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-.’Ïinitiation Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS 0 O. >l< Docteur en médecine — Docteur en kabbale ' 38‘ VOLUME. — ’l’1‘“ ANNÉE -r SOMMAIRE DU N° 0 (Février 1898) ____..— PARTIE INITIATIQUE.. Théorie physiologique des divers sommeils. . Papus. avec fig. (p. 129 à 140.) Cours de mystique. . . .
Sédir. avec4fig.(p. 141 à [81.) PARTIE PHILOSOPHILa lucidité ou double QUE . . . . . . . . . . . . .. vue . . . . . . . . . . . R. Duplantier. (p73 à 77-) Sarcey et Gaston Me’ry. Saturninus. (p. 200 à 205.) PARTIE LITTÉRAIRE. Salut au Symbole. . . . Louis Le Leu. (p. 206 à 20.7) Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix. — Ordre Martiniste. — Psy chisme expérimental. — L’or artificiel. — Bibliographie. — Livres reçus. — Les Revues.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. l Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expérii mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Eflrayés des résultats de leurs propres expériences,< les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique. ‘ Au point de vue social, l’Initiati0n adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle’ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs‘ les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philoso;æhique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. . Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initian‘on parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (hes collections des deux premières années sont absolument épuisées.) ' ‘ _, _._._ .- _ I.‘.‘nll
L’Initialion du 15 Février 1898 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO— F. CH. BARLET, S.'. I.'.â — GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.'. ;2 — JULIEN LEJAY, S.'. 1.-. ,q -—- EM1LE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) —— LUC1EN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. — GEORGE MONT1ERE, S.'. I.'. S“; —— PAPUS, S.'. I.'. g — SED1R, S.'. I.'. —- SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. —- AMELINEAU. — ALEPH. — D" BARADUC. -— SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' — BLITZ. — BOJANOV. — JACQUES BR1EU. — CAMILLE CHA1GNEAU. — CH1MUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUEET. — FABRE DES ESSARTS. — D" FUGA1RON. — DELE21N1ER.— JULES GIRAUD.— HAATAN.— L. HUTGH1NSON.—JOLL1VET-CASTELOT.— L. LE LEU..—L. LEMERLE. — LECOMTE. —- NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G.
P01REL. — RAYMOND. — Dr ROZIER. — Dr SOURBECK. — L. STEVENARD. -— THOMASSIN. — G. VITOUX. — HENR1 WELSCH. — YAL'1‘A. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAUR1CE BEAUBOURG. — JEAN DELV1LLE. :— E. COUDEAU. — MA NOËL DE GRANDFORD. — JULES LERM1NA. — L. HENN1QUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS.— GEORGE MONTIÈRE. — LEON R1OTOR. — SAINT-FAROEAU. — ROBERT SCHEFFER. -— EM1LE S1cocm:. —- CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE C11.
DUBOURG. -— RODOLPHE DAR2ENS. —— JEAN DELVILLE. -— YVAN DIETSCHINE. — CH. GROLLEAU. —— MAUR1CE LARGER1S. — PAUL MARR0T. — EDMOND P1LON. —— J. DE TALLENAY. -— ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L’I NITIATION L’Initiali0n du 15 Février 1898 DIRECTION ADMINISTRATION Villa lonlmorency, 10, aven. des Peupliers PARIS—A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS l ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO CHAMUEL Dmacraun menu» .- Lucian MAUCHEL 5. Rue de Savoie Rédacteur en chef: F.-Ch. BARŒT Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an. 10 fr. J. LEJAV — PAUL SËDIR ETRANGER, _ ,3 h._ RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.
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Un numéro de la Revue est toujours co'mposé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. ' GROUPE IIDEI’EIIDAIT D'ÉTUDES ÉSIIÏIERIQIIES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
Pour tous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ' ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE -j— CROIX. —ÉGLISE GNOS IQUE SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE ‘ '
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PARTIE INITIATIQUE fine Éhéarie Rhysialagique IDÈS ®äVËRS S©MÏÂIËIILS L’Occultisme n'a pas seulement pour but, ainsi que le pensent ceux qui l’ignorent, de remettre au jour les données de la tradition ésotérique, il s’efforce sur tout d’adapterles très réelles découvertes de la science analytique contemporaine aux révélations si synthé tiques de l’ant1quité.
Aussi les études sur la constitution de l’homme et ses fonctions n’auraient aucune valeur aux.yeux des savants contemporains, si elles n’étaient appuyées par des données précises d’anatomie et de physiologie. Ces deux sciences ont fait d’assez réels progrès pour être prises en sérieuse considération, et il est impos— 5
1 30 L’INITIATION [FÉVRIER sible à un auteur sérieux d’étudier le phénomène du sommeil sans tenir compte du fonctionnement et de la constitution des centres nerveux. Aussi quelques lignes sont-elles nécessaires en tête de ces pages pour rappeler à nos lecteurs certaines notions indispensables à connaître pour comprendre la suite. L’être humain, considéré physiologiquement, est 'une usine de force nerveuse.
Cette force nerveuse est, elle-même, le résultat du travail de deux usines inférieures : 1° Une usine située au bas de l’organisme (l’abdo— men), et chargée de transformer les produits de la Nature absorbés par l’homme en substance humaine ou chyle; , 2° Une usine située au milieu de l’organisme (la poitrine) et chargée de dynamiser la substance humaine par l’apport de l’oxygène, et l'oxydation de l’hémoglobine du globule sanguin d’une part, et d’autre part de répandre dans l’organisme le sang chargé de force et de matière, puis de ramener au point de départ le liquide sanguin usé, afin de le revi— vifier et de le relancer dans l’économie ; 3° Mais ni les organes de l’usine abdominale, ni‘ ceux de l’usine thoraciqüe ne pourraient marcher sans la force nerveuse répandue partout par les filets du nerf grand sympathique et présidant, grâce aux nerfs vasô-moteurs (vaso—constricteurs et vaso-dilata teurs), à la marché de la machine dans ses plus petits détails. Le résultat ultime de l’entrée des aliments et de l’air
1898] DES DIVERS SOMMEILS 13r atmosphérique dans l’être humain est donc LA ronce NERVEUSE, et notre définition première se trouve ainsi justifiée. Une petite digression avant d’aller plus loin . L’usine céphalique, avec ses innombrables fils ner veux, est bien une usine électrique.
L’usine thoracique, avec son cœur-piston et ses mul tiples tuyaux (artères et veines), est une usine à vapeur. .1 L’usine abdominale, avec ses gros organes et ses énormes tubes, est une usine hydraulique, doublée de chaudières primitives.
Si bien que l’homme s’est inventé lui—même dans ses applications industrielles jusqu’à créer la locomo— tive électrique Heilmann, qui avec sa chaudière—abdo men, son système générateur de force à vapeur (thorax) et son système moteur électrique (grand sympathique), est l’image analogique strictement exacte de l’organismé humain, en dehors de la cons cience.
Tout marche donc, dans l'être humain, sous l’in fluence de cette force nerveuse, fabriquée dans l’usine supérieure: la tête, répandue ensuite partout avec de puissants centres de réserve dans les ganglions du grand sympathique réunis.en plexus au centre de chaque usine (G, fig. 1).. Si nous résumons le résultat final de la marche de chacune des usines, nous obtiendrons la progression suivante:
132 L’INITIATION ENTRÉES USINES ‘ '’\,’_ SORTIES HORS n UNI: USINE DU DE A L’AUTRE Céphalique » dyi‘;’;äsé Force ferveuse Thoracique Oxygène Chyle Sang dynamisé i Abdominale Aliments » Chyle Voyons maintenant la production et le mode d’ac tion de la force nerveuse en général, puis nous abor derons son étude dans l’état de veille et dans l’état de sommeil : Il est incontestable que la force nerveuse dérive directement de l’action du sang sur un organe ner veux. Mais quel est cet organe? A notre avis, et nous rangeant aux raisons anatomiques, physiologiques et pathologiques invoquées par le Dr Luys, c’est le cer velet. _ Du reste, notons, dès maintenant, que la théorie que nous allons développer, étatit synthétique, reste en tière quel que soit l’organe producteur de la force ner veuse, pourvu que cet organe soit un des centres ner veux, et il n’en peut être autrement. Cela établi, abor dons le vifdu sujet.
DES DIVERS SOMMEILS " 133 La force nerveuse est l’outil indispensable à la bonne marche de la machine humaine. L’anémie du sang diminue la production de cette force, et tous les or— w’e”é‘?”?\ ganes s’en ressentent; la réciproque est également vraie. Le cervelet, que nous considérons, jusqu'à plus ample informé, comme produisant cette force ner— veuse sous l’influence de l’apport artériel, la répare
:34 a L’INITIATION tit, par ses deux pédoncules supérieurs (A) et infé— rieurs (B), le pédoncule moyen servant simplement à relier entre eux les deux hémisphères cérébelleux. Voyons donc le point où vont aboutir ces deux pé doncules. Le pédoncule cérébelleux supérieur (A) se dirige dans le cerveau où, d’après le Dr Luys, il se termine au noyau rouge de Stilling.
Le pédoncule cérébèlleux inférieur (B) se dirige, lui, vers la moelle et vient plonger dans la substance grise antérieure, qui, elle-même, fournit les racines du nerf grand sympathique dont les ganglions sont les grandes réserves nerveuses de l’organisme. La force nerveuse est un outil au service de l’Es— prit comme l’électricité est un outil au service du té légraphiste.
Voici le plan d’action analogique pour les étudiants qui voudraient approfondir cette ques tion et réfuter les matérialistes qui confondent l’élec— tricité et le télégraphiste. Esprit . Télégraphigte. Force nerveuse Électricité. Centres gris moteurs . Appareil télégraphique transmetteur. Cordons blancs nerveux et ner/s. Fils télégraphiques. Centres gris sensitifs . Appareil télégraphique récepteur. .
Deux exemples vont préciser l’importance de cette vieille analogie. , Sùpprimez l’électricité dans le système télégra phique et tous les organes moteurs ou .récepteurS's’ar-Î
DES DIVERS SOMMEILS 135 rèteront, les ignorants nieront peut-être l’existence du télégraphiste et l’accuseront de cet arrêt; mais il n’y est poUr rien; sans l’électricité il est réduit à l’im puissance devant les appareils les plus merveilleux. Supprimez le fluide nerveux dans l’organisme et tout s’arrête.
L’Esprit existe bien, il est tout disposé à agir, mais comme il est incarné dans un corps phy sique,il lui faut un moyen indispensable d’action sur les organes,et ce moyen c’est la force nerveuse faute de laquelle il est impuissant sur le plan physique. On pourra développer l’analogie à l’aide du tableau précédent. 2° exemple. Coupez le fil qui relie l’appareil trans— metteur à l’appareil récepteur.
Le télégraphiste en verra la dépêche, mais elle n’arrivera pas si le fil est absolument coupé, et elle arrivera mal si le fil est mal isolé. Voilà l’image analogique de l’hémiplégie ou para lysie de la moitié du corps. Les nerfs qui traversent le cerveau ont été coupés par une hémorragie (géné— ralement au niveau de la capsule externe), et la trans mission est faussée ou abolie.
Et cependant c‘est là un argument des matérialistes qui demandent gravement : Que devient l’Esprit dans l’hémiplégie? Eh bien, il reste devant son appareil brisé, et c’est tout. il vit Revenons à l’état normal. L’Esprit, maître du phé nomène de la conscience, utilise donc, pour la pro Mwñ_-_vw
r36 L’INITIATION _ duction de ces phénomènes, la force nerveuse que lui fabrique l’animal humain et sa triple usine.
Plus I’Esprit dispose facilement de la force nerveuse, plus lès faits de conscience sont nets et rapides, et la dimi nution de la force nerveuse mise au service de I’Esprit, coïncide strictement avec la diminution de la netteté des perceptions sensitives ou des impul sions volontaires, absolument comme la diminution de la force électrique, mise au service du télégra phiste, coïncide avec la diminution de la netteté dans la transmission ou la réception des dépêches.
Ce phénomène se manifeste à l’Esprit par un état de langueur qu‘on a appelé fatigue cérébrale et qui conduit progressivement et forcément l’individu qui en est l’objet vers le sommeil. Le sommeil, normal et complet, a pour but de renouveler la tension céré brale et de permettre à l’Esprit de reprendre, après une nuit de repos, ses exercices avec une vigueur nouvelle. Analysons les détails de ce phénomène.
Durant la veille, il y a un afflux incessant de force nerveuse vers le cerveau (par le pédoncule cérébelleux supérieur) et le surplus seul de la force nerveuse re flue vers le grand sympathique. Il y a donc à ce mo ment une sorte de balancement dans la répartition de la force nerveuse avec prédominance d’action du cerveau.
Celui-ci voit ses organes multiples actionnés par la force nerveuse utilisée et dirigée par l’Esprit. n Mais cette action surpasse la production'de force nerveuse, et I’Esprit fait alors appel aux réserves de force du grand sympathique, appel qui peut être appuyé, mais au prix de quels dangers ! par l’action
DES DlVERS SOMMEILS 137 de l’alcool etdu café et des autres excitants qui, vidant les réserves, produisent un apport factice de force nerveuse qu’il faudra réparer vite sous peine de réper— cussion dans tout l’organisme.
A cet état de veille, dans lequel le cerveau domine, succède, en cas de diminution progressive de la force nerveuse disponible, un nouvel état qui est celui du sommeil normal. , Dans ce nouvel état, le courant principal se dirige non plus par le pédoncule cérébelleux supérieur vers le cerveau ; mais bien par le pédoncule cérébelleux inférieur vers la moelle et le grand sympathique.
Il y a prédominance de l’action du système inconscient sur le système conscient, l’organisme refait ses réserves et, à ce moment, le surplus seul de la force nerveuse, utilisée pour charger les ganglions sympa thiques, est envoyé par boufle’es à l'Esprit, d'où les rêves inférieurs ou de cause organique. Le phénomènedu bâillement indique le change— ment de direction de la force nerveuse, la tension de cette force vers un point nouveau.
En résumé, l’état de veille est caractérisé par la prédominance du cer— veau sur les centres sympathiques, et l’état de som— meil normal par la prédominance des centres sym— pathiques sur le cerveau. ‘ Quand la tension (le potentiel) de ces centres sym pathiques est suffisante, il y a reflux de la force ner— veuse vers le cerveau, mise au service de l’Esprit de nouvelle force nerveuse et, par suite, entrée en scène directe de l’Esprit ou réveil. Delà aussi l’importance des rêves du matin, faits
I 38 L’INITIATION v .»_-A à l’état demi-conscient Où I‘Esprit commence à rece voir une nouvelle provision de force nerveuse. La pression du sang dans le cerveau ne peut donc indiquer que l’état immédiat de la production de la force nerveuse et ne peut donner aucun renseigne ment sérieux sur la direction que suivra cette force et, surtout, sur les appels plus ou moins importants que I‘Esprit fait à ses réserves.
Les physiologistes contemporains font donc fausse route en demandant au sang un secret qu’il ne peut leur fournir; c’est à la force nerveuse qu’il faut, dans ce cas, s’adresser directement, ainsi que le fait, d’une manière détournée, M. Binet dans ses dernières recherches. ‘Disons quelques mots maintenant des sommeils provoqués.
LE CHLOROFORME en anesthésiant les centres cons cients, c’est—à—dire en coupant l’apport de force ner veuse au cerveau produit un état de sommeil demi— conscient avec insensibilité sur lequel nous n’insis— terons pas outre mesure.
La fatigue brusque des sens; l’appel brusque de la force nerveuse vers un point localisé de l’encéphale, détruit momentanément le contrôle del’Esprit auquel on enlève ainsi brusquement une partie de sa force nerveuse; de là les phénomènes d’HYPNOTISME depuis l’état de crédivité jusqu’à la léthargie, phénomènes qu’il serait très facile de reproduire analogiquemenl sur un appareil télégraphique. L’appel progressif de
DES DIVERS SOMMEILS 139 la force nerveuse vers les centres sympathiques pro. duit une rétroversi0n de courant donnant naissanCe aux phénomènes MAGNÉTIQUES. . Dans ce genre de phénomènes la force est d’abord localisée presque complètement vers les plexus sym— pathiques, cardiaque et solaire. Aussi le lien entre l’Esprit et l’organisme se rompt-il d’abord complète— ment et il y a léthargie profonde.
Mais, peu à peu, il se produit un léger reflux de force nerveuse hors de l’organisme.
Cette projection peut se faire par trois centres: I° Par le centre inférieur: le plexus solaire avec sortie de la force nerveuse au niveau de la rate, et alors peuvent prendre naissance certains phénomènes dits spirites (apports, matérialisation, contacts) ; 2° Par le centre médian: le plexus cardiaque, et alors prennent naissance les faits magnétiques et les faits d’incarnation; _ \ 3° Par le centre supérieur, au niv;au du cervelet, et alors prennent naissance les faits théurgiques et les visions dans le plan invisible.
' Mais le mécanisme est toujours le même : d’abord un appel progressif ou violent de force nerveuse vers les centres inconscients, puis un reflux lent de cette force vers les centres conscients. * #4 La théorie que nous venons de proposer n’est pas une invention de notre part, c'est une simple adapta tion des révélations de l’hermétisme aux données ana tomiques et physiologiques contemporaines. ' ‘ \
140 L’INITIATION Nous la proposons aux méditations de nos lecteurs parce qu’elle estsimple et qu'elle nous semble expli quer clairement une foule de choses que les physio logistes ne comprennent guère et qu’ils ne compren— dront pas de longtemps. PAPUS.
MURS DE MYSTIQUE PROFESSÉ A LA FACULTÉ DES SCIENCES HERMÉTIQUES DE PARIS (Session d’Avril à Juin 1896) AVERTISSEMENT Cédant aux sollicitations de plusieurs frères marti nistes de province et de l’étranger,‘je me suis résolu à publier des causeries familières qui empruntent toute leur valeur au désir de savoir et à la docilité des FF:;: de la L E!
Hermapmbis; —— des lecteurs de ces pages en excuseront donc la simplicité et voudront bien y reconnaître, non pas le ton d’un docte méta physicien, mais l’amour d’un condisciple qui leur offre de grand cœur le trop maigre fruit de ses tra— vaux. Convaincu de la nécessité absolue du travail per sonnel, je n’ai pas essayé de faire un cours complet "'""'fl
COURS DE MYSTIQUE 14.! et systématique, tâche sous laquellej’eusse d’ailleurs succombé; les SS::; ll:f: trouveront bien plutôt dans ces pages des thèmes à méditations. En terminant, j’adresserai mes bien sincères remer ciements au F:j: Rosabis qui a exécuté les schémas que l’on verra plus loin.
TT:;: CC:Î: FF:Z:, Permettez-moi. avant de prononcer toute parole d‘occulte, de vous remercier d’être venus en nombre ce soir ; vous connaissant tous en particulier, je sais la ferveur de vos désirs et combien est grande votre bonne volonté; c’est pourquoi je puis sans être pro phète,vous prédire dès aujourd’hui, un succès assuré.
Mais, si l’Eternel ne demande pas autre chose que de vous combler de ses dons, encore faut-il que vous puissiez les recevoir, et que vous prépariez les palais de la Jérusalem intérieure pour la venue du Roi de Gloire. Le proverbe a pleinement raison : Aide-toi, le ciel t’aidera; et je ne suis à cette place que pour vous aider, en vous demandant de m’aider à votre tour, afin que le Ciel devxenne notre collaborateur à tous et à chacun d’entre nous.
Restons dans l’étude intuitive. Si nous sommes plusieurs à travailler, il va de soi que les conditions de l’étude devront être différentes de celles d’une activité solitaire; ainsi, dès le premier pas, nous voyons poindre un des plus profonds mystères de la
142 L’INITIATION Biologie occulte. Réunis en corps sous les auspices de N;:: V;;: M:j:, présidés par le Signe, nous avons notre représentation dans l’Invisible et l’acte simple de venir dans une chambre pour y travailler en commun, a appelé le messager de l’Eternel qui sera notre juge, notre guide et notre intercesseur.
Ce messager, c’est notre idéal collectif, c’est en lui 'que vous devez être unis par mon humble intermé— diaire, selon la parole du Christ; et cette union, qui s’accomplit au delà, ou au dedans de l’Astral, s‘ap— puie astralement sur la glande pinéale.
Si, en correspondances physiques, Jésus réside dans le cœur, l’Eternelle Nature réside dans ’le cerveau an térieur, etl’Eternel Rien réside au vertex. , C’est donc par le vertex que sort l’âme dans l’extase suprême; c’estpar le front qu’elle sort dans l’extase intellectuelle ; c’est par le plexus solaire que s’opèrent les prodiges thérapeutiques; c’est par le plexus sacré que vous retrouverez la mémoire de vos précédentes incarnations. » Toutes ces choses s’accomplissent par la concentra— tion; c’est une sorte de retrait de l’individu qui l’a— mène à un état neutre, solaire, synthétique et divin.
Car toute chose est vraie et fausse. ' Ceci dit, essayons de définir la Mystique, tâche ardue, à laquelle tous les philosophes extérieurs ont succombé : . La Mystique est, en deux mots, la biologie de Dieu. C’est la science des mouvements de l’Absolu. Elle mène au pouvoir de création des Dieux, à la théurgie. Elle ne considère pas I’Absolu dans la Fatalité,comme
COURS DE MYSTIQUE 143 I firent les théosophes de la race noire; elle n’étudie pas l’absolu dans l’homme comme font les Hindous depuis quarante ou cinquante siècles; mais elle en— traîne son disciple vers la sensation vive de la genèse intérieure du Ternaire. Cette initiation ne se retrouve ni en Egypte, ni au Tibet, ni à Java, ni dans le désert de Gobi, ni même dans les Védas déchiflrés par les clefs atlantes.
Sa porte est le Christ; son domaine est la race blanche. Ses canons sont les Evangiles, l’Apocalypse ; ses com mentateurs principaux sont l’Aréopagite, les frères de la vie commune, saint Thomas, les frères du libre esprit, Boehme, Saint—Martin, von Baader; son rituel est l’Imz’tatz‘on de Jésus—Christ. N:;:V:j: M:f:, le Phil... Inc..., est un des mystiques les plus difficiles à comprendre complètement, à cause de l’apparente clarté de son langage.
Son symbolisme est emprunté aux écritures juives, et il l’applique surtout à l’étude de l’homme intérieur. Le dévelop pement de ce dernier comporte, d’après Saint-Martin, quatre stages : l’homme de bien, l’homme de désir, le nouvel homme et l’homme-esprit. — Les trois der niers stages sont étudiés dans trois livres, de même titre et qui sont pour nous tous des mines inépuisa bles d’enseignements.
La partie systématique de sa doctrine se trouve dans une autre_ série d’œuvres dont les principales sont les Erreurs et la vérité, le Tableau naturel, le Croco dile. Ils étudient respectivement la science humaine, la gnose divine, et la lumière astrale. LesLfacteurs de la régénération, d'après Saint-Martin,
144 L'INITIATION se réduisent à deux : l’Enthousiasme et l’Adoration ; remarquez ici une nuance importante. , L’Enthousiasme, la création de Dieu en soi est le procédé des écoles d’illuminisme naturaliste, tels les mystères ioniens, et la Blzakiz‘jindoue.
Mais le véri— table disciple du Christ qu’était notre maître reparaît lorsqu‘il ordonne de prosterner ce Dieu humain aux pieds de l’Eternel dans une adoration,une humilité et un sacrifice absolus.
Ainsi donc la Mystique, que l’on peut concevoir comme la faculté plastique du Feu principe, est au centre de tout, systèmes philosophiques, écoles d’ini tiation,états sociaux, elle possède l’essence de tout ; et celuiqui, concentré en elle, se tient immobile et anéanti d'amour, connaît le mot de toutes les énigmes .
Il TT:I: CC:;: FF:Ï:, Il ne faut pas vous étonner ni vous décourager de ne pas saisir immédiatement toutes les conceptions mystiques; je ne puis, dans ces courtes causeries, qu’ef fleurer les sujets et donner sur chaque point qu’une indication sommaire; je m’efforce de distribuer ces idées selon ce que je connais de vos tendances particu lières de façon que chacun puisse retrouver ses mé thodes de travail.
Nous parlerons aujourd’hui de l’Asolu, et nous essaierons de balbutier à ce sujet quelques mots, pâles reflets du réel et signes imparfaits de vos intuitions.
COURS DE MYSTIQUE 145 Ceux d’entre vous qui ont déjà acquis une certaine érudition, seront peut-être surpris de ne pas m’en tendre employer les langues savantes et les symboles mythologiques. Mais je crois que toute langue a son ésotérisme; et, puisque le Décret-fondamental nous a fait naître en France, ce sont les mystères de notre idiome qui nous amèneront jusqu’à l’intelligence de la langue secrète universelle.
Le Seigneur Dieu est un : et il est triple parce qu’il est éternellement actif. Le Père est la Volonté, le Fils est le Désir, la Voix, le Verbe; I’Esprit est la proces sion de la Volonté. Et ces trois sont un. Toutes leurs propriétés sont exprimées par le Tetragrammaton. Cette très sainte Trinité entraîne par son mouve— ment le déploiement de sa puissance, celle-ci est la sagesse, Sophia, Marie, la Nature—Essence, la Faculté compréhensive.
Et cette faculté s’exerce dans le Grand Mystère qui est le Chaos, et d’où elle extrait la quin tessence. Cette éternelle Nature possède un centre d'égoïté ; et dans ce centre tournent les sept Roues, qui avec la Trinité primordiale formentle 10 cosmique, le baiser permanent de l’Eternel et de son Épouse.
Ces sept roues forment le monde des ténèbres, le monde igné et le monde lumineux; et la scorie de ‘ leurs révolutions constitue le monde visible. Le centre de la Nature a une vertu qui est l’Archée; de cette Archée coulent les quatre éléments qui sont le corps du Spirz‘tus Mundz’ dont les 3 bases sont 52, Elä et 32’. L’Homme physique est l’image de cette Archée;
146 L'INITIATION l’homme interne l’image de Dieu en l’abîme, le Tout, c’est la Volonté pure, d‘où gît la racine de toutes puis— sances ; le Fils, le cœur, le désir de la Volonté, est la sortie du dedans au dehors, contenue et réintégrée parla fonction de l'Esprit. La Sagesse est le Verbe sorti, le myst‘erium magnum la contemplation divine.
Le Verbe s'exprime dans le premier principe par l'acte en soi qui est la Teinture; et par les quatre premières iformes: l’Astringence, le Sel ou l’Amer tume, l’Angoisse ou le Mercure, et le Feu ou le Soufre. Dans le second principe, il produit le monde lumi neux angélique, avec les 5°, 68 et 7“ formes, la Lumière, le Son et la Séité.
Dans le monde troisième ou physique, qui est le résultat de l’expir des sept formes, le Verbe produit les quatre éléments et la Quintessence, qui redevient Teinture dès qu'elle est délivrée. Le canon général de la mystique est contenu dans le denaire; trois termes en sont toujours latents, et sept,toujours acfifs, ainsi que l’on peut l’observer dans les variations planétaires d’un système solaire.
Les trois premiers termes, qui sontla forme de l‘Asplu, se réfléchissent dans le quatrième, matrice des sept derniers. On peut voir cette doctrine exposée tout au long dansles Upanishads du Rig Veda, dans les écrits de Jacob Boehme, dans les premiers chapitres du Sép/zer de Moïse, dans Saint-Martin, dans le Light of Egypt et dans l’ouvrage de Malfatti de Monte— reggio. ‘ Les sept formes de la Nature ont été désignées soit
COURS DE MYSTIQUE 14,7 par les noms des planètes, soit dans l’Inde, par les noms ésotériques des Tatwas, soit en Occident, sous les noms de: astringence, expansion, angoisse, feu, lumière, son, séité. La quatrième forme est la grande Maïa, la Vierge éternelle, fécondée par dedans, le miroir de la très sainte Trinité, l’enveloppe extérieure, la septième côte du Verbe prononcé, la faculté compréhensive de l’ima gination divine.
Elle est le chaos informe, évertué par le Feu pater— nel et volontaire, par qui la Lumière filiale descend pour sublimer cette terre sans forme jusqu’à la Quin tessence. Cette éternelle Nature possède son centre d’égoïté, duquel rayonnent les sept formes de sa puissance; ces formes sont les Roues, dont je viens de vous donner les noms.
Elles sont le Grand Serpent cosmique, et consti tuent avec la Trinité prégénésétique le 10 sacré, hié roglyphe de l’Union toujours féconde de l’Éternel et de l’Ame vivante universelle. Ce septénaire de radiances, en imaginant le chaos, hiérarchise les trois mondes, dont parle toute la Tra dition occulte.
Les trois premières sont le monde pa ternel de la colère ignée, principe central des Enfers, racine du Cosmos; la quatrième, mi-partie essence, mi-partie compréhension, unit le monde du Feu au monde verbal de la Lumière, formé par les trois der nières roues. Le monde matériel, enfin, n’est que la scorie instable des activités du précédent. Revenons à notre Trinité. Nous trouverons le type
148 L’INITIATION —"-I le plus parfait du Ternaire biologique dans la Trinité catholique du Père tout puissant, du Fils consubstan— tiel, et de l’Esprit procédant des deux premiers. Le Père est l’Absolu en essence; l’abîme primordial, ce qui est au-dessus de l’Être et du non-Être ce qui n’est ni ceci ni cela, le Rien, le Néant insaisissable. Le Fils est sa tendance de rayonnement.
L’Esprit est le souffle qui empêche le Fils de s’indi vidualiser hors du Père.
Pratiquement, nous avons à chercher, afin de ré duire ces notions en réalité, la localisation physiolo— gique de ces principes. — Très peu d’auteurs nous peuvent servir de guides dans cette voie ; mais, nous trouvons, dans les rarissimes écrits de Johann-Georg Gichtel, disciple obscur de Jacob Boehme, et théurge sur lequel Saint-Martin donne des détails étonnants, — l’indication suivante : Jéhovah siège à la rate, Iésus au cœur, le.
Saint— Esprit au cerveau, et la Sophia à la gorge. La rate étant signée de Saturne, nous retrouvons ainsi, au milieu du XVII° siècle la doctrine des Gnos tiques, qui faisaient de Jéhovah un démiurge infé rieur. Le Père agit par la colère; le Fils par l’amour ; l’Esprit par l’intelligence; la Vierge, par la pureté.
Voici comment on peut décrire ce procès de la créa tion ; vous reconnaîtrez dans le dessin ci-contre une interprétation théogonique au moyen du nom sacré, une interprétation cosmogonique, une physiologique et une naturaliste, c’est-à-dire telle que la donnerait un F.'. M.'.
COURS DE MYSTIQUE [4,9 N D"fl'fl nm 1T“! et: murs p::rpn LAMNÏÎTELD ' fl:l‘ U11‘Ih LE PUITS DE L‘ABIIIE Nous verrons ultérieurement quelles indications pratiques on tire de toutes ces théories. — Pour le moment, je me bornerai à}vous donner les trois for mules suivantes qui vous aideront, je l’espère, à mieux comprendre les trois personnes divines : 1° Le Père doit être réalisé par le repos; il faut pour cela arriver à l’oubli absolu, à oublier qu’on a oublié; alors seulement on est capable de tout sentir. .
' 20 Pour réaliser le Fils, il faut un sacrifice perpé— tuel de soi-même en faveur de l’Univers, hommes et choses; il faut él’l”ectuer ce sacrifice par le Cœur et non par la Tête.
150 L'INITIATION 3° L’Union avec l’Esprit consiste dans la con— naissance intellectuelle, dans l’adaptation, ou mieux dans la réduction à l’unité des connaissances acquises. Nous traiterons de la Nature Éternelle dans la pro— chaine conférence. III TT:Z: CC:_': FF:'_: Lorsque le Père veut, il détermine du coup l’exis tence de Maria.
Nous sommes ici avant la Chute, hors du temps et de l’espace créés; par conséquent, dans un éternel et immuable présent, et ce sont les pauvretés de notre parole humaine qui nous forcent à introduire des temps là où il n’y en a pas. Dans cette quatrième forme, chacun des termes du Ternaire prégénésétique opère à son tour, y déter minant les sept Roues de la Nature, de la façon suivante.
La racine de toute vie créaturelle est le désir, cri gine de toutes les formes du mouvement dans l’uni vers. Il a trois propriétés primordiales. 1° L’Astringenœ, force constrictive, comprimanœ, resserrante, contraire au mouvement, mère de la den sité, de la dureté, de l’opacité.
2° L’AItractz‘on; à peine le désir commence—141 dans un milieu à opérer une compaction, que toutes. les parties de ce milieu sont attirées, ipso facto, Vers. ce point central.
COURS DE MYSTIQUE 151 3° Ces deux forces opposées sont inséparables et jumelles; égales l’une à l’autre, elles s’engendrent ré ciproquement; et comme le désir ne cesse pas pour cela, il produit un vortex, un tourbillon, un tour noiement, l’Angoz’sse.
Ces trois formes sont la base de toute vie sensible, de toute substance matérielle; ce sont les principes de toutes les qualités naturelles des êtres. — Consi dérées en elles-mêmes, elles sont la force active de la vie créaturelle, au‘ premier degré; cette vie est indes tructible, puisqu’elle s’engendre elle—même; nous en sommes au système San/rhya de l’Inde, l’univers cori— sidéré comme un cercle fermé, et n’ayant rien de réel.
Cette vie est infernale, car elle ne subsiste que par son propre déchirement, ainsi que nous en pou vons faire la directe et douloureuse expérience, en observant notre propre vie. On retrouve, je l’ai dit,ces trois formes, dans toute l’échelle des êtres créés; ce qui hiérarchise les créa turcs, c’est la proportion dans laquelle ils sont revê tus des quatre autres qualités.
La concatenation indissoluble des trois formes primordiales, fournit le fond obscur par lequel brille la lumière divine, dans lequel opère l’Esprit, auquel l’amour de Dieu se communique et par lequel Sa vie interne se révèle. La quatrième forme est le résultat du double désir de Dieu, voulant se manifester dans la Na ture, et de la Nature voulant se reposer en Dieu. La cinquième forme est le rayonnement de la précédente, dans la lumière d’amour; c’est le Christ.
152 L‘lNITIATXON La sixième forme est l’acte du Verbe divin, effectué et dË:venu sonore. ‘ La septième forme est la séité des six autres. Essayons de nous faire une idée de la façon dont ces sept roues de la Nature Essence rétrogradèrent de l’Éternité et de l’lnfini dans le Temps et dans l’Es pace limités.
Nous ne nous arrêterons pas à exposer ici les preuves physiques et philosophiques de la chute; nous entrerons de suite au cœur du sujet pour y saisir l’acte des créatures rébellionnées contre l’Être des Êtres.
Dieu crée ou émane de lui une sphère de créatures libres et indépendantes; sorties de la source de toute perfection, elles sont capables d’intelligence, de vie, de bonté, de jouissance de la vie divine; mais elles ne peuvent prendre possession de toutes ces perfec— tions que par un acte libre de leurs volontés et en opérant en conformité à la loi fondamentale qui les constitue.‘ ' Ces créatures sont tombées, parce qu’elles se sont attribué le pouvoir de prendre possession par elles— mêmes de la béatitude; voici comment : Si Dieu, en émanant une volonté libre, l’eût cons tituéejouissant'par elle-même et en elle—même de toute la perfection, il y eut eu deux Dieux lco—éter— nels.
Il fallait donc nécessairement qu’elle reçût volontairement de Dieu par communication, cette réalité de la vie, et qu’elle entrât ainsi en une union éternelle avec Lui. Créée libre, elle devait être nécessairement dans un équilibre parfait, pou.)— ‘. '>*4-—«-———LA_ '
cocus ne MYSTIQUE 153 vant également envisager Dieu comme l’unique principe de réalité et agir volontairement en con— séquence, -— ou pouvant se regarder comme ayant, elle aussi, par elle-même, ce principe de réalité, et déterminée à agir volontairement de même en consé quence. Ainsi c’est du premier acte de leur volonté que ces créatures pouvaient posséder ou perdre la vie divine, et qu’elles la perdirent en effet.
S’étant arrêté, c’est-à-dire ayant détourné leur re— gard de leur principe éternel et l’ayant réfléchi sur eux-mêmes, ils conçurent ainsi l’orgueil, la pensée qu’ils pouvaient devenir par eux-mêmes tout ce pour quoi Dieu les avait créés.
Cette idée devint l’objet de leur convoitise ; leur volonté détermina leur action en conséquence; mais Dieu étant la réalité de la vie, et la créature étant par définition le néant du ciel, c’est-à-dire le désir aveugle et ténébreux de la vie, ils furent engloutis dans un abîme d’obscurité et d’angoisse dévorante, sans possibilité de pouvoir s’en délivrer par eux-mêmes.
Telle est la doctrine de la mystique chrétienne, ainsi qu‘on la trouve résumée dans les écrits de Law _: on peut encore tirer d’importantes lumières sur ce sujet en méditant les notes qui accompagnent le Cai'n de Fabre d’Olivet.
' Il y aurait bien d’autres choses à dire ici tant sur les eflets particuliers de cette chute dans les trois mondes, que sur son procès et sa réaction ; mais il - faut savoir nous borner, réservant pour l’étude de la cosmogonie ces importants mvstères.
1 54 L’INITIATION Je vous signalerai pour finir un exercice intérieur \ fort profitable pour la purification : il consiste a re chercher dans tous les actes de la vie sensible ou intellectuelle les opérations des trois premières formes, et à les réduire soigneusement une à une par le feu de l’amour divin ; de manière qu’elles deviennent une lumière au lieu d’une torche fumeuse ; chacun de nous pourra développer cet exemple, je pense, sui vant ses intuitions personnelles. IV TT::: CCIÏ: FF;;: Jusqu’à présent nous nous sommes efforcés d’ac— quérir des notions intelligibles; nous n’avons accom—v pli que la moitié passive de la fonction du grand Adam ; nous avons reçu ; notre rôle va changer, nous allons devenir positifs et rédempteurs. Ayant re— vêtu les pouvoirs, connaissant les mots et les signes, nous descendrons dans toutes les géhennes pour y porter le flambeau du Réparateur, nous nous penche rons sur toutes les gangrènes pour y passer le fer et le feu purificateurs. Cependant chacun ne peut recevoir cette mission ni en assumer la terrible responsabilité que s’il a reçu l’ordre formel de l’Esprit. Nous passerons donc aupa ravant dans la chambre des purifications, et c’est à cette épreuve préalable que nous consacrerons les dernières conférences. Considérons l’Absolu dans son essence non mani festée. Dieu nous a donné trois portes pour parvenir
COURS DE MYSTIQUE I55 à ce palais fermé ; l’intelligence, le cœur et l'esprit ; à chacune d’elles correspond ce que les Ecritures juives appellent le Poids. le Nombre et la Mesure, selon ce qu’indique le tableau suivant : La Mesure. Le Mental. Le Schéma. Géométrie qualita IIVC. Le Poids. Le Cœur. L‘lncanmtion. Logosophic. Le Nombre. L'Esprit. Le Chiffre. Mathématiques qua litanives.
156 L’INITIATION Voyez à ce propos le début du Sefer Yetgîrah. En Géométrie, l’essence de la Trinité est la figure qui forme la base du sceau de Salomon. Les nombres sont, pour ainsi dire, l’alphabet de cette langue primitive, dont se servait Adam, et qui renferme tous les mystères; ils sont la correspondance spirituelle de dons dont vous pouvez recevoir la révé lation particulière si vous la demandez avec assez de ferveur.
La langue divine, dit N:j: V:f: M:j:, est de quatre lettres.
Celle des productions intellectuelles ou temporelles est de vingt—deux lettres. -— Les langues fausses, chif frées par 2 et 5, ont IIO lettres; et, s’il se produisait une nouvelle prévarification, la langue intellectuelle aurait 88 lettres. (Tabl. nat. des rapp.) Au—dessous de l’initiation du Père s’étagent celle du Fils, celle de l’Esprit, et celle de la Vierge ; cette dernière, la seule dont nous puissions parler en public, est connue des mystiques de l’Occident comme la conquête de l‘âme—sœur; elle s’opère dansle corps de la Vierge,et serévèleindividuellementàchaque Néophyte selon la ferveur de son désir et la grâce de l’Eternel .
Le mystique perçoit le présence de Sophia par la révélation de la langue primitive, ou mieux de l’al phabet primitif, dont toutes les lettres sont des anges du. Dieu vivant. Au point de vue historique, nous retrouvons cette initiation,de la parole chez les Atlantes et ch‘ez les Indous. L’initiation formelle est de la race Noire; et l’initiation numérale est christique.
COURS DE MYSTIQUE i 57 Vous avez, dans d’autres cours, les renseignements des nombres et des formes ; je m’étendrai donc un peu plus sur les sons. Dans ce régime, le Père étant l’Absolu se repré sente par le silence; il estle point de départ de la V0 lonté; le générateur de la cissoïde, des cornes du Bélier V. Le Fils est le son simple; l’Esprit est le rythme et l'accent; le Fils s’exprime par les voyelles et l’Esprit par les consonnes.
Parmi les sept voyelles de toute langue initiatique, il en est une qui est plus particulièrement verbale, c’est le son 0. On le retrouve dans tous les noms sa crés,‘ et il constitue la vie de la langue hébraïque comme du sanscrit. C’est en eflet la sixième lettre du premier alphabet, et la racine dans la seconde, du mot le plus mysté rieux.
Les Diogis ont catalogué, parmi les quelques cen taines de significations reconnues à leur trigramme sacré, cinquante—deux manières de le prononcer; je vais vous en indiquer les trois principales : La première prononce le mot en trois syllabes : a-ô—m en faisant passer le son par le gosier, le palais et les lèvres: c’est le Verbe dans les trois mondes, par courant le cycle fermé du Destin ; Par la seconde on prononce 0m d’une seule émis sion du souffle, en rappelant le Verbe actif, sous ,sa forme d’lssouara, époux de la Nature, Prakriti. Par la troisième, Oum, on exprime le Verbe comme rédempteur. il
r 58 L’INITIATION Dans d’autres langues, nous voyons le son 0 jouer un rôle mystique important. — Les Soufis, par exem— ple, font un usage très considérable du nom Alla/z, dom ils prononcent la première syllabe avec une as piration gutturale; semblablement le God, Gott, Odz‘n des races anglo-saxonnes, l’Adonai hébreux, le Thot/z égyptien, etc., etc., ofi°rent à l’étude hyperphysique des révélations capitales.
' Je vous signalerai, en passant, l’étude du mot fran— çais qui désigne le principe moteur et conservateur de notre être: le mot Volonté livre toute sa signification à l’examen de sa première syllabe. Il décrit le désir ténébreux d’une monade plongée dans l’angoisse obscure, recevant comme la touche d’un charbon ar dent, la lumière verbale, et s’irradiant par son propre élan dans un zodiaque céleste.
Un excellent exercice consisterait à étudier intérieu— rement, avec assez d’intensité pour obtenir une action vive, les différents noms de Dieu, rendus vénérables par les cultes successifs de nos ancêtres; il est pro bable que l’on pourrait acquérir, du même coup, des vues utiles sur la ligne de conduite à suivre.
Quant à l’Esprit Saint, nous avons vu que son rôle dans le régime phonétique est de vivifier par l’amour ‘ d’établir les relations de l’objet au sujet, de ménager les adaptations et de réaliser l’unification.
Laissez-moi vous répéter encore que toutes les théo— ries que vous venez d‘entendre ne vous seront d’au cune utilité si vous ne vous les assimilez que par une compréhension intellectuelle; il faut les faire jaillir par une véritable naissance interne, qui s’accomplit
COURS DE MYSTIQUE 159 au fond de ce mysterium magnum qui est la racine très occulte du Quaternaire. Pour cela, ne voyez pas Dieu comme un être sublime résidant au fond des splendeurs de l’Empyrée: Dieu est en nous; chaque battement de notre cœur est un souffle de Lui ; chaque cellule de notre corps est pénétrée de Son in dicible majesté, et tout l’Univers est le reflet de Ses perfections. Sa triple essence se reflète triplement en nous.
Physiquement, le Père est la première personne; le Fils est le feu vivant résoluteur; il est l’antipode du lieu du Père, à la notion duquel l’extase nous amène. L‘Esprit est ce courant de transformation de l’indi vidu à la collectivité, du particulier au général ; et sa faculté d’action est la Vierge. Autant que ces choses peuvent être dites, le Père réside en nous avec les Saturnes; le Fils, avec les Soleils ; l'esprit avec les Lunes.
Dans le corps astral, le Père est au plexus sacré, le Fils àla glande pinéale, l’Esprit avec le grand Serpent. Si vous voulez compléter ces notions que je vous dicte au hasard de la parole, vous trouverez un grand secours à donner à votre intuition, comme base 0b jective, la flamme d’un luminaire quelconque.
Vous y retrouverez tous les mystères des nombre 4 et des nombres 7, les trois principes de l’Achimie, les quatre éléments, etc. On pourrait faire ce travail dans l’ordre suivant: 1°la trinité involutive; 2°la trinité alchimique comme reflet de la première; 3° le septénaire dans l’âme uni verselle.
160 L'INITIATION [FÉVRIER _»_5.-‘ L‘| A -\ s 4 -._..__.æ__--..a.q_fl._ \ -_ Si l’on cherche à développer la force de la volonté, il est préférable d’approfondir l’étude des éléments au point de vue de leur constitution moléculaire, c’est-à— dire comme états du mouvement universel. La contemplation des phénomènes de la Nature physique de ses crises, des orages surtout, est très fructueuse en notions vives.
Saint-Martin, qui considérait l’Univers « comme un signe visible de la pensée de Dieu », nous donne plusieurs exemples de ces exercices; ainsi: « La Lumière élémentaire et la lumière intellec— tuelle ont les mêmes lois; elles n’agissent, ne procè dent et ne se manifestent que par un quaternaire: celui des points cardinaux dela création universelle. » (Tabl. nal., p. 94.) Dans le même ouvrage, citons pour finir deux autres passages: ' « Nous voyons un type frappant de la confusion et de la violence où est toute la Nature par cette Loi physique qui, quatre fois par jour, agite le bassin des mers, et ne leur a pas laissé un instant de calme de— puis l’origine du monde; image caractéristique par laquelle l’homme peut, au premier coup d’œil, expli— quer l’énigme de l’Univers. » (T.
Nal., p. 20.) ,— « Ce n’est pas sans but et sans motif que la masse terrestre, que tous les corps sont comme autant d’éponges imbibées d’eau, et qui la rendent violem ment par la pression des Agens supérieurs. » (Id., p. 41.) ‘ \
1898] COURS DE MYSTIQUE 161 V TT:Z; CC:;: FF:Z:, Les causeries précédentes vous ont, je l’espère, amené à bien concevoir le caractère fondamental de l’Initiation mystique: à savoir, la destruction systéma tique de la volonté propre et l’abandon absolu à la volonté de Dieu.
Nous allons nous efforcer de réduire toutes ces théories abstruses en une technie pratique; et considérant que, dans la succession des Fils de Dieu, Jésus est venu le dernier et a établi spéciale ment sa domination sur la race blanche, nous sui vrons à la lettre les enseignements qu’Il nous a trans mis et les commentaires de ses disciples bien-aimés.
Cette filiation des maîtres de la Mystique chré— tienne se poursuit avec une perpétuité remarquable à travers les dix-neuf siècles de notre ère ,' nous écar terons de notre étude tous ceux qui se sont occupés concurremment de mystique et de recherche intellec tuelle (théologie, philosophie, etc.). Le champ d’in— vestigetions est encore assez vaste pour donner à votre zèle un aliment inépuisable.
Mais pour essayer de vous asseoir sur la pierre cubique, comme l’empereur du Tarot, je crois néces saire que vous soyez informés auparavant de la réelle attitude de votre âme, de l’instrument qui vous est donné pour accomplir l’œuvre et la matière pre mière que vous devez manipuler. Comme la prière est une parole, comme l’instru ment de travail est en vous, comme la matière pre 2
162 L‘INITIATION -\n .c 5 -\ -<-x_-. . .-.. .c..._... _ \* .. ‘ >-- sans _'5 mière est selon le dire des alchimistes, chose fort vile que le vulgaire gaspille à tout propos, je ne crois pas pouvoir vous transmettre les enseignements prépara— toires sous un meilleur symbole que sous celui de la grammaire.
Nous avons trois points à traiter : 1° Ce que c’est que la parole; 2° Comment Dieu se manifeste par la parole ‘ humaine; 3° Comment ce mystère s'accomplit dans la langue française.
Si nous remarquons que la parole est le signe dis tinctif de l‘homme, nous nous convaincrons que son origine n’est pas naturelle mais bien divine; au point de vue scientifique, Fabre d’Olivet a traité ce sujet de main de maître, dans le premier volume de son Histoire philosophique du genre humain.
La parole est une conjugaison ; elle est produite par la jonction de deux courants de vie dont l’un s’élève de la sensa— tion et l’autre descend de l’intuition; elle forme un cercle complet par elle—même ; elle est une image de l’Univers, c’est pourquoi Certains ascètes la con— templent exclusivement. .
Son mécanisme peut être étudié par le 4. ou par le 7. — Vous avez vu précédemment la genèse des sept formes de la Nature; il suffit de vous les rap peler pour concevoir la genèse du Son, ou Mercure. Voici la clé quaternaire : Les organes de la parole, l’air et la vie organique sont le deuxième Hé, prêt à manifester le Dieu. Le lad, le Verbe descend sur la glande pinéale ; il prend
COURS DE MYSTIQUE 165 dans le Grand serpent la forme d‘adaptation spéciale à l’individu (premier Hé); la conjonction (Van) s'o père dans le plexus pharyngien; et la parole se pro— nonce.
Ce même quaternaire se trouve dans les déve loppements infinis de la parole prononcée. car, ainsi que l’a dit excellemment Fabre d'Olivet. et, avant lui, Saint-Martin, les parties du discours sont au nombre de quatre. le Nom, le Verbe, la Relation engendrant le Signe. qui les engendre à son tour. C’est, vous le voyez, l’image parfaite de tout le processus théogo nique, et la clé de toutes les grammaires.
Le Signe s’exprime par la voix, par le geste et par la marche; manifestations rudimentaires qui atteignent leur perfection dans la poésie, l’écriture et la danse ; ces trois arts appartiennent respectivement à chacun des trois mondes, où à l'intellectuel, à l’animique et à l’instinctif.
La clé de tout ceci est, comme vous le voyez, la trinité vivante; et, àce propos, laissez-moi rectifier une idée fausse qui tend à s'accréditer à propos de l’occul tisme oriental se fondant sur la théorie connue de Brahma-Vishnou—Shiva, le Créateur, le Conserva teur et le Destructeur : on croit communément que l’Inde ne connaît que ce ternaire fermé.
Elle en a un cependant qui est presque semblable à celui de l’É vangile et qui se prononce en sanscrit : Sat-Tchit Ananda, Etre(Père), intelligence (Fils),Amour ou Béa— titude (Esprit). Vous ferez facilement vous-même les correspondances avec tout ce que nous venons de dire. Essayons enfin d‘appliquer à la langue française ces théories; car chaque langue a ses mystères. Au point . ‘—-W——w—-—v
164 . L'INITIATION de vue géométrique, ceux du français sont cachés dans la forme des capitales romaines. Au point de vue du nombre, ils sont dans le 26; au point de vue de la parole, le verbe Être les contient en germe. Remarquons que le verbe Être est l‘unique en réa lité, puisque tous les autres peuvent, dans toutes les langues, être ramenés à lui. wM4‘gp; ..fi - :"î .J a...
JAMAIS _ JAMA|S Remarqùo‘ns aussi que, dès qu’un verbe est proféré, ' il se développe,suivant les conditions de sa naissance, " ' dans une sphère qui existera TOUJOURS pour lui, consi ‘ déré comme être autonome; et enfin, ce développe— ment se fera par 6. ’ Ces données nous suffiront pour construire la figure ci-dessus, que je vous laisse le soin d’interpréter. Vous ....,g.._ a- -5‘Vn_...‘___ä_\“\äuy«-Q-A\gæ .. \..-.
COURS DE MYSTIQUE 165 ferez attention cependant que les trois cercles inscrits ne représentent que la phase de projection de la parole; il faudrait une figure symétrique pour représenter le retour; vous pourrez la tracer avec fruit sur une grande feuille de papier; si vous entreprenez cette étude, je vous recommanderai de travailler géométri quement, avec tous les instruments de précision né— cessaires.
Comme technie mystique, vous trouverez ici tout l’ésotérisme des prescriptions morales relatives au mensonge et à la véracité. Munis de ces données, nous aborderons avec fruit le travail de réalisation.
Vl TT;:: CC:Ï: FF:'_:, Le premier stage du développement mystique est la vie purgative, pendant laquelle on travaille à la destruction des péchés par la pauvreté qui combat la concupiscence des yeux; parla chasteté qui combat la concupiscence de la chair; par l’obéissance qui combat l’orgueil de la vue.
Si vous appliquez l’observation de ces trois vœux à ' chacun des trois centres vitaux de l’homme, vous dé— couvrirez sans peine le pourquoi de cette division; car la clé universelle du catholicisme est la trinité. Avec elle vous trouverez facilement toute la raison biologique des instructions sur la vie contemplative; et je ne saurais mieux faire qu’en vous indiquant '
166 L’INITIATlON quelques textes autorisés pour servir de thème à vos travaux. ' Le but de la mystique est l’anéantissement de la personnalité humaine dans la substance infinie de Dieu; voici comment l’un des ascètes les plus admi rables de nos pays divise les fidèles: l° Les serviteurs fidèles de Dieu prennent simple— ment la résolution d‘observer les commandements dé— 'vins.
2° Les amis intimes et secrets du Seigneur « se soumettent non seulement aux commandements, mais encore aux conseils vivifiants de leur céleste ami ; ils s’attachent intérieurement au Seigneur par l‘amour, en vue de sa gloire éternelle, et donnent congé volon -tairement à tout ce qui peut en dehors de Dieu leur causer du plaisir ou leur inspirer de l’amour.
Dieu les appelle et les attire à lui par la multiplicité des exercices spirituels et par les formes diverses et mys— térieuses de la vie intérieure...
Mais, quelque profond que soit le sentiment de leur union avec Dieu par l’amour, ils ne peuvent cependant s’empêcher d‘éprouver, au moment même où ils ont conscience de cette union, qu’il existe encore une différence entre eux et Dieu; ils ne connaissent ni ne recherchent le retour de leur âme, rendue à sa simplicité primitive, dans l'Essence absolue et infinie : aussi leur vie inté— rieure, dans sa forme la plus élevée, se déroule-t—elle encore dans le domaine de la contingence et de 13’. modalité.
Sans doute, ils méprisent les consolations . et les joies extérieures, mais ils n’en exaltent que da—. vantage les dons surnaturels dont ils se sentent grati
COURS DE MYSTIQUE 167 ‘ __ . . Il . ülu.tln_xgægA— liés, les œuvres que Dieu accomplit en eux, les con solations intérieures et toute la félicité dont leur âme est remplie ici-bas.
Ils s'arrêtent ainsi à moitié che min et ne font aucun effort pour remporter la suprême victoire qui consisterait à mourir absolument à eux mêmes. à se laisser consumer et anéantir dans l‘unité de l’amour infini, superessentiel, dont nul n’a jamais trouvé ni la mesure, ni le commencement, ni la fin.
Dans l'état où ils sont, Dieu prend assurément plaisir à eux et de leur côté ils prennent plaisirà Dieu; mais ils n’ont aucune certitude d‘obtenir la vie éternelle, car ils ne sont pas encore complètement morts à eux mèmes et à tout intérêt personnel; ils ne sont point parvenus à la stabilité spirituelle et peuvent encore tomber dans le péché.
3° Mais ceux qui s’élèvent au-dessus de la pratique des vertus jusque dans leur sublime origine, qui, en flammés par le pur amour divin, meurent en Dieu et à eux-mêmes et à tout intérêt propre, deviennent les fils cachés de Dieu, à qui appartient la vie nouvelle, la vie éternelle (1). » - Voici l’opinion développée de l’un de ses prédéces seurs sur le même sujet: c'est une division des états inférieurs au point de vue de l’abnégation : Le processus est divisé en dix catégories, dont nous donnons celles qui appartiennent à la vie illumina tive et à la .vie purgative: (1) J.
RUSBROCHII, Opera Omnia:De calcule, sive de perfec—y liane filiorum. Deix liber, 53 7 et 8; d’après 0. JUNDT, les Amis de Dieu, Paris, 1879. _‘Mfiïm—__“.———mùa_ä.wnv - .evv yux-——œ——V‘—Wi——Ww_‘w
r68 L'INITIATION WWM wr:—-. 1. Ceux qui servent à la fois Dieu et le monde. 2. Ceux qui ont pris la ferme résolution de re noncer à leur volonté particulière, quelque souffrance que leur nature dût en ressentir. Ils se sont soumis à un ami de Dieu. 3. Ceux qui se sont imposés des exercices plus durs, mais dans l’intention de gagner le ciel, c’est—à-dire dans un but d’intérêt personnel. 4..
Ceux qui pratiquent de difficiles exercices dans le seul but de plaire à Dieu; mais ils ignorent ce que c’est que d’abandonner sa volonté personnelle. 5. Ceux qui ont commencé de faire à Dieu le sa— crifice de leur volonté particulière. 6. Ceux qui ont accompli ce sacrifice, mais qui, se voyant des supérieurs, aspirent à progresser au lieu de laisser Dieu agir en eux. 7.
Ceux qui ont triomphé de ce désir, mais qui éprouvent une grande joie lorsque Dieu leur envoie une faveur particulière et qui s‘efforcent d’en provo quer le retour. Voici quels sont les sept degrés de la vie spirituelle, d’après le Livre des deux hommes de l’ami de Dieu : 1. L’homme donne congé au monde trompeur et à sa nature; mais il est encore comme un roseau agité par le vent des tentations.
Il se demande s’il ne doit pas redescendre; l’hésitation et le trouble surviennent bien facilement chez lui: c’est sa nature aiguillonnée par le diable, qui le sollicite à retomber dans ses an ciennes habitudes. Il reste sur ce premier degré comme sur les suivants, une ou deux années, aussi longtemps qu’il plaît à Dieu. Il persiste dans ses résolutions.
COURS DE MYSTIQUE I69 a fis 5.æ != t|kfiæ_ _ 2. Son succès le remplit de joie et de courage. Les tentations sont plus fortes que naguère, mais Dieu le réconforte en présentant à son imagination le tableau de ses propres souffrances : il persévère encore. 3. Nouvelle joie et nouveau courage; il devient en treprenant et s‘impose des prières et des macérations.
Les tentations aussi sont de plus en plus fortes; Dieu, pour le soutenir dans la lutte, lui fait prendre grand plaisir à ses pratiques ascétiques. 4. Sa joie et son courage ont encore grandi ; il re nouvelle à Dieu avec une intrépidité complète l’enga gement de renoncer à toutes les créatures.
Cette intré pidité lui vient des trésors de félicité que Dieu lui a fait trouver dans ses prières et ses exercices, comme dans la contemplation des souffrances du Christ. 5. Toute jouissance intérieure disparaît; tous ses péchés se dressent devant lui; il se sent destiné à brûler éternellement en enfer. Les ténèbres envahis sent sa vie; aucune œuvre ne le réconforte plus.
Dieu lui apprend la pauvreté spirituelle ou humilité; heu reux ceux qui y persévèrent, qui demeurent fermes dans leur fidélité à Dieu et dans la tranquille attente de ses dispensations! 6. Toute souffrance, toute angoisse disparaît; une joie profonde l’envahit: souvent il a des visions. S’il persévère encore dans l’humilité, il parvient au der-‘ nier degré. 7.
Le Saint-Esprit devient son guide; toutes ses pratiques antérieures sont abandonnées; il vit comme un chrétien ordinaire, inconnu du commun des hommes, prêt à tout accepter de la main de Dieu et
170 L’lNl'l‘lATlOh glorifiant son céleste ami par tous les actes de sa vie. Nous reviendrons enfin à saint Thomas, comme à celui qui a le mieux réussi à dégager des intuitions spirituelles une loi organique. Il nous donnera la clé pratique de cette vie purgative, dont le but est l’obten— tion de la pureté.
Il en divise le processus en dix stages, pendant les quels c’est la volonté du fidèle qui utilise son libre arbitre pour se préparer. _ Que l'âme ait d’abord le désir du mieux(r) ; elle se purifiera ensuite de ses péchés mortels (2), véniels (3), de ses mauvaises habitudes (4), et elle achèvera cette attitude impassible et inactive en fuyant les occasions de péché (5).
Qu'elle plonge alors le fer rouge dans ses chairs putréiiées en tuant la ‘concupiscence de la chair (6), celle des yeux (7) et la superbe (8). Elle sera alors également immobile par en dedans. Mais c’est la volonté propre qui a accompli tout ce difficile tra vail; si on la laisse subsister, l‘orgueil pourrait renaître et par suite tous les autres péchés. Qu’elle immole donc cette racine de l'enfer (9).
Et alors le premier souffle de l’Esprit attirera le feu du désir pour con sumer en un clin d’oeil tout cet énorme amas de bois mort (10}. VII TT:} CC:Z: FF:Z:, Nous avons vu que le Temple a neuf portes, aux quelles conduisent toutes les avenues des systèmes extérieurs. Le catholicisme conduit à la neuvième de L... ._._u. .- _ _
COUFS DE MYSTIQUE [7! ces portes, celle que Neptune ou Vénus Uranie repré sente astrologiquement : c’est là que la Nature-Essence conçoit en restant toujours vierge, parce que Dieu la féconde par dedans. La clé de ce mystère réside dans le nombre quatre; et le premier signe que le contem platif reçoit du succès de ses efforts, c’est la présence de Sophia.
Mais l'Apocabpse nous apprend que le mystère de la transsubstantiation ne peut s’opérer que dans un calice parfait et pur. Tel est le but de la vie purgative: fixer le centre instinctif, le solariser, rendre immuable son symbole, le corps physique; l’explica tion physiologique des trois vœux vous donnera les lumières nécessaires pour ce sujet. C’est ce que Bochure appelle le régime irascible, et igné du Père.
La vie illuminative se réclame du Fils. de celui qui est la voie, la vérité et la vie; tandis que la première est une abstention, celle-ci est un acte permanent, elle comporte l’exercice de toutes les vertus: les anciens mystiques ont synthétisé les vertus acquises, c’est-à dire ces forces, ces énergies viriles, ces facultés mo rales que l’homme peut acquérir par lui-même dans le type des quatre vertus cardinales : la prudence, la justice, la force et la tempérance.
C’est à l’étude de ces quatreyocables qu‘il faudrait appliquer toute votre attention, de manière à pouvoir en tirer, selon votre individualisme, une notion, une opinion ou une pensée ; et préparer ainsi un champ libre pour la descente de l'inspiration divine dont ' nous nous occuperons la prochaine fois. Le moyen puissant qui nous est offert pour accom
I 72 L’INITIATION plir cette tâche est l’union : dans l’étude intellectuelle elle consiste à découvrir la loi organique des choses; dans la vie animique, elle enflamme le coeur d’un saint enthousiasme ; dans la vie instinctive, elle régénère le corps. La Prudence est le principe réalisateur passif de l'homme en soi. La Justice est le principe conservateur passif de l’homme en soi.
La Force est le principe conservateur passif de l’homme manifesté. ‘ La Tempérance est le principe conservateur passif de l’Univers en soi. Pour ne pas prolonger outre mesure ces explica tions, qu’il me suffise de vous indiquer l’adaptation qu’il ya à faire de chacune de ces vertus à la vie sociale, à la vie individuelle et à la vie divine, c’est-à—dire aux devoirs que nous avons à accomplir envers les autres, envers nous-mêmes et envers Dieu.
Saint Thomas donne aux vertus exercées dans chacun de ces degrés le qualificatif de civiles, purga_ tives et héroïques. _Dans ce dernier état, la prudence fait oublier tout autre chose que Dieu ; la tempérance perd le souvenir de toutes les joies temporelles ; la forcea tué les pas sions ; la justice met son pivot en Dieu, et la balance reste immobile. C’est, en un mot, l’union avec Dieu.
L’état de la vertu purgative consiste à commencer cette union sous la conduite de la foi. L’état de la vertu civile consœte à ne rien faire dont on ne puisse rendre raison.
COURS DE MYSTIQUE [73 C’est surtout la sphère mentale qui s’exerce pen dant la vie illuminative ; soit qu’elle reçoive des idées simples, soit qu’elle exerce la faculté méditative de l’entendement, soit qu’elle contemple une intuition reçue.
Voici maintenantl'esquisse de la marche du mental vers la perfection, qu’il atteindra au moment où il n’existera plus ; Le fidèle se détachera d’abord parfaitement de la terre par l’humilité, la souflranec, le renoncement.
Puis il obtiendra la paix intérieure par la solitude, le silence et l’oraison; il sera alors seul devant Dieu ; il recevra la lumière divine par le sentiment de Sa présence, par l’équanimite' et par la charité, qui est l’acte, le sacrifice perpétuel qui nous identifie au Christ.
Je n’ai pas le temps de développer ces points: je vous recommanderai donc encore une fois de bien appliquer votre attention dans vos travaux personnels, à chacun des mots importants de ces sommaires. Parmi les sacrements, c’est le Baptême qui se rap— porte le plus à la vie illuminative ; comme la Péni tenceà la vie purgative; et [Eucharistie à la vie unitive.
Dans la vie illuminative, c’est la lumière du Fils qui agit; là l’homme peut recevoir un initiateur angé lique pour être spiritualisé et unifié. « Quiconque accueille un tel Ange, dit saint Denis, se simplifie et devient un, au degré où il en est personnellement capable. » Voyez la Pistis Sophia au passage de la consécration des Apôtres.
r | 174.
L‘INITIATION En toutescirconstances n’oublions jamais d’appeler le Père au nom du Fils ;« dans tous nos actes, et sur— tout quand il s'agit de traiter des choses divines, il faut débuter par la prière, non pas afin d’attirer cette force qui n’est nulle part et qui est partout, mais afin de nous remettre entre ses mains et de nous unir à Elle par un souvenir et des invocations pieuses. » Les cieux sont en nous, c‘est l’âme qui les y crées par la prière ', la prière est la faim de la volonté ; elle brise les portes de l’Abîme; elle est le Christlui-même.
Nous allons étudier, dans la prochaine causerie, l‘oraison passive telle qu’elle nous a été enseignée par les saintes Thérèse, Angèle de la Croix, Catherine de Sienne, les saints Jean de la Croix, Pierre d’Alcan— tara, Thomas d’Aquin, Molinos ; B/zagavat Gîta, la Lumière sur le sentier, etc. ' VIII TT:Ï: CC:f; F F:j:, La vie unitive est l’œuvre du Saint-Esprit; son moyen est l’amour; son but, la béatitude; sa figure, Marie, sœur de Marthe; elle s’élève au-dessus du tem ps et de l’espace; elle aboutit à la sainteté, c’est—à—‘dire habbalistiquement, au séjour des Quatre Animaux Sacrés.
« Dans cet état, l’âme conserve son essence créée et sa personnalité, mais elle perd tout ce qu’elle avait d’humain et de terrestre. » L’âme réalise alors parfaitement les trois vertus
COURS DE MYSTIQUE 175 théologales : la Foi (le Père), l’Espérance (le Fils), la Charité (l’Esprit): le Sat-Tchit-Ananda des Védan tins. Elle les exerce par l’amour extatique, et de trois façons différentes. Le dévot est alors amené aux trois derniers degrés que décrit Rulman. « Ceux qui se sont efforcés de vaincre ce défaut (l’égoïsme) sans y réussir complètement.
Ils ont poussé plus loin que les hommes des degrés précédents le re noncement aux biens terrestres : ils ne le possèdent plus que pour Dieu seul; c‘est pour lui qu’ils les tiennent en réserve, se contentant d’en prendre ce qui leur est nécessaire pour vivre et faisant à Dieu la grosse part des revenus qu'ils en tirent. La richesse ainsi comprise, loin d’être un obstacle sur le chemin du salut, est un moyen d’avancer vers Dieu.
En outre, ils ont absolument renoncé aux biens éternels, et laissent Dieu faire d’eux ce qu’il veut dans le temps et dans l’éternité. Aussi Dieu ne leur permet-il pas seulement de contempler des images célestes sous forme de visions : il leur envoie encore de temps en temps un faible rayon, provenant de l’Origine même, jouissance qui dépasse tout entendement et que le langage ne peut exprimer.
Sans doute, ils ont cessé de provoquer par eux—mêmes des visions radieuses, mais ils n’ont pas cessé d‘y prendre un plaisir par ticulier. Ils savent encore moins refouler le désir de voir se reproduire la jouissance ineffable des rayons qui s’échappent de l'Origine. Aussi Dieu n'ose-t-il leur accorder la suprême preuve de sa confiance qui consisterait à leur cacher son visage et à leur retirer
176 L’INITIATION les dons joyeux de sa grâce, car ils sont encore inca— pables de trouver leur plaisir suprême à ne point , recevoir de consolation de Dieu; ils ne sont pas en core complètement morts à eux—mêmes et aux désirs les plus secrets de leur nature.,. » 9. Ceux qui sont parvenus à ce degré paraissent à l’extérieur bien malades; intérieurement, ils brillent comme des anges de lumière, mais ils ne le savent point.
Sachez qu’il ne leur est pas resté une seule gouttelette de la moelle et du sang qu'ils avaient précédemment; leur nature charnelle a été consumée et détruite en eux. Le Seigneur, pour l’amour duquel ils ont sacrifié leur moelle et leur sang impurs, leur a donné un sang nouveau, une moelle nouvelle d’une parfaite pureté...
Ces hommes ont enduré toutes les créatures et sont prêts à supporter avec joie toutes les tentations, toutes les souffrances que Dieu voudra leur envoyer. Inconnus au monde, ils con naissent bien le monde; mais ils sont morts au monde et le monde est mort pour eux. Tout désir personnel est éteint dans leur cœur; glorifier Dieu en.toutes choses et réaliser en toute humilité l’image de Christ dans leur vie est leur seule ambition.
Tout ce que Dieu fait les réjouit: quoi qu’il leur donne, quoi qu’il leur enlève, ils demeurent dans un con tentement inaltérable et dans un désintéressement absolu. Ils aiment en Dieu tous les hommes d’un égal amour. Quand Dieu leur envoie des consolations surnaturelles, ils s’en effrayent plus que lorsqu’il les prive de ses dons. Ils vivent dans la non-connais sauce et ne demandent pas à connaîre quoi que ce _.a..t_À
COURS DE MYSTIQUE I77 soit. Toute crainte a disparu de leur âme, sinon la crainte qu’éprouvent les seuls enfants de Dieu de ne pas réaliser l'image de Christ assez parfaitement en eux: cette crainte est leur purgatoire.
Ils sont par venus à la véritable stature d’homme: ils sont les vrais adorateurs du Père, en esprit et en vérité; aussi Dieu les aime-t-il d’un tel amour qu'il exau cerait plutôt leur prière que celle de tous les chré tiens réunis.
Quelque peu nombreux qu’ils soient, c’est sur eux qu’il laisse reposer la chrétienté; s’ils quittaient ce monde, il ferait aussitôt périr les hommes et donnerait puissance à Satan de tirer le filet à lui! (I) » Le [0° stage ne semble pas devoir être atteint dans cette vie. selon Rulman.
« Au moment, dit M. Jundt, résumant le livre des NeufRochers, où l’homme se soumit entièrement à la volonté divine, la porte de l’origine s’ouvrit devant lui ; son regard pénétra dans les profondeurs mysté— rieuses de Dieu. Dans ce court instant, il ressentit une joie si intense, son âme fut enveloppée d'une lumière si éblouissante, qu’il fut ravi à lui-même et perdit connaissance des choses d’ici-bas.
Ce qu'il vit et entendit dépasse toute pensée et se refuse à toute description. Quand il eut repris ses sens, il entendit la voix qui lui dit : « Sache que tu as été à la noble école où le Saint-Esprit professe en personne. Cet au« guste maître d’école a saisi ton âme dès son arrivée (I) Rulman Mersmn, le Livre des Neuf Roches. Trad. Aug. Jundt.
1 78 L’INITIATION et l’a remplie d’un amour si exubérant qu’il a débordé de ton âme dans ta nature corporelle et l'a transfi gurée.
Le désir qui s’est alors éveillé en toi de souffrir éternellement les peines de l‘enfer pour dé livrer les âmes qui gémissent dans le purgatoire et d’endurer une mort afireuse pour le bien des pêcheurs, est un don surnaturel que tu as reçu à l'école du Saint-Esprit. » — « Mon bien—aimé, s’écria l’homme dans un transport d’amour divin, tu m'es devenu si cher qu’avec toute ta puissance, tu ne pourrais plus rien faire qui me fût désagréable.
Agis à mon égard comme tu le voudras; quoi que tu me donnes, quoi que tu m'enlèves. je m’en réjouirai! (i) » On retrouvera ici les analogies de toutes ces gran des initiations, Kabbale, Yôga, etc. L’extase a trois modes, avons-nous dit : 1° Le mouvement direct, correspondant au don de science; l'âme part du sensible pour arriver à l’intel ligible, à Dieu, type un de toute multiplicité : Le don de science porte donc à considérer toute chose dans l’Univers comme l'image de Dieu; et, comme l’image de Dieu est très imparfaite, le fidèle en conçoit une profonde douleufgc’est la Béatitude des tristes. ‘ 2° Le mouvement oblique répond au don de sa gesse, qui consiste dans la communication des lu mières de la foi, sous des formes sensibles.
Il produit la Béatitude des pacifiques. 3° Enfin le mouvement circulaire élève l’âme au dessus du sensible; il procure le don de l’Entende (l) Traité Il”. Trad. de A. Jundt.
COURS DE MYSTIQUE l79 ment et la Béatitude des Purs; c’est une perception directe; voici d’ailleurs les paroles de Denys: et Le mouvement circulaire consiste à quitter les choses extérieures. pour entrer en elle-même; a ra mener ses facultés intellectuelles vers les idées d'u nité, afin qu’enfermée comme dans un cercle, elle ne puisse s’égarer; puis, dans cet affranchissement des distractions, dans ce recueillement intérieur et cette simplification d'elle-même, à s’unir aux anges. mer veilleusement perdus dans l'unité, et à se laisser aussi conduire vers le beau et le bon qui l’emporte sur toutes choses, qui est un, toujours identique, sans com mencement, sans fin.
« Le mouvement oblique de l’âme consiste en ce que, selon sa capacité, elle est éclairée de la science divine, non point par intuition et dans l'unité, mais par déduction et raisonnement, et par des opérations complexes et nécessairement multiples.
« Enfin son mouvement est direct, non pas lors qu'elle se ramène en soi, et exerce l’entendement pur, car. en ce cas, il y aurait. comme on l’a dit, mouve ment circulaire, mais bien lorsqu‘elle s’incline vers les choses extérieures, et que delà, comme à l’aide de symboles composés et nombreux, elle s’élève à con templer l‘unité dans sa simplicité. » (L'Aréopagite, Des noms divins, ch.
IV.) Le même maître demande pour l’exercice du don d’Entendement un cœur absolument pur, un esprit absolument nu, où règne seule la foi et une volonté enflammée d’amour. Je ne puis m’empêcher de vous faire remarquer Ici
a.- - -4. 180 L’INITIATION -....ä-v... . __ _‘_..r,_r:__,. u... v .__ —_æ..'fl_n_nj‘t'«' ..«. v la parenté intime qui éclate entre ce système et la Yoga indoue. Le cœur pur est obtenu là-bas par les Yamas, les Niyamas, et la Pranayama; l’esprit calme le devient par Pratyâhara, Darâna et Dlzyana ; l’extase est Sama’dhi.
Remarquez cependant que ce n‘est que dans une secte fort peu nombreuse de brah— manes qu’on appelle Dieu au lieu dele forcer à venir comme l’enseignent les Sankhyas. Maislaissonsceci et terminons par quelques extraits du grand initié Denis : « L’amour divin ravit hors d’eux-mêmes ceux qui en sont saisis, tellement qu’ils ne sont plus à eux, mais bien à l'objet aimé.
Cela se voit dans les supé rieurs, qui se dévouent sans réserve au gouvernement des inférieurs; dans les' égaux, qui s’ordonnent l’un par rapport à l’autre; dans les moins nobles, qui s’a— bandonnent à la discrétion des plus élevés. De là vient que le grand Paul enivré du saint amour, dans un transport extatique, s’écriait divinement: Je vis, ou plutôt ce n’est pas moi; c’est Jésus qui Vit en moi- » (Saint Denis, Des noms divins, ch.
1v.) « Par l’amour, quel qu’il soit, dit Hiérothée, divin, angélique, rationnel, animal ou instinctif, nous en tendons cette puissance qui établit et maintient l’har_ monie parmi les êtres, qui incline les plus élevés vers ceux qui le sont moins, dispose les égaux à une fra ternelle alliance, et prépare les inférieurs à l’action providentielle des supérieurs. » Hierothe’e semble indiquer qu’il peut y avoir amour entre une âme et un esprit angélique. « Exercez—vous sans relâche aux contemplations
COURS DE MYSTIQUE 181 mystiques; laissez de côté les sens et les opérations de l’entendement, tout ce qui est matériel et intellectuel, toutes les choses qui sont et celles qui ne sont pas, et d’un essor surnaturel, allez vous unir, aussi intimement qu’il est possible, à Celui qui est élevé par delà toute essence et toute notion.
Car c’est par ce sincère, spontané et total abandon de vous-même et de toutes choses, que libre et dégagé d‘entraves, vous vous précipiterez dans l’éclat mystérieux de la divine obscurité. » (Saint Denis, Théol. myst., I.) Il faut que l’âme se délivre du monde sensible et du monde intellectuel;tous les mystiques sont d’ac— cord sur cette destruction du mental. Dans cette igno rance absolue, on puise une connaissance surnatu relie.
C’est ici qu’il convient de faire la distinction des deux ignorances : celle d’en haut et celle d'en bas; théorie que vous connaissez fort bien pour l’avoir entendue en d’autres conférences. Je ter’minerai aujourd'hui cette série de conférences; laissez—moi, 'TT. CC.
FF., en vous donnant rendez vous pour l’automne prochain. vous remercier de votre zèle et vous souhaiter le succès rapide dans la voie mys— térieuse où vous avez eu le courage de vous engager. SÉDIR.
..aWh PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE @uestians de Ésycholagie «Éleculte”’ De la Lucidité ou Double Vue Les tireuses de cartes et les somnambules ont, de tout temps, prétendu, et elles annoncentjencore de nos jours, à la quatrième page des journaux, qu’elles sont douées du mystérieux pouvoir et de l’étrange faculté de connaître le passé, de voir le présent et de prédire l’avenir.
Cette audacieuse affirmation paraît, de prime abord, aussi contraire au bon sens qu’à la saine raison, et l’esprit la rejette, d‘emblée, comme dépourvue de valeur et dénuée de fondement. Mais le penseur impartial remarque, à la réflexion, que la Science elle-même constate, tous les jours, des faits aussi surprenants, formule des lois non moins mys_ térieuses, émet des hypothèses bien plus étranges.
Il se dit aussi que notre esprit n’est pas, au demeurant, la mesure de la vérité, et que, comme l‘a dit Mon taigne, « c’est une sotte présumption d‘aller desdai gnantet condamnant pour faulx ce qui nous ne semble pas vraysemblable ». Tout compte fait, il n’est pas (1) Extrait de la Re»ue angevine, septembre et octobre 1896
PSYCHOLOGIE OCCULTE 183 éloigné de croire que certaines personnes peuvent, en certains cas, voir le présent et prédire l’avenir; et il apprendra, sans trop d’étonnement ou de surprise, que d’éminents médecins et d’illustres psychologues étudient scientifiquement, sous le nom de Lucz‘dite’, la vue à distance d’événements présents, et, sous celui de Pressentiment, la vision anticipée de faits à venir.
La Psychologie occulte, née en ces dernières années seulement à la vie scientifique, a dûment constaté. en effet, en même temps que la réalité des phéno mènes de Télépathie et de Pressentiment. l’existence indéniable decas certains de Lucidite’.
Toutefois, cette dernière partie de la science nouvelle a été, jusqu'à présent, beaucoup moins étudiée que les autres; et si la télépathie a fait, surtout en Angleterre, l'objet de recherches nombreuses et de travaux considérables, la Lucidité. au contraire, constitue peut-être la partie la moins connue et la moins fouillée de la Psycho logie occulte.
Mais, s'il faut le regretter, on ne doit pas trop s’en étonner : les faits de ce genre, en effet, en raison même de leur caractère extraordinaire, sont rares à constater, difficiles à comprendre, et impos sibles peut-être à expliquer scientifiquement. Non qu’on ne trouve des cas de double vue dans la légende ou dans l’histoire: ils abondent; mais peu ont été observés d'une façon sûre, certaine et positive.
Cependant il en existe plusieurs qui se présentent dans ces conditions favorables; et de ceux—là il faut bien s’occuper, ne serait—ce que par amour du mer veilleux, par goût de l’actualité, et par curiosité pour M" Couédon.
184 L’INITIATION . ....—‘, _,——.__.__. _ .-a- ... -..- _ .......,. . «au... La Lucidite’, Claz‘rmyance ou Double _Vue est une vision dans l’espace, comme le Pressentt’ment est une vision dans le temps. Le sujet lucide ou clairnoyant voit des choses qui ne sont pas normalement percep tible à la vue; il assiste mentalement à des événements qui se déroulent au loin ;'il aperçoit ou découvre des objets égarés, cachés ou perdus.
Et, dans ces divers cas, — la remarque a une grahde importance, — les personnes présentes ignorent les faits rapportés par le clairvoyant, ne connaissent pas les lieuxoù sa pensée voyage, et ne peuvent, par suite, exercer, même à leur insu, une suggestion mentale, une transmission de pensée sur l’esprit du sujet.
Suivant l’exacte définition de M. Charles Richet, la lucidité est «la connais— sance par un individu Ad’un phénomène quelconque, non percevable et connaissable par les sens normaux, en dehors de toute transmission mentale consciente ou inconsciente. -— Par exemple une somnambule A voit un incendie qui se passe à quelques kilomètres de là, alors que, parmi les assistants, personne ne connaît l’incendie (Il ».
' 0 un Un des cas les plus anciens et les plus célèbres de double vue est celui que rapportent à Apollonius de Tyane l‘historien Dion Cassius et le rhéteur Philos— trate. Appollonius de Tyane, on le sait, n’était pas seulement un penseur et un philosophe des plus dis— (1) Richet, Lettre à M. le D' Dariex; dans Annales de: Sciences psychiques, r" numéro.
PSYCHOLOGIE OCCI'LTE I85 tingués, c‘était aussi un magicien célèbre et un thau— maturge fameux.
Or, un jour de l’an 95 après J.-C., il dissertait à Ephèse devant un public nombreux, lorsque, tout à coup, il baissa la voix, semblant en proie à une frayeur subite; puis, après avoir continué quelques instants son discours, comme une personne distraire dont la pensée est absente, il s’interrompit brusquement, lança vers la terre des regards effrayants, fit trois ou quatre pas en avant, et s’exclama, dans un transport d’énergie farouche: « Courage, Stephanusl Frappe le tyran !
Frappe! » Les Ephésiens qui entou raient Apollonius crurent que le philosophe perdait la raison, et leur surprise augmenta, quand ils l’en tendirent s’écrier : « Ayez bon courage, Ephésiens. Le tyran (Domitien) a été tué aujourd’hui. Que dis—je aujourd’hui ?
Par Minerve, il vient d'être tué à l’ins tant mèmè, pendant que je me suis interrompu.» -Apollonius venait, en effet, de voir, au moment pré cis où il se produisait, l’assassinat, à Rome, de l’em pereur Domitien; et, lorsque la nouvelle de ce meur tre arriva à Ephèse, elle était déjà connue de toute la ville : on apprit alors des messagers le nom de l’assas sin, l’heure et les circonstances du crime, et on vérifia que ces divers détails s’accordaient absolument avec la surprenante vision d’Apollonius (I).
Le Christianisme naissant qui avait vivementcom (I) Dion Cassius, Histoire romaine, liv. LXVII, n° 18, t. IX de l'édition grecque—française Gros et Boissée (1845-60), p. 383 et sq. — Philosuale, Vie d'Apollonius de Tyane, trad. Chassang, I862, liv. Vlll, ch. xxvI. ' ” l .. -.À. ._-r
186 L’lNlTiATION . . _ » .. battu Apollonius de Tyane, et expliqué par l’inter— vention du démon ses pouvoirs surnaturels, allait bientôt, par une singulière ironie, rencontrer, en l’un des Pères les plus illustres de l’Église latine, un exemple semblable du même phénomène. Grégoire. de Tours nous apprend, en effet, que le jour où saint Martin mourait à Candes, près de Tours, saint Am broise assistait mentalement, de Milan, à ses funé railles.
Le saint évêque célébrait, ce jour—là, la messe, en la principale église de Milan. Un lecteur vint, sui vant la coutume, se présenter devant lui au pied de l‘autel, et là attendit qu’il lui fit signe de commencer. la lecture des livres saints. Ambroise ne bougeant pas, quelques assistants s’approchèrent de lui, et virent qu’ilétait endormi, la tête un peu penchée et appuyée sur son coude.
Deux heures se passèrent, et le saint sommeillait toujours. La foule, fatiguée d’at tendre, pria alors quelques anciens du clergé de réveil lerl’évêque; cédantàces prières, ils s’en approchèrent avec respect, le poussèrent doucement et l’avertirent de l’impatience de l’assemblée.
Alors saint Ambroise, s’étant éveillé, et s’apercevant du trouble que ce retard avait causé parmi les fidèles, leur en apprit la cause : « Sachez, leur dit-il, qu’il m’a été fort avantageux de m’être ainsi endormi : je viens de faire les obsèques de Martin, mon cher confrère.
J’étais sur le point d’en achever la cérémonie lorsque vous êtes venus m'éveiller. » Malgré ce discours, la foule se retira sur prise et incrédule ; mais on ne tarda pas à apprendre, par la suite, qu’au moment même où l’évêque de Milan s’était endormi à l’autel d’un sommeil léthar—
PSYCHOLOGI E 0CCULTE l giquc, saint Martin mourait à Candes, auprès de Tours (1). Si de l'antiquité païenne ou chrétienne.'nous pas— au moyen âge et aux temps modernes, nous ren controns des cas nombreux et dûment constatés de lucidité ; il semble même qu’à ces deux époques. les faits de ce genre se multiplient, en même temps qu'ils sont mieux observés et plus scientifiquement contrô lés; nous ne citerons que les plus certains et les plus connus.
C’est d‘abord, à la fin du xve siècle, .\ngelo Cale qui voit à distance et annonce à Louis XI la défaite et la mort de Charles le Téméraire.
Angelo Caw (ou Cattho), médecin et astrologue, avait été d’abord au service du duc de Bourgogne : il lui avait prédit la perte de la bataille de Morat, et, l’événement ayant justifié ses prévisions, il avait suivi la Fortune et aban donné pour Louis XI Charles le Téméraire; le roi l’accueillit volontiers, il en fit son aumônier et plu tard un archevêque (de Vienne, en Dauphinéæ.
Or. au plus fort de la lutte entre les armées du duc de Lorraine et les troupes du duc de Bourgogne, le jour même de la bataille de Nancy (5 janvier I477), An gelo Casto assista, en esprit, à la défaite et à la mort de Charles le Téméraire.
Il célébrait la messe devant Louis XI, dans l’église de Saint-Martin de Tours, et en présentant au roi la patène à baiser, il lui dit; (I) Grégoire de Tours, De Miraculis S, Martini, lib. l, cap. v, édition des bénédictins de Saint-Maur, l vol. Paris, I699, p. I006, col. z.-—Cité par Dom Gcrvaise, la Vie de saint Mar— lin, évêque de Tours, I vol. Tours, 1699, p. 2.4.5 et sq. ...-......
188 L‘INITIATION « Sire, Dieu vous donne la paix et le repOs ; vous les avez si vous voulez, quia consummatum est; votre ennemi le duc de Bourgogne est mort ; il vient d’être tué et son armée déconfite(x). » Le roi, ajoute Miche— let qui rapporte le fait, fut bien surpris, et promit, si la chose était vraie, que le treillis de fer qui entgurait la châsse deviendrait un treillis d’argent (2).
Or, le surlendemain, de bonne heure, un de ses officiers— vint lui annoncer la déroute et la mort de son plus dangereux ennemi : Charles le Téméraire avait péri devant Nancy, au jour et à l’heure indiqués par l’au mônier du roi; comme le dit l’auteur du Sommaire de la vie de Cato, « l’heure (de la vision) ayant été cottée, s’est trouvé être celle en laquelle véritablement avait été tué ledict duc. » Dans le même ordred’idées, au cours du XVIe siècle, la duchesse de Gueldre, devenue religieuse, voit dans son oratoire la bataille de Pavie, et s’écrie : « Mon fils de Lambesc est mort !
Le roi de France est prison nier (3) l » En poursuivant ce rapide historique, nousne devons (I) Sommaire de la vie de Cato, imprimé avec ses Mémoires. — Sur ses prédictions, en particulier celle de la défaite de Charles le Téméraire à Morat, consulter de Barante, Histoire des ducs de Bourgogne, 6e édition. Paris, I842, t. VII, pp. Ig3 et [94. (2) J. Michelet, Histoire de France, liv. XVII, ch. III, édi— tionde I86I,t. VI, p.371. ' (3) Dr A.
Coste, Les Phénomènes psychiques occultes, 2e édi tion. I895, p. I00.Malgré nos recherches, nous n’avons pu trouver dans les contemporains la relation de cette étrange vision; nous saurions gré à ceux de nos lecteurs qui connaî— traient la source où a puisé M. le Dr Coste, de bien voulou‘ nous l’indiquer.
PSYCHOLOGIE OCCULTE l . .. -_‘-B._.V.—.“ ’\*)._o._- . - _._. . .0.‘-‘__ pas nous étonner de rencontrer, avec Swedenborg, deux nouveaux cas de double vue, plus célèbres peut ètre et non moins authentiques que les précédents.
Swedenborg. savant naturaliste suédois du xvme siè— cle, avait eu, en effet, après une carrière scientifique brillamment remplie, une série de visions étranges, surtout celle de Londres en 1743, qui imprimèrent à sa vie et à sa pensée une orientation nouvelle : le sa vant positif devint un théosophe illuminé, doué de pouvoirs étranges et de vertus surnaturelles, conver sant avec Dieu et avec les esprits, voyant à distance les événements présents, devinant parfois les faits à venir.
Un jour qu'il arrivait d’Angleterre, le 19 juil— la 1759, il rit, de Gothenbourg où il venait de dé barquer, l’incendie du quartier Südermalm à Stoc— kholm ; à ce moment sa pensée semblait absente, et on eût dit qu'elle voyageait sur les lieux mêmes du sinistre : il décrivait, en effet, avec de minutieux détails, à ceux qui l'écoutaient, la marche et les pro grès du feu, indiquant, par exemple, que l'incendie gagnait la rue qu’il habitait, mais qu’il s’arrêtait, fort heureusement, à la troisième maison avant la sienne.
On croyait, dans l’entourage de Swedenborg, à une hallucination; mais on fut vite détrompé; car, lorsque la nouvelle de la catastrophe parvint, deux jours après, à Gothenbourg, on put s’assurer que la vision du phi losophe avait été de tout pomt conforme à la réalité.
Or Gothenbourg est à plus de 450 kilomètres de Stoc kholm ; et, d’autre part, le fait, si surprenant qu’il paraisse, est cependant exact: il est rapporté et cér— tifié par plusieurs auteurs dignes de foi et plutôt scep— ‘AMW.«M‘“WM—n—x _. ,.æ. .L._.o
190 L'lNlTIATION _ ...- . u...) . wlw‘g_ La ÿ.‘_‘;.._.s, tiques d'habitude, notamment « par celui qu'on ap pelait Emmanuel Kent, mais qui, lui, s’appelait Critique.» (Michelet.) On conviendra sans peine que l’étrange vision de Swedenborg dût se présenter avec tous les caractères désirables d’authenticité, pour que l’illustre philosophe de Kœnisberg, son contemporain, écrivit à ce sujet: « Ce fait me paraît avoir la plus grande force démonstrative, et devoir couper court à toute espèce de doute (I). » Trois ans plus tard, le même Swedenborg fut, dans des circonstances analogues, témoin d’un événement historique demeuré célèbre.
Au moment précis où, à l’instigation de Catherine d’Anhalt, un groupe d’as— sassins étranglaient dans sa prison le petit-fils infor— tuné de Pierre le Grand, le tsar Pierre 111, Sweden borg, qui se trouvait à Amsterdam, entouré d’une société nombreuse, vit, dans ses moindres détails, le sombre drame qui se déroulait en Russie, au château de Ropcha ([4. juillet 1762).
Il changea tout à coup de physionomie, dit un témoin oculaire, et on vit que son âme n’était pas présente, qu’il se passait en lui quelque chose d’extraordinaire. Dès qu’il fut revenu à lui, on lui demanda ce qui venait d’arriver.
Il éluda d’abord les questions; mais, sur des instances réité rées, il dit enfin : « En ce moment, en cette heure—ci, Pierre 111 est mis à mort dans sa prison. (Il décrivit son genre de mort.) On n’a qu’à 'noter le jour pour (i) Kant. Rêres d'un'm‘sionnaire éclaircis par des rêves de métaphysique, 1766,Œnvres, t. III, p. 88 ; et Lettre à Ma demoiselle Charlotte de Knobloch, du 10 août 1768. —- Cité par Matter, Emmanuel de Swçdenborg, [863, ch. xn.
PSYCHOLOGIE OCCIÎLTE [9 l consulter l’avis qui sera donné dans les journaux qui annonceront sa mort. » Or, quelques jours après, les journaux rapportaient l‘assassinat du malheureux souverain, dans les mêmes termes que Swedenborg: le jour, l’heure et les circonstances du crime étaient absolument conformes à l’étrange vision du théo— sophe (1).
Les divers cas de lucidité que nous venons de signa ler se présentent comme spontanés et dénués d’appli cation pratique. En notre siècle d’excessif utilitarisme ' et d’outrancier positivisme. la double vue, comme toute chose, a été utilisée.
Sans parler des innom brables somnambules qui tirent de cette faculté, —— qu’elles possèdent ou non, — leurs moyens d’exis tence, rappelons que, tout récemment, un disciple célèbre de Vintras doublé d’un érotomane impur, le fameux Boullan, avait auprès de lui, dans les der nières années de sa vie, un « sujet » lucide, Mm Thi bault, qui, de Lyon, voyait nettement et décrivait minutieusement les manœuvres de ses ennemis, les magiciens, qui tentaient de l’envozîler.
Or ces « ou vriers d’iniquité », comme les appelait Boullan, habi taient. parait-il, Rome, Bruges, Paris et Châlons, et, si leurs desseins criminels furent longtemps déjoués, ce fut grâceà la clairvoyance de M'“' Thibault : averti par elle des attaques de ses ennemis, Boullan pouvait les parer ou en détourner les effets.
Un jour cepen dant, il s’y prit mal ou trop tard; des poings invi— (1) Iung-Stilling, Taschenbuch von 1809. — Cité par Matter, np.cit., ch. xv, pp. 209 à 213. ‘ —_ v,tW_‘”.RWÀ_,—__ä_d ,,, , ,
192 L’INITlATION [FÉV RIER sibles martelèrent son front, une large plaie sanglante apparut sur sa poitrine au niveau du cœur, le vieillard s’affaissa inerte, il était mort envoûté...
Par bonheur. à notre époque, les envoûtements sont assez rares, et si les « sujets » lucides ou clairvoyants n’avaient, pour vivre, d’autres ressources que de voir à distance, et de décrire de loin les manœuvresdes envoûteurs, il y a gros à parier qu’ils ne gagneraient pas leur vie, et qu’ils abandonneraient, pour un autre plus lucratif, le métier de « voyant ».
Mais ils trouvent, heureusement, dansla description et le traitement des maladies, une occupation plus sérieuse et plus impor tante : quelques-uns, en effet, peuvent vozr, à travers les muscles et les tissus, les organes malades, et décrire les troubles physiologiques causés par ces désordres.
Nous dirons quelques mots des expé— riences faites,à ce sujet, par les plus célèbres méde— cins de notre époque; constatons dès maintenant, pour clore cette histoire anecdotique de la Lucidité, et lui donner un intérêt local, qu’en bas Poitou, dans l’arrondissement de Fontenay-le-Comte, les villages d’Aziré et de Benet possèdent, dit-on, plusieurs som— nambules, qui, pour n’être ni déplômés, ni élèves de M"6 .Lenormand, n’en sont pas moins parfaitement lucides et clairvoyants: plongés dans le» sommeil magnétique, les « dormeurs » de Benet, comme on les appelle dans le pays, connaissent et rapportent des faits qui se passent à des distances souvent très grandes, et qui sont ignorés des personnes présentes; ils voient aussi l'intérieur du corps de ceux qui les con— sultent et diagnostiquent leurs maladies. Nous avons,
I I898] PSYCHOLOGIE occuun: Ig3 quant à nous, entendu, à mainte reprise, attester ces prodiges par nombre de personnes honorables, ins truites, sérieuses, et, partant, dignes de foi. aÇ' \ Dans ces dernières années, les savants et les méde cins, ont, d’ailleurs, reconnu eux-mêmes et observé, plus d’une fois, des cas certains de Lucidité.
Il nous serait facile de multiplier les exemples. — Rappelons simplement que les neurologistes les plus célèbres et les psycho-physiologistes les plus éminents, Charcot, Bernheim, Ch.
Richet, ont constaté que certains sujets, des hystériques pour la plupart, jouis saient de la singulière propriété de lire une lettre en fermée dans une double enveloppe ou dans un triple coffret de chêne, et dont aucun des expérimentateurs présents ne connaissait le contenu ; d’autres voient des dessins placés dans une enveloppe opaque, et in— connus des assistants ; ils les décrivent ou les repro duisent avec une précision parfois très grande (I).
D’autres, comme les « dormeurs » d’Aziré et de Benet, ont la surprenante faculté de roirà travers l’organisme humain, et de connaître exactement, par ce procédé, l’intérieur du corps, l’état des viscères, et ' les signes des maladies.
Il y a longtemps que ce genre (I) Voir les ouvrages de MM. Luys, Bernheim, et surtout Richet, Relation de diverses expériences sur la transmission mentale, la lucidité etautres phénomènes non explicables par les données actuelles de la science. — Adde Paulhan, les Hallucinations véridiques, dans Rente des Deux Mondes, [et novembre [892. L_,r., &m“M,wm_.gw
194 L'INITIATION flirt—1 particulier de lucidité s’est manifesté chez certains sujets: déjà, au xvu° siècle, l’illustre Huygens, ma thématicien, astronome et physicien, écrivait de la Haye au P. Mersenne, le 26 novembre 1646, qu’il avait rencontré dans une prison d’Anvers un détenu qui était doué du pouvoir étrange de voir le corps humain au travers des vêtements.
Le Mercure de France, qui cite le témoignage du savant hol— landais (1). invoque son autorité à l'appui d’un phénomène semblable: il s’agit,cette fois, d’une Por tugaise, la demoiselle Pedegache, qui, à travers les muscles et les tissus,«distingue parfaitementle cœur, l’estomac, etc., les abcès, s'il y en a, la bile trop abondante, et autres infirmités qu’il peut y avoir ; elle voit à sept mois de grossesse si la femme est en ceinte d'un garçon ou d’une fille...
En ‘un mot, elle voit dans les corps comme on voit dans une bou teille (2). » De même, les anciens magnétiseurs du commencement de ce siècle, Deleuze, Charpignou, Bertrand,de Puységur, avaient constaté chez plusieurs somnambulescette singulière propriété.
Orvoici qu’en ces dernières années, l’éminent administrateur de l’École Polytechnique, M. le colonel de Rochas, a dé» couvert, dans ses savantes recherches sur les états pro— fonds de l’hypnose,une période du sommeil magnétique, pendant laquelle le sujet endormi jouit précisément du même pouvoir étrange: c’est l’état de lucidité, qui (1) Mercure de Francc,numéro de décembre 1725, p. 2792_ (2) Ibid., numéro de juin 1728, 1" volume, p. 1 1 75 _ Adde septembre 1725. 2° volume, p. 2120, et décembre 1735, p. 2791.
PSYCHOLOGIE occur.ra 195 suit de près l’état de rapport.
Dans cette dernière phase, on le sait, la sensibilité du sujet, localisée normalement à la périphérie, s’exte’riorise, pour former autour du sujet une série de zones sensibles séparées par des couches neutres (interférences de sensibilité) ; en cet état, certaines substances, comme l’eau, la gélatine, la cire, peuvent être chargées de la sensibilité du sujet ainsi extériorisée : c’est le prin cipe de l’envoûtement.
Dans l’étatde lucidité qui ac compagne l'état de rapport, le sujet endormi voit, même au sein de l’obscurité la plus profonde, l'inté rieur de ses organes et ceux de personnes avec les— quelles il est en contact; il voit les cellules cérébrales vibrer sous l’influence de la pensée, et il les compare à des étoiles qui se dilatent et se contractent successi— vement.
« Quand on fait toucher au sujet une per sonne, écrit M. de Rochas, et qu’on le prie de l’exa miner, il compare ce qu'il voit chez cette personne avec ce qu’il voit dans son propre corps.
Par exemple pour l’officier souffrant d’une oreille, il a dit : « Il y a dans l‘oreille une petite peau en travers comme chez moi, mais derrière je vois un bouton que je n’ai pas, et ce bouton suppure. — Pour la cystite, il a vu, tout autour du col de la vessie, un gonflement un peu moins gros que le petit doigt, et plein de sang, comme les veines gonfléesqui faisaient sailliesur les mains de l‘opérateur (I). » Remarquons, en passant, que le sujet endormi ne (l) Lieutenant-colonel de Rochas d'Aiglun, les États pro fondsde l’hypnose, 1892, p. [7. —- Adde, pp. 39 à 59, et 61 à 65.
I 96 L’INITIATION ressent pas les douleurs ou les malaises des personnes avec lesquelles il est en relation : il en décrit simple— ment le siège et les caractères physiologiques.
Cer— tains somnambuleS, au contraire, —les expériences de M. Richet l’ont établi, —— éprouvent les souffrances physiques ou morales de ceux avec qui on les met en contact, en leur faisant, par exemple, toucher de leurs cheveux ou tout autre objet qui leur appartient : il s’agit alors d’une transmission télépathique de sensa tions et de sentiments, analogue à la transmission de pensées ou suggestion mentale.
Dans les expériences de M.le colonel de Rochas, au contraire, le sujet voit directement et décrit l’intérieur des organes, sans res sentir les souffrances ou les douleurs du cOnsultant ; et, dès lors, les observations du savant administrateur de l’École polytechnique ne relèvent pas de la Télé— pathie, comme celles de M. Ch. Richet, mais bien de la Lucidité.
Si les recherches et les travaux de M. le colonel de Rochas ont fait faire à l’étude de la Clairvoyance un pas décisif, c’est peut=être à Mme Sidgwick qu’on doit d’en avoir établi, avec une quasi-certitude, la réalité.
Ses expériences consistaient à deviner les cartes extraites d’un paquet, sans qu’elles aient été vues par personne; elles ont été répétées un très grand nom bre de fois (2,585 exactement), sur de multiples jeux de cartes; et, — ce qui détruit[ l’hypothèse d’une coïncidence fortuite, — le total des résultats satisfai sants a été trois fois plus grand que le nombre attri— bué au hasard par le calcul des probabilités (r)- .... (I) Annales des Sciences’psychiques, n° 3 (I"° année).
PSYCHOLOGIE OCCULTE I97 M‘"° Sidgwick n’a pas seulement fait des expériences pour démontrer expérimentalement la réalité de la Clairvoyance; elle a encore recueilli et publié (dans les Annales des Sciences psychiques), un certain nombre de faits très sérieusement contrôlés, qui ne peuvent s’expliquer, semble-t-il, que par la Lucidité Nous n’en citerons qu’un : un hypnotiseur danois, M. Hansen, avait endormi, un soir, en présence de plusieurs personnes, un de ses amis, M. Balle, avocat à Copenhague; pour complaire à deux des assistants, les frères Suhr, il ordonna à M. Balle de se trans porter par la pensée, dans le lieu et la maison où vi vait la mère des deux jeunes gens, et de décrire ce qu'il y verrait.
M; Balle obéit; en quelques instants. il se rendit mentalement à Rœskilde, ville de Seeland, situéeà 80 milles anglais, dont 16 milles de mer, de l’endroit où se faisait l’expérience.
Ilv indiqua‘que M‘“° Suhr se trouvait, en ce moment, malade, au lit, dans un quartier et dans un logement autres que ceux qu’elle habitait d’ordinaire; il fournit, en outre, sur l’état de la malade et la maison où elle se trouvait, plusieurs détails ou particularités qui furent notés avec soin.
Or ces divers renseignements étaient absolument inconnus de toutes les personnes présen tes, et quelques-uns même, comme l’indication de la rue et de la maison, étaient formellement contraires à ce que l’on savait.
On écrivit aussitôt à M‘"8 Suhr, et, quelques jours après, une lettre de celle-ci apprit qu’étant souffrante, elle s’était transportée chez des amis, à l’adresse indiquée par le clairvoyant; la lettre confirmait aussi, d’une façon surprenante et m \ .-——1__ ..____.:«MM—1,.n—«3M
198 L’lNITlATION inattendue, les autres renseignements donnés par le sujetlucide (r). L’existence de la Lucidité ainsi constatée paraît, à l’heure actuelle, plus sérieusement établie que jamais, car, en ce moment même, nous avons, semble-t-il, en M“ Couédon une « voyante » authentique.
Les commissions médicales qui ont été chargées, par la Société des Sciences psychiques, de l’examiner, ont, en effet, relevé, à son actif, de nombreux faits de clairvoyance dûment contrôlés.
Citons—en quelques— uns : M. l'abbé Sabatier de la paroisse Saint-Augustin. lut averti par M”" Couédon de la maladie de sa sœur; croyant celle-ci en parfaite santé, il‘ resta incrédule ; or, à son retour chez lui, il trouvait une lettre lui apprenant que sa sœur était gravement malade (2). — Le mardi soir,24 mars, M. le ’Dr de Châteaubourg, fondateur de l’œuvre du traitement quotidien et gra tuit des tuberculeux pauvres, va consulter la Voyante.
« Elle s’endormit, écrit l’éminent médecin, et, après m’avoir répété tout ce qui m’avait été dit la première fois, elle me dit : « Je vois une malade; elle va vers toi, tu vas la soigner, son corps est couvert de plaies, mais cela guérira. » J’avais prêté peu d’attention à cette phrase, lorsque le lendemain matin, une per sonne se présenta à ma clinique, 5, rue de la Banque, (1) Voir Annales des Sciences psychiques, 1" année, nos 5 et suivants. —— Mme Henry Sidgwick, Essai sur la preuve de la clairvoyance. ‘ (2) Gaston Mérry, La Voyante de la rue de Paradis, 1“ fasc_ p. 24. ' '
PSYCHOLOGIE OCCULTE l amenant une jeune fille. Interrogée par moi, elle me répondit : « Docteur, ma fille a le corps couvert de plaies. » Ces plaies étaient des abcès; la mère aurait pu dire: couvert d’abcès; elle dit : plaies comme la Voyante. Je lui demandai alors de me dire quand elle s’était décidée à m’amener sa fille. Réponse : le mardi soir. Il y a là une coïncidence curieuse.
M"° Couédon ne pouvait savoir que cette dame allait m’amener sa fille le lendemain, car, le mardi matin, la mère de ma petite malade ignorait l’existence de la clinique de la rue de la Banque (1). » — Mais le té moignage le plus curieux et le plus probant en fa veur de la Lucidité de M"° Couédon est celui de M. le comte de Poulpiquet.
Voici les faits : Il y a trois ans, une personne fort riche mourait à Paris; et, à sa mort, on ne trouvait ni dans son coffre-fort ou dans ses meubles, ni chez son notaire ou chez son banquier, l’argent et les valeurs qu‘on savait qu’elle possédait. Les héritiers du défunt, — plutôt désagréa blement surpris, — multipliaient sans relâche, mais en vain, les recherches et les investigations.
C'est alors que l’un d’eux, officier d’une garnison voisine de Paris, M. le comte de Poulpiquet, eut l’idée de consulter M”e C_ouédon.
Celle-ci, interrogée, se trans— porta par lapense'e dans la maison du défunt, qu'elle ne connaissait pas; et elle fit mentalement, percée dans un mur, une cachette dont personne ne soup— çonnait l‘existence, et qui contenait une somme con sidérable d’argent et de valeurs ; elle indiqua en outre, (1) Lettre du D“ Châteaubourg à Gaston Méry. Citée par celui-ci, op. cit., l“ fasc., p. 27. .......-«»\-1 .1WV'
200 L’lNITIATION - détail précis et curieux, — que sur les précieux papiers était posée une pièce d’or de cent francs.
On fouilla les_murs à l'endroit indiqué; on découvrit la cachette, les valeurs et la pièce d’or; la vision était bien l'expression exacte de la réalité. ’ Raymond DUPLANTIER, Avocat à la Cour d'Appel de Poitiers, Licencié ès lettres. (A suivre.) ‘M. Sasser a M. @asr©u MÉRY Le vénérable M. Sarcey, ayant pris à partie l’occul tisme en général et en particulier la divination par le marc de café, ainsi que la prédiction d’0livarius, réé ditée par M. le docteur Caze dans la Revue des Revues, s'est attiré une riposte de l'Ecole du Mer— veilleux.
QUÆRENS lui a répliqué avec beaucoup de tact et de modération, et objecté quelques faits récents qui démontrent que la chiromancie, la cartomancie, le somnambulis‘me, ont permis de prédire plusieurs faits bien déterminés. Il ajoute que Nostradamus, comme on le voit dans la réédition publiée en 1 867 par Anatole Le Pelletier, prédisait une fin bien funeste au second Empire. Nepveu par peur pliera l’enseigne. (vnt. 43.) Or M. Sarcey critique les prophéties en assurant que pas une ne nous annonçait la guerre de 1 870.
M. SARCEY ET M. GASTON MERY 201 Mais je me permettrai de préciser davantage. MM. Sarcey, Gaston Méry et Quærens ne paraissent pas connaître les travaux de feu l’abbé Tomé. C’est une ignorance excusable de la part de deux hommes dont les connaissances sont fort variées, mais qui appartiennent à la génération nouvelle.
Il est incroyable, au contraire, que M. Sarcey, qui va bien tôt accomplir son quatorzième lustre, n‘ait jamais entendu parler de 1860 à 1880, des œuvres de l’abbé Tomé, et des appréciations que la presse parisienne leur consacra (1).
Dès 1858, 1860 et 1862, ce dernier a pu annoncer dans un mémoire manuscrit remis à Napoléon 11], puis dans une œuvre de haute importance, l’Histoire prédite et jugée par Nostradamus, que l’empereur des Français serait vainqueur des Autrichiens à « Buifalora », près de Milan, que Venise et Rome seraient enlevés à Pie IX, que Mac-Mahon com manderait toutes nos armées, que Don Carlos échouerait, etc. L’abbé Tomé annonça que le pou voir temporel durerait autant que l'Empire; mais il ne pouvait fixer la date de la guerre de 1870.
Au moyen du chiffre III, mis au»dessus de plusieurs qua trains, dans un travail sur l'Apocalypse, il laissa entendre que Napoléon III aurait une fin déplorable. Le Pelletier n‘a fait que piller lîœuvre de son pré curseur en 1867. (1) Du moins M. Sarcey n‘a pas fabriqué de prétendus . qua trains de Nostradamus, comme ceux que c1te la Crozx de Paris après celle de Picard1e.
202 L’lNI'I‘IATION _ Il y a plusieurs passages des Centurz’es qui con cernent la guerre de 1870 : Feu couleur d’or du ciel en terre veu, Frappe du haut nay fait cas merveilleux, Grand meurtre humain prinse du grahd neveu. Mort d’espectacles eschappé l’orgueilleux. (11, 32.) Ces vers désignent Sarrebrück et Sedan. Le NAY ou ‘fils se fait remarquer à Sarrebrück.
Le prophète a connu la lettre du père : « Louis vient de recevoir le baptême du feu (feu couleur d’or, comme sur la tête des Apôtres à la Pentecôte). Il a été admirable de sang—froid, etc. » A Sedan, le « grand neveu » fut pris après un affreux massacre. L’orgueilleux monarque vit ce hideux spectacle de mort, mais ne put mourir sur le champ de bataille. Le grand empire sera tost désolé, Et translaté près d‘Arduenne silve.
Son grand empire sera bientôt dans la désolation, et transporté à la suite de sa prise à Sedan près de la forêt des Ardennes (Arduenna silva). - Lorrain déluge, trahison par grandhurne (X, 50). C’est l_’\inondation allemande en Lorraine, la trahi son d’un grand (Bazaine).
Jardin du monde auprès de cité neuve Dans le chemin des montagnes cavées, Sera saisi et plongé dans la cuve, Beuvant par force eaux soulfre enveminées. (x, 49) - a'ïi‘flg..___ ‘5‘- i "
M. SÀRCEY ET M. GASTON MÉRY 205 Le palais des Tuileries, près du jardin du monde, et des quartiers du nouveau Paris où l’on verra des collines percées (non loin des Champs-Elysées) sera plongé dans la cuve de la colère de Dieu, et l'on sera forcé de boire l’eau empoisonnée de soufre (allusion à l’Apocalypse). Bien défendu le fait par excellence, Garde-roy, Tours, de la propre ruyne. (W, 46). Le fait par excellence est.de défendre la patrie.
0 Tours, garde-toi de ta propre ruine... (c’est un avis au gouverneur de Tours). Grand exercite conduit par jouvenceau Se viendra rendre aux mains des ennemis, Mais le vieillard nay au demy pourceau Fera Châlon et Mascon estre amis. (lu, 69). Une grande armée conduite par un jeune ministre de la guerre devra finir par rendre. Mais le vieux Garibaldi et son fils unirent Chalon et Mâcon (les partis modérés voisins l’un de l’autre).
Sa main dernière par Alus sanguinaire Ne se pourra par la mer garantir; Entre deux fleuves craindre main militaire, Le noir l’ireux le fera repentir. (W, 33.) De feu volant la machination Viendra troubler un grand chef assiéger, Dedans sera telle sédition, Qu'en désespoir seront les profliger. (vu. 34.)
204 L’INITIATION Sa dernière armée (Manus) par le vagabondage (alus, en grec) sanguinaire du gouvernement, ne pourra se garantir avec les soldats de mer du sort de la première;Paris craindra l’armée ennemie, et le roi (anagramme de noir) colérique le fera repentir. Le bombardement viendra diviser les esprits au sujet du principal chef des assiégés (Trochu). A l’in_ térieur il y aura une telle sédition que les défenseurs, repoussés, désespéreront. Nostradamus expose encore comment finit cette guerre si funeste aux Français : Des lieux plus bas du pays de Lorraine Seront des basses Allemagnes unis Par ceux du siège Picards, Normands, du Maine, Et aux cantons se seront réunis. (x, 5 t .) La Lorraine inférieure ou allemande (avec l’Alsace) seront unies à l’Allemagne du Nord, du consente ment des Parisiens assiégés et des provinces menacées qui se seront réunies pour voter aux cantons. Donc, sans citer même les prophéties d’Orval, on peut démontrer, voire à M. Sarcey, en résumant des travaux de l’abbé Tomé, que les Centurz‘es ontpre’dit la guerre de 1870 et le déplorable'traité de Francfort. Quant à la prophétie d’Olivarius, le même com_ mentateur a prouvé qu’un passage de celle d’Orval y renvoie. que toutes deux, d’après leur chronologie lunaire, et certains termes originaux qui se retrouvent dans les Centuries, sont de Nostradamus. Un autre travailleur montrera, quand le moment sera venu, ce que notre prophète national a connu du changement w “(7:21
M. SARCEY ET M. GASTON MÉRY 205 très prochain. Que M. Sarcey prenne la peine de lire, à la Bibliothèque, les œuvres de feu Tomé : il pourra se soumettre à croire. Alors on répétera le mot d’une bonne femme sur La Fontaine : « Il est si brave homme que Dieu n’aura pas le courage de le dam ner. » SATURNINUS.
; —-Ffi. PARTIE LITTÉRAIRE SALUT Ail émane Salut! sombre rameau qui couronnes les chênes, A l’heure où lesfrimas ont dépouillé les bois; Mystérieux témoins des invisibles chaînes Qui rattachent au Ciel la terre, par des lois! Quand lafaucille d’or cuez’llait ta branchesaz’nte, Au temps où les dolmens palpitaienltout sanglants, Le peuple ue’ne’rait en toi, rempli de crainte, L’Esprit de Ram chantépar les Druides blancs ! Et tonfeuillage noir et la baie opaline A ppelaz’ent dans les yeux les grandes visions , Par toi, la foudre rouge, embrasant la colline, Du Dieu Pur révélait les grandes actions! Les siècles t’ont déchu de ta grandeur première , Tu n’esplus,pour l’autel, le symbole archi—saz’nl, Toi qui portais le grand secret de la Lumière Comme un trésor de gloire enfermé dans ton sem .’
SALUT AU SYMBOLE 207 Mais les traditions ont gardé sous leur aile, Comme un sacré dépôt fait d’immortalité, De la gloire sans nom le souvenir fidèle, 0 talisman sacré, rÿIetd’éternité ! Si, sous le gui divin, comme un témoin austère, Les fiancés ont pris et rendu le baiser, Il n’est point de tyran assez osé sur terre Pour s'en prendre au serment suprême et le briser! 0 vous qui. du Mystère, ignorez la science, Vous qui, des grands dolmens, méprise; la terreur, Vous, dont lefront impur n’a point de conscience, Ames que le néant corrompt par son erreur; Sache; que le Symbole est un dieu tutélaire, Que le Signe aimanté par l‘infrangible. Foi Est un sacrementpur qui garde le tonnerre A côté du baiser que protège sa Loi! Et lorsque vous passe; près des lieux où le Signe, Sur lefront des Croyants étoile sonflambeau, Salueç .’ si le cœur cheç vous est encor digne Du Principe Vivant que nourrit le tombeau ! LOUIS LE LEU. P
__.. . i 208 L’INITlATION Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix Sur la proposition' du F—j- Papus, délégué général de l’Ordre, le conseil Suprême, toutes chambres réunies, a élu à l’unanimité le Vén-j— F-jz F. CH. BARLET Grand Maître de l’Ordre, en remplacement ' de Stanis las de Guaita, décédé. Il a été résolu que le nom de Stanislas de Guaita figu rerait désormais en tête de toutes les planches, à titre de protecteur et d’inspirateur de l‘Ordre.
Pour le 01— S-j— et par Ordre : Le 5+ 0.“, Le D-j— G-j—, SÉDIR. PAPUS. L’Archiviste, Les M—j— C-j— S-j delégue‘s, CH. Buse. Dr MARC HAVEN, JULIEN LEJAY. ©âDää MAâTINËSTE Une réunion du bureau du Suprême Conseil a eu lieu en janvier pour prendre les dispositions nécessitées par la prodigieuse activité de l‘Ordre tant en France qu’à l’Etranger.
'Une campagne de calomnies odieuses et ridicules est menée, surtout dans le Nord de l’Europe, contre l’Ordre, Ceux qui croient, en accusant les Martinistes d’être des Magiciens Noirs et des adeptes de la Goétie, nous pousser à la polémique, se trompent grandement. Nous n‘avons aucun autre mystère que ceux contenus dans nos cahiers, et la Prière est la seule pratique à la quelle se livrent les Martinistes.
Des instructions spé ciales ont été envoyées à nos délégués p0ur qu’ils puis sent répondre au grand jour à ce sujet. Mais la meilleure réponse est encore celle fournie par les faits, celle-là nous suffit.
PSYCHISME EXPERIMENTAL 209 BELGIQUE. — Le développement exceptionnel de l’Ordre en Belgique a nécessité les dispositions sui— vantes : Il est créé un poste d’Inspecteur principal pour la Bel gique avec siège à Anvers. La délégation générale est provisoirement trans portée à Liège. Notre f;Ï: Michael est nommé I. P. et notre f:_: Tekel, délégué général. SUÈDE. — Une délégation générale de l’Ordre est éta blie à Malmô.
Une délégation spéciale est en voie d’organisationà Stokholm. ROUMANIE. — Une délégation générale est créée en Roumanie, àla date du 1°r février 1898. esveausns exeÉamauras Séance du 28 Novembre 1897 Médiums : RENÉE SABOUREAU et AMÉLIE X... Dès le début de cette séance, vers 8 heures et demie, Renée reçoit une communication signée Losanne dans laquelle cet esprit(?) nous prie d’attendre jusqu’à l’heure de ses séances (9 heures).
Il nous invite à nous tenir sur nos gardes annonçant l‘arrivée d’une trentaine de ses amis; puis, après avoir déclaré que nous allons avoir une séance qui ne sera pas piquée des vers (sic), grâce aux esprits amenés par ma nièce et ma belle-sœur, il nous assure qu’il ne sera fait de mal à personne. A 9 heures, la lampe est emportée.
Presque aussitôt le tapis qui recouvre la grande table est violemment tiré, tous les objets déposés sur cette table tombent avec fracas, un plateau en laque est brisé. Nous enten dons l‘inquiétant balancement de la suspension (hors de la portée des assistants). On fait cesser l'obscurité aussi vivement que possible ;.
2 10 L’INITIATION ‘ «.....:rv.‘ le balancement de la suspension continue en s’afl'aiblis saut. ' D. — Ne pourriez-vous faire des manifestations plus intelligentes et moins tapageuses?
R. gbtenue par Renée, comme médium-écrivain: « Écoutez, si nous ne voulons pas faire autre ch05e, c’est parce que vous êtes trop de monde; il faut que M. François, Adrien, Renée, Amélie, Mme François (ma belle-sœur), le photographe et Mme Saboureau restent seuls et que tous les autres (nous étions quatorze) s’en aillent dans une pièce à côté, alors nous serons à notre affaire et vous verrez ). LOSANNE.
Je fais remarquer que les incrédules ne verront rien et prie Losanne de produire quelques phénomènes en lumière. ' Il me répond, par l’intermédiaire de Renée : <s Je ne veux aucune lumière, j’établis une chose nouvelle ; nous sommes assez forts. C’est M"“’ Amélie- qui me donne des forces. Obscurité! obscurité! obscurité! » Ne tenant aucun compte de ce dernier désir, nous tentons d’obtenir quelques phénomènes en lumière rouge.
Vains“ efforts 1 De guerre lasse, nous sommes obligés de nous re plonger dans l'obscurité. . Presque aussitôt le tapage recommence, plusieurs objets sont lancés dans diverses directions et principa lement de mon côté.
Les sonnettes retentissern, les boites à musique jouent — on me frappe sur la tête avec des fleurs prises sur la table — des coups paraissant ré sulter du choc d’une large main ouverte se font entendre sur cette même table où se fait ensuite entendre une marche battue à l'aide d’un crayon. Tout à coup, cette table massive, à six- pieds, se dé_ robeà notre contact et, après avoir parcouru plus de deux mètres, se renverse avec fracas.
Une lampe est ap_ portée. A deux reprises cette même table se soulève et semble faire un effort pour se relever. Craignant de la vo1r se briser, plusieurs personnes unissent leurs efforts pour la remettre sur pieds.
PSYCHISME EXPÉRIMENTAL 2 l! Renée reçoit ensuite la communication suivante : « Savez-vous ce que je veux faire? » —— Non, dis-je. « Je veux mettre Renée sur la table, je mettrai aussi la petite table sur la grande. Vous allez la mettre de vant Renée et Amélie, belle-sœur, François à côté d’elle. Ce sera long, je la mettrai en obscurité, mais vous la verrez.
C‘est moi qui la mettrai, vous verrez; allez, commencez! » (Textuel.) Cette communication est signée, Routsscnsa, supérieur alsacien (P). Nous appuyons la petite table contre la grande et nous nous plaçons comme il est dit plus haut. . Au bout de quelques instants qui s'écoulent sans que nous percevions le moindre bruit, un coup frappé-nous annonce que Rouessener (?) a tenu parole.
La lumière jaillit, et nous constatons que la petite table a été dé posée sur la grande. Etant: donnée la place que j’occupais, je crois pouvoir affirmer qu’aucune main humaine n'est intervenue dans le phénomène. Au tour de Renée, maintenant. Nous lui recommandons de conserver son calme, elle le promet. Nous sommes de nouveau dans l’obscurité. Renée est à ma droire, je tiens son fauteuil.
Personne ne dit mot, pas un souffle, on ne perçoit aucun bruit. Tout à coup, Renée dit : c J’y suis ». La lumière jaillit, Renée est sur la table agenouillée au milieu de divers objets, sonnettes, boites 21 musique, papiers, tambour de basque, etc., qu’une main maté rielle n'eût pu déplacer sans attirer notre attention. , Renée déclare qu’elle a été saisie par les flancs, dou cement enlevée de son fauteuil, et déposée sur la table.
Elle reçoit ensuite cette dernière communication : ( Est-ce bien P ça 1 Les esprits tapageurs sont partis,. et moi, le supérieur, je n‘ai pas voulu m‘en aller sans rien faire. » ROUESSENER. A cette séance, comme à celle du 14 novembre, la
2 I 2 ' L’INITIATION photographie instantanée a été impuissante à saisir les phénomènes au moment où ils se p0duisaient. ntaient présents: le major F..., son fils, étudiant en médecine, les familles Saboureau et François.‘ A. FRANÇOIS. L”©Zä Aä'Œ‘IEÆGI‘EL Nouvelle formule de préparation Nous relevons dans le Western Druggist (t) de Chicago, janvier I898, sous la signature d’Edward C.
Brice, une formule complète de transmutation, que nous allons résumer pour l’édification des chercheurs occidentaux. L’auteur professe les vieilles théories alchimistes de Geber, de Roger Bacon, de Basile Vàlentin et de l’évo— lution naturelle des minéraux dans les entrailles de la terre.
Au cours de nombreuses analyses de minéraux, M. Brice remarqua que, si l’or est inoxydable, c'est qu’il devait contenir de l’oxygène; la seconde propriété: soluble seulement dans l’eau régale (dissolvant complet) lui indiqua que son substratum devait être également mixte. En troisième lieu, l’or ainsi dissousétant un chlorure, la substance principale de l’or devait être soluble dans l’acide hypochlorique.
D’autre part, l’étude du feu volcanique permit à l’auteur de construire un fourneau spécial pouvant donner 500° pendant 48 heures. Voici d’ailleurs la for— mule: r Prenez 5 p. de Sb chimiquement pur, IO de S, 1’ de Fe et4de soude caustique; chauffez dans un creuser: de graphite au blanc pendant au moins 8 heures, ou mieux 48 heures.
Prenez la masse fondue tout entière, pulvé— risez et mélangez intimement avec une partie de charbon 5 de litharge, ajoutez 4 de soude caustique, et fondez jè toutjusqu’à ce que le bouton métallique soit Obtenu, Coupellez, et le lingot sera or et argent. (I) Chez Engelhard et C".
mauooanma 213 Les fourneaux construits par M. Brice sont basés sur le principe de la combustion qui a lieu dans le poumon humain; ce sont donc sans doute des fourneaux oxy driques; tout le procédé est d'ailleurs breveté. Voici donc encore un alchimiste qui obtient des lingots. SÉDIR. BÏBLE©GäAÈEIE C. H. A. BJERREGAARD, Lectures on' mysticisme and Nature Worship, 2° série, Chicago, M. R.
Kent, 198, Custom House pl.; 1897, in-8, 132 p. ' M. Bjegregaard est certainement une des physiono mies les plus curieuses du mysticisme américain; c’est un Celte d‘origine, à ce qu’il me semble, et le caractère de sa race transparaît à chaque instant à travers un bagage respectable d’érudition.
Je me souviens avoir lu autrefois son étude_surle soufisme avec beaucoup d’in têret et d’admiration; je crois que M. Bjerregaard est resté un soufi; ni métaphysicien, ni philosophe, ni magiste, au sens propre de ces mots, mais naturaliste mystique, amant de la Grande Mère, et découvrant ses beautés par les admirables et touchantes intuitions du cœur.
Il y a beaucoup à glaner dans ces lectures, surtout pour des cerveaux, par exemple pour des disciples de Fabre d’Olivet; ils vérifieront les citations, les sources, mais surtout ils recevront une notion nouvelle et pré cieuse: celle d’une tendresse exquise et surabondante qui coule à flots de la Nature au cœur et revient du cœur à la Nature.
C'est là le commencement de l’illuminisme; sa seconde phase, c’est l‘amour des hommes ; son couron nement, c’est l’amour de Dieu. Il m’est impossible de citer toutes les pages savou reuses de ce livre; il en est une, cependant, tout à fait originale et qui mérite une mention toute spéciale: c'est la comparaison des huit angas bouddhistes, du Décalogue, de l'0raison dominicale et du Sermon sur la
214 L'INITIATION — ___._, a m.-...__-.‘__ ... a. ---,_ w ... .w: æ montagne. En une page sont résumés toutes les obser— vances, toutes les demandes, tous les rites et tous les grades de l'initiation christique. C’est la le plus bel éloge et la meilleure recommandation qui se puisse faire du livre de M. Bjerregaard. 1r . a PLATON E.
DRAKOULES, Neohellenic Language and Lite-‘ rature. —— Oxford et Londres, 1897, in<8. ’Compendium très savant et très intéressant de l’his toire du néohellénisme; l’auteur a su faire ressortir l'influence réciproque des événements sociaux et de la littératuœ moderne de la Grèce; il fait connaître en outre les grands poètes néo-hellènes. I 4 Ü GEORG CANTOR, Die Rawleysche sammlung van {weiund dreissig trouer gedichten auf Francis Bacon.
Halle, Max Niemeyer, 1897, in-18. Ce nouveau petit opuscûle du savant professeur à l’u niversité de Halle, apporte de nouvelles preuves à la théorie si discutée de l’identité de F. Bacon et dé Shakespeare. Il comprend, en plus de la réimpression des pièces rarissimes, une préface très érudite et-un beau portrait du chancelier. SÉDIR. - «le Poèmes en prose, par GABRIEL ne LAUTREC.
Il ne nous parait pas déplacé de parier de cet ouvrage— dans une revue d'occultisme : malgré que le nom de Ga_ briel de Lautrec se trouve plus souvent dans les pub]i_ cations littéraires, les poèmes en prose contiennent beaucoup d’ésotérisme, nous ne dirons pas:inconscienz, révélation plutôt de mystères parle moyen de l‘émotion personnelle ou l'extase animique.
Car c’est toujours dans ce centre médian, l‘âme, que. l’auteur devine, contrôle et réalise ses visions, leur sym bOIe et leur relation.Qu’il prenne, pour point de départ. de sa composition, une idée, une émotion, une vision
BIBLIOGRAPHIE 2 I 5 subjective, il la plonge très vite au creuset de son âme communiant avec l’âme de la nature, l’y alchimise (tra vail invisible éclairé d‘infaillible intuition), et l’y anime des vivifiants effluves de sa vie, tout comme I’Héraklès hermétique, l’artiste philosophe qui attise son athanor.
Le résultat de l'œuvre est une quintessence littéraire: et nous disons cela sans exagération louangeuse, nous en avons senti maintes fois l’impression à la lecture de ce recueil élaboré pendant dix années assidues. Par des moyens personnels, sans entraînement ma gique, l‘auteur est arrivé à la pénétration, à la révélation, obscure, pénombrale, ou lumineuse, des inefi'ables mystères.
Toute cette partie de son œuvre n'est ailleurs qu‘entre les ligues, on pourrait la dire entre les mots, dans l’air qui circule entre les phrases et les mots. Mais elle y est, sensible. Et, si nôus ne craignions d’effieurer la susceptibilité littéraire de l'auteur, nous dirions que c’est la part la plus importante, la meilleure, la plus ai mable.
Nous n'avons pas la prétention d'exprimer tout ce qui est contenu dans cette œuvre déjà très condensée ; il faudrait, etnousn’avons pas le talent de ce style classique qui a su se prêter aux souplesses les plus compliquées, la t‘écrire entière, sans abandonner sa majesté souriante, sa magistrale expansion de rythmes et de couleurs variés.
Pour en goûter toute la nostalgie visionnaire, pour s'éclairer des pensées profondes et suavement précises et des imaginations aux symboles simples évocateurs de prodigieux labyrinthes, de pays inconnus reconnus, de ciels tourbillonnants de vie harmonique et de lumière, il faut lirele livre souvent; dans les plus divers moments de la vie, pour les états innombrables de l'âme, éphé— mères ou ( coagulés ), les Poèmes en prose récèlent un charme imprévu, et dans chacun, toujours, quelque goutte d'élixir.
De celui capital, et que l’auteur aime le mieux pour y avoir dit particulièrement son âme et sa pensée, le scan dale d'Empédocle, voici une belle page: (... Et ainsi toutes nos pensées troublées sont comme des tiges de fleurs que le vent disperse. Pour rassembler nos tris tesses et consoler notre âme de cet infini dans lequel elle
.>...—-T—_.-. _ __ . ,Q( 216 L’INITIATION erre perdue, il faut un lien de pourpre qui réunisse les fleurs en gerbe serrée. Un jeune enfant, dans ses mains légères, porte le ruban de pourpre. C’est Eros, le plus grand des dieux. Il règne sur les étoiles comme sur les. invisibles. L’homme qui lève les mains vers le mystère forme un angle dont les branchesvont à l’infini, et dont, à l’inverse, le reflet obscur descend vers les profondeurs.
Nous sommes par le désir et par l‘amour sans cesse au cœur même de l’univers. Notre âme est le carrefour crépusculaire où se rencontrent les deux routes de pèle rinage. Tout homme est au centre de la croix, le geste étendu vers l’une et vers l’autre immensité. C’est le signe del’inconnu etdu problème, et c’est celui de l’amour. Car un cri d’amour va plus loin que les étoiles, et che mine dans l’éternité.
C’est la flèche d’or qu’un mes— sager lance vers les univers. C’est le feu terrestre ou di vin. Toutes les choses à l’origine reposèrent dans le sein de l’unité. Et, si les étoiles aujourd’hui sont des constel lations, et si les cœurs souffrent d’être séparés, chaque, soupir et chaque tristesse ramène à l’hymen désirable, comme un enfant vêtu de noir prendrait la main des fiancés pâles vers l'autel. Il n‘est pas vrai qu’il existe des adieux.
La tombe n’ensevelit pas ceux qui se sont une fois aimés. Nous savons que les gestes qui se sé parent se réunirort un jour et que les couronnes funé raires seront de roses dans le futur.
L’être aimé demeure toujours auprès de celui qu’il aime, par l’espérance impé— rissable ou par le divin regret, quand même on l’empor_ rerait à l’ombre d’arbres inconnus, s ur la plus obscure des planètes balancées autourdu puls lointain des 50— leils. » _ Malgré les influences, très nombreuses naturellement, car le principe de toutes choses se multiplie division-— nellement dans des spécialisations innombrables, de . divers génies, Shakespeare.
Edgar Poe, Baudelaire, d’ar_ tistes plus modernes en qui l‘étincelle divine revêtit -une particulière formule, malgré l’impression produite par, eux sur son âme intellectuelle, Gabriel de Lautrec a réalisé une production vraiment nouvelle, originale maigre, et à cause de_ sa filiation, une quintessence, comme nous l’avons dit. Il a su et voulu se mettre au 7- 7 un - n.‘r“—-r—u—l"-‘_'
BIBLIOGRAPHIE 217 centre de la croix, d’où l‘on perçoit les vibrations les plus imperceptibles des orbes les plus lointains. Citerons-nous, pour n‘offenser point l'usage, les pièces culminantes Je l’œuvre?
Lefamilial, où l'incertain né cessaire des objectivités donne de si précises lueurs d'effroi mental un peu macabre; le Mur, toute l’âme religieuse des peuples et 1’41 autre chose ) demandé en trevu; Prose pour la Bacchante, d’une incohérence si rationnelle; Éloge, où \Natteau mièvre passe et vit, futile, charmant, ému; Symbolisme latin, évocation de tant de choses; l‘Ombre où se murmurent des paroles suprêmes; Louange de la Lune; les Funèbres, épopée sentimentale, élégie, symbole, frisson des éternelles, douloureuses et belles réalités.
A la lecture de quelques-unes de ces allégories bizar— rement affabulées, nous nous sommes demandé si l’au teur n’avait pas franchi le seuil du Temple invisible par quelque porte condamnée, par l’effraction insinueuse du ( moyen défendu ); si par l’ingestion de quelque orien 'tale drogue, opium, haschisch, pommade à la dose secrète, il ne s’était exalté l‘âme jusqu’à la vision des rapports lointains des choses et des êtres, s'il n’était_pas là sorti hors des limites de la sphère temporelle assignée ,à notre espèce, pour investiguer audacieusement dans les royaumes spirituels.
Prométhée, Lucifer, porteurs de flambeaux qui deviennent entre nos mains trop sou vent des torches fumeuses, ravisseurs d’étincelles qui n’allument pas de foyers, et qui n’embrasent que vos propres bûchers, à quoi bon ces <<mauvais exemples »? Les clairvoyances obtenues par ces moyens illici1es sont des présages certains de ténèbres futures, d’on ne sait combien douloureux aveuglements.
L’inéluctable jus tice, pour vous prochaine, éternelle pour tous, vous remettra, las, en la place que, sans l’aide fallacieuse de Satan, vous eussiez dû humainement occuper. Le royaume des cieux est pour les simples et les petits enfants. Et la seule magie est la prière. 41 Hélas »! gémit l’effort des damnés sympathiques que nous sommes, ou que nous fûmes, le front heurté à l’inconnu pour le nouveau. Mais nous ne devons pas être trop pressés de le connaître, de le saisir avec nos mains. .“*__w
218 - L’INlTIATION . L’œuvre artistique de Gabriel de Lautrec est un lumi neux échelon, un palier même assez large, dans le cou-y rant d’ascension évolutive de la vie intellectuelle mo derme. SABRUS mvs nues ÉMILE JULIAN. — Dictionnaire usuel des synonymes fran çais contenant la nomenclature la plus étendue des synonymes, leur emploi, un examen critique, etc., suivi d'un tableau des homonymes.
Chez l’auteur, 4, rue d’Auteuil, 1895, in-8, 1" fascicule. Ce Dictionnaire nous semble le plus complet de tous ceux publiés jusqu'à ce jour. Il sera complet en 14 fascicules, publiés à 1 franc chacun. Le prix de souscription à l’ouvrage complet est de'1o francs. — Nous reparlerons de cet important travail lorsqu’il sera. entièrement paru. . _ _ 1 2(.. ..
D“ P.-J.-M. COLLET. — ISOPATHIE, Méthode Pasteur par voie interne démontrant la certitude et l’unité de la Science médicale, 1 vol. in-8°, Baillière,éditeur, 1898, n. \ . * Très important ouvrage dont nous ferons un compte rendu spécial. ’ c un V Société d’études psychiques de Genèue. Rapport pour . l’exercice 1897. " ’ 1, * . * i ! . . L.-B. LECOMTE. — Observatzons de philosophie scienti ' figue (Arrault, à Tours). I 1 Excellent travail de notre collaborateur que nous, recommandons tout spécialement à nos lecteurs.
LES REVUES 219 LES äEV’UES La Revue scientifique (|" janvier tS«_)S): la suite des très intéressants articles de M. Alphonse Bertillon, sur la comparaison des écritures, pleins d’aperçus curieux; à lire les nombreuses notes et informations scientifiques, parmi lesquelles : les planètes parmi les étoiles, la mémoire des poissons, l'emploi chirurgical des fourmis, curieux faits en géologie, l'eau électrolysée comme explo sif; — (22 janvier): Le Sens de l'orientation. par P.
Bon nier, sixième sens dont l'excitant physiologique ne serait autre que le magnétisme terrestre; preuve optique de l‘absence de mers sur Mars, doublets et triplets dans le spectre par des champs magnétiques; la vitalité des graines, où il est conclu à la possibilité d’une origine extraterrestre de la vie sur terre par l’intermédiaire de météorites; les mammifères nouveaux découverts aux Etats-Unis, des sous-espèces et des espèces aussi; un certain nombre de cas d’audition colorée.
Revue du spiritisme (janvier 1898) : Revue de l’année, par Gabriel Delanne; Jésus de Nazarah et ses historiens, par le Dr Dusart; une apparition; des communications médianimiques, parmi lesquelles une poésie d’All'red de Musset; les séances de spiritisme expérimentales.
Le Progrès spirite (5 janvier 1898): La résurrection et la réincarnation, étude sérieuse, par Laurent de Faget; Extrait d‘un recueil de messages médianimiques inédits, par l‘esprit moraliste; — (20janvierl: Concordances des Arcanes de Swedenborg avec la doctrine spirite; la Télépathie animale par Pontarmé. La Revue spirite (février 1898); la suite des Péflexions philosophiques de P.-G.
Leymarie ; les Sens et la Loi du progrès, par Alban Dubet ; les Formes noires, par Joseph de Kronhelne; communications. Le Moniteur Spirite et. magnétique (15 janvier 1898): dans des cas de lucidité et d’apparitions remarquables. J0urnaidu magnétisme (l°‘" trimestre 1898): Enregis trement des effluves magnétiques, avec photographie: des Conseils pratiques, extraits du cours de pathologie
_ _ _ 2 20 L’INITIATION et de thérapeutique professé par H.
Durville à la Faculté des sciences magnétiques; Action mécanique de l’agent magnétique, par de Reichenbach; etc. Le 8piritualisme moderne (20 janvier I898): La Réin— carnation, par Beaudelot; Du Principe d’égalité parmi les hommes, communication médianimique ; des moyens de communication entre le visible et l’invisible, par Beaudelot; Regarde comment il faut mourir ! par l'Esprit Rochester; — (5 février I898): Au-dessus des haines, par Henri de la Tour; la suite des études annoncées'ci-dessus.
The Pacific Mason,'A Monthly magazine for freemasons and their families, devoted to the interest of the Masonic Fraternity, published by J .
M. Taylor, Room 10, Masonic Temple; Seettle, Washington: publie une traduction du Tarot des Bohémiens, de Papus; des études variées sur l’occultisme, les noms kabbalistiques de Dieu ; etc. La Union espiritista (Ferlandina, 2o Harce— lona): Efficacité de la prière; la vie existe dans le tout et dans toutes les parties d’une philosophie ésotérique pleine d’intérêt; un cas de voyance; le Prologue du Livre des splendeurs, d’Eliphas Lévi.
Het Toekomstig Leven, Kruidswaarstraat, 4, Utrecht : relate des cas de clairvoyance et publie des articles de philosophie, d’occultisme, de spiritisme.
Lumen (Disputacion, 195 et 197, 1°, 2‘1 Barcelona) : Des articles de vulgarisation, des phénomènes, des dictées médianimiques, etc. Il Monde Secreto (Gennaio, I898), viale Principessa Elena, n° I7, Napoli : Préparation pour le disciple de la magie, par Kremmerz; Une sortie en corps astral, par Papus; des variétés, photographies, etc. Revue générale des sciences pures et. appliquées (I 5' jan vier I898) : Sur le microphonographe, par E.
Mercadier' le District des Ouled-Daoud, par Ch. Monna; les 'Relaî tions actuelles entre la Physiologie et la Pathologie de la glande thyroïde, par E. Gley, etc. La Revue Bleue (janvier 1898) : Enquête sur les respon sabilite's de la Presse; le Truc réhabilité, par Aug. Moi :\ "-—w - . —.q.—-—“ "T"
LES REVUES 2 2 I reau; les Quatre Problèmes sociaux, par Jean Izoulet, étude surla société au point de vue religieux, politique, économique, domestique ; le Devoir social des généra tions nouvelles, par Goblet d’Alviella; l’Afi'ranc/zissement du pays de Vaud, par Samuel Cornut, etc. latines (janvier 1898) : Un bel article de Sédir, sur Stanislas de Gua'ita; xandrine, historiette, par Louise France; le Devoir civique, par Serge Basset; la suite du Drame: l‘Or, par Gabillard; les Écrivains et laf0ule, par Maurice Hodent; des Vers de Louis Didier, etc. La Plume (15 janvier 1898) : La Jeune Littérature, étude critique, par Adolphe René; une Préface, de Suart Merrill; des Vers de Henri Degron; Histoire de Jean de Paris (Suite), par Jean Moréas; les Ruines de la Cour des Comptes, plaidoyer en faveur de l’âme des choses, par Yvanhoè Rambosson; les Cartes de visite d'autrefois, avec de jolies reproductions, par K.
B., etc. Le Mercure de France (février 18 8): Contre l’infailli— bilité du sabre, par Pierre Quillar , étude intéressante et revendication humanitaire au nom de l’intelligence contre les préjugés et les préventions têtues; le Boud dhisme en Occident, par Jules de Gaultier, qui constate la parenté des races aryennes pour expliquer cette renaissance orientale, fait rattacher les anciennes reli gions à la nouvelle qui se forme par et à travers les phi losophies et les littératures, et termine par une analyse de l’œuvre du poète bouddhiste Jean Lahor, concluant à la noblesse de l’action malgré l’illusion de la vie; l'Avenue silencieuse, par S.
C.
Leconte, poème d’espé rance et de haute envolée; le Triomphe de la laideur, ' conte naïf. par Alexandre Ular; des vers de Fernan _Caussy; Ballades françaises, par Paul Fort, d’un joli style et d’affabulation intéressante; etc. - Revue des Revues (janvier 1898): Une étude à lire sur les Prole‘taires intellectuels en France, par Henry Béren ger; Qui a découvert I'Amérique? par Cesare de Lollis, qui trouve à Christophe Colomb un rival, Paolo Tosca nelli; l‘Art de l’afi‘iche, avec des reproductions intéres santes, par le comte L. de Narvins; la Correspondance militaire de de Moltke, par Charles Simond; l‘Enfer et t “Mayen—Du.“
‘ =—._———. ———‘{.-—‘—— , .œ ..__( ._a...?.__.,‘_.‘ ___ -._.c. « -- 2 2 2 L’INITIATION les Démons de New:York, révélation sur une association américaine, qui achète tout, depuis les charges jusqu’aux consciences, et devient maîtresse de la ville par le moyen de la police, par Ch. Banville; Nains et Géants, avec pho» tographies, par le DIF A. de Neuville; — Un Catéchisme socialpar Léon XI”; des souvenirs sur J.-J.-Rousseau, par H.
Bufi'enoir ; etc. ' Nouvelle Revue Internationale (décembre—janvier): Lettres, mémoires et autographes, de George Sand; Trois semaines en Grèce, par Jean de Bretteville; — Lettres, mémoires et autographes, de Sainte-Beuve ; etc. Bulletin de la Société astronomique (janvier 1898); des dessins et photographies de Saturne, de l’observa— toire du Mont-Blanc; les Observations actinome’trigues au .Mont-Blanc, par A.
Hausky , le Mouvement de rota tion de la terre représenté par le cinématographe, par L. Flammarion, ingénieuse adaptation; les changements remarqués sur la planète Mars. ' La Paix Universelle (janvier 1898): Préludes marti nistes, par Fulgence Bruni; Etudes d’occultz‘snæ et de psychisme, par A. Erny, etc. La Petite Revue des connaissances pratiques (janvier 1898) : Le Fard des Egyptiennes, par S.
Vitark ; etc. La Géographie (janvier 1898) : Revue géographique et coloniale, par Paul Barré; Ascensions modernes sur le Rigi, par Paul Saigue ; Le Dogme de l’Incarnation, Boud dhas vivants, par Camille Clopin, qui donne la liste des successeurs de Bouddha perpétuant son incarnation, document curieux.
Le Cri de Paris (janvier 1898): passe en revue, et au crible: le Président, la politique, les cours, les lettres, les théâtres, les finances, les choses et les gens, avec une verve satirique non démentie. L’Human‘té intégrale: adhésions aux phalanges inter— nationales d’harmonie intellectuelle; Amour et liberté, par C.
Chaigneau; Cas télépathique d’un chien, par Lubow Krijanowsky; etc. ' La Coopération des idées (janvier-février 1898) : Jésus de _Nagareth et la psycho—pathologie, par Attilio Schet tm1; l’Ame européenne, par E. Thiaudières, etc.
LES REVUES 223 Le Bulletin de la Presse, organe Publicistes, etc. Le Devoir, organe du Familistère de Guise. SABRITS. professionnel des Aux lecteurs de la « Religion universelle » et à tous les amis de M. Lessard.
On sait comment M. Lessard, pour s’être consacré pendant neuf ans à une propagande de renouveau relL gieux et de conciliation sociale, dans la revue la Religion Universelle et dans les publications et les ventes d‘une librairie spéciale aux mêmes objets que la revue, s’est trouvé, en I894, réduit, ainsi que sa femme et ses six enfants, à une situation proche de la ruine entière et ex trêmement périlleuse.
Certains de ses amis adressèrent alors un appel aux lecteurs de la Religion Universelle. On répondit à l’ap pel, on vint en aide à l’apôtre arrêté par la fatalité maté rielle, mais toujours indomptable de volonté et d‘idéal humanitaire.
Seulement M. Lessard ne vit, dans les ressources réu nies alors, qu’un moyen de poursuivre sans avoir d’inquié tude trop immédiate sur le sort des siens, sa propagande courageuse, il ne songea pas à temps à chercher une si— tuation plus sûre et persista, sur le conseil d’amis de son œuvre, à s’occuper surtout de propagande religieuse et sociale, dans la Religion Universelle qu'il continua à faire paraître et dans les publications de sa librairie.
Le grand public ne s’intéressa pas, malheureusement, autant qu’il aurait dû, à la Revue trop morale et trop grave pour beaucoup de lecteurs modernes. L’approba—' tion de personnalités d’élite, comme M. de Mahy, rendit hommage, il est vrai, aux articles de Lessard, notam ment sur la colonisation et la question sociale. Mais ces approbations, témoignant de la valeur de notre ami, n’in fluencèrent pas la foule.
La Religion Universelle ne rap porta àson directeur que des travaux sans bénéfice aucun. Pendant cetemps, la nombreuse famille de M. Lessard était bien obligée de vivre. Les ressources de la sous cription amicale s’épuisèrent rapidement. Quant au.
224 L’INITIATION l .u-‘-«a - - ...__- , ,,.\.-.- 'u t... - —a-.- v s. .,_._ .... ..,..a._. (a commerce de la librairie de M. Le5sard, spécialisé à des livres traitant des mêmes questions que la Religion Uni— verselle, il donna tou10urs, en dépit de toutes les priva— tions, des résultats absolument insuffisants pour couvrir les dépenses strictes de la vie de huit personnes.
Et voici qu'au bout de trois ans la famille de M. Lessard, est dans un péril aussi et même plus imminent qu’en 1894. Notre ami, malgré son dévouement à l’idéal, dut son ger, à mesure que ce nouveau péril lui devenait visible, à trouver quelque place assurant la vie des siens. Mais on ne trouve pas aisément nipromptement de place dans le monde moderne, et un humanitaire indépendant des partis influents moins qu’un autre.
M. Lessard n’a pas encore obtenu ce qu’il faudrait. Amis de M. Lessard, ayant suivi depuis longtemps ses travaux, nous avons jugé qu’un nouvel appel doit être faità la fraternité de tous ceux qui se sont intéressés à l’apôtre pour qu’ils viennent en aide de nouveau, comme nous l’estimons juste, à celui qui s'est dévoué de nou veau. Nous n‘insisterons pas plus longtemps.
Si, pour ses plaisirs, le public frivole, donne, à tels acteurs de pièces impures, de vraiesfortunes, ilsemble que quelques amis de l’idéal et de la vérité ne doivent pas laisser sans secours un défenseur de l’idéal et un passionné de la vente. ' Cet appel nouveau émane de notre initiative.
M. Les— sard n’y a consenti, malgré ses répugnances, que devant six enfants et une femme sans ressources, et aussi parce que, plus prudent qu’en 1894, il compte ne pas cesser les efforts qu’il a commencés à la recherche d’une situa tion libératrice, et qu’il n’accepte de ses amis que les moyens de soutenir sa famille pendant le temps que cette recherche exigera. . Signé : CARIAS, J. BEARSON, AMO, A. JOUNET.
Prière d‘adresser le montant des Souscriptions à M. E. Carias, receveur des Postes à Avignon (Vaucluse). Le Gérant . Encxusss. murs. -— IMP. E. ARRAULT ET c“, RUE DE’ LA PRÉFECTURE, ô. WWWM : A_‘_ y. . .æ....._
POUR PARAITRE LE '1er MARS TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE , 0 ,98)“ E. OÛÛÂ;> , CHACUN A MÊME DE COMPRENDRE ET D’EXPLIQUER LES THEORIES ET LES SYMBOLES EMPLOYÉS PAR LES ANCIENS, PAR LES ALCHIMISTES LIS ASTROLOGUES, LES E.'. DE V.'., LES KABBALISTES 5° ÉDITION Augmentée d‘une 3'“ Partie sur l'Histoire secrète de la Terre et de la Race blanche, sur la Constitution de l’Homme et le Plan astral AVEC NOMBREUX TABLEAUX ET FIGURES PAR PAPUS Docteur en Médecine de la Faculté de Paris, Docteur en Kabbale Président du Suprême Conseil, de l'Ordre Martiniste Délégué général de l'Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix Membre ('11. B. 0/. L., de la F. 7'. L., etc. PRIX : CINQ FRANCS ' PARIS CHAMUEL, ÉDITEUR 5, RUE DE SAVOIE, 5 1898
L Y ‘«‘ _ .z:—-a-æn—-—‘——g- —-——-æa —.—; -.: e..— ....._—.. —. w—_m._ _A...._...;.‘_..i_ ._ ÿmmn înËmm ÿmvmsmu Notes and Queries, S. M. Gould à Manchester (N. H.) U. S. A. Frie 0rd, A. Sabro à Christiania (Norwègè.) Nordisk Frimurer-Titenda, Alb. Lange à Chris— tiania (Norwège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie) Nuova Lux, 82, via Castro Pretorio à Rome (Italie). _ Lug astral, 6, passage Sarmiento à Buenos-Ayres (République Argentine), L’Initiation, '10, avenue des Peupliers, Paris, El—Hadz‘rah, 19, rue de la Kasbah, Tunis. . - ._ - A zx..L.n—'. ;..-.fl
JOURNAUX l’I‘ REVUES 000Uh’I‘IS’I‘ES RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENT LANGUE FRANÇAISE L’Initiation (revue mensuelle), 10, avenue des Peu . plters, Pans. Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. L'Hyperchimie (revue .mensuelle), 19, rue St-Jean, Douai (Nord). HERMÉTISME, ALCHIMIE La Thcrapeutique intégrale (revue mensuelle), 10. rue Durand-Claye, Paris MÉDECINE HERMÉTIQUE, HOMŒOPATHIE Malines (revue mensuelle), .
42, rue Ponta1ne-Saint-Georges, Pans. LITTÉRATURE ET ART. LANGUE ANGLAISE 711e Morning Star. Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie, Paris. (Peter Davidson, Loudsville,White C°, Georgia, u.s.x.) LANGU E ESPAGNOLE Lue astral (hebdomadaire, à Buenos-Ayres (Répu blique Argentine), 6, pasage Sarmento. ' La Nota .Me’dica, Fuencarral, 26. Madrid. LANGUE ITALIENNE Il Mondo Secreto.
Lui (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Rome LANGUE TCHÈQUE Sbornt’k pro fi/osofii a okltultt‘smus, à Prague (Bohème), Puch majerova U136. AVIS IMPORTANT. -— Tous nos confrères ci— dessus cités et ceux qui voudraient être cités sont priés de reproduire in extansa cette liste.
Principaux Ouvrages recommandés pour l'étude de l'OCCULTISME et de ses applications A»‘.. 1.,_ 4 -r .-. —-—— L’Évolution de l’Idée. L'Instruction Intégrale. % Le Serpent de la Genèse. ! : CONTEMPORAINS li F.-CH. BARLET. . . . I STANISLAS DE GUAITA . . Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. Jeanne Leade. Jacob Bœhme et les Tempéraments. Les Incantations. P. SÉDIR. . . . Traité méthodique de Science Occulte ‘ y PAPUS . . . . . . . . . .
Traité élémentaire de Magie pratique. [7a Science des Mages. ' ‘_ A. JHOUNEY . . . . . . . Ésotérisme et Socialisme. .1.) l RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. I . . il .CLASSIQUES u t..Î ‘ i ‘ ELIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. ‘ » SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. '. . , La Langue hébraïque restituée. 4 ‘. PABRE DOLIVET' ' ' ' Histoire philosophique du genrehumain. ALBERT Porsson. . . . .
Théories et Symboles des Alchimistes. .‘ .. ;' ‘vx: LITTÉRATURE . 3*. . . A La Mag1c1enne. . ]'I JULES LERMINA . . . . . A Brûler. ‘rl’Ï' B L LYTTON zanoni' ,. U WER ' ' ' ' La Maison Hantée I‘ . 1 - 4, MYSTIQUE li. ' i} 1. Il. POUR DÉTAIL _ET PRIX, S’ADRESSER: A la librairie üflliiliiiL, 5, l‘llii de Savais. PARIS Enuoz‘ Franco du Catalogue. TOURS, IMP. E. ARRAULT ET Ci'. à..;.sg_s;,â