The text
nitia’uon °äWV‘/î 0-— Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DXRECTION DE PAPUS i? 0. >I< Docteur en médecine — Docteur en kabbale 398 V OLUME. -— 11m8 ANNÉE SOMMAIRE DU N° 7 (Avril 1898) PARTIE INITIATIQUE.. Divisions du monde an gélique che: tous les peuples . . . . . . . . . Delaulnaye. (p. 1 à 10.) PARTIE PHILOSOPH lLes Sanctuaires d’0rient. Bd. Schuré.
QUE . . . . . ‘ . . . . . . .. (p.uz‘ug.) L’Esolérisme dans la Ma çonnerie écossaise . . . Zefiar. (p. 20 à 27.) Magie et Reli ion. . . . . Dr Rozier. (p. 27 à 38. Evolution . . . . . . . . . Guymiot. (p. 39 à45-) Joseph de 1\Iaistre et les Martinistes . . . . . . . Saturninus. \ (p. 45 à 52.) LeSommeil et le Rêve . . L. S. (p. 52 à 57.) La lucidité ou double vue . .‘ . . . . . . . . . R. Duplantier. (P57 a 64.) 1nri ._ . . . . . . . . . . . P.
Gayvallet. (P- 04 à 70-) r iniste. — Faculté des Sciences herméti ues.— Ps chisme 02îÏérîäâënral. —— Bib‘liographie.‘ — Nouvelles diverses. -yNécro logie. —— Bibliograph1e maçonmque. _ _ , M , ,77 '7- 747>>')*’*’*—‘4—--77 w ÿÿÿ———T—'_ w 7 _,â‘ Tout, ce qui concerne la Rédaction et les Echangçs doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peuplxers, Paris.
0r l, _ Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie ‘ ‘ \ L‘ LL Chamuel, éditeur. _e N 1 \e ER 5 ( T\ UN FRANC. — Un An: 131x FRÀN-(ËAR‘ l Le Numéro un - :..;;
.u"’ / .y /)/"'/«’ /’// L s /: PROGRAMME 5 ‘7’— 40 Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Efl'rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. ' L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initialion adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initialion expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. ,,(Les {collections des deux premières années sont absolument J eébuiäées.) ., r‘ i x I . . r-r':' '-/î; 111.—!!!" r: ' ..:— /.. ,,_ _ «Il _D
- - ' L’Im‘tïaiion (IIJ 15 AvriIISgS PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Inifiation 10 PARTIE INITIATIQUE AMO — F. CH. BARLET, S.'. I.'._{3 — GUYMIOT. — MARC HAVEN, 5.-. I.'. ;(I —— JULIEN LEJAY, S.'. I.'. g; -— ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.-. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. — GEORGE MONTIÈRE, S.'. 1.-. if; — PAPUS, S.'. I.'. â — SEDIR, S.-. I.'. g. —' SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. —— AMELINEAU. — ALEPH. — Dr BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.‘. BER'I‘RAND 30' — BLITZ. — BOJANOV. — JACQUES BRIEU. —- CAMILLE CHAIGNEAU. —— CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. -— G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — FABRE DES ESSARTS. — Dr FUGAIRON. — DELÉZINIER.—- JULES GIRAUD.— HMTAN. — L. HUTCHINSON.—— JOLLIVET-CASTELOT.— L. LE LEU.—L. LEMERLE. — LEC0MTE. ‘— NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. - G.
POIREL. — RAYMOND. —D" ROZIER. — D“ SOURBECK. — L. STEVENARD. — THOMASSXN. — G. VITOUx. — HENRI WELSCH. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE- BEAUBOURG. + JEAN DELVILLE. =- E. GOUDEAU. — MA— NOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. -— JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS.— GEORGE MONTIERE. — LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. -— ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE 'I' CH.
DUBOURG. — RODOLI>HE DARZENS. —— JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — CH. GROLLEAU. — MAURIOE LARGERIS. — PAUL MARRO'L —- EDMOND PILON. —— J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHEIWE.
L’IN ITIAT I 0 N (““SËiË‘ÊË‘ENTS> DIRECTION ADMINISTRATION Villa Ionlmorency, l0, aven. des Peupliers PA RIS-A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO CHAMUEL DIRECTEUR amour : Lucien MAUCHEL 5, “ne de saV0l€ Rédacteur en chef: PA RIS F.—Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un “110 h' J. LEJAV — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, _ 12 (r, RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.
L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra 1amais aucune note dans le corps d'un article. Prière d’adresser tous les échanges : Villa Montmorency, ‘ 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus ‘ à moins d’avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer l au plus tôt que le mois suivant. Bllfllll’E IIIIEI’EIDAIT D’ÉTUDES ÉSOIERIQIIE3 1,660 Membres — 104 Branches et Correspondants — Gr0upes d'Étudcs fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d'entrée.
Pour tous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIOUE DE LA ROSE + CROIX. —ÉGLISE GNOST]QUÆÏ SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE
La reproduction des articles inédits publiés par l'Initiation esi formellement interdite. à moins d‘autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE îÇiivisians du mamie angéiique GHEZ TOU3 LES PEUPLES SUIVANT JAMBLIQUE \ Inaccessibles à la puissance Dieux supra-mondains du Démon - Archanges / ‘ / _ ' Anges Dieux célestes Qui peuvent être soumis serviteurs des supra à la Démons mondains ' _Héros Principautés Princes puissance du Démon Soumis à la puissance ’ Ames du Demon
2 L’INITIATION , [AI/Rit. mm» aw-*.%mum_ g .M _M _A H SUIVANT LES SYRIENS ET LES CHALDÉENS HIÉRARCHIE SUPÉRIEURE Divisée en trois phalanges. Cha- ; que phalange subdiviséeen trois ‘ séries ; chaque série en trois Chérubins chœurs ; chaque chœur en trois armées; chaque armée èn trois légions; chaque légion en trois ' _ myriades ; chaque myriade de 50"“I’hm‘ douze mille combattants. Cha— que myriade a un chef : sous ce chef douze chiliarques, sous chaTrônes que chiiiarque dix centurions, sous chaque centurion dix ar chontes ou préfets (x). ‘\ HIÉRARCHIE MOYENNE \ D°”’i""“°"s d' ' é 1 ré édi ' vertus uns e çomme a p c ente < Puissances HIÉRARCHIE INFÉRIEURE P”"°"’"“”‘ .u . . . Arc/ranges ayant ausst ses subdivisions Anges SUIVANT DENIS L’ARÉOPAGITE /v PREMIÈRE TRYADE \ TrôneS placée immédiatement devant le < Chérubins “acP‘“;i“;)‘äm‘e’läg trône de Dieu <Se’raphins yeux. ; Puissances SECONDE TRYADE . -Dominations ( Vertus < Principautés TROISIÈME TRYADE Archanges ( ? Anges
1898] DIVISIONS DU MONDE ANGÉLIQUE SUIVANT SAINT GRÉGOIRE sont commis à la garde de l’espèce humaine Inspiration Soins à rendre aux Parents Dieu annonce EH Séraphins Charité : ' ' . . U contemplent la Doute de Dzeu Bleu est aimant [Ë Chante a: _ , . “:1 Cherubms Contemplation ' 3: célèbrent la Vérité de Dieu des choses divines Ë Vérité _ Dieu sait ' —Ld E Trônes E _ ' ‘â admirent la Justice de Dieu n _ qult.e n_. Équité % Dieu est Juste ‘=\s E !
Sf . m , Domination: q_, Empzre æ l règlent les Deyoirs des Anges E, sur les passions mondaincs 2 M ajesté Ë Dieu domine . <: . —“«’ . . ä Principautés Ë Soumzssxon E dirigent les Chefs des Peuples â ‘ aux supérieurs m ‘ Empire 3 Dieu régit , Q ' 5 ' . - c“ Ë Puzssances -â Résistance 8 répr‘mentdlâ’mäf‘çsanœ du à. aux tentations du Diable "’ Salut à" Dieu protège L.—n : "3 L'.i ' vertus 3 Pratique 3: opèrent les Minutes Ë de toutes les vertus ‘ * ËÊ vertus ;’ Dieu opère < a: ‘__-‘_—3 f t 4rc’ÏaInges d Éducation : on rî:stîlerpâssâran es des enfants Ë Lulnière Dieu révèle V _Ld , 9 Anges _ O ' ' ct [—
4 L'INITIATION .. . ...... ...__ m.Wmau'“m —n«ñn-voanu «AW SUIVANT LES HÉBREUX _ Aleph m mm . N M , t E, h, 1 Doctrine e a m" ä Sérap ms 1 D 4.7) Du“: Beth LxJ ' ‘ x 3. . »< _ . M .son Ophamel ä Cherubms 3; ‘3,3 m 8 Ghimel {“5 D"‘JN1N Ê A H .
Z hk' 1 5‘: Trônes Ê Retribunon ap le en 3 "’ t— .9 / Dumu_fl Ë Daleth Ë Ê ' " î ' 8 P“ .Ê Zadkiel z Dominations à 041€ '_E E 3“ “5 Ê nun‘m 1; Hg 2 ., ; - tu a Puissances Ë 7‘ ë Camael : Quelques auteurs mettent a. Indication .. D les Vertus avant les 8 5 5 a: Puissances ‘: 'O ; 3 1% 43 nu:is 33 “1‘“ a = ' - 5 " Raphaal Vertus croâhet Ë" \ Ë 8 . N .. no Ë / ' nm"7s Ë z‘î,"‘ {à _ ' Haniel a Piincipautés Ê An?“ à -——— H a :ur_sSn v_:_:-_1 hâ‘h ë.
"' ' Vie . Michael ,_,_} Archanges . 8 ':E 2 D“I_Ng Teth < / l: a: Anges \Z) , . . Gabriel Ï.“ V. aussi les colonnesget w Denvan°n :: du tableau suivant 9 \
DIVISIONS DU MONDE ANGÊLIQUE 5 SUIVANT LES HÉBRE,UX De I’Exode, ch. xxv Du Livre des Psaumes gëge / L5 2 ‘8 g 1 I mm Vehm‘ah 1fl1Exaltateur g 2 à 2 “MW Jeliel 7’77 Auxiliateur 3 2 ë 8 2 3 ’7mmo Situe!
1:jD Espoir _ î “‘5’î 4 fl'73’7'ÿ Nghelamz‘ah D'TJ Caché 3“ É 2 É 2‘ 5 THIUHD Mahasz‘ah mm: Sauveur. .,_. (D a g äj 3g 6 5sn‘75 Lelahel ‘ n5‘7 Louable -ÊË : 3 '°"‘fi_d 7 «'HNDN Achaz‘ah NJN Constant g 5—5; g i 8 5xnn:> Cahethel nn:> Adorable 85523 \ %z’ -*’-’ e r—. q, .5; «ÉË 33 Ë / 9 5mm Haziel 7‘n't Miséricordieux g g _'ë 5 g; ‘ 10 m15ez Aladiah -r‘m Propice ‘.‘2 É “’ Î, m Il mm5 Laam‘ah 1NL) Exalté ë; ë’ % Ë\12 mynn Hahaiah ïnn Refuge Ë Ë ê En Ë 13 ’7N57’ Jeqalel 511 Louable par-des .ä ä ‘; ': 5 SUS tout A _._:, _g _: Ë U 14 Nfl1D Mebahel 71273 Conservateur Î É -S 15 L)Ë\‘1‘TflHariel 117| Secourable EIË Ë "äj Ë i 16 nmpn Hakamiah Dpn QËËgnneducou P:Ê .ë .‘Ê-ê‘ ‘ ' 33 °‘ .‘.: *= m i : Ë °‘"‘ ë Ê l7_ mm’7 Lom’ah m5 Admirable 5 8 5 48 5N"‘73 Caliel 7‘73 Qu’on doit invo— g 25 _g 8 g:— quer Ë.-“é 53 “m’ ê 19 n7115Leuz‘yiah 115 Favorable S {il 5 *3 ‘5 g 20 W5FI.’J Pahaliah 5.‘ID Rédempteur Ê _: .ä Ë 21 ")NDSJ Nelchael ".51 Seul % 3 g, 23 à» i—- 22 _5N711Jejaiel m Main droite.
Dieu v) 5 É % <: si1prême 3 É E à 5 k23 5Nfl‘7‘i: Melahel fl5D Qux détruit le mal à. g g .g ‘l‘.24 n’1flfl Hahiuiah 171.“! Bon par essence \ W yu:m«,.w..«.. ..1.._.__.« A i.. .1»
U L‘INITIATION . Suzte) HÉBREUX ( . SUIVANT LES Du Livre des Psaumes. De I’Exode. . -u-u Dispensateur . l m q; I /25 rurml NlUmltlh ‘NI‘ QuÎ entend les 33 -g ë 126 n9N,\*fl Haaiah “ ' choses les Plus L: _9_: u :6 hées <6 _0 0 _)_<. CaC Ê É S— 8 É 1 nu Propulateur _8 É à, 3 9 27 L,Nmv Jeratht’l W: Qui ôte tous les '.Ë î Ë '28 «‘1‘TINW Sch€’""“" n‘ maux 5 w E E _ , s oir .î‘..’ ä 2 8 E 29 Lm”1 Re;a}el “7 E Q 2 à m 0 l 3-»: Pauent au ‘8 ‘12 .
O 30 5NDîN 0m“ 5Docœur : 8 ‘2’ ŸË 3I "JN:!D’7 Lecabel -31D ü ... . _ __., ,0 É Ë 32 rmu:‘t Vase/mm" "' _ a.) 5 °"‘ .— T’ , .-n Qui connaît tout ËË 55 3 ': Ë '33 mm!
Jehhuiah "5 m 3 ‘5Ï Ê Ë -nnn5 Lehakhaiah -'lfl même «5 0 x :: ä 34 ‘ . m; Joyeux ‘E:' g r—« 35 mm: Chafld/i1flh i-" H orable «s « .... .1, m D ou ':Ë: â -Ë g 3 8 36 I7N.ma Menade, ‘23“ Qui ossède tou : ‘8 g ËD En 37 .5wzx Aniel ' tes es vertus 2 -= L -u 0 ' . :1 Ë : E _U 8 .- [1h amiah Dm Bm “"ËΑËÏÉË de 0 9‘ 5.9 5 5 38 I'ÜDJI‘I a toutes€ 0 r æ .: .2 -'—‘< a. .. t à donner 3—: :, Q r: _g hael ‘n'v Prompl ä.g æ : 5 40 N: 1 ' D..— .B 3 33 v w i Tois fois un V ‘_ a m _2 h I r "5 5 o a ‘,5 5—1-‘ Lmnl—m Ha_ha e un Qui est semblable v. o g E ..
Imam Mzchael 'i, . . r g ;; o 8 o. 42 . 511R01d0mmateu 3 a”? a: 3 43 m'm Verahah 57 ne! s‘" 2 m 8 En 7 HI JeIaiah n Eter . 5 2 5-3, 2 v-« i 44 7‘ ‘-‘ 5\.D Moteur umversel Ë Eq .g 3 3n:. Jf5 m">ND Sealhiah ;w Revélateur ' —' ‘0 "’ m - iel . ' Ë -‘ä 3 g 3: > 46 5N“1J Ngh‘" . L>w.J Juge équItEb16 “ u - m = 1151273} Nghasthallflh . ä g -E_, 7; < 47 ' _ n»: père attent1f ,,, E 3 :1 ‘?:,‘ 815mm: Mehzel a) 0 E g :1 4- . “‘ à 3 % ê ‘
DIVISIONS DU MONDE ANGÉLIQUE 2.
De l‘ Exode. te-d0uze noms de Dieu, tirés caballsti lXêll‘l . r quement de l’Exode, et correspondant huit par huit aux neuf Hiérarchies célestes Les Sthem-Hainphorasch (ilfi}ÿlçil‘l Dlll), ou les so ensemble les ! semblables soixante-douze attributs de Dieu, tirés du Livre des Psaumes par le même procédé, SUIVANT LES HÉBREUX (Suite et fin) desquels attributs se composent par l’addition des désinences m ou 534, les noms des soixante douze Anges qui occupent les soixante-douze degrés de l’Echelle de Jacob.
Du Livre des Psaumes. 49 5mm 'Vehuel 'n'l1 Grand, élevé 721 Juge miséricor— 50 ' 520.“ Daniel m dieux , Ï.
Si fl"tb‘l‘h‘l Hahhaschiah tL’l‘lr‘l Secret impéné D trable Ë 52 fl‘DDï Nghimamiah D7337 Couvertd'unvoile Ë 53 5NNJJ Nanael .\‘JJ Qui réprime les .Æ orgueilleux o— 54 bnnu Nithael nu Roi céleste 55 mn:m Mebaiah fl:l.D Sempiternel l56 bsu: Pouiel 715 Soutien de tout 57 i'l‘DDJ Nemamiah DE: Aimable 58 r7.\“7” JejaJel 5” Qui entend les soupirs des mal ä7 heureux > (â 59 5smn Harhhhel mn Qui pénètre tout <: 60 '7NîL’D Mit'{ra91 1YT.‘J Qui soulage les :' ä opprimés fig 61 5.\‘1‘31 Oumabael ':l..‘31 Nom redoutable 62 5Nfl.‘l' Jahalel nm Être suprême 63 ‘7su:r Nghamwel 1:37 Doux ‘64. ‘7wnn Mehhiel , me: Vivifiant 65 fl’:l:‘.'l Damabiah :73?
Fontaine de sa pience 66 5xpm Man/sel par: Qui nourrit tout 67 bzwm Ejael une Délice des fils des Æ hommes (73 68 mi:m Hhabujah 131‘l Libéral <Ë l7l\‘.‘lbfi Rahel î'lNî Qui voit tout .‘l’731’ Jabamîah 69 70 ','l ‘7wm Hajaz‘el 72 TI’TJ1D Mzgmiah l:l:7 Qui a tout créé d’un mot ”l‘l Maître de tout D173 Fin de tout (3) Ww,,,«c—\‘._w..m .. t,,.M,.«‘ «-. «\,4.. . .
L‘lNITIATlON SUIVANT LES ARABES Pretniere hiérarchie présidée par Gabriel. Cet ange a six ailes, et chacune de ces ailes en renferme cent, ce qui fait en tout six cents. Il en a par derrière deux autres de couleur verte qu'il ne déploye que in nuit ; deux autres enfin lui servent pour les nou vellcs Lunes. Chacune de toutes ces ailes a l‘éclat et les couleurs variées des pierres ré creuses.
Ses sourcils sont de couleur sa ra née, ses cheveux blancs comme la neige, et ses pieds lumineux. Il a le corps noir et deux dents d’une blancheur éclatante. Sa forme aérienne remplit l'espace qui est entre la terre et la céleste station des anges. Séraphin: présidés par Esraphiel Chérubins présidés par Michael Trônes présidés par Essrael Seconde hiérarchie, présidée par Séraphiel.
Cet ange a soixante-dix taces; dans cha— cune. sotxante—dix bouches; dans chaque, soixante—dix langues; et, dans chaque langue soixante-dix idiomes dont il se sert our louer Dieu. L’espace occupé par cette hi rar< chic est divisé en deux parties par un voile tendu, afin ne les anges de la partie infé rieure ne sorent pas brûlés par ceux de la supérieure; car ceux—ci jettent sans cesse des charbons ardents par la bouche.
De ces charbons, Dieu a formé les anges qui habi tent l’air, résidés par un plus grand ange, de figure umaine. Ceux-cr en ont d'autres qui leur sont supérieurs. Dieu seul connaît le nombre de toutes ces divisions. Au septième ciel est une mer immense sur laquelle règnent des anges résidés par Mi chael. Ces anges sont arm s de lames en richis de pierres précieuses, et une lon gueur éga e à celle du chemin qu’un homme peut faire en cent ans.
Chaque fois que M1 chael ouvre la bouche, les feux qui s‘en exha lent incendient les habitants du ciel et de la terre. Troisième hiérarchie qui, dans son ra port avec le monde élémentaire, est pr sidée par Agael, ange de la mort. Cet ange a trois cent soixante yeux, dont chacun en renferme trois autres; trois cent soixante langues, dont chaque en contient trois ; trois cent soixante mains et un pareil nombre de pieds, semblablemcnt sous divisés.
Enfin, il a quatre ailes, dont l'une est tournée vers l’orient, l’autre vers l’occi dent, la troisième vers le ciel, la quatrième vers la terre Domination: présidées par Hhathiael » Principautés {présidées par Hhiaiel Puissances présidées par Raphiael Vertus présidées par Kabiael Archanges présidés par Raziel A nges présidés par Ttattaiel
'IÜIIVMÛV”Ïwn”'““” .æ_xzpx.« -, DIVISIONS DU MONDE ANGÉLIQUE SELON ZOROASTRE l Première Tryade Jynges Enfants aînés de Dieu, es prits sublimes, conseillers divins. Ces esprits règnent sur l‘univers; ce sont les ministres des révélations de Dieu. On les représente sous la forme d’oiseaux à face humaine. / i 3 OU. Recteurs du monde / Seconde Tryade ( Synochores 5 i Troisième Tryade Fontani Paires (1) ou Conducteurs du monde I e.,.aç--'-,—nmxw a. 4. " 7 Intelligibles Intelliglbles' et, Intellectuels Intellectuels E mpyre’s E thére’s Hyléens Telutarches ou Princes des Cénémonz‘es Intelligibles Hécates Auteurs des visions et apparitions Amylictz‘ Esprits puissants, sévères, vengeurs des injures faites à Dieu, dont ils dirigent la foudre; ils ont à leurs ordres les Hypegoci ministres de leurs arrêts (i) Pâtres ou Fatras (P)
‘IO L'INITIATION SUIVANT LES ÉGYPTIENS Première Triade Dieu des Dieux, à laquelle correspond le Unité créatrice, essence universelle, source de «j Ophionienne ° Génies antomor hi ues 0 'à P P 4 m m \ / toute intelligence. Père ' E :> 3 2 \ .. . CI . . Deuxwme 1‘rzade ?:' 1btmorphtque à laquelle, comme à la Natureéthéréeet humide première, correspond |U Usiarques Hemphta ., g Démons æ Divinité‘trimorphique, g Divinités {Amun, "9, chef des Dieux célestes C0FFESPOHd3MGS‘P/“a, .U ‘ Osiris. : 2 ‘ Puissance Troisième Triade I à laquelle correspond ' Nep,‘ltœenne _ _ . I‘_:hton Nature humide et N Dwmxté intelligible et g fécondame g intellectuelle .— A mes 8 Source de silence Esprit ;\ Henri-Stanislas DELAULNAYE. "d‘0
W _ ? __<,..____fl.Ï ...‘.,c .w—»... ..n..-.aa (L.fo>.drrwvhawæmd"fi4ll_ rvrr. ,:.rw : ,W«: “‘o""Ï"S>.L_:ÆI““"’ PARTIE PHILOSOPHIQUE El SCIENTIFIQUE LES SANETUAIRES D’ÛRIENE DÉDICACE A LA JEUNESSE LIBRE Au cours d’un voyage en Orient, le pèlerin de ce livre a voulu jeter un regard dans le mystère du passé et de l’avenir humain qui Se résume dans le ‘ mystère de la vie. Il l’a tenté par trois voies différentes.
' Sous le ciel de l’Égypte, à Memphis et à Thèbes, devant la grande Pyramide, devant l’Isis sacrée et le Sphinx immémorial, il a vu se dresser dans la lumière et la majesté du désert, les symboles parlants de l’Esprit éternel, de l’Ame du Monde et du Verbe créateur qui engendre tous les êtres et leurs métamor phoses.
[2 L’INITIATION Là résident les Idées-Mères qui tiennent la clef de l’Intelligence. En Grèce, à Olympie, sur l’Acropole, à Éleusis, il a vu ces Idées. incarnées en des hommes et des dieux, dérouler devant lui les jeux héroïques, la tragédie humaine et l’histoire céleste de Psyché. Il les a vu lutter entre elles, mourir et renaître, se perdre et se retrouver, nouer enfin cette chaîne d’or dont parle Homère et qui relie la terre au ciel.
Là résident les Formes mélodieuses qui tiennent la clef de la Beauté. En Terre-Sainte, aux sanctuaires des prophètes et du Christ, il a plongé au mystère de la Douleur et de la Mort, d’où jaillit le secret des résurrections et des joies immortelles. Sous leur frisson, il a entendu la grande Harmonie qui joint les âmes, les peuples et les mondes. Là résident les Forces divines qui tiennent la clef de l’Amour.
Il dédie ces souvenirs à la Jeunesse libre qui cherche comme lui la vérité d‘un cœur sincère et résolu dans un temps de décomposition sociale, où tous les hommes semblent atteints dans le'nerf de la volonté, où l’Argent, le Plaisir et l’Envie sont les seules idoles debout sur les ruines de l’ldéal,‘de l’Art et de la Foi.
Plus heureuse que lui, qui n’aura été qu’un pèlerin aux longues étapes, aux courtes haltes, puisse-t-elle vaincre un jour dans l’arène de la' vie, après avo1r contemplé la Vérité dans ce sanctuaire, où l’on ne pénètre que par la triple porte de l’lntelligence de la Beauté et de l’Amour ! ‘
LES SANCTUAIRES D’ORIENT l3 PRÉFACE Avec mon livre sur les Grands Initiés (I), je ren dais, il y a neuf ans, un premier témoignage à l’im mémoriale et sainte vérité ésotérique, dont je ne suis que le plus humble des représentants.
Avec les Sanc tuaires d’0rz’ent j’apporte une seconde pierre à l’édi— fication du Temple, auquel de puissants architectes et de vaillants ouvriers travaillent aujourd’hui dans tous les pays, consciemment ou inconsciemment. Cette vérité, toujours méconnue par les autorités officielles de l’enseignement occidental (l’Église et l’Université), n’a jamais été comprise que d’un petit nombre. Quant à la foule, elle ne l’a pas même soup— çonnée.
Pourtant elle est de tous les âges. Car, de son essence, elle ne réside pas dans la connaissance des faits matériels, quoique seule elle les illumine, les ordonne et les explique d’une clarté souveraine. Elle a sa source dans les profondeurs de l'Ame, dans la contemplation intellectuelle des Idées-Mères et dans l’énergie de la Volonté, appliquée à la vie spirituelle.
Elle se manifeste à des degrés divers dans les Messies qui ont fondé les grandes religions, dans la tradition occulte proprement dite et dans les philosophes de l‘école, qui, en Inde comme en Grèce et dans les , temps modernes, ont traduit, fractionné et presque toujours obscurci la lumière intérieure par l'enseigne— (I) Première édition, 1889 ; troisième édition, 1895.
l 4. L’INITIATION ment dialectique. Cette vérité essentielle, centrale et supérieure est donc l'âme de vie de toutes les grandes religions, la synthèse de leurs révélations successives, l’origine et la fin-de toute science. Comme elle jaillit à la fois de la source changeante, qui est l’Ame, et de la source immuable, qui est I’Esprit universel, elle est toujours variée dans la forme et toujours iden tique à elle-même par le fond.
Aussi la doctrine secrète concorde-t-elle en ses traits dominants, qu’on la découvre chez les brahmanes, chez les prêtres égyptiens, çhez Pythagore, dans le Zohar du rabbin Simon-Ben-Jokai‘, chez le kabbaliste Henry Kunrath, chez le pauvre cordonnier Jakob Bœhme, chez Louis Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu du XVIII‘3 siècle, ou chez Fabre d’Olivet, cet académicien persécuté comme idéologue, par Napoléon I", érudit profond etpenseurmerveilleux,Ïtotalementméconnu et dédaigné par ses collègues comme par ses success'eu rs.
La tradition ésotérique, soit écrite, soit orale, existe donc, ininterrompue à travers les siècles. Mais elle ne se noue et nése renouvelle que par l’effort continu et l’inspiration personnelle de ceux qui en forment la chaîne. Chaque nouveau développement de l’huma nité exige de sa part une adaptation appropriée'et ‘ comme un plus large rayonnement.
C’est dans cette pensée que j’ai tenté, dans mes «Grands Initiés, une première synthèse de l’histoire des religions, depuis l’Inde jusqu’au Christ, et par lui jusqu’aux temps actuels et futurs. Je le fis avec des forces et des lumières bien incomplètes, mais avec la vue claire du but que je poursuivais et la foi absolue
LES SANCTUAIRES D’ORIENT 1 5 en son inéluctable nécessité. Mon livre, heurtant à la fois l’Église et l’Université dans leurs doctrines éta blies, je ne pouvais guère m’attendre de leur part qu‘à la conjuration du silence ou à une hostilité déclarée. Contre mon attente, je trouvai çà et là, même dans ces hautes régions, une curiosité bienveillante.
Com ment en aurais—je voulu à ces représentants directs ou indirects de la science ou de la religion officielles, si leur sympathie s’accompagnait souvent d’un sourire indulgent ou railleur, puisque leur incontestable inté— rêt témoignait de leur libéralisme et de leur ouver— ture d’esprit ? Mais une chose par-dessus tout récom pensa mon audace, ce fut le généreux enthousiasme qu’une élite de la jeunesse manifesta pour ma tenta tive.
Ce furent aussi les voix nombreuses d’âmes parentes qui, dans leur silence, avaient souffert mes souffrances et combattu mes combats. De près comme de loin, ces amis inconnus m’aflirmèrent que mon livre leur avait rendu la force d’espérer, le courage d’agir et cette foi intime qui rend fécondes les épreuves et survit aux défaites.
Cependant, au milieu des travaux et des luttes que me réservaient les années suivantes, un dessein se pré cisait : Voir de mes propres yeux cet Orient où j’avais vécu si longtemps par la pensée ; retrouver dans ses sanctuaires en ruine ou encore debout les races et les symboles parlants de l’antique vérité; évoquer dans ses temples mêmes les hommes et les actions qui jadis l’ont fait vivre et régner sur les âmes ; tel fut désormais mon rêve ardent. Un jour ce rêve devint un désir irrésistible.
1 6 L’INITIATION Trois pays m’attiraicnt comme les trois grandes sources, non seulement de la tradition occulte de l’Occident, mais encore de toute notre vie intellec— tuelle et artistique, morale et somale, l‘Égypte, la Grèce et la Palestine.
Dans cette trinité ethnique, l’Égypte m’apparais sait, dès lors, comme l’Arche des Principes universels, comme le modèle de cette ontologie sacrée, autrement puissante que celle de nos philosophies scolastiques et abstraites. Car seule, en son verbe de pierre, l’Égypte a su parler la langue de I’Éternité. Je partis. Le résultat de ce voyage de six mois sur passa de beaucoup mon attente.
Sur la terre brûlante d’Hermès, sous le ciel limpide de,Pallas, dans la cité douloureuse et prophétique du Christ, les vérités, que j’avais entrevues comme un songe dans notre bru meux Occident,devinrent pour moi une réalité splen dide. " Essence du passé et rêve de l’avenir, la trinité de Thèbes, d’Éleusis et de Jérusalem en vint à résumer‘ à mes yeux l’unité organique de la Science, de.l’Art et de la Religion dans la Vie intégrale.
L es Sanctuaires d’0rz'ent sont sortis de ces impres— sions profondes et de cette idée. Oui, me disais-je, en reprenant par mer le chemin de la France, l’antique sagesse contient les signes et les clefs de l’avenir. Mais ce ne sont là que des clefs et des signes, ce n’est pas cet avenir lui-même. Les étoiles ne font pas souffler le vent qui enfle la voile du marin et ne lui montrent pas son but.
Ce but réside dans sa conscience et sa volonté, mais les autres lui . A——»' M ——-—-—nA_:—‘uflrly_4—qflflhn—a—k, .* _.-.--«g..-.nm
LES SANCTUAIRES D'ORIENT I7 ' servent de point de repère et de guides pour le trou— ver. A nous de trouver le nôtre. . La tradition ésotérique occidentale comme notre religion extérieure sont judéo-chrétiennes. Supprimer l’Église, si cela était possible, serait la plus néfaste des œuvres. Des insensés ou des ignorants peuvent seuls le’ rêver.
Mais, avouons—le, l’Église ossifiée, endurcie et téne’brée n’est plus aujourd’hui qu'un gou vernement politique, sans foi créatrice et sans vie rayonnante. Elle domine encore les âmes timorées, elle ne règne plus sur les libres esprits. Elle ne gou— verne maintenant que les consciences qui ne savent plus réfléchir et les volontés qui ne savent plus vou loir.
D’où viènt qu’elle n’en conserve pas moins un prestige qui s’impose à tous P C’est que, par sa tradi— tion, elle est en possession des symboles de la plus antique sagesse. Ajoutons que cette tradition et ces symboles, interprétés et appliqués dans un sens nou« veau et vraiment universel, l’amèneraient à une réno« vation radicale et complète de son esprit, de son dogme et de son organisation. Or, jamais elle ne s’y décidera par elle—même.
Son pouvoir lui suffit. Elle baptise, elle marie, elle enterre, elle fait de la politique. Que lui faut—il de plus ? Tant qu’un mouvement spi ritualiste indépendant et d’une portée transcendante ne traversera pas le monde laïque, l’Église n’aban donnera ni un iota de son dogme, ni un article de son pouvoir.
' Mais, supposons que l’élite du monde laïque et, à sa tête, l’Université, qui est le cerveau pensant du monde actuel, tienne le langage suivant : « Infidèle à sa mis
18 L’INITIATION sion, l’Église n’a pas su adapter les vérités du monde intérieur et du monde divin aux besoins de l’huma— nité moderne. Vous tous, chefs et dignitaires de l’Église, vous manquez à ce devoir, malgré les vertus admirables et les aspirations généreuses d’un grand nombre de prêtres pensants et la foi fervente de ces milliers d’âmes simples qui attendent de vous le pain de vie.
Eh bien, ces vérités, nous les appliquerpns à la science, à l’art et à l'organisation sociale, et nous vous prouverons ainsi par notre religion laïque que nous pouvons nous passer de vous. » Le jour où un groupe autorisé et influent parlera ainsi et agira en conséquence, l’Église, épouvantée et menacée dans son pouvoir spirituel, sera forcée de se transformer de fond en comble.
Mais jusque—là elle sourira, elle dédaignera et elle gouvernera des âmes inertes avec des dogmes dessèchés. ,Combattre, d’une part, l’athéisme qui se cache sous la plupart des doctrines universitaires comme un principe d’anémie et comme un poison mortel ; épa nouir dans toute œuvre la vie de l’Ame et la science de I’Esprit; — de l’autre, chasser l’intolérance et la domination romaine de l’Église, afin que vienne à se constituer l’Église vraiment universelle, tel devrait être le double programme et l’action concordante de tous ceux qui pensent, qui savent et qui veulent le salut.
La dissociation croissante, dont 1’Europe ac— tuelle nous offre le spectacle et qui se répercute en France d‘une manière effrayante, a pour raison pri mordiale ce duel entre la Science et la Religion, représentées par l’Université et par l’Église. Bataille ‘ -—n’.‘..a ..
LES SANCTUAIRES D’ORIENT 19 acharnée, sans issue possible, les deux adversaires. étant de force égale; bataille qui se livre non seule ment dans nos institutions, mais en quelque sorte dans chaque conscience, paralysant les âmes, émas culant les caractères. ‘ Que nous le voulions ou non, nous marchons tou jours sous le signe de Moïse et du Christ.
Mais il est ' temps d’élargir cette tradition par une nouvelle syn thèse du christianisme et de l’hellénisme, compris tous les deux dans leurs profondeurs ésotériques et’ dans leurs vivantes applications. Or, cela n’est pos sible qu’avec les'principes ontologiques, qui, sous, une forme ou sous une autre, furent les forces direc trice de tous les prophètes et de tous les inspirés.
Voilà la Vérité que le xrxe siècle expirant devrait léguer au xxe siècle afin qu’il se lève armé et qu’il marche à la conquête de l’avenir. Ce grand œuvre est le secret des générations futures. Ma tâche était de le pressentir et de l’appeler, non de l’accomplir. Si désormais je suis résolu à ne plus parler à mes jeunes frères que par le verbe de l’art et sous le voile transparent de la poésie, je rends par ce.
“ livre un hommage direct et suprême àla Lumière, qui m’a permis de ne point désespérer en un temps de désespérance, et de revivre de la vraie vie, de la vie totale, en un temps de dissolution et de mort. EDOUARD SCHURÉ. Paris, mars i898.
20 ’ L’INITIATION E’Éæ©ŒÉRüSMŒ Dans LA MAÇ@NNERHE Écossmsm Le 30e Degré \Tout le monde a lu que la Maçonnerie actuelle a perdu entièrement le sens des symboles qu‘elle pos sède et que ce n’est plus qu’une école de matérialisme et d’anticléricalisme.
Certes, cela peut sembler vrai à ceux qui ne l’ont étudiée ou pratiquée que superficiellement, qui n’ont vu dans la Loge qu’une société de secours mutuels, dans les Tenues que l’occasion de s’exercer aux dis cours de la période électorale, et dans les Banquets que le prétexte d’une petite fête de garçons.
A vrai dire, Albert Pike lui-même, qui fut pourtant avec Ragon un des maçons les plus éminents, avoue n’avoir pas pu comprendre tous les symboles (I). Les écrivains profanes qui ont fait l’historique de la Franc—Maçonnerie sont d’un accord touchant pour lui refuser la place qu’elle devrait occuper dans la chaîne de la Tradition.
Findel (2) d’ailleurs, dont on trouve l’ouvrage dans toutes les Loges, nie toute va leur à l’Alchimie, à l’Astrologie, à la Cabale, aux (I) El espej0 masonico, t. I, p. 6. (2) Histoire de la Franc-Maçonnerie.
L’ÉSOTÉRISME DANS LA MAÇONNERIE Écossmsn 21 secrets philosophiques des Rose—Croix et ne voit dans le livre Dis Erreurs de la Vérité de Saint-Mar tin « qu’un jeu de l’imagination ». Em. Rebold (i) soutient que la Maçonnerie doit être considérée comme une imitation et non comme une continuation des grands mystères et ne donne qu’une explication banale et nulle du symbolisme maçonnique.
Et cependant, elle possède toujours pour celui qui veut savoir et ne craint pas de chercher les clefs de la Tradition que le Martinisme conserve parallèle ment à elle.
Nos modestes connaissances nous permettent de faire bien peu pour pl‘0uver, après de plus érudits, ce que nous avançons ici, mais nous désirons sur tout exciter les recherches et éveiller la curiosité des hommes de bonne foi qui ne refusent pas de voir la vérité là où elle se trouve.
La Tradition Maçonnique tout entière est em pruntée à la kabale des Hébreux (2); ‘ Le 283 degré du Rite Écossais Anc. et Acc. se ré clame expressément de la Cabale, de l’Herme’tisme et ' de l’Alc/zimie qui doivent y être l’objet d’un profond examen. On y enseigne que « le Visible est la (l) Histoire de trois grandes Loges deFranc-Maçonnerie en » France. (2) Eliphas Lévi : le Livre des splendeurs, Histoire de la Magie.
Papus : Traité méthodique de Science Occulte. S. de Guaita : le Temple de Satan. Ragon : passim. Alb. G. Mackey :passim.
2 L'INITIATION mesure proportionnelle de l'Invisible, d'où il ressort que [Harmonie Universelle est la résultante de la sympathie des contraires ( 1) ». Ouvrons le Rituel du Chevalier Kadosch du même ' rite. C’est un grade que beaucoup de lecteurs pos sèdent. Tous ceux-là ont entendu lire devant eux les lignes qui suivent.
'Y ont-ils prêté l’attention qu'elles méritent ? ont-ils senti que ces phrases étaient grosses de sous-entendus et qu’elles laissaient deviner tout un Enseignement traditionnel? Je ne suppose point qu’on puisse m’accuser d’indis crétion ;je ne dis que ce qu’il m’est permis de dire, que ce qui est, si je puis parler ainsi, dans le domaine public. Et d’ailleurs, les seuls qui me liront sont ou ceux qui savent, ou ceux qui cherchent.
Envers ceux là il ne peut y avoir indiscrétion. Suivons donc pas à pas la cérémonie de la Récep tion. La Maçonnerie,ditle G.'. M.‘.au Récipiendaire, a compris que l’homme ne.pouvait être rendu à sa destination première que par une initiation primitive par une éducation ascendante. Aussi a-t-elle divisé son enseignement par classes; elle a voulu par là se révéler aux initiés, leur donner la clé de son ésoté— risme.
L’Initiation maçonnique comprend en effet sept catégories de grades qui se réduisent elles-mêmes à. trois groupes : 1° Le groupe symbolique ; (1) Alb, Pike : Morals and dogma of Freemasonry, édit.. ‘ 1881, p. 969. —>A——A-1MÀ-‘ F Ë,‘.-.H—gu . ...-> . .-..
DÉSOTÉRISME DANS LA MAÇONNERIE ÉCOSSAISE 2% “l‘air“ 2° Le groupe chrétien ; ., 3° Le groupe philosophique ou gnostique qui cor respondent, sinon dans la glose souvent banale des rituels, du moins dans l’enseignement initiatique des maçons adeptes, aux trois mondesmatériel, moral intellectuel : corps et âme, esprit de la Doctrine tra ditionnelle (1). Au moment de compléter votre récep tion de Kadosch, le G.'.
M.'.. dans son allocution, ne vous a—t—il pas rappelé ou appris « que les sym boles maçonniques ont un triple sens matériel, moral et spirituel, et invité à apporter toute votre intelli gence et toute votre sagacité à les étudier pour bien les comprendre, car ce 30° degré constitue le non— plus ultra du gnosticisme pur, qui constitue lui-même - la vraie Franc-Maçonnerie ? (2) 'Quand le futur Chevalier Kad.‘. sait qu’il y a quelque chose de voilé sous la lettre maçonnique, s’il ose rompre avec les préjugés qui accompagnent la science officielle, il lui faut vouloir fermement trou ver le sens caché des symboles et des emblèmes.
Enfin par-dessus tout, il doit se taire. D’ailleurs, il a prêté un serment solennel. Alors commence à se dégager le sens de la Parole qu’il a retrouvée au grade de Rose-Croix et qu’il voit resplendir au centre du Triangle lumineux, à l'Orient du Conseil. Alors il sait que plusla volonté est grande plus l’homme est grand : il est sur la route qui mène à la source de toute puissance, de toute lumière, de (i) Rituel, Pass. (2) Alb. Pike: Rit. du Chenu. Kad.‘., édit. 1879, pp. 497 et Suiv.
24 L’INITIATION toute vérité (I). Il n’est pourtant point jeté sans guide sur ce chemin si nouveau pour lui: il a pour se con— duire le livre qu’il a trouvé sur sa table dans l‘appar tement où on l’a préparé à son nouveau grade : les Vers dorés de Pythagore. Dans la seconde partie de la Réception se trouve I‘Echelle mystérieuse de sept degrés dont l'explication terminera l’initiation du nouveau Chevalier.
L’introduction du Rituel du Rite Écossais ancien et accepté, instruction adressée aux conseils de Ka _ dosch, annonce que toute la glose est basée sur la signification des mots hébreux qu'elle renferme. Or chacun des sept degrés de cette échelle porte un mot hébreu. Voyons donc leur signification d’après leurs racines. Sur les deux montants nous trouvons d’abord: Ohêb Elôah, Deum amans —- Ohëb’herobo propin quum amans.
C’est là le premier devoir du récipien— daire, c’est le principe qui doit être le guide de toute sa vie: Amour à Dieu et à tous les hommes. Qu’il n’oubliejamais la parole du bon pasteur: Aimer-vous les. uns les autres (2).
C’est la Charité, le grand talisman qui mène l’homme au bonheur présent et futur; c’est le sentiment du devoir accompli, du bien rendupour le mal, les injures, qui donne à l’homme cette ineffable paix du cœur, cette sérénité intérieure que nous recherchons tous et qui est si difficile à atteindre!
C’est ce qu’enseignait Krishna à ses dis ciples sous la forme d’une admirable parabole que (2) Rit.,Pass. (I)_J0dnn;xv, 12, I7. .. -a . < 7,.-. .‘.x 1.. .,...a-..-..uh*.ygl.æk v
L’ÉSOTÉRISME DANS LA MAÇONNERIE ÉCOSSAISE 25 Saint-Yves d’Alveydre a traduite (I) et que tous ont présente à la mémoire. Puis viennent les inscriptions du premier côté de l’échelle en commençant par le gradin inférieur. Tsdâkâlz, j ustz’tz‘a, integrz’z‘as: rectitude. Sclzôr lâbân, mot à mot bas albus, c’est-à-dire allé goriquement innocence, pureté. Mât/zôq, dulcis, suauis: « Soyez doux et humbles de cœur. » * Emounâh, fides, securitas.
De même que vous pourrez et devrez mettre votre foi et votre confiance dans l’enseignement maçonnique et dans tous vos frères, de même tous les maçons devront pouvoir compter sur votre force et votre sagesse à quelque moment que ce soit. Et ce n'est point la votre plus mince devoir. Amal sagg/zîa, labor permagnus. C’est un très grand travail qui vous est demandé la et que vous vous êtes engagé à accomplir.
Tous vos efforts ne suf firont peut»être pas à y arriver. C’est au plus grand et , au plus noble de tous les travaux que vos frères vous ont convié, il vous va falloir travailler à votre propre régénération et à celle de tous les hommes. Sabbâl, bajulus. C’est une grande charge qui vous incombe.
La confiance qui a été mise en vous, vous impose les plus lourdes, mais les plus douces obliga tions. - ‘ Enfin sur le septième échelon on lit : Ghemoul bînâh l/zebounâh, retributio prudentz‘æ, (1) Mission des Juifs, p. 303. ‘m
2 6 L’INITIATION in!elh'gæntia: La récompense de votre prudence, de votre sagesse, sera l’intelligence de ce qui vous est voilé encore, la compréhension claire et radieuse des ' mystères de la Gnose. cachés sous l’exote’risme des symboles (i).
« Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît (2). » Alors vous pourrez vous écrier avec Eliphas Lévi (3) : « Grâces vous soient rendues, mon Dieu, parce que vous m’avez appelé à cette ad— mirable lumière. » Sur le deuxième côté de l’échelle se lisent encore sept noms, précisément ceux des sciences qui nous ont été enseignées pendant le troisième voyage du deuxième degré : La grammaire, la rhétorique et la logique, c’est-à dire la science de l’écrz‘tm’e sous ses trois sens; L’arithme’tique ou science des nombres par le con— cours de laquelle, dit le Rituel, l’homme arrive à re— connaître la‘ notion de l’lnfini et à comprendre l'Unité; La géométrie, étude des lois mathématiques qui régissent la matière; L’astronomie, application 'de ces lois à l’étude de l’Univers; les correspondances entre le ciel et l’homme; les influences planétaires, etc. ; Enfin la musique, science de l’harmonie univer selle dans les trois mondes. (i) Thebounâh. rac. boum, action d’exercer ses facultés in— tellectuelles Cônceptives (F. d‘Olivet) précédée du signe aug—* mentatif Thâo. (2) Matth., W, 33. (3) Clef des grands mystères. Épilogue. \ '/
MAGlE ET RELIGION 27 Tel est le programme d’études qui est livré au nouveau chevalier Kadosch et qui embrasse toutes les connaissances,de l’esprit humain, sous leur côté ésotérique.
Que les maçons cherchent, donc l’enseignement ésotérique de leurs.Rites et l’étudient en suivant les principes de l'occultisme. lls continueront ainsi la chaîne de la ' tradiiton et se montreront dignes de la confiance placée dans la maçonnerie par les adeptes pour la conservation de l’ésotérisme.
Mais en même temps ils doivent tenir dans la ré serve les hautes vérités qu’ils possèdent, ne les révé lant au grandmombre qu’au fur et à mesure qu’elles pourront être comprises par lui et quand cet ensei gnement pourra être utile au sublime but de la Franc-Maçonnerie: la reconstitution de la véritable Gnose, la conservation de la tradition secrète qui nous a été transmise dans le cours des siècles par les initiés depuis les sanctuaires fabuleusement éloignés de l’Atlantide et de la Lémurie.
' ZEFFAR 52:: l:;; MAGIE ET EELIEI@E NOTES sua L’ÉSOTÉRISME. — MXGIE ET RELIGION, par le comte de Larmandie; Chamuel, éditeur, 1898. — Sous ce titre, M. de Larmandie a publié un petit livre très intéressant, dont la lecture m’a fait grand
2 8 L’INITIATION plaisir.
La religion est trop souvent considérée comme une série de réglés et de cérémonies empie riques, contenant des lois de morale découvertes par les philosophes ou s‘imposant par nécessité sociale; Les mécréants disent qu’il n’y a besoin ni de Dieu ni de culte pour connaître et pratiquer ces lois : la science naturelle et la philosophie y suffisent ample— ment: le reste n’est qu’un fatras encombrant, un amas de superstitions indignes d’un esprit éclairé.
Il est bon de démontrer qu’un esprit mal éclairé peut bien méconnaître ce qu’il y a de savant et de sublime dans la religion, mais qu’un esprit bien éclairé s’apercevra vite que les sciences ne contien nent qu’une partie de la vérité et non la plus grande. M. de Larmandie a voulu faire cette démonstration.
Le premier chapitre est consacré à une polémique dont je n’ai pas à m’occuper, j’y relèverai seulement une erreur et une interprétation intéressante à discu ter. M. de Larmandie morigène les amis de la lettre et les accuse de mal traduire les livres saints. Comme exemple, il cite le passage de Luc 11, 49. Jésus, à l'âge de douze ans, est resté à Jérusalem pendant que ses parents retournent à Nazareth avec le reste de la caravane.
Joseph et Marie reviennent sur leurs pas et le cherchent pendant‘trois jours; ils le trouvent enfin dans le temple discutant avec les docteurs de la loi et les étonnant par sa sagesse. « Marie dit à son divin enfant toutes les inquiétudes que sa disparition mo mentanée leur a fait éprouver. Le traducteur—traître fait répondre au Christ : Qu’y a-t—il de commun entre’ rous et mon3 Quelle traduction blasphématoire!
MAGlE ET RELIGXON '29 Comment le Verbe incarné parle-t-il à sa mère ce langage aussi grossier qu’injuste! Halte-là! consul— tez donc le texte grec! Jésus réplique : 'I‘r p.or mu cor; qu’est—ce qui est à moi, qu’est—ce qui est à vous ? Quelle est ma mission, quelle est la vôtre? La mienne est de rendre témoignage à mon père, la vôtre est de souffrir pour moi et à cause de moi.
Ceci je.le com prends. » J’ai cité ce passage tout au long parce qu’il contient un malentendu qu’il est important de dissi per. D'abord la citation n’est pas exacte: Jésus ne répond pas : 'l‘l ê;xol xozi soi, mais Tl ô'rt êC1jrsi‘ré p.z—:; 013x ' ‘ijäene 8‘!!! ëv roÏç roîi 1rotrpéç p.0!) Bai eÏvarl p.5; Pourquoi me cherchiez—vous?
Ne saviez-vous pas que je dois être dans les choses de mon père? (que je dois m’occuper des choses qui concernent mon père).
Mais ceci n’est qu’une inexactitude, la difficulté subsiste; si elle ne se trouve pas dans le passage cité, elle se trouve dans un autre (Jean, 11, 4.) Aux noces de Cana le vin vient à manquer, Marie demande à son fils de remédier à cette situation; Jésus répond : Tl êp.oi xorl col, yüvou; oÜ7:w final il élpot peu, que l‘on traduit : Femme qu’y a t-il de commun entre toi et moi?Mon heure n'est pas encore venue.
J’avoue que j’ai été frappé autrefois de ce manque de respect apparent de Jésus à sa mère; il y a même ici une aggravation dans le mot yüvou, femme. J’aurais voulu traduire: Que t’importe à toi et à nioi ? s’ils n’ont plus de vin, c’est un petit mal heur, nous avons à nous préoccuper de choses bien plus sérieuses.
Quant au mot yüvou, il signifiait: tu parles en femme, tu es touchée de leur ennui parce que, étant femme, tu as la sensibilité et la bonté d‘une ,1;
30 L‘INITIATION femme. Eh bien !je me trompais, la traduction cou rante est bonne. J’en causais un jour avec M. A. Ré ville, le savant professeur du Collège de France; nous n’avons pas la même foi, mais dans les ques tions scientifiques, cela importe peu : il me cita un autre passage qui se trouve dans les trois synoptiques .(Luc, vur, 28;Marc, v, 7;Malthz’eu, vur,lzg).
Il s'agit de l’épisode des démons chassés et envoyés dans les corps d’un troupeau de pourceaux, à Gérasenum. La légion de démons répond, par la bouche du possédé : Ti éji0‘t ml coi, ’I‘qcoü u'tè 103 9503 105 û*Jiio‘tou (Luc et Marc) ; 'Tl -},uîv xa‘t coi, u’tè 705 6506 (Matthieu). Ici le sens est évi dent, il faut traduire: Qu’y a-t-il de commun entre toi et moi, ou entre toi et nous, Jésus, fils de Dieu le Très Haut?
Du reste, c’est une locution grecque qu’on retrouve dans des auteurs contemporains, avec cette signification particulière. Quant au mot y‘3vatt, femme, il n’a rien de blessant, on le retrouve même dans une circonstance dramatique où Jésus ne peut pas avoir d’intention blessante (Jean xrx, 26) ; quand il est sur la croix, près d’expirer, il dit en montrant Jean:fivaa, femme, voici ton fils.
On retrouve encore 14 êytn‘z ml col dans (L uc IV, 34 et Marc, 1, 24),quand Jésus chasse un démon à Capharnaüm. Quant à l’interprétation de M. H. Lasserre : Que demandez vous de moi? je ne peux pas l’accepter; toutes les raisons qu’il en donne ne me convainquent pas du ' tout. Du reste, on ne voit pas bien un ou des démons disant à Jésus-Christ : Que nous demandez-vous? Jésus ne leur demandait rien, il ordonnait. En somme; la phrase : Qu’y a-t-il de commun entre toi et moi?
MAGIE ET RELIGION 3 I ne peut paraître choquante‘que dans l’épisode des noces de Cana, elle ne se retrouve nulle part ailleurs dans la bouche de Jésus parlant à sa mère; or cet épisode est raconté seulement par Jean, et cet évan géliste est bien plus préoccupé de développer la théo« rie du Verbe que de raconter l’histoire de son divin Maître.
Le Christ va commencer sa mission, il avance l’heure de Ce début pour faire plaisir à sa mère et lui montrer de la déférence; mais, au moment où il cesse l d’être J ésus—charpentier pour devenir Jésus—Christ, il est nécessaire que l’on connaisse les situations res« pectives : Lui, il est le Verbe, et ce n’est que comme tel qu’il fait des miracles; Marie est sa mère, mais elle est une créature et comme telle n’a rien de com mun avec le Christ.
Plus cette créature est exception nelle, plus elle est supérieure à toutes les autres femmes, au point d’avoir pu être la mère du Christ, plus il est important qu’il soit bien établi dès le début du récit, c’est-à-dire dès le début de la vie de Jésus comme Christ, qu’il n’y a rien de commun entre elle et lui. Cette phrase, envisagée à ce point de vue, qui me semble être le vrai, n’a plus rien de choquant.
M. de Larmandie voudrait voir rétablir l’Esoté risme et l’Exotérisme; c’est une thèse que l‘on peut soutenir. Seulement je crois que le fait existe déjà : les études des théologiens et les nôtres constituent une sorte d’ésotérisme; les Pneumatiques nous lisent les Psychiques quelquefois, mais les Hyliques ja mais. Comme disait Eliphas Lévi : La vérité se garde elle—mémé. Aux pages 48 et 49, la crémation et la vivisection
32 L’INITIATION [AVRIL sont blâmées en excellents termes; en ce qui concerne la crémation, j'ajouterai que la rupture du lien qui unit le corps astral au corps physique n’a pas lieu au moment du dernier soupir, que cette rupture se fait attendre quelquefois assez longtemps et qu’il serait téméraire d'affirmer que le malheureux qui est brûlé dans les deux jours qui suivent sa mort n’en éprouve pas de terribles souffrances.
' En ce qui concerne le diable, j’accepterais assez volontiers la distinction du Diabolos, jeté en travers, d’avec Satan, l’accusateur; mais il est dangereux de vouloir réformer le langage, ou risque de ne plus se comprendre.
C’est vrai : Lucz‘fer, Satan et le Diable sont trois entités différentes; Lucifer est le chef des anges révoltés, Satan est le type des êtres malveillants, mais pas forcément mauvais: le Satan du livre de Job est plutôt sceptique que tentateur; il nuit a Job, il le fait souffrir, mais ce n’est pas, à priori, pour le perdre, il n’a d’autre but que de prouver que le mal heur doit rendre l’homme mauvais.
Quant au Diable, c’est l’adversaire, il peut très bien se concevoir comme « la cohue des entités élémentaires malfaisantes dont nous sommes environnés, élémentals, larves, coques astrales, coagulations fluidiques nocives infectant l’at mosphère seconde comme une odeur méphitique em pest,e l'air ». Ce sont ces entités en somme que, dans un autre écrit, j’ai appelé les « Mauvais ».
Mais le langage courant a sanctionné la confusion, de_telle sorte que l’on dit indifféremment : le diable, Satan, Lucifer, le démon, le maudit, etc., pour signifier un seul et même être : l’Esprit du Mal, le Tenta
1898] MAGIE ET RELIGXON . 33 ‘\ ’A_m _-‘.‘ “"““'“‘*An—e.e..,.m teur. Je crois qu’il y a avantage à respecter l’usage. Au chapitre 11 se trouve une phrase qui me paraît être la caractéristique du livre, qui en justifie le titre tout au moins; il s’agit d’un parallèle entre la Reli gion et la Magie: « Abordons l’étude parallèle de la magie et de la religion.
La Religion est une société d’ascèse animique, c’est-à-dire d'entraînement vers l’idéalité morale par la culture des sentiments et des instincts collectifs. Elle relie les individus entre eux par la charité et toute l’humanité à l’au-delà par la prière et l’adoration.
La magie qui, au point de vue pratique, est l’éducation rationnelle de la volonté, considérée théoriquement est la science des causes secondes, la théorie des principes et des lois qui pré sident à la double évolution du macrocosme et du microcosme, du monde extérieur et du corps humain.
La magie s’adresse à l’esprit, à la raison; la Religion parle au cœur de l’homme. » Et plus loin, page 65 : « Chaque fois que la Religion a recours à une céré monie, à un simple signe, elle fait acte de haute magie. Comme nous le verrons bientôt, le plus grand acte magique qui ait jamais été célébré est un acte de la religion catholique, le Saint-Sacrifice de la messe, qui fait descendre Dieu sur la terre en esprit et en vérité.
Dans tout ce qu’on vient de lire, il y a beau coup à redire : la Magie, je ne parle pas de la magie noire, bien entendu, est une œuvre essentiellement humaine, l’auteur le reconnaît quand il dit : « La magie qui, au point de vue pratiqüe, est l’éducation rationnelle de la volonté... » Les actes religieux tirent toute leur efficacité d’un influx supérieur.
34 L’INITIATION M. de Larmandie classe les sacrements selon : I° leur destination: 2° leur administration; 3° leur hiérarchie respective; ceci est admissible. mais la dis— cussion de questions purement dogmatiques ne doit pas trouver place ici; je me vois donc Obligé de laisser de côté beaucoup de passages intéressants, et j’arrive de suite à une question qui devient de plus en plus d’actualité et sur laquelle on se fait souvent des idées bien fausses, je veux parler des réincarnaüons.
M. de Larmandie n’en veut pas ; cependant il croit que les enfants morts sans baptême peuvent se réin carner : « La métempsÿcose a été condamnée par le [V8 concile de Constantinople en des termes si parti culiers qu’elle peut être admise pour les enfants morts sans baptême, en toute orthodoxie. Saint Augustin' enseigne qu’on est libre d’adopter cette opinion.
Voilà une concession bien dangereuse; d’autres vont plus loin et disent que les idiots peuvent aussi recom mencer leur existence. Une autre école veut que nous nous réincarnions tous, mais dans des mondes diffé rents, jamais deux fois sur la terre, sauf peut-être dans le cas des enfants et des idiots.
D’autres veulent qu’on se réincarne toujours sur la terre pendant un Manuantara, jusqu’à ce qu’on soit parvenu au Nir— râna; mais, entre deux réincarnations, il s‘écoule au moins 1,500 ans, sauf cependant pour les enfants et les idiots qui, exceptionnellement, peuvent revenir de suite ou peu de temps après leur mort, car leur existence n’a pas eu lieu à proprement parler, il y a eu maldonne.
Enfin une autre école enseigne que nous nous réincarnons tous sur la terre ou ailleurs, __f..- « . ,» ,f. ,...z » rw_fi‘-'»«z ;—-»MI ' i
MAGIE ET RELIGION 35 indifféremment et à des dates quelconques. Comme un le voit, on n’est pas complètement d’accord sur cette question, et je n’essayerai pas de la résoudre, je veux seulement prouver que les Catholiques ont le droit de croire ce qui leur paraît le plus rationnel à cet égard: l'opinion générale chez eux est qu’on ne vit qu’une fois sur la terre, mais il n’existe aucune interdiction réelle de croirele contraire.
Une opinion, quelque respectables et quelque nombreux que soient ceux qui la soutiennent, est sujette à revision.
Certes, si nous sommes séduits par une théorie en contradic tion avec le sentiment d’hommes considérables, de Pères de l‘Église par exemple, nous devons être trou blés, et nous devons exiger des arguments bien forts pour continuer à la professer ; mais nous ne devons capituler qu’après aVoir été vaincus par des argu ments d’une force suffisante, ou du moins nous paraissant tels.
Or que dit ce fameux concile de Constantinople sur lequel certains auteurs s’appuient pour démolir, non pas la méœmpsycose, qui n’est pas en question dans l‘Occident, mais la théorie des réincamations?
Ce concile a condamné, en 54.3, quelques proposi tions d’0rigène,. entre autres et en premier lieu celle— ci : Si qm's d‘icit, au! sentit, prtttexistere homz‘num anz'mas, utpote quæ antea mantes fuerz‘nt et sanctæ wirtutes, satietaœmque cœpisse divi‘næ contempla tionis ; et in deterz‘us conversas esse; atque z'dcz‘rco &mMe‘mzç, id est, rqfrt‘xz‘sse a Dez' charitaie, et inde vltu‘goî; G‘ræce, Ïdr88t, animas esse nuncupatas, demis sasque esse in corpora suppli‘cz’i causa: anatlzema.
36 L’INITIATION Je traduis aussi littéralement que possible: « Si quel. qu’un dit, ou pense, queles âmes des hommes préexis tent, en tant que ayant été auparavant des esprits et des vertus (puissances) saintes, et qu’elles ont pris satiété de la contemplation divine; qu’elles se sont perverties, et qu’en conséquence l’amour de Dieu s’est refroidi en elles, air:mjm7eïaetç, à cause de quoi on les a appelées quoi; en grec, c’est-à-dire âmes (souffles), et qu’elles ont été envoyées dans des corps, comme châ timent : qu’il soit anathème.
Les réincarnation nistes ne prétendent pas que ce soit par lassitude de la contemplation divine, par refroidissement de l’amour de Dieu que les âmes reviennent sur la terre, bien au contraire; ils ne prétendent pas non plus que leur retour soit une punition. Ils disent que l’exis tence terrestre nous est imposée pour évoluer et par venir à nous rendre maîtres de la matière dont Adam, par sa chute, nous a rendus les esclaves.
Cette exis tence terrestre ne pourrait pas, sans inconvénients, se prolonger plus de cent ans, pour des raisons qu’il est inutile d'indiquer ici; mais cent ans sont insuffi sants pour obtenir la victoire définitive, il a donc fallu nous accorder un délai beaucoup plus considérable, mais coupé par des intervalles de sommeils plus pro fonds que les sommeils diurnes ; chacun de ces som-. meils s’appelle la mort.
Il est vrai que chaque exis tence est accompagnée de l’oubli de celles qui l’ont précédée, mais cet oubli est providentiel, il facilite l’évolution : avec le souvenir il serait difficile de changer son plan de vie. Quand enfin nous nous sommes réveillés un nombre de fois suffisant pour
MAGIE ET RELIGION atteindre le but de nos efforts, la Sainteté, nous mou rons une dernière fois pour ne plus revenir; c’est alors que nous sommes définitivement jugés et placés dans une des demeures du ciel, ou au purgatoire.
Si, au contraire, à chacune de nos existences, nous des cendons de plus en plus bas, quand nous avons atteint une certaine limite ne laissant plus aucun espoir de salvation, nous mourons une dernière fois pour aller dans l’enfer; mais ce cas doit être rare. La théorie des réincarnations, envisagée ainsi, peut être acceptée ou rejetée par les catholiques, mais elle ne tombe pas sous l’anathème précité.
Seulement, si l’on rejette cette théorie, il ne faut pas admettre d’ex— ception, sans quoi on ouvre une brèche à travers la quelle tout peut passer.
Voici maintenant un passage que je ne puis qu’ap prouver sans restriction: « L’Extrême-Onction s’a dresse d’une façon toute particulière au médiateur plastique humain, soit qu’il agisse pour le rattacher à son enveloppe physique, soit qu’il tende à‘ abréger la durée et les souffrances de l’agonie en facilitant le dégagement de l'Astral, tout en opérant dans les deux cas le soulagement animique et spirituel du malade.
En effet, d’après le Catéchisme lui-même, l’Extrême Onction a été instituée à deux fins: pour la guérison ou l’adoucissement des suprêmes douleurs, suivant que la Norme providentielle a décrété l'issue heureuse ou fatale de la maladie. Il y a donc, en toute occur rence, de la part des proches, une grande culpabilité à négliger l’administration des Saintes Huiles. Au cas où la mort doit survenir, la Vertu sacramentelle agit
38 L’INITIATION directement sur le corps astral dont l'arrachement constitue les affres terribles qui précèdent le dernier soupir.
On ignore généralement que les pleurs et les regrets des parents et amis assemblés autour du mou rant, incapables de le sauver, retardent sans aucune utilité l’instant suprême et en conséquence auc mentent et prolongent l’angoisse et les tourments de l’âme prête à s’envoler vers le Monde élémentaire Je comparerai avec justesse cette action fâcheuse à celle des manœuvres qui retiennent un aérostat prêt à s’élancer vers le ciel.
L’Extrême-Onction coupe les cordes, doucement, insensiblement, sans secousse ni violence et facilite à la pauvre âme l’accès du plan intermédiaire où devra s’achever sa purification, avant l'entrée au séjour du bonheur.
Comparez avec cette croyance répandue en Bretagne, que les regrets exagérés des parents maintiennent les âmes en souf france. ( Voir Le Braz,la Légende des morts en Bretagne.) Enfin je me reprocheraiS de ne pas mentionnner le chapitre sur les rêves et surtout sur les Courants Typhoniàm ; cela rappelle les Mystères de la Multi— tude de Guaita et le Démon de la Perversite’ d’Edgar Poe, mais le sujet est traité d‘une manière différente.
Cette lecture aide à comprendre pourquoi on se sent meilleur dans certaines sociétés et plus mauvais dans d’autres. Il y a encore beaucoup de bonnes choses dans ce livre, mais j’espère en avoir assez dit pour que le lec teur en soit convaincu; ceux qui s‘intéressent à ces questions feront bien de le lire, ils y trouveront sûre ment des pages très instructives. Dr F. Rozmn.
ÉVOLL‘TION ËW©ËWQÊEI©‘N ' La conception des castes naturelles est une de celles qui sont le plus antipathiques à nos contemporains parce qu’elle contredit formellement le préjugé qu'est leur conception de l'évolution‘.
Les Orientaux antiques qui avaient institué le sys tème des castes basé d’abord sur les faits naturels, avaient aussi une conception de l'évolution mais pas tout à fait la même que celle qui s’est improvisée de nos jours par l’extension à I’indéfini des hypothétiques remarques de Darwin, en leur ajoutant une queue d’imaginaires conceptions qui permettraient aujour— d’hui de donner pour symbole à la théorie du natu raliste anglais un petit cerf-volant pourvu d’une im mense queue de cornets de papier, lesquels cornets représenteraient les fantaisistes cogitations des dis , ciples de ce manouvrier scientifique qui ne fut qu’un établisseur de rapports hypothétiques entre des faits collecti onnés .
Pour les Orientaux antiques, l’évolution est la diffu sion d’un mode d’existence dans,une somme grandis sante de matière; l’énergie de ce mode d’existence est une fois donnée par le Ricln‘ qui est le point de dé part du cycle et va s’étendant’graduellement dans une quantité de plus en plus grande de matière à ani mer; il y a une limite à la quantité de matière qui peut être animée par la quantité d'énergie initiale et, . WWWN-v «æ—-.,—«.——«s.’\» 'u—.-"—'_I.-‘w>"sasw‘är”T-W .- l . ,. I
40 L’INITIATION cette limite atteinte, la forme de vie commence à se dégager graduellement de la matière dans laquelle sa dispersion avait eu lieu pour finalement reformer le Richi du point de départ. Pour les Orientaux antiques, toute évolution est un cycle fermé; la force qui est à l’origine y revient, ce que symbolise le serpent mordant sa queue qui est la représentation de tous les cycles, les petits comme les grands.
L’évolution durant un cycle donne seulement lieu à la production de phénomènes mais pas à la création de la moindre parcelle de substance soit physiquesoit mentale-Il ne peut pas apparaître dans une huma nité qui est la diffusion d’un Richi dans les diverses couches de matière servant à constituer les hommes, une idée qui n’ait pas existé à l’état potentiel sinon actuel dans la conscience du Richi.
Reste_rait à‘savoir ce que sont les phénomènes appa raissant au cours de l’évolution; mais c’est là une question d’une telle profondeur métaphysique qu’il est prudent pour le moment de la laisser de côté.
Les matérialistes qui croient à l’évolution sont, sans qu’ils s’en doutent, partisans de la vieille théorie de la création ex nz'hz’lo; de la matière qui ne contient pas de pensée produit de la pensée ; de la matière qui ne peut rien concevoir s’organise pour atteindre ra tionnellement des fins ignorées.
Ils se contentent de déguiser leur conception du Créateur tirant les choses de rien sous les expressions de lutte pour l’existence de survivance des plus aptes. Cette dernière expres sion ne contient pas autre chose que cette constata
47. ....v. . 7 . ff,""flrf' ..,-=ry.:r«ftï"t‘." ” . »gv-.vf€ 1-.:1:'9-‘M:." -.‘1 . w -' F;y_..y, ..r . . ., v ÉVOLUTION 41 tien : survivent ceux qui survivent, disparaissent ceux qui disparaissent.
La théorie de l’évolution, comme elle est conçue par les matérialistes et les positivistes, admet que la matière par ses transformations fait apparaître à l’existence des choses qui n’existaient point aupara vant, et de cette admission, qui est très hâtive, ils concluent avec non moins de hâte que les états ma tériels nouveaux, se transformant à leur tour, pour ront faire apparaître des choses qu’on ne peut soup çonner, des choses dont la conception n’existe nulle part.
' D’après eux, ce n’est pas seulement le non existant qui se réalise, mais encore le non étant et le non étant c’est le néant; c’est donc bien du néant que sort ce qui apparaît pendant l’évolution et mieux encore sans qu’il n’y ait rien ni personne pour l’en tirer. Les Orientaux antiques n’admetfaient pas que quelque chose pût être ajouté à l’univers, pas un atome.
Leur vaste compréhension avait saisi que l’évolution est le déploiement de quelque chose aupa ravant plié, suivi du‘repliement de ce qui a été dé ployé. Expansion sphérique partant d’un centre, con— centration de ce qui était épandu, tels sont les deux mouvements rythmiques constituant ce que nous appelons l’évolution.
Dans l’état d’expansion n'apparaît rien autre que ce qui était contenu à l‘état de concentration; il n’y a pas de création au cours de l’évolution. Il n’y a rien à ajOuter à l‘Être et jamais rien ne pourra y être ajouté.
42 \ L'IMTIATI0N il n'y a pas d'indéfinition pour les phénomènes devant apparaître; ils sont tous nettement définis; c’est ce que les Orientaux ont exprimé par leur con ception de Karma, et c’est ce que conçoit vaguement. comme dans la brume, le déterminisme occidental. Rien de nouveau sous le soleil, a dit l’Ecclésiaste.
Les évolutionnistes matérialistes font l‘effet d’un homme enfermé dans une cave et qui prendrait sa noirceur pour la nuit indéfinie. Un cycle d’évolution est une cave est les murs bornant l’expansion de son obscurité. Un système solaire n’est qu’une cave plus grande qu’une planète, mais aussi solidement mutée. Pour échapper aux caves cycliques, il faut quelque chose de plus que suivre les courants qui y tourbil lonnent.
Nous voici loin du système des castes. Pour ce sys _tème les hommes ne sont pas égaux; chacun d’eux est ce qu’il peut être et ce qu‘il doit être. Ceux qui sortent des pieds dmRichi ne peuvent pas avoir les thèmes facultés que ceux qui sortent de son ventre, ceux-ci les mêmes facultés que ceux qui sortent de sa poitrine et ceux-ci être identiques en aptitudes à ceux qui sortent de sa tête.
Supposons un homme en marche pour accom plir une action, n'importe laquelle, cueillir un fruit; il agit par la force nerveuse qui sort de son cerveau; la force qui sort par ses pieds, qui les fait mouvoir, n’est pas la même portion que celle qui fait mouvoir sa main pour cueillir le fruit, ni la même portion que. celle qui fait mouvoir ses yeux pour que sa vue dirige sa main; les destinées de ces trois portions de '"m_y
“ml-“Ï": .. ..; 1‘ ra..—q»ara:f“u.zwu 'ÆBw" n«r::rv’; fixa“! {t‘.“"r! ' ÉVOLUTION 43 force sont différentes parce qu'elles jouent un rôle différent et jamais plus dans le même homme, au cours de sa vie, les mêmes molécules de force ner— veuse, dites vibrations si vous préférez, quoique ce soit moins exact comme conception, ne viendront exactement, dans le même assemblage, jouer le rôle qu’elles ont joué dans son action de cueillirlun fruit.
Il y a des hommes qui sont la force nerveuse des pieds, d’autres la force nerveuse des mains, d’autres la force nerveuse des yeux du Richi; d’où les castes naturelles. z A son tour le Richi est dans la même situation à l’égard d'un autre Richi et il est par suite membre d’une caste. ’ ' Pour les matérialistes, il n’y a qu’un Richi, la Ma tière, et ce Richi n’a pas de forme; il n’a ni pieds ni tête, ni bras ni poitrine ; conséquemment. tout ce qui est en lui est équivalent et ce qui résulte de sa colla boration avec le néant, substance créatrice désignée et déguisée sous les mots transformation de la ma tière, peut prendre une forme quelconque ou n’en pas prendre du tout, et aucun rôle n’importe plus qu’un autre aux résultats de ladite collaboration; en conséquence, tous ces résultats sont égaux dans leur indifférence pour tout rôle qu’ils prennent et que rien ne leur assigne.
La différence capitale entre la doctrine orientale de l’évolution et la doctrine occidentale, c’est que pour la première tout part de l’intelligence, de la connais— sanœ, tandis que pour la seconde tout part de la ma tière inconsciente et même inerte. Les Orientaux
4 4 L‘INITIATION mettent la connaissance en tête de l’évolution parce qu’en celle-ci ils voient appropriation de moyens à des fins, ils découvrent des causes finales, ce qui im plique une intelligence pour les concevoir.
L’évolu tion est pour eux de l’intelligence qui se diffuse dans la matière comme une essence aromatique peut se diffuser dans de l’alcool; l‘essence qu’on peut extraire de l’alcool y est entrée auparavant et n’a pas été créée par lui; tandis que les évolutionnistes européens pen sent qu’il n’y a que de l’alcool au point de départ et que l’essence aromatique s'y forme par la vertu des transformations de la matière.
Par suite de cette opi— nion ils pensent : puisque l’essence aromatique est née dans l’alcool, pourquoi n’y naîtrait-il pas autre chose ?
Un des rôles de l’homme est de produire des. phé— nomènes d’imagination sur sa destinée au cours de l'évolution qu’il suit; mais ce n’est pas le seul rôle que l’homme puisse jouer; un autre rôle pour lui consiste à demander le secret de sa destinée à la con naissance qui en existe; mais il n’est pas nécessaire que tous les hommes jouent ce dernier rôle et en fait ils ne le jouent pas tous; là encore nous retrouvons les castes comme fait naturel.
Le philosophe matérialiste appartient à une caste dans laquelle ne peuvent pas entrer tous les humains, comme le prouve le fait qu’ils n’y entrent pas tous; mais il joue un rôle utile, puisqu’il existe dans le processus de l’évolution. Ce n’est pas pour blâmer le matérialiste que nous contrecarrons son opinion; c’est pour éveiller au rôle
JOSEPH DE MAISTRE ET LES MARTINISTES qu’ils peuvent jouer dans la manifestation de la pen sée humaine ceux qui sont aptes à penser autrement que le matérialiste, ceux qui n’appartiennent pas de naissance à sa caste mentale et qui pourraient, faute d’avertissement, s’en laisser imposer passivement les marques. GUYMIOT.
Joseph de jïaistre et les jllartinistes Contemporain de Louis-Claude de Saint«Martin, qui était plus âgé de onze années seulement, Joseph de Maistre, dans sa jeunesse, fut en rapports intimes avec des francs—maçons qui paraissent avoir apporté à Chambéry l’esprit des mystiques lyonnais. Il est impossible qu’un écrivain, même exceptionnel, ne soit pas de son époque.
Mais, dans ses œuvres les plus célèbres, Joseph de Maistre a été le plus ferme, le plus intolérant des catholiques à l’égard des erreurs: s’il savait, en sa qualité d’homme du monde, de voyageur et d‘exilé, montrer de la courtoisie et de la tolérance pratique, à l’égard des protestants et des Grecs orthodoxes qu’il rencontrait dans les salons, il faudrait avoir une sin— gulière étroitesse d’esprit pour y voir une contradic tion. Pourtant il s’est trouvé des critiques libéraux, comme des catholiques d’esprit obtus, pour s’étonner
46 L’INITIATION de ce que ce penseur, particulièrement dans ses Mé moires diplomatiques, publiés en 1858.. ait su rendre iustice à la France, même révolutionnaire, et aux mystiques, même non orthodoxes. Sans entrer aujourd’hui dans l‘examen de ses vues politiques, nous voulons seulement rappeler ce qu’il pensait des mystiques de son époque.
A l’égard des adversaires de son catholicisme ultra montain, l’illustre écrivain n’a jamais montré une calme impartialité: Pascal et Bossuet ont été attaqués par lui avec autant d’acharnement que Bacon et Vol taire. Mais, à l’égard des mystiques, qu’on appelait alors illuminés, il a des jugements fort impartiaux. ' Son interlocmeur, dans les Soirées de Sar‘nt—Pe’lers bourg, lui objecte qu’il parle parfois le langage des illuminés.
Joseph de Maistre répond qu’il ne faut pas confondre les illuminés allemands (disciples de Weisshaupt, et niveleurs acharnés, avec « le disciple vertueux de Saint-Martin, qui ne professe pas seule— ment le Christianisme, mais qui ne travaille qu’à s’élever aux plus sublimes hauteurs de cette loi div vine... (r). » Il expose la nécessité de l’exégèse, rap pelle que des théologiens, même catholiques, admet— tent que l’Apocalypse annonce pour notre époque une rénovation prodigieuse, et il stigmatise enfin les sa vants matérialistes, qui ont fait de la science un. monopole, et ne veulent pas « qu’on sache plus ou autrement qu‘eux ». Après avoir montré l’affaiblisse ment de l’Église catholique, il conclut ainsi : «Çon (_l) Xl° entretien.
JOSEPH DE MAISTRE ET LES MARTINISTES templez ce lugubre tableau; joignez-y l’attente des hommes choisis, et vous verrez si les illuminés ont tort d’envisager comme plus ou moins prochaine une troisième explosion de la toute—puissante bonté en faveur du genre humain.
Je ne finirais pas si je vou lais rassembler toutes les preuves qui se réunissent pour justifier cette grande attente. » Pour lui, Dieu ne s’est pas interdit toute manifestation nouvelle, et pourra nous apprendre quelque chose au delà de ce que nous savons. En d’autres termes, la Providence, pour opérer la fusion des sectes chrétiennes, va don ner à l’Église catholique des lumières nouvelles et plus éclatantes.
Plus loin, l’auteur des Soirées fait un résumé rapide de la doctrine des illuminés français. Il ne dit pas que tout illuminé soit franc-maçon : mais que ceux qu’il a connu l’étaient (1). Ces « hommes de désir» pré tendent pouvoir s’élever de grade en grade jusqu’aux connaissances sublimes des premiers chrétiens.
« Cette doctrine, dit-il, est un mélange de platonisme, d’ori— génianisme et de philosophie hermétique, sur une base chrétienne. » Le but des initiés est de se mettre en communica tion avec les esprits et de découvrir ainsi «les plus rares mystères ». - Joseph de Maistre nous apprend qu’il a pu se con vaincre, trente ans auparavant, dans une grande ville (I) Le beau travail de Papus sur Martinez de Pasqualis montre que les martinistes français se séparèrent des francs maçons. . m ..M..
48 L’INITIATION de France, qu’il y avait des grades supérieurs incon nus aux initiés admis dans les assemblées ordinaires. et qu’un culte était rendu par des prêtres appelés cohens. Il reproche aux illuminés quelques idées contesta bles, dangereuses, leur aversion pour toute hiérarchie et toute autorité sacerdotale.
De plus, il rappelle que Saint-Martin est mort sans avoir voulu recevoir un prêtre, et que ce théosophe, dans sa traduction des Trois Principes de Jacob Boehme, accuse le sacer— doce catholique « de n’avoir pas manifesté toutes les lumières dont le cœur et l’esprit de l’homme auraient un si pressant besoin ».
L’auteur des Soirées re marque ironiquement que,d’aprês Saint-Martin, Dieu n’aurait pas su établir un sacerdoce tel qu’il aurait dû être pour remplir ses vues divines. Toutefois, malgré ces critiques, il déclare avoir beaucoup vu ces théosophes et s’être si fort pénétré de leurs livres, de leurs discours, qu’il reconnaît tout ce qui se rattache à ces doctrines dans un ouvrage quelconque.
Il assure même que leur œuvre est utile dans les pays protestants, et les prépare à la réunion des Églises, en faisant disparaître de déplorables anti pathies.
Or De Maistre a toujours été préoccupé du retour des chrétiens à l’unité: « Dans ce moment solennel, écrit-il, oùptout annonce que l’Europe touche à une. révolution mémorable, dont celle que nous avons vue ne fut que le terrible et indispensable préliminaire, c’est aux protestants que doivent s‘adresser avant tout nos fraternelles remontrances et nos ferventes suppli
JOSEPH DE MAISTRE ET LES MARTINISTES cations (I) ». Pour ce grand esprit, il devait y avoir plusieurs révélations successives, éclatant à chaque grandetransformation de l’état social: la première, au moment où le langage articulé fut révélé à l’homme; la deuxième, à l’époque des patriarches ; la troisième, à celle de Moïse; la quatrième, à celle du Sauveur; la cinquième enfin, au temps où se fera l'union des sectes chrétiennes.
Si Lamartine, vers 1840, pouvait dire qu’à la Chambre il parlait par la fenêtre, c’est-à-dire pour la nation, l’auteur du Pape aurait pu avertir qu’il écrivait pour les lecteurs du xx° siècle. Ce libre esprit, dont la soumission était volontaire, méditait Platon et Aristote, Vico et Charles Bonnet et lisait les études comparées de Wilson sur les cultes de l’Inde et de la Grèce.
Il était, dit un critique, « en commerce... avec les interprètes les plus libres des dogmes et des institutions humaines ». Jamais il n’a varié dans l’expression de son juge mens sur les illuminés.
Après le traité de 1815 et la formation de la mystique Sainte—Alliance, due à l’in fluence de M“‘° de Krüdener sur Alexandre le“, et à celle de quelques pasteurs théosophes sur son inspi ratrice, les diplomates catholiques se préoccupèrent de la diffusion d’un vague socialisme par des protes« tants d’Allemagne, et plus encore de la propagande faite dans toute l'Europe par les sociétés bibliques (2).
Joseph de Maistre, dans une lettre du 2 février 18I6, (I) Du Pape. (2) Revue d‘Alsace, I884; Muchlenbeck : 4: Études sur les origines de la Sainte-Alliance. » Metternich : Mémoires et correspondance, I880, in-8°.
50 L’INITIATION au comte de Vallaise, parle encore des martinistes comme de « chrétiens exaltés » recherchant les mys tères ineffables qui constituent le « christianisme transcendantal » des Allemands. « Ils croient, dit-il, que le christianisme était dans son origine une véri table initiation, mais que les prêtres laissèrent bientôt échapper ses divins secrets. de manièrequ’il n‘y a plus dans ce moment de véritable sacerdoce.
La haine ou le mépris de toute hiérarchie est un caractère général de tous ces illuminés... Ils croient à la préexistence des âmes et à la fin des peines de l’enfer, deux dogmes fameux d’0rigène... C’est cet illuminisme qui a dicté la convention de Paris, et surtout les phrases extraor dinaires de l’article premier qui ont retenti dans toute l’Europe.
Quelqu’un observait l’autre jour en riant qu’on avait'fait tort au Saint-Esprit, en ne l’y nommant pas, et que c’était un passe-droit. Mais il ne s’agit pas de rire : les illuminés de ce genre pullulent à Saint—Pétersbourg et à Moscou: j’en connais un nombre infini, et il ne faut pas croire que tout ce qu’ils disent et écrivent soit mauvais.
Ils ont au con traire des idées très saines, et, ce qui étonnera peut être Votre Excellence, ils se rapprochent infiniment de nous de deux manières.
D’abord, leur propre clergé n’a plus d’influence sur leur esprit, ils le méprisent profondément, et, par conséquent, ils ne l’écoutent plus : s’ils ne croient pas le nôtre légitime, au moins ils ne le méprisent point et même ils ont été jusqu’à convenir que nos prêtres avaient mieux retenu l’es— prit primitif. En second lieu, les mystiques catholi ques ayant beaucoup d’analogie avec les idées que les ‘.—L»«
JOSEPH DE MAISTRÊ ET LES MARTINISTES 51 illuminés se forment du culte intérieur, ceux-ci se sont jetés tête baissée dans cette classe d‘auteurs : ils ne lisent que sainte Thérèse, saint François de Sales, Fénelon, M"“’ Guyon, etc., etc. (1). Or il est impos-v sible qu’ils se pénètrent de pareils écrits sans se rap procher notablement de nous.
' « Si, d’un côté, ils nous touchent par les mystiques, de l’autre ils se rapprochent des chrétiens relâchés ou, pour mieux dire, des déistes allemands qui ont in venté ou ramené la distinction de la religiosité et dela religion : par la première, ils entendent certains dogmes fondamentaux qui font l’essence de la reli gion, et par la seconde, les dogmes particuliers de chaque communion qui n’ont rien d’essentiel...
Si l’esprit qui a produit cette pièce extraordinaire avait parlé clair, nous lirions en tête : Convention par la quelle tels et tels princes déclarent que tous les chré tiens ne sont qu'une famille professant la même reli—y gion, et que les différentes dénominations qui les dis tinguent ne signifient rien... » La conclusion de ces longs extraits, la voici.
Pendant quarante années au moins, Joseph de Maistre a été en rapports intimes avec les martinistes et d'autres mystiques : il a pénétré leur esprit, leurs théories et leurs projets. Son jugement est donc d’un très grand poids.
Sans doute, il leur reproche de haïr l‘autorité, de s’attacher à des opinions origénistes: mais il aurait protesté si ces mystiques chrétiens, (i) Notons en passant que, d‘après des témoignages sérieux, Alexandre le! mourut catholique.
5 2 L’INITIATION qu’il connaissait à fond, avaient été qualifiés de sata nistes ou de lucifériens. Il est déplorable qu’en France se soient trouvés des laïques et des prêtres même,assez ignorants du caractère du martinisme pour le con fondre avec la plus monstrueusement absurde de toutes les sectes modernes.
Si de tels catholiques re prochent à des mystiques d’avoir un orgueil secret qui leur fait haïr l'autorité. ceux-ci pourront ré pondre que l'esprit d’humilité n’existe pas plus que celui de charité chez les hommes qui lancent une aussi grave accusation sans même étudier les doc— trines de leurs adversaires.
Les martinistes purs ne peuvent pas être regardés comme aussi orthodoxes, mais, s’ils sont enflammés d’amour pour Dieu et pour les hommes, s’ils appellent de leurs vœux l'unité religieuse, ne sont-ils pas plus chrétiens queleurs cri— tiques d’hier et d’aujourd‘hui ? SATURNINUS. m Sommsms a ras tRÊW Une des questions les plus troublantes de la phy- ' siologie est certainement celle du sommeil.
La science n’en a pas encore donné d’explication satis faisante, ou plutôt n’en a pas donné du tout. La défi nition n’est qu’un synonyme. une paraphrase du mot. C’est l’abolition de toutes les fonctions relevant
LE SOMMEIL ET LE RÊVE 53 F”‘""‘ de la volonté et de la conscience du Moi. Mais alors le rêve! Le moi en est conscient bien qu’endormi puisqu’il en garde le souvenir au réveil. L’occultisme est plus net : « L‘homme intime quitte sa dépouille matérielle, pour baigner son corps lumineux lassé et refaire sa vitalité tarie dans l’océan fluidique universel.
Il peut se transporter ainsi à d’invraisemblables distances, et discerner des choses antérieures à lui, sur les plans physi que et astral, au moyen des organes perceptifs de son corps aromal. » (Stanislas de Ghaita.) Plus précis encore est Prentice Mulfort, dans son remar quable chapitre : Des mystères du sonimeil( Vos Forces et le moyen de les utiliser, Chamuel éditeur).
Notre esprit, selon l’auteur américain, quitte le corps, errant à l’aventure, assistant à des scènes variées avec d’au— tres esprits. Mais l’homme est tellement habitué à percevoir tout ce qui est extérieur à lui avec l’aide des sens corporels que, lorsqu‘il est privé de ceux-ci, il est incapable de se, servir de ceux de l’esprit. Le moi est alors comme l'enfant nouveau-né, quasi inconscient et incapable de comprendre.
C’est également ce que les spirites ont bien compris quand ils parlent du trouble psychique post mortem. Le rêve ne serait donc qu'un souvenir vague, mal interprété de cette mystérieuse absence. Cette théorie, quelque rationnelle qu’elle soit, ne satisfait pasfencore complètement l’es prit. D’après elle, le sommeil serait une sortie incons ciente en astral.
On peut s’étonner alors que ce phé— nomène se répétant chaque jour, nous ne finissions pas par nous y habituer et en devenir conflcients. Or ââkîâââ
5+ LÏ!\’ITlATION la sortie volontaire en astral est un acte de haute magie que n’ont pu réaliser que quelques rares adeptes. Elle est entourée de telles difficultés et de tels dangers qu’il est difficile de la comparer au sommeil. L’esprit quitte le corps pendant le sommeil. C’est possible. Mais il ne doit pas aller bien loin. Si par hasard il s’éloigne, il doit ressentir un vague malaise et c’est peut-être là une des causes du cauchemar.
Poser en principe que les rêves sont toujours des , scènes lointaines auxquelles nous assistons parait exagéré. Ce qui caractérise nombre de rêves, pour ne pas dire presque tous, c‘est l’absurdité. La plupart d’entre eux n’ont rien de réel et sont des phénomènes pure ment subjectifs, qui se passent entièrement en nous. Le sommeil est plus ou moins profond. Nous ne pouvons pas savoir à quel point notre conscience est obscurcie.
En effet, quand on s’endort ou quand on s’éveille dans cette période intermédiaire, nous sommes incapables de distinguer le moment où le moi s’obnubile. Nous ne savons donc pas si nous sommes endormis d'une façon absoluequand nous rêvons. D’un autre côté, pendant l’état de veille, sou vent apparent, la mémoire de certains faits lointains nous revient subitement.
Le rêve ne serait souvent qu’un fait analogue, et comme notre raison est en gourdie, il ya un mélange hybride d’idées disparates. Un contemporain, dont le nom m’échappe, prétend que la durée du rêve est infiniment courte et que les images se succèdent dans l’espace d une seconde. Il . cite un rêve qu’il a eu dans lequel il se voit vivre à
LE SOMMEIL ET LE RÊVE 55 l’époque de la Terreur, emprisonné, condamné, con duit à l’échafaud et il se réveille en sursaut au rho— ment ou le couperet s’abattait sur sa tête. Le ciel de lit venait de lui tomber dessus. C’est donc ce coup sur la tête qui a évoqué chez notre dormeur l’image de la guillotine et les scènes révolutionnaires. Toute fois, rien ne prouve que tout se soit passé en une Seconde.
Le choc 'a parfaitement pu ne pas provoquer le réveil immédiat. Mais la cause du rêve ici n'a rien d'occulter. D’un autre côté, l’origine objective de cer tains rêves parait certaine, et Papas a eu raison de diviser les rêves en deux classes (Traité méthodique de sciences occultes, p. 866) : les songes ou rêves pro— phétiques et les rêves proprement dits dans lesquels le ' sang et les principes inférieurs de l’homme entrent seuls en_ action.
Cette distinction paraît encore trop exclusive. Le songe prophétique est un fait si rare! Tous les autres rêves, surtout les moins absurdes, ne sont pas forcément de simples faits subjectifs ; il est au contraire parfaitement logique d’y voir fréquem ment des visions en astral. C’est en effet pendant le sommeil que notre moi eut communiquer avec le plan astral.
Beaucoup de personnes ont, au moment où elles vont s’endormir ou s’éveiller, des visions d’êtres ou d’objets parfaitement inconnus d’eux. La raison n’étant pas encore obscurcie, on a conscience de l’hallucination. Sitôt endormi, la raison ne servant plus de guide au moi, ces images flottantes constituent le songe. Enfin on peut admettre que fréquemment les rêves proviennent simultanément des deux ori
56 L’INITIATION gines subjective et objective. Notre esprit perçoit un mélangé d’idées et d’images, et tout critérium faisant défaut. il est aisé d’expliquer l‘absurdité de la plupart de nos rêves. Cela paraitd’autant plus vraisemblable que nous ne pouvons juger de nos songes que par ce dont nous nous souvenons au réveil. Nous rappelons noustout ? Non, certainement.
Fréquemment en effet nous entendons des gens rêver à haute voix, et, lorsqu’on leur demande au réveil le motif de leur songe, ils ne se rappellent plus rien. Cela prouve que pendant ce sommeil notre esprit peut parfaitement être obsédé par une idée, même étrangère à nous, qui plus tard se réveillera dans notre mémoire. « La nuit porte conseil » est un proverbe fort juste.
N os actes peuvent parfaitement être le résultat d’une suggestion astrale dont nous ne nous rendons pas plus compte que d’une suggestion hypnotique. Car dans les deux cas nous sommes persuadés que nous agissons de notre libre arbitre. Ceci permet de supposer qu’il n’y a guère de diflé— rence entre le sommeil hypnotique et le sommeil natu— rel. Tous les deux sont provoqués par l’idée de dor mir.
Dans le premier, l’hypnotiseur continue àagir sur le corps astral de son sujet et par conséquent sur la mémoire qui appartient à la fois aux plans astral et psychique. Il peut donc suggérer facilement des idées. ’ Dans le second, nous sommes abandonnés à nous même ou aux influences occultes qui nous envi ronnent. L’état du sujet ne change pas, la cause directrice seule est autre. C’est en effet dans les états
QUESTIONS DE PSYCHOLOGIE OCCULTE les plus superficiels de l’hypnose que la suggestion a le plus de prise sur un sujet, notamment dans l’état de léthargie, qui ressemble tant au sommeil de la nature. Dans les états plus profonds, le somnambu lisme par exemple, où le sujet par‘aît plutôt appartenir à l’état de veille, la réceptivité suggestive va en dimi nuant pour s’annuler complètement, ainsi que l’a démontré M. de Rochas. L. S.
Questions de Ësychnlagie ®sœulte"’ (Suite et fin) De la Lucidité ou Double Vue Ce fait surprenant de Lucidité est mentionné en détail, avec beaucoup d’autres aussi sérieusement constatés, dans le long et intéressant rapport rédigé au nom de la deuxième commission médicale par M. le Dr Menant des Chesnais.
Citons-en, au surplus, les conclusions, en faisant remarquer que le savant médecin parle en son nom et en celui de cinq de ses confrères aussi érudits et aussi compétents, qui ont longuement, ensemble et séparément, examiné et r (1) Extrait de la Revue angevine, septembre et octobre 1896.
58 L’INITIATION questionné la Voyante : 4: Malgré tous les motifs de défiance que nous inspire le cas de M“u Couédon, nous reconnaissons qu’en plusieurs circonstances, elle a fait preuve d’une clairvoyance qui, en dehors d’une supercherie dont le mécanisme nous échappe complètement, ne peut—être, avec les données ac tuelles de la science,expliquée par aucun moyen natu rel (r). » Signalons enfin, pour terminer, l’opinion autorisée d’un savant médecin et d'un éminent Occul— tiste dont la compétence en ces matières est univer sellement reconnue, et qui nous fait le grand hon neur de nous compter au nombre de ses amis, M. le Dr Encàusse (Papus), lauréat des hôpitaux de Paris, ex—chef de laboratoire à l’hôpital de la Charité : Le sujet (M“e Couédon), qui ne me connaissait pas, m’a cependant prouvé sa « mission » par des faits qui ont été probants pour moi.
J’étais venu avec le plus grand scepticisme et j’ai convenu, après une étude— sérieuse, du peu fondé de mon attitude (2). » 'Et encore : « Très sceptique avant de voir M"° Couédon, très méfiant, après une première etsuperficielle étude, j’ai été complètement dérouté dans mes conclusions de fraude ou d’hystérie à la seconde épreuve, intéressé fortement à la troisième, et ardemment convaincu qu’il y avait là quelque chose de réel et ne rentrant (1) Rapport du Dr Le Menant des Chesnnis a la Société des Sciences Psychiques. —— Cité par Gaston Méry, op. cit., 3“ fasc.Æp.
156 à 164. (2) Interview du Dr Encausse (Papus) avec un rédacteur du Gaulois. — Citée par Gaston Méry, op. cit., I"' fasc., p. 50
QUESTIONS DE PSYCHOLOGIE OCCULTE n H‘Iww-="‘ - pas dans le cadre étroit de nos conceptions scientii‘L -ques, à la quatrième étude (1). » il est Voilà donc de nombreux faits authentiques de Lucidiæé, de multiples cas dûment COflStfltä de Dou ble Vue. — Comment les comprendre et comment les interpréter? — Le problème est difficile, et la ques tion délicate.
On ne saurait évidemment invoquer, pour l’expli— cation de la double vue, la suggestion mentale ou la transmission de pensée, puisque, dans les expériences de ce genre, les personnes présentes ignorent les faits que voit, ou les renseignements que fournit le sujet lucide. —— Chercherons—nous dans une hyperesthe’sie extraordinaire. du sens de La vue la raison d’être de ces mystérieux phénomènes ?
Ce ne serait là, à notre avis, qu’une explication partielle et insuffisante des faits de lucidité : car, si quelques-uns, comme la perception de l’intérieur des organes ou la lecture d’une lettre à travers une épaisse enveloppe, peuvent etdoivent même se comprendre dans cette hypothèse, il yen a d’autrœ, au contraire, dont elle ne peut, semble—t-il, rendre compte : ceux, par exemple, où le sujet lucide voità des centaines delt’eues : une hyper— -esthésie du sens de la vue, si intense qu’on la sup pose, n’exptiquera jamais comment Apollonius de (|) Rapport du D‘ Encausse à la Société des Sciences Psy— chiques, 1" partie. — Cité par Gaston Méry, op. cit., 2° fasc. p. 121. . .
60 ‘ _ L‘INITIATION Tyane a vu, d’Ephèse, l’assassinat à Rome de l’em pereur Domitien, comme saint Ambroise a vu, de Milan, les funérailles de saint Martin à Candes auprès de Tours, comment Swedenborg a vu, _de Go thenbourg, l’incendie de Stockholm, et, d’Amsterdam, l’assassinat du czar Pierre 111 au château de Ropcha; elle ne permettrait pas davantage de comprendre la plupart des faits de lucidité recueillis par Mme Sidg— wick, où des prodiges de M"° Couédon.
Nous sommes ainsi amenés à demander, — pour ces derniers faits, tout au moins, — à la tradition kabbalistique et à la philosophie occultiste une expli cation que ne peuvent nous donner, à l'heure actuelle, la science positive et les savants officiels, et à attri— buer au sixième sens, au sens du corps astral, « la perception des phénomènes du plan physique séparés du sujet par l’espace ou par le temps (t). » D’après les Occultistes, l’homme est, en effet, composé de trois principes. que l'analyse subdivise, au surplus, en quatre, ou même sept autres.
Cès trois principes pri mordiaux sont : l’esprit immortel, d’essence spirituelle (l’âme de la philosophie spiritualiste et des religions chrétiennes) ; le corps physique, purement matériel; le corps astral ou âme (pérz‘sprzt des Spirites), d’une (1) Papus et Sédir, Almanach du Magiste pour 1896, p. 35. — Sur toutes les questions de Kabbale et d'0ccultisme, con sulter les savants travaux et les remarquables ouvrages de Papus; en particulier sa Science des Mages, son Tarot des Bohémiens, son Traité méthodique de Science Occulte et son Traité élémentaire de Magie pratique. (Chamuel, éditeur, 5, rue de Savoie, Paris.) v
QUESTIONS DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 61 W. -v-w-' nature mixte, ni complètement spirituel comme l’es prit, ni tout à fait matériel comme le corps, mais formé d’une substance impondérable, d’un fluide subtil, qui n’est autre probablement que la matière sous son quatrième état, la matière radiante de Faraday et de Crookes.
Chacun de ces trois principes a son centre d’action et de renouvellement qui lui est propre : la tête, pour l’esprit ; le ven tre, pour le corps; la poitrine, pour le corps astral.
Le corps astral existe, en effet, non comme entité métaphysique, mais à titre de réalité empirique, il a ses organes qui lui sont spé cialement affectés, ses fonctions particulières, qu’il exerce pour l’entretien de la vie; c'est lui qui anime, par son action sur les appareils respiratoire et circu latoire, et qui meut, par son action sur le système nerveux ganglionnaire et ses dépendances, tous les éléments qui constituent l’être humain.
Normalement uni au corps physique, le corps astral peut cependant, dans certains cas et sous certaines influences, s’exlé— rioriser, c’est-à-dire quitter le corps, auquel il ne reste plus rattaché que par un lien de nature flui ' dique. C‘est cette extérz‘orz‘saiion, cette sortie du corps astral qui va nous donner l’explication de certains phénomènes de Lucidité.
Et qu’on ne croiè pas que cette hypothèse soit purement gratuite ou imaginée à plaisir: elle a été formulée, de tout temps, par les Occultistes, comme fondée sur la réalité et sur l’expé-. rience: déjà dans les mystères de l’ancienne ,Égypte, plusieurs milliers d’années avant l’ère chrétienne, au fond des sanctuaires révérés de Thèbes ou de Memphis.
62 L’INITIATION le néophyte, futur prêtre d’lsis et d’Osiris, franchis sait le terme ultime de son initiation à la Science d’Hermès en projetant hors de lui son corps astral, son « double », comme disaient les prêtres initiés, les Occultistes d’alors.
La tradition ésotérique, sur ce point comme sur tant d'autres, s’est maintenue cons tante et immuable à travers les âges, enseignée par d’illustres savants et de profonds philosophes, réalisée aussi dans la pratique etdans les faits.
Longtemps, toutefois, l’antique croyance des Mages subit le sort commun des grandes vérités: elle fut repoussée de parti pris par les sceptiques, raillée sans examen par les ignorants ; mais elle devait, au cours de ce siècle, recevoir de la Science elle-même une décisive confir— mation.
Les observations et les expériences rigoureu— sement scientifiques du chevalier de Reichenbach, reprises et complétées, en ces dernières années, par M. le colonel de Rochas, ont, en effet, péremptoire; ment établi et nettement prouvé, semble—t—il, que l’opinion traditionnelle des Occultistes sur l’existence, le rôle et les propriétés du corps astral, étaitbien l’ex pression adéquate de la vérité.
Dans l’un des états profonds de I’Hypnose, découverts et étudiés par le savant expérimentateur, le « sujet » voit, en effet, se former, de chaque_côté de lui, deux colonnes flui diques de coloration différente: bleue à droite, et rouge à gauche ; au bout d’un certain temps, ces deux moi tiés, jusque—là distinctes, se réunissent en un tout homogène de couleur mixte, sorte de spectre vapo— reux, de fantôme fluidique, qui affecte la forme du sujet lui-même, et qui n’est autre chose que son corps
QUESTIONS DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 63 astral extériorisé (I). Or, grâce à sa nature (il est formé d’une substance ténue et impondérable, matière radiante ou autre), ce‘corps astral, ce double jl uz’dz‘que suivant l’expression de M. de Rochas, peut pénétrer et traverser les corps et les objets matériels, il peut circuler dans les lieux plus ou moins éloignés, et le sujet, en cet état, peut voir, par suite, à des distances souvent très grandes (2).
Ainsi peuvent s’expliquer les faits de double vue: le corps astral, le doublé flui dique du clairvoyant est transporté sur le théâtre même des événements qu’il voit, et c’est sans doute cette sortie de l’Astral qui, par la fatigue ou l'affaiblis— sement qu‘elle cause, produit la léthargie ou le som meil que nous avons constaté dans la plupart des cas de double vue : la vie redevient active, le réveil s’opère, la conscience renaît, à la rentrée de l’Astral.
Telle est l’explication que peuvent nous fournir d'un grand nombre de cas de Lucidité les principes les plus généraux de l’Occultisme et les découvertes les plus récentes de la Physiologie.
Nous neprétendons pas, toutefois, donner comme la seule interprétation possible de tous les faits cette ingénieuse théorie ; nous (I) Voir principalement : Reichenbach,Le Fluide desMagné— lisseurs, avant-propos etnotes de M. de Rochas (chez Chamuel); —— Plytotî, la Magie (chez J.-B. Baillière); —— Dr Gibier, Ana lyse des choses (chez 0.
Doin). (2) Consulter sur ces curieuses observations les derniers ou— vrages de M. de Rochas: l'Exte’riorisalion de la sensibilité; l'Extériorisntion de la motricité. — Nous avons assisté nous même, plus d'une fois, à des expériences de ce genre, qui ont parfaitement réussi: le magnétiseur était un de nos amis, M. B., licencié ès sciences physiques, et le suiet, M. S.., élève de Mathématiques Spéciales au lycée de Poitiers.
64 . L’INITIATION pensons, au contraire, qu’il faut, concurremment avec elle, en adopter une autre, et expliquer certains cas de clairvoyance, —-— nous avons indiqué lesquels, — par une hyperesthésie extraordinaire du sens de la vue. A la lumière de ces deux hypothèses, les phéno mène's de Lucidité se comprendront tous, car il n’y en aura pas, croyons-nous, qui échappe entièrement à l’une ou à l’autre.
Raymond DUPLANTIER, Avocat à la Cour d’appel de Poitiers, Licencié ès lettres. ENäE Et au pied de ces lettres de feu, je vis des saintes femmes qui pleuraient... Ces saintes femmes, c’étaient les sublimes et éter— nelles Pensées. Ces sublimes Pensées erraient dans l' Univershomo gène et froid après un immense incendie et parais sant pour toujours infécond et aride. Et les sublimes pensées ne savaient où se reposer.
Et elles erraient toujours sous le poids d’une indi cible angoisse. Etj’entendais sortir d’elles, comme une plainte, une plainte tellement désolante que le cœur le plus dur en eût été attendri. Je compris que c’était l’effort pénible de la subs 2d‘:a”' M... 1
1898] INRI 65 tance arrêtée dans sa marche constante vers la Per fection par l’impénétrabilité de l’Être. Alors je me sentis pris pour ces saintes femmes d’une pitié infinie. Ne pleurez pas, saintes femmes. Ce monde que vous avez vu détruit en un jour de colère. réduit en poussière ténue et rendu à l’homogé— néité de la Substance-Une, n’a pas péri pour toujours.
Il doit renaître selon sa prédiction Trois Cycles après sa mort; Car ces lettres de feu signifient : [gne natura renovatur integra Les sublimes pensées ne me répondirent pas. Mais je les vis aller se placer sur certains points de l’homogèneî .
Et sur ces points je vis la substance s’accumuler, _ involuer et lutter dans une lutte gigantesque. ‘ Puis, après la lutte, une douce et indéfinissable harmonie s’établit et le GRAND-TOUT semblait se diri ger vers la PERFECTION.
Alors, m’inspirant de ma Raison, je compris que ces Sublimes Pensées, c’étaient les manifestations immanentes du Principe de PROGRÈS SEPTIFORME, du Progrès qui ne meurt pas, qui, après la dissolution dans l’homogène, ne pouvaient pas donner cours à leur activité. Leur plainte, leur angoisse, c’est le sentiment de la ’ Puissance d’exister, de l'impénétrabilite‘, broyées, meurtries par l’A (traction constante etfatale.
66 L’INITIATION Mais bientôt, par leur vivacité immanente, elles se dégagent des étreintes de l’Attraction intégrale et, par involutt‘on vont former en certains points de l’homo gène des centres d’attraction différentiels.
L’A [traction précipite sur ces centres la substance des régions ambiantes, puis comprimée dans ses mou vements par l’inzpe’nétrabz‘lz’te’, elle produit le phéno ‘ mène Chaleur ou Force d’expansion qui est l’in 1ærse de l’A ttraction. A partir de ce moment, le développement se con tinue en sens inverse : la période d’1nvolution est ter minée, celle de l’Evoluti0n commence.
Sous l’influence du Principe de Progrès, la défié— renciation s'augmente toujours, par suite de la multi plication des effets :les mouvements vibratoires qui se manifestent sous forme de chaleur ou force d’ex pansion deviennent peu à peu électricité, vie, cons— cience, pensée: Et les tendances inhérentes à la Puissance d’exister se dépouillent peu à peu de leur égoïsme et de leur faialz'z‘e’pour devenir, éclairées par la Pensée, altruis les et libres.
Dans la Dissolution, c’est la substance qui s’affirme dans son Unité noyant l’attraction infécohde et le Progrès qui semble anéanti. La Dissolution est une affirmation. Dans l'[nvolution, c’est le Progrès qui renaît et qui en ses premières manifestations égoïstes (impénétrabi lité et tendance à la diflérenciation) entre en lutte avec l’Attraction sympathique.
INRI 67 L’Inuolutz‘on, c’est l’Attraction qui lutte contre le Progrès, Et le Progrès septiforme qui lutte contre I'Attrac— tion Une. C’est le Progrès qui nie l’Attraction, et l’Attraction qui nie le Progrès. L’inuolution est une négation.
Cependant durant tout le moment d’involution, c’est l’Atlraction qui l’emporte et qui concentre la substance jusqu’à ce qu’elle soit arrêtée par l’Impé— nétrabz‘lité, deuxième manifestation _du Principe de Progrès. Alors commence l’Evolution.
Dans I’Euolution, c’est le triomphe du Progrès sur l’Attraction, ou plutôt c’est la synthèse du Progrès et de l’Attraction dans une Unité harmonique et fé conde et en même temps dans une Hétérogénéité de plus en plus cohérente et complexe tendant sans cesse vers la Perfection, Le Progrès étant le Principe-Directeur, L’Euolution est une synthèse.
On peut donc dire que la substance se dissout par sa vertu d’Unité involue par sa vertu d’Attraction évolue par sa vertu de Progrès. Le développement immanent de la substance dont le principe est le Progrès renferme ainsi Trois mo— ments : La Dissolution, l’Inuolution, l’Evoluti0n, comme il se manifeste sous sept formes. Suivant ce développement immanent, nous avons
68 L’INITIATION vu que la substance doit se diriger éternellement vers la Perfection sans jamais pouvoir l’atteindre; Car la Perfection est impossible à cause des con tradictions qu'elle renferme.
D’un autre côté, nous savons que l’essence du Pro— grès n’est pas le Hasard mais qu‘il est déterminé par deux conditions : 10 Que la substance est nécessairement mauvaise; 2° Qu’elle doit tendre nécessairement vers la Per fection; c’est-à-dire que la substance doit être le moins pos sible mauvaise.
Malgré une apparente ressemblance, il y a un abîme entre cette conception et celle de Malebranche et de Leibnitz d’après laquelle le monde est le meil leur possible. _ En effet, Malebranche et Leibnitz admettent l’Elre Parfait qui a pu créer le monde mauvais et a voulu ' le faire le moins mauvais possible. Que de contradictions accumulées en peu de mots ! Comment un Etre parfait a-t-il pu créer quelque chose de mauvais ?
Et en supposant qu’il ait pu le faire, Puisqu’il a voulu le créer mauvais, ce n’est pas pour le rendre le moins mauvais possible, car alors il l’au— rait créé bon. On me répondra que le monde ne'pouvant être que mauvais, il est rationnel que Dieu, qui est bon le rende le moins mauvais possible. Mais si le monde est nécessairement mauvais, Dieu qui est bon n’avait qu’à ne pas le créer.
INRI 69 m‘en”? 'I'.I|n ' " — ' Voilà les contradictions où se perdent des esprits éminents pour avoir voulu admettre l'Etre parfait.
Tandis qu’en niant le Dieu absolu, tout s’explique avec une simplicité et une rigueur mathématiques au' moyen des Trois-Principes : UNITÉ. -— ATTRACTION. — PROGRÈS Par cette Trinité Sainte, l’Optz‘mz'smc et le Pessi— misme, l’Ide’alz'sme et le Réalisme, le Spiritualz'sme et le Matérialisme, le Théisme et l’At/zéz'sme, jusqu’ici inconciliables, s’unissent en une harmonieuse et di— vine synthèse.
Je dis divine au sens le plus général, c’est-à—dire le plus PANTHÉISTE du mot. Nous avons vu précédemment que sous l’influence immanente et nécessaire du Principe de Progrès, la substance doit se diriger indéfiniment vers la Perfec non.
Cependant l’Attraction, force constante, ne cessant jamais son action, resserre continuellement la subs tance dans sa fatale et mécanique étreinte, et finit par l’entraîner à la dissolution par laquelle elle retournera à l’homogénéité inféconde d’où elle était sortie. Ce recul que nous constatons n‘est pas un démenti ' au développement indéfini du Principe de Progrès.
En effet, il faut observer que par suite de l‘imper fection nécessaire de la Substance, sa marche vers la Perfection ne peut pas être continue et rectiligne. Le Mal oppose des résistances, qui d‘après la loi du rythme font périodiquement rétrograder le dévelop pement immanent, et chaque cycle semble se terminer au 'point où il avait commencé.
70 L'INITIATION En réalité, il n’en est pas ainsi. On ne peut pas considérer le Progrès éternel et nécessaire que dans un cycle particulier, mais dans l’ensemble infini des cycles. On doit s’élever au-dessus et au delà de ces pro grès particuliers qu’une dissolution fait rétrograder.
Par une conséquence rigoureuse du développement immanent, nécessaire et indéfini du Principe de Pro grès, l’homogène qui est la fin du cycle a, en puis sance, quelque chose de plus que l’homogène qui en a été la fin du cycle précédent.
De sorte que le cycle suivant sera en Progrès sur le premier. ‘ Ainsi les lettres de feu INRI signifient donc vérita blement : qu’au-dessus et. au delà de toutes les dissolutions, de tous les équilibres momentanément réalisés, [Univers se développe dans un éternel recommence ment, en un progrès éternel rers l’innaccessible perfection. PROSPER GAYVALLET. a. 0559
ORDRE MARTINIS'I'E " MAEL’T’ENESŒ‘E Tableau des formations martinistes en mars 1898 État et progression de l’Ordre depuis mars 1897 . j 5 i NOMBRE ‘NOMBRE È . , PIlOGI{ S 1 , CONTREES ‘.’°_ de _ fo ma’nons formations (1/, j , en 1897 en 1898 ‘ . ‘ l Europe lFranC€. -.' . . . . . .. 7 27 20 1Belgique . . . . . . . . . . . 2 3 1 I (Allemagne . . . . . . . . . . 1 3 2 : + Danemark . . . . . . . . . >> 1 l IES agne . . . . . . . . . . .
2 3 X l(Ita1e . . . . . . . . . . . . . 2 8 6 .Bohême . . . . . . . . . . . 1 1 » ) + Suède . . . . . . . . . . . » 9 9 + Hollande . .' . . . . . . . » I l + Suisse . . . . . . . . . . . >> 2 2 + Roumanie . . . . . . . . . » 1 1 +Russie........... » 2 2 + Angleterre . . . . . . . . . » 2 2 ' Asie |+ Tonkin . . . . , _ _ . . .j » 2 2 | . Afrlque ’ ’ jÉgypte . . . . . . . . ..
1 1 » j'l‘unisie . . . . . . . . . . . , 1 1 » '-= ‘ Amérique ' États-Unis . . . . . . . . . . 17 36 19 l+LaHavane......... » I 1 Colombie . . . . . . . . . . . 1 1 x Guatemala . . . . . . . . . . 1 1 » !Répubhque Argentine . . . . 4 7 3 “ Totaux. . . . 4.0 113 73 ‘ (1) Formations nouvelles' en un an, 73. —- Contrées nou velles ouvertes au Martinisme, 9. pavä-flbü... ..
72 L’lNITIATION . 00 ‘ Une délégation de l'Ordre est établie à Haïti. a ou lTALIE. — Réouverture de la Loge Gérés Le 11 février les'travaux de la loge Cérès ont été so lennellement repris à Macerata. Nous avons ressenti une grande joie à voir marcher seule cette loge qui l’an dernier, encore enfant, essayait ses premiers pas dans la voie lumineuse pour le bien de l’humanité.
Le sympathique fr:I: Francesco Forleo Casalinipréside; on sait quelle est son ardeur pour le progrès de l'ordre; malheureusement, les visages sont tous couverts de tris tesse. On vient de nous apprendre la mort de l’illustre maître Stanislas deGuaita. A huit heures, la loge est au complet, et les travaux sont repris. A côté du Ven—Sugé le délégué F. Bruni à sa droite les S ::: I 2:: les l :l: et lesA :::.
Le Vén. lit les délibérations du Sup ::: Cons. :Ï; à l’occasion de la mort de Guaîta et propose une triple batterie de deuil qui est aussitôt exécutée. On annonce ensuite que le 18 mars au soir (anniversaire du supplice de Jacques Molay), le fr. Bruniprononcera une allocution en mémoire de Gua'ita et que le Gr :2: M ::: Papus en sera averti.
On vote des félicitations aux Fr ::: Kremmerz, Hofi-‘ mann, Colucci et de Vincolis, qui ont été forcés de se “ séparer de nous pour différentes raisons, et on souhaite qu’ils continuent à travailler ailleurs pour le bien de la cause. On félicite le fr ::: Barletta qui est sur le point de fon der une loge à Milan. Les fr 2:: de la loge Cerès exécu tent une batterie pour saluer les frères sus-nommés.
Immédiatement après on procède à trois nouvelles initia tions. On termine enfin par une cérémonie mystique et on suspend les travaux. Le Secrétaire de la loge Ce’rès, MARIUS.
PSYCHISME EXPÉRIMENTAL 73 Fñlllllr’l‘É DÈS SGlENGES HERMÉ’l‘lQUËS PROGRAMME DE L'EXAMEN DU BACCALAURÉAT pas SCIENCES HERMÉTIQUES Occulte. w Constitution de l’Homme. Histoire et Doctrines. — Le Spiritisme de 1850 à nos jours. — Théories et Pratiques — Usage et contrôle des Médiums. —— La Chirognomonie. — Éléments théo— riques. —-— Épreuve pratique.
Langue hébraïquef— Les 22 lettres. — Leur Symbolisme. —Leurs Nombres. -— Les 10 Sephiroth.— Les 10 Noms divins. Hermétisme. — Le Septénaire en astrologie. — Éléments d'alchimie (Sel, Soufre, Mercure. — Couleur du grand œuvre. — Symbolisme). Les Examens auront lieu le lundi 18 avril. Ladistribu tion des diplômes aura lieu en séance solennelle ulté— rieurement. sxomsun nxnÈnmnnnau Médium : RENÉE SABOUREAU.
Il y a quelques semaines, je reçus une lettre de notre ami Sédir me demandant d'admettre ànos séances un‘de ses amis M. S. L., artiste peintre. Je ne pus malheureusement pas lui donner satisfaction, mais j’acceptai de me rendre, avec Mme et Renée Sabou reau, chez M. de K., ami de M. S. L. Les assistants au nombre de cinq (M. de K., M. S. L., Mme et Renée Saboureau, puis moi) étaient réunis dans .. ..
7+ L'INITIATION une pièce plutôt petite et,bien à l’abri des bruits exté;‘ meurs. Après quelques communications écrites reçues par Renée, on fit l’obscurité. . Le tapage commença presque aussitôt ; divers objets furent lancés de dtfl"érents côtés et pour constater les faits accomplis on demanda une lampe ; puis, En lumière Renée reçut la communication suivante: « Le géant Méd1us Ç???) vient d’arriver, il va se manifester; enlevez, la lampe ».
« Losanne. » La pièce où nous étions réunis étant assez étroite et encombrée de meubles, force nous fut de nous lever pour laisser passer Mme Saboureau priée d’emporter la lampe dans la pièce voisine. Nous étions donc tous debout, lorsque une lourde table en chêne, libre de tout contact, se retourna brus quement les pieds en l’air. La chambre était encore éclairée par la lueur de la lampe, en route pourlè boudoir voisin.
Au bruit, Mme Saboureau revint sur ses pas et la table fut remise sur ses pieds (non sans peine). Chacun reprend sa place, Renée est assise à côté de M. S. L. qui pose sa main sur le dossier de la chaise du médium, et l’obscurité règne de nouveau. Au bout de quelques instants Renée, tirée par les pieds, est allongée sur le tapis; presque en même temps la chaise qu’elle occupait s’agite sous la main de M. S.
L., quitte le sol, et semble vouloir se livrer à divers exercices aériens, non sans avoir frappé Mme Saboureau au front. Pendant ce temps, quelques objets sont lancés dans diverses directions. M. S. L. sentant que ses efforts vont être impuis— sants à retenir la chaise qui. maintenant, se débat entre ses, mains à hauteur de son visage, demande de la lumière. _ Chacun frotte une allumette qui ne prend pas, les phé
BIBLIOGRAPHIE 75 nomènes en profitent pour redoubler d’intensité; le désordre est à son comble. Enfin, on rapporte la lampe et le calme revient, mais la chambre que nous occupons est quelque peu boulever sée et M. de K. ne parait pas disposé à renouveler ces expériences (du moins chez lui). A. FRANÇOIS. P.-S. — Depuis cette soirée, j‘ai assisté à diverses séances, àpeuprès nulles,chez M. C. F., chez M. C. de P. et chez M. Saboureau. A. F.
BEBËIQGRAE’EEE SAR PELADAN. — Œdipe et le Sphinx, tragédie selon Sophocle,pour servir deprologue à l’Œdipe-Roi; in-4°, de luxe, non mis dans le commerce. Le mythe d’Œdipe est un des plus intéressants que le chercheur puisse étudier parmi tous les symboles de l'ancienne Grèce. Il est trop connu pour que j’en rap— pelle ici les details.
Les étudiants de l’hermet15me trou— veront facilement le triple sens de ce mythe, en alchimie, en astrologie et en psychologie. Sous ce dernier aspect, c‘est l’histoire d’une monade humaine qui se fie en sa seule et propre volonté, et qui, au cours de ses expériences, se rencontre avec la grande énigme de l’lnvisible. En cosmogonie, cette légende se réfère à la théorie mystérieuse de la formation des satellites.
En alchimie, Dom Pernéty en a parlé avec suffisamment de clarté. Enfin, dans l'androgonie, on y retrouve à la fois l’his— toire symbolique de l’entrée de l'âme humaine dans la Thebah, et celle d’une phase initiatique que M. Pela dan a décrite dans ce tercer: Pour vaincre la fille de Typhon Il faut avoir tué son père Et s‘être fiancé avec sa mère.
76 L’INITIATION h On remarquera ici que l'esprit ionicn s‘est emparé de la grande légende égyptienne; le sphinx est devenu la sphinge, et M. Péladan. oubliant le véritable sens de ce mythe, qu’il connaît sans doute parfaitement, ravale le gardien et le témoin de toute la colossale synthèse occulte des Atlantes, à une sorte de vampire local, généré parles mauvaises passions d'une poignée de Grecs incon nus.
Et cependant quelle épopée plus majestueuse que celle de cet enfant, Œdipe, la Voix fécondatrice, produit du Feu intellectuel de l‘espace céleste et de la lumière de la flamme primitive, exposé sur la couronne du monde, grandissant dans l'enceinte de la loi universelle, et se lançant à la conquête de l’enceinte sympathique de notre système solaire; sa victoire sur le sphinx, sym— bole de la race rouge dans toutes ses activités, représente la conquête de la parole, de la puissance verbale. du pou— voir de dénomination, privilège perdu de l'universel Adam.
Quoi qu’il en soit, les artistes liront toujours avec plaisir la prose savamment rhythmée de M. Peladan, où abondent des alexandrins tout faits, sonores et fortement imagés.
D'autres pourraient apprécier, au point de vue littéraire, « l'œuvre peladane ) avec beaucoup plus de justesse et d’autorité que moi-même; et je suis certain que tous ceux-là n’auront que des éloges pour le seul poète qui serait, à l'heure actuelle, capable de rénover la tragédie en France.
S. i 44 La Bibliothèque Rosicrucienne, à laquelle nous devons déjà de si belles publications, vient de faire paraître le Traité de la Pierre Philosophale, de saint THOMAS D‘A QUIN. _ Ce nouveau volume est de toute importance et n0us en reparlerons prochainement. Sanctuaires d‘0rient (Egypte, Grèce, Palestine), par Énouaan Scauaé. — Un vol in-8°, 7 fr. 50. — Perrin et C‘°, éditeurs, Paris.‘
BIBLIOGRAPHIE ' 77 Dans ce livre, un voyage à travers les plus beaux pay sages d’0rient sert de cadre à la résurrection des mys— tères sacrés des religions antiques, encore si peu com— prises de lasciènce moderne. L'éblouissant panorama du Nil se déroule du Caire jusqu’à la première cataracre.
La philosophie égyp— tienne, la vie d’outre-tombe selon le Livre des morts, l’histoire d’lsis et d’Osiris surgissent des ruines de Men— phis, des temples d'Abidos, de Dendérah, de Thèbes et de Philœ. — En Grèce,les Jeux olympiques, les Pana thénées et le drame symbolique d’Eleusis revivent sous l’égide des montagnes sauvages ou gracieuses du Pélo— ponèse et de l’Attique. — En Judée, les profonds ar— canes de la science mosaïque et les fins universelles de la mission du Christ éclatent dans l’histoire même du temple de Jérusalem, dans les souvenirs de la vallée de Jourdain et dans l’effervescence finale de la Jérusalem future.
Tour à tour paysagiste, historien, poète et philosophe, l'auteur vit avec une égale intensité dans les scènes du passé et dans les luttes du présent.
Cherchant les clefs du problème philosophique, religieux et social de notre temps dans une synthèse nouvelle de la doctrine sacrée, son livre se résume dans cette pensée: « La trinité de Thèbes,d’Eleusis et de Jérusalem est la trinité de la Science, de l’Art et de la Religion fondus et transfigurés dans la vie intégrale. ) (le livre est un second témoignage de l’Idée et de l’Œuvre une première fois affirmées dans les Grands Initiés. let.
Vient de paraître chez Chamuel un volume de Ta. DA— REL: De la Spiritualisaiz’on de l'Etre (in-18°, 3 fr. 50.) Excellent volume pour la propagande dans les milieux d’une certaine culture intellectuelle. L’auteur nous excusera, de n’avoir pu encore faire l’analyse que mérite ce bel ouvrage. Un nouveau journal occultiste de langue tchèque vient
78 L’INITIATION de paraître chez H. Kosterlra, 36, Puchmajerowa, Prague. Titre: Samaritan, dix fois par an, abonnement 1 fr. 20. Il est servi à titre de supplément gratuit à tous les abonnés des Sbornik pro filosofii, mystikua okkul— tismus. Nos meilleurs et plus sincères souhaits de réussite au nouveau combattant pour la cause spiritualiste. ne Notre confrère M. A.
ERNY a publié dans la Paix universelle de bien curieuses révélations sur l'origine du mouvement spirite contemporain. Nous reviendrons sans doute sur ce sujet. 0’. La direction de la Revue Socialiste vient d’être confiée ii M. Gustave ROUANET, député. La Revue Socialiste res tera l’organe d’élaboration scientifique et de libres re cherches que fonda Benoît Malon.
M. Gustave Rouag net, qui fut le disciple et l'ami du fondateur, donnera cependant une place plus grande à l’actualité politique et sociale. Nouvmws ®KVERSES Voici la liste des principales communications qui seront faites au Congrès de Londres en juin prochain PROMISED ADDRESSES Rev. T.
E' ALLEN (West Dedham, Mass., U.S.A.), on ‘ Over—worked Telepathy. ’ ' Prof. A ALEXANDER (Rio de Janeiro), on ‘ Brazilian Evi dence for Psychic Phenomena. ’ M. le commandant DARGET (Vouziers, Ardennes), on ‘ Photographs of Psychic Radiations. ’ .
NOUVELLES Dl VERSES Mr. HARRIssON D. BARRETT (Boston, U.S.A.), on‘ Dark Cabinets and Promiscuous Circles. ’ M. GASTON MERY (Paris), on ‘ Psychic Phenomena in France. ’ Dr. HELEN DENSMORZE (London), on ‘ The Philosophy of Mediumshin and its Limitations. ’ Signor CARLo BONAZZA (Florence), on ‘ Occult Energies Latent in Man. ’ Mr. J. J.
MORSE (London), on ‘ The Education Of the Young in Relation to Spiritualism. ’ Dr. ENCAussE, ‘ Papus ’ (Paris), on} The Distinctions and Points of Identity between Spiritualism and Oc cultism. ’ - Dr. J. M. PEEBLES (San Diego, Cal.), on ‘ Spiritualisrn in all Lands. ’ Contessa HELENE MAINARDI (Pisa, Italy), on ‘ Pheno mena Observed in her own Home. ’ D_r.
MOUTIN (Boulogne-sur-Seine), on ‘ The Relations Of Hypnotism and Mesmerism to Spiritualism. ’ Mr. W. H TERRY (Melbourne), on‘ The Bridge between the Natural and the Spiritual Worlds. ’ ColonelnE RocnAs(Paris),on‘The Border Line ofPhysics.’ Mrs. CORA L. V. RICHMOND (Washington, U.S.A.), on ‘ Spiritualism in the Next FiftyXears. ’ Mr. THOMAS G.
NEWMAN (San Francisco), on' ‘ The Effect of Spiritualism on the Religious World. ’ Signora PAGANINI (Florence), on ‘ The Laws of Nature with which Spiritualism is mostly concerned. ’ Mr. B. TORTENSON (Skien Norway), on ‘ Spiritualism in Norway. ’ Dr. BARADUC (Paris), on ‘ Biometric and Photographic Demonstrations of Vital Force (with lantern illustra tions). Physiologic and Therapeutic Deductions. _ Rev. MINOT J.
SAVAGE (New-York), on ‘ Personal lmv pressions of Spiritualism in America. Dr. GIOVANNI HOFFMANN (Rome), on ‘ Attested Accounts of Experiments made at the Academy in the presence of Eminent Scientists. ’ _ Mr. HENRY FORBES (New-York), on ‘ Some Striking Analogies between Early Christianity and Modern Spi— ritualism. ’
80 L'INITIATION Prof. Bonne (Dijon), on ‘ Suggestion and Mesmerism. ' Mr. W. T. STEAD (London), on ‘ Automatic Writing; and the Subliminal Self. ' Dr. BERILLON (Paris), on ‘ Hypnotism and Psycho-thera peutics, illustrated by lantern pictures of Salpêtrière Subjects. ' Mrs. C. T.
DIXON (London), on ‘ Some Experiments in SpiriePhotography. ’ _ ' Voici comment les journaux ont annoncé la mort de la fille de Fabre d'Olivet : « M“° Théonice Fabre d'Olivet, rentière, âgée de quatre-vingts ans, demeurant 80, rue du Bac, avait la contume imprudente de lire le soir dans son lit, avant de s’endormir.
Hier matin vers cinq heures, des voisins, réveillés par la fumée qui pénétrait dans leurs ap arte— monts, sortirent sur le palier et s’aperçurept que e feu s’était déclaré dansl’appartement de la vieille dame, dont le lit s'était enflammé au contact de la lumière qui éclai rait sa veillée. 4( Des pompiers eurent bientôt raison de l’incendie, mais le corps de la locataire était complètement carbo mse.
« Le commissaire de police, M. Belouino, qui pro céda à l‘enquête, recueillrt épars, au milieu des décom bres, différents objets, entre autres une liasse de lettres et portraits de famille datant de la Restauration, toute une collection de monnaies anciennes en argent, un livret de caisse d'épargne entre les feuillets duquel un billet de 1.000 francs était inséré, et des titres de rente nominatifs; enfin, un testament.
« La victime M“° Eudoxie-Théonice Fabre d'Olivet, née à Paris en 181 , était la fille d’Antoine Fabre d'Oli— ver, né.à Ganges (Plérault) en 1768, auteur dramati ne. érudit et philosophe myst1 ne, et qui mourut en r 25, avec la réputation d‘un ou ou d'un visionnaire.
La famille d’Olivet descendait du calviniste Fabre, l’honnête criminel. ) ' Que dire du jugement de Fabre d'Olivet, l’éminent philosophe, par le sous-reporter qui a pondu cet entre filet? Rien, si l’on réfléchit que ces dernières lignes ont été copiées dans un Bouillet quelconque.
NOUVELLES DIVERSES 81 Le banquet du Syndicat de la presse spiritualiste. C’est le 20 mars, premier jour de printemps, jour qui annonce le renouveau dans la Nature, qu’a eu lieu le premier banquet de la Presse spiritualiste dans un des salons du restaurant Philippe, au Palais-Royal. Inauguré à pareille époque de l‘année, il ne pouvait qu’être ce qu’il a été, c’est-à-dire joyeux, cordial et har monieux.
Les trois écoles étaient représentées par cinquante convives, dames et messieurs : écoles hermétique, spirite et magnétique. Le D“ Papus, M. G. Delanne et M. Dur ville avaient amené chacun ses invités. La présidence du dîner, dévolue de droit à M. Delanne, le président du Syndicat, a dû, par suite d’une indispo— sition de ce dernier, être attribuée à M. Durville, vice président.
Pendant tout le dîner, ainsi que nous l'avons dit, la plus franche cordialité et la plus parfaite bonne humeur n’ont cessé de régner. Au champagne, M. Durville s’est levé et après avoir excusé M. Delanne, nous a entretenu de la photographie des effluves s’échappant du corps humain (effluvio»gra phic) photographie qu’il a obtenue avec le concours de M. Majeweski, présent au diner, médium-guérisseur excellent, en même temps que bon photographe.
" Les épreuves ont été mises sous les yeux des assis tants. Le D*‘ Papus a pris ensuite la parole et, comme tou jours, a su charmer son auditoire: sa modestie l’a mal heureusement empêché de dire de son.école tout le bien qu’elle mérite, mais M. Raymond Duplàntier, dans son improvisation pleine d’humour, a heureusement comblé la lacune.
M. Alban Dubet, le secrétaire général du Syndicat, a . parlé sur la nécessité qu’il y avait pour tous les spiritua listes de s’unir et d’échanger de temps à autre leurs idées. Il a insisté sur la fusion de la science et surla foi qui ne trouVeront l’harmonie que dans l’amour. M. Bouvery Veut qu’on mette en demeure les savants officiels d’étudier officiellement les faits et de se pronon
8 2 L’INITIATION cer‘,enfin sur des résultats que seuls les aveugles 'et les orgueilleux s‘obstinent à nier. _M. Pavelesco, correspondant de journaux roumains, vient apporter à la CaUse spiritualiste l'appuide sa parole et de la presse spiritualiste de Roumanic.
M. Murray, correspondant de journaux anglais, du Light notamment, qui a bien voulu, ainsi que M. Pave lesco, nous faire l’honneur d'assister à notre banquet, a démontré la nécessité, pour la cause spiritualiste en gé néral et pour la cause spirite“ en particulier, d'étudier comparativement les faits hypnotiques, afin de dégager aussi nettement que l’état actuel de nos connaissances le permet, le fait spirite qu’on est porté à confondre avec le fait hypnotique.
A ce sujet, disons que M. Murray assistera au Congrès spiritualiste de Londres, en juin prochain, et qu'il pourra, à ce moment, développenson intéressante thèse. M. De lanne qui y assistera également se trouvera sur son véri table terrain : le spiritisme scieqtifique et expérimental.
Nous avons entendu ensuite M. Carbonnelli, publi ciste, puis M. Gaillard, de la Fédération spirite, qui a trouvé “des accents magnifiques et fait entendre un lan gage chaud, coloré et énergique, en faveur dela doctrine spirite. Enfin, pour clore la série, M. Denéchère père, un pha lanstérien, nous a entretenu des idées de Fourier et des moyens pratiques de les réaliser.
Nous avons surtout retenu de son discours la partie qui avait trait au rôle de la femme. Ce rôle, il le voit triple; ces trois aspects, il les retrouve aussi chez l’homme, mais en ordre renversé; en sorte qu’il termine son improvisation à la fois chaleu reuse et humoristique par cette déclaration: la femme est le complément de l’homme. C’est sur ce mot, longuement applaudi, que la séance a été levée.
J’oubliais de dire que M. Durville a proposé à la réu nion d’organiser un banquet périodique, qui aurait lieu tous les deux mois, à partir du mois d’octobre, jusqu’en juin, en sorte qu‘un second banquet aura lieu en juin prochain. ‘ Terminons en exprimant encore une fois tous les re—
NOUVELLES DIVERSES 83 r . A, W<’» grets que nous a causés l’absence forcée de M. Delanne. Mais l’occasion se retrouvera. M. J oséphin Péladan au Parnasse. (Service spécial de la Patrie) Athènes, 9 avril. — Le sar Péladan, qui est depuis quelques jours à Athènes, se propose de visiter quel ques localités célèbres de la Grèce, en vue de recueillir des renseignements sur l’ouvrage qu’il prépare sur notre pays.
Au dire de ceux qui ont approché l’étrange et célèbre personnage, le sar se serait fait une excellente idée de la Grèce, où on lui a fait, partout, l’accueil le plus sympa thique. A la conférence qu’il a donnée au syllogue le Parnasse, où l’on s’étoufl‘ait pour l’entendre, le sar a parlé surtout de la Grèce ancienne de façon —— ce qui a été une véritable surprise — à être compris de tout le v monde.
Le sar, qui avait pris pour sujet de sa conférence la régénération de la Grèce, reproche aux Grecs modernes de n’avoir pas hérité du mysticisme des aïeux, qui avaient, les mystères d’Eleusis et les théories de Platon sur l’amour en font foi, des tendances marquées vers le mysticisme.
' Après avoir parlé de l'art antique, le sar a parlé de la Grèce moderne, dans un langage imagé et ému qui lui a attiré les sympathies de son auditoire, qui formait l’élite de la société athénienne.
Parmi les conseils qu’il a don nés aux Hellènes, nous croyons devoir relever tout par ticulièrement celui de se faire les hiérophantes de la gloire ancestrale. \ Le sar voit les éléments de la régénération nationale. dans la renaissance du théâtre antique, qui a été la prin cipale source du mysticisme, dans le perfectionnement des musées et dans une meilleure constitution du clergé, le prêtre devant être à notre époque ce que l’hiérophante était chez les anciens. . Pour avoir le plus complet des musées, il suffira de
84 L‘INITIATION demander àtous les musées étrangers, ce qu'ils ne refu seront certainementpas, des moulages de tous les objèts d’art hellénique qu’ils renferment. Disons, pour finir ce compte rendu incomplet, que le sar a été applaudi et félicité par ses auditeurs, parmi lesquels se trouvait, On l’a dit, l'élite de la société athé— nienne.
Avant de quitter Athènes, le sar a adressé aux Athé— niens une proclamation dans laquelle il développe l’idée de la Renaissance de la Grèce par le drame antique, qui ne peut être dignement représenté que dans le théâtre de Bacchus restauré. Il a demandé et il ne cessera dit il, de demander la croix du Sauveur pour Mounet-Sully, l‘hiérophante des anciens dieux dont la Grèce doit réap— prendre le culte.
En terminant sa proclamation, où res pire une piété vraiment filiale pour la Grèce, le sar nous dit: ( Au revoir dans le théâtre de Bacchus restauré. » — CHRISTOPOULOS. Les lecteurs qui ne sont pas ennemis d’une douce gaieté liront, avec plaisirle petit recueil d’âneries ci-des sous. Cela donne une belle idée de l'ignorance des rédac— teurs des feuilles pieuses : « En cette affaire, ils furent plus prudents que dans celle des Albigeois.
Pour mieux dissimuler leur suprême influence, ils firent mettre dans les Constitutions desti— nées aux naïfs, que les juifs ne seraient pas admis dans lesLoges. Mais en I782, n’ayant plus tant à craindre et voulant surveiller immédiatement le mouvement révolu tionnaire, ils firent effacer cette apparente prohibition dans le fameux couvent de \Vilhemsbaden.
Déjà vingt ans auparavant, un juif portugais, Martinès Pasqualis, avait établi à Bordeaux, à Toulouse, à Marseille et à Paris des Loges dans lesquelles non seulement les juifs. étaient publiquement admis, mais les adeptes chrétiens devaient prendre des noms ou juifs ou tirés de la Kabbale juive, tels que Haven, Haatan, Burg, Papus, Sédir, Si sera et autres semblables. < Grâce au protestantisme, dont ils furent sinon les inspirateurs, du moins les excitateurs secrets, les juifs purent organiser vile etsolidement. surtouten Allemagne, en Angleterre et en Écosse, les Sociétés franc-maçon
NÉCROLOGIE 8 5 niques. Ces Sociétés, ils les lançèrent, comme une meute, contre I’Egl1se catholique et ses sout1ens. >> (La Croix, supplément du 29 mars 1898). Il y a deux colonnes de ce calibre et tout cela est si gué Léopold de Pierr'eplare. Quel nom bien appliqué! Dans la Revue d’histoire et de littérature religieuse, 1897 (2° année), n° 4. Cumont, la Propagation des mystères de Mithra dans l’empire romain (suite dans le n° 5).
Dans le Bulletin historique et scientifique de l’Auvergne (1897, n° 5): J. Delmas, Les loges maçonniques de Saint Flour au xv111° siècle). M. John Henry Bridges a réédité l’Opus majus de R0 ger Bacon (Oxford, at the Clarendon press., 1897, 2 vol.). Dans Jahrbücher der k. Akademie gegneinnütgiger Wis senschaften {u Erfurt, 1896. heft 22. — Loth: Supersti— tions au XVI° et au XVII° siècle. M. Ph.
Salmona publié :_l’Atlantide et le Fenne,br. in-8°» 50 cent. (Alcan). M. Casser a analysé l’ouvrage de M. Desroches sur le Labarum, dans les Annales de l’Académie de Mâcon (1895). M. Al. Bertrand a publié : Les Druides et le Drui— disme (Leroux, in-8). M. le Vicomte de Spoelberch de Lovenjoul : Autour de H. de Bulgare (C. Lévy, 1897, in-18).
Rl1einisches Museum fur Philologie, 1897 : Resbach, Le Prodigiorum liber de Julius Obsequens. (Revue historique). NÉCROLOGIE Louis Aufflnger Louis Auf’finger vient de mourir presque subitement, ‘ après avoir été frappé d’une première attaque d'ape ,_. ., ,.,, . .‘W ....m‘..ñfiñwfi-WMM_WW' MW. 1 ' ‘ . _ ,
86 L’INITIATION plexie il y a deux ans et être devenu hémiplégique depuis ce moment. ‘ La cause du magnétisme erd, dans la personne de l’ancien directeur de la Cha ne Alagnétique, un de ses plus vieux défenseurs. Auffinger avait fondé, il y aquel ques années, un syndicat des masseurs, magnéttseurs et médiums guérisseurs auquel il s’était dévoué corps et âme.
AUSSI ce fut pour lui un gros chagrin d’être forcé, par la maladie, d'abandonner son poste de président trésorier, d’autant plus qu'il fut toujours,par son honnê— teté absolue et sa méticulosité, le trésorier idéal. La vieille mère d'Auffinger, excellente lucide à qui l’on doit la découverte de plusieurs criminels, reste seule avec sa fille. Qu’elle reçoive l‘expression de notre con doléance. .
Nous avons été étonné, lors des obsèques, de voir combien le syndicat, fondé par Auffinger, avait été ingrat à son égard, du moins offlc1ellement. Voici la façon dont les journaux ont rendu compte de la cérémonie: « On pouvait hier,à trois heures, voir à Saint-Sulpice ,un curieux cortège. C’était l’enterrement de Louis Auf iinger, ancien secrétaire du baron du Potet et fondateur du syndicat des masseurs, magnétiseurs et médiums gué— risseurs.
Aussil'assistance comprenait-elle la plupart des somnambules extra—lucides de la capitales venues pour assister une dernière fois leur ancien président. Parmi les hommes, des délégations de la plupart des sociétés spiritualistes et des magnétiseurs bien connus.
Citons au hasard le comte de Constantin, Donato, Laurent de Faget, docteur Papus, Bouver , Renauld, Suzaine, etc. Le char était orné des médaillés magnétiques récoltées par le défunt, telle une bannière d’orphéon, ce qui accen tuait encore le caractère bien spécial de cette funèbre cérémonie. » M®‘|TBÛÈMDE UÛMB®ŒIJQUÆÊ Ayendre : Quatre cents ouvrages différents, rares, environ 500 volumes par les auteurs maçonniques les plus célèbres des xvm° et XIX° siècles.
BIBLIOGRAPHIE MAÇONNIQUE 87 Écrire à M. ROSÉN, 9, rue Chappe, Paris, pour rece voir renseignements et catalogue. Parmi les nombreux ouvrages qui composent cette importante bibliothèque maçonnique, nous signalons parmi les auteurs français les suivants : BAZOT. ——La morale de la Franc—Maçonnerie, 1827, in-12; Codes des francs-maçons. 1830,in-12; Manuel du francg maçon, 1835, 2 vol. in-8.
BÉDARRIDES. -— L’ordre maçonnique de Misrai‘m, 1845, 2 vol. in-8. Bnssucnnr (J. C. B.). »— Précis historique de l’ordre des M.'., avec biographie des plus célèbres M.'.. ‘ 1829, 2 vol. in-8. BONNEVlLLE. —-« Les Jésuites chassés de la M.'., 1788, in—8; l’Ésprit des religions, 1792, 2 vol. in-8. BOÙBÉE. Études historiques et philosophiques sur la M.'., 1854, in-8; Souvenirs maçonniques, avec notice historique, 1866, in-8. ’ CLAVEL.
Historique pittoresque de la franc-maçon nerie, 1843, in-8. DELAUNAY. — Thuileur des 33 degrés de l’écossisme du Rite ancien et accepté, 1821, in-8. ENOCH. —— Le Vrai Franc-Maçon, 1773, in—8; Lettres ma çonniques, 1774, in-8. Des ÉTANGS. Archives de la M.'., où les secrets et travaux de tous les grades, 1821, in-8; Œuvres maçonniques : initiations, cérémonies, installations, 1848, in-8. FABRÉ. — Documents maçonniques, 1866, in-8.
GALIFFE. —_ La Chaîne symbolique : origine, développe— ments et tendances de l’idée maçonnique, 1852, in.8. Corrm. —— Histoire populaire de la M.'., 1862, in—8. GRAND-ORIENT. — État du Grand-Orient, 1804, 4vol. in-4. ‘ GU0N. -— Lettres critiques et philosophiques sur la M.°., 1835, in-8. JOUAUST. — Histoire du Grand-Orient de France, 1865, in'8; Histoire de la franomaçonnerie en France, 1878 in-8. «æ...,n«m=m»-wuw.»—u_.u..m.
8 8 L‘INITIATION JUBÈ. — Recueil des actes du Suprême Conseil de , France (1806-1830), 1832, in-8. KAUFFMANN ET CHARPIN. — Histoire philosophique de la F.'. M.'., 1850, in-8. LA TIERCE. — Histoire et statuts des M.'., 1742, in-8. LE SUEUR (A. L. B. Robineau de Beaunoir). — Les Masques arrachés, 1791, 2 Vol. in-12. LAURENS. —— Essai historique et critique sur la M.'., 1806.
Mancoms.— Le Panthéon maçonnique, 1860; Le Ra meau d’or d’Eleusis, 1861; La Tribune maçonnique. 1866. MOREAU DE MARSEILLE. »— L’Univers maçonnique, 1837, in-8; Précis sur la M.*., 1855, in-8. PYRON. — De l'Organisation en France de la F.-. M.-. jusqu’en 1814,, in-8. RAGON. —— Hermes ou Archives, 1818-1819, in-8; Cours des initiations anciennes et modernes, 1841, in-8; Or thodoxie maç.‘.
Maçonnerie occulte, 1853, in-8;'Ri— tuels (15) 1860, in-8; Thuileur général ou manuel de l’initié, 1860, in-8; la Messe, 1860, in-8. REBOLD (Em.). — Histoire générale de la M.'. en France, 1851, in-8. -— Histoire des trois GG.'. LL.'. des M.'. en France, 1864, in—8. SAINT—VICTOR (DE). —— Origine de la Maçx. adonhiramite, 1787. — Recueil précieux de la Maç.‘. adonhiramite, 1787. —— Histoire Critique des mystères de l’antiquité, 1788.
ROBIN (l’abbé). -— Initiations anciennes et modernes, 1779, in-12. THORY. —— Histoire de la fondation du G.-. 0.-. de France, 1812, in-8 ; Acta latomorum, 1815, 2 volumes in-18. Tscnounv. — L’Étoile flamboyante ou la F.'. sous tous les aspects, 1766, 2 vol. in-8. VASSAL. — Cours de maçonnerie, 1832, in-8. Le Gérant: Eucausse. rouns. - me. E. ARRAULT ET c", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
VIENT DE PARAITRË TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE %®ŸËQÆMHB 00% CHACUN A MÊME DE COMPRENDRE ) ET D’EXPLIQUER LES THÉORIES ET LES SYMBOLES EMPLOYÉS PAR LES ANCIENS, PAR LES ALCHIMISTES LES ASTROLOGUES, LES E.'. DE V.'., LES KABBALISTES 5° ÉDITION Augmentée d’une 3'“ Partie sur l'Histoire secrète de la Terre et de la Race blanche, sur la Constitution de l’Hom me et le Plan astral AVEC NOMBREUX TABLEAUX ET FIGURES PAR PAPUS Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, Docteur en Kabbale Président du Suprême Conseil de l'Ordre Martiniste Délégué général de l‘Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix Membre I’H. B. of. L., de la F. T. L., etc. PRIX : CINQ FRANCS PARIS CHAMUEL, ÉDITEUR 5, RUE DE SAVOIE, 5 1898
i,inmm îDÉAHSTE ÿnmsrnr Notes and Queries, S. M. Gould à Manchester (N. H.) U. S. A. Frie 0rd, A. Sabre à Christiania (Norwège.) Nordisk Frimurer-Tilena’a, Alb. Lange à Chris tiania (Norwège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie) Nuova Lux, 82, via Castro Pretorio à Rome (Italie). Lug astral, 6, passage Sarmiento à Èuenos—Ayres (RépubliqueArgentine). ,. L’Initiation, 10, avenue des Peupliers, Paris. El—Hadz‘ra/z, 19, rue de la Kasbah, Tunis. ——-—»W<«-——
/ JÛURNAUX E’l“ RËlIUËS UGGUhTISTES RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENT LANGUE FRANÇAISE L’Initz’atz‘on (revue mensuelle), I0, avenue des Peu pliers, Paris. Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. ' L’HyPerc/zimie (revue mensuelle), 19, rue St—Jean, Douai (Nord). HERMÉTISME, ALCHIMIE La Thérapeutique intégrale (revue mensuelle), [0, rue Durand-Claye, Paris MÉDECINE HERMETIQUE, HOMŒOPATHIE Malines (revue mensuelle), .
42, rue Fontame-Saint—Georges, Pans. LITTÉRATURE ET ART LANGUE ANGLAISE 'Ihe Morning Star. Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie, Paris. (Peter Davidson, Loudsville,White C°, Georgia, U.S.A.) LANGUE ESPAGNOLE Lug astral (hebdomadaire, à Buenos.—Ayrcs (Répu blique Argentine), 6, pasage Sarmiento. La Nota Médica, Fuencarral, 26, Madrid. LANGUE ITALIENNE Il Mondo Secreto.
Lue (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Rome LANGUE TCHÈQUE Sbornik pro filosofiz‘ a oklrultismus, à Prague (Bohème), Puch majerova U1 36. AVIS IMPORTANT. — Tous nos confrères ci— dessus cités et ceux qui voudraient être cités sont priés de reproduire in extenso cette liste.
Principaux Ouvrages recommandés pour l'étude de l’OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS L’Évolution de l’Idée. L’Instruction Intégrale. Le Serpent de la Genèse. Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. F.-CH. BARLET. . . . I‘ STANISLAS DE GUAITA . W Traité méthodique de Science Occulte PAPUS . . . . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique. [Ta Science des Mages. - A. JHOUNEY . . . . . . . Ésotérisme et Socialisme.
RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES Humus LÉVl . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. La Langue hébraïque restituée. PABRE DOLWET' ' ' ' ' Histoirephilosophiquedugenrehumain. ALBERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. LITTÉRATURE ‘ _ l La Magicienne. JULES LERMINA . . . . . ? A Brûler. ( Zanoni. BULWEÊ LYTTON . . . . A . . ( La Maison Hantee MYSTIQUE Jeanne Leade.
P. SÉDm. . . . . . . . . Jacob Bœhme et les Tempéraments. Les Incantations. POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSER: A la librairie l:fliilliiäi., 5, rue de Savoie, PARIS Envoi Franco du Catalogue. TOURS, lMP. E. ARRAULT ET G“.