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1 7€'1'l'.‘.'?" . =/ ati0 Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMEN‘I‘ SOUS LA DIRECTION DE PAPUS 0 O. '1‘ Docteur en médecine — Docteur en kabbale u 34’ VOLUME. — 10““ ANNÉE SOMMAIRE DU N° !1. (Janvier 1897) PARTIE INITIATIQUE... L’Astral . . . . . . . . . . Barlet. (P. 2 à 49.) L‘Amour et le Bonheur . Amo. . (P- 49 à 56). PARTIE PHILOSOPHI- Le; Incubes et les Suc QUE ' ' ' ' ' ' ' ‘ ' ‘ ' ' ' " cubes . . . . . . . . . . J.
Delassus. (p. 57 à 61.) Les grands phénomènes spirites . . . . . . . . . J. de Tracy. (p. 62 à71.) BIBLIOGRAPHIE . . . . . .. Deux occultisles . . . . . . Sédir. ’ (p. 71 à 75.) PARTIE LITTÉRAIRE... Nocturnes (poésie). . . . Ch. Grolleau. , (P- 76 à 77) Union idéaliste universelle. -— Ordre martiniste. —Congrès spiritua listes de 1900. —- Groupe indépendant d’études esotériques. — Parts psychiques. — Nouvelles diverses. — Livres reçus.
Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, me de Savoie Ghamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. -— Un An: DIX FRANCS 3 l
PROGRAMME : Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: . Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta— physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiarion adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
“Enfin l’Initialion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiaiion expose les opinions de toutes. les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
' Enfin, la troisième partie' (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux.lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. _ . ’ L’Initiaiion parait régulièrement du I5 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an " (Les collections des deux premièresannées sont absolument épuisées.)
L’Initiation du 15 Janvier_rSg7 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS / _. , DE 1’Initiation 10 ‘ PARTIE INITIATIQUE AMO— F. Cu. BARLET,S.". I.°.N— STANISLASDEGUAITA, S.'. I.'. & —GUYMIOT. —MARC HAVEN, S.'.,Is. s’y—JULIEN LEJAY, S.'. I.'. g -—— ÉMILE MICHELET,S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. l.'. -—GEORCE MONTIÈRE, S.'. I.'. fi- —PAPUS, S '. I.'. g — SÉ_DIR, S.'. I.'. — SELVA, S.‘. I.'. (C. G. E.) .
2,, ‘ - . j PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ? ABIL-MARDUK.n_— AMELINEAU. —Al.EPH. — D’BARADUC. — Le ' F.'. BERTRAND 30‘ — BLITZ; — BOJANOV. — JACQUES BRIEU. —- CAMILLE CI-IAIGNEAU. — CHIMUA DU L‘AFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — FAERE DES ESSARTS. —« Dr FUGAIRON. — DELE« ZINIER. — JULES GIRAUD. — HAATAN. — L. HUTCl—IINSON. — JOL— LIVET-CASTELOT. — L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREL. _— RAYMOND. — A.
DE R. — D" SOURBECIÇ — L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. VI ‘ Toux. — HENRI WELSCH. — YALTA. ' 1 I ‘. 3° PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVILLE. — E. GOIIDEAU. -— MA— NOËL DE GRANDFORD. —-—- JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. —_ JULES DE MARTHQLD. — CATULLE MENDÈS.—- GEORGE M0NTIERE. — LÉON RIOTOR. -— SAINT-FARGEAU. —- ROBERT SCHEFFER. —- ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH. DUBOURG.
'— RODOLPHE DARZENS. —— JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCBINE. — MAURICE LARGERIS. —- PAUL MARROT. -— EDMOND PILON. —— J. DE TALLENAY. -— ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L’INITIATION L’Initiatiæ: du 15 Janvier 1897 DIRECTION Villa lIonlmorency, Il), aveu. des Peupliers PARIS-A UTEUIL DIRECTEUR : PAPUS DIRECTEUR ADJOINT : Lucien MAUCHEL ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO C H A M U E L 5, Rue de Savoie Rédacteur en chef: PARIS F.-Ch. BABLET Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. 10 l!‘. J. LEJAV -— PAUL SÉDIR ÉTRANGÉR, __ [2 fr.
RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. " ' I Prière d’adresser tous les échanges : Villa Montmorency, ' 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRIT5. —- Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. GROUPE IIDEI’EIDAIT D'ÉTUDES ÉSÛIEIIIQIIES I,ôoo Membres - 104 Branches et Correspondants -— Groupes d'Êtudes fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtous renseignements, s’adresserparlettre à M .
PaulSÉDIR, directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTJQUE DE LA ROSE 1- CROIX. —ÉGLISE GNOSTIQUÆ l 7 l
1. o . v . u I . O c. .. f . . . ‘ . . v . . . C . O . w . . . o . u n u . i . u . . .v I . v ‘. A x ‘ | . ~ n u _ . . . ..p . . , : Il, (L ; .w .a. . ‘ n ' v w 0 I . 1 Q n . c . . . .1 a | I o n . . b . . . . .. . s . . . t. f . .. sua. . A. Q. , o I . l (4;! In‘h Q I»: - . . . ‘l <0 a o 1.2. . 0 L. . > .. Ï ., . ._ I Vlvrli v 0 Q. u I o u n | Q . i V O. ‘ ..r . 5 I a . o r o. n v I I . c 376;, al)? . IR - . . . _. .‘\ . .. .lhm v . .J L u .v . n v? u ‘ ‘ ‘
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ro° ANNÉE L'%NITIATION A se: Lecteurs, à ses Collaborateurs 1897 Avec l’année 1897 commence la dixième année de l’Im'tiation. Depuis dix ans nous avons combattu le bon combat sans jamais éprouver la moindre inter ruption.
Ce résultat, nous le devons à nos fidèles lec teurs, qui toujours nous ont soutenu de leur appui financier, et qui ont permis à notre revue de vivre et de prospérer sans publicité; mais à côté de nos lec— teurs se placent nos nombreux collaborateurs et rédac— teurs appartenant àtoutes les écoles spiritualistes et qui ont fait de notre organe un miroir fidèle de l’évo lution intellectuelle de l’avant-garde spiritualiste. A tous nous disons merci.
Que l’année 1897, marquée du chiffre 7 et de la victoire, soit heureuse pour tous, malgré les sombres et imminentes prophéties ! LA DIRECTION.
La reproduction des articles inédits publiés par l'Iniliaiion est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE L’ASTRJAL (Suite et fin) (I) Définir le corps astral comme cette partie éthérée de notre organisme qui fournit un canevas au Verbe de l’âme humaine ou au Verbe divin en nous, ce n’est donner qu’une notion trop vague encore de ce curieux médium plastique.
Pour la préciser davantage, il faut aller chercher ses analogies jusque dans les principes cosmologiques ; là nous trouverons l’origine et la raison d’être de cette constitution humaine trinitaire, développable en septénaire et même davantage, et bien qu’elle soit connue de nos lecteurs, nous aurons à en reprendre les détails et le fonctionnement.
Place de l’homme dans la création. —— La concep tion panthéiste de l’Univers nous représente l’involu tion comme un emprisonnement progressif de 1’135 prit dans l’illusion de la Matière, et l’évolution comme son dégagement, comme une libération destinée à mettre fin à la scission dualistique survenue précé— demment au sein de l’Absolu.
La tradition occidentale donne des mêmes lois divines une interprétation plus large encore et plus satisfaisante en ce qu’elle échappe à cette difficulté (t) Voy. I’Initiation de novembre 1895.
L’ASTRAL 3 d’une polarisation momentanée et, en quelque sorte, défectueuse, quoique périodique, de l’Absolu. Pour le Judéo—Christîanisme, l’Ineffable est à la fois et éternellement Être et Néant, mais il n'est jamais dualistique; l’Être n‘est en lutte ni perpé tuelle ni temporaire avec le Néant; l’Absolu est trinitaire et vivant; le Néant y devient perpétuel— lement Être par la vie invo-évolùtive de la créa tion.
Un Univers est un instant de cette vie inénarrable; une création n’est qu’un grain fini de ce chapelet in défini, expression d’un Amour sans limites et sans fin, inépuisable et toujours satisfait.
A ne considérer qu’un de ces univers, fruits inces sants de ces noces inexprimables ; à voir la succession de ses jours et de ses nuits, les saisons de sa révolu tion indéfinie, on peut tomber dans les pénibles illu sions du panthéisme et, avec elles, dans le pessi misme qui en est la conséquence logique, mais l’es pérance et l’admiration renaissent à mesure qu’on arrive à se pénétrer de la tradition occidentale ; à la contemplation de son infinie grandeur l’intelli- , . gence s’illumine autant que le cœur s’enflamme.
L’Esprit n’est plus ici le prisonnier de la matière; l’Être n’est plus la victime du Néant; ilen est l’époux heureux de se livrer à ses étreintes en d’éternelles noces d’une inépuisable fécondité, l’époux uni d’un éternel amour sans cesse apaisé et renaissant sans cesse. La monade, étincelle réduite à. l’infini du Néant, au point mathématique, par le mouvement de laquelle noùs avons vu naître l’atome éonz‘en, que .. . w.v.,....d...;,._.
4 L'INITIATION [JANVIER nous avons vue, dans sa course involutive, se concré ter par l’éther et le protyle jusqu’à la matière solide, ne songe pas à s’échapper, par l’évolution, du Néant qu’elle anime, loin de là ; elle s’enferme toujours davantage en son sein, afin d’élever la Matière elle même des profondeurs de l’inerte multiplicité aux béatitudes conscientes de l’Unité parfaite ; de l’infinie Nullité à la Totalité infinie!
Elle n’avait fait que préparer ses noces; elle cher che à les accomplir pour l’éternité. Jusque—là l’Être n’avait donné que la moindre parcelle de soi-même ; son mouvement.
Désormais il va donner le meilleur, le plus essentiel, sa Conscience, jusqu’à ce qu’il puisse livrer sa spontanéité même; il va laisser sa volonté suprême s’effacer devant celle de la créature née de son ineffable conjonction, en mettant cette créature à même de s’élever avec une liberté croissante, et à travers la redoutable responsabilité de ses erreurs, jusqu’à sa source première, l’Absolu!
L’Union divine n’est point la fornication égoïste Où. l’amant s’enfuit satisfait et honteux du sein de sa maîtresse ; c’est la noce légitime et sacrée où les époux heureux de leur mutuel abandon s’oublient pour l’en faut qui doit naître, et se disputeront bientôt le soin de l'élever jusqu’à la perfection dans laquelle ils l’ont conçu.
Ainsi, après que se livrant tout entier aux aspira tions de l’Astringeance, l’Êtte a donné son Activité au Néant, loin de périr au sein de l’inertie, parla force même de son amour il la relève et l‘entraîne jusqu’à la vie intégrale à travers les vies de la créature. Telle
1897] L'ASTRAL 5 _ est la naissance du Fils au sein de la Vierge par la puissance du Saint-Esprit. C’est d’après ces principes qu’il faut lire la série des Choses et des Êtres, si l’on veut bien saisir la nature et le rôle de chacun d’eux. Quand du protyle est née la matière, la chaîne des êtres vivants s’en déroule petit à petit, non pour abandonner la matière comme une prison, mais pour la spiritualiser toujours davantage.
En grandissant, l’Enfant ne renie pas sa Mère; il l’Unit au Père tou jours plus intimement dans l’Unité trinitaire de sa vie nouvelle.
Cette suite évolutive des êtres qui repose sur la substance matérielle reproduit, mais en sens inverse, la triplicité du Protyle, de l’Ether et de l’Eon, de telle façon qu’à mesure qu’on s’y élève, l’être individuel possède ces trois éléments en proportion de sa hau teur, c’est-à-dire, soit plus ou moins actif, plus ou moins spiritualisé selon son rang, sans jamais cesser d’être matériel.
La créature s’élèvera jusqu’au sein de Dieu, mais toujours créature l Traçons largement l‘esquisse de cette série ascen dante dont nous avons déjà donné plus haut une pre mière idée. Selon la loi sublime de l’Unité que tra duit pour nous l’analogie, nous savons que les détails seront trinitaires comme l'ensemble, mais nous nous arrêterons aux premières subdivisions, réglées comme les autres sur la triplicité : Protyle, Ether, Eon. Le tableau suivant suffira sans plus de commentaires à les faire ressortir.
HÊTRE DANS LE NÉANT I Le NÊANT (Espace) est rempli par _I‘Esprit à 1m Monade l’état (l’infinie multi licité, animé par lui Descente de I’Être dans d’un mouvement infim, mais sans loi, inerte; . le Néant. la vie est latente. C’est................ l’EON. ; — 2. Monade L’EON devient élastique par la présence de la 1 Formation de la substance 2' Monade, et ce mélange produit .... l’ÉTI{ER. IGNE l (la Multiplicité). 3.
Monade L'ETIIER élastique est mis en vibration ar la présence de la 3° Monade, ce qui fait e.. .. PROTYLE.
1’ 1° L’ETAT NÈBULEUX UNIVERSEL (non résolu) ou nuage cos L’Esprit coordonne le Néant mique, remplissant l’œuf universel.—Formation de nature PROTYLIQUE. animé (création méca2° Formation de centres d’attractions, ou Soleils (les Etoiles) nique). résolvant la nébuleuse universelle. — Formation d‘ordre ÉTHÉRÉ. — 3° Achèvement par les planètes et les satellites de l’ordre cosNATURA Formation de la Nature mique; harmonie ordonnée de l’Univers. — Formation , (laLoifatale.) d’ordre . ..... .....
EONIEN. (Première unité). (les achèvements géologiques primitifs). III ' 1 L’ES rit énètrelescréatures . . - , - . ' . . . . . REGNE MINERAL (excrtable par laffin1té) dordre....... E0NIEN. ä’té’)“ “eues (2mumph' RÈGNE VÉGÉTAL (irritable par les agents physiques) d’ordre ÈTHÉRÉ. RENOVATUR (création vivante) RÈGNE ANIMAL (sensible et instinctif) d’ordre. .. . .. ... . . PROTYLIQUB Formation de la commence.
N RÈGNE ncnINAL (Lutte de la conscience éveillée à la liberté) Spiritualisation des créad’ordre. . ..... .. . . . . .. .. .... . .. . .. ........ . .... . . .. . PROTYLIQUE turcs matérielles indiviRÈGNE uns SAINTS (Triomphe de I’Esprit dans la conscience. duelles. Conquête de l’immortalité individuelle.) d’ordre .. . . ..
ÉTHÉRÉ. (Création de la vie immorRÈGNE ANGÉLIQUE(Accomplissement des Noces divines.Union INTEGRA telle. éternelle de l’Etre et du Néant dans l’Unité consciente.) (Unité définitive.) LONIEN. nu-r w—w*«-ws:u LB NÉANT DANS HÊTRE ‘
L’ASTRAL ' 7 L’Homme est la première des créatures individuel les et matérielles qui pénètre dans le monde divin ; il est comme le chêne de la fable . . de qui la tête au Ciel était voisine Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts. On le dit donc l’image du Macrocosme, parce ' qu’il participe aux trois mondes, quoique dans des proportions inégales. Dans chacun d’eux ses éléments constitutifs reproduisent encore la trinité fondamen— tale.
Rappelons-les avec quelques détails. Constitution humaine. — Le corps _matériel, la chair et les os de notre organisme, ce qui en consti tue le cadavre, correspond clairement à cette partie inerte, fondamentale de la matière que nous avons nommée protyle.
Comme ce substratum passif n’est capable de lu mière que grâce à l’élasticité de l’Ether où il est plongé. de même, notre cadavre est animé par la force vitale attachée aux globules sanguins, qui le met en état de transmettre à la monade principale les actions de l’ambiant et à cet ambiant les réactions de la monade.
Enfin comme la Matière ne doit tout son mouve ment qu’à l’activité de l’atome éonien qui la traverse sans cesse de ses torrents, de même le cadavre, pourvu de l’élasticité vitale, ne s’anime que par la présence d’une puissance de troisième ordre, celle qui produit en nous la force nerveuse. Ici se trouve la première manifestation du corps
R LÏNlTIATlON astral j. mais ce n'est pas lui tout entier; il est triple comme nous allons le voir bientôt (l).
A cette première trinité inférieure du corps hu main s’oppose celle des éléments supérieurs ou de l’Ame, comme l’Eon s’oppose au Protyle dans la cons titution de la matière; savoir, en premier lieu : La troisième partie du corps astral. l’Ame humaine (1) Nos savants et aimés confrères, le D“ Fugairon et Marius Decrespe ont, dans les numéros d'août et septembre 1895 de l’lnitiation, attribué la force vitale à l‘ensemble des monades du cadavre. et fait du corps astral, sous le nom de Psycho lone le substratum d’une deuxième catégorie d‘atomes, dont les monades, à leur avis, forment par leur ensemble, ce Kama, ou Centre magnétique, dont nous allons parler tout à l’heure.
Cette hypothèse si ingénieuse et si séduisante qu’elle soit, parait cependant difficilement acceptable.
D’après la définition même de l’atome rappelée au commen cement de cette étude, et qu'ils adoptent, la monade est insé parable de la sphère d’action ; si elle venait à l’abandonner, à s‘en écarter, l’illusion de la matière disparaîtrait aussitôt dans l’Univers comme dans le moindre atome, puisqu’il n’y aurait plus de puissance pour créer cette résistance locale qui cons titue la Matière.
Par définition, il n'y a pas d’action possible de la monade en dehors de son atome, ni d‘existence de l’atome sans la monade qui le remplit de son mouvement infini. Un ensemble de monades ne peut donc pas constituer un organe distinct de l’ensemble de leurs sphères d'action; icn l’esprit est inséparable de la matière, puisque c’est lui seul qui la constitue.
Il semble plus conforme à la loi d’évolution d’expliquer ces trois éléments constitutifs du corps humain par la présence de trois monades principales d'ordres différents, chefs, chacune, de monades d’un ordre inférieur mais de même classe, sou mises au contraire à la monade humaine supérieure.
Ces trois ordres de monades seraient empruntés aux règnes précédents: minéral pour le corps matériel, végétal pour la force vitale, et animales pour le corps astral. La bête humaine serait donc un assemblage synthétique et hiérarchique des trois genres de monades individuelles qui la précèdent dans la création, assemblage rompu dès que son chef principal l‘abandonne à la mort.
L ASTRAL 9 - . que les Hindous nomment Manas (inférieurs), les Chinois Thân (lumière et chaleur), la Kaballe, Nes clzamah, que les Egyptiens, sous le nom de Seb re— présentent comme l’âme ancestrale, c’est—à-dire le principe qui, ayant conservé le fruit des existences antérieures, donne la forme du corps au moment de la naissance.
Swedénborg, le nomme I’Esprit ex térieur. v « Au-dessus de cette Ame humaine est celle supé— rieure, ou raison, âme proprement dite en qui les in— tuitions prennent la forme logique et les sentiments la forme idéale. Puis au-dessus encore, I'Esprit, qui perçoit directement le Divin par intuition et inspira tion, généralement avec la conscience très obscure sinon tout à fait nulle de cette perception (Voir le ta bleau qui suit).
Ces deux trinités extrêmes du corps physique et de l‘Ame sont reliées par un dernier principe (décbmpo— sable lui-même en .trois parties), qui constitue en même temps l’élément moyen du corps astral spiri tuel. C’est l‘Ame animale ou principe magnétique que la Kaballe désigne sous le nom de Ruaclz, les Hin dous sous celui de Kama et les Chinois sous le nom de Khi , comme « souffle de vie ».
D’après ces der ' niers philosophes le Khi a, par nature, une tendance \ continuelle a se répandre dans les deux éléments qui l’environnent(Than, le mouvement, vers le corps), et Thân (lumière et chaleur, vers l’âme), c’est-à—dire vers les deux autres parties du corps spirituel, pour leur donner un surcroît d’activité. Sa mobilité ex trême en fait ainsi comme l’âme du corps astral (dont
I 0 L’INITIATION Than est le corps et Thân l’esprit) et, par suite, le pivot de tout l’organisme, parce que, par cette diffu sion même il transforme les actions physiques en actions psychiques et réciproquement. Il est d’ail leurs susceptible de s’échapper si quelque obstacle s’oppose à ses mouvements intérieurs, et peut em traîner l’un des deux autres éléments voisins ou tous les deux (I).
A la mort Khi et Thân subsistent (l’âme humaine et l’âme animale) attachés aux principes supérieurs, tandis que Than (le fantôme) reste auprès du corps pour se dissoudre avec le temps. Rendons-nous compte, maintenant, du fonctionne ment de cet organisme. Physiologie psychologique de l’Homme. — Consi dérons d’abord un mouvement, une modification du corps matériel provoqués par une force extérieure.
Il se répercute dans la chair comme force physico-chi mique; dans la force vitale (Prana, ou Man, ou Chaiini) comme irritabilité, et de là dans la partie inférieure du corps astral (Linga-Sarira, Than ou Nephesch comme sensation, excitation des nerfs sen— sibles.
Voilà déjà ce mouvement animalisé par son pas sage à travers le corps; selon les expréssions de Lei (I) L’attention du lecteur doit être particulièrement appelée sur ces propriétés de l‘âme animale que la philosophie de Lao Tseu fait fort bien sortir, tandis que ni la Kaballe ni l’lnde ne s’y attachent, au moins dans ce que nous connaissons.
Elles sont la clef de bien des phénomènes psychiques. (Voir le beau travail de Mogd dans les numéros de juin, juillet, août 1894 de l’/nitiation).
L’ASTRAL I I ningen, ce_ mouvement d’abord concret est devenu particulier (comme perçu par un organisme spécial), puis général (comme préparé à être transmisàl’unité de l’organisme). Le corps astral ainsi atteint, achève la transfor mation du mouvement physique en mouvement psychique par son organe intermédiaire magnétique (Khi, Kama, Ranch), dont l’action est triple encore.
La sensation reçue par Nephesch, ou matière astrale, devient d’abord ébranlement de cette matière éthérée, puis, au centre même, excitation du principe d’élas ticité de cette matière, de son ressort, et, enfin en sa partie supérieure. perception de ce mouvement d’ac— tion et de réaction qui signale l’introduction d’une force venue de l’extérieur et en rend pour ainsi dire le mode et le ton.
C’est ce mode, c’est ce ton, ou, autrement dit, la qualité et la quantité de l’action que l’organe suivant, celui supérieur du corps astral, l’âme humaine, est chargé d’apprécier, de mesurer, pour traduire ainsi à l’âme proprement dite (au Buddhi, Tz‘nh, Chayah) la force qui est venu influencer l’organisme.
Là elle se traduit en perception intellectuelle. et le principe su périeur peut alors en prendre conscience en la com parant dans son unité, dans son principe, à sa propre individualité. Inversement, qu’une activité de l’Universalité su périeure ambiante vienne à émouvoir l’Esprit, par l’inspiration d’une Pensée, l’organisme va tendre à la traduire en acte par l’intermédiaire du principe moyen transformateur comme voici : Cette pensée
l 2 L’INITIATION descendant de l’Esprit dans l’âme spirituelle y recevra sa forme intellectuelle, son Verbe, qui, à son tour, éveillera dans l’âme humaine un désir de réalisation, un Vouloir. Le corps astral une fois atteint par sa partie supé rieure confiera son désir à l’organe moyen qui va en faire successivement un principe d’action, une force active ou tension du ressort éthéré, et une réaction du même ressort.
L’ébranlement reçu ensuite par l’éther du fan tôme, éveille la force vitale et par elle la contracti— lité musculaire; le geste nécessaire s’accomplit.
Il est essentiel de remarquer que, fort souvent, cette transmission n’est pas êomplète; elle s’arrête à l’une de ses étapes et peut alors ou s’interrompre ou pas ser à l’ébranlement correspondant du courant inverse de façon à revenir à son point de départ en force in versée : active si elle était passive et réciproquement. C‘est ce qui constitue l’action réflexe.
Ainsi, par exemple, une action physique sur le corps peut s‘ar rêter à l’irritabilité musculaire et revenir sur elle même sous forme de geste inconscient; c’est ce qui arrive pour la plupart des faits de la vie végétative. La force peut être transmise ainsi jusqu’à l’organe moyen (Khz‘, Kama) et sans s’élever davantage revenir en mouvement instinctif; tel est, par exemple, l’effet de l’habitude.
Elle peut encore s’élever jusqu’à l’âme humaine, ou esprit intérieur (du corps astral) et là produire di— rectement un vouloir qui, tout comme une pensée, va se traduire en acte, sans avoir cependant été sou
L’ASTRAL I 3 mis à la raison. On reconnaît là ces actions passion nelles qui forment la plus grande partie de notre ac tivité extérieure. A l’inverse, une pensée peut s'arrêter à cette même âme animale et s’y implanter comme désir irréalisé, ou encore ne produisant qu’un Verbe passer à l’état passif, virtuel, comme plan ou projet.
Elle peut aussi arriver jusqu’à l’organe intermédiaire Kama,et y faire une sorte de tension magnétique qui reste sans effet extérieur actuel. Mais il est inutile de multiplier ces exemples que le lecteur peut aisément reconnaître.
Il reste seule ment à compléter cette description physiologique d’une observation fort importante relative au dernier cas que nous venons de citer, celui où les énergies transmises se trouvent parvenues à l‘organe moyen, transformateur (Kama, Khz' ou Ruach).
Elles peuvent y trouver quatre sorts différents : Ou elles continuent la série des transmissions com plètes; Ou, comme on vient de le dire en dernier lieu, elles sont renvoyées par action réflexe à la région où elles sont nées; geste si elles viennent d’une sensa tion ; réflexion si elles viennent de la pensée; Ou elles sont retenues dans cet organe qui, par là. est mis en tension, comme une machine électrique ou une machine à vapeur sous pression ; Ou. enfin, elles vont se perdre au dehors de l’orga nisme, sans l’actionner, selon la propriété que nous avons signalée précédemment pour cet organe magnétique de s’extérioriser en entraînant quelque
14 L’INITIATION partie des deux autres organes du corps spirituel : on pourrait comparer ce cas à celui d’une fuite dans les tiroirs d’une machine à vapeur. Ces deux derniers effets méritent toute notre atten tion.
Nous n’avons parlé jusqu’ici, comme source d’ébranlement de l’organisme humain, que de deux causes extrêmes, la sensation physique ou la pensée; mais,puisque l’organe intermédiaire peut émettre une partie de lui-même, puisqu’il peut de même concen trer des énergies en son éther, il pourra recevoir directement celles que d’autres ont émises; et voilà une troisième source moyenne d’influence pour' l’homme : C’est cette respiration astrale (expiration et aspiration) que les travaux étonnants du Dr Bara duc viennent tout récemment de réussir à nous photo graphier, après nousles avoir manifestés déjà parleur action sur les courants galvaniques.
Voyons donc ce que le corps spirituel peut, de cette façon, ou dégager, ou absorber dans les forces qui nous environnent, dans l’invisible qui nous intéresse tout particulièrement. L’Astral dans la Nature. — Il nous faut revenir encore aux grands spectacles cosmogoniques.
Reportons-nous par la pensée à ce moment où l’Être ayant achevé son emprisonnement volontaire au sein du Néant, les atomes protyliques ont engendré dans l’Éther le double mouvement de gravitation et de vi bration expansive. C’est le premier jour de la genèse, la naissance de la Lumière. Pour que les premières individualités minérales, celle des corps simples, apparaissent dans ce milieu,
L’ASTRAL A 1 5 il faut d’abord que la monade chimique leur donne, par l’intervention du Verbe créateur, la forme propre à chacun d’eux. Mais cette condition ne pourrait suf— fire à assurer l’évolution de l’Univers ; la spontanéité spirituelle nepourrait pas se régénérer par la forma tion des synthèses à complexité et à puissance crois santes.
Il est aisé de concevoir, en effet, que, si les corps chimiques engendrés dans l’éther ne s’y trou vaient pas maintenus par quelque coordination spé ciale, leurs chocs continuels ne pourraient rien pro duire de plus qu’une masse lumineuse, animée d'une sorte de mouvement vermiforme mais où les combi naisons incessamment dissoutes à mesure qu’elles se raient formées, ne produiraient qu’un informe cahos.
Même animé par le mouvement le plus actif de l‘Être, le Néant reste toujours incapable de toute création. Pour faire naître de nouvelles créatures au sein de cet amas confus, une nouvelle involution de l’être, une nouvelle vague spirituelle est nécessaire. Elle s’accomplit par cette puissance formidable des Élohim qui, d’une aspiration gigantesque, créent au sein de la masse bouillonnante un çentre d’attraction à sphère immense, une nébuleuse !
Sous l’empire de ces monades gigantesques, d’autres subordonnées répètent la même œuvre selon les pro— portions de leur puissance, la nébuleuse se résout en étoiles, et, de proche en proche, la masse informe s’augmente en soleils divers, en planètes, en satel lites, en ces milliers de systèmes, aux révolutions aussi précises qu’admirables, dont la hiérarchie gran diose ne peut se traduire que d’un mot, le Cosmos,
I 6 ' L’INITIATION la Beauté dans la Vérité, l’Unité dans la Variété la plus stupéfiante. C’est le second jour de la genèse biblique, la sépa ration des cieux et des terres. Notez bien les effets de cette distinction ordonnée dans la masse protylique : si connus qu’ils soient, il faut encore les préciser pour comprendre comment ils vont permettre l’évolution sur les mondes nou veaux.
Contentons—nous de l’exemple d’une planète. qui sera le plus utile en même temps que le plus simple.
Nous pouvons nous la représenter comme une masse d’atomes chimiques retenus sous une certaine forme par la monade qui en protège l’intégralité ; elle est traversée en tous sens par les mille courants de cet éon qui pénètre toutes choses de ses torrents déréglés et irrésistibles grâce à la ténuité même de ses éléments. , C’est de leur choc que naissent la gravitation et les radiations lumineuses. Le P.
Leray prouve qu’en outre il se forme autour de la même forme planétaire une couche atmosphé rique d’atomes éthérés, pressés en densité décrois sante, une couche magn éto-électrique, par conséquent, l’électricité n’étant qu’un effet de pression dans l’éther. Mais il est encore une autre conséquence fort impor tante de cette concentration de la planète.
C’est le mouvement qui se produit autour d'elle sur les atomes éthérés flottant dans l’espace, et peut—être sur une partie de l’Éon lui-même. ' Tout le monde sait qu’un corps en mouvement, attiré par un autre, ne tombe pas directement sur
L’ASTRAL I7 celui ci, mais le contourne en suivant l'une de ces courbes que donnent les divers modes de section d’un cône par un plan : cercle, ellipse ou parabole. C’est ainsi, pour s’en tenir à l’exemple le plus frappant, que la comète attirée par le soleil peut retourner, sans l’avoir touché, vers les abîmes célestes d‘où il l’avait arrachée.
On sait fort bien expliquer, du reste, cette apparente singularité par une composition des mou vements en conflit, qu’il est inutile de rappeler ici, le résultat seul nous intéresse.
On voit ce qu’il doit être; autour de la planète, au delà de ses couches de densité supérieure à celle de l’éther interstellaire, un immense tourbillon de ceux de ses atomes que leur vitesse rend plusindépendants, enveloppe la planète d’un torrent d’autaut plus vio— lent que celle-ci est plus dense, plus matérialisée.
C’est à l’intérieur de cette carapace d’un genre tout spécial que l’astre nouveau va pouvoir vivre à l’abri des dissolutions de l’ambiance, sans qu’il y soit privé cependant des vibrations extérieures, ni même des pénétrations éoniénnes nécessaires à sa nourriture, car celles—ci peuvent traverser le tourbillon.
Mais il en est en même temps une barrière infranchissable pour la plupart des créatures vivantes que porte la planète; c’est une remarque qui trouvera plus tard son importance. Les anciens avaient admirablement synthétisé ces principes en quelques symboles et quelques hiéro glyphes que Fabre d’Olivet nous déchifl're clairement dans la genèse de Moïse. Il faut le citer tout au long : « Le lecteur aura remarqué, sans doute, que j’ai
I8 L’INITIATION « posé à plusieurs reprises deux racines différentes : « -m et vu pour désigner également les premiers prin « cipes, le principe élémentaire, le principe inconnu « des choses. Le moment est arrivé de lui dire la dif « férence importante que les Prêtres Égyptiens con « cevaient entre ces deux racines et de quelle manière « ils l’exprimaient.
« Ils attachaient à l’une et à l’autre l’idée du mou « vement, mais ils considéraient la première comme « le symbole du mouvement propre, rectiligne, et la « seconde, nm, comme celui du mouvement relatif, « circulaire.
Le caractère qui répondait à ces deux « mouvements était également un serpent, mais un « serpent tantôt droit, et passant par le centre d’une « sphère, pour représenter le principe 1N, tantôt replié « sur lui—même et enveloppant la circonférence de « cette sphère pour représenter le principe une.
Lors « que ces prêtres voulaient indiquer la réunion de ces « deux mouvements ou des deux principes, ils pei « gnaient un serpent debout, se déployant en ligne « spirale, ou bien des deux serpents entrelaçant leurs « mobiles anneaux. C’est de ce dernier symbole qu’est « venu le fameux caducée des Grecs (I).
« Les prêtres Égyptiens envisageaient le principe « igné sous ses différents rapports sensibles ou intel « ligibles, bons ou mauvais et modifiaient le mot « radical qui le représentait au moyen des signes. « Ainsi, par exemple, le primitif m devenait 'l”N pour « désigner le feu élémentaire, nm, la lumière, 173.; (I) Sepher Bereshit, 1. G, vers. I, note.
L’ASTRAL 19 « l’éclat intelligible, etc... Si l’on durcissait la voyelle « initiale, il prenait un caractère de plus en plus vé « hément : an, un foyer ardent, etc. « Il en était à peu près de même du primitif um.., « où dominait le mouvement giratoire.
Les deux « radicaux in et mm représentaient bien un foyer; « mais dans le premier (fin) c’était un foyer d’où le « principe igné rayonnait avec violence, tandis que « dans le second (un), c'était un foyer Où le même « principe, mû circulairement, se concentrait de plus « en plus, et se dévorait lui-même. » Le lecteur peut reconnaître aisément ici l’éther des espaces et celui qui forme la planète dans le tourbil lon ou dragon protecteur, et la génération de l’un par l’autre.
Ailleurs enc0re nous lisons : « En écriture hiéroglyphique, t.‘JN était un point a au centre d’un cercle; le point central déployant la « circonférence était l’image de tout principe. « L’écriture littérale rendait le point par N le cercle « par 117 ou D. La lettre D représentait le cercle sen « sible. la lettre ut le cercle intelligible qu‘on peignait « ailé ou entouré de flammes.
Voilà notre planète avec son atmosphère éthérée et l’aspiration centrale, qui est son principe. Enfin encore : « La racine élémentaire m composée « de puissance (n) et de mouvement (1) signifiera « dans toutes les langues connues, alternativement, « la terre, l’eau, l’air, l’éther, le feu, la lumière, sui « vant le signe qui y sera joint. » Tout cela nous indique bien ce point central qui transforme le mouvement droit en mouvement gira
20 _ L'INITIATION toire pour le concentrer autour de soi en un noyau, produit'l’élément feu, dont les autres dérivent par condensation, rassemble les atomes chimiques en molécules, et s’enveloppe d’une couche quintessenciée d’éther pour y engendrer la vie individuelle et par elle achever de spiritualiser la matière. On peut reconnaître là une structure trinitaire ana logue à celle de l’organisme humain.
Le centre en est le corps (ou protyle); autour est la couche d’éther, véhicule de la force magnétique, corps astral de la planète, où la force vitale se répand en même temps qu’elle imprègne le corps; à l'extérieur est le tour— billon d’éther et d’eau qui met l’astre en relation avec les régions supérieures beaucoup plus subtiles; ce torrent de feu, connu de tous les voyants.
A l’intérieur de cette enveloppe sont déposés les germes de toute vie terrestre, matérielle, dont la créa tion, d’après la genèse, remplit le troisième des sept grands jours.
Ils vont pouvoir s’y développer sans crainte comme le papillon dans la chysalide; les monades ne s’en échapperont qu’après l’accomplis sement de leurs transformations, alors qu’elles seront parvenues à l’état d’âme humaine épurée, car alors seulement elles pourront supporter le séjour des régions interstellaires.
C’est pour permettre ces transformations que l’at mosphère astrale reçoit successivement pendant les trois jours suivants de la création les monades végé tales, animales et humaines, chargées de « croître et de multiplier » pour peupler la terre et faire monter à l’état de conscience spirituelle ce néant animé ,.,_ .WÿnMW .r -‘L1
L’ASTRAL 2 1 qui n’est encore, à son début, que l’atome minéral. Ces atomes sont autant d’Esprits de la nature, d’ordre divers, dont la foule remplit notre astral ter— restre, grossie encore par celle des âmes rudimen taires des êtres de toutes espèces, nés de la croissance et de la multiplication des primitifs. Ils viennent la préparer leurs nombreuses incarnations ou jouir de l’expérience qu’ils y ont acquise.
Comme tous les êtres, ces élémentaux sont répartis en un certain nombre de types hiérarchisés.
Dans ce même milieu éthéré qui constitue l‘astral terrestre, se trouvent encore les embryons, débris des êtres humains ; voici comment: la monade humaine. appelée à descendre sur la terre à travers ces angoisses que le marquis de Saint«Yves a peintes si magistralement, produit tout d’abord dans cet astral planétaire, par la force de son Verbe, un de ces centres d’attraction décrits tout à l’heure, et, par suite, autour de cette aspiration une concentration éthérée affectant la forme imposée par ce Verbe, adéquate au caractère de la monade.
Voilà le fantôme de son corps astral! Le reste de ce même corps vient, avec la monade, des régions interstellaires. La nature, c’est-à—dire l’uni verse], consent-elle à prêter son concours à ce désir animique? elle y ajoute sa faculté de condensation matérielle, la forme éthérée fixe les atomes chimiques qui lui conviennent et l’âme s’incarne.
La nature se refuse-t-elle, au contraire aux désirs de cette âme, celle-ci ne vivra qu’en astral, pendant un‘ temps mesuré sur l’intensité de ses aspirations et la force des résistances ambiantes. '
2 2 , L’INITIATION A l’inverse, après la mort, c’est encore dans l’atmosphère astrale que l’âme laissera cette même enveloppe fluidique, si toutefois elle est capable de s’élancer au delà de l’enceinte gardée par le dragon de feu. Sinon elle reste encore attachée à ce fantôme qui lui conserve, sans pouvoir les assouvir, toutes les concupiscences de la matière.
Ces pauvres esprits élémentaires qui ne peuvent, pour ainsi dire ni vivre ni mourir. sont ces âmes en peine qui tourmentent les vivants eux-mêmes de leurs angoisses.
L’astral terrestre est donc, pour l’homme, comme le vestiaire de la planète; il s’y revêt de sa première enveloppe protylique quand il y descend pour l’in carnation; il y laisse à son départ cette dépouille afin qu’elle s’y dissolve lentement; il y séjourne par fois lui-même, assez longtemps, soit que son incar nation reste inachevée, soit par l’impuissance àse détacher après la mort des liens terrestres.
Dans ce même astral se trouvent aussi toute une classe d’êtres plus intéressants peut-être encore pour notre sujet que les précédents ; elle mérite quelques détails. Une forme astrale, comme toute forme de la créa tion, est un assemblage d’atomes éthérés retenus par l’aspiration centrale d’une monade qui doit servir d’esprit à l’être correspondant et le matérialiser s’il peut l’être.
Cependant de pareilles monades ne sont pas seules douées de cette puissance concentrante. Nous l’avons dit déjà, toute âme a le don de créer un pareil Verbe, tout désir qui s’exprime est une force aspiratrice capable d’assembler et de retenir une
L’ASTRAL 2 3 forme adéquate en puisant les éléments convenables dans l’atmosphère astrale où elle est plongée. Cepen dant, nous le savons aussi, une pareille forme reste purement éthérée; ce n’est qu’un tourbillon sans noyau; elle ne fixe pas d’atomes protyliques; elle n’est que la première expression, l’ébauche prépara toire de la forme rêvée par son désir créateur (1).
Or, si nous revenons au fonctionnement de la Constitution humaine, nous allons y trouver de sin gulières exemples de concentrations artificielles de ce genre.
Population astrale. — Si c’est dans son propre organisme que l’âme, après avoir formulé quelque désir, cherche l’éther nécessaire pour l’incorporer, elle le trouve en opérant sur le fantôme ou partie inférieure de son corps astral (Lz’nga Sarira, Titan Nephes/z) par l’intermédiaire de son principe magné— , tique central (Kama Khz‘ ou Ruach).
Elle peut alors, comme nous l’avons décrit, agir, traduire son désir en acte ou en geste du corps matériel, avec le secours de la force vitale qui l’imprégne en même temps que le corps astral.
Mais soit qu’elle ne le veuille ou qu’elle nele puisse (r) La Nature elle-même, c’est-à-dire l'astre planétaire con sidéré dans sa Monade principale, est capable de semblables désirs; c’est par eux que se font les progrès évolutifs des for— v mes individuelles.
Beaucoup de ces formes peuvent n’être pas acceptées par l’Universel et restentastrales comme des ébau ches encore incomplètes. (Voir laDoctrine secrète.) La Lumière d’Egypte nous apprend même que toute forme vivante passe une première suite d'existences astrales avant d’apparaître en forme matérielle sur la planète qu’elle doit peupler.
24 L’INITIATION pas, l’âme n’achève pas toujours cette réalisation extérieure bien qu'elle n’y puisse renoncer ; en ce cas, elle peut du moins extérioriser l’ébauche astrale, et dans ce but, aspirer l'éther ambiant avec une ardeur \ proportionnée a sa convoitise, l’informer par son Verbe en un tourbillon astral, sans noyau, imprégner cette forme de son propre magnétisme et le lancer, par.son centre intermédiaire, comme nousl’avons dit (par l’âme du corps spirituel Kama, Khz‘, Ruac/z) à la recherche d'un organisme plus capaple que le sien de la réalisation rêvée (1).
Voilà un être de plus dans l’atmosphère astrale; c’est cette sorte d’élémental auquel la philosophie hindoue donne le nom très expressif de Karma—mana— sz'que, comme étant né de Mana (l’âme humaine, siège du désir) avec le concours de Kama (la force magnétique) (2). (I) C’est ce double courant d‘aspiration et projection astrale que le Dr Baraduc vient tout récemment de réussir à photo graphier.
Le lecteur est prié aussi de se reporter à ce sujet à l’ingé nieux article de M. Descrespe (Initiation de septembre 1895) sur ce courant qu’il nomme Exergone. (2) Pour donner à ce sujet difficile autant de netteté que pos sible, il n'est pas inutile de bien préciser le terme de force employé souvent dans cette étude, comme représentant un être. sans que nous ayons eu l’occasion de le définir.
Il faut se représenter que d'après les principes posés ici, tout dans la nature est personnifié bien que spirituel Aussi bien que l’atome, l’âme est une monade, et nous savons que la matière n’est qu'un jeu de résistances des monades.
Or, on appelle Forces ici des êtres monadiques dépourvus non de puissance (c'est-à—dire de mouvement, par conséquent) mais d'initiative, livrés à l’initiative des autres: on peut dire qu‘ils sont comme les esclares dans le monde des monades. Si l'on se reporte à la constitution humaine, on comprendra
L’ASTRAL 2 5 Pour être un être complet, il lui manque le corps d’atomes protyliques que sa forme attend et, comme par son origine même, il le désire plus ou moins ardemment, ilconstitue dans l’astral uneforce polen tielle (1) mobile, qui se traduira en force vive dès \ qu’elle rencontrera les conditions propres a cette transformation d’énergie.
C’est ce que l’on traduit en représentant les élémen taux de cette classe comme des êtres innocents, mais avides d’existence, en quête des individualités incar nées qui peuvent leur donner une réalité corporelle ; s’attachant après elles avec tout l’acharnement de la possession; de véritables vampires pour l’âme.
Ces êtres éthérés peuvent recevoir de leur créateur, moyennant certaines conditions, un but précis : c’est mieux peut-être cette définition en remarquant que chacune des trois trinités comprend: une spontanéité, une force et un instrument d’informations (chacun de ces éléments étant composé d’un ensemble d’atomes, donc de monades).
Par exemple, en cas de sensation, pour le corps physique, la spon tanéité est extérieure et apparaît par le corps matériel, est transmise par la force vitale, et traduite par le corps astral. Pour l’âme, la spontanéité est dans l’esprit; elle se transmet par la force de l’esprit intérieur et se traduit en désir dans l’âme ancestrale. Pour le corps spirituel, la spontanéité est tantôt dans le fan tôme, tantôt dans l‘âme ancestrale (selon le sens).
Kama est toujours la force. (1) D’après la définition précédente de la force, on peut se représenter la force potentielle comme l'atome éthéré qui a reçu une certaine impulsion définie, spéuale, mais actuelle ment empêchée par une force contraire plus puissante.
Pour continuer la même comparaison, ce sont des monades esclaves chargées d’une mission qu‘elles ne peuvent accomplir immédia tement mais à laquelle elles ne renoncent pas; mandataires fidèles de la volonté qui les a dirigées, elles l’accompliront dès qu’elles en trouveront la faculté.
26 L’INITIATION ce qui explique, par exemple, l’effet des bénédictions, des malédictions, des envoûtements de tous genres.
Mais, la plupart du temps, cette direction précise leur manque; ils n’ont qu’une impulsion indéfinie qui les laisse errants pour ainsi dire à l’aventure dans la foule astrale, au milieu des vivants qu’ils convoitent, capables seulement, par leur origine, d’être attirés par les désirs, les forces et les élémentaux de même genre.
C’est ainsi que les pensées sont des êtres doués d’une existence propre, du moment qu’elle sont exprimées, c’est-à-dire extériorisées par leur auteur (i). Rassemblées par sympathies analogiques, selon la loi mécanique de force de même direction, elles se multiplient en se concentrant en une résultante com mune.
C’est alors que tout le monde ressent, avec une conscience plus ou moins obscure, qu’une idée est dans l’air, ou que tout au moins les sensitifs la ' perçoivent et l’énoncent parfois comme une réalité déjà assurée, mais qui, pour le présent, est encore invi sible, encore en puissance d’être.
On reçoit d’eux alors un pressentiment, une prévision de choses fu tures, un oracle. - Les désirs humains ne sont pas seuls à former de pareils élémentaux; la plupart des animaux en expri ment d’adaptés à la nature de leurs désirs, d’inspirés (I) Il est presque inutile d’ajouter que nous pouvons pro— jeter hors de nous une force magnétique chargée de force vitale seulement, (c’est-à-dire empruntée au corps seul), ou de corps astral, à l’exclusion de désir, on fait alors du magnétisme pur ou de l’extériorisation de corps astral plus ou moins diffus (ce dernier cas étant spécialement celui des médiums).
L’ASTRAL 27 peut-être aussi par la vue des organes plus perfec tionnés qu’ils voient fonctionner chez les autres êtres terrestres. Ainsi peut s’expliquer l’abondance de ces organes isolés et de ces monstrueux accouple ments d’organes qui se manifestent flottant dans l’astral à presque tous les débutants en clairvoyance.
Ce sont les désirs, non encore accomplis par l’Uni— versel, de l’être inférieur en aspiration idéale vers de nouveaux perfectionnements; les efforts de la Nature pour s’élever vers la puissance et l’unité de l’Etre, efforts quise traduiront par les modifications diffé— rentielles que Darwin nous a si bien révélées.
Enfin, la mer astrale qui abrite cette innombrable population est agitée, en même temps, elle—même, en tous sens. de mouvements ondulatoires d'une autre source.
Les actes, les émotions des êtres incarnés, les désirs même et les mouvements consécutifs des êtres éthérés, produisent autant de vibrations lumineuses, calorifiques, électriques, magnétiques surtout, qui se propagent, comme on le sait, dans ce milieu, en s’y croisant sans se détruire, qui s’y conservent, en par— tie réfléchis par l’enveloppe du tourbillon supérieur et y persistent pendant un temps mesuré sur leur intensité et leur finesse.
Ainsi la forme éthérée, ou l’acte qui la réalise, en matière. n’ont qu’une durée finie comme eu‘:’: la force qui les a créés s’épuise en s’exerçant dans la masse où elle est plongée; ils périssent rongés, pour ainsi dire, par les flots de la mer immense où ils. naissent, résorbés dans le feu astral; mais l’influence qu’ils ont engendrée leur survit propagée dans l'aStral
2.8 L’INITIATION à l’état de vibrations d’un caractère personnel ; elles modifient le régime de ce milieu commun en y créant des lignes de force, des habitudes nouvelles, et, avec elles, de nouveaux désirs. De cette façon il n’est pas d’être, pas de geste, pas d’acte, pas de pensée particu lière qui ne contribue à transformer le corps astral de la planète et, par lui, les aspirations de ses habitants.
C’est ainsi que l’astral enregistre toutes nos manis festations vitales, faisant, dans la biologie de notre astre, fonction de la mémoire, pour le plus grand profit de l’évolution que nous venons y accomplir. RAPPORTS DE L’AME HUMAINE AVEC L’ASTRAL TERRESTRE Représentons-nous maintenant l’âme incarnée plongée dans ce milieu dont toute la planète est imprégnée; car c’est la loi commune que le plus subtil pénètre le plus dense qu’il environne.
Nous avons dit que l’organe central de notre Cons titution (Ruach Kama ou Khz‘) est capable d'absorber aussi bien que d’émettre toute production éthérée, vibration ou condensation. Il est l’organe de réception comme d’émission de l‘astral terrestre (1); nous en sommes donc pénétrés spécialement, grâce à lui, par une véritable assimilation nutritive, puisqu’il répand aussitôt ses effluves de part et d’autre dans l’âme animale et le corps astral.
Vitalisants ou vampires, les microbes astraux pénètrent par lui notre orga nisme tout entier, corporel et animique, y ramenant (i)C0mme la bouche l’est pour l‘air:aussi les Chinois le défi nissent-ils « souffle de vie »; on sait, en effet, la puissance magnétique particulière du souffle. a; . ,-—»;..4..... 4Avmn»wgw“‘-" A '* *' w ' - w ‘ A 7 ,«,..,.aïÿ ./ tu..." d
L’ASTRAL 2 9 la vie, ou y glissant le poison de l’envoûtement. C’est par lui que le thérapente nous pénètre des effluves vivifiants emprutés aux sources bienfaisantes de la nature, par lui que le Mage noir nous assas— sine lâchement dans la surprise des forces ennemies invisibles.
C’est encore par ce même organe magnétique que pénètrent en nous une foule de désirs, de passions avides du fait, se répandant par l’âme passionnelle jus qu’au fond de notre âme spirituelle pour la troubler de ses inquiétudes, la subjuguer de ses déterminations.
Voilà donc notre âme humaine (Neschamah, Ma nas, Thân) sollicitée à l’action de trois directions dif férentes qui correspondent aux trois mondes où nous vivons en même temps : Les sensations du monde physique perçues par notre corps y produisent une attitude qui peut, comme on l’a vu, pénétrer par l’intermédiaire de l’âme ani male jusqu’à la volonté et la déterminer puissamment en lui présentant, pour ainsi dire, tout préparé pour la réaction réflexe le geste sollicité.
La suggestion hyp— notique par l’attitude n’est que la production expéri mentale et exagérée de cet effet. Au pôle opposé, l’effervescence de notre imagina tion, remplie de formes éthérées que créent nos émo tions et même les intuitions descendues des mondes supérieurs, est transmise par l’âme animale et le corps astral jusqu’à nos forces vitales pour les provoquer.
Enfin les effluves émotionnels reçues du dehors par le centre magnétique se répercutent, comme on vient de le voir,dans chacun de nos deux autres centres
30 L’INITIATION pour y engendrer d’autres forces, d’autres virtualités enquête de réalisation. Voilà contre quelles ardeurs la puissance de notre monade directrice, de notre volonté, qui est notre seul Moi véritable, doit lutter constamment en réglant à son tour ses désordres, en commandant les résis tances ou les consentements, en opposant sa souve raineté aux pouvoirs de toutes les monades suzeraines dont son empire est formé.
Mais comment cette souveraineté peut-elle s’exer cer utilement ? Comment peut-elle triompher de toutes les révoltes, commander notamment àl’astral interne ou externe ? Nous ne le savons que trop, nous sommes b1en plus souvent le jouet de nos émotions que leur maître ; la plus grande part de nos actes ne sont que réflexes; très souvent même nous n’en avons pas conscience, tant elles ont d’empire sur nous les forces éthérées qui nous envahissent !
C’est toujours la volonté, la monade principale, qui commande l’acte, mais c’est rarement la nôtre elle même ;le plus souvent, c’est à un vouloir étranger que nous obéissons. Pour que le nôtre domine, il lui faut un surcroît d’énergie que Schopenhauer, dans son langage subtil, fait parfaitement ressortir en di— sant que nous voulons toujours un acte, mais qu’il reste à savoir si NOUS voulons nouloir.
Il conclut à la négation en affirmant que c’est la Volonté Universelle qui veut en nous. Sophisme de pure forme qu’il est très important de signaler parce que la philosophie panthéiste s’y en— ferme très aisément. Il est vrai que c’est la Volonté
L’ASTRAL 3 r universelle, c’est-à-dire Dz”eu,quiveut en nous quand notre Moi commande tout l’inférieur ; mais il faut ajouter que c’est de notre consentement, avec notre assentiment et seulement avec lui.Autrement dit notre Volonté, quand elle s’exerce réellement, est sur terre l’instrument de la volonté divine, et, réciproquement, elle ne peut commander aux autres vouloirs qu’à la condition d’être Une avec la Volonté divine, d'être la Bonne Volonté (1).
C’est là notre loi suprême, parce que notre but, la raison d’être de l’homme terrestre est de concourir sur la planète au grand œuvre de la vivification du Néant en accomplissant dans sa sphère, comme tout autre monade, la Volonté divine, par l’élévation des êtres inférieurs (2).
Seulement, au contraire des vouloirs qui le précédent dans la chaîne évolutive, l’homme est libre d’accepter ce rôle sublime ou d’y refuser son \ concours a la condition seulement que son sort (1) Ici se présente la grave erreur présentée par le comte de Gabalis avec tant d’humour et malheureusement mise en pra tique par quelques égarés. Elle consiste à croire que cette élé ' vation doit consister en une incorporation hybride.
Ils se livrent donc en proie aux élémentaux sous le prétexte d’en faire des êtres humains , c’est renouveler le sacrilège inutile qu’une singulière légende nous raconte qu’accomplit un Bou dha en se livrant en pâture à une panthère en quête de nourri— ture pour ses petits. (2) Cette assertion semble à première vue en contradiction avec toute opération magique, mais ce n’est qu’une apparence : si l’opération est d‘ordre supérieur,c'est que nous sommes les coopérateurs du Divin ; si elle est d’ordre inférieur, elle n’a pu être obtenue précisément qu'en abandonnant notre volonté à d’autres puissances : cela sera éclairé un peu plus loin. C’est pourquoi il est dit ici : « quand notre volonté s’exerce réelle ment » . .
32 L’INITIATION [JANVIER dépende de son choix. Se refuse-t-il au choix même en prétendant sa propre puissance indépendante et capable de tout, il tombe alors dans la faute impar donnable. Il doit céder ou disparaître! En ces deux refus est la source de tout le mal terrestre.
Des possibilités humaines. —— Mais voyons avec quelques détails le fonctionnement de la lutte, dont l’âme humaine est le champ, entre les instincts aVeu gles de la Nature, du Néant en désir de puissance immédiate, et les sollicitations providentielles vers les efforts définitifs de son affranchissement. L’immorta lité en est le prix.
Cette lutte, la plupart d’entre nous en sont à peine conscients; nous vivons presque tous encore par l’instinct, paresseusement bercés par les appels de la Providence. Parmi ceux mêmes qui en ont quelque conscience, parmi ceux notamment qui ressentent les influences astrales, il y en a bien peu encore qui sachent les comprendre ou en profiter.
Ces derniers, de qui nous nous occuperons seuls, se partagent en quatre classes : deux actives ou mas— culines, deux passives ou féminines; dans chacune de ces deux catégories on distingue, en effet, une classe plus particulièrement sensible aux forces supé rieures, l’autre plutôt aux forces inférieures.
Tous se distinguent du commun par une surabon dance de fluide éthéré dans leur constitution, mais les uns sont particulièrement aptes à retenir en eux cet excès ou à le projeter au dehors quand et où ils veulent; chez les autres, au contraire, il s’échappe constamment à flots, sans direction spéciale, pour ,ÈL_el nru-—‘
1897] L’ASTRAL ' 3 3 faire place à de nouveaux effluves. Leurs désirs excè dent leur faculté de concentration ; au lieu de projeter l’éther ambiant, comme les précédents, ils l’aspirent pour compenser leurs irrémédiables déperditions. Ceux-ci sontles médiums de tous genres, qui peuvent vaticiner, devenir bardes et prophètes même s'ils ap partiennent à une sphère assez élevée pour attirer l’éther dynamisé par les forces supérieures.
Ceux-là sont les Magnétiseurs si les fluides qu’ils concentrent et projettent sont ceux des forces corpo relles ; les Initiés de tous degrés s’ils sont capables de recueillir l’éther élaboré par les puissances animiques et celles d’ordre supérieur. Le tableau suivant permettra d’embrasser d’un coup d’œil cette classification fort simple.
FORCES INFÉRIEURES v FORCES SUPÉRIEURES PASSIFS Médiums Médiums psychiques (absorbant et (notamment ceux à devins déperdant) effets physiques) bardes, pr0phètes ACTIFS Magnétiseurs Initiés et adeptes (concentrant , . et (thérapeutes, alchi— et émettant) (guensseursv C') mistes, théurges) Ce ne sont pas là des distinctions superflues; elles vont nous permettre de comprendre ce que peuvent et ce que doivent être les rapports de l’homme avec l’astral. ' Pour l’intelligence des réalisations permises à la constitution humaine par rapport à l’Astral, il faut se 2
34 ‘ L’INITIATION .«vu—n as. rappeler que notre appareil magnétique (Ruach, Ka ma ou Khz') est un organe essentiellement central, ca— pable de se répandre de partet d'autre vers le corps ou vers l’âme de façon à modifier l’équilibre de notre constitution jusqu’à le transformer complètement. Cette force, sorte de réserve générale, est à la dis position de la Monade principale ou Moi, autrement dit de la Volonté, de la spontanéité individuelles.
Toutefois, par son extrême mobilité, elle échappe ai sément à cet empire, soit par défaut constitutionnel, soit sous l‘influence de puissances plus considérables, ainsi que nous l’avons dit plus haut et résumé dans le tableau précédent.
Dans ses mouvements, cet organe éthéré entraîne toujours«quelque portion de l’un des deux autres élé— ments extrêmes du corps spirituel (le fantôme, Ne phesch, Linga Sarz‘ra ou Than, et l’âme ancestrale, Neschamah, Manas ou Thân) et même de tous les deux.
Ce déplacement qui peut se faire soit vers l’âme, soit vers le corps, soit au dehors, dépend en quantité et en direction ou de la volonté du Moi, ou d’une force extérieure. _Ainsi, par exemple, c’est en agissant directement sur ce centre de gravité de l‘or ganisme que le magnétiseur produit sur son sujet tous les phénomènes que l’on sait: curatifs s’il dirige la réserve sur la force vitale à laquelle il peut ajouter, une partie de la sienne, fascinateurs et stupéfiants s’il congestionne l’âme ancestrale aux dépens du fan tôme, Opération qu’Eliphas Lévy a rendue d’une ma nière saisissante en nous la représentant comme une ivresse de lumière astrale. s
L’ASTRAL 3 5 Munis de cette double clef, la distinction des di verses sortes de constitution à excédent de fluide éthéré et le jeu du centre magnétique dirigeable, nous allons aisément comprendre et classer les phénomènes que produit l'invisible. Considérons d’abord les constitutions passives, portées à l’aspiration éthérée par suite de leurs propres déperditions.
Les forces ou atomes dynamisés qui se croisent dans l’éther ambiant, heurtant leur centre magnétique, le déplacent constamment, d'où leur impressionabilité exagérée.
Si leur constitution mo rale, leurs habitudes animiques, facilitent ce dépla cement vers les organes corporels en tendant, en même temps, à les isoler plus ou moins des organes spirituels peu entraînés, le sensitif deviendra un mé— dium à effets physiques, un sujet magnétisable, hyp— notisable, facile à la suggestion, à l’obsession, à la léthargie ( Il.
Si le déplacement a plus de tendance vers les ré gions animiques, l’esprit intérieur (Chayah, Budd/zz’, Tz‘nlz) retenant davantage l‘âme ancestrale (Nescha malt. Manas, Thân) prend une certaine conscience, plus ou moins nette selon la spiritualité, des forces qui l’ont assaillie.
Nous assistons alors aux «phéno— mènes de lucidité, de clairvoyance, Çde clairau (l) L’extrême mobilité peut suffire à elle seule à porter tem porairement toute la force sur le corps, même quand l'âme est bien développée en spiritualité et en intelligence; tel fut le cas, par exemple, du célèbre médium Home.
Un médium à eflets physiques n’est donc pas nécessairement à tendances ma térielles; mais inversement un médium matériel produira né cessairement les effets physiques.
36 L’INITIATION dience, de prévision, de prophétie peut-être même (2). Ces phénomènes présentent une foule de nuances selon l’intensité de l’influence extérieure, la mobilité constitutionnelle et le degré de spiritualité du sujet. Ainsi tel ne verra que les êtres les plus voisinslà où d’autres percevront les plus éloignés; l’un ne perce vra que les objets matériels, un autre distinguera net tement les êtres astraux et les vibrations éthérées.
Il peut arriver que ces déplacements du centre magné tique se produisent sous l’influence de forces acciden dentelles, c’est-à-dire de forces que ne dirige aucune volonté spéciale; dans ce cas, il n’en résultera que de simples hallucinations donnant au hasard l’apparence d’une pensée.
« A l’inverse, il se peut qu’une volonté de beaucoup supérieure à celle du sujet s‘empare de lui complète ment; il suffit pour cela qu’elle occupe son centre magnétique; on assiste alors aux phénomènes lamen tables de l’obsession et même de la possession dont la médiumnité donne trop souvent le dangereux exemple.
C'est le cas des apparitions où un invisible, généralement inconnu, s’empare du fantôme, et même de l’âme du médium en léthargie, .pour se manifester en apparitions tangibles et actives.
Enfin, si le passifjoint à la faculté absorbante de sa constitution une grande énergie de désirs (prove (2) Il faut seulement ajouter cette remarque parfaitement dé veloppée en un savant travail de M. G. de Massue dans le Journal du Magnétisme du 7 octobre 1896, que la Prophétie est un acte spontané des Puissances supérieures sur lequel la volonté du prophète n’a aucune action, tandis que les autres facultés sont susceptibles de développement volontaire.
v r e. . ..-».<xas.. .. ...—..«;-.-_—-.æ;.æm w;{;sîJ": . '_* L’ASTRAL 37 \ nant de la prédominance de l’âme ancestrale ou Ma nas inférieurs), il devient un véritable vampire astral pour tous ceux qui l’approchent parce qu’il appelle sur lui-même l’action de leur volonté.
Ainsi s’expli plique l’attraction particulière et souvent surprenante de certaines femmes sur les êtres masculins; c’est même aussi à un degré supérieur l’explication du charme féminin en général. Les anciens en avaient parfaitement symbolisé l’influence particulière sur les âmes les plus viriles par la domination de Vénus sur Mars, de Dalila sur Samson et autres légendes analogues. ' Observons maintenant le tempérament actif.
Il est à peu près inutile de répéter ce que nous avons noté déjà: qu’il sera magnétiseur ou psycho logue selon que son centre magnétique sera porté vers le corps ou vers l’âme et que, psychologue, il disposera à son gré de ce déplacement. Ce qui nous importe le plus de connaître, c’est l’usage qu’il va pouvoir faire de la force qu’il sait ainsi absorber, con centrer et diriger.
Il peut d’abord la projeter sur ses semblables plus passifs, par contrainte, en les occupant, pour ainsi dire, par surprise avec la complicité de leur centre magnétique. Ils produisent alors une sorte d’obses sion plus ou moins irrésistible, dont Donato a donné jadis des preuves publiques bien connues. Honte et malheur sur celui qui exerce cette faculté relativement facile dans le but de nuire à son sem blable! Outre la dégradation de son âme, il risque un véritable choc en retour, une réaction égale à
3 8 L’INITIATION l’action, qui retombe sur l'auteur du crime invisible, parfois à sa grande surprise. Tel est le cas de l’envoû— tement dont il est aisé de comprendre par ce qui pré— cède la possibilité et le mécanisme. L’actif peut, à l’inverse, forcer les émanations ma gnétiques de ceux qu’il influence à prendre une direction qui lui permette de les absorber lui-même.
C’est le magnétisme par attraction ; charme plus dif— ficile à pratiquer, mais plus puissant et plus efficace que son opposé, le magnétisme par contrainte; il a cette force de l’Amour qui domine toute la création. A un degré très élevé et très difficile en proportion, cette pratique donne à l’opérateur le don de lecture dans la pensée, en laissant généralement le sujet parfaitement inconscientdesintimités qu’il dévoile( I).
Il est aisé de concevoir que cet exercice demande autant d’élévation spirituelle que de volonté, puisqu’il suppose que la force centrale soit transférée dans un esprit intérieur très développé. C’est une des fonc— tions précieuses du psychologue. Au lieu d’agir sur ses semblables, l’actif peut agir sur soi-même.
Porte-t—il ses forces magnétiques sur son organisme corporel, il y produit tous les effets curatifs et jusqu’à ces prodiges où excellent les fakirs de l’Inde et de l’Afrique, consistant à guérir instan tanément les blessures les plus graves.
Il pourra aussi se mettre, par sa seule volonté, en état de somnambulisme de tout degré et même ac (1) Le médium aussi peut lire dans la pensée, mais, quand il le fait, c’est inconsciemment; tandis qu’il s’agit ici d’une lecture voulue.
L’ASTRAL 39 complir en cet état des sorties de corps astral où le corps spirituel est intéressé tout entier (fantôme, centre magnétique et âme ancestrale), entraînant même une partie de l’esprit intérieur (Chayah, Budd/zi ou Tin/z) de façon à réaliser l’ubiquité complète, à apparaître avec toutes les facultés humaines en quel que lieu distant de celui où gît son corps endormi. Il est aisé de comprendre les difficultés de pareils accomplissements.
La force de volonté n’y suffit pas toujours pour prévenir l’attaque d’êtres invisibles à volonté supérieure encore, désireux d’occuper la forme corporelle abandonnée; il en peut résulter soit un trouble organique très souvent mortel si l’opérateur se précipite trop brusquement au secours de la dé pouille, soit au moins l’aliénation mentale (alz'enum in mente) s’il n’y peut rentrer.
En outre, on doit bien penser quel développement psychique est nécessaire pour réaliser une activité spi rituelle égale à celle que suppose l’ubiquité volontaire. L’extase, qui permet à l’âme de pénétrer jusqu’aux régions ultra-terrestres, est du même ordre.
Ce sont phénomènes réservés aux psychologues les plus élevés, mais si, par hasard, la pensée du mal en donne la force à une intelligence aussi puissante qu‘il faut alors la supposer, nous devons plaindre bien amèrement l’âme qui exerce ainsi de pareils pou voirs! Enfin l’actif peut diriger ses effluves magnétiques sur les êtres invisibles et les forces naturelles elles mêmes. Il produit alors les phénomènes d'ordre ma gique.
4.0. L’INITIATION C’estainsiqu’il est permis à l’homme, par exemple, d’activer la végétation, comme on sait que le font couramment certains fakirs; ou, à l’inverse, sous traire au végétal et à l’animal lui-même une partie ‘de ses effluves magnétiques chargés de la force vi tale quileur est propre pour la porter là où il lui plaît.
Il peut modifier jusqu’aux forces physiques, de fa çon par exemple, à se rendre invisible dans l’atmos— _ phère, à s’y élever par le prodige de la lévitation, à produire ou modifier les phénomènes météorolo giques, à décomposer la matière, en la réduisant à son canevas éthéré, de façon à la rendre invisible et perméable, pour la restituer ensuite où il lui plaît, et autres opérations du même ordre.
L’Alchimie ap partient, on le voit, à ce genre de phénomènes. Il donne lieu à une observation générale fort impor tante. ‘ C’est une loi universelle que l’étendue des pouvoirs accordés à une créature est exactement proportionnée à son avancement sur la route indéfinie qui s’étend du Néant’aux béatitudes conscientes de l’Etre.
Les fonctions de la Nature qui sont opérées, pour la plus grande part, par l’Esprit lui-même, parce que le Néant est trop faibleencore pour y avoir une initiative suffisante ; les fonctions cosmiques, surtout, physico chimiques, météorologiques, qui sont d’ordre univer sel, d’intérêt général. ne peuvent être abandonnées à des créatures incapables encore d’en comprendre le but aussi bien que le fonctionnement, incapables surtout de les accomplir avec désintéressement. Le commandement aux forces et aux esprits naturels est —g1Ar-—5î:fl>—;-L ;‘ a
L’ASTRAL ' 4 l donc de ceux qui exigent la plus grande perfection morale, la plus haute spiritualité; de ceux aussi qui ne peuvent l’exercer que pour le bien universel, comme des auxiliaires acceptés de la Volonté di vine. C’est là l’ordre des phénomènes théurgz’ques aussi rares que sublimes parce qu’ils supposent une âme supérieure déjà à l’humanité commune, prête pour les régions célestes.
Cependant l’ambition et l'orgueil de l’homme sont si grands qu’il est peu de pouvoirs qu’ilcon volte autantque ceux-là quand il croît pouvoir les usurper, et il le peut en effet, tant est grande la lati tude que lui alaissée son créateur ! Mais à quels ris ques? Nous allons le dire Cette usurpation constitue l’œuvre magique, le Naturalisme et jusqu’aux basses œuvres de la sorcel lerie.
Après les explications précédentes, quelques mots peuvent suffire à les définir. La Magie cérémonielle est une opération par la quelle l’homme cherche à contraindre par le jeu même des forces naturelles, les puissances invisibles de di vers ordres à agir selon ce qu‘il requiert d’elles.
A cet effet, il les saisit, il les surprend, pour ainsi dire, en projetant, par l’effet des correspondances que sup pose l’Unité de la Création, des forces dontlui-même n’est pas le maître, mais auxquelles il peut ouvrir des voies extraordinaires.
De là ces pantacles, ces substances spéciales, ces conditions rigoureuses de temps et de lieux qu’il faut observer sous peine des plus grands dangers, car, si la direction dirigée est tant soit peu manquée, l’audacieux est exposé à l’ac— _ '. I _ .1. I. u-..Ë . .-. -3=: .—. . .J—-—_ — .. :: lÎ.Ï
42 L’INITIATION tion de puissances auprès desquelles il n’est qu’un grain de poussière. La Magie cérémonielle est d’ordre absolument identique à notre science industrielle.
Notre puis sance est presque nulle auprès de celle de la vapeur, de l’électricité, de la dynamite ; mais, en leur oppo sant, par des combinaisons appropriées, des forces naturelles aussi puissantes qu’elles, nous les concen trons, nous les enmagasinons, nous les contraignons à transporter ou à briser des masses qui nous annu leraient, à réduire à quelques minutes de temps des distances que nous ne pourrions parcourir qu’en plu sieurs années ; à nous rendre mille services.
La Magie suppose donc une confiance audacieuse dans la science et en elle seule; elle ne demande que _ l’intelligence, la connaissance des forces invisibles; elle en usurpe l’usage, car il doit être réservé à ceux que l’Amour de l’Etre a élevés à la hauteur du sacri— fice de soi-même (arcane Xll du tarot).
C’est pour quoi la Lumière d’Egypte nous la représente, avec raison, comme le suicide des éléments féminins de l’âme humaine; les Anciens l’avaient symbolisée dans la révolte et le châtiment de Prométhée.
Encore Prométhée avait—il conquis la science qui faisait son orgueil, mais pour un Prométhée, combien de pauvres magiciens ignorants, misérables cuisiniers de l’Astral, parfaitement ignorants de ses réactions dont ils n’ont recueillique la routine et qui se brûlent cruellement à ses feux ! La seconde voie détournée qui conduit à la produc— tion des prodiges, est celle du Naturalisme. Loin de
L’ASTRAL 43 demander aucune audace, elle est toute passive, bien qu’intellectuelle encore; inverse de la précédente, on‘ peut la représenter comme le suicide des éléments masculins de l’âme. Elle consiste à se soumettre aux esprits naturels au lieu de les dominer.
C‘est le procédé de beaucoup de fakirs et de médiums de tous genres. ll est clair que par lui on pourra produire comme ces esprits, et même mieux qu’eux, puisqu’on leur prête une force supérieure, tout ce que peut engendrer leur puissance avec le secours d’un organisme incar né: croissances rapides de végétaux, guérisons ins tantanées, hallucinations par courants puissants d’élémentaux Kama-manasz‘ques sur le centre magné tique des spectateurs, et autres prodiges de même valeur auxquels se plaisent, en Inde surtout, quantité de praticiens de bas étage. , Ces pratiques ne sont pas sans séduction : il y faut nécessairement une certaine religion, une certaine sainteté, une spiritualité apparente pour se soumettre aux invisibles éthérés souvent très puissants dans leurs sphères, et par là obtenir leur concours.
Mais quel est le prix de ces inutiles vanités ? Adorer les esprits naturels, s’identifier à eux, leur prêter l’organisme humain, c’est faire un acte de régression contre nature; c’est identiquement renou veler cette chute de l’Ange chantée par Lamartine.
Sans doute on aide puissamment l’action de ces esprits d’ordre inférieur et leur action est universelle comme la nôtre, mais en se décomposant soi—même en tant que personnalité consciente pour redescendre
_.:__ _—.iyv hæ.4w_ v,. ,,. ne , . __,, 44 L’INITIATION à leur niveau. C’est en même temps un acte de haute ingratitude envers la Providence dont le secours divin a amené l’homme jusqu’aux portes du ciel. Enfin, on ne peut s’empêcher de reconnaître dans cet effort d’une misérable ambition une sorte de bassesse qui la met bien au-dessous des hardiesses, nobles du moins, de la magie cérémonielle!
La Sorcellerie est une autre forme de ces passivités plus répugnantes encore, en ce qu’à la faiblesse du procédé, elle ajoute l’ignominie et la lâcheté du mal qui se cache pour assouvir les plus viles passions. Il est parfaitement inutile d’en rappeler les terribles retours: on les juge assez par la considération des esprits auxquels le sorcier livre son âme.
CONCLUSIONS. — Si maintenant nous rassemblons d’un coup d’œil toutes ces possibilités actives ou passives qui embrassent la série des phénomènes dits occultes. il va nous être aisé de voir lesquels sont désirables et ce qu’ils supposent.
Le Médium nous paraîtra plus à plaindre qu’à encourager tant qu’il ne sera pas dirigé, soigné même, par quelque initié d’ordre élevé et de haute science capable de l’arracher aux influences néfastes qui menacent la passivité, tant qu’il ne sera pas lui-même d’une spiritualité assez développée pour échapper autant que possible aux influences inférieures.
Alors, et alors seulement, comme voyant, comme explora teur de l’invisible, il pourra être de quelque utilité dans la pénurie des adeptes pour suppléer à l’insuffi sance des initiés ; mais ses explorations demanderont toujours à être commentées.
L’ASTRAL 45 A son plus haut degré de pureté, il deviendra un prophète, mais nous devons nous rappeler que la pro phétie est un don absolu spontané et accidentel de l’Universel; l’exercice régulier n’en peut être espéré. Rendons hommage, du reste, aux médiums spi rites enlrecpnnaissant non seulement la bonne foi, mais la pureté morale, le "dévouement même de la plupart d’entre eux.
Si l’amour-propre ou quelque ambition entre parfois dans les mobiles qui détermi nent leur début, il arrive toujours aux plus remar quables d’éprouver par la suite beaucoup plus de fatigue, de déboires, de répulsion que d’encoura gement dans l’exercice de leurs facultés et souvent c’est au prix de leur santé qu’ils le poursuivent.
En dehors des conditions de très haute moralité dont nous venons de parler, nous ne pouvons ajouter aucune certitude aux visions, aux discours, aux appaa ritions même qui nous viennent par la médiumnité.
Nous savons bien qu’elles peuvent être ou le produit de simples hallucinations, ou l’expression de ces désirs inassouvis (élémentaux Kama—manah‘ques) qui flottent autour deînous, ou la manifestation de quelque pauvre âme en peine enfermée par le dragon de feu dans l’épaisse atmosphère astrale.
Le médium peut enfin nous donner encore comme célestes, .\et presque avec plus de raison que dans des cas précédents, les inspirations inconscientes de son propre esprit descen— dues par l’âme spirituelle et l’organe magnétique, selon la voie que nous avons tracée, jusqu’à l’expres sion parlée, écrite ou mimée. Nous savons aussi que les pensées, les désirs de
46 L’INITIATION même ordre en se multipliant se rassemblent en un corps assez puissant souvent pour figurer une person nalité forte et bien déterminée; ils produisent alors sur l’âme astrale de nos médiums le tableau réalisé de ce qui, dans l’atmosphère éthérée n’est peut-être qu’un potentiel éphémère (I).
C’est ainsi que les époques troublées comme la nôtre de vagues anxiétés publi ques, d’aspirations multiples, peuvent être fécondes en fausses prophéties, expression des craintes et des vœux variables de l’âme nationale.
L’évangile nous le dit, elles précèdent des temps de haute spiritualité, mais elles ne les annoncent que par le désir des créa tures qui les présentent, non par l’inspiration directe de l’Universel divin qui nous apporte avec les pro phéties réelles la bénédiction d’espoirs suprêmes. Nous devrons montrer la même réserve pour les agissements hypnotiques et magnétiques qui n’ont point pour but exclusif l’utilité de nos semblables.
Dans cet ordre l’expérience que la science justifie demande elle— même une prudence et une humanité extrêmes; l’état intellectuel de notre époque peut seule l’excuser. Quant à la magie cérémonielle, et au naturalisme nous ne pouvons que les condamner autant pour leur inutilité que pour les dangers formidables qu’ils com portentet l’état d’âme qu’ils supposent.
Mais notons bien les limites de cette condamnation ; elle n’atteint nullement l’emploi des ressources magiques (pan (I) Voir dans l’1nitiation de juin I896, sous le titre de « Génération du Futur >>, le bel article de notre cher frère de Guaita sur ce sujet.
L ASTRAL 47 ’ tacles. correspondances, etc.) par l’lnitié de haut grade: coopérateur et mandataire de la volonté divine, celui-ci ne fait alors qu’en observer les lois universelles et dans un intérêt universel. Son opéra tion constitue la Théurgie et non la magie cérémo nielle. On entend en effet ici, sous cette dernière dénomination l’opération où la Volonté humaine et l‘intelligence humaine sont seules en exercice même sans le concours divin.
C’est la distinction que l’histoire a faite entre Moïse et les magiciens du pharaon, et plus clairement encore entre saint Paul et Simon le Mage quand elle nous présente ce dernier demandant à l'Apôtre delui vendre le secret de sa puissance : Mage au lieu de Magicien il aurait su qu’il est des pouvoirs que la Sainteté d’un Par/ait peut seule procurer.
Il ne nous reste à rappeler que les accomplissements de haut magnétisme attractif qui produit la lecture dans la pensée; L‘automagnétisme qui développe ou les facultés spirituelles de lucidité en pleine conscience, ou l’ex tase dans le sommeil magnétique spécial avec la con-— naissance directe; Et encore cette action voulue sur les forces natu relles dont l’Alchimie est une des manifestations les plus connues.
Or tous les prodiges de cet ordre supposent, nous l’avons dit, un état moral des plus élevés avec la vo— lofité la plus pure; tous nécessitent la spiritualité; disons plus, la sainteté, l’union plus ou moins intime avec l’Universel, avec la Volonté divine.
4.8 L’lNITIATION Aussi voyons—nous que la Sainteté mystique, c’est à-dire cette union seule, sans aucun exercice spécial, donne déjà la plupart de ces dons après lesquels court en vain, bien souvent, l’ambitieuse vanité du Magi cien : la lucidité, la lecture de pensées, le don de guérir, l’ubiquité, l’extase, la connaissance directe.
L’lnitié apprend à les perfectionner par les entraîne— ments appropriés, mais il les perfectionne seulement ; il n’ya que l’Amour mystique du Divin qui les lui donne « par surcroît ».
C’est ce que nous exprime avec autant de justesse que de raison notre cher frère Amo quand il nous recommande l’Amour pour élever à l’Unité directrice de toutes les forces du monde l La raison nous en doit apparaître clairement si nous nous rappelons l’origine et le but de l’Univers tel que nous le font apparaître les belles théories ra jeunies par le savant P. Leray.
Dieu nous a créés pour que nous accomplissions en lui la spiritualisation du Néant.
Parvenus avec son secours providentiel jusqu’aux confins des mondes où l’âme s’agite encore dans les ombres confuses du destin; en possession de la Liberté; en vue de la Lumière et de l’Unite’ vers laquelle toutes les Unités se rassemblent dans les transports de l’Amour, nous n’avons qu’une fin: nous arracher à la fatalité, et, avec nous en faire sortir le monde éthéré que nous devons emporter au delà des anneaux du Dragon.
Nous n’avons qu’un moyen: accomplir par notre Volonté la Volonté Divine comprise et assentie. Si notre faiblesse n’y peut suffire encore, la Provi
L'AMOUR ET LE BONHEUR 49 dence y supplée par les châtiments ou les sollicita tions de la vie commune qui se passe à l’abri des redoutables forces astrales.
Aux plus courageux elle offre une voie plus rapide, mais beaucoup plus péni ble aussi, celle de la triple vie 'mystique au bout de laquelle ils sont armés Chevaliers de la milice céleste et revêtus des pouvoirs que cet état comporte: le maniement de la force plastique du Cosmos, de I‘Astral, en vue de la coopération avec l’Eternel.
Mais aux ambitieux, aux imprudents, aux pervers, la réponse la plus douce que la Providence puisse faire, est le coup de foudre qui les arrache à leurs œuvres impies avant qu’ils aient eu le temps d’y retarder ou d’y perdre leur immortalité. F.-CH. BARLET. ÿ,unm ET LE fi0NHEUR Tous les hommes cherchent le Bonheur, mais ils le cherchent comme des aveugles, n’ayant jamais accordé une seconde de véritable méditation à ce qu‘est le Bonheur.
Que cherchez-vous ? De l’argent. Pourquoi faire? Pour me payer tout ce que je voudrai; alors je serai heureux. C’est la demande et la réponse invariables d’une conversation moderne. Et tout roule sur une illusion volontairement créée. Au bout de la vie, l’homme assoiffé de tous les plai
50 L’INITIATION sirs, de toutes les richesses, peut se demander : Ai—je été heureux P . ' NON! répond la voix formidable dans le silence suprêm‘e qui épand déjà ses voiles sur le moribond. Oh ! que de sagesse entrevue, à cette heure l Com— bien vaine paraît l’existence et ses courses infernales à l’assaut des joies qui s’échappent toujours.
Si la richesse devait assurer le bonheur, dites-moi pourquoi les riches sont tous tristes ; pourquoi, en dehors de leur air de satisfaction glaciale et conven tionnelle, pour la pose, ils n’habitent, en leurs ma gnifiques demeures, qu’avec l’Ennui. L’Ennui sombre, qui ne connaît pas de barrières, non plus que la maladie, non plus que la mort. C’est qu’on a confondu le fruit avec l'enveloppe.
On a ramassé des plats vides, aux dehors très riches, et l’on s’étonne d’avoir toujours faim... du bonheur, qu’ils ne contiennent pas. Qu’est donc, enfin, ce Bonheur, Objet unique de nos désirs quelle que soit la manière dont on l’envi sage, quelque soit l’objet auquel notre pensée accorde la magique faculté de nous le transmettre. Le Bonheur a son siège dans l’A me.
C’est une paix profonde de l’Ame; c’est une joie intime du Cœur; c’est un sentiment de parfaite Sé— curité qui nous isole de l’Univers, des choses exté rieures pour nous baigner dans une idéale Essence qui est le Divin même. Analyser le Bonheur est absolument impossible. Ceux qui l’épreuvent sont ravis, dans une indicible Extase; la surabondance des Richesses qui remplis—
L’AMOUR ET LE BONHEUR 5l sent leur Ame, le Trop-plein de leur Cœur sont tels, que le Silence et quelques larmes discrètes les peu vent seuls exprimer. Éloquence sublime des sphères où toute voix hu maine devient impuissante. Nous ne parlerons pas ici du Bonheur infini que doit goûter notre Ame, au sein de l’izze;fable Unité. .
A l’Ame humaine, parlons des précieux trésors, qu’elle peut conquérir sur Terre même; parlons de la Suavité, de la Douceur et des saintes Émotions qui peuvent trouver asile jusqu’en notre corps de chair, jusqu’au milieu des Bruits et des Cauchemars qui ne cessent d’assaillir l’Humanité tout entière, sur son lit d’effroyable, mais grandiose Douleur.
Car il fut dit: « Heureux ceux qui souffrent, ils seront consolés. » Toutes nos misères, bien chers frères, nous prépa rent, au nom de la Justice même, au nom de la pure Raison, des Plénitudes et des Enchantements sans limites et sans fin.
Lorsque les rayons du divin Soleil luiront enfin sur notre Ame; lorsque les Échos des Chants célestes viendront l’émouvoir, aux frontières de la Patrie suprême, alors les ombres s’évanouiront à jamais devant la royale Fiancée, ravie sur le cœur de l’Époux, l’AM0UR même.
Mais je veux parler du Bonheur véritable qui, dès ce jour, dès cette heure, peut'nous soutenir à travers les luttes quotidiennes et nous préparer doucement aux destinées les plus sublimes, aux tressaillements les plus divins. Le Bonheur a son siège dans l’Ame, avons-nous
52 L’INITIATION dit. C’est donc l’Ame qu’il faut remplir de cette pré cieuse liqueur. C’est sur I’Ame qu’il faut agir; c’est l’Ame qu’il faut transformer. Je sais bien que l’âme est enveloppée d’un corps (je le sais trop, hélas l); mais, pour réjouir l’âme, dé— penser toutes ses forces au service de ce corps et de ses jouissances, c‘est un calcul aussi faux qu’il est sot.
Que la Sottise soit universelle, cela ne saurait pré— valoir contre la Vérité. Le Raisonnement de ceux qui cherchent la Richesse matérielle, laquelle ne peut servir qu’aux besoins du Corps, pêche par la Base. Ils peuvent se procurer le Plaisir, avec l’inévitable Dégoût, mais ils ne peuvent trouver le Bonheur.
Ils peuvent se vautrer pendant toute une existence; ils n’auront pas une seconde de cette divine ivresse qui enlèue à jamais ceux qu’elle a caressés.
Ceux qui soignent leur Corps et ses plaisirs sont absolument semblables à cet homme insensé qui ré serverait toutes ses richesses, ses conquêtes pour son Cheval et son Écurie (le Corps et ses Besoins), puis s’étonnerait de n’être pas heureux pleinement, alors que le vrai lui-même (l’âme) a faim, a soif, est nu et grelottant. . Le Cheval est magnifiquement logé, nourri; mais l’âmeest dans la plus affreuse misère, le plus complet dénûment.
Nous arrivons donc, —— à la suite de tant d’autres, — à conclure que l’Ame est le Centre et la Clef de l’Homme véritable.
L’AMOUR ET LE BONHEUR 53 / C’este’m'dent; pourtant cette Évidence même échappe à tout le Monde, puisque personne, ou à peu près, ne s’occupe de cette Ame. _ Notre Ame a faim, a soif, est nue, est trarisie par le froid. Ce n’est pas une manière de parler; c’est un fait. Un fait qui se traduit par la Tristesse incurable et le Désespoir de ceux dont l’Ame est ainsi abandonnée.
Un fait qui se traduit par la Sérénité, la Béatitude de ceux dont l’âme a trouvé les trésors qui lui sont nécessaires. ' PENSEZ DONC A VOTRE AME, d’abord ; puis, comme accessoire, nécessité secondaire, à votre Corps. . Si d‘ailleurs votre Ame a sa Nourriture, le Corps se réjouira de peu de chose. Ce Tyran, toujours mécontent deviendra le Servi teur docile et souple à qui peu suffit. La Faim de l’Ame, c‘est l’Amour. La Soif de l’Ame, c’est l’Amour.
La Nudité de l’Ame, c’est la Haine; et son vête ment, l’Amour. Le Froid de l’Ame, c’est la Haine; et sa Chaleur, c’est l’Amour. O puissance d’Amour, infinie Lumière, Source de toutes les Consolations, céleste Coursier des Sphères divines, Diamant incomparable, invincible Épée, Bouclier magique, Harmonie, Joie, absolue Pléni tude, pourquoi les hommes ne te connaissent-ils pas ? 0 seule Richesse, ils te dédaignent. Quels funestes ennemis leur ferment les Portes de
54 L‘INITIATION ton Séjour enchanté dont la Magnificence et la Splen deur sont celles de Dieu même? Amour, qui d’une Chaumière fait un Palais! Amour, dont les douces Mélodies charment sans cesse les époux fidèles. Amour qui fait les Saints.
Amour qui est le Roi, la Chose unique, qui est Tout, pourquoi donc tes Biens si précieux sonbils ravis à notre chère et malheureuse Humanité P Toute Philosophie, tout Socialisme, toute Espé— rance, toute Entreprise, qui n’ont pas l’Amour pour objet, qui dédaignent l’Amour, sont des Œuvres de Mort. Elles crouleront toutes. Rien ne persévérera, rien ne triomphera que ce qui sera fondé sur l’Amour.
Mais, je le sais, on ignore combien cet amour est doux; si les hommes le connaissaient, ils le vou draient tous posséder. Ils ne le connaissent pas. Son nom, même, éveille parfois en eux d’inférieurs désirs; ils se précipitent dans l’Ombre et n’étreignent qu’un fantôme informe, pendant que la divine Essence reste impénétrable. Car pour connaître l’Amour, il faut le mériter.
Il est une Réalité sublime; il est un Fait et ceux que ses flammes ont brûlés sont plus que des hommes. Mais il faut le mériter, il faut le conquérir. Sa Voyance, sa Puissance, sont illimitées; nous en avons des preuves certaines. Christ n’est autre que la Parole de l’Amour même. L’Amour, qui est un dans son essence, revêt des formes multiples sans nombre et par ses adaptations est le grand Moteur de l’Univers.
L’AMOUR ET LE BONHEUR 55 ....‘... .-.. On ne le reconnaît pas, mais il est partout présent. Un homme sans Amour serait comme un homme sans Espérance; il ne saurait vivre. Mais ses lueurs sont tellement affaiblies, que l’homme par un jugement téméraire et superficiel, en vient à nier le suprême Soleil d’Amour qui luit der rière tous les nuages et les fumées humaines.
Conclusion : Le Bonheura son siège dans l'Ame; c’est le Rayon nement même et la Présence de l’Amour dans notre Ame qui produit cet E[7et du Bonheur. Chercher le Bonheur en dehors de l’Amour et cher cher autre chose que l’amour des âmes, c’est vraiment rester dans la grande Misère et semer encore et tou— jours la graine empoisonnée des désespoirs et des douleurs sans fin. Un seul mot donc contient tout: Aimons.
Si nous aimons de toutes les puissances de notre Ame, le Bonheur, pour nous, coulera à pleins bords; et nous aurons l’inestimable privilège de transmettre à nos frères son rayonnement vivifiant. Ils nous accueilleront comme l’agent de la divine Bénédiction. * Nous vivrons vraiment, et nous soufflerons par tout la Vie.
Un mot, un seul mot, un regard, la présence de celui qui aime, peuvent rendre la,Vie, la Force, et même la Santé du Corps, dans les cas les plus déses *pérés. Amour est Savoir, Amour est Pouvoir. C’est le grand Thaumaturge, c’est le grand Voyant. . -——*Wh,tm_—.
56 L'INITIATION Nulle frontière ne peut arrêter l’action de ses rayons subtils et puissants comme la Foudre. Pénétrons en sa Sphère, nous croîtrons sous sa radieuse Influence, il nous transportera, nous illumi nera. L’Amour ne doit pas être sur nos lèvres, seulement, mais dans notre Cœur. L’AMOUR sa PROUVE PAR LE SACRIFICE, par le Désin téressement, par l’Impersonnalité. L’Amour s’oublie pour les Autres, et il se retrouve en eux, tout entier. Aimons, aimons, c’est le vrai Bonheur. Aimons et l’Espérance renaîtra sur la Terre. AMO. ."-“ "'fl
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SClENTIFIQUE les lmtuhes et les Sutrrhes Les Théologiens qui s’occupèrent des questions troublantes de l’Incubat et du Succubat s’accordent à reconnaître que les Incubes et les Succubes choi sissent pour se manifester certaines époques déter minées par les correspondances astrologiques, épo— ques auxquelles les désirs voluptueux acquièrent une plus grande intensité. Il est des nuits sereines oùl’on sent palpiter et vivre la nature, où l’on entre en com munion plus intime avec elle. La pensée s’engourdit et cependant une béatitude profonde envahit l’être tout entier. La vie universelle devient très perceptible. Des souffles tièdes caressent et excitent l’épiderme, comme des frôlements de formes invisibles. On se prend à aimer sans savoir au juste ce que l’on aime. On aime le vent parfumé, les plantes qui bruisssent, la terre qui respire, l’eau qui chante. Tout s’anime, le minéral lui aussi, et une sympa thie puissante semble entraîner les règnes les uns vers les autres. La vie astrale est plus violente. Les fluides vivants qui circulent à travers l‘immensité sont chargés d’ins
58 L’INITIATION ‘ tincts génitaux. Des appétits naissent, confus d’abord, qui vont se précisant ensuite. C’est la mystérieuse attirance sexuelle, forte et pourtant vague, indécise. Une somnolence pleine de rêveries douces, un demi sommeil où l’on sent les approches de la volupté s’empare des êtres. On dirait que la nature entière va goûter les joies nuptiales dans un baiser mons— trueux.
Incubes et Succubes ne sont pas loin, ils vont paraître. . . Mais ce ne sont encore que des embryons, des Idées sans corps. Les forces astrales dominées par les volitions génésiques cherchent les éléments qui leur permettent de se matérialiser, de se rapprocher du plan physique dans lequel elles trouvent les Centres où elles peuvent satisfaire leurs aspirations luxu— rieuses.
Éliphas Levi, d’après I’aracelse, dit ( que le sang régulier des femmes engendre des fantômes dans l’air et que les couvents à ce point de vue se raient les séminaires des caùchemars. » En effet le sang menstruel, de même que le sperme et tous les liquides secrétés par les organes générateurs abon dent en forces vitales non employées qui s’extério risent et cherchent à se fixer, à s’utiliser.
Ce sOnt de véritables larves dont les forces astrales s’empa rent, s’enveloppent comme d’un corps dont elles sont l’esprit. Ce qui produit des entités étranges semi matérielles, semi-fluidiques qui n’ont d’autre but que la satisfaction des désirs sexuels épars dans toute la nature. Incubes et Succubes sont formés, les voici.
Et sui vant la région, le corps astral de certain élément, ...,..aw—«wv v v u.‘._ .. .r»v-r 5...... _. .. . r,ÿ_ -7—«.a__-_zgèw—-æ ‘-‘ ____
LES INCUBES ET LES SUCCUBES terre ou feu, air ou eau, domine en ces êtres bizarres, et modifie analogiquement leur tempérament. Ils sont alors mélancoliques ou sanguins, bilieux ou flegmatiques. Ce sont les Gnomes, les Salamandres, les Sylphes et les Ondines de la légende. Et selon leur tempérament, ils entrent plus facilement en relation avec les hommes ou les femmes qui ont les caractères correspondants.
Maintenant qu’ils se sont individualisés, ils tour billonnent autour des corps qui reposent, cherchant à s’unir à eux. Presque toujours parmi ceux qui ont fourni les larves, il en est dans les conditions requises pour subir l‘empire érotique des fantômes : organis— mes maladifs, énervés par un célibat prolongé ou par toute autre cause. Chez eux la résistance morale est presque nulle ; la volonté atrophiée.
Ils sont en quel que sorte le réceptacle de toutes les impressions de l’extérieur. C’est pourquoi l’Incubat s’observe surtout dans les cloîtres. L’existence claustrale y prédispose particulière ment. La chasteté, l‘abandon physique, affaiblissent le corps, la volonté se déprime, la vie devient automa tique. L’msiveté des longues méditations rend les sens plus excitables.
La Succube qui tourmentemit en vain l’ouvrier, abruti par une journée de travail, n’a qu’à frôler le moine qui sommeille dans sa cellule, pour le troubler profondément, pour mettre en émoi ses passions comprimées. Ces phénomènes étant d’ordre astral, avec violente répercussion sur le corps physique, avant d’agir sur
60 L’INITIATION les parties génitales affectent d‘abord les organes qui sont surtout'jen rapport avec le corps astral : les pou mons et les viscères de la poitrine. Une angoisse immense étreint l’être qui sent l’approche de l’ln_cube ou de la Succube. La gorge se serre, un commence— ment de suflocation se produit. En même temps toutes les muqueuses sont caressées par des titille ments voluptueux.
Il semble qu‘un amant extraordi nairement expert vous enveloppe, vous pénètre, se fond en vous. La jouissance alors est insensée, la dépense ner veuse terrible. L’imagination s'exalte, la clairvoyance somnambulique arrive. Vous voyez distinctement æ l’être fantastique et glauque qui vous travaille, qui vous fait grincer les dents'dans les spasmes. Puis soudain il s’évanouit.
Mais lorsqu’on a supporté une fois cette accointance, l’esprit reste fortement affecté. Les mêmes faits se renouvellent souvent. L’Incube prend pour sa maîtresse une existence de plus en plus vraie. Il se nourrit d'elle, et c’est une obsession de tous les instants. La fatigue très grande, la surexci tation nerveuse constante, entretiennent l’état som nambulique qui fait que l’on perçoit réellement l’In cube ou la Succube.
Les troubles physiologiques ou psychologiques les plus graves peuvent se produire alors: priapisme, satyriasis ou folie. C’est la victoire de Lilith et de Nahëmah, les reines des Stryges sur les imprudents qui ont voulu rester chastes, qui ont voulu mépriser les vérités éternelles du lin— gam. Les théologiens anribuaient ces désordres aux lé
LES INCUBES ET LES SUCCUBES 61 gions infernales conduites par le très lascifAsmodée. Les cabalistes n’y voyaient que l’œuvre des esprits élémentaires. Théologiens avec leurs diables, caba listes avec leurs’élémentals étaient d’accord en prin cipe. En efl‘et Eliphas Lévi définit ainsi le Diable: ( Le Diable, en magie noire, c’est le grand agent magique employé pour le mal par une volonté per verse.
L'ancien serpent de la légende n’est autre chose que l’agent universel, c’est le feu éternel de la vie terrestre, c’est l’âme de la terre et le foyer vivant de l‘enfer. » Le Diable, c’est donc le grand courant de vie cosmique, la lumière astrale que l’esprit et l’ima gination aflectés par elle, habillent suivant leurs dis positions et les influences auxquelles elles sont sou mises de formes et d’apparences diverses, tantôt bizarres et sinistres, démons, satan horrifique, tantôt harmonieuses et agréables, gracieux sylphes couleur d’azur ou très séduisantes ondines, la belle Nicksa au corps d’émeraude très pâle, aux yeux glauques comme la fleur du lin.
Et ce sont ces formes qui viennent Incubes ou Suc cubes, tourmenter nos rêves, cauchemar atroce ou volupté divine. JULES DELASSUS. (Extrait des Incubes et les Succubes, en préparation.)
62 L’INITIATION —«t\« Æes “Œl’ælltl8 ÿhénamèmes spirites ET COMMENT ON PARVIENT A LES OBTENIR Ce qui m’a toujours profondément étonné et sur pris, depuis vingt années que je m’occupe de spiri tisme, c’est de voir combien il ya de gens, relative ment instruits, qui ignorent absolument le spiritisme ou bien, si ils ont vaguement entendu parler de phé nomènes, ils ont passé leur chemin sans s’arrêter à ce captivant sujet.
C’est pourquoi ils sont les premiers à vous déclarer « que ce sont des bêtises, que ceux « qui s’en occupent sont des fous, des toqués, que « s’il y avait quelque chose, ils l’auraient bien vu, « eux, depuis longtemps, et puis, que la preuve qu’il « n’y a rien, c’est que ça rend fou, etc., etc. » Parmi ceux-ci, il y en a qui vous avouent s’être mis une fois dans leur vie, cinq minutes, jusqu’à même un quart d’heure, autour d’une table, à deux ou trois amis, et naturellement ils n’ont rien vu, rien en tendu, rien senti, par la simple raison qu’il ne pou» vait rien y avoir, mais qu’ils avaient « l’œil », car ils guettaient bien, et, s’il s’était produit quelque bruit, ou mouvement, c’est que quelqu’un des trois amis aurait voulu mystifier les deux autres en frappant du pied la table, ou la poussant habilement, ou tapant avec ses doigts, et la conclusion est invariablement qu’ils n’ont rien vu, simplement parce qu’ilsguet taient, mais s’ils n’avaient pas eu tant de vigilance, la table aurait tourné, car c’est cette catégorie d’igno
LES GRANDS PHÉNOMÈNES SPIRITES 63‘ ,n.. -n . — \. rants qui appellent cela « les tables tournantes », sans savoir pourquoi. Cette classe, qui est légion, est la plus dangereuse, comme influence, contre la propagation ou vulgari sation du spiritisme, car elle prétend tout savoir, et, comme elle n’a pas appris à l’école le spiritisme dans les livres, elle nie ce qu’elle ignore avec une arrogance grotesque.
Je ne sais si vbus avez lu à ce propos, il y a trois ou quatre mois, un article dans le Petit Journal signé Pierre Giffard ou Jean Sans Terre, qui traitait des phénomènes qui se sont produits soit chez M. Lebègue à Valence-en—Brie, soit à Tilly, Cideville ou ailleurs.
L’auteur de l’article en question. qui n’est pas du reste le seul en son genre, s’est probablement fait breveter pour sa trouvaille, car il a trouvé un moyen unique : « pour tuer le spiritisme et faire ces— ser tout phénomène; il n’y a, selon lui, qu’un seul et énergique moyen : c’est d’aller chercher les gen— darmes, car à leur seule vue et présence, tous les soi-disant phénomènes ou manifestations cessent comme par enchantement. » Pauvre Monsieur l...
Certainement, il ne faut blâ mer personne d’être ignorant sur un sujet quelconque, et je ne reproche pas plus à M. Pierre Giffard, l’au— teur en question, son ignorance et sa négation, d’une chose qui lui est absolument inconnue, pas plus qu’il ne peut me reprocher comme une faute grave d’ignorer la langue chinoise dont je ne connais pas un traître mot, mais, si mon ignorance à moi à l’en— droit du chinois ne fait de mal à personne, et ne détruit pas le fait qu’il y a en Chine pas mal de gens 7«‘ axes
64 L’IN ITIATION_ 1JANVIER qui parlent et connaissent cette langue chinoise qui existe, lui, au contraire, en raison de la plume qu’il tient avec la prétention de ne dire aux masses que des choses vraies, sensées, éclairées, est entré en plein dans la classe des gens dont je parle plus haut et que je désigne comme dangereux, pour ce qui est des phé nomènes, qu’ils nient sans savoir ce qu'ils disent.
Ceux-là font beaucoup de mal par leurs écrits stupides qui pénètrent dans les masses, et la seule punition que je souhaiteà l’écrivain en question, c’est qu’il étudie quelques mois le spiritisme, là où l’on peut l’étudier; il rougira toute sa vie d’avoir écrit quelque chose d’aussi niais, d’aussi inepte, qui avait une si grande portée, alors qu’il ne. savait pas évidemment le premier mot de ce qu’il disait; il a au contraire l’habitude de dire à ses lecteurs des choses très sen sées.
Il eût été si facile de dire à ses lecteurs qu‘il n’avait pas étudié ce sujet si ardu, voire même d’écrire un autre article sur autre chose de connu et bien étu dié par lui, et de passer celui-là sous silence !.. Errare humanum est!!! sera toujours vrai.
Il y a maintenant une classe très nombreuse de gens qui ont une vague appréhension, comme ils disent, qu’il y a quelque chose qu'ils ne peuvent défi nir, mais qui n’ont jamais pu rien voir, qui n’ont ni le temps, ni les moyens, ni les ressources, et qui ignorent complètement ce qu’il faut faire, comment s’y prendre, comment commencer pour obtenir des phénomènes.
C’est dans cette classe de petite bour geoisie, d’artisans, qu’il y a plus de ressources, car ce sont des sensitifs souvent, leur peur, leur crainte de
1897] LES GRANDS PHÉNOMÈNES SPIRITES 65 l’inconnu n’en est que trop l’indice. Ce sont ceux-là qui vous questionnent beaucoup, lorsqu’on leur parle phénomènes, et en général, ils vous disent que tout ce qu’on leur raconte c’est à devenir fou, que c’est effrayant; les femmes ont très peur au commence— ment; comment : « causer avec des morts? » c’est effrayant.
C’est alors que vous voyez des maris qui s’opposent à ce que leurs femmes s’occupent de cela, des femmes qui ne veulent pas que leurs maris se toquent de ces choses-là parce qu’ils pourraient deve nir fous et qu’il y en a qui en sont morts, se sont sui cidés, etc}, et puis aussi que leur confesseur leur a dit que ce pouvait être le Diable, ou en tout cas une in fluence diabolique.
A ces gens il ne faut pas donner à lire les grands ouvrages scientifiques spéciaux écrits par tous ces hommes savants, éminents qui ont enrichi si copieu— sement la littérature et la librairie spirite, car tous ces ouvrages traitent la matière dans ses plus hautes sphères, lesquelles sont inaccessibles aux non-initiés, et ils n’y comprennent absolument rien, ignorant l’ABC des phénomènes, et surtout la manière d’en avoir, d’en voir, tout ce qu’il faut faire pour en obte— nir.
Après avoir causé un peu spiritisme avec des gens de toutes classes, gens non versés ou ignorant com plètement la matière, j’ai souvent vu quatre ou cinq personnes, soudainement mues par le même désir, se ruer tout à coup sur les chaises : Tiens, Maria; tiens, Auguste; tiens, Paul, prends ta chaise, vite mettons nous autour de notre table. Tous étaient persuadés 4 3
66 L'INITIATION qu’ils allaient voir des apparitions, des matérialisa— tions, des revenants, ou allaient causer librement avec leur grand-père ou grand’mère.
Et, lorsque je leur disais: Vous me faites l’effet d’un laboureur au milieu de son champ qui n’aurait ja— mais entendu jouer du piano, mais auquel on aurait bien expliqué comment cela se fait; qui rentrerait le soir dans sa ferme, et se mettrait après souper assis devant son pétrin, tout étonné qu’après avoir mis ses mains dessus, il n’en sorte pas immédiatement une admirable sonate de Beethoven, ou une mélodie de Shubert.
Le paysan déclarerait, comme vous, que la musique dont vous lui avez tant parlé n’existe pas, de même que vous déclarez que tout ce qu’on vous a raconté des phénomènes est de la pure blague, puis que Maria, Auguste, Paul et Julie ont. bien essayé comme on avait dit et qu’il n’y a rien eu, parce qu’il ne pouvait rien y avoir, c’est bien clair!
Allez donc faire comprendre à ces gens-là que pour obtenir des phénomènes spirites, il faut certaines con— ditions ; cela ils ne peuvent l’admettre, leur com— préhension s’y refuse. Ils admettent que pour faire de la vapeur, il faut de l’eau; que pour produire l’électricité, il faut cer taines drogues qu’ils ne connaissent pas tous par cœur cependant, enfin ils l’admettent;que pour jouer du violon, il faut un violon.
Il y a une certaine réti cence à leur faire avouer qu’ils n’ont jamais vu le vent, le son, l’électricité, la force, la pensée, parce que, disent—ils, ils savent que cela existe; il semble rait donc tout naturel qu’en vertu de ce raisonnement
LES GRANDS PHÉNOMÈNES SPIRITES 67 ils admissent la réalité des phénomènes spirites.
Eh bien! ils les nient parce qu’ils n’ont pas vu, parce que ce n’est pas possible, parce que c’est de l’halluci nation de notre part, et nous sommes victimes de notre désir de voir quelque chose que notre dada ambitionne, nous sommes tous des toqués, des fana— tiques, des hallucinés, victimes des trucs des mé— diums, des amis ou parents qui sont autour de nous et qui encouragent notre manie pour nous faire plai sir.
Et dire que moi aussi j’ai été comme tous ceux-là ; j’ai ri, je me suis moqué de gens instruits, savants, expérimentés; j’ai vu, refusé de croire, parce que notre pauvre nature humaine se réjouit d’autant mieux qu’elle est plus sceptique.
Dix ans après avoir vu et expérimenté des phéno— mènes, je me retrouvais encore sceptique, incrédule, voulant toujours expliquer humainement, avec mon petit bagage scientifique, ce que ma compréhension ne pouvait saisir, ce que les lois physiques connues ne pouvaient admettre.
Il a pourtant bien fallu se rendre à l’évidence, les phénomènes se sont reproduits si nombreux, si divers, si imprévus, toujours nouveaux et tellement palpables, que leur netteté a forcément banni cette stupide obstination qui encrasse l’esprit humain et le rend féroce, injuste, idiot; tellement il est régi par cette incommensurable vanité de vouloir tout savoir et de nier tout ce qu'il ne comprend pas du premier coup. En y réfléchissant bien, il paraîtrait cependant que _._..4>.4.. _. ..—.,
68 . L‘INITIATION l’homme devrait être tout préparé à accepter à priori tout ce qu’il ne comprend pas, car son incarnation, sa naissance, sa vie, sa mort, le pourquoi, le but, la raison pour laquelle il vient apparaître sur la terre, pour disparaître si rapidement, sont autant de mys tères, de problèmes impénétrables qui l’enveloppent toujours.
La religion catholique de notre pays, religion où l’on ne rencontre à chaque pas que mystère, devrait être,à mon avis, une école excellente pour préparer les esprits catholiques latins à gober, à accepter d’emblée toute chose mystérieuse. Eh bien, non.
Par une sorte d’ironie contradictoire de tous les pays du globe, qui cultivent le Spiritisme avec ferveur, chez certains peuples, le spiritisme est poussé à l’état de culte, d’institution, car à San-Francisco, par exemple, j’ai un ami, M. Mozart, descendant du grand musicien Mozart, qui lui et sa femme, remarquable médium à incarnations, pour poésies instantanées, discours mo— rauxet philosophiques,orations superbes, me disait en core dernièrement à Paris que lui et sa femme prési dent souventàSan-Francisco etdans toutela région des séances spirites où il y a dix mille, quinze mille, jus qu’à vingt mille personnes y assistant, et l'entraîne ment magnétique de ces foules, composées de beau coup de médiums, devient si grand, il se dégage de ces masses un fluide tellement puissant, qu’il n’est pas rare de voir jusqu’à cent cinquante et deux cents matérialisations parfaites dans le cours d’une même séance. De même que nous bâtissons des temples à la mu sique, à la mécanique, aux arts, sous forme d’opéras,
LES GRANDS PHÉNOMÈNES SPIRITES 69 de galeries ou palais, de même en Amérique on bâtit des sortes de « Halls » academies, « Circus » im menses où les spirites se réunissent en masses com pactes, comme dans nos églises ou cathédrales reli gieuses, pour tâcher d’obtenir des manifestations spi rites. ' Que nous sommes grotesques et loin de ces impo santes congrégations!
Quoi, nous nous assemblons presque en tremblant, souvent en cachette, toujours d’une façon semi-secrète, pour nous livrer à ces études, nous dissimulons en général nos idées spirites, crainte du ridicule, comme si nous allions faire mal, probablement parce que, dès notre enfance, notre directeur spirituel nous a effarouchés avec les « pom pes et les œuvres du démon », et naturellement ceux d’entre nous sujets à l‘hypnose, restent toute leur vie suggestionnés par cette diable d’idée diabolique.
Je ne trouve pas d'autre raison à cette crainte, que je compare à cette autre ridicule notion de celui qui se cache, qui a honte et qui rougit du mont-de-piétë, où il n‘entre qu’avec des battements de cœur, et qui re garde bien avec frayeur autour de lui pour s’assurer si quelqu'un de connaissance ne le voit pas apporter sa inonti‘e au clou, chez « ma Tante ».
Pas une fois il ne lui viendra à l’idée de se dire qu’il est tout étonné que le personnel du mont—de pie’té ne vienne pas à la porte le recevoir chapeau bas, car, à bien réfléchir, ce n’est pas l’emprunteur qui est l’obligé, mais bien le mont-de-piété qui devrait nous remercier bien bas de la confiance que nous avons en lui. Il ne voit pas qu’il donne, qu’il confie
70 L’INITIATION sa montre qui vaut 100 francs contre 10 francs qu’il reçoit comme prêt ou comme avance, sans compter les intérêts usuraires qu’il accorde à l’administration qui est heureuse de les prélever; il ne distingue pas qu’il ne doit rien à la grande maison à monopole, puisqu’il lui laisse entre les mains un gros gage, avec lequel elle ne pourra jamais perdre.
Alors pourquoi cette angoisse à l’idée d’aller au mont—de-piété P Pour— quoi cette nervosité en y entrant, et ce soupir de dé tente en en sortant ?
Allez en Angleterre où on tient un mont-de-piété (Pawn-Shop) comme on est épicier à Paris, vous re— cevrez des circulaires vous invitant à avoir plus con fiance dans la maison de prêt de M. Smith qu’en celle de M. Jones; on vous sollicite pour avoir votre pra tique lorsque vous aurez besoin d’un prêt sur vos valeurs, vous êtes un client au même titre qu’un grand négociant ou industriel qui escompte ses va-_ leurs chez un banquier.
Lequel des deux est honteux dans ce dernier cas ? Ni l’un ni l‘autre ;et pourquoi y a-t-il honte en France, dans le premier cas, pourquoi tous deux ne marchent pas la tête haute? Parce qu’il y a interprétation vicieuse, erronnée, fausse, au su jet d’une chose ou opération bien simple et bien claire.
Il y a donc des notions absolument contre le bon sens, contre la raison, dans notre éducation, dans notre société, dans nos mœurs, dans notre vie jour nalière, dans notre religion, dans notre conscience, témoin la variété de vues, d’instincts, de vices, de qualités dans notre race, cependant engendrée, née,
DEUX OCCULTISTES 71 .x . . . .7. ... . .-7!t‘fli‘s—..z-:z élevée, éduquée de la même façon. dans ses grandes lignes, sauf questions de milieu ou d'atavisme. J.
DE TRACY. (A suiure.) BÆBLŒQGËAEEIE DEUX 0ccmnsrns MM. PAUL ADAM ET HENRI DUBÉCHOT Je voudrais, en quelques pages, appeler l’attention des lecteurs de l’Inz’tz‘alr’on sur les travaux de deux nobles esprits, dont l’un est déjà célèbre et dont l’autre offre à l’étudiant mystique une mine fertile d’idées.
Parcourir rapidement l’œuvre déjà volumineux du travailleur acharné qu’est Paul Adam, saisir l’en traînement de ses parties, en extraire les idées géné ratrices, c’est ce que nous allons tenter de voir d’abord ensemble.
Nous essaierons ensuite d’extraire de la trilogie déjà publiée par M. Dubéchot les pensées directrices, et de cette juxtaposition un peu hardie d’apparence, nos lecteurs pourront tirer telles combi naisons, en tous cas profitables, croyons-nous. c ou Notre romancier a écrit une sorte d’autobiogràphie sous le titre des Images sentimentales, au cours de laquelle nous pouvons suivre les diverses étapes de son développement intérieur. Le Manuel de En décor >“*‘m“*‘—a‘\‘W“ "m»ww’ ‘W——
72 L’INITIATION offre également, croyons—nous, quelques touches de portrait. Ainsi penchés sur ces pages sincères, nous suivons d’un œil ami l’effort d’une âme ingénue qui ouvre tout grand ses jeunes yeux sur l’univers féroce et peine avec larmes pour en découvrir l’essence.
Les escla vages de la famille et du collège, les longues tortures de la mémoire, les affres de la sensibilité et des pas sions neuves, tout cela, décrit en traits de vigueur, charme, enchante et attendrit parce que le héros étant exalté jusqu’au plan universel, les lecteurs, quels qu’ils soient, lui découvrent des ressemblances et des images d’eux-mêmes.
Mais ce qui nous intéresse surtout dans ces Images sentimentales, d'ailleurs écrites pour Stanislas de Guaita, c’est l’histoire des initiations de l’auteur; son maître fut un abbé, du Nord, semble-t-il ; « de figure brune, à fine arête, avec, des yeux très clairs, jamais clos », il fut vite le laveur des morts qui tourne et retourne l'âme cadavéreuse du néophyte; et il sut le préparer à la connaissance de l’Ide'e qui divinise; au bout des retraites ascétiques, l’âme de sa race rachetée des métempsycoses futures par le sacrifice de son ini— tiation, vint le revêtir de gloire.
Et de fait tout l’œuvre de Paul Adam est une adap tation de l’ésotérisme; elle a lieu d’ordinaire sur deux et même sur trois plans. Les personnages sont d’abord construits sur les canevas des types astrolo— giques ; c’est ainsi que le baron Kleist de l’Essence de Soleil, le baron Reuss du Mystère desfoules, sont des Jupitériens}renforcés de Mercure; Ludovicus Bax
DEUX OCCULTISTES 73 du même livre est un Mercurien avec mauvaises in fluences du Soleil; Jack Lyrisse est Lune-Mercure, sa femme est vénusienne, la figure si attachante du visiteur d’âmes est teintée de Saturne et de Vénus; Louise de En décor est Saturne-Vénus ; et le reste.
En second lieu, l’intrigue du roman lui-même forme un tout organique qui, en dépit de la succes sion souvent heurtée de tableaux disparates, com— porte le développement normal d’un principe ou la résolution naturelle d’une crise ; et ces épisodes sont toujours choisis dans la vie contemporaine, puis pu rifiés et haussés à la hauteur d’un cadre décoratif où descend se déployer quelque idée sereine et féconde ; remarquons combien une telle méthode est ingénieuse et concorde avec les voies de la Nature et l’ontogénie même du grand Adam.
Enfin, Cet épisode se rattache à une vie plus haute; celle d’une race ou de plusieurs, qui sont elles-mêmes les voiles des principes cosmogoniques en mouve ment. De fréquents rappels, placés au cours des dia— logues, ramènent sans cesse l’esprit du lecteur à cette élévation de vues.
Le grand mouvement boulangiste, servant de prétexte aux manifestations socialistes, et le triomphe contemporain de la race juive : tels sont les trois thèmes sur lesquels Paul Adam s’est plu à broder des individualités, des passions et des opi nions. ' Sous ce point de vue, l’Essence de Soleil, la Cri tique des mœurs et les deux volumes du Mystère des foules sont particulièrement riches à l’étude. Le Critique des mœurs, que nous savourions autrefois
74 L’INITIATION dans des fascicules rouges, la Reuue indépendante, je crois, marquait une tendance un peu âcre et anarchi que, que l’auteur a modérée depuis, semble-t-il, à la suite sans doute d’une contemplation plus sereine des essences et d’une notion plus modeste des bornes de la personnalité humaine. L’Essence de Soleil met en présence les individus sublimés de deux races : les Occidentaux et les Juifs.
Tandis que les premiers s’émiettent dans la multitude des sensations raffinées,perdantparl’analysel’unité de leur être, qui s’efforce vers un chaos ténébreux, les seconds, forts de dix—huit siècles de crucifixions lentes, ayant tendu vers un seul objettoutes les forces vives de leur collectivité, simples d’esprit et forts d’entendement, attirent, ramassent, purifient et éla borent le travail des races jadis leurs spoliatrices, maintenant leurs esclaves.
Dans le Mystère des Fou/es, la préoccupation so— ciale domine tout autre intérêt; chaque personnage incarne une idée mystique.
Dessling, le visiteur d’âmes, est le néophyte, parcourantà travers le monde un douloureux calvaire, percevant par l’intuition les glorieuses idées de sacrifice social et de bonté; son compétiteur, Cœsarès, saturnien ironique et disert, se laisse leurrer par les décors de l’ambition, tout en gardant au fond de son âme blasée l’idée vermeille de l’Androgynat primitif; Jack Lyrisse s’efforce vers la conception panthéistique de Dieu, l’idée d’orga nisme; Bax, en qui quelques-uns veulent voir le tristement célèbre Cornélius Herz, est une superbe bête de proie, inconsciente et victorieuse ; et les deux
maux occuursrss 75 J upitériens, Reuss et ce magistral duc de Lorraine, où l’on peut reconnaître l’un des maîtres de l’occultisme contemporain, affirment la force du vouloir sur la matière et sur l’invisible. En face des visiteurs d’âmes se dresse la figure énigmatique de la belle Anne: vierge perverse, creuset purificateur où viennent se sublimer les passions des hommes qui la chéris sent.
Bien des choses resteraient à dire dont nous lais sons la découverte au lecteur sur ce très intéressant livre, dont tous les héros, se regardant agir, semblent mus,comme ceux des tragiques grecs, par quelque dieu intérieur,de la formidable présence duquel ils ont une vague conscience. Cette puissance de construction plastique que pos sède le jeune romancier, nous la retrouvons encore dans l’unique œuvre théâtrale qu’il écrivit en colla— boration.
Comme. d’ordinaire, l’affabulation n’est qu’un prétexte pour poser et discuter des thèses métaphysiques : vue éminemment juste, mais com bien peu apte au suffrage de la majorité du pu— blic !
Voici ce qu’écrivent les auteurs du Cuivre, dans les Commentaires ajoutés à l’édition de ce drame: « Créer un public, un théâtre de transition qui édu— querait peu à peu le public en le faisant, un même soir, passer de l’émotion traditionnelle du sentiment à l’émotion nouvelle de l’idée ; tel fut le but. SÉDIR. (A suivre.) \\
PARTIE LITTÉRAIRE N©GTUI’RIÏ’IIËS AU Dr G. ENCAUSSE I Dans l’azur lavé d’ocre et de pourpre sanglante Où brillent les pleurs d’or des étoiles du soir, C’est une aube de lune, élévation lente Par d’invisibles mains d’un céleste ostensoir. Seule, la plainte au loin d’un oiseau qui module Charme la nuit qui tombe...au longdesflots dormants Une frêle vapeur, voile de rêve, ondule; Phébé verse la paix au cœur de ses amants. C'est l' heure de se taire et d’oublier la vie; Les songes vont fleurir dans notre âme assoupie, Car, pour panser nosfronts des blessures du jour, Dame du bleu silence et reine du mystère, La lune au cœur très pur, lampe du chaste amour, Avec ses mains d’argent magnétise la terre.
UNION IDÉALISTE UNIVERSELLE 77 A MARC HAVEN Il Les meubles, les rideaux sont vaguement hantés Sous les doigts de la nuit d’une vie incertaine; L’horloge doucement dans son cofl’re de chêne Bat comme un cœur discret qui veille à mes côtés. Paz'sz'bles et rangés ainsi que des fioles Pleine d’un philtre, sûr remèdeà mes ennuis, Avec un bruit léger de très vagues paroles, Les vieux livres fermés chuchotent dans la nuit. La chambre est recueillie, et le silence écoute. Un calice de paix s’épanche goutte à goutte Dans mon cœur faiiguépar les luttes du mal, Et la calme veilleuse éclairant la pénombre Semble dans sa prison d‘albâtre et de cristal, L’œil d'un esprit muet qui guette et charme l’ombre. CH. GROLLEAU. UNII@JN nnéamsrn unnvnasamn sous LA DEVISE : Pour l'Altruisme et l’Idéalité Notre appel à l’Alliance universelle des Idéalistes (juillet 1896) a été entendu, et l’empressement aveclequel on y a répondu de toutes parts démontre jusqu’à l'évi dence que le temps est venu enfin pour tenter le réta— blissement de l’antique Fraternité des Initiés.
78 L’INITIATION Notre but, tel que nous l’avons exposé dans nos lettres personnelles aux Membres du Comité-Directeur international, est simple et précis : nous combattons Pour l’Altruisme et l'Idéalite’.
En nous adressant à l’élite des intelligences, à celle qui croit au Beau, au Vrai et au Bien—Idéal, nous avons espéré, par un effort commun, rétablir, au moins parmi quelques hommes, cette union qui est la base de la so ciété et dont dépend le bonheur collectif: union malheu reusement bien près de se dissoudre sous les coups que lui portent ces trois grandes formes de l’égoïsme : le sensualisme, l'athéisme et la politique agressive.
Reprenant le principe dont se sont inspirés les anciens sages, philosophes, prophètes et messies, nous établis sons l’Union idéaliste sur la communion des Idées plu tôt que sur la solidarité des intérêts matériels. Notre profession de foi s’impose donc ici, c’est celle de tous les Idéalistes, à. quelque école qu’ils appartiennent, c’est celle des hommes d’intelligence et des gens de cœur.
Nous croyons à tout ce qui est susceptible d’élever les aspirations humaines vers l’Idéal; nous combattons, au contraire, les doctrines, quelles qu’elles soient, qui ten— dent à abaisser l’homme, directement ou indirectement, vers les instincts matériels.
Comme tous, nous recher chons le bonheur, mais nous n’espérons pas le trouver dans la satisfaction de nos désirs physiques, ni dans la gratification de nos penchants égoïstes; nous le cher— chons là seulement où il se trouve : dans les régions spirituelles dont l’Univers visible n’est que le pâle re fiet.
Nous croyons à la Religion : pour sa mission de paix et d’amour et son influence pacificatrice ici—bas, d’abord; ensuite et surtout, pour Conserver à travers les siècles le sentiment de la Foi, qui est aux choses de l'Idéal ce que le Raisonnement est aux choses du Tangible. — Mais, si nous révérons la Religion et la Foi, nous condamnons l’esprit de secte — qui enfante la division : le schisme, l’hérésie, l’apostasie — et la superstition, qui est à la Foi ce que l’aberration mentale est à. la Raison.
UNION IDÉALISTE UNIVERSELLE Nous croyons au Patriotisme, à son influence éminem ment progressive sur les citoyens d’une nation; nous croyons à ce sentiment qui met au cœur des peuples cette noble émulation, élément civilisateur par excel lence. Mais nous n’acceptons pas ce patriotisme fait de préjugés de races, ni le chauvinisme qui est au patrio tisme ce que l’intolérance est au sentiment religieux.
En fait de Patrie, l’Idéalisme ne s’arrête pas devant des questions de couleur ou d’origines et recule les frontières jusqu’aux confins du monde. Nous croyons à la Famille, cet état en miniature; mais à la Famille gouvernée par des lois et une discipline toute d’amour. Nous condamnons le despotisme paternel et l’insoumission des enfants, la licence du mari et l’escla— vage de la femme.
L’Idéalisme se réclame de toutes les institutions, reli gieuses et sociales, qui ont pour objet le développement animique de l’être individuel et collectif; il reconnaît tous les cultes, tous les systèmes politiques, toutes les formes d’associations; car les institutions comme les tempéraments, subissantl’action des climats et des temps, leurs différences extérieures ne sauraient nous occuper qu’accessoirement.
Nous croyons aux Sciences et aux Arts idéalistes et mystiques, attribuant toutes choses à l’Idée, seule réalité dont le monde objectif est la cristallisation.
L’idéalisme considère toutes choses au point de vue d’un principe unique supérieur; son but scientifique est la reconstitu tion de la synthèse : « Il établit dans tous les plans la loi de la Tri—Unité; « Il fait ressortir l’identité des principes sur lesquels reposent toutes les religions; « Il appelle l’attention des gouvernements politiques vers la Synarchie dont notre ancêtre blanc, Rama, fut le divin protagoniste; _ .
« Il rétablit la connaissance générale de l’homme-ter- . naire corps-âme-esprit, et les moyens de son évolution comme cellule du tout. ) (Sédir.)
80 L‘INITIATION La Philosophie synthétique embrasse en une fois la connaissance del’Univers-Homme-Dieu ; et les principes de cette métaphysique sublime se retrouvent dans les œuvres du Philosophe Inconnu, lequel s’est lui—même inspiré de Jacob Boehme, le divin cordonnier de Goer litz, de Swedenborg, le saint Jean suédois, et de Mar tinez de Pasqually, le dernier des Rose i>{4Croix Kabba listes.
Nous croyons enfin que l’instrument du progrès spiri— tuel de l’individu est son libre arbitre.
Admettant la doctrine de l’Evolution pour le corps matériel et de l’Involution pour le principe divin, l’Idéa lisme constate que la vie de l’homme n’est qu’une lutte sans trêve entre les instincts animaux — attribuables à l’origine matérielle du corps —, et les aspirations élevées — inhérentes à la nature divine de l’esprit. — L’âme se meut entre ces attractions opposées et devient par ce fait le siège de la volonté et du libre arbitre.
Si l’âme se confond avec l’émanation divine, en s’élevant vers les régions idéales, elle crée une entité personnelle de ce qui n’était à son origine qu’une étincelle échappée du Feu Central Universel; si, au contraire, elle s’abaisse vers l’animalisme, elle se voue à la désintégration com mune à tous les corps physiques pour recommencer fatalement le cycle tout entier des évolutions de la matière.
Le libre arbitre est donc la faculté de l‘âme qu’il s’agit avant tout de cultiver dans toute la mesure du possible et c’est vers ce but que doivent tendre tous les efforts de l’Education.
L’Union idéaliste Universelle s’occupera donc essen tiellement d’établir les principes d’une pédagogie ration nelle celle qui contribuera le plus à donner plein jeu au mécanisme du vouloir humain; celle qui développera le plus complètement la personnalité des individus, con trairement à cette pédagogie contemporaine qui s’efforce, et avec succès, d’effacer la caractéristique du sujet pour lui substituer une personnalité factice, simulée, à l’usage de tout le monde, partant, uniforme, commune, vulgaire et prétentieuse, à laquelle nous devons tous les crime bêtes contre la Religion, l’Erat, la Science et l’Art. 4' ' 4.29.91 "
UNION IDÉALISTE UNIVERSELLE 8 I L’Union Universelle des idéalistesa donc un but scien tifique en même temps qu’humanitaire; elle prépare l’établissement d’un Congrès Permanent des Sciences Idéalistes et Mystiques en même temps que l’avènement de la Fraternité Universelle. Mais c’est au nom de l'AMOUR que l’Union fait appel à toutes les lumières pour reconstituer le flambeau de la VÉRITÉ.
Nous demandons la collaboration de tous ceux qui croient, qui aiment et qui veulent, afin d’élargir le cercle de nos affiliations déjà nombreuses et d’étendre sur toute la surface du globe le réseau de notre Association de Paix, destinée à devenir une religion parmi les religions, un état parmi les états, une famille parmi les familles, afin que, partout. il se trouve des hommes prêts à s’ac cueillir en sœurs et frères. en concitoyens et en coreli gionnaires, quels que soient leur race,leurs pays et leurs religions.
Pour terminer, nous faisons un appel ardent à toutes les mères, à ces éducatrices par excellence, ces sublimes ouvrières à qui nous devrons l’humanité de demain. C’est d’elles surtout qu’il nous faut attendre ces exemples de dévoûment, ces actes édifiants de réelle pitié; c’est à à elles de nous guider dans cette voie qu’elles connais sent si bien, celle de l’Altruisme et de l’Idéalité. Dr EDOUARD BLITZ, Secrétaire.
Ala déclaration ci-jointe du Secrétaire de l’Union, nous n’ajouterons que quelques lignes. > L’Union entre tous les chefs des divers mouvement mystiques d’Europe et d’Amérique est aujourd’hui un fait accompli. Dans chaque grand pays existe une revue représentant l’Union. Pour la France, l’Union est représentée par l’1nitia tion comme organe central et par les autres revues amies comme organes annexes.
On est donc prié de s’adresser. pour tous renseigne— ments soit à :. Papus, directeur pour la France; soit à Sédir, secré
82 L’INITIATION taire pour la France, aux bureaux de l’Initiation, IO avenue des Peupliers, Paris. 7 -©RDZËRE MAETIIEÆ’ISTE Le rapport du délégué Martiniste pour l’Argentine vient d’arriver. Ce rapport constate l’existence de trois loges Marttj; en plein fonctionnement et de plusieurs groupes. Une récompense spéciale sera décernée au Dr Girgois D::: S':: C;:: à cette occasion.
GonaaÈs sruurmusrs DE MW Nous avons reçu à propos de ce congrès une telle cor respondance et des idées si intéressantes, que nous sommes obligés encore de remettre la publication de tout cela au prochain numéro.
Du reste, la réussite de l’Union idéaliste universelle donne au Congrès de 1900 l’appui de tous les centres spiritualistes sérieux d’Europe et d’Amérique et fait pré sager un éclatant succès pour le Congrès de I’Humanite' de notre cher frère Amo. tR@UPE ÈNDÊPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES ETUDE DE L’INCONNU GROUPE N” .t Séance du 19 décembre 1896 1 Samedi dernier, j’avais prié M. et Mme T. de vénir.se joindre à nous pour faire quelques expériences de...
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 83 force psychique (j’espère que cette expression ne bles— sera personne). , Nous devions être seuls.
J’allais ouvrir la séance, vers 5 heures et demie, lorsque M. et Mme C. arrivèrent, ino— pinément, avec leur fille (que je désignerai par la lettre A.) Cette demoiselle n’est autre que la sensitive avec qui j’aifait 'quelques expériences de magnétisme il y a en viron un au; à cette époque, elle servit d’intermédiaire à un esprit (i) qui me malmena quelque peu. (Voir Ini— tiation de janvier 1896.) ' Les essais de... force psychique donnèrent peu de ré— sultat; cependant, après s’être endormie dans l’obscu rité, M“ A. se leva, alla prendre du papier et un crayon sur une table placée au milieu de la pièce et, revenant s’asseoir devant un petit guéridon, se mit à écrire (tou jours dans l’obscurité).
Quand elle eut achevé son message. elle me tendit son papier; mais, n’y voyant goutte, je demandai une lampe. Je lus ensuite la communication suivante, tracée en caractères réguliers : « Je suis venu l’autre fois vous insulter; je reviens, mais pas dans les mêmes conditions. — X. » Le signataire n’est autre que l’esprit (P) dont j’ai parlé plus haut.
M“6 A. (toujours endormie) se lève de nouveau (en lumière cette fois), reprend du papier et un crayon et écrit ceci : « Bonsoir, je pars. —- X. > — Mais alors, dis—je, nous allons être privés de toute manifestation P ( Non, écrit le médium, appelez-en d’autres. » —- Qui P « R. : Céline (i). Moi, je m’en vais. — X. » Mlle A. s’éveille en même temps.
Après quelques minutes de conversation, je priai le médium de vouloir bien se prêter à quelques expériences de magnétisme ; il voulut bien y consentir, et je l’endor mis rapidement. Nous tentons ensuite quelques expériences de sug—
84 L’INITIATION gestion mentale : M“9 A. exécute rapidement les ordres que je lui transmets mentalement, soit de la part des assistants, soit de mon propre gré. Pour m’assurer qu’elle n’entend pas les désirs exprimés à voix très basse par les personnes présentes, je prie M. T. d’écrire l'ordre qu’il veut me voir transmettre. Cette expérience réussit admirablement. Je réveille M“° A. et l’invite à se reposer.
Nous reprenons nos expériences au bout de quelques instants. J’endors rapidement la sensitive, puis je lui suggère, mentalement, l’ordre de prendre du papier, un crayon, et d’écrire deux mots pensés par moi. Elle s’approche de la table, prend du papier. un crayon, s’arrête un instant puis trace ces mots : « Pourquoi voulez-vous me faire écrire? » — Mais,répondis-je, mentalement, pour prouver que vous êtes lucide et très aimable!
« Non, répond-elle, par écrit, écrivez vous-même. » Je saisis à mon tour un crayon et du papier et je trace cette phrase : — Mademoiselle vous n’êtes pas aimable. Je présente ce papier à M“° A., toujours endormie, les yeux clos, qui fait mine de lire et écrit ceci au-dessous des mots tracés par moi : « Ça se peut, mais je ne veux pas. > J’insiste, mentalement . — Écrivez! R. (par l’écriture) : « Non 1 » Je pense : — En êtes-vous empêchée?
R. (par l’écriture) : < Oui! Oui! Question mentale: -— Par qui? M"° A. quelque peu éloignée de moi trace en gros ca ractères : < Céline 1», puis me tend son papier, que je lui rends après avoir écrit au-dessous de ce nom : — Ce n’est donc pas une amie?
Le médium, toujours en somnambulisme, retourne le papier puis écrit à son tour : « Si, c’est une amie. ) Il va ensuite s’asseoir‘ devant un guéridon et demande, par l’écriture, qu’on fasse l’obscurité.
_GROUPE INDÊPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 85 Question mentale : -— Poùrquoi? R. écrite par le médium, toujours en état d’hypnose : « Parce que des esprits veulent se communiquer. > Nous demandons qu‘on emporte la lampe. — Que voyez-vous? dis-je à M"° A. au bout de quel— ques instants. R. « Je vois devant moi une grande jeune fille blonde. » D. : — La connaissez-vous? R. : « Oui, c’est Céline. » D. : — Où l’avez—vous connue? R. : ( Là-haut.
D D. : —- Que vous dit-elle? R. : « Qu’elle ne peut se manifester comme vous le désirez ); puis, après un court silence, le médium dit: « Elle s’en va. » Je saisis alors la main de M119 A., etje pense, ainsi que deux autres personnes, à une jeune femme morte il y a trois ans. D. : — Voyez-vous quelqu’un? R. : ( Oui, je vois un jeune homme brun, grand, maigre. » D. : — Le connaissez-vous?
R. :c Non, c’est un de vos amis (P)) Je m’efforce, vainement, de faire voir au médium la personne à qui je pense; puis nous faisons cesser l’obs curité. Craignant de fatiguer davantage notre sensitive, je l’éveille rapidement. M“° A. déclare n’avoir aucun souvenir de ce qui s'est passé. , La séance est levée à 11 heures. A. FRANÇOIS.
86 L’lNI'I‘IATION FAITS ES‘Z’GEEQUES (Suite) TROISIÈME OBSERVATION Dans le courant des mois de février et mars 1895, j’habitaisà Nice, avenue de la Gare, côté Nord, partie centrale. Dans cet appartement, meublé, comme les deux autres, rien que de très banal.
J’y demeurai avec deux servi teurs, une vieille femme et un homme dans la force de l’âge, tous les deux absolument impropres à la médium nité, autant par tempérament que par caractère, et sans culture intellectuelle. Ma chambre communiquait par une porte avec le.salon assez vaste, qu’une autre porte fermait sur le vestibule.
Un soir, vers minuit, il me sembla entendre, dans ce salon, un bruit de pas très naturels, comme ceux d’une personne qui le traverserait dans le sens de sa longueur; ces pas s’arrêtèrent juste devant la porte de communica tion, contre laquelle on fit, extérieurement, de fortes pesées pour l’enfoncer, mais sans que les panneaux bou geassent, ni que rien fût détérioré.
Presque immédiate— ment après, j’entendis le bruit continu et régulier qu’au rait produit le bouton de bois, peint en blanc, de cette même porte, en tournant sans arrêt, exactement ce qu'on aurait fait pour entrer, en sentant la résistance de la ser— rure fermée à clé.
' Cette manifestation fut tenace, car elle se répéta dans tous ses détails,toujours entre onze heures et demie du soir et une heure du matin, à de si fréquentes reprises, que l’émotion ressentie par moi me faisait presque mal au bout d’un certain temps. Une nuit, je fis rester auprès de moi la vieille femme, qui n’entendit rien, mais la manifestation se produisit dès qu‘elle eut quitté ma chambre.
J’appelai alors l’homme : nous fouillâmes à trois tous les appartements, sans rien voir de dérangé ni trouver quoi que ce soit. Nous n’entendîmes rien non plus. Au
FAITS PSYCHIQUES \ >* reste, j‘entendais tourner le bouton de ma porte, mais je ne le voyais pas, car il restait immobile sous mes yeux. Après m’avoir suffisamment tourmentée, les bruits ces sèrent (ils avaient duré cinq à six semaines) et ne se reproduis irent plus à cet endroit ni de cette façon.
J’ajouterai que, quelques mois plus tard, l’esprit d’une personne défunte, qui me fut chère, m’apprit par écriture spirite que c’était lui qui avait produit ces bruits de pas, de tentative d’enfoncement de porte et de bouton tourné dans la main.
Mais j’ajoute peu de créance à cette asser tion, car les esprits des disparus quinous ont aimés peu vent-ils prendre plaisir à nous donner de l’émotion et de l‘effroi, dans le but de raviver dans notre mémoire un souvenir nullement éteint P...
QUATRIÈ M E OBSERVATION En septembre 1895, je me trouvais à Turin, logée au centre de l’une des plus belles rues de l'ancienne capi tale piémontaise, portant le nom d'un célèbre patriote italien: j’ai nommé Garibaldi. Avant de quitter le midi de la France, je m’étais brouillée, pour un motif d’ordre personnel, avec un personnage qui se décernait de lui-même, sans preuves à l’appui de son dire ambitieux, la qualité de Mage.
Ce personnage faisait de la chiromancie, de la cartomancie et autres sciences occultes un commerce tellement vul gaire et intéressé, que l’estime qu'on en pouvait faire ne devait point être excessive.
Me voyant peu facile à effrayer, pour y parvenir, et par gloriole, avant notre brouille, il m’avait souvent, d’un ton de badinage, menacée de me faire ressentir, le soir, au moment de mon coucher, la sensation de coups à moi appliqués sans la présence visible et naturelle d’aucun être humain. J’avais pris cette menace comme elle avait été faite, en badinage.
Un soir, vers minuit. j’étais couchée dans mon lit, dans ma chambre, bougie éteinte, mais me tro.uvant parfaitement éveillée encore. Tout à coup, au milieu de la plus parfaite obscurité, je vis, cette fois, passer rapi
88 L'INITIATION dement dans l’air, menaçant mon visage, une chose mince et légère, sifflante, en tous points semblable à une cravache ou à une badine. Je fis un soubresaut et éten dis instincüvement la main en avant, d’un geste rapide, pour me préserver, mais je n’en reçus pas moins le choc à la racine du nez. Seulement, je n’en éprouvai ni dou leur ni meurtrissure.
Comme aux précédentes observa tions, l’examen de mon appartement n’amena aucune découverte qui pût donner une explication matérielle du fait produit. PERVENCHE. Nouvnmas masses Tous les occultistes savent l’importance qu’il faut atta cher aux oùvrages de Fabre d’Olivet. Or, depuis la mort de l’illustre initié, il avait été impossible de retrouver une portion quelconque de l’ouvrage sur la .‘/Iusique, qu’il cite plusieurs fois.
Nous sommes heureux d’annon cer à nos lecteurs que cette lacune vient d’être comblée. M. René Philipon a en effet entrepris des recherches suivies à ce sujet, et il vient de faire paraître le premier volume de Fabre d’Olivet sur la Musique. Ce volume sera analysé en détails, ici même, par Sédir, très pro chainement.
Contentons-nous, pour l’instant, de pré— venir nos lecteurs qu’il aborde, à propos de la musique, des questions de doctrine et d’histoire générale du plus haut intérêt. Cet ouvrage, encore inconnu, de Fabre d’Olivet, orné d’un portrait inédit, a été tiré seulement à 330 exem plaires de luxe, du prix de six francs chaque.
Il est en vente chez Chamuel, éditeur, 4, rue de Savoie; nos lec teurs feront bien de se presser, car bientôt il deviendra des plus rares, étant donné son faible tirage. Tous les exemplaires sont numérotés. Il ne sera fait aucun service de presse. c . u
NOUVELLES DIVERSES Succi, le célèbre jeûneur, avait appris au colonel de Rochas que son corps astral se dégageait très facilement de son corps physique; mais que pendant ses jeûnes, il avait grand soin d’empêcher ce phénomène. Est-ce à un accident de ce genre qu’il faut attribuer la folie subite de Succi? Nous ne savons, mais sa conversation méri— tait d’être rapportée.
I 0 1 Nous avons reçu plusieurs excellents travaux que le manque de place nous a obligé à remettre à un prochain numéro. Nous signalerons entre autres tout un cha pitre de Reichenbach sur les tables tournantes, traduit par de Rochas, et une fort belle étude qui intéressera beaucoup nos lecteurs sur Alfred de Musset occultiste. n .
Le Progrès spirite, dirigé par Laurent du Fayet, 1, rue Oberkampf, s’est transformé et parait maintenant sur beau papier et sous une élégante couverture. Il méri terait d’être plus volumineux étant donné son intérêt. 0 ou A la Société des sciences psychiques, on discute en ce moment les faits de Tilly-sur-Seulles. Nous donnerons l’issue de cet intéressant débat.
P. o 00 Nous signalons à nos lecteurs les Lettres de Malaisie que M. Paul Adam publie en ce moment dans la Revue Blanche (1” janvier 1897). Jamais la plume du magis tral écrivain n’a décrit avec tant de franchise les beautés de l’ésotérisme.
Nos lecteurs trouveront dans ces quel— ques pages de magnifiques notations symboliques, sur l’occulte du catholicisme; et nous sommes particulière ment heureux, pour la gloire de l’idée, qu’une belle forme serve si parfaitement de vêture à ces hautes pen sées. *J 4 Recommandons aussila traduction du Sartor Resartus de Carlyle que publie depuis de longs mois déjà le Mer cure de France. *‘ >A4—nl
go L’INITIATION —v»-v» Nous croyons pouvoir annoncer à nos lecteurs pour le mois prochain l’apparition du livre de Sédir: les Incan talions. Notre ami prépare également une adaptation pour le théâtre du drame philosophique de Sri Srimât Sankaratchârya, Prabôdha Tchandrodaya, le Lever de la Lune de l’Intelligence. Les statuts de l’Association alchimique vont paraître dans le numéro de février de l’Hyperchimie.
C’est là, grâce à l’activité de M. JollivepCastellot, une troisième section de l'Université libre des Hautes Études qui prend naissance. Le mouvement occultiste d’Italie se développe de plus de plus sous l’active impulsion de M. Bruni: les travaux de la Maçonnerie mixte en ce pays commencent à y deve nir fructueux. S Saturninu s,C. G. E.
S::: I:::, désirerait acheter ou emprunter: Prognostimtio Paracelsi, pour un travail comparatif. k ’t# LE TALMUD EN ANGLAIS Nous lisons dans le Light du 5 décembre une nouvelle de nature à intéresser les occultistes de tous pays. Nous résumons rapidement l’article de M. A.-E. Waite. Un Américain, M. Michael Rodkinson, a entrepris le travail énorme de traduire le Talmud babylonien.
Le premier volume vient de paraître, et l'ouvrage entier en contiendra douze. Ce livre étrange sera entiè rement nouveau pourla majorité des étudiants peu fa miliarisés avec la langue hébraïque. On connaît deux versions du Talmud — celle de Babylone et celle de Jé rusalem —, c’est la première qui a été choisie.
De plus, le traducteur l’a purgée des nombreux et confus déve ._..-.. ,.,.._,. ,...—4 —.. a._,.—s.-f.,- ,n.m-u.--,-.n A..J»w._—.’\,MËEII!!I
NOUVELLES DIVERSES 91 loppements qu’elle a subis jusqu’à nous, de sorte qu’on se trouve en présence du texte exact primitif. Le premier volume paru contient la partie du Talmud appelée,Sabbath (fêtes d’Israël, discussion de ce qui est permis ou défendu le jour du repos). Certains passages de ce merveilleux traité nous semblent empruntés aux archives de Sirius, tant cela est loin de nos intérêts modernes, et en dehors de nos idées.
D’autres parais sent écrits d’hier. Pour beaucoup d’entre nous, trop familiarisés, hélas! avec la complexité des « cas de conscience », cet art, de régler les scrupules par l’éternelle « différenciation > et la balance des contraires, sera un véritable appel ma gique. M. A.-E.
Waite termine son article en rappelant qu’Eliphas Levi dit que le Talmud est écrit, selon les règles de l’initiation la plus élevée, et possède plusieurs sans, ce qui du moins, pour ce premier volume, peut être constaté. C. D. * . Tiré du Light du 5 décembre: Le président de l’association des spiritualistes des États-Unis vient de faire paraître dans les colonnes du Progressive thinker son volumineux rapport annuel.
Nous y remarquons surtout un projet de Congrès spi ritualiste en 1898. Ce Congrès se tiendrait à Rochester (n‘y) et durerait dix jours, dont un à Hydesville. On se mettrait de suite à l’œuvre pour assurer le succès, on ferait paraître une note dans les journaux spiritualistes, et on enverrai: des lettres circulaires aux Sociétés des deux continents. Il faudrait aussi s’assurer la participa tion des vieux spiritualistes de 48,49, 50 et 51.
Ce se— rait leur rendre un honneur bien mérité. Un intéressant programme donnerait de nombreux sujets de discussion dont on ferait connaître le résultat à ceux qui ne pour raient assister aux séances. « Ce serait pour les spiritualistes du monde entier l’oc casion de voir l’Amérique, de nous connaître, et de res serrer les liens de l’amitié entre les différents pays. « Nous souhaitons succès complet àcette entreprise. »
92 L’INITIATION . o - PHÉNOMÈNE PHYSIQUE (Light) Transport instantané d’un objet de Battersea à Hampstead COMMUNIQUÉ PAR M. THURSTAN, M. A. Je poursuis en ce moment chez moi une série d’expé— riences avec Mr. et Mrs. T. qui habitent Hamsptead. Mrs. T. n’est pas un médium professionnel; elle et son mari recherchent avec intérêt les preuves de l’existence d’intelligences invisibles et de la possible communica tion entre eux et nous.
Le dimanche I" novembre, dans une séance avec ces deux personnes, après avoir obtenu un message par coups frappés en pleine lumière dans une table éloignée, Mrs. T. fut contrôlée par l’esprit de sa fille Nellie qui me promit de me faire présent d’un penny. Immédiate ment, le penny tomba devant nous,et je promis à Nellie de lui acheter un jouet.
Dans la semaine, je me procurai un oiseau en plume et fil de fer, environ le quart de la grandeur d’un coq. Le dimanche suivant 8 novembre, Nellie contrôlant de nouveau Mrs. T., jelui montrai le jouet et elle me promit de produire quelque chose de probant avant le départ.’ La séance étant finie, Mr. et Mrs. T. se préparaient à partir. A ce moment je trouvai surle manchon de Mrs. T. un papier dans lequel était enveloppé le jouet. Tout a coup, Mrs.
T. fut contrôlée par Nellie qui s’écria joyeu sement: « C’est fait, c’est fait, j’ai porté l’oiseau à la mai son, je l‘ai mis dans le soulier de maman, sous le sofa, pour que personne ne puisse le voir, vous me devez un autre penny ». Mrs. T. et moi nous primes le sac: il était vide, l’oiseau avait disparu. Mrs.T. revint à elle, je lui donnai le penny, et elle partit avec son mari qui devait me don ner par lettre le résultat,cette même nuit.
Je reçus le len— demain matin la lettre suivante: « Cher Monsieur, je viens de trouver l’oiseau à la place exacte indiquée par Nellie. Nous l’avons aperçu, Mrs. T. et moi, en même temps et avant que l’un de nous ait pu le toucher. Le penny yétait aussi. Ce fait nous
NOUVELLES DIVERSES 93 a plus impressionnés que tout ce que nous avons déjà obtenu et, s’il était connu et reproduit par les hommes, cela révolutionneraitle monde. ( Votre dévoué ( T. » Du Light, 21 novembre (Lettre à l’éditeur): ( Monsieur, la réputation de feu M. le général Albert Pike a été ternie par la publication du livre du nommé Bataille.
Le dernier congrès antimaçonnique n’a pas eu autant de succès que ses promoteurs l’espé raient, et les terribles détails, mis dans la bouche de la fausse Diana Vaughan, sont loin d’avoir eu l’impor tance qu’on voulait bien leur prêter. Vos colonnes ayant été largement ouvertes à ce sujet. je viens vous prier d’insérer la note suivante d'un maçon bien connu, M.I.
Heughan: «I Les accusations portées contre mon ami ne sont basées sur rien et complètement fausses, je peux le prouver surabondamment, non seulement par ses honorables relations avec la fraternité des libres ma cons, des chevaliers du temple (chrétiens) et des rites ènciens et acceptés (théistes, philosophiques et israé lites), mais par ses nombreux et remarquables tra— vaux qui sont en désaccord complet avec l’absurde et ridicule accusation de croyances et de pratiques démo niaques.
Du reste, sa correspondance seule leur donne le démenti le plus formel. C’était un noble cœur, une âme chevaleresque; tous ceux qui l’ont connu peuvent l’aflirmer ».
Sa fille, Miss Lilian Pike, écrit (dans le Washington Post): « Ces calomnies sont absurdes, et je les relève seulement pour quelques personnes crédules qui, ne connaissant pas le général, pourraient leur croire quelque fondement. » Miss Pike affirme que son père n’était pas à Charles— ton en avril 1889, lors des meetings des « Lucifériens ), et qu’il a passé toute cette année à Washington. Elle choisit en outre de nombreux passages de ses lettres qui âkâñââàfihâââ,
94 L’INITIATION prouvent sa croyance en Dieu et son horreur des doc trines des « adorateurs du Diable ». Personnellement, je puis également affirmer que la croyance en Dieu, base inaltérable et distinctive de notre bien-aimée fraternité, n’a jamais eu de plus ferme défen seur.
Je n’en veux pour preuve que sa correspondance avec moi et sa conduite lorsque le Grand Orient de 'France ne jugea pas nécessaire de demander cette croyance aux membres de ses loges. C. D. Voici un prospectus distribué dans une des grandes villes du Midi. — Nos lecteurs verront comment on ex ploite la sorcellerie. Nous avons, bien entendu, enlevé les noms et les adresses.
Félicitons M. le Préfet de po lice de Paris de nous avoir débarrassés des individus de ce genre : « La devineresse X., s’étant assuré le concours d’une célèbre VOYANTE dont la presse entière s’est occupée donnera ses consultations tous les jours de 9 heures du matin à 8 heures du soir. < Le don de prescience 'que possède cette voyante a été reconnu par toutes les sommités scientifiques et médicales de notre époque. ( Professeurs de sciences occultes, médaillées et di— plômées, membres des sociétés Esothériques et Théoso phiques de l’Egypte, de l’Inde, du Thibet et d’Europe.
Initiées aux diverses sectes de Brahma, elles ont pu ac quérir par l’étude constante des pratiques secrètes une sûreté absolue dans leurs prédictions et travaux. Travail spécial pour l’attraction des chances et protection contre les mauvaises influences que peut exercer la Fatalité sur tous les événements de la vie.
Description du caractère intime, des aptitudes, des penchants, des défauts ou des qualités par la chiromancie (étude de la main) et la gra— phologie (étude de l’écriture). < Horoscopes, somnambulisme, magnétisme. Ecole Bernbeim et Charcot. — Spiritisme, médium guérisseur, tarots égyptiens. Astrologie, cérosœpie. Méthodes ab—
LIVRES REÇUS 95 solument inconnues et nouvelles en Europe.
Moyen de réussir en tout, -— Satisfaction assurée et Le travail de M?“ X. et de la voyante est purement scientifique et ne porte aucune. atteinte à. la moralité ni aux croyances religieuses. —- Pratiques secrètes de l’abbé Boullant. —- Consultations tous les jours. — Traitant par correspondances et se rendent à domicile.— Séances particulières pour soirées mondaines. —- Discrétion absolue. ) LTWRE une A.
LAURENT DE FAUET. — L’Art d’être heureux, 1 vol. in-18 (Chamuel). EDOUARD SCHURÉ. — L’Ange et la Sphinge, I vol. in 18 (Perrin). P. GARDEY. -——Anglophiliegouvernementale, manœuvres des protestants à Tahiti et à Madagascar, 1 broch. in-18 chez Chamuel. Travail véritablement prophétique où l’auteur annonce à l’avance les graves événements qui s’accomplissent en ce moment à Tahiti. Vivement recommandé à tous nos lecteurs.
L’ABBÉ MOREUX. -— Exposé de la formation mécanique du système du monde, d’après une nouvelle théorie du lieutenant-colonel De Legondès (Paris,Gauthier-Villars), in—8; sera analysé prochainement. D” J. REGNAULT. —- La Sorcellerie ses rapports avec les sciences biologiques, I vol. in-8, 7 fr. (Alcan). Le meilleur travail paru au x1x° siècle sur la question. Mérite une longue analyse. L’Expulsi0n des jésuites, par L.
GUENEAU, in—18 de 144 pages, 45 cent. à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint-Merri, Paris. L’expulsion des jésuites, tant de fois décidée et jamais exécutée, est traitée simplement, avec tous les dévelop pements que la question comporte. >
96 L’INITIATION Dans la première partie, l’auteur fait l’historique de la milice de Loyola, montre son arrivée en France, la lutte que l’Université soutient contre elle, les tempêtes politiques et religieuses qu’elle suscite, et prouve que sa présence a toujours constitué un danger pour la pa trie.
Dans la seconde partie, il démontre que ce danger a été bien compris des législateurs, puisque plusieurs arrêtés d’expulsions ont été pris contre elle. Pourquoi ces arrêtés n’ont-ils jamais été exécutés? Puisque les jésuites ne veulent pas se soumettre à la loi commune, il est de toute évidence que le gouvernement doit les y obliger.
L’ouvrage de M. Gueneau est une œuvre de saine moralisation que nous ne saurions trop recommander. t on Au moment de mettre sous presse, nous recevons le premier numéro de l’Echo du Merveilleux, revue bi mensuelle publiée par Gaston Mery (21, boulevard de Clichy, Paris). Tous nos vœux accompagnent notre,nou veau et curieux confrère.
IIl Le Bulletin de la Presse de janvier 3897 publie une étude de Papus sur la Presse néo-spiritualiste de langue française. Le Gérant: ENCAUSSE’. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
EXTRAIT DU CATALOGUE DE LA LIBRAIRIE H. CHACORNAC, 11, quai Saint-Michel, ., . ._fl_.ç:+«,——.—Œ_ä =.a_;« Paris ALBERT (Petit). — Secrets merveilleux, 1822, rel. AGRIPPA. -— Œuvres, édition latine, 1531, 2 vol., rel. . ALEXIS PIEMONTOIS. -— Les Secrets, 1652,re1. . . . . BECKER. — Le Monde enchanté, 1694, 4 VOL, rel.. . . BELOT. — Les Œuvres magiques, 1704, rel. . . . . , Bibliothèque des philosophes chymiques, 4 vol. . . . .
CALMET. — Dissertation: sur les Démons, etc., rel. . . CHA5SANC. — Apollonius de Tyane, br. . . . Ch_yromance, 1665, rel.; curieux ouvrage avec 90 pl. donnant 1,200 études de mains . . . . . COLLIN DE PLANCY. — Dictionnaire infernal, rel. ,. . . D’ANGLEMONT.Ï— Omnitheisme, 5 vol., br. . . . . . . D’AUBRY. — Le Triomphe de l’Arche’e, très rare, ou vrage d'alchimie, de 1660. . . _. . . . . . . DELRIO. '— Disquisitionum magiscarum, 1608, rel. . .
DÉMONS. — Thesaurus exorcismorum, 1607, rare. . . Dragon rouge, ou l’art de commander les esprits, rel. DU POTET. ,— La Magie dévoilée, in-4° br. . . . , . DUPUIS. — Origine de tous les cultes, 10 Vol. et 1 atlas. w.. E‘LIPHAS‘LEVY. — Le Sorcier de Meudon, rel. . . . . FOURIER (Charles). — Œuvres complètes, 6 vol., br., , GAFFAREL. -— Curiosités inouyes, 1630, rel. . . . . . GAURICI. —' Tractatus astrologicus, 1552. . . . . .
GÉRARD DE CRÉMONE. — Géomancie astronomique, pré cieux manuscrit du xvu°siècle. . . , . . . . , . . JAMBLICUS. — De Vita Pythagorica, I704. . . . . . À Hackspanius. .lliscellaneorum sacrorum, De cabala Judaica,rare....... .. ' KIRCHER. —Mondus subterraneus, 1665, rel. L’ANGÉLIQUE. -‘- La vraie pierre philosophale, 1622, rel. LAVATER. — Physiognomonie, 10 vol.. nombr. grav. . LEBRUN. -—Histoire des pratiques superstitieuses, I750, 4vol......
LEBRUN.——HîSt0iæ des pratiques sape ’3vol......... . PARACELSE. — Prédiction du grand Paracelse, manus— crit de 1710, très rare (voir la note de la page 304' du Temple de -Satan, de S. de Guaita). . . PARACELSE. —— Œuvres complètes, Genève, 1658, rel. . ‘IVRONSKI. — Tableau de la Philosophie de l’Histoire, grande feuille de 1 mètre sur 65 cent., donnant l’a perçu général de la Genèse messianique, rare. . , , rstitieuses, 1741, ..u en. a... 20 25 15 15 10 40 25 20 25 UU 35 16 20 20 30 28 35 15 35 55 V'VVVUVVUV \I V. 12 18 10 20 .VVUV 60) 80) 4 ) VVVVVVVU
Annonces Bibliographtques DE « L’INITIATION » Nous rappelons à nos lecteurs la collection de livres rares sur les Sociétés maç que possède Rosejn, ‘9, rue Chappe, Paris, et qu’il met en vente. On trouvera la listedes plus'importants de ces ouvrages dans le numéro de décembre 1896 de l’Initialion. Cette bibliothèque s’en. levant très rapidement, nos lecteurs désireux d’en avoir des numéros sont priés de se presser.
BULLETIN DE LA PRESSE 21, QUAI SAINT*MICHEL, PARIS Le BULLETIN ps LA PRESSE est un organe professionnel destiné aux directeurs, rédacteurs et imprimeurs de journaux et publications périodiques, et, d’une manière, générale, à tOus ceux qui s’intéressent à la Presse et à l’lmprimerie. Il est le complément naturel du GUIDE DE LA PRESSE, qui estle Bottin des journaux et périodiques.
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