The text
‘ 'flu‘" ‘I “:’*‘Ju.““‘ÎÏ"" ' _ Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÉE MENSUELLEMENT SOUS LA_ DIRECTION DE PAPUS E? O. >I< Docteur en médecine — Docteur en kabbale ANNEE 30" VOLUME. —— 9‘?“ SOMMAIRE DU N° 5 ._ ,4 "_._ Février (1896) PARTIE INITIATIQUE... Qu’est-ce qu‘une appari tzon? . . . . . . . . . Papus (p. 93 à 103) Note sur les rayons X . . Jules Lermina. (p. 104 à 1 12) 1 Le secret de l’Univers. . .
Amaravella. (p. 113 à 122) PARTIE PHILOSOPHIUn changement de per— QUE . . . . . . . . . . . . . .. sonnalité . . . . . . . . . A. Lecomte. , (p. 123 à 138) Le catholicisme au XX° siècle . . . . . . . . . . Saturninus. (p. 139 à 145) Le salut 'est en vous . . . Léon Tolstoï. (p. 146 à 151) Libres recherch es philoso phz'ques . . . . . . . . . . Lecomte. (p. 152 à 167) PARTIE LITTÉRAIRE...
104 Vers . . . . . . . . . [Gaston Armelin. (p. 168 à 172) Groupe indépendant d’études ésotériques. —- Les Rayons X. — Magnétisme. — Bibliographie. -— Un prétendu dictionnaire d’occul— tisme. —- Lettre ouverte.à M. l’abbé Charbonnel. — Cléricalisme et Occultisme. — Nouvelles diverses. ' Tout ce qui concex ne la Rédaction et les Échanges doit être adressé Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. Administration, Abonnements :, 5, me de Savoie Chamue1, éditeur. Le Numéro ; UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu'à de vaines.et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Efl"rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’1nitiation est l'organe principal de cette renaissance spirituæ liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Ph11050phie, à sortir des méthodes'purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’1nitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l‘arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains: le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie. phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. - _ L’Initiation parait régulièrement du I5 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Initialion du 15 février 1896 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation 10 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET, S.'. I.'. {tg— STANISLAS DE GUAITA, S.'. I.'. GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.'. I.'. 53 —.IULIEN LEIAY, S.'. I.'. ,{3 — ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I. . (D. S. E.) MOGD, S.-. I.'. —GEORGE MONTIERE, S.'. I.'. _Q — PAPU5, S.-. I.'. '& -— QUÆRENS, S.'. I.'. (D. G. E.) — SÉDIR, S.'. I — SELVA, S.'.
I.°. (C. G. E.)— VURGEY. 10 PARTIE PHILOSOPHIQUE E'l'. SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUR. — AMELINEAU. — ALEPH. —- D“ BARADUC. — Le F.'. BERTRAND 30‘ — BLITZ. — BOJANOV. — RENÉ CAILLIÉ. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — FABRE DES ESSARTS. —— Dt FUGAIRON. — DÉLÉ ZINIER. — JULES GIRAUD. — HAATAN. — L. HUTCHINSON. — J01. LlVET-CASTELOT. — L. LEMERLE. —- LECOMTE. —— NAPOLÉON NEYZ — HORACE PELLETIER. — G.
POIREL. -— RAYMOND. — A. DE R. — D. SOURBECK — L. STEVENARD. — T_HOMASSIN. —- G. V1 TOUx. -— HENRI WELSCH. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVlLLE. — E. GOUDEAU. —- MA NOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS.—- GEORGE MONTIERE. e LEON RIOT0R. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 4°À POÉSIE CH.
DUBÔURG.g — RODOLPHE DAR2ENS. -— JEAN DELVILLE. —— YVAN DIETSCHINE. — MAURICE LARCERIS. — PAUL MARROT. -— J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA V1LLEI—IERVE'. {
L’Inilialion du I5 février I896 L, I N l N (BENSËËIËËMENTS DIRECTION ADMINISTRATION Villa Ionlmorency, Il). aven; des Peupliers PARIS—A UTEUIL ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO l)mncraun : PAPUS c H A M U‘ E L DIRECTEUR ADJOINT: Lucion MAUCHEL 5' Rue de savon Rédacteur en chef: , F.-Ch. BARLE'I‘ PARIS Secrétaires de la RédautionÊfD I R FRANCEy un an. [0 tr. . — P A ut. s . J LtJ Av D' en Kabbale. ÉTRANGER, — 12 fr.
RÉDACTION. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa' seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d'être de la Revue, la Direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d'un article. Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. —— Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Çeux,qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance: les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. GROHPE llDEPEI-DMIT II'ETIIIIES ÉSIIIÉIIIQIIES 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants e Groupes d'Études fermé: Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, directeur adjoint, 4‘,' rue de Savoie, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE {- CROIX. —ÉGLISE GNOSTIQUE
La. reproduction des articles inédits publiés par l'Iniliafion est formellement interdite, à. moins d’autorisation spéciale. ‘ PARTIE INITIATIQUE ü W”EST*CE ll’lllllE APPARlTlÛN? EXPLICATION DES PHÉNOMÈNES PAR L’OCCULTISME Les explications des phénomènes occultes données v par la tradition ésotérique tirent surtout leur origine de la conception du monde invisible et du plan astral. spéciale à l’occultisme.
Ce plan astral est aussi peuplé que le plan physique d’êtres aussi différents par leur origine et leur fin que les animaux, les végétaux, et les hommes de la Terre, et les voyants ont au début beaucoup de peine à se reconnaître dans cet amas grouillant et vivant.
En première ligne mentionnons les restes intellec tuels des défunts, ce qui était Monsieur un Tel,Madarhe ou Mademoiselle une Telle sur la Terre, la person nalité (persona, le personnage, l’acteur). Cet être, formé du corps astral comme corps et de l’Etre psy chique comme âme constitue, ce que l’occultiste ap (1) Introduction à la troisième partie du volume la Magie et J‘Hypnose, sous presse.
10IQ L’INITIATION pp,fle un ÉLÉMENTAIRE (et que le spirite appelle un esw prit). _ C’est là l‘être réel. Mais toutes les actions, toutes les pensées actives que cet être a générées sur la Terre existent et sont photographiées pour ainsi dire dans le plan astral grâce à la vitalité que leur fournit un élémental.
Avant de pénétrer jusqu’à l’Elémentaire, on trouve donc une foule de ces idées vivantes, de ces images réalisées autour de la personnalité qui les a géqérées. Ce sont là des IMAGES ASTRALES.
Les images astrales peuvent indiquer des faits ou des idées du passé et venir de la Terre ou au contraire être l'ébauche astral des faits et des grandes idées fu tures sur le point d’être réalisés sur le plan terrestre, et alors ces images astrales viennent du monde des Principes ou Archétype, de ce que les religions exoté— riques appellent le ciel. li faudra encore bien distinguer ces deux genres de création.
Ainsi un assassin qui prémédite son crime génère en faisant le plan de son acte une série d’images as trales qui se dissoudront par la suite si le crime reste à l’état de projet.‘ Mais, si l’exécution w'talä'se cesüma— ges, celles-ci, animées définitivement par les élémen tals, restent dans l’atmosphère astrale du criminel et deviennent l’origine soit des remords sur la terre, soit du châtiment de l’individu après la mort.
Nous venons de parler des ELÉMENTALS. Les Blé mçntals sont des êtres invisibles et mortels dont la vie_ éphémères’entætient aux dépens de certaines forces astrales et surtout de la force vitale. Ces êtres ne sont ni bons ni mauvais par eux-mêmes, leur action, “‘ -_-.— g... ....x....
QU’EST-CE QU’UNE ’AI’PARITION ? 'I’0’I '=dép’endra uniquement de »l”ide’eïqu’ils ‘sè‘rt‘l’tit chargés de't‘uir‘e vivre. *On‘pétît übïi‘c «définir les Elémeñtâls dans leur action sur l’homme des Téfliîü%ëà"ü’îäêëä.
Les Êlém'entals earmpenu>em ëfdtts »'Ie"‘pl&ih invisible aux-cellules dans le plan '*‘Vîàib‘l’é. (Te "s'd’i‘it été; "qui «fournissent le “corps Castral’êtiîflvisible) aux idéés ét aux images des faits qui ne se perpétueraient pas sur ta plan astral, sans leurïfu‘sië’nä‘ve‘cïüh élérhe“n‘tâl.
Su'pptäsonstdohc Jl’äppar2’tîôn (réelle, ‘ë’èè‘t—ïà—dii‘e photogmphiable) <‘d’um ‘ÿéï‘Sôñ‘rt‘e ’»'déééflé’e depuis "quelqu’e‘s années. ’Qüëllës peuvent êfr’è‘s les causes réelles qui déterminent -eetre »'a”ppäritiôh ‘pa‘r rappzm au plan astral '?NOUs pouvoirs ï7n’iaïnfé’tiäñt 'ñôifs 5e'n -rendre“compœ. ' -re'r (Jus. a 'Gètteïa'j‘i‘päfiticîn ïpêùt?êtfiëïpïôdüiæiÿéél— lement par Îl’ÊlêfÏlèñt’âil’6 Œiè 2Il!
Îÿei‘ë0nhè dé‘déd’ëè. iDarfs ce trais l’apparition lpéüt agn, parier, ‘ét “eét’très dumîheus’a(Fdfl-Œintæ'diI-Iäïi’flet) ‘«ét 7peiît "être vue 'êie , sto’us‘les assistants. , 2e Cas.——Cettéàiipäiitio“tîÿëùt‘è€rëîîfäduifä’ÿaïfiñe «image de la personne décédéefiir‘ée sans 'l’äsit‘r‘ail. »Ëlle ‘corræpbnd à l’image d’uneïpëiësd‘nne «tans-m îflirôli-.
"Onla distingue [deîl'a précédente eh'ee‘ïqu’ellen‘eïpeut èparler(fantôme de Banto, dans «'Maéô‘èt‘h) 'ét 5é}ti’étîe -’-n-’e'st Vue généraledredr qu‘e-äës “süjéts três'impfé'ssiôh fiables alors qu'ell‘eeätinfiäilÿk 'pœar îie'samœstässe une. Manette pemisze%ngœmps ëtes't-‘lü‘ihiheflsîæ. 3° Cas. -'— Cettè-apparition ës’tïprodvuite‘pàr l’idée des “spectateurs momentanément üitälis‘éèÿar —uih élémen— tal. C’est le souvenir de lia personne décédée aq‘ai prend corps, et dans ce cas l’apparition est peu nette,
-:a—...:- ... ....‘ .‘_”;5_; ‘.-' 102 L’INITIATION mal éclairée et fugace. De plus, une seule personne la voit, les autres ne verront qu‘un brouillard vague, ou moins encore. Ce 3° cas peut être produit soit par l’idée incon sciente que le spectateur adans l'Eprit, par le souvenir, soit par l’action consciente d'un adepte des arts ma— giques.
On voit pourquoi l’occultiste est si réservé dans ses affirmations concernant l’influence plus ou moins réelle des restes spirituels du défunt dahs une appari tion. Il est bien entendu que nous ne parlons ici que des apparitions réelles,c‘est-à-dire de celles qui peuvent impressionner une plaque photographique.
Acôté de ces recherches de détail et de ces nom breuses causes d‘erreur admises par l’occultisme, quelles sont les opinions des autres écoles ? Le spiritisme voit des Esprits dans tous les cas d’apparition et ne fait aucune différence entre les di— vers cas ; tout au plus admet-il qu’un « Esprit » peut se présenter à la place d’un autre.
Les expérimentateurs appartenant aux écoles scien tifiques et pour lesquels ces phénomènes sont vrais, à la suite de recherches sérieusement poursuivies, ne parlent plus de l’explication par hallucination mise en avant par les savants qui jugent ces phénomènes sans les connaître. Il serait difficile en effet d’expli quer l’hallucination de la plaque photographique.
On s’en tient donc aux constatations pures et simples et l’on attribue à une certaine force psychique ces faits encore étranges pour la science. Les catholiques voient dans tous ces faits l'action
QU'EST-CE QU’UNE APPARITlON? 103 du diable et mettent dans le même sac les appari— tions, les expérimentateurs et les médiums. C’est là une grosse erreur qui ne peut que faire un tort énorme au catholicisme dont les membres éclairés devraient être les premiers à étudier ces faits qui relèvent de la mystique. Voilà les théories générales; passons maintenant aux faits particuliers. ' PAPUS. “®E’
1 04 L‘INITIATION .' mon: sua ms RAYONS x Le monde savant— officiel, s’entend — est en grand émoi: une constatation inattendue est venue troubler sa quiétude. On s’est aperçu que certains rayons, invi - sibles pour nos yeux, traversent les corps dits opa ques, et on apu photographier les os à travers les chairs de la main, une boussole à travers sa boîte, une pièce d’argent à travers le cuir d'un porte-monnaie. On se croiten plein mystère, ilsemble quele fait soit contraire à toutes les notions existantes. Pour un peu on accuserait la nature de s’être trompée ou tout au moins d’avoir manqué à tous ses devoirs de conserva tisme. Certains ayant prononcé le mot d’occultisme, un savant fort autorisé, M. Alfred Binet, s’est imaginé de se demander si dans ce fait nouveau ne se trouvait pas la réalisation de la vue à travers les corps opaques et si un sensitif pouvait décidément, oui ou non, lire une lettre à travers une enveloppe fermée. On s’étonne qu’une question aussi importante que celle de la pénétration des corps par la lumière puisse être réduite à un aussi piètre problème, d’autant moins important qu’il est depuis longtemps résolu pour tous ceux qui raisonnent et qui expérimentent. L’hyperes— thésie des sens humains, en conséquence de certaines pratiques, ne fait plus doute que pour les intransi geants, négateurs de mauvaise foi.
NOTE sua LES RAYONS x I05 La question posée par les expériences Lénard et Rœntgen est infiniment plushaute qu’un tour de pres tidigitation spirite, et c’est singulièrement mécon naître ses conséquences logiques que de les circons— crire à un champ aussi étroit. Mais il ne faut pas exi ger de ceux dont l’intellect n’évolue que sur un plan inférieur de s‘élever à des conceptions plus hautes.
Les expériences en question ne sont qu’une confir mation de faits familiersà tous les occultistes, c’est-à— dJre l’unité de susbtance, l’universalité de mouvement et par conséquent la pénétrabilité de toute substance par le mouvement dont elle n’est qu’une modalité et qu’elle possède déjà en elle—même. La vie, émanée de la Source Inconnaissable, est une rupture d’équilibre se manifestant par l’action et la réaction.
Les univers ne sont que la résultante et la mise en œuvre de cette vibration cosmique, détermi— née parla Cause Inintelligible, et animée d’un double mouvement longitudinal ou de pénétration, transver sal ou d’oscillation. . C’est par la résistance de ce mouvement à lui-même, de la réaction contre l’action que se constituent les choses, les corps, les êtres.
Association eÇdissociaüon, c’est le perpétuel aspir et expir de la:nature. — Les corps les plus denses, ditAzais dans son Ex-, plicafion Universelle (vol. I, p. 211), sont en réalité percés à jour, dans tous les sens et jusque dans leurs parties lesplus intimes. Ce sont tous des assemblages de réseaux dont les mailles sont plus ou moins serrées; maisdontles liens sont immédiats et continus. Comme à l’instant où le corps'se compose, le lieu même où il
!06 L’INITIATION se compose est traversé en tous sens par des fluides soit stellaires, soitterrestres ;chaque corpsest criblé en tous sens d’ouvertures soit tortueuses, soit longitudi nales qui les rendent en tous sens perméables et par conséquent colorés, transparents ou opaques... il faut ajouter que, le plan terrestre n'étant qu’une dépendance et une reproduction du plan astral, ce sont les vibrations de ce dernier plan qui pénètrent dans tous les sens les choses terrestres et que ce que nous appelons lumière, électricité, chaleur n’est qu’une modalité de l’astralité, un instant concrétée sur les globes évolutifs.
Rien n’existe que la substance et le mouvement. Le son n’a d’être qu’en raison des résistances que ren— contre le mouvement, s’opposant à lui-même par la réaction. Ainsi la lumière n’est qu’une modalité de la Substance-Mouvement, ainsi de l’électricité. Sup primez par la pensée la substance; et le mouvement, n’ayant plus d’objet, se perd dans l’infini; suppria mez le mouvement, et la vie n’est pas.
Rien n’existe plus que la Potentialité inutile, inconnaissable et sans but. Les philosophes hermétiques savaient que cette universelle vibration répandue partout et génératrice de tout le créé—universelle dispen;atrice, dit Guaita, de la vie élémentaire, — est dans sa modalité lumière positive comme od ou négative comme ob — action et réaction dont l’Aour est le principe synthétique.
Invisible ou visible, selon la puissance de l’appareil réceptif dévolu à l’humanité. Et point intéressant, invisible sous sa forme la plus puissante, puisque
NOTE SUR LES RAYONS X 107 c’est au delà des rayons ultraviolets, c’est—à-dire de ceux qui résultent de la plus forte vibration, qu’ils nous deviennent imperceptibles. Comme le son, en raison de son acuité, n’est plus saisissable pour notre tympan. Les épithètes positif, négatif, appliquées aux modes de vibration, ne sont d’ailleurs que des vocables adoptés pour faciliter l’étude.
Il est faux de dire qu’il y ait dissemblance entre les actions produites aux deux pôles de la pile. Il y a action et réaction, cette dernière expliquée d‘ailleurs par Louis Lucas dans sa Théorie des défilés. La vibration est une en_ses multiplicités :seuls les milieux, qu’elle a créés elle-même, donnent l’appa rence de modifications qui ne sont que la normalité du mouvement, en sa complète évolution.
Nous avons dû nous attarder à ces quelques consi dérations avant d’entrer de plain pied dans l’examen rapide du problème Rœntgen. Que les rayons invisibles—dits cathodiques ou x -— pénètrent certaines substances jusque—là réputées impénétrables, cela prouve seulement que la science officielle a eu tort de croire au dogme suranné de l’impénétrabilité, comme à celui des corps simples.
La stabilité de substance n’est pas: la nature évolue sans cesse en essais, comme fait sur un plan inférieur l’inventeur Edison, par exemple, soumettant à l'expé rimentation une à une toutes les substances connues. Que des Substances, organiques ou inorganiques, (expressions absolument fausses, tout étant organisé et vivant), soient plus ou moins pénétrables à ces
108 L’INITIATION ,, _._. .,,,,, rayons x, il est évident qu’il n’y a là qu'un fait des plus simples, inexplicable seulement pour quiconque ne se veut pas rendre compte de l’identité de la subs tance, diflérenciée seulement par la localisation de ses particules.
' Mais Où la question s’élève, c’est quand nous arri— vons à la parfaite analogie de ce qui se passe sous l’influence des rayons visibles ou invisibles avec le processus de la nature tout entière. Ce qui se formulera ainsi : ' _ — Tout dans notre monde visible n’est que photo— graphie. -— Tout dans notre monde visible est photogra— phie du monde invisible.
Ce que Paracelse exprimait sous cette forme par. faite: — Il suit que tout ce qui vit, ce qui croit, tout ce qui est dans la nature, est signé, possède un esprit sidéré que j’appelle le ciel, l‘astre ;l’ouvrier caché qui donne à ce qui est sa figure, sa couleur et qui a présidé à sa formation, c’est là le germe et la puissance. La sidération, c’est la photographie sur le plan astral des Essences du plan supérieur.
Et de ces sidé— rations, la photographie, apportée par les vibrations sous espèce de Lumière, électricité, etc., pénétrant par tout, constitue le planphysique, les choses et les êtres concrets que nous connaissons. La photographie ou photogénie à travers les corps opaques existe per se, toujours et en quelque condi tion que se trouve le milieu ambiant. La dif férence des choses et des êtres n’est qu’une question w‘Mvusafl1
NOTE SUR LES RAYONS X I‘Ogî de proportion mathématique. dans les vibrations; ‘ Rien ne se. perdantdans la nature, les: images: de... toutes sortes. sereproduisent: en toutes; choses,.làissant‘ une trace.plus. ou. moins durable, selon la. réceptivité . de la.matière, qui joue le.rôle deplaquessensiblm C’est“ ainsi que s'explique la multiplicité des formes quisont ‘ la résultante de quantités innombrablesde:fmmssse mêlant.et s’amalgamant, ainsi.que nous. en trouvons un nouvelexem ple.dans la photographie, par les-images dites familiales, dans lesquelles la.superposition:d’un certain nombre. d’images donne un. type. moyen d’es pèce, de race, de groupe, de famille.
De la lumière astrale jaillissent ainsi sur notre terre des potentialités innombrables d e. formes, dont la majorité se.perd,. comme se perdent les.pollensdes; arbres, emportés par levent.çæt tombantsur un terrain , impropre à. la. germination.
Maisde ces formes d’autres sont retenues par lasub-»« -' stanoeen état d’impressionnisme, rue. du..printeinps& Ces photographies de formes peuvent. se perdre, faute dqfixation, mais d’autres au. contraire sont fixées par le désir de vivre,.—-» état de la substancequi les con-Ü serve pour. l?é.volutiom , Ne.sontconservées que.:les formes ouembrycmsde > formes.qui. concordent avec.la. tendance vitale, avec l'évolution. nécessaire et. générale; Si. bien que les images astrales, se superposant, finissent par se con-- - dense: en choses et:en êtres, devenus. des positifs pour" reproduction, de. négatifs. qu’ils. étaient: d‘abord. Ces formes. se.concrètent en.choses ou êtres,.enclassesg en espèceslou en races; Le»récepteunconsævateurd‘e=ces '
11101 L’INITIATION forces et formes vitales est le corps astral de la terre, de:même que, pour toutes choseset tous êtres, un corps astral du minéral, du végétal, de l’animal et de l’homme est le condensateur conservateur des forces et des formes photographiquement émanées du plan astral.
C’est ainsi, suivant l’expression de Gros (le Pro— blème), que tous les éléments faisant partie d’une syn thèse vivante, plante ou animal ou homme, portent en eux l’empreinte de la synthèse totale. Ce. rôle d’intermédiaire pour le plan astral a été magistralement exposé par Papus (V. Initiation, avril-1892).
La.lumière, qui n‘existe pas par elle-même et n’est qu’une des modalités de l’énergie, manifeste son action p_ar.le.reflet qui, fixé, devient photographie. lies rayons, pénétrantàtravers la substance, appor tent des reproductions de formes primaires qui ser vent de moules à la constitution,à travers les siècles, de formes plus concrètes.
La superposition des images primordiale a réalisé la matière réceptrice et impressionnable, et incessam ment par la répétition de vibrations presque iden tiques et après adaptation à la résistance vitale et à la sélection des plus durables organismes, des formes se sont produites, assez vitalisées pour agir par elles— mêmes dans le sens de l‘impulsion évolutive donnée.
Ainsi—dans les eaux comme à travers les pierres les plus dures, à travers l’humus comme à travers l‘atmos— phère, les vibrations ont pénétré et pénètrent inces samment la substance, et de ces vibrations l’expres—
NOTE SUR LES RAYONS X Il! sion la plus grossière est la lumière, telle que la ' perçoivent nos yeux. Les images astrales photographiées sur la substance puis renvoyées par une nouvelle photographie au fond des couches astrales ne s’y sont conservées qu’à la condition qu’elles fussent suffisamment permanentes pour impressionner le plan astral. Sinon elles se sont effacées, se diluant d’elles-mêmes, reflets non fixés.
Mais, dès qu’elles concordaient avec le processus géné ral de l’évolution, dès qu’elles s’adaptaient à la plaque astrale elles, étaient durables. L’astral les recueillait pour de nouveau les projeter sur le plan physique ayant déjà une vitalité intime, corps astraux.
Perpé— tuel va-et—vient entre les deux plans : astral et physique, l’un et l’autre se complétant, se vitalisant par un mouvement alternatif dont l’instrument est la vibra— tion, action et réaction. Ce qui est vrai pour la vibration-lumière n’est pas moins vrai pour la vibration—son.
Nos langages ne sont que la phonographie des har monies naturelles et ne sont pas constitués au hasard, mais par échange entre l’astral etle physique, adapta tion et sélection puis développement et fixation, ainsi que l’a si bien compris le docteur Tavitian dans son étude sur l’E principe de l’être. Mais il y a plus : nos idées ne sont que des photo graphies.
Toute pensée évolue en une entité réelle qui a sa forme, bien que notre appareil optique soit im puissant à la percevoir. Mais la Pensée—Principe qui nous a été transmise d'abord par l’Astral, puis lui a été restituée pour nous être renvoyée en une épreuve
I I2 L’INITIATION A .. A-...=1-- \\ - nouvelle. sans cesse perfectionnée par cet échange entre les deux plans, finit par laisser sur la plaque réceptive du cerveau une trace de plus en plus posi tive, parfois même encombrante pourles pensées nou. velles qui ydçvraient trouver place. Ce qui explique les préjugés séculaires, le misonéisme intransigeant, mais aussi l’incessant travail d’héritage que nous transmet l’lntellect de, la Terre.
Dès qu’une_idée nou velle se, produit sur le plan physique, elle est photo graphiée par le, plan astral, puis renvoyée par lui sur leplan physique, où__elle forn_teuneimage plus vive: si elle se propage, ellç estÿrepvoyée eu, astral en épreu ves_ plus nombreuses; l’astral les condense en une image plus puissantequi revient sur: le plan physique avec une force géométriquement augmentée.
Toute. idée qui n’est pas douée de force impressionnante ou germinative se perd entre les deux, plans et disparaît. Mais d’autre part il SU,ffi:t,dätæÿl ,seul germe pour que la moisson soit sûre.
C’est ainsi que, dans. les.temps de tyrannie il suffit qus;q.uçlqU.eë-uns résistent et pro testent pour. que. le pr°ssssus de. instiÇe. ne soit pas ar.r Il semble que ppyg,npps_..spyqq& beaucoup Aéloigné de notre p9iatde départ: lat.phqmsraphied’unemontre à travers son écrin; mais, puisqu’on en,a_ fait enquelquç . sorte appel aILX-OÇÇULIÎëÈÇS;PQM leur;squmeitœ.œtte prétendusnous’eëatét 0.1.1 mtd9msna.vd’ayoir.tenté de. dé,montter qu’elle.ne_c99stitsadam;lagenèæ;et l’é— volution dSSAPÇÂŒ?ÂPÊ% deë.lQis_ .et; des. .. faits; qu’une quantifé.nrégliæëblsJean.Lawm.
LE SEC’RÉ’I‘ DE L’UNIVERS 113 LE SECRET DE L’ENVERS Selon le Brahmanisme ésotérique (Suite) La science d’aujourd’hui est une arme à deux trah cha'nts; comme la métaphysique d’hier ou l’adoration de jadis, elle est la manifestation naturelle, partielle et temporaire de la Vérité.
Atn‘ta-Vz‘dya signifie le point de vue du Soi, c’est-à-dire l’identification avec Atma, avec le centre de notre être et de tous les êtres, iden tique dans la diversité et permanent dans les chan— gements.
C’est donc au plus profond de notre nature, dans cette partie de nous-mêmes qui reste invariable même lorsque change notre personnalité et que se décompose notre Moi, c’est dans le Soi que nous de ' vons chercher cette lumière des ténèbres, qui est la voie, la vérité et la vie.
Mais, une fois trouvée, nous ne pourrons l’exprimer qu’en paraboles, car toute pensée, et à plus forte raison mute parole humaine, est forcément limitée et incomplète, par le fait mémé qu’elle est définie et formulée.
Ceci du reste ne sau rait nous empêcher d’ajouter notre page ou notre mot à l’immense monument de la tradition écrite ou orale; car, pourvu que l’expression soit sincère (t), elle rencontrera bien au moins une âme sympathique 3.. ,(‘lj Aptds Vatcha'na.
I [4. L’INITIATION à la nôtre; du bon grain jeté à tous les vents, une partie pourra tomber en un terrain fertile, et le germe minuscule deviendra peut-être un arbre immense. Nous appelons Révélation transcendante l’assimi— lation, par un être conscient, d‘informations vraies émanant d‘autres êtres. Si ces derniers sont des hommes, la révélation prend le nom d’lnitiation.
L’lnitiation peut être orale, rarement écrite, quelque fois ni l’un ni l'autre; quand elle est transmise par suggestion, ce qui arrive fréquemment, et sans con— tact extérieur de l’initié avec l’initiateur, il devient difficile de la distinguer de l’inspiration intuitive.
Strictement parlant, toute pensée, toute conception, toute imagination même, est une sorte d’inspiration : rien de ce qui entre dans notre esprit ne vient de nous seuls, ne nous est personnel.
Les pensées s'in corporent à notre mental comme les molécules à notre corps, temporairement, et nous aurions aussi mauvaise grâce à nous fâcher quand on nous prend des idées que quand on nous emprunte de l’argent, ‘_ les unes et l’autre n’étant que valeurs et propriétés conventionnelles.
Nous ne pouvons donc attribuer à l’inspiration un caractère d’infaillibilité divine, pas plus d'ailleurs qu’à la révélation, à l’initiation ni à l’expérience transcendante. Notre scepticisme aussi est transcendant ; nous n’acceptons pas sans contrôle le verdict de l’expérience individuelle ni même col lective.
Les sens extraordinaires sont sujets à er reur, comme les sens ordinaires, et le sont d’autant plus que leur usage est moins habituel, que leurs ob jets sont moins définis. A la moindre hallucination,
LE SECRET DE L’UNIVERS 115 l’homme d’imagination croira entrer de plain pied dans le « surnaturel »; mot qui pour l’homme de raison est absolument vide de sens.
Quant au do maine supersensible ou de matière transcendante, il faut, pour l’explorer consciemment, plus de scepti cisme qu’un Voltaire et plus de fermeté qu’un Co lomb, outre l’innocence des enfants essayant leurs premiers pas, et la prudence de la mère surveillant leurs débuts dans notre monde de choses anguleuses et d’êtres cruels.
N’allons donc pas, même en pré— sence de prodiges, nous jeter aux pieds de quelque jon gleur psychologique (1)etlui décerner le titre de Grande âme (2).
Défions-nous également de l’inspiration et de la révélation ; car, outre qu‘elles peuvent éma ner d’êtres inférieurs en conscience, lors même qu’elles émanent d’êtres supérieurs ou d’hommes divinisés par leur savoir, leur sagesse et leur sainteté, leur va leur propre dépend toujours du caractère du récep teur autant que du transmetteur; l’inspiration peut être plus ou moins pure, selon que le mental de I’inspiré est plus ou moins agité, plus ou moins teinté de préoccupations matérielles, d’opinions person nelles, de particularités héréditaires ou acquises.
La possession même de la tradition orale ne saurait suf fire pour atteindre Yoga, car, outre qu’il existe toute sorte d’initiateurs (3), si l’initiation réelle, au lieu d’être le fruit naturel, le résultat légitime de l’évolu tion individuelle, était une faveur, une grâce, un (r) Fakir. — (2) Mahatma. — (3) Gourou.
t 16 L’INITIATION ! don, elle resterait lettre morte ou article de f0i aveugle, c’est—à-dire inutile ou nuisible. Est-ce à dire que la Science occulte ne repose sur aucune base certaine? Assurément non, et elle po‘s‘— sède au contraire bien plus d’éléments de certitude que toute autre science humaine. La certitude hu« maine existe pour celui qui a atteint la Bodhi, mais pourcelui-là seulement : elle est intransmissible.
L’idée de certitude absolue est incompatible avec celle de devenir éternel, incompatible avec notre univers de Maya, d’illusion. Rien n’est certain que ce qui est : par conséquent tout ce que nous percevons, tant par les sens ou la pensée que par les facultés transcena dantes, ne peut posséder qu’un caractère de certitude relative, caractère dont nous nous contentons d’ailleurs absolument et avec raison, puisque nous existons dans le relatif.
Nous ne rejetons pas les enseignements d’un chimiste sous prétexte que nous ne pouvons répéter ses expériences compliquées. De même nous ne devons ni rejeter à priori ni accepter sur parole l’inspiration, la révélation et les prodiges, mais nous efforcer de les comprendre en usant de notre juge ment, selon le précepte du Bouddha, et de les éprou— ver en développant de nouveaux moyens de contrôle.
Tant qu’on n’a pas développé en soi des facultés Su“— périeures, il serait fou d’abandonner celles qu’on p05— sède, par exemple les lumières de la saine raison ou de l’expérience sensible, sous prétexte qu’elles sont faillibles. La possession de celles—ci n’est pas non plus une raison pour négliger le développement des facultés transcendantes. La certitude Scientifique pro
LE SECRET DE L’UNIVERS [[7 vient du contrôle de la conscience Ordinaire surles; _ données, des sens physiques : la certitude occulte pos— sède les mêmes éléments, etien outre, le contrôle de la, conscience transcendante sur les sens transcen— dants, Plus nous développons de facultés, plus nous acquérons.d’éléments de certitude, et le doute, n’est plus guèrepOssible lorsquçeette certitude est confir— mis par le témoignage d’une tradition vraiment hu maine.
La voie qui mène à la Yoga est donc en même tempsla, vpie,qui mène à,la certitude. Mais, s’il;faut devenir occultiste soi-même avant de pouvoir éprouver les résultats. de l’expérience et de l’inspiration transcendarrtes, il ‘ reste une base du sa— ‘ voir occulte dontla vérification au moins partielle est à,la portée, de tout homme. studieux, persévérant et d’esprit large. C’est la,tr,aÇlition écrite.
Les œuvres vraiment ésotériques, à vrai dire, ont été peu à peu retirées de la circulation depuis le commencement de l’âge noir (I) ; elles sont conservées dans certains sanctuaires secrets de la Brahmâ- Vidya, en attendant le. retour du . printemps humain.
Mais la tradition semi7ésotérique,(c’est-à:diœ la, masse des vérités qui ont. été dévoilées à, l’humanité au furet à. mesure de ses besoins et de son avancement, reste à la portée de tous ceux qui savent la comprendre, dans les œuvres considérées' comme inspirées et dans les livres sym boliques des diverses religions, Enfin on, peut étudier la tradition, ésotérique, les annales de tous les temps et de tous les pays, toutes les, œuvres d'art véritablev (I) ,IÇaIi_—,Yougq.
l 16 L‘lNITlATION ou de science exacte, provenant d’inspirations gé niales, tous les livres, toutes les légendes, tous les monuments des peuples les plus divers. On parvien dra ainsi à reconstituer au moins une partie de la tra dition écrite.
Avant d’entreprendre cette étude im mense, il faut se dégager de toute préconception religieuse, philosophique ou scientifique, de tout pré jugé de race ou d’époque, de toute préférence pour tel mode de pensée ou d’expression.
Il faut universa liser son esprit et le mettre au point des œuvres qu’on étudie, avec une parfaite bonne volonté d’y trouver quelque chose de vrai : il faut avancer avec persévé— rance dans la voie tracée par tel auteur, et se rendre compte des besoins et croyances de ceux à qui il s’adressait.
Il faut surtout comparer le plus grand nombre possible de textes empruntés aux pays et aux temps les plus divers ; c’est pourquoi l’étude des idées orientales et antiques est tout particulièrement utile aux Occidentaux modernes.
Si l’on nous objecte que c'estlà une entreprise colossale, nous ferons obser ver qu’il existe d’autres moyens pourarriverà la Bôdh 2‘, mais que par les uns ou les autres on n’y parvient jamais avant sept existences; et nous ne voyons pas en quoi cette alternative pourrait effrayer des gens qui n’hésitent pas à sacrifier toute leur jeunesse pour obtenir un diplôme, tout leur âge mûr pour acquérir une situation sociale et toute leur vieillesse pour im poser le même surmenage à leurs descendants; qui, en un mot, dépensent leur vie entière à chercher les moyens de vivre, selon l’expression de Goldsmith. Pour se guider au milieu des richesses de la tradi
LE SECRET DE L’UNIVERS 119 tion écrite, on peut, laissant de côté la science, la philosophie et la littérature, diviser les croyances reli gieuses de l’humanité, qui nous intéressent plus spé cialement comme se réclamant plus ou moins de la révélation, en trois grandes catégories.
La Mythologie est la réserve et la pépinière des religions, l’ensemble des croyances embryonnaires ou chaotiques et des idées primitives reconstituées grâce à des monuments architecturaux, artistiques ou litté raires.
Elle embrasse des religions, comme le Kamisme ou Shintoïsme japonais, le Kamanisme thibétain, le Védisme hindou ou Outlara-Mimamsa, dont il subsiste de puissants vestiges, et d’autres dont il ne reste que des traces, mythologies chaldéenne, égyp tienne, gréco-latine, pré-américaine, scandinave et celte, ainsi que les résidus de désassimilation, les croyances des peuples sauvages, les superstitions en tées sur des religions existantes et enfin le Folklore de tous les temps et de tous les pays.
Par Orthodoxie nous entendons l’ensemble des religions régulièrement constituées, c’est—à-dire pos sédant un Fondateur et des Ecritures, un corps sacer dotal et un corps de doctrines ; souvent divisées en sectes dont chacune possède ordinairement des chefs et des dogmes secondaires, et suivies actuellement par un grand nombre de fidèles ; en un mot, des religions cultivées et ayant un culte, qui vivent et dont on vit.
On peut les classer en trois grandes catégories : celles des races jaunes ou atlanto-aryennes, celles des races aryennes orientales et celles des races sémites ou aryennes occidentales. Nous ne saurions mieux les
120 L’lNl'I'IATION - '*“'«Iuvfllq présenter que sous forme de tableau synoptique. Nous avons exclu certaines sectes. comme les Tcharuaka ou matérialistes transcendants, les Sougata, qui sont plutôt philosophiques que religieuses :- cependant, bien que certaines sectes brahmaniques soient dans le même cas, nous donnons au complet les six Darsana dont le Brahmanisme ésotérique forme la septième, la couronne et la synthèse.
Enfin nous avons dû omettre les dernières subdivisions oujpetites sectes, dont le nombre est très considérable, surtoutdans le Bouddhisme méridional et le Protestantisme. Notre tableau n’est, bien entendu, qu'une esquisse de clas sification. Le Mysticisme estl‘interprétation libre, par opposi tion au dogmatisme, et transcendante, par opposition au littéralisme, des informations obtenues par l’expé-» rience, l’intuition ou la révélation.
Isolés ou groupés, les mystiques ont existé, existent et existeront en tout temps et tous pays. Ils soptle principe vivifiant, à la fois créateur et destructeur des religions, l’extrême droite et l’extrême. gauche de la grande assemblée. le dévouement et le fanatisme, Ils sont dans les religions et en dehors d‘elles. Sans,se,rattaohu toujours à la science occulté, ils ne lui. sont jamais étrangers.
Leur domaine, plus large quelce,lui de l’orthodoxie, com— prend, en outre_de,la,religioo,, la philosophie et.la science. qu’ils interprètent dansle même esprit trams cendant et synthétique. Ils sont le_Iienœntæ l’expé— rience sensuelle et la connaissanee spirituelle ; l’âme, la vie, le système.nerveux,par l’intermédiaire duquel BraÀmcî- Vidxa,.Esprit de l’humanité, ment et régit ce ,
LE SECRET DE L’UNIVERS r21 corps immense. L’étude des mystiques est peutètrela la plus utile pour l’étudiant de l’occultisme ; mais elle est aussi la plus difficile, car leurs sectes sont innom brables, dans tous les temps et dans tous les pays ; leur histoire n’a jamais été sérieusement tentée ni leur rôle suffisamment compris ; beaucoup d’entre elles ont été oubliées, et beaucoup sont encore incon nues.
Or c’est précisément au sein de cette diversité que l’on retrouve la tradition la plus continue et la plus uniforme. Prenez les mystiques modernes les plus isolés, ayant puisé aux sources les plus diffé rentes, et comparez-les avec n’importe lequel des mys tiques les plus anciens, et vous serez frappé de l'unité fondamentale de doctrine sous des formes personnelles et des termes différents.
Les religions, les histoires et les langues des nations sont beaucoup plus difië rentes les unes des autres que leurs mysticismes, leurs légendes et leurs argots.
1 Cependant l’unité de doctrine existe aussi sous les diverses religions, bien qu’il soit moins facile de dégager les textes ésotériques de leurs accrétions et déformations, d’interpréter leurs allégories malgré les explications officielles, de distinguer l’essentiel du contingent et l’inspiration de l’enthousiasme. Cette profonde unité se retrouve enfin dans tout ce que nous connaissons des mythologies les plus anciennes.
D’où il faut conclure qu’il a existé, dès les temps pré historiques, une doctrine secrète et unique, dont certaines portions, révélées à l’humanité d’âge en âge, ont servi de point de départ aux diverses religions et mythologies. Les religions ne sont pas dérivées les
12 2 L’INITIATION unes des autres par filiation directe ; mais elles ont un ancêtre commun et qui leur survivra à toutes : c’est la yoga, la religion des religions.
Son existense est prouvée, entre autre choses, par la lumière qu’une connaissance même élémentaire de ses doctrines pro jette, non seulement sur une foule d’allégories reli gieuses incompréhensibles autrement, mais encore sur les problèmes de la vie, sur tout ce qui nous entoure, sur les secrets de l’homme, du monde et de l’infini ; elle est prouvée par la soif de connaître, par le besoin de vérité, par l'instinct de progrès, qui constituent la plus puissante des facultés humaines et qui doivent avoir entraîné certains êtres au delà des limites du développement actuel des autres.
Ces instincts seraient un épouvantable leurre si la pensée humaine était enfermée à jamais dans un cercle vicieux. L’évolution ne devant pas s’arrêter à un point donné, le progrès possible dépasse toujours de beaucoup le progrès atteint collectivement. Enfin la doctrine secrète est surtout prouvée par elle—même.
Il suffit d’examiner impartialement ses théories, dont nous exposerons quelques-unes, bien imparfaitement, dans ce volume, pour constater qu'elles s‘imposent à la logique, à l’in tuition et à l’avenir de l’humanité. AMARAVELLA. (A suirre.) '®5“
I; /'.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Un Changement de Personnalité Par ALBERT LECOMTE (1) Ceux qui ont étudié avec soin les ouvrages récem ment publiés sur l’Hypnotisme sont (sans nul doute familiarisés avec le phénomène connu sous le nom de changement de personnalité; je me contente ainsi de rappeler à mes lecteurs que, dès qu’un sujet est devenu apte à recevoir une suggestion, il suffit de lui affirmer qu’il est telle personne ou telle autre, pour lui en faire jouer le rôle avec une telle exactitude que son écriture même devient identique à celle de la per— sonne en question.
Ce changement de personnalité peut durer des semaines sans subir la moindre altéra— tion, même dans les circonstances les plus imprévues (1) Traduit du français en anglais par Elin Salzer, dans le Théosophist, puis traduit de nouveau en français sur le texte anglais, par X. Y Nous ne saurions priver nos lecteurs d'une étude aussi importante; aussi sommes—nous heureux de leur en donner la primeur en français. (N. D. L. D.) . _. ,|., ._
124 L’INITIATION et les plus futiles; il peut disparaître et reparaître, pour ainsi dire automatiquement, quand le sujet entre dans les conditions déterminées par la suggestion, ou en sort.
C’est ainsi qu’un jeune homme du nom de Benoit, avec lequel j’avais récemment fait des expé riences à Blois, crût être un de mes fils (qui pour le moment était absent de chez moi) dès l’instant où il entra dans ma maison, et il vécut tout naturellement dans l’intimité de ma famille, tutoyant ses sœurs et frères supposés, donnant des ordres aux domestiques, et manifestant les qualités de Benoit quand on lui parlait.
Il avait adopté une écriture parfaitement similaire à celle de mon fils, et trouvait des échappa— toires pour ne pas répondre aux questions le concer nant, exactement comme s’il aVait craint de s’illu sionner (1).
D’après M. Charles Richet, qui s’est occupé spécialement de cette branche de phénomènes, l’efi”et produit par la suggestion serait une modifica tion de l’équilibre nerveux dans le‘cerveau du sujet, éveillant avec intensité la mémoire des caractéristi ques appartenant à la personne suggérée, et supprimant pendant ce temps tous. les autres souvenirs, en sorte que sa faculté de “raisonnement ne peut s’exercer que. par rapport à la personne suggérée, hypothèse à. la fois correcte et simple.
C’est par conséquent avec. une prévention justifiée contre les explications basées sur l’intervention d’êtres (I) Les particularités de ce cas ont été décrites dans les Forces non définies; pp. 221-227, reproduites quelques mois. plus tard dans la Revue philosophique. _...._____>..Mr >v-» .p... ,._,..,-.. ,N _ ,.___ ,. ,.fl .
UN CHANGEMENT ÏPERSONNALXTÉ l 25 invisibles, que j’ai observé le cas distinCt de change ment spontané de personnalité, où la nouvelle per sonnalité du soi—disant esprit(r)est celle d'un défunt ami du sujet, vivant actuellement dans un monde étranger à notre système solaire.
Si je me suis décidé à donner un résumé des entre-V tiens que j’ai eus pendant près de dix—huit mois avec ces êtres hypothétiques, c’est d’une part parce que je ne suis pas entièrement sûr de leur existence, ni ne puis absolument affirmer leur nomexistence, et, bien qu’il y aitquelques contradictions sans importance dans leurs communications, cellesvci ne contiennent rien quirépugneàma raison ; et d’autre part le résul tat dïinvestigations soigneuses et honnêtes peuvent être une preuve utile dans une science nouvelle.
Même en admettant que nous nous trouvions en présence d’un phénomène analogue à l’état de rêve, c’est«à-dire de :la résurrection d’une série d’images antérieures, reliées par un raisonnement plus ou moins conscient, comme dans le cas de changement depersonnalité, n’est—ilpasintéressant pour la science de démontrer jusqu’à quel point les éléments de ces (1)1'admets avec saint Paul et plusieurs autres Pères de l’Église, la division de l’homme en trois parties: Le corps matériel, l‘âme animale (anima) consubstantielle au corps, et qu’on appelle maintenant le corps astral; et, enfin, l'esprit (mens) d’essence immatérielle et divine.
En l‘an 8619, bequatrième’Conoile de" Constäntinople con damna la division d’Anima et Mens; on déclara (Décret «Xl) que l’homme n’a qu’une âme; néanmoins les scholastiques :l‘ongtemps après 'Aristote, divisèrent entroîs parties la consti— tution de l'homme : la partie végétative ou organique (jorma corporalis), la partie sensitive ou vivante (anima sensitiaa), et ;a partie intellectuelle ou raisonnable (anima imellectualiä).
126 L’INITIATION songes, produits par des influences magnétiques, peu vent ètre objectivés, condamnés et établis avec préci sion ? Il Le sujet, que je nommerai Mireille, est une femme d’une quarantaine d'années, que je connais depuis sa naissance, et dont les parents étaient d’estimables, amis des miens.
Sa mère était un sujet remarquable, possédant, à l‘occasion, durant le sommeil magnétique le don de vue à distance, et celui de découvrir les remèdes. Mireille,qui souffre d'une maladie interne, me pria il y a environ dix-huit mois de la magnétiser, afin d’alléger sa souffrance.
Elle s’endormit dès la pre mière séance, et, comme elle semblait en éprouver un certain soulagement, j’augmentai graduellement l‘hyp nose jusqu’à ce que le corps astral se dégageât. Dans le Lotus Bleu du 27 juin 1895, on trouvera la théorie de ce dégagement du corps astral que Mireille elle même me révéla après quelques séances.
J ’aj oute ici quelques circonstances telles qu’elles sont relatées dans mon journal: ,9 juillet 1894 (cinquième séance). —- J’endors Mireille, et elle traverse rapidement les différents états de l‘hypnose. Elle voit, — non pas la formation d’une sorte de double placé à une distance d’environ un mètre d’elle, comme ce fut le cas pour Lament, Mme Lux, M"" 01 et Mme Z., — mais une sorte de clo
UN CHANGEMENT DE PERSONNALITÉ 127 che qui 'couvre et entoure complètement son corps à une distance de quelques centimètres, et suit tous les contours de son corps. Elle voit cette enve— loppe de l’intérieur en sorte que sa projection appa raît creuse et inverse.
Au cours de la magnétisation, cette enveloppe se condense et s’élève dans l’espace; .Mireille cesse de la percevoir, maisà la place elle voit son corps physique pour ainsi dire vis—à-vis d’elle, et elle est environnée de fantômes lumineux qu’elle com pare aux cosses balsamiques qui s’ouvrent lorsqu’elles sont mûres, puis se rident.
« Quelques—uns, dit elle, sont des esprits qui approchent et cherchent à aspirer la vie qui imprègne mon corps astral, qui communique encore avec mon corps physique; d’au tres ont l’apparence d’êtres humains. » 19 juillet 1894 (sixième séance). —-—Je pousse la magnétisation plus loin qu'à la dernière séance.
Mireille se sent enlevée dans l’espace; elle aborde à une région supérieure où elle baigne dans une clarté intense qu’elle compare à l’éclat d’un diamant jaune. Les êtres qui l'environnent maintenant ressemblent à des comètes ayant de grosses têtes, brillant d’un rayonnement vert, dont l’intensité diffère avec les indi vidus. Ces êtres paraissent avoir des affinités, s’appro chant ou s’écartant tour à tour.
Des êtres analogues traversent l’espace avec une grande rapidité, comme s’ils étaient appelés en quelque lieu. 25 juillet 1894 (huitième séance). — Mireille, en— traînée dans la région supérieure dont j'ai parlé dans
12 8 L’lNITIATION la sixième séance, dit qu’elle reconnaît parmi,'les fein t0mes qui voltigent autour d’elle un ami=d’enfanœ qui mourut à l’âge de dix ans, et auquel “GUS donne— rons dorénavant le pseudonyme de Vincent.
Mon journal fut interrom‘pu ici, pour différentes raisons, pendant plusieurs mois; d’abord un voyage me sépara de Mireille, et en outre sesrévélations me parurent d’une nature si étrange que je ne voudrais pas prendre la peine de les transcrire avant d‘être à même de me rendre compte de leur véracité et de leur origine dans son esprit.
Elle me raconta, «en réalité, ses explorations en corps astral sur les différentes planètes, et me donna desedétails conce‘r nant la couche électrique qui limite notre atmos phère, comme c’est décrit dans le susdit numéro du Lotus Bleu. Je formai le projet de comparer ses dires avec ceux de Swedenborg et des autres mysti ques. Vincent nous assista quelque temps dans nosin‘Vës tigations.
Quand Mireille l’ihterr'ogeait, il répondait par une sorte de îtransmissi0n de pensée d’une manière qui me fit croire que le sujet répondait lui— même aux questions, mais vers lafin de novembre 1894., Vincent disparut soudain et ne revint pas à -nos invo&:atiohs. Il l ., Au commencementde janvier 1 895, Mireille, tandis qu’elle était détachée de Son corps physique,futfrappé‘e
UN CHANGEMENT ne pensoumuré 129 par la vue de deux orbes lumineux planant sur nos têtes; malgré mes demandes réitérées et ses efforts. pour en. trouver uneexplic&tion, elle déclara être dans le doute quant à leur signification. Sans me trouble;I davantage à ce sujet, je continuai mes explorations dans l’autre monde.
Un jour je voulus l’envoyer dans la planète Mars; elle fut repoussée par le courant électrique de cette planète qui. lui sembla beaucoup plus fort que celle qui ento,uœ la terre, et elle n"osa pas s’y engager. D’après ses dires, de vastes nappes d’eau interceptaient la vue: elle voyait le jaillissement de l’eau et le scintillement de la glace. Elle discerna des canaux d’une grandeur énorme (I).
Elle ajouta que ces canaux avaient été creusés à travers les conti nents par les habitants de Mars qui, comme les am phibies, préfèrent vivre. dans l’eau, qui leur sert à aller d’une ruer dans l’autre ;_ ils sontinfiniment supérieurs à l’homme en ce qui concerne la force physique, mais bien inférieurs intellectuellement (a).
Soudain elle cessa de parler et tomba dans un éva‘ nouissement,x tandis que le pouls devenait de plus en (1) Sur ce point, ses descriptions peuvent êtres des réminis cences de ce qu’elle avait lu étant éveillée. (.2) Mireille ne pouvait pas voir tout ceci parce que le canal avait été fait dans le passé, et qu’elle était au delà de la couche électrique à une trop grande distance pour distinguerles habi tants, et à plus forte raison pour juger de leur intelligence.
Elle avait par conséquent une conception purementimaginaire des choses, ou bien c’était l’effet d’un sens particulier, inconnu à. nous. Mais j’incline plutôt vers la première hypothèse. ayant: plusieurs fois eu la preuve d‘erreurs commises par Mireille, quand elle se laissait entraîner à prédirel'avenir. J’appelle l'atten tion du.lecteur sur le point précédent, malgré le phénomène dont l’objectivité me semble douteuse.
130 L’INITIATION plus faible. Je me hâtai de l’éveiller par un énergique effort de volonté et des passes transversales. Après une ou deux minutes, le corps commença à se mouvoir et, à ma stupeur, j’entendisles paroles suivantes, pro noncées d’une voix rauque, entièrement différente du ton habituel du sujet: « Vous l’avez joliment laissée partir! Pourquoi ne l’avez-vous pas retenue?
Vous savez qu’elle est très curieuse, et, si je ne m’étais pas trouvée là, elle eût été perdue pour vous comme pour moi. — Quiêtes vous? — Je suis Vincent, et, il y a quelques jours, je vous ai assisté dans vos expériences qui m’intéres . saient relativement à Mireille. -— Qu’a-t-elle fait et où est-elle maintenant ? — Elle a désiré pénétrer l’atmosphère de Mars, et le courant électrique eût dis sous son corps astral si elle était demeurée plus long temps.
Je ne sais pas quel eût pu être le résultat. Je me suis hâté de la suivre, et je l’ai ramenée en arrière. J’ai déposé son esprit dans le véhicule qui me sert pour pénétrer dans l’atmosphère de la terre, et j'ai pris son corps astral pour le réintégrer dans son corps physique et afin de pouvoir communiquer avec vous. « — Eh bien, voulez-vous me la rendre? « — Certes.
Prenez-la par la main, et projetez du fluide magnétique dans son corps, en aidant ainsi à me détacher moi-même. » Je fis ainsi: quelques minutes plus tard, Mireille sembla s’éveiller d’un profond sommeil, accablée de fatigue, parlant avec difficulté et par monosyllabes. Quand elle fut rendormie, elle confirma ce que Vin? cent m’avait dit. Dans les séances suivantes, je ras—
UN CHANGEMENT DE PERSONNALITÉ I3I semblai peu à peu le récit dont je vais donner un résumé rapide. Quelques semaines auparavant, Vincent, dont l’es prit et le corps astral avaient été, jusqu’alors, retenus dans le courant électrique de la terre, avait perdu conscience et s'était éveillé dans un autre monde, muni d’un corps approprié à ses nouvelles conditions d’existence et au milieu d’êtres semblables à lui (1).
Ce monde est situé au delà du système solaire; nous ne pouvons pas le voir.
Ses habitants ont des corps nébuleux, dépourvus de jambes, car ils ne marchent pas, mais se dirigent en flottant à travers l’espace vers les endroits qu’ils désirent atteindre (2). (I) Vincent supposait qu’il avait abandonné son corps astral terrestre dans l’atmosphère de la terre où il eût du flotter jusqu’à ce qu’il fût dégagé et que ses éléments eussent été rendus à la circulation vitale sur la planète (Corps astral). (2) Il y a un grand nombre d’astres dont les habitants sont constitués presque sur le type humain.
Les membres laissés sans usage durant la vie sur une planète, s’atrophient et dispa raissent. Les esprits continuent de voir. d'entendre et de sentir; peu d‘entre eux parlent, les autres communiquent par le trans fert de la pensée. De tous les animaux, l’homme seul a des bras qui ne lui servent pasà se mouvoir.
Pour ces Êtres, dit Vincent, les bras sont devenus des organes d'affection; c’est avec les bras qu’ils embrassent et témoignent leur affection en dehors de toute passion sensuelle.
Dans le corps des esprits supérieurs, non seulement les bras sont conservés, mais encore ils sont développés de façon à donner le maximum d’effet à l’embras sement, et ils perdent entièrement les particularités dépendant de l'usage de ces membres chez l’homme. comme par exemple les mains et les doigts qui servent à tenir les objets.
« Les voyants, qui n‘ont que peu de temps pour établir avec préci sion leurs perceptions, ont presque toujours pris ces appendices pour des ailes comme en ont les esprits apparus dans l’air. » La vue et son organe ne se sont pas aussi bien développés: les esprits ont une sorte d’œil qui fait le tour de leur tête; de 2
l 32 L’INITIATION Ils ont sous leurs ordres des êtres inférieurs ressem blant à des cloches diaphanes, à l'intérieur desquels ils s’introduisent quand ils désirent passer d’un astre dans un autre; ces cloches vivantes leur obéissent, les transportent et possèdent la propriété de les isoler des courants électriques qu’ils doivent traverser.
Le bord inférieur de la cloche est plus lumineux que le reste, et c’est ce bord que Mireille vit dans les précé— dentes séances. D’après les connaissances qu’il a acquises après sa mort (I), il croitque desêtres supérieurs se réincarnent là la coutume de penser que les Anges font de très grands yeux .
Les esprits sont fort sensibles aux odeurs, qui jouent un rôle important chez les êtres supérieurs; c’est même seulement par une sorte de respiration qu’ils nourrissent leur corps astral, qui, par conséquent, a une espèce de nez. Les anciens avaient l’idée de ce phénomène quand ils brûlaient des parfums sur les tombeaux des morts.
Quant à la bouche, il en reste à peine trace, car les esprits ne mangent ni ne parlent, Le reste du corps, l’estomac, le ventre et les jambes, qui ne sont plus d’aucun usage, disparaît par degrés et apparaît pen« dant peu de temps sous la forme d'une légère draperie flottant dans l’air. (Réponse de Vincent a la séance du 15 mars 1 895 .) (1) Quand on demanda à Vincent quelle était son occupation actuelle, il répondit qu‘il développait sonintelligence par la vue de ce qui lui était montré en parcourant les mondes, mais qu’il ne savait pas ce qu'il deviendrait ni quand sa nouvelle exis tence cesserait, pas plus qu’il ne savait, quand il était sur la terre, ce qui adviendrait de lui après sa mort, avec cette diffé rence, cependant, que la plupart des vérités qu’il connaît maintenant l’aident à mieux sentirle butauquel il doit atteind re.
Selon son expression, il devient « sobre » depuis son existence terrestre. Je lui demandai s’il avait cessé de se soucier de ses parents et amis qu’il avait laissés vivants ; il répondit qu’il s’intéressait toujours à eux, mais qu'il n’étaitpas plus troublé par les tri bulations passagères, inévitables sur la terre, qu’un père n’est troublé en voyant son enfant pleurant sur son jouet brisé. (Séance du 13 avril 1895.)
UN CHANGEMENT DE PERSONNALITÉ 133 parfois sur terre afin d’y remplir quelque mission ; ils sont alors suivis, durant toute leur vie, par l’être qui les a amenés sur notre planète, auquel je donnerai dorénavant le nom de Cône, comme Mireille l’appelle. C’est le bord de ce cône que les voyants voient briller au-dessus de la tête des Saints, et qui est ordinairement représenté par un cercle de flamme.
Ce sont des êtres de cette espèce qui, dans les ascensions, emportent les corps, et ont été appelés chars ou armées de feu. Il n’est pas sûr de tout cela, ou que son existence actuelle est destinée à lui faire pénétrer progressivement ce mystère. *‘ Lui et ses pareils ont à volonté le pouvoir de laisser sortir l’esprit de leur corps, qu’ils quittent sur l’astre auquel ils appartiennent.
C’est seulement un esprit qu’ils entrent dans les cônes quand ils ont besoin de voyager. Ils peuvent conserver, avec certaines personnes appartenant à d’autres mondes, une sorte de lien flui dique ressemblant à un rayon d’étoile.
Vincent ainsi nommé par Mireille (ou plutôt par moi qui me servais de Mireille quand elle était endormie du sommeil magnétique et presque détachée de son corps physique) arrivait instantanément et pouvait communiquer avec moi au moyen des deux procédés suivants: 1° Indirectement, en se servantde l’esprit de Mireille, à qui il suggéré ce qu’il va me dire, par un procédé mental ; mais ce mode est imparfait, parceque Mireille n’est jamais sûre que la pensée qui lui vient n’émane pas d’elle-même. 2° Directement, en se servant du corps de Mireille.
134 L‘INITIATION Pour arriver à ce but, il faut que je magnétise le sujet assez fortement pour séparer les trois corps, c’est-à dire pour dégager son esprit de son corps astral.
L’es prit de Vincent pénètre alors dans le corps astral de Mireille, à la place de l’esprit de celle-ci (I), et le corps astral de Mireille, avec l’esprit de Vincent, prend possession du corps physique de Mireille, de sorte qu’il a définitivement reconstitution complète d’un être— vivant, avec changement d’esprit.
L’esprit de Vincent conserve dans le corps de Mireille la connaissance qu'il a acquise, aussibien que les mérites et les défauts qui le caractérisent. Sa mé moire est néanmoins un peu obstruée, mais, en retour, il possède presque intégralement celle de Mireille qui réside dans le corps astral qu’il habite actuellement.
A l’instant exact où a lieu ce qu’on peutindifiérem ment appeler l’incarnation ou la possession Mireille, qui,depuisle commencement du sommeilmagnétique, a manifesté le phénomène d‘insensibilité cutanée; qui a cessé d’entendre et de voir autre chose que le magnétiseur; qui, finalement, a entièrement perdu la mémoire (et ce par une progression qui, malgré son extase, dure plus d’un quart d’heure), redevient sou— (r) L’esprit de Mireille apparaît sous la forme d’une amande lumineuse.
Elle se dégage de la partie supérieure du corps astral qui s’obscurcit dès qu’il n’est plus illuminé par l’esprit.
Cet esprit peut rester dans l‘air auprès de nous, mais Vincent pré fère le laisser entrer dans le cône qu’il a amené, et où il se sait. protégé contre les troubles astraux et aussi contre les tentations de sa propre curiosité, qui’pourrait l’entraîner dans des régions inconnues et causer ainsi une trop longue absence de son corps physique.
UN CHANGEMENT DE PERSONNALITÉ 135 daim sensible à tout contact, voit et entend chacun, et recouvre intégralement la mémoire. Mon habitude est de toujours tenir les mains de Mireille entre les miennes, ce qui lui cause un plaisir évident; après l’incarnation de Vincent, elle retire ses mains avec un geste d‘impatience, comme le ferait un homme ca ressé par un autre.
Nous avons ici un ensemble com plet des caractéristiques physiques et moraux d’un type bien prononcé, qui me semble con firmer les assertions du sujet (I).
Ainsi, dans sa première incar nation, Vincent examina avec curiosité ses vêtements, chercha la poche pour trouver le mouchoir, remar quant que de son temps les femmes avaient la poche placée d’une manière plus commode; il examina sa chevelure, se regarda au miroir, dont il se détourna soudain avec une émotion évidente, dont il expliqua la cause en disant que depuis bien longtemps il n’avait pas vu Mireille avec des yeux humains; il demanda une cigarette, ce qui lui rappellerait son existence terrestre, et il la fuma jusqu’au bout, quoique Mireille ne fumât jamais.
« En réalité, me dit un jour Vincent, je suis vivant, parfaitement vivant; vous m’avez ressuscité; pour quoi vous étonnez-vous de la conséquence tout à fait naturelle de mon retour à la vie? Si de temps en temps je ferme les yeux, c’est parce qu’étant accoutumé à la (1) On devra observer qu’un phénomène analogue, quoique moins compliqué, a lieu dans le cas de changement de person nalité durant l’état de veille.
A l‘instant où la suggestion se produit, le sujet perd soudain la sensibilité cutanée, qui ne revient pas avant que la personnalité suggérée ait disparu.
r 36 L’lNITIATION I'. lumière astrale, votre lumière me fatigue j. quand j’ouvre les yeux, il me semble que je vous vois àtra vers une paire de mauvaises lunettes. « —-— Eh bien, puisque vous êtes Vincent ressuscité et que vous semblez être dans l’état normal d’une per sonne éveillée, qu’adviendrait-il si je vous endormais par le magnétisme? « —-— Je ne sais pas. Essayez! ». :\I.BERT Lecosrrz.
Note de l‘Editeur (M. Olcott). — L’original article qui précède a été écrit pour le Théosophist par un des savants les plus distingués de l’Europe. Il s’est avancé plus loin, peut-être, qu’aucun autre chercheur occiden— tal, dans le champ des études psychiques, et a fait des découvertes très remarquables qui ont attiré l‘attention du monde des expérimentalistes dans cette branche de la science.
Il a, entre autres choses, prouvé ce fait que la sensibilité nerveuse peut être annihilée à la surface du corps humain et projetée dans l’espace en couches concentriques de notre A’kash à des distances déter minées et séparées, et, tandis que la peau du sujet hyp notisé est insensible aux égratignures, pincements, coupures ou coups, le même mal fait dans ces couches d’A’kash réagit immédiatement sur le corps et pro— duit la même douleur que l’égratignure, etc., cause rait à-une personne éveillée et pleinement conscients,
UN CHANGEMENT DE PERSONNALITÉ 137 Le savant chercheur m’a prouvé ceci par plusieurs expériences, lorsque je visitai son laboratoire. Un des témoignages les plus convaincants que je visà Paris consista à laisser durant quelques minutes entre les mains du sujet hypnotisé un verre d’eau, puis de le mettre derrière son dos, hors de sa vue, puis en grat— tant la surface de l’eau avec une épingle, la personne criait comme si sa peau avait été écorchée.
Ceci me fut montré par le comte de Constantin, un amateur magnétiseur fameux. Quant aux diverses révélations faites dans le rapport suivant par les sensitifs du savant auteur, on ne peut dire grand’chose avec certitude à ce sujet. Quand un psychique peu entraîné sort du corps physique et erre en corps astral à travers l’espace, ilest virtuellement impossible de vérifier plus de quelques détails de ses révélations.
Sachant ceci, l’expérimentateur s’abs— tient de se fier à ce que le psychique Mireille et sa prétendue entité désincarnée, Vincent, révèlent. Ceci donne plus de confiance à ses lecteurs, si toutefois un savant si éminent, qui est en même temps un officier si haut placé, avait besoin de plus de confiance.
Les lectures considérables, son expérience pratique et son originalité intellectuelle lui rendent extrêmement dif ficile d’éviter le transfert inconscient de ses propres imaginations à un sujet en étroit rapport avec lui. Ceux qui sont familiarisés avec la littérature théoso— phique, et notamment les étudiants dans la E. 8., seront frappés par la concordance de quelques-uns des enseignements.
La description des véhicules en forme de cloche ou de cône, ou paham, usités par les entités MW“; '“ ï__...>.-..w\.. .....—.«—.—..—_..
138 L’INITIATION incarnées ou désincarnées pour pénétrer, durant leurs voyages, dans l’atmosphère électrique des planètes, qui dissoudrait notre corps astral s’il n’était protégé, est fort curieuse. J’espère que nos membres asiatiques pourront jeter quelque lumière sur ce sujet (1). H. S. O. (I) Dans notre prochain numéro nous commenterons, à notre tour, cette importante étude. PAPUS .
LE CATHOLICISME AU xx" SIÈCLE 139 lLE GATHMGlSME AU M” SlÈGILE D’APRES LES PROPHETES MODERNES Comme au lendemain de 1830, une vague inquié tude agite les esprits dans notre viel Occident. Dou loureuse est la situation de bien des âmes d’élite, qui, après avoir abandonné la foi simple des ancêtres pour adopterles conclusions matérialistes, ont ensuite rejeté celles-ci et, ignorant les enseignements de l’ésotérisme s’efforcent péniblement de serefaire une foi définitive. L’échec déplorable des orgueilleuses tentatives faites entre 1830 et 1848 les préservera toutefois de tomber, commela génération de 185 r, soitdans le scepticisme, soit dans le cléricalisme. Cent voix confuses annoncent des malheurs inouïs et une rénovation grandiose. Une société nouvelle et plus paisible ne peut vivre que par l’action d’une foi vigoureuse. D’où naîtra cette foi, puisque les foules ont une aversion de plus en plus forte pour la domi nation du prêtre ? Elle s’imposera aux hommes de bonne volonté après l’achèvement de la crise fatale. Le cléricalisme doit bientôt mourir. Pour que l’ère du Saint-Esprit s’ouvre enfin, l’Église sera épurée par la Providence. Dans la tempête périrent les orgueilleux qui divinisent Léon XIII d’honneurs et n’obéissem
140 L‘INITIATI ON point à ses ordres. Ils disparaîtront aussi, les prêtres coupables de duplicité, d’envie, de haine et d’ambi— tion, avec ceux qui ont cruellement fait sentir à des saints le poids de leur despotisme. Le clergé ne sera plus accusé d’avarice après la transformation du système économique qui nous régit.
Il ne sera plus accusé d’ignorance quand les enseignements du futur concile et les révélations des initiés auront réhabitué ses yeux à la lumière éclatante des temps apostoliques. Il ne sera plus accusé d’ambi— tieuse intolérance quand,l’union aura été rétablie entre tous les disciples du Christ,,et que chacun saura travailler pour Dieu à la place que la nature lui assi gnera. Après le pape séraphique(lgnz’s ardens de S.
Mala chie), et après celui qui verra un schisme honteux (Religio depopulata), un pape, Français de nais sance, sera élu d’une manière inattendue (VVerdin, A. M. Taïgi, Proph. placentienne et augustinienne, S. Vincent Ferrier, S. Ce’sm‘re). Pour éteindre les schismes et les hérésies, il y aura de si grandes diffi cultés que le pontife nouveau devra convoquer à Lyon le plus grand concile qui ait jamais été réuni.
Cette assemblée bannira de la terre les hérésies et l’athéisme (après avoir été sans doute préparé par un Congrès des religions). Par le zèle du souverain pontife, les autels détruits seront relevés, et les églises renversées seront recons truites (Werdin). > Schismatiques, hérétiques et musulmans seront convertis. L’Église sera plus florissante que jamais c-\
LE CATHOLICISME AU XXe SIÈCLE [’41 (S. Nativité, SS. Pères, proph. orientales) (I), lePape créera dix cardinaux dans les pays orientaux et éta blira en Occident deux grands .patriarcats. Il enverra des légats dans tout l’univers (le P. Amade’e, évêque à Lausanne). Il recouvrera un domaine temporel (Benoît XII, Marie Stz’efiel).
Les ecclésiastiques seront ramenés àla manière de vivre des temps apostoliques (Jean de Vatzguerro, Jean de Rochetaille’e). Les prêtres, dit Hélène Wallraff, devront vivre en com munauté' (comme le réclame Dom Gré et ainsi que d’autres réformateurs).
Il conduira les peuples dans l’équité et les rois dans la justice (Jérôme Botin, Mer lin Joachz’m). — Après neuf années, il mourra dans une province aride, située entre un lac et un fleuve (Benoit XII, Merlin Joachim). Saint Vincent Ferrier dit qu’après la spoliation des couvents un nouvel ordre fondé par le souverain Pon -tife et l’emportera sur tous ceux qui l’auront précédé.
Saint Francois de Paule nous apprend que ces saints Croisés comprendront des Prêtres solitaires et hospi taliers, des missionnaires et chevaliers. Ce seront les Apôtres des derniers temps, « pauvres, simples, doux. humbles, vils à leurs propres yeux, s’aimant entre eux d’une ardente charité, ne pensant, ne goûtant et n’ayant sur les lèvres que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié » dit encore Saint Vincent Ferrier.
Le Bien (1) La Russie, l’Angleterre, l’Allemagne se convertiront, d'après le Pape Pegghi, la prophétie d‘0rval, l’abbé Souffrant, Anna Maria Taïgi, sœur Rose—Colomba, le P. Nectoux, Holzhauser, Les Russes prendront Constantinople (pr. orientales).
142 L’INITIATION heureux Grignon de Montfort annonce qu’ils porte— ront l’or de l’amour dans le cœur, l’encens de Forai son dans l’esprit, et la myrrhe de la mortification dans le corps; qu’ils n’épargneront et ne craindront aucun mortel.
Le Secret de Mélaine dit qu’ils ont vécu « dans le mépris du monde et d'eux-mêmes, dans la pauvreté et l’humilité, dans l’oraison et la mor— tification, dans la charité et l’union avec Dieu (1). » Grâce à leur apostolat, qui s’exercera librement dans l’univers pendant vingt—cinq ou trente années, les maudits et les bénis seront partagés en deux camps nettement opposés.
Il n’y aura plus (grâce à l’accord opéré entre la science et la foi sur les révé lations de l’ésotérisme), de doctrine tenant le milieu de la croyance absolue et l’opposition absolue au christianisme. ' Cet apostolat doit coïncider avec l’ère de paix uni verselle que rêvent tant de généreux esprits.
« Les chefs de tous les peuples dit sainte Hilde garde, interdirent les armes destinées à répandre le sang humain, ne réservant que les instruments utiles à l’agriculture. Quiconque sera pris en contravention périra par son propre fer. » Ce sera la paix du Saint, Esprit. Hélène Wallrafl' annonce que l’état militaire ne sera plus permanent. « Bienheureux, s’écrie le P.
Clausi, ceux qui vivront en ces jours fortunés, parce que ce sera vraiment le règne de la charité chrétienne! » (i) Le Secret se trouve chez M. l’abbé Rigaud, rg, boulevard du Collège, à Limoges.
LE CATHOLICISME AU xxe SIÈCLE 143 -«7 vvËavÿ-wy-,_._‘___«_ Certaines révélations laissent entrevoir la consti tution de cette synarchie annoncée par Saint-Yves d’Alveydre et ses disciples. D’après Hélène Wallraff, les emplois ne seront pas obtenus par la naissance ou la faveur, mais donnés à qui les aura mérités (I). Les casernes seront transformées en couvents, et l’entrée en religion sera gratuite.
L’enseignement donné aux enfants sera éminemment chrétien. « Toutes les injustices seront réparées, dit sœur Marianne, l’ursu line de Blois: les lois civiles seront mises en har— monie avec celles de Dieu et de l’Église.
Les corpo rations d’ouvriers seront rétablies (2). » Le grand initié Nostradamus a laissé entrevoir cette ère de rénovation : De cinq cens ans plus compte l’on tiendra Celuy qu’estoit l’ornement de son temps : Puis à un coup grande clarté donra, Qui par ce siècle les rendra très contens (le Pape). (III. 94). Quand interdicts seront harnois de guerre... (V1, 96) Fort démoly, nefàfons, jour serein... (X, 80).
De brique en marbre seront les murs réduicts, Sept et cinquante années pacifiques. ' Joye aux humains, rénové l’aqueduct, santé, grands fruits, joye et temps mellifiques. (X, 89.) « Le Seigneur, dit la pieuse Steiner, m’a permis de voir le monde nouveau. Qu’il était beau!
Peu, peu d’hommes restaient du monde ancien: mais ce petit nombre me paraissait tout fervent, tout adonné à (I) Voir I’Instruction intégrale de Barlet. (2) Les protestants se préoccupent de la question ouvrière autant que les catholiques : la classe capitaliste aura-t-elle’sa nuit du 4 août?
144 L’iNITXATION w" louer Dieu, à le remercier et à le bénir. Il ne pensait pas aux choses terrestres et àses intérets: il était com plètement occupéàsa sanctification.
Pour tout dire, ces fidèles ressemblaient à ceux de la primitive Église ( 1 ). » « Alors, s’écrie sainte Hildegarde, surgiront des saints admirablement revêtus du don de prophétie, et l’on verra une surabondante floraison de tout genre de justice dans les fils et les filles des hommes...
Toutes choses seront rétablies dans la vérité; les prêtres et les religieux, les vierges et les âmes uniquement vouées à Dieu, les différents ordres de la société persévéreront dans la vie droite de la justice et du bien, sans plus se soucier de l’abondance et dela superfluité des richesses, parce que, par la grâce de Dieu, la vie spirituelle mon tera àla hauteur de l’abondance des biens de la terre. La vérité apparaîtra sans ombres.
Les saints Anges, que l’infection des iniquités du nombre m’éloigne que trop souvent de la société des hommes, viendront se joindre familièrement à eux. » Holzhauser annonce que les sciences seront multi pliées et parfaites sur la terre, que la sainte Écriture sera comprise unaniment (2). » D’après les calculs de chercheurs sérieux, le monde commenceraità se raffermir en 1903 et serait en pleine paix vers 1910 ou 1920; vers 1940 aurait lieu une (l) La Servante de Dieu .’l{arie-Agnès—Claire Steiner, par Mgr Constans.
Librairie Saint-Paul, 6, rue Cassette. (2) La tentative de synthèse entreprise par l’occultisme peut être ainsi désignée.
LE CATHOLlCISME AU XXc SIÈCLE 145 invasion des jaunes; après 1944 commencerait une nouvelle période de malheurs, amenée sans doute par l’action de sociétés maudites. L’Antéchrist naitrait en 1962 et triompherait de l’anarchie en Europe vers 1996. . Sa fin ne doit pas être confondue avec la fin du monde.
Mais les auteurs mystiques les plus conscien cieux de notre temps sont loin d’être d’accord sur la grarfde question de l’ère millénaire qui suivrait la chute de l’Antéchrist. SATURNINUS. S -} (1) V.
Chauffard, l’Apocalypse (Thorin, 2 vol.) ;— la Réflé lation de saint Jean (id., 1 vol);—Double Tableau synoptique (id..); — abbé Bigeon, l’Avenir (librairie de l’œuvre de Saint Paul, 6, rue Cassette, 1887); — Justification du nouveau millénarisme; * Prochaine Connersion (Vie et Amat). ..‘ '”fl1xæW
146 L’INITIATION I.E SALUT EST EN VOUS Depuis l’apparition de mon1ivre le Salut est en vous et de mon étude I’Esprit chrétien et le Patriotz‘sme, j’ai eu l’occasion d’entendre souvent, ou de lire dans des journaux et dans des lettres particulières, des objec tions, et je ne dirai pas contre mes idées, mais contre mes erreurs de commentateur. « Tout cela est fort bien, me dit—on.
Le despotisme, l’armement de toute l’Europe, la peine de mort, la situation misérable des ouvriers, la guerre, sont d’affreuses calamités, et vous avez raison de condam ner l’organisation sociale actuelle. Mais comment se passer de gouvernement?
Quel droit avons-nous de faire disparaître, et cela simplement parce que nous croyons bien faire, un état de choses institué par nos ancêtresetauquelnous devonsd’être parvenusàla haute culture et à la civilisation modernes? Si nous détrui sons notre état social, il nous faudra bienle remplacer par quelque chose?
Sinon, pourquoi courir le risque des catastrophes qu’entraînerait sa disparition? » La vérité est que la doctrine chrétienne, dans sa signi fication véritable, n’a jamais proposé de détruire quoi que ce soit ni de mettre une nouvelle organisation à la place de l’ancienne.
La doctrine chrétienne se dis tingue de toutes les autres doctrines religieuses ou sociales précisément en ce qu’elle donne le bonheur non par des lois communes à tous les hommes, mais
LE SALUT EST EN vous 147 par la révélation à chaque individu du sens de sa vie et l’indication du bien et du mal. Et ce sens de la vie, révélé par la doctrine chrétienne, est tellement clair et positif, que, dès qu’il l’acompris, l’homme ne peut plus faire consciemment ce en quoi il ne voit pas le bien de sa vie, de même que l’eau ne peut pas ne pas suivre sa pente ni la plante ne pas tendre vers la lumière.
Le sens de la vie révélé à l’homme par le Christ est dans l’accomplissement de la volonté de Celui qui nous a envoyés dans ce monde et vers qui nous retour— nerons en quittant ce monde. Le mal est donc seulement dans la non-observation et lebien dans l'accomplissement de cette volonté, dont les exigences sont si simples et si nettes qu’il est im possible de ne pas les comprendre ou d’en dénaturer le sens.
Si tu ne peuxpas faire à autrui ce que tu vou— drais qu’on te fît, du moins ne fais pas àautrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse.
Tu ne veux pas qu’on te force à travailler dix heures de suite dans une usine ou dans une mine; tu ne veux pas qu’on t’enlève la terre qui pourrait te nourrir; tu ne veux pas qu’on t’en ferme dans une prison ou qu’on te pende parce que, par passion, par entraînement ou par ignorance, tu as commis une action illégale; tu ne veux pas qu’on te blesse ou qu’on te tue à la guerre : ne le fais pas à autrui.
Toutcela est si simple, si net,si indiscutable, qu‘un enfant ne pourrait pas ne pas le comprendre et qu’au cun sophiste ne pourrait le réfuter. Supposons un ouvrier, tout entier au pouvoir de
148 L‘INITIATION son maître et chargé par_lui d’un travail' qu’il aime et qu’il comprend. Toutà coup arrivent des gens que l’ouvrier sait comme lui sous la dépendance du maître; ils ont eux aussi à accomplir un travail déter— miné. Or, sans faire la besogne qui leur a été fixée, ils veulent obliger l’ouvrier à faire juste le contraire de ce que le maître lui a commandé d'une façon claire et précise.
Que peut répondre à cette exigence tout tra vailleur sensé?
Maiscettecomparaison estloind‘exprimerce quedoit éprouver un chrétien auquel on demande de participer à l’oppression, à la spoliation, aux exécutions, aux guerres,etc., parce que, si clairs que puissent être pour l’ouvrier les ordres du maître, ils ne sauraient être comparés àla certitude avec laquelle s’impose, pou r tout homme que n’ont pas égaré des doctrines men songères, ce principe: ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse, —- et par conséquent, ne participe pas aux violences, aux exactions, aux exécu tions et aux meurtres que demandent les gouverne— ments.
Ainsi donc la question se pose pour les chrétiens non pas comme la posent à dessein les adversaires de l’Etat :« L’homme a-t-il le droit de détruire l’or dre de choses existant et de le remplacer par un nou veau ? » (Le chrétien ne pense même pas à l’ordre de choses existant, laissant à Dieu le soin de s’en oc— cuper, et fermement convaincu qu’il a gravé sa 10 dans notre esprit et dans notre cœur, non pour le dé sordre, mais pour l’ordre, et qu’il ne peut arriver que du bien de notre soumission à cette loi infaillible ré
LE SALUT EST EN VOUS 149 v. vélée par Dieu.) Donc, pour tout chrétien comme pour n’importe quel homme, la question n’est pas de savoir s’il faut nous organiser d’après le système, ac tuel ou d’après un système nouveau (personne n’est chargé de résoudre cette question),mais bien de savoir comment il faut agir dans l’alternative qui se présente à chaque instantzdois-je, contrairement à ma_con science, prêter mon concours à une organisation so ciale qui reconnaît la propriété de la terre à ceux qui ne la travaillent pas, qui prélèvent un impôt sur le pauvre pour donner au riche, qui condamne à la pri— son ou au bagne ou punit de mort des hommes éga rés, qui envoie des soldats au carnage, qui dégrade les peuples par l’opium, par l’alcool, etc, Aou_ bien dois je refuser toute participation à un gouvernement dont ma conscience réprouve les actes ?
Quelles seront les conséquences de mon attitude ? Quel état social en résultera-t-il ? Je l’ignore, et je l’ignore non pas parce que je ne veux pas, mais bien parce que je ne peux pas le savoir. La force de la doctrine chrétienne réside précisé— ment en ceci, qu’elle ramène toutes les questions, du domaine de l’incertitude et du doute, dans celui de la certitude indiscutable.
On me dit: « Pas plus que nous ne nions la néces— sité de transformer l’ordre de choses actuel; nous aussi, nous voulons l’améliorer. Seulement nous vou lons le faire, non pas en refusant tout concours au gouvernement, à la justice, à l’armée, ce qui serait la destruction de l’Etat, mais au contraire par notre participation au gouvernement, parl’acquisition de la
' 50 L’INITIATION '.Œæ-'- i liberté, des droits, par l’élection de représentants amis sincères du peuple et adversaires de la guerre et de toute violence. » Tout cela serait parfait si l’amélioration des formes de gouvernement concordait avec le but de la vie hu maine. Malheureusement elle lui est opposée.
Si la vie de l’homme se borne à la vie terrestre, son but est bien plus proche que l‘amélioration graduelle des gouvernements :il est dans le bonheur individuel Et, si la vie n'est pas bornée à la viejterrestre, son but est bien plus éloigné : il est dans l’accomplissement de la volonté de Dieu.
S’il est dans le bonheurindividuel et si ma vie finit ici, que m’importe l’organisation lente de l’État futur qui sera peut—être un jour quelque part, bien probable ment quand je ne serai plus? Et, si ma vie est éter nelle, l’organisation de quelque Etat que ce soit, anglais, allemand, français ou russe, au vingtième siècle, est trop peu de chose pour moi et ne peut satis— faire les exigences de mon âme immortelle.
Le but qui suffira à ma vie peut être seulement ou mon bonheur personnel incompatible avec l’activité sociale, les impôts, les tribunaux, la guerre; ou le salut éternel de mon âme qui ne peut être atteint que par l’accomplissement de la volonté de Dieu, et cette volonté est également contraire aux obligations de ’ordre de choses actuelles: la violence, les exécutions, les guerres.
' C’est pourquoi je répète, non seulement pour le chrétien, mais pour n’importe quel homme de notre époque, il ne s’agit pas de savoir quelle organisation
LE SALUT EST EN VOUS 151 sera la plus sûre de celle qui sera défendue par les fusils, les canons et les potences, ou de celle qui ne le sera pas; car il n’y a qu’une seule question qui se pose à tout homme et qu’il est impossible d’éviter; veux tu, créature sensée et bonne, née aujourd’hui, pouvant disparaître demain, veux-tu, si tu reconnais Dieu, agir contrairement à sa loi et à sa volonté, sachant qu’à chaque instant tu peux retourner à lui, ou bien, si tu ne le reconnais pas, agir contrairementà ta raison et à ton cœur, tes seuls guides dans la vie, sachant que si tu commets une faute tu n’auras pas le moyen de la réparer jamais P _ Et la réponse ne peut être que celle-ci: non, je ne veux pas, je ne peux pas.
On dit: « Mais c’est la négation de tout gouverne— ment et la destruction de l’ordre social actuel! » Eh bien, si l’accomplissement de la volonté de Dieu détruit l’ordre social actuel, n’est-ce pas la preuve incontestable que cet ordre social est contraire à la volonté de Dieu et qu’il doit être détruit? LÉON TOLSTOÏ (I). g) Extrait de l’excellent journal quotidien l’Eclair de Paris.
15 2 L’lNITlATION Libres Recherches philosophiques (Suite) La suggestion de 172 jours réalisée par le Dr Beau nis et reproduite à heure fixe, est déjà un avant— coureur de la possibilité du plus loin encore. Ces prévisions frôlent les emprises de translu cidité médiumnique citée précédemment. En somme, il nous reste l'illusion de la liberté pour alimenter le jeu terrestre le plus vrai possible.
Mais le remords est un indice infaillible de notre liberté,dira-t—on? Et sans doute, puisque au fond c’est notre consen tement occulteà un jeu qui, tout en s’accomplissant bien, en accepte les joies et les douleurs. .
Notre conclusion est que le libre arbitre terrestre et cérébral est bien circonscrit par les entourages, du moment que nous tentons de l’introduire dans l’en chevêtrement des choses terrestres, qui ont fatale— ment leurs combinaisons spéciales. Nos âmes sont en communication mystérieuse avec le passé et l’avenir, d’autant plus que souvent, comme dans l’état somnambulique, tout paraît être _ au présent.
L’avenir est donc édifié ou elles peuvent peut être l’édifier en commun et occultement quand nous sommeillons, absolument comme, quand l’enfant est endormi, la mère vague à l’extérieur, mais aussitôt
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES I53 qu’elle entend le cri de réveil de l’enfant, vite elle rentre au logis. Notre conscience cérébralisée accomplit les rôles tracés, tout en croyant au hasard des choses ou à sa propre liberté.
Dans la vie générale, dont les vibrations rem— plissent l’aura planétaire, les aura particulières de chacun de nous se contagionnent et se sugges— tionnent mutuellement, et de là les grandes orbes et les grands courants supérieurs s’établissent.Alors le ferment humain se lève et fermente. Il impulse : les foules, et elles accomplissent souvent incons ciemment les actes prémédités par les foules oc— cultes de l’astral.
' De là tant d’inconnues qui deviennent explicables. Les actions de Jeanne d’Arc, la force psychique qu’elle possédait et qui, aux instants décisifs, rayon nait sur les hommes qu’elle dirigeait au combat pro duisaient ces entraînements mystérieux.
Et, par contre, ces vieilles troupes anglaises, si bien com mandées, si bien retranchées, si aguerries et si sûres de vaincre des recrues découragées et mal armées et sans discipline, eh bien, ces vieilles troupes étaient en même temps frappées d’épouvante ! Et tout cela, l’aspect d’une simple jeune fille por tait le trouble dans ces âmes endurcies, railleuses et incrédules, qui n’étaient pas influençables sans des conditions surhumaines.
Dans l’aura il s’accumule comme une agrégation de pensées qui convergent vers un même but, qui s’épaississent comme un nuage sur nos têtes et du
154 L‘INITIATION quel sortira l’éclair qui fera vibrer nos secondes dua lités.
Certains esprits qui ne sont pas au courant de ces relations, ni de ces concerts occultes, croient sincère ment posséder la clef explicative de ces phénomènes quand ils disent : « Mais ce n’est que dans les con trées croyantes (quand ils n’ajoutent pas supersti— tieuses) que se produisent les visions, les hallucina tions, etc. » Et, sans doute, il y a souvent la peur du fantôme qui le réalise psychologiquement. — Il ne viendra à l’idée de personne de nier ces effets.
Mais la foi, la confiance profonde au surnaturel engendre une ambiance spéciale, qui fait l’office d’un champ de culture où le phénomène trouve plus d’élé ments àsa disposition, et alors il croît et se développe parce qu’il a là une force extérieure qui l’alimente. Ce que les religions appellent « miracles » n’est que le concours de ces forces ambiantes, occultes, qui se manifestent avec intensité sur le plan matérialisé par une cohésion d’action.
La foi guérit aussi bien à Lourdes qu’à la Mecque, — c’est un genre de suggestion. —— Cette dernière guérit aussi les malades partout où elle peut être appliquée intensivement. Voilà le secret de sa réus site. Cependant, comme en tout il existe des échappe— ments, nous allons en réciter un (voy. dans notre recueil). L’un de nous à l’âge de quatre ans ne marchait pas encore, par suite de convulsions. La mère, une femme
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 155 à la foi antique —— mais sans superstition — et peu pratiquante, se mit dans l’idée de faire une neuvaine à sainte Clotilde dont c’était bientôt la fête ; elle fit tou cher unechemisede l’enfant à la statue de la « sainte».
Le jour venu, elle mena l’enfant à la fontaine dont l’eau est très froide, le mit tout nu, le plongea dedans avec une indomptable et énergique foi, lui mit ensuite la chemise et lui cria : marche! L’enfant marcha à partir de ce jour et le bain glacial n’eut aucune suite facheuse. Il est évident que l’enfant ne comprenait rien à ce qui se faisait et que l’étonnement ou le saisissement ne peuvent constituer ce que nous nommons sug gestion!
C'était donc la suggestion de la mère elle— même et sa foi profonde qui avait, comme un para— tonnerre, attiré la foudre; elle avait attiré à elle des forces occultes, et elle les avait instantanément sou tirées de l’aura pour les accumuler sur l’enfant! Ceci nous a toujours fait dire que le plus grand mage, c’était l’amour d’une mère. Certains esprits verraient ici une simple réaction !
Mais, s’ils en sont si sûrs, pourquoi n’ordonnent-ils pas à,tous les paralysés les bains glacés ? Un verrait si les effets seraient semblables! Mais ils se doutent bien que ce serait la mort à brève échéance pour leurs malades! CHAPITRE X LE PARASITISME PSYCHIQUE Les goëtiens, les envoûteurs savent parfaitement la
156 L’INITIATION puissance de la pensée et l'influence de sa répercussion envahissante, au moyen de courants astraux mor bides qu’ils dirigent sur l’objet et sur la: personne sensible, victime inconsciente de leurs procédés occultes (1). Dans notre Recueil nous avons cité un phénomène très intéressant sur ce sujet. Nous n’y reviendrons donc pas ici.
Du reste, le commandant de Rochas extériorisa la sensibilité d’un sujet et la fixant sur un objet quel conque et plutôt sur une statuette en cire qui, paraît-il , a la faculté de mieux emmagasiner la sensibilité. Il a expérimenté sur cette statuette de cire, et les effets ont été marquants sur le sujet isolé et à dis tance et ignorant complètement les pratiques que l’on faisait. ’ . ' N ’est-ce pas la pratique de nos vieux goëtiens d’au— trefois?
Il n’y a que les ignorants qui croient que nos pères et nos aïeux n’étaient que des visionnaires sans ob servation. Ils connaissaient mieux que nous les puis sances psychiques occultes et savaient les attirer pour se servir d'elles. L’extériorisation de la force psychique des mé— diums est aujourd’hui très répandue parmi ceux qui expérimentent dans ce domaine. (1) Mais gare à eux quand le retour se produit.
Nous nous garderons bien de leur faire soupçonner comment il serait possible de s’en garantir ou du moins du choc le plus violent par le bouclier psychique.
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 157 Eh bien, il est évident que dans des conditions don nées, il peut se faire des greffages psychiques et des contaminations occultes qui asservissent le sujet à son réveil et peuvent lui créer des obsessions inquié— tantes pour sa sécurité (1).
Nous allons rappeler encore une phase interne qui touche aux frontières du parasitisme se greffant sur la personnalité, et arrivant à supplanter le « moi » cérébralz'se’. — Ce double qui s’introduit dans le champ de la conscience ordinaire se produit comme l’écho du rêve.
Qu’une pensée de crainte et d’effroi chez un impressionnable vienne à s’implanter par ‘ une cause quelconque, de suite le circulus nerveux tombe en arrêt devant cette pensée, devant cette image, et il se produit une agglomération de force qui semble s’enrouler et grossir l’image et lui donner vie par cette alimentation.
De fictive, d’inconsistante qu’elle était à l‘origine, elle devient « réelle » et d’au— tant qu’elle acquiert de force, d’autant plus elle désa— grêge les éléments de la personnalité habituelle. Le « moi » habituel relégué et comme en dehors du champ d'activité devient passif; il assiste au drame comme un spectateur et comme dans un rêve. Interrogez-le après l’accès, réprimandez-le, il répon dra : C’est 1’ « autre ». Quel est cet autre ?
Pour lui, c’est une autre personnalité qui fonctionne sous son propre couvert, ce ne fait pas de doute pour lui unins tant. (1) C’est alors qu’il faut agir par le magnétisme, l’invocation et par l'intervention d’un lucide en état somnambulique. C’est un moyen que nous avons vu réussir très vite.
158 L'INITIATION Mais cet « autre », d’abord fictif, se trouve souvent alimenté de toutes les scories, de toutes les vases du fond, {jadis depuis longtemps déposées, enfouies et comprimées. Mais il s’est produit 'un remous si vio— lent, qu’il a secoué jusqu’aux propres profondeurs de l’être. Le parasite s‘alimente principalement des impu retés des bas-fonds, des instincts de l’animalité; il en a souvent les fureurs et les vices.
Au moment décisif où il vient à frapper un grand coup, il disparaît comme un intrus qui fuit après avoir accompli un mauvais coup usurpateur. Les anciens croyaient toujours à la possession dans ce cas. —- Pour cela, il faudrait que l’usurpateur, l’intrus révélât au moins une identité historique. Il est vrai que, poussé dans ses retranchements, quel— quefois il déclare avoir été quelqu’un d’existant jadis.
Mais les pensées sont si créatrices et si suggestives entre elles et elles-mêmes qu’il faudrait que cette iden tité fût accompagnée de faits particuliers contrôlables.
Car on ne peut toujours accepter comme commence— ment de preuves ces dires de décousus d’existence qu’ils semblent prendre à leur compte, tandis qu’il peut fort bien se faire que ce ne soit que des rémi niscences de lectures profondément enfouies, dont la mémoire ordinaire semble devenue étrangère et qui viennent grossir le bagage du parasite qui les objec tive comme étant les siennes propres. Du reste, on voit une foule de gens un peu déséqui librés qui deviennent envahis par la lecture d’un
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 159 crime et arrivent à s’en croire les auteurs mêmes! Il y a donc une identification auto—suggestive qui fait tous les frais du phénomène sans participation étrangère. Cependant il ne faut rien rejeter avant des consta tations très complètes, car il peut y avoir l'un et l’autre cas.
Nous le répétons encore ici avec intention, les pen— sées étant créatrices, elles—mêmes s’engendrent suivant leur ordre naturel de conception et d’affinité.
Et, comme elles sont elles-mêmes revêtues d’une vitalité empruntée à l’organisme qui fonctionne sans cesse, elles se relient toujours de près ou de loin à la source qui les a conçues et qui les alimente de ses reflets, car, pour nous, elles ne peuvent devenir indépen dantes et complètement détachées de la personnalité qui leur a donné l’existence (i). ‘ L’être, dans son élévation future, efface lui—même (s’ils lui sont devenus antipathiques), les feuillets d’une existence qui deviendrait insupportable, comme nous finissons déjà nous-mêmes ici de feuilleter cer taines pages de notre passé qui ne nous touchent plus ou qui nous sont désagréables.
Comme encore les éléments inorganiques qui ont composé les corps se dissolvent et délaissent les formes qu’ils représentaient avant, de même les élé ments substantiels des pensées retournent à l’état neutre et ne sont plus susceptibles d’influences sur la (I) Ravet, un jour, en état de lucidité somnambulique, nous dit que « les pensées ne papillonnent pas isolées ».
I 60 L'INITIATION personnalité, — tel est du moins notre avis jusqu’à plus ample informé! Nous avons toujours considéré le « moi » comme étant une résultante, une face de la conscience qui se contemple elle-même par réflexe et qui reflète l’iden tité de l’âme.
Rien d’étonnant à ce que ce reflet de l’âme ne s’adapte à toute activité psychique, et qu’il ne la couvre de ses formes et de ses plis, puisqu’il en— globe et plane sur tous les produits de l’activité men tale, ayant à son service l’ampleur des rayonnements de l’âme.
Comme toutes les pensées imaginables ont toujours été conçues sous le couvert de la personnalité, elles en portent toujours de loin ou de près la marque inefl'açable, quand elles viennent se placer au foyer de la conscience.
De la, il pourrait s’ensuivre que quand des groüpes de pensées disjointes par un dé— clanchement quelconque, suite d’un choc anormal, envahissent le champ et le miroir de la conscience, elles revêtiront les formes d’une personnalité quel conque, puisqu’elles en ont encore les reflets liés à elle. La personnalité serait comme un habit d’em pruntdes pensées majeures.
Dans le rêve, ne voyons— nous pas se présenter des personnages inconnus qu1 nous tiennent tête et qui, c’est tout probable, sortent de nos coulisses. ' Tout cela nous déconcerte parce que notre attention, notre consciencelimitéea un objectif lui-même rétréci au foyer de la lentille et fait concentrer sur un point toute notre attention et nous empêche de voir et de suivre le processus vital qui, lui, travaille tou
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES . 16! jours sourdement sous la surface de conscience et avec des formes spéciales intraduisibles pour elle.
Du reste, il faut bien nous pénétrer de ceci : c’est que le langage animique fonctionne toujours dans notre intime et que notre nouvel oeil psychisé n’est pas au point de cette forme de manifestation antérieure à lui de la vitalité animique qui n’a que des rapports de plans accidentels de manifestations qui irradient quel quefois de l’interne, mais qui, pour s’adapter à l’état mental cérébralisé, perdent de leurs caractères parti culiers parcequ’elles se transformentetque la métabo— lisation psychique qu’elles subissent les dénature sen siblement, au point souvent de n’être plus comprises.
Les pressentiments obscurs sont de ce cas. Une foule inexplicable de réminiscences nébuleuses, . mais qui souvent deviennent justifiables sur le plan matériel, sont de ces échappées de l’interne qui sent là l’avenir sans pouvoir le définir analytiquement comme nous l’exigeons. N’oublions jamais que l’âme humaine est un foyer rayonnant pour qui parfois les voiles matériels n’ont plus d’opacité pour elle.
Mais quelquefois, en raison même de l’irradiation de ces rayonnements et de leur étendue, ils englobent trop de choses pour s’arrêter assez sur des objets par ticuliers. Nous avons remarqué cela chez les médiums écrivains, pas de faits caractérisés, mais bien des gé— néralités comme si c‘étaient des vues à vol d’oiseau.
Alors il se produit un effet rétroactif et suggestif général, dont l’intuition seule nous en peut donner quelque idée confuse et lointaine.
152 L‘INITIATION Dans ces états particuliers et accidentels, l’âme n‘agit plus par un centre, un œil, elle conserve ses primitives propriétés, c’est-à-dire que, foyer, elle en— globe, elle rayonne elle-même en tout et se fond comme une force en tout ce qu’elle atteint et se pé nètre de tout.
Et, par ce fait d’absence de localisation, de particu larisation, elle n’a plus et ne rapporte plus qu’un sen timent général, confus, intraduisible sur le plan cérébral, phénomène absolument sensitif comme un envahissement nébuleux d’efiluves qui viendraient envelopper la conscience et qui n’offrirait qu’un nuage nébuleux sans lignes d’arrêt ni de figure.
Ce sont des formes de l‘intuition générale; le sen sitif, l’intuitif, le génie sont les facteurs les plus appa rents et les plus prépondérants pour la désagrégation de ce tout, sans signification précise apparente. CHAPITRE VI THÉORIE DE LA MÉDIUMNITÉ. ENFANTS PRODIGES. SPON TANÉITÉ ou GÉNIE. ÉCLAIRS DE LA PENSÉE INTUITIVE. La médiumnité est cet état de sensations et de pen sées élevées au-dessus de l’état matériel ordinaire.
Elle revêt une infinité de formes dont les plus en relief sont la médiumnité voyante, celle sensitive moins adaptée à l’état psychique, celle réflectrice ou à incarnations, enfin celle écrite, et en dernier lieu celle typtologique et celle relative aux formes du génie en art, sciences, poésie, etc. Ces caractères seuls varient, maisla source reste toujours la même. /
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHlQUES 163 Toutes ces formes adaptives sont le résultat d’un soutirage des forces mystérieuses du fond de l’être lui-même et de celles qui lui sont étrangères, mais qui sont appelées par une attirance commune. Cette forme de la conscience « inconsciente » en quelque sorte pour la conscience cérébralisée se for— mule encore avec toutes les ressources et les propriétés primitives, animiques, redirons-nous toujours.
Transportée dans le champ psychique où elle évo lue, elle fait acquérir à la pensée une ampleur et une envergure inconnues. L’être le plus nul dans cet état peut devenir en quelque sorte, l’égal d’un homme supérieur, même s’il ne le dépasse! L‘inspiration coule de source, aucun effort appa rent ne se fait.
Et, si l’on a la chance de tomber sur\ des sujets qu‘affectionne plus particulièrement le mé dium, alors c’est lumineusement qu’il en tire les plus grandioses effets. Quand on a vu de ces phénomènes répétés, on n'y peut voir des cas accidentels. Les grands inspirés de l'antiquité tombaient souvent dans cet état de mé« diumnité translucide et de clairaudience que nous offrent encore quelques occidentaux assez rares.
Socrate dans l’antiquité, les Alexandrins et Swe denborg parmi les modernes, nous offrent l’exemple d’un état presque constant de médiumnité. Les animaux reflètent aussi eux de cet état, particu lièrement ceux que nous avons cités ; l’ammophile et la chenille de l’ailante globulosa (vernis du Japon). Les enfants prodiges sont doués de cette sensibilité ' 3
164 L’lNl'l'lA'l'l0N médiumnique qui puise dans l’astral ou dans le monde spirituel; ils ont des embardées dans l’infini par le rayonnement de leurs âmes. Le docteur Quintard a présenté un enfant de cinq ans qui réflétait, lui, directement les pensées et le savoir de sa mère qui se répercutaient inconscient ment en lui. Certains esprits, sans l’observation judicieuse de ses parents et du docteur, auraient crié trop vite à la réincarnation.
Nous attirons tout spécialement ici l’attention sur ceux qui ont encore conservé assez d’indépendance sur ce sujet. Voici les pensées que nous ont suscitées ce genre de recherches. D’abord, tous, nous devrions avoir des réminis cences de lieux et de personnes. Car la majeure partie, si ce n’est tout, doit être encore des réincarnés. Car je ne sache pas qu’il y ait beaucoup de Socrates qui puissent se passer de ce retour ici, suivant la théorie.
Or, passé les médiums dont la sensitivité est rayonnante jusque dans l’astral et le spirituel, nous n’avons aucune réminiscence comme eux. Ce qui ne devrait pas être avec la théorie réincarnative, ce nous semble? De plus, nous héritons de nos ancêtres, parfois or ganiquement, et ensuite pourquoi pas des emprunts psychiques et mémoriaux? ' L’histoire médicale fourmille de ces faits.
Edouard d‘Angleterre et autres sont des témoignages directs de transmissions mémoriales des parents, sans compter -——-—-wgmW
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 165 l’hérédité organique, qui peut quelquefois atteindre le plan psychique, comme on le voit par cet exemple. Pourquoi ces transmissions ne se feraient-elles pas de lieux d’actions aussi bien que dans les exemples cités, de façon que réellement nous croirions les avoir vues ou faites antérieurement? On trouvera plus loin ces questions traitées plus au long.
Les médiums ont un pied dans I’astral, ce qui leur offre des facilités de compréhension qui leur devient en quelque sorte naturelle inconsciemment. Ils con naissent rarement l’effort; S’il le connaissent, ce n’est que quand ils veulent travailler sans cette inspira tion latente qui est devenue leur apanage incontesté. Et alors la médiocrité réapparaît presque toujours.
Au lieu que dans l’état normal nous connaissons toutes les difficultés du travail identifique. qu’il faut faire pour acquérir des connaissances; surtout princi palement dans certains domaines, ce n’est qu’à force de travail, de tâtonnements et d’ennuis que nous pou vons enfin arriver à pénétrer dans le sujet.
Pour nous identifier avec l’œuvre d’un savant, d’un génie, combien il s’écoule de nos propres et fausses conceptions avant d’arriverà nous faire l’écho ou le réflet de ses œuvres ! Après, il semble qu’en raison même de nos efforts et de notre persévérance, le professeur occulte est devenu indulgent et se trouve touché de notre achar— nement en s’identifiant en quelque sorte avec nous.
Certains médiums encore enliséS dans les vases matérielles n’ont-ils pas aussi, à de certains moments, . ..—u-‘\v‘ “‘-‘-_\ \ v_‘“_"—\W
166 L’INITIATION les mêmes difficultés (quoique bien moindres) d’échap— per à ces étreintes opaques ? N’ont-ils pas souvent comme à traverser des zones plus ou moins obscures avant d’arriver à une clarté relative ? Mais avec avec l’entraînement, le désir intense et l’amour sincère et désintéressé de la vérité,ils finissent par soutirer de I’astral de la lumière, et alors il se pro duit une pénétration psychique plus étendue.
De là découle, comme nous l’avons toujours dit, que le fictif, l’imaginaire, finit par attirer le réel et l’entrai ner dans l’orbe du sujet. Car il y a là un soutirage tellementrenfcrcé par les désirs intenses, qu’ils arrivent, par une obsession occulte, à s’identifier avec le 'sujet également occulte. C’est pourquoi il ne faudrait pas toujours s’arrêter au premier plan de l’indécision pour se prononcer. Il faut que l’entraînement soit complet.
Il y a des questions bien délicates à soulever par rapportà l’étiage mental actuel de l’humanité. Celui qui s’est élevé au-dessus de cet étiage doit s‘attendre à l’avance à toutes sortes de persécutions ou de com passion ironique.
Mais cela importe peu; on doit tou— jours discrètement présenter la lumière, et alors, si on s’aperçoit que la vision de l’individu est trop faible pour la supporter, ilvaut mieux en cacher la partie la plus abstraite, sous peine de perdre son temps et par fois la tranquillité. Car, avant tout, l’œil doit être proportionné à la lu— mière pour ne pas en être oflusqué. Le penseur et l’observateur savent fort bien que
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES I67 l’intuition est un écho nébuleux du travail souterrain qui se fait en nous, à notre insu. , La solution des problèmes inutilement cherchés pendant plus ou moins longtemps, et qui jaillissent comme un éclair sur le clavier cérébral, au moment où l’esprit est à cent lieues de s’en occupeer, tous ces phénomènes devraient bien nous frapper, d’autant plus qu’ils échappent à nos recherches ordinaires.
Les spontanéités du génie, les créations de l’esprit qui atteignent au sublime sont un écho de l’harmonie quelquefois la plus grandiose. La musique, la poésie, les arts nous empoignent, quand nous sommes à la hauteur spirituelle qui les a conçues. Elles font vibrer en nous l’harmonie qui y est enfouie.
On dirait que les accents captivants de la musique, ou les symboles esthétiques vont jusqu’à rechercher le beau dans les profondeurs de nous-mêmes. L’intuition, cette vision des choses, n’est-ce pas elle qui dès l’antiquité pressentit les causes du monde physique, même dans leurs grandes lignes ? N’est—ce pas elle qui fit soupçonner à nos aïeux les atomes et l’éther ? . N’y avait-il pas dans leurs âmes de voyants l’écho de l’Univers?
Ne communiaient—ils pas mieux que nous avec l’âme des choses pour pressentir ainsi les racines du monde? LECOMTE (I). (I) M. Lec0mte, l’auteur de ces belles pages, est un étudiant swedenborgien libre, qu'il ne faut pas confondre avec l’expéri— mentateur qui signe A. Lec0mte. N. D. L. R.
un -. ,, " '.\"Âîlrr"Ê-e ' PARTIE LITTÉRAIRE aoa Meus LE CLAVIER Je n’ai point, pour bercer mon inspiration, La harpe dont David accompagnait ses psaumes, Lorsque, adorant le Dieu de Geth et de S ion, Ilfaisait tressaillir les marbres et les chaumes ; Non [je suis de mon siècle et n’emporte avec moi Ni le luth de Longus ni la lyre d 'Orphe’e, Où l’un chantait d’Eros la bienfaisante loi, L’autre les désespoirs d’une amour étoufi’e’e. J’ai dans l’âme un clavier qui rythme tour à tour Les valses, les chansons et les nocturnes mornes Et qui m’inspire, après avoir rêvé d'amour, Les rires de la danse ou les douleurs sans bornes , .‘Inl , ÿ , , , -‘=.-:fhfg,.,
104 VERS 169 Car, ainsi qu’un clavier alterne sous vos doigts Les ébènes rangés à côté des ivoz‘res, Mon âme a pour chanter et pour pleurer parfois Des touches blanches, mais aussi des _touches noires LA NEIGE Quandj ’e’tais tout enfant, que je voyais la nezge Du grand ciel assombri tomber en duvetons Plus blancs que le Paros, plus légers que le liège Et plus doux que la laine épaisse des moutons, Je me sentais épris d’amour pour cette chose Qui s’ondulait au large en monticules blancs, Dont le soleil levant avec son rayon rose Eclairait faiblement les mamelons saillants ; J’aurais voulu pouvoir y cacher mon visage, M’y rouler follement sans crainte et sans efiroz‘, Et je me désolais que ce blanc paysage, Si pur et si doux,fût en même temps sifroid. C’était de la traîtrise à mon gré, de lafraude, Que ce duvet fûtfait pour nous geler les doigts, Et je priais le ciel de me jeter parfois . Pour faire mon bonheur un peu de neige chaude...
1.70 L'INITIATION Aujourd’hui, ce beau rêve, il est réalisé Lorsque sur ton sein blanc mon visage se penche, Ofemmel maintenant j'ai ta poitrine blanche, ou je puis imprimer mon baiser embrasé; _ Jepuis enfin toucher la neige qui s’ondule, Je puis rouler monfront sur ce vallon vivant, Où le sommet rosé de chaque monticule Semble un reflet lointain des lueurs du levant ; Je puis, sans redouter ni traîtrise nifraude, Caressant les flocons dont mon esprit rêvait, Plus blancs que le Paros, plus doux que le duvet.....
Grâce à toi, dans mes mains j’ai de la neige chaude. HYMNE A LA MER 0 mer, 6 vaste mer, ôgrande horizontale, Dans le lit de granit où ta beauté s’étale Au rythme de tes flots, J’aime voir se lever ta gorge large et pleine, J’aime entendre à grand bruit s’exhaler ton haleine, Ton rire ou tes sanglots.
Dans le calme des nuits quand ton poumon se gonfle, Il semble qu’on entend quelque géant qui ronfle Tumultueusement; Il semble que ce soit quelque monstre;femelle Dont le sein se soulève, ainsi qu’une mamelle, Vers un céleste amant.
104 vans t;u Car, comme le poète, ô mer, tu n‘es sensible Qu’à l’irréalz‘sable, au rêve inaccessible D’un amour dans le ciel; C’est le seul qui t’e’meuve, ô Phryne’ colossale, O mer bleue; et toujours c’est vers lui que s’exhale Ton délire mensuel.
Je t’aime en tes langueurs, je t’aime en la puissance; Et j’aime les éclats de ta phosphorescence Pendant l’orage noir, 0 chatte, ces reflets, ces lueurs criminelles Qu'ont le poil desfélins dans l’ombre, et les prunelles Des tigresses, le soir.
Bien souvent sur les bords de ta couche traitresse, De tes baisers je suis venu goûter l’ivresse, Mais à pas hésitants, Rien qu’un effleurement de la vague qui lèche, Comme une bouche aimée à la peau semble fraîche Et brûle en même temps.
Souvent, dans tes transports de passion farouche, Quand tu t’es retournée un moment sur ta couche Vers ton rêve inconnu, Je me suis _avance’ sur tes draps d’algue verte Tout humides encore, où tu pâmais, ofi’erte Même au premier venu.
172 l.Ï.\l'l'l.\l'luN Et, m’étantenivré de ton odeur saline, Je voulus à mon tour, géante Messalz’ne, Être de tes amants, En poète exalté dont le sang bat la charge Et quine trouve pas de poitrine trop large Pour ses 'embrassemen ts. J’ai senti tressaillz‘r tes entrailles profondes, Tandis que je humais les flots dont tu m'inondes, ' Monstre, en me soulevant.
J'ai sentz’frissonner ta chair où laproue entre Etj’ai tenu sous moi la rondeur de ton ventre Formidable et mouvant. Mais, 6 mèr, dédaz‘gneuse en ta robe de moire, Trop souvent, convoitant le soleil dans sa gloire Ou la lune, o‘ Saphô! Ton regard s’assombrit contre ceux que tu berces Et, dans un mouvement d’humeur, tu les renverser; D’un frisson de ta peau.
Dans des réactions de cavale indompte’e, On te voit te dresser, terrible, démontée ; Et, cabrée aux défis, Tu brises les hardis auxquels tu t’abandonnes, Tu les étoufi’es, Mer puissante, et tu les donnes En pâture à les fils. GASTON ARMELIN.
GROUPE INDÉPENDANT D'ÉTUDES ÉSOTÊRIQUES 173 itauas issÊrrsssrr D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES GROUPE\N° 4 Étude de l’Inconnu Au début de mes études spirites, alors que je me ser-æ vais de la planchette (instrument bien connu des kardé cistes), j’eus un jour l’idée de demanderà mon invisible interlocuteur si, pour convaincre un incrédule, il pour rait écrire, par mon intermédaire, le nom d’une personne évoquée par un de mes amis, M. C.
« Oui, répondit la planchette. —- Quel jour? (On était au mardi). — Samedi à 10 heures et demie. » - J’allai trouver M. C. et je lui fis part de la commu— cation que je venais de recevoir.
« Mon cher ami, me dit ce monsieur, j’ai l’intention de faciliter votre carrière administrative, mais, si vous déraisonnez, la chose est impossible. » Il ajouta: « Comment voulez—vous écrire le nom d’une personne morteà qui je penserai, puisque moi-même je ne sais pas à qui je penserai ce jour—là? — Nous pouvons toujours essayer, » répondis-je.
Al’heure et au jour indiqués, M. C. vint me trouver et s’assit derrière moi. r < Es—tu là? demandai—je à mon invisible ami. — Oui, » répondit la planchette qui, à la grande surprise de M. C., écrivit aussitôt lenon paraphé de la personne évoquée.
n74, L‘INITIATION Je portai ce fait à la connaissance de mon frère (autre sceptique). Il s’empressa de se rendre chez M. C. pour s’assurer de mon état mental. 4I Je ne sais ce que c'est, dit M. C., mais la chose est exacte. > Mon frère me pria alors de faire mon possible pour le rendre témoin du même phénomène. Dans la solitude, la planchette interrogée par moi fixa l’épreuve à trois jours plus tard.
On fut exact au rendez-vous; nous étions quatre pré sents: M. C., mon frère, un de nos amis et moi. Nul ne connaissait la pensée de l’évocateur. Après avoir appelé mentalement l’invisible, je le priai de tenir sa promesse. Au bout de quelques secondes la planchette se mit en marche et écrivit une communication de quatre lignes signée du nom de la personne évoquée, à notre insu, par mon. frère. Je n‘ai pu vérifier l’identité de l'écriture. A.
FRANÇOIS. P.-S. —Je prie les partisans de la théorie de la transmis sion.de pensée de remarquer que, si le nom de la per sonne évoquée était dans le cerveau de l’évocateur, la communication donnée n'y était pas. Le phénomène est donc complexe. A. F. ’ m LES RAY©)IËIS X.
Nôus'dônnons dans ce numéro une magistrale étude de Jules Lermina sur la nouvelle découverte de Rœntgen; la photographie à traversles corps opaques sous l’influence d’un certam genre de rayons lumineux quI ne sont pas
LA PHOTOGRAPHIE A TRAVERS LES CORPS OPAQUES 175 des rayons cathodiques (puisque l’aimant n’a pas d’action sur eux), mais qui sont produits par la vibration des rayons cathodiques sur le corps générateur de lumière. Nous publierons nos idées personnelles sur ces recher ches dans le prochain numéro de l’Initiali0n, et, en atten dant, nous faisons appel à tous les occultistes qui auraient quelques communications ànous faire à ce sujet.
Nous voudrions, s’il est possible, faire un référendum de l’occul tisme sur le point qui vient prouver la réalité de nos doctrines des images astrales ainsi que l'ont de suite cons. taté les journaux quotidien. Nous donnons ci-dessous l’ar ticle de notre éminent confrère Montorgueil à ce sujet.
LA EE©TOGBAEHIÊE A TRAVERS LES CORPS OPAQUES Une communication à l’Académie des sciences.— M. Poin care’ présente le travail de M. Rœntgen. — Les rayons cathodiques. — Les applications d’un jeu d’enfant. — Utilisation médicale. Le monde savant est extrêmemement agité par une communication récente sur la présence de rayons invi sibles pour l’œil humain, mais que découvre très bien l’œil photographique.
Il n’est portes ni murailles qui empêchent ce phénomène de se produire. Pour être plus clair, prenons des exemples : Les os de la main sont enveloppés par la chair et les muscles : nous ne les voyons pas. L'œil photographique passe outre la chair et va directement au squelette de la main qu’il traduit presque nettement. . Autre exemple.
On expose devant l’appareil photogra phique une caisse de bois : l’épreuve donne la représen tation d’une sphère — l’œil photographique a vu la sphère à travers le bois. C’est M. Poincaré qui a fait connaître à l’Académie des sciences ces choses surprenantes. Il a fait circuler des épreuves d’objet dont l’image a été reproduite aussi à
176 L INITIATION ’"’" travers les corps opaques. Une des épreuves reproduit exactement l‘image d’une boussole photographiée à tra vers un petit couvercle en métal; une autre l’image d'une serrure située à l’intérieur, prise à travers une porte très mince, etc., etc., une autre enfin, un objet quel conque photographié à travers un gros livre. Les épreuves émanent du laboratoire d’un savant alle mand, M. Rœntgen, de Wurtzbourg.
L‘Allemagne en parle depuis longtemps. L'empereur Guillaume a voulu voir de près le savant et se faire expliquer l'expérience Transporté d'enthousiasme, sur-le-champ il l’a nommé chevalier de la Couronne. La loi de cette découverte qui renverse tant de lois établies et quiapprendrait la circonspection aux pédants si les leçons leur profitaient, cette loi n’est pas connue.
La technique du phénomène l’est davantage; Les rayons qui ont le pouvoir d’être aperçus à travers les corps opaques ne sont pas des étrangers pour nous7 ce sont ceux que l’on voit dans les tubes de Geissler, ces tubes de verre dans lesquels on fit le vide et qui s’éclairent dès qu’on les met en contact avec une élec— trode. Les rayons qui s'accumulent au pôle négatif, rayons cathodiques, jouissent de propriétés spéciales.
Dans le phénomène que démontre M. Rœntgen, invi— sibles pour nos yeux, ils traversent les corps opaques et impressionnent une plaque photographique mise en regard derrière ce corps. Epreuves singulières Ce ne serait pas tout à fait la première fois que l’on s’apercevrait que les rayons cathodiques traversent les corps opaques. Il y a cinq ans, Hertz leur fit traverser plusieurs parties de métal._M.
Lenard a enfermé dans une boîte métallique une plaque photographique; il a exposé la boite aux rayons cathodiques et la plaque a été impressionnée. Comment procéda M. Rœntgen? Il prit un tube de Crookes, l’excita à l’aide d’une bobine électrique. Son tube était entouté d’un carton qui le cachait. A quelques centimètres, il disposa un papier recouvert d’une solu
LA PHOTOGRAPHIE A TRAVERS LES CORPS OPAQUES 177 tiorl de cyanure de baryum et de platine. Ce papier devint fluorescent. Et cependant l’expérimentateur ne voyait pas le tube. On plaça à deux mètres de l’appareil le pa pier sensible et le phénomène se manifesta. Il existe donc des rayons qui traversent le carton. Alors, le professeur de Wurtzbourg remplaça le carton par des planches de sapin de deux ou trois centimètres. Les rayons passèrent.
On prit une plaque d’aluminium de quinze millimètres d’épaisseur, des plaques de caoutchouc; les rayons pas sèrent encore, mais moins nettement. ' Si entre le tube de Crookes et la plaque sensible on interpose une main vivante, la plaque en dessine le sque lette. C’est le squelette de cette main qui a surtout excité la curiosité des membres de l’Acadé'mie des sciences, l’autre jour.
On a vu tout de suite les applications qui pourraient être faites d’une telle découverte. Un éminent médecin, le docteur Moissan, va nous traduire cette impression. L’avis d’un médecin M. Moissan, qui a su obtenir avec le four électrique les brillants résultats que l’on sait sur la constitution du diamant, assistait à la séance.
« Les expériences dont on nous a parlé sont des plus curieuses, nous a—t-il dit, et je comprends qu’elles aient vivement frappé le public. Les savants, qui y ont tous applaudi, en sont moins surpris. En Allemagne, les rayons cathodiques ont été l’objet d’études qui faisaient présa ger d’excellents résultats. On savait que ces rayons tra versent certains corps.
Ce qu’on vient de nous apprendre n’en est pas moins remarquable. << La photographie qui a été publiée est de lignes un peu plus précises que celle qu’on nous a montrée à l’Aca. démie. « D’autres expériences ont été faites que celles de la photographie d’une main. C’est ainsi qu’une sphère mé— tallique a été photographiée quoique enfermée dans une caisse en bois.
' « Quant aux conséquences que cette découverte pourra avoir, il faut en attendre de considérables, surtout dans les applications. Vous savez que déjà les médecins
178 L‘lNITIATION en espèrent la possibilité de l’étude du corps humain. Il parait bien certain, par exemple, que dans bien des cas on retrouvera aisément par ce moyen la balle que sou vent les chirurgiens recherchèrent en vain. La voie est ouverte. Qui sait quelles surprises nous attendent en— core? > Non moins queles savants officiels, les occultistes vont pousser des cris de triomphe.
N'y a-t-il pas là, une fois de plus,la preuve qu‘ils ne sont pas des imposteurs quand, étudiant dans des conditions particulières de nervosité, ils provoquent la naissance de faits extraordinaires ? Pour être souvent en opposition avec la réalité grossière et l‘orthodoxie des opinions reçues, leurs travaux n’en sont pas moins l’expression d'un labeur consciencieux et d'une vision sincère. Cependant, on les raille.
Mais les verdicts des préjugés ne sont point sans appel. Et Galilée, en dépit des princes de la routine, peut penser tout haut que la terre tourne. Maonâmsma Sous cette rubrique, l’Initiation donnera fréquemment, à la demande de plusieurs de ses lecteurs, des commu_ nications ou des études relatives au Magnétisme et à ses diverses applications scientifiques.
Nous résumerons aussi les résultats obtenus dans les écoles de Paris et de Lyon.‘ ñ EXTRAIT DU RAPPORT ANNUEL A la Société magnétique de France, par H. DURV‘ILLE, secrétaire général Masonmas, Massuiuas, C’est pour la huitième fois, depuis la fondation de la Société, que j’ai l’honneur de vous adresser un Rapport ur la situation matérielle et morale de cette association ‘ .-:..=- *Jl _....._ a,
EXTRAIT DU RAPPORT ANNUEL 179 que le plus grand nombre d’entre nous ont soutenue et encouragée par leurs efforts: les uns par leur zèle et leur assiduité, les autres parles travaux auxquels ils ont col laboré.
' A certaines assemblées générales, j’ai parfois donné des détails assez étendus, surtout en ce qui concerne la clinique ; mais, aujourd’hui, comme la clinique est placée sous la direction de notre école, je ne vous dirai que quelques mots à son sujet. Examinons d’abord l’état matériel de la société ; A la dernière assemblée générale, notre société comp tait 173 membres.
Dans le courant de l’année qui vient de s’écouler, nous avons admis 19 membres nouveaux: 2 correspondants d’honneur ne payant pas de cotisation, et 8 adhérents ou correspondants qui ont régularisé leur situation vis—às— vis de la caisse. (Je ne cite pas dans ce nombre plusieurs que nous avons admis qui avaient promis de payer leur cotisation et qui ne l’ont pas payée.) Ces admissions porteraient à ce jour le nombre des sociétaires à 183, si nous n’en avions pas rayé 25 qui ne payaient plus leur cotisation depuis plusieurs années.
La démission de M. Simonin, en qualité de membre actif, ne modifie pas le nombre des sociétaires, puisqu’il reste à la société en qualité de membre d’honneur. A ce jour, il nous reste donc un effectif de 159 membres ainsi répartis: 36 membres d’honneur, habitant Paris ou les environs, formant le Conseil scientifique de la Société. 20 correspondants d’honneur habitant la France ou l’étranger.
38 membres actifs, habitant Paris ou les environs, for mant le Conseil administratif de la Société. 39 correspondants nationaux, habitant les départe ments. . 19 correspondants étrangers. 4 sociétés correspondantes. En diminuant 5 membres actifs qui sont en même temps membres d’honneur, et qui, à ce titre, fontdouble emploi dans cette nomenclature, il nous reste 9 adhé rents n’ayant aucune fonction. Comme situation sociale, les membres de la Société
180 L’INITIATION peuvent être ainsi partagés: 33 médecins, 58 magnéti— seurs ou masseurs professionnels ou amateurs, 4 profes seurs des universités, l pharmacien, i capitaine de frégate. Le reste est composé par des amateurs qui s’in téressent à la question. Environ go savants, hommes de lettres ou publicistes, ont publié des travaux plus ou moins importants sur le magnétisme, le spiritisme, l’oc— cultisme _ou les sciences qui s’y rattachent.
La vitalité de la Société est de plus en plus puissante. Malgré l'indilfére11ce de quelques sociétaires qui parais sent se désintéresser de nos travaux et perdre de vue le but que notre Société cherche à atteindre, nos séances sont suivies avec beaucoup d’intérêt par un grand nom bre d’amateurs qui propagent au dehors l’enthousiasme qu’ils ont à l’égard du magnétisme.
' La Société doit surtout être fière de l‘École pratique de magnétisme et de massage qu’elle a fondée en 1893. Dans le courant de l’année 1894, je fis une déclaration à M. le Ministre de l’Instruction publique dans l’espoir d’obtenir le classement de l'École parmi les grands éta— blissements de l’enseignement supérieur libre, mais le classement n’eut pas lieu.
Au commencement de 1895, je fis une nouvelle déclaration en y joignant tous les documents qui pouvaient militer en sa faveur. Après enquête et contre-enquête, le ministre émit un avis favorable.
Un rapport fut établi dans les bureaux du mi nistère et transmis au Conseil supérieur de l’instruction publique, puis à l’Académie de médecine qui donnèrent leur avis conforme; et, à la date du 26 mars, l’Académie de Paris enregistrait le classement qui place désormais notre École sous la protection du gouvernement.
Depuis, grâce au dévouement de M. le docteur En— causse, qui peut, à juste titre, revendiquer sa part de gloire dans le succès que notre École obtient, une Ecole secondaire fut fondée à Lyon.
La directiona été confiée àun magnétiseur qui jouit dans toute la région d’une immense réputation : M. Philippe, qui a su grouper au tour de lui les professeurs nécessaires à l’enseignement ; et, ce qui est plus difficile encore, des élèves aussi assidus et peut-être plus nombreux que ceux que nous avons réunis à Paris.
ÉCOLE SECONDAIRE DE MAGNÉTISME DE LYON 181 L’École de Lyon est la fille aînée de l’École de Paris. Régie par le même règlement statutaire, le programme de l’enseignement est le même, et, à la fin de l’année scolaire, l’examen des postulants au Diplôme de magné— tiseur masseur praticien sera fait par une commisSion choisie parmi les professeurs de l’Ecole de Paris qui se rendront à Lyon à cet effet.
Je viens de vous dire que l’École secondaire de Lyon est la fille aînée de l’Ecole de Paris ; elle est aujourd’hui sa fille unique; mais, dès que nous trouverons les élé— ments nécessaires, nous en organiserons d’autres dans quelques grands centres. De cette façon, tout en faisant apprécier les avantages du magnétisme, la direction de notre Ecole fera des praticiens instruits, dignes en tous points de la confiance des médecins et des malades.
Dans tous les cas, le concours actif de tous les mem— bres de la Société aiderait puissamment à obtenir ce résultat, et j’espère qu’ils ne laisseront pas, seuls à la tâche, un petit nombre de sociétaires véritablement dé— voués, mais dont les efforts sont insuffisants. C’est ce que désire votre secrétaire général, et ce désir lui fait espérer que l’année prochaine il pourra vous Signaler de nouveaux succès.
ÊGUIÆ SEGORDAIRE DE MAGEÉI‘ISME DE LYON Dans le courant du mois de janvier et au début de février, le Dr Encausse s’est transporté à Lyon pour faire le cours de Physiologie synthétique et pour poser les préliminaires du cours d’Histoire du Magnétisme. Il a pu constater le vifsuccès de l’Ecole de Lyon si magistralement dirigée par le professeur Philippe, qui a commencé le 10 février le cours de Physique magné— tique.
Plus de cinquante élèves suivent les cours. Il est question de fonder à Lyon un grand journal heb domadaire exclusivement consacré au magnétisme, à la psychologie et qui serait l’organe officiel de l’École. Nous entretiendrons nos lecteurs de ces projets.
182 L‘INITIATION .._._,_1 École de Magnétisme de Lyon Dimanche 24 novembre 1895, 2 heures du soir 60 PERSONNES PRÉSENTES Il se présente un malade qui, d’après le diagnostic d’un docteur, se déclare atteint d'une lésion de la moelle épi nière.
Le maître,l'ayant pris comme sujet, l’interroge d’abord sur l’état général de sa maladie; le malade explique qu’il ressent une faiblesse dans toute la partie gauche du corps ainsi que dans la région rénale: il se plaint en outre d'étourdissements qui le font trébucher.
Le maître explique aux élèves que le corps humain possède deux courants magnétiques, l’un positif et l’autre négatif. — Nous allons essayer, dit-il, de pousser violemment le courant positif sur le courant négatif.
Le maître prie un des élèves d’appliquer la main sur le temporal droit et de la laisser quelques secondes, puis de l’éloigner de 2 centimètres environ, jusqu'à ce qüe l'élève ait ressenti sous sa main un léger tremblement ; l'élève impose sa main au-dessus de la tête du sujet, en la dirigeant du temporal droit au temporal gauche; il en est fait de même sur l’occiput, amenant ainsi le fluide magnétique de droite à gauche et jusqu’à l’oreille gauche.
Le malade déclare ne ressentir aucune amélioration. Le maître prie alors les assistants de ne pas du tout se prêter àla circonstance, c’est-à-dire de se rendre plu tôt réfractaires à toute action magnétique.
Le maître fait alors passer un courant magnétique dans toute la salle; il prévient les élèves qu’ils ne pourront obtenir ce résultat qu’après un certain temps de pratique magnétique, en y apportant une très grande force de volonté et qu‘il n’agit aujourd’hui ainsi qu’afin d’abréger le temps de la démonstration.
ÉCOLE DE MAGNÉTISME DE LYON 183 Les assistants déclarent ressentir sensiblement le cou rant magnétique. Après cette expérience, le maître fait alors changer de main à l’élève, et, après quatre ou cinq passes pratiquées suivant l’indication sus-énoncée, le malade dit ressentir d’une manière évidente de légers tressaillements dans le cerveau ainsi que dans le cer velet.
Pour que les élèves puissent apprécier avec efficacité le résultat obtenu, le maître fait marcher le malade qui reconnaît avec surprise avoir beaucoup plus d’assurance et d’équilibre en marchant. Autre sujet (hydropisie anasarque), une dame âgée de quarante ans environ.
Le maître explique que le fluide que l’on ressent en faisant des passes à l’égard de l‘hydropisie et de toutes autres affections où il se trouve de l’eau, doit amener une certaine moiteur dans la main.
Pour nous en convaincre, le maître fait passer un cou rant magnétique dans la salle, et les élèves ressentent en effet de l'humidité dans la main ; au même instant la ma lade affirme de son côté ressentir des tiraillements et des secousses dans l’abdomen. Pour faire des passes techniques sur la partie malade, le maître s’approche d’un élève et lui dit : ( Vous êtes un célèbre magnétiseur ).
Celui-ci lui répond :« Je le sais bien. -— Soyez donc assez aimable, lui dit le maître, de montrer àl’assistance un spécimen de votre talent. » Aus sitôt l’élève s’avance vers le malade et lui fait avec assu rance des passes magnétiques en commençant par le sommet de la tête et en descendant jusqu'aux genoux, tout en s’arrêtant sensiblement et en diminuant la vitesse des passes en face de l’abdomen.
Après cinq minutes environ de ce travail, la malade déclare se trouver beaucoup mieux et reconnaît une di minution très sensible de l’abdomen. Le moment étant venu de rendre l’élève à son état nor mal, le maître prie un autre élève de dire à l’élève opé— rateur : 41 Vous n’êtes pas magnétiseur. » — A l'instant même, ce dernier tombe comme foudroyé et ne reprend ses sens qu’après quelques minutes. Le maître explique alors que, si l’élève eût été au préac
184 L’INITIATION lable magnétisé ou suggestionné sous l'influence de l'hypnotisme,il ne serait pas tombé; mais, comme le com mandement avait été fait direcrcment sur l’esprit et non à la matière, il fallait qu’à son tour l’équilibre des rap— ports entre l’esprit et la matière se rétablisse. Autre sujet (Tumeur cancéreuse au-dessous de l'oeil droit et à la naissance du nez). Femme âgée de soixante ans environ.
Le maître nous fait remarquer que la plaie est tenue par la malade dans un parfait état de propreté et de ce fait n'exhale aucune odeur. Il nous fait clairement com prendre que, dans cette affection, il se dégage toujours une odeur putride, surtout lorsqu’elle n’est pas tenue dans un état de propreté satisfaisant, et pour établir la preuve, il fait passer dans la salle un courant magnétique qui exhale une odeur fétide de chair en putréfaction.
Le maître dit ne pas juger utile quant à présent, d’opé rer dans le sens de la guérison; il prie cette dame de re venir à la prochaine séance afin de la protographier avant et après la séance de magnétisme, voulant à tout prix, nous dit—il, que l’École de Lyon soit digne d’être la fille de l’École de Paris. — Les élèves ont compris que le suc— cès était assuré et comme preuve les deux photographies seraient envoyées à l’Eœle mère.
Autre sujet (Femme âgée de vingt-neuf ans, enceinte de sept mois, très souffrante).
Pendant le cours de la séance. une jeune fille se pré— sente au maître et le prie}de vouloir bien soulager une malade prise de douleurs et de vomissements de sang ; mais, ne pouvant donner d’autres explications, le maître a demandé ce que le docteur avait prescrit, S’il avait con seillé à cette malade de se faire magnétiser : sur sa ré ponse négative, le maître nous dit :Il est regrettable que nous n'ayons pas un docteur pouvant poser son diagnos tic, mais, faute d’un docteur, nous allons, ainsi que nous l’avons fait pour les cas très graves, en créer un pour quelques instants.
Ici nous constatons un phénomène surprenant: la jeune personne ne pouvant servir de sujet, le maître a demandé parmi les élèves un homme d’une Constitution robuste ou ayant été militaire.— Un éleve se présente, et le maître .
ÉCOLE DE MAGNÉTISME DE LYON 185 lui dit : ( Vous êtes une femme atteinte de dypsnée, etc.— Moi P certainement je souffre depuis trois mois environ, j’ai de violentes quintes de toux et je vomis du sang. ) Le maître crée pour la circonstance l’élève B. doc— teur, lequel s’empresse de mettre un genoux à terre afin de mieux soutenir l’élève qui représente la malade, dont les cris rauques vont en augmentant; l’élève B. (le doc teur) crie de tous ses poumons:( Mais allez donc cher— cher un oieiller, vous « voyez bien que cette femme « souffre beaucoup et qu’elle risque en se débattant, de « se briser la tête. » Et l’élève B. (le docteur) ajoute : « Venez donc m’aiderà lamaintenir. » Enfin la délivrance arrive, et un paletot transformé en gros garçon est im— médiatement placé entre les bras de l’élève G. (la femme) qui contemple le nouveau-né avec ivresse. -—-A ce mo ment, la liberté est rendue par le maître aux deux élèves q 1l réciproquement se raillent l’un et l’autre à l’occasion de leur posture on ne peut plus comique (i).
' Les élèves, pour la plupart, se souviennent avoir déjà assisté autrefois à de semblables expériences qui presque toutes ont amené une guérison (des détails et des preuves sont d’ailleurs tenus à la disposition des per sonnes autorisées qui en feront la demande).
La séance a duré deux heures et demie; les expériences n’ont pris qu’une très faible partie du temps: nous ne pouvons donc relater la longue dissertation qui a trait (i) Le Maître ajoute : Ce que vous venez de voir et entendre peut ainsi se faire parle magnétisme, car dans la nature presque tout peut se faire par ce merveilleux auxiliairezle magnétisme.
Mais je dois vous dire que cette opération a été faite par le simple commandement sans aucune application de force de volonté. Dieu le permet ainsi. Eh bien len vérité, je vous l’ai. firme, la femme pour laquelle a été faire cette expérience‘ces sera de tousser et aura son enfant aussitôt le terme expiré ;il ne peut survenir de complications, et les choses s’exécuteront comme j'ai l’honneur de vous l’annoncer.
Ne croyez point, par ce qui vient de se passer, que je sois plus que vous; souvenez—vous bien que, sans le secours de Dieu, nous ne pouvons rien. Je vous le répète, je ne suis rien et ne puis rien par moi-même.
I 86 L'INITIATION aux rapports existant entre les animaux, les végétaux et les minéraux tant au point de vue magnétique, physique et chimique, dont l‘explication n'a pas duré moins de deux heures. N. B. Dans la soirée, le maître est prévenu d’une grande amélioration opérée et survenue à l‘instant même où l'expérience avait lieu à la séance sur la femme en ceinte de sept mois et expérimentée à distance. BIBLIOGRALÊEIE PAUL BOILLEY.
Les Trois Socialismes, Anarchisme, Collec tivisme, Reformisme, un vol. in-18 de 470 pages, 3 fr. 50. L'auteur se donne simplement pour but de < démon— trer que le nom de Socialisme est un terme d’une vague généralité couvrant une théorie supposée communément une et homogène, et qui n‘est en réalité qu’un assem blage hybride de trois principes entièrement opposés >.
Après un coup d'œil d‘ensemble sur l’état de notre milieu social, où se montre dans toute sa laideur l'égoïsme de la race blanche s'exerçant en elle-même et hors d'elle-même, M. Boilley recherche les définitions de ses sujets: elles sont aussi nombreuses qu’insuffi— sautes. L’Anarehie eSt pleinement caractérisée parle fameux dé Cret de Rochefort : « Art. 1‘”: Il n’y aplus rien. — Art.
II : Tout le monde est chargé de l’exécution du présent dé cret. ) La partie la plus importante du livre est consacrée à l’étude du Socialisme communiste; soixante pages sont remplies par l'histoire générale des manifestations du marxisme, étude très importante et qui n’avait point en core été faire; la doctrine économique de Karl Marx est ensuite présentée comme prototype du collectivisme; son idéal, son adaptation, ses résultats politiques et sa propagande y sont exposés avec une lucidité, une préci— sion et une richesse de renseignements trop rares en ces ..A....-.. . « .—"_.’.
BIBLIOGRAPHIE 187 matières. Enfin la dernière partie du livre traite du so— cialisme réformiste; le fonctionnement des sociétés coo pératives et mutuelles y est indiqué, on y trouve de nombreux détails sur le célèbre Familistère de Guise, fondé par Godin, institution que l’on peut considérer dès à présent comme le modèle du genre. L‘auteur termine ce beau et bon livre par l’adage con nu: Naturd non fecit saltum.
Cette conclusion dénote une heureuse pondération d’esprit et cette liberté de vi sion qui est comme la mère des actes harmonieux et des nobles paroles; nous la saluons comme un signe précur seur de temps plus sereins. ' SÉDIR. Autonmtic or Spirit Writing, with other psychic expe— riences, par SARA A. UNDERWOOD, Chicago, 1896, petit in-8, 350 pages avec portrait en fac-similé.
Ce livre est un recueil d’expériences spirites exécutées par Mmes Underwood comme médium; il est divisé en vingt—cinq chapitres dont les plus intéressants pour nous sont ceux qui traitent des séjours spirituels et des ensei gnements donnés par ces âmes désincarnées. Elles se plaignent toutes, en premier lieu, de l'insuffisance des mots pour exprimer leurs idées et leurs sensations.
Les entités qui se manifestent par l'intermédiaire de Mm° Un— derwood (I) professent une sorte de mysticisme évangé lique fort répandu aux États-Unis, et dans les Christian Scientises tentent une application pratique; enfin leurs communications sont souvent rimées ; elles sont presque toutes signées de noms d’anciens habitants de la terre ; mais le médium a, comme toujours, un guide spirituel, qui dit se nommer « Pharos ).
Voici quelques passages doctrinaux choisis entre une foule de communications : (i) Le tempérament du médium est dominé par 3), S L.
188 L’INITIATION 4: Dieu y est toujours appelé soit le Bien-Universel. soit l‘Etre-UnWersel. Le Saint-Esprit est l'essence de l'Etre, l'lncognoscihle de Spencer, l'inspirateur. La Ma tière n‘existe pas, l'Esprit est la seule réalité. Les états de conscience sont des symboles par lesquels les mortels sont appelés à percevoir des rayons de plus en plus purs de la vérité nue. ( Le pouvoir de la prière réside dans l’unité d’es sence des âmes.
« La Morale est le corps de ce dont la Religion est l’âme. < Jésus, Bouddha, Mohammed, Khrisna sont le même esprit. « La volonté est le pouvoir spirituel par excellence. » Bornons là ces extraits; ils suffiront, ie l’espère, pour faire goûter le livre et donner la curiosité de l'étudier. S.
Notre collaborateur ÉMILE GOUDEAU vient de publier chez Charpentier un très beau volume de poésies qui intéresse autant le philosophe que le littérateur sous le titre Chansons de Paris et d’ailleurs. Nous tenons à faire une analyse soignée de ce volume; aussi demandons nous à l’auteur quelques jours à cet effet.
P Notre ami MARC HAVEN, docteur en médecine de la Fa culté de Paris, vient de faire paraître un volume du plus grand intérêt consacré à Arnaud de Villeneuve. Nous tenons à faire de cet ouvrage un compte rendu digne de lui. . Un Prétendu Dictionnaire d‘üczultisme Nous conseillons à nos lecteurs qui voudraient passer un bon moment de lire, dans la Revue spirite de février, une lettre ouverte adressée par M. Ernest Bosc au di
—.7 m îv . LETTRE OUVERTE A M. L’ABBÉ CHARBONNEL 189 recteur de cette revue.
Parmi les « perles ) qui ornent cette lettre nous citerons la suivante : a Un dictionnaire est une œuvre synthétique et non « analytique; je devais donc faire oeuvre générique, et, si « je n’ai pas donné les biographies des Fabre d’Olivet, « des Eliphas Levi, des Lucas, des Saint-Martin, des Al « Ia-n Kardec, j’ai parlé de leurs œuvres et de leur action; 4: mais je devais absolument m’interdire de toucher à la <<vie des contemporains.
I) Nous avons prévenu nos lecteurs qu’on voulaitleur offrir un livre dont le contenu ne correspondait en rien au titre, et nos lecteurs, sachant ce que valent nos recomo mandations, se sont abstenus en masse. Que M. Bosc fasse demain un bon livre et nous lui donnons notre parole que nous le recommanderons à nos lecteurs.
I.’lnitiation n’a jamais fait de publicité payée, et, quoiqu’il nous en ait coûté de faire quelque peine à notre ami Chamuel, édi teur du livre de M. Bosc. nom avons dit que ce livre était tout autre chose qu’un dictionnaire d’occultisme, parce que c'était vrai. Les injures et les insinuations malveillantes qu'adresse M. Bosc aux occultistes ne sauraient nous toucher quand il s’agit d’une question de justice. P.
L’AVENIR SOCIAL, organe de la société l’Avenir Social, vient de paraître. (le journal (78, rue Taitbout, Paris) traitera du bien-être général et de la vulgarisation du bien sous toutes ses formes. Pour être membre de la société (10fr. par an), s’adresser au président, M. SIMO. NIN, 60, rue de Bellechasse, Paris. Lettre ouverte à l’Ahbé Charbonnel MONSIEUR L’ABEIÆ, Permettez-moi de vous exprimer l'admiration que m’a
190 L’INITIATION fait éprouver la lecture de votre lettre si digne et si chaleureuse, et de vous rappeler, à cette occasion, ce que le journal La Croix a fait observer au sujet du con-— grès des religions. D'après ce journal, Léon XIII aurait exigé des évêques américains que la religion catholique ne parût pas sur un pied d'égalité avec les sectes les plus récentes et les plus infimes.
Il aurait approuvé toutefois que les catholiques exposassent leurs doctrines devant un auditoire composé de non catholiques. C'est à vous de vérifier cette asser tion et de voir s’il n’y aurait pas lieu de rappeler à notre vénérable archevêque que vous êtes soumisà toute con dition qu'imposerait le Scuverain Pontife. Le congrès des religions ne devra pas ressembler au Colloque de Poissy.
Et vous aimerez mieux, assurément. ressembler à La cordaire qu’à Lamennais. Totus in XPO tuus. SATURNINUS.
GLÊRIOÀMSME ET GUEULTISMÊ Le journal La Vérité du I6 décembre 1895 publie un article affolé dont nous sommes heureux de reproduire pour nos lecteurs les principaux passages: PÉRILLEUSES LECTURES « M. le docteur Encausse,qui représente, sous le pseu donyme de Papus, le groupe occultiste des Martinistes, et qui est l'auteur d'un grand nombre d’ouvrages sur l'occultisme, a publié récemment une brochure intitulée Le Diable et I’occultisme.
C’est un résumé très abrégé, une sorte de petit catéchisme de la pure doctrine selon M. Papus, et une réponse aux divulgations récentes. Il
PÉRILLEUSES LECTURES > 19 l y aurait bien là quelque chose à retenir, mais une ques tion s’y présente qui a plus d’importance que les polé— miques et les détails personnels, et qui mérite d’être considérée à part. «Il s‘agit de souligner un fait, affirmé par M. Papus, qui a des raisons d’en être informé. Ne l’acçeptant que sous bénéfice d’inventaire et sauf appréciation de sa valeur, nous devons cependant le retenir comme un indice grave.
Il s’agit du nombre, assez considérable d’après M. Papus, des catholiques qu’une malsaine cu riosité aurait attirés à l’occultisme. « L’observation que nous voulions faire est que M. Pa— pus commet peut-être une erreur en prenant pour des adhérents à l’occultisme ceux qui veulent simplement s’en informer. Mais il n’est pas impossible non plus que des esprits aventureux soient allés dans cette voie un peu tr0p loin.
4: A ceux-là nous devons un avis. S’ils s’abonnent aux revues occultistes, s’ils lisent les ouvrages de M. Papus et de ses amis, nous les prévenons d’un premier et infaillible résultat:ils y perdront la tranquillité d’abord, et la cervelle ensuite.
C’est une expérience imman quable. ( A ceux qui, poussant la témérité de l’étude jusqu’à ses conséquences pratiques, voudront, Comme on dit, acquérir la preuve de l’immatériel, interroger l'invisible, obtenir des manifestations, etc., etc., en un mot faire des bêtises sous couleur de recherches, nous dirons très sérieusement quelque chose de plus; qu’ils ne l’ignorent pas : c’est leur vie qu'ils exposent.
Rien n’est plus com mun que la mort, que l’on qualifie mort subite sans en rechercher autrement les causes, survenue au cours d’expériences spirites. Les praticiens du spiritisme ne le crient pas sur les toits, mais ils le savent et en convien nent quand ils veulent être sincères. Sans doute le dé mon n’a pas le pouvoir d’ôter la vie, mais l’homme a la faculté de cummettre des imprudences où il l’exposera.
Les écrivains occultistes ont parfois, dans leurs conseils à leurs disciples, indiqué ce péril. Entre autre un des plus connus, le baron du Potet, qui fut un magicien,
192 L’INITIATION ' s'est expliqué franchement sur la fin malheureuse, fré— quente chez les sorciers, et sur le danger, observé par lui plus d'une fois, de ses propres procédés. « Ajoutons un souvenir personnel : un ami qui avait eu le tort de céder à la curiosité et d'entreprendre une enquête, avait pour commencer pris des louons d‘occul tisme, car il existe des professeurs.
Ce professeur, qui voulait être consciencieux, commença par recommander à son élève, dans les termes les plus pressants, de ne jamais se risquer à rien essayer seul! « Vous vous trou verez, disait-il, inopinément en présence d’un être plus fort que vous. La surprise vous causera un évanouisse ment, une sync'ope, ou des accidents qui seront dange reux parce que vous serez sans secours.
Retenez ce mot qu’on peut, d’une manière, traduire comme le premier principe de l’occultisme : Væ Sali! C’est le sens de ce mystérieux appel à. la fermeté d‘âme que les magiciens placent communément au début de leurs grimoires. - G. BOIS.
41‘ Nous n’ajouterons qu’un motà cet article, c’est que nous sommes absolument de l'avis de M. Bois au sujet des recherches pratiques et que la folie ou la mort attendent ceux qui se livrent à ces études sans guide. Il ya une autre alternative à laquelle n‘a pas pensé M. Bois, c'est la conversion qui débarrasse les timides des terreurs quela science impose aux faibles d'esprit. P.
Nouveau» AGRANDISSEMENT CONSIDÉRABI.E DE LA LIBRAIRIE CHAMUEL Nos lecteurs et nos amis seront heureux d’apprendre que la librairie Chamuel a été transférée 5, rue de sa
INVITATION A FAIRE UN SÉJOUR 193 voie. sur la rive gauche pour cause d’agrandissement considérable. L‘a, outre de vastes magasins.il existe de belles salles de réunions pour les loges martinistes et pourles groupes fermés.
C’est avec plaisir que nous enregistrons ce nouveau succès de la librairie qui a suivi pas à pas le développement de l’occultisme. lava rarn©u Afaire un séjour à Berlin à la Pentecôte de 1896 à l’occasion de la grande exposition d’industrie.
Pensant que la grande exposition d’industrie attirera beaucoup d’amis de la cause spiritualiste à Berlin. l’association scientifique Sphinx a convoqué avec le concours de plusieurs sociétés notables d’Allemagne le premier Congrès des Occultistes allemands, qui siégera à Berlin sous ses auspices pendant la semaine de la Pentecôte 1896.
Nous nous adressons aux médiums de toutes les nations qui sont en état de montrer des phé nomènes sérieux et qui auraient l’intention de se rendre à Berlin; à l’occasion, prière de bien vouloir donner aux assistants du congrès des preuves de leurs facultés.
Pour tout médium qui se sera montré digne de foi en faisant preuve de l‘authenticité des phénomènes dans une séance précursive donnée à cet effet, M.Max Rahn, secrétaire perpétuel de l’association « Sphinx » et rédac— teur de la revue mensuelle ( Die Uebersinnliche Welt », domicilié à Berlin N. Eberswalder. Strasse I6, Portail, se chargera d’arranger des séances.
Il se charge égale ment de donner toutes les informations nécessaires Con cernant les prix de logis, de nourriture, etc., et de s’oc cuper personnellement autant qu’il lui sera possible des personnes qui viendront s’adresserà lui.
Les médiums qui voudront se mettre à la disposition des membres du Congrès sont priés de communiquer leur intention dès maintenantà M. Rahn et de lui faire parvenir une description en langue allemande de leurs facultés média
194 L‘ [TITIATION mimiques accompagnée de témoignages etde leur photo graphie. _ Berlm. den 24.. Dqember :895. Le comité de l'association scientifique a: Sphinx » à Berlin. DR. PHIL. FR.DORR. DR. MED. HŒSCH ; MAX RAHN; JUL. STOP MEISTUER ; CARL. AUG. HAGER; AUG. \VEINHOLTZ; I.ORENZ OLDENRERG. REFl‘ÏRI‘INDAR Ç BODENSTECT. PFARRER MAX GU BALKE. RITTMEIS'I‘ER PFEII’ER. il.
ARIE Nous recommandons tout spécialement à nos lecteurs et amis la nouvelle revue dirigée par René Caillié, L’Ame. Le second numéro est excellent, et la revue, quoi que moins grosse, sera plus intéressante que l‘Etoile si son directeur la conduit toujours de même.
Mais pourquoi notre brave ami René Caillié donne— t il comme une communication de Renan une série de phrases écrites en détestable français 1’ u Quant aux autres, ils ne perçoivent que ce qu’il a été « donné à leurs sens de connaître, dans les existences < qu'ils ont connues et partagées. Vous méditerez cette < nécessité.
« Oui, Jésus yest bien venu; pourquoi jugerions-nous « cette planète comme bien au-dessus de nous ? » etc. Il y en a quatre pages du même style. Il suffit d’ouvrir un livre quelconque de Renan pour constater que cette communication n’a rien à voir avec l’auteur de la Vie de Jésus à moins que le malheureux ait perdu toute notion de la langue française depuis sa mort.
Ces communica tions doivent être laissées aux Revues spirites dont elles font le plus bel ornement. Sans cela, on risque d’imiter cet organe du spiritisme qui avait mis en tête de ses co— lonnes: ( Notre revue s'est assuré la collaboration exclu sive de Shakespeare pour la présente année. ) Que les revues vraiment occultistes restent dans le domaine scien tifique. PAPUS.
1 TT FVTT __T A NOS CORRESPONDANTS 195 illuar©m ŒnaNcn L’Académie française vient de s’honorer en s’adjoi gnant un esprit de la valeur d’Analole France. Le nou vel immortel verra quelle récompense lui ménage en— core l’avenir en souvenir de l’appui qu'Anatole France prêta à l'occultisme naissant. Toutes nos félicitations, non pas au nouvel élu pour qui c’est simplement justice, mais à l'Académie' qui, pour une fois, a fait preuve d’es prit.
Notre délégué général pour l’Amérique du Sud, le Dr Girgois, vient de fonder à Buenos-Aires un journal occultiste intitulé Lu{ astral. Toutes nos félicitations à notre délégué et à ses courageux collaborateurs. UNE PRÙGHAINE ÉTUDE Notre distingué collaborateur F. Jollivet-Castelot pré pare une subtile étude qui paraîtra dans le courant de l’année chez Chamuel.
Titre: Comment on devient alchi miste. °%l. nos Eoauaseonnaurs Le D“ Papus prie tous les correspondants auxquels il 'n‘a pas répondu depuis la fin du mois de décembre 1895 de vouloir bien l’excuser. Une très grave maladie de sa mère heureusement conjurée depuis quelques jours a retardé toute la correspondance à tel point qu’il est im possible maintenant de reprendre les lettres en retard.
.-.... m‘a—u. _» I 96 L’INITIATION lERIR/A'lI’ÜII‘ÂI Pour ne pas retarder l’impression du numéro 4 de l’Initiation, nous avions cru devoir ne pas attendre les caractères arabes qui devaient figurer dans l’ar-q ticle: « Essai d’interprétation d'Allah ».
L‘Imprimerie Nationale nous adressant ces caractères qu‘elle veut bien nous prêter, nous croyons nécessaire d’indiquer au lecteur la place qu’ils doivent occuper dans cet article dont l’étude sera par suite rendue plus facile. Page 7I, ligne I2, lire : En arabe le nom de Dieu s'écrit Alu“ .. 72. — 5, — : Voyons d’abord ce que signifie Jl _ — ... 6, -— : Cette syllabe se compose de l _ .. ..
8, — : et de J, correspondant.... ... __ — IO, -— : le... cycle parfait Jl représente..i _ _ _ I4, -— : l’article ._ll signifie... _ .. — I7, —— :3l ou "UN, symbolise .. — 73 après la seizième ligne, lire ainsi : lcorrespond. 8 ... Le Gérant: ENCAUSSE. TOURS. — me. E. ARRAULT ET (2", RUE DE LA PRÉFECTURE, b.
LA REVUE DES REVUES - paraît le 1“ et le 15 de chaque mois ' PRIX DE L’ABONNEMENT: FRANCE : Un an ._ . 14 fr. | UNION POSTALE: Un an. . 18fr. Six m015 9 fr. | Six mois 12 fr. N. B. ‘— I. Il est envoyé, contre 0fr. 60 en timbres posle, un numéro spécimen d toute personne qui enfait la demandeà la direction, 32, rue de Verneuil. _ Il. L’envoi d’une carte postale à la REVUE suffit pour ' a être compté parmi ses abonnés.
Nous nous chargeons de faire encaisser par la poste le montant de l‘abonnement. III. Les abonnements partent du premier de chaque mats. IV. ON S'ABONNE dans tous les bureaux de poste et chez tous les libraires. BULLETIN TRIMESTRIEL DE LA MAÇ.-. MIXTE EN FRANCE ET A L’ÉTRANGER Directeur: Georges MARTIN PARIS -—— 20, rue Vauquelin Le canna - * de la PRESSE A. GALLOIS 21, Boulevard MONTMARTRE, PARIS Fournit coupures de Journaux et de Revues _ sur tous sujets et personnalités ..
Principaux Ouvrages recommandés pour l'étude de l’OCCUL'I‘ISME et de ses applications i‘ç, CONTEMPORAINS . L'Évolution de l’ldée. l‘.-CH. BARLET . . . . . , . , Llustructton Integrale. Le Serpent de la Genèse. ' Le Temple de Satan. STANISI.A5 un GUAITA . Traité méthodique de Science Occul_t PAPUS . . . . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique; La Science des Mages. A. JHOUNEY . . . . . . . Ésotérisme et Socialisme.
RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES ‘ "“æR. ELIPHAS LÉVl . . . . . . La Clef des Grands Mystères.v SAIN'PYVES D‘ALVEYDRE Mission des Juifs. :5g‘f FABRE D’OLIVET. . . . . La Langue hébraïque restituée. ALBERT POISSON. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes.îg :a?î. LITTÉRATURE .;ä. l La Magicienne. _ \;;ÿ JULES LERMINA . . . . . ( A Brûler. -_ ( Zanoni. ' BULWER LYTTON . . . . . . l La Maison Hantee.
MYSTIQUE p SÉDm Jeanne Leade. ÿ. ' ' ' ' ' ' ' ' ' ' ( Jacob Bœhme et les Tempérament8 , POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSERZ l la librairie Ciliiüii, 5, rue de Savoie, PARIS Envoi Franco du Catalogue. romu, mp. 1:. Anmuur'm c“.