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La. reproduction des articles inédits publiés par I'tniliation est formellement Interdite, Il moins d‘autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE L’ASTRAIL m « Si vous ne voyez des . prodiges et des miracles, - vous ne croyez pomt. (Saint Jean, IV, 48). 1 Depuis quelques mois, l’attention publique se trouve particulièrement attirée sur les manifestations phéno ménales de l’invisible.
Les travaux si remarquables du colonel de Rochas sur l’extériorisation de la sensi bilité et de la motricité avaient à peine rajeuni ces trou blantes questions, que les prodiges se multiplièrent comme à plaisir, éclatants et mystérieux: à Valence— en-Brie, à Agen, à Tilly-sur-Seule et lieux voisins; puis, comme couronnement, sont survenues ces pro— {I) Ouvrages consultés : Fabre d’Olivet, la Langue hébraïque restituée; E.
Levy, Dogme et rituel; Manuscrits de Saint Martin ; Saint-Yves, la Mission des Juifs; Papus, Magie pra tique, Traité méthodique descienCe oeculte,Sciencedes mages; De Guaita, Au seuil du Mystère; Temple de Satan ; Baraduc: M. Decrespe, Microbes de l’astral; H.-P. Blavatsky, la Doc trine secrète; Leadbeater, le Plan astral (dans le Lotus Bleu), La Lumière d’Egypte; le P.
Leray, Essai sur la synthèse des forces physiques; Krause, Introduction à la philosophie de la Nature, etc. 4 >».nfl<n.._.—. , .._
1 00 L’INITIATION phéties émouvantes accompagnées de clairvoyance et 'de lecture de pensées que la foule se montre encore si empressée d’aller recueillir auprès de la sibylle pari— sienne. Un pareil concours de circonstances a sans doute sa raison d’être: Projeté comme la vision de Balthazar sur les agitations toutes matérielles de notre généra— tion, il a forcé sa pensée vers les mystères de l’invisible où demain elle va rentrer à son tour.
Grâce à cet appel de l’au delà, plus d’une âme, autrement remuée qu’elle n’ose l’avouer, s’est sentie renaître au souffle oublié des aspirations religieuses; mais plus d’une aussi s’est trouvée troublée par de vagues terreurs, comme si quelque puissance mauvaise venait d’être déchaînée.
La littérature et la presse surtout, malheu reusement portées à exploiter les dispositions mala— dives de nos âmes modernes, n’ont guère fait qu’avi— ver ces efl'rois malsains.
C’est un préjugé beaucoup trop répandu dans le public, rebelle par nature aux notions transcendantes, que le satanisme et la goetié fassent tout le fond des sciences occultes.0n l’efi'raye de fantômes, tandis que les merveilles radieuses du monde divin lui restent cachées dans la fumée des désagrégations terrestres. Les étudants en occultisme sont aisément mis en garde contre cette erreur.
N’en est-il pas, cependant, parmi nous, un trop grand nombre encore qui, dans cet entraînement général, provoqué par l’invisible lui-même,se laissent aller au charme du phénomène, au désir dangereux d’accomplir des prodiges de quel— que genre, de manier l’astral ?
L’ASTRAL 1 01 Une lecture attentive des explications toujours si claires et si ingénieuses de notre excellent directeur ; un retour fréquent àtant d’œuvres de haute spiritualité que nouslui devons(Traitéélémentaire de magicpra tique, Science des mages, etc.) ; bientôt aussi l’entraî— nant et le savant ouvragedenotrecherfrère de Guaita, auront aisément raison de ces tendances funestes et trop naturelles au début de nos difficiles études.
Mais on ne peut trop insister sur un pareil écueil ; on ne peut trop persuader l'étudiant de prendre garde à l’entraînement du prodige que son inexpérience attribue volontiers à quelque faveur divine, à quelque mission céleste dont il sera le héros. On ne peut trop lui retracer les pièges et les illusions de l’astral, tou jours avide d’exploiter à son profit les passions de l’imprudent.
On ne peut trop lui redire à quelle hau leur de pureté, d’humilité, de dévouement, d’amour sincère, doit s’élever celui qui aspire à la véritable puissance occulte; quels sacrifices elle exige de celui qu’elle appelle au service de l’Universel avant de l’ad mettre à y jouer un rôle toujours pénible.
Ce n’est pas assez cependant que de le dire, il faut le montrer; sans détourner le disciple de l’étude scienti fique du phénomène, étude nécessaire à la tournure de nos intelligences et de notre éducation, il faut lui faire comprendre avec quelle réserve elle doit être conduite, avec quel sang—froid, avec quel détachement de tout égoïsme comme de toute crainte, avec quelle religio sité dédaigneuse de l'illusion basse autant que com patissante aux faiblesses, aux corruptions même de certains invisibles ! ‘_ w,A_,L___‘_——a——s_———— r
102 L’INITIATION C’est dans ce but qu’est soumis au lecteur ce simple essai de définition de l’Astral, non comme un égal des travaux profonds qu’il pourra consulter plus utilement, mais comme une actualité pressante, comme un appel à l’étude d’un sujet qu’on ne peut considérer sous trop d’aspects divers pour l’embrasser suffisamment.
II On nous représente la Lumière astrale comme l’in termédiaire entre le monde supérieur et celui des choses terrestres, comme le médium plastique, le réceptacle de tous les germes, le moule de toutes les formes, le grand livre Où s’inscrivent les actes et les pensées elles—mêmes.
Mais toutes ces indications, qui nous disent les qualités plutôt que la définition de la lumière astrale, ne nous en donnent pas une image assez nette; elles ne nous permettent pas de com prendre comment la pensée se traduit en réalités et se conserve dans ce médium invisible lui—même. Pour s’en faire une idée plus précise, il faut remonter jusqu’aux origines cosmogoniques. Nous devons au P.
Leray sur ce magnifique sujet des notions d’une netteté et d’une autorité inconnues jusqu’à lui. Traitant la constitution atomique comme Newton a traité l’attraction, et Fresnel l’optique, selon la méthode normale qui complète l’une par l’autre l'intuition et la logique, il commence par une première hypothèse sur l’origine de la matière et la confirme ensuite par le calcul en prouvant qu’elle explique toutes les lois physiques et chimiques. J’ai dit hypo
L’ASTRAL I03 thèse, il faut entendre plutôt la reprise de la tradition antique transmise notamment par le disciple et vul garisateur d’Albert le Grand, Saint Thomas : celle de la hiérarchie des esprits dans la nature. Par un trait de génie véritable, le P. Leray éclaire d’abord et complète cette tradition d’une définition toute nouvelle de l’atome.
Il le représente comme la sphère d‘action d'un point mathématique animé dans cet espace d’une vitesse infinie, doué par conséquent de l’ubiquité complète, image réduite de la puissance Divine.
Ce point, qu'il nomme la manade de l'atome, donnant ainsi un corps à la conception que Leibnitz tenait de Van Helmont, est, par sa mobilité, capable de résister en tous points aux forces extérieures qui atteignent la sphère et, par ainsi, de conserver la double intégrité de volume et de forme de son atome.
Notez bien dès le début l’importance d’une pareille conception: L’atome, élément primaire de toute ma tière, n’a rien, absolument rien, de matériel; tout y est abstrait.
La monade est un point mathématique, sans dimensions; sa sphère d’action n’est pas une enveloppe concrète, c’est une simple limite; on ne la peut concevoir que par la pensée; mais le mouvement, propriété essentielle de l’être, suffit à donner à ces deux entités un corps résistant, solide, impénétrable.
Voilà donc subtilisée, idéalisée complètement, cette substance sur laquelle est fondée l’école matérialiste de tous les temps; elle n’est plus rien qu’une trinité d’entités spirituelles. Une initiative spontanée, celle de la Monade ; Une inertie, l’espace qui limite cetteactivité;
104 L’lNIT1ATION Un acte, le Mouvement par lequel elle s’exerce. Autrement dit: Une volonté, un espace et une Force!
Voilà rompu le fameux dilemme : « Pas de matière sans force ou pas de force sans matière. » La Matière n’est plus qu’une abstraction, un produit de la Force; la Force elle-même n’est que le mode d’action dans le Temps, de la Volonté sur l’Espace — de l’Etre sur le Néant l Physiquement, c’est-à—dire en se bornant comme les positivistes aux apparences révélées par nos sens, on n’aperçoit plus que la Force; mais, en remontant plus haut, on voit, dans la réalité des choses, qu’il n’y a rien dans le monde que l’Esprit; rien que les mani festations de son activité perpétuelle qui, dans l’infini des temps, épuise l’inépuisable Néant, par l’aspira tion de son amour infini l Cette manifestation, c’est la vie universelle, c’est le Monde, créé pour évoluer du néant à Dieu graduelle ment pressenti, découvert, aimé; à Dieu au sein de qui nous sommes, nous vivons et nous nous mou vons, suivant la profonde expression de saint Paul, puisque le Néant et I’Etre sont également de son essence absolue, sans s’y confondre.
Du même coup, la Force trouve une représentation positive : c’est le point mathématique en mouvement ; mouvement nécessairement en ligne droite qui ne s’in fléchira qu’en s’opposant à lui-même par le choc d’autres points semblables, et selon les Lois de l’ini tiative suprême, Verbe de Dieu. ‘ La Force, en elle—même, est inerte, dénuée d’initia tive conservant, sans pouvoir la modifier, l’impulSion - +...r ....w..æW. _ .z.æ-«,»a-- mrÏè"mær——- -—.A—N. W?ævh?.æ.fi
L’ASTRAL 195 ,w__ .fi . - _._._._wau_ yw. . _ .n ,M.r. ., . qui lui donne naissance, soumise au destin des lois, à la disposition de toute initiative, même limitée. Ce que nous appelons les Forces n’est qu’une série de variétés de la Force, due aux lois naturelles qui la différencient. a 0! Cette première définition établie, le P.
Leray nous rappelle que l‘Univers, l’ensemble de toutes choses, est constitué par une série hiérarchique de monades ou Puissances, dont chacune est chargée de conserver l'unité du domaine fini qui lui est confié. Les moindres sont enveloppées et régies par les supérieures, de sorte que la Puissance suprême embrasse le tout.
Nous pouvons ajouter dès maintenaut que le sort, le but, le désir invincible de toute créature est de s’élever indéfiniment dans cette hiérarchie pour en atteindre le sommet idéal. Après ces prémisses, le P.
Leray montre, par les calculs de la mécanique rationnelle, qu'un espace rempli d’atomes définis, comme on vient de le dire, se mouvant, se heurtant en tous sens, ne constituerait rien de plus qu’un fluide absolument homogène, inerte, rigide, immuable; en somme, une substance sans vie, sans variété, insensible, morte. Mais la mo nade primaire, venons—nous de dire, n’est pasla seule initiative; c’est au contraire la plus infime de toute la hiérarchie.
Les deux suivantes vont suffire à faire naître le monde dans cette mer informe. Elles ne différencient cependant leurs atomes que par un caractère fort simple : une étendue plus grande, un champ d’activité plus vaste. Ce sera en effet un 'WWM‘x ‘_*"‘y w—3_ys- “v <\ — e\ -.æ.æ...«..\ \-a »\ x—-‘.. \.
106 L‘INITIATION principe universel que l’étendue de l’activité spon tanée d’un être soit mesurée sur sa Puissance, et, avec elle, sur sa place hiérarchique. Le P. Leray observe d’ailleurs, avec un peu trop 'de timidité peut-être, que l’atome de second ordre peut résulter de l’union d’atomes du premier ordre, sous la direction supérieure d’une monade du deuxième.
L’histoire naturelle nous montre aujour d’hui que chaque classe d’êtres se présente comme la synthèse individualisée d’êtres d’ordre inférieur ras semblés en une unité directrice nouvelle (I).
Notre savant auteur prouve par le calcul encore que la présence dans le fluide primitif qu’il appelle Eon d’atomes du second ordre ainsi définis, et d’une condensation telle qu’ils soient impénétrables aux premiers eux-mêmes, n’apporte à l’Eon qu’une seule propriété: celle de devenir élastique, et d'une élasti cité telle qu’elle ne puisse transmettre que des vibra tions transversales comme sont celles de la lumière.
Ce fluide nouveau, capable de translucidité, il le nomme l’Ether. Enfin il fait intervenir une monade de troisième ordre, avec son atome défini par la propriété d'une plus grande étendue que le précédent, impénétrable aux atomes d’Ether, mais pouvant laisser passer ceux de l’Éon ; il le nomme l’atome chimique.
Et, toujours par le calcul, d’après les lois positives de la mécanique, il démontre que, par l’effet du choc des atomes éoniens qui traversent en tous sens l’atome chimique, sur les (I) Voir les Colonies animales d’Edmond Périer.
L’ASTRAL I 07 atomes d’éther qui le constituent, cet atome devient à la fois un Centre d’attraction et un centre rayonnant de vibrations.
En effet, les courants d’éon qui sortent en tous sens de l’atome chimique ayant perdu une partie de leur énergie, n’équilibrant plus les courants de sens contraire qui les croisent en y arrivant, tout corps qui se trouve dans leur afflux sera entraîné vers l’atome avec eux par une force égale à la différence d’énergie entre les deux courants; voilà l’attraction.
Quant aux vibrations, elles résultent du choc même des atomes d’éon contre ceux d’éther, à l’intérieur de l’atôme chimique, et sont transmises par l’éther élas tique. Comme l’afflux d’éon dans l’atome chimique est constant, en tous sens, ce double effet d’attraction et de rayonnement ne s’arrêtera pas non plus, une fois établi l’équilibre dynamique entre toutes ses causes, et il s’accomplira dans toutes les directions.
En un mot, l’atome chimique est un soleil véritable, ou plu tôt tout soleil est un ensemble d’atomes chimiques dont le foyer est entretenu au sein de l’éther par les courants perpétuels d’éon. Telle estlacréation de la Matière.
Elle naît du néant, de l’espace vide, limité cependant à une certaine éten due (I) ; elle est engendrée par la dissémination de l’Etre en ce vide, sous la forme d’une multiplicité (I) Les travaux modernes des premiers astronomes concluent aussi bien que ceux des physiciens que le monde visible est limité. (Voir notamment, à l’appui de cette assertion, une confé rence de l’astronome Wolf dans le Bulletin de l’Association scientifique du 19 avril I895.)
108 L’INITIATION . ._vM.aæ æwæu_..u _ . \ innombrable de points mathématiques en mouvement rectiligne. Elle s’achève par le concours successifde deux spon tanéités hiérarchisées qui rassemblent ces points en deux synthèses progressives. Ces pensées créatrices produisent les premières. formes dans le néant.
C’est ainsi que l’on voit appa raître l’un après l’autre, et l’un au sein de l’autre: l’Eon, fluide primitif, inerte ; l’Ether, fluide élastique, et le Protyle (Ether additionné d’atomes chimiques) que nous pouvons appeler la Lumière (I), fluide élas tique mis en vibration par les atomes qui y flottent, l’aspirent en tourbillons, y rayonnent, s’y condensent en matière, en soleils. ’ Crookes nous a dit comment les corps simples se sont formés dans ce protyle en quatre types princi paux (2); la chimie nous enseigne les innombrables produits qui résultent de leurs combinaisons ; la géo logie et l’astronomie nous disent comment ils se ras semblent en systèmes planétaires, solaires et nébuleux.
Le P. Leray s’arrête au seuil de toutes ses construc tions cosmiques, sansy pénétrer, parce que là finissait la tâche qu’il s’était imposée.
Nos positivistes se sont arrêtés à la même limite, mais en sens inverse, se refusant à entrer sur le domaine si admirablement exploré par ce savant géomètre; ils n’ont donc trouvé (1) On sait que, dans le spectre solaire, celui de la lumière qui a son maximun vers le milieu pénètre à sa gauche celui des rayons calorifiques, à sa droite celui des rayonschimiques ; il représente donc suffisamment les trois à lui seul. Le P.
Leray observe lui-même qu’il entend les unir dans ses explications. (2) Voir la Chimie synthétique, chez Chamuel, éditeur.
L’ASTRAL 1 09 d’autre puissance dans le monde que la force physique, et encore n’a-l-elle été reconnue que par les, plus hardis d’entre eux.
Si telle était la réalité du Monde, il est clair qu’au bout d’un temps limité, un équilibre dynamique s’établirait entre tous les corps ainsi constitués et que dèslorsils rouleraient sans fin, dans un éternel silence, glacés, inertes, sur leurs orbes inutiles, ou que, tout au plus, finissant par tomber sur leurs centres solaires, ils seraient relancés au loin pour le recommencement indéfini des mêmes phases et de la même mort, sans cause, sans but, sans résultat!
Ce cauchemar de désolation de nos savants positi vistes se dissipe aisément pour qui se pénètre des théories si simples du P.
Leray ; on voit clairement par où pèchent les prémisses de cet immense para doxe : Laforce n’est pas une puissance, elle n’est, nous l’avons remarqué déjà, que l’instrument de la seule Puissance réelle, la spontanéité, l’Etre, en lutte contre la seule Résistance concevable, le néant, toutes deux formant l’essence de l’A bsolu.
On ne s’explique pas pourquoi cette victoire crois sante de la Puissance sur la Résistance qui constitue le Travail évolutif du Monde, ou pour mieux dire cette fécondation progressive de l’Être par le Néant qui engendre l’Eon, l'Ether et le Protyle, s’arrêterait tout à coup, succombant dans une éternelle stérilité !
En fait, si la formation desindividualités minérales et géologiques, si celle des combinaisons chimiques elles-mêmes, si cette incessante modification de la matière première qui nous frappe partout ne paraissent
1 I0 L’INITIATION pas des preuves suffisantes d’une activité toujours plus grande, il faut bien en reconnaître au moins le progrès dans l’apparition de la cellule vivante au milieu des molécules minérales.
Car nos matérialistes ont fait de vains efforts jusqu’ici pour expliquer la vie par le seul jeu des forces physiques; bien plus, ils ne peuvent interpréter même la moindre de ces variations darwiniennes sans faire intervenir à quelque instant, dans l’œuf, une force nouvelle, modificatrice, une spontanéité, par conséquent, absolument analogue à celle que le P. Leray nous montre élaborant la subs tance (I).
Admettantdonc, de parles faits eux-mêmes, la réalité de ces Puissances secondes, essayons d’en lire la suite dans la nature, au delà de ce que notre savant et pro fond physicien vient de nous démontrer. a une Nos sciences positives l’ont tracée clairement : Aprèsla molécule minérale, nous trouvons la cellule vivante, puis l’individu complexe, végétal et animal dont cette cellule est l’élément.
Une analyse plus approfondie nous donnerait une série plus complète, mais ce serait une recherche inutile ici, nous pouvons parfaitement nous contenter de cette série très large : L’Éon inerte. (I) . Lesda“l’mes .è L’Éther élastique. (2) (Créan°n e‘ a ma“ re)‘ Le Protyle, attractifet lumineux. (3) (I) Voir Quatrefages, Charles Darwin et le Darwinisme par Ed. de Hartmann.
L'ASTRAL I l I I La molécule minérale. (4) Lesindividus minéraux formant le règne minéral de la vie clinique. (5) Le Proto lasma.
6 Les â’îmems c°,;’,’pos”s La cellulè> vivante ((7) composa es ' . . (création des Êtres) Rîgr}r5é)végétttl (doué dexcxta- (8) Règne animal (doué de sensi— bilité). (g) Règne hominal (doué de raison ‘\ et de conscience). (I0) Comme on le voit, chacun des termes diffère évi demment du suivant, de telle sorte qu’il n’a pu appa raître au sein de celui-ci que sous l'impulsion d’une spontanéité capable de rassembler et de protéger un certain nombre d'éléments antérieurs en une unité d’une certaine forme.
Une pareille spontanéité est ce que nous avons désigné avec le P. Leray, et d’après Leibnitz, sous le nom de manade ; ce que l’on désigne ordinairement du nom beaucoup trop vague d’esprit.
Toutefois, on aperçoit du premier coup d’œil une distinction essentielle que signalent les accolades du tableau précédent (I) : (I) Ce tableau, établi dans l‘ordre ordinaire avec la distinc tion fondamentale qu‘on va faire ressortir, devrait être plutôt dressé comme suit: Premièrement.— Un quartenaireélémentaire de condensation dont le terme supérieur est un transitif vers l‘ordre suivant: I' Eon; 2' Ether ; 3" Protyle (produisant les minéraux) 40 Protoplasma (minéral doué de vie primordiale).
Deuxièmement.— Un ternaire plus Complexe,de dégagement de l’esprit, dont le troisième terme est un transitif versle monde suivant, celui divin; 5' Règne végétal; 6' Règne animal; 7‘ Règne hominal. C’est l’ordre septennaire que reconnaît l’occultisme (voir la Doctrine secrète).
I I2 L’INITIATION Les trois premières créations sont formées d’éléments simples, indissolubles, d’atomes (mot qui signifie, par son origine grecque, insécables) ; les suivants, au contraire, sont de plus en plus susceptibles de désin tégration, périssables. A cette distinction en correspond une autre non moins essentielle.
Par les trois premières créations, la Monade se trouve de plus en plus emprisonnée dans les concrétions de la matière qu’elle acontribué à tirer du Néant; il semble que ses efforts la paralysent progressivement, au point que l’on peut prévoir, comme on l’a rappelé tout à l’heure, un équilibre dynamique où elle serait condamnée à une révolution perpétuelle, semblable à l’éternel supplice de Si— syphe.
Au contraire, dèsque l’individualité minérale est née de la molécule, au sein du protyle, dès que les quatre types matériels, ou éléments des anciens, sont apparus, la Matière domptée va obéir de plus en plus aisément à la monade directrice de l’individu. L’es prit se dégage et domine.
On caractérise, vous le savez, ces deux phases successives en désignant la première comme l’Involutian, ou enveloppement de l’Esprit, et la seconde comme Évolution, ou dégagement. A ce point décisif qui les sépare. où la fécondité créatrice triomphe, par la génération de la forme éphémère et complexe, une Puissance nouvelle se manifeste, qui restait cachée jusque-là.
Cette puissance qui préside non seulementà l’évolution, mais à la création même; cette puissance qui permet, qui pro— voque la fécondation du Néant par 1'Etre au sein de >‘_ c.— n»;nq
L’ASTRAL II3 l’Absolu; vous l'avez nommée déjà, c'est le Désir, l’Amour, le Saint-Esprit.
Il procède à la fois du Fils, monade spirituelle, dis séminée dans la passivité du Néant pour satisfaire à son désir d’Etre, pour lui donner une forme (du Fils, par qui tout a été fait, sans qui rien ne pouvait être fait, disent le Credo et I’Èvangile de saint Jean) — et du Père, activité infinie de l'Etre, anxieux d‘ani— mer le Néant, comme le Néant est anxieux de vi vre!
En effet, tirant, pour ainsi dire, profit de sa défaite même au sein des concrétions matérielles où il s’est enfermé, triomphant de l’Espace par le Temps, I'Etre va produire des formes complexes, mobiles, éphé mères, qu’il livrera au travail de ses créatures comme pour les exercer à vaincre les résistances du Néant, à en dominer le vertige redouté par une évolution pro— gressive dont la loi est très remarquable.
Les molécules minérales, les espèces végétales ou animales, sont, ainsi que les atomes, institués en nom bres et catégories immuables, cadres idéaux universels, que la monade traversera sans pouvoir les modifier.
Mais dans l’intervalle de ces cadres, elle accomplit, par l’effet de ses aspirations naturelles, de ses désirs innés, un travail de transformation externe et interne qui l’amène, par une suite nombreuse d'existences, des derniers degrés d'une classe d’êtres à ceux de la classe suivante. Le processus de cette transformation doit être noté ; il est peu remarqué, bien qu’il soit inscrit dans toute l’histoire des quatre règnes de la Nature, comme
I 14 L‘INITIATION dans la marche générale ou individuelle des senti ments humains. C’est ce que l’on pourrait appeler la suite des âges du désir, complètement analogue à celle des âges de la vie matérielle et aux saisons de la vie ter restre.
L’être individuel a la conscience, d’abord fort obs cure, tout instinctive, mais toujours très puissante, de son existence, c’est-à-dire de la spontanéité de la monade, qui est d’ordre supérieur; et, comme l’aspi ration versl‘infinilui estessentielle, il compte sur l’éter— nité de son état actuel.
Mais, comme il est aussi essen tiellement fini et modifiable, les attaques du milieu où il est plongé ne tardent pas à lui faire perdre cette illusion en provoquant en lui les réactions de la monade protectrice de son intégrité. La première forme de son désir est donc la résis tance, la lutte défensive.
Cependant, ne pouvant échapper aux décomposi tions partielles de son corps matériel, que transfor ment constamment les lois mécaniques universelles plus fortes que lui, il se voit obligé de réparer ses pertes parl’alimentation. Or cette alimentation, ilne la peut obtenir qu’en triomphant des éléments ambiants où il la puise.
Poussé d’ailleurs par ses désirs instinctifs d’ac tivité etle sentiment de son unité individuelle, à vain cre toute résistance; convaincu de son droit à la suprématie par la spiritualité qui l‘anime, la créature tend, par un égoïsme implacable parce qu’il est incons cient, à tyranniser ses semblables comme à assujettir son milieu.
L’ASTRAL l I 5 '3!\v ‘. La seconde forme de son désir est l‘attaque, la lutte offensive. Mais les résistances qu’elle provoque ne tardent pas, si forte qu’elle soit, à lui infliger de rudes défaites. Menacée dans son existence même, elle ne trouve son salut que dans une alliance défensive ou offensive avec ceux qui souffrent comme elle des menaces d’un ennemi commun.
Elle s’aperçoit aussi que, dans la lutte contre les puissances physiques de la nature, elle a plus àgagner de ses semblables par la réciprocité des services que par la domination et l’usurpation violente. Son égoïsme primitif cède aux alliances, aux pactes, aux contrats. La Solidarité devient la troisième forme de son désir de triomphe sur le Néant.
Enfin, complètement éclairée par l‘expérience sur l’insuffisance même de cette forme primordiale de l’Amour, la créature passe de la solidarité à l'altruisme et au dévouement. Elle comprend ou tout au moins elle pressent que la puissance de sa monade n'atteint pas son développement normal sans une union vou lue, complète, harmonieuse avec les monades de ses semblables sous une direction supérieure.
Elle réalise donc la synthèse des individus de son espèce, qui, pourvus de toute la conscience compatible avec son rang hiérarchique, peuvent dès lors être adoptés par la monade de l’espèce immédiatement supérieure ; leur puissance sur le Néant est accrue d’un degré. C’est ainsi que l’individu minéral entre dans le proto plasma; que la cellule végétale s’animalise, que celle animale monte au cerveau humain pour y entrevoir
I 16 L’INITIATION avec les merveilles de la pensée l’Absolu si longtemps désiré. La Fraternité est la quatrième forme des aspira tions individuelles et les réalise, jusqu’à ce qu‘elles renaissent dans une sphère supérieure.
Telles sont les voies providentielles par lesquelles le Saint-Esprit fait monter la créature d’un échelon à l’autre de cette échelle de Jacob dont le sommet va se perdre dans les cieux, que les anges descendent et que remonte sans cesse le flot des générations ter restres.
Par ce processus même trois éléments nouveaux apparaissent au sein de la création, pour être déve loppés par les efforts individuels pour l’évolution : La Force vitale, le Corps astral ou corps du désir, et l’Ame.
La dernière n’est pas autre chose que la monade elle—même de l’individu, c’est—à-dire la spontanéité finie qui en constitue l’unité, mais en tant que douée de trois qualités ou facultés que lui donnent tout son ressort, savoir: La faculté de sentir les influences extérieures: la sensibilité.
Celle de délibérer sur les impressions qui en résul tent, de porter sur elles un jugement pour les accepter ou les repousser: c’est le Vouloir; Et celle de réagir par un ordre impératif donné à la forme matérielle : c’est l’activité. La force vitale et le corps astral sont les instru ments de cette activité. La force vitale est distribuée entre les éléments
L’ASTRAL I I7 ultimes de la forme individuelle complexe; c’est la force propre à la manade de chacun d’eux, mais con sidérée en tant qu’elle est dirigée par la monade cen— trale, chargée de distribuer les rôles, et que, par celle—ci, elle participe aux besoins de la communauté. On en trouve une notion très claire dame ce théo rème où le P.
Leray montre que l’atome chimique transforme en mouvement d'ensemble général tout mouvement spécial éprouvé par l’un des atomes d’éther qui le constituent; ce n’est là cependantque la forme la plus obscure de la force vitale. Cette force disparaîtra nécessairement à la mort de la forme temporaire qu‘elle élaborait, avec la monade qui donnait de l’unité à ses mouvements; chaque monade particulière reprenant alors sa liberté.
Quant au corps astral, il demande une explication plus détaillée; il faut pour la comprendre pénétrer mieuxjusqu’à l’origine ou jusqu’à la fin de l’Ame, se rendre un compte plus complet de son fonctionne ment.
Il] Que le lecteur veuille bien se rappeler maintenant ce qui a été dit plus haut de la formation de la ma tière par l’atome chimique : Cet atome est constitué par l’agglomération uni— fiée d’un certain nombre d’atomes éthérés autour d’un centre d’attraction, en une forme déterminée. On peut reconnaître en lui l’action des deux puis sances constitutives du Saint-Esprit : au centre, celle d’astringence qu’il tient du Fils sacrifié dansla multi
I I 8 L’INITIATION plicité du Néant; à la surface, celle inverse d’infor mation qu’il tient de la spontanéité du Père. Toute fois, cette double puissance est alors limitée, particu larisée; elle est véritablement l’Idée platonicienne qui se varie selon les diverses formes qu‘elle engendre, conservant pour ainsi dire leurs archétypes dans leurs quatre classes principales.
Toute création naît, ainsi, par la Vertu del’Amour, d’un baiser de l’Étre et du Néant au sein de l’absolu. L’Ether est comme la matrice où elle se développe pour exprimer une pensée spéciale de l’Eternel.
Or cette faculté divine de génération, l’Ame aussi la possède, afin qu’elle apprenneà connaître son créa teur en collaborant avec lui; seulement cette faculté lui est mesurée dans des proportions d'autant plus res treintes qu’elle est elle—même moins développée. Un vouloir de la créature peut donc produire dans l’éther,un centre d’attraction et autour de lui une forme adéquate, analogue à l’atome chimique.
Mais son énergie propre n’est pas suffisante pour y aspirer et y retenir les atomes chimiques de la nature qui pourraient en faire un corps matériel. L’âme ne peut par elle-même créer une matière, à moins qu’elle n’obtienne le concours de l’Universel, et ce concours ne lui est accordé que pour servir l’Universel lui mème (I).
Une pareille expression du désir, capable de pro duire un centre d’attraction dans l’Ether, est ce que (I) C'est pourquoi le souffleur qui convoite l‘or pour lui même échoue là où réussua l'Alchimiste qui s’est d’abord consacré au service désintéressé de l’Universel.
LÏASTRAL 1 [9 l’on nomme un Verbe; c’est la « pensée formulée », selon la définition qu’en rappelle Eliphas Lévy (Ri tuel, p. 9). il y a donc trons sortes de verbes : 1° Le Verbe divin, qui, procédant des hauteurs su prêmes, est créateur parce qu’il a la puissance de rem plir sa forme des résistances équilibrées qui consti tuent la matière. Il a dit: Que la Lumière soit! et la Lumière fut !
2° Le Verbe animique, inférieur, qui, procédant au contraire de bas en haut, exprime sous l’impulsion d’une sensation, un désir, un vouloir, une forme à rem plir, et ne produit qu’un moule éthéré. 3° Entre les deux, le verbe humain qui traduit cette forme indirectement dans la matière ou par le lan gage ordinaire s’il exprime des rapports avec ses sem blables et la nature, ou par l’art s’il se met en relation avec l’ldée divine elle-même.
Mais, si le Verbe animique est incapable de maté rialiser ses vouloirs, il peut du moins, par un méca nisme qui sera bientôt expliqué, influencer l’éther et, par lui, la matière elle—même, au moyen de vibrations modificatrices; il peut aussi disposer dans une cer taine mesure de la force vitale.
Le Corps astral est cette forme éthérée, plus ou moins complexe, expression de l’âme qu’il incarne, rempli par le Verbe divin des atomes du corps maté— riel, selon les lois naturelles; instrument, pour l’âme, de ses perceptions, traducteur immédiat de son Verbe dans 1’Ether. (A suivre.) F .-Ch. BARLET.
i 20 L’INITIATION fies flambés et de leurs jeunes ÉTUDE ALCHIMIQUE Il n’est personne qui, au moins une fois dans sa vie, n’ait été frappé de découvrir sur un silex, sur un marbre ou sur une écorce quelque insolite figure; le dessin en est parfois ébauché, mais souvent aussi sa perfection est si grande, que la main d’un artiste n’eût pas mieux réussi.
L’objet porteur de cette singularité avait de loin attiré votre attention, et, sans pouvoir cependant distinguer la moindre ligne, vous étiez allé vers ce caillou banal ou vers cet arbre peu intéressant, presque fatalement attiré. A l’observation, la figure apparut et vous émerveilla. Ces curiosités naturelles ont reçu dès l’antiquité un nom que les occultistes connaissent bien: ce sont les Gamahés. D’où vient ce mot ?
On l’a rapproché de Camaïeu, vieux terme français pour désigner l’agathe; mais, puisqu’on retrouve le nom de gamahé dans les œuvres latines d’Albert le Grand, c’est-à-dire à une époque où la langue vulgaire n’avait pas encore fourni d’éléments au langage scientifique, c’est sans doute plus loin qu’il faut chercher son origine, et Gaffarel, qui s’adresse à l’hébreu, est sans doute plus voisin de la vérité (1) Avec tout le vocabulaire alchi (i) Jacob Gafl’arel, dans ses Curiositates inauditæ, Hamb_, i676, in-i6, p. 77, cite comme origine de Galmahé, Cha maya nzn;; qui pourrait se traduire non pas: eau de Dieu comme il le fait, mais: à la façon de l’eau de Dieu.C'est une interprétation et non pas une étymologie. Il est vrai qu’aucune
uzs GAMAHÉS 12 1 mique et magique qui nous est venu de l’Orient, de l’arabe ou de l’hébreu, ce mot serait donc arrivé très modifié sans doute, et ce n’est pas dans sa forme ac tuelle que nous pouvons retrouver un sens précis. Quoi qu’il en soit, sous le nom de Gamahés, ces figures ont été citées de tout temps et connues des plus anciens observateurs. Pline au livre XXXVII, ch.
1", de son Histoire na— turelle cite l’agathe de Pirrhus où l’on voyait les neuf Muses, ornées de leurs insignes et dansant autour d’Apollon; c’est là le type des gamahés coloriés.
Tels sont encore le marbre de Saint—Georges de Venise cité par M. de Brèves (1) qui représentait avec toutes les couleurs, le Christ sur la croix : les taches de sang y étaient visibles; l’autel de la même église où se trouve peinte dans la pierre une tête de mort; le double profil de jeune homme couronné de serpents . .L racine en ;( ou en '; ne se rapproche de notre mot; les ra— cimes man, idée de chaleur qui a donné Cham 17311 et man, kam sanscrit 7.oiy.vw grec, idée de désir sont les seules où nous puissions nous rapporter.
Deux mots peuvent encore nous éclairer;tous les deux sont racines et l’un vient du chaldéen, ce sont: nDP farine et meurt beurre.
Tout cela n’éclaircit pas nettement l’étymologie: il semble pourtant que nous puis sions considérer le mot, sans pouvoir reconstituer l’intermé diaire hébraïque, comme bâti sur les trois srgnes n, 73 et n en réservant toutefois le premier comme douteux et remplaçable peut-être par 3 ou Ces trois signes sont d’ailleurs de même famille et ne diffèrent que par leur degré d’intensité.
L’hie’ro gramme ainsi constitué se traduirait, selon la méthode de Fabre d'Olivet : enyeloppement (assimilation ou matérialisation) de ce qui circule. Le rapprochement de ce mot avec le nom de Cham, conservateur de la Magie, père de Misraïm, n’est donc pas surprenant: à Cham, appartient le royaume noir et chaud de la terre, ses trésors et ses mystères. (1) De Brèves, Voyages, p. 1628, in-40, f“ 177. ..A’-—.——‘-ÿ mu...» .— .
1 2 2 L’lNITIATION entrelacés et qui se voit à Cologne, au tombeau des trois rois, gravé sur l’onyx(t), enfin cette planisphère coloriée citée par Cardan dans ses œuvres (2). D’autres fois ce sont de simples dessins sans cou leurs, des têtes de vieillard (3), des formes d’ani— maux (4), des paysages (5), des inscriptions, comme les pierres citées par Gaffarel dont les unes portaient Ave Maria, les autres gratiaplena, d’autres Domz’nus tecum (6).
Souvent, les pierres sont sculptées soit superficiel lement, soit profondément, et c’est surtout au bord de la mer, sur des galets, que se voient ces gravures singulières: aujourd’hui, dans bien des plages, on retouche ces gamahés, on les parfait àla main, et l’on en fait des objets de commerce. Lorsque la pierre est fouillée au point de former une statuette, on a une autre sorte de gamahés.
Telles sont ces statues ou ces séries de statues souvent gigantesques qu’on trouve dans les montagnes (7) ou sur le bord de la mer. (1)Albertus, Tract. de Mirabilibus, t. 111, ch. 1v. (2) Cardani De Subtilitate, ch. V11; De Lapidz’bus, p. 352. (3) De Brèves, op. cit, f" 4.76; Pline, Hist. Nat., l. XXXVI. ch. v; Scaliger, Exercitationes, I, 17; Léonardus, De Lapidi— bus, p. 1610, in-16, pp. 45 sq. (4) Goropius Becanus, Niloscopii lib.
III et Agricola. La Dent du chat près d’Aix en Savoie tire de là son nom. (5) Un témoin très digne de foi m'a dit avoir vu en Savoie un rocher où se trouve exactement reproduit le clocher d’un village distant de quelques lieues. (6) Cf. Niderus in Fornes, 1. IV, ch. V1; ces pierres ont été trouvées près de Ceuta (Maroc). (7) Cf.
Theoretus, Cosmographia, lib. lll, cite dans une île de l'Archipel, une statue naturelle de la Vierge portant son fils dans ses bras. Cf”. Ortelius, Itinera. — Aux environs de Digne, on voit sur le
LES GAMAHÉS 123 Sur les plantes, sur les arbres et dans l’épaisseur même de leurs tissus, on découvre parfois des gama hés de toute espèce. Nous ne parlons évidemment pas ici des signatures : sans doute bien des plantes comme l’ontobservé Paracelse, Porta, Crollius, etc., portent en elles des correspondances que traduisent leurs formes même.
La fève, la noix, le sceau de Salomon, la sanguinaire, soit extérieurement, soit intérieure ment, présentent des symboles ptrmanents et géné raux qui font réellement partie de leur constitution. Ces signatures ne doivent pas être confondues avec les figures qui nous occupent ici: les gamahés sont accidentels, et nos lecteurs avaient déjà sans doute fait d’eux-mêmes la distinction.
Donc, dans le règne végétal, on trouve des gamahés sur les écorces, dans les veines du bois (I), dans des cavités produites à l’intérieur des racines ou du bois (2), quelquefois, mais très rarement, sur les fruits. En particulier, les dessins formés par les veines du bois sont si nom breux qu'on a pu dire avec raison qu’il n’y a presque rien dans la nature qui ne se trouve incrusté dans le bois.
Nous insisterons plus loin sur cette phrase, grosse de mystères.
Dans le règne animal, c’est sur le poil, sur les plumes, sur les écailles des animaux, que les figures flanc abrupt d'une montagne toute une série de moines gigan tesques assis dans des stalles de granit rouge. (I) Gafl‘arel, Op. cit., p. 86. (2) Le Dr Encausse (Papus) a pris la double photographie d'une pomme de terre reproduisant extérieurement un cœur, percé; intérieurement, un calice avec une hostie. L‘empreinte? était parfaite .
I 24 L’INITIATION les plus curieuses ont été trouvées: on connaît les figures singulières des cornes de cerf. Michaëlis, dans ses commentaires aux Curiosités inouïes, donne la reproduction des écritures merveilleuses trouvées sur deux poissons de Norvège et dont l’interprétation émut l’Europe du Nord au XVI" Siècle (I).
Sur l’homme, on ne peut, dans l’état actuel de nos connaissances, rattacher aux impressions accidentelles de cet ordre que les nœw‘ sous toutes leurs formes depuis les sept empreintes qui traçaient sur le ventre d’Auguste le signe de la Grande Ourse jusqu’aux demi-roues des Salutadores espagnols, jusqu’au ser pent qui est chez les guérisseurs italiens le signe évi dent de leur descendance directe de saint Paul et de la réalité de leurs pouvoirs thérapeutiques (2).
Tel est l’ensemble des faits; nous nous sommes bornés à recueillir dans les livres anciens ce qui avait trait à cette question voulant établir seulement une classification et prouver l’antiquité de ces observa tions; il est évident que chacun y joindra un grand (I) Michaëlis, Notæ, Hamb., I676, in-t6, p. 19.
L’auteur y renvoie au livre SI rare publié à l’époque sous le titre: Neue wunderische Prophecey aufiDaniels und der ofi’enbahrung Johannis durch Raphaël Eglinium, Iconium Zurch. I598, in-4. Dans ses notes, Michaël donne mêmel’interprétauon de ces ca ractères :ici, la fantaisie se mêle àla science. Nous ne discuterons même pas la possibilité de ces interprétations: dès que le merveilleux apparaît, il vient aussi des gens pour l’exploiter.
Les gamahés que portaient ces poissons étaient peut-être le sou— venir de races disparues: il n’appartenait pas en tout cas à l’homme d’y chercher un sens prophétique. (2) Notre ami Pierre Sair nous envoie à ce sujetle document suivant dont nous le remercions: la famille qui actuellement possède cette tradition et peut-être ce pouvoir est la famille Cancelli de Foligno
LES GAMAHÉS I25 nombre de trouvailles personnelles, et, moi—même, si j‘eusse voulu me citer, j’aurais eu beaucoup de faitsà citer et d’histoires à conter. Mais la liste est suffisam ment longue : il faut maintenant attaquer le cœur même de la question. Que signifient ces gamahés ? Quelle peut en être l’origine?
La réponse des savants, s’ils daignaient répondre, erait fort simple: il est entendu depuislongtemps (I) que c’est là l’effet du hasard quand ce n’est pas une mystification. La réponse nous paraît même trop Simple.
Que des mystificateurs se soient amusés de ces phénomènes pourintriguer les naïfs, comme les pres digitateurs usent des apparats et des ornements ma giques pour vêtir leurs tours d’escamotage, que des ignorants aient montré à d’autres ignorants des fos siles ou des pétrifications sous le nom de gamahés (2), cela est possible, mais c’est insuffisant pour expli quer l’ensemble des faits ; tous ceux qui ont vu des (I) Le Sr del’lsle, au xvn° siècle, a le premier soutenu cette opinion contre Jacob Gaflarel.
Cf. Des Talismans, par le S' de l’Isle, p. I'636, in-I6, p. I88. (2) Nous n’avons pas voulu discuter même cette hypothèse qui ramènerait les gamahés à des fossiles ou des pétrificalions. Gaffarel,op. cit.,p. 85;Cardan, De Subtilitate, 1. VII, p. 352, ont déjà bien séparé la question. On peut encore voir dans Agricola, De Re metallica, pp. 23. suiv., et dans C.
Léonard, que les fossiles les plus rares, les encrines par exemple, étaient bien connus et, malgré leurs formes peu animales, bien distin gués des gamahés. Les OS des animaux primitifs, sous le nom d'os de géants, n'étaient pas confondus davantage avec les pierres-empreintes.
Pour éviter toute discussion à ce sujet, nous avons tenu, dans notre énoncé des gamahés et de leurs formes, à ne pas citer ceux dont la nature (fleurs, plantes ou animaux) pourraient entraîner une confusion.
1 26 L’INITIATION \\u‘ gamahés lecomprendront. Mais, pour les savants, le monde est binaire : il y a, d’une part, ce qu’ils savent et enseignent; cela est absolu, indiscutable, sacré; de l’autre, ce qu’ils ignorent, qui n’est que plaisanterie, illusion, prestidigitation; et, pour aller_d’un domaine à l’autre, ils nedaignent se déranger. Nousquisommes moins savants et plus désireux d’apprendre, nous cherchons dans l’un et l’autre royaume.
La mystification écartée, restele hasard : mais, répé— tons-le pour ceux qui n’ont pas lu — fût-ce une fois— le Voile d’1sis, le hasard n’existe pas. Ilest fait de toutes nos ignorances. C’est évidemment le hasard qui me fera rencontrerun ami au momentoù jenem’yattends pas; mais, si cet ami a calculé depuis longtemps cette entrevue et l’a volontairement déterminée, pour lui il n’y aura là rien de fortuit.
Il sait, le hasard cesse d’exister; et, s’il m’explique ce qu’il a fait, je sais à mon tour, et le hasard disparaît pour moi aussi. Le hasard est frère du mal: tous les deux sont ces pro meneurs des ténèbres dont parle l’Écriture, ils dispa raissent à la lumière. Nous laissons donc complètement de côté cette opinion naïve d’attribuer au*hasard la moindre réalité créatrice.
De toutes les feuilles qui poussent dans les forêts, aucune ne tombe sans que Dieu l’ait voulu ainsi, et sans qu’un de ses ministres n’ait reçu l’ordre de sa mort. Tout se fait avec poids, nombre et me sure, et, comme ces lois sont les lois mêmes de notre intelligence, nous devons essayer de comprendre ces phénomènes et non pas en rejeter l’explication comme impossible à priori.
LES GAMAHÉS 127 La science occulte nous enseigne que, dans le monde sublunaire, la matière s’émeut cOntinuellement dans un désir qui l’élève vers l’esprit, et l’esprit se précipite toujours vers une possession qui l’éblouit; une forme scelle leur mutuelle et passagère union, forme chan geante, car l’esprit est mâle et sans cesse appelé à de nouvelles fécondations.
C’est la loi de génération de tous les mixtes : si quelque pierre a partiellement acquis le droit de posséder une forme nouvelle, elle offrira partiellement aux formes qui passent sans cesse le réceptacle d’une matière propre à fixer leur mobi— lité; mais l’image sera imparfaite, car elle conserve ,encore dans toutes ses molécules retardataires la forme initiale de ce qu’elle était et qui l’attache toujours au rang qu’elle occupait autrefois.
Dans cette lutte de formes, des existences d’un moment apparaissent; parfois des espèces primitives prennent naissance, parfois des manifestations d’une évolution avancée s’ébauchent, mais toujours incomplètes. Tels sont les gamahés.
Un exemple, pris dans l’art de la photographie, fera mieux saisir cette action : supposons, dans une nuit profonde, un appareil photographique chargéet ouvert; qu’un éclair de magnésium vienne à se produire, la plaque aura enregistré ce qui se trouvait devant elle : ce sera une tache noire uniforme, si rien n’était au point, ce sera quelque dessin flou où se devine un objet si l’appareil était presque au point; ce sera parfois aussi l’exacte image d’un objet connu où les moindres détails se verront si les distances étaient convenables et l’éclairage suffisant. Nous avons là
128 L’INITIATION l’analogie presque parfaite de la formation des ga mahés : la gélatine ou le collodion préparés sont les analogues d’une terre prête à recevoir une impression; le rayon lumineux, la forme qui le spécifie, tout est là; il n’est pas jusqu’aux actions consécutives de re— uélati0n et defixatz’on qui ne trouveraient leur ana logie naturelle.
Cette image photographique, enfin, participera d’un certain nombre de propriétés de l’objet initial et pourra même à son tour devenir reproduc trice, dans certains cas, de l’image qu’elle est. Cette même vertu, rare pour les gamahés, a néanmoins été déjà observée (1).
Ce sont là des théories, dira—t-on: cela est juste, mais ceux qui travaillent au laboratoire savent qu’elles sont vraies; et, sans être philosophes hermétiques, tous ceux qui voudront réfléchir sur la nature des phénomènes qui se produisent dans la reproduction des êtres se rendront compte que ces hypothèses sont vérifiables dans les faits qui leur correspondent, et même dans les milieux les plus simples, si l’on veut s’en donner la peine, on pourra constater la réalité de ces phénomènes.
Je citerai une observation person nelle où j’ai pu saisir presque sur le fait la nature en œuvre : dans le laboratoire d’un chimiste hermétique se trouvait un alambic de forte taille avec son ser pentin; de l’eau courante circulait autour du ser pentin; l’appareil fonctionnait, et une légère écume flottait à la surface du récipient.
Dans ce laboratoire, où régnait un calme parfait, l’écume s’amassa peu à (1)0affarel, op. cit., p. 93. _ — “Wdÿ"“*‘“‘"“”j"w
LES GAMAHÉS 129 -«« - \wv- '«\ -—s‘ ‘r« »v- \ Wæ-»s. ..v w...w«k.m-sw...fæ.æ.ae peu, dessinant, malgré le courant et les influences élémentaires, l’image exacte du serpentin en projection horizontale sur la surface de l’eau: les diamètres étaient les mêmes, les courbes étaient les mêmes. la reproduction était parfaite ; et, comme j’interrogeais à ce sujet l’alchimiste qui regardait, lui aussi, le phé nomène, il me répondit : « Tous les corps cherchent ainsi a se reproduire quand le calme règne autour d’eux ; il y a même certaines préparations sur lesquelles les empreintes de ces formes astrales se gravent beau— coup mieux. » C’était le secret de la Genèse des ga mahés.
Qu’on me permette une seconde anecdote: je connais un artiste, triomphateur de tous les con cours, mais révolté contre l’art conventionnel, une sorte de Paracelse de l’art décoratif (1), qui a été tel— lement émerveillé des lignes et des rythmes que la nature trace dans ces empreintes secrètes des pierres. des cristaux et des plantes, qu’il a consacré plusieurs mois de sa vie à étudier les fleurs admirables que le givre et la glace nous révèlent parfois.
Ces fleurs de glace avaient déjà fait retrouver jadis au sieur de For mentières la palingénésie : elles renferment le mystère des formes primitives; ce sont des gamahés à la fa brication desquels nous assistons tous les jours sans (1) M. René Binet, qui vient d’être chargé de la décoration des palais de l’Exposition universelle de 1900 avec M. Deglane, me pardonnera de le citer ici; mais je le compte déjà parmi les nôtres pour le profond sentiment de la nature qui l’anime et pour ses conceptions si élevées sur le rôle et la nature de l’Art.
Il est, dans notre époque de spécialistes, un artiste—savant, original comme les primitifs; il sera demain le rénovateur, attendu dans l’art synthétique de la décoration.
1 30 L’INITIATION nous en douter : seuls la méditation du philosophe ou le merveilleux instinct de l’artiste admirent ce lan gage.
C’est ainsi que les gamahés se forment partout où la pierre s’use, où la terre rouge tend à se reformer, où la mort vient créer par la putréfaction de nouvelles générations (I) où le chaud et l’humide se prêtent aux évolutions primitives, dans le remous des vases, dans le tassement des cendres, dans les fermentations orga niques, dans les anomalies des naissances cristallines.
Car, il faut bien le remarquer, il n’est pas nécessaire que le corps entier qui va devenir un gamahé soit à cet état de terre primitive, pour que l’impression s’y produise; au contraire, il est préférable qu’une partie seulement soit prête et qu’il y ait ainsi lutte entre les formes : beaucoup de gamahés nous échappent donc par leur infinie petitesse,et, si l’on pouvait voir toutes les formes diverses que contient une pierre, tout ce qu’un arbre renferme de signatures variées, cela don nerait beaucoup à réfléchir. ‘ On le voit, l’étudeyet l’observation nous ont permis de préciser le sens que l’analyse hiéroglyphique du mot gamahé nous avait fait entrevoir : le gamahé est bien l’enveloppement, la matérialisation de ce qui cir cule.
Mais cette étude, faite selon la méthode occulte, nous enseigne encore autre chose. Le processus que nous avons indiqué ne se limite pas à la génération des gamahés ; on peut tirer de ce que nous avons dit un enseignement alchimique général relatif à la chry— (1) Lire le traité De Natura rerum de Paracelse, t. II, p. 84, des Opera omnia; Genève, I658, in-fol.
LES GAMAHÉS 1 3 1 _ ‘ W,.,... ' sopée et cet enseignement se résume en un seul apho risme : la pierre est un gamahé à forme d’or. Que disent en effet les adeptes ?
De l’Hylé primitive naissent deux principes, l’Interne de l’eau hyléale ou azothique, 1’Esprit du monde et 1’Externe de l’eau hyléale ou matière première des philosophes : ces deux principes se conjoignent et forment cette magnésie ca— tholique que l’on appelle aussi Ame universelle du monde qui contient les formes actives de toutes les espèces et produit par sa spécification dans chacun des individus, selon l’attraction de sa semence, la variété des genres et des espèces.
L’or vulgaire, comme les autres métaux (et comme les gamahés) nait donc d’une matière déjà complexe, quoique tous les philosophes l’appellent matière première, résul tant d’une première union du @ avec la (C et impres sionnée par les formes de l’or parfait qui nagent dans le 32‘ des philosophes (I).
L’adepte réduit le ,A, le 8 et le ë dont il se sert comme point de départ et qu’il prend dans les régions qui lui conviennent selon son travail et sa science en une terre qu’il traite en suite de la façon suivante : « Il lui fait de grandes ailes et la rencogne et la presse tellement qu’elle monte en haut et vole par-dessus toutes les montagnes jus qu’au Firmament : alors (2° opération), il faut couper (1) Je ne renvoie pas aux sources : trop de textes seraient à citer, trop de pantacles hermétiques à consulter.
Tous ensei gnent cette même doctrine. Cependant je voudrais rappeler aux chercheurs l'emblème XLV de Michel Maïer. Sol et ejus umbra perficiunt;0pus in :Atalanta fugiens. Oppenheim, 1618, in-4, p. 189, et dans les trois Livres des manuscrits de Pierre Vicot, au livre Il, ch. x1v, le 5 166 et le livre Iar des XII clefs de Fr. Basile Valentin aux pages 5, 6 et 7. 5
I 32 L’INITIATION à la terre les ailes à force de feu, afin qu’elle tombe dans la mer Rouge et s’y noie, puis il faut faire calmer la mer et dessécher ses eaux par feu et par air, afin que la terre renaisse. » C’est le texte même de Basile Valentin : il est assez explicite. Cette terre ainsi ouverte, régénérée, est informe, nue et chaotique : elle est devenue apte à recevoir toute forme; le philo sophe y sèmera son or (I).
Ici on objectera peut-être que, pour l’or, il ne s’agit pas seulement d’une forme à donner comme pour la pierre qui reçoit l’image d’une rose ou d’une tulipe, mais qu’il y a un change ment même de nature. Cette objection est peu fondée, mais, comme elle vient naturellement à l’esprit, nous allons y répondre.
La forme n’apparaît dans la pierre, prise comme type du gamahé, que par un changement complet dans la nature de la pierre à l’endroit même du signe apparu ; les modifications de couleur, de substance, les reliefs, les cavités sont pour le point où ils se trouvent des changements absolus de nature : ce n’est que par unefaute de langage ou par un manque de réflexion que nous opposons forme et nature.
Toute forme est spéciale à une nature et ne saurait s’en dis tinguer : l’or a sa forme qui correspond à un nombre; c’est, si l’on veut une image, sa forme moléculaire qui n’est pas autre à nos yeux que la somme de ses propriétés et qui symbolise son essence.
C’est cette forme de l’or, absolument semblable dans la hiérar— chie naturelle à celle du poisson ou de la fleur qui doit s’imprimer dans la matière choisie pour l’œuvre. (I) Ash mezareph, dans Clef des grands mystères, pp. 406. 407.
LES GAMAHÉS 133 Quelle est donc cette forme et où le philosophe va— t—il la prendre ?
Pour la première question, tous les maîtres sont d’accord et n’ont qu’une réponse: un cheval ne naît que d’un cheval, un homme que d’un homme, notre filsroyal ne peut naître quede son père; c’est la formede l’or qui va faire notre or (1), à condi tion qu’un rayon de ce soleil qui ne se couche jamais vienne encorefixer notre forme aurique sur la matière; mais, encore une fois, l’or n’est pas pris comme matière première de l’œuvre, soit au blanc, soit au rouge.
Il en est seulement le sujet formel. Pour la seconde question, les philosophes ont si ha bilement voilé leur réponse, qu’ils ont paru se con tredire; il n’en est rien cependant, et, si l'on étudie à fond leur terminologie et leurs symboles, on voit bien que c’est uniquement dans le Mercure des philo sophes qu’ils ont cherché les éléments nécessaires à l’évolution de la matière.
Mais, comme le 35 des phi— losophes contient bien d’autres choses encore, la grande difficulté est de le laver et purifier, de le tra vailler et manier assez bien pour qu’il n’y reste aucune impureté et que la forme seule que nous cherchons y demeure. Donc, avec l’or vulgaire et le mercure des philosophes, on peut faire la pierre (2). Quant aux lieux et aux feux, ils sont variables selon les méthodœ suivies et selon les opérateurs.
On a vu tous les phi (1) Cf. Arnaud de Villeneuue, sa nie, ses œuvres, p. 153. (2) Ceux qui ont lu attentivement les livres de notre res gretté frère Philophotes (A. Poisson), y trouveront la même théorie soutenue avec plus de science et plus de compétence que je ne puis le‘faire, mais ils verront que les idées direc trices sont bien les mêmes.
134 L‘INITIATION losophes, depuis Arnaud et Paracelse jusqu’à nos jours, voyager au travers du monde à la recherche des mines où l’or se forme, en quête de conditions clima tériques les plus propres à permettre sa formation. Ils allaient dans tous les pays où le métal précieux est à l’état primitif, amassé dans les minières, espérant trouver là plus facilement cette forme parfaite de l’or qu’il leur fallait.
Ce n’était pas toujours vrai, mais cela pouvait l’être: ainsi s’expliquent les succès m0 mentanés et locaux de certains chimistes et l’impos sibilité où ils sont ensuite de reproduire leur même travail dans d’autres conditions.
Le véritable adepte n’a plus besoin de voyager et peut opérer partout ; il n’en est pas moins vrai que, dans les pays chauds et dans certaines contrées où les minières sont mieux aménagées, plus mûres, l’or naît et se forme sans cesse en plus grande quantité qu’ailleurs, et que c’est aussi dans les pays chauds, dans les terres riches où la végétation est le plus active, que les gamahés nais sent aussi le plus facilement, comme l’avait déjà fait remarquer le judicieux J.
Gaffarel (I). Il est inutile d’insister sur l’identité de ce processus alchimique avec celui des gamahés. De même que l’or alchimique a quelques propriétés communes avec l’or naturel, et aussi quelques propriétés différentes de l’avis de tous, de même la rose ou le serpent sculptés dans la pierre ont quelques vertus communes aux roses naturelles ou aux serpents vivants et aussi d’autres vertus différentes. Dans les deux cas de (I) Op. cit., p. 81. Albert le Grand,au ch. tv du De mirabi Iibus, l’avait aussi fait observer.
LES GAMAHÊS 135 même, la propriété imprimée dans ces corps en fait partie constituante et ne peut être chassée que par une opération exactement innerse de l’art ou de la nature.
Il en résulte que le gamahé, réduit en poussière ou en cendres, conservera sa vertu et que, de même, la pierre au rouge garde dans chacune de ses parcelles le pouvoir de transmuer en or autant de mercure vif que l’artiste voudra, et, si la multiplication aété faite, le même pouvoir pour tout métal, argent ou plomb.
En elle est en effet la vertu séminale de l’or, ce que nous pourrions appeler, dans un langage plus m0— derne et pour frapper l’imagination, son type cristal lin. L’empreinte de cette forme séminale pouvant se faire sur le moindre atome prêt à la recevoir, on com prend qu’il n’y a vraisemblablement pas une pierre qui ne contienne du mercure des philosophes, des métaux imparfaits et même de l’or vulgaire, car la miséricorde de Dieu est infinie.
Enfin, dans cette science de la genèse de l’or est aussi le secret de la palingénésie. Michel Maier l’indique et l‘explique dans son Emblème xxrV (Atalanta Fugiens). C’est l’apho risme: Regem lupus voravit... Duchêne, sieur de la Violette, en parle dans son De hermetica medz‘cina, et ces (considérations peuvent s’étendre plus loin encore à toute une classe de phénomènes magiques.
Mais nous ne développerons pas l'application de ces théories à la magie et à la kabbale: ceux qui au ront saisi l’enseignement alchimique qui précède le feront aisément d’eux-mêmes. Nous voulions seule ment montrer que la clef du Grand-Œuvre se trou vait aussi dans l’étude des formations naturelles et
i 36 L’INITIATION que ce n’était pas pour la stérile satisfaction des col lectionneurs que la nature produit ses curiosités inouïes. Lorsqu’on nous parle avec des voix inatten dues et que les mots prononcés nous émeuvent étran gement, il ne faut pas s’effrayer; il faut encore moins rire de l’inconnu.
Qui sait si un esprit n’a pas mis des siècles à ciseler pour nous cette pierre que nous rejetons avec dédain P Un enseignement profond nous est toujours offert dans ces providentielles évocations, et, si nous passons indifférents, si nous négligeons la lumière qui s’offrait à nous, il ne nous sera peut-être plus donné de la retrouver aux jours noirs de l’incer titude et de la détresse. D' MARC HAVEN.
Ësythnlogie indue Le problème le plus important de la psychologie est d’arriver à savoir ce qu’est l’intelligence, la substance pensante de l’homme. C’est un problème auquel il faut toujours revenir en partant de tous les points de vue possibles, car aussi longtemps que nous ne sau rons pas ce qu’est notre intelligence, nous ne pourrons rien. savoir de la nature humaine qui est essentielle ment constituée par la substance pensante.
Pour les philosophes d’Orient, tous les phénomènes du monde ont leur point de départ dans la pensée, sont, par conséquent, dépendants de l’intelligence; que
PSYCHOLOGIE INDOUE 1 37 savons-nous des phénomènes? Uniquement ce que nous en pensons; ils sont donc au fond, comme disent les z'de’alz’stes, des modes de la pensée. Pour ces philo sophes, l'intelligence est productrice des trois mondes Bhour, Bhouvar et Souvarlokas, qu’en termes occi dentaux nous nommons les mondes physique, astral et spirituel; quand ils parlent de l’homme, c’est tou jours son intelligence (Antalzkarana) qu’ils ont en vue. ’ .
Comprise ainsi, l’intelligence est ce que la Théoso phie moderne appelle Manas. Les trois mondes sont les résultats de ce qui se passe en lui. L’intelligence, pour les Indous, est matière subtile, pas plus. Ils ont distingué dans cette matière quatre genres de propriétés, et l’ont conséquemment divisée en quatre parties, qui sont Manas, Bouddhi, Chz‘tla et Ahankara ; la synthèse de ces quatre parties est nommée Antahkarana.
Certains philosophes consi dèrent les quatre parties de l’intelligence c0mme formant deux couples, l’un Manas—Bouddhi, l’autre Chitta-Ahamkara. C’est comme un attelage de quatre chevaux. Manas est la partie de l’intelligence par laquelle nous doutons, c’est—à-dire nous percevons les différents et les contraires, ce que les psychologues anglais appellent discrimination, la faculté de distinction.
Cette partie de l’intelligence est formée d'espace, la matière synthétique que les alchimistes appelaient quinte essence, et d’air (rayon); l’air est toujours mobile, instable, changeant et Manas aussi; cons tamment il doute, c’est-à-dire perçoit des différences;
I 38 L’INITIATION le doute est dans le monde mental ce qu’est la mon vance dans le monde physique; on ne peut pas aligner de séries d’idées sans douter d’abord ; pour penser, il faut percevoir des choses différentes ; si on ne perce— vait qu’une seule chose, toujours la même, on ne penseraitpas, le Manas serait inactif.
Bouddhi est la partie de l’intelligence qui affirme ; il choisit entre les alignements d’idées que Manas établit et affirme telle chose des unes, telle chose des autres; c’est lui qui établit les convictions ; c’est le juge ; les gens qui aiment beaucoup à juger sont ceux en qui se trouve une large provision de bouddhi qui est fait d’espace et de chaleur; les gens à convrc tiens s’échauffent facilement quand on les contredit ; les contredire,c’est tenter de démolir leurs convictions, et ils tiennent à les garder.
Quoique attelés ensemble, Manas et Bouddhi sont rarement d’accord, surtout quand Manas est le plus fort des deux; il démolit sans cesse les convictions de Bouddhi; à tout ce que ce lui-ci affirme, ne se sachant et ne pouvant qu’aflir mer, Manas répond sans cesse peut-être, puis aligne des kyrielles de si et de mais qui déconcerteht boud dhi et le font mettre en colère par manifestation de calorique. Les gens affirmatifs sont faciles à faire fâcher.
Les Indous, peu capables de classification métho— dique, confondent généralement le calorique et la lumière et par le fait de cette confusion attribuent à Bouddhi la faculté de voir le vrai; il n’en est rien, Bouddhi est fait de calorique et non de lumière; il affirme tOut aussi bien en se trompant qu'en voyant
PSYCHOLOGIE INDOUE I juste, et il se trompe bien plus souvent qu’il ne VOIt juste dans la pauvre intelligence humaine. L’autre couple est formé de Chitta et Ahamkara. Chitta est formé d’espace et d’eau subtile; l’eau subtile est la lumière ; par la lumière on voit ; aussi Chitta est la voyance mentale, l’imagination; qu'est-ce qu'imaginer ? C’est voir des images.
Nous ne savons que les choses que nous pouvons imaginerbu directement ou symboliquement; à y regarder de prês,c’estl‘imagination surtoutque nous désignons par le mot conscience, bien que ce mot se rapporte à l’in telligence tout entière, aux quatre parties et à leur synthèse Antahkarana. Nos raisonnements sont des dé filés d’images dont Manas perçoit les différences et dont Bouddhi affirme les qualités à tort ou à raison.
Ahankara est la partie de l’intelligence qui donne naissance au moi, à la l'idée de moi, à la conception de notreindividualité; c’est une substance qui agglo mère une partie du contenu de la conscience et prend cette partie pour sa propriété. Alignons les cinq modes de l'intelligence : ANTAHKARANA, MANAS, BOUDDHI,_CHITTA, AIIANKARA. Nous voyons que Bouddhi est la partie centrale, le lieu d’équilibre; il n’y a d’équilibre qu’entre des op posés.
Il doit y avoir une opposition entre Antahka rana et Ahankara et une autre entre Chitta et Manas, et Bouddhi lui—même doit éprouver deux tendances séparées par la ligne d’équilibre contenue en lui. Ahankara est la conscience du moi, Antahkarana est la conscience générale pour laquelle le moi n’est
1 40 L’INITIATION qu’un phénomène de même rang que les autres, tan dis que pour Ahankara le moi a une importance su prême dépassant de beaucoup celle de tout le non moi. Chitta, la clarté donnant des images, est opposé au doute, Manas; pour qu‘on doute, ilfaut del’obscurité ; pour qu’on sache, il faut voir; quand on doute, on ne sait pas.
Bouddhi, la chaleur, peut tendre vers ledoute et s’y perdre comme lachaleur se perd dans l‘air, ou tendre vers la clarté et augmenter en concentration et en in tensité; la lumière n’est pas une diffusion de chaleur, mais une transformation de la chaleur condensée ; on est surtout convaincu de ce qu’on imagine bien, et le doute fait disparaître toutes les convictions.
Ahamkara attire fortement Bouddhi, agit beaucoup sur lui; car, s’il y a une chose au monde dont nous sommes convaincus, c’est de l’importance de notre moi ; la captation ou au moinsl’attirance de Bouddha par Ahankara constitue la raison personnelle, la rai son égoïste,la faculté par laquelle nous légitimons tou jours nos’ désirs égoïstes, nos intérêts personnels; la fusion de Bouddhi dans Ahankara est la caractéris tique du lutteur pour la vie. de l’être vorace qui ne songe qu’à ses satisfactions personnelles et ne tient aucun compte du droit qu’ont les autres,jà éprouver aussi des satisfactions.
Bouddhi fondu dans Antahkarana, la consciencegé nérale, la compréhension, constitue la raison imper— sonnelle, ce qui construit la notion de droit et celle de devoir; l’individu étant compris dans la conscience _L__,L _ _ ,fi
Wu. . _. . _— - .- r. '.r"'—- — -.» .—-v." n. PSYCHOLOGIE INDOUE I4l générale, reçoit de la raison impersonnelle, au même titre que les autres phénomènes de conscience, la part de droit qui lui revient, et aussi sa part de devoir.
C’est ainsi que l’homme mental est constitué, et, si nos psychologues d’Europe voulaient prêter un peu d'attention à cette division de l’homme, ils s’aperce— vraient qu’elle jette du jour sur notre nature et permet de résoudre bien des problèmes psychologiques que leur manière de classer les facultés intellectuelles ne permet pas d’attaquer. De plus, elle permet de voir clair dans la sentimen— talité, en se servant de la notion de force.
Nous pou vons dire par exemple : il y a plaisir chaque fois qu’une faculté en activité reçoit la quantité de force convenable et douleur chaque fois qu‘elle est privée de cette quantité.
Il y a plaisir pour l’égoïste chaque fois qu’augmen tent les éléments constituants de la notion de son moi; cette notion se compose de tous les phénomènes de conscience qu’il peut grouper comme domaine de l’Ahankara: mon savoir, ma fortune, ma mai son, mes habits, ma réputation, mon importance, mon autorité , ma beauté , ma force , ma bonne chance, etc., etc., l’augmentation de ces notions lui procure du plaisir; la perte de l'une d’elles lui cause de la peine.
Quand Chitta est en activité, s’il reçoit assez de force pour établir ou aviver des images vives colorées, il y a plaisir; douleur si les images sont ternes et rares. Quand c’est Bouddhi, il est heureux s’il peut affir mer hardiment et abondamment, si les convictions
142 L’INITIATION qu’il établit sont fermes ; il y a douleur, quand ses affirmations sont empêchées, quand ses convictions se dissolvent. On voit aisément qu’il en est de même pour les deux autres facultés. GUYMIOT.
Divin‘um du ciel en Maisons astrologiques ET DÉTERMINATION DES ARCS DE DIRECTION PAR LA Méthode rationnelle de Jean de Monteregio ACCOMPAGNËE D’UNE COMPARAISON RAPIDE AVEC LES AUTRES SYSTÈMES L’ouvrage de J. de Monteregio présentant un grand intérêt, au point de vue pratique, par suite de la sup pression de tous calculs qu’entraîne l’existence des tables qu’il renferme, nous ne saurions passer sous silence la manipulation de ces dernières dans le calcul des directions.
Nous espérons, en agissant ainsi, éveiller chez quelques-uns le désir que ces tables fassent l’objet d’une réédition. Il ne faut pas oublier que l’érection d’un thème généthliaque comporte des calculs longs et difficiles, qu’on doit s’efforcer de rem placer autant que possible par l’usage de tables, qui permettront d’obtenir très rapidement et avec une exactitude parfaite les mêmes résultats.
Dans la méthode de J. de Monteregio, on obtient successivement, et en partant de la longitude et de la latitude : 1° La déclinaison.
DIVISION DU ClEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES I43 2° L’ascension droite. 3° La distance au sommet ou à la base du ciel. 4° La position au-dessusou au-dessous del’horizon. 5° L’élévation du pôle au-dessus du cercle de posi tion. 6° La différence ascensionnelle. 7° L’ascension oblique. 8° La descente oblique.
Nous ne nousoccuperons pas dcsdeux premières opé rations, puisque l’étudiant trouvera l’ascension droite et la déclinaison dans la Connaissance des temps.
Mais, en revanche, comme cet annuaire ne fournit les longitudes et latitudes géocentriques que depuis quelques années, nous donnerons la formule suivante qui permet de les obtenir en fonction de l’ascension droite et de la déclinaison. tg 1R ces (tu — p) 13’ L :: cos ? sin 1 : sm— 51.” (c" :—E) sur ip _.
'ga tg "’ _ sir! [R Nous sommes donc désormais en possession de la longitude, de la latitude, de l’ascensiondroite et de la déclinaison, soit que nous ayons calculé la longitude et la latitude en fonction de l’ascension droite et de la déclinaison, soit que, ayantà ériger un thème pour une de ces dernières années, nous ayons relevé directement ces coordonnées dans la Connaissance des temps.
[44. L’INITIATION Maintenant nous allons examiner la sériedes autres opérations. Notre intention était d’accompagner cha cune d’elles dela formule trigonométrique correspon dante, mais nous avons dû y renoncer parce que dans le calcul on suit une marche plus simple. PREMIER PROBLÈME Rechercher la distance d’un planète au sommet ou à la base du ciel.
Quatre cas peuvent se présenter : 1° Le planète étant situé entre les cuspides des maisonsl et IV, on retranche son ascension droite de l’ascension droite de la base du ciel (I). 2° S’il estsitué entre les cuspides des maisons IV et VII, on retranche au contraire de son ascension droite l’ascension droite de la base du ciel.
3° S’il est situé entre les cuspides des maisons VII et X, on retranche son ascension droite del’ascension droite du milieu du ciel. 4° Lorsqu’il se trouve entre les cuspides des mai— sons X et XI, on exécute l’opération inverse de la précédente. Chaque fois le reste de la soustraction fournit la distance cherchée. DEUXIÈME PROBLÈME Rechercher si ;m planète est situé art-dessus ou au-dessous de l’horizon.
Il suffit généralement de considérer la maison oc (I) Nous admettons que la domification du ciel a été opérée suivant la méthode rationnelle et que les cuspides des maisons X et IV correspondent avec le sommet et la base du ciel.
DIVISION DU CIEL EN MÔISONS ASTROLOGIQUES 145 cupée par le planète, mais il y a lieu d’hésiter lorsque ce dernier possède une longitude très voisine de celle du point de l’écliptique occupant l’horizon. Dans ce cas, la latitude introduit, suivant son importance, des variations dont il convient de se méfier. Le lecteur constatera ici une faiblesse dans la mé— thode de Monteregio.
En effet, la domification du ciel s’opérant au moyen des cercles de position, il est né cessaire de posséder l'ascension oblique d’un planète pour connaîtrela maison qu’il occupe. Comme, d'autre part. il faut savoir quelle maison occupe un planète lorsqu’on veut parvenir à la connaissance de son as— cension oblique, on se trouve alors en présence d’un calcul irréalisable. Notre auteur a tourné la difficulté en opérant par approximation.
Dans le cas où le planète possède une longitude moindre que celle de l’horoscope et une latitude mé ridionale, on procède ainsi: 1° on recherche la dif— férence ascensionnelle correspondant à la latitude du lieu de nativité et à la déclinaison du planète; 2° on l’ajoute à 90° si la latitude est boréale ou en l’en re tranche si la latitude est australe pour obtenir l’arc semi—diurne du planète; 3° on compare cet arc semi diurne à la distance au milieu du ciel.
Quand il est plus grand,le planète est situé au-dessus de l’horizon; il est au-dessous dans le cas contraire. Les mêmes doutes peuvent se présenter lorsque le planète possède une longitude un peu supérieure à celle de l’horoscope et une latitude boréale. On doit alors: 1° rechercher l’arc semi—nocturne, qui s’obtient en retranchant l’arc semi-diurne de 180°; 2° le com
146 L'INITIATION parer à la distance qui sépare le planète de la base du ciel. Lorsque cette distance est plus petite que l’arc semi-nocturne, le planète est situé au-dessous de l’ho— rizon ; il est au-dessus lorsqu’elle est plus grande. Lorsqu’il y a égalité soit entre la distance au som met du ciel et l’arc semi-diurne, soit entre la distance à la base du ciel et l’arc semi-nocturne, le planète occupe exactement l’horizon.
On le dirige alors comme on dirigerait l’horoscope par exemple. TROISIÈME PROBLÈME Déterminer l’élévation du ôle au-dessus du cercle de posztzon d un planele. Pour cela trois choses sont nécessaires : 1° La déclinaison du planète; 2° La distance à la base ou au sommet du ciel ; 3° Sa position par rapport à l’horizon.
Muni de ces données, on interroge les tables des positions en ayant soin de prendre celle qui a été dressée pour la latitude du lieu de nativité. Cette table est double. Une partie est destinée aux Planètes placés au-dessous de l’horizon et possédant une déclinaison boréale, et à ceux placés au-dessus de ce cercle avec une déclinaison septentrionale.
L’autre est utilisée dans les deux autres cas: Après avoir choisila partie convenable, on recherche la déclinaison dans la colonne de gauche, puis on se porte vers la droite jusqu’à ce que l’on trouve la dis tance au sommet ou à la base du ciel. En tête de la colonne occupée par ce dernier nombre se trouve l’élévation du pôle cherchée.
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 147 QUATRIÈME PROBLÈME Trouver la dzfl”érence ascensionnelle d’un planète. On appelle différence ascensionnelle l’arc de l’équa teur par lequel diffèrent l’ascensron droite et l’ascen— sion oblique d’un planète ou d’un point du ciel. Cette valeur est fournie par une table spéciale en regard de la déclinaison et de l’élévation du pôle sur le cercle de position.
CINQUIÈME PROBLÈME Déterminer l’ascension oblique d’un planète. Deux cas sont à considérer : 1° La déclinaison est australe. On additionne l’ascension droite et la différence ascensionnelle pour obtenir l’ascension oblique; 2° La déclinaison est boréale. On retranche la diffé rence ascensionnelle de l’ascension droite et le reste fournit le nombre cherché.
Remarques. — Dans le cas où la somme dépasse— rait 360, on devrait en retrancher ce dernier nombre. Par contre, si la soustraction ne pouvait avoirlieu, on ajouterait 360° à l’ascension droite. SIXIÈME PROBLÈME Déterminer la descente oblique d’un planète. Deux cas peuvent se présenter: 1° La déclinaison est australe. On soustrait la dif férence ascensionnelle de l’ascension droite. Le reste est la descente oblique cherchée ;
148 L’INITIATION 2° La déclinaison est boréale. On additionne la différence ascensionnelle et l’ascension droite. Nous ferons les mêmes remarques que précédem ment. DÉTERMINATION DE L’ARC DE DIRECTION Les problèmes précédents vont nous permettre de mesurer l’arc de direction. La marche à suivre varie selon que la direction est directe ou inverse.
DIRECTION DIRECTE Cinq cas peuvent se présenter: I" Le significateur occupe le méridien soit au-des sus, soit au-dessous de l’horizon. Retrancher son ascension droite de l’ascension droite du prometteur. Le reste constitue l’arc de direc— tion cherché. 2° Le signz’ficaleur est situé sur l’horzkon et à l’orient. ’ Calculer l’ascension oblique du significateur et celle du prometteur pour la latitude du lieu de nativité.
Retrancher l’ascension oblique du significateur de celle du prometteur. 3° Le signz’ficateur est situé sur l’horizon et à l’oc— cz'dent. Rechercher la descente oblique des deux termes de la direction. Soustraire la descente oblique du significateur de celle du prometteur. 4° Le sz'gnz‘ficaleur est situé dans la partie orien tale du ciel et en dehors des angles.
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 149 Déterminer l’élévation du pôle au-dessus du cercle de position du significateur. Calculer les ascensions obliques du significateur et du prometteur pour cette élévation du pôle. Retrancher l’ascension oblique du significateur de celle du prometteur. 5. Le significateur occupe la partie occidentale du ciel et se trouve placé en dehors des angles.
Déterminer l’élévation du pôle au—dessus du cercle de position du significateur. Pour cette élévation du pôle, chercher la descente oblique du significateur et celle du prometteur. Retrancher la descente, oblique du significateur de celle du prometteur. DIRECTION INVERSE La direction inverse présente, elle aussi, plusieurs cas.
Nous éviterons de les étudier, car la marche à suivre est identique à celle que nous avons indiquée dans la direction directe. Il suffira au lecteur de ren verser les rôles et d’opérer en appliquant au prometteur tout ce qui a été dit relativement au significateur dans la règle précédente. La conversion de l’arc de direction en temps pourra s’opérer soit par la méthode de Ptolémée, soit par celle de Cardan.
Nous ferons observer que Morin de Ville— franche considère la dernière comme bien préférable après l’avoir vérifiée dans un grand nombre de thèmes de nativité. CONCLUSION Nous voici parvenus à la fin de ce travail dont nous
150 L’lNlTIATION n’ignorons pas toutes les imperfections, mais qui, nous l’espérons pourra servir aux lecteurs désireux de s’engager dans la voie que nous parcourons. Ils nous reprocheront peut-être de n’avoir pas formulé assez souvent notre opinion personnelle, mais qu‘ils nous permettent une observation.
L’étude de l’astrologie s’est trouvée interrompue pendant longtemps, et, les ouvrages modernes faisant défaut, on ne peut que s’adresser à des volumes anciens présentant de nom breuses contradictions. Dans ces conditions, il devient impossible à l’étudiant de porter un jugement avant qu’il ait puisé des lumières nouvelles dans ses propres travaux.
Notre science ne peut que gagner à cette réserve, car, en agissant ainsi, on évitera souvent de faire rejaillir sur elle, pour cause d’ignorance, un discrédit qui ne peut qu’éloigner de son étude. C’est pourquoi nous n’avons pas voulu formuler des opi nions qui, très vraisemblables pour nous, ne méritent pas cependant d’être considérées comme des certi tudes.
Cette manière d’agir ne satisfera peut-être pas les lecteurs désireux de connaître le plus rapidement possible les hautes destinées que marquent leurs thèmes, mais nous espérons qu’elle sera comprise des travailleurs consciencieux qui voient dans l’astro logie un moyen de se connaître pour mieux se corri ger et non de satisfaire aux vaines curiosités. ABEL HAATAN.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQU E Le Tarot “chimique m (Combinaisons nouvelles et inconnues appliquées à l’Herme’tisme) A A AU D" PAPES. Hommage d'un disciple. Au moyen du tableau formé par une combinaison spéciale du Tarot, nous offrons aux chercheurs un résumé inédit des opérations alchimiques diverses.
De là le nom de Tarot Alchimique donné par nous à cette disposition des lames; nous nous sommes uni— quement basé sur le superbe travail de Papus: Le Tarot des Bohémz’ens. A lui donc, en réalité. revient l’imagination de ce nouveau jeu synthétique. ia.
TABLEAU DE CONCORDANCE DES ARCANES MAJEURS GÉNÉRALITÉS: Nous voyons ici la séparation des 22 arcanes en ternaires d’abord (grande loi de l’hermé (I) Extrait de notrelivre en préparation: Comment on devient Alchimiste.
I 52 L’INITIATION tique), soit sept ternaires 7 X 3 = 21,sachant que la 22°lame représente l’ensemble des lames précédentes, soit l‘Absolu alchimique. Également nous formons les trois septénaires du Tarot kabbalistique, 3 X 7 = 21 (26 grande Loi) plus la 22e lame ou absolu alchimique : septénaire des Principes, septénaire des Lois, SEPTÉNAIRE DES FAITS.
On voit donc que l’on peut, au moyen des lames du jeu de Tarot, reproduire les diverses opérations de l’alchimie, sur une table; le lecteur trouvera faci lement d'autres concordances; il n’a d’ailleurs qu’à étudier le beau livre de Papus sur le Tarot des Bohé— miens, qui nous a servi à constituer cette étude. * -I'n Parmi les autres significations des lames, on voit que le Bateleur peut nous représenter, comme iod d’une nouvelle série :le Soufre ou l’Acz’de, ou, au fi guré, l’Aa’epte envisageant les opérations de la Pierre Philosophale.
La Papesse nous représente, hé d’une nouvelle série, le Mercure ou la Base, propriétés passives.
Le Sel (mu) sera le Saint—Esprit, le trait d'union entre Force et Matière ou Soufre et Mercure ; ce sera donc le Mouvement de Louis Lucas (Impératrice). i: vu Le premier septénaire signifie bien le Monde des Principes ou de la Création :septénaire positif (z’od.); le deuxième, le Monde des Lois ou de la Conservation de la matière, septénaire négatif (hé) ; le troisième, le Monde des Faits, ou de la Transformation de la Ma ---_-—1
LE TAROT ALCHIMIQUE 153 tière, septénaire neutre par rapport aux deux autres (van). ’ Avec le troisième septénaire finit, comme nous l’avons vu, l’Involution, et l’Évolution se manifeste parles trois dernières lames qui amènent les corps mis en œuvre à leur perfectiOn suprême: l’or alchi mique, Pierre Ph. : ou Absolu hermétique. Pour l’étude mathématique et kabbalistique des lames, le lecteur devra se reporter au Tarot des Bohé— miens de Papus.
Nous, naturellement, ne faisons qu’adapter analogiquement le symbolisme fécond du Tarot àla branche de l’Alchimie; disons seulement, pour bien éclaircir notre point de vue, que les quatre premières lames des arcanes majeurs forment une série complète répondant au mot sacré, iod—lzé—vau-he’.
En effet, la première lame exprime l’actif absolu et correspond à z’od; la seconde lame désigne le reflet de la première, le passif absolu, et correspond au premier lié. La troisième indique le terme médian, le terme con vertible et transformateur et correspond} vau. Enfin la quatrième lame est un terme de transition entre la série précédente et la série suivante.
La série symbo lique du Tarot est donc complètement représentée par les quatre premières lames. (Papus, lib. cit., p. 79.) En effet, se reportant à notre tableau de corres pondance des arcanes majeurs, l’on trouve bien que les quatre premières significations des lames suffisent à expliquer les phénomènes alchimiques, lesquels sont causés parla Force, la Matière, le Mouvement, l’Azoth,
1 54 L’INITIATION c’est-à-dire le Soufre, le Mercure,le Sel et la Lumière astrale ou fluide éthéré. i !-t ARCANES MINEURS Au moyen du jeu des arcanes mineurs, on pourra s’amuser à développer les combinaisons chimiques, les représentations d’opérations, les 4 rois représen tant les 4 principaux métaux usités dans l'Alchimie : roi de Bâton, : Or; roi de Coupe : Argent; roi d’épée : Mercure; roi deDenier : Cuivre.
Les quatre dames réciproquement: reine de Bâton = Plomb; reine de Coupe : Fer; reine d’Épe’e : Étain; de Denier : Zinc. ' Les quatre valets seront identifiés aux corps les plus considérables de la Nature terrestre, soit: Chlore, Soufre, Phosphore, Arsenic.
Quant aux: as, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, g, 10, ils deviendrontles représentants des familles d’éléments: on donnera à chaque carte le nom d’un des corps de la chimie, se basant autant que possible sur l’atomicite’ intrinsèque; on voit de suite quel champ de combinaisons est ouvert aux cher cheurs; outre que ce procédé constitue un excellent moyen mnémotechnique, pour repasser sa chimie, il permet aux gens ingénieux de créer un véritable jeu de Tarot alchimique très compliqué, mettant en mouvement autour des arcanes majeurs les rouages du monde minéral; ainsi l’on pourra imaginer bien des tableaux synthétiques, bien des essais de classifica tion des corps, d’après les tableaux de Mendeleefi, de Crookes, de Barlet ; l’on en retirera, à tout point de
LE TAROT ALCHIMIQUE 155 vue, grand profit. Bien entendu, les principaux corps seuls seront représentés par ces cartes, et ce sera géné— ralement suffisant ; d’ailleurs nos lecteurs com prendront d’eux-mêmes les divers essais à tenter.
Ainsi encore, l’as pourra représenter une individua lité chimique monatOmique; le deux, biatomique; le 3, triatomique, etc. rtypes...) Le tableau de classifi cation de Mendeleeff (par familles) sera reproduit à l’aide des 22 arcanes majeurs identifiés aux plus im— portants compo’sés: I, Sodium; 2, Potassium; 3, Cuivre; 4, Argent; 5, Or; 6, Manganèse; 7, Calcium; 8, Zinc; g, Baryum; 10, Mercure; 11, Aluminium; 12, Carbone; 13, Silicium; 14, Etain; 15, Plomb; 16, Azote; 17., Phosphore; 18,Arsénic; 19, Oxygène; 20, Soufre; 21, Fer; 22, Platine; et les 56 arcanes mineurs représenteront les Eléments: Lithium, Glu— cinium, etc., etc. On créera ainsi un tableau mobile dont on variera à volonté les combinaisons synthétiques.
Inutile, il nous semble, d’appuyer. Le modèle de ce tableau de Mendeleefl'se trouvera dans tout traité complet de chi— mie Élémentaire. LE TAROT ALCHIMIQUE FIGURE DE CONSTRUCTION 21 22 19 20 18 1 3 2 16 4 17 14 . 6 5 6 15 13 7 12
156 L'INITIATION Texte: Il est facile de saisir le pourquoi de la dis tribution de nos 22 lames: En I ,nous plaçons le Bale leur, la force attractive (iod) ou affinité moléculaire, principe positif(acide chimique), lequel agit sur 2; la Papesse ou Matière (hé), principe négatif de la Subs tance (base chimique).
3, l’Impératrz’ce, nous indique le Saint-Esprit, mé diateur plastique, lien entre Force et Matière, fixe et volatil, le Sel ou mouvement (mu) général; 4, c’est le reflet complémentaire des trois premiers termes, c’est-à-dire l’A goth des sages (2° hé), la lumière astrale informe; 5, nous montre le reflet d’Azoth, le Pape ou la Quintessence; 6, l’Amoureux, équilibre de l’Azoth et de la quintessence; donc au point de vue hermé tique, c'est la signification des éléments : Feu, Air, Eau, Terre.
Le Chariot (7), symbolisant la tendance à l’équilibre exprime la réalisation des principes élémentaires ou le Fixe et le Volatil. Ce premiersepténaire (iod) exprime bien le monde des Principes ou de la Création. Maintenant nous abordons le monde des Lois ou de la Réalisation et de la Conservation. 8, la Justice ou [Hydrogène représentant du Feu, alchimique. g, l’Hermite ou l’oxygène représentant de l’Az'r.
10, la Roue de Fortune ou l’A gote représentant de 1’Eau. I I, La Force ou le Carbone représentant la Terre, que nous plaçons donc les uns à côté des autres. . I2, le Pendu, c‘est le vitriol ou la Dissolution des métaux. ' “' “""‘”" ""“"“"y W"'M’MT"uA—Æqs ‘,_‘
LE TAROT ALCHIMIQUE 157 m . , Ï.L Par correspondance, nous mettons de l’autre côté de notre jeu, à gauche, le 13 ou la Mort, symbole du principe transformateur , équivalent aux semence métalliques préparées et mises en contact (leur cer cueil, leur action astrale d’où sortira l’évolution nou velle.) Nous exprimons de cette manière l’[nvolution au moyen de notre Tarot, traditionnellement.
Et 14 signifie (Tempérance), l’Involution propre ment dite ou descente de la Force volatile dans la Matière, feu dans l’Athanor; donc correspondra à la Matière à la couleur verte. Voilà le septénaire des Lois (hé). Le Diable (15) symbolise le résultat de la chute; le Dragon du Seuil équivaut à la Noirceur de la Ma— tière.
En r6 nous voyons la Maison Dieu;ici c’est le moment définitif du travail alchimique ; la destruction divine agit pour ramener à l’évolution; la chute d’Adam-Eve est aussi celle de la Matière qui devra produire la Pierre philosophale.— Nous rattacherons donc cette lame au commencement de la couleur Blanche. Alors I7, les Étoiles, nous représente l’expansion des fluides agissants, l’Espérance ou le Blanc de I’Œuvre.
18, La Lune correspond au chaos, c’est-à-dire aux couleurs variées (instant critique) de la Pierre. L'Involution prend fin avec ce troisième septénaire, _septénaire des Faits ou de la Transformation (mu). Les trois dernières lames nous montrent les forces
15 8 L‘INITIATION moléculaires revenant à leur Grand Principe parfait par l’Évolution : 19, le Soleil, signifiant la Nutrition et la Digestion des matières, analogue au règne minéral (1" terme ou stade), symbole des couleurs de l’Iris ; 20, le Jugement ou mouvement propre, signifie la respiration, est analogue au Règne Végétal (2" terme de l’Évolution), symbole de la couleur Rouge.
21, nous plaçons en 21 la lame du Mat (Règne ani mal ou supérieur) (3° terme), correspondant à la Fer— mentation de la pierre (2° hé). Enfin en 22, aux cotés de la Matière passive, nous mettons le Monde ou l’Absolu alchimique ; c’est làle triomphe définitif obtenu par l’adepte, l’or alchimique la P.-. Ph.'. parfaite, le Microcosme égal au Macro— cosme...
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas; ce qui est en bas, comme ce qui est en haut... reflets d’une même substance. Nous laissons donc à nos lecteurs le plaisir de trou ver d’autres combinaisons du Tarot appliqué à l’al chimie.
Ils peuvent, en se basant sur nos théories générales, représenter les expériences de Strindberg, Tif’fereau comme celles anciens alchimistes, en se rap pelant seulement que I, le Bateleur, exprimera toujours la Force, l’action positive (de même que le Roi dans les arcanes mineurs); 2, la Papesse, la Matière Passive; 3, le Neutre, l‘Équilibrant (correspondances dans les Mineurs: Reine—Cavalier).
LE TAROT ALCHIMIQUE 159 ’ Le Valet, comme le 4 (Empereur) exprimeront le 2" Ize', ou l’action répétée, dans la Nature, des trois principes du ternaire Sacré et lnitiatique. F. J OLLIVET CASTELOT. Octobre r896. Ëibres Recherches philosophiques (Suite) Il y avait donc là la constance photographique d’un reflet conservé dans l’ambiance magnético-astrale et possédant tous les caractères de la vie.
Dans ce genre, le Dr Teste, en faisant visiter au loin une habitation par sa lucide, cette dernière lui décrivit des meubles et des personnes qui n’étaient pas celles qui l’habitaient au moment. ‘ Fort heureusement quele Dr Teste ne jeta pas l’expé rience au panier comme la plupart de nos savants du jour l’ont fait impertinemment trop souvent.
L’idée lui vint de prendre des informations sur ce singulier déplacement de la vision; il sut que c’étaient les anciens habitants qui n’y étaient plus qu’elle avait vus absolu ment comme s’ils y étaient encore. Ce déplacement de la vision dans le temps vient prouver heureusement que les formes se conservent en astral, et qu’ils peuvent se superposer comme les feuillets d’un livre.
i 60 L’INITIATION Non seulement, mais encore c’est que cesimages de personnes et d’êtres sontabsolument vivantes etqu’elles lui apparaissent telles, et qu’il peut même entrer en relation avec elles. Ceci m’étonne pas ceux qui ont étudié la puissance et la vitalité des pensées, et qui savent que ces reflets vitaux puisent toujours de loin ou de près leur vitalité dans l’être qui leur a donné naissance.
Et même fussent—elles disparues, ces mêmes per— sonnes, que les reflets resteraient encore conservant peut-être très longtemps les empreintes de la vie. C‘est là qu’éclate profondément les merveilles et la puissance du GÉNIE DE LA VIE, qui empreint tout de sa puissante griffe.
Adèle Maginot, sujet lucide de premier ordre dans le genre d’évocation de décédés et de vivants, fut un jour « envoyée » à la recherche d‘une personne; elle la retrouva au Mexique. Elle conversa non avec sa conscience cérébralise’e mais bien avec sa conscience seconde.
Car l’interne converse avec son semblable dans ces cas, l’entretien sensitif se fait d’âme à âme.Cette conscience seconde, comme dit le Dr Azam avec Félida, luirévéla qu’une lettre était partie pour la France et qu’on la recevrait ces jours-ci. En effet la chose eut lieu. Mais de plus Adèle Maginot reçut un coup de soleil bien marqué à la nuque, et pria Cahagnet de la réveiller, car il faisait trop chaup par là sentait-elle.
L’âme a donc la faculté de rayonner corporellement à des distances très grandes, et il semble que, si l’espace n’existe pas plus pour elle que le temps, les milieux
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 161 n’en reflètent pas moins leurs influences matérielles et spirituellement. Nos savants, il y a seulement quelques années, se gaussaient de toutes ces relations décrites sincèrement pas les anciens magnétiseurs. Aujourd’hui, ils n’en rient plus, si ce n’est jaune, pour quelques»uns de ceux qui croyaient qu’ils avaient atteint les dernières limites de la connaissance.
Comme l'aura ou l’astral constitue une photosphère sensibilisée qui rayonne de la planète et l’entoure à peut—être des hauteurs insoupçonnables, de même chaque être, chaque bloc de matière, chaque végétal possède un rayonnement qui n’est pas sans influence sur certains autres. \ Nous allons encore citer à nouveau le fait de l’expérience de M. Thoulet sur les cristaux.
L’auteur dissémine dans une solution les éléments en poussière d’un cristal déterminé ; aucune précipita tion ne s’établit dans les éléments en présence. Mais, aussitôt qu’il est présenté un cristal constitué dont les éléments représentent exactement ceux disséminés, aussitôt l’agrégation s’opère, et le nombre des facettes reproduit exactement celui du cristal présenté dans la solution.
' C’est une des preuves les plus délicates de la puis— sance du rayonnement de la forme. C’est une sugges tion opérée par elle, et jusque dans le règne minéral ! La théorie de Paracelse se trouve donc justifiée par l’expérience moderne, comme les atomes et l’éther des anciens l’ont été également par les travaux les plus délicats de l’analyse moderne.
162 L'INITIATION Le D' Goyard, dans une plaquette sur le magnétisme curatif, dit qu’une sorte de nuage morbide se forme sur le siège d’un mal quelconque, que ce nuage entre— tient en quelque sorte l’étatmorbifique, tout en étant alimenté par le mal lui—même, mais que l’action opé rée par le magnétisme sur le nuage d’abord opère un drainage surlui, et que, le nuage dissipé, le mal,étant comme privé de son atmosphère, n’offre plus qu’une résistance moindre aux courants magnétiques.
Dans l’astral, il est de toute évidence qu’il existe de ces contaminations occultes, de ces grands courants bons ou mauvaisquienvahissent la sphère des humains et impulsent les masses vers l’accomplissement de ce qui tend à devenir matérialisé. Dans les grands événements, qui décident quelque— fois de la vie d’un peuple, il n’est pas rare que des natures sensitives disent: « Il y a quelque chose dans l’air ».
Cela nous est arrivé de sentir un état mé lancolique et triste planer sur nous. Ceux qui ont assisté aux désastres de la France en I 870 etqui ont observé l’ensemble collectifde la grande âme de la Patrie, ont pu sentir le manque de confiance et d’enthousiasme que la suite n’a que trop justifié.
Nos âmes communient avec les plans de l’occulte, il est évident qu’elles en rapportent des impressions qui déteignent dans les centres cérébralisés et les imprègnent d’avance d’une mélancoliquetristesse dont nous ne nous rendons pas compte, mais que les événe ments justifient souvent dans leurs phases néfastes. Il en est de même dans ces sentiments de joie, de bonheur que nous ressentons sans cause visible. Eh
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES [63 “l‘infini-ù“? bien! c’est souvent notre âme qui a assisté à quelque grandiose tableau occulte, et l’impression l’en a telle ment pénétrée que le rayonnement à son tour pénètre jusque dans le cœur. La vie universelle irradie et rayonne à travers tout; elle nous pénètre de ses ondes vivifiantes.
Celui qui est simple de cœur et bon et qui élève ses pensées vers l’au delà terrestre ressent instinctivement des rayons qui remplissent son âme de suavités incon nues à’ l’être qui est enlisé dans la matérialité des choses et qui ‘manque de cette chaleur spirituelle vivifiante.
La connaissance des phénomènes psychiques nous a été aussi d’un grand secours pour aborder les ori— gines de la vie planétaire, aidés tout naturellement des phénomènes physiques. D’abord, la solidification des fluides et des gaz nous ont fait soupçonner la décantation primitive des couches ambiantes étagées restées au—dessus des prises ' de l’ignition et qui s’étendaient à‘des hauteurs pro digieuses.
Cette décantation a produit des strates durcifiées par la suite par l’action de la pesanteur. Toutes les ' strates terrestres ne sont pas et ne furent pas sédimen taires.A l’origine, il a bien fallu qu’il en existe de déjà formées pour que les eaux plus tard pussent, par une érosion répétée, accumuler des couchessédimen taires qui se sont superposées dans la suite des longs âges cahotiques de la planète. V Comme à chaque strate il correspond une faune et une flore particulières, cela nous a conduit à lathéorie 6
164 L’INITIATION d’une correspondance astrale, c’est-à-dire que ces couches astrales primitives renfermant en elles les faunes et les flores, c’est là que fut leur berceau originel dans leur désascension corrélative où elles arrivèrent peu à peu matérialisées « au point de - l’ombre (I) ». CHAPITRE IX EXPOSÉ DES THÉORIES EXPIATOIRES ET DE RÉINCARNATION TERRESTRE.
« Si la chenille devient papillon, le papillon ne redevient pas chenille. » On constate avec étonnement chez certaines intel ligences une foi en la validité de tous les points d’un système. Nous autres, étudiants indépendants, nous ne pouvons partager cette foi solide qui défie tout argu— ment àl’avance.
Si un système était ainsi solidement établi, il serait tout bonnement divin, et il n’y aurait plus rien à trouver dans le champ des connaissances humaines.
Or, comme nous ne pensons pas que les . hommes en soient arrivés là et que nous constatons que tous les systèmes ont chacun du vrai —- ce qui manque à l’un se trouve chez son opposé, et récipro quement —— et qu’il en est de même des erreurs, nous ne pouvons concevoir cet état d’esprit qui prétend posséder seul toutes les facettes de la vérité intégrale au détriment des autres. (A suivre.) LECOMTE. (I) Voir nos articles sur l’aurore de la vie dans notre Recueil des Étudiants swedenborgiens libres. ._._ .,,.t .___,‘, ".L__.‘..W,‘'.
BÏLE@GËAEEJËE LE Tour UNIVERSEL Par JACOB. Lausanne, chez Payot, libraire. 1 vol. in-18 ’ Sous le titre d’Esquz’ss’es du Tout Unzversel et sous le pseudonyme de JACOB, un véritable initié a fait des révélations qui méritent mieux qu’un rapide souvenir. ' Ce petit livre est tellement profond dans sa modeste apparence, que les esprits superficiels n’en peuvent apercevoir toute la valeur.
C’est en effet le sort des grandes et belles vérités de pouvoir être impunément proférées devant la foule qui ne les comprend pas. « Ceux qui savent » tremblent quand ils les voient ainsi livrées à_. tous les secrets du sanctuaire intellectuel; puis ils se rassurent et sourient quand ils se rendent compte de l’indifférence et des critiques de gens « nés malins » qui accueillent les dites révélations.
On pourrait faire le compte rendu de ce livre en quelques lignes en disant: Tout,dans le Plan Divin, est une personne. Voilà le grand mystère que révèle surtout l’auteur. Mais l’analyse nous fera découvrir d’autres idées in— téressantes à bien connaître. Le Tout Universel est divisé en trois grandes moda lités : leRoyaumesaint, l’Unz‘uers immatériel et l’Uni— n'lvval
166 L’INITIATION vers matériel. Ces divisions correspondent assez par faitement aux trois mondes de la Kabbale. Dans chacune de ces grandes modalités, il nous faut distinguer les créatures, les moyens d’action et les substances. Par exemple dans le monde divin (Royaume saint), la Famille céleste a pour moyen d’action le corps amour et agit sur la substance Feu pureté.
Dans le monde astral (univers immatériel), la créa ture corps spirituel agit au moyen de la substance active immatérielle Quantité d’être ou la substance passive immatérielle Forme d’être.
C’est du moins ce que nous pensons avoir compris par l’étude de ce livre; mais nous ne voudrions pas rendre l’auteur responsable de nos fautes de com préhension. ‘ Les grandes divisions que nous avons données comprennent en effet plusieurs subdivisions dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer. C’est ainsi que : Le plan physique comprend 2 mondes. Le plan spirituel comprend 2 mondes. Le plan divin comprend 4 mondes; 2 célestes, 2 parfaits.
En tout 8 mondes; dans chacun des mondes il y a 13 lieux (en tout 104 lieux). ‘ Dans chaque lieu il y a 7 effets du temps (en tout 728 états temporels) où se développent et s’entre-croin sent 98 règnes de création. Je suis persuadé qu’il y aurait de grandes lumières à tirer en rapprochant l’Esquisse du Tout Universel /1%: mægo'os.—rff .1
LE TOUT UNIVERSEL 167 de la cle’ de la Vie de Michel de Figanières. C’est à M. Jacob que nous demanderons de faire ce travail, s’il le juge à propos. Nous regrettons de ne pouvoir suivre l’auteur dans toutes les parties de son travail ; toutefois, nous ne pou vons terminer cette étude sans citer quelques phrases véritablement initiatiques.
' Sous le nom d’Être humain de Sion, l‘auteur con— çoit l’homme arrivé à son plein épanouissement spi rituel et moral. « Chaque être humain de Sion a fait lui-même une loi de croyance et de conduite par sa conscience et il est en rapport direct avec Dieu par sa foi. Il est avec Dieu dans le 'Royaume saint par l’Esprit de sainteté, dans l’Unz’vers immatériel par sa conscience et dans l’Unz’vers matériel par sa figure extérieure » (p. 1 I I).
« La punition infligée et subie tarit la source du mal. Ceux qui croient pouvoir être purifiés autrement se font de grandes illusions » (p. 106). En Sion on croit: Que le culte exaucé est le culte secret, personnel et sincère.
Que le culte de témoignage consiste dans le ma riage, la prière en famille, l’oflrande du pain et du vin figurant le sacrifice de soi-même selon le rite de Mel chissedec, sacrifice où Jésus est le souiærain sacrifica teur et chaque chef de ménage sacrificateur. Que le culte public consiste dans l’hospitalité et la bienfaisance (p. 113). . . . . . .
I 68 L'INITIATION Le moindre bien qui persiste dans l’homme n’est pas anéanti ; il peut y percer et y sera finalement ré compensé (p. 115). Ce que les hommes lient sur la terre est lié pour eux dans la vie éternelle (p. 121). La famille a une immense influence; c'est un état en petit (p. .127).
Dans le Royaume Saint, l’homme est poussière, puis astre, puis homme, puis esprit, puis ange, puis céleste, puis glorifié, puis ressuscité avec des corps successifs composés d’êtres vivants, individuels, de chaque règne. En outre, il y 'a le corps du Seigneur, refuge des croyants devenus justes, et le corps de lîEpoux, refuge des croyants non purifiés (p. 133).
Ces extraits de génie très différents indiquent bien le caractère spécial de ce petit livre, véritable écho des mondes supérieurs. C’est vraiment une fleur céleste éclose dans notre monde; il appartient au pur désir de tous ceux qui comprennent réellementle christianisme de la cultiver pour lui faire produire sa céleste semence. Parus. ara et» LIN... u___-_æ——.‘n mn_J
ÿARABRAHM Parabrahm ! A ce nom sacréfais—toi muette, Douce et très sainte voix du Yoghi, du poète. Lui seul est, tout est vain hors son Être absolu Et l’immense Problème en Lui s’est résolu. Sans milieu, sansfin et sans cause première Il est antérieur à tout: à la Lumière, A Brahmâ créateur, Lui, le Cercle infini..... Il renferme à la ibis le Feu vital : Agni , Et Malaprakriti, la substance des Mondes.....
Son grand soufiepourtant flotte au milieu des ondes De l’Abyme éternel, identique avec Lui..... Etdu Manvantara dès que l’Aurore a lui [1 émet tour à tour les êtres et les choses; Mais à travers le cours de ses métamorphoses Il reste un, immuable, ainsi qu’en Pralaya.....
Mystère que le voile étrange de Mâya Toujours devra céler à l’esprit du profane, Je t’adore! — En ton sein où tout rentre et sefane Rien ne s’anéantz’t, ô suprême Unité En qui s’absorbe l’âme (1) avec sérénité!..... MAURICE LARGERIS. (i) L’âme pure du Yoghi. W.i‘ama.«z_aa -—»W -..a...mw
170 L'INITIMION Aux Journaux spiritualistes firançais DE TOUTE ECOLE MON CHER CONFRÈRE, Partoutautour de nous les diverses fractions du parti spiritualiste établissent leur groupement unitaire. L’u— nion des spiritualistes est un fait accompli aux États-Unis sous l’impulsion des Martinistes, en Allemagne grâce aux efforts d’indépendants et en Italie sur l’initiative également des Martinistes.
Faut-il qu’encore une fois les divisions de secte et les querelles de personnes empê— chent la France de réaliser un mouvement semblable? Nous ne le pensons pas.
Il nous a semblé que le moment était venu de passer des belles paroles aux actes, et nous venons vous deman der de participer d'une manière effective à un groupe ment général et sérieux, qui formera le premier noyau du Grand Conseil du Spiritualisme français sans aucune distinction d’écoles. Acette effet, nous tenons tout d’abord à bien préciser les points suivants: 1° Nous ne demandons à aucun journal aucune conces sion.
Que chaque revue conserve entièrement ses idées. 2° Il en est de même de toutes les personnalités. Nous ne demandons à personne d’oublier ses idées et ses ran— cunes personnelles.
Au Parlement politique, les opinions les plus diverses sont représentées, les hommes souvent ennemis siègent dans la même salle; ce résultatpeutêtre également obtenu par nous tous quand nous serons assurés qu’il s’agitlà uniquement de l’idée et qu’aucune école, non plus qu’au cune personnalité, ne cherche à supplanter ses confrères.
Nous venons donc vous soumettre l’appel suivant: 10 Voulez-vous participer à l’union morale de la Presse spiritualiste française, sans que cela vous coûte la moindre concession P 2° Voulez-vous constituer une délégation à l’effet de représenter votre journal auprès du comité en voie de a...» _..‘._.r
NOTRE BULLETIN POLITIQUE 17 formation? Ce comité sera formé des délégués de toutes les fractions de la Presse spiritualiste sans exception d’école. Afin d’éviter, dans la mesure du possible, les questions de personnes, nous conseillons aux directeurs des jour— naux de constituer chacun un délégué qui, au besoin, pourrait les remplacer dans les réunions où ils crain draient que des questions de personnes fussent soule vées.
Donc nous demandons à chaque journal un délé— gué, outre le directeur, délégué de droit. Il est bien entendu aussi que l'initiative que nous pre nons est absolument provisoire et cessera dès la réunion du Comité. Nous espérons, mon cher confrère, que vous vous rendrez parfaitement compte que nous n’agissons abso lument que dans le but général de l’idée spiritualiste et en dehors de toute question de doctrine.
Nous vous prions d’envoyer votre réponse provisoire ment à la rédaction de l’Initiation, 10, avenue des Peu pliers, Paris, car, dès la formation du comité, tous les documents lui seront remis. Veuillez nous croire, mon cher confrère, tout à vous dans la cause spiritualiste. La DIRECTION DE L’Initiuti0n.
NOTRE BULLETIN PD)JLKTIIQÜIË Il n’est pas possible de passer sous silence, bien qu’ils appartiennent au mois courant, les importants événe ments sur lesquels à l’heure présente l’Europe entière a l’attention fixée: la visite du tsar en France doit avoir, en effet, sur l’ensemble de la politique internationale une telle influence que les autres préoccupations en sont comme suspendues. Il est à peine besoin de la commenter 5: nos lecteurs. A ne considérer que l’alliance en elle-même, actuellement cimentée, sinon développée, ou n’y aperçoit rien de _.»n.nl
172 L’INITIATION plus que la suite du mouvement perpétuel de bascule Où I’Europe s’agite en vertu du dualisme signalé déjà. Troublée par la triplice qui menaçait de se quadrupler, elle lui oppose une duplice assez forte pour emporter en sens contraire les plateaux de la balance folle. Les préparatifs de nos fêtes nous en ont, du reste, marqué d‘autres, importantes aussi, qui nous annoncent déjà les réactions contraires.
Ce sont celles de l’inaugu— ration, par l’empereur d’Autriche, de la canalisation du Danube, aux Portes de Fer. Elles célébraient l’accom— plissement attendu, depuis des siècles, de travaux con fiés à l’Autriche par le traité de Berlin et qui donnent à l’Allemagne un accès direct suivant ce grand fleuve dans la mer Noire.
En plus, elles ont été suivies d’une cordiale réception de l’empereur à Buccharest, signifiant que la Roumanie laisse tomber le masque et se jette dans les bras de laTriplice Nos brillantes fêtes nous intéresseraient donc beau coup moins, au point de vue international, si elles n’avaient d'autre portée que de garantir un peu mieux cette paix armée qui nous fatigue presque autant que la guerre, sans rien résoudre.
Mais leur signification prin cipale est évidemment dans cette singularité apparente qui ménage une telle ovation à un souverain absolu au centre d’une république.
On sait comment notre puissant allié s’est plu à accen tuer ce caractère, comme pour déclarer qu’il s’agissait non plus d’un traité diplomatique entre les souverains de deux nations, mais de l’union de deux peuples qu’une sympathie réelle rapproche depuis longtemps, autant que leurs intérêts ou même à l’occasion malgré eux.
Cette signification, nettement accusée par l’enthou— siasme spontané des populations dansles deux pays, doit nous intéresser à un double point de vue. Nous avons dit qu’avec nous l’Alliée préférée de la Russie est la République des États-Unis, et nous avons rappelé par quelles cordialités cette alliance aime aussi à se prononcer.
Par là nous voyons quelles sont les vues de la Russie, à quel rôle important elle aspire dans l’avenir et combien elle se montre capable de le remplir par sa persévérance et ses étonnants progrès. u
NOTRE BULLETlN POLITIQUE 173 -Il-rw * * Arrivée la dernière dans le concert de la civilisation européenne, ce n'est déjà plus aux peuples attachés aux traditions anciennes qu'elle veut s'unir; c’est à la nation la plus hardie dans ses aspirations idéales, et à la plus aventureuse dans les réalisations pratiques de la démo cratie. Ce n’est pas à dire que le peuple russe soit prêt à ac cepter la forme républicaine.
Tout jeune comme il l’est, il ne le pourrait pas sans violer la nature; il doit d’abord traverser les âges intermédiaires que nous avons reconnus précédemment ; mais il peut les accélérer, et ses souve rains, avec une sagesse d’exécution remarquable, fidèles à une ingénieuse tradition, savent employer cette autocratie qui nous étonne à conduire leur peuple par des voies pacifiques bien plus sûrement et bien plus vite que ne l’a pu faire la brutalité prussienne, génératrice de réac tions désastreuses.
Observez, maintenant, que l'union de la Russie avec la France et les États-Unis n’est pas seulement favorable à la démocratie, état normal de notre âge; elle l’est plus encore peut-être à l‘esprit religieux de notre race: elle isole dans le monde le protestantisme de l’Alle magne du Nord et celui de l'Angleterre, et ’avec eux cet esprit singulier d’orgueil humain où l‘intolérance aussi froide qu’implacable se joint au scepticisme le plus com plet.
C'est par lui que nous avons glissé depuis deux siècles, en l’empruntant d’abord à l'Angleterre, jusqu’à ce matérialisme germanique d'analyse extrême, doublé du dualisme parlementaire, où nous nous sentons embourbés. La Russie mystique ne tombera pas {dans cette anar chie de la pensée, non plus que l’Amérique du Nord où les aspirations religieuses sont si puissantes en leurinex périende pleine encore de confusion.
C’est chez ces deux ' peuples immenses et jeunes que l'on pressent le renou vellement de la pensée et de la religion européennes. La génémsité chaleureuse et l’intelligence si claire de la France la désignent c0mme l’âme future de ce ternaire de l’avenir qui devra ramener ses sœurs vers l’organisa tion normale de la race blanche, et peut-être même ras sembler mieux qu’en nos congrès celles de l‘Orient et de l’Occident.
174 L'lNITIATION Mais il ne faut pas se dissimuler qu’un pareil avenir soit enc0re lointain. Bien qu’il ne soit pas trop tôt pour le préparer, on ne peut espérer d’éviter les crises terribles qui semblent devoir nous en séparer.
Cette union des peuples dont nous venons de parler à prop05 de la France et de la Russie est sans doute un indice des tendances vers les harmonies pacifiques qui germent au fond de nos cœurs, mais ce n’est encore qu’un précur— seur bien timide.
Il en faut dire autant de cet excellent congrès de la paix que la Conférence interparlementaire vient de tenir en septembre à Budapest. > Nous avons la preuve de ces mêmes désirs fraternels jusque dans l’obligation où se sont trouvés depuis deux mois les gouvernements les plus disposés à la lutte de re gretter publiquement l'impuissance de toute l’Europe divisée contre elle-même en face des massacres de Cons tantinople.
Nous nous indigno_ns de voir cette race turque, attardée dans l’âge des tyrannies sanglantes, souiller effrontément notre sol; mais, depuis quatre siècles, elle se rie de nos divisions et nous brave impunément. Qu’il me soit permis sur ce sujet de faire un large emprunt à une excellente chronique d’Hector Depasse, parue dans 1’EcIair du 25 septembre dernier, sous le titre Orient et Occident.
On ne peut mieux montrer la pro fondeur du mal, ni mieux faire voir comment la France l’avait précédemment prévenu par son dévouement che valeresque inné, auquel l’influence protestante et mercan tile a si malheureusement substitué la course égoïste aux colonies néfastes: L’Europe ne possède plus de gendarmes : mais la conception que l‘on se faisait de l’Europe a-t-elle gardé quelque réalité ?
Voilà dix-huit mois qu’on crie : au secours l Et, en effet, on tue et on pille — hier en core à Elghin, marqué déjà d’une croix rouge l’année dernière; — on assassine sans discontinuer sur la plus vaste des échelles du Levant, depuis les rives de l’Eu phrate jusqu’à la Corne du Diable, que les anciens géo graphes avaient appelée la Corne d’0r. On ne dira pas qu’on n'a pas entendu.Jamais les échos de la plainte n’ont été si nombreux ni si sensibles. Les
NOTiE BULLETIN POLITIQUE 175 lamentations de Galata ont volé par-dessus les fron tières, et elles ont été frapper à la porte des quais d’Or say et de tous les Foreign-Office. Si l'Europe politique a prononcé son abdication finale, une autre Europe s’élève, travaille et s’instruit.
Les journaux de toute langue ont raconté qu’une nation à qui l’Europe, so— lennellement assemblée, promit, il y a vingt ans, des garanties et la paix, obtient, pour prix d’une longue patience, les assommades d‘abord, et puis l'expro priation en masse de ceux qui ne furent pas assom més. L’horrible chose s’est ébruitée avec un bruit d'enfer, renversant toutes les précautions prises pour l‘étouffer et tout le système des atténuations de commande.
Les plus pauvres et les plus obscurs de l’espèce humaine attachée au travail sur la terre d’Europe ont connu l’at tentat et ont constaté l’inertie de leurs gouvernements respectifs. Ce sont là, sans doute, des coups de surprise et de désillusion qui abrègent le temps, et qui avancent l’éducation des multitudes.
Dans l’abandon des pouvoirs publics, une idée s’est manifestée, bien inattendue aujour d’hui, uneforme antique d’appel et de recours à la con science du monde.
Des hommes de tous les pays, venus pour une exposition dans une capitale du I)anube, philo sophes, professeurs, économistes, les esprits les plus libres du lien desdogmes, ont voté, à l’unanimité, une adresse au pape Léon XIII, et, en même temps qu’à lui, aux autres ponti/es et prophètes des religions instituées, comme à la seule magistrature qui represente encore une énergie mo rale et sociale et une espérance de justice pour les nations.
Etonnante réminiscence, et beau sujet de réflexions pour les psychologues I Nous allons saluer dans Quelques jours Sa Majesté le tsar, ami et allié de la France. Paris lui prépare l’accueil le plus flatteur et le plus magnifique qu’un prince ait jamais reçu dans sa propre patrie, en y revenant couvert des lauriers de la victoire. Mais l’alliance de la Russie et de la France doit avoir un but, une sanction qui la jus tifie et la conserve.
Il faut qu’elle produise des résultats d’équité et de liberté pour le monde, —des résultats dignes d’elle, — ou elle ne s’expliquent jamais, elle sera
276 L’INITIATION incertaine et caduque, elle n’offrira pas à la conscience française ni à la conscience de la Russie des motifs suf fisants pour la cimenter d’une manière inébranlable. Le tsar Nicolas comme la République française ne seront justifiés devantl’envie qu’en raison des services que leur accord aura rendus à l’humanité.
Autrefois, l’Europe avait toujours un gendarme, et, quand ce bon gendarme remuait dans ses bottes, tout le sol du continent tremblait. Sa silhouette imposante n’avait qu’à se montrer sur l’horizon pour tenirle monde dans une tranquillité relative.
Aujourd’hui, nous voyons une police française, une police anglaise, une police belge, d’autres encore, et il leur arrive de se déconcer— ter pour mettre la main à la même heure sur des anar chistes, des dynamitards et des journalistes éparpillés dans les différents pays et qui ne se connaissent pas.
Ce sont là des polices particulières, chargées d’une fonction particulière et privée; elles s’en acquittent avec plus ou moins de fidélité et de vigilance; gardes-chasse des en— clos de l’Europe, elles arrêtent les braconniers, les ma landrins et, quelquefois, par surcroît de prudence, les honnêtes gens. Ces polices spéciales ont leur ulilité propre.
Mais le représentant de la force publique euro— péenne, le bon gendarme de l’Europe ne remue plus dans ses bottes d’ordonnance, il‘ n’a plus de bottes — elles se sont usées à faire la ronde, de temps immémo riel, pour la sécurité des nations. Et puis l’Europe a abandonné, trahi et betné son gendarme, c’est pourquoi l’Europe es‘t sans force.
Casque en tête du matin au soir et ployant sous le fardeau de ses armes multiples, elle est incapable de mettre l’ordre dans un de ses carre fours ; et c'est une chose ef’l‘royablement ridicule que le contraste de cette armature énorme, de cette diplomatie sacro-sainte et de cette infirmité constitu— tionnelle.
L’Angleterre, narquoise et correcte, qui fait seule avancer ses affaires, brassant ensemble l’Afrique et les Indes, portant les flots du Gange aux cataractes du Nil, peut rire de cette Europe qui se noie dans un crachat de Turquie. Quelle expression de style ne serait honteusement
NOTRE BULLETIN POLITIQUE I77 / misérable en comparaison de ce qui s’est passé? Et ‘ quelle folie particulière la plus scélérate, la plus absurde ’ et la plus criminelle pourrait se comparer à un crime public, organisé par une administration d’Etat?
C’est le Temps qui raconte, dans une de ses correspondances si prudentes, les horreurs d’Haskeni, ce paisible village saccagé, la population mâle égorgée, les femmes éper— dues et idiotes, baisant les mains, s’accrochant aux ge noux d'un pauvre journaliste tremblant qui écrit: < Mieux Mieux vaut le spectacle de la mort. » Ce sont les ambassadeurs des puissances qui ont dressé par deux fois le procès verbal du flagrant délit.
« Nous avons constaté que les bandes armées de matraques étaient dirigées par la po— lice » et ils répètent « que ces bandes de massacreurs étaient dans les mains des autorités; que, si réellement beaucoup de mahométans ont été blessés, cela prouve queles bandes réquisitionnées ont frappé des deux côtés et que l’arme remise entre leurs mains s'est retournée parfois contre les instigateurs du massacre.. . » Et tou jours le massacre continue sur la grande échelle. hier à Elghin, avant-hierà Van, demain ailleurs, en Europe, en Asie, passant et repassant la mer.
On en appelle à la vraie police contre la police des as sassins; mais c’est comme dans le refrain de Pottier : ( La police le sait et n’y peut rien faire. » Les gouvernements d'Europe, plongés dans leur anarchie intime, s’intitulent les Puissances..;, les Puissances du néant. Guillaume II, avec ses imaginations lointaines de malade, est Obsédé par « le péril jaune », et même il l’a fait mettre en pein ture pqur le Tsar.
Qui sait ce que verront nos enfants? Et, si ces choses continuent,qui empêcherait l’immense Asie, sortant de ses profondeurs, de déborder quelque jour sur ce petit lambeau de terre déchiqueté qui fut 1’Europe? Mais elle aura eu une grande histoire.
Non, l’Europe ne périra pas écrasée sous la masse des hordes asiatiques; bien au contraire, elle pourra les ré— veiller, sans crainte, de leur sommeil séculaire et pro videntiel, pour les convier au banquet de sa vie magni fique, si la France reste consciente de son rôle, qui n’est plus celui de simple gendarme d’une Europe brisée dans le dualisme, mais l’éducation intellectuelle et spirituelle,
178 L‘INITIATION au prix de son sang, peut-être, des peuples plus jeunes. Cette éducation, dans la vie universelle, appartient en effet à l’Ame, chargée de régler, l'une par l’autre, la Raison et la Foi en les unissant dans la science sacrée. Pour qu'on ne m’accuse pas ici d’un chauvinisme chi mérique, mes amis permettront, je l’espère, une petite indiscrétion qu’il faut d'abord expliquer par quelques mots encore.
Ce qui rend terrible cette éternelle question d’Orient, c’est, nous l'avons dit, qu’elle tient aux rapports des races et non plus à celui des nations. Or, comme une collec tivité, considérée à une époque donnée, est d’autant moins avancée en âge, d’autant plus barbare, par consé quent, qu’elle est plus complexe, ces rapports de races sont bien plus sauvages encore que ceux simplement internationaux.
Ainsi l'Europe se trouve, par rapport à la race turque, en face, non, comme on le croit trop, d’une monarchie absolue, irréductible, mais d'une aristocratie militaire dont le sultan n’est que l’instrument, à l’esprit essentiel lement guerrier, incapable d'industrie, qui pendant des siècles encore peut-être ne vivra que de l‘oppression bru tale des peuples laborieux et pacifiques, c’est-à-dire de rapines.
Si jamais cette race est susceptible d’être domp tée, ce ne sera que par son absorption au milieu des peuples qu’elle domine aujourd’hui,et ce résultat ne peut s’obtenir sans la force matérielle ou tout au moins sans la crainte d’une force supérieure. C’est ici qu’apparaît la solution véritable.
Ce qui différencie particulièrement une race, c'est sa religion, parce qu’elle est la forme, exactement adaptée à son tempérament, de l'aspiration providentielle qui la pousse en avant. La domination des Turcs, peuple de proie, encore ignorant des harmonies civilisatrices, tient au défaut capital et extérieur de l’islamisme qui, s’adres sant à des peuples primitifs, s’est cru forcé de s’appuyer sur la force matérielle.
' Cependant, ce défaut n’est pas de l’essence de l’isla— misme : religion essentiellement unitaire et simpliste, fondée sur les mêmes livres saints que le christianisme européen, elle n’est pas incompatible avec les progrès de "‘-*_'="
NOTRE BULLETIN POLITIQUE ' 179 la civilisation. Celle des Arabes qui les premiers âges de nos temps modernes sont sigrandement redevables en fournitla preuve suffisante. Le christianisme est donc loin d’être incompatible avec l’islamisme; le P. Hyacinthe l’a parfaitement senti et soutenu utilement cet été parmi les musulmans, bien que d’une façon trop élémentaire.
Quantité de musul— mans Ie savent, et ce ne sont pas les moins éclairés ni les moins influents. Accentuer parmi eux cette persuasion, ce sera perdre l’influence néfaste et bien plus redoutée qu’aimée de la domination turque; mais qui peut faire cette œuvre plus efficacement que l’ésotérisme? Or ' je puis vous assurer, mes chers lecteurs, qu'il est parmi nous plus d’un frère musulman de haut rang qui partage nos études et nos aspirations.
Je ne parle pas seulement de la Société théosophique et de son influence en Inde, mais aussi et surtout du Martinisme, dont la racine et la diffusion sont particulièrement occidentales. Et vous savez assez que le martinisme est la source la plus féconde du plus pur ésotérisme. Vous connaissez aussi son énorme extension. De la France il rayonne déjà sur toute I’Europe, l’Amérique et nos colonies.
Songez maintenant à nos relations éten dues et intimes avec les peuples musulmans, et voyez ce que nous pouvons espérer d’accomplir non seulement pour la paix de quelques âmes individuelles, non seule ment pour l’harmonie future des nations eurppéennes, mais en vue même de l’union bien plus difficile des races blanche et asiatiques. v Préparez-vous donc, à tous les efforts de fraternité et d’étude que le martinisme pOurra vous demander, si vous voulez que nous puissions prospérer en cette œuvre ma gnifique d’harmonie universelle et... ne m’en demandez pas davantage à ce sujet.
' ‘k x >æ MOIS D’OCTOBRE. — Ce mois est rempli par l'impres sion qu’ont produite au dehors nos fêtes franco-russes. L’Europe s’en est sentie une fois de plus tellement trou blée dans l’instabilité de ses unions hypocrites et la dis
180 L’INITIATION cordauce mal déguisée de ses antagonismes, qu’elle en a presque Oublié ses préoccupations les plus graves, comme celles qui la menacent à Constantinople. Puis elle a couru vers des combinaisons nouvelles: L’Angleterre, l’Italie, hier encore eflrontément mena çantes, se rapprochent aujourd’hui de l’alliancenouvelle parce que le centre de gravité européen s’y transporte.
Le fondateur tristement célèbre de la Triplice, comme aveuglé dans sa colère, semble se plaire à porter lui même les derniers coups à sa création en se targuant avec éclat des fourberies qui lui prêtaient une fausse gran deur. Quel rôle admirable est donc offert à la France si elle sait par sa sagesse assurer ce triomphe tout nouveau de l’union naturelle des peuples sur l’association éphémère et perfide des intérêts dynastiques ou mercantiles !
Et que faut—il pour qu’elle y réussisse? Les événements intérieurs de ce mois l’indiquent clairement pour qui sait tant soit peu les harmonies trinitaires. Voyez en effet comme ils sont significatifs sous les apparences de la dispute perpétuellement renouvelée entre nos partis à l’assaut du pouvoir.
Le 18, discours à Oléron du ministre du jour; en même temps, discours à Carcassonne du ministre d’hier; huit jours après, discours à Marseille du ministère de demain réclamé par un parti nouveau ou rajeuni, le progres— siste modéré. Qu’avons-nous entendu dans ces trois programmes également applaudis et retentissants?
Dans le premier, M. Barthou, célébrant la victoire de son parti sur les radicaux qui l’ont précédé et défiant en conséquence le socialisme militant, garantit naturelle ment l’infaillibilité des émollients qu’il propose à l’examen des Chambres; mais retenons surtout dans son discours l’affirmation «t qu’une diplomatie avisée et prudente n’a «t pas, pour la réussite de ses desseins, de plus précieux « auxiliaires que la sagesse, la modération et l’esprit de < suite dans la politique intérieure. » Or cet esprit de suite est précisément ce dont nos ins titutions nous privent le plus si nous en croyons le dis— cours de M. Deschanel à Marseille. Redoutant le despo Q.
‘ NOTRE BULLETIN POLITIQUE 181 tisme d’une Chambre unique autant que l’agitation stérile des changements perpétuels, il voit fort bien une cause essentielle de nos maux dans l’infinie multiplicité de l’action individuelle incapable de se concentrer en une conduite suivie.
Il propose à ce mal un remède secon— daire, mais qu’il faut remarquer: la représentation pro portionnelle qui pourrait du moins faciliter la formation d’une majorité au Parlement.
Le rappel de notre résident de Madagascar est venu en ce même mois appuyer cette critique de M. Descha— nel en accentuant une fois encore les indécisions de notre politique, qui sans cesse hésite entre la soumission à l’esprit protestant anglais ou germain et les vieux prin cipes gallicans. M. Bourgeois, à Carcassonne, s’attaque à un autre genre de critiques, à savoir à l’impuissance qu’engendre le dualisme de la Chambre et du Sénat.
Il voudrait donc une revision non pour la suppression de la Chambre haute, mais pour la réduction de ses pouvoirs. Mais, en face de ces manifestations théoriques, voici deux événements pratiques où l’action privée donne la mesure de ce qu’elle peut faire sur le terrain si brûlant des réalisations économiques.
Je veux parler d’abord du congrès tenu récemment à Paris par les partisans de la coopération, et surtout de cette singulière fondation de la verrerie de Carmaux où le socialisme s’étonne lui même du triomphe qu’il doit à la générosité inattendue de quelques partisans et plus encoreà l’effarement de ses adversaires.
Victoire trop facile peut-être, épreuve pré maturée, dangereuse même pour le parti qui s’est montré si incapable à profiter de l’arme autrement précieuse des syndicats ouvriers, mais succès du moins qui devrait nous rappeler à tous que c’est surtout à l’expérience encore tout instinctive des hommes de labeur que les réformes économiques qu’ils réclament apparaissent de jour en jour plus équitables et plus possibles à réaliser.
Or c’est assez de ces trois pensées ainsi exprimées à la fois pour nous orienter vers la solution trinitaire de nos difficultés fondamentales. Puisque l’expérience journalière des travailleurs triom phe des préjugés économiques des théoriciens, puisque
182 L’INITIATION les événements même vont pour ainsi dire au-devant de leurs désirs et deleurs prévisions, non seulement par des fondations comme celle de Carmaux, mais par des faits bien plus importants et plus imprévus, comme l’abaisse ment rapide et constant'de l’intérêt de tout capital, lais» sons à la compétence des travailleurs eux-mêmes, de tous ordres, la discussion des difficultés. économiques dont ils souffrent tout particulièrement.
Il suffirait pour cet acte de justice et de bon sens, d’organiser par le suffrage universel une représentation spéciale dont les syndicats seraient la base naturelle toute prête. Puisqu’un Sénat purement critique comme le nôtre n’apparaît guère que comme un frein encombrant ou comme un approbateur inutile, rendons-lui son indé pendance et la majesté qui convient à son nom en en faisant, selon la belle définition de Bodin.
« l’assemblée légitime des conseillers chargés de donner avis à ceux qui ont la puissance souveraine en toute république ».
Qu’à cet effet composé non de politiciens militants, mais d’hommes signalés à l’estime publique par leur sagesse, leur expérience et leurs capacités, il soit chargé tout spécialement de reconnaître et de préserver cette tradition nationale qui fait la grandeur d’une république sans nuir à la multiplicité légitime de ses intérêts privés.
Tels furent les sénats de Sparte, d’Athênes, de Rome. de Venise, de Gênes; telle est la Chambre anglaise des lords. Et combien pourrait leur être supérieur le Sénat de la France, à l’esprit autrement généreux et large que ces peuples égoïstes!
Quant à la Chambre des députés, il lui resterait le rôle difficile, mais complètement approprié à ses origines, de réaliser en lois pratiques les décisions de la Chambre économique et celles du Sénat traditionnel, puis d’en assurer et d’en surveiller l’exécution, notamment par les votes de l’impôt public.
Enfin l’assemblée pleinière des trois Chambres nous rendrait périodiquement cette grande institution des états généraux qui a toujours été si profitable à la France. Chacune des classes sociales que la nature même im pose à l’humanité et qui ne sont dangereuses que - ‘ .’ la!" ‘4‘ «m'a: If4}fläl(..-|
NOTRE BULLETIN P0l.IIIQUE 183 lorsqu‘elles veulent s'exclure. recevrait ainsi. avec le rôle qui lui convient, la possibilité légale de satisfaire les ais pirations qui lui sont propres, pour le plus grand profit du corps social. Au peuple producteur l'économie pra tique.
A la bourgeoisie préparée par des siècles d'expérience, à la finance et à la législation la direction réalisatrice, l'expression légale de la volonté publique manifestée par les états généraux. A la noblesse véritable fondée sur les seules vertus de notre temps, l’unité de conduite dans la politique inté rieure et extérieure. Et qu'il faudrait peu de modifications à nos institu— tions pour une transformation pareille!
Une simple loi électorale réglant le choix de ces divers mandataires, car il est clair que notre mode de suffrage actuel n'y pour rait suffire. Il le faudrait varié avec les chambres selon des principes sur lesquels nous aurons à revenir quel que jour. 11 y faudrait notamment quelque part cette représentation proportionnelle que nos plus modérés réclament déjà.
Vous apercevez bien aussi que cette constitution nou velle entraînerait tout naturellement l'épanouissement ou, pour mieux dire, le réveil de cette puissance spiri— tuelle indépendante que la loi récente des Universités nous fait espérer déjà, et qui fit autrefois tant d’honneur à notre chère patrie! C‘est la. lumière indispensable des consciences appelées à la conduite des affaires de cha que jour.
Mais l’Esprit de la France, retrouvant dans ces germes de synarchie trinitaire toute la puissance de son Verbe, aurait bientôt repris ce rôle de haute direction morale, intellëctuelle et politique que l'Europe était accoutu— mée à recevoir depuis des siècles de son génie lumi neux et chevaleresque. TRIPLEX.
184 L’INITIATION vfiR@UPE ÆNDÈPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES M. Louis Esquieu S., I., est nommé délégué général du Groupe pour le sud-est de la France. Tous les quinze jours, le jeudi, Papus fait à}la E] Her manubis une étude sur Pistis Sophia. Ceux de nos lec teurs qui voudraient être admis sont priés de s’adresser par lettre à M. Paul Sédir, 4, rue de Savoie, Paris. ITALIE. — La Branche de Rome du groupe ésotérique vient d’être constituée.
Tous nos compliments aux or ganisateurs. 0'. Notre F -f-_ Bruni compose en ce moment un petit L’a téchisme occultiste en italien et demande qu’on lui envoie les questions qui semblent les plus importantes à être traitées. Adresse: M. F. Bruni Communanza (Ascoli Piceno) Italie. De plus, le Dr Giovanni Hoflmann prépare un travail intitulé Études ésotériques, aussi en italien, et M. Pietro Bornia une Histoire de l’occultisme.
On voit par là le mouvement créé par le martinisme en Italie. I un BOHÊME. —— On nous annonce de Bohème la fondation d‘une revue scientifique de l’occultisme destinée, sous l’inspiration, parait-il, des groupes martinistes de ce pays, à propager dans le peuple les doctrines de l’occultisme.
GROUPE !NDÉPENDANT D‘ÉTUDES ÉsorÉarçuss 185 Î,__,_, _ Un tsunami moderne SUR LA MAGIE DES ÉGYPTIENS Voici la singulière histoire que m‘a racontée Mme D... un soir où nous avions beaucoup parlé de science et quelque peu de haute science. Je la rapporte telle qu’elle me fut contée dans les moindres détails. Mme D... dont le témoignage est au—dessus de toute discussion,ayant bien connu en Angleterre les héros même de l'aventure.
M. X... était un homme actif, très amateur de sport et possesseur d’une assez grande fortune; il avait environ trente-cinq ans, était marié, occupait dans une grande ville du sud de l’Angleterre une situation importante. L'été de l’année 1884, las des chasses du continent,il lui prit fantaisie d’aller chasser l'éléphant en Afrique. Il fréta un yacht à vapeur qui devait le mener pendant la saison propice sur la côte orientale de l'Afrique.
Deux de ses amis l’accompagnèrent: le départ eut lieu en septembre; on aborda au lieu désiré, mais la chasse n’y fut pas très fructueuse quoique fort intéressante par les dangers qu’elle présentait : l’éléphant africain est, parait il, plus redoutable qu’aucun autre. La chasse finie, on rembarqua.
M. X..., qui était en même temps un curieux et un collectionneur s’était muni entre autres choses d’une lettre pour le khédive qui devait lui permettre de pratiquer des fouilles en un point de la vieille Egypte encore inexploré parles archéologues. Tout se passa en effet selon ses prévisions, et les travaux de terrasse ment effectués mirent bientôt à découvert des sarco phages, des sculptures et des restes d’architecture égyp tienne primitive.
En particulier, M. X... fit ouvrir un sarcophage remarquablement beau et qui contenait une momie si bien conservée et si richement peinte que , M. X... voulut absolument la faire porter à bord de son yacht et l’emporter avec lui. Malgré le peu d’enthou siasme marqué par ses amis pour cette trouvaille, la momie fut embarquée et, avec les objets les plus pré
186 L'INITIATION cieux provenant de ces fouilles, transportée en Angle terre. Là, les voyageurs se séparèrent: M. X. . revint chez lui. . Mrs. X... fut vivement contrariée à la vue de cette momie par un sentiment mélangé de crainte de l’inconnu et de respect pour les morts; elle demanda à son mari de faire transporter tous ces souvenirs de vôyage dans une chambre haute de la maison, afin qu’elle ne les ait plus sous les yeux.
Quelques mois se passèrent, et la mo mie fut oubliée. Mais, au fur et à mesure que le temps passait, le ca— ractère de M. X... se modifiait progressivement : il était préoccupé, distrait, et sa pensée s’arrêtait de plus en plus sur une idée fixe qui devint bientôt obsédante.
Il voulait retourner en Afrique pour chasser l’éléphant; il fit va loir à ses anciens compagnons de route les plaisirs d’une nouvelle expédition; tous firent la sourde oreille: la première n‘avait pas été sans doute assez intéressante pour les décider à renouveler le voyage.
M. X... s’entêta de plus en plus et, voyant que personne ne cédait à ses sollicitations, il déclara qu'il irait seul; un de ses amis, M. K..., le voyant résolu à partir quand même, voulut bien alors l’accompagner. Départ, traversée,-arrivée à la côte d’Afrique, tout se passa bien. La chasse eut lieu, très animée,très intéressante.
On se préparait à regagner l'Angleterre directement cette fois, et sans arrêt en Egypte, quand un homme de l’escorte prévint M. X... qu’on avait signalé dans les environs un magnifique soli taire, de taille gigantesque, et que ce serait, pour clore la chasse, un digne coup de fusil. Malgré les insistances de son ami qui réclamait le départ, M. X...voulut encore abattre cet éléphant, et le lendemain la chasse eut lieu.
On rencontra l‘animal, et, dans les péripéties de l’attaque, sans que personne ait pu comprendre comment, M. X... se trouva tout à coup isolé, ce qui ne se produisait jamais. Un coup de feu retentit, et les chasseurs n’arri vèrent assez tôt que pour voir l’éléphant blessé piétiner ’le corps de M. X... Ce fut la triste fin de la chasse.
On enterra le corps de M. à une grande profondeur; d’énormes pierres furent entassées sur sa tombe pour la défendre et formèrent un mausolée haut comme une :.‘-r
UN DOCUMENT 187 maison. Enfin, pour être sûr de retrouver l’endroit, les arbres furent rasés dans les environs, et la route jusqu’au village le plus proche marquée sur les arbres et sur les roches. M. voulait en effet, dès la saison suivante, revenir chercher le corps de son ami. Pendant ce temps, en Angleterre, Mrs.
X... attendait des nouvelles de son mari avec la plus grande inquétudeæ un jour, en effet, ayant cherché dans les chambres hautes quelques objets pour décorer son salon, elle revit la fameuse momie dont elle avait oublié l'exis tence.
La même impression pénible la ressaisit et, vou lant se débarrasser de cette présence chez elle, elle écrivit à un conservateur du British Museum que, son mari ayant l’intention de donner plus tard la momie en question au musée, elle le priait de faire prendre dès cejour cette antiquité chez elle et de la faire trans porter dans les salles égyptiennes; elle donnait, pour le décider, ce prétexte que cela lui donnerait plus de temps pour étudier les papyrus et les inscriptions qui entouraient cet objet.
Mrs. X... ajoutait qu’elle serait heu reuse de connaître l'interprétation générale des hiéro glyphes relatifs à cette momie. Il fut fait selon son désir, et quelque temps après Mrs. reçut du'conservareur les renseignements suivants lus sur les papyrus: Cette momie était celle d’une princesse-prêtresse.
Une for mule spéciale très curieuse,disait le traducteur, conte nait ces mots: « Nulle main ne doit me toucher; celui qui violerait ma sépulture mourrait dans l’année et, s’il transportait mon corps en pays étranger, il lui fau drait revenir l’année même dans la terre de ma sépul ture: là, il mourra, son corps sera enfoui dans la terre: la terre prendra son cadavre et jamais on n’en retrou vêra même une parcelle. ) C’est encore sous l’impression de ces terribles pa— roles que Mrs.
X .. reçut le télégramme lui annonçant la mort de son mari en terre d’Afrique; à peine de retour en Angleterre, M. K..., l’ami et le compagnon de _ voyage de M. X..., dut repartir sur la prière de M. X... afin de chercher le corps de son mari. Il retrouva aisé ment le village, la route du mausolée, le mausolée intact parmi les arbres coupés. Mais, quoique ce fût quelques
188 L’INITIATION q«—....YW..’m..»r-..r... ‘rW_—Wu—__““vy , mois à peine après l’ensevelissement du corps, on ne le retrouva pas. La terre fut retournée et examinée sur un périmètre double de celui du mausolée et profondément creusée : on ne trouva rien. M. revint seul en Angleterre en 1885. Ainsi fut exécutée par l’invisible la sentence suprême de la prêtresse. Nous dédions ce récit aux sceptiques, mais surtout aux imprudents. Dr MARC HAVEN.
BŒBIËÆQGÊAJËÆÆE Gaston Méry, la Voyante et les derniers Événements de Tilly. Le Roi, le Tsar. -— 7° fasc., Dentu, 78, boulev. St-Michel. Il se lit sans fatigue et avec le même intérêt que les précédents, ce 7e fascicule, qui n’est pas le dernier que doive écrire M. Méry. Il parait que M. Gombault I,vient de faire paraître un nouvel ouvrage où il l’attaque à propos de Vintras.
L’abbé lui ayantreproché d’avoir versé dans l’occultisme, M.Méry lui répond: (<Dire que j’épouse les idées de Papus ou de Marc Haven, ou de Stanislas de Guaita, parce que je les expose, c’est un procédé de polémique indigne de vous.
D Il reproche à son contradicteur de n’avoir point de cha— rité chrétienne, nie être un spirite et un commentateur du Tarot, et avoue très simplement que ses impressions sur les faits de Tilly se modifient parce que les faits varient. L’auteur expose, avec une loyauté parfaite, quantité de‘ visions nouvelles: il a vu lui-même surgir un édifice en briques émaillées.
Depuis le 10 septembre, Louise Polinière et Marie Martel ont dans les yeux, très visible, l’image de la Vierge quand celle—ci leur apparaît. M. Méry se demande (avec raison) s’il n’a pas eu tort de parler des prophéties de M116 Couédon sur un ton de détachement sceptique. Ce qu’elle annonce arrive. Le
BIBLIOGRAPHIE I 89 roi futur s’est présenté chez M“° Couédon. Les « gens blasonnés » vont organiser son parti. La voyante nous prédit pour cette année un troisième cyclone, l’évasion de Dreyfus, et pour un temps prochain la mort de souverains européens, la guerre et l’invasion de notre patrie. Acette excellente brochure, nous ne ferons qu’un reproche : la partie consacrée à M“° Couédon est trop peu étendue.
SATURNINUS. n «un Guerre et Révolution, d'après les prophéties ancrennes et modernes, par le baron de Novaye.Préfacede G. Méry, Cha— muel, éditeur. 1 fr. 50. Les pr0phéties modernes sont de nouveau à la mode après un trop long discrédit.
La haute impartialité des rédacteurs du Voile d’1sis et de l’Initz’ation au sujet de ces prophéties a probablement décidé M. de Novaye, un catholique fervent, à présenter son manuscrit chez un éditeur d’œuvres occultes.
Il eût été regrettable que M. de Novaye n’eût point publié son travail: c’est un de ces petits volumes commodes à consulter, qu’aime— ront à posséder tous ceux qui ne veulent point consacrer un rayon de leur bibliothèque aux principaux ouvrages édités sur les varicinations modernes.
M. de Novaye a montré du bon goût et de l’esprit critique dans ses choix, un jugement excellent dans les notes très sobres mises au bas des pages, enfin un réel talent de mise en œuvre dans son Analyse des prophéties, qui, placéeàla fin du volume, sera précieuse pour quiconque voudra écrire un article sur un sujet aussi difficile.
Sur la ques tion du grand Monarque prochain, M. de Novaye, après avoir cru qu’il sortirait des Naundorf’l’, accepte la révélation faite par M“° Couédon, qu’il juge inspirée par un esprit bienheureux. Mais il juge peut-être la grande guerre plus rapprochée qu’elle ne peut l’être. Jusqu’à nouvelles informations, j’hésiterais même à dire qu’elle doive éclater cette année ou l’année prochaine. En effet, des prophéties ont annoncé qu’un hiver doux et court la précéderait. Or le prochain est annoncé
190 L’lNIT1ATION comme devant être rigoureux. Ces prédictions seraient elles du nombre des abrogées? M. de Novaye a fait une erreur en affirmant que le prince qu'on prendra pour le vrai sauveur, et qui sera poignardé, sera un Bonaparte: c’est le duc d’0rléans. La seule lacune importante de ce travail, c’est qu'il ne fait aucune mention del’admirable prophétie de Primol.
Le mal sera réparé si un éditeur ou un directeur de revue publie la nouvelle édition du SoleiIprophétique de . M. Collin La Herte (1). Nous prions M. de Novaye de vouloir bien agréer nos respectueuses félicitations pour une étude aussi loyale— ment consciencieuse, qui en fait espérer de meilleures encore. SATURNINUS. U C M. A. Colin, 5, rue de Mézières, publie: Les Sur-humains d’Emerson, traduit par M. [zoulet (4 fr.) “J ROBERT KIRK (trad. par R.
SALVATOR). La République mystérieuse des elfes, jaunes, fées et autres semblables. — Une pla quette in—18, de luxe; en vente chez Chamuel. 2 fr. 50. Kirk était un pasteur écossais, simple et savant, sep tième fils d’une famille honorable, et à qui le rang de sa naissance semble avoir conféré, selon la tradition po pulaire courante, de mystérieuses affinités avec les êtres de l'Invisible.
Walter Scott prétend que, bien que sa pierre tombale élevée en 1692 se voie encore dans le cimetière d'Aberf0yh, il fut enlevé par les Fées, et qu’il est probablement encore captif dans leur royaume. — Son livre ne fut imprimé qu’en 1815 par Longmanet 0’; la présente traduction présente donc un intérêt de pre mier ordre au bibliophile comme à l'occultiste.
Les sujets de cette république mystérieuse, sont les fées, les brownies, les esprits des éléments, intermé (r) M Collin 'La Herte habite Montargis (Loiret). Il pourrait donner d‘utiles indicationsà M. de La Novaye sur le schisme prochain. .
BIBLIOGRAPHIE 191 diaires entre l’homme et les anges. Le pasteur Kirk donne sur leurs coutumes et leurs pouvoirs, surles dangers de leur contact, une foule de détails, que je ne puis trams crire ici, mais qui intéresseront au plus haut degré tout étudiant des forces occultes de la Nature; comme clé générale, on peut en rattacher la maîtrise à l’initiation rosi-crucienne; mais ce n’est pas le lieu d’exposer ces théories.
Il convient simplement d’être reconnaissant à M. Salvator d’avoir exhumé ces vieux documents, et à M. Bailly de les avoir livrés au public studieux. SÉDIR. 13, a S CHARLES DUBOURC. — Au Pays des Chimères, un vol. in-18, de luxe,! Chamuel, 1896, 3 francs. M. Dubourg est bien connu des lecteurs de l’Initiaiion, à la partie littéraire de laquelle il collaborait autrefois d’une façon très suivie.
Ceux qui ont alors goûté ces belles pièces, Pantoums, Incantation, les Vieilles Filles, seront heureux de les retrouver dans ce coquet recueil en compagnie de soeurs également charmantes et pitto resques. M. Dubourg n’a pas donné dans les poétiques compliquées de nos comtemporains : sa muse est plus simple d’allures, et elle sait de plus dispenser les plus riches couleurs sur les tableaux qu’elle nous présente.
Ce qu’elle chante le plus volontiers, c’est L’amour, cette fleur immortelle, et il faut convenir que « sa lyre amoureuse et voilée ) s’acquitte à merveille de cette besogne charmante. De l’amour, elle connaît les enthousiasmes et les blessures sanglantes; elle chante avec Salomon 0 rose de Saron, la rondeur de tes hanches,... Car la seule sagesse est encore d’aimer.
Mais M. Dubourg ne s’attarde pas à jamais dans les jardins d’Eros ; Vénus Uranie sut aussi le conquérir, et c’est à ses leçons que nous devons quelques pièces de la plus haute inspiration. Ce trop court recueil a toute la grâce mélancolique d’un adieu souriant auxjoies passa gères : Le palais idéal où vécut ma Jeunesse 5 est écroulé ; les murs, les poutres des plafonds, Pôle-mêle, au hasard, gisent dans l’herbe épaisse. j‘
192 L’INITIATION fil. Le poète s’est élancé résolument vers les sommets metaphy51ques de la pensée; il y a trouvé le silence et la paix : Comme on est loin lei—haut, des luttes de ce monde! A quoi _bori redescendre et quitter pour soufl’rir, La méditation consolante et féconde ?
Et_ c‘est pourquoi, tandis qu‘en bas l'âprc Désir. _ Aivns1_qu’unc araignée, aux humains tend ses toiles, Dedaignèux de lutter, puisqu’il nous faut mourir, Je reste sur la tour d’où l’on voit les étoiles. W. TCHERKESOFF. -— Pages d’histoire socialiste. Doc trines et actes de la Sociale-Démocratie. Aux « Temps Nouveaux », 140, rue Mouffetard. 0 fr. 25.
ALFRED GIRAUD. — Petit Dictionnaire de graphologie: Paris, Chamuel, 1896, in-18, 124 planches, 3 fr. (compte rendu prochainement). RICHARD WAGNER traduit par A. DELPIT. - Tannhæu ser, Lohengrin, Parsifal. — Frondspice, Paris, Chamuel, 1896, in-8. 4 fr. 50. A. Axsnxor. — Un cas de dématérialisation partielle du corps d’un médium, 1 vol. in-8, 4 fr. (En vente chez Chamuel, compte rendu prochainement).
Léo-“l‘axil démasqué OU MISS DIANA VAUGHAN Depuis plusieurs mois, nous réunissons des documents sur cette histoire de Diana Vaughan, qui est une des in ventions les plus amusantes du siècle pour faire peur aux naïfs et faire tomber beaucoup de gros sous dans la poche d’un syndicat d’auteurs et d’un éditeur. Ces mes sieurs ont entrepris l’exploitation en règle de la naïveté
LÉO TAXIL DÉMASQUÉ 193 des catholiques ignorants. Par malheur pour eux, il y a des catholiques instruits et ayant encore assez de raison pour avoir pris à cœur de mettre fin à cette comédie qui faisait un tort éno rme au catholicisme. On vient de dé couvrir que Miss Diana Vaughan, c’était...
Léo Taxil.Mais nous devons ajouter que cet ingénieux fumiste a aussi deux ou trois personnes du sexe féminin de rechange, qu’il présente aux ecclésiastiques mettant en doute sa bonne foi. Nous commencerons bientôt dans le Voile d’Isis une série d’articles sur ce sujet. - Parus.
Voici ce que dit le Journal des Débats sur le congrès où fut découverte la plaisanterie de M. Léo Taxil; LE CONGRÈS ANTIMAÇONNIQUE « On mande de Vienne au Times que le Congrès anti maçonnique qui s’est ouvert à Trente, samedi dernier, semble ne pas devoir répondre à l’attente des organisa— teurs. 800 personnes seulement l’ont suivi, et, sur ce nombre, on compte 600 religieux. L’élément laïque qu'on espérait nombreux est maigrement représenté.
28 archevêques et évêques avaient promis leur concours mais 12 seulement se sont montrés. « Comme la plupart des assistants viennent d’Italie, les débats ont eu lieu presque entièrement en italien, bien que plusieurs parlent français ou allemand. Le ton de la discussion a été dans la plupart des cas comparativement modéré. Toute attaque individuelle a été désapprouvée par la majorité de l‘assemblée.
« Nous devons haïr l’erreur, a dit l'évêque Balussi, mais nous devons aimer l’égaré. » « L'annonce que le gouvernement espagnol avait dé signé une commission spéciale pour décider si la franc— maçonnerie ne devait pas être interdite en Espagne et tous les fonctionnaires francs-maçons renvoyés a été accueillie par des applaudis5ements enthousiastes. On sait que la franc-maçonnerie est interdite en Autriche, comme étant une société secrète.
Toute personne qui entre au service du gouvernement doit déclarer qu’elle \ n’appartient pas a cette Société. En Hongrie, au con
1’94 L’INITIATION traire, la franc—maçonnerie est tolérée, et, par suite. les Loges autrichiennes ont leurs sièges à Presbourg et dans d’autres villes frontières de la Hongrie. « La discussion dans les sections a eu lieu à huis clos; on sait pourtant que l’un des plus curieux incidents a été soulevé à propos du livre de Miss Diana Vaughan.
L’auteur est une jeune fille anglaise dont la famille, depuis plusieurs générations, se livrait à des pratiques satantques ; elle y affirme avoir eu à Charlestown plu sieurs entrevues avec Lucifer lui-même et être en reîa tions fréquentes avec plusieurs des lieutenants immé— diats du démon.
L’un d'eux, un nommé Bitru, lui aurait même annoncé que, le 29 septembre 1896, naitraità Paris un rejeton direct del’Esprit du Mal et àl’appui de ses dires Miss Vaughan montrait un fae-similé de la signature de Bitru. Le livre avait fait du bruit en Angleterre ; mais, quand le Congrès se mit à le discuter, ce fut une protes tation du délégué de l’archevêque de Cologne et de tous les Allemands.
Cependant, les Français n’y souscrivirent pas, et plusieurs déclarèrent que Mgr Fava, évêque de Grenoble, connaîtrait l’auteur et aurait pour elle une haute estime. La discussion sur ce point fut très longue, et il fallut, pour la terminer, une séance de nuit.
On ne dit pas cependant si ce Congrès a approuvé les idées de Miss Vaughan. » Nouvnmns ®tvnases Nous recommandons vivement à tous nos lecteurs notre confrère Lu{ astral ( la Lumière astrale) de Buenos Ayres (6, passage Sarmiento) Cette excellente publication fait connaître l’occultisme dans l’Ainérique espagnole et est très bien rédigé. Voici le sommaire du numéro du 27 septembre.
Magie, —— Le Diable et son origine, — Maçonnerie, — Note sur l’histoire de la Maçs. dans l’Argentine, '— les Alchimistes modernes, — Occultisme pratiqué, — les
NOUVELLES DIVERSES 195 Chaînes mystiques, Un an après,— la Presse occul tiste allemande. u 00 Nous retrouvons avec le plus grand plaisir le nom de Marins George à la suite d’un article «Idées de demain » de I’Humanite' intégrale (sept.-oct. 96). Asignaler de plus dans cette revue la Causerie immortaliste de J.-C.
Chai gneau et un bel article, Conscience, de Emile de Rienzi. a u 0 Dans la Revue des Revues du 1er novembre 1896, très curieux article de M. Jean Fluor sur le Corps immortel. Notre confrère développe avec de très curieux argu— ments une thèse panthéistique qui n’est pas sans poésie. “k :54; Le numéro de septembre-octobre 1896 de la belle revue italienne Lux est du plus haut intérêt. M. P.
Boruia v étudie l’ésotérisme du conte arabe la Lampe ,d’Aladdin. M. E. Bruni parle de la Ligue ésotérique et du Mouvement occultiste. M. P. Falcomer disserte à propos du spiritisme expérimental. D’autres études de Elvira M, M. VVahltuch, Virginia Paganini, F. Abignente donnent à ce numéro un intérêt soutenu et exceptionnel.(Lux parait tous les mois, 82, via Castro Pretorio, Rome.) . \ O .
L’abondance des matières nous oblige à renvoyer au prochain numéro un curieux rapport sur d’intéressants phénomènes occultes signé Pervenche, ainsi que le compte rendu du Congrès international de Munich, par le chevalier de 'I homassin. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET c", RUE DE LA ÔPRÉFECTURE, .
; *4- km-M _ _ —r—-—.v. VIENT DE PARAITRE= Tirages à. part de l.’[NITIATION LUMIÈRE INVISIBLE MÉDIUMNITÉ‘& MAGIE Avec 4 planches électrographiques inédites . PAR PAPUS , Prix . '. . . . .. . . . . . . . . 1 fr. LE CAS DE LA VOYANTE _DE LA RUE DE PARADIS Devant la Tradition et la Magie Apis PAPUS LA MAISON HANTÉEDll’ALENGE-EN-BBIE ‘ âàââàâââàâæ ’IÏIËSICLAIRVOYANTS .Ô . ä présentent des avantages qu’aucune société n‘a encore offerts.
En ' de maladie, ils paient, à ‘è leurs adhérents, 3 . par jour, au maxim .Ô pendant 480 jour t après, 4 fr. par jour p - ' d t 5 ans. — C’ la 4" Société ui accorde de } avantages po r une si faible 'Sation. ' ‘ Chaque année, aque adhérent paie une men sualité ré dent à la cha de maladie qu’il présente. te mens lité de 0.55 de 48 à .Ô20a ‘d00.75d62 29;d60.80do30à35; ' de O. de 36 Mm; de 4 fr.
40 de 44 à 42, etc. Son tarif atteint donc l’idéal, car il n’exige de chacun que ce que la Société est présumée devoir débourser pour lui. En payant 11 cotisation double en a une ‘ double indemnité. — 5 femmes sont admises. Dl enta,envoyezv a carte,a non dlreeteur,12,place de la Bumle.; Par L|eaet [t ont. 16” a@m.m. W ŒÉÊÊËÊ?ÊÊÏÊ?63ÉËÏg
E" aussrraux Er asvuas nocunrrsras RECOMMANDÉS SPÉCIALEMENT LANGUE FRANÇAISE L’Initz’atz‘on (revue mensuelle), I0, avenue des Peu ' pliers, Paris. Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire), 5, rue de Savoie, Paris. L'Hyperchz’mz’e (revue mensuelle), Ig, rue St-Jean, v Douai (Nord). HERMËTISME, ALCHIMIE La Thérapeutique intégrale (revue mensuelle), I0, rue Durand-Claye, Paris MÉDECINE HERMÉTIQUE, HOMŒOPATHIE LANGUE ANGLAISE 7he Monzing Star.
Dépositaire, Chamuel, 5, rue de Savoie, Paris. (Peter Davidson, Loudsvi‘lle,White C°, Georgia, U.S.A.) LANGUE ESPAGNOLE Lug astral (hebdomadaire, à La Plata (République Argentine), 6, pasage Sarmiento. LANGUE ITALIENNE Luz (revue mensuelle), 82, via Castro Pretorio, Rome AVIS_1MPORTANT. — Tous nos confrères ci de_ssus Cités et ceux qui voudraient être cités sont priés de reproduire in extensa cette liste.
.<_= Principaux Ouvrages recommandés pour l’étude de l'OCCULTlSME et de ses applications CONTEMPORAINS I F _CH BARLET f L’Évolution de l’Idée. l L’Instruction Intégrale. f Le Serpent de la Genèse. STANISLAS DE GUAITA . . ( Le Temple de Satan. s Traité méthodique de Science Occulte. PAPUS . . . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique. f La Science des Mages. A. JHOUNEY. . . . . . Ésotérisme et Socialisme. RENÉ CAILLIÉ . . . . . .
Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAS l.Évr . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. ( La Langue hébraïque restituée; _ l Histoire philosophique du genre humain. ALBER'I‘ POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. FABRE D’OLIVET. . . . LITTÉRATURE f La Magicienne. ' A Brûler. f Zanoni. ( La Maison Hantée. MYSTIQUE p S. R i Jeanne Leade. ' ED’ ' ' ' ' Jacob Bœhme et les,Tempéraments.
JULES LERMINA . IÊULWER LYTTON . . . . POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSER: i la librairie CHAMUEL 5. rue rie Savais, PARIS ’Enuoz’ Franco du Catalogue. TOURS, IMP. E. ARRAULT ET 6’”.