'ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans I’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie lj.itte’raire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 franœ par an , (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) -«—3 maman——
L’Initialion du 15 Août 1898 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE 1’ Initiation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO -— F. CH. BARLET, S.'. — GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.'. 53 — JULIEN LEJAY. S.'. I.'. -—- EMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) —— LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.-. (D. S. E.) MOGD. S.'. I.'. — GEORGE MONTIÈRE, S.'. l.'. 5 —- PAPUS, S.'. 1.-. & — SÉDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.‘. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. m AMELINEAU. — ALEPH. — Dr BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 3o' — BLlTZ. — BOIANOV. — JACQUES BR1EU. — CAMILLE CHAIGNEAU.—— CHIMUA DU LAFAY. -— ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — FABRE DES ESSARTS. — D“ FUGAIRON. — DELÉZlNIER.— JULES GIRAUD. -— HAATAN.—- L. HUTCHINSON.—JOLLIVET-CASTELOT.— L. LE LEU.—L. LEMERLE. ,— LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G.
POIREL. — RAYMOND. — D“ ROZIER. — D“ SOURBECK.. — L. STEVENARD. -— THOMASSIN. ,— G. VITOUX. —— HENRI WELSCH. — YALTA. . ' ’ 3» _ PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVILLE. =‘- E. GOUDEAU. — MA— NOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. —— L. HENNIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS.—- GEORGE MONTIÈRE. — LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. -— ROBERTySCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. -— CH. DE SIVRY. k 40 POÉSIE CH.
DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. —— JEAN DELVILLE. - YVAN DIETSCHINE. — CH. GROLLEAU. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. — J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ. \—
L'Initian‘on du 15 Août 1898 ' L’INITIATION rmäatm> _x.<_ , _. DIRECTION ADMINISTRATION Villa Ilonlmoroncy, I0, aven. des Peupliers PARIS—A UTEUIL ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO DIRECTEUR : PAPUS c H A M U E L DIRECTEUR ADJOINT: Lucien MAUCHEL 5, Rue de SIIVOIÛ ’ Rédacteur en chef: PA F.-Ch. BARLET ' Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an. [0 fr. J.
LI:JAV — PAUL SÉDIR ETRANGER, _ ,2 tr' RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, ’ 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d‘avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus,tôt que le mois suivant. EIII’IIII’E IIIIEI’EIDIIT D'ÉTUDES ÉSIIIEIIIQIIE3 1,600 Membres —- 104 Branches et Correspondants — Groupes d‘Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE + CROIX. -—ÉGLISE GNOSTIQUE socrÉ TÊ ALCHIMIQUE DE FRANCE A.,»’r.l An__a;y_—
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' PARTIE INITIATIQUE LA enaarou <l> THÉORIE KABBALISTIQUE La première classe d’initiés, lès prophètes, est sou? mise, dans son action extérieure, au seul concept de l’unité divine ', mais ce système, qui va servir de base secrète à leur action, étudiera l’unité divine selon un certain point de vue, consigné dans les symboles de la tradition mosaïque ou kabbale.
Cette tradition, contenue en corps de doctrine dans le triple sens des livres de Moïse et en commentaires dans les traditions orales transmises depuis les soixante-dix premiers membres du Conseil des Anciens, repose tout entière sur le dogme de la Trinité ; c’est ainsi qu’elle prouve, (I) La revue littéraire .’\Iatinespublie dans son dernier numéro les pages suivantes de Sédir, qui ser0nt, nous en sommes con— vaincus, très prisées de nos‘ lecteursÏ_ > N.
D. L. D. , 4 Il.,,. ..,.«.-___N .- - \.- ni..._.c. ‘ _,_. . . L .L....... . ......,.W.. _ .q-‘A‘x ’\<.-—’. 7.. 4"’ ':\ "' ' ' l" ‘ ' "' ""‘ ' __ \ >“ -.. ‘m‘\ . v. ‘ _.,=—_,.«gn.‘_..s—..‘fla‘ ,, ;—‘ umMW!—wfl
98 L'INITIATION l_AOUT aux yeux compétents, l’orthodoxie de sa filiation, comme synthèse des traditions de l’ancienne race rouge et de l’ancienne race noire. Je ne puis ici déve lopper les preuves de toutes ces affirmations nou velles; force m’est de renvoyer le lecteur aux ouvrages spéciaux et aux témoignages, discrets mais indiscu— tables, de toute l’antiquité classique.
Je commencerai par établir que le dogme de la Tri nité est bien effectivement la base de la Kabbale; nous aurons ainsi l’énoncé des agents créateurs de l‘uni— vers, et nous pourrons étudier ensuite leur modus ope randi.
« Le premier verset de la Bible : Breschit bra Ælhim, ath-h slzmim vath h-arel{ peut’ être traduit, dit le chevalier Drach, de cette ma nière : Par le Principe, « Dieu créa le Ciel et la Terre. » Quel est ce Principe qui ouvre l’Écriture ? Qui est le premier mot du volume inspiré ?
« Ce qu’il y a de bien remarquable, ajoute, après quelques commentaires chrétiens, le savant juif converti, c’est que le principal livre cabbalistique, le Zo/zar, dit formellement que le terme résc/zit est un des noms de la Divinité, et qu’il désigne le VERBE, la Sagesse éternelle; que ce mot, au commencement de l’Écriture, a pour préfixe la lettre Bel/z, dont la va leur numérique est deux ou deuxième, parce que le Principe a deux natures, et parce que le même Prin cipe est le deuxième dans l’ordre du nombre divin ; enfin, que Reschil est au singulier parce qu’il dénote une seule et même personne. y , « Il serait tr0p long de rapporter ici tous les pas M‘I_’An ,.....‘.u
I898] LA CRÉATION 99 sages du Zohar sur la première section de la Genèse, qui répètent plusieurs fois ces différentes propositions. Nous nous bornerons aux citations suivantes : I° Fol. I, col. 10 « Bereschit répond au mystère renfermé-dans le nom Jehova. » 2-° Fol. 8, col.
30 « Sur ces paroles du texte, Dans le Principe Dieu créa, etc., Rabbi Hhiya s’est expli qué de cette façon : Il est écrit: La crainte de Dieu est le Principe de la sagesse (I). L’auteur sacré aurait dû dire : La crainte de Dieu estla fin de la sagesse et non le commencement, puisque la sagesse est le danger qui conduit à la crainte de Dieu. Mais il entendait parler de la sagesse céleste, éternelle.
Il voulait nous dire que la crainte de Dieu est la première porte par laquelle on entre pour s’approcher de la sagesse éter— nelle. La préfixe beth, devant le mot résclzit, Principe, annonce qu’il y a dans ce Principe, deux qui sont unis ensemble; deux points unis dont l’un est caché et invi sible, et l’autre se montre à découvert. Et, parce qu’ils sont inséparables, le terme re‘shit est du singulier : un non pas deux.
Qui reçoit l’un reçoit également l’autre, n’étant qu’un. Car il est lui-même son nom, et son nom est un, ainsi qu’il est écrit : « Et qu’ils sachent que toi seul as nom Jehova. » (Ps. LXXXIII, 19.) I ‘ « Il résulte de ce passage important : a. Que le Principe, rêschit, est le VERBE, la sagesse céleste, éternelle, et qu’il est en même temps identique avec Jehova... (I) Zohar, sur la Genèse, fol. I, col. Il. .— \"æ.“’\ ‘. ---..':.. ‘ >*s. u».vu >-.' ‘>,\ -‘w ‘ ;’;‘%=—.Àa.mw‘ “-, _,—..W‘_.M_“uästgmwä.Mu—
100 L’lNlTIATION « 3" Fol. 15, col. 58. Dans le PRINCIPE, mystère de la Sagesse. Dans le PRINCIPE, c'est le VERBE qui correspond au degré de la sagesse. et il est appelé Résc/zit. « 4° Fol. 20. col. 79. « Bellz-Rêschit, c’est la sagesse. ainsi que l’interprète Jonathan (1), par la sagesse (Be-Hochmala). parce que ce Rëschit est le second dans le nombre.
Et il est appelé rêsc/zit. principe“ parce que la couronne céleslc. toujours invisible, ne faisant pas encore nombre, le Rêsclzit est le second: c'est pourquoi il est dit : Dieu produisit betIz—rësc/zi1 (le principe second‘. De plus, comme la sagesse d‘en haut (2) est le Principe, de même la sagesse d'en 1 bas (3) est aussi le Principe. Par ce motif, il ne faut pas séparer la lettre bel/1, deux. du nom résclzit.
NOUS appelons ce beréschit, le Verbe, et tel il est. » « Ici notre livre cabbalistique révèle encore de grands mystères : « Que le Principe est le second dans le nombre de la très sainte Trinité. de même que la couronne céleste restée invisible, c’est-à—dire qui ne s’est pas incarnée, car la première dans ce nombre, ou, comme dit le Zohar, ne faisant pas encore nombre.
« Que dans la même personne du Principe se trou vent à jamais unies la sagesse d’en haut. la divinité, et la sagesse d’en bas, l’humanité élevée à la divi nité (4). » (1) Jonathan-ben-Huziel (V. du chevalier Dracb). (2) La nature divine ou éternelle. (3) La nature humaine. (4) P.-L.-P. DRACH, De l'Harmonie entre l’Eglise et la Syna gogue, etc.; Paris, 2 vol. in-8°, t. l”, pp. 236 et suiv.
LA CRÉATION 10 I En d’autres termes: 1° Le Principe créateur de l’Univers est,selon la Kabbale, émané ou envoyé par la Source incognoscible et à jamais occulte. Et 2° le premier acte du Verbe créateur ou la pre mière créature produite par lui est I’Homme-essence, techniquement l’Adam-Kadmon; c’est—à-dire (1) un être éternellement homogène à lui—même, dès le com— mencement inconcevable de toutes les éternités.
Mais comment arriver à saisir, dans son ineffable pureté, le comment de l’acte créateur?
« Rabbi Aron, surnommé le Grand, et qualifié par les rabbins de grand cabalz'ste, chef de l’académie de Babylone, par conséquent antérieur au 1&1° siècle, dit dans son livre de la Ponctuation : « Aucun homme, quelques efforts qu’il fasse, ne pourra se former une véritable idée du triple nombre qui subsiste dans la manière d’être, dans l’essence de Dieu; à cet effet, ferme ta bouche, et ne cherche pas à expliquer cette disposition naturelle de son être.
C’est pour annoncer ce mystère sublime que dans le verset: Écoute, ô Israël, Jéhova, Elohim, Jehoua (est) un, la dernière voyelle est un . Kametç.
Or Kamet; signifie clore, comme si le texte disait : clos ta bouche et n’en parle pas (2). » Cette étude silencieuse, que l’on retrouve symbo— lisée dans l’Inde par la grande figure du sage Dakshi namourthi, possède un programme et une méthode qui sont exprimés, selon l’ancienne symbolique, par (1) Par l’analyse hiéroglyphique des racines. (2) DRACH, op. cit., p. 311. " \. ..<_,,‘: L_..\ï\çü ....,_.f«.,.-c»«,ñ ..\ ...,__H 73 _,... ... _--......, «.,,_\,__s.{ .\MNMAA,W«
102 L’INITIATION son propre nom; ce nom qui exprime toute la hiérar— chie de l’Être et toutes les catégories du Savoir sur la Terre, dans l’Homme, dans le Kosmos et dans le Mystère divin, n’est autre que le célèbre Tetragram maton, Jéhovah, que l’on écrit lave.
« Les lettres Iod, He’ et Vaf, dont se compose le nom ineffaçable de Dieu, JEHOVA, ont toujours été regardées dans la synagogue comme désignant la très sainte Trinité; savoir: la première, lad, est le point origine, le point générateur, dans lequel rentrent ses émanations pour, le tout, ne former ensemble qu’un seul point; la seconde lettre, Hé, désigne le VERBE éternel.
Les cabbalistes appellent souvent celui-ci la Mère, parce qu’avec le Père, et moyennant la puis sance génératrice que celle-ci lui communique, il produit une troisième Vertu divine, sans que le point, qui les renferme tous trois, cesse d’être un point unique et parfait; la troisième lettre, Vaj, désigne, selon la signification de son nom, et comme particule copulative, l’émanation de Dieu, qui est l’accord, la concorde, le lien d’amour.
« La seconde lettre seule se répète, et se répète après la troisième lettre, pour signifier sa seconde nature ( I ). Les rabbins appellent ce nom :le nom de la subs— tance, le nom del’être, le grand nom, le nom sublime, le nom vénéré et terrible, le nom incommunicable, le nom mystérieux, le nom distingué, le nom ineffable, le nom de quatre lettres, le nom par excellence (2). (I) DRACH, op. cit., p. 298. (2)ID., p. 334. muni—d
LA CRÉATION 103 Les Kabbalistes, étudiant l’action du Verbe dans , son extériorisation, le considèrent sous deux points de vue: comme être vivant et comme milieu. Le Verbe personnel, ils le désignent comme l’Adam dont nous avons parlé plus haut.
Le Verbe substantiel, ils l’ap— pellent Aor, la lumière, mot que Fabre d’Olivet tra duit : élémentisationintelligible.Voici quelques textes kabbalistiques à l’appui de cette opinion : « La lumière primitive est appelée tôb, le bon. » (Zo/zar, fol. 22, col. 88.) « L’HOMME bon, c’est le Très-Saint, béni soit-il, qui est appelé bon, ainsi qu’il est écrit :Je’houa est bon pour tous. Ps. cxr.v,g. » (Ibid., fol. 48,c01.
190.) « ElDieu uz'tque la lumière était bonne (tôb). C’est la colonne du milieu (1). La lumière de ce TOB (bon) brille dans le ciel, sur la terre, dans les autres pro— priétés du mystère du nom Jehova; nom qui ren— ferme toutes les propriétés. » (Ibid., fol. 4, col. 16). « Et Dieu appela la Iumz‘èrejour.
Que veut dire il appela P Il disposa cette lumière, pour faire sortir de cette lumière parfaite, qui se tient au milieu, une lumière qui est le fondement du monde, sur laquelle reposent les mondes. Et de cette lumière parfaite, colonne du milieu, dérive le fondement, celui qui vit éternellement, qui est le jour du côté droit. » (Ibid.) « Que la lumière soit.
Toutce qui s’est produit ne (I) Les cabalistes désignent souvent de cette manière la deuxième hypostase. .. ,2_, .., » q1,‘k__,h ‘____kw\_, , ' k\æ*\‘\*‘\r"“"\.‘ä,..
104 L’INITIATION s’est produit que par ce mystère, soit (le/12') qui se réduit au mystère du Père et de la Mère, renfermé dans les deux lettres [0d et Hé, et il s’absorbe ensuite dans le point primitif. » (Ibid.. fol. 3, col. 15) (I). Dans le même livre du Zohar. la première partie intitulée Siphra D;enioutha ou Livre du Mystère, va nous expliquer plus complètement l’acte double du Verbe créateur.
' On se rappelle quej’ai signalé, quelques pages plus haut, d’après Fabre d’Olivet, la lacune qui existe dans le Sepher de Moïse, relativement aux mystères théo goniques. Le Siphra Dçenioutha comble justement cette lacune par ses premiers versets, que nous allons reproduire et commenter (2) : , « V.
4. —— Le Livre du Mystère est le livre qui décrit l’équilibre de la Balance. » L’équilibre dont il s’agit ici est le plus universel que l’on puisse concevoir qui se perpétue à travers les éternités entre les deux plateaux de l’être et du Néant, et dont le balancement constitue la vie universelle, c’est—à-dire le grand Mystère de la production et de la disparition des choses. « V.
3. — Car, avant qu’il y eût équilibre, la face ne regardait pas la face, » c’est-à-dire, quand l’équi libre des forces qui soutiennent le monde n’existe pas, il n’y a ni être, ni Néant, mais seulement un chaos indéterminé où sont dissous les germes de toutes choses. (1) Cf. Daxcu, op. cit., pp. 299, 300, 301. (2) Le Zohar, trad. par HENRI CI—IATEAU; Paris, 1895, in-8. M._.._- ....0/«' ..-. ., ..E . fi; / . .. .
LA CRÉATION 105 « V. 3. — Et les rois du temps/ancien moururent, et leurs couronnes ne furent point trouvées, et la terre fut désolée. » Ceci indique la dissolution des puis— sances de l‘ancien Univers, leur évanouissementdans le Néant originel et la Nudité absolue qui remplaça l’épanouissement de la Vie.
Ainsi la théorie kabba listique enseigne que les Univers sortent et rentrent successivement de l’Ancien des Jours; qu’ils subsis tentipar « l’équilibre qui pend en ce lieu qui existe négativement», c’est—à-diredans lesein deCelui qu’on ne peut décrire que par la négation de toutes les idées que l’on s’imagine en Lui ; en Celui-là « montèrent, et en lui montent ceux qui ne sont pas, ceux qui sont et ceux qui seront ».
La Tête del’Ancien desJours, c’est-à—dire le Principe (Réschit) est l’Occulte dans l’occulte; elleadix parties: le crâne, la peau, les cheveux, le front, les oreilles, l’oeil et les deux narines, qui sont les dix vertus agissant dans l'Univers et le régissant, ainsi que nous allons essayer de l’expliquer, en parlant des Séplziroth.
Les cabbalistes donnent à la source infinie de toute la création le nom Aî'n-Soph; ce mot signifiel’abîme originel, le fonds incompréhensible d’où découlent toutes les formes. L’homme ne peut saisir cet Aïn Soph que dans sa manifestation ou sa splendeur, qui constitue les dix Séphirot/z ou numérations. Voici comment se constituent ces numérations (I) : Le Père, le Fils et l’Esprit sont les fondements de (I) Cf. PAPUS, Traité élémentaire de scienœ occulte; Paris, 1898, in«18, pp. 230 et suiv.
106 L‘INITIATION chacun des trois mondes ; et chaque monde se con tient lui-même plus un reflet de chacun des deux autres. On obtient ainsi un triple ternaire, tonalisé soit par l’unité principiante, soit par l’unité principiée, ainsi quele montre le tableau ci-contre.
Chacune de ces dix séphiroth ou numérations, re— présentant symboliquement les phases successives de l’action du Créateur, peut servir et sert en même temps de clé pour l’organisation générale de la science et d'instrument analogique de recherche pour étendre le champ de cette science, dans n’importe lequel de ses ordres.
Je'ne pense pas que de plus longues expli cations faciliteraient l’intelligence de ce système; il faut, pour s’en assimiler le fonctionnement, le réduire de suite en pratique, quelque lents qu’en puissent être les résultats au début. Peu à peu, par l’effet d’une sorte de vision intuitive, on arrivera à le saisir de mieux en mieux dans son essence et dans sa forme.
En application morale, voici les conclusions de ce système : La vie soupire sans cesse vers l’unité ; les êtres élé mentaires ne sont susceptibles d’aucune vie spirituelle; ils ascendent mais ne peuvent évoluer: chez aucun d’eux, l’extérieur ne vient se perdre dans l'intérieur, le réel dans l’idéal.
L’être qui couronne l’ensemble et qui lui donne en même temps sa haute initiative, c’est l’homme, par ticipant des trois mondes, lentille concentrant les êtres pour en {reverser sur le monde un faisceau de glorifi cation.
LA CRÉATION 107 Aïn Soph UNITÉ PRINCIPIANTE l MONDES TROISIÈME PREMIER DEUXIÈME I I \ PÈRE Kether La Couronne Reflet du z. PREMIER Hochmah Reflet du 3° La Sagesse Binah I L'Intelligence Reflet du X" Tipheret/z La Beauté ' FILS DEUXIÈME Hesed Pechad La Miséricorde La Crainte Reflet du 3° Reflet du l‘-‘" Iesod Le Fondement \ Reflet du 2° TROISILME Netxah Hod La Victoire La Gloire ESPRIT UNITÉ PRINCXPIÉE Mal/math Le Royaume
108 LÏNI'HAIION Dieu se sert de l‘homme pour attirer la créature au cœur de son amour. Ainsi la créature a une double vocation: construire librement son unité et répondre aux conditions de son existence et aux vues infinies de l‘amour éternel. Enfin l’homme qui résiste absolument aux moyens de retour ou de réintégration que lui offre la grâce, est lancé pour jamais dans un orbite sans fin, hors du cercle de l’harmonie (l). THÉORIE ALCHIMIQUE Outre les nombreux hiéroglyphes et figures symbo liques dont les alchimistes ont parsemé leurs livres nous avons la bonne fortune de posséder la source d’où ils ont tiré leur science et leur art: c’est la Table d'Émeraude. Sans nous attarder à discuter l’âge et l’authenticité de ce monument, nous allons en repro duire tout ce qui a trait au sujet de notre étude. et nous compléterons cette citation par quelques brefs commentaires. La meilleure version française de ce vieux texte est celle qu’en a donnée le très savant et très regretté marquis de Guaita dans son dernier livre, la Clé de la Magie Noire (2); en voici les extraits, d’après la version latine de Henri Khunrath : « Il est vrai (en principe), il est certain (en théorie), (1) D‘après Mouron, Philosophie de la Tradition, traduit de l‘allemand. par X. QURIS, Paris, 1837, in-8. (2) Or. in-8. Paris, 1898; pp. 105 et suiv. l
LA CRÉATION 109 il est réel (en application): Que (ce qui est en bas (le monde physique et matériel) est comme ce qui est en haut (analogue et proportionnel au monde spirituel et intelligible) et ce qui est en haut comme ce qui est en bas (réciprocité complémentaire) pour l’accomplis sement des miracles de la chose unique (loi suprême en vertu de quoi se parfont les harmonies de la créa— tion universelle en son unité).
« Et, de même que toutes choses se sontfaités d’un seul (accomplies, réalisées, en vertu d’un seul p;in cipe), par la médiation d'un seul (par le ministère d’un seul agent), ainsi toutes choses sont nées de cette même unique chose, par adaptation (ou par une sorte de copulation) (I).
« Le Soleil (condensateur de l’irradiation positive ou de la Lumière au rouge, od) est son père (élément producteur actif de cet agent) ; la Lune (miroir de la réverbération négative ou de la Lumière au bleu, 0b) est sa mère; le vent (atmosphère éthérique ambula— toire) l’a porté dans son uentrey(lui a servi ou lui sert de véhicule).
La terre (envisagée comme type des centres de condensation matérielle) est sa nourrice (l’athanor de son élaboration) (2). _ « C’est là le père (élément producteur) de l’univer— sel 7e'lesme (perfection, but final à atteindre) du Monde entier (de l’Univers vivant) . (1) <<Per conjunctionem », variante de la version Glauber, (miraculum Mundi, de mercurio philosophorum, Amstel., 1653, in-8, p. 74) (2) Le Soleil, la Lune, le Vent et la Terre désignent içi les éléments Ç" .nme types des quatre modes du Mouvement uni- . versel. (Bu ' S.) à?
1 I0 L'INITIATION « Sa puissance (force d’extériorisation créatrice, le fleuve Phishôn de Moïse) est entière (parfaite, ac complie; intégralement déployée jusqu’au total épa nouissement).
Quand elle s’esl métamorphosée(mot à mot: quand elle s’est tournée) en Terre (Aretz de Moïse, substance condensée et spécifiée, forme ultime de l’extériorisation créatrice, matière sensible). » Six cents pages plus loin, le même auteur (1) va ndus fournir d’autres éclaircissements : « Comme toutes les écoles d’0ccultisme, les alchi mistes enseignaient, avons—nous dit, l’unité de subs tance sous la multiplicité des apparences phénomé nales.
« La matière sensible, diverse et multiforme, n’était pour eux qu’une illusion plus ou moins durable, pro longée en divers modes convertibles: les transmuta ti'ons, dans leur système, consistaient au passage d’un de ces modes à l’autre. « Ils connaissaient trois principes générateurs des choSes manifestées et quatre éléments de manifesta non.
« Soufre, Mercure etSel: ainsi dénommaient-ils leurs trois principes; —— le Feu, l’Air, l’Eau et la Terre: tels étaient les emblèmes de leurs quatre élé ments. . . « Soufre, Mercure et Sel correspondaient à ce qu’ils nommaient encore : feu inné, humide radical et base essentielle des corps (2). Traduisons: le soufre, (1) Stanislas de Guaita. (2') Ou bien encore Archée, Azoth, Hylé.
LA CRÉA’I [ON 1 1 1 principe de la forme; — le mercure, principe de la substantiation; ——et le sel, principe mixte de la ma nifestation objective.
« Le Soufre—principe sera donc, suivant le dire naïf d’un ancien alchimiste (i) : <<le feu céleste qui, s’introduisant dans les semences inférieures, suscite et fait paroistre la forme intérieure du plus profond de la matière, avec tout son ornement et son équi page; et voilà comment la génération se fait par le moyen de ce feu céleste, et comme toutes choses élé mentaires icy—bas en dépendent, comme de leur vraye source et origine. » « Ce vieil auteur n’est pas moins explicite quand il définit le Mercure—principe: <<L’humide radical de toutes choses qu’en chymie on appelle Mercure, c’est la substance humide, première née en la semence de toutes choses; sur laquelle le feu naturel ou souphre vital agitpour en pousser les formes musses et cachées dans le trésor de son abysme.
J’appelle abysme, les vertus et propriétez de cet esprit de vie qu’il a pres que infinies, pour tirer de soy-mesme toutes sortes de formes. » « Le Sel—principe, dit encore Jean Fabre, « est le siège fondamental de toute la nature en général et en particulier; c’est le point et le centre où toutes les .Vertus et propriétés célestes et élémentaires aboutis sent et se terminent...
Principe de corporification, qui est le nœud et le lien des autres deux souphre et (1) Jean Fabre, l’Abre’ge’ des secrets chymiques. — Paris, Billaine, 1636, in-8.
I 12 L’INITIATION mercure et leur donne corps, et par ainsi les fait paroistre visiblement aux yeux d’un chascun. » « Ainsi donc, ajoute Guaita, les trois Principes, dansleur signification universelle, ne sont ni les corps vulgairement dénommés soufre, mercure et sel, ni aucune substance analogue, qui tombe sous nos sens.
Il faut y voir les trois aspects complémentaires d’une même essence. générative des choses matérielles; les trois termes de polarisation du virtuel occulte sur le point de se manifester, en passant de puissance en acte. « Conçus dans leur synthèse opératoire, les Prin cipes représentent à eux trois l‘énergie réalisatrice des corps.
Envisagés séparément, ils se réduisent à de pures abstractions, car ils n’existent que les uns par les autres (I). » Ainsi, pour nous résumer, les Alchimistes, et je comprends sous ce terme aussi bien les philosophes du feu nés en Europe que ceux de l’Inde, du Tibet ou de la Chine, reconnaissent l‘existence, dans l’acte de création, des principes suivants, déterminés par voie d’ànalogie expérimentale: 1° Le feu, principe fermentatif et vivifiant, chaleur latente incommensurable, cause première, qui règne sur tout, par tout et dans tout.
Cet agent universel est le soufre. 2° Une essence esserttiante, principe de l’hemide, des ténèbres. de la passivité, de la matière et de la putréfaction. C’est le Mercure formé d’air et d’eau. (I) GUAITA. Clé de la Magie noire, pp. 711—713.
LA CRÉATION 113 3° Un effet procédant de la réaction des deux précé dents, aboutissant à l’animation de la matière et au développement des trois périodes de ses cycles innom brables. C’est le sel formé de Terre; le moyen de toute copulation, l’état fermentatif où aboutissent la Génération et la Putréfaction.
Ainsi en toute chose se trouve le quaternaire sui-’ vant: le Principe, fin et complément de toute pro duction, aussi bien dans l’ordre des univers que dans celui des pierres. L’Agent, source de toute existence, émanée du précédent. Le Moyen, source de tous les mixtes, parl’interaction de la matière et de la forme. iLe Patient, résumé et lieu commun, champd’action des trois premiers termes. .
Ces quatre Modes séretrouvent aussi bien dans le principe des choses, que dans leur constitution, leur engendrement, de sorte que l'on peut toutrésumer par le tableau suivant : PRINCIPES ENGENDREMENT CONSTITUTION ' ' ' DES CHOSES DES CHOSES DES CHOSES ÉLÉMENTS QUAL’TES PÈRE P““°‘P° Génération Chaleur inérééc Feu Chaud (Effet) FILS Agent Putréfaction Semence Air Humide ESPRIT Moyen Fermentation Sperme enveloppe Terre Sec VIERGE Patient Chaos Humide radical Eau Froid
I l4. L’INITIATION , v\_,. .m unæ. :en\r n ,..._ . w-. -. -.- .. . ..,.w . -. . . -NT1 l Passons maintenant à l'étude des théories de la Vll” classe. THÉORIE THÈOSOPHIQUE.
Selon cette école (I), l’étudiant est amené, comme sur les ailes de quelque gigantesque oiseau, à des altitudes qui lui permettent d’embrasser d’un coup d’œil des horizons de plus en plus vastes; les théO— ries s’y déroulent et s’y enroulent à l’infini, et, de quelque côté qu’on les entame, leur développement est toujours harmonieux et organique; c’est pro— prement une sorte d'orchestration intellectuelle où l’oreille de l’âme sait toujours démêler le fil de la mélodie, et qui soutient l’auditeur par une harmonie toujours également soutenue.
La théosophie proprement dite, dont nous trou vons dans le système des Brahmes l’expression la plus complète, prétend donner à ses adeptes la raison intellectuelle de tout; c’est vers elle que se tourne l’effort de ces cerveaux puissants que l’Inde appelle Gnâna Yoguis, et qui savent tirer de la seule médita— tion toutes lesforces nécessaires à l’effort de l’Union mystique.
Mais comment exposer à des lecteurs, mal au courant sans doute, de la langue sanscrite dans laquelleelles sont élaborées, des théories que peu d’élus savent, même dans leur pays d’origine, (Il Qu’il ne faut pas confondre avec les doctrines et les méthodes de la Société théosophique qui ressortent du Boud— dhisme et de la secte Yogâtcharya.
LA CRÉATIO& 1 15 /| 2* extraire du texte vulgaire des Vedas ? J’ai tourné la difficulté, en faisant la remarque que la Providence, désireuse de ne pas laisser à l’Inde seule le privilège de la Connaissance théosophique, avait envoyé, il y adeux siècles dans le pays d’Europe qui correspond le mieux à l’antique Terre de Bharat, un homme obscur. auquel elle avait offert les mêmes lumières qu’aux fils spirituels de Brahma.
Je veux parler de l’œuvre touffue du cordonnier de Gorlitz, Jacob _ Bœhme, qui, enserrant dans ses cercles successivement élargis les royaumes de la vie divine, de la vie natu relle et de la vie humaine, représente, aux yeux des gens informés, ce qu’un initié des collèges brahma niques aurait écrit en se servant de la phraséologie familière aux hermétistes occidentaux. Exposons maintenant cette théorie théosophique, sans autre préambule.
Créer, c’est concevoir ce qui existe déjà figurative ment dans la Volonté; c’est exhaler un souffle de vie, ou proférer une pensée. Toutes choses n’ont donc qu’une mère unique, et se partagent en immortelles et en mortelles, en spi— rituelles et en corporelles; toutes choses s’extériori— sent selon leur type intérieur qui gît caché dans le Centre universel.
Or ce Centre est Dieu,et la créa— tion a jailli de Son‘désir comme le fruit est l’image analogique de l’arbre qui l’a fait croître. Dieu n’a pas produit la création pour se parfaire Lui—même, mais bien pour Se manifester dans Sa béatitude et Sa magnificence ; non pas que cette béa titude ait commencé avec la création : elle existe
1 I6 L'INITIATION de toute éternité dans le grand mystère ; la création éternelle et la création temporelle existent toutes deux par la puissance du Verbe divin. La création éternelle est produite par l’union et l’interattion de la Volonté une de l’abîme avec le Verbe et avec la réflexion sur soi. Pour se faire une idée exacte de la création, il faut d’abord distinguer l’Absolu et la Nature ; ce qui n’a pas été engendré et ce qui a été engendré.
La Nature comprend toutes les propriétés opérantes et actives de la vie créaturelle. Dieu est le complé— ment de toutes les vertus sensibles de la Nature.
La création, c’est Dieu qui a voulu se voir Lui— même ;«hors de la Nature, Dieu n’est manifeste qu’à Lui-même ; or, comme il faut que la vie soit avant qu’il existe des créatures vivantes, il faut la Nature éternelle avant la création. , Cette éternelle Nature est la première révélation de Dieu incognoscible ; il révèle par elle sa triple vie de Feu (Père), de Lumière (Fils) et d’Esprit: ce ternaire est la base de tout, la mer de cristal de l’Apocalypse.
Le principe de la Nature Éternelle, c’est le Grand Mystère, où elle commence et s’engendre. C’est un néant éternel, silencieux, immobile, incompréhen— sible, infini, Où opère l’Esprit tri-un de Dieu. Pour que nous puissions le comprendre, il faut qu’il se manifeste dans notre âme ; c’est pourquoi la plupart des explications sont superflues.
La maxime de la Nature éternelle est le désir vers la manifestation qui sourd de l'Abîme de l'Absolu ; en analysant ce désir, on lui découvre trois propriétés
LA CRÉATION ' 1 17 qui sont le fondement du Monde, le Feu central uni versel, le Père. La première est l’Astringence : le Désir dans le Néant originel est compressif: il resserre, enferme et empêche de se développer le germe du mouvement ; d’où la densité, l’opacité, la dureté. .
La seconde propriété est l’attraction: dès que le Désir a compacté ce Néant, il attire et amène vers son centre toutes les parties du Non-Être; ces deux for ces, l’astringence et l’attraction, sont opposées, insé parables et égales, s‘engendrant l’une l’autre, sans que leur lutte éternelle entame leur racine commune, le désir; delà naît: La troisième propriété, l’angoisse rotatoire, ou tourbillon.
Ces trois propriétés sont la force active de la vie créaturelle au premier degré; leur action est éternelle, et elles sons la base de la vie de toute créature, ange, homme ou pierre ;elles sont décrites dans les trois premiers jours de la création. .
Lorsque l’Éternel envoie son Fils, le Fiat, ou 1 Verbe, qui est un feu de résolution, ces trois formes sonttransmuées en leur essence, et elles deviennent respectivement la Lumière, la Vie et la déité des choses.
Les premiers êtres émanés de la Divinité, les An ges, comme on les appelle en Occident, vivaient par ces sept propriétés perdus dans le sein de l’essence divine : ils ne pouvaient donc connaître le fonc tionnement de ces propriétés, puisqu’ils n’en avaient pas conscience ; pour cela, ils retournèrent en arrière
118 L‘INITIATION par l'énergie de leur désir, cherchant à découvrir et à pénétrer la racine de la vie : ils durent tourner le dos à la lumière divine'et s’enfermèrent dans le centre ténébreux de la Nature. Cet univers 'visible est le résultat de l’action des Anges déchus, sur ce Centre.
La partie céleste ou lu mineuse s‘y trouva enfermée dans la partie obscure ou infernale tant pour faire contre-partie à l’action des mauvais Anges que pour offrir à ceux des Anges qui se repentirent le germe d‘un séjour ou d’un pa radis. Pour développer ce dernier germe, Dieu émana un cercle de créatures humaines, libres, douées de corps pour pouvoir agir sur l’Univers temporels.
C'est ce corps qui donna à l’homme envie de con naître le double principe de ce monde, et l’homme opéra par ce désir au lieu d’opérer par son véritable centre de vie éternelle; à l’instant, il fut dans les ténè bres ; son corps glorieux devint un corps dechair, et il fut subordonné aux Anges déchus. Voici quelques explications commentaires sur la chute.
« Dieu crée un cercle d’êtres pourvus d’une volonté libre et indépendante; sortis de la source de toute per fection, ils sont capables d’intelligence, de vie, de bonté, de jouissance de la vie divine; ils ne peuvent prendre possession de toutes ces perfections que par un acte libre de leurs volontés et en opérant en con formité avec la loi fondamentale qui les constitue.
« Or, si Dieu, en émanant une volonté libre, l’eût constituée jouissant par elle-même en elle-même de toute la perfection, il y eût eu deux dieux co-éternels ; »;
LA CRÉATION 1 I 9 il fallait donc nécessairement que cette volonté reçût librement de Dieu, par communication, cette réalité de la vie, et qu’elle entrât ainsi en une union éter nelle avec lui.
Créée libre, elle devait être nécessaire ment dans un équilibre parfait, pouvant également envisager Dieu comme l’unique principe de réalité et agir volontairement en conséquence, — ou pouvant se regarder comme ayant elle aussi par elle-même ce principe de réalité et déterminée àagir volontairement en conséquence. « Telle est la possibilité, l’origine et la cause de la chute angélique et humaine.
C’est du premier acte de leur volonté propre que ces créatures pouvaient pos séder ou perdre la vie divine. « S’étant arrêté, c’est-à—dire ayant détourné leur regard de leur principe éternel, et l‘ayant recourbé sur eux-mêmes, elles conçurent ainsi l’orgueil, la pensée qu’elles pouvaient devenir par elles—mêmes de même tout ce pourquoi Dieu les avait créées.
« Cette idée devint l’objet de leur convoitise, leur volonté détermina leur action en conséquence; mais, Dieu étant la réalité de la vie et la créature étant, par définition, le néant du réel (c’est-à—dire le désir aveu— gle et ténébreux de la vie), elles furent englouties dans un abîme d’obscurité et d’angoisse dévorante, sans possibilité de pouvoir s’en délivrer par elles mêmes (I). » Créer signifie compacter, rassembler des éléments (I) La Voie de la Science Divine, etc., trad. librement de l’anglais de William Law. — Paris, Lyon, Lausanne, Bâle et Strasbourg, 1805, in-8, 76-280 p. _L .
l 20 L‘INITIATION indéfinis ;cette coagulation s’opère par la parole du Verbe; cellevci ne donnecependant quele mouvement initial, la création ne s’accomplit que par ses Agents qui sont le Verbe prononcé.
L’acte créateur n’est pas terminé, il est éternel; le souffle fécond de l’Absolu procède par périodes d’expiration et d‘inspiration ; quand il aspire, tel ou tel monde est résorbé dans son sein, aprèsavoir subi ce que l’Eglise catholique appelle le'Jugement dernier. Les Agents de l’Eternel sont les Anges d'abord, puis les Hommes ensuite.
L’Homme même, si l’on consi dère qu’il demeure, en tant qu’être collectif, encore pris dans le monde ténébreux, reste le seul médiateur qui puisse aider à sauver les anges déchus ; et c‘est là la plus haute de ses prérogatives. Là est la raison de tout culte et de tout sacrifice ; et l’on sait la place que le rituel tient dans l’Église brahmanique, lamique ou catholique.
' \ Il faut, dit en substance Lodoi’k, comte de Divonne, un des plus éminents disciples de Jacob Bœhme, quelque chose de supérieur à la raison. pour compren dre tout ceci ', car toute connaissance, pour être réelle, doit être créée en nous; nous_ne pouvons rien connaî tre de Dieu que dans la proportion où Il est mani festé dans nous, par une naissance de Sa lumière et de Son esprit, de la même manière qu’ils sont engendrés en Lui—même.
La grande illusion, c’est la Raison. En pratique, la conséquence de ce système vient tout naturellement; étant la Nature, nous devons abolir en nous tous les mouvements personnels et de la volonté propre, et accomplir toutes nos actions en
LA CRÉATION 121 }, l:.æfM«.uofi_«__x_-‘uw t\\Ah..æg\_ L...—..‘...«.”_‘ ....-—w_«,æ.«.«,;_ ' âp‘S" vue de Dieu. On le voit, cette morale est semblable à la morale chrétienne, et elle a même un avantage sur cettejdernière, c’est son fondement philosophique.
THÉORIE MAGIQUE J’appelle Magicien tout initié qui, ayant reconnu le rôle prépondérant que joue l’Esprit dans la succes— sion des phénomènes créaturels, et ayant expérimenté que l’être humain est un générateur très puissant d’une (qualité très pure de force spirituelle, applique cette dernière à évertuer, selon qu’il le juge à propos, telle ou telle forme de l’Univers objectif, visible ou invisible.
On le voit, le Magicien est un adaptateur et un réalisateur par excellence des théories éeoté— riques. Or, en mécanique universelle, aucun mouve— ment ne peut être déterminé dans l’Univers sans qu’il ait un point d’appui ; je donne ici au terme mouve ment le sens le plus général possible.
Ainsi la vibra tion provoquée dans la Lumière seconde par la voli— tion d’un cerveau ne peut se réaliser, c’est-à-dire donner un résultat effectif, que si ledit cerveau a choisi une base quelconque pour son efl°ort.
Cette base peut être la propre conscience de son pouvoir (méthode bouddhiste), la contemplation d’un son (Laya Yoga), d’une phrase (Mantrika), d’un point quelconque du corps physique (Hata Yoga), d’une image (culte des saints), d’une créature quelconque (magie cérémo niale), etc. Si donc nous avisons un initié désireux de con
122 L’INITIATION naître expérimentalement les secrets de l'Univers, le mode d’action des forces vivantes et biologiques de notre système, nous le classerons dans la neu vième hiérarchie de notre système, à cause de ses procédés d’étude 2 ce qu’il cherche, c‘est à résumer, à synthétiser, sous une forme figurée ou métaphysique la plus haute possible, la complexité des modes de la vie universelle : Qu’y-a-il de plus exact que les ma— thématiques ou la géométrie ?
Delà l’origne de la science mystique des nombres et de celle non moins mystique des signes. Nous possédons les rudiments de la première (je parle au point de vue profane) dans les fragments qui nous restent de l’enseignement pythagoricien (t) ; et les grimoires, les clavicule/:5 et autres recueils de basse sorcellerie, les talismans, les anciens hiéroglyphes, les,gestes et les formes des idoles orientales nous mettent sur la voie de la seconde.
Ce sont là la géométrie et l‘arithmétique qualitatives des anciens temples ; tandis que notre mathématique actuelle n'est plus que quantitative (2). L’axiome fondamental de cette école est que toute chose possède son poids, son nombre et sa mesure, on le trouve dans l’Ancien Testament et dans les fragments de Philolaüs.
Il veut dire que toute chose a sa place marquée dans la hiérarchie universelle, qu’elle y possède une durée dans la sphère tempo relle et une étendue dans l’espace pondérable. (I) Voir les deux vol. très documentés de M. A.-CHAIGNE1‘ sur Pythagore et la philosophze Pythagoricienne ; Paris, 5. d. ' ' {2) Cf.
SAINT-YVES D‘ALVEYDRE, Mission des Juifs, passim. ....,.—:.4.4—_.M —\r.Wn,t_J-—ntw>.'.py—QDqWA’a/’/_"‘\fl.i_,_-,_ 7.... ,,,,_,,,rfl_,flfl_fl _ 4_—' 3...... ,
LA CRÉATION I23 Cela veut dire, en d’autres termes, que toute chose estconstituée par une parole (son nom), un nombre et un signe géométrique. Le Magicien appelle ou évoque les noms, les 'nombres et les signes des ‘ choses. en dirigeant sur eux l'influx d’une volonté décuplée par l’entraînement. Nous allons résumer rapidement sa théorie cosmogonique.
Il conçoit l’œuvre de la création comme produite non pas tant par un seul agent que par une collabo ration d'Êtres métaphysiques dont les vertus actives des nombres sontla représentation ; il est donc avant tout polythéiste ; tous les pays où la Magie a été en honneur furent polythéistes ; un coup d’œil jeté sur les rites cultuels des Tavi‘stes, des Mazdéens, des Tantriks, des Égyptiens même, des Grecs et des Romains le prouve surabondamment.
Mais ces divers nombres, symboles exacts de l’ac— tion des Puissances biologiques, le magicien ne les considère pas comme monadiques, pour emprunter l’expression d’Aristote, comme formés par l’addition d’une quantité plus ou moins grande d’unités sépa rées.
Il voit chaque nombre comme un être propre, synthétique et autonome ; sept, n’est pas du tout sept fois un ; c’est quelque chose qu’on peut nommer plus exactement le septénaireæour donner l’intuition ou l’impression d’une chose distincte et originale.
L’Unité est la puissance créatrice, le Verbe; et on voit dans la forme même du chiffre qui la représente, la ligne verticale, 1 , le mode d’action de cette force divine qui pénètre tout l’Univers et qui sert, pour ainsi dire, de tuteur à tous les Êtres. L’unité de tout . , .IÜ . ,.*...qp—y“.xn\ " ‘N-m --t '-n-‘-.«<...æ--—«u—.«&_ .«- "\«..—, -;,..‘.-«*«»*‘Lsw‘m1...,W
124 L’INITIATION être est le rapport et le lien de sa forme à sa matière; c‘est sa raison, à la fois, et son fondement, parce que pour celui qui est à la surface d‘une sphère, le centre de cette sphère est au-dessous de lui. La Dyade est le principe de la division indéfinie, la science, l’acte même de la créati0n ; —— le Trois est le nombre de la forme universelle.
Le Quatre est le nombre sacré indiquant l’acte vital par excellence, le principe de l’éternelle Nature, le nombre des nombres. Le nombre Cinq représente la quintessence, c’est à-dire ce qui caractérise la fonction de l’homme dans la Nature, la‘volonté libre.
Le Six est le mariage, l’a— mour et l’harmonie ; le Sept est la consommation des cycles temporels; le Huit est l’équilibre universel; le Neuf est le vide en qui se réduisent les formes de toutes choses. Le Dix enfin, est l’Univers lui-même, dans le miracle perpétuellement renouvelé de sa créa tion.
Cette école détermine de la façon suivante quatre mondes dans la création : ' 1° Le monde du principe absolu ou de l’Un, Dieu, la cause efficiente, perpétuellement identique à elle même. 2° Le monde de la Monade, ou de l’Unité manifes— tée ; qui se reflète dans 3° Le monde de la Dyade, matériel, illimité, tem porel. 4° Le monde visible, résultat ou caput mortuum, c’est-à-dire au-dessus du pouvoir de l’intelligence,
LA CRÉATION 125 est l'élément neutre qui réalise et réduit les contraires. Sa représentation géométrique est le point. La représentation géométrique du second monde, ce sont les lignes; celle du troisième monde, ce sont les solides, symboles de la réalisation parfaite.
Il y a enfin un cinquième ordre de signes,. qui comprend toutes les figures stellaires, représentant le côté vivant de la création, son âme; c’était autrefois celui que l’on tenait le plus caché. ‘ , On ne trouve guère d’autres débris de l’enseigne— ment initiatique à ce sujet, que les attributions don nées par les Pythagoriciens à quelques solides : le tétraèdre est le signe de l’élément du feu, l’icosaèdre, celui de l’eau, le cube, celui de la terre, l’octaèdre, celui de l’air, le dodécaèdre enfin celui de l’éther.
Par une conséquence toute naturelle de sa doctrine, le magicien donne à chaque forme un nombre pour la représenter, comme à chaque nombre une figure formelle.
L’unité représente ‘le point, la dyade, la ligne, la trinité, la première surface, le quaternaire, le premier solide ou tétraèdre; avec le nombre cinq prennent naissance toutes les idées de, lumière et de splendeur, qui sont les étoiles; avec le nombre dix, les formes de la géométrie descriptive ; avec le nombre sept, celles engendrées par la pénétration des polyèdres; avec le nombre huit, celles des sec tions coniques et sphériques; avec le nombre neuf, la réduction de toutes les formes à leur origine et à leur fin qui est le denaire.
Chacun de ces nombres, cha cune de ces formes est un dieu, c’est-à-dire un agent biologique; c’est ainsi que les Pythagoriciens nom Y .,‘.. c -.-....,.-...._.1 ._.,.“ . m ----«——«n.
126 L‘INI'I‘IATION maient Appolon l’unité, Arthémis la dyade; que Brune appelle la ligne, Appolon, le triangle Minerve, le cercle Vénm, etc. Pour résumer, nous voyons que tout cet ordre d'initiés considère la création comme le résultat de la conjonction d’un passif avec un actif; mais chose remarquable, et qui en élève la théorie jusqu’au rang des plus synthétiques, selon eux, la création se re nouvelle dans tout l’univers età chaque instant, entre tout principe actif et tout principe passif; de sorte qu’elle est éternelle, qu’elle recommence sans cesse et qu’elle se termine ou se résorbe à tout instant.
De là. on arrive vite à dire qu’une volonté active, entraînée, peut faire alliance avec une passivité quelconque, pour déterminer ses créations particulières; c’est la base de toute magie et c’est ce qu’exprime le mot lui— même, car, étymologiquement, il signifie la révolu tion et la transformation de tous les phénomènes transitoires. On a ainsi des idées les plus grandioses qui soient de la marche générale du Monde.
Avant de terminer cette étude que beaucoup, sans douteljugeront fastidieuse, mais qui demanderait des volumes pour être menée à bien, je voudrais dire un mot des théories qui peuvent avoir cours chez les mystiques purs. On peut faire la remarque suivante qui aidera, je pense, à saisir la raison d’être de ceux que j’ai appelés Apôtres, Rose—Croix et Mystiques.
Les initiés qui étudient la Nature: alchimistes, Bhaktas et magiciens comme ceux qui étudient Dieu ; voyants, saints et théosophes, émettent leur effort en ajoutant à leur force personnelle, méditative ou vo—
LA CRÉATION I 27 lontaire, l’espérance d’une collaboration auxiliaire venant de la Nature ou de Dieu. Mais ceux qui prati quent seulement la méthode spirituelle se considèrent eux—mêmes comme un néant, et ils attendent tout de celui qui les voit, la vérité et la vie : mais ce ne sont pas des quiétistes, car ils professent la nécessité abso lue de l’activité et de la souffrance.
INITIATIONS MYSTIQUES Nous venons d’assister aux déploiements de la tra dition occulte lorsqu'elle part de la multiplicité pour arriver à l’unité ; ceci est son Côté évolutif, ascension— nel, c’est l’effort de la créature s’élevant vers l’absolu. Mais il y a un autre aspect de cette sainte Tradition, le côté involutif et de descente.
Il existe dans l’Uni— vers des êtres assoiffés d’amour et de sacrifice qui, après des siècles et des siècles de luttes et de pénibles travaux, parvenus au sommet de la science et du Pou ‘ voir, réintégrés mystiquement dans la splendeur pre mière de leur condition d’hommes ne peuvent sup porter le Spectacle douloureux de leurs frères encore perdus dans les attraits de la passion et de l’ignorance.
Ceux-là demandent à redescendre sur terre à partager à nouveau ces douleurs et ces tentations: ce sont des Messies: les Apôtres, les véritables Rose-Croix, les Mystiques purs; Ruysbroeck l’Admirable les appelle les Enfants secrets du Seigneur. Leur doctrine est indicible, parce qu’ils professent qu’on ne peut rien savoir sans être auparavant convaincu de son igno .,...... .L-.C_‘__c,...-- -\ . ... ....C \ .
I28 L’INITIATION [AOUT 1898] rance absolue. Mais, si l'on veut connaître les élé ment de cette doctrine, je dirai qu’elle est tout en tière contenue dans l’Evangilc, et surtout dans celui de Jean : Je dirai que le premier chapitre de ce der nier expose le pourquoi et le comment de la création et enfin, que toute la pratique qu’il recommande est d'imiter les actes du Verbe éternel.
On le voit, cette théorie et cette pratique paraissent simples; il n'en est pas cependant de plus profonde à concevoir ni de plus difficile à exécuter. Les plus abstruses spéculations/des métaphysiciens hindous ou les austérités les plus effrayantes de leurs yoguis dis— paraissent devant la terrible profondeur des maximes et des enseignements évangéliques.
Mais ceux-là seuls peuvent les comprendre qui ont déjà dépassé, dans le travail et la souffrance, les extrêmes limites de la nature Humaine.
CONCLUSION Je ne pense pas qu’il soit utile de récapituler et de résumer ces pages, déjà bien incomplètes et bien tron— quées: on aboutirait à en extraire les conclusions qui furent justement les motifs de leur développement; néanmoins, ce travail sera excellent à faire pour tout esprit qui voudra retirer quelque fruit de cette étude ; j’arrêterai donc ici l’exposé de ces divers documents, en priant ceux qui se sentiront la persévérance néces— saire pour les utiliser de vouloir bien en excuser les lacunes et les imperfections. SÉDIR. ; n ,x-‘l:-.?‘J»Z’,S _ï.3‘Z&Ç_;:,.;;ç_ÿ;î '* “Janv..
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE èEe saute Eaglittsfrrt parmi les *Russes Le fameux Caglz’ostro arriva en 1779 à Péters bourg, de Mitan, où il avait tourné toutes les têtes. Il avait pour moi une lettre de recommandation très forte de M. de Howen, et à peine fut-il descendu de voiture, qu’il vint me l’apporter. Il me parla d’abord en mauvais français.
Je lui répondis en italien, et à sa manière de s’énoncer en cette langue, on reconnaissait un homme du commun sans aucune teinte de littérature. Il m’invita à venir voir la comtesse sa femme, qu’il m’annonça comme grande maîtresse de l’ordre de l’Adoption. Je montai dans sa voiture et, chemin faisant, il me dit en confi dence que la comtesse sa femme était née Principessa della Croce et un tas de fanfaronnades dignes d‘un farceur de tréteaux.
Sa femme avait l’air d'être pas— sée, ses yeux rouges laissaient apercevoir les traces de ses larmes, et son maintien, son langage, moins com mun que les dehors ignobles de son mari, montraient 5
I30 L’INITIATION en elle une de ces jongleuses que l’on fait danser malgré elles. « Embrassez, s’écria-t-il d’un ton d’énergumène, cet illustre frère. Il est de notre ordre. » Elle m’em‘ brassa, et après quelques propos vagues, Cagliostro me dit : «Je suisvenu pour voir la GrandeCatherine, cette Sémiramis du Nord... et pour répandre la ‘ grande (I)'lumière dans cet Orient...
Élevé dans les Pyramides d’Egypte, j’y ai appris les sciences occultes et je suis chef des princes R. C... » Il se leva et me montra une étoile et un ruban cra moisi. « Voici, continua-t-il, la décoration de mon grade. » Je considérai l’étoile, et c’était tout bonne ment celle de l’ordre de Saint-Stanislas, dont on avait ôté le chiffre du roi, pour broder à la place une rose rouge.
Je ne pus m’empêcher de lui dire, qu’à la rose près, c’était l’étoile de Stanislas. Il parut déconcerté ; mais ilse remitbientôtet me dit : « Vous avez raison. C’est en effet le frère H...' qui m’a donné celle-ci, parce que la mienne m’a été volée dans mon voyage de Rome. « Connaissez-vous cela » ? me dit—il ensuite avec un air de supériorité ridicule.
C’était une feuille de papier, couverte d’hiéroglyphes cabalistiques, dont j’avais vu plusieurs desSins chez l’archiviste Bern hard-i, chez Detoux, Schlichtot. Je l’examinai un instant et je lui répondis : « Je ne connais pas le sens de ces hiéroglyphes; mais, si vous voulez, je vous en apporterai demain 10 feuilles de (I) Il aimait le mot grand et l’exagération était sa figure favorite. C’est celle des sots et des fripons. (Note de l’auteur.)
LE COMTE CAGLlOSTRO PARMI LES RUSSES I3I semblables, où vous ne comprendrez rien, ni moi non plus. — Je vous pardonne, me répliqua-t—il d’un air piqué, votre incrédulité et votre ignorance; car vous n’êtes qu’un bambin dans l’ordre malgré tous vos grades maçonniques.
Si je voulais, ajouta-t-il d’un ton de vrai saltimbanque, je vous ferais trembler. — Oui, si vous me donnez la fièvre. — Et qu’est-ce que la fièvre pour le comte Cagliostro qui commande aux esprits ?
Votre ami H... ne vous a-t-il rien écrit de ma puissance P Pas un mot... sachez donc... » Nous fûmes interrompus par un domestique du chargé d’affaires d’Espagne, qui fit prier M. de Ca gliostro, en sa qualité dLspagnol, de passerinces— samment chez lui.
La parole expira sur ses lèvres, et, lorsqu’il fut un peu remis, il me dit en baissant son ton d’inspiré : « Que me veut ce petit chargé d’affaires à moi, qui n’ai rien de commun avec lui P Je l‘enver rai promener (i). — Je ne vous le conseille pas, il pourrait vous faire une affaire de police. » il promit de s’y rendre le lendemain, et, comme il était près d’une heure, il me pria de rester à dîner.
J’acceptai volontiers, parce que je voulais étudier mon homme qui me paraissait le charlatan le plus efl‘ronté et le plus ignorant. Il n’avait aucune idée saine, ni de physique ni de chimie. « La chimie, di sait—il, est une bêtise, pour celui qui possèdel’alchimie (i) L’expression italienne était plus forte et ne se répète pas. (Note de l’auteur.)
132 L'INITIATION et l’alchimie n'est rien pour un homme qui com— mande aux esprits. Pour moi, j'ai de l'or (en frap pant sur les ducats qu'il avait en poche). J’ai des dia mants (en montrant une bague de vilains diamants noirs et mal montés); mais je méprise tout cela et je mets mon bonheur dans l’empire spirituel que j’exerce sur les êtres formant la première classe au_— dessus des hommes.
Ce sont les âmes des mortels, dégagées de leurs corps, que jeforce, par mes conjura— tions, de reparaître et répondre à mes questions. » le ne pus m’empêcher de sourire. « Je ne me fâche pas, me {dit-il, de votre incrédulité; car vous n’êtes pas le premier esprit fort que j’aie soumis et pulvé risé (1).
Lequel de vos parents morts voulez-vous voir? — Mon oncle, mais à une condition, -- La— quelle ? — De tirer un coup de pistolet sur l’endroit où il apparaîtra. Comme il n’est qu’un esprit, je ne puis lui faire aucun mal. ——- Non! Vous êtes un \monstre... Je ne vous montrerai jamais rien.
Vous n’en êtes pas digne. » Etiil se jetta comme un furieux dans l'autre chambre. _ Sa femme eut l’air d’avoir peur et me dit qu’elle tremblait de sa colère. -— Et moi j’en ris. Car tout cela ne peut effrayer que les enfants. Il resta quelques minutes et puis revenant d’un air joyeux... « E bravo!
L’ho saggiatto... e vedo che lei è un bravo cavalière... tante meglio... »' Il fit semblant d’être enchanté de moi et me dit sim (1) <<Che ho soggiocato e sminuzzato. >>Je puis rapporter verbalement cet entretien; je l’ai mis par écrit en revenant de chez Cagliostro et je l’ai sous les yeux. (Notes de l’auteur.) , . «dit
LE COMTE CAGLIOSTRO PARMI LES RUSSES [33 plement: « Le temps vous fera connaître le comte Cagliostro et son pouvoir. » Cependant il ne me parla plus des esprits. Le.len demain il alla chez le chargé d’affaires d’Espagne, M. de Normandez, qui le traita en aventurier et lui défendit de se dire comte espagnol et colonel au ser vice de cette cour.
Mais il eut le talent de subjuguer le général Melissino, le chevalier C... et beaucoup d’autres, jusqu’à ce qu’enfin il fut démasqué et reçut ordre de quitter Pétersbourg.‘ Tout cela arriva après mon départ qui suivit de peu de jours mon entrevue avec le maître des esprits.
Par quel prestige cet homme avait-il subjugué la majeure partie de la noblesse courlandaise pendant son séjour à Mitan P Le comte Medem, sa fille, Mme de Recke, M. de Howen et beaucoup d’autres le regarà daient alors comme un homme supérieur. Cette cé— cité morale est inexplicable ; mais c’était le délire du jour... Il préparait aux autres folies.
Et l’opinion la plus ridicule, dès quelle devient générale, l’emporte longtemps sur la raison et le bon sens. Baron' HEYKING. Nous extrayons cette curieuse anecdote de la Revue des Revues, qui est toujours la plus variée et la mieux faite des grandes revues françaises.
134 L’INITIATION ‘t’l’fiilRé‘àEiifiifiü "’ Infatigablement, jusqu’au seuil de la tombe, Strada poursuit son oeuvre sans pareille depuis le Ramayana. Le grand étonnement du siècle prochain sera le fait que Strada aura été ignoré de ses contemporains, les hommes du XIX° siècle. Cette ignorance étant un fait, est naturelle.
L’œuvre de Strada est la semence qui vit sous terre de l’automne au printemps pour accomplir le travail de la germination que nous croyons un sommeil et qui est une intense activité. Viennent les chaudes journées, le blé pousse et grandit puis mûrit sous les chaudes nappes de la lu mière estivale, et les hommes récoltent du blé pour une année encore.
Strada est le grand semeur qui fera vivre les hommes civilisés de l’avenir, et ce sera une immense gloire pour la France d'avoir été la nation choisie pour produire un pareil fils. Depuis les temps historiques, il n’y a pas encore eu de tête où se soit faite pareillement la synthèse de la vie humaine. A ceux qui ne connaissent point Strada, de pareilles (I) Mirabeau, par J. STRADA, poème de l’épopée humaine, qui vient de paraître chez Chamuel, in-8, 5 fr.
MIRABEAU I 3 5 expressions doivent sembler le produit d’un enthou— siasme exagéré; pour ceux qui le connaissent, elles manifestent fablement l’impression qu’ils ressentent devant son œuvre, Strada est la synthèse de tous les grands hommes de la France, de tous nos penseurs et de tous nos hommes d’action.
En lui, vous trouvez l’âme de Charlemagne, de saint Louis, de Philippe le Bel, de Jeanne d'Arc, de Turenne, de Vauban, de Colbert, de Desaix, Hoche, Kléber, Championnet, de Danton, et vous trOuvez aussi l’âme de Jean de Meung, de Rabelais, de Montaigne, de Corneille, Molière, La Fontaine, de Diderot, de Voltaire, de Montesquieu, d’Auguste Comte, pour en citer quelques—unes.
Vous y trouvez Abeylar, Descartes et Pascal surtout et en core Lamartine, Victor Hugo, Musset, Michelet. Strada est une synthèse prodigieuse, et il ne fallait pas moins que cette synthèse pour que pût venir au jour la [Méthode impersonnelle, la découverte du fait comme criterium de l’esprit humain.
L’humanité a toujours vécu en prenant le fait comme criterium, sans quoi elle aurait disparu de l’existence; mais le fait étant pour elle un critérium, dont elle se servait inconsciemment, sans distinguer sa valeur de celle des criteriums produits par son ima gination, sa fantaisie; c’est seulement par l’âme de Strada que l’humanité est arrivée à la conscience de la valeur suprême du fait criterium.
Que les hommes de l’avenir philosopheront donc aisément et qu’ils deviendront compréhensifs avec la Méthode impersonnelle ./
136 L’INITIATION a 44 Avoir conscience de porter en soi la vérité sétu_ veuse des hommes. semer cette vérité aux quatre vents du ciel par son verbe puissant, et ne l'entendre répercuter par aucun écho, n’écouter autour de soi que le silence profond qui plane au-dessus des bruits confus de la vie terre à terre, et se demander anxieu sement si le verbe sauveur proféré avec toute l’énergie de son cœur ne s’est pas dispersé, évanoui pourjamais aux profondeurs de l’espace; tel aura été le sort de Strada jusqu’aux dernières années de sa vie.
Combien de nos jours peuvent comprendre la grandeur et l’intensité de cette souffrance ? Pour Strada, c’est comme si le ciel, tout le vaste ciel, qui paraît si beau aux hommes-enfants, dont les yeux en boivent l’azur, s’était changé en étau d’acier comprimant son cœur. ' n\t C’est une loi qu’il faut acheter par la souffrance, le pouvoir de faire du bien aux hommes.
Plus la souffrance est formidable, plus est grand le bien qu’on peut faire aux hommes. L’humanité enfantine ne redoute queles tortures de la chair et les tortures des passions. La souffrance d’un Strada lui estincompréhensible.
Ceux qui se sont cogné et meurtri le frontau mur d’airain del’ignorance en serrant l’humanité, ceux qui savent que le ciel bleu est aussi dur que le diamant et qui l‘ont senti un moment serrer leur cœur de sa pression formidable durant laquelle ils ont fui, replongeant aux bas fonds ._A .u(
MIRABEAU I 37 de la vie, peuvent seuls soupçonner le côté noir de la vie de Strada. Ils restent écrasés d’admiration devantl’énergie qui a permis de supporter sans défaillir la pression de l’étau sphérique. Au cœur de l’homme gît un point de la puissance absolu, et le ciel d’airain, le ciel d’acier, étau compres seur, éclate quand le cœur brave sa pression.
Et par la tranquille audace de son cœur, Strada a fait éclater le ciel d’ignorance enserrant l’huma mité. Strada connaît l’histoire, en vertu de la synthèse qu’il est, comme pas un historien ne l’a connue. Il estdoncintéressant pour nous, qui vivons le pro longementde la Révolution, d’apprendre ce que Strada peut nous enseigner sur elle.
On dispute encore sur les hommes décette époque; on sepassionne d’admi— ration pour les uns, de haine pour les autres. Strada nous dit ce qu’ils apparaissent devant un cœurimper sonnel.
Il nous montre le roi et la reine guidés par les mo tifs qui font agir les intelligences débiles, et on sent que cela est plus vrai que les faits eux-mêmes de leur vie, comme une formule de mécanique est plus vraie que les mouvements particuliers qu’elle explique, qui sont guidés par la loi dont elle est le symbole. Strada est, au fond, un savant, trouveur de lois, et ses poèmes de l’Epopée sont des œuvres purement scientifiques.
C’est là leur caractèrefondamental, et justement il échappe aux verbiageurs littéraires de notre temps, à ces_jeunes hommes, se disant poètes, qui
138 L’INITIATION ne font que redire avec des mots et des phases autre ment arrangés ce qu‘on adit de tout temps. C’est très joli la poésie contemporaine, aussi joli, ;aussi coloré, aussi chatoyant que le plumage d’un paon, et c’est tout. Et ce sera tout jusqu’à ce quel'esprit scientifique, la prenant pour sujet d’étude, montre qu’ellea augmenté les ressources de la langue. les moyens d’expression pour la pensée humaine.
Nos poètes sont de bons ouvriers dent l’œuvre ne deviendra utilement efficace que lorsque des penseurs emploieront les matériaux qu'elle amasse et qu’elle façonne avec grande habi leté. Ceux de ces jeunes gens qui ont lu quelque poème de Strada, affirment qu’il n’est pas un poète.
Ils ont raison ;il est la Poésie.ll est la Poésieà moins que ne soient dans l’erreur ceux qui pensent que la Poésie est la vie du monde, y compris celle de l’humanité, ' faite, organisée, dans la conscience humaine. Mais, si cette définition est bonne, personne, depuis l’auteur du Romayana, ne l’a réalisée comme Strada. ' Dans ses poèmes, Strada fait œuvre de science et de science profonde.
Le caractère essentiel de Strada est d’être une synthèse incomparable ; rien de ce qui est humain n’est étranger à ce solitaire. Il sait l’âme de Sardanapale, de Charlemagne, de Borgia et celle du marlou de barrière; il sait l’âme de Jeanne d’Arc et celle de Ninon de Lenclos ; il sait l’âme de Sémira— mis et celle delatriste pierreusecherchant pitance aux boulevards extérieurs.
MIRABEAU I 39 Il fait expliquer Mirabeau par lui—même : Je suis affreux de corps, je suis hideux de l’âme! Oh! six ans de cachots en cachots m’ont dompté, En m’arrachant du cœur la généreuse flamme. Avili, perverti, je fus sans loyauté, Ignoble par le cœur et par le caractère, Obscène en mes écrits, pour fuir de la misère! Voilà pourtant, mon père, où vous m’avez conduit Par tant de cruautés et par tant d’injustices!
Hélas! je suis le monstre armé de tous les vices! Oh! je suis bien au fond de l’enfer qui me damne l... Eh bien, j’en veux sortirl... J’ai dit! j’en sortirai! Et je deviendrai pur et je me laverai; Car dans l’isolement de la prison hideuse, J’ai médité surtout: la loi religieuse, Politique, morale, enfin j’ai tout sondé, J’ai tout approfondi, j’ai tout élucidé, Dans les lentes horreurs que laissent mon supplice!
Oui, des gouvernements j’ai trouvé le grand vice, Et je referai tout! ce sera là mon but; Ce sera pour le monde et pour moi le salut. Ces vers-là ne sont pas faits avec des mots rares, laborieusement cherchés comme ceux de notre poésie du jour, mais avec des mots à la portée de tout le monde, contenant des idées banales comme celles qui sont à tout le monde et qu’il faut employer pour être compris de tout le monde.
En fait, le caractère de Mirabeau n’est-il pas nette— ment posé dans ces vers et n’est-il pas rendu compré hensible à tout le monde? Strada est profondément démocrate et il emploie
140 L’INITIATION volontairement un langage simple qui soit compris par toutes les intelligences. Cela c’est de l’art et pas du moindre, quoi qu'il en semble à certains goûts. Voulez-vous voir comment avec des mots simples on peut rendre l’impression de vitesse de l'état social » de la royauté que symbolisait la Bastille?
Voici : Des voix sortaient des cachots sombres Des toits, des champs et des granits; Des voix sortaient des noires ombres Dont les égouts étaient les nids. Sur les sales pavés des rues, Près des fossés, des ponts-levis, Pleuraient les mères toutes nues Sur les enfants, sur les maris; Et tous poussaient les tristes cris; Et les échos dans les murailles Déchiraient les coeurs, les entrailles.
Une épopée n’est pas un poème fait uniquement pour des mandarins. Dans l’œuvre de Strada, les in— termèdes font la part des mandarins et ils y peuvent trouver aliment pour leur besoin d’admiration. L’épopée fourmille de bijoux poétiques, de sonnets parfait. Il y a de tout comme dans le monde et dans la vie humaine dont elle est la reconstruction.
Si nos jeunes poètes allaient puiser l’inspiration à la grande source de l’Epope’e humaine, ils nous don— neraient des ŒUVres d’une autre valeur que leurs bibe lots d’étagère. ' ’ Pour eux et pour les lettres françaises, je 'souhaite vivement qu’ils en fassent l’essai. . GUYMIOT.
CALCULS 141 ©azscuns Le numéro de juin de l’Inz'tz’atz’on contient un tra— vailintéressant, signé X, sur les résultats de l’ins— cription de la suite naturelle des nombres en trois co lonnes. Je voudrais compléter ce travail et en donner, -autantque possible, la théorie.
Quand je dis com— pléter, il est bien entendu que je ne prétends pas le parachever, je laisserai encore bien de la marge aux recherches subséquentes, mais le peu que j’aurai ex pliqué pourra peut-être avoir quelque utilité en atten— dant mieux.
1"’ remarque. — Si l’on écrit la suite naturelle des nombres sur trois colonnes, comme le montre la table I, on verra que la première travée horizontale est exclusivement composée de nombres premiers, puis la suite des nombres premiers se trouve régu— ’ lièrement répartie de façon à occuper alternativement la première et la seconde colonne sur les travées sui vantes, à la condition, cependant, de .faire figurer une petite quantité de nombres qui ne sont pas pre miers, mais sont des multiples de nombres premiers.
Dans la table I, les nombres premiers sont en carac— tères gras (83), les multiples des nombres premiers sont en antiques (25).
142 L’INITIATION TABLE 1 1 2 3 37 38 39 73 74 75 .1 5 6 10 41 42 76 77 78 7 8 9 43 14 15 79 80 81 10 11 12 46 47 »’18 82 83 84 13 11 15 49 50 51 85 86 87 115 17 18 \ 52 53 54 88 89 90 19 9.1) 21 55 56 57 91 92 93 22 23 24 58 59‘ 60 91 95 96 25 26 27 61 62 63 97 98 99 98 29 30 61 65 66 100 101 102 31 32 33‘ 67 68 69 103 104 105 34 35 36 70 71 72 106 107 108 Comme on le voit, dans cette table,\ les multiples des nombres premiers sont: 25 : 5’; 35 = 7 )( 5 ; 49:72;55: IIX5;65= 13X5;77= IVI )( 7;85:I7X5,91 13X7;95=19><5. Tous ces nombres ne contiennent que deux facteurs premiers. 2° remarque. -— La réduction théosophique ordi naire n'est autre chose que le reste dé la division par 9; mais ici, tout étant rapporté au nombre 3. nous devons prendre le reste de la division par 3, et la réduction de chaque nombre de la table I don nera la table 2. TABLE 2 M N 90000) c
CALCULS 143 Ce qu'on pouvait prévoir, car du fait même de la mise en trois colonnes, on a : 1" colonne : 3x + 1 2° ->— : 3x + 2 3e — : 3x + 3 : 3x La réduction théosophique ordinaire aurait donné les 9 premiers nombres se répétant indéfiniment dans l’ordre naturel. 39 remarque. — La somme théosophique ou ra— cine essentielle de chaque nombre de la table 1 donne une série de nombres dont les réductions théosophiques forment la table 3. TABLE 3 TABLE 4 1 3 6 1 3 3 1 6 3 ' 1 3 3 1 9 9 1 3 3 1 3 6 ou, en réduisant tout à 3, 1 3 3 1 6 3 1 3 3 1 9 9 1 3 3 1 3 6 1 3 3 o En effet une addition théosophique n’est autre chose que la somme de tous les termes d’une pro— gression par différence, dont le premier est 1 et la ' raison 1.0r, en appelant S cette somme, a le premier terme, 11 le nombre des termes et r la raison, on a S:[2a+(n—1)rjn ' 2 n est en même temps le nombre des termes et le ; mais dans le cas particulier,
144 L’INITIATION nombrelui-même sur lequel on opère, a = 1 et r = 1, on peut donc écrire : S:Œ.—lln_n_(lj—_—1) 2 2 Les nombres de la première colonne, d‘après ce que nous avons vu plus haut (2° remarque) donnent tousn: 3x—j— I d'où: S : (3x+ I)(3x+2) : 9x2+9x+2 : 9x2+x+ I 2 2 2 ‘ Le premier terme de la valeur de S est un multiple de 9 et par conséquent de 32 en cette qualité, il dis— paraît dans la réduction théosophique, et il reste 1 .
Voilà pourquoi la première colonne ne contient que le nombre 1. Nous dirons de même pour la seconde colonne : n: 3x+2, d'où: S:(3x+2)(3x+3):9x2+ 15x+6 2 2 3xvÎ5x+î—):m.3+3 :3 La seconde colonne ne contient donc que le nom re 3. Pour la troisième colonne, il n’y a pas besoin de calcul ; elle ne contient que des multiples de 3.
4° remarque. -— Si nous formons une table, en trois colonnes, des carrés de la suite naturelle des nombres, table 5, et que nous fassions la réduction théosophique de tous ces carrés, puis la réduction de leurs sommes théosophiques, nous obtiendrons les tables 6, 7, 8 et 9.
CALCULS 145 réduction th. des suite des carrés ’ réduction théosophique sommes théosophiques ”'\»"‘\ «»”"\/» TABLE 5 TABLE 6 TABLE 7 TABLE 8 TABLE 9 1 4 9 149 113 1109 113 162536 779 113 1109 113 496481 419113 1109113 100121144 149 113 1109 113 [69196225 7,79 113 1109 113 256289324 419 113 1109 113, 361’400441 149 113 1109 113 484529576 779 113 1109 113 Il est facile de voir que la réduction théosophique doit toujours donner 1 pour les deux premières co lonnes.
La première colonne donne r : (3 x + 1)" —- p.g. m.3 : 9x2+ 6x +1—p.g.m.3 :1. La seconde colonne donne r : (3x + 2)2 —-p.g. m.3 : 9x2 +12x-j-4 — _p.g.m.3 : gx" -j— 12x + 3 -j—1—-p.g.m.3 :1. La troisième colonne doit toujours donner 3, puis qu’elle ne contient que des multiples de 3 ; les carrés de multiples de 3 sont forcément des multiples de 3.
Pour la réduction de la somme théosophique, on n’a qu’à remplacer 71 par sa valeur dans chaque co lonne. La formule S = devient _n’(n*+ 1) * S 2 2 Pour la première colonne, 22 : 3x + 1, et on a :
146 L’INITIATION _(3x+1)*,(3x+1)*+1]_(gx*+6x+1)(9xï+ôx'+z) —' _ 2 52 2 ::(m.3 +1ljm.3 + 2) : m'3 1. Pour la seconde colonne, 21 :: 3x + 2, et on a : S _(3x+2)*l(3x+2)2+1]_(9x2+12x+4)(9x2+12x+5) . ,_ _. 2 2 :<ÆÆ&M:m_3+Æ’: 10: , 2 2 Pour la troisième colonne, on n’a que des multiples de 9 et par conséquent de 3. On doit avoir 1, 1, 3, pour toutes les travées.
5D remarque. — Dans une 10" table, on peut ins crire sur trois colonnes, non plus la suite naturelle des carrés, mais leurs sommes: 1; 1 + 4 = 5; 5+9: 14; 14.—}— 16=30; 30 -j— 25 = 55, etc. La réduction de la somme théosophique de tous ces nombres pourra ensuite être inscrite dans une 11Hable, et on remarquera une particularité intéres sante. TABLE 10 TABLE 11 TABLE 12 1 5 14 1 5 5 1 2 2 30.
55 91 3 I 1 3 1 1 140 204 285 5 6 6 2 3 3 385 506 650 7 2 2 1 2 2 819 1.015 1.240 9 7 7 3 I 1 1.496 1.785 2.109 2 3 3 2 3 3 2.470 2.870 3.311 4 8 8 1 2 2 3.795 4.324 4.900 6 4 4 3 1 1 5.525 6.201 6.930 8 9 9 2 3 3 7.714 8.555 9.455 1 5 5 1 2 2 10.416 11.440 12.529 3 1 | 3 1 1 13.685 14.910 16.206 5 6 6 2 3 3 17.575 19.019 20.540 7 2 2 r 2 2 22.140 23.821 25.885 9 7 7 3 x [ 27.434 29.370 31.395 2 3 3 2 3 3
CALCULS 147 On voit d’abord, dans la table Il, que la seconde et la troisième colonne sont identiques et contiennent la suite naturelle des nombres, à la condition de les prendre de 2 en 2, comme ils sont soulignés dans la table. La première colonne se compose alternative ment de la suite des nombres impairs, puis de la suite des nombres pairs, puis des nombres impairs, et ainsi de suite.
La table 12 est la réduction à 3, et on a encore les deux dernières colonnes identiques. Les trois colonnes montrent la suite naturelle des trois premiers nombres, inversée: 3, 2, I, au lieu de I, 2, 3. On remarquera aussi qu’il suffirait d‘a— baisser la première colonne d’une travée pour que les trois soient identiques.
Pour trouver la somme des n premiers carrés, on n3 n2 n E:—— —— —' 3+ 2+6’ Tous les nombres de la première colonne (quand il s’agit de la suite des nombres naturels) répondent à la formule 3x + I ; ceux de la seconde à 3x + 2; et ceux de la troisième a 3x.
On peut effectuer les cal culs et les simplifications et on aura : ’ 9x3 + 13,5362 + 6,5x + I pour la I’° colonne 9x3 + 22,5x‘+18,5x + 5 pour la 2° colonne 9x3 + 4,5x‘3 + 0,53€ pour la 38 colonne 2: On n’aura ensuite qu’à donner à x toutes les va leurs à partir de zéro, et on obtiendra tous les nombres de la table 10. Pour la réduction de la somme théosophique, on \
148 L’INITIATION doit éliminer tous les multiplas de 9 ou de 3 ; on pourra donc supprimer 9x" dans les trois équations, et on aura : I3,5x'3+ 6,5x +1 ‘ reste = 2_2,5x‘-}-18,5x + 5 g 4,5x‘+ 0,5a , ——p.g.m.g ou3. On peut enfin supprimer tous les facteurs de 3 de ces trois formules et on a en définitive ’ I,5x2 + 0,52: + I reste : 1,5x7‘ + o,5x + 3 — p. g. m. 3.
1,52:2 + o,5x formules très simples dans lesquelles les deux pre miers termes sont les mêmes pour les trois colonnes. Il est bon de remarquer aussi que, dans la troisième colonne (toujours de la suite des nombres naturels), x a une valeur qui surpasse d’une unité celle qu’il a dans les deux autres : I”° travée —x : 0.0. I. 2e » —x :1. I. 2. 39 » —x:2. 2.
3. et ainsi de suite. \ 5° remarque. —— Les réductiOns théosophiques par 3 des puissances impaires donnent toutes le même résultat : la première colonne ne contient que le nombre I, la seconde le nombre 2 et la troisième le nombre 3. Pour les puissances paires, les deux pre mières colonnes ne contiennent que le nombre 1, et la troisième le nombre 3. Pour la troisième colonne, c’est évident à l’avance :
CALCULS 149 ne se composant que de multiples de 3, elle ne peut contenir que le nombre 3.
Pour les deux premières colonnes, nous n’avons qu’à nous reporter à la formule du binôme : 1” colonne : Ë (3x +1)”:(3x)” + n(3x)“—‘ +ï("_Ï2—’l(3x)nd+ ..... .. +1 29 colonne: -— (3x + 2)” : (3x)“ + 2h (3x)”-* + 4 ’i(—”I: ’l (3x)“-” + ..... .. + 211 Comme on le voit, les deux colonnes sont compo sées d’une série de multiples de 3 (tous les termes, sauf le dernier, contiennent (3 x) à une puissance quelconque) et d’un nombre qui est I pour la pre mière et 211 pour la seconde.
La première colonne ne peut donc contenir que le nombre I. La seconde rie contiendra que les puis sances de 2 diminuées du p. g. m. de 3. Or 2 : 3 — I et ses puissances sont: n(n — I) _ n: __ _ 1L——1 (3 I) 3” 113 + L2 n (n -— I) (n — 2) _ 1.2.3 . 3n—2 .3"—3+ . . . . .:':l:m.3îl . Le nombre des termes de la série est égal à n + I, par conséquent il est pair quand n est impair et ré— ciproquement.
La simple inspection de'la série per-. met de constater que tous les termes de rang impair sont positif et ceux de rang pair négatifs; donc, s’il y a un nombre impair de termes, c’est-à—dire si n est pair, le dernier terme est positif, dans le cas contraire
150 / L’INITIATION il est négatif; donc, dans la seconde colonne, les puissances paires se réduisent à 3 +1 :4: 1 ; et les puissances impaires à 3 —— 1 = 2. c. q. f. :1. 6° remarque. — Les réductions de sommes théo sophiques par 3 des puissances impaires donnent toutes le même résultat : la première colonne ne con— tient que le nombre 1, la seconde et la troisième ne contiennent que le nombre 3.
Pour les puissances paires, les deux premières colonnes ne contiennent que le nombre 1, et la troisième le nombre 3. 1. 3. 3. ou 1.1. 3. 1. 3. 3. 1. t. 3.
En effet la formule S = Ë(n——l) devient pôur la n‘ première colonne : s": <3x+ r>"F<3x +1)"+1]:(3x + I)'”+(3x+ r)": 2 2 221(2n —t ,—_Î__)(3x)în—S (3x + 1)’”:(3x)*”—j— 21! (3x)”"-1 + +.....+1:m.3+1 (3x +1)":(3x)” + 11 (3x)”-* + ”‘+;3 (3x)”—* +1:m.3:1' Pour la première colonne on peut donc écrire : m.3 +1+ 771.3 + 1 2m.3 +2 S : : : m. ..
2 2 3 + 1 Quel que soit n, la première colonne ne renferme donc que le nombre 1. ‘ Les nombres qui composent la seconde colonne peuvent être considérés tout aussi bien comme des -..-.—r..
CALCULS 151 multiples de 3 plus 2 que comme des multiples de 3 moins 1.
Nous prendrons cette seconde valeur pour la facilité de la démonstration, et nous aurons : 8 :(3x— I)” [(3x— 1)" +1]:(3x—1)‘1“+(3x——1)” 7L 2 2 (3x— I)‘Z":(3x)‘3" — 2n (3x)2n—I + 2" (Δ2— 1) (3x),,,_2 — . . . . . .. + I : m,3 +1. (33‘ "‘ l)” = (336)" — 22 (3x)”-1 + n_(Â’l;_’) (3x)n—-2 — . . . . . ..:*:I:m,3ij_ d,oùSn=m.3+I—i—m.3i I:2m.3—j2—Ii I=m.S+I î[ D’après ce que nous avons vu plus haut (5° re marque), quand n est pair, le dernier terme I est po sitif; il est négatif quand il est impair.
Or dans la première équation, il est visible que l’exposant an est toujours pair, le dernier terme est donc toujours positif. Donc, quand n est impair, le dernier terme est positif dans les deux équations, et on a : Sn:m.3 +%:m.3+1; Quand il est impair, le dernier terme continue à être positif dans la premjère équation, mais devient négatif dans la seconde et on a : 1.— Sn:m.3-j— 2 I:m.3—j—o:m.3:3.ç.q.f. d. Quant à la troisième colonne, comme nous l’avons
152 L’INITIATION fait remarquer (5‘ remarque), elle ne peut contenir que le nombre 3. Voilà, je crois, tout ce qu’il y a d’intéressant à re marquer sur la disposition des nombres en trois colonnes; nous allons, pour terminer cette étude, donner la théorie mathématique des cinq opérations que Saint-Martin se contente d’indiquer dans son traité des Nombres, p. 44 et 5.
1° La somme théosophique d’un nombre, ajoutée à la somme théosophique du nombre immédiatement inférieur, donnele carré de ce nombre. Soient 72 ce nombre et S (n) la somme théosophique de ce nombre, on a : , S(n)—j—S(n— 1)=n3 ex.:s(ô):2i s(5)=15 21 +15: 36:62.
En effet, S(n) : M2ifl d'où n’: 25 (n) — 72 mais 25(n)-—n:S (n) +(S(n)nn) etS (n)—n:S(n—* 1) donc 712: S (n) + S (n —— I). e. q. f. d. ou 2S(n) :n2-«j—n On peut du reste avoir directement le nombre dont on connaît la somme théosophique, en résolvant l’é— quation : n"—j—n—2S(n)=o —-—I i\/|+SS(n) uidonnen=—li\/l : q 2 4+2s(n) /, 2° Si on multiplie la somme théosophique d’un nombre par 8, qu’on ajoute 1 a ce produit, puis que l’on prenne la racine carrée de la somme, la petite ____æ‘_.m——_——_ —..A..IL. Ç..=1—
CALCULS 153 moitié de cette racine sera le nombre producteur de la somme théosophique donnée. Petite moitié de /1 + 8 s (n): n ex.:21X8:168168+1:169 JΑ9:1313:7+6 6, petite moitié de 13, est le nombre dont 21 est la somme théosophique. , Il n’y a qu’à regarder la formule que nous venons de trouver dans la précédente démonstration, pour. voir que l’énoncé du problème est mauvais, ce qui tient à la négligence du terme —— 1.
Nous venons de voir en effet que —1iJ1+85(n) 2 . Il: Il faudraitdonc ajouterà l‘énoncé : qu’on retranche ensuite 1 de la racine trouvée, et la moitié du reste sera le nombre n. ' 13—- 1: 12 et—I—Ë:ô. - ' 2 En effet 8 S (n) étant un nombre pair, il est évident que 8 S (n) —|— 1 est un nombre impair, sa racine doit donc être impaire aussi; elle ne sera donc divisible par 2 qu’en en retranchant 1, comme l’exige la for— mule.
Ceci nous indique en outre que toute somme théo sophique multipliée par 8 devient un carré parfait moins une unité, ce qui est du reste facile à démon trer; en effet, as (71): 8—n(n2Æ:4n(n-j—1):4(nî+n)
I 54 L'INITIATION 4étant un carré parfait, si la quantité entre paren thèses était aussi un carré parfait, il en serait de même du monôme tout entier. Or n2 + n serait le carré de l I . . . . I n + ; SI on- lui ajoutait 2 I‘ , __ I (71—j— ;)' __.n‘+n +Z Complétons ainsi le monôme et nous aurons: 4(nî+n +;’)=4n2+4n+1:4(n*+n>+x=85<n)+1. Ce raisonnement étant général, on peut donc dire que 8 S (n) + I est toujours un carré parfait.
La réciproque n’est pas vraie : un carré parfait diminué d’une unité, puis divisé par 8, ne donne pas toujours une somme théosophique. Il faut pour cela qu’il soit impair. 3° Le carré de la somme théosophique d’un carré n‘ est égal à la somme naturelle des 7:2 premiers cubes. ex. : 32:9 5(9): 45; 452: 2025; ’cubes1+8+27+64+I25+216+343+512+729:2025 de I 2 3 4 5 6 7 8 9 S(n’) :"—————2<n2+1’;5(n2)2 :—__”4("’+‘)’=”—‘\’+2"6+"‘.
2 4 4 Cherchons maintenant la somme des m premiers cubes. La suite naturelle des cubes constitue une série dont le terme général est (m + 1)". La somme est ’ S3 : 2 (m+t)3 : )3 (m3 + 37722 + 3m + I) : 21723 + 322m2 + 32711 + 27110
CALCULS 155 Effectuant les calculs et simplifiant il vient m4 + 2m3+ m2 53 : ._____— 4 Remarquons maintenant que m = n', puisqu’il représente le nombre de cubes à additionner, tandis que n est le nombre simple dont le carré sera le nombre de cubes; on peut donc dire que ’"’+’:’3+”” : ”S+ ’;’G+”’ :s3 = S(n’)2. c. q. f. d.
4.“ Soit un nombre quelconque mrltiplié par 9, la réduction théosophique du produit est égal à 9. red. th. (gît) :: 9 Ceci est évident de soi-même et revient à dire que tout multiple de 9 est divisible par 9.
5° Si d'un nombre quelconque on retranche sa propre réduction théosophique, le reste sera un mul— tiple de 9. n—red. théos. (n) : m.9 Cela est encore évident : la réduction théosophique d’un nombre étant le reste de la division de ce nombre par 9, si on retranche ce reste, il ne subsiste plus que le multiple de g. m.g+r——r:nz.9.
Ces deux derniers théorèmes ne peuvent échapper à l’accusation de naïveté qu’en se transformant en simples remarques. ’ Enfin je signalerai une autre particularité dont on pourrait peut-être tirer quelques conséquences : 6 est en même temps le double de 3 et la somme théoso
156 L’INITIATION phique de 3. Le carré de 6 est 36 (3 X 10 + 6) et la sommethéosophiquede 36 est666, le nombre dela bête. Je n’ai voulu, dans ce travail, traiter que la partie mécanique des transformations théosophiques des nombres.
Il faudrait maintenant leur donner la vie en interprétant les résultats au point de vue théoso phique proprement dit; c’est ce qui fera peut-être l’objet d’une seconde communication, à moins qu’un plus expert que moi ne veuille bien s’en charger. Ce nouveau travail présenterait un grand intérêt. Dr F. ROZIER. QUELQUES fiupustitians l’ardre médical en usamvnU) Paradis de la routine, la Chine est aussi celui de la superstition.
Nul pays au monde, sans doute, n’est, comme l’Empire du Milieu, soumis à l’influence des croyances les plus fausses, les plus fantaisistes, les plus stupidement invraisemblables. ’ L’Européen, à son arrivée en Chine, a la sensation de vivre au milieu d’une véritale trame d’erreurs, très souvent amusantes, n’ayant aucune prise sur lui, (I)NOUS extrayons cette étude de la Médecine Moderne pour montrer à nos lecteurs comment [Occultisme chinois est incom pris des médecins matérialistes. N. D. L. D. " F"‘Œàü
QUELQUES SUPERSTITIONS EN CHINE 157 mais enserrant l’intelligence chinoise dans un cercle d’acier qu’elle ne peut et surtout ne veut briser. Nul ne peut s’y soustraire, à cette puissante domination, pas plus l’empereur que le dernier des portefaix; les affaires de l’État, comme celles des partiCuliers, s’en ressentent; tout le monde en souffre, personne ne s’en plaint, pas même le bon sens, qui lui, pourtant, reçoit de fameux accrocs.
Il y a des superstitions en rapport avec tous les actes de la vie : la naissance, le mariage, la mort; manger, boire, dormir.
Je ne veux prendre, ici, que celles qui ont directe— ment affaire à la médecine, me réservant de publier, sous peu, dans les A7‘clziyes d’Ant/1ropologt’e crimi nelle, une longue étude sur les superstitions non reli gieuses des Chinois. û"l Les traités de médecine sont tous farcis d’idées su perstitieuses : on y parle d’influences occultes, mal définies, jouant pourtant un rôle bien défini, dans la genèse de beaucoup de maladies; mais la superstition médicale est surtout intéressante à étudier dans ses rapports avec la thérapeutique.
Beaucoup de maladies sont attribuées à l’influence néfaste d’esprits malins. On peut avantageusement lutter contre eux, grâce à des petits morceaux de pa— pier de couleur jaune, à de petites pièces d’étoffes de teinte rouge, portant certaines inscriptions cabalis tiques. Ces charmes sont fixés dans la doublure des habits ou, ce qui vaut mieux, brûlés : les cendres sont ensuite avalées dans du thé.
158 L‘INITIATION On peut encore efirayer les malins esprits et leur faire quitter le corps de patient, en battant le matelas et les couvertures du malade avec une branche de pêcher oude saule-pleureur, ou bien avec un fouet dont la corde revêt la forme d’un serpent. La superstition médicale triomphe surtout en ma tière d’accouchements et de pédiatrie.
Un accouchement laborieux ne peut être attribué qu’aux esprits mal intentionnés, s’opposant à. la sortie de l’enfant. Un prêtre taoïste est dans ce cas requis, pour pratiquer certaines cérémonies ayant pour but de faire fuir les démons. Sur une table on dispose des chandelles, des bâtonnets odoriférants, des simili 'monnaies en papier d’argent, 3 coupes de vin, une assiette contenant 3 sortes de grains.
Le prêtre com mence à réciter entre ses dents quelques prières ac compagnées de coups rythmés frappés sur la table. Puis, après une demi-heure de cet exercice, le bonze remet au mari 3 morceaux de papier, de 2 à 3 pouces de large, sur un pied de longueur. L’un est collé au— dessus de la porte d’entrée de la chambre de la femme l’autre sur son front, et le troisième réduit en cendres est avalé,dans du thé, par la parturiente.
Puis on attend que les charmes fassent leur effet. On attend souvent fort longtemps, et la vie de la malade paraissant en danger, on recourt au moyen suprême, auquel pas un accouchement ne saurait résister: une séance de marionnettes, dans laquelle figure la déesse de la Maternité. La chose se passe en général au niveaude la porte de la chambre de la par uriente. Mais, dans certains cas, lorsqu’il faut pro
QUELQUES SUPERSTITIONS EN CHINE 159 duire le maximum d’effet dans le minimum de temps, la déesse de la Maternité — la Mère — est enlevée de son théâtre et promenée sur le ventre de la femme. Ce procédé est considéré comme infaillible et quand il est suivi d’insuccès, les Chinois, au lieu de douter de son efficacité, préfèrent croire que le résultat négatif est dû uniquement à une mauvaise application de cette excellente méthode.
POur guérir la nervosité des femmes enceintes et aussi pour les garantir contre toutes sortes de man— vais esprits qui pourraient gêner l’accouchement, on place devant la porte de leur maison un vieux mor— ceau de filet : les démons ne peuvent manquer de prendre la fuite, car ils savent que c’est avec de tels instruments qu’ils sont pincés par les prêtres taoïstes.
Dès leur naissance, les enfants doivent être sous traits à l’influence des mauvais esprits qui pourraient contrarier leur bonheur, leur fortune future. Aussi sont-ils protégés par des chaînes spéciales auxquelles sont suspendues de vieilles monnaies, des petits cou teaux en argent, des clous ayant servi à clouer un cer cueil. Ces fétiches sont des protecteurs moraux et physiques, car ils garantissent contre malheurs, acci dents et maladies.
En outre, contre les coliques, on fait porter à l’en fant une sorte de ceinture, faite de corde rouge de pré— férence, ayant comme boucle de'ux vieilles sapèques de la dynastie des Han (coulées vingt-cinq ans envi ron après Jésus-Christ) -— Dans le même but théra— peutique on se sert d’une pièce d’étoffe rouge, sur la quelle sont fixés des morceaux de soie noire, repré
l 60 L’INITIATION [AOUT sentant un tigre, un lézard, un serpent, un centipède, et un cinquième animal fabuleux, de nature indéter minée, pourvu de trois pattes seulement. Ce talisman est porté par l’enfant pendant les cinq premiers jours de la cinquième lune. La variole, qui fait de si grands ravages en Chine, devait forcément faire naître des pratiques supersti— tieuses destinées à protéger les enfants contre les épidé mies.
Peut-être les Chinois ont-ils autant de confiance dans le procédé suivant que dans la méthode jenné rienne.Toutcommelavaccine,etmieux sansdoute,une petite courge à deux renflements peut donner l’immu nité. Celle-ci,Sèche et vidée de ses graines, est, la der nière nuit de l’année chinoise, suspendue près de l’en— droit où dort l’enfant n’ayant pas encore eu la variole.
Le Dieu de la variole et de la rougeole versera le mal dans la courge et non dans le corps de l’enfant. Dans tous les cas, si la maladie se déclare plus tard, elle ne pourra qu’être très bénigne. La courge peut être rem— placée par une petite lanterne, présentant deux ren flements et suspendue au cou de l’enfant. Le dieu dela variole se fait un malin plaisir, parait— il, de défigurer, par des cicatrices, les enfants, surtout quand ils sont jolis.
Aussi les Chinois n’ont-ils pas hésité à le tromper. Pour cela, certains enfants ont pendant la dernière nuit de l’année, la figure recoi1— verte de masques horribles. Le dieu passe, et voyant des_enfants aussi laids, il trouve inutile de leur lais ser une maladie qui pourrait encore les enlaidir. Les Chinois pratiquent la vaccination, mais surtout la variolisation. Bien souvent, quand dans une mai
1898] QUELQUES SUPERSTITIONS EN CHINE 161 son, un enfant a été inoculé, on colle sur la porte une affiche ainsi conçue : « Gare à la variole ! » Ne croyez pas qu’elle ait comme but de prévenir les gens‘ qui pourraient entrer de la possibilité, pour eux, de con tracter la maladie. Cela veut seulement dire : « Il y a ici, un enfant vacciné.
N’entrez pas, car votre œil exercerait peut—être une fâcheuse influence sur l’évoe lution des pustules. » Ils attribuent assez volontiers des propriétés cura— trices à certains arbres, à certaines sources, qui re vêtent un caractère quasi sacré de ce fait. Ainsi, au devant de l’un des tombeaux des empereurs Mings —— excursion obligatoire de tous les globe-trotteurs — se trouve un autel bouddhique en pierre.
Dans l’un des angles, on voit un orifice, donnant accès à une petite source. Celle—ci ferait merveille contre les affections oculaires. De nombreux Chinois viennent là, retirent de l’orifice une petite baguette terminée par un chif fon et plongeant à demeure dans l’eau.
Ce chiffon est passé sur tous les yeux malades : je ne sais s’il en a guéri, mais je crois pouvoir affirmer qu’il a dû con tribuer à propager la conjonctive granuleuse, assez fréquente dans ces parages. Non seulement les Chinois croient à l’efficacité de certains charmes pour les guérir, eux ou les leurs, mais ils pensent que certains charmes spéciaux peu vent nuire, s’ils parviennent à les faire absorber aux personnes à qui ils en veulent.
Ils ont même le pou voir de les rendre malades et de les faire mourir. Le procédé n’est pas à la portée de toutes les bourses, car il est généralement dispendieux. On peut, en effet, 6
162 L’INITIATION moyennant finances , se procurer , dans certains temples, des feuilles de papier jaune, sur lesquelles sont imprimées, soit une tête de buffle, soit une tête de chien, ou les deux à la fois. Le papier est réduit en cendres, et on tâche de faire avaler celles-ci sans qu’il sans doute, dans du thé, à son ennemi. Cette superstition a son corollaire. Il arrive que des malades se croient victimes d‘un de ces charmes.
Aussi, dès que cette conviction est faite, on ne perd pas une minute pour annihiler les funestes influences: deux, trois prêtres taoïstes -— le nombre est fonction de la fortune— sont appelés, qui. par des passes mys térieuses, des prières, doivent, si le patient est à l’ago nie, retenir son âme dans son corps. ‘lls se servent, en même temps, d’un miroir monté au bout d’une tige de bambou, qu’ils promènent au-dessus du ma lade, font un vacarme infernal avec des gongs et des tambours et brûlent des papiers, portant des têtes de buffles et de chiens, identiques à ceux dontles cendres sont présumées nocives.
Bien souvent, les Chinoisconsidèrent comme des charmes les ordonnances que rédigent les médecins européens. J’ai plusieurs fois été témoin du fait sui— vant, à l’hôpital de Hon-I’ang, de Pékin. J’écris sur un bout de papier la médecine que le pa— tient ira chercher à la pharmacie de Sanis. Arrivé au dispensaire, il y reçoit sa drogue, et l’avale, en même temps que l’ordonnance, dont il a roulé le papier en boulette. Les épidémies donnent cours à toutes sortes de fan— taisies superstitieuses. Pendant l’été de 1895, le cho_ 4
QUELQUES SUPERSTITIONS EN CHINE 163 léra fit rageà Pékin et plus de 50,000 personnes mou rurent. Les Chinois furent très affolés. On fit des processions, des feux de joie, on brûla plus’de poudre en pétards et en fusées qu’on n’en avait consommé dans la guerre contre les Japonais. Des listes de souscription circulaient. Chacun s’ins crivait pour concourir aux dépenses des feux et pièces d'artifices.
Les généreux souscripteurs avaient le droit de faire placer au-dessus de leur porte une petite ins cription sur papier dont voici le sens : « Ce monsieur a versé pour honorer le dieu de l’épidémie. » Et forts de l’immunité conférée à si bon compte, les Célestes continuaient à se bourrer de melons, à boire de l’eau souillée... et à contracter le choléra. La pharmacie elle«même a, parfois, maille à partir avec la superstition.
C’est ainsi qu’on place un cou teau sur le couvercle d’une marmite où mijotent des préparations thérapeutiques, pour empêcher celui-ci d’être soulevé parles malins esprits désireux d’ajouter des principes nocifs à la drogue bienfaisante qui se prépare. ‘*. . , L’expérience des siècles aurait dû démontrer aux Chinois tout ce que les superstitions avaient de faux et de ridicule et même de funeste.
On se demande, avec étonnement. comment des hommes que l’Eu rope considère encore comme intelligents peuvent s’obstiner en pareilles erreurs. En présence d’une semblable ténacité en matière d’absurde, la première chose à faire est de douter de cette fameuse intelligence des gens qui ont inventé la
16.4r L’lNITIATION . w.__.,,y poudre. Et les Européens qui ont vécu quelque temps au milieu des Célestes sont rapidement convaincus de cette vérité, que les Chinois sont surfaits et jugés par l’Europe trop au-dessus de leur valeur. Peut-on espérer affranchir la Chine de ce tissu de superstitions qui éloufl‘e son intelligence, s’oppose à tout progrès?
L’erreur, l’absurde, le mystérieux ont un tel attrait pour le Chinois, qu’il renoncera diffici lement, je le crains, à ses croyances. Je ne veux, pour terminer, en citer qu’un exemple. En cas de fracture d’un membre on prend un coq vivant. On le fend en deux et on l’applique sur le membre : la force vitale du coq passant dans celui-ci, doit en amener la con solidation immédiate.
Les médecins chinois ont, bien entendu, vu leurs efforts toujours couronnés d’in succès. Ils n’en continuent pas moins, et, si on leur fait observer que la méthode est sans doute mauvaise, ils vous répondent d’un ton convaincu qu’elle est infaillible, et que si elle ne réussit pas,c’est parce que le corps du coq n’est pas assez rapidement appliqué : faut-il les plaindre ou en rire ? J .—J . MA'I‘IGNON Médecin-major à la légation de France, à Pékin. (La Médecine moderne.)
DE LA RÉDUCTION THÉOSOPHIQUE 165 ÿr !!.A Rtwcnw iutawangar I. — UN NOUVEAU SYMBOLE ARITHMÉTlQUE On sait que la réduction théosophique (1) consiste à réduire tous les nombres formés de deux ou de plusieurs chiffres en nombres d’un seul chiflre, et cela en additionnant les chiffres qui composent le nombre jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un.
En arithmétique, plus encore peut—être que partout ailleurs, tout se tient ; les méthodes et les opérations les plus différentes ont entre elles plus d’un point commun, conduisent aux mêmes résultats, donnent lieu aux mêmes considérations.
La réduction théoso— phique n’est donc pas une opération à part, elle ne saurait donner, au point de vue de la pure théorie des nombres, des résultats qui n’aient déjà été obte nus Ou qui ne puissent être vérifiés d’une autre manière.
Toutefois, il n’est pas de méthode, si détournée qu’elle puisse paraître, qui ne soit suscep tible de conduire à certains de ces résultats d’une façon plus directe, de les coordonner d’une façon plus rationnelle: c’est pourquoi nous nous sommes proposé de faire dans les lignes qui suivent une étude élémentaire de cette opération en elle-même, en par tant de sa seule définition. Voir: Parus, Traité de scienCe occulte, p. 95.
166 L’INITIATION DÉFINITION. — Nous appellerons réduit théoso phique, —— ou plus simplement réduit — d’un' nombre quelconque N, et nous désignerons par la notation symbolique RN. le nombre d’un seul clziflre obtenu en faisant: d’abord la somme de tous les chiffres de N, puis, s’ily a lieu, la somme des chiffres de cette première somme elle-même, et ainsi de suite, jusqu‘à ce que l’on obtienne une somme RN infé— rieure ou au plus égale à g.
Remarquons tout d’abord que le nombre RN existe et qu’il sera obtenu nécessairement dans la suite d’additions que nous venons de décrire: cela, par le seul fait que la somme des chiffres d’un nombre est inférieureà ce nombre.
A toute valeur de N, correspond donc une valeur unique de RN. — Si nous considérons le nombre N + I, consécutifde N, il est bien évident que son réduit Sera RN + I, si RN < 9, ou [ si RN : 9, Cette remarque nous conduit à considérer RN en quelque sorte comme une fonction périodique de la variable N susceptible de prendre toutes les valeurs de 1 à 1’00, la période étant constituée par la série des 9 premiers chiffres.
Nous pouvons en conclure immé— diatement que deux nombres quelconques qui dif fèrent entre eux de 9 ou d’un multiple de 9 ont même réduit. Ceci nous permet de formuler la relation qui lie N et RN: N .: RN + 9 p., (I) p étant un entier quelconque (I) (I) L’égalité fondamentale N: RN + 9 y. peut encore s’ex primer par la congruence N = RN (mod. 9‘.
DE LA RÉDUCTION THÉOSOPHIQUE 167 Cette égalité, on le voit, exprime précisément ce fait que RN est le reste de la division par 9 du nombre N. Remarquons encore que, par définition même, le réduit d’un nombre est aussi le réduit de la somme des chiffres qui le composent, en sorte que si a, ).
'sont les chiffres du nombre N, on a : RN:R(a (2) Lemme. — Dans la réduction théosophique d’un nombre, on peut remplacerl’ensemble de deux ou de plusieurs chiffres par leur réduit effectué. Il suffit de le démontrer pour le cas d’un nombre de trois chiffres: la généralisation serait facile de proche en proche. Soit donc le nombre: N : a (5 v. RN : R (a + a + v) Supposons que a + (3 : 10 + a Avec la condition naturelle : 5 < 9.
Les deux chiffres de la somme et + (3 étant I et a, le réduit de cette somme est I + a. D’autre part, si nous réduisons la somme a + B + 7 ou 10 +: + y, le zéro n’intervenant pas dans la réduction, nous aurons: RlIO+E+Y):R(I+E+T): R{R (« +r)+n Théorème. — Le réduit d’une somme de deux ou de plusieurs nombres est égal au réduit de la somme des réduits de ces nombres. "\v‘\r--"‘-v-‘ ..».'-.,-,,. ,v . ,,——.—n--w- u.zi 7;..,, , . ' . ,
168 L’INITIATION Soient les deux nombres : N : a: [à l, N' = 01’ (5' 'f'..... À, que nous pouvons écrire : N : 01.10“ + (310“-‘..... + ). N' = a’Iok+ 6’10“-‘..... + 1’ (Il est toujours possible de supposer que N et N' ontle même nombre de chiffres : cela revient à ajou terà la gauche du plus petit d’entre eux un nombre convenable de zéros, ce qui n'altère ni le nombre ni son réduit théosophique).
Faisonsla somme : N + N' = («+ a')lOk + + (1 +1) 1° Si toutes les quantités telles que et + oz' sont in férieures à 9, elles seront précisément les chiffres de la somme N + N', et l'on aura : R (N + N') : R {(01 + au) + + (I. + 7.’)] : R( (a: + (a + 7.) + (au + (s’ + + a’)] ou, en vertu du lemme précédent : R (N + N') = R (RN + RN’) (3) 2° Supposons maintenant qu’une de ces quantités, 8 +3’, par exemple, soit supérieure à 9, que l’on ait: 3 +8' : 10 + 8”.
Dans l’addition, nous écrivons a” au lieu de ‘O‘ + 8’ et nous reporterons 1 à la colonne des unités situées immédiatement à gauche, soit ). + X. Supposons pour l’instant 1 + 1'+ 1 < 9. Le réduit de N + N’ sera alors : R (et + an’) + + (7+ Y'+1)+ 3" + + (Y + 7') Mais le réduit de 7—j— v’-—j— 1 + 8” (que nous pou—
DE LA RÉDUCTION THÉOSOPHIQUE 169 vons effectuer dans le courant de l’opération) est le même que celui de y + y' + 10 + 8", c’est-à-dire de 7 + y' + 8 + B’. On voit donc que la réduction théo-. sophique d’une somme n’est pas modifiée par le re port, dans l’addition de ses parties, des unités du se— cond ordre. Si 7 + y' + 1 était supérieur à 9, on au— rait à répéter le même raisonnement (1).
Ce théorème se généralise naturellement de la fa çon suivante : soit lesp nombres N, N,..... Np. On a la relation : R (N, + N, + Np):R (RN,+ RN, + RNp)(4) Considérons alors les deux nombres M et N, et leur produit MN. Ce produit est, par définition, la somme de M quantités égales à N.
En vertu de la formule précédente, sonyréduit sera R (MRN.) Or le produit MRN lui-même est la somme de RN quantités égales à M : son réduit sera R (R M. R N.) Nous aurons en définitive la formule suivante : R(MN) : R (RM.RN). (5) Soit maintenant trois nombres M, N. P, et consi— dérons encore leur produit MNP. MNP étant la (I) Ce théorème est si élémentaire qu’il se passe à la rigueur de démonstrations.
On peut le considérer à priori comme évi— dent en remarquant que toutes les opérations précédentes ne sont que des additions; or le résultat final d’une addition est indépendant de la marche suivie pour l’effectuer.
Si nous sommes entrés dans quelques détails de calcul, c’est que la démonstration que nous avons donnée nous a paru faire plus clairement voir comment se passent en réalité les choses, et « que, d’autre part, le principe fondamental de toute théorie rationnelle de la réduètion théosophique nous a semblé mé riter par son importance mieux qu’un simple énoncé!
170 L’INITIATION somme de MN quantités égales à P, son réduit est R (MNRP). Mais MNRP est la somme de MRP quan— tités égalesà N : son réduit est donc R (M.RNRP). Enfin, le réduit de la somme de RNRP, quantités égales à M, est R (RM.RN.RP).
Le même raisonnement pouvant s’appliquer pour un nombre quelconque de facteurs, nous énoncerons la proposition suivante : Théorème. — Le réduit du produit d’un nombre quelconque de facteurs est égal au réduit du produit des réduits de ces facteurs. Théorème traduit par la formule générale : R (N1 >< N2 )< Np) : R (RN, ><RN2 >< RNp) (6) Nous pouvons en tirer une application immédiate.
Faisons, par exemple, dans la formule (5) M : 3, et par suite RM 2 3. Cette formule devient : R (3N): R(3RN) Or RN étant par définition un des chiffres de la suite 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, le produit 3RN sera égal à l’un des nombres : 3, 6, 9,12. 15, 18, 21, 25, 27, mais la quantité R (3RN) ne pourra être que 3, 6 ou 9. Nous voyons donc que tout multiple de 3, de la forme générale 3N est tel que son réduit est lui-même un multiple de 3. Engfaisant M:g, nous verrions de même que la quantité gRN étant égale à l’un des nombres de la smte W‘MäJJHÀ..." ,1 -
DE LA RÉDUCTION THÉUSOPHIQUE 171 9, 18, 27, 36, 45,54, 63, 72, 81, la quantité R (gN), c’est-à-dire le réduit de tout mul tiple de 9 ne peut être qu’égal à 9. Nous retrouvons là d’une manière assez détour née les caractères de divisibilité par 3 et par 9. Nous pouvons remarquer, en outre, que la formule (5) est l’expression même de la preuve par 9 de la multiplication.
Avec la formule (6) nous avons, chose plus intéressante! la généralisation de cette preuize au cas de plusieursfacteura. Enfin, si nous considé rons la formule générale qui sert à définir en arithmé tique la division M: Nq+r, M, N, 9 et 7' étant respectivement le dividende, le diviseur, le quotient et le reste, —— et si nous remar quo ns qu’en vertu des deux théorèmes démontrés plus haut : RM: R [R (RN.
Rq)+ Rr] ou plus simplement RM: R [RNRq+ Rr] nous avons formulé la preuve par 9 de la division. Supposons maintenant que dans la formule (6) les nombres N,, Np soient tous égaux à N. Nous aurons immédiatement la formule: R<Nv)= R [(RN)P] _ (7) qui exprime que : Théorème: Le réduit de la puissance p’°““° d’un nombre est‘égal au réduit de la puissance p‘"me du réduit de ce nombre.
172 L’INITIATION Ce dernier théorème est susceptible d’applications plus intéressantes. Faisons en effet dans la formule (7)p=r. R (N’): R[(RN)*] Or, RN2 ne peut prendre que l’une des valeurs de la suite 1, 4, 9, 16, 25, 36, 49, 64, 81.
Les valeurs correspondantes deR j(RN)ÏI seront: la 41 92 71 71 91 49 ‘1 9 Nous voyons par là que le réduit de tout nombre tel que N", c’est-à-dire de tout carré parfait est néces— sairement égal à l'un des quatre chif’rres : 1, 4, 7 ou 9. Cela nous permet de formuler une condition néces— saire pour qu’un nombre soit carré parfait.
Cette condition permet d’éliminer à priori une grande quan tité de nombres comme n’étant pas carrés parfaits, et est plusprécieuse, à ce point de vue, que cet autre carac— tère que doitprésenter nécessairementjtout carré parfait d’être terminé par l’un des 5 chiffres, 1, 4, 5, 6 ou 9.
Ces deux caractères peuvent d’ailleurs êtres utilisés (1) Si nous continuons à effectuer les carrés des nombres suivants 10, 11, etc., soit: 100, 121,144,1ôg, 196, 225, 256, 289, 324, 361. 400. 441, 484, etc. nous voyons que leurs réduits 1: 47 91 71 77 91 47 I? 9211 41 91 Etc se reproduisent de 9 en 9, dans le même ordre.
Nous pouvons donc ranger les carrés des réduits des nom— bres consécutifs dans cette classe de suites que M. Arnoux (Arzthme’tique graphique; les espaces arithmétiques hypermaî giques) a appelés: espaces arithmétiques à une dimension de module m. Le module est ici égal à 9. ’ -_ ..c.«».en JF-‘J‘u _,
DE LA RÉDUCTION THÉUSOPHIQUE 173 simultanément. Voici maintenant une considération plus utile au point de vue pratique de l’extraction de la racine.
Remarquons que la valeur 1 de R (N ) cor— respond aux valeurs 1 et 64 de (RN)“, et par suite aux valeurs 1 et 8 de RN; -— que la valeur 4de R(N’) correspond de même aux valeurs 2 et 7 de RN, etc...; qu’en un mot nous pouvons dresser le tableau suivant des valeurs de R(N’) et,des valeurs correspondantes possibles de RN . R(N’) RN 1 1 ou 8 4.
2 ou 7 7 4 ou 5 9 3.6 ou 9 Donc, si l’on a reconnu à l’aide du caractère que nous venons de signaler qu’un nombre peut être carré parfait et qu’on veuille rechercher par des effets successifs sa racine possible, il sera inutile d’em ployer dans cette recherche les nombres dont le réduit ne prend pas une des valeurs qui correspondent dans le tableau ci-dessous, à la valeur du réduit du nombre primitivement considéré.
Si dans la formule (7) nous avions fait p = 3 nous aurions pu voir de même que (RN3) ne pouvant > prendre qu’une des valeurs. 1 8 27 64 125 216 343 512 729 R N3 ne eut rendre u’unedes valeurs 1, 8 ou ce 1 9» qui constitue une condition plus restreinte encore, et qui, à ma connaissance, n’a jamais été explicitement formulée, -— pour qu’un nombre soit cube parfait. ci en re e a au suiv e révoir I co 1 t ble ant nous ermet d
174 L’INITIATION quelles seront les valeurs possibles de RN pOur une valeur déterminée de R(N”). R(N3) RN 1 I, 4 ou 7 8 2, 5 ou 8 9 3, 6 ou 9 Enfin, si, continuant ces deux caractères, nous remarquons que toute puissance sixième (ou dont l’exposant est un multiple de 6) est à la fois un cube et un carré, nous voyons que son réduit, devant. prendre une valeur commune aux deux suites.
1,4/7, 9 et I, 8, <_I. . sera nécessairement I ou g. — Nous voyons en outre que la valeur 1 de R(N°) correspond aux valeurs 1 ou 8 de R(N3) et par suite à l’une des six valeurs I, 2, 4, 5, 7 ou 8 de RN et que la valeur 9 de R(N“) corres pond aux valeurs 3, 6 ou 9 de RN. Mais ici la re marque ne saurait avoir le même intérêt pratique. Il. — NOMBRES COMPLÉMENTAIRES.
Dans la réduction théosophique d’un nombre, il n’est en somme tenu aucun compte du chiffre 9. Ceci nous amène à le considérer conventionnellement comme nul et à poser. R9 :0. Supposons maintenant que dans deux nombres M et N soient tels que RM + RN: 9 ou, en vertu de la convention précédente RM+ RN:O
DE.LA RÉDUCTION THÉOSOPHIQUE 175 _ _ . ..c _ , Nous dirons, dans ce cas, que M et N sont des nombres complémentaires. — Comme on le voit, deux nombres complémentaires sont deux nombres tels que leur somme soit un multiple de 9.
Cette définition établie, considérons la table de Pythagore qui donne les produits respectifs de la multiplication deux à deux des 8 premiers nombres et effectuons la réduction théosophique de tous les nombres contenus dans cette table.
Nous obtiendrons un nouveau tableau à double entrée (le tableau I) qui donne, ainsi qu’on le voit, le réduit d’un produit quelconque en regard des réduits des facteurs (I). ç./ ‘1’ ÇC‘ 1:34.46 5 4 b 5 a a; s 0 a 0 .
17' .D//jâ_' L_ .3 . ‘J5 (1) Supposons dans le tableau I indéfiniment prolongée de part et d'autre lasérie naturelle 1,2, 9, 10, 1 Si nous eflectuons la réduction théosophique de tous ces nombres, la Suite des 9 premiers chiffres se reproduira périodiquement. Nous aurons une table indéfinie qui présentera ce caractère particulier d’être constituée par des lignes et des colonnes de
176 L’INITIATION Cette table offre différentes particularités remar quables. Laissons de côté la dernière ligne et la der— nière colonne, formées de zéros comme cela était facile à prévoir; traçons les diagonales AB et CD. Ce sontdeux axes de symétrie du tableau : les éléments symétriquement situés de part et d’autre de ces lignes sont identiques. Nous dirons, en conséquence, que ces diagonales sont des axes de symétrie réelle.
Leur intersection sera un centre de symétrie réelle : deux éléments quelconques symétriques par rapport à ce centre sont identiques. Ce n’est pas tout. Remarquons en effet que lesélé ments situés symétriquement de part et d’autre de chacune des lignes médianes ab et cd sont complé— mentaires. Nous appellerons ces médianes : axes de symétrie complémentaire.
Cela posé, cherchons à nous rendre compte de la signification arithmétique de ces deux axes et de ce centre de symétrie réelle et de ces deux axes de symé— trie complémentaire. Considérons pour cela un élément quelconque et tableaux identiques au tableau ADFG, reproduit à l’infini dans le sens de ses deux dimensions. Table telle que celles définies par M. Arnoux lac. cit., Espaces arithmétiques à deux dimensions, de module m. — Le module est ici 9.
Toute ligne tracée dans le 10! tableau ADFG, et prolongée rencontrera dans les autres tableaux les mêmes éléments, dans le même ordre. Une telle ligne définira une direction arith— métique. Ainsi, en particulier, la ligne arithmétique 1, 4, g, 7, 7, g, 4, 1, 9, rencontrera, comme nous l‘avons déjà v.‘._. constamment dans le même ordre, les réduits de tous les carrés consécutifs.
Je tiens à signaler en passant l’application, peut-être heu reuse, que l’on pourrait faire de l’originale et fort intéressante théorie de M. Arnoux, aux réduits théosophiques. _A_, . .\_
DE LA RÉDUCTION THÉOSOPHIQUE 177 les trois éléments qui lui sont symétriques par rap port à AB, à CD et au centre.
Il suffit de se reporter au tableau pour voir que : 1° La symétrie par rapport au centre exprime que le réduit d’un produit de deux nombres est le même que le réduit du produit de deux nombres respective ment complémentaires de deux premiers ; 2° La symétrie par rapport aux diagonales exprime simplement ce fait que, dans l’un et l’autre cas, le produit est indépendant de l’ordre des facteurs.
Considérons maintenant les éléments situés de part et d’autre des axes de symétrie complémentaire; ici encore, un simple coup d’œil jeté sur le tableau nous permettra de conclure que: 3° les produits d’un même nombre ou de deux nombres de même réduit par deux nombres complémentaires sont complémentaires. ’ Nous pouvons tirer de ces propositions une con séquence intéressante. Considérons deux nombres complémentaires, M et N.
En vertu de la première des propositions ci-dessus énoncées les produits M XM etN >< N, c’est-à-dire les carrés M2 et N3 sont de même réduit; en vertu de la dernière proposition, les cubes M3 et N3 sont complémentaires; on verrait de même que les quatrièmes puissances sont de même réduit, les cinquièmes puissances complémen— taires, ete.,, en sorte que l’on peut formuler la loi générale suivante : Les puissances successives de deux nombres complé— mentaires sont elles-mêmes complémentaires ou de même réduit, selon que l’exposant commun est impair ou pair.
178 L’INITIATION Voici des applications intéressantes de cette loi : I. —-— Soit un nombre de réduit1 :tout nombre complémentaire sera de réduit 8.
Mais, en vertu de l’égalité : R (MP) : R [(RM)P] que nous avons démontré plus haut, le réduit de toutes les puissances successives du premier nombre sera constamment 1, et, par suite, le réduit de toutes les puissances successives de 8 (ou de tout nombre pouvant se réduire à 8) sera alternativement 8 ou 1 .
Il. —— La suite des puissances de 2 est : 2, 4, S, 16, 32, 64, dont les réduits sont : 2, 4, S, 7, 5, 1, Nous pouvons affirmer que les réduits des puis sances suivantes se reproduiront toujours identique ment dans.le même ordre.
En effet, d’une manière générale si, en formant la suite des réduits, des puissanees successives d’un nombre quelconque, on obtient, pour la puissance p, je suppose, —— un réduit égal à l’unité, les réduits des puissances suivantes se reproduiront dans le même ordre. Cela est aisé à démontrer en deux formules : Si on a R (MP) : 1. R (Mp+1) : R M. R (MP+ 2): R (M2).....
Nous pouvons donc affirmer que les puissances successives de 2, ou de tout nombre de réduit 2 (r 1 , 83, 101 pour ne citer que des nombres premiers)
DE LA RÉDUCTION THÉOSOEHIQUE 179 seront telles que leurs réduits se reproduiront pério— diquement dans l’ordre : 2, 4, 8, 7, 5, 1.
Et en vertu de la loi que nous avons démontrée, les réduits des puissances successives de 7, ou des nombres pouvant se réduire à 7, se reproduiront in définiment dans l’ordre : 7, 8, 4,1, 7, 4, III. — Les puissances de 3, à partir du carré, ont 9 pour réduit : il en sera de même des puissances de tout nombre de réduit 6, puisque 9 est à lui-même son complément.
' lV. —- Les puissances successives de 4, 4, 16, 64, 256... sont telles que leurs réduits se reproduisent constam ment dansJ’ordre 4, 7, 1, 41 71 1' Donc les puissances de 5, ou de tout nombre de ré duit 5 se reproduiront constamment dans l’ordre : 5, 7, 8, 4, 2,1.
En résumé, nous pouvons dresser le tableau sui vant qui, pour une valeur déterminée de réduit d’un nombre, nous montre dans quel ordre se reproduiront périodiquement, à partir de la seconde, de la troi sième ou de la sixième puissance, suivant les cas, les réduits des puissances successives de ce nombre. Nous retrouvons en cxaminantce tableau des ré sultats que nous avons obtenus déjà. En effet, si au lieu de parcourir dans le sens vertical la série des ré
180 L’INITIATION duits des puissances successives d’un même nombre, nous parcourons dans le sens horizontal la suite des réduits des puissances de même exposant des nombres consécutifs,nous retrouvons ce fait que les carrés des nombres consécutifs sont tels que leurs réduits se re produisent périodiquement dans l’ordre : '14, 9: 7: 7, 9: 47 de même que les réduits des tubes se reproduisent dans l’ordre : 1,9 I, 8, 9. et ceux des sixièmes puissances dans l’ordre : I, l, 9.
Nous voyons en outre que les réduits des qua trièmes puissances se} reproduisent dans l’ordre : / la 77 99 47 41 97 77 I, 9' et ce/ux des cinquièmes puissances dans [l’ordre : la 59 92 7!
27 9’ 47 81 9' Quant aux puissances supérieures, il est bien évident que leurs réduits se représentent exactement dans le même ordreque ceux d’une des six premières, puisque, pour un même nombre, le réduit des puissances suc cessives se reproduit identiquement de six en six. Pour en finir avec ce sujet, faisons une dernière remarque à, Aucun nombre de réduit 3 ou 6 ne peut être puis. sance parfaite.
Considérons maintenant un nombre M et suppo— sons que ce nombre soit le produit de deux facteurs N et Q, en sorte que l’on ait R (RN. RQ) : RM. 11 “n .—..c. ——..:_._,...... ‘.‘f »
DE LA RÉDUCTION THÉOSOPHIQUE 18I En vertu de l’égalité fondamentale (I), nous pour rons écrire : ' RN. RQ: RM + P9. ,. _RM+P9 clou, Donc, si nous connaissons RM. et RN, RQ n’exis— tera qu’autant que nous pourrons déterminer une valeur de p. telle que la quantité RM+P-9 RN soit entière et inférieure à I0.
Cela est toujours possible, ainsi que l’on peut s’en rendre compte, — sauf pour les valeurs 3, 6 ou g de RN qui exigent, pour RM une valeur divisible par 3, 6 ou g. D’autre part, pour toutes les autres valeurs de RN, et quel que soit RM, [1. ne pourra prendre qu’une seule valeur répondant à la condition ci-dessus énoncée, en sorte que nous aurons pour RQ une valeur unique, ce qui devait être àpriori.
La formule RM + P9 RQ : RN nous permet, en faisant prendre successivement à RM et à RN leurs 9 valeurs possibles, de dresser un nouveau tableau à double entrée qui donne, comme on le voit, en regard des valeurs des réduits du divi dende et du diviseur la valeur du réduit du quotient. Ce tableau pouvait être d’ailleurs facilement établi à l’aide du premier.Comme celui—ci,il présente certaines particularités. ,. Si nous ne considérons que les huit premières li gnes et les huit premières colonnes, nous voyons que
182 L’INITIATION le tableau ainsi formé possède deux axes de symétrie complémentaire (les axes AB et CD) et un centre de symétrie réelle. Nous pouvons nous rendre aisément compte de la signification arithmétique de ces symé mes.
D De l’existence du centre de symétrie réelle, il faut conclure que le quotient de la division d’un nombre par un autre est de même réduit que le quotient de la division de deux nombres respectivement complé mentaire des deux premiers ; — et de l’existence des deux axes de symétrie complémentaire, il faut con clure que les quotients de la division d’un même nombre ou de deux nombres de même réduit par deux nombres complémentaires, sont complémentaires, ainsi que les quotients de la division de deux nom bres complémentaires,par un même nombre ou par ‘ 'wF'
DE LA RÉDUCTION ’1‘HÉOSOPHIQUE 183 deux nombres de même réduit. -— Ces résultats sont, au fond, et présentés sous une autre forme que ceux implicitement contenus dans le premier tableau.
Nous croyons avoir montré commentil était possible de simplifier l’étude des modifications subies par les nombres quels qu’ils soient dans les opérations que l’on effectue sur eux, et cela par la seule inspection des modifications subies par les huit premiers dans les mêmes opérations. Telle est l’utilité des réduits théosophiques.
La considération des axes et des centres de symétrie réelle ou complémentaire que possèdent les tableaux 1, 2 et 3 nous permet d’aller plus loin encore.
On voit en effet qu’ilsuffit d’étudier l’action des quatre premiers chzfl”res sur eux-mêmes, il est aisé d’en déduire l’action qu’ils exercent sur les quatre suivants qui leur sont complémentaires, et, par suite, d’une manière générale, l’action réciproque de tous les nombres dans les opérations de multiplications, de division et d’élévation aux puissances.
C’est faire ressortir assez, croyons—nous, les avan— tages que cette double réduction théosophique, peut offrir dans bien des recherches. Considérons en effet deux nombres complémen tairesM et N, etleurs réduits RM et RN. Par définition RM + RN : 0. On voit que, dans une addition de réduits, le fait d’ajouter RN revientà retrancher RM.
Nous pouvons donc remplacer le réduit d’un nombre par le réduit complémentaire Changé de signe, remplacer 7, par exemple, par— 2, que nous écrivons ’2‘, à l’aide d’une _\
184 L’INITIATION notation utilisée dans les calculs logarithmiques. Cette convention est légitime, car la substitution de {à 7 ne modifie en rien les résultats de quelque opé ration que ce soit. Nous venons de le voir pour ce qui est de l'addition. Il est aisé de s’en rendre compte dans le cas de la multiplication ou de l’élévation aux puis sances.
Cela résulte en ellet de ce que: 1° les produits d’un même nombre par deux nombres complémen— taires sont complémentaires, et que 2° les produits de deux couples respectivement complémentaires sont de même réduit. Donc si M et N sont complé mentaires, R (RMX RP) : —_ R [RM >< (_ RN)] et si P et a sont complémentaires, (RM. RP): R j(——RN) >< (— RQ)J. Ce qui est vrai en signe arithmétiquement.
De même, dans l’élévation aux puissances les réduits de deux nombres complémentaires seront de même ré duits ou de réduits complémentaires, selon que l’ex— posant sera pair ou impair. Donc : ‘ R [(RM)P] = 1“ R [(—RN)P] Ce qui est vrai encore, en arithmétique, quant aux signes.
Nous voyons donc que la suite naturelle des nom bres, 0, 1,2 9,4, 5, 6, 7,8, 9,10,11,12..... est telle que leurs réduits se reproduisent périodique— ment selon la succession. 0,1, 2, 3,4, 4, 3,2,1, o,1,2,3,etC. A. RITT.
ORDRE MARTINIS’I‘E 185 ©é‘BDËE MA䌒ÆJNÏISTE MOT D’ORDRE TRIMESTRIEL Les uelégués généraux de l’ord re sont invités, dès la réception de la présente, à institue r un mot d’ordre qui sera obligatoire pour l’entrée dans toutes les loges de leur ressort. Ce mot d’ordre sera changé tous les trois , mois. Il sera envoyé à chaque chef de loge et directe— ment au président du suprême conseil qui le fera par venir aux inspecteurs secrets.
Pour les loges et les formations françaises, ce mot d'ordre trimestriel sera envoyé par un membre du su prême conseil dès la rentrée.
COMMUNICATION A la suite de regrettables malentendus qui se sont produits dans l’esprit de quelques membres des forma tions de province, le suprême conseil a décidé, bien qu’il n’ait à rendre compte de ses acres qu’à sa cham bre de discipline, de porter publiquement à la connais sance de tous les déclarations suivantes: 1° Aucun membre d’un clergé quelconque n’a jamais fait partie d’une formation active quelconque ni des cadres actifs de l'ordre.
2° Le suprême conseil, ayant la garde des archives et constituant l’administration et la juridiction supé rieure de l’ordre, n’a pas d’opinions dogmatiques, ce qui serait contraire à son rôle, et ne peut prendre par tie dans les querelles politiques ou religieuses, qui lui sont interdites formellement par ses statuts.
186 L’II‘lI'I‘IA'I‘ION Toutefois tous les membres de l’ordre doivent savoir qu’ilsfont partie d’un ordre d’illuminés chrétiens, dans 'le sens le plus large de ce terme et sans distinction de culte ou de confession. Mais l’ordre ne peut chercher à imposer à chacun de ses membres une croyance dog— matiquequelconque, car illaisse chacun de ses membres absolument libre de trancher chaque problème de mystique comme il le juge convenable.
3° Il est rappelé aux chefs des loges qu’ils n’ont au cune qualité pour faire une sommation quelconque au suprême conseil, et que les membres non pourvus du troisième degré et ceux qui n’appartiennent pas à une loge’régulière ne font pas partie des centres soumis à la juridiction du suprême conseil et ne possèdent, par suite, ni mot d’ordre, ni délégation responsable.
Ils n’existent donc qu’à titre d'initiateurs libres et n'ont reçu aucune charte les rattachant aux centres supérieurs de l’ordre. Un mot d’ordre trimestriel vient d’être ins titué pour garantir les formations régulières contre toute surprise. Le T. Secrétaire général, ' SÉDIR. Le Président du suprême conseil, PAPUS. L’Archivc’ste, CH. BURG.
UNE EXPLICATION Ulti‘l‘Ë ÈXË’LK@ATKOÎËI Il n’y a rien de plus curieux que de collectionner les accusations et les calomnies diverses portées, à toute époque, contre l’ordre martiniste, depuis sa fondation.
Martines de Pasqually, puis Claude de Saint-Martin ont voulu constituer une chevalerie chrétienne essentielle ment laique, chargée de diffuser et de répandre la tradi tion initiatique de l’Occident et de préparer de son mieux la grande œuvre de la Réintégration humaine. La Provi— dence a voulu opposer un courant chrétien au courant païen et d’origine pythagoricienne, qui a centralisé une partie des œuvres de diffusion initiatiques.
Depuis sa création, le Martinisme a été l’objet d’attaques passion nées de la part des divers clergés, et surtout du clergé romain, qui se figure être le seul représentant de Dieu dans l'Humanité. Aussi accusa-t-on les Martinistes d‘être des suppôts de l’Enfer, des magiciens noirs et autres ba livernes du même genre qui n’empêchèrent nullement les progrès très rapides de l’ordre.
C’est alors qu’un nouveau genre de calomnies prit naissance, dans un camp tout opposé.
Les ignares sectateurs du Grand Orient qui ont toujours eu, pour le Martinisme, la haine des parvenus et qui ont réussi à faire mettre la France à la porte de toutes lesloges de l’univers en faisant tous leurs efforts pour créer un abéisme officiel et en représentant au dehors notre pays comme un ramassis de scélérats sans foi et sans croyances, s’aperçurent tout à coup qu’en dehors du rite écossais qu’ils avaient presque complète— b"tw—‘FEW
I 88 L’INITIATION ment annihilé, il existait en France un ordre d’illuminés mettant le nom du Christ en tête de tous ses actes offi— ciels et osant traiter ses adversaires avec politesse. C'était horrible, et ces Martinistes ne pouvaient être que des Jé suites déguisés et des gens s’efforçant de ramener au clergé catholique leurs adeptes, de plus en plus nom breux.
Ainsi voilà le Martinisme accusé d’être antichrétien par les ignares du clergé etd’être une création des Jésuites parles ignares du Grand Orient, telles sont les deux co— lonnes de la calomnie qu’on dresse devant notre route.
Si nous avions créé le Martinisme, nous aurions pu, peut— être, lui donner un caractère moins spécial, mais il ne faut pas oublier que tout ordre d’illuminés prend sa ra cine dans le plan invisible où se trouve sa chaîne réelle, et c’est là qu’il faut chercher les gardiens et les protec— teurs d’un tel ordre, ce qui le différencie des sociétés humaines et des loges franc-maçonniques, qui ne de mandent leur direction qu’aux erreurs du suffrage col lectif, sans garanties morales et sans examen.
Le Marti nisme ayant comme directeurs, dans le plan invisible, des laïques chrétiens, a la prétention de faire connaître ce christianisme ésotérique, qui n‘excommunie personne, pensant que tout homme de bien peut arriver au salut quelle que soit sa religion exotérique et qui ouvre ses rangs à tous: gnostiques, protestants ou catholiques. au5si bien qu'à ceux qui cherchent sans avoir une for mule spéciale.
Mais il ne faut pas oublier que le Marti— nisme est un ordre de propagande et non un centre d’en seignement dogmatique, et qu’il ne prétend absolument pas monopoliser l’occulte, ce qui serait simplement gro tesque. Le groupe ésotérique, la Faculté hermétique, la Société alchimique de France, l’Union idéaliste univer selle, la Société thé050phique même, étudient chacune un des aspects de l’Occulte.
Ce qui forme le caractère particulier du Martinisme, c’est que ses chefs invisibles : Marfmes et Saint-Martin, n’ont jamais cessé de s’inté— .rÿ.;oæo..p«f9æñfi ,—,. .. ../... _ ,,..'_.ï__,,nr_}M, FF_ . . _ ,_ ! a"
BIBLIOGRAPHIE I resser à l'œuvre qu’ils ont créée et qu'ils sauront encore venger l’ordre et pardonner à ses impuissants calomnia teurs. Il faut que le phlegme tombe au fond de la cuve her— métique, et nous poursuivrons notre route sans nous in quiéter plus des attaques du clergé que de celles des athées. On ne s’appuie que sur ce qui résiste.
Les vacances laissant à tous le soin de se recueillir, nous avons choisi ce moment pour mettre cette question définitivement au point. PAPUS. BEBLÆ@GLÏAEEEE La Psychologie expérimentale. —— Manifeste adressé au Congrès spiritualiste de Londres en juin 1898, parle SYNDICAT DE LA PRESSE SPIRITUALISTE DE FRANCE. In-8 de 32 pages. Prix: 30 cent. à la Librairie du Magné tisme, 23, rue Saint-Merri, Paris.
' Le domaine de la psychologie s’agrandit et devient une véritable science, sœur légitime des sciences physi co-chimiques. A côté de l’ancienne psychologie philoso phico-religieuse, une branche nouvelle, que l’on peut appeller à juste titre la psychologie expérimentale, prit naissance il y a cinquante ans ; et Cette méthode donna des résultats d’une importance considérable. En effet, l’ancienne psychologie n’a aucune preuve matérielle de la survivance de l’âme, tandis que la psy
190 L’lNITIATION chologie nouvelle en possède de certaines, d’indiscuta bles, qu’elle a acquises spontanément ou par voie expé— rimentale.
Expérimenter avec l'âme humaine pour sujet, voilà une étude qui paraîtra a:1—dessus des forces humaines à. plus d’un psychologue de l’ancienne école; et pourtant rien n’est plus certain : on étudie l'âme dans ses mani festations extracorporelles, et l’on acquiert la certitude la plus absolue, non seulement de son existence, mais de sa survivance au delà du tombeau; car, disons-le, on peut communiquer avec les morts.
L’opuscule annoncé ici n’est pas un tfaité qui indique les moyens d’acquérir cette preuve : c’est un ouvrage de propagande destiné aux chercheurs indépendants. Ceux-ci trouveront là des arguments sans réplique, et ils apprendront que d’illustres savants ont patiemment expérimenté,résolule problème et publié le fruit de leurs travaux.
Cela suffira pour que les plus hardis s’intéres sent désormais à l’étude de cette question —— qui jette un jour tout nouveau sur nos destinées, en nous indi quant d’où nous venons, ce que nous sommes et où nous allons. . A ce titre de propagande, cette brochure est expédiée franco aux conditions suivantes : Cent exempl., 12 fr. ; 50 ex., 7 fr; 25 ex., 4 fr. EMMA Dl SIENZI. -— L’advenu ; vol. in-18, sur hollande. Chez Guérin, Nicolle _et Cie.
C’est une des âmesles plus purement belles que je connaisse quime donnaleplaisir de savourer cette œuvre, fleur éclose dans le cœur d’une autre femme; ces cent cinquante pages d’une poésie rafraîchissante et candide reposent délicieusement des paroles compliquées, sub tiles et perverses qui remportent aujourd’huiles suffrages “ ‘ ""‘ 7"""“"?”«" ’à=î'ÿ'«t*3“rMwï‘wcï”; r'3'3‘ eaçxz.x—c..’>—-T‘J_:i
BIBLIOGRAPHIE [9! de la majorité. Analyser ce poème serait inutile et vain; la vie est préférable à toute science anatomique, et c’est sa vie que l’auteura laissé couler àgrands flots dans ses vers délicats et touchants.
La sensibilité, l’enthou< siasme et la tendresœ s’y marient sans effort; pages de rafraîchissement, de lumière et de paix, que ceux qui souffrent vous liront avec bonheur, parce que les mots n’y sont que les voiles clairs d'autre chose, de l’inex— primable compassion qui réconforte et qui rassérène. 5.
Notre distingué collaborateur M. Fabre des Essarts a eul’honneur, le 12 juillet dernier, de représenter la pen— sée spiritualiste à la cérémonie commémorative qui a en lieu ce jour là, en l'honneur du grand historien Mi— chelet.
Fabre des Essarts a lu une ode, qui a été repro duite dans le' Voile d’Isis, où la beauté de la forme ne le cède en rien à l’envolée des idées; ces vers, qui ont remporté un grand succès,en clôturant cette manifesta tion, furent les seuls qui osèrent proférer un credo spi— ritualiste. NOS bien sincères félicitations à.
M. Fabrè des Essarts. * x—v» Nous venons de recevoir le premier volume publié parla branche des États-Unis de la Faculté des sciences hermétiques; c’est la traduction anglaise de Pernety qui parait sous le titre « Treatise of the Gredt Art » et qui est due à la plume autorisée du président du Grand Conseil martiniste des États-Unis, le D“ BLITZ.
Nous ferons une analyse spéciale de _cet important ouvrage. * à‘* La Therapeutique intégrale, qui avait été interrompue quelque temps, va bientôt reparaître sous la direction du mare—armée w \w .,c .-..,..._.
192 L’INITIATION D' ENCAUSSE. Adater de maintenant, la Société d’homéo— pathie hermétique est absolument distincte de la Théra peutique intégrale, et les D" Encausse et Marc Haven ne font plus partie de ladite société. * ’F a: Toutes nos félicitations à nos amis d’Italie, pour la ma— nière dont sont rédigées les diverses revues : Lux, Il Mondo Secreto et Superscienaia, dont le dernier numéro est des plus intéressants. Tous nos remerciements à G. Hofl‘mann pour ses dernières études martinistes. , P. Le Gérant: ENCAUSSE. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, Ô.
VIENT DE PARAI'Ï‘RË TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE &Q,F, 000 ET D’EXPLIQUER LES THÉORIES ET LES SYMBOLES EMPLOYÉS PAR LES ANCIENS, PAR LES ALCHIMISTES LES ASTROLOGUES, LES DE v.'., LES KABBALISTES _ , 5 e E DIT I ON Augmentée d’une 3me Partie sur‘l’Histoire secrète de la Terre et de la Race blanche, sur la Constitution de l’Homme et le Plan astral AVEC NOMBREUX TABLEAUX ET FIGURES PAR PAPUS Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, Docteur en Kabbale . Président du Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste Délégué général de l'Ordre Kabbalistz’que de la Rose-Croix ‘ Membre l’H. B. of. L., de la F. T. L., etc. PRIX : CINQ FRANCS ' PARIS CHAMUEL, ÉDITEUR ' 5, RUE DE SAVOIE, 5 15ï)8
fines intrusrr Envaasru.r Notes and Queries, S. M. Gould à’Manchester (N. H.) U. S. A. Fric 0rd. A. Sabro à Christiania (Norvège.) Nordisk Frimurer-Titenda, Alb. Lange à Chris tiania (Not‘vège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, ’ 68, Budapest (Hongrie) Nuova L1 *c, 82, via Castro Pretorio à Rome (Italie). Lug astral, 6, passage Sarmiento à Buenos-Aÿres (République Argentine). L’Initiaiion, 10, avenue des Peupliers, Paris. El—Hadira/z, 19, rue de la Kasbah, Tunis.
JÛURMWX E’ll‘ REVUES ÛÜGUL’l‘lSTËS RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENI‘ _ _ _ LANGUE FRANÇAISE L’Inztzatzon (revue mensuelle), 10, avenue des Peu— pliers, Paris. ' Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. L’Hyperchimie (revue mensuelle), [9, rue St-Jean, Douai (Nord).
HERMÉTISME, ALCHIMIE La Thérapeutique intégrale (revue mensuelle), 10, rue de Savoie, Paris MÉDECINE HERMÉTIQUE, HOMÉOPA'HIIE (Va paraître incessamment.) Matines (revuemensuelle), 42, rue Fontame—Smnt-Georges, l‘ar1s. LITTÉRATURE ET ART LANGUE ANGLAISE 7he Morning Star.
Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie, Paris. . (PeterDavidson, Loudsville,White C°, Georgia, ULS.A.) LANGUE ESPAGNOLE ' Lug astral (hebdomadaire, à Buenos-Ayres (Répu blique Argentine), 6, pasage Sarmiento. La Nota Médz‘ca, Fuencarral, 26.Αdadrid. LANGUE ITALIENNE _ Il Monde Secreto. Lug (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Romé LANGUE TCHÈQUE Sbornik pro filosofii a olrkullismus, :1 Prague (Bohème), Puch majerova Ul 3l).
' LANGUE ALLEMANDE: Neue melaphysische Rundschau; in-âä° mensuel. Edité par Paul Zillemann, 8 parkstr. Berlin—Zehlendort Dos Wort; mensuel. Édité par Leopold Engel, Feurigstrasse, I2-l. Schqneberg près Berlin. AVIS IMPORTANT. « Tous nos confrères ci— dessus cités et ceux qui voudraient être cités sont priés de reproduire in extensa cette liste.
Principaux Ouvrages recommandés pour l’étude de l’OCCULTISME et de ses applications ' CONTE M PORAINS L’Evolution de l'ldée. ‘ F"CH' BARLET ' ' ' ' L'Instruction Intégrale. . Le Serpent de la Genèse. 3 Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. STANISLAS DE GUAITA . . ‘ Traité méthodique de Science Occulte PAPUS . . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique. . La Science des Mages. A. JHOUNEY . . . . . . . Ésotérisme et Socialisme.
RENÉ CAILI.IÉ . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE_ Mission des Juifs. ( La Langue hébraïque restituée. ( Histoire philosophique du genre humain. ALBERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. FABRE D’OLIVET. . . . . ‘ LITTÉRATURE ( La Magicienne. ! A Brûler. ( Zanoni. ( La Maison Hantée JULES LERMINA. . . . . BULWER LYTTON . . . .
MYSTIQUE ( Jeanne Leade. v Jacob Bœhme et les Tempéraments. P. SÉDIR . . . . . . . . . f Les Incantations. POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSER: 1 la librairie CHAMUBL, 5. rue de Savoie, PARIS Envoi Franco du Catalogue. TOURS, IIIIP. E. ARRAULT ET C”.