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Barlet et Lejay (p. 97 à 101.) PARTIE PHILOSOPHI QUE .. .. ......... Lafamille hantée d’Yzeu res . . . . . . . . . . . . Duplantier. (p. 102 à 139). Lettre du R. P. Alla . . . Alta. (p. 140 à 152). Contribution à l’étude de Lecomte. l’homme . . . . . . . . . (p. 152 à 155.) PARTIE LITTÉRAIRE... L’Occultisme dans SteIla. C. I“lammatrionv (p. 156 à 161.) Haschich . . . . . . . . . . Karle-Synka. (p. 161 à 169).
Université libre des hautes Études. — Ordre Martiniste. — Société de Biologie. — La Science universelle. — Les deux traditions. —— Bibliographie. — Livres reçus. —— Union idéaliste universelle. -— Échos. — Erratum. —— Prophéties. Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. -— Un An: 131x FRANCS
ÊROGRAMME 1" Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiarion est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiarion adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
' Enfin l’Initiarion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’1nitiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initialique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: -10 francs par an (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Initiarion du 15 Août 1897 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Initiation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO— F. CH. BARLET, S.'. l.'.N— STANISLAS DEGUAITA, S.'. I.‘. g, —GUYMIOT. —MARC HAVEN, S.'. I.'. gl—JULIEN LEJAY, S.'. I.'. ,\I — EMILE MICHELET, S.'. 1.-. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. 1.-. (D. S. E.) MOGD, S.'. 1.-. -—GEORGE MONTIÈRE, S.'. 1.“. f:; ——PAPUS, S.'. I.°. ;'t; — SÉDIR, S.'. I.'. ,3. —- SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL—MARDUK. —-— AMELINEAU. — ALEPH. —— Dr BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30‘ — BLITZ. — BOJANOV. , — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — FABRE DES ESSARTS. —— Dr FUGAIRON. — DELEZINIER. — JULES GIRAUD. — HAATAN. —— L. HUTCHINSON. —-= JOLLIVET-CASTELOT. — L LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G.
POIREL. — RAYMOND. —D" ROZIER. — D“ SOURBEGK. — L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. VITOUx. —- HENRI WELSCH. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUEOURG. — JEAN DELVILLE. — E. GOIIDEAU. — MA NOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. —-— L. HENNIQUE. — JULES DE MARTH0LD. — CATULLE MENDES.— GEORGE MONTIERE. — LEON RIOTOR. -— SAINT-FARGEAU. -— ROBERT SCHEFFER. — EMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH.
DUBOURG. -— RODOLPHE DAR2ENS. —- JEAN DELVILLE. - YVAN DIETSCHINE. -— CH. GROLLEAU. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. — J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÊ.
L'Initinlion du 15 Août I897 I L’INITIATIO N DIRECTION ' " ADMINISTRATION Villa Ionlmorency, 10, aven. des Peupliers ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉ PARIS—A UTEUIL DIRECTEUR : PAPus c H A M U E I. Dlnecrzua ADJOINT : Lucien MAUCHEL 5, [lu de Savue Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLE’1‘ Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. 10 fr. J.
LEJAY —.P,AUL stoun ÉTRANGER, _ ,2 “._ ‘ RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous s:’ seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dani le corps d’un article. ' Prière d’adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d‘avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant.
GRIIIIPE IIIIEI’EIDIIT D’ÉTUDES ÉSIIIEIIIQIIE8 I,ôoo Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d'Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. - Pour tous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR. directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse.
Principales Sociétés adhérentes au Groupe 1 , ORDRE MARTINIS TE .. ‘ ORDRE KABBALIST]ÇUÊ DE LA ROSE -jCROIX. —ÉGLISE GNOSIÂQÜE socrÉrE ALCHIMIQUE DE FRANCE
La reproduction des articles inédits publiés par l'1nitiation est. formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE e euaru INTRODUCTION MESSIEURS, A quelque école que vous apparteniez, à quelque renommée que vous soyez parvenus, vous n’échappez guère, sans doute, aux rudesses de la critique.
Maître ou disciples, classique orthodoxe ou novateur hété— rodoxe, il se trouve toujours quelque voix pour vous blesser dans les convictions qui vous ont dicté votre oeuvre.
Comme vous, le public est dérouté par une foule de théories diverses; sollicité pour des admirations qui le déconcertent; raillé souvent dans ses goûts, taxé parfois d’ignorance grossière, il ne trouve plus dans l’Art ces enseignements fortifiants et sains qu’il accourt cependant pour lui demander. (1) Extrait d’un volume qui vient de paraître chez Chamuel ' (prix 2 fr.). Wnäu'm“ ':r.;:aæi ' .'v. .Ï_ ' ” ' 4
98 L’IN1TIATION IAOL‘T Troubles inutiles de la foi qui vous soutientcomme de celle qui nous attire vers vous, ces attaques de la critique qui nom ébranlent sont incapables cepen dant de nous guider. Ici vous l’entendez gémir que la Peinture est morte, que le génie périt submergé par la médiocrité, qu’à peine le talent surnage encore. prêt à sombrer.
Là vous l‘entendez crier. au contraire. à l’écœure ment des traditions stériles, à l’asservissement de règles factices qui insultent à la nature. Et de part et d’autre les sarcasmes, les quolibets, les injures même parfois, se croisent, faisant dans vos esprits comme dans les nôtres la sombre nuit du scepticisme.
Cependant la multiplicité, la vivacité de vos écoles, de vos expositions, de vos scissions, n’est-elle pas la meilleure preuve de votre activité?ll faut donc penser que c'est la critique elle-même qui s’égare en se mon— trant incapable de guider comme elle le devrait cette précieuse effervescence, en la comprenant si mal qu’elle la prend pour la fièvre de décomposition.
Se laisserait-elle aller à ses diatribes stériles, si elle se savait en état de vous dire pourquoi tout ce tumulte en vos écoles, pourquoi cette dissémination de.vos énergies, où vous conduisent vos instincts inspirés, où retrouver ce grand Art que vous souhaitez tous, quel est cet idéal que vous évoquez jusque dans vos productions les plus réalistes ?
Eh bien, ce que la critique ne vous dit pas, nous venons tenter de le faire apercevoir, comme nous ‘ croyons l’avoir vu nouscmêmes ; sans invectives
[I 897 L’ART DE DEMAIN 99 contre personne parce que nous nous basons sur des principes acceptables, croyons—nous, par vous tous; sans préférences pour aucune école parce que nous pensons que toutes ont leur raison d’être et leur per fection spéciale.
' Convaincus que notre époque, en ses pénibles efforts, marche vers une synthèse superbe qui sera la forme nouvelle du grand Art, nous voulons essayer de vous montrer en quelques réflexions inédites par quelle voie vous pouvez marcher de concert vers cette synthèse, dont nul ne doit être exclu.
Nous vous adressons ces quelques pages avec l’es poir de pouvoir jeter sur l’obscurité où vos écoles se heurtent et se blessent inutilement une lumière grâce à laquelle elles pourraient s’unir, dans une hiérarchie naturelle, en colonne puissante, vers l’Art de demain. Désireux d’abuser le moins longtemps possible de votre attention, nous nous bornerons à l’exposé ra pide et succinct des faits que nous avons à vous sou— l mettre.
Il demanderaient de bien plus longs dévelop pements, mais vos esprits, accoutumés par la méditaj tion artistique à l’exercice de l’intuition, suppléeront j aisément à tout ce que nous pouvons à peine faire ‘ l entrevoir.
Il doit nous suffire d’attirer vos réflexions sur les sources d’inspirations que nous désirons vous signaler. l Nous devrons d’abord vous indiquer la voie tracée depuis des siècles, mais oubliée aujourd’hui, quinous a conduits nous-mêmes à ces sources. En la parcou— rant, nous apprendrons ensemble à distinguer la na ture, l’origine, la raison d’être de vos écoles; nous . ;y. ' :A ‘ v- 1ML.,,,._...«» . 4..:....-.. 4a. .—-u .auL-..
100 L’INITIATION reconnaitrons dans leur succession la loi qui pré side à l'évolution de l’Art; nous verrons par quelles formes elle s'est manifestée particulièrement pour la Peinture. Une fois en possession de ces principes, il nous sera facile de reconnaître la signification de chacune de nos écoles actuelles, les tendances communes qu’elles accusent. et de comprendre ainsi comment leurs remarquables efforts peuvent être secondés.
Ces données une fois posées, la solution de notre problème, celui de l’avenir de la Peinture, s’en dé duira aisément par la détermination des formes pro— pres à la Grande Peinture et des sources aussi nou velles que conformes aux aspirations modernes où l’esprit de l'Art peut s’alimenter en vue de son pro grès normal. DÉDIÉ A M. c.
REVEL MONSIEUR, Ami sincère de la vérité, vous avez acquis par vos études la conviction que notre siècle touche à la solu— tion des plus grands mystères, que les portes de l’in visible Au—a’elà lui sont ouvertes et qu’il peut y trou— ver des ressources inouïes par son activité anxieuse. Travailleur consciencieux autant que généreux, vous êtes accoutumé à consacrer le fruit de votre labeur à la divulgation de vos recherches.
Vous avez voulu nous faire l’honneur de nous asso cier à cette bonne œuvre, à côté d'apôtres dévoués comme votre noble ami Bouvery, en nous demandant ,. _|Jo-.a\. la... ...r... Mans—à.
L’ART DE DEMAIN 101 d’exposer au monde artistique, selon des principes précédemment publiés et qui ne vous avaient pas dé plu, quel progrès il peut espérer de l’exploration de l’lnvisible, quelles sources d’inspirations l’y attendent et quelles raisons peuvent l’engager à s’y livrer... Heureux d’une occasion si favorable aux’ doctrines qui nous sont chères comme à vous, nous avons fait de notre mieux pour répondre à votre confiance.
Si nous n’avons pu réussir autant que nous le voudrions à soutenir la thèse délicate que notre zèle a peut être imprudemment acceptée, vous voudrez bien le par donner, ainsi que nos lecteurs, en raison de la nou véauté qui la rend si hardie encore, et de la précipita— tion à laquelle les circonstances nous ont condamnés.
Puissions-nous être assez heureux, du moins, pour attirer l’attention de nos artistes sur cette philosophie à laquelle vous êtes si fortement attaché vous-même, et vous donner ainsi la meilleure preuve de notre sympathie et de notre reconnaissance. n«s ’ 4 F. CH. BARLE‘l‘ ET LEJAY. . au ......—- - «.M.A-«.-.. ‘! l .g. ><ws"‘-"-‘L«tua. .....v
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE lia ÈAIIIIILIÆ ItAIIIEE rîlzruars ÉTUDE 8VNTEÜÉÎIQ)HE On a souvent remarqué avec raison, dans cette revue même, que, depuis quelques années, les réac tions du plan invisible sur le plan physique de la Na ture se produisent et se multiplient avec une fréquence et une intensité qui, vraisemblablement, ne sont pas dues au hasard, mais dénotent, au contraire, des vues et des desseins qui, à vrai dire, nous échappent.
Nous constatons des faits ; nous n’entrevoyons pas, pour le moment du moins,les raisons profondes de leur appa rition. L’année dernière, nous avons eu, presque en même temps, Mlle Couédon, Tilly, les voyants de Saint-Gervais et de Laroque, les maisons hantées de Valence-en—Brie, de Mostaganem et d’Agen.
Cette année, la série ne s’est pas interrompue : la sibylle de la rue de Paradis continue à prophétiser; certains coins > de l’Astral sont toujours visibles àTilly; d’autres maisons hantées ont été, de divers côtés, découvertes et signalées.
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 103 Je ne retiendrai, péur en parler ici, que les faits de cette dernière sorte, et encore ne consacrerai-je pas un article d’ensemble aux hantises de l’année; la place me manquerait. Je donnerai seulement quelques dé— tails sur les phénomènes de cet ordre qu’il m’a été donné d’observer de près et longuement, d’abord à Yzeures, puis à Poitiers.
Les faits singuliers qui se passaient, ces temps der niers encore, dans la demeure de la famille Sabou rault, ont fait parler et écrire plus qu’il n’est croyable. Des centaines de témoins les ont constatés, des en quêtes contradictoires en ontétabli l’indiscutable réa— lité; et, comme il se trouve toujours des gens pour nier l’évidence, des polémiques acharnées s’en sont suivies dans les journaux régionaux et parisiens.
En fin de compte, la vérité a réussi à triompher, nous verrons comment, et plus d’un sceptique de la pre— mière heure a été, en dernier lieu, forcé de se déclarer vaincu. , A présent que les discussions sont closes et les polémiques terminées, il n’est peut—être pas inutile de résumer, en une étude synthétique, cette intéressante question, qui a fait tant de bruit.
J’ai déjà publié dans l’Ec/zo du Merveilleux (numé ros du 15 mars, du 1"” avril et du 15 mai) plusieurs articles où j’ai longuement conté mes observations. Ce que je voudrais aujourd’hui, c’est présenter un tableau d’ensemble et comme un résumé de ces étranges phé nomènes, qui pût servir, dans la suite, à renseigner et à instruire les curieux d’études occultes. '-<«:‘-""‘*"&u 4 .. «v. _ ..,_,,-_ ...»"l\ . mu-‘ 1 « »—-. - ,4A...æ
104 L‘INITIATION LES TÉMOIGNAGES La famille Sabourault habitaitYzeures, dans l’Indre et—Loire, quand je fus, au mois de décembre dernier, prévenu par un ami, M. Fleury, que des phénomènes extranaturels se produisaient chez ces gens. Quelques jours après, j’arrivais à Yzeures, en compagnie de mon confrère Georgel, et je me livrais avec lui à une enquête sérieuse qui confirma de tout point ce qu’on m’avait déjà dit.
Je ne me contentai pas de recueillir des témoi gnages; je passai dans la maison hantée, en compa— gnie d’observateurs consciencieux, plusieurs nuits, au cours desquelles je constatai une partie des curieux phénomènes qui m’avaient été signalés. J’ai conté dans l’Éc/zo du Merveilleux ce que, nuit par nuit, j’avais observé. Je ne suivrai pas ici le même procédé.
Je préfère essayer de grouper sous divers chefs les dif— férents phénomènes qui ont été constatés dans la 'maison hantée, soit par moi, soit par d’autres. J’aurai soin, — est-il besoin de le dire?— de m’apporter dans ce résumé que des faits dûment établis et indéniable— ment authentiques.
Tous ceux que je vais citer, ou bien ont été observés par mes amis et moi, ou bien m’ont été narrés par des personnes absolument hono— rables et dignes de toute confiance.
J’ai même, pour plus de sûreté, pris soin de contrôler chaque témoi gnage par celui des autres assistants témoins des mêmes faits ; et chacune des personnes que j’ai ainsi séparément interrogées a si scrupuleusement observé la vérité que je n’ai,en aucun cas, rencontré, entre les
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 105 Α""Ë_gx3L"In""7‘\« v. r ‘ diverses versions d‘un même phénomène, de diver gence appréciable. Je crois inutile, et en tout cas fastidieux, de citer tous les noms.
Aussi bien, par crainte d’une publicité qui pourrait leur être préjudiciable, nombre de témoins m’ont prié de les taire : il y a, en effet, parmi eux des personnes paisibles, qui redoutent le moindre bruit, et des fonctionnaires, qui ne pourraient sans danger, — plus de cent ans après la Révolution! —— attester publiquement qu’ils ont été témoins de faits ne ren trant pas dans les cadres étroits de la ScienceOñicielle (avec un grand S et un grand 0).
Je ne les dirai donc pas. Au reste, ceux qui ne craignent pas de se nom mer, ne sont-ils pas, à eux seuls, de sûrs garants de l’authenticité des faits ?
Au hasard, je citerai à côté de moi, comme ayant été témoins de la plus grande partie des phénomènes que je signalerai, mon confrère Georgel ; MM. Carpin et Brincard, anciens élèves de l’École Polytechnique; Bodroux et Fournier, prépa ' rateurs à la Faculté des Sciences de Poitiers; Aviron (de Tours), peintre et photographe; Hervé, professeur à l’institution Eymard; et surtout M. le Dr Corneille (de la Mothe—Saint-Héray), qui n’a, dans toute cette affaire, ménagé ni son temps ni sa peine, et qui a pu observer chez lui, pendant quinze jours, grâce à la présence du médium, les intéressants phénomènes dont il a rendu compte autre part.
L’HISTORIQUE Ce n‘est pas, à proprement parler, d’une maison, mais bien plutôt d’unefamilie hantée, qu’il s’agit ici. _\'|
106 L’INITIATION En d’autres termes, les phénomènes occultes en ques tion ne se produisent pas dans tel immeuble détermi né, quels qu’en soient les habitants; ils suivent, au contraire, la même famille, en quelque lieu qu’elle se transporte. C’est, pourrait-on dire, -— en empruntant à la langue juridique une expression commode, — une hantise personnelle et non pas réelle.
Comme exemple topique de hantise de cette dernière sorte, je puis citer le cas du presbytère de Villiers (près Poi tiers) ; pendant plus de dix ans, les divers curés qui se succédèrent dans cette habitation furent témoins des mêmes faits extraordinaires qui effrayèrent tout le pays, et qui n’ont cessé que depuis peu de temps. — En regard, comme type de hantise personnelle, le cas de la famille Sabourault me paraît à souhait net et concluant.
Les phénomènes occultes qui troublent encore ces pauvres gens commencèrent à se produire quelque temps après leur mariage, il y a une vingtaine d’an nées. Avant leur union, M. et Mme Sabourault n’avaient jamais été témoins de rien d'anormal, et aucun fait extranaturel ne s’était, à leur connaissance, passé, jusque-là, dans leurs familles respectives.
Ce fut dans le quatre ou cinquième mois qui suivitleur mariage qu’apparut pour la première fois la trou blante persécution : quelques jours après la mort d’une tante de Mme Sabourault, des grattçments éner giques, des roulements de tambour, des bruits de chaînes traînées et d’eau tombant en cascade se firent entendre une nuit, et continuèrent les nuits suivantes. M. et M"“ Sabourault habitaient alors la petite maison
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 107 dont ils sont propriétaires à Poitiers (faubourg Mont bernage), et tout le quartier fut témoin de ces faits. Dans les années qui suivirent, les bruits insolites ne cessèrent pas, et, quand les Sabourault quittèrent Poi tiers, leur maison du faubourg Montbernage, consi— dérée comme hantée, resta longtemps sans pouvoir se louer. Mais ce n’était pas à la maison qu’en voulait l’Invi sible, c’était à ses habitants.
Ils s’en aperçurent bien tôt. M. Sabourault, qui est entrepreneur, avait trouvé du travail à Bournand, près Loudun ; et, en quittant Poitiers, c’est là qu’il se fixa avec sa famille, pour travailler à la reconstruction de l’église. Pendant les quelques années qu‘ils y restèrent, ils n’eurent guère plus de tranquillité qu’en leur précédente résidence.
L’église de Bournand achevée, M. Sabourault et les siens allèrent habiter Loudun, où l’entrepreneur avait trouvé du travail. En cette nouvelle ville, même per sécution. Signalons toutefois qu’en leurs séjours à Bournand et à Loudun, les Sabourault eurent quel— ques périodes de répit; souvent, des mois entiers s’écoulaient sans qu’aucun phénomène insolite vint troubler leur repos.
Mais ces périodes d’accalmie étaient bientôt suivies de nouveaux orages : les bruits ne tardaient pas à reprendre, avec une intensité et une furie d’autant plus grandes qu’ils avaient été plus longtemps comprimés. C’est venant de Loudun que la famille Sabourault se fixa à Yzeures, au mois_ de septembre dernier: comme à Bournand, M. Sabourault s’était porté adju dicataire des travaux de reconstruction de l’église.
108 L’INITIATION Dans une situation de fortune déjà très précaire (des sommes importantes qu’on lui devait ne lui étaient pas payées), il s’installait avec sa femme et deux de ses fillettes dans une modeste chambre d’hôtel, où il resta jusqu’aux derniers jours du mois de mars dernier. Les phénomènes s’étaient manifestés sitôt leur arri vée, et le bruit s’en était répandu dans toute la con trée.
Bientôt, de toutes parts les curieux afiluèrent, demandant à passer des nuits dans la maison et à observer par eux-mêmes. Un autre que M. Sabourault eût peut—être songé à exploiter la curiosité publique, et exigé des visiteurs une rétribution ou un cadeau. En honnête homme, M. Sabourault n’en eut pas l’idée; il ne demanda rien àqui que ce soit et n’accepta de per sonne ni argent ni don d’aucune sorte.
Le fait vaut qu'on le signale; et ce désintéressement, plus méritoire encore dans la situation obérée de la famille Sabou— rault, ne doit pas être passé sous silence. Avec une grande complaisance et une infinie bonne grâce, M. Sabourault recevait dans sa chambre les visiteurs et les curieux.
C‘est ainsi que je pus, en compagnie d’amis, passer plusieurs nuits dans la maison hantée : l’une en décembre, deux en janvier, une quatrième en février, plus quatre autres consécutives en mars. Au bout de quelque temps, les journalistes s’ému rent : une feuille de Poitiers envoya àYzeures un de ses rédacteurs. Le Journal, qui commençait une enquête sur le Spiritisme, y dépêchaM. Gustave Kahn.
Celui-ci, accompagné du D'Legué, passa deux heures dans la maison de M. Sabourault, n’observa rien, et conclut sans hésiter que tout n’était dans cette affaire
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 109 que fraude et supercherie. Je ne pouvais, étant sûr du contraire, laisser passer sans protester une aussi fan taisiste version : le Matin m’accorda l’hospitalité, et, dans les numéros des 25 et 28 février,j’opposai aux hâtives conclusions de M. Kahn le compte rendu de mes observations.
J’invitais en même temps le rédac teur du Journalà procéder, d’une manière plus saine et d’une façon plus scientifique, à une nouvelle enquête. Il accepta, m’offrit même de se rencontrer avec moi à Yzeures, si bien qu’au milieu de mars nous passions ensemble deux nuits en observation dans la maison de M. Sabourault.
Le savant directeur de cette revue ne pouvant m’accompagner, je priai M. Georges Mon torgueil, de l’Éclaz‘r, de vouloir bien m’assister.Ainsi fut fait, et le résultat de cette contradictoire expertise fut celui que j’en attendais: elle établit, d’indiscutable façon, l‘absence de toute fraude, ainsi que la réalité des faits et leur caractère extranaturel.
Un procès verbal conforme fut rédigé et publié dans l’Ëclaz'r du 7 avril, accompagné d’un très favorable commentaire de M. Montorgueil. Quant à M. Kahn, au lieu de re connaître son erreur, il préféra ne rien dire : il ne souffla mot de l’aventure à ses lecteurs du Journal, et sa prétendue enquête sur le Spiritisme fut terminée du coup.
Ce poète sans talent fut ainsi rendu à' ses décadentes élucubrations, et cet enquêteur improvisé en matière de phénomènes occultes rentra dans les rangs de la phalange symboliste, d’où il n’eût, pour son bien, jamais dû sortir. Après l’enquête contradictoire, les phénomènes avaient redoublé de fréquence et d’intensité : les per—
1 10 L’INITIATION sonnes les plus honorables et les plus instruites du bourg les constataient chaque nuit, et les gendarmes eux-mêmes, — ces gendarmes dont M. Pierre Giiïard, ’ en un article célèbre, qui est, suivant l‘expression de La Bruyère, rare par le ridicule, réclamait naguère la présence et le secours dans les cas de hantise, — étaient forcés de s’incliner, comme les autres, devant la réalité et l’évidence.
Cependant, les affaires de M. Sabourault tournaient mal : un violent orage renversait le clocher qu’ilavait édifié, le nouveau conseil municipal refusait de voter les subventions nécessaires pour continuer les travaux de l’église, la liquidation judiciaire était prononcée contre le malheureux entrepreneur. Rien ne le rete nait plus à Yzeures.
Il décida de retourner à Poitiers, où il possède deux maisons, — dont l’une justement était inoccupée, — et où il a de nombreux parents, qui I’assisteraient dans sa détresse. Il arriva en cette ville le 19‘" avril, avec sa femme et ses fillettes, et s’installa dans sa petite maison du faubourg Montbernage. C’est là que je pus à nouveau, ainsi que beaucoup d’autres, constater, à diverses reprises, les phénomènes habi tuels.
Entre temps, l’aînée des deux fillettes, la jeune Renée, celle qui est en l’affaire l’incontestable médium, allait passer une_ quinzaine de jours chez le Dr Cor neille, à la Mothe—Saint-Héray, où les mêmes faits se produisirent, en présence des témoins les plus au torisés : MM. de Gramont, docteur ès sciences ; Brincard, ancien élève de l’École Polytechnique; Sel— lier, vétérinaire principal de l’armée; Émile Girau
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES III dias, architecte; Gaston Giraudias, surnuméraire de l’Enregistrement, et quelques autres. Ces nouvelles expériences prouvèrent, une fois de plus, que la pro-' duction des phémomènes était indépendante de toute supercherie, et véritablement due à une cause occulte. Le Dr Corneille a en donné une relation dans l’Éc/zo du Merveilleux du 1elr juillet; j’y renvoie le lecteur.
Joint au présent rapport, son article complétera la sé rie des documents qui pourront, dans la suite, être consultés sur ce cas intéressant de hantise personnelle. Ne trouvant pas de travail à Poitiers, M. Sabou— rault résolut d’en chercher à Paris.
Il partit, au milieu de mai, pour la capitale, muni de lettres d’introduction auprès de journalistes distingués et de savants estimés : MM. Gaston Mery, Georges Montorgueil, Henry Desormeaux ; MM. Encausse (Papus), et Albert de Rochas. Tous ont fait leur pos— sible pour lui venir en aide et mis tout en œuvre pour lui procürer du travail; jusqu’à présent, aucun n’a réussi.
Par un concours de circonstances véritablement fatales, peut-être par une nouvelle machination de son implacable persécuteur, cet infortuné et très hon nête homme ne peut trouver à louer ses bras et à faire vivre sa famille.
Voilà bientôt un an que sa misère dure : quoi qu’en aient dit certains journaux, elle n’a paS’pour cause le bruit fait dans la presse autour de sa singulière aventure; elle a des origines plus loin— taines et plus profondes que nous avons, en passant, signalées. Au reste, peu importe la cause; l’effet est malheureusement le même : une honorable famille, persécutée depuis vingt ans par l’Invisible, est à Paris,
t 12 L’INITIATION sans ressource et presque sans pain. Toutes ses tenta tives pour s’élever à un état meilleur ont, jusqu’à pré— sent, inéluctablement échoué.
Un des lecteurs de cette revue ne pourrait—il venir à son secours et l’aider à sortir de cette misérable et triste situation P LES PHÉNOMÈNES o Ce sont les classiques phénomènes de hantise, et il faut vraiment connaître la mauvaise foi et l’ignorance de certains journalistes et de certains médecins pour comprendre que des polémiques aussi ardentes aient pu s’engager dans la presse autour de ces faits.
Une fois de plus, l’arsenal bourgeois des raisqnne— ments à la Pierre Giffard a été mis à contribution et vidé de fond en comble : le bon sens, les lois de la phy sique, l’hallucination, la supercherie, tout a été invo qué, et j’ai dû discuter de piètres raisons et répondre à d’insanes arguments. , L’inévitable médecin qui, dans toute afiaire de ce genre,croit nécessaire de nierà priori les phénomènes, n’a, bien entendu, pas fait défaut, et M. Archambault a trouvé un émule en la personne de M. Ricochon.
Sans s’être déplacé, sans avoir fait la moindre expé— rience, sans avoir même du tout étudié la question, cet incroyable morticole a, de prime abord, tout nié, ou tout attribué à la supercherie. Il m’a fallu, à plu— sieurs reprises, défendre contre lui mes conclusions, lui faire toucher du doigt l’inanité de ses raison— nements, lui démontrer qu’avec les précautions prises, aucune fraude n’était possible, et que les faits avaient
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES II3 sûrement, en somme, un caractère extranaturel. Le D’Corneille lui a, de son côté, fermement tenu tête et vigoureusement répondu, si bien qu’en fin de compte, l’opinion publique a ratifié nos conclusions, et que M. Ricochon n’a pas, malgré son nom,porté bonheur, je le crains bien, à la mauvaise cause qu’il défendait.
Aussi bien, n’ai—je pas besoin d’insister auprès des lecteurs de l’Inz‘tz‘alz‘on, sur le caractère occulte des phénomènes, aucun d’eux vraisemblablement ne devant songer à le mettre en doute.
Je n’indiquerai pas, par suite, les minutieuses précautions que j'ai prises, à chacune de mes visites en la" maison hantée, pour prévenirla fraude et la supercherie; il me suffira d’assurer ceux qui me lisent que rien, de ce côté, n’a été omis ou négligé. _ J’en viens donc, sans plus tarder, aux phénomènes eux—mêmes.
Pour plus de clarté, et pour éviter, dans la mesure du possible, la monotonie d’une énumération, je classerai en trois groupes les divers faits observés : phénomènes visuels, phénomènes sonores, phénomènes physiques. I. — PHÉNOMÈNES VISUELS. ’ Les phénomènes visuels sont les moins nombreux, et, dans l’espèce, présentent, en général, ce caractère de n’affecter les sens que d’une seule personne.
Cela ne veut pas dire, d’ailleurs, qu‘ils soient purement subjectifs, qu’il y ait, autrement dit, hallucination de la part du voyant; mais on comprend cependant qu’ils soient, en raison de cette particularité et de leur petit nombre, moins intéressants que les phé
1 14 L’INITIATION nomênes sonores et physiques, perçus par tous et plus nombreux. Aussi n’insisterons-nous guère sur les faits de cette sorte. Peu de temps après les premières manifestations de l’Occulte, alors qu’il habitait encore Poitiers, M. Sa bourault vit, une nuit, l’image d’une jeune femme qui,lentement, traversait sa chambre.
L’apparition fut visible pendant deux ou trois minutes, au bout desquelles elle disparut; elle affectait la forme d’une jeune et belle femme, vêtue d’une tunique blanche, les cheveux dénoués épars sur les épaules.
M. Sabou rault n’était pas sous l’influence d’un songe, il était parfaitement éveillé, et il se rappelle encore l’impres sion d’indicible terreur que lui causa la vision : comme Eliphas, l’ami de Job, en semblable occur rence, il eût pu dire sans exagération : « Comme l’es prit passait, tous les poils de ma chair se sont héris sés (I). » Cette première apparition fut, d’ailleurs, pour M. Sabourault la dernière: il ne revit plus la mystérieuse dame blanche.
C’est surtout une des fillettes, la jeune Renée, qui a été inquiétée par des visions de ce genre: une nuit, àYzeures, elle vit au pied de son lit une têtehumaine, lumineuse dans l’obscurité; elle la décrivit à ses pa rents, et le signalement qu’elle en donna concordait admirablement, parait-il, avec celui d’un de ses oncles, frère défunt de M. Sabourault, que l’enfant n’a jamais connu. — Une autre fois, par une nuit de pleine lune, elle aperçut dans la courun spectre à forme humaine, (1) Job, 1V,15. A -- - - .-“ -—. . ...
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 115 qui se dirigeait sur elle, menaçant; elle rentra tout en pleurs, et conta, fort effrayée, la chose à ses pa— rents. On visita avec soin la cour et les bâtiments adjacents, on ne trouva personne, — et pour cause, —- et on remarqua même que la porte cochère, fermée intérieurement, n’avait pu être ouverte. -— Parfois, ce sont des têtes grimaçantes ou des mains lumineuses cherchant à la saisir qu’aperçoit la fillette.
Et, qu’on le remarque, l’enfant voit ces images au moment et à l’endroit mêmes où se font entendre les bruits ; mais, tandis que les assistants sans exception perçoivent ceux-ci, l’enfant voit seule, en totalité ou en partie, l’entité qui les produit.
Toutefois, une tierce personne, le chef de gare d’Yzeures, a, une seule fois il est vrai, participé en quelque sorte à une vision de ce genre: au cours d’une des nombreuses nuits qu’il passa dans la maison hantée, il aperçut, au-dessus du lit de l’enfant, deux yeux, brillants comme des escarboucles, qui le dévi sageaient.
Au même moment, la jeune Renée avait une vision concordante, et des bruits énergiques se produisaient dans la cloison voisine au niveau de l’apparition. Il. — PHÉNOMÈNES SONORES. Plus intéressants que les précédents en ce qu’ils sont perçus par tous, ce sont aussi les plus nombreux. Ce fut par eux qu’en ses commencements se manifesta la hantise, et c’est par eux qu’elle se continua, à peu près sans interruption. Les phénomènes visuels furent rares; les phénomène physiques ne se manifes
l 16 L’INXTIATION tèrent qu’à de longs intervalles, aux deux extrémités, pour ainsi dire. de la persécution ; les phénomènes so nores, au contraire, ne cessèrent, à aucun moment, d’être la manifestation préférée de l’Invisible. Nous répartirons en deux catégories les faits de cet ordre : 1° les coups ou chocs; 2° les bruits. I.
COUPS ou crrocs. —- Je groupe sous cette rubrique générale un certain nombre de phénomènes divers, mais présentant tous ce caractère commun d’être dus, suivant moi, à une cause externe ou objective. En d’autres termes, les sensations sonores que nous ran geons sous l’épithète de coups ont pour cause initiale des vibrations du milieu extérieur, produites elles— mêmes par une action physique.
Ils s’opposent aux bruits, qui sont, comme je l‘expliquerai, de simples illusions provoquées directement par l’Invisible, sans correspondant ni support objectif.
On peut subdiviser en trois classes cette première catégorie: a.) les coups ou chocs proprement dits; b.) les chocs d’un genre spécial, caractérisés par des effets complexes, rares et sortant de l’ordinaire; c.) les grattements, grincements et frôlements a.) Coups proprement dits. — Ce sont d’abord des coups frappés un peu partout, dans les murs, les bois de lit, les meubles, les cloisons...
Ces coups sont tan tôt faibles, tantôt violents, perçus seulement dans la pièce où ils sont frappés, ou au contraire entendus à plusieurs centaines de mètres de la maison hantée. Quelquefois, ils sont isolés; plus souvent, réunis en séries; ces séries comportent, d’ailleurs, des moda lités diflérentes: les chocs se succèdent lentement, à
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURÊS II7 l'--I .- ' intervalles de plusieurs minutes, ou au contraire ils suivent un’ rythme rapide, battent une mesure préci pitée. La plupart du temps, c’est en un seul endroit qu’ils sont frappés; mais, souvent aussi, ils se font entendre simultanément en plusieurs points, par exemple dans deux cloisons opposées, ou bien dans le plancher et au plafond, ou encore dans un lit et dans un autre meuble.
Il arrive fréquemment qu’ils semblent produits par le choc d’un doigt osseux ; d’autres fois, on dirait le heurt d’une main ouverte s’abattant-à plat, ou encore la chute d’un poing, quel quefois de deux. Et ce ne sont pas là des illusions produites par l’Invisible surles auditeurs. Les coupssont réellement frappés; car, si on applique aux endroits percutés la main ou l’oreille, on sent nettement les vibrations c'ausées par l’ébranlement.
12.) Coups ou chocs d’une nature spéciale se tradui— santpar des phénomènes sonores singuliers. — On entend dans un meuble ou dans une cloison d’éner— giques roulements de tambour ou des bruits de grosse caisse, parfois les deux en même temps. — Ou bien on perçoit à l’étage supérieur, dans une pièce certaine ment vide et où personne n’a pu s’introduire, un bruit de pas, qui semblent tantôt ceüx d’un homme mar chant pieds nus, tantôt ceux d’animaux munis de sabots; ces pas sonttantôt lents et lourds, tantôt légers et rapides, la plupart du temps sériés par trois. —— D'autres fois, c’est la chute d'un corps pesant,d’abord surla toiture, puis sur le parquet de l’étage supérieur. Il semble qu’un énorme sac de blé ou de farine vient
I I 8 L’INITIATION de tomber lourdement d’une grande hauteur; le colossal choc ébranle la maison, secoue les vitres, fait gémir le plafond. L’instant d’après, un bruit de pas gigantesques se fait entendre dans l’escalier : on dirait qu’un être énorme et monstrueux descend, len tement et pesamment.
J’ai entendu une fois ce bruit singulier, et je me le rappelle encore avec la netteté d’un souvenir récent; je percevais sur chaque degré de l’escalier le choc de pieds immenses et très larges, glissant lourdement, avec une forte adhérence, l’un après l’autre, pour se poser bientôt sur la marche infé rieure; pendant ce temps, l’escalier, — pourtant solide et neuf, — gémissait et craquait d’énèrgique façon.
Puis ce fut le tour des cloisons séparant les chambres du couloir auquel aboutit l’escalier: l’une après l’autre, elles furent secouées par de longs et intenses craquements. Muni d’une lumière, je regar dai avec soin: le grenier, l’escalier et le couloir étaient absolument vides. C’était là, d’ailleurs, pendant un temps, un phéno mène fréquent: durant plusieurs mois, les manifes tations de l’Occulte, chaque nuit, débutaient de la sorte.
Plus d’une fois même, les assistants, impatients d’appréhender le mystérieux visiteur, organisèrent de véritables chasses au fantôme, remontant derrière lui au grenier qu’il regagnait, entendant devant eux, sur les degrés supérieurs, le bruit des gigantesques pas,et, bien entendu, ne voyant rien et n’étreignant que le vide. c.) Grattements, grincements, frôlements. -— Ce sont
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 119 les dernières variétés de coups, et elles ne diffèrent des précédentes que par la nature, le timbre,la forme, en quelque sorte, du son entendu.
Il semble tantôt qu’un animal muni de fortes griffes exerce celles-ci sur le bois d’un lit, le panneau d’une porte ou la paroi d’une cloison; — ou bien on dirait qu’un être à mâchoires puissantes estlà, qui ronge le lit ou tel autre meuble: on entend les dents qui grincent, semblent entamer le bois et s’enfoncer dans le meuble, lequel effectivement est ébranlé, mais ne porte, exa— miné soigneusement, nulle trace de morsures. — D’autres fois, c‘est un frôlement le long d’une porte, d’un mur ou à l’intérieur d’une mince cloison : l’im pression produite est celle d’un animal de forte taille se frottant avec rage le long de ces objets.
2. Bau1rs. — Aux coups nous opposons les bruits, et nous entendons parlà, non ce que la physique dé signe par ce terme, qu’elle oppose au vocable de son, mais toute espèce de sensations sonores n‘ayant pas pour cause première une action physique extérieure.
Autrement dit, nous les différencions des coups (qui se traduisent aussi en bruits pour le cerveau), en ce que, à l’origine de ceux-ci, il y a choc ou ébranle-. ment objectif (d’un objet matériel d’abord, puis de l’air), tandis que les bruits sont, à notre avis, pro duits par l’Invisible agissant directement, sans inter médiaires objectifs, sur les centres nerveux des assis tants.
Ce ne sont pas, à proprement parler, des hallucinations, puisqu’ils n’ont pas une cause inté rieure inhérente au sujet lui-même; ce ne sont pas non plus des sensations sonores objectives, puisqu’il
120 L’INITIATION n’y a pas, comme point de départ, vibration, ébranle ment extérieurs. Ce sont, en quelque sorte, des illu sions d’acoustz‘que, ou, pour parler plus clairement, des sensations subjectives de son déterminées en cha cun des assistants par la force occulte agissant direc tement sur lui.
De là le caractère vague et fuyant de ces bruits, la difficulté pour les assistants de tomber d'accord sur leur nature, leur direction ou leur dis tance, et l’impression différente produite par eux sur chacun (1).
Ainsi, pour les uns, tel bruit semblait provenir d’une région de l’espace supérieure à la maison; pour les autres, il paraissait sortir des profondeurs de la terre; d’après les premiers, il naissait tout près, à quelques mètres; les seconds en reculaient le point de départà une considérable distance.
Les uns étaient tentés d’en attribuer l’origine au choc d’une baguette sur un objet métallique; pour les autres, il semblait causé par la chute d’une bille tombant et rebondis— sant sur une membrane tendue. Dans la même catégorie, on peut ranger les bruits d’étoffes ou de papier froissés, les bruits de chute d’eau tombant en cascade, qui se sont fait plus d’une fois entendre chez les Sabourault.
Il semblait aux assistants que des mains invisibles froissaient une (I) Nous n'attachons, au surplus, à cette distinction qu'une importance relative, la considérant plutôt comme un procédé commode de classification que comme l'expression adéquate de la réalité.
La vérité, en d’aussi délicates matières, est diffi cile à saisir, et d’autres hypothèses, que le manque de place ne nous permet pas de développer, peuvent aussi bien rendre compte des faits. l l
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 121 étoffe de soie ou un morceau de papier, ou vidaient à leurs pieds, d’une grande hauteur, une énorme quan tité d’eau. Bien entendu, aucune parcelle d’étoffe ou de papier n’était trouvée chiffonnée, et pas la moindre goutte de liquide ne mouillait le parquet. Citons aussi les bruits fréquents de faïence brisée, d’assiettes cassées, que j’ai personnellement entendus.
La première nuit que je passai dans la maison, après une demi-heure seulement d’attente, et alors que j’inspectais la cour, j’entendis tout.près de moi, — à moins d’un mètre, —— un bruit très fort et très net de vaisselle cassée et de verres brisés qui semblaient descendre en s’entre—choquant suivant un plan incliné pour venir tomber à mes pieds.
A ce moment, la lune éclairait parfaitement la cour, et, si ce bruit eût été produit par quelque objet ou quelque être matériel, je m’en serais certainement rendu compte. Au reste, pour qui connaît les infinies variétés des phénomènes occultes, tous ces faits ne sont-ils pas ordinaires et normaux? III. -— PHÉNOMÈNES PHYSIQUES. Moins nombreux peut-être, mais non moins inté— ressants, sont les phénomènes physiques.
Comme les précédents, ils furent des premiers par lesquels se manifesta l’occulte « influence »; et, pendant que les Sabourault demeurèrent à Poitiers, leur fréquence fut * grande. Puis ils cessèrent à peu près complètement pendant le séjour de la famille hantée à Bournand et à Loudun, et aussi pendant les premiers mois qu’elle habita Yzeures. C’est à peu près vers les premiers "aÏIË'ü“__.,æM“—*—“"æ A;Â"(W
I 2 2 L’INITIATION jours du mois de mars dernier qu’ils reparurent, timi dement d'abord, mais s’enhardissant bientôt au point de devenir d’une insupportable fréquence. Dans cet ordre de faits, on a souvent vu chez les Sabourault des portes s’ouvrir et se refermer d’elles— mêmes, généralement par trois fois. Des armoires ont, à mainte reprise, été vues s’inclinant à 45 degrés, et reprenant d’elles-mêmes leur position normale.
On peut remarquer, en passant, que ce phénomène pré— sente une certaine analogie avec l’un de ceux dont fut témoin, en 1821, le professeur Aschauer dans une maison hantée à Munchoff, près de Gratz: en sa pré sence, « un vase plein d’eau, placé sur le feu, fut in cliné lentement, et entièrement vidé de son contenu, puis se releva ensuite. » —— Chez les Sabourault, des objets légers furent quelquefois déplacés; c’est ainsi que, à différentes reprises, des cadres et des boîtes posés sur des cheminées furent, en présence de té moins, remués et changés de, place.
Récemment même, des statuettes furent jetées à terre et brisées, malgré le voisinage d’un crucifix, d’images de piété et de buis bénits dont le'curé d’Yzeures avait gratifié ses parois— siens hantés. ' Souvent, deslampes ont été secouées et quelquefois éteintes, peut-être parce que l’lnvisible avait besoin de l’obscurité pour se manifester, mais plutôt pour jouer un tour désagréable à ceux qu’il poursuit, la lumière ne semblant en rien le gêner.
C’est surtout au moment des,repas qu’en ces der niers temps l’occulte influence se livrait aux facéties de ce genre: la famille Sabourault était-elle assise au ...g, r? “2‘. ":‘:’...«f ”‘*’ ‘ .-=t '. J'
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 123 tour de la table, celle—ci était violemment agitée, sou vent déplacée de plusieurs mètres. Les bouteilles et les verres, bien entendu, étaient renversés et souvent ' projetés à terre, tandis que les assiettes dansaient sur la table une effrénée sarabande. Quelquefois, des verres vides étaient brisés d’un coup sec, suivant une ligne régulièrement circulaire, comme sous l’influence d’un liquide trop chaud.
Un autre jour, un convive, 4 le chef de gare, —se dispose à boire, et porte à ses lèvres un verre rempli de vin: le verre est renversé et le liquide épandu sur sa manche ; furieux, il met l’In visible au défide recommencer, et par deux fois la même plaisanterie est répétée, malgré les efforts qu’il fait pour maintenir son verre. ‘ Dans la chambre à coucher, l’lnvisible se faisait un jeu de déplacer les chaises, de hisser sur les lits des sièges ou des guéridons, à moins qu’il ne préférât les renverser au milieu de la pièce. — Souvent aussi, c’était sur les rideaux des lits qu’il exerçait son action: un souffle frais circulait dans la chambre, qui les gon— flait comme des outres, et, quand on appuyait sur la protubérance ainsi formée,on éprouvait une résistance, variable d’ailleurs, et plus ou moins forte.
Ou bien les rideaux étaient pincés comme par une main invi sible, et agités avec une telle violence qu’on craignait souvent qu’ils ne fussent déchirés; ou bien encore ils étaient déplacés d’un mouvement lent et régulier, et, quittant la tête et le pied du lit, se repliaient le long du mur dans un ordre parfait.
S’opposait-on à ce mouvement de retrait, on était entraîné par la force occulte, ou, si l’on résistait victorieusement, ce n'était m‘mM‘>«““\qg_«“i‘%“*WñnW ..
124 L’INITIATION qu’au prix d’incroyables efforts. Souvent encore, les rideaux furent brusquement enlevés au-dessus du lit, et vinrent, en retombant, couvrir et envelopper les personnes qui s’y trouvaient couchées. Il arriva aussi parfois que les couvertures ou les draps furent tirés avec violence, surtout ceux de la jeune Renée.
Une nuit, elle fut dela sorte, à plusieurs reprises, complètement découverte, et un des ouvriers de M. Sabourault, qui se trouvait là, M. Guillard, ayant voulu ramener sur l’enfant les couvertures, eut toutes les peines du monde à y parvenir. — Quel quefois même, la fillette fut jetée à bas de son lit, en— roulée dans ses draps et ses couvertures, de telle façon qu’on ne put la dégager qu’avec beaucoup de mal.
Replacée dans son lit, elle fut, en mainte rencontre, jetée de nouveau à terre dans les mêmes conditions. Quand la famille Sabourault fut établie à Poitiers, en avril et mai derniers, l’incessante persécution se ralentit un peu, et les phénomènes physiques du genre de ceux—là diminuèrent légèrement de fréquence ' et (l’intensité.
Toutefois, certains d’entre eux méritent d’être signalés : ce sont surtout les lém‘z‘az‘z'0ns que nous observâmes le dimanche soir 11 avril. La semaine qui avait précédé, rien ne s’était pro duit, ou du moins très peu de chose : il semblait que l’Invisible cherchât à lasser la patience des observateurs qui, chaque nuit, passaient de longues heures dans la maison de M. Sabourault.
Pour provoquer les mani festations, nous eûmes alors l’idée de demander à M““’ Agullana, le médium voyant bien connu de Bordeaux, de nous prêter son concours. Mm“ Agullana \ l l l ’ . .fl', "‘.'".."""‘. “"“*”’- ' .. "".’1*”»""“'“.: ..ÀJ”Ï?":’“. ”AÇÏÏVËWËWW
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES I25 accéda fort gracieusement à notre désir, elle vint à POitiers, et c’est sans doute grâce à sa présence à côté de la jeune Sabourault que nous obtînmes les lévita tions dont je vais dire quelques mots.
Nous étions assis autour d’une table dans la pos— ture classique des expérimentateurs spirites, et le léger meuble commençait déjà à craquer et à s’agiter, lorsque tout à coup la jeune Renée sentit sa chaise tirée violemment en arrière d’un mouvement brusque et saccadé: deux des assistants, ayant voulu la main tenir en place, eurent toutes les peines du monde à en arrêter le mouvement.
Bientôt même, la chaise et l’enfant sont soulevées à une hauteur d’environ cin quante centimètres, pendant une vingtaine de se condes; nous avons le temps de passer plusieurs fois nos mains entre le parquet et les pieds de la chaise et de nous assurer ainsi qu’elle est réellement lévite’e.
Au cours d’une de ces lévitations, l‘enfant et la chaise sont même déplacées de plusieurs mètres, avec une force telle que les efforts opposés de deux des assistants ne peuvent réussir à les immobiliser. Ces phénomènes de lévitation se reproduisent plusieurs fois, toujours en pleine lumière, et les dix ou douze personnes pré sentes en sont les témoins surpris.
Pendant ce temps, la jeune Renée, raidie sur son siège en une pose cata leptique, semblait à demi inconsciente. Sur les ins tances de Mme Sabourault, que ces phénomènes épou— vantaient, la séance fut levée... plus tôt que nous ne l’aurions désiré. Un procès—verbal fut, sur-le-champ, rédigé et signé; je l’ai sous les yeux au moment où j’écris ces lignes. k}W"'“‘""_, "Î,»‘<M A; .- .\'v., r;\‘_ ‘-u‘v__‘-—a—‘u—nræ—‘_g e.-,_ .. .‘ n.a.;,; ;W
1 26 L‘INITIATION Trois jours après, l’enfant était conduite à la Mothe-Saint-Héraye, chez le docteur Corneille, qui la garda près de deux semaines. Des faits d’ordre phy sique y furent, mainte fois, observés, et l’habile expé rimentateur put même arriver à domestiquer en quel que sorte l’occulte influence, et à obtenir au com— mandement les phénomènes qu’il demandait.
Je n’insiste pas sur ses expériences : elles reproduisent, pour la plupart, des faits que nous connaissons. ‘ Je ne veux pas clore cette énumération rapide des principaux phénomènes physiques observés dans la famille Sabourault sans parler d’un fait véritablement curieùx de dématérialisation : les phénomènes de cet ordre sont assez rares pour que je me permette de si— gnaler celui-ci à l’attention des Occultistes.
Le soir du 31 mars, alors que les Sabourault n’avaient pas encore quitté Yzeures, deux amis de la famille, MM. Soulard, chef de gare, et Gadois, coif— feur, dînaient à la maison hantée.
Les manifestations ccultes se produisaient, ce soir-là, avec plus d’inten sité peut-être que de coutume; la table se soulevait et retombait avec grand bruit, ou bien se déplaçait, met tant en branle dans sa marche verres, bouteilles et vaisselle; le verre que le chef de gare tenait à la main avait été, à trois reprises, renversé par la force occulte; deux autres avaient été brisés d’un coup violent et sec..., tout faisait prévoir une nuit orageuse.
MM. Sou lard et Gadois offrirent de rester jusqu’au lendemain matin; et, bien entendu, on accepta avecempressement. La famille Sabourault couchée, et ces messieurs assis au coin du feu, les bruits continuèrent dans les lits, ‘ .>—-——.r« ., , -.æ“JÇMJ«
LA FAMILLE HANTÉE D’Y2EURES 127 les murs et les tables. Vers minuit, les deux specta— teurs,— les deux auditeurs plutôt, — commençèrent à entamer les provisions apportées pour le réveillon ; à ce moment, les coups redoublaient, plus forts et plus précipités, se faisant entendre surtout dans le lit de fer de l’enfant. « Veux—tu boire à notre santé, Ro— bert? » demanda le chef de gare, interpellant fami-, liêrement l’invisible visiteur.
Un coup sec, frappé dans le lit, donna la réponse affirmative. « C’est bien, nous allons voir! » Et M. Soulard glisse sous lelit de l’en fant, à vingt—cinq ou trente centimètres, un verre rem pli de vin rouge. Cinq minutes se passent, pendant lesquelles les bruits ne cessent pas dans toute la pièce; puis, l’un des deux commensaux voulant boire,retire leverre et se dispose à le porter à ses lèvres. A la stu péfaction générale, le verre est vide!
Pas une goutte de vin n’y reste, et pourtant aucune trace de liquide ne paraît sur le plancher.
Les personnes présentes, encore sous l’impression d’une frayeur bien expli cable, attestent par écrit ce fait étrange de dématéria— lisation, et c’est à la suite de cette extraordinaire aventure que la famille Sabourault, littéralement ter— rifiée, décidait de quitter sans retard une maison si funeste à son repos, et prenait, le lendemain, le train pour Poitiers. CARACTÈRES ET CONDITIONS .
DE LA HANTISE Essayons maintenant de dégager de l’ensemble des faits et devient historique les caractères généraux de la hantise et ses conditions essentielles. b...._v“_‘ -> '>..m —-v\-‘ -.,.... *\ .a\__,‘, “.\_..‘__ » - \,* «.,-v.,, “ j... .._ ».w“,—
I 2 8 L’INITIATION j_AOUT CARACTÈRES GÉNÉRAUX Et d’abord, les caractères généraux. Ils sont au nombre de trois : a.) l’intelligence; b.) la capriciosité; c.) la méchanceté. a.) Intelligence. —— La force occulte qui, depuis vingt ans, persécute la famille Sabourault est certai nement intelligente.
Les faits que j’ai signalés suffi— raient à le prouver: la production rythmée des coups, ou leur succession rapide, leur percussion simultanée en divers endroits, le timbre particulier de quelques uns de ces sons (tambour, grosse caisse, etc.) le déno tent déjà. Mais j’en ai réservé un certain nombre, que je vais maintenant indiquer, qui corroborent pleinement cette affirmation.
Souvent les coups produits par l’Invisible sont frap pés aux endroits demandés, suivant le rythme indi— qué et le nombre sollicité. —— Quelqu'un frappait-il une certaine quantité de coups le long d’un mur ou sur un meuble, l’instant d’après, l’Invisible répétait la même expérience avec une intention manifeste d’évidente ironie. — D’autre part, au moyen de l’alphabet con ven tionnel par coups frappés, des réponses ont été obte nues: nombre et âge des personnes présentes, somme contenue dans un porte-monnaie, nombre de clefs composant un trousseau, quantité d’objets enfermés ' entre deux mains jointes, numéro d’un titre, d’une valeur ou d’un bon.
Souvent, les réponses aux ques tions posées étaient inconnues des assistants, et n’étaient trouvées justes qu’après vérification. ——- Par
1897] LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 129 contre, il arrivait fréquemment que les réponses don nées par l’Invisible étaient inexactes ou erronées; fait qui, d’ailleurs, n’a rien que de normal, car peut-on exiger d’un être de l’Astral l’omniscience qui n’est ré servée qu’à Dieu P — Souvent enfin, l’invisible inter locuteur ne voulait pas répondre, manifestant alors son refus par une série de coups désordonnés ou par des grattements énergiques.
La seule fois que j’aie voulu entrer en communication avec lui, ce fut la ré ponse que j’obtins; mais d’autres furent plus heureux et purent par coups frappés engager avec l’occulte in fluence de longues, et quelquefois intéressantes, con— versations. b.) Caprz’ci0site’. — C’est qu’en effet l’hôte invisible et gênant des Sabourault n’est pas seulement intelli gent, il est aussi éminemment capricieux.
Il a une v0 lonté, et il l’exerce, la plupart du temps, à l’encontre des désirs des assistants. Son séjour à la Mothe-Saint Héraye paraissait l’avoir rendu un peu moins volon taire, et le contact du docteur Corneille semblait lui avoir fait perdre un peu de sa sauvagerie native.
Mais, en somme, à ce que j’ai entendu dire, le natu— rel n’a pas tardé, suivant l’expression du poète, à re— venir au galop; et, depuis que la famille Sabourault est à Paris, l’Invisible n’a cessé de se montrer, comme par le passé, fantasque, capricieux et surtout méchant. c.) Méchancete’. —— C’est là, au surplus, sa princi pale et dominante caractéristique : tout ce qu’il fait est inspiré par l’évident désir de nuire à la famille Sa bourault. Ses caprices mêmes ne sont qu’une forme de son incroyable malignité. Que, par exemple, des 5
130 L’INITIATION étrangers se déplacent pour observer les phénomènes habituels, que des savants ou simplement des gens compétents se dérangent pour constater les faits et les étudier, rien presque sûrement ne se produira. A ce propos, je ferai une rémarque qui a peut-être son importance : les quatre premières nuits que j’ai pas sées dans la maison hantée, en simple curieux, j’ai entendu une foule de bruits fort intéressants.
Dès que je suis venu dans le dessein de noter mes observations, pour les publier ensuite en réponse à des négations irraisonnées, je n’ai pour ainsi dire plus rien cons taté; ou du moins, ce n’est qu’au bout de nom breuses soirées d’attente vaine que j’ai pu, la patience de l’Invisible étant lassée avant la mienne, observer d’intéressants, mais courts phénomènes.
Cette absten tion inopportune, survenant au moment où la famille Sabourault le désirait le moins, n’était—elle pas une forme nouvelle de l’hostilité de l’Invisible? —— Qu’au contraire, ses victimes soient seules, ou que des pa rents, amis ou voisins, se trouvent là, les manifesta tions se multiplient comme à plaisir, dans le but de troubler et d’effrayer de pauvres gens qui n’en peuvent mais.
Les coups violents, les secousses énergiques imprimées aux meubles, les bris d’objets usuels, etc., sont inspirés par le même désir d’être désagréable et nuisible à la famille persécutéé. Il faut, au reste, que cette haine soit bien vivace, puisqu’elle s’exerce depuis vingt ans, pour ainsi dire, sans interruption.
Mais il est bon de remarquer, à ce propos, que les divers membres de la famille Sabou rault ne sont pas tous également persécutés : tandis n ' a ' ' -Ld A& "’ I' ’*“‘ ...... .. L.- ...
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 13I que le chef de la famille est toujours resté à l’abri des attaques de l’Invisible, la mère et les enfants (les filles surtout), ont été sans trêve par lui poursuivies. Et ceci m’amène à déterminer les conditions (extrinsè— ques tout au moins) de cette incroyable et persistante hantise.
CONDITIONS ESSENTIELLES Quand elle apparut, ce fut à M‘ne Sabourault qu’elle sembla tout d’abord vouloir s’attacher; l’invisible en nemi la suivait, en quelque sorte, pas à pas, et, partout où elle se trouvait, selivrait à ses déplorables fantaisies.
Peu lui importaient,d’ailleurs,l’heure et le lieu; la lu— mière ne l’incommode pas et ne paralyse pas son ac— tion, jel’ai par moi-même remarqué : il se manifeste, quand il le veut, sans plus de difficulté au milieu d’une éclatante clarté que dans l’obscurité la plus profonde. Dans les années qui suivirent l’apparition des phé— nomènes occultes, M. Sabourault voyageait souvent, et laissait, par suite, seuls sa femme et ses enfants.
Or, dans ses nombreux déplacements, l’entrepreneur n’observa jamais rien d’anormal, tandis que la vie était véritablement insupportable pour sa malheu reuse famille. Les phénomènes que nous avons décrits se mani festaient sans relâche, et avec une telle intensité que, pour rassurer les siens, M. Sabourault pria une de ses sœurs, laquelle habitait Tours, de venir de— meurer à Poitiers avec sa femme.
Elle y consentit, vint en cette dernière ville, y subit, comme les autres, les habituelles persécutions, et éprouva, de ce
132 L'INITIATION fait, de si terribles émotions qu’elle contracta une maladie grave, dont elle n’est pas guérie, — dont elle ne guérira vraisemblablement jamais. Dans le même temps, alors que les Sabourault ha bitaient encore Poitiers, une de leurs toutes jeunes fil lettes, la petite Alice, âgée d’à peine deux ans, persé cutée, elle aussi, sans relâche par l'lnvisible, mourut, à la suite de la terrible hantise, de peur et d’inani— tion.
Le jour de l'enterrement de l’enfant, en pré— sence du prêtre et des assistants, qui se disposaient à accompagner le jeune corps au cimetière, trois coups formidables furent frappés sur le petit cercueil, gla çant d’effroi et de terreur les personnes présentes : c’était l’adieu insolent et satisfait du mystérieux per sécuteur à son innocente victime.
La mort de la malheureuse enfant fut le commen cement d’une lugubre et longue série : à dater de ce jour, les décès se succédèrent, rapides, dans la famille de M. Sabourault. De fortes jeunes filles et de ro bustes jeunes gens mouraient, à la grande douleur des parents, de la poitrine disaient les médecins.
Les vieillards, comme c’était naturel, disparaissaient à leur tour; des hommes faits et des femmes encore jeunes mouraient à intervalles rapprochés, ajoutant aux sou— cis de ces malheureuses gens la peine de deuils cruels.
Je ne songe pas, — est-il besoin de le dire? — à mettre ces nombreuses morts sur le compte de l’occulte persécution; et, si j’en parle, c’est uniquement pour faire observer que les bruits augmentaient et que les manifestations devenaient plus fréquentes dans le temps qui précédait et dans celui qui suivait
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 133 chacun des décès. Mais c’était toujours à M““’ Sabou rault qu’ils s’attachaient particulièrement; c’était elle, autrement dit, qui, dans toute cette période, jouait, malgré elle et à son insu, le rôle de médium. Il y a deux ans, un transfert s'opéra : de la mère, la singulière et gênante faculté passa à l’aînée des fil lettes, la jeune Renée.
Elle va, au mois de septembre prochain, avoir treize ans : c’est donc un tout jeune médium. Elle était interne dans une pension de Lou dun lorsque la médiumnité se déclara chez elle, et elle dut, de ce chef, quitter l’institution. Bientôt, elle vint à Yzeures avec ses parents et y attira les phéno mènes qui révolutionnèrent tout le pays.
Pour s’assurer que c’est bien elle qui est actuelle— ment le médium, divers habitants d’Yzeures, et plus récemment M. le Dr Corneille, l’ont gardée chez eux et ont constaté dans leur propre maison les phéno mènes habituels, tandis qu’en son absence tout était calme dans la demeure de ses parents; l’expérience, faite souvent, a toujours été satisfaisantè et a toujours donné les mêmes résultats conduisant à la même conclusion: la présence de la jeune Renée est bien, pour le moment, la condition nécessaire et suffisante de la production des faits.
Ces expériences n’eussent—elles pas été faites, qu’on eût déjà soupçonné la vérité, d’après les persécutions mêmes que, de la part de l’Invisible, subit la fillette. Tantôt ses couvertures étaient tirées brusquement, tantôt elle-même était jetée à terre; d’autres fois, elle était pincée au cou et au bras; toujours, quand les phénomènes atteignent une certaine intensité, ses
I 34 L’INITIATION lèvres enflent (la supérieure surtout), ses joues sont tuméfiées; son visage, bleui ou violacé par endroits, est, en d’autres, blême et décoloré. Enfin, au cours du mois de mai, cette fillette de douze ans a souffert plusieurs fois de crises terribles.
Leur durée moyenne est de 30 à 35 minutes; l’enfant, pendant l’accès, est littéralement furieuse :les yeux hagards, sortis des orbites, l’écume aux lèvres, elle court et bondit de tous côtés. elle miaule, elle aboie, et cherche à mordre ou à griffer les personnes‘ pré - sentes. Entre temps, elle fait le geste de dévider ra geusement d’interminables et invisibles fils, qu’elle semble sortir de sa bouche grande ouverte.
Ou bien. au contraire, la langue tirée est comprimée avec force entre les deux mâchoires serrées, et il faut d’in croyables efforts pour les écarter. Puis, peu à peu, la fureur décroît et tombe, la contracture se produit, l’enfant se raidit, se courbe en arc de cercle, telles les malades atteintes de la grande hystérie, gardant aussi, comme elles, les poses les plus pénibles et les attitudes les plus fatigantes.
Enfin, au bout d’un temps variable, la résolution survient à son tour, et tout_rentre dans l’ordre accoutumé: l’enfant rede vient calme, souriante, gaie; elle n’a aucun souvenir de l’accès passé et n’en ressent aucune fatigue; elle mange de bon appétit et boit avec plaisir. Quoi qu’on puisse être. tenté de croire au premier abord, ce ne sont pas là des crises d’hystérie: la jeune Renée n’est pas atteinte de cette affection.
Deux mé decins, fort experts en ces matières, l’ont, à ce point de vue, examinée avec le plus grand soin, et ont re ._,._- ,._ 4.__,
LA FAMILLE HANTÉE D’YZEURES 135 connu qu’elle n’était pas hystérique; à la fin de mars, les docteurs Raoul Fauquez (de Paris), et Corneille (de la Mothe-Saint-Héraye) ont procédé à un premier examen. Un mois après, le docteur Corneille l’a exa— minée de nouveau, et ses nouvelles conclusions ont été de tout point conformes aux premières.
L’enfant n’étant pas hystérique, de quelle nature sont donc les crises que nous venons de décrire P Je crois qu’on peut répondre : elles provenaient (car depuis plus d’un mois elles n’ont pas reparu), de ce qu’on empêchait l’lnvisible de se manifester par le moyen dont, dans les derniers temps, il usait habi tuellement : l’écriture automatique.
La meilleure preuve en est qu’au milieu de ses crises, l’enfant de mandait à écrire, et on s’aperçut, par l’expérience, que le meilleur moyen d’y mettre fin était d'accéder à son désir. . La jeune Renée est, en effet, un bon médium écri vain automatique, et, à défaut d’intérêt, les commu ' nications qu’elle obtient sont remarquables par leur longueur et leur abondance.
La plupart du temps, les propos de l’Invisible sont injurieux et grossiers, et le mot de Cambronne revient souvent sous le crayon de l’enfant.
Trois esprits (P), Losanne, Algésilor et R0 bert, sont les habituels signataires des communica tions; chacun d’eux a son style, son orthographe et son écriture propres, mais tous ont le même goût pour l’ordure et la scatologie.y Cette nouvelle médiumnité s’est déclarée chez Re née Sabourault au mois d‘avril dernier, et elle n’a pas encore cessé; le docteur Corneille l’a étudiée chez lui
136 L’INITIATION et a réussi, par divers procédés, à obtenir des com munications plus intéressantes et plus convenables que de coutume. M. Georges Malet en a aussi parlé dans la Gazette de France du 3 juillet, et M. Gaston Mery a consacré au même sujet un long et intéressant article dans I’Echo du Merveilleux dIf I5 juillet. MOYENS MIS EN ŒUVRE POUR FAIRE CESSER LA HANTISE Nous connaissons les faits, leurs caractères et leurs conditions.
Nous savons aussi leur longue durée, et le trouble et la gêne qu’ils n’ont cessé d’apporter à la famille Sabourault. Aussi ne devons-nous pas être étonnés que ces pauvres gens aient essayé divers moyens pour tenter d’y mettre fin; mais nous ne se rons guère surpris non plus d’apprendre qu’aucun d’eux n’a réussi. Tout d’abord, le curé d’Yzeures fut prévenu.
Il donna aux victimes de ce qu’il pensait être une Ob session diabolique toutes sortes d’objets bénits, et il , bénit aussi la maison. Ces pratiques furent vaines. N’ayant rien obtenu.de I’Eglise, la famille Sabou- ’ rault s’adressa aux sorciers, devins et somnambules : plusieurs furent consultés, dont l’intervention ne fut pas plus efficace que celle du curé. A Poitiers, l’enfant fut exorcisée : l’exorcisme ne donna pas de résultat satisfaisant.
Enfin, à Paris, au commencement de ce mois, la jeune Renée a été de nouveau exorcisée, cette fois par un très célèbre pra ticien, le P. Dehazat. Il n’a pas été plus heureux que son collègue poitevin. A l’issue de la cérémonie, et en env—"fia
LA FAMILLE HANTÉE D‘YZEURES ’I37 présence du prêtre, celui—ci appuyant même sur la main de l’enfant un crucifix et des objets bénits, la jeune Renée écrivit une longue communication dans ' laquelle « l’esprit » prétendait que rien ne l’empêche rait de continuer, ni exorciste, ni évêque, ni pape. Bien plus, au retour de l’enfant chez ses parents, le vacarme habituel reprit, avec plus de force et d’inten sité...
Ce nouvel exorcisme, pas plus que les autres procédés essayés, n’a donc abouti. LES CAUSES Quel est donc cet être invisible qui, depuis si long temps, s’acharne après la famille Sabourault? A cette question une communication au moyen de coups frappés a répondu qu'il était « l’esprit» d’un des frères de M. Sabourault, mortil ya une douzaine d’an nées.
Depuis, l’êtreinvisible a indiqué de nouvelles per sonnalités: nous savons que parl’écriture automatique trois « esprits» se sont manifestés, ayant chacun un style, une orthographe et une écriture différents; mais tous, nous l‘avons dit, ont ce'trait commun de four nir des communications dénotant une intellectualité très peu développée et un irrésistible penchant à la grossièreté et la scatologie.
Ces renseignements contradictoires n’ont pour nous aucune importance ni la moindre valeur; les Occul tistes savent, en effet, quel compte on doit tenir des indications fournies par les êtres de l’Astral sur leur identité.__ll n’y a qu'un spirite naïf pour croire sur pa role les dires des Invisibles, et se figurer qu’il s’est réellement entretenu avec Jésus—Christ ou Allan Kar
I38‘ L’INITIATION , dec, parce que les communications par lui obtenues étaient signées d'un de ces noms fameux. Pour juger sainement la nature de l’entité qui se manifeste, nous n’avons à tenir compte que des faits _ eux—mêmes et du caractère général des manifestations.
Or leur méchanceté brutale, leur constante grossiè reté, leur perverse intelligence nous portent à croire que nous nous trouvons en face d’un ou de plusieurs élémentaires haineux mettant àcontribution les forces fluidiques dela jeune Renée, comme ils ont emprunté autrefois les mêmes ressources à sa mère. Maintenant, quel motif soutient depuis si long— temps ces êtres de l’Astral dans leur incessante persé cution ?
A qui obéissent-ils dans l’accomplissement de leur œuvre néfaste ?
Les confidences que j’ai à ce sujet reçues de M. et de Mme Sabourault, les renseignements complémentaires que m’ont, sousle sceau du secret, fournis plusieurs per— sonnes de leur famille, me permettent, je crois, de ré pondre sans grande chance de metromper. —J’ai, d’ail leurs, pour plus de sûreté, soumis ma manière de voirà l’éminent Occultiste qui dirige cette revue, et j’ai eu la satisfaction d’apprendre qu’il partageait mon opinion. ‘ On comprendra que je ne puisse donner que des renseignements à dessein vagues et généraux sur cette délicate question, quand on saura que les au— teurs premiers et responsables de cette cruelle et longue persécution sont des habitants du plan phy sique, des personnes vivantes, qui, pour satisfaire de mesquines rancunes, d’ailleurs injustifiées, n’ont pas craint de recourir aux procédés les plus condamnables
LA FAMILLE HANTEE D’YZEURES 139 de la Magie noire, et n’ont pas hésité à conclure un pacte avec de malfaisants daimons. Nous avons affaire, j’en suis convaincu, et notre savant Maître Papus le croit également, « à une coalition de magi— ciens noirs ramifiée dans l’Invisible avec quelqu‘un des cercles mauvais; en d’autres termes, à des bandits occultes encore vivants, liés par un pacte avec une société de bandits d’outre-tombe (I) ».
S’il en est ainsi, comme tout porte à le croire, cet accord n’aura qu’un temps, et les persécuteurs d’au jourd’hui seront sûrement les persécutés de demain : le Mal, en effet, ne saurait demeurer impuni, et une volonté perverse se retourne finalement, dès ce monde, contre son auteur, en même temps qu’elle génère pour lui dans l’Invisible une atroce destinée.
« La Justice immanente des choses, dit excellem ment en ce sens M. de Guaita, édicte et exécute dès ici-bas la sentence du maléficiant. La norme du choc en retour, presque impossible àéviter pour lui,le frap pera sur cette terre, sans préjudice des abominables horizons karmiques dont il s’ouvre le cycle pos thume (2). » RAYMOND DUPLANTIER, Avocat, licencié en philosophie.
Poitiers, le 27 juillet 1897. (I) Stanislas de Guaita, la Clef de la Magie noire, p. 544. (2) Idem., ibid., eod. op., p. 436.
140 L’INITIATION ŒETTRÈ DU . . tttma a u.ta crane rueaaaeu (’) MONSIEUR, Le bruit des opinions humaines arrive parfois jus qu’en ma solitude, bienfaisant quelquefois, quelque fois douloureux. L’Initialz’on, que notre ami Papus m’envoie, ce mois de juin, m’apporte une lettre de vous à M. Fabre des Essarts, qui, successivement me fait traverser les deux impressions contraires.
Je n’ai jamais eu le plaisir de voir M. Fabre des Essarts, mais je dois le supposer jeune encore; car il faut être un peu jeune pour fonder aujourd’hui une église, même gnostique, et s'en intituler, ne fût-ce que Iittérairement, le patriarche. Cela lui passera; comme à d’autres.
En attendant, cher Monsieur, je voudrais vous féli citer, tous les deux, de la sincérité avec laquelle vous opposez votre individualisme, chacun à l’individua lisme de l’autre, ou des autres. Tous les individualismes sont égaux, tous les indi vidualismes ont mêmes droits devant la loi d’anar chie, qui est la seule loi des individualismes.
Et c’est précisément pourquoi je trouve très juvénile l’indivi dualisme qui prétend faire secte, et, sous prétexte de (I) Nous publions cette très belle lettre reçue et composée avant la note de notre précédent numéro. N. D. L. R.
LETTRE DU R. P. AL'l'A . I4.l liberté, après s'être séparé de l’orthodoxie, créer une orthodoxie. ' Et, de vrai, cette peu sérieuse prétention devient sé rieusement crime; car il y a crime vraiment, dans l’Absolu, à rompre et à faire rompre avec le Catholi cisme, c’est-à-dire avec l'Universalisme. v: 4'. Nous célébrons aujourd’hui avec l’Église catholique la fête d’un ancêtre, saint Jean Gualberti.
Fier ser gneur florentin, il se fit moine, en pleine lutte du sei gneurignorant, brutal et simoniaq‘ne, contre le moine prêcheur et profès de sainte pauvreté. Et ce.fut un terrible, un féroce lutteur, chassant archevêques et évêques infâmes, à coups de miracles et de sainteté, hors de leurs sièges épiscopaux par eux achetés ou volés.
Certes , l’enseignement devait être faible autant qu’était fort le scandale, même en Italie, dans cette église féodale du Xl° siècle !
Révolté contre le scandale et protestant contre l’ignorance, Jean Gualberti ne se révolta point contre l’Église ni ne protesta point contre la Doctrine : assez gnostique et assez saint pour voir l’orthodoxie du Mystère sous’l’ineptie des explicateurs du Mystère, pour adorer l’impeccabilité du Christ derrière le vice des officiels représentants du Christ. à «Mon Hélas! cher Monsieur, nous ne sommes pas des saints : ni moi certainement; ni vous, j’en ai peur; ni
142 L'INITIATION même ce jeune patriarche gnostique, M. Fabre des Essarts. . Mais nous voulons, j’en suis convaincu, vous comme moi, devenir des chrétiens. Permettez-moi donc de vous dire fraternellement ce qu’il me semble, à ce point de vue, du chemin que vous prenez, M. des Essarts et vous, sous le nom profané de gnose. Gnose est un mot grec qui se traduit en français par connaissance, n’est-ce pas?
Pourquoi donc, je vous prie, prenez-vous le chemin de l’abstraction? Car vraiment ce n’est pas l’abstraction, c’est le document, c’est le fait qui peut seul mener à la connaissance. L’abstraction ! Voilà ce que, dès le premier jour de la Science chrétienne, reprochait aux gnostiques sépa— rés, le surnaturel réaliste saint Paul.
Voilà ce que je me permettrai, cher monsieur, de reprocher, entre vos autres inventions religieuses, à votre réinvention du Christ non ressuscité. Un M. J.—B. Pérès, bibliothécaire de la ville d’Agen, publia jadis, en réponse à la théorie du Jésus-Soleil de Dupuis, une toute courte brochure, que Garnier vient de rééditer et que je vous recommande : Comme quoi Napoléon n’a jamais existé.
Plus ré cemment, pour railler les imaginations de M. Renan, M. Henri Lasserre, si je me souviens bien, écrivit un spirituel paradoxe où l’abstraction merveilleusement démontre Comme quoi Napoléon n’est point revenu de l’Ile d’Elbe. L‘abstraction, en effet, peut tout démontrer et peut tout démolir, quand elle est habilement menée, dans le parti pris d'un système, en dehors des faits positifs.
LETTRE DU R. P. ALTA 143 Et voilà précisément pourquoi la Gnose n’est pas la Religion : parce que la Religion est le Fait Humano Divin, non point une abstraction du cerveau humain. Et voilà aussi pourquoi gnose n’est point foi, parce que la foi est intuition, non abstraction, et que cette intuition a pour objet des faits, des faits substantiels, comme dit saint Paul : Fz'des sperandarum susbstan tz'a rerum.
Et voilà pourquoi la gnose de M. des Es sarts, comme celle des Valentin et des autres, n’est point non plus la Science, parce que la Science a pour critérium le fait, non l’imagination ni la littéra turc. Abstraction, vous dis—je, pure abstraction! Et voyez par vous-même, cher Monsieur, comme votre abstraction est bien l’arbitraire, non la réalité. Vous admettez ceci; vous rejetez cela. Pourquoi?
Arbitrairement : quoique cela soit aussi attesté, soit plus attesté que ceci. Ceci, c’est la parthénogenèse de Jésus, que vous admettez. Cela, c’est la résurrection de Jésus, que vous rejetez. Lorsque, avouez-le, cela est beaucoup plus constaté que ceci.
Le premier-né de quelque primitive espèce que ce soit, de la première espèce vivante tout au moins, a bien été forcé de naître par parthénogenèse; car, avant le premier, il n’y avait point de premier pour engen drer ce premier. Donc la parthénogenèse est logique pour ce nouveau premier-né, pour cet unique d’une espèce absolument unique qu’il commence et finit à lui seul. Jésus, qui est, lui seul, pour employer vos expressions, « l’incarnation du plus haut des psycho
144 L’INITIATION lones célestes ». Et cette parthénogenèse de Jésus est affirmée parle Credo catholique. Telle est toute la preuve. Néanmoins vous êtes prêt à y croire, dites-vous.
Et je vous en félicite, parce que le Credo catholique est un document, parce que la foi catholique est un fait, document et fait assez avérés, assez suggestifs pour légitimer une foi humaine, sans parler du témoignage mystique de l’Esprit Divin qui motive surnaturelle ment la foi divine. * «titi Mais ce même Credo, cher Monsieur, témoigne de la résurrection de Jésus : « Je crois en Jésus-Christ, « fils unique du Père, qui a été conçu du Saint-Es « prit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous « Ponce-Filme, a été crucifié, est mort, a été enseveli, « et le troisième jour est ressuscité des morts. » Avez-vous réfléchi, cher Monsieur, à ce que pèsent ces Mytot. dans la balance du vrai, en face de ces phrases : « Ce grand cri ne marque—t-il pas le début d’une crise nerveuse suivie de léthargie », et toutes les autres phrases de votre « Deuxième à M. des Es sarts », par lesquelles vous tâchez de rendre probable queJésus n’est pas ressuscité?
Vous êtes, vous, à plus de dix-huit siècles du fait que vous arrangez au gré de votre système. C’est dans votre seule imagination ou votre bon plaisir que vous le contemplez; et vous n’iriez pas, je suppose, jusqu’à verser, après votre encre, votre sang, pour attester votre foi en votre propre invention. Quoique même arrosée de votre sang, votre invention resterait toujours A'liä'llf"-v
LETTRE ou R. p. ALTA 145 une invention, et c’est au fait seul, non au système, que le témoignage est un critérium. Notre Credo, au contraire, c’est d’un fait qu’il rend là son témoignage.
Et c’est le témoignage contempo rain, le témoignage de ceux qui ont vu, entendu, touché : « Ce que nous avons entendu de nos oreilles, dit « l’apôtre Jean, ce que nous avons vu de nos yeux et touché de nos mains, c’est cela que nous vous annon « çons. » (I, Joan..
1,1.) Et le converti du chemin de Damas : « Je vous ai annoncé avant tout, comme je l’avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Ecritures; et qu'il a été enseveli ; et qu’il est res suscité le troisième jour, selon les Ecritures; et qu’il est apparu à Céphas, puis aux douze. Ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart sont encore vivants.
Ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m’est apparu, à moi, comme à l’avor ton... Et certes, si Christ n’est pas. ressuscité, notre prédication est donc insensée et insensée votre foi. Il se trouve même que nous sommes de faux té moins à l’égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre Dieu, qu’il a ressuscité Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité...
Alors, pour quoi nous mettons-nous en péril, à toute heure? pourquoi, chaque jour, bravons—nous la mort P... quel avantage nous en revient-il P... Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car de— main nous mourrons. »(I, Cor., xv.) æ’tkâââkz’è’Aîîâââ’âÿtââîââ‘t
146 L’INITIATION Voilà, monsieur,la profondeur! Voilà le formidable oui ou non, duquel toute l'humanité est angoissée, que les apôtres avaient résolu par oui, et que vous venez retourner à non, vous, Monsieur, tranquillement, comme si vous n’aviez pas soupçonné le gouffre. Oui ou non, est-ce la vie qui a le dernier mot? ou bien est-ce la mort? Tous nous voyons mourir, tous nous moutons. Quelqu’un est-il ressuscité? — Personne, répondez-vous.
Personne; pas même « le plus haut des psycholones célestes » descendu en terre. Non! Christ lui-même n’est pas ressuscité. Ah! Monsieur! c’est de la gnose, cela? C’est votre science, cela? La mort est Dieu; la mort est l’alpha et l’oméga; la vie, jamais, nulle part, n’a su relever un mort! Alors je vous demanderai, Monsieur, qu’estœe donc que la Vie? Comment a—t-elle fait ce premier trou à la Mort, de nous donner la vie?
Car nous vivons: miracle mille fois prodigieux. Et nous vivons des dépouilles même de la Mort. Expliquez-nous la Vie, Monsieur, expliquez-nous notre vie. Car c’est elle, l’inexplicable: sielle,la Vie, capable de vaincre lors qu’elle n’existait pas encore, avant la conception, elle n’est plus capable de vaincre après des années d’existence et des années de quotidienne victoire?
Ce mystère, que vous substituez à l’autre, ce n’est plus le mystère seulement, c’estl’absurde, c’est l’im possible en même temps que l’horrible. ' 244 Je vous entends protester, cher Monsieur, et je vous en remercie. Car en définitive vous admettez la
LETTRE ou a. p. ALTA 147 résurrection « de la conscience, dites-vous, avec la mémoire, et aussi de l’aérosome ». Abstractions encore, cher Monsieur, abstractions! Le genre humain ne vit pas d’abstractions. Aussi notre Credo nous fait-il dire en ce positif et ferme langage qui parle à tous, ignorants ou savants: « Je crois à la résurrection de la chair. » — « De la chair », entendez-vous?
' Nous ne disons pas: « du sarcosome »; langage d’une école, non de l’humanité. Nous ne disons pas: « de ma chair ». Le corps de chair est un corps fuyant, malgré son apparence solide; le corps de chair est en union sans cesse divor— çante avec la personne dont ilest l'instrument et l’obs tacle en ce monde d’Hylé.
Mon corps de chair ne fait pas partie de mon moi: il vit de moi, je ne vis pas de lui; mon moi n’a rien à perdre à la perte de cette « peau de bête ». L’Esotérisme est donc dans le vrai lorsqu’il enseigne, avec saint Paul, quela résurrection consiste à se relever en corps spirituel, non en corps matériel.
Mais cela c’est de I’Esotérisme, non du Catéchisme; ce n’est pas le pain, c’est la saveur du pain; c’est l’ex plication, non le mystère; c’est la science, non la foi. La foi n’a pas affaire à ces subtilités. La foi, tout simplement, croit et proclame «la vie éternelle »: Credo vitam œternam ; la vie éternelle pour tout, même pour la chair, pour la vile matière animale.
Car tout est descendu de Dieu, motivera la Raison; car tout a été projeté par Dieu, même le dernier degré de L’être, celui qui est dissous par la mort. Tout doit
148 L'INITIATION donc remonter, degré à degré. La matière donc res suscitera, la chair ressuscitera. Comment? La foi ne dit pas comment; elle croit, sans autre embage, à l’éternelle vie. La foi n’a que ce mot: La Vie, la Vie éternelle; comme l’âme n’a que cette aspiration.
Mais de ceci, de la victoire de la Vie, l’humanité a besoin à tel point que Dieu, créateur de ce besoin, a dû le satisfaire, et absolument, et totalement, sans avarice d’aucune sorte. Et c’est pourquoi Dieu a ressuscité Jésus en son corps de chair. ' Et, en effet, pourquoi pas? pourquoi Dieu ne pour rait-il pas ce que peut le soleil? ce que peut le feu?...
Car le soleil peut d’une matière inerte, solide et résistante comme la glace; le feu matériel peut d’une matière morte, pourrie, infecte, faire une matière radiante. Et Dieu n’aurait pas pu, Lui, faire de la matière radiante avec cette matière très pure, si affi née et si délicate, qui était le corps de Jésus? Voilà du Tout-Puissant une étrange impuissance. Oh!
Monsieur, comment ne voyez-vous pas que ce n’est pas la résurrection ici qui est l’incroyable et le miraculeux; mais la mort, en Provence aussi bien qu’en Judée? Car enfin, vous qui êtes initié, sans doute, dites-moi donc, je vous prie, quelle part peut avoir LA MORT dans ce qui est né de LA VIERGE. i: -uu Le Talmud rend témoignage-— vous le savez, n’est— ce pas, — de la réalité historique de Jésus de Nazareth
LETTRE DU R. P. ALTA 149 C’est une honteèertainement à la critique moderne qu’il lui ait fallu ce confirmatur du Talmud,,quand le témoignage authentique est las des Evangiles et des Epîtres. N’envions pas, je vous en prie, l’honheur de cette honte; n’envions pas le triste succès des destructeurs en notre triste race humaine, amante de la Mort. « Moi, je suis la Vie », dit Jésus.
Et que ce Jésus, qui est la Vie, ait réellement vaincu la Mort dans le propre domaine de la Mort, dans la chair morte puis ressuscitée, c’est la Mort même qui en témoigne. Car vraiment a-t-elle tué deux millions de voyants.
Jusque dans la gueule de la Mort, tous martyrs, c’est-à-dire témoins, attestent: comme le premier d’entre eux, ce lévite helléniste Stéphanos: « Je vois les cieux ouverts, s’écrient-ils, et à la droite du Père, Jésus ressuscité. » Laissons aux morts de préférer la religion de la Mort; nous tous, les initiés, soyons de la Religion de la Vie, de la religion du Christ ressuscité.
La littéra ture peuts’accommoder depersonnalisme et de fantai sie: la Religion, pas! la Religion est Universalisme. Est-ce à dire que la Religion tue la personnalité? Oh ! la personnalité n’estpas le pers’onnalisme. Per— sonnalité est énergie: personnalisme est égoïsme.
Et ce n’est pas en se bornant àson moi qu’un être vivant témoigne de sa puissance vitale; je dis le moi intel lectuel comme le moi pratique. *.4 C’est là l’erreur du protestantisme et de toute héré sie, quelque nom qu’elle se donne.
150 L'INITIATION Un jeune et déjà pondéré philosophe, M. Henry Michel, appréciant le remarquable livre Esquisse d’une philosophie de la Religion, de M. Auguste Sabatier, après un éloge sympathique concluait ainsi : « Est—il possible (en ces dispositions d’esprit) de trou ver quelque part une Église, au sens propre et fort du mot?
La solution de ces longues perplexités pour rait bien être: Chaque âme est à soi—mêm e son Église. » Tel est bien en effet le logique aboutissement de l’individualisme. Hors du Catholicisme, logiquement il n’y a pas d’Eglise. « Là est la mélancolie du système », ajoute M. Henry Michel. Et moi, j’ajouterai: non seulement la mélancolie, mais la condamnation. Car enfin qu’est-ce qu’une religion qui ne relie pas les âmes?
Et pour relier les âmes, la tyrannie est un fâcheux système; mais il faut autre chose que l’individualisme. Le chiffre de vie n’est pas I: I est infécond. Il faut que I s’unisse à son antinomique 2 pour produire le synthétique 3. C’est ainsi que le christianisme entend l'unité de Dieu: ainsi doit-il entendre l’unité de l’Église. Ni tyrannie, ni individualisme. Partout, toujours, il faut unir, non séparer.
L’or thodoxie dit « Tradition »; l’individualisme dit: « Libre examen ». Chacun séparémenta tort, tous deux réunis ont raison. Il ne faut pas l’un ou l’autre; il faut l’un et l’autre; non pas ici, l’autre là; mais l’un et l’autre ensemble, dans la même âme. w
LETTRE DU R. P. ALTA 151 La Tradition nous transmet le vrai absolu dans une formule aussi absolue et aussi vraie que peut l’être formule humaine. C’est à chacun de nous, humblementçet audacieusement, par son propre efIort, selon la portée' de son esprit et la lumière de la grâce, après avoir reçu la formule, de la pénétrer, de se l’assimiler et d’en éclairer sa pensée.
Le mystère seul est l’objet de la Foi; l’explication de mystère est œuvre de science. ’ La Tradition nous transmet la Vie psychique et morale, sous la lettre du précepte et les espèces du sacrement. C’est à chaque âme, pour son propre compte, de briser l’écorce, d’atteindre le fruit, d’y puiser la manne cachée et d’en tonifier, d’en spiri* tualiser sa vie propre. La Tradition a créé et maintient l’organisme ecclé sial.
C’est à la liberté individuelle de rester ou deve nir assez respectueuse tout ensemble de sa vie propre et de la vie sociale, qui est également nécessaire et fondée en droit, pour rester dépendante sans cesser d'être indépendante, pour assurer sa liberté sans tuer ni amoindrir l’autorité. A qui n‘est pas catholique disons: Il n’y a de salut que dans le catholicisme.
Et aux catholiques disons: Le catholicisme n’est pas, s’il n’est pas l’Universalisme. Or, qu’est-ce que l’Universalisme? L’unité unie à la diversité, la diver— 'sité unie à l’unité. Unité, respecte donc et fais res— pecter la diversité; diversité, respecte donc et fais res pecter l’unité. Oui, cher Monsieur, oui, tous les hommes! divers
152 L’INITIATION par l'intelligence et par la science du mystère, soyons unis dans la foi du mystère ; divers par la fonction et par l’action, soyons unis par l’amour. Le vrai religieux, le vrai croyant, le vrai gnostique, c’est celui qui aime.
« Mes petits enfants, nous crie l’admirable gnostique saint Jean, aimez—vous, c’est le précepte de Jésus. » Donc, aimons-nous! mais aimons-nous, non pas nous-même; aimons-nous les uns les autres.Aimons nous, aimons Dieu : le reste logiquement suivra. Amen! De ma cellule, ce I3 juillet 1897.
ALTA. i”,sniributien à l’Eturle de l’finnne CÉRÉBRATION COMPARER Il y a quelques années, on pouvait lire dans la Revue scientifique le tournoi provoqué par une thèse de M. Gautier. professeur à l’Académie de médecine, disant que la pensée n’a pas d’équivalent mécanique. Mais ce n’est pas de ce genre que je désire parler. Je ne sais si on a pensé à faire de la cérébration comparée entre l’homme et la fourmi.
Pour appeler l’attention sur le peu d’espace, sur le peu de cellules qui sont nécessaires à mettre en jeu une pensée, quel est l’espace matériel que peut occuper la pensée?
CONTRIBUTION AL’ÉTUDE DE L’HOMME 153 D’abord avant, nous savons par nous-mêmes et sur nous-mêmes qu’en rêve il nous arrive parfois de faire des lieues et des lieues, de parcourir de grandes distances, de gravir des montagnes, etc., et tout cela a bien dans cet état tous les caractères de la tangibl— lité et de l’espace, puisque nous nous réveillons réel lement fatigués et rompus comme si matériellement nous avions agi ainsi.
Et cependant nous n’avons pas remué, physique ment s’entend. Une remarque qui me vient en passant, c’est que l’enfant remue et est agité plus que nous par ses rêves. Il semble que l’automatisme n’est pas encore suffi« samment fixé chez lui, pour faire la différence de l’état de rêve d’avec la réalité. Pour l’esprit de l’enfant etle corps tout est vécu. Cependant, nous il nous arrive quelquefois d’être agité.
Mais l’agitation des pensées fait le plus souvent les frais du phénomène. Mais la répercussion s’est ressentie jusque dans les muscles et dans les nerfs correspondant habituellement à ces fonctions, et l'action du cerveau a réellement soutiré de ces muscles une certaine somme de force nerveuse pour réaliser complètement l’illusion de l’espace et de la translation stéréotypée par l’automatisme du muscle.
Cette somme de force nerveuse que nous aurions dépensée dans le réveil a monté au cerveau où elle s’est dépensée sous les formes nécessaires représenta tives et fonctionnelles. Dansle somnambulisme, il se passe presque toujours le curieux phénomène d’absence de mémoire au réveil.
154 L’INITIATION Et cependant physiologiquement tout paraît bien avoir contribué aux paroles et aux actions. Qu’est-ce qui a fonctionné alors en place des cel lules de la représentation cérébrale? Les paroles et les actions ont-elles enjambé par dessus pour aller où?... cérébralement parlant. Et dire que beaucoup d’intelligences croient que l’homme est connu! Revenons à l’homme et à la fourmi. Nous possé dons pas mal de points de contact cérébraux et sociaux avec la fourmi. Nos sociétés primitives ont pas mal d’analogie avec celles des fourmis principalement. Du momentque l’acte est le même entre nous, et elles naturellement la même détermination psychique doit être la même. Et que le mécanisme cérébral est équivalent comme dépense et comme espace. Cela doit être comme d’un poids à soulever: que ce soit par la fourmi ou par l’homme, le poids est le même, et l’énergie dépensée par le déplacement sera équivalente dans les deux cas. Alors de ce qui précède, si nous considérons un cerveau de petite fourmi, gros comme la tête d’une petite épingle, et que nous en examinions le crâne, le cervelet, les lobes optiques, et tous les treillis de rem plissage, qué peut-il rester comme enveloppe corticale grise, considérée comme siège de la pensée? Et comme cette enveloppe grise peut contenir toutes les pensées d’une vie sociale, alors quel espace reste-t—il pour une pensée P l
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE L’HOMME 155 Et delà naturellement pour l’homme, l’espace et le n ombre des cellules employées doit être le même. Car je crois que la cellule cérébrale d’une fourmi, d’un homme et d’un éléphant a la même grosseur. C’était tout ceque je désirais démontrer ; l’ai—je fait ?. . B . LECOMTE. .,e.
PARTIE LITTÉRAIRE L’IÜGEIIL’I’ISME DANS « STELI.A » J| Dans son dernier ouvrage, Stella, Camille Flam marion se montre à nous comme philosophe, comme psychologue profond et comme moraliste élevé autant que comme savant et comme écrivain délicat. De ces multiples aspects qui, chacun, mériteraientune analyse détaillée, nous voulons montrer à nos lecteurs le philosophe et surtout l’occultiste.
On yverra com ment Camille Flammarion sait exposer avec intérêt les points de la doctrine concernant le corps astral. PAPUS. \ Si deux âmes vibrent a l’unisson, ou, souvent mieux encore, en accord harmonique, leurs ondes mutuelles en se rencontrant s’unissent, s’associent, se marient, et voilà ces deux êtres accrochés l’un à l’autre par une chaîne plus solide que le fer.
Ce n’est pas seulement leurs regards qui se sont noués, c’est tout leur être. Si l’accord est parfait, l’union est in dissoluble. Tout ce que l’on pourra faire pour s’op
L'OCCULTISME DANS « STELLA » 157 poser à cette union sera peine perdue. Elle s’accom— plira au besoin dans la mort (p. 71). Ce saint évêque, étant à Scola, dans le royaume de Naples, tomba un jouren extase, en un état de mort apparente, dans le fauteuil où il s’asseyait habituelle— ment au retour de la messe. En reprenant sa vie ordi— naire, il trouve agenouillés devant lui ses serviteurs qui le croyaient mort.
« Mes amis, leur dit-il, le Saint-Père vient d’expirer. » Deux jours après, un courrier confirma cette nouvelle. L’heure de la mort du Pape coïncidait avec celle où l’évêque était revenu à son état naturel. Or, pendant cette absence, Al phonse de Liguori était apparu au pape à Rome, lui avait parlé, avait été vu et entendu, et avait assisté le souverain pontife jusqu’au moment Où celui-ci avait fendu le dernier soupir.
Il y a là pour moi, dans les faits de cet ordre, une preuve en faveurjdes théories du Solitaire surl’électricité humaine et sur ce qu’il appelle notre « corps astral », substance fluidique qui occupe tout le système nerveux de l’être vivant, qui en a la même forme, et qui en est véritablement le double. Ce double, qui est notre âme douée d’esprit, peut parfois, se détacher du corps et même s’en éloigner (p. 73-74).
Elle avait parlé à son directeur de l’ouvrage du 80 litaire, de l’apparition de Liguori au pape Clément XIV et de quelques-uns des faits rapportés dans l’ouvrage. Le confesseur avait admis l’apparition du saint, mais il suggérait que les autres cas étaient probablement
15 8 L’INITIATION des illusions ou peut—être même des tentations du démon. Il ne lui défendit pourtant pas absolument ces lectures (p. 79). Ce qu’ils appellent le monde visible, d’ailleurs, est presque un non-sens. Sur la multitude des rayons que le soleil envoie à la Terre, il y en a un sur cent qui soit accessible à notre rétine et fasse vibrer notre nerf optique.
Les uns vibrent trop rapidement, et les autres trop lentement, et ce que nous voyons n’est presque rien à côté de ce qui est. Pourtant nos litté rateurs, nos philosophes parlent de ces Impressions incomplètes et relatives comme si elles représentaient l’absolu (p. 95). L’auteur montrait la Terre comme une île perdue dans l’infini.
Des myriades de mondes se balançaiént dans l’espace, les uns habités actuellement par des humanités analogues à la nôtre, d’autres par des espèces inférieures, des larves, des élémentals, des monstres, des animaux, des embryons, des pensées, d’autres par des êtres supérieurs à l’homme et à la femme ter restres (p. 97).
Il y a peut—être un peu plus de 38 Français et de 3 36 Européens qui aient vu Mars comme nous venons de le voir; mais il n’y a sûrement pas plus de 1.500 per— sonnes sur la Terre entière. Il n’y en a peut—être pas 15.000 qui soient au courant de ces questions, qui pourraient causer avec nous comme nous le faisons et qui comprendraient exactement ce que nous disons,
L’OCCULTISME DANS « STELLA » 159 Ii sans diminuer ni exagérer nos idées. Et la Terre porte 1.500 millions d’habitants. Voilà pourquoi le pen seur est isolé. Plus il s’élève, plus il s’isole. Il ne trouve bientôt plus aucun esprit préparé à le com prendre. Et, bien souvent, ceux qui l’ont entendu ne rapportent de lui que des extravagances, parce qu’il ne parle pas leur langue (p. 208).
Il arriva, vers le milieu de l’hiver, que toutes les nuits, lorsqu’une heure du matin, précédée par les quatre quarts avertisseurs, venait d’être frappée sur la cloche sonore d’une vieille horloge‘de château, dans un jardin de la rue Vaneau, Stella, soit endormie, soit éveillée, vit apparaître au pied de son lit le visage de Raphaël la contemplant fixement.
L’apparition durait quelques secondes, puis la figure aimée s’éva nouissait comme une pâle clarté phosphorescente..... Un souffle léger la frôlait et elle se réveillait sous l’impression du baiser (p. 291).
Un soir du commencement de mai, tandis que Dargilan observait à sa lunette un magnifique amas d’étoiles situé dans la constellation d’Hercule, et au milieu du silence absolu de la nuit, était occupé à écouter et à compter les battements de la pendule pour déterminer la distance à cet amas d’une étoile voi— sine qui brillait un peu à l’est, un léger bruit, rappe lant celui du frémissement de la soie, frappe son oreille attentive, et en se retournant du côté d’où le bruissement avait semblé venir, il aperçut la forme de Stella à quelques pas de lui. Elle approchait len
,Mm . y il I 6 0 L’INITIATION LAOUT tement, et comme en glissant, sur le parquet. Sa blancheur était pareille à celle d’un très léger nuage, à demi-transparent, éclairé par la lune; mais le visage n’était pas aussi blanc et paraissait légèrement rosé.
Les yeux étaient difficiles à reconnaître, mais pour tant ils regardaient bien en face, et, lorsque la forme passa devant lui, l’astronome vit bien que la tête se retournait et que les yeux continuaient de le regar— der.
Il sentit sur son front comme le souffle frais du baiser d’un ange, et vit l’apparition s’évanqmr en se dissolvant : il ne resta plus bientôt qu’une légère clarté à la place du cœur, et cette clarté s’éleva dou cement dans le ciel par la trappe ouverte de la cou pole.
Sa nature trop impressionnable et depuis si long— temps surexcitée par une série d’agitations violentes, avait confondu le double d'un vivant avec un fan tôme de mort, quoiqu’il connût exactement les diffé rences si caractéristiques qui distinguent ces deux ordres d’apparition. Le corps astral a, en effet, dans ces deux états contraires, des aspects bien dissem— blables (1).
Je ne comprends pas, mon cher Docteur, reprit Dar— gilan, que vous n’admettiez pas comme moi que ce monde visible n’est qu’une apparence cachant le monde invisible. Vous savez pourtant bien qu’une masse ma térielle est un système d’atomes intangibles en mou vement et ne se touchant pas. L’être humain véri (I) V. pp. 297 et 298.
1 897] HASCl—llSCl—I 161 table, ce n’est pas le corps véritable que nous voyons et qui est lui-même composé de particules invisibles en circulation perpétuelle. C’est une substance d’ordre psychique, qui diffère essentiellement des produits physiologiques qui perçoit et qui agit autrement, et qui, d’ailleurs, obéit comme la nature entière à la loi suprême du progrès.
Vous aurez beau manger, boire, ou respirer n’importe quoi, votre estomac, vos pou mons, votre cerveau, votre cœur auront beau fonc tionner, jamais les effets de cette activité vitale ne donneront naissance à un théorème de géométrie, à une recherche métaphysique, comme celles qui ont passionné tous les grands esprits, ou à un acte de dé— vouement. CAMILLE FLAMMARION. iE[%SÏGŒH®@ÆI A Stanz’slas de Guaita.
Tout corps est en perpé tuelle émanation de sa pro— pre substance. SWEDENBORG. Certains jours, je le prends tel qu’il me vient d’Égypte, noirâtre et d’une amertume atroce, parce qu’il me semble u ile d’éprouver quelque souffrance, relent qui donne aux voluptés une saveur plus pro fonde. D’ailleurs l’amertume n’est rien, et des douleurs 6
I 62 L’INITIATION parfois vous attendent au seuil du Palais des Chi mères, à faire reculer le plus vaillant..., le cœur bat à se rompre, les extrémités se refroidissent, une traî— née de feu parcourt les fils enchevêtrés des nerfs l... ' Mais bientôt c’est la paix, et le haschischin goûte les joies de la vie animale s’exaltant pour lui dans les profondeurs de la vision.
Ce qui ne peut être noté, c’est la sensation de vivre à la fois dans le passé et dans le présent, l’extatique perception de choses séculaires, d’actes et de pensées qui dormaient enfouis (depuis toujours!) et qui s’é veillent, créations exquises ou terribles, subitement ranimés. Un charme s’est rompu, et l’Inexprimable dont le mystère nous poignait jusqu’à l’angoisse se révèle à nous et se transfigure sur un Thabor insoupçonné.
Le décor, les miroirs, les parfums, les lumières, ce que Gantier nomme « le canevas du rêve » ne sont pas, à mon sens, indispensables, du moins pour les expériences que j’ai voulu tenter.
Quand la fête spirituelle commence, même dans la rue la plus odieuse, les gestes des passants s’anoblis sent, tout en restant précis, sans halo de rêve; les bruits sont ouatés, la corne d’un tramway n’est plus . qu’une musique lointaine, le poids du corps diminue; on se sent porté, comme soulevé de terre et la marche est une joie, presque un vol. Je me souviens d’une course à travers un des plus lamentables coins de Paris, sur le boulevard de la Villette, au bras d’un ami. Toutà coup, le boulevard s’élargit, devient immense, les passants ne sont plus, «(n-an:
HASCHISCH 163 les cris s’éteignent, et c’est un Versailles inouï, d’une splendeur indicible. De fastueuses allées s’allongent, droites, en marche vers un horizon si lointain qu’il me vient à la pensée — confusion étrange de l’espace et du temps — que nous serons tous deux des vieillards quand nous aurons pu l’atteindre.
Du reste, il y a longtemps que nous marchons, oh! sans fatigue, si longtemps que nos paroles déjà sont très anciennes, fieurent le musc vieilli et la poudre à la maréchale, qu’elles ne sontplus, même! et que nous nous taisons, ne troublant le majestueux silence que de brèves et bégayantes phrases, de moribonds murmures, rappels de défurites histoires. La mémoire est maintenant la vie présente. Et toujours ce corps qui devient léger, plus léger...
Ah ! flotter dans l’air calme, être la fumée qui plane, colorée à peine, d’une pipe... une pipe hollandaise... je vois un vieux de Van Ostade qui fume, j’entoure son bonnet de laine, j’ai la sensation d‘effleurer sa tête grise, et son bonnet se lève...
Voici son cerveau qui devient l’ouverture d’une magique lanterne: il pense au fils qui revient de la pèche vers un port aux flots très calmes ; le soleil couchant l’inonde de feux rouges, voici les barques qui rentrent, les voiles gon flées à peine, comme de grands oiseaux fatigués. Mais vraiment je deviens trop impondérable ; une buée subtile m’entoure, et je voudrais m’arrêter pour jouir de cette dissolution de ma substance pesante.
Je me souviens de rêves mystiques: ces vapeurs sont des harmonies, ce sont des parfums qui chantent, les âmes de millions de fleurs dont s’ensemence l’air _ __ il ..:l 1 _:_,__‘ 1_ “,7... ' "\ _{.“_, ..a ._, n, .__A,.._ ...—— .‘v.-a..—.
I64 L’INITIATION ,.- —----- -v-—"t"fl'!’"fi autour de moi, et ces âmes sont de petites harpes éo liennes, doucement agitées par l’haleine d’un Sylphe que j’eus pour ami autrefois. S’asseoir! Comme il y a longtemps que je marche! Je ne suis point lassé, mais où donc est mon logis ? Ai-je un logis? Quelle pacifique journée! Sans doute, j’ai quitté ce matin une auberge nichée dans un site de roman.
L’horloge. dans son coffre de chêne, avait arrêté ses battements; l’hôtesse était très vieille et bonne, belle encore sous sa coiffe blanche, et je suis parti sans 'avoir mangé. ' Je suis d’un pays mystérieux où l’on ne mange ja mais. , Une voix douce intervient, celle de l’ami : il faut un gîte hospitalier, quelque divan où s’étendre. et, comme l’atelier de W... est proche, c'est là que nous montons.
Bien vite mis au courant, d’ailleurs édifié de suite par mon visage emprunt de béatitude et mes yeux noyés d’extase, le bon peintre a tôt fait de m’arranger un ou deux coussins et, retournant à ses toiles, me laisse à mon ivresse. L’heure sonne de la séparation entre le monde ex térieur et mon cerveau.
Peu à peu, les êtres et les choses, d’abord très distinctes et qui se dessinaient encore dans .leurs réelles proportions, perdent leur aspect particulier et leur habituelle physionomie. Un fluide inconnu sourd des tentures, des vases, des ta bleaux et des meubles, et ma sensitivité, déjà libérée ' ! |t , . ._ . \ _. MWÎÆ.M .wt./..’, ,_w ,.,..np»'nl.flk.u - . .
HASCHISCH 165 des chaînes corporelles, perçoit leur langage intime. Leur propre substance m’apparaît mêlée à la mienne et s’appariant aux facultés spéciales, développées par moi dans la vie réputée seule réelle. Epris de rythmes et d’harmonies, la sonorité plus particulièrement me frappe, et le moindre bruit évoqueun monde. Puis tout s’embrume ; c’est le sommeil et ses ténè bres où de magnifiques doigts vont broder des songes.
Combien de cycles planétaires ? Combien d’huma nités faudrait-il user pour faire apparaître sur ce plan vital où nous respirons l‘Être impossible et chimé— rique dont le vague profil subitement éclaire l’écran de ma nuit? C’est la grâce et la force tout ensemble; ses regards reflètent des siècles de pensée, et ses yeux ont l’humide clarté des yeux des petits enfants. Est-ce un ange des Cieux que vit Swedenborg ?
Il n’est pas nu, ce n’est point un Céleste. Ses vêtements sont d’une richesse barbare, sur sa tunique courent des broderies de métal clair, tout un poème d’arabesques. ’ Mais il fait un geste; ses mains en s’agitant agitent mon cœur de vibrations presque douloureuses et je sens remonter à mes lèvres, mêlée au miel du désir des caresses, l’amertume de mille regrets que je croyais évanouis.
' Le baiser que je rêve doit'avoir l’odeur des fleurs après l’orage, la saveur des fruits murs, la douceur du premier amour. ,A
166 L’INITIATION I Douleur sans nom, la Nuit s’abat sur nous, non pas la nuit, mais un linceul plus grand que le ciel, plus lourd que le monde, se collant au visage, au corps, etje me sens entraîné par un troupeau d’âmes en peine, courant affolées sous l’ensevelissement noir, se heurtant, se déchirant dans l’ombre opaque avec des cris étouffés, la bouche ouverte pour des hurlements qu’on n’entend pas.
Mais le voile diminue d’ampleur, devient moins lourd : une vapeur d’abord très épaisse, puis légère... c’est maintenant un désert de cendres grises seule ment éclairé des derniers rayons obliques d’un soleil mort. L’immense horizon, avant de disparaître, semble s’élargir. Une tristesse infinie tombe du ciel, partout autour de moi c’est le même spectacle de cendres, une plaine rase sans ondulations, comme une mer très calme.
Alors, un point noir apparaît, très loin, ce point grossit, devient une tache, s’élargit et s’approche : c’est une caravane... A pas lents, des chameaux pore teurs précèdent une troupe bigarrée d’esclaves vêtus d’étincelants costumes, et bientôt accrue de mille et mille personnages héroïques, graves, terribles et bouf fons, la foule devient immense. Je marche avec eux, noyé dans ces flots humains.
Leur espoir de con quêtes, leur désir enflammé d’Eldorados gonfle aussi ma poitrine d’un invincible amour pour de lointaines chimères, et je me sens vivre d’une vie intense et multiforme.
.. .1' un . ' e‘v' .- .auwr;fi5r w..n =.|iaa-wÿ9tflut un, \ HASCHISCH I67 Mais ces pensées lumineuses, magiquement for— mulées, devenues les maîtresses impérieuses et douces de ma vie bientôt s’unissent, se mêlent et se confon— dent. Je sens l’approche d’un inconnu merveilleux... la foule se dissipe... le paysage s’abolit... un bruit de traîne, des sonnettes d’argent : c’est une Fée.
Sur son front palpite une étoile vivante dont les feux disent en miroitant sa pensée, car elle ne parle jamais. Elle s’estincarnée bien des fois ! Sa beauté résume toutes les beautés. , Elle fut Hélène. Pour ses cheveux dorés, tordus sur sa nuque blanche, des {peuples se sont massa— crés. Elle fut Cléopâtre, et je vois mourir des esclaves dans les convulsions furieuses des empoisonnements.
Mais elle fut aussi la reine de Scheba, et je pleure d’être Gérard de Nerval et de me souvenir... Ses yeux tremblent sous mes baisers comme de pe tites têtes effarouchées des oiseaux que tout enfant je baisais en les retenant dans mes mains craintives. Un fluide secret s’échappe de son corps et prend toute ma vie pour la faire sienne; son cœur et le mien pal pitent ensemble et je respire par sa bouche. Mais elle frissonne.
L’étoile s’éteint, ses yeux se ferment, ses mains crispées me font courber la tête, plus bas que la rose d’ombre ornant son ventre d’idole; elle m’a terrassé. Des sonneries lointaines parlent d’un départ et c’est une affreuse vieille qui se couche sur moi et qui m’étoui’fe, lourde infiniment comme une pierre tombale. '
I 68 L’INITIATION Mes efforts pour l’éloigner l’incrustent sur ma poi trine et, tandis qu’elle grandit démésurément, je de viens si petit, ramassé sur moi-même par un effroi sans nom qu’elle se relève pour me chercher, me sai— sit et, comme un caillou, me lance dans l’espace. Je ne suis pas tombé. Je plane sur une ville gothi— que aux toits pointus.
D’immenses forêts lui font une ceinture verte et, paresseusement, un fleuve moiré de soleil, sur lequel des barques vont et viennent, coule entre les quais bordés d’édifices. Des oiseaux blancs me frôlent de leurs ailes; des hirondelles se croisent en sifflant et je veux les suivre. Elles vont se percher sur les pierres dentelées d’une énorme cathédrale et je m’accroche, auprès d’elles, au mufle grimaçant d’une gargouille. Ah! je ne suis plus ailé.
Je suis trop haut. La gar gouille est ouatée de monstres, zébrée de lézardes... Je vais tomber, là sur le pavé blanc, où les passants semblent des fourmis à peine et l'angoisse est si forte que la scène change. Horrible vertige multiplié ! Un insondable ciel m’aspire,'l’horizon m’écartèle, l’abîme d’en bas est sous mes pieds, qui gronde, un abîme sans limites possibles! Moncerveau s’épuiseà chercher des bornes à toutes ces choses.
« Il n’y en a pas ! » me crie une voix, et l’Infini m’est révélé dans une inoubliable se— conde, tournoiement spiralique de tonnerres et de clartés. La souffrance est trop forte, je touche terre, mes yeux s’ouvrent. Voici l’atelier paisible et W. qui peint en chantant. Mais pourquoi ce poêle près de
HASCHISCH 169 lui, ricane—t—il en me regardant avec ses yeux qui brûlent ? Pourquoi W. me regarde-HI, lui aussi ? Il vient, il tient une brosse, il y a beaucoup de vert sur sa palette, il veut me peindre en vert. Je dois figurer dans son tableau, sur le coin d’une console je serai un Bouddha de bronze antique... il a disparu ! Je suis ce Bouddha qui rêve, dans sa pose éternelle, les mains ouvertes sur les genoux.
Je suis une chose. , Alors, pris de confiance, les meubles me font d’étranges confidences, des pinceaux s’agitent, des ta bourets viennent en titubant, vers moi. Un chevalet danse au milieu de l’atelier, sous la pluie d’atomes lumineux qui tombe d’une lucarne. De vieux livres, dans un casier, s’ouvrent avec un bruit de feuilles sè ches et me chuchotent leurs secrets, les secrets qu’ils ne disent point aux hommes.
Je me sensdevenir tout pareil aux ermites de Dürer. Les choses autour de moi sont des pensers en forme; la vie inconnue de la pierre, du bois et du métal s’in fuse dans mon cerveau et je tends comme unmiroir mon âme intérieure où tout se réfracte en mille cou leurs prismatiques. Dans un coin, l’ombre amassée semble séculaire. Elle guette les meubles proches.
Plus clémente que la lumière, elle adoucit les contours et les angles, laisse tomber un voile de grâce triste qui s’enfle et palpite sous un souflle inconnu et, bientôt, heureux évadé des geôles de l’Analyse, je sens ce voile qui m’emmaillotte pour le grand sommeil de la nuit pro fonde. KARLE SYNKA. _'_. _—4__.__=-_—u._ _.
170 L’INITIATION QÆNDWERSUÏÎË MIRE ES HIMD’E’ÊS ÉTUDIÆES Faculté des Sciences Hermétiques Nous avons été extrêmement flatté de voir le succès si rapidement obtenu par la Faculté de Paris, qui compte déjà des écoles secondaires à Bordeaux, à Lyon pour la France et à Berne, à Liège, à Madrid, à Buenos-Ayres pour l’étranger. A ce propos, nous sommes heureux de faire connaître le règlement suivant aux Écoles secon daires de l’étranger.
1° Les Écoles secondaires de la Faculté Hermétique éta blies à l’étranger et placées sous le contrôle des délégués de l’Ordre Martiniste pourront faire passer les examens de baccalauréat, ceux de licence et la première partie de ceux de Doctorat, d’après le règlement de la Faculté de Paris. 2° La connaissance des éléments de la langue hébraïque devra être rigoureusement exigée pour le grade de li— cence.
' 3° La connaissance des éléments de la langue sanscrite devra être rigoureusement exigée pour la première par tie du doctorat. 4° La seconde partie du doctorat consiste en une thèse originale. Cette thèse devra être soumise, après approbation de la direction de l’École secondaire, au Comité de Perfectionnement de la Faculté de Paris, qui jugera en dernier ressort.
Aucun candidat d’aucun pays ne pourra obtenir le grade de docteur, après examen, sans avoir satisfait à cette dernière formalité. 5° Tous les diplômes de docteur et ceux de licencié se— ront timbrés à Paris, soit par la Faculté,soit par le Su prême Conseil dé l’Ordre Martiniste. Les diplômes de baccalauréat seront fournis à prix coûtant aux Ecoles secondaires qui en feront la de— mande et qui en paieront le port. II ' I *“ > -- - .. ..._...._-.. > .
ORDRE MARTINISTE 171 1 ’I- ’F L’École secondaire de Buenos-Ayres (Rép. Argentine) a publié un excellent programme des cours, qui com menceront le 22 septembre. Toutes nos félicitations à notre F:î: Girgois, docteur en médecine et docteur en Kabbale, qui dirige cette Ecole, appelée grâce à lui à un brillant avenir. L’École de Madrid (Espagne) va également s’ouvrir in cessamment sous la direction du Dr Bercero S:;; I:;:.
Si nos frères d’ltalie veulent suivre le mouvement, les pays latins recevront un enseignement méthodique et gra dué qui nous fera faire des progrès en évitant toute polé nuque. * 4 4V» Chacun des membres du Conseil de Perfectionnement de la Faculté est invité à dresser une liste d’ouvrages utiles pour les études et d’après les divisions suivantes: 1° Ouvrages utiles pour le baccalauréat ; 2° — pour la licence; 3° -— pour le doctorat.
Chacune des listes ainsi dressées sera discutée par le Conseil tout entier, et la liste définitive sera établie pour le mois de novembre. LE DIRECTEUR DE LA FACULTÉ @äDâE MèäTINËSTE ADMINISTRATION Plusieurs erreurs d’interprétation ayant été faites dans les transmission des numéros d’initiation, le Suprême Conseil de l’Ordre rappelle àtous les délégués qu’ils doi— vent veiller à ce qu’aucun f:;: ne porte un numéro d’ini tiation inférieur à 22.
Tout fil: qui aurait un numéro inférieur à 22 devra en faire part soit au délégué de son pays, soit au Suprême Conseil, qui fera le nécessaire. Ce sont les lettres alphabétiques qui indiquent le rang de l’initié et son numéro doit être en harmonie avec tous ceux de l’Ordre.
172 L’INlTlATION AVIS A NOS DÉLÉGUÊS Polémiques. — Le succès réellement prodigieux obtenu par l’Ordre Martiniste a suscité des attaques et des ca lomnies de divers genres. Autant que possible, nos délé gués doivent opposer le dédain et le silence à ces tenta— tives.
Les Martinistes sont invités à travailler et à user de la plus grande tolérance vis-à-vis de toutes les écoles spiritualistes. ’ C’est au Suprême Conseil qu’il appartient de prendre des mesures en cas de nécessité, et le Suprême Conseil saura remettre les choses au point sans polémique, quand il le faudra.
Souvenons-nous que tous les mem— bres de la grande famille spiritualiste doivent marcher parallèlement s’ils ne peuvent marcher la main dans la main. Extrait des Comptes rendus des séances DE LA SOGEÊ'Œ‘È DE BE©LOGEE 0 (Séance du 10 juillet 1897) Fixation par la photographie des effluves qui se dégagent de l’appareil auditif. — Réponse à certaines objec— tions concernant l’émission des effluves digitaux, par MM. LUYS et DAVID.
A la suite de nouvelles recherches que mon collabora teur et moi avons poursuivies dans ces derniers temps, nous avons constaté que les organes auditifs, comme ceux de l’appareil visuel, sont susceptibles d’émettre, sous forme d’irradiations, des effluves et que ces effluves sont pareillement enregistrables par les plaques photo graphiques au gélatine-bromure d’argent. — Ci-joint, je présente un cliché photographique qui démontre ce que j’avance, les effluves irradiés de l’oreille humaine.
Le mode opératoire est des plus simples et à la portée de tous ceux qui voudront répéter l’expérience. —— Il suffit de tenir appliquée sur le pavillon de l’oreille une
I . SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE 173 plaque au gélatino-bromure d’argent, de dimension appropriée, et de la maintenir appliquée à l’aide d’un bandeau pendant une demi-heure dans l‘obscurité com plète. Au bout de ce temps, l'opération s'est faire toute seule.
On traite alors la plaque suivant les procédés d'usage, et on constate après la fixation, au niveau du trou auditif, l’existence d’un nuage floconneux noir, qui dénote la présence d’un élément photogénique quel conque, irradié du fond, du conduit auditif, et capable d’impressionner localement la plaque sensible; on dis tingue encore çà et là quelques efl’luves isolés sous forme lancéolée. — C’est, je crois, la première démonstration de ce genre qui ait été faire. ’ A propos des effluves irradiés de l'œil, dont nous avons déjà entretenu la Société, ou nous a fait l’objecrion suivante : On nous a dit que ce que nous considérions comme effluves autogéniques ne pourrait bien être que le rejet de la lumière diurne emmagasinée et une véri table restitution phosphorescente des rayons solaires. — Cette lumière intra—oculaire n’est pas un phénomène nouveau, tout le monde la connaît; il suffit d’examiner à contre—jour le fond de l’œil de certains animaux, les chats, entre autres, pour reconnaître qu’ils émettent des rayons lumineux, et que ces rayons sont susceptibles de varier suivant les émotions qui les animent.
L’objection consistant à représenter ces effluves optiques que nous avons les premiers signalés à l’atten tion comme n’étant qu’une restitution de rayons lumi neux emmagasinés, tombe devant ce fait nouveau de l’enregistrement sous les mêmes apparences photogra— phiques, des effluves irradiés du tond de l’oreille, où il n’y a pas certes à citer l’emmagasinement de vibrations lumineuses. —— Ce sont là des phénomènes photogra phiques de même ordre.
On peut donc admettre que les appareils des sens s’ertériorisent sous forme d’effluves presque semblables, venus soit des extrémités digitales, soit de ceux du plexus de la rétine aussi bien que les expansions termi nales des nerfs auditifs. _ Ces effluves sont susceptibles physiologiquement d’émettredes vibrations centrifuges d’une nature spé—
174 L’INITIATION ciale, douées d’un pouvoir photoge‘nique propre, apte à réduire les sels d’argent et à être, par conséquent enre gistrées par la plaque photographique.
On nous a dit encore à propos des effluves digitaux dont l’exposé a fait l’objet de notre première communi cation : « Le contact des doigts, appliqués sur la géla tine directement, est susceptible de développer des actions chimiques (on ne nous dit pas lesquelles) suscep tibles de produire les empreintes et les images que vous nous avez présentées et auxquelles tous les phénomènes que vous décrivez sont imputables.
Il ne s’agit en l’es pèce que d’une action directe de contact. » C’est la seule objection sérieuse à laquelle nous ayons cru devoir répondre, et pour laquelle, ainsi qu’on va le voir, nous avons répondu, croyons-nous,d’une façon péremptoire : 1° La preuve que le contact des doigts n’est pas apte dans les conditions propres à développer des effluves à décomposer la surface gélatineuse de la plaque sensible, c’est que, en appliquant les doigts à l’envers de la' plaque, sur la surface même du verre à nu, nous obte nons a distance, à travers l’épaisseur du verre une action spéciale photogénique qui transperce l’épaisseur de la plaque et détermine de l’autre côté des images sous formes d’expansion curvilignes qui sont irradiées des extrémités digitales.
Ci-joint, nous présentons un cliché qui a été obtenu dans ces conditions.
2° Dans une autre série d’expériences, nous avons en core agi à distance, sans contact des doigts avec la plaque sensible, à l’aide d’un dispositif spécial, dont je présente ici les pièces, grâce auquel la pulpe du doigt en expérience est maintenue à environ 6 ou 7 milli— mètres de la surface de la plaque. — Eh bien! nous avons encore pu obtenir des empreintes, des images indiscutables d’effiuves (qui ne sont plus aussi intenses que lorsque le contact est complet), mais qui n’en sont pas moins réelles et démonstratives.
Ci-joint, je pré sente à la Société des épreuves photographiques qui démontrent ce que nous avançons, l’action rayon nante des effluves digitaux à distance.
LA SCIENCE VIVANTE UNIVERSELLE 175 Cette expérience prouve donc que les effluves digi taux qui se dégagent normalement de la pulpe des doigts, sont susceptibles d‘émettre à distance des radia tions enregistrables à environ 6 à 7 millimètres. — Ces effluves sont susceptibles, dans notre dispositif spécial, de traverser une couche de liquide de 2 centimètres d’épaisseur (le bain d’hydroquinone), interposée entre le doigt et la surface sensible, et de développer des traces atténuées,mais très nettement reconnaissables,de l’agent photogénique en activité physiologique.
Si les effluves agissent ainsi à travers une couche liquide de 2 centimètres d’épaisseur, ils doivent agir pareillement à distance à travers le milieu atmosphé rique ambiant, beaucoup moins dense et plus perméable, et de le propager ainsi à des distances non encore dé— terminées. —- Ils peuvent solliciter aussi des réactions sympathiques et antipathiques inconsciemment ressen ties. — Comme on en constate des effets si remar quables chez les sujets.en état hypnotique.
Il y a là une série de problèmes nouveaux qui sur-— gissent et qui sont susceptibles de solliciter un très vif intérêt pour tous les esprits indépendants et curieux de s’avancer en dehors des sentiers battus de la science oflîcielle.
ILA SEKENGE ÜB’IIIVERSEEEE L’introduction à la science universelle, parue sous la signature d’un homme pubère, dans l’Initz‘ati0n, me sug gère les pensées suivantes : Ce corps de doctrine révélé à l’homme par l’Esprit Saint me semble être le signe caractéristique et probant d’un changement dans le monde, d’une évolution puis— sante dans le domaine de la pensée et, découlant natu turellement de là, d’un bouleversement général dans le domaine des faits.
Cette étude, par son essence même, étude de la vérité! sera impossible pour le grand nombre, extrêmement difficile pour beaucoup, et ne portera des fruits réels
I 76 L’INITIATION que chez quelques-uns. Si, bravant pour un temps mon tempérament particulier, je me lance dans la lutte, c’est qu’il me semble utile de donner aux élus quelques con— seils nécessaires pour aller jusqu’au bout dans l’étude de cette doctrine. Puis—je en quelques mots parler de moi—même ?
Élevé dans les principes rigoureux de la religion catholique, à 20 ans, haletant, découragé, désespéré, corps sans âme et sans lumière, je me réveillai sceptique, sans but, sans avenir idéal, luttant dans la matière, contre des fantômes : impalpables. La philosophie me rebuta, et le raisonne— nement me sembla trop matériel pour satisfaire ma raison.
Un fait providentiel et alors pour moi inexplicable me poussa à la connaissance de certains phénomènes spi rites. Je crus avoir trouvé la vérité et me lançai avec frénésie dans cette nouvelle voie. Au bout de deux ans, le spiri tisme ne m’apparut bientôt que comme l'antichambre hideuse et malpropre de la vérité; ses manifestations, que comme les bavardages plus ou moins corrects de concierges en rage de tout raconter et de tout savoir.
Je me jetai dans l’occultisme; je lus les livres traitant ces questions. Là encore, à côté d'éternelles vérités, je trouvai des mélanges étranges et me persuadai bien vite que l’occultisme oriental n’était que le COUIOÎI‘ obscur de l’édifice divin.
Enfin la Providence, ou plutôt, la loi immuablement établie qui veut que chaque besoin ait sa satisfaction et que chaque ouvrier possède, au moment même où il est apte à faire un travail, les éléments de son œuvre, me mit dans la main les livres de Louis—Michel. Alors je vis, je compris, je sus.
Croyez-moi, et je ne parle que pour ceux-là seuls qui n’ont pas encore trouvé leur voie, et ils sont quelques— uns, croyez-moi, travaillez cette doctrine, et vous sen— tirez votre âme se ressusciter; vous sentirez vos troubles disparaître et une quiétude divine vous enivrer; alors seulement, vous direzzJe vis parce queje sais.
J’ai dit au commencement que l’apparition de ce ré sumé de la doctrine de Louis-Michel était l‘annonce d’un changement, le signe d’un bouleversement. A V.- ...-- * r r --——m#— s-Âan%
LES DEUX TRADITIONS 1 77 Tous,sur quelque monde que nous soyons, à quelque degré de vie que soit arrivée notre âme, étincelle dela vie de Dieu, tous, nous travaillons, du plus haut jusqu’au plus bas, pour le bien général sur des plans différents; les uns, simples manœuvres, d’autres, œntremaitres, quelques uns, architectes.
Dieu ne nous impose pas tel travail; c’est nous, nous seuls, qui par n05 travaux antérieurs nous sommes préparés pour le plan dans lequel nous devons travailler. Actuellement, des âmes venues des mondes supérieurs pour régénérer cette planète et pro céder au travail de la crise pubère, des âmes, dis-je, pla cées dans diflérentes situations selon la mission quelles auront à remplir, sont prêtes à apparaître quand le mo ment sera venu.
Elles dorment actuellement, entourées d’une triple cuirasse d'essence divine, protégées ainsi contre les embûches de l’Esprit du mal. Je parle de choses vues. A côté de ces âmes d’élite, architectes de Dieu, des ouvriers, des manœuvres, humanimaux en retard, mais fidèles esclaves de l’Esprit, ont commencé et con tinueront bientôt à faire le grand nettoyage nécessaire.
Le travail sera considérable, la pioche et la pelle devront marcher jour et nuit; la cruauté, l‘anarchie, l’égoïsme, se donneront la main, travaillant dans un ensemble par fait à la grande oeuvre de l’assainissement, travail de la soustraction.
Alors seulement. ces âmes endormies, et qui auront assisté léthargiques et sans dangers à ces catas— trophes, se réveilleront indemnes de toutes souillures, embrasées du feu divin et prêtes à faire ce que l’Esprit leur commandera.
Ainsi donc, qui que vous soyez, si les doctrines étudiées jusqu’à ce jour ne vous ont pas pleinement satisfait, mettez-vous résolument à l’œuvre; lisez, relisez, digérez et reprenez cette nourriture divine; quand vous vous la serez assimilée, vous pourrez dire : ce n’est plus moi qui vis, c’est le Messie spirituel qui vit en moi.
Lus. [LES EUDX& îL‘EÂIDUTTU©NS Le dernier numéro de la Revue italienne Nuova Lux contient un très intéressant article dans lequel M. Ful
I 78 L’INITIATION genzio Bruni expose avec la plus grande impartialité les positions respectives des deux grands courants tradi tionnels, celui d’Occident et celui d’0rient.
L’auteur, après avoir constaté les divergences essentielles de ces deux courants, se demande : « L’Union est-elle pos sible ? » Nous espérons que l’avenir lui répondra affirmative ment, mais nous tenons dès à présent à établir quelques points esentiels à bien mettre en lumière. Nous allons résumer de notre mieux ces points essentiels.
I° Nul plus que nous-mêmes ne respecte et n’estime à sa haute valeur la haute tradition des centres initiati ques véritables de l’Orient, au sommet desquels nos renseignements particuliers nous permettent de placer les traditions intégralement conservées à ce jour par l’initiation brahmanique.
2° Il est impossible (à notre avis) de rien comprendre à la réelle tradition secrète d’0rient, si l’on ne connaît pas les éléments constitutifs de la langue sanscrite. Aussi avons-nous décidé de créer un cours élémentaire de sansorit (caractères dévaqagari) à la Faculté des sciences hermétiques et dans les Écoles secondaires de province et de l’Etranger. Les manuels nécessaires paraîtront dans l’Initigztion sous peu.
3° Étant bien établiqu’il existait réellement une tradi tion orientale dont l’Église brahmanique (à notre avis) a le dépôt principal, il fallait établir l’existence de cette tradition et réduire à leur rôle exact de compilation les bruyantes publications faites au nom de l’Orient par des écoles que nous croyons sans mandat réel.
Pour cela deux voies étaient indiquées : la première, celle de la polémique et des injures, celle des insinuations person nelles et des disputes mesquines.
Pour nous amener à cette voie, on a mis tout en œuvre : lettres personnelles, attaques indirectes, accusations de devenir des jésuites, que sais—je l Si nous avons pu, au début de notre œuvre de réalisation, nous laisser entraîner dans les erreurs de la polémique, nous avons reconnu depuis l’inanité et le peu de sérieux de cette méthode.
Il reste donc la seconde voie: mépris et indifférence absolue des attaques person nelles et poursuite rigoureuse des œuvres de réalisation, 4L
LES DEUX TRADITIONS 179 en répondant aux injures par des faits et par le pardon, espérant que nous serons traités de même pour nos er rements antérieurs ou présents.
A côté donc des protes tations de Max Muller et des Orientalistes sérieux pour l’Occident, à côté et en dehors des protestations des orien taux eux-mêmes (I) qui sont de simples œuvres néga tives, il fallait obtenir d’un des initiés authentiques et sérieux des centres orientaux une œuvre montrant à tous la grandeur del’initiation d’0rient et sa raison d’être, sa place véritable à côté de la révélation du Christ.
Cette œuvre parlera par elle-même assez pour rendre inutile toute polémique et pour remettre exactement les choses au point, et elle ne pouvait être accomplie que par un véritable initié aux deux traditions, pouvant écrire en langue céleste l’AUM aussi bien que le TETRAGRAMME. Nous n’en dirons pas davantage pour l'instant à ce sujet.
4° Notre désir le plus ardent est l’union des spiritua« listes de toute école en vue des grands congrès qui se préparent pour 1900. Cette Union, nous l’avons réalisée en faisant appel à chacun de nos efforts, à toutes les écoles sansexceptz’on. A chacun de nos appels les représentants en France de ce qu’on croit être une initiation orientale ont répondu négativement.
Cela ne nous a’pas empêché de constituer l’Université libre des Hautes Études, union des Magnétiseurs, des Spirites et des Martinistes en trois Facultés; puis le Syndicat de la Presse Spiritualiste. Nous n’avons voulu ni titre, ni présidence dans aucune de ces deux fondations pour bien indiquer que nous faisions l’Union en dehors de toute question person nelle.
Voilà pourquoi nous avons adhéré aussi bien au Congrès de l’Humanité qu’à l’Union Esotérique Italienne, sans jamais protester contre les personnalités, qui s’effa— cent toujours pour nous, devant les idées.
Si d’autres agissent autrement que nous, c’est qu’ils ont leurs raisons pour le faire; nous n’avons ni le droit ni le mandat de les juger.‘ Et maintenant, remercions notre ami Fulgenzio Bruni des efforts qu’il fait pour la propagation du Martinisme (I) V. l’article les Plagiaires de l‘Occultisme oriental, dans la Renne des revues.
180 LlNlTlATION .,.__q en Italie. La tradition orientale et celle d'0ccident sont deux lumières qui semblent opposées si l'on ne rallume pas la troisième. Travaillons donc tous pour l‘idée spiri tualiste, et le reste viendra par surcroît. PAPUS. BIBLIÊ©GBLÈEJÊE GABRIEL DELANNE. — L’Évolution animique, essais de psychologie physiologique suivant le spiritisme; Cha— muel, in-18, 3 fr. 50.
Une nouvelle œuvre de M. Gabriel Delanne est tou jours une bonne fortune pour la partie jeune et studieuse du public spirite; l‘auteur est en effet le seul qui, dans le nombre des écrivains de cette éœle, ait une instruc tion scientifique assez complète pour faire concourir les données du positivisme à l’habillage des doctrines spi rites; il remplit à merveille le rôle qu'il s‘est choisi, et le fondateur de la Revue scientifique et morale du spiri tisme est sans doute la seule personnalité de laquelle on puisse espérer la réorganisation et la coordination du parti spirite français.
M. Delanne a voulu prouver dans le présent livre que toutes les difficultés de la psychologie pouvaient se ré— soudre par ses doctrines.
Prenant la vie à ses origines les plus humbles, il en explique les conditions et la com plication graduelle;il en arrive ainsi à la plus haute manifestation biolog1que de la matière : la force nerveuse ou psychique, et commence l’étude de l’âme animale ', ce second chapitre est très curieux à lire, par les nom breuses comparaisons qu’il établit entre l’intelligence hu maine et l’intelligence animale.
L’âme ou, selon la terminologie ltarde’ciste, le péris— prit est examiné dans tout le détail de ses propriétés tonctionnelles pour}enfin aborder, selon les lumières de la psychologie contemporaine, le grand problème ne pose le spiritisme: le dogme de la réincarnation. ci, M. Delanne fait une étude complète de la mémoire, et en particulier de la mémoire organique ou inconscient ph - siologique; de la découle naturellement l’indication u rôle de l’âme au point de vue de l’incarnation. de l’héré_ dité et de la folie. Après avoir étendu ces données de
BIBLIOGRAPHIE ' 18 I psychologie à un essaide cosmologie, M. Delanne donne ces conclusions : Pour lui, le périsprit reste le réceptacle des expériences des vies antér1eures ; et l’évolution de l’individu se pour suit par le Concours de toutes les forces naturelles de l’Etre, à travers des vies successives, pour un progrès éternel.
Réduits à de grandes lignes, je ne trouve personnelle ment rien à redire aux conclusions de notre auteur; mais qu’il me permette de souligner quelques inexacti— tudes un peu flagrantes dans l’appréciation qu'il donne des théories occultistes. SÉDIR. .*. Contribution à l‘Origine polyédrique des Espèces. — Première partie, par ARTHUR Soma et MATHA; vol. gr. in-18 carré de 200 pages; Madrid, imprimerie de la quinta de Mahudes, 1897. Prix: 3 francs.
La doctrine phythagoricienne de la Constitution de l’Univers, basée sur la propriété des nombres et la seule géométrie, est la plus séduisante comme sans doute la très vraie théorie, dont tous les déments se résolvent par les mathématiques.
La Nature est certes le premier des géomètres; toutes les fermes qu'elle affecte sont constituées par les unions numériques; un vaste esprit, plié aux méthodes suprêmes de cette science, arriverait à rameneràl’Unité tous les êtres composant l’Individualité universelle ; on ne sau rait douter que Pythagore, initié aux mystères Eg ptiens, ne soit parvenu à ce splendide résultat par la färce de ses méditations; malheureusement nous ignorons aujour d’hui les procédés mathématiques qui amenaieht à con— naître les vraies propriétés actives des Nombres; la mé— taphysique de Pythagore — indiquée d’ailleurs dans la Kabbale — est à reconstituer; mais auparavant il faut changer la conception que nos contem orains se font de la philosophie des ch1fi'res ; c’est le rô e de la Faculté des sciences hermétiques. et nous sommes certains qu’elle s’y consacrera, car la Clef phytagoricienne ouvre le sanctuaire des sanctuaires, celui de l’Infinil M. Arthur Soria et MaIha a tenté d’exprimer les théo rèmes de la géométrie vivante de la Nature dans son intéressant mais rudimentaire ouvrage sur l'Origine polyédrique des Espèces.
Par intuition, il a découvert quelques éléments de la doctrine phyta oricienne, mais il n’a pas franchi le domaine des hypot èses très géné
I 8 e L’INITIATION l rales, et en somme son livre ne fait guère avancer la ques. tion de l’évolution géométrique des êtres. Il y a plusieurs années déjà, du reste, en 1875, un cher— cheur de beaucoup de mérite, M. Gaudin, avait précédé M. Soria dans cette voie, et consigné ses remarques en un volume trop ignoré: L’Architecture du monde des atomes, Gauthier—Villars).
Il démontrait, par une série de constructions, la genèse des atomes et des molécules se groupant toujours géométriquement pour former tous les corps.M. Soria a dû s’inspirer des travaux de Gaudin, qu’il ne dépesæ pointd’ailleurs. il commence par définir l’atome: un giroscope formé du minimum de matière ; l’atome engendre l’arête d’où vont dériver les polyèdres.
Tous les êtres sont constitués ar l’adosscment varié des polyèdres entre eux, voilà le ondement de la théorie que nous allons suivre dans ses développements géné riques. L’évolution de la polarité, dans l’ordre de la moin dre à la plus grande complexité, suit cette marche: atome, arête, tétraèdre, cube, octaèdre,dodécaèdre et icosaèdre. Les corps, quels qu’ils soient, se forment par des adossements de points, d’arètes, de polyèdres en un mot.
L’auteur pense très justement qu’à la série des poids atomiques correspond une série de formes géomé— triques régulières; ces formes sont précisément les com binaisons premières ou élémentaires du tétraèdre régu— lier et des quatre autres polyèdres réguliers qui en déri vent directement. La sexualité est leur propr1été princi pale.
A priori, il déclare que l'octaèdre et l’icosaèdre sont les deux édifices principaux,et les plus utiles, pour cons tituer d’autres formes plus complexes. Nous le voulons bien, mais les preuves manquent, aucune observation ne peut encore confirmer cette conjecture; il faudrait connaître l'anatomie moléculaire pour se prononcer avec autant d’assurance.
Maisles idées de M.Soria sont ingénieuses; les grandes lignes de la géométrie chimique, calquée sur celle de M. Gaudin, valent d’être résumées : Les espèces chimiques, nous dit-il, se forment par l’adossement des faces, des sommets ou des arêtes des combinaisons polyédriques régulières qui constituent les corps réputés simples.
Alors’ naissent les espèces se condaires, ayant leur origine dans deux axes énéraux de la création,symétriquement placés de l’un et e l’autre côté de l’axe principal de symétrie de la création. Ces deux axes sont masculin et féminin. L’axe secondaire de symétrie, féminin, est celui qui a pour espèces l’octaèdre . Il - . . . -.. s. ...-,...«,,aq’.œ...
BIBLIOGRAPHIE 183 et l’icosaèdre de diverses classes, l’axe secondaire de symétrie, masculin, celui qui a pour espèces le cube et le dodécaèdre. La fusion dans l’axe principal de symé trie de la création de deux espèces secondaires con— jointes, ou d’une espèce secondaire de l’axe masculin avec une autre secondaire de l’axe féminin, engendre de nouvelles espèces chimiques.
Toujours d’après l’auteur le type fondamental ou le plus simple d’une base (femelle) c’est l’octaèdre de 2e classe de régularité, c’est-à-dire un ensemble de sept cubes; le type fondamental de l’acide (mâle), c’est le cube de 2° classe, c’est un ensem— ble de neuf octaèdres; le type fondamental d’un sel (produit des deux précédents) est la fusion géométrique d’un cube de 2° classe avec un octaèdre de 2° classe.
Les minéraux -— groupes d’atomes cristallisés, c’est-à dire en fusion géométrique de leurs individualités — sont des combinaisons mathématiquement possibles de lignes droites polyédriques parallèles entre elles.Ce sont les points de la géométrie de la Nature.
Un minéral, un végétal, un animal, se produisent par formation de mailles polyédriques; le minéral naît, vit et meurt, cha que atome est une personne; l’univers’ n’est qu’une humanité d’atomes, écrit très bien M. Soria et Mata. Il compare la cristallisation d’un corps et sa rentrée dans l’élément liquide dont il était sorti au phénomène de la vie et de la mort des végétaux et des animaux.
Du minéral, l’auteur passe à l’étude de la géométrie végétale; puisque l’évolution apparaît géométrique, le vé gétal ne peut être autre chose qu’un assemblage plus élevé de polyèdres, d’où dérivent les cellules organiques; les végétaux et les animaux doivent être considérés comme des aimants polyédriques de plus en plus com plexes.
L’homme lui-même n’est qu’un assemblage de dodécaèdres et d'icosaèdres, formes compliquées dues à l’évolution géométrique.
Quel est le mécanisme de cette sériation?Le voici, formulé nettement mais trop catégo riquement, par l’auteur: quand les lignes polyédriques s’adossent par l’une de leurs extrémités, en formant des angles fixes avec l’une d’elles, à laquelle s’adossent avec symétrie toutes les autres, naissent les formes végétales ou lignes de la géométrie de la Nature; les végétaux sont des combinaisons des cellules végétales; ce sont des as— sociations polyédriquement organisées et de plus en plus intelligentes et libres de cellules végétales. Quand les lignes polyédriques s’adossent symétrique— ment des deux côtés d’un plan polyédrique, apparaissent
1 84 L'INITIATION les formes animales ou plans de la géométrie de la Na ture; les cellules animales sont des combinaisons mathé matiquement possibles de plans polyédriques, de lignes polyédriques et de points polyédriques; les animaux, des associations polyédriquement organisées de cellules ani males de plus en plus complexes, intelligentes et libres.
Enfin voici la conclusion de l’ouvrage: « Si la forme polyédrique et régulière des corps et des espèces chimi ques est incontestable; si tous les minéraux sont des formes polyédriques composées des formes antérieures ou élémentaires; si le végétaux s’alimentent et se com posent de minéraux, et si les animaux se nourrissent et se composent de végétaux, il est parfaitement naturel et 10 gique de supposer ou plutôt de croire et d’affirmer que vé gétaux et animaux sont des groupes de polyédres réguliers.» .
La théorie est presque certaine,nous le répétons; les atomes se groupent, à coup sûr, suivant des figures géo— métriques; mais nous ne.pouvons évidemment dire s’ils constituent sans faute telle ou telle forme, et par quels liens ils évoluent de la pierre à la plante. Il faudrait con naître à merveille l’anatomie des êtres élémentaires, la genèse des cristaux; nous en sommes loin encore.
M. Soria et Marta s’est borné à étudier le plan maté riel : c’est trop peu. Il eût dû s’élever à l’analyse de la partie astrale des cristaux, de leurs propriétés magnéti ques et ps chiques ; il eût ainsi approfondi les lois de la polarité, e la naissance, de la transformation et de la mort des minéraux, puis même des végétaux.
Reichenbach avait entrepris ces recherches au point de vue odique, seulement; il y aurait grand intérêt à les poursuivre dans le but de savoir comment les atomes se groupent, quelles figures ils tracent et par quelles gyrations astrales il se transmuent et évoluent. Car l’on doit établir des réserves, croyons-nous,non sur la Loi qui a inspiré le travail de M. Soria, mais sur les conditions géométriques secondaires qu'il exprime.
La Nature fait partout de la géométrie,cela ne saurait se con tester, mais nous ne pourrions révéler aujourd’hui sui— vant quel processus immuable elle agit. F. JOLLIVET-CASTELOT. * —‘F4 G. DE LAFONT. —— Les Grandes Religions : le Magdéisme, l'Avesta. — Préface d’Em. BURNOUF. —— 1 vol. in-18. 3 fr. 50. Chamuel, éditeur. Chacune des œuvres de M. de Lafont marque un pas : _.‘_.up——..æ '*}ls!"
LIVRES REÇUS 185 considérable dans l‘étude et surtout dans l’éclaircisse ment du sujet traité. Grâce à la lar eur de vues et à l’im partialité de sa méthode, grâce à a citation des textes sacrés eux-mêmes à propos de cha ne discussion impor tante. l’auteur nous présente la eligion qu’il étudie sous son caractère élevé, en dehors de tout sectarisme philoso hique ou religieux.
Après le très bel ouvrage surle ouddhisme, voici une étude non moins appro fondie sur le Mazdéisme appuyée d’une analyse soignée de l’Avesta. Nous ne pouvons faire un plus grand éloge de cette œuvre’que d’annoncer à M. de Lafont que nous demandons au Conseil de perfectionnement de la Fa culté des Sciences Hermétiques son inscription parmi les livres d’études recommandés à tous les élèves français ou étrangers. PAPUS.
PIERRE GUEDY. —- Amoureuse Trinité, roman; Paris; Willsmn. 3 fr. 50. Le directeur de l’Aube se déclare fervent de la vie dans toutes ses manifestations; celle qu’il décrit dans ce joli volume consiste dans une perversion de l’amour. qui demande une vigueur que bien peu de nos contemporains doivent posséder. M. Guédy habille cette thèse scabreuse de vues cosmogoniques et métaphysiques, — Scho penhauer et Darwin, —- qui la rendent intéressantes.
En plus,autre piment, nombre d’illustrations photographiques détaillent les beautés des deux charmantes héroïnes. LIVES CIL—M. LIMOUZIN. — La Kabbale littérale occidentale; les 32 voies de la sagesse du « Sefer Iegirah » eæpliquées par l’alphabet latin; Paris, Chamuel, in-8. 2 francs. Application de la science étymologique à cette thèse que le latin a précédé le grec, l’hébreu et l’arabe.
La confusion des 32 Voies de la Sagesse et du Sefer Iefirah indique du reste que l’auteura commencé depuis peu ses études de kabbale. — La Mistificazi0ne di Leo Taxil, supplément de la Ri— vista della Massoneriu Italiana. Rome, 1897, in—8, Sta— bilimento Civelli.
1 86 L’INITIATION — Un’ ultina parola sulla mistificagioneMassonicadi Leo Taxil; réponse de l’Union antimaçonnique universelle. Rome, F. Cugnani, 1897, in-8. D” MENDEL. —_ Ph sz'çlogie et pathologie de la Respira tion nasale; Parts, 0Clété d’éditions scientifiques, in-8, fig. I(» n - Nous avons reçu une très intéressante ( note histo rique » de M. L. Esounzu sur Jean XXII et les Sciences Occultes (qu’on trouve 4, rue de la Barre à Cahors).
Nous recommandons vivement cette étude à tous nos lecteurs. I‘I Reçu deux très intéressæmtes brochures en anglais, publiées par l'Union Idéaliste Universelle: une étude sur la famille royale d’Arménie, les Lusignan par le DI Ed. BLITZ, et un commentaire à la Table d’Emeraude par Carl MICHELSEN (chez Gould, Manchester, N. H., U. s.
A). lllllllll IDÈÀIxIS’I’Ë UNIVERSELLE Nous croyons du devoir de l’Union de publier ces in: dications extraites du Bulletin de la Société contre la mendicité des enfants. Indications ’ utiles Si vous vous intéressez à un orphelin (garçon ou fille), âgé de 7 à 10 ans, recommandez—le à l’Œuvre de l’Adop— tion (secrétaire M. Leroy), 9, rue Casimir—Delavigne.
Si vous voulez soustraire à de mauvais traitements ou de mauvais exemples un enfant de parents indignes, adressez-vous à l’Union française pour le sauvetage de l’enfance (directeur M. Gayte), IO, rue Pasquier. Désirez-vous placer dans un établissement, jusqu’à sa majorité, une fillette de 12 à 15 ans, adressez-vous à l’Œuvre des enfants pauvres et des orphelins de Paris
UNION IDÉALISTE UNIVERSELLE : 87 (secrétaire, M. Schlotterbeck), 74, rue de l’Abbé-Groult. Pour faire assister une pauvre mère ayant un enfant en bas âge, vous avez le choix entre la Société de Cha rité maternelle (secrétaire. M“‘° Estave—Raimbert), 3, rue de Marignan, la Société pour la propagation de l'allaite ment maternel (directrice Mme Léon Béquet), 4.5, rue de Sèvres, et la Société protectrice de l‘enfance, 4, rue des Beaux-Arts.
Si vous voulez faire faire sa Première Communion à un enfant de plus de 13 ans, tâchez d’obtenir son admis sion à l’Etablissement des Frères de Saint-Vincent de Paul, 40, rue de La Fontaine.
Si vous vous intéressez à un jeune homme de 18 à 19 ans, orphelin ou abandonné, qui soit disposé à con tracter un engagement dans l’armée ou la marine. adressez le à la Société de protection des engagés volontaires, présidée par M. Félix Voisin, 11 bis, rue de Milan.
Pour obtenir le placement jusqu’à sa, majorité d’une petite fille de 8 à 12 ans, orpheline de mère, vous pouvez vous adresser à l’Œuvre des enfants délaissées, 33, rue Notre—Dame-des-Champs. S’il s’agit d’un petit garçon du même âge qui soit dans une situation très digne d'intérêt, recommandez-le à la Société des amis de l’Enfance, 15, rue du Grillon.
Pour les jeunes garçons orphelins, âgés de 13 à 15 ans, on a le choix entre la Société des jeunes orphelins, 10, rue du Palais-Royal, et l’Association pour le placement enÏ’apprentissage et le patronage des orphelins, 3, rue de Turenne. Si vous vous intéressez à un enfant aveugle, recom mandez—le à l’Association Valentin Haüy (secrétaire M. Maurice de la Sizeranne), 151. avenue de Breteuil.
Si vous voulez placer un enfant infirme âgé de 5 à 12 ans, tâchez d'obtenir son admission à l’Asile des jeunes garçons incurables, 223, rue Lecourbe. Pour faire protéger un entant d’origine alsacienne, adressez-vous à la Société de protection des Alsaciens Lorrains (secrétaire, M. Penot), 9, rue de Provence.
Pour faire protéger des enfants protestants, adressez vous à Mme Henri Mallet, 49, rue de Lisbonne; s’il s’agit d’enfants israélites, signalez-les au Comité de bien
I 88 L’INITIATION faisance israélite(L. Zadoc-Kahn, grand rabbin), l7, rue Saint-Georges.
Les petites filles de moins de 13 ans qui se trouvent en état d'abandon ou de danger moral, peuvent être recom— mandées à l'Œuvre des petites préservées, 54, rue Violet ; les filles plus âgées qui se trouvent dans les mêmes con ditions, ou qui ont comparu en justice sont protégées par l'Œuvre de la préservation et de la réhabilitation desjeunes filles de I5 à 25 ans (présidente, M'”° Auber, I, rue de l’enthièvre).
Si l'on veut faire placer des enfants pour lesquels il est possible de payer une pension mensuelle de IS 21 35 francs, on peut s’adresser s’il s’agit d‘enfants sages, à l'Ofiîce central des institutions charitables, 175, boulevard Saint-Germain; à l'Œuvre de Saint-Nmolas, 9t, rue de Vaugirard.
S'il s’agit d’enfants difficiles, à la Societe’ de protection pour l'enfance abandonnée ou coupable (prési dent, M. Georges Bonjean, 47, rue de Lille); au frère Dosithée, représentant à Paris de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit, 30, rue Lhomond. Si vous rencontrez un garçon de 15 à 18 ans deman dant du travail, envoyez-le à la Maison de travail pour jeunes gens, I3, rue de l'Ancienne-Comédie (œuvre de M. Rollet).
En échange d’un travail très simple, la Mai— son offre la nourriture, le logement, des bons de vête ments, etc., et s‘efforce de placer en apprentissage les bons sujets. (Extrait du journal l‘Enfant, publié par le Patronage de l’Enfance et de I’Adolescence, dirigé par M. ROLLET).
Maison maternelle.— Fondée par Mme Louise Koppe, le 20 novembre 189l, sous le patronage de M. Léon Bourgeois, alors ministre de l’Instruction publique, et les municipalités de la Ville de Paris. Approuvée par arrêté préfectoral du 4 août 1894, assemblée générale constitutive le I6 décembre 1894, sous la présidence de M. Léon Bourgeois.
Recueille — pendant un à trois mois — les enfants des travallleurs qui par suite de maladie ou de chômage, se trouvent momentanément aux prises avec la misère. Le _ w,-r;—.朗;«,—— .. ._.. ._ - l .
UNION IDÉALISTE UNIVERSELLE 189 but poursuivi est de préserver l’enfant de l’étiolement et parfois même de l’abandon. Reçoit les garçons de trois à six ans et les filles de trois à douze ans. A Paris-Belleville, 4r, rue Fessard. Directrice géné rale Mme Louise Koppe, ancienne direcuice du refuge ouvroir municipal Pauline—Rolland. Ouvert tous les jours.
Association Valentin-Hafiy. —— S’occupe d’améliorer le sort des aveugles; leur vient en aide, leur cherche du travail, leur en procure. Bibliothèque, cercle, jeux, séances littéraires, musicales, musée, échantillons, expo sition et vente de travaux d‘aveugles. Société d’encouragement au bien. « Reconnue d’utilité publique par décret du 2 mai 1894.
Excite le dévoue ment à la famille et à l'humanité, provoque et encourage les bons soins aux parents âgés, pauvres et infirmes. S’efforce d’améliorer la position matérielle des ouvriers. Siège social, 66, rue Caumartin. (Jules Gerbaud, Parisien de Paris.) On s’abonne au Bulletin de la Société contre la mendi— cité des Enfants (un franc par an) à la librairie Hachette et 09. 79, boulevard Saint-Germain).
ÈGE©S Questions aux Astrologues I°A quelle époque Saturne sera-t—il, le 13 février, dans la constellation du Lion? 2° Quelle année se produira une conjonction de Saturne et du Soleil dans les Poissons ? ou bien dans le Ver seau ? 3° A quelle année de l’ère chrétienne correspondra l’an 5g 35 de l’ère juive ? ' SATURNINUS.
190 L’INITIATION Bruxelles, 2I juillet 1897 Monsieur le Directeur de l’Iniliatian, Je vous serais fort obligé et je crois que vous considé— rerez de votre de voir de signaler dans votre revue le rap prochement suivant : Dans un livre qui vient de paraître et que l’Iniliation a analysé. Loi des équivalents et théorie nouvelle de la chimie, par Gustave Marqf0y, il est dit que « les corps simples ont pour équivalents des nombres premiers ».
Or, six ans plus tôt, dans l’Initiation de janvier 1891, je disais: « La méthode théosophique ne peut négliger de comparer la table des nombres premiers à la nomencla— ture chimique. » Je tiens à établir cette coïncidence, dont je n’ai d’ail— leurs qu’à me féliciter. Agréez, Monsieur, mes sincères salutations. ' VURGEY.
Nous sommes heureux d’anoncer à tous nos amis que l’état de STANISLAS DE GUAITA s’est légèrement amélioré et que nous faisons tous des vœux pour la guérison pro chaine du jeune maître. Notre frère MICHAEL D:'_: S:;: C:;: a fait un très inté ressant article sur l’Orientation magnétique de la Prière dans le Messager de Liège (n° du 15 juillet 1897).
Pouvoir recueillir dans les journaux du monde entier tout ce qui parait sur un sujet quelconque, sur une ques tion dont on aime à s’occuper; surtout savoir ce que l’on dit de vous et de vos œuvres dans la presse, qui ne le souhaite parmi les hommes politiques, les écrivains, les artistes?
Le Courrier de la Presse, fondé en 1880, par M. GAL LOIS, 21, boulevard Montmartre, à Paris, répond à ce be soin de la vie moderne avec autant de célérité, que d’exactitude. Le Courrier de la Presse lit 6,000 journaux par jour.
PROPHÉTIES 19 ; Eâ©EEÉTIËES Le numéro du 15 août 1897 de l’Echo du Merveilleux publie{les curieuses prophéties suivantes, qui intéressent nos lecteurs, nous n’en doutons pas.
La Grèce possède, paraît—il, deux prophètes aux pré— dictions desquels les derniers événements ont donné un re ain d’actualité. e premier est un poète athénien, Synadinos, qui, en moins de deux cents vers, a prédit, en 1883, la guerre gréco-turque et la défaite de la Grèce, et ce avec des détails tellement circonstanciés qu’il semble avoir con templé treize ans à l’avance la fuite du diadoque et de ses officiers et l’héroïsme des simples soldats.
Il a même vaticiné que les Turcs, vainqueurs, joueraient des airs guerriers grecs, et cette prédiction s’est réalisée à la lettre. Le second prophète est Crétois, du nom de Sili gardo, qui, lui, a prévu l’insurrection crétoise avec, pour conséquence ultime, la guerre européenne. La guerre réco—turque, a-t—il dit, amènera la prise de Constantinop e par les Russes.
Mais ce grand événement n’arrivera u’après une guerre austro-russe dont le ré sultat seraî’anéan‘tissement de l’Autriche. Il se formera une coalition des autres grandes puis sances pour chasser les Russes de Constantinople. Le partage de la Turquie commencera après cette guerre terrible. La Grèce et la Crète seront placées sous la dé pendance d’un grand Etat qui sera formé avec Constan— tinople peur capitale.
Mais cet Etat aura plutôt un carac ' tère grec,car ce sera un des descendants des Paléologues qui montera sur le trône de B zance.
Or, le dernier descendant e plus en vue des Paléo logues n’est autre que Pal, le spirituel dessinateur des élégances parisiennes. a ne Du Gaulois: ( A Taïgia, petite ville italienne, située à quelques kilomètres au nord de San-Remo, existe un couvent de religieuses Dominicaines, que les prédictions d’une sœur convertie, du nom de sœur Rose Columba, ont rendu célèbre. « C’est en l’année 1838 que furent connues les extases etles visions de Rosa Colomba.
192 L’INITIATION ( Voici les trois principales prédictions de la Sœur : « Elle annonçait l‘exil de Charles-Albert, et a;outait qu’il irait mourir ( en face de la patriede saint Domi nique ); « Que les Cœaques descendraient un jour surle midi de l’Europe, ravageraient le Piémont et « feraient man— ger l’avoine à leurs chevaux sur l’autel de Saint-Pierre de Rome ); « Que les mêmes Cosaques, en passant par le Pié— mont, pendraient les religieuses de Taïgia aux oliviers de leur couvent. » « En juillet 1849, on apprit que le roi Charles-Albert venait de mourir à Oporto, c'est-à-dire en Portugal, « en face de la patrie de saint Dominique », qui est l’Espagne. ( Les religieuses furent alors terrifiées en songeant que la troisième prophétie pourrait s’accomplir, comme la première, et décidèrent de déraciner t0us les oliviers de leur domaine.
Mais le couvent de Taïgia devint pro priété du gouvernement au moment où il restait encore un olivier debout.
« Cet arbre existe encore et, chaque soir, les bonnes Sœurs viennent se réunir sous son feuillage. » t 19—\c Plusieurs journaux, à l’occasion de l’assassinat du Président du Conseil des ministres d’Espagne, ont relaté le fait suivant: Des Espagnols âgés se rappellent qu’à l’époque où Canovas del Castillo était Drofesseur dans une école de jeunes garçons, une gitana,qui était renommée pour dire la bonne aventure, lui fit la prophétie suivante : 4( Tu deviendras un grand personnage, mais tu mour— ras de mort violente. > La prédiction s’est bien accomplie de point en point.
EEKÊIAT‘U‘M Initiation de juillet 1897, page 87, avant-dernière ligne, lire : ma nièce au lieu de : ma mère. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6o , vWp—.n.‘y f A
, , Vient de paraître SÉD_IR .—.— LES INGANTATIONS Le Logos humain— La Voix de Brahma LesSons de la lumière astrale Comment on devient enchanteur AVEC NOMBREUX DESSINS HORS TEXTE ET DANS LE TEXTE ’ Un vol. in—18. . . . 3 fr. PARIS CHAMUEL, ÉDITEUR 5, rue de Savate, 5 1897
iJ «l ÿmou äntmm ÿmnnsmn —— Notes and Queries, S. M. Gould à Manchester (N. H.) U. S. A. Fric 0rd, A. Sabro à Christiania (Norwège.) Nordisk Frimurer- Tilenda, Alb. Lange àChris— tiania (Norwège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, 68, Budapest (Hongrie) ‘ Nuova Lux, 82, via Castro Pretorio à Rome (Italie). Lug astral, 6, passage Sarmiento à Buenos-Ayres (République Argentine), L’Initiation, 10, avenue des Peupliers, Paris.
tl@lll‘illMlX M“ REYUËS ÛGLŒULTlST‘ËS RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENT LANGUE FRANÇAISE L’Inz'tz'ation (revue mensuelle), 10, avenue des Peu phers, Pans. Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. L’Hyperc/zimie (revue mensuelle), 19, rue St—Jean, Douai (Nord). H ERMÉTISME, ALCHIMIE La Thérapeutique intégrale (revue mensuelle), I0, rue Durand-Claye, Paris MÉDECINE HERMÉTIQUE, HOMŒOPATHIE LANGUE ANGLAISE 711e Morning Star. Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie, Paris. LANGUE. ESPAGNOLE Luz astral (hebdomadaire, à Buenos—Ayres (Répu blique Argentine), 6, pasage Sarmiento. LANGUE ITALIENNE Lue (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Rome LANGUE TCHÈQUE Sbornlk pro filosofiz‘ a oltlrultz‘smus, à Prague (Bohème), Puch majerova Ul 36. AVIS IMPORTANT. — Tous nos confrères ci dessus cités et ceux qui voudraient être cités sont priés de reproduire la extensa cette liste
Principaux Ouvrages recommandés pour létude de l’OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS F _CH BARLET I _ ' { L’Évolution de l’Idée. ' ' ' ' L’Instrucuon Intégrale. Le Serpent de la Genèse. j Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. STANISLAS DE GUAITA . . Traité méthodique de Science Occulte PAPUS . . . . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique. La Science des Mages. A. JHOUNEY . . . . . . . Es0térisme et Socialisme.
RENÉ CAILLIE . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. ( La Langue hébraïque restituée. _ . 2 Histoire philosophique du genre humain. ALBERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. FABRE D’OLIVET. . . . . LITTÉRATURE ( La Magicienne. l A Brûler. ( Zanoni. E La Maison Hantée. MYSTI QU E Jeanne Leade. ' i Jacob Bœhme et les Tempéraments.
JULES LERMINA . . . . . BULWER LYTTON . . . . P. SÉDIR. . . . POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSERI Il la librairie CHIMIEL, 5, rue de Savoie, PARIS Envoi Franco du Catalogue. TOURS, PMP. E. ARRAUL’I‘ ET c“. f