The text
. . " '.: 3 w " r. , ,_ ” ’ ."l m ' '\ / 1 ,,r /‘ .\\_ c. '.1: (1 (y. i " x’ ":i "Ïfeji ,: 4 i“\ i; ' ’ ’i il! i! i‘ 49"“ ,.’. .« ‘,I " :_, _ .| ‘ l . II, H I - _ ' .. a... ” -w. . - .l’.î. ).i. J.IL Ë:u J.‘.. ‘äè‘... lit A U A J..n. Revue philosophique des Hautes Études / PUBLIÊE MENSUELLEMENT sous LWIRECTION DE PAPUS i? O- '14 Docteur en médecine — Docteur en kabbale ..;i.;; ' .
85“ V OLUME. —- 10'“ ANNÉE SOMMAIRE DU N° 7 (Avril 1897) La maison hantée d’Y— geures (figures). PARTIE INITIATIQUE. . . La clef de la magie noire Papas. (p. 3 à 25.) PARTIE PHILOSOPHILes Dieux . . . . . . . . . Guymiot. QUE... . . . . . . . . . . .. .(p, 26à3«_;)_ Les Temples de la géo graphie . . . . . . . . . L‘. Ma'you. (p. 32 à 4l.) Dédié à MM. Crocq, Du monpallier et consorts . Lecomte. (p. 41 à 58). PARTIE LITTÉRAIRE...
L’Hie’rodoule . . . . . . .Jollivet Castelot. (p. 59 à 69.) Les Verrières (poésie) . . R. De la Villehervé. ‘ (P69 à 70). Les six grandes puissances (courrier politique). — L’Arménie aux aux Arméniens. A Congrès spiritualiste de 1900.— Faculté hermé tique. ! Une définition du miracle. —— Bibliographie. — Nouvelles diverses, échos et revues.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé Villa M_ontniorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, me de Savoie Chamuel, éditeur. C 'O R l\‘ 55 LL . c(x i’i{l’\’fï{:‘IT\’ Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX ERIANÇSR\'
' À ../‘,, -\_a l" .- /, \"""., v/'Vvse JJ - ROGRA ME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. . ' L’Initiaii0n est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta— physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique. _ Au point de vue social, l’Initiaiion adhère au programme d toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle’ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initian’on expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifiqùe) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Ini:iaiion paraît régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. ' (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées,)y '3 Vu E G a =.]( j/, U
L’Inih‘ation du 15 Avril I897 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Iniz‘iation '( .,». w Î, . [0 PARTIE INITIATIQUES AMO— F. CH. BARLET, S.'. I.'.,\}-— STANISLASDEGUAITA, S.'. I.-. N -—GUYMIOT. —MARC HAVEN, S.'. I.-. 53—JULIEN LEJAY, S.'. I.'. g -— ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) -— LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. - (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. —GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. g —PAPUS, S.'. l.'. & — SÉDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. wAMELINEAU. — ALEPH. — Dr BARADUC. -— SERGE BASSET. — Le F.'. BERTRAND 30' — BLITZ. — BOJANOV. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAF‘AY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. -— FABRE DES ESSARTS. — Dr FUGAIRON. —- DEI.ÉZINIER. -—— JULES GIRAUD. — HAATAN. — L. HUTCHXNSON. — JOLLIVET—CASTELOT. — L. ’ LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. } — G.
POIREL. -— RAYMOND. —Dr ROZIER. — DP SOURBECK. — L. . STEVENARD. —- THOMASSIN. — G. VITOUX. — HENRI WELSCH. -— ‘,, YALTA. 30 I PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVILLE. — E. COUDEAU.— MA NOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS.-— GEORGE MONTIÈRE. -— LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — EMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 4° , ' , P0 ESIE CH.
DUBOURG. -— RODOLPHÉ DARZENS. -— JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — CH.GROLLEAU. —- P. DE LABAUME. —— MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. -— EDMOND PILON. n— J. DE TALLENAY. —— ROBERT 'DE LA VILLEHERVÉ. }-L’+Ï
L'1nilialion du 15 Avril |897 L’ I N I T IA T I N _Ç“ENSËI‘ËIËs“EN“) DIRECTION ADMINISTRATION Villa Ionlmnrency, 10. aven. des Peupliers ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉuO PARIS—A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS c H A M U E L DIRECTEUR ADJOINT: Lucien MAUCHEL 5, Rue d(‘ Savoie Rédacteur en chef: F.—Ch. BARLET ‘ Secrétaires de la Rédaction: FRANCE. un an. lo ‘1‘. J. LE:JAV — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, _ |31r_ RÉDACTION. — Chsque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d’adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. GROUPE IIDEI’EIDAIIT IJ'ETIIDES ÉSOIEBIQIIES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d’Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. PaulSÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétésàdhérentes au Groupe ' ORDRE MARTINIS TE.“ ORDRE KABBALISTÏQUE DE LA ROSE + CROIX. mÉGLISE GNOSTIQUÆ SOCIÉTÉ ALCHIMIQUE DE FRANCE
- 0 mur. -f u . . .. . 4.... v. 1 n... N. .. .. ä La petite Renée. M'“' Sabourault et sa fille. HANTEE D’YZEURES MAISON LA
; "ätr‘d'wMm ,,‘
A -ÿ;-— @at Ô) ._ 3 7/ . ‘ ä4n/flllfltfll“\‘k‘ La reproduction des articles inédits publiés par l’Iniliam‘on est formellement interdite. à moins d’autorisation spéciale.
PARTIE INITIATIQUE ur CLÉ DE LA MAGlE NIûlRE“’ Lorsque après avoir admiré un merveilleux hôtel rempli de riches collections et d’objets précieux, rap portés de loin et révélant des pays inconnus, le visi teur est prié de décrire ses impressions, on com prendra quelle peine il éprouve pour faire un choix entre d’égales merveilles et pour appeler l’attention sur une salle plutôt que sur une autre.
C’est une impression analogue que je ressens lors qu’il me faut parlerà nos lecteurs du beau volume que vient de faire paraître Stanislas de Guaita. Pour être juste, il me faudrait l’analyser page à page, et cependant le cadre forcément étroit d’un compte rendu m’oblige à faire un choix limité entre des questions d’un égal intérêt.
Je rappellerai donc tout d’abord que le présent volume, sous le titre la Clefde la Magie Noire, est (1) 1 vol. in-8 carré de 808 pages par Stanislas de Guaita. Prix : 16 fr. (Chamuel, éditeur).
4 L‘INITIATION f \\‘RIL consacré au monde astral, à ses forces, à ses réactions 'sur notre plan et sur l’homme et à tous ses multiples aspects. L’ouvrage comprend sept chapitres dont chacun contientla matière d’un volume et il est écrit dans ce style magistral dont Guaita a le secret.
Les questions les plus élevées et les plus mystérieuses y sont traitées avec la clarté et la discrétion néces— saires, etcependant il se dégage du travail tout entier une impression de solidité et de science que tout lecteur ressentira et qui frappe dès la première lecture. Du reste, les extraits publiés ici même (Mystères de la solitude. Androgynaz‘ des âmes.
Mystère de la multitude, etc.), ont eu un assez légitime succès pour nous dispenser d’insister sur ses divers points. Une énumération des sujets traités m’intéresserait pas nos lecteurs et ferait double emploi avec la table analytique.
Aussi prendrons-nous la liberté de retenir dans chaque chapitre une ou deux questions tech niques, à propos desquelles nous présenterons le point de vue de l’auteur, et nous rechercherons les rapports de son enseignement avec celui de la tradi-. tion en insistant surles idées neuves et originales qui abondent dans la Clefde la Magie Noire. à .
' ' L‘avant-propos est consacré à la présentation de l’ouvrage et à l’exposé du rapport des questions traités avec le présent et le prochain tome du Serpent de la Genèse. ' L’auteur établit les points de contact indispen
1897] LA cu’3 DE LA MAGIE NOIRE 5 sables à préciser pour permettre au lecteur de rat— tacher cette septaine aux deux autres. Grâce à une étude des plus profondes sur la Nature conçue sous son double aspect de Nature temporelle triple et d’éternelle Nature-une, la question du Sur— naturel s’éclaire d’un jour tout nouveau. C’est à ce propos que noustrouvons une étude com parée de la Kabbale et du pseudo-bouddhisme.
Nous devons tout spécialement remercier l’auteur de la science et de la vigueur qu’il emploie dans la distinction des deux traditions : la pseudo-tradition orientale qui s’exibe sous le nom (pris à l’Occident) de Théosophie et la tradition occidentale, kabbalis— tique et chrétienne.
« Il nous répugne en Occident de faire de l’univers «, une machine, de l’homme un esclave à la torture « et d’un Dieu inconscient l’auteur du mal éternel. » (Im‘., p. 24.) - C’est après avoir réfuté les objections élevées au su— jet de la question du Surnaturel et du Miracle, et cela par des faits caractéristiques, que l’auteur éclaire et ré sumeles potentialités humaines d’après Fabre d’Olivet.
A ce propos, je ne puis résister au plaisir de ra conter comment, alors que, sous le charme encore de ces belles théories, je regrettais vivement l’absence de tout document concernant les travaux sur la théurgie et l’ontologie de Fabre d’Olivet, ma demande fut satisfaite et au delà. Un homme de grand savoir et possédant le plus haut grade de la hiérarchie écossaise, M. Barbarin, me remit en communication
6 L’INITIATION un précieux manuscrit signé Joseph Gilbcrt. 'Or ce Joseph Gilbert est en même temps un élève oral de Saint—Martin qui lui a laissé tous ses manuscrits et de Fabre d'Olivet qui lui communiqua ses vues les plus élevées. L’œuvre de Gilbert est une synthèse de l’enseignement de ces deux maîtres et cela suffit à en faire deviner toute l’importance.
Et je suis bien “heu reux d’apprendre à Guaita que, seul, il a retrouvé beaucoup des mystères cosmogononiques que nous révèle Gil‘bert. La conclusion de l’Avant-Propos de la Clef de la Magie Noire va nous préciser le caractère du livre tout entier. »« On pourrait expliquer ce pentacle par cette légende: le Sage s’appuie sur la crainte du vrai Dieu, [insen— se’ est écrasé par la peur d’un faux dieufait à son image.
C‘est là le sensnaturel et exotérique de l’em blème; mais .en le méditant dans son ensemble et dans chacune de ses parties, les adeptes y trouveront le dernier mot de la Kabbale, la formule indicible du ’Grand Arcane: la distinction entre les miracles et les prodiges, le secret des apparitions, la théorie univer selle du magnétisme et la science de tous les mys tères » Sans ouvrir à nos lecteurs d’aussi gigantesques aperçus ni flatter personne d’illécébrants espoirs, ne balançons point à faire l’aveu, que, dansl’intelligence du pentacle de Trithème,«il peut être donné à plu sieurs de saisir sur le Vif la penséemère qui présida constamment à la genèse du présent livre. '» (I) Éliphas Lévi, Histoire de la Magie, p. 345-346.
LA CLÉ DE LA MAGIE NOIRE 7 n . au" Entrons maintenant dans le corps du volume. Le chapitre premier, intitulé L’ÉQUILIBRE ET SON AGENT, est.consacré à la Lumière astrale. Signalons dès le début l’explication très étendue de la Table d’Emeraua‘e d’Hermès.
Avec beaucoup de ‘ raison, l’auteur ne donne qu’un seul des trois sens de cette haute révélation : le sens cosmogonique, laissant I’éclaircissement du mystère ontologique et du mys— tère théurgique.pour son prochain ouvrage. Il se con tente de faire deviner ces diverses adaptations dans la. suite de son exposé et notamment page 112.
Dans aucun livre encore on ne trouve,à notre con naissance d.u moins, un exposé si lumineux des mys tères de la Lumière astrale, tels que les fait pres sentir. Fabre d’Olivet. dans sa Langue hébraïque. Ce travail de Guaita aurait assuré, à lui seul, le succès. très grand qu’aura son livre.
Les Kabbalistes et les. initiés comprendront quelles difficultés il fallait sur monter. pour retrouver ce que d.’Olivet avait caché et pour développer les. idées qu’il avait à peineefileurées.
Dans la Lumière astrale « Grand Agent, exprès. sion temporelle. d’Adamah », nous retrouvons un souffle. de. vie animateur Nephesh-ha-Chaîalz, deux forces polarisées Horeb et [ana/z, celle—ci symbolisée par la colombe de l’arche et dilatante,. celle-là sym bolisée par le corbeau et constr‘ictive. On retrouve encore ces lois mystérieuses dans les deux modalités Add. et Ao_b équilibrées par Aôr.
Enfin l’étude se ter mine par une analyse du rôle du désir que ces trois forces analysent. sibien. swaw._fi«.__.æ.ahh _,._ A k 7 _A ‘ _ m .._uflgÂuc .L:a- ‘r , r _
8 L’INITIATION « Le Désir est plus spécialement la puissance ma gique d’évocation aux mirages de l’existence objective, sensible. 11 s’affirme créateur, comme la Volonté, dont iln’estpeut-être qu’uneforme obscure, rudimentaire ou dégradée. Le Désir apparaît donc à la base de toute manifes tation objective.
Le Feu secret constitue le bien, l’ins trument médiateur entre le désir etl’objet désiré; enfin la matière marque le terme, la limite. l’aboutissement infime du Désir réalisé (p. 142). L'auteur aeu ici l’intuition très claire de cette ques tion du désir qui intéressait tant Claude de Saint-Mar— tin et que son élève Gilbert a fort exactement dévelop pée.
Ce dernier divise, en effet, les facultés de l’Esprit en Cognition, Imagination et Volition et, parlant de celle-ci, il dit: « La Volition a deux formes : 1° le Désir qui cherche encore; 2” la Volonté qui signale le but et l’atteint. » Et Gilbert continue en disant: « Le Désir, selon Bœheme, est la première forme de la nature qui cherche à se compléter.
C’est le premier stimulant (dela 1“’ forme) des énergies qui vont se déve— lopper pour amener l’être à sa perfection. La Nature en un mot n’est qu’un désir, un besoin universel d‘être ce qu’elle n’est pas. Lespropriétés essentielles inséparables constitutives du désir sont au nombre de trois et ne peuvent êtreni plus ni moins; ce sont; l’attraction, la résistance et le mouvement, qui résulte de la réaction de l’une sur l’autre.
C’est ce qui forme la Triunz‘té de la nature et dont l’analyse est dans tous les ordres. » (i). (i) GILBERT, m5s, passim.
LA CLÉ DE LA MAGIE NOIRE 9 On voit jusqu’à quelle justesse de vues s’est élevée l’intuition de Guaita. Avant de quitter ce chapitre,signalons aux lecteurs, àla page 148, une citation, d’après une note manuscrite de Saint-Yves d’Alveydre, concernantle mot Hermês.
Ceux qui voudront savoir ce que c’est qu’un véritable initié des sanctuaires brahmaniques n’auront qu’à lire cette note et demander ensuite aux « adeptes » qui infestent de leur insuffisance les salons, d’en faire autant. Il n’est pas grand, le nombre de ceux qui con naissent les clefs de la langue atlante, permettant de transmuer le sanscriten hébreu et celui-ci en chinois.
Voilà bien la sic vos non uobz‘s des initiés. i‘4 Le chapitre 11, Mystères de la Solitude, a paru dans l’Inz’tz’ation, et nous avons tous présente encore à la mémoire cette évocation exacte du Sorcier, cette docu— mentatioñ si fournie concernant la question des larves, la division si personnelle àl’auteur des Indigènes de l’astral et des Passagers de l’astral, enfin cette élu cidation du problème de l’extase; il faudrait toutciter.
Quand on relit ce chapitre, on ne peut s’empêcher d'établir la différence entre cette œuvre sérieuse et les pédantesques compositions sur le Satanisme faites par de jeunes débutants éloignés de tout centre initia tique, et qui se figurent que la réclame et l'injure rem placentle travail psychique et l’initiation péniblement . gravie.
Ce qu’on peut accorder à ce genre de compo sitions, c’est d’ignorer autant leurs auteurs que les enfantines fautes de traduction d’ouvrages latins (au
10 LÏNITIATION moins si on allait jusqu’au grec! qui accompagnent ces révélations (P) de mystères à la Robert Houdin. Que le Silence recouvre de son bienfaisant manteau ces égarés, et qu’ils changent de sujets de composi tion. L’occulte, vendu au mètre, nourrit mal son homme. *. .‘ Avec laRoue du Devenir (chap. 111)., nous entrons dans l’étude de la force astrale en mouvement, nous passons de la statique astrale à la dynamique astrale.
Au début, Guaita révèle la loi secrète de polari sation «double et sextuple applicable à tous les êtres vivants depuis les Puissances constitutives de l’Uni vers envisagé comme tel, jusqu'au plus humble exem plaire individuel qu’on veuille choisir, soit chez l’homme, soit même dans la série animale. Nous ne sachions pas que cette théorie ait jamais été divulguée.
Le D“ Adrien Péladan lui-même n'en fait pas mention dans son livre génial de l’Anafomz'e /zomologz’que. Du moins estilcertain qu'illa connais sait "p. 237). La loi peut se formuler en ces termes: Le mâle est positif dans la sphère sensible, négatif dans la sphère intelligible. La femelle, par contre, est positive dans la sphère intelligible, négative dans la sphère sensible.
Inversement complémentaires, le mâle et la femelle sont neutres dans la sphère médiane du psychique; cette similitude animique est même leur seul point de
LA CLÉ DE LA MAGIE NOIRE 11 ,e.. l i. ..—‘_ fusion. C’est moralementla charte d’en haut qui con— sacre l‘identité de la race. entre individus de sexe opposé »» (pp. 241-242.) Guaita a parfaitement raison; ilv est le premier, croyons—nous à révéler cette.loi que. Swedenborg avait: esquissée dansun de ses plus rares traités, dont voici: une citation: .
« L’homme est né avec le principe. d’amour (——) pour que cet amour se perde dans la sagesse (+)i la. femme au contraire est née avec le principe de sagesse (+) qui, dans notre état de perfection, se perd et se confond dans notre amour (1).
1» Ce serait défi— gurer la pensée de l’auteur que de résumer ce mor ceau du chapitre 111; aussi conseillons—nous aux étudiants sérieux de bien méditer dans le texte. de la Clef de la magie. noire tout ce- qui concerne Ce. mystère. ’ Ces re:herches de la clef des influences de l’Invi sible amènent l’auteur à.l’analyse des trois‘grands principes: Providence, Destin, Volonté.
Nous sommes encore obligé sous peine de vanda lisme de mentionner seulement tout ce qui concerne la Prophétie et les applications à la révélation d’Orval faites par l’auteur. Une- seule remarque à propos de l’avenir. et.de sa génération.
Guaita écrit : « Et pour énoncer en mode. exotérique la vérité sur ce point, nous dirons que, si la genèse pouvait être éclaircie des événements à échoir, elle nous les révé lerait attribuables pour un tiers à:la fatalité du destin, (1) Swennxsonc, Traité curieux des charmes de l'amour conjugal; Bruxelles, 1881, p. 4.9..
12 L’INITIATION pour un tiers à l’initiative dela volonté, et pour un tiers à l’instigation de la Providence. » Gilbert, commentant Fabre d’Olivet, dit: « La nécessité du destin s’exerce sur les choses faites ou sur le Passé; la puissance de la Volonté, sur les choses àfairc ou sur l’Avenir. La Providence, qui les domine l’une et l’autre, régit le Présent (mss p. 3gl.
Fabre d‘Olivet (Vers dorés, p. 250) avait écrit tex tuellement: « La liberté règne dans l’avenir, la nécessité dans le passé et la providence sur le pré sent. » En ne considérant que l’avenir, Guaita est donc dans le vrai en rappelant que les trois principes inter viennent pour le générer.
Les citations que nous venons de faire ont pour but de préciser les condi tions de la génération de chacun de ses trois facteurs. , Toute la partie de ce chapitre qui concerne les Étres collectifs est à lire et à méditer avec le plus grand soin. Il y a là une étude de l’Astral de la Révo lution française qui est de la plus haute importance.
Nous regrettons cependant que l’auteur n’ait pas voulu insister dès ce chapitre sur le rôle des Marti— nistes vis—à-vis du Jacobinisme. Il étudiera plus loin certains points du Martinisme. Nous tenons à signaler de nouveau à nos lecteurs ce passage sur les Mystères de la Multitude qui a fait une si profonde impression lors de sa publication ici même, il y a quelques mois.
Notons aussi le rappel d’une des preuves les plus formelles de l’existence du Christ, le Sepher Toldos Jeschu « grimoire syro-chaldaïque presque contem
LA CLÉ DE LA MAGIE NOIRE 13 porain de Jésus-Christ» et dans lequel les Juifs avouent tous les miracles du Sauveur en les attri buant à la magie kabbalistique de nom Incommuni— cable. ' . Le chapitre [V va nous exposer le rôle de LA VOLON TÉ sur cette force astrale dont nous venOns d’étudier les modalités. L’auteur faitici quelques digressions nécessaires sur la chute, éclairées d’une lumineuse page du Gain de Fabre d’Olivet.
Nous assistons à la naissance du corps physique grâce à l’action de la Faculté plastique (le Corps causal des Védantins) qui survit à la désagrégation du corps astral. A notre avis, c’était justement cette faculté plastique que Pythagore et son école appelaient le char de l’âme, ainsique le résume Gilbert dans une longue étude que nous publierons plus tard.
Pour l’instant félicitons bien sincèrement l’auteur d’avoir donné une clef qui ouvre à deux battants les mys tères de l’évOlution des organismes.
Guaita dit très judicieusement: « Les animaux peuvent être conçus comme personnifications incar— nées des passions divergeantes et souvent contradic— toires qui se disputent l’âme inférieure de l’homme ; Aou plus exactement, comme monades adamiques déviées en tous sens vers les extrémités polaires du dynamisme dont Adam occupe le point astral d’équi— r libre » (p. 353). ' La haute kabbale a fort bien établi ce mystère, puisque dans le Traité de la Révolution des Ames, on .n
14 L'INITIATION trouve qu’Adam se manifeste sous trois modalités. i° ADAM KADMON 4," ADAM BÉLIAL 3° ADAM PRO‘l‘OPLASTE (I). L'Adam Bélial est l’Adam des écorces, et c‘est lui le pentagramme reflété, origine médiate du plan phy sique.
Ce sont là de profonds mystères que l’auteur de la Clefde la magie noire n’a pas jugé à propos de dévoiler dans ce tome; car ils font partie intégrante des sujets qu'il se propose de traiter dans le volume qui suivra celui-ci.
L’étude des Signatures astrales est accompagnée par un travail tout nouvœu et où la personnalité. de l’auteur apparaît avec sa réelle valeur, sur les mys tères de la aille d’Atalante, tels que les décrit Louis Claude de Saint-Martin. Pour la première fois, nous trouvons une clef de ce mystère due tout entière à Stanislas de Guaita qui mérite pour ce fait les plus grands éloges.
Car notre auteur sait non seulement manier de main de maître la triple clef qui donne accès au sanc tuaire, il excelle encore à disséminer en plusieurs points de son livre la conception totale d’un grave sujet.
Tel est le. cas de. la question de la Magie dont on trouvera la triple conception selon les trois mondes dans trois extraits que nous rapprochons l’un de l'autre. (1) La traduction que nous avons consultée d1 Trailéde la Révolution des âmes, est encore inédite et est l'œuvre du savant kabbaliste, le D‘ Marc Haven.
LA CLÉ DE LA MAGIE NOIRE 15 « On croit communément que la Magie réside, avant tout, dans l’art de produire à volonté ce que les spirites appellent des phénomènes. Définir de la sorte la Magie, c'est voir dans l’Adepte parfait, dans le Mage, une façon de médium, habile à régulariser le jeu des manifestations (intermittent d’ordinaire), à mettre un frein au caprice familier des Invisibles, tranchons le mot : à domestiquer les « Esprits ».
« En vérité, si la haute Magie consistait en cela, convenons qu’elle se réduirait à peu de de chose. » (P. 371.) ' « La Magie se pratique : ou directement. par l'ac— tion du corps éthéré sur les fluides impondérables (soit que l’adepte fasse naître des courants dans la masse de l’Astral, soitqu’il en utilise les marées exis tantes) ou bien indirectement par l’empire que la V0— lonté peut étendre sur certains êtres de l’Invisible. » (P.
399.) « La Magie n’est rien autre que l'exercice du pou voir créateur récupéré dès cette vie terrestre; et si l’homme, ayant reconquis cette prérogative, peut l’exercer ici—bas même, c’est par la magie cérémo— niale dont le symbolisme comporte pour base la science des signatures, et dont la pratique exige, pour condition primordiale, l’emploi du signe d’appui. » . (P.
428.) Avec le plus grand tact, l’auteur, qui est à coup sûr le contemporain le plus documenté sur les mystères pratiques de la Magie noire, iuge utile de garder ici un silence d’autant plus louable que les documents se pressaient en foule sous la plume nie-l’écrivain. C'est
16 LÏNITIATlON là un exemple de haut sacrifice qu’il faut louer publi quement. Le caractère de Guaita lui permet de mettre tout lecteur sérieux à même de démasquer et d'ar rêter au besoin les œuvres du mal; mais ce caractère lui défend dedévoiler aux lâches les moyens d’exé cuter ces œuvres mauvaises.
Nous reconnaissons-ici le Grand Maître de la Rose-Croix kabbalistique qui fournit à ses officiers les moyens d’écraser les sor ciers, mais qui ne veut pas donner à l’imprudent des armes d’autant plus sûres qu’elles sont plus ignorées.
Voilà comment un vrai gentilhomme donne une leçon aux vulgarisateurs des grimoires à vingt cen times qui contiennent le mal et non le remède. i' 244 Mais il nous tarde de parler du chapitre v, L’ESCLAf VAGE MAGIQUE, où nous trouverions tant à glaner si ce compte rendu ne s’augmentait pas indéfiniment comme l’intérêt du volume du reste.
L’analyse du mythe de Proserpine à propos de l’incarnation de l’âme et de la loi des réincarnations est à mentionner tout particulièrement. ' Une page de Saint-Yves vient bien à point rappeler les enseignements de la tradition au sujet de la Nais sance. Valentin donne dans Pz'slz's Sophz'a des détails bien peu connus encore sur ce sujet; nous en repar lerons à propos de la Mort.
Une remarque encore à propos de l’âge de l’initié : Guaita ne me contredira certes pas si je rappelle aux lecteurs que l’âge mystérieux par excellence est treize ans et une fraction que je né puis dévoiler sans
LA CLÉ DE LA MAGIE NOIRE [7 donner la clef d’un mystère de haute kabbale que j’ai voulu seulement rappeler en passant. Ceux qui savent me comprendront. L’Esclavage Magique de Psyché par la nature com— mence, pour le plan terrestre, à la naissance et l’auteur nous en décrit toutes les phases en ce chapitre.
A propos de la baguette divinatoire que l’auteur étudie si bien en disant (p. 497) : « il s’y mêle vraisemblable « ment un phénomène tout subjectif de psychométrie « puisque la baguette n’est sensible qu’en de certaines « mains», rappelons une anecdote personnelle.
Un musicien de nos amis, compositeur d’un talent aussi sûr que délicat, M. Bonnaud-Diaz, a le don de faire mouvoir la baguette divinatrice. il a bien voulu se prêter à quelques expériences avec nous à la cam pagne et, chose bien curieuse, il a pu nous communi— quer par simple attouchement le même don, à tel point que nous avons pu poursuivre les expériences seul.
C‘est même grâce à la baguette que nous avons découvert dans la Maison hantée de Valence—en-Brie un souterrain qui fut la cause indirecte de l’influence pernicieuse exercée par des sorciers convoitent un fallacieux trésor. Pardon de la digression et revenons au chapitre v. Le poète apparaît, doublé du savant, dans la des cription si intense et si colorée des plantes maléfiques up.
51 r) 'et des idées bien profondes se cachent ici sous la richesse de l’image. Que dire de l’Étude des courants astraux, de l’Élé mentaire et des Pactes? Il faudrait, ici comme tou jours, citer, et citer encore (p.650). Les clefs de la
1 8 L’lNl'l‘lA'l‘lON suggestion sont préalablement élucidées complète ment d’après la tradition et d’après la science la plus exacte (pp. 527, 560 et 562). Le chapitre se termine par des pages d’une telle envolée, que malgré tout nous les citerons in extenso, afin de faire partager dès maintenant à nos lecteurs le plaisir que nous avons personnellement éprouvé à leur lecture. - .
Le temple de la Vérité ésotérique possède un parvis d’où l’on entrevoit ses rayons, et un sanctuaire où resplendit sa présence réelle. Le parvis est pour tous, le tabernacle est accessible à quelques-uns. ' Mille sentiers conduisent au temple; mais on ne pénètre au sanctuaire de la suprême initiation que par deux issues : la porte de la science et de la lumière, et celle de l’épreuve et de l’amour (1).
Les initiés spéculatifs et volontaires qu’a guidés la chaste mais froide ambition de savoir pour savoir, n’ont pas nécessairement renoncé aux pompes de Maïa, la déesse de l’illusion terrestre, ni souffert et désespéré par elle. Seulement. ils ont appris à traduire le nom de l’Enchantert—sse: ils savent qu'elle n’est point la réalité substantielle, mais le mirage.
Ils ne peuvent plus se laisser séduire à la fantasmagorie de « ses Charmes, si délicieuse a d’autres hommes... (1) Ces deux portes correspondent symboliquement aux deux modes que nous avons fait connaître, pour la réintégra tion dans l'Unité : le mode actif et le mode passif.—— C’est à ce dernier surtout que fait allusion la douzième lame du Tarot.
LA CLÉ DE LA MAGIE NOIRE 19 Comme en une danse macabre, ils ont entrevu le squelette, sous la gaze et les falbalas de la ballerine. Cette acuité clairvoyante, prérogative de la Science pure, en devient en quelque sorte le châtiment. L'adepte intellectuel peut bien encore prendre sa part des illusions terrestres, mais en sceptique désa busé, et sans y croire désormais.
Il ressemble à l’ac.— teur, qui rend sur la scène les passions violentes de l’ambition, de la haine et de l’amour, et qui peut un instant s’enfiévrer au jeu, jusqu’à se paraître sincère à lui-même. Voyez-le, qui s’épanouit dans la joie, ou. se contracte dans la douleur... Mais adieu l‘émotion, si peu qu’il réfléchissel Il rit alors de ses larmes faciles, et, chose plus triste encore, il rit de son rire.
Les Élus entrés au sanctuaire par l’autre porte, celleI de l’Amour, ont connu toutes les amertumes et renoncé les joies trompeuses de l’existence. Car il faut qu’ils aient épuisé la coupe des déboires tem— porels, pour que, désenchante’s de la cité terrestre, ils se soient tournés vers la Jérusalem céleste, cette éter nelle patrie de la Science, de la Justice et de l’Amour.
Ce sont les plus pures colombes, qui s’abattent ainsi, blessées, sur le seuil de l’immatériel refuge. Quel sublime désenchantement est le leur! Le désespoir, chez ces nobles âmes, n’est qu’un déplacement de l’espérance. Vint—il pas du Ciel, puisqu’il y remonte, l’Ange des tribulations qui, brutalement, au vif de ces tendres cœurs, défricha le parterre d‘optimisme illuSoire dont les aromes charriaient des mirages l':
‘à à—..-a.nw.w.w... ‘ >:«.L .« ..mz.n. L‘a-m 20 L’INITIATION heureux et, transfigurant la réalité terrestre, réfléchis saient sur elle l’illusion du paradis ? Roses incandescentes d’amour ! Lys de candeur intangible l Sensitives de douloureuse fierté ! vos graines dépaysées ne sontpoint d’ici. Quelque semeur aux six ailes (I) les a laissées choir des mondes de la lumière, dans le chaos tumultueux de la chair et du sang.
Dans cette fange même, le Séraphin surpris les a vues germer, croître et fleurir. Sans doute ne veut il pas que soient profanées les fleurs idéales, si anor malement écloses au bourbier du cœur humain. Mais il ne les déracine que pOur les transplanter en meil leure terre, — où fleurissent leurs pareilles, là-haut!
Le chapitre VI, LA MORT ET SES ARCANES, est peut être le plus suggestif de tout l’ouvrage et le plus rempli de révélations neuves et troublantes. De même que la naissance au chapitre précédent, la Mort est ici suivie pas à pas dans son œuvre de liquidation physique et astrale (le côté psychique pur est réservé pour l’ouvrage suivant).
Les données cos mogoniques énumérées précédemment d’après d'Oli vet éclairent les phases de la mort d’une lueur à la fois consolante et terrible. Avouons toutefois en toute franchise combien nous avons regretté que les besoins de la composition aient forcé l’auteur à reculer au prochaiÿx tome toute la partie ontologique du mystère de la mort.
Nous (i) < Angelus sex alas habens nunquam mutatur » (Apho Angelus sex alas habens nunquam mutatur » (Apho rismes kabbalistiques, dans la collection de Pistorius). l
LA CLÉ DE LA MAGIE NOIRE 21 voyons bien apparaître dès maintenant le rôle des ancêtres; mais combien nous eussions voulu voir s'animer ces mondes où passe l’âme en voie de désa grégation ! Qu’il eût été intéressant de voiries Rece veurs pacifiques, les Liturges, les Receveurs des Archons, les Receveurs de Lumière présider à la seconde mort de l’être humain, tels que les évoque Valentin.
Mais l’auteur nous a prévenus; il ne peut dépasser le cadre qu’il s’est lui-même fixé pour ce volume, et nous devons attendre le prochain pour voir le problème sous son aspect absolument complet. Nous le regrettons personnellement, car mens termi— nons un travail où tout cela est résumé, et nous aurions éprouvé un bien vif plaisir à voir Guaita envelopper les enseignements de Valentin de toute la magie de son style.
Comment, en effet, ne pas être en même temps ému et frappé par l'évocation de cette cérémonie mys térieuse autant que grandiose, dans laquelle le cardi— nal Camerlingue vient toucher trois fois de son mar teau d’argent le sommet de la tête du pape défunt ? Quel sublime mystère que celui de la libération totale de l’Ame," rappelée et retenue par toute l’aspi ration vampirique des cellules de la matière, qui veut toujours et quand même la posséder!
Un jour, j’ai été admis à voir en vérité les afl‘res d'une âme qui venait d’être séparée du corps, et qui ignorait encore que la mort à ce monde était accom— plie. Sur l’ordre de mon maître, le voile qui sépare les deux plans se leva, et je vis... je vis les terreurs indescriptibles du pauvre être pour lequel la terre ‘
22 L’INITIATION semblait être tout... et je vis les Receveurs appelés par le maître entourer l’âme de leur manteau de Lumière et d’oubli... et le voile retomba. Cela se passait à midi, dans une pauvre chambre, et les parents pleu— raient l’être cher qui venait de recevoir le consolæ mentum.
C‘est encore un pouvoir. peu connu que celui de consoler l’âme qui vient de mourir, et mon cœur n‘a pas assez de remerciements pour le maître qui. un soir, nous donna, à un amicher à mon âme età moi— même, les clefs de ce pouvoir.
Quel: lecteur me pardonne cette digression; mais, comme on ne peut écouter les douleurs des autres sans évoquer les siennes, je n’ai pu échapper à la poignante émotion que m’a causée la lecture de ce sixième chapitre, et j’ai vu se dresser devant moi des s:ènes d’autant plus vivantes dans mon souvenir que je les. trouvais décrites minutieusement par l’auteur C’est Manès dont Guiata évoque la révélation à propos du voyage de l’âme dans les plans hyperphy siques.
Pourquoi avons-nous personnellement un faible. plus grand pour Valentin ?
Affaire de goûts, car la doctrine des deux maîtres est identique, sinon par la forme du moins par le fonds. * »:v Le chapitre vu consacré à la MAGIE DES TRANSMU TATIONS, après avoir éclairci avec cet art dont l’auteur a le secret les problèmes de la Lycant/zropz‘e et de la Palinge’nész’e, aborde franchement le problème de la Chrysope‘e, en une section consacrée intégralementà ;-an<
LA CLÉ DE LA MAGIlE NOIRE 23 l’alchimie (pp.' 703 à 745). Le sujet a été, en ces der— nières années, sérieusement étudié et élucidé par Alb. Poisson, aussi était—il d’autant plus difficile de faire œuvre originale. Guaita a cependant pu éviter la dif ficulté et résoudre af’firmativement le problème comme en se jouant. Sa science de chimiste a, ici, fort bien guidé son intuition d’initié.
Le double magistère de l’œuvre du soleil (rouge) et de l’œuvre de la lune (blanche) est parfaitement indiqué. L’union des deux magistères dans l’Athanor pour constituer la pierre après l’obtention des couleurs; puis la multiplication ainsi que le régime des feux sont traités de main de maître. L’auteur, pour éviter les obscurités, a même pris soin de n’indiquer qu'une des trois voies que peut suivre l’adepte.
Les spécialistes trouveraient peut— être très rigoureuse l’exclusion du magnétisme vital au profit ‘de l’électricité dans la préparation de la, pierre (sur le plan physique, car l‘auteur insiste bien sur la possibilité de son emploi sur les autres plans). « Nous écarterons en conséquence l’emploi du ma gnétisme humain en alchimie proprement dite et retiendrons l’usage de l’électricité. » (P.
724.) Mais c’est affaire entre les spécialistes et l’auteur, et nous sommes persuadé que dans le livre qu’il nous prépare sur la question, M. Jollivet Castelot aura à'coeur de résoudre ce problème. Nous ne pensons pas. personnellement, avoir la compétence nécessaire à cet effet. Car c’est la pierre magnétique et l‘aiguille magnétique et non la pile électrique que nous serions tenté de voir dans l’extrait publié p. 725. Mais, encore une fois, avouons plutôt notre incompétence en pratique alchimique et
24 L‘lNITIATION songeons à terminer cette analyse qui paraîtra peut ètre longue mais qui, en toute justice, aurait du l’être bien plus encore. L’appendice comprend une substantielle étude de Paul Sédir sur le Corps causal selon l’ésotérisme ve’dantin. C'est toujours avec plaisir qu'on voit une question résumée par ce jeune et savant chercheur.
D’autre part, M. A. de Pouvourville nous conte l’his toire d’un supplice étrange en Extrême-Orient, avec toute l’autorité qui s’attache à son nom. Comme tous les ouvrages de Guaita, celui-ci se termine par des tables d’auteurs cités (nous avouons que nous avons été confus des éloges, bien peu méri tés, qu’il nous décerna au cours de son travail), par une table analytique des matières et une table des gravures.
Car des gravures nombreuses autant que rares et bien choisies illustrent largement ce volume, et ici nous reconnaissons le goût artistique de l’éditeur et ami Chamuel, qui préfère les livres bien faits et qui se recommandent par eux-mêmes aux pédantes et hâtives compilations qu’on est obligé de lancer à grand renfort de notes dans les revues et les journaux, comme s’il s’agissait d’une spécialité pharmaceutique.
Nous voilà parvenu à la dernière page (808) de‘ ce bel ouvrage, et après l’avoir lu plusieurs fois et tou jours avec un nouveau plaisir, nous avons encore la tentation de le parcourir encore. Car le lecteur devant un tel livre est semblable au naturaliste dans une forêt pleine de richesses. Chaque nouveau pas, chaque retour sur le chemin déjà par ouru est marqué par la
LA CLÉ DE LA MAGIE NOIRE 25 découverte d’une nouvelle plante ou d’un sentier encore insoupçonné. Les raretés s’entassent, et c’est avec chagrin qu’on voit venir la fin du jour, qui nous oblige à remettre au lendemain la suite des attrayantes recherches. Le naturaliste voudrait que le jour n’eût pas de fin, comme le lecteur désirerait pouvoir com— mencer dès maintenant le volume qui doit étendre et compléter les hauts enseignements de celuivci. PAPUS.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Depuis longtemps, l’homme s’est habitué à croire que le contenu de sa conscience du monde physique, de sa conscience de l'état de veille, et avant tout, les perceptions à lui fournies par l’ambiance matérielle, forment tout ce qu’il y a de vrai, de réel. Ce qui n’est pas atteint par ses sens physiques lui semble du non-réel; au fond, bien peu d‘hommes croient consciemmentà l’existencede leurs sentiments et de leurs idées. Il semble au commun d‘esliommes et même à des philosophes que les idées sont rien, quelque chose comme les bulles de savon qui apparaissent un m0 ment pour s’évanouit à jamais, en tant que bulles. C’est là une opinion instinctive profondément en racinée dans la nature humaine. Et pourtant le monde des idées est un monde tout aussi réel que le domaine physique, qu’il surpasse en grandeur parce que le monde mental contient non— seulement les images de toutes les actualités phy siques, mais encore celles de tous les possibles qui ne sont pas encore matériellement actualisés. Il contient de plus des choses et des êtres dont les choses et les ÏJ—4’ v—u'—.,«...rn ;—,_. :,..,.,.nu’n ..-,.l.,,pM »
LES DIEUX '27 êtres physiques ne sont qu’une écorce, sans compter ceux qui n’ont pas encore d’écorce physique. Il y a des choses et des êtres sur le plan mental tout comme il y en a sur le plan physique; tous les jours il en naît et tous les jours il en meurt. Tout ce qui pense dans l’univers vit'*sur le plan mental et constamment en modifie le contenu.
Les hommes par leur intelligence sont des choses du plan mental sur lequel ils jouent un rôle dont ils n’ont pas connaissance. ' Il est. fort probable que les plantes ne se doutent guère des services qu’elles rendent aux animaux habitant en mêmetemps qu’elles la surface de la terre par le seul fait de leur respiration.
Les plantes res pirent pour leur compte, pour satisfaire un besoin impérieux sans aucun souci de fournir plus ou moins d’oxygène aux animaux. / ' Sur le plan mental, les hommes’sont à peu de chose près ce que sont les .plantes pour le plan phy sique.
Eux aussi pensent machinalement, pour satis— faire un impérieux besoin de leur nature, sans jamais s’inquiéter de savoir si la satisfaction de ce besoin ne sert pas à des êtres d’une autre espèce dont ils me soupçonnent presque pas l’existence. Et pourtant ce n’est pas uniquement pour lui que l’homme pense; il devrait s’en être aperçu depuis longtemps déjà à voir le peu d’utilité qu’ont pour son sort les idées qu’il produit.
Les idées de l’homme sont sur le plan mental ce que sont les choses matérielles sur le plan physique; comme les plantes se nourrissent des minéraux et
28 L’INITIATION comme les animaux se nourrissent des plantes, il y a au plan mental des êtres qui pâturent sur les produits de l'idéation humaine.
' Sans plus savoir d’où viennent les idées dont ils se nourrissent que les animaux ne savent d’où viennent les plantes, il est des habitants du plan mentalqui ont remarqué certaines conditions d’apparition des idées et qui réunissent ces conditions pour les faire paraître en plus grande abondance, tout comme sur le plan physique les cultivateurs font apparaître en grande abondance les espèces de plantes qu’ils cultivent en assemblant les conditions nécessaires à leur existence, sans qu’il y ait pourtant un seul cultivateur capable de créer une graine de plante.
Il y a au plan mental des êtres qui jouent le même role que les humains sur le plan physique. Pour ces êtres-là le produit du mental des hommes est une plante tantôt d’espèce comestible, tantôt d’espèce sau ‘.age, tantôt médicinale, tantôt vénéneuse. Les êtres correspondant aux humains sur le plan mental sont ce que les religions appellent les dieux.
Ce sont des cultivateurs de la mentalité humaine qui exploitent certains groupes d’hommes, les fidèles de leur religion, comme un agriculteur exploite les ré coltes qu’il fait pousser sur ses champs. C’est là une idée qui paraîtra vexante aux senti mentaux qui croient, en vertu de la bonne opinion qu’ils ont d’eux-mêmes, que l’homme est le centre de l’univers. Qu’y faire? L’homme n’est pas plus le centre de l’univers qu’une des choses qui sont ses contemporaines dans .À.‘ _ . -2ni"lfi'
LES maux . 20 l’existence terrestre, qui prennent comme lui leur part d’air et de soleil. Cette croyance est simplement une variété végétale dans le monde des idées. Les dieux, cultivateurs de notre idéation, l’exploi—. tent à leur profit; ils sont aussi variés et aussi nom breux dans le monde mental que le genre humain sur la terre; peut-être même le sont—ils bien davantage.
Celui qui dit en jurant : Milliards de dieux! pro clame une vérité sans qu’il s’en doute. Il y a beau temps que l’humanité sent qu’il en est ainsi, mais elle n’est pas encore arrivée à en prendre nette connaissance.
N’ayant pas conscience de sa place dans la nature, elle n’a pas davantage conscience de la place des dieux qui exploitent sa mentalité; elle imagine ceux— ci comme elle s’imagine elle-même; elle est aussi loin de connaître ses dieux qu’elle est loin de se connaître elle-même. Il y a des milliards de dieux vivant dans le monde mental et pâturant sur les idées comme il y ades milliards d‘animaux vivant dans le monde phy sique.
Dans la chaîne sans fin de l’existence. tout est subordonné; chaque maillon tient à deux autres, et l’humanité n’est qu’un maillon dans la chaîne de l’existence. Elle y a pour fonction de produire des idées qui, pour d’autres êtres, sont de la matière utilisable et qu’ils utilisent suivant leurs besoins et leur fantaisie, sans tenir grand compte des producteurs de cette matière. «
30 . L'INITIATÆON ..... «.. ..mv aÿ.. . _ _V Et les hommes pensent et pensent toujours et leur manière de penser ne varie que dans la mesure où les cultivateurs d’idées modifient les espèces comme les horticulteurs modifient les plantes. Il y a des moments où les dieux s’engouent pour une espèce d’idées comme les hommes pour une espèce de plantes, où ils font produire des tulipes ou des orchidées en grande abondance.
Cela détermine des époques de grande idéation humaine comme la Renaissance. De ce point de vue, on pourrait croire que le xrxe siècle subit dans le monde mental l’in fluence d’un dieu Parmentier qui a déterminé l‘appa rition de l’idéation industrielle. Les dieux qui exploitent les produits de notre'idéa— tien ne nous connaissent pas plus que nous ne con naissons les idéateurs produisant nos plantes.
Quand les idéateurs qui produisent nos plantes changent leur manière de penser, il y a des épidémies sur la vigne et les pommes de terre, et ces épidémies, quand elles s’éte'ndent suffisamment, peuvent déter miner des famines qui font rentrer dans la terre le dieu des plantes physiques. l’homme qui les utilise pour son profit.
Ce qui arrive à l’homme dans le monde physique. il peut le faire subir à ses dieux dans le monde men—. tal et par sa volonté les coucher par centaines de mille dans l’humus de l’idéation. Les dieux de l’homme sont mortels comme lui: il n’y a rien d'existant qui soit immortel; la seule chose qui n'ait point de fin, c’est la Pensée, mais les êtres particuliers en lesquels sa manifestation a
LES DIEUX 31 lieu, quelle que soit la longueur de leur exis— tence et quelle que soit l’étendue du domaine dans lequel ils peuvent exercer leur activité, prennent fin. La Pensée est le pouvoir créateur, c’est le Grand. Souffle, lequel à son tour se manifeste par le Verbe, le Logos, lequel à son tour se manifeste dans les myriades d’êtres particuliers qui apparaissent à l’exis tence.
Comme en tout ce qui existe, en l’homme, se ma nifeste le Logos, le Verbe réalisateur de la Pensée créatrice et comme cette pensée n’a pas de limites, comme il n’y a pas de possibles qu’elle ne puisse réa liser, par elle l’homme participe à la liberté créatrice et peut changer son destin. Il peut cesser d’être un producteur de plantes ali mentaires pour les dieux du plan mental et travailler pour des fins plus hautes.
Pour cela faire, il faut qu’il prenne connaissance de sa nature et du pouvoir qu’elle lui donne : Alzam Brah‘ma, je suis Brahma. le créateur, comme dit la philosophie de Sankaracharya. C’est par la prise de conscience de sa participation au pouvoir créateur que l’homme atteint la Déli— vrance.
Comme les Koumaras, il refuse alors de créer dans le. monde humain, à l’encontre de ce que font sans le savoir les grands troupeaux de ses frères in conscients. Deux chemins sont ouverts à l’homme : suivre do cilement et pas à pas la grande chaîne de la manifes tation, passer de maille en maille au long de la route de l’existence où les êtres travaillent inconsciemment pour des fins qu‘ils ne connaissent pas. - . ,.\_,..,_,,. L ‘>—.n. WWuw .r \ \‘,\q&o_‘l4im> »
32 ‘ L’INITIATION [AVRIL Ou bien s’échapper de cette chaîne et s'en aller à des anneaux plus élevés où sa volonté peut le porter ou peut-être au mystérieux Nirvâna, au royaume du Grand Repos qui se trouve en dehors de la route sui vie par l’existence. A quelque anneau que l’on soit dans la chaîne de la’ manifestation, on a toujours au-dessus de soi des dieux pour qui l’on travaille.
On ne peut être afîranchi qu’en s’échappant de cette chaîne, qu’en s’évadant de la roue des renaissances. Les philosophies d‘Europe conseillent la marche tranquille sur la route de l’existence, comme forçat de la manifestation; les philosophies d’0rient conseillent de s’évader de cette route pour entrer dans le domaine du Grand Repos.
Gunuor. lies imam DE ILA fiÉGGzRAPHIE [MANS UÊGUPTE AN‘IÎÆQŒE On oublie trop que l’Egypte fut le pays des merveilles, et que la Vérité ui sort de cette contrée paraîtrait ailleurs fabuleuse. %i les Pyramides, qui, après tant de siècles, dressent encore leur masse imposante dans les vallées de Thèbes ou de Memphis, n'existaient plus au jourd’hui. que! contemporain ne se défierait pas de ce ne rapporte Hérodota P Il ne manquerait pas de cri tiques pour contester, par toutes sortes de bonnes rai sons, les proportions gigantesques des Pyramides, mo numents qui semblent avoir si peu de motifs d’exister, que leur destination véritable est encore un éternel sujet _ e disputes entre nos érudits.
Fxovma, les Savants de l‘Antiquité. 1" vol., p. n, Hachette. Dans les temps antiques, lorsqu’on conseillait à quelqu’un de voyager pour s’instruire, c'était lui in —_|
18971 LES TEMPLES DE LA GÉOGRAPHIE 33 .‘- diquer l’Êgypte : I’Egypte depuis longtemps cé lèbre par la sagesse de ses institutions civiles et la science de ses prêtres; — I’Égypte Où Thalès, Pytha gore, liérodote, Solon, Platon, etc., ont puisé auprès de ses prêtres les connaissances qu’ils ont léguées à l’Humanité.
Pythagore, élève des prêtres de Thèbes. auprès desquels il resta pendant vingt-deux ans, rap porta, après sa captivité de Babylonedansla Grande Grèce, des connaissances précieuses qu’il enseigna dans son école de Crotone. Sa méthode d’enseigne ment était celle qu’employaient les Prêtres égyptiens dans leurs temples: enseignement secret dissimulé sous ces emblèmes obscurs dont le sens véritable échappait au vulgaire non-initié.
On a mis en doute, dit Figuier, la valeur de la science des prêtres égyp» tiens; mais ce qu’on n’a jamais contesté, c’est le soin qu’ils mettaient à la dérober aux profanes, surtout aux étrangers. La science faisait partie de leurs Mys tères.
Elle personnifiait cette Minerve qu’ils adoraient sous le nom de NeiZ/z-[sz’s, dans un temple élevé près du lacdeButus et dans lequel on lisaitcetteinscription : Jesuz‘s ce qui a été, cequz’ esz’, ce qui sera, et nul mor teln’a soulevé le uoile qui me couvre. Le grand Prêtre Souchis enseigna à Pythagore, outre la langue vul gaire, les symboles hiéroglyphiques et figuratifs.
Nous devons à Pythagore le théorème qui consiste à démontrer que le carré de l’hypolhénuse, ou le carré formé sur le grand côté d’un triangle rectangle, est égal à la somme des carrés construits sur les deux autres côtés. Pythagore avait aussi acquis dans les temples de Thèbes d’importantes connaissances en 2
34 L‘INITIATION astronomie; il possédait des notions très justes sur les points fondam‘entaux de l’astronomie. La distri bution de la sphère céle‘ste, l’obliquité de l’écliptique, la rondeur de la terre, l’existence des antipodes, furent connues de Pythagore et enseignées par lui à ses dis ciples.
Philolaüs vendit à Platon, en Sicile, pour la somme de quarante mines d’Alexandrie, un ouvrage de Pythagore, ou plutôt un ouvrage composé par lui— même sur la doctrine de Pythagore. De cet ouvrage, _très en crédit dans la secte pythagoricienne, Platon tira les matériaux de son Timée, ouvrage sur l’Univers physique (I).
Antérieurement à Pythagore, Moïse, la plus grande figure de l'Antiquité, avait aussi été l’élève des grands prêtres égyptiens qui l’avaient initié, dit Bossuet (2), à toutes leurs sciences et à toutes leurs pratiques mys térieuses. Peut-être n’est-on pas encore bien certain de posséder toutes les vérités que les livres du l’en taleuque, notamment la Genèse, contiennent dissi— mulées sous d’habiles aphorismes?
L’abbé Guénée, en réponse aux opinions légèrement émises par Vol taire, disait que Moi‘se étaitinitié à toutes les connais— sances que possédaient les grands Prêtres, et que pour écrire au moins sa Genèse, écrite avant la sortie d’Egypte, le patriarche hébreu s’était servi de carac tères hiéroglyphiques en usage dans les temples de l’Egypte antique, caractères qui permettaient au moyen de peu de signes d’écrire un grand nombre de (1) Louis Figuier, les Sauants de l’Antiquité; Hachette, I873. (2) Bossuet, Histoire universelle.
LES TEMPLES DE LA GÉOGRAPHIE 35 pensées (1). Cette explication géniale des hiérogly phes, donnée par l’éminent chanoine d’Amiens, con firme les enseignements de l’orientaliste Fabre d’Oli vet. Les prêtres de l’Égypte antique possédaient des sciences dont ils avaient le monopole et qui étaient inscrites en caractères sacrés ou hiéroglyphiques, im pénétrables pour quiconque n'était pas initié.
Mais pourquoi n’est—on pas encore parvenu, malgré les admirables travaux de Champollion, à interpréter les monuments sur lesquels et dans lesquels les élé— ments de ces sciences sont inscrits en caractères hié— roglyphiques ou sacrés ?
C’est que 1’Egyptologie offi cielle7 restée telle que l’a établie Champollion, est impuissante à pénétrer ces larges données scientifiques sorties du cerveau puissant des Prêtres égyptiens et fixées énigmatiquement sur la pierre. Pour le déchiffrement des caractères égyptiens, il existe deux méthodes : l’une, de Fabre d’Olivet, a vu le jour en 1816; l’autre, née en 1821, est de Cham pollion.
Méthode de Fabre d’Olivet La méthode de Fabre d’Olivet, qui confirme l’opi nion émise par l’érudit abbé Guénée, est ainsi décrite dans la Langue hébraïque restituée, cosmogonie de Moïse, Sep/1er, Beræshit/z, note VI, 1816: « Sans m’embarrasser des interprétations bonnes (l) Abbé 01én53, Lettres de plusieurs Juifs à M. de Vol—‘ taire. e., . e .
36 LÏNlTIATION ou mauvaises que l'on peut avoir données au nom mz:m: (Berœshith), je dirai que ce mot, dans la place qu’il occupe, offre trois sens distincts: l’un propre. l’autre figuré et le troisième hiéroglyphique. Moïse les a employés tous les trois, comme cela se trouve par la suite même de son ouvrage.
Il a suivi en cela la méthode des prêtres égyptiens, car je dois dire avant tout que ces prêtres avaient trois manières d’exprimer leurs pensées. La première était claire et simple, la seconde symbolique ou figurée, la troisième sacrée ou hiéroglyphique. Ils se servaient à cet effet de trois sortes de caractères, mais non pas de trois dialectes, comme on pourrait le penser. Le même mot prenait à leur grêle sens propre, figuré ou hiéro glyphique.
Tel était le génie de leur langue; Héraclite a parfaitement exprimé la différence de ces trois styles, en les désignant par les épithètes deparlant‘, signifiant et cachant.
Les deux premières manières, c'est-à-dire celles qui consistaient à prendre les mots dans leur sens propre ou figuré étaientoratoires; mais la troisième, qui ne pouvait recevoir sa forme hiéro— glyphique qu’au moyen de caractères dont les mots étaient composés n’existait que pour les yeux et ne s’employait qu’en écrivant. Nos langues modernes sont inhabiles à la faire sentir.
Moïse, initié dans tous les mystères du sacerdoce égyptien, s’est servi avec un art infini de ces trois manières; sa phrase est presque toujours constituée de façon à présenter trois sens; c’est pourquoi nulle espèce de mot à mot ne peut rendre sa pensée. Je me suis attaché, autant que je l’ai pu, à exprimer le sens propre et le sens figuré. Quant "'\ I"-‘( .
LES TEMPLES DE LA GÉOGRAPHIE au sens hiéroglyphique, il eût souvent été trop dange reux de l’exposer, mais je cherchais les moyens d’y parvenir, en portant des principes et en donnant des exemples. L « Dans le langage hiéroglyphique, on signalait le principe principiant universel dont il n’étaitjpoint permis de donner connaissance. » Méthode officielle, dite de Champollion Voici, d’après MM. F.
Lenormant et Maspero, l’ex— posé de la méthode créée par Champollion (i): g 4. Écritures hiéroglyphz’ques. « Peut-être n’est—il pasinutile d’expliquer par quelle série d’opérations intellectuelles Champollion a dû passer pour arriver à résoudre ce problème qui sem blait insoluble.
« Le point de départ de ses études fut la célèbre pierre de Rosette (2) qui portait en trois étages super posés une triple inscription, l’une en caractères hiéro glyphiques, l’autre en caractères dits démotiques, la troisième en grec.
Le déchiffrement de l’inscription grecque était facile pour les savants: c’était le texte_' d’un décret voté par l’assemblée des prêtres égyptiens sur les honneurs à rendre à Ptolémée Epiphaneà l’oc casion de son couronnement.
Il était infiniment pro— bable que les deux inscriptions hiéroglyphique et dé (1) Dr Émile Isambert, Orient: Malte, Egypte, etc.; Ha chette, 1878. (2) Découverte par les Français, en 1798; aujourd’hui à Londres, au British Museum. ,..:’.u "' ...
38 L’INITIATION W.-uafla .._. _ , ._._s, , u .s._ motique n’étaient que la reproduction de l’inscription grecque en langue égyptienne, et avec les deux alpha bets en usage dans le Delta à l’époque des Ptolémées. Si l’on connaissait la langue parlée par les anciens Égyptiens, le problème pouvait recevoir une solution.
C’était le déchiffrement d’un cryptogramme. et l’on sait que bien des personnes sont, par goût ou par pro fession, devenues habiles à retrouver un alphabet chiffré. Quelques—uns de nos romanciers contempo rains se sont plu à introduire la solution d'un de ces problèmes dans des nouvelles intéressantes (voy. Ed— gard Poë, le Scarabée d’or; J. Vernes, Voyage au centre de la terre).
Mais ce qui est relativement facile étant connue la langue dans laquelle le crypto gramme est écrit, semble impossible s’il s’agit d’une langue perdue. Yavait-il parmi les langues de l’Orient et de l'Egypte en particulier une langue qu’on pût supposer analogueàl’ancienégyptien, ou une popula— tion qui représentât l’ancienne race, tant de fois conquise par les envahisseurs'étrangers ?
Les Coptes formaient au milieu de la population moderne une caste à part, relativement lettrée, et parlant une langue à elle. Jablonski avait déjà, dans la seconde moitié du xvrue siècle, signalé l’analogie de certains mots égyptiens conservés par les auteurs grecs avec les mots de la langue copte.
Dès lors, transcrivant en copte le texte de l'inscription grecque de Rosette, on pouvait espérer de retrouverles signes hiéroglyphiques dont l’assemblage pouvait reproduire les mots coptes. Les noms propres et surtout les noms de souverains qui figurent dans le texte grec étaient ceux que l’on
LES TEMPLES DE LA GÉOGRAPHIE 39 devait reconnaître les premiers, et ils devaient être signalés par quelques signes particuliers, comme le sont, par exemple, les lettres majuscules dans nos‘ alphabets modernes. Or, parmi les signes hiérogly phiques, il y enj avait qui étaient entourés d’un cadre particulier (ce qu’on appelle un cartouche), et c’était dans ces signes que l’on pouvait espérer retrouver le nom des rois.
Supposons, par exemple, que les car touches contiennent, ainsi que l’indiquaitl’inscription grecque, les noms de Ptolémée et de Cléopâtre (HTOAMIE et KAOHATPA, avec la suppression facul tative de tout ou partie des voyelles, il est clair que ces deux noms ont plusieurs lettres communes, que le Il, première lettre du nom de Ptolmis, est la qua trième lettre du nom de Cléopatre, que d’autre part, le A, quatrième lettre du nom de Ptolmis, est la deuxième du nom de Clopâtra ; que 1’0 est la troi— sième lettre du nom de Ptolmis et la troisième du nom de Clopatra, de sorte que la comparaison des deux cartouches peut déjà faire reconnaître par la ré pétition des mêmes signes, et par le rang qui leur es assigné, les lettres II, A, T, O, et que l’on en déduit les autres lettres non communes, K, P, I, E, A, ainsi que le sens de l’écriture.
C’est par cette méthode que Young vers 1820 avait analysé les noms propres grecs de la pierre de Rosette et déterminé quelques lettres: mais il crut que le phonétisme (c’est-à dire la repré sentation des sons par des caractères alphabétiques) n’avait été employé que pour écrire les noms grecs, étrangers à l’Égypte, et ne pouvant déchiflrer le reste de l’inscription, il pensa que les autres signes MWww—æa»hwvvflaw -.,,fi__.._._WW.._.‘WA
40 L’INITIATION '-' ..:. ; -——.de -v.r... ....«'.'=v. ;-v n’étaient que de purs symboles, faisant allusion à des emblèmes ou à des idées entièrement perdues. « Le grand mérite de Champollion fut de com— prendre qu’il y avait dans cette inscription une écri— ture phonétique, un alphabet complet qui devait re produire les mots coptes du texte de l’inscription comme les noms des souverainseux-mêmes.
En 182 I, Champollion analyse plus correctement que Young les noms grecs de l’inscription de Rosette, il reconnaît sur d’autres monuments égyptiens ceux d’autres Pto lémées et de plusieurs empereurs romains. Il discerne en outre, deux mots de la langue égyptienne dans le texte de Rosette et lit sur un obélisque de Rome le nom d’un Pharaon indigène, Psamétik, ce qui fait tomber l’hypothèse de Young.
Dès lors la découverte est virtuellement complète, et Champollion la déve loppe si rapidement, qu’en quelques années il rétablit non seulement les trois alphabets hiéroglyphique, hiératique et démotique, mais la langue égyptienne elle—même, au moyen du copte, qui ressemble autant à la langue ancienne que l’italien au latin, ou mieux, le grec moderne au grec ancien ». ‘ Dans mes opérations, qui ont eu pour résultat la restitution de la destination de la Grande—Pyramide et du Sphinx de Memphis, j’ai employé exactement les mêmes moyens que ceux imaginés par Champollion dans le déchiffrement de la Pierre de Rosette: J’ai opéré par analogie.
Et les analogies ou coïncidences, qui existent entre le Système géographique du Nil et le système intérieur de la Grande-Pyramide et celui du Sphinx, me semblent au moins aussi probantes
-1'(;' r'.“":”" * ., . LES TEMPLES DE LA GÉOGRAPHIE 41 que celles que Champollion a signalées entre les dif— férents textes de la Pierre de Rosette.
La Grande-Pyramide etle Sphinx de Memphis sont les temples que les grands prêtres de l’Egypte antique avaient consacrés aux mystères du Nil, mystères qui étaient les plus élevés et les plus secrets de la théologie scientifique du sacerdoce égyptien: c’est que l’exis tence de l’Egypte repose entièrement sur celle du Nil.
Aussi les prêtres égyptiens avaient-ils dissimulé avec soin les mystères de ce fleuve, dont la géographie, dans la Grande-Pyramide et dans le Sphinx de Mem— phis. Ces monuments colossaux m’apparaissentencorc comme des caractères monstrueux de l’Écriture sa crée ou hiéroglyphique, dont Fabre d’Olivet a révélé l’existence, et que les profanes n’ont jamais pénétrée depuis que les prêtres de l’Egypte antique en ont em porté les secrets dans la tombe.
LÉON MAYOU. Burcy, Loiret, 30 octobre 1896. @écliè a tram, ÿamanpallier â‘li’ GÙNS@R1ÏS / tous plus ou moins professeurs névropathes Messieurs, vous m’avez paru bien passionnés dans vos jugements sur desphénomènes que vous avouez n‘avoir jamais essayés ni vus.
4.2 L’INITIATION Je ne sais pas si c’estde la rigueur scientifique, mais en tout cas, les expériences physiques que l'on con-« teste, on les refait soi-même, et cela donne quelque droit à éplucher, après, celles des autres; c’est, ce me semble, naturellement scientifique. On pourrait se demander pourquoi des hommes, des savants, sont atteints de telles passions à priori. Maisil ne faudrait pas connaître la nature humaine.
Puisque vous ne pouvez digérer les phénomènes psychiques, si vous voulez, nous aborderons ici les phénomènes naturels, qui ne sont pas moins éton nants, — seulement l’habitude que nous avons d’être sans cesse dans leur compagnie nous fait oublier leur extraordinaire et leur merveilleux. Il convient donc, je crois, de les remettre de temps en temps sous les yeux afin qu’ils obtiennent la jus ticeà laquelle ils ont, je pense, droit.
' Mais il convient, de parler avant des phéno mènes que vous avez si bien épl chés de loin, sans y assister; — ce n’en est que la marque d’une plus grande perspicacité et d‘une intelligence supérieure, qui donne une saveur toute particulière à vos décou— vertes des trucs employés par le sujet — trucs auxquels les savants, on peut dire de premier ordre, n’ont vu que du bleu. Mais vous, médecins, on ne vous en reméntre pas sur ce chapitre.
Nous allons donc parler un peu d’eux et de vos méthodes d’aborder ces sujets délicats. Malheureusement les sujets psychiques à effets physiques sont assez rares, et on ne les découvre pas à chaque coin de rue.
A MM. caocq, DUMONPALLIER ET cossoars 43 —u. De plus, ces sujets ne sont pas toujours en état de satisfaire aux exigences des permiers venus.
Et il faut ajouter aussi qu’ils ne disposent pas toujours d’assez de puissance pour vaincre l’ambiance psychique contraire des assistants, car, comme certains milieux physiques sont nécessaires pour produire certaines expériences matérielles, nous ne voyons pas pourquoi certaines expériences psychiques ne demanderaient pas à leur tourÿun milieu afférent.
D’autant plus que ces dernières sont encore plus délicates et plus diffi ciles à produire, et d’autant plus que nous n’en con— naissons pas encore les lois. Vous'ne vous doutez pas —— et cependant vous êtes médecins névropathes. etvous avez quelque expérience de l’automatisme nerveux.
Le sujet dans cet état spécial, parl’habitude sans doute, réflexe de l’état de veille. qu'il a de se servir de ses mains pour agir dans un acte quelconque, fait que l’automatisme manifeste encore quelque velléités de préhension ou de mouvement analogue à l’effet qui va se produire, et qu’il sent probablement sourdement.
C’est cela que vous prenez pour des velléités de du’perie. — Oui‘et non. , Tenez. je vais vous soumettre un cas où il y avait une dizaine de personnes présentes et ayant de bons yeux, je vous assure: Vous avez entendu parler de la célèbre Mme Bla watsky, propagatrice de la Société théosophique de l’Inde en l’Occident. Eh bien ! elle produisait, à environ trois ou quatre mètres de distance, un coup sur un verre en cristal,
44 L’INITIATION qui résonnait comme si réellement elle l’avait frappé. Mais le geste et la pichenette étaient bien exacte ment faits comme si le verre eûtété àportéede la main. — Et cependant, pertinemment elle savait bien que matériellement elle ne. pouvait atteindre ce verre. Cependant elle n’en faisait pas moins le geste qui accentuait le phénomène, car ici c’est l'inconscient qui projette la force nerveuse.
Nous avons vu également le fameux Slade qui a servi aux expériences du Dr Gibier produire à dis tance des coups, et ses mains séparées sous les nôtres, quoique solidement tenues, tenter instinctivement le geste. Car, il faut bienl’avouer. oh! certainement, quand certains sujets ne se sentent pas en l’état nécessaire pour produire occultement des phénomènes, ils sont tentés (car ils sont impulsifs généralement) quand même de les produire.
Est-ce vanité ou automa tisme ? C’est peut-êtrel’un et l’autre. C’est alors qu’ils cherchent au moyen de trucs à réaliser le phéno mène. Mais, malgré leur habileté généralement gros— sière, ils sont presque toujours démasqués. Cependant. Messieurs, vous me permettrez de vous dire que de votre côté vous agissez aussi avec certains trucs — qui témoignent que votre bonne foi est aussi parfois un peu floue.
Vous avez grand soin de choisir les expériences douteuses, incertaines ou ratées, et surtout celles faites dans une obscurité relative, et d’aller ensuite glaner, compulser « finassement », dans certaines feuilles naïvement croyantes et par là dénuées du moindre sens critique, chercher des J“!"d
A MM. CROCQ, DUMONPALLIER ET coxsoars 45 récits frisant l’idiotisme dictés par les soi-disant « grands Esprits » évoqués.
Avec cela, ensuite, vous placez Ces extraits, habile mentintercalés, — etje crois que de votre part c’est aussi du truc, car la stratégie ne vous est pas in connue, — vous faites suivre des faits controlés ou expérimentés par des savants, à qui vous n’osez pas à visage découvert vous attaquer, surtout quand ces savants ont euàleur service, pour justement éviter les fraudes et les trucs, des appareils instantanés, des enregistreurs infinitésimalement sensibles, des boîtes électriques où l’on emprisonne les pieds des sujets,des balances, etc, et une grande réputation scientifique. — Dame là, c’est dur de tendre le piège et de trouver le truc; aussi faut-il en appeler à d’autres, plus faciles à l’adaptation du truc à montrer quand même.
Aussi, tout de suite après, vous vous hâtez de pré— senter l’expérience où le jupon se gonfle, et où elle est faite dans une obscurité relative, et où enfin la main se dégage subrepticement, n’est-ce pas, M. Croq P N’y aurait—il que cette seule fois, vous vous en em parez avec la joie du triomphe. Vous exultez.
Et vous découvrez, de votre cabinet, que le gonfle ment du jupon a touché la table, qu’il yavait, fixé à la hanche du sujet, un levier qui à point ‘se plaCait sous un pied de cette table et qu’enfin, avec la main glissée et libre, le sujet faisait contrepesée, et les quatre pieds selevaient. Ce n’est pas plus malin que cela. Eh bien, moi, je vous défie de produire cette lévitation, d’une table or— dinaire, dans ces conditions" mêmes, et même avec
46 L’INITIATION toutes les contorsions que vous voudrez —- car une femme n‘est pas un hercule! Certains naïfs ou trop crédules se demanderont peut-être comment peut se faire le gonflement du jupon.
Comme vous ne l’avez pas dit, je vais le dire pour vous, je crois que vous ne vous en trouverez pas mal : Le sujet a sous ses vêtements une ceinture gonflée d’air ; avec les coudes, il presse dessus, l’air, en s’échappant et ne pouvant s'échapper que par le bas,à cause de la ceinture de la taille, gonfle naturellement le jupon pour s’échapper, et le tour est joué.
C’est le moment où le levier agit de la hanche à la table, au moyen de prétendues contorsions hypnotiques qui détournent l’attention. Et les savants n’y ont rien vu, — que du feu! Un meuble s’avance, il est à environ un mètre ou deux du sujet. Comme ce dernier n’est qu’une boîte à ficelles et à trucs, il n’est pas embarrassé pour si peu.
En entrant dans la pièce, il a été vers ce meuble et, en prestidigitateur, il a attaché prestementun fil de laiton très tenu, qui traîne à terre et qui est impercep tible même à la loupe. Et c’est si vraique le bahut avance, mais ne recule pas! Vous n’aviez pas pensé à cela? C’est fâcheux. Maintenant, une chaise se lève et va se placer sur les bras d’un assistant. Mais le levier et la main libres, vous n’y pensez donc plus?
Vous êtes, je suppose, placé de l’autre côté de la table et en face du sujet,la main libre, vous vous rap pelez celle qui s’est dégagée de dessous celle du
A MM. CROCQ, DUMONPALLIER ET CONSORTS savant qui croit toujours tenir les deux. Eh bien, cette main possède dans sa manche un prolongement en caoutchouc ou en baudruche avec ressorts qui, le coup du dos frappé, rentre aussi prestement qu’il est sorti de sa gaine : la manche. Et le tour du choc dans le dos est joué. Au besoin, les cinq doigts de cette main ont été imprégnés de blanc, c’est encore bien plus convaincant par la marque des doigts.
Vous avez senti une main sur les vôtres — ou frô— lant votrevisage, — maisgénéralement froide, notez-le ’ bien, — mais c’est la main en caoutchouc qui opère, malheureux ! Si c’étaitcelle en baudruche chauffée au contact du bras, elle vous apparaîtrait tiède! Com— prenez-vous maintenant le reste? Il faut vraiment être naïf et savant, pour ignorer tous ces trucs! Ah l les pauvres d’esprit qu’ils sont!
Et il faut, pour dévoiler tous ces trucs, qu’il y ait des éplucheurs qui scrutent les expériences et y décou vrentles ficelles: sans même y aller voir.
Est-ce que la simple réflexion suffit, surtout si elle ‘est gonflée presque toujours en pareil cas de l’idée préconçue que ’ le fait est impossible de par la science, ce qui tout bonnement crée, chez les intelligences parquées dans le premier plan, ce que l’on appelle une cataracte psy— chologique, qui les rend alors tous victimes et esclaves deleurs idées préconçues ?‘ Vous avez l’homme qui, de ce côté de la « Force », ne voit plus rien parce que d’avance LES LOIS NATURELLES LE LUI DÈFENDRAIENT AU BESOIN.
Oh! sainte suffisance! Posséder déjà la con naissance de toutes les lois! Vous savez les GRANDES LOIS connues? Mais celles
48 L‘INITIATION inconnues, est-ce qu’il n’y en a plus? Il y a quelque temps encore, on n'aurait cru ni à la matière ra diante, ni aux rayons X;avant-hier, le magnétisme était une fable et hier, la transmission mentale n’était qu’un truc. Et cependant pour la transmission men tale à distance, les faits ne manquent pas dans les livres et les mémoires de médecine.
Là, c’est une transmission d'impressions, de maladies, de pensées communes, entre jumeaux, à cent lieues l’un de l’autre. Plus dans le passé, c’est Récamier qui fait cesser un envoûtement à distance.
Là, àAngers, c’est le D" Quintard qui présente à l’académie de cette ville un petitbonhomme de 7 ans, -— sans tare —— (il parait que la tare physiologique explique tout!) qui représente tout le savoir de sa mère (latin, grec, cal cul, etc.) et devine les pensées de celle-ci quand on les lui demande. Mais, en vérité, chers docteurs névropathes s’il en fut, on dirait que vous ignorez tout cela! Ne serait-ce pas de Conrad le silence prudent?
Et le système du truc, voyons, essayez—en encore, ou dites que vos con— frères sont un peu mabouls! C’est vrai que M. Du montpallier, à bout d’arguments, lance carrément cette pensée charitable à leur face.
Eh bien, Messieurs les éplucheurs, nous allons entrer dans certains phénomènes, au moins aussi merveilleux, et là ce sont les ficelles invisibles, tenues et mises en jeu par de la « Force », et intelligentielle celle-là qui, je l’espère, vous démontreront son exis tence, pourvu toutefois que vous consentiez un instant à vous débarrasser de la cataracte ou des mauvais
A MM. CROCQ, DUMONPALLIER ET CONSORTS . ;'u .3», verres de vos lunettes, qui ne sont plus au point des choses transcendantes dela vie, que malheureusement vous n’avez jamais soupçonnées ! il y a déjà assez de temps que messieurs les maté rialistes et les soi—disant positivistes sont bien forcés d‘admettre des choses qu'ils ne voient ni ne palpent, et qui sont cependant admises sans conteste par la science, ——l’Ether et les atomes — comme fondement de l’Univers selon la science.
Or qui a vu l‘Ether et palpé les atomes ? Qui même a vu l’attraction? Qui a perçu le courant magnétique qui attire l'aiguille vers le pôle ? Au nom du positivisme le plus radical (il y en a sans doute d’autres), il est impossible cependant d’admettre ce qui ne tombe pas sous les sens? Ou alors... ce n’est plus du positivisme ! A propos de l’Ether et des atomes, je demande au positivisme comment les anciens ont pu en avoir connaissance.
Je me rappelle, sur le Radical, un article de M. J. Soury disant que les anciens ont pressenti presque toutes nos grandes découvertes! Mais, positivistes de mon cœur,dites-moi au moins comment ils ont pu les pressentir, et sans déroger à vos principes? Ces messieurs nous rabâchent que la « Matière » est tout, et qu’elle est seule l’artisan du merveilleux que nous constatons.
Et ce, à l’origine, par rencontre fortuite. hasard Ou accident (choisissez selon votre tempérament intellectuel}, cinq gaz et huit solides se sont rencontrés à point dans l’incommensurable va riété des combinaisons possibles :
50 L’INITIATlON Oxygène, hydrogène, azote, chlore, fluor, carbone, phosphore, soufre, calcium, potassium, sodium, ma gnésium et fer. Et, chose miraculeuse s’il en fut, ils se sont trouvés proportionnellement dosés, juste à point, pour que la matière organique en sortit tout armée comme une Minerve; sans cette dosimétrie si juste, le résultat eût été nul ou manqué!
AvecZcette dosimètrie d’un hasard heureux (ou malheureux après tout, qui sait P), la combinaison va créer chair, sang, os et muscles, etc. Mais le plus fort encore, un résultat aveugle qui nous fait toujours rêver, c’est que, cette matière orga— nique oubliant —— on ne sait pourquoi -— son passé, reniant ses origines, les affinités natives de ses élé ments constitutifs’, qui tendent à la cristallisation et au cran de repos, se mettent à danser ensemble une valse organique, où ils n’ont plus le temps de se re connaître, dans cet entraînement suggestif.
Et, chose incompréhensible (du moins pour moi), plus tard, sur cette instabilité constante il se greffera la stabilité de la forme des espèces et la mémoire. Et enfin la permanence de l’individualité consciente du sor. C’est l’évolution de la matière par elle—même! Voilà un fait patent et, ma foi, épatant, permettez—moi cette expression pittoresque.
Car, qui force une partie d’elle—même à évoluer et l’autre à ne pas évoluer, puisque les milieux, l’ambiance, ont été les mêmes pour le tout? Eh bien, dire que nos savants, M. Berthelot en tête, en sont encore à tâtonner pour produire le même ré—
A MM. CROCQ, DUMONPALLIER ET CONSORTS’ 51 sultat l C’est à désespérer de l’avenir et de l’intelligence des chimistes.
Ce n’est pas la peine assurément que la matière leur montre le chemin et qu'elle les dote d’un cerveau si monumental pour ne pas y voir plus clairet moins qu’elle, qui a marché à l’aveuglette et qui n’en est pas moins arrivée à de bien beaux résultats, et je crois sans tâtonnements, et dire que la façon dont elle s’y est prise, et sans cerveau, et sans intelligence, échappe à ceux qui en ont un et qui se prétendent assez intelligents pour nier l’Intelligentiel dans la nature!
' Mais attendez, il y a encore au moins aussi fort, si ce n’est plus (décidément la matière est truqueuse). La matière organique pouvait bien rester ainsi, et rester à son stade gélatineux. On ne voit rien qui la forçait à évoluer tonjours jusqu’à ce qu’elle se reposât au roi de la création. ' Mais vous comptez sans le titillement des milieux sur elle. Elle fit des êtres.
Oh! très laborieusement pour commencer et pas beaucoup, dit—on, et naturel lement ils furent très rudimentaires. Il fallait bien qu’elle s’essayât.
Mais elle prévoya, comme si elle pensait à l’avenir, qu’un jour elle ne pourrait plus créer d’êtres de la même façon spontanée, alors elle agit absolument comme une intelligence supérieure_ferait en pareil cas, elle scinda les espèces, elle créa les mâles et les femelles, et les dote d’organes sexuels pour suppléer à cette fâcheuse décadence de sa puissance originelle. Ce qui n’est pas une mince originalité.
5 2 L’lNlTIATION Allons, le merveilleux n’est pas encore enterré, quoi qu’on en dise. Et je ne sais pas s'il ne remplace pas là plus miraculeusement encore le Dieu potier, qui était déjà assez merveilleux cependant comme cela. Mais, entre nous, c’est entendu qu’il a fait son temps; là, tous. d’accord. Nous, nous avons besoin d’un gros cerveau pour manifester de l’intelligence et agir en ce sens.
Mais, puisquela matière, elle, se passe de lui,qu’çlle est donc bête de s’être donnée tant de mal pour nous en doter d’un, puisque nous n’y voyons pas plus clair dans sa manière de procéder! Décidément, il y a de quoi être confondus pas tous ces trucs à elle. Vous savez aussi qu’au moyen de la lutte pour la vie, il se produit une sélection où les plus forts, les plus agiles, survivent, et les moins bien dotés dispa raissent ?
Je me suis toujours demandé, avec cette théorie, comment les ânes, les moutons, qui n’ont aucun moyen de défense, et qui ne sont pas plus agiles qu’il ne faut, ont pu échapper à la dent des'plus petits car nassiers ? Dans les volatiles, la colombe, la poule, etc., com ment ont-ils pu également surmonter les dangers des animaux de proie? Et enfin, comment des espèces très fortes, très redou tables ont-elles disparu?
Est-ce que l’espèce ne serait pas comme l’individu lui-même, est—ce qu’elle n’aurait pas aussi quelque chose dansle « ventre » qui l’amène plus ou moins lentement à sa fin?
A MM. CROCQ, QUMONPALLIER ET CONSORTS 53 Chose singulière quela nature détruisant son oeuvre, quoique les organes fonctionnent bien, que les appé tits sont toujours également satisfaits. A un moment donné, crac! voilà les affinités, les brutales affinités qui s’avisent de rompre l’union dosimètrique des constituants,et la valse organique instable se ralentit, et adieu le chef-d’œuvre organique!
On ne sait pour— quoi, puisqu’il fonctionne bien, digère aussi bien. Mystérieux truc de la matière ! Passons aux besoins, aux désirs. Vous savez que . dans la théorie les besoins créent l’organe? C’est encore assez mystérieux, qu’un effet psychique parvienne à réaliser et créer un organe, et un organe approprié à des avantages qu’il ne connaît pas ! Ici, du reste, il ne faut s’étonner de rien.
Nous nageons en pleine eau de merveilleux en merveilleux inconscient. _ Alors les besoins font les organes, ils sont donc antérieurs à tout l’organisme , qui n’est qu’un com— posé d’organes? :N’est-ce pas assez abracadabrant. puisque la logique impose cette pensée?
Et dire que ces savants, qui admettent si facilement ces miraculeuses choses les yeux de l’observation fer més, regimbent après quand on leur montre des phé nomènes qui ne sont pas plus miraculeux, mais qui contrarient singulièrement leurs théories. Et dame! avoir tant pioché à côté, ce n’est pas bien régalant après de voir ses nombreuses erreurs ! Je me suis toujours désopilé de la réflexion superfi cielle des hommes graves. Vous savez aussi que dans la théorie on fait appel
54 L’INITIATION (mais quand on en a seulement besoin) à l’héré dité, à l’ala_visme, à la mémoire organique des acquits ancestraux, etc., etc. Hors vous vous demandez si la procréation n’est pas une fixation définitive de l’es pèce, une consécration, et comment un ébranlement non justifié peut amener de nouvelles espèces, sortant des anciennes si bien solidifiées, puisque. je le répète, avec intention, elles procréent ?
C'est leur fin consti tutive. , Et nous ne voyons pas un seul fait de ce genre se reproduire sous nos yeux ! L’hybride ne se reproduit pas — ou accidentelle ment — mais il ne fait pas souche. Son ou ses pro duits restent stériles. Sans cela, si l’ébranlement étant possible à ce point, il y aurait longtemps que le bizet sur lequel Darwin a porté tous ses efforts, serait depuis longtemps transformé en je ne sais quelle espèce.
On aura beau faire, on ne se trompera jamais dans les races de pigeons. Un pigeon ne sera toujours qu’un pigeon, fut-il tératologise’ jusqu’aux limites possibles de la vie. Vous savez aussi qu’on prétend (avec de la bonne volonté, toutefois) que l’embryon humain, suit une genèse qui reproduit (plus ou moins exactement je vous ferai remarquer) toutes les phases antérieures des espèces par lesquelles nous aurions passé.
Seulement il n’y a encore qu’un malheur à cette théorie, c’est que plus on remonte aux origines, plus se doivent faire les rapprochements ancestraux suppo sés. C’est la reproduction de la série zoologique ances— trale qui s’imposerait.
A MM. CROCQ. DUMONPALLIER ET CONSORTS 55 Eh bien. cette théorie trop hâtive joue encore ici de malheur. C'est que : arrivé au point de départ com mun, au point initial, le s'permaloqoi‘de du singe le plus anthropomorphe ne ressemble en rien à celui de. l’homme le plus simien. Arrangez—moi cela.
En voilà. une matière dérou— tante : au moment où on croit la saisir sur le fait, et au moment où l’on croit la vérification de la théorie complète, c’est là qu’elle fait défaut à la logique la plus simple! Décidément la matière, elle aussi, est une grande truqueuse. Mais, braves « naturistes », est-ce que nous n‘avons pas en notre corps tous les organes sem blables à ceux de l’animal ?
Est-ce qu’ils ne sont pas appelés aux mêmes fonctionnements, aux mêmes buts ? Et vous prétendez tirer de cette similitude un argu— ment irrésistible de ce processus pour nous faire des cendre de l’animal? Allons, un peu de positivisme de plus, s’il vous plaît.
Et, si cet embryon humain doit représenter absolument tous les stades et les phases des espèces génésiques Où il a passé, mais alors ce ne seraitplus le cœur ni le cerveau qui devraient apparaître les premiers P La série zoologique primaire vous le dét’endrait encore ici. Mais voici un autre comble aussi désopilant, si ce n’est plus. Pour expliquer les formes restées mammi fériennes, telles que l’allaitement de la baleine et
56 L’INITIATION l’intelligence des syrénoïdes, et leurs formes, surtout chez l’otarie, remarquez bien ce que M. Trouessart en dit : « Ce sont de gros mammifères de jadis, « mastodontes pour les baleines, ours ou chiens pour les syrénoïdes, qui, à force d’aller à l‘eau et d'y trouver leur nourriture, pôur une raison probable ment d’isolement forcé et restreint, sont devenus quelque peu poissons. » D’autres prétendent, je crois, avec plus de raison, que c’est le contraire, et que les premiers ancêtres des mammifères terrestres furent justement ces poissons précurseurs.
Alors on peut se demander pourquoi les poules d’eau. les canards, les oies, etc., n’ont pas eux aussi suivi cette régression, et pourquoi cet allaitement ter restre, ces formes des syrénoïdes, ont pu se conservér, n’étant pas du tout‘ un avantage dans cet élément où les formes les plus aptes à la concurrence vitale sont encore celles des poissons pour la vélocité qui est la plus évidente ici.
Nous finirons cette étude bien écourtée par une excursion dans le domaine de l’instinct, et nous en profiterons pour porter un défiaux plus ingénieux des théoriciens transformistes. Lathéorie prétend toujours que les instincts ne sont que des acquis ancestraux d’espèces précédentes et généalogiques qui se sont accumulés et par consé quent n’ayant absolument rien de suigenerz's, inhé: rent à l’espèce. Bien que nous puissions citer différentes espèces, chez des insectes, par exemple, les mœurs de l’ammo kâît‘â
A MM. CROCQ, DUMONPALLIER ET CONSORTS phile, genre de mouche de la famille des Sphex, — bien décrits par M. Faivre, professeur au Muséum d’histoire naturelle de Lyon, Lubdock en parle légère ment, et on voit que le sujet est assez récalcitrant pour la théorie; mais il le fait passer bien prestement et sans vergogne sous le « Gabarit » des ancestralités. Ce qu’il y a de bon, c’est qu’on n’est jamais embar rassé avec cette théorie en caoutchouc.
Mais la bestiole dont je présente ici l’histoire est une simple chenille de l’Ailante globulosa, dont il m’est arrivé de parler bien souvent. Cette bestiole est de la famille des annelés, c’est—à dire coloniale, et par conséquent toute primitive et sans ancestralz’te’s connues ni possibles. J’ai suivi le phénomène que je vais décrire pendant plusieurs années.
Je passe rapidement sur le travail chrysalidaire, mais non toutefois sans faire remarquer cette curieuse propriété de sécrétion, qui sait elle-même se méta morphoser dans ses produits, qui ici durcit la feuille du cocon aussi indéchirable que du cuir, auquel elle ressemble étonnamment après. Et de cette même sécrétion, elle se ouate soyeusement sa couche blanche et fine comme de la soie.
Il est vrai que nos plus belles carnations ne sont que des gaz et des métalloi‘des, plus ce qu’y ajoute la vie. Mais le plus merveilleux, c’est que cette humble bestiole, avant de refermer son c‘ocon, tisse un fort fil d’elle à la branchette arborz‘colz’sée celle-là qui, elle le sait, ne tombera pas par les gelées. Elle ne s’y ’ ’ \ . a...” ..A.; ...t. e._.......,. v;.:.:,;:.... .
58 L’INITIATION trompe pas, et cependant comment peut-elle discerner entre les fortes membrures des feuilles qui ne sont qu'herbace’es. et qui suivront la chute des feuilles pour cette raison, cette branchette qui, elle le sait. ne tombera pas et où elle aura une sécurité complète? Et l’hiver, on voit se balancer les cocons au bout des branchettes.
Je demande aux plus ingénieux des théoriciens transformistes comment cette chenille peut avoir conscience de l’hiver, des gelées, de la chute des feuilles et de leurs grosses membrures très résis— tantes, et qu’elle ne les confond pas un seul instant avec la branchette? S’il n’y a pas là un cas de médium— nité, de vision anticipée produite par la vie incon sciente, qu’on explique, alors, autrement, cette em prise sur le futur.
Et, si ce phénomène n’est pas aussi transcendant que ceux psychiques et aussi étonnant que n’importe lequel, — et là il n’y a pas de trucs possibles, —— si ces phénomènes n’arrêtent pas un instant la pensée de certains savants, c'est qu’il leur manque le sens in tuitif de l’observation.
Il est inutile, selon moi, qu’ils abordent alors la discussion des phénomènes psy chiques chez l’homme, puisqu’ils passent indifférents sur ceux que présentent et la vie et la nature; ou alors ils les voient par le côté imaginatif plutôt que par le côté positif, —- effet de la cataracte des idées à priori trop solidement implantées par la passion du sectaire scientiste. B. LECOMTE, Lz’bre‘e’tudz’ant. ______———r , ru u«/ .o».. m« «,——..«,».-,.»r .... . 7,. . ' r...
PARTIE LITTÉRAIRE Œ'ÆHïË‘RÛÏÙÎÆŒ” PAR F.
JOLLIVET CASTELOT (Suite) DEUXIÈME PARTIE \ Nirâ aimait rêver sur le balcon-terrasse encadré de grandes fleurs grisantes de deuil et de poupre; elle s’accoudait avec nonchalence — perduedans la Nature soit aux lourdes heures de l’après-midi, à ces heures de rêves pesants que donne le soleil fiévreux del’lnde, ‘ soit le soir alors que les rayons silencieux du Ciel étoilé peignent les ravissements des paysages aux vives couleurs, dans une transparente tunique de pénombre.
Un hamac se balançait entre les colonnes de la terrasse, et dans un demi-sommeil l’hiérodoule mon tait au pays bleu des rêves, enveloppée de la fumée odorante de cigarettes jaunes d’Orient. Sâri presque toujours l’y venait rejoindre. MWüu:EÆfi——mï -> m‘a—t...“ _-_ .;..\. a».fl.w-.\..m ....___Nh W..{;r;;..
60 L’lNITIATION Serrés l’un contre l’autre, ils songeaient délicieuse— ment, repassant ensemble les scènes de leur vie, heu reux au sein de l’Inde sublime, de l’Inde lumineuse et parfumée, de l’lnde paradisiaque faite de couleurs suaves et d’enivrante atmosphère lascive.
Leslèvres unies, ils épuisaient la coupe du bonheur sensuel, en une fièvre sans cesse renaissante; ils immolaient leur corps sur l’Autel de l’Amour uni versel, de l’Amour, ce Dieu-Éternel, ce seul Dieu. La possession! la fécondation par la joie irritante des sens! les baisers de feu!
Ah! c’était cela le vrai sacerdoce, compréhensible, obligatoire pour tous, et qui rendait dieux les hommes, tous les hommes, tous les êtres, même les plus inférieurs ! Oui! faire de la Vie, s’unir à deux en un, oh! quel délire, quel délire, et quels transports d’enthousiasme s’élèvent du Cœur vers la Loi Suprême.
Nue, elle serrait son beau corps de Femme contre celui de son amant,en des spasmes profonds; elle l’enveloppait de ses bras fauves —— et lui, caressait de ses lèvres la peau satinée de Nirâ—— l’intimité même de sa sculpture, d’où des flots de senteurs s’épandaient, affolants. Toujours le même amour passionné les brûlait, depuis la première possession, etla possession répétée exaspérait leur amour, sans que la moindre lassitude vint s’y mêler.
Tous les stupres de l’Amour, ils les goûtaient, tous les stupéfiants que peut distilller la Femme, Sâri les buvait! Faire un, mieux encore, donner plus etautre chose, se chérir davantage, s’exaspérer par la Caresse jus
L’HIÉRODOULE 61 ÿ qu’à la Volupté de la Douleur, tel était leur désir irré sistible (I).
Et dans les moitesinstants qui suivent la perte de fluide nerveux, ils s’entretenaient du Passé, ils cau saient de leur tendresse, bercés par le sourd murmure exquis, par l'éternelle plainte de la Mer bleue dont ils voyaient l’Azur au loin, dans un flamboiement d’ar gent et d'or, dans une caresse de demi-teintes métal liques posées par la changeante lumière du Jour et du Soir.
0Il C'était là,aux bords de la Mer bleue frangée d‘une écume plus blanche que la neige, c'était en face de cetteimage de l‘Infini que Sâri et Nirâ s’étaient avoué leur amour, un an passé déjà. Depuis leur enfance, ils se connaissaient, et leurs cœurs, inconsciemment, ne battaient que l’un pour l’autre, unis dans la passion de l’ldéal comme dans la Volupté du corps, de la chair.
Mais durant plusieurs années interminables, la noire séparation les attrista.
Sâri dut s’éloigner pour étudier la Science sainte sous la direction d’un Mage illustre, au cœur même de l'lndoustan, et Nirâ subit les initiations longues et périlleuses qui la consa crèrent hiérodoule du Temple qu’elle desservait maintenant. , (I) Il est nécessaire de rappeler que la Magie ne défend les rapports sexuels à ses prêtres, n’ordonne la chasteté parfaite, que durant certaines périodes d’entraînement.
C‘est ce qu'avait très bien établi le sacerdoce indou. (Note de l‘auteur.) .-.-.c«._._.M .,.4 \.<.. .... _..‘.__,_._M-.t
62 L'INITIATION “n Enfin ils se revirent ! Sâri, malgré sa jeunesse, fut investi du titre magique d'hiérophante, à cause de la supériorité de sOn intelligence, et ce fut le Temple où officiait Nirâ qui lui fut désigné. Le Destin sublime scellait ainsi de lui-même leur union, union bénie de la Nature — car l’Hiérodoule devait se donner au prêtre appelé à desservir avec elle la Loge Alchimique d’lsis, sans ministre alors.
Sitôt qu’ils se virent, des larmes de tendresse folle, de bonheur suave leur montèrent aux yeux, rosée divine amenant pour quelques trop courte minutes les joies pures de l‘Éden.
Ils se confondirent de suite en un baiser sans fin, ne pouvant que bégayer des mots entrecoupész« Ah! te voilà! — Je te retrouve — Bien-aimée et pour toujours! -— Unis! oh, mon amour, mon Idole ! à deux pour la Vie... » Enlacés ils avaient gagné l’Océan —— cet Océan que tous deux adoraient du plus profond de leur être, -— et s’allongeant côte à côte sur le sable fin de la grève, à l’ombre fraîche d’un cocotier magnifique, ils s’étaient dit la puissance et l’ancienneté .de leur mutuelle passion.
Également assoiffés d’Amour, d’ldéal et de Vérité. Également épris de la Science, de la Nature! Amants de l’Univers. Époux aujourd’hui, ministres d’un temple perdu dans la Poésie des Bosquets et du Lac, initiés à la Grande Doctrine, ils voulaient vouer leur existence entière au Bonheur des autres, à l’Huma
L'HIÉRODOULE ' 63 nité souffrante, pour lui donner une parcelle de Joie, une étincelle de véritél...
Et mariés sur terre, eux, ils se retrouveraient après la Mort dans l’Espace, progressant ensemble, toujours unis, fusionnés davan— tage dans le Baiser plus absolu, brillant du diaman tique éclat des âmes-Sœursl... ’ La Mer bleue, la Mer bleue! ils la contemplaient de leur hamac, cette admirable mer bleue éclatante sous le Ciel bien comme un ruban de moire laiteuse, comme une bande de satin dentelé de blanc pur.
A l’horizon, souvent, une bleuâtre blancheur flottait, brouée transparente que le soleil fulgurant irisait de nuances somptueuses le matin— trop crues la journée —— et mornes vers le soir —Pfranges d’or, d’opale, de turquoise, de lapis, d’émeraude; franges roses, pour pres, violettes, mauves; brocarts rutilants, bleu cé leste, violet éteint... et la Nuit, flottantes grisailles que verdissait la Lune, ce « Soleil des Morts »...
I nv: Ils demeuraient étendus sous la véranda, de longues heures, écrasés par la chaleur étouffante, anéantis en leur Rêve sans fin, bercés toujours par l’éternelle chanson, par le susurrement de la Mer d'Azur. La brise tiède apportait des parfums capiteux exa gérés par les ardentes flèches du Soleil luisant là-bas, au loin, sur la nappe aveuglante de l’Océan de Songe.
Ils cherchaient à comprendre le rôle physiologique de la Mer dans l’existence de la Planète — engourdis par leur impuissance à percer ce mystère immense. Ils rassasiaient leurs regards de la Mer changeante, k“ m..1 ‘ ' ' ' ' ‘ ' . .M._ÿ. .,Mc.,\. . ...I.,. . , ...., .....a.. ... -A—. W%W»»“**Ë*“Ï v ” ’“k W. “W. ,
64 L’INITIATION IAVRIL '\ de la Grande Bleue, de la Grande Multicolore — char meuse et traîtresse, mystérieuse et chatoyante, pro fonce, insondable —— image de l’Infini — miroir du Ciel — reflet du Grand Tout!
La plainte de l’océan berce le corps et enivre l’âme; le chant des vagues tristes emplit le cœur, l’oreille, les sens, de sa mélopée hypnique, semblable au mur mure des voix de trépassés, dont les âmes tourbillon nent dans les cadavériques baisers de Lune — et long temps on demeure éperdu comme inconscient, en présence de la nappe irisée aux flots de mat argent, aux (lots d’étain, fluides rutilants ou d’or étrange, de‘ vert-pourriture.
Ils sentaient la grandeur surhumaine de l’Univers, en face de la Mer, sa vitalité personnelle et indépen— dante de celle des êtres, ses cellules! .Ils sentaient que l’Univers est une succession de lois s’enchaînant en une évolution inconnue, mais effrayante. ole De bleue, la mer passait au vert paon lavé de gris terne, certains jours très chauds ; d’épais nuages noirs glissaient au ciel, fleurs d’orage, et le soleil pâli, jetait des poussières d’or jaune sur une petite surface del’onde.. . . . . . .
TROISIÈME PARTIE Les soirs d’étoiles, Nirâ et l’hiérophante scrutaient les magnificences de l’Espace, cherchant la Vérité 2245m:*mssæ
1897] LÏilÉRODOULE 65 qu’apportent en leurs gerbes d'or les rayons astraux; l le prêtre et l’hiérodoule étudiaient avec soin la posi tion des Soleils et des Planètes afin de connaître les événements qu’en fantait l’Akâsâ!
Les terres du Ciel influencent notre mondicule, influencent ses habitants, car tout se tient, s’enchaîne en l’Infinité de l’Univers — car chaque atome de 1’135 pace agit sur un autre atome, de même que chaque rouage d’une machine détermine le mouvement et l’action du rouage qui lui fait suite. lit par le calcul des vibrations d’un de ces rouages de la Grande Machine, la prêtesse et son époux, par le calcul de quelques-uns de ces rouages, tiraient la fonction future X du rouage la terre et de ses denti cules, les hommes.
Ils calculaient ainsi les phénomènes de l’Avenir, plaçant en équation le Déterminisme; au moyen de leurs puissantes formules, ils tiraient les inconnues, et par la pensée, suivaientl’évolution de notre Planète à travers les âges sériels. Or voici ce que les astres leur apprirent sur l’his toire de la Terre —— sur son histoire religieuse— voici ce qu’ils prophétisèrent parleurs conjonctions et leurs diverses courses célestes: .
Longtemps, longtemps encore l‘llumanité subira des arrêts dans sa marche triomphante vers la Lumière — des révolutions terribles mais nécessaires qui paraîtront ’entraver, quelques siècles, son ascension vers le Progrès! L’A tlanlz’de a disparu, engloutie après des milliers d’années de grandeur et d’intelligence. — Quelques 3
66 L’INITIATXON vestiges seuls subsistèrent, qui fécondèrent le nouveau continent émergé audessus des mers: l’Inde!
Il fallut d’interminables successions de siècles pour que l’Inde parvint à la connaissance des pures vérités qui l’illuminent maintenant; combien de culte s'éle— vèrent, tyranniques et vains, despotes et hypocrites! combien de cultes idolâtres s’imposèrent avant qu’ap— parût le culte universel de la Science à peine bégayé par les hommes de l’Indoustan!
Des dieux anthropomorphes, créations des prêtres autoritaires, voulurent se faire adorer, en abaissant l’esprit de l’être, et la route fut longue qui conduisit les âmes de l’ignorance à la splendeur de la Religion de la Nature, de la Religion de la Science symbo—r lique ! longue et pénible fut cette route. 1: a! Mais, hélas! les mouvements célestes, la Mécanique universelle. de nouveau dérangeront temporairement ces premiers chants del’harmonie.
Le Déterminisme des choses veut quel’lnde s’ache mine bientôt vers la Décadence ; que sa superbe civi lisation disparaisse, qu’elle meure après avoir en enfanté les gloires futures de l’Egypte naissante et de l’Orient, lesquels mourront aussi en donnant le jour à l’Europe l... Des milliers et des milliers d’années s’écouleront avant que les filles égalent la beauté de leur mère : l’Inde... L’éclatante Egypte ne sera qu’éphémère; son apogée durera cinq mille ans, point davantage.
L’HIÉRODOULE 67 Le symbole excessif la tuera ; ses prêtres, trop fiers, trop jaloux du secretdu Sphinx, ne le confieront point au Peuple qui périra de la Religion vénéneuse de l’idole l... L’Europe, une contrée sauvage à présent, héritera des préceptes religieux donnésàl’0rient, apportés aux peuples jeunes par les philosophes, les initiés issus de l’Egypte. Mais quels tristes cultes terrifiants! quel encom brement de religions contradictoires!
Les guerres, les révolutions, seront nombreuses: l’Europe se formera... Les renseignementset les lois morales de l'Inde, ce berceau de toute civilisation lui seront apportés d’Orient (lois et enseignements incomplets, sous le rapport scientifique), où ils auront été semés par le sublime Prophète.
La Religion d’Amour et de Piété refleurira alors; mais, mal comprise, mal dirigée par des esprits médiocres, elle déviera de la route que lui aura tracée le divin propagateur d’Amour, et la npirethéocratie envahira les contrées, guerroyant avec l’aide de l’Inquisition et de l’lgnorance...
Une morne stupeur engourdira les intelligences : la barbarie semblera, s’affirmer, on blasphémera la Nature et l’on niera la Science et ses révélations spiritualistes. On ne com prendra point le Ciel, et la vanité, l’égoïsme, seront immenses. Oh ! quelles époques troublées ! Que de révoltes, que de dégoùts, que de luttes fratricides l... que de sang verséau nom de dieux querelleurs et despotes l... ‘
-68 L’INITIATION Le sang féconde le Sol où germent ensuite les fleurs de Pourpre l... Mais la Science prendra sa revanche ; la Nature recouvrera ses droits méconnus.
Le Mysticisme et le Néantisme disparaîtront— complètement cette fois ; et, peu à peu, 1’Humanité s’élèvera par l’étude et l’amour, par la Fraternité et l'Égalité, vers la Flam— boyante Trinité de Dieu : Le Vrai, le Beau le Bien, c’est-à dire l’union des trois principes universaux: Énergie, Matière, Intelligence 1...
Consciente de l’Au Delà, reliée à ses sœurs, l’Hu manité terrestre ne possédera plus qu’une RELIGION et qu’un IDÉAL: le DIEU DES ÉTOILES! Fin de l'Hie‘rodoule, série des Tableaux antiques. F. JOLLIVET CASTELOT. Août I894. On remarquera de suite, en cet hiérodoulique récit, qu'lsis — personnifiant la Nature —— reçoit dans l’lnde antique de symboliques adorations, et que le Temple du récit lui est dédié.
J’ai désiré indiquer— par cette apparente hypothèse dont on voudra bien excuser la hardiesse — la naissance sur la terre sacrée du culte isiaque, transmis de là à l’Egypte jeune encore.
La filiation certaine des religions se manifeste donc ; l'Inde, à son apogée, enfante, parallèlement au Brahma nisme, le symbolisme d’Isis; mais cet enseignement dernier ne se développera dans tout son éclat qu’en Egypte, par l’initiation magique indoue appropriée au Milieu ; tandis que, plus tard, le Bouddhisme succédera, en l'lnde même, à la vieille philosophie brahmine. Note de l’auteur.
LES VERRIERES 69 Eus WaaanEaas Je veux emplir encor mon regard d'écarlate Et de pourpre, et que l’orfarouche et précieux Se courbe aux gorgerins, pende en chaînons, éclate, Et rutile etflamboie, e'perdu sous mes yeux; Je veux tous les métaux avec toutes les pierres, Et que, dans le Palais de mon Rêve, les Rois Devant l’orgueil de qui s’abaissent les paupières, Au milieu des encens passent calmes et droits ; Que sous le dais, parmi l’amour et les bassesses, Dans un enchantement de grâce et de clarté, Mettant toute une suite exquise de princesses, Viennent aussi vers moi les Reines.
0 beauté ! Lumière [fronts étroits que bombent les pensées I Cheveluresl liens de perles 1 doigts charmants Faits pour tenir des lys, où les roses blessées Meurent comme au soir meurt la chanson des Amants!
Pour ces Reines, voici des balustres de marbre, De hauts perrons, l’azur somptueux des jardins, ou les arbres taillés ont l’air d’être un même arbre, Les rochers que les cerfs troublent de bonds soudains, Les bassins où du bord des vasques découpées, L’eau tombe et pleure et chante et pleure et chante encor, Et les portiques, dont les mâles Ëpopées Ont chargé les tympans du plus noble décor 1 Des fêtes! des repas 1 des musiques!
Lesflûtes, Les violes d’amour et les psaltérz’ons! Elles écoutent. Leurs manteaux, en des volutes, Se perdent comme un flot qui s’ofl’re aux Arz’ons. Les pages cependant, vêtus de fantaisie, Vont et viennent, servant ces Reines et ces Rois, Et de blancs lévriers, sur des tapis d'Asie, Sommeillent indolents et beaux. Ils seront trois.
7o L'INITIATION Je veux emplir encor nies regards d’écarlate ; Que troupe rouge sous le vent des étendards .Marchent lourds de cofl"rets et de vaisselle plate Et d’étofi‘es et d’or monnoyé, des soudards ; Que des/leurs à leurs fronts, du sang à leurs chevilles, Et comme eux, avec eux, ployant sous leurs butins, Se pressent en dansant, le rire aux dents, les filles, Que serre leur ivresse en ses bras incertains, Violet, bleu, safran, rose, gris, en simarres, En pélissons, bottés de cuir fauve ou pieds nus, Les nautonniers, leurs doigts crt’spe‘s sur les amarres, Les tisserands pensifs croisant leurs fils ténus, Je veux aussi, grouillant, mouvant, multicolore, Tout le peuple, les gueux, les scribes, les bergers, Le rythmeur qu'értamoure Isa‘ure, Aglaure ou Laure, Et vous, les pèlerins, qui sans fin voyagez l Et sur ce peuple, sur les femmes, sur l’enfance Adorable et quijoue avec les animaux, Je dresserai pour le pardon, pour la défense, Nimbe’s d'or, en un fond de cielfleuri d’émaux, Tenant leurs fers, la croix, la roue aux dents pointues Ou le glaive, les Saints Martyrs;je dresserai De leurs voiles d’argent et de laine vêtues, Les Vierges dont leflanc saigne encor déchiré, Et tandis qu’à leurs pieds, du réchaud d’aromates Monteront des vapeurs comme de bleus rubans, Des rayons descendront d’en haut sur des stigmates, Des Anges baiseront des forçats en leurs bancs.
Et je vivraijoyeux sous leurs ailes ouvertes, Dont la splendeur éteint lessoleils chevelus, Parmi les harpes d‘or, parmi les palmes vertes Et l’agenouillement de pourpre des Elusl ROBERT DE LA VILLEHERVÉ. ÏtQ. __.1_B
LES SIX GRANDES PUISSANCES 71 SIX ûRéMBEÉSPUISSËËMGËB Les affaires de Crête fontpartie de la question d’0rient. Russie. — La Russie est pour la paix, attendu qu’elle veut avoir la part du lion dans le partage, et elle n’est pas encore assez prête pour imposer sa volonté à l’An-— gleterre du moins.
Elle attend encore que sa ligne de chemins de fer stratégiques soit plus près des Indes afin de se venger de l’Angleterre de ce côté si celle-ci attaque ses côtes. Cette paix lui est profitable à un autre point de vue. Tous les jours la Turquie s’affaiblit davan— tage à cause de sa mauvaise gestion et devient ainsi une proie plus facile.
C’est la contination dela politique de Pierre le Grand qui consistait à affaiblir successivement la Pologne, la Suède et la Turquie. , La Turquie peut échapper à cette triste fin de deux manières: I° Rouvrir le Parlement. 2° Constituer en Turquie des principautés autonomes. de manière que, confédérées, elles puissent défendreleur autonomie. . Le Parlement aété clos il yadix—huit ans.
Le rouvrir aura pour résultat de ravir le pouvoir, qui est aujour d‘hui entre les mains du Sultan et de son entourage pour le malheur de la Furquie, et de la faire entrer dans la voie du progrès. La Russie a si bien compris lachose, qu’elle a aidé de son mieux il y a dix-huit ans le Sultan et le parti Vieux-Turc pour les décider à fermer le Parlement et à renvoyer les députés de la nation.
Aujourd’hui elle ferait plutôt la guerre à la Turquie que de laisser le parti de la jeune Turquie ressaisir le pouvoir. Ce parti a ses prin cipaux chefs à Paris. Il a pour organes le journal la Paix, le journal Machouraz‘, etc. Ce parti a contre lui la Russie et le parti Vieux—Turc, dont le Sultan est le chef aveugle ; c’est pourquoi il est douteux qu’il réussisse.
72 L’INITIATION Pour entraver la Russie, voici longtemps déjà que l’An gleterre cherche à former une coalition d’Etats auto nomes. Elle a déjà réussi en partie et aurait réussi jus qu’au bout dernièrement dans les affaires de l’Arménie qu'elle a soulevée. Ce qui lui a fait manquer ce rude coup, c’est l’aide que la France a rendue à la Russie.
Allemagne. de Si celle-ci laissait faire l‘Angleterre, elle devrait forcément ensuite prendre position soit pour la Russie, soit pour l’Autriche qui est son alliée et qui, pré sisément, a contracté son alliance avec l'Allemagne uni quement pour sauvegarder ses intérêts dans les Balkans contre la Russie. Ilest manifesteque les intérêts de l’Au triche et de la Russie dans les Balkans sont diamétrale mentopposés.
Il est de l'intérêtde l’Allemagne de différer autant que possible le jour où elle sera obligée de pren dre position soit pour l’Autriche, soit pour la Russie, sachant pertinemment qu'il en a toujours cuit à ceux qui ont contrecaré les desseins de la Russie. De fait, elle est donc pour le statu quo en Turquie afin qu’il n’y ait pas de guerre qui l’oblige à se démasquer pour ou contre la Russie.
L’Allemagne a aussi un autre motif pour être du côté de la Russie : c’est de faire niche à la France et de la remplacer plus tard dans son alliance avec la Russie, attendu que le jour du partage de la Turquie, la Russie ne voudra pas laisser à la France le morceau auquel elle a droit en raison de l’appui qu’elle lui prête et surtout en raison de ses droits plusieurs fois séculaires dans le Levant.
France. — Qui pourrait oublier que la Chrétienté est sous la sauvegarde de la France depuis François I" ; que les Orientaux ont reçu l’instruction soit dans les écoles françaises en Orient, soit en France même ? De plus, c’est la France qui a fait le premier traité de com— merce et de capitulation avec la Turquie. Certes, la France n’oublie pas tous ces droits.
Si elle est aujour d’hui avec la Russie et non contre elle, c’est que sa posi tion en Europe l’y oblige ; en d’autres termes, c’est la conséquence de la guerre franco-allemande. Donc la France est aujourd’hui aussi pour la paix, voulant dif férer le plus possible le partage de la Turquie afin de ne pas courir le risque de se détacher de la Russie. - M... , _._u__ . ....- M .- .. ..,,.u.4...
LES SIX GRANDES PUISSANCES '.0 Autriche. — L’Autriche a tout intérêt à ce que la ques tion d’Orient s’ouvre dès aujourd’hui, tandis que la Russie n’est pas encore prête pour imposer silence à l’An gleterre, mais d’autre part, voyant que son alliée l’Al lemagne est pour la paix, elle est obligée de ne pas se mettre ouvertement avec I’Angleterre craignantla coali sation dela Ru55ie, la France et l’Allemagne.
Dans le cas d’une telle coalition, l’appui de l’Angleterre ne serait que de peu de valeurà l’Autriche, puisqu’elle aurait assez à faire par mer contre les alliés et que l’Angleterre ne peut en tous cas pas la défendre par terre contre l’Alle— magne et la Russie. Si entre elles deux elles allaient se partager l’Autriche, à savoir: les Autrichiens-Allemands pour l’Allemagne etles Slaves-Autrichiens pour la Russie?
L’Autriche tôt ou tard disparaîtra de cette façon. Et la Triplice ? C’est une alliance défensive dans certains cas donnés et non une alliance offensive et défensive selon le caprice de l’un ou l’autre des alliés.
Enfin, c’est parce que la Triplice est une alliance purement défensive et dans des cas déterminés seulement que l’Autriche n’a pas pu forcer l’Allemagne à ce que la question d’Orient fût ouverte dès aujourd‘hui avant que la Russie soit mieux préparée pour le partage de la Turquie. Italie. À Cette puissance veut depuis longtemps une conflagration générale en Europe, que la cause en soit la question d’0rient ou n’importe quoi, ça lui est égal.
Ses charges militaires sont au-dessus de sesforces, et, sicela continue, elle ne peut manquer d’avoir, dans un avenir plus ou moins prochain, une révolution sociale chez elle, ce qui luisera plus nuisible que n’importe quelle guerre malheureuse, car elle sait que même dans ce cas extrême, les puissances ne permettront jamais que la France, par exemple, s’agrandisse au détriment de l’Italie'.
Cette guerre malheureuse lui fournira un avan tage: celui de ne plus être obligée de supporter des charges militaires aussi lourdes pour sa bourse bien maigre. De plus, on ne permfltrajamais à la puissance qui l'aura vaincue de luiimposer une forte indemnité de guerre, tout le monde sachant qu’elle ne pourrait pas la payer. ‘ L’Iralie est donc pour l’action, mais elle est empêchée
74 L'INITIATION de s’unir à l’Angleterre d’une manière effective dans la question d’0rient par les mêmes raisons que celles de l’Autriche. Angleterre. — L’intérêt de l'Angleterre est de précipi ter les choses, et ses moyens d’action, les voici: 1° En déposant le Sultan actuel de manière que son successeur Mourad ou Rachid, éclairés l’un et l’autre, puisse rouvrir le Parlement et régénérer ainsi la Tur quie.
2° Soit en afi'ranchissant les Arméniens pour les cons tituer en principauté autonome de manière que la Macé doine et la Syrie, suivant l‘exemple des Arméniens s’af franchissent comme eux au moyen dela révolution. La réunion de ces trois peuples avec les Etats balka niques actuels constitueratt la confédération des Ballruns et de l’Asie Mineure, qui serait le plus grand obstacle à la marche en avant de la Russie de ce côté.
Il ne faut pas oublier que c’est bien l'Angleterre qui a soulevé les Arméniens et les Crétois. C’est elle qui a déchiré le traité de Sanstéfztno entre la Russie et la Turquie en 1877.
C’est elle qui a donné la Bosnie et l’Herzégovine àl’Autriche;c’est elle qui a affranchi la Roumanie, le Monténégro, la Serbie et la Bulgarie; c’est elle qui avait puissamment contribué à l’añ’ranchissement de la Grèce et qui leur a donné dernièrement la Thessalie, l’Epire, et en fin de compte elle leur donnera la Crète.
3° Soitde guerre lasse, occuper du moins le passage des Dardanelles de manièr‘eà ne laisser à la Russie avec Constantinople que le Bosphore Si l’Angleterre ne réussissait pas dans l’une de ces trois solutions, elle ferait la guerre à la Russie plutôt que de céder et elle atout intérêt à faire cette guerre avant que la Russie soit arrivée à deux pas des Indes.
S‘il n‘y avait que la France avec la Russie, l’Angleterre aurait réussi pacifiquement dans l’une de ces trois solutions, ou bien elle aurait pris sur elle seule de forcer les Darda nelles pour imposer sa volonté au Sultan, quitte a déchaîner contre elle la Russie et peut—être la France. UN MARTINISI‘E D’ORIENT
L'ARIIIÉNIE AUX ARMÉNIENS 75 L"ÂBMlËIIÏIIIE MÆX\ ARMÉMÊIIÆS Chaque peuple ayant son idiome personnel, sa religion et son génie est un être réel suivant toutes les lois des êtres créés. — Un peuple conquis est un être en escla— vage, et il est bien curieux de voir les nations chrétien nes abolir l'esclavage des individus et maintenir, même par la force, l’esclavage des êtres collectifs.
Au nom des Principes Eternels, au nom du Christ que prétendent représenter les nations occidentales, au nom même des « Immortels Principes » du Jacobinisme, il serait juste que l’Arménie’ fût reconstituée en royaume indépendant ou même en simple principauté sous la direction de ses chefs naturels: la famille de Luzignan, dont des membres en état de régner doivent exister encore.
A cette œuvre de libération d'esclavage d’un peuple que les excitations malsaines ont poussé à l’insurrection et ont conduit au massacre, nousconvions tous les hommes de cœur, tous les intellectuels de l’Union Idéaliste Uni— verselle et tous ceux qui sont prêts à soutenir la Vérité sans crainte des conséquences ou des objections césa riennes. _ Un officier de l’Unzon Idéaliste Universelle.
GONGRÈS SPIRITUALISTE ma t9l’lü Pour être sûr de la réussite du Congrès dont nous avons entrepris la réalisation, nous ayons décidé de nous appuyer principalement sur les sociétés, car c’est une utopie que de vouloir faire des congrès avec des indi vidus isolés. On perd son temps en paroles, et l’on res— semble aux soldats d’opéra-comique qui crient pendant une heure « en avant, partons > sans bouger de place.
Assez de théories, des actes. _ Nous sommes centralisés à Paris; de plus, grâce à l’ordre Martiniste, au groupe indépendant d'études ésoté riques, à la Société alchimique, à la Société Magnétique
76 L‘INITIATION de France et à l'École de Magnétisme, grâce au dévoue ment de Gabriel Delanne pour le côté spirite, nous dispo sons de l’organisation et du nombre. Il nous suffit d'un effort relativement minime pour réaliser un congrès international digne de ce nom. Ce congrès, nousle répé tons, étant une œuvre d’union, sera tout prêt à servir de noyau au Congrès de l’Humanité.
Pourle moment, voici ce que nous comptons faire et nous prions tous les 5:;; I:;: libres, tous les M.;: L71; Mit. tous les correspondants et chefs de loges et de branches de nous aider dès maintenant dans l’efTort présent.
1° En France. — Tous nos amis sont priés de se mettre en relation dans leur ville ou dans les environs avec les centres spirites importants qu'ils pourront connaître et de provoquer l'adhésion des chefs et des directeurs de ces groupes spirites au Congrès spiritualiste de 1900 —— Les réponses positives ou négatives doivent être trans mises avant deux mais soit à l’Initian‘on, 10, avenue des Peupliers, Paris, soit au délégué de l’ordre Mnrtiniste le plus proche.
2° Étranger.
DÉLÉGUÉS MARTINISTES. — Par la présente les Psi: S:'_: C:;: prieles délégués Martinistes en Belgique, en Italie, en Espagne, en Allemagne, en Bohème, en Danemark, en Egypte, le Souverain Délégué général pour les États-Unis et les Délégués pour la République Argentine et pour l’Amérique centrale de centraliser cha cun dans sa contrée les adhésions au congrès de Paris, de se mettre en relation avec les autres sociétés spiritualz‘stes, avec les rites spirz‘tualistes de la F.'.
M.'. et d’organiser immédiatement un comité local qui provoquera les adhé— sions, demandera les mémoires pour le Congrès dans chaque pays. Le résultat du travail de chaque comité sera envoyé en temps utile au suprême Conseil de l'ordre.
Le Congrès spiritualiste de 1900 comprendra dès maintenant : 1° Une réunion générale des diverses écoles spiritua listes précédées de discussions dans chacune des grandes sections: occultisme, magnétisme, spiritisme, etc.
FACULTÉ DES SCIENCES HERMÉ’I‘IQUES 77 2° Un convent général de toutes les hautes fraternités d'initiation d’Orient et d'Occident. '2° Un premier noyau de la grande Université occulte d’0ccident qui devra survivre à ce Congrès. Nous voulons organiser le Congrès de 1900 pratique ment et y appliquer les règles d’organisation qui ont présidé à toutes les réalisations que nous avons entre prises jusqu’ici.
Nous formerons ce Congrès avec des sociétés et avec les hommes qui composent actuellement ces sociétés tels qu’ils sont.
Nous prendrons ces hommes avec les qualités et les défauts qui nous caractérisent tous sur le plan physique, avec leurs passions, leurs amitiés et leur haine s’ils en ont, et nous laisserons les parfaits, les êtres immatériels et purs qui nous jugeront trop nombreux et trop grossiers faire le Congrès de l’Idéal... en astral. -— Et maintenant, assez de déclama— tions et à l'ouvrage, et rappelons-nous que le travail est la plus grande des prières et que la paresse, même idéale, est indigne de l‘homme.
PAPUS. Le syndicat de la Presse spiritualiste est en voie d‘orga— nisation et nous prions ceux de nos confrères qui désirent yadhérer d’ajouter leur adhésion à celles déjà reçues. Faculté des Sciences Hermétiques Une inauguration provisoire a eu lieu le 20 mars, et MM. Sédir et Durville ont prononcé quelques paroles à ce sujet. Nous comptons faire sous peu une inauguration solen nelle dans une grande salle. En attendant, les cours sont commencés.
A la demande de nombreux correspondants, une com mission a été nommée pour étudier le moyen le plus Dra tique de mettre le résumé des cours à la disposition des membres de province et de l'étranger. Cette com mission se compose de MM. Papus, Mauchel, Sédirw
78 L’INITIATION Prière d’envoyer toute communication à ce sujet à M. Sédir, 4, rue de Savoie, Paris. PROGRAMM E DES COURS Parus, Premiers éléments de Kabbale, Tarot: 13' et 3e lundis. Parus, Hermétisme: 2e et 4‘ lundis. ;:; SISERA, F M 1°' et 3‘= mardis. SERGE BASSET, Se. occulte: 18' et 3e mercredis. SEDIR, Pratique: 19' et 3° samedis. HAVARD, Thérapeutique : 2° et 4e mardis. SELEN, Hébreu: 2° et 4° mercredis.
SÉDIR, .Mystique: 2° et 4e samedis Œlillâ DËËUIIŒIIFE@N @llD MIGRA©LÊ La définition réelle du miracle, sa définition quant rem, comme dit l’École, est celle qu’on donne communément avec saint Th’omas d’Aquin: « Le miracle est un fait produit par Dieu en dehors de l’ordre établi et commu nément observé parmi les êtres ». Cela revient à dire ue le miracle est un fait extraordinaire et divin.
Cette définition a le mérite de ne pas mettre le Créateur en contradiction avec lui—même; il n’est pas question de contradiction avec les lois de la nature ni de dérogation à ces lois; à s’en tenir aux termes, on ne peut saisir dans la définition aucune trace de suspension, de transgression de l’ordre naturel.
De plus, la définition est assez large pour abriter sous ses termes les miracles physiques, intellectuels, moraux; les miracles surnatu rels eux-mêmes, qui sont produits en dehors des lois qui régissent ordinairement l’efficacité des sacrements, la justification, etc., en régissant la nature surnaturelle ment.
'Expliquons brièvement chacun des termes de la défi— nmon: 1° Le miracle est un fait, tout événement, tout phé nomène physique, intellectuel, moral, toute manière d’agir comme toute personne et toute substance créée peuvent constituer des miracles, parce que toutes les‘. > créatures et toutes leurs œuvres peuvent avoir Dieu pour — J ” -—<441.—«I.,_..L ""*‘Ï
UNE DÉFINITION DU MIRACLE cause efficiente et direcœ. C’est ce qui explique pour quoi Ies Pères appellent Marie « un grand, un frappant miracle ». Mais une vérité, une chose idéale, un être abstrait ne peuvent pas être appelés miracles, parce qu’ils n’ont pas de cause efficiente si ce n’est selon la manière dontils parviennent à la connaissance de l’homme et aussi parce qu’ils ne frappent pas les sens.
Le monde entier peut devenir le théâtre des miracles: « De même que la Prophétie s’étend à tout ce qui peut être connu naturellement, ainsi la producfion des miracles peut avoir lieu dans tout ce qui peut être produit surnaturel— lement par la Toute-Puissance de Dieu. » On applique ce nom surtout aux effets physiques surnaturels, non pas parce que ce sont de plus rands miracles, mais parce qu’ils frappent davantage es hommes, souvent esclaves des sens.
C’est sur la réalité du miracle considéré comme fait historique que s’appuie le théologien, ou le médecin, ou l’astronome pour constater la vérité historique du mi— racle . c’est la preuve de cette existence du fait miracu leux qui constitue la constatation historique du mi racle; c’est là tout l’objet de cette constatation historique du miracle que supposent démontrée sa vérité philoso phique et sa vérité relative; car pour dire qu’un miracle est vraiment divin et qu’il est fait en faveur de cette doc trine, il faut auparavant prouver que le fait s’est vrai ment passé, et dans telles circonstances, dont le con-— cours est souvent exigé pour qu’on puisse se prononcer sur l’intervention véritable de Dieu et sur la connexion qu’a le miracle avec une vérité à prouver.
Par ce seul côté, le miracle relève des sciences histo riques. 2° La définition ajoute le mot extraordinaire de extra ordinem, en dehors de l’ordre, ce qui revient a dire que le miracle surpasse à la fois et les forces et les lois de la nature, parce qu’il est une œuvre ardue et insolite.
Le miracle est une œuvre ardue parce qu’il dépasse totalement la nature: soit par la substance du fait, comme dans la glorification du corps humain, la marche rétro grade du soleil (c’est le miracle du premier ordre pour lequel la nature est totalement et radicalement impuis saute), soit par le sujet du miracle comme dans la résur rection d’un mort, la vie donnée à un aveugle: deux choses que la nature qui donne la vie et la vue ne peut produire sur des sujets si rebelles à son action (c’est le miracle du deuxième ordre) ; soit enfin par la manière ‘I _. 1 n_- -FIIJ. 'I
80 L"1N ITIATION dont le fait est produit, comme la guérison subite d'une fièvre par une seule parole: la nature peut guérir d’une fièvre mais non pas de cette manière, ni aussi prompte ment, ni par de tels moyens (c’est le miracle du troi sième ordre) (1). Extrait de: Il n‘estpas impossible de constater de vrais miracles. (Thèse de M. l’abbé PIERRE TRENCHÈRE). BÆLÏ©GæäAEEIE Loi des Équivalents et Théorie Nouvelle de la Chimie, par GUSTAVB MARQFOY.
1 vol., Masson éditeur, Paris, ne, boulevard Saint-Germain. — 7 fr. 50. Cet important ouvrage est une savante contribution à la branche alchimique, car l’auteur admet l’Unité de la Matière, développe sa conviction méthodique, et base enfin tout son travail sur cette certitude. Il pense avoir découvert « la loi naturelle qui enchaîne les équivalents de la Chimie dans une formule arithmétique ».
C'est cette loi qu’il applique aux différents chapitres de la science chimique présentée ainsi sous un jour nouveau L’auteur expose donc d’abord sa découverte fort in (1) D'après Benoît XIV et quelques autres auteurs, le miracle du premier ordre serait celui qui dépasse toute la nature même angélique; celui du second ordre, celui qui dépasse la nature physique ou humaine mais non la uissance du démon; celui du troisième ordre, celui qui ne depasse la nature corporelle ou humaine que par la manière dont il est produit.
Nous préférons la classification de saint Thomas : elle cadre mieux avec l’ensei nement de saint Augustin sur l’impossibilité où Dieu laisse e démon de faire des miracles véritables qui sup posent des forces surnaturelles ajoutées aux naturel es.
Or, les démons n'ont, d’ordinaire, qu’un pouvoir naturel, et ce pou Voir est encore ordinairement très restreint en fait, quoi qu‘il soit en droit, d’après le même docteur, prouvé que le monde ne soit pas bouleversé par les puissances infernales. L’Église, dans ses procès de canonisation.semble suivre cependant, 1’0pinion de Benoît XIV, ce qui ne change rien, excepté pour les résur rections qui sont du premier ordre alors. Note de M. TRENCHÈRF.
- —- "“"" BIBLIOGRAPHIE 81 génieuse de la Loi des Équivalents; il trace sa concep tion de la matière, de la prématière (ou éther), de l’atome et des molécules, analogue,quant au fond, aux idées gé neralemmt admises. Seule, l’hypothèse des molécules simples et composées uiifère; mais nous avouons ne point saisir la nécessité non plus que la possibilité d’exister de ces soi-disant « molécules simples ».
Voici l’énoncé de la loi des équivalents (mais pourquoi reprendre ce terme : équivalent P), Les Equivalents de la Chimie doivent être des nombres premiers. Et M. Marqfoy admet, d’après cette hypothèse de mo lécules simples et composées, qu’il y a des corps simples, au nombre de 63, répondantaux molécules simples indi visibles. Tout ceci nous paraît bien arbitraire et un peu en désaccord avec la doctrine unitaire.
D’ailleurs, les tableaux de ces prétendus corps simples, calculés par M. Marqfoy, constituent une base discutable. Néan moins, tellc est la nouvelle loi énoncée: Tous les corps simples ont pour équivalents des nombres premiers. Les 63 nombres premiers contenus dans la série naturelle des nombres entiers de 1 à 300, sont les équivalents de ,63 corps simples de la Chimie.
Selon toute apparence, les 63 nombres premiers sont les équivalents de tous les corps simples de l'Univers. Cette loi, l’auteur l’appelle la série. Nous la préférons de beaucoup aux hypothèses habi— tuelles de la Chimie classique, car elle montre l’enchaî nement des corps, tente une progression mathématique et synthétique.
Pour cela, nous félicitons vivement M. Marqioy, regrettant toutefois qu’il s’obstine à appeler ces corps principaux des corps simples, et équivalents, des poids atomiques, alors qu’il affirme si nettement l’Unité de la Matière. Puis il déclare la matière non divisible à l’infini.
Ceci encore nous semble peu métaphysique: tout se trouvant au sein de l’lntini, participe à l’Infini: la forme n’est que temporaire et rien n'est immuable; la matière — ou ce que nous nommons ainsi — ne peut avoir de pointfixe indivisible, absolument parlant.
Nous ne saurions donc accepter toutes les conséquences tant philosophiques que chimiques prêtées il l’hypothèse de la série peut-être abusive. _ Par contre, M. Marqfoy prouve excellemment q: e les poids atomiques des corps doivent être des nombres entiers. Cela admis simplifierait beaucoup les recherches des chimistes. Suit une critique étendue et très savante, très juste, des méthodes usitees pour l’établissement des
82 L’INITIATION équivalents actuels. Il est très bien dit qu’il y a des mé— thodes en chimie, mais point encore une methode. Ex primons notre avis sur cépoint: nous croyons que cela provient de ce que nous avons une trop rande abon dance defaits, d’expériences, souvent non c assés et inu tiles, au milieu desquels on se perd, on tâtonne.
Il est grand temps d’établir une synthèse de la Chimie, tant pour la mécanique chimique que pour la chimie géné rale. Nous nous écrierons avec Trousseau : « Dès que vous avez un fait, appliquez—y tout ce que vous avez d’intelligence. Cherchez-y les côtés saillants, voyez ce qui est en lumière, laissez-vous aller aux hypothèses, courez au-devant s’il le faut...
Comment se fait-il donc que l’intelligence devienne plus paresseuse à mesure que les notions scientifiques se multiplient, contente de rece voir et de jouir, peu soucieuse d’élaborer et d’enfanter... Vous, autour de qui les moyens abondent, gâtés, énervés, rassasiés par ce qui vous est abondamment offert, vous ne savez que recevoir et un’engloutir, et votre intel ligence paresseuse étouffe d’obésité et meurt improduo tive...
De grâce, un peu moins de science, et un peu plus d’art, Messieurs. » Le principe de cette synthèse à réaliser nous estdonné par l’enseignement initiatique. Sachons donc 1 adapter à la science physico-chimique et, par analogie encore, aux autres branches de la Gnose.
Il est grand temps, si nous voulons enfin tirer quelques lois réelles des collec tions de faits jetés pèle-mêle, et dont nous étouflonsî M. Marqf0y aborde ensuite l’étude des divers éléments du monde physique : L’Ether, l’Energie, la Matière, l’Atome. Nous permettrons-nous de trouver que ces éléments sont envisagés trop isolément, alors qu’ils s’en chaînent intimement en réalité, dérivant l’un de l’autre ?
Nou_s_n’ignorons pas qu’il y a mauvaise grâce apparente a crmquer un ouvrage ausstconscœncœux et remaro quable que celui dont nous entretenons les lecteurs, et qu’il est beaucoup plus facile de critiquer que d’œuvrer.
Mais nous sommes certain que l’auteur excusera nos réflexions en raison de leur bonne foi; puis le rôle d’un bibliographe consiste surtoutà signaler ce qu’il ne saisit pas complètement, quand il étudie un volume profond comme l’est cette Théorie Nounelle de la Chimie.
La monographie de l’atome est bien faite; la défini tion de cette individualité physico-chimique,nous parait fort ingénieuse: l’auteur separe l’atome en noyau et plasma: le noyau est le substratum de l’énergie. En
BIBLIOGRAPHIE 8?» —-'*‘ somme, cela concorde avec les théories aujourd’hui admises des particules éthériques. Mais M. Marqfoy expose nettement et clairement _l’Unité de l’Atome, lequel comme essence est toujours identique à lui-même; par contre, nous ne nous trouvons nullement convaincu par les pages consacrées aux molécules simples dont nous persistons à ne pas voir l’utilité.
Aux chapitres suivants, l’auteur parcourt tout le vaste domaine de la Physico-Chimie, lui appliquant les lois qu’il croit avoir appuyées ou tout au moins les hypo thèses principales: nous ne pouvons le suivre à travers: la densité des corps, les volumes, les chaleurs spécifiques, de même que nous ne pouvons énoncer les divers prin cipes formulés par M. Marqfoy qui discute les lois de la compression, de la porosité, etc. L’érudition de cet écri vain est considérable, et son ouvrage représente, nous ne saurions trop le dire, une somme de travail énorme.
Il afallu, pour examiner l’ensemble de la Mécanique chimique, un patient labeur, une compilation des prin cipaux écrits de la littérature spéciale,et une compétence rare. Il nous est absolument impossible de rendre compte d’une œuvre semblable en quelques pages biblio graphiques. Mais nous relevons tout spécialement la partie consacrée aux lois des combinaisons chimiques, celle qui traite de la Loi des volumes de Gay-Lussac.
Ce sont des critiques très consciencieuses — de même celle de l’hypothèse d’Avogadrn et d’Anzpère, -— dont on peut discuter les conclusions, mais qui otite un puissant intérêt, dirigent la Chimie dans une voie unitaire et rationnelle. A ce titre, nous tenons à exprimer à M. Marql’oy la reconnaissance des alchimistes : son œuvre immense constitue la première tentative d’en semble de chimie unitaire basée sur les/aits actuels.
Cet essai sera d’une grande utilité à tous les chercheurs indépendants, et ils apparaissent de plus en plus nom breux. Le volume se termine par un aperçu de la Création (nous préférerions le terme apparition) des Corps que l’auteur persiste à appeler simples.
Pourtant il décrit leur apparition successive, selon ses principes de chaîne arithmétique qui devraient lui montrer la descendance, la filiation des divers corps d’après le système transfor miste. De très belles li mes, d’une majestueuse simplicité, sont consacrées à a défense de l’Unité, de l’Univers, et nous les louerions sans réserve, comme couronne—
84 L’INITIATION ment logique du Livre, si nous n’avions à regretter la conception des corps stmples que nous croyons tout à fa1ttausse, et que r1en ne démontre d’ailleurs. F. JOI.LIVET-CASTELOT. Dieu et les Universaux, par Victor MAUROY; Savine, CdltCUl‘. Dans ce livre, l’auteur expose une sorte de panthéisme à l’aide duquel il croit expliquer définitivement l'origine du Bien et du Mal.
M. Mauroy nous raconte qu’il a eu une révélation qui ne lui laisse aucun doute sur la valeur de sa doctrine. Il ne peut plus dire aujourd’hui qu’il croit, il sait, il possède une certitude absolue; seulement il oublie de quel genre était sa révélation: A-t-il entendu une voix? A-t-il eu une simple intuition ? A-t-il rêvé ?
Quoi qu’il en soit. l’idée principale qui ressort de ce livre est celle-ci : Dieu n’est pas parfait; il contient le mal et cherche a s’en débarrasser en créant le monde. D’après cela, nous serions en quelque sorte sa purgation. Ecoutons, du reste, l’auteur lui-même : « 1. Car, I’Etre Éternel, en qui est tout, était. « 2. En lui étaient le Parfait, le Perfectible et le Mal. « 5. Et il était Tout-Puissant. « 4. Et il était infiniment Juste. « ‘3.
Et ilp’était point Parfait. « 6. Et l’Etre Éternel, et Tout-Puissant, et infiniment Juste, vit qu’il n’était point Parfait. _ « 7. Alors, il sépara de lui le Perfecttble et le Mal, et il créa le Monde. « 8. Et la substance émanée, faite du Perfecübleet du Mal, détaghés de la Trinité Première, fut la matière, de qui fut l’Etre. . « o. Et le Parfait demeura Dieu, Dieu le Père. « i0.
Ainsi, le Mal, de par la Justice, engendra et né cessita la Vie; et la corruption engendrante en est le signe. _ « Il. Et Dieu, détaché de Dieu, par l’acte de Dieu, s’en alla vers la Souffrance et vers l’Ell’ort. « I2. Et Dieu-Perfectible s’en alla conquérir le mé rite, pour remonter vers soi-mémé et se donner SOI— même la plénitude_de la Perfection. ' _ ' « I3.
Et, dans l’Epreuve, l’Etrc Éternel élimine et pre cipite de lui le Mal qui était en lui. . A,,»___,,»_,,___fi,_,, «23' —— - a ' ._m, , ' E !’Ü
BIBLIOGRAPHIE 85 « 14.. Et, ainsi, les trois Essences primordiales qui ne font qu’Un : le Parfait, le Perl’ectibje et le Mal, sont Dieu et sont Trois : Dieu le Père, l’Etre et le Monde. « 15. Et Dieu s’est divisé à l’infini. « 16. Et Dieu s’est fait chair et matière, pour souflrir et pour mériter la pleine Perfection. « 21. Si Dieu eût été, dès le Principe, infiniment Par fait, il eût été sans mérite et il n’aurait rien créé. « 23.
Ainsi, Dieu est Tout. Et tout est Dieu. « 24. Et le Mal est Dieu, qui empêche Dieu d’être ini— tialement, infiniment Parfait. Cette citation, peut-être un peu longue, représente assez bien le résumé de la doctrine.
Pour réfuter toutes ces propositions, je n’ai pas besoin de me mettre en frais : l’auteur, qui est évidemment de très bonne foi, a inséré dans son livre plusieurs lettres qui lui ont été écrites par ses corre5pondants, parmi les quelles j’en choisis une qui contient les objections que j’aurais faites moi-même : P.
221. — « Je n’ai pas compris grand’chose à votre brochure, mon pauvre ami. mais ce que j’en ai compris ne m’a pas paru nouveau du tout. Vous allez du Mani chéisme au Panthéisme — car les contradictions abon dent chez vous — et avec un peu de temps, je vous dirai quelles hérésies et quels systèmes philosophiques vous avez plagiées inconsciemment. « Et votre Dieu Tout-Puissant... et Imparfait! Ah, çà, par exemple, c’est bien à vous!
Je ne crois pas qu’un seul métaphysicien se soit jamais avisé d’un Dieu Tout Puissant, c’est-à-dire Parfait en Puissance; infiniment juste, c’est-à-dire Parfait en Justice; et Imparfait en tout le reste. Mais, quel reste? « Maintenant vous me racontez l'art. 6, et le 7, et le 81 Quelle objecrion puis—je vous faire? Vous allez me répondre : « C’est une Vérité que Dieu m’a révélée. » Alors, quoi, j’ai la bouche close.
« Eh bien, vous avez beau dire, ce n’est pas la peine de pla‘i‘santet‘ sur la Révélation chrétienne pour en ar-— river .a.
86 L’INITIATION « Et votre Éthique! Ah! parlons-en. « Mais, mon cher, il y a 1,800 ans, un nommé Jésus a dit tout cela, peut-être avec plus de charme; dirai—je avec plus d’autorité? « L’origine de tout cela, ce sont des études mal diri gées et des lectures mal digérées; et l’autodidacrie — je ne sais pas si le mot existe ——ade terribles inconvénients.
Vous vous moquez, avec raison, des bonnets carrés et des Pangloss; mais l’homme qui prétend tout tirer de son fond, et d’un fond qu’il se fait au jour le jour, est placé sûrement dans de moins bonnes conditions que celui qui profita, en les contrôlant, des résultats acquis par autrui. « Vous croyez que vous allez susciter un grand mou vement dans le monde des penseurs! Erreur énorme: On est blasé sur les excentricités théurgiques.
Vous ne serez même pas discuté. Vous êtes placé entre les deux mâchoires d'un étau. Ceux qui admettent une Révélation s’en tiennentà celle de Moïse et de Jésus-Christ, et n’ont que faire de la vôtre. Quant à ceux qui n’admettent pas la Révélation, il n’y a rien de commun entre eux et vous. 0 a o o 0 I - I o o o o o Un autre corrrespondant lui écrit (p. 272). « .. .
Or, je ne vois pas comment Dieu, dans sa soli tude primordiale, aurait pu être haineux, envieux, men teur, brutal, etc. Même I’Egoïsme, fond commun de ces divers genres de 'vices, ne pouvait être un mal ; c’est-à-dire la seule forme concevable de l’amour appliqué à l’unique être existant. » L’auteur répond à ces correspondants et à quelques autres encore, mais je ne vois pas que ses réponses ré futent victorieusement les , objections qui lui sont adressées.
A la fin du livre se trouve un résumé des disputes du. moyeri’ âge entre les réalistes et les nominalistes; je n’ai rien à en dire. De la page 31gà la page 325 l’auteur se livre à un per siflage de la Genèse, genre Pigault-Lebrun, qui frappe complètement à côté. Tout le monde sait aujourd’hui que la Bible a été mal traduite, il n’y a donc pas lieu de critiquer un texte imaginaire.
Mais en prenant le récit tel que les bibles qui sont entre nos mains nous le donnent, on peut encore y trouver une allégorie qui ne
BIBLIOGRAPHIE 87 manque pas de profondeur et ne prête au sarcasme que si l’on veut y voir un_ récit historique et le prendre trop matériellement à la lettre. En résumé, ce livre est écrit ar un homme con vaincu, qui dit sincèrement ce qu’i croit être la vérité, mais qui, je le crains, ne fera pas beaucoup de prosé lytes. DE F. ROZIER. * O Le Délireprophélique, thèse de doctorat en médecine, par M. PROUVOST. — BORDEAUX.
M. Prouvosta fait dans la première partie de sa thèse un historique du délire prophétique dans l‘antiquité. La seconde est consacrée aux temps modernes, la troi— sième à l’époque contemporaine.
Il est regrettable que ce jeune homme se soit acharné à représenter comme des névrosées Marie Bergadieu (ou Berguille) et Mlle Coué— don, ainsi que M. Couédon, qui, parait—il, a (comme les Bourbons et quantité de gens parfaitement sains d’esprit), une mémoire exceptionnelle, ce qui, selon l’auteur, est un signe de déséquilibre d’esprit.
J’ai éprouvé un senti— ment pénible en lisant les passages où M. Prouvost réclame que Mlle Couédon (qu’il n’a jamais étudiée) soit enfermée comme névropathe. Il a semblé bon à M. Prou vost de citer jusqu'au mémoire (demeuré inédit) que le ' . trop fameux docteur Hacks(Bataille)lutàla Société d’étu des psychiques.
Quant aux auteurs catholiques qui ont défendu la cause de Berguille, ils ne sont pas même jugés par M. Prouvost dignes d’être mentionnes dédaigneuse— ment, comme le sont par lui les spirites et occultistes(r).
Apparemment il les ignore: or, ignorer la mystique catholique, le spiritisme et l’occulnsme, c’est ignorer précisément ce qu’il fallait connaître pour constater que, si trop souvent le prophétisme prov1ent de la folie ou de la névrose, du moins il est parfois inspiré par les voix extraterrestres. SATURNINUS. * Revue Archéologique, 1896 nom-déc. Alex. Bertrand. Les Druides et le Druidisme. Société nationale des antiquaires de France, 1897, 6janv.
M. H. Omont présente un petit traité d'alchimie du xv° siècle en écriture cryptographique. Annales de la Société d’archéologie de Bruxellesï E. Rolland, Hist.naturelle des plantes dans leurs rapports avec la linguistique et le folklore (t. XI).
88 L‘INITIATION Zeitschri/‘t des Vereins zir Vol/tskunde, 18 6, l. K05 sina, Les Germains en A1 emagne aux temps istoriques (d‘après Monlelins, Undset, O. Schrader, Ed. Meyer: les Germains habitaient le Mecklembourg. le Sleswig. Holstein,le Jutland, la Suède méridionale Soooans avant J.-C.
La patrie primitive des Inde—Européens était sans doute dans l‘est de l'Europe moyenne.) Mansfelder8hetter, 1896, Kœmecke, Deux procès de sorcellerie dans le comté de Mansfeld, 1652 et 1689. Edinburgh Review. iuiI.-oct. :896.
Les mystiques du moyen âge. (Extrait dela Revue historique, mars-avril |897.) M. Faguet, dans la Revue bleue du 23 janvier 1897, a analysé L’Essai sur le fondement de la connaissance my. tique, par M. Receiac (sans donner le nom de l’éditeur). M. Louis Bourdeau a publié chez Alcan la 2° édition du Problème de la mort. 1‘. M. J.
Bertrand, dans le Jonrnal des savants de février 1897, a parlé de Wronski en termes à peine plus modé rés que dans la Revue des Deux Mondes. NÛWELLES, ÉCHOS, REVUES M. Rappolt, professeur au lycée de Beauvais, a fait le mois dernier une très belle conférence devant une salle comble. Il a pris comme sujet la Constitution générale de l'Homme.
Nous ne pouvons résister au plaisxr de ci ter in extenso le début de cette conférence: « Ce qui constitue la supériorité la plus forte des anc1ens sur les modernes, c’est moms la transcendante grandeur de leurs recherches senentifiques que la pers (il Les Événements de Fontet, par M.l’abbe’ Dauxelle, 156 p. in-+". — Abbé Barère : Berguille. — V. de Portets: Suite aux lettres sur la payante de Fontet,18 6. — A. Peladan: Dernier mot des prophéties. — D“ Imbertourbeyre. La stigmatisa tion, 2 vol. in-8°, 15 fr. Vie et Amak 1896.
NOUVELLES, ÉCHOS, REVUES 89 îsty:mrÏ;-.Àfi": . - picace sagacité avec laquelle ils avançaient dans leurs études, bien au delà des cercles qui nous sont connus et que nous explorons. Le scepticisme regrettable n’avait pas encore saturé la conscience des savants.
Platon, Pythagore, Jamblique, sauvegardés au contraire de leurs suivants et de leurs disciples de la fâcheuse influence de Pyrrhon, osaient, sans encourir le blâme, se pencher sur ce gouffre insondable de l’âme humaine, afin d’y surprendre jusqu’aux indices les plus vagues qui eussent spu guider leurs travaux vers des voies de découvertes nouvelles. Les civilisations d’0rient elles-mêmes s’em bellissaient des plus hautes croyances.
Zoroastre ne s’étonnait point de rencontrer son double astral errant dans l’un des sentiers fleuris de ses jardins de l’Hiram. Plus tard encore, les Prêtres et les Mages s’initièrent aux plus hautes des métaphysiques. Des Basileüs byzan tins organisèrent des armees merveilleuses disposées sur le sol suivant une forme humaine.
La cavalerie qui marchait à l’avant figurait — pourpre et or, bannières et glaives — la tête; la multitude des fantassins bariolés, le torse; puis, sur les côtés, les chariots impériaux, débordants d’esclaves et de serviteurs, les membres obéissants. « Rien n’était plus grandiose. « Aujourd‘hui, les peuples souriraient de voir ces magnificences présider aux travaux de la raison hu maine. Tout cela, cependant, signifiait très hautement.
Zoroastre, les Bazileüs byzantins n’agissaient qu'à bon escient. Nourris des plus absolus et des plus hauts mys— tères de la vérité éternelle, ils n’étaient pas sans ignorer le rapprochement qui existe entre l’évolution fatale des astres et la destinée des créatures humaines en souf— france sur la terre.
« Au contraire de nos matérialistes, ils admettaient que l’homme, déchu des cieux, n’était pas sans conser— ver, durant son existence terrestre, d’anciens rapports avec les planètes primordiales qui avaient présidé à sa naissance d’enfant.
Ils savaient pertinemment que le corps de la créature matérielle, inerte par soi»même, était habité d’une âme, et aussi (cela est le plus grand sécret) d’une troisième substance, fluidique et tout astrale, qui établissait étroitement, entre ce corps péris1 sable et cette âme céleste, comme une sorte d’affinité profonde due à son immatérielle et mystérieuse chaleur. La plupart ne s’étonnaient pas outre mesure d’apprendre, au jour de leur initiation, cette triple et harmonique
90 L’INITIATION constitution de leur être.
Aussi étaient-ils plus sages et plus grands, plus aptes à s’approcher des Trinités augustes, à comprendre les rythmes des évolutions célestes, a se pénétrer de la triple notion des créatures, à avancer avec une sérénité plus grande au delà des limites supravitales des existences mortelles. » Il serait cruel de changer un seul mot à l’impression d’ignorance et de sottise qui se dégage de cet extrait du Petit Journal du 23 février.
Tout est un vrai chef d’œuvre, même le titre. Il n’y manque que la signature BOUVARD ET PÊCUCHET, auteurs du Dictionnaire des Idées reçues. LES BÊTISES RECOM \IENCENT (Dépêche de notre correspondant) Carpentras, 23 février.
Entre Carpentras et la coquette petite commune d’Aubignan, une maison de campagne habitée par M. Alphonse Mazodier est quotidiennement le théâtre de faits singuliers qui se produisent depuis quelque temps et qui, encore inexpliqués, surexcitent vivement la curiosité et les commentaires de toute la population environnante. _ Chaque jour, à l’heure où la nuit commence, une véritable pluie de pierres s’abat sur la maison, sans qu’on ait pu découvrir l'origine de cette averse insolite.
On a cru d’abord à quelque mauvaise plaisanterie d’un voisin ou d’un envieux. Mais sans succès on a surveillé, vainement on a porté à la police un panier de ces aérolithes, mystérieux qu’on avait recueillis, vainement on a déposé une plainte, la pluie de pierres n'en a pas moins continué.
Depuis, la conviction populaire est faite: la maison est hantée par des esprits ou des revenants et ce sont eux les auteurs de cette lapidation quotidienne de l’im— meuble. Une i’ois lancé dans cette voie, on ne s’est plus arrêté. Le mari de la belle-mère de M. Mazodier s’est suicidé au cours de l’année dernière.
En présence du mystère qui plane sur la véritable cause du phénomèné, on a supposé, cela devait être, que l’esprit du défunt réclamait des prières, et l’on a fait dire une messe qui a été célébrée jeudi dernier. Avant de s’y rendre, la belle-mère de M. Mazodier a invoqué l'âme de son époux et du milieu du jardin s’est l
NOUVELLES, ÉCHOS, REVUES 9l écriée dans notre langue provençale, qui se prête si volontiers à l’exagération : . —- Si ce sont des messes qu‘ilfaut pour le repos de ton âme, j’en ferai dire un wagon à ton Intention. Hélas! ni promesses ni messes n’ont réussi à ramener la tranquillité dans la maison; la mystérieuse lapidation continue.
N’y tenant plus, M. Mazodier a pris son fusil et, parfois seul, parfois en compagnie de voisins armés comme lui, il monte la garde, jusqu'à présent sans suc cès, et fait la chasse aux esprits, disent les uns, aux mys tificateurs qui assaillent sa maison, disent les autres. Chaque soir, vers sept heures, une foule toujours grossissante se rend autour de la campagne Mazodier pour assister à la chute des pierres. .
Dimanche dernier, plus de cinq cents personnes s’y trouvaient, venues des communes environnantes, de Car— pentras, d’Aubignan, de Loriol, de Caromb. Malgré tout et malgré tous, les mystificateurs persé vèrent imperturbablement dans leurs gênantes manifes rations. Un fait constant c’est que ces histoires ne se pro duisent, pas isolément. En général, cela marche par série et s’étend comme une épidémie.
Il a suffiqu’une pièce de théâtre autour de laquelle on a fait quelque bruit ait remis sur le tapis la discussion du monde des esprits pour qu’aussitôt des phénomènes attribués au spiritisme se produisissent à Aubignan aujourd’hui et probablement ailleurs avant peu. Comme je le dis en commençant ma dépêche, les bêtises recom meneent.
Une grande découverte Le docteur Luys en collaboration avec M. David, chimiste aux Gobelins, vient de découvrir le moyen de photographier directement les effluves qui émanent du corps humain. La photographie s’obtient sans aucun appareil électrique (ce qui différencie ce procédé de celui à M. Iodko), simplement en appliquant les doigts sur une plaque sèche immergée.
L’épreuve obtenue indique le degré de tension vitale de chaque personne et accuse des différences très nettes suivant les états hypnotiques. Nous reparlerons de cette découverte, que nous sommes
92 L‘lN1TIATION les premiers à signaler, quand elle aura été communiquée à l’Académie des Sciences et à la Société de biologie. P. La Maison hantée d'Yzeures Voici le procès—verbal publié par l’Eclair du 6 avril au sujet de la Maison hantée d’Yzeures. L'Unz‘on libérale d'Indre—et-Lofre a reçu une lettre de Papus sur cette question et cette lettre a été reproduite par les journaux de la Vienne.
PROCÈS-VERBAL Au cours de l’enquête commune faite à Yzeures sur les incidents de la maison 5abourault, il ne s’est rien produit durant deux nuits, sauf que vers six heures et demie du matin, en présence de MM. les docteurs Fau quez, interne des hôpitaux de Paris; Corneille, Duplan tier et George], avocats; Aviron, Kahn et Georges Mon torgueil, il fut constaté des bruits dont il va être parlé.
MM. Kahn et Montorgueil étaient dans l’escalier, ils descendaient. Rappelés précipitamment, ils rentrèrent dans la chambre, M. Kahn d’abord, M. Montorgueil en— suite. Les témoins entendirent des coups faibles et précipités qu’ils localisèrent de façon différentes, mais plus parti Cuiièrement dans et autour du lit. La cause de ces bruits qui durèrent 30 secondes au dire des uns, 100 secondes au dire des autres, ne put être sur le champ déterminée.
' Les mains de la mère étaient hors du lit, les mains de la jeune fille sous les draps. MM. Kahn et le docteur Fauquez passèrent la main dans la ruelle, pour essayer d’imiter sur le bois du lit, avec leurs doigts, le bruit en tendu. Une main d’homme. trop serrée dans l’espace resté libre, ne le pouvait pas; une main d'enfant l’aurait pu peut-être.
D’ailleurs, tout en réservant la question de la possibi lité ou de la non-possibilité de la supercherie. la néces sité du départ et la durée très courte des bruits enre gistrés n’eussent point permis une observation sulfi samment rationnelle de la réalité scientifiquement extra
NOUVELLES, ÉCHOS, REVUES 93 naturelle de ces faits ou de leurs simulations par des moyens physiques. Gustave KAHN. Georges MONTORGUEIL. Nous publions en tête de ce numéro des dessins relatifs à la AIaisun hantée. Après avoir affirmé que Diana Vaughan se cachait pour éviter le poignard des Francs-Maçons, Léo Taxil an nonce qu'il la fera paraître en conférence publique le 19 avril.
Est-ce la même personne qui laissa des traces matérielles de son passage à Genève à deux journalistes de Lyon, ou est-ce celle qui fut l’héroïne du dîner de l'hôtel Mirabeau? Entre les deux figurantes, laquelle choi» sira Taxil pour cette fois? Nous le saurons le 20 avril, à moins que les répétitions ne clochent d’ici là.
Pour 5105 nombreux abonnés de Roumanie nous re— produisons dans la langue originale cette belle pièce de vers dite à l’occasion de l’ouverture d'une Loge: 111.-. Fr.-. Vens. Dimitrie Ghermann Prin semne, bateri si mystore Cänd FFr.'. de prin colone ; Fû le deschidi lücrârile Si‘ncep a baie diû ciocane; Fogi üit diu lûme ori ce dürere Chiar lacrëmi, chinûri s’amärâcüîni ; Cäci tü egti raza de mängâere, Ce le dai vegtä si l‘aci miuüni.
Din tronûl teu de Veux. Caüd i{i iüdrepçi privirile; Spre FFr.'. ce lücrez in templü, Le lûminezi gändirile. Fü esti lümina L.'. néstre, Woi toti pria line ne lüminäm, Lümine L.'. Lümine lümei A templülûi, a Fl*‘r.'.
94 L'INITIATION Si cñm nalüra se'uvesclesle (land sbrele pe eu resare Foi astfel L.'. serbätoreste Epoca instalërii tale. I-T. Ulic.'. 000897.'. Fehntar 3 A l‘occasion de l‘installation des nouveaux dignitaires de R.'. L.'. (I Ajûtarüf‘ ».'. A l'()rirnt de Calara.yi.
Dans l’excellente et si artistique revue Nice Selecl, I, rue Blacas (Nice), nous trouvons sous la signature de M. Pagès de Noyez, une étude pleine d‘érudition sur le Magnétisme et les voyants (n°' du 14 mars 1897 et pré4 cèdent). * -\s 4‘ .
Reçu de M. Jean Delville, le Frisson du Sphinx (I vol. in-8°, Bruxelles, 20, rue du Marché-au—Bois), très beau recueil de vers initiatiques du plus grand effet. * a -v Le nouveau périodique occultiste italien, Il Mondo Secreto (M. Errico Cas Corso Umberto I, I7, Naples), vient de paraître, et son premier numéro consacré à la Magie promet beaucoup pour l’avenir.
Nous recom mandons vivement ce journal à nos lecteurs, à côté du Nuova Lux, qui défend également la bonne cause. * as >s Dans le numéro de janvier—février des Annales des Sciences psychiques, signalons tout particulièrement une série d’expériences très bien décrites par M“ Z. Blech. Le colonel de Rochas raconte les nouveaux faits produits à Choisy-Yvrac. Le reste n’est pas original. 'k À"l . L’Abbé Louis Picard, Chrétien en Agnostique (I vol. 1n-8°, C. Pion), I896. Important ouvrage dont nous \
, -r_. . "J." ._ . I i... NOUVELLES, ÉCHOS, REVUES 95 ferons un compte rendu tout spécial dans quelque tem s. p * 4 4‘ Toujours très intéressant l'Echo du Alerveilleux (21, boulevard de Clichy, Paris), dont le succès est tel qu’il a fallu retirer le sixième numéro épuisé quelques jours après son apparition. Il suffira d’augmenter la partie des Echos de l'occulte et de l‘analyse des sources pour faire de ce journalla perfection du genre.
Tous nos compliments à son directeur Gaston Méry. * 24 >it Zeit — 5 mars — contient plusieurs articles de mé rite: une étude de ZUCKERLAND'I‘ sur l’Emmure’ de Gefiroy, dont la Revue des Revues :1 déjà parlé; un très bon exposé des Nouvelles tendances musicales en Bohème, où naît avec Zdenko Fibich et Lostak, Bautzky et Hrazdira une école qui a de profondes analogies avec le wagnérisme sans s’inféoder à lui. — ZEAEDDIN AKMAL écrit de Lahore des détails très curieux etnouveaux sur l'Occultz‘sme aux Indes, et la puissance des médiums‘de Hazara et du Sindh, qui, sans aucun remède, guérissent infaillible— ment les aliénés et rappellent à la vie des milliers de moribonds. \ Le 30 novembre 1896, mourut à Sakkar en pleine force de l’âge, à 40ans, le Pir (c’est—à-dire le chef des , spiritualistes mahométans) Syed Gokar du Sindh qui avait rendu la santé à 300,000 malades.
Zeaeddin Akmal prétend que la plupart des livres d’occultisme publiés en Europe ne sont que des traduc tions littéraires ou des adaptations d’ouvrages hindous. C’est ainsi que le fameux manifeste spiritualiste d’Annie Besant, Réincarnation, ne serait que la traduc— tion mot pour mot d’un de ces vieux livres indiens pu bliés à Lahore par l’Aryen Samay (Revue des Revues du 15 mars 1897.
V. aussi numéro du 19“ avril). * \ À‘ ‘* L’abondance exceptionnelle des matières nous oblige à retarder la publication des articles de nos collabora
96 L'INITIATION teurs, Dr Fugairon, Fabre des Essarts, Saturninus, Du plantier, Michaél. Q .’F 4 M. T. Leféhure, auteur de l’article l'État psychique d’Al/‘red de .\Iusset. est prié de nous renvoyer son adresse. L’article est composé et ce renseignement nous est indispensable pour l’envoi des épreuves. * 4 «V» De notre correspondant CH.
Tn. une brochure sur la campagne antimaçonnique et antioccultiste des cléri eaux : der Entlarve Lucifer, travail très clair et très im partial. i .v. . Nous sommes très heureux d’annoncer à tous nos amis l’installation très prochaine d’AMO à Paris. C’est là une bonne nouvelle pour tous. t I I Dans I’Ubersinuliche IVelt (mars) très bonne étude de Carl du Prel sur le Monodéisme comme clé de la psycho logie magique. A.
Axel, S:l: Ir::, professeur de Thérapeutique psychi que au Groupe indépendant d'Etudes Emtériques, com mencera lejeudi 6 mai, et continuera chaque jeudi, à huit heures et demie du soir,8, rue Lécuyer, un cours gratuit, avec expériences, Où sera intégralement exposé l’enseignement du magnétisme. Une carte d’élève sera adressée à toute personne qui en fera la demande.
Les expériences nécessitant certains frais, l’école compte sur les dons volontaires de ceux qui considèrent son œuvre comme utile. Au programme: Historique du magnétisme et de ses procédés jusqu’à nos jours. — Preuves de l’existence de la force psychique. —— Polarité humaine. -— Magnétisme du son, des odeurs, de la lumière, des aimants, etc.
NOUVELLES, ÉCHOS, REVUES '—Influences médicamenteuses à distance. —— Diffé—a”, rences entre le magnétisme, l’hypnotisme et la sug gestion. — Leur application thérapeutique (massage magnétique, transfert. zoothérapie, métallothe’rapie,‘ psychothérapie) — Procédés de diagnostic magnétique (lucidité, sensibilité magnétique). — L’hypnose et ses phases. — Étude sur l’extériorisation de la sensibilité, de la motricité etla photographie de la pensée; »— Sug— gestion mentale. —— Aperçu sur les influences psychi ques au point de vue social.
“Une clinique estjointe au cours. Les malades yser’ônt‘ gratuitement traités le jeudi matin 'à neuf henres. La Science des Mages de PAPUS vient d'être traduite: en allemand en une élégante plaquette illustrée en. couleurs. {> il 8 Nous venons de recevoir le numéro du 12 mars de, 1897 du Lu{ A’stral (6, passage Sarmiento, à Buenos Ayresÿ) qui entre dans sa deuxième année.
Ce numéro est presque entièrement consacré au_ m‘artinisme et le premier article mérite une traduction intégrale, que nous ferons faire dès qu’il Sera possible. . Toutes nos félicitations aux S::: I:;: argentins et à leur vaillant chef. ' A v ia. Journal du magnétisme, fondé en 1845 par le baron du Potet, organe de la Société magnétique en France et de la Faculté des sciences magnétiques, parait sous la direc— tion du professeur H. l)urvill'e.
Ab. 4 francs par an. 23, rue Saint-Merri, Paris. ' Le Gérant : ENCAÙSSE. ‘ ,.. rouns. — IMP. E. ARRAULT ET c“, RUE DE LA PRÉFECTURE, .6. w. 4
3ÿNll®N înÉuusnæ Èmmsaur Notes and Queries, S. M. Gould à Manchester (N. H.) U. S. A. Frie ami, A. Sabro à Christiania (Norwège.) Nordisk Frimurer-Tilenda, Alb. Lange à Chris— tiania (Norwège). Die Religion des Geistes, Fertung, Herrengasse, u 68, Budapest (Hongrie) Nuova Lux, 82, via Castro Prctorio à Rome (ltalie). Lug astral, 6, passage Sarmiento à Buenos-Ayres (République Argentine).
L’Initiation, 10, avenue des Peupliers, Paris. :\ Annonces Bibliographzquss DE « L’INITIATION » Nous rappelons à nos lecteurs la collection de livres rares sur la Franc-maçonnerie que possède M. Rosen, 9, rue Chappe, Paris, et qu’il met en vente. On trouvera la liste des plus importants de ces ouvrages dans le numéro de février 1897 de l’Initiation.
Cette bibliothèque s’en levant très rapidement, nos lecteurs désireux d'en acqué rir des numéros sonti‘priés de se presser d’adresser leurs demandes à M. Rosen. . _ .. .-.u.a_ .- .- -' n‘a.h..-:Lrm x: =nr.‘ :.:..Ë..ä
| ‘l | &ÛURIIÆUX E’ll‘ REWUËS ÛÜGUL’I‘IS’I‘ÊS RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENT LANGUE FRANÇAISE L’Inz'tialïon (revue mensuelle), 10, avenue desPcu _ pliers, Paris. Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. L’Hyperchimie (revue mensuelle), 19, rue St—Jean, Douai (Nord).
HERMÉTISME, ALCHIMIE 7 La Thérapeutique intégrale (revue mensuelle), 10, rue Durand-Claye, Paris MÉDECINE HERMÉTIQUE, HOMŒOPATHIE LANGUE ANGLAISE - 711e M0rning Slarîl5épositaire, Chamuel, 5, rue . de Savoie, Paris. LANGUE ESPAGNOLE Lug astral (hebdomadaire, à Buenos-Ayres (Répu blique Argentine), 6, pasage Sarmiento.
LANGUE ITALIENNE Lug (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Rome LANGUE TCHÈQUE Sbornz‘k pro fi/osofii a oklrullismus, à Prague (Bohème), Puch majerova Ul 36. AVIS IMPORTANT. — Tous nos confrères ci dessus cités et ceux qui voudraient être cités sont priés de reproduire in extenso cette liste. .- -.n.-Ï.. '4
Principaux Ouvrages recommandés pour létude de l'OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS L3Évoludon delddée. ' ' { L’Instruction Intégrale. Le Serpent de la Genèse. Le Temple de Satan. F.-CH. BARLET. . . STANISLAS DE GUAITA . . j Traité méthodique de Science Occulte Parus . . . . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique. La Science des Mages. A. .IHOUNEY . . . . . . . Esotérisme et Socialisme. RENÉ CAILLIÉ . . . . . .
Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. FABRE D,OLWET (- La Langue hébraïque restituée. ALBERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des A.lchimistes. IJTTÉRATURE ‘ ( La Magicienne. JULES LERMINA . . . . . 2 A Brûler. ( Zanoni. BULWER LYTTON . . . . t . , ( La Maison Hantee. MYSTIQUE p_ SÉDm. . _ . 3 Jeanne Leade.
Jacob Bœhme et les Tempéramenis. l Histoire philosophique du genre humain. POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSER: A la librairie EHAMUEL, 5, rue (lli Savoir, PARIS ' Envoi Franco du Catalogue. TOURS, IMP. E. ARRAULT ET C”.