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' 0 ' e ‘4'. A ‘4 ,_ «y. M .a .r-‘.L'«'r , . a: (“a _ 4"\ , i jm f" jus! 1'Ï.. .ïi, Revue philosophique des Hautes Études PUBLIEE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS i? 0. >I< Docteur en médecine ——Docteur en kabbale a» 86" VOLUME. — 10‘“ ANNÉE SOMMAIRE DU N° ’10 (Juillet 1897) —p.— PABTIE INITIATIQUE... Catholicisme, Satanisme Papus. et occultisme .'. . . . . (p. i à 33.) A M. le D“ Fugairon. . . A A (p. 33 à 39).
Q9 PARTIE PHILOSOPHI- La Qabbalah initiatique . Jean Tabris. QUE...... . . . . . . . .. (p.40à49). Introduction à l’étude de ‘ la science vivante. . . . Un homme pubere. (p. 50 à 60). . Philso hie z'ndoue. . . . . Guymiot. (p. 1 à 69.) Ma Troisième à Al. Fabre des Essarts . . . . . . . D' Fugairon. (p. 69 à 75.) PARTIE LITTÉRAIRE... Les troisportes du Tem - pie (suite) . . . . . . . . Michaël. (P.
76 à 84-) Faculté des sciences hermétiques. —— Ordre martiniste. — La mort de Schlatter. — Extériorisation de la motricité. — Pitié! Justice! — Une pensée de saint Martin. — La science supérieure—Biblio graphie. —- Syndicat de la presse spiritualiste de France. Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. -— Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont youlu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et'de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Eifrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes, en arrivent à les nier. L’Initialion est l’organe principal de cette renaissance spiritua4 liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initialion adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme etle sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiati0n étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de I’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiaiion expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux’lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. . ' La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Iniîialion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Initialion du 15 Juillet 1897 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE. l’1niliation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO—— F. CH. BARLET, S.'. I.'.N-—— STANISLASDEGUAITA, S.'. I.'. ;, —GUYMIOT. —MARC HAVEN, S.'. I.'. 53—JULIEN LEJAY, S.'. I.'. ,\'I - EMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. —GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. ;Q —PAPUS, S.'. 1.-. g. — SÉDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. -« AMELINEAU. —- ALEPH. — D' BARADUC. — SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30‘ — BLIT2. — BOJANOV. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE BAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — FABRE DES ESSARTS. —— Dr FUGAIRON. -— DEI.ÉZINIER. — JULES GIRAUD. — HAATAN. — L. HUTCHINSON. — JOLLIVET-CASTELOT. — L. LEMERLE. —-—LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G.
POIREL. —— RAYMOND. —Dr ROZIER. — D' SOURBECK.. — L. STEVENARD. — THOMASSIN. -— G. VlTOUX. — HENRI WELSCH. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE ' MAURICE BEAUEOURG. —— JEAN DELVILLE. — E. GOUDEAU. —- MA— NOËL DE GRANDFORD. -— JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDES.— GEORGE MONTIERE. — LEON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH.
DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. —- JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — CH. GROLLEAU. —— MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. —— J. DE TALLENAY. -— ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L’Im‘tiaiion du 15 Juillet 1897 a L’I N ITIATl 0 N <R’N’Ë’T‘ËËËs’ŒN’Sl DIRECTION Villa lonlmorency, l0, aven. des Peupliers PARIS-A UTEU1L Dumcnun : PAPUS DIRECTEUR ADJOINT : Lunien MAUCHEL Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : J. LEJAY — PAUL SÉDIR ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO C H A M U E L 5, Rue de Savoie PARIS FRANCE, un au. 10 fr. ÉTRANGER, —— mit.
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La reproduction des articles inédits publiés par l‘Iniliation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE twwunanr, ÊATANlSME ©CÇÜ‘LTHSMJË Le monde catholique a été indignement trompé en ces derniers temps par un syndicat d’auteurs, dont le plus connu était M. Léo Taxil. Aujourd’hui ce dernier a non seulement avoué, mais prouvé qu’il avait composé de toutes pièces cette colossale mystification.
Nous allons nous efl’orcer de montrer que nous, occultistes, nous avons fait tous nos efforts pour pré venir les naïfs lecteurs de la tromperie dont ils étaient victimes, et cela dès le début; nous verrons que d’au tres avant nous et en toute indépendance ont jeté le même cri d’alarme.
Enfin nous tâcherons encore, après avoir recherché les causes du manque d’infor mations sérieuses de la part des catholiques, de pré venir les nouvelles erreurs que quelques fougueux abbés, trompés et ridiculisés, mais pas encore con tents, se préparent à commettre. r>w:‘h;î—.i"”"a %‘«w\L_‘NWËMËk,W
2 L’INITIATION ‘ ‘ (JUILLET Nous n’éprouvons aucunement le besoin d’injurier les uns ou les autres. La personne privée de M. Léo Taxil n’a rien à voir en cette affaire; c’est l’écrivain qui seul nous intéresse et auquel, seul, nous allons demander des arguments. Les faits sont assez nets par eux-mêmes. Il y a quelques années, la mystification débuta, appuyée sur les bases suivantes.
Le mystificateur (avait remarqué que le monde catholique vivait à peu près complètement en dehors du monde ordinaire.
Abrité derrière des journaux écrits pour lui dans un style spécial, évitant avec le plus grand soin la lecture des livres non recommandés par les dits journaux, tenu dans une ignorance à peu près complète du mécanisme des sociétés actuelles, de leurs relations internationales, ce monde catholique. très nombreux, était d’autant plus préparé à la mysti fication que les moyens de contrôle lui faisaient pres— que absolument défaut.
De plus le mystificateur s’était fait la main en inon dant les catholiques de vieux rituels franc-maçon niques et en constatant l’énorme succès obtenu par ces fantaisistes révélations.
Ecoutons à ce propos M. Léo Taxil (i) dans son discours révélateur : « Les premiers livres sur la Franc-Maçonnerie fu— rent donc un méli-mélo de rituels, avec de petits (1) Ce discours, que nouslanalysons et dont nous reprodui sons les principaux passages, est tiré du journal le Frondeur, 9, cité Condorcet, Paris, n“ du 25 avril 1897.
1897} CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 3 ajoutés qui n’avaient l’air de rien, avec des interpré tations en} apparence anodines ; chaque fois qu’un passage était obscur, je l’éclairais dans le sens agréable aux catholiques, qui voient en messire Lucifer le su prême grand-maître des francs-maçons. Mais cela était à peine indiqué.
J’aplanissais d’abord et tout doucement le terrain, sauf à labourer ensuite et à jeter la semence mystificatrice qui devait si bien ger— mer. ‘ « Après deux années de ce travail préparatoire, je me rendis à Rome (Une voix : Ah! nous y voilà!) « Reçu d’abord par le cardinal Rampolla et le car dinal Parocchi, j’eus le bonheur de les entendre, l’un et l’autre, me dire que mes livres étaient parfaits.
Ah! oui, ils dévoilaient très exactement ce qu’on savait fort bien au Vatican, et c’était vraiment heureux qu’un converti publiât ces fameux rituels.(Rires.) « Le Cardinal Rampolla me donnait du « mon cher» gros comme le bras. Et comme il regrettait que je n’eusse jamais été qu’un simple apprenti en maçonnerie! Mais, du moment que j’avais réussi à avoir les rituels, rien n’était plus légitime que leur re production.
Il y reconnaissait tout ce qu’il avait lu dans les documents que le Saint-Siège possède, disait il; il reconnaissait tout, même ce qui, par mon fait, avait la même valeur que les requins de Marseille ou la ville sous-lacustre. (Une voix: Coquin! canaille! gredin ! fripouille!) « Quant au cardinal Parocchi, ce qui l’intéressait plus particulièrement, c’était la question des Sœurs Maçonnes; à lui aussi, mes précieuses révélations mas. -*““î-"’*“ÈÏÂÂÏ“{1_ “‘*\““‘*‘ÏÎ k ““""“"‘L- “""
4 L’INITIATlON n‘apprenaient rien. (Murmures d’une part, rires de l’autre.
« J’étais venu à Rome à l’improviste, ignorant qu'il fallait s’y prendre assez longtemps à l’avance pour obtenir une audience particulière du Souverain Pon tife; mais j’eus l’agréable surprise de ne point atten dre, et le Saint-Père me reçut pendant trois quarts d’heure. (Une voix : Vous êtes un bandit!) « N’ayant été qu’Apprenti, j’avais un grand [mérite à avoir compris que le « diable est là ».
Et le Souve rain Pontife appuyait sur ce mot le diable avec une intonation qu’il m’est facile de rendre. Il me semble que je l’entends encore me répétant: « le diable! le » « Quand je partis, j’avais acquis la certitude que mon plan pourrait être mis à exécution jusqu’au bout. L’important était de ne plus me mettre en avant personnellement, quand le fruit serait mûr. « L’arbre du luciférianisme contemporain commen çaitàcroître.
Je lui donnai tous mes soins pendant quelques années encore... Enfin, je relis un de mes livres, en y introduisant un rituel palladique, censé— ment obtenu en communication, et de ma belle fa brication, de la première ligne à la dernière. « Un auditeur. — Et nous entendons cela l... C’est dégoûtant! « M. LÉo TAXIL. — Cette fois, le Palladisme ou Haute—Maçonnerie luciférienne avait vu le jour.
' « Le nouveau livre eut les plus enthousiastes ap probations, y compris celles de toutes les revues ré digées par les Pères de la Compagnie de Jésus. »
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 5 ‘k 254 C’est alors que M. Léo Taxil, voyant qu’un certain nombre de chercheurs s’eflorçaient de ramener les âmes à la foi par la Science, eut l’idée de se servir de ces « occultistes » pour corser sa mystification en faisant passer les dits occultistes pour des diables ou des agents de l’Enfer. Mais là surgissait une nouvelle difficulté.
Dans tous leurs livres, dans tous leurs journaux, les dits occul tistes parlaient de Dieu avec le plus grand respect, et ils soutenaient énergiquement l’immortalité de l’âme dans toutes ses conséquences. Ils défendaient la divi— nité du Christ et la révélation. Un autre que M. Taxil eût été embarrassé pour trouver le diable où il y avait Dieu et l’appel au vice là où n’éclatait que l’éloge de la vertu.
Confiant en la naïveté inébranlable de ses lec teurs, notre auteur affirma tout simplement qu’il suf— fisait de lire Diable ou Dieu bon au lieu de bon Dieu et mal au lieu de bien pour saisir le vrai sens... N.—S. J.-C. voulait dire sans doute non pas Notre—Seigneur— Jésus-Christ, mais Ne Soyez Jamais Curé. La farce était bien conduite puisque, encore aujour— d’hui, M. Huysmans y croit toujours.
Dans une inter view récente, M. Huysmans affirme que, si les œuvres de M. Taxil sont une mystification, il n’en saurait être de même du magnifique travail de Monseigneur Meu rin, la Franc-Maçonnerie, synagogue de Satan. Or ce magnifique travail est encore le résultat d’une tromperie de M. Taxil, comme celui-ci nous l’avoue si franchement : ‘ v- .. > \ _..\ _>W«ew”» w.— ‘,_ , , “roi—v? .s ‘/—-«M‘,m .
6 L’INITIATION « Je lui fis lire les divers livres d’auteurs qui s’étaient emballés à la suite de mes mirifiques révéla tions. Le plus extraordinaire de ces ouvrages est ce lui d’un évêque—jésuite, Mgr Meurin, évêque de Port—Louis (île Maurice), qui vint me voir à Paris et me consulta.
On pense S’il fut bien renseigné l... (Rires) « Cet excellent Mgr Meurin, érudit orientaliste, ne saurait mieux être comparé qu’à l’archéologue polo— nais qui avait si bien distingué un restant de statue équestre au milieu d'un restant de place publique de ma ville sous-lacustre. (Nouveaux rires.) « Partant de cette idée bien arrêtée que les francs maçons adorent le diable, et convaincu de l’existence du Palladisme, il a découvert les choses les plus ex traordinaires au fond des mots hébreux qui servent de mots de passe, etc., dans les innombrables grades des rites maçonniques. , « Cordons, tabliers, accessoires rituels, il a tout scruté; il a examiné jusqu’aux moindres broderies figurant sur la plus insignifiante pièce d'étoffe ayant appartenu à un franc—maçon, et, avec la meilleure bonne foi du monde, il a trouvé mon Palladisme partout.
« Je me rappellerai toujours, comme des plus joyeuses heures de ma vie, celles Où il me lisait son manuscrit. Son gros volume, la Franc—Maçonnerie synagogue de Satan, m’a servi admirablement à convaincre mon ami le docteur qu’il y avait, en toute vérité, un sens secret luciférien à tout le symbolisme maçonnique. » m.- . .4.._ _...... .._
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 7 —:. .-ïxt-...-..:.....««.... _,2.__.:....._:.«; -...‘..-_,. ....-v-..-.1.,. -Z' .- .;_..cæs-..n’..;., . ÉVOLUTION DE LA MYSTIFICATION. RÉCIT DE M. LÉO TAXIL. Laissons toujours la parole à M. Taxil, et sui— vons avec lui les phases de la mystification.
Voici les principaux passages de son discours; nous ne les dis cuterons qu’après les avoir cités : « Sapeck, en effet, s’appelait de son vrai nom : Bataille. (Rires prolongés.) « Mais mon ami le docteur ne suffisait pas à la réalisation de mon plan. Le Diable au XIX”’ siècle, dans mon projet, devait préparer l’entrée en scène d’une grande-maîtresse luciférienne qui se converti rait. .
«(L’ouvrage que j’avais signé avait présenté Sophia Sapho, mais sous les couleurs les plus noires. Je m’étais attaché à la rendre aussi antipathique que possible aux catholiques : c’était le type accompli de la diablesse incarnée, se vautrant dans le sacrilège, une vraie satanisante, telle qu’on en voit dans les romans de Huysmans.
« Sophiei—Sapho, ou Mlle Sophie Walder, n’était là que pour servir de repoussoir à une autre lucifé rienne, mais celle—ci sympathique, une angélique créature vivant dans cet enfer palladiste par le hasard de sa naissance; et celle-ci, je réservais à l’ouvrage signé Bataille le soin de la faire connaître au public catholique. (Une uozx : 0/1! le coquin J... 012! l’im monde crapule!) M",m%’Mä_’__m_wwüäg.w‘w :Γ__ . <V\‘- x_,M - ‘ \, .w.._M s‘\,...—h\æ.. a
8 L’INITIATION .-.-vv—- —_— .. q... . ...n ----- - « Or, comme cette luciférienne exceptionnelle devait se convertir à un moment donné, il fallait bien avoir quelqu‘un en chair et en os, en cas de quelque présentation indispensable. » C’est à ce moment que M. Taxi! découvrit une dactylographe américaine : Mlle Vaughan. « Mais je ne pouvais pas mieux tomber. Personne, mieux que Mlle Vaughan n’était apte à me seconder.
Toute la question était : Accepterait-elle? » Elle accepta. « C’est elle qui nous fit connaître, afin de diminuer les dépenses, l’existence des agences de poste privée. Elle avait eu l’occasion de recourir à l’une d'elles, à Londres, et nous l'indiqua. C’est elle aussi qui m’in diqua l’Alibi—Oflice, de New-York.
« Le Diable au XIX" siècle fut donc écrit principa lement pour accréditer Mlle Vaughan, à qui je desti nai dès lors le grand rôle dans la mystification. Si elle s’était appelée Campbell ou Thompson, nous aurions donné à notre luciférienne sympathique le nom de Miss Campbell ou celui de Miss Thompson. Nous nous bornâmes à la faire américaine elle—même, sauf naissance accidentelle à Paris. Nous plaçâmes sa famille au Kentucky.
Ceci nous permit de rendre notre personnage intéressant au possible, en multipliant à son sujet des phénomènes extraordinaires que nul ne pouvait contrôler. (Rires.) Un autre motif : c’est que nous avions placé aux États—Unis, à Charleston, le centre du Palladisme, en lui donnant pour fondateur
. CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 9 feu le général Albert Pike, grand maître du Rite Écos sais dansla Caroline du Sud.
Ce franc—maçon célèbre, doué d’une vaste érudition, avait été une des hautes lumières de l’Ordre; nous en fîmes le premier pape luciférien, chef suprême de tous les francs-maçons du globe, conférant régulièrement chaque vendredi, à trois heures de l’après-midi, avec messire Lucifer en personne. (Explosion de rires.) «Quand j’ai nommé Adriano Lemmi, deuxième suc cesseur d’Albert Pike au souverain pontificat luciférien — car ce n’est pas au palais Borghèse, mais dans mon bureau qu’il a été élu pape des francs-maçons (rires),— quand cette élection imaginaire a été connue, des ma çons italiens, parmi lesquels un député au Parlement, ont cru que c’était sérieux.
Ils ont été vexés d’apprendre, par les indiscrétions de la presse profane, que Lemmi faisait le cachottier avec eux, qu’il les tenait à l’écart de ce fameux Palladisme dont on parlait déjà dans le monde entier. Ils se réunirent en Congrès à Palerme, constituèrent en Sicile, à Naples et à Florence trois Suprêmes Conseils indépendants, et ils nommèrent Miss Vaughan membre d’honneur et protectrice de leur fédération.
« Une noix. — Comme mystification, c’était réussi. « Un autre auditeur. -— Ces francs—maçons étaient vos complices! « M. Léo TAXILÏ —— Allons donc!... Je vous le ré— pète, je n’ai eu que deux auxiliaires mis dans le secret de la mystification ; mon ami le docteur et Mlle Diana Vaughan. « Mais il ne convient pas que nous paraissions
10 L’lNITIATION .. _._ :.-<s. a .1 v.- ....._ v .. .. .—..wmo_.__.«.- ä-.-av- ., plus nombreux que nous ne l’étions en réalité. Trois nous étions, et c’est assez. Les éditeurs eux-mêmes ont été mystifiés dans les grands prix.
Ils n’ont pas, d’ailleurs, à s’en plaindre : d’abord parce que nos merveilleuses révélations leur ont valu les plus encou— rageantes félicitations épiscopales, sans compter celles des graves théologiens, que notre crocodile jouant du piano et les voyages de Mlle Vaughan dans diverses planètes n'étonnèrent même pas (rires); ensuite, parce que cette triple collaboration leur a permis de donner au public deux ouvrages qui peuvent rivaliser avec les Mille et une Nuits, qui ont été dévorés avec dé— lices, et qu’on lira longtemps encore, non plus par conviction peut-être, mais par curiosité.
« M. LÉo TAXIL, quand le tumulte s’est apaisé. —— Les mystifiés du Palladisme peuvent se diviser en deux catégories : «Ceux qui ont été de bonne foi, entièrement de bonne foi. Ceux-ci ont été victimes de leur science théologique et de leurs études acharnées de tout ce qui touche à la Franc—Maçonnerie. Il m’a fallu me plonv ger jusqu’au cou dans ces deux sciences pour imagi ner tout et tout de façon à ne pas leur faire découvrir la supercherie.
Croit-on, par exemple, qu’il était aisé d’en faire accroire à M. de la Rive, qui est l’enquête incarnée, qui fouille au microscope les moindres riens et qui rendrait des points à nos meilleurs juges d’ins— Îruction ? Il peut se vanter de m’avoir donné du mal ! . . . . . . . . . . . - « Mais, en dehors de cette première catégorie de
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME Il .-- -.-..--ærr‘ " . mystifiés, il y en a une seconde, et chez ceux-là il n’y a pas eu mystification absolue. Les bons abbés et religieux qui ont admiré en Miss Diana Vaughan une Sœur maçonne luciférienne convertie ont le droit de croire qu’il existe de ces maçonnes—là. Ils n’en ont jamais vu, jamais rencontré; mais c’est qu’il n’y en a pas dans leur diocèse, peuvent-ils se dire.
A Rome, il n’en est plus de même; à Rome, tous les renseigne ments sont centralisés; à Rome, on ne peut pas igno rer qu’il n’y a pas d‘autres maçonnes que les épouses, filles ou sœurs de francs-maçons, admises aux ban quets, aux fêtes ouvertes, ou même se réunissant elles-mêmes à part, très honnêtement, en sociétés ' particulières uniquement composées d’éléments fémi nins, comme celaa lieu‘au États—Unis pour les Sœurs de l’Étoile d’Orient ou les Dames de la Révolution. (Marques d’approbation.) «Avec un peu de réflexion, il est aisé de comprendre que, s’il existait des Sœurs maçonnes telles que les antimaçons se les imaginent, il y aurait en des con versions et des aveux, depuis le temps!
L’empresse ment avec lequel on a accueilli à Rome la prétendue conversion de Miss Vaughan est significatif. Pensez donc que Mgr Lazzareschi, délégué du Saint-Siège auprès du Comité central de l’Union antimaçon nique, fit célébrer un Trz’duum d’actions de grâces à l’église du’Sacré-Cœur de Rome !
« L’Hymne à Jeanne d’Arc, composée censément par Miss Diana, paroles et musique, a été exécutée aux fêtes antimaçonniques du Comité romain ; cette musique, devenue presque une musique sacrée, on l’a
1 2 L’INITIATION entendue en grande solennité dans les basiliques de la Ville-Sainte. C’est l’air de la Seringue philharmo— nique, gaudriole musicale qu’un compositeur de mes, amis, chef d’orchestre du Sultan Abd-ul-Aziz, com posa pour les divertissements du sérail. (Rires prolon gés. Cris : C’est abominable} Oh! le gredz’n !) « Cet enthousiasme r0main doit donner à réfléchir.
« Je rappellerai deux faits caractéristiques : « Sous la signature «Docteur Bataille», j’ai raconté, et sous la signature « Miss Vaughan » j’ai confirmé que le temple maçonnique de Charleston contient un labyrinthe au centre duquel est la chapelle de Luci fer... « M. Oscar Hauard. — L’évêque de Charleston a déclaré que c’était une imposture. « M. Léo TAXIL. -— Parfaitement. C’est ce que je vais dire dans un instant.
Mais vous n’avez pas à en triompher. Attendez un peu l...
J’ai donc raconté qu’au temple maçonnique de Charleston l’une des salles. triangulaire de forme, appelée Sanctum Regnum a pour principal ornement la monstrueuse statue du Baphomet, à laquelle les hauts-maçons rendent un culte ; qu‘une autre salle possède une statue d’Eva qui s’anime quand une Maîtresse Templière est particu lièrement agréable à maître Satan, et que cette statue devient alors la démone Astarté, vivante un moment, pour donner un baiser à la Maîtresse Templière pri vilégiée.
J’ai publié le prétendu plan de cet immeuble maçonnique ; ce plan, c’est moi—même qui l’avais des siné. Or, Mgr Northrop, évêque catholique de Char leston, a fait le voyage à Rome tout exprès pour certi
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME [3 fier au Souverain Pontife que ces récits étaient de la plus haute fantaisie. On ignorerait ce voyage, si Mgr Northrop ne s’était pas laissé interviewer en route. On a su ainsi ce qu’il venait dire au Pape.
Il venait dire: « Il est faux, absolument faux que les francs— « maçons de Charleston soient les chefs d’un rite su « prême luciférien.Je connaistoutparticulièrementles principaux d’entre eux ; ce sont des protestants ani « més des meilleures intentions ; pas un seul ne songe à se livrerà des pratiques d’occultisme. Leur temple, je l’ai visité; aucune de ces sallesindiquées parle Docteur Bataille et Miss Vaughan ne s’y trouve.
« Ce plan est une plaisanterie. » Mgr Northrop, en revenant de Rome, n’a plus protesté; il a gardé dé sormais le silence. Miss Diana Vaughan, au contraire, a répliqué à l’interview de Mgr Northrop ; elle a dit que l’évêque de Charleston était lui-même franc—ma— çon, et elle a reçu la bénédiction du Pape. (Sensa tzon). « Second fait.
Sous les signatures Bataille et Vau ghan, j’ai raconté et confirmé qu’à Gibraltar, sous la forteresse anglaise, se trouvaient d’immenses ateliers secrets, dans lesquels des hommes monstres fabri— quaient tous les instruments usités dans les cérémo nies du Palladisme, et Miss Diana Vaughan, interro gée à ce sujet par de hauts dignitaires ecclésiastiques de Rome, s’est amusée à leur répondre, de sa plus belle plume, que rien n’est plus vrai et que les forges de ces mystérieux ateliers deGibraltar sont alimentées par le feu même de l’enfer. (Rires) Mgr le Vicaire Apostolique de Gibraltar a écrit, d’autre part, qu’il à AA A‘\
I 4 L'INITIATION confirmait, lui, ce qu’il s’était vu dans la nécessité de déclarer à diverses personnes; savoir: que l’histoire de ces ateliers secrets était une audacieuse invention, ne reposant sur rien, absolument rien, et qu’il était indigné de voir créer de telles légendes.
Le Vatican n’a pas publié la lettre du Vicaire Apostolique de Gi braltar, et Miss Vaughan a reçu la bénédiction du Pape. (Applaudz’ssements. —Plusieurs voix: Bravo, Taxi”) « Faut—il rappeler quelques-unes des lettres d’appro bation que Miss Vaughan a reçues ? » « Voix diverses, parmi les journalistes catholi ques. —— Ce n’est pas vrai ! Il n'y a pas eu d’approba tion l « M. LEo TAXIL. — Comment! Vous osez nier l...
Eh bien, en voici une, de lettre d’approbation, et elle compte!.,. Elle est du Cardinal Parrocchi, Vi caire de Sa Sainteté; elle est datée du 16 décem bre I895 : « Mademoiselle et chère Fille en N.-S., « C’est avec une vive mais bien douce émotion que j’ai reçu votre bonne lettre du 29 novembre, avec l’exemplaire de la Neuvaine Eucharistique... Sa Sainteté m’a chargé de vous envoyer, de sa part, une bénédiction toute spéciale...
« Depuis longtemps, mes sympathies vous sont acquises. Votre conversion est un des plus ma nifi ques triomphes de la grâce que je connaisse. Je is en ce moment vos Mémozres, qui sont d’un intérêt pal pitant... « En attendant, croyez que je ne vous oublierai as dans mes prières, au Saint-Sacrifice spécialement. e votre côté, ne cessez pas de remercier Notre -Sei—
CATHOLICISME, SATAN[SME ET OCCULTISME 15 gneur Jésus-Christ de la Grande miséricorde dont Il a usé envers vous et du tem01gnage éclatant d’amour qu’ll vous a donné.
« Maintenant. agréez ma bénédiction et me croyez « Tout vôtre dans le cœur de Jésus, « L.-M., Cardinal-Vicaire. n « Voici une autre lettre, sur papier officiel du Con seil directif général de l’Union antimaçonnique, c’est-à-dire du plus haut comité d’action contre la franc—maçonnerie, comité constitué parle pape lui même, comité qui a à sa tête un représentant officiel du Saint-Siège, Mgr Lazzareschi. Écoutez : '« Rome, 27 mai 1896.
« Mademoiselle, « Monseigneur Vincenzo Sardi, qui est un des se— crétaires particuliers du Saint-Père, m’a chargé de vous écrire, par ordre de Sa Sainteté elle-même... « Je dois vous dire aussi que Sa Sainteté a lu avec grand plaisir votre Neuuaine Eucharistique... « M. le Commandeur Albata a eu une entrevue avec le Cardinal-Vicaire, sur la véracité de votre con version.
Son Éminence est convaincue; mais Elle a manifesté à notre président qu’Élle ne peut en témoi gner publiquement. « Je nepuis trahir les secrets du «Saint—Office » : c’est ce que Son Éminence arépondu à M. le Commandeur Alliata. « Je suis tout à vous, très dévoué en Notre-Set gneur, « RODOLFO-VERZICHI.
« Secrétaire général. » « Le secrétaire particulier de Léon XIII, ce même Monseigneur Vincenzo Sardi dont il vient d’être question. écrit à son tour, entre autres choses :
16 L’INITIATION "'”I « Rome, 11 juillet 1896.
« Mademoiselle, « Je me hâte de vous exprimer les remercîments qui vous sont dus pour l’envoi de votre dernier vo lume sur Crispi... » « Il s’agit d’un livre, où, sous la signature de Miss Diana Vaughan, j’ai raconté que Crispi avait un pacte avec un diable nbmmé Haborym, que Crispi avait assisté en 1885 à une séance palladique dans laquelle un diable nommé Bitru, présentant Sophie \Valder à un certain nombre d’hommes politiques italiens, leur avait annoncé que ladite Sophie met trait au monde, le 29 septembre 1896, une fille qui serait la grand’mère de l’Ante-Christ.
J’avais envoyé ce livre au Vatican. Le secrétaire particulier du pape remerciait donc et ajoutait: « Continuez, Mademoiselle, continuez à écrire et à démasquer l‘inique secte! La Providence a permis, pour cela même, que vous lui ayez appartenu pendant si longtemps...
« Je me recommande de tout cœur à vos prières, et avec une parfaite estime je me déclare votre très dé voué, « Mgr VINCENZO SARDI. » « La Cim‘ltà Cattolz‘ca, la plusimportante de toutes les revues catholiques du monde, l’organe officiel du Général des jésuites, revue publiée à Rome, publiait ces lignes dans son numéro 1,110, de septem bre 1896 : « Nous voulons nous donner au moins une fois le plaisir de bénir publiquement les noms des valeureux
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME I7 champions qui sont entrés les premiers dans la glo rieuse arène, parmi lesquels la noble Miss Diana Vaughan.
« Miss Diana Vaughan, appelée de la profondeur des ténèbres à la lumière de Dieu, préparée parla Providence divine, armée de la science et de l’expé rience personnelle, se tourne vers l’Église pour la servir, et paraît inépuisable dans ses précieuses pu blications, qui n’ont pas leurs pareilles pour l’exacti— tude et l’utilité. » « On ne considérait pas seulement Miss Vaughan comme une héroïque polémiste, dans l’entourage du Souverain Pontife; on la mettait sur le même pied que les Saints.
Quand elle commença à être attaquée, le secrétaire du Cardinal Parocchi lui écrivit de Rome, le 19 octobre 1896 : « Continuez, Mademoiselle, par votre plume et par votre piété, malgré les efforts de l’enfer, à fournir des armes pour terrasser l’ennemi du genre humain. Tous les Saints ont vu leurs œuvres combattueS; il n’est donc pas étonnant que la vôtre ne soit pas épar gnée...
« Veuillez agréer, Mademoiselle, mes plus vifs sen— timents d’admiration et de respect. « A. VILLARD. « Prélat de la Maison de Sa Sainteté, « Secrétaire de S. E. le Cardinal Parocchi. » « Ces lettres, vous savez bien, Messieurs les jour— nalistes catholiques, qu’elles ont été réellement en— voyées à Mademoiselle Vaughan.
Il est possible que vous en soyez gênés aujourd’hui; mais ce sont des documents historiques; ils n’ontpas été fabriqués, ceux-là, et leurs éminents auteurs ne les renieront pas.
18 L‘INITIATION « Et non seulement ils patronaient cette mystifica tion; mais ils poussaient leur correspondante, la croyant une tête exaltée, à entrer dans leur jeu pour la préparation de leurs miracles. « Le temps me manque aujourd’hui; néanmoins je veux vous faire connaître un fait dans cet ordre d’idées.
Tout le monde sait que d’après la légende catholique, lorsque Jeanne d’Arc eut été brûlée, le bourreau fut stupéfait de constater que, seul, le cœur de l’héroïne n’avait pas été consumé; en vain, jeta—t-il encore de ' la poix enflammée et du soufre, le cœur ne put brû ler. Alors, sur l’injonction des ordonnateurs du sup plice, le cœur de Jeanne fut jeté à la Seine.
Maintenant le clergé français demande la canonisation de Jeanne d’Arc; mais c’est Rome qui canonise et Rome est en Italie. Le clergé français a déjà trouvé une relique de celle qu’il supplicia : c’est une côte carbonisée. En Italie, on se prépare à avoir mieux que cela. Une tertiaire est entretenue dans l’idée extraordinaire que c’est elle qui retrouvera le cœur de Jeanne d’Arc; un ange le lui apportera, sans doute.
Cette tertiaire ultrà mystique l’a écrit à Mile Vaughan, et c’est le secrétaire même du Cardinal—Vicaire qui a recommandé à Mademoiselle Vaughan de correspondre avec cette pieuse personne, d’échanger avec elle ses impressions sur les faits surnaturels relatifs à Jeanne d’Arc. Il est facile de comprendre ce que cela veut dire.
Soyez-en certains: un jour, un ange apportera le cœur, pas en France, mais en Italie, de même que des anges ont apporté à Lorette, la maison de Nazareth. Jeanne d’Arc sera canonisée, et tous les pèlerins français qui
’ CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME I9 viendront en Italie ne manqueront pas de rendre visite au couvent italien, possesseur du cœur miracu leusement retrouvé; et ces visites seront fructueuses, n’est—ce pas ? (Rires.) « Miss Vaughan a donc vu pleuvoir chez elle les faveurs des princes de l’Église. « Les maçons de France, d’ltalie, d’Angleterre, riaient sous cape, et ceux-ci avaient raison.
Par contre, un maçon allemand, Findel, s’est fâché tout rouge et a fulminé une brochure fort bien faite. Grand émoi. Cette brochure fut comme un pavé dans la mare aux grenouilles. « Il s’agissait de prendre une résolution énergique.
Findel compromettait le succès final de ma mystifi cation : sa grande erreur fut de croire que c’était un coup monté par lesjésuites. — lnfortunés jésuites ! je leur avais envoyé un fragment de la queue de Moloch, comme pièce à conviction du Palladisme !(Explosion de rires.) « Au Vatican, on s’inquiéta. On passa d’un extrême à l‘autre ; on s’affola.
On se demanda si l’on n’était pas en présence d’une fumisterie qui éclaterait contre l’Église au lieu de la servir. On nomma une Commis sion d’enquête qui fonctionna en secret pour savoir exactement à quoi s’en tenir. . « Dès lors, le danger devenait grand, mon œuvre était en péril, et je ne voulus pas échouer au port.
Le péril, c’était le silence; c’était l’étranglement de la mystification dans les oubliettes de la commission romaine; c’était l’interdiction aux journaux catholiques de souffler mot.
2o L’INITIATION « Mon ami le docteur alla à Cologne; de là, il me fit connaître la situation. Etje partis pour le Congrès de Trente prévenu, bien prévenu. A mon retour, la première personne que je vis fut mon ami. Je lui fis part de mes craintes d’un étranglement dans le silence. « Alors, nous convinmes de tout ce qui a été écrit et fait.
Si les rédacteurs de l’Uniners en doutent, je puis leur dire quels sont les passages qu’ils ont sup primés dans les lettres du Docteur Bataille. C’est moi qui, de cette façon, ait attisé leur feu ;caril fallait que la presse du monde entier fût mise au courant de cette grande et bizarre aventure.
Et un bon laps de temps était nécessaire pour que le tapage des catholi ques furieux, la polémique avec les partisans de Miss Diana Vaughan pût attirer l’attention de la grande presse qui marche avec le progrès et qui compte par millions ses lecteurs. » « MESDAMES, MESSIEURS, « On vous avait annoncé que le Palladisme serait terrassé aujourd’hui. Mieux que cela, il est anéanti; il n’y en a plus.
« Je m’étais accusé d’un assassinat imaginaire, dans ma confession générale au père jésuite de Cla— mart. Eh bien l à vous, je fais l’aveu d’un autre crime. J’ai commis un infanticide. Le Palladisme, mainte— nant est mort et bien mort. Son père vient de l’assas smer. » Un tumulte indescriptible accueille cette conclu— sion. Les uns rient de plus belle et applaudissent le conférencier; les catholiques crient, sifl“lent. L’abbé Garnier monte sur une chaise et veut haranguer l’as
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 2l sistance; mais il en est empêché par les huées; plu sieurs auditeurs entonnent la chanson comique de Meusy : 0 Sacré—Cœur de Jésus! » Lejournal Cité fait suivre ce discours des deux an nonces suivantes : Le PRONDEUR s’est assuré la collaboràtion de M. Léo Taxi], qui. commencera, à partir du prochain numéro, le récit de ses douze années de mystification catholique. sous le titre : VOYAGE AU PAYS DU DIABLE Nous publierons également, en variétés, dès le prochain numéro, un roman comique de M. Léo Tàxil, intitulé : MADEMOISELLE PELAGIE Culotteuse de Pipes i' 1;» CONDUITE DES CATHOLIQUES Maintenant que nous connaissons la genèse, l’évo lution et la fin de la mystification, demandons-nous quelle fut la conduite des catholiques pendant sa marche.
A part quelques rares écrivains, comme M. Georges Bois, qui, dès le début, protestèrent avec indigna— tion, la grande majorité des catholiques, des reli— gieux, des confesseurs, des directeurs de conscience « s’emballa » à la suite de Diana Vaughan, et cet em—
2 2 L‘INITIATION ballement fut tel, que nous verrons tout à l’heure comment certains mystifiés cherchent à se rattraper en poursuivant la voie tracée par M. Taxi]. Donc les catholiques suivirent, et les lettres citées par M. Taxil sont édifiantes à cet égard.
Que le trou peau ait donné dans le traquenard, c’est encore pos sible ; mais les pasteurs; on a peine à comprendre une telle naïveté doublée d’une telle ignorance des êtres et des choses de la société actuelle. Les catholiques au moins ont-ils été prévenus ?
OUI ET DE TOUS LES corés A LA FOIS. t.4 LES CATHOLIQUES ÉTAIENT PRÉVENUS Nous avons dit à leur décharge que les catholiques vivaient dans'un milieu artificiel où la mâne intellec tuelle était soigneusement préparée à leur usage.
Eh bien ! il était du devoir de tous les écrivains, aujour d’hui mystifiés, comme MM. de la Rive, Mustel et leurs amis, d’écouter les avertissements, d’où qu’ils vinssent, et de vérifier avec le plus grand soin la va— leur de ces avertissements.
Ainsi, dès le début de l’apparition du Diable au XIX° siècle, un homme connu par la valeur de sa bibliothèque maçonnique, M. Rosen, publiait dans la Gagette du High Life, n° du 22 AVRIL 1894., la Clefde la mystification, et cela en des termes si nets, que nous allons les mettre sous les yeux de nos lecteurs pour leur permettre de juger en toute connaissance de cause. Nous laissons, du reste, à M. Rosen toute la responsabilité de ses affirmations, car encore une fois, en M. Léo Taxil,
CATHOLICISME7 SATANISME ET OCÇULTISME 23 l’homme privé ne nous regarde en rien, c’est l’écri vain qui, par son rôle, appartient seulement à la cri tique : « J’affirme positivement, et je prouverai mon dire, à toute personne de bonne foi ayant eu momentané— ment confiance dans les affirmations si positives (en apparence) du « Docteur Bataille », et y ayant tout d’abord ajouté foi, que les déclarations de ce person nage sont mensongères au fond et bonnes, au mieux aller, pour servir de pierre de touche de la crédulité de quelques-uns.
« En effet, en rapprochant la si remarquable in vention du « Docteur Bataille» Le Diable au XIXe siè cle.
Récits d’un témoin, de mes bouquins, documents et pièces authentiques, je suis arrivé à la conclusion précise qu’il suffit de trouver dans les pages de cette œuvre étonnante le nom d’un Franc—Maçon de haute marque présenté comme ayant été l’intime, le confi dent, l’alter ego du « Docteur Bataille », comme ayant été une des sources de cette « possession complète de TOUT le satanisme », dont se glorifie cet auteur, pour pouvoiraffirmer nettementquele Franc—Maçon nommé par leDocteur, tel que le Docteur le nomme et le si gnale, n’existe pas, et que cette « possession com plète » du satanisme est une pure BLAGUE.
« Comme c’est au tourner des pages qu’on voit le Bouquiniste, consultons—les, nos excellents bou— quins. 1er Ami du Docteur : —- Le F.'. « Campbell », su— blime Chevalier maître choisi, 30° et dernier degré \
24 L’INITIATION du rite Anglo-Américain de York (p. 79. l. 26, 29). « J’ouvre la Encyclopedia of Freemasonry de Al bert G. Mackey à la page 63 et je lis : « Le Rite An glo-Américain de York ne comprend que « neuf » grades seulement ». (Col. 1, l. 6). Donc le F.-. Campbell 30e de York, à nous pré senté par le « Docteur Bataille », N’EX1STE PAS tel, du moins, que celui—ci nous le présente.
« Je trouve également en consultant mes notes, que le 2“ Président des Mormons, John Taylor, est mort en 1887;or, Albert Pike étant mort en 1891, il me semble très invraisemblable... que « Walder », malgré son ubiquité « vue, BIEN vue, RÉELLEMENT VUE, par le « Dr Bataille », puisse être, à la fois et en même temps, lieutenant en 1893 de deux défunts, morts l’un en 1887 et l’autre en 1891.
Il y a encore une raison péremptoire : Ce Franc-Maçon dont le véritable nom est VValker, est mort à Londres le 25 décembre 1890. « Donc « Philéas Walder » N’EXISTE PAS, tel que son ami intime (I P)... le « Docteur Bataille » nous le présente. « Le « Docteur Bataille» se fait l’illusion d’avoir été 90° de Memphis et Iliérarque du Palladium. « Il n’en est rien, car jamais il n’a eu ces grades maçonniques.
« En effet, quand on est 900 du rite de Memphis, on porte le titre de « Sublime Maître du Grand Œu vre » et NON PAS celui de : « Souverain Grand Maître ad Vitam, » que le « Docteur Bataille » s’attribue; on porte un « Cordon bleu-ciel, » et NON PAS un cor—
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 25 don « feu avec Iiséré noir» ; on porte un bijou « pan tacle 0050 Boc, oc, » et NON PAS celui décrit aux lig. 22, 24 de la page 68. « Qu’est-ce qu’il est donc? Le « Docteur Bataille » est un nom de plume qui cache la double personna— lité de M. HACKS, et de M. JOGAND, qui a pour pseudonyme personnel « Léo Taxil ». « Cette collaboration de Léo Taxil explique le re— man du « Docteur Bataille ».
Ce littérateur que « l’Univers » a stigmatisé de la qualification de « Gre din de lettres» ne pouvant plus, après sa conver sion (P??) diffamer et insulter les prêtres et les catho— liques simples et fervents, a accueilli avec joie l’occa— sion qui se présentait à lui de se moquer, de se «payer les têtes» — comme il dit— de quelques bons curés et de quelques simples dévotes.
« Soupçonnant qu’il s’est tout de même moqué un peu trop ouvertement de la crédulité de ses lecteurs, M. le « Docteur Bataille» enfle sa voix et les mori gène : « Nier des faits surnaturels par la seule raison qu’on n’a pas été soi-même témoin, est peu digne d’un ca tholique. »(P. 751,1. 29, 30). « Il est impossible à un catholique de soutenir le contraire à moins de renier sa foi. » (II, p. 82, l. 37, 38).
« Ce que le « Docteur Bataille » ne dit pas, lui ma lin, c’est que toutes ses diableries sont tout simple ment, non pas vues ni vécues, mais copiées et extraites de nombre de bouquins de fantaisie et, entre autres, de deux ouvrages :
2 6 L’INITIATION « Sroam DEL DIAVOLO, par le professeur «- Léopold Uzard », et MONSIEUR et MADAME SATAN, par M. « Ben jamin Gastineau ».
« Il a dû bien rire dans sa barbe, le « Docteur Ba— taille » en écrivant à sa page 225 et aux lignes 10 et 11 : « J‘admire en moi-même l’infinie patience de Dieu, » car ce qu’iladmire, notre fumiste, c’est évi demmentla patience infinie des lecteurs naïfs dont lui, « Docteur Bataille », de compte à demi avec Léo Taxil, « se paye les bonnes têtes ».
« Il ressort de ce qui précède que le « Docteur Ba— taille » est un pantin dont Léo Taxil tient les fi celles.
« Léo Taxil « l’irréprochable » avoue donc que, pour faire ses livres de «révélations archi—complètes» sur la Franc-maçonnerie, il n’a fait que copier des bouquins maçonniques qu’il avait achetés, « en y mettant le prix » à un franc-maçon, tout en se faisant une règle «scrupuleuse » de BIFFER tout ce qui lui était « connu » par la FRÉQUENTATION des Loges Il! » «En d’autres termes, ses fameux livres ne renfer ment que des affirmations dont il ne connaît pas la justesse, qu’il n’a pas contrôlées, puisqu’il les a écrites après sa « sortie de la secte» ; en un mot, que des choses qu’il a copiées sans trop savoir pourquoi, ni comment, ni à propos de quoi.
« Mais enfin » entendons-nous nos lecteurs s’écrier : « Comment Léo Taxil a-t-il pu réussir à faire de l’ar gent, à gagner 18 0/0 en plus que sur ces productions anticléricales, avec -des livres ami-maçonniques qui mw.. ,...4rr«« 4a.r ..«..-,. L -.__ -\fl._hwv;.’f ..
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 27 ne sont que des copies, que des démarquages à tort et à travers ? » « Voici toujours, d’après les aveux imprimés de Léo Taxil, son procédé qui, s’il dénote un certain aplomb de mauvais aloi, est étranger à la loyauté la plus élémentaire.
« Léo Taxil s’en va un jour chez le bijoutier Melle— rio de la rue de la Paix, achète un porte-plume riche et en fait hommage à Sa Sainteté le Pape Léon XIII, à l’occasion de son Jubilé sacerdotal. « Le Saint—Père ordonne à un de ses secrétaires, à Mgr Nocella, de remercier Léo Taxil de son porte plume, en lui envoyant selon l’usage, sa bénédiction apostolique.
' « Le secrétaire pontifical obéit et adresse à Léo Ta xil, le 5 avril 1888,une communication lui accusant, au nom du Pape, réception du porte—plume, l’en re merciant, et lui faisant savoir que la bénédiction apostolique lui est accordée. « Cette lettre de politesse pure fut pour Léo Taxil une véritable aubaine. «De ce courtois accusé de réception d’un porte plume signé d’un secrétaire pontifical, il a fait.....
« Un Bref Pontifical, portant approbation de ses di— vulgations concernant la Franc-Maçonnerie il! » * :+æ« Le devoir des écrivains catholiques était alors de reproduire ces affirmations de M. Rosen,de les discu ter et d’éviter ainsi, dès 1894, une mystification qui devait tourner à leur confusion. .Wæ.a—\I‘MW >vA._,.—a. .»..a«_t..afl.n «.-.q-æaM Ww A... . . v
28 L’INITIATION En 1895, nous, les occultistes, que Taxil accusait d’êtrédes diables incarnés, publiâmes le Diable et I’Occultz’sme, « dans lequel nous dévoilions également la fumisterie de celui que nous appelions le monteur de paquebots marseillais » — Mais l’emballement était tel que rien n’y fit. En même temps en Angleterre le journal de Lon dres LIGHT (actuellement I 10.
St-Martin’s Lame, Cha ring Cross, Londres) prenait l’initiative d’une en quête auprès de tous les centres d’initiation du globe pour savoir si Miss Diana Vaughan était inscrite sur les registres d’une initiation quelconque. Or, dès 1895 le résultat partout négatif était connu et nous étions fixés.
Cette soi—disant initiée à tant de mystères hor ribles, possédant des chartes qui lui ouvraient toutes les loges de l’Univers n’était même pas inscrite dans un Atelier symbolique ! Mais il était inutile d’aller bien loin.
Quand notre ami Sédir, chargé de faire une enquête au sujet de la Revue le Palladisme illustrée de signatures diaboliques « empruntées » aux grimoires du XVIII" siècle, se pré senta rue Etienne—Marcel à la librairie soi-disant Luci— férienne, qu'y avait-il à la montre de cette librairie? Des Rosiers de Marie, des Imitations de J.—C. et des chapelets... alternant dans la devanture avec le Pal— ladz’sme et les diplômes (Mac) de Miss Diana Vaughan.
Il suffisait donc de prendre l’impériale d’un omnibus ou même de s’offrir une course en fiacre pour constater qu’il s’agissait là d’une grossière tromperie et pour tout dévoiler avant l’apparition des Mémoires d'une ex-pal ladz‘ste, car, ainsi que le remarquait malicieusement le w—r »
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 29 Père Jésuite chargé de « sauver la face » dans les Études Religieuses après l’aveu de Taxil, il était au moins singulier de voir l’éditeur suivre M“e Vaughan luciférienne, aussi bien que M”e Vaughan convertie.
Cette remarque, il fallait la faire deux ans plus tôt, voilà tout; et les écrivains catholiques qui n’ontpas fait l’enquête que le Light à Londres, que l’Initiation à ‘Paris ont si facilement terminée, ces écrivains ont fait preuve d’une singulière faiblesse pour ne pas dire plus. ” Disons, à leur décharge, qu’ils vivent dans un mi— lieu tellement artificiel qu’ils ont tout cru dès le début. -I: 4» ETAT ACTUEL DE LA QUESTION Enfin les révélations faites un peu partout ouvrent l’esprit des plus avisés.
Au congrès de Trente, Léo Taxil est déjà démasqué. Son affaire est finie, et il doit biaiser prudemment jusqu’au jour où, acculé, il est forcé de dévoiler la mystification. Un bon point ici à Gaston Méry qui dans sa brochure de DIANA VAUGHAN avaitdonné un fameux coup de pioche dans l’édifice Vaughanesque. Méry reconnut du reste très gentiment que nous avions commencé deux ans plus tôt.
De plus, lors de l’afi°aire de M“°Couesdon à la So ciété des Sciences psychiques, le complice de Taxil, le D'Hacks était, un peu grâce à nous, forcé d’avouer que son rapport avait été composé de chic et le doc teur donnait sa démission, précédant dans ses révéla - tions son bon ami Taxil. Voilà donc l’affaire liquidée, son auteur avoue qu’il a.mm,uq‘æuaÿw_\ühja_‘i, m——gg‘_\’avm‘k“N_—u—.Ë ...nofl,.., q un..,_ÿ—.ü\....\ .n.\ na... ‘m—-MAA _' * >H W *
30 L‘INITIATION a inventé le Palladisme, les arrière-loges sataniques, Charlestown Gibraltaret les diables occultistes. Va t—on laisser tomber toutes ces divagations au ruisseau? Oh ! que non Laissant Miss Vaughan et Taxil de côté, les mysti fiés se retournent vers les occultistes et leur crient : ( « Taxil a dit que vous étiez lucifériens, Taxil s’est mo qué de nous; mais ce qu'ila dit doit être vrai!!! » ‘ Et ici le comique atteint au paroxysme.
De vieux rituels martinistes déjà publiés par Taxil sous le nom de Kotska et agrémentés de commentaires taxiliens « c’est tout dire » sont reproduits avec le plus grand sérieux par M. de la Rive dans ut’ie revue, la Franc— Maçonnert’e démasquée.
Comme il manque de copie, ce Monsieur donne à ses lecteurs des articles parus dans l’Initz‘atz’on enféurz’er 1895 sans du reste avoir demandé le droit de reproduction, ce qui expose sa revue à des poursuites. Ce M. de la Rive (de son vrai nom Clarin, Vi vant—‘Pierre-Abel), né le 4 avril 1875 à Chalons, (Saône), est digne en tous points d’avoir été si bien . mystifié par Léo Taxil.
Dans un article inénarrable sur un « tableau allégorique à Reims » paru en mai 1897, ce Monsieur dit (p. 124): « En martinisme: « Trois, c’est l’homme, l’Ame, l’Esprit ou Triade incarnée. ' « Six, c’estl’homme et la femme selon cetteformule 3 + 2 +1 :: 6 où le Masculin et le Féminin 3 et 2 joints par le Phal. 1 (Kai‘n la Lance) font l’Andro gyne. » *”7“WWWI’Q‘ x;_lfl.‘t g;i—«DJMA’I’I;‘7'W""-i"}""""“"a’" ‘
CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 3I 0 bon M. de la Rive, ou plutôtM. Clarin, donnez vous une autre fois la peine d'ouvrir le livre des Nombres de Louis-Claude de Saint—Martin et tâchez de le lire, si vous ne pouvez le comprendre. V6us y verrez que votre six formé de 3 + 2 + 1; votre 1 phallique même avec Kai‘n et sa lance sont des pro— duits de‘yotre chaste imagination rappelant la « ma nière » de Taxil ; mais avec moins d’érudition.
Le Martinisme n’a rien à voir là—dedans et vous alliez au-devant d’un seconde histoire Vaughan dont vous serez cette fois le héros. Mais ce n’est pas tout.
Dans une autre revue catho— lique où trône un autre mystifié, le chanoine Mustel, j’apprends avec satisfaction que le mot nñwm qui orne les papiers martinistes est le nom du fameux inconnu dont M. Taxil aurait vite fait un diable à cornes et à queue, comme le diable B2‘iru que M. de la Rive nous décrit si bien, p. 714, lignes 46 et 47 de son ouvrage sur la Femme et l’Enfant dans la Franc Maçonnerie.
Ces messieurs ne sont décidément pas forts en hébreu. Il suffit de savoir lire pour éviter de pareilles âneries. Ce n’est pas encore tout. Un autre écrivain (P) en core tout ému de la mystification dure à absorber, a découvert que mon papier bleu avait, en filigrane, UN SERPENT (laiet anguis in herba). J’avoue que j’ai cherché en vain ce serpent dans tous mes papiers à lettre et que je n’ai rien trouvé. Mais je ne dois pas savoir regarder. \ La série ne fait que commencer. Le but toutefois semble assez évident.
32 L’INITIATION [JUILLET Furieux d’avoir été joués comme des bébés par Taxil, ces messieurs voudraient bien remplacer le Palladisme défunt par quelque chose, et ils ont décou vert le Martinisme et l’Occultisme oubliant, les mal heureux, que cette découverte est encore le produit de la riche imagination de I’immortel auteur de Pélagie, culotteuse depz'pes; j’ai nommé Léo Taxil.
On parle de créer une revue spécialementconsacrée à fouiller les sombres mystères de l’Occultisme et à découvrir enfin ce diable à tête de boue que je passe pour évoquer le vendredi. J’ail’honneur de prévenir les organisateurs de cette joyeuse fumisterie qu’ils vont au—devant d’un échec encore plus retentissant que le premier.
Les Martinistes sont des philosophes et des croyants sincères; leurs ancêtres se sont fait tuer par Robes pierre pour tâcher d’écraser le jacobinisme naissant, et leurs descendants continuent la bataille. Mais les Martinistes ne sont ni des sectaires politiques ni des sectaires religieux, car ils ne s’occupent nide politi que ni d’une confession spéciale.
Ces attaques ridicules de MM. de la Rive, Mustel et C’° contre ces philosophes ne peuvent que les hono rer parce que lesdits philosophes ont crié dès le dé— but de l’histoire Taxil « casse-cou » et ne se sont pas laissés berner comme des enfants. Allons, Messieurs, un bon mouvement; ditesque les occultistes ont versé un million à Taxil pour étran gler M"° Vaughan avant la séance fameuse de juin. Annoncez franchement à vos nombreux lecteurs que vous vous êtes assurés la collaboration du crocodile
1897] A MONSIEUR LE DOCTEUR FUGAIRON 33 ailé jouant du piano et du fameux diable Bitru, cher à M. de la Rive pour ressusciter la miss. Ajoutez que la queue animée d‘Astaroht dont les R. P. Jésuites ont un morceau va vous guider vers le cachot où gît cette pauvre Miss Vaughan. Mais faites mieux que tout cela et revenez à vous. Soyez des chrétiens!
Ouvrez une souscription ; faites de bonnes œuvres, de uraies bonnes œuures et non desv œuvres de haine ; laissez les occultistes à leur vraie place, plus modeste que celle que vous leur prêtez et, au lieu de travailler à troubler les âmes, dévouez— vous pour leur enseigner par l’exemple la bonté et la charité ; répandez les sciences qui conduisent à Dieu aussi sûrement que les affirmations théologiques, mais par une autre route aussi belle, et souvenez-vous de la parole du Christ, notre maître à tous et notre juge: Celui qui use de l’épée périra par l’épée.
Ne calomniez plus ceux dont vous ne connaissez pas les œuvres. Dr Parus. ä jltnsieur le hauteur ÿ”ugairan Pour écrire sur le nom très mystérieux de Jésus— Christ quelques lignes qui fussent dignes de leur foi profonde, si elles restaient encore incapables d’évo— quer l’image ou l’enseignement de Celui qui est le fils 2
34 L’INITIATION ' '3'” unique de Dieu et qui s’est appelé le fils de l’homme, des moines, jadis, des savants qui avaient sondé toutes les sciences, des philosophes revenus de leurs courses au travers des systèmes les plus opposés et des religions les plus diverses, ont consacré tous les efforts de longues méditations, toutes les forces de leur intelligence qui s’illuminait chaque jour à cette œuvre.
Pour peindre en des fresques plus merveil leuses encore que leur propre rêve la gloire présente, la Schechinad de Dieu, la lueur qui éclaira Jésus dans l’auberge d’Emmaüs, ou pour vouloir fixer le regard infini qui traversa la roche et le sépulcre, allant réveiller dans les nimbes de l’au delà l’âme de Lazare déjà flottante aux terres inférieures, ou dit que des maîtres très grands et très hardis pâlirent pendant des années, s’humilièrent devant l’ébauche sans cesse effacée et renoncèrent à l’œuvre en adorant .le divin modèle. .
C’est au nom de ces superbes génies, qu’ils se soient appelés Denys le Chartreux, Archangelus de Burgo— novO, Raymond Lulle, Cimabüe, Luini ou Dürer, c’est au nom de ces grands maîtres du passé, apparus soudain dans notre pensée, que nous nous permet tons de vous adresser ici ces quelques mots, Monsieur le Docteur.
Et en effet, si nous n’avons pour protéger et expliquer notre intervention l’appui de cette invi sible Fraternité, il serait bien téméraire et bien ridi cule à nous de venir opposer notre opinion et notre pauvre personnalité à celles d’un homme de science 'dont le savoir dépasse de beaucoup le nôtre et dont d’autorité seule suffirait à nous imposer silence. Nous
A MONSIEUR LE DOCTEUR FUGAIRON 35 aurions gardé pour nous l‘impression pénible que nous a procurée la lecture de votre Deuxième lettre à M. Fabre des Essarts et, fermant ce livre qui nous attristait, nous serions retournés àla parole du Christ qui est et sera toujours notre seule étude.
Mais le sen» timent de la solidarité qui unit toutes les créatures, le souvenir de ces grands aïeux dont nous sommes peut . être les exécuteurs testamentaires, nous a engagésà ne pas nous renfermer dans le silence, et à nous adresser à vous, fraternellement, à vous parler comme ils l’eussent fait à notre place. _g De JésusChrist jusqu’à nous, par une tradition ver. baie ininterrompue, sont venus de lumineux enseiy gnements et s’est répandue la parole de vie dont il a coudé le cœur de son disciple bien—aimé.
Cette tra dition, véritablement kabbalistique, nous a conservé sur la vie de Jésus des documents que l’histoire ne possède pas; par cette chaîne admirable, son esprit rayonne toujours sur nous, pauvre et pitoyable huma nité.
Un jour, peut-être, la science retrouvera cer taines lumières que quelques hommes ont déjà pos sédée, et nous souhaitons qu’il en soit ainsi, mais si, par un mouvement opposé, la critique scientifique veut, comme vous l’avez fait en ces regrettables pages, porter atteinte à la vérité absolue, nous serons tou ‘ jours là pour nous opposer à ses efforts; lutte facile, d’ailleurs,et dont l’issue nous parait certaine.
Je ne voudrais pas entrer avec vous dans une dis1 cussion de détails et de faits qui seraient étrangers à. mon but ; je ne voudrais que faire vibrer votre cœur et vous tendre une main amie. Si l’amour pénétrait,
36 L’INITIATION dans votre âme, la même lumière l'éclairerait qui éclaire aussi le mien. C’est là mon vœu le plus sin‘ cère. Mais je ne puis terminer cette lettre sans indi quer sinon pour vous qui le savez sans doute, du moins pour les chercheurs sincères qu'il importe d’éclairer, les points sur lesquels nous difiérons.
1° Le corps de Notre-Seigneur Jésus—Christ, n’ap partenant pas à la terre, n’est enseveli en aucun lieu de cette terre : pas un atome n’y est resté, car il est écrit: Tu ne déroberas pas et la terre, aussi bien que vous et que moi, le sait. Dans quelques années on fera grand bruit d’un squelette découvert ici ou là et sur les os duquel sera gravé le nom de Jésus. Il sera temps de discuter le fait lorsqu’il se produira.
2° Ce n’est pas le peuple Juif qui aimait son pro— tecteur, mais Pilate, qui voulait la mort de Jésus. 3° Le mot névropathe appliqué à Jésus, outre son caractère irrespectueux que nous passons sous silence, est vide de sens scientifique. Je n’ai pas une idée nette d’un névropathe, guérissant les aveugles, ressus— citant les morts et confondant les sages dans leur propre et frivole sagesse du fait de quelque hypothé tique lésion nerveuse.
Enfin pour ne pas entrer dans de plus amples dé tails, ni vous expliquer pourquoi les os du Fils de Dieu ne pouvaient être rompus, pourquoi la terre était forcée de rendre le corps de Jésus, l’eût—on jeté au fond d’un volcan, ni ce qu’était Marie—Madeleine, ni de quelle affection elle a chéri celui qui l’avait re tirée de l’amour charnel pour l’élever jusqu’à l’amour spirituel, toutes'choses qui seraient incomprises et
A MONSIEUR LE DOCTEUR FUGAIRON 37 paraîtraient à des gens sérieux ou banalités ou enfan tillages, je veux seulement vous rapporter un fait inconnu des chroniqueurs et qui, j’en suis sûr, ré— veillera chez plusieurs des émotions latentes et comme de vagùes souvenirs d’un rêve effacé.
Un jour, dans sa première enfance, Jésus revenait de l’école (1) avec des enfants de son âge: le terra1n était accidenté, et d’un côté de la route le toit d’une maisonnette re couverte de pierres plates effieurait presque le sol: les enfants montèrent sur ce toit; un d’eux, en jouant, poussa l’un de ses camarades qui tomba sur le devant de la maison, de toute la hauteur de la façade et resta inanimé sur le coup.
Les enfants, voyant qu’il ne revenait pas àla vie, mais qu’il était bien mort, se sauvèrent. Jésus resta seul sur le toit. Les parents, qu’on était allé cherché, arrivèrent et, dans leur dé— sespoir, accusèrentJésus d’avoir tué leur enfant.
Alors Jésus, qui n’avait rien dit jusque—là, se tourna d’en haut vers l’enfant qui était mort, et l’appelant par son nom : « Nathan Ben Iee, dit-il, est-ce moi qui t’ai poussé? » —- « Non, répondit l’enfant immédiate— ment, c’est un tel ! » Et, se levant, il recouvra la vie. Voilà ce que j’avais à vous dire en réponse à ce que vous avez écrit. Dieu sait les secrètes intentions de nos cœurs : qu’il juge entre nous.
L’heure est peut—être venue où il importe de ne plus hésiter, de ne plus jouer avec les croyances. Qui sait, Monsieur le Docteur, (1) Dans les écoles très rudimentaires tenues par les rabbins, les enfants apprenaient la Tnorah, les Prières de chaque jour, que leurs voix psalmodiaient sur les rythmes et les accents traditionnels. ' :- .- a; ; -2..-_:.rn">’.‘.a. .;-— v. 710-"v "r- ,. a?b—';-,‘ER‘_‘L« =
38 L’INITIATION r—“..-‘_;)-'v‘ê"‘wr—gäaw—r ...»w____,fi_ ;si dans trois jours vous serez encore vivant? Tous les pronostics de votre art ne peuvent vous en donner la certitude ; si donc demain vous disparaissez, ayant .laissé au cœur de quelques hommes un germe d’er— reur, un principe d’orgueil ou d’égoïsme, quelle res ponsabilité sera la vôtre!
Encore, si le temps s’offrait .à vous pour réparer, autant que cela se peut, le mal qui se sera produit ; si vous pouviez revenir par la souf france et l'effort effacer les traces du passé!
Mais, pas plus que la médecine ne pouvait vous assurer la vie pour demain, pas plus la philosophie ne peut vous ga— u‘antir l’identité du temps et de l’espace pour après—de— main ; et la voix des prophètes, qui parfois vous in quiète malgré vous, vous dit mêmequ’après-demain les portes d’en bas seront fermées pour le jugement.
Est-ce donc bien le moment de jeter à la légère des pa roles qui ne s’étéignentjamais plus, de faire des gestes irréfléchis et de profaner les images saintes à l'heure même où elles se réveillent de leur léthargie de pierre, -dans la splendeur de la vie et la puissance de la lumière?
Avec beaucoup d’autres, vous avez marché j usqu’à ce jour comme un enfant nouveau-né au milieu des guerriers, des chars de combat, des armes, des es-. claves et des rois, sans comprendre où vous étiez ni qui vous étiez. Vos yeux n’ont pas distingué le glaive de la coupe ni le roi des serviteurs.
Et comme tous se sont faits bienveillants et miséricordieux pour vous, vous n’avez connu dans cette marche trop facile que votre force, et vous avez cru à la faiblesse de ceux qui vous épargnaient. C’est alors que vous avez voulu
A MONSIEUR LE DOCTEUR FUGAIRON WMWÆMM.mM» ...._.,t . . .-Z._,.._._ _.... commander, juger, agir dans ces terres où votre pré—7 sence n’était admise qu’à titre de visiteur respectueux. Et qui n’a pas agi comme vous!
Moi qui suis votre frère et qui ai passé par les mêmes chemins que vous, je me sens attiré vers vous et, pour éviter qu’un geste: de justice guerrière, qu’un mouvement de ces soldats. inflexibles qui veillent ne vienne fatalement vous briser, je fais cette démarche vers vous : je vous parle au nom de ceux qui furent nos ancêtres, au nom de ceux qui nous suivront et à qui il importe de laisser le trésor de lumière le plus riche qui soit.
Je vous prié fraternellement, pendant qu’il est temps encore et avant que les trois jours ne sonnent au Ciel, de mé-, diter, de laisser la lumière descendre en vous, de vous incliner avec humilité et respect devant celui aux pieds de qui se trouvent tous les royaumes de la terre, toute vérité et toute puissance, devant notre. Seigneur Jésus—Christ (i).
69 (i) Le dernier article du D“ Fugairon, ayant provoqué plu» sieurs réponses susceptibles d’amener une polémique, ce qui est absolument contraire aux habitudes de l’1nitiation, nous avons décidé de suspendre complètement tout ce qui aurait rapport à cette question. L’article ci—dessus émane d’un des dignitaires de la F. T. L. et son élévation indique assez pourquoi nous nous sommes empressés de l’insérer pour clore définitivement ce débat. N. D. L. D.
ŸÆÈ”’À@ÆEVÆVÆË &— PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Œa maman iINEÏFKA'E‘EÜE Hommage à M. F.-CH. BARLET. « Sur “7: — QUI — et sur ma — QUOI —- sonte’ta blies toutes choses ». Telles sont les mystérieuses pa roles que le Zohar met dans la bouche du saint vieil lard Shiméôn ben-Yoha‘i, dont le souvenir soit béni !
Peu d’années auparavant, Jésus de Nazareth avait pro féré une sentence plus énigmatique encore: « Ceci est ma CHAIR, ceci est mon SANG... » N’y a-t-il pas un certain rapport entre ces deux énonciations ? Le SANG de Celui par qui tout a été fait, et sa CHAIR divine, ne seraient-ce pas le "7:: et les m::, le QUI et le QUOI indiqués par le Zohar? (I).
Certes, le doute n’est pas permis sur l’identité abso— lue de la signification de ces diverses expressions} lorsqu’on ouvre le livre du Meqôr ’Haî'ym, ou Source des vies du rabbin juif Salomon ben Jehudah Ibn (1) C’est le yan et le yang des anciens Chinois.
LA QABBALAH INITIATIQUE 4i Gebirol, plus connu sous le nom d’Avicebron. Ily‘ expose sans ambages la clef de ce mystère : « Toutes choses », nous dit-il, « sont substance et forme, et la forme est adéquate à la substance. Dieu lui-même est substance et forme ». (Ici on ne doit pas confondre substance avec matière, ni forme avec corps. La subs tance divine est une, simple, indivisible, immuable, et sa forme fixe et parfaite.
D’ailleurs la Genèse elle mème déclare que l’homme fut créé selon la forme -— , Dhit—de Dieu). Il y a des substances et des formes spirituelles, astrales et matérielles, universelles, sé rielles et particulières. .
Dans notre siècle, le savant polonais Hoëne Wronski, initié à la Qabbalah juive, exposa,à son tour mais d’une manière fort obscure, la même doctrine, et toute sa loi de création repose sur la sentence du Zo har, citée au début de cet article.
Cette double constitution des choses dans leur contenu et dans leur forme, était représentée par les deux colonnes du portique du temple salomonique, et il en résulte que la science totale est basée sur le binaire. * ' La Qabbalah, en hébreu n53p, consiste dans la tra dition de la connaissance absolue de tout ce qui fut, qui est et qui sera, transmise de bouche à oreille de puis Adam jusqu’à nos jours, et qui continuera de se propager ainsi jusqu’à la fin des temps.
La Qabbalah se conserve par le sacerdoce et se per pétue par l’initiation, ce qui implique l’existence de deux classes d’individus : ceux qui transmettent la
.42 L’INITIATION science, ou maîtres (I); ceux qui la reçoivent ou dis ciples. Ces deux classes ne forment en réalité que les anneaux d’une chaîne immense, partant du monde profane, extérieur ou fini et aboutissantà l’lnfini ; les / uns, les supérieurs, les adeptes, faisant descendre l’in flux d’En-haut et le communiquant à ceux qui, venus d’en bas, anhèlent vers la source de lumière et de vie. .De là un double courant...
Les chaînons les plus inférieurs sont les initiables choisis dansle monde extérieur, mais qui ne sont pas encore disciples; puis s’ensuit une hiérarchie de dis ciples qui se termine à ceux qui, n’étant pas encore maîtres, sont sur le point de le devenir.
La même hié— rarchie s’observe chez les maîtres, depuis ceux qui sont élus à le devenir, sans l’être encore, et qui, par conséquent, se confondent avec le chaînon supérieur de la classe précédente, jusqu’à la HIÉRARCHIE DI VINE.
Car il existe, et c’est là un grand mystère, deux hiérarchies se correspondanfexactement, l’une d’or dre éternel, l‘autre d’ordre temporel, qui ne consti tuent, à proprement parler, qu’une seule hiérarchie, dont la partie supérieure est fixe à la fois dans son es— sence et dans sa forme, tandis que la partie inférieure est fixe dans son essence et muable dans sa forme.
Comme on le voit, il n’y a en réalité qu’une chaîne unique, dont cependant les anneaux sont parfaite ment distincts les uns des autres. Les plus élevés ne (I) « Choisis-toi un maître », dit le Talmud (Pirqè Aboth, I, O) ; et le commentateurajoute : 4<Qu’il se procure un maître unique, et qu’il reçoive l’enseIgnement traditionnel de luitou— jours, et qu’il ne reçoive pas cet enseignement aujourd’hui d’un maître, demain d‘un autre. »
LA QABBALAH INITIATIQUE ' doivent nullement prendre orgueil de leur haute po lsition ni opprimer les inférieurs, car le désordre s’en ’suivrait infailliblement. Ils doivent s’enchaîner sans se dominer. On peut comparer chaque degré à une des notes du clavier qui, pour le musicien, sont toutes également utiles; de même, pour l’Auteur suprême de toute harmonie, tous les êtres sont semblables à des.
“cordes résonnantes dont la vibration doit se produire 'en son temps, dans la symphonie universelle qu’est la création, sous peine d’être à jamais rejetés dans les. ténèbres. Tout accord qui nous paraît dissonant se résout pourtant dans un accord consonant que nous n’entendons peut-être pas encore. Seuls les prophètes et les voyants connaissent l’avenir.
I U a La Qabbalah se divise en deux grandes parties qui concourent à un même résultat, savoir: LA PER FECTION DE L’ÊTRE. La première se nomme la Qabbalah théorique, et va du dehors au dedans, de l’universel au particulier, par méthode déductive. C’est une connaissance exté-. rieure, rationnelle et médiate des choses. Elle fait connaître l’homme par l’univers.
L’autre se nomme la Qabbalah pratique : elle pro cède de dedans en dehors, et fait connaître l’universel par le particulier, par voie d’induction. C’est une con— naissanceintuitive et immédiate qui part de l’homme, dans son essence vraie, pour aboutir à l’univers. Cette seconde méthode est plus spécialement celle de Socrate (7vi36r oaotu‘ro’v), de Platon et du Nouveau
44 L’INITIATION Testament, tandis que la première est préconisée dans _ l’Ancien Testament, par Aristote et les philosophes scholastiques. On ne saurait pourtant donner la pré— férence à l’une plutôt qu’à l’autre;on ne saurait les lséparer ; aussi Fabre d’Olivet, qui s’était élevé à une grande hauteur, n’a-t-il pas hésité à dire que « Platon et Aristote se complètent ».
Certes, la théorie et la pratique se tiennent étroite ment; il n’est point permis de cultiver l’une au dé— triment de l’autre; toutes deux doivent au contraire, suivre une marche parallèle, afin de faire évoluer les pouvoirs latents en l'homme et développer en lui la plénitude de sa perfection consciente, pour qu’il puisse un jour dire : « JE SUIS ».
Ce double mouvement évolutif des facultés hu— maines correspond exactement au double courant spiral qui circule dans l’univers pour y renouveler la vie, qu’on nomme l’aspir et le respir de Dieu, et dont nous voyons une image abrégée et matérielle dans la circulation du sang et la respiration du corps.
Cet aspir et ce respir n’ont absolument rien de matériel; ils constituent le sou/île unique du Dieu vivant, qui règne au delà des espaces et du temps. C’est par lui — ce sOuffle, cet esprit saint — que se déploie et se préserve dans l’espace primordial la création comme une immense et magnifique florai Son.
On se demandera peut-être comment et pourquoi l’homme a besoin de cette double incitation, à la fois intérieure et extérieure, pour parvenir à la somme de
LA QABBALAH INITIATIQUE 45 W1 asԍԾawu. perfection dont il est susceptible.
A cela, nous répon— drons que la perfection de la créature n’est pas la même que celle de Dieu, qui, étant dans sa plénitude, ne saurait s’accroître, tandis que celle de l’homme est dans un devenirindéfini, puisque son essence même est non seulement de rapprocher éternellement l’être créé de l’incréé et de lui faire successivement connaître et aimer les créatures qui, sans cesse, s’exalhent du sein profond de Dieu, mais encore, et surtout, de le faire coopérerà l’œuvre de sa volonté, qui consiste dans la perfection de l’Univers.
Or, l’action harmonique et, pour ainsi dire parallèle de ces deux moyens d’initiation doit être dirigée et . combinée de telle sorte que jamais l’équilibre de l’in dividu ne soit menacé. L’action doit être balancée.
Car, s’il n’en était ainsi, et que l’homme acquit, au moyen de la pratique, l’usage des forces secondes de l’Univers, sans les connaître en même temps dans leur valeur et leurs propriétés — choses qu’il appartient au Maître de révéler —- il deviendrait un être mons— trueux, partiellement inconscient, et capable de pro duire les plus terribles ravages dans sa sphère d’ac tion.
Si, au contraire, la connaissance totale des choses lui était communiquée, avant que son organisme soit en état d’en supporter le poids écrasant, il serait, commel’Adam de la Genèse, chassé d’un Paradis qu’il aurait conquis frauduleusement, et une seconde mort, châtiment affreux, frapperait aussitôt l’imprudent. On voit donc la nécessité d’une action directrice et méthodique pour opérer, par l’homme développé et
46 _ L’INITIATION conscient, l’évolution de l’Univers, ce qui était, avant la chute, l’œuvre d’Adam, ainsi qu’il est écrit : « Et Dieu prit Adam, et leplaça dans l’enceinte organique d’Eden, afin qu’il la cultiuât et qu'il élaborät. » Le vieux texte est bien clair: c'est par l’évolution des individus que s’opère celle des masses. * Art Le Nonaire est le nombre à la fois de lagénération, du mystère et de l'initiation, parce que l’initiation est une génération spirituelle, ou régénération, et que toute génération, matérielle ou spirituelle, s’accomplit dans le mystère.
On peut dire aussi que l’initiation Consiste dans la pénétration consciente de ce qui est voilé aux profanes. Il y a, dans l’initiation, neuf degrés, qui sont, pour ainsi dire, les neuf paliers où s’arrête l’homme pour contempler le chemin parcouru et se préparer à monter un étage plus haut.
Quand on considère un être quelconque dans la création, prenons pour exemple un chat, dans le règne animal. on s’aperçoit d’abord que ce chat vit d’une vie absolue, universelle, sans laquelle il ne serait pas.
Or, non seulement il est, par opposition ou non-être, mais il vit d'une vie distincte, que nous pouvons nommer vie sérielle, par laquelle, tout en faisant partie de l’être universel, il s'en différencie néanmoins, d’abord dans la série animale, puis dans la race féline. Il vit ensuite d’une troisième vie, ou vie particulière, qui sert à le distinguer de tous les autres chats de son espèce, tant par sa conformation
LA QABBALAH INITIATIQUE spéciale que par son pelage et autres marques qui lui sont propres. Ce que nous disons de ce chat s’applique également à tous les êtres de la création, qui est par conséquent douée, dans son ensemble, d’une triple vie: 1° Universelle; 2° Sérielle; 3° Particulière. Comment et pourquoi cette vie particulière a—t-elle été extraite de la vie sérielle, et celle-ci de la vie uni verselle ? Ce n’est pas ici le lieu d’en parler.
Chacune de ces vies est, à son tour, douée d’un triple mouvement : instinctif, passionnel et intellec— tuel, qui ne constitue qu’un mouvement unique, di versifié en trois modalités parfaitement distinctes l’une de l’autre, ainsi que Fabre d’Olivet l’a nettement démontré.
L’homme, quand il émerge sur la terre, a pour fin dernière la béatitude éternelle, consistant dans son UNION avec la Divinité créatrice, et le moyen qui lui est donné pour parvenir à ce but est l’évolution totale de son être dans la triple sphère de ses facultés. Cette évolution se règle par l’lnitiation hiérarchique qui a pour but de faire progresser l’être harmoniquement.
Il devra donc successivement prendre conscience de son être : Instinctif. . . . INDIVIDUEL. . Animique . . Intellectuel . . n .1 :I
48 L’INITIATION lnstinctif. . . . n sERIEL . . . . Animique . . . '. 1. Intellectuel . . .‘t lnstinctif. . . . n UNIVERSEL. . Animique . . . 1 :1 f Intellectuel . . .1 Ce qui constitue bien NEUF degrés, se synthétisant en trois ternaires.
A chacun des termes de chaque ternaire correspond une des trois dernières lettres du Saint Tétragramme, le ternaire supérieur dans son en semble jouant de rôle du Iod initial, et cela à l’infini, sans quoi le progrès s’arrêterait.
De même les trois lettres finales du Tétragramme correspondent aux trois ternaires, le premier, le plus inférieur, constituant l’égolisme; le second ou médian, l’altruïsme, et le supérieur, le soïsme ; le tout couronné par un Iod invisible.
Car ces trois mondes dont nous venons de parler sont purement créés ; au delà se dresse l’Uni vers incréé, éternellement engendré, où vivent les animaux saints, les quatre formes du Sphinx, dont la connaissance vivante confère l’adeptat suprême.
Dans le Nouveau Testament, à chacun de ces degrés, le Mage saint Paul adresse une épître initia tique spéciale; ce sont les. lettres suivantes: une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Philippiens, deux aux Thessaloniciens, une aux Colossiens, une aux Galates et une aux Éphésiens, ce qui fait neuf en tout. Celle aux Hébreux sert de prologue; c’est, en quelque sorte, le pronaos du Temple.
L’épitre à Tite, les deux à Timothée et celle à Philémas sont desti nées aux trois degrés supérieurs dont l’un, le médian,
LA QABBALAH lNITIÀTIQUE . il celui du Vav, est double, parce qu’il correspond à l’élément Air (1). C’est pourquoi il y a deux épîtres à Timothée...
Voici donc très brièvement exposée, aussi claire ment que nous l’avons pu, sans cependant trahir la foi due à nos frères et à nos maîtres, les principes de la Qabbalah initiatique, heureux si nous avons pu faire naître en l’âme du lecteur le désir sincère d’en savoir davantage, en s’aventurant sur les sentiers peu frayés d’un art méconnu et cependant sublime. Ici, nous rendons grâce à l’Auteur de toutes choses!
JEAN TABRIS. (I) L’élément Air est double; c’est ce qui fait que souvent l’Aigle, son symbole est représenté avec deux têtes (étendard russe, etc.)
50 ‘ L’INITIATION RNTR©DWGTK©N A L’ÉTUDE DE ä.a ficienre Ïiiante filniverselle D’après les Œuvres de LOUIS MICHEL (de Figanières) I NOTICE SUR LOUIS MICHEL ET L’ORIGINE DES « LIVRES DE LA VIE » LOUIS MICHEL, l’homme extraordinaire et provi dentiel dont nous allons dire l’œuvre immense, naquit le 26 janvier 1816 à Figanières, petite localité du département du Var, à quelques kilomètres de Dra guignan.
Ses parents étaient de petits cultivateurs propriétaires, vivant du produit de leurs récoltes. J us qu’à l’âge de douze ans, rien ne put faire soupçonner chez Louis Michel la haute mission qui devait faire l’objet exclusif de son existence. C’était un enfant des plus ordinaires, avec cette particularité remarquable qu’il lui était impossible de se livrer à aucune étude suivie.
Il s’endormait régulièrement sur ses livres, et ce ne fut qu’à grand’peine qu’on put lui apprendre à lire, écrire et effectuer correctement les quatre opéra tions arithmétiques fondamentales. (I) La majeure partie des renseignements qui suivent ont été puisés dans la préface de la l" édition de Clé de la Vie. Paris, 1857.
LA SCIENCE VIVANTE UNIVERSELLE 5! A cette époque, l’enseignement primaire, dans un village comme Figanières, ne comportait guère un développement plus considérable, et enfant du peuple, il n’eut d’autre éducation que celle du peuple.
' _Quoi qu’il en soit, vers l’âge de douze ans, une pré— diction qu’il fit la nuit, pendant son sommeil naturel, mit en évidence la prodigieuse faculté magnétique dont il était doué et dont il n’allait plus cesser de— donner de si frappants exemples. La curiosité et l’attention de son entourage furent dès lors attirées sur ce jeune phénomène. Ce germe précieux, pour grandir et fructifier, voulait être cultivé; il le fut par le hasard et cela suffit.
La curiosité de ses amis et voisins fit les frais de cette cul— ture. Un sentiment religieux éminemment chrétien, inné au sujet et c*ractéristique de ses tendances spirituelles, soutenu par les faibles et innocents moyens familiers à la Providence, maintint toujours sa faculté dans les voies élevées, malgré les efforts souvent contraires d’un entou rage peu éclairé, incohérent et parfois aveugle.
Le diamant brut une fois mis à jour, de prétenduslæ idaires ne manquèrent pas pour en briguer la taille. lusieurs essayèrent de l’exploiter à leur profit, mais le sujet ne s’y prêtait guère. S’il cédait une fois, il ne man— quait pas de se raviser et revenait bien vite à sa précieuse indépendance. Un enfant l’endormait d’un regard; en attachant un instant les yeux sur un objet quelconque, il s’endormait lui-même.
Cette faculté automagnétique l'afl’ranchit toujours de toute influence extérieure dans son sommeil; il ne fut le sujet de personne et demeura ainsi constamment son maître, libre de suivre la tendance qui le portait en haut. Du manient qu’il commença à comprendre l‘impor— tance de ce qui bouillonnait en lui, Louis Michel se sentit vivement attiré vers les sphères supérieures. Les voies lui en étaient ouvertes par la nature de son orga nisme. Il put pénétrer dans l’espace, dans les eaux, dans
52 L'INITIATION . la terre à son gré. Un voyage dans Jupiter, dans Sa— turne, dans Uranus, au Soleil, plus haut, partout, dé pendit d’un acte de sa Volonté. Sa bonhomie naturelle né fut nullement altérée par le sentiment intime d’une valeur supérieure désormais incontestable, mais dérobée à tous les yeux par une humilité parfaite. Il était évi demment préoccupé d’un commerce spirituel et céleste.
Sa modestie s’en accrut par le contraste de sa simplicité native et de la sublimité de ses idées. Plus de doute, ce n’était pas l’homme qui parlait en lui, durant ses extases: un moteur supérieur, dont il était l’intermédiaire, se ' manifestait dans ses discours; il l’avait dit souvent sans qu’on se fût douté de la réalité de ses affirmations. Son entourage s’en aperçut enfin; il en était temps.
On recueillit ses paroles, sans les bien comprendre toutefois. Lui—même, revenu à lui, ouvrait de grands yeux quand on les lui rapportait et mettait du temps à les saisir. Dans son état ordinaire, l’homme éveillé avait de la peine, encore, à s’élever à la hauteur de son som meil. Plus tard, il n’en fut plus ainsi.
' Dès lors, il y eut toujours dans son modeste entou rage quelques personnes capables d’expliquer, avec plus ou moins de justesse, ses discours aux autres, de les écrire parfois afin de les lui soumettre. De cette époque date la véritable instruction spirituelle de Louis Michel faite, en entier, par les enseignements de l'Esprit dont il était l‘écho et complètement indépendantes de nos con naissanCes vulgaires.
Dans sa médiocrité, nom qu’il donne en extase à son état ordinaire, l’homme étrange qui nous a développé l’ordre et les lois des mondes ignore entièrement notre système planétaire. Louis Michel était donc doué, dès son enfance, des plus merveilleuses facultés spirituelles, grâce à un organisme fluidique tout exceptionnel. Sa réputation de voyant ne tarda pas à s’étendre au loin.
La Presse du 22 septembre 1838 contient des renseignements très intéressants et très positifs sur l’étonnante préci ‘sion de sa lucidité magnétique. Plusieurs ouvrages
LA SCIENCE VIVANTE UNIVERSELLE 53 \ sur le magnétisme en font également mention a ce point de vue.
Il importe de constater que Louis Mi chel distinguait avec soin l'état (bien connu aujour d’hui) de sommeil magnétique ou somnambulisme lucide, qu’il appelait « séances matérielles », et où son esprit seul jouait un rôle actif et personnel, des extases ou « séances spirituelles » pendant lesquelles il remplissait les fonctions passives d’un intermé diaire fidèle.
Pendant son sommeil magnétique on pouvait à volonté entrer en relation avec lui et le questionner, mais dans son état extatique il n’enten— dait plus les voix humaines, ne répondait à aucune question et se trouvait complètement isolé, soustrait à l’influence de la volonté de ceux qui l’entouraient. C’étaient donc deux états parfaitement différents et qu’il importe particulièrement de bien séparer.
Nous conclurons de là que Louis Michel était un homme évolué à un très haut degré, n’ayant rien de commun avec les « médiu‘ms », mais jouissant par lui—même . des facultés spirituelles de clairvoyance et apte par suite à entrer progressivement (comme il le fit d’ail leurs) en relation volontaire, étroite et directe avec l’influence supérieure(l’Espritdevérité, notredeuxième Messie) dont il devait transmettre les enseignements à l’humanité tout entière.
Voici quelques détails sur cet état extatique parti culier pendant lequel Louis Michel, entièrement à l’abri de toute atteinte extérieure, se trouvait directe— ment en contact avec I’Esprit. Il s’endormait, d’abord, comme à l’ordinaire, puis en parlant à mesure qu’il s’élevait dans son sujet, ses
54 v L’INITIATION .-.-.— nv,n tu . n ....-u... . . .»WsM 4 q vvmr yeux s’ouvraient pour se refermer à la fin de la séance, à l’approche du réveil. Un peu plus tard et graduelle ment, il ne les ferma plus quand devaient avoir lieu les communications ostensibles de l’Esprit.
Nous appelons ostensibles ces communications, pour les distinguer des communications secrètes opérées sans témoins et natu rellement dérobées à tout son entourage à moins qu’il ne les fit connaître dans ses séances spirituelles, comme cela eut lieu quelquefois. L‘extase arrivait pendant qu’il avait encore les yeux ouverts.
Son regard plongeait alors dans les profondeurs de l’infini et un ravissement céleste inondait son visage relevé, ennobli, illuminé en quelque sorte, en ce moment, par le rayon d’en haut.
Après dix minutes environ de silence, de contemplation céleste, de gestes et d’aspirations d’une sublimité émouvante, les paroles spirituelles se faisaient entendre lentement comme une dictée et retentissaient quelquefois pendant plusieurs heures plus ou moins longtemps, selon le sujet et les circonstances.Souventla séance était interrompue par des luttes physiques et morales contre l’esprit du mal.
Ces luttes absorbaient, dans certaines circonstances, la séance tout entière. Chacun comprendra plus tard l’importance et la portée de ces combats. Ceci nous reporte à l’année 1850. Louis Michel avait alors trente-quatre ans. On voit le temps qu’il a fallu pour assurer la parfaite transmission de l’ensei gnement messianique.
C’està partir de ce moment que les deux hommes prédestinés qui devaient écrire Clé de la rie d’après les matériaux extraits des pa— roles de l’Esprit, commencèrent à assister régulière— ment aux séances extatiques de Louis Michel. Ces deux interprètes furent Charles Sardou et L. Pradel. Leurs noms se trouvent sur la première édition de_ Clé de la vie dont nous reproduisons ici le titre signi-. ficatif :
LA SCIENCE VIVANTE UNIVERSELLE CLÉ DE LA VIE L’Homme, la Nature, les Mondes, Dieu, Anatomie de la vie RÉVÉLATIONS SUR LA SCIENCE DE DIEU INSPIRÊ!S A LOUIS MICHEL, de Figanières (Var) RECUEILLIES ET PRÉSENTÉES Par C. SARDOU et L.
PRADEL I Les interprètes de Louis Michel ont d’ailleurs ex pliqué clairement l’origine et les phases de leur colla— boration matérielle àcette grande oeuvre, dansleslignes suivantes : Ce fut durant cette marche ascendante de la faculté de notre moteur que ses deux interprètes jouirent pour la première fois du privilège d’assister, dans son cercle de famille, à une de ses séances extatiques.
Ils eurent le bonheur de l’entendre fréquemment ensuite et de voir, dans la longue succession de ses séances spirituelles jail lir une à une, bluettes fulgurantes senties électriquement alors plutôt que comprises, les vérités célestes, jalons de l’avenir, établis par l’Esprit de distance en distance avec mesure et sobriété, pour s’accommoder à l’intelligence de l’auditoire et placés à l’effet de marquer le plan de tout ce qui devait se dérouler plus tard sur la plus vaste échelle.
On jugera quelle devait être parfois la perplexité, quelle fut toujours la persévérance de l’auditoire fasciné de notre intermédiaire, quand nous dirons que pour l’intelligence du commencement, il fallait nécessairement connaître la fin. Or la fin, c’était la Clé de la vie. Cet ordre est le cachet authentique dont 1’Esprit abien voulu signer son œuvre.
De temps en temps l’Espt‘it faisait écrire ses enseigne— ments à son intermédiaire au crayon pendant la nuit; plus tard ce fut aussi le jour dans l’état d’extase. Dans plusieurs occasions, 1’Esprit avait recommandé
56 L’INITIATION à son intermédiaire de passer successivement, en mon tant et en descendant en manière d‘exercice par les di Vers degrés de l’extase; du quart d’extase de s’élever au tiers d’extase, à la demi-extase, enfin à l’extase sublime et de parcourir ces différents degrés extatiques en sens inverse et à son gré, lui annonçant que ces exercices exécutés pendant les séances étaient pour lui un moyen de se rendre apte à passer, dans ces différentes condi tions extatiques, des jours, des semaines, des mois en— tiers, sans que sa santé pût en souffrir etde se procurer la faculté d’être au besoin avec l’Esprit en communication permanente; et il en a été ainsi depuis.
A un moment donné tout le travail de la grande œuvre de l’Esprit se fit au moyen de l’écriture et par des con versations tenues durant les degrés inférieurs de l’extase quand fut venu le moment de donner les matériaux pro mis de Clé de la vie . On le voit et ce point caractéristique, exceptionnel, est très important à noter.
Les enseignements que reçoit de l’Esprit son représentant, son intermédiaire matériel lui sont transmis directement du centre des mondes spiri tuels affranchis de tout contact avec les agents spirituels de la planète. comme l’Esprit a en soin de le lui ap— prendrelui-même afin de le faire connaître à tous. L’ES-— prit parle, l’intermédiaire écoute et répète ou écrit...
Ces relations supérieures, renfermées toujours dans la même loi aux applications sans fin, dirigées constam— ment vers la grande unité de Dieu, constituent un ordre de faits tout nouveau et sans exemple, entièrement en dehors, comme on pourra s’en convaincre par les résul tats des manifestations dites spirituelles obtenues par le canal des médiums...
La Clé de la vie a pour objet de faire comprendre à l’humanité le plan et la charpente des mondes, le plan et la charpente du corps humain qui en est le reflet, les res sorts de la vie de l’homme, les ressorts de la vie des mondes et de Dieu : préliminaires indispensables pour l'intelligence du savoir spirituel.
L’Esprir a voulu préluder à son arrivée parmi nous par le don de cette clé destinée à ouvrir les portes de l’édifice spirituel qu’il prépare à l’humanité.
LA SCIENCE VIVANTE UNIVERSELLE S’il eût parlé directement luLmême, c’eût été un trop sublime langage, trop céleste, trop au-dessus de notre portée. Peu de cerveaux humains eussent été capables d'en atteindre la hauteur; peu eussent été assez indépen dants de la matière, assez bien trempés pour en digérer la substance.
Il a voulu choisir pour son intermédiaire un homme simple, pur, essentiellement bon, ignorant du savoir du monde, mais ferme, exact à l’extrême, rivé à ses devoirs, incapable d’y manquer, incapable de les dépasser. Il l’a choisi neuf afin de le façonner entière ment lui-même à être le dispensateur de la lumineuse alimentation.
La nourriture spirituelle dégagée de sa quintessence à son profit, filtrée, pour ainsi dire, à tra vers son style simple, sans culture, approprié à notre nature peu avancée, mais noble quand il le faut, familier souvent, et toujours imagé, était encore assez supersubs tantielle pour ne pouvoir pas être‘ livrée à tous sans pré paration préalable.
Deux interprètes étaient nécessaires, d’après la nature des matièresà traiter; l’Esprit en désigna deux nomina— tivement pendant une séance extatique pour écrire la Clé de la Vie. Le fardeau était pesant. Pénétrés d’abord d’un sentiment profond de leur insuffisance, les deux élus eussent décliné cette insigne faveur, n’eût été l’im possibilité de se soustraire à l’accomplissement d’un ordre dont il ne Ieur_était pas donné de sonder les motifs.
Pouvaient-ils, d’ailleurs, ne pas marcher en avant, avec l’exemple devant leurs yeux de leur intermédiaire spiri ‘tuel? Ils s’inclinèrent... Les idées dont la Clé de la Vie devait être nourrie se trouvaient éparses et enfouies dans les enseignements donnés par l'Esprit à son représentant. Les interprètes avaient à les condenser, à les développer parfois, à les mettre en ordre, à les disposer en Corps de doctrine.
Mais ces renseignements étaient vastes comme les mondes, et les jalons peu faciles à suivre faute de liaison apparente. Il fallait combler les lacunes avec des maté riaux de même nature. Telle séance était la synthèse générale de l’œuvre de I’Esprit et l’on avait peine à en pénétrer le sens, devenu, depuis la confection de la Clé, clair comme le jour... en». npu»n l i‘. .--.;- . .2 L..._. L‘_..—’_;‘--L . -. c... .— .
58 L’lNXTIATION Résumant en quelques conversations les instructions de YEsprit, Louis Michel prépara ses interprètes à leur œuvre. Ils se mirent au travail tous deux séparément, comme l'avait dit l’Esprit, et parla force de circonstances imprévues l’un en France, l’autre en Egypte. Après un temps, ils se retrouvèrent avec Louis Michel dans la même ville. Chacun avait préparé son canevas et c’était tout.
Les détails manquaient; ils arrivèrent en foule. Des réunions eurent lieu sous l’œil de l’Esprit, communi quant des mondes spirituels avec son intermédiaire; réunions ménagées aux deux interprètes, pour leur faci liter une étude complète de l'homme animé. Versé par état dans l’anatomie, l’un d’eux dirigeait le travail maté— riel, proposait les questions.
L’interme‘diaire expliquait la disposition des objets, la nature des substances, les vraies fonctions des organes indiquant en même temps les rapports de toute nature entre le petit omnivers humain et le grand omnivers de Dieu. / Les deux interprètes écoutaient enthousiasmés, la lumière arrivait par torrents; il y en avait pour l’un et pour l’autre. Chacun prit ses notes et put faire ample provision de matériaux.
De ces conférences sans précédents sortit la Clé de la Vie, complétée plus tard dans la partie assignée à cha— cun des deux auteurs à l’aide de lumières supplémen taires toujours à portée et transmises au moment voulu de point en point comme l’avait fait l’Esprit. Telle est l’exacte vérité sur l’origine de la Clé de la Vie.
On peut juger, par ces extraits, quel effort spécial, considérable et continu a nécessité l’établissement de ces livres fondamentaux, résumé quintessentiel de la ,Science Vivante apporté au monde par l’Esprit de Vérité, enseignement messianique indispensable à l’humanité pour l’éclosion de sa prochaine vie pu bère. La date de publication‘ de Clé de la Vie est: Mai 1857.
Louis Michel avait alors quarante et un ans et depuis son enfance toutes ses facultés intellectuelles »..{I n.’ '>—>I’v‘-‘—" -!w.W—æ‘e*- » A_.gr__ ,1» fi., , ,.__,_ ___ .
LA SCIENCE VIVANTE UNIVERSELLE <t vierges de tout savoir humain » n’avaient été tour« nées que vers ce but et il en devait être ainsi de sa vie tout entière. V Il est bon de dire à ce propos que, grâce à ces mer veilleuses facultés de voyant et par suite de guérisseur infaillible, —- facultés ne dépendant absolument qùe de sa volonté propre — Louis Michel eut une vie ma térielle indépendante et largement assurée.
Il pu; ainsi faire imprimer, dans les meilleures conditions, les Livres de la Vie et se consacrer tout entier, durant le cours de son existence, à l’accomplissement inté gral de la si haute mission, dont il avait été providen tiellement investi.
Reconnaissons donc à Louis Michel, cet homme unique, le premier homme-moral—pubère paru sur la planète, la qualité d’intermédiaire messianique de l’Esprit de Vérité, le Christ lui-même se manifestant ainsi à l’humanité dont il est l’âme et lui apportant, en exécution des lois omniverselles, les vérités néces— saires à son développement ultérieur— commeil sera expliqué plus loin.
Louis Michel n’a jamais publié le texte même des enseignements de l’Esprit. Ces manuscrits, qui con tiennent la science de l’avenir, existent et ne seront mis au jour qu’au moment opportun. Ils seraient presque incompréhensibles sans une étude prélimi— naire approfondie des ouvrages déjà parus, qui ont été écrits pour leùr servir d’introduction.
Les personnes actuellement vivantes qui ont connu personnellement cet homme extraordinaire sont peu nombreuses. Nous devons citer néanmoinsM. A. Com
60 L’INITIATION mandeur, disciple direct et héritier du maître, auteur de la très belle préface ainsi que d’une grande partie du texte de Plus de Mystères, dernier ouvrage sur la Science vivante publié en 1878, et destiné à en rendre l’étude plus accessible à toutes les intelligences. - Quant aux collaborateurs de Louis Michel, en ce qui concerne Clé de la Vie et Vie universelle, Charles Sardou et P.
Pradel, ils sont décédés tous deux, et nous n’avons que peu de renseignements sur eux. Pradel était médecin, ce fut lui qui se chargea de rédiger la partie technique de l’Anatomie de la Vie. Sardou était un normalien, littérateur fin et délicat quoique puissant logicien; de plus, un remarquable pastelliste.
Il est l’auteur de Résurrection, ouvrage publié en 1866, dans lequel il a groupé, sous une forme familière parfois, mais qui n’en est que plus frappante, des fragments de la science de Dieu. Nous devons en signaler tout particulièrement la préface. Ch. Sardou mourut à Marseille en 1872. Il laisse un manuscrit intitulé le Néant du Spiritisme et qui sera publié prochainement.
Louis Michel mourut le i9août I883, à Figanières, à l’âge de soixante-sept ans. Nous ne possédons pas, jusqu'à présent, sur sa vie, de détails autres que ceux précédemment rapportés et presque entièrement puisés dans la préface de la première édition de Clé de la Vie. Parlons maintenant de l’Œuvre. (A suivre.) UN HOMME PUBÊRE. (i) Cf. la brochure de A. Commandeur : le Voyant de Figa , nière: et son Œuvre; Paris, Chamuel, 1895. 4 - -————" CJ«*“‘-* W
PHILOSOPHIE INDOUE 61 PHlh08l’iPlllâ llllDlÜllE Dans la perception visuelle, il y a la chose perçue, l’objet, et l’œil qui la perçoit. Qu’on ôte l’objet, et l’œil n’a plus rien à percevoir; qu’on ôte l’œil et la chose n’est plus perçue; la perception visuelle est la résultante de deux facteurs, l’objet et l’œil, mis en face l’un de l’autre, mis en rapport l’un avec l’autre.
Tout objet qui reflète les choses par action de la lumière perçoit les choses comme un œil, est un œil, pourrait-on dire. Ainsi les eaux sont des yeux qui per- ‘ çoivent de qui se trouve devant elles, ce avec quoi la lumière les met en rapport. Toutes les choses capa bles de concentrer les rayons lumineux sont des appa reils de perception comme l’œil; les plaques photo‘. graphiques sont des yeux.
La perception humaine n’est pas bornée au rap port de l’œil et de l’objet perçu; en face de l’œil se trouve autre chose que nous nommons l‘intelligence et qui, à son tour, perçoit l’œil et l’image de l’objet perçu. L’image de l’œil est un bloc que l’intelligence peut détailler en diverses portions. L’intelligence est une espèce de prisme qui sépare les blocs d’images que l’ambiance fournit à l’œil.
L’intelligence avec son aptitude à diviser les bloCs d’images reçus par l’œil est—elle tout dans la percep tion humaine ?
62 L’INITIATION Non, il y a encore quelque chose qui reflète l’intel— ligence avec son contenu, ce quelque chose est la conscience. Quand nous pensons un objet par notre intelligence et notre œil, nous savons que nous la percevons. Ce savoir est un fait de conscience, est la conscience elle—même.
Au delà de la conscience y a-t-il quelque chose qui la reflète, quelque chose qui divise son contenu, comme l’intelligence divise le bloc d’images contenu dans l’œil P Non, plus rien; la conscience est le dernier terme auquel nous puissions parvenir. La conscience est Alman, dit Saukaracharya, après les Oupanichads. Il n’y a rien derrière lui pour quoi il soit objet de perception, rien qui le reflète.
En percevant les formes (roupa) et leur accidents de couleur, bleu, vert, jaune, rouge, l’œil ne change pas; il reste apte à réfléchir d’autres formes quand celles qui l’occupaient auparavant ont disparu. L’intelligence reste aussi elle-même quelles que soient les images de l’œil qu’elle reflète et analyse. La conscience de même ne varie pas pour les phé— nomènes de l’intelligence qu’elle perçoit.
Elle reste apte à la perception de tous les phéno— mènes qui se passeront dans l’intelligence. Ce que nous appelons l’intelligence est complexe; elle a d’abord deux facultés générales, celle d’absortr tion et celle d’éjection. Tout ce qui existe a ces deux facultés. Notre corps ne subsiste qu’en absorbant de la matière et en reje tant de la matière. ’
PHILOSOPHIE INDOUE 63 L’intelligence, que nous considérons actuellement dans son domaine visuel, absorbe les images que l’œil lui présente; avec ces images, comme notre corps avec la nourriture, elle produit des choses qu"elle seule peut fabriquer, ensuite elle renvoie au dehors une partie des choses qu’elle a produites.
La conscience peut percevoir tout ce qui se passe dans l’intelligence; si cela n’arrive pas toujours, c’est par manque d’attention; l’attention est la mise en rapport de l’intelligence et de la conscience.
Un individu inconscient est celui qui ne met pas en rapport la conscience et son intelligence; quand l’œil fournit des images qui ne vont pas jusqu’à se refléter dans la conscience, ou ne sait pas qu’on per— çoit ces images; quand des produits de l‘intelligence sortent d’elle sans que la conscience les reflète, les individus ne savent pas ce qu’ils font.
Les eaux calmes sont aptes à réfléchir toutes les formes qui passent devant elles; mais qu’un nuage, qu’une fumée s’interpose entre l’eau et la forme qu’elle peut réfléchir, la forme n’apparaît pas dans l’eau ui reflète seulement le nua e ou la fumée. g Entre les faits de l’intelligence et la conscience peuvent de même s'interposer des brumes qui empê chent la réflexion dans la conscience des faits de l’in— telligence.
Il y a des climats pour les intelligences comme pour les pays, et il en est qui sont perpétuellement brumeuses; leur capacité de savoir reste à_ l’état poten tiel au lieu de devenir une actualité. Donc, pour l’homme, analysant sa constitution, au .m--M
64 L’INITIATION [JUILLET delà du savoir, rien. La conscience est le fait ultime qu’il trouve en lui, au delà duquel rien ne se trouve pour le réfléchir.
Le savoir est un sommet à partir duquel il n’y a plus qu’à descendre; mais pour descendre d’une montagne il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’au som met; d’un point quelconque de la pente, on peut re— tourner à la plaine, d’où la possibilité des actes inconscients et aussi la possibilité des phénomènes également inconscients d’absorption intelligente.
Il est aisé de comprendre que l’hypnotisme a pour première condition déterminante l’interposition d’une brume plus ou moins dense entre la conscience et l’intelligence de l’hypnotisé. S’il se produit des dé chirures dans le rideau de brume, il peut y avoir des faits de conscience déterminant la résistance aux ordres de l’hypnotiseur. L’hypnotisme peut servir comme anatomie des êtres vivants et n’est utile que par là.
Nous venons de considérer l’homme en allant de l’extérieur à l’intérieur, De par la nature de notre intelligence nous consi dérons comme actif ce que nous prenons comme principe, la chose par quoi nous commençons une série d’idées et comme passif l’aboutissant de cette série.
Comme nous pouvons commencer les séries d’idées par l’un ou l’autre bout, il s’ensuit qu’il n’y a ni passif ni actif de nature et que ces deux mots expriment simplement des rapports momentanésdes choses avec notre compréhension.
1897] PHILOSOPHIE INDOUE 65 Nous sommes partis de l’extérieur de l’homme pour aller au dedans; cet extérieur a joué pour nous le rôle de principe actif et l’aboutissant interne, la conscience, le rôle de principe passif.
Arrivés au principe passif, la conscience, dernier élément trouvé dans la constitution humaine, nous pouvons virer de bord et marcher de l’intérieur vers l’extérieur. - Par la loi indiquée comme régissant notre intelli— gence, c’est alors la conscience qui devient principe actif et l’extérieur principe passif.
Tout à l’heure nous considérions la conscience comme une lentille réfléchissant en les concentrant tous les rayons qui lui viennent de l’intelligence. Maintenant nous allons considérer la conscience comme un soleil répandant ses rayons dans l’intelli— gence, qui à son tour deviendra un soleil répandant les siens dans les sens, lesquels soleils, à leur tour, rayonneront dans l’ambiance.
Nous avons dit que l’intelligence a deux facultés générales : celle d’absorption et celle d’éjection. Ces deux facultés générales peuvent être spécialisées en plusieurs autres, et c’est ce qu’ont fait toutes les psychologies, nommant facultés de l’âme, raison, jugement, raisonnement, réflexion, imagination, volonté, les portions spécialisées des deux facultés générales à la conception desquelles beaucoup de psychologues ne sont point parvenus.
C’est le moment d’avertir que le présent article est une glose sur quelques versets du Sri Vakya Soudha, traité de la Philosophie du sujet et de l’objet. :_-_, v .__ ..‘1L.’iÏ_.LL .. .. ....l.; -__LI.L .‘la...____*_'.;‘_uu‘.“m ' a.-. 1 i l
66 L'INITIATION Les Indous ont, comme nos psychologues, fait des distinctions dans les deux facultés générales de l’in— telligence, qui sont des facultés universelles et qu’ils symbolisent généralement par les deux actes de la respiration, l’aspir et l’expir. ’ Les deux facultés générales de l'intelligence, l’ab« sorption et l’éjection, sont des facultés universelles, des facultés communes à tout ce qui existe; ce que nous appelons un être et que nous dénommerions plus j us tement une apparence, comme disent les Indous, n’existe qu’en absorbant des éléments de son milieu .et en rejetant à ce milieu des éléments qui le consti tuaient auparavant.
Atman est le nom de la conscience chez les Indous. Ils nomment les facultés spécialisées de l’intelligence : Antahkarana, Manas, Bouddhi, Tchitta et Ahamo kara. , Nous partons maintenant de la conscience ou Atman comme principe actif, comme soleil épandant ses rayons dans l’intelligence. Ce seront donc les choses entourant la conscience, qui seront réfléchissantes de ses émanations.
La première chose rencontrée par les rayons de la conscience est Bouddhi, ce qu’en Europe nous nom. mons la Raison. Atman illumine Bouddhi de son rayonnement. Bouddhi a deux faces, est divisé en deux facultés, l’une Ahamkara,est le principe du moi, de l’égoïsme, la raison personnelle ; l'autre, Antahkarana, est le principe du non—moi, de l’altruisme, la raison imper sonnelle.
PHILOSOPHIE mnoue Nous retrouvons ici la loi de l‘ellipse, condition de toute existence, mise au jour par Malfat‘ti de Monte— reggio, le penseur si estimé de notre directeur Papus, et que Malfatti avait tirée de l’étude des philosophies de l’Inde, ou mieux de la source de toutes les philoso— phies de l‘Inde, les Oupanz‘chads. - Ahamkara, l’égoïsme, la raison personnelle, est une portion de Bouddhi.
Le Védantisme nous dit : L’union d’Ahamkara avec le rayonnement d’Atman, avec l’émanation de la conscience, est aussi étroite que celle d’une boule de fer avec le feu qui l’a chauffée au rouge.
' Notre moi, le sentiment de notre existence, n’est—il pas la chose du monde dont nous avons le plus for— tement conscience P La lumière ou la chaleur ou les deux, en un mot" l’émanation de la conscience reçue par Ahamkara est rayonnée par lui principalement vers le corps physique; elle forme une nappe continue allant de la ‘ conscience au corps physique en passant par Aham— kara. ‘ Les conditions de l’union de notre corps physique avec la conscience par Ahamkara sont nos actions et notre ignorance.
L’union d’Ahamkara et de la con science est indestructible. La philosophie indoue pro clame donc la permanence du Moi. L’union de la conscience (Atman) avec le corps physique peut être détruite par le non—agir et par la connaissance (Vi—‘ i Le sommeil est la cessation du rapport entre Aham-' _ , î liara etle corps physique; celui—ci a perdu toute con-Ü ?‘ l ‘, ' -'.-'..‘ei'ætdfl ‘ vi" A -\‘\-\«A Ï . . _._‘i‘;nÀ.l‘;;‘-Ï-J.Ành i..«,«. m»_.
68 L'INITIATION science; quand les rapports d’Ahamkara, le moi, avec le corps physique ne sont pas totalementinterrompus, ily a la demi-conscience que nous appelons l’état de rêve et quand enfin les rapports entre les deux sont complets, nous sommes dans l’état de veille. L’antahkarana, l’autre portion de Bouddhi, la rai“ son impersonnelle, le non-moi, est inséparable d’At man, la conscience.
C’est de lui que viennent les per ceptions que nous éprouvons dans les rêves et aussi celles de l’état de veille ; en somme c’est Antahkarana qui forme le monde extérieur.
C’est là une question de haute métaphysique sur laquelle nous n’insisterons pas pour le moment; nous nous bornerons à faire remarquer que ce qui a man— qué aux idéalistes allemands Fichte, Schelling, Hegel, Schopenhauer, c’est une psychologie suffisamment précise et la connaissance des deux foyers de l’ellipse retrouvée par Malfatti de Montereggio; leur conception est juste dans la mesure où ils pouvaient avoir rai son.
Le linga-deha (corps subtil), substratum, matière constituante de Manas (l’intelligence perspective dans son mode récepteur et son mode éjecteur, le prisme dé— composeur (et recomposeur des images données par les sens,dont nous avons parlé) et d'A/zamkara, est de na ture matérielle. C’est cela qui subit les trois états de veille, de rêve et de sommeil, et cela aussi qui subit les transformations de la mort et de la naissance.
Nous pensons que ce qui vient d’être dit pourra servir à dissiper quelques-unes des préventions des penseurs d’Europe contre les philosophies de l’Inde
55313.12;.1.—M“ÏWw-MW‘ _._._.e._. ...-N ....«-..... ..—...M-/---_ m,_,_ ,_‘_\..... MA TROISIÈME A M. FABRE DES ESSARTS 69 et leur montrer qu’il peut y avoir profit pouf nous à nous livrer à l’étude de ces philosophies. Les mystiques d’Europe peuvent s’entendre avec les Indous. Ce qu’ils appellent Dieu est ce que les autres appellent Atman’ la Conscience universelle, Ce qui sait. Il leur serait difficile de ne pas souscrire à cette con ception.
Dieu affleure en tout ce qui est conscient, — et quoi n’est pas conscient? La Conscience, Atman, Dieu, c’est le Père qui est en secret de saint Paul. A quoi bon chercher Dieu en dehors de soi, puisque chacun de nous l’a en soi ?
GUYMIO’I‘. jîa ÿraisième à Eabre des Essarts Sur la communion des saints et le rite de la fraction du pain MONSIEUR, J’ai dit que l’homme résultait de l’union d’un psy cholone céleste inférieur avec le psycholone d’un anthropoïde terrestre; que le but de cette union était d’élever au ciel le psycholone d’anthropoïde; que le psycholone céleste au lieu de rester toujours le maître du psycholone anthropoïde était devenu son esclave, d’où les renaissances de l’homme ici-bas, comme c’est la règle pour les animaux.
A diverses reprises des psycholones célestes supé . .....-a (T __,..._ mm.mÆæ. . ..._,..., .__—.. ......... l .'.".l..'ËL. '..'__ L'.‘.; 1‘}!.1'JX'IÎÀ ..-.
70 L'INITIATION rieurs sont venus s’incarner sur la terre pour relever l’homme et préparer la venue du psycholone céleste chef de tous les autres, du psycholone le plus uni de tous au verbe divin, et qui tous les jours augmente cette union, qui ne sera jamais absolue.
Ce psycholone chef, que désormais je nommerai. l’homme premier, le prince de la lumière, le christ s’est adjoint au moyen de son corps éthéré d'autres psycholones supérieurs, de manière qu’à eux tous ils n’ont qu’un seul corps et que tous reçoivent l’in fiuence psychique du psycholone chef et par lui l’in fluence du verbe divin.
Ces psycholones ou esprits supérieurs unis, constituent le centre de l’univers, le vrai soleil du monde, le royaume ou la cité céleste et de ce centre partent trois sortes de vibrations ou de radiations, les intellectuelles, les sentimentales et les physiques. Ces vibrations ou radiations rencontrent dans l’es— pace d’autres esprits à tous les degrés de développe ment et des corps pondérables.
Les radiations sont renvoyées dans l’espace par tous ces êtres, qui servent ainsi de multiplicateurs, mais elles sont réfractées en passant en eux, modifiées selon la nature de chacun de ces êtres, d’où les influences différentes de tous ces êtres dans l’univers.
On comprend que dans l’intérieur de I’ae’rosome commun à l’homme premier et aux esprits supérieurs, les radiations qui partent de l’homme premier ne soient pas modifiées et que les esprits unis à lui par cet aérosome les reçoivent pures et se les renvoient mutuellement pures. _ ,_.,,_,q
,.. MA TROISIÈME A M. FABRE DES ESSARTS 7! Pour nous sauver, l’homme premier, l’Adam cé— leste, le fils de Dieu, a trouvé le moyen de nous unir à lui dès ici-bas. , Pour cela, il s’est dévoué, il s’est fait homme ter restre, et, extériorisant une partie de son corps astral, il en a imprégné du pain et du vin. Ce pain et ce vin sont ainsi devenus parties intégrantes de son sarcosome, et ont joué le rôle de sarcosome.
Alors il a donné ce pain à manger et ce vin à boire aux hommes, et par ce moyen, le corps astral de ces hommes s’est uni au corps astral de l’Adam céleste, du Christ, et n’a plus fait qu’un avec ce corps astral. Dès lors ces hommes ont ainsi ressenti l’influence directe et pure du psycholone du Christ et par lui l’influence pure du verbe divin.
Ces hommes unis au Christ ont pu, en extériori sant une portion de leur corps astral et en imprégnant du pain etdu vin, unir à leur corps astral et par suite à celui du christ d’autres hommes, et ainsi de suite. Les hommes qui, unis au Christ, ont le pouvoir d’extérioriser une portion de leur corps astral et d’en imprégner du pain et du vin sont des sacerdotes, et ceux-là seulement méritent de porter ce nom.
Les hommes qui s’unissent au Christ en mangeant ce pain et en buvant ce vin, mais qui n’ont pas le pou voir d’extérioriser leur corps astral, sont les simples ._fidèles.
L’homme, par des causes qu’il est inutile d’exposer ici,peut rompre son union avec le Christ; mais après une certaine préparation il peut, en communiant, s’unir de nouveau au Christ. .‘\Là—-v\‘»—\,M.\, , ‘ - . . .... \._ a. ..\_n _ ‘-—t—-« —--. < ,,,L .L._,...L. ... \._\ .»....c,_ plgrîmvvr \ . .L .7.-. .-:.; . ._.__ ..-ug..__ u.
»72 l.’XNITIATION Celui qui '_meurt sans s’être uni au Christ par la communion, subit le sort des bêtes, c’est-à-dire renaît sur la terre. Celui qui, au contraire, est uni au Christ au moment de la mort, ne renaît pas, il va au ciel, - c’est—à-dire avec le Christ au centre de l’Univers. Telle est, selon moi, la théorie du rite de la fraction du pain. Et tel est le moyen institué par l’Adam céleste pour sauver les hommes.
Ceux qui meurent unis au Christ quittent définiti— vement la terre, ainsi que je l’ai expliqué. Ceux qui renaîtront d’ici à la fin de la terre pourront, dans une de leur renaissance, s’unir au Christ et quitter aussi la terre. Mais ceux qui ne renaîtront pas d’ici à la fin de la terre ou qui, s’ils renaissent, ne s’unirent pas d’ici là au Christ, que deviendront-ils ‘?
Quand le soleil sera sur le point de s‘éteindre, toute vie organique s’éteindra aussi sur la terre. Alors, le Christ avec tous les hommes d’origine terrestre qui sont au ciel avec lui, descendra sur la terre.
Sous l’in fluence de l’approche de ce vaste corps astral et de tous les esprits qu’il renferme (x), produisant d’intenses vibrations, il arrivera: 1° Que les hommes qui seront encore vivants seront dématérialisés, c’est-à-dire que leur sarcosome sera décomposé et disparaîtra pour ne leur laisser que leur corps astral alors visible pour tous; 2° Que les hommesà l’état de molécules germes (2), seront dilatés et reprendront la forme humaine, avec un corps astral ou aérosome visible. (1) Cité céleste, Jérusalem céleste; antichtone. (2) Voyez mon article de mai 1895; dans l’Initiation.
MA TRO!SIÈME A M. FABRE DES ESSARTS 73 l Ceux qui, parmiles premiers, seront unis au Christ, seront emportés par lui et ses saints dans les profon deurs de l’espace, au ciel.
Ceux qui ne seront pas unis àlui ou qui feront partie de la deuxième caté gorie, seront laissés sur la terre glacée, et erreront sur cette terre au sein des ténèbres, tourmentés par les élémentals et les autres esprits inférieurs jusqu’à ce qu’avec les siècles, la terre s’émiette avec les autres astres de notre système et que tous ces fragments et tous ces fantômes passent au travers d’une nébuleuse enflammée où tout entrera en ignition et sera décom posé pour reformer avec le temps un nouveau système solaire peut être fort difi“érent de notre système actuel.
Parmi les conséquences pratiques qui découlent de la théorie précédente, je veux ici signaler la plus im portante; c’est que nous ne savons pas si d’ici à la fin de la terre nous renaîtrons, et que par conséquent nous ne devons pas renvoyer à une prochaine renais sance notre union avec le Christ; nous devons nous unir dès la vie présente.
Il ne faut pas. croire que cette venue ou mieux cette approche de la terre, de l‘homme premier à la fin de notre globe, soit une exception. Le Christ peut descendre de même sur d’autres terres de l’espace suivant les besoins. La destinée de l’homme est donc d’être un membre d’une vaste association d’esprits ayant à leur tête pour roi le Christ et n’ayant tous qu’un même corps étheré avec lui.
Ce grand être collectif qui s’agran— dira indéfiniment et progressera indéfiniment, cons— titue le gouvernement providentiel de l’univers et I .n—.g.n ,....t_ 2‘ _L __ ._‘_.L—‘.l‘1mÏ.i‘_’k J. . . nul.- 4s..«1.«-4
74 L’INITIATION aussi le royaume du ciel. Dans ce royaume tous parti cipent au Verbe divin à divers degrés, et tous aussi à divers degrés contribuent au gouvernement du cosmos tant psychique que physique. Notre conception de la destinée humaine est donc diamétralement opposée à celle du bouddhisme.
« Les philosophies d‘Europe, nous dit M. Guymiot, conseillent la marche tranquille sur la route de l’exis— tence, comme forçat de la manifestation ; les philoso phies d’0ricnt conseillent de s’évader de cette route pour entrer dans le domaine du grand repos. » Les philosophies d’Europe, dironsmous à notre tour, étant de nos jours arrivées à la certitude de l’existence d’individus réels impérissables, ne peuvent pas conclure à leur absorption dans la subs-i tance universelle comme cela devient logique. dans le panthéz‘sme.
Dans cette doctrine de l’enfance de l’esprit humain, les individus ressemblent à des fragments d’écume qui se forment pour un temps sur la crête des vagues de l’Océan pour se transfor— mer et disparaître après à jamais.
En second lieu, si les philosophies de l’Orient ont conseillé de s‘évader de la route de l’existence, c’est l parce que, ne connaissant pas le vrai système du monde, ils ont comparé toute existence à l’existence terrestre pleine de douleurs et de déceptions, ce qui leur a fait dire : qu’il vaut mieux n’être pas que d’être.
Mais notre notion du monde est différente de la leur; et nous concevons des degrés de l’existence extrater— restre parfaitement heureux et enviables. De sorte que ce n’est pas l’anéantissement que nous rêvons, .L.‘ une {M q".."‘. i
MA TROISIÈME A M. FABRE DES ESSARTS 75 mais l’existence supérieure .de plus en plus parfaite, l’activité rendant heureux d’exister et non le grand repos, c’est-à—dire le néant. Inutile de venir nous raconter que le nirnäna rêvé par les bouddhistes n’est pas l’anéantissement. La connaissance des textes et la critique philosophique ont depuis long temps fait justice de cette assertion soutenue de temps en temps par des ignorants, prétendus initiés à une prétendue doctrine secrète, de certains prétendus savants mystérieux habitant les régions inaccessibles du Thibet. Je termine ici, Monsieur, l’esquisse très rapide et très imparfaite de la gnose que je voulais vous sou mettre, mais vous me permettrez de vous adresser encore une lettre pour vous parler de l’Eglise cathare. Dr 1* UGAIRON. «vas a» .521 ._ 15.155 .5 1*")
PARTIE LITTÉRAIRE LES TR(ŒlS PRTES W TEMPLE (Suite et fin) Le Souverain Architecte me regarda d’un air inter rogateur. — Oui, dis—je, pourquoi ne pas employer ces pierrailles ? — Mais, voyons, jeune homme, ignorez-vous les règles les plus élémentaires de la construction. Ces cailloux sont beaucoup trop petits et jamais on ne parviendraità dresser leurs faces pour les appareiller. — Non, répondis-je; mais on peut les laisser tels que la nature les a faits et en constituer un béton fort solide. — Jamais, s’écrie le Pontife. Il faut que les surfaces soient réglées et que les défectuosités de la nature dis paraissent sous le ciseau de l‘ouvrier; d’ailleurs, la tradition de Rome est de bâtir sans ciment, et nous saurons tenir la main à ce qu’elle soit respectée jus qu’à la consommation des siècles. — Je reconnais, dis-je, que vous avez fait chose ___, ._, _À 4‘ - ...- __.,_.__,._ ‘
LES TROIS PORTES DU TEMPLE" 7ÿ sage en proscrivant l’emploi du bitume dont se ser vaient les ouvriers de Babel et que votré discipline a été assez énergique pour imposer réellement cette défense à vos travailleurs.
Mais le béton dont je vous conseille l’emploi devrait être composé au moyen de ce ciment naturel sans lequel vous n’aboutirez jamais à réaliser votre projet. — Où voulez-vous, dit—il, que l’on trouve du ci— ment en quantité suffisante pour un travail semblable? — Ne savez-vous pas que la Nature en possède des réserves inépuisables : c’est l’or potable des rose croix. — Sottises d’alchimistes et de charlatans! dit le Pontife d’un ton irrité.
Si vous n’avez rien à ajouter, notre entretien est clos. Je voyais qu’il serait inutile d’insister et que le grand travail après lequel l’humanité soupire depuis des siècles continuerait à dormir dans les cartons du Saint Père à moins que les maçons libres ne parvien nent à le réaliser eux-mêmes.
Pour moi, j’avais à poursuivre ma mission person nelle et à traverser le fleuve; les bois emmagasinés pour le travail pouvaient me servir à confectionner un radeau; quelques ouvriers m’auraient aidé et auraient reconduit ensuite les bois à la rive dont ils étaient partis.
J’exposai ce projet en quelques mots et sollicitai de la générosité du Pontife l’octroi dé cette faveur. — Et que veux-tu faire, me dit-il, au pays de la mort? — Accomplir ma destinée. l._M—JM.I—m__fl_A .... -... , ....., «,1 .:..>.. “1......" :.-w«»4-n«m.—. ...n}w»-w-y .ÿA-_uzt_!—v 3 ._gaL_za_._..__œ..—xlu—_“_w _____,_. L..- _x _l_l—I:.Jgl .: 2:.
,78 ' LÎINITIATION Son regard perçants’appuya sur le mien qui resta franchement tourné vers lui. — Va, me dit—il, les ordres seront donnés. Je me retirai et me rendis auprès du fleuve ; quel ques ouvriers, de ceux enrégimentés par le Pontife, s’étaient réunis autour d’un, hangar où gisaient les pièces de charpente que je devais employer à la con fection de mon radeau.
Je les priai de hâter leur travail ; mais ils n’avaient pas la force de remuer ces fardeaux. —— Oui, me dit l'un d’eux; il y a si longtemps que nous sommes restés inactifs, que nous avons les mains comme mortes. Et en effet, il me montrait ses doigts qui retombaient mous et sans énergie.
Que pourrait-on faire de bon avec .de semblables travailleurs ? —— Laissez, dis—je; le matériel de votre chef pourra me servir; mais je vais faire appel à des hommes plus ardents et plus courageux pour le mettre en œuvre. Je sortis et du dehors, je m’écriai à pleine voix: « A moi, les de la V...! » Aussitôt se présentèrent quelques ouvriers francs et solides.
J’eus bientôt fait de leur expliquer le Service amical que j’attendais d’eux, et nous assemblâmes gaîment le radeau sur lequel j’allais faire la grande traver sée. ‘ ' Comme j’embarquais, je priai quelques-uns des maçons soumis de m’accompagner afin qu’ils eussent
LES TROIS PORTES ou TEMPLE 79 V\.‘-‘ la’garde des objets qui m’avaient été confiés et qu’ils pussent les ramener. Au moment où les trois animaux domptés qui me suivaient prirent place à leur tour sur le radeau, les ouvriers pontificaux manifestèrent une frayeur co mique. —— Ne craignez rien, leur dis—je.
Ces bêtes sont sous l’empire de ma raison, et il leur est devenu impossible de faire le mal. — Il serait plus simple de les tuer, fit l’un d’eux. —— Vous pourriez en massacrer quelques-uns, mais vous n’éteindriez jamais l’espèce. Il faut donc prouver qu’on peut les domestiquer, et c’est pour cela que je les garde partout à mes côtés.
Bientôt nous nous trouvâmes au milieu du fleuve et pendant que mes frères ramaient en silence, je racontai à ces hommes l’histoire de ce grand travail, de ce pont gigantesque auquel pensent les générations qui se succèdent à la surface de la terre depuis l’aurore de la vie sociale. , — Mais, me disaient—ils, pourquoi ce grand œuvre n’est-il pas encore réalisé ? — L’esprit de calcul est bon en soi, répondis-je; mais ses fruits dépendent du principe où puisent ses racines.
Nous patienterons jusqu’au jour prédit par e prophète où la chair d’un homme vaudra plus.que tout l’or d'Ophir. En attendant, le devoir de ceux qui savent est de travailler en silence et d’explorer les régions maudites. Le mur d’airain de la Fatalité se dressait pour la première fois aux yeux de ces misérables créatures et A-n- .
80 L’INITIATION elles restaient atterrées à l’aperçu de la mesquinerie de leurs préoccupations journalières. Lesilence ne fut plus troublé jusqu’au moment où mon embarcation atteignaitla rive désolée. Je descendis après avoir adressé un cordial adieu à ces figures humaines, les dernières peut—être que je devais apercevoir...
Et restant seul, je vis làntement s’éloigner dans la nuit, sous le clapotement des vagues, les flammes tremblotantes des lanternes qui éclairaient le radeau. Je me souvins des heures cruelles de Gethsémani et tombant à genoux, je ne pus retenir mes larmes: À 0 mort, terreur éternelle des vivants, sois-moi douce et permets à l’audace infinie de mon amour de pénétrer jusqu’à toi.
Comme je me relevais, j’aperçus le ciel qui se colo rait d’une lumière froide et blanchâtre et à l’horizon, le miroir arrondi de la lune s’élevait doucement au dessus de la terre. — C’est là, me dis—je, que j’irai. Le sol sur lequel j’avançais était aride et desséché ; aussi loin que la vue pouvait s’étendre la même nudité sÿétalait, pas le moindre arbrisseau, pas un brin d’herbe qui perçât entre les pierres du chemin.
Au loin, vers la région où je me dirigeais, s’élevaient de hautes montagnes aux arêtes vives ; les rayons de la lune s’y jouaient dans les facettes étincelantes des glaciers et faisaient briller les blancheurs des neiges virginales. > Pendant de longues heures, je cheminai ainsi sen tant mon âme s’épurer aux âpres émanations de ces l
LES TROIS PORTES DU TEMPLE 81 solitudes solennelles: mes regards perçurent tout à coup comme le vague mouvement d’un spectre, d’un brouillard obscur et traînant sur ma route à quelques centaines de pas.
Je m’approchai et reconnus un homme étendu là; son visage était pâle et maigre; ses vêtements étaient en lambeaux. — Qui es-tu? figure pitoyable, fantôme ou pres tige ? demandai—je. — Je ne suis, me dit-il, qu’un humain comme toi; j’ai cherché à pénétrer dans les sanctuaires de la mort.
La puissance de mon désir m’a amené jusqu’ici, mais tu vois l’état dans lequel je suis obligé d’attendre la consommation des siècles et la fin des temps. — Cette route ne mène-t-elle donc point au véri table But P — Si, dit-il; elle est bien le vrai chemin de Sainteté ; mais tu ignores encore les épreuves qui t’attendent. — Ah! dis—je, quelles qu’elles puissent être, mon courage les affrontera ! — Sache, me dit—il, que moi, je m’étais imposé pendant ma vie entière les privations les plus dures ; chaque jour, je mâtais ma chair par des pénitences terribles, et, lorsque je me présentai à la porte, la der nière, celle qui est là-bas, dit-il, en montrant les pics glacés, on m’a répondu... — Quoi donc ? — On m’a répondu, dit—il en se soulevant à demi : Il faut que la chair quitte les os ! ! ! et il retomba acca blé une fois de plus par le poids énorme de cette sen tence cruelle. . ,._.;_gg r . -...
82 L’INITIATION Je restais muet. Il me regarda : -— Tu ne trembles point, me dit-il. -— Non, dis—je, je me rappelle avoir vu un tableau effrayant; c’était un martyr des premiers siècles de la foi chrétienne; une foule excitée par la rage du mal vaincu et impuissant, arrachait, lambeau par lambeau, les muscles et la peau du héros qui souriait en bénis sant ses assassins. Si c’est là ce que je dois subir, je suis prêt!
Qu’il en soit fait selon les décrets de la Sagesse Immuable! — Oui, ta bonne volonté me parait sincère. Mais ce n’est pas tout. Les gardes ont ajouté une phrase plus effrayante encore pour celui qui sait pen— ser : nul n’entre, m’ont-ils dit, s’il n’est adorable! — J’irai, répondis-je avec calme, et Dieu me jugera! — Ton audace est sans bornes, murmura le saint. -— Adieu et que les siècles te soient légers !
Mon ardeur allait croissant, car maintenant j’étais sûr enfin d’atteindre à cet Infiniment Désirable que les hommes cherchent vainement dans les ténèbres de leur existence terrestre. Je m’élevais sur une montagne escarpée où les aspé— rités de la roche arrachaient mes vêtements et bles saient mes mains, mais j’avançais toujours écoutant le chant triomphal qui résonnait déjà dans les abîmes de mon cœur.
Bientôt, j’atteignis un plateau élevé et fermé par une muraille basse et droite comme l’enceinte d’un pauvre cimetière de village. Le sol était couvert d’ossements, des squelettes
LES TROIS PORTES DU TEMPLE entiers étaient couchés là dans des attitudes di verses. —— Oh l m’écriai-je, voici les ossements de ceux qui ont vaincu et qui sont entrés dans le séjour bienheureuxl Et je me précipitai à genoux, baisant dans les trans ports de mon adoration les crânes blanchis de ces héros qui avaient franchi le passage sublime.
Au moment où je tenais embrassé l’un de ces sque lettes dont la bouche entr’ouverte semblait me sourire, une main toucha mon épaule. Un homme de haute taille était devant moi ; il était vêtu d’une robe blan che, brodée à la poitrine d’une croix rouge.
Dans sa main gauche, il tenait un étendard blanc et noir. — Laisse là, me dit-il, ces ossements qui ne sont plus rien ; ne t’attarde pa&plus longtemps ; tu es sur le chemin des Maîtres; je te confie le Beauséant, notre oriflamme de guerre, le Drapeau du Temple, le Sym bole‘ du véritable Esprit de Charité et d’Union. A ces mots, je reconnus Jacques B.
Molay et je pris de ces mains le glorieux insigne. —— Va, me dit-il, me montrant devant moi une petite porte de sept pieds de haut, ouverte dans la mu raille. Va, sois ferme et ardent. Je courus à la porte; sur son fronton, je distinguai une rose sculptée et faiblement colorée. — C’est là, pensai—je, qu’il faut tendre! Au-dessus se lisaient les quatre lettres I. N. R. I. que je déchifirai cette fois : Igne Nova, Renouaz‘z‘o In teg ra ! —— Que la volonté de Dieu s’accomplisse! m’écriai
84 L‘INITIATION je à haute voix, et je plantai vigoureusement la pointe de mon épée au cœur de la Rose pâle. « Hosannah! liosannah! » Ce cri retentit sous les Cieux, tandis que.la porte s’ouvrait, découvrant les splendeurs éternelles aux sons harmonieux des chœurs angéliques. Et la Vérité se révéla, proclamant : — QUE LE SOLEIL AIM’E LA LUNE ET RÉJOUISSE LES ÉTOILES! — Amen! dit l’Intelligence.
' — Amen ! répétèrent les échos de la vallée de J osa phat MICHAEL. D. G. E. S=.‘xI-‘S‘ Faculté des Sciences Hermétiques Les vacances ont commencé le 1” juillet et se terminent le le” octobre.
Pendant cette période de repos, la direc tion va mettre à point et publier le programme détaillé des examens pour chaque grade, ainsi qu’une instruction aux écoles secondaires de Province et de l’Etranger pour la tenue des examens. ’ L’Université libre des Hautes Etudes publiera en octobre les programmes d’examens des trois Facultés qui la composent actuellement. ©3DâE MAâÆ‘INÏSTE La ville de Gorlitz (Silésie) se proposant d’ériger un monument au grand mystique Jacob Bœhm, nous pen sons que l‘0rdre Martiniste ne peut se désintéresser de
m - LA MORT DE SCHLATTER 85 l’hommage à rendre à la mémoire d’un des maîtres de Saint-Martin. Aussi serions-nous reconnaissant à tous les Délégués et à tous les Chefs de Loges ainsi qu’aux Initiateurs libres qui feraient Connaître cette œuvre. Nos frères d’Europe et d’Amérique sont invités à envoyer directement leur souscription, aussi minime soit-elle, à M. Heyne, bourgmestre de la ville de Gorlitz (Silésie), pour le monument de Jacob Bœhm.
Le P:;: S;'_: C::' PAPUS. LA ®B'IÏ DE S(ËÈŒE.AÎÏ’ÎÏ’ËŒ (New- York Journal.) Schlatter, le divin guérisseur, est mort. Son cadavre vient d’être trouvé dans les montagnes au nord de Mexico; à côté de lui était sa bible, le seul aide dont il se servit jamais pour produire des miracles que des mil liers de personnes sont prêtes à affirmer.
On a la certi tude qu'il est mort de faim; du reste, au moment de disparaître, il avait annoncé son intention de jeûner quarante jours, à l’exemple de son maître. Il est facile de dire que Schlatter était fou et qu’il aurait fallu le protéger contre le suicide, mais sa voie n’était pas celle des autres hommes. Il dédaignait l’ar gent; souvent les personnes guéries lui oflrirent de fortes sommes; il n’accepta jamais rien.
Beaucoup ver ront dans ce fait une preuve de sa folie. Il est impossible de comprendre à New-York l’énorme impression produite par cet homme dans l'Ouest. Il y a eu certes dans les siècles écoulés des Thaumaturges, mais à notre époque, presque tous les guérisseurs n’ont en vue que leur intérêt.
Cet étranger toujours errant et misérablement vêtu, mendiant son pain de ville en ville, fait exception; de plus, sa foi en lui-même et ses guéri— sons sont hors de doute. Nous approchons du xx° siècle et nous savons ou
86 L’INITIATION croyons savoir que Schlatter soignait surtout l’esprit. Ceci n’est pas nouveau, mais il y a certainement plu sieurs milliers de citoyens à qui cette explication sem« blerait aussi absurde qu’à nous l’idée de miracle. Schlatter a vécu trop tard. Il y a seulement deux ou trois siècles, il aurait suscité une croisade ou bouleversé le monde par une renaissance religieuse.
Admettons qu’après cela, il fût mort de faim dans un désert. on lui aurait certes bâti une cathédrale pour une railleuse pos» térité. Schlatter était un véritable Ermite du moyen âge. Il suivait la règle d’un prêtre laïque. Il observait les vœux de pauvreté, d’humilité et de chasteté, et il est mort martyr de sa foi. Était-ce un imposteur? Si l'on veut, mais il a toujours été sa première dupe. Il n’a jamais fait de mal.
Il était honnête et dévoué, et ce ne sont pas des qualités assez communes aujourd’hui pour en rire. On devrait élever un monument à Schlatter et garder sa mémoire; au lieu de cela, nous, apprenons qu’un direc teur de musée cherche à s’approprier son cadavre pour l’exposer!
Une dépêche de Paso del Morte en date du 7 juin nous apporte quelques détails : Les restes mortels de François Schlatter sont mainte nant réduits en poussière par l’ardeur soleil de Mexico. Schlatter le guérisseur, le pauvre cordonnier du C010» rado, dont les merveilleuses cures attiraient vers Denver tout un peuple de boiteux, d’estropie‘s et d‘aveugles, a passé par où passe tout ce qui est mortel.
Le 29 du mois dernier, un jeune vacher mormon, pas sant à peu près à vingt-cinq ‘milles de Casa Grande, vit pendus aux branches d’un vieux chêne stérile et soli taire une selle, une bride et un chapeau. S’attendant à trouver un campement, il quitta le sentier et courut à l’arbre. Là s’offrit à sa vue le squelette blanchi d’un homme couché sur une couverture, dans une pose tout à fait naturelle.
Sur les os, aucune trace ni de vêtements ni de chair. Le crâne brillait au soleil. Le squelette était couché sur le dos, la main droite reposant sur la poi— trine, la gauche étendue le long du corps. Le genou droit était plié; la jambe gauche étendue. Aucune trace de lutte; tout indiquait que l’homme était mort tranquille
EXTÉRIORISATION DE LA MOTRICITÉ 87 ment pendant son sommeil. A ses côtés gisait une petite baguette de cuivre longue de trois pieds et demi environ. Auprès de l’arbre, sur une pile de vêtements, le vacher vit une Bible et deux agendas. Le nom de François Schlatter était écrit à l'intérieur de la couverture de la Bible; au-dessous, deux versets d’une prière et une adresse : Clarence S. Clark, Denver, Colorado.
Le jeune homme tourna ensuite son attention sur les objets pendant à l’arbre. Il trouva une selle faire à Den ver, une bride, une corde, un chapeau de feutre blanc et une gourde contenant un peu d’eau. Sur tout cela une sorte de charpente, aucun ustensile de cuisine, aucune provision. Rien ! l’homme était évidemment mort de faim! Le vacher raconta la découverte au juge de Casa Grande qui fit photographier le squelette et les différents objets.
' La première nouvelle de cette découverte a été don née par MM. Richard Caples, entrepreneur, Georges Look, Stanley et Frank Barnum, qui vinrent de Casa Grande, où ils ont pu voir le squelette reposant à l’en droit où il a été trouvé ; les os ont été enterrés au pied de l’arbre et la couverture brûlée. Il ne peut y avoir de doute sur l’identité du guéris seur.
C’est à Lordsburg (New-Mexico) qu’il a été vu pour la dernière fois, monté sur un cheval gris. Comme on lui demandait où il allait, il leva sa baguette de cuivre et l’étendit dans la direction de Mexico.
PHANEG. axriarnaxsarrna on ma moment Séance du 12 juin 1897 Je passerai sous silence les phénomènes qui se produi sirent en séance obscure, en signalant toutefois des communications intelligentes obtenues au moyen du cliquetis aérien que le médium (ma mère) entendit pour la première fois.
88 L’lNlTIATION Je reçus ainsi l’invitation de prendre l’épée; j’obéis et me plaçai dans un angle opposé à celui où j’étais assis précédemment. A peine la lampe fut-elle enlevée qu’un grand tapage se produisit dans l’angle que je venais de quitter. Le bruit devint telle qu’une dame effrayée ouvrit brus quement la porte d’une pièce voisine éclairée par une forte lampe à pétrole; la lumière électrique jailliten même temps.
Nous vimes alors deux cadres, suspendus par une ficelle à une hauteur inaccessible aux assistants, agités dans l’espace par des mains invisibles sans cependant que les cordes d’attache quittent les clous de soutien. La partie supérieure de l’un des tableaux (une toile placée à 2'“,50 du sol) est enfoncée sur une longueur de 0‘”,40.
Les dames présentes paraissant peu soucieuses de con tinuer ce genre d’expérience, la séance est levée à 10 heures et demie. A mon avis, il convient de se méfier d’une motricité extériorisée qui secoue les cadres, enfonce les tableaux et..... redoute le pouvoir des pointes. A. FRANçOIS. Union Idéaliste Universelle EETEÈE J‘U’STÆGE!
La race arménienne, à l’heure de disparaître à jamais de la surface du globe, adresse un suprême appel à l’hu manité tout entière. Ce que cinq siècles de persécutions odieuses n’ont pu faire, la confiscation et la destruction de- nos biens, la prescription et les massacres sans cesse renouvelés vien nent l’achever en ce vingtième siècle qui s’ouvre!
Dispersés sur toute la surface de la terre les proscrits arméniens, assistent impuissants à la destruction com plète de leur race. Ils viennent, une dernière fois, implo rer les nations civilisées au nom de ceux qui, dénués de toutes ressources, mourant sur une terre qu’il leur est
PITIE! JUSTICE! 89 défendu de cultiver, expirent découragés, abêtis par des souffrances sans nom qu’ils endurent sans se plaindre plutôt pour sauver la vie de ceux qui les entourent que pour échapper à un trépas qui serait pour eux une déli— vrance.
Abandonnés dans une province désolée, privés de toute communication avec le monde extérieur, nos frères, retenus par la force des circonstances sur le sol de nos ancêtres, n’ont nul moyen pour faire connaître les actes monstrueux qui se commettent, encore et tou jours en cette malheureuse Arménie qu’on égorge, et nourrir l’espoir que parmi tant de peuples civilisés, puissants et riches, il s’en trouvera un assez généreux pour écouter la plainte des désespérés et voler à leur aide l...
Nous, signataires de cette pétition, demandons la jus tice impartiale; nous supplions, nous tendons les mains vers l’humanité, vers tous ceux qui ont à cœur l'intérêt de la civilisation et le bien-être des peuples, pour qu’il nous soit accordé le droit de vivre; nous ne voulons pas que la race à laquelle nous sommes fiers d’appartenir disparaisse avec notre langue et nos poétiques tradi— tions, nous ne pouvons pas que l’Arménie, Où la légende biblique établit le Paradis terrestre, reste le désert mau dit, le pays de l’horreur.
Nous pouvons être utiles à la Société, et figurer avec honneur dans l’histoire de la civilisation, nous revendi quons nos droits d’hommes, de citoyens arméniens, pour l’accomplissement des devoirs qui incombent à notre race; nous réclamons la sainte liberté de remplir la mis sion qui nous a été confiée, et que cinq siècles d’oppres sion ne nous ont. pas permis de mener à bonne fin.
0! nations civilisées et gouvernants du monde, rendez l’Arménie aux Arméniens, en accordant l’autonomie complète à notre/ malheureuse patrie, et nous accepte rons avec gratitude la suzeraineté des sultans.
Nous promettons au monde de rétablir l’ordre et la paix en Arménie, de protéger la liberté de la presse et de la pensée, de respecter les religions, d'établir les ré formes administratives si désirées des sujets arméniens et turcs, de créer une armée locale, indispensable pour t
go L’INITIATION arrêter les invasions des hordes barbares .de Kurdes et de Circassiens, qui désolent cette contrée; nous promet tons de tirer tout le parti possible des ressources im menses dont la nature a si richement doué l’ancien royaume d’Arménie; nous mettrons à l’œuvre tous les bras, toutes les énergies, tirant du sol de la patrie rendue; la richesse qui profitera à tous.
Placés aux portes de l’Orient, nous ouvrirons l’Asie au commerce, à la science, aux arts; nous serons la nation qui nuira les peuples de l’Ouest à ceux encore si arriérés de l’Est; et par notre organisation d'ordre, nous sou Vtiendrons l'empire ottoman, exposé à tant de dangers, collaborant ainsi au maintien de la paix_ européenne et au grand-œuvre de la civilisation de l’Orient.
Au nom de l’humanité, Au nom de la Religion, Au nom de la Sainte Politique, Par pitié et par prudence, 0! nations civilisées, ne prolongez pas indéfiniment notre supplice par une indifférence, dont les consé— quences funestes pourraient retomber sur la tête de vos enfants; mais, unisseztous vos efforts pour obtenir en fin l’autonomie de la pauvre Arménie.
Suivent 400 signatures. nm: nausée un samwnanmn Les victimes innocentes entrent dans le plan de l’éco nomie divine qui les emploie comme un sel pur et con. servateur, afin de préserver par là de l’entière corruption et de la dissolution totale les victimes coupables avec lesquelles elles descendent dans le tombeau. (Esprit des choses, II, 180). ‘JLA SGEEN‘GE SUEÈRIEU‘JËŒE M. W.
M. Kingsland vient de faire paraître dans le Nova Lux de février un très remarquable article sur la r‘...r“‘ "——‘*e «n«*—- n"r'
LA SCIENCE SUPÉRIEURE ' 91 science supérieure. Il y démontre I’infériorité de la science matérialiste, qui ne veut rien reconnaître au-dessus de la matière et de la force, et indique l’existence d’une science plus élevée qui traite des forces occultes de la nature et développe dans l’homme des facultés incon nues.
Pour la première de ces sciences, esprit, intelli— gence, raison, âme n’existent pas en dehors du cerveau; pour l’autre, au contraire, séparer la conscience entière du corps physique n"est qu’une question de développe ment; l’une s’occupe seulement des forces physiques, l'autre a pour but de rendre l’individu capable de soule ver le voile derrière lequel se cache la matière, en éle vant la conscience à un plan supérieur.
Le magnétisme, la clairvoyance, la transmission de pensée ne sont que des manifestations involontaires de certains pouvoirs latents dans l'homme et que la science naturelle fait trop souvent disparaître en les traitant d'illusions ou de travail cérébral inconscient. En magnétisme, les savants cher chent vainement la clef des phénomènes et ne veulent pas admettre l’existence de l’esprit indépendamment du cerveau et du système nerveux.
Depuis longtemps, la. science occulte a expliqué ces phénomènes et enseigné qu’en se bornant à étudierles facultés physiques, le pro blème de l’existence de la matière et de ses diverses ma nifestations restera insoluble. ' M. W. M. Kingsland pose ensuite l’importante ques tion des conditions d’existence après la mort et établit les grandes difficultés que présente la compréhension du temps nécessaire à l’évolution d’une âme humaine.
La monade spirituelle doit avoir la conscience entière d'elle-même, avant d’exercer ses facultés dans les plus hautes régions de la nature, et tant qu’elle ne l’a pas, elle doit se chercher une nouvelle forme et suivre plu sieurs fois l’école de la vie. Nous devons nous comprendre nous-mêmes avant de chercher à comprendre le Créateur, et pour arriver à ce résultat, l’expérience nous est nécessaire.
Certes, le chemin est aride et périlleux, et si nous voulons pouvoir le suivre, il faut faire le sacrifice des plus tendres illu sions produites par nos facultés physiques et bien nous persuader que s’il a fallu pour le développement de notre
92 L’INITIATION corps matériel, tant de milliers d’années, une courte vie humaine ne peut suffire au développement de l’esprit et des principes supérieurs. D. EIBLI©GBAEEIE Sous le titre Pages de contrebande, et avec une préface de Pierre de Lano, M. GASTON DUJARRIC vient de faire paraître chez Fischbacher, 33, rue de Seine, un volume aussi instructif qu’agréable à lire, ce qui est rare auiour d’hui.
Science, littérature, philosophie et même occul— tisme, tout ce qui intéresse le contemporain est passé en revue avec une finesse et une compétence véritablement exceptionnelles. Peu de volumes nous ont procuré un si réel plaisir à la lecture. P. ut a. Stella, par CAMILLE FLAMMARION, 1 vol. in-18, 3 fr. 50.
Dans cet important ouvrage, le grand écrivain spiri tualiste étudie, sous forme de roman, une foule de pro blèmes psychiques et sociaux du plus grand intérêt. C’est la situation du véritable savant devant la société et devant l'amour qui est exposée et disséquée de main de maître. Une sortie de corps astral bien décrite nous a particu lièrement frappé. Nous espérons consacrer à ce volume un compte rendu digne de lui.
P. a on Notes and Querz‘es, Manchester (U. S. A.) Nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs con naissant l’anglais cette excellente publication spiritua liste. On y trouve étudiés les problèmes les plus élevés qui peuvent intéresser les occultistes, et il faut rendre grâce au dévouement avec lequel M. Gould dirige cette importante publication. l .
LOUIS ERNAULT. — La Douleur du Mage, poème, un vol. in-IS, à la Librairie de l’Art Indépendant, 2 fr. Fort beaux vers ésotériques.
SYNDICAT DE LA PRESSE SPIRITUALISTE DE FRANCE Syndicat de la Presse spiritualiste de France SIÈGE SOCIAL ET SECRÉTARIAT GÉNÉRAL: Paris, 23, rue St—Merri, Paris. Les communications doivent être adressées au Président ou au Secrétaire général du Syndicat, 23, rue St-Merri, Paris. STATUTS ART.
1". — Une association est fondée à Paris, sous le titre de Syndicat de la Presse spiritualiste de France, dans le but de resserrerles liens de confraternité et de solidarité qui existent entre tous les membres d’une même corporation et tous les écrivains ou publicistes spiritualistes de France, quel que soit leur genre, scien tifique, moral ou littéraire, de les protéger et les encou rager dans les circonstances difficiles de la vie profes sionnelle, de répandre les idées spiritualistes, sans dis tinction d’écoles, de doctrines ou de croyances, chaque directeur ou rédacteur de journaux et chaque écrivain conservant son entière indépendance.
Le siège social est à Paris, 23, rue Saint-Merri. ART. 2. —— Le syndicat est représenté par un bureau composé de quatre membres nommés pour un an. Ils sont rééligibles. ART. 3. — Le bureau se compose de: Un président; Deux vice—présidents ; Un secrétaire général, faisant fonction de trésorier, qui pourra, sous sa responsabilité, s'adjoindre un sous secrétaire; mais ce dernier n’aura que voix consultative. ART.
4. — Le bureau se réunit aussi souvent que l‘exigent les intérêts du syndicat. ART. 5. —— Dans le courant de mai de chaque année, le syndicat se réunit en assemblée générale‘ordinaire, sur la convocation adressée par le secrétaire général, au moins quinze jours à. l’avance à chacun des sociétaires.
94 L’INITIATION Le secrétaire général fait un rapport sur la situation du syndicat et présente la comptabilité. L’assemblée exa— mine et approuve les comptes. Cela fait, les membres du bureau démissionnent, et l’assemblée procède à l’élection du nouveau bureau, sous la présidence du membre le plus âgé et avec l’assistance -du membre le plus jeune. ART.
6. — Le bureau est élu à la simple majorité des voix, quel que soit le nombre des membres présents. L’ordre du scrutin est le suivant: Election du président; Élection de deux vice-présidents; Election du secrétaire général. En cas d’égalité de suffrages, il est procédé à un second tour de scrutin. Si l’égalité persiste, le plus âgé est proclamé élu. ART.
7. — Les réunions et assemblées générales ordi naires ou extraordinaires ne sont pas publiques. Elles ont lieu au siège social du syndicat. ART. 8. — Sur la demande motivée de trois des membres du bureau ou du tiers des membres syndica taires, une réunion générale pourra être provoquée. La lettre de, convocation devra exposerle but de la réunion. ART.
9. -— Le bureau ne peut délibérer valablement que si trois au moins de ses membres sont présents. Il ne peut prendre aucune décision engageant le syndicat. En cas de partage, le président a voix prépondérante. ART.
10. — Pour faire partie du syndicat, il faut: 1° Etre ou directeur, ou rédacteur, ou collaborateur d’un journal spiritualiste ou publiciste spiritualiste; 2° Faire la demande au Président, qui propose l’ad mission au bureau, ou être présenté par deux sociétaires;. 3° Etre admis à la majorité des membres du bureau. ART. 11 . -— Chaque sociétaire paie une cotisation an nuelle de 3 francs. ART.
19.. — Toute démission doit être adressée par écrit au président qui en donne avis au bureau ART. 13. ——En cas de démission ou de décès d’un
SYNDICAT DE LA PRESSE SPIRITUALISTE EN FRANCE ,membre du bureau, il est procédé à son remplacement par l’assemblée générale des sociétaires convoqués à cet effet.
ART.- 14. — Sur la proposition d’un membre du bureau, tout adhérent peut être rayé pour : 1° Non—paiement de ses cotisations dans le délai d’un mois qui suivra une mise en demeure; 20 Infraction aux statuts, préjudice volontaire porté au syndicat, trouble dans les réunions, inconduite no toire, condamnation infamante. ART.
15. —— Les radiations sont proposées en réunion générale ordinaire ou extraordinaire sur un rapport présenté au nom du bureau. Tous les adhérents seront spécialement convoqués à cet effet, et la décision ne pourra être prise qu’à la majorité des trois quarts des membres présents. Le sociétaire inculpé devra être entendu on convoqué par lettre recommandée.
Au cas où la radiation aurait été prononcée par défaut, le membre radié sera informé de la décision dans la huitaine. Il pourra se pourvoir contre cette décision dans la quinzaine qui suivra la no tification qui lui en sera faire. Dans ce cas, une nouvelle réunion générale sera de nouveau provoquée et la décision qui interviendra sera définitive. ART.
16. —— La dissolution du Syndicat pourra être prononcée en assemblée générale ordinaire ou extraor— dinaire ; mais la décision ne pourra être prise qu’à la majorité des trois quarts des membres inscrits. Dans ce cas, les fonds disponibles seront partagés entre les adhérents au prorata de ce qu’ils auront versé depuis leur admission. M. Durville met gracieusement sa bibliothèque à la disposition des membres du Syndicat.
Les ouvrages et documents divers ne pourront être consultés que sur place. Tous les écrivains spiritualistes qui ont à cœur le re lèvement moral de l’humanité et qui comprennent l’union, voudront faire partie du SYNDICAT.
96 L’INITIATION ...— —-4.-—. _-4 à— ‘ __,\__,,.--..——.. .. - .. Il suffit de s‘adresser au Président ou au Secrétaire général, 23, rue Saint-Mari, à Paris. t un Vingt élèves ont reçu le diplôme de magnétiseur à la suite des examens de cette année à l’École pratique de magnétisme et de massage. Toutes nos félicitations à la direction de cette École si prospère tant à Paris qu’à Lyon. Un colon tunisien vient de mettre à exécution une idée fort pratique : celle de consacrer son expérience à former les jeunes gens qui désiraient devenir colons et qui n’ont le plus souvent, il faut bien le reconnaître, qu’une idée des plus vagues et des plus fantaisistes de la carrière à laquelle ils se destinent. M. C. Favrot offre à ces jeunes gens de les prendre en pension sur son do maine de Sidi bou Arlmub (Tunisie) et de les initier à tous les détails de la vie agricole et coloniale; ils y trou veront en outre l’avantage qui leur est assuré par l’art. 81 de la loi de recrutement du 15juillet 1889 de ne faire qu‘un an de service militaire. Nous engageons donc vivement les jeunes gens à la recherche de! nouveaux débouchés et qui veulent cependant procéder avec prudence à se mettre en rapport avec M. Favrot. ' Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. -— IMP. E. ARRAULT ET c“, RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
u _ rWW‘I’01 x ‘ , v \ ‘ . Vient de paraître SÉDIR LES INCANTATIUNS Le Logos humain— La Voix de Brahma Les Sons de la lumière astrale Comment on devient enchanteur AVEC NOMBREUX DESSINS HORS TEXTE ET DANS LE TEXTE Un vol. in—18. . . . . 3 fr. PARIS CHAMUEL, ÉDITEUR 5, rue de Savoie, 5 1897 c_,.... .......... ..«.ÿ.;r
1 ÏINIÛN întu.urr ÿmvrrsuu: Notes and Queries, S. M. Gould à Manchester (N. H.) U. S. A. Fric 0rd, A. Sabro à Christiania (Norwège.) Nordisk Frimurer-Tiienda, Alb. Lange à Chris— tiania (Norwège). ' Die Religion des Geistes, Fertung, Herre'ngasse, l 68, Budapest (Hongrie) Nuoua Lux, 82, via Castro Pretorio à Rome (Italie). Luq astral, 6, passage Sarmiento à Buenos-Ayres ‘ (République Argentine). L’Initiation, 10, avenue des Peupliers, Paris.
JÛURMÀUX M“ REYUÆS ÛGLŒUL’I‘IS‘TËS RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENT LANGUE FRANÇAISE L’Initz'afion (revue mensuelle), 10, avenue des Peu— pliers, Paris. Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. L'Hyperchz‘mie (revue mensuelle), 19, rue St-Jean, Douai (Nord). HERMÉTISME, ALCHIMIE La Thérapeutique intégrale (revue mensuelle), [0, rue Durand—Claye, Paris MÉDECINE HERMÉTIQUE, HOMŒOPATHIE LANGUE ANGLAISE 7hë Mornz'ng Star. Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie, Paris. (Peter Davidson, Loudsville,White C°, Georgia, U.S.A.) LANGUE ESPAGNOLE Lug astral (hebdomadaire, à BueHos-Ayres (Répu blique Argentine), 6, pasage Sarmiento. LANGUE ITALIENNE La,” (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Rome LANGUE TCHÈQUE Sbornik pro filosofii a o/rlrullismus, à Prague (Bohème), Puch majerova U1 36. AVIS IMPORTANT. — Tous nos confrères ci dessus cités et ceux qui voudraient être cités sont priés de reproduire In extansa cette liste.
Principaux Ouvrages recommandés pour létude de l’OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS ' F.-CH. BARLET . . . . L:Év°1micln de l’idée' L Instruction Integrale. Le Serpent de la Genèse. j Le Temple de Satan. La Clef de la Magie noire. STANISLAS na GUAITA . . Traité méthodique de Science Occulte Parus . . . . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique. La Science des Mages. A. JHOUNEY . . . . . . . Ésotérisme et Socialisme.
RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. l La Langue hébraïque restituée. FABRE DOLWET' ' ' ' ' I Histoire philosophique du genrehumain. ALBER'I‘ POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. LITTÉRATURE ‘ i La Magicienne. JULES LLRMINA. . . . . A Brûler. l Zanoni. BULWER LY‘I‘TON . . . . > . , ( La Maison Hantee.
MYSTIQUE ' Jeanne Leade. ' ( Jacob Bœhme et les Tempéraments POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSERZ il la librairie BIAMUBL, 5, me de Savoie, PARIS Envoi France du Caialogize. rouas, IMP. a. ARRAULT ET C“.