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_ , o . o ' 0 L I n 1 t 1 M10 11 - ' - Revue ph1losoplnque des Hautes Études PUBLIÊE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS 55 O. >I< Docteur en médecine — Docteur en kabbale 80" VOLUME. — 9‘“ ANNËE_ SOMMAIRE DU N° 6 Mars (1896) __ '4— PABTIE INITIATIQUE... L’Incarnatian de I’Elu. . Papus. (p. 197 à 200) Les rayons invisibles. . . Papus ,_ (p. 201 à 226) ENQUÊTE Les rayons X et la science SUR LES RAYONS occulte.‘ . . . . . . . . .
Sed1r. (p. 227 a 234) Les rayon;X et la radio graphie . . . . . . . . . Baglis. PARTIE PHILOSOPHI- (p. 235 à 242) QUE . . . . . . . . . . . . . .. Changement de person milité (fin) . . . . . . . . A. Lecomte. (p. 243 à250) PARTIE LITTÉRAIRE... Le Rêve de Krihsna. Yoga. Maurice Largoris (p. 251 à 252) Bulletin politique (Triplex), Le prophète Schlatter avec deux gra vures. —— Pro hètes et 'prophe’ties pour 1896 (Pi! us).
Notes sur la Lumière (Sédzr). Bibliographie des ouvrages d’A sa (0f, de Strind berg, de Respire, de Goudeau, de Serge Fidelis. — Une Association familiale en Tunisie. _ Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements : 5, me de Savoie Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. ‘— Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essenc< de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’en abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine de: forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matériàlistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’0cculte, la Physique et la Métaphysique.
' " Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme dt toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les dans grands fléaux contemporains : le cle‘ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomèï‘°-‘ du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomèn- ‘ connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans '1 L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi 59. 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les a. destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Scieno Occulte. _ La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et de: nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois Cl compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: m francs par an ' (Les collections des deux premières années sont absolumen‘ eputsees.)
/ a Expériences de Jodko. —- Émanations de la main.
La reproduction des articles inédits publiés par l'Initiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE L‘iueaanarru us 1L’JËILÆ A mon maître Philippe, de Lyon. Sur un fond d’un bleu sombre je voyais un mer veilleux paysage astral, où chaque être, chaque plante se distingue par une lumière très douce qu’il émane. Puis je Vis apparaître une longue théorie d’Esprits lumineux dont le visage indiquait une grande dou leur. Tout en avant, un être voilé venu d’un monde supérieur enveloppait de sa lumière éclatante un autre Esprit dont on devinait l’élévation à son intense rayonnement. C’étaientlà les ancêtres venant présider à la mort sur le plan astral, à la naissance sur le plan matériel, d’un fils chéri entre tous les fils de l’homme. Alors il me fut permis d’entendre dans mon humble esprit la voix de l’être ailé, et cette voix disait : « Parvenu au terme de ton ascension, ta prière s’est élevée jusqu’au trône de l’lneflable, et tu as de mandé de souffrir encore, toi dont la souffrance s’était éloignée; tu as imploré la descente dans la
1 98 L’INITIATION sombre matière physique, toi dont la matière était définitivement illuminée, et tu as dit : 0 Père céleste, ô Vierge dominatrice des constellations, permets-moi, maintenant que le cycle de mes personnelles douleurs est terminé, de redescendre et de souffrir encore pour ceux qui te méconnaissent et qui meurent en leur âme pour ne t’avoir point senti... » Ta prière, créature belle entre les créatures, fut alors élevéeà l’existence réelle par une larme de la céleste Vierge, et je maquis, et je reçus l’ordre d’être ton idéal et ton ami alors que les barrières corporelles briseraient tes lumineuses émanations.
Ecoute... Voici le Destin créé par ta demande et le Père veut te révéler quand il encore. C‘est sur la plus terrible des planètes que ton corps naîtra, et le sombre Destin, à qui tu déclaresla guerre par ton sacrifice sublime, demande que les obstacles les plus grands se dressent devant ta volonté. Tu naîtras pauvre et humble, condamné à l’humiliation et aux tâches les plus rudes.
Les pouvoirs que te con fère ta décision, nul ne peut te les arracher; mais ils seront vains pour toi et pour tes proches, et tu seras incapable de commander à l’esprit de ton propre enfant, alors que tu auras tout pouvoir sur les étran— gers, et ce sera encore là une source d’humiliations, car les aveugles diront: « Regardez donc ce trom— peur qui prétend guérir les autres et qui ne peut pas empêcher la maladie et la mort d’atteindre ses en fants ! » Car telle est la loi, l’l—lumanité t’appartient, que en est temps
L’INCARNATION DE L’ÉLU 199 mais ta famille appartient intégralement ainsi que ton corps à ton ennemi le Destin. Il est temps encore, 6 mon créateur, détruis-mqi par un nouveau désir, et l’image de ton incarnation sera détruite et tu resteras au milieu des tiens.
Tous les cœurs des ancêtres émanèrent de sup pliants désirs à ce moment, et cependant l’esprit du Sacrifié dit : « Je prierai Dieu de me donner la force de l’aimer toujours, et je supporterai la raillerie des hommes. » Alors la voix de l’Être ailé reprit : « Ce n'est pas tout encore ; les créatures du Des tin, les méchants te traîneront devant les tribunaux des hommes, et là ton ennemi se dressera et te dira : « Dis l’origine de tes pouvoirs, montre à tes juges qui tu es; aie la fierté de leur dire combien tu leur es supérieur, et je m’allierai à toi et je les écraserai, et tu sortiras du Tribunal avec l'auréole des prophètes et des rois. et les riches seront tes esclaves et te couvri ront d’or.
Si tu refuses, c’est la condamnation humi— liante et sans recours... Ce sont les pleurs et les angoisses de tes proches. » Que répondras-tu à ton ennemi ? —- Que Dieu m’accorde cette terrible épreuve et je dirai au Destin : « Je suis né dans la pauvreté et c’est par l’humilité que je veux progresser. Tu m’offres la puissance issue de l’orgueil, et c’est par ce piège que tu saisis dans le principe le Désir d’Adam.
Arrière, trompeur, et que la condamnation du tribunal des hommes disant que les hommes ne m’ont pas donné le droit de guérir, vienne, et elle sera reçue et je la re—
200 L'INITIATION cevrai avec}reconnaissance, si elle peut servir à l’évo lution des esprits de mes juges. Car dans le monde des hommes je suis le serviteur des lois des hommes et je m’inclinerai avec respect devant elles. Je suis venu pour les ignorants et pour les pauvres; qu’ai—je besoin deil’or‘,et des compliments des riches!...
Que ma souffrance soit bénie en notre Père. » Alorsîl’Être venu des cieux supérieurs dit encore : « 0 mon créateur, tu n’as pas voulu me priver de l’existence que m’a donnée ton désir de souffrir de nouveau. Sois béni et écoute encore ma voix.
« Oui, tu seras un humble, et cette humilité même sera la preuve de ta grandeur aux yeux des voyants; car les humbles seuls sont marqués du sceau de l’agneau et les orgueilleux sont marqués du sceau de la fausselumière.Tuenseignerasaux hommes la cer— titude de la bonté de Dieu et le mépris de la V0 lupté et tu seras écouté par les pauvres et par les élus. — Va, mon créateur aimé, descends dans la ma— tière, et, quand tu rentreras triste et découragé, appelle— moi et je te servirai comme les anges ont jadis servi notre Christ dans le désert.
Va et dis aux élus qui te demanderont la clef de ton pouvoir. «Je ne suis rien, je suis moins que rien, mais j’ai un ami bien puissant qui m’apprend à souffrir et à prier...
Va et sois béni... » . . . . . _ Et il ne me fut pas permis d’écrire le mystère de cette incarnation quand onze élus passèrent par le soleil pour accompagner celui qui revenait volontai rement sur la terre, et les onze arrivèrent au soleil cinq années après la moitié du siècle. PAPUS.
LES RAYONS INVISIBLES 201 . .. . --r-...«’— ‘v'V"vf v-M..’flñg,ç-æwrm__.rÉw“:', lÆS Rl’lllllllS lllllllSlBhfiS les dernières expériences d’Eusapia DEVANT L’OCCULTISME Le caractère bien personnel de l’occultisme contem porain dans l’étude du monde invisible a été d’in sister longuement sur les recherches concernant le milieu dans lequel se produisaient la plupart des phé— nomènes.
Si notre conception du corps astral fidèlement pareille à celle qu’en avaient les Égyptiens de la XVIII° dynastie pouvait permettre certains rappro chements avec celle du périsprit, il n’en est plus de mêmelorsque nous étudions leplan astralet la lumière astrale dans leurs divers rapports avec notre plan et notre lumière physiques.
D’autre part, nous nous sommes attiré pas mal de polémiques pour avoir affirmé que quatre—vingt dix— neufjoz's sur centles phénomènes physiques de dépla— cementd’objets et d’attouchements étaient produits non pas par des esprits, mais bien simplement par l’exté— riorisation du corps astral du médium.
Or ces deux points viennent d’être scientifiquement confirmés: le premier par les expériences de Narkowietz Jodko d’une part (pour l’od), Rœntgen d’autre part pour les rayons /
202 L’INITIATION x et enfin Lebon pour la lumière noire; le second point a été particulièrement affirmé dans les très belles expériences faites par une commision scientifique opé— rant avec Eusapia Paladino chez M. de Rochas et dont le procès-verbal est rapporté tout au long dans le dernier numéro des Annales des sciences psychiques.
Nous voulons résumer autant que possible les points divers que nous allons aborder, et cependant ce résumé. pour être clair, demandera un certain développement. Nous le diviserons donc en deux parties : la première consacrée aux rayons invisibles,et la seconde aux phé— nomènes psychiques. Nos lecteurs, en adjoignant à ce travail les recherches des rédacteurs de l’1nitiatz’on sur le même sujet, auront une idée à peu près complète de la question.
PREMIÈRE PARTIE RAYONS INVISIBLES ET LUMIÈRE ASTRALE LE MOUVEMENT Avant tout résumons aussi clairement que possible la grande théorie unitaire de Louis Lucas(I)entrevue aussi par Chardel (2). Deux éléments se trouvent en présence : Le Mouvement, absolu de la Force.
La Matière, absolu de l’inertie, dérivée elle-mémé d’une polarisation du mouvement que nous n'avons pas à approfondir ici. (I) Louis Lucas, Chimie nouvelle. (2) Chardel, Psycho—physiologie (Introduction).
LES RAYONS INVISIBLES 203 Le Mouvement agit sur la Matière, et cette action donne naissance aux modalités du Mouvementdénom mées forces physiques. Beaucoup de Mouvement aux prises avec peu de Matière produit les forces physiques dites supérieures ou à vibrations courtes et rapides, — magnétisme élec tricité, —ou forces à haute tension, à haut potentiel.
Beaucoup de Matière aux prises avec peu de Mou— vement produit les forces physiques dites inférieures ou à vibrations longues et lentes, — chaleur, — faits acoustiques ou forces à basse tension, à faible poten tiel. ' La Lumière semble réaliser l’équilibre entre le Mou vement et la Matière.
Si bien qu’une même quantité du même Mouvement donnera des forces différentes suivant les différentes quantités de Matière avec lesquelles elle se trouvera en rapport, ce que nous pouvons indiquer ainsi. Peu de Matière Mouvement à haut po— tentiel. — Magnétisme, Électricité. Même quantité de mouvement Mouvement à bas po tentiel. — Chaleur, Son.
Beaucoup de Matière Cette loi se répète exactement pour chacune des mo— dalités appelées forces physiques, et, si nous prenons la Lumière comme exemple , nous aurons des
«-= F .;—_ .w m.. "*r u. 204 L’INITIATION rayons ultra-violets du côté du haut potentiel et des rayons infra-rouges du côté du faible potentiel. On s’est étonné qu’il y ait dans la lumière'des rayons invisibles à l‘œil humain.
Cet étonnement ne pouvait que naître dans le cerveau d‘un romancier de l’école de Huysmans ou d’un journaliste,car depuis longtemps les candidats au baccalauréat ès sciences savent qu’il y ades rayons ultra-piolets et infra-rouges invisibles à l‘œil humain. Bien plus, la photographie du ciel a permis de découvrir des étoiles que même les forts grossissements ne pouvaient permettre àl'œil humain d’apercevoir.
Pour traiter la question non pas comme un savant que nous n’avonsjamais eu la‘prétention d’être, mais comme un chercheur teinté d‘un peu de science, disons : La lumière dans l‘échelle des modalités du Mouve ment touche par en bas à la chaleur et par en haut au Magnétisme. Nous classerons l’Electricité un peu au—dessous du Magnétisme, et nous dirons, en se rapportant à l’œil humain à l‘état normal: , o .
Ultra Inv151ble en haut. [violet VIOLET. indigo. Bleu. Lumière. Visible. Vert. JAUNE. Orangé. ROUGE. Infra l . . l . ,‘ Invmble en bas rouge_ Et maintenant parlons des nouveaux rayons décou verts en ces derniers temps.
LES RAYONS INVISIBLES 205 Les RAYONS CATHODIQUES Les travaux de Lénard en France ont mis au jour certains rayons produits à la cathode d’un tube de Crookes par l’électricité à haut potentiel. Ces rayons ont plusieurs qualités parmi lesquelles nous retien drons les suivantes : I° Ils peuvent traverser des plaques d’aluminium très minces ; mais ils se perdent bientôtdans les milieux extérieurs au tube de Crookes. 2° Ils sont attirés par l’aimant.
Ces deux propriétés nous suffiront pour ne plus nous tromper au sujet des rayons dit cathodiques. Les RAYONS X Rœntgen a découvert par hasard d‘autres rayons qu’il a nommés rayons x et que nous caractériserons par les propriétés suivantes. 1' Ils peuvent sortir hors du tubedu Crookes et tra verser en ligne droite le milieu extérieur assez loin sans se perdre. 2° L’aimant n’a aucune action sur eux pas plus que les lentilles.
3“ Cependant la déviation des rayons cathodiques par l’aimant agit sur leur direction au départ. 4” Enfin ils sont arrêtés plus ou moins longtemps en raison directe de la densité de la substance qu’on leur oppose (ce qui a donné lieu à toutes les photogra phies de ces derniers temps). LA LUMIÈRE NOIRE Le Docteur Gustave Lebon a découvert d’autre part
206 L’INITIATION W 7:. _._ ..-.. .. ......... , , ,_ ' """-‘fl'fl"fl une autre série de rayons traversant les métaux denses et impressionnant une plaque photographique à tra vers ces métaux.
Voici la description du procédé rapportée par l’Illus tration du 1" mars : « Dans un châssis ordinaire on introduit une glace sensible et, au-dessus d’elle, un cliché photogra— phique quelconque ; puis, au-dessus du cliché et en contact intime avec lui, une épaisse plaque de fer, couvrant entièrement la face antérieure du châssis.
Si l’on expose la glace ainsi masquée par la lame mé— tallique, à la lumière d’une lampe à pétrole pendant trois heures. un développement très prolongé, poussé jusqu’à entier noircissement de la glace sensible, donne une image du cliché, extrêmement pâle, mais très nette par transparence.
« Il suffit de modifier très légèrement l’expérience ' précédente pour obtenir des images aussi vigoureuses que si aucun obstacle n’était interposé entre la lu— mière et la glace sensible. Pour cela, sans rien chan— ger au dispositif précédent, on place derrière la glace sensible une lame de plomb d’épaisseur quelconque dont on rabat les bords de façon qu’ils recouvrent lé— gèrement les côtés de la plaque de fer.
De cette façon la glace sensible et le cliché sont emprisonnés dans une sorte de châssis métallique; et, après trois heures de pose, soit à la lumière du pétrole, soit à la lumière solaire, le développement donne une image aussi vi goureuse que celle obtenue par les rayons ordinaires_ Pour expliquer ce fait, M. G. Lebon admet provisoi_ rement que le contact des deux métaux étrangers . . , y... . , ..pefiuaælifi&n,..xæmg-— ÿ_ à , ‘-L"‘Ï&k ‘ 4
LES RAYONS INVISIBLES 207 donne naissance à de très faibles courants therm o-élec triques dont l’action viendrait s’ajouter à celles des radiations lumineuses ayant traversé la lame de fer. « L’auteur donne le nom de lumière noire à ces dernières radiations, de nature inconnue.
« Quoi qu’il en soit, il est certain maintenant que l’opacité des corps n’est qu’une qualité relative qui dépend seulement de l’organisation de notre œil, et qu’avec un organisme visuel beaucoup plus sen— sible, il n’existerait sans doute pour nous que des ob— jets plus ou moins transparents.
« Ces nouvelles données de la science positive doi vent nous rendre très réservés sur l’appréciation des phénomènes de double vue attribués à certains sujets hypnotisés, et même aux phénomènes, si troublants, d’hallucinations télépathiques. « To‘us ces phénomènes merveilleux, niés énergi quement par les esprits positifs, sont peut-être à la veille de recevoir leur explication scientifique. » OD. 0B. AoR.
Comment ces données se raccordent-elles à la physique occulte ? C’est ce que nous allons chercher maintenant à déterminer. Louis Lucas a démontré, et les découvertes mo dernes lui donnent raison, que toutes les forces phy siques sont des manières d’être, des modalités d’une seule et même force, qu’il appelle le Mouvement”. Ce mot correspond bien à ce que, dans le sanctuaire de Thèbes on appelait la Puissance en Mouvement et
208 L’lN ITIATION que Moise a désigné par le mot 1R (A R) formé des si gnes de la Puissance (A N ) et des signes du mouvement personnel (1 R).
De même que ce Mouvement va se sérier en les diverses forces physiques suivant la . quantité de matière qu’on lui opposera, de même ce mot 'lN (A R) va, dans toutes les langues connues, si gnifier alternativement la terre, l'eau, l’air, le feu, l’éther, la lumière suivant le signe quiy sera joint ainsi que le remarque Fabre d’Olivet commentant le cinquième verset du chapitre I"de Moïse, — tant est merveilleuse la langue hébraïque.
Les hermétistes, pour désigner les modalités diverses de ce Mouvement, ont employé une bien belle mé thode.
Ils ont adopté le signe convertible1 (Vaô ou 0) qui désigne hiéroglyphiquement l’œil humain et phy siquement la lumière, et ils ont dit : La Lumière (Ol alliée au signe de l’action inté— rieure et active (B) désignera toutes les modalités danslesquelles la lumière sera dominée par la Matière, c’est-à-dire sera à faible tension ou, comme on dit aujourd’hui, à faible potentiel.
La lumière 0, alliée au signe de la Nature divisible et divisée D, désignera toutes les modalités dans les- ' quelles la lumière dominera la Matière, et sera à haute tension. Enfin la lumière 0, dominée par le signe de la Puissance A et déterminée par le signe du Mouve ment propre R, indiquera l’équilibre magnifique des deux antagonistes et désignera sous le nom d’AOR (fin) la Lumière elle même ou les Rayons jaunes et /
LES RAYONS INVISIBLES 209 <-| .v sous le nom d’AOUR me le feu (I). Voici le schema de ces diverses modalités. Peu de matière D Ma étisme Lumière sa ou Mouvement Équilibre A 0 R Lumière ’10” du Mouvement déterminé. R “. .
0 0 B Chaleur Beaucoup de matière B Keely,le célèbre'et malheureux inventeur américain, avaIt développé avec une grande capacité des idées analogues : « Qu’est-ce que la lumière et la chaleur, et comment sont-elles développées P Et pourquoi sont-elles si intensivement perceptibles comme émanant du monde solaire ? La lumière et la chaleur, considérées théorique ment, appartiennent à l’ordre le plus élevé des phé— nomènes.
Elles peuvent seulement être expliquées (I) Aor la Lumière. Ce mot dérive directement du mot îîN (AOUR) le feu. La seule différence de l’un àl’autre, c’est que dans le mot qui dé signe le feu, c'est le signeconvertible universelï(ou)qui forme le lien entre le signe de la Puissance N et celui du mouvement propre '1 (R), tandis que dans le second c’est le signe intelligi ble1 (ô). (Fabre D‘Olivet.)
2 10 L’INITIATION par la rapidité des courants sympathiques, comme interéchangeahles entre les centres de focali sation négatifs et attractifs. En considérant que la ra— pidité de vibration, associée à la projection d’un rayon de lumière, est d’au moins cent mille milliards par seconde, il est facile d‘expliquer1'origine et la ré vélation de ces deux éléments par l’action des cou rants sympathiques célestes.
Lumière et chaleur ne sont pas déueloppéesusqu’è ce que la force du courant vibratoire sympathique, projetée du centre neutre du soleil, vienne en percus— sion atomique contre l’atmosphère moléculaire ou en ueloppe de notre planète(r).
M. Clavenad a été plus loin que personne dans la même voie : « Ce qu’on a appelé rayons Rœntgen ou rayons x est une des infinies manifestations du mouvement libre par opposition avec le mouvement effectif en action sur la matière, lequel donne lieu à la chaleur, à l’é lectricité, à la lumière.
« Dans tout phénomène il faut distinguer trois ter— mes primordiaux : la matière, le mouvement effectif aux prises avec la matière (lumière, chaleur, électri— cité), et le mouvement libre. « Et que le receptacle, le véhicule du mouvement libre, soit un milieu matériel ou non, au sens Ordi naire du mot, c’est ce que nous ne devons pas recher cher, nous contentant de le constater. Qu’on l’appelle (I) Keely, trad; par Lermina (Initiation de février 1891,. p. 396). . ((1.4..-afl" \ul
LES RAYONS INVISIBLES 2 Il éther, milieu x, etc., etc., aucune de ces dénominations n’aura la clarté de celle-ci : mouvement libre. Je crois que personne ne songe à donner la paternité de son nom au « mouvement libre » : elle serait un peu grosse et elle n’appartient à qui que ce soit (1.). » Un simple rapprochement entre les trois schémas précédents suffira pour avoir une première idée des rapports de la physique et de l’enseignement occulte.
Occupons—nous maintenant des rayons nouvelle ment étudiés et étudions philosophiquement leur ge nèse. ‘ ' MARCHE DU MOUVEMENT L’occultisme enseigne que le Mouvement suit, dans sa marche, la loi universelle d’aspir et de respir, manifestée par la Lumière et l’Ombre, la Vie et la Mort,’le flux et le reflux, etc. 1° Dans la première phase, le Mouvement va du Principe à l’Être ou'(pour prendre un exemple) du Soleil à l’homme; 2° Dans une seconde phase, le Mouvement pénètre l’Être et le sature progressivement.
De là dans l’homme les phénomènes de la Vie. Cette phase est double; 3° Enfin dans une troisième phase, le Mouvement, après son passage dans l’Etre, repart vers le Principe, après s’être imprégné de toutes les qualités qu’il a trouvées dans l’Etre. De la dans l’homme les phéno— mènes de rayonnement rital et de magnétisme. (I) Clavenad, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, dans l‘Eclairage électrique du 7 mars 1896.
212 L’INITIATION Jusqu’à ces derniers temps,la Science ne connaissait que la première phase et un peu de la seconde, mais ignorait totalement la troisième. Voyons comment l'expérience a permis de s’en rendre compte.
Si l’on considère l’être à l’état normal, c’est-à-dire plongé dans la lumière, il sera très difficile de se rendre compte de la réaction de cet être sur le milieu à cause de l’énorme potentiel» du milieu par rapport à cet être. > Il faut donc créer un état artificiel en isolant cet être de la lumière, c’est—à-dire en supprimantle grand courant involutif.
Voilà ce qu’avait fait Reichenbac/z il y a près de cent ans et en plaçant des hommes et des choses dans l’obscurité absolue, il avait immédia tement constaté l’ÉMISSION DE LA PART DE ces ÊTRES ET DE CES CHOSES D’UNE LUMIÈRE CARACTÉRISTIQUE qu’il appela 0D.
Mais il existe un autre moyen aussi d’augmenter le rendement de cette lumière qui sort des êtres, c’est de surcharger ces êtres de mouvement au moyen de l’électricité, et alors il n’y a plus}besoin de sensitif, la plaque photographique suffit. C’est à un savant russe,M. Narkowietz Jodko, que revient l’honneur d‘avoir mis au jour cette seconde et fructueuse méthode.
MILIEU ET TENSION Étant donné un milieu à la tension 10 et des objets et des êtres situés dans ce milieu à la tension 1, ces .0754.. -.nlv, < A L
LES RAYONS INVISIBLES 213 êtres et ces objets sont entièrement soumis à la pres sion du milieu, il est impossible de se rendre compte de leurs réactions sur ce milieu. Pour se rendre compte de ces réactions il y a trois méthodes : I° Abaisser la tension du milieu au-dessous de I et immédiatement les êtres agiront sur le milieu et un courant ou des rayons spéciaux se manifesteront allant des êtres au milieu et non plus du milieu aux êtres.
Voilà ce qu’a fait Reichenbach en plaçant son sensitif dans l’obscurité, et voilà pourquoi l’obscurité est nécessaire à la manifestation des phénomènes dits spirites. 2° Élever la tension ou le potentiel des êtres et des choses au—dessus de 10, et immédiatement le même phénomène se reproduira (changement de direction du courant et nouveau rayon).
3° Combiner les deux méthodes précédentes, c’est à—dire abaisser la tension du milieu en même temps qu’on élève celle des êtres et des choses. C’est ce que fait M. Jodko dans ses plus belles expériences. Si le lecteur a bien compris ces prémisses, il lui sera facile maintenant de se rendre compte de la cause des rayons nouveaux.
Les rayons cathodiques sont produits par l’augmen tation considérable du potentiel des molécules situées dans un milieu (le tube de Crookes) dont la tension a été considérablement abaissée. Cette augmentation du potentiel est produite, on le sait, par les décharges élec— triques d’une bobine à haute tension. Mais le potentiel du tube peut être augmenté dé telle sorte que le mouvement libre ainsi créé sorte de
2 I4, L’INITIATION ce tube et traverse le milieu extérieur d’autant plus « intensivement » que la tension dans le tube est plus considérable. Voilà la genèse des rayons x. Dans ce cas il est inutile d’abaisser la tension du milieu extérieur, et les rayons de Rœntgen traverse ront ce milieu a_ussibien en pleine lumière qu’en pleine obscurité.
Le mouvement libre est, de plus, en telle quantité dans ces rayons, que la densité seule leur sera un obstacle, et encore faudra-t-il des densités énormes pour agir un peu sur l’énorme potentiel qu’ils pos sèdent. En résumé et à notre avis les rayons de Rœntgen sont des rayons de mouvement plus encore que des rayons de lumière. et ils sont produits par la réaction considérable artificiellement obtenue d‘un corps sur la nature extérieure.
Et maintenant que les vibrations soient transversales ou longitudinales, c’est une ques— tion de détail et pas du tout une question générale. RAPPORTS DES RAYONS INVISIBLES ET DE L’OD Prenons un milieu quelconque comme une cham_ bre, enlevons le potentiel extérieur en faisant l’obscu— rité absolue, notre chambre est ainsi, au point de Vue lumineux, au potentiel o. Plaçons dans cette chambre trois objets : un homme, une plante, un aimant.
Que se passe-t-il? Ces objets vont rayonner, c’est-àdire manifester leur tension, et ce rayonnement, étudié par Reichen_ bach, ne sera perceptible que pour des sensitifs. Ce rayonnement sera-t—il assez fort pour impressionner
LES RAYONS INVISIBLES 2I5 leur plaque photographique, directement peut-être, à travers un objectif? Sûrement non (1). Mais faisons ce que fait M. Jodko : électrisons néga— tivement le milieu et positivement l’homme.
Au mo ment où l’homme approche une portion quelconque de son individu d’une plaque photographique qui établit la relation entre lui et le milieu, aussitôt le po tentiel de cet homme par rapport au milieu se mani festera par une lumière sortant de la portion de l’in— dividu qui est le plus près de la plaque et une magnifique épreuve sera obtenue sur cette plaque.
Dans ce cas la tension obtenue permet seulement le rayonnement, les rayons sortent de l’être humain et l’épreuve indique une photographie très curieuse de la surface, mais non de l’intérieur du corps; l’être n’a pas été traversé. Pourquoi? Parce que c’est lui qui a un potentz’elplus élevé que celui du milieu. C’est lui qui agit sur le milieu et non le milieu sur lui. Renversons donc l’expérience.
Grâce à un tube de Crookes électrise’ (ou tout simplement grâce à une source lumineuse quelconque un peu intense), aug mentons sur un point les tensions du milieu. Nous produirons ainsi des rayons qui traverseront les corps en raison inverse de la densité de ces corps.
Car ici le phénomène précédent sera renversé, et on pourra faire l’expérience : ' (x) Les expériences négatives faites à ce sujet (photographie d'un aimant dans l’obscurité) par M. de Rochas n’ont donné, je crois, ce résultat négatif que parce qu'on a voulu se servir de l’objectif et qu’on n’a pas mis la plaque sensible en contact, soit immédiat soit simplement médiat avec l’aimant.
2 I6 L’INITIATION I° Soit avec une source lumineuse dont la lumière est concentrée sur un point agissant dans l’obscurité; 2° Soit avec un tube de Crookesà haute tension électrique, et alors on pourra faire l’expérience en pleine lumière ordinaire. ' Les RAYONS X ET L’OD DE REICHENBACH On voit qu’il existe une différence notable entre ce que Reichenbach avait appelé l’od et les Rayons x ou pénétrants de Rœntgen.
Rappelons que ces rayons Je ne subissent ni l’action directe de l’aimant, ni l’action des lentilles diver gentes ou convergentes, ni l’action du prisme. Cela est important à rappeler, car, dans un très bel article publié dans la Revue des revues du I“ mars 1896, M' le Dr Karl du Prel établit entre les deux ordres de Rayons une similitude qui ne nous parait en d’an fondée.
Ainsi voici, fidèlement rapportés par lui, les carac— tères physiques de l’od de Reichenbach.
CARACTÈRES PHYSIQUES DE L’OD DE REICHENBACH Cette lumière est réfléchie par des surfaces miroi tantes; elle peut se recueillir avec le verre ardent et se concentrer en un foyer; elle relève des lois de la polarisation, et montre dans sa partie. réfléchie son état od négatif, dans sa partie traversante son état od positif; elle agit dans l’obscurité après quelques minutes d’exposition sur la plaque photographique et y trace des figures, enfin elle s‘élève à un tel degré de
LES RAYONS INVISIBLES 12 I7 force qu’elle produit des ombres que l’on peut circons crire d’une manière bien limitée (I). t4 Les disciples de Mesmer avaient au reste déjà pour suivi, par des démonstrations objectives en partie réussies, l’examen dela condition physique des rayons odiques.
La somnambule de Tardy magnétisée sur une baguette voyait l’od sortir du bout de celle-ci comme un épais fil d’or d’un jaune éclatant semé d'étoiles encore plus éclatantes.
Si Tardy prenait dans la main un conducteur, l’effiuve était plus fort que celui de simples doigts et s’accélerait dans son mouve ment; le rayon traversait une planche de huit lignes d’épaisseur, mais semblait perdre de son éclat et de sa vitesse; la planche se trouvait entre le magnétiseur et la somnambule, mais cette dernière montrait toujours exactement la place sur laquelle il agissait.
Si, au lieu de la baguette d’acier, il prenait une baguette magné tique, outre la première lumière elle en voyait immé— diatement une seconde constamment en mouvement spiral autour de la baguette. Projeté à travers une lentille convexe, le rayon se réfractait, perdait en éclat mais gagnait en vitesse. Le gain et la perte étaient encore plus grands quand on plaçait l’une derrière l’autre deux lentilles séparées.
A travers l’eau magné tisée le mouvement s’accélérait, l’éclat diminuait, (I) Reichenbach, Aphorisme 27, cité par Karl du Prel, dans la Revue des Reuues du I°' mars 1896. v rv—v-V—V y
2 I 8 L’INITIATION l’eau semblait remplie d’étincelles lumineuses. A travers l’eau non magnétisée, l’éclat s’amoindrissait également, et la vitesse augmentait aussi. Si l’on pas— sait le rayon à travers le cuivre ou l’argent, ces deux métaux retenaient la lumière, l’absorbaient en quantité égale,et elle ne sortaitque sous forme de faible vapeur.
A travers le fer elle passait sans changement, l’argent la rejetait en un faisceau et l’éparpillait des deux côtés, et il n’y en avait qu’un peu sortant sous forme de vapeur sans apparence. Le mercure la laissait passer en un mouvement accéléré. Aussi la somnambule ne pouvait-elle, durant son sommeil magnétique, se tenir devant un miroir sans se sentir, disait-elle, sur chargée de fluide et incommodée.
A travers l’or, la lumière passait avec un éclat renforcé et une vitesse accélérée sans se réfracterù). Il y a cent ans que ces expériences ont été faites, et plus tard le professeur Nane les a continuées. KARL DU PREL. (Revue des revues du 1‘" mars 1 896).
Sansinsister de nouveau sur le côtéexpérimental et physique des rayons de Rœntgen qui, a été fort déve— loppé par tous nos collaborateurs, demandons-nous ce que peuvent être ces rayons (2) par rapport aux ensei— gnements de l’occultisme. Nos lecteurs se rendront facilement compte dix peu (I) Tardy, Essai sur la théorie du somnambulisme, SI. _ idem, Journal du traitement de M“ N.
I, 78, 79, 133, 141 187,I91.-—1dem, 39. ’ (2) Archives de Reil, Ix, 2, 246, 301, 304. — Kluge, Essai d’une exposition du magnétisme animal, [22.
LES nAVDNS INVISIBLES 219 de similitude qui existe entre les deux ordres de rayons qui, cependant, dépendent, ainsi que nous l’avons dit, d’une seule et même cause : la direction du mou vement. LA LUMIÈRE ASTRALE La lumière physique visible ne présente que l’envers d’une autre lumière dont l‘endroit constitue ce que les martinistes appellent la lumière astrale.
La photographie, dont la cause réelle touche au grand arcane de la physique ésotérique, est également l’envers sur la Terre des opérations dont l'endroit est dans le plan astral.
Or ces nouveaux rayons: cathodiques, rayons X, lumière noire et d’autres qu’avait entrevus Babbitt (I), comme entrant dans la composition intrinsèque de l’atome, constituent lafrontiêre commune qui sépare la lumière physique de la lumière métaphysique ou astrale; et la plaque photographique, grâce à son extrême sensibilité chimique, estun œil du plan astral aussi sensible pour les couches inférieures de ce plan que l’œil physique pour le plan physique.
Barlet dans sa très belle étude sur la Chimie synthétique et plus récemment Strindberg dans Sylva s_ylvarum éta blissent d’autre part le lien quirelie la chimie (dontla photographie estune des hautes expressions ) à la phy sique métaphysique et ramènent l’une des plus belles sciences analytiques vers une commune synthèse. De même que la plaque photographique les corps fluores (I) Babbitt, Ligth and Colours, New-York.
220 L’INITIATION cents participent de cette faculté de sensibilité chimi que toute spéciale (1). Ainsi lumière physique et lumière astrale sont deux pôles d'une seule et même entité. L'un des pôles de la lumière astrale (le pôle négatif) estdans le soleil blanc ou physique, et l‘autrepôle est dans le soleil noir ou métaphysique (2 ). Soleil noir (+) ÉLECTRICITÉ Vitalité 0d de Reichen bach Rayon X “' La!
Da ‘<‘ "‘ a: 2 2 5 t < “‘ g Rayons cathodiques u 2 PI et 4;! Ë = ä '-) ..I I n-l _ . Lumière 11 aire CHALEUR Calorique Envers Endroit ou Plan Physique ou Plan Astral Soleil blanc (——) (I) Voyez au sujet de la fluorescence et de ses causes secondes la remarquable thèse de doctorat ès sciences de M. Verneuil. (2) Osiris est un Dieu noir. (Nous croyons être un des pre miers à donner à ceux qui savent ,la clef de cette expression ' mmanque.
LES RAYONS INVlSIBLES 22! Voilà un tableau établissant, au point de vue de la doctrine ésotérique, les rapports des deux pôles de lumière. ENSEIGNEMENTS ou SEPHER BERESCHIT A CE SUJET Moïse dans ’son Sepher (ch. x) a donné, pour les initiés, la clef de ces divers stades de la force ignée qu’il désigne successivement par les mots suivants: AOUR et AOR (l’or des alchimistes) (ch. 1, v. 3). ASHEC-HENAZ (ch. x, v. 3). CHOUSH (ch., x, v. 6).
AUZAL (ch. x, v. 27). Voici les commentaires de Fabre d’Olivet sur ces noms. l Ashec—Henq (feu latent-calorique). Ce mot extraor dinaire s’élève. sur trois racines. La première, assez connue, VJN (ASli),désignegle principe igné; la seconde, 11 (KN), caractérise tout ce qui sert de base, de fonde ment, tout ce qui est ramassé, entassé; etla troisième, :T (NZ), exprime tout ce qui fait sentir son influence aux environs.
Il était impossible de mieux caractériser ce que les physiciens modernes ont nommé le calorique. . Emanation de Cham (ce qui est combiné et chaud) Chous/z : la force ignée, la combustion. Ce mot peut se concevoir comme forme des deux racines contractées : um-m: (COH-ASH). La force élémentaire du princz};e igne’ ou bien comme dérivant de la racine W1î\‘ (AOSH), lefeu gou verné par le signe assimilatif 3 (K). Dans l’un ou l’autre cas sa signification diffère peu.
222 L'INITIATION ‘l Auça1 et Dikelah (ID-27) Auçal. — C’est la racine me (Auz) aftcctée à l’éther, au feu. à l’air épuré, à laquelle est réunie. par con traction, la finale ’7‘1'm. Ce mot, pris comme verbe no minal), dans Azol, exprime l‘action de se porter avec rapidité d’un lieu à un autre, de communiquer par sympathie, de la même manière que l'étincelle électrique.
Dikelah. —- On trouve dans ce mot deux racines contractées 5p-p-r (DK-KL) : par la première on doit entendre une raréfaction poussée jusqu’à l‘extrême subtilité; par la seconde. une légèreté élevée jusqu’à la simple consistance du son.
On sait bien qu’il n’existe point dans aucune de nos langues modernes de mots capables de rendre les idées attachées à ceux de Dz'kelah, d’Augal, d'Hadoram; car, quels que soient les gaz, les fluides que nos physiciens aient découverts, ils n’ont pas encore atteint jusqu’à ceux connus des Prêtres de Thèbes.
Ainsi les deux mots d’Auçal et de Dikelalz indi quent l‘alliance d’une extrême raréfaction du milieu alliée à une extrême tension du feu igne’ électrique. C’est une des plus belles révélations que nous ait faites l’ésotérisme antique. Avis aux alchimistes. Les quelques pages qui précèdent sont écrites par les étudiants avancés de l’occultisme.
Elles semblerom; sans doute déraisonnables aux gens dits « positifs », aussi allons-nous ajouter « pour ceux-là » quelques lignes à notre travail. Il s’agit des expériences de M. Jodko.
LES RAYONS INVISIBLES 223 LES EXPÉRIENCES DE M. JODKO Photographie de l’Od et du corps astral M. Narkowietz Jodko se sert pour ses expériences d’une bobine de Rumkorff de moyenne force.
L’un des pôles de la bobine est mis, au moyen d’une pointe de paratonnerre, en rapport avec l’air extérieur sou vent à grande distance du centre d’expérience et l’autre pôle vient aboutir (dans le cas des photogra phies) à une plaque métallique séparée de la plaque sensible par une feuille de caoutchouc.
Dans d’autres cas, un pôle aboutit,dans l’air c’est—à dire dans le milieu où se trouve la plaque photogra phique et l’autre pôle aboutit à l’intérieur d’un tube > de verre enveloppé de caoutchouc que tient l’expéri— mentateur. Les dispositions étant prises ainsi, l’expérimenta teur, après avoir placé une plaque sensible simplement sur une table dans l’obscurité, approche samain de la plaque sensible à I ou 2 millimètres.
Immédiatement la main s’illumine et la plaque est impressionnée.
Plus de trois mille épreuves faites par M. Jodko jusqu‘ici, ont permis d’établir les faits suivants: V I" L’existence d’un rayonnement spécial, émanant de l’être humain et différent suivant les individus et les tempéraments; 2° Certains objets, entre jautres les plantes et les aimants, manifestent aussi ce rayonnement qui est toujours photographiable; 3° Ce rayonnement varie dans l’état de santé et
224 L’INITIATION dans l'état de maladie, à tel point, qu’il peut révéler plusieurs jours à l’avance une maladie qui va se dé clarer et indiquer le point particulièrement faible de l’organisme. 4° Lorsqu'on met en présence sur la même plaque les mains de deux personnes, les doigts de chacune opposés aux doigts de l‘autre par leurs pointes, la di— rection du rayonnement est tout à fait différente : A. Si les personnes sont antipathiques. B.
Si les personnes sont neutres. C. Si les personnes sont sympathiques l’une vis-à— vis de l'autre. Outre le diagnostic pathologique, on peut donc, par cette méthode, faire un diagnostic psycholo gigue. Les nombreux exemples que nous avons vus à ce sujet sont absolument caractéristiques. Dans le cas d'antipathie, les deux émanations se repoussent. Dans le cas de neutralité, les deux émanations res tent séparées.
Dans le cas de sympathie, les deux émanat10ns se précipitent l’une vers l’autre. Encore une fois, tout cela est toujours enregistré par la plaque photographique. Il y a encore une foule d’applications de cette mé thode ; mais celle-là suffirait pour bien indiquer à nos lecteurs l’importance des recherches de M. Jodko à ce sujet. La Méthode consiste, au point de vue de la cause, à augmenter le potentiel des êtres ou des objets en exPé_
LES RAYONS INVISIBLES 225 rience en diminuant le potentiel du milieu dans lequel se trouvent ces êtres et ces objets. L’année dernière, nous avons présenté M. Jodko au Dr Baraduc, et notre éminent confrère parisien, alliant ces recherches expérimentales à la théorie si belle de Louis Lucas, a mis au jour ses travaux person nels sur l'électro-vitalisme.
Nous savons que le Dr Baraduc prépare à ce sujet un important ouvrage dont nous rendrons compte dès qu’il paraîtra. Voilà le résumé des rapports de l'occultisme avec les Rayons invisibles tels que nous les concevons. Les articles de Jules Lermina,de Paul Sedir et de Baglis publiés dans I’Initiafion permettront à nos lecteurs de voir les côtés de la question que nous n’avons pu aborder.
Et maintenant empruntons au Dr Karl du Prel la très importante déclaration suivante comme conclu sion de notre première partie. «CetteconfinitédelaPhysiqueavecl’occultismes’éten dra véritablementà de plusvastes domaines. De même que l’on aextériorisé d’un tube d’Hittorf l’od, on l’exté riorisera du corps humain, ce qui est le fondement du magnétisme animal.
Or l’occultisme a démontré que c’est l’od extériorisé qui reste pour l’homme le support dela sensation, de la volonté, de laforce vitale, des sentiments,des pensées.0n en arrivera doncà photo graphier ,la pensée, à photographier tout l’homme psychique conformément à des lois. Mais qu’est-ce si nous avons la capacité de l’extériorisaiion de l’homme psychique avec le porteur odique? Pas autre chose
226 L’INITIATION qu’une expression exacte de la science naturelle rem plaçant la vague conception de l’immortalité. La science naturelle a nié l‘immortalité. Pour la punir, c'est elle qui aura a en fournir la preuve exacte ( I ). » On ne pourrait mieux définir de but et l’avenirde nos sciences actuelles par rapport à la science occulte.
Nous donnerons la seconde partie de notre travail (consacrée aux faits psychiques) dans le prochain nu méro pour ne pas prendre actuellement trop de place à nos collaborateurs. PAPUS. (1) Dr Karl du Prel, Revue des Revue: du I" mars 1896. Expériences de Jodko. — Emanations d’une vertèbre.
LES RAYONS X ET LA SCIENCE OCCULTE 227 les rayurs X et la sainte occulte Dès que la découverte du professeur Rœntgen fut arrivée à la connaissance du public, le monde des spirites et des magnétiseurs saisit immédiatement l’occasion d’un nouvel exposé des théories mises au ban de la science officielle.
Une des autorités de la psycho-physiologie, M. Alfred Binet, eut même la générosité de faire mention, dans une chronique du Journal des Débats, du triomphe remporté parles théoriciens du mouvement idéaliste.
On peut dire que l’idée de la découverte était dans l’air; nous avions connaissance de travaux entrepris par divers cercles occultes, dans le but d’appliquer à des recherches d’hyperphysique les facultés du sixième sens; même, la loge de Londres de la Société théosophique venait de publier (dans le Borderland de,janvier 1896. si nos souvenirs sont exacts) des tableaux indiquant la forme, la génération et le groupement atomique du carbone, de l’oxygène, de l’hydrogène, de l’azote et de quelques autres corps.
Nous avons été, en tant qu’occultiste, très heureux d’une telle découverte; elle est un terrible coup de bélier pour les fortifications du positivisme matérialiste, comme pour les chaînes d’acier du dogme religieux.
Mais parlons plutôt syn thèse que destruction, et, répondant aux diverses demandes qui nous ont été formulées, essayons d’in diquer à nos lecteurs quel rôle joue la découverte des rayons Rœntgen au point de vue de l’occultisme, de —-—.—«-—«‘ Ws«_‘vuæ‘h_w\h_ ‘, n- >. .
2 2 8 L’INITIATION quelle utilité ils peuvent être pour nos expérimenta teurs, quelles lumières la science des Mages peut apporter sur ce sujet, et enfin comment on peut employer les dits rayons en supprimant tout le maté riel de laboratoire qui est actuellement nécessaire à leur constatation.
HISTORIQUE DES EXPÉRIENCES (I). — Tout le monde connaît les tubes de Geissler employés en physique élémentaire et qui deviennent fluorescents au passage d’un courant électrique. L’illustre chimiste William Crookes sut y déterminer, en poussant à des limites extrêmes la raréfaction gazeuse, une fluorescence vers le pôle positifdu tube, fluorescence à laquelle il donna le nom de rayonnement cathodique.
Lénard, plus récemment, observa que, si l’on ferme ce pôle positif avec une lamelle mince d’aluminium, ces rayons cathodiques la traversent. Enfin, en dernier lieu, le professeur Rœntgen sut de ces rayons en isoler d’autres, les rayons x qui nous occupent actuellement. Récapitulons les caractères de ces phénomènes. Les rayons lumineux ordinaires ne se propagent pas au travers des corps dits opaques.
Les rayons cathodiques, obtenus grâce au concours de l’électricité et du vide, au pôle positif du courant, ne sont interceptés que par le verre; ils sont déviés par (I) Parmi toutes les études parues dans les périodiques et les quotidiens, nous signalerons particulièrement celles de la Revue générale des Sciences (30 janvier) où sont indiqués les articles de Poincaré (lbid., I5 octobre 1894.), W. Crookes (30 avril au [5 mai 189[). MA. , v v..Àl,_-.v,n_,._ ,v«v.t,4i_ v .Ï,.-.,_A,._.À,A. ..
LES RAYONS X ET LA SCIENCE OCCULTE 229 l’aimant, ne sont pas réfrangibles; ils se propagent dans l’atmosphère de la même façon que dans le vide. Les rayons x ne subissent ni déviations ni arrêt : ils sont très actifs sur les sels d’argent; leurs vibra tions sont longitudinales et sans période.
Notons encore comme points de repère l’hypothèse de Maxwell, indiquant la lumière et l’électricité comme deux faces d’un même phénomène, à condi tion que la vitesse de propagation de l’induction magnétique se confonde avec la vitesse de propagation de la lumière. Enfin, la vibration devient électrique, calorique ou lumineuse, suivant sa longueur (Hertz, 1889).
Ainsi donc": le dogme de l’impénétrabilité de la ma tière semble avoir reçu un coup bien dangereux. Pour arriver à le tuer entièrement, il faudrait parvenir à pénétrer, dans des conditions scientifiques de recher ches, la matière par la matière, reproduire des phé nomènes analogues aux apports directs des séances spirites, phénomènes que les initiés peuvent produire à volonté.
Si enfin, rêve impossible! un appareil était trouvé qui produirait, par des condensations succes sives de l’éther primordial, de la matière physique, tangible, alors les théories indoues sur la Maya uni verselle auraient reçu leur confirmation éclatante, et le monde n’existerait en effet, pour les hommes deve nus dieux, que selon la conception qu’ils voudraient bien s’en faire.
Il y a pourtant des centaines de siècles que ces merveilles sont connues et réalisées sans autre instrumentation que le geste d’une volonté royale; mais revenons à notre sujet et essayons plutôt de 2 .m..«'..\.a.-.
2 30 L’INITIATION donner une idée exacte, selon la Science absolue, de la formation de cette lumière X. LA GENÈSE mas RAYONS X. —- Cette théorie touche, dansle domaine de l’occulte, aux mystères du Grand Arcane; on ne s’étonnera donc point que dans la ten tative de révélation qui va suivre, la langue du sym bolisme universel soit employée au double effet d’épaissir ou d'alléger le voile de la grande lsis, selon l’attitude de l’auditeur.
« Etil dit, Lui-Eux—Qui—Sont : la lumière sera faite, et la lumière fut faite. » L’Eternel déclare sa volonté: il pose son Fils devant Lui. La lumière lui est donc coexistante. « Et Il détermina une solution entre la lumière et l'obscurité. « Et, dans le point sympathique et central de la passivité universelle, il fit une force raréfiante, un vide (ciel) (1).
« Et les eaux inférieures tendront vers un lieu unique, aride: la terre. » Voici quels sont les points que l’on peut fixer, en se basant sur ces versets : i° Tout Verbe est une lumière; 2° La lumière est le déploiement du Fils dans tous les points de l’espace ; 3° Elle est coéternelle avec le Père; 4° Elle est coéternelle avec l’Obscurité.
Quelle est l’adaptation du Père, de la Mère, du 1* ils et de l'Esprit, pour le cas qui nous occupe ? (1) Traduction de Fabre d'Olivet, 1, 173-6 et g. ., ._r ,.4n.mf”f’-& -. . ' -*«»,«,«.«—.. Mm. Ï) 47 _À _ ‘
LES RAYONS X ET LA SCIENCE OCCULTE 231. .__.-.‘. .-———IîI‘-.=:" Pour la production expérimentale des rayons x, nous voyonsfque l’on commence tout d’abord par déter— miner une circonscription de vacuel-atmosphérique. Il y descend donc par le fait une plénitude, un Ciel, une eau supérieure, une Mère prête à l’information d’un agent actif. Dans le cas actuel cet agent s’appelle courant élec trique ; le point central de la procession spirituelle détermine la solution entre la lumière (pôle +) et l’obscurité (pôle —). ' Essayons une représentation géométrique de ce phé nomène. L’eau céleste qui en est le lieu sera figurée évidemment par la pierre cubique en ascension (fig. 1). P 'i b dl,u'wu a: agaûÏLÇQ D’autre part, la fluide lumineux ne devient percep— tible que par ses réflexions triangulaires dans le milieu 5 -__ .,_...“_c«‘.___ .u‘M.WucWWw-IAw-o u——rv—
...,,,.. ' R _.v 23 2 L’INITIATION (la terre informe et une) qu’il traverse. On voit, en répétant cette triangulation sur les trois axes de l'espace, comment se forme la quintessence (fig. 2). Œ’uI’W \. I \ . \ i / « La vibration de la quintessence autour des réservoirs communs, dit Eliphas Lévi (I), se mani_ feste par la lumière, et la lumière révèle sa polarisa tion parles couleurs. » (I) Histoire de la Magie, p. 537.
LES RAYONS x ET LA SCIENCE OCCULTE 233 On obtiendra des figures curieuses et instructives en complétant ce premier pentagramme; il donne dans son hiéroglyphe central (4me dimension) comme dans son enveloppe extérieure, le double schéma du Bapho met, de la lumière centrale et de la lumière phy sique (I). Toute la différence entre cette dernière et celle des rayons x vient donc du milieu où les vibrations lumi neuses se produisent.
Le vide obtenu artificiellement dans le tube de Geissler annulantles trois dimensions de l’espace physique est mesuré par la quatrième dimension ou l’éther des physiciens ,celui-ci,par l’acte naturel de sa mensuration, produit une lumière, une acoustique, une chaleur, une électricité spéciales dont il est possible de percevoir les manifestations. ’ PRODUCTION DES RAYONS X DANS L’ÊTRE HUMAIN. —— Prenons un homme dont nous voulons amener la conscience à la perception des rayons x.
Commençons parl‘asseoir, sur un siègede moyenne hauteur, les jambes repliées à angle droit, les pieds joints, les coudes au corps,les mains allongées sur les cuisses. Circonscrivons-le par un cercle, fermons-lui les yeux. Voilà notre tube de Geissler avec ses deux pôles que l’on marquera sur le cercle.
Mettons en jeu le courant électrique, venu de notre cerveau, que nous ferons passer, que nous figurerons également sur le (x) En tirant les lignes Bc, Bd, ce, ef, et les lignes prolon gées Aleph 2 a, a2, Aleph t, a1, a2, A Alephe, A Alephi‘L , Nous avons ajouté à ces deux figures leurs correspondances selon le Sefer Yetzir.th (Cf. la traduction de Papus, Paris, 1887, in-8). '
234 L’INITIATION sol, en spirale. Mais auparavant il aura fallu sortir le sujet de l’espace à trois dimensions pour le faire entrer dans le ciel dont il a déjà été parlé plus haut. C’est là le plus difficile de l’expérience, et l’opérateur devra mettre en œuvre toute son énergie pour protéger le sujet pendant la création de l’obscurité.
Inscrivons un double signe de Satan au niveau du front, et sur cette tenue il ne restera qu’à apposer le schéma de la lumière pour que la quatrième dimension puisse se manifester. On pourra dès lors renouveler toutes les expériences de vision à travers le carton, le bois, la chair, le verre et même le métal.
Remarquons que le sujet n’est pas endormi: le sens de la vue physique est seul oblitéré chez lui; il faudra, en terminant, rétablir la circulation générale par quelques grandes passes.
Il y a d’autres expériences intéressantes à faire dans un ordre d’idées analogue: nous en donnerons la marche ultérieurement, en nous étendant davantage sur celle qui consiste à impressionner par la volonté une plaque photographique enfermée dans du carton noirci ou dans tout autre boîte. SÉDIR .
LES RAYONS x ET LA RADIOGRAPHIE 235 LES RAY@US X ET LA RADIUGRAPHIE On appelle déjà Radiographie les divers procédés qui ont pour but de fixer certaines radiations invisi bles à l’œil humain dans son état ordinaire.
C’est le professeur Wilhem Contad Rœntgen, de l’Université de Wurtzbourg, qui a attaché son nom à cette nouvelle classe de phénomènes par la découverte de rayons particuliers dits rayons ce (a: Strahlen) ac— tifs sur les préparations photographiques sensibles, quoique parfaitement invisibles et doués de la singu lière propriété de passer sans subir aucune influence à travers des corps réputés jusqu’ici comme absolument opaques à toute radiation.
Et si l'émotion soulevée par cette d’écouverte a été si générale et si profonde, c’est surtout par la manière habile dont elle a été présentée au grand public.
On a pu, en effet, grâce à ces énigmatiques rayons x, reproduire le squelette d’une main vivante, on a pu pénétrer les profondeurs d’un corps vivant et on annonce déjà comme chose courante le diagnos tic radiographique, par conséquent certain des corps étrangers accidentels, des tumeurs et autres surperflus morbides, ou physiologiques comme la grossesse.
On s’est dès lors empressé de dire que la photogra phie de l’invisible était chose faite, que nulle enve— loppe, nul mur, nul obstacle ne serait capable d’ar— rêter l’acuité fouillante et imprimante du nouvel agent, tout cela avec cette exagération enfantine, cette MW«.M«N-u ..v,....,,,...rw N.....«wV.yn,s..g,,, . . ,.,, . «y >\ -. _. \, .
2 36 L’INITIATION puérile curiosité devant ces nouveaux phénomènes jouets, qui sont bien la marque caractéristique de l’âge de notre terrestre humanité. Nous croyons utile, en conséquence, d’indiquer exactement en quoi consiste la découvere du profes— seur Rœntgen, de fixer les faits acquis et de fournir des explications suffisantes pour permettre à nos lec teurs de répéter eux—même ces expériences.
Rappelons tout d’abord brièvement les phénomènes qui ont été le point de départ de la radiographie. Il nous faut remonter jusqu'à l'illustre savant Crookes (qui n’est certainement pas un inconnu pour les occultistes). il y aune quinzaine d'années,Crookes annonça qu’il avait découvert un quatrième état dela matière, carac térisé parla liberté presque absolue des molécules gazeu zes et qu’il désigna sousle nom pittoresque de matière radiante.
Ce fut en étudiant le passage del’étincelle électrique dans des milieux gazeux de plus en plus raréfiés que Crookes fut témoin des phénomènes parti culiers caratéristiques de l‘état radiant de la matière.
En pratique on obtient ces manisfestations en produi sant, au moyen de pompes pneumatiques d’une grande perfection, un degré très avancé de raréfaction gazeuze dans des tubes de verre spéciaux qui ont d’ailleurs con servé le nom de leur inventeur.
Si donc l'on fait passer dans un de ces tubes une décharge électrique continue, de haute tension telle que la fournit par exemple la bobine de Ruhmkorfl’, on obtient des phénomènes très brillant de phosphores cence plus ou moins ondulante et stratifiée.
LES RAYONS X ET LA RADIOGRAPHlE 237 Il semble émaner de la cathode un tube en jet con— tinu de molécules gazeuzes rendues libres par l’extrême raréfaction du milieu, qui se précipitent en ligne droite avec une vitesse considérable, produisant par leurforce de projection la phosphorescence et plusieurs autres très remarquables phénomènes.
Crookes pré tendaity voir un véritable bombardement môle’culaire, mais depuis longtemps les physiciens ont abandonné cette dénomination qui implique trop l’idée de matière radiante dont l’existence est encore en discussion, et ils ont nommé l’agent de ces phénomènes: rayons cathodiques.
L’étude des propriétés des rayons cathodiques a été suivie par un certain nombre de savants, en parti culier par M. Lénard, élève et préparateur du célèbre physicien Hertz, l’auteur de la découverte des vibra tions électriques. M. Lénard employait un tube ordinaire de Crookes terminée par une calotte de métal épais mimi d’une étroite fenêtre hermétiquement close par une mince feuille d’aluminium, métal très perméable aux radia tions cathodiques.
' Le tube était soigneusement entouré partout ailleurs d’une chemise opaque, de sorte qu’il était, pendant son fontionnement. parfaitement invisible. Comme réactif des rayons cathodiques, indispen sable pour déceler leur présence éventuelle dans l’air autour ou en avant de la fenêtre d’aluminium, M. Lénard se servit d’un corps fluorescent, du nom barbare de pentade’cylparalolyacétone. Un papier mince trempé dans une solution de ce
2 38 L'lNITIATION corps donne en effet une magnifique phosphorescence verte sans résidu quand il subit l’action des rayons cathodiques. Grâce à cet artifice on reconnut que les rayons se propagent dans l’air en ligne droite, mais en s’y diffu— sant à peu près comme la lumière dans un liquide trouble ou dans la fumée. L’aimant les dévie et un champ magnétique assez puissant leur fait subir une véritable réfraction.
De plus ils déchargent complète ment les corps électrisés malgré même la présence d’isolants ou de la cage protectrice de Faraday. Mais la caractéristique des rayons cathodiques est leur pas sage facile au travers d’un grand nombre de substances parfaitement opaques à la lumière. Sur ce point ils se différencient très nettement des radiations ultra-vio lettes de la lumière ordinaire.
L’action des rayons cathodiques sur les plaques photographiques, leur autinz‘sme est très énergique, et c’est là le meilleur moyen d’observation dont on dispose pour leur étude. On reconnaît alors qu’ils traversent les corps les plus opaques tels que les métaux, les cartons et le papier noir, tandis qu’ils sont arrêtés par des sub stances transparentes telle que le quartz.
On put aussi constater que ces rayons se propagent d’autant mieux que les milieux qu’ils traversent sont plus raréfiés. De plus la nature de ces radiations semble varier avec le degré de vide de leur tube producteur. Plus le vide est parfait et plus leur force de projection est consi dérable. Il y en a de différentes espèces inégalement réfrangibles dans le champ magnétique, et on en
LES RAYONS X ET LA RADIOGRAPHIE 239 arrive à la conception d’un véritable spectre catho dique. ' Il résulte de tout cela et il paraît bien établi que la matière pondérable n’intervient pas dans la produc— tion .des rayons cathodiques.
Comme la lumière, ils sont influencés par la matière gazeuze ou autre, mais ils existent en dehors d’elle, dans ce milieu impon dérable, familier aux étudiants de l’occulte, et vague ment entrevu par nos savants modernes sous le nom _ d’éther. ’ C’est en répétant ces expériences que le professeur Rœntgen découvrit une autre espèce de radiations en rapport étroit, quant à leur production, avec les rayons cathodiques, mais en différant suffisamment dans leur effets (I), pour que, dans sa positive et prudente précisision, le savant allemand se crût oligé de les appeler rayons X (X Strahlen).
Voici un résumé de ses expériences et les indications nécessaires pour reproduire facilement ces phéno— mènes. Un tube ou ampoule de Crookes entouré de papier noir est mis en activité au moyen de la décharge continue d’une bobine de Ruhmkorff pouvant donner de 20 à 25 In/m d’étincelle. On place l’ampoule vertica lement de façon que la cathode ou électrode négative soit en haut.
Au-dessous, I5 centimètres environ, on place la plaque photographique soigneusement enveloppée de (I) La principale différence est que le champ mgnétique est sans aucune action sur ces nouvelles radiations.
24o L'INITIATION papier noir ou mieux simplement renfermée dans son châssis habituel. On a l’avantage de cette façon de pouvoir opérer en pleine lumière. C‘est sur le châssis, même en dessous de l'ampoule, qu‘on disposera les objets qu’on se prépare à radz‘ographz‘er.
L’extrémité arrondie de l‘ampoule, opposée à la cathode qui est, lorsque le courant passe, vivement éclairée par la phosphorescence verte nuageuse, révé latrice du vide presque parfait, devient alors, en chacun de ses points extérieurs, la source d’un rayon nement spécial invisible qui se propage dans toute les directions jusqu'à près de deux mètres du tube.
Ces rayons, qui sont les véritables rayons X, développent une vive phosphorescence sur les papiers préparés et ont une action très marquée sur les plaques photogra— phiques. Cette action a lieu à travers un grand nombre de substances, tandis que d’autres opposent un obstacle presque absolu.
Des expériences faites on peut conclure que le papier même sans forte épaisseur, le bois, le carton, le cuir, la peau et les muscles, l’alumimium, l’argent, la gélatine, le celluloi‘d, l’ébonite, l’étain, etc. sont traversés très facilement parles rayonsx tandis que le quartz,le verre, la porcelaine,la platine,le mercure,le laiton,le zinc sont des plus opaques.
Si donc on place entre l’ampoule et le châssis contenant la plaque photographique, un objet formé de substances opaques renfermé dans une enveloppe de bois, de papier, de cuir ou d’alumi— nium, et qu’on mette le tube en activité pendant un temps convenable (de vingt à trente minutes),il se pro—
LES RAYONS x ET LA RADIOGRAPHIE 24.r duira sur la plaque l’image négative de l’ombre portée par les objets opaques, et cela avec tous les inconvé nients d’une pénombre toujours très forte dans ces phénomènes. C’est ainsi que la main placée sur le châssis repro duira sur la plaque l’image de son squelette, car les os sont à peu près opaques aux rayons x tandis que les chairs se laissent facilement traverser.
On obtient donc simplement de véritables oinbres chinoises, mais bien plus diffuses selon l’épaisseur des objets et l’étendue de la source radiante. Il n’y a rien de plus dansla découverte nouvelle, et l’on voit que le mot « photographiede l’invisible »pro noncé à propos de ces expériences est tout à fait impro pre et ne répond pas à la réalité des faits.
D’ailleurs. ces rayons ne sont susceptibles ni de réfraction ni même de réflexion, ils ne peuvent donc pas donner d’images avec leslentilles, et par leur emploi on ne peut préten dre, dans la plupart des cas, qu’à des ombres plus ou moins nettes et ne donnant que de vagues renseigne— ments sur la nature des objets. Néanmoins on ne désespère pas d’utiliser la riadio graphie pour le diagnostic chirurgical dans certains cas.
Ainsi nous avons vu reproduire la main d’une personne qui avait reçu un grain de plomb à l’annu laire. Or l’épreuve montrait nettement la présence d’un corps rond vers le milieu extrême et la phalangine. Tout récemment MM. Lannelongue et Oudin ont sou mis au diagnostic reldiographique un sujet antérieu_ rement atteint d’une ostéoarthrite du genou gauche et un autre qui avait été soigné pour une ostéite /
242 L‘INITIATION : -=+w'fl fémorale. La conclusion des deux savants est que la nouvelle lumière n’a rien relevé qui n’ait été aperçu par le diagnostic clinique, mais qu’elle en a confirmé les indications. En somme, les explications pratiques des radia tions x sontjusqu’à présent fort limitées. Il y a un jouet de plus pour beaucoup et un mot de plus dans notre langue scientifique pourtant déjà si encombrée.
Néanmoins on ne peut, au point de vue occulte, que se réjouir du tapage mené autour de ces phénomènes Car c’est par de tels moyens que l’attention de la foule sera attirée sur les phénomènes de l’invisible ; son intelligence, par la répétition d’expériences variées à l'infini et présentées sous des formes frappantes, s’ha— bituera peu à peu à l'idée qu'il existe réellement des forces considérables en dehors de toute matière pon— dérable, et enfin deviendra possible la reconnaissance générale du grand agent de la Vie universelle, seul auteur de tous ces phénomènes en apparence si diffé rents. P. BAGLIS S::: I::: ’«®yÿ‘ fi!
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Ëllfll tas de changement de persanna:té Par ALBERT LECOMTE (Suite) ' Jusqu’à présent je n’ai donné, à l’appui de la réalité des visionsde Mireille, que son propre témoignage. J’ai cependant essayé d’en avoir d’autres en me servant de sujets amenés dans l’état d’hypnose où ils disent per— cevoir des phénomènes analogues à ceux dont il a été question. J’ai eu ainsi deux séances avec deux contrôles diffé— rents.
Dans la première, celle du 24.juillet 1894, le contrôle était mon jeune ami Lament, dont les Annales des sciences psychiques ont publié (numéro de mai-juin 1895) les imp7essions. Comme spectateurs, il y avait Mg” X., docteur en théologie, et M.IY., ingénieur, que je priai de rédiger, chacun séparément, un compte rendu. Ce sont ces comptes rendus que je vais repro duire, avec leurs légères variantes. PROCÈS VERBAL DE M. Y. La séance commence à 3 heures et demie.Mireille et "' “‘WWF '
244 L’ITITIATION Laurent sont endormis simultanément de manière à se trouver ensemble dans les même degrés hypnotiques. Laurent voit apparaître la moitié droite de son double; Mireille ne voit rien. Laurent voit la seconde partie de son double, Mireille ne voit encore rien.
Laurent voit le corps de Mireille comme enveloppé d’une auréole brillante; un instant après, M. de R. sent comme un vent froid et va se lever pour fermer une porte qu‘il croit ouverte, quand Mireille lui dit que c‘est son double qui vient de sortir d’un seul coup et de se poser sur les mains de M. de R. —— Laurent confirme la chose. -— La sensation de froid cesse pour M. de R., bien que le double de Mireille continue à se tenir sur ses mains.
Mireille dégagée de son corps voit le double de Laurent en bleu. Laurent voit son propre double s'élever. Mireille le suit mal; elle dit que la différence entre le fluide magnétique dont elle est chargée et le fluide électrique dont est chargé Laurent, est pour quelque chose dans la difficulté qu’éprouve son double de se rapprocher de celui de Laurent et de le suivre.
L’expérience continuant, Laurent continue à voir le double de Mireille; mais, le sien s’élorgnant de plus en plus, il cesse dele voir; on le ramène alors en arrière d’une phase de l'hypnose en renversant le courant de la machine; il revoit alors son double auquel il est relié, dit-il, par une colonne de fluide. Il voit le double de Mireille plus brillant que le sien. Les deux doubles se maintiennent l’unà côté de l’autre, en haut. On les ramène près du sol par la démagnétisation; ils se
UN CHANGEMENT DE PERSONNALITÉ 245 tiennent sans action 5réciproque, « comme deux bûches », dit Laurent. A un moment Mireille témoigne une certaine souffrance; elle pénètre, dit-elle, dans le double de Laurent. Les deux doubles étant de nouveau séparés, lessujets tentent d’un commun accord de se rappro cher. La sensation perçue par Laurent est comparée par lui à une douche d’eau froide. L’expérience est arrêtée.
On réveille progressi— vement les deux sujets; ils conservent après le réveil une sensibilité réciproque sur les côtés des doubles qui ont été en contact : gauche pour Laurent et droite pour Mireille.
C’est-à—dire que si on touche Mireille sur le côté droit, Laurent sent l’attouchement à son côté gauche, et réciproquement. ils se rappellent, par la méthode ordinaire, ce qui s‘est passé pendant le sommeil et; témoignent d’une grande sympathie réci proque. PROCÈS-VERBAL DE MElr X. n La première série d’expériences consiste à endormir à la fois deux sujets.
Mireille par les passes magnétiques de M. de R, Laurent par l’action des courants de la machine Wimhurst actionnée par un autre opérateur, et de contrôler les sujets l'un par l’autre. Laurent passe par les phases régulières qui sont la caractéristique de son état somnambulique, Mireille brûle en quelque sorte les étapes; mais on arrive, avec quelques tâtonnements, à pousser les deux sujets paral
246 L’INITIATION _ _ _._ lèlement, de telle façon qu'ils se trouvent ensemble dans le même état. Laurent voit se former d’abord. à un mètre environ à sa droite, une sorte de colonne lumineuse à peu près de sa hauteur, et de couleur bleue; puis une colonne semblable, mais rouge, à la même distanceà sa gauche, enfin les deux colonnes se réunissent en une seule mi partie bleue et rouge.
Ce double, à mesure que les états deviennent plus profonds (on a poussé Laurent jusqu’au 12° état), se déplace d’abord horizontalement, en s’éloignant du corps, puis s'élève un peu,comme s’il prenait son élan, et, finalement, est emporté dansles régions supérieures de l’atmosphère. Mireille s’extériorise d’une manière diflérente.
L‘es effluves sensibles se disposent autour d’elles en cou ches lumineuses parallèles à la surface de son corps, au travers desquelles Laurent la voit comme à travers des enveloppes concentriques; puis cette matière se condense instantanément et le double se forme d’un seul coup sans passer par les deux formations par— tielles latérales comme chez Laurent.
Ce double est une colonne lumineuse (I) qui, plus tard, dans les régions supérieures où il est entraîné, se transforme en une sorte de boule avec appendice cau dal qui la fait comparer à un té‘tard ou à unè comète (2) . (I) Cette colonne lumineuse rappelle celle quigarda les Hébreux dans le désert. (2) Je trouve mention de formes semblables dans un récit d’Aksakofl‘. <<Nous entrâmes dans une pièce obscure, et, au bout de peu de temps, nous vîmes se produire des corps lumi
UN CHANGEMENT DE PERSONNALITÉ 247 Les dessins par lesquels les deux sujets essaient de représenter la manière dont ils voient leur double coïncident assez pour qu’on puisse en conclure une impression unique interprétée par deux observateurs ’ différents. Chacun des deux sujets a vu la formation et les différents états du double de l’autre, depuis le moment ’ où il s’est élancé dans l’espace. Ici ont commencé les difficultés.
Mireille qui, habi tuellement, s’élève tout de suite dans des régions lumi neuses, s’est plainte de se trouver retenue dans un espace beaucoup moins brillant. Elle a cessé de voir le double de Laurent; angoissée de sa solitude, elle désire le voir et désire aussi que Laurent puisse voir le sien pour être ainsi assurée que ses impressions sont bien réelles et non point un effet de l’imagina tion.
M. de R. ordonne alors à Laurent de rechercher le double de Mireille, ce qu’il fait d’abord sans succès; puis, tout à coup, sans transition, sans file Zvoir venir de loin comme cela serait naturel, il s’écrie qu’il voit le double de Mireille à un endroit qu’il désigne et qui est bien celui où est Mireille qui, à son tour, voit Laurent et en témoigne une joie très vive.
On continue àapprofondir simultanément l’hyp nose des deux sujets: Mireille au moyen des passes, Laurent au moyen de la machine. rieux semblables à des comètes, longs d’environ 30 centimètres, élargis à l’un des bouts en s’effilant en une mince pointe àl’autre extrémité; ces corps lumineux voltigeaient çà et là, 5 uivant un trajectoire curviligne. » (Animisme et Spiritisme, p. 497 de la traduction française.)
248 L'INITIATION Il est difficile de maintenir les deux doubles à la même hauteur: c’est tantôt l’un, tantôt l’autre qui échappe; et Mireille paraît très effrayée quand elle a perdu de vue son compagnon.
On ramène celui qui s’est élevé trop haut, soit avec des passestransversales (Mireille), soit en renversant le sens du courant de la machine (Laurent), On demande à Laurent sous que] forme il se voit. il répond que son double est devenu de moins en moins perceptible pour lui à mesure qu‘il s’élevait; que, maintenant, il ne voit plus, mais qu’il sent, qu’il a la perception d’exister à un point déterminé.
On prie les deux sujets de juxtaposer leurs doubles, ce qui se fait. Mireille voit les deux doubles. Laurent voit celui de Mireille et perçoit le sien juxtaposé. Les deux doubles amenés ainsi au contact restent inactifs, « comme deux bûches », dit Laurent. La sensation produite sur Laurent par l’arrivée au contact du double de Mireille a été comparée par Laurent à celle d‘une douche d’eau froide tombant sur le corps.
On prie les deux sujets d’essayer de faire pénétrer leurs deux doubles l’un dans l’autre; l’opération se fait sans beaucoup de peine et n’amène aucune impres sion particulière, mais on ne la prolonge pas par pru— dence. On prévient les deux sujets qu‘on va les réveiller. Mireille recommande à Laurent de bien surveiller la rentrée de son double à elle pour savoir
UN CHANGEMENT DE PERSONNALITÉ 249 s’il rentre par partie, comme celui de Laurent, ou tout àla fois, comme il est sorti. On procède au réveil par les moyens inverses de ceux qui ont servi à produire l’hypnose. Laurent voit revenir dans son corps son double qui d’abord se dédouble; puis le fantôme rouge rentre enfin le bleu. Il voit le double de Mireille redescendre sur son corps, l’envelopper, puis rentrer d’un seul coup.
Les deux sujets réveillés ont, comme c’est la règle, perdu tout souvenir de ce qui s’est passé; mais, en se pressant sur le front, le point correspondant à la mé moire hypnotique, ils cherchent à se rappeler les in cidents de cette pérégrination commune dansl’espace.
1 Ce travail de reconstitution estassez pénibleà cause du grand nombre d’incidents qui se sont produits (I), mais les spectateurs remarquent la sympathie née su bitement entre Mireille et Laurent qui, au commen cement de la séance, se connaissent à peine et éprou vaient plutôt l’un pour l’autre cette espèce de répulsion si souvent constatée entre les sujets. Nous attribuons ce changement à ce que leurs corps astraux se sont un instant pénétrés.
Dans la seconde séance, le contrôle fut M"‘° 2., femme fort intelligente, âgée d’environ cinquante ans, qui, après avoir assisté chez moi à quelques expé riences, me pria de la magnétiser pour lui donner par suggestion le sommeil dont elle était privée depuis (I)Ces incidents, n'ayant point trait directement au sujet traité dans cet article ont été supprimés dans les deux procès-verbaux.
250 L’lNITIATION plusieurs mois. Je réussistrès facilement etil me fallut peu de temps pour arriver à extérioriser son corps astral dans des conditions différentes de celles de Mireille, en ce sens qu’elle voyait à la fois son corps charnel et son corps astral, tandis que Mireille ne voit généralement que son corps charnel. Le 20 juillet 1895, j’endors M“‘° 2., je la pousse jusqu‘au degré convenable, et je la prie de bien obser ver ce qui se passera; puis j’endors Mireille et je pro— voque l’incarnation de Vincent suivant le rite ordi— na1re. (A suivre). M. LECOMTE. °®I®’
,»1.:L. ...I, PARTIE LITTÉRAIRE ILE aava un nariasua J’ai rêvé cette nuit de bien étranges choses I... Il me semblait voguer en des apothéoses De feu, de pourpre et d’or. — Ma mère Dévaki Me contemplait heureuse avec je ne sais qui, Un grand vieillard au front majestueux et chauve A la barbe d’argent ,' la dépouille d’unfauve Glissait de son épaule et protégeait ses reins ,' Son épiderme avait le ton des clairs airains Et paraissait avoir souffert des saisons dures. Sa chair aussi semblait transparente aux jointures, Et son regard était perdu dans l’Infinil... Je m’éveillai... L’oiseau gagouillait dans son nid, Le {éphir parfumé soupirait dans les branches Au-dessus des ravins sautaient les chèvres blanches, Et l’aigle saluait l’Aurore awçfeux vermeils 1... Jamais je n’avais eu comparables sommeils...
2 5 2 L’lNITIATION .- ‘-‘ 3 Y©@A 0 bleu palais d'[ndra! Voûte des cieux / dévoile Les secrets que recèle en son sein chaque étoile! Dis! les mânes ont—ils en ton brillant séjour L’humaine notion des ténèbres, du jour P... Ou, sevré pour jamais du désir de revivre Chacun peut-il tourner les feuillets du Grand Livre Et déchtfi"rert le mot du Problème sans nom P. . . . Une voix me répond secrètement : Non, non !
Pour posséder du Tout la vaste Connaissance, Ilfaut unir son âme à la Suprême Essence Et détournant ses yeux des fantômes des sens Se confondre en BRAHMA par des efl‘orls puissants !
MAURICE LARGERIS. (Fragments extraits d’un poème inédit.) {lRWPE ÉNDÈPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES GROUPE N° 4 Étude de l’Inconnu Le 22 décembré 188..., étant seul,je reçus au milieu 7 ' , ' . dune conversanon avec lInVisible, au moyen d'une planchette, la communication su1vante : ,
NOTRE BULLETIN POLITIQUE 253 < Prie pour ton frère Léon. » D. — Pourquoi? R. —— « Prie pour Léon. » D. — Pourquoi? Pas de réponse. D. — Mais, enfin, pourquoi? R. — « Parce que Léon aime la belle vie. ) J’allai voir mon frère et, après avoir constaté le bon état de sa santé, je lui communiquai le message reçu. — Ceci n’a aucun sens, me dit-il, puis nous parlâmes d’autre chose.
Quatre jours après (le 26), mon frère arriva chez moi, pâle et encore sous le coup d'une vive émotion. — Qu’as-tu? demandai—je. ( — Plus rien, Dieu merci! mais... ta dernière com munication est bien extraordinaire. » Il me raconta ensuite que dans la nuit de Noël, un individu embusqué dans l’embrasure d’une porte (bou levard Montparnasse), l’avait brusquement assailli et renversé sur le sol, cherchant à l’étrangler, quand les gardiens de la paix accoururent.
Je compris alors l’avertissement donné. A. FRANÇOIS. N©1Ï“RlË ULLlËTLŒI P@LKÏE©UB Nos amis nous ont souvent demandé pourquoi les occultistes n’indiqueraient pas, à propos de chaque évé nement politique, les rapports de cet événement avec la vie normale ou l’état pathologique de l’Être social. Ce serait faire connaître une des adaptations les plus inté ressantes de l'occultisme.
Nous avons transmis ces vœux au plus instruit d'entre nous sur ces questions de sociologie et d’économie po litique, et il a bien voulu déférer à notre demande en commençant aujourd’hui ces bulletins qui seront pré - --p-‘-—..ÇI-—-—u
254 L’XNITIATION cieux, nous n’en doutons pas, pour nos lecteurs.
Nos remerciements au maître qui se révèle sous le nom de TRIPLEX. p_ S@OI©LQGEE BULLETIN POLITIQUE Les lecteurs de l’Initiation ont pu voir jusqu’à présent comment l’ésotérisme éclaire d’un jour tout particulier la Philosophie, la Religion,la Science positive en toutes ses brancheset toutes les variétes de l’Art; à côté de ces sujets spéculatifs ils ont trouvé moins de développements sur les sujets qui intéressent particulièrement la con— duite humaine : morale et sociologie.
Il fallait, avant de les aborder poser d’abord et bien fixer dans les idées les principes fondamentaux de la science hermétique. Le bulletin politique inauguré ici est un pas nouveau sur ce terrain pratique. On se propose d’y faire ressortir petit à petit, des faits mêmes de la vie publique, les lois principales de la sociologie, sauf à les reprendre plus tard en un résumé méthodique.
Les faits à commenter seront distingués en trois caté— gories qui correspondent aux trois aspects de la vie sociale : ceux de la politique nationale ffrançaise en particulier), ou faits de la vie individuelle — ceux de la politique internationale, ou faits de la vie de relation — et ceux_ de la politique générale intéressant l’humanité entière.
Nous commencerons par la politique intérieure, et nous nous bornerons même à celle-là, pour cette fois, tant les derniers mois dont nous aurons à remonter le cours ont été riches en événements essentiels. u un Les premières nouvelles avec lesquelles on s’aborde le plus souvent aujourd’hui sont celles de ces scandales si multiples, qu’ils intéressent une foule de classes, et si ' _ -—-w—r' '—an' .. '0»»; —w,_r;«_.r '"..r\- , r , Â _.4 "v’W“N‘-vfiamÀ A- ,,n...w.__, in .. “Il". -
‘ SOCIOLOGIE 2 5 5 compliqués ou si mystérieux qu’ils ménagent chaque jour quelque surprise nouvelle après l’indéchifl'rable Panama et la liste des [04, ce sont les chemins de fer du Sud, les concessions des phOsphates algériens, les mar chés d’opium, ceux de Madagascar et les jalousies qui s’y sont déchaînées; les affaires Arton, Lebaudy, Meyer, combien d’autres encore!
Puis la conversation passe à l’agiotage si menaçant des mines d’or, à la discussion des compagnies plus ou moins véreuses qui poussent sur cette couche en décom— position; il ne reste plus qu’à s’échauffer sur les chevaux du jour, selon les tuyaux qui, de leur nom, élèventà la fortune ou versent dans l’égout, sinon dans le suicide!
Négligeons ces détails comme le médecin passe sur les signes extérieures d’une maladie profonde en les no— tant sans s’y attarder. Retenons-en seulement l’impor tance capitale que les questions économiques ont acquises aujourd’hui; c’est une observation dont nous verrons plus tard la portée. Passons à quelque groupe d’interlocuteurs plus sé rieux, c’est encore à l’économie que nous les trouverons souvent occupés.
En voici dont l’entretien porte sur les contributions nouvelles, qui s’animent à la discussion de l’impôt progressif ou de l’impôt sur le revenu, qui s’indi— gnent ou des tendances socialistes du Ministère ou des résistances économiques du Sénat.
Nous abordons ici les conditions vitales de l'orga nisme: l’économie n’y devrait pas être tout cependant; elle est la vie du corps, mais la société, comme l’indi vidu,n’a pas que le corps à satisfaire, elle a une âme aussi, une intelligence dont la santé corporelle dépend autant au moins autant que du fonctionnement végé— tatif. En est-il question quelque part dans le public, de cette âme?
J’entends bien de rares groupes discuter, non sans quelque partialité professionnelle, les réformes projetées de l’instruction secondaire ou des Universités, mais com bien peu en apprécient l’énorme importance! En voici d’autres, en bien petit nombre encore, occupés aux ques tions religieuses; rappel de notre ambassadeur au Vati can, conflits sur la nomination des évêques, dénoncia
2 56 L’INITIATION »-rr ñ _:e——'}v*r tion du concordat ou politique papale. Mais l’attention publique est à peu près sourde sur les questions capi— tales; deux ou trois préjugés stéréotypés les tranchent de quelques mots. et l’on revient aux sujets économi— ques, les seuls qu’on appelle aujourd’hui sociaux.
Pas sons donc aussi sans songer à forcer l’attention; aussi bien ce n'est pas au début de ces observations que nous pouvons apprécier l‘intérêt de questions aussi subtiles qu’essentielles. Mais n‘en trouverons-nous donc point d’autres que celles de l'économie où chercher nos pre— miers principes de sociologie? Ecoutons encore les conversations politiques de ces derniers temps.
Voici les derniers échos d’une discussion où l’on s’est vivement passionné il y a quelques semaines : le conflit entre la Chambre et le Sénat! En a-t-on bien mesuré la gravité? A-t—on bien com— pris que si le Parlement n’y a pas voulu persister, si le public ne s'en est pas trop alarmé, c’est que tous ont senti là d’instinet un précipice qu’on n’osait pas même sonder du regard; il a fallu s’en éloigner au plus vite.
Pour le philosophe hermétique, c’est la que s’est signalé particulièrement le vice essentiel de notre organisation sociale. Voyons donc comment. Pourquoi le Ministère condamné par le Sénat était—il soutenu par la Chambre? — A cause des tendances de nuance socialiste qu’on lui attribue, n’est-ce pas ? Car, par le principe même de notre constitution, le Sénat doit être conservateur et la Chambre regarder vers l’avenir.
Or, l’avenir est aux institutions qui appelleront à la vie sociale tous les petits et les faibles en leur accordant no tamment, non seulement l’égalité des charges, mais même la proportionnalité inverse, pour ainsi dire, qui en me— sure le poids à leur faiblesse. Tendance essentiellement démocratique et chrétienne, mais fort exposée aux excès démagogiques. Cet avenir est aussi la fin d’un règne pour la bourgeoi_ sie qui le sent d’autant mieux qu’elle se voit attaquée
socromcnæ 2 57 sur son terrain le plus précieux, celui de l’économie à libre concurrence. Et ce n’est plus de la bourgeoisie‘mo narchique de 1830 qu’il s’agit, mais bien de celle répu blicaine dont la, puissance date de 1848, qui a triomphé de l’empire, et fondé notre constitution actuelle. Là est l’intérêt et le danger de cet important débat.
Notez bien, s’il vous plaît, qu’on n’entend faire ici au— cune allusion à la rivalité trop envenimée des classes; c’est des principes qu’il s’agit, non de personnalités ou de partis, et de principes essentiels en lutte depuis l’0ri-. gine de notre société moderne, depuisl’invasion des bar— bares.
C’est la souveraineté sociale qui résiste à la liberté individuelle; lutte grandiose autant qu'inévitable, provi— dentielle même, car elle trace la loi fondamentale de l’évolution humaine en trois phrases bien claires : Prédominance du pouvoir sur l’individu incapable en core de se gouverner lui-même; c’est l’état de minorité. Réveil de l'individu qui discute et contrôle le pouvoir ; c’est l’adolescence sociale.
Prise de possession du Pouvoir par l’individu; c’est l‘âge de majorité. De ces phrases, la première fut le règne de la noblesse éclose dans la monarchie; la seconde fut celui de la bour geoisie dans l’efflorescence, où 1789 a donné la répu blique; la troisième sera la démocratie de demain.
Mais il est à ce progrès une difficulté capitale, c’est la ' conservation de l’unité qui semble se perdre à mesure qu’il avance, puisque le pouvoir se divise entre tons; difficulté particulièrement sensible à notre chère France, qui, plus avancée que toute autre nation, est en même temps le pays de la beauté harmonieuse et, par consé quent, de l'Unité synthétique.
La monarchie maintenait l’Unité par la contrainte; la bourgeoisie l’a demandée à l’équilibre instable des deux puissances antagonistes. Mais c'est un principe particu lièrement établi par l’ésotérisme que l’équilibre dans le dualisme n’est vivant qu’à la condition d’être produit par un troisième terme participant des deux autres. C’est la loi Trinitaire.
Montesquieu, qui l’avait compris, proposait de relier le pouvoir législatif(organe de la liberté individuelle, WM—M—‘Ws—A
2 58 L’INITIATION »--J=.—w grâce à la représentation) au pouvoir exécutif(instru— ment de la puissance gouvernante) par le pouvoir judi— ciaire. Cette distinction tout insuffisant equ‘elle fût, comme nous le verrons, n’est même jamais entrée réelle ment dans la pratique.
Oubliée d’abord sous les deux despotismes inverses de la Terreur et de l'Empire, elle fut définitivement escamotée par le parlementarisme de 1830, véritable usurpation de la bourgeoisie. En effet, le pouvoir exécutif fut subordonné à la Chambre, alors censitaire, par la responsabilité ministé rielle, et la magistrature au pouvoir exécutif par la no— mination et l’avancement. C’était un retour vers l’unité, mais par le despotisme.
On pensa y rémédier en créant, avec la Chambre des pairs un dualisme, nouveau, au sein du pouvoir législatif devenu maître souverain. Puis, au lieu de résoudre ce dualisme en trinité, on pensa lui donner la vie par un mouvement continuel de bascule entre les deux partis extrêmes de progrès et de conser vation.
Nous en sommes encore à cette organisation illusoire; le suffrage universel a pu en déplacer le point d’appui, mais, loin d’en modifier le principe, iln’a fait qu’en exa gérer le défaut parce que ce système n’est tolérable, au tant qu’il peut l’être, que pour une aristocratie bour— georse.
Fabre d’Olivet en a clairement montré le défaut capi tal : comme le terme moyen de toute Trinité en est le principe vital, le Parlementarisme qui le supprime manque d‘âme; il n’est en réalité, selon l'expression de cet auteur, qu’un automate que le Ministère seul fait mér— cher; instrument désigné, par conséquent, de cette ambi tion personnelle qui n’ose même pas se montrer au grand jour, il ne fait qu’exciter les passions hypocrites par la mobilité de son dualisme insoluble; et, le multi— pliant encore, il engendre une foule de partis secondaires toujours avides de ce pouvoir instable, toujours coalise’s pour l’arracher à celui qui l’occupe.
Mais ce dualisme même, principe du régime parle mentaire, est insuffisant en ce qu’il m’embrasse que la moindre partie des éléments sociaux; c’était aussi le dé faut principal du système trinitaire de Montesquieu.
SOCIOLOGIE 2 59 La doctrine ésotérique nous montre que tout orga nisme vivant, depuis le dernier des végétaux jusqu’à l’Univers lui-même, a trois systèmes d’organes corres— pondant aux trois puissances fondamentales de la créa tion : ceux spirztuels, qui dirigent; ceux corporels, ins— truments passifs de l’activité virale, et ceux animiques, qui accomplissent par le corps les actes inspirés par l’es prit. _ Dans la 50ciété ces trois puissances sont : l’Autorité ou pouvoir spirituel; le Peuple ou masse des gouvernés, force corporelle, et le Gouvernement — ou Pouvoir Temporel, âme sociale.
Or, ni la trinité de Montesquieu, mile dualisme des Parlementaires ne tiennent compte ni du Peuple, ni de l’Autorité; ils ne s'appliquent qu’au Gouvernement! Il en résulte un second dualisme aussi mobile que le pre mier, et moins résoluble s'il est possible parce qu’il n’a pas été prévu; ses écarts sont bien plus grands aussi.
En effet ce gouvernement qu’on a seul songé à régler est disputé lui-même entre le Peuple et l’Autorité, tout comme dans l’être humain, l’âme est sollicitée tantôt par le corps et tantôt par l’esprit. Là est la source de ces querelles cléricales et anticléricales, que l’on attribue si mal à propos à la religion tandis qu’elles en sont la ruine.
Le Pouvoir remonte-t-il vers l’Autorité, le parlemen tarisme devient une aristocratie bourgeoise, écono— mique, plus ou moins teintée de monarchie selon qu‘elle se rapproche de l’esprit pour affermir et légitimer sa puissance. Le Peuple au contraire vient—il à prédominer, le parlementarisme tourne à la république plus ou moins démocratique et socialiste selon qu'il se sent plus fort pour satisfaire ses désirs.
Ainsi par cet oubli si singulier de deux des trois élé— ments essentiels de la société le parlementarisme laisse la passion du besoin présent se substituer à la raison pour décider du double antagonisme où il se complaît.
Il est ainsi le père légitime de cet opportunisme où les plus habiles, sous le masque constitutionnel, au nom du bien public, excellent à satisfaire leurs appétits plus ou moins avouables au détriment des besoins les plus —.«_W\\.a..mra.‘Mma‘L-«a ‘__A.q-\«... . - ‘ \ e t.. _ _ ru
260 L’INITIATION urgents des masses, attisant les ambitions, surexcîtant les désespoirs, démoralisant les consciences! Voilà ce que nous disent ces scandales rappelés tout à l‘heure, voilà ce que nous dénonce le dernier conflit parlementaire. Ce n'est pas tout l La balance toujours mobile et toujours fausse de notre gouvernement incline aujourd’hui vers la démocratie.
C’est la Chambre qui en tient le haut bout parce qu'elle représente les mécontents; c'est le Sénat qui est en bas parce qu'il est l’organe des satisfaits; mais la Chambre et le Sénat que nous avons mis en présence sous prétexte d’équilibre ne représen— tent que nos passions actuelles et individuelles, alors que ce sont des Principes Universels qui doivent s’équipoler dans une constitution normale.
Ces Principes, nous les avons nommés tout à l’heure, et il n'en est pas d‘autres, comme il n’ya pas d'autre har monie entre eux que celle Trinitaire par le Principe intermédiaire. Les deux opposés sont : le Pouvoir spi— rituel, aujourd’hui à refaire entièrement, et le Peuple ou masse des gouvernés; le premier correspondant à la science et à la raison; le second au corps, à la sensation.
Entre les deux est l’Ame gouvernementale qui doit se régler par l‘esprit pour décider ;_de l’action à accomplir par le peuple.
Et chacune de ces trois Puissances doi avoir, dans la vie sociale, son expression en des organes aussi libres que complets : Le Pouvoir spirituel, c’est l'Enseignement dans son acception la plus large et la plus libre possible; c’est l’Église, c’est l‘Université, c’est la Presse; rien de tout cela, chez nous, n’est plus organisé.
Le corps des gouvernés c’est l’informateur de toutes les sensations, de toutes les impressions, de tous les be soins nationaux. Il lui faut pour organe une représenta— tion indépendante par des cahiers ouverts en chaque commune, dernière expansion de ce système nerveux, et par des Etats généraux permanents issus du suñrage universel, pour recueillir et défendre ces cahiers.
Mais le pouvoir législatif ne peut lui appartenir; il revient au système locomoteur et à l’âme qui le commande. Cette âme, ou gouvernement, est le système organique intermédiaire auquel seul s’appliquela trinité de Moni.
FRANClS SCHLATTER 261 tesquieu; législatif comme la Raison, pour décider de la conduite générale, après avoir soumis les aspirations du peuple à l’étude inspirée du pouvoir spirituel; exé cutif, comme la volonté, pour ordonner ce que cette étude a dicté ; judiciaire comme la conscience pour plier tous les détails de la conduite aux ordres de la raison, les intérêts particuliers aux besoins de l’ensemble.
Des Etats généraux permanents nommés au suffrage universel; une chambre législative issue non de ce même suffrage, direct ou non, mais du concours des idées et des intérêts syndiqués en groupes homologues: voilà le qarlement normal, qui suppose en dehors de lui un Pou— voir spirituel à la fois indépendant et dénué de tout Pouvoir temporel.
En dehors de cette Trinité, image de l’organisme uni versel, il n’y a fatalement que dualisme, compétitions, désordre; ou l’impuissance anxieuse par crainte de ces maux dangereux. ' . 4’! Que de choses il faudrait dire encore!
Suggérées par nos derniers événements, que de détails aussi pour com pléter ces premiers aperçus; mais l’occasion ne nous manquera pas de signaler en toutes les manifestations notre maladie constitutionnelle ou ses causes; et nous avons outrepassé déjà la place accordée à ce bulletin.
Les événements internationaux récents sont plus riches peut-être encore en enseignements fondamentaux; mais eux ausssi ne sont qu’à leur début; nous les abor derons dans la prochaine causerie si celle-ci n’apoint trop fatigué nos lecteurs. TRIPLEX. ËnN@ÏS S@LÀTEÏER / — Notre époque est prédestinée à la révélation de l’oc culte. Nos lecteurs sont au courant des guérisons véri 3
262 L’INITIATION tablement miraculeuses obtenues psychiquement par le psychurge Philippe à Lyon. L’apparition en Amérique d’un français opérant des cures extraordinaires par la seule puissance de la foi et des courants magnétiques d’élémentals a ému toute la presse européenne. La Revue des Revues du 1elr Mars consacre à ce sujet, sous la signa ture de M. Jean Finot, un intéressant article dont l’au teur a bien voulu nous prêter les gravures.
Voici au Sujet de Schlatter quelques extraits de cet article: Depuis deux mois la ville de Denver, la délicieuse perle du Colorado,était en fête. Des centaines de milliers v1» . _ * ../ .....n.., ,2.s.r.,. \. , ., ru !
FRANCIS SCHLATTER 263 de pèlerins y accouraient de tous les coins de l’Amérique. Aussitôt arrivé tout le monde se rendait à la petite mai son de l’honorable Master E.—L. Fox, l'échevin de la ville, qui abritait sous son toit François Schlatter, le plus grand thaumaturge de notre siècle. Pendant ces deux mois la ville de Denver a pu admirer un choix de malades et de maladies les plus rares et les moins connues.
Tous ou presques tous quittaient Schlatter, rassurés sur l’issue de leur sort, sinon complètement guéris. Les trains étaient bondés; les hôtels regorgeaient de visi teurs età travers tous les pays on n’entendait que des hymnes élogieux et attendrissants en l’honneur de Schlatter, le saint de Denver ! Schlatter était un bon Français avant de devenir thau maturge officiel du Colorado.
Né en Alsace en 1855, Schlatter arriva un jour en Amérique, y fit tous les mé tiers et se réveilla un beau matin saint homme. Tête dé couverte, pieds nus, il parcourait les vastes États améri cains et se disait envoyé du ciel. Il prêchait l’amour de Dieu et la paix des âmes. On le met en prison où il continue à prêcher. Les prisonniers le raillent d’abord et finissent par être troublés.
Francis Schlatter n’a qu’à mettre la main sur la tête des malades pour les guérir. Sorti de la prison, il s’en va au Texas. Son costume extravagant, ses pieds nus, ses cheveux longs qui encadraient d’une façon étrange son visage rayonnant de véritable illuminé, attirent des foules autour de lui. Ces exaltés le tiennent pour un Elie ressuscité.
Schlatter, sans se soucier de ses con temporains, ne faisait cependant que prêcher: ( Prêtez l’oreille et venez à moi, je ne suis qu’un simple envoyé de mon Père céleste. » Et tous venaient à lui et il guérit les inguérissables et console les inconsolables. A Throckmorton, on l’enferme dans une maison de fous, mais il en sort plus imposant que jamais. Il s’en va alors vers la Californie.
Objet de Culte et d’admiration, il traverse les villages mexicains et répand la croyance en son « Père » parmi les falsifi cateurs de denrées et les impies américains. Il fait en même temps pleuvoir des miracles sur la tête des ma lades, bénit les enfants et arrive ainsi à.San Francisco, l‘
2 64 _ L’lNlTIATION en décembre 1894. De là toujours à pied, tête nue, il parcout les déserts de Mohave et arrive au mois de mars 1895 à Flagstaft. Après y avoir passé quelques semaines, Comme simple pâtre, il continue sa course pénible à travers les tribus indiennes.
Et il y ( faisait connaître le nom de sa sainteté, comme disait Ezéchiel. et les habi— tants du pays allaient à sa rengontre et admiraient la puissance du Seigneur. ) Cinq jours de suite il passa en compagnie du chef de la tribu des Navajos, en semant des miracles et remplissant d’enthousiasme les âmes simples qui accouraient pour toucher ses mains.
Le 15 août, Schlatter arrive à Albuquerque et, un mois après, nous le voyons à Denver, deVenu sa rési— dence favorite. C’est dans ce paradis du nouveau monde que Schlatter accomplit ses miracles les plus éclatants. Denver devint sa ( ville ), et de toutes parts les incré— dules et les croyants, les bons et les méchants, accou— raient vers l’envoyé du ciel.
Des femmes, touchées par les grâces du ( Fils du Père ), lui faisaient c0rtège, les hommes l‘admiraient, les reporters américains eux— mêmes, tout en interviewant le saint homme, s’incli naient devant la simplicité de sa personne et racontaient en termes enflammés, les miracles accomplis par le « pro phète de Denver ).
Les reporters et les journaux américains se mettant au service du « prophète ) jettent du reste une lumière étrange sur ce saint fin de siècle. Car Schlatter, le «t saint taciturne ), comme l’appelaient les foules, ne devenait éloquent que dans l’intimité des envoyés des journaux.
Le thaumaturge «t prenait garde à ses voies ), cornme chante le psalmiste, afin de ne pas pécher par sa langue, et il « gardait sa bouche avec un frein » tant que les me chants étaient devant lui; mais, aussitôt en présence des reporters, le feu de sa méditation se répandait dans des confessions touchantes et ingénieuses. Ce n’est, en somme, que grâce à eux que son ( évangile » si simple parvint jusqu’à nous. **u
FRANCIS SCH LATT ER 265 ( Je ne suis rien, leur disait-il, mais c’est mon Père qui est tout. Ayez foi en lui et tout ira bien. ) Ou: « Mon Père remplace aussi aisément un paire de pou mons malades, qu’il nous guérit des rhumatismes ou de l‘enrouement. Il n’a qu‘à vouloir et le malade devient bien portant et l’homme sain devient malade. < Vous me demandez en quoi consiste ma force.
Elle n’est rien, c’est sa volonté qui est tout. ) Un jour qu’une foule de quelques milliers de personnes se presse sur ses pas, Schlatter s’adresse à un homme qui se trouve à sa proximité : « Sortez 1 lui dit-il avec un ton de violence qui frappe l'assistance.
Sortez et quittez Denver, car vous êtes un assassin l ) ' Et l’iconnu s’en alla et la foule émerveillée salua le saint homme, disant qu’ ( il n’était pas en son pouvoir de guérir les gens méchants >. La foi descendait jusqu’aux chemins de fer du Nouveau Mexique.
Un jour, la direction de l’ Union Pacifique Railway fit placarder dans le pays un avis disant que tous ceux parmi ses employés de même que leurs familles qui désireraient consulter Schlatter, recevraient leur permis et leur congé régulier.
Le Omaha World Herald raconte à cette occasion le spectacle grandiose des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants appartenant à tous les degrés de l’administration du chemin de fer, qui allaient demander le pardon de leurs péchés et la guérison de leurs maladies au saint homme de Denver... Et c’est ainsi que les chemins de fer joints au reportage moderne,faisaient cortège aux exploits miraculeux du prophète... * 1-.
Et le saint homme continuait à faire des miracles. Les aveugles voyaient, les sourds entendaient et les culs-de jatte marchaient. La foi s’allumait dans le Nouveau Mexique et jetait ses rayons célestes sur toute l’Améri que. Le charme infini qui se dégageait de la personne .. A ‘L - .
266 L'lNITIATION de François Schlatter descendait comme une suggestion grandiose sur les consciences les plus incrédules. L’écho de ses exploits arriva même en Europe et cer tains journaux anglais racontaient des cures de Schlatter tellement invraisemblables que le Nouveau-Mexique a failli devenir le refuge de tous les incurables de l’univers. Lettre écrite par Schlatter avant sa disparition de Denver. Le général E. F.
Test a publié, dans l’Omaha World Herald, un long article où il est dit entre autres : « Tous ceux qui l’approchent sont soulagés dans leurs souffrances. Le Dr Keithhey a été guéri de la surdité... Je me suis servi de lunettes pendant nombre d’années...
Un geste de sa main a suffipour que je n’en eusse plus besoin... » Un des hauts fonctionnaires de l' Union Pacific, M. Su therland, fortement éprouvé par un accident de chemin de fer, ne pouvait plus ni marcher ni mouvoir ses mem bres. On l’a transporté à Denver et il en est revenu com— plètement guéri. Non seulement il a recouvré la faculté de marcher, mais, sourd depuis une quinzaine d’années,
FRANCIS SCHLATTER 267 , _. un... ..ee a....‘-aÿem.-æ. il s’est débarrassé par la même occasion de sa maladie et a regagné la faculté de l’ouïe. M. Stewart (Highlands, Jasper-street), sourd depuis vingt ans, a été complètement guéri par le saint de Den ver (Rocky Moutain Daily News, 12 novembre). Rien ne peut résister àla grâce et à la puissance miraculeuse de Schlatter.
La cécité, la diphtérie, la phtisie s’évanouis sent devant sa main et surtout devant ses gants, comme de simples migraines sous l’influence de l’antipyrine. Mme V. V. Snook (North, Denver) était atteinte d’un cancer, depuis de longs moins. Epuisée de souffrances, elle envoie chez le saint homme demander un de ses gants. Le « Fils du Père » lui en envoya deux en disant qu’elle sera guérie, et elle était guérie...
Il en fut de même de John Davidson (I2’I7, 17th Street Denver), du colonel Powers de Georgetown et d’une douzaine d’autres tous atteints depuis de longues années de mala— dies plus ou moins incurables. L’ingénieur Norris (Albuquerque), souffrant de la ca taracte, fut guéri en un clin d’œil... Un bûcheron com plètement aveugle distingue les couleurs après avoir été touché par la grâce de Schlatter. Mme M.—C.
Holmes de Havelock, Nebraska, souffrait de tumeurs au—dessdus des yeux. Elle y a posé le gant que lui a donné Schlatter et les tumeurs disparurent (Denver News, 12 novembre 1895). Des montagnes de gants qui arrivaient de toutes parts gisaient sur le sol de la maison où habitait Schlatter, Le thaumaturge les touchait de sa main et les distribuait à la foule.
La foi étant la seule raison des guérisons, 4: il est inutile, disait Schlatter, de toucher les malades de sa main a, et, s’il le faisait, ce n’était que pour impression ner les âmes ayant besoin de cet état palpable pour jouir des bienfaits que ( son Père » faisait descendre par son intermédiaire sur la terre. C’est ce qui nous explique aussi comment Schlatter a pu soigner de 3 à 5.000 personnes par jour.
Adossé contre un pupitre, il étendait ses mains sur la foule qui S’en allait la paix dans l’âme. Et la perle du Coloradojubilait en constatant comment
268 L‘lN1TIATION .ä les muets parlaient, les culs-de-jatte marchaient, les aveugles voyaient, et tous glorifiaient le «t Fils de son Père ». Son désintéressement était au—dessus de tout soupçon, et le mépris qu'il professait pour le « roi dollar a» rem— plissait d’étonnement et d’admiration ses fidèles. « L’argent, que voulez-vous que j’en fasse ? » disait Schlatter. Mon père ne me donne-t-il pas tout ce dont j’ai besoin i...
Il n’y a pas de plus grande richesse que la foi; or, je crois à mon Père, de toute ma foi ardente. Les dons aflluaient de toutes parts, et Schlatter les ren— voyait avec sa douceur habituelle. On finit par ne plus lui envoyer quedes gants que le saint homme, après les avoir touchés de ses mains, donnait aux malades et in fortunés.
' Or le 13 novembre, Schlatter disparut tout à coup en laissant ce simple mot :M. Fox, ma mission est terminée et le Père me rappelle. Je vous salue. Francis Schlatter, 13 novembre. 0 on Si nous rendons grâce à M. Jean Finot de tout ce qu’il fait dans son excellente revue pour l’occultisme, nous ne pouvons cependant pas laisser passer sans protestation les remarques qui terminent son article sur Schlatter.
M. Jean Finot est trop indépendant et trop instruit pour se laisser aller à croire que Schlatter est un fou atteint «d’automatisme ambulatoire», selon l’expression du professeur de médecine Pitres de Bordeaux. Qu'un professeur de médecine, matérialiste comme il convient et impuissantà soulager une rage de dents, injurie u scieu tifiquement » un théurge doué des pouvoirs des frères illuminés de la Rose Croix, cela s’explique.
Dieu choisir rarement les « ‘gue’risseurs ) parmi les docteurs, sans doute par certitude de leur pédantisme ; mais il ne faut pas qu’un chercheur comme M. Finot partage les airs
PROPHÈTES ET PROPHÉTIES 269 des ignorants sur le mouvement mystique contemporain. Guérir la cataracte, faire entendre les sourds et refaire des poumons troués par les tubercules sont desfaits qui ne s’expliquent pas du tout par une action sur l’imagina tion des malades.
Francis Schlatter était un illuminé, et nous dirons sau LEMENT POUR CEUX QUISAVENT que cet homme, obscur par sa naissance et sa position sociale, était cependant un des onze qui ont passé par le soleil en 1855. PAPUS.
PROPHË’l‘ES E’li‘ rauratrms Plusieurs de nos amis sont étonnés que les événements parus annoncés pour 1896 n’aient pas encore eu lieu. — Le rôle du prophète est d’annoncer les ( clichés astraux » qu’il voit défiler et d’espérer que l’alliance des volonté humaines suffira pour reculerou pour briser ces clichés. Jusqu’à présent les événements ont pu être reculés ; mais, hélas ! les clichés n’en sont pas brisés.
Notre plus vif espoir serait d’être dans l’erreur et de n’avoir aperçu que des ( reflets d’antériorité ». Qui vivra verra. Pour l’instant continuons notre revue concernant les prophéties pour 1896 et décrivons plusieurs clichés as traux décrits par une « voyante » remarquable qui a bien voulu nous autoriser à reproduire ses descriptions.
PREMIÈRE VISION l” cliché: Jeanne d’Arc geste de stupeur (la veille la voyante avait vu des faisceaux d’armes, des canons, des fusils, etc.) avec la date 8 J. qui fut interprétée 8 juin), cheveux noirs dénoués sur les épaules, épée de Fierbois à croix, tenue de la main gauche, cotte de maille sous chemise de laine blanche, serrée à la taille par courroie qui tombe un peu par devant. Nu-tête.
L’héroïne exprimela colère et l’indignation, bras levés Traits gros, mais belle d’expression. 2° cliché : Guerrier avec uniforme blanc et casque; se dissimule; mais en colère, suivi d’auîres soldats à pied, en blanc. Jeanne d’Arc fond surlui, semble vouloirle tuer. .m.x .«v.r. ..
2 70 L’INITIATION Une main inconnue semble montrer à Jeanne un but in— connu. 3° cliché : Uhlan. Soldat américain (P), jaquette noire. chapeau gris; soldat grec ou arménien avec les ennemis. 8. J. IO. 4° cliché : A la place de Jeanne d'Arc W en or. — Tor— pilleurs, champ de bataille avec croix. DEUXIÈME VISION I" cliché : Panoplie de deux casques à pointe.
Une femme (la France) attachée par les cheveux sur son lit; elle est blonde et tient une croix dans la main. Elle appelle. 2*= cliché : Survient un homme mal mis, à casquette, type du voyou de Paris qui se précipite sur la femme et la terrasse sur son lit en la tenant à la gorge. Elle se débat. L‘homme tient la main sur la tête de la femme. '3° cliché: Léopards. Lion. Tête d’homme ou serpents. Incendies partout. 10.
4° cliché : Soldat, pantalon blanc, vareuse ou tunique bleue et bonnet noir sur la tête; écoute à une porte. Autre militaire à casquette de général ou de grand chef ennemi, écoute rapport que lui fait à l’oreille major fran— çais. Le général rabat sa casquette, se dissimule et part. Au-dessous, tête de Richelieu. Il veille avec un air nar— quels. Incendies continuent partout, Paris et province.
5° cliché: Sur le lit gît un blessé en uniforme blanc. La femme est comme morte, la tête hors du lit tenue à la gorge par le soldat blessé. , 6° cliché: La femme se redresse maintenant et menace à son tour. Un aigle auprès d’elle. Aigle français ment en son bec comme un parchemin brillant. ElleqrÏe1 le voit pas encore. Elle est debout, superbe, sur le lit ; les incendies s’éteignent.
L’homme à la casquette de général ennemi s’enfuit, la femme pose le pied sur la tête du général. 78 cliché : Un N précédé d’un .L ou un V renversé (A) est donné comme le nom du sauveur de la France. 30 cliché: Des morts, des morts surtout, hommes du peuple, même des enfants. '
, NOTES SUR LA LUMIÈRE 271‘ - . W—__- r..,_v R écrit avec du sang. — .l‘8 en rouge sur des cadavres (8 juillet?). — Quelle que soit l’importance grande ou faible de ces visions nous avons tenu à les enregistrer, trop heureux si ces clichés astraux ne se réalisent jamais sur le plan physique et nous font taxer d’excès d’imagination.
Encore une fois nous espérons que rien ne se réalisera; mais notre devoir est de révéler les clichés qui passent dans l’astral. P.
Notes sur la äumière En vue de compléter ou de rendre plus facile l’intelli— gence des théories surles rayons X que nous avons pré sentées à l’appréciation de nos condisciples, voici une compilation sommaire des enseignements traditionnels sur la Lumière: on sait qu’il y a dans l’Univers, trois luminaires, le soleil, la Lune, l’Etoile flamboyante; la splendeur de chacun d’eux étant une quintessence, c'est—à-dire un souffle, nous croyons que les rayons pa rallèles qui constituent la découverte de Rœntgen sont le nœud qui sépare deux ventres d’une vibration de la Lumière incréée. — Dans le monde divin, la lumière n’est autre chose que la splendeur du Verbe; le Fils, la volonté éternelle du Père, engendrée par le feu dans la nature essence (2).
Le Fils est la lumière du monde (3) que tout homme p05. sède ; et cette lumière se trouve dans la cinquième forme de la grande Mère, d’où descendent les âmes des hommes (4). ' (l) Voyez l‘étude de Malfatti sur Aum. (2) J. Bœhme, Première Apologie contre Thilten, (35. (3) Idem, Incarnation de Jésus-Christ, p. 2, 111, Il. (4) Idem, Trois Principes, Vlll, 3. ,
272 L’lNITIATION '-"—‘ I C’est l’Aôr de la Genèse, l’élémentisation intelligible de Fabre d'Olivet, la manifestation du mouvement direct, rectiligne (i), « semblable à son Père ). ‘ C'est ainsi que tous les dieux de lumière, dans la my— thologie grecque, sont des Fils. Apollon, le père universel de la lumière, frère jumeau de Diane, était dit Lycaeus, Lycigenète, Lycius, Lycoc tème, etc. Sa sœur était Lucifera et Lycaea.
Le loup symbole du 9 courant était Apollonien (2). Apollon et Diane sont enfants de Latone, fille du Temps l'Eon occulmteur, obscurateur universel: quelle révélation de la loi des contrastes analogiques! Leur père est le Zeus à la foudre septuple (3), qui brise le Lut ou gît sa puissance sementielle.
Latone est poursuivie par Junon Lucetia ou Lucine, la puissance plastique potentielle, qui suscite contre elle le Python, le Jupiter infernal; et elle trouve un refuge sur la terre de l‘extraction ignée (Delos) sortie des profondeurs de la mer. C’est alors qu’elle devient phosphorescente (se transforme en louve) pour donner naissance au grand couple divin.
' Voilà comment se forment deux des ferments du Grand-Œuvre; le directeur curieux pourra adopter cette affabulation au procès de la connaissance, ou à celui d’une thaumaturgie quelconque. c..-|—.. La feu et la lumière sont les deux principes opposés de la Colère et de l’Amour.La naissance de la lumière a lieu au cœur des choses, et son expansion atteint les limites de l’externe (4).
1 Elle siège dans la maison de la mort - (5) dans les ténèbres, et les ténèbres ne la com— prennent point,car elles en sont séparées par un point (6). Elle dort de l'austérité ardente du premier principe, la quelle se consumant dans l’eau de douceur, qui est une (1) Langue hébraïque, Dict. radical. e(2é)dNoël,Dictiomtaire de la mythologie, 2 in-8; Paris, 1 826, 2 . 13) Egalement dit Lucetius, Lycæus. (4)1.
Bœhme, Aurore, xvru, 222. (5) Idem, Ibid., xxrv, 4. (6) Idem, Équanimité, u, 10. Voir l’espace éthéré consi déré comme centre de raréfaction. ’
NOTES SUR LA LUMIÈRE 273 hu_ile(r) bleue. où commence la vie (2), produit la lu mière (3). La lumière est la source de la joie céleste ; elle est la cause de tout(4), elle vivifie et meut toute chose sur la terre (5); elle est l’esprit vivant qu’on ne peut subju guer; elle règne sur la Nature-Etcrnelle, bien que celle ci ne le comprenne pas (6).
Comme elle est le centre de toute vie, elle se donne sans cesse (7) pour régler la forme des choses (8) et leur donner le tempérament (9) Son expansion universelle est un feu de désir vers l’a mour,la douceur et l'être (10) qui se satisfait 'sans cesse, car toute puissance générée dans le feu colérique se ma nifeste dans la lumière (1 i); celle-ci produit l'eau douce; l’eau manifeste l’être, et l’être est l’aliment du feu. — Dansle troisième monde, dans le mystère extérieur du Verbe prononcé, la lumière temporelle sort du grand mystère(rz) par la vertu de la lumière éternelle.
Celle—ci s’externalise sous l'aiguillon du ciel igné ; il en résulte une splendeur dans le Firmament (le Ë? igné) qui est la ' lumière de la Nature extérieure(r3), dans le sidéral ([4) qui forme la matière de ce monde. -—- Voilà des théories qui peuvent paraître bien obs « cures non seulement pour des positivistes, mais encore pour des esprits peu habitués à l’abstraction.
Il faut, pour bien les comprendre, appliqùer dans toute sa ri. gueur cette vision lucide des mots, que notre éducation ) Aurore, Vin, 64.. 1 (2) lbid., ut, 117. (3) Ibid., xvm, 26. (4.) Trois Principes, vu, 24. - (5) Aurore, 1,4. (6) Triple Vie, 1.
24.. (7) Lettres théosophiques,47, 12, 277 questions, xn, 9. (8) Incarnation de Jésus-Christ, p. 3, v, 9. (9) Elect. de la Grâce, vm, 29. (10) Première Apologie, 496. (I l) 40 questions, 1, 92. (12) Qui est le Verbe éternellement présent. (13) Clé, 85. (14) II Signatura, vu, 1, 2. l’|
274 L’INITIATION intellectuelle nous recommande avec juste raison.
Les mots portent en eux-mêmes leur signification; il est donc inutile de vouloir les expliquer par d’autres mots; clé— barrassons notre mental de toutes les scories inutiles dont est surchargée notre mémoire, ou plutôt classons ces documents. cimentons par la synthèse les pierres de ce temple spirituel; on verra, avec surprise,‘ la puissance de nos facultés mentales s’accroître, la lucidité devenir plus pure, la mémoire plus rapide et plus profonde, la méditation moins ardue.— C’est pourquoi il a été écrit : < Bienheureux les simples d’esprit ! ) SÉDXR.
BIBLE©G&âJALEÆEE ALEXANDRE AKSAKOF. — Animis me et Spiritisme, essai d'un examen critique des phénomènes médiumni ques, etc, avec portrait de 10 pl. ; traduit du russe par B. SANDOW. Un vol. gr. in—8, 633 pages.
Pour présenter à nos lecteurs ce gros et très intéres— sant volume, je ne saurais mieux faire que de laisser la parole au savant, consciencieux et vénérable champion du spiritisme en Allemagne et en Russie. —- Le célèbre philosophe allemand Hartmann, ( en composant son ou vrage sur le spiritisme, a imaginé pour en expliquer les phénomènes une théorie basée uniquement sur l’accep tation conditionnelle de leur réalité, c’est-à-dire ne les admettant que provisoirement, avec les caractères qui leur sont attribués dans les annales du spiritisme.
Par conséquent, ajoute M. Aksakof, le but général de mon travail n’a pas été de prouver et de défendre à. tout prix la réalité des faits médiumniques, mais d’appliquer à leur explication une méthode critique conforme aux règles indiquées par M. Hartmann.. .
Ma tâche était de rechercher s’il n’existe pas des phénomènes que les hy pothèses de M. Hartmann, dansles limites ou conditions où elles sont applicables d’après ses propres règles sont impuissantes à expliquer. » Une étude approfondie du livre montre que M. Aksa A -ur -. rI
BIBLIOGRAPHIE . 275 kof a admirablement rempli le programme qu’il s’était tracé. Il range les phénomènes médiumniques en trois grandes catégories: ' 1° Personnisme: phénomènes psychiques inconscients, se produisant dans les limites de la sphère corporelle du médium, ou intra-médiumniques, dont le trait distinctif est l'adoption du nom et souvent du caractère d’une per sonnalité étrangère à celle du médium.
2° Animisme: Phénomènes psychiques inconscients se produisant en dehors des limites de la sphère corpo— porelle au médium ou extramédiumniques (transmission de pensée, télépathie, télécinésie, mouvements d’objets sans contact, matérialisation). Ce sont là les manifesta tions culminantes du dédoublement psychique.
3° Spiritisme: Phénomènes de personnisme et d’ani misme en apparence, mais qui reconnaissent une cause extramédiumnique, supraterrestre, c’est-à-dire en dehors de la sphère de notre existence. Ce sont les faits appartenant à ces deux dernières classes qui sont étudiés dans le présent volume.
Il faut réserver une mention toute particulière à l’1ntroduction du volume, véritable résumé de l’histoire de la psycho— logie expérimentale en Allemagne, et des théories anti spiritesen Angleterre et en France. Les expériences sont groupées de la façon suivante: Le chapitre premier étudie les phénomènes de matéria lisation, d’objets échappant à la perception sensorielle, d’objets perceptibles, qu'ils soient animés ou inanimés.
Ces catégories comprennent la photographie spirite, pé nétration de la matière, . moulages dans la paraffine, pesées des formes matérialisées. Le chapitre II, démontre que la force médiumnique n’a aucune affinité avec l’élec— tricité. Le chapitre Il! examine la question fondamentale du spiritisme: à savoir, la nature de l’agent intelligent qui se manifeste dans ces phénomènes.
Il renferme le récit de manifestations contraires à la volonté, au caractère, aux convictions du médium; celle dues aux petits enfants, communications de langues, de faits ou de personnes inconnues au médium ou à l'assis tance ou aux deux à la fois, enfin de transports de mes—
276 L’INITIATION sages et d'objets à grande distance. La conclusion de ces chapitres est que les faits médiumniques sont causés par des êtres humains: vivants sur terre, ou y ayant vécus, ou d‘une espèce extraterrestre inconnue.
Le dernier chapitre examine l’hypothèse des esprits : récapitulant les récits d’action extracorporelle de l'homme vivant,considérée comme transition de la télé pathie au spiritisme, et les récits d’action médiumnique d'un homme décédé avec la recherche de son identité. La conclusion générale du livre consiste principale— ment dens la réfutation d’Edouard von Hartmann.
D‘après ce philosophe, les théories spirites sont au nom bre de six: 1" les morts conservent leur forme dans l’autre monde; 2° le médium agit par son corps astral; 3° la force nerveuse du médium est la seule cause du phénomène; la 4° théorie est une transition subtile pour arriver à la théorie de la possession; enfin par la 6°, il est convenu qu’un esprit dirige la conscience somnam— bulique du médium.
M. Aksakof termine en démontrant la pluralité des causes et leur véracité dans les phéno— mènes spirites. Sait—il, et M. von Hartmann avec lui, que l’ésotérisme enseigne ces conceptions depuis des siècles? Nous serions heureux de connaître sa réponse si jamais ces lignes lui tombent sous les yeux.
M’attarderai-je à louer l’exécution matérielle de vo lume, la finesse du portrait de l’auteur, etla réapparition de la lithographie dans les planches qui accompagent le volume. M. Leymarie a bien mérité de la cause spirite en lui fournissant un si bel arsenal d’arguments et d’ex périences. SÉDIR. AUGUST STRINDBERG. — Sylva sylvarum, l"° livraison, pla quette pet. in-16.
M. Strindberg est un des plus célèbres parmi la pléiade cosmopolite qui met en émoi nos cerveaux latins depuis ces dernières années. Ici même M. Jollivet-Cartele: a donné une impression exacte de sa vie et de son œuvre. Cette dernière nous intéresse au plus haut degré
BIBLIOGRAPHIE 277 parce qu’elle s’appuie sur une reviviscence hardie de la méthode analogique. L’unité de la matière, l’unité dela vie, l’évolution reconnue dans l’échelle tout entière des êtres, les correspondances de l’animal au végétal indiquées et prises comme guides de sciences nouvelles: tels sont les points principaux par où se distingue ce compatriote de Swedenborg.
Nous pouvons lui prédire les plus hautes réalisations s’il sait maintenir sa volonté assez pure pour arriver à une gymnosophie concordante. Nous nous réser vons d’ailleurs, dès la terminaison de ces esquisses, de formuler un jugement complet sur les théories pratiques de M. Strindberg. SÊDIR. Internal Respiration or the plenary Gz'ft of the Holy Spirit, par RESPIRO, 2° éd., London, E.*W. Allen, 4 Ave Maria Lame, 1896, in-8, 74 pages.
Il existe, depuis quelque temps, une ( Fraternité de la nouvelle vie » qui, s’inspirant des écrits d’un mystique anglais, T.—L. Harris, propage des interprétations spé ciales du christianisme (1).
Cette doctrine préconise la théorie d’une sorte d’inspiration spirituelle, tout _à fait différente, dit-elle avec un peu de dédain, des pratiques similaires de la magie; cette dernière cependant possède des données théoriques et des entraînements d’une vertu singulière, basés tant sur les fonctions serpentaires du corps astral que sur celles physiologiques du trou de Botal et de la glande pinéale. T.—L.
Harris, que ses disciples considèrent comme un adepte complet, enseigne douze modes de respiration; dans chaque ciel existent un souffle de vie, un souffle d’intelligence, un souffle de sensation.
Toute l’ascèse réside dans le rétablissement de perceptions célestes (1) Parmi les écrits de Harris on peut citer: Wisdom of the Adepts, Arcana oj Christianitg, Apocalypse (1867), id Gene sio (i860), God_’s Breath in Man et in Human Society (1891), Hymns of spiritual déflation (1867), The New Republic, The ' Great Republic, Lyra Triumphalis, The Ho(y‘ Lity and the Light therein, 1880.
2 78 L‘INITIATION -.«—_—-._-» l de plus en plus internes et élevées. On trouvera dans ses écrits de curieuses théories sur les esprits, les enfers, le Christ, la Mère-Céleste; nous en reœmmandons l‘étude à tous ceux qu’intéresse la mystique illumina— tive. SÉDIR. ÉMILE GOUDEAU. - Chansons de Paris ou d’ailleurs. Paris, Charpentier, 1896, in-18.
Émile Goudeau est un poète bien connu des habitués du Groupe d'études ésotériques aux conférences duquel ses vers vibrants furent bien des fois applaudis. — Ce présent recueil intéresse les lecteurs de l’Initiation au point de vue beaucoup plus général de l'évolution d’un noble esprit et d'un artiste délicat.
Le prétexte à des belles pensées et surtout à des tableaux d’une ironie robuste. en spectacle de la vie de Paris, où se rue toute la Province hypnotisée. Pour être un seigneur du Cirque, il ne sied point Courir après le Rêve aimé qui fuit au loin Et dans un nuage s’enroule. Non : il faut estomac solide et souples reins, Afin de se glisser parmi les mandarins, En saluant très bas la foule.
Sinon, Provincial, il en est temps encor, Reste loin de Paris, où, mieux qu'un matador, Ton Espoir déçu doit t‘abattre. Laisse glisser les trains sur les deux rails jumeaux; Et conserve la Paix, qui dort dans les hameaux, Fileuse assise auprès de l‘âtre.
De là au découragement, à l’ennui, au spleen, il n’y a qu’un pas, et la résignation du fatalisme se mêle à une blague menteuse, pour ne plus produire que des actes d’impuissant :_ Tel qui rit et chante à la vie, Et, d’une lèvre inassouvie, Boit l’avenir comme un vin pur ; Tel qui, sur sa pipe allumée, L
BIBLIOGRAPHIE 279 Voit voltiger dans la fumée Les espoirs nuancés d‘azur ; Tel qui, sous un rayon de lune, Suit la danse de la fortune, Va, tout à l’heure, mort-vivant, Sentir, par une âpre veillée, Que sa cervelle éparpillée Se fond à jamais dans le vent... Le vertige noir les invite A gambiller sur le chemin : Les Fous vont vite, vite, vite 1... Sait-on qui sera fou demain ?
L’âme vigoureuse du poète ne s’enlève pas dans de tels bas-fonds; les Morts-vivants, la Tour d'ivoire flagellent la honte des « traîtres du bien, pariures de l’Idée ), comme l’égoïsme transcendant du dédaigneux, adver— spire-né de l’( obscur Grand Seigneur de Nuit des Epouvantes >, du « vieux Principe Noir qui se rue au combat », M. Goudeau. Admire l'effort des foules, et l‘audace De monter à l’assaut pour vivre chaque jour.
Vivre en sentant courir la puissance vitale l Vivre pour vivre avec l‘élan exaspéré Des êtres trop certain que, par un soir pleuré, Ils dégringoleront dans la tourbe 1atale 1... Je t’aime, Humanité, quand avec bruit tu roules Mon frêle moi parmi tes heurts extravagants... Je voudrais que l‘espèce humaine et fraternelle N'eût qu’une seule main afin de la serrer.
Il faut croire; et Ëc’est cette nécessité de la Foi ou quelque chose qu’il est réconfortant d’entendre affirmer en si beaux vers, si désespérés de le paraître, et dont la flamme a comme le sens de son néant. C’est là notre vœu, et l’espérance que nous avons d’autres formes pres— tigieuses, où M. Goudeau érigerait de sons lumineux et nobles la statue de son idéal. S.
280 L'INITIATION SERGE FIDELIS.— LE DEVOIR SOCIALISTE, 1 vol. in-18, 300 p., chez Chamuel.
Il sied de présenter ce volume à nos lecteurs avec plus de force qu'on ne le fait généralement et de les 501— liciterà en prendre connaissance d'une façon plus appro fondie et plus sympathique que l’œuvre d’un inconnu ne semble l'exiger d'ordinaire. - Serge FideIis ne doit pas être pour nous un inconnu ; il peut se présenter comme l’un des très rares E.'. de la V.'. qui soient parvenus à la notion de l’Etoile flam— boyante; son intuition le dirigea, voici plusieurs années, vers des centres d‘initiation moins, accessibles devant les tribunaux desquels il a conquis le droit de parler et d'agir.
L‘action! voilà la grande force qu’il représente et qu’il prêche à notre peuple contemporain, las de corps et plus encore de cœur.
« Nous sommes de ceux, s’écrie-t—il, qui croyons avec Descartes que la volonté soit irrésistiblement l'adhésion de l’intelligence et que pour vouloir fortement le bien, il faut le connaître d’une vision si claire et si impérieuse que les puissances de l’âme semblent se tendre d’elles-mêmes vers la réalisation de l’idéal apparu. > Il ne faut pas encombrer les pages de cette revue de chiffres, de statistiques désespérantes, du récit honteux des veuleries gouvernementales et financières, — besogne bien peu attrayante pour une âme de poète comme l’est celle de M. Fidélis.
Il montre les plus belles qualités de polémiste dans toute la seconde partie de son livre : les Liquidateurs; le césarisme politique, le jésuitisme clé rical, ces deux formes du Typhon social, s‘y trouvent stigmatisés d’un coup de fouet virulent; puissent ces pages vibrantes jeter quelque lumière dans l’esprit des innombrables dupes qui fourmillent en notre France actuelle, soutiens inconscients, fondations de l’édifice majestueux du Capital où règne la haute juiverie. Le remède à tous ces maux accablants est indiqué par
BIBLIOGRAPHIE 2 81 l'auteur dans la création d’un parti socialiste français c clair, lumineux, généreux et spirituel, en face du col lectivisme allemand, lourd et obscur de formules mal digérées, d’où s’échappe comme un relent d’autorita risme.....
Instruire le Peuple dans des conférences du soir qu'inaugureront les plus éclairés; lui montrer la grandeur de sa tâche, dans l’humanité; lui apprendre quel est son devoir actuel ; le détourner des hâbleurs ou des vendus dont on lui montrera l’égoïsme ou les trahi sons; lui donner d’incessantes visions d’un âge futur, fait de bien-être et de liberté sociale, sans rien qui sente la fausse promesse ou la phrase sonore; conquérir les indifférents, les sceptiques résignés (rien à faire avec les autres 1) ou les volontés paresseuses par le spectacle d’un avenir Où leur intelligence, leur éruditidn, leurs talents, leurindusuie, leur force matérielle trouvera à s’employer à la double satisfaction de leurs désirs particuliers etde l’intérêt Ï’général; accoucher les cerveaux inéclos, y incruster des idées salutaires, semer et répandre sur chaque point du territoire une agitation propice Où l’on sente, aux tressaillements de la masse, le pays en gésine de quelque grande chose; agir sur le peuple par tous les moyens honnêtes : le journal, la conférence, le livre, le théâtre, la harangue dans la rue, sur la première borne; galvaniser cette nation qui bientôt, saoûle de honte, se laissera violer par la première culotte de peau aux fortes odeurs de mâle !
« Voilà l’œuvre; voilà notre devoir à nous les jeunes, qui voulons la patrie grande, la patrie heureuse, la patrie pacifiéel » Nobles ambitions; plus noble encore le cœur qui les conçoit et qui les prêche: et leur énoncé suffit pour donner l’idée de ce beau livre et le regret de ne l’avoir pas écrit soi-même. SÉDIR.
Pour paraître prochainement chez Chamuel, éditeur, rue de Savoie, 5, à Paris, l’Extéri0risalion de la motricité, par ALBERT DE ROCHAS, un volume de plus de 400 pages, avec nombreuses photo-gravures hors texte. Prix : 7 francs.
282 L’INITIATION ‘.—._ .— "-1“ “t‘a-‘f Cet ouvrage est un recueil d’expériences et d’observa tions tendant à établir la réalité du phénomène de mou vements d'objets inertes produits, sans contact, par certaines personnes douées d’une organisation particu lière. TABLE DES CHAPITRES PREMIÈRE PARTIE. — Expériences sur Eusapia Paladino. Chapitre 1‘". — Eusapia Paladino; ses débuts avec le chevalier Chiaîa; son histoire, sa personne.
Chapitre 11. — Les expériences de Naples, en I891, par M. Lombroso, professeur à la Faculté de médecine de Turin. Chapitre III. -— Les expériences de Milan en 1892, par MM. Aksakof, conseiller d’Etat de S.
M. l’Empereur de Russie; Schiaparelli, directeur de l’Observatoire astro— nomique de Milan; Cari du Prel et Brofferio, docteurs en philosophie; Gérosa et Ermacora, docteurs en phy sique; Charles Richet professeur à la Faculté de Méde cine de Paris. Chapitre IV. — Les expériences de Naples en 1893, par M. Wagner, professeur de zoologie à l’Institut ana— tomique de Saint-Pétersbourg.
Chapitre V. — Les expériences de Rome en 1893 et 1894, par M. de Siemiradzki, correspondant à l’Institut. Chapitre VI. — Les expériences de Varsovie en 1893 et 1894, par M. Oehorowicz, agrégé de philosophie à l’Université de Lemberg. Chapitre VII. — Les expériences de Carqueiranne en l 1894, par MM. Richet, Ochorowicz, Oliver Lodge, pro fesseur de physique à l’University College de Liverpool, et le Dr Sigard, médecin en chef de la marine.
Chapitre VIII. — Les expériences de Cambridge en 1895. Chapitre IX. — Les expériences de l’Agnélas en 1895 _ DEUXIÈME PARTIE. — Expériences et observations diverses. Chapitre 1‘". — Expériences du comte de Gasparin et de M. Thury, professeur à l’Université de Genève, en 1854 et 1855.
ass CIATION FAMILIALE 283 Chapitre II. —— Expériences de la Société dialectique de Londres en 1869. Chapitre III. -- Expériences de Crookes en I870. Chapitre IV. — Expériences sur Slade, par Zœllner, professeur d’astronomie physique à l’Université de Leip zig en 1877, et par le Dr Gibier en I886. Chapitre V. — Expériences de Donald Mac-Nab, ingé nieur des Arts et Manufactures en 1888.
Chapitre VI. — Expériences de M. Lepelletier et de M. Lemerle, ancien élèvede l’Ecole polytechnique, en189 I , Chapitre VII. — Expériences du D*‘ Joire en 1895. Chapitre VIII. — Les filles électriques. Chapitre IX. —-- Les maisons hantées. t -v->s Quel est l’homme politique, l’écrivain, l’artiste qui ne souhaite savoir ce que l’on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles recherches.
Le Courrier de la Presse, fondé en 1889, 2I ,boulevard Montmartre, à Paris, par M. Gallois, a pour objet de re cueillir et de communiquer aux intéressés les extraits de tous les Journaux du monde sur n’importe quel sujet. Le Courrier de la Presse lit 6,000 Journaux parjour.
ASS@GlATIÛN EAM1MALE DES MÉTAIRIES DE SIDI-BEN-ARGOUB (TUNISIE) L’œuvre de colonisation que la présente association a - pour but de réaliser, repose sur les principes suivants: a) Un hectare de terre, dans la zône pluvieuse de la Tunisie, exploité rationnellement peut produire en moyenne en viande, herbe, paille, grains et cultures annexes les mêmes quantités qu’un hectare de terre exploité en France dans les mêmes conditions. 17) La vente de ces produits est dès à présent assurée tant sur le marché local que sur le marché français, et il
284 L'INITIATION :2. est à supposer que ces marchés deviendront de plus en plus favorables aux producteurs, le premier par le progrès même de la colonisation, le second par le rattachement de plus en plus intime de la colonie à sa métropole. c) Or on peut affirmer qu’étant donné le cours actuel de la propriété foncière, l‘achat et la mise en valeur d’un hectare de terre en Tunisie, dans les conditions ci-dessus, ne reviendra pas à plus de 500 francs, alors que pour avoir la même valeur foncière en France, il eût fallu débourser au moins trois fois plus.
Le bénéfice de l’opé ration coloniale consiste à profiter de cet écart qui ten— dra de plus en plus à disparaître par la moins-value de la propriété métropolitaine et la plus value de la propriété coloniale. d) Mais la grosse difficulté gît dans le problème de la mise en valeur du sol; c’est ainsi que la richesse latente d’une mine ne devient richesse effective qu’en vertu de son extraction. e) Or nous croyons que l‘association permettra seule de réaliser une organisation assez forte pour mener l’œuvre à bien: 1° parce que plus l’entreprise agricole sera variée, par suite vaste, plus elle aura de chance de succès; qu'elle exige, dès lors, des capitaux importants , or l’association pourra seule grouper ces capitaux ; 2° parce que c’est là une œuvre très complexe qui exige à la fois beaucoup de travail et beaucoup d'aptitudes diverses, or l’association pourra seule réaliser ce grou_ pement d’efforts et d’individualités ; 3° parce que les risques, comme il arrive dans toute création sont nom breux, or contre les risques il n’est pas d’autre assurance que l'association qui les divise ; 4° parce que l’œuvre coloniale que nous nous proposons est en même temps pour nous un établissement familial, or cet établissement ne se conçoit pas en dehors d’un groupement donnant satisfaction aux besoins de sociabilité inhérents à notre nature.
1) Ce faisceau de forces sera donc une association de familles d’où son titre ( Association familiale >, chaque famille vivra de sa vie propre et indépendante. La com_ munauté ne se produira que par un effet spontané et volon taire, pour satisfaire plus économiquement ou plus corn
ASSOClATION FAMILIALE 285 .—w———-——-—-vv—vw—arv piètement certains besoins communs : l'éducation des enfants, l’organisation d’un service religieux..., l’achat de livres, etc... g) Les intérêts civils de l’association sont seuls régle mentés; c’est l’objet des présents statuts.
Ceux-ci con sacrent les principes ci—dessous : 1° Toute la responsabilité de « l’affaire ) repose sur le gérant qui, s’il ne réussit pas, peut perdre le bénéfice de son apport ; gage de ses commanditaires, alors que la. perte de ceux-ci est nulle ou très limitée.
2° Les associés du gérant ou commanditaires sont, autant que possible, exonérés de tous risques, puisqu’il est stipulé(l) que les apports, y compris celui du gérant, ne dépasseront pas 600 francs par hectare, mis en valeur que l’apport des commanditaires est garanti par une hypothèque, que cette hypothèque est sérieuse la somme garantie étant, comme il vient d’être dit, quelque peu inférieure au prix de revient de l’hectare (2), puisque, qu’il y ait ou non des bénéfices, le commanditaire est toujours assuré de toucher annuellement 3 o/o de son apport au débit du compte du gérant.
3° Les membres de l’association sont des co-proprié taires qui ont mis leurs droits de co-propriété en société afin de mettre leur domaine en valeur. Cette œuvre, a pour ouvriers les associés—résidents et le gérant.
Elle con siste dans l’installation des métairies et travaux incom bant de ce chef aux propriétaires, dans l’administration, la surveillance et la comptabilité, etc. Ces besognes diverses se partagent suivant les aptitudes et convenances des associés; elles ont lieu sous la direction du gérant responsable.
En échange de leur travail, les associés ont droit au logement pour eux, leur femme et leurs enfants ainsi qu’à la nourriture sur les produits en nature de la propriété. Celle-ci doit alimenter les membres de l’asso ciution en pain, vin, viande, fruits et légumes.
4° La partie vive de l’œuvre, Ic’est-à-dire la culture, est réalisée par la création de « métairies » ; chaque mé tairie a une surface proportionnelle au genre d’exploita tion qui s'y pratique (élevage, cultures industrielles, pri meurs), sans jamais dépasser 50 hectares. Dans chaque métairie est installée une famille de petits cultivateurs r—..._.i.
286 L'INITlATION français. La terre et les bâtiments sont gratuitement fournis au métayer, à charge par lui de les entretenir; le matériel et le cheptel sont communs et achetés à mi— deniers; il est fait au métayer, s’il y a lieu, avance de sa part. Le partage des récoltes se fait sur place et par moi tié, sauf pour le raisin, qui pendant un certain temps est inégalement réparti.
Le métayer a le droit d’entretenir une basse-cour, et de prélever au jour le jour les fruits frais et légumes pour sa nourriture et celle de sa famille. Le métayage est là encore une application de la formule de l’association. Il divise les risques substitue le travail, direct et libre, plus productif, et plus moral au travail salarié; il tend par cela même à la suppression des frais généraux, écueil des grosses entreprises.
5° De telle sorte que, bien qu’embrassant une vaste étendue, et comportant un fort capital, l‘entreprise se décompose en une série de petites exploitations, où il est facile de faire régner l’ordre et l’économie; la présence du métayer associé est une garantie de la stricte appli— cation de ces principes. 6° Cette organisation peut donc s’appliquer à une grande surface, sans qu‘il en résulte aucune confusion.
Les statuts prévoient une superficie cultivable de mille hectares qui seront mis en valeur progressivement et, en l attendant,amodiés aux Indigènes. Par la possession de ces terres, l’association s’assure la plus-value qui sera la conséquence de son œuvre de peuplement. 7' Cette décomposition du domaine en métairies cons— ' titue un véritable allotissement du fonds social.
Le par. _ toge en sera donc aisé quand, après 15 ans, l’association A}, se dissoudra. La propriété individuelle succédera alors à la propriété collective. 8° Cet allotissement permet également le rembourse ment anticipé de l’associé qui désirerait se détacher du groupe avant terme (voir à cet égard l’art. 11).
9° Il fallait également prévoir le concours financier de J personnes désireuses de seconder nos eflorts, tout en réalisant un simple plaœment de fonds sur une terre d’avenir. Ces personnes peuvent être, à leur choix, asse ciés ou prêteurs. Dans le premier cas, elles ont les droits des associés, à l’exception des avantages en nature / * ""4w *' r --—<r».--.'œ’"c’æo‘afi»’ .w«.-..p-,..u..,.r..: .._;»—..r4.,.t »a,A,.,. . _....Ï._ ..\_,,W
ASSOCIATION FAMILIALE 2 assurés à l’associé résidant en échange de son travail; dans le second cas, elles ne courent pas les chances de plus-value, mais donnent plus de sécurité à leur place ment.
Le prêt ne peut, en effet, d’après les statuts, dépas ser 200 francs par hectare mis en valeur, et il a pour gage une terre sur laquelle nous prévoyons une dépense totale de 600 trames, et qui implique une sécurité com plète. — Associés ou prêteurs, ces bailleurs de fonds peuvent venir habiter tout ou partie de l’année sur le domaine de l’Association familiale. Le logement et la nourriture leur seront en ce cas comptés au prix de revient.
10° Les dispositions ingénieuses de la nouvelle loi foncière tunisienne, qui est un modèle de simplicité et de sécurité, permet de donner au droit du prêteur fon cier une forme des plus commodes. Le certificat d’ins cription qui lui est délivré parle conservateur de la Pro priété foncière à Tunis, est une pièce officielle qui garan tit son privilège sans aucune limitation de durée et sans qu’il ait à s’occuper de renouvellement.
Ce certificat est assimilable à une valeur transmissible par voie d’endos et de transfert sur le livre de la propriété foncière, le tout sans frais appréciables. Ce certificat peut par la même voie être remis en nantissement. 11" Pour assurer le contrôle des commenditaires à l’égard de la gérance, le contrôle des prêteurs fonciers à l’égard de l’Association, ceux-là forment un Conseil de surveillance, ceux-ci un Comité.
Le Conseil de surveil lance veille à l’exécution du contrat de société civile par toutes les parties en cause. Le Comité du Crédit foncier veille de même à l’exécution du contrat en ce qui con cerne ses membres. Les attributions de ces deux grou pements sont exercées par les Président ou délégués que les membres choisissent eux-mêmes. 12° Enfin notre Association constitue une véritable école pratique de colonisation.
Les enfants des associés ou des prêteurs fonciers peuvent en effet venir prendre part à nos travaux, s’initier ainsi à la théorie et aux pra tiques agricoles dans un milieu familial. La loi militaire exonère de deux années de service le jeune homme qui s’engage à résider dix ans en Tunisie.
288 L'INITIATION 13° La co-gérancc assure encore, en cas de décès, la transmission des pouvoirs d’administration, sans qu’il en résulte aucun arrêt dans la marche des affaires de l’As sociation. Le 15 février 1896. C. TONY. CONTRAT DE SOCIÉTÉ crvu.n EN COMMANDITE SlMPLE M. C. FAVROT, gerant responsable. Dénomination. — Objet. Art. l. — Il est formé entre les soussignés une Société civile en commandite simple ayant pour raison sociale C.
Favrot et C“ et pour dénomination Associationfami_ Hale des Métairies de Sidi—ben-Argoub (Tunisie). Cette association a pour objet : 1° La mise en valeur du domaine de Sidi-ben-Argoub et de tous autres à acquérir en Tunisie jusqu’à concur rence de 1,000 hectares cultivables; cette mise en valeur sera obtenue par la division du domaine en métairies distinctes et l'exploitation de celles-ci par des familles de petits cultivateurs.
2° Le partage desdites terres entre les membres de la présente Société. Apports. Art. 2. — M. Cl. Favrot fait apport à la Société de la propriété qu’il a acquise de Sidi-Mohammed Zarrouk par acte en date à Tunis du 21 février 1891, ladite pro priété sise à Sidi—ben-Argoub (Tunisie) et dénommée à . l’acte henchir Er. Rahdani Es-Sghir.
Cet apport com i' prend ladite propriété telle qu‘elle se comporte à l’acte d’acquisition, sans restriction ni réserve; il est fait à charge notamment par la société de payer la rente enzel de 1,890 francs qui la grève au profit de l’administration des biens habous de la Régence de ‘. Tunis (1).
Le capital de-commandite, comprenant l’apport des Associés soussignés, sera augmenté au fur et à mesure (1) Les autres conditions de l‘apport de M. Favrot seront déterminées à la signature du contrat. ‘i
ASSOCIATION FAMILIALE 289 de l’achat des terres et de leur mise en valeur, par l’ad jonction de nouveaux associés. Il est divisé en parts de 5,000 francs et ne pourra en aucun cas excéder la somme de 600 francs par hectare cultivable. Les parts prévues au présent article jouiront entre elles de droits égaux. Gérance. Art. III. — La gérance de la Société appartiendra à M. C.
Favrot; il aura seul la signature sociale et sera seul responsable des engagements de la Société à l’égard des tiers; il administrera la Société en bon père de famille et jouira à cet effet des pouvoirs les plus éten dus; il rendra compte annuellement de l‘exécution de son mandat; il pourra s’adjoindre un co-gérant agréé du Conseil de surveillance. Le co-gérant aura la signature sociale par délégation du gérant. Intérêts . Art. IV.
La gérance devra servir chaque année au capitale de commandite un intérêt de trois pour cent lequel s’impute sur les bénéfices à partager. Ces intérêts seront dus par le Gérant sous la garantie stipulée à l’article 6, alors même qu’il n’existerait aucun béné fice. Associés résidants. Art. V. — Les associés ayant réalisé un apport d’au moins 2o,ooo francs, auront le droit de résider sur la propriété.
Ils devront s’employer dans tous les travaux de mise en valeur, d’exploitation et d’administration de concert avec la gérance sous la direction et la responsa bilité de celles-ci. Ils auront droit en échange à l’ha bitation sur le domaine pour eux, leur femme et lems enfants. Ils auront le droit de prélever sur les produits de la propriété ceux qui seront nécessaires à leur con sommation personnelle et à celle de leur famille.
La gérance sera tenue d’assurer ledit approvisionnement en blé, viande, légumes et vin. Celui-ci sera fourni à l’aide d’un virement sur le compte bléjusqu’à ce queles vignes scient en rapport.
290 L’INITIATION Bénéfices et droits de la gérance. Art. Vl. — La gérance, en rénumération de ses soins et de sa responsabilité, recevra un nombre de parts re présentant les cinq seizièmes du Capital social.
Ces parts seront inaliénables et affectées à l'exécution de ses obli— gations; elles auront les mêmes avantages que les parts de commandite, mais elles ne participeront au partage du fonds qu’après remboursement intégral du capital de commandite. Il sera alloué à forfait une somme annuelle de 2,000 francs pour tous frais de gérance, non compris la nourriture de deux chevaux. Comité du prêt foncier. Art.
V11. — Il est institué un comité du Prêt foncier; le comité est composé des personnes qui viendront en aide à l'Association en lui consentant un prêt hypothé caire d'au moins 5,000 francs aux conditions ci—après : a) Chaque prêteur recevra contre versement et sans frais un certificat d’inscription hypothécaire nominatif dé livré par le conservateur de la propriété foncière à Tunis; les droits que confère ce certificat sont impres criptibles et non sujetsàrenouvcllement. b) Ce certificat est transmissible par simple voie de transfert sur le livre de la propriété foncière notifié à la société. c) En aucun cas le montant des prêts consentis par le comité du Prêt foncier ne pourra dépasser 200 fr. par hectare mis en valeur. d) Les certificats créés ci-dessous porteront intérêt à 3 0/0 pendant les cinq premières et à 5 0/0 les années suivantes ; ils seront remboursables à l’expiration de la quinzième année. e) Les membres du comité du Prêt foncier pourront résider sur le domaine de l’Association, leurs enfants y faire leur éducation coloniale ; le logement et la nourri ture leur seront, pendant leur séjour, fournis par la Gé— rance au prix de revient.
Garantie du capital de commandite. Art. VIII. — Le remboursement du capital de com —1' 4—.‘1' . À » ...r '- A 7 4.....‘iâfl
ASSOCIATION FAMILIALE 291 maudite est assuré au moyen d’une inscription hypothé caire prenant rang immédiatement après celle stipulée ci-dessous au profit des membres du comité du Prêt Foncier. Conseil de surveillance. Art. IX. -— Le Conseil de surveillance est composé des associés titulaires de quatre parts au moins.
Le Conseil de surveillance veille à l’exécution du présent contrat; il peut prendre en tout temps communication de la comptabilité sociale. Le gérant et le co-gérant en fait partie avec voix consultative. Durée. Art. X. — La présente société est faite pour une période de quinze années ; elle prendra fin le 31 décem bre 1910. Liquidation. Art.
XI. -——A la dissolution de la Société, arrivée par expiration du terme ou toute autre cause, le gérant en sera le liquidateur de droit; c’est à lui qu’incombera la composition des lots; l’attribution en aura lieu entre les parties d’un commun accord ou par voie de licitation au prorata de leurs droits. Remboursement anticipé. Art.
XII. -—- Dès la sixième année de son entrée en association, chaque associé, autre que le gérant, pourra demander son remboursement en nature, à condition qu’il soit titulaire d’au moins deux parts. Il lui sera à cet effet remis en toute propriété une ou plusieurs métairies dont le revenu net moyen des trois dernières années re présentera l’intérêt à cinq pour cent de son apport.
Le prix des métairies cédées ne pourra en aucun cas être inférieur à leur prix de revient établi au dernier inven taire et majoré de cinq pour cent. La soulte, éventuel lement mise à la charge de la Société ne pourra en aucun cas être supérieure au dixième du capital à rembourser. Faute d'entente entre le gérant et l’associé en instance de
2 92 L’lNlTIATION remboursement sur la désignation des lots, chaque par tie fera son choix et il sera procédé à l'attribution par voie de tirage au sort. Transmissibilité des parts; Art. XIll. —— Les parts de commandite sont transmis— sibles aux termes du droit commun; toutefois, les droits et bénéfice de résidence ne pourront être exercés par le nouveau titulaire que du consentement du gérant. Publications. — Immatriculation. Art.
XIV. — Les présentes seront portées à la connais sance des tiers par voie de publication. Les immeubles seront immatriculés au nom de l’Association. Décès du gérant. Art. XV. —— En cas de décès du gérant, le co—géranr succède de plein droit à tous ses pouvoirs d’administra tion; il pourra s’adjoindre un co-gérant agréé du Con— seil de surveillance.
Les parts du gérant décédé passent de plein droit à ses héritiers avec tous les avantages y attachés aux termes de l'article 6. Il en sera de même des parts attribuées par le gérant à son co—gérant. Siège social. Art. XVI. —— Le siège de la Société est à Sidi—ben—Ar goub. Ce siège est attributif de juridiction. pour toutes les difficultés auxquelles donnerait lieu l’exécution des présentes. Art.
XVII. — Des modifications ou desadditions pour ront être faites aux présents statuts d’un commun ac cord entre le gérant et la majorité des associés; mais sans qu’il puisse être porté atteinte à la substance des engagements des parties. Le Gérant : Eucausse. TOURS. — lMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, Ô. NW .cu—*m,,—.-
~I.A‘ REVUE DES REVUES PRIX DE L’ABONNEMENT: FIZANCE : Un-an. . 14 fr. | UNION POSTALE: Un an. . l8fr. Six mois 9 fr. | - v - Six mois 12 fr. N. B. — I. Il est envoyé, contre 0 fr. 60 en timbres poste, un numéro spécimen à toute personne qui enfait la demandeà la direction, 32, rue de Verneuil. Il. L’envoi d’une carte postale à la REVUE suffit pour être compté parmi ses abonnés.
Nous nous chargeons de faire encaisser par la poste le montant de l‘abonnement. III. Les abonnements partent du premier de chaque mors. IV. ON S’ABONNE dans tous les bureaux— de poste et chez tous les libraires. BULLETIN TRIMESTRIEL DE LA MAÇ.'. MIXTE EN FRANCE ET A L’ÉTRANGER Directeur: Georges MARTIN PARIS 4——20, rue Vau’que’lin Le COURRIER de la PRESSE , . A. GALLOIS 21, Boulevard MONTMARTRE, PARIS Fournit coupures de Journaux et de Revues sur tous_suiets et personnalités
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