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W *— -- . — ---—— ’ ’ ' .4. ° _._4,_ ° _. I n 1 r. 1 a L10 n Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEÀIENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS U 0- '1‘ Docteur en médecine — Docteur en kabbale 34“ VOLUME. — 10"" ANNÉE SOMMAIRE DU N° 5 (Février 1897) __ ,4_ PARTIE INITIATIQUE. . . Création du christianisme d’après la Gnose . . . . Papus. (P- 97 à I04.) L'A” d'oubli?" (fin) - . -Prentice Multord. La Génération des pensées (p. 104 à 120).
PARTIE PHILOSOPHI- Mile Couédon et les pro QUE ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' " pliéties modernes . . . . Saturninns. (p. 121à135.) Philosophie universitaire. Alhan Dubet (p. 135à139.) Libres recherches phi/osa phiques . . . . . . . . ' Lecamte. (p. 140 à 16:). BIBLIOGRAPHIE . . . . . .. Deux occultistes . . . . . .
Sédir. (p. 161 à 168.) Groupe indé endant d’Etudes ésotériques. — Université libre des hautes étu es. —Con rès spiritualistes de 1900. — Photographies psychiques. — Nouveñes diverses. -— Courrier bibliographique. -— Théâtre. —— Livres reçus. — Bourse aux livres. Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, rue de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FR ""‘ - Un An: DIX
PROGRAMME """—Ir Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Efl'rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Iniliafion est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: _ Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occultè, la Physique et la Métaphysique.
' Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage Contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cle’ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère. » ' _ Enfin l’Initiatian étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’Initiaiion expose les opinions de toutes les écoles, mais . n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurspdéià familiarisés avec les études de Science ' Occulte.
La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à - tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initialion parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. -—- Abonnement: 10 francs par an. (I‘.e’s collections des deux premières années sont absolument épuisees.) ' ,
fi"_*fi’æ. . .V .. . -.. __—--p..—.—æ-œs.—J.æ::—zÿ . L’Initiaiion du 15 Février 1897 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Inz’iz’alz’on I° ' PARTIE INITIATIQ U E AMO— F. CH.BARLET,S.'. I.'.:ç— STANISLAS DEGUAITA, S.'. I.'. g, —GUYMIOT. -—MARO HAVEN, S.'. I.'. 53—JULIEN LEJAY, S.'. I.'. ,\= — ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S; E.) MOGD, S.'. I.'. — GEORGE MONTIERE, S.'. I.'. 5‘; —PAPUS, S.'. I.'.
11‘; — SÉDIR, S.'. I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G. E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. -— AMELINEAU. — ALEPH. — D“ BARADUC. — Le F.'. BERTRAND 30' — BLITZ. — BOJANOV. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — FABRE DES ESSARTS. ——- D“ FUGAIRON. — DELE ZINIER. — JULES GIRAUD. — HA‘ATAN. — L. HUTOHINSON. — JOL LIVET-CASTELOT. — L. LEMERLE.
LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREL. -— RAYMOND. — A. DE R. — D“ SOURBECK.. — L. STEVENARD. —- THOMASSXN. — G. VI Toux. — HENRI WELSCH. -— YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN_DELVILLE. - E. GOIIDEAU. — MA— NOËL DE GRANDFORD. —- JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDES.— GEORGE MONTIÈRE. — LÉON RIOTOR. - SAINT-FARGEAU. -— ROBERT SCHEFFER. — EMILE SIOOGNE. — CH. DE SIVRY. . ' .
40 POÉSIE CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. — JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — EDMOND PILON. — J. DE TALLENAY. —- ROBERT DE LA VILLEHERVE.
L’Initialion du 15 Février 1897 L’IN IT IATI 0 N (mËlË’Ës’ŒNT’) DIRECTION ADMINISTRATION Villa lonlmorency, 10, aven. des Peupliers ABONNEMENTS) VENTE AU NUMÉRO PARIS-A UTEUIL Dm:creun : PAPUS CHAMUEL Drame-revu amener : Lucien MAUCHEL 5, fille de sauna Rédacteur en chef : PA R[S F.-Ch. BARLE’I‘ Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an. 10 tr. .1. LEJAV — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, _ 12 tr.
RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d'un article. Prière d’adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Manusca1rs. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. GROUPE IIIIEI’EIDAIT D’ÉTUDES ÉSOIEIIIQIIES 1,600 Membres -— 104 Branches et Correspondants — Groupes d'Ètudes fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. PaulSÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE 'jCROIX. —ÉGLISE GNOSTIQUE
Im reproduction des articles inédits publiés par l'lniliation est formellement interdite. à molns d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE ‘ÉRÉATION DU itnmsrnrum‘” Involution des Principes célestes qui viennent constituer les individualités terrestres qui vont créer le christianisme. L’homme possède en lui-même le principe de sa propre ascension.
Qu’il réunisse, par un moyen quelconque, son Esprit immortel à la Vertu céleste qui l’accompagne durant sa vie dans le corps phy sique, et il devient un participant du premier Mys tère, dira Valentin, un saint, dira le catholicisme, un chrestos ou un christos, diront les écoles d’initiation du degré élémentaire, il ne renaitra plus, il partièi pera au « Nirvâna », dirontles Orientaux et les écoles brahmaniques.
Or, ici se cache un piège redoutable qu'il est important de signaler. Toute évolution suppose une ou deux involutions, tout homme qui devient Dieu nécessite un Dieu qui s’est fait homme, comme l’évolution d’un aliment (I) Chapitre extrait des Commentaires sur Pistis Sep/n‘a, par Papus.
‘_ I I. 98 L’INITIATION I FÉVRIER dans l’intestin, nécessite la descente de deux forces d’origine supérieure: le sang et la force nerveuse.
C’est faute de cette remarque du courant de sacri— fice et d’amour qui précède la voie rude de l’initiation et de l’évolution de l’âme humaine que les initiations naturalistes d’0rient ont conduit beaucoup de leurs adeptes à croire que «l’état de Christ » était un plan d’existence psychique que tout homme pouvait at teindre, et qui ne nécessitait pas l’effort constant du Principe céleste,Christ, seul capable, par son involu tion, de ramener à lui les âmes évoluées.
De même que la comète, véritable globule san guin de l’Omnivers, comme dirait Michel de Figa nières, vient à certaines périodes, redonner la vie des centres supérieurs aux familles solaires, de même, outre le courant constant d’involution divine et d’évo lution des âmes humaines, il faut, àcertaines époques, une grande descente Divine, suivie d’une grande montée d’âmes, pour donner à Dieu l’occasion de manifester son Amour absolu en devançant le temps de la Réintégration de l’Humanité totale.
Ne pas voir l’existence comme individualité céleste de la Vierge de Lumière, du Christ et des autres Prin cipes, c’est s’arrêter en route, stationner dans ce plan mental qui conduit au panthéisme matérialiste; mais fermer volontairement les yeux sur l’existence du plan céleste que les vertus du cœur, l’amour et la prière atteignent bien plus rapidement que les forces men tales, la critique et le raisonnement. Avoir uni l’amour céleste, manifesté par la Grâce et la Rédemption à l’amour de l’homme pour le ciel,
I 897j CRÉATION ou CHRISTIANISME 99 manifesté par la Prière et le Sacrifice, c’est là tout le secret de la puissance des Chrétiens. des blancs, illu minés par le Christ, et qui sont appelés à régir la Terre entière, le jour où ils remplaceront la loi de Violence par la loi de Tolérance et d’Amour (J). Valentin va nous décrire la descente des Principes célestes qui viennent préparer le salut de la Race blanche en constituant le Christianisme.
C’est là tout un chapitre de cette Histoire secrète du Sauveur, ré servée, dans les premiers siècles, aux initiations les ' plus élevées.
Incarnation de Jésus « Après cela il arriva donc que, par l‘ordre du pre « mier Mystère, je regardai de nouveau en bas vers le monde de l’humanité ; je trouvai Marie, celle que l’on nomme ma mère selon le corps matériel ; je lui parlai aussi sous la figure de Gabriel et, lorsqu’elle se fut tournée en haut vers moi, je jetai en elle la « première rerlu que j’avais reçue des mains de Bar « bilô, c’est-à-dire le corps que j’ai porté en Haut, et « au lieu de l’âme (2)je jetai en elle la vertu quej’avais « reçue de la main du grand Sabaoth le bon, celui « qui existe dans le lieu de droite (p. 7 de la traduc tion.d’Amélineau). k Q à à (1) Voyez à ce sujet les beaux articles d'Amo, dans l'1nitia lion et les autres journaux spiritualistes. (2) Ainsi, contrairement à la constitution habituelle des êtres humains, tous les Principes devant constituerla personnalité du Christ viennent du plan céleste. Dans l’homme ordinaire, la Vertu céleste (qui ne s’incarne pas) vient seule de ce plan.
100 L'INITIATION La Vierge Marie C’est de la Vierge de Lumière qu’est issue Marie, la mère de Jésus.
« Toi aussi, 6 Marie, toi qui as pris forme dans « Barbilô, selon la matière, et tu as pris une ressem « blance avec la Vierge de la lumière, selon la lumière « toi et l’autre Mariela bienheureuse, les ténèbres ont « existé à cause de toi et encore de toi est sorti le « corps hylique où j’habite et que j’ai purifié » (p. 60) Jésus en tant qu’homme vit jusqu’à l’âge de douze ans de la vie terrestre.
C’est seulement à cet âge que sa vertu divine prend réellement possession de son être physique. Les adeptes des écoles d‘initiation natu— ralistes verront là l’union des principes inférieurs et des principes supérieurs de l’homme pour constituer le Christ.
On dirait que le docteur gnostique a prévu, à travers les siècles, l’erreur à éviter dans ce cas; car il prend soin de décrire avec grands détails I‘involu tion, la descente, de chacun des principes célestes qui va se matérialiser pour constituer un être terrestre. Incarnation de l’Esprit de Jésus .
Marie donc prit la parole, elle dit: u Mon Seigneur quant à la parole que ta vertu a prophétisée par Da_ « vid, à savoir: La pitié et la vérité se sont reñconé «' trées, la justice et la paix se sont baisées, la vérité 3. « fleuri sur la terre et la justice a regardé du haut du 7 «' ciel; ta vertu a prophétisé cette parole autrefois à « ton sujet. ’ ' â
CRÉATION DU cnmsrmmsme rot A A A A A p. :1“ 2 ’2 2 « Lorsque tu étais petit, avant que 1’Esprit fût descendu sur toi, alors que tu te trouvais dans une vigne avec Joseph, l’Esprit est descendu des Hau teurs, il est venu à moi dans ma maison, te ressem— blant, et comme je ne le connaissais pas et que je pensais que c’était toi, il m’a dit: Où est Jésus mon frère afin que je le rencontre ? » Et, lorsqu‘il m’eut dit cela, je fus dans l’embarras, et je pensais que c’était un fantôme pour m‘éprouver : je le pris, je l’attachai au pied du lit qui était dans ma maison, jusqu’à ce que je fusse allée vous trouver dans le champ, toi et Joseph et que je vous eusse trouvé dans la vigne, Joseph était occupé à mettre la vigne en échalas.
Il arriva donc que, m’ayant entendu dire cette chose à Joseph, tu compris la chose, tu te ré— jouis et tu dis : « Où {est-il que je le voie? Non, je l’attends en ce lieu. » Et il arriva que Joseph l’ayant entendu dire ces paroles, fut dans le trouble, et nous allâmes ensemble, nous entrâmes dans la maison, nous trouvâmes l’Esprit attaché au lit, et nous le regardâmes avec lui, nous trouvâmes que tu lui res semblais.
Et celui qui était attaché au lit se délia, il t’embrassa, il te baisa et toi aussi tu le baisas, yous ne devintes qu‘une seule et même personne.
« Voilà donc la chose et son explication: la pitié, c’est l’Esprit qui est venu des Hauteurs par le pre mier mystère afin qu’il prit pitié du genre humain, il a envoyé son Esprit pour pardonner les péchés du monde entier afin que les hommes reçussent le mys tères, qu’ils héritassent le royaume de lumière. La vérité aussi, c’est la vertu qui a habité en moi, ve'
l 02 L’INITIATION "“"ÆI nue de Barbilô: elle est devenue ton corps hylique et elle a fait le héraut sous le lieu de la Vérité. La Justice, c’est ton Esprit qui a amené tous les mys tères d’En Haut, afin de les donner au genre hu main.
La paix aussi, c’est la vertu qui a habité en ton corps hylique selon le monde, ce corps quia baptisé le genre humain, afin de le rendre étranger au péché et de le rendre en paix avec ton Esprit, afin qu’ils soient en paix, avec les émanations de la lumière, c’est—àdire afin que la justice et la paix se baisent.
Et selon ce qui a été dit: la vérité a fleuri sur terre; la vérité, c’est ton corps hylique qui a poussé en moi dans la terre des hommes, qui a fait le héraut sous lelieu de la vérité; etencore selon ce qui a été dit: La justice à fleuri hors du Ciel; la justice, c’est la vertu qui a regardé du Ciel, celle qui donnera les mystères de lumière au genre hu-. main et les hommes deviendront justes, ils seront bons, il hériteront le royaume de lumière (p. 62‘ et suiv) Les Douze Apôtres De même que l’âme du Christ et de Marie, les âmes des douze Apôtres ne viennent pas du monde des Archons, mais bien du plan céleste ainsi que nous l’affirment les extraits suivants : (( (( (( k « Réjouissez-vous donc, soyez dans l’allégresse, car lorsque je suis venu vers le monde dès le commen cement j’ai amené avec moi douze Puissances, ainsi - que je vous l’ai dit dès le commencement; je les ai reçues de la main des douze Sauveurs du trésor
CRÉATION DU CHRISTIANISME 103 2 2 (( (( (( (( de lumière, selon l’ordre du premier mystère ces puissances donc je les ai jetées dans le sein de vos mères dès mon arrivée dans le monde et ce sont elles qui sont maintenant dans vos corps.
« Et les douze vertus des douze Sauveurs du trésor de lumière que j’avais reçues des mains des douze Décans du milieu je les jetai dans la sphère des Ar chons et les Décans desArchons avec leurs Liturges pensaient que c’étaient des âmes des archons,\et les Liturges les amenèrent; je les attachai dans le corps de vos mères et lorsque votre temps eût été accom— pli on vous mit au monde sans que vous eussiez en vous des âmes des Archons. » RÔLE DES APÔTRES « En vérité, en vérité, je vous le dis : Je vous ren drai parfaits en tous les plérômes, depuis les mys— tères de l’intérieur jusqu’aux mystères de l’exté rieur, je vous remplirai de l’Esprit, de sorte qu’on vous appellera Pneumatiques parfaits de tous les Plérômes ; et en vérité, en vérité, je vous le dis, je vous donnerai tous les mystères de tous les cieux de mon Père et de tous les lieux des premiers mys— tères, afin que celui que vous introduireg sur terre on l’introduise dans la lumière d’En Haut et que celui que vous rejettent sur la terre on le rejette dans le royaume de mon Père qui est dans les Cieux (p. 32). » Ainsi, Valentin le docteur gnostique, auteur de Pistz’s Sophz’a, est formel. »n«..»—.-mW.“ .-..._. Toutes les manifestations terrestres qui ont présidé ..... .. «ne....._. .._..‘\__._.t..-... ._. . . .,.. .- .. . \
r04. L'INITIATION à la naissance du Christianisme sont desPersonnes du plan céleste. —— C’est par une sublime involution divine que l’évolution des âmes est rendue possible.
Voilà le caractère élevé et particulier du Christia nisme, l’origine de ses mystèresles plus profonds. — Chaque race humaine peut être l’objet d’un messia— nisme spécial ; mais à chaque nouveau messianisme la race nouvelle se présente sur un plan plus élevé de la spirale évolutive. —- La race blanche est celle qui a appelé la dernière manifestation divine ; n”est il pas juste, d’après les lois mêmes de l’évolution dans le temps et dans l’espace, que cette manifes— tation ait été plus élevée que les précédentes et qu’elle ait, par suite, nécessité une involution d’ordre également plus élevé?
Nous livrons la méditation de ces idées à ceux qui savent réellement ce qu’est la méthode analogique et les lois mystérieuses qu’elle traduit. PAPUS. Æ’ärt d’allier (Suite et fin) Ceux qui l’entourent ou qui l’approchent ressen— tent cette idée. quiles choque désagréablement, parce que la pensée est perçue par un sens encore innommé.
Dans l’exercice de ce sens gît le mystère des « im— pressions » favorables ou défavorables qu’on perçoit sur les gens à première vue. De l'être réel émane sans - cesse un courant mental qui influe sympathiquement
L‘ART D’OUBLIER 105 r =w ou antipathiquement surles autres selon son intensité et suivant l’acuité de leur sens percepteur. On est affecté de la même manière par la pensée des autres, qu’ils soient près ou loin. Et c’est ainsi que nous par lons aux autres, quand notre langue est muette, que nous nous rendons sympathiques ou antipathiques tout en demeurant confinés dans l’intimité de notre chambre.
Un monomane devient bientôt un martyr, ou s’imagine l’être. Le martyre n’est en aucun cas une nécessité absolue, sauf dans le cas d’ignorance, car c‘est l’ignorance qui crée la nécessité. Le martyre im« plique toujours un défaut de jugement et de tact dans la présentation au monde d’un principe nouveau.
Qu’on analyse le martyr, et on trouvera chez lui la détermination d’inculquer de force aux gens une idée quelconque sous une forme offensive et de ’ combativité. Des gens d’une grande habileté, à force de rester confinés dans leur idée dominante, ont fini par être entraînés par elle. L’antagonisme qu’ils ren contraient chez les autres était d'abord dans leur propre imagination.
« Je ne suis pas venu apporter la paix, a dit le Christ, mais la guerre. » Mais maintenant le temps est venu dans l’histoire du monde de remettre le glaive au fourreau. Pourtant maintes bonnes gens prennent inconsciemment le glaive pour inculquer les idées qu’ils croient les meil— leures. Il y a le glaive spirituel du réformateur gran deur, le glaive du mépris envers ceux qui n’adop tent pas vos habitudes. Toute pensée discordante est un glaive qui appelle le glaive contre vous. Toute
I06 L'INITIATION pensée émise est aussitôt contrebalancée par une pen sée analogue, mais contraire.
Le futur royaume de paix sera construit en harmonisant les oppositions, en réconciliant les ennemis, en dévoilant aux hommes le bien plutôt que le mal qu’ils ont en eux, en décou rageant les commérages et les médisançes par des conversations plus profitables et plus agréables, et en prouvant par des exemples qu’il existe des lois géné— ralement méconnues qui procurent richesse, bon heur et fortune, sans nuire aucunement au prochain.
Son défenseur donnera aux souffrants l’aumône de son amical sourire, et les plus malades sont toujours les plus grands pécheurs. La créature, homme ou femme, la plus antipathique, la plus hypocrite, la plus venimeuse, a besoin de votre pitié et du secours de tous, car, en émettant des pensées mauvaises, elle s’attire en même temps du chagrin et de la douleur.
Celui qui nourrit de mauvais sentiments à l’égard d’une personne dont il a reçu une insulte, ou éprouvé une injustice ou un dommage, et qui les garde en soi pendant des heures et même des journées entières, finit par s’en fatiguer et pourtant ne peut plus les chas ser. Ces pensées l’ennuient, le fatiguent et l'affaiblis— sent, et il ne peut pas s’empêcher de les ressasser. Ils fatiguent l‘esprit ; et ce qui fatigue l’esprit fatigue aussi le corps.
Ceci provient de ce qu’on a attiré sur soi la pensée hostile de l’autre personne. Elle pense de vous ce que vous‘pensez d’elle, et vous envoie une vague de pen sée hostile. C’est ainsi que l’un et l’autre vous donnez et recevez les coups d’une force invisible. Et, si cette
L’ART D‘OUBLIER 107 guerre silencieuse se prolonge pendant plusieurs se maines, les deux adversaires s’en ressentent. Cette lutte de volontés et de forces opposées a lieu tout au tour de,nous. L’air en est rempli. Donc, s’efforcer d’oublier ses ennemis, ou ne diri ger vers eux que des pensées de paix, est un acte pro tecteur tout comme étendre la main pour parer un coup.
La persistance d’une pensée bienveillante dé— tourne les mauvaises intentions, et les rend inof fensives. L’injonction du Christ de faire du bien à nos ennemis est basée sur une loi naturelle. Cela indiqueque la bienveillance l‘emporte sur la malveil lance et qu’elle en détourne et détruit les mauvais effets.
Demandez l’oubli, lorsque vous ne pouvez vous empêcher de songer à une personne ou à une chose qui vous cause du chagrin, du tourment ou de la co lère. Car la demande est un acte de l’esprit qui met en mouvement des forces qui produiront le résultat désiré. La demande estlabase scientifique de la prière. Ne_suppliez point.
Demandez avec persistance votre part de force dans les éléments environnants, par quoi vous pourrez régler votre imagination comme vous l’entendez. Nulles limites à la puissance acquise par la culture de la faculté pensante. Elle peut nous préserver de la ‘ douleur causée parle chagrin, par la perte de la for tune, par celle de nos amis,- ou par les Situations pénibles de l’existence.
Cette faculté est l’élément même, l’attitude d’esprit la plus propre*à acquérir des amis et des biens. Un esprit puissant chasse loin de
108 L'INITIATION lüi les pensées fastidieuses, fatigantes ou pénibles, les oublie, et s’intéresse à autre chose. Une intelligence débile demeure dans des pensées énervantcs et affai— blissantes et devient leur esclave. Quand on redoute un malheur (qui peut-être n’adviendra jamais), le corps s’affaiblit, l’énergie est paralysée.
Mais on peut, par une demande constante, déterminer en soi une faculté qui chassera toute crainte, tout misérable état d’esprit. Cette faculté est le chemin suprême du succès. Sachez la demander, et elle croitra de jour en jour, jusqu’à ce qu’enfin vous ne connaissiez plus la peur. Un homme ou une femme intrépide peut accomplir des prodiges. Que nul n’ait acquis cette faculté, cela n’est pas une raison pour qu’on ne puisse pas l’acquérir.
Chaque jour se révèlent dans le monde des choses nouvelles et merveilleuses. Celui qui eût affirmé il y a trente ans qu’une voix humaine pourrait se faire entendre de New-York à Philadelphie, eut passé pour un fou. Aujourd’hui la merveille du téléphone passe ina perçue. Les'facultés non reconnues encore de notre esprit laissent loin derrière elles le téléphone.
Hommes et femmes, en cultivant et en utilisant cette faculté, accompliraient des prodiges que la fiction n’a pas osé ou bien n’ose pas encore révéler au monde. LA GÉNÉRATION DES PENSÉES Ainsi que la combinaison d’éléments chimiques produit des substances nouvelles, de même dela com binaison des substances pensantes qui émanent des
L’ART D'OUBLIER 109 différents esprits et se mêlent dans l’espace, naissent des pensées nouvelles. , Le caractère et la qualité de votre pensée sont in— fluencés, et plus ou moins changés par tous les gens avec lesquels vous entrez en relation, selon que leur pensée se rencontre avec la vôtre et produit une com binaison nouvelle.
Vous êtes, jusqu'à un certain point, pour avoir conversé hier avec A, une personne autre que si vous vous étiez entretenu avec B. Vous avez enté sur vous un reflet de la nature de A.
Si vous fréquentez les êtres inférieurs dégradés, les pensées qui naîtront en vous de votre commerce avec les Ieurs,seront, malgré vos efforts et vos aspirations, entraînées en bas par leur grossièreté : c’est ainsi que «les mauvaises fréquentations corrompent les bonnes mœurs ». Si, au contraire. vos compagnons sont raffinés, purs, nobles, élevés, la pensée qui naît de votre commerce avec eux est élevée, pure, noble et puissante.
La fréquentation des êtres inférieurs et impurs amoindrit la puissance de la pensée. Ce qui affaiblit l’intelligence affaiblit le corps et amoindrit la faculté que possède la pensée d’œuvrer loin du corps. S’il y a fréquentation constante d’un esprit géné reux et noble et d’un autre esprit bas, ignoble, étroit et vil, la force de l'esprit supérieur peut s’épuiser à soutenir l’inférieur.
Des milliers de belles natures sont, de nos jours, malades physiquement, parce que leur esprit est oppressé par ies pensées viles, étroites et grossières de ceux qui les entourent. Une pensée nouvelle communique de la force au
i 10 L’INITIATION corps comme à l’esprit. C’est pourquoi les intelli gences réellement actives, tels Victor Hugo, Glads tome, Beecher, Bright, Bismarck, Ericcson et d’autres, vivent longtemps. Il est vrai qu’il existe certains êtres de vie et d’intelligence momifiées qui vivent de longues années, mais qui jouissent peu, et n’accomplissent rien.
Dans l’avenir, la connaissance approfondie des lois de la pensée (cette grande force silencieuse de la nature) mettra l’esprit à même d’utiliser son corps avec une pleine et toujours croissante conscience de ses facultés mentales et physiques. Le corps de certaines gens dépérit et perd sa vigueur parce qu’ils demeurent toujours dans la même caté— gorie de pensées. La pensée est la nourriture de l’es prit comme le pain est celle du corps.
La vieille pensée est littéralement une vieille substance hors d’usage, qui ne peut pas nourrir convenablement l’esprit. Si l’esprit jeûne, le corps souffre; il devient un fossile semi—animé, ou bien, si l’esprit est assez puissant pour fournir ce qu’exige les tiraillements de sa faim, il souffrira d’un malaise quelconque, ou bien une ma ladie corporelle se déclarera. Il y a de nos jours des milliers de gens souffrants pour ce motif.
Leur esprit est en peine, c’est-à—dire que leur éducation mondaine ou plutôt la partie de leur esprit accoutumée pres que involontairement à se conformer à l’opinion et à la manière de vivre environnantes, résisteà l’intuition et aux aspirations de leur esprit, qu’ils traitent le plus souvent de chimères et de rêves. La pensée nouvelle est un renouvellement de vie. Une nouvelle idée, un nouveau plan, un nouveau
L’ART D’OUBLIER 1 I I projet, nous emplissent d’espérance et de force. L’unique secret de perpétuité de la vie et du bonheur consiste à aller vers ce qui est toujours nouveau, à « oublier le passé et à se diriger d’un pas ferme vers l’avenir ». L’éternité et l’espace infini sont des sources inépuisables et toujours nouvelles. La sénilité provient des continuels regards en arrière et de la vie dans le passé.
On n’a rien de commun avec le personnage qu’on était il y a une année, saufle profit qu’on peut faire grâce à l’expérience acquise. Ce personnage est mort. Le « Moi » d’aujourd’hui est un autre et non vel individu. « Je meurs chaque jour, » s’écrie saint Paul. Il veut dire par là qu’une partie des pensées d’hier est morte aujourd’hui et rejetée comme un vieux vêtement, qu'on remplace par un neuf.
Lorsque notre esprit croît en santé, nous nous dépouillons à jamais d’une portion de notre être à la fin de chaque jour. Cette portion est morte. C’est pour nous une pensée morte, dont nous n’avons plus besoin, et dont nous ne sau rions impunément faire usage. Nous la rejetons comme notre corps élimine chaque jour une certaine quantité de chair morte. Celui qui vit de pensée fraîche voit chaque jour s’élargir devant ses yeux un horizon nouveau.
Quant au bonheur, il ne dépend pas tant des lieux où nous vivons que de l’augmentation en nous de pensée fraîche. C‘est ainsi qu’on peut trouver le bonheur dans un donjon, tandis que d’autres êtres, fermés à toute idée nouvelle, végéteront misérables dans des palais. Nous sommes alors sur la voie d’un af— franchissement, presque absolu, du monde physique.
I I 2 L’INITIATION L’afl'ranchissement, c’est la puissance. Tant que, d’une manière quelconque nous dépendons d’une personne, d’un mets, d’une drogue, d’un stimulant, ou de toute autre chose, nous sommes d'autant les esclaves de cette chose. C’est ainsi que l’aspiration continue d’idées fraîches est la voie qui même hors des prisons de la pauvreté matérielle et spirituelle.
On peut être riche des biens de ce monde, et en même temps assez misérable pour ne savoir point en jouir. On peut, d’autre part, rester longtemps pauvre dans le sens mondain, et être riche spirituel lement. Mais la richesse spirituelle ne demande que ce dont elle peut user et jouir à l’heure présente, et ne thésaurise point dans-les coffres des banques. L’aspiration quotidienne de pensée fraîche apporte de la force fraîche.
Celui en qui elle s’accroît chaque jour dirige avec succès ses entreprises. La force silen cieuse de votre esprit maintient alors fermement son influence sur d’autres esprits qui, consciemment ou non, coopèrent avec vous. Dans les domaines supérieurs de l’esprit demeurent ceux qui sont toujours joyeux, gais, confiants dans le succès et le bonheur futurs. Ils se haussent jusqu’à la _ loi suprême et l’expérimentent.
Pour eux « la foi se transforme en victoire. » Il savent qu’en maintenant l’esprit dans un certain état, qu'en contrôlant convena blement leurs pensées,lebonheur et la force accourront vers eux; parce que la force et le bonheur marchent de pair, de même que le péché, le chagrin et la faiblesse. ils savent aussi que tous leurs projets, s’ils suivent la loi, réussiront. C’est pourquoi, pour eux, la vie, n’est .æ.fi«_,j
L’ART D’OUBLIER r 13 qu’une succession de triomphes. Leur foi en la victoire est aussi grande que la certitude que nous avons que le feu brûle et que l'eau éteint le feu. Nous pouvons, par un ardent et persistant désir, nous élever à cet état d’esprit, et obtenir par là de la force nouvelle et des éléments vitalisateurs.
Nous préparons ce chemin en nous efforçant de chasser toute envie, toute tristesse, toute irritabilité, en un mot toute pensée impure. Et toute pensée nuisible est une pensée impure. Des habitudes invétérées peuvent rendre la tâche difficile dans les premiers temps; mais un effort ou une aspiration constante écartent de plus en plus facilement ces pensées nuisibles.
Toute pen sée impure est une ordure, une malpropreté qui nous empêche de nous élever à un état d’esprit supérieur. Arrivés à ce point, nous percevons les pensées aussi réellement que nous voyons maintenant les pierres, et ceux qui nous entourent nous paraîtront littérale ment couverts de boue -— ou de fleurs.
Un grand poète, un artiste, un écrivain, un général ou tout autre ouvrier dans un département quelconque de la vie, peut devoir une large part de ses succès à sa médiumnité, qui permet à des intelligences invi sibles de se manifester (I). Il peut avoir été plutôt l’instrument que l’artiste. Un homme peut être petit, mesquin, hypocrite, vain, victime de passions désordonnées, et pourtant manifester en même temps les sentiments les plus (r) Conf.
Isaac Lûriah, De}Reuolutionibus animarum, dans la partie qui traite de l’Embryonnat des âmes. Voy. aussi la Lumière d‘Egypte.
I I4 L’INITIATION élevés sous une forme parfaite. Une faible partie de l’intellect de cet homme répondait à ces sentiments, tandis que ses défauts, ses passions et ses vices l’em portaient dans une grande mesure. Sur certains plans, il planeà des hauteurs sublimes; dans la vie ordi naire, ce n’est relativement qu’un homme mesquin. Il y a eu des poètes dont des sentiments, à des mo ments différents, furent presque contradictoires.
Tantôt ils expriment la pureté; tantôt le contraire. Leur vie extérieure fut basse, grossière et vile. Ce sont de telles natures qu’emploient, aux temps convenables, des intelligences supérieures et invisibles pour exprimer leur pensée par leur intermédiaire. C’est une nécessité absolue pour toute intelligence emplie des visions de la, grandeur et de la magnifi cence des puissances vitales, de les manifester. Cette nécessité est une loi de nature.
Ces intelligences sont semblables aux sources comprimées, qui jaillissent fatalement. Ce n’est pas un devoir dans le sens ordi naire du mot; c’est une nécessité. Celui qui est riche en pensée doit l’émettre toutes les fois qu’il en trou vera l’occasion. Il est comme un arbre surchargé de fruits mûrs. Lorsque le fruit est mûr, il faut qu’il se détache de la branche; quand la pensée est mûre, il faut qu’elle se manifeste.
S’il n’y a près de vous per sonne pour l’écouter, il vous faut aller où elle ris quera d’être entendue, et cela pour votre propre sû reté. On ne peut garder entièrement pour soi avec sécurité ni don, ni talent, ni vérité, ni faculté de faire quoi que ce soit. A mesure que l’esprit croit en richesse de pensée,
L’ART D’OUBLIER 1 I5 il devient oppressé par le poids de cette richesse, et cherche en tous sens à la communiquer.
Il peut alors trouver un organisme sensitif sur le plan terrestre de la vie; il peut simplement s’approcher de lui et lui communiquer de sa pensée; ou bien, par une certaine coopération, un certain nombre d’intelligences peu vent librement et volontairement se réunir et se rendre en troupe auprès de l’individu et, pendant un temps, l’environner de leur atmosphère spirituelle. Cette atmosphère agira sur l’individu comme un sti mulant.
Elle s’élève en pensée bien au-dessus de son niveau habituel. Pendant un moment, il voit toutes choses à la lumière d’une vie plus haute et plus pure que celle de tous ceux qui l’entourent.
Dans cet état, un sentiment d’un degré supérieur s’infuse en son intelligence (imagination); en d’autres termes, cette coopération d‘intelligences supérieures leur permet de transformer leur pensée en une substance active, et de la maintenir plus longtemps près de l’organisme sensitif. Celui-ci l’absorbe et ressent son influence puissante. En fait, il est « inspiré » par elle; c’est-à dire qu’il l’aspire.
Elle l’enivre, l’intoxique, car c’est un stimulant, dont l’influence sur l’individu est pro portionnelle à la subtilité de son organisme, à son impressionnabilité et à la puissance de sa faculté réceptive. Cette excitation n’est qu’un autre nom pour désigner « l’influence magnétique ». C’est là le secret de l’attraction qu’une personne exerce sur une autre.
La personne attirée est activement stimulée, tandis qu’elle est près de l’autre, par la pensée absorbée de celle qui attire.
116 L’INITIATION Dans cet état, un poète peut exprimer la pensée qui lui est transmise et infusée, selon son goût ou 'sa prédilection quant au rythme et à l’harmonie; ou bien le poème peut lui être dicté. C’est dans des conditions analogues que des ou vrages entiers furent exécutés, que des inventions furent conçues.
Les artistes et les sculpteurs peuvent avoir de ces inspirations, et la même loi se fait sentir dans le monde des affaires et de la finance. Elle opère à tous les degrés de l’échelle, en haut. en bas. Il n’y a pas de grande œuvre réalisée dans un plan quel conque de vie, pas de grand effort intellectuel ni de grande invention qui émane d’un seul esprit sans aide. Nous sommes les parties d’un tout unique ; nous sommes tous membres d’un même corps.
Nous ne pouvons rien faire sans coopération, et l’individu qui s’imagine agir seul est un simple, un ignorant. Le poète qui a écrit ainsi, sous l’inspiration d’une autre ou de plusieurs autres intelligences, peut laisser un nom célèbre, et pourtant, peut-être ne mérite-t-il pas toute la réputation qu’il a acquise. Ses œuvres sont en grande partie le résultat de la pensée que lui infusèrent une association coopérative d’intelligenc es invisibles.
Elles se déchargèrent de leur pensée sur lui, en par tie pour se soulager elles mêmes. Ainsi soulagées, elles peuvent alors s’élever plus haut, et absorber de nou velles et plus subtiles idées. A mesure que vous com— muniquez à autrui votre pensée actuelle vous en rece vez de nouvelle. En la gardant pour vous, vous empêchez l’absorption de pensée fraîche. Celui qui sert
L’ART D'OUBLIER _ 1 17 d’intermédiaire et de transmetteur aux forces de l’uni vers doit veiller à ce que rien n’obstrue le libre pas sage de la pensée nouvelle qui se manifeste en lui. A l’instant où l’on retient une vérité quelconque, un plan, un projet ou une invention, dans l’idée qu’elle vous appartient exclusivement, on arrête la commu nication. Cette rétention appauvrit dans tous les sens.
En donnant libéralement, on accroît sa richesse, et de l’abondance des biens, on gardera facilement assez pour attirer les aides matériels nécessaires. Le texte « libéralement vousavez reçu, donnezlibéralement, » est basé sur un fait scientifique qui appartient à l’in visible royaume de la pensée. Il y a aujourd’hui sur la terre des esprits réincarnés qui dans une précédente existence, eurent grande renommée dans une carrière quelconque.
Il y a aujourd’hui sur la terre des poètes qui ne jouissent que du dixième de la gloire acquise dans une existence antérieure. .
L’unique raison en est que la source de leur inspi ration en grande partie est tarie; c’est-à—dire que la cohorte des esprits qui, dans son existence précédente, venaient vers eux dans la nécessité de se décharger de la richesse de leurpensée, ne travaillent plus dans cette nécessité, en ce qui concerne la médiumnité des individus réceptifs.
Ces intelligences ressentent encore le besoin de communiquer leur pensée, mais celle qu’elles absorbent maintenant est trop subtile pour qu’un être terrestre puisse la recevoir. Chez certains individus, l’idée est organisée. Ils
1 18 L’INITIATION créent la pensée en même temps qu’ils I’absorbent. Ce sont ceux qui tentent de s’élever vers leur idéal suprême et de vivre dans une très grande variété de vie et d’occupation. Celui qui voit la nécessité de vivre aussi, attire à lui ce qu’il y a de meilleur dans l’univers qu’il puisse s’assimiler. Il absorbe l’esprit de toute part, puis il émet cette même pensée colo rée par son individualité.
Un tel individu est sem blable à un miroir réflecteur teint d’une nuance spé ciale: la lumière qui s’y réfléchit renvoie des rayons de la couleur du miroir. La lumière, c’estl’esprit: et le globe ou réflecteur représente l’individu qui sert d'intermédiaire L’huile des lampes provient t0ute de la même source, et les clartés de chacune d’elles peu vent être diversement colorées selon le globe qui les revêt.
Ainsi, dans une même série d’individus chacun d’eux est alimenté par un même esprit, et pourtant chacun réfléchit la lumière suivant le prisme de son individualité. Nous devenons créateurs en absorbant un esprit quelconque et en lui donnant un cachet original.
Lorsque vous considérez et que vous admirez la méthode d’un acteur ou d’un artiste, vous absorbez de sa pensée, mais vous ne serez pas un simple copiste de son jeu, car sa pensée se combine avec la vôtre. Il se produit une opération chimique active d’éléments invisibles ; il se produit une combinaison de sa pensée et de la vôtre, d’où résulte la forma tion d’un nouvel élément, savoir : votre pensée origi— nale. Plus votre pensée et votre intention seront pures, moins votre projet sera égoïste, et d’autant
L’ART D'OUBLIER I 19 plus grande sera la rapidité de la combinaison, et d’autant plus originale et frappante sera votre pensée_ Telle est la génération des pensées. Les qualités de justice et d’altruisme sont les éléments et les facteurs scientifiques de cette génératiOn. L’esprit d’égoïsme se contente d’emprunter.
Il s’ap— proprie la pensée d’autrui, sans jamais vouloir en reconnaître le légitime auteur et demeure toujours un emprunteur.Mais on ne trouve pas toujours un prêteur à sa portée. Il viendra NÉCESSAIREMENT un temps, dans cette vie ou dans une autre, Où cet esprit sera abandonné à ses propres ressources. C’est alors qu’il se trouvera dans le dénûment. L’habitude qu’il a prise d’emprunter l’aura rendu impuissant.
Il s’apercevra que cette habitude empêche l’assimilation chimique et la génération de l’élément nouveau, ou, en d’autres termes, de l’idée originale ou individuelle— ment réfléchie. Il s’est simplement emparé du bien d’autrui, et l’a fait passer comme sienne.
Ce n’est pas un fabricant, mais seulement un récepteur du travail d’autrui. c Peu importe qu’on absorbe de cette manière, et qu’on présente comme sienne la pensée d’intelligence dont les corps sont visibles ou invisibles. On_ de— meure toujours un simple emprunteur. Et par là on afiaiblit la faculté d’édifier son propre reflet d’indivi— dualité lumineuse.
Si des esprits, trouvant un organisme sensitif, lui communiquent continuellement leur pensée par le désir qu’il a de l‘exprimer, en font leur truchement habituel, parlentou écrivent sans cesse par son in
120 L’INITIATION termédiaire, ils peuvent causer un grand dommage. Peu importe la supériorité ou l'utilité de leur pensée, cette continuelle transmission d'idées à une seule in telligence engendre l’habitude et le désir de rien faire autre chose que dire, écrire ou exécuter continuelle ment la même chose, ce qui amène chez l'individu un développement anormal d’une seule faculté au détri— ment des autres.
L’équilibre d’esprit, l’harmonie des facultés indispensables à l'éclosion de l’originalité sont également produites par la participation à tous les genres de vie, par leur contemplation, aussi bien que par un but pur et altruiste. Il faut vous mêler à toutes les catégories de gens, à tous les genres d’em plois, à toutes les sortes de professions, et sympathi ser avec eux, pour donner à vos conceptions le plus grand cachet d’originalité.
Vous serez alors —- avec un but désintéressé — non un arlequinage de mor ceaux empruntés à tous ceux avec qui vous entrez en relation, mais une mosaïque, dont chaque idée, prise à autrui et greffée sur la vôtre, possède une individua lité propre et définitive. PRENTICE MULFORD.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE It”e tsuédn et les praphéties mademes Les journaux, depuis l’automne dernier, s’occupent beaucoup moins de la voyante parisienne. Le moment est donc favorable pour comparer ses prédictions à celles du grand initié Nostradamus ou des voyants modernes, et pour les apprécier avec impartialité.
Il me semble indispensable de distinguer les faits annoncés par la voyante, et depuis peu accomplis, les faits encore à venir, enfin les faits révélés aussi par d’autres voix prophétiques. Dans un savant rapport, Papus a demandé que les témoignages eux-mêmes concernant la voyante soient soumis à un examen sérieux.
C’est une enquête qui reste à faire et dont je ne veux point m'occuper.Mon travail Sera seulement un commentaire des brochures du loyal G. Méry, et d’une autre intitulée: Une réu nion chez la voyante (chez l’auteur, Paris, 93, rue Cardinet). Tout d‘abord je remarque, parmi les événements prédits qui se sont accomplis: la chute du ministère Bourgeois (G.
Méry, p. 160) et l’apparition du bolide fameux de Madrid (p. 3, lb); les massacres à l’étran ger; des inondations (celles d’octobre et novembre 1896? p. 33, ib.); et, en ce qui concerne la voyante,
I 22 L’INITIATION sa comparution (comme témoin) devant un tribunal, la persécution subie de la part de l’archevêché (p. I 7, ib.). En second lieu, l’Ange a prédit des événements qui sont encore à venir et qu’aucune autre voix prophé tique n’avait annoncés: des entrevues de souverains (p. 10); la mort prochaine de plusieurs d’entre eux (7° fasc., p. 62); la démission de F.
Faure (pp. 10 et 374); des désordres parlementaires (p. 141) ; des attentats (p. 142) ; un fait remarquable à Rouen (p. 34); le départ des Juifs pour,la Judée (p. 34, et brochure citée, p. 3); de nombreuses stigmatisées, beaucoüp d’inspirés et aussi de faux prophètes (p. 4. de la brochure, pp. 380-381 de G.
Méry) ; la reprise de la Lorraine (p. 34) avant des guerres qui vaudront à notre patrie de plus grands succès ; une tentative d’empois’ônnement du roi sauveur (p. 142); un règne malheureux pour le czar actuel (7° fasc.) ; le soulève— ment d’une terre au-dessus de la mer (p. 32)... Une remarque s’impose. L’Esprit énonce une série de faits futurs sans suivre leur ordre chronologique: il ressemble en ceci à Nostradamus.
Certaines de ses expressions rappellent même celles du voyant de Sa lon. Lorsqu’un auditeur cherche à lui faire préciser certaines révélations, il répond souvent qu’il en fera d’autres dès qu‘il le pourra sans danger... Passons maintenant à l’énumération des événe ments prédits, qui déjà ont été annoncés par d’autres voix prophétiques.
A une date que l’Ange n’a pas voulu révéler (mais après la démission de Félix Faure), notre patrie su— bira une invasion :
Mlle COUÉDON ET LES PROPHÉTIES MODERNES 123 La guerre se déclarer lLa France... châtiéel La France... humiliée ! La France... abaissée l La France... injuriée! La France... outragée ! La France... dépeupléel La France violée, morcelée! Oh! comme il faut prier l La France à l’étranger pourrait être achetée ! Mais elle sera garée par qui vous connaissez. (Brochure citée).
Quantité de prophéties annoncent une nouvelle in vasion de la France avant les succès inespérés qui lui sont réservés. Le bon curé d’Ars a révélé que nos sol dats se . battront avec héroïsme et que les ennemis perdront bien plus qu’ils ne nous ont enlevé. D’après l’abbé Souffrant, la colère qu’excitera l’invasion amè nera la guerre civile et la guerre sociale (1).
Le secret de Mélanie dit que les prières et les pénitences des catho liques leur obtiendront un triomphe miraculeux (2). Comme l’envahisseur doit à son tour être puni, ce n’est point du tout décourager nos soldats que d’an noncer une invasion qui finira si mal pour nos enne— o IRIS. Un souverain qui de sang a rêvé, qui n’a pas ses coudées, Dont le bras est gêné, il eût voulu la France sous son 7 [p1ed. Ce n’est qu’un orgueilleux rempli de vanité.
Il ne va pas rester. Dieu va le retirer. Or des prédictions d’origine étrangère parlent de même des ennemis de la France. Le prophète de Leh— nin annonce la fin des Hohenzollern : (I) Curicque, Voixprophétiques, t. II. Palmé, in-12, I872. (a) Abbé Combe, le Secret de la Salette; chez l‘auteur, curé de Diou (Allier), et Paris, Delhomme et Briguet. ‘. - «Av—«......
124 L’INITIATION Tandem sceptra gerit qui stemmalis ultimus erit(1). Paris, la cité de vanité et de volupté, est maintes fois menacé: Je vois le sang couler, La Seine en est teintée... (Brochure citée).
C’est ainsi qu’Olivarius a prédit : « Dans Lutetia, la Seine rougie par sang, suitede combats à outrance, étendra son lit par ruine etmortaliré » ; — et que le voyant d’Orval a clamé : « la place du crime est purgée par le feu ; le grand ruisseau a éconduit, toutes rouges de sang, ses eaux à la mer. » L’Ange dit en core: Paris ville lumière, Paris où vous fêtez, Paris tant recherché, ne va plus exister; Paris sera brûlé, mais pas de tous côtés... (Brochure citée, p. 5, et G.
Méry, p. 33). Comme àSodome,commeà Gomorrhe il vous est réservé. Une pluie de soufre va tomber, v0us serez suffoqués. Or, là où vous serez, il vous faudra rester, Ne pas vous retourner..... Des monuments, de vos hôtels princiers, il ne va rien res [ter. Ces maisons de plaisir où vont les débauchés, Où Satan a régné, ne vont plus exister. Les pierres en poussière, les maisons écroulées: L‘arc, la tour de fer, vont être renversés. (Brochure citée).
Déjà la ruine de la cité de vanité a été annoncée (1) Lire : Hermann et les Hohenzollem, par M. l‘abbé Du— max ; Lille, Desclée et de Brouwer, 1891, in-8. — J'aurai peut— être à reparler de cet ouvrage. r ' ' W" 7' r—r .— n, .pæ..»,....,,..,,_,_ _, l "
M“° COUÉDON ET LES PROPHÉTIES MODERNES I25 -waz=-r—f— -.1r r * MWNM‘** «w.,._ ..\,._W.____.fln.._ ...- _ par Isaïe, l’Apocalypse, Saint Thomas, Jérôme Botin, le B. Labre, le P.
Ricci, le voyant d’Orval, Berguille, Mélanie, le curé d’Ars,Mgr de Hohenlohe, Marie La taste, Aune Emmerich, le voyant de Prémol, la reli gieuse de Belley, Olivarius, l’abbé Matlay, Marie des Terreaux, Palma, etc. La religieuse de Lyelbe dit que les bêtes elles-mêmes n’en approcheront plus. ME“ de Hohenlohe, vers 1830, annonçait qu’un jour Paris serait enseveli sous une pluie de soufre et que Dieu voudrait d'un grand mal tirer un grand bien.
L’abbé Souffrant a dit que la chanrue ypassera; le P. Nec tou, que les pèresdiront à leurs enfants : « Mon fils, il y avait là une grande ville que Dieu a détruite à cause de ses crimes. » Berguille, vers I875, annonça le martyre d’un archevêque de Paris, comme une voyante anonyme en ISIg, et la prophétie de Gre noble en 1853 (I).
« La grande prostituée, dit Ma rianne Galtier, sera détruite parle feu: L’ange du Seigneur avertira les justes de Paris. Personne ne saura d’où est venu le feu. Tous les mauvais péri ront... » De même Nostradamus (X, 49): Jardin du monde auprès de cité neuve, Dans le chemin de montagnes cave’es Sera saisi et plongé dans la cuve, Beuvant par force eaux sonlphre rnvenimécs.
« Mais ils diront, prédit la religieuse de Lyelbe: « Il)" avait des souterrains dans Paris (2) et lefeu s’y est mis ; et ils s’endurciront. La seconde ville du (I) A. Peladaq, Dernier Mot des Prophéties, in-r 2, I881. (2) Montagnes cavées. La charrue y passera (voir Centu rzes : II, 91, présages Lui, xxvm. ..-«m
1 2 6 L’INITIATION royaume sera frappée, et ils ne croiront point encore. Une troisième sera frappée, et ils commenceront à crier merci. » (Chabauty : Lettres sur les prophé—' tz'es, Poitiers, Oudin, 1871, p. 75). Je ne sais si c’est après cet incendie de Paris qu’il faut placer une restauration peu solide dont profite rait le duc d’0rléans : Celui qui va se marier, Ceux qui vont l’élever, Et qui sont enjuivés, Vont eux-mêmes le retirer (G.
Méry, p. 379). La prophétie (remaniée ?) d’Olivarius semble indi quer des compétitions dynastiques « Mais les der niers rameaux du vieux sang seront encore menacés ains guerroyeront entre eux. » Le prophète d'Orval dit aussi: « Le vieux sang des siècles terminera en core de longues divisions. » Le faux Sauveur, d‘après l’Ange, sera frappé s’il s’empare du pouvoir (G. Méry, . p. 142).
Nostradamus dit de même (w, 14): La mort subite du premier personnage Aura changé et mis un autre en scène, Tost, tard venu à si haut et bas âge Que terre et mer faudra qu’on le craigne. C’est encore au hasard que je vais classer les faits qui suivent: La peste, la lèpre, le sang empoisonné Et les dix plaies d’Egypte seront comme doublées. Les ulcères vont ronger, les médecins occupés, Un mal inconnu... Il ne sauront soigner. (Brochure citée. p. 5).
m“° couénou ET LES paoene’rnæs MODERNES 127 Marie Stiefel a prédit qu’une peste asiatique rava gerait toute I’Europe, et le P. Léon, qu’elle étonne rait par son peu de durée comme par le nombre et le choix de ses victimes (Dernier Mot des prophéties, II, 62). Marie-Julie, l’extatique de La Fraudais, a prédit une peste de quarante ou cinquante jours qui attein dra jusqu’aux plantes (Annales du surnaturel, de feu A. Peladan, 1885, p. 38).
Comparez N ostradam us : rv. 30. Après faim, peste, découvert le secret. 1x. 55. L’horrible guerre qu‘en Occident s’appreste. L’an ensuivant viendra la pestilence, Si fort horrible que jeune, vieux, ne beste... Sang, fer, Mercure, Mars, Jupiter en France(1). 111. 84. La grand’ cité sera bien désolée: Des habitans un seul n’y demeurera. Murs, sexe, temple et vierge violée. Par feu,fer, peste, canon, peuple mourra. La famine est prédite par l’Ange.
Elle l’a été déjà par une extatique (Ann. dusurnaturel, 1884,. p. 310), par le compilateur Jean de Vatiguerro, les voyants de Prémol, Belley et Blois, le prophète rémois (De Ste nay, grand Phare; Lille, Boisleux, 188x) ; celui de Lusa (Collin La Herte: La Vengeance divine), par Anne de la Foi (id., Le Phare prophétique), etc., sans parler de Nostradamus (1V, 30; 1, 67; 1, 16; u, 6; 11, 62; 1, 55). (1) Trois partis, mentionnés par des prophéties allemandes et françaises : Tricaste tiendra l’Annibalique ire (Centu ries, II, 93). w—1,‘ __.». M ......a . . \..m._.w_
128 L’INITIATION IFÉVRIËR L’Ange dit encore: 1 Une étoile va briller, l’étoile des bergers, Celle qui a conduit les mages, vous savez, Pour adorer Jésus dans la crèche couché: 'Elle va nous guider au moment des dangers. (Brochure citée.) Dès 1830, M8” de Hohenlohe prophétisa qu'une comète avertirait de fuir la capitale maudite (De Ste— nay: Le grandphare: 1881).
Vers 1872, M. le curé de Malétable prédit qu’une guerre recommencerait quand un astre aurait disparu au nord de la France. Nostradamus désigne-il cette comète‘ ou bien une autre, dans les vers suivants : v. 59. 1v. 67. n. 41. Au chef anglais à Nismes trop séjour (P?) Devers l’Espagne au secours Aenobarbe. Beaucoup mourront par Mars ouvert ce jour, Quand en Artois saillir estoile en barbe.
Lorsque Saturne et Mars égaux combust (È?) L’air fort séché longue t,rajectionz Par feu secret d'ardeur grand lieu adust. Feu, pluye, vent chaud, guerres, incursions. Après grand troche (I) humain plus grand s'ap [prête Le grand moteur les siècles renouvelle : Pluye, sang, laict, famine, feu etpeste, Au ciel veu feu, comme longue estincelle.
Mabus (?) plutost alors mourra, viendra De gens et bestes une horrible défaite, Puis tout à coup la vengeance on verra, , Sang, main, faim, soif, quand courra la comète. Des massacres sont annoncés: Ces gens que vous détestez, Les riches, les enjuivés, (l) Massacre. n-fl‘0v»» —")"»—
1897] M119 COUÉDON ET LES PROPHÉTIES MODERNES 129 J’en vois de massacrés, Et de ceux qui se sont moqués. Le clergé sera décimé. (G. Méry, pp. 374 et 3). Le secret de la Salette dit qu’on se massacrera jusque dans les maisons. Une religieuse a annoncé que les riches seraientmassacrés avant les prêtres (Dent. motdes proph., l, 73).
Une extatique a prédit le meurtre de plusieurs évêques, de l’archevêque de Paris, d’un grand nombre de ministres du Seigneur (Ann. du surnaturel, 1884, p. 312). Les, massacres de prêtres sont prophétisés par de vieilles prédictions . allemandes, par la religieuse de Blois, Berguille, José phine Lamarine, Palma, Rosa Colomba, la prophétie - de Grenoble (Chabauty: Lettres sur les prophéties). L’Ange a comparé cette crise au jugement dernier: le P.
Nectoux, Marie des Terreaux et la religieuse de Blois ont employé la même expression. Le prophète' de Salon s’est écrié: ‘ Vé, vé au clerc, ruine et doléance I (VIII, 96).
Trois jours d’épaisses ténèbres ont été annoncées : ces ténèbres permettront d’échapper à de nouveaux massacres: De ténèbres épaisses la terre enveloppée, Les becs que vous savez ne pourront éclairer; Rien, sauf les cierges bénits, il est temps d’y songer, Pendant trois jours entiers, rien ne peut s’allume r, C’est le règne de Satan... (Brochure citée). Ces ténèbres que le feu ne peut dissiper furent une des plaies d’Égypte. Le 19 mai 1780, d’épaisses té nèbres couvrnent une partie de l’Amérique du Nord. 5
I 30 L’INITIATION r:.n--l" Elles avaient sans doute été produites par les cendres des volcans de l’Islande. Le législateur Abraham Da venport, ne voulant point que la séance du conseil du Connecticut fût levée, s’écria: « Si c’est le jour du jugement dernier, eh bien! qu’il nous trouve tous à notre poste, faisant notre devoir !
Je demande qu’on apporte. des chandelles! » —— Plus récemment, en 1889, des ténèbres auraient envahi le quartier de l’évêché dans la ville de Nantes (I).
Les troisjours de ténèbres surnaturelles ont été pré dits par une religieuse trappistine de N .-D. des Gardes en 1816, par Joséphine Lamarine, Marie des Ter reaux, Canori-Mora, Anna-Maria Taïgi, le secret de la Salette, Palma, Berguille, Marie—Julie (l’extatique de la Fraudais ou de Blayn),Joséphine Reverdy (l’ex tatique de Boulleret), la religieuse de Blois, la reli gieuse de Bçlley et aussi le curé d’Ars (Voir Dern. mot des proph. — Curicque —- abbé Olive, à Cette: Lettre (mensuelle) ou revue de N.-D. des sept Dou leurs).
Les voyants ont fait savoir que ces ténèbres arriveraient après les massacres, et seraient pestilen lz'elles. Et quel sera l’état de l’univers à la suite de ces effroyables catastrophes ? L’Ange nous dit briève ment: « La terre dépeuple’e, réduite de moitié. » (Brochure citée). (I) A. Peladan: Annales du surnat. Ce fait se produisit après l’apparition d’un bolide, comme à Madrid : il n’est donc pas surnaturel.
Mile COUÉDON ET LES PROPHÉTIES MODERNES 13t « Tout à coup, selon le secret de la Salette, les per sécuteurs de l’Église et tous les hommes adonnés au péché périront, et la terre deviendra comme un dé— sert. » — Une extatique a dit que la récolte man quera; mais qu’il mourra tant de monde qu’elle suf fira pour ceux qui resteront. (Annales du surnat., 1884, p; 311).
La voyante de Boulieret dit aussi qu’une partie de la terre sera toute déserte (abbé Olive: Les châti— ments, Cette, 0.50). Dominique Prati a prédit que les hommes n’auront jamais vu pareil fléau; et le vieux compilateur Jean de Vatiguerro, que depuis le com— mencement du monde, on n’a point entendu parler d’une crise semblable (xnr° siècle).
Hélène Wallraff aurait annoncé la disparition d‘un tiers des hommes; Marie—Julie, sœur Marie de Jésus crucifié, ont porté cette proportion aux trois quarts (1). Après cette dépopulation effroyable, causée, selon les extatiques, par le déchaînementdes démons, se fera la conversion de la plupart des incroyants, et une ré novation religieuse transformera l’univers. Les saisons ne seront plus bouleversées, annonce la voyante parisienne (2).
L’Ange a fait savoir que le pape sera validé. Cette expression se rapporte à un futur schisme, qu’amèneront les prétentions d’un prince puissant. D’après les vieilles prédictions du Liber mirabilis (pu (1) Curicque: Voix proph. — Sœur Marie de Jésus. Pau, Bergerot. — Peladan : Dernier Mot des prophéties. (2) Santé, grands fruits, joye et temps mellifiques (Nostra damus: Centuries, x, 89). - *
I 32 L’INITIATION blié en 1522) le vrai pape ne sera obéi que des deux douzièmes des catholiques (1). Bernard de Bustis, Jé— rômeBotin, S. Cyrille, le voyant de Prémol, Madeleine Porsat, le P. Raynaudi, S. Vincent Ferrier, ont parlé de ce schisme, que Nostradamus révèle en ces termes: Onc aux sacristes n'advint si piteuxscisme (w, 40).
Par chapeaux rouges querelles et nouveaux scismes Quand on aura esleu le Sabinois : On produira contre _lui grands sophismes, Et sera Rome lésée parAlbanois (v, 46). Des prophéties annoncent un interrègne de vingt cinq mois, puis le retour à Rome du pape légitime, ramené par un monarque victorieux (Marie Stiefel, proph. augustiniennes, Prémol, proph.
Emilienne, proph. du roi des lis, une extatique citée dans les Annales du surnat., 1884, p. 312). — Il est fort ad missible que Léon XIII verra le commencement des grands événements prédits. Mais je ne puis affirmer si l’interrègne aura lieu immédiatement à la mort de Léon XIII. L’Ange a dit d’un futur pape: Il est un déchansse’, qui n’est pas étranger. La bure il a portée, et ne l‘a pas quittée. Il ne sera pas enfermé Et pourra voyager.
Je ne puis affirmer non plus s’il désigne le succes seur immédiat de Léon XIII (Ignis ardens, feu ardent de S. Malachie, le pape séraphique dont parle sœur (1)Chauflardz LaRéyolution,Avignon, Aubanel, 1893, in-1 2, pp. 222-238. "w saur
MIle COUÉDON ET LES PROPHÉTIES MODERNES :33 Marie de Jésus crucifié), ou bien un pape futur, qui apparaîtrait après le court pontificat de Religio depo pulata, dont la même religieuse a dit qu’il n’y aurait aucune douleur comparable à la sienne. Le troisième successeur de Léon XIII (Fz‘des intrepida), pourrait bien être ce grand Pape dont le Liber mirabilis dit qu’il visitera les divers pays pour unir les Eglises chrétiennes.
Un texte de Nostradamus me fait incli ner à croire qu’il n’y aura un schisme qu’après le pre— mier successeur de Léon Xlll: Sept mois sans plus obtiendra prélature, Par son décez grand scisme fera naistre; Sept mois tiendra un autre la préture: Près de Venise paix, union renaistre. vm. 93. L’interrègne pourrait avoir lieu à la suite d’un schisme: mais il y aurait témérité de ma part à vou loir préciser davantage.
Toutefois je rappellerai ici la prédiction d’une extatique du Tyrol, annonçant que le quatrième successeur de Pie IX sera un grand saint et un grand pape,français de naissance, qui réunira à Lyon un grand concile (I). Ce grand Pontife sera l’allié du grand monarque, dont l’Ange fait ainsi le portrait : ' En temps plus éloigné, un roi sera donné. C’est un homme bien né, il a la majesté, Et de la dignité ; il est développé, distingué.
Son front est élevé ; ses cheveux blond cendré (I) Peladan, Dern. Mot. des proph.,ll., p. I26. Galatia genitus terra, dit aussi la vieille prophétie placen— tienne. S. Cyrillea dit: 4: Un pape, d‘abord ermite, apaisera l’aigle noire et ne restera que quatre ans dans la dignité papale (ibid., I, p. 221). Serait—ce Religio depopulataP
r 34 L’INITIATION Sont comme un peu rasés Il ale nez busqué, l’œil doux et renfoncé. Les yeux sont allongés, les sourcils bien arqués, La bouche accentuée et les dents séparées, Moustache relevée, l’oreille bien détachée. Il a de la bonté, il est fait pour charmer. (Brochure citée). Ce portrait a été précisé dans le deuxième fascicule de M. Méry.
Répondant à une question faite devant moi, l’ange a dit encore qu’il n’est pas venu pour des futilités, mais qu’il veut bien ajouter qu’un jour le prince portera la barbe entière et sera quelque peu boiteux d’une jambe. Un ami nostradamiste m’a fait remarquer que ce personnage est bien le Prince pied estache’, le Blond qu negforclze, barbed’airain, Aeno barbe nez de milve, le grand Chyren de l’illustre oc cultiste de Salon (1).
La vieille prophétie du roi des Lis, qui date du moyen âge et a été insérée dans le Liber mirabil's au xvr° siècle, lui donne un front élevé, des sourci+s ar qués, de grands yeux, le nez aquilin; d’autres vieilles prédictions le représentent d’une haute stature, très bien proportionné, blond, boiteux enfin (probable ment par suite d’une blessure) (2).
Jusqu’ici, l‘esprit qui fait parler M"° Couédon se montre fort réservé sur le sort des diverses puissances de l’Europe. Nous espérons toujours pouvoir un jour (1) Centuries: 111, Q: ; VI,42; ll, 74.; V, 45; V, 59. (2) J‘ai pu me tromper en accordant quelque authenticité aux prophéties quiannoncent qu’un prince âgé sera son précurseur (Initiation: mai 1896). De plus, les événements que je croyais fort prochains ont été reculés.
LA PHILOSOPHIE UNIVERSITAIRE 135 donner aux lecteurs de cette revue une compilation sur ce sujet, aussi impartiale et condensée que le tra vail qu’il nous est permis, à nous mystique chrétien, de leur présenter aujourd’hui.
Les penseurs libres qui ont aussi ce don de l’impar tialité admettront, contre certains prêtres caholiques, que ces prophéties de l’ange, étant parfaitement d’ac— cord avec celles de la Bible et les plus accréditées des modernes, ne peuvent provenir d’un esprit mauvais. SATURNINUS. I.A PHII@S@PHIE UNIVERSITAIRE Pendant que je suivais mes cours de philosophie, au lycée, j’étais très attentif et très assidu.
Je prenais des notes, et sur ces notes, je rédigeais mes leçons. A propos de l‘histoire de la philosophie, que la science officielle fait remonter aux Grecs, sans aller au delà, je désire donner un échantillon des idées du profes sorat et de la manière dont on comprend la philoso phie pythagoricienne. Vous me direz si vous y com prenez un traître mot et si le professeur lui-même y a compris quelque chose. C’est de la logémachie pure. Je commence.
' Les physiciens d’Ionie avaient essayé d’expliquer l’ordre des choses, en remontant au chaos où se trou vait en germe tout ce que nous voyons. Les mathé maticiens de la grande Grèce suivirent la même mar che ; ils virent mon l’humide et le feu, mais l’essence
1 36 L'INITIATION intelligible des choses, le nombre. Les propriétés ma thématiques des corps qui frappèrent d‘abord, offrent ce caractère particulier qu’elles se traduisent en chiffres et que leurs lois cadrent avec celles des nom bres : ces lois correspondent à des idées régulatrices de notre esprit. Or lesynombres sont une première conception de notre esprit et paraissent avant les choses.
On négligea le concret, le réel, pour tout réduire aux nombres. C’est là le caractère distinctif de l’école pythagoricienne: elle sacrifie le sensible à l’intelli— gible.‘ Pour elle, tout provient du mélange de la détermi nation et de l’indétermination. C’est ainsi que le nombre 2 est un nombre indéterminé. La génération des formes géométriques provient d’un point qui est défini et dela ligne qui est indéfinie.
La surface comprise entre deux lignes est composée du déterminé et de l’z’nde’terminé qui se présentent sous dix séries renfermant le bien et le mal : telles sont l’unité, la pluralité, la parité, le fini, l’indé fini, etc. Dieu, l’Unité, participe du déterminé et de l’indé— terminé; ilestà la fois le pair et l’impair et enveloppe l’indéfinie multiplicité. Il est le principe de toute intelligence, l’identification de l’Être et de la Pensée.
Le vrai nom du système pythagoricien, c’est le Panthéisme idéaliste. Les Pythagoriciens plaçaient le Soleil au centre du monde; ils ajoutaient une planète aux neuf qu'on connaît, pour faire la décade. ‘
LA PHILOSOPHIE UNIVERSITAIRE 137 Du mouvement des sphères résulte l’harmonie di vine, musique que l’homme détaché des choses d’ici bas peut seul comprendre. L’âme est une émanation de l’Unité; cette âme donne naissance au corps dont elle a la forme. Elle renferme le cœur ou @uy.o'ç et le ®UÂOYIÇTtXOV. L’intelligence comprend le voile, commun à tous les animaux, et le prprqc particulier à l’homme.
L’intelligence est un nombre qui se meut ; elle va tantôt du général au particulier, tantôt du particulier au général, de l’un au multiple et du multiple à l’un. Elle parvient à la connaissance, parce qu’elle est un nombre. Les pythagoriciens avaient été frappés de ce fait; savoir qu’il ya une correspondance entre l’intelligence et l’intelligible : c’est le principe de l’universelle intel Iigibilité.
Toutes les écoles ont admis un germe primordial d’où procède l’ordre actuel des choses. Chez Pytha gore, ce germe est abstrait; mais pour les uns et les autres, c’est un élément générateur imparfait. L’école d’Élée se rattache aux pythagoriciens en ce qu’elle admet un principe intellectuel; mais elle en diffère en ce qu’elle proclame la perfection.absolue de la cause! première.
Xénophane de Colophon était familiarisé avec les doctrines des physiciens d’Ionie. Il explique le monde par l’air, l’eau et le feu. Il étudia dans la suite la phi losophie de Pythagore, et dès lors son génie s’éleva bien au—dessus de celle-ci. Il démontre l’unité de Dieu et sa perfection ; mais
I 3 8 L’INITIATION il nie le changement et par suite le monde sensible. Il représente Dieu sous la forme d’une sphère et sou tient que rien n’est commun entre le parfait et l’hu main. Il est l’intelligence absolue, éternelle, et sa pensée est parfaite comme lui. Il ne peut être que pensée, et tousles objets ne sont que pure apparence ; le sensible et le multiple n’existent que dans notre imagination.
Parménide est le plus grand philosophe de l’école d'Élée. Il donne à la doctrine une forme plus abstraite et remplace l'idée de Dieu par l’idée métaphysique de l’Être. Le non-être est une contradiction de notre esprit. De la conception de l’Être, il tire celle de l’unité. L’Être est un; il est immobile dans l’immen sité et n’admet aucun mouvement, aucune limite.
Cette Unité n’est pas une abstraction, elle est réelle : Dieu est la plénitude de l’Être; il est l’Un, la pensée pure. La physique de Parménide est, pour ainsi dire, une condescendance à l’opinion, une étude du monde extérieur, d’illusions... Sans doute, l’étudiant en occultisme démêlera ce fatras, illiraentreleslignes,suppléera ce qui manque et rendra intelligible ce pathos.
Encore faudra-t-il, pour qu’il puisse se faire comprendre, qu’il remonte aux origines de la uraie philosophie, celle qui prend pour point de départ l’étude de l’âme et de ses sept principes. Le professeur, s’il a l’esprit géométrique, ne voit dans la théorie pythagoricienne que des points, des figures régulières; il n’aperçoit que l’écorce, la fan
LA PHILOSOPHIE UNIVERSITAIRE 139 tasmagorie des chiffres et des calculs abstraits. Le symbole lui échappe. S'il est un littérateur, un poète, qu’y découvrira t-il? Rien. Si c’est un mystique (ce cas doit être rare), il par viendra peut-être, à force de se torturer l’esprit et par la seule puissance de son génie, à découvrir quelques vérités. Mais comment les fera-t-il accepter, ou plu tôt comment les exposera-HI, S’il ne possède pas la clef?
L’élève qui écoute et qui ne retient que des mots, juste ce qui lui est_ nécessaire pour subir, tant bien que mal, son examen, se demande pourquoi on lui farcit la tête de choses incompréhensibles et parfaite ment inutiles dans la vie. Il pensera, après tout, qu’on lui enseigne cette philosophie à un point de vue pure ment historique, qu’il n’y a rien à en prendre, aucun fruit à en retirer.
Il confondra les théories de ces di verses écoles avec les fables de la mythologie. Pytha gore ? Un rêveur incompréhensible de l’antiquité grecque, qui croyait à Zeus, à l’Olympe, au DeStin. L’élève pratique ne se souviendra de Pythagore que parce qu’il est l’auteur de la table de multiplication. Et voilà l’enseignement de l’Université! Pauvres escholiers! ALBAN DUBE’I‘.
äibres Rewherrxhes Èhilasphiques (Suite et fin) L’histoire philosophique est cependant assez jon chée de ces cadavres de systèmes qui ont tous pré— tendu être plus vrais les uns que les autres. Il faut vraiment avoir peu de prudence de penser ainsi. La théorie de la réincarnation chez les Kardécistes est de ce genre de foi. Ses partisans en sonttellement imbibés, qu’ils l’emportent au delà de la tombe.
Nous nous rappelons une plaisante histoire rap portée par un journal spirite. Un des coryphées de ce système dans une évocation se trouva avoir en face de lui un esprit bouddhiste, lequel esprit lui vantait les douceurs et les beautés tranquilles du Nirvanah. Impat1enté, l’évocateur l'envoya à tous les diables, en disant qu’il était encore suggestionné par ses idées et ses afi‘éctions terrestres.
Mais il nous semble que la réciproque pouvait être aussi vraie, ce àquoi il n’a pas pensé pour sa théorie. Ce récit plaisant prouve dans quel esprit sont les . partisans de ce système sur cette question. Tant que les dires abondent dans leur sens, c’est vrai, sinon ce sont des pensées suggestives sans valeur. Nous sommes forcés de dénier à cette théorie la qualité pour nous expliquer les origines du mal. Car enfin qu’avaient à expier les premiers malheureux apparus sur la terre? Pourquoile mal dansle monde?
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES X4.I Pourquoi les carnivores dévorent—ils férocement les herbivores P Le mal était donc dans le plan matériel des choses, puisque la nature nous l’offre là pris sur le vif. Voilà des faits qui défient toute échappatoire. Alors selon vous, dira-t-on, « Dieu » est un grand coupable? (I).Oui, momentanément et dans l'intérêt futur de tous. .
Et pour faire le mal entre nous humains en dehors des maux physiques, naturels, il fallait bien des cou pables, des méchants ? ' Il fallait bien qu’il y eût des sacrifiés et des sacri ficateurs, des rôles à jouer et à remplir dans lacomédie humainequi se déroule, et qui esten rapport avec notre constitution même. ' Est-ce que nous connaitrions la valeur du beau,du vrai et du bon si à côté en et revers lelaid, le faux et le mauvais n’existaient pas?
' Avec la théorie de la réincarnation et de la pro gressivité des êtres, comment pourrait s’expliquer que d’abord le progrès moral ne va pas vite, loin s’en faut, en regard des criminels parmi les adolescents qui montent avec une proportion inconnue, et ensuite avec toutes les hordes féroces et spoliatrices de tout Œmm? Le progrès moral devrait marcher à pas de géant.
Il en est loin encore : se tuer entre humains encore au XIX° siècle, sentir les instincts meurtriers si facilement (I) Il yaurait peut—être une nouvelle théorie à faire sur le sujet des_créations planétaires, maisici ce serait troplong; peut être un jour le tenterons—nous.
14.2 L’INITIATION se faire jour encore au son du clairon, n’est pas bien convaincant. La répercussion psychique de nos aïeux prouve en core qu’elle vibre en nous, hélas i Mais revenons à plus de philosophie réelle. Le plan matériel est une école d’application pour tous, — bêtes et gens, — et la vie ne peut être conçue sans heurts; c’est ce qui développe nos facultés, et estampille à jamais nos individualités.
L’état psychique est à jamais commencé, le cycle animique est relégué sous lui : la vie ou le semblant de la vie passée, animique, toute nébuleusee et comme végétative, est entréeydans une autre période d’activité. Or l’activité, ce n’est pas déchoir, c’est connaître ?
C’est réintégrer le domicile futur, enrichi de toutes les manifestations de la vie, et c’est être né à la pleine conscience d’être ; c’est devenir personnalisé dans le plan général où nous sommeillions comme dans le sein d’un mère, c’est-à—dire inconsciemment.
La vie d’ici est un théâtre, comme l’a dit Cahagnet, où, acteurs suggestionnés plus ou moins, nous nous emballons plus ou moins pour nos rôles, ce qui fait le ’ charme et l’entrain de la pièce en répétition et en crée « l’illusion réelle ». Pour cela il fallait toutes sortes d’acteurs, pour en remplir tous les rôles variés.
Et peut-être chacun de nous, avant d’entrer en scène, arrive-t-il dans le vestibule matériel, suggestionné par les échos du monde, et a-t-il choisi son habit et son rôle sans en savoir les conséquences heureuses ou mau vaises qui en découleraient P
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES [43 Chacun remplit son rôle par les conditions astrales primitives citées. Il est évident que le problème du bien et du mal n’a plus la gravité qu’on y voit, gra vité apparente et momentanée limitée par l’illu: sion.
L’individualité ayant pour raison d’être les con trastes, il s’ensuit que pour réaliser ce problème il en fallait bien les éléments P Ces éléments dans le domaine mental sur le plan psychique évolué, le mal intellectuel se plante donc et se greffe sur les difficultés et les luttes matérielles de la vie. Et c'est sur ce plan que nous retrouvons en nous, en nos frères, les éléments de cette lutte entre l’égoïsme et la fraternité.
Le mal est déplacé, voilà tout, mais il nous suit partout. 1 Un bonheur continuel et sans nuages n’est pas ap précié, car il engendre de ces spleens, de ces ennuis profonds; si les « heureux » de ce monde n’avaient pas à côté la vue de miséreux, on peut être certain que leur bonheur ne serait pas goûté par eux. Tout dans nos sensations est relatif à notre état constitutif.
C’est-à-dire ce que nous nommons le mal, redisons-nous, reste toujours proportionnel à notre « épiderme ». Le mal n’est donc en définitive qu’une proportion basée sur les victimes elles-mêmes. Nous, swedenborgiens libres, nous considérons la vie d’ici comme un théâtre, où chacun a pu choisir son rôle antérieurement, ou en a reçu l'incitation par les échos de la pièce en répétition (comme nous l’ex pliquerons plus loin). Le drame doit se jouer dans l’intérêt général, puisque la vie est le mouvement et
144. L‘INITIATION .4 ne peut rester inactive, et que chacun y est person nellement intéressé et que le statu-quo serait la. mort. Nous sommes donc devenus des acteurs en scène dont les rôles sont forcément différents et ont pu être acceptés antérieurement d’une façon dont nous repar— lerons plus loin.
Nous sommes emballés par nos rôles, et, comme notre conscience cérébralisée, canalisée, est devenue dépendante et de nos organes et de notre état actuel, il s’ensuit que nous ne pouvons plus nous affranchir de cette suggestivité qui n’en acquiert que plus d’in tensité, selon comme nous sommes enlisés dans les trames matérielles.
Aussi les êtres qui ne sentent pas autant cette inten sité les envahir sont faciles à reconnaître par leur in différence; ils entrevoient ou se ressouviennent du passé antérieur, et ils regrettent le « Ciel», c’est à-dire l’état tranquille d’autrefois.
Mais, comme il est indispensable pour tout être de « descendre » sur ce plan, il faut donc tous, emballés ou non par l’attrait, passer par cette filière plus ou moins douloureuse, mais qui nous fera toujours retrouver le ciel plus beau par compensation ; ce que nous ne sentions pas avant, c’est probable, puisque nous ve nons ici pour cela. Qu’importe que Pierre « se soit » chargé du rôle d’esclave et que Paul « ait choisi » celui de tyran ?
Non seulement ici déjà le tyran n’est pas toujours beaucoup plus heureux que l’esclave, mais est-ce que l’esclave, en rentrant dans la coulisse, ne se trouvera
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 145 pas mille fois plus payé par un bonheur plus intense que le tyran, qui pourra regretter à son tour d’avoir choisi un rôle éphémère et ingrat P Et cet esclave si heureux d’être délivré et de jouir célestement aura—t-il l’idée de revenir tyran ici pour faire expier à son frère sa tyrannie. N’est-ce pas la logique de la théorie qui s’impose là comme ailleurs ?
Tyrannie que son rôle malencontreusement en dossé lui a fait jouer sans en connaître ni en prévoir les déboires ultérieurs liés forcément à ce rôle qu’il n’avait pu apprécier. Et le pauvre, lui, une fois rentré dans l’état spirituel rèvera-t—il de revenir riche à son tour sur la terre, à supposer, toujours d’après la théorie expiatoire kardé ciste, que cette rénumération en soit la conséquence.
Est-ce que les biens spirituels ne sont pas supé rieurs à ceux terrestres ? Revenir riche ici, c’est en courir de lourdes responsabilités. Et si l’on oublie et qu’on vienne à dépasser la mesure ? Ce qui forcerait tout bonnement à recommencer encore une'réincar nation. Et puis, pourquoi ne pas préférer les richesses astrales à celles terresfies ?
Les kardécistes ont cependant reconnu qu’il exis tait des esprits inférieurs et farceurs qui leur ré pondaient. Jamais ils n’ont eu aucun soupçon sur les réponses qui entraient dans leurs systèmes ? Cela nous paraît assez singulier. ' Ainsi nous n’apercevons donc pas encore, avec cette théorie expiatoire, aucune justification ni aucune légitimité de la richesse ni de la pauvreté, ni du
146 L’INITIATION bien ni du mal, puisque, si nous remontons aux ori gines humaines, rien dans ce système ne peut expli quer les contrastes antérieurs à toute réincarnation.
Un jour, il nous arriva d’adresser au journal spirite belge le Flambeau une lettre, qu’ilvoulut bien repro duire, dans laquelle nous faisions voir qu’avec la théorie réincarnative et les impulsions immanentes et sourdes, nous rapportions dans le monde ter restre les désirs intensifs et impulsifs qui naturelle— ment, toujours d’après la théorie, devaient nous caser en rapport des fautes à expier; que par conséquent nous n’avions plus qu’à courber le front sous le joug terrestre, ou élever la tête, cautionnés que nous de vions en être par des raisons antérieures terrestres, et qu’alors nous ne devions pas avoir à regimber contre nos conditions actuelles, puisqu’elles sont la consé quence de nos expiations P Le journal nous fit cette réponse un peu élastique, par un « enlèvement » difficilement saisissable.
D’abord il nous dit « que les mystiques seuls pré tendent à l’équivalent terrestre étroitement lié à l’indi vidualité ».
'Mais, dit-i1, « si on considère la réincarnation comme loi générale d’évolution, les choses changent d’aspect; la société entière progresse, l’humanité avance vers un meilleur avenir, cela est incontestable; nous qui sommes les unités composantes de l’huma nité, nous évoluons avec elle, et c’est par nous qu’elle progresse, puisque nous la composons ». Nous allons voir si « l’élargissement » de la ques tion à ce point fait échapper aux faits particuliers
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES [4.7 puisque la résultante n’est composée que de parties P Voyons si l’élargissement ne frise pas le vague et ne lèse pas singulièrement la partie ?
Bons ou mauvais. dévoués ou égoïstes, heureux ou malheureux, assassinés et assassins, bourreaux et mar tyrs, tyrans et victimes, etc., etc., nous devons former sans cesse, suivant cette évolution, cette résultante, et recommencer alors presque éternellement le même jeu, en vue que les bons, les souffreteux, les dévoués servent encore et soient toujours les mêmes à qui mieux, à l’effet d’élever sans cesse le niveau moral et intellectuel de l’humanité jusqu’à la fin des temps !
Je ne sais si cette pensée ne fera pas frissonner le plus intrépide des dévoués (s’il réfléchit, bien entendu, à sa portée).
Les forces humaines ont des limites en tout, et voit—on le bon, celui qui aurait pu mal faire, mais qui a vaincu « la bête », comme Socrate par exemple, être condamné à la même chaîne tyrannique presque une éternité sous prétexte qu’il doit y mettre de la bonne volonté, tandis que d’autres frères y mettent de la mauvaise et ne se soucient nul lement du progrès moral l Plus de libre arbitre ni de résistance possible à l’entraînement évolutif.
Plus de liberté partielle, c’est le collectivisme général qui reste. Et notez que cette évolution progressive des cœurs, et des esprits ne se laisse guère apercevoir depuis des centaines de milliers d’ans que l’humanité existe. Que font donc toutes ces légions de barbares féroces, de ces inquisiteurs encore plus féroces d’autrefois ? S’ils étaient vraiment revenus conscients de leur
I 48 L’INITIATION rôle évolutif, comme ils auraient dû faire marcher le progrès à pas de géant au lieu de tortue 1 Et, comme nous l’avons dit déjà, ce seraient toujours les mêmes qui tiendraient la rampe, puisque jusqu’à nos jours le progrès moral n’est pas monté de plu sieurs degrés. On se tue, on se spolie, toujours au mieux. Que ce soit avec le silex ou avec la mélinite, c’est toujours la même chose.
Alors quelles places les « jeunes » trouveraient-ils ? Et cependant le nombre augmente.
Comment se mettront-ils au pas pour ar river en même temps au terme évolutif imaginé P Nous ne voyons guère plus de solidité dans ce pré tendu « élargissement » de la question qui nous pa raît trop planer subjectivement au—dessus de la réalité tangible, puisque ce sont les propriétés des éléments qui en définitive constituent celle de la résultante collective, et que l’être reste en définitive le maître de son évolution personnelle, lente ou active, chose difficile à concilier avec la théorie collective.
La théorie de la réincarnation a amené à sa suite l’idée que tout enfant qui arrive avec une tendance quelconque très accentuée, soit littéraire, poétique, artistique, scientifique, etc., et qui est doué de facultés développées dans ces genres, reviendrait ici reconti nuer des études interrompues avec des facilités nou velles.
A cette prétention, nous demandons pourquoi il avait besoin de revenir ici recopier nos piteux mo dèles, tandis qu’au monde spirituel il existe tant de grandes beautés vis-à—vis des nôtres si imparfaites dans tous les genres ?
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 14.9 Et en quoi ce genre de réincarnation avancera-t-il à son élévation morale qui doit primertoute autre, s’il n’est revenu qu’exclusivement pour les sciences ou pour les arts, et qu’il n’en soit pas plus moral ?
Nous sommes cependant tous d’accord que les es prits se perfectionnent au monde spirituel, et aussi qu’ils peuvent influer leur savoir, dans le monde matériel, à ceux vers lesquels ils se sentent attirés par des affections partagées. Ces enfants sont doués du sens médianimique plus ou moins développé, ce qui les fait communier en quelque sorte directement avec les beautés spiri tuelles.
De plus, ils sont disposés pour recevoir l’in flux des intelligences spirituelles plus facilement et chez lesquels ces mêmes intelligences peuvent fort bien s’incarner plus ou moins temporairement, témoins les possessions et les médiums à incarnation. C’est le maître d’école occulte qui guide la main de l’enfant, ou qui écrit quelques lignes difficiles à sa place, absolument comme chez les médiums écri vains.
Ces enfants médiums vivent sans s’en apercevoir dans les deux mondes.
Leur âme influe par rémi niscence à la surface ses propres visions, les splen deurs qu’elle a aperçues àtravers sa coque matérielle, et elle peut les transmettre d’autant plus facilement au corps, c’est-à—dire à la conscience cérébralisée, que le sujet est plus sensitif, et qu’il sent des échos, des vibrations, les plus subtiles qui échappent aux sensa tions d’une organisation plus grossière. Du reste, nous avons cité les merveilles de médium
1 50 L’INlTIATION mité, jusque chez les animaux les plus inférieurs dans l’échelle zoologique, qui ne sont pas moins extraordi naires, mais qui prouvent bien caractéristiquement l’existence de facultés bien au-dessus de l’étiage céré— bralique, et qui décuplent les facultés psychiques:or— dinaires quand elles s’y adjoignent. Les merveilles de l’ammophile et de la chenille de l‘ailante valent bien celles des enfants prodiges ?
Les penseurs n’ont pas la naïveté de croire que l’âme descend comme un bolide dans l’uterus au moment de la conception. Nous avons exposé l’existence de l’aura et de l’as tral P Nous savons les densités qui approchent peu à peu de la matérialisation tangible et ductible; il y a des étages qui se superposent et qui forment comme autant de zones concentriques qui représentent un grand nombre de degrés entre l’essence et la matière.
Et, en vertu des correspondances, ces étiages de den sités différentes représentent autant d’états des âmes qui se trouvent momentanément à traverser les couches ambiantes avant d’arriver à nous. Depuis la desascension du foyer lumineux de l’AME DU MONDE, elles subissent donc une série d’étapes qui les amènent peu à peu au degré de matérialisation voulu correspondant à notre état terrestre qui est le dernier, « au point de l’Ombre ».
C’est donc une décantation progressive qui s’opère comme se sont produits, à l'origine de la planète, les décantations des strates terrestres dont nous avons parlé dans notre Recueil aux articles sur l’AURORE DE LA Vus.
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 151 \_4‘ 'c Les âmes, plus elles approchent de l’état matériel, plus elles ressentent les vibrations des échos de la terre. Nous nous rappelons les expériences citées, prouvant que l’astral emmagasine tous les reflets des êtres et leurs vibrations à l’état vitalisé, quoique depuis long temps disparus des lieux pour faire place à d’autres.
Ces jeunes âmes subissent ces retentissements e répercutent les échos de la terre ; selon qu’elles approchent de plus en plus le vestibule de l’état ter restre, elles en accentuent les échos et les reflets ter restres.
Ces âmes se trouvent comme englobées par des échos particuliers, envahies et suggestionnées par leur vigueur et leur intensité, et ils se trouvent accaparés par certaines âmes qui se sont trouvées plus frappées et plus envahies que d’autres, soit par position, soit par sensitivité. Ces âmes emmagasinent ces échos et en deviennent asservies et comme impulsées.
Ces absorptions spéciales, particulières, sont cepen dant des exceptions assez rares qui se font jour seule ment dans quelques enfants prodiges, tandis que la masse semble recevoir une répartition plus étendue sur un plus grand nombre d’échos, parce que la ré percussion est plus générale et s’adresse et se répartit sur un ensemble qui empêche la spécialisation exclu sive de s’opérer.
L’enfant prodige en qui est concentré une tension sur un seul point qui devient précise et accentuée au maximum se trouve ainsi envahi entière ment par une spécialité d’échos absorbés. Nous voyons toujours dans les plus grandes lois des échappées à la loi de la gravition,crue si universelle,répond lalévita tion.Eten effeton constate que ces enfants sont d’autant
1 5 2 L'lNITIATION plusdes merveillessur un pointqu'ilssontgénéralement très faibles sur le reste des connaissances humaines. Ce qui peut encore prouver que ce sont bien des échos répercuteurs fortement assimilés, c’est que nous ne constatons au premier rang que des calculateurs et des musiciens, si bien doués qu’apparaissent en suite les peintres, les sculpteurs, etc.,, c’est-à-dire les arts plastiques qui exigent le « tour de main ».
Parce que les échos n’opèrent que sur le mental, et lui seul étant en jeu, il se suffità lui-même. Et généra‘ lement, comme ces enfants sont médiums, ils attirent des forces qui grandissent encore leurs capacités et leur font exécuter des merveilles. . De plus,leur âme elle-même,dans ses pérégrinations nocturnes afiectionnelles, n’en découvre que mieux les sujets de sesdésirs intensifs, où elle revient comme chargée de butin.
Ces phénomènes, mis au point ensuite de la vision intuitive et agrandis, apparaissentdans le champ de la conscience comme des réminiscences qui pourront passer à des yeux prévenus comme des ressouvenirs d’une autre vie. Nous reproduisons une communication obtenue par M“° Delilier. médium écrivain,bien connue dans tous les cercles spirite-spiritualistes.
Ce qui est remar quable et confirme la véracité du récit, c’est que M"° Delilier, ayant beaucoup fréquenté les groupes Kardécistes, croit plutôt à la réincarnation qu’à l’expiation morale spirituelle. « La réincarnation est inutile, dit Cahagnet, spi ritualisé :
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 153 ...—. w « x° Parce que l’être peut compléter les notions qui lui manquent en empruntant des sensations, en par tageant sympathiquement les actes, les joies, les cha grins d'un être incarné; « 2° Parce que l’enveloppe psychique de la terre offrant des éléments analogues aux éléments de la vie terrestre, ces deux genres de vies peuvent se com pléter l’une par l’autre; « 3° Le principe premier de l'âme, qui est le moi dépouillé de toute cause extérieure, étant le même chez tous les individus, ils sont donc égaux dans leur essence.
Les inégalités d'intelligence ne sont que des inégalités apparentes dues à des causes externes de l’âme, à des causes secondaires, telles que l’héré dité et les conditions d’être de la vie. Les êtres mora lement ou intellectuellement peu développés sur la terre n’ont pas besoin de revenir animer un orga nisme corporel, qui pourrait, par des circonstances quelconques,ne pas répondre aux nécessités de l’esprit.
Il est plus logique de considérer l’existence terrestre comme étant une, c’est-à-dire nécessaire seulement pour déterminer le corps astral et disposer dans les êtres les germes d’une vie nouvelle et évolutive. — Quels que soient l’âge, la condition, le genre de vie d’un individu, le résultat final est le même. «Car ceux qui n’ont pas acquis par la vie ter restre acquerront par une vie spirituelle équivalente.
« Il n’y a pas égalité, ;il y a équivalence entre les différents modes de la vie, et de la diversité des in dividualités. « Quant au monde spirituel, il est d’abord la conti
1 54 L’INITIATION . ..\ .- _....— n nuation de la vie terrestre pour pouvoir la compléter.
Puis il devient le monde de la pensée, monde dans lequel entre l’âme lorsqu’elle s’est complétée, lors qu’elle subit lesjoies, les douleurs; en un mot, toute la gamme des sensations les plus diverses, soit par elle même, soit par l’union sympathique avec les autres êtres avec lesquels elle peut s’identifier momentané ment, si c’est nécessaire à un rôle expiatoire.
Alors l’individu, devenu complet dans son mental, pénètre dans le monde de l’idée, comme je vous le disais plus haut, en y poursuivant son évolution, éclairée par la pensée supérieure, et venant à son tour illuminer la pensée qui gravite à son tour au-dessous de lui. » On voit que ce ne sont pas les pensées du médium qui ont été mises ici à contribution,et qui en seraient le reflet suggestif.
Nous avons rencontré des Kardécistes, ceux qui croient que l’alpha et l’oméga constituent le fond de la doctrine, qui croiraient l’immortalité de l’âme en péril si la réincarnation n’existait pas telle qu’ils la conçoivent charnellement. Ce sont les gens de foi parmi les spirites. Ce serait perdre son temps que de chercher à discuter avec eux et de leur présenter certaines inconsé quences.
Un jour d’évocation somnambulique, Cahagnet nous dit ceci : « Si vous saviez comme il est facile à « un esprit de pénétrer en vous, de vivre de votre vie, « de s’identifier à vos peines et à vos joies, vous « seriez extrêmement surpris de cette facilité que vous « ne pouvez soupçonner ni reconnaître dans votre
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 155 « état. C’est comme un ami intime qui vit de vos « sensations et les partage; il est comme fondu en « vous. » Swedenborg avait déjà dit cela.
Nous nous rappelons avoir lu dans un journal spi rite le phénomène de suggestion que Troppman et autres assassins, à chaque exécution, étaient amenés par suggestibilité à s’identifier avec l’exécuté, et qu’ils en ressentaient et la douleur et les terreurs, aussi disaient-ils que c’était intolérable et impossible à dé— crire, etc. N’est—ce pas une rédemption aussi réelle que de le faire corporellement, puisque la PENSÉE EST TOUT, QUE C’EST ELLE SEULE QUI NOUS IMPRESSIONNE? et non en réalité la matière, puisqu’elle la répercute en nous et fait seule toute la réalité de cette dernière, que nous pourrions ignorer l’existence si nous n’avions pas des moyens intermédiaires, dont la pensée qui en est un, et le plus décisif et enfin le dernier.
CHAPITRE X DES RÊMINISCENCES DE MÉMOIRE ET DE VISIONS Le médium, en raison même de la fragilité et de la gracilité de son système nerveux, a souvent de ces embardées dans l’infini. Cette faculté est adaptive, car par elle il peut aussi se transporter dans les lieux matériels, ou pour mieux dire dans le reflet spirituel de ces mêmes lieux, que peut—être il sera destiné à voir matériellement plus tard, quand ces parages se trouvent liés en quelque
1 56 7 L’INITIATION -n...- sorte à un tableau qu’il affectionnera et duquel il est la partie active. Interrogez n’importe quelle personne ordinaire qui n’est pas médium, vous ne découvrirez jamais chez elle de ces m‘sz’ons d’emprise m' des ressouvem‘rs. Preuves évidentes que les médiums ont en eux-mêmes les causes internes de ces facultés, et non fournies ou suggérées par des causes extérieures et normales à la vie matérielle.
Voici, comme toujours, plusieurs faits à l’appui de la théorie répercussive et sensitive de réminiscences et de visions, et de pré-mémoire ancestrales. — Mal heureusement il y en a peu. — Mars n’y en aurait-il qu’un bien observé et contrôlé qu’il suffirait.
Voici un exemple qui pourrait au besoin nous faire aller bien loin dans la mémoire ancestrale : Un des Edouard, roi d’Angleterre, avait fait assas siner le favori sous les yeux de la reine, cette der nière étant enceinte. L’enfant devenu homme ne pouvait supporter la vue d’une épée nue, il tombait en syncope quand le cas arrivait.
Chose assez singu— lière, ce n’était pas le sang répandu ni le cadavre étendu qui l’émotionnait, ce qui est bien plus impres sionnant, c’était l’instrument du meurtre qui s’était buriné dans l’esprit de sa mère, et tellement fort que la répercussion avait été atteindre jusqu’au cérébral de l’enfant. Un autre, c’était à la vue d’un chat que se produi sait la syncope, sa mère ayant été mordue par un ani mal de ce genre étant enceinte de l’enfant. C. Sivori, célèbre violoniste, est encore un de ces
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES [57 . :i exemples frappants. Sa mère, enceinte de lui, ayant assisté à un concert joué par le célèbre Paganini, le talent de ce musicien lui causa une telle impres sion qu’elle accoucha le lendemain avant terme. --— Ainsi, presque instantanément, l’influence avait frappé assez fort l’enfant pour que devenu adolescent il fût déjà un violoniste célèbre (I).
Nous voyons donc que. si nos parents peuvent nous transmettre de leurs hérédités organiques particu lières, il en est de même parfois de celles mentales, et qu’alors par échappées nous pourrions, sans nous en apercevoir, avoir dans notre propre domaine des effets de pensées, de mémoires, de vues, etc., qu’ils nous auraient légués. On sait que l’enfant quelquefois reflète plutôt les traits de l’aïeul que des père et mère.
Il semble que l’orbe génératrice décrit un retour sur elle-même. Ne pourrait-il pas en être de même dans certain cas pour les pensées? Quant aux prédispositions, nous les re-, trouvons, comme le nom l’indique du reste, comme un bloc compact de pensées duquel on pourrait tirer et détacher des fragments psychiques déjà stéréotypés sans que nous puissions en apercevoir l’estampe invi sible.
Les prédispositions sont peut-être des sensations compactes, qui se désagrégent ensuite par le travail plus ou moins intense de l’individu, et qui se trans forment en pensées en s’en détachant. (I) Les Bach, célèbres musiciens de pères en fils, n’est—ce pas une transmission héréditaire psychique et organique plutôt qu’une série de réincarnations successives des pères dans les fils ?
1 5 8 L’INITIATION Nous connaissonsles envies chez les femmes grosses ; là nous voyons toute la puissance du désir qui se grave dans l’enfant. C’est lui qui reçoit l’imprégna tion de la pensée, et cette pensée, localisée, sugges tionne, on dirait, le travail organique cellulaire à la réaliser.
En tout, quand il s’agit du! ravail interne de la vie, il faut bien s’attendre à d’étonnantes surprises, car nous ne faisons qu’effieurer une mine si riche qu’elle nous apparaît prendre des proportions surhumaines et naturellement parce que nos forces psychiques sont peu disposées pour pénétrer dans la profondeur de ses domaines.
Il est curieux pour l’initié que des intelligences vouées à la matérialité des choses qualifient ces pro fondeurs de « Mysticisme », comme si un mot devait être un voile jeté sur les inconnues qui parsèment les phénomènes de la, Nature et de la Vie. . . .
Puisque nous sommes sur le chapitre de la térato logie physiologique et psychique, nous appellerons l’attention des chercheurs sur la sensibilité qu’offre \ la vache à ces difl’ormités ou a ces assemblages plus ou moins burlesques d’emprunts faits à d’autres espèces. ' D’abord la vache porte neuf mois, chose à remar quer, exactement comme pour l’espèce humaine.
Il est remarquable que ces cas tératologiques ne font des emprunts qu’à des espèces herbivores. — Le mouton offre aussi de ces cas, mais moindres. Des veaux ont été une vraie macédoine de formes
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES I59 w ambiguës, bizarres assemblages; depuis le cheval jus qu’à l’éléphant et au rhinocéros, tout a été emprunté.
Il est un fait certain, c’est que la vache n’a pu voir dans son état de grossesse toutes ces espèces matériel lement. > Le transformiste n’ose pas soutenir que c’est de l’atavisme généalogique et paléontologique, parce que nous ne pensons pas que la vache ait passé successi vement par le canal de l’éléphant et du rhinocéros. Le carnassier ne nous ofl’re guère de ces particula rités. -— Pourquoi P A quoi doit-on attribuer ces phénomènes?
Deux hypothèses se présentent : l’une selon les occultistes, — la puissance de formes astrales qui suggestionnent intensivement— la vache assez sensible pour être sou mise à l’influence de l’état astral où elle aperçoit les formes?
Secondement,— l’hypothèse spirite qui pense que ce sont des tératologistes spiritualisés, continuant leurs études au monde des esprits qui font de l’expé rimentation, là où ils en sentent la possibilité, c’est—à— dire de rencontrer un être assez sensible à leurs actions? Les monstres d’aujourd’hui ne vivent pas dans ces conditions multiples d’accouplements trop ambigus.
Les monstres paléontologiques ont vécu, et ils se sont reproduits. — Le Toxodon, par exemple, animal ambigu, s’il en fut. — L’ornithorynque de nos jours habitant l'Australie. ' Entre ces deux hypothèses, il est très difficile de se prononcer. En tous cas, cela prouverait, n’importe dans quel cas, MMW—
160 L’INITIATION [FÉVRIER soit reflets, soit pensées, —— ce qui n’est pas loin l’un de l‘autre, — que leur puissance sur la matière orga nisée et sur le mental de l’animal est toute puissante ?
Nous allons risquer deux hypothèses sur ce sujet difficile : La première, qu’à un genre d’alimentation générale herbivore est peut-être lié comme corrélation les formes mêmes de l’animalité qui ont été faites pour le règne végétal P La seconde, que toutes les formes herbivores sont comme extraites d’un bloc général de formes possibles, astralement parlant, duquel il se serait déterminé comme une désagrégation de toutes les possibilités de scindages entre elles.
Du reste, en tout nous devons être guidés par l’idée qu’une sagesse pleine d’harmonies et de grandiose a présidé à toutes les constructions organiques, et qu’elles ont été élaborées en astral avant d’apparaître telles sur la terre? Avis aux chercheurs ! CONCLUSION Il y a bien des sujets que nous n’avons pas abOrdé ici en histoire naturelle philosophique. Nous ne pouvions pas nous répéter à chaque instant avec nos écrits antérieurs.
Nous n’avons pas abordé, et pour cause, les hautes ' spéculations de la pensée. Pour en arriver là, il est indispensable d’avoir
1897] LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 161 épuisé les stades de l’observation et de l’étude prépa ratoire, afin d’arriver à avoir l’esprit discipliné et p0 sitif autant que possible, quoique le vrai positif soit de tous les étiages de la recherche, ce dont ne parais— sent pas se douter Ia plupart de nos savants mo dernes.
L’initiation vient de soi-même, le penseur résolu à poursuivre la route accidentée et les montées, arrive toujours à quelque sommet plus ou moins élevé natu rellement. ' Mais, si la force intellectuelle seconde ses désirs, et comme l’impersonnabilité du chercheur se relie fata lement à l’impersonnelle vérité, il est bien rare qu’il ne soit pas récompensé de ses labeurs.
C’est le penseur lui—même qui doit être son initia teur s’il en a les conditions requises. Le délégué : L.-B. LECOMTE.
IBLE@GæIÆAEEEE Dam: Occur.rrsrss MM. PAUL ADAM ET HENRI DUBÉCHOT (Suite et fin) Pour cela, nous résolûmes de tenter une synthèse capable de réunir les chances d’émotion jadis offertes séparément par le classicisme et le romantisme qui présentèrent le conflit du devoir et de la passion; par les modernes, comme Dumas, qui analysèrent les 6 .. _.. ,\ _«w‘N.wM“‘—.
1.62 L’INITIATION luttes du sentiment contre les convenances, par les dramaturges du Nord, qui mirent à la scène les op positions d’idées. » On ne peut plus nettement préciser la raison systé matique, le pourquoi logique de l’œuvre de M. Paul Adam. Les péripéties de la pièce se déroulent entre un septénaire de personnages masculins et un septé naire de féminins à peu près correspondants.
En tête se dessine un spéculateur anglais qui rêve le bonheur du peuple et la paix des nations; puis une jeune fille de seize ans qui ne donne sa foi que lorsque son fiancé brise pour elle une carrière glorieuse de militaire, assassin légal; enfin une femme qui résiste aux obsessions galantes d’un diplomate.
En face de ce trio vertueux, se pose le groupe des adorateurs du veau d’or : un banquier et sa sœur, intellectuelle per verse qui fera sombrer la vertu de l’Anglais au double écueil de sa beauté et de sa pensée; un prince russe," père de la jeune amoureuse et amoureux de la femme mariée; un général, des diplomates, etc. La triple intrigue se dénoue au bénéfice de la luxure du Russe, de l’avidité des spéculateurs, tandis que, seule, la simple amoureuSe apprend l’exécution du bien-aimé qui, pour lui obéir, a refusé de servir la patrie.
On aperçoit la construction systématique du drame; de sa réalisation, de l’habileté scénique des auteurs, je n’ai rien à dire ici; je voudrais signaler le caractère utopiste des personnages moraux; les rêves de la fra ternité universelle ne sont pas près de se réaliser; mais encore est«il nécessaire que l’on présente à la foule réfractaire ces images lointaines; et d’autre
maux OCCULTISTES 163 , part, pour qui est renseigné sur la marche du monde, ils ne seront jamais que l’idéal temporaire d’un em pire universel. Sans aucun doute, M. Paul Adam connaît ces choses, et il ne fait que suivre la Sagesse d’un thérapeute en présentant aux vœux des humains le pôle opposé de la vie sociale. L’équilibre n’existe que pour les Délivrés.
Tout au plus me permettrai—je de faire remarquer que, quelque grandiose que soit le nouvel idéal pro posé ici à l’art dramatique, il exige, pour ne pas res ter dans les régions sereines mais froides, d’un sym bolisme purement intellectuel, une sorte de puissance d’enthousiasme qui, en faisant passer les péripéties dans la sphère animique de l’homme, ébranle l'en tendement du spectateur, et y détermine des mouve ments d’épopée : c’est là une doctrine que nous em pruntons à Fabre d’Olivet ; et, S’il faut un génie pour la Concevoir. encore plus en faut—il un pour la réaliser.
Je n’ai malheureusement ni la place ni surtout la compétence nécessaires pour faire l’éloge des mé— rites purement littéraires de M. Paul Adam. Ses con frères de la jeune école ont fait déjà, suffisamment, ressortir, dans les revues d’art, tout l’art de sa phrase savamment simple, la luxuriance des images et la saveur des aphorismes.
Ce que j’ai voulu faire ressortir en lui, c’est l’artiste épris des étreintes formi dables des cœurs ; c’est le penseur, pénétrant par delà les apparences, c’est l’apôtre prêchant aux classes intelligentes, la bonté et la beauté de l’action. C’est par là que je l’ai rapproché, pour ma propre édifica tion, du mystique dont je vais parler maintenant.
164 L’INITIATION -Ir u ' M. Paul Adam et M. Henri Dubéchot ont l’un et l’autre, dans des sphères différentes, la même plasti— cité d’expression, le même sens de l’image décorative et éloquente. Mais ce résultat extérieur procède chez les deux mystiques de causes toutes différentes.
Si M. Paul Adam est d’abord un œil qui contemple des images sensibles et pittoresques pour s’élever de là à l’intelligence de notions intellectuelles et même spiri tuelles. M. Dubéchot. par contre, semble être des cendu des hauteurs de l’idée pure, et, s’étant persuadé de l’obligation où l'on est d’en présenter les aspects sous des formes symboliques traditionnelles, il a re vêtu les arides métaphysiques de vêtements de chair et de végétaux.
Comme tous les véritables mystiques, M. Dubé chot semble être un cerveau équilibré; et, quoique l’honneur qu’il m’a fait, ou plutôt l’hommage rendu ' àl’ldée dont je suis un humble porte-voix, en me dédiant son dernier opuscule, me‘gênc quelque peu pour dire de lui tout le bien que j’en pense, .— sa mo— destie me pardonnera, j’en suis sûr, l’indiscrétion de ma critique.
Il ne faut pas se le dissimuler, et c’est là une fai blesse inhérente à l’emprisonnement de notre prin cipe divin, nous ne pouvons, avant la Délivrance, concevoir une synthèse intellectuelle que selon les formes de notre tempérament, quelque désespérés que soient les efforts faits pour nous « impersonnaliser ». C’est la vraie raison pour laquelle le public est tou—
DEUX OCCULTISTES 165 jours si avide de renseignements sur la personne de l’écrivain; l'inconscient supérieur, le corps glorieux, se sert souvent de ces désirs obscurs pour nous ame ner à une vérité. L’auteur de l’Arbre de la Science m’apparaît comme un intuitif rendu raisonneur et pondéré par l'éducation et le milieu.
De l’être interne, il al’en thousiasme, la bonté, la sensibilité, la modestie, la sincérité et une volonté agissant seulement dans l’in tellectuel. L’être externe est froid, ordonné, régulier, d’une simplicité voulue; correct et ennemi de l’excès; les heurts de la vie ont fait acquérir avec le sens prati que, un peu de réserve et une vision nette des hom mes et des choses.
On comprend qu’avec ces dispositions, et pour peu que les royaumes intérieurs de l’être y soient prépa rés par la coordination des forces divines, un cerveau devait être organisé capable de contenir, le vaste en semble d’une synthèse gnostique. C’est de ce concours heureux de circonstances que je me réjouis à la lec ture des pages savoureuses de Dubéchot.
Dans le premier de ces opuscules, l’0rientalz'0n, étaient exposées les théories générales de la constitu tion de l’homme, de sa raison d’être et de sa marche collective dans l’infini de l’espace et l’éternité du temps. Dans le second, la Loi, une première clé était don née se rapportant à l’homme terrestre; la descente aux Enfers était décrite avec l’ontologie des ferments saturniens. C’est là que se trouve dévoilé, comme
166 ' LÏNITIATION dans les œuvres de Paul Adam, le sceau occulte de la race juive, le sanctuaire où elle reçoit son inspira tion, la fontaine ténébreuse cimentée parle G.'. A.'., dont les eaux métalliques retrempent ses muscles de fauve. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. ' L’Arbre de la Science décrit le processus d’invo— lution, au bas duquel, si j’ai bien compris, nous sommes arrivés.
Il peint en touches d’effroi, la chute progressive et inéluctable du grand Adam de midi à minuit de la manifestation phénoménique; et repre nant, d’une sorte magistrale le grand symbole de la race blanche, l’Arbre, il classe sous l’ombre de son feuillage d’automne, les tribus diverses des êtres de proie qui vont servir le Dieu noir.
A « Une force occulte, qui jusqu’ici n’était'que résis tance passive et contre-poids modérateur, songe à sortir de l’ombre à laquelle elle était condamnée et se dispose à prendre l’offensive; l’Étranger, l’En nemi, l’Agent de la Destruction, le Prophète des temps nouveaux entre dans son rôle et s’apprête à diriger la phase descendante de la Rotation. » Le nombre mystique de la phase évolutive est dix; à l’expiration de ce terme, va commencer à se consti tuer « l’Église—Légion, que peupleront les transfuges de l’Église-Unité; jailli sous l’action de l’Anta— gonisme, l’Arbre retourne à la Terre par l’Antago nisme. » « Le Véritable Maçon se met au travail à midi. » Cet extrait suffit à la puissante intuition de M. Dubé chot pour diagnostiquer l’essence occulte du G.'.
DEUX OCCULTISTES 1 67 A.'. (I); l’être va s’unir à l’lmage; « il sèmera cette fois dans l’allégresse pour recueillir d’abondantes moissons de soufirance. » Les Docteurs commencent à fustiger l’Esprit en lui appliquant la lettre de sa propre Loi.
Comme la Vie ne stationne jamais, les forces so— laires dépensent et ne reçoivent plus ; elles se préci— pitent vers l’Illusion, se livrent aux Rongeurs et « à la série des creusets épurateurs où doit se convertir la Frondaison » avant de parvenir au Foyer central > terrestre, dont la fille est, selon notre auteur, Maya, -Isis, la Raison, qui n’existe “réellement qu’au temps destructifde la vie de l’Esprit.
La Raison-Matrice « est la loi. image de la Loi, comme la troupe est l’image du Troupeau ', le règle— ment de chasse du Carnassier, image de la loi pasto rale de 1’Herbivore ; la loi de la Plaine succédant à la loi de la Montagne; la loi du combat pour la vie, après la loi de l’effort vers la Vie.
Elle est l’une des deux religions absolues de la Dualité; des débris des fils du Ciel, elle crée une famille nouvelle de Pri mates qui réproduisent, à une octave supérieure, et sous l’uniformité apparente d’une même notation, la gamme complète des races les plus rusées et les mieux armées entre tous les fils de la Terre...
A la limite, cette Vierge Raison écrasera la tête du Serpent... » On voitici à quelle Initiation se rattachentles idées ; mais la poussée luxuriante des concepts et des sym (1) Il est cependant d’autre Maçs., les blancs qui cessent leur travail « quand le soleil visible se lève » . W:W æ\N,..«u ;‘
I 68 L’INITIATION boles se rit de l’analyse; il faut en prendre connais— sance à la faveur d’une vibration unitive avec le Con— cept abstrait qu’elles revêtent, pour en goûter toute la saveur; on y retrouvera les grandes théories de l’éso— térisme orthodoxe; et l’étudiant glanera d’abondan tes notions sur les Carnassiers, les Hiboux; sur l’Al chimiste nocturne et l’Initiateur de Minuit; sur cet « envoyé de la Vie confiné dans les régions de la Mort. » La race ancienne des Celtes connaîtra là ses ennemis millénaires; humiliée et vaincue presque entièrement, l’heure de son suprême abaissement approche; mais le dernier coup de minuit sera le pre mier du nouvel exode vers le Ciel.
Espérons donc; prions en travaillant. travaillons en priant; car le PÈRE est miséricordieux. SÉD1R. ‘ËRWPE ÉNDÈPENIDAM D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES ÉTUDE DE L’INCONNU GROUPE N° 4. Séance du 29 décembre 1896 Étaient présents : Mm c. et sa fille, M. et Mm A. F. J’endors rapidement _M“° A. et je tente, par suggestion mentale, de lui faire écrire deux mots.
M"° A. s’approche de la table, prend du papier, un crayon et me répond, par écrit : ' « Je ne peux pas, si vous insistez vous aurez des bê— tises. ). En présence de ce beau résultat, je m’empresse de
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 169 réveiller la sensitive et, sans faire part à qui que ce soit de mes intentions, je passe dans une pièce voisine. J’eus alors l’idée d’endormir Mme A. et de la faire venir dans la pièce où je me trouvais. Cet ordre mental, fut exécuté en quelques secondes. - ’60 Séance du 12januier 1897 Étaient présents : M. et M*ne T. (médiums) M. et Mme C. et leur fille, M. et M“ A. F.
Après avoir rapidement endormi M“" A., je tente de la faire écrire (par suggestion mentale). M110 A. réalise la suggestion de prendre un crayon, du papier. mais n’écrit pas. Je la réveille et renouvelle l’expérience de la séance précédente (ordre de s'endormir et de venir me trouver dans une pièce voisine). Je renvoie ensuite (par suggesfion mentale), M“" A. à sa place et je la réveille d’une pièce à l’autre.
M. C., père de M119 A., propose alors de faire l’obscu rité; ce monsieur et Mme T. (médium) posent les mains, à plat, sur un petit guéridon. . M119 A. ferme tout à coup les yeux, s’empare d’un crayon et reçoit une communication signée du nom d’une sœur de M. C. Quelques seœndes s’écoulent, et ce médium se réveille brusquement puis vient s’asseoir près de moi à environ deux mètres du guéridon qui se trouve en contact avec M“ T. et M. C.
On emporte la lampe. Le petit guéridon désigné plus haut frappe presque aussitôt le nom de la sœur de M. C. M"0 A., complètement éveillée déclare voir la personne qui se manifeste (sa tante), souriante, près de son père, puis elle s’écrie, tout à coup: « Elle s’en va. » En même temps, le guéridon est violemment jeté à terre. Lalumière électrique jaillit. La séance est levée à 11 heures. A. FRANÇOIS.
170 L‘INITIATION UÆDÜUWBBSU’FÉ’. LIIBBIËZ ES &UÆŒ’L’ES ÊIÏI‘JJIËDËS FACULTÉ DES SCIENCES HERMÉTIQUES Les diverses sociétés d’initiation, groupées autour de notre revue, ont décidé de commencer le plus tôt pos— sible la réalisation de l’Université libre des Hautes Études annoncée depuis plusieurs mois.
A cette effet, une Faculté régulière d’études hermétiques, délivrant des di plômes de baccalauréat, licence et doctorat ès sciences hermétiques, vient d’être constituée, et les programmes ont été immédiatement élaborés. Le baccalauréat sera préparé sous la direction du Groupe indépendant d’études ésotériques ; le licence et le doctorat SOUS la surveillance de l’Ordre Martiniste.
La Faculté des sciences hermétiques fonctionnera d’une manière absolument indépendante. Elle sera représentée par son directeur auprès du Conseil central de l’Univer sité, formé jusqu’à présent des directeurs de l’École de magnétisme et de massage (en fonctionnement depuis plusieurs années) et de l’Ecole de spiritisme (en organi sation et qui fonctionnera sans doute en date du 1“’t avril).
Programme des cours La Faculté des Sciences hermétiques commencera son fonctionnement le 20 mars 1897, 4, rue de Savoie, Paris, dans un grand local qui lui est spécialement destiné. Les cours sont divisés en deux séries : A. Cours de baccalauréat; B. Cours de licence. Les cours ont lieu le soir à 9 heures. Ils portent sur les matières suivantes : Baccalauréat Premiers éléments de Kabbale.
Tarot: r" et 2° lundis de chaque mois, par Parus, docteur en Kabbale. Premiers éléments de Science occulte: 1"r et 26 mer cred13 de chaque m015, par SERGE FIDELIS, licencié en Kabbale.
UNIVERSITÉ LIBRE ores HAUTES ÉTUDES [7] Premiers éléments de pratique : r" et 3° samedis de chaque mois, par SÉDIR, docteur en Kabbale. Thérapeutique psychique :2° et 4° mardis de chaque mois, par HAVARD, 8:1: 1 Le Symbolisme et les Rites Mac (préparation spé ciale aux grades mart :_':): I"' et 3° mardis de chaque mois, par SISERA, M ::: StI; C:;;. Hébreu : 2° et 4' samedis, par JEAN TABRIS, M ::: S 2;: C:j:.
Licence (cours réservé aux Mart 12:) Histoire de la Philosophie hermétique et de ses adapta tions: 2° et 4‘ lundis, par PAPUS. La 1ilystique : 2° et 4‘ jeudis, par SÈDIR. Les cours de licence seront cmnplétés quand le direc teur de l’École aura reçu les réponses de Stanislas de Guaita, Émile Michelet, Abel Hautan, dont le concours a été sollicité. Dès à présent, les élèves peuvent s'inscrire auprès de M. Sédir, 4, rue de Savoie, Paris.
Le droit d’admission pour l'ensemble de tous les cours est de 10 francs. Les finances sont administrées par une commission de con trôle de cinq membres dont trois sont élus par la direc tion et deux sont élus parles élèves. Tous les cours sont professés gratuitement, et les fonds servent uniquement au payement du local et à l'achat des livres et objets né cessaires.
Concxts srnuruansrx DE 13ü0 Nous publions aujourd’hui sans commentaires la cor respondance qu’à occasionnée notre pro;et d’union mo rale de la Presse spititualiste française en vue du Congrès de 1900. Prochainement le Comité provisoire sera formé, et nous yferons participer toutes les sociétés d'initiation fran çaises et étrangères qui nous aident dans cette œuvre. Pour le présent, la lecture de cette correspondance suffit.
172 L’INITIATION CHER MONSIEUR ET CONFRÈRE, Inutile de vous dire que j’adhère immédiatement et bien volontiers, au nom de l’Hyperchimie, à l’Union morale de la Presse spiritualiste, dont vous venez de m’envoyer le programme. Sédir, il me semble, pourra représenter le délégué de la Revue, avec moi—même, directeur dudit périodique. Croyez-moi, cher Monsieur, votre tout dévoué. F. JOLLIVET-CASTELOT. 5 décembre 1896. )4 as Paris, le 24 novembre 1896.
MON CHER CONFRÈRE, J’adhère avec plaisir à votre projet d'union spiritua liste,sous les réserves que vous avez formulées. Oui, je sens la nécessité d’une action collective contre le maté rialisme. Il est indispensable que toutes les forces spiri— tualistes forment un faisceau, plus difficile à rompre que des individualités isolées.
Dans cet effort commun, Où chacun se sent les coudes, on est fortifié du voisinage de ses frères, car, somme toute, si nous différons sur cer tains points, nous en avons d’autres de communs, et en assez grand nombre pour que nous puissions nous entendre. Vous pouvez donc me compter parmi ceux qui acceptent votre proposition. Veuillez agréer, mon cher confrère, l’assurance de toute ma fraternelle sympathie. G.
DELANNE. . auc Paris, le 28 novembre 1896. MON CHER CONFRÈRE, Désirant participer au Grand Conseil spiritualiste Français, je vous envoie par cette lettre mon adhésion, me réservant de nommer un-de’légué dès le premier noyau formé. Avec mes vœux empressés pour la réalisa tion de votre belle oeuvre, agréez, mon cher confrère, mes - meilleurs sentiments. PIERRE GUÉDET, Directeur de l’Aube. * -\sæfl Paris, le 7 décembre i896. MONSIEUR, Persuadé que le groupement de toutes les forces spiri tualistes disséminées peut donner une impulsion plus
* CONGRÈS SPIRITUALISTE DE 1900 173 ' grande à l’évolution des vérités que nous enseignons, le directeur du Journaldu Magnétisme donne son adhésion pleine et entière au projet de l’Initiation et désire sa prompte réalisation. DURVILLE. * -1t 2‘ Versailles, 28 décembre 1896.
TRÈS CHER FRÈRE EN SPIRITUALISME, Hier, à la séance des Swedenborgiens libres, il a été décidé que je vous écrirais pour notre adhésion au Con grès spiritualiste général dont vous provoquez l’existence, en vue de l’avenir, tout en conservant. à chaque École, sa nuance et son drapeau fédératif, dans la communion spiriwaliste générale.
La nuance de notre drapeau est par—dessus tout d’être élevée au-dessus de tout ce qui se rapetisse comme culte et religion, avec lequel nous n’entendons pactiser, ni côtoyer, et si dans la fédération que vous entreprenez il venait à s’y joindre des éléments inférieurs de ce genre qui dénaturent t0ujours le principe philosophique, ou tendent fatalement à le dénaturer, par le peu d'ampleur des idées, et le sectarisme étroit et dominateur des Théocraties quelconques, nous jugerions alors de tels conviés et alliés.
Ces réserves faites, vous pouvez compter sur notre participation, en vue d’une action commune aux écoles hilosophiques spiritualistes, mais nettement séparées, je e répète, des religionnaires quelconques que nous regar dons comme trop attardés sur le plan physi ue, et faisant par cela même grand tort (1) à une religion p ilosophique que prépare inconsciemment le présent pour l’avenir.
Dans cette espérance d’idées philosophiques com munes. nous nous joignons à vous avec toute ardeur posible. Bien de fraternelle espéranceîl Pour les Étudiants Swedenborgiens libres, Le délégué : LECOMTE. 8, boulevard du Roi, Versailles. (1) N’est-ce pas l’enseignement absurde des prêtres qui a donné naissance à l'athéisme, et en grande parue au matéria— lisme?
Les religions fatalement figées dans des dogmes surannés ng peuvent, en face de la science et de la raison, que fatalement p r1r.
174 L INITIATION Paris, njanw‘er 1887. MONSIEUR LE DIRECTEUR, Abonné à votre excellente Initiation, et membre cor— respondant de la Société « [sis »,de Bordeaux, cette société, sur mes indications, sera heureuse de répondre à votre appel en adhérant au Congrès spiritualiste de 1900.
Elle me charge de faire des démarches auprès de vous dans ce sens et d’ores et déjà me confère le titre de délégué; elle se réserve toutefois d’envoyer, lors du Con grès, un de ses membres actifs pour la représenter. Vous pouvez donc inscrire dès à présent ALBAN DUBET. ao. Paris, 5de’cembre 1896.
MON caca DOCTEUR, Nous sommes, le Dr Pascal et moi, entièrement de votre avis au sujet de l’union morale de la presse spiri— tualiste, et nous la « vivons » de notre mieux. Mais nous ne croyons pas qu’il soit opportun de créer un Comité représentatif. Ce serait au moins prématuré, parce que l’union n’est pas suffisamment encore établie dans les esprits et que ceci doit précéder cela sous peine de ne produire que le néant ou pis.
Vous reconnaissez vous-même qu’il existe encore des préventions chez diverses personnes: c’est ce qu’il nous faut dissiper, chacun en ce qui nous concerne, par une action continue et progressive. Croyez donc, mon cher Docteur, à toutes mes sympa thies, sincères et indépendantes. D. A. Gommes. Saint-Raphaël, 13 décembre 1896.
MONSIEUR ET CHER CONFRÈRE, V Je vous remercie de m’avoir communiqué, sous forme d’invitation, l’appel que "avais été heureux de lire dans le dernier numéro de f’Initiation.
Un ap el d’union ne saurait me laisser _indiffére,nt puisque j’ai adhéré, dès l’origine, au sublimé pr0jet d’Amo, le Congrès de l’humanité et que, d’autre part, _]6 poursuis la campagne d’Alliance unwerselle, inaugurée, entre autres, par l’abbé Roca dans son livre sur le Cen tenaire de 1889, sans parler des idées analogues que l’on retrouve en remontant les siècles jusqu’à la parabole du Samaritain.
CONGRÈS SPIRITUALISTE DE 1900 175 Je trouve excellent que ces idées, patrimoine commun del’Humanité, se réalisent sous les formes les plus va riées afin d'évertuer. pour emprunter le langage de Fabre *d’Olivet, chaque milieu spécial. J’estime aussi que la sympathie et l’accord entre ces formes variées d’un Idéal impersonnel et universel sont tous naturels etlogiques.
Je souhaite donc vivement que votre projet de conseil spiritualiste se réalise et que des rapports de sympathie existent entre ce conseil, les parti— sans du Congrès de l'Humanité et ceux de l’Alliance Universelle. Restent les moyens pratiques de permettre à la presse catholique d’entrer en rapports de sympathie avec la resse spiritualiste, sans toucher à l’indépendance de ’une ni de l’autre.
Comme je l’ai écrit récemment à Barlet, admirable et religieux penseur dont les œuvres me semblent préparer une harmonie désirable entre les plus pures conceptions de l’Esotérisme et celles de la Théologie, il est certain que la presse catholique, fût—elle d’avant-garde, comme la Résurrection, ne pourrait entrer, à titre d’élément compœant, dans le groupe de la presse spiritualiste, parce ue, vous le savez mieux que mieux que moi, le catho licisme considère ce spiritualisme indépendant comme une sorte de religion vague et hétérodoxe (je ne juge pas, je crois à l’harmonie future de toutes les vérités, mais je constate la situation).
Pas plus que l’1nitiation ne pourrait entrer dans un groupe catholique, pas plus un organe catholique, même la Résurrection, ne pour rait entrer dans un groupe Spiritualiste, sous peine de ruiner l’union future par l’inconsistance et l’équi— voque.
Mais ce qui est très possible et ce que je souhaite pour ma part,_ie voici : que la presse indépendante cons titué un premier groupe comprenant trots ou quatre journaux de tendances diverses: un spirite, un occul tiste, un indépendant, par exemple(r), et alors que ce groupe, à titre collectif, nomme un délégué chargé de se mettre en rapport avec la presse catholique. et, alors, il il n’y aura plus aucun inconvénient pour la presse catho lique à nommer à son tour (ou simultanément) un délé gué chargé de se mettre en rapport avec celui de la presse (1) Soit l’Initiaz‘ion. la Revue Sviriîe, la Paix Universelle.
Un groupe où entrerait la Paix Universelle serait le meilleur, les articles d’Amo sur les Saints rendant l’adhésion catholique naturelle.
176 L’INITIATION spiritualiste indépendante. Le catholicisme ne peut entrer dans le spiritualisme indépendant pas plus que celui-ci ne peut entrer dans le catholicisme, mais spiritualisme indépendant et catholicisme peuvent entrer l'un et l’autre en rapport, en sympathie, et dégager loyalement les vérités communes : Morale, Immortalité, Dieu, etc. M. Barlet n’a pas trouvé cette idée mauvaise. Voyez de votre côté ce que vous en pensez.
Je serai heureux d’avoir votre op1nion. Je ne demande qu’une chose: la réalisation de l’Union entre tous les hommes. Mais, pour sa réalisation, il faut choisir les formes réalisables. Du reste je serai heureux, je vous le répète,d’avoir votre opi nion et, si elle différait de la mienne, de chercher un été ment d’accord entre la vôtre et la mienne.
Veuillez agréer, Monsieur et cher Confrère, avec mes sincères souhaits pour votre entreprise, l’expression de mes meilleurs sentiments. A. JOUNET Le 51anvier 1897. MONSIEUR, En réponse à la circulaire que vous avez adressée à M“ Lucie Grange, l’invitant à adhérer à votre projet de Centralisation spiritualiste, j’ai l’honneur de vous faire connaître que Mme Lucie Grange désire rester absolu ment étrangère au mouvement en question.
Les motifs de cette abstention proviennent surtout d’un article commentant la doctrine exposée dans la Lumière et publié dans le Bulletin de la Pressefrancaz’se et étrangère (n° 3, février 1892), lequel bulletin a refusé rectification (voir la note, page 1I4, du n° 4, de mars 1892). Veuillez croire, Monsieur, à l’assurance de mes senti ments distingués. P. CHRISTIAN fils, Secrétaire particulier.
P‘HÛT9GRAPHIES PSYGHIQUES Dans une lettre à l’éditeur du Liglzt, Edina donne de très intéressants détails sur une photographie psychique obtenue le 18 octobre dernier, à Glasgow, par M. G., à l’aide du médium David Duguid. C’est, croit-il, la pre
NOUVELLES DIVERSES 177 mière fois qu’on obtient, sur une seule plaque et dans une seule séance, deux négatifs et un positifà côté l’un de l’autre. M. G., accompagné de sa fille, bonne sensi tive, apporta chez David Duguid quelques plaques sen sibles et une chambre disposée de telle façon que chaque plaque, après avoir été exposée, tombe et est remplacée par la suivante.
M. G.. après avoir chargé l’appareil sans permettre à David Duguid d’y toucher, bien qu’il ne mette pas un instant en doute la bonne foi et l’honnêteté de ce médium, fit asseoir sa fille en face de l’appareil et impressionna successivement six plaques. Le seul rôle du médium, pendant la séance, fut de retirerl’obturareur.
Le dévelo pement se fit à Edinburgh; sur la sixième et dernière plaque, on aperçut, au centre, Miss G. en négatif; à sa droite, également en négatif, la « prêtresse de Chypre », déjà obtenue dans les précédentes expé— riences, et à gauche, en positif, l’image d’une jeune femme, à l’air doux, vêtue d’une robe tombant jusqu’aux pieds. Les deux figures psychiques se rapprochent de Miss G. et couvrent une partie de ses vêtements.
M. G. a consulté trois photographes expérimentés quiont déclaré ne rien comprendre à ce fait. Nouvmuas EDLI‘VERSES La pièce de Victorien Sardou La nouvelle pièce de Victorien Sardou, Spiritisme, contient une très belle scène de discussion passionnée entre deux médecins, un docteur écossais défendant les faits avec beaucoup de bon sens et d’autorité,et un doc— teur français qui se sauve pour ne pas avoir à. changer ses convictions.
' Le personnage du docteur ecossals est joue avec beaucoup de talent par un artiste qui fera du chemin, M. Rippert, spirite fervent que Papus recommanda jadis à Gibier, et que celui-ci renvoya à Sardou qui eutl’idée, par la suite, de l’utiliser pour créer le rôle du docteur spiritualiste. La pièce a été accueillie avec la plus grande hostilité
'l 78 L’INITIATION par les journaux sceptiques et organes des jouisseurs matérialistes; par contre, M. Henry Fouquier en a fait un bel éloge dans le Figaro, et quelques rares journaux ont donné la même note. Attendons maintenant la déci— sion du public. I {Il Le député musulman On a béaucoup parlé du docteur Grenier, le député musulman, et il faut admirer le courage avec lequel le nouvel honorable a supporté les satires et les sarcasmes.
On se demande d’où vient cette exagération des prati ques qui oñ‘usquent tellement les sceptiques du Palais Bourbon ? Beaucoup de chrétiens sincères et quelques musulmans résidant à Paris se contentent du minimum possible de manifestation de leur culte! dit-on. Pourquoi ce zèle chez le docteur Grenier?
Un missionnaire chrétien en mission chez des sau vages se contenterait-il du minimum de ses manifestations extérieures possible !’ Non, n’est-ce pas ?
Eh bien, le docteur Grenier, se considérant comme en mission de foi auprès des athées et des sceptiques du Palais—Bourbon, a raison d'exagérer les manifestations de cette foi qui finira par mériter le respect et l’admira tion de tous. nr 4* Copie de la lettre adressée au « Figaro >> MONSIEUR LE DIRECTEUR, Que dire de plus et de mieux que les éloquentes pa— roles de mon illustre ami le P. Loyson, sur M. Grenier et l’Islam?
Voici pourtant une phrase imprévue dans laquelle il est de mon devoir sacerdotal d’intervenir. Un certain nombre de députés, d’après le Figaro, se préoccupent« du ridicule que pourraient jeter sur le Parlement les pratiques rituelles de leur honorable col lègue. ) J‘ignore où doivent aboutir leurs préoccupations, mais,si M. Grenier était l’objet d’une mesure prohibitive quelconque, nous aurions quelque droit, nous, les
NOUVELLES DIVERSES 1 79 croyants de toute confession, et moi, en particulier, pa triarche de la T. S. Gnose, de demander qu’on imposât silence aux professions d’athéisme que les matérialistes des deux Chambres ne manquent aucune occasion de faire et qui discréditent bien autrement le Parlement, aux yeux de l’étranger, surtout devant nos amis les Russes, tous si profondément religieux.
Mais qu’on laisse à M. Grenier son burnous et le droit d’insulter Dieu aux athées. Malo lz'bertatem. Agréez, Monsieur le Directeur, mes sentiments dévoués et fraternels en la T. S. Gnose. =5= SYNÉSIUS, Primat de l‘Église Gnostique. * lit :1.
Réincarnation D’un article bibliographique du livre de Bouvéry(Spiri— tisme et Anarchie) publié par le Figaro du 7 janvier 1897, nous détachons l’anecdote suivante : Avant de fermer ce livre, si curieux, je reproduirai ce récit donné comme preuve de la pluralité des existences; il a été rapporté par un M. Isaac G. F05ter. Il y a douze ans, j’habitais à 111, comté d’Effingham. J’y perdis une enfant, Maria, au moment où elle entrait dans la puberté.
L’année suivante, j’allai me fixer à Da— kota, que je n’ai plus quitté depuis. J’eus, il y a neuf ans, une nouvelle fille que nous avons appelée Nellie, et qui a persisté obstinément à se nommer Maria, disant que c’était son vrai nom, duquel nous l’appelions autre fois.
Je retournai dernièrement dans le comté d’Effin gham, pour régler quelques affaires, et j‘emmenai Nellie avec moi. lle reconnut notre ancienne demeure et bien des personnes qu’elle n’avait jamais vues, mais que ma première fille, Maria, connaissait très bien. A un mille se trouvela maison d’école que Maria fréquentait. Nellie, qui ne l’avait point vue, en fit une exacte description et m’exprima le désir de la revoir.
Je l’y conduisis, et, une fois là, elle se dirigea directement vers le bureau que sa sœur occupait, me disant : « Voilà le mien. » On dirait un mort revenu du tombeau; mais sa mère ne veut pas l’admettre; elle dit que Dieu lui a donné deux enfants et qu’il ne lui en reste qu’une. Quant à moi, je n’essaie pas d’expliquer le fait.
180 L’INITIATION Qui ne se rappellera, en lisant ces lignes, la merveil leuse poésie de Victor Hugo: le Revenant? Tout est pos sible! Le docteur Guiliano Kremmerz, de Naples, va publier en langue italienne une revue mensuelle de la Science des mages, intitulée Il manda secreto (iO lires par an, 12 l. pour l’étranger). Rédaction : Sign.
Enrico Cas, à Napoli. — Le premier numéro pour février 1897; cette publication s’annonce comme devant être très érudite. Nous prierons son administrateur de vouloir bien recti— fier notre adresse : 85, rue de Savoie, et non plus rue de Trévise. I‘I Gaston Méry, l'actif et véridique historiographe du « surnaturel » de l’année passée, vient de faire paraître le,premier fascicule de la revue qu’il nous annonçait : 1’Echo du Merveilleux (i).
Il se propose la simple tâche de collectionner des faits et des phénomènes. Le premier numéro 8 est des plus intéressants; nous y avons vu avec plaisir un article d’Amo : la Renaissance idéaliste et le fait spirite. — Nos meilleurs souhaits de prospérité au courageux publiciste, Gaston Méry. -g. Le journal du professeur Rahn, le Monde Izyperphy sique, est de plus en plus intéressant : très bons articles de MM. Max Seiling et K.—A.
Hager. —- Excellente im pression également à la lecture de la revue de Gabriel Delanne, du Moniteur spirite et magnétique, de la Revue féministe. _ Le deuxième numéro de l'Echo du Merveilleux, (21, boulevard de Clichy) vient de paraître, et il est en core plus intéressant que le premier. Voici le sommaire des principaux articles : Le colonel de Rochas et Tilly, par EUG.GRAVOISIER. — Reportage dans un fauteuil, par G. MALLET. -— Les (i) 10 francs par an; 0 fr. 50 le numéro. -- 21, boulevard de Clichy, Paris.
NOUVELLES DIVERSES 18! yeux des visionnaires, MARQUIS DE L. L. —— Classifica tion des phénomènes spirites, par H. FRICHOT. — Pro— phéties de Louis XVII, par LÉo FRANC. — Chez la voyante, par G. MÉRY.— Chez le Père Jourdan, par MERG.
Le Bulletin de la Presse (21, quai Saint-Michel, Paris) a publié dans son numéro du 25 janvœr 1896 un article de Papus sur la presse française néospiritualiste. —— De cet article il résulte que le spiritualiste compte actuelle ment en France 25 organes, dont 9 occultistes,g spirites, 2 magnétiques, 2 sociologiques, 1 expérimental, 1 litté ra1re. . n n Une œuvre inédite d’Eliphas Levi Le Rituel magique du « Sanctum Regnum ».
M. le D“ \Vynn W’estcott, suprême des Rose-Croix d’Angleterre,comme nous l'apprend la première page de son œuvre, mérite, à tous égards, les éloges des occul tistes pour sa bonne traduction d’un petit traité très in téressant pour tous les admirateurs du kabbaliste fran çais Eliphas Lévi. Cette interprétation de secrets magi— ques n’a jamais été éditée en France, c’est donc sa pre mière publication.
Certains faits intéressants relient ce traité à un important mouvement mystique en Angleterre et bien des gens que l’interprétation du tarot n’intéresse rait pas, seront attirés par un livre qui touche, acciden tellement, il est vrai, à l’histoire de « La Voie parfaite » (perfect Way). Le manuscrit original qui a servi àla tra duction du Dr Wesœottt, fut donné à M. Edward Mair land par un vieil occultiste de Marseille, M. le baron Spedalieri.
Il était écrit sur desfeuillets intercalésdans un traité latin de.Trithème de Spanheim intitulé De Sep tem Secundeis (ouvrage paru à Cologne en 1567). Trithème était un savant bénédictin, mais surtout un adepte en science occulte. Son ouvrage a, en partie, un caractère prophétique, et on supposa longtemps, à tort, qu’il annonçait les débuts d'une nouvelle croyance spiri— tualiste pour 187g,juste l’année de la publication de la Voie parfaite. On crut également que le traité d’Eliphas
r 82 L‘INITIATION n‘était qu’un commentaire sur l’ouvrage de Trithème, mais c’est réellement une contribution indépendante et originaleà la littérature ésotérique. Le rituel magique est en somme un développement de quelques-unes des significations du tarot.
Le Dr Westcott a ajouté à sa tra duction quelques détails pris dans l’ouvrage principal d’Eliphas et dans l’histoire de la magie de Christian. * - v LaNova Lux du DrGiovanni Hoffmann continue à pré senter au public italien les travaux de la tradition orien tale conjointement avec ceux de la tradition occidentale Nous avons lu avec beaucoup d’intérêt la petite feuille mensuelle allemande der Gesunderts hâter (Directeur : Dr Léopold Engel de Dresde; 2 marks par an).
Il s’y trouve entre autres une curieuse observation sur la mortalité pendant l’apparition des taches solaires; plusieurs S :::I ;_': collaborent à ce journal. M. Delanne redécouvre le miroir magique, dans la Revue scientifique et morale du spiritisme (Janvier). Alire aussi les Temps Nouveaux.
Bien que nous ne par tagions pasles théories de ce petit journal, nous recon naissons qu’il offre un grand nombre de documents ins tructifs sur les excès du capital , et qu’il donne un ta bleau exact de la fermentation de certains milieux. * Notre ami Fabre des Essats a donné le mois dernier deux conférences sur la musique avec le concours de M. Daniel Fonteneau,premier prix du Conservatoire.
La salle de l’Institut Rudy était comble aux deux fois ; c’est dire tout le succès qu’a remporté la parole poétique et érudite du Patriarche gnostique, auquel nous envoyons toutes nos félicitations.
S. oIl AVIS AUX LECTEURS En vue d'un travail à paraître dans l’Initiation, M. Louis Esquieu, rue de la Barre, 4, à Cahors (Lot), prie les per sonnes qui possèdent des pierres gnostiques (abraxas), des amulettes, des talismans, des objets auxquels s’at tachent des croyances superstitieuses, de vouloir bien les
NOUVELLES DIVERSES 183 lui communiquer en originaux, empreintes, moulages ou dessins. Sincères et fraternels remerciements. L. E., délégué (Sud—Ouest). Le Petit Provençal ([4 décembre) donne une chronique sur le spiritisme. La Résurrection (novembre, décembre) réfute, par la plume de M. Jounet, le livre de Strada, Jésus et l‘Ere de la Science. Le Messager (1“ janvier 1897) donne la reproduction d’une conférence du D“ Baraduc.
M. Delanne étudie, avec une foi robuste dans la certi tude de la science expérimentale, le caractère positif de la philosophie spirite (Revue scientifique et morale du spiritisme, décembre [896). Dans la même fascicule, Amo établit avec enthousiasme le double fondement, scienti fique et mystique du spiritisme.
L’Aube (décembre 1896) commence une nouvelle et plus luxueuse série; à signaler ses belles planches hors texte; Jollivet-Castelot y donne une étude-sur l’École occultiste contemporaine. Le Progrès Spirite de Laurent de Faget inaugure sa troisième année par de grandes améliorations typogra phiques. Nos meilleurs souhaits à son excellent directeur pour la perpétuité de son succès.
A lire une belle conférence de Charles Albert dans l’Art Social (décembre). 4‘! a< Dans l’Ëcho de Paris du 20 janvier 1897, M. E. Lepel letier constate avec terreur la dégringolade du matéria lisme et l‘enthousiasme de la jeunesse pourles idées spi ritualistes. Effrayé, il s’écrie : « Ce n’est pas au-dessus des forces, c’est au-dessus des folies humaines,qu’il fautplacer le miracle et l’œuvre.
La tendance est cependant curieuse à noter de l’auditoire mystagogique qui a pris cette étude d’une maladie men tale pour une sorte d’affirmation pieuse et d’élan vers le Surnaturel religieux. L’heure est peubêtre venue de réimprimer officiellement, aux frais de l’Etat, l’Encyclo
184 L‘INITIATION pédie. les Œuvres de Did.:rol, le Bon Sens du curé Mes— lier, le Compère Mat/rien, les Origine des cultes, et malgré le peu de valeur littéraire de la plupart de ces ouvrages de critique railleuse, les répandre, les destiner aux jeunes gens, les imposer dans les écoles, serait peut-être besogne salutaire. Il faut démystifier la France. > E. LEPELLETIER.
M. Lepelletier suit aveuglément la tradition des Jaco— bins, qui ont amené notre Patrie à la ruine morale et intellectuelle. Les Martinistes ont repris avec succès leur mouvement idéaliste écrasé par les premiers Jacobins; cette fois les Martinistes sont bien organisés, et leur vic— toire est certaine. P. ïÇo’uumaa iBtuatoeaaenttnn A. B.
C. de la Théosophie, par le D“ PASCAL Cette brochure de propagande théosophique contient certaines affirmations que nous reproduirons in extenso. « Au sujet de la Prière, la Théosophie dit que, si l’on entend par là une DEMANDE faite à un être distinct de l‘homme, cette prière est un acte d’ignorance pouvant osciller, au point de vue moral, de l'aspiration sincère, mais grossière, à la magie noire consciente ou incons ciente (p. 37).
« Si l’on entend par ce mot L’ADORATION d’un Dieu con— sidéré comme séparé de l’homme, nous dirons que cette attitude de l’âme, bien qu’infiniment supérieure à la précédente, est encore le fruit de l’ignorance qui nous fait croire distincts de l’esprit universel (p. 37). < Ce Verbe ne s’est jamais incarné et ne s’incarnera Ce Verbe ne s’est jamais incarné et ne s’incarnera jamais pleinement dans un corps humain, ni même « dans un corps angélique (p. 43). » hAAAA ’AAAA A On comprendra maintenant pourquoi les Martinistes sont chrétiens et spiritualistes et préfèrent la tradition occidentale à celle-là. PAPUS.
COI‘RRIER BIBLIOGRAPHIQUE 185 Fume n'Ouvr-zr. — La .’\Ittsique expliquée comme science et comme art et considérée dans ses rapports ana logiques avec les mystères religieux, la mythologie ancienne et l'histoire de la terre. — Œuvre posthume publiée par les soins de René Philipon; avec un portrait inédit de Fabre d'Olivet. -- Paris, édition de l’lnt'tiation, 5, rue de Savoie, 1896, gr. in-8, de luxe. Sur Japon, 330 exemplaires numérotés, 6 francs.
Le présent livre, qui ne représente d'ailleurs qu‘une partie de ce que Fabre d‘Olivet a écrit sur cet important sujet, était attendu avec une vive impatiente et les nom breux admirateurs du maître devront à M. Philipon, auquel ils sont déjà redevables d‘un certain nombre de services du même genre, une reconnaissance toute spé ciale, vu la haute portée de cette œuvre posthume et l'immense variété des branches du savoir auxquelles la musique impose une vie féconde et illuminatrice.
Entrant de suite au cœur de son sujet, Fabre d'Olivet expose d'abord les idées des anciens sur la musique; il prouve par des textes, dont le nombre et le choix sont tout à l'honneur de son immense et judicieuse érudition, l‘unanimité des doctrines antiques sur c la connaissance -de l'ordre de toutes choses, sur la science des rapports harmoniques de l'univers. » Son but était de faire sortir de l'examen de la musique comme science etcomme art, c un système théorique et pratique fondé sur la nature et réunissant les principes trouvés par les anciens avec les connaissances acquises par les modernes.
Platon, Aristote, Plutarque, Polybe, Socrate, Pytha— gore, chez les Hellènes; Kong-Tsée, Kouei, Pan-Kou, chez les Chinois, les tableaux hiéroglyphiques des Égyp tiens, les Sam/titas des Hindous célebrent à l'envi la grandeur de cette science et la puissance morale de cet art. Découvrir le fondement de cette puissance, tel est le problème que se pose tout d'abord l’immortel théosophe‘. et, s‘aidant des principes de son maître, l’ythagore, il dé couvre que toute la force de la musique réside, non pas dans ses formk extérieures, ni dans les éléments qui servent à développer ces formes, mais bien dans les prin cipes mêmes qui les constituent; la mélodie et l’harmo
1 86 L’INITIATION v in aj”‘ nie ne sont que l'enveloppe physique d’un principe intellectuel.
Ces conclusions, bien hautes pour l’entendement des modernes, sont appuyées sur différentes manières d’en— visager la musique, c’est-à-dire comme pratique spécu lative et comme intellectuelle et céleste; il ressort de là que les anciens avaient pleinement raison d'attribuer à la fixation des sons une importance si capitale, et de ré— cuser pour ce rite le jugement de l’oreille , n’acceptant pour seule règle que l’harmonie analogique et propom tionnelle des nombres.
Les principes de la musique étaient d’une extrême simplicité, et c’est à cause de cette simplicité que les anciens initiésles cachaient avec tant de soin; ces prin— cipes n’étaient autres que ceux désignés par les pythago riciens sous le nom de quaternaire universel; après avoir, en propres termes, dévoilé ce mysterium magnwn, Fabre d’Olivèt l’explique tout au long dans un chapitre consacré àl’étyh1010gie du mot musique, pages admi— rables, où il s’élève d’un coup d’aile aux plus hautes régions du ciel des muses; à partir de ce passage mémo— rable, tous les feuillets de cette œuvre peuvent servir de texte aux méditations les plus assidues et les plus profondes.
Examinant tour à tour la production de la mélodie, il en décrit le principe, les effets et la marche synthéti sante; il analyse les diverses facultés de l'âme qui peu— vent la générer; le système musical des Chinois, puis celui des Grecs ou d’0rphée sont. ensuite disséqués jusque dans leur essence, reconnue identique à celle de la Inu sique égyptienne, — et conservée intégralement dans le système du Sage de Samos.
Fabre d’Olivet rend à l’œuvre de ce grand sage un hommage éclatant etlui rapporte le mérite de ses propres œuvres. Une dernière source de pensées ingénieuses et pro fondes se cache au cours des deux derniers chapitres de ce livre; nous voulons laisser aux étudiants déjà avancés le plaisir et le profit d’une découverte personnelle. Tout: est dans tout.
0 Mais ces lignes ne sont déjà que trop longues; termi— nous en exprimant l’espérance que la gçande âme du .. —,y.,.pia-.J-r, h...uw.J Mw_—,2M.-. lev—7...”: «m
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 187 Maître soit aussi bien Comprise après sa mort qu'elle l‘a été peu de son vivant; et remercions encore une fois l‘éditeur du soin filial qu’il a pris à revêtir d’une forme parfaite les idées sublimes du dernier des Pythagori ciens. SÊDIR. Dr CH. FIESSINGER (d’0yonnax): La Thérapeutique des Vieux Maîtres. Gr. in.-8 de 350 p. A la Société d’éditions scientifiques, 7 fr.
50, ( Uneidée, dit le D“ Fiessinger, est une graine d‘étrange sorte. Elle flotte dans l'air: un cerveau la happe au pas. sage; il se l'approprie, la caresse, la développe, la trans forme en produit de culture. Et voici l’extraordinaire de cette végétation : une graine unique. toujours sem blable àelle-même, germe en floraison des plus dispa rates, chaque cerveau où elle pénètre lui fournit occasion à épanouissement distinct.
Elle ressemble à un gland d’où jailliraient non pas seulement des chênes, mais une pépinière illimitée de baliveaux inattendus. » Avec une vue si nette du travail organique des choses intellectuelles nous sommes surpris que notre auteur n’ait pas pénétré plus avant dans l'essence de l'Art de guérir, c’est-à—dire n’ait pas deviné les réels fondements de l'être humain.
Nous nous plaisons à reconnaître la somme univer selle de renseignements accumulés dans son livre tant au point de vue biographique qu’à celui de l’histoire des matières médicales : et à ce propos, nous recommandons son livre à tous ceux qui fouillent les vieilles pharma copées dans l'espoir, souvent justifié, d'y découvrir des drogues à l'action puissante; nous avons dégusté avec un plaisir tout littéraire les phrases alertes et incisives, le tour d'esprit clair, pénétrant et un peu désabusé.
Mais, à côté de toutes les réhabilitations, de toutes les restitu tions, montrant les découvertes célèbres de n05 temps déjà connus depuis des siècles, nous regrettons une inwmpréhension totale de l’iatrochinzie; nous n'avons pas ici le temps d’examiner en détail ce sujet; formulons simplement l’espoir que le D' Fiessinger ne voudra pas laisser la documentation incomplète sur cette branche mystérieuse de la médecine, et remercions—le d‘avoir
188 L’INITIATION su répandre un charme si attrayant sur le fatras des vieux in-folio. SEntn. b 0 U GASTON MÉR‘I : La Voyante et l'Histoire de demain (Le problème de Tilly). —— 5,‘ fascicule. — Dentu. Le 9e fascicule de M. Méry n’est pas le moins curieux. L’auteur réplique d‘une façon sommaire aux critiques nouvelles de M. l’abbé Gombault.
Il reconnaît, avec sa loyauté habituelle, avoir mal interprété certaine expres sion de la Voyante, qui pouvait faire supposer qu’à la fin de 1896 auraient lieu deterribles événements. M. Méry a oublié de corriger une autre inexactitude : l’annonce d’un cyclone pour la fin de cette même année. Il consacre un assez grand nombre de pages à réfuter l’opinion de M. Brettes, que N.-D. de Tilly, c’est le Diable.
L’éloquentchanoine n’a pas fait une enquête assez prolongée et assez minutieuse: il a jugé d’une même manière des faits dont les caractères sont distincts. Son tortle plus grave (comme à propos de Mlle Coue’don), c’est d’avoir accueilli avec crédulité un grand nombre de racontars ineptes ou malveillants. Plus d‘un argu ment ad hominem est lancé contre M. Brettes à propos de Pontmain et de Pellevoisin.
M. Méry constate l'unanimité des occultistes au sujet des faits merveilleux qui ont marqué l’année 1896. Il annonce avoir vu le personnage qui doit jouer en France un rôle si grandiose, et qui depuis peu est re tourné à l’étranger. I.’Ange prédit qu’après les châti— ments le climat de la France sera changé (les temps mel— lifiques de Nostradamus), et complète plusieurs de ses premières prophéties.
M. Méry publiera l’Écho du merveilleux,revue bimen suelle, à partir du 15 janvier. Le prix de l’abonnement sera de [0 francs par an. Le 1er numéro sera envoyé gratuitement à quiconque en fera la demande à l’auteur (69, rue Concordet). SATURNINUS. - Annales du Midi, 1896, juillet. Pagés et N.Valeis: Les. révélations de Constance de Rabastens et le schisme d'0ccident. ,—.«.<.....FqM,. ._, ..,.__,,,..»—., .,,,-.«a-a-Aa..fl-..».‘rvh.w—WM,,.,.... M I , l ! Il
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE I89 Hermes. Bd.xxx1, h. 3, 1896. Stengel : Des prophéties obtenues au moyen des sacrifices sanglants. Jahrbücherfiir classische Philologie, 1896. Wendland : Les thérapeutes et le traité de Philon sur la vie contem plative. Zeitschriflflir Assyriologie, 1891. Analyse : King: Babylonian magie and sorcer_v. Ze1’lschriftfiir Kircheugesclu'chte. Bd. xvu.
Haupt : Des publications récentes relatives à l’lnquisition et aux su perstitions du moyen âge. Zeilschriflfiir wissensch.zftliche Theologie. Haebler : Un astrologue chrétien (Hermippus, De Astrologia). Zeilschriftfiir Kulturgeschichte. Analyse. Boos : Ge schite der Freimaurerei (excellent); et Kanysers : Kai serprophetieen und Kaisersagen im Mittelalter. (Extrait de la Revue historique, déc.-janv.).
La renaissance mystique qui s’étale bruyamment de nos jours vient d’enrichir notre littérature d'un ouvrage des plus intéressants pour les adeptes des recherches du surnaturel par le sentiment et le cœur. Cette fois encore la lumière nous vient du Nord, non des régions bru meuses de Scandinavie, mais du beau ciel de Pologne.
M. Jules de Niemiryer est un Varsovien et auteur de plusieurs grands ouvrages philosophiques écrits dans sa langue natale, comme : « Recherches philosophiques sur le mystère de sa vie; Philosophie de l'idée du droit comme principe moral; Philosophie de l‘humanité; Phi Iosophie de l'histoire de Pologne, etc. » Or l‘idée est venue à cet auteur distingué, d'écrire un roman mysc tique, et il l’a écrit en français pour le rendre plus popu laire.
Le titre en est la Grande Enlgme (Chamuel, édi teur, 5, rue de Savoie), ce qui veut dire : Résolution du Grand Problème de la vie. Nous avons lu avec beaucoup de plaisir la Grande Enignze, qui, en forme de roman, essaie de résoudre les problèmes les plus difficiles et répondre aux aspirations les plus délicates de notre âme.
Le héros du roman, 'après avoir passé en revue tous les systèmes philoso phiques, s’élance vers la sagesse orientale et y trouve la
190 L’INITIATION révélation du grand mystère de la vie. C’est la belle Nu siroma, l’archi-prêtresse d’un temple païen, caché dans les monts d’Ellora, qui révèle à Marins les traditions secrètes des premiers habitants des bords du Gange, conservées et gardées depuis 4,000 ans par les prêtres de la Pagode.
Nous pensons que ces traditions mises, au jour en forme d’un joli roman, auront un grand succès auprès des lecteurs et des lectrices dont la pensée s’élève vers l’absolu. «“t‘néaraa AU DELA DES FORCES HUMAINES J’ai assisté à sept actes de théâtre au cours desquels il n’a pas été question une seule fois de mari trompé ou de jeunes filles trop savantes: cela seul ne vaudrait-il pas tous les compliments du monde à M. Lugné—Poé?
Par surcroît, il y a eu de nombreuses idées, et dans les inter prètes une ardeur et une franchise qui sont également rares et sympathiques. La pièce actuelle de Bjornstjerne-Bjornson se décom pose en deux parties montrant chacune l’inutilité de l’effort humain dans le domaine du mysticisme et dans celui du socialisme.
Ce qui distingue ces constructions théâtrales, c’est la simplicité primitive de la charpente; rien de sous-entendu, tout est dit, redit, expliqué, démontré; et le public paraissait enthousiasmé, laissant ainsi voir la tendance secrète de la foule vers l’inconnu et l’au-delà.
J’ai entendu, non pas les gens influents et les critiques célèbres, mais les jeunes, qui se placent n’importe où, au paradis ou dans l’orchestre vide, poètes, artistes, sa— vants futurs qui cherchent leur voie au carrefour où soufflent les quatre vents de l’Esprit, parmi ceux-là, j’ai entendu proférer toutes les formes de l’admiration pour la foi du thaumaturge, il y a quinze jours, pour la glori fication du martyre par un héros anarchiste, hier soir.
Et, en fait, il est étonnant d’entendre enseigner sur une scène, par le protagonisme d’une cause, la puissance lie-u»... - 1. TH’M-I’Jf-flI‘wW‘I‘KQÆ' -.,L-.—.æ,—....- ,.,.....2.. -,4-nn-.... A
THÉATRE 19 r occulte de son sang volontairement répandu. Quel dom mage que le luthérianiste étouffe tout cela au lieu d'y faire passer le souffle vivifiant du catholicisme véritable des Evangiles!
Il y a, d’ailleurs, dans le sacrifice du jeune Elie, quelque beau qu’il soit, une tare secrète qui le rend inf’e’cond: c’est que le héros se tue pour sa cause en entraînant avec lui dans la mort une diZaine de ses adversaires; tout le dynamisme de son holocauste se trouve résorbé du coup. _ Quoi qu’il en soit, il y a dans ces sept ou huit actes une telle quantité de choses rarement dites et utiles à dire, que l’on doit regretter amèrement le petit nombre des représentations de I’Œuvre.
Tout semble être dé vouement et camaraderie sur cette jeune scène, depuis la principale interprète, Mlle Francye qui, quoique ma lade, a joué avec pathétique un rôle très fatigant, jusqu’au plus modeste des collaborateurs. SÉDIR. LIVRES E@ÜS Dr FERDINAND MAACK. — Ueber amnestiche Schreibsto rung (Ext. des Centralblatt für Nervenheilkunde und Psychiatrie); Coblentz, libr. royale de W. Groos (L. Meinardus).
Du MÊME. — Ueber phosphoresgent Strahlen—Britraf {um néo-okkultismus. Berlin—Zehlendorf, 8, Parkstrasse (compte rendu prochainement). | E©TŒE&SE LIVäES ON OFFRE: ABBÉ CONSTANT (E. Levi). — Bible de la Liberté, édition princeps, 1841, in-18, broché. . . . . 3 ) MORIN. — Révolution du temps, in-16, broché . I ) BOUTROUX. - Jacob Bue/une, in-8, relié. 6 »
192 L’INITIATION DRACH. — Lettres d’un rabbin converti aur Israé— lites sesfrères, in-8, rel., Paris, 1825 . . . . . CH. DE CATTAN. — Géomance astronomique, Pa ris, 1558,in-4, velin. . . . . . . . . . . . . KHUNRATH. — Amphitheatrum sapientiæ eternæ Francf., 1653, rel. ; avec toutes les planches . . PISTlS Soeurs. — Textes latins et grecs . . . . . DE BEAUMONT.—- Swedenborgà Stockolm en 1756 in-8,broché,33op. . . . . . . . . . . . . .
D) U5U‘ U.) ON DEMANDE ouvrages concernant Cagliostro, Joseph Balsamo et le comte de SainbGermain. S’adresser à M. Sédir, 4, rue de Savoie, Paris. Le Gérant: Encaussa. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6 ,_ïï n.........__ä
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1827, in-12 ; Codes des francs-maçons 1830, in-12; Manuel dufranc-maçon. 1735, 2 vol. in-S". BÉDARRIDES. — L'Ordre maçonnique de Misraîm. 1845, in-8°. Barucuar. — Précis historique de l’ordre des F.'. M.‘., avec biographie des plus célèbres F.'. M.'.. 1829, 2 vol. in-8°. BONNEVII LE. — Les Jésuites chassés de la F.'. M.'.. I788, in-S° ; l‘Esprit des religions. 1792, 2 vol. in-8°. BOUBÉE. — Études historiques et philosophiques sur la F.'. M.'.
1854, in—8°; Souvenirs maçonniques, avec no tice historique. 1866, in-8°. CLAVEL. — Historique pittore3que de la franc-maçon nerie. 1843, in-8°. DELAUNAYE. — Thuileur des 33 degrés de l’écossisme de Rite ancien et accapté. 1821. in-8°. ENOCH. — Le Vrai Franc-Maçon. 177 , in-8° Lettres maçonniques. 1774, in-8°. DES ETANGS. —Archives de la F.'. M.'., où les secrets et travaux de tous les grades.
1821, in—8°; Œuvres n11 çonnt’que.s : initiations, cérémonies,installations, 1848. in-8°. FABRE. — Documents maçonniques. 1866, in-8°. GALIFFE. — La Chaîne symbolique: origine, développe ments et tendances de l’idée maçonnique. 1852, in-8‘. GOFFIN. — Histoire populaire de la F.'. M.'.. 1862, in-8°. GRAND-ORIENT. _— Etat du Grand-Orient. 1804, 4 vol. 10—4.
BIBLIOGRAPHIE GUON. —' Lettres critiques et philosophiques sur la F.'. M.'., 1835, in-8". JOUAUST. — Histoire du Grand—Orient de France, 1865, in—8". — Histoire de la franc-maçonnerie en France, 1878. in-8°. JUBÉ. — Recueil des actes du Suprême Conseil de France. (1806-1830). 1832, in-8°. KAUFFMANN ET CHARPIN. — Histoire philosophique de la F.-.‘ M.'., 1850, in—8°. LA TIERCE.—Hlfloire etstaluts des M.'., 1742, in-8°. LE SUEUR (A. L. B.
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' RAGON. — lHermes ou Archiues, 1818-19, inè8°; Cours des initiations anciennes et modernes. 1841, in-8°; Or thodoxie maç:., Maçonnerie occulte. 1853, in-8°; Rituels (,15) 1860, in-8°; Thuiléu‘r général ou manuel de l’initié. 1860, in-8°; la Messe, 1880, in-8°. REBOLOT. —- Histoire générale de la en France. 1851, in—8°. — Histoire des trois GG.-. LL.'. des F.'. en France. 1864, in-8°. ’ REGHELLINI ne SCHIO. —— Esprit du dogme de la F.'.
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JOURHMlX l’l‘ RI‘WI’ÉS OGGULTIS'Æ‘ES RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENT LANGUE FRANÇAISE L’Inz‘tiah‘on revue mensuelle , 10 avenue des Peu 3 ’ pliers, Paris. ' Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. ' L’Hyperchihfie (revue mensuelle), 19, rue St—Jean, Douai (Nord). .HERMÉTISME, ALCHIMIE La Thérapeutique intégrale (revue mensuelle), [0, rue Durand-Claye, Paris MÉDECINE HERMÉTIQUE, HOMŒOPATHIE LANGUE ANGLAISE 717e Morning Star.
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""’}ΓÆM : -y Principaux Ouvrages recommandés pour i. étude de l'OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS ' . L’Évolution de l’Idée. P.-CH. BARLET. . . . . , .- , « L Instruction Intégrale. ( Le Serpent de la Genèse. STANISLAS DE GUAITA . . Le Temple de Satan. Traité méthodique de Science Occulte Parus . , _. . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique; La Science des Mages. A. JHOUNEY . . . . . . . Ésotérisme et Socialisme.
RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAS LE’VI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. ( La Langue hébraïque restituée. FABRE DOLIVET' ' ' ' ' ( Histoirephilosophiquedu genrehumaih. ALEERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. LITTÉRATURE ( La Magicienne. JULES LERMINA . . . . . , A Brûler. B L Zanoni. ULWER "TON ' ' ' ' La Maison Hantée.
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