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. l. L — uÏ «....-._‘ l ' ,i \ - o o \ I n 1 t 1 au 0 n ‘ Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA DiRECTION DE PAPUS à? O. '1‘ Docteur en médecine — Docteur en kabbale a»! VOLUME. ’1C)m ANNÉE (34‘ SOMMAIRE DU N° 6 (Mars 1897) ___,4_ PARTIE INITIATIQUE... État actuel de l’Ordre Martiniste . . . . . . . . Papus. (p. 193 à 202.) Les Homuncules du comte Kuefi’siein . . . . . . . . Karl Kiesewetter. (p. 202 à 229).
PARTIE PHILOSOPHI QUE . . . . . . . . . . . . . .. Le miracle . . . . . . . . . Dr Rozier. (p. 230 à 243.) Spinaqa théosophe , . . .M. L'argeris. (P- 243 à 244) L’Hie’rodoule . . . . . . . Jollivet Castelot. (p. 245 à 256.) Plume L|TTÉBA|RE___ mm (poésie) . . . . . . . .
P. de Labaume. (p. 257 à 259.) \ Faculté des Scietnces hermétiques (règlement). — Une séance à l’école de magnétisme de Lyon. — Les magnomètres (D" Rozier). — Expé rience de M. François. —' Bibliographie par Papus, Sédir, Satur— ninus..— Échos. — Maison hantée d’Yzeures. — Diana Vaughan. '— Analyse des revues française et étrangères. —. Nécrologie : Horace Pelletier.
Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS \L
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: ‘ Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique. _ Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Ini:iation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. -— Abonnement: 10 francs par an (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L'Iniliaiion du 15 Mars 1897 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’1niiiation 10 PARTIE INITIATIQUE AMO— F. CH. BARLET,S.'. I.'.N— STANISLASDEGUAITA, S.'. I.'. —-GUYMIOT. —MARC HAVEN, S.'. I.'. sût—JULIEN LEJAY, S.'. I.'. g -—« EMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD. S.'. I.'. — GEORGE MONTIÈRE, S.‘. I.'. 5‘; —PAPUS, S.'. I.'. à — SÊDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G.
E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. -——AMELINEAU. — ALEPH. — Dr BARADUC. —- _Le F.'. BERTRAND 30' -— BLITZ. — BOJANOV. — JACQUES BRIEU. -e CAMILLE CHAICNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — ALBAN DUBET. — FABRE pas ESSARTS. -— D' FUGAIRON. — DELEZINIER. -—— JULES GIRAUD. — HAATAN. — L. HUTCHINSON. — JOLLIVET-CASTELOT. — L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G.
POIREL. —- RAY MOND. —- A. DE R. — D’ ROZIER. — Dr SOURBECK. —— L. STE VENARD. —— THOMASSIN. —- G. VITOUx. — HENRI WELSCH. —— YALTA. l 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. -——JEAN DELVILLE. — E. GOUDEAU. — MA NOËL DE GRANDFORD. -— JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS.— GEORGE MONTIÈRE. -— LEON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEFF‘ER. — EMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH.
Dunouac. — RODOLPHE DARZENS. — JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — P. DE LAEAUME. -— MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. »— J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L’Initiation du 15 Mars 1897 L’IN ITIAT I 0 N <”’”ËlilËs””” DIRECTION ADMINISTRATION Villa Ilonlmorency, 10, aven. des Peupliers ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PA RIS—A UTEUIL DIRECTEUR : PAPU’S DIRECTEUR ADJOINT : Lucien MAUCHEL C H A M U E L 5, Rue de Savoie Rédacteur en chef: PA F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. 10 ir. J. LEJAY — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, _ :2 fr.
RÉDACTION. —— Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. GROUPE IIIIEI’EIDAIT D'ÉTUDES ÉSOÎERIQUES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants -— Groupes d‘Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE1‘CROIX. —ÉGLISE GNOSTIQIIE
@ 55 7 La reproduction des articles inédits publiés par l'lniliation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale.
Nous sommes heureux d'annoncer à nos lec teurs que, pour la troisième fois depuis sa créa tion, L’INITIATION augmente son tirage à dater de ce numéro. — L’accroiSSement des abonnés nécessite ce nouveau pas en avant. — Merci donc à nos anciens et nouVeaux lecteurs, c’est là une preuve qui constitue le meilleur des encourage ments. LA DIRECTION. _ PARTIE INITIATIQUE A71: L:j: G:;: D:I: nWJ.‘H G::; A:’,: D:f: L:;: U::: S:;. LtL: A::: du Phil...
Inc... N21: V:Z; M22: IIRIDRE MARTINIS’I’E Le 9 mars 1897 LE SUPRÊME CONSEIL DE L’ORDRE MARTINISTE s’est réuni à Paris en tenue solennelle. Sur 21 membres titulaires, 18 étaient présents; trois s’étaient fait légitimement excuser. Le maître
I 194 . L INITIATXON IMARS. F.-Ch. BarIet, de passage à Paris, était à l’Orient Papus, Président du suprême Conseil, présidait, assisté des grands officiers de l'Ordre.La communica— tion suivante a été lue en séance, et le comité direc«o teur en a décidé la publication et la distribution aux délégués généraux. 0R]DRE MARTINISTE ‘ ETAT DE L’ORDRE LE 1er MARS 1897 1° POUVOIR CENTRAL.
SUPRÊME CONSEIL POUR LA FRANCE ET L’ÉTRANGER Tribunal Suprême de l’Ordre siégeant à Paris : 21 membres titulaires; membres stagiaires (nombre variable) divisés en 3 commissions. 2° LOGES ET DÉLÉGATIONS EN FRANCE Paris LOGE HEÊMANUBIS, séances hebdomadaires sous la présidence de Paul Sédir, M. S. C. LOGE LE SPHINX, séances bi—mensuelles sous la pré sidence de Papus, P. S. C.
Départements Délégations et Loges constituées Délégation et Inspection générale pour le nord de la France à Abbeville (Somme). Délégation générale pour le sud de la France avec Inspection générale à Lyon (Rhône) (avec loge Mani niste). ' <-*..mm.;._. ,..—v,.ÿv»,,,.æ=«3_4.«-4p\,vn en>./«,..,b ,...,1 ,. ‘ l
1 897] ORDRE MARTINISTE 195 * :64 Délégation spéciale pour l’ouest de la France et Loge Hermès-Isis à Poitiers (Haute—Vienne). Inspecteur général pour l’Ouest à Pas—de-Jeu. t «le Délégation spéciale pour le sud-est de la France à Cahors (Lot).
0 on Délégation spéciale pour le sud-ouest de la France à Bordeaux (Gironde) avec loge Martiniste Vérz‘tas. * >l->‘ Restent à pourvoir en France l du Nord-Est Les Délégations spéciales du Nord*0uest en France de l’Ouest ‘ de l’Est. C’est à cela que seront consacrés les efforts de votre Comité directeur à dater de ce jour. ' De plus, une attention spéciale sera donnée au développement des loges Martinistes en France.
Des Loges régulières sont en voie de constitution à Montélimar, à Beauvais. . -!u E U R 0 P E Belgique Délégation générale pour la Belgique avec Loge Mar tiniste à Anvers. Loge Mart:Ç: Horus (n° 50) à Liège.
196 L'INITIATION Groupes et Loges en voie d’organisation à Bruxelles, à Verviers. Allemagne Délégation générale pour l’Allemagne à Munich (s‘annonce comme devant être des plus prospères). Espagne Délégation générale pour l’Espagne centrale à Madrid avec Loge Martiniste. Délégation spéciale à Barcelone. Italie Délégation générale pour l’Italie à Rome. Délégation spéciale pour le nord de l’Italie à Comu nanza avec Loge Martiniste.
Le Mouvement Martiniste en Italie est très prospère, grâce à l’appui de la Revue Nova Lux de Rome à laquelle nous adressons tous nos remerciements. Nombreux groupes en Italie. / Bohème Délégation général avec Inspection et Loge Marti niste à Platz (Bohème). ' EGYPTE Délégation générale pour l’Egypte (au Caire).
Cette délégation générale, munie de pleins pouvoirs spéciaux, a réussi à_ conclure une entente cordiale avec les délégués Babystes spécialement accrédités à cet effet. Cette entente ouvrira sous peu la Perse à l’influence Martiniste. TUNISIE Délégation générale avec Loge Martiniste à Tunis.
ORDRE MARTINISTE 197 AMÉRIQUE Etats-Unis d’Amérique Souverain Délégué Général pour les États-Unis, Dr Blitz), à Nevada (Missouri). *.0 GRAND CONSEIL DE L’ORDRE MARTINISTE POUR LES ÉTATS-UNIS Loges Martinistes dans les Etats suivants: Massachusetts Missouri N ew-York Ohio N ew-J ersey Michigan Pensylvanie Illinois Maryland Minnesota ' District de Colombie Colorado Floride 0régon Géorgie Washington (T'°de) Californie Nous sommes heureux d’annoncer au Sup.
Cons. la création à San Francisco de la première Loge Marti niste chinoise sur laquelle nous fondons de grandes espérances pour l’entente de notre Ordre avec la Société de Hung. Les Loges des États—Unis possèdent un Rituel spé cial qui a été régulièrement approuvé par le Prési dent du Sup. Cons. et qui sera progressivement étendu à toutes les Loges de l’Ordre avec les modi fications locales proposées par les Délégués Géné— taux. Des récompenses exceptionnelles ont été décernées “WM_À_-hs_ <MM «... —.—..—-..æ -
1 L’INITIATION n aux Mart;'; des États—Unis qui ont participé au succès de l’Ordre dans cette contrée. République Argentine Délégation générale avec Inspection générale à Buenos—Ayres. Trois Loges Martinistes en plein fonctionnement comprenant 115 membres. ' Nombreux Initiateurs libres. Plusieurs Loges en formation.
Le rapport du Délégué général, en date du 18 dé— _ cembre 1896 est. aux Archives ainsi que les rapports des autres Délégués de l’Amérique. Guatemala Délégation générale pour le Centre Amérique à Guatemala, avec Loge Martiniste. Colombie _ Délégation spéciale à Panama (Colombie).
2r*It Dans cette énumération ne prennent place ni les centres d'initiateurs libres, ni les Groupes Mark}; ni les délégués locaux, car nous aurions dû allonger trop considérablement ce rapport déjà long. En France seulement, il y a plus de douce de ces centres locaux ,' il en est proportionnellementde même à l’étranger. . 2:.vt Tel est T:',: P::: Ml}, l’état de l’Ordre Martiniste à ce jour. Grâce lui l’union va pouvoir s’accomplir I * -.........J
ORDRE MARTINISTE 199 entretoutes les hautes fraternités iniatiques d’Occi— dent et d’Orient, l'influence française prend, dans le monde entier et sous le drapeau du spiritualisme, la place à laquelle elle a légitimement droit et l’on voit s’élever à Paris un Suprême Conseil rendant à l’inia tiation symbolique sa valeur, aux recherches hermév tiques leur caractère élevé et aux grandes idées spiri-‘ tualistes des .temples et des défenseurs éclairés.
Grâce au Martinisme les rapports entre toutes les initiations symboliques peuvent être repris et nous sortirons de cet isolement auquel nous ont conduit les matéria listes sectaires, les dignes successeurs du maître de danse Lacorne, qui ont fait des centres d’initiation, des réunions de marchands de vins et de la Science hermétique une odieuse profanation. Gloire ànfiwn ’et honneur au Phil. inc... N:Z: V12: Mzfz.
Le Président du Suprême Conseil ; Le Secrétaire général : PAPUS‘ _ SÉDIR' L’A rchiviste : L’Archz’viste (Id/OÙZI' : J. BURG. SISERA. NOTE COMPLÉMENTAIRE SUR L’ORDRE MARTINISTE L’Ordre Martiniste, fondé par Martinès de Pasqually vers 1750, continué par Claude de Saint—Martin, le « philosophe inconnu », puis par ‘vVillermoz jus qu’en 1810 avec Lyon comme centre s’est répandu en. ... . ,,. L . _, ....,. «au.-- __-.__ .. M
200 L’INITIATION France, en Allemagne et en Russie. Il a pris une vi gueur et une extension nouvelles depuis 1887 par la multiplication des initiés libres, puis, peu après, par la constitution à Paris du Suprême Conseil de l’ordre et des groupes et loges martinistes. Les archives de l’ordre, intégralement conservées depuis 1767, sont confiées à la garde du Suprême Conseil.
L’ordre Martiniste a conservé intactes les constitu— tions des hautes fraternités initiatiques qui ont pré cédé la révolution maç.°s de 1773, et il doit sa vie talité intense à cette organisation. Les questions d’argent sont à peu près inconnues dans l’Ordre; les cotisations, le tronc de la veuve, les droits de diplômes n’existent pas, et les grades sont toujours conférés au mérite et ne peuvent jamais faire l’objet d’un marché.
Tout chef de loge est propriétaire de sa loge et doit en couvrir la plupart des frais, et, en règle générale, tout officier de l'Ordre doit personnellement couvrir les dépenses nécessitées par l’emploi que cet officier occupe. Aussi l’affiliation à l’Ordre Martiniste est—elle recherchée surtout pour l’instruction qui est poussée fort loin et qui comprend l’étude approfondie des sciences symboliques et hermétiques.
Voici du reste un résumé de l’organisation actuelle de l’ordre qui permettra d’en juger l'importance. En avant-garde et disséminés partout dans la so ciété profane se trouvent les initiateurs libres, ayant le pouvoir d’initier directement, et sans autre con trôle que celui de leur conscience, aux symboles fon damentaux de l’ordre répartis en trois grades. Ces
ORDRE MARTINISTE 20! initiateurs libres ne relèvent d’aucune autorité autre que celle de leur conscience.
Quand les initiateurs veulent poursuivre leurs études ou augmenter leurs moyens d’action, ils s’adres— sent au SUPRÊME CONSEIL. composé de vingt et un membres et de trois chambres dont la sphère d’auto rité est ainsi répartie : Des delégués locaux organisent la propagande lo cale et fondent des groupes Martinistes formés de trois membres au minimum et rattachés à l’autorité d’un Délégué général pour une contrée dépendant directement du Suprême Conseil.
Quand le nombre des initiés est assez élevé, on constitue une loge Martiniste qui devient la propriété de son fondateur sous condition d’obéissance aux règlements de l’ordre et sous réserve des modifications spéciales que chaque Souverain Délégué général peut établir dans les pays étrangers. C’est ainsi que plusieurs loges peuvent se fédérer pour former un Grand Conseil Martr‘nz‘ste placé sous l’autorité directe du Souverain Délégué général.
' C’est là la voie suivie avec succès aux États-Unis. Du reste, un Inspecieur général et un service com plet d’Inspecteurs secrets dépendant directement du Suprême Conseil permettent une surveillance effec tive de toutes les formations Martinistes.
C’est à cette organisation que l’Ordre doit son ra pide et légitime succès, car actuellement l’Ordre Mar— tiniste compte de nombreux Groupes et des Loges en France, en Espagne, en Italie, en Belgique, en Au— triche, en Égypte, en Tunisie, en Algérie, dans l’Amé
202 L'INITIATION rique du Sud et dans plusieurs États de l'Amérique du Nord. ‘ L’Ordre Martiniste est essentiellement spiritualiste. Il combat de toutes ses forces l'athéisme et le maté rialisme, et, rattaché aux hautes fraternités initiatiques, il rend au symbolisme la grande place qui lui est due dans toute initiation sérieuse. Mais l’Ordre Martiniste ne s’occupe jamais de po litique non plus que des questions du culte religieux.
Il permet d'étudier et ne cherche pas à sortir de la tolérance la plus absolue. Permis d’imprimer, Le P:Z: S:_': Cîjt.
Les Hamtacules clu Gamte Kuefistein Une des énigmes du temps passé PAR KARL KIESEWETTER Moleschotte écrit : « Si nous savrons manier la lumière, la chaleur et la pression atmosphérique comme nous savons déterminer les relations de poids de la matière, nous serions alors non pas seulement bien plus fréquemment en état d’opérer le mélange des combinaisons organiques; nous saurions encore remplir les conditions nécessaires à la production des formes organiques. »
tes HQMUNCULES nu COMTE KUEFFSTEIN 203 Liebig espérait déjà que nous réussirioris à créer des matières organiques“ Ce qu'espérait Liébig, la production artificielle de l’urée par Woehler l’a en principe résolu.
Mais de là à atteindre le but dont parle Goëte : « Et un cerveau comme celui—ci capable de penser, donnera naissance aussi à un penseur dans l'avenir. » But que Moleschotte indique par ces mots de pro duction de formes organisées. nous sommes encore fort loin.
La chimie a beau être en état de produire-la ma tière organique, elle n'en est pas moins très éloignée encore de la projection des organes, très loin encore de donner naissance à la forme organisée; car, pour parler encore avec Goëte : ' « il ne manque, hélas, que le lien spirituel.
La chi mie nomme»cela l’encheirisis naturée, et elle se moque d’elle-même sans le savoir! » La forme suppose toujours quelque chose qui lui donne naissance, l’organe un principe organisateur. Le principe organisateur est donc le principe préexis tant, et la difficulté qu’offre l’explication de la nais sance des êtres vivants ayant un corps repose sur l’entente de la combinaison qui se forme du principe organisateur avec la matière organique.
Schopenhauer cherche à trancher cette difficulté en faisant coïncider l’instinct d‘incarnation de l’enfant avec l’instinct de génération des parents. Cette théorie ne supprime point la difficulté qui résulte de l’entente de la combi— naison s’etTectuant entre le sujet transcendantal et la matière organique. Toutefois, elle nous donne une
204 L’INITIATION raison vraisemblable de la naissance de la forme organisée. Il en serait tout autrement si la production par la chimie d’un organisme vivant, homme ou animal, était chose réalisable parce qu’en ce cas la force qui engendre devrait être attribuée à la matière, et que les homunculi seraient alors réellement, selon le mot de Goëte, un peuple d’êtres humains à l’état cristallin.
Une conséquence ultérieure de la possibilité de pro duction par voie chimique d’organismes vivants serait ce fait que les fonctions psychiques seraient alors le résultat de modifications physico-chimiques de la matière, auquel cas alors, malgré cela, si nous consi dérons la matière comme de la force matérialisée, le problème se trouverait transporté sur un autre plan : le transcendantal.
Comme on le voit avec cet Immun culus problématique viennent en contact les extrêmes de la mystique et du matérialisme; et au cas Où la production chimique d’organismes vivants rentrerait , dans le domaine des choses possibles, la mystique en bénéficierait, parce qu’elle extrairait de la nature humaine une grosse part de l’animalité en faisant passer dans le domaine de la pratique ces paroles de Wagner : ’Par Dieu l ce qui autrefois était de mode, parler de génération, nous le déclarons maintenant pure farce. (I) Des occultistes plus anciens comme Arnold de Villanova, Paracelse, De natura rerum liber, et De generalione rerum naturalium et plusieurs Rose-Croix donnent des prescriptions relatives à la production d’hommes et d’animaux engendrés chimiquement.
LES HOMUNCULES DU COMTE RUEFFSTEIN 205 Ce point délicat duquel jaillissait la vie, cette force charmante qui sortait du fond de l’être empruntant et rendant. destinée à se dessiner elle—même, à s’ap proprier d’abord ce qui était le plus voisin d‘elle, puis des éléments étrangers, les voilà maintenant tous deux dépossédés de leur dignité.
Que l’avenir y trouve encore son compte dans l’avenir, l’homme, lui, avec les dons qui le caractérisent, doit avoir et aura dans l’avenir une origine plus pure et plus haute. » Mais il n'entre pas dans notre dessein de nous en tenir au côté théorique de notre problème ni de don ner des prescriptions pour produire des homunculz', prescriptions dont plusieurs sont à notre disposition.
Nous ne voulons que présenter des extraits d’un rap_ port historique que nous avons sous les yeux sur la production qui aurait été réalisée de plusieurs de ces êtres vivants problématiques. Ce rapport figure pri mitivement dans le fragment d’un « livre de compta bilité et notes pour mon gracieux seigneur.
Le comte J.-F. de Kuefistein commencé avec l’aide de Dieu en l’an 1773 et terminé avec l'aide de Dieu en l’an vraisemblablement 1782, par Joseph Kammerer ». Le comte Jean Ferdinand de Kuefl'ätein apparte nait à une des plus anciennes familles nobles de l’Autriche et dans le dernier quart du siècle dernier, il fit beaucoup parler de lui comme templier franc maçon, rose—croix et nécromancien.
Joseph Kammerer était l’habile factotum de Kuef’f stein, son compagnon de voyage, son intendant, son cuisinier, son valet de chambre, et notamment son iamulus très habile dans ses travaux d'alchimie et de
206 L’INITIATION magie. Dans la franc-maçonnerie, Kammerer occupa l’emploi de frère servant, mais peu à peu il s’éleva jusqu’à la dignité de vénérable. Il jouissait d’une c0na. fiance absolue de la part de Kuefi’stein, et nous trou-v vons en lui un homme accoutumé à avoir toujours les yeux ouverts, un observateur froid, d’un tempèra-. ment pratique, toutà fait sain, que des voyages avaient vigoureusement formé.
Dans ses rapports avec son maître, Kammerer se montra à nous comme l’âme la plus fidèle, la plus attachée qui soit au mon-de, sans cesse occupé avec un soin religieux à soigner les inté rêts de celui-ci, à ce point que, par exemple, il se répand en lamentations qui n’en finissent plus sur ce fait que la livre de poudre à poudrer les cheveux coûte, à Vienne, 17 kreutzers, en raison dela taxe élevée, tan dis qu’à Presbourg elle ne coûtait que 6 kreutzers.
Aussi éprouvons-nous une impression d’autant plus forte, en voyant cet homme passer des détails pédan» tesquesde ces mesquineries de la vie journalière pas ser, disons-nous, tout à coup et sans transition à l’imagination la plus incroyable et la plus vagabonde d’un E. T. A.
Hoffmann, d’un Edgar Poë et d’un Bulwer, imagination qui les laisse bien loin derrière lui; quand nous le voyons, disons—nous, parler des faits que nous allons citer avec la nonchalance, l’exac— titude et la bonhomie dont il fait preuve, tout comme [si ces choses appartenaient aux événements les plus ordinaires de son existence, et se présentaient à nous avec le caractère de vérité, n’ayant besoin ni d’objec tion ni de preuve. Malgré le caractère d’étrangeté et d’énormité de ces choses, on serait mal venu à I‘CPOUS*
LES HOMUNCULES DU COMTE KUEFFSTEIN 207 ser les communications de Kammerer en haussant les épaules d’une façon hautaine et à les reléguer dans le domaine de la frivolité. En effet, nous devons tout d’abord prendre en considération que les notes en question, prises au jour le jour, n‘étaient point desti nées à être divulguées, et que Kammerer n’avait point la moindre raison de se duper lui-même.
En outre, ces notes sontà la fois si pleines d’une naïveté enfan— tine, saisissante et presque touchante qu’elles mé ritent par Là même qu’on leur accorde une créance tout au moins relative, et en les lisant on éprouve cette impression qu’elles émanent d’un original, bizarre peut-être, mais en tout cas sincère, racontant simplement et sans façon ce qu’il a vu. sans que sur gisse le moins du monde dans son esprit l’idée de ce que ces énormités ont de grotesque et de troublant.
Les notes de Kammerer furent publiées en détail, pour la première fois, par le Dr Émile Bésetzny dans I’almanach franc—maçon le Sphinx.
Cet almanach ne se trouvant entre les mains que d’un très petit nombre, alors que les faits en question sont pour nos lecteurs d’un intérêt général, nous allons ici même. du rapport très prolixe de Kammerer, tirer directement ce qui a trait à notre sujet et le faire suivre, si possible, de parallèles et d’indications historiques et littéraires. — Le comte Jean«Ferdinand de Kueñ‘stein, chambellan royal et impérial sous Marie—Thérèse et Joseph Il « né le 19 février 1727, mort le 20 mars 1789 » avait, au cours d’un voyage en Italie, fait, dans une petite ville de la Calabre, la connaissance d’un abbé Gélorii, occultiste de grande expérience. Ils s’étaient reconnus
208 L’INITIATION tous deux francs—maçons et rose—croix. Ils s’étaient entretenus des sciences occultes pendant des jours et des nuits, au point d’en oublier le boire, le manger et le dormir. Un lien d’amitié intime unit bientôt nos mages qui convinrent de passer neuf semaines dans un couvent de carmélites, situé bien avant dans la montagne pour y travailler un «grand œuvre », dans le laboratoire de ce couvent installé d’une façon grandiose.
Les carmé lites allèrent au-devant des deux occultistes, revêtus de leurs ornements et leur donnèrent la bénédiction avec le ciboire et le goupillon.
Dans les cinq semaines qui suivirent, pendant lesquelles on ne laisse pas s’éteindre les feux dans les fourneaux, règne dans le laboratoire du couvent une activité mystérieuse au cours de laquelle l’honnête Kammerer vit des choses qui, maintes fois, « lui firent dresser les cheveux sur la tête comme un hérisson», éprouva parfois une .angoisse telle « qu’un frisson glacial de fièvre l’im mobilisait », et qu’ « il en était réduit à s’enfoncer dans la prière, croyant « que le diable allait venir les emporter tous. » Malheureusement, Kammerer n’entre dans aucun des détails de ces opérations, se contentant de mentionner que Geloni « enseigna dès le début à son gracieux maître, entre autre choses incompréhensibles, à faire des esprits. » Il dit aussi que les deux adeptes, durant ces cinq semaines, don nèrent naissance à dix esprits (1) : «un roi, une reine, (1) Quels laboratoires d’alchimie grandioses existaient dans certains couvents, c’est ce dont témoigne la découverte par le bourgmestre de Gotha, le docteur \Vait, du laboratoire souter
LES HOMUNCULES DU COMTE KUEFFSTEIN 209 un chevalier, un moine, un architecte, un mineur, un Séraphin, une nonne, un esprit bleu et un esprit rouge. » Les derniers, toutefois, n’étant pas pour l’or dinaire visibles, mais n'apparaissent que par une évocation que nous décrirons plus loin.
Les huit premiers esprits furent aussitôt « au fur et à mesure que l’abbé et Kuefi‘stein les eurent retirés successivement du matras avec de petites pinces en argent » enfermés dans des récipients en verre d’une contenance d’environ deux litres « tels qu’on en em ploie pour conserver la marmelade »., Ces récipients étaient un peu plus allongés et un peu plus élevés que ces derniers, mais beaucoup plus épais afin de pouvoir résister à un choc.
Ils furent ensuite remplis d’eau pure « peut-être bien d’eau bénite, Dieu me pardonne, pense Kammerer avec irritation, ensuite on les lia dans une, vessie de bœuf humectée que l’abbé du Valais commença par bénir, puis qu’il mouilla et toucha du doigt. On y apposa alors un grand cachet afin que les esprits au cas où ils se mon— treraient récalcitrants, ne puissent s’échapper (1) », car par là, on leur barrait le passage.
Les huit esprits flottaient dans leurs récipients, « pareilsà de tout petits goujons, aucun ne dépassait la longueur d’un empan », à ce point que le comte se décourageait, regardant comme manquée l’expérience de la « production des esprits ». Gélonine fut absolu— rain du couvent de Walkenrieth. Comparez Sam. Reyher: Dis cerlatio de nummis ex aura chemico jactis.
Kilon, in-4.°. (i) A travers la magie et la théurgie tout entière, nous retrouvons de semblables cachets, destinés à enchaîner les es— Drits.
210 L‘INITIATION ment pas de cet avis, et il assura en riant à Kuefl‘stein « qu’il serait bien étonné de voir comment ils allaient grandir ». Il ajoutait qu’il saurait bien les y aider et que le comte n’avait qu’à le laisser faire, à patienter, et qu’il répondait de tout.
Pendant une nuit du plein été, les huit esprits furent portés dans le jardin du couvent par les deux adeptes, par Kammerer et un frère lai « avec d’infi— nies précautions afin que les autres moines du cou— vent ne s’aperçussent de rien. Pour cette expédition, chacun d’eux avait pris avec lui deux récipients afin que l’affaire pût être terminée d’un seul coup et qu’on ne remarquât rien pendant la nuit de ces allées et venues.
Là, on les enterra dans deux charretées de fumier de mulet, que l‘abbé avait fait amener la veille afin que les esprits y pussent croître et mûrir >>..
Le jardinier du couvent, que l’on avait apparem ment mis dans le secret, devait arroser chaque jour, sur l’ordre de Géloni, le tas de fumier avec une liqueur, que les deux adeptes « avaient préparée éga_ lement dans le laboratoire au prix de grands soins et de grandes peines », et pour la préparation de laquelle Géldni avait apporté des ingrédients obtenus Dieu sait d’où, mais qui inspirèrent du dégoût à Kammerer à un tel point, qu’à plusieurs reprises’ il dût,« oubliant le respect qu’il devait à ses deux maîtres, rendre les aliments qu’il avait absorbés, tant ces ingrédients étaient dégoûtants et im_ propres (1). » (r) Apparemment Géloni et Kneflstein appartenaient à ce parti très nombreux des alchimistes de la seconde moitié du
LES HOMUNCULES DU COMTE KUEFFSTEIN 211 Géloni rappela souvent à la mémoire du brave Kammerer cet adage: Naturalr‘a non sunt turpz’a, et pour tranquilliser ses scrupules religieux. il lui donna sa parole de prêtre que l’emploi des matiè res de cette nature, en vue d’une fin, ne constituait pas un péché et que « pour faire de l‘or elles étaient également indispensables et qu’on ne pouvait s'en passer. » Après avoir été arrosé de cette liqueur, le tas de fumier tout entier commença à entrer en fermentation et à émettre des vapeurs, comme s'il eût été chauffé par un feu souterrain.
Tous les trois jours au moins, le comte et l’abbé « quand tout reposait dans le cloître », se rendaient au jardin pour prier avec fer veur auprès du tas de fumier et l’encensaient, chose qui était pour Kammerer un sujet d’aversion religieuse et de crainte tout à la fois, parce qu’il prétendait avoir parfois entendu les esprits enterrés dans le fumier, « crier et siffler comme des souris affamées » et en être « d'angoisse presque tombé en épilepsie ».
Les esprits restèrent enterrés dans le fumier quatre bonnes semaines, pendant lesquelles Géloni divertit le comte par ses actes magiques. Dans le fragment de l’almanach de Kammerer figurent, complètes, trois notices relatives à ces faits. La première a trait évidemment à l'enchantement des animaux, déterminé par l’hynoptisme et l’action à distance.
Pendant une partie de chasse au cours de quelle Kammerer portait les fusils, Géloni attira l’at tention du comte sur un grand oiseau de proie qui siècle précédent, qu'on appelait les stercoristes et les sperma tistes. .
2 l 2 L’INITIATION planait au—dessus d’eux, auquel il cria par trois fois, d’une voix haute et stridente, un mot d’un son étran— ger, à la suite de quoi l’oiseau s’arrêta, descendit, vint se poser contre les pieds de Géloni, levant sur lui des yeux intelligents, tel un chien, comme s’il voulait lui demander quelque chose. L’abbé aurait ensuite ca ressé l’animal qui, alors, s’était de nouveau élevé dans les airs et avait disparu.
Au dire de Géloni, ce mot étranger n’était autre que le nom de l’oiseau dans la langue primitive de l'humanité, à laquelle tous les animaux devaient obéir. C’est là une idée que nous trouvons presque partout dans l’inconnu mystique, tandis que Paracelse, Van Helmont, Poirée et Portage font, avec une plus grande apparence de raison, dépendre un semblable pouvoir magique sur les ani— maux, de la puissance de l’imagination.
La seconde notice est relative à une matérialisation suivie d’émanations de vapeurs dues évidemment à la suggestion hypnotique. Un soir qu’il faisait fort noir et qu’il y avait tempête, on avait allumé la lampe dans le laboratoire.
Géloni fit entrer le comte et Kam merer dans un cercle qu’il avait tracé sur le plancher avec des bandes de parchemin et leur commanda s’ils tenaient à leur existence de ne point sortir de ce cercle, quoi qu’ils pussent voir, puis il murmura quelques paroles incompréhensibles et s’approcha de la table la main étendue.
Tout à coup sortit en rampant de la flamme de la lampe, un serpent de la grosseur de deux doigts en viron, qui continua à se dérouler sur la table, se di rigeant vers la main que l’abbé tenait ouverte. Celui
LES HOMUNCULES DU COMTE KUEFFSTEIN 213 là saisit l’animal qui s'évanouit dans l'air sans laisser de traces. Quand les deux personnages enfermés dans le cercle, s'approchèrent de la table sur l'ordre de Gé loni, ils virent sur cette table, une faible quantité d’une poussière jaune qui n’y était pas auparavant et que l'abbé dispersa« avec un fort soufflet ».
En même temps une vapeur vénéneuse qui flottait déjà, aupa ravant, augmenta tellement d‘intensité et agit avec tant de force « surla poitrine et lespoumons », qu’on dût. pour ne pas être asphyxiés, ouvrir brusquement les portes et les fenêtres du laboratoire.
« Cela ferait comme le corps de Satan », et Géloni secoua sur les mouchoirs du comte et de Kammerer, du fort vinaigre de vin qu’ils durent se passer sous le nez « sinon ils eussent pu s'en trouver fort mal et même en mou rir » (1).
La troisième notice nous apprend que Gélonidonna un jour à Kammerer, en récompense de ses services,la cuillère en étain de son nécessaire de voyage, et que « sans la faire fondre sur le feu, en la frottant sim plement avec une teinture, et en y saupoudrant une poudre rouge » il la changea« en or pur ».
D’une note ultérieure. il résulte que Kammerer, l'année d‘après, fit argenterà Trieste, par un orfèvre allemand du nom de Shéber, cette « cuillère alors en or » et reçut en échange quatre ducats de Kremnitz; en quoi le « coquin ne l’en avait pas moins volé, at tendu que la cuillère valaitpour le moins trois fois plus (1) C'est là un procédé connu recommandé aussi par Eckarts hausen, pour prévenir les fâcheuses conséquences d'émana tions de vapeurs.
214 L‘XNITIATlON mais au moins entre amis, le double de ce qu’il avait reçu (I). Au bout de quatre semaines, les huit esprits furent tirés du tas de fumier « au milieu de cérémonies re— ligieuses de toutes sortes, pour lesquelles l’abbé avait revêtu sa chasuble et passé son étole, tandis que le Comte chantait des psaumes et que Kammerer maniait l'encensoir.
Bien que la nuit «fût joliment fraîche parce que l’on avaitdéià l’automnedans la montagne », nos trois initiés n’en travaillèrent pas moins, de même que le frère lai déjà nommé, avec tant d’ardeur que <‘ la sueur leur ruisselait sur le front », et qu’en une la sueur leur ruisselait sur le front », et qu’en une demi-heure, ils eurent déterré les huit récipients sans accident.
Ils portèrcnt sans encombre et sans avoir été vus par « âme qui vive » les esprits au laboratoire où d’après les indications de Géloni, ils durent trois jours et trois nuits durant, sécher dans un bain de sable chaud. Kammerer ne peut assez témoigner son étonnement Sur la façon dont (ces petits êtres avaient grandi,lcha cun d'eux étant long de près d'un cmpan et demi à tel point que le récipient était devenu presque trop petit).
Les esprits masculins avaient revêtu des barbes; celle du moine se distingue déjà comme « fort belle et. hérissée ».
Leurs ongles des mains et des piedsavàient atteint une longueur énorme à tel point qu’ils ressem blaient à des « serres de vautour », au sujet de quoi le comte secoua la tête d’une façon significative et pensa (1) Cet incident rappelle l’histoire de l’adepte Schfeld, dont le Sphinx a donné connaissance dansla livraison de novembre 1889.
LES HOMUNCULES DU COMTE KUEFFSTEIN 2I5 ' : qu’il fallait les rogner un peu: L'abbé s’y opposa en disant « qu’ils étaient ainsi faits et qu’il fallait éviter de les irriter à propos de rien ». ' Pour mettre le comble à cette folle fantasmagorie, Kammerer nous annonce que Géloni avait habillé les esprits selon « leurs condition et dignité », en sorte que tous « étaient parés fort comme il faut.
Le roi avait sa couronne, son sceptre et un manteau de pourpre; la reine un manteau pareil et un précieux diadème ; le chevalier avait son écu, son glaive et sa lance.
Le moine (auquel l’abbé avait fait de force une tOnsure aussi grosse qu’une lentille, et de ce fait avait été mordu de façon sérieuse au pouce par l’esprit irrité), son capuchon, son calice et sa chasuble; l’ar chitecte avait sa truelle son compas et son équerre, etc. .— De l’état de l'esprit bleu et de l’esprit rouge, Kam merer’ne nous dit pas grand’chose, se contentant de nous faire savoir que dans leurs récipients on ne voyait pour l’ordinaire, « que de l‘eau pure » mais lorsque Géloni ou Kueffstein eurent, à l'aide d’un petit mar— teau en argent, frappéà trois reprises sur le cachet magique qui recouvrait en haut la vessie de bœuf: l’eau commença à se colorer très lentement d’un beau ' bleu céleste ou d’un rouge de feu, et quand l’évoca teur se mità marmotter « une petite prière juive », ap parut alors un visage fort petit au début, gros à peine comme « une graine de chanvre », mais qui en quelques minutes atteignit presque les proportions d’une figure humaine normale.
Le visage de l’esprit bleu respirait l’amabilité et la piété comme celui « d’un ange », celui du diable rouge était « blanc
2 16 L’INITIATION comme du fromage, insolent et vilain comme celui d’un méchant diable, il allongeait parfois une langue démesurée et roulait des yeux comme un épileptique, à tel point qu’on en éprouvait des angoisses mor telles ».
Dans l’original de Kammerer suit maintenant la description du retour du comte qui s’était séparé de Géloni, se rendant dans le Tyrol, ainsi que la pein ture des dangers qu’il courut, et des man(JeUVres qu'il dut employer pour soustraire les esprits à la curiosité des gaillards de la douane.
Nous passerons sous si— lence le récit de cette expédition, de même que le ré cit du séjour de Kueffstein dans son pays natal, où les gens d’Eglise qui « étaient de fins matois » et qui « avaient fiairé le rôti », luidonnèrent « une suée telle, que vers la fin (années comprises entre 1770 et 1780), il se fixa à Vienne.
Cette indication de temps résulte de cette circonstance que Kammerer dit à propos de Marie—Thérèse, née en 1717, qu’il avait vu «la vieille impératrice ayant passé la soixantaine ». Suit une description du traitement et des soins donnés aux esprits.
Les huit esprits visibles reçoivent comme nourriture, tous les trois à quatre jours « gros comme un pois » d’une préparation de couleur rosée, que le comte recueillait dans une petite boîte en ar gent, à l’aide d’une cuvette « n’ayant servi encore à aucun usage ». En outre, l’eau des récipients était rem— placée au moins tousles huit jours par l’eau de source fraîche, ou de l’eau de pluie bien pure.
Cet échange d’eau devait se faire aussi vite que possible, parce que, pendant ce temps-là, les esprits gisaient comme morts
LES HOMUNCULES DU COMTE KUEFFSTEIN 217 avec leurs membres serrés et convulsés, et ne reve naient à eux qu’au bout de quelques heures (I).
Il fallait en outre, aussi bien lors de l'alimentation que du renouvellement de l'eau fraîche, que l’on con sacrait par l’imposition des mains, des prières et des bénédictions, il fallait aussi remplacer chaque fois le cachet magique, dont ces opérations avaient exigé l’enlèvement, et qui pour ce fait, étaient la plupart du temps endommagés.
Ce cachet devait être remplacé au milieu du chant des psaumes et de toute sorte de cérémonies spirituelles. En un mot, tout devait être remis en l’état avec le plus grand soin, « autrement l'opération eût échoué, car les esprits peuvent s’échap per par les plus petites fentes laissées, ainsi que font les sorcières, pour lesquelles il n‘est pas de trou de serrure si petit qu’elles ne puissent sortir ».
Comme le dit en propres termes Kammerer assurant avec mauvaise humeur que toute cette procédure détaillée lui occasionna ainsi qu’au comte un « sacré tra vail ». Il n’y eut pas besoin de nourriture pour l’esprit bleu. Son eau resta constamment claire et n’eut pas besoin d’être renouvelée, tandis que l‘esprit rouge dut recevoir une fois par semaine « plein un dé à coudre » du sang d’un animal fraîchement tué (2).
Dans ce but, (1) Cette indication rappelle cettesentence de Paracelse, que tout esprit élémentaire vit dans son « chaos », et meurt dans tout autre. D'une manière générale, les espritsde Kueffstein rap pellent d’une façon frappante, les descriptions que donne Para celse des êtres élémentaires.
Comparez le Livre des nymphes, sylphes, etc., du même. (2) Ce sacrifice sanglant rappelle les Schédim de la Kabbale; comparez les documents qui suivent plus loin.
2 1 8 L’INITIATION Kuet’fstein eut soin d’avoir toujours dans son labora— toire un poulet ou un pigeon en réserve. et le comte, après avoir recueilli dans une petite coupe d’argent la quantité de sang nécessaire pour l’alimentation, la passait sur le feu. On donnait aux pauvres l’animal sacrifié, car Kam merer ne voulait pas en manger parce que cela « lui inspirait de la terreur ».
Le sang nécessaire à l’alimentation de l’esprit rouge, après qu’on l’avait versé dans l’eau disparaissait ans. sitôt sans laisser de traces et sans changer le moins du monde la couleur ni la transparence de l’eau. .
Néanmoins on renouvelait cette eau toutes les trois ou quatre semaines, et lorsque après l’ablation de la vessie de bœuf et du cachet magique,_cette eau venait en contact avec l’air, elle revêtait, avec la rapidité de l’éclair, une couleur d’un rouge sale, elle se soulevait comme en bouillonnant, devenait chaude, émettait des vapeurs et exhalait une odeur d’œufs pourris.
Au55i Kammerer se hâtait-il le plus qu’il pouvait de la verser dans l’égout, prenant bien soin d’en préser— ver ses mains, le comte l’ayant averti, au préalable en pesant ses mots et l’assurant qu'on pouvait par là « at raper la teigne et la gale, et qu’alors on n’en guéris-. sait plus (1).
Cette alimentation de l’esprit rouge nous fait con— jecturerque dans ces créatures mystérieuses nous avons (il La même croyance existait à l'époque du procès des sor ciers au sujet du contact avec les « Elfes » ou « petits êtres errants » qu‘il faut peut-être pareillement regarder comme des êtres élémentaires. . ' —*«'J’««"*".,*”;r..d*‘ > r-«..’->‘-e "‘ .d .,«*w ‘ -‘vv « 'rw_m»«-t. fi... v ——w..... w - e— ‘ 4
LES IIOMUNCULES DU COMTE KUEFFSTElN 219 bien moins à faire à des homunculi qu’à des êtres élémentaires, les Schéiim de la Kabbale, qui auraient été organisés par certaines opérations alchimiques. Ce qui parle en faveùr de cette hypothèse, c’est tout d’abord l’emploi du sang qui, en sa qualité de support principal de la force vitale, constitue une atmosphère et une nourriture pour les Schédim (i).
Les Schédim mangent et boivent comme les esprits de Kuefifstein'; ils se propagent et sont voués à la dissolution. Ce sont pour la plupart des natures méchantes qui tourmentent les hommes et se moquent d'eux, mais parfois aussi leur dévoilent les secrets de l'avenir. Ils habitent dans tous les éléments notamment dans l’eau (2). Ces traits caractérisent également les esprits de Kueffstein.
Ce q ui enfin confirme ce rapprochement, c’est le cérémonial tout entier employé par Géloni et Kueffstein, car, d’après Moïse, Mnaimonides (3), les mages chez les Hébreux devaient dans l’alimenta tion, la boisson et les vêtements se comporter d’après certaines règles, quand ils voulaiententrer en relations avec les Schédim; c’est ainsi qu’ils devaient, parmi de nombreuses cérémonies, brûler des parfums, employer des amulettes,etc., en un mot agirabsolument comme nos deux mages.
Kneifstein reprit son travail de franc-maçon dans une loge que malheureusement Kammerer ne nomma pas, mais qui appartenait à « l’Orient de Vienne » et (l) Arschmath Shaüm, fol. [34. (2) Enta/r ha Melech, toi. 85.Sohar Wa}'ischlaCh, fol. :09. (3) More Nebochim, ch. in, section 29.
2 20 L‘INITIATION il montra le savoir-faire divinatoire de ces esprits dans un cercle d’élite de vénérables, après que ceux ci eurent déposé un serment « plus terrible que celui que nous autres francs-maçons devons déposer lors de notre réception ».
Au nombre des maîtres qui as sistaient à ces séances, « telle estl’expression de Kam merer, » le manuscrit cite le comte Max de Lambery connu comme diplomate et écrivain, « maître écossais et ami de mon gracieux seigneur, » auquel toutefois les esprits peut—être mal disposés ce soir là n’en impo— sèrent nullement, à tel point qu’en s’en allant, il prit son chapeau, sa canne et son épée et dit que « ces affreux crapauds » n'avaient fait en cette séance autant dire rien et n'avaient nullement répondu à ce qu‘il attendait d’eux.
A la suite de ce blasphème « mon gracieux seigneur a pris un visage contrarié » et recommanda à Kammerer de ne plus admettre Lam bery sous aucun prétexte. Un second visiteur des séances de Kueffstein futle comte François—Joseph de Thun, bien connu par son procès—verbal sur le spiri— tusfamz‘lt’arz‘s gablidone et comme partisan de Mes mer et de Puységur.
Kammerer en parle avec enthou siasme comme d’un seigneur fort aimable, bienveillant et pas fier, qui souvent lui secouait la main « comme s’il eût été son égal »et qui, un jour qu’il souffrait de bourdonnements d’oreille, de maux de dents et de larmoiement, l’avait guéri par l’application d’un gros fer à cheval qu’il lui passait doucement et en frottant légèrement sur les parties malades.
En un quart d’heure il avait été guéri et ne pouvait assez lui en témoigner sa reconnaissance, car, disait-il, il avait _—»‘aww-——e, man»gu—..'M,_"r:’ig—r;Awawç..",W.,. ,.1 ? ‘ v “flac—mm
LES HOMUNCULES DU COMTE KUEFI‘S’I‘EIN 22l souffert « comme un martyr sans pouvoir fermer l’œil de six nuits tout entières ». La loge dans laquelle avaient lieu les séances se trouvait dans la « maison princière d‘Anersperg près de la porte noire dans la rue Schaenker ». Les séances commençaient de règle à onze heures du soir et se terminaient vers une heure du matin et avaient lieu une fois au moins par mois.
Kammerer dut trans porter les récipients de la demeure de son maître jus— qu‘à la loge et vice versa, et il ne se montre pas peu fier d’avoir pu mener à bien « ce pénible travail» durant cinq trimestres, à l’entière satisfaction de son maître, sans casser un seul récipient, ce qui eût donné l’occasion d’un « beau tapage » et peut-être même « lui aurait coûté sa place ou sa tête ».
Kueffstein, il est vrai, avait voulu louer à son famulus une demeure commode située dans le voisi nage de la loge, dans laquelle les esprits devaient être gardés, mais Kammerer le remercia de l’offre, car. bien qu‘il eût volontiers « soigné ces pauvres êtres prisonniers » sous la haute surveillance de son gra cieux seigneur, « il n’en avait pas moins dans le fond de son cœur éprouvé tant soit peu de terreur à leur sujet, car il ne faisait pas bon, disait-il, s'y frotter; souvent en effet, la nuit surtout, ils se montraient si turbulents et si rétifs qu’ils faisaient un vacarme insup portable (i), et celui qui serait resté seul avec eux n’eût été rien moins que sûr qu’il ne lui arriverait pas quelque chose; tel qui serait entré dans la chambre (1) On dit la même chose des Abrunes. M-h‘m
222 LÏN[TIATION où ils étaient avec tous ses membres ne pouvait jamais savoir au juste s’il n’en sortirait point comme un « pauvre estropié, voire même comme un homme mort ». C’est pourquoi Kammerer avait fait des pieds et des mains pour faire échouer le plan de location de son maître, et avait été heureux lorsqu'il y était arrivé.
Kammerer se répand en admiration sans fin sur les divinations étonnantes que les esprits fournissaient quand ils étaient de « bonne humeur »; mais il ne cache pas non plus que, « lorsqu’ils étaient obstinés et intraitables » ou bien ils ne disaient que des absur dités, ou bien ils rendaient des oracles si obscurs que l’homme le plus fin n’aurait pu les interpréter; il est bien possible que Lambery ait reçu une réponse dans ce sens.
Malheureusement il ne nous indique pas de quelle façon les esprits répondaient, si c’était par la parole, par l’écriture ou autrement. Chaque esprit répondait aux questions relatives à sa condition.
C’est ainsi que le roi et la reine répondaient à ses questions sur la politique et la dynastie, le chevalier à des questions sur l’art militaire et la noblesse, le moine et la nonne à des questions religieuses; l’architecte a des questions sur la franc—maçonnerie, tandis que le séraphin traitait de ce qui se passe dans l’empire des airs et que le mineur donnait des renseignements sur ce qui se passe sur la terre et dans ses entrailles.
Mais tout ce savoir-faire est éclipsé par celui de l’es prit rouge et de l’esprit bleu. De ceux—ci notamment Kammerer affirme avec le plus grand sérieux qu’il n’était rien pour eux de trop haut et de trop profond;
LES HOMUNCULES DU COMTE KUEFFSTEIN 223 Q ce que « Dieu dans le ciel et Satan dans l’enfer fai saient, ils le savaient et l’avaient souvent dévoilé » Ces deux-là étaient les « esprits en chef», tandis que les huit autres n’étaient « autant dire rien auprès ».
Ces notes étranges de Kammerer rappellent de nou veau ces affirmations de l’ancien occultisme que pour les êtres élémentaires et les homunculi nul secret dans le ciel, sur la terre et dans l'enfer n’était caché. Le fragment du manuscrit de Kammerer nous offre, bien que maints détails se soient perdus, encore quatre prédictions qui se sont accomplies.
La première concerne l’indication du lieu où se trouve un enfant d’un de ses proches qui s’était égaré dans les champs au cours d’une promenade et qui bien avant dans la nuit avait trouvé un gîte chez un jeune chasseur.
Le comte Kueffstein avait découvert aux parents affligés à l’aide de son mineur cette retraite que personne ne connaissait, et ceux—ci dès le lendemain matin se trou» vaient, à leur grande joie, en état de retrouverl'enfant perdu. , La seconde note relative à ces prédictions concerne un avertissement tout spontané de l’architecte disant à l’un des assistants de la séance, franc—maçon, qu’en ce moment sa femme venait de mettre au monde un couple de jumeaux de sexe différent.
Cette prophétie arriva si à point, que notre homme, qui s’était hâté de retourner chez lui, rencontra sur le seuil de la porte et à son grand étonnement la sage« femme portant les deux enfants. La troisième prophétie, qui date de I777 ou 1778, est pareillement spontanée. Elle est relative à un J
224 L’INITIATION | M ARS avertissement du chevalier enjoignant au comte Kuefistein d’avoir à mettre en garde son ami le baron Jean Fris contre la continuation de l'existence qu’il menait jusqu’alors et de l’inviter surtout à ne point aller visiter son château de Voeslan, car il y trouve rait la mort par suite d’un excès de boisson.
Kueff ’ stein, qui savait que son ami menait une vie très ran— / gée et qui mettait cette prédiction sur le compte du vin de Voeslan, ne prit pas compte de cet avertisse ment dont toutefois Kammerer prit note, et n’en Ï ' parla à personne.
Or l’événementdonna raison au che— ' valier : le matin du I9 juin 1785, le grand industriel baron Fris, qui avait été élevé en 1782 àla dignité de ' r comte d’Empire par Joseph Il, fut trouvé mort à Voes lan dans l’étang du jardin seigneurial.
Des pertes d’argent qu’il avait éprouvée lors de la construction " de son palais de la place Saint-Joseph, « actuellement palais PallaVieini», selon les uns, etsuivantune autre version des expériences alchimiques faites dansles loges des « frères asiatiques » auxquelles Fris appartenait, expériences qui auraient englouti des sommes consi- ' dérables, voilà ce qui aurait occasionné sa mort.
La dernière prophétie est plus que laconique, car elle ne consiste qu‘en trois nombres. Quant à la question, il est impossible de la préciser. Ï Toutefois cette circonstance qu’elle s’adressait au “‘ roi permet de supposer à coup sûr que c’était une » question politique; et, s’il en est ainsi, nous avons , tout lieu d’être grandement surpris de ces trois . nombres 89, 30 et 48 qui en furent la réponse en . 3777 ou I778 r‘.‘i‘_“ '“"';, .. "‘"fl'“ ‘“ °‘ "
LES HOMENCL’LES DU COMTE KUEFFSTEIN 225 De cette réponse il semble ressortir, en effet, que la question avait trait à la destinée de la maison royale de France qui, à cette époque, par suite du mariage de Marie-Antoinette, était au premier plan des inté rêts de l’Autriche.
Kuefl’stein et Kammerer, en leur qualité d’enfants de leur temps, ne pouvaientdeviner évidemment la signification de ces nombres fati— diques; mais Kammerer, en bon Viennois. mit aus sitôt tout joyeux un enjeu au loto sur ces trois nombres et amena justement sur les deux premiers nombres une ambe; quant « au sacré numéro 3 », il n’était pas sorti.
Les notes de Kammerer qui nous restent et qui sont entières, concernent la mort du moine, la tenta tive. vaine d’ailleurs, du comte d’engendrer un esprit pour remplacer le défunt et enfin la fuite désespérée du roi. .
Sur le premier point, Kammerer nous communique ce qui suit : Le comte Kuefi’stein recherchait depuis des années un manuscrit de la main même de Para cclse, qui devait être conservé dans un tiroir secret dela bibliothèque du couvent des bénédictins d’Ar nold Steinen Carniole, cachette totalement ignorée des moines. Kuefl‘stein voulait positivement savoir si ce trésor y était réellement caché; aussi interrogea-t-il son moine à ce sujet.
Dans le feu de la conjuration il eut le malheur de jeter à bas de la table le récipient qui se brisa en mille pièces, laissantle moine tout couvert de graves lésions. ll trépassa malgré la magné— tisation à laquelle l’avait soumise le comte Thun qu'on avait mandé en toute hâte; et à la grande dou b -- .. ..<w... .....,,_ .12— .‘j"" - _—“w m,,
2 2 6 L’INITIATION leur de Kueffstein, il? mourut, « après avoir à* plu sieurs reprises et au prix de grands efforts cherché à inspirer de l’air et en roulant d’une manière affreuse ses petits yeux ».
Le petit cadavre fut enterré de nuit dans le jardin de la maison du comte, à environ trois pieds de profondeur sous un accacia (I), et enfermé dans un cercueil de carton noir, à l’occasion de quoi « le généreux seigneur avait de chagrin et de douleur de la perte de son cher moigne pleuré et sanæ gioté comme un enfant ».
Pour remplir le vide causé par la mort de son « cher moine », Kuefl"stein, sur l'invitation de son ami Thun , se résolut à engendrer dans son laboratoire un esprit destiné à le remplacer. Et trouvant que lanonne représentait suffisamment l’état ecclésiastique et suffisait pour répondre aux questions relatives à cet état, il voulut avoir un amiral qui donnerait des renseignements sur ce qui se passe au sein desea«urt du globe terrestre.
De nouveau on vit rougir l"esfourneaux comme au couvent de Gala“ tria, de nouveau la: cuisine mijota quatre longues semaines durant dans les matras et les cornues, mais cette fois le petit forceps d’argent n’amena qu’un petit être tout à«fiaiti chétif, pas plus gros qu:’une« jeune sangsue qui après» quelques convulsions ereva‘ misé—' rablement. » Lesdeux comtes, ineoneoi‘ables, deleur échec, brûlèrent « cette charogne » et en dispersèrent les cendres aux quatre vents, afin qu’on ne pût en, (1) Cette circonstance rappelle les elphes sous un sureau. que l’on enterrait
LES HOMUNCULES DU COMTE KL’EFFSTEIN 23.7 faire un mauvais usage (l). Kammerer estime que, lors de l‘expérience, Kuefiistein aura dû oublier « quelque chose d’important », et il ajoute, non sans une pointe de joie maligne, que son maître, « quel que habile qu'il ait pu être, « ne venait pas à la che ville du vénérable ecclésiastique Geloni ». .
Quant à la fuite du roi, voici comment elle arriva : un matin que Kammerer était entré dans le cabinet pour épousseter avec un éventail à plumes les réci pients contenant les esprits et qui étaient rangés sur une tablette, il trouva à sa grande terreur le récipient du roi vide, à l’exception toutefois de l'eau qu’il ren fermait,mais il aperçut le roi évadé penché sur le haut du récipient de la reine et ricanant d’un air méchant.
Poussé évidemment par une impulsion amoureuse (2), il était en train de gratter avec ses griffes le cachet et de percer la vessie de bœuf pour entrer dans le réci pient de la reine.
Aux cris épouvantables de Kam merer le comte Kueflstein .arriva en toute hâte, vêtu de sa robe de chambre, et alors commença de la part de ces deux hommes une folle chasse à courre à la poursuite du petit déserteur fantastique qui « sautait d‘un meuble sur un autre comme un écureuil et brail .lait comme Satan », jusqu’au moment où, hors d'ha ,leine, manquant de son élément accoutumé, il s’af— faissa. (11 Cette circonstance rappelle aussi les elphes dont les cendres servirent aux sorcières à rendre malades et à faire mourir les hommes et les bestiaux ainsi qu’à ravager les ré coltes. ' (2) Nous ne saurions reproduire les détails physiologiques énumérés par Kammerer. - ‘ “"“‘W‘“W
2 2 8 L'INITIATION Le comte réussit alors à le remettre dans son réci pient, non sans toutefois avoir été vigoureusement égratigné au nez par celuiæi, à tel point que le « gra cieux seigneur » dût quinze jours durant s’abstenir de tabac, ce qui, en sa qualité de priseur acharné, « lui coûta énormément ».
En regardant avec attention,on s’aperçût que lors du remplissage du récipient avec de l’eau le cachet avait été imparfaitement appliqué, en sorte que l’esprit avait trouvé l’occasion de prendre la fugue. Combien de temps le comte Kueffstein resta-t-il en possession de ces esprits, c’est ce que ne nous ap prend pas le fragment du manuscrit de Kammerer.
Toutefois, dans le recueil franc-maçonnique Af (I), nous lisons que le comte Kueffstein, Interrogé en 1781 par un de ses amis intimes lui demandant « ce qu’étaient devenus ses esprits si drôles », aurait ré pondu qu’il s’en était défait depuis longtemps (2) et qu’il ne voulait plus rien savoir de ces êtres infernaux, étant donné que sa femme et son confesseur l’avaient assailli à plusieurs reprises, l’avertissant de ne pas compromettre plus longtemps le salut de son âme par des choses aussi risquées et aussi impies.
Nous voici arrivés au terme de notre histoire, vé— ritable fantaisie à la Hoffmann età la Hœllen Trenghel, et nous nous touvons en même temps en face de cette question :Qu‘étaient-ce que ces esprits ? Car qu’ils (I) Dans ce recueil est rapportée aussi la mort, ci-dessus mentionnée, du baron Fris. (2) (ileci rappelle le don ou la vente que l’on faisait des dia blés de la sorcellerie, spiritus familiaris, etc. - Amhw ." - rru- ; . .. L. W W-&.«.»s
LES HOMUNCULES DU COMTE KUEFFSTEIN 229 aient existé, c’est un fait que l’on peut considérer comme certain. Kammerer n’a point menti et d’autre partla mort du baron Fris, la prophétie politique, les paroles du comte de Lamberg, l’intervention de Thun et enfin la notice du recueil franc—maçonnique sont autant de preuves qu’il ne saurait ici être ques tion de rêves ou d’hallucinations. Qu’étaient-ce donc que ces esprits ?
Peut être n’était-ce en quelque sorte que des amphibies déguisés ? Mais ceux—ci n’ont ni cheveux ni barbe ! Mais alors étaient-ce des diables de Descartes ; mais les diables de Descartes n’éprouvent point les ardeurs del’amour ; ils ne crient, ne respirent ni ne grifi'ent! Étaient—ce des homunculi ou bien des esprits élémentaires à la façon des elphes ou des alrunes, c’est ce que nous ignorons. Traduit par L. DESVIGNES . (Du Sphinx, mai 1890).
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE @Ë “MüR%@ËŒ Généralement on comprend très mal le mot mi— racle, on veut le faire synonyme de dérogation aux lois de 1d nature, c’est une grande erreur: il n’y a jamaiseu aucune dérogation aux loisde la nature; les mots surnaturel extranaturel et.autres semblables n’ont pas de raison d’être, si ce n’est comme figure, langage imagé; mais, pris à la lettre, ces mots sont dénués de toute valeur.
Qu’est—ce, en effet, qu’un miracle ? C’est un phénomène ou un événement pro duit par les lois existantes de la nature, que nous connaissons ou ne connaissons pas, car pour qu’une loi existe iln’est pas indispensable que nous la con— naissions; seulement ce qui différencie ce phéno— mène ou cet événement des autres semblables, c’est qu’il provient d’une autiondivine; le déterminisme seul constitue le miracle. Je vais m’expliquer.
Prenons pour exemple une guérison miraculeuse et voyons comment elle s’accomplit. Je vais entrer dans quelques détails à ce sujet parce que c’est un des plus importants, et il nous aidera mieux que tout autre à bien comprendre ce qui se passe dans les faits qui nous paraisent inexplicables. Supposons un cas très simple : une blessure n’in—
LE MIRACLE 23-1 téressa’nt aucun organe essentiel. Comment s’opère sa guérison ?
Si les bords de la» plaie peuvent être affrontés peu de temps après l’accident, s’il n’y a aucun corps étranger interposé, et si on met cette plaieà l‘abri des attaques des agents septiques, au moyen d’un pansement approprié, il va se faire un bourgeonnement produit par des cellules de nouvelle formation ; ces cellules se soudront entre elles et for— meront une cicatrice fragile, qui, plus tard, se rétrac— tera et acquerra une assez grande solidité.
Le premier travail exigera une vingtaine: dîheureset‘ la consolida tion se fera en quelques jours. Tel est le processus de la guérison par première intention.
Si la.plaie est restéeà l’air troplong’temps, les agents septiques auront en le temps d’envahir la plaie, et alors la suppuration s’établira pour les éliminer (tra vail de la phagocytose, d’après les théories modernes), puis le bourgeonnement se fera beaucoup plus abon— dant que dans le premier cas, et définitivement la plaie se cicatrisera. par seconde intention, en un temps beaucoup plus long.
Certains onguents, activant oetravail, en diminuent la. durée.
Il n’est pas difficile de concevoir qu’il puisse exister des-substances, ou, d’une manière plus ' générale, des agents encore inconnus de nous, qui puissent diminuer cette durée dans de bien plus grandes proportions, même jusqu’à la réduireàqpel quas heures ou à quelques minutes.Si nous arrivonsà connaître ces agents et: à savoir les manier, nous pour— rons obtenir cette accélératzonà volonté. Danstout ce que nous venons de dire, nous avons
2 3 2 L INITIATION " supposé que la plaie avait une tendance à la guérison, Mais il n’en est pas toujours ainsi. Tout le monde sait que certaines plaies s’envenz’ment et que leur état ne fait qu’empirer à mesure que le temps s’écoule. Le rôle du médecin est alors d’étudier les causes de cette mauvaise tendance et de chercher à les détruire.
S’il y réussit, le mal rebroussera chemin, pour ainsi dire, et se trouvera aiguillé du côté de la guéri— son. Quand donc le médecin se trouve en face d’une maladie quelconque, son but idéal est de l’aiguiller du bon côté et de lui communiquer la plus grande accélération possible.
Mais, dans tous les cas, quelle que soit la rapidité de la guérison, la processus sera le même : dans le cas cité en premier lieu, la plaie bourgeonnera, se soudera et rétractera plus ou moins vite, mais elle pas— sera par toutes ces phases. Prenons le cas cité par le P.
Bulliot, à la séance de la Société des sciences psychiques du 5 février der nier: Une jeune femme de vingt—huit ans était à l’hô pital de Poitiers pour une carie des os du pied, d’où était résultée une plaie suppurant beaucoup et très douloureuse. Le chirurgien, après avoir épuisé toutes les ressources de la médecine,avait décidé l’amputation de la jambe ; il avaitjugé, à juste titre, la réparation impossible par les moyens dont nous disposons.
La femme ne consentit pas à cette opération et se fit trans‘ porter à Lourdes. Ceci se passait au mois de juillet dernier (1896). Elle fut examinéeà l’infirmerie par plusieurs médecins, puis on la transporta à la piscine
LE MIRACLE 2 3 3 où on lui défit son appareil et on lui plongea le pied dans l’eau. La guérison fut immédiate, la plaie, au sortir de l’eau, était complètement cicatrisée et l’ex malade put s’en retourner, sans aide, à l’infirmerie ou un médecin, au comble de la stupéfaction, malaxa ce pied dans ses mains en lui demandant s’il la faisait souffrir.
La jeune femme répondit que la veille elle n’aurait pu supporter de pareilles pressions, mais qu’actuellement elle n’en souffrait pas. Qu’avait-il fallu pour obtenir un pareil résultat ? Un aiguillage du côté de la réparation et une accélé— - ration du processus : élimination de l’agent morbide, bourgeonnement, réparation des tissus et consolida tion.
Si cet aiguillage et cette accélération avaient été obtenus par des médicaments, le fait aurait été très ordinaire, mais nous ne connaissons pas de médi caments qui puissent produire de pareils résultats. On a eu recours à l’intervention divine: aucune phase n’a été omise, mais tout a marché avec une vitesse telle qu‘on n’aurait pas pu en suivre les étapes succes sives.
Le déterminisme ayant été l’intervention de la Sainte Vierge, il y a eu miracle. Donc, qu’on comprenne bien ceci : ce qui constitue le miracle,c’est seulement le déterminisme : la marche de la guérison a été absolument naturelle, quoique merveilleuse, mais cette guérison a été causée par l’intervention d’une puissance céleste et c’est là qu‘est le miracle.
Il n’est du reste pas nécessaire que le résultat obtenu soit hors de notre portée pour qu’il y ait miracle : la chose la plus simple, la plus facile à exécuter est mira
2.34 L’INITIATION culeuse si elle a été faite par une personne céleste et non par nous. Au contraire, si des faits merveilleux sont accom plis par la seule action de l’homme, il n’y a pas miracle, il y a simplement un fait extraordinaire. Exemple : un homme est atteint d’une pneumonie franche ; il est soigné par son médecin et guérit en huit jours, ce qui est le cas ordinaire. Il n’y a rien là de merveilleux.
Cependant nous-savons que tous les pneumoniques ne guérissent pas, cet homme pouvait donc mourir; d’autre part, nous apprenons que dès le début de sa maladie un parent a fait une fervente prière à une puissance céleste pour obtenir sa guéri son; que devons—nous en conclure?llserait imprudent de voir là tout de suite un miracle; mais, si des cir constances, que nous n’aurons pas à examiner ici, nous prouvent que c’est bien à l’action divine.que la guérison est due, nous dirons : cet homme était en danger de mort, à la suite d’une prière une puissance céleste a aiguillé la maladie du côté de la guérison et a laissé la nature faire le reste : c’est un miracle.
Supposons au contraire qu’au début de la pneu momie de cet homme, sans que personne ait fait la moindre prière, je l’ai-e hypnotisé, puis que je lui ai donné cette suggestion : demain vous serez guéri et votre maladie ne laissera aucune trace.
Si en effet mon malade est guéri, se lève et vaque à ses occupations habituelles, il y aura bien eu un fait extraordinaire, bien autrement surprenant que dans le premier cas ; et cependant ce ne sera pas un miracle. Il y aura eu un aiguillage et même une accélération, ce qui n’avait
LE MIRACLE à 35 pas eu lieu dans le premier cas, mais la causetest bu»— maine et non pas divine. On le voit. le miracle ne dépend pas du plus ou moins de circonstances merveilleuses qui aœompa— gnent le phénomène, mais bien de l’origine, du d‘é‘» terminisme de ce phénomène. Quant aux lois de la nature, elles sont tou}ours ‘respectées, et je trouve bien imprudentecet‘œde’cla— ration du P.
Bulliot‘: « J’ai de la peine-à croire à la bonne foi intellectuelle de ceux qui disent qu’on trou— vera un jour les lois qui expliquent les phénomènes de lévitation. de guérisons z'nslantane’es, etc., en un mot, les phénomènes qui dépendent del’extranaturel absolu.
Si vous pensiez réellement qu’elles existent, ces lois, vous les chercheriez....., etc. » Nous les cherchons en effet, et nous en trouvons quelques-unes, mais ce n’est pas notre faute si nous ne les trouvons pas toutes.
Mais d’abord les lois que nous connaissons tous, que la physique et l’histoire naturelle étudient; ces l’çis sur lesquelles vous vous appuyez pour déclarer que tel phénomène est extranaturel; êtes—vous donc bien sûr de les connaître complètement? Vous dites que la lévitation est contraire aux lois bien connues de la pesanteur; vous n’en savez absolument rien, car vous ne connaissez qu'une partie de ces lois.
Vous ne savez pas comment la pesanteur se comporte vis à-VÎS de l’éther que vous êtes obligé de supposer ne pas lui obéir, Savez—vous bien même comment elle se comporte vie—à—vis de la matière radiante? Mais restons sur le territoire officiellement connu : vous
336 L’INITIATION dites que pour opposer à une loi une autre loi qui l’annule, il faut un appareil matériel, visible, palpable. L’électricité, le magnétisme sont supportés par des fils de cuivre, des blocs de fer, etc., tandis que dans un cas de lévitation, vous ne voyez aucun appareil ma— tériel, donc.....
Eh bien, mais! et l’homme lui-même, ' n’est-il donc pas un appareil, et un appareil autre ment compliqué et autrement perfectionné que tous vos instruments de physique? Qui vous dit que l’homme n'est pas capable, dans de certaines circons— tances, sciemment ou non, de développer une force capable de faire équilibre à celle de la pesanteur ?
Depuis que les physiciens se sont aperçus, par suite d’expériences plus précises et de calculs plus exacts, que la plupart des lois connues ne sont que des approximations, vraies entre de certaines limites seu lement; depuis la découverte d’agents nouveaux et de propriétés nouvelles des agents déjà connus; dé couvertes qui ont fait reconnaître comme absolument vrais des faits qui, auparavant, avaient été traités d’impostures et d’absurdités; depuis ces découvertes, dis—je, je croyais que les savants seraient plus pru dents, à l’avenir, dans leurs affirmations et dans leurs négations.
Oh! je sais bien, votre raisonnement est simple et à la portée de toutes les intelligences : — Les pro diges que vous me montrez comme provenant de vos expériences ne sont que l’œuvre du Diable, dont vous êtes la dupe ! — Sans doute, mais il serait bon de me prouver que je suis en effet la dupe que vous dites; car enfin il est bien commode d’affirmer que tout ce
LE MIRACLE 237 que font les magnétiseurs et les spirites est l’œuvre du diable; mais cela n'est qu’une affirmation et n’a que la valeur d’une affirmation. Moi je me contente de remarquer que beaucoup d‘expérimentateurs sont d’honnêtes gens, n'aimant pas plus le diable que vous, que certains Ïmème sont très religieux et que, par conséquent, le diable. que vous dites si fin, se fait joliment moquer de lui.
En outre, pourquoi tenez-vous absolument à ce que Dieu crée tout exprès une loi nouvelle et tempo raire, à chaque fois qu'il voudra nous venir en aide ? N’est-il pas plus simple, plus raisonnable, de supposer qu'il utilise tout simplement celles qu‘il a faites et si bien faites ? Non, dans le miracle, il n’y a qu’une seule chose d'extranaturelle : c’est l’intervention directe, pour un cas isolé, d’une puissance céleste.
Comme conséquence de ce que viens de dire, on ne doit pas trouver une seule contradiction avec n’im porte quelle loi connue. Aussi aujourd'hui tout le monde admet la loi de la conservation de la matière et de l’énergie : rien ne se perd, rien ne se crée.
Cette loi se vérifie partout. dans le monde physique, dans le monde intellectuel, dans le monde moral, dans l’économie sociale et politique, etc. Se vérifie-t-elle aussi dans les phénomènes miraculeux ? C’est ce que la religion catholique elle-même va se charger de nous démontrer. L'Église, en effet, nous enseigne que Dieu nous donne selon nos mérites; mais il ne s’est pas interdit pour cela la faculté de nous octroyer des dons gra— . -—-*
2 38 L’INITIATION tuits : nos mérites ne seraient pas, ne pourraient jamais être assez grands pour payer tout coque nous recevons de Lui. Mais ces dons gratuits ne le sont c:pendant qu’en apparence : il a fallu pour cela le sa-» crifice de Son Fils, qui constitue un trésor inépui— sable. Mais alors, ce sacrifice est gratuit, lui ?
Non, nous le payons de notre foi et de notre amour, et ici nous sommes au dernier terme de la série : Dieu nous aime et veut que nous l’aimions; c’est en raison de cette notion fondamentale que sainte Thérèse a pu écrire dans son Chemin de la perfection, chapitre xxrv : « Notre-Seigneur est si bon, qu’il prend tout en paiement, et agit en tout au gré de notre volonté.
Il ne nous traite point avec rigueur dans le compte que nous avons à lui rendre, il montre au contraire une divine générosité. Quelque grande que soit notre dette, s’il ne faut pour nous gagner à lui que nous la remettre tout entière, il s’y détermine sans peine.
Il remarque avec une souveraine exactitude nos moin dres services, ne fît—on que lever -les yeux au ciel avec un souvenir du cœur pour lui, il n’y a pas à craindre qu’il laisse cette action sans récom pense (1) ». (1) On pourrait objecter que ces paroles de sainte Thérèse s’appliquent à la rémission des péchés, mais le contexte et d’autres passages montrent clairement qu‘elle fait allusion aussi à des dons temporels; témoin, entre autres, ce passage. de sa vie écrite par elle—même, ch. xxxrx : « Une personne à qui j’t_1vais de l’obligation ayant presque entièrement perdu la vue, jen us SI affl1gée que ]C con]uræii instamment Notre eigneur de la lui rendre; je crai nais toutefois que mes péchés me rendissent indigne d’être exaucée. et adorable sauveur m’apparut alors
LE MIRACLE 239 Enfin,si nous ajoutons que l’Église admet le trans fert, c’est—à—dire le payement par un autre, l’attribution à Pierre des mérites de Paul, il sera facile de voir que, d’après ses propres enseignements, la loi de conser vation de l’énergie se trouve observée jusque dans nos rapports avec Dieu.
V ' Du reste, l’observation nous montre que partout, dans les points miraculeux comme dans les points-' purement merveilleux, cette loi est_observée : nous avons de nombreux exemples de personnes qui ont demandé une grâce, la guérison d‘une maladie, par exemple, et ont promis une somme d’argent, un pèle rinage ou autre chose en reconnaissance, en payement pourrait-on dire.
Quand leur prière a été exaucée, ils ont tergiversé, ergoté, et finalement n‘ont pas tenu leur promesse (passato z'1perz'culo, gabbaz‘o il sazzto) ; ils ont été frappés plus ou moins durement, quel quefois même de mort subite. Comment expliquer cela ?
Dieu, la Sainte—Vierge, le Saint invoqué s’est-il donc vengé P Il serait impie de le croire : les mérites que l’impétrant avait accumulés ont été entièrement employés à l’obtention de la faveur miraculeuse; il ne lui reste plus rien pour compenser son ingratitüde; il s’est lui-même arraché à la protection de la puissance ‘. comme il l‘avait fait tant de fois, me montra la plaie de sa main gauche. et en tira avec sa main droite un grand clou dont elle était percée, em pîÎtaNràt ËËuÏËÊmÊiÏËÏ‘ËÏÉ1iË,”'Æ;‘ŒaÈËËËÀ souffert cela pour ton amour,‘ je ne asse, à plus forte raison, tout ce que tu peux me de— mander ........... .. » . _ ;u«e Α2‘âäë %‘ëâä‘äiäïf‘êË‘ÎËË‘ZÊ‘îΑäîä‘â’˰ËÈ‘ÊÎ&NÏÀ‘Ï5ËËÊ˰‘àrÆÊ'ÏÉÊÆ ESSCUF..... >> Elle raconte ensuite un certain nombre d’autres guérisons qu’elle a obtenues de la même façon.
24o L’INITIATION qu’autrefois il avait invoquée, et il'reste livré seul à 1’Ennemi qui n’en fait qu’une bouchée. Je ne m’ex plique pas actuellement sur la nature de cet Ennemi.
Dans la catégorie du merveilleux pur et simple, nous verrons encore la même chose: il est prouvé expérimentalement que les matérialisations spirites se font aux dépens de la propre substance du médium, et même de quelques-uns des assistants (conservation de la matière). (Voir Aksakofi: un Cas de dématérialisation par tielle d’un médium). A propos de prières exaucées, on pourra demander pourquoi certaines prières restent sans effet.
Parmi les gens qui vont à Lourdes, par exemple, quelques uns sont guéris subitement, d’autres sont guéris en un temps assez long, et un grand nombre d’autres rentrent chez eux comme ils en étaient partis, sans avoir rien obtenu. Aux premiers, il a été accordé un aiguillage et une accélération; aux seconds, un aiguillage seulement. Mais les derniers! pourquoi n’ont-ils été l’objet d'au cune faveur ?
Quand nous sommes malades, nous nous figurons volontiers qu’il nous serait impossible d’être plus malheureux ; cependant, nous devrions nous rappeler que nous ne sommes pas sur cette terre uniquement pour être heureux. Nous avons un but qui est d’évo luer, de nous rapprocher le plus possible de‘notre idéal.
Pouvons-nous croire que Dieu nous abandonne s’il utilise le peu de mérite que nous avons pour des biens plus spirituels, au lieu de le gaspiller en l’em
LE MIRACLE 241 ployant à notre guérison corporelle, qui absorberait tout et nous laisserait peut-être en très mauvaise pos— ture en face du but sérieux de notre existence ter— restre? Il faut bien dire aussi qu’une partie des pèlerins sont allés à Lourdes sans aucune piété, comme ils seraient allés chez le rebouteur. Il n’y a donc rien d’extraordinaire à ce que, le plus souvent, ils n’en retirent aucun profit.
Peut-être ya-t-il encore d’autres raisons que nous ne connaissons pas. Nous pouvons comparer les mérites que nous ac— quérons par nos bonnes œuvres à une monnaie ayant cours dans le ciel. Nous ne sommes jamais sûrs de savoir en faire un bon emploi; sachons donc gré à Dieu. quand il veut bien nous guider dans notre choix. Maintenant, pour terminer, il me reste à dire un mot de l’accélération.
J’ai dit que la guérison mira culeuse d’une maladie était obtenue par un aiguillage et quelquefois une accélération. L’aiguillage se com prend de lui—même, mais l’accélération peut sembler, à première vue, plus extranaturelle. Pour dissiper cette illusion, il n’y a qu’à se rappeler que la nature nous donne des exemples d’accélération que nous constatons journellement et auxquels nous ne prêtons nulle attention, faute d’y réfléchir.
Je n’en citerai qu’un : l’évolution du règne animal. Aujourd’hui, presque tous les naturalistes admettent que les êtres vivants ont_paru sur notre globe sous une forme très simple, qui est allée en se compliquant de plus en plus jusqu’à la forme humaine, qui est la
242 L’INITIATION plus parfaite jusqu’à présent. D’autre part : l’ontogé— nie reproduit la phylogénie, c’est—à-dire que l’animal est obligé de passer successivement par toutes les formes des êtres qui l’ont précédé dans le cours de l’évolution générale, avant d’arriver à posséder la sienne propre.
Par conséquent l’homme, dans le sein de sa mère, commence par être une simple cellule, puis devient successivement une morula, une cytula, une gastrula, un yer, un poisson, etc., et enfin un homme. Seulement, l’être vivant, dans le cours de l’évolution phylogénique, a mis des milliers de siècles à parcourir toutes ces phases, tandis que le règne ho minal, une fois réalisé, l’homme met neufmois à faire le même chemin.
Il me semble que cette abréviation est autrement considérable que celle de la plaie, qui accomplit toutes ses étapes en quelques minutes au lieu de quelques jours. Dans ce travail, je n’ai guère parlé du miracle qu’au point de vue des guérisons; .mais ce que j’en ai dit peut s’appliquer à toutes les'manifestations de l’ordre divin. Partout, nous trouverons les lois de la nature entièrement respectées.
Tantôt, le miracle se fait d’une manière si conforme aux lois connues que nous avons de la peine à le reconnaître: nous pensons . alors volontiers à une coïncidence; seul, un examen attentif nous montre ce qu’on appelle le doigt de Dieu. Tantôt, au contraire, il parait tellement faire violence aux lois naturelles, qu’il suggère immédiate ment cette idée de l’extfanaturel, que je viens de combattre tout le long de cet article. Mais, dans ce cas, si les physicienset les naturalistes sont obligés
u: MIRACLE 243 de renoncer à trouver les lois qui ont été appliquées, il n’en est pas de même de l’occultiste, qui ose accep ter comme vraies les connaissances qui lui sont trans‘ mises par la tradition, à travers.les siècles.
J’espère qu’on ne verra pas dans cette étude une tentative pour rabaisser l’oeuvre divine : ce n’est pas parce que je connais ou. cherche à connaître les moyens que Dieu emploie pour faire des miracles que mon admiration, mon amour et ma reconnaissance seront diminués. Dr F.
Rozuzn. ananas rainsaraam Si nous cherchons dans n’importe quel diction— rîaire de la langue française le mot Théosophie nous trouvons à peu près ceci: Théosophie, science qui prétend être inspirée d’en haut et qui ne tient aucun compte des lumières de la Raison. — L'explication est pour le moins inexacte.
Il serait plus vrai de dire que la Théosophie, tout en tenantjcompte des lumières de la Raison, place bien au-dessus d’elles les lumières de l’intuition divine. -—- Tous les théosophes (je prends ici ce mot dans son vrai sens) seront, je l’es père, de mon avis. Or, que fait Spinoza au Scholie 2 de la proposition 40 de la deuxième partie del’Et/zz’que P Il admet trois genres de connaissances.
Le premier genre de con (i) Ce mot est pris ici dans son sens primitif et général qui est d'ailleurs son sens VÉRITABLE (Note de l’auteur). I
244 L’INITIATION naissances est une connaissance rddimentaire, d’ex périence vague, d’observation superficielle, c’est à ce genre de connaissance inférieur que s’arrêtent les simples matérialistes. En second lieu, Spinoza admet un genre de connaissance scientifique et méta physique. Ce deuxième genre de connaissance donne des idées claires et adéquates, tandis que le premier genre ne donne que des idées inadéquates et confuses.
Ce genre de connaissances, bien supérieur, à vrai dire, au premier, est connu des intellectualistes universi taires. —- Mais il existe, selon l’auteur de l’Et/zz’que, un troisième genre de connaissance, tout synthétique celui-là, qu’il nomme science intuitive. Il va de l’idée adéquate de l’essenceformelle de certains attri— buts c.e Dieu à l idée adéquate de l’essence des choses.
Tous les théosophes dignes de ce nom saisiront aiséo ment ce langage, car nous sommes ici arrivés presque au sommet de la philosophie de la Kabbale et de l’École du Vêdanta.
Comment donc croire après cela que Spinoza n’ait pas puisé dans les traités mystiques de l’Orient et de l’Occident et dans la philosophie de Pythagore bien plus que dans celle de Descartes les solides matériaux qui lui ont servi à édifier son imposant système P Spi— noza a étudié Descartes, soit ! mais le cartésianisme n’aurait jamais existé que Spinoza n’en aurait pas moins démontré l’Unité substantielle des choses, parce qu’avant même que d’être un constructeur de théorèmes intellectuels, ce grand moniste était un intuitif, un illuminé. MAURICE LARGERIS. ---._«.
PARTIE LITTÉRAIRE a»auéa©uuuue PAR F.
JOLLIVET CASTELOT « A mon ami Paul Sédir est « dédié ce symbolique essai sur «i l’Éternel Sphinx. » PREMIÈRE PARTIE Accoudée sur le balcon très large — en terrasse —— qu’encadraient d’étranges fleurs de pourpre et de crêpe en un fouillis de rayons et d’ombres, elle son geait, laissant s’étaler les flots de sa noire chevelure « d’un deuil sacerdotal... » fi ne Sous ses paupières mi-closes, deux noirs diamants flambaient, astres d’ébène luisant; en effluves ondi ques les regards caressaient l’horizon vaporeux d’une sombre lueur mystique et de luxure... û Q‘U Un lourd air chaud l... (1) Écrit à \Vimereux-sur-Mer, août 1894.
246 ' ’ L’INIT1ATlON1 » Une splendide nature vespéralé, rayonnant son astral, son âme. en parfums capiteua‘c -— très eni—i vrants... Diaphané’isée, subtilisée, la Matière, sous les vagues pesantes de la Nuit tiède.
' * 4æw Là—haut, dans l’lnfini de l’Espace, comme des pierreries pâles, vibrent les fluides stellaires, en une Harmonie hypnique.., 9 u :1» Et le corps de la prêtresse -- grisé par les senteurs, par les sons de l’Univers, perceptibles pour cette éna—y mourée d’occulte —— émanait aussi de troublantes ondes lascives... L’Amour l... Brûlures afl’olantes!
L’amour, appel des âmes et vertige des corps, impé rieuse loi de l’Eternelle Matière. * 'ua Elle embrasaitla Vie, ardente auprès d’elle, buvant les parfums des grandes fleurs rouges et brunes, dont les pétales nombreux jaspaient ses opulentes tresses; mais la Vie brûlait ardente en elle—- et l’Hiérodoule, Fleur Noire, appelait son dieu d‘én1acements. * 4-.
Sous. l’haleine de la Brise, les larges pétales d’anu— saient la Ronde, arrachés, fiétris, tourbillonnant'—‘ dans un Vertige angoissé... Et 1’Hiérodoule à la noire chevelure entremêlée de fleurs entendait : J’aime! Ah ! j’aime! j’aime ! * æx:i Des nuages s’amoncelèrent; sous la montée du
L’HIÉRODOULE 247 Vent musical, la ronde accélérait; il sembla à l’Hié— rodoule que dans une terreurd’enlacement, la Nature se transformait. .. Elle vit une auréole envelopper les choses, les Plantes; même elle crutpercevoir les baisers des Pla nètes, les spasmes d‘Etoiles... Alors elle se retourna, et le vit.
Dégrafant son cor sage de soie azurée, les seins fermes tremblèrent : puis elle tendit les bras nus vers son dieu dont elle écrasa la bouche sous ses baisers exquis de Femme fièvre, tandis qu’en de lentes caresses savantes, un à un, il écartait les voiles.....
Tous les jours, Nirâ, l’Hiérodoule, se rendait au Temple d’lsis —— situé au milieu de luxuriants bos— quets mystiques respirant l’ombre méditative — et là elle approfondissait les lois de l’occulte; là l’lnitiée sainte manipulait les Grandes Forces de la Nature inconnues des profanes. — Travail sacré qui lui per mettait de sonder l‘Au-Delà, d’agir sur la Matière, de transmuer les corps en d'étranges combinaisons effrayantes... i»I.
Une pure merveille que ce petit Temple Alchimique et Occulte dont N irâ était la prêtresse et Sâri l’Hiéro— phante, -— une pure merveille de construction hin doue très gracieuse, presque éthérée eût-on dit, à voir les splendides colonnes et le fiamboiement de la cou— pole à pierreries se détacher en feux sur le rideau de sombre verdure, sur les éclaircies de Ciel, — tout bleu
248 L‘INITIATION .4.A... le jour, —— tout gris le soir —— insondable la Nuit.
Mais la Nuit, lors des pompes sacrées, des gerbes . de lumière blanche bizarre projetaient leurs flots phos— phorescents sur le Temple, et les profanes se demam daient quelle était cette clarté aveugi’ante dont l’éclat rendait insupportables aux yeux les rangées de joyaux qui criblaient l’Église... n U‘ Des grandes fleurs de lotus bleus et rouges s’épa nouissaient tout contre la Loge et se miraient, coquettes, dans le chatoiement du Lac, mariant leur silhouette avec celles du Temple et de larges nénu phars très parfumés.
Partout ce n’était que multicolore fouillis; les papillons d’azur, les papillons roses et blancs, au corps énorme, aux vastes ailes, diapraient l’air de leurs teintes vives; beaucoup d’oiseaux aussi: les chants emplissaient l’espace. 1.i; Obscur l’intérieur du Temple. De petits vitraux violets, en mosaïques, livraient passage aux poussées de lumière; un recueillement montait de ce lieu divin.
Aux murs riches — de bois rares, de marbre — sur les ciselures d’or, des inscriptions sanskrites : « Venez à moi vous tous qui souffrez. » — «Je suis la Mère de Tout et de tous. » — « Vous ne soulèverezjamais mes voiles. » **-v. La nef était séparée du chœur réservé à l’Hiér_o—
L’HIÉRODOULE 249 doule et au ministre, par une suave statue d’Isis, encerclée de bracelets lourds et superbes...
Des draperies, des voiles de soie pourpre ou écar— Iate ou jaune isolaient des fidèles. tet Plus loin encore, tout à fait inaccessible, derrière le chœur, une chambre' somptueuse, la chambre de Nirâ; là ses ornements sacerdotaux; là les vases, les aygiades de prix, les manteaux de reine; là l‘entrée secrète du sanctuaire : le laboratoire alchimique...
Une trappe cachée, introuvable, donnait accès à l’appartement souterrain, lequel s’étendait sous le Temple. * Nirâ pressait un bouton — et de suite la lumière, une blanche lumière illuminait le lieu... Un ruissellement d’or, de flammes, de fluides se frappant et se pénétrant...
' De-ci, de—là, sur des tables de marbre blanc, d’al bâtre, les appareils d’Alchimie et d’Astrologie: les fioles, les cornues, les fourneaux, les produits qui servaient à distiller des parfums exquis, dangereux— bienfaisants, à transmuer les corps, pour produire l’or, les métaux précieux, les pierres d’orfèvrerie...
'I au» Pêle-mêle, des cercles cosmologiques représentant l’état évolutionnaire des mondes et leurs phases -— des astrolabes, des télescopes, des figurines en cire plaquées de cheveux naturels ou enveloppées de linges intimes ayant appartenu aux personnes envoûtées... Vmlg—u‘W A.
2 50 L’INITIATION 'W t h<u Le four à fusion produisait unechaleur de plusieurs milliers de degrés; à ces températures coulaient le fluor, l’émeraude, le rubis, le graphite, le diamant et les métaux. Nirâ, l’Hiérodoule sinistre, manipulant sous l’in fluence de la Force Magnéto-Electrique qu’elle savait provoquer différemmenLselon. les besoins, ne con— naissait point les vulgaires obstacles...
L’orientation des molécules lui était familière, la condensation des énergies lui était possible,.à elle, puissante prêtresse dont les forces psychiques pouvaient produire. le dégagement astral — les matérialisations « d’esprits », toutes les images âkasiques. De sa seule volonté, Nirâ mettait en mouvement les tables et désagrégeait la Matière...
Une fois la semaine, les fidèles se réunissaient dans le sanctuaire d’Isis pour la cérémonie religieuse, —— la célébration du culte. Doucement une suave musique épendait ses ten dresses, ses flots d’harmonies, et les chants de Nirâ proclamaient l'Eternelle Vie ardente au travers de l’Infinité — dévoilant pour ses auditeurs attentifs les symboles mystiques d’Isis-Nature, les mystères de l’Hylozoïsme, les profondeurs de la Résurrection...
Par de sages leçohs elle apprenait les non-initiés à devenir instruits, à s’acheminer vers l’Adeptat, source de Progrès. ’ ' ’ « lit. L’amour de l’Humanité! Ce sentiment étreint Nirâ v.....M'W,r-.w.’m«rç_.ru .._4»./>«..,.__ ..... ,,«:_,M ,.,_ ,...,. I n
L’HIÉRODOULE 2 5 1 désireuse de propager le Bien. Prêtresse de l’Amour, elle veut répandrel’Amour, l’amour des êtres, l’amour de l’Univers, l’amour de la Vérité. v. ,» Et'par l’Art uni à la Science, Nirâ opérait des merveilles...
Sâri l’hiérophante et elle savaient que l’Art transporte peu à peu les esprits, affine les carac— tères, amollit-l’âme, la quintessencie en d’amoureuses et divines extases. . ‘ La musique exquise, lente, mélancolique, les pein tures idéales de la Nature essayée, l’usage des parfums capiteux, arrienaient au Temple tous ceux qui com prennent ; tous ceux—là goûtaient l’enivrement du Beau.tangible en l’architecture ravissante du Temple, visible en lesdécors idéaux, en les triptyques sculptés — perceptible en les ondes du Son Angélique.
Même venait le peuple en foule, attiré lui aussi par ce quelque chose de tout divin qui émane de l’Art réel et mystique, attiré par la pompe superbe quoique simple des mystères d’Isis, par la grâce de Nirâ, par sa voix de Fée — par sa médiumnité puissante et par celle de Sâri dont l’éloquence charmeuse retenait les cœurs suspendus au-dessus de la lourde Matière. u un A chaque lunaison, à la Lune pleine, les grands Mystères..- les oracles\rendaient leurs préceptes et leurs prophéties. . . Devant.les hommes prosternés, l’hiérodoule évo quait les âmes des ancêtres (leurs coques astrales) “\.‘ .M_fi..
2 52 L'INITIATION visibles alors par matérialisation avec le fluide de Nirâ, aux yeux de leurs enfants... Les regards concentrés sur un vase d’or pur rem pli d’eau limpide, l’hiérodoule. quelques instants, impose les mains. Alors l’onde, par de lentes vibra— tions se met en rotation, sa surface se ride, puis des bulles meurentà l’air; le liquide bout, se moire, sans bruit aucun...
Fréquemment aussi gyre le vase d’or pur, sous les incarnations de la prêtresse hypnique. Nirâ voit se dérouler sous ses regards plongés dans l’eau, les Scènes de l’Avenir - magiques tableaux qu'elle explique aux interrogateurs très anxieux... Les phénomènes dus aux ondulations de l'Akàsä, l’hiérodoule ainsi les pouvait percevoir d’avance, grâce à la puissance acquise sur la Force psychique.
Prévoyant les agencements de l’Akàsà, sa structure prochaine, Nirâ lisait les faits de l’Avenir comme nous voyons Ceux du Présent — mais par des Sym boles. D’ailleurs, absolument parlant, qu’est-ce que le Présent, le Passé ou l’Avenir ? Des modifications du Temps par rapport aux êtres passagers et mortels — modifications imaginées par 1'Homme se considérant vis-à-vis de la succession des choses.
Mais dans l’Infini, nul Temps, nulle possibilité de Passé ou de Futur. Rien que le Présent toujours, car Dieu est; rien et toujours que l’Auiourd’hui. Pas d’hier, point de demain ! ’Wl_äWWfi/‘,;W ,..»—vrm—WJAM_
L'HIÉRODOULE 2 5 3 un... _ Et c'est pourquoi Nirâ placée au-dessus de la terre sphéroïdale — contemplant l’Astral, le Plan supérieur, devenait témoin de l’éternelle Évolution des choses —-— évolution mathématique, c'est-à-dire fatale... * un A l’aide de passes magnétiques sur l’aiguière, l’hiéro‘ doule prête à l'eau ce grand véhicule de la Nature, la faculté de guérir les malades, de soulager une quantité de maux.
Le magnétisme, agent thérapeutique si précieux, fréquemment Nirâ l'emploie ; les nerfs se détendent au contact de l’onde; éclat, vivacité recouvrent les yeux; les affections nerveuses perdent leur intensité ; réconà forté le cerveau rayonne par le corps des gammes fraîches et saines... a 0 o Et les jours d’orage, sous ses doigts effilés — une gerbe d’effluves... phosphorescentes lueurs conden« sées ; autour de son front, nimbant les noirs cheveux, une couronne de feu céleste.
Quel éclat alors dans ses longs yeux luisants, d’un noir nocturne et fauve — dans sa prunelle de Satan! A travers les mèches de la chevelure opulente, de vio— lettes étincelles crépitent; de ses multicolores joyaux, saphirs en étoile, diamants purs, opales de mer, nacres vertes, pierries électrisées, d’irradiantes flammes en fleurs l...
' Sous l'immaculée blancheur de sa robe religieuse tressée d'or, s’idéalise d’extase l’hiérodoule; raidie, ,___,_,,, .. .._.—.—..,-.. «KM»... "‘N&— W» "\
:254 L’INITIATION _hn—‘ ' immobilisée, —- son âme prête à s’envoler devient maîtresse des Éléments... Autour d’elle et du vase sacré, les malades en chaîne de mains et de prières. .. Peu à peu alors le charme, un charme divin les envahit tous; le courant de sympathie devenant cou rant de guérison palpite en leur être béni régénéré par la Nature omnipotente...
Et lentement, sous les attouchements de l’hiéro— :phante, l'orgue pleure sa plainte — ineffable sanglot vers Lui... Au soir, à la nuit, les communications extrater _FESII‘CS. La Lune baise le petit Temple de sa pâleur désin— carnée, pénétrant par les vitraux) violets, par leurs. mauves mosaïques. Oh! quelles indicibles clartés troublantes!
Ces caresses astrales glissent leur désespérance de coloris le long des marbres froids — relu-isent, sur les tou ches de l’orgue, fantastiques, sur les instruments de musique déposés en cercle soutenus par d’écarlates coussins, la navrance-deleur teinte... La statue d’Isis enveloppée par ces mêmes reflets, on l’eût dite vivante, de la vie spirituelle et fantômesque; d’étin— ,celants yeux infixables — et quelle terreur fasci nantel...
Toujours en blanc vêtue l’hiérodoule, le deuil de sa chevelure étalé sous les épandements de la Lune argentée. . _ L’hiérophante, d‘azur ceint ‘— vaste robe soyeuse
L’HIÉRODOL’LE 2 5 5 —— semble lumineux dans l'obscurité de la Loge... Nirâ, lumineuse aussi, l’œil fixe.
0 Les parfums opiacés alourdissentencorelalourdeur atmosphérique de la chapelle; du dehors un flot: d’exaspérantes senteurs, des bouffées morphiniques bientôt plus lourdes que les tourbillons de myrrhe, d'encens et d'opium, haleine des roses, des lotus bleus et rouges. - Nirà. sa belle tète appuyée contre les coussins et les tentures du Temple, Nirâ dormait du lucide sommeil médiumnitique.
Et les mandolines, les violons, les flûtes, les harpes, transportés par d’invisibles mains, voguant dans l‘es pace, remplissent l’air d’accords angéliques, d’une idéale musique ; sans se heurter ils passent, repassent vibrent la plus délicieuse musique qu’il soit donné d’entendre. immatériels chants presque, chants su limes auxquels viennent s’ajouter les profonds frémis sements de l'orgue dont le clavier aussi scintille étrange sous la pâleur spectrale de Lune.
Proche de la prêtresse, Sâri invoque les « âmes » dont la présence prélude en harmonies. k I>'n2 Une nuage d’abord vague, très confus, une sorte de brouillard diaphane pâle, monte de l'hiérodoule. s’exhalant de son cœur, cela accompagné d’un mur mure analogue à celui de la vapeur qui sort d’un cylindre. - » - “-—s. n-s—s 'ñ‘n'w’Wœ—
256 L’INlTIATION [MARS Ce nuage condensé prend une forme, dessine un être homme, femme; legrand phénomène de la Nature la matérialisation d’un « esprit » (1) vient de se pro duire et les spectateurs pieux, témoins des forces de l’Au—Delà, communiquent avec ce fantôme devenu chair, avec cette âme, laquelle, par l’intermédiaire de Nirâ, s’est emparée d’énergie, l’a condensée en un corps; l’un revoit son père, sa mère, l’autre un frère, une maîtresse adorée qui laissent un souvenir de leurvenue, un témoignage de leur visitatioh — soit des cheveux, soit des fleurs.
Tel autre, s’entretenant avec un artiste, un savant célèbres, apprend d’eux à vaincre les difficultés du Travail, à suivre la bonne voie. - L’hiérophante explique aux fidèles les révélations obtenues. . «t1! Puis des pétales de fleurs en quantité, des roses magnifiques tombent, jaspent le sol du Temple, déli cats apports produits par les fantômes. (A suivre.) JOLLIVET CASTELOT. ‘. .._..;.-K -.y-_; .
Fin de la première partie de l'Hie‘rodoule. (l) Esprit, dans le sens peut-être de volonté, d'astral cornpac— -s. . W1 . v.s_. - a»... ..-, -v. , V’ 7 mm»a.»»æ;Ïîl r'4“ A.Vfl';.-n_ ’ MW
1897! L’HIÊRODOULE 257 mm «t Si quelqu'un a des oreilles qu'il entende. » (Apoc., mm. 9.) ‘ Tête du Sphynx, principe créateur, ô Père! Toi, l'éternel Vouloir et le Verbe éternel, De toujours... de jamais tu créas le mystère Iod incommensurable aclifet solennel!
Sans Toi, rien ne serait: l’Univers ni Toi-Même 0 source de la vie, ardente àfeconder () centre lumineux dans le Cercle suprême Force unique. effrayant et qu’on n’ose sonder! .‘l Je t’adore aussi Fils. Femme, .4 mour Feu de l’âme Que d’autres ont caché sous le voile d’Isis Dont les plis protecteurs dissimulaient la flamme Aux yeux indifl'érents des peuples de jadis! En Toi vit le courant où naît le Sacrifice!
L’humanité quipleure et n’a plus que sa Foi Quand elle ne peut pas implorer ta Justice Hé divin! se console et se repose en Toi. 1 Salut aux ailes d’Aigle! à l’Esprit! Souffle étrange! Du Ternaire céleste au Quaternaire uni
2 58 L’INITIATION .-—_ -._—r|-l‘ Dernier Terme... C’est Toi l’éternelle Louange Que chante l’Um‘vers au Dieu de I’Infini... ! C’est Toi qui viens en aide â qui veut la Science, Toi que l’Initié sait invoquer tout bas; .
C'est Toi qu’implorera l’inutile Constance Lorsque la Vérité tarde et n’apparaît pas ! n'l Force du Iod premier qui résumes le Verbe, Sans posséder pourtant son Pouvoir créateur, Et, qui, le résumant, le montre plus superbe; Tout sefond en Toi, Hé! Terme révélateur ! En Lui, Tout est! De Lui, toute Force s’exhale! Et, si tu veux savoir ce qu’il faut adorer Dans le cercle fermé de la Lumière astrale. Interroge_‘ce Sphynx prêt à le dévorer! P.
DE LABAUME. aÈessusur srarurantas DE LA FACULTÉ DES SCIENCES HERMÊTIQUES TITRE I. — Organisation générale. I. La Faculté des Sciences hermétiques a son siège central à Paris. Elle comprend: 1° Un directeur fondateur et deux administrateurs for mant le conseil d’administration; l
RÈGLEMENT STATUTAIRES 2 59 2‘ Un conseil de perfectionnement; 3° Des professeurs titulaires; 4' Des maîtres de conférences, des chargés de cours, des chefs et des aides de laboratoire; 5° Des élèves. * 2. DIRECTEUR. — Le Directeur fondateur est nommé à vie. Il nomme un des administrateurs. Tous les actes de la Faculté doivent porter l’approbation écrite du direc teur sous peine de nullité.
Ce directeur peut déléguer ses pouvoirs à un professeur titulaire de son choix. La délé gation commence et cesse à la volonté du directeur. 3. ADMINISTRATEUR. -— L’un des administrateurs est nommé chaque année par le directeur: il est rééligible; l‘autre administrateur est nommé annuellement par l’assemblée des professeurs titulaires.
Les administrateurs s’occupent exclusivement, sous la présidence du directeur, des questions matérielles inté ressant l‘école; les fonds de l’école doivent être déposés dans une caisse désignée par le Conseil d’Administration formé du directeur et de deux administrateurs. ' 4. CONSEIL DE PERFECTXONNEMENT. — Le conseil de perfectionnement de la Faculté comprend huit membres résidant soit à Paris, soit en un autre lieu.
Trois de ces membres sont nommés par le directeur, deux par l’en semble des professeurs, un par les élèves de l’école en assemblée générale, un est nommé au concours et un est nommé par les sept membres du conseil de perfection nement préalablement désignés. Toutes les nominations doivent être approuvées par le directeur sous peine de nullité.
Le conseil de perfectionnement a pour objet de veiller à la confection des programmes et à la valeur des exa mens et des cours. Il émet des vœux qui sont discutés par le conseil d’administration et rendus exécutifs après approbation du directeur. Le conseil de perfectionnement est présidé de droit par le directeur. Il émet les vœux à la majorité des voix; en cas de partage égal des voix, celle du directeur est prépondérante.
.a 260 L’INITIATION . Toutes les communications au conseil de perfectionne— ., ment se font par écrit et à tous les membres successive / ment. A cet effet, le Conseil élit un secrétaire général à ' Paris. ‘ 5. PROFESSEURS TITULAIRES. MAITRES DE CONFÉRENCES , CHARGÊS DE COURS, etc. —— Les professeurs titulaires sont '. nommés par le directeur, soit sur sa présentation person ‘ t ' nelle, soit surla présentation du conseil de perfectionne ment.
Il en est de même des maîtres de conférences et des chargés de cours. Les chefs et les aides de laboratoire sont nommés par . le professeur titulaire après approbation du directeur. Toutes les fonctions scientifiques de l’école sont gra— tuites et exercées gratuitement. 6. ÉLÈVES. -— Les élèves s’inscrivent soit à la direc tion, soit dans un cours.
Ils payent un droit uniforme d’inscription de dix francs pour tousles cours, et de cinq ) . ‘ francs pour un seulcours.S’ils veulent passerles examens, ‘ ils doivent encore payer, au moment des examens un droit / d’examen et de diplôme de dix francs. En cas d’échec, les droits de diplôme sont rendus àl'élève et les droits d’exa— men restent acquis à la Faculté.
Disposition spéciale—Le conseil d’administration peut ; ‘ interdir la Faculté à tout élève qui aurait troublé les cours. Dans ce cas, les sommes versées par l’élève seront _ remboursées au prorata du temps passé par l’élève à la r Faculté, compté par deuxièmes. , . = Les élèves des autres facultés faisant partie de l’Uni. .
' versite' libre des hautes études sont admis, sur la présen— v tation de leur carte, à tousles cours élémentaires (Bacca_ .l, lauréat); ils ne sont pas admis aux cours supérieurs 2 (licences et doctorat) sans l’autorisation écrite du direc teur,et chaque admission est dans ce cas limitée à un cours_ 7. EQUIVALENCES.—LCS diplômes délivrés par l’ordre x; « ‘ Kabbalistique de la Rase-Croix sont admis à l’équivalence I des diplômes de la Faculté.
51 Le diplôme de magnétiseur masseur praticien, délivré par l’École de Magnétisme après examen, est admis à l’équivalence du diplôme de Baccalauréat.
RÈGLEMENT STATUTAIRE 261 .. ._ _ - . . —-._-sr***m. .. ..—. --rv" L‘initiation Martiniste de 3° Degré (S:j: l;lr) confère de droit l'entrée des cours de licence et de doctorat. Les professeurs des autres Facultés, ainsi que leurs directeurs, sont admis à titre de visiteurs aux cours fermés, sur la présentation du directeur qui les autorise à cet elfet. Ils ont droit aux honneurs des visiteurs.
Toutes les autres équivalences seront établies par le directeur soit directement, soit après consultation du Conseil de perfectionnement. TITRE Il. — Enseignement. 8. — L'enseignement est à deux degrés. il comprend: 10 Les cours pour le Baccalauréat ès sciences hermé tiques ; 2° Les cours pour la Licence et le doctorat ès sciences hermétiques. 9.
COURS ou BACCALAURÉAT. -— Les cours du baccalau réat sont placés : i” A Paris sous le patronage du Groupe indépendant d’études ésotériques ; 2° En province et à l’étranger sous la direction des Loges Martinistes régulièrement autorisées à cet efi’et. l0. -— Chaque Loge Martiniste a la possibilité : i'.Dé créer des cours de Baccalauréat; 2° De faire passer les examens du Baccalauréat.
Les loges Martinistes qui veulent jouir de ce privilège doivent faire une demande spéciale au Président du Suprême Conseil en envoyant : i° La liste des professeurs et le sujet des cours; 2° 'La liste des membres du Conseil d’Administration délégués par la Loge à cet effet. (Deux membres par Loge, l’un nommé par le directeur de la Loge, l’autre par les officiers de la Loge; ce Conseil est présidé par le directeur). 3° Au moment des examens, la liste du jury de chaque
262 L’lNITIATION ._-- . -. . .-.-._._. -_. M.. l‘oge, formée de trois professeurs titulaires (un nommé par le directeur, un par les élèves, et le troisième par les deux précédents) doit être envoyée pour l’Europe au Su prême Conseil et pourl‘Amérique au Souverain délégué général (États-Unis), ou aux délégués généraux (Amé rique centrale et Amérique du Sud).
Les loges délivreront un certificat d’aptitude ; le diplôme définitifsera exclusivement délivré par la Faculté, même pour l’Amérique. A cet effet, les loges enverront au Conseil d’Adminis— tration de la Faculté une somme de 10 francs par diplôme demandé. Toute Loge Martiniste qui aura obtenu leprivilège d’établir des cours prendra le nom esote'riquement d’Ecole secondaire d’Hermétisme de (ville où siège la Loge). Il.
Courts DE LICENCE ET DE DOCTORAT. — Ces cours ont lieu exclusivementà la Faculté sous le Patronage de l’Ordre Martiniste. Cependant le Conseil de Perfecti0n nement sera appelé à étendre. dans certaines conditions, aux Loges d’Europe et aux Grands Conseils Martinistes de l’Etranger, la possibilité de préparer et d’examiner les candidats à la Licence. '12.
PROGRAMMES. -—- Les programmes des cours sont publiés chaque année, ainsi que la teneur générale des examens, par la direction après consultation du Conseil de Perfectionnement. r3. JURY D’EXAMEN. — Lejury d’examen est formé à la Faculté de la moitié du nombre des professeurs ; il est ainsi constitué chaque année.
Un tiers des membres du Jury est nommé par le directeur, qui peut présider de droit tous les examens; un autre tiers du Jury est élu par les élèves et le dernier tiers est élu par les deux tiers des membres du Jury ainsi nommés. 14.. — Les examens ont lieu soit en une, soit en plu sieurs séries, selon le nombre des élèves et l’avis de la direction. 15. — Les sessions d’examen sont en général au nombre \
UNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES 263 de deux et peuvent être augmentées ou diminuées par la direction. TITRE “I I6. MODIFICATION AU PRÉSENT RÈGLEMENT. — Le pré sent règlement ne pourra être modifié qu’après avis con» forme et par écrit du directeur.
En cas de fermeture de la Faculté, le conseil d’Administrarion réglera l’emploi des fonds. ŒIIIWERSII‘I’Ê MIRE ES EMÜ"IÏ’S Ë.’IÎŒDES FACULTÉ D'ÉTUDES HERMÉTIQUES DIRECTEUR : Gérard Encausse(Papus), docteur en mé decine de la Faculté de Paris, lauréat des hôpitaux de Paris, docteur en kabbale, P :'_: S:j:C :::. ADMINISTRATEUR (nommé par le directeur), Lucien Mana/tel; l'autre sera nommé ultérieurement.
CONSEIL DE PERFECTIONNEMENT: Membres nommés par le directeur : F.-Ch. Burlet, Stanislas de Guaita,D“ Marc Haven,docteurs en kabbale. (Les autres membres seront désignés d'après les règlements.) PROFESSEURS TITULAIRES: Émile Michelet, M :Ï:S:Î: C :;:; Paul Sédir, docteur en kabbale ; Serge Fidelis, licencié ès sciences, licencié en kabbale; Abel Haatan, M :1: S 2:: C ::;.
MAITRES DE CONFÉRENCES: Jean Tabrt’s, M 2:: S ;,'.‘ C :2: ; Sisera, M ;:T S :2: C:Z:. CHARGÉ DE COURS! Bavard, S :;: I :;:. ——'\vw_.. nv‘._‘ ‘E—*"" "
264 L‘INITIATION Une Séance de uâeore seeemnuae ne aemâruee IDÊ IË-YOII Dimanche, 7 février 1897. Sont présents: MM. Philippe, directeur; Docteur Marc Haven et Chapas et 110 personnes environ. COMPTE RENDU Dans une première expérience, notre Directeur nous démontre que la pensée n’est pas un élément principal de notre vie.
' A cet effet, il prend trois sujets lucides, les met en sommeil somnambulique, et ordonne à leur pensée de s’éloigner d’eux, et l’on peut constater presque aus— sitôt que chacun d’eux a l‘œil terne et sans expression, le regard fixe et la pupille dilatée; la circulation régu— lière mais un peu ralentie, et que tous tr0is paraissent très abattus. Il paraît bien évident que seule la vie matérielle existe en eux.
2“’10 Expérience faite dans le but de démontrer que le cœur peut battre sans la respiration. Dans cette expérience, M. Philippe se sert des trois mêmes sujets, et arrête leur respiration au moyen de l’asphyxie.
Pour cela, il commande à leurs poumons de respirer de l’air ne contenant que d0uze parties d’oxvgène; on les voit au5sitôt très oppressés, puis leur diniinuant rapidement la dose d’oxygène il ne leur donne plus que de l’azote pur à respirer, ce qui produit en quelques secondes l'asphyxie complète des trois sujets qui roulent sur le parquet comme foudroyés.
A ce moment, notre Directeur commande à leur cœur de n’agit que par les moyens que lui fournit le cerveau - les sujets restent dans la même attitude et l‘on peut Cons: rater que le cœur de chacun d’eux continue à battre régulièrement quoique d’une manière plus faible. ‘ -*- ‘ - . LL"I_" ..,
CONSIDÉRATIONS son LES MAGNÉTOMÈTRES 265 Cette expérience nous démontre d'une façon absolue que le cœur se contractant sous l’influence du cerveau et sous l’influence de la respiration, il peut cependant fonctionner ou plutôt se contracter indépendamment de l’une et de l‘autre de ces deux forces. Le Secrétaire, GRANI)JEAN.
Considérations sur les Hagnétomètres A la séance du 3 mars de la Société des sciences psy chiques, M. Case des Fossés a fait part d’une expé rience qui a été généralement considérée comme con cluante. Voici ce dont il s'agit : M. de Puyfontaine a fait construire deux galvanomètres à fil d’argent ; dans l’un, le fil avait une longueur de 30 kilomètres et dans l'autre, cette longueur était de 80 kilomètres.
La sensi— bilite’ du second est un peu plus grande que celle du premier, mais est bien loin d'être proportionnelle à la longueur du fil. (Cela dépend de la construction.) Les fils se terminent par deux cylindres en cuivre, en laiton ou en cuivre argenté, ces cylindres sont ereux ou pleins, les résultats sont les mêmes.
M. de Puyfontaine tient un conducteur dans chaque main. et l’aiguille du galvanqmètre dévie à droite ou à gauche. à sa volonté ; il peut même faire dévier l’aiguille du nombre de degrés qu‘il veut, jusqu’à un maximum déterminé, bien entendu. Le docteur Case des Fossés convient qu’il faut de l'exercice pour arriver à ce résul tat, car lui-même n'a presque rien obtenu.
Eh bien! ceci ne prouve rien du tout; avec un galva nomètre un peu sensible, il est très facile d’obtenir tous ces résultats par de simples contractions musculaires. Toutes les fois qu’on voudra expérimenter avec un gal vanomètre, et surtout avec un galvanomètre très sensible, on ne saura pas quelle force sera en jeu. Il faut d’abord partir de ce principe que le fluide vital est analogue à l’électricité, mais ne lui est pas iden tique. Il y a de cela beaucoup de preuves qu’il serait
266 L’INITIATION trop long d'énumérer ici Mais la considération seule du fonctionnement du magnétomètre de l’abbé Fortin suffiront à le démontrer: les mains ne sont pas en con tact avec les fils, et l’aiguille est en cuivre ; jamais l’élec tricite’ ne produira une déviation dans de pareilles con ditions. Quand ce fluide est conduit par un nerf, une ligature suffit pour en arrêterl’écoulement, ce qui n’em pêche pas l'électricité de continuer à passer.
Le nerf est très peu conducteur de l’électricité et très bon conduc teur de son influx propre. L’électricité parcourt le nerf avec une vitesse de plusieurs milliers de kilomètres par seconde. l’influx nerveux ne le parcourt qu’à une vitesse de 30 à 40 mètres par seconde. Je crois que ces quel ques preuves suffiront à montrer que ce n’est pas à la légère que je nie l‘identité du fluide vital et de l’électri cité.
En outre, et c’est là le plus important, il ne faut pas perdre de vue que l’électricité prend naissance avec une facilité incroyable, dans une multitude innombrable de circonstances. De sorte que toutes les fois qu’on agira sur un galvanomètre, il sera impossible de savoir si le résultat obtenu est dû à l’influx nerveux ou à de l’élec tricité accidentellement produite.
Voici, entre beaucoup d’autres, une expérience dont j’ai été témoin: Il y a plus de trente ans, Gavarret, dans son cours de physique de l’École de Médecine, nous enseignait qu’une contraction musculaire s’accompagnait toujours d’une modification dans l’état électrique du corps.
Pour nous le prouver, il prenait un galvanomètre d’une sensibilité moyenne, dont les extrémités du fil d’enroulement se terminaient par deux cylindres métal liques qu‘il tenait dans ses mains.
Aussitôt qu’il contrac tait les muscles de l’un de ses bras, l’aiguille du galvano mètre était déviée de façon à. indiquer le passage d’un courant all?1nt du bras inactif au bras actif, et la dévia— tion était d’autant plus forte que les muscles se contrac taient davantage. ' Un muscle au repos, même séparé de l’animal, produit un courant qui va de sa superficie à son intérieur. Un muscle long donne un courant qui va du milieu de sa superficie à son attache tendineuse.
CONSIDÉRATIONS SUR LES MAGNÉTOMÈTRES 26:; Si le muscle se contracte, ce courant cesse ; c’est ce qu’on appelle la variation négative. _ Quand, dans l‘expérience que je viens de rapporter, Gavarret contractait les muscles de l’un de ses bras, l’état élecrrique de ce bras disparaissait, absorbé par le travail; l’autre bras, au repos, conservait son potentiel et le déversait sur l’autre bras dont le potentiel était diminué et même réduit à zéro; de là formation du cou— rant.
Ce courant est d’autant plus intense, que l’effort mus— culaire est plus considérable, parce que le potentiel musculaire diminue proportionnellement à la contrac— tion, jusqu’à s’annuler quand cette dernière est suffi— samment énergique. Le courant est aussi d’autant plus intense que la peau est plus moite, car l’épiderme est ainsi moins résistant.
Comme on peut le déduire de ces considérations, si je tiens dans mes mains les deux conducteurs d’un gal vanomètre très sensible et que je désire faire dévier son aiguille à droite ou à gauche, il me sera bien difficile, après un certain nombre de séances d’essais, de ne pas contracter instinctivement quelques muscles d‘une main ou d’un bras, d’une manière appropriée au sens que je veux déterminer dans la déviation de l’aiguille.
Sans aucune idée de tricherie. par simple entraînement inconscient, je proportionnerai ces contractions à l’écart que je voudrai obtenir. Donc, toutes les fois que vous voudrez expérimenter sur le fluide vital, évitez les instruments capables de répondre à une influence électrique, vous ne seriez jamais sûrs de ce que vous feriez.
Comme je le disais plus haut, l’électricité se produit avec une telle facilité et dans un si grand nombre de circonstances, qu’on n’est jamais sûr de n’en avoir pas produit sans le vouloir, et alors on croit observer un phénomène dépendant du fluide vital, tandis qu’on observe un simple fait électrique très banal. C’est bien ici le cas de le dire: il suffit de remuer le petit doigt pour fournir de l'électricité.
Si deux corps déformables sont en communication par un fil conducteur et que la surface de l’un d‘eux diminue, il en résulte un courant
268 L’INITIATION électrique: la surface qui diminue devient négative. Si un liquide traverse un tube capillaire, il se produit un courant électrique; l’endosmose, les changements de température, une émotion même, produisent des con rants électriques, sans parler des réactions chimiques si nombreuses, si variées et si difficiles à éviter.
J‘ai confiance dans le magnétomètre de l‘abbé Fortin, mais je rejette absolument tous les galvanomètres, et en général tous les instruments influençables par l'électri cité. Dr P. ROZIER. 6 février 1897. UNE EXPÉRIENCE DE M. A.
FRANÇGIS Je prends un verre que je remplis d’eau claire, puis, après l’avoir magnétisé pendant quelques minutes et l’avoir placé sur une large feuille de papier blanc, j’in-l vite M. C... (40 ans), à examiner ce qu’il voit à la sur face du liquide. M. C..., (qui ignore de quel genre d’expérience il s’agit), reste quelques instants silencieux, puis s’écrie tout à coup.
« Je vois, aufond du verre. un nègre couché, le nègre disparaît pour faire place à une baigneuse qui s’évapore à son tour pour être remplacé par un incendie, ensuite se présente une tombe surmontée d’une croix en pierre; une femme dont je ne puis voir la figure est agenouillée, derrière un arbre, près de cette tombe. » M. C... déclare éprouver une certaine lourdeur de tête; je le dégage à l’aide de quelques insufliations froides sur le front.
M“° A... s’approche à son tour, son regard devient fixe au bout de quelques secondes. Elle déclare voirle buste d‘un général entouré de drapeaux. Cette vision persiste à l’exclusion de toute autre. Je ne doute nullement de la bonne foi des voyants, mais je me demande s’ils ont réellement vu les tableaux qu’ils ont décrits, ou s’ils ont vu se refléter, dans l’eau
BIBLIOGRAPHIE 269 magnétisée, des images gravées antérieurement dans leurs cerveaux. Nous renouvellerons ces expériences. A. FRANÇOIS. BIBEÆ©ŒËÆAEEIE La Clef de la .Magie noire, par STANISLAs DE GUAITA, I fort vol. in-8 de 808 pages. Prix: 16 francs (Chamuel, éditeur). Un nouvel ouvrage de Stanislas de Guaita est toujours une bonne aubaine pour tous: critiques et lecteurs.
Mais le nouveau volume du jeune maître emprunte aux circonstances actuelles un caractère particulier d’actua— lité, car le temple a été envahi par les marchands et l’on a vu des ignorants et des reporters d’hier prétendre révé ler à la foule des mystères auxquels on avait jugé bon de ne pas les admettre.
Une œuvre de saine et solide éru dition, signée d‘un nom connu dans tous les centres sé rieux d’initiation était nécessaire, et cette œuvre, Stanis las de Guaita vient nous l’apporter au moment précis.
Nous allons enfin pouvoir étudier sérieusement la ques tion de la Magie noire, et nous pourrons désormais rabaisser àleur réelle non-valeur ces prétentieuses com pilations sur la messe noire offertes aux badaudsà grands renforts de publicité et qui ont été accueillies par un bel éclat de rire dans les fraternités initiatiques où l’on étu die et où l’on travaille.
La Clef de la Magie noire forme un très beau volume in-8 de 800 pages et contient, outre une substantielle in troduction, sept grands chapitres dont nos lecteurs ont déjà pu apprécier quelques belles pages. Cette œuvre mérite donc une analyse détaillée que nous ferons dans notre prochain numéro. PAPUS.
270 L’INITIATION D’J. REGNAULT. — La Sorcellerie, ses rapports avec les sciences biologiques, un vol. gr. in-8. Paris, Alcan, 1897. 7 francs. le connais depuis plusieurs années les travaux du Dr Regnault et c’est avec un vif plaisir que je les ai vus réunis en un tout complet. Le présent livre est certaine ment un des mieux faits et des plus érudits que l’on ait écrits depuis quelques années sur la question.
Il ren— ferme une quantité énorme de documents, travail tout fait pour les auteurs de seconde main qui vont certai— nement donner libre cours à la fécondité de leur plume par le temps de faveur que le public accorde en ce mo— ment aux sciences mystérieuses. > Quoi qu’il en soit, tous les étudiants sérieux de l’occul tisme doivent une vive reconnaissance au Dr Regnault de leur faciliter de telle sorte la besogne ardue de la documentation.
On ne saurait trop répandre de telles œuvres quand on voit l’ignorance des sommités savantes sur ce sujet. On a pu remarquer en effet que, dans l’en quête récente entreprise parle Journal sur le spiritisme, les trois premières personnalités interviewées ont com— mencé par déclarer ne rien connaître à la question ; ce qui ne les a pas empêchées de donner des théories exces sivement « scientifiques ) et dédaigneuses.
Nous trouvons, au contraire, chez le Dr Regnault une conscience malheureusement trop rare. Les récits des voyageurs, les vieux démonomanes, les fascicules des revues spéciales ont été fouillés par lui avec beaucoup de jugement et d'à-propos. L’historique de la sorcellerie dans les différentes races humaines et dans les différentes religions, et la descrip tion des pratiques de la sorcellerie moderne forment les deux parties de cette étude.
Enfin, dans un chapitre très intéressant sur la thérapeutique des maléficiés, le D“ Re gnault pose les bases d’un emploi sage de l’hypnose, de la suggestion et des différents adjuvants psychiques dé couverts Jusqu à ce jour. En résumé, livre excellent où médecins et curieu d’occultisme trouveront beaucoup à apprendre. . A SÉDIR. A:-I.._
BIBLIOGRAPHIE 271 Il n‘est pas impossible de constater de vrais miracles. — Thèse de doctorat en théologie, par M. l'abbé TRON cnèaa, curé de Chambezon, par Lempdes (Haute— Loire). Le Puy, Prades-Freydier. Paris, Oudin, 18, rue de Mézières.
4 francs. } L'écrivain sacré, dans les préliminaires de sa thèse, définit le miracle, avec saint Thomas: ( Un fait produit par Dieu en dehors de l‘Ordre établi et communément observé parmi les êtres. ) Il rappelle, après saint Augus tin. que le miracle ne va pas contre la nature, selon l’opi nion erronée répandue par les philosophes du xvm°siècle.
Enfin il ajoute qu'un miracle est fait pour prouver la vérité d'une doctrine ou d‘une mission en la sainteté d‘un personnage. Ce livre, étant une thèse de théologie, s’adresse plus particulièrement aux lecteurs catholiques. Mais l‘auteur sait parler le langage d‘une philosophie solide, et peut donc être apprécié à sa juste valeur par la pensée libre.
Il développe, avec une remarquable force de logique, les preuves de foi et de raisonjqui{démomrent la possi bilité de constater quelques miracles véritables: c‘est la première partie de la thèse. Ces preuves sont tirées de_ l’Ecriture, de la tradition, de la raison elle-même. SI l'incroyant écarte à priori les définitions des conciles, il sera obligé d’accorder son attention aux preuves ration nelles.
L'auteur distingue fortjsagement les miracles du monde physique et les miracles du monde moral. Des pages très fortes sont consacrées à, la réfutation de Littré, de Renan et d'autres chefs \dulnaturalisme moderne (pp- l39 à l47) Ce sont des passages que les penseurs libres médite ront avec profit. Peut-être faudrait-il concéder que l'es prit critique avait baissé du IV' au xu° siècle de notre ère: Alcuin et le bon Frédégaire l'ont avoué.
Les écri vains des premiers siècles étaient plus capables que ceux du vm' de reconnaître un faux miracle. Cette critique ne diminue en rien la valeur des conclusions de M. Tron chère: il suffit que les grands théologiens du moyen âge puis la cour de Rome depuis le xvnc siècle, aient donné l’exemple d’une très grande sévéritéidans l'appréciation des faits miraculeux.
272 L’INITIATION M. l’abbé Tronchère reconnaît qu’on a souvent con fondu leseffets merveilleux de la nature avec les miracles véritables (p. 93). Aux partisans du naturalisme, il ré plique que les effets supérieurs à un ensemble de forces physiques ne peuvent pas trouver leur raison d’être dans des causes inférieures (p. 95).
La connaissance de l’im puissance des forces physiques suffit pour conclure au sujet de certains faits évidemment miraculeux. Le théologien se montre au courant des résultats obte nus par les hypnotiseurs des diverses écoles et aussi par M. de Rochas. Il réfute les objections faites contre les miracles par l’école de Charcot et celle des suggestion nistes. Il réduit aussi le pouvoir du démon.
« Nous ap plaudissons, écrit-il, aux progrès des sciences qui chassent de plus en plus le démon de ce monde, en ex pliquant la nature naturellement. Mais il maintient que certains phénomènes du spiritisme ressortissent de l’ac— tion démoniaque. Du reste, la puissance divine ne laisse pas les mauvais esprits confirmer des mensonges par des miracles.
D’excellentes pages réfutent le positivisme: leur ana lyse est impossible: car ici rien n’est inutile: tout argu ment est indispensable pour les conclusions générales. La deuxième partie de la thèse démontre la facilité de la constatation de quelques miracles véritables, même à l’époque moderne. Cette constatation se fait d’après des règles posées pour la vérité historique, philosophique et relative des miracles.
Plusieurs pages font voir que la prière, la connaissance et la pratique de la religion ca tholique font découvrir la vérité en ces matières. La dernière partie de la thèse traite de la nécessité de constater quelques miracles véritables (1).
Tout lecteur impartial jugera que cette thèse fait hon neur à la science théologique de M. Tronchère, ainsi (I) M. Tronchère répète, d’après MM. Brettes et Havard, que M“° Couédon manque d’humilité et que son inspiration est démoniaque; mais assure qu’elle pourra un jour « avoir avec l’ange Gabriel de tendres et pieux colloques » (p. 192).
Il ignore que M“° Couédon est au contraire aussi loyale, aussi exempte de prétention, de vanité et de rancune que peut l'être une jeune fille vivant dans le monde.
BIBLIOGRAPHIE 273 - qu’à la direction donnée aux études religieuses par le recteur des facultés catholiques lyonnaises. SATURNINUS. a.I Klélé: Hexenwahn and Hexenpro;esse in der ehema Iigen Reichstadt und Landvogtei Hagenau ,' Hagenau, Ruckstuhl, 1893, in-8. Dennler: Ein Hexenproæess in Elsass vom Jahr 1616; Zabern, Faehs, 1896, br. in-rS. La Nouvelle Revue, I5 septembre. V. du Bled: ( Les sciences occultes au XVIII° siècle. » K.
Preussische Akademie der Wissenschaften; 1806, Stück, ‘56. — Cari Schmidt. Un ouvrage gnostique en langue copte (acquis au Caire par le musée égyptien de Berlin ; l‘ouvrage contient : Evangelium Mariæ ou Apo kryphon Johannis, Praæis Petri, et Sophia Jesu Christi. Le premier ouvrage a été utilisé par Irénée et poursuivi comme hérétique. — Harnack. Remarques sur ce recueil (Il est très important.
On reconnaît maintenant que le combat livré au gnoticisme par la théologie orthodoxe était peu scientifique.) ' S. Reizler: Geschichte der Hexemprocesse in Bayern ; (Histoire des procès de sorcellerie en Bavière). Stuttgart, Cotta, 1896. (Extrait de la Revue historique, janvier-février 1897). M. J. Bertrand a publié dans la Revue des Deux Mondes un article fort défavorable à Wronski.
Nous y ré pondrons bientôt. c sa M. Bessonnet-Favre a publié : Jeanne d’Arc, tertiaire de saint François (Blond et Banal, 4, rue Madame; 17 P- 75)' , A rapprocher des travaux de M. d’0rcet insérés dans la Nouvelle Revue il y a une dizaine d’années, et de la Vérrre’ sur Jeanne d’Arc, par Francis André, livre édité pa' M. Chamuel. t I - Vient de paraître à Prague, une nouvelle et très inté ressante revue, en langue tchèque : Sbormk pro filosofiz,
274 L’INITIATION mystiku a okkultismus. Composée en majeure partie de traductions, elle peut être considérée comme l'organe des illuminés martinistes de Bohème. Tous nos souhaits de succès a notre jeune soeur. an a 4 GABRIEL DELANNE. — L’Evolutinn animique, essais de psychologie physiologique, suivant le spiritisme. Cha muel, in—8. 3 fr. 50.
Nous nous proposons de reparler prochainement en détail de cet intéressant ouvrage, qui est certainement l‘un des plus grands de la pensée spirite à l’heure ac— tuelle. Un autre livre, le Périsprit, doit le suivre qui, donnant des preuves expérimentales, en sera comme l’introduction.
Nous signalerons simplement aujourd’hui la partialité regrettable de l’auteur qui affirme, avec une confiance amusante que les « hypothèses occultistes )..., qui ne résistent pas à un examen sérieux... ont été aussi vite oubliées que produites. > Mais ce n’est là, de n0tre part, qu’une remarque en passant ; nous sommes heu-' reux, pour la cause spiritualiste, du succès certain de ce livre.
S. * 2æ* PRENTICE MULFORD. —- Vos Forces et les moyens de les utiliser. Brochure in-r8, avec portrait. Édition de l’Ini— tiation. 3 fr.
Nos lecteurs ont déjà goûté tous les précieux ensei gnements contenus dans ces courtes pages; nous n'avons pas à en faire ici l’éloge; mais nous nous permettrons d’adresser tous nos remerciements au jeune et dévoué savant, grâce auquel plusieurs des œuvres les plus inté ressantes et les moins connues de l’occultisme, ont été répandues dans le public français. . À‘ v MATGIOI. — Le ' Taoïsme et les Sociétés secrètes chi— noises.
Edition de l’Initz‘aiz’on, 0 fr. 50. On se rappelle la sensation profonde que produisirent ces révélations publiées ici il y a quelques mois. ‘i' 25 2# ' J... S... — Buddhisme populaire Buddha, in-8. 0 fr. 75.
BIBLIOGRAPHIE 2 75 Cette très intéressante brochure est certainement un des plus clairs résumés que nous ayons jamais lus de la doctrine de Çakya-Mouni. Le dogme, la morale, la dis— cipline de Gautama sont analysés en quelques pages dans leurs grandes lignes avec une netteté, une com— préhension et une force persuasive qui font de ce petit livre un véritable livre de chevet.
On y trouve. entre autres, un texte très curieux sur les pratiques secrètes des Bhikshous. - S. Reçu un très intéressant journal la Fraternité, dirigé par Benito Sylvain; sa devise est la sentence suivante : ( L’homme étant à la fois un esprit et un cœur, la liberté ne lui suffit pas : il lui faut encore l’amour et la cha rité. Parmi les collaborateurs, Maurice Hubert, M. Gri veau, Ed. Thiaudière, Bouvéry, etc. (I6, rue des Saints Pères, 0 fr.
40 le numéro). Reçu entre autres revues intéressantes le numéro de février de la Metaphysische Rundschau et le n° 2 de Sbornik for filosofii,mystiku et occultismus (chez H. K05 terka, l’rague, Puchmaierova, Ul. 36) 30 kr. le n°. \t et Uco BERTOSSI. — Una nuova teorioca sulla Creafione, seconda la scr‘enga spiritica. Udine, G.-B. Doretti, I897, broch. in-8. DU MÊME. — 2° partie . Crea;i0n degli Angeli; incar nagioni Ioro ed incarnagioni.
Udine, 1897, in-8. a . Dans le cours de cette année, paraîtra chez Chamuel l’important ouvrage de F. Jollivet Castelot: Comment on devient Alchimiste, Traité d’Hermétisme et d’Art 5pagy rique. Le volume comprendra trois parties: I. L’Alchi mie et la Kabbale. — 11. Comment on devient Adepte (Ascèse magique vers l’Adeptat).— III. Pralique(Recettes anciennes et modernes). Voici d’ailleurs la liste des prin cipaux chapitres : Introduction.
Généralités sur la Matière, la Force etl'Atome. — L’Alchimie Kabbalistique. — Géo métrie Kqbbalistico-alchimique. — Principaux hermé tistes.—Ascèse magique vers l’Adeptat : L’Adepte (entrai—
>276 L’INITIATION nement psychique; le laboratoire; les correspondances magiques; la réalisation). — La Journée de l’Alchimiste. — Catéchisme résumé de l’Alchimiste et Statuts des Phi los.
Incon. (ces statuts sont ceux de l’ancienne société Hermétique du XVIII" siècle; réédités pour la première fois, ils offrent un grand intérêt, vu leur rareté extrême d’ailleurs, et leur profond enseignement). -— L’Alchi— miste et la Religion. — L’Hermétisme. — L’Alchimie et les sociétés lnitiatiques (Rose + Croix—Martinisme). Filiation de l’Alchimie. — Le Souffleur. —(Le Sorcier de l’Alchimie.) —Esquisse des sanctuaires antiques del’Her métisme.
Héracléopolis—Lycopolis-Aphrodite-Eléphan tine, etc. — Preuves de l’Unité de la Matière (Allotropie; composition des métaux). —- L’attraction Moléculaire.— La Pierre Philosophale (Le Mercure des Philosophes; L’Elixir). — La Palingénésie. — Théories et Recettes anciennes. — Théories et Recettes modernes. — Appa reils et Instruments. — Bibliographie Alchimique géné— rale.
Basée sur les Clefs du Tarot, cette œuvre, comme on le voit, constituera un manuel très complet. Le même auteur publiera en 1898 un roman ésotérique intitulé : Le Livre du Trépas et de la Renaissance, actuel lement en préparation; on y trouvera l’analyse des pro blèmes de l’éternelle Métempsycose de la Nature. NWVELLES, trams. REVUES La Maison hantée d’Yzeures. Une polémique s’est élevée dans la presse au sujet de cette maison hantée.
Notre ami Duplantier, qui a bien étudié le phénomène, a dû soutenir ses opinions contre M. Gustave Kahn, littérateur de talent; mais peu connu jusqu’ici comme expérimentateur de forces physiques. Pour nous qui sommes assurés de la réalité des phéno -mènes, nous attendrons l’issue de l’expérience que vont tenter ces messieurs pour reparler de cette question. En attendant, toutes nos félicitations à Duplantier pour sa courageuse et ferme attitude. ..
NOUVELLES, ÉCHOS, REVUES 277 Diana Vaughan Voici le texte du jugement de la Commission romaine -à laquelle Commission son président d’honneur, le car— dinal Parocchi, a désiré apporter son intervention affec sive.
TRADUCTION La Commission romaine, répondant au mandat qui lui a été confié par le Conseil chargé de la direction générale de l’Union antimaçonnique et dont a pris acte le premier Congrès international antimaçonnique de Trente, Considérant qu’il ne rentre pas dans sa mission de porter un jugement sur les révélations faites dans ces derniers temps au sujet de la Franc-Maçonnerie; Considérant que l‘objet de son examen est strictement limité aux trois questions suivantes: 1° à l’existence d'une nommée Diana Vaughan ; 2° à la réalité de la con version de la même personne; 3° à l’authenticité des écrits qui lui sont attribués ; A Laissant de côté le fait que les procédés employés par certains dans ces derniers mois feraient plutôt pencher pour une opinion moins favorable aux questions pro— posées ; Après avoir apporté dans les recherches la plus con :sciencieuse application et employé tous les moyens qui étaient en son pouvoir pour venir à la connaissance de la vérité : Déclare que jusqu’à ce jour elle n’a trouvé aucune preuve péremptoire, soit pour, soit contre l’existence, la conver sion, l’authenticité des écrits de la nommée Diana Vau ghan.
En outre, la Commission renouvelle sa pleine et absolue adhésion aux Encycliques pontificales et à tout ce qu’elles contiennent sur le compte de la Maçonnerie: elle fait des vœux pour que, laissant de côté les ques tions secondaires ou de moindre importance, tout le zèle des catholiques se reporte à combattre la secte scélérate; enfin elle décline toute polémique ultérieure »et déclare son mandat accompli.
278 L’INITIATION -—à a. ..:.a " ‘. ..a. . ..\ .5. .a‘.a-..- . .‘ _.....: ‘1‘ .. . ‘ '- Mac—-3...— ” «Ç..r_ u;:Ï‘!ÏZ ‘ La Conunission d’enquête sur Diana Vaughan — Son jugement Sous ce titre, la Rivz'sta antimassonica, du 25 janvier, publie, en tête de son numéro, le texte italien du juge ment de la Commission et le fait précéder de quelques observations.
En voici la traduction: Il n’est pas vrai, comme l’ont faussement affirmé un journal et une revue, que « quatre membres ecclésias— tiques de la Commission s‘en soient retirés ». Deux des ecclésiastiques que ces journaux et revues ont affirmé s’être retirés de la Commission, n’en ont jamais fait partie. Aucun des autres qui en faisaient réellement partie depuis le commencement ne s’est retiré.
Au con— traire. dans les plus récentes séances de la Commission, on lui a adjoint deux autres ecclésiastiques très respec tables, doctes et prudents. Dans l’examen de cette épineuse question, la Commis sion s'inspira toujours de la plus grande et sereine impartialité et du plus sincère désir de découvrir la]vérité bon jugement, que nous publions ici, a été adopté à l’unanimité des votes de tous les membres de la Com— mission.
A Monsieur le Président général de l’Union antimaçonnique Rame. MONSIEUR LE PRÉSIDENT, La Commission chargée par le Conseil directif géné ral de I’Union antimaçonuiqu d'examiner la question concernant Diana Vaughan a émis, à l’unanimité, la Déclaration que je vous transmets sous ce pli. Rome, 23 janvier 1897. -jLOUIS LAZZARESCHI, évêque de Néocésare’e.
La décision contient la réserve suivante: « Laissant de côté le fait que les procédés employés par certains dans ces derniers mois feraient plutôt pencher pour une opinion moins favorable aux questions proposées :r. Ceci s'applique aux arguments de M. Léo Taxil et la lettre suivante de Mgr Lazzareschi du 20 décembre, adressée à l’ Univers, en donne l’explication.
NOUVELLES, ÉCHOS, REVUES 279 Rome, 20 janvier. HONORÉ Moxsmun. Dans le dernier fascicule de ses mémoires, Diana Vaughan m'accuse de déloyauté. Bien que j'eusse promis à M. Léo Taxil. représentant de Diana Vaughan, de ne révéler qu'au Saint-Père le nom de l‘évêque qui l’a reçue dans la religion, et de ne faire cette révélation que lorsque le Saint-Père daignerait en exprimer le désir, j‘aurais indiqué le nom à une autre personne.
L’opprobre de la déloyauœ‘ ne saurait m'atteindre. Je proteste contre l‘injure. A personne je n'ai indiqué le nom de l‘évêque susdit, lpar la très simple raison que je ne connais .15 ce nom. (je ne le connais pas parce que AI. Léo axit ne me l'a pas révélé quoiqu'il exit pro mis de lefaire. Telle est la pure vérité. Le manque de parole de M. Taxil a d'abord éveillé ma défiance.
A partir de ce jour, j'ai eu des doutes sérieux surl’existence de Diana Vaughan. L'opinion que j'exprime maintenant, j‘ai commencé à l'indiquer immédiatement à Trente. Je sais que, depuis plusieurs mois, beaucoup de journaux l‘ont constatée.
Ma sincérité est ainsi établie. -5LOUIS LAZZARESCHI. (La Croix du 18 février 1897.) La comtesse Fernand de La Ferronnays est, on le sait, la mère du marquis de La Ferronnays, qui représente si dignement à la Chambre une circonscription de la Loire Inférieure. après avoir été longtemps officier des plus brillants et attaché militaire auprès de notre ambassade à Berlin.
Le comte Fernand de la Ferronnays a été long temps le secrétaire, l'ami, le confident, voire le conseil ler du comte de Chambord. Il est mort subitement, un jour de chasse, dans des conditions qui méritent d’être rapportées. Quelques jours auparavant, le prince, son geant à cette chasse, dit à M. de La Ferronnays: — Invitez donc Bontoux.
M. Bontoux, qui, plus tard, fonda à Paris l'Union gé nérale, pour le malheur de tant de familles aristœra tiques et de tant de catholiques trop enthousiastes, était alors directeur des Chemins de fer du Sud de l’Au— triche. On sait que c‘est lui qui a fait, comme ingénieur,
280 L’INITIATION cette voie merveilleuse du Semering.
Il était fort lié avec le comte de Chambord. -— Ah! mais, répondit en riant M. de La Ferronnays, Monseigneur ne sait donc pas que M. Bontoux a le mauvais oeil! , Le prince éclata de rire. —'— Vous croyez à cela, La Ferronnays? — Je n’y ajoute aucune importance, Monseigneur ; mais le fait est curieux: chaque fois que M. Bontoux est invité dans une maison, il y meurt quelqu’un le même jour. — Eh bien, ce sera peut-être moi. -— Je préférerais que ce fût moi, Monseigneur.
M. Bontoux fut invité, vint à la chasse, et le même jour, M. de La Ferronnays mourait subitement en voi ture en causant avec le prince. (Figaro du 28 janvier 1897.) C’est encore à l’action d’une société secrète puissam ment organisée, l’He'tai‘rie, qu’est due la belle poussée actuelle du patriotisme hellénique. A noter simplement pour les historiens superficiels.
A la demande du D*‘ Pascal, nous établissons, comme il le désire, les citations tirées de son A B Cthéoso phique.
« Au sujet de la prière, la théosophie dit que, si l’on entend par la une DEMANDE faite à un être distinct de l’homme, cette prière est un acte d’ignorance pouvant osciller, au point de vue moral, de l’aspiration sincère, mais grossière, à la magie noire consciente ou incons ciente; car cette dernière n’est autre chose que l’emploi des forces de la nature (et la prière est l’une de ces forces) pour des fins égoïstes. ( Si l’on entend par ce mot, L’ADORATION d’un Dieu considéré aussi comme séparé de l’homme, nous dirons que cette attitude de l’âme, bien qu’infiniment supérieure à la précédente, est encore le fruit de l’ignorance qui, nous fait nous croire distincts de l’esprit universel et nous fait créer une espèce de Dieu extracosmisque .
NOUVELLES, ÉCHOS, REVUES 28 I .... M.‘..—L—‘u. 1 «(séparé de l’Univers) impossible à tous les points de vue. » * ’F At « Il n’est pas possible d’admettre le sens particulier que les chrétiens,—— depuis leur séparation des gnos tiques (I), — donnent au Christ.
Celui—ci, en effet, est, pour eux, le verbe universel lui-même,pleinement incar— né dans un corps humain, — celui de Jésus, — tandis qu’en réalité, comme saint Paul et tous les initiés anciens et modernes l’enseignent, ce Verbe ne s’est ja— mais incarné et ne s’incarnera jamais pleinement dans un corps humain, ni même dans un corps angélique.
Il est le Verbe infini dont nos âmes sont des étincelles, du corps duquel nos corps sont des portions infimes, et dont les immenses facultés ne sauraient trouver leur pleine expression que dans un Univers. » (A. B. C. de la théosophie, pp. 4.1, 42, 43).
A propos de Spiritisme de Sardou, M. Georges Mon ttorgueil, dans l’Eclair du 14 février 1897, termine sa chronique par les lignes suivantes : « Est-ce possible? ( Je ne dis pas que cela est pos— sible, répondit Crookes. Je dis que cela est. ) Cela étant mieux qu’autrefois prouvé et mieux vu,-la doctrine ini tiale du spiritisme, commentaire puéril d’observations rares, s’est évanouie, sauf pour quelques attardés.
Ceux -oi continuent à évoquer par la table des Voltaire Sans esprit et des Corneille sans orthographe, à moins qu’ils ne poursuivent avec des oncles du Père-Lachaise une conversation que la mort avait interrompue. Ils restent fidèles à la poésie qui les berça.
Fervents d’une religion qui met le miracle à portée du précepte, pénétrés d’une terreur superstitieuse quand leur système nerveux dis pose d’assez de magnétisme pour que le bois d’un gué— ridon suive leur main comme le fétu de paille suit l’ambre échaufl’é et la limaille l‘aimant.
Grâces soient rendues aux chimères qui bercent l’angoisse d’un d’Au (I) Lire dans l’Initiation de février la preuve, d’après les textes gnostiques authentiques, de la non-réalité de cette affir— mation. Parus.
28 2 L‘INITIATION / 'a..p—n.ææ.flu . benas!Aussi bien n‘est-ce pas sur ce point qu’on chi cane M. Sardou. On ne lui reproche que d'avoir laissé croire que la force médiumnique, que le corps astral, que la matière subtile qu’étudient les chercheurs dont il emprunta le crédit est l'esprit comme l'entendent les spirites, le revenant dont la table est le truchement. Les Crookes, les Afsakok, les Richet, les de Rochas n’en sont plus là.
C'est les trahir que les associer à des interprétations dont ils ont depuis longtemps rejeté le candide empirisme. N’est-ce que cela le spiritisme ? dira-t-on,car on ne saura point que c’est autre chose, mais que M. Sardou ne l’a pas dit. C‘est le défaut des audaces de conserve: elles vieillissent malgré les pré cautions du bocal. Ily a la plus de malice que de crâne rie.
L'auteur de Spiritisme se vante d’avoir imposé une idée; prestidigitateur consommé, il n’a que fait passer une muscade. > GÉORGES MONTORGUEIL. Le seul organe un peu vivant que compte la Franc Maç.-. symbolique en France, est la Revue Maçon nique (5, rue Soufflot, Paris).
On trouve dans cet organe d'exeellents débats et un bon résumé des travaux des Loges. — Mais pourquoi les rédacteurs sonbils à tel point sectaires qu’ils se figurent qu’on ne peut être E.-. de la V.-. sans être en même temps matérialiste et athée?
Cette tournure d’esprit a fait mettre en interdit par l'étranger presque toutes les Loges françaises et, ma foi, l‘étranger n’a pas toujours eu tort. -—— Il ne faut pas croire qu’être penseur, libre cela veuille dire être libre penseur dans le sens matérialiste du mot. L’Aube (février) continue les chroniques très documen tées de notre ami Jollivet-Castelot sur l’histoire de l’oc çultisme contemporain.
Dans le même numéro une conférence de Maud Gonne, l'apôtre irlandaise. Nous recommandons très vivement cette excellente revue à nos lecteurs épris d'art. — C’est une véritable merveille d’exécution typographique et d’illustrations (:6, quai d‘0rléans, Paris). _—.«,,‘1 ,.;.,‘,J.; _ , r _d i _fl_, ,’,..,Ja« s-«.-v«4ri l\ln—'—.l-4'.vl, -;- -‘,a_._,, -‘_n "'" !""wÿ:w« . .. _ _ V ,, ..- : —..a...u-.i "“J,:1“M -.
NOUVELLES, ÉCHOS, REVUES 283 Lighl, 16 janvier.
Un étudiant hindou explique ainsi dans son journal le mépris que prol’essent beaucoup de ses compatriotes pour le christianisme tel qu'il leur est présenté par les missionnaires.qui traitent de folies impies des religions respectables et des idées profondément spirituelles : il peut y avoir, dit-il, d'honorables exceptions, mais en gé néral, à peine un missionnaire a-t-il passé une semaine sur le sol de l’Inde. qu'il menace déjà des flammes de l'enfer tous ceux qu'il rencontre.
Ignorant et inso lent, il n'étudie les ouvrages religieux indous que pour y trouver des erreurs Nous prierons ceux qui nous taxeraient de mensonge ou d‘exagération d’assister seu lement à un des sermons des « missionnaires évangé liques ), au coin d’une rue, ou de lire un de leurs jour naux. Là est le secret de l'intolérance des lndous à l’égard du Christ et des chrétiens.
Ces hommes, venus pour gagner de fidèles amis et de loyaux serviteurs au Christ, se sont fa1t partout des ennemis par leur fana tisme religieux. Light, 16 janvier. LETTRE A L'ÉDITEUR Monsieur, Voulez-vous me permettre d’exposer dans vos colonnes un cas très grave d'abus de pouvoir dont ma femme vient d'être victime?
Depuis cinq ans, elle exerce sans obstacle à Brighton sa profession de chiroman— cienne, possède de nombreux témoignages de son habi leté et jouit de l‘estime de tous. Il y a environ six semaines, nous nous rendîmes à Hasting où m’appelaient mes occupations.
Brusque— ment, elle fut arrêtée sur mandat d’arrêt et, le len demain, condamnée à 10 livres d’amende ou a six semaines d’emprisonnement. —- Un sursis fut refusé, et elle est en ce moment à la prison de Lewes. Dans son état de santé, cette honte et cette souffrance peuvent lui être fatales. Voudriez-vous faire connaître ce fait et consentir à recevoir une légère souscription pour lui venir en aide? \‘V.-F. GORDON. mNW‘«:W
284 L’INITIATION Light, février. L’Histoire d’une âme par Kathieen Behenna est un poème écrit à un point de vue réincarnationniste très élevé. Il donne le sens spirituel des diverses existences de Philippe Bourke. qui fut successivement Ramsès Il, Hyomère, Mithridate Vl, Omar I, Geoffrey L’Estrange, au total cinq incarnations, plus « une période passée en enfei, » entre chacune de ses vies.
Comme œuvre d’ima gination, ce travail a droit à une place honorable, mais nous ne pensons pas qu’il puisse nous aider à comprendre la vérité de la réincarnation; au contraire, en voyant un seul Etre occuper successivement tant de hautes p05i tions, on peut se demander s’il en restera pour les autres! Nous pourrions faire le même reproche aux idées du Dr Arma Kingsf0rd sur les vies antérieures.
Du reste, ilnous parait impossible de fixer une date précise à une réincarnation et si on peut trouver dans cette croyance quelques consolations, poussée à l’extrême, elle peut être très dangereuse. Nouslisons dans le Christian Register : Des séances, véritables parodies sacrilèges et insultes au doux espoir d’immortalité, sont données depuis quelque temps dans le temple spiritualiste de Boston.
Le faux médium a été exposé dimanche dernier par quelques hommes résolus qui se sont emparés de lui et ont trouvé en sa possession de fausses barbes, des vêtements et différents objets. Au lieu de leur être reconnais— sant, le riche spiritualisté qui avait fourni l’argent était furieux et indigné! Il eût été plus profitable pour lui de payer quelques personnes intelligentes qui lui auraient évité le désagrément d'être trompé.
N’est-ce pas le moment de nous demander si la loi ne pourrait pas punir ces faux médiums comme coupables d’escroquerie ? Nous approuvons entièrement le Christian Register. Ce nouveau scandale diminuera peut-être l’enthousiasme pour les séances publiques et ramènera à l'étude. 11 est malheureusement certain que le désir de voir attire surtout. C’est bien naturel, nous l’admettons, nous vou lons Seulement dire que c’est dangereux. G. D. .-q___,w HNg.fi,.wmmuwvmwflœuflfiawæm
NOUVELLES, ÉCHOS, REVU ES 2 8 5 Lire dans l’excellente revue Mélusine ( n° 7, janvier février 1807,2, rue. des Chantiers, Paris) un remarquable article de M. E. Lel'ebure sur les Origines du Fétichisme. M. E. Gaidoz étudie saint Eloi et M. J. Tuchmann poursuit le cours de ses recherches sur la Fascination. Prophétie (à vérifier) On lit dans le Gaulois : « C'était en1888.
M. Damalas, professeur de théologie à l’Université d’Athènes, expliquait un jour l’Apoca lypse à ses élèves. Arrivé à un certain passage : « Ce < passage, dit-il, prédit qu’en 1897, il y aura une guerre passage, dit-il, prédit qu’en 1897, il y aura une guerre «I entre la Grèce et la Turquie qui provoquera une guerre ( européenne.
La Grèce sortira victorieuse de cette « guerre. » A cette époque-là, on ne fit naturellement aucune attention à cette“ prophétie quifut oubliée depuis, son auteur étant mort en 1893, mais les événements actuels ont vraiment l’air de lui donner un peu raison.» (Cité dans la Croix, 25 février I897.) A la dernière séance de la Société des Seiences Psy— chiques, Papus a été amené à établir la différence des termes occultiste et spirite à propos d’une confusion faite entre ses deux termes.
Voici lesens exact des paroles qu'il a prononcées à cette occasion et qui ont été abso— lument travesties par plusieursjournaux. « Un spirite considère généralemen; comme une injure d’être traité d’occultiste,et M. de Alarolles en pourra/aire l'expérience quand il le voudra », a dit Papus. Il s’agissait là d’une conetatation de ait devant des personnes peu au courant des distinctions d’écoles et cela n’a pas d’autre portée.
2 86 L’INITIATION On n’est pas plus aimable!
Voici la façon dont l’occultisme est jugé par un ano nyme grincheux de province dans plusieurs petits canards locaux : ‘ ’ PROPHETES ET PROPHETESSES Une thèse toute récente, soutenue devant la Faculté de médecine de Bordeaux, caractérise fort bien et classe nettement les farceurs et fameuses, —- à moins que ce ne soient plutôt des aliénés, -— comme la jeune Coues— don, l’amie de l’ange Gabriel, le doux Papus et autres mystagogues et hiérodules. ; Le délire prophétique, nous dit le nouveau docteur de Bordeaux, M. Prouvost, est un état hallucinatoire ca— ractérisé par la croyance à une communication avec un être surnaturel et se traduisant par l’annonce d’événe ments futurs.
Ce délire a toujours existé, chez tous les peuples et dans toutes les religions. C’est même le mys— ticisme religieux qui développe et entretient ce mal, —— comme tant d’autres, du reste.
Scientifiquement, ce n’est pas une maladie particulière, ce que les médecins appellent une entité morbide ; c’est un symptôme délirant, attestant une altération du cer veau, et comprenant deux types distincts : i" Le délire prophétique des aliénés, qui peut exister dans la plupart des formes de folie, surtout dans la dé générescence mentale, où il offre les signes des délires mystiques avec les hallucinations spéciales.
2° Le délire prophétique, hystérique ou des névropathes le plus fréquent et le plus typique. Quelle que soit la forme du délire pr'ophétique, ses causes sont celles de tous les délires : des altérations de la substance cérébrale. Mais ici la contagion et les évé nements contemporains jouent un rôle prépondérant.
Le diagnostic, pour le médecin, consiste à rechercher si le délire est réel ou simulé -— ou même les deux à la fois, — ce qui se voit souvent, et, s’il est réel, à quel type morbide il appartient. Le pronostic, c’est-à-dire la prévision des suites de ce désordre intellectuel, dépend de l’affection dontil relève.- - Comme ce délire, dit encore le docteur Prouvost,. s’aggrave par l’attention, l’on devra faire le calme et le
THÉATRE 287 silence autour du prophète. On agira ainsi dans l’in— térêt et pour le bien du malade, tout en évitant la con tagion. C'est tout le contraire que l’on fait à Paris quand un de ces aliénés de l’un ou de l’autre sexe se met à pré— dire la fin du monde ou la guerre en Crète.
Toutes les femmelettcs aux fortes senteurs et les snobs bébêtes de la haute assiègent aussitôt les hystériques ou les mysti ficateurs, au grand dam des têtes faibles; incapables de résister à la contagion de la folie. Oh!jeune inconnu, auteur de ces lignes mémorables, venez dans ce Paris qui se conduit si mal, à votre avis; vous y apprendrez peut-être à écrire en français et vous y gagnerez un peu plus d’esprit, même dans vos injures.
P. ätnÉarae A I’Œuvre, ce mois-ci, représentation de la légende dramatique de Gérard Hauptmann : la Cloche engloutie traduite de l’allemand par M. Ferdinand Hérold. Cette légende est pleine de souvenirs magiques.
Il s’agit d’un fondeur aimé d’une elfe '; l’elfe fait précipiter par un Kobold la cloche au fond d’un lac; elle ressuscite le fondeur à moitié mort, et l’emmène sur la montagne où il s’efforceà des travaux merveilleux, abandonnant sa femme et ses enfants.
Mais le peuple des élémentals se révolte àla fin contre lui, qui est un maître trop dur; et vaincu, l’artiste malheureux rentre repentant dans la vie commune, dans la vallée. — Tous nos lecteurs saisircnt facilement les significations diverses de ce beau poème, sens que l‘auteur n’a pas compris, parait-il.
Parmi les interprètes, M. Navisto a été vraiment remarquable, et M“° Auclaire a dit entre autres tirades amoureuses des incantations avec une grâce toute juvénile et toute prin tanière. SEDIR.
288 L’INITIATION Ni ËGEQL©@ÏE HOHAOE PELLETIER Nous apprenons avec le plus grand regret la mort d’HORACE PELLETIER, ce chercheur curieux qui reproduisit en pleine campagne et avec les premiers sujets venus,plusieurs expériences de fakirisme, de mouvements d’objets sans contact en pleine lumière et d’hypnotisme transcendant (Voy.le rapport de M. L.Lemesle dans l’Initiarion.) — Érudit sagace autant qu’expérimentareur auda cieux, Horace Pelletier envoyait à la plupart des revues spiritualistes des traductions et des articles pleins d’esprit et qui donnaient toujours une idée profonde et sérieuse de nosthéories. — Sa mort, que nous n’avons apprise que bien tard, sera un chagrin pour tous les amis connus et inconnus qu’avait acquis un peu partout Horace ‘ Pelletier.
Sa mémoire lui survivra longtemps grâce à ses remarquables expériences. ' ' PAPUS. Le Gérant: ENCAUSSE. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
L.BODIN, libraire, 43, quai des Grands—Augustins, Paris Gratis et franco l’important catalogue de livres anciens et modernes relatifs aux SCIENCES OGCULTES Alchimie, astrologie, chiromancie, démonomanie, franc—I maçonnerie, hypnotisme, kabbale, magie, magnétisme animal, médecine spagyrique et chimique, philoso phie, religions, sorcellerie,spiritisme,théosophie, etc. Aperçu de quelques ouvrages portés au catalogue: AGRIPPA. -—— Ouvrages divers.
ALBERT LE GRAND. — Admirables secrets, 1743, in-16". ALBERT (PETIT). — Secretsmerveilleux, 1668, in-rô°. ALEXIS PIÉMONTOIS. —- Les Secrets, I557, in-12°. ANGELUS ARETINUS. —— Tractatus de Maleficii, 1555, in-8°. Astrologz’a aphorostica Ptolemæi, Hermetis, 1674, in-12°. BACHOV. — Philosophie naturelle, 1651, in-12°. BALDVANI. —— Aurum superius, etc., 1675, in-I2°.
BARRUEL. -— Mémoire pour servir à l’histoire du Ja cobinisme (Soc. secrètes), 5 vol. BEKKER. — Le Monde enchanté, 1694, 4 vol. BERTRAND. — Dictionnaire universel de toutes les religions du monde, 4 vol. Boum. -— La Démonomanz‘e des sorciers. Bonne (Jac.). — L’Aurore naissante. — Des trois principes de l’essence divine. BROGNOLO. —— Manuale exorcz’starum, 1702, in-4". CALMET. —— Dissertation sur les apparitions, de— mons,etc., in-12”.
BIBLIOGRAPHIE CARDAN (Jér.). — Ouvrages divers. Clavicules de Salomon. COLLIN DE PLANCY. -—— Ouvrages ivers. Dragon rouge (le Véritable) (grimoire recher'che’). Enchiridz‘on Leonis papæ 1660 (grimoire recherché). F ABRE D’OL1VET. — Histoire philosoph ique du genre humain, 1824, 2 vol. FICÎNUS. -— Opéra, 1516. FLAMEL (Nie). — Le Grand Esclaircissement de la pierre phz‘losophale, 1628. _ Fmue—maçonnerie (nombreux ouvrages).
GLAUBERT. — Fourenaux philosophiques, 1659. — L’Œuvre minérale. GODELMANNO. — Tractatus de magis, veneficis et la miis, 1601. . . KIRCHER. -— Mundus Sublerran. — Magnes de)Arte magnetz’ca, et autres ouvrages. Lotus (Le) Rouge, collection complète. MIGNE. — Dictionnaire des Sciences occultes, 2 vol. PORTA. —-, Magie naturelle, 1669. RANTZAU. — Traité astrologique, 1657. SWÉDENBORG. — Tous ses ouvrages. VAN HELMONT. — Ortus medicinæ, 1652.
WECKER. -— De Secretis. W1ERVY.— Des Prœstigz‘is Dæmonum, 1615. Avis. — La libraine BODIN se charge de fournir; aux meilleures conditions, tous les ouvrages anciens et nouveaux, neufs et d’occasion, qu’on voudra bien lui demander. ' ' Achat de livres et de bibliothèques. ! iI r 5 'S . ....---—.—.o .: v4.u_|“fl u!.. |__—.L.. .. ..—...... .
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Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPIIAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. La Langue hébraïque restituée. FABRE D’OLIVET. . . . . . . . . . Hist01rephilosophique du genre humain. ALBERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. LITTÉRATURE { La Magicienne. JULES LERMINA . . . l A Brûler. B 1 V ( Zanoni. . ULWER "TTON ' ' ' La Maison Hantée. MYSTIQUE ( Jeanne Leade.
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