The text
_ .. . ..,-n. e c Ô Œ v . ‘; . ä"Î Lu. reproduction des articles inédits publiés par l'1nitîatian est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE \ ŒE MEE ET L’©CCUEÆÆSME L’ARRIVÊE AU POUVOIR DU POSITIVISME ATHÉE. \ PLUS DE RELIGION, PLUS DE MORALE.
La réaction considérable provoquée par le triomphe du positivisme sur tous les autres systèmes philoso phiques, et l’arrivée au pouvoir des générations éle vées dans le culte exclusif de l’argent, modifièrent grandement l‘esprit général de la France.
L’athe’isme triomphant établit partout sa suprématie, et les quelques philosophes qui voulurent résister à ce courant furent considérés comme des rêveurs d’un autre âge, et éloignés du haut enseignement. Oncon tinua bien, hypocritement, à demander au baccalau— réat les preuves de l’immortalité de l’âme; mais les facultés de médecine se chargeaient de remettre au point les « naïvetés » imposées aux collégiens par la Sorbonne. ' - (1; Extrait d’une brochure qui vient de paraître chez Cha muel.
98 L’INITIATION Les Églises, dédaignant l’étude de la Science qu’elles traitaient en dahgereuse ennemie, s’éloignè rent de plus en plus de la vie publique, et la morale, méconnue, fut tournée en dérision jusqu’au moment où éclatèrent dans presque tous les pays d’Éurope les scandales politiques et financiers provoqués par cette génération de sceptiques. NOTRE ŒUVRE, NOTRE BUT.
C’est alors, devant ce désarroi physique, social et moral que certains jeunes, 'dégoûtés d’avance des compromissions et des fausses joies de la politique, confiants en la générosité et dans le bon sens de la France intellectuelle, prirent à cœur d'accomplir une œuvre peut-être trop élevée pour leurs efforts, mais noble assurément par son but : le retour à la Foi par la science elle-même, pour justifier l’axiome: Un peu de science élozgne de Dieu, beaucoup de science y ramène.
Anciens adeptes, pour la plupart, du matérialisme et de l’athéisme, sachant par expérience tousles déses— poirs qu’engendre en l’intimité de la conscience ce pessimisme, issu de l’absence de croyance en un idéal quelconque, ces chercheurs demandèrent, non pas à une foi sectaire, non pas à un culte particulier, mais àtoutes les aspirations de la terre vers Dieu et vers l’Au delà, des preuves rationnelles àüopposer à leurs adver— saires, qui ne pouvaient attacher aucune importance soit à la mystique enseignée par le curé de campagne, soit aux affirmations des divers cultes. La Tradition, évoquée,jrépondit par la voie de l’his
LE DIABLE ET L’OCCUL’I‘ISME 99 toire en montrant dans la Science occulte ce flambeau synthétique si longtemps cherché; l’âme immortelle prouva son existence par des faits aussi étranges qu’inat tendus et, s’emparant de cette double base: la théo rie fournie par l'hermétisme, l’expérience fournie par les bribes de magie connues sous le nom d’Hypno tisme et de Psychologie transcendante, ceux qu’on appela les Occultistes cherchèrent à ramener l’élite intellectuelle de la Franceà la croyance en l’Au delà, en la certitude de l’existence d’une justice imma— nente, devant exercer son action après la mort, si la volonté humaine avait pu lui échapper pendant la vie, en la certitude de l’Immortalité de l‘esprit et de l’existence de Dieu.
Nous consacrâmes à cette œuvre le plus clair de notre jeunesse, de nos gains et de nos efforts.
Revues, Sociétés d’études, Congrès, Conférences, Groupes formés et Sociétés d’initiation, tout fut mis en œuvre et, en quelques années, nous avions ému beaucoup de consciences, ramené à la foi beaucoup d’âmes égarées, et intéressé à ces phénomènes\ trou— blants ce grand monde et ces gens en place dont le froid scepticisme glaçait l’âme nationale dans ses plus intimes ressorts.
Confiant en la puissance du Christianisme large ment compris pour régénérer notre Occident, nous n’eûmes pas à prendre parti pour une confession plus que pour une autre. Une seule fois, nous avons dû ramener à sa juste place une secte qui voulait établir la prééminence du Bouddhisme sur le Christianisme, et nos efforts ont été, là encore, couronnés de succès. ‘L
100 L'INITIATION Toutes les confessionsjdevaient donc profiter du mou vement de spiritualité que nous avons cherché à créer sur tous les plans, et l’impartiale histoire montrera combien nous avons peu hésité à sacrifier beaucoup de notre temps, de notre travail et un peu aussi de notre réputation scientifique, à cette lutte contre les seuls adversaires que nous ayons jamais combattus: le Matérialisme désespérant et l’Athéisme sous tous ses aspects. / De ce retour vers la spiritualité, l’Église catholique devait profiter comme les autres confessions.
Elle aurait dû savoir gré à ceux qui luttaient pour de telles idées, et leur montrer au moins une neutralité dont elle aurait été la première à profiter.
Mais, exaspérés par les échecs subis sur le plan politique, méconnais sant dans un aveuglement, que nous voulons croire passager, les efforts des spiritualistes vers la création d’un idéal élevé, certains écrivains, issus des sacris ties, ont imaginé une calomnie qui serait grotesque, si elle n’était absurde par essence: l’a/firmatz‘on que le diable (avec lequel on fait peur aux petits enfants}, est celui qui a pris à cœur de ramener les athées à la foi et les savants à l’étude de l’immortalité de l’âme.
' Et pour cela, on a confondu dans une même salade les francs-maçons athées du Grand-Orient, les spi rites, les groupes mystiques et les martinistes dont les ancêtres se sont fait guillotiner en 93 pour défendre le Christianisme contre l’Obscurantisme Iaïque_ déjà commençant. Quand les premières publications concernant la
J'y—w...“ .. ....u . ,_ ._.,. ....«...avuu . .- .;, ., .,.« .»1; -. LE DIABLE ET L’OCCULTISME IOI prétendue action de ce fameux Lucifer parurent, . nous nous fîmes quelques pintes de bon sang\ sa chant bien qu’en France l’instruction était assez développée pour faire justice de pareilles inepties.
Mais, comme les éditeurs spéciaux ont trouvé au fond des campagnes quelques braves prêtres et quelques pauvres femmes qui ont cru réellement que Lucifer apparaissait à des Parisiens, les livres se multiplient, les accusations bêtes s’accumulent, et il nous semble utile de remettre une fois pour toutes les choses en leur place. et de répondre personnelle ment à ceux qui nous ont fait le très grand honneur de s’occuper de notre humble personne.
L’OEUVRE DE JULES D.-—- LA PAROLE D’HONNEUR. « PARDONNEZ-NOUS NOS OFFENSES ». A côté de l’énorme publication de M. Bataille, d’autres ouvrages de moindre importance et de plus grande valeur littéraire ont vu le jour.
Nous ne nous arrêterons pas aux publications des romanciers ou des journalistes comme MM. Huysmans et C“’,aux quels les fraternités initiatiques ont fermé leur porte au nez et qui n’ont à leur service que leur brillante imagination et leur style captivant. Ils ne peuvent rien savoir et cela indique de suite la valeur qu’on peut attribuer à leurs compilations.
Mais parmi ces ouvrages, il en est un publié par un homme de grand cœur et de belle intelligence, M. Jules B”, qui a pensé se cacher sous un pseu donyme, mais sans succès d’ailleurs. M. Jules D'" a
102 L’INITIATION fait partie de l’ordre Martiniste et a été le rénovateur de l’Église gnostique; de plus, il possédait un des hauts grades du Grand Orient. A ces titres divers il mérite toute notre attention. Son ouvrage intitulé Lucifer démasqué ne doit pas être entièrement de sa main. Il y a des absurdités et des pages si mal écrites que nous y reconnaissons la facture habituelle de MM. Bataille et C".
Mais, à côté de cela, quelles merveilles de description et de style! Jules D'“ est un merveilleux poète à qui man qua la culture scientifique nécessaire pour expliquer sans trouble les phénomènes que lui prodigua le monde invisible. Faute de ce roc de I’Entendement qui permet de discerner les reflets et les êtres réels, il ne restait à cette âme élevée que deux issueszla conversion, c’est-à-dire l’abandon de tout l’idéal de sa vie, ou la folie.
Bénissons le ciel que le patriarche de la Gnose ait choisi la première voie. Puisse t-elle lui apporter cette « paix du cœur » que nous avons rencontrée à notre sortie du matérialisme, et puisse le pardon de ses frères lui promettre encore de longs et heureux jours! Pauvre cœur qui voit du satanisme dans l'œuvre de ce doux Claude de Saint—Martin qui fut le modèle des catholiques pratiquants !
Quelle angoisse a donc pu étreindre cette âme au point de lui faire croire que le diable avait le pouvoir de prendre les traits du Christ? Choisi par l’Invisible pour une œuvre sacrée, ce noble esprit s'est effaré, et cela nous évoque l’image d’une Jeanne d’Arc accusant ses invisibles guides d’être des diables revêtus d’apparences an
LE DIABLE ET L’OCCULTISME 103 WW t5M‘.ÏZ‘ZÆJL'˓ϔŸË"”mLÉÏ ’- i=" ' - .__.—.a.J'J .a géliques! Le ciel permettrait—il jamais une sem blable dérogation à ses lois? Mais,l’œuvre inscrite là-haut doit s’accomplir, indifférente de son réalisa teur. Pistz’s Sophia vient de voir le jour en langue française, et les Évangiles resplendissent, illuminés par la révélation gnostique.
Pauvre ami, lisez Pistis Sophz’a; ce sera là le seul châtiment que vous infli gera l’lnvisible que vous avez calomnié. Martiniste, vous n’avez pas fait partie intégrante du suprême Conseil, et vous avez livré à la publicité ces cahiers que possède tout membre de l’Ordre, et qui sont placés sous la sauvegarde de la parole d’hon— neur de l’honnête homme ; car nous n’exigeons le ser— ment de personne.
Prévenus depuis longtemps, nous avons modifié ce qu’il fallait modifier, et votre manquement à l’honneur tournera à notre profit; car on pourra maintenant, grâce à vous, voir la pureté de nos doctrines spiritualistes et de nos in tentions. Vous révélez aux rites maçonniques athées notre puissance et notre force; c’est que cette révé lation était nécessaire, à la veille des événements politiques qui se préparent.
Mais vous avez su rendre justice à Ia loyauté de nos efforts ; votre âme effrayée a déploré notre pré— tendu satanisme, mais en termes émus; et, cepen dant, les lois de l’Invisible sont inexorables et votre esprit devrait, dès la mort, implorer en souffrant le pardon de chacun de ceux que le manquement à la parole d’honneur a pu transformer en adversaires. Les lois de l’honnêteté sont indépendantes de tous les cultes. Vous aviez le droit absolu de devenir un ..:.I.
104 L’INITIATION catholique pratiquant; mais vous n'aviez pas le droit de manquer à votre parole d’honneur et de publier ce qui fut confié à votre discrétion, pas plus que le confesseur n’a le droit de révéler les secrets de la confession: En violant les lois de l’honneur, vous avez contracté dans l’autre monde une dette terrible dont, seuls, peuvent vous libérer ceux à qui vous avez voulu faire du mal.
Je ne puis personnellement élever la voix qu‘au nom d’un seul des trois Ordres que vous avez voulu molester: le Martinisme. Claude de Saint—Martin, allant au théâtre, se détournait de sa route pour porter le prix de sa place à des malheureux et affir mait prendre à cela un plaisir bien plus grand que celui que lui aurait procuré le spectacle; voilà l’un des exemples que nous enseigne celui que vous croyez être un sataniste.
Aussi, au nom de l’Ordre Martiniste que je représente, je déclare solennelle ment vous pardonner de toute mon âme le mal que vous avez voulu nous faire. et je vous relève de toutes les dettes contractées envers nous par votre manquement à la parole donnée. Que la paix du cœur soit avec vous ! PAPUS. a..c-.. __ a —
.1» ,— .«. 1».:.J'". .,..a:u.=» u 1'. 4....ng u.r1urîtäflvÏêk.flwl— . ,. .a ,. . DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 105 Division du ciel en maisans astralagiquea ET DÉTERMINATION DES ARCS DE DIRECTION PAR LA METHODE RATIONNÉLLE DE jÉAN DE MONTÉRÉGIO Accompagnées d’une comparaison rapide avec les autres 1 systèmes.
I DEUXIÈME PARTIE CALCUL DES DIRECTIONS Au temps de la naissance, les astres par leurs posi tions présagent les événements qui se produiront durant l’existence du nouœau-né.
Une première inter prétation de la figure généthliaque (I), obtenue en examinant les dignités de planètes, leurs aspects et leurs positions à l'égard des maisons, fournit, outre la connaissance des facultés intellectuelles, des tendances passionnelles et du tempérament physique, des pré sages touchant les chances de fortune et de célébrité, les menaces de mort et de maladies, etc. Cependant, ces indications précieuses perdraient de leur valeur s’il était impossible de déterminer à quelle époque de la vie elles se réaliseront.
Or tous les astrologues pré tendent que le thème de nativité permet également de pronostiquer la date exacte des événements et, pour la trouver, ils usent de plusieurs méthodes. (I) Pour cette première interprétation nous renverrons à notre Traité d’Astrologie judiciaire. Chamuel, 1895.
i 06 L’INITIATXON - -- han..- --.... u-m—--. g.!ut. vu-u On a coutume de considérer un thème généthliaque comme une figure immobile, et on oublie très souvent qu’il n’est que le germe de toutes les influences qui se répandront sur le nouveau-né.
C’est une grave erreur, car non seulement les planètes continuent à le par courir, déterminant ainsi par leurs passages des acci— dents conformes aux lieux qu’ils traversent mais en core le mouvement diurne l’entraîne en une perpé— tuelle rotation autour de la terre, modifiant ainsi les influences à chaque heure de la journée.
En outre, des révolutions idéales prennent naissance qui viennent développer les présages originels et les conduire de puissance en acte en formulant toute la multiplicité des circonstances. Le thème devient un être que semble animer une vie propre dont toutes les mani festations étudiées avec soin peuvent seules donner la clef des événements qui tisseront la vie du nouveau— né.
Dans la figure de nativité l’œil exercé de l’adepte peut lire l’avenir dans ses détails les plus infimes, mais pour beaucoup ces développements sont néces saires. Tous ces mouvements nullement contradic toires, mais qui au contraire se développent harmo nieusement, sont étudiés en astrologie sous le nom de directions, de révolutions, de progressions et de pas sages. Tous sont utilisés pour déterminer dans le temps les événements.
Nous n’examineronsici que les Directions, réservant les autres pour une autre étude, s’il plaît à Dieu. L’action du destin se manifeste sous des formes nombreuses, et l’homme la ressent dans sa personne, dans ses aspirations, dans ses affections ou dans ses -.-ïr -—--.--m....H L,fl
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES I07 intérêts. En outre, elle est bonne ou mauvaises, béné fique ou maléfique suivant qu’elle produit la santé ou les maladies, une augmentation ou une diminution de fortune, des honneurs ou des persécutions. Aussi Morin, dans le but de déterminer l’espèce des acci dents, considère-t-il le sujet qui est affecté et la nature de l’affection.
Tout accident ayant sa raison d’être dans le thème de nativité et une recherche habile devant permettre de découvrir en ce dernier les présages qui s’y rappor tent, il sera nécessaire, pour que la prédiction soit complète, qu’on puisse la faire porter sur le sujet et sur la nature de l’afiection.
On parviendra à ce résul tat en étudiant les actions et réactions des planètes entre eux et en examinant les modifications éprouvées par leurs influences primitives.
Ainsi que l’enseigne Ia tradition, ce qui se passe dans notre monde sublu maire est l’image exacte des faits qui s’accomplissent dans le monde céleste, les planètes ne se rencontrent pas seulement dans le ciel, mais aussi sur la terre et parmi nous, et l'échelle des correspondances permet de savoir quels événements se produiront ici-bas lors que Jupiter ou Vénus auront été offensés par des re gards maléfiques de Saturne ou de Mars.
Dans l’interprétation générale on parvient à la connaissance des modifications et des affections éprou vées par chaque astre en considérant les aspects et les positions dans le zodiaque. Là chacun d’eux est alter nativement agent ou patient suivant les circonstances dans lesquelles on l’examine. C’est ainsi que, dans une quadrature de.l upiter et de Mars, la pure influence
108 L’INITIATION primitive de ces deux planètes se trouve altérée. Dans le calcul des Directions il n'en est point de même; il appartient en propre à certaines planètes ou à certains lieux de la figure de déterminer le sujet de l’affection, tandis que d’autres sont chargés de fixer sa nature. Aux premiers on donne le non de Sigm_'fi cateurs et aux seconds celui de prometteurs.
En outre, par une conséquence même de leur position nous ver— rons plus tard qu’il est impossible d’intervertir l‘or dre. Dans un thème de nativité chaque significateur est susceptible de se combiner avec chacun des promet teurs pour donner naissance à un événement, ou en d’autres termes de constituer avec chacun d’eux une Direction. Toute Direction comporte donc deux facteurs, un significateur et un prometteur qui en sont les Termes.
Quant à l’espace de temps qui sépare la naissance de la réalisation de l’événement ainsi annoncé, ildépend de la distance qui existe entre les deux Termes consi dérés, et qui constitue l’Arc de Direction. Les astro logues nous ont légué plusieurs méthodes pour la calculer et pour la convertir en temps; leur exposition fera l’objet du présent travail.
Pour expliquer les faits qu’une longue expérience leur a permis de constater, et sur lesquels s’appuie le calcul des Directions, les anciens admettent un mou vement idéal du premier mobile. Les prédictions se réalisent lorsque suivant le cas le prometteur est ame né à la position du significateur ou ce dernier à celle du prometteur. Quant à la vitesse avec laquelle s’o
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 109 père cette rotation, nous verrons qu’elle varie un peu avec les auteurs, mais qu’elle est en moyenne d’un degré par an. Nous observerons dès maintenant que si chaque significateur est susceptible de fournir des présages avec tous les prometteurs, il s’en faut de beaucoup que tous soient réalisables, étant donné le peu de longévité de l’homme.
Par analogie, diriger est devenu synonyme de me— suref l’arc de Direction parce que, anticipant sur les événements, l’astrologue imprime à sa sphère céleste un mouvement identique à celui qui doit déterminer l’événement dans la réalité.
C’est pourquoi Morin distingue la Direction naturelle et la Direction artifi cielle, et c’est de cette dernière que parle Jean de Mon teregz’o lorsqu’il dit: « Diriger n’est autre chose que mouvoirla sphère jusqu’à ce que le second lieu soit amené à la position du premier. » SIGNIFICATEURS Le significateur est un planète ou un point du ciel qui indique le sujet de l’affection.
Les auteurs ne sont pas toujours d’accord au sujet de leur nombre; cependant presque tous admettent les cinq significations de Ptolémée en leur conservant leur nature primitive. Leurs réformes se bornent à en adjoindre de nouveaux pourvus de significations plus spéciales: aussi leur innovation ne doit pas être rejetée ‘ sans un examen préalable.
Il en .est tout autrement quant à Morin de Villefranche, car nous verrons qu'il ne se borne pas à accroître le nombre des signi ficateurs, mais qu’il leur enlève leur signification fixe
I 10 L’INITIATION pour leur en attribuer de nouvelles variant suivant les lieux qu’ils occupent dans la figure. Ptolémée (I), dont l’autorité est incontestable, en seigne que l’on doit diriger les cinq significateurs suivants : ' L’Horoscope, pour la santé et les voyages ; La partie de fortune, pour les biens. La Lune, pour les passions de l’âme et pour le ma riage. Le Soleil, pour les dignités et la gloire.
Le sommet du ciel, pour les actions particulières de la vie et pour la procréation des enfants. Junctin de Florence (2) admet ces cinq significa teurs, mais il fait observer que les auteurs moins an ciens que Ptolémée y joignent les autres Planètes. Il enseigne qu’on doit examiner : L’Horocospe pour la santé et la complexion du corps ainsi que pour les affections et les mœurs de l’âme.
La Lune, pour les voyages, les mariages, la situa tion de l’épouse et des femmes consanguines. \ Le Soleil, pour les honneurs, les dignités et la gloire. La partie de fortune pour les richesses. Le maître de la partie de fortune, quel qu’il soit, sert à obtenir les présages de même nature. Le milieu du ciel, pour les honneurs, les dignités, les charges, la faveur des grands, les professions, les (I) Sent. 77 du Centiloque, et 1. IV, ch. II, du Quadipar tite. (2) Francisci Junctini Comment. in Ptol. de astre. judic., l. [11, ch. x11.
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES III amitiés, la situation de la mère, la procréation des enfants et toutes les autres actions de la vie. Saturne, pour la situation des ancêtres, les disposi— tions de l’esprit, les héritages, les constructions. Jupiter, pour la gloire, les richesses et les enfants. Mars, pour la victoire, le courage, les frères et les choses de guerre.
Vénus, pour le mariage, les plaisirs, les choses pré cieuses et la situation des femmes consanguines. Mercure, pour l'esprit, l’industrie, la profession, les affaires, les voyages et la position des frères puînés. Enfin Juncz‘z'n nous‘apprend qu’en dehors de ces significations empruntées au tableau des correspon dances, il s’en forme d’accidentelles dues à la nature des maisons occupées par les significateurs.
Garcœus (I), qui presque partout s’est inspiré de Junctin et lui a emprunté de nombreux passages, n’abandonne pas ses habitudes et reste d’accord avec lui sur ce point. Orz'ganus (2) ne se borne pas à joindre au Soleil et à la Lune les cinq planètes inférieurs, mais joint à l’horoscope et au sommet du ciel les cuspides des autres maisons. Il porte ainsi à vingt le nombre des significateurs.
Cependant il fait remarquer que sui vant le précepte de Ptolémée, il accorde la plus grande importance aux cinq qui avaient été primitivement adoptés. Quant à Cardan, il semble, comme le fait remarquer (i) Astrologiæ methodus, ch. vu, p. 79. (2) Astrologia naturalz‘s., membr. IV, part. 3.
I I2 L’INITIATION Morin, que sa doctrine a subi des variations (I).
Ainsi après avoir combattu Haly qui s’écartait de l’enseignement de Ptolémée, il dirige le Soleil, la Lune et Mercure pour connaître l’état de l’âme; le Soleil, la Lune et l’Horoscope, pour celui du corps; le cuspide de la maison Il pour les richesses; Vénus pour le mariage, etc. Mais, ainsi que nous le faisions remarquer, tous ces auteurs n’ont fait qu’augmenter le nombre des signi ficateurs et tous n’ont pas cessé de considérer comme les plus importants ceux qui avaient été indiqués par Ptolémée.
Il appartenait à Morin de Villefranche d’in troduire une réforme beaucoup plus sérieuse analogue à celle qu’il aapportée dans l’interprétation générale de la figure de nativité. Selon lui on ne peut diriger un significateur que pour les choses auxquelles il est déterminé par sa position dans l’une des maisons de la figure.
C’est donc à tort que l’on s’occupe de la Lune pour arriver à connaître l’état de l’âme ou du Soleil pour être renseigné sur la gloire et les dignités. Ces deux planètes ne pourront fournir semblables présages que lorsque le premier occupera la maison I ou en sera le Seigneur et lorsqu’il en sera de même du second à l’égard de la maison X (2).
Il enlève ainsi aux planètes ce qu’il appelle la signi fication universelle ou selon la substance, pour ne leur laisser que celle en harmonie avec la maison qu’ils (I) Aphorisme 39, 1, 111; Comment. sur le quadripart. De judiciis geniturarum, 1. IV. (2) Il admet cependant qu'un planète peut être déterminé soit par présence, soit par domination, soit par aspect.
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES Il?) occupent ou qu’ils gouvernent. Là il est en contradic tion absolue avec tous les autres astrologues. Junctin avait bien admis que les planètes prenaient parfois une signification accidentelle due à la maison qu’ils occupent, mais, si cette exception devient une règle générale, presque toutes les interprétations laissées par les anciens deviennent inexplicables et doivent être rejetées.
Quant au nombre des significateurs, suivant Morin il est de vingt : les sept planètes, les douze cuspides des maisons célestes et la partie de fortune. Les cus pides doivent être dirigés pour obtenir des présages conformes aux attributions des maisons. Enfin chaque planète peut être dirigé pour plusieurs choses, car chacun d’eux peut occuper une maison. et être seigneur d’une autre.
Réciproquement il peut se ren contrer plusieurs significateurs d’un même accident. Ainsi la maison X, son seigneur, le ou les planètes qui l’occupent peuvent être dirigés pour les richesses, les honneurs, les actions, etc. Nous voici bien éloignés de la doctrine du prince' des astrologues, mais nous estimons qu’avant de s’en gager dans la voie de semblables réformes, il faut se pénétrer de l’esprit de ses enseignements.
Il est évi dent que Ptolémée considérait l’interprétation géné— rale et le calcul des directions comme deux opérations totalement différentes menantà des résultats à peu près analogues par des chemins qui ne présentaient aucune ressemblance. Quand il prend le Soleil et la Lune comme significateurs, il convient de ne pas ou blier que les deux luminaires se différencient nette
1 14 L‘INITIATION ment des cinq planètes inférieurs, que leur nature particulière peut être seule à leur donner cette qualité et que par suite les autres planètes peuvent se trouver privés de ce qui permettrait de les élever à semblable dignité.
Quand enfin il adopte l’horoscope et le mi lieu du ciel, il est urgent de rappeler que pour lui qui opérait la domification céleste par la méthode égale, le milieu du ciel ne coïncidait pas avec le cuspide de la maison X. Il n’y a donc aucune raison pour ne pas utiliser les autres angles de la figure.
Enfin en s'ap— puyant sur l’emploi de la partie de fortune, pourquoi ne dirigerait-on pas également les autres parties : par tie de vie, partie de parents, partie des enfants, etc. PROMETTEURS Le prometteur est un planète ou un point du ciel qui indique la nature de l’affection. Le nombre des prometteurs varie suivant les au teurs.
Morin de Villefranche (2) s’éloignant davan tage de ce que l’on peut considérer comme l'opinion la plus commune, nous allons présenter une compa raison de sa doctrine avec celle des autres astrologues. Suivant lui, les prometteurs sont au nombre de quatre-vingt—douze : i. Les sept planètes et les lieux qui leur sont oppo sés; 2. Les points du ciel où tombent leurs aspects tant dextres que semestres ; (1)Astrologia Gallica, 1. XXII, ch. HI. (2) 1bid., l. XXII, ch. 1v.
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES [15 3. Leurs antîsces; 4.. La partie de fortune. Tous les auteurs sont d’accord au sujet des sept planètes et de leurs aspects. Si Cardan et Origan ne s’occupent pas du dodectile et du quinconce, c’est à cause de la faiblesse de leur action et non parce qu’ils leur refusent cette qualité. Cardan (I) considère cinquante—huit prometteurs.
Il retranche les Antisces et la partie de fortune, et’ ajoute la tête et la queue du Dragon.
J Or Morin ne veut par admettreles nœuds de la lune au nombre des prometteurs, « car, dit-il, le point de l'écliptique, qui est pour nous la tête du Dragon ou nœud ascendant de la lune, est le nœud descendant pour les habitants de l’hémisphère austral, tandis que le nœud qui est pour nous descendant est ascendant pour eux; d’où il suit que la vertu universelle d’un même nœud est diverse dans un même temps, ce qui est absurde (2) ».
Ptolémée, Junctz'n et beaucoup d’autres prennent les termes des planètes comme prometteurs.
Quant à Morin, il refuse d’abord de considérer les termes comme dignités essentielles (3), et il déclare ensuite que Ptolémée et les autres astrologues les regardaient comme prometteurs parce qu’ils n’arrivaient pas, par suite du petit nombre de significateurs qu’ils avaient adopté, à trouver la raison de tous les accidents (4). (1) De Judiciis gent‘turarum, ch. v. (2) Astrologia Gallica, 1. XXII, ch. 1v. , (3)1bz‘d., l. XV, ch. 111. (4)1bid., I. XV, ch. xnr.
i 16 L’INITIATION Enfin Origan (I), Junctin, Rangovius. dirigent également les significateurs aux étoiles fixes. Morin reconnaît qu’ils ont raison en cela et leur attribue lui aussi une certaine efficacité. En résumé, si on compare ces différentes opinions, on s’aperçoit qu’elles ne présentent pas des divergences aussi considérables que celles que nous avons rencon trées aux sujets des significateurs.
Si on élimine les antisceset les cuspides des maisons, que certains as trologues voulurent même considérer comme promet— teurs, et ne conserve que les planètes, leurs aspects et leurs termes,la partie de fortune,la tête et la queue du Dragon, on se trouve d’accord avec presque tous les auteurs. DIRECTION DIRECTE ET DIRECTION lNVERSE La direction d’un signifi'cateur à son prometteur peut s’opérer de deux façons.
On admet en effet qu’un événement prend naissance soit lorsque le prometteur parvient à la position du significateur soit lorsque au contraire ce dernier parvient à la position du promet teur. Dans le premier cas le prometteur suit le signifi‘ cateur et la direction est dite directe et suivant l’ordre des signes. Dans le second il le précède,et la direction est appelée inverse et contre l’ordre des signes.
Ces deux modes de direction ne s’appliquent pas indifféremment à tous les significateurs. L’inverse est utilisée pour la partie de fortune et pour les planètes rétrogrades. La directe sert dans tous les autres cas. (I) Astr. nat. Davidis Origani (Membrum), IV, ch. I.
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES II7 Lorsqu’il s’agit donc de diriger la partie de fortune, par exemple, on ne doit s’occuper que des prometteurs qui la précèdent. Réciproquement avec l’horoscope ou le soleil on ne tient compte que de ceux qui les suivent.
L’introduction des planètes secondaires et des cus pides des maisons parmi les significateurs a eu pour conséquence de créer des situations où les deux termes de la direction peuvent être pris indifféremment comme significateur ou comme prometteur. C’est ce qui arrive lorsque Vénus précède Mars rétrograde.
Il en résulte deux directions susceptibles de donner naissance dans le même temps à deux événements très différents.Morin de Villefranche repousse cette double direction; il ne peut admettre que ce qu’il considère comme une même cause produise au même instant deux effets différents, aussi préfère-t-il appor— ter quelques modifications à la direction inverse (1).
Cependant ces effets ne sont pas plus incompréhensi bles que ceux des aspects,et l’on doit bien reconnaître qu’une quadrature de Mars et de Jupiter est suscepti ble de recevoir deux interprétations.
CALCUL DE L’ARC DE DIRECTION En abordant le calcul de la distance, qui sépare un significateur de son prometteur, l’étudiant sent le découragement s’emparer de lui, car les systèmes abondent, et l’embarras est grand dès qu’il s’agit de faire un choix.’ Doit-on évaluer cette distance en de- ‘ (I) Astrologia Gallica, 1. XXII, ch. vu.
i 18 L'INITIATION grès d’ascension droite, d’ascension oblique ou de longitude ? Telle est la question qui se pose. Les œuvres de Ptolémée sont assez obscures en la matière, et plusieurs auteurs ont pu, pour appuyer des sys tèmes différents, se recommander de lui et prétendre être seuls à l’interpréter fidèlement.
A peu de chose près, les diverses méthodes qui ont été indiquées pré— sentent la plus grande analogie avec celles que nous avons étudiées au sujet de la domification du Ciel. Dans un cas comme dans l’autre, l’esprit humain a procédé de la même façon, et il semble que les ré formes appliquées à l’une de ces opérations ait été étendues à l’autre.
Junctz'n et Morin exposent toutes les opinions qui ont été formulées sur le sujet qui nous occupe et le lecteur désireux de posséder des détails trouvera prin cipalement dans les œuvres du premier le dévelop pement de toutes les doctrines qui peuvent l’intéresser. Sans nous étendre aussi longuement, nous allons in diquer les principaux systèmes qui ont été en usage parmi les astrologues.
Dans un premier on relève les longitudes des deux termes sans tenir compte de leurs latitudes et suivant que la direction est directe ou inverse, on retranche la longitude du significateur de celle du prometteur ou celle du prometteur de celle du significateur. Le reste constitue l’arc de direction. Les aspects des planètes sont pris sur l’écliptique.
Dans un second, on opère au moyen des ascensions droites et, suivant, le cas on retranche l’ascension droite du significateur de celle du prometteur ou ré- .
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 119 ciproquement. Le reste fournit l’arc de direction. Les aspects sont pris sur l’équateur, en ajoutant le nombre de degrés nécessaires pour les former à l’ascension droite du planète. Ces deux systèmes présentent fort peu de difficultés et nous croyons inutile de nous étendre plus longue ment sur la marche à suivre dans le cas Où l’on choi sirait l’un d’eux.
Nous accorderons plus d’attention à celui qui procède par temps horaires et par arcs semi diurnes ou semi-nocturnes soit parce qu’il semble plus conforme à la doctrine de Ptolémée, soit parce qu’il possède quelques rapports avec celui de J. de Monteregio, et nous l’examinerons en même temps que ce dernier.
Dans la méthode rationnelle on suppose que les prédictions se réalisent lorsque le terme qui, suit par vient au cercle de position du terme qui précède. L’arc de direction égale l’arc de l’équateur qui pen dant ce mouvement s’élève au-dessus de ce cercle de position.
En principe, on obtient cet arc en retran chant l’ascension oblique du terme qui précède de l’ascension oblique que possède le terme qui suit lorsqu’il parvient au cercle de position du précédent.
Mais, si on considère que pour un astre qui oc— cupe le méridien, l’ascension oblique égale l’ascen sion droite et que pour un astre qui occupe l’horizon l’élévation du pôle sur son cercle de position est égale à la latitude du lieu d’où on l’observe, on verra qu’en pratique il se présente trois cas qui se différencient par les opérations qu’ils exigent. 1° Le terme qui précède occupe le méridien et il ——’-—._—-‘.x . __,
120 b’INITIATION suffit pour _obtenir l’arc de direction de retrancher son ascension droite de celle du terme qui suit; 2° Il occupe l’horizon, et l’on doit retrancher son ascension oblique de celle que possède le terme qui suit lorsqu’il parvient à son cercle de position; 3° Il est situé en dehors de l’horizon et du méridien et il devient nécessaire de rechercher l’élévation du pôle au—dessus de son cercle de position pour opérer ensuite comme dans le cas précédent (1).
La méthode rationnelle et celle par temps horaires sont parfaitement d’accord dans les deux premiers cas et procèdent de la même façon. Il n’en est pas de même à l’égard du troisième et voici pourquoi: Les anciens astrologues avaient parfaitement reconnu l’insuffisance des ascensions droites pour déterminer la position d’un autre par rapport à l’horizon, et bien avant J. de Monteregio, on avait songé à utiliser les'ascensions obliques.
Mais dans l’impossibilité où l’on était alors de calculer l'élévation du pôle au-des sus du cercle de position d’une étoile, on avait dû res treindre l’emploi des ascensions obliques au cas où elle occupait l’horizon.
Les problèmes que nous donnerons dans la suite feront connaître la manière dont on devra procéder dans l’emploi de la méthode rationnelle, et nous allons indiquer l’usage qui a été fait des temps ho raires et des arcs semi-diurnes ou semi-nocturnes pour obvier à l'inconvénient cité plus haut. (1) On verra dans la suite que l’élévation du pôle au-dessus du cercle de p0sition est l’un des éléments nécessaires pour calculer l‘ascension oblique.
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 121 Suivant sa déclinaison et la latitude du lieu d’où on l’observe, un astre séjourne plus ou moins long— temps au-dessus de l’horizon. L’arc qu’il décrit dans ces conditions exprimé en temps et mesuré par la durée du séjour porte le nom d’arc diurne. L’arc nocturne représente la durée du séjour au-dessous de l’horizon.
En divisant par six l’arc semi—diurne ou l’arc semi nocturne, on obtient les heures temporelles diurnes dans le premier cas, et nocturnes dans le second. On appelle temps horaires le nombre des degrés de l’équateur qui se lèvent pendant une heure tempo relle. , Ceci posé, si le significateur est situé en dehors des angles, c’est—à-dire entre l’horizon et le méridien, on opérera comme il suit (1) : I.
On recherchera la distance du significateur et du prometteur au sommet ou à la base du ciel (2). 2. On calculera les temps horaires du significa teur et du prometteur. Diurnes, si le significateur est situé au-dessus de l’horizon; nocturnes, s’il est au— dessous. 3.
On divisera la distance du significateur au som met du ciel par ses temps horaires et on obtiendra ainsi le nombre d’heures temporelles qui le séparent du sommet du ciel. (1) Nous supposons que la direction est directe. (2) Au sommet si le significateur est situé au-dessus de l‘ho rizon et à la base s'il est au-dessous.
Cette distance se compte en degrés d’ascension droite et s‘obtient en retranchant, sui— vant le cas, l’ascension droite du significateur de celle de l’an gle céleste ou celle de ce dernier de celle du significateur.
12 2 L‘INITIATION 4.. On multiplie les temps horaires du prometteur par ce dernier nombre et on obtient ainsi le nombre de degrés de l’équateur qui devront le séparer du sommet du ciel pour qu’il occupe la même position que le significateur.
Alors, si le significateur et le prometteur se trouvent placés entre le sommet du ciel et l’horoscope ou entre la base du ciel et le cuspide de la maison Vil, le produit ainsi obtenu est retranché de la distance du prometteur à l’angle du ciel.
Si le significateur et le prometteur sont situés entre l’horoscope et la base du ciel ou entre le cuspide de la maison VII et le sommet du ciel, on retranche du produit la distance du prometteur à l’angle du . ciel.
Enfin, si le significateur est situé entre le cuspide de la maison VII et le sommet du ciel, ou entre l‘horos cope et la base du ciel, et que le. prometteur se trouve dans l’un des autres quadrants. on doit ajouter au produit la distance du prometteur à l’angle du ciel. Dans chacun de ces cas on obtient en dernier lieu l’arc de direction qu’il reste à convertir en temps.
Nous avons supposé que pour déterminer l’arc semi diurne ou semi-nocturne d’une étoile et par suite ses temps horaires, on tenait compte de sa déclinaison. Mais il convient d’observer que dans les recueils as trologiques qui nous sont parvenus on n’opère pas toujours ainsi. Les uns se bornent à déterminer les temps horaires du degré de l’écliptique qui se lève avec l’étoile qu’on considère;les autres, simplifiant v>.l
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 123 '!.F“"fl’:fi-‘, - - - davantage, calculent simplement les temps horaires de son degré de longitude (I). , ‘ Un examen rapide permettra au lecteur de vérifier ce que nous avançions touchant la ressemblance du système que nous venons de décrire avec celui de Jean de Monteregio.
Il deviendra encore plus mani feste dans la suite qu’elle a pour but de déterminer par un calcul proportionnel, une position qu’il était impossible d’obtenir directement, alors que l’on ne possédait pas encore le moyen de mesurer l’élévation du pôle au-dessus du cercle de position d’une étoile. Dans la projection des aspects, il se présente de nouvelles difficultés.
Nous ne pouvons indiquer ici toutes les opinions émises à ce sujet et scrupuleuse ment rapportées, soit par Morin, soit par Junctin. Après Ptolémée, Leovitius, Monteregio, Cardan, Kepler et Morin se sont efforcés de formuler la loi exacte qui préside à leur répartition. Tous veulent qu’il soit tenu compte de la latitude du planète; les uns uniquement pour attribuer une latitudeà l’aspect, les autres pour modifier en outre sa longitude (2).
Ptolémée donnait à l’opposition une latitude égale, mais de valeur contraire à celle du planète. Quant aux autres aspects, il les prenait exactement sur l’éclip— tique. CONVERSION DE L’ARC DE DIRECTION EN TEMPS Ptolémée dit qu’il faut compter une année pour (1) L’étude de ces 'méthodes nous entraînerait trop loin.
Elle nécessiterait un commentaire du passage de Ptolémée ayant rapport à cette matière. (2) Les aspects feront le sujet d’une étude spéciale.
124 L'INITIATION chaque degré de l’arc de direction. (Quadrip.. 1. III, ch. xv.) (Jette opinion assez généralement adoptée a pour tant rencontré des contradicteurs. Cardan dans son commentaire y apporte une légère modification qui a été acceptée par tous les astrologues de son époque. Il considère le mouvement moyen du soleil et estime que chaque degré de l’équateur vaut une année, cinq jours et huit heures. Réciproquement, l’année corres pond à 59’ 8” au lieu de un degré. Tycho Brahé rejette le mouvement moyen pour prendre le mouvement réel et apparent au jour de la naissance. (A suivre.) A. HAATAN. ra.
1.}. @N@STI@ÜES (NOTES BIBLIOGRAPHIQUES) (i) AUX GNOSTIQUES La gnose se répandit en Italie à l’époque des empe reurs romains. Des trois sociétés gnostiques: la judaïsante, l’anti— judaïque et l’éclectique, la première seule fut, à ce qu’il semble, composée de chrétiens; c’est elle qui nous laissa des clous magiques. Ces monuments témoignent que les gnostiques étaient encore en possession des bribes de la science ancienne d’Hermès Trismégiste. Ces clous, véritables talismans, « se fichaient à quelque meuble ou à quelquelieu particulier (Norelle Dz'lucz'dagz’oni, etc., p. 6) », et, de cette manière, ils protégeaient des démons ou des esprits maléfiques les propriétés et les bestiaux. (1) Voir la brochure Nopal/e Dilucz‘dafioni sopra un antico chiodo magico, presentato al Vil Congresso italiano dal prof. Oridi con la notizia e la illustrazione di altri simili arnesi di Giulo Mineruini, segretario aggiunto dell' Accademia Ponta niana, etc. ; Napoli, tipografia Priggiobba, 1846.
126 L’INITIATION Ils portaient généralement des inscriptions gravées de symboles gnostiques sur les quatre côtés et des cannelures sur la tête. Nous ne connaissons que trois monuments de ce genre. 1 .
CLOU DE M. LE MARQUIS DE BUSCA M. le professeur Minervini le décrit de cette ma nière: - . l « C’est un clou en bronze à quatré’côtésfbien équarris, sur lesquels on a gravé plusieurs animaux, c’est—à-dire des quadrupèdes, des serpents et des scor—' pions. Ce n’est que sur un de ses côtés qu’on peut lire un mot: ÉIKQN, lequel est grec. » Le même auteur ajoute: ' . « C’est de cette courte description du clou (tirée d’un mémoire de M. le ch.
Gerhard), que nous dé duisons qu’ici il s’agit d’un monument gnostique, car tel nous le montrent les serpents, les scorpions et les autres animaux qu’il porte gravés. » Il CLOU DE M. SPINELLI, PRINCE DE SAINT-GEORGES C’est de la façon suivante que M. Minervini en fait la description (p. 33 de son mémoire) : « Il est en bronze, de la longueur de o'“,og: il a aussi une tête et quatre côtés avec des inscriptions et des signes gravés délicatement.
CLOUS GNOSTIQUES 127 _ i5îr? « Ils démontrent qu’il s’agit évidemment d’un objet gnostique. « Sur le côté supérieur de la tête, il y a un X, ou une croix, comme on voudra l’appeler. ’ « Sur les quatre côtés, il y a des inscriptions inex— plicables et des symboles manifestement gnostiques.
« Sur le premier côté, on voit avant tout (en com mençant par la pointe) un T ou croix grecque; après, il y ale mot ANHOMBE; il est suivi d’un signe com posé de quatre lignes, lesquelles s’entrecoupent. A chacune de leurs huit extrémités, il y a une boulette, semblable à" celles qu’on rencontre souvent sur les Abraxas (aâpuïdç). Enfin on voit un dauphin.
« Sur le deuxième côté, on observe avant tout un E; après, il y a le monogramme droit du Christ, et puis un œil, des traces d’un serpent et, au—dessus de celui ci, trois lignes, qui s’entrecoupent en un N. « sur le troisième côté du clou, en outre de la répé tition de plusieurs lignes s’entrecoupant, lesquelles _ nous donnent l’idée des, étoiles, on voit aussi un animal ailé, un serpent et la faucille de la lune.
Elle est répétée plusieurs fois, comme pour indiquer les phases de ce satellite. « Il y a encore (tout près de la tête du clou) un ob jet indéterminé, lequel semble être un insecte; on peut croire que c’est un scarabée.
« Enfin, sur le dernier côté, après une lettre particu lière, laquelle ressemble beaucoup à un P grec, ou au phe’ hébraïque, on voit un corne d’abondance et puis un serpent dont la queue se termine par le mo— nogramme droit du Christ. ,_L _ _,\. ,... ...< .t.._
128 L’INITIATION « Au-dessus de ce serpent, il y a une étoile. la tau cille lunaire et les lettres A et (E); au-dess'us, il y a la lettre 5]. « Sans s'étendre longuement sur toutes les minu ties qu’on observe en ce curieux monument, je me bornerai ici à remarquer que tout concourt à nous convaincre qu’il s’agit d’un monument gnostique.
« Les étoiles (le dauphin doit probablement être estimé le symbole d’une d’entre elles), les lunes. leslet tres avec une signification occulte, la croix grecque, le monogramme du Christ, les animaux variés et les autres symboles ne nous feront pas douter que le clou de M. le prince de Saint-Georges soit un mo nument gnostique.
« Mais c'est principalement le serpent qui nous le montre tout particulièrement, car il est répété trois fois dans notre clou. Or on sait bien que ce reptile constitue toute une espèce d’abraxas, en lesquelles on le rencontre avec la signification solaire et assez sou— vent sous la dénomination bien connue de Choubz’s.
« On sait que le divin Maître était estimé par les gnostiques comme identique au soleil; en efïet, on le trouve figuré sous les ressemblances du Soleil: ainsi il est appelé Osiris. » « On sait aussi, comme nous l’avons déjà dit, que le serpent était un symbole solaire. ». . . . . . . . . . - . . . .
« Ces monuments, sur lesquels on voit le serpent symboliser le Christ, se rapportent à la secte (i) des (i) Pourquoi ne pas l’appeler confession, communion ou communauté?
CLOUS GNOSTIQUES I29 Ophites, ou Naasséniens, lesquels, selon ce que saint Epiphane nous dit, enseignaient précisément que leur Christ était le serpent. » (P. 35.) III CLOU DE M. LE CH. TEMPLE, AMBASSADEUR D’ANGLETERRE PRÈS LE ROI DE NAPLES (I) M. Minervini en parle (p. 3) de cette manière: « Sa longueur est de o“‘,2o. Il a la pointe émous— sée, et sa sommité se termine par une tête presque hémisphérique.
Celle-ci porte, gravés sur sa surface convexe, douze sillons, lesquels partent d’un centre commun. Ce sont comme les fusées d’une roue. Le corps du clou a la figure d’une pyramide très allongée avec quatre côtés égaux, sur lesquels on lit une lon— gue inscription. » Notre auteur lit cette inscription de la manière qui suit: Côté 1°”, ligne 1”: DOMNAARTEMIXKRNEA VREASSOLBEKATENA TVAS ENCANES.
Ligne 2: TV0 AGRETESSI ABATICOSSBEALBOSSI bEQVENQVECOAOREM APERTABV. Côté 2, ligne 3: CA. BENFAPETAT (AT mon.) RVRARESARBAQ}II BENITBAC}VI* REAqANDEK (EK mon.) GRAS. T Coté 3, ligne 4.: (1) En 1846.
130 L’INITIATION RASAINCORTE NOSTRANON INTRENPECORANOSTRA NONTAN GANT (NT mon.) ETA Côté 4, ligne 5: SINOSNO w TRONOMOLESTETERDICOTERINCANTO INSIGNVDEI ET SIGNV SALOMONIS. E (P. 5.) C’est à-di re: Domna A rtemi x cr[z”jne aureas solve catena[s] tuas. En canes tuos[s] agre[s]les silvatz’cossjz’Îve albos sive qu[z]nquecolores, aperta bu[c]ca.
Ve[ni] ne a[p]peta[n]t rura res alrjvaque ve[ni_j; t[ur]baque rel[i]qua [i]nd[ejcora s[i]t rasa: in corte'ÿm] nostra[m] non intren[t], pecora nostra non tangant, et asz’nos nostro[s] no[n] moleste[nt].
Ter dico, ter in— canto in sz’gnu[m] Dei, et signum Salomonis, et st gnum de domna Art[e]mi x. (P- 9-) Selon le même auteur, sa traduction est celle-ci: (Chiens, ou démons.) Artemis (Diane, ou Hécate), défie de ta chevelure les liens d’or (pour lier tes chiens). Voilà tes chiens (démons, génies maléfiques) intrai— tables (agrestes).sauvages, blancs ouà cinq couleurs (qui s’approchent) avec la bouche ouverte (aboyant).
Viens, afin que tes chiens furieux ne se renversent sur nos campagnes, sur nos biens et sur nos semaz’lles viens (et ainsi) disparaîtra la troupe [aide des autres (des démons d’autres formes). Qu’ils n’efl’raient pas la volaille (1), qu’ils ne (I) Cors, écrit M. le Professeur Minervini, n’est pas la cour mais l’enclos où est la volaille, c’estè—direle poulallier.
CLOUS GNOSTIQUES 131 s’approchent pas des bestiaux, qu’ils ne molestent pas les bêtes de somme!
Je le dis trois fois etje t’adjure trois fois, par le signe de Dieu (c’est-à-dire la croix), par le signe de Salomon (le pentagramme) et par celui d’Artemz’s (le X ou E). t 4«\‘ Nous ne voulons pas achever ces notes sans avoir fait mention de quelques observations très intéressantes dues à M. le Professeur Minervini, lesquelles nous démontrent clairement la diffusion très étendue des doctrines occultes pendant l’antiquité et leur tradition ininterrompue pendant les siècles suivants.
Notre auteur est d’avis que par sceau de Salomon (sigillum Salomonz’s) on ne doit pas entendre le double triangle entrelacé (1), mais le pentagone stellaire (le pentagramme) (p. 23, lignes 20 à 26); et il ajoute que, lorsque les pythagoriciens écrivaient à leur amis, ils plaçaient en tête de leurs lettres le pentagramme, comme signe du salut (p. 24).
Il ajoute encore qu’on trouve ce même signe peint sur un vase de M. Féoli comme symbole du bou clier de Minerve (p. 28). ‘ Il parle ensuite des médailles de Galène, et il dit que, sur elles, on voit le 718V't‘oiAtput, le pentalfa (p. 24) (c’est-à-direle pentagone avec l’a, initiale du mot Agla, inscrite dans chacun des cinq triangles) comme sym— bole du casque de Pallas. (1) Cela bouleverse nos idées. Voir ce sceau à la page 967 du Traité méthodique de Science occulte par M. Papus.
I 3 2 L’INITIATION Il ajoute à tout cela que ce signe était appellé en Allemagne supérieure (1) den Drm‘den Fuss (le pied des druides) (p. 29) et qu’il était gravé sur les gem mes des templiers. Il fut gravé aussi sur les monnaies des Gaules (Gal— lia C‘eltz‘ca, p. 29, note 3).
Or chacun de nous 2:.- sait bien que ce signe n’est autre chose que l’Etoz‘leflamboyanle des r M et la rose des R + C. * æ<4 M. Minervini, après avoir exprimé son avis. —— comme nous avons dit plus haut, -— que par sceau de Salomon on doit entendre le pentagone, au lieu du double triangle entrelacé, comme on le croit univer sellement, ajoute (p. 23) ce qui suit: « En quelque façon que ce soit, si nous devons croire que ce double triangle est le signe de Salomon, alors nous devons dire qu'il est identique au bouclier dit de David. » Et c’est à ce bouclier de David et au sceau de Sa— lomon que ressemble notre pentacle :f:.
Or le pentagramme et l’hexagramme sont tous les deux des pentacles. Ces deux symboles seul suffisent à relier dans une unique tradition occulte les peuples anciens, ceux du moyen âge et les modernes; lesjuifs, les chrétiens, les (I) Sous le nom de Germania superiore on ne doit pas entendre la partie septentrionale de l’Allemagne d‘aujourd’hui, mais la provine limitée par Auguste près du rivage gauche du Rhin (Germania superior.)
AU SUJET DE LUCIFER DÉMASQUÉ 133 '—DXWHJ.: . ..»<k; “Î gnostiques, les protestants etles dissidents ; les Hébreux, les Grecs, les Romains, les Gaulois, les Germains, les Italiens, les Belges, les Français et les Portugais; les Templiers, les Rose æ Croix, les F M et les Mart Cette tradition est la sainte science. BORNIA PIETRO, S I Octobre 1895.
AII saur DE « IUŒIFER BËMASQUÈ » Il eût été surprenant que le mouvement de Renais sance spiritualiste et occultiste qui se manifeste de nos . jours n’émût pas un peu la gent cléricale. Les temps honteux des grandes proscriptions sont passés et les bûchers de l’Inquisition éteints depuis longtemps.
L’épouvantail du moyen âge, la papale excommu nication, qui autrefois faisait passer par le feu la vais selle royale ne ferait même plus, en notre éhontée fin de siècle, nettoyer inutilement une assiette à un humble garçon de restaurant persuadé d’avoir servi une côtelette à un mécréant frappé des foudres du vieil Italien du Vatican.
Se résigner à voir progresser l’humanité n’est pas chose facile pour les prétendus disciples et successeurs du doux Nazare’en, aussi ne savent-ils comment s’y prendre, pour lutter et saper l’œuvre des audacieux
134 L’INITIATION gêneurs qui ont pris pour devise : Le hasard et le sur naturel n’existent pas.
Une sourde et ténébreuse campagne a été entreprise et l’une de ses manifestations est l’apparition d’une kyrielle d’ouvrages généralement aussi grotesques que venimeux annonçant de prétendues révélations et étalant chaque jourleurs titres ridicules et prétentieux aux vitrines des libraires. bien pensants, chez les quels les pieuses âmes vont chercher leur nourriture intellectuelle.
Lucz‘fer démasqué est l’un de ces livres; nous ne jugerons pas sa valeur littéraire, sa forme nous importe peu, puisqu’il est mal pensé.
Si le pseudonyme de Jean Kostka n’était pas suffisamment transparent. l’éloge dithyrambique des fils de Loyola et les nom— breuses citations de latin et de sacristie qui émaillent cette élucubration auraient suffià nous faire deviner, sous quelle influence il a été écrit.‘ Le volume entier est une charge à fond, menée très maladroitement d’ailleurs, sur tous ceux qui. préoc cupés par les troublantes questions de l’au delà, ne s’inclinent pas sous l’autorité infaillible de la sainte Église catholique, apostolique et surtout romaine.
L’écrivain dont nous examinerons curieusement la personnalité à la fin de cette modeste étude commence par attaquer furieusementles spirites: « Voilà, dit-il, la vraie armée de Lucifer... —— peuple bizarre et dé sordonné qui est le jouet le plus misérable et le plus servile du prince de la confusion... — ils sont mûrs pour la mission de l’Anté-Christ... — jaloux les uns des autres, ils se contredisent et s‘excommunient
AU SUJET DE LUCIFER DÉMASQUÉ 135 (comme en 1378 Urbain VI et Clément VII pendant quarante ans)... ils s’endurcissent àtoutes les œuvres de Satan. . . — c’est la Religion et I’Enfer, etc., etc. —— Dans cette foule bariolée, il y a des gens de bonne foi, et pour ma part, j’en connais. » Allons, tant mieux! pareil aveu nous soulage pour ces pauvres spirites, venant d’une telle bouche, il ne peut être suspect.
L’auteur avoue en outre avoir été médium auditif et voyant, aussi ne nie-t-il pas les phénomènes spi rites, il leur donne simplement une allure fantaisiste et les interprète à sa façon suivant les besoins de sa cause. ’ C'est ainsi qu’il cite in—extenso une soi-disant communication où le diable lui—même (l) aurait naïve— ment avoué être le grand directeur et inspirateur des pratiques chères aux disciples de Kardec, afin de « tuer les âmes (?) »— Comme la dame chez laquelle se passait ce grave événement n’en continua pas moins ses expériences, lui disant que « son guide spi— rituel » lui avait expliqué qu’elle avait été le jouet d’un mauvais esprit, il n’en fulmine pas moins contre son aveugle entêtement et lui applique rageusement la parole du psalmiste : « Aures habent et non addz’ent », sans se souvenir que lui-même nous a dit (p. 49): « Dans quelques communications spirites, j’étais trompé par un démon qui prenait le nom du mystique Suédois Swedenborg. » Il raconte ensuite différents phénomènes obtenus par un médium remarquable, ancien médecin de la marine, un savant et un chercheur, qui se convertit et « reconnut alors l’action du démon ». Quelque temps - "3 _)f 5,». A{\fïïfi‘ç‘ïfifldæyyo“'M—Ai .
[36 L'INITIATION .v.. næ.u. V. avant sa mort il eut « la grâce insigne de voir son fils lui apparaître dans une église ».
Partout ailleurs ces manifestations sont diaboliques, mais, dans une église, elle devient subitement « une grâce insigne, une marque de la bonté de Dieu et de safiweur. » D’autres faits sont commentés d’une manière aussi heureuse, puis les spirites sont laissés un instant en repos et le subtil critique, tombe à bras raccourcis sur les martinistes.
Suivant une tactique, qui semble lui être familière, laquelle, jointe à l’habitude de ne jamais citer les sources où il puise, formela caractéristique de sa ma nière d’écrire, il commence par faire leur éloge. ainsi que celui de leur chefle plus en vue, le docteur P...
« homme d’une merveilleuse intelligence, d’une puis sance de réalisation considérable... — esprit à hautes envolées; savant sérieux, infatigable écrivain. per sonnage éminent, etc., etc. —— Les martinistes forment une élite intellectuelle des plus rares, une sélection très soignée et très distinguée... ce sont des gens sé rieux, instruits, érudits et honorables, etc... » Toutes ces pompeuses épithètes prodiguées pour arriver à conclure: que le docteur P. n’a pas compris Saint—Martin,oufciut de ne pas le comprendre, qu’il est « un des démoniaques les plus dangereux de ce siècle », ses élèves et amis des suppôts de l’enfer, et son œuvre « une reconstitution inspirée par le génie de Lucifer », bien que pour entrer dans l’ordre martiniste il faille, d’après l’auteur, « un cœur pur exempt de tout sentiment égoïste ». Voilà ce qui s’appelle connaître et pratiquer la de
/mg, Ï... -:*-*‘rur r"« -.«- - -' I37 AU SUJET DE LUCIFER DEMASQUÉ vise: Embràsser son ennemi pour mieux l’étoufi‘er. Tranquillisez-vous, aimable Jean Rostka, personne parmi nos maîtres n’est amateur des baisers de Ju das et vous n’aurez à étouffer que votre home de rené gat.
Les principaux reproches adressés au martinisme s’ont: I° D’être une branche de la haute maçonnerie occulte, ce qui n’empêche pas ce singulier logicien de nous dire (p. 139), que le Grand Orient ne le recon naît pas. 2° « Il a les six points, doublement des trois points des enfants d’Hiram. » Horrible I 3° « Il revêt ses dignitaires du cordon camail blanc et or. » Epouvantable !
Enfin, détail tout àfait infernal, « il confère ses grades avec des cérémonies et des symboles maçonniques ». M. Matter, qui s’est rendu coupable d’étudier et de faire connaître la figure si curieuse et si intéressante du « philosophe inconnu » est traité de « naïf universitaire » racontant des 'choses « enfantines et erronées ». Nous arrivons ensuite aux gnostiques qui, bien entendu, sentent aussi le roussi.
C’est avec eux que commence le petit jeu des traductions libres auquel est ajouté celui des initiales que nous reverrons plus loin.
« Sophia céleste veut dire Lucifer » (?) « C’est le chef spirituel et invisible de la secte. » Gnostz’s se décompose ainsi: « G(nostz’ci) N(oscunlur) O(mnem) S(cz’entiam) [(n) S(atana), ce qui s’interprète: Le gnostique sait que tout savoir réside en Satan. » Une description détaillée des cérémonies gnostiques _ -.3 I-r-tx'i'c—‘vtv-‘9'M l'-“?*eî«"€-‘-’-“. "..g :r-«:
138 L’INITIATION nous est donnée, nous ne voyons rien de bien diabo lique dans tout cela, quoique nous soyons prévenus que « la gnose fut reconstituée par une inspiration spéciale du prince de l’orgueil ».
Quant à l’aveu sui vant, il ne laisse pas de rendre rêveur: « Ses sym boles sont très élevés, et, bien qu’il soit impossible de nier qu’ils expriment les pensées de Lucifer (P), on est contraint de reconnaître que ces pensées sont les plus nobles que l’intelligence ait inspirées à des êtres humains. » Comme c’est beau, la logique!
Voici maintenant le tour de lady X., vis»à-vis de laquelle ce doucereux personnage se conduit comme pour le docteur P. : — « C‘est une femme aimable, bonne et remarquable », pour lapersonne honorée de laquelle il professe « le plus grand respect et la plus entière admiration »; il « admire sa science hors ligne et conserve le plus reconnaissant des souvenirs pour l’accueil qu’elle a daigné lui faire ».
Il ne nous dira pas son nom: se serait indiscret, mais nous donne presque son adresse, décrit sa somptueuse demeure et ajoute qu’elle est « duchesse espa— gnole, pairesse d’Ecosse et alliée à une maison royale éteinte. Son cercle s’appelle l’Etoz‘le, son organe l’A u— rare. Quant au nom, ce serait bien mal de le divulguer.
Les merveilleux phénomènes qui se produisent dans son cercle nous sont narrés, ses visions traitées de fallacieuses; puis ce fidèle ami, aussi reconnaissant que charitable, l'invite pieusement « à incliner sa haute personnalité, sa science et sa pensée devant la croix »; il voudrait « qu'elle daignât se souvenir
AU SUJET DE LUCIFER DÉMASQUÉ 139 de l’humilité, de la simplicité des douze pauvres pêcheurs galiléens ».
Nous sommes certains que lady X. est bien au dessus de semblables tartufi’eries, ce qui ne l’empê cherait certainement pas d’être très heureuse de voir venir l’exemple de l’humilité, de la simplicité et sur tout du désintéressement de Rome ou Rône revêtu d’insignes royaux, le bénéficiaire du denier de Saint Pierre, pseudo-successeur du pauvre Jésus. — La seconde partie de ce livre singulier est la redite des prétendues révélations sur la F.'.
M.‘. faites par les clérièaux ou les transfuges qui prostituent cynique ment leurs plumes en disant que le bon ratelier est celui où l’on mange. » Nous ne l'analyserons donc pas, nous contentant de signaler l’amusante façon dont les initiales sont traduites et interprétées sans prendre garde à la devise : Traductore, traditore !
Voici quelques exemples : Page 215 : « Veut—on savoir ce que signifie J akin P J(esus) A(bominalus) K(aïn) I(nyocalus) N(obis)z Nous détestons Jésus et nous invoquons le Gain de cet Abel, c’est—à-dire Satan. » ‘ Page 228: « Voici l’interprétation du Bohaz du compagnon: B(ellum) 0(mnibus) H(abentz’bus) A(nti— lucz’fer) Z(elum): Guerre sans merci à tous ceux qui aiment (qui ont le zèle de) l’Anti-Lucifer (et l’Anti—Lucifer, c’est le Pape, —comme Etienne VI et Jean XII au Xe siècle, Benoît lX au XI“, Alexandre VI au xve, etc.) . Page à33: « Le Delhir s’interprète: D(iabolz’)
140 L'INITIATION E(cclesia) D(eala) H(iram) [(nvocat) R(everenter)z L’Église bienheureuse de Lucifer invoque religieu sement Hiram. » Nous craindrions de fatiguer nos lecteurs par les citations burlesques d’un auteur qui avoue ingénue ment n’avoir sur certains degrés de la franc-maçon nerie « qu’une intuition d’ensemble » (p. I67), ce qui ne l'empêche nullement de les expliquer et de les commenter avec sa bonne foi habituelle.
Arrive maintenant la question théosophique, du moins en ce qui concerne l’école orientale de M“ Bla vatsky ; bien qu’elle paraisse moins inquiéter M. Jean Rotska que la formation des groupes ésotériques, qu'il dit être une « colossale entreprise » — « pépinière de hauts luciférants » (p. I2g), il considère cependant tous les théosophes « comme des suppôts de Satan et traite leur grande prêtresse H. P.
B. de « possédée par excellence, d’illustre démoniaque, de sibylle luci férienne »; il l’accuse, ce qui n’est pas galant, d’avoir été laide! « ayant une figure de Hum, des cheveux crépus, un nez de Kalmouck, des yeux infernaux ». Pour une luciférienne, la voilà loin de la légendaire beauté du diable.
Après cette peinture effrayante, le dévot plumitiftermine sa haineuse diatribe par une invocation à Marie et au Pontife romain, « qui porte le nom du Lion de Judas (et le chiffre fatidique I3), aux pieds duquel il dépose son livre à genoux, par les mains très saintes et très douces de son cardinal vicaire », dont il a (nous n’en doutions pas) « reçu encouragement et consolation » (l). Enfin, pour clore, nous apprenons que « ce livre a été achevé le I2 mai
AU SUJET DE LUCIFER DÉMASQUÉ 141 . Ww.ÿ..w-ng> .,. , ,_ .. . 1895, fête des saints martyrs Nérée, Achillée, Domi tile et Pancratius. » (Ouf!) Nous espérons que ce lugubre détail qu’impression nera pas trop nos lecteurs et ne nuira pas à la douce gaieté qu’on éprouve en examinant la personnalité de cet étrange révélateur. Quel peut être en effet l’homme capable d’autant d’incohérence, d’aussi peu de logique et d’une telle partialité ?
Jetons de nouveau un [rapide coup d’œil sur cette bizarre élucubration et suivons l’auteur pas à pas à travers ses multiples transformations, capables de rendre jaloux le plus changeant des caméléons. Voué dès le berceau à l’Immaculée, bercé par les cantiques maternels, riant aux anges, nous le voyons dans son enfance baisant la médaille miraculeuse et disant le petit chapelet àgrains bleus.
A huit ans, il a son premieraccès, -— pardon ! sa première vision,—il se réveille en sursaut et voit un oiseau fantastique d’une taille monstrueuse...., il se trouve ma! (p. 92). Ila des terreurs nocturnes, a peur des ténèbres et re garde épouvante? à travers la grille du cimetière. Nous le voyons ensuite (p. 95) « chezces admirables Jé suites si distingués, si humbles et si bons (hum !) à l’abri des ailes du vautour » (P).
Il devient un adoles cent, ses songes prennent naturellement une autre forme, il voit constamment une belle jeune fille qui lui affirme avoir été sa fiancée en l‘an I596. Faisant ses études, il lit les ouvrages de Port-Royal; une reli gieuse, la mère Angélique de Saint—Jean,lui apparaît, le regarde d’une façon très douce et lui crie d’une fa
I4 2 L’INITIATION çon lugubre :« La grâce nécessitante ! lagrâce néces sitante! » Puis il a la visite de Jansénius: c’était bien lui, il le reconnaît (sic) (p. 87). Vient ensuite un prétendu saint François Xavier qui le regarde de tra vers, mais cela ne l‘impressionne pas outre mesure: le personnage était faux; car il ne le reconnaît pas, ayant déjà vu le vrai dans son adolescence « au cours d’un rêve céleste».
Un Jésus-Christ non mor‘nsfaux, lui succède et donne à notre homme l‘absolution, « mais il ne se sent pas pardonné ». Ce n’était pas le Seigneur, il le sait bien maintenant » (p. 90). Ce pauvre halluciné se met ensuite à faire du spi— ritisme et devient facilement médium auditif et voyant. Pendant une de ses expériences,— horreur! — il est embrassé par le diable (sic), sous les traits d’Hélène Ennoia (p. 20).
Désormais,celle-’ci devient son cauchemar! Elle ne va plus le laisser tranquille, il la voit partout, d‘abord « sous forme d’étoile, ou plutôt de constellation (P), à la chapelle swedenborgienne », puis sous les traits d’une femme brune (p. 51), ensuite blonde(p. 57). Il ne l’a pas revue une quatrième fois; c’est bien regret table: elle eûtété rousse probablement !
Dans une loge maçonnique, « Isis se manifeste à lui, » mais cette Isis, c’est encore le diable qui lui fait cadeau d’un très joli sonnet ! La conduite de ce malheureux est d’ailleurs aussi étrange, aussi changeante, aussi incohérente que ses visions. Oyez ses propres aveux (p. 57): « Après un sacre d’évêques gnostiques auquel j’avais pris part, je ren—
AU SUJET DE LUCIFER DÉMASQUÉ 14.3 m’as—r».ÿ;_.; .1 trais à mon hôtel, en récitant tout bas les lz'z‘anz‘es de la Sainte Vierge, prière à laquelle je n’ai jamais manqué depuis certain songe (encore 1) que j’ai eu en 1876. » Il voit la figure irritée d’Hélène Ennoia (p. 59). Pan ! un signe de croix et la voilà partie ! Une autre fois, le curieux va voir Satan chez‘ lui (sic) (P) (p. 164).
« L’assistance était présidée par un jeune homme blond, au yeux bleus, revêtu d’une si mare deIpourpre. » Ce jeune hommeprononça une allo cution qu’il ne comprend pas — c’est très grave. On lui dit « que c’est du syriaque ». (Il se glisse des fu» mistes partout, même chez le diable.) Nul doute, le voilà encore en présence du Malin; il se pâme et se laisse choir en murmurant un Ave Maria.
Après l’avoir échappé belle tant de fois, il com— prend enfin qu’il n’a pas la tête assez solide pour cher cher à pénétrer les mystères de l’au-delà, mais il ne peut pardonner aux autres de ne pas partager sa ma ladive impressionnabilité, et, sous le pseudonyme d’un Polonais, qui ne lui a cependant jamais fait de mal, écrit ses prétendues révélations et nous annonce qu’ar rivé à l’automne de la vie, il va se reposer l... —— Allons, tant mieux ! —— C’est une excellente idée après une existence aussi mouvementée.
Qu’il se tienneles pieds chauds et boive frais, suivant le conseil du bon Rabe lais ; les douches aussi sont excellentes dans bien des cas. S’il suit bien ce petit régime et mène une vie calme, il est fort probable qu’Hélène au radieux vi sage et messire Satanas au pied fourchu ne trouble— ront plus sa douce quiétude et le repos de ses nuits.
144 L’INITIATION Voilà pour l’homme; quantà l'ouvrage, quelles con clusions utiles peut-on tirer de l’œuvre fantasque d’un personnage aux tendances si diverses, à l’allure si changeante, à la logique si bizarre P Elles sont nom breuses, tant est vrai le principe qui veut que, même du plus mauvais acte généré, puisse résulter un bien.
Nous voyons tout d‘abord se confirmer l'opinion courante, que tous les impulsifs et les détraqués sont la plaie de toutes les sociétés occultes. La sagesse des maîtres nous apparaît ensuite, une fois de plus, et nous voyons que ce n’est pas en vain qu’ils prodiguent sous toutes formes leurs avertisse ments au milieu même de leurs plus profonds ensei gnements.
Le rigorisme des anciens rites paraîtra moins sé vère à ceux que le récit de leur cérémonial épouvante.
Il est, en effet, peu probable que le brave (I) qui se trouve mal à l’aspect d’une simple matérialisation ou, peut-être, de moins encore, et s’écroule de sa chaise en murmurant instinctivement un Ave Maria, n'aurait pas résisté à la peur que lui auraient causé les réelles épreuves des vieilles initiations: une salutaire colique l’aurait terrassé et fait classer dans l‘anodine catégorie des poltrons, lui évitant ainsi la honte d’être mis plus tard au rang méprisable des délateurs et des renégats.
Il n’eût, certes, pas perdu au change. et nous non plus ! Personne ne peut mettre en doute la sage prudence des chefs courageux, intelligents et tenaces qui n’ont pas craint de s’assumer une bien lourde responsabilité en prenant la direction de la « Renaissance des hautes
L’ORIGINE TÉTRAGRAMMATIQUE DU PHONÉTISME 145 sciences ». Si cependant leur grand amour de la lu mière, joint à l’ardent désir de voir progresser rapide ment notre pauvre humanité, tendait à les rendre par fois trop confiants ou trop accueillants, des livres comme « Lucifer démasqué » pousseraient d’eux mêmes le cri d’alarme, en leur jetant l’antique : Cancan! Consules ! CAROLUS (I), A. G. E.
L’ORIGINE TÉTRÀGRÀMMATIQUE DU PHÛNÊTISME Il semble à peu près hors de doute que les pre mières représentations graphiques du langage furent, sans exception, figuratives, puis idéographiques, puis hiéroglyphiques; de là la création d’alphabets ingé nieusement compliqués, qui mettaient les initiés à même d’exprimer leur pensée bien plus complètement et exactement que nous ne pouvons le faire, mais qui rendaient aussi fort difficile l’instruction de la masse.
L’invention du phonétisme fut, sans doute, l‘un des plus grands progrès réalisés dans la voie de la vulgarisation, et il ne semble pas illogique de l’attri— buer à Moïse. Il est certain, tout d‘abord, que le chi nois (et le japonais qui lui est très semblable), la (I) Nos lecteurs sont priés de se reporter à cette occasion à. l’article placé en tête de ce numéro. N. D. L. R.
146 L’INITIATION langue la plus répandue de l’Asie, possède un alphabet idéographique; il est vraisemblable qu’originaire— ment, le sanscrit était également idéographique; les Incas et les Aztèques se servaient également d’idéo grammes; et l'écriture cunéiforme des Chaldéo-As— syriens a, de toute évidence, de nombreux points de contact avec les trigrammes de Fo—Hi: enfin, les rares alphabets des peuples africains sont figuratifs et, quelquefois, grossièrement symboliques; quant à l’égyptien. on sait assez quelle peine Champollion eut à déchiffrer ses hiéroglyphes, déjà changés, pourtant, en caractères phonétiques.
On peut donc dire presque à coup sûr que, sauf le sanscrit, sur lequel il est dif ficile de séprononcer, toutes les' langues anciennes étaient idéographiques. L’hébreu seul fait exception.
Or, bien que l’alpha bet hébreu carré, que nous connaissons, soit d’inven tion relativement récente, il est infiniment probable que les lettres dont il se compose avaient, sous d’au tres formes, au temps de Moïse, les mêmes sens qu’au jourd’hui, ou à peu de chose près.
Mais, à côté de cet argument ethnographique en faveur de l’auteur du Pentateuque, il en est un autre, d’ordre plutôt philoso phique qui permet aussi de revendiquer pour lui l’honneurde l’invention du phonétisme; il s’agit de l’examen duTétragramme au point de vue de son expression physique. Les Kabbalistes et surtout, en ces temps derniers, Papus, St. de Guaïta et F.—Ch.
Barlet, ont magistrale— ment étudié ce nom divin parmi les procédés de la science des nombres, de la métaphysique, du symbo
L’ORIGINE TÉTRAGRAMMATIQUE DU PHONÉTISME 147 lisme ésotérique, etc. Qu’il nous soit permis.d’ap porter à leurs travaux le modeste appoint de nos quel , ques remarques sur la phonation de cette même parole sainte.
3 l n—x—n l .‘ En la disposition schématique qui précède, un kab— baliste reconnaîtra à première vue que l’homme idéal aleph formé de quatre i0a’ analogues aux quatre for mes du sphinx : le Bateleur ou le Mage, c’est-à-dire l’homme devenu dieu) est logiquement placé au centre de la trinité cruciale (iod: le Père; lié—hé : le fils; vau : le Saint—Esprit): il est, en effet, le mi— crocosme synthétisant la trinité : Dieu, Homme, Na— ture; l’Homme—Dieu (aleph), au milieu du double symbole de la vie lié—hé, reçoit l’influx du Père (iod) et le transmet à l'Ésprit-Saint (vau), qui ex Patre' Filiaque procedit.
' Or, aleph se prononce a, et le son a est le son syn thèse de toute langue humaine, dont le é est le verbe fondamental (Fabre d’Olivet); en effet, le premier cri des enfants naissants est a, et le dernier râle des mourants est encore a, sur une note plus basse; a est le son qui sort naturellement de la bouche de l’homme sous l’influence de toute émotion vive, surprise, dou leur, soulagement, extase, etc. Au point de vue pho nétique comme au point de vue kabbalistique, Aleph est donc la synthèse humaine du Tétragramme.
14,8 L’INITIATION Passons à l’examen de chacune des autres lettres. Fabre d’Olivet-dit que le sclzin est le résultat d’une sorte de matérialisation du iod. Or,qu'est—ce que le schin, en phonétique, sinon une aspiration? En com binant l’aspiration aux sons des quatre lettres sacrées, nous obtiendrons toute la série des sons des langues humaines.
Remarquons,avant de passer outre, que ce mot aspiration exprime précisément le contraire du phénomène qu’il prétend caractériser, car c’est en chassant l’air de la bouche qu’on fait entendre une consonne dite aspirée, que l’aspiration soit gutturale, palatale, dentale ou labiale, c'est-à-dire qu’elle se fasse entendre comme un râle, comme un chuintement, comme un sifflement ou comme un souffle.
Ces quatre sortes d’aspiration pourraient correspondre aux quatre lettres du Tétragramme: mais, pour la commodité de la description, nous avons préféré (cet essai n’ayant, du reste, aucun caractère définitif) con sidérer les deux he’ comme ayant la même prononcia tion et devant, par suite, être modifiés par la même aspiration gutturale (I).
Quelques remarques feront mieux comprendre le tableau suivant où sont groupées, par graduation phonétique, toutes les transformations des sons du Tétragramme. il) En fait, il semble que le premier hé doit se prononcer comme l’é fermé et correspondre à l’aspiration dentale qui donne le ch allemand, l‘s, le 2;, le th anglais, etc.
L’ORIGINE TÉTRAGRAMMATIQUE DU PHONÉTISME 149 [I ñ espagnole m r (dental) n . .......................................................... ..ghn m I d t .....................................tsch (russe) 2 th (anglais) sch (allemand) 5 5 ch (français) W ish _ 1 ich (allemand) 5 1 (français) ill (mouillée) ‘_’5/\__ 1Y A 1 i -—-Nç»-h U‘O’b\l m“) X IOD >< , ’ e' x HÉ ><ALEPH ><HEXê—haie— h aspirée—J (espagnol) X ,r(guttural) VAU ><W o'eu LI 011 munpwn-« c‘<€ ’Um:" | 2 3 4 5 Le 3° terme de la série du iod, que nous avons représenté par iy, correspond au son 2' très fortement accentué, comme dans cahier; le 4° terme (Il mouil lée) se prononce comme le double lespagnol dans le mot Llobrega (liobréga), c’est—à-dire comme dans es calier; le sch allemand a le même son que le schin hébreu; le tsc/z russe est analogue au tsade’ et au dçaïn hébreu, mais plus rude; l’r dentale est celui que prononcent les chanteurs en faisant battre le bout de la langue contre les gencives antérieures de la mâchoire supérieure, et l’on enseigne, dans les cours du Con— servatoire, à réaliser ce son en prononçant très vite
150 L’INITIATION les deux lettres 1‘, d; t, d; t, d: l’n est le son nasal de ces mêmes lettres d et I, comme on en a la preuve lorsqu’un coryza empêche de faire passer l’air par le nez, et il est bien connu qu’on dit alors, par exemple: « Le dom de Déron est sydodyme de tyran » pour : « Le nom de Néron est synonyme: » enfin l’n espa gnole se prononce comme gn dans agneau, signal, etc. Dans la série du he’,l’h aspirée doit l’être très forte ment, comme dans l’exclamation allemande : Ach! et ce son correspond probablement à ce qu’était l’as— piration initiale dans l’ancienne langue des Francs : Hlodowig, Chlodowz’g, d’où nous avons fait Clovis (t); laj espagnole est une aspiration plus rude encore, que les Hébreux avaient notée par la lettre chetlz, et les Grecs par le c/zi, lequel ne se prononçait certaine ment pas de la même facon que le kappa, dont le son était sec, comme celui de notre k; l'r guttural est celui que les Parisiens des faubourgs exagèrent en grassayant d’une façon si désagréable et qui lui donne un son intermédiaire entre laj espagnole et l’r franchement articulé (2).
La série du vau contient ce que nous avons appelé l’lz soufflée, cherchant à désigner par là une aspira tion presque insensible des lèvres, un peu comme celle du 111final, en anglais, par exemple dans le mot (1) Cette même aspiration s’est conservée dans le patois cha rentais, où l’on dit pih-on pour pigeon. (2) Il y a encore l’r aspiré des inc-oyables de la Révolution et du Directoire: d’après M. Lapierre, c’était la prononciation des anciens Égyptiens; il est vraisemblable que l’rh des Grecs devait aussi se prononcer de cette façon comme dans Callir rh-oé.
L’ORIGINE TÉTRAGRAMMATIQL‘E ou PHONÉTISME 15I .‘5ñwñ ”r Glascow; nous avons fait de m la nasale des labiales b et p, comme de n la nasale des dentales d et t, et le Coryza nous donne encore raison, ainsi que le prouve cette phrase typique et bien connue : . « J’ai oublié bon bouchoz‘r sur la cobbode à baban », pour: « J’ai oublié mon mouchoir sur la commode à maman».
D’ailleurs, il est connu de tous que le b et le v sont la même lettre (les Espagnols les emploient indifférem ment l’une pour l’autre); et, en hébreu, le phe’ se pro nonçait tantôtf et tantôt p, suivant la construction du mot.
Une remarque intéressante s’applique au son ghn, combinaison de l’n (série du iod) et du gdur (série du hé); ce son, qui est le gnai‘n des Hébreux, existe encore en chinois et dans la vieille langue guaranie que quelques rares descendants des autochtones par lent toujours au Paraguay, en Bolivie et dans l’Est du Brésil; c’est une forte aspiration à la fois nasale et gutturale dont l’emploi fréquent simule, surtout en chinois, une suite de gloussements nasillés du plus bizarre effet pour une oreille non habituée; mais il est important en ce qu’on y peut voir l’origine de nos diphtongues nasales : un, in, on, un, que l’on ne peut faire prononcer que très difficilement aux peuples possédant une langue musicale, telle que l’italien ou l’espagnol; en effet, sa prononciation, surtout en guarani où il est le plus souvent employé comme finale, pourrait se rendre aussi par la diphtongue houng, dans laquelle l’aspiration de 1’12 rendrait l’au presque muet, l’n nasal comme dans la prononciation française, et le g dur commeétranglé, très peu sensible.
I 52 L’INITIATION On peut, sans doute, faire dériver tous les sons les uns des autres par une progression plus logique et plus complète: de plus compétents s’y pourront essayer avec plus de fruit: les quelques réflexions précédentes suffisentà faire comprendre notre pensée. Il nous reste à indiquer en peu de mots l’usage du phonétisme et le mode de construction des alphabets phonétiques.
Originairement, l’écriture idéographique ne devait se composer que de signes purement représentatifs correspondant, dans le langage parlé, à des onoma topées; par exemple, le mot bœufdevait s'écrire : ‘o‘, et se prononcer à peu près : bezî p11, son qui repré sente assez bien le mugissement de l’animal; de même, le mot lion s’écrivait sans doute : 82,, qui figure sché matiquement la grosse tête et la longue queue du lion, et se prononçait quelque chose comme : rrâoun (en sanscrit : rû), d’où nous avons fait lion en chan geant la liquide dure r en liquide douce 1 (I).
Jusque—là, pas de difficulté; mais, lorsqu’il s’agit de prononcer des idéogrammes représentatifs d’objets sans voix perceptible à l’oreille, il fallut établir une convention d’après laquelle un même son, plus ou moins modifié, représenterait deux objets en corres— pondance analogique, l’un parlant, l’autre muet; par exemple, le son r, qui servait déjà à prononcer le signe 82’ (r12 : lion), fut employé comme manifesta (I) On peut voir par ce système que le mot sybille ou siutl, onomatopée d’un sifflement reptilien, est exactement synonyme de pythonz’sse, qui signifie littéralement: la femme au (ser— peut) python .
L’ORIGINE TÉTRAGRAMMATIQUE DU PHONÉTISME 153 I!"’"F tion sonore du signe {ï} désignant le lion céleste, le soleil (en égyptien : rba); puis, par une suite d’asso ciations d’idées, comme le soleil est la tête de monde, ou parce que le lion possède une tête volumineuse, le même son r s’appliqua encore à la tête en général ou, par extension et figurativement, à toute tête, principe, chef, etc. (resc/z, Ram, pha-r-aon, be—r eschit, etc.).
Il va de soi que ces exemples, sujets à contrôle, n’ont qu’une valeur démonstrative et non documentaire. Maintenant, quelle est la raison de l'ordre des sons dans les alphabets ?
Avant tout, on doit reconnaître la raison kabbalistique, que Papus a étudiée plus qu‘aucun autre moderne dans le Sepher Jetgira, la Kabbale et le Tarot des Bohémz’ens; mais il y a aussi, sans doute, la raison que nous dirons naturelle et qu’une attentive observation peut révéler à un cher— cheur sagace.
En effet, si le premier son que profère un enfant est a, le second est une des trois labiales b,p, m : baba, papa, mama; le troisième est gh: gaga; le quatrième est d; ce n’est qu’au bout de bien des semaines que les bébés commencent à rire en é et à imiter l’aboiement des chiens en essayant une pre— mière aspiration labiale : woua ! woua.’ La. progres sion adoptée par Moïse est donc pour les six pre mières lettres absolument logique auppoint de vue physique: N:;-.m, ABGDEW.
Ensuite, les circons tances variables agissant davantage sur la conscience plus éveillée, la succession des sons est moins cer taine; cependant, on peut, après l’aspiration labiale. placer l’aspiration dentale (dgaïn) qui reste longtemps
154 L’INITIATION aux enfants sous forme de zézaiement; le premier septénaire est ainsi complet; et on peut remarquer que les Grecs ont placé leur çëta bien avant l’omicron, l’upsilon et l’ôme’ga qui correspondent au vau, tandis que, jusqu’à cette lettre, ils ont scrupuleusement suivi l’ordre de l’alphabet hébreu.
Nous arrêterons là ces considérations sommaires, pensant les avoir assez développées pour justifier notre dire que, tout au moins en Occident. Moïse doit être considéré comme l’auteur du premier système phoné tique réellement scientifique et basé sur la construction du Tétragramme, d’où dérive toute la Kabbale. MARIUS DECRESPE. Œas GRANDES Œ‘RILGIES" A l’ami et au maître Papus. Dieu ne résulte pas de l’équilibre d’une affirmation et d’une négation.
Le non-être ne peut détruire l’être. Dieu est, mais la nature de sa substance nous échappe. Vouloir le regarder face à face dans son Unité absolue, c’est ne plus le voir, car on ne dis« tingue la lumière que par opposition avec l’ombre. Or Dieu est pleine Lumière, et c’est pourquoi il est insonore et inaudible, intangible, invisible.
Il ne ré sulte pas, nous l’avons dit, de l’opposition éternelle de deux Principes, mais nous commençons à l’aper cevoir dans la Trilogie. (1) Cet article devait prendre place dans la partie initiatique, mais il nous est arrivé au dernier moment, ce qui explique sa place actuelle. N. D. L. R.
_WËTÎÏ‘ l"‘,lr.'r - ' LES GRANDES TRILOGIES 155 \ Dieu, Principe de toutes choses, donne la Vie a toute sa création, et c’est.l’Esprit de sa création qui dispense les forces vitales. Tels sont les trois termes de la Trilogie bien connue : Père, Fils, Esprit, qu’on pourrait énoncer aussi : Amour, Vie, Raison.
Nous vivons donc aux dépens de la substance divine; nos volontés la déplacent, mais elle se conserve éternelle ment, ayant d’ailleurs toujours existé. Si la Vie est en excès quelque part, elle manque quelque part aussi, en vertu du grand Principe de la conservation. Ceux qui ont moins demandent inconsciemment, ceux qui ont plus doivent donner raisonnablement.
Ceux qui donnent tout ce qu’ils reçoivent du Prin cipe sont ses instruments vivants, car leur volonté est d’accord avec sa Loi, et ne détonne pas dans son Harmonie. , La Trilogie a été présentée au monde sous bien des formes. Les catholiques l’appellent avec raison : Père, Fils, Esprit, quand il s’agit de Dieu; mais, quand il s’agit de l’homme, la Trilogie est déformée.
On ne devrait pas dire, en effet: Foi, Espérance, Charité, mais bien Foi, Raison, Amour. Dans la foi, l’intuition, l’hypothèse, nous retrou vons bien la Vie, mais on ne peut substituer I’Espé— rance à la Raison active, à l’Esprit. L’Église catho lique a voulu tenir en tutelle la raison humaine, en lui défendant systématiquement de porter ses yeux sur le sanctuaire; elle en a été punie par la révolte de cette même raison. ' Dans la Trilogie sociale : Liberté, Egalité, Frater—
I 56 L’INITIATION mité, nous ne trouvons plus les mêmes inconséquences, mais cette Trilogie est mal comprise. La Liberté est la condition même de la Vie, mais ce doit être la liberté de faire son devoir. L’égalité ne signifie pas le nivellement général, le collectivisme brutal, mais bien le collectivisme hiérarchique, série], comme dirait Louis Lucas. La Fraternité correspond bien à l’Amour, par ailleurs.
On pourrait multiplier ces rapprochements et ces analyses. La conception de la Trilogie est un acte de foi raisonné qui nous conduit à une invocation, par laquelle nous terminerons ce trop rapide exposé.
Père, Principe de toutes choses, qui nous avez faits de votre substance, qui avez mis en chacun de nous un reflet de votre Lumière, faites-nous connaître ce qui est mal, afin que nous pratiquions le bien, et répandions autour de nous, conformément à votre Loi, la Vie que vous nous donnez, afin que votre Règne et notre rédemption arrivent et que, libres des ins tincts et des passions, nos intelligences et nos cœurs s’unissent de plus en plus à votre Pensée.
' l‘IÉLION. äilires recherches philsaphiques DANS L’HISTOIRE NATURELLE ET DANS L’HOMME, Par le secours du psychisme naturel Mais le GÉNIE DE LA VIE n’est pas pour rien dans ces phénomènes. — Naturellement'nous voudrions tou
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES [57 jours trouver la raison des choses dans le plan phy sique parce que cela est plus conforme aux disposi tions de l’esprit actuel. -— Mais sommes-nous autorisés à croire qu’il n’y a pas certaines échappées d’un plan dans l'autre ?
Et certaines facultés qui enjambent les trames organiquesi‘Et deux états de l'être entremêlés P Pour les initiés, ce n’est pas recourir au miracle; pour les autres intelligences, ils n’ont qu’à suivre, à connaître et à juger ensuite.
Le phénomène qui nous a le plus frappé, c’est cette emprise du futur de l’action prévoyante de cette simple chenille qui a une vision de translucidité mé dianimique tellement acuitive et tellement intense, qu’on dirait qu’elle sait que la plus petite gelée ferait tomber la feuille dans laquelle elle s’est enroulée pour opérer son travail chrysalidaire, et alors en pré vision tisse-t-elle un fort fil qui de son cocon va s’attacher non pas à une autre feuille, mais bien à la branchette la plus voisine.
Qu’elle sait bien qu’elle ne tombera pas! Et l’hiver on peut voir se balancer ces cocons au bout des bran chettes (Ailantus globulosa). Nous défions toutes les théories ancestrales les plus ingénieuses de résoudre ce fait même à la satisfaction de leurs auteurs, si féconds fussent-ils. —— Car il n’y a pas là de généalogie suffisante.
Quand on fait inter venir les besoins pour la transformation progressive des organes, il faudrait au moins que l’être eût la pré vision d'une supériorité existante? Et on se demande où et comment pourrait—il l’avoir. Russel \Val lace, Romanes, eux-mêmes. constatent, avec l'aveu
I 58 L’INITIATION des véritables savants, que l’emprise n’est pas pos sible au-dessus des besoins immédiats de l’individu. Les besoins se déterminent et se trouvent forcément. limités aux organes de par la théorie, puisque disent les transformistes, « c’est l'organe qui fait la fonc— tion ». Maintenant, rien n’est plus facile de faire voir que c’est le contraire qui a lieu.
On oublie toujours de nous faire voir cette chaîne transformatrice, s’ache minant vers des formes supérieures. Et, cependant, c’est indispensable pour la valeur du système. Les expériences de M. Luys, médecin en chef de la Salpêtrière, sur un membre amputé appartenant à un individu en état d’hypnôse, prouvent que le membre type existe bien toujours quoique invisible— ment. Bouchut dans son livre sur les attributs de la vie, Cl.
Bernard dans ses ouvrages avec son «idée directrice », régissant les processus organiques, ont suffisamment établi la valeur de ce que les grands philosophes de l’antiquité avaient avancé. Il est évident que l’ancien merveilleux barrait la route à la science, et qu’on a bien fait de l’expulser. Mais est-on bien sûr que hâtivement on n'en a pas mis un autre aussi merveilleux à sa place?
Ainsi, voyez combien il aurait fallu de milieux dif férents, de petites aires différentes et circonscrites pour donner lieu à la multitude immense d’animaux différents que la terre a possédés, mais encore à la création successive des éléments physiologiques pour arriver à former un être supérieur si compliqué. C’est tout bonnement impossible. Ensuite tous
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES :59 les concours heureux qui auraient dû se rencontrer. Voici, je suppose, l’individu d’une espèce qui s’ébranle.
D’abord dans les milieux où il avait fait péniblement sa place pour y vivre au milieu de tant d’autres, qui pouvaient chasser les mêmes proies dans les mêmes aires, il a déjà un point marqué d’in fériorité parce que l’organe qui doit lui assurer sa supériorité future ne naît pas spontanément, et sans tension continue d’effort ?
Il y a donc un désavantage marqué d’équilibres, qui peut fort bien lui être pré judiciable au point de ne pas lui laisser le temps d’acquérir l’avantage d’un nouvel équilibre complet qui demanderait un fort long temps.
De plus, pour que ce nouvel équilibre se perpétue et donne naissance à un renforcement indispensable, de façon à ce que l’hérédité se trouve instable assez pour permettre ce nouvel organe, il faut qu’il arrive juste à point un individu mâle ou femelle qui pos sède les mêmes particularités pour former la souche d’une nouvelle espèce.
Etle «coup en arrière », comme disent les naturalistes allemands, lui si bien ancré, ne déséquilibrera-t-il pas ce nouvel édifice isolé et encore mal afi'ermi, puisqu’il n’est pas encore con— sacré par le temps, et dont les fondements se con— fondent encore avec l’espèced’où il sort. Et par conséquent l’instabilité peut fort bien le ramener en arrière au nom et par les efforts incontestables de l’hé rédité.
Comme le dit M. Chevreul, « il faut tant d’efforts à l’homme pour maintenir quelques variétés hybrides qui, un instant délaissées reviennent repren dre leurs anciennes formes! Alors, là Où l’entrée en
160 L’INITIATION ligne des ruses de l’homme n’existait pas, qui les remplaçait si intelligemment? L‘hérédité si puissante, qui empreint si bien sa marque indélébile dans les espèces, ne peut cependant être considérée dans la théorie comme une quantité négligeable à ce point, tandis qu’autre part on l’invoque si fort et si bien P Aux époques géologiques les êtres étaient-ils plus malléables qu’aujourd’hui ?
Ce serait changer singu lièrement la face du problème? Car alors toutes les espèces seraient pour ainsi dire contemporaines et remonteraient à peu près à l’époque des poissons aux squelettes cartilagineux. Mais l’hérédité est trop enfouie au fond des organismes et elle est un rappel vigoureux des types, quand la domestication intelli gente et continue de l’homme, tente de les troubler assez profondément.
S’il n’en était pas ainsi, que de nouvelles espèces l’homme n’aurait-il pas créées depuis qu’il existe ! Et que n'a-t-il pas été tenté ? Du reste, ces questions ont été abordées profondément dans notre Recueil antérieur. Le GÉNIE DE LA VIE, à l’origine planétaire, possédait une puissance ayant toutes les formes de l’intelli— gence, et il possédait par anticipation la vision de tout ce qui existe aujourd’hui. Pour lui tout était au présent.
Du reste, aux origines, la terre et l‘astral sans doute se confondaient encore assez pour que de l’un à l’autre les productions animales ne nécessi tassent pas les sauts successifs que nous imaginons aujourd'hui, parce que les éléments primitifs de la vie n’étaient pas ce qu’ils sont devenus. De là les difficultés du problème, quand on ne veut
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES I6I y faire entrer en ligne que les faits matérialisés du seul plan physique.
Heureusement que les découvertes dans le champ magnético-astral bientôt viendront apporter de nouveaux éléments sur ces difficiles questions. ’ Certainement que le transformisme est séduisant et qu’il satisfait à première vue les esprits naturalistes qui rejettent à priori toutes participations intelligen tielles dans le plan de la Nature.
Mais on aperçoit aussi combien d’hypothèses il s’y joint, et agrémen tées d’un nombre incalculable de hasards heureux difficiles et les uns et les autres à vérifier par une expérimentation quelconque.
Il est bien entendu que nous ne pouvons considérer les quelques variétés superficielles obtenues par les soins constants de l’homme et qui reviennent à la souche mère quand elles sont livrées à elles—mêmes; ces résultats éphémères ne peuvent faire préjuger les conditions" du passé pri mitif disparu.
Nous avons déjà eu l’occasion de signaler la déplorable facilité qu’ont certains savants de dépasser le fait et d’y joindre des conséquences qui ont l’air d’en faire partie. Le lecteur, qui tient généralement les savants pour des observateurs scrupuleux, ne fait plus de,distiné— tion entre la pratique et la théorie: l’une luifait avaler facilement l’autre. Cela fait que les faits passent si facilement sous le fameux « gabarit » transformiste.
Nous allons citer entre autres quelques faits de ce genre : Dans la traduction d‘un ouvrage de M. Haeckeh savant allemand, qui est intitulé : LES PREUVES DU 6
IÔ2 _ L‘INITIATION TRANSFORMISME, M. J. Soury, le traducteur, dans une note, pose, avec une confiance singulière pour un savant qui témoigne que la foi dans le système n’a plus besoin des preuves matérielles.que l’églantz’er est une ronce transformée!
Nous avons pendant dix ans exploré à cette inten tion tous les buissons d’une grande forêt de l’Etat. — Nous avons interrogé ensuite, après d‘infructueuses recherches, tous les coureurs des bois, les gardes forestiers, les amateurs d’églantiers, jamais ils n’ont observé cette transformation, et nous n’avons jamais rencontré aucune trace, aucune tendance de la trans formation indiquée si bénévolement et avec une con fiance étonnante et absolue dans la valeur du sys tème.
La préoccupation de vérifier une telle transforma tion, et la pensée que nous devions. dans ce fait annoncé, en découvrir trace, nous avait guidé ardem ment. C. Vogt, naturaliste éminent, dans une exposi tion naturelle faite dans la Revue scientifique et faisant suite à son ouvrage sur les hérésies darwi niennes, avançait que certains processus organiques différents pouvaient arriver à de mêmes résultats.
Comme il ne signalait là aucun fait à l’appui, cela nous fit penser à ce que nous avions déjà dit précé demment dans ce genre, chez la grenouille et le cra paud, deux genres de batraciens identiques comme conformation. Et nous citions, d’après les observations que nous avions eu occasion de faire, l’embryogénie différente de ces deux genres d’animaux si semblables. s
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES I 63 La grenouille habite les mares, se plaît dans les roseaux où elle pond ses œufs en grappes comme le crapaud. On sait que la grenouille passe par l’état transitoire du tétard. Le crapaud ne se tient pas dans l’eau, car même en peu de temps il se noie (de visa), ce qui n’arrive jamais à la grehouille.Le crapaud pond ses œufs dans l’herbe humide ou dans de petites flasques d’eau stagnantes très minces.
Aussi, là où il fait sa ponte, il est évident que les frétillants têtards n’y pourraient vivre. Mais voilà qui va encore mieux corroborer cette différence embryogénique d’avec celle de la grenouille, car le cas du tétard est impossible dans les conditions que nous allons décrire. Certains disent superficiellement et même plu sieurs savants qui se copient: « Pluie de grenouilles».
Ce qui est vrai, c‘est : « Pluie de crapauds», seule ment il faut y regarder de près et ne pas s’y mé prendre. C’est vrai aussi qu’il n’est pas souvent donné d’assister à ce phénomène.
Voici la genèse du phénomène: Les rayons ardents du soleil des chaudes journées orageuses d’été enlè vent l’eau des flaques et la rosée des herbes hu— mides. — La grenouille, elle, pond ses œufs dans les roseaux et sous leur abri, —- ou sous les hautes herbes des bords des mares —— tandis que ceux des crapauds sont plus exposés aux rayons du soleil dans les milieux que nous avons décrits.
L’œuf contient l’eau de l’amnios, il se gonfle sous l’action de la chaleur, et il devient un réservoir de vapeur gazeuse; il forme de là ballonet s’élève,
164 ' L’lNITIATION il monte dans la buée qui va former le nuage. Par une de ces orageuses soirées de juillet 1875. l‘un de nous suivait la route de Dieppe à Tréport, lorsqu’il se mit à tomber des grosses gouttes de pluie tièdes provenant de l’orage qui passait; avec ces gouttes tombaient une multitude de petits crapauds bien plus petits que des têtards, qui sautillaient et se hâtaient de sortir de la route poudreuse.
Nous constatâmes avec un vif intérêt ce phéno mène, et nous vîmes bien que c’étaient des petits cra pauds, car, habitant la campagne, la différence d'avec les grenouilles nous était facilement saisis sable. La grenouille Coasse et le crapaud glousse légèrement. Ce phénomène nous rappela la narration d’un capitaine qui, dans les guerres d’Espagne, constata qu’à la suite d’une pluie orageuse sa compagnie fut couverte de « petits crapauds », dit—il.
Il est évident que des têtards de grenouilles n’au raient pu se développer dans le nuage, et que la puis— sance d‘évaporation primitive n’aurait pu les enlever à l’état de têtards. — En tout cas, ils seraient retombés encore à l’état de têtards, car il ne se passe que quelques heures de l’ascension à la désascension. A moins que, dans ces conditions ambiantes, les gre— nouilles n’eussent enjambé ce stade sous l’action de l’électricité.
Nous nous sommes appesantis avec intention sur ce phénomène, parce que certains savants, sans plus d’examen suffisant, ont indiqué autrement la nature des batraciens éclos et tombés si singulièrement. Les
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 165 faits que nous établissons longuementviennent directe ment et indirectement en faveur de notre conclusion. En passant, nous allons citer un autre fait qui prouvera encore que certains savants à tendances transformistes manquent de cette patiente prudence qui est l’apanage du véritable penseur et du véritable savant.
Dans la Revue scientifique, qui accepte tout faci— lement, pourvu que ce soit sous le couvert d’un doc— teur quelconque, on;elate avec un plaisir non déguisé la description d’une des plus belles gaffes systéma tiques que nous ayons encore vues. Voici le fait.
Un docteur anglais, M. Robinson, Ob serva que si on prend un très jeune enfant et que l’on mette une main, comme le font souvent les nourrices, sur l’estomac et qu’on « roule » l’enfant pour le faire rire. le docteur en question remarqua que l’enfant appuie souvent les mains sur celle qui le serre un peu et avec une pression qui dépasse la force de cet âge.
De là vous ne pouvez vous imaginer ce que le brave docteur en a tiré : Que cette préhension singulière pour cet âge devait être un reste atavique de notre ancêtre grimpeur, le singe. » Ce brave docteur était plus préoccupé d’apporter lui aussi sa pierre au système qu’à la science. Car enfin si peu de chose pour en arriver à une telle conclusion si importante, n’est—ce pas abracadabrant?
Un jour, il nous arriva de presser par hasard de cette façon un tout jeune chien: quel fut notre étonnement de le voir serrer fortement nos mains avec ses petites pattes absolument comme le fait l’enfant? Nous pen
I 66 L’INITIATION sâmes de suite à la théorie singulière du Dr Robinson. Quoique n‘étant pas dans le secret des dieux du transformisme, nous ne pensons pas cependant que du chien nous eussions pu sauter par-dessus le singe. il y a là un serrement automatique qui peut fort bien s’expliquer par l’anatomie et la physiologie. Du reste, chacun peut en essayer sur de tous jeunes chiens.
On sait que M. Milne—Edwards a fait justice, à la suite de la dissection des deux orangs adultes morts à Paris en I894, de cette théorie simienne. Et, pour bien préciser sa pensée, il dit précisément : que l’homme ne peut descendre du singe ». Depuis, un docteur belge, M. Dubois, aurait, dit-on, découvert un crâne à Java qui tiendrait le milieu entre l’anthropomorphe et l’homme et, un peu plus loin, un fémur de ce genre.
Mais il n’est pas sûr qu‘il ap partienne au pythecoïde supposé. On voit que certains savants sont bien pressés de conclure, car, comme le faisait remarquer M. de Quatrefages, que souvent les squelettes ne pouvaient suffire à combler des dis— tances entreles espèces ». Nous—mêmes nous ajoutions que tabler sur le squelette ne suffisait pas.
Et nous citions les caractères squelettiques de la grenouille et de l‘homme si homologues, et combien d’espèces entre ces deux espèces! Avis en passant non seulement aux transformistes matérialistes, mais encore aux kardécistes qui font partir l’espèce humaine du silex, de l’algue ensuite, etc.. etc. On n'est pas plus fantaisiste. Mais, si stupéfié qu’un esprit non féru du sys— tème en question se trouve, ce n’est encore rien en
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 167 présence de l’hypothèse fantaisiste exposée au nom du système en question par M. Trouessart. Celui-ci fait descendre la baleine de quelque mastodonte primitif, relégué sur quelque îlot sans herbe et forcé de se nourrir de poisson. Et dame ! à force d’aller chercher sa nourriture dans l’eau, ses pattes se sont transformées en nageoires, et le reste a suivi !
Toutefois on se demande comment diable il a pu conserver les mammelles seules et de là l’allai— tement mammiférien. C’est vrai qu’avec le temps...! De même pour les sirénoi‘des; des chiens, des ours, etc., ont suivi les mêmes transformations. Mais pour quoi se sont—ils arrêtés en route, et ne sont—ils pas de— venus entièrement poissons par les formes? Mystère.
Et pourquoi la grenouille, la poule d’eau, le canard, le castor, l’hippopotame, l’ours polaire, qui vivent de poissons, pourquoi n’ont-ils pas suivi cette transfor mation si naturelle (pour les esprits partisans du système) P Mystère encore ! Et on dit que le transformisme a chassé le merveil leux à tout jamais 1 On voit/qu’il le remplace tout bonnement par un nouveau qui ne le cède en rien à l’ancien, excepté qu’il paraît plus « naturel».
Comme si demain un nouveau système plus vrai ne serait pas autant et aussi bien NATUREL ! Eh bien’, nous croyons qu’il faut attendre encore pas mal de temps pour savoir ce qu’est la vie et ses forces. De ce moment, certaines découvertes pourraient bien, un jour donné, nous mettre sur la trace d’un système autrement « naturel ».
168 L’INITIATION Α--r-r=—.—:—- . -—..-.. -- -. - . - . _ _ La théorie occultiste prétend que, au lieu que ce soient les formes inférieures qui à l’adventure ont monté inconsciemment jusqu’à l’homme, c’est au contraire le reflet astral de la forme humaine qui aurait envoyé ses propres rayonnements jusque dans la profondeur des espèces avant le temps planétaire, et que ces rayonnements auraient agi comme un éti— rage sur les séries animales.
En effet, plus nous approchons de l’homme, plus 'le cachet psychique, à défaut des formes, devient sen sible. L’éléphant, le cheval, l’âne, le chien, etc., arrivent facilement à saisir nos impressions, àcomprendre nos désirs, nos pensées et même notre langage. Ils vont de plus jusqu’à partager nos douleurs. Le phénomène de rayonnement va encore plus loin, et dans un élément où on l’aurait cru impossible.
L’allaitementde la baleine correspond à la puis— sance de son amour maternel et dépasse de toute sa grandeur les mœurs des poissons. L’intelligence de l’otarie, ses formes supérieures, sa douceur, ses caresses si tendres qu‘elles se prodiguent mutuelle ment, sa domestication, tout cela n’est—il pas un échappement grandiose à toute la série des poissons ?
Ce reflet rayonnant ne reçoit-il pas encore une con sécration bien curieuse du dompteur sur l’animal le plus féroce? Car rien, redirons-nous encore; n’est moins imposant que la force et la forme physique humaine. Le fauve ne se jette-t-il pas sur l’animal plutôt que sur l’homme qui l’accompagne?
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 169 Arrivons aux phénomènes que présente l’homme à son tour, et qui se rapprochent de la médiumnité instinctive qui préside si éclatante chez les animaux, mais qui chez l’homme se trouve forcément res treinte plus tard, à cause du développement encépha lique qui paralyse l’instinct ou plutôt, devrions-nous dire, qui est une déviation de la force psychique évo— luant sur le plan intellectuel cérébral et qui reste infé rieure comparé à l’instinct, en ce que ce dernier agit avec un entraînement suggestif pour l’accomplisse ment de ses actes, ce que l’autre mode ne permet pas.
Dans la phase organique embryonnaire la marque de la force intelligentielle animique y est empreinte entièrement. C’est là que les instinctivités organi— ques qui reflètent cette puissance animique vont droit au but et à l’aide du processus des finalités or ganiques réalisent un entraînement intelligentiel au superlatif.
On sait que le matérialisme prétend ainsi expliquer les choses par une mémoire organique ré— pandue dans les cellules et dans les tissus.
De façon que chaque organe seraitle résultat et ensuite l’ensemble des effets transmis par cette mémoire organique l Mais alors il faudrait expliquer comment un iota, un sper maticule infinitésimal pourrait contenir enlui-même, lui qui n’est qu’un point, toutes les mémoires appe lées à se manifester qui forment un nombre et une complication plusieurs fois milliardaire par rapport à lui. Car il est bon de remarquer que le matérialisme n’a le droit absolument limité et strict, de parl’origine
170 L’INITIATION de sa propre théorie, de tout rapporter à une somme d’étendue et de matière correspondante. Sans cela il invoque quoi? L’invisible lui-même qu’il ne peut admettre puisqu’il s’en défend.
Et enfin on comprend difficilement une mémoire aussi étendue, aussi complexe que celle de l’organisme qui se passerait d’un organe spécial, si peu cérébralisé soit—il, et qui est totalement absent, et ne possède au— cun ganglion, aucune substance nerveuse déjà cons tituée pour fixer cette mémoire ancestrale. Évidemment l’hérédité existe jusque dans les plus petites particularités.
Mais est—ce bien dans et par la cellule elle-même qu’elle se manifeste ? Nous avons déjà fait voir, il y a bien longtemps, que la cellule ne reflète que l’influence morphologique de la partie de l’organisme qu’elle est appelée à con courir, mais que dépouillée du rythme organique spécial qui ente ses effets sur les siens, elle est neutre en elle-même.
La preuve, et une des preuves les plus décisives, c’est que la cellule homme ab50rbée par un tigre ou la cellule lichen absorbée par un âne par exemple, ira se mettre complètement et de suite à l’unisson des rythmes organiques de l’absorbant. Par conséquent, si elle est apte à tout, elle n’a rien en propre autre que sa propre nature limitée à ses propriétés particulières d’endosmose et d’exosmose.
Mais, comme elle produit de la force, c’est cette force qui reçoit les influences directrices des types, puisque ces derniers ne sont eux-mêmes que de la force concrète et plus puissante qui s’impose à celle qui les environne et à qui ils font appel.
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 171 .."rrr r- .av-.. N’a-t-on pas découvert aussi qu’il n’existe pas de différence entre la cellule végétale et celle animale? Alors à quoi tiennent les différences des espèces, si ce n’est dans les types invisibles ?
L’état de médiumnité chez, l’homme est plus souvent le résultat de provocations artificielles que naturelles (I), car cette faculté est pour ainsi dire masquée par les épaisseurs matérielles de l’organisme et par les impositions des sens et les conditions supérieures de cet état.
Et, comme la,gmédiumnité est pour ainsi dire un écho prolongé des instinctivités qui ont présidé aux entraînements intelligentiels de l’organisme et à ses finalités prévisionnelles d’em prise, elle remplace, chez l’homme, l’instinct des animaux.
Seulement c’est en se transformant et en évoluantsur le plan physique où elle s’adapte, absolument comme cette forme de l’intelligence a passé et s’est adaptée à plusieurs plans précédents successifs, tendant tou jours à son enseignement sur le plan actif -en relief et en manifestations, quela propre nature de son éner gie l’appelle à remplir toutes les phases de la vie.
Les créations pour ainsi dire spontanées du génie de l’homme, rappelant de loin celles du GÉNIE DE LA VIE, sont l’expression active du sous-sol de l’être où se fait un travail inaperçu par la conscience de sur face, dans ce laboratoire interne et vital où semble résider une plus grande netteté de vision. ’ (I) Excepté chez les enfants prodiges. _.-—-—_--—,uhw ,_, ‘ A . ..7 .u._.....,
I72 L’INITIATION Les grands Initiés, les enfants prodiges. que les spirites kardéciste qualifient de réincarnés, sont tout simplement le réceptacle absorbant de cette collée tivité d’aspirations, de ce recueillement de désirs inten sifs atteignant au bout d’un certain temps une puis sance qui envahit la sphère astrale pré-terrestre où baignent les âmes à apparaître; il suffit qu’une de ces âmes absorbe ces échos, se les assimile selon des affinités et des rôles que sa nature spéciale comporte.
Elle se trouve ainsi envahie par ces intensités psychi ques au point qu’elle en est comme imprégnée si ce n’est obsédée. Et de là l’impulsion irrésistible qui s’empare d’elle et s’incarne en elle. De plus, ces âmes « élevées », en raison de cette absorption qui se continue et qui s’alimente toujours au même foyer, se trouvent aussi par cela même être dans un état presque constant de médiumnité.
Les esprits ainsi doués acquièrent une puissance de vision et de claire-audience que les autres hommes ne sont pas capables de ressentir. Ces phénomènes d’absorptions psychiques pren nent toutes les formes du mental des hommes, toutes les variétés du savoir et de l’intuition géniale; ils sont les robinets de soutirage des vagues psychi ques de l’astral qui passent par leur canal. Les pressentiments sont encore une des formes de la médiumnité.
Le sentiment est l’écho général de la Vie qui vibre dans la majeure partie des âmes. ‘ Sa nébulosité n’est pas une des raisons de sa né gation, pas plus que nous ne pouvons nier l’intelli—
. LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 173 gentiel inné dans l‘organisme qui poursuit son but par des finalités successives et constantes (I). Nous ne pouvons nier l’importance du sentiment et le rôle prépondérant qu’il joue dans les sociétés ci vilisées et, du reste, partout où l’homme est appelé à former des familles et des tribus. Ce sens est donc un reflet des influences générales du monde invisible.
Il est incontestable qu’il ne peut être ressenti par toutes les intelligences sous les mêmes formes et avec la même intensité, et qu’il en existe qui sont réfractaires aux effets internes du sentiment par suite d’une organisation très influencée par le sens. Dans la pratique, on ferait bien mieux d’éclairer le sentiment que de le nier; de cette façon les supersti tions qui déshonorent l’homme auraient depuis long— temps disparu.
C'est du reste le rôle auquel sont appelées les sciences psychiques qui, en lui donnant en quelque sorte un aliment réconfortant et éclairé, démontreront sa raison d’être dans l’élévation men— tale de l‘humanité future, quand l‘âpreté de nos ques tions matérielles sera résolue.
On s’apercevra alors que les besoins matériels, si élevées soient-ils, ne suffisent pas à clore le cycle des désirs humains qui sourdent toujours à l’heure déterminée au cadran des évolutions infinies que l’intelligence et l’âme hu— maine ont à parcourir dans les évolutions de la vie générale. ' (I) Cl.
Bernard dit: « L’intelligence est diffusée dans l’em bryon. » Plus loin, il ajoute; «Elle se localise dans le cerveau. » Voir aussi Bouchut, les Attributs de la me. 1m. -. r*r:::nxn(gz ,. ,
174 L’lNITIATION CHAPITRE III DES PHÉNOMÈNES DE DOUBLE CONSC1ENCE. — CONSCIENCE ANIM1QUE. — CONSCIENCE CÉRÉBRALISÉE Les nombreuses expériences de presque tois les hypnotistes, de tous les magnétistes sur les suj ts en état d’hypnose et de somnambulisme suflisentîà re connaître que la conscience se dédouble en quelque sorte, et que celle qui réside dans l’interne de la vi talité psychique et qui forme le fonds de nous—mêmes est bien plus lumineuse et bien plus étendue que celle qui fonctionne sur le plan cérébralisé.
Nous ne tarderons pas à nous apercevoir que cette conscience« seconde » ou plutôt cette forme de cons cience intime touche de fort près, et en est encbre comme baignée, aux effluves mystérieux animiqhes qui ont présidé aux phénomènes intelligentiels des organismes avec tant d’harmonie et de sagesse privi sionnelle. .
De plus. encore ce mode supérieur de conscience est-il susceptible d’être suggestionnel au point de dé velopper un excès de force vitale qui réactionne sur l‘organisme, dans certains cas, au point d’accomplir des « miracles ». Les phénomènes de cette foi vive, étrangère au doute, créent une ambiance spéciale qui alimente cette flamme. Les grands enthousiasmes religieux sont le sum mum de cette faculté quand elle resplendit. Après se
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES I75 c‘.assent, avec moins d‘intensité toutefois, les enthou siaSmes humanitaires, poétiques, et artistiques. La foi est un emmagasinement de forces dans l’être, c’est un soutirage occulte qui s’opère. Dans l'homme, par la forme encéphaliquel’instinct évclue sur le plan psychique et est comme localisé. Mais il devient inférieur.
Mais on sent toujours la présence de cette activité sourdir dans les phénomènes de l’intuition et du sen timent. Les pressentiments sont encore un écho de cette vision translucide. ' Nous avons fait voir dans notre Recueil la preuve expérimentale de cette transformation animique et psychique dans les segmentations des annelés.
Les expériences de Flourens sur l’ablation des lobes cérébraux chez certains animaux provoquent la régression de l’intelligence vers l’instinct. Chaque phase de l’être est consciente en rapport de ses actes. Sans cela, qui les accomplirait aussi bien P Dans notre présomption enfantine nous ne vou lons accorder la conscience qu’à ce qui a un corps et un cerveau qui tâtonne. (A suivre.) LECOMTE. .Î _ ;.g._,_”u,:t
assoueaaou Assumpta est Maria in cœlis. A mon excellent ami et maître Saint-Yves d'Alveydrc Or, ce jour-là, Celui dont Elle fut l’idole, Titan désemparé, pleura comme un enfant; Car le souffle qui fait trembler l'humble gondole Fait frissonner aussi le vaisseau triomphant!
Il était là, vaincu, tristefleur sans corolle, Ce Voyant dont le Verbe eut des cris d’olz’phant, Et ce cœur, d’où tomba l’inefiable Parole, Était comme un bois mort qui s’efrite et se fend. Mais les Parfaits ont vu tressaillir le Plérome, Comme si tout à coup quelque divin arome Des terrestres vallonsfût montéjusqu’à Lui!
Et très distinctement, parmi des avalanches De sons et de clartés, deux grandes ailes blanches Glz‘ssèrent ce jour-là dans le ciel ébloui! T FABRE DES ESSARTS. Versailles, 15 août 1895. l
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 177 “ÊR@IŒPE ŒNDÉPENÏDANT‘ D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Rapport annuel du Président Et Messieurs les Délégués généraux, les chefs du Groupe et les Délégués lo caux: (exercice 1894-1895). MESSIEURS et CHERS COLLABORATEURS, De grandes ch05es se préparent sur tous les plans et qui arriveront prochainement.
Sur le plan physique, après des commotions nationales qui nous semblent inévitables, mais d’où la France doit sortir plus forte et plus élevée, votre œuvre devra ac quérir une importance capitale.
Champions ardents du spiritualisme, vous avez permis de constituer un grou pement sans précédents en notre Occident, possédant aujourd’hui plus de cent quarante centres hiérarchisés dans toutes les grandes villes de France, dans tous les pays d’Europe, en Algérie, en Tunisie, en Egypte et dans les deux Amériques.Ce succès inespéré nous a valu des attaques, et aujourd’hui ce n’est plus au matérialisme seulement que nous devons répondre, mais au sectarisme sous tous ses aspects.
Prévenus dès l’année dernière de ces manœuvres, nous avions pris les devants. Nous avons arrêté la propa gande dans les milieux profanes pour organiser forte ment les positions déjà acquises. Aujourd’hui, l’Ordre Martiniste a pris l’extension voulue et a doublé presque partout les centres du Groupe. Il est temps de se grouper pour un effort plus grand encore. N’oublions pas qu’avant tout et par-dessus tout nous sommes des spiritualistes.
Répondons aux attaques hai neuses par la charité et parle pardon et préparons-nous à la nouvelle œuvre qui nous attend. Chacun dans votre sphère, groupez et hiérarchisez les forces spiritualistes. Souvenez-vous que toute
178 L’INITIATION force non drainée par la hiérarchie est semblable à ces mille ruisseaux qui, réunis, formeraient un fleuve majes tueux. Que ceux d’entre vous qui dirigent un centre dans notre chère France aident, de toutes les forces de leurs prières, les efforts tentés dans le monde invisible pour reculer encore les terribles événements qui se pré parent.
Qu’ils demandent à tous nos guides d‘éviter les bouleversements politiques qui menacent, dès jan vier 1896, d‘atteindre autant la fortune que la tranquil lité de l'Etat. Préparons-nous tous à unir dans une même entente toutes les fractions du parti spiritualiste, et puissions-nous nous retrouver tous, la main dans la main, après la tourmente.
Le comité de direction, n‘ialgré la décision de clore la propagande dans les milieux profanes, pour l‘instant n’a pas été inactif, et nous sommes heureux de vous an noncer qu’une entente vient d‘être établie entre le Groupe ésotérique représentant cent quarante centres en Occi dent, et la section américaine théosophique représen tant deux c'ents centres en Amérique.
D’autre part, sept nouveaux Etats de l’Amérique du Nord ont été, depuis l‘année dernière, pourvus de loges Martinistes. Tout cela vous indiquera que, depuis sa fondation, le Groupe indépendant d’études ésotériques a poursuivi sans interruption sa marche en avant. Je suis persuadé que, si nous nous groupons tous en vue de l’union géné rale, nos progrès seront plus considérables encore l’an née prochaine. Dans cet espoir, veuillez me croire.
Messieurs et chers collaborateurs, Votre dévoué Président, PAPUS. .’-\t M. de Thomassin, notre délégué général pour l‘Alle— magne, a donné dans les Internationale Litteraturberichte de Lepzig (4 septembre I895) une étude détaillée sur la littérature spiritualiste et théosophique, dans lequel notre mouvement est signalé avec de grands détails.
ORDRE vMARTINISTE [’79 ©RIDIRE MATH'NIISTË SUPRËME CONSEIL Nous recevons du suprême Conseil de l’ordre Mar— tiniste la communication Suivante: « A partir du 15 octobre, la R::: L::: Hermanubis ou— vrira ses séances pour tous les Martinistes quien feront la demande verbale ou écrite àM. P.
Sédir, 79, Fau— bourg-Poi30nnière (le samedi et le lundi de 5 heures à 7 heures). à4t*æt L’ouverture des travaux de la T::: P::: LE] Hermanu bis s’est faite le 17 octobre dernier, en présence d’une élite de Martinistes. L’ordre des travaux pour cette session, les décisions administratives et une courte causerie du président ont rempli la tenue.
Nous rappelons à nos lecteurs que les Parfaits et les Parfaites de l’Église Gnostique sont admis à ces tenues en qualité de visiteurs ainsi que les M.'. pourvus au moins du grade de R.'. un ELEMENTAiRE Nous découpons dans l’Autorite‘ (‘31 octobre) le fait divers suivant, auquel l’intervention d’autorités donne un ' certain piquant: Ceci n’est pas un conte, encore que les revenants y jouent le principal rôle.
Un riche financier français avait dernièrement loué, pour y passer une partie de l’été et en exploiter la chasse, le domaine de Claudon-House, en Angleterre, qui appar tient au comte d’Onslow. Le locataire vient de demander la résiliation du bail
180 L'INITIATION en donnant pour motif quele château est devenu inhabi table par suite de l‘apparition régulière d’un fantôme. Chaque nuit, environ trois heures avant l'aube, les serviteurs de Claudon-House voient s’avancer, à travers les pelouses qui entourent le château, une dame vêtue d’une longue robe de satin crème et portant au côté une ceinture de buffleterie qui soutient un couteau de chasse.
Des coups de feu ont été tirés par les gardes-chasse sur cette apparition qui pénètre dans le château en traversant le granit des murailles ou le chêne massifdes portes. Un clergyman des environs s‘est porté au—devant de la dame « crème » en brandissant un christ de bronze. La dame a saisi le crucifix et s’est évanouie dans l'air: le crucifix de bronze n’a jamais été retrouvé.
La dame a été aperçue en outre par un domestique au moment où elle prenait un volume dans la bibliothèque du château: elle avait alors son couteau de chasse à la main et elle 3, d’un beau geste, ordonné au serviteur de se retirer. Plus de vingt témoins, la plupart dignes de foi, affir ment avoir vu la dame crème et s’être inutilement opposés à son passage dans la maison.
Le riche financier français a, parait-il, une peur bleue et il a quitté le château. An2( Blancs fantômes. Nous avons dit que le fantôme d'une femme vêtue d’étoiles couleur crème s’était avisé de troubler le repos du comte d’Onslow, ex-gouverneur de la Nouvelle-Zé— lande. Il apparaît en la résidence de Claudon parlt que ce grand seigneur possède près de Guilford et qu’il avait louée à un habitant de cette ville.
Lord Onslow s’est rendu sur place avec le célèbre so licitor sir George Lewis, pour contrôler les bruits étranges qui couraient à ce sujet et pour en démontrer, si possible, l’absurdité au locataire qui demande la rési liation de son bail. Quelle n’a pas été sa stupeur et celle de son avoué, en constatant qu’ils étaient fondés! Il a vu, de ses propres yeux vu,la femme crème armée
PROPHÉTIES SUR L’ANNÉE 1896 181 d’un couteau de chasse, qui prenaitle frais, sur le coup de minuit, dans les avenues sablées du parc, où son pas sage ne laissait aucune trace.
Ce qui est plus fort, c’est que lecomte aaperçu deux fantômes non encore dénoncés: ceux d'une jeune fille en deuil et d’unvieillard barbu ; ils paraissaient se connaître, s’adressaient des saluts, se fai saient des signes d‘intelligence ; ils ne prenaient pas souci des coups de feu qui leur furent tirés et qui n’eurent aucun résultat.
On annonçait hier, à Londres, que lord Onslow con— sent à la résiliation demandée et qu’il va rentrer dans la capitale pour prier quelques savants de le suivre à Claudon park et d’y observer avec lui ses visiteurs du Border land.
PR@PHÉTIES SUR L’ANNÉE 18536 1" Cette année verra naître l’aïeùle de l'Antéchrist, d’aprèsles lucifériens; elle sera l‘anniversaire du baptême de Clovis et de la 1“ croisade ; elle marquera la 50° an née après l’apparition de la Salette (abbé Combe, le Secret de la Salette). 2° La fontaine de Freyssinet dans le Coiron à récem ment roulé des eaux rouges comme en 1848 et en 1870, au grand effroi des paysans qui s’attendent à la guerre.
3° Des batailles ont été aperçues dans les airs, en mars dernier, par des habitants de la \Vestphalie. Ceci se rap porte à la formidable bataille du Bouleau, déjà annoncée par des phénomènes aériens vers 1848 et par des prophé ties authentiques publiées dès le xvn° sciècle. 4° Le vénérable P. Buf’falo a dit: « Les méchants vou dront bien chasser les religieux de leurs couvents, mais ils n’en auront pas le temps. » C’est la question du jour.
5° Le bon curé d’Ars a dit : <<On voudra me canoniser mais on n’en aura pas le temps. » Sa béatification est étudiée. 6° Le vénérable Dominique Prati a vu le seigneur lui apparaître en 1797 pour lui dire: « Cela ne peut conti— ""*>..
I8 2 L'INITIATION nuer de la sorte : cent ans ne se passeront pas... ) Et il fit couler du sang de sa main. 7° Des prophéties auraient annoncé quela Pologne res terait un siècle soumise à l'étranger: le dernier partage a eu lieu en I795.
8° Én 1894, La Croix a parlé d’un curé mort en odeur de sainteté, qui aimait à répéter : « On verra une année de sécheresse extraordinaire suivie d’un été orageux, puis d’une guerre, qui dans deux ans se terminera au grand avantage de l’Église. » 9° Un pieux voyant. en I889, disait apercevoir au ciel sept lunes figurant sept années, et annonçait une disette pour I893. [0° Une prophétie allemande fort ancienne annonçait que l’Alsace et la Loraine seraient enlevées à la France pour un temps et demi (ce qui me parait indiquer un cycle lunaire et demi, 27 années solaires).
Toutes ces prophéties sont conditionnelles. Déjàles châtiments prédits ont été retardés. Il ne faudrait pas re jeter toutes les prédictions parce que les calculs des com mentateurs seraient erronés. Maisces données s’accordent avec la révélation astrale de Papus. SATI7RNINUS.
Wonx DE L’ÊÂUTRHCME”"B©ÆIËMB « En Westphalie, on voyait, en mars dernier, des ba tailles dans les airs, et, dans ces batailles, un grand prince (le grand monarque), avec des gardes ou régiments blancs, remporter la victoire définitive, après un terrible carnage. La Westphalie c’est ma patrie, et je me rappelle très bien qu’on voyait les mêmes choses à peu près dans ma jeunesse. Le gouvernement répondait que ça n’était qu’une image dans l’air.
Mais les habitants du pays répondaient : Oui 1 mais pourquoi et comment y est-elle? « Nous savons qu’au temps des Machabées, on voyait de semblables choses à Jérusalem, et qu‘lsaïe voyait, plus de cent ans à l’avance, de la même manière, la chute de Babylone, l’armée de Cyrus l...
INTRODUCTION A UNE CHIMIE UNITAIRE 183 « J’ai écrit a Fressinet: M. le curé m’a répondu que la fontaine dite de la Guerre a coulé des eaux rouges pur sang en 1793, en 1848 et en 1870, comme elle en coule cette année. ( Je pense que nous sommes à la veille des événements. Que le bon Dieu nous protège!
Ça sera mauvais, surtout en Europe: il y aura d’abord la guerre entre les armées; puis, quand les armées se déchireront, ce sera, dans les villes, le triomphe des socialistes. « La CHAN. PROF. RAHLING. » (Annales mensuelles des Croisés de Marie, juillet 1895, à Limoges, chez M. l’abbé Bri gaud, 19, boulevard du Collège).
En Achaîe, des fontaines se couvraient de sang, au rapport de Pausanias, pour annoncer une guerre, comme la source de Glomaza en Scandinavie et d’autres encore. (De Mirville, Des esprits, III, 492.) Voir, sur les batailles futures en Westphalie, Revue britannique, mai 1850;— l’abbé Curique, Voix prophétiques (Palxpé, 1872, 2 vol. in-12, tome 11); abbé Rabeisson : les Événements pro chains d’après le livre de Daniel et l’Apocalypse (Plen, 8°, 1874).
Rapprocher ceci de la Révélation astrale de Papus publiée cette année par l’Initiati0n. X. INTRWUG‘I‘IDN A UNE GHIMIIE UNITAIRE Dans le numéro d’octobre du Mercure de France (15, rue de l’Echaudé-Saint-Germain, 1 fr. 25) Auguste S:rindberg, que nous n’avons plus à présenter aux lec— teurs de ce journal, vient de faire paraître la première esquisse d’une introduction à une chimie unitaire.
Nous voulons simplement aujourd’hui signaler l’article à tous ceux que passionne le grand problème de la matière et de ses multiples tranformations évolutives. Lorsque sera terminée l’étude de M. Strindberg, nous en donnerons une appréciation aussi complète et aussi claire que le comporte un sujet très compliqué. Mais dès maintenant, nous croyons devoir appeler
184 L‘INITIATION l‘attention sur les pages du chimiste suédois. Elles sont des plus curieuses, des plus intéressantes, car elles mon trent un essai de classification chimique nouvelle basée sur d'étranges coïncidences de formules, sur des calculs d‘une remarquable ingéniosité ou très probables. A mentionner tout particulièrement la formule de construction des métaux et leur réunion en groupes « d'après leur parenté en nombres et qualités ».
Plusieurs pages sur la chimie organique sont égale ment à approfondir; nous ne pouvons entrer ici dans des détails, ni donner de formules. ce qui entraînerait bien trop au delà des limites assignées à cette simple nonce.
Malheureusement, ce ne sont guère que des spécula— tions, très séduisantes; nous répéterons ce que nous avons déjà dit ailleurs: de tels efforts paraissent utiles et nécessaires; mais le sceau de l’expérience manque presque totalement pour les consacrer. Alors... ils ne représentent plus qu’un jeu d‘arithmétique, un essai de Théorie, de Philosophie chimique. Cela est regrettable mais fatal, d’ici longtemps encore.
N’importe, disons-le bien haut! ces travaux doivent se poursuivre avec ardeur, car d’eux-mêmes jaillira un jour l’étincelle de la vérité. — Et il faut les lire!
JOLLl\'ET-CASTBLOT. Œa ®maua E'lt L’©ccumasma Le mouvement spiritualiste de ce siècle a tenu une place importante dans la préoccupation de l’autorité ecclésiastique; sans en refaire ici un résumé historique, nos lecteurs se rappellent, dès Collin du Plancy, les di verses intrigues mises en œuvre pour fausser les vérités traditionnelles et les décrier aux yeux des croyants; une telle conduite est dans la norme des choses, et aucun initié n’a le droit de s’en étonner ou de s’en plaindre.
L'emploi des Gouguenot des Mousseaux, des Mirville, a retrouvé aujourd'hui des titulaires ; on voit aux cata— logues des libraires catholiques, depuis deux ans, les
BIBLIOGRAPHlE 185 Lucifer dévoilé succéder sans cesse au Diable numx°siècle ; et les docteurs Bataille, les Jean Kostka, les Domenico Masjiotta ont décrit avec une verve intarissable les orgies lucifériennes, les crimes occultistes, les assassinats ma— çonniques.
Mais cette effervescence porte dans son sein le principe de décomposition qui doit la détruire; nous ne nommerons pas l’homme, espion à deux faces, que nous avons en vue; mais répétons à nos lecteurs que les hauts dignitaires du clergé n’ont organisé là qu’un attrape-nigauds ; les signataires de ces pamphlets où l‘ignorance le dispute à la mauvaise foi, ne sont que des instruments dociles entre les mains des membres des collèges ecclésiastiques secrets.
Nous n’en dirons pas plus: ceux que nous désignons ici se reconnaitront clai rement; nous connaissons la qualité de leur magie et le degré de leur puissance : qu’ils se le tiennent pour dit quand ces lignes tomberont sous leurs yeux. Ces choses, et bien d’autres encore, que nous pour rons écrire dans cette revue, le Dr Papus ne pouvait pas les livrer à la publicité générale.
C’est pourquoi, dans la réponse qu’il vient de donner aux écrits ami-occultistes des cléricaux (brochure qui est l’occasion de _cet article), s'est-il tenu dans les généralités de la riposte. La séré nité de sa réponse, sa causticité, sa bonne humeur ran geront certainement les rieurs de son côté. Papus ne se fait d’ailleurs < aucune illusion sur l’accueil fait à cet opuscule par ceux qui ne veulent pas entendre >.
Ils continueront, dit-il, à croire que nous évoquons tous les vendredis un diable cornu et barbu, et nous conti nuerons à rire beaucoup d‘une telle accusation. Preuve nouvelle que toute vérité n'est pas toujours bonne à dire, et que les perles ne doivent être offertes qu’à ceux qui en connaissent le prix. SÉDIR. BEBLÆ©GæËAEËËEE Dictionnaire d’0rientalisme, d‘Occultisme et de Psycho logie ou Dictionnaire de la Science Occulte, par M. E. Bosc, 2 vol. in-I8, I2 francs (Chamuel, éditeur). Un bon dictionnaire de la science occulte fait par un
186 L’INITIATION W..." auteur au courant des questions ésotériques serait assu ré d’un légitime succès. M. Bosc avait sans doute en réserve un vieux travail sur l’orientalisme et il nous le sert aujourd’hui avec un titre destiné à amorcer le lec teur. Le titre correspond-il à l’ouvrage? C'est ce que nous allons voir.
Dans une introduction où l’auteur raconte les peines qu’il a eues à établir son œuvre, nous trouvons des phrases dans ce genre : « Du reste, aujourd’hui, on a tiré de l’alchimie tout ce qui pouvait en être retiré; c’est une science absolument morte et que personne ne réveillera plus (sic). ( L'alchimie a eu sa raison d'être, elle a rendu de grands services puisqu’elle a créé notre chimie moderne, source de toutes les belles découvertes contemporaines.
Dès lors, nous n’avons pas à nous étendre sur un tel sujet, dans un ouvrage que nous voulons faire aussi suc cinct que possible, pour le mettre à la portée d’un très grand nombre de lecteurs.
« Ce que nous venons de dire de l'Alchimie peut égale ment s’applîquer à l’Astrologie, à la Kabbalah et aux nombres harmoniques (sic), p. XI. ) Ce jugement et cette exécution de l’œuvre par son auteur montraient déjà combien le titre mis sur la cou verture était usurpé. Ces paroles suffisent pour indiquer le reste.
Pour en avoir le cœur net,nous avons cherché dans ce soi-disant dictionnaire, MAIS EN VAIN, les biographies sui vantes : Fabre d’Olivet. Eliphas Lévi. Louis Lucas. Moise l l Saint-Martin. Ne pas parler de ces auteurs dans un dictionnaire dit de science occulte, c’est roide. Mais voilà qui est plus fort.
Dans la biographie d’Agrippa (p. 39), M. Bosc ignore que cet auteur a fait un certain ouvrage en deux volumes intitulé De Occulta Philosophia qui est, à notre avis, bien plus connu que le De Vanitate Scientiurum, un attrape M-_-_-w,,fg_w.,—a ,_r,_._. d“un—n'—
BIBLIOGRAPHIE 187 nigauds destiné aux pédants du XVl° siècle... et des suivants. M. Bosc ignore aussi l’existence de Poisson et de ses études sur l’alchimie... dans son dictionnaire; car nous savons que dans ses oeuvres précédentes, M. Bosc con— naissait parfois trop cet auteur et surtout son pseudo nyme. En résumé, l’ouvrage de M. Bosc est une compilation incomplète et qui n’a d’occulte que le nom.
Le diction naire Larousse est de beaucoup préférable pour la plu part des termes employés couramment par les occul tistes.’ La partie biographique est nulle et ne fait que reproduire les erreurs des dictionnaires cléricaux (Voy. Cagliostro) sans mentionner un seul des grands initiés ou de nos maîtres contemporains, pas même Eliphas Lévi.
Nos lecteurs qui auraient la faiblesse d’orner leur biblio thèque de cet ouvrage s’en repentiraient à bref délai, car ils verront vite qu’ils perdent leur temps à lire une com pilation abrégée des dictionnaires de Langlet-Dufresnoy, de Migne et même du Larousse.
M. Bosc apeut-être fait un dictionnaire d’antiquités orientales ; mais, quant à avoir fait un dictionnaire d’occultisme, c’est là un point que je lui conteste formellement, et ce titre apposé sur la couverture n'a pour but que d’égarer les lecteurs. Aussi je considère comme un devoir de les prévenir et de re— mettre les choses en leur véritable état. PAPUS. J * —‘l»It ALFRED LE DAIN. — L’Inde antique, un vol. in—IS, 3 fr. 50.
Ce livre est un développement de plusieurs études parues depuis deux ans, sous le même titre, dans la Revue scientifique des Idées spiritualistes.
Son auteur est déjà connu dans le monde de l’érudition et de la philologie par l’étude extrêmement curieuse et originale qui s’ap— pelle la Linguistique vulgarisée ; et nous sommes heureux de constater que son nouveau travail répond de tous points aux espérances qu’avait fait concevoir l’apparition du précédent.
Une des parties les plus intéressantes du livre com— prend les chapitres Où sont exposées les données de la science géologique et anthropologique ainsi que les
188 L’1N1TIATION récits de la tradition concernant les déluges, les conti nents et les races disparus, la durée des périodes géo logiques, l’e‘migration des races primitives, les person nages antédiluviens. Sous ce rapport le travail de M. Le Daim est on ne peut plus utile et opportun; il rendra, pensons-nous, s’il est lu avec l’attention qu'il mérite, les plus grands services à l'idée spiritualiste.
De même, nous avons particulièrement goûté la force avec laquelle l’auteur appelle l’attention du public et des savants sur les 'inestimables richesses manuscrites des Brahmes du Dekkan: si, au lieu de rester cantonnés dans une compréhension étroite et un peu protectrice au cours de leurs rapports avec les pandits, nos orien talistes voulaient accueillir leur manière de voir et pénétrer le sens de leurs méthodes, il est incontestable que beaucoup de connaissances réservées actuellement ts/1elas deviendraient un aliment de leurs recherches éru dites.
Cependant, nous voulons, avant de terminer ces quelques mots, faire nos réserves sur l'interprétation que donne le savant membre de la société asiatique, des symboles religieux védiques.
Suivant pas à pas les thèses des orientalistes contemporains, il n’assigne aux dieux hindoux que la signification de symboles de la nature physique dans sa phénoménologie; tels les vents, les pluies, la marche du soleil, la naissance du feu, etc. La vérité n’est pas la tout entière, à notre humble avis.
La clefde ces hiéroglyphes est triple, elle s’applique aux spéculations de la métaphysique comme aux thauma turges theurgiques, comme aux réalisations de la psy chologie occulte; et, si le temps et l’espace ne nous étaient limités, une démonstration péremptoire de cette thèse serait facile. Mais, ces réserves faites, nous ne pouvons que louer sans réserve le courageux et solide travail de M. Le bain. SEDIR.
'I l‘ MARIUS DECRESPE. — Les Microbes de l’Astral, 1 vol. in-18 de 108 pages avec planches, 1fr. 50. M. Decrespe se propose, dans ce nouveau travail,
BIBLIOGRAPHIE I 89 de donner une idée scientifique et positive des condi— tions de formation, de vitalité et de développement des corps astraux : c’est donc, à proprement parler, l’his toire de la naissance de l’âme qui est entreprise.
Mais, en cette étude, qui n’a rien de philosophique, ni encore moins de religieux, nous n’avons pas à nous occuper, sinon tout à fait accessoirement, des attributs de l’âme telle qu’on la connaît dans l’homme; nous considérerons simplement ce principe comme un centre deforces; c’est là une conception assez générale, ce semble, pour être admise aussi bien par les théologiens les plus mystiques que par les plus matérialistes physiologistes; et c’est à ce seul titre que nous tenterons l’analyse physique de l’âme. ’ L’amplitude de ce cadre n’a pas effrayé le travailleur consciencieux et courageux qu’est M. Decrespe.
Nous savons d’avance que les développements de l’idée-mère sont logiques, les raisonnements persuasifs et les expé riences conduites avec toute la méthode et la sagacité désirables. Aussi nous enquerrons-nous tout d’abord de la façon dont M. Decrespe a conçu l’âme. Pour lui, le corps astral est bien exclusivement matériel; rien de mieux, l’esprit seul est _esprit.
Mais il nous semble que notre auteur s’éloigne de la réalité organique des choses, lorsqu’il conclut que « le corps astral est constitué par les émanations éthérisées du corps charnel >. La tradi— tion tout entière s’inscrit contre cette manière de voir.
Elle enseigne —— autant du moins qu’il m’a été donné de la concevoir — que l’homme est un produit de conjugai son, résultant de la rencontre d’une monade spirituelle involuée et d'un corps terrestre évolué. Ce que M. De— crespe appelle le corps astral n’est donc qu’une subdivi sion du principe terrestre dans l’homme, et c’est seule ment au corps du corps astral que l’on doit attribuer les ingénieuses et savantes déductions qu’il développe.
Cette restricdon faite, je ne trouve que choses à louer dans cette trop courte étude : l’information scientifique et expérimentale y. est abondante, les projections har dies, la langue nette et claire. —- Nous attendons avec intérêt la suite de l’œuvre de ce savant. SEDIR.
190 L’INI'I'IA'I‘ION I.E VOILE ID’ISIS A la demande d’un certain nombre d‘abonnés, la Direc tion du Voile a résolu d‘apporter à la composition du journal la modification suivante: A partir du mois de novembre, les quatre pages inté rieures du Voile seront consacrées à la publication d’ou vrages anciens et surtout modernes, traitant de l’occul tisme et de ce qui s’y rapporte.
Cette feuille qui rempla cera le feuilleton actuel, sera paginée à part et sera composée de manière à en permettre le détachement, le pliage et le brochage, au moyen de couvertures distri— buées gratuitement aux abonnés à la fin de la publication de chaque ouvrage.
Nous espérons que les lecteurs sauront reconnaître les nouveaux sacrifices que s’impose son éditeur pour sa tisfaire plus complètement leurs desiderata. ©©ts.nesu©uunucs A MONSIEUR SÉDIR Mon cher condisciple, \ Je suis très sensible a votre appréciation de nos Pro positions de philosophie occulte. En vous en remerciant, je veux tâcher de vous montrer combien certain scru— pule de votre part porte sur une différenciation spéci— fique et formelle.
Il est certain que, laissant la le centre pur où l’émotion est nulle pour siffloter quelque air de circonstance dans la salle d'attente de la vie, tous les refiets,l’orgueil de race et l’hégémonie sectaire compris, s’écartent de la ligne théorique et droite. Mais, en vitalité totale, toutes les petites hélices évolutives de ces écarts sont la moelle même de la rectitude infinie selon l’axe éter nel. Comme vous le reconnaissez, il faut signer.
Or signer, c’est particulariser d’un triple sceau local, temporel et personnel. Cela n’est jamais aussi pénible qu’en matière d’absolu. Mais que voulez-vous! En attendant, l’heure
CORRESPONDANCE [91 nous réclame. Il faut prendre rang ; celui qui n’est pas avec moi est contre moi. Le grand Villiers que vous citez et qui n’a pas dédaigné,«lui, de nous laisser un nom glorieux, m’a confessé qu’en toutes choses il vou lait se couvrir du credo. Voyez d’ailleurs comment il ré prouve toute œuvre extra catholique au nom des évan giles et des Pères, dans « Les Expériences du D“ Croc kes ».
Je sais que l’unité n’exclut pas la variété, mais les variétés ont des limites locales imposées par le climat et la race. Le Pape reconnaît les variétés des Églises, mais il les limite. Il y a sur ce fait un gentil apologue : Il faut aimer celle qui pourrait devenir ta femme, seulement parce qu’elle peut le devenir,et, quand elle l’est devenue, il n’y a pas de meilleure raison pour continuera l’aimer.
Toute la philosophie fait aboutir l’étude à l’action. Montre ce que tu as appris. Au bout de la science il y a la conscience. La philosophie doit servir l’Église, et le savant doit se montrer bon chrétien. Voilà l’enseigne ment, voilà l’exemple. Nous y sommes obligés. Nous devons combattre.
Nous comptons déjà dans notre mi lieu trois conversions retentissantes et bien diverses :le satanisme, le gnosticisme et le spiritisme ont fait trois catholiques. Je conviens qu'une certaine gratitude s’im pose. On ne peut en demander davantage. Donc, mon cher condisciple, quittant le saint des saints où tout s’unifie en une synthèse amorphe et ici-bas purement spéculative, que chacun s'enrôle selon la tradition de son sang.
Ce sera de bonne guerre. Que si vous m’objectez l’égoïsme lâche de certains, je vous renverrai au premier des préceptes qui constituent le catéchisme des ésotéri sauts. Rends aux dieux immortels le culte consacré. Avec cela un peu d’ethnologie et d’histoire, et l’en fantine envie d’une religion toute fraîche comme celles qui ne sont plus ou celles qui sont très loin, passe faci lement.
La philosophie est là pour cela, avec ses res s'ources infinies, inépuisables. C’est elle qui fraternise avec l’Inde et qui réalise un catholicisme qui n’a plus besoin d’être ni apostolique ni romain. Dites-moi, je vous prie, mon cher condisciple, s’il y a à autre chose qu’une question de point de vue, et si
192 LlNl'l‘lATION vous me voyez au mien, aussi bien que je vous vois au vôtre.
Amicalement. \ÏL’RGEY École pratique de magnétisme et de massage Fosm’:r: EN 1893 (Enseignement supérieur libre reconnu par décision du 20 mars 1895.) Depuis le 14 octobre, les cours de l’École ont lieu avec beaucoup d‘entrain et vont se continuer en novembre et décembre dans l’ordre suivant : COURS THÉORIQUES ET PRATIQUES Le lundi. — Physiologie synthétique, professeur: M. le docteur ENCAUSSE (Parus).
Le mercredi. — Histoire du Magnétisme, professeur : M. FABIUS DE CHAMPVILLE. Le vendredi. — Physique magnétique, professeur : M. H. DURVILLE.
Cours Cliniques à 9 heures du matin, le jeudi et le dimanche à la Clinique de l’École. _ ÉCOLES sxcoummns La direction de l’École pratique de magnétisme et de massage, qui veut donner la plus grande extension’pos sible à son enseignement, a décidé de fonder des Écoles secondaires dans les principales villes de France, là où il sera possible de recruter le personnel enseignant.
Par les soins de M. le docteuç Encausse (Papus), directeur adjoint de l’École, une École secondaire est établie à Lyon. - Çette Ecole est régie par le règlement statutaire de l’École de Paris, conformément au règlement suivant: ARTICLE PREMIER, — Sur avis de la direction de l’École pratique de Magnétisme et de Massage, le Président de la Société magnétique de France, délégué spécialement à Lyon, a organisé une Ecole secondaire. ART. 2. — L’ticole secondaire de Lyon, étant une suc
ÉCOLE PRATIQUE DE MAGNÉTISME 193 cursale de celle de Paris, est soumise au règlement statu taire de l’École—mère. Les droits d’inscription sont les mêmes dans les deux écoles, et les élèves jouissent des même droits et prérogatives. ART. 3. — Le corps enseignant de l’École secondaire de Lyon est composé ainsi qu’il suit : 1° Un Professeur titulaire.
2° Des maîtres de conférences, chargés de cours, en nombre variable et nommés suivant_les besoins du service parla direction de l’.Ecole de Lyon, après approbation de la direction de Paris. . ART. 4. — Les Finances de l’École secondaire de Lyon sont administrées par une commission de trois membres composée du directeur de Lyon, président de droit, et de deux assistants choisis parmi les maîtres de conférences. ART.
5. — La direction de l’Ecole de Lyon tiendra un registre d’inscription des élèves et délivrera à chacun d’eux une carte spéciale qui tiendra lieu de quittance. ART. 6. — A la fin de chaque annéé scolaire les examens des élèves qui désireraient obtenir le. Diplôme de Magnétiseur-Masseur Praticien, sont faits en séance publique devant une commission de trois membres ainsi composée : 1° Le Directeur de l‘École de Paris, professeur titu laire ; .
2° Le Directeur de l’Ecole de Lyon, professeur titu laire; . 3° Le Président de la Société Magnétique de France, ou un professeur titulaire délégué de Paris à cet effet. ART.‘ 7. — Des Prix, des Diplômes et des Certificats d‘inscription seront décernés aux élèves les mieux notés.
NOMINATIONS Sur la proposition du président de la Société magné tique de France, directeur adjoint de l’école de Paris, M. PHILIPPE (Nizier) est nommé directeur de l‘École pratique de Magnétisme et de Massage de Lyon. Après rapport favorable de la commission d’enquête et ratification de ce rapport par le directeur de l‘école de Paris, M. PHILIPPE est nommé professeur titulaire T a vu. [11.] ‘.. .'.|A
194 L’INITIATION . de la chaire de Clinique nmgne'tique, et le diplôme de professeur lui a été délivré en séance solennelle.
Sur la proposition de la direction de l'école de Lyon: M, CHAI‘AS (Jean) est nommé Maître de conférences de l’École de Lyon, chargé du cours d’Histoire du Magné trsme. mÈononoaan LADY CAITIINESS, DUCHESSE DE POMAR Ce mois le Spiritualisme a fait une grande perte dans la personne de Mme la duchesse de Pomar, décédée presque subitement, fuisque nous avions reçu une très aimable‘l’ettre d’elle deux jours avant sa mort.
L’œuvre de M“ de Pomar est considéra ble et comptera parmi les meilleures productions du mysticisme du x1x° siècle. ' Toujours sur la brèche M“ de Pomar avait été, , une des premières en France,placée à latête du mou-_ vement théosophique et elle avait gardé toute son amitié aux fondateurs de la S. T. tout en se tenant à distance des malheureux essais tentés par la suite.
Soutenue par les influences du monde invisible ui lui avaient indiqué sa mission, la directrice de lAnrore n’a jamais failli à sa tâche, Ouvrant large ment ses salons à la propagande spiritualiste auprès de ce public mondain qui en a tant besoin. Nous espérons que l’œuvre de lady Caithness ne s’arrêtera pas là et que toutes les précautions ont été prises pour la continuation de l'Aurore et d’un mouvement aussi nécessaire au spiritualisme.
Inspiré maintenant par I’Ésprit de celle qui fit tant pour la diffusion de l’idée, ce mouvement ne peut qu’aequérir une importance plus considérable. C’est cet espoir qui atténuera quelque peu la pro fonde émotion causée parle départ de celle qui fut unegrandeâme enmême temps qu’une grande dame l ce.qui est souvent rare à notre époque. PAPUS. l Le Gérant : ÉNCAUSSE. TOURS. -— I:.IP. E. ARRAULT ET G", RUE DE LA PRÉFECTURE, O.
v“7‘:i.<—311t de paraître Chez CHAMUEL ' I I l I Le Blabla et l ücculhsme Réponse aux publications « Satanistes » Par PAPUS BROCHURE IN-18 — PRIX : 1 FR. Vient de- paraître nunsi1inns n uniurcm Par PAPUS Réédition très augmentée du Résumé Synthétique de Chiromancie paru en 1892 -I Un volume in-18, avec 62 figures. Prix: 3 fr. 50
Principaux Ouvrages recommandés pour l’étude dia -3 l'OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAMŒl L’Évolution de l’ldée. F"C”' BARLET ' ' ' ' L’Instruction Intégrale. 3 Le Serpent de la Genèse. ST ISLAS DE GUA1TA . . N Le Temple de Satan. Traité méthodique de Science Occulte. Parus . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratiqué. La Science des Mages. A. JHOUNEY. . . . . . Ésotérisme et Socialisme. RENÉ CAILLIÉ . . . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. FABRE D’OLIVET. . . . . La Langue hébraïque restituée. ALBERT POIsSÔN. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. IJTTÉRATURE -‘ — ( La Magicienne. JULES LERMINA . . I A Brûler. BULWER LYTTON . . . zanom' Z La Maison Hantée. MYSTIQUE i Jeanne Leade. VP' SEDIR ' ' ' ' ' ' ' ‘ i Jacob Bœhme et les Tempéramems. , 0 POUR DÉTAIL ET PRIX, S’ADRESSER: il la librairie MANUEL, 19, rue du Faubourg-Poissonnière. PARIS Envoi Franco dû Catalogue. TOURS, IMP. E. ARRAULT ET CIE