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L’Initiation Revue philosophique des Hautes Etudes PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE papus y o. * Docteur en médecine — Docteur en kabbale '37 * VOLUME. — 11- ANNEE SOMMAIRE DU N°3 (Décembre 1897) PARTIE INITIATIQUE.. PARTIE PHILOSOPHI QUE ..........................
Le Cantique des Can tiques................................ . (p. 225 à 232.) La question de l'or arti ficiel ................................. (p. 233 à 242.) La prophétie de Prémol ou Carthusienne. . . . (p. 243 à 265.) Y-king, Tao-seey Tao-teking et la numération. (p. 266 à 273.) Strada et la Philosophie de l'impersonnaltsme méthodique. ............... (p. 274 à 291.) Dr Marc Haven. Papus. Tiffereau. Guymiot. Saturninus. I. T. Ulic. J. Brieu.
Ordre Martiniste. — Lucidité somnambulique. — Psychisme expé rimental. — Union idéaliste universelle. - Groupe indépendant d’études ésotériques. — Congrès international des spirites. — Formes psychiques. — Correspondance. — Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS e Original from CORNELL UNIVERSITÀ ..¿ßWized by
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritual liste dont les efforts tendent: Dans la Soience, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte üun même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces ardes questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
L'Initiation du i? Décembre 1S97 Principaux Rédacteurs et Collaborateurs de ïInitiation PARTIE INITIATIQUE Amo— F. Ch. BarleTjS.’.I/.n— Stanislas deGuaita, S.\ I.-.& — Guymiot. —Marc Haven, S.*. I.-. fl —Julien Lejay, S.*. L*. fl — Emile Michelet, S.•. I.*. (C. G. E.) — Lucien Mauchel, S.-. L*. (D. S. E.) MoGd, S.*. I.*. — George Montière, S.*. I.*. & — Papus, S.-. I.-. A — Sédir, S.-. I.-. — Selva, S.-. L*. (C. G.
E.) 2° PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Abil-Marduk. — Amelineau. — Aleph. — Dr Baraduc. — Serge Basset. — Le F/. Bertrand 3o* .*. — Blitz. — Bojanov. — Jacques Brieu. — Camille Chaigneau. — Chimua du Lafay. — Alfred le Dain. — G. Delannf.. — AlbanDubet. — Fabre des Essarts.— Dr Fugairon. — Delézinier.— Jules Giraud.— Haatan.— L. Hutchinson.— Jollivet-Castelot.— L. Le Leu. — L. Lemerle. — Lecomte. — Napoléon Ney. — Horace Pelletier. — G.
Poirel. — Raymond. —Dr Rozier. — Dr Sourbeck — L. Stevenard. — Thomassin. — G. Vitoux. — Henri Welsch. — Yalta. 3’ PARTIE LITTÉRAIRE Maurice Beaubourg. — Jean Delville. — E. Goudeau.— MaNOÎL DE GRANDFORD. — JULES LeRMINA. — L. HeNNIQUE. — Jules de Marthold. —Catulle Mendés.— George Montière. — Léon Riotor. — Saint-Fargeau. — Robert Scheffer. — Emile SlGOGNE. — Ch. de S1VRY. 4* POÉSIE Ch.
Dubôurg. — Rodolphe Darzens. — Jean Delville. — Yvan Dietschine. — Ch. Grolleau. — Maurice Largeris. — Paul Marrot. — Edmond Pilon. — J. de Tallenay. — Robert de la Villehervé. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by VjOoQLe
L'Initiation du i5 Décembre 1897 L’INITIATION rs“IS) DIRECTION Villa Monlmnrency, 10, aven, des Peupliers PARIS-AUTEUIL Directeur : Directeur adjoint .* Lucien MAUCHEL Rédacteur en chef : F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : J. LEJAV — PAUL SÉDIR ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMERO C M A. 1VT TJ ES 5, Rue de Savoie PARIS FRANCE, unan, io fr. ÉTRANGER, — 12 fr.
RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d’adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Manuscrits. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. GROUPE INDEPENDANT D'ETUDES ESOTERIQUES i,6oo Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtousrenseignements, s’adresserparlettreà M. PaulSÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse.
Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MA R TINIS TÉ ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE f CROIX. - ÉGLISE GNOSTIQUE SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE Google Original from CORNELL UNIVERSITY
La reproduction des articles inédits publiés par ^Initiation est formellement Interdite, à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE lb CANTIQUE DES CANTIQUES Commentaire de Rabbi Issachar Baer publié dans la « Bibliothèque Rosicrucienne. » Notre siècle n’est plus celui du livre. Est-il encore celui des revues et des journaux? Peut-être; mais l’action des périodiques eux-mêmes est bien près de finir.
D’une part, la multiplicité, l’infériorité des pro ductions qui se succèdent et disparaissent ont annihilé la valeur de l’œuvre écrite, détruit toute confiance parmi les sincères qui ont pu chercher jadis dans un livre nouveau quelque clarté ou quelque consolation. L’œuvre rare, l’œuvre d’une existence, noyée au mi lieu du flot montant, y disparaît, et ceux-là l’ignorent qui auraient pu en profiter.
D’autre part, les heures marchent et passent : le labeur est plus hâtif, plus fiévreux, et même ceux qui ne regardent pas le ciel ont entendu dire que des signes y avaient paru, pré sageant quelque grande chose prochaine, —la fin des 8 Original from “’UôTTnéllUniversitï
22Ô L INITIATION [décembre. temps, peut-être. Et tous, croyants et positivistes sérieux, voyants et sceptiques, se hâtent d’agir, de préparer, délaissant les spéculations, les livres et les travaux d’érudition pour l’acte qui leur semble né cessaire et définitif. C’est peut-être la cause la plus importante de l’abandon des livres, la raison la meil leure expliquant leur peu d’action, je dirais presque leur inutilité aujourd’hui.
Nous sommes fatigués des spéculations logiques et métaphysiques, voix du cer veau ; nous désirons revoir dans leur simplicité les gestes primitifs, les élans immodérés du cœur ; nous sommes las des comédies qu’on nous a données, tristes d’en avoir joué nous-mêmes, et nous nous efforçons de réparer le temps perdu, le mal commis, d’effacer les habitudes prises, les grimaces apprises,, pour retrouver notre loyauté enfantine, notre visage sincère d’autrefois et notre regard qui ne fuyait pas devant la lumière.
Qu’elles sont vides, les déclamations des philosophes modernes sur les notions de l’entendement, sur les états rares de conscience, sur les psychoses, sur les mathématiques de la pensée! Qu’elle est inerte et glo rieuse, cependant du petit cercle où elle, tourne, la science d’aujourd’hui !
Quelle ignorance et quel som meil dans les centres initiatiques, églises et temples; quelles ténèbres au sein des sanctuaires où devrait briller la lumière qui ne s’éteint jamais, lampe de perpétuelle adoration, étoile flamboyante! Aussi est-ce avec joie que l’esprit retourne vers le passé où les lueurs semblaient plus brillantes, où les œuvres plus rares, plus profondément mûries, plus sincères, éveilCORNELL UNIVERSITY
1897] LE CANTIQUE DES CANTIQUES 227 laient et enseignaient davantage. Le labeur d’une existence est là, dans cet in-folio ; les méditations <i’un esprit supérieur, d’un être illuminé parfois de la grâce divine, ont été condensées en quelques pages initiatrices qu’on peut lire, relire et développer en toute une autre vie de travail et d’oraison.
C’est pour cela que tant de chercheurs, épris de vérité, viennent à l’occultisme, interrogent les vieux maîtres, que des groupements se forment qui semblent, à pre mière vue, étranges en notre siècle, que des œuvres paraissent que l’on dirait' surgies des temps passés et qui, néanmoins, sont plutôt de l’avenir que du passé.
La Bibliothèque Rosicrucienne est de ce genre; le titre effrayera les ignorants par son étrangeté et les adeptes par la lourde responsabilité qu’il entraîne avec lui.
Mais ceux-ci se rassureront bientôt à la lec ture des œuvres parues : la traduction du De septem secundeis, la traduction d’un commentaire au Schir haschirim, la réédition de V Ombre idéale de la Sa gesse universelle, sont des œuvres impersonnelles, des œuvres de sages du temps passé, et nulle indivi dualité moderne, assoifée de renom, ne s’exhibe là sournoisement.
Ces ouvrages sont anonymement pu bliés et nous en félicitons ceux qui les ont donnés au public : s’oublier est si difficile, et le faire est la mar que d’un esprit déjà bien avancé dans la connaissance des lois. Nous devrions parler ici du De septem secundeis et de Trithème, et ce serait avec d’autant plus de plaisir que nous avons passé de bien heureuses heures à lire Original from ' CÖRNEtraWERSITY
228 l'initiation ses lettres si rosicruciennes elles aussi, et ses traités de philosophie et d’alchimie. Sa vie même, résumée par le publicateur en tête de l'ouvrage, est utile à con naître et à méditer : un enseignement au moÿis égal, sinon supérieur à celui de ses écrits s’en dégage.
Mais le temps à passer et le .développement de la biblio thèque rosicrucienne fait que cette nouveauté a déjà été dépassée par deux autres livres, la traduction du Pirush al Schir haschirim de R. Issachar Baer, et VOmbre idéale de la Sagesse universelle du R. P. Es prit Sabathier, livre introuvable jusqu’à présent et purement kabbalistique.
Bien que la tâche que nous choisissons soit la plus difficile, c’est du Cantique des Cantiques que nous voulons surtout parler ici.
Il serait plus aisé de faire un commentaire aux tableaux du Père Esprit Sabathier qui, d’abord, ne sont accompa gnés d’aucune note de l’éditeur et qui, d’autre part, pour hermétiques qu’ils soient, ne sont pas envelop pés de voiles aussi mystérieux, aussi indéchirables qu’un commentaire kabbalistique à un ouvrage de haute science comme le Schir haschirim que la tradi tion attribue, et à juste titre, au roi Schlomoh.
Cette tâche est encore rendue plus pénible par ce fait que celui qui publie cette traduction, fort instruit sans, doute en la science traditionnelle, donne sur le livre, sur son contenu et sur les mystères du Pardès des explications aussi précises que nombreuses. Que nous reste-t-il donc ?
Ajouter quelques notes à celles si intéressantes qui accompagnent ce volume ; y montrer, au point de vue magique par exemple, les enseignements que l’auteur ne fait qu’indiquer. « AFéDigitized by
LE CANTIQUE DES CANTIQUES 229 veille^ pas et ne faites point lever la bien aimée,.. » (p. 45.) «c Ma colombe est dans la fente du rocher et dans la cachette de l’escalier... » (p. 36.) « Tes amis seront attentifs à ta voix... » (p. 53), et mille autres passages. Mais ce serait bien inutile, puisque tout lec teur qui voudra y réfléchir, suivant la route indiquée par la préface, trouvera tout cela et bien d’autres choses encore.
Je voudrais seulement insister sur un point touchant à la fois la Kabbale et la Fraternité des Rose-Croix, Il est écrit (p. 36), à l’endroit où R. Issachar Baer parle de la sélection faite dans la tribu de Lévi : « Vint Schlomoh qui composa le livre de ces chanteurs (1), et y joignit la Sagesse.
Dans le même temps disparut du monde le secret du serpent originel et l’univers entra dans l’ordre. » Comme l’interprétation de ces lignes touche au sens du Can tique des cantiques, à la venue du Messie et à la nature de la Fraternité des Rose-Croix, il importe d’en parler un peu. Le roi Schlomoh a donc amené la paix dans le monde en révélant le Schir haschirim : et cela devait être, car ce roi fut avant tout un pacifique.
Le Can tique des cantiques est un livre d’harmonie, dont on doit écouter le chant dans le silence intérieur de l’âme et que les anges ont chanté dès le commencement ; — tout n’est-il pas dès le commencement? Aussi, lors qu’il fut révélé et confié aux trente-six pre - miers chanteurs de la tribu préférée, tous âgés de 33 ans, pour le moins (2), ce ne fut en somme qu’une (1) Le Schir haschirim. (2) Cf. Origène, cité par saint Jérôme. _____ Original from CORNELL UNIVERSITY
23o l’initiation manifestation déjà exotérique, malgré son mystère, d’un verbe de la Sagesse éternelle prononcé dès l’ori gine des temps. Et voilà pourquoi il est dit que Schlomoh donna ce livre avec la Sagesse. Les trente-six premiers chanteurs de la tribu de Lévi eurent ce livre et le gardèrent, le chantant aux jours de fête solennelle (une fois l’an).
On retrouve encore les traces de ces rites dans les livres de polémique re latifs aux Rose-Croix publiés en 1610 (i).
Mais à cette époque, et dès la venue du Christ, les trente-six seconds chanteurs s’étaient levés et étaient descendus eux aussi pour venir chanter la seconde partie du cantique avec les trente-six premiers, et cela parce que Christ a dit qu’il n’était pas venu pour abolir la loi mais pour la compléter, et qu’à la fin tout serait consommé (2).
Schlomoh avait inauguré l’ère de l’ordre ; il avait fait disparaître du monde le secret du serpent en ce sens que désormais il y avait une porte ouverte pour parvenir jusqu’au palais du Roi, mais il n’avait pas détruit le mal, et c’est pour cela que JésusChrist est venu, roi de justice, et qu’il a ordonné de laisser venir à lui les petits enfants.
Le monde commença par la venue de Jésus-Christ à être rétabli dans l’amour, et le mal fut détruit dans sa J racine. Aujourd’hui le Cantique des cantiques est le livre (ï) Cf. Schweighardt, Irenœus Agnostus ; Fludd. (2) Cf. Bereschitch, Aleph, Beth us 1. Dans l’achèvement ( Vajicoulori) du ciel et de la terre était annoncée la venue des trente-six derniers chanteurs pour faire le nombre complet. Pour les paroles de Jésus-Christ, voir les Evangiles.
LE CANTIQUE DES CANTIQUES 23 I fondamental des soixante-douze Rose-Croix ; on dit que chacun d’eux s’efforce, en entrant dans l’ordre, d’en donner un commentaire nouveau aussi exact que possible. Les Évangiles sont pour cela le guide le plus sûr et le livre qui éclaircit le plus le texte primitif.
1 Dans les livres de l’ancienne loi, dans/saie(Lxii, 3) par exemple, on trouve bien des paroles pouvant aider l’esprit dans ses recherches ; mais, sur ces hautes ques tions, quelles lumières plus grandes peuvent être don nées, que celles émanées de la Lumière même.
Si quelques obscurités demeurent encore dans ce mer veilleux Schir haschirim, ce n’est donc pas faute d’ef forts; c’est que les derniers voiles ne peuvent être soulevés avant le temps pour nos faibles intelli gences ; c’est que le saint, voilant sa face de rigueur, a voulu dans sa miséricorde que la tentation ne dé passât jamais nos forces pour que notre bonheur fût plus possible et notre route moins périlleuse.
Le commentaire du Schir haschirim que la biblio thèque rosicrucienne permet à tous de lire et d’étudier est donc un livre très utile; il était naturel, il est heu reux de le voir figurer dans une bibliothèque qui' parle au nom des Rose-Croix, et les renseignements qu’il renferme n’échapperont à aucun esprit éclairé en la matière et observateur.
Je crois que cet ouvrage est et restera le plus précieux de tous ceux de cette collec tion ; il ne saurait vieillir, il ne saurait être surpassé. Il n’est qu’un lieu et qu’un temps où le Schir haschi rim ne sera plus chanté, et ce temps est trop long à venir, et ce lieu est trop inconnu encore. C’est au jour de la venue glorieuse du Messie, dans sa maison ri - Google Original from CORNELL UNIVERSITY
232 l’initiation de sainteté (i) ; car toutes les voix se fondant alors dans un verbe unique, les souffles seront unis et les chanteurs réintégreront le lieu ¿levé d’où ils étaient descendus, selon ce qui est écrit dans le Cantique (II, 16) : « Mon bien aimé est à moi et moi je suis à lui. * Dr Marc Haven. (i) Qui n’est autre que le château mystérieux des RoseCroix.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE $a Question de l’^r artificiel On sait avec quelle ardeur notre regretté ami Poisson (Philophotes) avait entrepris de provoquer un mouve ment en faveur de la renaissance des études alchimiques.
Après la mort de Poisson, le jeune et déjà si distingué directeur de Y Hyper chimie, M. Jollivet-Castelot, publia ses premières œuvres et fonda avec la revue citée ci-dessus la Société alchimique de France qui prit rapidement une légitime extension. C'est à ce moment que August Strindberg, le curieux et paradoxal génie, découvrit une synthèse facile de l'or par le mariage du fer et du cuivre et leur renaissance commune au moyen de l’ammoniaque.
Ainsi se trouvaient reprises les curieuses recherches poursuivies jadis par M. Tiffereau. Enfin,un Américain,M. Emmens, parvenait parla com pression intense de l’argent à produire de l’or, et de l’or si véritable, qu’il était accepté et acheté en lingots par la Monnaie des Etats-Unis. ' J'ai pu voir et examiner l’échantillon métallique en voyé dernièrement par M. Emmens au colonel de Ro chas.
Pour clore cette première liste de hardis pionniers, il nous faut signaler notre ami M. Clavenad, ingénieur en chef des ponts et chaussées qui vient, à son tour, et par une voie toute personnelle, de réaliser la synthèse de l’or. On trouvera dans l'article suivant de Guymiot tous les détails à ce sujet. Il est intéressant d’attendre des échantillons de ces Digitized by Google Original from CORNELL UNIVERSITY
l’initiation divers procédés, et pour être parfaits, il serait utile que ces échantillons fussent métalliques et en lingots comme ceux de M. Emmens, car c’est là le point pratique à at teindre. Papus. Emmens et Tiffereau Production industrielle de l’or Voilà déjà longtemps que je prétends qu’il est possible de convertir l’argent et même le cuivre en or.
En effet, dans trois expériences faites à Guadalajara et à Colima (Mexique), j’ai réussi à faire passer de la limaille d’ar gent, de cuivre et de fer à l'état d’or.
Le métal ainsi ob tenu présente un aspect particulier qui le distingue de l’or ordinaire et lui donne un incontestable caractère de production artificielle; mais, après avoir été fondu, il ne diffère en rien de l’or des mines ou des placers, dont il a toutes les propriétés physiques et chimiques : c’est ce dont on peut s’assurer par les échantillons, bien dimi nués, que j’en possède encore.
Etant revenu en France, aussitôt après mes expé riences, je n’ai pu les renouveler avec le même succès, faute de trouver à Paris les conditions de température, d’électricité, de magnétisme, etc., propres au climat du Mexique, et aussi, faute de moyens pécuniaires et d’ap pareils pour suppléer à ce qui me manque sous notre ciel.
C’est en vain que j’ai fait tous mes efforts afin d’at tirer l’attention sur ma découverte ; c’est en vain que j’ai adressé des mémoires à l’Académie des sciences, que j’ai multiplié mes conférences, mes brochures, mes dé marches auprès des savants, des financiers et des hommes politiques. Les journaux, cependant, se sont assez souvent occupés de moi pour avoir fait impression sur l’opinion publique.
En communiquant ces quelques lignes à la presse, j’ai pour but de la remercier de son concours passé et de la mettre au courant des faits présents. Si je n’ai rien obtenu en France des savants, j’ai ob tenu beaucoup d’un savant étranger, le Dr Stephen H. Emmens, président de Y Argentaurum Syndicate de New-York. Cet homme, remarquable à beaucoup d’égards Digitized by Google Original from . CORNELL UNIVERS^
LA QUESTION DE L’OR ARTIFICIEL 235 et dont j’ignorais même l’existence, a daigné m’écrire, au mois d’avril dernier, qu’il avait lu avec intérêt mes publications et qu’il pouvait m’assurer que j’étais dans la bonne voie.
En effet, lui-même, ayant employé un pro cédé qui a quelques rapports avec le mien, était parvenu à faire, avec de l’argent, un premier lingot d’or de 220 grammes, que le bureau d’Essai de la Monnaie de New-York avait acheté comme or vrai. Depuis, il m’a honoré régulièrement de ses communications que j’ai, en grande partie, livrées à la publicité. J’ai notamment ap pris de lui qu’il a fabriqué et vendu 22 lingots d’or valant 28,000 francs.
Dans ce seul|mois de novembre, il aura produit autant d’or qu’il en a déjà produit pendant les six premiers moisde son fonctionnement industriel : ses deux derniers lingots pesaient, l’un l,35ogrammes et l’autre 1,460 grammes. Et, d’ici à un an, il est certain de produire, par mois 5o,ooo onces d’or, soit pour environ cinq millions de francs.
Je ne puis m’empêcher de reproduire ici quelques lignes de certaines de ses lettres : « Un premier dividende, m’a-t-il écrit, a déjà été dis- « tribué aux membres de VArgentaurum Syndicat e, et il < sera suivi de bien d’autres, dût le grand public rester < incrédule ou se figurer que je travaille à perte... « ....
L’opération par laquelle une charge d’argent est « convertie en or, demande, en tout, une dizaine de < jours; mais des résultats appréciables se constatent < facilement au bout de quatre heures. ...... « Je joins à ma lettre un document qui non seulement < vous intéressera, mais encore pourra vous être utile : « c’est le bordereau délivré par le Bureau d’Essai de la < Monnaie, au sujet de notre dixième lingot.
Vous verrez < ainsi comment procède ce bureau lors des achats de « nos lingots.................................................................... « Je fais maintenant mes préparatifs pour répéter < votre expérience du Mexique. Quelques essais préli- < minaires m’ont déjà donné des résultats encourageants. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
236 l’initiation « Une autre nouvelle vous intéressera aussi. Je viens < de recevoir une offre d’un important affineur anglais, * qui s’engage à prendre toute la production de l’Argen « taurum Laborafory\ jusqu’à concurrence de 5o,ooo « onces par semaine (soit 5 millions de francs), et à la < payer régulièrement en espèces et d'avance. Cela in— « dique assez le cas que des gens sérieux font de notre « Société.
Mes amis et moi nous ne dépendons de per- « sonne : nous pouvons parler en maîtres ; nous ne des- < cendrons pas au rôle de suppliants.
Nous avons donc « répondu aux offres de l’affineur anglais que nous étions « décidés à exécuter ses ordres, mais que nous nous ré- < servions toute liberté de les refuser lorsque cela nous < conviendrait................................................................... < Après avoir vu l’échantillon de votre or que vous « m’avez envoyé, je ne puis vraiment comprendre que « des hommes de science, ayant lu vos ouvrages et « examiné votre or, aient pu douter un instant de son « origine artificielle.
Si Louis Figuier avait vu votre or, « au lieu d’en parler seulement par ouï-dire, il aurait « constaté l’énorme différence qui le distingue de l’or « ordinaire séparé de l’argent et du cuivre au moyen de « l’acide azotique. » Enfin, dans sa dernière lettre du i®p novembre, M. Emmens me dit en propres termes : < Je ne prends jamais la peine de redresser les erreurs « que les journaux ne cessent de débiter sur mon œuvre.
« Je ne m’inquiète guère que le public soit bien ou mal « renseigné.
Tant que mon laboratoire continuera à me « procurer les éléments d’une immense fortune, je lais- < serai volontiers le public et les journaux penser et « dire ce qu’il leur plaira.................................................. < Je contribuerai volontiers à la souscription du ca- < pital voulu pour l’établissement et le fonctionnement < d’un laboratoire dirigé par vous en vue de la produc- « tion de l’or; mais ce sera à condition que quelques- < uns de vos compatriotes jouissant d’une certaine con— Original CORNELL Uh Digitized
LA QUESTION DE L’OR ARTIFICIEL 2 3/ « sidération veuillent bien aussi mettre la main à leur < poche et fassent figurer leur nom dans le conseil d’ad- < ministration. » J’ai la double satisfaction d’affirmer que je n’ai jamais rien demandé à M. Emmens et que c’est lui qui, par une générosité toute spontanée, a offert de se joindre aux Français disposés à m’aider, montrant ainsi qu’il ne met tait en doute ni la réalité de ma découverte ni la possi bilité de l'industrialiser.
Inutile de dire que je tiens à la disposition de ceux que cela pourrait intéresser, le texte anglais des lettres, ainsi que le bordereau de la Monnaie de New-York. J’ajouterai encore que M. Emmens convertit en or les 2/3 de l’argent employé et qu’il dépense environ 1.400 fr. pour produire un kilogramme d’or, dont il retire un bénéfice net de 2.000 fr.
Par mon Drocédé, j’ai converti entièrement en or, l’argent, le ci#vre et le fer employés et je n’ai dépensé qu’une somme insignifiante. Tels sont les f^iits que je communique aux sénateurs, aux députés, aux notabilités de toutes sortes et aux prin cipaux journaux de la France et de l’Europe; j’espère qu’un appel dans de telles conditions me fera obtenir l’aide demandée depuis si longtemps.
D’ailleurs, au point où mes travaux récents m’ont conduit, j’ai tout lieu de croire qu’avec une Société ¿’Etudes me fournissant les fonds nécessaires, je pourrai faire figurer mon or artificiel à l’Exposition de 1900. Théodore Tiffereau, 89, rue Blomet. a5 Novembre 1897.
Paris-Vaugirard M. le Dr Emmens me communique l’annonce qu’il a fait insérer dans le journal scientifique anglais Nature, et par laquelle il met au concours quatre sujets assez inattendus.
Il prouve ainsi qu’il a, avant tout, à cœur l’intérêt de la science et que, loin de faire un mystère de ses procédés, il s’efforce de tourner l’attention générale vers les travaux tendant à la transmutation ; ensuite, il prouve aussi qu’il e Original from ORNELL UNIVERSITY Digitized by
238 • l’initiation ne néglige rien pour faire connaître les erreurs déshono rant encore tant de livres scientifiques. Ce n’est pas un homme préoccupé de si nobles soucis qui peut s’amuser» comme le supposent les routiniers incrédules, à mysti fier ses contemporains.
Aux hommes de science L’Argentaurum Syndicate met au concours les prix, suivants : i° Un prix de cinq cents (5oo) dollars pour le meilleur recueil d’opinions émises par les hommes de science du présent siècle, au sujet de l'unité de la matière et de'la possibilité théorique de produire l’or au moyen d’autres corps que l’on appelle « corps simples >; 2° Un prix de cinq cents (5oo) dollars pour le meilleur mémoire sur les travaux accomplis et les résultats obtenus par les hommes de science, pendant le présent siècle, touchant les changements amenés dans le poids spéci. fique et les propriétés physiques et chimiques de la ma tière solide par la compression, l’impact et le refroidis sement ; 3° Un prix de cinq cents dollars pour le meilleur mémoire démontrant l’erreur des Doctrines professées depuis 1860, dans les livres de l’enseignement secondaire et supérieur, y compris ceux de « Thompson et Tait » et d’autres auteurs faisant autorité ; 4° Un prix de cinq cents (5oo) dollars pour le meilleur mémoire sur les expériences et observations démontrant que les faits naturels sont en désaccord avec l’hypothèse d’Avogadro et avec la doctrine en vertu de laquelle l’ef fort compressif, pesant sur les molécules des masses so lides de la croûte terrestre, augmenterait avec la profon deur, à partir de la surface.
Pour plus amples détails, s’adresser à : Thé PLA1N CITIZEN PüBLISHING COMPANY I Broadway, New York City, U. S. A. Original from CORNELL lÎNjVEfiSlftjâi^ Digitized by Google
LA QUESTION DE L’OR ARTIFICIEL 2 3g La synthèse de l’or Que de gorges chaudes les savants et les ignorants qui répètent de confiance les dires des savants, n'ont-ils pas laites des travaux des alchimistes et surtout de leur fol espoir de trouver la pierre philosophale, cette matière merveilleuse qui avait la propriété de changer jusqu’au plomb vil en or pur !
Et voici que les idées des alchimistes sont revenues sur les eaux du temps et qu’à la fin du siècle des lumières Xgaz, pétrole, électricité) sont apparus des fabricants d’or. Un chimiste américain fait déjà, sans dire avec quoi, un métal hybride partie or, partie argent ; son nom, Emmens, transporté par les ailes de la Renommée et soufflé dans les clairons d’icelle, a déjà retenti aux quatre coins du monde.
Et, parmi les savants, il en est quelques-uns qui ne rient plus et peut-être plus d’un qui, dans son laboratoire, souffle son fourneau comme les vieux alchimistes d’antan pour faire apparaître dans son creuset le jaune métal qui roule en ses disques, analogues à ceux des globules rou ges du sang, la force vitale des sociétés humaines. L’honneur de fabriquer l’or pur en notre siècle a été réservé à un Français.
Ce ne sera pas la moindre gloire de l’Ecole polytechnique d'avoir été la nourrice scienti fique de ce sourcier du Pactole de l’avenir. Son nom, connu des ingénieurs et des savants, l’est moins des grandes foules, bien qu’il n’en soit point par tout ignoré et que la seconde ville de France le connaisse passablement : Clavenad.
Que de choses n’a-t-on pas dites et avec apparence de raison contre le suffrage universel ; une fois pourtant l’instinct de la foule fut superbement raisonnable, c’est le jour où il ne donna pas au candidat à la députation Clavenad, une majorité suffisante pour mettre son élec tion hors de contestation.
Le Destin ne voulut pas laisser gaspiller dans la poli tique terre à terre de nos jours — et dans une terre souDigitized by GoOgle Original from CORNELL UNIVERSITY
24° l'initiation vent boueuse — les énergies intellectuelles contenues dans cet homme. Il Téloigna des foules pour que, dans la solitude, son génie scientifique pût prendre tout son développement. Il ne consentit point à laisser dévorer cette superbe in telligence par le Minotaure de la Politique dans l'antre du Palais-Bourbon. Et la synthèse de For est aujourd’hui faite. Oui, la synthèse de l’or, chimistes.
Des savants de l’ins titut, comme Frémy, ont écrit d’une plume quelque peu dédaigneuse : < Les alchimistes pensaient que les métaux avaient une sorte de vie et qu’ils étaient soumis à un dévelop pement qui les faisait passer de l’état imparfait à l’état parfait.
« Les métaux peuvent, dans le sein de la terre, disaient les alchimistes, passer de l’état imparfait à l'état parfait : cette transmutation se produit surtout par l’action des corps célestes, qui agit sur les métaux de manière à lesmûrir et à hâter leur développement.
« Mais cette transmutation exige un temps fort long, peut-être des siècles. < Le changement d’un métal imparfait en métal parfait fut assimilé par les alchimistes à la génération, au déve loppement d’un être vivant et même à une fermentation. < La pierre philosophale était le ferment des métaux qu’ils appelaient aussi grapd œuvre, poudre de projec tion, élixir. > Du dédain, dans lequel l’orgueil se contient, Frémy passe soudain à l’étalage de l’orgueil du savant de nosjours qui a pour dogme que ce qu’il ne comprend pas ne peut pas exister, et il ajoute : < L’agent qu’ils cherchaient n’existe pas et la réaction du ferment est imaginaire. < Pour les uns, la pierre philosophale était le cinabre;, pour d’autres, l’arsenic, le soufre, le zinc.
« La levure de bière ne s’engendre qu’avec de la levure ; les alchimistes affirmaient qu'on ne pouvait pro duire de For qu’avec de For. < L’or que les alchimistes montraient n’était donc que Original from CORNELL UNIVERS. Digitized
LA QUESTION DE L’OR ARTIFICIEL 241 celui qu’ils avaient introduit dans la préparation de la. pierre philosophale. « Personne ne peut affirmer la simplicité des élé ments. > Parmi les hommes, il en est, et c’est le nombre im mense, ô rêveurs du progrès, qui ont besoin de croyance..
Ce qu’il leur faut avant tout, ce sont des articles de foi, et ces hommes-là se trouvent aussi bien dans les rangs des savants de l’institut que parmi les charbonniers des montagnes. Mais il en est d'autres, et c’est le bien petit nombre, qui s’aperçoivent que la foi, c’est l’ignorance et qui, au lieu de croire, veulent savoir, veulent comprendre.
C’est par ces derniers que tous les progrès se font; s’ils disparaissaient de la terre, la masse grouillante des hommes retomberait à l’animalité. Ces hommes-là, du petit nombre, sont le ferment de l’or intellectuel comme la pierre philosophale est le fer ment de l’or physique. Et, si Frémy avait eu le sens de l’analogie, il aurait, par ce fait, compris la possibilité de la pierre philoso phale.
Dans la masse des croyants gît, à l’état endormi, com biné, neutralisé, la faculté de comprendre, et un homme en qui cette faculté est éveillée, active, peut l’éveiller dans un grand nombre de ceux qui entrent en rapport avec lui, et multiplier ainsi l’or intellec tuel. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, dit la table d’Hermès. Il ne faut pas le croire, mais le constater par sa propre observation pour savoir qu’il en est ainsi.
Clavenad est un homme d’observation armé du savoir scientifique contemporain qu’il a employé comme outil pour acquérir un savoir personnel supérieur. Par l’observation, par l’expérimentation et par l’étude des vieux savants qu’on appelle alchimistes, il a cons taté que ceux-ci avaient raison et que les métaux sont aussi des êtres vivants. La science d’aujourd’hui admet couramment que tous. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
l’initiation 242 les animaux sont faits d'une matière^ unique, le proto plasma, qui se différencie en chaque espèce, et, dans les espèces, en chaque individu. Si nos savants arrivaient à constater que les métaux sont des êtres vivants, ils devraient logiquement ad mettre qu’il existe un protoplasma minéral aussi bien qu’un animal. Le protoplasma minéral, c’est la pierre philoso phale. Y a-t-il là une ombre de déraison?
Les savants sont ignorants du fait que les métaux sont des êtres vivants, voilà tout; quand ils connaîtront ce fait, ils chercheront avec leurs méthodes la pierre philosophale et pourront la trouver. Clavenad l’a trouvée avec ces méthodes aidées de quelques autres non encore usitées par les savants de nos Académies et leurs disciples.
La principale des méthodes qui doit venir en aide aux scientifiques en usage est celle que fournissent les lois des nombres qu'il faut découvrir par son travail per sonnel. Sans la méthode fournie par les lois des nombres, on pourra passer cent Apis à côté du but sans le voir. Guymiot. Google Original from CORNELL UNIVERSITY
LA PROPHÉTIE DE PREMOL OU CARTHUSIENNE 24Î prophétie de ^rémol ou ^arthuMenne Rééditée avec commentaires sur les dates mémorables du XXe siècle Par Saturninus « Le nombre n’est la cause de rien, mais il est « l'expression de tout ». Abbé Lacuria. A la Mémoire de Victor de Stenay {Collin La Herte). I. — Son authenticité.
Feu M. Collin La Herte, dans un ouvrage intitulé : Le Soleil et les étoiles prophétiques (i), publié sous son pseudonyme habituel {Victor de Stenay), a prouvé d’une manière péremptoire l’authenticité de cette pro phétie anonyme.
En i85o, le capitaine d’infanterie Nestor Aoulon fit connaître à M. Michel, curé de Vaulnaveys- * le-Haut (diocèse de Grenoble),, le texte de la prédiction, copié par lui en i833 sur un écrit inséré dans un livre de la confrérie des Pénitents blancs de Montfalcon, dont faisait partie M. Jal, son aïeul maternel. Cette seconde pièce a disparu ; c’était peut-être l’original primitif. Le ier mars 1851, (i) Paris, Watteüer, in-i2. 1875. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
l'initiation 244 uue copie de la transcription de 1833 fut reproduite sur papier timbré par M. le curé Michel et signée de plusieurs témoins. En mai 1870, M. Victor de Stenay inséra la prophétie dans V Avenir dévoilé, puis le texte fut imprimé à Grenoble par M. Prudhomme, sous ce titre : Prophétie de Prémol sur les malheurs du temps. Feu Adrien Péladan l’inséra dans son Nouveau Liber mirabilis, en 1872.
Quel est Fauteur inspiré de cette prophétie? Peutêtre un religieux de la Grande-Chartreuse. « Le style, écrit Victor de Stenay, plein d’éclat mé taphorique et hyperbolique, révèle assurément une riche, forte et ardente imagination masculine, méri dionale et française. Cet écrivain, dans le Soleil pro phétique, a donné le texte type de 1833 avec notes et variantes : ce travail est le meilleur qu’il ait publié.
L’authenticité de la prophétie ayant été ainsi démon trée, nous renvoyons ceux qui auraient des doutes à l’étude du Soleil prophétique, et nous publions sim plement le texte type d’après cet ouvrage, avec aussi peu de notes que possible. Saturninus. IL — Texte commenté.
L’Esprit me conduisit dans les régions célestes et il me dit : « Il est écrit que l’Archange Michel combat le Dragon, et il le combat devant le Triangle de Dieu. » Puis il ajoute : « Ouvre les portes de l’en tendement; l’Archange et le Dragon sont les deux esprits qui se disputent l’empire de Jérusalem, et le Triangle, c’est la Gloire du Très-Haut ! Et avant que Original from . CORNELL UNWERT Digitized by
LA PROPHÉTIE DE PREMOL OU CARTHUSIENNE 2^5 le commencement de la fin prédit par les Prophètes n’arrive, il y aura un combat sur chacun des côtés du Triangle, c’est-à-dire trois temps, et, après ces trois temps, TArchange et le Dragon feront la paix, et le Triangle de Dieu brillera de tout son éclat sur la Terre et la paix sera aux hommes de bonne vo lonté! » « Et ces temps seront inégaux,.mais ils sont mar qués par les nombres de Dieu, et ces nombres sont simples et caractéristiques, et, parmi ces simples,¡il en préfère quelques-uns (i) : « Ouvre les portes de l’entendement, car tu vas connaître les signes du Seigneur !
Amen. » Or, reprit l’Esprit : « Depuis le commencement de Jérusalem, c’était l’Archange qui régnait sans par tage, et voilà que le i3 * jour a lui et que le Dragon (i) Le Dragon est l’esprit de révolte, la démagogie. L’Ar change symbolise la monarchie française dont il est le pro tecteur. (Dern. avis proph., par M. V. de Stenay, p. 58.) Le voyant est transporté en esprit dans les régions célestes par un ange pendant son sommeil.
Le Triangle est la gloire du Très-Haut. Jérusalem préfigure Paris, et Juda la France. (Le grand pape et le grand roi, Toulouse, 1872.) Le commence ment de la fin sera l’époque qui verra * naître l’Antéchrist. Les trois temps sont de 1792 à 1804, de 1804 à 1848 ou 1851, de 1851 au triomphe du grand Monarque. La démagogie se convertira après certaines réformes.
Les nombres de Dieu sont 1, 3,4, 7, 10 : de 1792 à 1804, il y a 12 ans ; 12 = 3 + 4; de mai 1804 à février 1848, il y a 43 ans 9 mois, (44- 3 = 7) ou de 1804 à ¡852 il y a 48 ans, 4 4 8 = 12 = 3 X 6 , etde 185 1 à 1899, ou de 1 852 à 1900, il y a 48 ans; l’année 1899 me paraît devoir être remarquable. Ajoutons que 1851 4-45 (4 4-5=9 = 3 x 3) = 1896 4- 3 = 1899; et que 1851 4-48 = 1899.
La somme de 1897 est 25; et 2 4- 5 = 7 (nombre divin) ; celle de 1899 est 27 ; et 2 4- 7 — 9 = 3x3 (nombres divins). La somme de 1900 est 10 (ou i), -chiffre divin. JDigitiz « -z* Original from CORNELL UNIVERSITY
246 l’initiation chasse l’Ange du temple et immole l’Agneau sacré et couronné. Mais le Dragon ne fait que passer, ré pandant le trouble et le sang et fauchant de sa queue les lys sur la route. Le torrent impétueux laisse sou vent un limon bienfaisant sur les champs qu’il ra vage et le fils du laboureur profite alors des larmes de son père..............
Ainsi passera le Dragon, 11 heures lui sont comptées, et voici venir de nouveau l’Archange sur la nue, qui envoie l’Aigle pour dévorer le Ser pent (1). Et le 2e temps commence, me dit l’Esprit;............... et 11 heures sont données au vol de l’Aigle, et voici le Lys qui renaît aux champs; mais la ire heure sonne, et la serre de l’Aigle vient l’arracher, et encore 1 heure et la tempête précipite l’Aigle sur le Rocher.
Et le Lys refleurit de nouveau pendant 3 fois 5 heures, jusqu’à ce que le Coq le coupe de son bec et le couche sur le fumier. Or le Dragon dévorera le Coq lorsqu’il aura chanté 2 fois 3 fois 3 heures sur son fumier................Et le Coq ne serait pas dévoré s’il quittait le fumier, car après 3 fois 2 fois 2 heures, l’Ange l’avertit et lui crie : Malheur! 3 fois malheur! mais il ne veut pas en tendre.............. (2) ».
« Ainsi l’homme se joue des prophéties et périra parce qu’il n’aura pas cru aux envoyés du Seigneur! » Ainsi arrivera le Dragon, après les 43 heures de l’Ar- (1) De 481 à 1789, il y a i3 siècles; les 11 ans vont du 22 septembre 1792 au 18 mai 1804. (V. de Stenay.) (2) 1804-1814-1815; et i8i5-i83o; puis 1830-1748. Le fumier est la pourriture maçonnique et ploutocratique.
Le i3 juillet 1842 (après 3 fois 2 fois 2 heures ou années) meurt le duc d’Orléans. Original from w . CORNELL UNIVEF Digitized by
LA PROPHÉTIE DE PREMOL OU CARTHUSIENNE 247 change, et encore 3 heures et le Dragon sera écrasé à son tour................
Et ce sera alors le commencement du 3e temps (i). * — Or le Lys venait de reparaître après la chute de l’Aigle sur le Rocher, que l’Esprit me montra les 12 apôtres placés sur les 12 signes du Zo diaque, bénissant Dieu et chantant ses louanges, et l’arc-en-ciel s’élevait au-dessus de leurs têtes comme une auréole commune, soutenue par la main des Anges; et Judas était au centre du cercle, au milieu des Apôtres, blasphémant, et les monstres de ¡l’enfer étaient sous ses pieds.
Et voilà que l’Esprit me dit que le Triangle de Dieu allait parcourir les Signes et se reposer sur la tête des Apôtres; et que chaque repos serait uneépoque mar quée par le nombre de Dieu et par celui de l’Apôtre ; et que grands bruits et révolutions se feraient par la terre, jusqu’au jour où il arrêterait sa course.
Mais malheur, trois fois malheur, lorsqu’il passera sur la tête de Judas, car c’est alors qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents et que la terre criera merci, jusqu’au jour où il fera entendre sa voix du haut du Sinaï pour rassembler les brebis du trou peau... Malheur, trois fois malheur encore à ceux que ne toucheront pas les signes du Seigneur, car, pour eux, le jugement sera terrible...............
Et mes yeux étaient obscurcis par la splendeur du triangle de Dieu, car il était plus resplendissant que le Soleil, et je ne voyais qu’une mer de lumière, et je (1) Les 43 ans de monarchie vont de 1804 à 1848; les 3 ans de république, de ¡848 à décembre i85i. L’empire alors fait : 4 -|- 3 = 7. Google Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by vV-W’v
l’initiation 248 n’entendais rien... lorsque tout à coup j’entendis comme un bruit effroyable, et je vis les nuages s’amon celer et la foudre éclater ! Le triangle n’était pas encore au milieu de l’arc,, mais il n’avait plus qu’un pas à faire; le nombre de son repos était un des nombres choisis (1)...
Un coup de tonnerre ouvrit les nues et j’aperçus Jérusalem abîmée dans une effroyable tempête, et ses murs étaient tombés sous les coups du bélier, et le sang ruisselait dans ses rues, car l’ennemi s’en était rendu maître. Et l’abomination de la désolation régnait dans la cité (et bien des signes avaient eu lieu auparavant, à chaque repos du triangle) (2)...
Et voilà que j’aper çus le Patriarche qui sortait du temple env.ahi par les enfants de Baal... et qui fuyait, emportant avec lui l’arche sainte (3), et il courait vers la mer où se couche le soleil.
Etl-’Esprit me dit : « Le soleil se couche à l’Occident et se lève à l’Orient; la nuit succède au jour et le jour à la nuit ; ainsi l’a ordonné le Verbe de (1) Le i* r apôtre est au 1* signe de juillet 1815 - juillet 1816, le 12 * en 1826-27; le i* r en 1827-28 ; le 3* en 1829-30; un pas est ici l’espace de 3 ans (ou 3 signes). Ou bien le nombre de Dieu.
3 x 4 (183o est le 4« apôtre) =12; et i83o = 148 4- 3 = 12; ou encore : 3 x 5 (6, milieu de l’arc, 12, moins 1) = 15 ; 1815 4- 15 = 3o (V. de Stenay.) (2) 18154- 3 = 1818 : fin de l’occupation étrangère; 4« apôtre (4, nombre divin). — 18184- 3 = 1821: mort de Napoléon; 7* apôtre (7, nombre divin).— 1821 4" 3 = 1824 : mort de Louis XVIII; io* apôtre (10 nombre divin). — 1824 4- 3 = 1827 : chute du ministère Villèle, guerre de Grèce; !•» apôtre (1, l’unité, nombre divin). (3) Le Patriarche, le Père ou pasteur du peuple, est le vieux roi Charles X.
Le comte de Chambord paraît désigné par l’Arche sainte; il représente,en i83o,le principe héréditaire du droit au trône (pour le roi catholique de France), Original from CORNELL UNIVERSLQÜ«“ Digitized by LaOOQle
LA PROPHETIE DE PREMOL OU CARTHUSIENNE 249 Dieu... Et cela arrivera une fois sur chaque côté du triangle avant qu’arrive le règne de Dieu... Que ceux qui ont des oreilles l’entendent et qu’au jour où la lu mière viendra ils sachent la reconnaître, car un flam beau doit venir, qui n’est pas le soleil, et qui viendra du côté où se lève le soleil et disparaîtra du côté où • il se couche...
Et il viendra après les ténèbres, et il éclairera le monde, et, quand il aura disparu, la lu mière restera toujours... (i) Car en vérité je vous le dis, à peine l’Arche sera-t-elle rongée par les vers que vous briserez le chandelier qui porte le flambeau... Et la lumière restera... Et cela aura lieu, quand, ^après avoir quitté Judas, leTriangle aura recommencé à parcourir les signes.
Car alors les temps prédits com menceront, et vous ferez pénitence, pour être aimés de Dieu! (2)... » Et voilà que je vis les vainqueurs de Jérusalem remplacer l’Arche par le Veau d’Or! (3) Et (1) Expressions qui rappellent V Apocalypse (ch. 11), et Zacha rie (ch. îv). Révolutions de 1792, i83o, 1848, ou de i83o. 1848, 189...; terminées par l’arrivée d’un sauveur providen tiel venu de l’Orient.
« La lance lui sera donnée par un grand prince d’Orient », annonce Olivarius. Le voyant de Besse-enOisans, François Hustache, a dit que des grands événements auraient lieu à la fin de ce siècle et au commencement de 4’autre {Ame du surnaturel, 1887 et 1888). — Ce prince < pose base de fruit sans fin » avant de mourir, dit Olivarius; c’està-dire donne d’excellentes institutions qui lui survivront.
La lumière restera. (2) Termes obscurs : ils paraissent désigner le dernier siècle, qui commence vers la fin du xix- ; et en outre la ruine de la monarchie française au temps de l’Antéchrist; la conser vation de ses principes par d’autres \£tats, ceux du nord, exempts des bouleversements nouveaux.
Des prophéties disent que la Pologne, l’Irlande (et d’autres nations sans doute) res teront heureuses et paisibles à l’époque de l’Antéchrist (Chavauty, les Prophéties modernes vengées). (3) La Ploutocratie et son roi Louis-Philippe. CORNELL UNIVERSITY
25o l’initiation ils se prosternaient à ses pieds et ils l’adoraient. Son ventre seul était d’or et le reste était chair ; et le ventre était son bouclier... Et des traits étaient lancés contre lui et ne pouvaient l’atteindre (i )... Et il n’y avait pas encore un signe de plus, qu’une peste effroyable ra- * vageait la cité, et le fléau de Dieu s’appesantissait sur la terre (2)...
Et la corruption allait croissant et s’éten dait en marais sur la plaine, et les hommes se chan geaient en reptiles et se baignaient et vivaient dans ces eaux fangeuses, et d’autres se changeaient en oi seaux et prenaient leur vol vers la Montagne pour fuir les eaux montantes; et ils y attendaient, la rage dans le cœur, la venue du Dragon qui doit boire le lac (3).
Et je les vis se grossissant sur la Montagne, et l’Esprit me dit : « En vérité je vous le dis, le jour où le Triangle s’arrêtera sur la tête de Judas, les Aiglons se précipiteront de la Montagne pour dévorer les habi tants de la plaine. Malheur, trois fois malheur, car ce jour approche et le nombre de Judas l’annonce avec le nombre de Dieu! (4) » Et je vis, en effet, que tout était rouge de sang autour de Judas!...
Et je frémis, et mes yeux se fermèrent et je ne vis plus rien... Mais j’entendais l’Esprit...
Et le Triangle parcourait les signes et l’Esprit me disait : « Toute chair périra, et (1) Emeutes vaincues (1831-1848). (2) Le choléra de ¡832 : un signe désigne trois ans en cet endroit. (3) Les Purs ou Montagnards, ennemis des hommes de la plaine ou crapauds du marais comme en 1793. (4) 13, nombre de Judas + 3. nombre de Dieu = 16; ¡832 (date du choléra) 4 16 = 1848. Multipliez i3 par 3, vous avez 39; et 183a -¡-39= 1871 (date de la Commune) 4- 3ç> = 1910.
De plus, i832 — 3g = 1703. j Original from - Digitized CORNELL ■ini'/cRçnffiLA PROPHÉTIE DE PREMOL OU CARTHUSIENNE 251 la chair de l’idole périra aussi, et non seulement sa chair, mais encore son ventre, car le temps approche que le ventre s’affaissera dans la pourriture de la chair et que la main le fuira... Et cela arrivera à la voix du Sinaï et ce sera le premier signe après les épou- ’ vantements de Judas.
Et ce premier signe sera le com mencement de la fin... car la fin approche... Mais que la terre ne tremble pas, Dieu sera béni! Amen! (i) » Et FEsprit souffla sur mes yeux et j’aperçus le Veau d’Or au milieu de ses serviteurs. Et il avait deux cornes... celle de droite était fort grande et l’on brû lait l’encens autour d’elle... et celle de gauche ne fai sait que pousser...
Et ces deux cornes étaient des cornes d abondance, et ces deux cornes contenaient toutes les espérances... (2) Et le triangle s’était arrêté, et il n’avait plus que trois signes à parcourir avant de passer sur Judas...
Voilà que la grande corne se brise contre le pavé des murailles et que l’épouvante règne dans la cité! (3) Puis je vis une Colombe noire qui tenait en ses mains une croix ren versée descendre sur la petite corne et la couvrir de ses ailes; cependant une autre grande corne sortait rapidement du front du Veau d’Or... et la colombe (1) Ruine future de la Ploutocratie.
Le 1* signe désignerait la fin du xix * siècle : l’année 1899 serait marquée par le i* p apôtre, comme 1815, ¡826, etc. Voir plus haut et abbé 'Combe : le Secret de la Salette (Vie et Amat). (2) Le duc d’Orléans et son fils le comte de Paris, né le 24 août 1838 (V. de Stenay). (3) 9, nombre de l’apôtre, x 3, nombre de Dieu, = 27, et 1 815 4-27—1842.; ou 183o 4- 9 3 = 1842. Or 1 4-84-44-2 = 15 = 6 = 3 x 2. ...
252 l’initiation s’envola... (i) Et le Veau d’or secouait la tête comme pour s’assurer de sa nouvelle défense... Et il se croyait puissant et fort. Mais l’esprit de ténèbres était en lui... Et l’Esprit me dit : « La grande tcorne est brisée et c’est un présage... Mais l’homme ne croit pas... Et l’autre grande corne ne pourra défendre l’idole contre ses ennemis (2)...
Elle sera renversée et brisée et sesdébris seront dispersés, et la petite corne tuera le se cond né du Dragon, et cela aura lieu au premier signe après Judas, quand la colombe aura redressé sa croix et que la lumière viendra de l’Orient (3).
Mais le Triangle avait fait deux pas et un tremble ment de terre secoua Jérusalem jusque dans ses fon dements et renversa l’idole que ses adorateurs aban donnèrent en lui criant Raca; car le premier né du Dragon s’était levé des entrailles de la terre, et son re gard fascinait les hommes, et son souffle embrasait tout! (4) « Encore un signe et le Dragon périra à son. (1) La Colombe noire tenant une croix renversée est la du chesse d’Orléans, princesse protestante.
Une loi donna la ré gence au duc de Nemours, de préférence à la duchesse d’Or léans (V. de Stenay). (a) Le duc de Nemours, en 1848, ne put assurer la cou ronne au comte de Paris (iW.). (3) La petite corne peut désigner par extension l’héritier du comte de Paris; il tuerait le second né du Dragon (une répu blique démagogique) au ier signe après Judas (vers la fin du siècle) quand la Colombe (l’Église, par extension) se relèvera après de terribles épreuves.
Un sauveur viendra de l’Orient après ce prince, son précurseur. Voir : abbé Tholon, le Sau veur de demain, Tolra, 1897. — G. Méry, la Voyante et Écho du merveilleux. (4) Les deux pas sont deux signes (6 ans, de 1842 à 1848). L’Europe est alors bouleversée : 1+84-4 + 8 = 21 = 3, ou 3 x 7. Digitized by - CORNELL UNIVE
LA PROPHÉTIE DE PREMOL OU CARTHUS1ENNE 2 53 tour, me dit l’Esprit, car l’Archange Michel le com bat en tous lieux, et déjà il n’a plus qu’un seul re paire, et il sortira de ses flancs, comme Jonas du ventre de la baleine, le Captif qui doit lui écraser la tête (i). » Encore un signe et le Dragon périra, mais encore un signe et il dévastera la terre, car il parcourra le monde tant que le triangle restera sur Judas, et il ne s’arrêtera que devant la lumière qui le chassera comme elle chasse les ténèbres...
Or, l’aurore commencera quand le Triangle quittera Judas (2). Et le Triangle ayant fait un pas, je vis la tempête qui agitait au loin les vagues de la mer, et l’Archange planait sur les mers, et le Dragon se tordait en tron çons sur la terre (3). Et je vis sur le sommet de Jérusalem un ver luisant (1) Le prince Louis-Napoléon, l’ancien prisonnier de Ham. (V. de Stenay). (a) Un signe désigne le trois ans qui vont de 1848 à 1851.
Feu M. Collin La Herte admettait qu’après trois autres années le triangle était resté sur Judas depuis 1854, époque de la guerre de Crimée, amenant l’alliance de Napoléon III avec le Piémont entre Pie IX et l’Autriche, et, selon ses derniers cal culs, 1897 devait voir de graves événements : 1854 4- ¡3 x 3. (ou 3g) = i8g3 + 3 = 1896 4- 1 = 1897 (lettre à moi adressée le 18 mai 1895).
FeuM. l’abbé Roubaud m’écrivait, le 21 décembre 1895, que le Tricycle lui paraissait devoir rester sur Judas de 1854 à 1896, puis se remettre en mouvement pour n’atteindre le premier signe qu’en 1899 : pendant ce temps éclateraient des catastrophes. Ajoutons à 1851 les nombres 45 et 48, divisibles par 3, nous trouvons 1896 et 1899. Or 1899 est l’année du premier apôtre. De même, 1854 4- 45 = 1899. Or, 1899 = 1 2 3 7 = 9 î et 27 : 3 = 9.
Voir la première note de ce travail. (3) Vaines tentatives révolutionnaires en Europe de 1 851 à 1859:1851 = 15 = 6= 2 x 3. .Original from ui+versity
254 l’initiation d’un éclat remarquable... Ah! Seigneur, vos secrets sont impénétrables !...
Que signifie ce chandelier à sept branches que je vois s’avancer avec ses sept torches dont la lumière semble vouloir éclipser l’éclat du point qui brille au sommet du temple... et forcer le ver à rentrer sous terre (1).. .■ Mais que vois-je, la torche la plus grande et la plus ardente tombe et s’éteint, et les autres s’en réjouissent et se disputent la place...
Et voici les branches du chandelier qui s’entrechoquent, et les étincelles voltigent sur les épis (2)... Grand Dieu!... l’incendie dévore les maisonsj’orage gronde, et la foudre éclate avec fracas!... Et je vois les tronçons épars du Dragon qui se réu nissent !... Ah! Seigneur, votre Triangle se repose maintenant sur Judas ! (3)... Seigneur, Seigneur, arrêtez votre colère ! par quels signes voulez-vous donc manifester votre puis sance ?
L’Archange est remonté vers les cieux et le Dragon lève la tête et fait entendre des sifflements affreux... Et les loups affamés se précipitent de la Montagne et viennent dévorer les moutons qu’ils déchirent jus qu’au milieu des étables (4)...
Et les hommes épou- (1) Napoléon III vaincu par les sept princes qui viennent assiéger Paris (les sept chefs devant Thèbes, dit Hugo dans l’Année terrible). (2) Divisions des princes. (3) Bouleversements sociaux en France et hors de France vers la fin du xixc siècle. (4) La Guerre des Rouges (Proph. de Pouillé : Derniers avis prophétiques,çmN. de Stenay, 1872, in-12). Le Secret de la Salette dit qu’on se massacrera jusque dans les maisons. Lire dans les Voix prophétiques de M. l’abbé Curique les pré- ■ ■ ’^- *->orîginaf frenm CORNELL HNIUFF : ; Digitized by
LA PROPHÉTIE DE PRÉMOL OU CARTHUSIENNE 2 55 vantés s’enfuirent de tous côtés, emportant leurs tré sors, et ils sont accablés sous le poids de leurs trésors et tombent sur les chemins... Quel carnage, ô mon Dieu !... le sang coule à flots dans le lit du Jourdain ! il roule des cadavres, des crânes brisés et des membres épars !... Et les vagues de la mer teintes de sang s’en vont aux rivages loin tains épouvanter les nations !... (i).
N’est-ce pas assez, Seigneur, d’une pareille héca tombe pour apaiser votre colère?... Mais non!... Quel est donc ce bruit d’armes, ces cris de guerre et d’épouvante qu’apportent les quatre vents ?... Ah ! le Dragon s’est jeté sur tous les États et y a porté la plus effroyable confusion... Les hommes et les peuples se sont levés les uns contre les autres... Guerre!.., Guerre!... guerres civiles, guerres étrangères!
Quels chocs effroyables !... (2) Tout est deuil et mort et la dictions du P. Nectou, de S. Nativité, d’une trappistine, de l’abbé Mattay, de la religieuse de Belley, de l’abbé Souffrant, de Marie des Brotteaux. Cette dernière dit que les méchants auront fait des listes des bons qu’ils voudront égorger.
Ces prophéties me paraissent vraies pour le fond, mais peuvent avoir été remaniées. (1) Le mot de Jourdain signifie un fleuve en général : il sym bolise ici la Seine (V. de Stenay).
Le voyant d’Owel s’est écrié: «... le grand ruisseau a éconduit toutes rouges de sang ses eaux à la mer. » Olivarius dit de même : « Dans Lutetia, la Seine, rougie par sang, sudite de combats à outrance étendra son lit par ruine et mortalité. » — « Je vois le sang couler, la Seine en est teintée » daine l’archange par la voix de la sibylle pa risienne. (2) Le secret de la Salette dit aussi : « la France, l'Italie, l’Espagne et l'Angleterre seront en guerre, le Français contre le Français, l’Italien contre l’Italien, puis il y aura une guerre qui sera épouvantable. »
2 56 l’initiation [décembre famine règne aux champs (i). Jérusalem!... Jérusa lem ! sauve-toi du feu de Sodome et Gomorrhe et du sac de Babylone... Eh quoi ! Seigneur, votre bras ne s’arrête pas ! N’estce donc pas assez de la fureur des hommes pour tant de ruines fumantes?... Les éléments doivent-ils en core servir votre colère?... (2) Arrêtez, Seigneur, ar rêtez... Vos villes s’abîment d’elles-mêmes... Grâce, grâce pour Sion...
Mais vous êtes sourd à nos voix, et Ja montagne de Sion s’écroule avec fracas... La croix du Christ ne domine plus qu’un monceau de ruines.
Et voici que le roi de Sion attache à cette croix et son sceptre et sa triple couronne et, secouant sur les ruines la poussière de ses souliers, se hâte de fuir vers d’autres rives !... (3) (1) La famine est prédite par plusieurs prophéties : celles de Belley et de Blois, la compilation de Vatiguerro, un voyant ré mois (De Stenay : Grand Phare, Lille, 188 1, Boisleux) ; celui xie Lusa (Collin La Herte : ¿a Vengeance divine); par Anne de la Foi (id : le Phare proph.)\ par Nostradamus (IV, 3o, 1, 67, I, 16, II, 6, 11,62, I, 55). (2) Une pluie de soufre (ou de feu) menace Paris (proph. de Mgr de Hohenlohe, Nostrad : X, 49.
M11® Couédon, Caroline Lorcy (Ann. de Surnaturel, 1884), la vénérable Prati, ont parlé -d’une pluie de feu.
Trois jours de ténèbres pestilentielles, horribles, pendant lesquelles les cierges bénits seuls pourront éclairer, ont été prédites par une trappistine en 1816, Joséphine Lamarine, Marie des Terreaux, Elisabeth Canori-Mora, Anna-Maria Taïzi, Mélanie Calvat, Palma, Berguille, Marie-Julie (l’extatique de Blaye), Joséphine Reverdy (l’extatique de Boullerest), la reli gieuse de Blois, celle de Belley, et aussi le curé d’Ars (Voir Turique, Dernier Mot des prophéties; 2 Lettres de NotreDame des Sept-Douleurs, par M. l’abbé Olive, à Cette, 1886- <885, p. 4i5).
C’est ce dernier fléau qui convertira un grand nombre d’ad - versaires de l’Église catholique. (3) Sion est Rome. Marie Lataste a dit que l’Église paraîtrait - CORNELL UNM Digitized by
1897] LA prophétie de prémol OU CARTHUSIENNE 257 Et toi, superbe Tyr, qui échappes encore à l’orage... ne te réjouis pas dans ton orgueil...
L’éruption du volcan qui brûle tes entrailles approche, et tu tombe ras bien plus avant que nous dans le gouffre !... (1) Et ce n’est pas tout, Seigneur, votre Église est déchi rée par ses propres enfants... les fils de Sion se parta gent en deux camps... l’un fidèle au Pontife fugitif, et l’autre qui dispose du gouvernement de Sion, respec tant son sceptre mais brisant ses couronnes... et qui place la Tiare mutilée sur une tête ardente qui tente des réformes que le parti opposé repousse, et la con fusion est dans le sanctuaire...
Et voilà que l’Arche sainte disparaît... (2). Mais mon esprit s’égare et mes yeux s’obscurcissent à la vue de cet effroyable cata clysme. « Mais, me dit l’Esprit, que l’homme espère en Dieu et fasse pénitence, car le Seigneur tout puissant est miséricordieux et tirera le monde du chaos... Et un monde nouveau commencera. » Et l’Esprit souffle sur mes yeux...
Et le Triangle de Dieu avait quitté Judas, et il se trouvait au premier signe... (3) Et je vis un îiomme, d’une figure resplensuccomber pendant une période d’un peu plus de trois ans. La prophétie placentienne a parlé d’un lustre. Jean de Vatiguerro dit que, pendant vingt-cinq mois, il n’y aura plus de pape à Rome. (1) L’Angleterre et la révolution sociale. Le P.
Necton a dit que l’Angleterre éprouvera une révolntion plus affreuse que la nôtre et que la France l'aidera à recouvrer la paix. (2) L’arche paraît ici symboliser l’Unité catholique ou l’au torité pontificale. Il peut y avoir un interrègne.
Malachie donne pour successeur à Léon XIII (Lumen in cuelo), Ignis ardens, Religio depopulata, Fides intrepida, etc. (3) Peut-être pourrait-on calculer ainsi cette date: 1899, premier signe 4- 3, nombre de Dieu = 1902 ; -f- 1 = 1903 ; ou 9 Digitized by Google Original from CORNELL UNIVERSITY
258 l’initiation dissante comme la face des angés, monter sur les ruines de Sion... (i) Une lumière céleste descendit du ciel sur sa tête, comme autrefois les langues de feu sur la tête des Apôtres... Et les enfants de Sion se prosternèrent à ses pieds et ¡1 les bénit... Et il appela les Samaritains et les Gentils, et ils se convertirent tous à sa voix... (2).
Et je vis venir de l’Orient un jeune homme d’une beauté remarquable monté sur un Lion, et il tenait une épée flamboyante à la main, et le Coq chantait devant lui, et le Lion mit le pied sur la tête du Dragon... (3). Et sur son passage tous les peuples s’inclinaient, car l’esprit de Dieu était en lui (4)...
Et il vint aussi 1911, premier signe, etc. Les travaux de Piezzi Smith sur la grande pyramide mentionnent 1911 comme date remarquable. (1) Le grand Pape, qu’annoncent quantité de prophéties^ S. Marie de Jésus Crucifié a dit que le triomphe de l’Eglise com mencerait dès le règne de Religio depopulata et serait com plet sous Fides intrepida (Vie...
Pam, Bergerot). (2) Conversion des incrédules, des mahométans, des héré tiques, des schismatiques (V. de Stenay). Le tiers des hommes doit périr (Apoc. xv ; Hélène Wallraff; Curcique, Voix pro- * ph.\ Secret de la Salette; M11« Couédon).
Les mauvais se ront anéantis (ià., etc.) (3) Le jeune prince qui sera le véritable sauveur arrive de l’Orient : sa puissance de lion comprime l’anarchie; les. princes d’Orléans paraissent ici marcher devant lui comme ses. hérauts d’armes. (4) Dieu sera cru [guerroyer] avec lui tant prudent et sage sera le rejeton de la Cap, dit le prophète d’Orval. Le grand pape ici désigné est Fides intrepida de Malachie.
Les choses merveilleuses dont parle le voyant sont le triomphe miraculeux d’un jeune prince protégé par la Provi dence, ses victoires sur ses ennemis, le rétablissement de l’unité chrétienne par un grand Pape, la renaissance de la fra ternité des premiers âges du christianisme. (Voir : Baron de Nonaye, Guerre et révolution-, Chamuel, 1896, 1 fr. 5o.) CORNELL UNIVERS Digitized by
LA PROPHÉTIE DE PREMOL OU CARTHUSIENNE 2 5g sur les ruines de Sion, et il mit sa main dans la main du Pontife et ils appelèrent les peuples, qui accouru rent, et ils leur dirent : « Vous ne serez heureux et forts qu’unis dans une même foi et un même amour. » Et une voix sortit du ciel au milieu des éclairs et du tonnerre, disant : « Voici ceux que j’ai choisis pour mettre la paix entre l’Archange et le Dragon... et qui doivent renou veler la face de la terre !...
Ils sont mon verbe et mon bras... Et c’est mon esprit qui les guide. » Et je vis des choses ver veilleuses, et j’entendis les cantiques s’élever de la terre vers les cieux... puis j’aperçus à l’horizon un feu ardent, et ma vue se troubla, et je ne vis et n’entendis plus rien (3)... Et l’Esprit me dit : « Voici le commencement de la fin qui commence... » Et je m’éveillai épouvanté !
CONCLUSION Très peu de textes prophétiques pourraient servir à commenter les dernières pages de l’admirable vati cination qu’on vient de lire. Toutefois, certaines données permettent de préciser davantage ce qui doit arriver au xxe siècle.
La vieille prophétie du Roi des Lis, que la tradi tion attribue à saint Thomas d’Aquin, et qui fut im primée en 1522 et 1524 dans le Liber mirabilis, parle ainsi du Grand Monarque : « Vers la fin des (3) L’époque de l’Antéchrist. Original from fëtfWtfERSITY Digitized b
2Ô0 l’initiation temps, il paraîtra un Monarque de la nation du trèsillustre lis; il aura un grand front, des sourcils élevés, de grands yeux et le nez aquilin. Il rassem blera une grande armée, et il détruira tous ceux qui tyrannisaient son royaume. Il les frappera à mort ; fuyant à travers les monts, ils chercheront à éviter sa face.
Il fera aux chrétiens (i) une guerre acharnée jusqu’à la quarantième année de son âge (2), et sub juguera tour à tour les Anglais, les Espagnols, les Aragonais, les Lombards, les Italiens. Les rois chré tiens lui feront leur soumission. Rome et Florence périront, livrées par lui aux flammes, et le sel pourra être semé sur ce territoire où tomberont sous ses coups les derniers membres du clergé.
La même année, il gagnera une double couronne ; puis, traver sant la mer à la tête d’une grande armée, il entrera en Grèce et sera nommé roi des Grecs. Il subjuguera les Turcs et les barbares, etc... » D’autres prophéties complètent cette dernière. Nostradamus a dit, dans ses Centuries : iv. 86 : L’an que Saturne en eau sera conjoint Avesque Sol, le Roy fort et puissant A Reims et Aix sera receu et oingt. Après tempeste meurtrira innocent.
Cette conjonction de Saturne et du Soleil en eau, c’est-à-dire dans le Verseau ou les Poissons, ne peut (1) Aux mauvais chrétiens. (2) Ceci ne pouvait pas être appliqué au comte de Chambord. La prophétie d’Orval dit : «Venez,’ jeune prince ». Olivarius^ parle du « jeune guerrier ». Le F. Antoine l’a vu acquérir une nouvelle couronne à l’âge d’environ quarante ans. Le moine de Padoue parle de même; mais sa prophétie peut n’être pas. authentique. Original from WWE UNIVERSITY Digitized by
LA PROPHÉTIE DE PREMOL OU CARTHUSIE' NE 261 avoir lieu avant 1902 ou 1903 (De Stenay, le Soleil prophétique, p. 2o3, 1875, in-12) (1). Le couronnement du véritable sauveur me paraît terminer une guerre de deux années en France. « La guerre durera près de deux ans... dit une prophétie italienne.
Les armées ennemies n’envahiront pas de suite l’empire apostat... » (Chauffard, la Révolu tion ; Avignon, Aubanel, in-12. — Mgr Cerri, l futuri destini.) La prophétie suisse du château de Lusa dit également : « C'est du nord que partira la pre mière étincelle de la guerre qui durera à peu près deux ans... La ville où a commencé le crime sera détruite.
Ceux d’entre les apostats qui échapperont à la famine, à l’épée, aux échafauds, chercheront un asile dans les contrées du Nord, où ils mèneront une vie sans intérêt. C’est du Nord que viendront les armées destinées à réduire les apostats. Différents motifs engageront les principales puissances contre les (1) « Il paraîtra, dit Turrel, dans le signe Virgo, et son signe à lui sera Pisces. — Qu’on se souvienne des nombres millé naires de N. S.
J.-C. suivis de 796 =8 — 814 Y 3o — 829 H 190 — 83o H 1 — 83 1 % 4 — 832 696 — rip 28 — 848 £ 0— 85o tjx <C Cl et surtout des signes Pisces et Virgo. » (La Période, i53 1, in-12.) Une édition de Nostradamus, datée de 1568, porte en tête un curieux dessin de l’auteur, qui représente le Grand Henri Second (secundus, favorable), entre le signe des Poissons (qui a rapport à l’Église protégée) et celui du Sagittaire (qui con cerne des châtiments).
Ce dessin fait allusion à Saturne en eau (les Poissons ou bien le Verseau) et à ces vers : Faux à l’estang joint vers le Sagittaire. (I. 16.) ... Le siècle approche de rénovation. ... Renouvelant siècle d’or pour l’airain. (V. 41.) (Almanach pour 1880, par l’abbé Torni-Chavigny, p. 120.) Original from CORNELL UNIVERSITE Digitized by boogie
* 2Ô2 l’initiation apostats, dont la destruction sera portée aux neuf dixièmes. » (Collin La Herte, la Vengeance divine, p. i3 ; br. in-32, 1884.) Une prédiction relatée par le journal la Croix, en 1894, a dit qu’on verra une année de grande séche resse, puis un été orageux et une guerre, qui, dans deux ans, se terminerait par lej triomphe de ¡’Église. Mais il y aura encore quatre années de guerres contre une coalition.
« Guerroyant encore avec tant de gloire sept fois sept lunes, que trinité population européenne, par grande crainte et cris et pleurs, of frant leurs fils et épouses en otages, et ployant sous les lois saines et justes et aimées de tous... » dit la prophétie d’Olivarius (1).
« Le Lis, est-il donc écrit dans la prophétie de Thomas, perd sa couronne dont sera couronné le Fils de l’homme; et, pendant quatre ans consécutifs, se succéderont des troubles et conflits sanglants religieux (2). » Olivarius ajoute immédiatement : « Ains paix durant vingt-cinq lunes. Dans Lutetia, la Seine, rougie par sang, suite de combats à outrance, étendra son lit par ruine et mortalité. Séditions nouvelles de malencontreux maillotins.
Ains seront pourchassés du palais des rois par l’homme valeureux, et peu après les immenses Gaules déclarées par toutes les (1) Chauffard, les Prophéties (Paris, Thorin, 1886, in-12),. J’admets, avec cet écrivain, que, dans les prophéties dites d’Orval et d’Olivarins, la partie qui concerne Napoléon zer a dû subir des remaniements (La Révolution, pp. 240-242). (2) Chauffard, la Révolution, p. 228. Il s’agit ici du vrai sauveur qui règne après le faux sauveur. ______ ' COf^lELL UNI Digitized by Go
LA PROPHÉTIE DE PREMOL OU CARTHUSIENNE 203 nations grande et mère nation.... * Il désigne bien ici l’écrasement delà démagogie socialiste. Ces textes ne donnent pas la date de l’année où commence la guerre contre la coalition, Tout au plus pensons-nous entrevoir que le triomphe dernier du prince sur le socialisme aura lieu lieu vers 1910.
Un savant exégète, M. Chauffard, admet que la ruine du mahométisme aura lieu en 1912 ou bien en 1920, d’après deux calculs faits sur l’Apocalyse et sur Daniel, selon des systèmes différents (1). Il est vraisemblable que cette ruine aurait lieu plutôt après qu’avant l’écrasement du socialisme. Nostradamus annonce 57 années de paix, que sui vront les 27 années des guerres de l’Antéchrist. Centuries : X.
89 : De brique en marbre seront les murs réduits, Sept et cinquante années pacifiques; Joye aux humains, rénové l’acqueduct, Santé,grands fruits, joye et temps mellifiques. VIII. 77. L’antechrist trois bientost annichilez, Vingt et sept ans durera sa guerre; Les hérétiques morts, captifs exilez, Sang, corps humain, eau rogie gresler terre. X. 72.
L’an mil neuf nonante-neuf cent sept mois, Du ciel viendra un grand roy d’effrayeur Ressusciter le grand roy d’Angolmois, Avant après Mars régner par bonheur. X. 74. Au révolu du grand nombre septiesme, Apparoistra au temps jeu d’hécatombe, Non esloigné du grand âge milliesme. Que les entrez sortiront de leur tombe. Les 57 années pacifiques pourraient s’étendre de 1912 à 1969, ou de 1915 à 1972. Mais je crois devoir distinguer, d’après les révélations de sainte Hilde- '¡) Prophéties, p. 186, 5oy, 640.
l’initiation 264 garde, de sœur de la Nativité, de Mélanie, de M”® Couédon, vingt-cinq années d’une tranquillité uni verselle, au temps du grand Monarque qui fera régner la paix du Saint Esprit, rappelant celle d’Auguste (1); puis la France aurait le privilège d’achever les 57 années de paix dont les 25 font partie.
Sainte Hildegarde et sœur de la Nativité annoncent une invasion des Jaunes dans l’Asie occidentale après les 2 5 ans de paix universelle (2).
La prophétie d’Orval, après avoir mentionné la conversion des hérétiques, s’exprime ainsi : « Dieu est saoûl d’avoir baillé des miséricordes, et ce pour tant il veut, pour les bons, prolonger la paix encore pendant dix fois douze lunes. »J'ignore si ces périodes désignent les dernières années du règne du Grand Monarque, ou le temps qui suivra. « Dieu seul est grand!...
Les biens sont faits, les saints vont souffrir, l’homme du mal arrivé de deux sangs prend croissance. La fleur blanche s’obscurcit pendant dix fois six lunes et six fois Vingt lunes, puis disparaît pour ne plus reparaître, Moult de mal,fguère de bien en ce temps-là. Moult villes périssent par le feu. Sus donc lors Israël vient à Dieu. Christ tout de bon. Sectes maudites et sectes fidèles sont en deux parts bien marquées. « Mais c’est fait.
Lors Dieu seul sera cru. Et la tierce part de la Gaule et encore la tierce part et demie n’a plus de croyance. Comme (1) Divus Augustus urbem, qùam lateritiam accepit, marmoream reliquit (Suétone) : Le divin Auguste reçut une Rome de briques et laissa une Rome de marbre. (2) De 1937 à 1902, oude 1944 à 1969. •A
LA PROPHÉTIE DE PREMOL OL’ CARTHUSIENNE 265 aussi tout de même les autres gens. Et voilà déjà six fois trois lunes et quatre fois cinq lunes que tout se sépare et le siècle de fin a commencé. Après un siècle non plein de lunes.
Dieu combat par ses deux justes et l’homme du mal a le dessus. » On voit que le prophète mentionne le nombre de lunes du triomphe de l'Antéchrist, mais non celui d’une période confuse qui précédera ces lunes ; pas plus qu’il ne fait connaître les dates du règne du Grand Monarque (i). Quant au jour de la fin du monde, il y aurait folie à vouloir le fixer, puisque le Créateur s’en est réservé le secret.
Le lecteur de la prophétie de Prémol reconnaîtra, malgré la médiocrité de ce bref commentaire, que la Providence fait tout avec poids, nombres et mesures, qu’Elle connaît de toute éternité nos plus secrets des seins, et qu’il ne faut pas attendre l’heure des châti ments pour fléchir le genou devant la seule Église véritable.
Saturninus. (i) « Après un nombre non plein de lunes », cela doit s’en tendre de moins de ¡9 ans, car 18 ans 5 mois valent un cycle lunaire : la période de confusion commencerait donc vers 1980; les 37 ou 38 années préce'dentes conduiraient à 1943. — Lire : Voici l'heure ! br. 8“ par H. T. Imprimerie N.-D., à Pierre, par Toul, (Meurthe-et-Moselle), 1889, CORNELL (SITY
266 l’initiation f-king, ÿao~see, |ao-te-king ET ¡LA HUMERATIOK Pour apprendre quelque chose sur l’ancien peuple de la Chine, nous sommes malheureusement forcés de ne recourir qu’à ses écrivains, par le fait qu’il n’a laissé aucune étude chez d’autres peuples contempo rains d’où nous puissions cueillir certaine de ses dates historiques, de ses faits et de ses mœurs.
Le grand historiographe « Lo-pi » nous a laissé une étude intitulée Lu-se qui n’est qu’un ensemble de toutes les autres études avec leur critique et en plus quelques fables.
En approfondissant cette étude, on voit qu’elle est fort intéressante sous le point de vue historique parce qu’il la divise en trois grandes époques : 1) L'époque divine, qui date de la création de l’homme en l’année 273532 et qui dure jusqu’en 3468 avant Jésus-Christ : 2) L'époque héroïque, qui commence à l’année 3468 et qui dure jusqu’en 2357 avant Jésus-Christ (l’époque du déluge) ; 3) L'époque humaine, qui commence à l’année 2357 avant Jésus-Christ et qui continue jusqu’à nos jours.
La chronologie exacte des Chinois n’a pas encore pu être exactement déterminée jusqu’à présent, parce X Original from ; CORNELL UNIVERSITÄR Digitized by
Y-KING, TAO-SEE, TAO-TE-KING ET LA NUMERATION 267 que ses auteurs même émettent des idées divergentes à ce sujet. Le grand philosophe « Chao-tse » donne le nom de révolûtion à la durée entière du temps écoulé depuis la création jusqu’à nos jours, et il la subdivise en douze périodes. Chaque période comprenant 10800 ans, ceci nous démontre que la durée d’une révolution est de : 10800 X 12 = 129600 ans.
Ce temps écoulé, tout est détruit, et une nouvelle période commence, formant ainsi une autre révolu tion, et il suit ainsi de suite. En laissant ceci de côté, nous nous occuperons de leurs dogmes et croyances. Y-KING Y-King est le nom d’un livre saint, le plus ancien de tous les livres chinois ; il a été écrit par * Fo-hi » (3468 avant Jésus-Christ).
Celui-ci fut le premier empereur qui a formé le vaste empire chinois qui est jusqu’à nos jours. ~ Il fut le sage des sages. Son livre n est point écrit par sigi^ hiérogly phiques, mais par certains caractères de forme fort curieuse, composés de douze lignes plus grandes et de douze autres plus petites.
Longtemps ce livre demeura lettre morte pour les Chinois, qui se demandaient quelle énigme il pour rait bien renfermer ; il n’a pu être déchiffré,qu’à l’avénement ’de Koung-Fu-tsee (479 avant Jésus-Christ) Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
268 l’initiation qui donna pour la première fois son explication avec quelques commentaires. Y-King est composé de dix chapitres (ailes). La création du monde est représentée par le signe symbolique suivant : Qui est le commencement des commencements, La plus haute sagesse, La force prodigieuse qui a donné naissance au ciel et à la terre.
Ce signe sort de son centre, représenté par un seul point qui est le symbole du principe unique qui donna naissance premièrement au binaire V et puis, en l’allongeant par une ligne en bas, forme le ternaire. Y Le ciel et la terre formèrent les cinq éléments. Tous ces huit éléments ensemble ont fait tout le reste. C’est à remarquer qu’ici le symbole du principe unique est représenté aussi comme dans la kabbale hébraïque par un seul point.
Les Hébreux le nomment 0) iod (le macrocosjne). Les Chinois lui donnent le nom de Taï-Ki, équiva lent à : commencement des commencements, et à la. sagesse la plus haute. Taï-Ki. le plus haut sommet. Digitized by Google Original from . UNIVERS
Y-KING, TAO-SEE, TAO-TE-KING ET LA NUMERATION 269 Le point où s’unissent les deux lignes produit deux gémeaux V A L’unité Iang (le parfait). Le binaire Yin (l’imparfait). Le ciel et la terre Le bien et le mal Le fluide et le compact L’actif et le passif Le matériel et l’esprit.
Ici nous buttons à une grande différence, car il est vu que le principe unique de cette doctrine n’est point androgyne, et le binaire joue le premier rôle, que je ne trouve non plus parfait. Le principe des principes : [Deux causes produisent un effet}.
En analysant chaque trait en particulier et en les multipliant d’après le système de Fo-hi, nous obtenons la figure suivante : YYYY yyyyyyy De cette manière on explique comment ces huit éléments ont fait naître toutes choses. Ceci est jus qu’ici l’explication théorétique en abrégé de la doc trine Fo-hi par « Koung-Fu-tsee ». TAO-SEE Cette doctrine Jésus-ChrisV. es émise par Lao-tsee (604 avant V Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
l’initiation 270 Il reconnaît un ensemble général (chaos), qui fut résolu par (Li) l’être suprême. La loi des lois. Li est le principe unique des productions naturelles. Li produisit deux principes: l’actif et le passif. Celui-ci représente la création du monde par le symbole suivant: T (tau) Mais il parle de chaos qui a été résolu par LI qui créa toutes les productions naturelles. Par conséquent Lao-tsee admet le symbole de Taï-Ki : A qui n’est autre que « lambda » ancien ou « lameh »v et d’où les autres nations déduisaient le symbole de la lumière, En résumé nous avons: LI, TA, Tien, Mi, Li. Plus loin nous trouvons la trinité représentée par : Tien-hong Ti-hong Gien-hong Ou mieux la Divinité du ciel, de la tçrre et de l’homme. » Ou encore la Divinité de l’esprit, de la matière et de l’homme. ô Le dernier et le plus parfait terme de la création Digitized by Google Original from COHNbLL UNIX'CPTITWbi
Y-KING, TAO-SEE, TAO-TE-KING ET LA NUMÉRATION 27 I est par conséquent l’homme, qui à son tour corn * prend une Trinité : L’homme physique. L’homme moral. L’homme intellectuel. TAO-TE-KING Doctrine émise par Lao-Kimm ; lui aussi reconnaît le chaos d’où est sorti toutes choses. Tao produisit l’un (—) L’un à son tour nous donna deux (A) ou (L) ou (1) ou (T). Deux forma trois Et trois produisit tout ce qui existe : La Matière La Mère La Famille , Il est à remarquer que le principe unique, le binaire et le ternaire, a existé dans toutes ces trois doctrines, mais sous fQrmes diverses. LA NUMÉRATION Les Chinois font surtout une grande différence entre les nombres pairs et impairs. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by C-oosie
272 l'initiation j) Un nombre impair indique la seule force divinecréatrice de tout. Il indique aussi Pomau — Ksu comme le premier homme qui fut sur la terre, d’aprèsl’écrit de Lo-pi dans sa Lu-se. Par ceci, nous voyons que un est le tétragramme divin et le tétragramme humain. 2) Deux indique les éléments qui peuvent donner naissance: Le père — la mère. L’actif — passif. L’es prit— la matière, etc., etc. Celui-ci est le principe de binaire.
3) Trois, nombre vénéré qui représente la trinité. L’Etre suprême en trois personnes. 11 représente aussi Tien-ho an g, qui domine le ciel, la terre et l’homme. Tien-hoang représente : Tien Tie Gien — Hoang qui préside, accompagné de dix grands agents ou dix membres divins, ou : 11 = Gien - Hoang -f- 1 o membres 12 = Tie - Hoang-f- 10 membres 13 = Tien - Hoang 4- 10 membres. d’où il résulte qu’wn tie - Hoang représente l’Univers entier.
Qu’wn tien - Hoang avec 12 membres, frères ayant tous les mêmes droits, et par conséquent un zodiaque avec ses douze constellations, Une année avec 12 mois, Digitized by
Y-KING, TAO-SEE, TAOTE-KING ET LA NUMERATION 27$ Un jour avec 12 heures. Qu’t/n Gien-Hoang avec 10 membres, frères avec les mêmes droits, sont dix Aï divins, dix chefs de Dinasties héroïques. 4) Quatre. On n’a trouvé aucune remarque concer nant ce nombre, et ainsi on ignore sa signification. 5) Cinq, nombre impair, considéré comme terme moyen entre les nombres divins. 11 est le symbole de la terre. Ainsi il représente les cinq livres canoniques.
52 = 5X5 — 2 5 (l'homme) 6) Six est le double de trois, est composé de Tienhoang et du produit universel : Tien -h esprit. Tie -f- matière. Gien 4- univers. Nous trouvons aussi chez le’peuple du Céleste-Empire un tétragramme théorétique. 7) Sept, nombre auguste, sert d’amulette contre les maladies. C'est le septennairc. Il représente l’arbre de la science.
L’empereur modèle Hong-ti, de l’époque héroïque ou antédiluvienne, est le septième chef de la dynastie. Le septième roi de la septième Ki est au-dessus de tout par ses vertus. En un mot, sept (7) chez les Chinois est le nombre qui a le plus de valeur. 8-9) Huit et neuf. On ne leur connaît aucune signiScation. I.-T. Ulic.-. Digitized by Got »gle Original from CORNELL UNIVERSITY
2 74 l’initiation Et la Philosophie de l’Impersonnalisme méthodique, à propos de Pascal et Descartes (i). En 1865 paraissait VEssai dun ultimum Organum ou Constitution scientifique de la Méthode de Strada. Cette date, les siècles la béniront, car elle est le point de départ d’une ère de Paix et d’Unité.
Cet Essai qui n’est pas un essai, mais une oeuvre parfaite, clôt l’ère des Fidéismes et des Rationalismes et ouvre Fère de la Science impersonnelle, de la Reli gion de la science, du savoir total équilibré. Tous les autres ouvrages de Strada ne sont que le développement magnifique de VUltimum Organum. Ils en sont comme la brillante floraison, le merveil leux épanouissement.
Il corrige, complète et parfait l’œuvre méthodique d’Aristote, de Bacon, de Des cartes et de Spinoza. Strada constate que l’homme se conduit toujours d’après un critérium, autrement dit, d’après la mé thode de penser que lui impose le critérium. C’est parce qu’il a besoin de croire que l’homme adopte un critérium. Le critérium est le mobile, (i) i vol. in-8, 5 francs (OllendoriT).
Original from CORNELL UNIVERSITYSTRADA ET LA PHILOSOPHIE DE L’IMPERSONNALISME 2^5 connu ou inconnu, qui l’anime, le fait vivre; c’est le levier qui le soulève, l’aiguillon qui le pousse à Faction. Sans la certitude de son critérium, l’homme n’agirait point. Tous les développements humains, toutes les civi lisations portent le sceau d’un critérium.
Lorsque l’homme s’aperçoit du vide deses croyances, de la faillibilité de son critérium, il doute, il tombe dans le découragement. La civilisation s’arrête dans son développement, entre en décadence. Une autre ne naît que lorsque l’homme a adopté un autre critérium.
L’histoire h’est donc autre que« la lente et doulou reuse expérimentation des divers critériums infailli bles que la méthode consciente ou inconsciente a pré sentés (i). » Ces critériums se divisent en fidéistes et rationa listes. Les uns et les autres ont le Moi pour unique source. En effet, qu’est-ce qu’un critérium rationaliste et un critérium fidéiste?
Un critérium rationaliste n’est qu’un Moi qui s’impose aux autres mois par sa raison, son opinion, son système. Un critérium fidéiste, c’est une Foi, mais une Foi n est autre que le Moi d’un roi, d’un prêtre ou d’un homme-dieu s’imposant aux autres mois, devenant critérium. Ainsi le christianisme a pour critérium le Christ, le catholicisme le pape, une monarchie abso- (i) Loi de F Histoire, p. 10. Digitized by Google Original from CORNELL UNIVERSITY
l’initiation 276 lue le monarque, une théocratie le prêtre, une répu blique démocratique le peuple. Le Moi est-il infaillible ? Assurément non. Pour qu’il le fût, il faudrait qu’il possédât la science inté grale, qu’il fût Dieu. Or, l’homme n’est pas infail lible, mais très faillible, et même sa faillibilité varie à chaque instant. Car elle dépend de son degré de con naissance d’abord, puis de son degré de lucidité.
On est plus ou moins lucide selon l’état d’esprit ; mais l’état d’esprit est continuellement influencé par les désirs, les passions, les vices, l’humeur, la tristesse et la joie. Donc la raison de l’homme varie, donc elle ne saurait être critérium. C’est pour cela que ce qui est évident pour l’un n’est pas toujours évident pour un autre. Au surplus « poser l’homme en critérium, c’est, dit Strada, impliquer l’athéisme dans la méthode.
Car si l’évidence subjective est, comme l’a cru Descartes, le critérium absolu, l’évidence n’étant que l’esprit voyant, l'esprit voyant est le critérium absolu; mais si l’esprit voyant est critérium, il est le juge dernier et absolu du vrai; mais s’il est le juge dernier et absolu du vrai, il est le facteur de l’absolue vérité, il est l’absolu même.
L'évidence de Descartes lance donc tout esprit qui ose être logique dans l’abîme du pan théisme subjectif de Hégel, pour rebondir de là dans l’athéisme, car Dieu n’est pas, si l’homme a une va leur d’Absolu ». Quant à la Foi, voici à quoi elle conduit. Partout où elle « s’est organisée comme critérium, la tyran nie théocratique, c’est-à-dire la plus terrible de toutes, Original from CORNELL Digitized by Google
STRADA ET LA PHILOSOPHIE DE L’iMPERSONNALISME 2?7 car elle est divinisée, s'est imposée aux sociétés. Que la doctrine soit primitive ou brutale comme celle de l’Inde ou de Mahomet, qu’elle soit divine et sublime comme celle du Christ, rien n’y fait. Le principe est là.
La seule différence est que, dans les théocraties in diennes, égyptiennes, il y a accord entre les dogmes religieux, les idées sociales et la méthode qui les met en œuvre; tandis que, dans la théocratie chrétienne, il y a contradiction entre la doctrine religieuse et la doctrine méthodique enfantant les institutions so ciales.
Pendant que la religion proclame, par des dogmes et des théories philosophiques, le principe de la liberté de l’homme devant Dieu, la méthode applique socialement l’esclavage de l’esprit devant la lettre, l’esclavage de l’individu devant l’autorité, et les conséquences terribles qui sont dans toutes les mé moires. Tant est forte la puissance de la méthode, quelle détruit même l'action des doctrines les plus pures.
« Si l’esprit humain ne portait en lui cette méthode fatale qui se compose nécessairement de l’a priori et de l’a posteriori ( i), si l’être et le fait ne venaient pas à toute heure frapper l'esprit par l’hypothèse, par l'es poir de la certitude, et enfin par la certitude ellemême, jamais l’homme ne se serait tiré des terribles lacets des théocraties. Crois, voici la lettre. Crois ou meurs.
Crois et sois heureux dans mon paternel escla vage d'esprit et de corps. Crois et vis sans penser fi) Ea priori et l'a posteriori sont les deux temps irréduc tibles et alternants de la Méthode (Voir le livre vu de VUltimum Organum), Original from CORNELL UNIVERSITY J^ipitized by
l’initiation 278 dans l’inintelligente béatitude d’une vertu d’habitude. Crois et sois le producteur, le serf, la chose de celui que Dieu a fait dépositaire de la loi. Sois mon fils bien-aimé, ou je te déshonore, je te dépouille, je te tue, je te maudis. Crois ou meurs. « Si la foi est une évidence personnelle quand elle est libre, aussitôt qu’elle cesse de l’être, elle n’est plus que l’obéissance passive.
Dans le christianisme primi tif, la foi était nécessairement libre, et c’était par évi dence que les martyrs affrontaient le monde romain jusqu’à la mort. « Mais l’évidence disparaît de la foi aussitôt que la puissance matérielle est appelée à son aide.
Ce n’est plus seulement cet a priori personnel qui a au moins la dignité de la liberté, s’il n’a pas la puissance de la certitude, c’est un a priori qui empêche tout raison nement individuel et qui chasse tout a posteriori de la pensée.
C’est le raisonnement, le calcul, l’expé rience posés comme des révoltés sacrilèges contre l’hy pothèse ; c’est la méthode tronquée, c’est l’esprit con damné à l’éternel enfantillage de l’improuvé, de l’in certain.
En sorte que ce critérium, qui prétend river absolument l’esprit à l’absolu, L’en sépare absolument en l’arrachant au fait et à l’être, en l’empêchant d’ac complir ses opérations méthodiques sur eux et en lui défendant l’investigation et la preuve. De l’Egypte antique au Paraguay, de l’inquisition à l’autorité ra doucie, c’est l’état de l’esprit. « Or, quand l’esprit voudrait obéir, il ne le pourrait pas.
Sa méthode fatale et absolue le force à des ré bellions qu’il ne cherche pas et dont il ne se rend pas Digitized by kjOOQie Original from
STRADA ET LA PHILOSOPHIE DE L’iMPERSONNALISME 279 raison souvent. Mais il vit dpns ses facultés, et cela suffit pour qu'il anéantisse sur son passage toutes les fausses méthodes qui s’usent par leurs fruits > (i). Quelle est cette méthode fatale et absolue ? C’est la méthode instinctive, qui a pour critérium le Fait, lequel est de soi impersonnel. L’homme primitif et l’animal n’ont pas d’autre cri térium. « Tous deux ne croient qu’aux faits !
Et ils apprennent! C’est la cause de ce jugement droit des animaux qu’on nomme instinct. C’est la cause de ce jugement droit des sauvages, des laboureurs, des ma rins, des pasteurs et de tous les ignorants qui ne font que consulter les faits, croire en eux, sans plus. C’est, en un mot, la cause de la justesse de ce qu’on appelle avec raison l’expérience de la vie.
« C’est cette certitude de méthode et de critérium qui assure l’existence de tous les êtres. Elle est in consciente. Elle s’opère par les affinités naturelles des faits et de la pensée animale ou humaine. « Ce premier état est toute la vie de l’animal, qui n’existe que par lui. Pour cela, nous étonne-t-il par ses merveilleuses visions et prévisions.
Si chez l’homme il reste toujours la base nécessaire de la vie, en dehors de là il cesse rapidement, il s’altère vite. La pensée humaine ayant une multiplicité de besoins ne peut se contenter de ce commencement de connais sances » (2). Bientôt l’homme, en effet, « n’a pu attendre les (1) L'Ultimum Organum,1. 11, pp. 396-397. (2) Loi de ¡'Histoire, p. 1 1. Digitized by Google Original from CORNELL UNIVERSITY
28o l’initiation résultats trop lents de cette méthode, qui, sans con science d’elle-même, sans les procédés de la science, ne pouvait le mener assez loin pour suffire à l’envolement de sa pensée et à l’organisation de son état social. La vie n’attend pas.
« L’homme a donc été entraîné à se décider par luimême, indépendamment des faits, par des à peu près, par des intuitions, des sentiments, par des conjec tures, des hypothèses élevés à propos de quelquesfaits dont on ne connaissait pas les lois, bien plus, dont on inventait les lois.
L’homme est donc sorti,, sans s’en douter, de la méthode native et imperson nelle ; il est entré, sans le savoir, dans la méthode per sonnelle du rationalisme, où son opinion propre a été préférée aux faits. « Cette méthode n’a pas tardé à apporter les mille désordres individuels de raisons personnelles con cluant, affirmant, voulant, agissant indépendamment delà vérité des faits.
Les passions ont augmenté épou vantablement ce désordre de l’ignorance de la mé thode. « Comment sortir d’un pareil état, mortel à toute société? Quelques hommes supérieurs, influents, ont fait prédominer leurs opinions personnelles en ce qui touche les questions générales de la pensée, et ils ont été les prêtres ; d’autres les ont fait prédominer pour la direction sociale, et ils ont été les rois.
On peut dire que les fidéismes sont les dictatures nécessitées par le désordre des rationalismes. « Les prêtres et les rois n’ont pas tardé à se trouver Digitized Original from
STRADA ET LA PHILOSOPHIE DE L’iMPERSONNALISME 28 I en contradiction d’hypothèses, d’influence de pouvoir. Ils se sont donc disputé les nations par les armes, ou ils se les sont partagées. La méthode personnelle aux rois ou autocratie, la méthode personnelle aux prêtres ou théocratie ont amené tous les esclavages dans les luttes séculaires des passions au paroxysme. « Mais l’homme s’est lassé.
Chacun a fait des hypo thèses personnelles en face des hypothèses usées et abusives des prêtres et des rois. Le monde est donc revenu par un nouvel essor à la méthode rationa liste. Alors l’individu a déclaré la guerre au prêtre, au roi, au lieu de couler sous eux dans le fidéisme aveugle de l’ignorance. Et les batailles des passions se sont déchaînées encore.
« Dans toutes ces luttes, pesez-le bien, les deux partis ne combattaient qu’au nom d’opinions person nelles, d’hypothèses individuelles! De là l’impossibi lité d’un accord final. Le Moi individuel des hommes se heurtait contre le Moi individuel des prêtres et des rois. Car qu’est-ce qu’une prétendue révélation, qu’est-ce qu’une constitution ?
Ce sont les hypothèses dogmatisées et codifiées d’un prophète et d’un roi, •qui n’ont pas toujours du génie, mais sont des hommes détenant la force. Et les batailles des pas sions reprenaient encore sans finir. « Les partis tombaient l’un 'sur l’autre sans s'ache ver, assez forts pour le combat, trop faibles pour la victoire.
Ni les uns ni les autres ne pouvaient trou ver l’ordonnance définitive, parce que autocratie, théocratie et rationalisme avaient la même tache au Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by cookie
282 l’initiation front : individualisme du prêtre, du roi, de chaque individu dans le peuple » (1). Ainsi alternativement un critérium succède à un autre critérium, un Fidéisme à un Rationalisme et réciproquement. On retombe toujours dans V eterno ricorso de Vico.
« On a beau empêcher le critérium fidéiste de punir, le rappeler à l’indulgence ; vient, à l’héure de la logique fatale, un Innocent III, un Fré déric, un Dominique, un Torquemada, un Springer ! Toute théocratie implique ces individualités! Elle implique les répressions, les guerres, les inquisitions, de quelque nom qu’on les revête. C’est la fin fatale de tous les fidéismes arrivés au pouvoir.
Les plus petites et innocentes sectes ont ce virus dans le sang. « De même, à l’heure finale des rationalismes, quand l’individualisme a tout pulvérisé, tout réduit à l’impuissance, se lèvent les derniers représentants de cet individualisme rationaliste qui, contractant tous les moi dans leur moi, recommencent les infamies des inquisitions pour leur compte personnel et dictato rial.
« Voilà les constantes de l’histoire en actes, c’est-àdire en folies, en meurtres ! Leur logique dévore comme Civa etMoloch! Encore un coup, c’est la fata lité de tout critérium dit infaillible, quand il est laissé à l’homme. Ce sont les hommes, les pensées et les cœurs des hommes qui représentent mathémati quement chacune des phases infinitésimales du déve loppement de ces critériums et les mettent en œuvre l (1) Ibid., pp. 8 et 9. Original from ORNELL UNIVERSITY Digitized by C.OOQ1C
STRADA ET LA PHILOSOPHIE DE b’iMPERSONNALISME 283 Et chacun des critériums infaillibles combaf les autres, crée des institutions propres, des intérêts op posés!
En sorte que le premier principe conducteur des hommes et de leurs batailles est l’adoption, qui leur paraît si innocente, d’un critérium reconnu pour infaillible ! * (i) Donc, les Fidéismes s’opposant sans cesse les uns aux autres et s’opposant aux Rationalismes, ceux-ci s’opposant à ceux-là, et les moi s’opposant aux moi, c’est la division éternelle parmi les hommes, c’est l’a narchie dans la religion, dans la science, dans l’art et dans la société, c’est le déséquilibre, la démoralisa tion continus.
« Un tel état, que Vico a entrevu (sans le com prendre, le regardant comme une simple fatalité), se rait... à recommencer sans fin, si l’humanitéétait con damnée à ne prendre pour fonder ses sociétés que des hypothèses ne rendant pas compte de tous les faits et par conséquent fatalement détruites par des faits nouveaux.
« Mais, au contraire, on doit admettre que l’huma nité, possédant la science de la méthode et des sciences, arrivera à une certitude finale scientifique, qui servira d’appui aux civilisations. La base des sociétés étant enfin solide, parce qu’elle est scienti fique, elles arriveront à un développement qui ne sera plus soumis à Veterno ricorso de Vico. Les Fois -et les Rationalismes sont appelés à se fondre dans la ( i) Ibid., pp. 36, 37. Original from Cornell university Digitized by
284 L INITIATION science de la méthode, comme toute hypothèse dansla science. » (1) La méthode a été constituée en science faite par Strada, dans son Ultimum Organum. Le critérium qu’il donne est le critérium naturel dont nous avons constaté l’action à l’origine de l’histoire. Ce critérium « sur lequel la vie de la nature, la vie de l’animal et de l’homme, la vie même de la science sont basées (2), » est le Fait.
Qu’est-ce que le Fait? * Le Fait est la manifesta tion de /être » ; ou bien encore, « la manifestation quelle qu’elle soit de tout ce qui a été, est et sera, c’est-à-dire du Tout ». C’est par le Fait que l’être est patent. Donc, le Fait est, selon le mot de Strada, la patuitéde l’être. Mais puisque le Fait est la manifestation de l’être, c’est donc l’être qui confère au Fait le droit d’être critérium.
S’il lui confère ce droit, c’est qu’il est luimême, en réalité, le véritable critérium. Donc, en dernière analyse, Dieu est le véritable critérium. « Comme le fait est la montre de l’être et la seule,, il suit qu’il est le seul rapport possible entre l’être et l’esprit. Il est le trait de leur union, le médiateur. L’être ne se meut pas en bloc.
Il perce et pénètre l’es prit par mille traits fins, déliés, délicats, impercep tibles, mais incessants. Ces traits recommençants sont le fait dans sa triple modalité (idéale, numé rique et matérielle). Et, comme il est indestructible^ le rapport qui naît est indestructible. Ce fait, divisi- (1) Lois de ! Histoire, p. 67. (2) Ibid., p. 192. Digitized
STRADA ET LA PHILOSOPHIE DE L’IMPERSONNALISME 285 bilité matérielle ou immatérielle de l’être, absolu comme l’être par les qualités nécessaires, contingent par les réalisations, certain et indestructible, infail lible par là même, est donc multiple comme la qua lité, la divisibilité des qualités, et les réalisations qui en découlent. « Considérez toujours cette théorie du médiateur, par laquelle le fait est Je rapport de l’esprit et de l’être.
Voyez sa course droite et roide. Quel heurt et quelle pénétration jusqu’au fond de l’esprit! Si, mal gré ce premier effort, le rapport est mal établi, le fait est là comme rôdant et flairant ; il tâche à pénétrer encore par violence ou insinuation.
Tantôt il glisse un doute, tantôt il rétablit le rapport faussé en se découvrant indestructible. * Ce fait, certain comme l’être, et qui n’est que lui parlant par ces millions de voix des qualités néces saires et des réalisations, des matières et des idées, n’est-il pas le véritable critérium qui le prend à l’ex trême ignorance et le conduit à l’extrême science ?
N’est-il pas cet un qui, sous quelque forme idéale ou matérielle qu’il se présente, est toujours la manifesta tion certaine ? N’est-il pas cet infaillible infatigable qui sollicite, redresse, fixe ? N’est-il pas ce multiple toujours facilement appréciable et reconnaissable à son indestructibilité aussitôt qu’il se présente à l’es prit?
N’est-il pas cet absolu qui, après avoir jugé, re jeté ou assuré toutes les opérations de l’esprit, se fait esprit ? » ( i ) (i) L'Ultimum organum, pp. 434-435. Original from IWWrrçiNIVFRSITY Digitized by
286 l’initiation Le fait est donc le seul critérium qui soit à la fois impersonnel, infaillible, absolu, multiple et un. Ce critérium forme la troisième constante de l’his toire ; il doit remplacer les deux autres : les critériums fidéistes et rationalistes ; il doit devenir Vunique. Alors un état équilibré succédera à l’état déséquilibré qui a été jusqu’ici l’état des sociétés.
En effet, comme le critérium scientifique déter mine« l’état stable de la science », il détermine par suite « un état stable de l’esprit humain » ; donc un état stable social ; donc un état stable dans la marche de l’histoire et celle du progrès. « L’histoire suit la même loi que la science. Si elle a été instable, c’est que la science l’a été ; c’est que la science de la méthode l’a été.
« L’esprit aspire à l’équilibre stable par la science ; il y arrive par la méthode science fait. La vie humaine, et par conséquent l’histoire, qui est la vie de l’hu manité, participent donc nécessairement à cette loi.
« Voilà où nous allons, malgré les brouillards qu’élèvent autour de nous les sectaires de toutes les Fois, les systématiques de tous les Rationalismes, malgré les entraves que, dans le sein des sociétés, en tassent les intérêts hostiles et pervers ! « Ainsi l’histoire aura parcouru son cycle d’évolu tion ! La loi de l’histoire sera accomplie. La loi de transformation évolutive des sociétés en sera la con séquence.
« Là seulement sont la pondération et l’ordre» (i). (i) Loi de l'Histoire, pp. 193-194. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by CooQie
STRADA ET LA PHILOSOPHIE DE L’IMPERSONNALISME 287 Voilà, dans ses plus grandes lignes et très en rac courci, l’œuvre essentielle de Strada. Désormais, et grâce à lui, les religions seront étudiées au même titre et avec la même liberté d’esprit que toute autre mani festation de la pensée. Tout dogme, toute religion, tout système sera cité à la barre de la méthode science.
Les systèmes personnels s’écrouleront; les fausses reli gions et les fausses interprétations s’évanouiront. Seul le métal pur, séparé de sa gangue, restera. Le ciel mé taphysique et religieux sera plus clair. Alors la science intégrale, s’édifiant peu à peu sur la base imperson nelle du Fait, rendra possible l’unité de pensée et, partant, l’unité de l’Humanité. C est là le service immense que nous a rendu Stra da.
Gloire à lui! * • * L'Épopée humaine est le développement historique et poétique de cette œuvre. « C’est, dit Strada, l’évo lution de la vie métaphysique, historique et doctri nale ; ce sont les idées, les mœurs, les institutions, les caractères, les passions des différents milieux. Le poème va de la Genèse à l’apothéose d’après la vie.
C’est un vaste chant épique qui enserre vingt-six drames dont les actes sont coupés par des chants lyriques. » (i) La vie de l’Humanité se déroule, en cette épopée, avec une ampleur et une majesté singulières. L’Hu manité y apparaît avec tous ses défauts et tous ses vices, avec tous ses beaux espoirs, tous ses efforts vers le (1) La Genèse universelle, préface. Original from ■Ct-IRMEI I LIN VERSIT
288 l’initiation [décembre 1897] beau, le bien et le vrai et tous ses entraînements ma gnifiques vers la fraternité universelle.
Strada a traduit toutes ses voix et répété, en écho fidèle, toutes ses plaintes, tous ses cris de douleur et de joie, il a dit la route qu’elle a parcourue, cette route montante et longue et raboteuse et dure; cette route coupée de fondrières, semée de casse-cous, bordée de précipices ; cette route rouge du sang de ses enfants; cette route enfin, où se dressent, tout le long, à tous les tournants et carrefours; des croix sur lesquelles hélas ! elle se crucifie en y crucifiant ses libérateurs!
Strada a gravi avec elle ce chemin de croix, et il s’est arrêté à toutes les stations, ces points culminants ou ces moments critiques de la vie de l’Humanité. Chaque station, il l’a marquée par un drame. Chaque drame est un monde qui se décompose et meurt, une croyance qui s’éteint, un état d’âme qui disparaît et un autre monde qui naît, une autre croyance qui se fonde, un autre état d’âme qui apparaît.
C’est un cri térium qui fait place à un autre ou qui atteint au plus haut point de sa puissance. Aucun historien n'avait compris l’histoire aussi clairement, ne l’avait envisagée de si haut et ne l’avait traitée avec autant de rigueur méthodique, avec un souci aussi profond de la moralité, un respect aussi grand de la liberté humaine, un sentiment aussi vif de la justice et une recherche aussi constante et aussi ardente de la vérité.
Les hommes apparaissent dans Y Épopée humaine tels qu’ils sont. Strada les a débarrassés de leurs manteaux, a enlevé les masques dont ils s’affublent * ZORNELL UNIVERSITY Digitized by
STRADA ET LA PHILOSOPHIE DE L’iMPERSONNALISME 289 les a mis à nu. Il a pénétré jusque dans l’intimité de leur âme, jusque dans le for de leur conscience. Aucun poète n’avait écrit rien de pareil. Oh! quelle merveilleuse création ! Une douceur et un amour in finis en émanent. Il est impossible d’exprimer ce souffle, cette âme qui s’en dégage.
C’est doux et fort, c’est beau, c’est sublime! • • • Pascal et Descartes est un des drames de cette épopée immense. L’auteur du Discours de la Méthode et l’influence que, par ce livre, il a exercée sur ses con temporains et exerce encore aujourd’hui sur les esprits, y paraissent bien, mais au second plan. Le véritable héros du drame, c’est Pascal. Qu’est Pascal? C’est « le martyr de la méthode et du critérium, écrit Strada.
Voilà au vrai ce qui l’a tué ». « Pascal s’est débattu dans l’impasse que créaient les méthodes rationalistes et fidéistes. Il a eu certai nement une émotion plus large que Descartes. Il a senti que Descartes tirant tout du Moi hasardait la Vérité. Il a senti que la Foi ne répondait pas à la dif ficulté. Mais il s’est débattu en vain dans ce labeur. Il s’est découragé de la science.
Alors il n’a laissé parler en lui que l’amour, qui est encore le Moi. Il s’est jeté tête baissée, sans vouloir plus rien entendre de ce pro blème qui le tuait, dans l’adoration quand même de Dieu, suite, à certains égards, d’un besoin terrestre in satisfait (1). » (1) Pascal et Descartes, préface. i o Original from -rr ersit
l’initiation 290 Cette recherche passionnée du critérium sauveur apparente ce génie à cet autre génie, Strada. Strada, c’est Pascal vivant au xixe siècle, enrichi des décou vertes et de l’expérience des xvme et xixe siècles et trouvant le vrai critérium. Strada a vécu la pensée et l’âme de Pascal. On le sent dans VUltimum Orga num et surtout dans ce livre-ci. 11 le déclare d’ailleurs lui-même plusieurs fois.
En voici la preuve : O Pascal, tes douleurs, ton désespoir immense Ont été ma douleur, ont été ma souffrance. Et c’est pourquoi laissant la Raison et les Fois, J’ai de la certitude enfin trouvé les Lois! (1) Pascal et Strada ont souffert les mêmes tourments : de la soif inextinguible du vrai, de l’injustice et de l’ingratitude des hommes.
Strada, il est vrai, a çu le bonheur de trouver ce dont est mort Pascal, mais il a souffert à un plus haut degré de l’incompréhension de ses contemporains. Il en est triste,.et sa tristesse est immense! O douleur ! s’écrie-t-il, Tu tenailles mon âme et terrasses mon cœur! Avoir de quoi sauver par la Loi de Science Etne pouvoir rien! rien!
O pleure, conscience!... (2) Pascal, du reste, n’a pas été aussi inconnu et mé connu de son vivant que Strada. Il n’a pas été non plus pillé sans vergogne, dénaturé et rapetissé par ses copistes (3). (1) Pascal et Descartes, p. 3oo. (2) Ibid., p. 367. (3) « On a tenté de me copier, mais les dates sont là. Beau coup, entre autres Fauvety et Pezzani, ont suivi mon OrgaOriginal from CORNELL UNIVERSITY Digitized by Google
STRADA ET LA PHILOSOPHIE DE L’iMPERSONNALISME 29 I Strada efct malade depuis longtemps. Il appelle la mort, la mort qui le libérera du faix immense sous lequel il ploie; il appelle la mort par trois fois, en ces mots : Oh! j’ai soif de la mort, fai besoin de la mort! (1) Oh! hommes, qu’avez-vous fait? Jacques Brieu. num en le hasardant, puisqu’ils le laissaient sans les lois de la Méthode Science faite.
Berthelot, le génial chimiste, paraît y venir, sans comprendre toutefois que, si le Fait est le Critère absolu, l’expérience ne l’est plus, mais reste un simple raison nement investigateur, excellent du reste dans sa sphère. Vacherot, Victor Hugo, ont, sans y parvenir, voulu dans leurs der niers ouvrages refaire leur Dieu d’après I’Ultimum Organum que je leur ai donné à tous deux.
Victor Hugo encore n’a fait ses Quatre vents de l’Esprit, son Toute la Lyre, que de lon gues années après le plan de l'Épopée humaine exposé dès .865 dans la Mort des Dieux. D’ailleurs les volumes d’Hugo ne sont que petits poèmes détachés, simples recueils de pièces sans suite, tandis que du premier vers au dernier de mes qua rante volumes, les quatre voix de la poésie s’appellent et s’harmonisent dans un chœur total.
Vacquerie dans Futura, un petit volume, a calqué la conception des miens. Je remercie ces hommes de génie et ces esprits très distingués. Ils m’ont prouvé que je ne me trompais pas. C’est de moi seul qu’émane le Fait critérium absolu et impersonnel. Je souffre assez depuis trente ans pour le faire entrer dan$ les têtes fermées.
J’ai par là conquis le droit de m’affirmer; c’est même un devoir, car m’affirmer, c’est l’affirmer, lui le seul sauveur possible de la décadence actuelle. (Pascal et Descartes, note p. 70. Voir aussi p. 326.) (1) Pascal et Descartes, p. 5. Original from
292 l’initiation OH©BL8 MAXLTXXtfXSTS 1 ------- Sont nommés : M. le docteur Corneille, délégué général du sup. Cons. pour l’ouest de la France, avec siège à la Mothe-Saint- è Héraye (Deux-Sèvres.) M. Georges Georgel, avocat, président de la loge Hermès-lsis (n° 44), à Poitiers (Vienne.) Observation.— Ces nominations sont provoquées parla démission de notre ami et collaborateur Raymond Duplantier.
Celui-ci, quittant Poitiers pour venir habiter Paris., ne peut plus occuper la doublefonction queluiavait con fiée le Sup. Cons., et dont il s’estacquitté avec un zèle et un talent qui lui font le plus grand honneur et dont noùs sommes heureux de le féliciter publiquement.
Ses deux successeurs, qui ont déjà donné plusieurs fois des mar ques de leur dévouement à notre cause, sauront, nous n’en doutons pas, continuer son œuvre et achèveront de gagner la région de l’Ouest à l’influence et aux idées martinistes.
Celles-ci ont, d’ailleurs, sensiblement progressé depuis unan danscette partie de laFrance : sans parler des nombreux initiateurs libres qui y sont répandus, la loge de Poitiers continue à fonctionner régulièrement, et des groupes sont en voie d’organisation dans divers autres centres.
Lucidité Somnambulique La Semaine Médicale publie l’importante note suivante qui montrera à nos lecteurs que les corps savants arrivent à s’intéresser aux faits que nous connaissons et que nous étudions depuis tant d’années. — Une bonne note en passant au professeur Grasset pour son courage et sa réelle valeur scientifique. Digitized by
LUCIDITÉ SOMNAMBULIQUE 2ÿ‘S Une expérience de lecture à travers les corps opaques Le territoire psychique des sciences médicales con tient encore des terres ignorées, ou tout au moins mal connues. La lecture à travers les corps opaques ou « clairvoyance > me paraît être de ce nombre.
Beaucoup ont vu ou lu des faits troublants; la plupart se sentent dans un état d’âme accessible à la démonstra tion, mais la démonstration n'est pas faite : la chose n’est pas scientifiquement établie et acquise.
Aussi, quand mon distingué confrère, M. le docteur Ferroul (de Narbonne) m’a conté, le 26 octobre dernier, jour où nous avons eu l’occasion de nous trouver en semble, les résultats extraordinaires qu’il obtient avec un « sujet > merveilleux (une femme), j’ai accepté avec empressement l’offre qu’il a bien voulu me faire d’orga niser à l’aide de ce sujet une expérience aussi scien tifique que possible.
Le docteur Ferroul m’autorisant à prendre contre lui toutes les précautions que je jugerais utiles, et moi-même tenant à faire l’expérience aussi simple que possible pour la rendre plus concluante, j’ai écarté le problème — également intéressant et non encore résolu — de la suggestion mentale et de la lecture des pensées.
Je n’ai retenu que le problème de la lecture à travers les corps opaques^ et nous avons institué l’expérience que je vais relater et dont le succès m’a, je l’avoue, absolument stu péfié. Rentré de Narbonne à Montpellier et n’ayant rien communiqué du détail de mes intentions à M. Ferroul, qui restait à Narbonne avec son sujet, j’ai écrit sur une demi-feuille de papier à lettre les mots suivants (suivent deux vers et deux mots étrangers}.
Ce papier, plié en deux (l’écriture en dedans), a été complètement enveloppé dans une feuille de papier d’étain (papier de chocolat) replié sur les bords. Le tout a été glissé dans une enveloppe ordinaire, de deuil, qui a été fermée à la gomme. Puis, comme M. Ferroul m’avait prévenu que la ficelle __ __ Origiral from • - CORNELL UNIVERSITY
294 l’initiation gênait parfois son sujet pour lire, j’ai passé une épingle anglaise qui, après avoir pénétré dans l’enveloppe, en est ressortie formant ainsi verrou. Enfin, j’ai noyé cette épingle dans un vaste cachet de cire noire, sur lequel j’ai mis, comme empreinte, des armoiries de famille (cachet personnel).
A ce pli cacheté j’ai joint ma carte, avec un mot ; j’ai mis le to: t dans une grande enveloppe et j’ai expédié par la pok ;e (le 28 octobre) au docteur Ferroul, à Nar bonne. Le 3o octobre au matin, j’ai reçu la lettre suivante de mon confrère : Mon cher Maître Quand votre pli m’est arrivé ce matin, je n’avais pas mon sujet sous la main. J’ai ouvert la première enve loppe contenant le pli; j’y ai trouvé votre carte.
Obligé de faire mes visites, je me proposais de faire venir mon sujet vers les quatre heures chez moi, et je suis passé chez lui pour le prévenir. Ayant appris ce que je voulais, il m’a proposé de faire sa lecture immédiatement. Votre pli au cachet noir était déposé dans la grande enveloppe sur mon bureau, et le domicile de mon sujet est distant du mien de 3oo mètres au minimum.
Appuyés tous deux sur le bord d’une table, j’ai passé ma main sur les yeux de mon sujet et voici ce qu’il m’a dit, sans avoir vu votre pli : — Tu as déchiré l’enveloppe. — Oui; mais la lettre à lire est dedans, sous une autre enveloppe close. * — Celle-là du grand cachet noir ? — Oui. Lis. — Il y a du papier d’argent... Voici ce qu’il y a : Le ciel profond reflète en étoiles nos larmes, car nous pleurons, le soir, de nous sentir vivre.
Puis il y a des lettres comme ça (elle me montre le bout de son doigt, un centimètre à peu près) : D. E. K... Puis un petit nom que je ne sais pas (dans quel sens faut-il prendre le mot petit?)... Puis : Montpellier, 28 octobre 1897, Voilà, cher maître, le compte rendu de l’expérience que je vous ai promise. CORNELL UNIVERSIT Digitized
LUCIDITÉ SOMNAMBULIQUE 2g5 Elle a duré une minute et demie au plus. Je vous renvoie immédiatement votre pli avec ma lettre. Votre dévoué, Dr Ferroul. Narbonne, 29 octobre 1897. On comprendra mon étonnement à la lecture de cette lettre. Mon pli cacheté revenait intact ; il ne paraissait pas possible d’admettre qu’il eût été violé, et cependant le sujet l’avait lu comme s’il n’y avait eu ni cire, ni épingle, ni enveloppe, ni papier d’argent.
Il avait vu le papier d’argent — je n’avais pas du tout parlé de cette précaution possible dans ma conversation avec le docteur Ferroul ; — il avait lu les deux vers, sans reconnaître des vers, en disant le soir au lieu de ce soir et en passant le mot trop, mais cela est insignifiant.
11 avait vu les lettres russes, avait vu qu’elles étaient plus grandes que les autres et en avait dessiné trois de son mieux; il avait vu le mot allemand ou le mot grec (un des deux seulement) sans le comprendre et en disant qu’il était petit (en caractères petits, par rapport au mot russe) ; enfin il avait lu la date.
Le succès était complet : c’est bien, ce me semble, de la lecture à travers les corps opaques, en prenant le mot opaques non seulement dans son sens ancien et vulgaire, mais encore dans le sens scientifique nouveau que lui a donné la découverte des rayons X.
Il y a meme là plus que la lecture à travers les corps opaques : il y a la lecture à distance, puisque le sujet a lu de chez lui le pli resté chez M. Ferroul, les deux domiciles étant distants d’au moins 3oo mètres.
Seulement je reconnais que cette partie est moins scientifiquement établie que l’autre, parce que le fait n’est prouvé que par l’affirmation du docteur, affirma tion dans laquelle j’ai personnellement, je me hâte de le dire, la plus absolue confiance, mais qui n’a pas la force d’une démonstration scientifique, puisqu’il m’a autorisé lui-même à agir comme si je me méfiais de lui et à le /Google Original from CÙ.RNEÎXT1HIVERSITY
296 l’initiation traiter en quelque sorte comme on traiterait un vulgaire Barnutn. Mais la lecture à travers les corps opaques est à l’abri de cette objection.
Le docteur Ferroul n'est pas plus intervenu dans l'expérience que le facteur de la poste, ou du moins il ne connaissait pas plus que lui le con tenu du pli cacheté : il ne peut donc être question ni d’imprudence de sa part, de communication incon sciente, ni même de suggestion mentale ou de lecture de la pensée.
Le contenu du pli n’était connu que de moi seul, qui me trouvais à Montpellier, c’est-à-dire à 100 kilomètres de Narbonne où avait lieu l'expérience. Donc, cette expérience ne peut vouloir établir que la lecture à travers les corps opaques ; mais la possibilité de cette « clairvoyance >, elle me paraît l’établir scien tifiquement.
J’ai porté le pli cacheté, encore intact, le 29 novembre, à la séance de l’Académie des sciences et lettres de Montpellier. J’ai raconté l’expérience, fait constater par mes collègues l’intégrité de l’enveloppe, puis je l'ai ouverte en séance.
Par un trou pratiqué avec la pointé des ciseaux au milieu de l’enveloppe, sur ta face opposée au cachet, j’ai fait quatre incisions dirigées vers les quatre angles et j’ai rabattu les quatre triangles ainsi formés. Le contenu adhérait légèrement à l’épingle par le papier d’argent. On n’a constaté aucune effraction des bords de l’enve loppe vue par l’intérieur. .
L’Académie a nommé une commission pour faire une nouvelle expérience si le docteur Ferroul y consent, les envoyeurs ne devant pas connaître le contenu de la nou velle enveloppe et devant aller à Narbonne 1a porter eux-mêmes sans la confier à personne à aucun moment. Dr Grasset, professeur de clinique médicale à la Faculté de médecine de Montpellier. Digitized by Google Original from CORNELL UNIVERSITY
PSYCHISME EXPÉRIMENTAL 297 Novembre 1897. Monsieur le Directeur, L'esprit Losanne ayant déclaré que la famille Sabourault retrouverait le calme si nous la recevions chez nous de temps en temps, j’ai prié cette famille de vouloir bien se joindre à nous pour plusieurs séances. Ci-joint le compte rendu de notre deuxième réunion. En attendant de nouveaux récits, veuillez recevoir l’assurance de nos dévoués sentiments. A. François.
P.-S. — Quelques-uns des phénomènes qui se sont produits étant difficilement explicables par une simple . extériorisation de la motricité, j’ai cru pouvoir adopter, pour ce compte-rendu, le titre de : Psychisme expéri mentât.
PSYCHISME EXPERIMENTAL Séance du 7 novembre 1897 Médium : Renée Sabourault A Faide des communications écrites données par l’es prit (?) qui se présente à Renée Sabourault sous le nom de Losanne (et que je reproduirai aussi textuellement que possible), je vais essayer de donner une idée de la physionomie de cette séance, qui comprend plusieurs parties, tant en lumière que dans l’obscurité.
Tout d’abord, remarquons que sur une table de milieu se trouvent placés des sifflets, des sonnettes, un tambour de basque, deux timbres, des grelots, du papier, des crayons, puis une boîte en fer fermée, qui contient un presse-papier pesant 750 grammes, provenant d’un apport obtenu par le groupe n° 4, dans la séance du 9 dé cembre i8g3, et un jouet imitant le chant du rossignol. / ipe partie. — En lumière.
Renée reçoit diverses communications dans lesquelles Losanne dit être très content de venir à la maison; il Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by incóale
[/initiation 298 manifeste le désir de revenir souvent et déclare aimer la musique ; il annonce l’arrivée d’une vingtaine de ses amis. < Attendez une demi-heure, ajoute-t-il, ils ne sont pas prêts. > D. — Que ferons-nous pendant ce temps ? R. — Faites de la musique à tour de bras (ma fille était au piano). Je demande à Losanne si je puis faire venir un autre médium et s’il connaît les esprits qui pourraient l’accom pagner.
R. — Je connais tous les esprits et je m’entendrai avec eux quand vous voudrez. Voyons, dis-je, pouvons-nous commencer la séance? R. — Non, il faut attendre la demi-heure. D. — Voulez-vous que la prochaine fois je fasse venir un de mes amis pour prendre quelques photographies instantanées ? R. — Je m’embête avec les appareils photographiques ; mais, dimanche prochain, sauf celui-ci, je vous apporte rai une lettre.
D. — La déposerez-vous sur la table? R. — Non, dessous, mais il faut suivre mes conseils. D. — Pouvons-nous commencer ? R. — Non, attendez neuf heures, ils ne sont pas encore arrivés, je m’en vais, je reviendrai dans quelques mi nutes.
« Losanne. > Au bout de quelques iristants, le médium reçoit la communication suivante : « J’aime l’obscurité, mais je ne réponds pas que je f... les affaires en l’air; attendez encore, patientez un peu. > D. — Quand faudra-t-il emporter la lampe ? R. — Je vous le dirai. D. — Sommes-nous bien placés ? R. — Oui, vous êtes bien placés, attendez, ils vont venir, ils vous diront bonsoir.
« Losanne. » Après quelques secondes de repos, nouvelle commu nication : < Les voilà qui rappliquent, ils sont vingt, juste, je ne Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by cooQie
PSYCHISME EXPÉRIMENTAL 299 vous dirai pas leurs noms, car c’est des noms allemands, italiens, français, anglais, enfin des noms impossibles. Commencez la séance en faisant l’obscurité, et j’espère que vous boires à notre santé pour nous faire plaisir. « Losanne. > 2e partie. — En obscurité.
Au bout de quelques minutes des coups sont frappés sur le parquet et sous la table placée au milieu de la pièce.— Divers objets déposés sur cette table sont plus ou moins violemment déplacés ; un galet pesant 750 gr. quitte la boîte dans laquelle il est déposé et vient toucher Mme Sabourault au front, puis tombe à terre avec bruit. Mmo Sabourault pousse un léger cri, une lampe est apportée. 3e partie. — En lumière.
Je propose d’enlever les objets pesants qui peuvent se trouver sur la table, et je pose cette question : D. — Pourquoi avez-vous dirigé ce galet vers la tête de Mme Sabourault?
R. — Je ne l’ai pas fait exprès, je ne vais plus recom mencer, il faut laisser les affaires sur la table, laissez les affaires sur la table, laissez le galet, éteignent dépêchezvous ! subitement ! je vais flanquer une tape à la petite fille, tout doucement, c’est pour marquer pne marque de ma présence.
J’émets l’avis qu’il conviendrait peut-être de conserver une faible lumière, mais Renée reçoit la communication suivante : « Non, pas pour ces expériences, vous croyez donc pas dans ma parole? » Puis, personnellement, je reçois ce message : < Je ferai tout pour vous être agréable. » « Losanne . » 4e partie. — En obscurité. A peine la lampe est-elle enlevée qu’un soufflet reten tit. — Losanne a tenu sa parole, Renée a été gifflée. Presque aussitôt, plusieurs objets placés sur la grande Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
3 oo l/initiation table sont jetés à terre, et une sonnette est agitée avec force.
On rapporte une lumière, tout réntre dans l’ordre ; Renée, saisissant un crayon, reçoit ce nouveau message : < Allons, allons, dépêchez-vous, autre chose, éteignez, emportez les grosses affaires et laissez les sonnettes, les grelots, les timbres, les musiques, enlevez les crayons, recommencez, allons, dépêchez-vous, je ne ficherai rien en l’air. > 5e partie. — En obscurité.
Alors se produit^ un véritable charivari; dès que la lampe est enlevée, trois petites sonnettes en cuivre et une clochette en métal blanc pesant 225 grammes sont promenées dans l’espace et agitées à tour de bras ; le jouet imitant le chant du rossignol est mis en mouve ment ainsi que les trois boîtes à musique qui jouent à tour de rôle; un timbre à marteau sonne furieusement au-dessus de nos têtes, des coups de sifflet retentissent; le tapage dure quelques minutes.
Au plus fort du bruit, ma fille déclare qu’une grosse main armée d’ongles vient de la saisir par le coude et tire sa manche. Les dames, sauf Renée, commencent à manifester quelques craintes. On se précipite sur la lumière électrique et une lampe est apportée. 6e partie. — En lumière.
Renée reçoit ces quelques communications : < Recommencez, dépêchez-vous, je ne ficherai rien en l’air. > < Losajîne. > Je fais remarquer qu’il est tard et que notre médium peut avoir besoin de repos. Nouvelle communication : < Il faudra revenir une autre fois; demandez à Mm« Sabourault si elle veut bien. Dimanche, il faudra revenir, je vous ferai quelque chose et je vous apporterai une lettre.
Je vous remercie de vos bons conseils. » La séance est levée à io h. 1/2. Etaient seuls présents : Mme et Renée Sabourault, ma femme, ma fille et moi, A. François. Digitized by Google . Original from CORNELL UNIVERSITY''"’
UNION IDÉALISTE UNIVERSELLE 3oi UKIOH IDÉALISTE UHIVIRSSLLK Un paradis pour les Idéalistes « Revenons à la Nature », J.-J. Rousseau.
Beaucoup d’idéalistes ont, bien sûr, comme moi, reconnu avec douleur combien les circonstances (so ciales, politiques, climatériques, etc.), sous lesquelles nous vivons, nous mettent des obstacles, presque insur montables, à vivre conformément à notre Idéalisme, c’est-à-dire à réaliser l’idéal Divin, dont le germe se trouve en nous, et qui est lui-même la source de notre existence humaine.
Pendant plusieurs années, ce fut toujours ma pensée de trouver un endroit sur terre, où les circonstances soient si « idéales » qu’on pût y demeurer — au moins de temps en temps — et en compagnie de personnes sympathiques y travailler pour nous approcher de la réalisation de l’idéal plus qu’il n’est possible à présent. Par un événement imprévu, j’ai enfin trouvé, il me semble, ce que je cherchais depuis si longtemps.
A Fruithurst et aux environs, j’ai trouvé une place convenable. C’est une ville qui n’a que deux ans, au nord d’Alabama; il y fait beau. Ce site est salutaire, un climat exquis (i), très fertile, et on y peut vivre de très peu. Celui qui a besoin de travailler pour vivre peut bien faci lement se proeprer le nécessaire en cultivant quelques acres avec du vin, des fruits, des légumes, etc., et on peut encore avoir la bonne terre à bon marché.
Lorsqu’il est si facile de se procurer de quoi vivre, il sera — au moins pour longtemps — impossible d’y créer un prolétariat. Fruithurst n’est qu’à sept journées de voyage de l'Europe (avec un des vaisseaux gigantesques d’« American Line >), est situé à une gare de chemin de fer, a 800 habitants, une banque, un grand hôtel, etc. (1) Point d’hiver, l’été chaud, naturellement; mais Frui thurst est à 1.200 ou i3.oo pieds au-dessus de la mer. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by coogie
3o2 l’initiation En différentes, manières j’ai eu la confirmation de la vérité des communications qu'on m’a faites. J’ai reçu beaucoup de photographies de la place, et je n’y vois pas seulement la beauté et la fertilité de la contrée, mais j’y ai aussi eu une bonne impression de la popu lation.
A une photographie, je vois les enfants de l’école publique ; ils sont bien vêtus et bien nourris, et ont l’air bien rustique, innocent; à une autre je vois une grande partie des hommes de la ville et de ses environs — et je me réjouis de voir combien ils ont l’air de « gentlemen » (i). Pour me procurer les informations les plus authen tiques de Fruithurst, fy ai envoyé mon fils.
C’est un journaliste, il a été cinq ans aux États-Unis, et c*est un jeune homme qui sait faire des observations. Mon fils y est arrivé en septembre, et il m’a écrit de ce < Pa radis » (ainsi il a nommé cette contrée). Il est résolu d'y rester ; et j’ai moi-même acheté quelques acres près de Fruithurst, dans la colonie « Pax >.
C’est mon espoir que ces lignes attireront l’attention de mes frères et sœurs Idéalistes sur le < Paradis >, et je conseillerai à ceux qui s’y intéressent de se procurer eux-mêmes des informations. Tout ce que j’en sais est à la disposition de vous — on comprendra bien que je n’ai pas’osé occuper trop de place dans V Initiation. Carl Michelsen, V. P. de l’U. I. U. Skanderborg, Danemark, novembre 1897.
Groupe Indépendant ¿’Études Ésotériques La photographie des effluves Les expériences du Dr Baraduc, puis celles de MM. les Drs Luys et David sur l’enregistrement du fluide humain (1) Je pense que beaucoup d’eux s’y étaient établis à cause de leur santé. Original from TORNFLL UNIVERSITY^ ' Digitized by
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 3û3 ont été expérimentalement prises à partie par le Dr Guebhard, agrégé de physique de Paris, qui a réussi à repro duire, par des artifices photographiques, plusieurs des faits obtenus par les premiers expérimentateurs. Le Groupe indépendant d'Études ésotériques de Paris a décidé de soumettre à une expérimentation impartiale ce différend.
A cet effet, il fait appel à tous les membres ayant un laboratoire photographique et connaissant des sujets hypnotiques ou des médiums spirites. Des plaques photographiques, enveloppées comme il est dit ci-après, seront placées, pendant vingt minutes au minimum, sur le cœur ou sur le front des sujets et sous la main des médiums écrivains (voir à ce sujet les expé riences de M. Varaigne, dans l'Écho du Merveilleux).
Commencer les expériences avec de petites plaques 4. 1/2 X 6 ou 6 1/2 X Par 9 pour restreindre la dépense inutile. Envelopper chacune de ces plaques de deux doubles de papier noir séparés par une feuille de papier rouge, et coller dans le laboratoire même la dernière enveloppe. Opérer à sec pour impressionner la plaque.
Développer la moitié des plaques qu’on suppose im pressionnées dans une cuve verticale pleine de révéla teur et l’autre moitié dans une cuvette horizontale (mise en mouvement continuel par un appareil mécanique, si possible) et presque entièrement remplie de révélateur. Autant que possible, faire développer une partie des plaques par des professionnels non prévenus du résultat attendu.
Soumettre les expériences faites et les résultats obte nus à la critique du DrGuebard à Saint-Vallier-de-Thiey (Alpes-Maritimes) et répondre expérimentalement à ses objections. Envoyer ensuite le résultat des expériences à la direc tion de l'initiation, 10, avenue des Peupliers, Paris. Tious nos membres et tous nos lecteurs sont priés de prendre part à cette recherche.
Toutefois nous prions tout spécialement deux de nos branches de prendre à cœur et de poursuivre ces re cherches. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
l'initiation 304 t° Notre Branche de Liège (Belgique), que les relations de ses membres avec un grand laboratoire électrique in dique particulièrement; * 2° La Société des Hautes Études Psychiques de Mar seille, 4, rueThiers, renfermant des chimistes, des phy siciens et des médecins éminents et assez voisine du Dr Guébhard pour entrer en relations rapides avec lui. Le P. G. E.
CONGRÈS IKTERMATIOMAL DIS SPIRITES Et antres personnes intéressées aux recherches psychiques London Spiritualist Alliance, Ltd.y 110, St. Martin’s Lane, Londres, W. C Novembre 1897. Le Congrès aura lieu à Londres, en 1898, du 19 au 24 juin inclusivement. Toutes les assemblées se tiendront dans les différentes salles de St. James’s Hall, Regent Street.
PROGRAMME PROVISOIRE Dimanche 19 juin. — A sept heures du soir, dans la salle des banquets, service religieux, conduit parle RevJ. Page Hopps. Lundi 20 juin. — Réception dans les bureaux de l’Alliance, à l’adresse ci-dessus, où se tiendra un registre des noms et adresses. Mardi, mercredi et jeudi, 21, 22 et 23 juin. — Deux sessions par jour, de 2 h. 3o à 5 heures de l’après-midi et de 7 à 10 heures du soir.
Discours et discussions sur les questions vitales. Vendredi 24 juin. — Grande réunion dans la salle prin cipale, à 7 heures du soir. MM. les Directeurs de journaux et de revues, ainsi que nos amis, sont priés de donner à notre Congrès la plus grande publicité possible. Original from CORNELL UNIVERSITY“-.
FORMES PSYCHIQUES 3o5 Nous sollicitons la coopération des Spirites de tous les pays, et nous espérons qu'ils nous aideront à rendre nos réunions nombreuses, animées et profitables. De nouveaux détails seront publiés en temps utile. En attendant, toutes les demandes de renseignements doi vent être adressées aux bureaux de l’Alliance, no, St. Martin’s Lane, Londres, W. C., à E. Dawson Rogers, Présider/.
PORMKS MYCHÎQU1S < Questor vitæ » consacre, dans le Light un très inté ressant article aux formes psychiques appelées en gé néral « Esprit» parla majorité des médiums.
Il s’attache à prouver la différence qui existe entre les phénomènes spirituels internes et les phénomènes psychiques ex ternes et arrive à démontrer ce fait absolu que la plu part des médiums sont incapables de distinguer si laforce qui les fait agir émane du double d’un vivant ou d’un mort.
Il rappelle que, dans le sommeil hypnotique, si on suggère au sujet la vision d’une personne vivante ou morte, il la percevra souvent d’une façon plus réelle que les objets extérieurs. Les phénomènes psychiques ex ternes sont encore plus complets. Il peut certes arriver qu’un clairvoyant perçoive l’Etre lui-même à l’état astral avant qu'il ait subi la seconde mort, mais ce cas est très rare.
MM. Papus et de Guaita affirment que de nombreux cas de possession sont produits par des doubles humains extériorisés à l’aide de forces occultes employées pour le mal. De nombreux occultistes sont de cet avis. Il est probable que les sorcières du moyen âge allaient au sabbat en double astral, et bien des êtres appelés dé mons par le vulgaire ne sont que des doubles humains extériorisés.
Les formes d’Esprits qu’on devrait appeler « formes psychiques », lorsqu’elles représentent des Etres très Digitized by Google Original from CORNELL UNIVERSITY
l’initiation 3o6 évoluéset qui ont franchi, par la mort seconde, les limites de l’astral, ne peuvent donc jamais être les EsDrits cons cients mais leur double psychique. Quand ces doubles sont projetés sur la terre, ils obéis sent aux lois de la planète et prennent la forme humaine, mais ce n’est pas leur forme réelle. En effet, lorsqu’ils sont projetés à l’état qu’on pourrait appeler l’Etat d’esprit-solaire, ils prennent la forme sphé rique.
En résumé, l’Esprit ne peut projeter consciemment son double que dans un état spirituel excessivement élevé ; alors il peut réellement agir et se communiquer ; dans tous les autres cas, le double appartenant à un état secondaire, les communications ne sont qu’un reflet. Phaneg.
A M. le Docteur Parus, 3 décembre 1897, L’article si remarquable de M. le Dr Rozier, paru dans V Initiation et relatif à la catastrophe du Bazard de de la Charité, me décide à vous envoyer ces quelques lignes. J’avais d’abord jugé inutile de vous entretenir de ce sujet, vu que les preuves ci-dessous ne peuvent guère être probantes que pour moi. Dans tous les cas, voici en substance ce que j’ai communiqué à Sédir, il y a quatre ou cinq mois.
« Fin janvier 1897, je me trouvais (en esprit?) sur les bords de la Seine (Passy); il pouvait être quatre heures du matin; tout à coup, je vis à l’horizon une forme ailée descendant assez rapidement sur la terre.
« Bien, dis-je; un titan tombé du ciel! ce titan une ou deux fois plus grand que l’homme, fut suivi de trois ou quatre autres, à_droite et à gauche de la Seine, lesquels atterrissaient en décrivant de grandes courbes verticales Original CORNELL UNIVER Digitized by Google
CORRESPONDANCE 3O7 rasant le sol. Les ponts me les tirent perdre de vue en suite.
« Cependant, l’un de ces derniers avait atterri près de moi,et je pus m’approcher pour le considérer un instant; c’était un homme plus grand que nature, de proportions admirables, sa coiffure, en forme de casque, rappelant celle des pionniers américains, et ainsi du reste du cos tume; sa figure était d’une douceur céleste, et telle, que je ne l’oublierai jamais; il tenait à la main un instru ment de travail et semblait fouiller le lit du fleuve.
« Mon impression fut que j’avais assisté à la descente d’envoyés célestes, chargés de missions sur notre pla nète, probablement près des rives de la Seine. « Le 4 mai survint l’incendie du Bazard.
Les journaux de cette époque ont xelaté ce fait qu’au moment de l’ar rivée des secours, la première pompe fut immobilisée quelques instant, juste en face la sortie, car le conduc teur ayant tourné trop brusquement, l’avant train ne fonc tionnait plus; on fut obligé de l’enlever à bras d’hommes.
« Une deuxième pompe ou dévidoir survient ensuite, et le même fait se reproduit ou à peu près ; ces deux acci dents successifs en avant des portes de sortie, furent la cause de retards très appréciables dans le sauvetage.
« Malgré moi, je rapprochais ces circonstances de l’aveuglement qui avait présidé à l'installation de l’éta blissement et ne pus faire autrement que d’arriver à avoir de grandes présomptions pour une intervention quelconque... < Par une nuit de juillet dernier, je m’étais endormi en pensant à cette catastrophe; le matin, toujours vers quatre heurs, je vis quatre ou cinq lions, même nombre que les titans, naviguant dans les airs; celui qui les pré cédait avait une tête de chien et tenait dans sa gueule une proie, vraisemblablement une poule ou volatille quelconque.
« C’était la réponse à ma demande; et mon impression fut que les envoyés cette fois étaient représentés sous l’hiéroglyphe connu ; le lion à tête de chien ouvrant la marche, étant plus évolué, devait être le chef (voir cours de Papus). Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized
3o8 l’initiation < Tout cela me dira-t-on vous donne-t-il le droit de conclure? « Evidemment je ne puis avoir que de fortes présomp tions à ce sujet. < Cependant, une dernière vision sur des faits me tou chant personnellement et réalisée en 24 heures (incendie en province), m’apprend qu’il faut tenir le plus grand compte de semblables avertissements, et cette fois je conclus, ne pouvant faire autrement. Paris le 3 décembre 1897, Un.
S/: l:\- * ♦ ¥ Paris, le 9 décembre 1897. A M. Saturninus. Monsieur et très estimé Confrère, Permettez-moi de vous adresser quelques mots de réponse à la question que vous avez posée dans le nu méro de novembre de l'initiation.
Et d’abord, si vous le voulez bien, nous écarterons Fange Gabriel dont parlent les auteurs cités, puisqu’il est entendu que nous parlons ici astrologie, c’est-à-dir-e science. .Voir dans l'influence que les astres exercent sur nous l’œuvre d’un Génie ou d’un Ange, revient exactement au même que d’attribuer les phénomènes électriques, magnétiques, chimiques, etc., à l’intervention d’esprits, angéliques ou sataniques, selon le cas et le point de vue.
Il est vrai qu’en faisant de la littérature, on parle parfois d’une « Fée Electricité »; mais dans un écrit technique on serait mal venu de parler de l’électricité autrement que d’un mode de l’énergie. Il devrait en être de même des influences astrales, qui ne représentent pas autre chose que des forces naturelles, d’un autre ordre seule ment que celles qu’on étudie communément.
Considérée sous le jour de ces remarques, votre ques tions relative à une période de 334 ans pendant laquelle la Lune aurait gouverné le monde, ne peut donc avoir que ce sens de savoir si la période en question corres pond à une phase d’intensité dans l’activité que notre Original from -CORNELL UNIVERSITY**,. Digitized by
CORRESPONDANCE 3OÇ satellite exerce sur notre monde, comparativement à une phase de rémission précédente ou suivante. L'astrologie admet, comme vous savez, d'autres phases de l'activité lunaire à périodes plus courtes : telles celles qui correspondent aux phases astronomiques de notre satellite.
Il est donc possible, et même fort probable qu'il se manifeste encore d'autres alternances d’inten sité et de rémission embrassant des périodes beaucoup plus longues que celle que je viens de mentionner ; mais à ma connaissance aucune affirmation positive à ce sujet n'a pu être faite jusqu'ici. Veuillez, Monsieur, agréer l’assurance de ma considé ration distinguée. H. Selva. * • « Cherbourg, 27 novembre 1897.
Mon cher Ami, Dans le numéro de ce mois de V Initiât ion, Viluk parle de la prophétie du major Brück d'après laquelle les épi démies se succéderaient par périodes de 516 ans (cou rants magnétiques telluriens). Bruck admet 3 périodes qui sont : a) 800 — 13i6 — ¡832 b) 1349 — i865 c) 1420 — ig36 Dans chaque période les années sont séparées par un intervalle de 516 ans. lia pu ainsi,en i85i, prédire l’épi démie de 1865.
Si l’hypothèse des courants magnétiques est vraie et si ceux-ci sont réellement constants, il y a dû avoir des épidémies dans l’antiquité en 284, 232 avant J.-C. et 748 avant J.-C. pour la période a ; en 833, 317, 201 avant J.-C. et 717 avant J.-C. pour la période b ; et en 904, 388, 128 avant J.-C. et 644 avant J.-C. pour la période c. Un lecteur de rimtàr/ÛHt fort en histoire pourrait-il nous renseigner à ce sujet ? Bien à vous frat:‘: A. S. Digitized by Go<gle Original from CORNELL UNIVERSITY
3 io l’initiation P.-N. Mansuy, Science et Foi. i vol. in-8° de 390 p. avec Îdanches et gravures. Prix 5 fr. Mansuy-Brion à Meaux Seine-et-Marne). Voici un excellent ouvrage où les extraits des classi ques de l’occulte aidés d’heureuses réminiscences de Vaillant (Clef magique) et de Morin (Treize nuits) sont ac compagnés de vues personnelles souvent très originales de l’auteur. Le style est agréable, attachant et clair.
Les chapitres sont courts et bien ordonnés, et une foule de sujets différents sont traités sans fatigue pour le Jecteur, L’auteur aurait fait un ouvrage parfait de vulgarisation s’il avait davantage cité ses sources au bas de chaque, page. Il aurait ainsi fait ressortir sa part personnelle qui est très grande dans ce volume et qui disparaît complè tement devant les copies d’ouvrages courants qu’on ren contre partout sans aucunes références.
Mais l’esprit de large unité qui anime Science et Foi fait vite oublier ces légères imperfections, et nous ne pouvons qu’approuver M. Mansuy d’avoir essayé de jeter quelque lumière sur les symboles du catholicisme, tels qu’ils sont éclairés par les révélations occultes. P. René Worms. — Organisme et Société. 1 vol. in-18. Al can 1896.
M. Worms, qui est, quoique jeune encore, l’un des hommes les plus diplômes que je connaisse, a consacré depuis quelques années déjà son activité et sa science à la direction de la Revue internationale de Sociologie.
Au teur de divers ouvrages philosophiques connus dans le monde universitaire, il nous donne aujourd’hui dans le présent livre une étude fort intéressante par son carac tère encyclopédique et parle sujet dont elle traite et qui est aujourd’hui au premier rang des préoccupations de nos savants.
La science sociale est en quelque sorte une science moderne; si, dans notre monde latin, on avait vu quel ques philosophes s’en occuper dans les siècles précédents, c’est dans le nôtre qu’elle a pris son véritable essor, par les travaux de ces admirables intuitifs d’il y a quarante ou cinquante ans, auxquels tous les sociologues et les Original from CORNELL ÙNt-VERSfl’f* Digitized by Google
BIBLIOGRAPHIE 3 I I économistes de l’étranger ont emprunté la direction même de leurs recherches et les principes de leurs mé thodes. Bien comprise, en effet, cette science s’inspire de résultats des plus élevés d’entre les autres, elle exerce l’activité et les travaux de toutes, les utilise, les coordonne et les unifie en quelque sorte dans une action puissante et synthétique.
Les anciens sages avaient admirablement compris cela, et tout ce qui nous reste des antiques constitutions sociales le prouve surabon damment ; l’état social chinois, l’antique tribu brahma nique, le kahal juif, s’appuient sur un principe commun ; et ce principe emprunté selon le temps et le lieu, c’est-àdire selon le développement de la race, appartient soit à la théogonie, soit à la cosmogonie, soit à l’androgonie, soit à la physiogonie.
Tout ceci, M. René Worms le sait admi rablement ; il montre une connaissance approfondie de ces antiques conceptions et de leurs modernes interprètes : les Saint-Yves et les Barlet. Félicitons-le bien sincèrement de l’adresse avec laquelle il sait adopter tout cet ésoté risme aux besoins mentaux et aux cadres intellectuels du monde savant de notre époque; c’est là véritablement une bonne œuvre à laquelle nous applaudissons de tout cœur.
Sédir. * * * August Strindberg. — Inferno. Berlin et Stockholm, 1898, in-i8. 3 mks. Ce nouveau livre du grand chimiste suédois est un des plus magnifiquement douloureux que je connaisse.
Sous forme des courtes notices détachées d’un journal intime, le lecteur assiste à toutes les secrètes tortures d’une âme tâtonnant, d?ms les obscurités de ce monde, vers la Voie, se blessant au contact des hommes, des événements et des sciences et faisant jaillir du sang de chaque blessure une fleur nouvelle de sagesse.
L’occultiste trouvera dans ces pages maintes applications des méthodes intuitives, des éclairs saisissants, beaucoup de passages suggestifs et instructifs. Je compte d’ailleurs reparler prochaine ment de ce livre. S. ♦ ♦ * A la Société d’Éditions scientifiques, 4, rue Antoine-Du bois, Paris : Science occultes et physiologie psychique, par le Dr Edmond Dupouy. Un vol. in-18 avec nom breuses fig. dans le texte. Prix 4 francs. Malgré le titre, les Sciences Occultes n’ont pas grand Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by CooQie
3l2 l’initiation chose à voir avec les matières traitées dans ce volume fort bien fait d'ailleurs en ce qui touche au magnétisme humain et à la force psychique. Le résumé suivant montrera à nos lecteurs combien l’auteur connaît peu l’occultisme s’il excelle dans l’exposé des expériences concernant les forces psychique. L'es prit antimatérialiste du volume est digne des plus grands éloges.
Après quelques considérations physiologiques sur l’ap pareil nerveux rendues très claires par plusieurs figures intercalées dans le texte, l’auteur a mis en évidence l’ob jectivité des effluves et des radiations qui s’échappent normalement du corps humain; il a indiqué la manière de calculer la force vitale de chaque individu; il a fait voir le corps psychique extériorisant ses facultés sensi bles, motrices et intelligentes pour produire, avec cer tains sujets, des phénomènes de matérialisation et de médiumnité ressortissant à l’animisme et au spiritisme, et souvent à l’un et à l’autre.
Pour arriver à cette démonstration, le Dr Dupouy s’est appuyé sur de nombreuses observations, prises avec la plus grande rigueur par des hommes d’une probité scientifique indiscutable.
Il a repris avec méthode et im partialité les expériences faites en Amérique, en An gleterre, en Allemagne, en Italie, en Russie et finale ment en France par des savants comme Crookes, Varney, Aksakof, Ochorowicz, Zœllner, Cari du Prel, Lom broso, Gibier, Baraduc, de Rochas, Charles Richet, etc. Le Dr Dupouy a également rapporté les expériences faites par lui en collaboration avec le Dr Puel, — expéf riences concluant à la manifestation de la force vitale dans un cercle neuro-dynamique indéterminé, soit seule, soit alliée à une autre force en état complet ou incom plet d’extériorisation.
Il a enfin, dans la troisième partie de son livre, fait l’histoire des maisons hantées avec des documents aussi complets qu’originaux.
En résumé, ce travail, écrit de bonne foi, fournit la preuve irrécusable — on pourrait dire mathématique — 3ue l’homme n’est pas simplement un parfait ensemble 'éléments anatomiques, mais un esprit incarné prési dant à toutes nos fonctions, et dont le champ d’action n’est pas restreint à notre enveloppe cutanée, comme on le croit généralement.
En lisant ce livre, les hommes de science, le grand public qui s’intéresse à l’énigmatique problème de la vie ne pourront résister à une captivante émotion ; ils Original from CORNEÜL“ÜNÍVERS Digitized by
BIBLIOGRAPHIE 31 3 comprendront tous ce que peuvent nous promettre ces mots du professeur Richet pris pour épigraphe par l’auteur : « Le surnaturel devient phénomène naturel aès que notre ignorance de la cause est dissipée. » « • M. G.
Dumontier a envoyé au congrès des Sociétés sa vantes de la Sorbonne une étude sur la Géomancie che\ les Annamites : selon les conjonctions des astres et des éléments, ils choisissent des habitations ou des sépul tures. • • Deutsche Zeitschrift fürGeschichtswissenschaft, 18901897, Heft4; Koehne. — La prophétie de l’année 1401 (prophétie sur la restauration de ¡’Eglise romaine par un prince, composée avant 1401 en Italie).
Zeischrift für vaterländische Geschichte und Alterthumskunde, Bd. LIV, r8y6 ; Lurbonsen. — Apparitions d'armées combattantes, présageant des guerres futures en Westphalie (signale un grand nombre d’apparitions et de traditions de cette nature depuis le xv * siècle jus qu'au temps présent). Revue historique ' novembre-décembre 1877.— M. A.
Bouché-Leclerca publie dans la Revue historique un article sur l’astrologie dans le monde romain (chapitre d’un ouvrage destiné à paraître prochainement : V Astrologie grecque). Il traite la question avec l’érudition prodigieuse qui dis *- tingue son histoire de la divination dans l’antiquité, mais en sceptique spirituel et bon enfant.
Diogène le Babylo nien, nous apprend-il, réduisait l’astrologie au rôle de la physiognomonie, c’est-à-dire à discerner les aptitudes naturelles de chacun. Le médecin marseillais Crenas (un compatriote de MM. Léo Taxil et Hacks-Bataille) gagne dix millions de sesterces à régler l’alimentation de ses clients sur les mouvements des astres, etc., etc. CORNELL UNIVERSITY
3i4 l’initiation Matines, revue de littérature et d’art; Serge Basset, 42, rue Fontaine-Saint-Georges. Une nouvelle publication, dirigée par un de nos plus sympathiques confrères de la littérature occulte, tout spécialement recommandée.
L’Echo du Merveilleux, 21, boulevard de Clichy, par Gaston Méry, poursuit son admirable campagne de pro pagande occultiste et révèle de nombreux documents toujours à l’appui de la science occulte et pour sa vulga risation.
La Reculade de la science, par Gaston Méry, est une réfutation probante, de dialectique sincère, des pré tentions rétroactives de la Science française, qui préfère éluder les questions nouvelles plutôt que de s’aventurer sur un terrain où ses expériences n’aient pu encore rien trouver de stable et de solide positivement. Une lettre d’Anatole France sur Sainte Catherine d'Alexandrie.
De nouveaux renseignements, abondants et précieux, de Raymond Duplantier sur la Maison hantée du Pin-enMauges. L’enquête sur Renée Sabourault continue avec deux lettres, l’une du marquis de L. L., «l’autre de Papus, qui a retrouvé à Lyon l’emplacement de l’ancien château de la Combe-Blanche, où est aujourd’hui le ci metière de la Guillotière, et dont parlait si souvent Losanne, l’esprit dirigeant la plume de Renée Sabourault. .
Sur le démon familier de Mme de Pompadour, qui pour suivait le célèbre Latude, lequel < écrivait, nous dit George Malet, des placets lamentables, sur un lambeau de chemine, avec du sang, alors qu’il était largement pourvu de papier et d’encre », un article à lire. La Quinzaine à Tilly, avec le compte rendu des extases de Marie Martel et Louise Polinière. Des prédictions nou velles de la Voyante de la rue du Paradis.
La Dame d’Harfleur, qui guérit, par la simple imposition des mains, toute espèce de maladies et de malades. Le Pro phète des Vosges annonce un hiver doux. La cathédrale de Chartres, dit Huysmans, fut construite par des gens en état de grâce, artistes et manœuvres. En Indo-Chine, Digitized by Original from....
LES REVUES 315 le prophète Ky-Dong, qui marchait sur l'eau sans enfon cer et qui saisissait de la main les balles qu’on tirait sur lui, a été arrêté et va être transporté à la Guyane ou à la Nouvelle-Calédonie. Dans la Revue scientifique et morale du Spiritisme, une étude documentée de faits et de photographies, sur le caractère positif de la doctrine spirite, et l’exposé lumi neux de cette théorie, par Gabriel Delanne.
Jeanne d’Arc, médium divin, par Becker, Alfred de Musset, médium, par trois faits contrôlés, par T. Tonœph. Un cas nou veau de maison hantée, avec la danse du mobilier et autres phénomènes, par Louis Fresne.
Un article, Cœur et Cerveau, basé sur ces deux principes latins : Primum vivere, deinde philosophari ; vivre d’abord, philo sopher ensuite ; et Nil erit in intellectu quod non fuerit prius in sensu, rien ne peut atteindre l’intelligence avant d’avoir ému le sentiment, par Marius Decrespe.
Socia lisme et Spiritisme, par Léon Denis, qui veut le bonheur des hommes par la transformation morale de l’individu, à qui les enseignements supérieurs du spiritisme fourni ront les moyens. Une très intéressante discussion du gé néral Fix, sur la Morale du Christ basée sur sa résurrec tion. La suite des phénomènes spirites à Agen. La Profession morale, de Ch. Fauvety.
Le Progrès Spirite publie un extrait d’Allan Kardec sur la Réincarnation ; la suite des dictées médianiques de Marie-Louise Mottet. La Revue Spirite continue les Réflexions philosophiques de P.-G. Leymarie. La très curieuse introduction de l’ouvrage du Dr Béclu, sur les affections de l’âme et les passions considérées comme causes dans les maladies. Hermès, médecin des corps et médecin des âmes, par le Dr Thomas. L’Histoire de Katie King, par F.
Marryat. Des cas de communications télépathiques. L’Or alchi mique, la Vie du métal VArgentaurum, l’interchangeabilité de l’or et de l’argent au point de vue moléculaire, décou vertes nouvelles, par Ernest Bosc, article prétentieux et contredit par les expériences de Emmens. La fin des Sou venirs d’Alban Dubet. Des Réflexions, de Edgar Quinet.
Mentionnons et recommandons à ceux qui connais sent les langues étrangères : Light a journal of Psychical, CORNELL UNIVERSITE
1 316 l’initiation Occult, and Mystical Research; la Union Espiritista, Revista mensual, Ferlandina, 20, pral. Barcelona ; Lnz as tral, de Buenos-Aires. Dans Mélusine, de curieuses recherches sur Pépin le Bref, Samson et Mithra, et des chansons de la BasseBretagne.
Le Bulletin de la Société astronomique de France publie une conférence faite par Camille Flammarion, le 4 no vembre 1896, sur les Étoiles filantes du 14 novembre 1896 et du mois de novembre de 1898 et 1899. < Le point d’émanation de la constellation du Lion, d’où ces mé téores semblent arriver, leur a fait donner le nom de Léonides.
Nous pouvons nous représenter cet essaim de météores comme une âme gigantesque de poussière cos mique, qui serviraient vraisemblablement à la féconda tion des mondes ».
Le résultat d’expériences photogra phiques des Spectres des étoiles doubles colorées, des Spectres des étoiles principales de la nébuleuse d'Orion * par sir William Huggins ; des dessins de Jupiter, par M. Antoniadi, à l’Observatoire de Juvisy; de Nouveaux dessins de la planète Mars et de Saturne, par Léo Brenner; aspect du ciel étoilé du i5 octobre au i5 novembre, etc. Très intéressant aussi le numéro du Mercure de France, abondant etvarié, copieux, substantiel, et delecture agréa ble.
Ce sont d’abord de Nouveaux Masques, de Rémy de Gourmont, d’une critique clairvoyante et légère, poétique et documentée ; ceux de : Jean Lorrain,quiconnaîtà fond la psychologie vénéneuse du péché, qui semble « creuser des fossés, pour avoir le plaisir de les franchir », plantes rares, serres chaudes, fleurs empoisonnées, volupté et mort, fées amoureuses, rêves ambigus ; Edouard Du jardin, qui dirigea la Revue indépendante, fonda la Revue Wagnérienne, écrivit la Légende d’Antonia, poèmes en prose d’une grande pureté de ton ; Maurice Barrés, ambi tieux intelligent, qui écrivit des livres de circonstance d’une valeur littéraire égale à celle des œuvres de beauté ingénue, bon éducateur d’âmes, qui sait penser, écrire et sentir ; Camille Mauclair, d’une précocité intellectuelle remarquable, homme des déductions et des prolongements, tempérament fin et à longues fibres, berger des idées, Orin inn I fi'Cj/, . CORNELL JhlIVERSIl . Digitized by
LES REVUES qu’il aime, féminin, complexe, et hardi chevaucheur de mots ; Victor Charbonnel, esprit religieux et mystique, qui croit/ devant sa conscience, devoir abandonner les rangs de l’Eglise catholique, impuissante à lui révéler le Dieu qu’il porte en son âme, qui dit, dans sa Volonté de vivre : « notre vie n’est rien, si elle n'est pas vraiment notre vie », et qui, d’accord avec Ibsen et l’auteur de Ylmitation, rejette les versets des Prophètes et ne veut ouvrir l’oreille qu’au Verbe suprême, intérieur.
Des vers d’Henri Ghéon, de L. Legouis ; Y Eau vivante, allégorie peut-être initiatique, de Marcel Batilliat ; des Réflexions sur les directions contemporaines, de Camille Mauclair, d’un grand intérêt d’évolution ; la fin de Aubes, drame lyrique, puissamment lyrique, de Emile Verhœren ; les Pierres qui pleurent» roman, d’Henri Bourgerel ; et toute la deuxième partie critique, de la Revue, à lire, tant pour l’agrément que pour la documentation.
La Plume consacre son numéro exceptionnel au Natu risme et à M. Saint-Georges de Bouhélier, qui, avec ses dis ciples bénévoles, tente, ou tentera, une révolution litté raire s’inspirant de la Révolution de 1889, retour à la nature, l’individu passifs’imprégnant des harmonies natu relles plutôt que voulant imposer aux milieux son indivi dualité ; plusieurs variations, sur ce thème, des Natu ristes: Maurice Le Blond, Eugène Montfort, Albert Fleury, Jean Viollis, Louis Lumet, Joachim Gasquet, Michel Aba die, Maurice Magre, particulièrement inspiré, d’une large envolée lyrique et humaine, etc. L'Harmonie et les Sons, élude intéressante, d’Andriès de Rosa ; /’Histoire de Jean de Paris, roi de France, texte rajeuni par Jean Moréas (suite) ; etc. La Revue philosophique donne les Théories néo-Lamarckiennes par le Dantec, étude sur la formation des espèces, les variétés, les, causes de la variation, l’hérédité des caractères acquis, et la démonstration documentée des théories.
La Vision droite de Ed. Goblot, l’image rétinienne étant renversée, et comment il se fait que nous voyons les objets non renversés et dans leur position natu relle, l’examen et la réfutation des deux théories de la projection et celle des mouvements de l’œil, l’exposé de Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
318 l’initiation la théorie de l’éducation de la vue, < l’éducation des sens n’a pas pour effet de redresseras images rétiniennes, attendu qu’elles ne sont pas vues renversées plutôt que droites ; elle ne les change pas de sens, elle leur donne un sens ; elle associe les perceptions visuelles des directions et situations relatives aux perceptions tactiles des mêmes directions et situations relatives >.
Essai sur l’origine psychologique des métaphores, de Speranski, avec des aperçus curieux sur les rapports intimes de la Science et de la Mythologie, à suivre dans le prochain numéro. Un recensement d’images mentales, de Jean^Philippe, étude remarquable sur le nombre et la nature des images qui se tiennent à notre disposition, au premier plan de la conscience, avec un tableau résumé d’expériences recons titutives frappantes.
« Nos images mentales ne se juxta posent pas les unes à côté des autres, comme des entités distinctes ayant chacune son autonomie propre ; au con traire, elles se superposent les unes aux autres et se fon dent les unes dans les autres lorsqu’elles deviennent trop nombreuses.
Moins les images sont nombreuses, plus elles sont concrètes: elles se généralisent et per dent leurs caractères individuels et particuliers à mesure qu’on les renouvelle. » L’étude des Principes de méta physique et. de psychologie , de Paul Janet, par M. Berg son, d’un spiritualisme expérimental très éclairé.
La Revue des Revues : La Photographie et la Science des nuages, par Jacques Boyer, explication d’expériences faites à l’observatoire de Trappes, en vue de connaître la forme exacte, la nature, la hauteur des nuages, et de prévoir les phénomènes météorologiques. Une étude sur les nouveaux romanciers français, F. Vandérem, Paul Adam, Léon Daudet, Ed.
Estannié, Art Roê, Samuel Cornut, Camille Mauclair, Hugues Ribell, Rachilde, etc, par Henri Béranger. Essaisur les mystères de la longévité, par Jean Finot. La suite du Panthéon des journaux et des journalistes, enquête curieuse, avec une lettre de Max Nordau. La guerre gréco-turque racontée par l’image. Les Biffins de New-York,du Docteur L. Caze. L’Aïeule du Féminisme, parle DocteurA.de Neuville ; etc. Les caricatures de la quinzaine. Digitized by Go-oie CÔRNELL ÜNIVËRSÏwS^
LES REVUES La Revue générale des sciences pures et appliquées, avec des communications particulières sur l’art naval, la mécanique, la chimie, la zoologie, l’hygiène, etc. Les Rapports de l'analyse et de la physique mathématique, par Henri Poincaré, qui envisage les mathématiques à un triple but : elles fournissent un instrument pour l’é tude de la nature, et ont en outre un but philosophique et un but esthétique.
Le Musée national de Marseille, étude critique, par Ph. Eberlin. La Revue annuelle de la physiologie, de Léon Frédéricq, etc. La Revue scientifique : Michael Foster fait très savam ment l’historique du Progrès de la physiologie depuis 1884. M. G.
Capus raconte Une ascension d'hiver au MontBlanc, en soutenant cette idée qu’il est des moyens de dévouement moins coupables que les ascensions des vul gaires touristes, qui montent sans thermomètre ni baro mètre, et il y est monté avec des appareils astronomi ques divers, dans le but d’établir un observatoire au som met. Le droit des veuves en Europe et en Chine, par Paul d’Enjoy.
A propos des prétendues photographies d'ef fluves humains, où Adrien Guébhard attribue « à des causes purement physiques les accidents du développe ment photographique enregistré par les docteurs Luys, David, Baraduc,¡comme enregistrements scientifiques d’ef fluves humaines. Dans le numéro suivant, Ch.
Richet développe la fonction du cerveau, son caractère psycho logique, les relations des phénomènes psychiques avec la morphologie des cellules nerveuses, l’intelligence et le cerveau dans la série des êtres, où il est le terme le plus parfait de l’évolution des choses et des êtres, dans ce qui est accessible à notre connaissance. Les informations y sont d’un intérêt soutenu.
La Revue bleue a découvert de nouvelles œuvres pos thumes, de Stendhal, et donne un article intéressant sur les Origines du socialisme d'Etat en Allemagne, par G. Lyon, une étude sur Paris au lendemain du g ther midor par G. Aulard, une enquête sur les cendres de J.-J. Rousseau, par H. Buffenoir.
Le Cri de Paris, dont toutes les rubriques contiennent des documents d’une note ironique et frondeuse très particulière, et qui paraît très renseignée sur toutes choses. Qrigir ■■ frcn; CORNELL UNIVERSITY
l’initiation 320 La Coopération des idées donne les réponses à cette question : Quel sera l'idéal de demain ? Marius Decrespe propose de la modifier ainsi : quelle sera la forme que revêtira demain l’idéal de toujours ? et croit au rprogrès évolutif vers ce but : l’Humanité — Une!
Mœe Clémence Royer voit ainsi l’idéal : « le seul que l’homme arrivé à l’âge de raison doive poursuivre et le seul qu’il lui soit donné d’atteindre, c’est d’arriver à la connaissance adé quate des conditions de la réalité et des limites du possi ble, par l’étude de plus en plus complète des lois géné rales et nécessaires qui gouvernent la nature et les so ciétés d’êtres vivants. » R. de la Grasserie propose une Solution de la question d'Orient, qui consisterait à la scinder en deux parties, et à s’occuper séparément de la Turquie d’Europe et de la Turquie d’Asie, avec la réfec tion de la carte d’Europe suivant la nature ethnique et les difficultés des races.
Le Devoir, revu des questions sociales, donne simple^- ment des documents s r le Familistère de Guise, dont il est l’organe, et le compte rendu de l’Assemblée générale ordinaire de la société. Sabrus. de l’article du n° 12, septembre 1897, « Initiation » Lire p. 2i 8, 1. 2 : la bombe ; 1. 19 : intelligenti. — P. 219, 1. 14 : pontifes épais. — P. 221, 1. 11 : respon sabilité devant. — P. 231,1. 24: du mouvement. — P.
2 32, dern. ligne : plus le progrès avance sans la foi. — P. 233, dern. 1. : obsure ananké. — P. 235, 1. 25, san benito, ses. Le Gérant : Encausse. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C*% RUE DE LA PRÉFECTURE, 6. e Digitized by CORNELL UNI
S'adresse* à M. Rosen, 9, rae Chappe, Paris. Lo: rdoleix (de).— Les Folies du siècle (roman); i 8 18, in-8,gr. Luchet(Marquis de . — Essai sur la secte des Illuminés; 1789, in-8n. Marcoïnis (J.-E). — Le Rameau d'or d'Eleusis ; histoire de la Maçonnerie : origine, mystères, rites; 1861, in-8", pcr Mast (Guerrier du). — La Maçonnerie (poème) ; 1820, in-8" (ouvrage retiré du commerce par la famille de l’auteur).
Mounier ( J.-J). — De l'influence attribuée aux philosophes et aux francs-maçons, etc., sur la Révolution jrançaise , 1822, in-8°. Nodier (Charles) — Histoire des sociétés secrètes de l'armée et des conspirations militaires; i8i5, in-8'’. Nogaret (N ). — Apologie pour l'ordre des Francs-Maçons ; La Haye, 1742, in-8®.
Occultes (Sciences). — Recueil des dissertations sur les ap paritions. visions, songes: l’abbé Lenclet Dufresnoy, 1878, 4 v. in-12 (Le Grand Grimoire, la magie noire, arts magi ques), in-12 ; — La Poule noire ou la Poule aux œufs d'or, 760, in-12;— Révélation d'outre-tombe, Cahagnet, i856, in-12; — Alliance religieuse universelle, Henri Carie, 1860, in-8’).
Palaprat (Fabes). — Le' Viticon, principes fondamentaux de la doctrine de Chrétiens catholiques primitifs, etc., etc., 183 1, in-8°. Péraud (l’abbé). — L'Ordre des Francs-Maçons trahi et le secret de Moys révélé ; Amsterdam, 1745. — Les FrancsMaçons écrasés; l*Abbé Larudon ; Amsterdam, 1745, in8", 15 p. Procédures curieuses de l'inquisition de Portugal contre les Francs-Maçons ; 2803 (1747', in-8°.
Prudhomme (C.-A). — Dieu devant la science ; Religion et Franc-Maçonnerie ; i885, in-8n. Saint-Victot (Guillaume de) — Origine de la maçonnerie adouhiramite ; 1812, in-12. — Recueil précieux de la maçonnerie adouhiramite; ¡787, in-12. — Histoire cri tique des mystères de l'antiquité : superstition, supercherie des mages; 1788, in-12, grav. ail. Vie de Joseph Balsamo (le comte de Cagliostro); 1791, in-8".
Ulbach (Louis). — Philosophie maçonnique ; 1853, in-12. Journaux maçonniques, français et étrangers. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by
|nion Idéaliste Universelle Notes and Queries, S. M. Gould à Manchester (N. H.) U. S. A. Frie ord, A. Sabro à Christiania (Norwège.) Nordisk Frimurer-Titenda, Alb. Lange à Chris tiania (Norwège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie) Nuova Lux, 82, via Castro Pretorio à Rome (Italie). Lu% astrai, 6, passage Sarmiento à Buenos-Ayres (République Argentine). L’Initiation, io, avenue des Peupliers, Paris. El-Hadirah, 19, rue de la Kasbah, Tunis. -------- —>»>0««—— Digitized by Go< gle Original from CORNELL UNIVERSITY
JOURNAUX KT RKVUKS OCCULTISTES RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENT LANGUE FRANÇAISE L'Initiation (revue mensuelle), 10, avenue des Peu pliers, Paris. Le Voile dTsis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. L’Hyperchimie (revue mensuelle), 19, rue St-Jean, Douai (Nord). HERMÉTISME, ALCHIMIE La Thérapeutique intégrale (revue mensuelle), (o, rue Durand-Claye, Paris MÉDECINE HERMÉTIQUE, HOMŒOPATHIE Matines (revue mensuelle), 42, rue Fontaine-Saint-Georges, Paris. LITTÉRATURE ET ART LANGUE ANGLAISE 7he Morning Star. Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie, Paris. (PeterDavidson, Loudsville,WhiteC°, Georgia, u.s.a.) , LANGUE ESPAGNOLE Lu^astral (hebdomadaire, à Buenos-Ayres (Répu blique Argentine), 6, pasage Sarmiento. La Nota Médica, Fuencarral, 26. Madrid. LANGUE ITALIENNE Lu$ (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Rome LANGUE TCHÈQUE Sbornik pro filosofii a okkultismus, à Prague (Bohême), Pucn majerova U1 36. AVIS IMPORTANT. — Tous nos confrères cidessus cités et ceux qui voudraient être cités sont priés de reproduire ln extenso cette liste. Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by uooQie
Principaux Ouvrages recommandés pour l’étude de ¡’OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS F.-Ch. Barlet............ L’Évolution de Vidée. L’Instruction Intégrale. Le Serpent de la Genèse. Stanislas de Guaita . . j Le Temple de Satan. ( La Clef de la Magie noire. Traité méthodique de Science Occulte Traité élémentaire de Magie pratique. La Science des Mages. Ésotérisme et Socialisme. Papus ........................... A.
Jhouney .................. René Caillié Dieu et la Création. CLASSIQUES Eliphas Lévi............... Saint-Yves d’Alveydre La Clef des Grands Mystères. Mission des Juifs. Fabre d’Olivet............ Albert Poisson............ La Langue hébraïque restituée. Histoire philosophique du genre humain. Théories et Symboles des Alchimistes. LITTÉRATURE Jules Lermina . . . . Bulwer Lytton . . . ( La Magicienne. £ A Brûler. Zanoni. La Maison Hantée P.
Sédir. . . . MYSTIQUE Jeanne Leade. Jacob Bœhme et les Tempéraments. Lés Incantations. pour détail et prix, s’adresser : & la librairie C0AMDEL, S, rue de Savoie, PARIS Envoi Franco du Catalogue. TOURS, IMP. E. ARRAUET ET C‘% Original from CORNELL UNIVERSITY Digitized by