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‘T' ’ ' " . ‘ ’ ' . Initiation = ' Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT sous LA DIRECTION DE PAPUS i3 O. >14 Docteur en médecine — Docteur en kabbale 'l 11‘“ ANNÉE 40" VOLUME. SOMMAIRE DU N°10 (Juillet 1898) —.———'.— PARTIE INITIATIQUE. . Le Congrès de Londres. Rapport des délégués. La Délégation. Observationspersonnelles Papus. (p. là 11.) HistoiredelaRose-Croix; C.
Kieswetter. (p. 11 à 31.) La Genèse et I’Evolution humaine. .‘ . . . . . . . (p. 32 a 42). La Revue du Monde invi— sible. . . . . . . . . (p. 42 a 39-) Philosophie Sankhya. . . (p. 59 à 63.) Le système thérapeutique du moyen âge. . . . . . (p. 64 à 88.) Groupe ésotérique. -— La Revue du monde invisible. — Bibliographie. Nouyelles diverses. — Dictionnaire encyclopédique de la sc1enCc occu te. PARTIE PHILOSOPHI QUE . .. . . . . . . . . . ..
Questor Vitæ. G. Tiersis. Guymiot. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie -’ v Chaume], éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sontl’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta— physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’1nitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle‘ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune.
Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. _ La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
' , Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Initiation paraît régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (I.:eS collections des deux premières années sont absolument éputsees.)
L’Initiation du 15 Juillet 1898 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’1nifiation [D ‘ -. ‘ PARTIE INITIATIQUE AMO—— F. CH. BARLET, S.'. I.'._(} — GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.-. à — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. g —— ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.-. (D. S. E.) MOGD, S.'. 1.-. — GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. _<‘; -— PAPUS, S.'. I.'. g — SEDIR, S.'. I.'. —. SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL»MARDUK. -.— AMELINEAU. — ALEPH. — D" BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30° — BLITZ. — BOJANOV. -— JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — FABRE DES ESSARTS. — Dr FUGAIRON. — DELÉZINIER.— JULES GIRAUD.— HAATAN.— L. HUTCHINSON.— JOLLIVET-CASTELOT.— L. LE LEU.—L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. —’ G.
POIREL. —— RAYMOND. — D” ROZIER. — D" SOURBECK. —- L. TEVENARD. — TH0MASSIN. — G. VITOUX. — HENRI WELSCH. -— YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE ' ‘MAURICE BEAUBOURG. —' JEAN DELVILLE. a E. GOUDEAU. — MA— NOËL DE GRANDF‘ORD. — JULES LERMINA. -—— L. HENNIQUE. — JULES DE MARTH0LD. -— CATULLE MENDÈS.— GEORGE MONTIERE. — LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH.
DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. —- JEAN DELVILLE. - YVAN DIETSCIIINE. — CH. GROLLEAU. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. — J, DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVE'.
L’Inin‘an‘on du 15 Juillet 1898 L’ I N I T IA T O__N (“ENSË’T‘ÎËËs’Î’Ml DIRECTION ADMINISTRATION Villa Ionlmorency, 10, aven. des Peupliers PARIS-A UTEUIL Dmzc*reun : PAPU s ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO CHAMUEL DIRECTEUR ADJOINT : Lucien MAUCHEL 5, Rue de Savoie Rédacteur en chef: PARIS F.-Ch. BABLE’I‘ Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. l0 lr. J.
LEJAY -— PAUL SÉDIRË ÉTRANGER, _ ,2 h—_ RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d'un article. ' Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer . au plus tôt que le mois suivant. GROUPE IIDEPEIDAIT D'ÉTUDES ÉSOIEIIIQIIES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
Pour tous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE -1« CROIX. -—ÉGLISE GNOST]QZIE SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE
La reproduction des articles inédits publiés par l’Iniliyation est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE congrès spiritualiste international de Londres (1898) nanar a LA anneartu ©@@ÜLTIISTES FRANÇAIIS LA DÉLÉGATION FRANÇAISE Les occultistes avaient décidé de prendre part offi— ciellement au Congrès de Londres, et une délégation spéciale fut nomméeà cet effet.
Cette délégation se mit en route le samedi 18 juin et elle était composée de la manière suivante : Le président du Suprême Conseil Martiniste, le Docteur Papus; Un membre du Suprême Conseil, Lucien Chamuel, licencié en droit; Un inspecteur du Suprême Conseil; Une inspectrice générale du Suprême Conseil; I mœmv—.w«.» .., «- u . ,_,
2 L'INITIATION [JUILLET Deux délégués martinistes étrangers. Tous les membres de cette délégation étaient munis d’un insigne spécial qu’ils ont porté durant le Con grès. Dimanche 19 juin. — Certains délégués s’étant arrêtés en route pour assister à une réunion de la Rose—Croix, le rendez-vous général fut fixé à Londres au dimanche et, après un excellent voyage, tout le monde se retrouva à la gare de Charing—Cross.
Nos ami&de Londres avaient envoyé à notre rencontre le président de la société occultiste locale, Mr. Smith, auquel s’était joint notre ami Raymond, délégué géné. ral pour l’Angleterre. Lundi 20. — Le soir même, l’« Occult Science Circle », la branche ésotérique de Londres, recevait la délégation en un cordial banquet auquel assistaient trente membres. Au moment des toasts, le président, Mr.
Smith, après avoir présenté à nos frères anglais les ‘ délégués français, et après nous avoir individuelle ment présenté les principaux membres, proposa un triple « Hurrah » qui fut lancé par les Anglais levés, toute la délégation restant assise, suivant la coutume d’outre-Manche.
A leur tour, les délégués français se levèrent, tous les Anglais restant assis, et Papus porta son toast en anglais et proposa une triple batterie d’allégresse qui fut incontinent battue par la délé— gation. A la suite du banquet, une causerie amicale commença, et la soirée se termina par une conférence de Papus sur l’occultisme pratique. Des remerciements tout spéciaux doivent être adres sés d’abord à Mr. Smith, le président de l’ « Occult _
1898] CONGRÈS SPIRITUALISTE DE LONDRES 3 Science Circle », puis àMr. Summers, l’actif secrétaire qui se dévoua tout particulièrement lors du banquet. La branche occultiste de Londres poursuit ses travaux en silence et en fuyant toute ostentation et toute exhi bition.
L’admission est entourée de garanties sérieuses, et tous les membres sont animés d’un excellent esprit scientifique; aussi les résultats obtenus sont-ils déjà remarquables et, ils_font prévoir un succès légi— time et ininterrompu. ' La délégation avait consacré la journée aux visites et aux présentations indispensables, et les membres s’étaient inscrits sur le registre officiel du Congrès. Sur la demande de Papus, Mr.
Dawson Rogers, directeur du Lz'ght et organisateur du Congrès, avait eu la gracieuseté de permettre aux Français de tenir une séance dans leur langue. Cette séance fut fixée au jeudi matin. Mardi 21. —— A deux heures et demie précises de l’après-midi, le congrès est ouvert dans la grande salle de Saint-James Hall quiest absolument comble. On peut évaluer l’assistance à plus de mille per sonnes.
La délégation française, renforcée par deux délégués de la branche anglaise, occupe huit sièges à la gauche du président, et bientôt Mr. Gabriel Delanne, le seul spirite français qui ait faitle voyage, vient pren dre place à nos côtés. Cette première séance est consacrée aux lectures de Mr.
Dawson Rogers, qui peut être fier de son œuvre, caries États-Unis et la plupart des pays d’Europe sont représentés; après lui, le Dr Peebles, délégué américain, nous raconte ses expériences dans toutes M“vw*x fi“r’uxs '-—\— m» '—
4 L‘INITIATION ( t ._Yî les parties de la Terre, dont il a fait trois fois le tour. Puis M‘ne Cora L. V. Richmond, très étrange en son costume de Prêtresse, se lève et remporte un grand succès en répondant ex abrupto à toutes les questions posées par les assistants. Elle est dé léguée par la fédération des Spiritualistes des États Unis, et elle défend la thèse des Américains, qui nient, pour la plupart, la réincarnation.
Les spirites anglais sont également. en grande majorité, de cet avis. Le soir, le D‘” Helen Densmore lit une très in téressante étude sur la médiumnité, et le Dr George V. Langsdorff, de Saint-Pétersbourg, nous raconte comment son propre fils fut employé, grâce à sa médiumnité lucide, par la cour de Russie, pour combattre les nihilistes. Grâce à ses indications, plu— sieurs complots avortèrent et beaucoup de malheureux furent arrêtés et exécutés.
Ce médium annonça égale ment que le palais d’hiver était miné et il s’offrit à découvrir la mine. On ne voulut pas le croire, et il sortit du palais, pbursuivi par les sarcasmes des Ioffi ciers. Le czar fut mis en retard par le prince de Bul garie et, quand il arriva, ce fut juste à temps pour voir sauter le palais dans lequel il aurait dû se trouver, et tous les officiers sceptiques sautèrent avec le monu ment.
Le czar, miraculeusement sauvé, combla le médium policier de prévenances jusqu’au moment où ce dernier devint subitement fou. Si les occultistes avaient eu à juger ce cas, ils y auraient sans doute vu un cas très net de possession par les larves des exécutés.
CONGRÈS SPIRlTUALISTE DE LONDRES 5 - Mercredi 22. —— Les Français ont presque entière ment occupé cette journée. L’après-midi, le rapport de Mr. de Rochas, traduiten anglais etlu par Mr. J. J. Morse, obtient un grand et légitime succès. Ce rapport étudie le caractère scien tifique réel des faits psychiques en dehors de toute école et au point de vue strictement physique. Une discussion {très sympathique suit la lecture de ce mémoire. Ensuite Mr.
Morse lit la traduction du rap port de Papus, publié en grande partie dans l’Initiation de juin. A la suite de cette lecture, une série de ques tions sont posées à Papus par divers assistants, et—notre directeur remporte un gros su’ccès en répondant direc tement en anglais à ses contradicteurs et en faisant appel à l’union de tous les spiritualistes, sans distinc tions d’écoles.
Il compare les diverses écoles aux diverses armes: artillerie, infanterie, cavalerie, d’une même armée, auxquelles un Certain esprit de corps est permis, mais qui doivent toujours faire ensemble front devant l’ennemi commun : le matérialisme et l’athéisme. Le soir, Gabriel Delanne a les honneurs de la dis cussion à propos de sa communication sur « les vies successives ».
Jeudi 23. — A onze heures la séance réservée aux discussions en langue française est ouverte, sous la présidence de Papus et de Mr. Murray, repré— sentant le comité d’organisation du Congrès. Papus exprime tout d’abord les remerciements unanimes de tous les délégués français, sans distinction d’écoles, pour Mr. Dawson Rogers et la « ‘London Spiritua —- -‘ « --« «
6 L'INITIATION list Alliance » qui ont organisé cette séance fran çaise. La salle tout entière ratifie ces remerciements par des applaudissements nourris. Papus expose ensuite l’état du mouvement occultiste en France et en Europe, et il passe en revue les diverses sociétés et les diverses revues qui appuient ce mouvement. Il montre le caractère spiritualiste et chrétien du Mar— tinisme, mais en dehors de tout cléricalisme.
Il rap pelle la guerre incessante faite au Martinisme par le clergé catholique et les attaques violentes dont sont victimes ceux qui veulent établir leur foi sur la Raison et la Science et qui sont en butte aux attaques des * matérialistes, ces cléricaux du néant, et des catho liques bornés, qui ne conçoivent pas la possibilité d’une foi dontils n’ont pas le contrôle.
Il rappelle ensuite comment il fut amené à exposer aux prêtres composant la Société des Sciences Psychiques, le vé ritable aspect de cet occultisme qu’on leur représen— tait comme un mouvement antispiritualiste et anti chrétien.
On peut défendre la tradition occidentale qui est essentiellement chrétienne sans prendre parti dans les querelles des divers clergés et en restant abso lument en dehors de leur sphère d’action, et en ré pondant par le silence et le pardon aux attaques sec taires.
C’est‘ grâce _à cette tolérance réelle que la France a maintenu sa séculaire situation à la tête du mouve ment occultiste et qu’il existe des sociétés initiatiques autres que les prétendus libres esprits du Grand Orient qui ont réussiÀa fermer complètement l’étran ger aux Français. Le Groupe ésotérique, la Faculté des sciences hermétiques, la Société alchimique de France“
CONGRÈS SPIRITUALISTE DE LONDRES 7 et, surtout, l’Union idéaliste universelle, sont l’objet d’une étude détaillée et documentée. Après avoir réponduà diverses questions sur les Maîtres, qu’il montre vivant réellement au milieu des autres hommes, et sur l’utilité du végétarisme, Papus cède la présidence à Gabriel Delanne, qui expose ses idées sur la réincarnation et sur le côté scientifique du Spi— ritisme.
Notre ami n’a pas assez insisté, à notre avis, sur les diverses sociétés spirites françaises, qu’il aurait été bien utile de faire connaître au public anglais.A la suite de cette séance, beaucoup de nouveaux mem bres sont venus se faire inscrire dans la société occul tiste de Londres.
Jeudi 23. -— A deux heures et demie, la séance est ouverte sous la présidence du Dr. Alfred Russel Wal- , lace, qui prononce une allocution très applaudie sur l’influence sociale du Spiritualisme qui donne la clef du véritable Socialisme. Puis les communications de MM. A. Alexander, Dr. Moutin, Henri .Forbes et Rev. T. E. Allen, terminent cet important congrès. Là s’arrête notre devoir de narrateur impartial.
La délégation occultiste française. » «r4 AUTOUR DU CONGRÈS On me permettra maintenant de prendre person nellement la parole pour remercier d’abord tous nos amis qui ont bien voulu nous accompagner à Londreset accepter la rude tâche de délégués au Con—
8 L'INITIATION grès. Aux délégués français s'étaient joints un grand poète et un savant roumains, MM. Pavalesco frères. qui ont droit aussi à nos plus vifs remerciements. J’ajouterai maintenant un triple « Hourrah » français aux compliments biens mérités faits par la délégation à nos amis de Londres: MMrs. Smith, Dever et Sum mers, ainsi qu’à notre délégué général Raymond.
Grâce à leur dévouement, nous avons trouvé à Londres une réception cordiale qui nous a profondé— ment touchés. Parlons maintenantde nosimpressions personnelles. Ainsi qu’on l’a vu, le Congrès a été un gros succès, et plus de 1.200 personnes ontsuivi les séances. Sans aucune modestie, j’attribue ce succès au caractère international et franchement ouvert de ce Congrès.
En 1889, les occultistes ont beaucoup tra vaillé à la réussite de la réunion d’alors, et j’attribue rai une grande partie de la victoire actuelle à la lar geur de vues des organisateurs anglais.
Le Congrès spiritualiste que nous voulons créer en 1900 est ou vert, comme celui de Londres, à toutes les écoles, sans exceptions, et c’est là la seule voie de réussite, car un congrès est créé pour discuter Ies divers pro grès exécutés dans chaque section du mouvement, et non pour entendre les beaux parleurs d’un seul groupe.
Aussi n’est-il pas inutile de rappeler ici les piteux et successifs échecs de ce comité,nommé en 1889, et qui a cru très malin d’éliminer les occul— tistes nommés au même titre et pour le même objet par le Congrès d’alors. Résultat : deux avortements ridicules et le grand succès de ce Congrès de Londres, organisé sans consulter ces messieurs, et pour cause.
CONGRÈS SPIRITUALISTE DE LONDRES 9 A côté des compliments que nous devons aux orga nisateurs et au Lighi, il nous faut aussi faire part de quelques critiques. A notre avis, les séances con- " sacrées à la discussion contradictoire et à la présenta— tion des documents graphiques, n’ont pas été assez nombreuses.
Ce Congrès à été surtout savant et théo— ‘ rique, nous eussions voulu y voir plus de présenta tations de moulages et de photographies et plus d’é tudes expérimentalesde la médiumnité. Mais il ne faut pas oublier que les matérialistes anglais qui s’occu pent de « Psychisme » ont tout fait pour faire .échouer la tentative des spiritualistes.
Ils ont écrit à leurs amis et imitateurs français que ce « n’était pas sérieux », et ils nous ont ainsi rendu un grand service en nous privant des prétentieuses comm unications de quelques hypnotiseurs montés en graine. Le grand succès remporté par Mr. de Rochas nous a consolés largement de l’absence de ses envieux détracteurs.
On a même été jusqu’à écrire au Ministre de l’ins— truction publique français pour lui faire interdire l‘envoi d’une communication que devait expédier un professeur de philosophie d’une grande Université. De tels procédés jugent leurs auteurs et ne fontqu’ac centuer le succès du Congrès. Une chose qu’il faudra par exemple, emprunter à nos amis de Londres, ce sont les séances de « Conversation » dont ils nous ont montré l’utilité.
Enfin nous avons pu constater combien le Kardé— cisme a peu de prestige dans les pays anglo-saxons et combien la théorie réincarnationiste y est combattue. Il est temps de se mettre à l’œuvre et de répondre par
| o L‘INITIATION le Congrès spiritualiste et le Congrès de l'Humanité en 1900, si les événements nous le permettent, au suc cès de la présente réunion. Que toutes les fractions du Spiritualisme s‘unissent_sur le programme le plus large, et en Avant « Pour l’Altruisme et pour l’idéalité ».
J’ai profité de mes moments de liberté pour faire une enquête personnelle sur l’état des diverses so— ciétés d’initiation qui ont leur siège en Angleterre et sur les faits de pratique les plus nets que j’ai pu ob server. De cette enquête, je détacherai seulement les quelques notes suivantes sur les miroirs magiques nommés « Cristal». Chaque cristal a la forme d'un œuf de poule ou de pigeon, selon le prix et la matièredont il est constitué.
Chaque bout de l’œuf est coupé, pour former une surface plane. On regarde dans ces miroirs, soit par transparence en dirigeant le petit bout vers une lu mière, soit par réflexion. en entourant le miroir d’une étoffe sombre. Plusieurs expériences curieuses furent faites avec des membres de l’Occult Science Circle.
Mr. le Dr Richard ilarte me présenta une personne ayant certains pouvoirs psychiques pour la guérison des maladies, mais ayant la faculté de provoquer la vision dans le miroir à toute personne qui regarde en même temps que cette voyante. J’amenai avec; moi un spiritualistetrèscapable, Mr. Murray, et l‘expérience réussit en tous points et en plein jour pour tous deux.
Cette personne n’est en rien une professionnelle de la médiumnité, c’est une femme du monde qui nous a demandé de ne jamais livrer ni son nom, ni son adresse, dont acte.
HISTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE-CROIX Il En attendant notre prochain voyage à Londres. bravo encore aux organisateurs du Congrès et merci à tous nos amis. PAPUS. Æisiire cle l’@rdre de la Rase “Œl’lX Par CARL KIESWETTER. (Traduit par F.—Cn.
BARI,ET.) Quand l’Europe chrétienne commença à s’affran chir du joug des Barbares, la jeunesse studieuse de tous les peuples accourut vers l’Espagne, pour ap prendre, au pied des « grands maîtres », la science secrète.
Parmi ces étudiants se trouvaient Gerhard de Crémone (vers 1130), qui7 le premier,traduisit en latin Aristote et Ptolémée; puis le célèbre médecin Arnauld de Villeneuve (vers 1243) et Pierre d’Aban ‘ (mort en 1403); enfin le célèbre missionnaire et his torien universel, Raymond Lulle (mort en 1336) et le Pape Sylvestre [1. Tous ces hommes,étaient profondément adonnés aux sciences occultes, qui leur valurent la renom mée de magiciens.
Ils cherchaient naturellement à étendre leurs connaissances, leurs notions de la constitution cosmique, et cela, dans l’état des choses,
12 . L‘INITIATION ne pouvait se faire que sous la forme des sociétés secrètes. Les écrits mêmes des hommes que nous venons de nommer fournissent la preuve de l’existence de pa reille société. Ainsi. on la trouve dans la Theoria de Raymond Lulle, qui fait partie du Theatrum .Chy micum Argentoratrum (1613), par le passage qui cite une certaine société secrète: Societas p/zysz‘co rum, et qui mentionne un certain Rex physicorum.
Dans le quatrième volume du même Theatrum chy micum. qui comprend le Rosarium d’Arnauld de Villeneuve. écrit vers 1230, on trouve encore les traces d’une semblable société fonctionnant déjà un siècle avant Raymond Lulle ; il y est en effet question des Filii ordinz's. ' Dans ce même volume encore (p. 1028), un évê que de Trèves, le comte de Falkenstein, est nommé, au xv1°sièclez Illustrissim us et serenz’ssimus princeps et pater phz‘losophorum.
Or, c‘était un officier supé rieur des Rose-Croix, ainsi qu’il résulte du titre d’un manuscrit actuellement en ma possession, et que voici : Co;npe‘ndium lott‘us philosophz’æ et Alchymz’æ Fraternitatis Rosæ Crucis, ex mandat0 Serem’ssimz‘ Comitis de Falhenstein, Imperaloris nostrz’, Anno Domini, 1374.
Ce manuscrit contient des théories alchimiques, dans le sens de ce temps et une collection de pro cédés précieux pour la connaissance de l’Alchimie pratique. Il ne faudrait pas y chercher une philoso— phie ou théosophie dans le sens attribué de nos jours à ces termes ; le mot Philosophie n’y est pris que dans
HISTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE—CROIX 13 l‘acception d‘Alc/zimz’a ou deÎP/zysz’ca. Toutefois, ce manuscrit offre encore un intérêt historique particu lier en ce que ce comte de Falkenstein y est pour la première fois désigné par ce titre d’[mpera[or qui devait subsister à travers les siècles, et surtout par ce que la dénomination de Fraternitas Rosæ-Cfucz’s y apparaît pour la première fois aussi.
Il est vraisem— blable que la Fraternité secrète des Alchimistes et des Mages avait consacré sa désignation ou ses dénomi— nations par le symbole si fréquent dans ce temps, de Rosarz’a comme I’écrivaient Arnaud, Lulle, Ortholan, Roger Bacon et d’autres encore. C’est celui qui est figuré par la Rosace où la plénitude de la magnifi cence s’ajoute au symbole de la foi chrétienne: la Croix (I). .
C’est justement à l’époque où le manuscrit dont je viens de parler a été composé qu’apparaissent acci dentellement les premières mentions publiques con— nues de l’existence de l’ordre de la Rose-Croix; c'est donc ici que commence l’histoire réelle de cet ordre.
Elle offre peu de charmes extérieurs, car l’ordre se tenait complètement éloigné des œuvres du siècle; son but n’était que dans l’amélioration de l’Humanité et la recherche des secrets de la Nature.
Mais je me trouve particulièrement en état de fournir de nou veaux matériaux tant sur l’histoire que sur les accom (I) On trouve des preuves analogues, quoique de moindre valeur, de ce fait que l’ordre des Rose-Croix soit issu de ces associations secrètes, dans le célèbre livre du grand Kabba liste Prc DE LA MIRANDOLE: De Aura, dont on a fait de nom breuses éditions et qui se trouve dans toute bibliothèque importante.
14 L’INITIATION plissements de cet Ordre, attendu que mon arrière grand-père fut lui-même un Rose-Croix zélé, et, qui plus est, pendant de longues années, l’Imperalor de l’Ordre. Depuis l’année 1764 jusqu’en 1802, il a enregistré avec le plus grand soin les pièces princi pales des archives et de la Bibliothèque de l’Ordre, et cette bibliothèque manuscrite fort étendue est encore aujourd’hui en ma possession.
I sur Vers l’an 1378, un chevalier de noble race du nom de Christian Rosencreug, de retour d’0rient, fonda une société secrète en un lieu inconnu.
Rosencreuz, qui dans ses voyages chez les Arabes et les Chaldéens avait recueilli de grands secrets, fut le chef de cet or dre qui avait pour but la Chimie transcendante ou la production de la Lapis phz’losophorunz. ‘ La société débuta avec quatre membres. pour s’éle ver ensuite â huit qui habitaient en commun un édifice construit par Rosencreuz en l’honneur SanctiSpz’rz’tus.
A ces membres, Rosencreuz dicta ses secrets sous le sceau du serment de fidélité et de secret, et ils furent consignés dans des livres spé ciaux. Lors même que dans la suite des manuscrits du même genre furent obtenus, ces manuscrits res tèrent encore le noyau, la souche, de la bibliothèque de l’Ordre.
Ma collection renferme toute une série de manuscrits remontant jusqu'à l’an 1400, environ, qui portent la date de leur millésime et le nom de l’Im perator par l’ordre duquel ils ont été rédigés. Le règlement de la société fondée par Christian
HISTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE—CROIX 15 Rosencreuz portait : « Les membres doivent soigner « gratuitement les malades. l « Nul ne devait porter d’habit distinctif de l’Ordre, « maisils devaient se vêtir selon la mode de leur pays. « A un jour fixé de l’année, les Frères devaient se rassembler dans la maison Sancti Spiritus ou jus tifier des causes de leur absence.
« Chacun d’eux devait faire choix d’une personne capable, qui pût lui succéder après sa mort. « Le signe R. C. devait servir de sceau, de mot « d’ordre et de titre à la société. . « La Fraternité devait durer cent ans. » On pense que Rosencreuz mourut à l’âge de 106 ans.
La société fut avisée de sa mort, mais elle ne connut pas le lieu de sa sépulture, car c'était une maxime gé— nérale des premiers Rose-Croix de tenir secret leur tombeau, même pour les Frères.
De nouveaux maîtres furent élus successivement dans la maison Sancti Spi— ritus, et la société dura, à ce qu’il parait, pendant 120 ans en ne comprenant que huit membres ; ceux qu’elle perdait étant remplacés par de nouveauxpras tito fidei et silentii juramento. Après ce temps, la porte de la Maison Sancti' Spi— ritus fut Ouverte (elle était située, très probablement, en quelque endroit de l’Allemagne du Sud), et l’on y découvrit un caveau.
Sur la porte était inscrit : Post annos CXX patebo. Le caveau avait sept côtés et sept angles; chaque côté était de cinq pieds de large sur huit pieds de hauteur. Il était éclairé par un soleil ar tificiel. Au milieu se trouvait, en guise de pierre tom bale, un autel circulaire avec une petite plaque de lai à A A
I () L’INITIATION ton portantl’inscription : A. C. R. C. Hoc universicom pendium m’aus mihi Sepulc/1rum feci : et en cercle, autour : Jesus mihi omnia. Dans le milieu, quatre fi gures dans un cercle avec l’inscription : Nequaquam vacuum. Legz‘s jugum. Liberta Evangelz‘i. Dei gloria intacta. Les Frères avaient partagé le caveau en trois parties distinctes: la voûte ou le ciel, les parois ou côtés, et le plancher ou sol.
Le ciel et le sol étaient di— visés en triangle en correspondance avec les côtés ; chaque côté était partagé en {dix rectangles, revêtus de figures et de sentences destinées à éclairer l’initia tion. Chaque côté était muni d’une porte donnantac cès à une armoire où étaient renfermées différentes choses telles que les livres secrets de l’Ordre etd’autres manucrits qui devaient être communiqués aux pro fanes.
Dans ces armoires se trouvaient aussi des « miroirs aux propriétés diverses, des clochettes, des brûle-parfums, des chants d’un art admirable : tout cela disposé de façon que même après plusieurs cen taines d’années, quand l’Ordre entier serait disparu, il pût être restauré au moyen de ce caveau. Enfin, sous l’autel, après avoir enlevé un plateau de laiton, les Frères trouvèrent encore le corps de R0 senkreuz intact et sans trace de corruption.
Il tenait à la main un livre écrit en lettres d’or sur parchemin, marqué du 'I‘ (I), à la fin duquel étaient inscrits et partagés en deux Circulos différents », les noms des (I) C’est peut-être le manuscrit en ma possession: Testa mentum Fratrorum Rosæ et Auræ Crucis, cette idée citée plus haut de Rosencreuz, que l’Ordre regardait comme le tré sor le plus précieux après la Bible.
HISTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE'CROIX 17 huit frères « qui avaient assisté à la mort et à l’enter rement du père de la R. C. ». Dans son Testamentum, la société offre ses secrets au monde entier.
Elle explique qu’elle appartient à la Religion chrétienne, mais à aucune Église spéciale; qu’elle honore toute puissance temporelle, nommé ment l’Empereur et le Royaume ; « que faire de l’or n’est pour elle que de peu d’importance, ,qu’elle a bien encore plusieurs milliers d’autres pe tits secrets préférables à celui-là.
L’écrit se termine par ces mots: Encore que des centaines de mille hom mes l’aient vu de près, notre maison Sanctz’ Spirz’tus restera, éternellement, pour le monde impie, intacte, indestructible, inabordable et parfaitement cachée. » Pendant le xv° siècle, on ne trouve aucun témoignage de l’activité des Rose-Croix autre que la production des manuscrits qui se trouvent en ma possession.
Par— mi eux, on remarque particulièrement un Clam’s sa pientiæ, ou dialogue entre la Sagesse (Alchymte) et un disciple important.
Ce manuscrit porte la date 1468 et le nom de l’Imperator Johann KarlFriesen; il con tient un ensemble précieux de procédés alchymiques dont quelques—uns ont été divulgués sous une forme imparfaite au célèbre chimiste Jean Keuskel de Lo venstern (I), et par l’un deux, il a réellement obtenu de l’or, ainsi qu‘il le rapporte dans le chapitre de son (1) Künkel de Lowenstern est l'inventeur du phosphore.
Il remplit les fonctions d’Alchymiste auprès du prince électeur Georges 11, de Saxe, de Frédéric Wilhelm, de Frédéric 111, de Brandedourg, et enfin,deCharles XI de Suède, qui, en récom pense de ses services, l‘éleva à la noblesse. Il vécut de 1633 à 1702.
18 L’INITIATION Laboratorz‘um Chenzycum sur l’Antimoine, et le Cro cus Martz‘s. Au commencement du xw° siècle, Paris vit de nou« veau surgir une société secrète fondée en 1507 en cette ' ville par le célèbre Henri Cornélz‘us Agrippa de Net tenhez‘m; elle avait beaucoup d’affinité avec la Rose Croix, car Irenaüs Philalel/za, rose-croix, qui écrivait ' vers 1650, désigne expressément Agrippa comme Im perator.
Les Rose-Croix de nos jours ont été réorg‘anisés par Paracelse. Celui-ci, dans ses grands voyages en Asie, avait été certainement mis au courant des doc trines secrètes de l’lnde; il fit un grand nombre de disciples-parmi les gens intruits ou les savants de l’Europe entière; malheureusement on ne peut plus déterminer suffisamment son union avec les ordres de Rose-Croix de l’ancien système.
Ce « Luther de la Îmédecine » est nommé dans mes manuscrits, non seulement Imperaîor, mais même Reorganisator : Le titre de Monarc/za Secre torum, que Paracelsés’attribuait aussi, et qui lui a été reprochéjcomme un produit de la manie des gran— deurs, a encore ici son importance.
Comme Paracelse dans les choses de la religion était très libre penseur, inclinant plutôt vers les doc— trines luthériennes que celles papistes, nous trouvons sous son influence, parmi les Rose-Croix, des protes tants de marque (1), tels que le médecin Adam 21011 (i) Le catalogue complet de leurs écrits se trouvent dans l’Histoire de l’alchymie de Schmieder; mais ils 'n’ont plus d’intérêt pour le lecteur de nos jours, parce que les désignations
HISTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE-CROIX 19 ' ’ Bodenslein, Mie/me] Toxites, Johann Huser, Mz'chael -Maz’er et Corand Khunrad, qui donnèrent des édi tions soignées des œuvres de Paracelse, outre une quantité innombrable d’œuvres originales pour la diffusion de la Rose-Croix.
Mais nous,trouvons aussi parmi les Rose-Croix des théologiens tels que Johann Arùdz‘, l’auteur renommé du Christianisme véritable; en 1599, il composait sous le titre de Zweites Sz'lentz’um Dei un écrit rosi— crucien qui se trouve en ma possession.
Dans ce manuscrit, il enseigne la préparation de la Lapis phi« losophorum sans feu artificiel, par la seule chaleur du soleil, concentrée par la réunion d‘un certain nom bre de miroirs ardents. —- Que le procédé vaille plus ou moins, il n’importe; le fait qui est ici d’une plus grande importance scientifique est que les Rose—Croix connaissaient, un siècle avant iTschirerhausen, un miroir ardent qui égalait en puissance les célèbres instruments de ce philosophe saxon du temps d’Au guste le Fort.
Vers l’année 1590, la renommée de l’ordre de la Rose—Croix était déjà très étendue, car en cette année et pendant les suivantes, l’Alchymiste français Bar naud voyageait en Allemagne à la recherche des maî tres hermétiques Rosæ Crucis, pour entrer en leur société (1).
En 1601, ce même Barnaud fit imprimer une lettre symboliques des personnes et des choses, bien entendues au commencement du xvue siècle, sont devenues tout àfaitinintel ligibles pour le nôtre. ' (1) Voir l’Echo Fraternitatis, R. C. —— 1616. 5
20 L'INITIATION "I‘-‘. latine à tous les Rose-Croix de France par laquelle il leur recommandait chaleureusement le roi Henri IV et Maurice de Nassau. — D’où il faut conclure que Barnaud était entré en relation étroite avec les Rose Croix, que peut-être même, il était devenu Imperator de l’ordre, et aussi qu’Henri IV et Maurice de Nassau n’étaient pas étrangers à cette fraternité. — Il est sur . prenant que l’empereur Rudolph Il, bien connu pour un adepte zélé de la magie, de l’Alchymie et de l’Astro logie, ne soit pas entré en relation avec l’ordre, d’autant plus qu‘il avait pour médecins des Rose-Croix comme Gérard Dorn,'Tlzaddæus de Ilayeck et Michael Maz‘er, déjà nommé.
En 1604, un certain Simon Studion, originaire de d'Urach en Wurtemberg, écrivit un puvrage mystique, resté à l’état de manuscrit, intitulé «Naometria ». Il entend par ce nom, une nouvelle métrologie du tem ple intérieur et extérieur, c’est—à-dire une description mystique de l’homme intérieur et extérieur qu’il regarde comme le temple de la divinité.
L’auteur s’entend fort bien à dire quantité de choses mystiques et prophétiques sur la Rose et la Croix; il donne aussi un tissu de symboles et de calculs apocalyptiques complètement incompréhensibles. Studion était un homme dont les facultés intellectuelles avaient été dérangées par suite de visions qu’il raconte; il s’était égaré dans une sorte de rêverie religieuse.
Cependant l’ignorance a fait considérer son singulier ouvrage comme la première source de la Rose-Croix et lui-, même le fondateur de l’ordre. Il en fut de même du théologien wurtemburgeois '
HISTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE-CROIX 2l bien connu, Johan Valentin Andreœ (1586-1634), homme de grande culture et de haute moralité, qui écrivit une Fama et Confessio Fraternz'taiz’s Rosæ cruczs, ainsi que l’ouvrage bien connu les Noces chymz’ques du chrétien Rose-Croix et encore, enfin, une Réformation générale du Monde entier.
Ces ouvrages firent une sensation considérable; ils furent aussitôt traduits en plusieurs langues; la Fama seule eut cinq traductions (1). La structure de cet ouvrage est analogue à celle de l’écrit de Studion.
Dans la Fama et Confessz'o, l’histoire du Chevalier Rosenkreuz e'st racontée avec une quantité de brode— ries allégoriques ; nous en avons donné plus haut la substance ; la Noce chymz‘que est un livre d’al chymie tout à fait abstruse où le procédé alchymique c0mplet est enseigné sous l'allégorie d’un mariage.
L’exposé en est si bizarre pour quiconque n’est pas au courant des choses de chymie, que,presque personne —— du moins parmi nos contemporains — n’est capa ble d‘y trouver un sens acceptable et qu’il ne serait guère possible d’en faire un extrait, ou que ce travail ne vaudrait pas sa peine. Dans la Réformation géné— rale, Andreœ imagine une utopie basée sur la théo sophie chrétienne; ce livre n’est pas plus acceptable que les précédents.
Et cependant ces ouvrages firent à leur apparition (1) L'année même de son impression en'allemand (1614), il en parut déjà une traduction latine; en 1613, il en fut fait une hollandaise sans indication du lieu d’impression; en 1616, une française à Amsterdam, et enfin en 1617 une italienne, sine loco.
22 L‘INITIATION un tel effet, qu'ils furent aussitôt traduits en plusieurs langues, ce qui n’eut pas été possible, s’il n‘y avait pas eu alors une assez grande quantité de gens en pos session de la clef des symboles obscurs pour faire un bon article de librairie de ces livres spéciaux d’une obscurité d’oracles.
En dehors de ceux initiés au lan gage symbolique, il a pu y avoir aussi une grande quantité d’Alchimistes exotériques (souffleurs) qui se cassaient vaillamment la tête sur la signification des allégories sans réussir à dompter « le Lion rouge ». Nous ne pouvons rien remarquer de plus sur ces écrits mystiques, sinon que leur clef nous manque.
Les ouvrages d’Andreæ engendrèrent toute une littérature dans laquelle on prit parti pour ou contre les Rose-Croix; telles sont les Lettres à la Fraternité du très-illustre Ordre de la Rose-Croix par Lint'z, en Autriche (1614), suivies de la Simple Réponse à la très-renommée Fraternité du très-illustre Ordre de la R.-C., datée du 12 janvier 1615, où l’on préconise une réforme de l’art et de la science, -— tout particu lièrement de l’art médical. ‘ Une des études principales des Rose-Croix du second système fut la thérapeutique magico-magné tique.
Le médecin impérial, Dr M2’chgel Maier, a écrit sur ce sujet un passage fprt significatif, dans son écrit intitulé Sz'lentiunz post clamores (1) : « La Nature, dit—il, est encore à moitié voilée. Quantité de ses productions et ses procédés secrets sont encore entiè rement cachés, spécialement ceux dontla connais: (1) Francfort, 1617, p. 142.
HlSTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE-CROIX 23 sance est nécessaire à l’art médical. Nous manquons surtout de recherches et d’expériences, car nos sens seuls ne peuvent suffire à signaler l’intérieur de l’Être et ses propriétés. Nous devons donc bien des remer ciements aux Rose—Croix, ces z‘ndagalores scientiæ naturalis, pour avoir travaillé à suppléer à cet impor tant défaut.
Leurs secrets sont tout à fait de nature à attirer quiconque n’est pas complètement familiarisé avec la philosophie, et à le mettre en état de pénétrer l‘inconnu, aussi bien que de parfaire les découvertes antérieures et de les mettre à profit. » Mig/zael Maier fit, vers l’an 1620, un voyage en Angleterre, dans le but d’y faire la propagande pour l’ordre; il y reçut le meilleur accueil et y fit la con naissance du célèbre polymathe Robert Fludd a Fluc tz’bus (1575-1637).
Fludd était un homme de génie, maître en toutes sciences, particulièrementdoué pour le mysticisme. Dès l’année I600, il possédait déjà la Kabbale, la Magie, l’Astrologie et I’Alchymie, ainsi qu’en témoigne son Hzstorza uiriusque cosmi(1). Cet ouvrage est un système tout à fait transcendant où sont consignés les théories et les faits de la plus grande importance.
Fludd embrassa dès lors avec ardeur les idées des Rose—Croix et fut leur plus zélé défenseur dans la Grande-Bretagne. Il écrivit surtout un ouvrage, le Summum Bonum, dans lequel il attirait l’attention sur leur ordre et où il expliquait les termes alchirhiques à la purification mystique de l’âme, ainsi qu’à la vie (I) Oppenheim, 16I7, in-folio.
24 L’lNITIATION purgative du christianisme. ——- Cet ouvrage donna naissance à l’opinion que l'Alchimie tout entière n’était qu’un symbole pour dépeindre la spiritualisa tion de l’âme, et non pas une transmutation de mé taux; erreur qui témoigne d’une ignorance aussi gom plète de l’histoire de l’Aichimie que de la chimie.
Le Summum Bonum de Fludd éveille l’humeur satirique du célèbre Père Mersenne, AI/zeislarum Princeps, l’ami de Ramus, de Peirescius et de Gas sendi; une aigre querelle s’éleva entre Fludd et Mer senne, et ensuite, Gassendi, Théophile Schewei— ghardt et autres.
Mais la lecture des écrits qui en sont nés, et que l’on trouve dans la grande édition d’Op penheim (1617-1638), serait aujourd’hui tout à fait oiseuse, aussi bien qu’à peu près inintelligible. Il s’y trouve cependant, dans la Clams phz‘losophz’æ Flud— danæ (fol. 50) un passage important pour l'histoire de l’ordre.
Il y est révélé que la prospérité de la Rose Croix en Angleterre fut de courte durée et que ses membres passèrent dans la Franc—Maçonnerie. Il faut donc placer entre les années 1629 et 1635 la nais sance de l’ordre des Francs-Maçons; toutefois ‘le nom de Francs-Maçons n’était pas encore adopté à cette époque, ou du moins pas encore passé dans l’usage, sinon Fludd n’aurait pas manqué de l’employer ou de le signaler.
Quand ce nom fut-il inventé, à quelle époque commença-Hi à être en usage, c’est ce que l’on ne peut dire avec assurance (I). (|) Voir sur cette question Joh. Gottl. Buhle, Uber der Ursprung und die uornehmsten Schielrsale des Orden der Ro senkreuger and Freimaurer (Sur l'origine et les principaux »._‘... .L.‘..‘.—A.s .|
HISTOIRE DE L‘ORDRE DE LA ROSE-CROIX 25 En l’an 1622, il existait à Haag une société de Rose Croix qui habitaient un palais magnifique et vivaient dans l’abondance. Ils possédaient, en outre, des mai sons à Amsterdam, Nuremberg, Hambourg, Dantzig, Mantoue, Venise et Erfurt. Les frères portaient pour signe de reconnaissance un cordon de soie noire à la boutonnière supérieure.
D‘après un des manuscrits qui sont en ma possession, les frères recevaient ce cordon «après avoir obtenu quelques Extases; ils « « (< « « « « « « « « « « « « << « « « « s’engageaient par serment solennel de malédiction, de se laisser étrangler par ce cordon plutôt que de rompre le silence, ou de faire tort à Dieu ou à leur prochain. » — « Un autre Sz'gnum propre à les faire reconnaître en public est le suivant : quand les frères se rassemblent, chacun d’eux porte un ruban bleu auquel est attaché une croix d’or avec une rose; ils le reçoivent lorsqu’ils sont acceptés.
Ce ruban, ils le portent autour du cou, sous la robe, de façon qu’il n’apparaisse qu’un peu à la vue. Dans les réunions, cette croix est sortie et portée au côté gauche. —— Un troisième Signe consiste dans une tonsure de la largeur d’un louis d’or qu’ils portent généralement entre le sommet de la tête et le front. — Comme on peut le voir sur moi-même (dit l’au— teur du manuscrit).
Aussi portent—ils la plupart du temps une perruque pour dissimuler ce signe. Leur démarche dans les rues est réservée, recueillie, et ils vivent très retirés. — Un quatrième signe par le— quel ils se reconnaissent encdre mieux est celui-ci: événements de l‘Ordre des Rose-Croix et Franc-Maçons), p. 2 5 2; Gœttingen, 1802. '
2 6 L’INITIATION « A chaque grande fête, dès le matin au lever du « soleil, au lieu qu’ils habitent, ils sortent par la « même porte (1) et font flotter une petite bannière « verte.
Lors donc qu’en ce lieu où ils habitent un « autre est présent, il vient aussi à la même place, et « là ils se reconnaissent l‘un l’autre par la conversa « tion: Si tout d‘abord ils ne sont pas sûrs l’un de « l’autre. ils emploient un mode de salutation parti- « culier que voici : l’ami voisin dit à l’habitant qui le « reçoit (sur le seuil de sa maison) : Ave, Frater; « l’autre répond : Rosæ et Auréæ; à quoi le premier « réplique : Crucz’s.
Puis tous deux ensemble :Bene— « dictus Deus, Domz’nus noster qui nobzs dedit « Signum.
Car ils ont un diplôme sur lequel l’Impe « rator a imprimé le cachet secret. » Je suis parfaitement en état de donner la figure de ce cachet, car j’en ai eu un en ma possession pendant de longues années, venant de mon grand-père, qui, ainsi que je l’aidit, avait été élevé au grade d’Impera tor; par malheur, ce cachet fut détruit en l’année 1 874, dans un incendie dont mes parents eurent à souffrir.
Il était gravé sur laiton et avait la taille d’une pièce d'un marc. En voici la reproduction (2). Les quatre C de l'écusson signifient : Crux Christi Corona Christianorum. Il ne faut pas confondre avec les Rose-Croix de cette époque la Rosesche Gesellschaft (société de la . (1) C’est—à«dire par la porte indiquée par le lever- du soleil, ou orientale. . (2) Nous donnerons cette reproduction dans un prochain numéro (N. D. L. R.‘. .a.«.. V—e.__W p—u.f».‘.,za...’_w—aww ./m .,MNM. ,;,.p..w, man .' ‘
HISTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE-CROIX 27 Rose), fondée à Paris vers 1660, par Jacob Rose, alchimiste et apothicaire. Celle-ci n’eut pas de durée; elle fut dissoute par l’autorité en 1674, à l’occasion du célèbre procès de la marquise de Brinvilliers. Il peut être intéressant d’énumérer encore quelques faits capitaux survenus dans l’histoire de l’ordre pen dant le XVIIe siècle ; le cadre de cette notice ne permet pas de s’y étendre davantage.
Les voici par ordre chronologique : ' 1604. -— ApparitiOn à Prague des douze traités de Sendz’vogz’us «sur la pierre du Saga} en 1605, une nouvelle édition en est donnée avec une dédicace du conseiller vvurtembergeois Konrad Schüler aux princes allemands. 1607. — Le Rose-Croix Benedz‘ct Figulus fait im- ‘ primer une conversation de Mercure avec un philo sophe (Gespraclz des Mercurz‘us mit einem Philoso pher), ouvrage qui fit grande sensation.
1608. —— ConradSc/1uler,ci-dessus nommé, publie un Éclaz’rcz’ssemenl des écrits de Basilius Valentz’n. 1616. —— D'après un catalogue de cette année quel— ques écrits rosicruciens furent vendus à Prague 16.000 thalers. 1619. —-— Impression à Francf0rt du célèbre ouvrage mystique de Guz‘mann : Oflenborung gottlz’c/zer Ma jestaï (la Majesté divine dévoilée).
1641. — En Bohème, deux Rose-Croix qui avaient fait connaître leurs richesses sont mis à la torture jusqu’à en mourir, pour leur arracher leurs secrets. 1652. — Apparition du Lumen de lamine d’Irénée
28 L’INITIATION Pliildléthtt, dans lequel le « processus universel » est enseigné. 1667. — Jo/zannes Lange publie à Hambourg l’In troi‘tus apertus in regz'um palatium d'1renaüs Phila— let/m. 1673. — Le même Inlroi‘lus paraît à Francfort en langue allemande. Ici se produit une pose de quarante ans dans l’acti vité des Rose-Croix.
En 1714, le prêtre saxon, Sz’ncerus Renatus (réelle ment, Rz'chler) publia à l’occasion du jubilé, cente— naire du réveil de l’ordre par la Fuma Fraternitafis d'Andrea, un ouvrage intitulé: Dz'e wa/zrhaflte und vollkommene Bereitun des phz’losophischen sleins, der Brüderschafl aus dem Orden des gülden and Rosenkreuçes, denen Fz‘lz'z's Doctrinæ, tum Besten publiciret. (Véritable et complète préparation de la pierre philosophale de la Fraternité de l’Ordre de l’or et de la Rose—Croix, au profit des Fils de cette doc trine (1).
Dans cet ouvrage est annoncée la nouvelle étonnante, que depuis plusieurs années les maîtres de la Rose-Croix sont partis en Inde et qu’il n’y en a plus aucun en Europe (2). Après cela, et environ jusqu’en 1762, on ne trouve aucune nouvelle authentique des Rose-Croixgmon bisaïeul mentionne seulement dans les écrits sous le titre de F. C.
R., un adepte (3) qui, tenu à Dresde en (1) Breslau, chez veuve Fellgiebel et fils, 1716. (2) Même ouvrage, p. 125. (3) Un adepte, dans le langage alchimique, est un homme qui a pénétré le mystère de la transmutation des métaux.
Ir æ HISTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE-CROIX 29 une honorable captivité, sous la garde de plusieurs officiers, produisit en 1748, pour le prince électeur de Saxe de cette époque, environ quatre quintaux d’or, et disparut d’une façon mystérieuse de sa prison en lais— sant gros comme une noisette d’Élixir de vie (|Tink tur qur Gesundhez‘t).
Ce fut un aide de cet adepte, un certain Johann Gottlod Frz‘ed, depuis greffier à Taucha, près Leipzig, et Frère servant de la R.-C. qui a raconté ces faits à mon bisaïeul; il lui confessa même qu’en grattant les creusets il y avait encore re— cueilli pour environ,2r thalers d’or qui y restaient7 et qu’il avai t aussi retenu secrètement quelque peu d’élixir.
Mon ancêtre dit dans une courte notice inscrite en marge d’une lettre du 3 juillet 1765 : « La réalité de notre pierre (philosophale) ne fait plus de doute pour moi, car j‘ai essayé l‘Élixir de Fried, je l’ai trouvé I) et E5 transformés en teinture, et quant à la première, éprouvée; elle a été trouvée excel— lente. » ' ' À‘ AA/‘xz‘t Mon bisaïeul fut mis en rapport avec la société des Rose—Croix, et introduit parmi eux, par un certain Tobz’as Schulge d’Amsterdam, qui était alors lmpe—. rator.
De quelle manière se fit—il; c’est ce que, mal heureusement je ne puis préciser, mais il résulte de ses manuscrits qu’à partir de l’année 1769, il signa comme lmperator. En ce temps-là, l’ordre des Rose Croix faisait à nouveau grand bruit dans le monde, bien qu’on ne voie pas comment cela arriva.
Plu— sieurs chercheurs, tels, par exemple, que Nicolaï, ont voulu expliquer cette résurrection par l’hypothèse que les Jésuites, après l’abolition de leur congrégation en
30 L’INITIATION 1774 par le pape Clément XlV, s’étaient faufilés dans la fraternité de la Rose-Croix.
Mais cette assertion n’a aucune consistance; d'après les papiers de mon bisaïeul, il résulte, tout au contraire, que les Rose Croix prirent une direction mystico-protestante, dont la doctrine se fondait sur la Bible et qui suivait la mystique de Jacob Bœhme. — La tendance de ces der niers Rose-Croix est de fondre lathéorie cabbalistique de l'émanation avec les doctrines du Christianisme; tendance qui prépara la voie à l’union des Rose-Croix avec les Martr‘nz’sles et les Illuminés.
Il n’est-pas plus aisé d’admettre leur liaison avec Ies'Jésuites quand on songe que l’Ordre a compté parmi ses frères: Schrep— fer, Saint-Germain et Caglioxtro.
' Des papiers de mon grand-père, il résulte, au con traire, que les derniers véritables Rose-Croix se renfer mèrent dans une paix contemplative, vivant dans une théosophie chrétienne enthousiaste. — Il paraît que l’intrusion d’éléments illuminés et maçonniques avait disjoint la vieille structure de l’Ordre; c’est pourquoi, à ce qu'apprend encore un memorandum de mon bisaïeul, il fut décidé en 1792 de relever les frères du serment (Juramenli etSilentii) et d’annuler la bibliothèque avec les archives.
Où et quand cela se fit-il ? Son journal ne le dit pas. J.-J. Korz‘üm, l’auteur connu de la Jobsiade, tenta en 1801 de faire revivre l’ordre des Rose—Croix et d‘en faire une société hermétique. Mais cette tentative avorta complètement ; les orages politiques de ce temps avaient détruit toutle sentiment mystique dans l’âme des jeunes générations, et les rares Fratres
HISTOIRE DE L’ORDRE DE LA ROSE-CROIX ‘ 31 Rosæ et Aureæ Crucz‘s d’autrefois étaient morts l’un après l’autre. Sans doute il n’est pas absolument im possible que quelques vrais Rose-Croix aient encore survécu jusqu’au milieu de notre siècle, mais je n’ose— rais pas afiirmer qu’il subsiste aucune collection des écrits de l’ordre semblable à celle que mon ancêtre avait esquissée.
La sienne n’offre qu‘un assez maigre appoint historique pour la connaissance exacte des statuts de l’Ordre, mais elle est bien plus riche en documents au point de vue de sa pratique. Et ils sont vraiment bien étonnants à lire, ces comptes rendus des innombrables arts secrets des Rose-Croix.
.,____._‘ PARTIE PHILOSOPHIQUE E’I SCIENTIFIQUE Nos lecteurs seront heureux, nous en sommes persuadés, de connaître les arguments inuoquc‘s par la plupart des Anglo-Saxons pour combattre la théorie de la réincarnation qui, pour nous. est une réalité vérifiable expérimentalement. Aussi sommes-nous heureux de leur donner ci-jointe une étude de Questor Vitæ, un des esprits les plus éminentsparmi les rédacteurs du « Light », sur ce passionnant sujet.
PAPUS. lia “Genèse et l’fivolutiam fiumaine Par QUESTOR VIT/E La Kabbale reconnaît qu’il y a des mondes trans— cendants et invisibles qui sont les prototypes et les facteurs de notre monde externe. Elle les nomme : Atziluth, Brlah, Yetzsirah, le nôtre étant Assiah. La métaphysique reconnaît qu’il ne peut rien y avoir dans le monde subordonné et partiel, qui ne soit pré cédemment dansle transcendant.
Mais la métaphy sique ne connaît rien des mondes invisibles aux sens, puisqu’elle se borne à des inductions basées sur la connaissance empirique. Elle reconnaît que l‘homme est une particularisation du moi conscient unirersel; mais elle ne connaît rien du processus par lequel cette différenciation s’accomplit. Cependantil est évident
LA GENËSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 33 que la conception humaine, dans le monde du temps, de l’espace et de la matière, ne peut-être l’origine de l’espritindividualisé auquel les conditions de nais sance physique sont présentées. La matière ne peut différencier l’esprit, puisqu’elle lui est subordonnée. Le germe individualisé a donc dû préexister à la con ception humaine qui a donné lieu à l’incarnation.
Comment cette individualisation primaire du moi conscient universel a-t-elle donc pu se faire ? La loi métaphysique nous indique la solution. Il ne pourrait y avoir de conception sur le plan de l’incar nation humaine, si cette loi n’avait déjà ses manifes tations précédentes dans les mondes transcendants et invisibles, les plans archétypes.
La différenciation primaire du processus du moi conscient en des indi vidualités germiques a dû s’élaborer sur le plan le plus élevé de notre univers solaire, au centre même. La Kabbale reconnaît qu’il y a des mondes inter médiaires entre Atziluth et Assiah, entre le centre et la périphérie qu’elle appelle Briah et Yetzsirah.
Puis— que la naissance humaine nous démontre que le germeindividuel du moi conscient est extériorisé à travers de parents qui eux-mêmes sont des moz cons cients, il s’ensuit de par la loi de l’analogie, que le même processus a dû avoir lieu dans les mondes in termédiaires, entre le centre et la circonférence de notre univers.
Ce sont des moi conscients qui, sur chaque plan de l’univers, doivent être comme des relais au travers desquels le germe individualisé du moi conscient universel est projeté, intériorisé et exté ri0risé jusqu’à ce qu’il arrive au plan physique. HW.:;.W“W *-«-«» 2
3 4 L’INITIATION Il Il est reconnu aujourd’hui par les psycho-physiolo gistes que la vitalité humaine est analogue à l’électri cité. Les recherches de Roman Cyal, Dr Branly, Du rand de Gros, Boirac, etc., sont probantes à cet égard. Il s’ensuitquele circuit du processus évolutionnaire humain doit être semblable au circuit électrique dans son trajet.
Il doit partir du pôle positif du système solaire pour aboutir au pôle négatifet revenir ensuite à son centre d’origine. C’est effectivement le trajet que nous avons déjà es quissé : partant du soleil, descendant jusqu’à la terre et s’en retournant jusqu’à son lieu d'origine.
Mais Il està remarquer que le circuit électrique ne revient jamais sur ses pas : c’est un circuit, un processus con tinue du centre à la circonférence, suivi du retour au centre. Ces deux modes observés constituent l’involution et l’évolution humaines: la descente dans la matière, le plan physique, le plus externe, et l’ascension vers le centre, lieu d’origine.
Ce circuit involutionnaire et évolutionnaire s’accomplit d’une manière suivie et continue, progressive et sans retour sur le chemin par couru, comme le circuit électrique. Le gérme indivi dualisé descend à travers les plans successifs de l’uni vers, du ‘centre à la circonférence; il s'intériorise et s’extériorise, en état sala—conscient, par l'intermédiaire de parents angéliques, spirituels et humains.
Arrivéà la circonférence, la conscience du moi se développe, ainsi qu’on le remarque dansl’enfant. Le principe uni versel individualisé en lui commence à se distinguer de son entourage et des autres moi.
LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 35 La conscience du moi une fois développée, le cir cuit ascendant se produit en état conscient. L'involu tion s’accomplit en état subconscient, l’évolution en état conscient. La descente dans le plan des opposi tions développe la distinction (I); l’ascension vers le centre développe l’identification.
C’est pour se distin guer de l’universel que le germe individualisé est pro jeté dans notre monde d’oppositions, de contrastes ; mais, en remontant vers sa source, sa conscience s’é— tend de plus en plus et finit par s’identifier avec cette source déifique. Il estbien àce moment«fait à l’image de Dieu » ; il reconnaît que le Fils et le Père ne font qu’un.
Le circuit descendant, involutionnaire se fait au travers de parents angéliques, spirituels et humains, à l’état germique et subconscient. Mais le circuit as cendant et évolutionnaire se fait à l’état conscient ; il ne se fait plus par le moyen de naissances au travers de parents, mais au travers de morts et de régénéra 'tions successives.
Dès que le germe a intégré une forme microcosmique sur cette terre, dès qu’il s’est in tégré un univers pour lui-même en intégrant la subs tance du non-soiriz‘aldans son propre organisme mi crocosmique, il conserve le microcosme ; mais cette ' forme. ce petit système qui lui appartient, est dès lors transmué, régénéré, reconstitué à travers des morts successives, à la suite desquelles ilabandonne le corps qu’il occupait en mode subordonné et reconstitue . _.,,_. 4.a.. -.. (1) Nous dirions plutôt: la connaissance des formes contin gentes. ' 3...» w..-..v}r\r.\
36 L’INITIATION un nouveau corps, en mode de substance éthérée. Par ce procédé, il cesse de se trouver en rapport avec le monde subordonné qu’il occupait et se trouve en rapport avec un nouveau monde au plan plus élevé, plus éthéré. La mort est à la fois une porte de sortie du plan inférieur et une porte d‘entrée dans le plan supérieur.
Ainsi, dans le circuit évolutionnaire, on remonte en état conscient et avec une forme acquise, à travers les mêmes plans par où on est descendu, on involue subconsciemment en état germique.
Le fait que le germe du moi conscient universel, individualisé par conception angélique au centre de notre univers solaire, passe à travers des parents dans les mondes intermédiaires, entraîne une intégration (ou superposition par le germe) de substances apparte nant à chaque plan au monde. Arrivée au pôle néga— tif solaire, aux mondes planétaires, cette intégration n’est plus germique, mais évolutionnaire. Le germe devient un microcosme.
Mais après la mort. la forme circonférenüelle ainsi intégrée est abandonnée. Le principe qui lui était subjectif ou intérieur devient alors circonférentiel par ce fait; mais ce n’est qu‘un germe, un nucleus.
Cela suffit cependant, et le processus de l’Universel, agissant àtravers ce nucleus, intègre de la substance du plan avec lequel un rapport est ainsi établi et re constitue une forme en substance appartenant à ce plan,par suite de quoi l’individu se trouve en rapport avec ce monde. Sur le circuit descendant, le germe ne contient que les principes les potentialités qui s’excluent fonclzonnellemenl sur le circuit ascendant
LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 37 Il faut observer que ce sont les moi conscients évo luant sur leur circuit ascendant, qui servent de pa— rents, de relais, au travers desquels les moi germi— gues descendants involuent, sont intériorisés et exté— _ riorisés, sont projetés des plans supérieurs sur les plans inférieurs. Ces germes s’intériorisent par le centre de ces moi microcosmiques et sont extériorisés à la circonférence.
Telle est la loi en vertu de laquelle se produit l’in volution de plan en plan, à travers les moi conscients qui servent ainsi de relais dans le processus de l’Uni verse]. Il est évident que, si la théorie de la réincarnation était vraie, elle aurait d’abord son expression sur les plans supérieurs ou mondes internes. Il n’y aurait pas, de ce fait, de circuit d’involution et d’évolution.
Il n’y aurait que des ascensions et des redescentes entre deux plans de l’Univers. Les moi conscients n’arriveraient jamais à notre plan extérieur actuel. Autre chose. Quand dans leur circuit d’évolution,les moi conscients arrivent au plan d’identité, c’est-à— dire au centre de notre univers, leur conscience par ticipe alors de la conscience de toutes les unités inté grées qui sont unifiées dans ce plan.
L’expérience acquise par chaque unité devient la propriété com mune de tous. Il serait donc parfaitement inutile et superflu que chaque unité acquière ici l’expérience d‘une diversité de vies, puisque infailliblementil est destiné à participer dans l’expérience acquise par tous ceux qui ont vécu ici—bas. ' Ce principe est mêmeillustré d’une manière externe
38 L’lNlTIATION et subordonné en notre organisme microcosmiqiw sur ce plan-ci. Nous sommes au moi conscient solaire, le Dieu père-mère de notre Univers, ce qu’est une cellule physique de notre organisme au moi cons_ cient qui la dirige. Les cellules intégrées en notre or ganisme n’ont conscience que de leur vie propre.
Elles ne savent pas qu'elles sont des unités intégrées dans un moi transcendant; mais le moi conscient dans lequel elles vivent les embrasse et les contient toutes; il est conscient de toutes leurs sensations et de leurs états. Notre état de vie actuelle est similaire à celui des cellules physiques de notre organisme.
Notre mode de conscience n’est que personnel; nous ne connaissons que notre propre expérience; nous ne nous rendons pas compte que nous sommes des unités intégrales dans une unité transcendantale synthétique. Mais notre circuit ascendant et évolu tionnaire nous mène à des états supérieurs et inté rieurs, dans lesquels notre champ de conscience s’élar git successivement.
Non seulement nous avons la connaissance extérieure, mais nous parvenons à la connaissance intérieure; non seulement nous établis* sons des rapports extérieurs tels que ceux qui fonc tionnent en nous actuellement, mais nousavons des rapports avec l’à priori intérieur. Ultérieurement nous arrivons à un état de conscience identique qui est symbolisé par le fonctionnement du moi conscient dans notre organisme.
Nous nous rendons compte que nous sommes des cellules intégrales dans une unité, et nous participons mutuellement dans l’expé rience de tous ceux qui ont évolué dans cet état. Nous
LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 39 arrivons même, ainsi que le moi conscient fonction nant à travers le système nerveux de notre organisme, à faire nôtre l‘expérience de ceux qui sont encore dans les plans périphériques, physiques.
La théorie de la réincarnation est donc en contra diction avec la logique métaphysique et constituerait un arrêt, un empêchement au progrès et à l’ascension perpétuelle des êtres dans les plans successifs de l’Univers. Elle est en contradiction avec les lois de l’électricité qui cependant ont été reconnues comme étant similaires à celles de la vitalité, dela vie même.
Elle est en contradiction aussi avec la loi biologique ou microcosmique observée dans l’organisme. Et il ne faut pas oublier que le processus biologique est l’ex pression en nous des lois macrocosmiques et univer selles. « Connais-toi toi-même, a dit Hermès, et tu sauras tout. » La loi est la même dans le petit comme dans le grand. Le processus d’involution et d’évolution s’accom plit dans notre organisme, ainsi que dans le ma crocosme.
Il est symbolisé par les deux serpents du caducée: ce sont les deux circuits descendant et ascen dant. L’Histologie moderne démontre que nos cellules naissent, vivent et meurent en nous. On croyait au trefois que c’étaient des unités prises dans la nourri ture et intégrées en notre chair.
La Kargo Kinesis a démontré que la vitalité invisible de notre système nerveux (le processus du soi) s’incarne dans le serum w—‘-\v-'>‘— 'v-v \ r- . _ *‘*‘u‘- —\nL‘«, -‘..c .\.»‘.,V.,mayu \-.—>
40 L’INITIATION au chyle provenant de la substance digérée (processus du non-soi). Tels sont les deux courants descendant et ascendant. Cette incarnation s‘accomplit dans le centre même des cellules par le nuclcolus et par un procédé de polarisation ou division polaire. Les cel— lules ainsi nées sont des dérivés du moi conscient dansl’organisme duquel elles sont constituées. Elles vivent et meurent.
Sont-elles réincarnées dans le corps physique du moi? Non, elles sont transmuées. Elles rejettent leur corps physique, et leur corps psy chique ou astral évolue. Elles accomplissent un cir cuit d’évolution et montent à un plan supérieur dans le microcosme, comme les moi conscients montent de plan en plan dans le macrocosme.
Leur corps ou enveloppe physique est jeté au dehors, ainsi que cela a lieu pour le moi conscient, quand il jette son corps physique (la mort). Mais le moi conscient ne s’incarne plus dans un corps physique, pas plùs que ne le fait la vitalité qui se retire de sa cellule physique à la mort de celle-ci.
Par la même loi, le moi progresse toujours sur un chemin ascendant, de plus en plus élevé, de plus en plus parfait, et le non-moi, la substance s’élève de même de plan en plan successivement dans l’Univers, procurant ainsi aux êtres supérieurs une substance plus pure, plus éthérée dont ils peuvent disposer pour intéorer des formes en rapport avec les plans successifs qu’ils occupent. ‘À' wp: Cette étude rapide d’un système jusqu’à ce jour mal compris doit appeler l’attention des penseurs.
LA GENÈSE ET L’ÉVOLUTION HUMAINE 41 ‘_.—.,..—_ .. Certes, la théorie réincarnationniste est, au pre— mier abord, celle qui semble satisfaire le plus à la loi morale, à la loi de justice ou de Karma. Mais satisfait-elle également à laloi physiologique, électro biologique ? Et doit—on choisir entre les deux P Peut on les concilier ? Telles sont les questions qui se posent.
L’objection qui m’est venue aux lèvres la première est celle-ci : comment, avec votre système, l’homme méchant qui a commis toutes sortes de méfaits, peut— il réparer ses torts? Comment expliquez-vous I’ata— visme et le progrès sur riotre plan physique, si ce ne sont pas les mêmes qui reviennent?
A cela, il m’a été répondu que nous devons consi— dérer l’univers comme un organisme dont nous ne sommes que les cellules et que toutes les cellules, quelles qu’elles soient, sont solidaires les unes des autres, que les souffrances des unes se répercutent surles autres, qu’une cellule humaine ou l’homme qui faitle mal est toujours atteint dans son évolution, dans le plan immédiatement supérieur, que les plans supérieurs où s’élaborent intérieurement nos exis tences physiques sont toujours reliés entre eux et avec le nôtre et que tout ce qui se passe en bas est ressenti en haut.
La réparation? Elle a lieu sur les plans succésSifs où finissent par se rencontrer les êtres. Jelivre à la méditation des chercheurs ces réflexions. Il est certain qu’il en coûte de voir tout un échafau dage s’écrouler. Hélas! N’en a-t-il pas toujours été ainsi P Il faut savoir se mettre au-dessus de tout parti pris,
42 L’INITIATION -_a—— de tout système, et chercher la vérité pour elle-même. Elle est assez belle pour que nous fassions tous les sacrifices. (Traduit par ALBAN DUBET.) Ea *Ï,ievue du ljlonde invisible Hommage à Papas G. T. Mgr Méric vient de tender une Revue du monde inuisible dont le premier numéro a paru le 15 juin et qui sert d’organe aux dissidents de la Société des sciences psychiques.
Il est inutile de revenir sur les faits que tout le monde connaît, et s’expliquer le pourquoi et le com ment du schisme suscité par Mgr Méric. En ce qui concerne la Revue, elle provoque des cri tiques et des louanges.
Des louanges d’abord en ce qu’elle fait appel pour la recherche du vrai à l’alliance de la science et de la foi et en ce qu’elle manifeste le souci d’apporter la plus grande prudence et l’attention la plus scrupu leuse dans l’étude et l’examen des faits d‘ordre psy chique. Des critiques ensuite en ce que, par une contradic tion singulière, les rédacteurs ne veulent admettre dans
LA REVUE DU MONDE INVISIBLE leur Cénacle qu’une certaine catégorie de savants et qu'une foi taillée sur mesure. Cet exclusivisme paraît poussé si loin, qu’on serait tenté de douter de la sincé rité de ces braves gens. _ Mgr Méric se défend de vouloir provoquer personne, et cependant ses collaborateurs se livrent sans retenue à des attaques souvent perfides et quelquefois violentes contre ceux qui ont le malheur de ne point penser comme eux.
Mais le plus extraordinaire, c’est l’art avec lequel les rédacteurs s’emparent des théories professées par les hommes qu’ils détractent et se les approprient en les dénaturant. Quelques citations prises au hasard vont suffire pour prouver le bien fondé de cette constatation. Ces cita tions permettront en même temps d’établir en quoi les théories de Mgr Méric ressemblent à celle des occultistes et en quoi elles en diffèrent.
L’article de Mgr Méric peut se résumer ainsi : Tout le monde subit l’attrait de l’inconnu et du merveilleux. Des gens habiles, les occultistes et les spirites —-— nos ennemis —,exploitent ce penchant contre nous. Ils veulent nous mettre à mal en expliquant tout et en ruinantl’idée du miracle.
Ne leur livrons_ pas le champ de bataille en sortant sous nos tentes, mais unissons théologiens et savants Catholiques pour les combattre Ce sont des ennemis redoutables. Voilà en quelques lignes l’économie del'article pro gramme de la Revue. Passons aux détails : En constatant le mouvement qui entraîne comme
44 L‘INITIATION malgré eux les savants vers l’étude du Merveilleux. Mgr Méric s'écrie: « Ni les philosophes ni les théologiens n'auraient pu obtenir un tel résultat. Il a fallu l’intervention des physiologistes et des physiciens pour triompher au nom des sciences expérimentales du positivisme doc trinaire et de la négation persistante du préternaturel.
« Mais ce grand efiort des esprits nous a permis de constater l’existence de quelques forces naturelles encore mystérieuses et mal définies, etc. « Nous soupçonnons que lesforces latentes modi fientl’Ether ou un fluide et qu’elles peuvent produire des effets longtemps inconnus. Ce point important nous paraît acquis.
Que {l’on donne à cette force les noms de Neurique ou d’astrale, de fluidique ou d’odique, d’électrique ou de magnétique, peu nous importe. La force existe et elle peut produire des phé— nomènes merveilleux. Il nous paraît très important de le reconnaître et de rendre justice aux savants qui ont fait une étude approfondie de la nature, de l’énergie, des forces et des lois. » Une remarque ici s’impose.
Parmi les savants dont parle Mgr Méric, brillent au premier rang et d’un éclat très particulier les occultistes contre lesquels il va partir en guerre. ' N’ont-ils pas parmi eux des physiologistes, des physiciens et des chimistes, des hommes en toutes sciences suréminents ? N’ont-ils pas conquis de haute lutte tous leurs diplômes devant les facultés de nos
LA REVUE DU MONDE lNVlSIBLE sciences officielles et particulièrement devant nos fa cultés de sciences médicales? Toutes leurs théories, toutes leurs hypothèses les plus hardies ne sont-elles pas assises sur des expériences scientifiques?
Qu’on lise les travaux si remarquables de Barlet et Lejay, de Papus et de tant d’autres, et on sera étonné de la somme de travail qu’ont dû fournir ces hommes pour acquérir des connaissances aussi vastes que précises l N’ont-ils pas, devançant tous les physiologistes et les physiciens officiels, donné le signal et provoqué l’élan qui entraîne aujourd’hui les savants conscien cieux vers ces études passionnantes?
Ils ont été les ouvriers de la première heure, et Mgr Méric, sans eux, n’aurait jamais songé, sans doute, à fonder sa Revue ni son Académie. Et il devrait leur dire merci, car c’est chez eux qu’on trouve surtout « une étude ap profondie de la nature, des forces et des lois. » ils font mieux.
Ils convient avec instance les savants de toute opinion et de toute religion à se joindre à eux, à les imiter, à les aider dans ces études ardues, sans excommunier et sans exclure personne. En quoi ils se montrent beaucoup plus larges et plus avisés que Mgr Méric, et surtout beaucoup plus tolérants. Ils ne craignent ni la discussion ni la contradiction.
Un peu plus loin, Mgr Méric s’écrie : « lntrinsèquement tel phénomène mg*veilleux dont nous essayons de connaître l’essence i’t,,3st pas préternaturel, mais il le devient quand un autre agent supérieur, ange du démon, le produit, en faisant con courir à l’expression de ses desseins des forces natu
46 L’INITIATION relles qu’il connaissait avant nous et mieux que nous. » Ne dirait-on pas du pur occultisme ? Mais voici mieux: Dans un article intitulé « Guérissons par contact», un collaborateur de Mgr Méric cite de curieux exemples de guérisons opérées de nos jours par un saint prêtre qu’il ne nomme pas et qu’il désigne ainsi: Le R. P. X.
Ce bon prêtre opère, parait-il, des choses: merveilleuses par la seule vertu de la volonté, en n'ayant en vue dans ses paroles et dans ses actes que la seule gloire de Dieu.
Ne serait-ce pas de la magie blanche P Les occultistes en effet affirment et se prétendent en état de démontrer que l’homme est entouré de forces occultes soit supérieures à lui (anges), soit inférieures (démons) et qu’il peut par sa propre volonté suffisam— ment entraînée et développée par la pratique de la pureté, du désintéressement, de l’Amour de Dieu et du prochain, asservir les forces inférieures et les faire coopérer à l’œuvre générale de la création et appeler à son aide les forces supérieures dans un but iden tique.
Jusqu’ici entre les occultistes et Mgr Méric l’accord semble parfait. Mais où les avis diffèrent, c’estquand celui—ci affirme que les phénomènes deviennent préternaturels (un mot forgé pour la circonstance) lorsqu’un agent supé rieur ou inférieur est mis à contribution pour leur production sur le plan externe. ,
LA REVUE DU MONDE INVISIBLE Les occultistes affirment — et les découvertes scien tifiques les plus récentes semblent leur donner raison — que dans l’un et l’autre cas les phénomènes et les forces qui les produisent ressortissent à des lois natu relles et que, dans aucun cas, les phénomènes ne peu vent être et ne sont miraculeux. » Les occultistes croient du merveilleux ou à ce qui apparaît comme tel, mais ils ne croient pas aux mi— racles dans le sens que les. catholiques de l’écolede Mgr Méric attribuent à ce vocable.
On peut voir à ce sujet l’introduction si remarquable de la Clef de la Magie Noire où la question est supé rieurement traitée par M. S. de Guaita. Les arguments fournis ne permettent guère la réplique. Voici d’ailleurs qui semble évident: Tous les phé nomènes quels qu’ils soient sont produits par des agents, c’est-à—dire par des forces et ces forces ne tom bent jamais sous nos sens physiques que par leur ex— pression externe.
Les sens ne perçoivent que les phé nomènes apparents, c’est-à-dire l’effet. Mais ils ne peu vent jamais percevoir la cause. Peut-on constater, toucher, voir à l’œil nu ou bien au microscope la force ou le principe inclus, dans un grain de blé et qui fait que ce grain de blé placé dans certaines condi tions accapare les molécules et les forces ambiantes, ' émet une tige, la développe et la transforme en épi?
Et cependant, ange ou démon, cette force, ce prin cipe existe, il n’est pas niable, car lui absent rien ne se produit. L’action physique, chimique ou mécanique qui tombe sous les sens ne peut jamais être la cause du phénomène qui est ici la tige ou l’épi. Si la force, g.
48 L’INITIATION le principe, l'âme de vie qui gît dans le grain meurt ou se retire, l’action physique, chimique ou méca— nique demeure impuissante, et on aura beaumettre le grain en terre, nulle tige ne paraîtra. ici nous sommes en contradiction formelle avec Mgr Méric qui écrit : «' Ces phénomènes (les phénomènes dits merveilleux) peuvent être le résultat d’une action physique, chi mique ou mécanique ou d’une modification singu lière de la force vitale. » L’action ne se produit pas toute seule.
Elle n’est en réalité que le moyen employé par le principe, l’agent inclus ou occlus dans la graine, par la force, et par lequel ledit principe se déploie en épi. Mgr Méric dira qu’il ne s’agit pas ici d’un phéno— mène merveilleux, mais d’un fait natürel.
Il serait bien aimable d’expliquer alors quelle différence il relève entre une force occulte gisant dans un grain de blé et produisant une plante et une force occulte aidant à la production d’un phénomène dit merveil leux P En tant que merveilleux les deux phénomènes se valent. L’un est plus fréquent et l’autre moins connu. Voilà toute la diflérence.
D’après le sens donné par Mgr Méric au mot pré— ternaturel, le principe même qui gît dans le grain de blé ne serait pas un principe naturel, caril est impos sible à nos yeux, même aidés des plus puissants ins truments d’optique, de percevoir dans la graine autre chose que les enveloppes matérielles qui voilent ou révèlent, ad libitum, le principe immatériel. 11 n’est
LA REVUE DU MONDE INVISIBLE pas même possible de percevoir physiquement la loi en vertu de laquelle le principe non sensible se déploie en épi, loi dont on ne peut que constater la régularité et les effets vraiment merveilleux, car pour qui sait voir, sous l’enveloppe de la nature matérielle et visible, tout est merveilleux et préternaturel, aussi bien le grain de blé qui germe que l’homme de bien qui guérit son semblable par l’imposition des mains.
« Il ne servirait de rien de le nier, dit encore Mgr Méric, les anciennes classifications des phéno mènes naturels ne sauraient plus nous inspirer une entière confiance, .etc. » Ici encore se décide une fois de plus l’influence des occultistes ou de leurs idées. - Ceux—ci prétendent, en effet, que ce qui nous parait surnaturel aujourd’hui nous semblera tout naturel demain, lorsque nous aurons découvert les lois et les principes encore ignorés des faits réputés merveilleux.
Mais à ces découvertes les occultistes n’aperçoivent pas de limites. Ils affirment — et peut-être ont-ils raison — que le progrès est éternel. Au contraire, les théologiens de l’école de Mgr Méric émettent la prétention de poser une limite en deçà de laquelle tous les faits seront naturels et au delà tous merveilleux ou surnaturels. La théologie romaine n’a jamais fait autre chose : poser des bornes qui ont toujours été franchies par le progrès. Elle a eu beau dire : non amplz‘us ibis“. Toujours le progrès a répon du : Quo non ascendam P Non pas sur le ton de
50 L’lNlTIA'I‘ION l’orgueil et de la révolte contre Dieu, mais avec la certitude que donnent la foi appuyée sur la science et la confiance invincible dans la bonté divine. Et en tout ceci le progrès ne nie pas Dieu, il ne l’attaque pas, il le proclame.
Les anciennes limites assignées aux faits naturels ayant été dépassées par la science, la théologie éprouve le besoin de reculer les frontières qui séparaient le surnaturel et d’agrandir les domaines du naturel. La Revue du monde invisible ne paraît avoir été fondée que pour faire accepter cette idée par les croyants de la foi romaine.
« Les savants chrétiens, dit encore Mgr Méric, con firment par leurs expériences les sages paroles des théologiens que nous venons de citer. Ils reconnais sent la nécessité de présenter aujourd’hui sous une forme plus précise la thèse du merveilleux. » Tout ce que nous pourrons expliquer sera naturel : tout ce que nous ne comprendrons pas sera divin ou diabolique, semble dire Mgr Méric.
Avant de prononcer ainsi une sentance définitive, il vaudrait peut-êtr'e mieux attendre la fin. Car com bien de faits dans les anciens âges ont été présentés comme divins et diaboliques et qui depuis sont appa rus comme simplement naturels ! Mgr Méric pouvait le dire et l'intention avouée qui a présidé à la fon dation de sa revue atteste la justesse de cette remar que. Après avoir cité un passage important d'un c . - A... h.-. n-À-s-u.xz*r
LA REVUE DU MONDE INVISIBLE 51 ouvrage de M. de Rochas, Mgr Méric conclut que le physicien arrive ainsi, quand il est sincère, àconstater l’insuffisance des causes naturelles et des forces chi— miques ou mécaniques pour expliquer certains phéno mènes et que le théologien doit intervenir alors et faire connaître au physicien l’existence des anges et des démons, etc. Les occultistes, on l’a déjà dit, donnent sur ces phénomènes des explications sensiblement concor dantes, avec cette différence toutefois : que d’après les catholiques l’intervention des forces appelées anges ou démons dans la production des phénomènes apparaît miraculeux et, préternaturelle, tandis que, d’après les occultistes, cette même intervention est régie par des lois toutes naturelles que nous ignorons et elle ne tient aucunement du miracle.
La divergence est assez grande, mais insuffisante, semble-t-il, pour fonder Mgr Méric et,ses collabo rateurs à proclamer à tout insta,nt et à tout propos comme ils le font dans la Revue, et sans d’ailleurs produire aucune preuve, que les occultistes sont des ennemis de Dieu, des suppôts de l’enfer, de_faux savants, de faux frères, etc., etc., et à confondre exprès les vaines pratiques du spiritisme avec les théories de l’occultisme pour jeter sur celui-ci le ridicule et le discrédit.
Les occultistes veulent couper toute communication surnaturelle entre l’âme et Dieu, dit Mgr Méric. A quoi bon? répondent ceux-ci, une communi cation surnaturelle si la voie naturelle suffit. Dieu a-t-il besoin pour se communiquer à nous, pour nous
53 L’INITIATION inspirer et nous diriger, de prendre des chemins détournés? La théologie n’enseigne-t-elle pas avec saint Paul que Dieu est partout. que nous sommes en lui, que nous vivons par lui, et que nous nous mouvons en lui? Alors pourquoi Dieu qui est si près de nous, irait-il chercher si loin des moyens de nous toucher et de nous convaincre? Nous n’avons qu’à prêter l‘oreille et à l’écouter parler en nous.
Tant pis pour ceux qui ne savent pas l’entendre et qui pour le découvrir et le reconnaître se croient obligés d’avoir recours aux grands moyens, aux télescopes ou bien aux microscopes!
Ils finissent toujours par recon naître l‘existence de forces supérieurs, mais sûrement par ces moyens ils arriveront au Dieu unique. » Toute puissance d’en haut qui se manifeste par des phéno mènes et se révèle à nous par d’autres intermédiaires que la lumière occulte des intelligences ne peut être qu’une divinité de remplacement. » Ainsi s’exprime l’éminent occultiste S. de Guaita, dans la Clef de la Magie noire. Il doit avoir raison.
En ce qui concerne le reproche fait aux occultistes de repousser l’enseignement chrétien sur le purgatoire, le paradis et l’enfer, il est inutile de discuter sur ce point avec Mgr Méric. L’Église universelle cache sous ces symboles des vérités profondes.
Si Mgr Méric ne les perçoit pas, il serait oiseux de les lui expliquer, car il est esclave de la lettre qui tue et ennemi de l’esprit qui vivifie. (Lux lacet in tenebrz‘s et lenebræ non comprehenderunt eam. S. J.). , Si on voulait s’arrêter à réfuter toutes les fantaisies émises dans la Revue, on n’en finirait pas. Il est
LA REVUE DU MONDE INVISIBLE encore cependant certaines affirmations qu’il paraît expédient de relever. D’après M. L. Dasté, ingénieur, ce qui caractérise les sectes initiatiques anciennes et modernes: C’est la haine du Christ et de son Église.
Ne faisant partie d’aucune secte et ne connaissant rien de ce qui se passe dans le sanctuaire, mais simple étudiant à la recherche de la vérité, ayant lu et relu les œuvres des principaux occultistes, les ayant comprises et appréciées absolument seul sans influence d’aucune sorte mais l’esprit encombré de mille préventions contre leurs théories, celui qui écrit ces lignes doit à cette vérité de dire que nulle part, dans aucune œuvre d‘occultiste, il n’a rencontré la moindre expression de sentiments haineux contre le Christ et contre son Église.
Les auteurs modernes, Saint—Yves d’Alveydre, Eliphas Lévy, S. de Guaita, Papus, Barlet, l’abbé Rocca, etc., se posent en ardents défenseurs de l’Église chrétienne universelle. Des critiques, non pas contre l’Église catholique, mais contre les tendances et les habitudes césariennes de l’Église romaine, une des formes temporelles de l’Église du Christ et qui trop souvent, hélas! n’a été que la caricature de cette Église.
Certes les occultistes comme beaucoup d’autres ne se sont pas privés d’en formuler, en y'apportant toujours la plus grande réserve; mais des attaques violentes et haineuses, jamais. . Les occultistes tels qu’ils se sont présentés à nous jusqu‘ici et d’après ce que nous pouvons juger par
54 L’INITIATION leurs actes extérieurs, ne connaissent pas la haine. Pour pouvoir dire le contraire, M. l’ingénieur Dosté ne les a pas lus. ou, s’il lesa lus, il ne les a pas compris, ou, s’il les a compris, sa bonne foi n’est pas entière. Dans un cas il est à blâmer, et dans tous les cas il est à plaindre.
Il n’a qu’à lire le Miroir spirituel d’Amo (un collègue) ou le Congrès de l’humanité pour se con— vaincre que l’occultiste ne connaît point la haine, puisqu’il prêche partout et toujours l’union et l’amour sans exclure de cette union et de cet amour aucune secte, ni aucune Église, pas même l’Église romaine. Il paraît certain, malheureusement, qui ni Mgr Mé ric ni ses collaborateurs ne _veulent de cette union, la seule féconde.
« Nous ouvrions nos rangs à ceux qui pouvaient devenir nos adversaires les plus dangereux », dit M. Le Menant des Chesnais, en parlant des occul tistes. ‘ Pourquoi voir à priori des adversaires dangereux, des ennemis, dans les gens qui ne pensent pas comme nous? Pourquoi en fairedes ennemis de Dieu? Est ennemi de Dieu quiconque traite son prochain de faux frère et en parle mal. Qu’on lise l’Évangile.
Or il est évident que sur ce point la Revue esten opposition avec le précepte évangélique, car elle parle mal de son frère, elle l’excommunie et le rejette avec mépris quand celui-ci parait lui tendre la main en toute sin_ cérité et en toute bonne foi. Et pourquoi aussi cette affirmation dénuée de preuves : « L’occultisme est une philosophie rêveuse
LA REVUE DU MONDE mvrsmu: 55 :3: w» et antichrétienne » ? Il ne suffit pas d’affirmer, il faut prouver. Or de preuves, il n‘en est pas une ombre. Quelques remarques encore et notamment au sujet de la Chronique, rédigée par un docteur médecin qui signe d’un mauvais calembour comme pseudonyme, tout au plus propre à dérider, s’ils peuvent le com prendre, de bons curés de campagne : Cora Stral.
En parlant de Tilly, Cora Stral s’exprime ainsi : « Mon seul regret est que ces études se poursuivent isolément et partiellement... Pourquoi ne pas se con certer si l’on veut s’entendre? Pourquoi savants et Théologiens ne s’uniraient-ils pas dans une com mission commune pour examiner ces étranges phé— nomènes qui les déconcertent, les passionnent et les divisent ? » C’est parfait.
Mais alors pourquoi Mgr Méric a—t-il provoqué un schisme à la Société des Sciences psychiques, où justement chacun pouvait se livrer à ces études et traiter les questions à son point de vue P Tout le morceau serait à citer comme critique — involontaire, sans doute—des idées d’exclusivisme qui ont présidé à la fondation de la Revue et de l’Aca démie des Sciences psychiques et aussi comme preuve très démonstrative des progrès. opérés dans le monde depuis peu d’années par les travaux d’adaptation et de vulgarisation des occultistes éminents.
N’ont—ils pas toujours et sous toutes les latitudes prêché, ces occultistes, la nécessité de l’union, de la science et de la foi, et provoqué cette union?
56 L‘INITIATION Chose étrange! ceux qui les plagient ou les imitent sans le savoir et sans le vouloir sans doute, mais avec la Charité en moins. les bafouent et les proscrivent dans les œuvres mêmes où ils les imitent.
N’est-ce pas la glorification des uns et la condamnation des autres > Savant mélange de scepticisme et de foi sur mesure, Cora Stral, qui attribue, d‘après les médecins ses con frères, les événements de Tilly à la grande névrose et à l’hystérie —— des mots vides qui masquent une pro fonde ignorance de la cause des phénomènes dits mer— veilleux — Cora Stral ne veut pas entendre parler de surnaturel.
Mais, comme son collègue le Dr Surblet, il blaguerait volontiers Papus de ce qu’il ne croit pas non plus, lui, au surnaturel. Étrange! « Un savant théologien de grande valeur ayant consciencieusement étudié Tilly, dit le docteur, n’hé site pas à tenir les extases de la principale voyante pour surnaturelles et célestes... Cette conclusion est trop grave pour ne pas être sérieusement mûrie.
L’Église ne nous donne-t-elle pas un précieux et salu taire exemple en observant la plus grande réserve? » Mais, si l’on voit rejeter à priori les conclusions des théologiens savants et de grande valeur ayant cons ciencieusement étudié les phénomènes, à qui faudra t-il demander des lumières sur ces questions? Et pourquoi réclamer pour ces sortes d’études le concours des savants et des théologiens, si, après qu’ils ont .a———-—.|f--‘
LA REVUE DU MONDE INVISIBLE 57 consciencieusement étudié les faits, l’opinion de ces derniers doit être tenue comme suspecte? ' Ce docteur a un faible pour l’hystérie et la névrose, c’est évident. Quant au surnaturel divin ou diabolique, il n’y croit que modérément. En cela, il est de l’avis de Papus. Alors pourquoi combattre celui-ci avec tant d’âpreté?
Il resterait encore beaucoup à dire sur d’autres articles et notamment sur ceux du Dr Surbled. Celui-ci émet, au point de vue surnaturel, des théories que les occultistes ne renieraient pas, témoin cette conclusion de son article sur la télépathie : « La télépathie sera expliquée un jour tout comme le sens d’orientation.
Mais, dès maintenant, on peut dire que ces deux facultés étonnantes ne sont pas venues toutes seules, qu’elles ont été données par 1’Artiste suprême qui a créé les insectes et le mondes, le ciel et la terre, l’homme et l’ange. Voilà la part du surnaturel, celle qui est définitivement acquise, ina— liénable et intangible, celle qui ne sera jamais con testée. » Papus ne parlerait pas autrement.
Mais quadd ce lui-ci dit : « Il n’y a pas de diable personnel », il est traité par le Dr Surbled de faux savant. Ce qui n’em pêche pas ce même docteur, dix lignes plus bas, de conclure qu’en efl”et, bien souvent, le diable n’est en toute vérité que l’ignorance! En cela, l’excellent docteur semble s’être inspiré directement non seulement de Papus, mais de S. de Guaita (Temple de Satan, chap. xvm).
58 L’INITIATION Venant d'ailleurs à la rescousse un peu plus loin, le D' Le Menant des Chesnais se plaît à outrer encore la théorie de son confrère en affirmant carrément ou en reconnaissant Ioyalement qu'on ne voit nulle part dans la Bible et les Ecritures que le diable se soit jamais révélé en ce bas monde d’une manière physi que et visible depuis l’aventure du Paradis terrestre.
Et il conclut ainsi : « Ces faits ont une grande importance et nous per « mettent de nous demander à priori si Dieu a « jamais permis au tentateur de revêtir une forme « physique et en particulier la forme humaine. » Décidément, lafoi s'en va et le diable est maladé!
Il est juste de faire remarquer toutefois que le D“ Surbled a éprouvé comme le regret d’en avoir trop accordé au sujet du diable personnel, car il ter mine ainsi : « Gardons-nous à la fois du scepticisme et de la « crédulité et craignons de donner crédit à cette mal « heureuse imputation : Le Diable, c’est l’igno— « rance. >> Pourquoi imputation malheureuse ?'Si le diable, au lieu d’être l’ignorance souvent, comme le concède le Dr Surbled, n’était bien et réellement que l’ignorance toujours, quel si grand malheur y aurait-il à le pro clamer, et en le proclamant à le détruire ?
Nous pensons avoir suffisamment dévoilé le but »«—«-«——»—-———«--« —«« / «w.«»—_W..s. _..fl.. -_,-...__._,.J_, ,_ä,_,wwgn__ _ il *.. A x. '
PHILOSOPHIE SANRHYA 59 m; ' et l’esprit de la Revue : sectarisme et intolérance. Quoiqu‘ils s’en vantent, les rédacteurs académiciens auront de la peine à se faire passer pour de parfaits chrétiens. L’esprit de charité, le pur esprit évangé lique, est banni de leurs discours. Il est pour distinguerla vérité de l’erreur une pierre de touche, un critère infaillible : C’est l’amour ou, les prit de charité.
Toutes fois que cet esprit divin man que chez un homme ou dans une œuvre. on peut dire en toute assurance : cet homme, cette œuvre, sont atteints par l’erreur. Or il paraît certain que cet espritde charité, qui est aussi l‘esprit de tolérance, est inconnu à la Revue du monde invisible et à l’académie dont elle est l’or gane. Dieu veuille que dans les numéros qui vont suivre, le Saint-Esprit daigne apparaître.
Nous ne pouvons que le souhaiter et nous le souhaitons de tout cœur. G. TIERSIS. i?ntnosoeara Sauxaxa Il y atrois états d’existence: le Taumatra composé des phénomènes objectifs de l’ambiance dans laquelle nous vivons pendant l’état de veille; L’Indriya composé des phénomènes de sensation, l’état des choses dans les sens;
60 L’INITIATION La sensation donnée par un arbre à l’un quelconque de nos sens n’est pas la même chose que l’arbre ob jectif, mais c’est une manière d’être de l’arbre; Le Manas composé des phénomènes de cons cience. L’idée d’un arbre n’est ni la même chose que l’arbre objectif, ni la même chose que l’arbre à l’état de sensation, mais est une manière d'être de l’arbre.
Ces trois états sont les trois mondes; toute chose existe dans les trois mondes; il n’y a pas d’objet se trouvant dans le domaine Taumaira qui ne se trouve en même temps dans le domaine Indriya et dans le domaine Manas. Manas est le grand réservoir de l’existence, la source d’où tout sort, le réservoir où tout rentre.
Comme toute chose, Manas a son aspir et son expir; son aspir est djnana, connaissance; son expir est karma, action. ’ On n’aspire que de son ambiance; on n’expire que dans son ambiance; Indrz’ya, le monde des sens, est l’ambiance de Manas. Manas contient les éléments primordiaux de l'exis tence; ces éléments sont sa substance; ce sont I’akasa, espace; vayou, l’air; téjas, le feu; apas, l’eau; pri— thoz’, la terre.
Ces éléments forment tout, le monde indriya et le monde taumatra. Toute chose commence à exister dans Manas qui rassemble et combine les éléments de la chose; par son expir, mouvement karmique, il projette les élé ments dans I’Indriya qui les filtre, qui les sépare, puis
PHILOSOPHIE SANKHYA ' 61 ces éléments se réunissent et se recombinent dans le Taumatra où ils sont les choses objectives. Toute chose objective est caduque. Pourquoi ? Parce que Manas aspire. Par son aspiration il reprend aux choses objectives leurs éléments qu’il filtre séparément par les canaux de l’Indriya et qui reviennent se réunir en lui, à l’état nominal de la chose objective.
Si Manas aspirait totalement les choses, elles ne dureraient guère; mais quand les éléments des choses sont dans l’Indriya, ils peuvent de là retourner au Taumatra où ils reprennent leur place dans la chose un moment désagrégée, en sorte que celle-ci ne s’use que graduellement. ( De même de l’Indryia, la chose nouménale karmi quement projetée, peut retourner au Manas avant d’être parvenue au Taumatra; de là le fait que les possibles ne sont pas tous objectivés.
Manas est la substance créatrice ; c’est la pensée, racine de toute objectivation. Rien n’existe sans avoir été pensé d’abord, sans avoir été voulu ensuite. C’est la volonté qui détermine l’expir et l’aspir de Manas. La volonté, c’est Bouddhi. Sans Bouddhi, le contenu de Manas resterait latent; il n’y aurait ni Indriya ni Taumatra, en sorte qu’on peut dire que Bouddhi est la force créatrice, et Manas la substance de la création.
C’est en Manas que les éléments des choses sont combinés; quand une combinaison se répète, il y a persistance des choses; quand elle est modifiée, il y a variation des choses. æ“::_,_,_v..m .. .-. .-n.-........ _.-.u_t _-_____,___‘___._ .,,a..-.....
62 L’INITIATION Le Manas humain n’est qu’une région du Manas cosmique; l’homme concourt à la création et à la transformation des choses; mais n’est pas seul à cela aire comme l’homocentrie aime à l’imaginer. On dit communément que le Verbe est le pouvoir créateur; cette expression est vague.
Le Verbe est un des organes d’action, un karma z'ndriya ; il projette le son dans le Taumatra; le son est la propriété de l’es pace, première condition de l’existence objective de toute chose: mais la Parole n‘aurait rien à projeter si rien n’avait été pensé. On dirait donc avec plus de justesse que le Verbe est une des conditions de la création objective.
C‘est faute d’avoir défini les termes, comme le de mandait Pascal, qu’on bavarde confusément, qu’on bafouille, bafouillis qui se réalise dans l’insenséité de la création objective en laquelle certains veulent voir une ordonnance admirablement rationnelle. Tout ce qui parle, crie, produit un son quelconque, est fragmentdu Verbe, agent créateur, aussi bien que l’homme, mais avec des formes géométriques diffé rentes, naturellement.
La géométrie est l’organisation de l’espace, c’est pourquoi Pythagore la, disait à la base de la création objective, du monde taumatra. _ Pythagore disait aussi que ce monde taumatra est organisé par la musique; la musique est liée à l'es pace puisque le son est la propriété de celui-ci. Mu sique et géométrie sont dans le domaine de l’Indriya et avant se trouve le Manas, le réservoir de tous les possibles tant réalisés que non réalisés. L'intelligence humaine est une région du Manas
PHILOSOPHIE SANKHYA t cosmique et, comme telle, contribue à la création, inconsciemment ou consciemment. Il y a deux genres de Manas humains, les passifs, les actifs. Les Manas passifs laissent aux éléments des choses’ les mêmes rapports, et par leur verbation radoteuse perpétuent la manière d’exister du monde objectif. Les Manas actifs changent les éléments des choses et par leur action font varier le monde.
Ainsi l’Europe, sillonnée par des chemins de fer, n’est plus la mêmeque celle parcourue par les pataches. Ce changement est dû à des Manas actifs. 'A force de penser et de verber, de faire penser et verber ceux qui pouvaient comprendre leurs idées, ils ont fini par jeter dans le monde Taumatra assez ‘ de substance pour que les chemins de fer devinssent une chose objective. Cela explique pourquoi il n’y a pas de progrès subits.
Descartes avait raison de dire que le monde est un mécanisme et qu’il peut être expliqué mécanique ment; ce qui ne l’empêchait pas d’être déiste, c’est-à— dire de sentir Bouddhi, la volonté, et de pressentir la source de la volonté. GUYMIOT.
64 L‘INITIATION [JUILLET fie fiystème Ébérapeutique Dns MÉDECINS SPAGYRIOUES DU MOYEN-A63 Quand il est question des thérapeutistes du moyen âge, l’on pense en première ligne à Paracelse et à ses adhérents. Toutefois cet homme extraordinaire n’est nullement le créateur du système médical nommé spagyrique ou iatrochimique.
Ce fut pourtantluiqui amena la médecine hermé tique à une connaissance générale et àune certaine considération par suite de sa position comme profes seur de médecine, aussi par la grande réputation qu’il s’acquit par ses cures merveilleuses et particu lièrement par son attitude intrépide et réfor matrice. Ainsi il jeta par ses écrits de la lumière sur ces sciences et connaissances toujours maintenues secrètes, comme ne le firent ceux de personne.
Et pourtant il maintint, comme ses prédécesseurs, le point essentiel 'de tout le système, la préparation des médicaments,dans le secret,et acréé une terminologie particulière dont la signification a déjà causé parmi ses successeurs immédiats, des différences d’opinions. Et parce que précisément ses écrits demandent de longues et pénibles études,ils ne peuvent être compris
1898] LA MÉDECINE SPAGYRIQUE DU MOYEN AGE 65 pour ainsi dire que par celui qui a pénétré les prin cipes de la philosophie hermétique; cette ancienne, et secrète tradition qui se laisse poursuivre jusqu’à Hermés—Thot, l’inventeur légendaire des arts et scien— ces dans l’ancienne Egypte ; parce que cette étude disons—nous, ne réclame pas seulement du travail et dela persévérance, mais demande un savoir particu— . lier enseigné à aucune école ou université, c’est pour cela qu’il existe tant d'opinions diverses et pour la plupart fausses, sur Paracelse, ses enseignements et sur ses mérites.
La médecine était primitivement, coin me toutes les sciences et les arts, propriété des prêtres, qui furent alors les conseillers des rois et du peuple, les porteurs des révélations et traditions, le lien entre l’humanité et la divinité ; ils furent, contrairement à la science profane se développant seulement plus tard, des sages dans le sens propre du terme et sontaussi appelés pour cela magi ou magiciens.
L’on considérait alors la maladie comme un sort divin, comme une correction dans la main de la Providence ; dans la vie simple et naturelle de ces temps, ce n’était pas la jouxssance ni le vice ou des conditions hygiéniques défavorables qui rendirent l’homme malade ; c’est pourquoi la maladie etla mort prématuréeétaitconsidérées comme arrêtées dans le conseil de la divinitéou provenant de certaines mauvaises influences de nature personnelle ou impersonnelle,de démons oud’influences astrales.
La guérison s’attachait donc à des pratiques religieu ses, prières et supplications, offrandes et encensement, mais aussi à des procédés plutôt magiques : des révé ' 3
66 L’INITIATION lations par le somnambulisme. De tels faits étaient fréquents;les hommes d’alors penchaient bien plus vers un tel état qui était chose ordinaire. L’humanité possédait dans son enfance la simplicité du cœur et la foi enfantine de l’enfance.
De telles révélations sur les qualités curatives de certaines plantes, sur la _manière de les recueillir et de les préparer s’accumula dans le courant des siècles un matériel précieux, et il se forma peu à peu une médecine basée sur l’expé— rience, qui devint de plus en plus propriété du peu ple et qui, ensemble avec les observations qu’on en fit, devint ce que l’on désigne par médecine; popu laire.
Plus tard, lorsquela sorcellerie s’établit, les maladies maléfiques provenant d’hommes méchants, jouèrent un grand rôle.
Le paganisme en fut rempli et l’est encore aujourd’hui; quoique la réformation et les temps d’éclaircissements qui la suivirent aient enlevé ‘ bien de ces choses, pourtant la sorcellerie existe encore, et de temps à autre il apparaît des histoires sensationelles qui viennent même occuper les tribu naux; tandis que le monde soi-disant instruit se moque de telles superstitions, le peuple y croit pourtant bien souvent et en appelle à des faits éprouvés.
Du temps de Paracelse, la médecine avait déjà subi bien des changements. Elle était devenue non seu lement une science profane, mais aussi un métier ; elle n’était plus un art et comme tel un don, ainsi que la poésie, la peinture ou la musique ; elle devint une science et pouvant être apprise.- Un moment elle fût
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE 67 I. entre les mains de El’glise, spécialement de quelques ordres religieux qui se vouaient aux services des malades. Mais avec la fondation des universités il se forma un état médical proprement dit. La science médicale de ces temps s’appuyait principalement sur aristote, Galen,et les arabes Avicenna et Averrhoës ; elle s’occupa aussi de problèmes astrologiques, alchi miques, sympathiques et démonologîques.
Comme médicaments on employa les choses les plus extra vagantes : parties d’un exécuté, cheveux, graisse, excrémeht, sang d’animaux et de coûteux remèdes de perles et pierres précieuses, etc. A la place de vues plutôt spirituelles et universalistes, telles qu’elles dominaient encore chez Hippocrate et que les affir maient les écoles médicinales se rattachant à la phi losophie platonicienne et néoplatonicienne, l’on ne se contenta plus des renseignements purement théorè tiques d’une force vitale, comme dernière raison de la vie ; l’on s’attacha aux choses visibles et palpables : la médecine fut matérialisée.
Mais, à côté de cette science d’école et populaire se maintint toujours la médecine occulte, soigneusement gardée comme un mystère et un legs des temps passés, enseignée dans des sociétés secrètes et par des adeptes isolés de la phi losophie hermétique.
Ainsi les Rose-Croix, quifirent tant parler d'eux pendant le moyen âge et qui étaient fortconsidérés, se trouvaient avant tout dans la posses— sion de secrets médicinaux et alchimiques qu’ils employèrent pour le bien de leurs semblables. Ce qui distingue les médecins spagyriques des médecins d’école fut l’affirmation qu’un médecin ne
68 L’INITIATION I se fait pas, mais naît comme tel. Ainsi Paracelse dit: « Le savoir, qui doit faire partie d’un médecin, ne per mettra pas qu’un ignare de 24 ans devienne docteur.
Mais, puisque les universités veulent faire de chacun un docteur..... qu’il soit docteur, mais il ne connaîtra rien. » Ainsi ils rejetèrent également l’autorité des classiques de la médecine d’alors, en relevant quel’art de préparer les médicaments ne s’apprend point par les livres mais seulement par la lumière de la nature.
Ainsi il est dit dans le Labyrinthus nzedicum : « Les livres, qui des anciens sont arrivés à nous, ne me semblent pas être suffisants. Ils ne sont pas parfaits, seulement des écrits incertains plutôt propres àégarer qu’à conduire surunevoiedroite et simple..... J‘estime, moi, que le seul livre est juste, que Dieu lui-même a donné, écrit, dicté et composé. Les autres livres donnent ce qu’ils peuvent, à la nature il n’est rien enlevé.
Mais d’un seul dérive l’art de la médecine, de Dieu. C’est lui qui l’a écrit dans ce livre, cherche le, lis-le et tu trouveras ». Les onze livres dans lesquels il faut étudier la mé decine sont les suivants : « Le premier et le plus grand livre de toute médi cation s’appelle Sapientia; sans ce livre, personne n’opérera rien de fécond. Et voici ce qu’est Sapientia: qu'on sache, et qu’ainsi on comprenne toutes choses et s’en serve avec raison.
Dans ce livre se trouve la base de la vérité et la connaissance de toutes choses... et ce livre estDieu lui-même. Car seul auprès de celui qui a créé toutes choses se trouve la sagesse et le fond de toute chose. » r... _ E, .L
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE 69 « L’autre livre de la médication dans lequel le mé decin doit apprendre, c’est le Firmament, c’est-â-dire la connaissance des forces cosmiques et des influen ces astrales.
Tel que dans un livre on expose toute une science par les lettres, tellement que chacun la puisse saisir, par la lecture, ainsi le firmament est un livre qui enseigne à connaître cette force et cette doctrine... ce livre ne trompe personne; il n’est pas écrit par un faux écrivain... On trouve en lui les ma ladies dans leur commencement et dans leur terme. » « Le troisième livre des médications a son corpus dans les Éléments.
Par ces éléments nous devons comprendre la même chose que par les Tatras des Ihdous, c’est-à-dire les forces élémentaires, dont l’in fluence à divers degrés et les combinaisons diverses produisent la matière dans ses modifications, aussi bien dans le sens physique quedansle sens chimique. « Le quatrième livre est le livre de la Physique qui apprend à reconnaître le corpus physz’cum dans le microcosme.
C’est le livre anatomiæ majorz’s. » On doit entendre par là particulièrement les rapports entre l’univers, le macrocosme, et l’homme, le micrôcosme; la connaissance que l’homme est formé d’après le type de l’univers et que les mêmes forces agissent en lui comme en dehors de lui et qu’il est composé des mêmes éléments que la nature. De cette parenté résultent les divers rapports desquels nous parlerons plus tard.
Le cinquième livre, c’est l’A lchymie. Paracelse dit : « A cause du nom elle est ‘ plusieurs désagréable. a Mais comment l’homme sage peut-il être l’ennemi de
70 L’INITIATION ce dont on abuse... C'est un art qui est de la nature et qui doit être... C’est elle l‘art qui sépare l’inutile de l’utile et qui pénètre jusque dans sa dernière essence. Elle est fondée par Dieu comme un art de la nature... c’est pourquoi le médecin ne doit pas rougir de l’AI chymie. » Le sixième livre est Experz‘entz‘a. « La médecine n’est autre chose qu’une grande expérience, et que tout ce qu’on entreprend soit éprouvé.
Et tout ce qui est fait et trouvé juste est experz’entia... C’est pourquoi elle doit aller avec la science, car une science est expérience. »Cela signifie qu’un médecin ne doit pas expérimenter, mais être tellement sûr de son affaire, que, quoi qu’il entreprenne, le résultat réponde à son attente, le succès à lajustesse de sa supposition.
«' La spéculation ne fait pas un médecin », dit Paracelse, l’art n’est pas une spéculation, mais un expériment trouvé de ses mains,donc il faut encore de la réflexion. Avoir égard à la nature, comme on doit s'en servir, l’expérience suivracet art, car c’est elle l’artiste; ainsi la théorie d’un médecin doit être l’expérience. Le septième livre traite des agents thérapeutiques naturels.
Par là il faut comprendre la vis medicalrix naturæ et les réactions spontanées du corps humain. La nature donne souvent signe des efforts qu’elle fait pour devenir maîtresse d’un dérangement maladif. Produit-elle, par exemple, une fièvre, le médecin ne devra pas chercher à supprimer de force cette réac— tion du corps, pour tacher d’amener la guérison d’a près ses propres vues et opinions. On compte encore parmi les agents thérapeutiques,
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE 71 naturels le mode de guérison isopathique, magné tique, c’est-à-dire certains remèdes que le corps hu— main fournit lui—même. Ainsi l’on se servit alors dans la médecine occulte; de sang, cheveux, ongles, urine, etc., comme remèdes. Ainsi dans nos temps modernes, Dr G. Jaeger, à Stuttgart, a fait des prépa rations de cheveux à la manière de l’homéopathie. « Le huitième livre est Théorz’ca me’dz’ca.
C’est elle qui indique d’une manière incontestable: dérivation, origine, matières, causes, propriété, essence, commen cement, milieu et fin de chaque maladie en même temps que sa guérison et de quelle manière elle doit se faire. » Ce livre contiendrait donc à peu près l’étio logie, la pathologie et la thérapie. « Le neuvième livre est la sûre révélation par la magie. Par la magie sont révélées les choses cachées, imperceptibles à l’œil.
Elle découvre tous les secrets de la nature... C’est l’art de l’impression céléite. » Il est entendu par là l’intuition et même la clairvoyance somnambulique, mais plus particulièrement la fa culté de pouvoir reconnaître à la signature, c‘est—à dire d’après l’extérieur, l’essence interne des choses; dans un sens plus large, la connaissance des diverses cures magiques.
« Le dixième livre enseigne comment la médecine provient de la prima materia in ultz’mam materz’am,» ce qui est expliqué ainsi : Tout ce qui croît est dans sa première matière sans forme et autant que rien, c’est-à-dire qu’il s’y trouve contenu, comme dans une graine, une force, qui fait que sous certaines influen ces extérieures la plante se développe. L’essentiel n'est Win:-“—-x* Ww.—.._ fih_‘f\_\_\ v "\M
72 L‘INITIATION donc pas la matière du végétal développé, mais l’agent secret qui produit de l’air, de l’eau et de la terre, la forme et les qualités de la plante respective. Abstraire cette force de la matière, séparer l’âme du corps,voilà la tâche du médecin. Ce livre embrasse donc la phar— macologie et la pharmacopée dans le sens spagyrique. « Le onzième livre enfin traite del‘origine des ma— ladies, d’après les enseignements de la philosophie.
Paracelse termine par la remarque suivante: Que personne ne juge mal à propos que je conduise la mé decine dans tant d’autres facultés, telles que la reli gion, les arts et les sciences, car un médecin doit avant tout être profondément versé dans toutes les parties de la philosophie, de la physique et de l’alchy mie, et rien ne doit lui faire défaut.
Qu’il soit ce qu’il est avec raison, vérité et suprême expérience, car parmi tous les hommes de la nature il possédera la plus grande pénétration, ensuite il pourra enseigner et secourir les malades.
Sans doute, la voie que j’in dique est pour beaucoup trop difficile, elle demande trop à apprendre et ne se fait pas avec paresse. » La médecine des adeptes est donc bien autrement exigeante pour le médecin que la médecine d’école, elle réclame des qualités supérieures qui peuvent seulement être acquises par ceux qui en possèdent la disposition naturelle et qui travaillent, observent et réfléchissent avec un zèle infatigable.
Comme bases ou colonnes de la médecine sont considérées: la philosophie, l’astronomie, l’alchymie et virtutes, c’est-à-dire le caractère du médecin, sa valeur morale, son attitude envers le malade, qu’il
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE doit soigner par pitié et charité et non à cause du gain. Abordons maintenant les enseignements des iatro— chimistes. Au lieu d’arracher l’homme à l’ensemble de la nature, de le disséquer anatomiquement, ils le considérèrent bien plus comme une partie intégrante de la nature et cherchèrent à approfondir les relations qu’il entretient avec les objets et les forces du monde extérieur.
L’homme se trouve dans l’engrenage de la vaste nature et en forme lui—même une partie; par contre, il existe entre lui et les autres parties un échange continuel, et ainsi il se trouve également soumis à toutes les lois naturelles. S’il obéit à ces lois générales, il se trouvera en harmonie parfaite avec les autres êtres vivants ou inertes et aura la possibilité d’exister.
Son existence sera normale, si non seule ment son être entier, mais aussi ses parties se trouvent en accord entre eux et avec le monde extérieur, et entretiennent ainsi des conditions harmonieuses.
L’homme est créé ahalogiquement à l’univers, car, comme nous reconnaissons une suprême intelligence dans le monde, dans la matière des corps célestes, les forces qui les meuvent, dans leurs dispositions et la beauté et la conformité du tout, ainsi l’homme est composé également d’un corps visible et inconscient et d’un principe vital invisible et inconscient qui maintient l’organisme en mouvement pendant le sommeil et le réveil, à notre insu, et le rend propre à un but supérieur; et dans l’univers comme dans l’homme se manifeste un principe intelligent et cons— cient. Comme partout dans la nature, l’égal agit sur l’égal, le semblable sur le semblable, ainsi il existe
74 L‘INITIATION .... . ;a. .. une influence du monde supérieur sur le monde infé— rieur. Comme tout a été produit d’une simple matière primitive, l’iliaster, blastème ou feu astral, désigné aussi par esprit astral, tellement que toutes choses ne sont que des modifications diverses d’après mesure, nombre et poids d’un seul et même principe, aussi est-ce la même force primitive qui se trouve au fond des divers phénomènes de l’organisme humain.
Comme les planètes différencièrent diversement la seule et même lumière solaire, Selon la grandeur, la vitesse circulaire, proximité ou éloignement et d’après l’état physique de la surface, à l‘analogie du prisme Ïlécomposant le rayon blanc dans les couleurs du spectre, ainsi la force vitale est diflérenciée par les divers organes dans le corps.
Par analogie déjà résultèrent des rapports entre les grandeurs cosmiques et le microcosme, ou, pour nous exprimer plus clairement. l’on croyait que les corps célestes influaient sur l’homme.
Cette croyance peut être poursuivie jusqu’aux temps les plus anciens et trouve même un appui dans la Genèse, chapitres 1', 1x, où il est dit des astres qu’ils règneront et marque ront les signes et les temps, et dans les paroles que I’Eternel"adressa à Job, ’chapitre xxxvm, verset 31 : Pourrais-tu retenir les douces influences des Pléiades, ou modérer la vertu resserrante de l’Orion.
De ce rapport entre le macrocosme et le microcosme, dit par exemple Van Helmont: « Toutes les choses créées possèdent leur propre ciel et leur propre mouve— ment c0mme les astres, ce qui provient de l’essence dela semence dans l’esprit de laquelle (qui contient
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE 75 l’image entière des choses) se trouve son propre ciel avec ses astres montants et descendants. Car chaque être ayant son genre de ciel a par cela aussi une affi nité avec les mouvements célestes. Néanmoins, les mouvements du ciel gouverne à côté de lui les cieux des êtres particuliers, comme étant plus considérable et plus connu ».
Cela veut dire que tout être vivant a son propre rythme qui a sa dernière raison dans un rythme analogue de la nature extérieure, duquel il est dépendant. A ce rythme correspond aussi une forme particulière.
Et il continue: « Et aussi, que les êtres possèdent même dans toutes leurs existences leur fir— mament particulier au moyen duquel les choses su périeures se trouvent en une certaine conformité avec les inférieures et sontunies par la loi de l’amitié et de l’amour.
1 Ce qui prouve pour le moins que le magnétisme et les forces infiltrantes sont partout implantés aux êtres et leur appartiennent en propre. » Et Paracelse dit: « Tel qu’on lit un livre sur le papier, ainsi le médecin est forcé de réunir les astres du firmament en lettres et d’en reconnaître la sentence.
Car,commé chaque mot a une force innée et ne possède pourtant pas de sentence en lui-même, mais que seulement des mots parfaits sont capables de faire une phrase com plète, ainsi il faut joindre les astres pour en recon naître la sentence du firmament. » Nous ne pouvons nous attacher maintenant à ap profondir les théories astrologiques des anciens, et au lieu de continuerà alléguer des citations d’auteurs dif— férents, nous passerons à nos considérations propres.
76 L’lNl FIATlON Ce qui est de l'influence du soleil sur la terre, c’est une chose trop évidente pour être mise en doute. C’est de lui que dépendent les alternatives du jour et de la nuit, des saisons, la diversité des climats, et en général toutes les manifestations de la vie. Ainsi ce qui concerne la lune, au moins son influence touu chant les marées, n’est point révoqué en doute.
Un semblable flux et reflux est produit par elle dans l’atmosphère terrestre. Néanmoins, les influences de ces astres ne sont de longtemps pas encore épuisées par la. Aussi est-ce avec cela comme encore avec bien des choses de la vie. Ces faits sont devenus pour nous si journaliers, que nous les considérons comme bien entendus. Mais I.
Pfaffa raison lorsqu’il dit : « Croire à l’influence du soleil, c’est pour nous le premier chapitre de la foi en les astres. Il n‘existe de lien plus intime que celui qui les relie. Que la terre s’approprie des produits de toutes manières de la chaleur du soleil, de sa lumière, de sa fertilité et du changement des saisons, c’est un fait éprouvé que chacun prend pour une chose ordinaire et naturelle.
Néanmoins, il n’y a rien de plus incompréhensible, de plus mysté— rieux, tout aussi merveilleux, tout aussi croyable que l’influence des constellations et des planètes. » Et il ajoute: « que les raisons purement mathématiques, qu’on allègue pour expliquer ces influences, réclament une plus grande foi de notre part que l’enseignement du quadrangle, de l’opposition et des influences astro logiques en général. » Et de plus: « Il se montrera un jour que les rapports si marquants du monde des planètes, qui depuis les temps anciens furent des
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE 77 sujets d’admiration, de recherche et de poésie, dans leurs relations de la distance, de la grandeur, du monde des satellites, du mouvement et de la lumière, eurent pour l’état général d’instruction une signifi— cation plus profonde que le sens purement arithmé tique pouvait en déduire.
La vraie signification du système planétaire, à le considérer comme unité ou ensemble, a toujours été considéré comme le plus grand de tous les secrets naturels.
Communément, l’on ne saisit que le point mathématique, l'ensemble n’est compris que selon l’habitude de la vie, dans ses parties isolées, alors que pourtant il participe d’une manière frappante à l’unité de vie de ses membres différents et devra aussi comme ensemble exprimer un degré supérieur de vie. » Kepler s’exprime ainsi dans son >|> Harmonie du Monde » : Il y a un sentiment fondamental dans l’univers, le sentiment de l’harmonie, de l’accord, de l’unité.
Il existe pour les nombres, les mesures, les figures, les positions, les formes, les mouvements, le plus clairement, dans la musique, où il apparaît comme un sentiment profond, répandant des délices, et dans l’astrologie, où par l’accord des corpscélestes, qui est sensible à I’espritterrestre et à l’esprit humain, la terre et ses habitants sont préparés et rendus plus dispos à toute oc’cupation, pensée et méditation, pour travailler et produire.
Tel que l’accord récrée l’oreille humaine, que l’esprit humain en comprend la pro portion, et que le règne crystallin forme ses produits d’après lui, ainsi l'esprit universel a dans les lois qu’il prescrit aux planètes dans leurs mouvements et dans
78 L’INITIATION leurs éloignements, comme pour y indiquer notre image primitive, exprimé sa satisfaction : comme tout est une dérivation de lui, c’est pourquoi l'entendement pour les aspects et leurs rapports agréables et désa gréables est propre à la terre et aux hommes. L’influence des astres, des planètes aussi bien que divers signes du zodiaque fut déjà strictement pré cisée aux temps les plus reculés.
Non seulement les organes particuliers, les parties et les fonctions de l‘homme furent attribués à des astres définis, mais les hommes eux-mêmes, d’après leur constitution et leur physionomie, au sens le plus général, furent répartis suivant les planètes.
Chacun entretient, tel que dans une mélodie le simple son se trouve avec les autres en un accord, également des relations précises avec tous les autres objets de la nature qui, puisque tout se trouve en mouvement continuel, changent perpétuel lement. De plus, ces changements se font en un ordre fixe, en une périodicité harmonieuse. Ce continuel Changement estabsolument nécessaire à l’entretien de la vie.
La vie et le mouvement ne sont au fond que la tendance continuelle vers l’équilibre. Partout nous remarquons dans la nature une tendance à égaliser et seulement la translation continuelle de l’équilibre maintient le tout. Nous reviendrons sur un certain nombre de ces événements périodiques établis d’une manière expérimentale. Pour le moment nous consi dérerons seulement encore quelques influences moins connues, du soleil et de la lune. De l'influence de ces astres sur le magnétisme terrestre nous possédons des observations depuis le
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE 79 xvre siècle. On découvre des variations journalières, mensuelles et annuelles dans la direction de l’aiguille magnétique qui indiquent l’existence de rapports cachés mais contigus entre les mouvements du soleil et de la lune et cette force puissante et pénétrante.
Des variations universelles magnétiques correspondent continuellement et d’une manière précise avec les changements qui ont lieu dans les positions du soleil et de la lune à l’égard de la terre. Tous les Objets magnétiques sont sujets à des variations qui dépendent de la position du soleil relativement au méridien et dont la durée est par conséquent le jour solaire.
Il se trouventégalement soumis à une petite variation dépen dantdela position dela lune relativement au méridien, et encore d’une troisième irrégularité qui revient annuellement et qui atteint son maximum et son minimum au printemps et en automne de l’hémis— phère du nord et inversement dans l’hémisphère du sud. En dehors de cela la déviation magnétique varie lentement dans le courant des siècles dans toutes les parties de la terre.
Ainsi la déviation de l’aiguille magnétique de 1581-1657 à Londres eut lieu dans la direction de l’est, mais toujours en diminuant. A la dernière date elle disparut complètement et pendant quelques années le méridien magnétique se rencontra avecle méridien astronomique.
Après 1660 la déviation fut dans la direction de l’ouest; dans cette direction elle atteignit son maximum en 1815 et depuis ellea toujours diminué, retournant au vrai méridien astronomique. A côté de ces variations journalières, mensuelles, .! .’... ‘. ‘u.. n... - . .“...’.‘...é.
80 L’INITIATION annuelles et séculaires dans la direction de l’aiguille magnétique, ilexiste un cycle de onzeans, de variations électriques et magnétiques, qui dans sa durée aussi bien que dans ses période de maximum et deminimum correspond d’une manière sûre et régulière avec le cycle d’onze années de la variation solaire, c'est-à dire avec l’augmentation et la diminution des taches solaires, dont la périodicité très remarquable fut découverte par Schwab à Dessan.
Il fut établi, suivant les variations notées par des enregistreurs automa tiques, que ce phénomène solaire, quelle que soit sa nature, possède une influence terrestre instantanée. Il est entendu que cette influence des périodes de taches solaires, indiquéçpar des instruments magnétiques et électriques n'est pas la seule ; ainsi Herschel dit que ces influences ne doivent pas être nécessairement les mêmes sur tous les points de la terre.
D’après le pro fesseur Wolf, les années où il y a des taches, sont plus chaudes et inversement. Et pourtant les taches solaires ne paraissent pas être une cause mais seulement un phénomène. car d’après Piazzi-Smyth et Sterm les changements de la température précédent quelque peu les variationsîdans les taches; donc il doit exister pour les deux une cause commune supérieure.
Hahn démontre de plus (Weber Befiehnungen a’er Sonnen flecken perioa’enguden nzeleorologidcheh.Erschemun gen) que les phénomènes des nuages, des pluies, des grêles et des orages ne se trouvent pas ‘sans rapports avec la période d’onze ans, mais bien plus correspon— dentavec elle d’une manière très évidente. « Professeur Hornstein indique de plus, que la hauteur du flux et |.,- . _ . . . . A '1’)“ _.,_,.2
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE 8I reflux de la dépression de l’air s’élève et s’abaisse dans une période embrassant plusieurs années. » Le directeur de l’observatoire de l’île Maurice, a démontré de plus les rapports entre l'apparition et l’intensité des tourbillons et les périodes des taches solaires, et Pôly indique que ces phéno— mènes météorologiques suivent non seulement le cycle de onze ans, mais également le cycle de 50 ans.
Prof. Hahn continue: « L’on voit aisément qu’il se serait injuste de n’attribuer qu’à la terre, et non aux autres planètes, ces relations avec les périodes des taches solaires.
Et en effet, des indices se montrent de plus en plus, dans ces derniers temps, qui semblent démontrer que nous avons devant nous une sorte de ‘ régulateur peur tout le système solaire, dans ces élé vations et abaissements périodiques des taches 50,— laires. » Pour Jupiter et Mars ces rapports sont montrés avec évidence. ' F. A.
Schneider,a fait paraître en 1840 un mé moire sur l’astro-rfiétéorologie, ou sur l’influence pro bable de la position des planètes, comètes, etc., sur les phénomènes météorologiques dela surface terrestre. ‘ Nous ne citerons que comme essai un passage du pre mier cahier qui traite de la première période de Mer €æ.‘,cure.
Il dit là: «Je viens de faire l’importante décou verte que la dépression de l’air, la chaleur et la direction des vents, etc., peuvent être calculées si on prend les observations météorologiques faites pendant le lever et le coucher du soleil, pendant le lever et le coucher de la lune, au temps que la lune reçoit sa
82 L’INITIATION ' nouvelle lumière et douze heures plus tard en réunis sant les résultats de ces observations d’une telle ma nière que la position des planètes ait aussi été prise en considération. » L’auteur calcule ensuite la tempé rature de neuf journées de chaque mois, d’abord pour quelques années du passé et puis pour deux ans à l’avance, et le résultat ne différait en quelques cas, que par une fraction de degré de la réalité.
Nous ne citons tout cela qu: pour montrer que les anciens. avec leurs vues astrologiques. n’étaient pas tellement dans l’erreur, en tout cas il serait mieux d’éprouver à leur juste valeur ces indications que nous trouvons dans les anciens livres au lieu de dé— clarer par complaisance pour les nouvelles théories scientifiques, que le tout n’est que du non -sens et de la superstition. .
D’après les recherches de Cova, l’intensité de la chaleur est aussi soumise à une période journalière et annuelle; les minimums_et les maximums varient suivant les saisons.
S’il était nécessaire nous pourrions donner des chiffres sur la périodicité de l’état baro métrique, de l’humidité contenue dans l’air, de sa capacité d’ozone et d’acide carbonique, de l’électricité négative et positive de l’air et sa tension, del’avance— ment et de la diminution des glaciers, des phénomènes de l’aurore boréale, etc. Mais pendant que nous obser-. vons bien les faits, les anciens ytrouvaient aussi l’ex plication, et comme nous l’avons déjà faitremarquer, la trouvaient dans les révolutions périodiques et dans les changements des astres. M. Woef à Edimbourg, Journalphz‘l., n° 9, p. 122, .. ..- _... .— ,A... “-4ÆÆÆ5W
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE 83 fait part des expériences suivantes sur une étrange influence de la lune: « Des rayons lunaires qui sous une cloche de verre tombent sur des plumes et autres corps légers qui se trouvent attachés à un petit fléau de balance, ont la particularité d’attirer d’abord ces corps, et de les repousser lorsqu’ils se sont pénétrés d’une certaine quantité de ces rayons, ce qui, suivant les diverses couleurs et l’impénétrabilité des corps, se faisait plus ou moinsvite.
Les fines pointes des plumes se tournèrent d’une manière sensible vers la lumière, elles se mouvaient lentement et régulièrement, suivant la course apparente de la lune comme l’ombre d’une aiguille sur un cadran solaire. Des plumes de paon, à la couleur verte paraissaient le plus attirées par les rayons de la lune. » Tout particulièrement on attribuait à la lune une influence sur l’état général de la croissance et sur l’imagination des hommes.
Il y a longtemps que c’est la croyance du cultivateur que certaines plantes, étant semées pendant la lune croissante, prospèrent mieux que si on les sème pendant la luné décrois sante. Ainsi les transplantations réussissent mieux pendant la croissance de la lune. Il est également connu que pour la coupe des bois, les gens du métier ont égard à l’état ,de la lune.
D’après des observations faites pendant vingt ans chez l’inspecteur desforêts, Sauer à Selbe, la sève des arbres monterait davantage depuis la nouvelle lune jusqu’à la pleine lune. Par _ . exemple du bois coupé pendant la pleine lune serait bien plus exposé à se fendre et à se déchirer, à être rongé par les vers et pour cette raison n’avoir que "'Ï"\,‘: . a. _, —-_—q': H..
84 L'INITIATION """'I peu de valeur pour la construction; le bois le plus durable serait celui qu’on aurait coupé pendant le dernier quartier de la lune.
L‘on connaît également l’influence de la lune sur les lunatiques et d’autres aliénés, le dépôt de vers parasitaires ou des parties du ver solitaire au temps de la pleinelune ; également la croissance et la diminution des goitres ainsi que de certaines éruptions de la peau, suivant l’état de la lune. De même le poids du corps varie périodique ment suivant le cours de la lune.
Ainsi nous pour rions continuer à citer encore toute une série d’effets physiques et physiologiques de la lune, mais ces faits suffiront à prouver que des influences astrales, d’un genre inconnu, existentréellement, qu’elles exercent une série d’influences encore non recherchées sur l’état du magnétisme terrestre, surl’électricité aérien ne, sur les vents, la dépression de l’air, les orages, la crois sance et sur l’équilibre physique et mental des hommes.
La périodicité de la nature a son image dans les phénomènes périodiques des corps humains et de l’humanité en général. Quetelet dans son ouvrage: « Loi de la. périodicité de l’espèce humaine », arrivé à cette fin : « Cette loi de la périodicité de l’espècehu maine n’est pas seulement valable pour l’homme et la nature animée en général.
On la trouve également clairement exprimée dansles phénomènes physiques. » Rien dans la nature repose, nulle part l’on ne trouve rien d’indépendant, se trouvant en dehors de son en tourage et de l’ensemble, tout est uni de la manière la plus intime en un total harmonieux.
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE 85 -—..c \..“’ Nous savons que Quetelet et le prof. Liharczik ont démontré les lois de la croissance, le développement périodique de tous les êtres animés et qu’ils ont justi fié les idées que déjà Morton et Pascal avaientémises_ Qui s‘y intéresse de plus trouvera dans l'œuvre célèbre de Quetelet sur l’anthropométrie et la physique so ciale de plus amples détails.
Dans la « Physiologie médicale » de Lotze il est dit, page 942 « La journée presque entière est occupée par des maximums et des minimum de certains procès physiques ; pendant une certaine heure, c’est le baro mètre qui se trouve à sa position la plus élevée, pendant une autre heure c’est le thermomètre ', dans . une autre période se montrent les variations du ma gnétisme ou de la saturation de l‘air avec de la vapeur d’eau, de sorte que l’étiologie ne manque à aucune heure de la journée d'un procès cosmique qui cause les maladies ou qui les aggrave.
Nous trouvons en effet que plusieurs maladies s’a méliorent ou s’empirent à une certaine heure de la journée. Ainsi les accès de goutte se présentent à 2 heures du matin, à la position la plus basse du ma gnétisme terrestre.
D'Prout découvrit que la consom mation d’oxygène est également soumise à des varia tions périodiques, de telle manière que le maximum de la consommation est à midi entre 1 1 heures et ! heure: le minimum de 7 1/2 du soir à 2 i/2 du matin. Dr Knox et plus tard Dr Guy démontrent de même que le nombre des pulsations varie périodiquement. De pa reilles observations ont déjà été publiées par le Dr Nick à Tubingue. Dans la folie se montre une période d’agi— } l' ...t .. ...x " * ’-ù‘\b*«nt 1-—_. ' r—*-W *
86 , L’INITIATION ration de 4 I/2 à 10 heures du matin et de 4 1/2 à 10 heures du soir.
D' Laycoke dit donc en vue de ces faits: « Il est évident, que ces changements des sys tèmes nerveux, respiratoires et circulatoires doivent nécessairement influencer jusqu’à un certain degré, les signes d’aggravation dans les maladies, mais tout particulièrement les paroxismes des fièvres intermit tentes :l» L’influence de ces phénomènes périodiques se fait sentir de la même manière pour l’heure de la mort en général, et dans plusieurs maladies qui selon l’heure de la journée et d’autres influences sont également soumises à des variations périodiques.
Déjà Hippo crate, le père de la Médecine, amène l’attention sur ces faits.
Prof. Perty disait avec raison (Die mystz’cchen Erochez’nungen, die 221emztlz'sclzen natur) : « Parce que la terre est étroitement liée à tout ce qui luiest propre, pourtant il se montre des rapports et des influences réciproques, de telle sorte que développement et croissance, santé et maladie, vie et mort sont fixés également par la vie planétaire. par les éléments et la température, etque des influences cosmiques, particu lièrement celles du soleil et de la lune y sont prépon dérantes.
Les êtres humains témoignent pour toutes ces puissances de la susceptibilité de divers degrés. » Tout cela montre combien il est nécessaire de chef— cher la cause des phénomènes du corps bien portant et du corps malade dans le monde extérieure. Le phé À nomène vital est bien une chose intérieure, mais est néanmoins causé par les influences du monde exté rieur. Si nous considérons la valeur des chiffres de
LA MÉDECINE SPAGYRIQUE AU MOYEN AGE / cette périodicité, nous trouvons qu’ils sontles mêmes auxquels la mystique des membres attribueune impor tance particulière pour toute la vie naturelle.
Dr. Granvogl, qui ne comprenait rien à’ la mystique, dit en faisant remarquer tout d’abord dans les crises des malades les périodes de 21, 7, 3 et 5, 13, et 35 jours : « Nous trouvons d’après cette loi mathéma tique de premier ordre des oscillations propor tionnées, auxquelles la nature entière semble obéir: Tous les phénomènes que nous voyons attachés aux lois de la vie, toutes les forces spontanées depuis les forces moléculaires jusqu’au mouvement de la terre elle-même nous les voyons osciller continuellement en de certaines limites autour d’un équilibre.
De telles relations d’union entre les extrêmes qui expriment dans la série de différences le maximum et le minimum de l’équilibre possible, nous les trou vons près du lit des malades et nous les appelions crises depuis des siècles jusqu’à aujourd’hui, parce que l’homme prend chaque phénomène qui lui indique un changement des conditions normales, Comme il le perçoit pas ses sens.
Mais ce qui se retrouve pério diquement, doit avoir pour base une loi. La crise est incompréhensible par elle-même..., l’homnie vit sans cesse en de telles oscillations comme nous pouvons l’observer chez les adultes et déjà chez les germes de la vie qui flottent toujours entre la vie‘et la fnort. Les lois de tous ces procès étaient donc pour les anciens dans l’astrologie.
Ils considérèrent les astres comme des centres de forces par lesquels la force uni verselle est différenciée et multipliée. Par la connais“
88 L’INITIATION sauce de ces influences ils eurent un point fixe et nous ne pouvons être surpris de les voir calculer à l’a vance non seulement les éclipses solaires et lunaires, mais aussi les épidémies et le lieu de leur apparition . Aulieu de vouloir expliquer l’homme par lui-même et de ne reporter tous les phénomènes de l’état de santé et de maladies à lui seul, ils le soudèrent en, rapport avec l’ensemble de la vie naturelle, et nous comprenons maintenant comment Paracelse pouvait dire que nul ne pouvait être médecin s'il n’étaitversé dans l’astrologie et dans les influences astrologiques et météorologiques.
LA REVUE DU MONDE INVISIBLE nanaen És©rÉmqun Par suite du succès inespéré dela Faculté des Sciences Hermétiques, au premier grade de laquelle préside le Groupe Indépendant d’études ésotériques, un remaniement complet de cette société, en vue de son extension, s'im— posait. Nous comptons être prochainement à même de don ner les nouveaux statuts du Groupe et de caractériser son action, indépendante de toute idée théorique et sur tout pratique. Des cahiers‘ spéciaux sont en voie de confection pour remplacer les cours que les élèves de province ne peu vent suivre. &.Al EËWUDE @UD Ml@llfl®â I]WllSlllLë Notre directeur a adressé la lettre suivante à MS“ Méric à la suite de l’apparition du numéro 2 de la Revue du Monde Invisible. Paris, le 16 juillet 1898. AMS' MÉRIC, DIRECTEUR DE la Reuue du Monde Invisible, PARIS. MONSEIGNEUR, Je lis dans le numéro 2 de votre revue la phrase sui vante : . « Si M. Barlet est le président des Kabbalistes, M. En « causse, dit Papus, en est le chefincontesté. Ce maître
90 L‘INITIATION de l’occultisme dirige personnellement ses sociétés et ses revues. De même que Léo Taxil, de sinistre mé— moire, il a caché souvent sous des pseudonymes, bien des noms qui figurent dans l'Im’tiarion et ailleurs ser vent a dissimuler le maître mage.
Nous ne serons ni dupes ni complices (p. 125). » Aââ*fsâ Je suis aussi peinéqu’étonné de trouver des allégations aussi mensongères et d’un ton aussi violent dans une re vue dirigée par un prélat. Permettez-moi donc d’user de mon droit de réponse pour remettre les choses au point. 1° Depuis onze ans que parait l’Initiation, il ne m’est jamais arrivé d’employer divers pseudonymes, ettous mes articles sont signés Parus ou d’un P majusule.
2° Chaque pseudonyme employé dans l’Initiatz‘on cor respond à un seul rédacteur, et jamais le même rédacteur n’emploie des pseudonymes différents. Ce sont la des procédés incorrects et usités seulement par les publi— cations sans rédacteurs. Nos soixante rédacteurs suffisent, et au delà. à notre publication, sans qu’il soit besoin de les multiplier.
3°.Ie vous ai averti deux ans d’avance que M. Léo Taxil se moquait de vous. , Il vous a suggéré à tous que les occultistes étaient. antichrétiens, ce qui est faux et ridicule, et sa sugges tion opère toujours, car ce sont ses arguments et ses procédés de prolémique que je retrouve dans toutes ces attaques qui nous écœurent sans nous émouvoir. 4° Permettez—moi, en terminant, de vous demander une grâce.
Exigez de vos rédacteurs la connaissance, même élémentaire, des personnalités et des sociétés dont ils doivent parler ; priez-les de ne plus confondre les spi rites et les occultistes et de s’informer des diflérentes écoles qui représentent encore ces deux mouvements ; enfin exigez de votre secrétaire de rédaction qu’il mette de l’ordre dans l’énumération, en salade, des revues, qui termine votre publication.
Car cela ridiculise, aux yeux des gens un peu informés, votre publication tout entière, et je souffre du ridicule, même chez ceux qui se croient nos adversaires et en qui je m’aperçois que des missionnés d’une œuvre qui mérite d’être mieux servie
BIBLIOGRAPHIE 91 que par des injures et des procédés de basse polé mique. ‘ ' Veuillez agréer, Monseigneur, l'assurance de toute ma considération. Gérard ENCAUSSE (PAPUs). Docteur en Médecine de la Faculté de Paris. Lauréat des Hôpitaux, officier de l’Ins Îruction publique. BEBLÆ@GËÆ.EEIE F.’-C. BOUTET. —f Contes dans la nuit. — in—18, Chamuel éditeur, I898, 3 fr.
50 Voilà un des pIUS intéressants essais littérairesquei’aie pu voir depuis longtemps, depuis trop longtemps même. Ces contes ne me rappellent rien de semblable dans les littératures antérieures!
Ce sont des visions, des impres sions, des harmonies,des paysages, des palais de songes; l’éclat des luxes orientaux, la fraîcheur des forêts en chantées où se cache Mélusine, la grandeur sauvage et désolée des prés du Harz où travaillent sans relâche les gnômes.
' La place nous manque aujourd’hui pour parler plus longuement de ce livre, qui semble sortir de la plume d’un voyant; nous lui consacrerons, dans un prochain numéro, une étude plus détaillée. * IwI ALAIN A. — L’Anglais est israélite. — in-rS, I franc. Cette très érudite brochure soutient la thèse de la British Israelite Association avec beaucoup d’à propos et
92 L’INITIATION d’érudition. Seulement, tout le monde ignore, chez ces savants, queles Hébreux furentoriginairement des Celtes ainsiquel’indiquela racine même deleur nom,etces Celtes, remaniés par Moise, revinrent, après la destruction du second temple, dans leur pays d’origine.
Les œuvres de Fabre d’Olivet et de Saint-Yves d’Alveydre fourmillent des preuves de cette vérité méconnue. i x-x LOUIS MARTHlN-CHAGNY. -— La Sémitique Albion ; in-t8, 3 fr. 50. Ce nouveau livre d’un auteur qui s'est donné mission de combattre l’Angleterre, soutient la même thèse que la brochure précédemment indiquée. Il y a beaucoup de remarques curieuses et vraies sur les rapports moraux des Anglais, des Juifs et des Arabes.
Mais, là où l’auteur décèle une ignorance profonde de ce dont il veut parler, c’est quand il affirme que l’Angleterre est la patrie de l’occultisme par excellence et que l'occultisme est anti christique.
Il y a plusieurs Esotérismes, comme il y a plusieurs Exotérismes; et si les traditions du Phalli— cisme et du Panthéisme oriental peuvent être assimilées avec une facilité ralative, il n’en est pas de même de la Connaissance intégrale, qui tient tout entière dans son principele Verbe divin. Dieu, c’est-à-dire la Vérité,se dé— couvre mieux au dedans de nous-mêmes qu’au dehors.
Quand M. Marthin-Chagny, dont j’admire et partage d’ailleurs les convictions celtiques, aura passé une ving taine d’années à cette « introspection », peut-être chan'— gera-t-il d’avis sur l’occultisme. SÉDIR.
NOUVELLES DIVERSES 93 Nouvaanns rvansas M. Décembre-Alonnier, président de la Société Swe denborgienne de France, continuera la série de ses confé rences, d’après les doctrines de Swedenborg, l’illustre théosophe suédois, le dimanche 7 août prochain, à 3 heures absolumentprécises, hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente, près du boulevard Saint-Germain. Il traitera: De l’Homme dans le Monde des Esprits.
Le ,Dr Ferdinand Maack, de Hambourg—Saint-Pauli, publie le prospectus d’une revue occultiste qu’il se pro pose de fonder.
Cette revue, dont le titre définitif n’est pas encore choisi, étudiera la tradition à un point de vue qui est, autant que nous avons pu comprendre, celui de l’école hindoue de Patandjali ; cette tentative i1e peut puanquer d’être extrêmement intéressante ; les Allemands sont les hindous de l’Europe, et la science du D“ Maack est un sûr garant de l’importance que'prendront les étu— des qu’il va publier. — Éditeur, Adolf Brand, Berlin Neurahnsdorf’; mensuel; 10 marks par an.
Nous recevons de notre bon confrère P. Zillmann, de Zehlendorf-Berlin, une plaquette donnant le projet de fonder dans cette ville une faculté des sciences magné— tiquès semblable à celle de Paris. Toutes nos félitations et tous nos encouragements à l’actif champion de l'idéa lisme.
94 L’INITIATION Sur la vaporisation du ferà la température ordinaire. (PELLAT, Comptes rendus, t. 126, p. 1338.) Un morceau de fer placé pendant plusieurs semaines sur une plaque au gelatino—bromure d’argent, dansl’obs curité la plus complète, impressionnela plaque.
Ce phé» nomène n'est pas dû aux radiations mais à un corps vola til produit par le fer ?? cramounanaa ancresorénnryua DE Il’.A SOIBNOB OOO'Ü&1‘I PUBLIE SOUS LA DIRECTION DE Papua, président du Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste ET DE Ch. Barlet, grand maître de l’Ordre de la Rose-Croix kabbali’stique Avec collaboration des principaux écrivains occultistes. SÉDIR, Secrétariat général. CHAMUEL, Administrateur et éditeur.
Dès’1890, nous avons annoncé dans l’Initiation la nécessité de publier un Dictionnaire encyclopédique de la science occulte. Mais nous voulions une œuvre sérieuse, ayant le cadre large nécessaire à une belle entreprise, et rédigée, non pas par un seul, ce qui était vouer la publication à un échec certain, mais bien par la pléiade d’écrivains qui, depuis leur fondation, ont con tribué au succès de l’Initz’ation etdu Voile d’Isz’s. Aujour d’hui nous pouvons annoncer à nos lecteurs l’apparition
DICTIONNAIRE DE LA SCIENCE OCCULTE prochaine de cette œuvre qui paraîtra parlivraisons men— suelles.
C’est à notre ami Chamuel que les occultistes devront la réalisation matérielle de leur entreprise, et il n’a rien négligé pour en faire un ouvrage digne de sa maison et de sa signature. , Au point de vue de la rédaction, il a été décidé de con fier la direction générale de la publication aux deux grands ordres d’initiation occidentale, pour affirmer le caractère traditionnel de l’Encyclopédie occultiste et pour lui donner toutes les garanties nécessaires vis-à—vis de tous les centres initiatiques.
SÉDIR assume la lourde tâche du secrétariat général, bien due à son érudition et à ses qualités de chercheur infatigable. Chaque article sera, quand il le faudra, signé de plu sieurs noms, chaque rédacteur traitant la question sous le point de vue qui lui est le plus familier.
Il est inutile de dire que les biographies seront l'objet d’un soin particulier et que nous vengerons les occul tistes des temps passés des erreurs et des calomnies répandues sur leur compte par les dictionnaires pro— fanes. De plus, I’Encyclopédie occultiste renfermerala réédi— tion et le résumé des encyclopédies hermétiques des siè— cles passés, aujourd'hui introuvables.
Nous publierons prochainement la liste de nos pre miers collaborateurs, et nous voulons seulement annoncer dès à présent l'apparition imminente du premier fasci— cule, en priant nos lecteurs de s’adresserà la maison Chamuel, 5, rue de Savoie, pour tous les détails com— plémentaires. I3 juillet, 1898. PAPUS ET BARLET. Le Gérant: ENCAUSSE. TOURS. —- IMP. E.
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'- limes ÏDÉAIISI‘E ÿnvrasrur Notes and Queries, S. Gould à Manchestet‘ (N. H.) U. S. A. Fric 0rd, A. Sabro à ChriStiania (Norvège.) - l l Nordisk Frimurer-Tilenda, Alb. Lange à Chris tiania (Norvège). 1)ic Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Buda’pest (Hong'rie) Nuoua Lux, 82, via Castro Pretorio à Rome (Italie). Lug astral, 6, passage Sarmiento à Buenos-Ayres (République Argentine). L’Initiation, 10, avenue des Peupliers, Paris. El—Hadz‘rah, 19., rue de la Kasbah, Tunis.) - >>»a’(<«— , '! l -! -MW1 t
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LANGUE ALLEMANDE Neue metaphysische Rundsc/zau; in—8° mensuel. Edité par Paul Zillemann, 8 parkstr. Berlin—Zehlendort Das Wart; mensuel. Edité par Leopold Engel, Feurigstrasse, 12-I. Schoneberg près Berlin. AVIS IMPORTANT. —— Tous nos confrères ci dessus cités et ceux qui voudraient être cités sont priés de reproduire in extensa cette liste. -=«-—-..—«.,.
'0 Principaux Ouvrages recommandés pour l'étude de l'OCCULTISME et de ses applications - CONTEMPORAINS F CH BARLET { L’Évolution de l’Idée. " ' ' ' ' ' ' L'Instruction Intégrale. 3 Le Serpent de la Genèse. STANISLAS DE GUAITA . . Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. Traité méthodique de Science Occulte Pneus . . . . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique. - La Science des Mages. A. JHOUNEY . . . . . . .
Ésotérisme et Socialisme. RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAs LEVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. ( La Langue hébraïque restituée. ( Histoire philosophique du genre humain. ALBERT PCISSON. . .'. . Théories et Symboles des Alchimistes. FABRE D’OLIVET. . . . . LITTÉRATURE l La Magicienne. ' . JULES LERMINA . . . . . l A Brûler” ( Zanoni.
BULWER LYTTON . . . . . . ( La Maison Hantec ' _ MYSTIQUE .. Jeanne Leade. P. SÉDIR . . . . . . . . . Jacob Bœhme et les Tempéraments. Les Incantations. noua DÉTAIL ET mus, S’ADRESSER: t la lihrairie CHIMIE, 5. rue de Savoie, PARIS Envoi Franco du Catalogue. TOURS, IIIIP. E. ARRAULT ET C".