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Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÊE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS 5.? O. >I< Docteur en médecine — Docteur en kabbale p 39" VOLUME. — 11'“ ANNÉE SOMMAIRE DU N° (Juin 1898) PARTIE INITIATIQUE. . Spiritisme 'et Occultisme. Papus. PARTIE PHILOSOPHI- (p.185à l96-) QUE . . . . . . . . . . . . .. Question sociale . . . . . . Guymiot. (P197 à 204-) Linguistologie . . . . . . Elbère No. (p. 205 à 206). Sadow Land. .. . . . . . .
Phaneg. (p. 207 à 212.) Note sur un point de la théorie des nombres. . X. (p. 212 à 217.) Théorie astronomiquedes . Déluges . . . . . . . . . Eléazar. (p. 217 à 259.) Relation cabbalistique î.-T. Ulic. entre (7) i0d et (N) aleph. (p. 260 à 265). Lessciences mystérieuses. E. Gigleux. ' (p. 266 à 267.) ' Hymne à ma Profondeur.
Karl Nissa. (p. 268 à 269.) Ordre martiniste. — Faculté des Sciences hermétiques. — Vision astrale. — Pensée. —« A Saturninus. — La guerre hispano-améri saine. — Nouvelles diverses. — Bibliographie. PARTIE LITTÉRAIRE. . Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS
PROGRAMME «1 Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matériiflistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sonir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Inin’ation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle‘ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de I’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l'Inde. L’Initt’ation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initialique) contient les articles j destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science j Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et Compte déjà huit années d’existence. -— Abonnement: 10 francs par an (Les collections des deux premières années sont absolument , épuisées.) " ,
L’Initiatioi: du 15 Juin 1898 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Inilialion 10 PARTIE INITIATIQUE AMO—- F. C11. BARLET, S.'. I.'.;, -— GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.‘. 33 — JULIEN LEJAY, S.'. I.°. g, -—- ÉMILE MICIIELET, S.'. I.'. (C. G. E.) —- LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. — GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. 5‘; — P-APUS, S.‘. I.'. {Q -— SÉDIR, S.'. I '. g}. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. -« AMELINEAU. — ALEPH. — D“ BARADUC. —« SERGE BASSET. -'— Le F.'. BERTRAND 30' —— BLITZ. — BOJANOV. -—' JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAPAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — FAERE DES ESSARTS. —— D*‘ FUGAIRON. — DEI.EZINIER.— JULES GIRAUD.— HAATAN.—— L. HUTCHINSON.— JOLLIVET-CASTELOT.— L. LE LEU.—L.
LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREL. — RAYMOND. —D" ROZIER. — D“ SOURBECK. -— L. STEVENARD. -- THOMASSIN. - G. VITOUX. — HENRI WELSCH. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVILLE. a E. GOUDEAU. -— MA— NOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDES.—- GEORGE MONTIÈRE. — LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. -— ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY.
40 POÉSIE C11. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. --— JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — C11. GROLLEAU. -— MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. -— EDMOND PILON. -—- J. DE TALI.ENA-Y. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L’initiation du 15 Juin 1898 L’-I NITI A I 0 (“N”I’ii‘iËËsm”) DIRECTION ADMINISTRATION lilla llonlmorency, 10, aven. des Peupliers ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PA RIS-A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS C H A M U E L DIRECTEUR ADJUINT.’ Lu0i8n MAUCHEL 5, lino de Savoie Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLE’I‘ Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an. 10 ir. J.
LEJAY -— PAUL SÊDIR ÉTRANGER, __ n h-' RÉDACTION. -— Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendahce absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. -— Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
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5€? \%< 6 La. reproduction des articles inédits publiés par l’Initîaiion est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Distinctions et Rapprochements ENTRE ÂE finnnuu n IL’“®ŒGULTlSME” PAR LE DOCTEUR (1.
ENCAUSSE (PAPUS) Docteur en Médecine de la Faculté de Paris Docteur en Kabbale Président du Su rême Conseil de l'Ordre Martiniste Délégué général de ’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix Officier de l’Instruction Publique Officier du l’Ordre Impérial de Medjidié Chevalier de l’Ordre Militaire-Royal du Christ Chevalier de l’Ordre de Bolivar.
MESSIEURS, Je dois traiter devant vous les différences et les points d’identité qui existent entre le Spiritisme et l’Occultisme. Avant tout, il est nécessaire de bien préciser les termes employés, car la plupart des malen tendus, surtout en ces matières, proviennent des confusions et des mauvaises définitions des mots. (1) Rapport présenté au Congrès spiritualiste de Londres (juin 1898).
I 86 L’INITIATION ‘ [JUIN Spiritisme. —— J’entends par Spiritisme la doc trine exposée par Allan Kardec de 1857 à 1860, avec les expériences et la méthode indiquées par cet auteur pour appuyer ses dires par des faits.
Occultisme. — J’appelle Occultisme l’ensem ble de la tradition écrite et orale venue des sanc tuaires égyptiens et chaldéens jusqu‘à nous, par Moïse, Daniel et les Kabbalistesiuifs, les Esséniens et les disciples initiés du Christ, les néo—Platoniciens, les Maîtres de la Gnose, les Alchimistes, les Frères illuminés de la Rose-Croix et les initiés, membres de toutes les hautes Fraternités de l’Occident dont la chaîne n’a jamais été interrompue.
Cette tradition, adaptée théoriquement ou expéri mentalement à chaque époque, se reconnaît toujours au caractère suivant : 1° Elle enseigne que l’Homme est composé de trois principes : a le corps physique; 17 le Corps astral, doublement polarisé, intermédiaire; c 1'Es prit immortel. 2° Elle affirme la correspondance analogique entre les Trois Mondes, entre le Visible et l’[nvisible dans tous les plans (physique, astral et divin).
3° Elle est essentiellement Spiritualiste, enseignant et prouvant que la maxime Mens agital molem est une réalité universelle. ' Toute école ou toute société qui ne se base pas sur la Tri—Unité peut être considérée comme ne se ratta chant en rien à l’Occultisme traditionnel, dont toutes les Fraternités, à toute époque, sont unanimes sur ce point.
1898] SPIRITISME ET OCCULTISME 187 Il est facile, d’après cet exposé, de voir que l’étude de l’occultismev est longue et compliquée, et nous comprendrons par la suite pourquoi un occultiste doit nécessairement connaître le Spiritisme, tandis qu’il y a très peu de Spirites qui aient été à même d’étudier complètement et impartialement l’Occultisme.
Avant d’aborder les différences des deux écoles concernant l’interprétation des faits expérimentaux, voyons rapidement le côté philosophique et le côté historique. Nous parlerons plus tard de la réalisa tion. . Philosophie. — Tout système philosophique comprend plusieurs sections indispensables qui cons tituent sa vitalité plus ou moins grande.
Les princi— pales de ces sections sont: la Psychologie, la Logi 'que, l’Esthétique, la Métaphysique, la Théodicée. Examinons ce que le Spiritisme et l’Occultisme ont demandé à chacune de ces sections. En psychologie, les deux écoles ont établi la cons titution trinitaire de l’Homme.
Cependant, le Spiri tisme étudie presque exclusivement le principe inter— médiaire (le périsprit), sur lequel portent surtout les expériences avec les médiums, et néglige l’analyse des éléments intellectuels supérieurs del’être humain, auxquels l’Occultisme consacre tant de soins.
De même l’influence des aliments divers, des excitants et du rythme respiratoire sur le corps astral et sur I’Es— prit, ainsi que les déductions sur le rapport de la Psy— chologie et des formes extérieures (arts dits divinatoi res) sont du domaine exclusif de l’Occultisme. Cela tient, ainsi que nous le verrons par la suite, à ce que
188 L‘INITIATION le Spiritisme d'aujourd’hui ne formait, dans l’anti quité, qu’une petite section de la Nécromancie, cons— tituant elle-même une division de la Mathèse. Dans la Logique, le Spiritisme suit la méthode inductive de la plupart des sciences contemporaines. A cette méthode, les occultistes ajoutent la déduction et une autre qui leur est presque exclusivement per sonnelle :l’Analogie.
Cette méthode caractérise l’Oc cultisme à tous les âges et dans toutes les civilisations. En Esthétique, le Spiritisme n’a pas eu à recevoir encore d‘applications dérivées d'une méthode per sonnelle, tandis que l’Occultisme poursuit, de toute antiquité, par les diverses applications du symbolisme, l’adaptation de l’esthétique à toutes les sciences psy chologiques et morales.
Seul, l’Occultisme permet d’étudier aussi bien les clefs des symboles religieux. ' que des symboles initiatiques des diverses fraternités. Mais il faut proclamer bien haut la valeur très grande des adaptations du Spiritisme, et surtout des doctrines des écoles réincarnationistes, à la morale.
Les enseignements concernant la réincarnation sont en grande partie empruntés aux antiques écoles de kabbale: mais le spiritisme kardéciste a porté, parti culièrement en France, tous les efforts de ses philo sophes sur les conséquences m0rales de la doctrine de la réincarnation. et il faut reconnaître les progrès mérités que cette voie a fait faire au Spiritisme dans les pays latins.
La métaphysique du Spiritisme ne mérite malheu reusement pas les mêmes éloges. Délaissant presque entièrement l’étude approfondie des Principes, elle
SPIRITISME ET OCCULTISME 189 \ s’en tient, avec ses écrivains .les plus instruits, parmi lesquels M. Gabriel Delanne occupe un des premiers rangs, à l’étude des lois secondaires du transformisme et de l’évolution, sans aborder le plan divin, non plus que les forces spirituelles en action dans la Nature.
C’est cette absence de recherches métaphysiques qui pous'se beaucoup d’écrivains spirites à combattre ou à nier les enseignements traditionnels de la kabbale sur les êtres spirituels inférieurs à l’Homme et travaillant dans tous les plans de la Nature, êtres nommés « Esprits des éléments » ou « Elémentals ».
Les mé— thodes d’expérimentation et de contrôle du Spiritisme sont encore trop éloignées de la minutie et des mys— tères des travaux des anciens Rose-Croix. portés spé cialement vers ces recherches, pour permettre aux . contemporains de se faire une opinion personnelle sur cette question. Attendons donc que l’heure de révéler ces méthodes ait sonné pour les voir intro duire dans les cercles spirites.
De même que la Métaphysique, la Théodicée, qui constitue le fonds le, plus important des travaux des Mystiques de l’école occultiste, est lettre morte pour la presque totalité des écrivains spirites.
En résumé, on voit que l’analyse du Spiritisme, en tant que Philosophie, vient corroborer les enseigne ments de l’histoire, en montrant qu’il s’agit là d’une section, surtout expérimentale, d’une antique syn thèse, revivifiée par Allan Kardec et ses sucCesseurs, en prenant la Morale pour base, mais très incom plète au point de vue de la Métaphysique, de 1’Esthé tique et de la Théodicée.
190 L’INITIATION L’Occultisme, de l’avis même de ses adversaires, forme un système absolument complet dans lequel tout est étroitement uni, depuis la méthode analo gique et numérale jusqu’à la Théodicée. Voilà pourquoi quelques lectures et quelques expé riences avec de bons médiums, permettent de con naître assez vite le Spiritisme, tandis que les écoles occultistes exigent plusieurs années pour former un membre vraiment capable.
La question des‘ « Esprits », tels que les admettent les occultistes, a été mal présentée dans beaucoup de cas. De toute antiquité l’Occultisme a admis la commu ,nication possible entre les vivants et les esprits des morts. Les récits d’évocation publiés dans la Bible, ceux faits par Homère, ne sont pas des fictions poé tiques, mais bien des échos des antiques mystères.
Mais l’évocation par les rituels occultistes est entourée de précautions multiples et ne peut être jamais con fondue avec lcs élémentaires pratiques de la typto logie.
Si l’occultiste admet parfaitement la possibilité de la communication des Esprits, il restreint cependant les faits réels de communication à quelques cäs très déterminés, et il rapporte au magnétisme, à la lecture dans l’aura astral des consultants et enfin à l’action des entités individuelles et collectives de l’astral toutes ces communications naïves ou ridicules signées des grands noms de l’histoire et tous ces enseigne ments sentimentaux qui ne présentent rien de réelle ment nouveau.
smmrrsm: ET OCCULTISME ' 191 Chaque phénomène invoqué par une école quel— conque est soigneusement analysé, et c’est par élimi nation que l’action réelle d’un esprit est affirmée par l’occultiste. C’est cette rigueur dans l’analyse qui a fait croire à certains écrivains spirites que l'Occultisme niait de parti pris les communications d’un plan d’existence à l’autre.
La vérité est tout autre : loin, de nier la réalité des êtres spirituels, l’Occultisme admet, au contraire, une foule de catégories d’êtres de cette espèce, ce qui fait qu’on ne peut pas être un occultiste sans connaître le Spiritisme, tandis que beaucoup de spirites ne connaissent de l’Occultisme que des notions erronées ou fantaisistes. a Il en est de même pour les médiums, que nous con sidérons comme de très faibles instruments, soumis autant à l’action des assistants qu’à celle des êtres in visibles de toute catégorie.
La fraude chez les mé diums est fréquente, mais ils en sont irresponsables la plupart du temps, car ils agissent sous l’impulsion de forces étrangères. C’est lâ'une des raisons pour lesquelles les hypnotiseurs, qui sont généralement des matérialistes ne connaissant lrien des forces occultes, n’obtiennent avec les médiums que des faits de fraude ou des expériences enfantines.
Un spirite, ayant quelques années de pratique, en sait toujours bien plus, en fait de psychologie, que le plus préten tieux de ces hypnotiseurs, qu’il faut ramener, sans hésiter, à leur vraie place de garçons des laboratoires psychiques, dans lesquels ils voudraient faire la loi. Histoire. — Ainsi que nous l’avons déjà dit, ce qu’on appelle aujourd’hui Spiritisme formait, dans
192 L‘INITIATION idw w_—n— a_...—_ .. .. .. .. _, _ . les enseignements initiatiques des temples anciens, 1 une simple section de la Psychurgie ou science des âmes. Cette section comprenait, comme toutes les sciences de l’antiquité. une partie théorique, une partie symbolique et une partie pratique; cette dernière, appelée dans ce cas « Nécromancie », formait l’appli cation de la Magie à la Psychurgie ou science des âmes.
Certains auteurs, peu érudits, ont donc pu croire que le fait d’évoquer un être invisible consti tuait le Spiritisme; mais ils ont omis de se souvenir que cette évocation n’était que le résultat d’une science que la typtologie contemporaine ne rappelle, hélas! que de fort loin.
L’Occultisme demande donc une étude de l’histoire assez complète et il exige, de plus, une connaissance approfondie des sociétés dites secrètes qui ont créé l’histoire comme la sève crée, chaque année, la nou velle couche profonde de l’arbre. L’avenir montrera si le mouvement spirite contem porain n'est pas le résultat de l'action d’agents visibles ou invisibles rattachés à une fraternité initiatique, quel qu’en soit d’ailleurs le caractère.
Toutes ces Ïconsidérations nous montrent pourquoi l’Occultisme, avec ses études longues et compliquées, sera toujours réservé à un petit nombre, tandis que le Spiritisme est, par sa simplicité même, accessible à la masse, sans grande peine. Aussi tout occultiste ' doit—il propager de son mieux les enseignements de la morale et des éléments généraux du Spiritisme. C’est dans les rangs des spirites que l’occultisme a toujours fait ses plus sérieuses recrues, qui, après
SPIRITISME ET OCCULTISME 193 ._ W .ve— .—> <-=—.> 4.-....: 7 deux ans d’études supplémentaires, ont figuré avec la plus grande distinction dans les Ecoles et les Frater nités initiatiques.
Les occultistes sont des spiritualistes comme les spirites; il admettent parfaitement l’intervention d’es prits dans la production de certains phénomènes psychiques, mais ils analysent chacun de ces phéno mènes avec le plus grand soin et déterminent la pré sence d’un « Esprit » réel par élimination des autres causes possibles et mon plus seulement par une preuve d’identité exclusivement sentimentale.
Non seulement les occultistes admettent les esprits tels que les entendent les spirites, mais ils ont cons— taté expérimentalement la présence, dans le plan invi sible de la nature, d’entités spirituelles bien différentes de celles-là et de diverses classes.
Cela tient aux di— vers modes d'expérience employés par les différentes écoles. . !*æt ‘ Les voies de réalisation suivies par les occultistes sont encore bien différentes des voies suivies 'par les spirites. Ces derniers, en effet, demandant la propa gande de leurs idéesà l’expérience individuelle, guidée par les livres et les journaux spéciaux, n’ont nul besoin de centres hiérarchisés.
Au contraire, chaque expérimentateur, chaque petit groupe, désire être au tonome, et les groupements ne peuvent s’opérer que par la fédération, généralement temporaire, d’une foule de groupes et de petites sociétés isolés. Les études variées et techniques que nécessite la Science occulte, la nécessité de trouver à chaque ins
194 L‘INITIATION tant un étudiant avancé ou un maître compétent, ont nécessité, en dehors même des exigences de conserver la tradition orale, la constitution des sociétés occul tistes sous la forme de groupes et de loges centralisés et hiérarchisés.
La hiérarchie des différents titres est consacrée, dans les fraternités sérieuses, par l’examen et jamais par l’argent, tous les grades étant gratuits et accessibles aussi bien aux plus pauvres qu’aux riches. Aussi une grande société occultiste est-elle un corps bien discipliné et capable de réaliser avec rapidité et vigueur une action, quelconque sur l’extérieur.
C’est ainsi qu’il n’existe aucune société spirite cen tralisant, sous une direction unique, des délégués, des groupes, des loges, dans tous les pays agissant sousl’impulsion d’un suprême Conseilcentral, comme cela a lieu pour l’ordre Martiniste par exemple. De plus, ces grandes sociétés occultistes peuvent se fédérer entre elles sur le terrain général et commun de l’altruisme et de l’idéalité pure.
Une telle fédération a été réalisée en 1897 sous le titre de : Union idéaliste universelle et elle groupe 30.000 intelligences de tous pays. \ Les occultistes et les spirites ont un terrain de réali sation où ils peuvent toujours s’unir fraternellement et se rencontrer, c’est le congrès spiritualiste et toutes les réunions où l’on se groupe pour lutter contre l’athéisme et le matérialisme.
Dans ce cas, les occul— tistes ne marchanderont jamais leur concours ni leurs peines et leur discipline en fait un puissant facteur de réussite pour les congrès. Mais desphifl’res valent mieux que des mots et nous "‘
SPIRITISME ET OCCULTISME 195 ne pouvons mieux terminer cet exposé que par l‘énu mération des forces d’une société le Martinisme, Tableau des formations martinistes en mars 1898 État et progression de l’Ordre depuis mars 1897 l NOMBRE NOMBRE CONTRËES de ' de PROGRÈS formations formation: (,j en 1897 en 1898 ' Europe France . . . . . . . . . . . . 7 27 20 Belgique . . . . . . _ . . . . 2 3 1 Allemagne . . . . . . . . . .
I 3 2 + Danemark . . . . . . . -. . » 1 1 Es agne . . . . . . . . . . 2 3 1 Itaie . . . . . . . . . . . . . 2 8 6 Bohéme....
1 1 » + Suède . . . . . . , . . . » 9 , g + Hollande . . . . . . . . .I » 1 I + Suisse . . . . , . . , . . . » 2' 2 + Roumanie. . . . . . . . » 1 1 + Russie. .' . . . . . . . . . >> 2 2 + Angleterre . . . . . . . , . >> 2 2 Asie + Tonkin . . . . . . . . , .i » 2 2 Afrique Égyptç . . . . . . . . . . . . l I » Tumsœ . . . . . . . . . . . . I 1 >> Amérique États—Unis . . . . . . . . . . 17 36 19 +LaHavane......... » 1 I Colombie . . . . . . . . . .
1 1 ) Guatemala . . . . . . . . . .; 1 1 » République Argentine . . 4 7 3 Totaux. . . . 40 113 73 (1) Formation nouvelles en un an,73. —— Contrées nou velles ouvertes au Martinisme, 9.
196 L‘INITIATION Conclusion. -— Nous ne pouvons, pour ne pas faire perdre aux membres de ce Congrès un temps pré cieux, qu’esquisser rapidement un sujet aussi vaste que celui de cette communication.
Nous avons sur tout cherché à démontrer que, chaque fois qu’il s’agira de combattre le Matérialisme etl’Athéisme, tous les spiritualistes quelle que soit leur école, se trouveront unis, Et, comme les occultistes sont organisés sur le plan hiérarchique, comme les spirites sont plutôt groupés par fédérations, leur véritable terrain d’union est le Congrès international.
C‘est là qu’il faut chercher la cause réelle du succès du Congrès de I889, à Paris, et c’est là aussi qu’il faut chercherl’origine des échecs successifs des réunions qui ont voulu faire du secta risme et ne pas ouvrir franchement leur porte à tous les défenseurs de l’immortalité et à tous ceux qui sa vent que l’espace qui sépare les vivants des prétendus morts est bien facile à contrôler..
Je tiens, en terminant, à remercier les organisateurs de ce congrès d’avoir fait une œuvre vraiment grande et vraiment sincère en faisant appel à l’union de toutes les écoles, sans tenir compte ni des mesquines que relles de personnes, ni des barrières des mots. Unissons-nous donc tous pour le triomphe de la belle formule: Pour l’Allruz‘sme et l’Ia’e’alite’.
PARTIE PHILOSOPHIQUE EI SCIENTIFIQUE UESTIION Socnaaa Les sociétés contemporaines sont affligées d’un malaise profond, matériel et moral. On sent dans l’air quelque chose qui menace ; tout ce qui pense un peu est inquiet; chaque jour des regards anxieux inter rogent l’horizon pour voir si le Soleil Rouge n’y a point fait son apparition.
L’air qu’on respire mentalement oppresse la cons cience, comme oppresse les poumons l’atmosphère chargée d’une tempête; encore latente.
Les masses populaires ont faim et soif de ce qu’elles croient le bonheur, les jouissances physiques; elles ont nettement conscience que la société est mal orga nisée puisqu’elle ne leur fournit pas les jouissances matérielles qui sont l’objet de leurs désirs; elles n’ont plus la patience de supporter leur sort de misère; l’envie siffle dans leur cœur de haineuses insinuations contre les riches, contre ceux qu’elles appellent les ventrus, les gavés, les exploiteurs, les fainéants VOleurs du travail populaire. Et les masses possèdent en elle une quantité formi, dable de force qui n’a point encore pris son cours
198 L’lNITIATION mais qui peut s’enflcr soudain comme la vague ter rible d’un ras de marée qui balayera les sociétés, en dévastant tout. Les heureux du monde, qui se croient tels ou qui sont considérés conme tels, essayent de faire taire _leurs inquiétudes en se disant que les forces des armées sont à leur disposition et que, si la plèbe bouge : Rrran l comme disait un maréchal du second empire avec une très éloquente concision.
Mais les riches ne sont qu’à demi rassurés par cette considé ration, et leurs sommeils doivent être hantés de quelques cauchemars. Pourrait-on trouver les causes patentes de cet état de choses P On en a déjà découvert plusieurs. L’une d’entre elles est la descente du matérialisme dans les cerveaux populaires.
Le clergé signale depuis longtemps cette cause, et il a cherché à empêcher son action par des sermons’bourrés d’objurgations nous pressant de retourner à la foi religieuse, aux croyances des ancêtres qui comptaient plus sur le bonheur du para dis que sur celui de la terre et qui croyaient que plus on souffre ici-bas, plus on est heureux là—haut.
Mais quelle que soit l’éloquence avec laquelle ces objurgations se trouvent proférées, elles restent sans effet; elles ne seront admises que par les convertis; elles ne convainquent personne, n’étant écoutées que de ceux qui sont déjà convaincus. Les masses populaires ne croient plus guère aux bonheurs du‘paradis ; les jouissances sont pour elles plus tentantes. Ont-elles raison ? ont-elles.tort P Elles
QUESTION SOCIALE 199 veulent que ce soit l’expérience et non des théories purement verbales qui prononcent là-dessus. Les masses travailleuses veulent jouir des biens de la terre et le veulent avec d’autant plus de fermeté qu’elles ont la conviction d’être les seules produc— trices de ces biens. C’est là pour elles un article de toi quia remplacé ceux de la religion.
Or la foi se manifeste par les œuvres, et _celle-ci ne peut guère manquer de se manifester dès qu’elle en trouvera l’occasion. Les membres des autres classes sociales et leurs défenseurs ont beau dire et répéter à tous les échos que cet article de\f0i est une erreur grossière; ils ont beau essayer de le démontrer par des beaux raison— nements, c'est peine perdue : la foi ne raisonne pas ; si elle raisonnait, elle ne serait plus la foi.
C’est un article de foi pour les masses populaires que la jouissance des biens de la terre leur est due. C’est là le noyau de la question sociale ; et c’est un noyau ayant autour de lui une pulpe qui grandit tous les jours, fruit colossal poussé sur l’arbre du matéria lisme. Nier les faits qui sont patents ne peut être d’aucune utilité.
Les masses populaires sentent qu’avec les forces humaines en jeu pour produire des moyens d’exis tence, la misère serait moins abondante si ces forces étaient employées d’une façon plus rationnelle, si elles n’étaient pas gaspillées en d’inutiles et nuisibles travaux, et si les produits du travail utile étaient mieux répartis. Si les masses sontincapables d’expli
200 L’INITIATION quer comment il en est ainsi et d’indiquer les moyens pour qu‘il en soit autrement, elles sentent fort bien qu’il en est ainsi et ont la conviction qu’on peut trouver des moyens pour qu’il en soit aurrement.
Les baïonnettes peuvent tuer les convaincus ; elles ne tuent pas les convictions ; repousser à plus tard la solution de la question sociale par une saignée du pro létariat ne ferait que rendre cette question plus impé rieuse et sa solution plus violente et plus désastreuse. Pour n0us autres théosophes, les prolétaires et les riches font également partie de l’humanité, et nous ne devons pas avoir plus de haine pour les uns que pour les autres.
Tous ont un droit égal à la vie ; tous ont un droit égal à l’erreur comme à la vérité ; l’homme ayant la puissance de se tromper avec bonne intention, il ne nous est pas permis de condam ner personne sous prétexte qu’il est dans l’erreur. On agit plus humainement en cherchant à com prendre qu’en se hâtant de juger, c’est-à-dire d’ap prouver ou de condamner.
Pour nous, comme pour d‘autres, le matérialisme est une des conditions déterminantes du malaise so cial contemporain, mais pas la seule. Nous pensons que les causes patentes ont beaucoup moins de puis sance que les causes latentes ; l’invisible contient plus d’énergies que le monde visible, et l’inconnu est plus vaste que le perçu.
Derrière la matière sensible nous comprenons l’existence de matières subtiles qui fa çonnent la première, et c’est surtout de ces matières subtiles que nous tenons compte pour nous expliquer les phénomènes du monde sensible.
QUESTION SOCIALE 201 Les religions, telles qu’elles sont enseignées au peuple, lui présentent la nature humaine comme une fois donnée par le Créateur, par conséquent comme fixe, immuable, devant de tout temps être ce qu’elle est aujourd’hui.
Les diverses églises chrétiennes assi gnent pour seule et unique fin à l’homme de passer sur la terre pendant une seule existence afin de plaire ou de déplaire à son Créateur et d’être en conséquence favorisé de la béatitude éternelle du paradis ou tour— menté par les souffrances éternelles de l’enfer.
Quand on se base sur une pareille hypothèse, il est évident que toutes les organisations sociales se valent: celles de la barbarie sont équivalentes à celles de la civilisation, puisque dans n’importe quelle condition Sociale les hommes vontaussi vite à leurs fins: la béa titude et la damnation.
C’est là que se trouve l’expli cation de l’indifférence et même l’hostilité toujours la tente si elle n’est point patente, des Églises chrétiennes contre ce que d’autres appellent les progrès de la civi— lisation. Les matérialistes ont une idée commune avec nous, théosophes :celle de;l’évolution. Pour les partisans de l’évolution, la nature humaine n’est pas fixe, im muable, une fois donnée par un Créateur et ensuite pour jamais invariable.
Pour les évolutionnistes, la nature humaine se dé— veloppe graduellement, et l’on ne connaît pas les li mites' de son développement. C’est là que gît l’opposition fondamentale et irré— ductible entre les partisans de l’évolution et les par tisans des religions exote’rz‘ques assignant à l’homme
202 L'INITIATION . .. unè seule existence pour avoir la chance de plaire ou de déplaire pour l’éternité à son Créateur. Il n’y a pas de transaction possible sur ce point ; on ne peut s’y mettre d’accord que par la capitulation d’un des deux partis.
Les défenseurs du système social actuel qui ont des Idées, -— ils n’en ont pas tous, —— s’appuient sur le dogme chrétien que même les voltairiens mécréants ont reconnu plus solide que le persiflage de leur grand homme pour servir de rempart contre le flot montant des appétits populaires.
Les partisans de l’évolution, surtout les matéria listes qui ont l’amour de l’humanité, bien que l'amour ne soit pas de la matière physique, sont les adver saires de cet ordre social parce qu’ils voient en lui une étape de ’évolution humaine qui doit être dé passée.
Le genre de vie imposé aux masses proléta tiennes dans notre organisation sociale leur interdit le développement intellectuel et le développement moral qui sont un privilège à la portée des classes fortunées —— qui n’en usent guère, soit dit en passant.
Or les partisans de l’évolution pensent que les mas ses ont, comme la minorité, droit à ces deux ordres de développement et qu’en conséquence il faut trou ver une organisation sociale qui leur permette l’exer cice de ce droit.
Les partisans du statu quo n’allèguent aucun argu— ment péremptoire en faveur de leur opinion; ils se contentent de répéter que, puisqu’il y a toujours eu des pauvres et des riches dans le monde, il faut tenir pour certain qu’il y en aura jusqu’à la fin du monde.
QUESTION SOCIALE 2 03 Cela ne veut pas dire grand’chose, pauvre et riche étant des termes relatifs susceptibles de nombreuses interprétations. Les partisans des réformes qui décla rent ne vouloir ni pauvres ni riches mais une égalité totale entre les hommes, se laissent emporter par les mots qu’ils emploient comme un mauvais cavalier par un cheval qu’il ne peut diriger.
Ils ne compren nent pas plus pratiquement la question que ceux qui veulent que les sociétés marquent le pas jusqu’à la fin des temps. - L’égalité réelle entre les hommes ne peut pas être établie par un décret, décision purement imaginaire, mais ne peut être qu’un fait résultant de la nature humaine.
Actuellement les hommes sont inégaux en santé, en vigueur, en intelligence, en moralité, et il faut les prendre tels qu’ils Sont faute d’un moule pour en façonner à la guise des égalitaires. L’égalité humaine, comme ils l’entendent, n’est qu’un fait d'imagination, mais non un fait de ce qu’on appelle la réalité, et les sociétés humaines sont des faits de la réalité.
Ce qui est réalisable, c’est une organisation sociale telle, que les forces des hommes, employées à la pro— duction des moyens d’existence, produisent des effets proportionnés à la quantité de ces forces; une orga nisation dans laquelle on évite le plus possible et le gaspillage des forces pouvant produire des moyens d’existence et celui des moyens d’existence produits; une organisation dans laquelle la faim ne soit pas un collier d’esclavage passé au cou de centaines et de milliers d'individus pour les soumettre aux caprices
204 L’INITIATION ou aux fausses idées d’un seul individu ne valant d’ordinaire pas mieux que ceux qu’il tyrannise. Ce qu’il faut demander et ce qui est réalisable, c’est une société assurant des moyens d’existence à tous ses membres, et, par moyens d’existence, il faut en tendre non seulement ceux qui concernent le corps, mais aussi, pour nous mais surtout ceux qui concer ment l’âme, l’intelligence, la moralité des individus.
Les forces qui sont actives dans les sociétés luttent les unes contre les autres, se neutralisent ou détrui sent alternativement leurs effets; il n’y a pas de direc tion rationnelle pour leur action; celle-ci est livrée aux impulsions inconnues dont l’ensemble est désigné par le mot Nature, impulsions qui sont insensées à l’égard de l’humanité dont la Nature ne parait pas tenir compte.
A l’homme, au moyen de l’intelligence et de la vo— lonté qu’il possède, de se tailler dans le monde un domaine qu’il mette de plus en plus à l’abri des in— cursions des forces naturelles non soumises à la direction de sa volonté.
La chose est aujourd’hui faisable; si elle ne l’est pas, il est au moins digne de l’homme de tenter de la faire pour que le résultat lui apprenne expérimentale ment dans quelle mesure il est apte à lutter contre les forces naturelles qui lui sont hostiles ou qui agissent sans tenir aucun compte de son existence.
L’humanité a été si longtemps passive à l’égard de son milieu, que certains de ses champions d’aujour— d’hui, les socialistes collectivistes, lui prêchent cette passivité comme un dogme, en affirmant que c’est de
LINGUISTOLOGIE 205 l’évolution naturelle des sociétés, sans intervention de la raison ni de la volonté humaines, qu’il faut attendre une meilleure organisation. Alors pourquoi ne se croisent-ils pas tranquille ment les bras en gardant le silence ? GUYMIOT.
LEN®UIST©LQGIE Je vais vous donner les indications nécessaires, aimables lecteurs et lectrices, pour juger (très superfi ciellement, il est vrai) du degré de moralité (penser et agir), de l’irrévérencieux ou plutôt de l’irrévencieuse qui vous la tirera. Vous voyez, Mademoiselle, que vous ferez bien de retenir votre langue! L’expérience et lalogique m’ont prouvé qu’une langue qui se montre Longue dénonce franc/use AGIR . . .
Courte — dzsszmulanon Large — expanszon PENSER . . Etroxte —- concentration Ces significations sont très générales. Pour plus de facilité, nous allons donner quelques détails. Longue. —- Nature franche, en dehors, agissant avec sincérité. Courte. —- Nature en dessous, cachant son jeu, agissant en sourdine. Large. — Nature expansive, bavarde, ne sachant pas garder de secrets.
206 L’INITIATION Etroite. —— Nature réservée, discrète, n’aimant pas se communiquer. Mais une langue pent se montrer en même temps longue et large, longue et étroite, etc. D’après ce que nous savons déjà, il nous est facile d’en donner les significations : Longue et large. — Bavardage intense, fran chise jusqu’à la naïveté, inconséquence; on se laisse tromper facilement, ne connaissant pas la tromperie.
Longue et étroite. —— De la franchise, mais on sait se tenir sur ses gardes ; on pense ce que l’on dit sans toutefois dire ce que l’on pense. Courte et large. — Bavardage et mensonge, on parle beaucoup, mais on ne dit pas ce qu’on pense. Courte et étroite. — Ruse et mensonge excessifs, impénétrabilité et beaucoup de prudence. Personnes toujours prêtes à tromper et qui doivent inspirer une grande défiance.
Et maintenant que MM. les médecins ne ratent jamais l’occasion d’examiner la langue de leurs ma— lades... ça peut toujours servir! ELBÈRE No.
M Œ%UNe "* SËE EAYS DES» ©MBËES PAR M“ d’ESPÉRANCE M. George Redway, l’éditeur anglais bien connu des occultistes, vient d’imprimer Shadow Land, un bien intéressant ouvrage de Mrs d’Espérance, le célèbre médium qui a été utile au savant russe Aksa— kof. C’est certainement, à plusieurs titres, le meilleur livre spirite paru depuis longtemps.
Car, outre de très intéressants récits des phénomènes ordinaires, on y trouve des considérations philosophiques et des profondeurs de vue assez rares chez un médium. Mme d’Espérance, nous paraît avoir mérité, par ses grandes qualités et son dévouement, de recevoir les enseignements d’un guide élevé.
L‘ouvrage peut se diviser en trois parties: Dans la première Mme d’Espérance nous raconte son enfance bizarre, où passent des Etres habitant un autre plan, dont les uns lui sourient et les autres semblent ne pas la voir, Etres dont l’existence lui paraît naturelle et qu’elle s’étonne de ne point avoir connus. La deuxième partie contient le récit des phéno
208 L'INITIATION mènes, et la troisième, pour nous la plus intéressante, est consacrée àdes réflexions philosophiques que bien des médiums devraient méditer. Une chose ne peut manquer de frapper surtout le lecteur, c’est la grande bonne foi, la simplicité presque naïve avec laquelle les faits sont racontés.
Le doute perpétuel d’elle-même, les précautions dont elle s’entoure au commencement, son enthousiasme et son dévouement pour la propagation d’une idée qu’elle croit, avec raison appelée à agir sur les masses matérialistes attirent à Mme d’Espérance les. sympathies du lecteur.
Il faut lire le récit de sa vie au milieu de ce monde, visible pour elle seule, et les consolations qu’elle trouve en se retrouvant parmi ses amis les esprits, lorsqu’on la menace de la folie. Parmi les récits de cette première partie, on peut retenir la vision du vaisseau fantôme, car il y a là une observation sur les effets du soleil, différant selon la position du navire qui paraît prouver l’objectivité de l’apparition.
On lira aussi avec intérêt la description de ses efforts pour convertir au spiritualisme le docteur Friese de Breslau. ‘ Après cette conversion retentissante, Mme d'Espé— rance retourne en Angleterre, et alors commence une série d’expériences spirites remarquables.
Nous re— tiendrons seulement un fait unique ou au moins très rare, chez un médium: Mme d’Espéranèe ne 'perd pas connaissance pendant les matérialisations et peut décrire toutes ses sensations. Son corps est inerte, mais son cerveau lui semble plus actif qu’à l’état \
SHADOW LAND 209 0 ordinaire. Des pensées, des impressions passentcomme l’éclair; des sons éloignés lui paraissent très rap prochés. Elle est consciente de toutes les pensées ou sensations des personnes présentes, mais se sent in capable de lever un doigt pour soulever le rideau et voir quelque chose, bien qu’elle en ait le désir in— tense. Chose encore plus curieuse, si elle fait un effort de volonté, les formes matérialisées disparais sent.
Le lecteur sera très Intéressé par la jeune « Yolande », esprit d’une jeune Arabe de'quinze ou seize ans, qui matérialise admirablement des fleurs. Un lis put même être conservé huit jours et photographié six fois. Il est évident que seul un étudiant sans parti pris peut lire ce livre avec fruit. Un expérimentateur scep tique n’en lirait pas vingt pages sans hausser les épaules.
A la suite de ces expériences, M‘"° d’Espérance s’étant aperçue souvent qu’un lien étrange existait entre elle et « Yolande » et les autres formes, com— mença à concevoir des doutes terribles. Aurait-elle induit en erreur les personnes qui se confiaient à elle P La forme ne serait—ellequ’un dédoublement de sa per sonnalité ?
Perplexité terrible dont vint la tirer, sans résoudre le problème, un expérimentateur brutal qui essaya de saisir l’ « esprit »; A la suite de cette ten tative cruelle et irréfléchie, M‘“° d’Espérance fut très malade et cessa complètement les expériences. Après un assez long repos en Suède, elle tente de nouveau l’aventure et se consacreà des essais de pho tographie spirites qui [lui furent très utiles, mais qui
210 ’ L’INITIATION malheureusement lui attirèrent bien des ennuis. Son courage ne l’abandonna pas, et elle fit tête à l’orage. Ce fut aussi à cette époque que « Yolande » matéria lisa le lis qui put être gardé huit jours. Les trois chapitres formant la partie philosophique de l’ouvrage sont intitulés : Est-ce moi qui suis Arma P ou Anna qui est moi ? — De l’ombre à la lumière, — et Le mystère dévoilé.
Voulant se rendre compte par elle-même de ce qui se passait dans les séances de matérialisations, M" d’Espérance résolut de s’asseoir en dehors du cabinet et d’observer. Plusieurs faits la frappèrent presque aussitôt: un des assistants ayant demandé à un Esprit un morceau de ses vêtements, Mme d’Espérance constata après la séance qu’un mor ceau exactement semblable manquait à sa chemise.
Une autre fois pendant qu’elle était assise tenant la main d’un enfant, une forme matérialisée fut reconnue par sa mère, Mrs d’Espérance sentit couler sur ses joues les pleurs que versait la pauvre femme et eut sur les lèvres l’impression de ses baisers! Elle perdit presque la notion de sa personnalité, sensation hor rible que fit cesser une pression de main du jeune garçon assis à côté d’elle.
Au même instant, la forme blanche disparut et laissa sa mère baignée de larmes mais rayonnante de joie. A la suite de cette séance, MH d’Espérance sentit ses doutes devenir de plus en plus grands et fit tous ses efforts pour résoudre le problème. La pensée d’avoir même inconsciemment trompé ceux qui s’adressaient à elle ne lui laissait pas de repos. Un jour, Dieu qu’elle invoquait sans cesse permit à ses guides de l’éclairer.
SHADOW LAND 2 I I Étant couchée sur un sofa, un dimanche.matin, une étrange sensation de faiblesse luivint; il lui sem bla qu’elle allait s’évanouir. Ce malaise disparut presque aussitôt, et elle se trouva au milieu de la chambre. Une nouvelle vie semblait répandue en elle et elle fut transportée au dehors, laissant sur le Sofa une forme peu lumineuse, que, dit-elle, il me sembla avoir connue autrefois, mais vaguement.
Elle se trouva dans une route étroite, avec « un ami » dont la présence la rassura.
Elle eut la perception, elle comprit à ce moment qu’elle connaissait la vérité mais qu’elle la repoussait; elle connut que lespense’es étaient la seule substance réelle, elle vit des êtres brillants qui la rendirent consciente de Son infériorité et éleva tout son être dans cette prière : « Aidez-moi afin que je puisse aider les autres. » Le calme se rétablit et le voile fut écarté.
' « Je vis, dit-elle, que la Vie répandue dans tous « les êtres est éternelle. Je compris que tous les évé nements, tous les progrès, toutes les révolutions sont la résultante des lois qui gouvernent l'Uni vers, que I’Esprit doit passer dans de nombreux organismes recueillant dans chacun des qualités et des propriétés différentes.
Je compris tout cela clai rement, et je ne fus pas effrayée de ce que la vérité pouvait révéler, et maintenant le trésor que'j’ai trouvé est encore à moi. Cet atome entrevu de la Vérité vivante m’a pénétrée d’une paix indicible et, à sa lumière, je vois, je sais que la communication âîtk;’tâkÿtâ 7‘\ à
212 L‘lNITIATION « des Esprits est vraie, vraie comme l’existence de « Dieu. » Dans les deux derniers chapitres, M" d’Espérance nous donne des reproductions de photographies et nous fait connaître les savants qu’elle a connus et qu’elle juge parfois sévèrement mais justement. En résumé, ce travail est très intéressant à bien des points de vue, et nous souhaitons qu’il soit connu en France et apprécié à sa valeur.
Une traduction française de l'ouvrage est, croyons nous, commencée depuis quelque temps. PHANEG. ËN*ÏMË fin un point de la Ïhéorie DÈS N©MBI‘RJËS L’enseignement occultiste nous apprend que tous les nombres se réduisent aux trois premiers. Le 4, qui ramène le ternaire à l'unité, renouvelle le 1 ; le nou veau ternaire, 4, 5, 6, renouvelle le premier, 1, 2, 3; et ainsi de suite. Si bien que la série indéfinie des nombres peut s’écrire ainsi : , I .—.OOmU N©@Uê 4 7 10
UN POINT DE LA THÉORIE DES NOMBRES 213 Tous les nombres de la première colonne se ra— mènent au I, ceux de la seconde au 2, ceux de la troi sième au 3. Ce sont les types de nombres. Et dans cette série de ternaires, de trinités, tous les nombres de la première colonne jouent le rôle de premier terme, ceux de la dernière de troisième terme, et ceux de la seconde de terme médian.
Les opérations par lesquelles un nombre, quelque élevé qu’il soit, se ramène à son type, sont la réduc tion théosophique et l’addition théosophique. Ainsi 4 donne 1+2+3+4 = 10 par add. théos... 10 = I par réduct. théos et ainsi des autres. et . on ‘ Or, en essayant des calculs de ce genre, je fùs‘frap pé d’une irrégularité dans les nombres du second type. Soit 5. Nous trouvons.
I 159 et 15 est un nombre du troisième type, se ramenant à 3 et non à 2. On voit que par l’addition théosophique 5 change | de classe. De même pour 2, 8, et cœtera. Par contre, la réduction théosophique laisse tou jours un nombre dans sa classe. Ainsi : 14 = I + 4 = 5. Comme je réfléchissais à cette anomalie apparente, j’eus l’idée d’essayer l’élevation au carré, et j’obtins les résultats suivants':
214 L’INITIATION 2 X 2 = 4 '_ 5X5=25=2—j—5:7. On voit donc que l’élévation au carré fait passer un nombre du second type au premier. Voici l’en semble des opérations sur un seul nombre. Je prends 11 comme le plus petit nombre du type 2, ayant plus d'un chiffre (afin de montrer en même temps la ré duction théosophique) Add.Théos. 1+2+3+...+10+11=66=12=3 lléd. Ïhéos.
1+1 :2 2 Carré IIXII=121=4=I 1 Il semble donc que le nombre 1 l, montré égal à 2 par sa place dans les colonnes et par la réduction théosophique, se polarise dans les deux autres opéra tions, passant au premier type par l’élévation au carré, et au troisième par l’addition théosophique. ‘k -vsæt Je rappellerai que l’addition théosophique sert pré cisém'ent à trouver la racine essentielle des nombres C’est comme une ascension du nombre vers l'esprit, tandis que la formation du carré est une descente dans la matière. .
Mais je dois laisser à plus instruit que moi le soin de découvrir les relations d’un fait qui m’a frappé au passage. Je note seulement qu’il sembley avoir là une nouvelle preuve que dans toute trinité le second terme est d’une essence double, et peut, en se dédou blant, tendre à la fois vers les deux extrêmes qu’il unit. J’ai cru devoir signaler ce fait, probablement
UN POINT DE LA THÉORIE DES NOMBRES 215 connu déjà, mais dont je n’avais nulle part trouvé mention. c. 44 Pour éviter de longs calculs à ceux qui voudraient contrôler le point que je signale, j’en donnerai la vé rification mathématique. On sait qu’en haute arithmétique, la somme d’une certaine quantité de nombres à partir de l’unité, forme ce qu’on appelle un nombre triangulaire. Le schéma ci-dessus est à la fois la somme des cinq premiers nombres, et le triangle ayant pour côté 5 . J’ai placé en regard le schéma du carré. Or la formule des nombres triangulaires est 71 X (n + r) 2 celle des nombres carrés : 12 X n ’ 72 étant le côté soit du triangle, soit du carré. D’autre part, les nombres des trois séries ont les formes gênérales: 3 m + 1 pour le premier type 3 m — r -- second — 3 m X r — troisième —— c’està-dire un multiple de 3 augmenté d’une unité, \‘ç"“. '. _ a-.‘.I' ‘
216 L‘INITIATION (JUIN un multiple de 3 diminué d'une unité, et un multi plede 3. On n’a qu'à voir ce que deviennent avec ces trois types les formules indiquées. Nombre triangulaire I“type (3m + 2) X (3m +2) : 9m? + 9121+ 2 2 2 : mult.{de 3+ 1 2° type (3m — 1) X 3m = mult. de 3 3° type 3m X (3m + I) : mult. de 3 ‘ 2 Nombre carré I"type (3m—j— 1) X (3m +1): 9m*+ 6m-«j—t =mult. de3+1 2e type (3m‘— I)X (3m— I)::9m2 — 6m+1 =mult. de 3+1 3e type 3m X 3m: 9m*: mult. de 3 En terminant, je note qu’une autre opération, l’élé vation au cube, laisse dans leur type les nombres de la seconde colonne. 2 X2 X 2 = 8 5 X 5 X 5 2125 : 8 et algébriquement
1898] THÉORIE DÈS DÉLUGES 2I7 (3m —— i)3: (3m)3 — 3(3m)‘*’ + 3 X 3m — i : malt. de 3 _ I X‘“, S;:: I:;; Bachelier ès sciences hermétiques. THÉ©REE asraouomun us énunus Il y a deux espèces de déluges, qu’on ne doit pas confondre ensemble : le déluge universel, celui dont parle Moïse sous le nom de ‘Maboul, celui que les Brahmes connaissent sous le nom de Dina-Pralayam, est une reprise en dissolution absolue des êtres créés.
Les déluges de la seconde espèce sont ceux qui n’occasionnent qu’une interruption dans la marche générale des choses, par des inondations partielles plus ou moins considérables.
Fabre d’Olivet. —— C’est dans le changement d’axe magnétique de la terre c’est dans l’élévation et l’abais— sement successifs de chaque pôle, entraînant une brusque rupture d’équilibre, tant du feu souterrain que des mers et de l’atmosphère, qu’on cherchait dans les temples, la loi physique des déluges.
Saint-Yves d’Alveydre. — Une série de faits bien constatés en géologie, nous montrent que la mer a plusieurs fois couvert les continents que nous habi tons. L'état actuel de la science ne permet pas le moin dre doute à cet égard, et la discussion ne peut avoir lieu ”\
218 L’INITIATION que sur les causes qui ont pu produire un semblable résultat. Les hypothèses diverses que l’on a proposées sur l’origine de ce grand phénomène sont presque toutes venues échouer contre la difficulté d’expliquer la dis— parition d’une aussi grande quantité d‘eau.
Si l’on suppose, par exemple, qu’une partie se soit précipitée dans l’intérieur du globe par quelque fente formée à la surface, ou se demande pourquoi la masse entière n’a pas suivi le même chemin.
Si l’on admet que l’abaissement du niveau des mers soit dû à l’affaisse ment d’immenses cavernes, par suite de la rupture des piliers qui soutenaient leurs voûtes, il restera toujours à expliquer comment après avoir abandonné nos continents, la mer a pu revenir les submerger à plusieurs reprises, car les hypothèses précédentes, si elles expliquent l’abaissement des eaux, sont évidem— ment impuissantes à les faire remonter sur les conti ments.
Outre l’hypothèse de Bertrand de Hambourg (1), d’un noyau d’aimant circulant le long de l’axe terres tre par suite de l’attraction des comètes et réagissant sur l’équilibre des mers, hypothèse qu’il m’appuie d’aucun fait probant, il reste la théorie exposée par Delormel, dans son ouvrage intitulé : La grande pé— riode solaire (2).
Mais, outre que la périodicité qu’il reconnaît comprend des milliers ‘de siècles, et n’a aucun caractère traditionnel, il semble qu’au point de vue scientifique, elle ne puisse être soutenue. (I) Le Renouvellement périodique des continents, 1799. (2) Paris, 1789. W..,._ m.(.,——W«-.—e ._,.
THÉORIE DES DÉLUGES 2 19 Enfin, la théorie de M. Boucheporn est inadmis— sible. La théorie qui va être exposée (I) répond en tous points aux conditions scientifiques du problème. Elle ne s’occupe nullement des causes morales, sur lesquelles la science expérimentale n’a pas encore prise. Elle relie les faits observés en géologie et en pa— léontologie dans une même explication astronomico physique, simple et, semble—t—il, inattaquable par le chiffre.
La première et fondamentale idée en revient au mathématicien français Adhémar, qui a exposé la loi de la Précession des Equinoxes et ses effets dans une œuvre vraiment magistrale. La théorie a été complétée par MM. Lehon, Julien, Croll, etc. Elle rattache la science moderne à la pensée antique par la conception de la Périodicité des déluges. 2:4» Quatre grandes lois astronomiques servent de base à la théorie.
Ce sont : 1° La loi de la précession des équinoxes; 2° La loi du mouvement des Apsides; 3° La variation de l’excentricité de l’orbite ter— restre ; 4° La variation de l’obliquité de l’écliptique.
Nous les examinerons l’une à la suite de l’autre, en nous occupant de leurs effets respectifs, au point de vue de la climatologie des temps géologiques. (l) Pour ce qui suit, Cf Adhémar : les Révolutions de la mer; deuxième édition, Julien : Courants et Révolu tions de l’atmosphère et de la mer. -— Lehon : Périodicité des grands déluges. — Lehon : l’Homme fossile en Eu rope, 1877. — Briart : Paléontologie. — Lyell : Principes de géologie, Antiquité du genre humain.
220 L'INITIATION Première loi : Pre'œssion des Équinoxes. On sait que la Terre parcourt en un an autour du Soleil un orbe elliptique représenté par la figure 1 (à part l‘excentricité). Elle décrit cette ellipse avec une inclinaison de son axe polaire de 23 degrés l/2 sur l’écliptique. Règle générale : cet axe est toujours pa rallèle à lui-même (rotation), L'orbite de la Terre a deux points que nous devons considérer.
Si le Soleil se trouvait à égale distance des deux pôles, au zénith de l’équateur, le jour et la nuit seraient égaux pour toute la terre. Cette circonstance ne se présente qu’en deux points de l’ellipse, appelés points équz'noxz‘aux, —— le 21 mars et le 21 septembre. — Nous obtenons en joignant les deux équinoxes, une ligne qui passe par le centre du Soleil.
Notons que le Soleil. la Lune et les planètes attirent incessamment le bourrelet équatorial de la Terre. L‘é quateur tend ainsi à se confondre avec l’écliptique. L’axe de notre globe décrit une surface parfaitement conique autour de la perpendiculaire au plan éclip tique. Ce léger mouvement rotatoire détermine néces
THÉORIE DES DÉLL‘GES 221 sairement à son tour un mouvement correspondant dans les positions successives de la ligne des équinoxes.
Or cette ligne, toujours perpendiculaire à l’axe polaire et en même temps située dans les deux plans de l’éclip tique et de l’équateur, ne doit se confondre avec la ligne qui joint le Soleil au centre de la Terre qu’aux deux époques de l’année où la durée des nuits devient égale à la durée des jours pour tous les points placés à la surface de notre globe.
Dès lors, il devientévident que le retour de ces deux époques subira exactement la même variation que celle à laquelle notre axe po-\ - laire se trouve lui-même soumis. /./i'-A. i"'—n A " , Fig. 2.
Cette variation, qui porte en astronomie le nom de précession des équinoxes, quelque légère qu’elle puisse paraître, détermine cependant, dans le retour périodique de chaque saison, une avance dont la durée s’élève à 50 secondes. -—- Par ce phénomène, le 'moment de l’équinoxe précède donc un peu le moment où la Terre arrive en P, son équinoxe précédent.
Chaque année, le nouvel équinoxe précède l’ancien, et nous obtenons chaque année, une ligne des équi— noxes différente des anciennes. (V. fig. 2). o
2 2 2 L’INITIATION En 25.800 ans environ, la ligne A Pa passé par toutes les directions dans le plan de l’éclipse et est revenue au même point du Zodiaque. Deuxième loi : Mouvement des apsides. Mais la ligne des apsides, au grand axe de l’orbite terrestre, n’est pas fixe : elle tourne dans le plan de l’ellipse dans le même sens que le mouvement de la Terre autour du Soleil, etvaà la rencontre de la ligne des équinoxes. Ce mouvement comporte 11”,8 par an, ce qui donne une révolution en 108.000 ans. — L’effet est d’accélérer. en quelque sorte, le mouvement de la ligne des équinoxes, qui au lieu de parcourir 50",10en parcourt 61".g. Au lieu de mettre 25.800 ans pour faire le tour de l’ellipse, la ligne des équinoxes n’emploie en réalité que 21.000 ans. (N. B. — Ne pas confondre la ligne des solstices, toujours perpendiculaire à la ligne des équinoxes, avec le grand axe de l’orbite; leur angle est d’envi ron 10 degrés.) Fig. 3. Fig. 4. Il résulte de ces deux lois astronomiques qu’au bout de 10.500 ans (1/2 de 21.000 ans), la ligne des
THÉORIE DES DÉLUGES 223 , __ .....,, .,. .. ,,..a r:.l..r —:;.-_. équinoxes A P (fig. 3) a accompli la moitié de sa révo lution et est devenue P A (fig. 4). Au bout de 21.000 ans P A est redevenue A P' fig. 3)< Ceci posé, abandonnons un instant la précession et occupons-nous des saisons. 0‘! Les quatre saisons astronomiques forment [une année, c’est-à—dire exactement le temps que la Terre emploie pour décrire l’écliptique. -— Celle-ci se par tage entre les saisons, comme le montre la fig. 5, pour les habitants de l’hémisphère nord. «d‘4‘ Mais, pour les habitants de l’hémisphère sud, les saisons sont renversées. Notre hiver correspond à leur été, notre printemps à leur automne. Pour eux, les saisons se partagent l’écliptique de la façon suivante :
2 24 L’INITIATION m« u_ux \_ -v—« e Fig. 6. 4 Réunissons les deux figures, en écrivant les sai sons de l’hémisphère nord à l’intérieur de l’ellipse et celles de l’hémisphère sud, à l’extérieur de l’ellipse. }/1 (1Lè ,,1 ,m. ,« 1 A ..‘ Fig. 7. _N’oublions pas que les points A et P sont les _ points équinoxiaux qui tournent sur l’écliptique en 2 I .000 ,ans. , ' L’inspection de la figure 7 nous montre que les saisons sont inégales.
L’arc b est plus grand que l’arc a (excentricité). Valeur de la différence: l’arc b : l’arc a + 8 jours. Notre bonne saison (printemps, été) dure donc 8 jours de plus que notre mauvaise saison (automne, hiver).
THÉORIE DES DELUGES v 225 Sous l’hémisphère sud, la mauvaise saison dure 8 jours de plus que la bonne. C’est-à-dire que la mauvaise saison dure au sud 8 jours de plus qu’au nord, Par suite du rayonnement produz’tpar les longues nuits d’hiver, l’hémisphère sud se refroidit chaque année de plus en plus, par rapport à l’hémisphère nord. Voyons de quelle quantité : l’hiver dure, au sud, 168 heures de nuit de plus qu’au nord. .
Si nous prenons pour unité, la quantité moyenne de chaleur que le Soleil envoie en une heure à la Terre, la chaleur accumulée au bout de l’année au pôle nord sera exprimée par 168, tandis que la cha leur perdue au pôle central sera égale à 168 fois celle que le rayonnement enlève en 1 heure.
Au bout de l’année, la différence de chaleur des deux hémisphères sera représentée par 336 fois celle que la terre reçoit du Soleil ou perd en une heure par le rayonnement. Conclusion : L’hémz’sphère sud se refroidit et l’hé— misphère nord se réchaufi’e, l’un et l’autre dans la même proportion.
Mais, si l’hémisphère sud se refroidit continuelle— ment, il doit se former chaque année autour du pôle sud plus de glace qu’il ne s'en forme dans le même temps au pôle nord. Cette différence, d’abord minime, finira par devenir considérable, quand elle aura été répétée pendant plusieurs milliers d’années. Figurons-nous les masses de glaces qui se seront formées aux deux pôles pendant cinq ou six cents ans. Les effets ne seront pas encore appréciables,
226 L'lNITIATION parce que les glaces ne touchent pas encore le fond de la mer. Mais, au bout de deux ou trois mille ans, la masse des glaces antarctiques a augmenté suivant une pro gression beaucoup plus rapide, pour deux causes : 1° Excès de longueur de l’hiver. 2° Refroidissement causé dans l’atmosphère par le rayonnement de cette immense accumulation de glace.
Il viendra un moment où la surface inférieure de la coupole touchera le fond de la mer. Dès lors, le centre de gravité de la coupole glacée tendra à s'élever rapidement, à mesure que celle-ci s’accroitra. Le centre de gravité de la terre-sera en traîné dans le même sens et se rapprochera du pôle sud, ainsi que l’indique la figure 8. Mais, de la position du centre de gravité dépen dent l’équilibre et la stabilité des océans.
Si le centre de gravité se déplace, les eaux se déplaceront dans le même sens. ._ Les eaux de la mer envahiront l’hémisphère aus tral. . Du même coup, elles mettent à découvert la plus grande partie des terres de l’hémisphère boréal. Voici donc quel est notre résultat : 1° Au bout de plusieurs milliers d’années, les glaces antarctiques touchent le fond de la mer et leur centre de gravité s’élève rapidement. 2° Le centre de gravité du globe se déplace vers le pôle sud. , 3° Les eaux de l’hémisphère nord envahissent
THÉORIE DES DÉLUGES 2227 l’hémisphère sud; résultat que nous représentons ainsi (fig. 8). Revenons un instant en arrière et rappelons-nous quelle est la cause immédiate du phénomène : c’est la différence de durée entre l’hiver de l’hémisphère sud et celui de l’hémisphère nord. ' Remontons plus loin encore et remettons-nous en mémoire le grand fait de la Précession des Equinoxes ' combinée avec le mouvement des Apsides. J."r“ Fig. 9.
Reprenons la figure qui montre la place des équi noxes 10.500 ans après l’epoque supposée, et éta blissons pour cette figure la place et la durée des saip
2 2 8 L’INITIATION sons, tant de l’hémisphère sud que de l’hémisphère nord. Comparons la figure 7 avec la figure 9. Nous voyons que les conditions représentées par la première sont renversées dans la seconde. l’arc (7 : l'arc (1 + 168 heures. Mais, contrairement à ce qui se passait tantôt, ces' 168 heures sont pour notre mauvaise saison, tandis que celle du sud est plus courte que la nôtre.
Donc, 10.500 après l’époque représentée par la figure 7, notre hémisphère se refroidit et l’hémisphère sud se réchaufÏe. ‘ Donc, la calotte de glace nord s’épaissit et s’étend pendant que celle du sud fond. Au bout d’un temps très long, les glaces du Nord touchent le fond de la mer et leur centre de gravité . s’élève. ’ Le centre de gravité de la Terre s’avance vers le pôle nord.
Les eaux accumulées au sud, le suivent, envahis sent notre hémisphère et submergent nos continents (v. f. 10). ' Les mêmes faits vont se reproduire alternativement En effet, au bout de 10.500 nouvelles années, par le continuel mouvement des équinoxes, les figures 9 et 10 seront ramenées respectivement aux figures 7 et 8, et les équinoxes auront accompli leur révolution com plète (21.000 ans). Dès lors, les mêmes conditions représentées par la figure 7, conditions qui se réalisent de nos jours, se
THÉORIE DES DÉLL‘GES 2;9 ront ramenées. Les eaux du nord envahiront l’hémis phère sud (fig. 0). 10.500 ans après, ces eaux repas seront chez nous, en nous inondant de nouveau. Et ainsi, le mouvement de cet immense balancier con tinuera tant que les causes astronomiques et phy siques invoquées agiront sur notre planète. ' <3 1.12m ,'/n{a. .v-. Fig. 10. Nous voici arrivés à une vue d’ensemble réellement imposante.
L’œil suit avec un étonnement mêlé d’ef froi cesvastes oscillations des mers terrestres, ces inon dations immenses, destructrices des flores et des faunes, et, malgré soi, on évoque ces dangers suprêmes suspendus sur l’humanité future. 'h 44 Troisième loi: Variation d’excentrz‘cite’ de l’orbite terrestre: Cette troisième loi cosmique a dû joindre sa puis sante influence aux deux autres pour produire les effets grandioses constatés par la géologie.
2 30 L’INITIATION Avec les siècles, l‘ellipse que trace la Terre dans l’es pace pendant sa révolution annuelle, s’allonge ou se raccourcrt, s’éloignant ou se rapprochant ainsi de la forme circulaire. Laplace avait exposé ce thorème: « Les ellipses des planètes s’approchentou s’éloignent insensiblementdela forme circulaire. » Lescalculs ont montré qu’en un siècle et pour la Terre l’excentricité diminue de 0,0000416 billionièmes.
Elle décroît de— puis 13.000 ans et le fera encore pendant 24.000 ans. Son minimum sera de 0,0033 dix millièmes. A partir de cette époque, elle croîtra jusque vers l’an 70.000 et atteindra un maximum égal à 0.0211 dix millièmes.
Suivant les calculs de MM. Stone, James Croll et Carrick Moore, Lyell donne les chiffres sui vants : Partant de la première année de notre siècle et éva luant alors à 2 millions de milles la différence des distances de la Terre au Soleil lorsqu’elle est au péri hélie et à l’aphélie, et à 8 jours, le surcroît de durée de l’hiver d’un hémisphère sur l’autre, on a trouvé qu’il y a 100.000 ans, la différence de distance de la Terre au Soleil aux deux moments indiqués ci-dessus, était de 8 millions 1/2 de milles et la prédominance de l’hiver d’un des hémisphères, de 23 jours.
Qu’en se reportant à 200.000 ans, la différence de distance en périhélie et aphélie était de 10 millions 1/4 de milles, et la prédominance de l'hiver d’un côté de l’équateur de près de 28 jours. Qu’il faut alors re— monter jusqu’à 750.000 ans pour retrouver une période de froid égale et que la plus intense de toutes ces périodes a eu lieu il y a 850.000 années. Alors,
THÉORIE DES DÉL.UGES 231 la différence de distance de la Terre au Soleil en une année était de 13 millions 1/2 de milles, et la diffé rence de durée de l’hiver des deux hémisphères de 36 jours (hiver pris dans le sens de mauvaise sai— son). Si nous combinons ces phénomènes avec la préces sion des équinoxes et le mouvement des apsides, nous serons frappés des perturbations qui doivent se produire dans l’économie du globe.
En effet, plus l’orbite de la terre présente d’excen tricité, plus la différence de durée des saisons s’accroît. Au moment d’une grande excentricité, les intensités de refroidissement doivent devenir extrêmes dans l’hémisphère qui a son hiver en aphélie. Les effets des phases de la précession sont en un mot considéra— blement exagérés pendant un grand nombre de mi liers d’années quedurel’excentricité plus ou moinsex trême de l’orbite.
Les effets inverses doivent se pro duire dans le second hémisphère. M. Hirsch a calculé que pendant la durée du minimum d’excentricité de l’orbite, l’intensité de la Chaleur solaire au périhé— lie est de 0,016 plus forte qu’à l’aphélie, qu’actuelle ment, cette différence est 0,066 et, qu’à l’époque du maximum d’excentricité, elle est de 0,367.
« On voit ainsi, dit-il, que la variation d’excentricité et celle de la position des apsides se combinent de manière à produire un effet maximum lorsque le solstice d’été coïncide avecle périhélie,pendantquel’excentricité de l'orbite a sa plus grande valeur. Dans ce cas, le con traste des saisons extrêmes peut atteindre une valeur dont nous n’avons pas d’équivalent dans l’état ac
. 2 3 2 L’INITIATION tueldu globe, même à l’intérieur des continents où la différence detempérature est le plus forte. » Ce contraste des saisons extrêmes peut atteindre,. suivant Hirsch, une valeurqui dépasse de plus de 30° celle qui existe actuellement.
Tenons donc compte de ce puissant phénomène qui peut porter à des limites suraiguës la différence des températures des deux hémisphères, différence qui fait le fond de la théorie que nous exposons, et passons à l’examen de la dernière loi cosmique. 1h ‘4 Quatrième loi : Variation de l'oblz‘quite’ de l’éclip— tique. On sait que cette obliquité varie lentement.Aujour d’hui, elle est de 23°,12.
Le soleil n’éclaire plus le fond du puits de Syène, célèbre par les observations d’Eratosthènes, La diminution est de 48' par siècle. Suivant Lagrange, la variation se fait entre 21° et 28°,1. La diminution de l‘obliquité rapproche les tropiques et les cercles polaires de l’équateur. L’aug mentation de l’obliquité les écarte. Le premier cas se produisait ily a 16.300 ans.
Alors, les saisons équa toriales étaient plus chaudes et les saisons polaires plus froides. Le contraire a lieu dans le second cas, au maximum d’obliquité. Car il est évident quela quan tité de chaleur reçue vers les pôles décroît en raison directe de la diminution de l’obliquité de l’écliptique (I)Delormelsupposait que la diminution était indéfinie et que les pôles faisaient une révolution complète.
THÉORIE DES DÉLUGES 233 ærw‘=r ou de l’abaissement du Soleil vers l’horizon, en été. Ce refroidissement peut atteindre, pour les régions polaires, uné moyenne annuelle de 4'.° à 8°.
Sur la pla— nète Mars, les écarts de température des saisons sont plus extrêmes que sur la Terre actuellement, parce que l’angle d’obliquité est plus grand (28°,42) : dans de telles conditions, les régions polaires de Mars ont des étés très chauds et des hivers très rigoureux.
Aussi peut-on distinguer, de la Terre, les immenSes masses de- glaces et de neiges hivernales qui s’accumulent pendant une demi-année de Mars, jusqu’à couvrir un tiers de son disque, pendant qu’on voit fondre gra duellement la tache blanche de l’autre pôle.
Tenons donc également compte de ce quatrième phénomène qui favorise la différence des tempéra— tures tout au moins des deux hémisphères, et résu mons les résultats généraux auxquels ces qua tre grandes lois cosmiques nous ont ame nes : t ou Nous considérons comme vraisemblables, les pro positions suivantes : 1° Par suite de la Précession des Equinoxes com binée avec la révolution des Apsides, il y a inégalité entre la somme des heures dejour et de nuit des deux hémisphères.
2° Cette inégalité produit une.dzflérence dans les températures correspondantes et dans les masses de glaces de chaque pôle. 3° Cette dzfi‘érence est exagérée par les efl’ets com binés de la variation d’excentrz’citc’ de l’orbite ter—
234 ' L’INITIATION reslre et de la rarz'alz’on d’oblz'quité de l’écliptique. 4° L’inégalzte’ qui existe entre les poids des deux masses glacées déplace le centre de gravité du globe. 5° Du déplacement du centre de gravité résulte le déplacement des eaux.
6° Ce déplacement des eaux s’opère en une période de temps de 10.500 ans environ, en ne tenant compte que de la précession et sans rien présumer sur les causes encore inconnues à notre science expérimen tale. Il produit chaque fois une submersion d’une partie de la Terre avec une émersion correspondante.
7° Ce déplacement peut être accompagné de phéno' mènes éruptz‘fs, de tremblements de terre, etc., pro duits parle déplacement du NOYAU IGNÉ TERRESTRE.
Maintenant que la loi générale est établie, il est plus que temps d’étaler sous les yeux du lecteur le nombre immense de preuves qui militent en faveur de la théorie. —— A côté de la déduction en quelque sorte mathématique dont nous nous sommes servis jusque maintenant, la voie plus lente et en même temps plus sûre de l’observation patiente amenait les géologues aux mêmes résultats.
Mais, pour ne pas sortir de notre cadre, nous devons nous borner, et nous ne ferons qu’énumérer quelques faits particu lièrement intéressants, en renvoyant le lecteur aux ouvrages qui traitent spécialement de la question et que j’ai cités plus haut. a) Preuves physiques. -— Nous ne nous arrêterons pas à la question du refroidissement de l’hémisphère nord, depuis 1248, et du réchauffement de l’hémi sphère sud. Elle est pendante et, nous semble-t-il, peul
THÉORIE DES DÉLUGES 235 importante, d’autant plus que les perturbations locales peuvent à chaque instant occasionner des méprises sur la marche générale de la température en Europe. D’ailleurs, nous sommes encore trop près de cette date, pour pouvoir apprécier sans erreur la significa tion réelle de la série d’observations qu’on possède à ce sujet et pour pouvoir en tirer des conséquences lointaines, intéressant des milliers d’années.
Mais nous ferons remarquer la prédominance actuelle des eaux dans l’hémisphère sud, ainsi que nous le montre la loi toute mathématique de leur’distribution: « En descendant du nord au sud, le rapport de la terre à la mer, sur chaque parallèle, suit une progression régulièrement décroissante et dans laquelle aucun terme ne rétrograde sur le terme qui précède. » Le fait que Nansen aurait trouvé au nord des pro fondeurs de 4,000 mètres ne peut fournir un argu ment contre la théorie.
En général, les grandes pro fondeurs, réparties sur des espaces étroits, se trouvent dans l’hémisphère nord. Or, c’est ce qui doit arriver, si l’on considère que les eaux australes doivent recouvrir d’anciens continents, c’est-à-dire d’immenses plateaux dont l’élévation a pour résultat de nous em pêcher de connaître le fond véritable de l’ancienne» mer. La seule chose qui importe est le rapport de la. terre à la mer.
Remarquons ensuite les amas de glaces qui entou rent les deux pôles et rappelons-nous que les glaces de l’hémisphère sud se rapprochent de 10 degrés plus près de l’équateur que celles de l’hémisphère nord. Adhémara mathématiquement évalué l’épaisSeur de
236 L’INITIATION la calotte australe à 20 lieues, épaisseur suffisante, calcule-t-il, pour maintenir la presque totalité des mers à près d’une lieue de hauteur au-dessus des con tinents de l’hémisphère austral, épaisseur de 20 lieues répartie, d'ailleurs, sur une surface immense de 785.000 lieues carrées, ce qui le réduit pour nous à peu de chose. Nous savons que la température moyenne australe est assez inférieure à celle del’hémisphère nord.
Mais, si elle est plus basse, elle est aussi plus uniforme et c‘est cette dernière circonstance qui permet aux fou gères arborescentcs de s’éloigner plus de l’équateur, au sud qu’au nord, car les plantes souffrent surtout de‘grands écarts de froid sans avoir besoin d’une grande chaleur estivale.
Mais le point capital est ce fait que tous les grands courants prennent naissance à la glacière australe, pour s’infiéchir ensuite en diverses directions selon les obstacles que leur opposent les continents; La fusion des glaces australes peut seule expli— quer ce‘ grand fait.
On a même vu ces courants charrier des glaces détachées de la calotte du pôle jusqu’au cap de Bonne-Espérance. ‘ Tout ceci nous prouve que le centre de gravité de la Terre se trouve actuellement au sud de l’équateur, ce qui est dû à l’accumulation des glaces au pôle sud, et que le prochain déluge, s’il a lieu, doit se faire du sud au nord.
Mais, remarquons que la masse d’air qui entoure notre globe est, par sa légèreté, beaucoup plus mobile que la mer. Donc. elle doit obéir plus rapidement »———a—-—æ.., s‘——nl --. —' ‘..(..
THÉORIE DES DÉLUGES 237 aux attractions diverses provenant du déplacement du centre de gravité. On peut regarder comme pro bable que le déplacement de l’air sera sensible long— temps avant le déplacement des eaux.
Or, il résulte d’un travail de M. Maury, ancien directeur de l’ob servatoire de Washington, que la couche atmosphé rique présente des renflements considérables au dessus des régions tempérées, et offre une épaisseur sensiblement plus forte vers le pôle nord que vers le pôle austral. Ce résultat tendrait à montrer que nous sommes déjà envahis par l’air, avant que les eaux se décident à quitter leurs lits actuels.
A tous ces faits qui rompent l’équilibre symétrique que l’on supposait devoir régner sur notre planète, il faut une cause, et jusqu’ici, nulle théorie ration nelle, basée sur une loi recopnue, n’a été présentée si ce n’est celle qui nous occupe. b) Preuves astronomiques—On lit dansl’Histoire naturelle de l’Angleterre de Thildrey, à propos des éclipses centrales de Lune, qui se font près de l’équa teur, le passage suivant extrait de Képler: « Il faut remarquer que cette éclipse, pareille à celle que Tycho observa en l’année 1588, c’est-à-dire totale ou quasi centrale, me trompa fort dans ma sup— position, cai‘, non seulement la durée de son obscu rité totale fut fort courte, mais le reste de la durée d’avant et d’après l’obscurité totale le fut encore davantage, comme si la terre était elliptique et qu’elle eût un diamètre plus court sous l’équateur que sous les pôles. » ' Les calottes de Mars nous prouvent avec (quelle
238 L’INITIATION ' rapidité se font et se défont les coupoles polaires. comme nous le disions plus haut.
Mais, il existe une observation curieuse, faite en 1839, par le prince Louis—Napoléon et M. d’Abadie: le disque de Mars leur parut avoir la forme d’un cœur : si l’on montrait que la plus grande des deux calottes se trouve dans l’hémisphère de Mars qui a l’hiver le plus_long, la théorie serait prouvée. c) Preuves géologiques. — Ici, les preuves sont innombrables.
Disons d’une manière générale qu’on divise les matériaux de la croûte terrestre en deux grandes classes : les terrains plutoniens et les terrains neptuniens. Les premiers ne sont pas stratifiés; les seconds sont disposés en strates régulières. Ils ont été déposés par l’eau, comme la boue et les sables de nos mers et de nos lacs ;_puis ces roches se sont soli difiées sous une énorme pression.
Or, pour que ces terrains neptuniens, sédimentaires ou métamor phiques, stratifiés, se soient déposés, à des époques et en des lieux différents, il a fallu des immersions répétées produites par les eaux qui les tenaient en suspens. Les géologues ont compté huit ou neuf sub— mersions successives pour le sol de la France, deux principales pour la Belgique et un grand nombre de secondaires. Voilà la preuve générale et fondamen tale.
Pour faire un choix entre mille détails. nous cite rons les descriptions de phénomènes géologiques généraux faites par des géologues ne connaissant pas la théorie. Beudant, en parlant du soulèvementdes Alpes prin ur ' "‘:Ap.hhz
THÉORIE DES DÉLUGES 2 39 .3 cipales, s’exprime ainsi : « Les effets produits par cette grande catastrophe, nous montrent ‘qu'en Europe, d’énormes courants d’eau ont dû s’établir alors dans toutes les directions et sillonner tous les dépôts qui se trouvaient émergés.
Mais la masse des eaux four nies par les lacs de l’époque précédente, dont les digues ont sans doute été rompues par le boulever— sement, n’est pas en rapport avec l’étendue des ré sultats accomplis, et il faut que la quantité ait été prodigieusement accrue par quelques circonstances inconnues jusqu’ici, qu’on peut attribuer peut—être à la fonte sqbite d'immenses dépôts de neiges accu— mulés antérieurement sur les Alpes occidentales, ou à des pluies torrentielles longtemps continuées, ou enfin à de grandes oscillations des mers.
Quoi qu’il en soit, les courants qui se formèrent alors, en sillon— nant la surface des terres, en ont transporté les débris de toutes parts.
V De là, les immenses alluvions de la vallée du Rhône, de la Crau, des plaines de la Lombardie, de celles de la Bavière, de la vallée du Rhin, etc. De là aussi l’existence de plusieurs de nos grandes vallées, la configuration dernière des autres, ainsi que les érosions et les dénudations que nous aperce vons en tant de lieux différents.
M. Hubert cite, dans le bassin de Paris, des érosions puissantes qui ont raviné le soljusqu’à une profondeur de 100 mètres, enlevé la plus grande partie du calcaire pis\olitique et fortement entamé la craie sous—jacente. Des observations de M. Ebray, il résulte que les courants diluviens ont produit des dénudations qui
240 \ L’lNlTIATION ont atteint des puissances verticales de 600 mètres dans le département de la Nièvre; de 400 mètres dans celui du Cher, de 300 à 400 aux environs de Lyon; de 560 aux environs de Mâcon !
Alcide d’0rbigny fait un tableau saisissant des ravages produits par les invasions de la mer : « Il est impossible de parcourir un point quelconque de la France sans apercevoir les traces évidentes de ces mouvements superficiels des eaux, qui ne peuvent en aucune manière s’expliquer par les causes actuelles.
Parcourons-nous les plaines deChartres, de la Cham pagne et même du Poitou, nousy voyons, à la surface du sol, des silex enlevés à la craie, provenant de dénudations profondes.
Les environs de Paris, au bois de Boulogne, au Point-du-Jour, à Neuilly, monÀ trent des alluvions anciennes proportionnées aux dénudations opérées sur ce point, sans doute par plu sieurs perturbations géologiques successives d’une grande puissance; car on y trouve réunis les débris de roches plutoniques, telles que des roches granitiques et porphyritiques apportées des Vosges ou du Plateau central de la France, mélangées à des restes de roches stratifiées, dépendantes de l’étage crétacé sénonien, et de tous les étages tertiaires du même bassin.
Il n’est donc pas douteux que le mouvement des eaux qui a pro duit ces alluvions considérables ne s’étendit des Vosges ou du Plateau central de la France jusqu’à Paris, et qu’il n’eût assez de force pour transporter, à des dis tances aussi considérables, des fragments de roches aussi pesants. Voulons-nous avoir une idée du transport qui s’est
THÉORIE DES DÉLUGES 241 opéré durant les dernières commotions géologiques, et de la force avec laquelle les eaux agissaient sur les roches consolidées P Nous en aurons une preuve sans nous éloigner de Paris. Que sont devenues, en effet. ces couches qui unis— saient entre eux, autour de Paris, le mont Javoult, le m‘ont Meillan, Montmorency, Montmartre, le mont Valérien et qui devaient former un grand tout avec Clamart et Sèvres?
Ici les eaux ont enlevé la plus grande partie des couches et ont formé des lambeaux restants, de véritables montagnes de dénudation. Il n’y a eu cependant que trois commotions géologiques postérieures à l’étage tongrien qui couronne ces som mités.
Nous avons fait remarquer, qu’en Touraine, il res tait à peine un centième de la surface des dépôts marins de l’époque falunienne, les autres parties ayant été enlevées seulement par deux perturbations géolo giques. ’ 'On doit donc voir, dans cqs vastes dénudations de couches, des moyens de transport, d’une force extra ordinaire bz'en au-dessus de tout ce que peut donner la nature actuelle, et qui résultent évidemment des perturbations géologiques.
Les dénudations que n0us signalons et qui sont pour ainsi dire sous nos yeux, existent dans la nature. On les trouve tout autour du bassin anglo—parisien, dans l’élargissement de toutes les vallées, dans le morcellement en lambeaux des dépôts marins ter tiaires qui dépendaient d’une merbnique et devaient couvrir de vastes surfaces. On en reconnaît les effets
242 L’INITIATION dans le drift qui couvre le sol américain et dans tous les matériaux sédimentaires meubles, charriés par— tout à la surface du globe. En un mot, les dénudations les transports de sédiments superficiels, sont généraux sur la terre et aussi certains que les mouvements des eaux qui ont pu les produire... » Nous n’en finirions pas si nous voulions tout citer. Disons cependant encore quelques mots.
Remarquons que la masse des eaux se trouvant dans l’hémisphère sud, le dernier déluge s’est produit du nord au sud, en balayant l'Europe, et en laissant ces innombrables lacs (absents au sud) qui prouvent l’émergement récent de notre hémisphère et la retraite des mers vers le pôle austral. -— Eh bien, en parcou rant les contrées du nord de l’Europe, on reconnaît partout les traces d’une immense catastrophe que les savants ont nommée Diluvium du Nord.
Ce sont des masses énormes de débris arrachés aux montagnes de la Suède et de la Finlande et couvrant en grande partie l’Allemagne, la Pologne et la Russie. Il en est de même dans l’Amérique septentrionale et en Italie. Ces dépôts _ont la forme de collines allongées du nord au sud.
Partout, les savants ont trouvé dansles contrées du Diluvium la surface des roches polie, rayée par un nom bre immense de sillons dont la direction moyenne est toujours nord-sud. On en a retrouvé jusque dans les Pyrénées. Nous empruntons ces mots au célèbre d’Archiac : « Il est remarquable, dit—il, que, dans l’hémisphère sud
THÉORIE DES DÉLUGES 243 on trouvele même phénomène que dans les parties septentrionales de l’ancien et du nouveau monde et, de plus, avec des limites semblables. Il y a aussi un Diluuium duSud. On est doncobligé d’admettre que le diluvium, le bouleversement européen, n’est pas un fait unique et isolé, mais bien un phénomène alter— natif et périodique propre aux deux pôles dela terre.
Pour expliquer le diluvium du Nord, M. Durocher conçoit « qu’une grande ' masse d’eau, partie des régions polaires, et probablement accompagnée de glace, est venue inonder les contrées septentrionales depuis le Grœnland jusqu’à la chaîne de l’Oural.
Le courant s’est précipité du nord vers “le sud, envahis sant la'Norvège, la Suède et la Finlande, démante— lantle3 montagnee et les rochers qu’il trouvait sur son passage, polissant leur surface et y traçant des sillons et des stries au moyendes détritusqu’il en arra chait.
Les mêmes masses d’eau qui avaient passé surla Scandinavie et la Finlande ont du se répandre sur l’Allemagne, la Pologne et la Russie et y produire encore des phénomènes d'érosion et de transport. » Bornons—nous. Aucun esprit non prévenu ne Peut méconnaître que les faits se laissent grouper d’une manière très satisfaisante, autour de l’idée d’une pério -dicité diluvienne, alternativement boréale et aus— trale. Notre tâche touche à sa fin.
Il ne nous reste plus qu‘à considérer les déluges dans leurs effets destructeurs puis de mettre un pied dans le domaine de la tradi
244 L’INITIATION tion et de dire quelques mots de la dernière et de la prochaine catastrophe. C’est ici que l’intérêt devient palpitant.
Quels drames terribles n’ont pas dû se passer, dans la pro fondeur des âges, au milieu des flux grandissants des mers déchaînées ? quelles hécatombes ne se sont pas produites? -— Quelles fuites aveugles et désespérées, quelles luttes gigantesques et inutiles n’ont pas provoquées les eaux montant à l’assaut des conti nents P — Ces fuites et ces hécatom Des, les ossements animaux et les débris végétaux que nous retrouvons dans les cavernes et les grands dépôts, nous les peignent et nous en témoignent suffisamment.
L’ar gile plastique de la région de Paris nous fait assister à ce spectacle des forêts fracassées, des animaux sur pris mêlant leurs débris à ceux des végétaux et aux fragments de roches roulés, tout cela dans l’argile, tortues, crocrodiles, coryphodons, gastornis, etc. — Les grands lacs miocènes de la péninsule ibérique ne doivent-ils pas leur existence au départ des eaux boréales vers le sud, au gonflement de ces eaux qui, au moment des débâcles, gagna certaines parties élevées des terres et y remplit des creux qui devinrent deslacs situés à des altitudes plus ou moins considé rables au-dessus du niveau des mers P — Les carrières qui environnent la ville de Bruxelles ne nous montrent-elles pas des pierresconcrétionnées, ravinées, creusées par des courants venant du sud, avec des déchirements en entonnoirs, avec des fos siles caractéristisques, dents de squales usées et num mulites loevigata P —
' THÉORIE DES DÉLUGES 245 / Lors d’un de ces cataclysmes, relativement récent, les terres basses de l’Angleterre, des îles normandes, de Bretagne, de Vendée et du plateau d’Auvergne furent certainement balayées par le flot gonflé. Les animaux entraînés furent roulés au fond des vallées situées sur les flancs septentrionaux des Pyrénées et qui s’ouvrent en entonnoirs vers le Nord. Telle est l’origine du dépôt de Sausan.
D’autres cadavres, roulés dans le golfe également ouvert au nord qui échancrait le plateau de l’Au vergne, allèrent butter au fond de ce cul—de-sac et on les retrouve à lssoire. Les admirables travaux de Lar— tet, Bravard, Croisset et Delessert ont fait connaître ces anciennes créations. Mais tous ces désastres sont peu de chose à côté de ceux qui marquèrent probablement la formation de la mer Campinienne.
Pendant les années de tranquillité qui la précèdent, une faune grandiose, colossale, couvre les terres de l’hémisphère nord et de l’Amérique du Sud. L’homme n’existe pas encore, et les mammi fères, arrivésà leur plus hautdegré de développement, remplacent les gigantesques reptiles des époques secondaires.
Nos contrées sont occupées par les éléphants, les mastodontes, les rhinocéros, les hippo potames, les dinothériums, les singes, hyènes, ours des cavernes, le grand cerf à bois gigantesques, le bœuf, le cheval, etc. Le continent américain est habité par l’étrange famille des mégathérides, plus massifs que les éléphants, les tatous monstrueux et leur retoutable ennemi, le tigre à canines en poignards de neuf pouces de longueur. Dans l’lnde se trouvent
246 L’INITIATION le grand sivathérium à quatre cornes et des tortues d’une espèce colossale, la Colossoche1ys atlas. Enfin, sur les plateaux de l’Asie centrale errent d'innom brables troupeaux d’éléphants couverts de laine, ainsi que le rhinocéros du Nord. C’est cette faune remar quable qui fut détruite par un retour des eaux venant du Sud, et les grands mammifères couvrirent de leurs débris les contrées atteintes par les eaux.
Ces débris se retrouvent surtout en quantité extraordinaire dans les Apennins, dans les plaines de Lombardie, en Grèce, à Pikermi. contre les monts Siwalik, en Asie. La théorie rend parfaitement compte de ces phénomènes de détail. La chaîne de l’Apeunin s’infléchit vers l'ouest, au nord de Florence, et enveloppe le val d’Arno supérieur.
Un courant océanique venant du sud et passant sur le Sahara s’engoufl’ra entre l’Atlas et la Sardaigne à gauche, et la Sicile à droite, et, balayant les terres de l’Italie occidentale, en roula les cadavres vers le nord. Ces cadavres rencontrèrent, au val d’Aruo, la barrière infranchissable des Apennins et s’accumulèrent dans ce vaste ossuaire.
Une autre branche du courant, roulantentre l’Italieetla Dalmatie, transporta les cadavres dans la vallée du P6, et là, arrêtés par les Alpes, ils jonchèrent de débris la Lom bardie. En Grèce, à Pikermi, disposition semblable. Le fait de la présence des grands carnassiers au milieu des troupeaux d’herbivores a pu faire croire à M. Gaudry qu’à Pikermi, la lutte pour l’existence n’aurait joué aucun rôle.
En Asie, les eaux, après avoir balayé les vastes plaines de l’Inde, en accumulèrent les animaux contre les monts Siwalik, qui forment les contreforts
THÉORIE DES DÉLUGES 247 méridionaux de l’Himalaya. Au nord de cette chaîne, on ne signale point d’ossements. Enfin, les éléphants lai neux et les rhinocéros de l’Asie centrale ont été transportés jusque dans la mer glaciale, et leurs osse ments couvrent le nord de la Sibérie.
Pendant ce temps le Pas-de-Calais n’existait pas, mais était encore un isthme, qui permit la migration en Angleterre des 'mastodontes, éléphants, rhinocéros, bisons, ours, etc, dont les débris se retrouvent dans les dépôts quater-y naires de cette contrée. Quant à la flore de l’époque, on la retrouve dans les tourbières anciennes et les forêts souterraines. Les traces sur les corps inorganiques sont aussi remarquables.
Ainsi, les cailloux d’Ardennes furent roulés au nord jusqu’en Campine, et, en résumé, sur presque tous les points de l’Europe, depuis l’Ecosse jusqu’à la Caspienne et jusque l’Inde et la Chine, se montrent des traces évidentes d’une mer dont le niveau différerait de plus de deux cents mètres avec le niveau des mers boréales actuelles. Mais l’homme P Le voici qui fait son apparition sur la terre.
On le trouve en Europe, à la suite d’un émergement de celle-ci. Peu de temps avant l’âge du renne, il dut fuir, sur les hauteurs, et sa fuite a laissé une sorte d’hiatus dans les documents paléolithiques de cette période qui dure plusieurs milliers d’années.
Les eaux envahirent la plupart des cavernes et une grande inondation, pro— bablement opérée progressivement et avec lenteur, dut réoccuper les contrées basses de l’Europe et immerger la Belgique jusqu’à une altitude d’environ 150 mètres. Ce n’est qu‘après la retraite des eaux que les cavernes
24,8 L'INITIATION [JUIN furent réhabitées et que de“nombrehx et précieux monuments de l’industrie humaine furent produits et se conservèrent jusqu'à nos jours.
Enfin, le dernier grand dépôt que la mer, agissant peut—être avec les glaces et les eaux douces, ait effectué sur de grands espaces de notre continent et même de l’Amérique du Nord est ce dépôt argileux jaune ou rougeâtre, plus ou moins mêlé de sables, de graviers et de cailloux brisés, qu’on a nommé le Diluvium rouge, et dont nous parlions tantôt. —— Les caractères du diluvium indiquent l’action dénudatrice d’une eau agitée, qui a dû achever la configuration actuelle des vallées.
Il est ordinairement surmonté d’une couche offrant l’aspect d‘un limon fin, le loess ou terre à briques. La {masse du loess semble avoir été déposée par un phénomène calme ou exempt de perturbations sensibles. Ce loess couvre la Belgique à‘toutes les hau teurs, suivant une large bande qui longe au Midi la Meuse, et s’étend au Nord jusqu’au delà de Louvain, Vilvorde, Alost et Courtrai.
Il a été déposé par la der nière grande inondation qui ait laissé des traces en Europe. Celle-ci marque la fin de l’époque quater naire. -— C’est alors que des races nouvelles, au crâne large et arrondi, à la courte stature, depuis des milliers d’ans en marche, ont débordé sur l’Occident et ont englobé les survivants de la race magdalénienne, qui perdit tout à coup ses habitudes de chasse et son art avancé.
' A partir du néolithique, la science ne fournit plus de documents interprétatifs du ou des déluges qui nous séparent de cette époque, à part les traditions
1898] THÉORIE DES DÉLUGES 249 des différents peuples, dont il est difficile de donner la véritable signification. Force nous est de nous adres ser à la tradition ésotérique.
Celle-ci donne à l’homme une antiquité terrestre de quatre-vingt mille ans, à travers six déluges passés, et assigne à l’humanité terrestre une durée totale de cent soixante huit mille ans, ce qui nous laisse encore quatre—vingt à quatre-vingt—dix mille ans d’existence à travers sept déluges ( I).
Il y aurait à faire les découvertes les plus inatten dues, nous dit Saint-Yves, en creusant certains ter tains du Sahara, de la grande Tartarie, et surtout ce qui reste du continent austral. ‘ « Il y aurait une extrême attention à faire à cer-. taines îles de l’Océanie, qui devaient sûrement, quoi que peuplées d’hommes regressées vers l’état sauvage, renfermer des édifices antédiluviens, des monuments d’une grandiose architecture, antérieurs au dernier renversement polaire (2). » Occupons-nous donc un instant de ce dernier déluge.
Nous savons qu’il engloutit l’ancien continent aus— tral, lieu original de la race rouge primitive, dont les Indiens d’Amérique ne sont que des débris issus de Troglodytes réfugiés sur le sommet des montagnes. ' Platon, Homère, Diodore de Sicile nous ont con servé la tradition de cette grande catastrophe. —— Le nom du peuple atlante retentit chez tous les écrivains de l’antiquité. L’histoire de l’île atlantide est racon (I) Saint-Yves d’Alveydre. (2) Mission des juifs, p. 61. , _.......y..
250 L'INITIATION tée par Platon dans deux dialogues, le Time'e et le Critias. —— L’auteur commence par nous donner la tradition des faits. Encore enfant, il écoutait son aïeul Critias, âgé de quatre—vingt-dix ans. Celui-ci, dans sa jeunesse avait été instruit par Solon, ami de son père Dropidas. C’est ainsi que le philosophe nous transmet les instructions des prêtres d'Egypte.
Un de ces prêtres racontait à Solon comment les Athéniens avaient jadis résisté à une grande puissance sortie de la mer et s’étaient distingués par de grandes actions qu’un long temps avait fait tomber dans l’oubli : «. Oh! Solon, Solon, disait le sage égyptien ; vous autres Grecs, vous êtes toujours enfants; si âgés que vous soyez, aucun de vous n’a l’instruction et l’expérience de son âge.
Vous êtes tous des novices dans la connaissance de l’antiquité, vous ignorez ce qui s’est passé jadis, soit ici, soit chez vous— mêmes.
L’histoire de 8.000 ans est écrite dans nos lives sacrés; mais je puis remonter plus haut et vous dire ce qu’ont fait nos pères pendant 9.000 ans, c’est à—dire leurs institutions, leurs lois et leurs actions les plus éclatantes. — Nos mémoires rapportent comment votre république a résisté aux efforts d’une grande puissance qui, sortie de la mer atlantique,avait injus tement envahi toute l’Europe et l’Asie. l « Cette mer était alors guéable; sur les bords était une île vis-à-vis de l’embouchure, que dans votre langue vous nommez colonne d’Hercule; et cette île avait plus d'étendue que la Libye et l’Asie ensemble. Dans cette île atlantide, il y avait des rois dont la puissance était très grande; elle s’étendait sur toute
THÉORIE DES DÉLUGES ‘ 251 cette île, sur plusieurs autres et sur des parties du continent. Ils régnaient en outre d’une part sur tous les pays depuis la Libye jusqu’en Égypte, et de l’autre, savoir du côté de l'Europe jusqu’à Tyrrhenia. L’orgueil de leurs forces réunies a tenté de soumettre votre pays, le nôtre et toutes les provinces situées en deçà des colonnes d’Hercule, où a commencé leur irruption.
C’est alors que votre République s’est montrée supérieure à tous les mortels par la force et par la vertu.
Elle commandait à ceux de vos peuples qui ne l’avaient pas abandonnée; son génie et ses connaissances dans l’art militaire la secoururent dans ce danger pressant ; elle triompha de ses enne mis et elle érigea des trophées de la victoire, après _ avoir garanti de la servitude ceux qui en étaient me nacés, et nous avoir rendu à tous le salut et la li berté.
« Mais, lorsque dans les derniers temps il arriva des tremblements du globe et des inondations, tous vos guerriers ont été engloutis par la terre, dans l’espace d’un jour et d’une nuit; l’île atlantide a disparu dans la mer.
C’est pourquoi la mer qui se trouve là n’est ni navigable, ni reconnue par personne, puisqu’il s’y est formé peu à peu un limon provenant de cette île submergée (1). » Dans le Crz’tz’as, Platon reprend 11e récit du déluge avec plus de détails. Mais ce récit semble plutôt une description analogue au déluge biblique : les dix fils (1) Platon : le Timée. Cf. Bouilly, Lettres sur l’Atlantide; Moreau de Jonnès, l’0céan des Anciens. <
252 L’INITIATION de Neptune, la perversion des peuples après l’âge d’or, la colère de Jupiter rassemblant les dieux. Le reste manque et Platon ne nous dit pas si Jupiter dis tingua quelqu’un pour construire l’arche solaire.
« Il n’est pas inutile de remarquer, dit Saint-Yves, que la mer des Varechs ou des Sargasses correspond à peu près aujourd’hui à la situation qu’occupait une partie de notre hémisphère avant le dernier renver sement polaire. » Il n’est pas non plus inutile de faire remarquer, croyons—nous, et ce pour prévenir une objection, que les prêtres de Sais apprirent à Solen, qu’avant le dé luge de Deucalion, il y avait eu d’autres inondations considérables en Asie;mais ils affirmaient que leur pays avait été à l’abri de cette calamité, et ils attri— buaz’ent à ce fait la conservation de leurs annales depuis les temps les plus reculés.
Nqus savons que Diodore fait remonter la civilisation égyptienne à 18.000 ans avant Ménès, c’est—à-dire aujOurd’hui à près de 25.000 ans, probablement à travers deux dé luges.
Enfin, nous pouvons observer que les tremblements de terre qui accompagnèrent les inondations qui en gloutirent l’Atlantide, furent sans doute provoqués par le déplacement du noyau central de la Terre, en vertu du déplacement de la gravité. ‘ I*4; « Les Atlantes, dit Platon, étaient une race de dieux qui dégénéra de son origine céleste par de trop fréquentes alliances avec les mortels. » Voilà les
THÉORIE DES DÉLUGES 253 unions entre les fils des dieux et les filles des hommes dont parlent la Genèse et le livre d’Hénock. Mais le meilleur critérium, semble-t-il, que nous ayons pour discerner, parmi les traditions, les récits se rappor tant au déluge adamique. ou aux déluges terrestres, est l’épisode du ou des couples sauvés dans un vais seau.
La légende est, en effet, unanime sur ce point chez les Hébreux, les Chaldéens, les Indiens, les Grecs, les Celtes, les Scandinaves, les Rouges d’Amé— rique et peut-être jusqu’aux Papous d’Australie (I). En Grèce, c’est le déluge de Deucalion, qui échappe seul, avec sa femme Pyrrha, dans une barque,‘à l’inondation qui couvrit la terre entière.
Il aborda sur la cime du Parnasse, en Phocide, et, lorsque les eaux se furent retirées, étant descendu dans la plaine, il devint le père de la plupart des nations de la Grèce. C’est la même aventure que celle de Noé et du Chal déen Xisuthrus, de Bérose.
En Celtide, c’est le dé bordement du lac Llion qui couvrit toute la terre et noya tous les hommes, à l’exception de Dwyhan et Dwybach qui se sauvèreut dans une barque et vin rent repeupler l’île de Bretagne. v En Scandinavie, Belgémer et sa femme furent les '/ héros du déluge et y échappèrent dans une barque.
Dans I’Inde, le Bhagavatarapporte le sauvetage du sage et pieux Vaïswata, — prévenu de la catastrophe par un poisson, —— la construction de l’arche et le re peuplement. Fait intéressant : la race nègre n’a aucune tradition (1) Cf. Léuormant, les Origines de l‘Histoire. q.....«_,z- 2,.....\ ..—.._' ..
2 54 . . L’INITIATlON sur le Déluge, fait qui s’explique par son absence de passé. du n . Conformémentà la théorie exposée dans la pre mière partie de cet article, nous allons chercher à quelle époque se produisit le derniercataclysme. Nous. ne nous dissimulons pas que c’est une entreprise pé rilleuse, et toute notre ambition est de montrer la question sous une nouvelle face sans prétendre la ré soudre.
Il faut en premier lieu chercher à quelle époque les deux hémisphères ont eu le maximum de réchauffe ment et de refroidissement. Le calcul montre que c‘est vers l’an 1250 de notre ère, que l'hémisphère nord a reçu le maximum de chaleur. Nos hivers étaient en périhélie et nos étés en aphélie. Alors, le Soleil restait le temps minimum sous l’horizon.
L’hé— misphère sud, au contraire, était à sa plus grande in tensité de refroidissement annuel.‘L’inverse se pro— duisait 10 à 12.000 ans auparavant, pour les hémis— phères. Entre ces deux extrêmes se trouve le point d’équilibre, qui serait au milieu de la période si le réchauffement périodique de chaque hémisphère éga lait son refroidissement.
On se trompe généralement, remarque M. Briart (1) dans la fixation des périodes de réchauffement et de refroidissement comme durée, c’est-à-dire, du com mencement à la fin. ’ On semble admettre que le mouvement ascendant (1) Paléontologie.
THÉORIE DES DÉLUGES 25.5 ' ou descendant de la température pour chaque hémisphère doit s’arrêter aux points où les intensités an nuelles maximum de réchauffement et de refroidisse ment ont été respectivement atteintes pour prendre immédiatement et respectivement une marche oppo-A sée. Ce qui n’est pas. Le maximum de réchauffement nord a ,eu lieu en 1248. Depuis, la chaleur n’a fait que diminuer, mais tout en restant positive.
Elle ne sera nulle que quand le mouvement de l’orbite lui aura fait atteindre le point d’équilibre. Jusque-là, quoique décroissant sans cesse, les intensités de réchauffement ne pourront que s’ajouter aux précédentes. Après ce point, ces intensités deviennent refroidissements, qui augmen— tent jusqu’à nos hivers en aphélie pour diminuer au point d’équilibre opposé, mais tout en restant néga-v tives.
La marche de la température serait donc repré— sentée, pour l’un et l’autre hémisphères, par une courbe sinusoïdale dont les points extrêmes indique raient les points d’équilibre, et non les coïncidences des hivers et des étés aux périhélies et aux aphélies, comme le voulaient Adhémar et ses continuateurs, qui s’accommodaient du déluge biblique arrivé il y a 4.200 ans il Nous savons que celui-ci n’a rien à voir avec les mouvements des mers. .Si nous traçons cette courbe sinusoïdale, nous obtenons les dates suivantes, que l’on doit entendre naturellement avec une large approximation.
Nous donnons une. durée de 12.000 ans aux cycles interdi: luviens parce que c’est le chiffre traditionnel et qu'il ...vnW.\%
256 L’INITIATION coïncide étrangement avec la période mathématique - de 10.500 ans que nous savons ne devoir être jamais pure. [Ion (WËAJC qui .» <c /I&li . \[un -..LL. Fig. 11. Nous partons de la date 1250, maximum de cha leur reçue au nord, dans ce cycle de précession. Maximum de température et équilibre au sud vers 5.000 avant Jésus-Christ. Maximum de chaleur reçue au sud, vers 11.000 avant Jésus—Christ.
Maximum de température et équilibre au nord vers l’an 17.000 avant Jésus—Christ. En nous tournant vers l’avenir, maximum de température et équilibre au nord vers 7.000 de notre ère. Dans ces périodes, où se trouvent les époques des Déluges?
' Remarquons d’abord que le mouvement des eaux doit coïncider avec l’époque du passage du centre de gravité d’un hémisphère à l’autre, et non avec le mo— ment où le centre de gravité aurait atteint sa plus grande distance du centre de la terre (1.700 mètres).
Mais le passage du centre de gravité d'un hémisphère à l’autre doit être déterminé par la fonte des glaces de l’un des deux hémisphères, avant le moment où la masse de celles qui sont dans l’hémisphère opposé ait
THÉORIE DES DÉLUGES 257 atteint le maximum de son volume. La simple inspec tion de nos débâcles nous montre que la débâcle du pôle ne coïncide pas avec le moment dela plus » grande chaleur de l’hémisphère correspondant. Les déluges doivent se produire aux époques intermé diaires entre les maxima sud et nord de chaleur. Quant à déterminer la date exacte du phénomène c’est une chose impossible à prioriuMais la tradition peut nous éclairer.
Or, Saint-YVes d’Alveydre nous apprend que le prochain déluge arrivera environ dans 1.300 ans, c’est-à-dire vers l’an 3.200 de notre ère. Le dernier déluge s’étant produit environ 12.000 ou 13.000 ans plus‘tôt, doit être reporté à 9.000 ou 10.000 ans avant Jésus-Christ. Il a donc parfaite— ment eu lieu à l’époque intermédiaire que nous in— dique la pure théorie. Il en est de même pour le déluge futur.
Nous dirons donc que les Atlantes des Egyptiens furent détruits par le cataclysme entre 10.000 et 9.000 ans avant Jésus-Christ et que, dans quelque dix siècles, les eaux travaillées intérieurement par l’inflexible destin, vont venir nous demander compte, au milieu de notre civilisation occidentale, de ce que fut notre science et de ce que fut notre fraternité dans l’effort.
La race rouge primitive presque totalement anéantie, les noirs prirent le sceptre du monde et le conser vèrent 2.000 à 3.000 ans. Vers l’an 6.700 avant Jésus—Christ, Ram détrônait Daçaratha. Depuis lors, la race blanche a suivi son chemin sans que la ter rible catastrophe ait eu le temps de se reproduire..
2 58 L’INITIATION Mais, à pas de géant, le déluge s’avance vers nous. Car il faut être logique. SI nous donnons à la science antique la valeur primordiale à tous les points de vue que les ésotéristes lui donnent depuis d’Olivet et Saint-Yves, nous devons admettre la réalité inéluc— - table de ce prodigieux ct terrible phénomène aussi bien dans l’avenir que dans le passé.
Ecoutez Saint-Yves parlant de l‘incompréhensibilité avec nos méthodes actuelles, « de ces amoncellements de carnassiers énormes, accourus, confondus en une même folie de terreur, pèle-mêle avec les herbivores, bondissants, trombes d’âmes et de chairs horripîlées, Sous les hallalis universels des ondes chasseresses, se tuant sous le fouet des éclairs, des vents, des pluies, des écumes rampantes, loin des forêts, loin des plaines, à l’assaut des montagnes, parmi les' échos mille fois répercutés des foudres et des abîmes, et s’engoufl’rant vainement dans les cavernes, où la masse des mers entra sonnante sur eux. » L'avenir est sombre devant nous, car le danger est proche, eu égard à la longue et lourde tâche à fournir pour la'sûreté des hommes.
Il est temps que l’alliance se fasse et que les pro messes reçoivent leur accomplissement. Songeons que dans une période aussi courte que celle qui nous sépare de Charlemagne, les eaux vont venir nous arracher le millénaire tribut, terribles minotaures endormis maintenant sur leur proie, mais qui s’éveilleront avec de longs rugissements et des étirements formidables quand viendront les temps des nouvelles orgies. ‘
THÉORIE DES DÉLUGES 259 Espérons que le déluge, ce grand invaincu de tous les âges, trouvera des cœurs unis, des bras puissants, — une humanité régénérée et inébranlable devantl’in sondable péril. Espérons que cette humanité saura lui soustraire ses merveilleuses conquêtes, sauver jus—A qu’à la plus humble vie de ses plus humbles enfants, pour commencer, dans l’harmonie des hommes, le cycle nouveau sur la terre nouvelle. ELÉAZAR . 1—». v5.4“; a‘ «*« <W
260 L’INITIATION Rusarmx tÇauuamsrtqua ENTRE (v) IOD ET (s) ALEPH M. Papus dans son Traité de la Cabbale (p. 50) et celui du Tarot (p. 23) nous démontre que : Toutes les lettres de l’alphabet hébraïque ne sont que des combinaisons résultant de difl’érents assem blages de la lettre (7). iod. — L’étude synthétique de la nature avaitconduit les anciens à penser qu’il n’exis tait qu’une seule loi dirigeant les productions natu relles. Cette loi est prise comme le principe unique, dont le symbole est représenté par (t) iod, l’image d’un Phallus cabbalistique . Le seul point qui a donné naissance à tout ce qui nous environne. ’ (î) L’Iod par conséquent a servi aux Hébreux pour leur représenter les productions naturelles. (7) L’Iod représente Dieu, la nature, ou le hasard, qui a été le principal agent créateur du monde.
RELATION CABBALISTIQUE 261 (i) L’Iod enfin est le tétragramme divin ! Tous ces raisonnements nous démontrent que (V) iod a la priorité sur les autres lettres, quoique la classifi cation dans l’alphabet ne soit pas faite d’après l’ordre symbolique et malgré tous les principes d’après les quels les Hébreux se sont conduits.
Parce que (1) iod a été le premier au commence ment et que de lui se sont formées toutes les autres lettrés ‘ Parce que (V) iod est le générateur Parce que (V) iod représente le principe unique! etc, etc. etc. Mais le (t) iod a le nombre 10 comme valeur cab balistique, ce qui nous fait poser la question suivante: Pourquoi l’alphabet ne commencerait-il pas par (H) ou 1 latin?
M. Marins Decrespe, dans son article: l’Orz‘gine tétragrammatz’que du Phonétisme (publié dans l’Ini— tiatz’on, n° 2, mois de novembre 1895, p. 145-154) nous démontre très systématiquement du point de vue phonétique et cabbalistique pourquoi (N) aleph est la synthèse humaine du tétragramme. ' Il nous désigne le système adopté par Moïse pour la classification des six lettres du commencement:
262 L’INITIATION A. B. G. D. E. V. qui est basé sur les premiers sons produits par un bébé.
7 (N) Aleph, par conséquent, est le commencement du verbe 7 _ M. Eliphas Lévy (Histoire de la Magie, p. 107) dit : , Cette lettre (aleph) a comme deux bras, dont l’un montre la terre et l’autre le ciel avec un mouvement analogue Le même auteur (Rituel de la haute magie, p. 368) dit : (N) aleph, l’être, l’esprit, l’homme au Dieu, l'objet compréhensible, l’unité mère des nombres, la subs— tance première .
Hermès dit, relativement à cette lettre : -. Ce qui est en haut est égal à ce qui est en bas. Le symbolisme du tétragramme nous indique les mêmes paroles (Eliphas Lévy, Dogme de la haute magie : Le ternaire tressé dans l’espace, p. 145) : QUOD SVPERIVS MACROPROSOPVS SICVT QUOD INFERIVS MICROPROSOPVS ,___—.. . .... '.-‘ .agÂ&tsan;‘,
RELATION CABBALIS’I‘IQUE 263 Les triangles maçonniques nous font entendre la même chose : Ce gaz est au Zénith est égal à ce qui est au Nadir.
M. Eliphas Lévy (Dogme de la haute magie, p. 127) dit : ' La lettre (se) aleph peut suppléer aux signes sacrés du macrocosme et du microcosme; elle explique le double triangle maçonnique et l’étoile brillante aux cinq pointes, car le Verbe est un, et la révélation est une, etc. (N) aleph, par conséquent, est,.lui aussi,le tétra gramme divin.
En considérantÎaussi ce que M. Marins Decrespe dit dans l’Orz’gine tétragrammaz‘ique du Phonétz’sme, aleph est aussi le tétragramme humain. Tout ceci est à déduire, parce que la théorie dog— matique de (i) iod mystérieux a été et est encore secrète aux profanes, et, pour ne pas divulguer ce . secret, (7) iod mystérieux est remplacé par (N) aleph qui peut être expliqué à n’importe qui.
Mais l’iod, pour garder la valeur de numéro (1), a pris la classification du nombre 10, jet nous pouvons voir ceci fort clairement expliqué dans le Tarot par M. Papus (p. 24). 10 représente le Principe—Tout, 1 s’allz’ant au Néant—Rien, o répond bien aux conditions demandées. Par ‘ceci je réponds à la question posée par '.
264 L'INITIATION M. Charles Limousin dans son ouvrage la Cabbale littérale, au paragraphe 7 (p. 10). Pour ce qui est dit à la page 13, qu’on suppose les alphabets grec, hébreu et arabe n’être que l’alphabet latin dérangé, et relativement nous fait voir dans sa note du bas de la page que M. Clermont-Ganneau a fait une communication à l’Académie du 4 septembre 1889 se rapportant à la stèle du roi Moab, par laquelle il veut nous prouver que l'alphabet latin est antérieur aux autres; à ceci je réponds: Moab était fils de Loth, et l’on suppose que son mo nument a été fait par « Mésa » ou « Mecha » vers l’année 320 (ante Christ). L’inscription du monument paraît être en carac tères hébreux-phéniciens et non helléno-latins. En supposant} même que cela soit ainsi, comme M. Clermont-Ganneau le dit, il est su que Rome n'a été bâtie qu’en 753 (ante Christ), ce qui veut dire que l’écriture latine ne s’est formée que plus tard, et consé— quemment en l’année 920 (ante Christ), il est im— possible que l’écriture latine ait existé. D’après les plus grands paléographes, l’écriture grecque dérive de la phénicienne. L’ancienne écriture hébraïque dérive de‘la néo-pu nique, et de celle-ci l’écriture hébraïque carrée, de laquelle dérive l’écriture samaritaine ; et de la combi naison de l’écriture hébraïque carrée avec l’araméenne. il est dérivé l’hébraique rabbinique. ..- - —4-‘.‘ A.» - . -1:= Ih_
RELATION CABBALISTIQUE 265 L’écriture ancienne arabe dérive de la sémitique, et l’arabe moderne de l’écriture syriaque. Je n’écris plus rien sur la paléographie, pour ne pas trop m’éloigner de mon sujet. I.-T. ULIC.'.
PARTIE LITTÉRAIRE IL.ES SGUËN]©ES MIVSFÊä-HËŒSÊS Dans le (agis obscur où l’art de la Magie Règne superbement au rythme ailé des vers, ou le Rêve, qui saigne, entre et se réfugie Et voit se déployer l’orgueil des univers. Jefus initié par le spectre d’Orphée Qui m’apparut très blanc dans la pâleur du soir. En portantson luth d’or connue un noble trophée, L’aède harmonieux près de moi vint s’asseoir. Il parla...
J’ai levé les yeux vers la Puissance Dont le sceptre fait voir, à l’instar des jongleurs. Les parthénons lointains, les palais de Bygance, Les alhambras dorés, ruisselant de couleurs; Prodige qui dévoile au chercheur solitaire L’au delà radieux de la Réalité, Les secrets de la force éparse du [Mystère Et la fait asservir à mon rêve indompté.
LES SCIENCES MYSTÉRIEUSES 267 Son artfaz’t vollz‘ger mon âme qui s’étonne Sur les airs endormis et la vapeur des prés, Sur les dolmens d’Armor et les forêts d’automne Où lafeuillaz’son rousse a des reflets cuivrés. Mon âmeplane encor vers les lointains rivages, Où des reflets de plomb caressent les flots lourds... Près des landes d’ajoncs et des rochers sauvages, Où la merfait mourir de longs grondements sourds...
Elle erre au bord des lacs argentés par la lune, Sur l’infini d'azur qui rit dans leur miroir, Etje comprends la Voix qui gémit sur la dune... Oh I le désir sans nom dans la langueur du soir! C’estle frisson des nuits d’opale, aux blancheurs pures Qui monte, ainsi qu’un chant, vers le ciel vaporeux / Les toits sont dentelés de sombres découpures ; ' Dans les airs s’alourdit un parfum dangereuse.
Étoufi’ant les mots las que les lèvres Se disent, De longs baisers nacraient leur satin convulsif: Les sens éréthz’sés par Érôs s’aphrodz’sent ‘ Du mystère enivrant d’un prélude lascif. Etl’lnvisibleflotte autour de mafenêtre Sur les perles d'argent que le regard pensif, A l’horigon vieux-rose, a vu jaillir et naître Dans le décor nacré d’un verdoyant massif... Le fluide inconnu, que mon gestemaz’z‘rise. Me frôle, caressant et las, comme une brise. Émile GIGLEUX.
268 L’INITIATION Hymne à ma Profiondeur Profondeur De mon Cœur, De mon Esprit, de mon Ame, Profondeur Qui brames Ton immense douleur! O goufl‘re magnifique, Abîme resplendissant, Rempli de verbes magiques Et d’arcanes délirants .’ Vierge noire et voilée De mes secrets désirs, Lys noir de la vallée, Reine de mes soupirs! Blessure toujours ouverte, Sexe toujours inassouvi, 0 Bouche toutours ofl"erte A mes baisers infinis .’ 0 Miroir incomparable, Tout frémz’ssant de pudeur! 0 Fontaine intarissable D’immuable fraîcheur! -.11
HYMNE A MA PRQFONDEUR 269 0 Vase du Sacrifice, Coupe d’exquise beauté, Urne pleine de délices, Samoudra de volupté! O Renversement mystique De mon émotivité Correspondance extatique De mon intégralité! Rose de Joie incorruptible, Êclose dans I’Obscurite’! Centre d’Amour inextinguible Tournant dans mon immensité! 0 Moi—Méme—Fait—Femme, Admirant mon identité! = Splendeur divine de la Flamme Brûlant dans mon éternité! 0 Moi—Même—Fait—Goufire, M’attirant par ma Profondeur! Ivresse d’un cœur qui soufre, En adorant sa douleur! Salut, Reine de Miséricorde, Temple vivant de Beauté! Salut, 6 toi qui m’accordes Le délire éternel de ta passivité! (KARL NISSA) Si: l:j:
271) L’INITIATION ©fiDËE MAä.TIÇNISTE Par la présente, le Suprême Conseil a le plaisir deporter à la connaissance de tous les délégués et officiers. de l’Ordre qu’un traité d'alliance a été signé le 9 mai 1898 entre l’ORDRE DES ILLUMINÉs et l‘ORDRE MARTINIST ..
Les signatures échangées par des plénipotentiaires nom més à cet effet par les deux Ordres ont été ratifiées par l’Aréopage secret des Illuminés d'une part et par le C0 nité de direction du Suprême Conseil de l’Ordre Martiniste, d’autre part. Le traité est donc exécutoire à dater du 13 juin 1898. Les délégués des deux Ordres alliés rece— vront personnellement toutes les instructions néces— saires.
Ce traité unit les deux Fraternités les plus puissautes de la Tradition occidentale. no. ALLEMAGNE M. Théodore Krauss, à Stadtanchof (Bavière), a été nommé, par décision du Suprême Conseil. Délégué gêné ral pour l’Allemagne du Sud. En conséquence, tous les frères martinistes de cette région sont priés de se mettre le plus tôt possible en, relations avec lui. 0 ou M. Frey a été nommé Délégué pour l’Allemagne du.
Nord avec siège à Hambourg. » LOGE LE SPHINX Le 11 juin , la L: Mart.:'_: le Sphinx a reçu à titre de visiteur le brahmine Chaterjii de passage à Paris. Ce , J... Lnnx-, . . l-c=.u'ui
FACULTÉ DES scumcr«:s HERMÉTIQUES 271 r .r, .,,L jeune brahmine est un étudiant plein de spiritualité qui, en dehors de toute société, s’efforce de réaliser l’union des cœurs, sur le plan de l’Unité.
Pendant son séjour, il a excité la curiosité dès mon dains et des profanes dans les cerveaux desquels il a semé quelques bonnes graines d’altruisme. rauuart ses amants anantnqurs Les examens de baccalauréat ont en lieu à la date annoncée et ont consacré le brillant succès de la Faculté hermétique de cette année.
Sur trente élèves inscrits à la Faculté, dix ont été reçus bacheliers ès sciences hermétiques, et plusieurs ont «reçu les félicitations les plus sincères, pour leur réel savoir. Dès maintenant, les occultistes vraiment dignes de ce nom pourront prouver leur titre par une‘garantie réelle de leurs connaissances techniques en ces matières. Les examens de licence auront lieu ultérieurement.
Voici l’horaire des cours: ' Horaire des cours de licence Deuxièmes et quatrièmes lundis: SÉDIR, Religions orientales.“ Premiers et troisièmes mercredis: S. BASSET, Histoire. Premiers et troisièmes vendredis: Pxpus, Symbo— lisme. Deuxièmes et quatrièmes vendredis : L E; Le Sphinx. Deuxièmes et quatrièmes mercredis: ROSABIS, Chiro gno:nonz‘e. Premiers et troisièmes jeudis : L [E[ Hermanubis. Ces cours dureront jusqu’à la fin du mois de juillet. En outre, des conférences spéciales réservéesgaux
272 L‘INITIATION seuls bacheliers ès sciences hermétiques, seront données à des dates irrégulières. o 00 The Occult Publishing C°, Room 502, 'l‘remont Buil ding, Boston (Mass.), va publier. sous les auspices de la branche américaine de la Faculté hermétique, la traduc tion, par le D' Edward Blite, des ouvrages de Dom Per néty sur l’Alchimie.
“WJÏSIQN ASTRALE Le 21 février, au matin, j’ai vu enterrer'une vieille demoiselle qui occupait un appartement contigu à ma chambre. Je n’y pense plus. Le même soir, je vais dans ma chambre sans lumière, je me mets à la fenêtre sans penser à rien. La rue est très claire, un bec de gaz est tout près. Mon attention est attirée par un nuage qui entre dans l’appartement voisin.
Ce nuage était mouvant et se pressait pour entrer par la fenêtre, et, à mesure qu’il entrait, la suite du nuage arrivait comme une grande foule qui se serait pressée à la porte d'une église et qui aurait fait queue pour entrer.
Lorsque j’ai eu bien examiné cette troupe d’esprits, ' car il me semblait que c’en était une, je vis deçmon côté comme une échelle ou un brancard composé de deux bâtons parallèles, de 1“‘,50 environ de longueur, sur 25 à 30 centimètres d’écartement. Ces deux bâtons étaient reliés par un serpent dont la tête était à une des extrê— mités et le corps était enroulé comme des festons au— tour des deux bâtons.
Cette échelle était d’un gris plus clair que le nuage d’esprits et était portée à plat. Bien au milieu se trou— vait une grosse boule d’un blanc lumineux qui tranchait avec tout le reste.
A SATURNINUS 2 73 " Puis l’échelle est entrée par la fenêtre à la suite du nuage d’esprits. Lorsqu’elle a été entrée, je me suis re tirée, mais le nuage continuait à entrer. Une heure après, j’ai regardé de nouveau, mais il n’y avait plus rien. La personne qui a eu cette vision en a eu beaucoup d’autres précédemment. X. (à Grenoble). PENSÉE / Voyez où la pénurie d’action conduit les hommes insensiblement.
Elle les conduit à la pénurie d’idées, et la pénurie d'idées les amène à n‘avoir pour ressource que les récits. Tu es un être actif par ta nature; quand tu vis éloigné des principes et des vérités qui éclairent, tu as recours à la peinture de leurs résultats qui amuse. Poètes, orateurs, votre 'objet n’est que de bien dire; l’objet des sages est de bien penser. CLAUDE DE SAINT-MARTIN.
A AÎË‘ŒRNÏÎNÎŒË MONSIEUR, ‘ Voici ma réponse à vos questions (Initiation, no Vembre 1897) : 1° La période de 354 ans 4 mois mentionnée par Tri thème, etc., est évidemment une année lunaire (354 jours 8 heures environ), mesurée en temps prophétique (un jour valant une année). A ce qu’il me semble, ce règne
2 74 L'INITIATION attribué à la lune, pourrait être le dernier de sept règnes planétaires (d‘après la série : I), 25, d, @, Q, Q, Cette division septénaire n'est plus reconnue par les _ astrologues modernes, excepté dans l‘astrologie horaire; ils ne connaissent, par conséquent, pas l’époque où ce règne prend fin.
Quor qu’il en soit, il est, cependant, d’une certaine importance de constater qu'il y a la’ une coïncidence partielle avec la prophétie biblique qui, à mon avis, ne sera jamais surpassée, dans laquelle il est parlé de sept périodes de 360 jours annuels cha— cune '(mesure soli-lunaire). Pour cette raison même, il serait intéressant d'apprendre le résultat de vos re cherches.
2° L’expression: grand cycle de lune m‘est tout à fait inconnue; je ne l'ai jamais rencontrée. Possible qu'elle veut désigner 100 cycles métoniques, c'est—à-dire 1.900 années tropiques (non pas lunaires). Agréez, Monsieur, mes sincères salutations. A.
HUBER La Guerre Hispana=Américaine Elle était inévitable : 1° Parce que les États-Unis la voulaient, sachant per» tinemment que, laissés vis-à-vis de l‘Espagne seule, ils ne peuvent manquer de finir par en avoir raison malgré l'héroïsme des Espagnols.
20 Parce qu’il était facile de comprendre que la Triple Alliance, autant que la Double ne manqueraient pas, cha cune pour son bon motif, de témoigner, à qui mieux mieux ses sympathies à l'Espagne, à cette occasion ; .mais que ni l’une ni l’autre n’irait jusqu’à mettre dans} la balance le poids de son épée.
Dans ce cas, en efl'et,. l’Angleterre qui a plus d‘une raison à se mettre du côté des États-Unis se joindrait à celle des deux alliances qui. >r—_-' V » :.mw-MF—f‘_vx‘y ./,,u_ ,4... ,7 —-———s — .. ———«,.A
LA GUERRE HISPANO-AMERICAINE 275 me se serait pas’allie’e avec I’Espagne, et, de cette façon, le résultat final ne manquerait pas non plus, d’être favo rable aux États-Unis. 3° Parce que l’éventualité de l’union avec l’Espagne des deux alliances à la fois ou de l’une d’elles avec la neutralité de l’autre n’est pas admissible à quelque point de vue que l’on se place.
' Maintenant on est en droit de se demander si les États-Unis peuvent se justifier d’avoir voulu quand même la guerre, après que l’Espagne fût arrivée aux dernières concessions honorables. Je continueraià dire: oui, jusqu’au jour où, de son propre gré, la grande ma— jorité des Cubains tant parmi les insurgés que parmi les autres, ne se sera pas déclarée contre l’immixtion Yankee.
Je ne crois pas à cette éventualité, car le pjs aller pour les Cubains, est de devenir citoyens des États-Unis au .Iieu de continuer à être sujets Espagnols. Amont-ils moins de droits et plus d’obligations?
Mais, si cette Zéventualité n’est pas probable, quand c’est pourtant l’Espagne qui est en jeu vis—à-vis de ses su jets cubains, combien moins probable encore une telle éventualité le sera, léjour où une partie de I’Europe,pre nant exemple sur les États-Unis, pourra venir demander à la Turquie compte de l’usage qu’elle a fait de son auto rité contre ses sujets appartenant à toutes les races et à toutes les religions ?
Qu’elle y prenne donc garde si elle en a encore le temps ou le pouvoir, et si tant on peut passer à côté de la fatalité.
1 Il est difficile de prévoir les conséquences de la guerre hispano-américaine, mais, pour peu qu’elle influe sur l'équilibre européen, elle est susceptible de faire pencher la balance du côté de telle partie de l‘Europe qui fera l’office du second ange versant sa coupe et dont il est ,parlé dans l’Apocalypse de Saint-Jean ; oui, telle partie .de l’Europe fera d’abordla guerre navale contre le royaume de la Bête et détruira la grande Babylone.
Appelons de tous nos vœux le règlement de ce compte qui est le deuxième signe précurseur du règne de Dieu. (îabriel Yçxs. S::: I :;:
276 L’INITIATION \ - - A)0utons quelques 51mples mots à cet’ envm de notre correspondant : I" La guerre hispano-américaine n’était pas inscrite dans l’astre], c’est un cliché créé par la volonté des Amé ricains. 2° Les clichés créés dans le plan invisible, par cette volonté, indiquent, sans changements de la part d’in fluences plus fortes, la victoire de l’Amérique pour la fin de l'année, après de cruelles surprises.
3° Par le fait d’avoir évoqué cette guerre, l'Amérique prend à son compte tout le mauvais astral de l’Espagne, y compris l’inquisition. Elle se charge donc de chaînes, quelle que soit l’issue de la guerre dans le visible.
4° L’Amérique, qui possédait le pôle de civilisation de la Planète, court donc le risque d’arrêter son évolution et de perdre brusquement ce pôle de civilisation pont tomber dans le domaine des armements, des emprunts et des révolutions sociales terminées par la dictature.
5° L’Espagne, vaincue sur le plan physique, se trou vera brusquement débarrassée, par la banqueroute, de toutes ses dettes financières, comme elle sera débarrassée de ses dettes astrales, endossées par les États-Unis. Tels sont les clichés, qui peuvent être modifiés, et que nous sommes simplementchargédefaire connaître à titre de porte-parole. Nous ne pouvons en dire plus. PAPUS.
Nouvmms lDwnnsas Le Congrès de I'Humam‘te‘ de notre ami Amo occupe en ce moment la grande presse et recueille des adhésions nombreuses et enthousiastes. Nous ne pouvons qu’applaudir à ces efforts et appeler
NOUVELLES DIVERSES 2 de tout cœur la réalisation du projet auquel s’est consa cré Amo avec tant d’opiniâtreté et de dévouement. Es pérons qu’une voix autorisée s’élèvera au Congrès spiri tualiste de Londres, dans quelques jours, pour parler du Congrès de l’Humanité. P. Syndicat de la Presse spiritualiste de France Siège social : 23, rue Saint—Merri, Paris Le 12 mai 1898, l'assemblée générale a présidé au're— nouvellement du bureau.
Ont été réélus: MM. G. Delanne, président; Durvill,e, vice-président; Paul Sédir, viceprésident ; Alban Dubet, secrétaire général. L’Assemblée a décidé qu’un manifeste serait adressé au Congrès spiritualiste de Londres au nom du syndicat. A la réunion du 9 juin, le manifeste portant le titre : La Psychologie expérimentale a été lu et adopté. Il a été décidé que ce manifeste seràit publié.
Dès qu'il aura paru, il sera adressé aux journaux spiritualistes d’abord, qui voudront bien l’annoncer, puis à la presse populaire. Deuxième dîner du Syndicat, restaurant Philippe, Pa lais-Royal, le 3 juillet à 7 heures du soir. Les écrivains qui désirent entrer dans le syndicat n’ont qu’à s’adresser au siège social. On leur enverra les statuts.
Un Congrès Le troisième Congrès des Occultistes allemands aura lieu les 31 mai et r°"juin à Münich, 71 Pfandhaustrasse, E‘aäm
278 ’ L’INITIATION dans la grande salle de l'Union artistique baVaroise. Le Dr Bormann y traitera de l’Occultisme considéré comme science, et M. Fcilgenhauer des phénomènes occultes au point de vue de l’hypothèse spirite. Pour tous ren— seignements s’adresser au professeur Max Rahn, à Ber— lin, n° 16, Eberzwalderstrasse.
BEBLIÏQGIÆAPEJËE Nous avons eu le plaisir de lire une plaquette éditée par l’ Union pour l‘Action morale, 6, impasse Roncin, 152, rue de Vaugirard, Paris, contenant la biographie et les principes de son fondateur, feu Jules Lasneau. Nous avons parcouru cet opuscule avec le plus vif plaisir; rarement un professeur de philosophie officielle s’est élevé à une telle hauteur de vues morales et a su donner à ses élèves une idée aussi pure du devoir.
S. t.0 Théories et Procédés du Magnétisme, avec Portraits, Têtes de chapitres,_Vignettes et Figures dans le texte. Cours professéà l’École pratique du Magnétisme et de Massage, par H. Durville. Premier volume, in-18 de 360 pages, relié. Prix : 3 francs, à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri. ' Cet ouvrage, annoncé depuis plusieurs années, est attendu avec impatience par touslesétudiants du Magné— tisme. Il comprendra deux volumes.
Le premier, qui vient de paraître, sous un élégant cartonnage, expose la théorie des principaux maîtres de l’art magnétique depuis trois siècles. Leur théorie estfidèlement analysée, leurs procédés sont minutieusement décrits et delongues citations de chacun d’eux sont reproduites. Dans l’Introduction, l’auteur donne une idée des fric t .. .—_,. ,__ .. ' "“""”‘**W .. ............. k...
BIBLIOGRAPHIE 279 .. tions, des attouchements et autres procédés employés par les praticiens de l’antiquité ; puis il analyse etétudie méthodiquement les écrits de chacun des auteurs que l’Ecole considère comme classiques.
Le chapitre I" con tient la description delya théorie du fluide universel qui fait la base de toutes les théories contemporaines; le 2°, la théorie de M. Ficin ; la 3‘*, celle de Pomponace ; 4°, Agrippa; 5°, Paracelse , 6", Van Helmont ; 79, R. Fludd; 8°, Maxwel; 9°, Newton; 10", Mesmer; 11°, marquis de Puységur; 12°, Deleuze; 13°, du PotEt; 14°, Lafon taine.
Si ce volume ne suffit pas entièrement à ceux qui veulent étudier à fond la théorie et la pratique du magnétisme, il suffit amplement à tous les amateurs voulant acquérir les connaissances nécessaires pour pra tiquer avec succès le magnétisme curatif au foyer domestique. Dans tous les cas, on a la l’exemple des maîtres vénérés de l’art magnétique et une connaissance suffisamment étendue des procédés et moyensydivers qu’ils ont mis en pratique.
Les Théories et Procédés constituent certainement l’ouvrage le plus simple, le plus pratique, le plus com plet qui ait été publié jusqu’à ce jour surl'ensemble de la doctrine du magnétique. Des portraits avec notes bio— graphiques et bibliographiques, ainsi que des figures intercalées dans le texte facilitent {et complètent encore l’intelligence du texte. à: 1;!
MARIUS DECRESPE, De la Visionprovoque'e chezlesaveugles et un nouveau procédé d’hypnotisarion. (Troyes, 126, rue Thiers). M. Decrespe propose d'hypnotiser par le procédé de la polarité magnétique, les aveugles, puis les amener à l’état de somnambulisme lucide.Les intentions de l’au-_ teur sont très louables; mais les moyens qu’il donne de les réaliser ne sont appuyés d’aucune espèce de certitude expérimentale. En état somnambulique, les aveugles percevraient les radiations et les formes astrales et non
280 L’INITIATION les formes physiques, s'ils sont aveugles-nés. L’auteur, quiconnait quelques éléments d‘occultisme, aurait dû prévoir cette conséquence et surtout essayer quelques expériences personnelles. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. — lMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
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ÿmor “ÏDÉALISTB ÿmmarttrt ) Notes and Queries, S. M. Gould à Manchester (N. H.) U. S. A. Fric 0rd, A. Sabro àChristiania (Norwège.) Nordisk Frimurer-Titenda, Alb. Lange à Chris tiania (Norwège). Die Religion des Geistés, Fertung, Herrengasse, ' 68, Budapest (Hongrie) Nuova Lux, 82, via Castro Pretorio à Rome (Italie). Lug astral, 6, passage Sarmiento à Buenos-Ayres (République Argentine). L’Initiation, 10, avenue des Peupliers, Paris. El—Hadirah, 19, rue de la Kasbah, Tunis.
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RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. x CLASSIQUES ELIPHAS LÉvi . .I . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. k l La Langue hébraïque restituée. ' l Histoire philœophique du gen re humain. ALBER1‘ POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistcs. FABRE n’Ouvr-zr. . . LITTÉRATURE La Magicienne. l A Brûler. l Zanoni. ' La Maison Hantée MYSTIQUE Jm.es LERMINA . . . . . BULWER LŸTTON . . .
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