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Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÊE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS î? 0. >I< Docteur en médecine ——Docteur en kabbale 82° VOLUME. -— 9'“ ANNÉE , , , y 9 SOMMAIRE DU N° "* (Septembre 1896) .—p‘—— PARTIE INITIATIQUE... Méthode de l’Occultz‘ste. . Papus. (p. 197 à 202.) Un Traité de Magie pra tique . . . . . . . . . . . Prentice Mulford. (p. 202 à 218.) Cogz’tations . . . . . . . .
Guymiot. (p. 218 à 222.) Le Secret de l’Univers (à suivre) . . . . . . . . Amaravella. . 222 à 231.) PARTIE PHILOSOPHI- Questions de Psychologie QUE . . . . . . . . . . .. occulte . . . . . . . . . . Raym. Duplantier (p. 232 à 251.) Une Page de. . . . . . Bulwer Lyt’ton. (p. 252 à 255.) La '1erre, sa forme, ses . mouvements . . . . . . . Aug. Strindberg. (p. 255'à 263.) Les Missions de Jeanne d’Arc et d’Henriette Couédon. . . . . . . . .
Saturninus. ' ' (p. 263 à 268.) BIBLIOGRAPHIE . . . . .. Le Catéchisme de la Paix d’Eliphas Lévi. . . . . Sédir. (p. 269 à 271). Bulletin politique (Triplex). —‘ Groupe Indépendant d’Etudes ésoté riques. — Division du Corps astral (Ulric). — Courrier Bibliogra— phique (Sédir—Saturninus). —— Nouvelles diverses. —,Souscription René Caillié. — Errata.
' l‘ont ce qui concerne la, Rédaction et les Echanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, me de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. _ n- n- - mv vmum r—w
PROGRAMME ’ , Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestionà distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. ' , L’Initiaricn est l’organe principal de cette renaissance spiritua— liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la! méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
' Dans la Religion, à donner une base solideÿà la Morale parla découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la’ Métaphysique. ‘ Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de, toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre, l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux, grands fléaux contemporains : le cle‘ricalisme et le sectarisme sous: toutes leurs formes ainsi que la misère. - ' Enfin l’Initiaiion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’Initiution expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. V La première partie de la Revue (Initialique) contient les articles1 destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les étudès de Sciencd Occulte.
La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Iniîiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois ci compte déjà huit années d’existence. -—- Abonnement: 10 frand par au , (Les, collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Initiation du 15 Septembre 1896 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE 1’ Initiation [0 PARTIE INITIATIQUE AMO— F. C11. BARLET, S.'. I.'.â— STANISLASDEGUAITA, S.‘. I.'. ;; —GUYMIOT. —MARC HAVEN, S.'. I.'. gâ—JULIEN LEJAY, S.'. I.'. & —-— ÉMILE MICHELET,S.'. I.'. (C. G. E.) —— LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. —GEORGE MONTIERE, 8.“. I.'. ,"\v —PAPUS, 5.'. I.'. ,1} — QUÆRENS, S.'. I.'. (D. G. E.) — SEDIR, S.'.
I.'. - SELVA, S.'. I.'. (C. G. E.) 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. —— AMELINEAU. — ALEPH. — D” BARADUC. — Le ".'. BERTRAND 30' — BLIT2. — BOJANOV. — JACQUES BRIEU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — FABRE DES ESSARTS. ——- D" FUGAIRON. — DELÉ 1NIER. — JULES GIRAUD. — HAATAN. —— L. HUTCHINSON. — JOL IVET-CASTELOT. — L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON IEY. — HORACE PELLETIER. — G.
PoIREL. -— RAYMOND. — A. E R. — D' SOURBECK. —— L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. V1— 00x. — HENRI WELSCH. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVILLE. — E. GOUDEAU. — MA I)ËL DE GRANDFORD. -— JULES LERMINA. —- L. HENNIQUE. — JLES DE MARTI—IOLD. —- CATULLE MENDÈS.—-— GEORGE MONTIERE. — ÉON RIOT0R. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE lGOGNE. -— C11. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH.
DUBOURG. -— RODOLPI—IE DARZENS. —— JEAN DELVILLE. — lmN DIETSCHINE. -— MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — )MOND PILON. -— J. DE TALLENAY. —- ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L'lnin‘atimz du 15 Septembre 1896’ - L’ I N I T IA T I 0 N ”“’Ëi’iä‘ä“”’l DIRECTION ADMINISTRATION Villa llonlmorency, 10, aven. des Peupliers ABONNEMENTS, VENTE AU NUME.RO PARIS—A UTEUIL I)IRNCTEUR : PAPU s CHAMUEL, DIRECTEUR ADJOINT : Lucien MAUCHEL ’ 5, Rue (10 Savate Rédacteur en cl1cl : _ F.-Ch. BARLET . , Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an. 10 lr. J. LEJAY — PAUL SÉDIR ÉTRANGER, —- I2 tr.
RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être ‘ de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans l le corps d’un article. l Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, ’ 40, avenue des Peupliers, Paris. ’ MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la l rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus ‘ à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours‘ composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passa au plus tôt que le mois suivant. , GROUPE IIIIIEPEIDAIT D'ÉTUDES ÉSOIERIQIIE8 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants —- Groupes d’Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. PaulSÉDIR, l directeur adjoint, 4, rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre 1 pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe l ORDRE MARTINISTÉ , ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE 1CROIX. —ÉGLISE GNOSTIQUE l
H,v. 7k?“ -:.,'., ‘fl. La. reproduction des articles inédits publiés par l’lniliation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale.
PARTIE INITIATIQUE la Méthode tlttultittt DANS L’ÉTUDE DES FAITS PSYCHIQUES Les réactions du plan invisible de la nature sur le plan visible ou physique se multiplient en ces der— niers temps avec une grande rapidité, et nous avons eu l’occasion d’étudier de notre mieux la Voyante de la rue de Paradis, les faits de Tilly—sur-Seulles et la maison hantée de Valence-en-Brie.
A ce propos, il nous semble utile de répondre à plusieurs de nos amis qui nous ont demandé de rappeler en quelques pages la méthode d’investigation pratiquée par les oc cultistes dans les faits de ce genre.
L’occultiste possède une connaissance des « possi bilités » de la Nature qui la place bien au-dessus du critique profane; mais il doit éviter comme la peste les conclusions hâtives des demi-initiés, et, quand on voit un monsieur entrer dans une maison hantée et ‘s’écrier au bout de cinq minutes d’examen: « C’est un Esprit », il faut être assuré qu’une conclusion ainsi formulée est aussi légèrement posée que celle du ma 7
I 98 L’INITIATION ‘ . gistrat qui dit a priori : « C’est un mauvais plai— sant. » L’un et l’autre des critiques sont aussi loin de la véritable méthode de l’occultisme qui demande avant tout une étude longue, minutieuse et très dé— taillée du moindre phénomène.
Car l’occultiste est le représentant d’une tradition respectable qui n’a jamais varié dans l’explication des phénomènes depuis trente-six siècles et quiest chaque jour lumineusement confirmée par les expériences et par les phénomènes récents.
' Entre autres affirmations, la tradition occultiste en seigne que tout phénomène de déplacement d’objets sans contact est accompagné de l’extériorisation du corps astral avec réaction proportionnelle sur le mé— dium. Le livre de M. de Rochas l’Exte’rz‘orisati0n de la motricité est une confirmation complète de cet en seignement.
L‘occultisme a des théories qui lui sont bien per sonnelles sur la substance astrale et les images as trales, sur les élémentals et leur action dans la pro duction des idées vivantes. Ces théories semblaient même si téméraires aux profanes qu’ils ont pillé sans crainte tout ce qui se rapporte au corps astral et à la réincarnation dans la tradition occulte, mais ont laissé de côté toute cette partie concernant la lumière astrale.
Et voilà que ces idées vivantes sont photo graphiables et qu’outre les recherches du Dr Baraduc, d’autres savants sont parvenus à obtenir des photo— graphies, des images vues en rêve, et cela en plein jour et en braquant un appareil sur une personne en dormie et rêvant. Voilà encore une confirmation
LA MÉTHODE occu LTISTE 199 matérielle de la théorie des « images astrales ». L’occultiste peut donc marcher sans crainte à la recherche de l’inconnu; il possède une tradition et une méthode qui lui permettront d’agir toujours à coup sûr, s’il ne marche pas imprudemment. Nous allons résumer rapidement les grandes règles à suivre dans l’étude de tout phénomène. I.
Tout d’abord recherchez avec soin si le phéno mène que vous êtes appelé à constater est réel en tant que fait. 2. Une fois la' réalité du fait dûment constatée, voyez si ce fait est produit par une force physique connue. Ainsi beaucoup de craquements de meubles attribués aux « esprits » sont dus à la tension hygro— métrique de l’air et aux changements de cette ten sion. 3.
Après avoir bien constaté que le fait n’était pas dû uniquement aux forces physiques connues, déter minez bien la part de ces forces dans la production des phénomènes s’il y en a une, quelque petite qu’elle soit. 4. C’est maintenant que vous aborderez le premier point délicat. Quel est l’être humain dont la force as trale est utilisée conciemmentou inconsciemment dans la production du phénomène ?
D‘après la tradition, Dieu agit sur le plan astral par ses anges et sur le plan physique par les êtres hu mains. A moins d’exceptions extraordinaires, il y a toujours un être humain mêlé consciemment ou in consciemment au phénomène. Si du premier coup cet être-là ne vous apparait pas,
200 L‘INITIATION procédez par élimination, et vous arriverez ainsi. en écartant successivement ceux que le phénomène n’ac compagne pas, à découvrir le ou les patients pos sibles. 5. —- Il faut redoubler alors d’attention et de pru dence; car vous aborderez l’inquiétant problème de la fraude. Fraude à l’état de veille et consciente; fraude à l’état second et inconsciente; mais toujours fraude.
C’est là le point où les magistrats profanes trébu chent presque toujours, c’est là que l’occultiste doit redoubler d’efforts. Aidez—vous de lucides si vous en avez sous la main, expérimentez la réceptivité hypnotique des patients . Enfin, s’il s'agit de maisons hantées, garnissez de sciure ou de farine le parquet des pièces où se pro— duisent les phénomènes,et notez le moindre change ment survenu.
N’oubliez jamais non plus la réaction du milieu sur le médium et rappelez-vous que certains faits peuvent renfermer un mélange de vérité et d’erreur.
Quand vous aurez écarté la fraude et que vous serez assuré de la réalité absolue du fait, vous pourrez aller plus loin. - 6. — Déterminez les relations du phénomène avec le patient.Voyez si chaque fait produit ne correspond pas à une diminution de force du patient, à la con traction de certains de ses muscles, etc. Cherchez en somme la relation du fait avec l’extériorisation des forces du patient. 7. — Dans la plupart des cas vous vous arrêterez là et vous constaterez que ces phénomènes attribués aux
LA MÉTHODE OCCULTISTE 20[ ,a fl-crmWzw«ua.ww .ÿ_.,_as.w:.äaa“._ A:.;;; , A « esprits » sont simplement et uniquement dus au corps astral du médium. Mais il estdes cas où l’étude attentive vous indique qu’il faut aller plus loin. 8. — Il s’agit de rechercher l’influence intelligente invisible et étrangère au patient qui utilise la force psychique mise à sa disposition. Cette influence peut être : A.
Un élémental dynamisé par un désir, une ter— reur ou un remords du patient; B. Un élémental créé par la volonté d’une autre personne humaine (phénomènes d’envoûtement); C. Un élémentaire ayant été en relations avecle patient; D. Dans certains cas les «images astrales » peuvent seules être mises en cause; E.
Enfin, quand plusieurs de ces influences vous paraissent agir, notez-le car un phénomène psychique peut être un composé au même titre qu’un corps chi mique. et l’analyse doit suivre les mêmes règles dans les deux cas. 9. —— De toutes façons, recherchez l’inscription des faits par l‘enregistrement mécanique et la photogra phie et rappelez-vous qu’une plaque sensible est tou jours z'mpressz‘onnable par le plan astral.
La photo— graphie est réellement le toucher de l’astral. 10. —— Quand vous aurez fait votre rapport, repor tez—vous à la bibliographie occulte et recherchez les analogues de votre phénomène déjà connus. Il. -— Nous arrivons maintenant à la description du fait pour les profanes. Ici la plus grande prudence est nécessaire. Chacun peut suivre son habitude;
202 L’INITIATION nous conseillons de notre part les règles suivantes : A. Ne jamais exposer de théorie aux profanes, ou, tout au moins, s’en tenir à la théorie strictement in— dispensable à l'exposé occultiste du phénomène ; B. En cas de discussion, traiter les profanes en pro— fanes et SE TAIRE plutôt que d’aborder les détails d’o pération qui sembleraient grotesques aux matéria— listes et aux critiques ordinaires; C.
Par contre, insister beaucoup sur l’analyse du phénomène et sur sa réalité: détruire les objections avancées par les ignorants et les discuter toujours avec grand soin. Ces règles pourraient être encore développées ; mais nous n’avons voulu pour l’instant que poser les grandes lignes qui permettent à chaque véritable oc cultiste d’agir avec sang-froid et prudence. PAPUS.
NÏI‘II©lË SUR LA Vie et les Œuvres cle Prentite l‘llulfrdl Les pages dont nous présentons aujourd’hui la tra duction française aux lecteurs de l’Initt‘atz‘on, paru rent, il y a peu d’années, à Philadelphie, réunies en six petits volumes in-12, qui constituent la Whz‘tg
VIE ET ŒUVRES DE PRENTICE MULFORD 203 Cross Lz‘brary ou « Bibliothèque de la Croix Blanche; » ' C’est peut-être ce qui a été pensé et écrit de plus précis et de plus remarquable dans le domaine de la magie pratique.
L’auteur prend les faits de la vie quo tidienne et applique aux moindres d’entre eux une méthode d’une extraordinaire simplicité, mais dont la mise en pratique régulière et réelle ne peut man quer de conduire l’homme à la perfection de son évo lution individuelle. L’auteur estAméricain. Il se nomme Prentice Mul ford. Il naquit à Sag Harbor (Long Island) le 5 avril 1834., et mourut le 27 mai 1891, sur son bateau ancré près de Long Island.
Il n’y avait personne avec lui à ce moment, mais il est évident qu’il passa en dormant et sans aucune souffrance. On le trouva couché, enveloppé de ses couvertures, sur un lit improvisé dans son bateau. La voile était repliée et toute chose était en ordre. Nulle trace de souffrance sur son visage, nul signe d’excitation ou d’agitation.
Quelqu’un a dit : « Si Prentice Mulford avait pu choisir son genre de mort, c’eût été cellequi lui advint. » Nous raconterons ultérieurement l’histoire de la vie très étrange et très dure de cet homme de bien qui sut mourir'comme il avait vécu, avec une par faite égalité d’âme dans les circonstances les plus pénibles et les plus malheureuses qui, certes, ne lui firent pas défaut.
En attendant, nous reproduirons en tête de cet opuscule la seule photographie qu’on ait de lui. Nous , __ . ..«. . n..gwxxæ:z};, _,‘., 7. ’_V
204 L’INITlATION donnons aussi sa profession de foi telle qu‘elle se trouve au commencement de chacun des six volumes de la Whz'te Cross Lz‘brary, pour que le lecteur puisse se faire une idée des opinions de l’auteur avant d’entreprendre la lecture et la méditation de ses conseils pratiques. DIEU Une Suprême Puissance et Sagesse régit l’Univers. L’Intelligence Suprême est infinie et pénètre l’espace illimité.
La Suprême Sagesse, Puissance et Intelli— gence est dans tout ce qui existe depuis l’atome jus qu’à la planète. La Suprême Puissance et Sagesse est plus qu’en toute chose. L’Intelligence Suprême est toute chose. L’lntelligence Suprême constitue chaque atome de la montagne, la mer, l’arbre, l'oiseau, l’animal, l’homme , la femme. Ni l’homme, ni les êtres supérieurs à l’homme ne peuvent concevoir la Sagesse Suprême.
Mais l’homme recevra joyeusement la Suprême Intel ligence et Sagesse, et la laissera œuvrer en lui pour sa félicité, sans chercher à sonder son mystère. La Puissance Suprême nous a à sa charge, ainsi que ies soleils et tous les systèmes d’univers qui se meuvent dans l’espace.
A mesure que nous prendrons connaissance de cette sublime et inépuisable sagesse. nous saurons de mieux en mieux demander que cette sagesse nous pénètre, devienne une partie de nous mêmes et par là effectue en nous un renouvellement éternel. Ceci améliorera notre santé, augmentera notre faculté de jouir de tout ce qui existe, et graduelle—
VIE ET ŒUVRES DE PRENTICE MULFORD 205 ment nous amènera à un état de vie supérieur, déve loppant des forces que nous ne réalisons pas mainte nant comme nous appartenant. Nous sommes les parties et les manifestations limitées et pourtant toujours évoluant du Tout Su prême et Infini.
La destinée de chacun dans le temps consiste à saisir son rapport avec l’Etre Suprême et à concevoir que le sentier direct et étroit qui mène à la béatitude éternellement croissante est la parfaite con fiance et l’abandonà l’Etre Suprême en ce qui concerne la sagesse et l’idée circulaires et symétriques que nous ne pouvons pas individuellement engendrer.
Deman dons donc quotidiennement la foi, car la foi est la faculté de croire et de voir que toutes choses sont les particules de l’Esprit infini de Dieu, que toutes choses renferment en elles du bien, c’est-à-dire Dieu,et que toutes choses, quand nous les reconnaissons comme étant des parties de Dieu, doivent travailler à notre salut. LES MYSTÈRES DU SOMMEIL On voyage quand le corps est dans l’état nommé sommeil.
Le « moi» réel n’est pas dans le corps; mais c’est un organisme invisible qui est l’esprit. L’esprit a des sens comme ceux du corps, mais bien supérieurs. Il peut voir des formes et entendre des voix distantes du corps de plusieurs milles. L’esprit n’est pas dans le corps. Il n’y fut jamais totalement; il agit sur lui et s’en sert comme d’un instrument. C’est une force qui peut se faire sentir à plusieurs milles du corps.
206 L’INITIATION Une moitié de notre existence est une lacune pour nous: c’est celle de notre esprit quand il quitte le corps à la nuit. Il s’en va alors dans des régions loin taines, et voit des êtres que nous ne connaissons jamais dans la chair. Le sommeil est un procédé d’automagnétisarion, inconsciemment accompli.
De même que le magnéti— seur fait volontairement passer un autre individu à l’état inconscient, de même chaque soir vous vous mettez, ou plutôt mettez—vous votre corps dans l’état d’insensibilité. L’opération du magnétiseur consiste réellement à tirer l’esprit hors du corps de la personne qu’il ma gnétise. Il amène la pensée de son sujet à un foyer au centre, comme une pièce de monnaie dans la main.
Ainsi concentré, l’esprit du sujet se trouve placé dans des conditions telles qu’il peut très aisé— ment l’affecter au moyen de sa volonté. Il ordonne alors à l’esprit du sujet de sortir de son corps. Ceci fait, il pénètre ce.corps de sa propre pensée, qui est comme une maison abandonnée par son propriétaire. Le magnétiseur prend alors possession de ce corps par la puissance de sa propre pensée.
Ce n’est pas le sujet qui voit, sent ou goûte au gré de l’opérateur, mais ,c’est l’esprit ou la pensée du magnétiseur s’exer— çant dans un autre corps, temporairement laissé vacant par l’esprit qui l’occupait. La pensée est une substance tout comme l’air ou quelque autre élément invisible que nous fait con naître la chimie. Sa force a des degrés nombreux et variés. - ‘u:'i.K»lÏàŒ
j.) . _ WwW-Q‘Jäm«»—m Au... .1.. VIE ET ŒUVRES DE PRENTICE MULFORD 207 Une intelligence puissante équivaut à une volonté ferme. Quelques personnes ont un esprit si débile, com \ paré a celui du magnétiseur exercé, qu’elles ne peu4 vent pasjlui résister. D’autres, d’un esprit plus fort, peuvent volontairement se soumettre à lui.
Nul ne pourra s’emparer de vous de cette manière, si vous résistez par la pensée, et si vous appelez à votre aide une puissance supérieure, quand vous sentez qu’on l’emporte sur vous. Quand nous « allons dormir », l’esprit, par ses tra vaux du jour, s’est répandu loin du corps; et il lui reste si peu de force, que le corps tombe dans l’état de trance nommé sommeil.
De même que le magné tiseur fait sortir l’esprit du corps du sujet, de même notre esprit se retire de notre corps à cause des nom breux efforts effectués durant le jour. Votre corps n’est pas votre moi réel. La force qui le meut à votre gré, c’est votre esprit. C’est un orga nisme invisible, totalement distinct et séparé du corps.
Votre esprit (votre moi véritable) se sert du corps comme le charpentier de son marteau ou d’un outil quelconque pour effectuer un travail. C’est l’espritqui est fatigué le soir. Il est épuisé, et, en conséquence, ne peut plus se servir du corps avec vigueur. Le corps est en réalité aussi fort que d’habi tude, de même que le marteau du charpentier a la même force, quand son bras est trop débile pour s’en servir.
Le soir, l’esprit est débile, parce que durant le jour, ses forces pensantes ont rayonné en tant de directions différentes qu’il ne peut plus les rassembler, Toute '1'. dilJ»Af-æ'“".-’. .' z."
208 L'INITIATION "“û“.WË"” pensée est une de ces forces, une portion de votre es prit. Toute pensée, profe’rée ou non, est une chose, une substance aussi réelle, quoique invisible, que l’eau ou le métal. Toute pensée, bien que non proférée, est quelque chose qui va à la personne, à la chose ou au lieu vers lequel elle est dirigée.
Votre esprit s’est donc dirigé, dans le cours d’une journée, dans mille et peut-être dans dix mille directions différentes. En pensant, vous œuvrez... Chaque pensée représente une émission de force. En projetant ainsi de la force pendant seize ou dix-huit heures consécutives, le soir il n'en reste plus suffisamment dans le corps pour l’alimenter. C’est pourquoi le corps tombe dans l’état d’insensibilité nommé sommeil.
Dans cet état l’esprit rassemble ses forces dispersées, ses pensées projetées au loin ; il rentre dans le corps avec les forces ainsi concentrées et en prend de nouveau pleine et entière possession. C’est comme plusieurs petits ruisseaux coulant en maintes directions différentes: rassemblez les en un seul, et vous aurez la force qui fait tourner la roue du moulin.
Si vous pouviez ramener immédiatement tout votre esprit à son centre, et rassembler ainsi ses forces dispersées,“vous seriez frais et dispos en autant de. minutes qu’il vous faut d’heures pour vous reposer. Ce secret était connu du premier Napoléon; c’est ainsi qu’il se soutenait avec fort peu de sommeil du— rant ses campagnes où il avait besoin du maximum de ses forces.
C’est un pouvoir que tout le monde peut acquérir par un certain entraînement. On tâche_ d’abord de mettre le corps dans un état
VIE ET ŒUVRES DE PRENTICE MULFORD 209 de repos aussi parfait que possible. en arrêtant tous les mouvements physiques involontaires, tels que les balancements des membres, les tappements du pied, ou le tambourinement des doigts. Tous ces mouvements involontaires dépensent votre force, et, qui pis est, entraînent inconsciem ment vers une habitude pénible à supprimer, qui dé pense de la force.
Il faut également arrêter le travail mental involontaire, les émissions de pensées dans toutes les directions,—personnes, choses, plans, pro jets —, les cogitations futiles et le plan mental doit être rendu aussi uni que possible.
La concentration de la pensée sur l’expression « rentrer en soi» ou sur l’image de votre esprit avec ses fins filaments élec-. triques se rattachant aux gens, aux lieux et aux choses éloignées se contractant et se concentrant en un foyer, aidera grandement à parvenir à ce but, parce qùe tout ce qu’on imagine intellectuellement est une réalité spirituelle, c’est-à—dire que l’on fait ac— tuellement en esprit et par l’esprit ce que l’on ima gine.
Tout plan, tout projet nettement vu par la pen sée se constitue de substance pensante, chose aussi réelle que le bois, la pierre, le fer ou toute autre subs— tance dans laquelle ce plan ou ce projet peut ultérieu rement s’incarner et se rendre visible à l’œil du corps, et déterminer des résultats sur le plan de la vie phy sique. Si un homme songe à un meurtre, il émet aussitôt dans l’air un élément de meurtre.
Un projet de meurtre aussi réel que s’il avait été dessiné sur le papier s‘est émané de lui; d’autres ont absorbé sa pensée; et ainsi
210 L’INITIATION ce projet de meurtre a été absorbé par d’autres esprits, et les incite à la violence, sinon au meurtre. Toute personne qui pense continuellement à la maladie émet des germes de maladie; si elle songe de santé, de force et de joie, elle émet des germes qui détermi nent chez les autres force et santé, aussi bien qu’en elle—même. Tout homme émet en pensée ce qui le constitue (spirituellement parlant).
« L’homme est selon ce qu’il pense. » L’esprit est un faisceau de peu sée; il se constitue de ce qu’il pense. Imaginez donc que vous rassemblez tous ces filaments dispersés en maints endroits. Les pensées qui émanent de vous en une seule minute ne pourraient pas être entièrement transcrites en une heure. Vous les ramenez à un centre. Vous avez alors rassemblé et concentré toute votre force motrice, 'et vous pouvez la diriger où bon vous semble.
Lorsque l’œil et l’esprit sont fixés sur un simple objet, qui n’absorbe pas les forces, par exemple un endroit du mur, la pensée positive ou les filaments sont dirigés par \un centre commun. Toute fixation sur un objet quelconque les détourne de leur point de contact plus ou moins distant, avant quoi l’esprit est comme une main aux doigts étendus. Quand la pensée est concentrée, l’esprit est comme un poing fermé et serré.
En dirigeant votre pensée sur un objet quelconque, vous émettez de la force. Quand elle est concentrée sur un seul objet, bien àl’abri de toute divagation, vous accroissez votre force. L’adepte » hindou devient capable, par un certain entraînement mental, d’envoyer son esprit ou lui—
VIE ET ŒUVRES DE PRENTICE MULFORD 211 même hors de son corps. Il demeure pourtant en re lation avec ce dernier par le moyen d’un fin courant invisible de vie nommé dans la Bible le « fil d’ar gent». Lorsque ce fil se rompt, le corps et l’esprit se séparent complètement et le corps périt. L’ « adepte » se permet d’être enterré vivant. Du riz, semé sur son tombeau, a germé.
Des sceaux ont été apposés sur le cercueil, et le tombeau est soigneusement surveillé. Des mois se passent, et. quand on l’exhume, il « re vient à la vie ». L’homme réel n’a jamais été enseveli. C’est seule— ment son corps, en état d’auto-trame, quia été en terré.
Entre le corps et l’esprit, distant peut-être de plusieurs milles, le fin cordon spirituel et sustenté la vie du corps, ou plutôt a transmis seulement ce qui empêche strictement la décomposition. Lorsqu’on exhume le corps, l’esprit y retourne et en prend pleine possession. Il est capable de faire avec son propre corps ce que le magnétisme fait avec le corps de son sujet.
Il en a fait sortir son propre esprit; tandis que le magnétiseur fait sortir celui du sujet. Avant de chasser l’esprit du sujet, le magnétiseur induit le sujet à rendre lisse son intelléct : en d’autres termes, il ar rête les forces résistantes de la pensée de l’autre per sonne en faisant converger toute sa pensée vers un centre. Durant le sommeil l’esprit peut quitter le corps et s’en aller dans d’autres lieux, ainsi que cela arrive fréquemment.
Ils sont alors reliés l’un à l’autre par ce cordon de substance excessivement subtile. On peut l’étendreà de grandes distances. C’est comme un
2 I 2 L'INITIATION * ' fil. électrique expansif ou contractifqui relie l’esprit à l‘instrument par lequel il œuvre le corps, Cette faculté que possède l’esprit de quitter ainsi le corps explique le phénomène de personnes vues en même temps en deux endroits éloignés. C’est l’esprit vu par un œil clairvoyant. C’est le double, le doppel ganger des Allemands, le wraz‘th des Ecos— sais.
L’esprit peut même être fort distant du corps juste un peu avant le décès du corps. C’est unique ment l’afl’aiblissement de la fourniture de la vie faite par le moyen du cordon qui les unit, qui cause ce qu’on nomme les angoisses involontaires de la disso lution. Elles ne sont pas aussi pénibles qu’elles le paraissent. Le moi r_éel, l’esprit même, peut alors ignorer ce qui se passe au lit de mort.
Il peut se rendre auprès d'une personne, parfois éloignée; vers laquelle il est vivement attiré; c’est ce qui résout le mystère des apparitions, vues par des amis distants, de per— sonnes dont la mort, survenue vers ce moment, ne fut connue que plusieurs mois plus tard.
Il arrive parfois, durant des périodes de maladie, que des personnes tombent inconsciemment dans un état où l’esprit quitte le corps, sans briser les liens de la vie; on prend cette catalepsie du corps pour sa véritable mort, et on l’enterre vivant. L’esprit est contraint de retourner dans son corps dans le cercueil, et le cordon vital n’est rompu qu’après ce retour.
De l’être réel émanent sans cesse, avec chaque pen sée, un fin rayon ou filament électrique, qui représente autant de vie, de force, de vitalité, et qui atteint l’ob jet, le lieu ou la personne vers laquelle se dirige cette
vn: ET ŒUVRES DE PRENTICE MULFORD 213 pensée, fût-elleà six pieds ou à des’millions de lieues du corps. ._ " La pensée est la force réelle. Lorsque vous soulevez un fardeau, vous dirigez votre pensée sur le muscle qui soulève. Plus le fardeau est pesant, plus vous y envoyez de force pensante.
Si, en soulevant ainsi, une partie de votre pensée se tourne dans une autre direc tion, si quelqu’un vous parle, si quelque chose vous effraie ou vous ennuie, une partie de votre force, ou de votre pensée vous abandonne et se dirige vers ce qui a détourné une partie de votre attention. C’est l’intelligence, la pensée, l’esprit qui meut le muscle qui soulève, comme on se sert d’une corde pour tirer un fardeau. Point de travail sans intelli gence.
L’intelligence, la pensée, la mentalité et l’es prit signifient à peu près la même chose. Il importe peu, pour communiquer de la force, que l’esprit, une fois concentré, soit près du corps ou loin de lui. Quand ses forces (ses pensées) sont rassem blées, qu‘il soit loin ou près du corps, il est puissant; et, lorsqu’il reprend possession du corps, et l’éveille, il est à même de se servir du corps dans la plénitude de sa force.
Mais l'esprit peut rester dispersé toute la nuit. Il peut n’être jamais à même en aucun temps de réunir ses forces. Il peut vivre, ainsi qu’il y en a beaucoup aujourd’hui, avec sa pensée toujours en avance sur l’acte qu’il accomplit ou essaie d’accomplir. Il fait ' marcher le corps et envoie sa force (sa pensée) à l’en droit vers lequel il se hâte. Il écrit avec le corps, et pense à autre chose. Quand il vagabonde ainsi, il en
2 I4. L’INITIATION voie de la force dans tous les sens. Cet état mental, ces émissions de pensée, cette dissipation inutile de force devient à la fin une habitude à ce point invé térée, que l’esprit peut perdre entièrement le pouvoir qu’il a de rassembler ses forces. Dans cet état, il ne reprend de forces ni la nuit ni le jour. L’insomnie provient de la difficulté éprouvée par l’esprit à se concentrer et à rassembler ses forces.
L’insomnie provient de la totale incapacité de l’esprit de centraliser ses pensées. Le traitement permanent pour guérir l’insomnie doit commencer dans la jour née. Vous devez d’abord amener votre esprit à diriger toute sa pensée sur l’acte que vous êtes en train d’ef— fectuer: si vous attachez votre soulier pensez à cela et pas à autre chose. Vous vous concentrez ainsi et ras— semblez vos forces.
Si vous attachez votre soulier, et que vous pensiez à votre prochaine emplette, vous perdez inutilement la moitié de votre force. En réa— lité, vous essayez de faire deux choses à la fois, et vous ne faites bien ni l’une ni l’autre. Vous dispersez votre esprit sur autant de choses que vous pensez, tandis que vous attachez votre soulier. Vous entrete nez l’habitude de disperser votre force, jusqu’à ce que cette habitude devienne involontaire.
Vous augmen_ tez de plus en plus la difficulté qu’a votre esprit de se concentrer, et c’est ainsi qu’il devient de plus en plus difficile pour l’esprit de réintégrer son corps avec force le matin, ou de le quitter le soir. Vous ne pouvez obtenir de sommeil salutaire la nuit qu’à la condition que l’esprit se retire du corps.
VIE ET ŒUVRES DE PRENTICE MULFORD 215 L’insomnie indique simplement que l’esprit ne peut pas quitter le corps.
Si l’on tombe dans la dangereuse habitude de rê vasser, l’esprit rêvassera autant en quittant le corps la nuit que lorsqu’il l’occupe pendant la journée; ou bien, si vous êtes dans une disposition querelleuse, l’esprit combattra, bataillera, haïra durant toute la nuit, et rentrera dans son corps sans forces pour l’uti liser ; parce que combattre, même seulement par la pensée, nécessite l’emploi de la force.
C’est pour ce motif qu’il est dangereux et malsain de laisser le « soleil se coucher sur sa colère » ; c’est— à-diré d’avoir à l’esprit, juste avant que l’œil corporel se ferme pour la nuit, le souvenir de personnes détes— tées, et de s’engager ainsi à leur envoyer une pensée haineuse. L’esprit poursuivra le même sentiment après avoir quitté le corps.
La haine, c’est simplement de la force dépensée à se mettre soi-même en pièces, car la haine est une force destructive. Le bon vouloir envers tous est constructeur; il rend de plus en plus fort. La haine abat. La bonne volonté envers tous at tire de tous ceux avec lesquels on entre en contact des éléments salutaires et édificateurs.
Si vous pouviez voir les éléments actifs volant d’eux àvous, dans leur sympathie pour vous, ils vous paraîtraient comme de fins ruisselets de vie alimentant la vôtre. Au contraire, les éléments haineux que vous pouvez exciter chez les autres apparaitraient s’élancer vers vous sous la forme de sombres rayons d’une substance nuisible et veni meuse. En envoyant à celui qui vous déteste une peusée:äe
216 L’INITIATION haine, on ne fait qu’accroître la force et la puissance de cet élément, parce que ces deux éléments opposés et dangereux se rencontrent et se mêlent, agissent et réagissent sur ceux qui les ont émis, alimentant sans cesse leur force de combativité, jusqu’à ce que l’un et l’autre soient épuisés. L’intérêt seul devrait empêcher les {gens de haïr. Cela affaiblit le corps et amène la maladie.
On ne voit pas de cynique, de grognon ou de grondeur bien portant : leurs pensées amères les em— poisonnent; leurs maladies corporelles prennent leur source dans leur esprit qui est malade, ce qui rend le corps malade. Toute maladie a une origine analogue. Guérissez l’esprit, changez l’état mental, remplacez le désir d’être désagréable aux autres en celui de leur être agréable, et vous êtes sur la voie dela guérison de la maladie.
Quand l’esprit n’engendre pas de pensée de querelle, de haine, de tristesse, de découragement. ni de pensée en aucune façon déplàisante, le corps n’est jamais atteint par la maladie. On ne peut se défendre contre les pensées haineuses ou mauvaises des autres, qu’en leur opposant une pensée bienveillante. La bienveillance, en tant qu’é— lément pensant, est plus puissante que la haine, et peut la détourner.
Les « traits de malice », seule ment pensés, sont réels. Ils frappent les gens contre lesquels ils sont dirigés, et les rendent malades. Le précepte du Christ : « Faites du bien à ceux qui vous haïssent, » est basé sur une loi scientifique. Cela si— gnifie que les pensées sont réelles, et que la pensée du bien peut toujours l’emporter sur celle du mal. Le mot pouvoir est employé ici dans un sens aussi litté—
VIE ET ŒUVRES DE PRENTICE MULFORD 217 ral que celui qui désigne la force qui sert à soulever une table ou une chaise. Le fait que toute pensée, toute émotion, tout sentiment, miséricorde, patience, amour, etc., sont des éléments aussi réels que les élé ments palpables, est la pierre angulaire de la base scientifique de la religion. Ce que l’on nomme songes sont des réalités.
L’es prit sort du corps la nuit et se rend auprès de cer taines personnes et ’de certains lieux, où l’on n’a peut être jamais été avec le corps. Au réveil du corps, on se rappelle fort peu ce que l’on a vu ; et les souvenirs s’entremêlent, parce que la mémoire du corps ne peut retenir qu’une faible partie de ce que saisit la mémoire de l’esprit. Il existe deux mémoires : l’une entraînée et adaptée à la vie du corps, l’autre à celle de l’esprit.
Si dès l’enfance on avait connaissance de la vie et de la puissance del’esprit et qu’on en admettrait la réalité, la mémoire de l’esprit serait suffisamment entraînée pour se souvenir de sa propre vie et la rappeler tota— lement au réveil du corps. Mais parce qu’on vous a enseigné à considérer votre esprit comme un mythe, vous regardez aussi sa mémoire comme un mythe.
Si, dès l’enfance, on enseignait à un être humain à douter de l’évidence de ses sens, ils s’émousseraient et seraient presque annulés.
Que ceux qui entourent un enfant se mettent de propos délibéré à lui raconter qu’ils ne peuvent voir ni les cieux, ni les maisons, ni les champs, ni les autres objets usuels, sans permettre à qui que ce soit de détruire l’illusion, et le sens visuel de l’enfant, aussi bien que son jugement, seront sé rieusement afl‘ectés. C’est ainsi analogiquement qu’on
2 I 8 L’INITIATION nous enseigne à nier les sens et les facultés de notre esprit, ou plutôt nos facultés réelles, dont les sens corporels ne sont qu’une faible image. En substance, on nous enseigne que nous ne sommes que des corps, ce qui revient à dire que le charpentier n’est que le marteau dont il fait usage.
Si, dans un soi-disant songe, on voit une personne morte quelques années auparavant, on voit simple ment une personne dont le corps, usé, n’a pas pu lui servir plus longtemps sur ce plan de vie. (A suivre.) PRENTICE MULFORD. @©@1rartous A AUGUSTE STRINDBERG. L'œil est une réduction de l’œuf de Brâhmâ.
L’Univers est formé comme l’homme; chaque œuf de Brahmâ, système solaire, forme un des yeux d’un Adam Kadmon (x) vivant pour son compte dans les immensités de l’Akasa. _ Les systèmes solaires sont couplés pour faire la paire d'yeux de l’Adam Kadmon. Tout ce qui se passe dans notre système solaire est l’analogue de ce qui se passe dans l’un de nos yeux, pas plus.
Avec cette (1) Ici on donne a ce nom une signification restreinte pour désigner les citoyens formés de mondes, qui habitent I’Akasa‘ les systèmes de mondes sont les viscères de ces citoyens. LÀ vie des systèmes dépend dela vie de ces individus universaux.
COGITATIONS 2 I 9 donnée, les livres de l’Inde deviendront moins énig matiques. Nos yeux aspirent la lumière de l’ambiance; notre système solaire fait de même pour son ambiance; il a aussi une pupille et une tache jaune, un cristallin et des grains de pigment avalant la lumière réfléchie par les parois rétiniennes.
Notre système solaire envoie des sensations lumi— neuses à un cerveau inconnu auquel il sert d’instru ment de rapport avec son ambiance. Nous habitons un œil d’Adam Kadmon, pas plus, et, dans cet œil, le petit organe qu’est la Terre. Qu’est ce que cet organe? Peut-être un grain d’uvée situé-près de la pupille.
Ce qu’il y a de merveilleuxgdans l’homme, c’est son aptitude à penser qu’il est le centre de l’univers, que pour lui seul tout a été formé.
Il y a tout de même du vrai dans cette opinion, puisque tout est solidaire; seulement il faudrait la compléter par l’autre aspect : si tout a été formé pour l’homme, l’homme aussi est formé pour le tout dont chaque partie autre que lui est aussi centrale que lui. a: 4:& Dans le soleil il y a tant de lumière qu’on n’y peut percevoir le mystère de la lumière intimement lié au mystère de l’œil.
V Pour apprendre à co nnaîtrela lumière il faut regar der ses faisceaux réfléchis. Avec l’attention on par— vient à voir non pas les produits de son imagination comme les sensitifs visionnaires, mais la constitution
2 20 L’INITIATION de la lumière ou du moins sa manière de se manifes— ter. ' Il faut regarder sans idée, uniquement pour voir, autrement on voit son idée, ce qui est le cas de tous les visionnaires. La vision ordinaire est faite de la superposition des phénomènes qui se passent dans les deux 'rétines; ces phénomènes ne sont pas identiques et sont séparables.
On peut voir distinctement le disque lumineux de l’œil droit et le disque lumineux de l’œil gauche. Chaque disque est la projection d’un sphère et avec de l’attention on distingue les couches de substance dont chacune est le théâtre de phénomènes propres. Ce qui se passe dans l’œil humain se passe aussi dans l’œil d’Adam Kadmon.
Par les jeux de la lumière dans notre œil —— toujours les mêmes —- nous pou— vons étudier les jeux de la lumière dans le Cosmos; les phénomènes naturels sont des répétitionsàl’infini, comme les nombres sont des répétitions des dix chiffres servant à les exprimer; les lois de la nature sont les séries régulières des nombres; les miracles sont la perception d’un nombre indépendamment de la série à laquelle il appartient; il n’y a pas de nombre qui n’appartienne à une série. i‘ '0' Les couleurs sont les écorces de la lumière, la tache de pourpre-noir est une matière qui flotte sur la sphère lumineuse, enchatonnée d’une bande de lumière bril lante; c’est une incrustation. Une école védantine dit que cette matière rouge est la nourriture des dieux;
COGITATIONSI 2 2 I une autre la prend pour un trou dans le disque so laire par lequel les âmes des délivrés s’en vont aux mondes supérieurs. Les occultistes d’0rient étudient la nature du monde par la lumière. Les cristaux dans lesquels ils regardent ont pour but d’analyser la lumière et non pas de leur montrer en lanterne magique les images qui se forment dans leur cer veau, les phénomènes inférieurs de la microbie men tale.
En dessinant le Cosmos, l’astronome dessine l’inté rieur de son œil; les deux sont correspondants; le firmament est bien une voûte fermée; c’est la scléro tique cosmique.
La tache jaune et le soleil sont deux choses analo gues; le soleil ne fabrique pas plus la lumière que la tache jaune; il la condense en partie et c’est tout; les étoiles sont de la lumière réfléchie par un certain tissu de l’œil cosmique et, quand on le sait, on rit comme un dieu en lisant les élucubrations d’un Flammarion, et on s’émerveilledu degré d‘absurdité auquel l’ima gination humaine peut parvenir.
Puis on réfléchit que l’absurdité est un fait comme les autres et quand on a compris que la terre est un grain du tissu cosmique réfléchisseur et absorbeur de lumière et que les étoiles sont la même chose, on se dit, que puisque nous habitons un de ces grains, il n’y aurait aucune impossibilité à ce que, parles échanges nutritifs cosmiques, nous puissions aller en habiter un autre analogue et cela fait voir qu’on peut trouver quelque raison dans les fantaisies de prime abord insensées de l’imagination astronomique qui ne se
222 L'INITIATION trompe qu’en pensant que les étoiles sont des soleils ayant des cortèges de planètes. Il faut prendre au sérieux les expressions'macro cosme et microcosme pour arriver à comprendre la Nature. Rien en dehors de l’homme qui ne soit aussi dans l’homme, — et dans tous les êtres. GUYMIOT.
LE semer DE L’ÜNWERS Selon le Brahmanisme ésotérique (Suite) Les manuscrits des bibliothèques chinoises four millent de récits sur les monts Kwen-lun (Karako mm) et sur le Si-dgang (Tz‘bet), qui sont considérés comme le grand siège du savoir occulte, et le séjour des Tsz‘en, c’est-à-dire des sages qui ont découvert les secrets de la nature et de l’alchimie.
Chwang-tse rapporte l’histoire d’un voyage de l’empereur Hoang—tî dans les montagnes de la Chine orientale, où il fut initié par un Adepte nommé Kwang—ch’eng-tge, qui lui apprit « à cultiver la complète sérénité de l’esprit et la tranquillité du corps, à mépriser les sensations extérieures, la science et les désirs mondains, à se retirer des joies et des douleurs humaines, afin que sa forme mortelle, sublimée, parvint à la longévité des immortels. » Or l’empereur Hoang—Tî vivait, d’après ’ la science, en 2697 avant Jésus-Christ.
LE SECRET DE L’UNIVERS 223 Dans la bibliothèque impériale du Fo—kien, une biographie du saint empereur Yu le Grand (2207 av. J.-C.), affirme qu’il reçut sa sagesse des « grands Maîtres de la chaîne neigeuse du Si—dgang ». Les biographies chinoises de Lao-tge (VII° siècle av.
J.-C.) rapportent que, surla fin de sa vie, ce sage se retira dans les monts Kwen«lun et ne reparut plus. .Yz’n-lze, gardien du défilé par lequel il était entré au Tibet, raconta à l’un des disciples du sage qu’il était allé rejoindre les Tsien, et lui décrivit la manière de vivre, la profonde sagesse et les pouvoirs merveilleux de ces êtres, qui, ajouta-t-il, les obtiennent non pas par un entraînement physique, mais par un calme men tal transcendant et par la culture spirituelle.
On trouvera ces renseignements, avec bien d’autres (1), dans le Manuel du lecteur chinois de Mayers, et ailleurs. Nous avons choisi trois des plus anciens exemples, parmi une foule d’autres s’étendant aux temps modernes.
Aujourd’hui encore, la croyance aux Adeptes tibétains subsiste non seulement dans la Chine et dans l’Inde, où l’on n’en parle qu’avec la plus grande discrétion devant les Européens, mais même chez les tribus nomades de Tziganes, d’origine asiatique.
Voici un passage d’Ammien Marcellin qui attribue la même origine à la science des Mages de l’extrémité opposée de l’Asie: « Le roi Hystaspes, ayant pénétré jusqu’en certains lieux retirés dans l’Inde supérieure, (1) Par exemple, que dans leurs fréquentes apparitions as trales ces sages sont toujours vêtus de robes jaunes.
224 L’INITIATION arriva dans des vallées solitaires, où le silence semble favoriser les profondes pensées des Brahmines. Là ils lui enseignèrent, autant qu’il leur était permis, les purs rites du sacrifice, les causes du mouvement des étoiles et de l’univers. Il communiqua une partie de ces ins— tructions aux Mages, qui se sont transmis ces secrets de père en fils, en même temps que la science de pré— dire l’avenir.
Depuis lors, pendant une longue succes sion d’âges, jusqu’à ce jour, il s’est élevé une multi— tude de Mages, appartenant à la même race, qui se sont dévoués au service du temple et à l'adoration des dieux. » Philostrate, d’après le témoin oculaire Damis, rap— porte qu’Apollonius de Tyane, ayant franchi l’Indus, puis une chaîne de montagne qui s’étend à I 8 jours de marche de la mer des Indes, arriva au séjour des sages près d’une ville appelée Para/ta.
Il fut reçu par un disciple marqué d’une lune entre les sourcils et portantàla main quelque chose comme une ancre d’or (le Vadjra ou le Suastz‘ka). Les Adeptes, vêtus de tuniques de lin et reconnaissables à leurs baguettes magiques, lui donnèrent sept anneaux, consacrés aux sept planètes de la semaine, et l’instruisirent dans l’astrologie et la thaumaturgie.
Dès son arrivée, ils l’appelèrent par son nom, lui parlèrent sa langue et lui donnèrent des détails sur sa famille. Ils produisi rent devant lui divers phénomènes, entre autres la lévitation et l’apport d’un festin pour un roi qui ve nait humblement les consulter; eux-mêmes se nour rissaient avec la plus grande sobriété. Apollonius leur ayant demandé ce qu’ils pensaient de l’âme, ils
LE SECRET DE L’UNIVERS 225 lui répondirent: « Ce que vous _avez appris de Pytha gore, et les Égyptiens de nous:... car il fut un temps où les rives du Gange étaient habitées par des Éthio ' piens. » Ils lui enseignèrent encore l’existence d’un I cinquième élément, des puissances divines et élémen— tales, et enfin de l’Ame du monde. (Vie d’Apollo m’as, trad. Chassang, ch.
111.) Bailly, dans son Histoire de l’Astronomie indienne, conclut de certains passages du Livre de Zoroastre et aussi des Calendriers de Ptolémée, —-— où sont rappor tées des observations de levers et couchers d’étoiles faites sous un climat de 16 heures, et où il est dit que le plus long jour d’été est double du plus court d’hiver, -— que ces calculs ont étéfaits dans une contrée septen trionale qui ne peut être que l’Asie centrale.
Il cite v une relation de voyage écrite dans le quatrième siècle, d’après laquelle certaine contrée intermédiaire entre la Sérique et l’Inde était habitée par des Brahmanes ; l remarque qu’une rivière qui y prend sa source porte le nom de Brahma (Brahmapoutre); il cite enfin l’opinion de plusieurs savants et voyageurs contempo rains, d’après lesquels la religion del’lndoustan serait dérivée de celle des Lama ; l’un deux rapporte que les Hindous ont l’habitude de faire au Tibet « le plus effrayant de leurs pèlerinages », car ils s’égarent par fois jusqu’aux plateaux de l’Altai‘.
Parmi les écoles du Bouddhisme tibétain que Csoma de Koros énumère comme ayant existé au temps du troisième concile, il en est une qui porte le nom de Dharmagüpta, ce qui veut direreligion ou loi secrète. Une note insérée par Klaproth dansle Fo-koue-kila cite,
226 L'INITIATION sous le nom de Tan—m0 ltz'eou-to, comme la première subdivision des doctrines bouddhistes admises par les Chinois. M. E. Burnouf(introd., pp. 397 et suiv.) ajoute que la classification de Csoma de Koros, confirmée par l’Abhz'darmah, par un texte népalais, et par les énumérations des Bouddhas faites par les Brahmanes eux-mêmes, comme par Sankarâcharya, est anté rieure à la rédaction des Brahma-Soûtras et au vr° de notre ère.
Mais il remarque que « les Bouddhistes népalais gardent sur ces sectes un profond silence. » Nous regrettons vivementque le temps nous manque pour chercher les sources d’une tradition fort impor tante. Toutes les légendes chinoises nous racontent que Nagârdjouna, la principale autorité du Bouddhisme tibétain, fut initié par la fille du roi des Naga.
On sait que les Naga ou serpents sont les initiés, et leur reine est le symbole de l’école occulte du Tibet. Or il est dit quelque part que, lorsque Nagârdj0una fut inité, il fut tout étonné de retrouver dans la doctrine de ces Naga la propre doctrine qu'il croyait avoir conçue et écrite lui-même. La confirmation de ce fait doit se trouver dans Vassilief ou dans Schlagintweit.
Le célèbre voyageur vénitien Marco—Polo (1252 1323) rapporte au chapitre XXXI de son livre que « Kes— himur est une province habitée par un peuple d’ido lâtres qui ont un langage à part. Ils ont une familia rité étonnante avec les diableries de l’enchantement ; à tel point qu’ils font parler leurs idoles.
Ils peuvent aussi par la sorcellerie amener des changements de temps, produire l’obscurité, et faire une qUantité de choses si extraordinaires que personne ne voudrait
LE SECRET DE L’UNIVERS 227 les croire s’il ne les voyait pas. Ce pays est même la vraie source originelle d’où l’idolâtrie s’est répandue ‘ au dehors. Il y a dans cettre contrée des Ermites qui habitent à l’écart et pratiquent une grande abstinence dans le manger et le boire; ils observent une stricte chasteté et se gardent de tous les péchés défendus par leur loi, aussi sont-ils regardés comme des êtres très saints.
Ils vivent jusqu’à un âge très avancé. Il y a aussi un nombre considérable d’abbés et de monas tères. Les gens du pays ne tuent pas les animaux et ne versent pas le sang. » Cachemire, Tibet, Inde septentrionale ou Chine occidentale, toujours la source du mystère est dans le voisinage immédiat de l’Hima laya.
Le grand voyant Swedenborg apporte à ces docu ments historiques un appui indirect en déclarant que c’est désormais parmi les Sages du Tibet et de la Tar tarie qu’il faut chercher le Mot perdu (les secrets de l’initiation). Enfin leur existence dans les temps mo— dernes est confirmée par les affirmations répétées de Mme H.-P.
Blavatsky, fondatrice de la Société théo— sophique, qui se déclarait leur disciple direct, et par les témoignages de plusieurs personnes, membres ou non de cette société, entre autres MM. Olcott, Sinnett, Judge, Mme Besant, Ramaswamier, Damodar, Rajani Kant, dont les unes les ont vus, directement ou indi rectement, dans leur corps physique ou-astral, tandis que d’autres ont reçu d’eux des communications objectives ou subjectives.
L’existence de ce cerveau de l’humanité est beaucoup mieux connue aux Indes que les Européens ne pourraient le supposer. Son rôle
22 8 L'INITIATION historique est consigné dans noslivres sacrés (1) sous la figure de certains personnages allégoriques comme Narada. Les grands êtres qui le composent sont appe lés « Aînés de Brahmâ », « Fils de la conception mentale » et, collectivement, le Maha—Chohan. Ils sont au-dessus de toute religion comme de toute race, et l’on peut ajouter, au-dessus de toute conception hu maine; le meilleur hommage à leur rendre est le si lence.
Mais certains de leurs disciples, qui sont eux mêmes de très hauts adeptes, forment de puissantes fraternités occultes en diverses parties du monde. Une de ces branches, fondée par Tsong«ka-pa, est établie au Tibet même, et se rattache au 'Bouddlzisme ésoté rique de l’école Yogatcharya: les Maîtres de cette fra ternité ont récemment fondé la société théosophique par l’intermédiaire de leur disciple Mme Blavatsky.
Une autre branche existe aux Indes, fondée par San karâtcharya et professe le Brahmanisme ésotérique, dont quelques enseignements ont inspiré ce volume. Une autre encoreexistedepuis de nombreux siècles dans la haute Egypte. La Grande Loge Centrale est établie au « nombril de la terre » depuis le commencement du Maha- Yuga ou âge aryen actuel, c’est-à-dire depuis le dernier déluge.
Les fondateurs y arrivèrent à une époque où les hauts plateaux de l'Asie centrale n’é taient encore que les « îles fortunées » dont tant, de (I) Le système brahmanique reposant tout entier sur l'éso térisme, et l'existence des Gourou étant affirmée tout au long de nos Écritures, nous avons cru suffisant de démontrer l‘exis tence du Bouddhisme ésotérique. Aucun Brahmine n‘a jamais douté de l’existence du Brahmanisme occulte.
LE SECRET DE L’UNIVERS 2.29 nations ont gardé le souvenir, premier noyau de ce qui devint plus tard le berceau de la Race (1).
Durant l’âge d’or, l’humanité fut gouvernée par les dieux, c’est-à-dire que l’action des Ris/22' était continue; dans l’âge d’argent, cette influence commença, en -vertu des lois cycliques, à subir une obscuration qui durait un quart de la période active; pendant une moitié seulement de l’âge de cuivre, l’humanité put recevoir ce rayonnement spirituel; enfin depuis notre âge de fer, l’obscuration dure dans la propor tion de 3 à 4, c’est-à-dire que les Saints ne peuvent agir sur le monde extérieur que pendant 25 ans par siècle. .
Leur dernière action s’exerça sur la civilisation euro péenne et américaine vers l’époque de la Déclaration d’indépendance et de la Révolution française: elle eut pour but de réveiller en ces contrées la croyance au Mystérieux, mot que l’ignorance du moyen âge avait rendu synonyme d’absurde; les lecteurs étonnés de cette affirmation sont priés de se souvenir qu’un cer tain nombre de personnages énigmatiques se répandi rent alors dans les pays en question et y exercèrent une influence aussi considérable que méconnue sur la pensée contemporaine.
La sphère du mouvement ac tuel, beaucoup plus large, semble remuer l’ancien monde autant et peut-être plus que le nouveau. La croyance aux Maîtres de la Science occulte est désor mais un fait discutable et discuté, et doit rester tel, en vertu du principe contradictoire exposé plus haut, (1) Aryararta.
230 L’INITIATION en attendant qu’il soit prouvé au prochain siècle. Lorsqu’un fait nouveau ou oublié entre ou rentre dans la conscience humaine, il s’y revêt toujours d’ima— ginations inexactes que la contradiction peut seule réduire à la réalité.
Le doute est le garde—fou de la pensée ordinaire; Tchz‘ttam est la soupape du Manus, son contrepoids, son régulateur; grâce à lui, les erreurs complémentaires se balancent et se neutralisent; si Tchittam est insuffisamment développé, l’esprit, cré dule et lourd, tombe tout entier d’un seul côté, et le progrès est arrêté par ses lentes oscillations entre les positions extrêmes.
L’Occultisme connaît les lois de la pensée humaine et règle en conséquence son action dans le monde; sans ces précautions elle serait plus fatale qu‘utile.
On en peut juger d’après ce qui se passe dans le cœur d’un homme pénétré par exemple d’idées matérialistes ou positivistes s’il vient à' épl‘0u ver quelque indéniable phénomène occulte ; ou il cèdera à la folie, ou neuf fois sur dix il tombera dans l’excès de la superstition avec une force égale à celle de ses convictions antérieures.
Sans aucune préparation pour les sincères, sans aucune échappatoire pour les sceptiques, si l’existence et la puissance des Gourou s’imposaient au monde d’une manière soudaine et irré— futable, une nouvelle explosion de fanatisme retarde rait de plusieurs siècles l’éclosion naturelle des idées et aspirations semées par eux.
Ils ont pour mission d’aider l’évolution de l’homme et non de le convertir ; d’in_ troduire dans son cœur la charrue et non le forceps, Comme le Bouddha, ils sont de terribles destructeurs de ce qui existe, d’irrésistibles rénovateurs d’idées;
LE SECRET DE L’UNIVERS 231 ‘ pourtant ils n’ont a offrir au peuple aucune de ces théories politiques ou sociales dont l'adoption résou drait du jour au lendemain tous les problèmes de la vie collective, mettrait fin du même coup à l’exploi tation du pauvre par le riche et à celle du riche par le pauvre, changerait les loups en agneaux et en honnêtes gens les marchands même du temple.
Rien de ce qui est humain ne leur est étranger, et ils poussent le res— pect de l’individu, la bienveillance pour la personne humaine, à un point qu’il est difficile même de soup çonner; cependant il serait inutile de leur demander la solution de ses questions de famille ou même de conscience et de s’attendre à recevoir d’eux une initia tion spéciale et authentique par lettre‘phargée.
Semeurs infiniment attentifs aux besoins, aux misères du sol humain, fumé de sang et de larmes, aux vicissitudes de l’atmosphère morale, aux menaces des nuages psychiques, à la succession des hivers et des printemps spirituels; mais simples serviteurs ses lois naturelles, depuis le Rz'shi le plus sublime jusqu’au plus mo deste de ses disciples; ils choisissent pour chaque tra vail le moment convenable, et laissent au grand soleil divin le soin de faire mûrir les âmes.
Ils travaillent pour tous et pour chacun ; leur travail imperceptible et silencieux est incessant et irrésistible, parce qu’ils emploie les méthodes de la Nature elle—même. (A suivre )
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE @uestius de Êsychmlaçjije Wujæ m DU PRESSENTIMENT OU PRÉVISION DE L’AVENIR \ A MONSIEUR 1E Dl‘ ENCAUSSE (PAPUS) Lauréat des hôpitaux de Paris, Ex—chef de laboratoire à l’hôpital de la Charité.
Les Poètes, interprètes harmonieux des idées de leur temps, et les historiens, traducteurs fidèles des croyances de chaque âge, nous apprennent qu’à toutes les époques et dans tous les pays, les hommes ont en— touré d’une vénération spéciale et d’un respect signalé ceux d’entre eux, Sages, Prophètes ou Inspirés, qui ont joui du don précieux et rare d’entrevoir les des seins de la Providence, en soulevant un coin du voile qui dissimule l’Avenir: connaître ce qui arrivera, sa voir, suivant l’expression du poète, de quoi demain 'sera fait, a toujours été, en effet, l’un des désirs les plus ‘vifs et l’une des aspirations les plus ardentes de la nature humaine.
C’est sous l’impulsion de cette ten dance impérieuse qu’est née la Divination, et qu’elle s’est développée : divination artificielle ou inductive, si elle interprète les signes extérieurs qui manifestent (1) Cette étude a paru dans Poitiers Uniuersitaire; n0us avons voulu qu’elle soit appréciée par tous nos lecteurs.
_QUESTION DE PSYCHOLOGIE OCCULTE la pensée divine; divination naturelle ou intuitive si l’esprit humain entre en communication directe, en communion intime avec l’Intelligence Suprême ou ses Agents spirituels. Les signes extérieurs, les indices objectifs qui traduisent, à l’œil exercé du devin, la volonté céleste sont nombreux, pour mieux dire innombrables ; il y aura donc diverses sortes de divination inductive (I).
La divination intuitive, au contraire, sera une, puisque, dans tous les cas de ce genre, la pensée humainecommunique sans intermé— diaire avec la pensée divine, et que l’homme, le pro phète, voit l’avenir directement en une mystérieuse anticipation.
C’est cette seconde espèce de divination, qui coti— siste en une prévision directe de l’Avenir, qu’on dé— signe, en Psychologie occulte, sous le nom de Pres— sentiment, « Le Pressentiment, suivant la définition juste et précise de M. Charles Richet, est la prédiction d’un événement plus ou moins improbable qui se réalisera dans quelque temps, et qu’aucun des faits actuels ne permet de prévoir (2). » Il ne s’agit donc pas ici de ces sensations internes, plus ou moins indécises, de ces sentiments pénibles, plus ou moins vagues, qu’on appelle dans le langage vulgaire du (I) Nous citerons comme exemples: l’ornithomancie (divina tion par les actes instinctifs des oiseaux), l'hydromancie (divi nation par l’eau), la cléromancie (divination par les sorts), l’as trologie (divination par les astres), la chiromancie (divination par l‘examen des influences planétaires sur les divers points de la main), etc., etc. ‘ (2) Ch. Richet, lettre à M. le docteur Dariex,dans les Annales des Sciences psychiques, premier numéro.
234 L’INITIATION nom de pressentiments : en Psychologie occulte, ce terme désigne, au contraire, la vision nette et précise d‘un événement futur. Si le mot est nouveau en ce sens, le fait qu’il exprime est sans doute contemporain de l’apparition même et de l’exercice de la pensée.
Les religions an ciennes, œuvres profondes et fortes des Sages initiés, enseignaient que l’esprit divin peut communiquer, en certains cas, avec l’intelligence humaine, et elles avaient, en la personne de leurs sibylles et de leurs pythz’es (pour ne parler que des religions grecque et latine), des interprètes autorisées et des traductrices fi dèles des mystères du Destin et des secrets del’Avenir.
Les premiers monuments de l’esprit humain attes— tent, de même, l’ancienneté de la croyance au Pres sentiment, et les poètes primitifs nous montrent, à côté des devins et des prophètes, interprètes habituels de la divinité, qui vivent en communion intime avec elle, de simples mortels, momentanément inspirés, qui pénètrent, en passant, la volonté et les desseins des dieux.
Dans l’épopée homérique, les Achéens et les Troyens ont chacun leur devin, Calchas et Hélénus ( x ) ; à côté d’eux, Tirésias dans l’Hadès (2), Télémos Chez les Cyclopes (3), Théoclymène à Itaque (4), prophé tisent de même, lisant directement et sans intermé diaire la pensée divine; Patrocle, Hector, blessés et sur le point de mourir, acquièrent, pour un instant, (i) Iliade: pour Calchas, I et II; pour Hélénus, VI et VII. (2) Odyssée, XI. (3) Ibid., IX. (4) Ibid., XV, XVII et XX.
QUESTION DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 235 cette faculté surnaturelle, et prédisent le sort de leur meurtrier (1).
Ce n’est pas seulement à ses prêtresses, à ses devins et à ses héros que la Grèce attribua ce mystérieux pou voir: ses philosophes jouirent du même don, et d’Epi ménide à Apollonius de Tyane se déroule la longue chaîne des grands Initiés, ancêtres de l’Occultisme, et favoris des dieux qui communiquent avec eux: Epi ménide, Bakis, Urphée, Pythagore, Empédocle, plus connus dans l’Antiquité pour leurs prophéties et leurs prédictions que célèbres par leurs opinions et leurs théories philosophiques.
Héritier de la pensée et de la doctrine secrètes de ces grands hommes, Apol lonius de Tyane eut les mêmes pouvoirs surnaturels et lesmêmes vertus étranges : son biographe Philos trate ne nous apppend pas seulement que, pour lui, la distance n’existait pas, puisqu’il voyait d’Ephèse ce qui se passait à Rome; il nous raconte aussi qu’Apo— lonius avait le don de voir dans le temps comme dans l’espace, et de pressentir, longtemps à l’avance, les événements futurs; c’est.ainsi qu’il annonça la peste d’Ephèse (2), qu’il prophétisa l’élévation et la chute de Vitellius, de Galba et d’Othon (3), qu’il pré dit l’avènement de Nerva (4).
Apollonius jouissait, au surplus, de bien d’autres pouvoirs surnaturels, et sa réputation de magicien et (1)/liade, XVI, 851 à 855, et XXII, 359 et 360. (2) Philostrate, Vie d’Apollonius de Tyane, trad. Chassang, liv. IV, ch. xx1v. (3) Eod. op.. liv. V, ch. XI. (4) Eod. op., liv. Vil, ch. 1x.
2 36 L’INITIATION de thaumaturge portait singulièrement ombrage au Christianisme naissant. La religion nouvelle ne niait pas, en effet, la réalité des faits de pressentiment ou de prescience, mais elle les attribuait aux pouvoirs des démons. Déjà Moïse avait défendu à son peuple d’interroger l’Avenir, et prononcé des peines sévères contre les devins et les nécromants (1).
Nous voyons, malgré cette interdiction, la pythonisse d’Endor évo quer devant Saül l‘ombre de Samuel avant la bataille de (ielboé, et lui prédire sa mort (2). L’apparition du roi défunt constitue ce que les Spirites modernes ap— pellent une matérialisation, et la prédiction de la mort de Saül est un cas de pressentiment.
Il est certes curieux de voir le Christianisme se rencontrer sur ce poit avec les religions qu’il prétendait détrôner, et com fesser, comme elles, sa foi aux mêmes croyances ; mais, tandis que le Paganisme voyait dans chaque cas de pressentiment une manifestation divine, les Pères et les Docteurs de la nouvelle religion les expli— quèrent par un artifice, un prestige diabolique; sur ce point essentiel, saint Thomas d’Aquin ne pense pas autrement que saint Augustin (3).
Si leur explication est exacte, il faut reconnaître que (i) Lévitz‘que, ch. xx, 6 et 27. — Deutéronome, ch. xvru roet II. (2) Rois, liv. 1, ch. xxvur, nDS 7 et sq. — Consulter, sur l'en trevue de Saül avec l’ombre de Samuel, une curieuse disserta tion, dans l’édition de la Bible en 14 vol. publiée à Paris, de 1748 à 1750, t. III, p. 249. (3) Saint Augustin, Cité de Dieu, surtout liv. IX, ch. xx. _ Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, sec. pars sec., quæst. XCV, artic. 3, 6 et surtout 4.
QUESTION DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 237 le diable a un grand pouvoir et qu’il l’exerce souvent, car les faits de ce genre abondent dans l'histoire ; nous venons d’en rappeler quelques-uns, empruntés à l’Antiquité, nous pourrions en citer un plus grand nombre tirés des temps modernes.
Tout le monde a lu, dans Mérimée (i), lemécit émouvant de la vision étrange qu’eurent, la nuit du 16 au 17 septembre 16..., Charles XI, roi de Suède, et plusieurs personnes de son entourage. Le roi s’étant réveillé au milieu de la nuit, crut voir, dans la salle des Etats, briller une quantité delumières ; il se leva, appela son chancellier, deux de ses conseillers et son vaguemestre et se dirigea avec eux vers la salle des Etats.
Après bien des hésitations, ilsy pénétrèrent, et furent témoins d’un spectacle terrible: la pièce était tendue de noir, et, au milieu de la chambre ainsi dé— corée, se tenait, devant une grande table, un jeune homme de seize à dix—huit ans, la couronne sur la tête et le sceptre à la main ; il était entouré d’hommes sérieux et graves, dont l’un, un grand seigneur d’une quarantaine d’années, paraissait être le régent.
Près de la table, des bourreaux, les manches retroussées et la hache à la main, décapitaient de nombreux cou— pables, pour la plupart des gentilshommes, et le sang des victimes coulait sur le plancher... Pris de peur et frissonnant, Charles XI demandaà voix haute ce que signifiait cette lugubre vision, et le jeune roi lui ré pondit : « Cela ne doit pas arriver de ton temps, mais seulement au sixième souverain depuis ton règne, et (I) P. Mérimée, Mosaïque (Vision de Charles XI.)
2 3 8 L’1N ITIA’l‘ION il sera de l’âge et de la figure que tu me vois, et celui qui est là montre comment sera son tuteur, et le trône sera prêt d’être ébranlé dans les dernières années de sa tutelle, par quelques jeunes nobles; mais alors le tuteur, qui précédemment avait persécuté le jeune roi, prendra sa tâche au sérieux, il raffermira le trône, si bien qu’il n’y aura jamais eu de plus grand roi en Suède que celui—'ci, et il n’y en aura pas non- plus de plus grand après, et le peuple sera heureux sous son sceptre, et ce roi atteindra un âge extraordinaire, il laissera le royaume sans dettes, et plusieurs millions dans le trésor.
Mais, avant qu’il soit affermi. sur le trône, il y aura des ruisseaux de sang répandu, comme jamais en Suède, et jamais après. Laisse-lui, comme roi de Suède de bons avis. » A ces mots, tout disparut, les lumières s’éteignirent; le roi et ses conseillers res taient seuls dans la salle des États, effrayés et stupé faits. Ils rédigèrent aussitôt et signèrent sur-Ie-chamP la relation détaillée de cette étrange vision.
Or, la réalité se trouva, par la suite, — l'histoire de Suède en fait foi, — conforme de tous points au lugubre spectacle entrevu par Charles XI, et à la sombre pré diction tombée des lèvres du jeune roi.
C’est surtout, en effet, aux époques de troubles et de calamités qu’apparaissent les prophètes et les vi sionnaires: l’histoire suffit à le montrer, et Machia vel le remarquait déjà au XVI” siècle : « Je ne sais d’où cela provient, dit l’illustre Florentin, —— mais on voit, par les exemples tirés des temps anciens et des m0 dernes, qu’il n’arrive jamais dans une cité ou un paysan un événement important qui n’ait été prédit
QUESTION DE' PSYCHOLOGIE OCCULTE 239 ou par des devins, ou par des révélations, ou par des prodiges (1). » Ne nous étonnons donc pas de rencontrer, aux abords de la Révolution française nombre de pro— phètes et de visionnaires. Nous ne rappellerons que pour mémoire le sermon du P. Beauregard prêché en 1777 à Notre—Dame, dans lequel le prédicateur jésuite aurait annoncé les principaux événements de la Ter— reur (2).
Sans doute, un souffle prophétique semble animer ce discours, mais l’orateur se sert de phrases trop vagues et de formules trop générales pour qu’on puisse les considérer comme une série de prédictions: nous préférons voir en elles de brillantes peintures et d’énergiques apostrophes, destinées simplement à frapper et à impressionner l’esprit des auditeurs. — Plus célèbre et plus précise est la fameuse prédiction de Cazotte à propos des mêmes événements : Cazotte avait été initié aux enseignements du Martinisme (3), et il s’adonnait avec ardeur à l’étude des Sciences occultes.
Un soir de :788, il assistait à un grand dîner offert par la duchesse de Grammont à divers grands seigneurs, académiciens, ou hommes de lettres. L’élite de la société élégante et du monde philoso— ‘ (I) Machiavel, Discours sur Tite-Live, liv. I, ch. LV1. (Œuvres politiques de Machiavel, traduction Periès, p. 278.) (2) Analyse des sermons du P.
Beauregard, 1825. (3) Ordre philosophique, dont le but était la recherche dé sintéressée de la vérité et le perfectionnement moral des hommes; il avait été fondé, dans la seconde moitié du XVIII' siècle, par Martinez Pasqualis et Louis-Claude de Saint—Martin. Sur ces deux profonds théosophes, consulter les ouvrages de MM. Caro, Matter et Franck, et surtout les remarquables études de Papus (Chamuel, éditeur).
240 L’INITIATION. " . phique se trouvait réunie dans les salons de la sœur de Choiseul : il y avait là, outre Cazotte, Malesherbes, Chamf0rt, Bailly, Condorcet, Vicq-d’Azyr, Roueher, La Harpe, Nicolaï, et beaucoup d’autres, hommes ou femmes.
Les convives parlaient, avec enthousiasme, de la décadence des anciennes croyances, ils applau— dissaient en chœur à la ruine de la superstition et du fanatisme, et célébraient ‘à l’envi le triomphe, regardé comme prochain, de la philosophie et de la raison. Cazotte, seul, restait silencieux et rêveur, et paraissait absorbé dans une profonde méditation.
On l’interroge, il se lève, et d’un ton inspiré: « Messieurs, dit-il, vous savez que je suis un peu prophète: eh bien! soyez satisfaits: vous serez tous témoins de la sublime révolution que vous rêvez.
Mais, quand cet heureux temps sera venu, vous, Monsieur de C0n dorcet, vous vous empoisonnerez dans un cachot; vous, Chamfort, vous vous couperez les veines de vingt-deux coups de rasoir; vous, Bailly, Malesherbes, Roucher, vous périrez sur l’échafaud; vous, duchesse de Grammont, vous serez conduite au supplice dans une charrette, tout comme la reine, et vous n’aurez même pas de confesseur; le dernier supplicié qui jouira de cette prérogative ne sera autre que le roi de France...
Et tout cela arrivera sous le règne de la rai son, de la liberté, de la philosophie, etc. (I). » Ce règ'ne est venu, comme l’avait prédit Calotte, et (I) Cette surprenante prophétie, qui devait être confirmée de tous points par les événements de la Révolution, est rap portée par La Harpe (Œuvres choisies et posthumes, éditées par Petitot). On en a contesté l’authenticité, en se fondant sur:
QUESTION DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 241 il n’a pas détruit la croyance au Pressentiment; les faits de ce genre sont restés aussi nombreux et ils ont été mieux étudiés : au lieu de les nier comme apo cryphes ou invraisemblables, les savants, surtout les médecins, se sont tournés vers eux, ils les ont cons tatés ou recueillis, ils cherchent à les comprendre et à les expliquer.
Dans cet ordre d’idées, M. le Dr Coste cite .(I) comme présentant des caractères sérieux d’authenti cité un étrange cas de Mue—pressentiment: il l’em prunte à un intéressant article de M. Rambaud, mi nistre actuel de l’instruction publique (2), et il l’a entendu lui-même confirmer dans tous ses détails par la nièce de l’héroïne de cette curieuse histoire.
Durant l’année 1812, au cours de la campagne de Russie, la femme d’un officier de l’armée russe, M'”° Toutchkof, eut, une nuit, un songe terrible: elle vit, suspendu devant elle, un tableau sur lequel elle lut, tracés en lettres de sang et en caractères français. ces mots prophétiques: « Ton sort se décidera à Borodino ! » De grosses gouttes de sang se détachaient des lettres et ruisselaient sur le papier.
La malheu reuse femme poussa un cri et se réveilla en sursaut. Quelques heures après, elle se rendormit et eut une note de La Harpe publiée en 1817 par son exécuteur tes— tamentaire, M. Boulard; mais, _d’autre part, la prédiction de Cazotte est certifiée et garantie par un Anglais, William Burt, qui, dans un ouvrage intitulé: Observations on the curiosities of nature, affirme avoir été témoin du fait. (1) Dr A.
Coste, les Phénomènes psychiques occultes, 2e éd.- - 1895, pp. 116 et seq. (2)Revue politique et littéraire du 30 janvier [875 (t. XV de la collection).
-v-- -r .
24.2 L’INITIATION encore le même songe: toujours la phrase fatale trou— blait son sommeil: « Ton sort se décidera à Boro— dino! » Or ni M‘"° Toutchkof ni son mari ne con naissaient ce nom de Borodino; ils le cherchèrent même vainement sur une carte d’état-major, le petit village n’y était pas indiqué, et l’officier essaya de tranquilliser sa femme, en lui faisant remarquer que si Borodino existait rellement, à en juger par son nom, il ne pouvait être qu’en Italie, et qu’il était bien peu probable que les hostilités fussent transportées là-bas.
Malgré tout, M'“° Toutchkof resta inquiète et tour mentée, sans cesse poursuivie par le souvenir de son rêve, et quand, plusieurs mois après, on lui annonça que son mari avait été tué, elle apprit sans surprise que c’était à Borodino qu’il avait trouvé la mort.
Nous avons raconté avecquelques détails cet étrange pressentiment, parce qu’il se présente sous forme de rêve: d’habitude, en effet, c’est à l’état de veille que se manifestent les pressentiments et que se pro duisent les prédictions. Citons encore quelques ‘ cas.
Le docteur Cerner, une des célébrités médicales de l’Allemagne contemporaine, fut appelé, en 1840, à donner ses soins à une femme du Wurtemberg, M‘“° Haufl'e, plus connue sous le nom de voyante de Prévorst (du nom du village qu’elle habitait).
Mme Haufle n’était pas seulement un excellent me’. dz‘um, voyant des esprits, entendant des coups, ou produisant des déplacements d’objets sans contact; elle avait encore la faculté étrange de prévoir, de pres_ sentir les dangers qui menaçaient les siens, et l’évé—
QUESTION DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 243 nement, au témoignage du Dr Kerner, justifiait tou jours ses prévisions (1). Si nous quittons pour la France la Russie et l’Alle magne, nous trouvons, chez nous aussi, des cas cer— tains et dûment constatés de pressentiment.
M. le Dr Liébeault. l’éminent professeur de la Faculté de Médecine de Nancy, en cite plusieurs dans son inté— ressant ouvrage Thérapeutique suggestive; pour ne pas allonger outre mesure, nous n’en mentionnerons qu’un: il s’agit d’un homme, M. S. de Ch., qui, en janvier 1886, vint consulter M. le DIr Liébeault pour un dérangement nerveux, d’ailleurs sans gravité.
Au cours de la consultation, il apprit au médecin que, le 24 décembre 1679, poussé par uneœuriosité irréflé chie, il était entré chez une somnambule célèbre, Mme Lenormand, et que celle-ci lui avait fait la prédic— tion suivante: « Vous perdrez votre père dans un an jour pour jour. Bientôt vous serez soldat (il avait alors dix-neuf ans), mais vous ne resterez pas long— temps au service.
Vous vous marierez jeune: il vous naîtra deux enfants, et vous mourrezà vingt—six ans. » Le père de M. de Ch. était mortle 27 décembre 1880, juste un an après la consultation de la somnambule; quant à lui, il avait été soldat, sept mois seulement; il s’était marié peu après, et était devenu père de deux enfants.
La prédiction de la cartomancienne s’était donc de tous points réalisée et on comprend facile ment que, lorsqu’il fut sur le point d’atteindre vingt six ans, M. de Ch. éprouvât des craintes sérieuses; (x) Gabriel Delanne, le Phénomène spirite, 1893, p. 37.
244 L INITIATION elles étaient malheureusement fondées, et la prophétie devait s‘accomplir jusqu’au bout: l’infortuné jeune homme mourut inopinément, d‘une péritonite, le 30 septembre 1885, dans sa vingt-septième année, c’est-à-dire à l’âge de vingt-six ans, ainsi que Mme Le— normand l’avait prédit (1).
Plus récemment encore, une afi’aire criminelle, cé lèbre dans les annales judiciaires, l'assassinat de l’huissier Gouffé, a fourni aux médecins et aux occul— tistes l’occasion de constater, une fois de plus, la realité des faits de pressentiment.
Il y avait plusieurs jours que le malheureux huissier avait disparu sans laisser de traces ou d’indications, et toutes les re— cherches de sa famille, de ses amis et de la police n’avaient aboutià aucun résultat. C’est alors qu’un rédacteur de la Lanterne, journal peu suspect de mys ticisme ou de superstition, eut l’idée d’aller consulter une somnambule célèbre, M““’ veuve Auflînger, 1 5, rue du Four.
Celle-ci interrogée répondit, avec une précision surprenante, que Goufl“é venait d‘être assas siné et que son cadavre serait retrouvé quinze jours après, aux environs d’une ville commençant par un L. Elle ajoutait, dans une seconde entrevue avec le journaliste, que les assassins se livrefaient à la justice à la fin du mois de janvier.
Ces deux consultations avaient lieu au mois de novembre ; or, à la date in diquée par la somnambule, le corps de Goufi’é était trouvé dans une malle, à Millery près de Lyon, et, le (1) Dr Liébeault, Thérapeutique suggestive, 1891, p. 282_ Cette observation est aussi reproduite dans les Annales des Sciences psychiques, n°- 2 .
QUESTION DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 31 janvier, Gabrielle Bompard se livrait àla justicef1). Les deux somnambules dont nous venons de cons tater, à la suite d’éminents médecins, les facultés divi natoires, ont trouvé, à l’heure, actuelle, en M"" Coué don, une émule qui paraît sérieuse.
La voyante de la rue de Paradis ne possède Îpas seulement, en effet, le don de lucidité ou double vue, elle jouit aussi du mystérieux pouvoir de pressentz‘r et de prédire l’avenir: nous trouvons, à l’appui de cette affirmation, de nombreux faits dûment constatés dans le second rapport rédigé, au nom de la commis sion médicale chargée d’examiner M"° Couédon, par M. le D' Le Menant des Chesnais.
A M. C... qui avait un procès pendant devant un tribunal de la banlieue, « l’Ange Gabriel » annonça qu’il n’aurait gain de cause que sur certains points spécialement désignés; la prédiction se réalisa. A M. Jean Sabatier, masseur, boulevard de La Tour-Maubourg, un héritage inat tendu fut annoncé ; l’héritage arriva. A Mme Ugalde, M“° Couédon avait prédit, pour une date fixe, la gué— rison de sa fille: la guérison se produisit au jour in diqué.
Rappelons aussi que la « Voyante » a prédit divers événements publics qui se sont réalisés: les massacres d’Arménie, le bolide d’Espagne, la défaite des Italiens en Abyssinie, la catastrophe de Lille, etc. (1) Dr Encausse (Papus).
Rapport fait à la Société des Sciences psychiques, cité par Gaston Méry, la Voyante de la rue de Paradis, 3° fascicule, p. 171. — Comme le fait justement re marquer M. le D‘ Encausse, il serait facile de rechercher les numéros de la Lanterne en question, et, par la comparaison des dates, de s’assurer que l’étrange prédiction de Mme Auf— finger n’a pas été inventée après coup.
246 L’INITIATION Dès les premiers jours d’avril, M“° Couédon avait annoncé la chute du ministère Bourgeois pour le 21 du mois; le ministère tomba ce jour—là. Elle avait prédit aussi que des voyants et des voyantes se révé leraient un peu partout : or on ne parle, depuis quel que temps, que des apparitions de Tilly-sur-Seulles, de la voyante de St-Gervais, et du voyant de Laroque.
M“a Couédon a prédit en dernier lieu pour la fin de l’année, d’épouvantables malheurs et d’atroces cala mités : catastrophes, inondations, tremblements de terre, guerre générale, retour en France de la Royauté, etc. Dit-elle vrai sur tous ces points ? L’a ve— nir nous l’apprendra, et qui vivra verra (1).
Nous sommes arrivés, avec M“8 Couédon, au terme ultime de ce rapide historique du Pressentiment ; nous aurions pu. mentionner bien d’autres cas du même genre, les auteurs anciens et modernes de tous pays fournissant une mine abondante de prédictions et de prophéties; nous avons préféré ne parler que des faits qui se présentaient accompagnés de toutes les garanties et de tous les caractères désirables d’authenticité.
On ne peut les nier: reste à les comprendre et à les expliquer. Le problème est difficile, et par lui-même, et parce qu’il confine aux questions les plus graves de la phi losophie.
Voisin, par nature, de la Lucidité, le Pres— sentiment est cependant plus difficile à comprendre ; car, si l’on peut, à la rigueur, songer à expliquer la (1) Consulter sur la Voyante de la rue de Paradis et ses prédictions les intéressantes brochures deGaston Méry (quatre fascicules parus, Dentu, éditeur).
QUESTION DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 24.7 Double Vue par des considérations d’ordre physiolo gique ou psychologique, il n’en va plus de même du Pressentiment. La Lucidité, avons-nous dit (I), est une vision dans l’espace, tandis que le Pressentiment est une prévision dans le temps.
Sans doute, le clair voyant voit, à des distances souvent considérables, des choses ou des faits qui ne sont pas normalement perceptibles à la vue; mais, du moins, ce qu’il voit existe ou se produit, en un mot appartient au Présent, Celui, au contraire, qui est doué de la mystérieuse faculté de pressentir l’Avenir, anticipe par la pensée sur le cours régulier et fatal des choses, et voit comme présents les événements futurs.
Étrange anomalie, en vérité, et bien faite pour dé router la Raison! car il ne suffit pas de_dire, avec le Déterminisme. que le présent est « gros » du futur, il faut encore comprendre, dans cette hypothèse, com ment une intelligence humaine peut arriver à une connaissance adéquate des causes qui lui permette de prévoir les effets.
Qu’on songe à l’infinie multiplicité des éléments de toute sorte qui concourent à la pro duction du fait le plus minime, et l’on se refusera à admettre qu‘une intelligence humaine, si vaste et si éclairée qu’on la suppose, puisse, à un moment donné, embrasser en une pénétrante intuition les germes innombrables d’un avenir plus ou moins éloigné.
L’exercice normal, le jeu habituel des fa cultés de l’homme ne saurait donc, semble-t-il, fournir (I) Voir le dernier numéro (I5 juin) du Poitiers Universi— taire.
248 L’INITIATION des faits de pressentiment une explication satisfai sante. ' Rien n’empêche, au contraire, —— et tout fait même supposer, — que, dans certaines conditions et sous certaines influences, l’esprit humain, dégagé en par tie des entraves de la matière, puisse s’élever à la per ception nette et précise des événements futurs.
Les anciens Initiés le savaient, et Apollonius de Tyane, dans son apologie, expliquait à Domitien que C’était grâce à un régime spécial emprunté aux Pythagori— ciens, qu’il avait acquis l’étrange faculté de voir à distance et de prédir l’avenir.
« Ce régime, 6 prince, conserve à mes sens une subtilité inconnue aux autres hommes; il dissipe tous les nuages qui peuvent les obscurcir; il me permet de voir comme dans un mi roir brillant tout ce qui est et tout ce qui sera (1). » D’autre part, un homme qu’on peut s’étonner de rencontrer en compagnie d’Apollonius, saint Grégoire le Grand, pape et Père de l’Église latine, remarque, de son côté, que les mourants, à l’approche du mo— ment suprême où l’âme va quitter le corps, entrevoient souvent, en une mystérieuse intuition, les événements futurs, et il explique les pressentiments de cette sorte par une vertu divinatoire qu’acquerrait l’âme au m0. ment de la mort (2).
Complétons ce que nous ont appris ces deux grands (1) Philostrate, Vie d’Apollonius de Tyane, trad. Cha liv. VIII,Ch.V11. ssang' (2) Saint Grégoirele Grand, Dialogues, liv. IV, ch. xxvr, t. II de l’édition bénédictine, Paris 1705, p. 409. Contre l’opinion de saint Grégoire, saint Thomas, Somme théologique sec. quæst. CLXXII, artic. 1. ’ pars sec'
QUESTION DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 249 hommes par les enseignements de l’Occultisme : L’homme, nous disent les Occultistes, est formé de trois principes : l’espritimmortel, d’essence spiri tuelle; le corps physique, purement matériel ; le corps astral ou âme, d’une nature mixte, composé d’une substance inpondérable, probablement la ma tière radz‘ante de Crookes.
Or, à la suite de certains procédés qu’on étudie en Magie, ou sous l’influence de circonstances favorables (comme la maladie, le sommeil, l’approche de la mort) (I), le corps astral, l’âme peut quitter momentanément le corps physique, auquel elle ne reste reliée que par un lien de nature fluidique.
Elle peut alors voyager sur l’un des trois plans dont l’0ccultisme enseigne l’existence: sur le plan dipin : elle communique alors avec la Cause ac— tive et intelligente, elle est en rapport avec Dieu; ainsi s’explique le phénomène de l’extase; —— sur le plan physique: elle circule dans des lieux plus ou moins éloignés et voit ce qui s’y passe; de cette façon se conçoivent les faits de Lucidité; — sur le plan astral: ainsi se comprennent les faits de Pressenti ment, mystérieux intermédiaire entre la pensée créa trice et le Monde créé, entre le plan divin et le plan physique; le plan astral est, en effet, le réceptacledes (1) Socrate, dans sa prison, apprend en rêve et annonce à.
Criton qu’il mourra dans trois jours. — Jacques de Molay, marchant au supplice, cite à jour fixe devant le tribunal de Dieu le pape et le roi. — Urbain Grandier, sur le bûcher, pré— dit au père Lactance qu‘il mourra un mois après lui. -— Swe— denborg, dans les derniers jours de février 1772, prévoit la date de sa mort (29 mars.) — Toutes ces prédictions se réali— sèrent avec une surprenante exactitude.
2 50 L’INITIATION formes à naître et des choses à venir, et l’âme, plus ou moins complètement dégagée du corps, peut y lire comme en un livre. ou y apercevoir, comme en un miroir, les événements futurs. C’est là une première façon d’expliquer, à l’aide des théories générales de l’Occultisme, les étranges phénomènes de Pressentiment.
En voici une seconde : d’après une tradition d’origine kabbalistique, l’esprit humain peut, dans certains cas, entrer en communi cation avec des entités infra—humaines ou supra— humaines circulant dans l’Astral: élémentals, esprits inconscients ou semi-conscients des éléments : élé— mentaires, âmes humaines en voie d’évolution ; in te!— ligences directrices, âmes des hommes supérieurs des civilisations précédentes évolués par leur propre initiative (Esprits directeurs de la Kabbale).
Qu’une de ces entités, circulant sur le plan astral, entre en rapport avec un vivant, elle prend la place de son moi, le « possède », ou tout au moins le domine. Dégagée de la matière et voisine de Dieu, lisant ou voyant en Astral les éléments de l’Avenir, elle peut, par la bouche de celui ou de celle qu’elle inspire, pré dire et prophétiser.
Telles sont les explications que, dans le silence de la Science, donne l’Occultisme de la Clairvoyance et du Pressentiment ; elles peuvent vraisemblablement rendre compte de tous les faits observés : loin de s’ex dure, elles se suppléent, et si, pour un cas donné, l’une est insuffisante, l'autre sans doute conviendra ; à des phénomènes complexes et variés, il faut des explications multiples, et la dualité des hypothèses
QUESTION DE PSYCHOLOGIE OCCULTE 251 convient merveilleusement ici à la diversité des faits. Nous ne nous dissimulons pas toutefois qu’elles paraî tront probablement étranges, ou tout au moins bizarres à plus d’un esprit fort, et qu’elles feront, sans doute, sourire plus d’un sceptique.
Mais que ceux-là qui seraient tentés de prendre pour des rêve ries mystiques ou des conceptions fantaisistes les doctrines de l’Occultisme, se rappellent, avant de formuler un jugement définitif, que l’Occultisme est assurément le système philosophique le plus ancien qui existe, puisqu’il s’est perpétué sans interruption depuis l’antiquité védique jusqu’à nos jours.
Qu'ils se souviennent qu’il a été professé à travers les âges par des penseurs comme Pythagore, Platon, Averroès, Lulle, Pic de la Mirandole, Fludd, Van Helmont, Cardan, Paracelse, L.-Cl. de Saint-Martin, Wronski. Fabre d'Olivet, Eliphas Lévi. Qu’ils sachent qu’il est admis de nos jours par les plus grands savants, mé— decins, naturalistes, physiciens, astronomes.
Qu’ils considèrent enfin que les conceptions fondamentales de l’Occultisme, afiirmées de tout temps par l’Intuition des Sages, ont reçu, en ces dernières années,‘ et reçoivent tous les jours, de la Science et de l’expé rience, de solennelles et éclatantes confirmations (l).
Raymond DUPLANTIER. (1) Nous citerons simplement la démonstration expérimen tale de l’existence du corps astral ou double fluidique par M. le colonel de Rochas, et la preuve de la réalité des images astrales par la découverte récente de la Psychométrie. Ilserait, d’ailleurs, très facile de multiplier les exemples.
2 5 2 L’INITIATION UNE PAGE ID]! BULWBIRHLY’E‘II‘QN D’après ceux qui s’aventurent dans le royaume de la Nature qui est fermé à la philosophie et ouvert à la magie, il existe dans l’espace des races d’êtres in— visibles pour nous, comme les animalcules qui vivent dans une goutte d’eau.
Mais pour les habitants de la goutte d’eau la science a son microscope; c’est la magie qui permet de voir les habitants de l’espace azuré, et c’est par eux qu’elle peut commander aux fluides qui cimentent toutes les parties de la créa tion.
Parmi les races invisibles, il en est qui n’éprouvent pour l’homme qu‘une complète indifférence; il en est d’autres qui sont bienveillantes pour lui et d’autres encore qui lui sont hostiles à un degré formidable A l’homme menant la vie ordinaire assignée à son espèce le royaume ouvert à la magie paraît totalement vide.
Lorsqu’un homme cherche des forces plus subtiles que celles qu’on emploie aux usages mécaniques vul gaires, il s’efforce de franchir les frontières où la phi losophie a dit: « Le savoir finit là. » Au delà de ces frontières, il se trouve dans la position de tous les voyageurs qui s’avancent dans des régions inexplo rées; il est obligé de calmer ou- de braver les tribus qui lui sont hostiles; et de compter pour sa subsis tance sur les tribus ayant de l’amitié pour l’espèce humaine. k,_ _. A,__f_ 7
UNE PAGE D’ÉTRANGE HISTOIRE 253 C’est pourquoi la recherche de l’élixir de vie qui permet à un mortel de résister au temps et de com mander aux habitants de la terre, de l’air et de l’abîme expose celui qui l’entreprend à des périls res semblant à ceux courus par l’envahisseur d’un pays étranger. Pour fabriquer cet élixir, il faut une matière très simple mais très rare dans la Nature.
Ce renseignement est la clef permettant d’ouvrir les cryptes du savoir alchimique; cela permet de comprendre pourquoi les géants intellectuels ont échoué dans un travail que pourrait accomplir en apparence le plus maladroit des étudiants en chimie, des élèves de pharmacie.
La Nature qui ramasse soigneusement cette pré cieuse matière avec laquelle on peut fabriquer l’élixir de vie semble redouter de la céder à l’homme, et les tribus invisibles qui abhorrent l’humanité s’opposent de toutes leurs forces à ce qu’il s’empare de cette ma tière par laquelle il pourrait devenir leur maître et leur tyran.
Les plus obtus parmi les vieux chercheurs de l’élixir auraient pu vous apprendre comment quelque accident banal auquel on ne pouvait s’attendre avait fait échouer leur travail juste au moment où ils comp taient en récolter le fruit; une erreur stupide, une négligence, un défaut dans la qualité du soufre, un débordement du mercure, une crevasse dans le souf— flet, un élève qui s’était endormi près du fourneau dont il devait entretenir le feu, telle était la cause de leur échec.
234 ..
L’INITIATION T Bien que votre science rejette les dogmes des alchi mistes, vous comprenez pourtant que les alchimistes ne furent pas tous d’ignorants imposteurs; cependant ceux d’entre eux dont les découvertes prouvent que leur science pratique était de même nature que la vôtre, font sans cesse_allusion dans leurs ouvrages mystiques à la réalité du royaume que connaît la ma gie; ils insinuent toujours qu’il faut quelque chose de plus qu’un fourneau et un soufflet pour parvenir à trouver l’élixir de vie.
Celui qui boit cet élixir fait passer dans ses veines le fluide brillant au moyen duquel il transmet ses volitions à des agents endormis sous les voiles de la Nature, à des géants qui habitent l’espace sans qu’on y soupçonne leur présence. Dès qu’on dépasse la frontière séparant le domaine de l’homme mortel de celui des races dont la magie a connaissance, on perd la cuirasse qui nous met à l’abri du mauvais vouloir des tribus hostiles.
N’en est-il pas ainsi entre les hommes P 1Qu’une race d’hommes la plus douce, la plus ti mide et la plus civilisée demeure d’un côté d’une ri vière ou d’une montagne et qu’une autre race habite l’autre rive du fleuve ou l’autre versant de la mon tagne, ces deux races peuvent vivre en paix aussi longtemps que chacune d’elles reste sur son do_ maine.
Mais, si des aventuriers ambitieux escaladent la montagne ou traversent le fleuve avec le dessein de soumettre ou de rendre esclaves les populations dont ils envahissent le territoire, alors tous les envahis se
UNE PAGE D’ËTRANGE HISTOIRE :55 dressent pleins de fureur et de résolution, les voisins paisibles sont devenus de mortels ennemis. Les ennemis invisibles ne se montrent pas quand ils peuvent parvenir à leur but tout en restant cachés aux yeux de celui qu’ils surveillent soigneusement.
Mais les aventuriers plus audacieux qui furent également déçus dans leur espoir, malgré leur patience et leur habileté, vous auraient dit : « Ce n’est pas notre faute ; nous n’avons négligé aucune précaution, nous n’avons pas oublié la moindre chose; mais nous avons vu sortir du chaudron des faces épouvantables, des spectres ou des démons dont l’aspect nous a ter rifiés. » BULWER—LYTTON (Efrange histoire). }ia Êene, sa junte, ses mauvements Il existe une formule pour la sphéricité de la terre; R: 3,570 mètres \/Ê Les 3,570 mètres seraient l’étendue de la vision comptée de 1 mètre de hauteur, et h la hauteur de l’œil au-desSus de la surface le la mer.
Cette formule est fausse. Preuve 1 : Au bord de la mer il y a une bouée ancrée à une distance de 1,000 mètres de la côte. La bouée s‘élève 1 mètre au—dessus de l’eau. ' Calme plat, je plonge et je nage, l’œil à la surface de l’eau. La bouée sera, d’après la formule, invisible à une distance de 3,570 mètres, la hauteur de l‘œil h
2 5 6 L’INITIATION étant égale à 0. Mais il n’en est rien, la bouée reste visible, seulement un peu corrodée par la réfraction dans les couches inférieures de l’atmosphère saturées de vapeurs d’eau. Preuve 2 : Dans la Baltique, où il n’existe pas de ma rées,la surfacede la glace, quandla mer gèle, doit offrir une plaine bien unie et égale.
Sur la mer gelée j’ai fait des levers avec des perches graduées et j’ai vérifié que la calotte de l’eau n’existe pas, ce qui d’ailleurs est en contradiction avec la formule donnée pour la forme — h 5 g2 — 1 : —— m — ————i—ou 2 g avec la loi de Young sur la tension des surfaces de des surface de liquides : a . . Y I I I liquides convexe. Y : 2 (Î + Ë— .
Dans les livres d’instruction primaire, il y a une preuve pour l’existence de la calotte de la mer. C’est qu’un vaisseau qui approche la côte montre d’abord les perroquets, puis les hunes, les voiles majeures.
Ceci est absolument faux, parce que la distance d’un vaisseau qui cache jusqu’aux hunes sous la calotte est trop grande pour que les mâts puissent être aperçus. ‘ D’après mes observations prises pendant vingt cinq ans, un vaisseau qui s’éloigne de la côte s’amoin drit, et, lorsqu’il va disparaître à l’horizon, il se montre comme un vaisseau microscopique gardant la forme entière. Or, souvent, quand il fait du vent, en observant à l’œil un un bateau à vapeur qui s’éloigne de la côte,
LA TERRE, SA FORME, SES MOUVEMENTS 257 la carcasse disparaît. On prend une lunette, et la car casse devient visible, car la couleur sombre du navire s’efface contre le fond sombre des flots. Les seules fois que j’ai observé les hunes se lever au-dessus de l’horizon, la différence de température entre les couches inférieures et supérieures de l’at mosphère évoquait le phénomène connu sous le nom de mirage, où un grossissement énorme se produit.
On dit que la terre est une sphère parce qu’à l’éclipse de la lune l'ombre de notre planète se pro jette en un cercle. Admis, mais un disque, un cylin dre, une lentille, un cône, un œuf peuvent projeter des ombres circulaires. De plus, un polygogne en rotation autour de son axe projette une ombre circu— laire. La preuve ne suffit pas. Magellan a fait le parcours ou le tour du monde, objecte-t-on. Réponse .
On peut faire le tour d’une surface, et la boussole indiquera toujours la route gardant l’équi libre, ce qui n’aurait pas lieu si la terre était une boule. La preuve la plus scientifique est le pendule. Regardons les chiffres indiquant la longueur du pendule, éliminant les décimales qui ne disent rien: LA LONGUEUR ou PENDULE A l’équateur : o° : 9,9 centimètres. Paris : 48° : g,g — Kœnigsberg: 54° : 9,9 — Spitzbergen = 79° : 9,9 ..
2 58 L’INITIATION La longueur est la même partout, ce qui ne prouve ni pour ni contre. En remarquant les corrections multiples aux essais du pendule, on avouera le justifié à l’élimination des décimales après la première : LES CORRECTIONS Changements de température. La variation de la longueur de l’arc d’oscillation. La résistance de l’air selon sa densité. La manière de suspendre le pendule. La hauteur au-dessus du niveau de la mer.
Le niveau de la mer! Le niveau d’une surface courbe qui change d’après les marées, les vents, les courants, de telle façon que l’on a observé une diffé— rence de 300 mètres entre Sainte-Hélène et l’Amérique du Sud. Et les savants ont supprimé la correction capitale ; la force centrifuge!
PROBLÈME DE PRIX. —— On demande les formules pour la longueur, l’amplitude et la durée de l’oscilla tion d’un pendule suspendu sur une sphère, de la grandeur de la terre, qui se meut autour de soi-même et parcourt en même temps l’éther (de densité incon_ nue, mettons: zéro) avec une vitesse de 30 kilo mètres par seconde.
EXPÉRIENCE. —— On suspend un pendule sur un boulet de canon, etc. (i). {1) La vitesse de la terre dans son orbite est soixante—dix f01s plus grande que celle d’un boulet de canon. Donc la pos sibilité de l'expérience prouvée!
LA TERRE, SA FORME, SES MOUVEMENTS 259 Finalement, et pour l’école de marine, on cite une fable sur la preuve de l’horloge. On prétend que le soleil se lève à des temps diffé rents d’après la longitude, et que l’année compte 365 levers et couchers de soleil. D’abord l’année au pôle ne compte qu’un jour et une nuit. Le jour commence le 21 (i’) mars et finit le 21 (P) septembre. La nuit dure depuis le 21 septembre jusqu’au 21 mars.
Donc la chronologie, la boule d’heure, le chronomètre et l’almanach,des inventions trop conventionnelles et simples pour éclairer une affaire si complexe. Vingt-quatre heures, c’est dire: tant et tant d’oscil lations d’un pendule, n’a rien affaire avec le lever et le coucher du soleil. Et un an au pôle nord ne coïn cide pas avec un an à l’équateur.
Si, d’autre part, le soleil se lève à Strasbourg à six heures, il se montre à Paris à six heures vingt-deux minutes, mais ce ne constitue pas encore une preuve car dans les pays alpestres le soleil se fait voir à la même longitude, selon la hauteur de l’Alpe voisine qui forme l’horizon accidentel. D’ailleurs, ce n’est pas la longitude seule qui décide de l’heure, puisqu’au pôle...
' Quelqu’un a demandé si c’était vrai qu’il faisait nuit en Amérique quand il fait jour en Europe, et comment on pouvait en être sûr. La question n’est pas si absurde qu’elle paraît, car le contrôle par une dépêche télégraphique n’annonce pas combien de temps le courant électrique a exigé pour le trajet, et que le cercle vicieux, l’horloge après
260 L’INITIATION le soleil, et le soleil après l’horloge, se présente tou . jours. La perte des vingt—quatre heures au tour du monde par l’ouest ne prouve pas que la terre est une sphère, vu qu’unerotation propre du firmament produirait le même phénomène. . Ni non plus que l’on voyage de Paris au Japon par l’est ou l’ouest, parce qu’on peut arriver au Cap en partant de Marseille, égal si l’on prend Gibraltar à l’ouest ou Suez à l’est.
Et il doit exister une raison pour laquelle l’on ne peut pas naviguer avec la boussole dans un brouil— lard, le vaisseau faisant des cercles tout le temps, tandis que l’aiguille aimantée tourne vers le nord. Egaré dans une forêt, le chasseur inexpérimenté fait aussi des cercles, juste comme le lièvre.
Si la terre est une sphère, quelle courbe immense formée par les rails du chemin de fer, entre Paris et Berlin par exemple, sans que les ingénieurs l’aient prise en considération. Une courbe formée de lignes droites (les rails).
Si la terre est une sphère, il doit être impossible de conduire l’eau du lac Léman à Paris, dans un aque_ duc bâti d’après le niveau à bulle d’air et en ligne droite, d’autant que la rotation de la terre doit créer un contre—courant. Si la terre est une sphère en rotation, un seul vent alisé devrait régner, courant d’ouest à est. Et les artilleurs devraient calculer la perte de portée
LA TERRE, SA FORME, SES MOUVEMENTS 261 du boulet tiré dans la direction d’est à ouest, de sorte que les canons allemands auraient une étendue de tir moindre que les canons français, cæteris paribus.
Si la terre est une sphère en rotation, le Danube ne pourrait jamais arriver à la mer Noire, etc., etc. On a voulu, pour la grande exposition en 1900, figurer et prouver la possibilité de la rotation de la terre sans que cela dérangeât les habitants, en fabri— quant une globe énorme qui se tourne autour de son axe.
Mais, pour prouver ce que l’on désire, il fallait lan cer cette sphère aussi avec une vitesse de 30 kilo mètres par seconde et observer si les objets déposés sur la surface garderaient leur place. Faut-il discuter avec une science comme celle—là, qui travaille avec le matériel des écoles primaires et communales ? Le système cosmogonique régnant est si facile à ex pliquer,disent les astronomies populaires.
On dessine un élève de lycée avec une fronde en main. La ficelle, c’est la force centripète, et la pierre, c’est la force cen trifuge. . C’est tout. Les deux forces se compensent et la pierre fait son orbite, qui toutefois ne crée pas une ellipse, mais une infinité de cercles mutilés, dénaturés, excentriques, concentriques, spiraux, hélices etc. Maintenant, il n’existe pas de ficelle (forcé centri pète constante) entre le soleil et la terre.
Puis il n’y a pas de lycéen, dans le soleil, qui constitue par sa main le moteur. C’est le moteur qui nous manque dans le système 9
2 6 2 L’INITIATION ‘— .\. , .> .., _.... F——.-r athée actuel ; c’est la fronde sans garçon ni ficelle! Admis que la force motrice fût une vitesse initiale de la terre lancée dans l’espace par une éruption du soleil. Dans ce cas, la terre retomberait sur le soleil après avoir décrit une parabole (ou hyperbole), comme le boulet de canon. Deux échantillons de la cosmographie actuelle, enseignée à l’université.
«} La terre tout entière n’est qu’un simple point situé au centre de la sphère céleste. » «La parallaxe d’un étoile quelconque est nulle. » Cependant, si je voyage sur ce point, appelé la terre, j’aurai, à l’équateur, l’étoile polaire à l’horizon, et, arrivé au pôle nord, l’étoile polaire se trouvera au zénith, au-dessus de ma tête.
Ce déplacement a servi comme preuve pour la sphéricité de la terre ; mais la terre, n’étant « qu’un simple point »,ne pourrait pas donner lieu à une « parallaxe » telle que celui cité. Un exemple pour éclairer le problème. Je reste au—dessous de la tour Eifi°el et sa lumière est au zénith. Je m’éloigne, et la lumière se baisse, et, arrivé à Vincennes, par exemple, la lumière se trouve à l’horizon, sans que la calotte de la terre y compte.
Il semble donc que je m’approche de l’étoile polaire en allant au pôle nord, et que je m’en éloigne en voya_ geant vers l’équateur. Il semble. mais ce n’est pas sûr, puisque tout ce monde semble illusoire.
LA TERRE, SA FORME, SES MOUVEMENTS 263 Les réfutations scientifiques deslois de Kepler et de Newton sont le mieux exposées par P. F. P. Delestre: Exploration du ciel The’0centrz'que, Delhomme et Briguet, Paris et Lyon. Dédié à « Mes Camarades de l’École polytechnique ». ' Quelle forme et quels mouvements la terre possède— t-elle ?
Soyons modestes, une seule fois, et reconnaissons què nous ignorons tout, et que tous les systèmes ne sont qt1e des méthodes défectueuses et vaines d’expli querl’inexplicable. Rappelons que les ancêtres assy riens et égyptiens expliquaient le monde aussi bien que nous, en supposant le firmanent mobile; qu’ils avaient dressé le calendrier, savaient prédire les éclip— ses; que Christophe Colomb découvrit l’Amérique avant les lois de Kepler établies.
Et étendons la modestie jusqu’à reconnaître que la cosmographie actuelle est complètement insoute— nable. AUGUSTE STRINDBERG. Œns Wltssnous ne ’él‘nauus u’i’à‘.ae ET D’HENRIETTE COUÉDON D’après un ouvrage du P. AYROLES Un éloge que tout critique impartial doit accorder à la SOClé‘.é delésus, c’estd’avoir, à diverses époques,
264 L’INITIATION mis au jour d’excellents travaux d’érudition et de mystique. Si le clergé français veut dans l’avenir éviter le reproche que M. Bataille lui-même a cru devoir émettre, celui d’avoir négligé le mystique divin et diabolique, il sera obligé de prendre pour guide les ouvrages des Jésuites, celui de M. l’abbé Ribet, enfin les travaux des occultistes contemporains. L’ouvrage du P.
Ayroles : La Pucelle devant l’Église de son temps, édité en 1890, forme deux vo— lumes in-quarto (1). Ce travail monumental, encore inachevé, est à la fois une œuvre de science théolo gique et de science historique qui fait le plus grand honneur à la Société de Jésus. J’en extrairai seulement quelques remarques qui me permettront de comparer la voyante du xv° siècle à la sibylle catholique de notre époque.
Dès sa treizième année, Jeanne aperçut saint Michel et quelquefois aussi saint Gabriel. Par modestie, elle ne parla pas immédiatement de ces visions. Des ar changes l’ont donc protégée dès son enfance et pré parée à sa mission. Or M"° Couédon m’a déclaré que dès son enfance elle a eu la grâce d’une protection toute spéciale de ' la Vierge, et, par celle—ci, de l’archange qui l’iris pire (2).
Il me semble que non seulement son carac_ tère, mais encore sesfacultés (et j’y comprends, par hypothèse, les facultés supérieures dont l'occultisme enseigne l’existence), ont subi depuis l’enfance un (1) Bibl. Nat. Lb26 260' Gamme, éditeur 3, rue d ' baye, 30 fr. _ ’ ’ , , e lAb— (2) Le sceptique aurait à vérifier cette affirmation.
LES MISSIONS DE JEANNE D’ARC 265 lent perfectionnement. M“° Couédon, avec cette fran chise absolue qui la caractérise, m’avoue qu’elle est naturellement colère, et qu’elle a dû se faire violence pour ne pas éclater, lorsque ses parents ont été diffa més impunément en pleine audience. L’ange ne lui inspire nullement la vanité et ne lui laisse pas sup poser qu’elle soit égale à « la bonne Lorraine (1) ».
Fût-elle abandonnée à son propre jugement, M“° Coué don ne le croirait point. N’hésitant point à dire qu’elle n’est rien par elle—même, elle se garde de souhaiter des dons nouveaux, et ne pense qu’à deve nir meilleure. L’esprit qui l’inspire l’a menacée de faire cesser sa mission et de ne plus la protéger, si elle cesse elle-même de répondre aux desseins de la Providence.
C’est ainsi que Jeanne d’Arc, malgré sa soumission aux révélations d’en haut, s’excusait humblement en disant qu’elle n’était qu’une pauvre bergère qui ne pouvait commander les armées (p. 215). Le P. Ayroles n’a jamais avancé qu’une révélation doive toujours être appréciée à priori, d’après des principes abstraits, dont on ne peut tirer que des conséquences abstraites.
Il est d’accord avec tous les bons auteurs mystiques pour constater quela présence d’un bon esprit se prouve par le perfectionnement de la personne soumise à l’influence surnaturelle, et que cette personne doit avoir les qualités suivantes : hu— (i) L’ange ne dit point : sainte Jeanne d’Arc comme le rapporte une brochure. Jeanne d’Arc n’a pas été béatifiée par l’Église catholique. Notons que M110 Couédon est nerveuse sanguine (NSBL ?).
266 L’INITIATION milité, discrétion, patience, vérité, charité.
Jeanne d’Arc était humble : elle n’a jamais souhaité les hon— neurs, elle a refusé aux femmes du peuple de bénir leurs chapelets; ses réponses n’avaient pas un carac tère de hauteur. et ses paroles n’ont révélé que pour le bien public les grâces extraordinaires qu’elle avait reçues; Jeanne d’Arc avait ce que la théologie appelle la discrétion, vertu qui rend propre au bon conseil ; Jeanne d’Arc était patiente, puisqu’elle supporta sans colère des interrogatoires malveillants, ainsi que les épreuves les plus humiliantes; non seulement elle endurait patiemment les injures, mais encore elle avait en horreur l’effusion du sang humain, et faisait tous ses efforts pour que la vie du vaincu fût préser vée; Jeanne d’Arc n’a jamais dit que la vérité et n’eût point voulu mentir pour sauver ses jours ; Jeanne d’Arc avait au plus haut degré la charité, dans le sens d’amour divin; et les esprits lui avaient répété de fréquenter l’Eglise, de s’approcher des sacrements avec piété.
Or, la modeste et aimable sibylle parisienne n’a pas atteint le haut degré de perfection auquel s’est élevé la vierge lorraine, du moins il me semble que tout observateur impartial et charitable reconnaîtra en elle les commencements de ces vertus chrétiennes_ L’esprit a d’ailleurs annoncé qu’elle aurait, avec son aide, à se perfectionner encore.
Si M‘le Couédon a souhaité quelque bien terrestre, personne ne peut lui dénier un droit que possède tout chrétien ; personne ne peut dire qu’elle soit ambitieuse. Elle répond aux questions posées avec simplicité, franchise et modestie,
LES MISSIONS DE JEANNE D’ARC 267 “un—,5...— —n-u.—:u"æu-.MW: manïÆ.=:u+,æ’:fln”*fl,latr"f ' . et ne parle des grâces reçues que si le questionneur l’y oblige. Elle aussi obéit docilement aux conseils de son guide. Elle aussi apprend à endurer les injures. Elle aussi dit la vérité (I).
A un catholique hésitant qui reconnaît comme vraies les annonces en partie nouvelles, mais toutes d’accord avec les plus connues des prophéties modernes, je proposerai ce raisonne— ment: « Un groupe de vingt vérités est présenté à notre acceptation ; si dix—neuf sont admises par nous, la vingtième doit raisonnablement être acceptée de confiance.
L’esprit qui fait parler M”" Couédon annonce des vérités, recommande la piété, la sou— mission à l’Église, l’approche des sacrements, loue ce que loue le clergé, condamne ce qu’il condamne, n’ajoute rien à ses dogmes, et rend plus pieux ceux qui ontle bonheur d’être admis à des réunions intimes. La dernière vérité qui nous est proposée est celle-ci : l’esprit est Gabriel. Or les œuvres de cet esprit ne sont point des œuvres de mensonge.
La conclusion s’impose. » Ce que le clergé parisien a négligé de faire, c’est d’interroger les personnes qui ont assisté à ces réu nions intimes de jeudi et de dimanche, c’est aussi d’y venir avec la volonté de se former une conviction.
Les prédicateurs les plus puissants n’ont jamais obtenu, avec un langage aussi simple que fort malgré sa forme exceptionnelle, un brisement de cœur plus rapide et une transformation plus complète de l’âme (I) Les erreurs signalées proviendraient d’une interprétation mexacte des consultants. Ceci est encore à vérifier.
268 L'INITIATION de leurs fidèles. L’ange dit être venu non pour con— damner, mais pour avertir, et pour réconforter : Jeanne aussi fut réconfortée par Gabriel quelques jours avant sa mort. Or, d’après le Père Ayroles, Jeanne n’a pas achevé toute sa mission durant sa vie terrestre. L’ange, de son côté, déclare que ce qu’il a fait n’est qu’un commencement. Notre époque scep tique et inquiète est réservée à bien des événe— ments (I).
SATURNIN US . (I) Le 6‘ fascicule de M. Méry est d’un réel ietérêt, ainsi que la brochure à 30 cent.: Une réunion chez la voyante. (Chez l’auteur, 93, rue Cardinet.) On m'excusera de faire allusion, au début d’un article sérieux, au travail publié sous le nom de M. Bataille. L’ange a qualifié sévèrement le mélange de mensonges et de vérités qui ont troublé quantité d’âmes et porté au mal plusieurs per— sonnes.
. 13‘":"r «w... rvww‘r«7fl'umW‘l‘ffik v,u.. BÆBÆË©GËAEEIE LE CATÉCHISME DE LA PAIX C’est dans la solitude d’une retraite cachée au milieu du bocage vendéen que je reçus ce livre de mansuétude et de pacification; bien qu’il me fût depuis longtemps familier, en ayant étudié le manuscrit, cette nouvelle lecture eut pour moi tout le charme de la nouveauté.
C’est cette délicieuse impression de fraîcheur aimable et de sérénité majestueuse qui contient en soi toute l’élo quence de ces trop courts chapitres, où le maître Eliphas Lévi résuma tout son système de morale. Avec l’éléganée suprême des grands artistes, Eliphas cache les fortes charpentes de sa pensée sous la richesse inimitable de cette phrase simple, forte et abondante que n’eût pas désavouée un écrivain du grand siècle.
Ce Caté— chisme, pour répondre à son titre, devait cacherles idées les plus hautes sous « le voile d’un style simple et sans artifice », car l’auteur a lui—même écrit au cours du livre que le catéchisme, comme un verbe de l’éternel Tzebaoth se distribuant à travers les constellations zodiacales, la sublime morale de l’abnégation souriante répartit ses préceptes selon les cadres de douze chapitres, dont la synthèse forme l’expression mystique de la loi du sacri— fice à laquelle obéit l’agneau de Dieu dans les siècles des siècles.
Mais combien il est difficile de progresser vers cette vie sublime ;} d’abord « que les mystères absurdes de la :héologie deviennent des aspirations sublimes de l’huma nité ;'mais, pour en arriver là, il faut briser les lisières de l’Église sans renverser l’Église, sortir des langes du catéchisme et renverser lesidoles de Rome sans épargner celles de Genève, tout en honorantl’autorité de Rome et la liberté de Genève. > A ce prix-là sera conquise la paix religieuse.
Eliphas voit la réalisation de la paix sociale par la for mule suivante: ( Un Dieu, un culte, une société, un peuple, une loi, un roi. » Cette théorie synarchique avant Saint—Yves. il l’avait déjà exposée dans une bro
270 L’INITIATION chure de jeunesse intitulée la Bible de la Liberté et dont, par les soins de M. Chamuel, on trouvera les passages les plus saillants à la fin du présent volume, extraits d’après l’exemplaire obligeamment communiqué par le docteur Marc Haven. Le troisième chapitre traite les moyens d’acquérir la. paix avec soi-même, troublée d’ordinaire par trois pas sions redoutables: la peur, le désir et le regret.
Elle est exprimée dans un aphorisme admirable: « Un grand apaisement de l’âme dans le parfait acquiescemen: à l’ordre éternel: voilà la paix intérieure des vrais sages. » De celle-ci découle tout naturellement la paix avec nos semblables qui consiste à ne haïr personne, à m’attaquer personne et à être prêt au pardon pour tous; mais cette mansuétude n’exclut pas le devoir de la résistance au mal; à ce propos, Éliphas a écrit des phrases d’une grande hardiesse pour l’époque, témoin le passage sui vant:« Le soldat qu’on frappe avec le plat du sabre peut se défendre avec la pointe ; l’enfant frappé par un maître d’école doit sortir de l’école et aller se plaindre à son père, et si, dans la pensée que son père ne lui fera pas rendre justice, l’enfant lançait à la tête du maître d’école son pupitre ou sa chaise, quoi qu’il ait pu en arriver, l’enfant serait certainement excusable, ayant agi en cas de légitime défense. » S’appuyant sans cesse surles dogmes analogiques de la philosophie occulte, Eliphas pose l’axiome de la paix universelle: Le grand problème est de constituer un pou voir absolu sur des nations parfaitement libres; mais pour cela, il faudrait constituer un tribunal des peuples: et, pour rendre ce tribunalpossible, un code des nations qui fit du droit de chacune le devoir de toutes les autres, Le lecteur admirera ici avec nous la merveilleuse intui tion qui faisait pressentir au maître les efforts actuels des ligues pour la paix et pour l’arbitrage international.
Mais, avant de songer à rendre réel ce rêve grandiose que chaque nation s’évertue tout d’abord à réaliser pou; elle-même la paix publique, et que, pour cela, les pre— miers donnent l’exemple de la moralité et de la sagesse et la multitude les suivra. ’ Eliphas Levi examine ensuite les moyens de se tenir
LE CATÉCHISME DE LA PAIX 271 ' en paix avec les deux grandes chaînes magiques des temps modernes, ou plutôt avec leur restes: je veux dire l’Église et la Franc-Maçonnerie; et il fait ressortir avec une merveilleuse clarté l’identité de leurs enseignements qui ne tendent à rien moins que la fraternité universelle et véritablement catholique.
Enfin, pour terminer ce code pacifique, dont les règles, partant de la conduite à tenir vis-à—vis de soi-même, aboutissent, après avoir donné les moyens du bonheur domestique, au grand secret pratique de la sagesse qui est de ne pas jeter les perles au pourceaux, nous apprendrons à goûter les bonheurs de la solitude, en les créant en soi et en les conservant éternels.
Telle est la route royale qui conduit à la paix éternelle; il faudrait citer entièrement cet admirable chapitre final où la m0 rale essentielle de l’Evangile est condensée, dans une formule qui en unit les conclusions à celle du mysticisme hindou et de l’ésotérisme rosi-crucien.
A cette œuvre, qui est pour le côté animique de l’homme universel ce qu’est le Citant du bienheureux pour la sphère spirituelle, l’obligeance d’une des plus fidèles disciples de l‘occultisme a permis d’ajouter une série de quatrains composé en guise d’épigraphes pour une série de gra vures bibliques du xvure siècle.
Enfin, le volume se termine, ainsi que je l’ai déjà dit, par des extraits importants de la première œuvre sociale d’Eliphas Lévi, qui s’appelait alors l‘abbé Constant.
Mais je puis, en terminant, annoncer aux nombreux élèves posthumes du célèbre magiste que notre ami Chamuel leur réserve une surprise agréable, par la publi cation d’un livre capital, le Grand Arcane, où Eliphas, quittant la terminologie de l'ésotérisme et cachant sa science, exprime d’une sorte magistrale, et avec cette simplicité impénétrable pour les gens à courte vue l’essence même de l’occulte et le moyen de ses plus hautes réalisations. Ce livre sera prêt sans doute pour le mois prochain. SÉDIR.
272 L’INITIATION lt‘l©‘ll“Rläi BULLETKN POLK’lÏ‘II©UJË Mois de vacances, trêve de Dieu, interrompant sans I’apaiser la fureur des passions humaines par l’insuffi sance des forces individuelles; plus rares, les faits n'y sont pas moins suggestifs.
Le grand diplomate chinois nous a quittés pour l’An_ gleœrre et le voici disparu de notre horizon pour ache ver en Amérique le tour du monde accompli sur la route séculaire de la civilisation, de l’extrême Orient à l’extrême Occident qui le rejoint.
Après l’envoyé du Céleste-Empire, voici l’empereur mi-oriental mi-occidental lancé sur la même voie, en visite auprès des souverains de l’Europe, et l'Europe le suit avec intérêt parce qu'elle sent de quelles craintes, de quelles menaces ce jeune et puissant monarque vient chercher l’apaisement.
Elles se résument dans le fait le plus saisissant de ce mois, ces féroces massacres de Constantinople, cruelles représailles du soulèvement des Arméniens. Pour les populations il s’y agit de l’oppression insup portable du Chrétien par le Musulman, de I’Européen par le Turc. La Crête, mandataire des opprimés est par eux étroitement surveillée, et c’est à peine si leur impa tience peut se contenir (troubles de Macédoine, troubles de l’Arménie).
La Crête a faibli, elle s’est montrée prête àaccéder aux concessions offertes; aussitôt le comité arménien se dresse et sacrifie le despote à grand’peine sauvé dans la capitale, sauf à expirer le lendemain sous le bâton du Turc exalté. Car le comité arménien sait bien que l’affranchissement de la Crète réalisé au_ jourd’hui c’est pour demain celui de le Roumélie, pour après-demain celui de l’Arménie.
Et pourquoi pas en effet, Constantinople comme Naples, comme Milan comme Venise, comme Rome? ’ C’est que Constantinople est l’héritage convoité de l’homme malade,et que l’intérêt des populations importe fort peu aux nations qui guettent la fin de son posses_ seur. Fasc1nés par le désir du diamant byzantin, nous
NOTRE BULLETIN POLITIQUE 273 faisons lâchement galerie autour des combattants qui le détiennent, balancés entre l’espoir de leur fin tragique et la crainte que leur héritage ne soit soustrait. Et pourquoi donc enfin cette convoitise ?
Un mot le dit : Le comité central arménien est à Londres. — Nous avons assez expliqué précédemment comment et pour— quoi l’Angleterre tient l’Orient dans ses mains, dans l’intérêt de sa fonction économique exercée en mode égoïste.
Voilà donc trois sources principales de conflit entre les nations organisées presque toutes sur le type dualiste : conflit des religions et des races ; conflit des nationalités avides de parfaire, de défendre ou d’exalter leur indivi dualisme; conflit des intérêts économiques surexcités par le développement prodigieux de notre industrie.
L'humanité est divisée dans toutes les sphères de son activité vitale; mais c’est dans la sphère économique que l’agitation domine; c'est d’elles que viennent les difficultés principales ou les principaux obstacles. La course aux colonies en est la preuve. Si l’incendie couve perpétuellement en Orient, c’est à ' cause des colonies asiatiques.
Si l’Afrique nous cause tant de soucis, c‘est qu’il s’agit de piller les richesses si longtemps convoitées, son ivoire, son or. Et de quelle hypocrisie se voile notre rapacitél Ce n’est plus de soumission que nous parlons au vaincu, c’est le protec— torat que nous lui imposons. Bruyamment croisés aussi pour la destruction de l’esclavage, nous lui vendons en dessous main nos armes, non sans le tromper du reste sur la marchandise.
Et, s‘il se trouve un homme de cœur comme le commandant Lothaire pour accomplir sa mission de haute justice sur cet ignoble trafic, c’est à grand’peine qu'il sauve son honneur et sa vie devant nos tribunaux ; ne menaçait-il pas la réputation des deux grands prêcheurs de vertu :l'Allemagne et l’Angleterre ? ' Qui souffle encore la discorde entre l’Espagne et les États-Unis, à Cuba?
La convoitise d‘une colonie entre ceux-ci et l’Angleterre au Venezuela ; la soif de l’or entre la France et le Brésil sur le territoire contesté; toujours la fièvre de l'or, qui nous brûle auiourd’hui si fortement.
274 L’INITIATION D’où vient aussi la lutte entre la Chine et le Japon que notre virus a envahi? Du désir d’accaparer aux dépens de l’Europe les richesses de cette Chine labo rieuse dont nous tentons depuis si longtemps de forcer l’entrée 1 .
Aussi, qu’est venu chercher à travers le monde le plus fin diplomate de cet empire rusé I’ Nos armes d’abord, avec l’art de s’en servir, pour se protéger, puis surtout notre crédit, cette arme dont nous abusons tel— lement qu’on n’ose prévoir ce qu’elle nous réserve, et enfin le relèvement de ses droits de douane, barrière moderne des frontières ouvertes.
Notez-le bien, du reste, ce n’est point pour la Chine que l’avenir économique est le plus sombre; si 1’Eunope se dispute avec tant de cruauté l’Afrique et l’Asie, c’est qu’elle sent bien la ruine qui la menace entre le vieux continent qu’elle a réveillé et le nouveau monde, son élève, maintenant supérieur au maître. L’alarme est donnée en Europe et s’y répète (1), mais le remède n’ap_ parait guere. Voyez cependant comment on le cherche.
Tandis que les souverains sont en quête d’alliances propres à grouper leurs intérêts ou à les balancer, leurs sujets s’efforcent de s'éclairer ou de les défendre en se rassemblant, en se coalisant pour peser sur l’opinion publique, et c’est là qu’est l’activité principale. On oublie au besoin les querelles de peuples et de races quand la communauté des intérêts les domine.
Aussi les Congrès internationaux se multiplient : Con grès des socialistes, à Londres ; Congrès des mutualistes ' Congrès des journalistes en Allemagne; Congrès, des, éditeurs; Congrès des anthropologistes criminalistes à Genève.
' Si vous avez quelque peu suivi ce qui s’y dit, vous (I) Voir le « Péril prochain », Renue des Deux Mondes du 1‘" avril .1896; La « Concurrence asiatique >o dans le Deyoz‘r d’août 1896 - Le Bulletin of the département of Labor de janvier I 896-, Le New York Herald, le Figaro, la Libre Parole du .12, au I8 juin I896, sur le Péril Américain, etc., etc.,
NOTRE BULLETIN POLITIQUE 275 aurez pu remarquer que les études qui s’y font ou les actions qui s’y préconisent sont toujours appuyées sur la considération des collectivités, que les individus y disparaissent dans l’ensemble social. Les questions mo rales ellesmêmes subissent ce traitement en même temps qu’elles sont subordonnées à l’économie publique.
L’éducation se veut plus pratique; les liens du mariage se dénouent; l’ivrognerie dépend d’une mesure fiscale (monopole de la fabrication), et c’est surtout parles con» sidératious héréditaires qu’on la traite ou par celles de l’alimentation des villes. 1æ .
Résumons ces observations pour déduire leurs consé quences; elles sont fort importantes : Dualisme e‘t antagonisme dans toutes les sphères d’ac— tivité sociale, principalement dans celle économique qui détermine les autres; Etat consécutif d’anxiété dans l’attente d’une confia gration indécise, mais que l’on pressent terrible; Recherche du remède par l’individu plutôt que par les souverains, troublés eux-mêmes et généralement incertains de leurs devoirs ou de leurs pouvoirs; Groupement des intérêts qui, en se coalisant, sup priment les distinctions locales.
Tendance universelle à l’égalité, à la fusion, au nivellement; La foi réfugiée dans la science concrète, révélatrice des lois cosmiques, impliquant une sorte de soumission résignée à leur fatalité, un certain abandon de la respon— sabilité morale au profit de l’instinct.
Ces caractères révèlent nettement la troisième des puissances cosmiques, celle de la Nature Naturée ;' ils se résument en quelques propriétés: multiplicité, diffu sion, effacement des contrastes, tendance à la passivité, àla solidification ; ou, en un seul mot Lmatérialisation! Et, par une observation attentive, vous pourrez les retrouver en toutes nos manifestations actuelles : dans les mœurs, dans notre littérature, dans nos arts plastiques.
Mais bâtons—nous d’ajouter qu’ils s’accompagnent d’autres fort importants qu’on oublie trop volontiers : Par suite de cette diffusion, par horreur de l’émiette
276 L'INITIATION ment dans l'indéfinie multiplicité, nous nous rapprochons en groupes, et nous commençons à préférer les unités aux individualités, nous aspirons même déjà vers l’Unite’; toutes nos craintes, tous nos efforts trahissent l'espoir presque inconnu jusque-là d’unelFraternité pro chaine. Cette particularité signale la fin d’un cycle, l’ap— proche de la terre nouvelle; elle nous indique notre orientation.
Voici pourquoi : Comme la vie planétaire, celle sociale, celle des races, celle des familles de peuples, celle des nations, celle des castes sociales se poursuit, nous l'avons dit, à travers quatre saisons nécessaires.
La dernière est celle où toute vie, après s’être résumée en son œuvre suprême, que la graine végétale symbolise, s’efface d'abord dans les teintes vaporeuses de l’automne, s’engourdit en son abondance, puis s’endort sous les frimas. Mais l’hiver n’est que le précurseur du renou— veau qu’il élabore en rassemblant les sèves, en les bras— sant, les unissant, les régénérant par une éclosion nou. velle.
Telle est notre situation actuelle; mais notre hiver est avancé déjà; l’heure de Noël a sonné, le soleil se relève sur notre horizon : les peuples théocrates ont fait suc cessivement place aux guerriers monarchiques, aux législateurs, puis aux industriels ; de même le clergé, la noblesse. la bourgeoisie même bientôt ont disparu ou vont disparaître devant la plèbe.
Or, nous n’attribuon5 à aucune saison la priorité sur l’autre; nous les savons toutes également nécessaires à leur tour et dans leur rôle. Pourquoi donc tombons-nous dans l'erreur com_ _mune de ne voir dans les puissances sociales éclipsées qu’une condition anormale d‘existence qu’il faut oublier et détruire jusque dans sa racine?
C’est d’abord par les passions qu'elles ont soulevées en nous, en voulant s’enfermer dans leur égoïsme, confis quer pour elles—mêmes le pouvoir qui leur était confié par la Toute-Puissance universelle. C’est ensuite par notre ignorance de la loi cosmique dont le but nous échappe, faute de le chercher jusque dans l’Absolu.
NOTRE BULLETIN POLITIQUE 277 La vie qui court à travers les saisons, les races, les peuples ou les castes n’a pas simplement pour fin leur éphémère existence; elle n’entend pas non plus les aban donner au néant. Le cours d’un cycle doit être perçu comme un grand œuvre où tout concourt en même temps à. la spiritualisation de chaque créature indivi duelle et à la réalisation d’une glorieuse synthèse finale.
Voyez, en effet, l’histoire géologique de notre pla— nète. Elle naît sousl’empire du Feu, dans la conflagrarion de l’état radiant; elle passe ensuite sous la puissance de l’Air, à l’état gazeux où les combinaisons chimiques achèvent sa formation; puis vient avec l’empire de 1’Eau dissolutrice, distributrice, génératrice, l’ère de maturité active et de reproduction; enfin la Terre fixe et conso lide le globe.
Mais la Terre n’a pas tué l’Eau, plus que l’Eau n’a tué l’Air, ni l’Air le Feu; du tumulte de leurs cataclysmes est sortie leur union harmonieuse en une fonction com mune, magnifique, supérieure à chacune des puissances précédentes, celle de la Vie végétale et animale qui com— mence la spiritualisarion du globe terrestse.
Ainsi des nations et de toutes choses : à mesure que les quatre éléments sociaux, les castes naturelles se suc cèdent pour fixer le corps national, l’esprit se dégage; l’êre démocratique est le signe de cette fixation qui doit, par sublimation correspondante, produire un long cycle d’harmonieuse prospérité.
Seulement, à cause de la liberté propre à l’homme, cette sublimation dernière ne peut s’accomplir sans la participation de la Volonté et à la condition que cette volonté se conforme à la loi cosmique, à la Providence; sinon cette volonté retombe sous les coups du Destin fatal, et la démocratie s’écroule parce qu’elle a manqué son œuvre. Et comment la peut—elle accomplir sainement? Deux . règles y suffisent : l’une pratique, l’autre théorique.
Pour comprendre la première, il faut observer ce prin cipe, aussi banal que négligé pourtant, que chaque indi vidu doit exercer autant de fonctions qu’il y a d’éléments sociaux; mais qu’il n’est une unité que par rapport aux éléments primaires de ces mêmes éléments sociaux qui
278 L’INITIATXON eux-mêmes sont composés. Ainsi la démocratie doit réa liser son principe d’égalité en appliquant le suffrage uni— versel, non pas directement aux organes sociaux com— plexes, mais seulementà leurs éléments, pris à leur tour comme unités d’ordre supérieur. Elle doit hiérarchiser, non pas niveler. Nous avons déjà traité un peu plus en détail de ce principe.
La seconde règle est dans la nécessité de faire pres— sentirle plus tôt possible à la démocratie cette spirituali sation qui doit naître de son harmonie. L’Esprit pour s’incarner en elle a disparu momentané ment pendant les deux périodes intermédiaires ; il faux qu’elle le retrouve à présent en son sein; il faut que la Terre retrouve le Feu qui la possède pour faire appa_ raitre la Vie que l’Air et l’Eau entretiendront.
Or ce rayon de lumière supérieure, c’est à la science qu’il appartient de le faire sortir et de le fixer en la ma tière. L’ère de foi ignorante est une saison passée ; c’est de la synthèse positive que doit renaître la Foi éclairée. Il faut que la Science se fasse religieuse, et que la Reli gion se fasse scientifique; il faut que la Science Sacrée se regenere.
C’est à ceux à qui elle a daigné se révéler qu’incombe particulièrement ce grand devoir social. Pénétrons-nous donc, mes frères, de cette obligation, prix des beautés sublimes qu’il nous est donné d’entrevoir; ce n’est point pour notre satisfaction personnelle qu’elles nous sont accordées, mais pour le salut social.
Ainsi ont pensé tous nos aïeux, et notamment les premiers marrinistes de qui la plupart d’entre nous se réclament; sachons nous montrer dignes de leur exemple en l’imitanr avec recon.‘ naissance. TRIPLEL «tÿ,mrrr imairrursmr D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES' A partir du mois d’octobre, l’activité du Groupe va re_ prendre toute sa force.
DIVISION DU CORPS ASTRAL 279 QUARTIER GÉNÉRAL. — A dater du 20 octobre, des réu nions amicales des membres du Groupe et des abonnés et lecteurs de l'Inz’tialion demeurant à Paris auront lieu tous les mardis, de 2 heures à 6 heures de l’après-midi, à la rédaction, villa Montmorency, 10, avenue des Peu pliers, Paris (Auteuil). Nos amis et lecteurs sont priés de prendre bonne note de cet avis et ils seront reçus sans autre invitation.
LE PRÉSIDENT. aI} GROUPE NUMÉRO 4 ETUDE DE L’INCONNU Monsieur le Directeur, Le Groupe numéro 4 reprend l’étude de certains phé nomènes que quelques savants attribuent à l’extériorisa— tion de la motricité. ' Pour ce genre d’études, nos médiums sont : 1° M. T... sculpteur, auteur d’un buste fort remar— qué au dernier Salon des Champs-Elysées. 2° Mme T......
Tout en conservant ma manière de voir, au point de vue religieux et sur la nature des phénomènes attribués aux esprits de toutes sortes, je poursuivrai cette étude sans crainte du diable ni du ridicule. S’il se produit des faits intéressants,je vous en rendrai compte Je vous prie, Monsieur le Directeur, de recevoir l’as surance de mes meilleurs sentiments. A. FRANÇOIS. P.
S. —-Nos nouveaux médiums n’ont pas suivi les expériences faites précédemment à notre Groupe; d’autre part, nos anciens médiums n’assisteront pas à nos séances.- A. F. DEVESÏI@N DU ©©lRJPS ASTRAL Souvent pendant les séances du groupe nous vînmes à mettre la discussion sur le sujet du corps astral. Les
280 L’INXTIATION divers auteurs que nous consultâmes sur ce point nous ont tellement brouillé nos idées qu’aucun de nous ne peut plus se rendre compte de ce mystère, et de toutes ces discussions nous sommes parvenus au résultat sui vant : Nimbe + 0d : Corps Astral I Nimbe (grec : véço; : nuage) (sanscrit : nabhas : air) (lat : nimbus : cercle de lumière autour des saints en peinture).
« Lumen quod circa angelorum capila pingitur nim « bus vocatur, tiret et nimbus si! denseta nubes. » Isidorus (Orig., Km, 3 I , 2). Le Nimbe est une flamme, un cercle, une vapeur lu mineuse, une couronne de rayons lumineuse qu’on voit au-dessus des corps avec les yeux libres, et par cette rai— son on peut le reproduire sur la plaque photographique (Animismus u. Spiritismus, I, p. 65; The Spiritualist, 1875, Déc. 3. Aksakof).
Je recommande à ce sujet le traité de Ludolf Stefani; (Nimbus und Strahlenkran; in den Werken der alten Kims. Petreol, 1859). J'ai publié déjà dans le numéro 3 de cette Revue (p. 276) la preuve de la vue du nimbe. Il 0d, nom donné par le baron de Reichenbach (grand chimiste) à une matière fluide qui émane des col-p5 même à une température ordinaire.
Ceci était déjà connu bien avant de deux autres savants Williams Maxwel et Frank de Frankenau (De médicina’ magneta, Francofurt., 1679, lib. 1, c. 4), mais jusqu’à Rei cheqbach (1850) personne ne put le démontrer par des expériences. Une chose étrange se rapporte à ( l’od ), c‘est qu’on pent observer deux couleurs au corps humain : celle du côté
DIVISION DU CORPS ASTRAL ' 281 gauche, c’est-à—dire de l’œil, de l'oreille, de la marine et du bout des doigts est bleue; celle de droite est rouge. Il arrive fort rarement que l'od soit d’une seule couleur, qui alors est violette. 1 Parfois, tout au contraire, il est rouge du côté gauche et bleu du côté droit; ceci résulte bien entendu de l’état dans lequel l'individu se trouve.
Je cite: Objectivité des e[flluves perçus sous forme de lumière dans l’état hypnotique (colonel Albert de Rochas). Voici le texte mot à mot: De tout temps on signale l'existence d’effluves Iumi neux se dégageant de certaines personnes exceptionnelle— ment doue’es.
L’abbé Ribet en rapp0rte un grand nombre de cas dans sa Mystique divine, et l’imagerie religieuse en a consacré la tradition avec l’aure’ole des saints et les rayons qui s’échappent des doigts de la Vierge ou du front de Moïse, etc., etc. Je cite: Compte rendu de la Société de biologie, 17 juin 1893. Le docteur Luys en compagnie de Rochas (Annales des sciences psychiques, mai—juin, I894).
Les observations faites par ces deux savants sont d’un grand intérêt pour nous. Ils se servaient d’individus à l’état hypnotique pour constater ce phénomène, et Reichenbach par les ténèbres. M. Papus (l’Initiation, n° 10, Juil. 1895, p. 2) explique très clairement comment l’œil exercé peut voir dans les ténèbres.
L’od, d’après M. Luys, ne peut être vu par une personne à l‘état normal, mais seulement par un sujet hypnotisé, et par ce fait ne peut être reproduit sur une plaque pho tographique. En étudiant d’après ce système l’od et le nymbe, nous avons constaté que les deux ne font qu’un: le Corps Astral. Ainsi doncje suppose que nous pouvons diviserle corps astral en deux: L’Od (immatériel). Nymbe (matériel). i = C°’l"5 A3”"’* I. T. ULIC.
282 l.ÏNITIATION Couaatsa Ë3mmoeaaeau<æna Dr H. Banauuc.—- L’Ame humaine, ses mouvements. ses lu mières et l‘iconographie de l’lnuisible fluidique, avec 70 simili—photographies hors texte. Paris, 1896, gr. in—8°, 300 pages. En vente chez Chamuels 16 francs, Le titre de cet important ouvrage en explique à lui seul le but et les procédés ; l’épigraphe précise les théo ries de l’auteur et donne la genèse du livre : L'âme humaine se meut et luit.
Tout sort de l’Invisible. Tout y rentre. Tout s’y transforme. Le lecteur est d’ores et déjà fixé; s’il est occultiste, il verra qu’il s’agit là d’une étude sur le plan astral. La Préface est tout entière consacrée à l’explication et à la définition de ce programme, dont le Dr Baraduc énu mère les points avec une légitime fierté. Commençons avec lui à étudier les deux aspects de cette démonstration.
Le premier, la biométrie, prouve « les mouvements de l’âme agissant sur l’aiguille qui les enregistre et donne ainsi la formule du tempérament vi tal.
Le second, l’iconographie, démontre la vibration lu mineuse de l’âme, qui se graphie sur une plaque sensi— ble, et la création d’images fluidico—vitales par l’esprit m0dulant la force vitale animique (psychicones). » On trouvera dans le précédent ouvrage du D“ Baraduc l’histoire de sa « découverte », qu’il réalisa d’ailleurs au moyen d’un instrument inventé par le célèbre Louis Lu cas, instrument dont il dut la connaissance, il y a quel. ques années, au D“ Encausse.
Selon le D“ Baraduc, l’âme humaine ( physico—psy_ chique » possède sept manifestations capitales de sa res. piration fluidique, de sa communion avec l’âme du monde; il en donne le détail et les formules de mensu ration. L’auteur aborde ensuite la question toute neuve de l’iconographie; procédé tout différent de l’électrogra— phie du D“ de Norkiewicz-Jodko, de la radiographie de
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 2 8 3 Rœntgen et de la photographie spirite. Au lieu que Crookes, Altsakof et Bodisco voyaient la forme qui allait impressionner la plaque sensible, le D“ Baraduc n’a jamais rien vu de ce qui se passait sur ces plaques, sans intervention d’objectif photographique.
Dans ces expériences, on s’est servi de plaques Lu .mière, non pointillées; opération à la lumière rouge dans l’obscurité; précaution prise contre les lueurs de la machine statique, dans les cas où l’on se sert de l’élec tricité; bain d’iconogène de 5 à 10 minutes avec agita— tion; lavage et mise dans l’hyposulfite à 10 0/0; agita tion et lavage pour éliminer les sels de la soude; résultat acquis observé par transparence.
« Pour obtenir cette lumière interne, par opposition à la lumière du jour, ce feu obscur de la vitalité, le tout est de se mettre dans cer taines conditions. » Aveu précieux et important à retenir.
Continuons à résumer les théories du Dr Baraduc, pour l’édification de nos lecteurs : « Dans l’étude de la production des icones, il faut con sidérer quatre facteurs: 1° l’opérateur, c’est—à-dire moi par exemple, avec ses puissances de force vitale et psy— chique ; 2° Les fluides électriques et le milieu cosmique intermédiaire entre lui et la plaque; 3°la plaque sensible; 4° L’invisible, ce qui est, sans être dans notre possibilité visuelle. ) Toujours, selon notre auteur, le courant entre l’invisi— et l'opérateur,;courant danslequel est situéela plaque, se compose d’un vent électrique, d’une disposition animi— que spéciale, et d’un effort de volonté, attractif ou ré— pulsif; trois choses qu’il faut savoir combiner de telle sorte qu’une quatrième, le feu interne invisible va se dévoiler.
Au cours du chapitre IV sont étudiés en détail les sept mouvements lumineux de l'âme vitale; le chapitre v traite de la science de lumière et de la vie ; et le suivant expose la communion de l’âme humaine avec les forces extrahumaines cosmiques correspondant à ses propres plans matériel, fluido—pneumique, divin. Le dernier chapitre domie les conclusions générales. La place nous manque pour étudier le détail de cha
284 L'INITIATION cune des planches offertes à nos investigations. L’auteur - les appuie sur des théories qu’il a exhumées dans les philosophies classiques occultes de tous les temps.
Mais où il me semble que M. Baraduc a fait fausse route, c’est quand il affirme que les sept formes de lumière fournies par son procédé iconographique sont les sept âmes de l’ésotérisme hindou; seuls, des fluides appartenant aux ' royaumes ignés de la lumière astrale peuvent impres “ sionner la plaque sensible ; et pour quiconque a étudié le ’ système comp05ite du septénaire des thé050phisœs actuels, il est évident que les degrés supérieurs de cette " échelle sortent et s’élèvent bien au—dessus de l’océan astral.
Le docteur expose et cite d’ailleurs avec sagacité les enseignements les plus clairs des maîtres de l’ésotérisme sur cette lumière astrale (ch. v, passim), à la suite de quoi il pose une loi de la forme animique comme signe de l’esprit qu'elle voile; une seconde loi d’adaptation de l’âme humaine et de l’âme cosmique et une troisième loi de polarisation de la force vitale.
Les ésotéristes retrouveront avec plaisir dans le der. nier chapitre de ce livre hardi les conclusions d’une syn_ tèse organique qui embrasse l’échelle entière des êtres_ Ces beaux résumés ferment dignement une œuvre de sincérité et de loyauté.
Il ne nous reste plus qu’à souhai ter au docteur Baraduc le bonheur de trouver, au sein . d’une de ces fraternités initiatiques dont il reconnaît l’existence, les méthodes expérimentales et les initiations progressives qui l’aideront à parfaire la tâche qu’il a assumée. L SÉDIR. . o «s {t Cri. GODARD. — Les Bons Cousins Charbonniers.
Extrait des Annales franc-comtoises. —- Besançon, Paul Jacquin. x 895, in—8". > Travail de beaucoup d’érudition sur une société, dont ,y les origines premières sont, dit l'auteur, chrétiennes et 7: populaires, comme la franc-maçonnerie d’avant le sei zième siècle. Tout le symbolisme de cette fraternité est emprunté au métier de la majorité de ses membres;
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 285 enfin quelques rites ont une allure maçonnique explicable par la modernité des grades de compagnon et de fen deur. Cette plaquette est accompagnée de la reproduction phototypique d’une statuette en bois de S. Thibaut, patron de la corporation et de deux autres planches hors texte. Toutes nos félicitations à M. Godard pour ses savantes et patientes recherches.
SÉDIR . on TRIPIED. — Du uitriol phi1030phique et de sa préparation. Paris, Chamuel, 1896, in-I8. I {r. 25. Voici un ouvrage d'apparence modeste mais qui prouve de la part de son auteur des plus heureux résultats dans la pratique de l'art spagydrique. Il serait impossible d’en résumer ici le contenu; mais je puis au moins indiquer aux lecteurs de l’Initiarian les grandes lignes de ce très instructif opuscule.
Le secret hermétique réside dans le mercure des phi losophes; et ce mercure, qui n’est autre que la lumière astrale, prend corps sous la figure de la quintessence. Extraire la quintessence des végétaux et des animaux est chose facile ; mais pour les minéraux, généralement dé pourvus de toute humidité, il faut d’abord les amener à l’état que les hermétistes appellent le vitriol.
C’est l’ensemble des procédés de la préparation du vi— triol, ou huile-vitreuse. par la voie humide et par la voie sèche, qui est décrite dans la présente brochure. Notons que l’auteur a lui—même vérifié les expériences de la voie humide. S. FLORENT GARNIER. — L’Avenir par le Marc de café. Tableau avec dessinI cartonné, 0 fr. 75.
Ce tableau présente pour la première fois, très claire ment et très complètement, les principales notionsde cet art divinatoire ; le curieux y trouvera des traditions iné dites; et il est écrit de telle sorte qu’il sera bientôt, nous l’espérons, entre les mains de toutes nos lectrices.
286 L'INITIATION .I ' Les Apparitions de Tilly—sur-Seulles, réplique à M, G. Méry , par l‘abbé Gombault, docteur en philosophie. 1 fr. Blois, Contaux. Comme M. le chanoine Brettes, M. Gombault admet qu’il se passe à Tilly une série de faits démontrant l’an— tagonisme de deux sortes de puissances. Depuis quatre ans, dit-il (M. Méry dit un siècle), le diable opérait à Tilly par des visions préparatoires.
M. Gombault dis— tingue trois classes de faits : les divins (visions des enfants de l’école et de Marie Martel); les faits certainement un probablement diaboliques; enfin les faits indéterminés.
En se basant sur les principes de la mystique, il recon— naitle divin aux traits suivants: les soixante enfants sont restés cinq quarts d’heure à genoux sur des tables sans lassitude; l’apparition n’avait pas l’apparence d’une sta tue, mais ses mains s’agitaient; le bonheur des enfants était toujours intense; les prières pour éloigner l’esprit de mensonge ont rendu la vision plus radieuse ; les voyants n'ont jamais en conscience d’une erreur de leurs sens; les détails aperçus sont variés, et l’apparition n’a pas toujours lieu après de ferventes prières, ce qui exclut une hallucination collective.
L’hypothèse d’une action hypnotique ne supporte pas l’examen. Mille témoins, qui diffèrent même de croyances, ont affirmé la réalité de la. v1510n. M. Méry a eu le tort d’avancer que Marie Martel est hallucinée ; M. Gombault le réfute en montrant que la raideur des membres n’existe nullement pendant la vision; que l’extase est soudaine, sans crises, ainsi que le retour à l’état ordinaire, que le souvenir est d'une clarté parfaite.
L’anesthésie ne suffit pas à discerne,— l’extase morbide de la surnaturelle. Des VIsIOnS étranges (lion dévorant une croix, muraille surgissant, Vœrgeflsortant de terre, etc.) sont classées dans les faits diaboliques. Un garde voit, mais souffre cruel lement après avoir épro_uVé des frissons : c’est ce. que des spir1tés et des occult15tes ont appelé frissons de fan_ tome. M. Gombault (quine connaît point l’occultisnie) a fait
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 287 preuve de logique et de science. Son travail ne renferme aucune erreur grave. Toutefois, que M. Gombault se mette en rapport avec Papus, et il comprendra que celui—ci admet autre chose que la force psychique. Quant à M. Méry, il a eu raison de noter que les révélations de Vintras et de M“*’ Couédon commencèrent le 5 août, et que l’appartement de celle-ci a été occupé par un disciple de Vintras.
L'esprit d'humilité peut sauver de l'erreur Mllo Couédon, qui est toujours pieuse, simple, résignée et sans colère. M. Gombault luireproche ses prédictions sinistres; mais, si à Tilly la Vierge apparaît souriante, c’est pour annoncer un triomphe inespéré des chrétiens, tandis qu’à la Salette elle a fait des annonces sinistres. A Pontmain, le sourire de Marie a suivi des [signes sinistres.
Sans doute, la logique fournit des arguments contre M118 Couédon, comme elle en a fourni contre bien des voyants célèbres; mais, pour bien apprécier les faits de l'au-delà, il faut employer, avec la raison, des moyens d'appréciation plus élevés. C’est ce que M. Brettes et M. Gombault n'ont pas encore essayé. SATURNINUS. La quatrième édition de M. l’abbé Gombault renferme des compléments intéressants.
Nous nous permettons de lui faire les observations suivantes. Pour l’auteur, M. Méry s’égare en consultant « les théosophes » (p. 194). Cependant Papus, dans ses ouvrages, n’a jamais avancé que tous les faits de l’occulte peuvent être expliqués par la force psychique : M. Gom— bault croit pouvoir plaisanter en écrivant que l’on cau sera de la force psychique avec Papus.
Qu’il lise au moins quelqueæuns des ouvrages de notre président et prenne la peine de l’interroger avant de lui prêter telle ou telle opinion (pp. 5, 169, 194). L'ange de M110 Couédon nous a révélé que Vintras avait été égaré. Mais une personne privilégiée peut être favorisée de visions divines, puis être égarée par l'orgueil et deve nir-inspirée ou possédée par de mauvais esprits. Il faut
288 L‘INITIATION faire cette réserve au sujet des premières prédictions de Vintras(p. II). Il y a bien une relation entre les événements de Tilly et ceux de Paris :je la connais; mais M“° Couédon, par un sentiment de modestie, n’a pas voulu me permettre d’imprimer une ligne à ce sujet. L’éminent abbé Brettes s’est trompé parce qu'il avait été prévenu contre M‘16 Couédon.
Je n’ai pas constaté, quoi qu’en dise M. Mé ry, trace d’une lutte chez M“e Couédon entre le divin et le diabolique. Si ces lignes peuvent être mises sous les yeux de M. Gombault, il me permettra de lui parler ainsi : « Vous travaillez, Monsieur l’abbé, pour exposer la vé rité.
Permettez-moi de vous faire observer qu’il est indis— pensable, au suiet de M“° Couédon, de constater quels sentiments inspire l’esprità ses auditeurs des assemblées intimes, de l’interroger, ainsi que son père, sa mère, diverses personnes qui ont entendu les paroles de l’ange, et de noter immédiatement ce qui vous est exp05é sur les particuliers, sur la France et d’autres contrées, sur tout ce qui concerne, en un mot, cette révélation, puis d’en faire lecture avec témoins; enfin il vous faudra questionner l’ange en particulier, lui demander certains éclaircissements, solliciter d’être admis à des réunions intimes du jeudi et du dimanche.
Pour mon compte, j’avais certains doutes lorsque i'ai fait avec soin cette contre—enquête, et j’ai eu le regret de constater que les conclusions hâtives de l“‘_. le chanoine Brettes ont été faussées parla ;;evention. Je ne trouve plus un seul argument qui m’empêche d’admettre le caractère divin de ces révélations : toute %is jefme soumets d‘avance à un jugement du Souverain ont1 e. SATURNINUS _
NOUVELLES DIVERSES 2 89 Nouvmms amuses DATE DE L’ARRIVÉE DU GRAND INCONNU « Il paraîtra, dit Turrel, dans le signe de Virgo, et son signe à lui sera Pisces...Qu’on se souvienne des nombres millénaires de N.-S. J.-C. suivis de 796 m 8— 814Y 30 —829 Q 190 —83° fi 1 m831 “,Q, 4—832 696 p 28 — 848 82, G) — 850 191 (C C) et surtout des signes Pisces et Virgo. » (Pézieux: Fin de la Révolution.) Un occultiste nous traduira-t-il ce passage?
BIBLIOGRAPHIE Dans: Gesellschaflder Wissenschaflen (u Goettingen Abbandlungen. Bd. XL, 1895, du Bouvetsch a publié: La traduction en ancien slave du traité d’Hippolyte sur l’Antechrist. M. Basson afait des recherches sur l’origine égyptienne de la Kabbale(Rev. crz't. d’hist. et de litt., 10 fév.
1896. : 3° congrès intern.des cath., p. 92.) —-M. Bérenger-Féraud a publié: Superstition et Survivance (2 vol., 20 fr., chez Leroux). — The Book of theSecrets ofEnoch a été publié par Charles (Oxford, Clarendon Press., 1896, in-8°): le tout est un système de gnose primitive. (Rev. crit. p. 226.) Dans : Verslagen en Mededeelingen der Keninklyke Akademie van Wetensschappen Littératur, XI, Holwenda: Le temple et les mystères d’Eleusis. —— Dans K.
Baye rischeAkademie der Wissenschaften :(u München, 1895 : Préger: Traité inédit de Suso (a été publié dans les Abhandlungen).
190 L’INITIATION èàl ‘c s<_. = _k. "I"! Le nouveau livre de M. Jules Bois sur la Magie a été misà l’Index. M. Ledos a publié : Traité de la physio nomie humaine; à. la librairie catholique 0udin (10, rue de Mézières)‘. SATURNINUS. Nous rendrons, compte dans le prochain numéro, de 1’Esquisse du Tout Universel de Jacob, un ouvrage qui mérite une sérieuse étude, et, plus tard de Organisme et Société de René VVorms. P.
Nos plus sincères remerciements au journal spiritua liste Light, de Londres, pourles gracieux comptes rendus de la chiromancie et du Tarot des Bohémiens. Grâce à l’action du Light, l’occultisme français commence à être étudié en Angleterre. P. 'R 244 La plus importante de toutes les revues allemandes d’occultisme, le Sphinx, que dirigeait le Dr Hubbe—Schlei den, vient de disparaître.
Sa succession a été prise im médiatement par la Methaphysische Rundschau, éditée par M. Paul Zillmann (1). Ce périodique mensuel, de 112 pages grand in-octavo, n'est l’organe spécial d’aucune doctrine; il se fait l’appui et l’interprète de tous. Son premier numéro contient des études des D“s Franz Hart mann, Alexandre Wilder, J. D.
Buck; des professeurs C.-H.-A,Bjerregaard,Braun,, Alan Leo, etc., tous savants ‘ qui appartiennent ou ont appartenu à la Société théoso— phique. Nous souhaitons de grand cœur longue vie à notre confrère; puisse-t—il devenir l’organe propre du mysti cisme allemand, si original et si profond. SÉDIR. (l) 8, Parkstrasse, Berlin-Zehlendorf. Abonnement : 6 mois; 6 mks.; le numéro, 1,70 mk.
NOUVELLES DIVERSES 29! n o 0 t L’ouvrage allemand sur la iatrochimie, par un marti niste et dont il va paraître prochainement une traduc tion française, sera également publié en langue bohème, sous le titre: Iatrochemie, nebo li tajna veda lekarska praha ; en langue anglaise : New Theories on the polarity ofhuman body and the qfi’icacy of infinitesimal doses of médicine; enfin, en bengali, à Calcutta, sous le titre suivant : À4änushä Dehär Kendrä Nirnoya Abany Salpä Parimân onsadhir itschorhia Kria.
RÉOUVERTURE DES COURS DE L’ÉCOLE PRATIQUE DE MAGNÉTISME ET DE MASSAGE L’École pratiquede magnétisme et de massage, classée parmi les grands établissements de l’enseignement supé rieur libre, réouvrira ses cours pratiques le lundi 12 oc tobre.
Ceux qui désirent obtenir le diplôme de Magnétiseur masseurpraticien pour s’en servir au point de vue pro fessionnel ou qui désirent seulement acquérir les con naissances nécessaires pour appliquer le magnétisme au foyer domestique doivent se faire inscrire à la Société magnétique de France, 23, rue Saint-Merri, de 1 heure à 4 heures.
ERRATA Dans l’article d’Amo, intitulé l’Amour et les Dac trines, paru le mois dernier, lire: « lorsqu’une idée .préconçue domine le cercle », au lieu de « dorme le cercle ».
292 L’INITIATION SOUSCRIPTION RENÉ CAILLIÊ A la liste précédente qui se montait à r 56 fr. nous avons à ajouter les souscriptions envoyées directement à Barlet soit : MM.E.L.,àAVignon.. . . . . . . . . . . . 20fr. AlbertJounet.............. 50 Beau.................. 5 Listeprécédente............ . . . 156 Soit. . . . . . . . 23Ifr.
D’autre part, nous apprenons que l’éminent sculpteur Marquer de Vasselot a gracieusement offert de modeler un médaillon à René Caillié pour orner le petit monu ment projeté. Tous nos remerciements au maître Mar quer de Vasselot. On remarquera que seule dans toute la presse spiri tualiste, l’Initiaiion a toujours soutenu le caractère élevé de l’influence qui dirige M“° Couédon.
Nous sommes heureux de constater qu’un mois à l’avance, la voyante avait encore annoncé le cyclone qui a dévasté une portion de Paris. Et la série des prédictions vraies ' n’est pas close. * X-I A l’occasion de la visite en France des souverains russes, l’Initiation, de concert avec les fraternités initia tiques qu’elle représente, a décidé d’envoyer un message à S.
M. 1’Empereur Nicolas II au nom des écoles et des revues spiritualistes qui voudront bien adhérer à ce mes sage. Les revues spiritualistes de Paris et de province
NOUVELLES DIVERSES 293 1 recevront le texte de ce message avec la demande d’adhésion, et les noms de celles qui adhéreront seront publiés et inscrits à la suite dudit message dont le texte paraîtra dans la prochaine Initiation pour nos lecteurs. Voilà une occasion pour tous les spiritualistes de s’unir sans distinction d’écoles. Espérons que notre appel sera entendu. Ceux de nos lecteurs qui voudraient des ren seignements spéciaux me trouveront tous les mardis après midi, 10, avenue des Peupliers, Paris. ‘ P. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, Ù. .z.. - ..._ , . x...._.Ln_ .. ..
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