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,>: .,5;. .{ ( ,,ÿ 13 Î': *’ Ii Revue philosophique des Hautes L PUBLIÊE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTIÀN DE PAPUS à? O. Æ Docteur en médeczne — Docteur en kabbale LI p 29° V OLUM'E. — 9“" ANNÉE SOMMAIRE DU N° 1 Octobre (1895) AVANT-PROPOS . . . .. LehGrrarÎd-C'Jris_eil du Spi ritualisme . . . . . . . . Papus. . 1 à ). PARTIE INITIATIQU E. . . ME5'tines dZ Pasqual!y et les [Miroirs magiques. (p._7 à'25).
À ' PARTIE PHILOSOPHI — Esquzsse d’une hzstozre de QUEETSCIENTIFIQUE l’Inde antique . . . . . . (p. 26 à 31). Réflexions sur l’ésotéris me de l’Eucharistie. . . (p. 31 à 33). Symbolisme des chifl‘res dits arabes . . . . . . . (p. 33 à 37). Les Stigmatisés . . . . . . (p. 37 à 41). La Phzlosophze en Sor Ëonne . . . . . . . . . . 1 à . Libpresf} rechî2ches philo sophiques . . . . . . . . (p._47 à 59)- _ Origine hermétique du rade de Royal—Arche. E.
Blitz. P.-Gh. Barlet. D' Fugairon. Hutchinson. M. Decrespe. Saturninus Edgar J égut. Locomte. . 60 à 7;). PARTIE LITTÉRAIRE... L’ stre des arts . . \ Jollivet Castelot. (P71 a 78)- . Le Grand Formulaire . . Vurgey. (p. 79 à 81)._ L’Ascèïe (poème) . . . . . M. Largeris. (p. 81 à 82).
' Groupe indépendant d’études ésotériques. — Ordre martiniste. — Église gnostique. w L’Ecole pratique de magnétisme. — Une image _ 333342, .7— Livres reçus. —— Bibliographie. -— Swedenborg. _ "'* r « » I\‘L:LL ‘ i Êdnüer ne la Rédaction et les Échanges doit être adr‘esÏè“ 42, rue des Perchamps, Fpris. I |\' [ \' ERg [ ‘1'\' Abonnements: 79, rue du Faubourg-Poissonm re -;- N . Chamuel, éditeur. ' " _‘ Ii!LIx‘ Le Numéro : UN FRANC. Un An: DIX FRANCS Fout ce qu Laministration,
HE> /X‘s F{57«2’5k . P GRAMME 1 g ;2a«zo »“ Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats'de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Im‘tialion est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta— physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initiaiion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. LÏInitiajion._expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initialique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. ' ‘ - La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions .d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an _ ‘ (Les collections des deux premières annees sont absolument épuisées.) . ’ ’ 3 P; 0 3 v W Ê 'fll’aU A 4 7‘ ÿ — ——:
L’Iniliation du 15 octobre 1895 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation .. [0 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET,S.'. I.'. Sg—+ STANISLAS DE GUAITA, S.'. I.'. 513—— GUYMIOT. — MARC HAVEN, S.-. I.'. g; —JULIEN LEJAY, S.'. I.'. S} — ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.°. —GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. {à —PAPU S.-. I.‘. ;’Q — QUÆRENS, S.'. I.'. (D. G. E.) — SÉDIR, S.'.
I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G. E.) — VURGEY. _ 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. — AMELINEAU. — ALEPH. — BADAIRE. — Dr BARA DUC. — Le F.'. BERTRAND 3o“ ,— BL1TZ BOJANOV. — RENÉ CAILLIÉ. —CAMILLE CHAIGNEAU.—— CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. — G. DELANNE. — FABRE DES ESSARTS. —- Dr FUGAIRON. — DELEZINIER. — JULES GIRAUD. —HAATAN. — L. HUTCHINSON. — JOLLIVET CASTELOT. — L.
LEMERLE. — LECOMTE. — NAPO LÉON NEY. — HORACEPELLETIER. — G. POIREL. RAYMOND. — A. DE R. —— Dr SOURBECK. — L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. V1« TOUX. — HENRI WELSCH. —- YALTA. 3° ‘ PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVILLE. — E. GOUDEAU. — MA— IOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. —'-— L. HENNIQUE. — ‘ LES DE MARTHOLD. — CATULL‘E MENDÈS.— GEORGE MONTIÈRE. — .ÉON.RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. —- ROBERT SCHEFFER. -— ÉMILE EOGNE. — CH.
DE SIVRY. ‘ 40 POÉSIE CH. DUBOURG. — RODOLI‘HE DAR2ENS. —- JEAN DELVILLE. — '\'AN DIETSCHINE. — MAURICE LARGERIS. -— PAUL MARROT. — DE TALLENAY. —- ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
;__ _ . L’Initiaiz‘on du :5 octobre |895 L’INITIATIO N DIRECTION ADMINISTRATION 42’ rue des perchamps’ 42 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS DIRECTEUR : PAPUS c H A M U E L DIRECTEUR ADJOINT : Lucien MAUCHEL 79' Rue du Faubourg_lioissonnièœ Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLET PARIS Secrétaires de la Rédaction: FRANCE un an. 10 tr. . _ É ’ J LE'”" P Êr‘ËÏKÎbÙËeÏR ÉTRANGER, — r2 ir.
RÉDACTION. — ÉCHANGE: 42, rue des Perchamps. — Chaque ré dacteur publie ses articles sous saseule responsabilité. L’indépen dance .absolue étant la raison d’être de la Revue. la direction ne se permettra Jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d'adresser tous les échanges : 42, rue des Perchamps, Paris MANUSCRITS. -— Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d‘avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. ‘ ‘ ennur: IIIIEPEIDAIIT II'ETIJDES Éson’zmquss [.600 Membres -— 104 Branches et Correspondants — Groupes d'Ëtudes fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. PaulSÉDIR, secrétaire, 4, avenue de l’Opéra, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE CROIX. — É_GLISE GNOSTIQUÊ
àammmflÊ Û. La reproduction des articles inédits publiés par l'lniliation est formellement interdite. à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Ij.e firancl flonseil du fipirilualisme Le 24 janvier 1894, le 21 février 1894, le 14 mars 1894, le 11 avril 1894, le 27 juin 1894., nous avons développé dans tous ses détails notre idée concernant le GRAND CONSEIL DU SPIRITUALISME dans notre journal hebdomadaire le Voile d’lsz's.
Aujourd’hui, le moment est venu de créer définiti vement ce conseil. Pour ne pas republier tous les ar ticles parus jusqu’ici, nous allons les résumer dans les quelques lignes suivantes: LE GRAND CONSEIL DU SPIRITUALISME Tous les spiritualistes sont convaincus de la néces sité de réunir d’une façon quelconque les forces épar ses actuellement en action.
' Mais, dès qu’il s’agit de mettre en pratique ces excel lentes intentions, les difficultés naissent, et bientôt le projet semble irréalisable. Telle personnalité ne veut pas entendre parler de telle autre, telle école craint un nouveau piège d’une
2 L’INITIATION autre école, et ces mesquines rivalités empêchent toute réalisation sérieuse. Les idées, aussi élevées soient elles, sont représentées par des hommes, et nul n'a le droit de prétendre réformer en un jour la nature humaine; aussi faut-il tenir le plus grand compte de ces questions de personnalités et de ces oppositions d’écoles dans la solution du problème que nous aspi rons à résoudre.
L’action commune que nous rêvons devient immé diatement impossible si une personnalité quelconque, même issue d’une majorité, est revêtue d’un pouvoir permanent.
Toutes les personnalités, même les plus opposées entre elles dans la vie extérieure de réalisa tion, doivent trouver le respect commun qui est dû à leurs tendances,ce qui nous amène à poser tout d’abord le principe suivant : Il ne saurait y avoir aucun Président permanent du groupement que nous aspirons à réaliser. La Présidence des séances sera exercée à tour de rôle par les divers directeurs des sections.
Voyons maintenant ce que seront ces sections. De même que toute personnalité a droit au respect de ses Opinions, toute collectivité a droit au respect absolu de l’idée qui a présidé à son groupement. C’est-à dire que le Conseil que nous tendonsà éta blir ne pourra avoir aucuneespèce de pouvoir efiectz‘f, car l’exercice d’un pouvoir entraînerait la nécessité d’une majorité violentant une minorité à propos de certaines idées.
Cela peut exister dans une société, mais non pas dans le Conseil que nous concevons. Ce Conseil ne pourra donc que présenter DES vœux
LE GRAND CONSEIL DU SPIRITUALISME 3 dont chaque individualité, dont chaque collectivité tiendra, après la séance, le compte qu’elle voudra, sans aucune espèce de sanction physique. C’est une Puissance morale que nous prétendons créer; elle ne peut donc avoir qu’un caractère étroitement moral. Ainsi se trouvera sauvegardé le respect absolu qui est dû à toute idée, fût—elle représentée par un seul membre contre cent professant l’idée contraire.
Quant aux collectivités, leur caractère particulier est absolument conservé par la création de quatre sections: - Section A. — Occultisme; Section B. — Magnétisme; Section C. —— Spiritisme; Section D. —— Groupes spiritualistes et personna lités libres. .
Si un groupe ou une personnalité ne veulent pas entrer dans la section Occultisme,Magnétisme ou Spi— ritisme, la section D leur sera ouverte et contiendra les groupes et les personnalités qui n’ont voulu faire partie d’aucun groupement antérieur. - Il n’y a plus à craindre pourles groupes spirites que les occultistes veuillent les absorber, puisque chaque groupe conserve une section distincte et une person— nalité absolument tranchée ( r).
La question des individualités et celle des collec— tivités, dont il faut sauvegarder toutes les idées, nous semble ainsi loyalement résolue. (1) Ces pages ont été écrites à Lyon en juillet 1894, et les termes en ont été discutés avecnotre ami Vitte à cette époque.
4 L’INITIATION Abordons d’autres détails. Le Conseil sera formé de trois sortes de délégués: 1° Les délégués des journaux spiritualistes parais— sant depuis six mois au moins. A raison d’un délégué par journal. 2° Les délégués des sociétés et groupes spiritualistes fonctionnant régulièrement depuis six mois au moins. A raison de deux délégués par société.
3° Les délégués libres admis, soit sur la présenta tion des présidents de section, soit sur la demande d’un certain nombre d’autres délégués. Le nombre de ces derniers délégués sera strictement limité à sept. Les seules conditions demandées aux délégués seront l’assiduité aux travaux et la production du çasier judiciaire, de façon à laisser au Conseil toute . sa valeur morale.
Répétons maintenant un article paru dans le Voile d’Isz's en mars 1894.: « C’est ainsi que le Conseil ne devra pas avoir un « organe » spécialement attitré, mais devra faire appel à l’appui de tous les organes sp2‘rz‘tualïstæ sans distinction d’écoles; _le Conseil ne devra pas perdre son temps à envoyer des articles de journaux ni à s’ingérer dans les menus détails d’une propa gande sectaire; car, encore une fois, nous voulons faire de ce Conseil une œuvre sérieuse et non pas une de ces petites sociétés fondées pour une question de vanité et qui font un tort considérable à notre cause. « De même que le Conseil n’aura pas un journal spé— cial, il évitera les questions de personnes en n'ayant
LE GRAND CONSEIL DU SPIRITUALISME 5 pas de président effectif. La présidence s’exercera à tour de rôle entre les directeurs des diverses commis sions du les députés, ainsi que nous le verrons par la suite: ‘ « Voilà donc deux écueils_évitész sectarisme et per sonnalités. —— Voyons les autres. « Un des grands facteurs du succès de l’occultisme a été, outre notre hiérarchie et notre centralisation, l’absence complète des questions d’argent.
« Aucun de nos membres n’a jamais eu à payer ni cotisation ni droit d’entrée, et cependant la librairie, fondée pour être le « Ventre » de notre organisme intellectuel, a édité en cinq ans 158 ouvrages, a sou tenu un organe hebdomadaire et a déterminé un tel mouvement de propagande que les nouveaux con frères de la presse spiritualiste mettent en tête de leurs journaux ce mot « d’occultisme » si honni il y a quelques mois encore.
« Or c'est en évitantles questions d’argent que nous avons obtenu ce succès; aussi éviterons—nous dans le prochain conseil toute espèce de cotisations, de droits d’inscription et autres sources de défiance lé gitime. Laissons à l’idée sa place et sa grandeur, 'sans la ternir par ces mesquines questions maté rielies. « Voilà ce que le Conseil ne fera pas. Que fera-t-il donc? TROIS CHOSES « 1° Il décernera de hautes récompenses aux indivi— dualités marquantes qui, n’appartenant pas à nos
6 L’INITIATION groupes spiritualistes, auront, aidé par des articles ou par des ouvrages à la lutte contre le matérialisme, point sur lequel toutes les écoles sont d’accord. « 2° 11 centralisera les vœux des diverses sociétés et émettra à son tour des vœux en priant les journaux adhérents de faire la propagande active.
« Le Conseil n’a pas à s’occuper des menus détails de la propagande active; ce n’est pas un Comité de propagande, c’est un Conseil d’un caractère élevé. « 30 Enfin le Conseil sera le tribunal d’arbitrage tout indiqué pour éviter les luttes personnelles qui font un si grand tort au spiritualisme.
« J’espère que cet exposé montrera à tous les spiri tualistes sérieux que notre but est véritablement élevé et qu’il ne s’agit pas ici du « lancement » d‘un vo lume ou d’une personne, pas plus que d’une société.
Nous faisons appel à la conscience de tous, et nous sommes persuadés qu’avec le concours de nos amis, nous élèverons à la gloire de nos idées un monument durable. » * u'l - PREMIÈRE RÉUNION. — ADHÉSIONS Tous les spiritualistes sans exception d’école sont convoqués à la première réunion du Conseil qui se tiendrale mercredi27 novembre 1895, I2, rue del’An cienne—Comédie, Paris, dans notre salle de conférences.
D’ici là toutes les adhésions de journaux et de so ciétés sOnt reçues par correspondance à l’adresse sui vante: M. Paul Sédir, 4, avenue de l’Opéra, Paris.
MARTINES DE PASQUÀLLY 7 mflh‘ù‘ M . . l. Dès la première séance, le grand Conseil du spiri tualisme poursuivra régulièrement ses travaux. En attendant, nous serons reconnaissant à tous les journaux spiritualisz‘es sans distinction de nuances de publier notre appel. Notre personnalité disparaîtra ' dès le fonctionnement régulier du grand Conseil. PAPUS.
MARTlNES DE PASUALIÆ.Y Par PAPUS ET LES ME©KRS MA@E@UÈS Par SÉDXR Au retour des vacances, nos lecteurs ne manqueront pas d’ouvrages nouveaux. pour les aider îdans leur campagne d’hiver. Ils en trouveront, du reste, parmi ceux que cette année a vus naître, un grand nombre consacrés à la pratique; témoignage, sans doute, des progrès accomplis dans nos groupes.
Il faut citer dans ce sens: les Tempéram'ents d’après Jacob Bœlzm, par Sédir, pour la culture mystique; la traduction scru puleuse de la Lumière d’Egypte, par Tabris ; l’excel— lent Traité élémentaire d’Astrologie d’Abel Haatan, et les Arts divinatoires de Papus pour la lecture de l’Avenir; Martines de Pasqually, encore par Papus, notre apôtre infatigable, et les Miroirs Magiques, par Sédir, pour le développement personnel. . w‘._.‘mA.‘._‘\fl .‘..M_‘«Wv.fi-æ »\...,. _M-.w‘k«_Mmy.-W-M“. “M u._ __[,_ A, A _='s_ _
8 L’INITIATlON Ces deux derniers livres, en leur petite taille, ont une telle importance pratique, touchent à des questions si essentielles. qu’ils méritent d’attirer particulière ment l’attention. * u 0 MARTINES DE PASQUALLY Parlons d’abord de la vie et de l’œuvre Martines de Pasqually, le maître mystérieux de Saint-Martin.
Elle n’intéresse pas seulement les nombreux martinistes que nous comptons parmi nos amis, elle s’adresse aussi bien à tous ceux qui veulent se faire une idée précise de la portée et de la pratique de l’Occultisme. Avec ces lettres tout intimes d’un si grand maître, nous sommes introduits, à sa suite, à l’intérieur des loges si fermées que les meilleurs chercheurs n'en avaient pu pénétrer complètement le mystère.
Nul n'était mieux désigné que notre maître Papus pour recevoir le soin de recueillir et de remettre au jour ces précieux documents.
C‘est par le Martinisme qu’il adébuté dans ses études ésotériques; c’est du Martinisme qu’il a reçu cette ardeur de propagande intelligente autant qu’habile qui a si profondément remué le public; le Martinisme lui doit un nombre de disciples assez grand pour qu’il ait pu les rassembler en une large association répandue fort loin.
Il nous démontre parfaitement du reste l’authenti cité de ces pièces fidèlement préservées pendant un siècle; il les a classées aussi et interprétées avec une clarté particulièrement appréciable en ces mystères; il
MARTINES DE PASQUALLY 9 \ - « n’y a donc guère a ajouter a des commentaires si complets et si méthodiques. Cependant ces lettres sont tellement suggestives qu’il ne peut être inutile d’insister sur leurs déductions principales. La plupart de nos lecteurs savent la richesse des symboles martinistes, si primitifs cependant; beau— coup d’entre eux ont poussé bien loin déjà les dévelop pement des principes supérieurs qu’ils représentent.
Mais combien savent avec précision à quelle doctrine ils aboutissent, jusqu’à quelle pratique ils conduisent, quel rôle social le Martinisme a pu remplir ? Ces let tres de Martines nous l’apprennent et nous fournis sent sur ces trois questions de très hauts enseigne ments.
Le caractère des pratiques qui y sont révélées est peut-être ce qu’il y a de plus remarquable : Deux voies parallèles, opposées, conduisent, on le sait, au maniement des forces invisibles : l’une toute de passivité, l’Illumz‘nisme Mystique; l’autre toute d’activité, le Magisme. . La première, indiquée par l‘Imitation de Jésus?
Christ, enseignée par saint François de Sales, par saint Bonaventure, par sainte Thérèse, et une foule d’autres auteurs catholiques, ou encore par les yoguis de l’Inde (représentés pour nous par la Lumière sur le sentier), comprend trois étapes principales : la Vie purgative, la Vie illumihative et la Vie unitive.
Dans la première il faut anéantir toute passion ter— restre :_ « Tue l’ambition, tue le désir de vivre, tue le désir de la sensation », dit la Lumière sur le sentier: il faut ensuite éteindre ses propres facultés et, au prix
10 L'INITIATION de mille angoisses, faire en soi un vide complet où les influences supérieures puissent descendre sans aucun mélange; « prépare-toi à recevoir le pèlerin ; « cherche le guerrier et laisse-le combattre en toi », dit-on au disciple.
Il doit faire en son âme la nuit obscure afin que rien de terrestre ne ternisse « la lu mière divine » qui viendra l’illuminer; il doit faire l’absolu silence pour qu’aucun écho d’en bas ne trou ble « la voix d’en haut », « le chant de vie » qui doit se faire entendre au loin.
Après les longs et pénibles travaux de cette seconde période, la lumière jaillit enfin, l’incompréhensible fusion commence ; « la fleur qui a grandi dans l'orage « s’épanouit en silence aux rayons du soleil divin »; la divine harmonie retentit admirable; un ravisse ment céleste récompense amplement les souffrances du néophyte, et en même temps la Puissance divine à qui son âme afait place vient opérer par lui avec une facilité croissante les prodiges de la clairvoyance, de la guérison, de la prophétie sacrée.
C’est la voie d’amour, où s’exercent les facultés fémi mines. L’autre, à l’inverse, exige du néophyte, avec la même pureté de cœur préliminaire, l’exercice incessant d’une volonté qui doit se faire intrépide et se doubler d’intelligence et de prudence: « Savoir, vouloir, oser, se taire » est ici la devise du disciple.
Il est appelé à ' dompter par sa propre énergie les forces inconscientes de la nature, à conjurer les êtres invisibles, à les con— traindre d’opérer pour lui, quand il le souhaite, les prodiges magiques: talismans, guérisons ou révéla
MARTINES DE PASQUALLY Il ‘Wmpm-‘v tions même. Tout le monde connaît ces opérations que Papus nous a détaillées dans son Traité de Magie pratique en leurs triples degrés d’aimantation, de concentration et d’évocation, ou opération capitale. C’est la voie de Volonté où s’exercent les facultés masculines; c’est celle que les anciens nommaient la magz’a innatumlz's.
Deux mots, correspondant à leur opération princi pale,caractérisent nettement ces deux œuvres occultes: La première INVOQUE l’Esprit, la seconde 'l’Évo— QUE (1). Elles ne sont pas les seules : il en est une troisième, moins connue, moins exclusive aussi, moins extrême, qui joint la puissance de la volonté magique à l’hum ble piété du mysticisme, mais en les appliquant à des objets différents.
Sans abandonner l’exercice de sa propre initiative, l’initié y appelle à son secours la puissance divinedont il désire se faire l’agent actif. 11 invoque le divin ; il évoque quand il le faut l’hu— main et l’infra-humain. Cette troisième forme de l’Occultisme, qui est la plus pure, la plus puissante, mais la plus difficile aussi, est celle de la The’urgz‘e. C’est elle que définit comme voici le remarquable initié qui a écrit Art Magie.
« Les fonctions principales des prêtres anciens « étaient de trois sortes: Trouver le point de contact k-: . (I) Invoquer, vocare—z‘n; appeler en soi, à son secours, sub— jectivement. ' . Evoquer, uocare—ex; appeler l’esprit hors de son séjour, le contraindre à une comparution extérieure, objective.
12 L‘INITIATION ’« ou d’union entre l'homme et les êtres qui lui sont '« supérieurs ; \ « Découvrir les lois constitutives de l’être humain « et lui apprendre à adapter ses actions à la volonté « de ces êtres supérieurs ; « Invoquer ou solliciter leur aide pour l’accomplis « sement de la mission terrestre de l'homme. » Pour cette dernière fonction la Théurgie a recours aux élans du mysticisme et développe toutes les facul tés occultes qu’il comporte.
Le théurge collabore en— suite avec les puissances supérieures par la projection de sa propre volonté soit surles éléments de la nature physique, soit sur les esprits inférieurs, soit sur ses semblables et à toute distance: la suggestion, la lec ture dans la pensée, l’ubiquité même sont à sa dispo sition s’il le faut.
Apollonius de Tyane nous décrit dans le Nuclamé— ron les difficiles degrés de cette énorme initiation; c’est celle des Mages antiques, des Egyptiens dont Moïse est le plus illustre disciple ; c’est encore l’initia tion des alchimistes et des Rose-Croix du moyen âge; c’est celle à laquelle se rapporte Martines, disciple de Bœhm, bien qu’il ne la poursuive pas dans toute son étendue.
' Nous le voyons, en effet, par ses lettres, enseigner une certaine magie cérémonielle facile à reconnaître bien qu’elle n’y soit qu’indiquée. Le rituel s’en accom _ plit la nuit, en période lunaire convenable, principa lement aux équinoxes, mais il est fort simple etexclu sivement protecteur: ni épée ni bâton, aucune arme offensive, un simple cercle éclairé de quelques bou
MARTINES DE PASQUALLY 13 M‘-GÆ‘* -x'=, . gies, renforcé d’un triangle et de trois ou quatre mots puissants.
Dans ce cercle, l’initié, convenablement orienté, au lieu d’évoquer debout, impératif, énergique, Comme le Magicien, se prosterne humblement pour invoquer. (C’est la seule expression que les lettres nous répètent avec insistance.) Il attend alors avec patience la vision qui commencera par de rapides éclairs et finira par une apparition complète.
Willermoz atten dit plus de vingt ans avant d’y réussir, mais les docu— ments montrent que le succès était fréquent dans l’école. Ce rituel s’accompagnait du reste des pratiques ca— tholiques les plus exactes. Le but poursuivi dans ces « communications » était simplement un enseignement théorique, une doctrine qui était répandue ensuite par les martinistes dans les loges maçonniques en vue d’une influence sociale.
«I*i Cette doctrine ne ressort pas complètement des quelques passages que Papus a eu soin de rassembler en un chapitre spécial: il nous la développera sans doute dans l’ouvrage qu’il nous promet sur W'iller moz; en attendant, il la résume très nettement en quelques mots.
C’est de l’homme tout particulière— ment qu’elle s’occupe, et, plus spécialement encore, de sa chute et de sa « réintégration ». _ Parmi les Anges créés tout d’abord, que Martines nomme « les Esprits premiers libres », quelques-uns ayant prévariqué par orgueil, l’Univers physique fut
14 L‘lNITIATION formé pour les«contenir en privation », puis I'Homme fut créé à son tour et placé dans la même enceinte avec mission de régénérer les anges déchus. Mais, s’étant au contraire laissé corrompre par eux, par im— prudence et présomption, il tomba à son tour dans son état actuel de matérialité.
Il lui est permis de se « réintégrer » en identifiant à nouveau sa volonté à celle de Dieu, et, alors, la Nature entière déchue avec les anges rebelles sera réintégrée avec lui; mais il lui faut pour cela l’assis— tance des Anges restés purs, et il lui est permis d’en trer avec eux en communication.
Saint—Martin nous apprend en outre que la réinté gration se fait par trois moyens successifs : l‘eflusion du sang (guerres et sacrifices), la douleur et l’amour; à ces trois moyens correspondent trois âges principaux de l’humanité dont le dernier a commencé avec J ésus— Christ que Saint—Martin nomme « le Réparateur ».
Cette doctrine de la Chute, que le philosophe Baa— der (de [797 à 1832) a spécialement développée et soutenue était issue de celle de Bœhm dont cet auteur était disciple comme Martines. Toutefois, il faudra remarquer, parmi les lettres que Papus nous révèle, celle où Saint—Martin distingue clairement le grand maître Bœhm de ses disciples.
Les théories de ces der niers sont moins universelles et moins exclusivement mystiques, « plutôt spirituelles que divines ». Elles s’attachent au progrès de l’humanité avec le secours des messagers divins; Bœhm songe plutôt à la réin égration directe au sein de la Divinité. Cette remarque nous donne le caractère du grand
MARTINES DE PASQUALLY 15 Wm: 3'" - - mouvement martiniste. Ce n’était pas tout à fait une école d’Illuminisme, carl’illüminisme est purement mystique ; c’était une tentative d’application sociale avec diffusion prudente par les loges, c’est-à-dire un effort très remarquable de restitution d’un collège éso térique pour l’initiation la plus pure et la plus syn thétique et en vue d’une régénération sociale.
Cet effort a-t—il réussi, comme le pouvaient faire espérer les premiers succès et la haute valeur des dis ciples qui s’y étaient consacrés? —— Nullement!
Dans cet excellent chapitre sur les sociétés secrètes qui sont comme l’âme de ce livre substantiel, Papus nous montre avec sa netteté de vue et d’exposition ordinaires ce qu’il est advenu du Martinisme; nous allons voir pourquoi. **-V» La Franc-Maçonnerie moderne, née en Angleterre, ne tarda pas, nous dit—il, à se partager en deux tron çons rivaux : l’un, la Grande Loge anglaise de France, à tendances pratiques (vengeance des Tem— pliers); l’autre, celle du Rite écossais, plus philoso phique, issue de 'l’llluminisme, aboutissant au Con seil des Empereurs d’0rz’ent et d’0ccz’dent (la recons truction du Temple, les traditions des thérapeutes et la Rose—Croix).
C’est à ce second groupe que se rattachent les loges martinistes. Puis la scission s’accélère; de misérables scandales accentuent le caractère sectaire des loges françaises qui aboutissent par l’intrigue à la fonda
16 L’INITIAHON tion du Grand Orient. Le Rite écossais,en partie dé chu lui—même, fusionne à son tour avec ce Grand Orient en lui fournissant ses grades mystiques supé rieurs,tandis que les loges martinistes isolées s’endor ment petit à petit.
Puis la Franc-Maçonnerie aban donnée depuislongtemps déjàdes supérieurs inconnus (S =:n I 9) va, à travers les désordres sanglants de I793, après avoir porté et maintenu quelque temps la bour geoisie au pouvoir, tomber dans cet état de matéria lisme dégénérescent où nous la voyons aujour d‘hui (I).
D’où vient donc cette échec 'I’ Il faut l'attribuer au caractère trop restreint encore de l’Initiation marti niste : sa Théurgie manquait trop des pratiques vo lontaires; restée trop près de l’Illuminisme elle n’avait pas assez développé chez ses disciples ces facultés actives du magisme qui donnent la puissance réelle sur le monde terrestre ou inférieur.
L’adaptation par Martines de l’occultisme à l'ac complissement terrestre,n‘étant pas complète, ne pou vait satisfaire les esprits pratiques, ou forger assez fortement tous les anneaux de la chaîne hiérarchique qui relie les moindres disciples aux plus initiés; la rupture était inévitable.
Le mystère qui n’avait sa raison d’être que dans les grades supérieurs, ou dans (I) On sait comment les symboles mêmes menacent d’en être exclus à la suite du G A d l U, de sorte qu’elle ne subsite plus que comme une société d’assistance politique mu tuelle. La Franc-Maçonnerie française a coupé sa propre tête avant de trancher celle de la Royauté.
MARTINES DE PASQUALLY I7 W“.K‘Tg ,..äæ.- ._' _ F ceux qui auraient dû y conduire sans discontinuité, fut conservé partout après la scission; mais il ne pou- ' vait plus être alors qu’une forme de la conspiration politique, au lieu d’être la condition de la régénération sociale ; agent de la révolution, non d’évolution : telles furent les créations des ventes et des carbonarz‘ qui achevèrent la décadence. n 44‘ Sachons apprécier le très haut enseignement que nous donne ici l’histoire sur le rôle Véritable de l'oc cultisme et la mission de ses initiés.
Ceux-ci ne doi vent négliger aucune branche de science divine, au— cun des deux pôles de sa pratique, s’ils veulent être en état d’accomplir le grand œuvre du Solveetc0agula dont Moïse et le Christ nous ont laissé des modèles si sublimes.
Et comme aucun de nous n’est capable, sans doute, d’un travail aussi vaste. comme en notre faiblesse de néophytes nous sommes obligés de spécialiser nos études mêmes, nous ne pourrons mériter les appuis supérieurs quenous cherchons encore qu'en unissant en une fraternité cordiale et sincère tous nos efforts divers vers le Bien et la Science.
Ce fut la pensée première du groupe ésotérique : c’est aussi fort heureusement celle qui se formule parmi nous tous de plus en plus en ce moment par des projets d’union multipliés (t). Reconnaissons bien (1) Toutes félicitations sont dues à ce propos à notre frère Jounet pour l’activité intelligente de ses efforts en faveur de ce Congrès de l’Humanité proposé d’abord par notre re
18 L’INITIATION que, si les rivalités des premiers temps se sont mon trées trop ardentes, ce n’était que par excès de zèle et de conviction ; hâtons-nous maintenant de nous ras— sembler en unité où toutes les dispositions indivi duelles trouveront un libre exercice avec un but commun : la conquête de l’invisible supérieur pour le perfectionnement terrestre.
Une fois l’union faite, la hiérarchie s’établira bientôt pour effacer les personna lités au profit exclusif du Grand-Œuvre. Voilà la première leçon que nous donnent les lettres de Martines ainsi éclairées par Papus. La seconde estrelative à l’action sociale.
C’est encore un devoir pressant pour l’occultiste que celui d’adapter la Science des Principes à tous les be— soins sociaux de son temps, parce que ces besoins se modifient avec la marche de l’évolution.
Ce n’est pas assez qu’il tente de perfectionner, en même temps que la sienne, quelques âmes particulièrement disposées aux efforts suprêmes, il faut encore qu’il puise dans l’ésotérisme les formules pratiques et simples adap— tées aux justes instincts, aux désirs légitimes de la foule, ou celles qui doivent ennoblir ces désirs eux gretté en mysticisme Amo.
Élaborée comme elle l’est dans l’Etoile, cette conception qui paraissait d'abord beaucoup trop vaste pour s’accomplir commence à se condenser; il s’en dé— gage même déjà une forme plus durable et plus pratique en— core, celle d’une Alliance universelle qu’on a raison, du reste, de distinguer du projet de Conseil central du Spiritualisme émis par notre amis Papus.
Ce sont des conceptions qui, loin de s’exclure, semblent correspondre à deux besoins diflérents, mais sont destinées à se prêter un mutuel appui. Ilfaut en dire autant de cette proposition du Congrès des Religions que l’on doit être enchanté de voir surgir en ce moment du sein de l’Église catholique. '
MARTINES DE PASQUALLY 19 _|flmv«r vmêmes. C’est encore une tâche où l’école Martiniste semble s’être montrée insuffisante, si l’on en juge par l’œuvre du plus célèbre et de ses initiés, Saint—Martin, ou par les sombres conceptions de son disciple Joseph de Maistre.
' Nous avons aujourd’hui un grand maître en cette œuvre d’adaptation sociale; tout le monde a nommé Saint-Yves, l’éminent disciple qui a su réserver si complètement, selon la tradition occidentale, les prin— cipes orientaux ou payens de son maître, avant lui presque ignoré, Fabre d’Olivet.
C’est en cette école que nous trouverons nos modèles pour compléter ceux du Martinisme. _ Bien d’autres questions encore, fort imposantes, surgissent à la lecture de ces curieuses lettres, mais il faut seJborner à celle qui viennent d’être effleurées, et laisser au lecteur le charme de résoudre les autres. Les réflexions que nous venons de soulever avaient sur tout pour but de préciser quelque peu l’entraînement de l’initiation occultiste.
C’est par là que le livre at trayant de Papus se rattache à celui dont nous avons encore à parler. LES MIROIRS MAGIQUES, par Sédir. Une simple plaquette de quelque soixante-dix pages, mais savante, méthodique, condensée comme tout ce que produit notre infatigable et modeste frère Sédir ; tellement remplie même qu’il est presque im possible de l’analyser. Précieux, en outre, ce tout petit
, 20 LlNl'l‘lATION manuel des Miroirs magiques, en ce que ces feuilles faciles, et si documentées cependant, ne sont pas seu lement celles d'un érudit.
C’est un praticien expéri menté qui les a écrites; elles doivent faire autorité; les assertions des maîtres de tous pays en ont été gé néralement vérifiées par la propre expériences de l’au teur, et nous savons déjà, par les Ternpe’raments d'après Bœhm, qu’il n’est pas moins familier avec l’initiation purement mystique.
Il nous apprend d’abord ce qu’est la clairvoyance; quelle place importante elle occupe dans le cours de l’initiation et comment le Miroir en aide le dévelop— pement. Il nous explique ensuite quelles visions nous pouvons obtenir, quels caractères partagent les miroirs qu’il divise en trois classes, quels sujets sont les mieux disposés à en tirer profit.
Après toutes ces explications théoriques où les sub tilités orientales, éclaircies en quelques mots, s’ajou tent à l’autorité des maîtres occidentaux, nous trou lvons d’abord les formes variées du Miroir dans les divers pays, puis tout le rituel nécessaire à la pra tique. Une bonne liste bibliographique complète l’ou vrage.
Il est impossible de suivre ici tous ces détails aussi sobres que complets, il faudrait tout citer; mais il y deux passages sur lesquels il est fort intéressant d’in sister parce qu’ils viennent à l’appui des réflexions suggérées tout à l’heure par le livre de Papus. Le premier de ces passages est celui qui donne la théorie du Miroir magique. Sédir, l’empruntant prin cipalement à l’Inde, y voit un instrument qui d'une
- -- _ . MARTINES DE PASQUALLY 21 part assoupit pour ainsi dire en son foyer la vision physique, par une sorte d’hypnose, et de l‘autre, au contraire, condense la lumière astrale au même foyer où viennent se concentrer les vibrations de la lumière physique.
On pourrait peut-être désirer une explication qui satisfasse plus complètement à l’interprétation de toutes les conditions du phénomène, comme l’éveil complet de l’observateur qui reste en pleine conscience, la nécessité d’une substance capable de retenir le ma gnétisme que doit fournir le sujet ou son assistant, celle de cette magnétisation même, l’influence diverse des diverses substances employées comme Miroir...
Mais. quoi qu’il en soit, cette théorie aussi bien que toute autre qui pourrait la rectifier fait suffisamment ressortir la particularité sur laquelle il est utile d’atti— rer ici toute l’attention du lecteur. Elle est très explicite— ment établie par cette citation d’un savant et haut initié que Sédir a tirée pour nous de l’Art Magzc.
« Les esprits n’apparaissentpas efl”ectinement dans ' le cristal, mais le voyant reçoit une aide magnétique pour pénétrer profondément le monde spirituel au travers du‘translucide de l’instrument. » , Il s’agit donc d’une Invocation comme dans la pra tique martiniste, et non d’une Evocation magique.
Si l’on ajoute avec Sédir, d’après Nostradamus, que dans la consécration du Miroir de cristal, le voyant doit s’engager à ne l’employer à aucun mauvais usage, on voit pleinement à quel ordre d’initiation sa pratique appartient, bien différente de celle des miroirs de charbon (ou 'de carbures); ceux-ci font aisément glis
22 L’lNlTIATION ser l’observateur dans une nécromancie plus ou moins saine et dans ces horribles expériences qui avaient terrifié du Potetlui-même en ses dernières années.
Le second passage que nous avons à noter est fait encore pour corroborer ces remarques; c’est celui qui nous explique la clairvoyance elle-même; il se résume dans un tableau qu’il faut reproduire d'abord, celui des diverses formes de la divination, c’està—dire de la correspondance avec le divin (i) : ADAM interroge comme : l0!!! PHYSIOUR 80“! “1‘100! BOIIIIIflLLICM .. r. 2. s 3.
A l on es stro ogie Ë Nature naturée' n’;Ëî’#äî (sommeil hypju d iciairc. a ' notique). Tarots. . 5. . ‘1 " s 'b'l‘ 6 °, Humanité. Physionomie ens’ ’ ” . Lecture Ë (universelle) générale. a3àç,:r’|Êc,(â’âï' dans la pensés. 5 g 7. Mag_e B. 9. "' Nature . ’ . Prophétie Ë naturante. (m;};’;g’i’âläëïns Exmsc‘ c o n s c i e il te .
Pour faire ressortir toute l’harmonie de cette classi fication, il suffit de la décomposer comme il suit dans les deux quaternaires qui s’y entrecroisent: 'W - (z) Le—ssonges et » les visrqns » somnambulrques. (4.) La Physiogno— (5) Au moyen de (6) La lecture momie générale. la sensibilité astrale. dans la pensée. » (8) L‘extase. » (1) On s’est permis cependant d’y proposer une légère modifi cation; le Tarot, qui était dans la case 6 a été joint à l‘astrolo—
MARTINES DE PASQUALLY 23 -’Ù‘=“F«" “'umarn ' ’ Premier quaternaire : l’homme animique interroge l’Humanité Universelle, qui lui répond par: , {3) L’Astrologie <I> L;;Ïgçeîgses « judiciaire et les , e ' Tarots. » ( ) Au moyen de » a sensibilité astrale. (7) La magie. I » (9) La prophétie.
Second quaternaire:l’homme sensationnel ou intel lectuel interroge la nature (naturante et naturée), qui lui répond par: On voit alors apparaître : en premier lieu, le carac— t‘ère de la sensibilité astrale qui est la première condi— tion, l’instruction primaire de toute divination ; En second lieu, la distinction fondamentale entre tous les modes de divination.
Ceux du premier quaternaire (à nombres pairs) représentent la divina— tion subjective, passive, féminine, qui correspond à l’espace. Ceux du second quaternaire (à nombres impairs), représentent la divination objective, active, mascu— lime, correspondant au temps. , Voilà nos deux espèces d’initiation, d’amour et de volonté nettement distinguées, mais rassemblées dans l’unité du premier tableau pour constituer l’initiation complète, la Théurgie.
' C’est à celle-là que doivent tendre tous les efforts gie, "et on lui a substitué la Lecture dans la pensée, comme représentant l'interrogation de l’homme par l’homme intellec— tuel; on a ajouté aussi le sommeil hypnotique aux songes.
24 L’INITIATION du disciple; c‘est la seule qui lui donnera, pour le bien de ses frères contemporains, autant qu’il sera suscep tible d’en acquérir.
Le développement de la sensibilité astrale, la pra tique du Miroir, ce sont les premiers pas, et, bien qu’elle ne paraisse pas tout d’abord nécessaire à l’œuvre magique, masculine, elle n’y est cependant pas inutile: on peut évoquer sur le Miroir comme dans l’espace; les exemples en sont fréquents; il suf— fit de rappeler celui du célèbre Cagliostrç.
C’est ce développement astral que demandait prin cipalement le Martinisme, comme nous l’avons vu; nous avons dit aussi qu’il avait négligé trop peut-être celui de la Volonté, mais il faut ajouter que, si ce dé faut lui a laissé quelque faiblesse par où il a échoué en sa mission, le défaut contraire, celui qui consiste rait plus spécialement dans les développements ma giques, eût été bien plus grave.
Laissée à elle-même, sans le contrepoids de l’humilité mystique, sans le secours des Puissances supérieures invoquées, l‘e'wca tian magique verse fort aisément dans la superstition, dans la folie, ou dans le crime à peine réparable de la sorcellerie, car l’opérateur y est en butte à la fois aux pièges de la vanité s’il triomphe, aux assauts de toutes les puissances inférieures si la cuirasse de symboles et de volonté qui l’en garantit vient a présenter le moindre défaut. _ C’est pourquoi toutes les religions ont prohibé la pratique publique de la Magie en la réservant pour le sanctuaire où elle n’est plus que la servante de la Théurgie.
MARTINES DE PASQUALLY 25 r1'flll‘l" Voilà quelques-unes des remarques que suggèrent ces deux livres; on voit à quels purs enseignements ils se rapportent, et comme ils sont dignes de la meil , leure place dans la bibliothèque de nos lecteurs. F.-Ch. BARLET.
ilSäiË D’UNE arsroma DE L'INDE ANTIQUE \ Il y a environ un siècle, lorsque l’étude du sanscrit permit aux Européens de soulever le voile qui ca chait une littérature jusqu’alors inconnue, on crut avoir découvert la source de toutes les civilisations et de toutes les religions humaines, on crut qu’on allait pouvoir remonter à une antiquité des plus reculées, plus reculée que celle de l’Egypte. Cet enthousiasme tomba bien vite. On reconnut que, si intéressants que fussent la vie et les idées des anciens peuples de l’Inde, cette civilisation n’était pas bien vieille et qu’elle ne pouvait pas nous donner la solution du problème tant cherché des origines. ' L’Inde ancienne n’a pas d’histoire,et comment faire? Ses livres ne fournissent aucun document sur sa chro nologie passée, et ses monuments ne peuvent pas remplacer les livres, puisque les plus anciens sont de trois siècles à peine antérieurs à notre ère. Force nous est donc d’avoir recours aux transfor mations des croyances religieuses qui ont toujours ,,, i_./. ._‘,.,_., .,.—.—-__,,_..,. ,..._,,,..n ,.._f,..._,,.,» .., __..,___ J— ‘ ÿmWÀ—w.:—»ÿfi
ESQUISSE D’UNE HISTOIRE DE L’INDE ANTIQUE 27 u . . ' wWmMW.MNMCNLLMM ... . _ joué chez les peuples orientaux un‘rôle fondamental, et nous pouvons ainsi considérer les périodes sui vantes: I° Période védique, 2° période brahmanique, 3° pé riode bouddhique, 4° période néobrahmanique, 5° pé— riode musulmane, 6° période européenne.
La période védique commence environ 1,500 ans avant notre ère et la période bouddhique s’étend du III" siècle avant J ésus-Christ jusqu’au VII" de notre ère. De I 500 avant Jésus-Christ à 700 ans après, voilà l’étendue de l’histoire de l’Inde antique. C’est la seule qui va nous occuper. Donc, environ 1,500 ans avant notre ère, les Aryas entrèrent dans l’Inde en franchissant l’Hindou-Kousch. Cette entrée se fit par poussées successives.
Les Aryas eurent à combattre des populations nègres à demi sauvages et quelques États puissamment organisées qu’avaient fondés des peuples touraniens. La con quête du bassin de l'Indus, qui dura près de 900 ans, constitue la période védique, ou l’âge tout à fait légen daire de l’histoire de l’Inde. . Le peu que nous savons sur elle nous est révélé uni quement par les livres religieux connus sous le nom de Védas.
A l’époque védique, la famille et la race formaient seule la double base de la société aryenne. Aucun groupe intermédiaire de tribu, de clan ou de gouver nement, ne les séparait. S’unir à une race étrangère ou
28 L’INITIATlON mourir sans laisser de fils après soi, tels étaient les plus grands malheurs chez les Aryas. Le village n‘était que la famille étendue. Les plus âgés parmi les pères de famille se réunissaient pour maintenir l’ordre et décider sur les questions impor tantes, mais sans prétendre à une autorité proprement dite.
« Bientôt, dit M. Lebon, à côté et au-dessus du village, sur le flanc ou sur la crête des coteaux, s’éleva le châteaufort, construction grossière et massive, gé néralement de forme quadrangulaire, dans laquelle s’enferma le chef victorieux qui avait agrandi le terri toire et qui devait veiller àsa conservation. Nul lien n’existait d’un village à l’autre, nul pouvoir suprême ne s’imposait à la foule des chefs.
Les hasards de la guerre les réunissaient sous un même commandement unique s'étendantparfois sur un grand nombre d’entre eux, mais la notion de roi ne vint que plus tard. » L’agriculture était, avec la guerre et les métiers qui s’y rapportent, l'occupation principale des Aryas, pla— cés dans ce bassin de l’Indus, si désolé souvent par la sécheresse, ils avaient appris à observer les saisons, à interroger le ciel pour épier l’arrivée des pluies bien faisantes.
La thérapeutique des plantes était cultivée chez les Aryas, mais ils paraissent avoir moins de confiance dans ces remèdes que dans les exorcismes au moyen desquels les sorciers noirs au touraniens prétendaient chasser les maladies. Tandis que la période védique se déroule tout en tière dans le bassin de l’Indus, la période brahmanique durant laquelle s’est effectué le complet développe
ESQUISSE D’UNE HISTOIRE DE L’INDE ANTIQUE 29 ‘mw'rrr‘a-n 1' - ment de la civilisation hindoue se déroule dans le bassin du Gange. Durant les 900 ans de la période védique, les conquérants de l’Inde ont continué leurs progrès vers l’Orient. Ils deviennent maîtres de tout l’Hindoustan proprement dit, c’est-à«dire de toute la région comprise de la mer d’0man au golfe du Ben gale.
Les anciennes populations de cette vaste et opu lente contrée sont défininvement soumises; elles ont cessé la lutte, accepté le joug des étrangers, et se sont mêlées à leurs vainqueurs. Pour éviter que ce mélange purement extérieur devienne trop intime et amène la fusion des races, les Aryas établissent le régime des cartes. On peut placer à environ trois ou quatre siècles avant notre ère l’apogée de la civilisation brahma nique.
C’est alors que fut composé le recueil des lois de Manon, le Manava-Dharma-Sastra qui devint le code civil et politique de l’Inde. . On a cru d’abord que ce recueil était plus ancien ; W. Jones le ferait remonter à 800 ans avant Jésus Christ et d’autres à 500. Une opinion plus récente et qui paraît plus fondée ne le fait dater que de deux ou trois siècles avant notre ère.
Malgré l’existence de villes et de palais, l’Inde brahmanique ancienne ne nous a laissé aucun monu ment, les constructions se faisant à cette époque en bois et en briques. Mais il n’en est pas de même de la période bouddhique qui s’étend du III" siècle avant Jésus-Christ jusqu’au VII" de notre ère.
L’Inde se couvre alors de monuments merveilleux, et l’histoire commence à jeter quelques lueurs sur l’Inde ancienne. w AÆh>numwæw_æ»äflm.—neæ% .M,.ÂMN ... ’u.: ' > 7
30 L’INITIATION « L’expédition d’Alexandre n’avait pas appris beau coup aux Grecs; mais il avait suffiqu’ils eussent entre— vu la terre mystérieuse qui s’étend au delà de l’Indus pour que souvent ensuite leurs regards et leurs pen sées se tournassent vers elle. Un des princes qui se partagèrent l’empire d‘Alexandre, Séleucus Nicator, conçut le projet de recommencer la tentative du con quérant macédonien, espérant être plus heureux.
Ce fut le contraire de son espoir qui arriva. Les rois de l’lnde septentrionale se tenaient cette fois sur leurs gardes et possédaient des forces immenses contre les quelles il n’osa se risquer. Mais il avait conquis la Bactriane, et, se trouvant ainsi leur voisin, il leur offrit de traiter. Chandragopta, le Sandrokottos des Grecs, un des plus puissants souverains. accepta son alliance, et prit au nombre de ses femmes la propre fille de Séleucus.
La jeune princesse alla rejoindre son époux dans sa capitale, Pataliputra, située sur le Gahge, non loin de la tête du Delta. Elle était accom pagné par l’ambassadeur Mégasthène. Pendant le séjour qu’il fit à Pataliputra, ce dernier occupa ses loisirs en décrivant les mœurs si étranges pour lui des peuples parmi lesquels il se trouvait trans porté malheureusement pour nous.
La relation de Mégasthène, très complète et très détaillée, ne nous est pas parvenue. Nous. n’en possédons que les passages que lui ont emprunté les historiens et géographes grecs et latins contemporains de Mégasthène, ou postérieurs à son existence. Quoi qu’il en soit, les Grecs exercèrent une influence très sensible sur la civilisation hindoue. Et cette
"W«rœ«« - — . ÉSOTÉRISME DE L’EUCHARISTIE 3 r influence est surtout manifeste dans l’architecture dont nous contemplons encore aujourd’hui les débris.
C’est sur cette architecture, sur les livres sacrés, sur les écrits philosophiques et sur la science des Hin dous que je veux maintenant attirer l’attention des lecteurs de l’Inz’liaz’ion. (A suivre.) Dr FUGAIRON. aa’emxrozas sua L'ÉSÜTÉRISME DE n'auraamsrm Quelle aimentation de foi, d’espérance et d’amour se dégage de la cérémonie catholique de l’Élévation des espèces consacrées!
Cet instant de recueillement et d’humilité est un élan collectif, un consentement unanime des âmes à l’adoration ; il est aussi la source d’une foule de pensées qui se développent postérieure— ment, comme si la sainte hostie était 'un blanc soleil d’idées, et que l’éblouissement de ses rayons créateurs générât dans l’âme les enfants de lumière, les mysti ques concepts qui rattachent l’homme terrestre à l’Hommé céleste, à l’Homme—Dieu ou Verbe qui s’est fait chair.
« Dans le principe, le Verbe était en Dieu. » Le Verbe du prêtre, de l’hommeterrestre rappellecette vérité suprême; il renouvelle le mystère de l’Incar nation. L’eau et le vin mêlés dans le calice symboli— sent l’union de l’humanité avec la divinité. 5mn“ " ”Ïw“ ’ '
32 L’INITIATION Dans l’Eucharistie, l’Unité divine s’unit au ternaire humain: corps, sang et âme, et le ternaire humain est ainsi transformé en la Divinité. L’hostie contient substantiellement et sacramentellement le corps, le sang, l’âme et la divinité de l‘Homme-Dieu. Par ce mystère le retour à l’Unité est accompli, l'Évolution a son couronnement dans la Rédemption.
L’hostie est blanche; la synthèse de toutes les cou leurs symbolise la synthèse de toutes les religions; elle est de forme ronde afin d’évoquer l’image de l’infini; le cycle des univers est représenté par ce pur froment, nourriture humaine en son espèce ou appa rence, nourriture divine en sa réalité religieuse. Mais l'humanité de la planète Terre ne peut pas être seule à posséder un sacrement ou signe révélateur d’un tel mystère.
Dans l’incommensurable étendue Où rayonnent les soleils vivifiant les astres planétaires, cellules qui concourent avec les étoilesà la forma tion des êtres grandioses appelés nébuleuses, partout dans l’immensité palpitent les humanités, éparpille— ments du grand Adam-Eve, de l’Homme céleste dé sintégré lors de l’acquiescement de son libre arbitre aux suggestions de son principe passif, tenté par le désir de l’existence individuelle et par l’attraction des courants inférieurs de la lumière.
L’lnvolution et l’Evolution s’accomplissent en tous; le Verbe se fait chair dans les myriades des systèmes solaires; la croix est partout le signe de la rédemption. Dans chaque astre parvenu au degré voulu d’évolution, le fils de Dieu donne par sa mort la vie au monde. Le mystère de la mort d’un Homme—Dieu a été, est et sera. C’est
SYMBOLISME DES CHIFFRES BITS ARABES pourquoi l’Église nous dit que la messe représente et continue le sacrifice de la Croix. 0 blanche hostie, substance divine, quand le corps et l’âme vous contemplent et vous reçoivent, l’être humain communie, non seulement avec tous les hommes terrestres, mais encore avec les hommes de toutes les‘sphères.
Partout, dans l’infini, la pure lumière du Saint—Esprit pénètre dans le sein d’une ' Immaculée pour y‘donner la vie à l’Oint du Seigneur, au fils de Dieu qui se sacrifie perpétuellement au salut des mondes, afin de reconstituer en l’unité de son corps céleste les membres disséminés du grand Adam.
Et cet infiniment grand d’un mystère qui éblouit l’intelligence tient tout entier dans cet infiniment petit, dans l’humble hostie que les mains'd’un homme élèvent vers Dieu. Les anges, a dit l’apôtre, voudraient voir jusqu’au fond de ce mystère; l’âme humaine ne peut le concevoir, mais elle peut croire et aimer. L’amour est la forme qui maintient toute la création; Dieu ne demande pas à être compris, mais à être aimé. L.
HUTCHINSON. iäu symlæalisme des chifires dits arabes Chaque forme naturelle ou artificielle révèle par elle—même une idée, même les formes purement con ventionnelles, celles de l’écriture, par exemple, qui semblent n’avoir été établies telles que nous les con 2
34 L‘INITIATION naissons que par le caprice arbitraire des générations qui nous les ont léguées. Mais ce caprice apparent cache certainement une science profonde de l’idéographie chez les inventeurs de nos alphabets et témoigne en outre que les héri tiers plus ou moins ignorants des premiersgrapht’sæs ont inconsciemment obéi aux lois du symbolisme inhérent à la nature même des choses.
Nous n’essaierons pas, faute d’espace et surtout de compétence, de faire ici la preuve de cette assertion en ce qui concerne les lettres de l’alphabet; les bases de ce travail ont, du reste, été posées par tous ceux des chercheurs qui se sont occupés du Tarot et de l’alphabet hébraïque carré. Mais il ne semble pas sans intérêt de rechercher le symbolisme des chiffres, qui, par les Arabes, nous sont venus des Indiens.
Tout d’abord, les chiffres que nous connaissons ne sont ni les chiffres indous ni les chiffres arabes; leurs formes sont dérivées des prototypes. Par quel méca nisme, à la suite de quelle révolution ethnique? C'est ce que nous ne sommes pas à même de dire.
Dans la collection des chiffres indous, le 2, le 3, le 6 et le 0 rappellent seuls nos formes actuelles; le 9 semble avoir été retourné; le 4 a la forme de notre 8; le 7 ressemble à notre 6; le 5 et le 8 n’ont aucun rapport avec nos chiffres; enfin le I pourrait être pris pour le schéma d’un phallus la pointe en bas, et seule la présence des testes dans le chiffre indou empêche de l’assimiler à notre I. Il paraît peu utile de faire ressortir les différences qui existent entre les chiffres utilisés par les Arabes
SYMBOLISME DES CHIFFRES DITS ARABES et ceux des Indous ou les nôtres. Mais rappelons qu’une légende attribue à Salomon la fabrication d’une bague merveilleuse dont le chaton d’émeraude avait la propriété d’évoquer les esprits; la dite éme— raude avait la forme d’un carré dont les quatre an gles étaient réunis deux à deux par deux diagonales en croix de saint André. En cette figure bien connue, on trouve tous les chiffres.
C’est là, semble-HI, plutôt un jeu de société qu’une recherche sérieuse. Dans la forme des chiffres tels que nous les con naissons, on peut trouver de plus profondes indica tions. Il n’est pas besoin d’insister pour faire remarquer que le 1 ‘ne peut signifier que le principe actif, le phallus virtuel qui se retrouve au commencement de chaque création.
Le 2, composé d’un demi-cercle et d’une horizon tale, signifie doublement le principe féminin, la dua lité essentielle ;la courbe est le schéma de la coupe, du sein, et l’horizontale est la marque de la passivité. Le 3, est plus difficile à expliquer, à moins qu’on y veuille voir les trois angles d’un triangle disposés : urî rentrant, un saillant et un rentrant, au lieu de trois saillants qui constitueraient le triangle parfait.
Le 4. est évidemment la croix, symbole du quater— maire. Pour le 5, nous ne trouvons pas d’interprétation qui nous satisfasse. On pourrait bien dire que c’est la représentation des trois plans: divin, humain et natu rel, parmi lesquels le plan humain, qui se trouve médian, serait réuni à gauche au plan divin supérieur, 1 '—1-..."_. , -
36 L’INITIATION et à droite au plan naturel inférieur; mais cela semble un peu tiré par les cheveux, et l’on ne voit pas bien ce que ce schéma, qui figure l’involution, peut avoir de commun avec le nombre cinq, qui se rapporte à l’homme-microcosme. D’autre part, ni le pentagramme ni les chiffres indous ou arabes ne parraissentavoirservi à la construction du chiffre qui nous occupe.
Il fau draitdonc, pour en comprendre le symbolisme, pou voir suivre l'histoire de ses transformations succes— sives. Le 6 nous apparaît comme la déformation d’un losange. c'est-à—dire de deux triangles réunis par leurs bases; or on sait qu’il n’existe pas de différence essentielle entre cette figure et le sceau de Salomon, qui est l’hexagramme.
Nous osons proposer, pour l’explication du 7, un schéma en lequel sont unis le ternaire et le quater naire (l); le chiffre en question serait composé d'un - des bras de la croix et d’un des côtés du triangle (P) . Le 8 résulte de l’assemblage de deux quaternaires superposés. Le 9 pourrait être un triple triangle mutilé. Et le 0 est l’image de l’éternel nirvâna, le serpent qui se mord la queue. Ces recherches ont-elles quelque valeur? C’est aux occultistes qui les étudieront de le dire. MARlUS DECRESPE.
.. w« rvm, Far—2ww s" A 37 LES STIGMATISÉES mas sasnmaaasæue D’APRÈS LE DOCTEUR IMBERT-GOURBEYRE Demandez à un catholique instruit quels sont les livres les plus récents écrits sur une question à un point de vue anticatholique : il y a cent à parier contre un qu’il ne pourra vous répondre. Réciproque ment, les libres penseurs ignorent beaucoup d’ou— vrages catholiques d’un très grand intérêt.
J’y pensais en constatant, que M. Bataille ne parait pas même soupçonner l’existence d‘un livre de M. le Dr Gilles de la Tourette sur sœur Marie des Anges, et que d’autre part la vie de cette sœur par Labis, publiée chez Cas ter en 1867, est inconnue des libres penseurs.
L’émi nent Carl Du Prel, dont l’Initiation vient d’exposer les savants travaux sur les stigmatisés, ne paraît pas avoir cité les deux volumes du docteur Imbert-Gour beyre, professeur à l’École de médecine de Clermont Ferrand (I ). ‘ Le plan de l’ouvrage publié par ce dernier laisse beaucoup à désirer.
Il me parait indispensable de faire précéder un livre de cette espèce par une courte expo sition historique renfermant quelques idées générales. (I) Les Stigmatise’s : Louise Lateau, sœur Bernard de la Croix; Rosa Andr1ani, Christine de Stumbele, Palma d’Oria; examen de la thèse rationaliste, liste historique des stigmatisés; 2° édition, Paris, Palmé, 1873 (le livre doit se trouver aujour d’hui chez Arthur Savaëte).
38 L’INITIATION La stigmatisation n'apparaît point dans l’histoire avant le xxn° siècle. L’auteur ne le constate qu’à la fin du deuxième volume. N'est-ce pas parce qu’alors l’amour de Dieu se sublimisa en quelque sorte dans la chrétienté et devint la seule force capable d'arrêter la puissance de l’hérésie?
N’est—ce pas parce que la stigmatisation coïncide historiquement avec la nais sance du culte du Sacré—Cœur et le développement de celui de la Vierge P Toutefois, l'ouvrage de M. Imbert-Gourbeyre a une réelle valeur pour le médecin. Les pages consacrées à Louise Lateau renferment une série d’observations faites d’une façon très méthodique.
L‘occultiste qui lira ces pages remarquera le pouvoir qu’a toujours le confesseur de rappeler à elle-même la personne tom bée en extase : il y a là une analogie frappante avec le pouvoir du magnétiseur. Le prêtre ne magnétise point, mais agit par la puissance divine qu’il possède comme un médium divin: les images formées par un esprit disparaissent à sa voix (p. 92).
Une enquête a prouvé, contreia théorie d’Alfred Maury, de Figuier, et des Allemands, que Louise Lateau n’était nulle ment une fille hystérique, nerveuse, d’imagination exaltée (p. 57). a M. Imbert-Gourbeyre raconte, entre autres faits intéressants, la conversion d’un médecin libre peu seur à la suite d’une visite à Louise Lateau.
Il se de mande si l’expérience des objets saints et bénits ne pourrait pas servir à distinguer l’extase divine de l’extase diabolique, mais il oublie de rappeler que dans le cas de possession la présence d’une relique ou
Wæmmr-v'ar'nï‘î.’ :* *A:L:"J'...' _ - . .. . . _ LES STIGMATISÉES 39 de tout autre objet consacré fait souffrir cruellement le possédé. ‘ Le docteur aurait pu faire ressortir plus fortement la différence entre Louise Lateau qui ne demande point à Dieu les stigmates, et Marie Rex Andriani, qui les désire après une cruelle maladie (p. 264). Le second tome parle longuement de Palma. Un baume est sorti de temps à autre de sa bouche.
Il se conserve imputrescible et aromatique; des rondelles blanches en forme d’hosties apparaissent dans les fioles qui le contiennent. Parfois, la chemise de la voyante a brûlé, sur le côté gauche, d’un feu qui ne peut être apprécié par le thermomètre. Elle a eu les dons de guérisons, de bilocation, de science infuse, d’abstinence perpétuelle, de prophétie.
Des figures emblématiques se forment sur les linges qui ont tou ché le corps de cette femme : le fait est extrêmement rare dans les annales de la mystique (p. 111). M. Im bert-Goubeyre a rapproché ces faits extraordinaires de ceux du même genre qui sont rapportés dans la vie des saints. Le volume se termine par un Examen de la thèse rationaliste et une Liste historique des stig— maiz’se’s.
' L’écrivain catholique répond aux objections des ra— tionalistes : ce n’est pas la vue des images qui a pro duit les stigmates, car avant saint François il y avait des images du Christ avec ses plaies; les images de saint François pendant un siècle et demi, ne circu— lèrent point dans les couvents des dominicains, où pourtant, jusqu’à sainte Catherine de Sienne, il y eut trois fois plus de stigmatisés que chez les franciscains. 1,.:".‘1‘.1'J.'Zfi‘. .uw:...r.. ldx)'Ï_:.‘ï- - ' ‘ —'
40 L’INITIATION Ce n’est pas l‘exemple qui a produit ce phénomène 1 aucun compagnon de saint François n’eut les stig mates pendant que celui-ci vivait; il n’a pas surgi de stigmatisés par imitation au milieu des pèlerins de Bois d‘Haine et d’Oria.
Le docteur lmbert objecte à MM. Maury et Renan qu’ils n’ont jamais essayé de réfuter les procès de béatification, et que les fakirs de l’Inde, les sorciers des sauvages, les esprits comme Daniel Home, ont donné des exemples de flottement dans l’atmosphère. Ces arguments sont bien présentés. L’écrivain,tou tef0is, a omis de s’expliquer sur l‘action des anges et de critiquer les théories semi-naturalistes de Guerres (I).
H affirme que Louise Lateau, quand elle devint stigmatisée, n’avait jamais lu d’ouvrage par lant de stigmatisation et ignorait absolument ce qu’était ce phénomène. Depuis, la science a prouvé que l’hypnotisme peut produire par suggestion des visions béatifiques et aussi des stigmates (qui toute fois saignent peu abondamment et non à des inter valles périodiques). Louise Lateau fut-elle magnétisée? Jamais ceci n’a été prouvé.
Il est à la rigueur possible que telle personne ait eu les stigmates parce qu’elle les a vivement demandés dans ses prières, que telle autre les ait eus sans les demander, par sympathie, que telle autre enfin les ait reçus par l’action d’un ange. (I) Dans l’extase, une personne stigmatisée voit se dérouler des scènes religieuses représentant des faits qu’elle ne con naissait point : l'action d’un ange me parait ici évidente. rVoir les ouvrages consacrés à Anne Emmerich.) “5““
, . LA PHILOSOPHIE EN SORBONNE 41 M. Imbert—Gourbeyre a ignoré ces stigmatisations d’hérétiques et de mahométans citées dans l’Initia L’ion du II août I895. Il les aurait sans doute attri buées à l’action démoniaque plutôt qu’à celle de l’imagination. v Une dernière remarque me parait indispensable.
S’il n’y a pas eu un seul stigmatisé connu avant le XllI° siècle, du moins est-il possible, à la rigueur, qu’un patient chercheur en découvre quelque jour d’anté— rieurs à cette époque. C’est un principe admis par la critique historique, que le silence des historiens con temporains au sujet d’un fait ne suffit pas pour que nous puissions affirmer qu’il n’ait point en lieu.
Qui sait même s’il n’y a pas eu des stigmatisés mon chré— tiens antérieurement au Xlll° siècle P SATURNINUS. E.A PHILÛSÜPHIE ENI S®RB@NIIE LE DUALISME Au Maître Papas, en pieuse reconnaissance intellectuelle, humblement ofi'ertes, ces quelques lignes d’essai...
Les hommes pour qui le mot : Logique a conservé un sens précis, ne peuvent entendre sans quelque étonnement les imprécations dont les philosophes universitaires spiritualistes chargent le matérialisme en train de les submerger. Vraiment ne semble—t-il pas ouïr la cause maudissant l’effet qu’elle généra di Ifiræsa.-- u
42 L’INITIATION rectemcnt. Car il n'y a point à douter que l’enseigne ment sorbonnien soit l’auteur responsable des ac tuelles doctrines qu’il vitupère violemment. Pour insolite et audacieux, — d’autant que je ne l’entoure point de lénifiantes précautions oratoires et la pose in limine -—— que ma thèse apparaisse, je la tiens de dé monstration facile.
Le matérialisme, qui gêne si fort les sorbonniens— plutôt, sans doute, parce qu’il leur ricanne irrévéren cieusement au nez—— ne saurait être par nous considéré comme une doctrine. Une doctrine forme corps; or son caractère distinctif, c’est l’éparpillement, c’est l’anarchie.
Si, sortant de ses patients travaux d’ana lyse, dont les fruits n’ont pas toujours l‘importance dont il les décore, il essaie de généraliser, il dépasse le domaine qui lui est familier et se perd en extrava gances. Il est transitoire comme les phénomènes qu'il se borne à étudier en eux-mêmes sans en déterminer la causalité, sans en montrer la finalité. Il est une des branches dela science, l’analyse, il n’est pas la science.
Sa radicale impuissance à rebâtir le temple Radieux du Savoir a été ici même démontrée par nos maîtres Papus, Barlet, Stanislas de Guaita et d’autres encore.
' Tel qu’il est, je le définirais le négatif désorienté d’une Lumière obscurée, le volatil en dissolution d’un fixe que l’on ne sait plus, le corps d’une âme qu’il recherche; car, à leur insu, ses protagonistes tendent à retrouver l’anneau qui unissait ce corps à son âme, e’est—à—dire à faire rentrer l’analyse réduite à son très utile rôle d‘amasseuse de matériaux dans la science générale.
“W ' v \ LA PHILOSOPHIE'EN SORBONNE D’avoir perdu l’Anneau j’accuse la philosophie sorbonnienne; d’avoir commis I’Erreur qui engendra cette anarchie, cette absence de philosophie qui est le Matérialisme actuel, c’est encore elle que j’accuse. Si elle en souflre, qu‘elle ne s’en plaigne, le choc en re— tour est inévitable et fatal. L’Erreur gît dans son dualisme métaphysique.
Elle la perpétra en sectionnant en deux parts bien dis tinctes, sans rapport, sans contact, sans médiateur, d’un côté la matière et de l’autre l’Esprit; le corps fut ici et l’âme fut là. Entre eux il n’y eut rien. Malheur à ceux dont la numération n’est pas ter naire. Le Binaire est fâcheux et producteur de consé— quences funestes.
Quand les sectateurs de Zoroastre, perdant la notion du troisième principe Mithras-Mi thna, ne reconnurent plus que Ormuzd et Arhimann, leur philosophie fut faussée, et le règne du Démon, si fécond dans le plan des réalisations humaines en af— freux malheurs, fut instauré (I). De même l’Erreur de la philosophie universitaire engendra l’anarchie matérialiste. Par la négation, dans tous les plans, du troisième principe, l’équilibre fut détruit.
Or sans équilibre il n’est point d'art, il n’est point non plus de science, il n’est point de morale que fic tive et tout juste conventionnelle. Si la matière seule existe aujourd’hui pour la masse des hommes, si l’idéal s’est enfui, si les lumières sont obscurées, que (I) Cf. Stanislas de Guaita, Au Seuil du Mystère, le Temple de Satan.
44 L‘INITIATION les Universitaires n'en accusent pas les dieux dans les traités qu'ils destinent aux étudiants, qu’ils s’en accu sent eux-mêmes et tâchent à redresser leur Erreur. Tant que l’Église appuyait de son autorité la croyance à l‘Existence de l’Ame et l’affirma, de parla révélation divine, interdisant d’ailleurs toute discus— sion sur un pareil sujet, le dualisme pouvait avoir force de loi imposée.
Mais du jour où jaillirent les premières discussions il tomba de lui-même, de par son incompatibilité avec le raisonnement humain. Pouvait-on, en effet, admettre cette singulière union, ce tout bizarre, cet indim‘du formé d’un corps matériel doué de grossiers appétits, et sali de désirs immondes parfois, et une âme pure, divine, ineffable? Que faisait cette âme, elle toujours tournée vers Dieu, dans ce corps toujours orienté vers la terre?
Il est vrai qu’il y avait des âmes noires et des âmes blanches, mais ce n'est point de leur moralité qu’il s’agit, mais de leur essence (et la Sorbonne n’a jamais enseigné que l’es— sence subit les modifications de la moralité)‘ En essence donc, les différences étaientjles plus ca— pitales entre le corps et l’âme, et cependant ces deux éléments étaient en rapports constants et directs.
L’âme commandait directement au corps, et ce tas de matière répondait oui ou non à cette étincelle divine. Mais comment cela se passait-il et par quelles voies et par quels moyens ?Si'l’on essayait de le dire et si l’on arrivait à l’expliquer, ce ne serait que par l’acceptation d’un troisième terme, et la trinité serait restaurée. Ç’a été la tâche glorieuse des occultistes. Les Universitaires ont laissé entre la matière et l’Es -*.‘1
. XQ'N’.?‘-}L;æ*p -. , _- -.. LA PHILOSOPHIE EN SORBONNÊ prit un gouffre béant, immense, infranchissable. Donc, quand on raisonna, quand l’existence de l’âme ne fut plus un artidede foi et qu’on voulut scientifique ment la démontrer, on s’effraya de ce gouffre, [et l’âme, cette imprécise entité,parut si loin, que d’abord on douta d’elle, puisqu’un beau jour on la nia.
Restaient la matière et le corps ; ils étaient là atten dant qu’on les palpe, qu’on les retou’rne, qu’on les dissèque; l’humanité se borna à ce champ d’étude; et ce fut l’instauration du matérialisme. 4*}; Cependant l’Erreur persiste. Le spiritualisme sor bonnien, dont l’existence n’est pas pour les matéria— listes beaucoup plus solide que l’existence de l’âme elle-même, entretient son dualisme. Les traités parus en 1895 font foi.
Nos professeurs se divisent actuellement en deux branches: les uns essaient de c0ncilierleur fatale doc— trine avec ce qu’ils appellent les découvertes de la science moderne, penchent vers la psychologie physiologique et pensent trouver l’âme dans le sys tème nerveux; les autres se perdent dans de très vagues rêveries, qu’ils décorent du qualificatif méta— physique. En somme, leur philosophie est dépourvue de centre de gravité.
Ne dirait-on pas que ces interprètes officiels et jurés de la pensée humaine ne l’ont aperçue, cette pensée, que réfractée malencontreusement dans un miroir trouble? Ils enseignent sinon Pythagore du moins Pla
46 L’INITIATION ton, et le déclarent dualiste. Qu’ils se reportent au Phédon, grand Dieu 1 Dualiste aussi saint Augustinl dualistes les maîtres du moyen âge! Ils sont carté siens et discutent des esprits animaux sans s’apercevoir que Descartes exprima ainsi d’une façon ambiguë des connaissances qui leur échappent.
Ce sont les mêmes qui ont traité de fou Raymond Lulle et de charlatan Paracelse, fou aussi d’Olivet, Eliphas Levi, de fou Saint-Yves d’Alveydrc, Papu5, de Guaita, Barlet, de fous ceux qui ont retrouvé l’an— neau de la chaîne imbécilement perdu, qui ont re— noué le spiritualisme par le ternaire.
Car en effet ce qui est insensé, c’est d’avoir révélé le médiateur plastique, c’est d’avoir montré le troisième principe, tandis que ce qui est raisonnable,ç’est d’ins— taller une âme dans un corps, de déclarer que ce sont deux contraires, deux adverses, deux pôles entre les— quels un courant (troisième principe) n’existe pas, qu’ils sont sans rapport, sans pointde contact, d’appeler cela un système philosophique et d’avoir une chaire en Sorbonne.
L’inanité d’une telle doctrine, qui est celle ensei gnée aux Écoles, était trop patente pour que pussent l’accepter ceux qui raisonnent.
Des penseurs, les moindres, ceux qui n’eurent point la force de sonder le gouffre creusé par le dualisme, se bornèrentà l’étude de la matière: ils règnent aujourd’hui dans leur étroit rayon; les autres affrontèrent le mystère, retrouvèrent la voie et comblèrent l’abîme: ce sont ceux dont le règne adviendra aux temps prochains, les synthètes chargés de rebâtir le temple.
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES Ce qui est mort, espérons-le, c’est la funeste doc— trine dualiste, source de tant de piétinements, d’heures perdues et d’erreurs préjudiciables à la marche de l’entendement humain.
EDGAR JÉGUT. äiires recherches philasphiqaes DANS L’HISTOIRE NATURELLE ET DANS L’HOMME, Par le secours du psychisme naturel Plus nous nous éléverons sur les cimes, plus nous deviendrons étrangers aux petites vanités et aux petites querelles d’écoles. Parce que la vérité réside dans les grandes lignes et les éclaire. Le savoir doit avoir pour eau ronnement obligé la chaleur Fra ternelle.
AVANT-PROPOS Les bases de ces études sont faites le plus possible sur l’histoire naturelle de l’homme et des animaux et sur le psychisme naturel. Il est évident que ce domaine doit renfermer une infinité de manifestations de l’intelligentiel, immanent à la nature des choses, et par consé quent il doit apporter un appoint considérable à la philosophie spiritualiste. Il s’agit de faire voir que le matérialisme ici comme ailleurs est impuissant malgré son auda—
48 L’INITIATION cieuse tentative de s’approprier ce domaine exclu sivement. De même, le transformisme en vogue qu’ont accepté si facilement toutes sortes d’intelligences, sans plus d’examen sur les nombreuses hypo thèses qui étaient ce système et qui restent invé rifiables. Si le vieux merveilleux était incapable devant la science de quelque attention. Le nou veau n’est pas moins merveilleux que l’ancien. C’est un changement de décors, voilà tout!
Entre ces deux systèmes, on ne tardera pas à trouver une échappée plus en rapport avec les phénomènes les plus élevés, ce dont ne se doutent guère beaucoup. Aidons les manifestations psychico-animiques, à continuer à se produire: ce sont elles qui nous mettront sur la trace, sur ce que, à l’origine, la coexistence des deux mondes n’était pas accentuée comme elle l’est maintenant ;ils entrelaçaient leurs orbes davantage.
Et ce sera gros de conséquences inatten dues. Il est problable qu’à ce moment, et pendant des âges sans cadran, une partie de l’astral con tenant les êtres se matérialisait peu à peu et pre nait les formes terrestres. Croire que la terre a toujours eu les mêmes conditions que celles actuelles après ce que nous
>?'n» LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES appelons la période ignée et cahotique, serait le fait d’intelligences peu réfléghies. Le peu qui nous reste de squelettes cartilagi neux prouve qu’il y a eu une période de pénom bre et comme d’allaitement terrestre par les amas protoplasmiques où se matérialisèrent les . germes.“ C’est probable. . . . _ . . . .
Nous avons constamment fait notre possible pour cotoyer la science, en employant les mé thodes les plus rigoureuses, dans les questions qui dépassent momentanément l’expérimenta tien.
Notre méthode a été d’épuiser tout ce qui est connu, — surtout dans le psychisme chez l’hom me, — les puissances et les rayonnements de l’âme elle-même, avant de recourir à des interventions quelconques extraterrestres. - C’est la rigueur scientifique qui oblige tout esprit qui ne veut pas courir le risque de recom mencer son œuvre et de voir se vaporiser entre ses mains des fantômes de systèmes hâtifs et dont les fondements ne sont pas suffisamment assis solidement.
Ainsi, dans les opérations psychiques, quand on est arrivé à éliminer toutes les inconnues pro visoires et qu’on se trouve en face d’une irréduc— tible, et qu’on a épuisé toutes les ressources et
50 L’INITIATION les connaissances possibles, il faut bien admettre alors seulement la présence de « quelque chose » qui n’est pas de notre état. Plus nous emploierons la rigueur et la préci sion dans les phénomènes, plus nous serons pris en considération par les intelligences dignes de ce nom.
Quoique la coexistence de deux mondes ne soit plus guère à contester que par des gens qui sont aux prises avec les opacités des sens et des besoins physiques, il n’en importe pas moins de toujours représenter nos théories ap puyées sur le poSitif le plus possible. Nous professons aussi que toutes les écoles spiritualistes possèdent des vérités générales communes.
On verra que nous savons rendre justice à toutes, — occultistes et spirites,— même sans les dénommer. Nous professons aussi et par-dessus tout que la chaleur fraternelle doit être la conséquence des études les plus élevées. A quoi sert la science si ce n’est à aimer les êtres? Et que les intelligences sans chaleur, c’est—à dire froides et personnelles, sont tôt ou tard délaissées par les puissances occultes qui relèvent de la vérité. C’est la loi impérieuse des affinités attractives,
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 5! r 3 " N! . . signalée par toutes les grandes intelligences ini tiatrices de l’histoire philosophique. Un mot encore avant de clore à l’adresse de ceux qui sans cesse demandent des phénomènes et des manifestations occultes. Ces gens sont comme l’ivrogne, ils en sont toujours assoiffés ; leur en eût-on servi mille, qu’il leur en faut encore! En sont-ils plus avan cés ? Non.
Parce que, l’étude et le raisonnement déductif et inductif leur faisant défaut, ils n’ont pu acqué rir cette certitude invincible qui n’est pas seule ment du ressort des sens matériels, mais qui re lève encore mieux de l’esprit sagaçe qui domine le fait lui-même. Charitablement et fraternellement, nous les engageons, à s’habituer davantage au raisonne ment et à l’analyse: ils ne s’en trouveront que mieux.
CHAPITRE PREMIER APERÇUS PHILOSOPHIQUES La philosophie spiritualiste actuelle s’est enrichie de toutes les conquêtes scientifiques naturelles,et elle est en droit d’espérer encore mieux dans les phénoe mènes psychiques devenus expérimentaux. Une science incomplète et limitée enlise l’intelli
5 2 L’INITIATION gence dans la matérialité des choses, et elle y reste trop souvent parquée par la suggestion des sens. Mais, plus la science s’élève, plus les horizons philo sophiques s’agrandissent, et de là les conceptions en suivent la marche ascendante et font entrevoir la grandeur de la vie dans ses manifestations les plus belles. Le propre de l’intelligence humaine est comme le vol de l’aigle.
Plus les horizons s’agrandissent, plus les aigles déploient leurs ailes. Cette philosophie moderne s'impose comme religion de l’avenir, elle sera la nuée bienfaisante qui rafraîchira les intelli— gences altérées dans les déserts arides que nous tra versons encore. Cette philosophie ne doit rester étrangère en rien de ce qui concerne l’humanité; elle doit être vivante, car elle la soutient dans ses défaillances.
Elle est appelée à préparer l’avenir sous les triples formes d’une rénovation sociale, scientifique et reli gieuse. Sociale, en développant le germe de la frater— nité et de la solidarité dans les cœurs. Scientifique, en élargissant les méthodes par trop rudimentaires d’un positivisme tronqué ne s’adaptant qu’au plan physique. Religieuse, en montrant les horizons infinis de la vie.
L’arrivée en ligne des phénomènes psychiques écar tera peut-être à temps le cataclysme qui menace nos vieilles sociétés sans chaleur et sans vie. L’équilibre se rétablira par une fraternité bien comprise. La science psychique, jadis célèbre et cachée pré
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 53 Wsa un cieusement par les initiés dans les sanctuaires antiques, émergeant plus tard par contagion sous les formes malfaisantes_ du moyen âge, parce qu’elle en reflétait les terreurs et les monstrueuses croyances, vaincue ensuite par la philosophie sceptique et rail leuse des XVII" et XVIII" siècles, plus que par le bûcher et le boureau.
Ensuite le positivisme scientifique jetant tout son éclat vers le milieu de ce.siècle, a achevé d’en détourner les esprits.
Tronquée, elle n’eut plus que les formes d’une sèche et stérile analyse psychologique isolée de l’expérimentation; elle ne surnagea que grâce à un respect antique et à la tradi— tion, mais devenue indifférente à un siècle dont les tendances se portaient exclusivement sur les sciences physiques, et pour qui tout ce qui était en dehors n’était considéré que comme un mirage ou une gym nastique de l’esprit ? ‘ ‘ L‘ère positiviste et matérialiste est venue forcer son évolution sur le plan matériel de l’expérimentation.
C’est un bienfait qui a peut-être été chèrement acheté pour beaucoup d’intelligences à qui les reli gions révélées ne suffisaient plus et qui ne trouvaient rien de satisfaisant pour « reposer leur tête ». Aujourd’hui, il n’existe plus de contestation sur l’existence de la science psychique et de ses phéno mènes, si ce n’est dans les couches toutes aux prises matérielles, que se répercute le dernier écho d'un matérialisme superficiel expirant. Notre étude s’appuie en grande partie sur les phénomènes de la vie et de l’histoire; naturelle. C’est
54 L'INITIATION un repère indiscutable qui vient étayer la science psychique. Le GÉNIE DE LA VIE est « un miracle perpétuel ». Le psychisme naturel forme le fond de tout ce qui existe. Il se manifeste dans les organismes principalement où brille l‘intelligence supérieure au génie humain, qui lui ne dispose que de l’intelligence cérébralisée qui n’est plus qu’une estompe bien faible de la puis sance de la première.
« Les pensées animiques de la Nature sont fatalement et foncièrement intelligentielles; de là cette instincti vité supérieure qui les dote d’une prescience et d’une emprise sur le futur, qui dénotent la profonde sagesse qui les imbibe et qui les meut et les dirige vers des buts. Des faits, il résulte que le second état cérébral de la force animique constitue au moyen de l’organe le processus génésique de la personnalité.
A coup sûr le cerveau métabolise la « pensée orga nique », c’est—à—dire celle qui dépend de la valeur et de la confection de l’organe. Sans cela, à quoi servi rait-il ? C’est par son canal qu’éclot le reflexe, et de là la personnalité par la conscience. Le « moi » est le produit de cette association et il devient par ce moyen l’ego de l’âme.
C‘est par lui qu’elle se connaît parce que c’est par œ miroir refiec— teur qu’elle ressent et apprécie les résistances qui lui différencient les états d’être. De plus, les deux états de la force psychique dans l’être constituent le phéno— mène si curieux de deux états de conscience, que
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 55 nous constatons si bien en activité dans le dédouble— ment 50mnambulique et médianimique et même dans le rêve. Pourquoi ce second état de la conscience est-il supé— rieur à celui cérébralisé? Parce qu’il est lui-même un reflet et un écho des instinctivités merveilleuses de formes corporatives de l’être et de l’instinct transformé surtout.
Les merveilles spiritiques, médianimiques,somnam buliques, les conceptions du génie, les enfants pro diges sont un héritage de ces facultés animiques, qui sourdit encore à travers l’épaisseur des trames céré— brales. . . . . . . n - . . o . - . . . . .
Devant les merveilles de l'organisme, de la trans lucidité instinctive et de l’harmonie pleine de sagesse des finalités organiques, il est impossible d’admettre l’ « Inconscient » dans la marche des choses. Car il serait sans direction et sans buts.
Pour nous, c’est tout bonnement un état supérieur de l’intelligence immanente qui se manifeste sous les formes de la vitalité, avec des facultés instinctives que nous ne pouvons saisir avec nos petites prises cérébrales. .
Une des preuves les plus palpables est que c’est dans les espèces les plus inférieures et les plus dénuées d’avantages organiques et d’encéphale, que l’on constate le mieux les phénomènes les plus mer veilleux d’emprise Sur le futur. C’est ce que nous ne manquerons pas de démontrer par des faits qui défientleslongs et lents processus trans formistes, si suggestifs qu’ils soient parfois, présentés
56 L’INITIATION comme représentant le mieux la nature et la marche des choses. C'est une tendance simple, tout bonne ment, et que nous croyons être la vérité, ce qui n’est pas toujours vrai. Dans le domaine mental, la double conscience adéquate à l’âme elle-même et par conséquent bien supérieure à celle « centralisée » projettera de nouvelles lumières sur le libre arbitre.
Cette théorie inconnue de la plupart des contem porains, quoique présentée sous toutes ses formes dans les œuvres immortelles de Cahagnet, donne la solution du problème, de même qu’il a donné une nouvelle théorie du mal, qui, dans l’esprit d’un grand nombre, semble être un défi jeté à l’harmonique sagesse des choses. La théorie des rapports del‘homme avec l'Univers est prouvée expérimentalement ici.
Un rappel de nos théories jadis exposées dans notre recueil sur l’apparition terrestre des êtres. L’hypothèse spirite de la réincarnation terrestre est insuffisante vis-à-vis des faits et du mal. Nous en exposons delà une théorie bien plus scientifique et plus en rapport avec la puissance suggestive des pensées pouvant remplacer l’état terrestre et y suppléer complètement.
L’homme étant lui—même créateur, il est susceptible de s’asservir à ses propres concep tions. Le monde, nous apparaissant toujours sous forme de pensées, se trouverait-il éteint et disparu, que nous pourrions toujours le conserver par nos pensées; pour nous il existerait toujours. Ce qui prouve que la pensée est tout pour nous et qu’elle devient créatrice et prépondérante dans notre vie. Après, nous pourrions volontiers nous passer du
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES monde « réel ». Delà puissance des pensées, les pos sessions, les obsédations qui envahissent le champ de la conscience et l’asservissent en y formant un terrain de culture où elles puisent leurs propres forces. Comment il est possible d’agir vis-à-vis de ces envahissements de microbes et de parasites psy— chiques. Les contagions morbides astrales sont étudiées avec la plus grande attention.
Peut-être feront-elles soupçonner bien des causes sur des phénomènes de l’histoire. CHAPITRE II LES PHÉNOMÈNES INSTlNCTlFS D’EMPRISE CHEZ LES ANI— MAUX SONT UNE SORTE DE MÉDIUMNITÉ ANIMIQUE— ET SE MANIFESTENT AUSSI DANS CERTAINS ÉTATS PARTICULIERS CHEZ L’HOMME.
L’observation, la science et enfin la raison ont enfin fait rejeter l’idée que nos frères inférieurs ne possédaient rien de nous et qu’ilsn’avaientpas d’âme ! (La nôtre eût alors encouru de grands risques l) Et cependant, il ne fallait que bien peu d’observa tion pour arriver sans peine à reconnaître chez eux toutes nos facultés en germe et, de plus, qu’il s’est montré dans la confection de leur organisme autant d'effets de prévoyance que dans le nôtre! Ce qui rend nos animaux domestiqués, c’est qu’ils ont de nos facultés et de nos affections et de notre intelli
58 L’INITIATION gence pour nous comprendre, sans cela, ils eussent été indomesticables. Toutes nos qualités et nos défauts sont en embryon dans les animaux et disséminés en eux. Le chien et bien d’autres animaux sont sensibles à nos tristesses et à nos larmes. Le chien est capable du dévouement le plus grand pour nous. N’est-ce pas cette sensibilité répandue chez eux qui devraient nous rendre plus chers ces pauvres êtres?
Il faut nous pénétrer cependant une fois pour toutes que notre bonheur futur rêvé ne sera jamais complet tant qu’un cri d‘animal injustement sacrifié s’élèvera contre nous ! C’est une loi de solidarité et de fraternité générale et céleste qui nous l‘imposera, que nous portons en nous, qui couronne le futur céleste.
Certains animaux dont nous allons décrire les mœurs sont des plus bas placés dans l’échelle zoolo— gigue; par conséquent, ils se trouvent privés de cette généalogie nécessaire que le transformisme invoque pour légitimer l’hypothèse d’accumulations d’expé riences devenues par répétition des acquis ancestraux automatiques susceptibles d’être transmis par l’orga nisme, qui finiraient par former l’ensemble des instincts. .
L’encéphale chez eux est tout rudimentaire, et, comme l’homme, lui, n’hérite d’aucun acquis intel lectuel, quoiqu’il possède cependant un gros cerveau, il y a donc lieu de penser qu’il existe pour ses mani W#w"mwflywy«lw- r"" " œ‘:<‘*”‘*“"‘“*"”“ {
LIBRES RECHERCHES PHILOSOPHIQUES 59 festations d’autres moyens, d’autres facultés qui ne relèvent pas du cerveau entièrement. Ce qui encore prouverait, d’une part, que le cerveau est plutôt un empêchement qu'un concours apporté aux facultés animiques.
D’autre part, cela prouverait encore que ces héritages sont casés dans certains centres nerveux et, enfin, que ces facultés sont chez l’homme affectées à des moyens organiques plus com pliqués, tandis que chez l’animal inférieur et simple ils émergent jusque surle plan psychique, des applications à l’état extériorisé, et avec toute l’intelligence néces— saire aux besoins de la vie de l’animal.
Nous avons déjà cité beaucoup de faits d’histoire naturelle psychique et instinctive dans notre recueil. Ainsi, par exemple, l’ammophile et la chenille du Veris du Japon sont des phénomènes extrêmement concluants, parce que ces animaux inférieurs accom plissent un acte prévisionnel extraordinaire, et le der— nier principalement avec un cerveau et un système nerveuxbien inférieurs à celui de l’ammophile.
Et ce dernier remplit à son tour une tâche com pliquée très surprenante, et certainement au—dessus des acquis ancestraux supposés. (A suivre.) _ LECOMTE.
60 L’INITIATION ESSAIS D'INTERFRÊTATIUN SYMBÛ‘MSME de la MAÇÛNNERIE d‘YÜRK PAR ÉDOUARD BLITZ Le signe de passe se trouve décrit dans le VI° cha pitre de l’Exode, versets de 4 à 8, dont il est donné lecture: Sur l’ordre d’um, Moïse plongea la main sous les vêtements qui lui recouvraient la poitrine et, en la retirant, le prophète vit qu’elle était rongée par la lèpre, puis l’y ayant replacée, il constata, en la reti rant une seconde fois, qu’elle était saine.
Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit plus hautà propos de la signification alchimique des mots lèpre et cœur. Les néophytes sont admis à passer le troisième voile dont la couleur est rouge, couleur emblématique du Soufre des philosophes. Là ils sont instruits de trois autres mots de passe; ce sont les noms histo riques des trois présidents du conseil: mwm, le grand prêtre; 5::n-r le roi, et m;,—; le scribe.
Afin de passer le quatrième voile qui est blanc, couleur du Mercure des Sages, mais principalement de la Quintessence (qui est composée des parties les plus actives des corps), on communique aux candidats un nouveau 2 8 z; _ 1 A, .,, _ 5....- :.,..A.,.......
SYMBOLISME DE LA MAÇONNERIE D’YORK 6I "DÂ'_.IIV; , , Î signe de reconnaissance tiré de l‘Exode (ch. IV, v. ' 9), dans lequel il est raconté comment Moïse répan— dit sur le sable de l’eau qui, soudain, se changea en sang.
On appelle sang, en alchimie, la médecine qui guérit la lèpre; les philosophes nomment eau de sang, eau exaltée, le mercure dans l’opération de la méde cime de premier ordre, c’est—à-dire pendant qu’il se purifie par lui-même avant de parvenir au blanc; la préparation de l'eau de sang constitue la première opération du magistère.
De»plus, il est remis aux candidats le sceau de Lérubabel ou sceau de Vérité, connu des alchimistes sous le nom de sceau d’Hermès ou de sceau des sceaux par lequel ils désignent les opérations les plus occultes du G.'. O.'.
« Mettez à l’œuvre le sceau royal et vivifiez votre matière avec la Quintessence de l’Or. » (Chap. vu, les Sept Chapitres d’Hermès.) Ce sceau est l’étoile à six pointes que nous avons représentée dans l’Arbre kabbalistique entre les trois Séphiroths du monde archétype et les trois Séphi roths du monde des orbes.
En alchimie pure, cette étoile représente la réunion des quatre éléments: le feu A, l’eau V l’air Îg, la terre En philo sophie hermétique, elle résume le premier aphorisme d’Hermès Trismégiste dans la table d’Emeraude: « Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable. ' Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour accomplir les miracles d’une seule chose. Ce qui est_
62 L’INITIATION _! exprimé en termes plus clairs par Blaise de Vigenère: « Rien ne se produit, en la terre et en l’eau qui ne soit semé du Ciel. » C’est le digne couronnement de l’en seignement philosophique du grade, enseignement qu’il ne faut jamais perdre de vue, et c’est pourquoi la Franc-Maçonnerie a symbolisé l'aphorisme d'Her mès par un objetqui ne quitte pas la personne: par une bague dont le châton, servant de sceau, de ca chet, porte le double triangle: l’étoile ou le bouclier de Salomon (I).
Les récipiendaires sont enfin arrivés devant le grand conseil composé du grand prêtre, du roi et du scribe qui semblent personnifier, nous le répétons encore, les qualités dont se parait Abraham le juif, prêtre, prince et philosophe.
Ils s’annoncent comme désirant participer au grand œuvre de la reconstruction du temple, « sans espoir de salaire ni de récompense » et disposés, s’il est né— cessaire, à se livrer aux travaux les plus humbles confiés d’habitude aux moindres des manouvriers.
Ces maîtres représentent bien le désintéressement absolu de ceux qui aspirent à mériter le titre d’adepte; le véritable artiste ne s’engage pas dans le grand œuvre avec l’unique désir d’établir sa fortune: « Ne travaille pas en vain dans l’espoir de t’enrichir », dit Eliphas Lévi dans son commentaire de l’Asc/z Méga .‘ .wfÿ (l) Le sceau, par la facilité qu’il donne de reproduire une même image à l’infini, devint un emblème naturel du renou vellement; de plus, l’usage du sceau se relie à celui des bagues ou anneaux reproduisant l’orbe du serpent qui se mord la queue, symbole d’éternité bien connu... (Paul Pierret, conservateur du musée égyptien au Louvre.) m ..'.'. A ....I_ ..,—.... »_ m“’f"
SYMBOLISME DE LA MAÇONNERIE D’YORK 63 replz d’Abraham le Juif, et, au premier chapitre du même livre: « Celui qui sait guérir la lèpre des mé taux impurs n’affecte pas l’éclat extérieur de la for tune périssable et guérissable. » On remet aux néophytes la pioche, le levier et la pelle. La sixième figure du livre de Nicolas Flamel nous montre les chercheurs d’or armés de ces instru ments appartenant à la Maçonnerie pratique.
La pioche et la pelle désignent la dent du fer qui ronge les impuretés de la matière; le levier correspond à la lance et désigne le feu, «cette âme du Soleil et la vita— lité de l’or » dont les artistes se servent pour l’ouvrage de la pierre des Sages ; c’est, dans le monde moral, la lance d’Achille possédant la vertu de fermer les bles sures qu’elle inflige.
Cette fois encore les récipiendaires sont dirigés vers les endroits classiques où se font les grandes décou-’ vertes en Franc-Maçonnerie; parmi les débris et les décombres, les carrières et les ruines, c’est—à-dire parmi les matériaux hors d’usage, les corps de rebut, dédaignés et rejetés, la chose vile enfin, comme on dit en langage alchimique, et c’est là qu’il faut chercher la matière première du Grand Œuvre, cette matière au sein de laquelle se trouve la Quintessence.
VII Après quatre jours de travail, les trois excellents Maîtres découvrent sous un monceau de ruines un anneau scellé dans une pierre qu’après bien des efforts ils parviennent à soulever.
64 L’INITIATION Le jour, en alchimie, est équivalent au jour de la Genèse; il signifie le temps de la digestion hermétique. Il faut donc à l’Œuvre quatre temps de digestion.
Mais la nuit survient; les ouvriers, ne pouvant pousser plus avant leurs recherches, s’en vont déposer la pierre devant le Grand Conseil, qui la reconnaît aussitôt pour cette clef de voûte, jadis taillée par Hiram Abi, qu’après la mort du Maître un compa— gnou trouva dans les carrières.
Le cinquième jour (le nombre 5, moitié ou centre de 10, nombre des composés, est le symbole de la Quintessence universelle dont l’hiéroglyphe est l'Etoile flamboyante), les néophytes explorent la cavité s’y étant fait descendre au moyen de la corde. Après de patientes recherches, ils découvrent trois équerres d’argent qui se trouvaient placées sur chacun des côtés d’un triangle.
Mais l’air vicié qui règne dans le souterrain (la puanteur du Dragon) vient interrompre les travaux. Les postulants se font hisser à la surface et retournent porter au grand prêtre les trois bijoux, qui sont également reconnus comme étant ceux portés par Salomon, Hiram de Tyr et le Fils de la veuve. Les trois équerres d’argent symbolisent le petit ma— gistère, la matière au blanc.
Ici se place une remarque qui, au point de vue kabbalistique. est de la plus grande importance. Nous laisserons cependant à l’artiste le soin d’en tirer toutes les déductions qu’elle comporte pour l’éclaircissement de ses travaux. Au rite d’York, l'équerre a été toujours, et avant tout, l’emblème du G.'. A.'. D.'. L.'. V.'., et grâce à
SYMBOLISME DE LA MAÇONNERIE D‘YORK 65 ce symbole familier, le Royale-Arche va être mis à même de découvrir la parole perdue.
En effet. la Tra dition maçonnique nous apprend qu’après le trépas d’HAB et prévoyant l’époque où nul dans Israël ne connaîtrait plus la vraie prononciation du mot Incom municable, Salomon fit déposer dans la neuvième voûte du temple, celle qui se trouvait sous le Saint des saints, un triangle portant sur ses côtés trois monosyllabes chacune étant le nom de Dieu en une langue étrangère et contenant l’une des trois voyelles qu’il fallait intercaler entre les lettres du Tétra gra mme pour recouvrer la Parole perdue.Voici ces mo nosyllabes: Ya/z, Dieu en syriaque, Bel en chaldéen et On (ou Aon) en égyptien; les voyelles a-e—o de— vaient trouver leur place entre les lettres J (e)H(o)V(a)H du nom Incommunicable.
Ces monosyllabes étaient écrites en caractères secrets dont la clef accompagnait les divers objets déposés dans l’Arche. Et pour bien faire comprendre la haute valeur de ces mots, Salo— mon avait placé sur chacun d’eux une équerre de pur argent) emblème de la Divinité par sa forme 1 qui rappelle le jod.
Enfin, pour la troisième fois (comme au grade de Maître il y a trois recherches, ce n’est ici qu’une répé tition, mais qui s’imposait), les néophytes retournent à la voûte. Il est midi plein; le soleil au zénith darde ses rayons d’aplomb dans la fosse qu’il éclaire dans tous ses recoins ; c’est l’heure à laquelle le Maçon se repose; c’est l’heure à laquelle le G.°. 0.'. étant ac— compli, le Soleil des Sages brille dans toute sa splen— deur.
Les ouvriers aperçoivent alors sur une pierre 3 “L.;.—__.__. ..,u»_....x__ ...,,.... ._.A ,. .- _«..o«.‘w...“._ ...« v.« »—-«;<.-æ:; W MM”
66 L’INITIATION cubique blanche un coffre recouvert de lamelles d’or et présentant surses côtés des caractères mystérieux en pierreries incrustées.
Ils se font remonter aussitôt, mais le soleil ardent leur fait se couvrir la face de leurs dix doigts enlacés, et ceci devient le signe ca— ractéristique du grade : le nombre 10, c’est-à-dire l’Unité suivie du zéro, l’alpha et l’oméga, la synthèse parfaite, le sommet de la Science, l‘Absolu l La Pierre cubique, dit Mackey, joue un rôle im— portant dans les rituels du Royale-Arche et du Rose Croix ainsi que dans plusieurs autres hauts grades.
Nous possédons une légende maçonnique se rappor tant à une certaine pierre cubique sur laquelle le nom sacré était inscrit dans un diagramme mystique. — Sur cette pierre Adam offrit ses sacrifices à Dieu. Cette pierre est appelée « la Pierre fondamentale de la Maçonnerie », et nos traditions rétablissent scrupu leusement son histoire.
Lorsque Jacob s’enfuit de chez Esaü pour se réfugier chez son oncle Laban, en Méso potamie, il emporta cette pierre et sur elle reposa sa tête lorsqu’il eût son rêve mémorable; les pieds de l’échelle parraissaient s’appuyer sur la pierre. Il la prit avec lui en Egypte, et, lorsque les Israélites quittèrent ce pays, Moise la transporta comme un talisman par lequel les Israélites seraient guidés dans le désert vers la Terre Promise.
Pendant la bataille que Moïse eut à soutenir contre les Amaléchites, il s’assit sur cette pierre qui, après l’entrée des Juifs en Palestine, fut enfermée dans une crypte secrète du temple et dans une certaine position bien connue des Maîtres Choisis (select Matier, 9e grade) (nous avons décrit cette
SYMBOLISME DE LA MAÇONNERIE D’YORK 67 position dans le cours de notre analyse), et elle resta cachée jusqu’à la reconstitution du Temple par Zéru babel, où elle fut découverte par les trois derniers cap tifs et devint la pierre angulaire du second Temple. » Cette pierre, que tout initié reconnaît à l’histoire qu’en donne le docteur Albert Makey, est un cube parfait taillé dans du pOrphyre oriental blanc; les philosophes hermétiques la nomment le Fondement de l’Art ou la Matière parvenue au blanc; et le nom ineffaçable qu’il porte incrusté en pierres précieuses est souvent employé par les alchimistes pour désigner la matière sous le nom de « Jud—hé-voph—hé ».
Les traditions que nous rapporte Mackey sont sim plement quelques adaptations alchimiques; les sacri fices d’Adam, le songe de Jacob dont l’échelle est la chaîne d’or d’Hermès, la fuite des Israélites, la ba— taille des Amaléchites, etc., sont autant d’épisodes de l’histoire sacrée appliqués au symbolisme hermétique et signifient la dissolution et la coagulation qui font tout 1’Œuvre.
Le Rituel du grade de Royale—Arche se contente d’apprendre aux récipiendaires que « les faces de la pierre sont parfaitement égales et symbolisent la Divine Vérité qui doit seule nous diriger et nous soutenir dans nos recherches pour Dieu et la Vraie Lumière.
Malheureusement la plus grande majorité des néo— phytes et même des orateurs du Chapitre ne songent guère à approfondir le sens de l’instruction qui, le plus souvent ne dépasse pas la lettre. Sur la Pierre cubique repose l’Arche d’Alliance construite par Moïse, Aholiab et Besaleël à l’imitation
68 L’INITIATION de l’Arche égyptienne. Ses dimensions sont de (rois pieds et neuf pouces de longueur et de deux pieds et trois pouces de largeur et de profondeur.
On trouve dans ces dimensions le Ternaz’re alchimique Sel, Soufre et Mercure; le Novaire ou triple Ternaire de la Kabbale: Kether, Binah et Chochmah, dans le Monde divin; l’Esprit, l’Ame et le Corps, dans le Monde humain; le Gazeux, le Liquide et le Solide dans le Monde matériel ; enfin le Binaire, le Fixe et le Volatil, la Solution et la Coagulation en Alchimie ; la Matière et l’Esprit, le Bien et le Mal, dans le Micro cosme; Dieu et la Création, dans le Macrocosme.
Les dimensions de l’Arche sont, à vrai dire, celles d’un coffre, en latin Arca, d’où le mot Arcanum, Ar— cane. qui, selon Paracelse, signifie « une substance in corporelle, immortelle, fort au-dessus des connais sances des hommes et de leur intelligence; la pro priété essentielle de l’Arcane est de changer, altérer, restaurer et conserver nos corps. » L’immortel docteur emploie bien des mots pour dési gner le Mercure animé des Sages, ou l’âme, en termes vulgaires.
Et de même que l’arcane, que l’âme de la Franc—Maçonnerie se trouve dans l’endroit le plus obscur du Temple, de même l’âme humaine réside dans les parties les plus cachées du corps, et le prin cipe vital des métaux, le germe, le sperme comme l’appellent les alchimistes, se trouve enfoui au milieu des parties impures des minéraux. L’Arche porte sur la mua; la clef qui doit l’ouvrir. La Clef est le symbole de la parfaite connaissance de la matière de l'œuvre et de la manière de la travailler;
’5YMBOLISME DE LA MAÇONNERIE D’YORK 69 c’est le summum de la Science occulte, l’Adeptat. Comme le coffre de Nicolas Flamel, l‘Arche est recouverte de lamelles d’or; elle contient non la ba guette de l’Artiste, mais la verge d’Aaron; non la fiole de poudre de projection, mais le Gomor rempli de la Manne divine (leflos cœli de de Respour se dissol— vant de l’or).
Enfin, au lieu des tables de Moïse, on trouve dans l’Arche le livre d’Abraham le Juif sous un double symbole: la Bible et l’Alphabet secret, c'est—à dire le livre même d’où est tiré en entier l’Asch Méza— reph attribué à cet artiste et que celui-ci a interprété au moyen de l’Alphabet des Initiés que la Maçonnerie représente par une tablette de papier découpée en neuf carrés et qui figure le Livre des Livres, la Clef des Hautes Sciences, la Bible d’Hénoch dont le nom est intimement associé à ce grade (I). (I) Enoch, fils de Seth, réfléchissant à la manière dont il s’y prendrait pour transmettre‘le Nom lnefi“able de la Divinité aux générations à venir, fut éclairé par un songe; il se crut transporté au sommet d’une montagne.
En élevant ses regards vers le ciel, il découvrit une paque triangulaire brillant du plus vif éclat et sur laquelle se détachaient certains caractères mystiques qu’il lui futà jamais défendu de révéler;il se crutensuite entraîné au sein de la terre; et, abaisant ses regards, il décou vrit de nouveau le même triangle. - Instruit par cette vision, il construisit deux pilliers,sur lesquels furent gravéesles sciences du monde antédiluvien, et en dessous il creusa une caverne dans laquelle il déposa le triangle sur lequel se trouvait gravé le Nom lneffable.
Mais il y joignit une clef, ainsi que l’ont fait plus lard nos Grands Maîtres afin que ceux qui la compren draient pussent recouvrer la Parole perdue. Les Nations orien tales possèdent une tradition décrivant cette clef comme étant composée de petits carrés, mis ensemble, appelés Zuarga, que l’on consulte encore aujourd'hui, pour des afi"aires de santé et de prospérité. Il est possible que la clef du Mot de Royale. Arche ne soit que la Zuarga des pays d’Orient. (Extrait du Council Monitor de Chase, p. 25.‘
70 L'INITIATION Il ne reste plus qu’à communiquer aux nouveaux maçons de Royale-Arche et par Trois fois Trois (l) au—dessus du trépied hermétique et sous l'arche vi vante, les TROIS GRANDS MOTS SACRÉS qui doivent leur donner la connaissance du Monde Archétype, après leur avoir ouvert le Monde des Orbes, ou l’Astral et le Monde des Éléments ou l’Alchimic.
« Et si, mes Compagnons, dit le Grand—Prêtre en terminant l’initiation, Si dans toutes ces choses vous n’avez vu qu’une succession de rites insignifiants, si l’esprit de vérité n’a pas fait saisir par votre intelli gence le sens intime de ces cérémonies, oh! alors, bien certainement notre travail aété vain et vous avez dépensé vos forces inutilement. » Au contraire, si les yeux des néophytes se sont ou verts à la vraie Lumière, ils ne peuvent que tomber à genoux et s’écrie-r par trois fois trois, dans un élan d’enthousiasme et de suprême reconnaissance : mmh w1p, KODESH LAYEI‘IOVAH, Sainteté au Seigneur ! (r) Voyez ces trois séphiroths des trois Mondes de l’Arbre cabbalistique.
D. —— Quel est le nombre le plus sublime? R. —Le nombre 9, parce que, par lui, la religion et la na— ture sont exaltées. (J.-M. Ragon, Orthod. Maç., p. 523.) BD. BL1TZ, Sil: IîÏî ......«W,W.WN._
‘:J D ‘I _ _, .,“wr_.m, 7 w p- -. ,,. s.-- .v,-«<un .r >:.:; . ...La:älkfi*z. . r ‘ A \ l ' . PARTIE LITTÉRAIRE mlàsrae DES noms Au D' Papus. Une Lune rouge sombre, sanglante, épandant la terreur mystique en d’étranges reflets. Une mer noire, profonde, aux lourds flots, épais d’apparence, mer incendiée par les rayons lunaires; et sur l’épaisseur fausse de cet océan glauque, une brume légère de phosphorescentes molécules...
L’île émerge au sein des sombres éléments, île morne, solitaire, dont le sol brun—roux crie la na vrante désolation spectrale... Et au travers des eaux chaotiques —— vers l’île — volent les âmes des morts de planètes; sur les eaux noires rougies, passent, flottantes ombres violacées, les doubles de ceux qui ont quitté la Terre et que l’attraction destinale conduisit en ces plages.
Les fantômes errent, foulent l’île solitaire et triste, s‘élèvent vers l’astre Sanglant, vaguement lumineux ' dans leurastrale enveloppe... ' W“.—n_w.——N... —,w. «s....\œ..w «—«—-V‘L_c - . .«vh««afl.,..gwx—Wvrnflyr.a. ., . ,, .
72 L‘INITIATION Nulle parole ne fend l'espèce d’atmosphère de ce monde; nul son ne retentit; les vagues se meuvent sans écho; le brouillard toujours demeure immobile.
A certains moments — suivant la direction que lentement prend la Lune Rouge -- les esprits se réunissent en théories, en groupes de lueurs mauves, en familles d’amour ou d’amitié; ensemble ils volè tent sur la mer toujours noir d’encre; ensemble ils s’élèvent au Soleil-Lune grenat; ensemble ils par courent la brume éternelle, éternellement phosphorée; ensemble ils plongent sous les flots sombres leur corps vaguement lumineux, et ils dansent, sans bruit, la ronde des trépassés — ronde macabre — sur les vagues muettes qui les lèchent d’un reflet de reflet in cendiaire.
Puis, vers l’île ils se dirigent. Sur le sol de 1‘05 suaire ils se posent, s'arrêtent — attendant le retour de la Vision...
Alors, sur l’île qui était morne et déserte, qui était sans plantes et sans arbres, sur l’île, d’étranges phé nom‘enes se produisent, des décors féeriques se dérou lent, d’innombrables scènes s’allongent, montrant la succession des faits écoulés; l’Èvocation du Passé, des vies antérieures a lieu; la suite d’images se peint en une bizarre variété de songe — en une série de rêves mélancoliques, terrifiants, calmes.
Toutes les âmes qui se trouvent là revoient leur existence précédente, leur existence active, leur vie planétaire et réelle ; sur la plage de rêve, sur la plage d’au delà où leurs monades imparfaites se retrou— vèrent après la mort terrestre — les âmes contem ' I
L’ASTRE DES MORTS 73 pleut les scènes chéries ou détestées, dont elles furent, avec le corps physique, les héroïnes, les victimes, les actrices. , ' Et sous le baiser incendiaire de la Lune Rouge, de la Lune des Morts, les panoramas se succèdent, varient, se hâtent en une kaléidoscopique marche...
Des manoirs, des châteaux se dressent; des ruines s’offrent, entourées de profondes forêts mystérieuses, de parcs, de prés verts et fleuris; un ciel ensoleillé éclate, des teintes bleues ou d’un cuivre automnal se peignent, malgré la lumière rouge de l’astre qui brille sans cesse.
Tout cela se mêle, se confond comme dans les rêves, mais en plus précis — et tels fantômes re— connaissent tel lieu où ils vécurent auparavant, recon naissent ces sites où ils accomplirent leur étape, effec— tuèrent leurs actions...
Voici des êtres que l’on aperçoit, femmes, hommes. animaux —— et les âmes retrouvent — de loin encore —— des parents, des amies, leurs maisons, les lieux chers —-— s’élançant en sanglo tant leur peine -— en criant (sans voix traduite) leurs tendresses et leurs regrets, leur amour et leurs désirs persistants encore; mais, à mesure qu’ils approchent, la vision s’éloigne ; ils doivent assister, impuissants, à la fantasmagorie du passé en akasiques images.
Ah! ce château crénelé, aux terrasses fleuries, par fumées, sur lesquelles, lentement, se promène rêveuse une femme jeune et belle, cet esprit le reconnaît, et il reconnaît aussi la femme, la maîtresse adorée, l’épouse adultère, l’amante prise au mari. Le spectre tend les bras, son corps astral torturé par les mêmes désirs (beaux ou laids) qui l’assaillirent durant sa vie, mais
74 L’INITIATION plus affinés encore, mieux perçus —— et il appelle la bien-aimée, il court jusqu’aux piliers de la terrasse, il secoue de ses mains abmatérielles les fondements de l’édifice; il monte, il atteint l’aimée; mais alors se recule le décor qu’il suit; lentement le décor se perd, s’évanouit, mirage tentateur, dans le lointain.
Une volupté ardente, douloureuse étreint le spectre qui regarde au fond de l’horizon partir la chérie dont les lèvres se tendent pour un baiser. Cette chérie, sans doute, en ce moment rêve de lui en son château, rêve, sur sa planète, au mort qu’elle aima plus que tout, plus que l’époux adorateur, plus que ses enfants, plus que son honneur perdu.
Et en songe, en son sommeil, elle le trouve aussi, portée vers lui comme lui vers elle, — mais ignore son destin, son malheur... — A cette image une autre succède; une nouvelle scène se déroule évoquant à un autre tout un passé vécu ; de beaux actes se lisent, d’affreuses visions paraissent: images de sang, images de meurtres, de guerres —— et chacun juge la ses œuvres, ses efforts, souffre davan tage encore avant que de s’élever — car ainsi le veut la Nature qui tient à ce que chaque progrès soit len tement gagné par ses enfants, au prix de mille tor tures, de mille souffrances.
It*'l» Là, la vie des choses dévoile quelques-uns de ses mystères, la Mathématique du Kosmos se comprend davantage, la Fatalité des choses se marque 4 l’en chaînement des phénomènes se lit; les âmes com \
L’ASTRE DES MORTS 75 prennent mieux que sur les terres d’exil le Détermi nisme de leur existence et l’ldéal qu’elles devaient poursuivre. Les choses participent à la vie hominalé, influent sur les actes, apportent, ajoutent aux autres fluides leur énergie occulte.
Les catégories d’êtres apparaissent; ceux-ci furent passionnés, aimèrent beaucoup de maîtresses, goûté rent à bien des lèvres: ceux-là demeurèrent agames — tels autres fidèles à leur amour unique, et chacun, dans sa manière d’être et d’essayer son idéal, chacun eut raison en quelque sorte, car les uns voyaient leur Idéal de femme si beau, si pur, si complexe, qu’ils ne le rencontraient point en une seule, et que plu sieurs se trouvaient nécessaires pour composer _à peu près l’image éclatante entrevue.
Qui dira les douleurs de celui qui poursuivit en vain la vision admirable, la Femme toute belle, la Callista qu’il rêvait? Qui dira ses déceptions à chaque possession de corps im parfait, à chaque baiser de chair médiocre ? Et ne fut il point artiste, n’aima-bil point ardemment le Dieu Beauté, celui-là ?. ..
D’autres, rejoignant sur une planète la femme déjà aimée, déjà rencontrée, et réincarnée comme eux, ces autres voulurent avec elle poursuivre leur ascension vers les étoiles; l’amour d'une âme les envahit; rien ne put les séparer de cette femme; ni les obstacles in vincibles presque, ni les déceptions, ni les infirmités, ni la famille contraire ; n’aimèrent—ils point ardem ment ceux-là le Dieu-Bonté, le Dieu d’amour ? Et d’autres enfin ne retrouvèrent point ou ne trou— vèrent pas la bien-aimée. Le Destin, pour une raison
76 L’INITIATION ‘ "‘I' àluiconnue, mais utile, les empêcha de rencontrer l’âme—sœur, même la primitive et passagère âme-sœur de liaison charnelle rapide. Ceux-là vécurent agames, pleurant leur plainte, criant, sanglotant vers l’incon nu du grand amour. Alors ils se dévouèrent à leur Rêve d'amour: ils le chantèrent par l’Art, la Poésie, la Musique, la Science.
Et ceux-là n’aimêrent-ils point ardemment le Dieu-Vérité, le Dieu-Lumière P... — Ah! c’est que tous, tous les êtres sont conduits par l’inflexible Destin; c’est que les phénomènes de leur vie s'enchaînent sans qu’ils puissent réagir ; la volonté est une force très latente en I’Homme, une énergie de la Nature, de l’Univers; l’Homme la possède à peine en germe. Il ne peut lutter que par la Science, l’étude.
Oh! que son libre arbitre est illusoire, quel vain mot! et c’est pourquoi Dieu-Nature ne punit point l’être; il épure simplement par la souffrance; il dé gage les âmes de leur gaine de matière lourde formée par les parasites élémentaux, afin que ces âmes—dia mant s’élèvent nécessairement vers la Lumière; c’est par amour que la Nature éprouve ces âmes, les fait souffrir afin de les rendre brillantes et pures; plus l’âme est inférieure, lourde, plus elle est longue à pleurer et à monter; moins elle contemple la Raison et la Beauté... — Aussi cette Ile, cet ossuaire à Lune rouge de sang n’est-elle point un lieu de grandes dou leurs sans espoir. (Jette Terre des Morts, cette planète en apparence lourde —- planète éthérée en réalité, astrale—- est un lieu de transition; là se rendent les esprits entourés de leur enveloppe astrale, du double physique ; là vont les âmes des planètes
L’ASTRE DES MORTS inférieures — parmi. lesquelles celles de notre sys tème solaire — et dans des souffrances extra—ter restres, donc indicibles — les spectres achèvent de s’épurer, se débarrassent de leur corps double. En ce pays à mer noire, en ce pays de solitude, de silence, de Lune Rouge, de noirs phalènes, en ce pays du songe ils méditent, pensent, cherchent le but à suivre et comprennent des lois de l’Univers.
L’Harmonie de la Nature leur apparaît; ils savent que tout est Har monie, que tout, même le mal, concourt à imprimer la mélodie éternelle, le chant, le chœur universels. Car ils n’ignorent point ceci: que la vie à travers l’Infinipeut se comparer à un livre dont les êtres sont les caractères, les lettres.
Or les caractères diffèrent, varient: les uns sont grands, d’autres petits; les uns sont mieux tracés que les autres; mais cela n’influe en rien sur le livre lui-même, sur son Esprit, sur son Idée. Chaque lettre apporte à l’œuvre sa personnalité; chaque caractère réalise pour sa part une parcelle de I’ldée du Livre.
Cette Idée, but du livre, vibre à tra— vers toutes les pages, tous les mots, et les phrases pei gnant le mal—l’ombre, ne sont pas moins nécessaires à l’Unité de l’Œuvre, à sa fin, à son âme, au contraste des images, à la compréhension du tout, que les phrases décrivant le Bien, c’est-à-dire la Lumière, la Supériorité, la Clarté. Quelle responsabilité portent ces lettres incarnant, exprimant du Bon ou du Mau vais?
N’est-ce point l’auteur du volume qui les a placées suivant les lois inflexibles pour réaliser en style (en émanation) sa propre volonté? et tous ces mots n’ont-ils point servi à élever le Temple, à per
78 L’INITIATION ,v'. sonnifier l’I—larmonie générale ?. . . Ainsi les individus, caractères du Grand Livre de la Nature. Chaque être concourt à l’édification de l’ldéal, chante une note, haute ou basse, de,l’Hymne divin. u - . . . . . . n . . . - . . . . . J‘u Et sur l’Océan noir —- après la vision triste, mais voluptueuse — glissent les Fantômes, les Fées d’ombre.
L’Astre des Morts, sans arrêt, caresse de fluides rouges adoucis ces Anges muets qui remportent en eux-mêmes le Souvenir exquis du passé de Rêve et l’Espoir fol du Sidéral Avenir. 0 Amour, ô Amour, tu les berces de ton ardeur -— sur tes ailes de feu tu les soutiens — tu les enivres ces anges — de tes baisers célestes — car ils attendent l’Ame—Sœur .’ F. JOLLIVET CASTELOT. Wimereux-sur—Mer, août 1894.
LE GRAND FORMULAIRE ËE ©ann <ÊRMUEMRE Je vais parler de tout. Démocrite. Cela se chante, cela se loue, cela se dit, cela s’entend. On le lit, on le dit, et, quand on l’a bien entendu, on n’en tient au— cun compte. Leibniç La voie des sages est obscure et Immense. ’I‘seu-sse. Ah! queje suis marri que la lan [gue françoise N e puisse s’exprimercomme faict A [la grégeoise. Ronsard.
La moins noble chose dans ce lieu, Où tout était magnifique, était l’or. Il s’éleva une tempête de joie dans le ciel, qui dura pendant mille ans. Bailey. Je vis un ange puissant, qui criait à haut voix : ui est digne d'ouvrir le livre et d en lever les sceaux P Mais ersonne, ni dans le Ciel, ni sur a terre, ni sous la terre, ne pouvait ouvrir _le livre ni re— garder dedans.
Et je fondais en armes de ce qu’il ne se trouvait ersonne qui fût. digne d’ouvrir e livre et e regarder dedans. (Apocalypse, v, 2, 3, 4.) Dans son petit oratoire triangulaire,’ldale, aussi chrétienne que peu pratique, officie, voilée de blanc. Au pied d’un saint des saints élevé de dix marches, elle prie devant son 1utrin d’ophite, àla croix in— crustée d’un semis de sardoines.
Sur les côtés, vingt deux candélabres circulaires à sept branches plané— taires, prismatiques et métalliques, montés "sur'trois . (i) Extrait d‘un volume inédit: Fleur de Verbe.
80 L'INITIATION pieds personnels supportant un plateau tétragram matique autour duquel règne le Zodiaque. Invisible et lointain, un orchestre où domine l’orgue mêlé de sambuque, d’athéna, de platagone, de matraca, de théorbe, de voix.
Adroite et à gauche du lutrin, deux courtes colonnes complémentaires de titane vierge, séparées de l‘angle sacré du tabernacle par une jon— chée d’armes mortes, scramasaxes, estramaçons, se— lictars, brancs, squénées, francisques, sécespites, fra mées. L’hysoppe brûle et_le cumin élevant leurs volutes vers l’étoile quinaire de télésie qui unit de sa fibule les trois parois du sanctuaire, orientée sur Andro mède.
Nulle issue aux flancs de la pieuse solitude: l’entrée est souterraine, et la lumière du ciel ne vient se mêler aux lampadaires votifs que par un oeil percé au cœur du pentagramme culminant. Solennellement, avec pompe hiératique, Idale, que seul je vois et entends, ouvre le Grand Formulaire des relativités les plus approximatives de l’Absolu, et chante sur un mode liturgique, grave et lent : . . . n . . . . o . - - . . . . . .
Ses yeux errent en eux-mêmes. Son âme s’effile, séraphique, en une divine absence. Oh! le poème que disent ses manipules chargés d’orfrois indéchifi frables, mais dont l’un complète si infiniment l’autre.
Précisément, elle joint les mains dans un geste de création puissant, suprême, et continue, toujours géniale mais adoucie, allumant au feu des lampes sacrées les rubis et les saphirs de ses doigts parés selon les pouvoirs d’Hercule. . . . . . . . . . . . . . . o - - . - . . . . . . un un.
L’ASCÈTE 8 1 L’orgue gronde en des rages d’orage, triomphal, et montent en hosannah, les répons fidèles et harmo nieux d’une humanité latente : . . . . . . . . Idale poursuit, de tout son prestige sacerdotal. Pour elle seule, après l’Ite Missa est, elle lit encore, drapée dans l’épiciement d’un ample pluvial d’or Où s’onde le jeu chatoyant d’une moire infinie. Ses pre mières paroles me semblent une invocation dontje ne distingue pas le sens.
Enfin je comprends ceci: Et elle prononce avec un désespoirvraiment humain la parole accablante du Gymnosophz‘ste : « La pensée ne survit pas au fait transitoire qui la cause, et l’esprit n’est qu’une illusion] comme le reste (1)..... » Maintenant, elle n’est plus qu’à entrevoir dans la fumée des parfums, se lavant les mains selon le pre— mier rite.....
VVRG EY a»asu<‘euu Il est seul, membres nus, accroupi sous un arbre, Les yeux fixes, levés vers l’éternel azur ; Immobile il poursuit un rêve immense et sûr: . Son corps seulestsur terre et ses traits sontde marbre. En son cœur tous les feux du désir sont éteints; Rien ne lefait sourire et rien ne l’épouvante; Pour lui tu n’es plus rien, passion décevante! Car les sentiersbe’nis, il les a tous atteints. (I) Tentation de saint Antoine, Flaubert.
82 L’INITIATION Rien ne fait tressaz’llir l'impassible visage Du Mouni méditant; le canon ni l’éclair Ne sauraient émouvoir son esprit ni sa chair, Car son esprit n’est plus de ce monde, à ce sage! Quant à sa chair, plus rien ne l’impressz’onnera... (Le sang circule encor, pourtant, sous sa peau blême).
En lui qui sait le mot de l’éternel problème Nul écho du dehors, non, ne résonnera.l Il a pu vaincre enfin l’efl‘royable matière Et, dégageant I’Esprit des ombres de Mâya, Au jour qui ne doit pas finir il s’éveilla. Alors, son âme en Dieu sefondit tout entière... Et, depuis, le regard tendu vers l’Um’te’, Il ne voit que Bra/zma dans sa sublime extase; Et rien, en cette ardeur mystique qui l’embrase, N’arrat‘chera ses sens à l’immobilité!
MAURICE LAGRERIS. "ÇiRWPE ÊNDÊPEN’MNI‘ D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES L’abondance des matières de ce numéro nous oblige à renvoyer au mois prochain le rapport du Président du Groupe aux délégués et aux chefs de branches. D’ici là quelque nouvelle importante parviendra peut-être au
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 83 quartier général au sujet d’une entreprise, très profitable au Groupe, actuellement en cours de préparation. * AV-x RÉPONSE DE M. FRANÇOIS Paris, le 6 octobre 1895.
GROUPE N° 4 ÉTUDE DU SPIRITISME MONSIEUR LE DIRECTEUR, L’Initiati0n contient dans son numéro de septembre dernier (p. 287) une lettre dans laquelle l’un de vos ho norables correspondants,me prenantà partie, émet l’avis qu’en raison de mon adhésion récente et formelle aux dogmes de l’Eglise catholique, je suis tenu de donner certaines explications aux lecteurs de votre estimable revue.
4 Cette mise en demeure, toute courtoise d’ailleurs, ne saurait demeurer sans réponse.
Au risque de me répéter, je rappellerai tout d’abord. qu’après douze ans d’études spirites, comprenant cinq années d’expériences qui n’ont pas toujours) été sans pré senter quelque danger, j’acquis la certitude que I’Huma— nité peut entrer en relations avec des êtres spirituels (âmes ET autres entités bonnes ou mauvaises) doués de facultés jusqu’ici peu compréhensibles pour l’Homme par ce motif qu’elles échappent à toutes les lois scientifiques connues.
Les principales de ces facultés sont les suivantes : I° Possibilité de faire connaître leur présence soit par l’écriture directe, soit au moyen d’un signal convention. nel choisi par l’individualité spirituelle elle-même. 2° Lévitation et transport d’objets matériels (même très lourds); 3° Pouvoir magnétique très étendu; 4° Pénétration des pensées. 5° Faculté de désagréger et de reconstituer la matière ou de la rendre invisible et visible à leur gré).
84 L’INITIATION Je fus ainsi amené à penser qu'au-dessus de tous il existe un Être résumant la Toute-Puissance et qui per met à certaines entités spirituelles de se communiquer à l'homme et d’accomplir des actes qui, pour ce dernier, semblent appartenir au domaine du prodige. Ces êtres spirituels n'ont pas cessé de se montrer fa vorables au groupe que je dirige et plus particulièrement encore à moi-même.
Maintes fois ils m'ont averti qu’ils étaient les messagers de la Vérité et que cette Vérité reposait sur les dogmes du catholicisme. Ils m’ont donné des témoignages tangibles de leur pouvoir et de leur supériorité sur les esprits mauvais qui cherchaient à s’emparer de moi et qu’ils ont toujours écartés. Dès lors, je n’avais qu’un pas à franchir pour admettre comme vrais les dogmes de l'Église romaine.
C’est ce qui arriva à la suite d’une ardente prière men tale que j’adressai (malgré mes cinquante ans), à la Mère du Christ après diverses manifestations plus qu’extraor dinaires qui eurent lieu en plein jour chez moi et aussi dans mon cabinet de travail où aucun membre du Groupe ne pénétra jamais (saufmon frère dont vous connaissez les opinions).
Dans cette prière que nul ne pouvait connaître, je de— mandai à celle que les catholiques révèrent sous le nom de Marie, d’intercéder auprès de Notre-Seigneur pour qu'il permetteà mon invisible correspondant de me don ner une preuve éclatante qu’il était bien le guide envoyé par Dieu, et de m’apprendre la part de Vérité qui pouvait m’être révélée. le fis vœu mentalement de revenir aux pratiques du catholicisme, si cette prière était exaucée et, connaissant le pouvoir des Esprits, je demandai, en outre d’un mes— sage direct, un signe matériel.
Habitué aux messages apportés, je m’attendais à rece voir une réponse pendant notre plus prochaine séance qui devait avoir lieu quelques jours après (8 juin). Je fus déçu ce jour-là. On m‘apporta simplement un message m‘annonçant que dans un délai moindre de trois ois le triple de trois jours (ce sont les termes mêmes
ORDRE MARTINISTE 85 F““* . . du message) je connaîtrais ce que je devais savoir. Le 26 juin, je reçus en plein jour l'apport mentionné dans l’Initiati0n du mois d’août (p. 177). — On sait le reste.
' Chacun estlibre de supposer que tout ceci ne se serait pas réalisé si, au lieu de me laisser diriger par les deux esprits bienveillants qui m’ont été envoyés, j’avais consenti à me placer sous la domination de l’âme d’un an— cien Vénérable d’une L.'. (matérialiste). J’avoue donc que les deux Esprits dont j’ai suivi les conseils appartenaient, de leur vivant, au parti catho lique militant.
D’après les révélations qui m’ont été faites (et quej’ai vérifiées), tous deux ont fondé des établissements reli— gieux et des œuvres charitables. L’un (une femme) a quitté la terre en I696; l’autre, beaucoup plus récemment. Ils continuent dans la vie cé leste la mission qu’ils avaient choisie sur cette terre : Le salut des âmes. Je n’ai pas la prétention de posséder la Vérité tout entière, mais je crois être dans la bonne voie.
Si je n’y suis pas... Dieu veuille m’y mettre! Il m’est impossible de m’expliquer davantage. A. FRANÇOIS. ©RDRÉ MARTENKSTË’. Sous l’influence du délégué général de l’Ordre pour l’Amérique du Nord, le Martinisme marche là—bas à pas de géants. Bientôt dix loges fonctionneront régulièrement et le mouvement ne fait que commencer. Des décisions spéciales seront prises à ce sujet, dans une des prochaines réunions du suprême Conseil de l’Ordre.
86 L’INITIATION 'nous]: anosrmun Par ordre de Sa Grâce l’archevêque de Toulouse, vice président du Très Haut Synode Gnostique, une réunion du Synode auralieu dans le courant du mois de novembre 1895, pour procéder à l’élection du Patriarche de l’Église Gnostique.
Les résultats de cette électioh seront commu niqués au monde hylique suivant les règles habituelles. l’ÈC©IE mura ra MAGNÉTISME Les cours de l’École publique de Magnétisme et Mas sage, 23, rue Saint—Merri, Paris, reprendront à partir du 14 octobre I895. Nous reparlerons de la séançe d’inau guration et des nouveaux développements de l’École dans notre prochain numéro.
UNIE IMAGE ASTRALE L’excellent périodique que nous avons souvent en l’oc' casion de recommander à nos lecteurs, la Revue des Re vues, publie dans son numéro du 15 septembre I895 le récit suivant dans lequel nos lecteurs au courant de l’oc cultisme, reconnaîtront ce que la tradition nomme une image astràle. N. D. L. D.
U N C RI M E (CONTE VRAI) A cette époque, il y a de cela quelque dix ans, j’étais magistrat: je1enais de terminer la longue et laborieuse
UNE IMAGE ASTRALE 87. instruction d’un crime épouvantable, qui avait porté la terreur dans toute la contrée: jour et nuit, depuis plu-— sieurs semaines, je n’avais vu, en veille et en rêve, que cadavres, sang et assassinat. _ J’étais venu, l’esprit encore sous la pression de ces sou venirs sanglants, me reposer en une petite ville d’eaux, qui dort tranquille, triste, morose, sans bruyant casino, sans maille-coachs tapageurs, au fond de nos montagnes vertement boisées.
Chaque jour, je quittais X..., m’égarant à travers les grandes forêts de chênes, mêlés aux hêtres et aux fayards, ou bien par les grands bois de sapins. Dans ces courses vagabondes, il arrivait parfois que je m’égarais complè tement, ayant perdu de vue, dans l’éclaircie des hautes futaies, les cimes élevées qui me permettaient habituel lement de retrouver la direction de mon hôtel.
A la nuit tombante, je débouchais de la forêt sur une route solitaire, qui franchissait ce col étroit entre deux hautes montagnes: la pente était rapide et, dans la gorge, à côté de la route, il n’y avait place que pour un petit ruisseau retombant des rochers vers la plaine en une multitude de cascades. Des deux côtés, la forêt sombre, silencieuse, à l’infini.
Sur la route, un poteau indiquait que X... était à dix kilomètres: c’étaitma route ; mais, harassé par six heures de marche, tenaillé par une faim violente, j’aspirais au gîte et au dîner immédiats. A quelques pas de là, une pauvre auberge isolée, véri table halte de,rouliers, montrait son enseigne vermoulue: Au rendez—vous des amis. J’entrai.
L’unique salle était fumeuse et obscure: l’hôtelier, taillé en hercule, le visage mauvais, le teint jaune; sa femme, petite, noire, presque en haillons, le regard louche et sournois, me reçurent à mon arrivée. Je demandai à manger et, si possible, à coucher.
Après un maigre souper — très maigre —- pris sous l’œil soup çonneux et étrangement inquisiteur de l’hôtelier, à l’om bre d’un misérable quinquet, éclairant fort mal, mais répandant, en revanche, une fumée et une odeur nauséa bondes, je suivis l’hôtesse qui me conduisit à travers un long couloir et un dur escalier dans une chambre déla
88 L'INITIATION bréc située au-dessus de l‘écurie.
L'hôtelier, sa femme et moi, nous étions certainement seuls dans cette masure perdue dans la forêt, loin de tout village. ; o J’ai une prudence poussée jusqu’à la crainte, -—cela tient de mon métier qui, sans cesse, me fait penser aux crimes passés et aux assassinats possibles. —- Je visitai soigneusement ma chambre, après avoir fermé la porte à clef; un lit,— plutôt un grabar, — deux chaises boîteuses et, au fond, presque dissimulée sous la tapisserie,une porte munie d’une serrure sans clef.
J’ouvris cette porte: elle donnait sur une sorte d’échelle qui plongeait dans le vide. Je poussai devant, pour la retenir si on tentait de l’ou vrir du dehors, une sorte de table en bois blanc, portant une cuvette ébréchée, qui servait de toilette: je plaçai à côté une des deux chaises. De cette façon, on ne pouvait ouvrir la porte sans faire de bruit. Et je me couchai. Après une telle journée, comme bien on pense, je m’endormis profondément.
Tout à coup, je me réveillai en 'sursaut: il me semblait que l’on ouvrait la porte et que, en l’ouvrant, on poussait la table: je crus même apercevoir la lueur d’une lampe, d’une lanterne ou d’une bougie, par le trou resté vide de la serrure.Comme affolé, je me dressai, dans le vague du réveil, et je criai: « Qui est la? » Rien: le silence, l’obscurité complète. J’avais dû rêver, être le jouet d'une étrange illusion.
Je restai de longues heures sans dormir, comme sous le coup d’une vague terreur. Puis la fatigue eut raison de la peur et je m’endormis d’un lourd et pénible som meil, entrecoupé de cauchemars.
Je crus voir, je vis dans mon sommeil cette chambre, où j’étais: dans le lit, moi ou un autre, je ne sais; la porte dérobée s’ouvrait, l’hôtelier — mon hôtelier —— en— trait, un long couteau à la main; derrière, sur le seuil de la porte, sa femme debout, sale, en guenilles, voilant de ses doigts noirs la lumière d'une lanterne;l’hôtelier, à pas de loup, s’approchait du lit et plongeait son couteau dans le cœur du dormeur. Puis le-mari, portant le ca davre par les pieds, la femme, le portant par la tête, tous
UNE IMAGE ASTRALE deux descendaient l’étroite échelle: un curieux détail, le mari portait entre ses dents le mince anneau qui tenait la lanterne, et les deux assassins descendaient l’escalier borgne, à la lueur terne de la lanterne. Je me réveillai en sursaut, le front inondé d’une sueur froide, terrifié. Par les volets disjoints, les rayons du soleil d’août inon daient la chambre: c’était sans doute la lueur de la lan terne.
Je me levai et m’habillai en grande hâte. En par tant,je vis l’hôtesse seule, silencieuse, sournoise,et je m’échappai joyeux, comme d’un enfer, de cette auberge borgne, pour respirer sur le grand chemin poudreux l’air pur des sapins, sous le soleil resplendissant, dans les cris des oiseaux en fête. 'k 4æ< Je ne pensais plus à mon rêve.
Trois ans après, je lus dans un journal une note à peu près conçue en ces termes: « Les baigneurs et la population de X._.., sont très émus de la disparition subite et incompréhensible de M. Victor Arnaud, avocat,.qui, depuis huit jours, après être parti pour une course de quelques heures dans la montagne, n’est point revenu à son hôtel.
On se perd en conjectures sur cette incroyable disparition. » Pourquoi un étrange enchaînement d’idées ramena—t—il mon esprit vers mon rêve, à mon hôtel? Je ne sais; mais cette association d’idées se souda plus fortement encore quand, trois jours après. le même journal m’apporta ces lignes que voici: <<On a retrouvé en partie les traces de -M. Victor Arnaud.
Le 24 août au soir, il a été vu par un roulier dans une auberge isolée: Au rende<-vous des amis. Il se disposait à. y passer la nuit; l’hôtelier, dont la réputation est des plus suspectes, et qui, jusqu’à ce jour, avait gardé le silence sur son voyageur, a été interrogé. Il prétend que celui-ci l’a quitté le soir même et n’a point couché chez lui. Malgré cette affirmation, d’étranges versions commencent à circuler dans le pays.
On parle d‘un autre voyageur — d’origine anglaise -— disparu il y a six ans. D’autre part, une petite bergère prétend avoir vu la femme de l’hôtelier, le 26 août, lancer dans une ,.,q, .
90 L’INITIATION mare cachée sous bois des draps ensanglantés. Il y a là un mystère qu’il serait utile d'éclaircir. » Je n’y tins plus et, tenaillé par une force invincible qui me disait malgré moi que mon rêve était devenu une réalité terrible, je me rendis à X... A X..., les magistrats, saisis de l’affaire par l’opinion publique, recherchaient sans donnée précise.
Je tombai dans le cabinet de mon collègue, le juge d’instruction, le jour même où il entendait la déposition de mon ancienne hôtelière. Je lui demandai la permission de rester dans son cabinet pendant cette déposition. En entrant, la femme ne me reconnut pas très certai nement: elle ne prêta même nulle attention à ma pré sence.
Elle raconta que, en effet, un voyageur, dont le signa lement ressemblait à celui de M. Victor Arnaud, était venu, le 24 août au soir, dans son auberge, mais qu’il n’y avait point passé la nuit. Du reste, avait-elle ajouté, il n’y a que deux chambres à l’auberge et, cette nuit—là, toutes deux ont été occupées par deux rouliers entendus dans l’instruction et reconnaissant le fait.
' Intervenant subitement : « Et la troisième chambre, celle sur l’écurie? » m’écriai—je. L’hôtelière eut un brusque tressaillement et parut su bitement, comme en un soudain réveil, me reconnaître. Et moi, comme inspiré, avec une audacieuse etfronterie. je continuai : « Victor Arnaud a couché dans cette troi sième chambre.
Pendant la nuit, vous êtes venu avec votre mari, vous tenant une lanterne, lui un long cou teau; vous êtes montés par l’échelle de l’écurie, vous avez ouvert une porte dérobée qui donne dans cette chambre : vous, vous êtes restée sur le seuil de la porte pendant que votre mari est allé égorger son voyageur afin de lui voler sa montre et son portefeuille. » C’était mon rêve de trois années que je racontais: mon collègue m’écoutait ébahi : quant ’à la femme, épouvan— tée, les yeux démesurement ouverts, les dents claquant de terreur, elle était comme pétrifiée.
« Puis, tous deux,ajoutai-je,vous avez prisle cadavre, votre mari le tenant par les pieds, vous le tenant par la tête; vous l’avez ainsi descendu par l’échelle. Pour vous ‘*W.æ.-»,_.œ, ,... .. ,,_ , _.,,N, ._,,, ,
';‘î.,'|"h‘.n r ' LIVRES REÇUS 91 éclairer, v0tre mari portait l’anneau de la lanterne entre ses dents. » Et, alors, cette femme, terrifie’e, pâle, les jambes se dé robant sous elle : « Vous avez donc tout vu? » Puis,farouche, refusant de signer sa déposition, elle se renferma dans un mutisme absolu. Quand mon collègue refit au mari mon récit, celui-ci, se croyant livré par sa femme, avec un affreux juron : « Ah! la c..., elle me le payera!
Mon rêve était donc bien devenu une sombre et terri— fiante réalité. Dans l’écurie de l’hôtel, sous un épais tas de fumier, on retrouva le cadavre de l’infortuné Victor Arnaud et, à côté de lui, des ossements humains, peut être ceux de l’Anglais disparu six ans auparayant dans des conditions identiques et tout aussi mystérieuses. * )l--\& Et, moi, avais-je été voué au même sort?
Durant la nuit où j’avais rêvé, avais-je réellement entendu ouvrir la porte masquée, avais-je réellement vu de la lumière par le trou vide de la serrure? Ou bien, tout n’avait—il été que rêve, imagination et lugubre pressentiment?
Je ne sais, mais 1e ne puis songer sans une certaine terreur à l’auberge louche perdue le long du grand chemin, au mi— lieu des grands bois de sapins, et 1urant si étrangement avec la belle nature, avec le ruiseau aux cascatelles mur murantes, dont les goutelettes étincellent comme des dia mants au soleil.
Alexandre BÉRARD. mvass Meus \ Parmi les ouvrages reçus a l’Initiati0n, signalons dès maintenant deux publications de M. Marius Ducrespe: Les Microbes de l’Astral, 1 petit vol. in-8 de 108 pages .. .._ _ . c . .. W._.wwsä\.‘ña'\mflflw‘ WW ..,, ,r, _ h+—‘ùt w
92 L’INITIATION I fr. 50 (chez Chamuel), étude intéressante sur leséle’men tals qui demande une analyse détaillée et que nous re commandons à nos lecteurs. C'est l’ouvrage le plusinté— ressantà notre avis qu'aitécrit jusqu’à présent M. Marins Decrespe. L’Éternelfe‘minin et le Mécanisme de l’amour, in—IS de 33 pages,curieuse étude sur les lois occultes de l'amour. P. BIBLE©ŒE‘AZÊÆJËE STEPHANE. -— Les Reines de Paris. Un vol. in-28.
Victor Havard, 3 fr. 50. Voici, parait-il, les débuts littéraires d’une femme. Ils promettent beaucoup. C’est d’un Gyp avec une philoso phie plus large. Il y a lit-dedans un mysticisme social qui dénote d’excellentes facultés de conception.
Seule— ment, l’auteur a le tort de croire que quelques boule vardiers puissent avoir du cœur ou un cerveau; l’in— trigue est toute simple, toute séduisante, avec cette fraîcheur naturelle qui appartient au véritable talent. Enfin, dernier mérite, et non le moindre, l’ouvrage est écrit en bon français, alerte, ironique un peu, et par en droits d’une savoureuse plasticité. S. * .24.
Deux livres de philosophie libertaire viennent de pa— raître à quelques semaines de distance : la Douleur Uni verselle (I), par Sébastien Faure,- la Soeiète’ future (2), par Jean Grave. Les auteurs sont bien Connus de tout le monde, tant par leurs idées radicales que par le procès qui les rendit complètement célèbres, dont on se sou (I) Savine, éditeur, 1895, 3 fr. 50. (2) Stock, éditeur, 1895, 3 fr. 50. “A
BIBLIOGRAPHIE 93 vient et dont on rit encore. Réglementer la liberté de la plume sous une République, cela dépasse l’ironie la plus mordante, et m’est avis qu’on ne saurait troplutter contre de tels abus intolérables! 5.
Faure et Jean Grave n'ont d’ailleurs nullement tenu garde des avertissements de la police; ils poursuivent leur pr'opagande avec la même ardeur; je mentionne ces deux volumes nouveaux, respectueux devant le courage des écrivains très hardis, et parce qu’ils sont dus à une plume toujours sincère et de bonne foi.
Ils peignent d’ailleurs admirablement l’état de pourri— tureindiquent le degré de corruption auquel est arrivé la Société modernedes capitalistes, des oppresseurs.
Nul homme honnête ne peut rester impassible devant la mi sère de la classe ouvrière, et dans son for intérieur, — s’il craint l’opinion du monde, le qu’en dira-t-on du capi taliste à outrance, —- il doit souhaiter la transformation de la Société qui se meurt de ses excès, de son autori tarisme inoui... Mais quelle sera la Société future alors, sans castes ni tyrans? Lisez l’ouvrage de J.
Grave; com ment se fera la Révolution, quelles réformes faut-il ac— complir? Etudiez la douleur Universelle de S. Faure. Seulement, car il y a seulement, un gros l- les auteurs dé— crivent une planète idéale, sautent à pieds joints au— dessus des lois de l’Evolution et de la Sociologie, des instincts de l’homme.
Oui, nous croyons àun avenir de paix et de solidarité, d’amour, de bonheur; mais nous -sommes convaincu que les réformes s’effectueront peu à peu, suivant les données révolutionnaires, que l’humanité se transformera progressivement et que différentes formes de socialisme, de plus en plus parfaites, précéderont l’ère de la liberté individuelle absolue prônée par l’anar chie.
Mais il faut étudier les livres sincères tels que ceux de Faure et de Grave, car, s’ils nous semblent trop idéa listes, nous ne devons point oublier qu’ils préparent les esprits à la venue du messianique progrès. JOLLIVET CASTELOT.
94 L’INITIATION CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DU SURNATUREL Savaneuuone SA VIE Ses œuvres scientifiques et religieuses Ouvrage dédié AUX PRÊTRES DE TOUTES LES RELIGIONS, AUX OCCULTISTES AUX SPIRITES, AUX MAGNÉTISEURS, ET A TOUTES LES PERSONNES QUI CROIENT QUI! LE TOMBEAU N’EST PAS UNE PORTE OUVERTE SUR LE NÉAN’I‘ ET QUI VEULENT AVOIR DES INDICATIONS PRÉCISES SUR L‘AU-DELA PAR J. DÉCEMBRE Un bel in-lS jésus avec portrait . . . . . . . . . . . 3fr.
L’auteur de cette étude, après une série de conférences sur Swedenborg faites à Paris devant un public de sa vants, de lettrés, de théosophes, de spirites, etc., se pro- . pose de mettre en lumière l’étonnante figure du célèbre Voyant suédois, qui fut l'un des savants les plus distin— gués des temps modernes et celui qui, après Descartes, remua le plus d’idées nouvelles.
Ce fut de plus un illuminé dont les écrits continuent, de nos jours, à faire des prosélytes de plus en plus nom breux dans toutes les parties du monde. A notre époque, alors que les décevantes théories de l’athéisme et du matérialisme n'ont pu donner satisfac tion à ceux qui cherchent la vérité de bonne foi, une étude sur Swedenborg, s’impose à eux d’une façon abso— lue.
'Ce fut Swedenborg qui, dans un ouvrage intitulé: Opera philosophica et mineralia, publié en 1787, entre vit le premier la science à laquelle ,nous avons donné de
SWEDENBORG 95 puis le nom de géologie. La seconde partie de son livre contient un système complet de métallurgie. Il composa aussi plusieurs ouvrages sur l’anatomie — ce qui est un nouveau trait de ressemblance entre lui et Descartes— et sembla même indiquer, — dans un chapitre sur la pa thologie du cerveau, le système phrénologique auquel le docteur Gall dut plus tard sa célébrité.
Il publia enfin sous le titre de : Dedalus hyperboreus, des essais de mathématiques et de physique qui fixèrent l’attention de ses contemporains. Il parlait les langues anciennes, plusieurs langues modernes, les langues orien tales, et passait pour le plus grand mécanicien de son siècle.
Loin d’être écrits dans un langage mystique, comme on le croit communément, la plupart des traités religieux de Swedenborg se recommandent par la méthode, l’ordre et la sobriété.
Ils peuvent se partager en quatre classes, que l’on n’aurait jamais dû confondre: la première ren ferme les livres d’enseignement et de doctrine; la se— coude, les preuves tirées de l’Ecriture sainte ; la troi— sième, les arguments empruntés à la métaphysique et à la morale religieuse ; enfin la quatrième, et sans contre dit la plus intéressante, les révélations extatiques de l’au teur. , Au premier aspect, la vie et les écrits de Swedenborg offrent un ensemble de phénomènes étranges : un théo sophe qui a ses idées et son langage à lui; un écrivain d’une fécondité extrême, mais qui, tout en procédant au nom d’une ingénieuse méthode etd’une science étendue, dédaigne toute espèce d’autorité humaine;un philosOphe qui, tout en se moquant des visionnaires et des enthou siastes de toutes les nuances et se raillant de toutes les erreurs possibles, de tous les genres de superstition et de crédulité, raconte néanmoins une immense série de visions, rend des oracles de prophète, porte des décisions de docteur et décrit des scènes d’illuminé.
Swedenborg s’élance dans un domaine où il s’est rencontré face àface avec l’illumination, avec l’inspiration, avec l’extase, la vision, la seconde vue, l’apparition des esprits, avec la majesté divine elle-même avecla dictée de Dieu et celles des anges.
96 L'INITIATION Cette étude. faire sur des documents authentiques et dûment contrôlés, intéressera certainement tous ceux qui croient à un autre monde, et même les incrédules; mais surtout, comme nous disons dans le titre: les per sonnes qui ont perdu un être aimé, les prêtres de toutes les religions, les occultistes, les mages, les spirites, les magnétiseurs et tous ceux qui croient que le tombeau n'est pas le dernier mot de l'existence humaine. CONDITIONS DE LA SOUSCRIPTION 1 Cet' ouvrage formera un bel in-I8 tiré avec soin sur très beau papier et sera livré au prix de 3 francs à tout souscripteur qui enverra de suite par lettre affranchie sa souscription à M. J. DÉCEMBRE, I2, rue Thouin, Paris. Les souscripteurs ne paieront le montant de l‘ouvrage que lorsqu’ils l'auront reçu. — Une fois l'ouvrage paru, il sera vendu au prix de 6 francs. Le Gérant: ENCAUSSE. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET c", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
YIENT DE PARAITRE PAPUS MARTINESEIASUUALLY Sa vie, ses pratiques magiques son œuvre, ses disciples D’APRÊS DES DOCUMENTS ENTIÈREMENT INÉDITS [ ( Un volume in-18 : 4 fr. F.-CH. BARLET [Instruction Intégrale ( Programme raisonné d’instruction à tous les degrés 'Premier volume : L’INSTRUCTION( PRIMAIRE, un vol. in-18 l l ( j « q CHAMUEL, ÉDITEUR l 79. FAUBOURG POISSONNIÈRE, 79 - ‘i } l PARIS ( % .
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Principaux Ouvrages recommandés pour l’étude de l'OCCULTISME et de ses applications CONTEMPORAINS L’Évolution de l’ldée. F"CH' BARLET' ' ' ' L’Instruction Intégrale. É Le Serpent de la Genèse. 1D G AIT . . S ANISLAS E U A Le Temple de Satan. Traité méthodique de Science Occulte. PAPUS . . . . . . . . . . Traité élémentaire de Magie pratique. La Science des Mages. A. JHOUNEY . . . . . . . Esore’risme et Socialisme. RENÉ CAILLIÉ . , . . . . Dieu et la Création. CLASSIQUES ELIPHAS LÉVI . . . . . . - La Clef des Grands Mystère;.' SAINT-YVES D’ALVEYDRE Mission des Juifs. FABRE D’OLIVET. . . . . La Langue hébraïque restituée. ALBERT POI>SON. . . . . Théories et Symboles des Alchimisies. ' LITTÉRATURE ( La Magicienne. JULES LERMINA . . ? A Brûler. B L I _ TA » ( Zanoni. U WER "T ON ' ' ' ' I La Maison Hantée. MYSTIQUE ( Jeanne Leade. P' SEDIR ' ' ' ' ' ' ' ' ' Jacob Bœhme et les Tempéraments. POUR DÉTAIL ET PRIX, S'ADRESSER: A la librairie MANUEL, 79, rue du Faubourg-Poissonnière, PARIS Envoi. Franco du Catalogue. TOURS, IMP. E. ARRAUL’I’ ET CIE
”9’ É . “°. A "" In1t1atiou l E VOLUME. —— 9‘“ 29e ’ * ’ Revue philosophique des Hautes Études ’ PUBLIÊE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS Éê‘ O. E4 Dôcteur en médecine — Docteur en kabbale _____‘_H‘ , ..v,.., ANNÉE SOMMAIRE DU N° 2 Novembre (1895) __. .‘___ PARTIE INITIATIQUE. .. Le Diable et l’Oecu/lz‘sme (P: 97 à 104)- . Dzvzszon du çzel en Mat sons astrologiques. >. . (p. 105 à. 125). PARTIE PHILOSOPHI- Clous gnostz’ques. . . . .
QUE ETSCIENTIFIQUE (p. 125 à 133). , Au sujet de Luetfer dé masqué . . . . . . . . . (P. -133’à 145). L’Orz’gine tétragramma tique du phonélisme . . (p. 145 à 154) Les Grandes Trilogies. . > (p. 154 à156). PARTIE LITTÉRAIRE... Libres recherches philo sophiques ' (p. 156 à 175). Assomption . . . . . . . . 7 , (p. 176). Papus Abel Haatan. Bornia Pietro. Carolus. M. Decrespe. Hélion. Lecomte. F. des Essarts.
Groupe indépendant d’études ésotériques. — Ordre martiniste. —-' Un élémentaire. —— Prophéties sur l’année 1896. —— Voix de l’Autriche Bohème. —— Introduction à une chimie unitaire. — Le Diable et l‘ocul tisme. — Bibliographie. — Le Voile d’lsis. — Correspondance. — École pratique de magnétisme et de massage. — Nécrologie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Échanges doit. être adressé A Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris.
Administration, Abonnements: 79, rue du Faubourg-Poissonnière — Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS "*i_lll-"’
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nieç. L’Inilfati0n est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
' Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’0cculte, la Physique et la Métaphysique. . .
Au point de‘vue social, l’1nitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le c1e’ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère. .
Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans'l’lndè. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
' - La première partie de la Revue (Initialique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. , La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lecrrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois 'et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs’ par an ' (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) ‘
L’Initialion du I5 novembre 1895 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Initz‘aiz‘on [0 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET,S.'. I.'. ;‘\\—-—STANISI.AS DE (iUAITA, S.'. l.'. 5’}— GUYMIOT. — MARC HAVEN,S.'. I.'. 53 —JIJI.IEN LEJAY, S.‘. I.'. — ÉMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) —— LUCIEN.MA‘UCHEL, S.'. l.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. — GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. ;. — PAPUS, S.'. l.'. {é — QUÆRENS, S.'_. I.'. (D. G. E.) ——SEDIR, S.'.
I.'. — SELVA, S.'. I.'. (C. G. E.) —-—.VURGEY. .20 PARTIE PHILOSOPHIQUE É'l’ SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. -— AMELINEAU. — ALEPH. — BADAIRE..—D" BARA DUC. — Le F.'. BERTRAND 3o' — BLIT2 BOTANOV. — RENÉ CAILLIÉ. -— CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAN. — G. DELANNE. — FABRE DES ESSARTS. — DIr FUGAIRON. —- DEI.EZINIER. — JULES GIRAUD. — HAATAN. —— L. HUTCHINSON. —JOLLIVET CASTELOT. — L.
LEMERLE. — LECOMTE. — NAPO LÉON NEY. — HORACE PELLETIER. — G. POIREI.. RAYMOND. —- A. DE R. — Dr SOURBECK — L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. VI« Toux. — HENRI WELSCH. — YALTA. - 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVILLE. — É. GOIIDEAU.— MA— NOËL DE GRANDFORD. -— JULES LERMINA. —— L. HENNIQUE. — JULES DE MARTHOLD. — CATUI.I.E MENDÈS.— GEORGE MONTIERE. -— LEON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. —- ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH.
DE SIVRY. 40 n" . POÉSIE CH. DUBOURG. — RODOLPHE DAR2ENS. -— JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. ‘— J. DE TALLENAY. —- ROBERT DE LA VILLEHERVE. \
""3"."“ LÜnitiation du t_5 novembre |895 L’INITIATIO N (“ENSË‘TîEËI‘E”“> ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO c H A. -M U E L 79, [lue du l’ani0urg-I‘oissounèrd PARIS FRANCE, un an. loir. ÉTRANGER, — 12 fr. DIRECTION Villa Ion!mnrency, 10, aven. des Peupliers PA RIS—A UTEUIL_ DIRECTEUR : PAPUS ( DIRECTEUR ADJOINT : Lueien MAUCHEL Rédacteur en chef: F.—Ch. BA.RLET I I \ ) Secrétaires de la Rédaction : J. LEJAV —— PAUL SÉDIR D' en Kabbale. RÉDACTION. — ÉCHANGE: 42, rue des Perchamps. — Chsque ré dacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépen dance absolue étant la raison d'être de la Revue, la direction ne se permettra 1amais aucune note dans le corps d’un article. Prière d'adresser tous les échanges : Villa Montmorency, 10, avenue des Peupliers, Paris. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis-spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au pIus tôt que le mois suivant. GIIIIIII’E IIIIEPEIDAIT D'ÉTUDES ÉSIIÏÉIIIQIIES r,ôoo Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d'Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SEDIR, secrétaire, 4, avenue de I’Opéra, Paris, en joignant un timbre pouf la réponse. " "‘ - Principales Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE MARTINISTE DRE‘ KABBALISTIQUE DE LA ROSE CROIX. — ÉGLISE GNOSTIQUE
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