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’nitiation Revue philosophique des Hautes Études PUBLIÊE MENSUELLEMENT SOUS LA DIRECTION DE PAPUS 53 0— >I< Docteur en médeczne — Docteur en kabbale \ ' 28" VOLUME. — 8“" ANNEE SOMMAIRE DU N° l’-ÎJuillet (1895) PARTIE INITIATIQUE... Le Double de l’Homme. ' Ses propriétés et sa dé— finition . . . . . . . . . . Papus. (p. I à 7)- . , Progrès et Besozns . . . . Guymlot. (p. 7‘à 12). La Vote . . . . . . . . . . Amo. (p. 12 à 24).
PARTIE PHILOSOPHI— Crata Repoa. L’Initiation QUE ET SCIENTIFIQUE dans l’Antique Egypte . Un initié. 5 ( 25 à Origine du arot. . . . . Dr Fugairon. ' (p. 53 à 56). BIBLIOGRAPHIE... . . .. L‘Inslruction Intégrale de _ Barlet . . . . . . . . . . Papas. ( . 57 à 78). xtériorisaîion de la Sensibilité (Rochas). . . Sédir. (p. 78 à 81). PARTIE LITTÉRAIRE... La Vision d’Hermès (poème) . . . . . . . Maur. Largeris. (P3 à 84)-. .
Groupe indépendant d’études ésotériques. — Image astrale. — Télé pathie. — Vision astrale. — Courrier bibliographique. — Le monument alchimique de Rome. — Nouvelles diverses. — Ouvrages reçus.— A tra - vers les revues. — Nécrologie. Tout ce qui concerne la Rédaction et. les Échanges doit être adressé 42, rue des Perchamps, Paris. ' Administration, Abonnements: 79, rue du Faubourg-Poissonnière — Chamuel, éditeur. Le Numéro : UN FRANC..— Un An: DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. . Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; ’mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Efl‘rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiali0n est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efiorts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Murale par la découverte d‘un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains: le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initialion étudie impartialement tous Les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et stirtout dans l’Inde. L’Initialion expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (lnitiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. ' La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie,(Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. ..
L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà huit années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) \
V_ ‘ L’Initiation du 15 juillet 1895 PRINCIPAUX ,RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’1niz‘iati0n [0 PARTIE INITIATIQUES F. CH. BARLET, S.'. I;'. ;'ë— STANISLAS DE GUAITA, S.'. 1.-. &— GUYMIOT. — MARC HAVEN, 5.-. l.'. 9 —JULIEN LEJAY, S.'. I.-. à — EMII.E MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD, S.'. I.'. —GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.‘.fä —PAPUS, . S.'. .I.'. .Q -—,QUÆRENS, S.'. I.'. (D. G. E.) — SÉDIR, S.'. I.'.
'_" . — SELVA, S.’. I.'. (C. G. E.)— VURGEY. ' 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. —- AMELINEAU. — ALEPH. — BADAIRE. — Dr BARA DUC. — Le F.'. BERTRAND 30‘ — BLlTZ BOJANOV. — RENÉ CAILLIÉ. — CAMILLE CHAIGNEAU.—'CH1MUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. —- G. DELANNE. -— FABRE DES ESSARTS.-—D“ FUGAIRON. — DEI.EZINIER. —— JULES GIRAUD. ——HAATAN. — L. HUTCHINSON. — L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY.— HORACE PEL LETIER. — G. POIREI..
RAYMOND. — A. DE R. —— D“ SOURBEC1<. — L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. VITOUX. —- HENRI WELSCH. — YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVILLE. — E. GOUDEAU. — MA— NOËL DE GRANDF‘ORD. — JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. —* JULES DE MARTHOLD.__— CATULLE MENDÈS.— GEORGE MONTIÈRE. — LËON RI0TOR. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 . POÉSIE CH.
DUDOURG. —— RODOLPHE DARZEN5. —— JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT.--— J. DE TAI.LENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVË.
L'Initiation du 15 juillet |895 L’I N ITl AT I 0 N (“EN’Ë’TËËËs’ŒNTS DIRECTION ADMINISTRATION 42" rue des PerChamps’ 42 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS DIRECTEUR : PAPUS c H A M U E L DIRECTEUR ADJOINT : Luoîen MAUCHEL 79, Rue du Faubourg—Poissonnière Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLET PARIS Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an_ 10 “__ . LEJAV — PAUL. SÉDIR J D' en Kabbale. ÉTRANGER, — |2 tr.
RÉDACTION. — ÉCHANGE: 42, rue des Perchamps. —- Chaque ré dacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépen dance absolue étant la raison d'être de la Revue, la direction ne se permettra ;amais aucune note dans le corps d’un article. Prière d’adresser tous les échanges : 42, rue des Perchamps,’ Paris MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. GROUPE IIIIEI’EIDAIT D'ÉTUDES É80'IËIIIQIIEB v1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes d'Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
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PARTIE INITIATIQUE l me nous ne t’iëlmmm SES PROPRIÉTÉS ET SA DÉFINITION (I) Tout ce qui vit, tout ce qui croît, tout ce qui est dans la nature est signé, possède un esprit sidéré que ' j’appelle le ciel, l’astre, l’ouvrier ca ’ ' ché, qui donne à ce qui est sa figure et sa couleur et qui aprésidé à sa formation ; c’est la le germe et la vertu.
PARACELSE.’ Les premiers observateurs qui appliquèrent leur énergie intellectuelle à l’étude du mondeinvisible ne tardèrent pas à découvrir, à côté du corps physique de l’homme, et recouvert par lui, un autre corps de substance bien plus subtile, invisible à l’état normal et perceptible seulement dans des cas exceptionnels ou pour des hommes doués de pouvoirs spéciaux.
Nous. n’avons pas à rechercher la date précise des pre— mières recherches à ce sujet. Contentons—hous de ré sumer les points acquis vers le xv" siècle avant Jésus— (I) Extrait d’un volume en préparation. W1”. M.\W
2 L’lNlTIATION Christ, à l’époque de la XVIII° dynastie égyptienne. Les monuments de cette époque sont assez explicites pour avoir permis à nos égyptologues de bien fixer les idées à ce sujet. Nous aurons, en partant de cette époque précise, toutes facilités pour montrer la per pétuité de cette unité traditionnelle à travers les âges. Le premier caractère de ce corps invisible est de doubler exactement le corps physique, le cadavre.
Aussi, le premier nom qui apparaît dans la nomen clature égyptienne, c’est le double (KAT). Mais ce « double » ne tarda pas à se montrer sous un autre aspect des plus caractéristiques; c’étaient ses propriétés lumineuses. Alors que le corps physique n’est lumineux qu’à condition de réfléchir une lumière venue d’une source étrangère, le « double » était lumineux par lui—même.
Si bien qu’un homme placé dans l’obscurité ne pou vait plus être vu n’étant plus éclairé, tandis que c’est dans l’obscurité que le « double lumineux » était le mieux perçu lors de son dégagement hors du corps physique. Aussi le second terme par lequel on désigne ce corps subtil est-il le lumineux (Knou) (1). Double et lumineux, tels sont les deux aspects sous lesquels apparaît tout d’abord le corps subtil.
De même que, quand le soleil brille sur l’horizon, les yeux matériels non munis d’instruments m’aper çoivent que les objets terrestres et croient le ciel vide, (1) Certains auteurs disent haï, mais dans le même sens exactement. Le nom technique importe donc peu, puisque l’idée est identique dans tous les cas.
LE DOUBLE DE L’HOMME 3 de même l’homme ne montre aux yeux du vulgaire que son corps physique qui réfléchit la lumière du jour. Mais le soleil se couche à l’horizon. Aussitôt les objets terrestres rentrent dans l’ombre et les astres remplissent l’œil de leurs mille lueurs.
De même, quand l’ombre enveloppe le corps physique, c’est alors seulement que l’œil exercé peut apercevOir les corps lumineux, l’astre du ciel humain, que nous com— mençons non pas à connaître, mais à deviner. Caché au plus profond de l’être, le « double » lu mineux se manifeste dans certaines circonstances, soit à l’initié, au voyant, soit même à l’oeil profane transformé momentanément par l’effroi, la crainte, la prière ou la douleur.
Et pour cela le corps subtil sort du corps physique, s’extériorise, soit partielle ment, soit en totalité. Voilà encore Un nouveau caractère de ce corps subtil double, lumineux, capable de s’extérioriser. Ainsi il apparaît à la première ana lyse ; est-ce tout? Sans parler en ce moment de ce qu’il devient après la mort, continuons l’analyse de ses propriétés pen dant la vie.
A quoi sert-il et pourquoi est-il dans le corps physique, c’est ce que nous allons maintenant décrire de notre mieux. La volonté ne prend aucune part à la marche de la partie mécanique de l’orga nisme.
Le foie, les intestins, le coeur, les artères, les veines, les chylifères, etc., fonctionnent sans que la volonté y ait aucune part; le corps se refait à mesure qu’il s’use, et il s’use à mesure qu’il fonctionne (1). (I) Voyez pour les détails la Magie pratique, ch. v.
4 L’INITIATION Or le principe qui préside à tous ces détails, 1 ouwier caché qui meut toute cette mécanique organique, qui utilise le sang ou la force nerveuse pour combattre les parasites et les corps étrangers, c’est encore le corps subtil vaguement perçu par les philosophes et les mé decins non initiés sous le nom de principe vital, corps vital ou vie organique.
' ‘ Double, lumineux, extériorisable, ouvrier caché : tel nous apparaît pour l’instant ce corps subtil. Mais à peine avons—nous eu une idée que la cellule nerveuse qui l’a produite n’existe plus (l); en quel ques années toutes les cellules de notre corps ont été plusieurs fois remplacées, et cependant notre mémoire conserve les images et les idées sans tenir compte de cette transformation cellulaire.
Ce réservoir d’images, c’est aussi le corps subtil qui le constitue et c’est lui qui les représentera et les groupera devant la conscience, grâce à son instrument d’action intellec tuelle: l’imagination. Ce corps subtil, régulateur et conservateur des formes dans ses rapports avec le corps physique, est, en effet, régulateur et conservateur des images et des idées dans ses rapports avec l’Esprit immortel.
Arrêtons-nous à ces aspects principaux sous les quels ce corps invisible nous apparaît, et, sans vouloir pour l’instant pousser plus loin notre investigation, groupons les points acquis pour arriver à une défini tion. Double invisible, lumineux, extériorisable, ou .— (I) Voyez les expériences. de Claude Bernard sur ce point. v
LE DOUBLE DE L’HOMME 5 _ . e- »v-«., _. .srfl.t ..-aG? WÎ—ï «hem—3‘ -. vrier caché, conservateur des formes et des idées : tel nous apparaît ce corps subtil. ‘ Comment faut-il le nommer? La plupart des définitions adoptées par les contem-‘ porams qui veulent éviter le reproche d’être occul— ‘tistes, pèchent par l’absence de généralisation.
C'est un seul des aspects de ce corps subtil qu’ils présen— tent, et leur étude est, par cela même, frappée d’imé puissance. ' Le mot corps subtil que nous avons employé jus qu’ici ne rend compte que de la composition spéciale de ce principe sans faire prévoir aucune de ses pro priétés. Le motÏdouble ou aérosôme donne lieu'à la même objection.
Les termes « corps vital, esprit animal, âme ani male » ne représentent également que la propriété organique de ce principe, son rôle d’ouvrier caché, sans tenir compte des autres aspects.
Pour définir convenablement et complètement ce principe, il nous faut trouver un terme analogique assez vaste pour indiquer toutes les modalités de ce principe, et c’est à Paracelse que revient l’honneur' d’avoir couramment employé une expression réelle ment synthétique.
La tradition hermétique nous enseignéque rien n’est isolé dans la nature et qu’une vibration générée en un point de l’univers se répercute avec plus ou moins d’intensité sur le système tout entier, Les corps producteurs de vibrations considérables doivent agir avec plus de force que les autres corps; de là, l’im
6 L’INITIATION portance attribuée aux astres dans les phénomènes de la nature et. en particulier, dans la production, la génération et la conservation (ou même la destruction) des choses et des êtres terrestres (I). Ces astres, invisibles dans le jour (dans les condi tions habituelles), visibles et lumineux dès la dispa rition de la lumière solaire, agissent les uns sur les autres grâce à un fluide subtil et lumineux.
Ils sont les régulateurs et les conservateurs des formes ter« restres, et, bien plus, nous verrons par la suite qu’ils conservent dans leur lumière secrète les idées et les faits à l'état d’images. Aussi Paracelse nomme-t-il ce principe dont nous nous occuperons l’astre de l’homme ou le CORPS ASTRAL.
Ce mot de corps astral peut paraître étrange pour celui qui n‘en a pas la clef; mais il est le seul à notre avis qui réponde parfaitement à toutes les conditions d'une bonne définition. Nous espérons que le lecteur comprendra, dès maintenant, l‘emploi de ce nom et son importance, et nous ne saurions mieux terminer ce chapitre qu’en définissant le corps astral par les propriétés qui nous ont permis de trouver son nom.
Le CORPS ASTRAL est le double subtil et invisible de l’homme, lumineuxpar lui—même et capable de s’exté— rioriser, qui préside à la marche et à la défense de l’organisme en dehors de la volonté consciente et qui conserve et perpétue aussi bien les formes et les images que les idées. (I) Voyez a ce sujet la théorie astrologique si lumineusement ' développée par M. Abel Haatan dans son Traité d’astrologie indiciaire. " ' matez—erg
PROGRÈS ET BESOINS 7 W1:IW”«W'W!'Ï‘M“M:H' A".'7'."flrä x”Ï'.”'."“'" ‘ w >" Tel nous apparaît le corps astral pendant la vie. Nous verrons plus tard quel est son rôle après la mort.
PAPUS. sans en iËESIINS L'homme ignore le fonctionnement de ses organes nutritifs; ceux-ci fonctionnent sous la direction d’une conscience à eux particulière qui est suiette à l’erreur, puisque parfois elle cherche à faire absorber au corps des éléments qui ne peuvent pas entrer dans sa constitution.
Mais l’homme fournit consciemment des aliments aux organes nutritifs de son Corps; la conscience directrice de ces organes n’est pas apte à leur fournir directement des aliments; c’est la conscience de l’homme qui est chargée de ce soin, lequel est l’occa sion du déploiement de l’activité consciente de la grande masse des humains.
Si les masses avaientles aliments à leur disposition sans avoir besoin de penser pour se les procurer, il est probable qu’elles ne feraient pas de grands efforts d’in telligence et qu’elles se contenteraient de vivre dans la presque inconscience qui est l’apanage des ani maux. ‘ A quoi penser, si l’aiguillon du besoin n’y obligeait pas pour le maintien de la vie ?
8 L’INITIATION On dit couramment de nos jours que le progrès résulte d'une tendance naturelle à l’humanité; c’est là une opinion très fausse, ce qui ne l’empêche pas d’avoir grand cours.
La tendance naturelle de l’huma nité considérée en masse est l‘inertie, le repos com plet, et, sans les piqûres de la souffrance, elle Obéi rait à cette tendance. _ Donnez aux Masses des vivres en abondance, ôtez leur tout souci pour leurs moyens d’existence et vous les verrez ne s’occup’er que de la satisfaction passive de leurs instincts.
Sans le besoin de se nourrir qui ne peut être satis— fait que par l'activité de l’intelligence, les masses resteraient dans l’inconscience animale, parce que chez elles le besoin de savoir n’est pas encore éveillé. Pour que l’humanité progresse en intelligence, il lui faut des besoins ne pouvant être satisfaits que par son industrie.
Lorsque le besoin de savoir sera éveillé dans tous les hommes, au moins dans la grande ma jorité du genre humain, il n’y aura plus aucun incon— vénient à ce que les hommes puissent se nourrir sans peine ; le besoin nouveau assurera le progrès. Le besoin de savoir est la faim intellectuelle, comme le besoin de manger est la faim corporelle.
Dans les masses, l’estomac intellectuel n’est pas encore établi ; quand il commence à s’organiser, il est rudimentaire et avale sans distinction tout ce qui se trouve à sa portée. Quand l’organisation de ce viscère sera complète, les hommes pourront être soustraits à l’aiguillon de la faim corporelle, pas avant. C’est la peur de la faim qui fait travailler les *<‘-—<’And
PROGRÈS ET BESOINS 9 hommes; c’est là le grand moteur de leur activité: La peur d‘avoir faim, voilà le ressort du progrès} industriel dont nous sommes si fiers; on travaille avec acharnement, non seulement parce qu’on a peur d’avoir faim aujourd’hui ou demain, mais pour se' prémunir 'contre la faim qu’on éprouvera peut—être dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans et contre la faim qui pourrait menacer un jour ses enfants et ses petits-enfants.
Détendez ce ressort et l’activité fiévreuse de l’Occident se calme aussitôt. Le centre directeur de l’activité des masses Humaines, c’est le ventre. On parle du veau d’or comme le dieu de l’humanité; on se trompe, ce dieu c’est son ventre.
L’homme n’a pas seulement un organisme phy sique; il a aussi un organisme astral qui est le proto type du physique, car l’homme est de sa nature plus aStral que physique; l’habitation dans un corps maté riel est simplement un incident dans son existence. ' L’organisme astral a aussi un ventre et c’est parce que ce viscère dirige aussi l’activité de l’homme astral qu’au plan physique l’homme travaille surtout au bénéfice de son ventre.
' Le ventre astral de l’homme est encore plus accapa reur que son ventre physique; sa faim s’appelle la vanité. Si l’on ôtait aux hommes la faim physique et la vanité, le tumulte de la vie cesserait aussitôt. Le ventre astral s’emplit au moyen des idées et des sentiments auxquels le milieu physique donne l’occa— sion de naître; c’est pourquoi nous recherchons tous ces idées et ces sentiments pour remplir notre abdo
10 L’INITIATION men astral. La conscience de l’humanité, considérée eh masse, est localisée dans son ventre. Ce sont les besoins du ventre qui ont donné naissance à nos civilisations d’0ccident, et ensuite les besoins occa sionnés par la température.
Supposez les hommes ayant des vivres, des vête ments et des habitations en sigrande abondance qu’il ne faudrait aucun travail pour s’en procurer, mais au contraire ne pouvant respirer qu’en fabriquant l’air nécessaire au fonctionnement de leurs poumons, ce qui serait le cas des habitants de la Lune, au dire des savants, si la Lune avait des habitants ; les caracü têtes et les produits de notre civilisation change raient aussitôt.
Pourquoi n’y aurait—il pas une étape du développement humain où le besoin de respirer serait le grand moteur de la vie au plan physique ? Un pareil besoin développerait des faces de l’intel— ligence autres que celles dont nous avons à nous ser— vir aujourd’hui, la respiration étant liée plus directe— ment que le ventre à l’exercice des fonctions intellec— tuelles.
A cette étape de son établissement la con science de l’humanité serait (ou fut) localisée dans la poitrine. Le besoin est une forme de la douleur et c’est le besoin qui rend l’humanité active 'et intelligente parce qu’elle ne peut agir qu’avec son intelligence. On étouffe dans votre air disait Musset sentant le besoin de la respiration as trale s’éveiller en lui. La poitrine 21 des rapports si étroits avec l’intelli
PROGRÈS ET BESOINS 1 x \ gence qu’il serait impossible a un homme cultivé de vivre comme les travailleurs manuels des villes dans l’air empesté des usines, et c’est à peine si les ou< vriers s’en aperçoivent.
Quand le besoin de respiration astrale sera déve loppé dans les hommes 4— le physique ne se développe qu'après l’astral, contrairement à l'opinion du matéria— lisme sur l’évolution —— la terre pourrait bien devenir un séjour où le besoin de respirer serait le principal et ne pourrait être satisfait qu’au moyen du travail intelligent ; alors pour vivre les hommes seront obli gés de fabriquer leur air qui n’aura pas la même com position que celui d’aujourd’hui, car, cette composi— tion restantla même, ses effets surl’organisme humain ne pourraient pas être différents de ce qu’ils sont au jourd’hui et il faudra qu’ils soient différents pour que l’homme parvienne à se procurer l’air dont il aura besoin pour vivre.
Nous parlons déjà des funestes effets de l’égoïsme développé par les exigences du ventre; que dira-t-on alors de l’égoïsme futur développé par les exigences des poumons, la poitrine étantle siège d’ahankara, le sentiment du moi P Pauvres rêveurs qui croient que le progrès mène les hommes au séjour de la Fraternité et qui sont con vaincus que ce séjour est situé immédiatement der— rière la ligne bleue de l’horizon.
Comme les enfants, ils ne savent pas que l’horizon ne peut jamais être atteint et qu’il s’éloigne de nous avec la vitesse que nous employons pour le rejoindre. Il est quelque part le séjour de la Fraternité, mais
1;2 L'INITIATION pas sur terre, et l’humanité dont nous faisons partie n’y établira point sa demeure ici-bas. . Le progrès va en spirale et non en perpendiculaire et chaque tour est analogue au précédent: et la ligne de la spirale n’est pas troublée dans sa direction par les erreurs homocentriques qui s’établissentà demeure dans l’imagination humaine. GUYMIOT.
LA VOIE "’ u _ Avoir le culte du Réel, ne pas se laisser séduire par les apparences. _ Chercher à sentir ce qui est. Dieu, c'est le Centre, l‘Unité. La Raison, c’est la Vibration, la Causalité. ’ Ne pas jouer sur les mots. Dans l’Univers, recon— naître la LOI unique de l’effet et de la cause.
Au-dessus de l’Univers, du Manifesté, du Diffé rencié, chercher l’Unité pure qui est le Divin par excellence d’où rayonne, où aboutit la parfaite Har— monie, l’éternelle Mélodie. _ L’Amour nous oriente vers le Divin, la Raison dirige nos pas. ' A La Religion, fondée sur l'Amour, se préoccupe de l’Unité.
' La Science, fondée sur la Raison, se préoccupe de la CauSalité. (1) Notre cher ami Amoa bien voulu nous autoriser à repro— duire intégralement cette étude parue dans la Paix universelle.
‘ ""“—"“"‘-I“ «J '1—mnWîn LA VOIE 13 L’Amour universel est ce qui relie tous les Êtres et les réunit à l’Être, à l’Un. ‘ La Raison ne relie pas, ce n’est pas sa fonction elle est la Loi des existences, elle gouverne la Vie. Une Religion ne saurait être basée sur la Raison unique, pas plus qu’une Science sur l’Amour. La Religion s’élance dans l’Invisible par l’Amour qui renverse toutes barrières, qui est d’autant plus puissant qu’on s’élève.
' La Science étudie le visible, analyse et synthétise les faits, dont le domaine est restreint aux vibrations qui impressionnent nos sens. Elle peut conclure par l’analogie à l'au«delà, en tous cas utilise largement l’Hypothèse qui n’est jamais qu’une explication provisoire, vérité restreinte utilisable cependant.
La Science n’a pas à s’opposer à la religion ; la pre mière, étudiant le visible, agirait sottement en pré tendant qu’il n’y a pas d’autres réalités que celles qui tombent sous nos sens, alors que d’autre part elle conclut à l’existence d’une échelle infinie de vibra tions non perçues par les sens (résonnateurs accordés pour quelques vibrations seulement) actuels.
La Religion doit profiter des conquêtes de la Science pour rectifier ses propres spéculations; elle ne doit jamais être en opposition avec la Raison ou Causalité. _La Science ayant conclu à l’Unité des forces phy siques, la Religion peut triomphalement, plus que jamais, conclure à l’unité totale que l’Amour avait révélée tout d’abord. ' / .- n-n. d'ñlnnl 'J“ñ‘ ".-"..‘
14 L’INITIATION La Science déclare que nos sens nous trompent, ne nous renseignent pas sur la nature exacte des corps ; la Religion peut s’en réjouir. Cet aveu de la science qui était nécessaire et confirme son autorité sans infirmer celle de la Science. L'évolution darwinienne est une des faces de la Causalite’. La conservation de l’énergie en est une autre.
Si l’atome demeure indestructible à travers toutes les combinaisons auxquelles il participe, nul doute que l’atome conscience, qui est notre vrai Moi, ne se conserve intact à travers les pérégrinations, les nom breuses existences. Pour celui qui a le culte de ce qui est, les distinc— tions esprit, matière s’effacent ou du moins restent dans le relatif.
Il y a la Vie partout, conséquemment I’Esprit par— tout, comme partout aussi la Matière, les deux adversaires étant, au fond, inséparables, puisqu’ils ne sont que deux aspects de I’Essence, de la Subs tance primordiale.
Double aspect qui sert à l’acquisition de la Soi Conscience pour le rayon divin qui est nous-même, , lequel, plongé dans l’inconscience, au sein de LUI, l’Être des Êtres, dut pour acquérir la Conscience des cendre -dans l’obScuratioh deb l’Individualisation jusqu’à son extrême limite. doù il revient par sa rentrée dansl’Harmonie Universelle, vers LUI-Même. Qu’on me pardonne ce qui a l’air obscur. Cherche; et vous trouverez. Le Royaume du Ciel se conquiert par la Violence.
LA VOIE I 5 En conduite pratique, il ne faut jamais cesser de s’appuyer sur l’Unité, de s’unifier à elle par l’Amour. On puise ainsi la flamme au foyer. Pour projeter alors, ne jamais se départir de la rigide Causalité, de la Raison. Que de confusion résultant de ce qu’on ne sait pas habituellement distinguer d’abord, pour les con joindre ensuite : l’Unite’, la Causalité (Dieu, Loi), ou l’Amour, la Raison.
La Raison, c’est la Causalité vue intellectuellement, de même que la justice est cette Causalité vue senti— mentalement. La LOI de l’effet et dela cause ou CAUSALITÉ est sans commencement nifin, le moteur de l’Univers; elle tend à rétablir l‘équilibre rompu par la Liberté. Il résulte des deux effets (Liberté, Loi) I’Harmonie ou conciliation entre le repos et le mouvement, la Liberté etl'Assujettissement, la Multiplicité et l’Unité.
Le Corps est une harmonie entre la cellule et l’en semble des cellules qui constitue une nouvelle Unité, une nouvelle cellule d’un corps plus grand encore, l’Humanité, etc. La poésie est une harmonie conciliatrice de la forme rigide, le vers, le rythme et l’inspiration, la flamme, le Verbe. Tout le monde connaît l’Harmonie musicale dans laquelle le musicien est à la fois libre et assujetti.
Tout homme, par le seul fait de son apparition sur la terre, appartient à deux familles : la petite (père, mère, frères, sœurs, etc.) et la grande, l’Humanité. Toute autre distinction est artificielle, temporaire.
16 L’INITIATION Les patries avec leur tendance à l’agrandissement, à l‘envahissement des autres, ne sont que le résultat de la marche inconsciente qui pousse l’homme de sa petite famille à sa grande famille.
Tout le problème social international consiste à réaliser l’Harmonie entre la petite famille et la grande et non à absorber L’un des termes par l’autre ou à chercher une identifi catio_n impossible. , Il faut donc réaliser l’Harmonie des intérêts ma— tériels, sentimentaux, intellectuels et spirituels de tout individu et du corps social terrestre entier. Voilà le problème.
C’est en vain que les socialistes actuels Veulent le ramener à une simple question de satisfac tion des appétits inférieurs; ils se briseront entre eux, ils armeront l’homme contre l’homme, rien plus. Tant qu’on exclura l’Amour, l’élément liant, on abou tira à de piteux échecs. .
Et, comme l’Amour ne sera régénéré dans le cœur des hommes qu’avec leur reconnaissance de l’Har momie et de la solidarité universelles de tous les règnes visibles et invisibles de l’Univers, cela revient à dire qu’il n’y a pas de solution partielle du pro— blème.
Ceux qui parlent d’un socialisme soi-disant scien— tifique, en excluant la plupart des conditions du pro-. blême, se payent de mots et prouvent qu’ils ne possè dent aucunement l’esprit scientifique. Mais, tant que les savants officiels refuseront l’examen des phénomènes dits spirites et autres non classés par l’Académie, tant que les prêtres refuseront de lever l’éteignoir sous lequel ils prétendent étouffer L'
LA VOIE 17 la Raison humaine, tant que les bourgeois—financiers refuseront une répartition plus équitable de la fortune publique, tant que l’Égoî‘sme aveugle sera le Dieu universel, l’homme sera un loup pour l’homme, et le socialisme des ventres affamés fera ses progrès, d’autant plus rapides et plus sûrs que la corruption sera plus générale. Pour les matérialistes néantistes, il n’y a pas de Causalité.
'Pour les croyants occidentaux, catholiques, protes— tants, il y a un effort enfantin, un essai de compréhen sion, un germe de Causalite’, le Dieu qui après une éternité d’inaction crée la Terre, le Soleil, les Étoiles: c‘est simpliste. , Allez dire aux matérialistes, comme aux catholiques, qu’il y a des terres innombrables dans l’Espace ; dites aux premiers que ces terres sont logiquement habi tées (une‘seule Loi d’évolution dans le Kosmos), aux seconds que chacune exige à son tour un ou des Messies et que la personnalité de Jésus ne peut être la seule, qu’il doit y avoir des quantités innombrables de fils de Dieu (en leur centre, tous manifestation du Verbe unique) : les uns et les autres ne vous écoute-— ront pas.
Ils sont décidés à ne voir que la lettre dans le temps et 1’Espace. . Myopes volontaires, vous êtes de même race! Tous ,campés dans vos parti pris, vous êtes les ennemis communs de la Vérité. _ La Vérité, c’est ce qui est. Cherchez à connaître ce qui est; pour cela, placez-vous sincèrement en face
18 L’INITIATION du Problème. Baignez-vous dans l‘Être, aimez-le, sentez—le et reléguez tous les systèmes incomplets, tous les partis pris, toutes les opinions préconçues.
Tout le monde : catholiques (amour sans raison), les protestants (raison sans amour, d'où la croyance froide au salut individuel), les savants (non philo sophes), les philosophes (néantistes, la plupart) igno— rent ou feignent d’ignorer la Causalite’, la Loi des effets et des causes dont la chaîne est sans fin dans l’espace et le temps. Pas d’arbitraire donc, pas d’interruption non plus.
L’Univers est soumis à des périodes d‘action et de repos, mais ces périodes ne sauraient jamais cesser. Si l’on veut qu'elles cessent, on entre dans l’Illogique, dans l’Arbitraire; alors, une bonne fois pour toutes, qu’on ne parle plus de Raison l... ou qu’on définisse ce qu’on entend par Raison. Une chose n’est pas juste parce que Dieu la veut, mais Dieu la veut parce qu’elle est juste, disait saint Thomas d’Aquin, l’Ange de l’École.
Donc Dieu est soumis à la Justice absolue; donc il ne saurait y avoir d’autre volonté que la Loi de J us— tice ou Causalité (car la Justice veut la rétribution exacte des actes, c’est-à-dire la succession, sans perte ni gain, des effets et des causes, à travers même toutes les transformations). Mais disons quelques mots de plus.
Cette Loi maintient ou aspire tous les êtres dans l’Unité, car elle favorise tout rapprochement de l’Har monie universelle, tout acte d’Amour universel, et punit l’Egoïsme, l’lndividualisme dont l’extrême
LA VOIE 19 limite est l’anéantissement (dont le minéral ofi‘re l’image temporaire). Car c’est un fait; les égoïstes sont tristes, glacials; les hommes dévoués sont heureux, gais, expansifs, réchauffants pour tous, dans la limite, bien entendu, que tolère la misère générale qui règne sur la terre. Cette Loi qui enchaîne toutes les existences à l’Exz‘stence unique fait participer tous les Êtres à la Vie Universelle et n’en saurait oublier aucun.
L’homme abuse malheureusement de sa liberté pour ne pas entendre les avertissements providentiels. Il se trame des existences malheureuses que rien ne peut lui faire éviter, et retarde sa Libération. Mais il y a mieux encore. Le Temps et l’Espace sont les conditions auxquelles sont soumis les Indi vidus; ces conditions sont relatives à notre état de conscience. A mesure que celle-ci évolue, les conditions de temps et d’espace se transforment.
Le Voile devient moins opaque, moins lourd, l’Illusion moins fasci mante. Le Passé, le Présent, l'Avenir s’enchaînent si étroi tement, s’identifient tellement, qu’ils se confondent presque en une chose unique. La conscience évoluée contemple enfin le Tableau Éternel, le Miroir de l’Unité, la Démonstration divine du Beau et du Vrai ; mais elle n’est plus assujettie aux conditions de l’Espace et du Temps.
Elle est rentrée dans ce qui est partout et toujours LE même et con tient tout. Elle contemple ce tableau, mais elle est identifiée
20 L’INITIATION dans l’Un fixe, dans l’Homogène pur; elle ne confond plus la vague éphémère avec l’éternel Océan. - Cette Unité Divine (Dieu) n’est jamais assujettie au Monde, à la Manifestation, qui repose entièrement sur les opposés (apparences) : lumière, ténèbres: bien, mal; plaisir, douleur; bonheur, malheur, etc. . Ainsi nous ne sommes pas pànthéistes dans le sens habituel du mot. .
Nous disons qu’il y a l’Univers, la vie éternelle de l’Univers, la communion de tous les êtres visibles et invisibles. inférieurs ou déifie’s; au-dessus, l’Unité divine introublée, c’est le Dieu des Chrétiens, l’Om niscient. L’Univers est une ombre tirée de l’Essence pure; mais ces choses ne tombent pas dans l’lntellect. Ce n’est que par la Spiritualisation qu’on les peut mieux comprendre ou sentir. .
Nous n’avons pas atteint ici le point culminant; je le répète, notre intelligence actuelle, qui n’est que de l’intellect, ne saurait concevoir ce qui est au—dessus, l’Absolu. Au-dessus même de toute conception de toute intel ligence, l’Absolu, l’Inconnaissable, l’Au delà de Tout, Aïnsoph des kabalistes, Parabrahm ou Paramatma des Maîtres indous.
Ce que je désire surtout, c’est persuader les lec teurs de la Paix Universelle, au sujet de l'Essentia lité des deux notions principes: Unité, Causalité, qui se rapportent respectivement à Amour, Raison et Religion, Science et en Socialisme à Solidarité ou Fraternité et Justice sociale. Il n’y a pas d’antago nisme nécessaire entre ces deux aspects, choses dis
LA VOIE 2 I tmctes ; il faut les harmoniser. L’une par l’autre elles se complètent, se prouvent, se_ vivifient. La vibration manifeste le point vibrant, le centre des vibrations, centre des’ondes sonores qui sont le Monde. Sans le centre de vibration d’autre part, point d’ondes sonores. Sans l’Unité, pas de Loi: sans la Loi pas d’Unité dans l’Univers. L’Enfer éternel est une monstruosité qui ne répond ni à I’AM0UR ni à la Raison.
Dieu crée le monde; il y a peu d’élus, dit l’Église: donc c’est le Diable qui récolte tout l... Quel manque de prévoyance divine, et comme il eût mieux valu que Dieu continuât à ne rien faire! Fort heureusement, il ne s’agit ici que de critiquer une conception humaine digne d’autres temps. A nos savants, à nos philosophes, l’Indre offre ses trésors; ils n’ont garde d’y fouiller.
Si le géologue proclame l’antiquité de la terre, le monde officiel ne remonte pas au delà de six mille ans; les gigantes-‘ ques civilisations qui précédèrent leur sont inconnues. S’agit-il de la conception suprême des Bouddhistes, le Nirvâna? Au même instant, tous nos docteurs en lsraël vous servent le vieux cliché: Nirvâna, c’est l’anéantissement. . J 'accuse ceux qui disent cela d’être des menteurs volontaires, ou d’inconscients automates.
Une bonne fois pour toutes, consultez les intéressés, les Bouddhistes (les négations de quelques sectes dis— Sidentes ne peuvent supprimer l’affirmation générale; ils vous répondront:
22 L’INITIATION Nirvâna est l’entrée consciente dans l’Omniscience; c’est une notion de Plénitude analogue à celle du Paradis des Chrétiens, mais supérieurement déve— loppée. (Le Paradis des Chrétiens n’est que le Déva chan incompris, situation de repos bienheureux dans laquelle l’âme, fatiguée par une vie terrestre, se repose après la mort, entre deux incarnations ou périodes d’action).
On n’entre en Nirvâna qu‘après une Divination, résultat d’innombrables existences et d’efforts vers la Vérité, qui transforment la Cons cience en l’universalisant. Il n‘y a pas deux natures humaines. On aime en Chine comme on aime en France. On rit ou l’on pleure là-bas comme ici, autrefois comme aujourd’hui; et dans nul pays, dans nulle époque un homme ne saurait s’extasier, s’illuminer par la contemplation du Néant.
S’il y a des saints bouddhistes par exemple, saints par la Bonté, saints par le Divin qui rayonne à travers eux, c’est qu’ils ont regardé autre chose que la Nuit sombre du Rien, c’est qu’ils ont une autre espérance que celle de la mort absolue dans le sens d’anéantissement, de perte du fruit des efforts accom plis, des souffrances endurées.
Devant cette véritable ignorance des savants, des prêtres, chacun cherche donc en lui—même, qu’il ait le culte du Réel, qu’il soit un RÉELISTE. Je lui pro mets l’acquisition rapide de la clairvoyance et du jugement. A ses yeux I’Harmonie remplacera les contradictions désespérantes. Unité, Causalité sont les deux colonnes sur les quelles vous pouvez édifier, qui donneront à votre
LA vous 23 cœur le Pain d’Amour, à votre Pensée celui del’lntel ligence pénétrante. Toute larme versée veut rétribution; tout désir appelle sa réalisation.
Veillez donc sur vos Désirs, chassez les images impures de votre imagination, les pensées perverses qui, par vous cultivées, devien draient un jour les actes pervers dont vous répondrez pour vous-mêmes et ceux qu’ils auront séduits, cor— r6mpus. ‘ Le Désir d‘Idéal, surtout, s’il ne correspondait pas à_une Réalité, serait la plus affreuse duperie.
En vous donc que le silence complet à tout parti pris s’établissel (Pour entendre la mélodie, il faut faire silence, qu’il s’agisse d'une musique de salon ou de celle divine de l’Univers) ; n’ayez qu’un culte, celui du Réel, désir ardent de connaître l’Être dont nous sommes les atomes. hDeux pratiques : 1° Se baigner constamment, par le Cœur, dans l’Amour universel; par la Pensée, dans l’Unite’; par l’Aspiration‘ et l‘élévation totale, dans le Divin pur.
Plus votre conscience s’agrandira dans l'Imperson uel, plus les vibrations du Divin la viendront impres sionner et solliciter facilement. C’est le rôle de l’Amour.
2° Ayant ainsi pris le point d’appui central, s’étant adossé au rocher qu’aucune tempête ne saurait ébranler, méditer profondément, le plus souvent pos sible, sur toutes choses, pour reconnaître et suivre l’action de la Loi unique dans le monde sur tout ce qu’il contient: êtres, corps, âmes, esprits, événe—
24 L’INITIATION ments, sensations, sentiments, aspirations, tableaux" de la nature, etc., et chercher de plus en plus à reconnaître l'Harmont’e universelle, se sentir pénétré par elle, étant avec tout ce qui est, vivant avec tout‘ ce qui vit. L’investigation intelligente est le rôle de la Raison.
S’habituer à devenir moins sensible aux vibrations qui nous affectent habituellement sur tous les plans, venues du monde extérieur, objectif, et chercher à s’éveiller aux profondeurs de notre être; toutes les régions de l’Univers visibles ou invisibles nous tra versent Sans que nous en ayons conscience. Développer notre sens interne en écoutant au dedans de nous-même, en nous efl‘orçant.
Faire appel au Père qui est en secret au centre de tous les êtres et de nous en particulier.
Mais il faudrait parler longuement sur ces choses; d’autre part, on apprend par les mathématiques supé— rieures avant d’avoir appris à lire; avant de vivre en la compagnie des grands musiciens, par l’intermé— diaire d’un fidèle instrument, il faut apprendre la gamme et faire souvent des exercices désagréables même, pour goûter un jour les charmes sans mélange des suaves mélodies, des harmonies enchanteresses. Ainsi en est-il des choses divines.
Ainsi faut-il s’effor— cer longuement vers la Perfection pour entendre un jour la voix douce, pour sentir la présence de CE qui est. La Voie, c’est la pratique de l’Amour universel. Heureux ceux qui sauront comprendre ce qui est la sainteté même l AMO.
MATA REPÜA OU INITIATION AUX ANCIENS MYSTÈRES DES PRÊTRES D'ÉGYPTE (I) PRÉPARATIONS Lorsqu’un aspirant aux mystère avait le désir d’en— trer dans la société antique et mystérieuse de Crata Repoa, il devait se faire recommander par un des Initiés. - La proposition en était ordinairement faite par le roi lui-même, qui écrivait à cet effet une lettre aux prêtres (A).
Ceux-ci adressaient cet aspirant d’He’lz‘ophobz’s aux doctes de l’Institution, à Memphis; de Memphis, on le renvoyait à Thèbes (2). Il était circoncis (3). On le mettait à un régime particulier; on lui inter— (I) Nous sommes heureux de reproduire, pour nos lecteurs, une œuvre rarissime et qui estconsidérée comme un chef-d'œuvre. de la littérature ésotérique. N. D. L. R. (2) Porphyre, Vie de Pythagore. ’ ‘(3) Hérodote, Iiv. Il. — Clément d’Alexandrie, Stromat.,r.
36 L’INITIATION disait l’usage de certains aliments (1), même du vin, jusqu’à ce qu’il eût obtenu, dans un grade supérieur, la permission d’en boire de temps en temps. On l’obligeait de passer plusieurs mois, comme pri sonnier, dans un souterrain, où on l’abandonnait à ses réflexions; il jouissait de la faculté d’écrire ses pensées. Elles étaient ensuite examinées attentive ment, et servaient à faire connaître le degré de son intelligence.
Lorsque le temps de quitter le souterrain était ar rivé, on le conduisait dans une galerie entourée de colonnes d’Hermès. sur lesquelles étaient gravées des sentences qu’on lui faisait apprendre par cœur (2).
Dès qu'il les savait, un membre de la société ayant nom de Thesmasphores (3) s’approchait de lui, te— nant à la main un grand fouet, pour contenir le peuple devant la porte dite des Profanes, par laquelle il in troduisait le récipendiaire dans une grotte. Là, on lui bandait les yeux, et on lui attachait les mains avec des liens élastiques.
PREMIER GRADE Pastophoris Ou Apprenti, chargé de la garde de l’entrée qui conduisait à la Porte des hommes. (1) Légumes et poissons. (2) Jamblique, de Mysteriis. Pausanias, liv. I, raconte très expressément que ces colonnes se trouvaient dans certains sou, terrains près de Thèbes. (3) L’introducteur, Les terminaisons des noms en us sont ici, pour la plupart, étrangères en es et en os, suivant le dialecte égyptien.
GRATA REP 0A 27 Le récipiendaire étant préparé dans la grotte (B), le Thesmaphores le prenait par la main (I), et le présen— tait à la porte des hommes (a). A son arrivée, le Tesmophores touchait sur l’épaule du Phastophoris (l’un des apprentis précédemment reçus), qui était de garde à l’extérieur, et l’invitait à annoncer le récipiendaire; ce que celui-ci faisait en frappant à la porte d’entrée (3).
Le Néophite ayant satisfait aux questions qui lui étaient adressées d’abord, la porte des hommes s’ou vrait, et il était introduit. L’Hiérophante lui faisait de nouvelles questions sur différents sujets.
Il devait de même y répondre caté goriquement (4.), ' On le faisait ensuite voyager dans l’enceinte de la Birantha (5), et pendant ce temps on cherchait à l’ef— frayer par des éclairs, des coups de tonnerre, et en produisant artificiellement autour de lui tous les effets de la grêle, de la tempête et de la foudre (6).
S’il ne s’en laissait pas trop effrayer, et s’il n’était pas déconcerté, le Menies, ou lecteur des lois, lui lisait les constitutions de la société de Crata Repoa. Il était obligé de promettre de s’y conformer. Après cette adhésion, le Thesmosphoresle conduisait (I) Apulée, de Metam., liv. Il. (a) Cicéron, de Legibus, liv.
Il, Mysteriis ex agresti ind nique vita exculti ad humanitatem, et mitigati sumus. (3) Voyez l'explication d’une pyramide d’Egypte, où cette ac tion est figurée d’après nature. (4) Plutarque, in Lacon, Apoph., verb. Lysander. (5)Histoire du Ciel. t. I, p. 44. (6) Eusèbe Cæsar, I’rcparat. Evangel.— Clément d’Alexan— drie, Admonit. ad Gent. :u "3*\. 'L;. “v w\ _,a \a\» - «a. \Wä\-g .x. .
28 L'INITIATION tête nue, devant l’Hiérophante; il s’agenouillait; on lui mettait la pointe d’un glaive sur la gorge, et ori lui faisait prêter le serment de fidélité et de discrétion. Il invoquait le soleil, la lune et les astres, pour té moins de sa sincérité (1). Cet engagement solennel prononcé, on lui ôtait le bandeau de dessus les yeux, et on le plaçait entre deux colonnes carrées, nommées Betilies (2).
Au milieu de ces deux colonnes, était couchée une échelle à sept échelons, et une autre figure allégo rique, composée de huit portes de différentes dimen— sions (3).
L’Hiérophante m’expliquait pas d’abord au réci piendaire le sens mystérieux de ces emblèmes; mais il lui tenait le discours suivant: « Vous qui venez d’acquérirle droit de m‘entendre, je m’adresse à vous : les portes de cette enceinte sont sévèrement fermées aux profanes, qui ne peu vent y pénétrer; mais vous Menés Musée, vous en— fant des travaux et des recherches célestes, écoutez ma voix ; elle va vous enseigner de grandes vérités.
Soyez en garde contre les préjugés et les passions qui pourraient vous éloigner du véritable chemin du bonheur; fixez vos pensées sur I’Etre divin; ayez—le toujours devant les yeux, afin de mieux gou verner votre cœur et vos sens. Si vous voulez mar— cher dans la vraie route de la félicité, songez que '« vous êtes sans cesse en présence du Tout—Puissant, kââ‘âitââââz’tk (t)Aleacander ab Alexandra, liv. V, ch. x. (2) Eusèbe, Demonst. Evang., liv.
I. (3) Origène, Const. Cels., p. 34., traduction de Bouchereau. / _—_. ,.,.,, w... .[_...-’-..‘... ,4-'«:"= a_;ü_.;«)c :,-,_.; v,__,_ :,_, = ....«,. ' * ,Ll * __ . 4..cv
GRATA REPOA 29 « qui gouverne l’univers. Cet Être unique a produit « toutes choses (C) ; il les conserve, et existe par lui « même. Aucun mortel ne peut le voir; rien ne peut « être soustrait à ses regards (1). Après ce discours, on faisait passer l’Apprenti sur les degrés de l’échelle, et on lui indiquait à mesure quel en était le symbole fondé sur la métempsycose.
On lui enseignait aussi que les noms et les attribu tions des dieux avaient une toute autre signification que celleque le peuple y attachait. Ce grade étant consacré à la physique, on lui ex pliquait les causes des vents, des éclairs, du ton nerre; on y comprenait l’anatomie, l’art de guérir et de composer les médicaments.
C’était également dans ce même grade que l’on enseignait aux Néophytes la langue symbolique et l’écriture vulgaire des hiéroglyphes (2). La réception finie, l’Hiérophafite donnait à l’lnitié le mot d‘ordre, à l’aide duquel tous les Initiés se re connaissaient. Ce mot était Amour; il signifiait: sois discret (3). Ils se reconnaissaient encore par un attouchement manuel (4).
On remettait au Récipiendaire une espèce de bon netterminéen pyramide, et on lui ceignait autour des reins un tablier appelé Xylon. (i) Eusèbe. Préparat. Euangel., [-1 3. — Clément d'Alexand., Admonil. ad Gent. ‘ ,. (2) Jamblique, Vie de Pythagore. (3) Plutarque, d’1sis et d’Osiris. (4) Jamblique, Vie de Pythagore. » .v s.—._‘ ....._ -'x \ -«_ .\ c—\.-« 4 . -A—-s‘_ -x, .p.‘ w. =, \ \ -x \v
30 L'INITIATION Il portait autour du cou un collet dont les bouts tombaient sur la poitrine. Du reste, il était déshabillé pendant la réception. Il devait garder à son tour la porte des hommes. SECOND GRADE Neocoris Si le Pastaphoris, pendant l'année de son apprentis sage, avait donné des marques d’intelligence, on lui imposait un jeûne sévère pour le préparer à devenir Neocoris (1).
Cette année expirée, il était mis dans une chambre obscure, appelée Endz’mion (2) . De belles femmes lui servaient des mets délicats, pour ranimer ses forces épuisées. C’étaient des épouses des prêtres, et même les vierges consacrées à la Diane, qui allaient ainsi le visiter. Elles l’excitaient à l’amour par toutes sortes d’agaceries. Il devait triompher de cette épreuve difficile pour prouver l’empire qu’il avait sur lui—même.
Après l’avoir subie, le Thesmosphores venait à lui et lui posait diverses questions; Si le N eocoris y répondait avec justesse, on l’intro duisait dans l’assemblée. Le stolista (ou aspergeur) jetait de l’eau sur lui pour le purifier; on l’obligeait d’affirmer qu’il s’était toujours conduit avec sagesse et chasteté. Après cette déclaration, le Thesmophores courait (t) Annobius, liv. V, (2) Endimion signifie Grotte imitée. 3J:äs"2‘.æn J‘":“u(_.t!"”' J J" .4'.J‘/"" 71‘1' ‘w"— vp—- «-» r.’: .3«._n. 74—4 .-——--—4- A l
GRATA REPOA 3 1 vers lui, ayant dans les mains un serpent vivant qu’il lui jettait sur le corps, et le retirait par le bas du tablier (I). Le local paraissait rempli de reptiles, pour tâcher de porter l’effroi dans l’âme du Neocoris (2). Plus il se montrait courageux dans cette épreuve, plus il était comblé d’éloges après sa réception.
On le ramenait ensuite vers deux colonnes très élevées, au milieu desquelles un griffon poussait une roue devant lui (3). Ces colonnes signifiaient Orient ou Occident. Le griffon était l’emblème du soleil ; et la roue, au cen tre de laquelle partaient quatre rayons, figurait les quatre saisons.
On lui apprenait en même temps l’art de calculer l’hygrométre (qui servait à évaluer les inondations du Nil); on l‘instruisait dans la géométrie et l‘archi tecture, et il se familiarisait avec les calculs et les échelles des mesures dont il devait avoirà se servir dans la suite.
Mais ceci était un grand secret, qui n’était découvert qu’à ceux qui appartenaient à une secte dont les connaissances étaient bien supérieures à celles de la population. . On lui donnait pour insigne un bâton accolé d’un serpent (D). Le mot d’ordre du grade était Eve, à (I) Julius Firmicus Maternus, ch.
II, dit que c’était un serpent artificiel et doré. (2) Les Égyptiens possèdent encore l’art de priver les ser— pents de leur venin. (3) On trouve de pareilles représentations dans le Grand Cabi romain, p. 94.
32 L’INITIATION cette occasion, on lui racontait l'hist01re de la chute du genre humain (E). Croiser ses deux bras sur la poitrine, était le signe dont il devait se servir pour se faire reconnaître (I). Son emploi était de laver les colonnes. TROISIÈME GRADE La Porte de la Mort Le nouvel initié recevait le nom de Melanephoris.
L’intelligence et la bonne conduite du Neocoris l‘ayant rendu digne de ce grade, on le prévenait du moment de sa réception. Il était conduit par le Thesmosphores dans un vesti bule au-dessus de l’entrée duquel était écrit: Porte de la Mort. Ce vestibule était rempli de différentes espèces de momies et de cercueils figurés ; des dessins analogues en ornaient les murailles.
Comme c‘était l’endroit où l’on déposait les morts, le nouveau Melanephoris y trouvait les Parakites (2) et les Heroi (3) qui s’occu paient de leurs travaux. Au milieu était placé le cer Cueil d’0sz’rz’s, qui, à cause de son assassinat supposé récent, portait encore des traces de sang. On demandait au nouveau Melanephoris s’il avait \ pris part a l’assassinat de son maître?
Après sa (I) Clém. d'Alex. in Protept., dit quelque chose de sem blable. , (2) On en trouve, encore quelques dessins dans l‘ouvrage de M. Norden. . (3) Ceux qui ouvraient les cadavres. (4) Les hommes sacrés qui les embaumaient. “m
GRATA REPOA 33 réponse négative, deux Tapixeytes (l) s'emparaient de lui. Ils le conduisaient dans une salle où étaient les autres Melanephoris habillés en noir. Le roi lui—même, qui assistait toujours à cette cérémonie, abordait le Récipiendaire avec une apparence gracieuse, et lui présentait une couronne d’or qu’il lui proposait d’accepter, s’il ne se croyait pas assez de courage pour soutenir les épreuves qu’on allait lui faire subir.
Mais le nouveau Melanephoris, sachant qu’il devait rejeter cette couronne, la foulait aux pieds (2). Aussitôt le roi s’écriait: Outrage, Vengeance! et s’em parant de la hache des sacrifices en frappait douce ment le Melanephoris à la tête (3). Les deux Tapixeytes renversaient le Récipiendaire; les Parakistes l’enveloppaient des bandelettes de momies. Pendant cette action, tous les assistants gémis saient autour de lui.
On le transportait vers une porte où était écrit : Sanctuaire des Esprits. Au moment où on l’ouvrait, des coups de tonnerre se faisaient entendre, des éclairs brillaient; et le prétendu mort se trouvait entouré de feu (4). Caron s’emparait de lui comme d’un esprit, et le descendait chez les juges des sombres bords. Pluton, assis sur son siège avait à ses côtés Rhada (x) Gens qui enterraient les morts. (2) Tertullien, De Baptismo, ch. v.
' (3) L’empereur Commode, remplissant un jour .cet emploi, s’en acquitta d‘une manière tellement sérieuse, qu’elle devint tragique. (4.) Apulée, liv. Metam., 2, prope finem
34 L’INITIATION _r, . mante et Minas, ainsi qu’Alecton, N2‘cteus, Alaster et Orphæus (1). Ce tribunal redoutable lui adressait des questions sévères sur tout le cours de sa vie; enfin, on le con damnait à errer dans ces galeries souterraines. On le débarassait ensuite de ses enveloppes et de tout l’appareil mortuaire.
Il recevait alors de nouvelles instructions; elles étaient ainsi conçues : l° N’avoir jamais soif de sang, et assister les membres de la société, lorsque leur vie est en dan— ser; 2° Ne jamais laisser un mort sans sépulture. 3° Attendre une résurrection des morts et un juge ment futur (2).
On l’obligeait, dans ce grade, à s’occuper pendant un certain temps du dessin et de la peinture; car il entrait dans les fonctions d’un Melanephoris de dé corer les cercueils et les rubans des momies. Une écriture particulière lui était enseignée; on la nommait lzz'e’ro-grammal‘icale ; elle lui devenait d’au tant plus utile que l’histoire d’Egypte, la géographie, les éléments de l’astronomie étaient tracés dans cette langue.
Il recevait aussi des leçons de rhétorique afin de pouvoir prononcer en public les oraisons funèbres. Le signe de reconnaissance consistait dans une em— brassade particulière, dont l’objet devait exprimer la (I) Diodore de Sicile, liv. IV. Orphœus. (2) Ce dogme n’est pas égyptien; on peut plutôt l’attribuerà Platon qui aurait mal coinpris les mystères indiens.
'. --r I _35 puissance de la mort; le mot était : Monach Garon mini. Je compte les jours de la colère. Le Melanephoris restait dans ces galeries souter raines jusqu’à ce qu’on pût juger s’il était capable d’avancer dans de plus hautes sciences, ou si l’on ne pourrait faire de lui qu’un Parakiste ou un Heroi; car il devait y passer le reste de ses jours s’il n’attei gnait pas aux véritables connaissances.
GRATA REPOA _ QUATRIÈME GRADE Bataille des Ombres(1) Christophoris Le temps de la colère durait ordinairement dix-huit mois; lorsqu‘il était passé, le Thesmophores venait voir l’Initié, le saluait gracieusement et l’invitait à le suivre, après l’avoir armé d’une épée et d’un bou clier. Ils'parcouraient des galeries sombres.
Tout à coup, des hommes masqués sous des figures hideuses, en tourés de serpents et ayant des flambeaux à la main, attaquaient l’Initié en criant : Panis. Le Thesmophores I’excitait à affronter les dangers et à surmonter tous les obstacles.
Il se défendait avec courage, mais il succombait sous le nombre; alors on lui bandait les yeux et on lui passait une corde au cou avec laquelle il était traîné par terre jusqu’à la salle où il devait recevoir un nouveau grade. ‘ Les ombres s’éloignaient subitement en poussant de nouveaux cris. (i) Tertullien, De Militis corona. 'A..-u-*
36 L'INlTIATION On le relevait exténué et on l’introduisait, pouvant à peine se soutenir, dans l'assemblée. La lumière lui était rendue et ses yeux étaient frappés des décora tions les plus brillantes : la table offrait la réunion des plus beaux tableaux. Le roi lui-même siégeait à côté du Demiourgos (t).
Au—dessous de ces hauts personnages étaient assis le StoIista (purificateur par l’eau) ; le Hr'érostolïsta ' (secrétaire), portant une plume à sa coiffure; le Zaco ris (trésorier) et le Komaslis (chargé des banquets). Tous portaient l’alydée (2).
L‘Odos (l’orateur, le chanteur) (F) prononçait un discours dans lequel il félicitait le nouveau Christo— phoris sur son courage et sur sa résolution ; il l’invi tait à persévérer, car celui-ci n’était encore qu’à la moi tié des travaux qu’il avait à subir pour fournir com plètement ses preuves. ' On lui présentait une coupe remplie d’une boisson très amère et qui s'appelait Cice’ (3) : il fallait qu’il la vidât en entier.
On le revêtait de divers ornements. Il recevait le bouclier d'1sz's ou celui de Minerve; on lui chaussait les brodequins d’Anubis (c‘est le même que Mercure) et on le couvrait du manteau d’0rcz‘, orné de son ca puchon. (r) Demiourgos, chef, inspecteur de la société. (2) ’A'Mi0ua, vérité. C’était une décoration égyptienne, Ac tanius, Var. Hist., l.
XIV, ch. xxxrv, en parle en ces termes : Eum omnium hominum justissimum et tenacissimum appe tebat qui circa collum imaginem ex sœphiro gemma confec— tam gestabat. . (3‘) C’était vraisemblablement le même breuvage que celui qui portait le nom de xuxeu’m. Athénée, liv. IX, ,
GRATA REPOA 37 On lui ordonnait de se saisir d’un cimeterre qui lui était présenté, de trancher la tête d’un individu qu’il trouverait au fond d’une caverne peu éloignée, où il allait pénétrer et de l’apporter au roi. Au même mo ment, chaque membre s’écriait : Niobe : voilà la ca verne de l’ennemi.
En y entrant, il apercevait la figure d’une très belle femme; elle était composée de peaux très fines ou de vessies, et si artistement faite, qu’elle semblait être vivante (G). Le nouveau Christophoris s’en approchait, la pre— nait par les cheveux et lui tranchait la tête, qu’il pré s'entait au roi et au Demiourgos.
Après avoir applaudi ,à son action héroïque, ils lui annonçaient que c'était la tête de la Gorgo (I), épouse de Typhon, qu’il avait coupée, laquelle avait occasionné l’assassinat d’Osi ris. On saisissait cette circonstance pour l’engager à être toujours le vengeur du mal. Il recevait ensuite l’autorisation de revêtir de nou veaux habits qu’on lui présentait. Son nom était inscrit dans un livre où se trouvaient ceux de tous les juges du pays.
Il jouissait d’un commerce libre avec le roi et rece vait sa nourriture journalière de la cour (2). On lui remettait, avec le code des lois, une décora tion qu’il ne pouvait porter qu’à la réception d’un Christojvhorz‘s ou seulement dans la ville de Saïs. Elle représentait [sis ou Minerve sous la forme d’un (1) Cargo, Gorgal et Gorgone sont les noms égyptiens de Méduse. (2) Diodore de Sicile, liv. I, De Judicr‘is Ægyptiorum. AJ ‘__,,,_,.
3 8 L'INITIATION hibou. Cette allégorie lui était ainsi expliquée l’homme, à sa naissance, est aveugle comme le hibou, et il ne devient homme qu’à l’aide de l’expérience et des lumières de la philosophie.
Le casque signifiait le plus haut degré de la sagesse; la tête de Gorge coupée. la répression des paSsions; le bouclier, la légitime défense contre la calomnie ; la colonne, la fermeté ; la cruche d’eau, la soif des sciences ; le carquois garni de flèches, le pouvoir de l'éloquence; la pique, la persuasion portée au loin, c’est-à«dire que, par sa réputation, on peut, à de grandes distances, faire une impression profonde: les branches de palmier et d’olivier étaient les symboles de la paix(I).
On lui apprenait, de plus, que le nom du grand lé gislateur était Jaho (2) (H). Ce nom était le mot d’ordre du grade. Les membres de cette assemblée avaient quelquefois des réunions où des Chistophoris seuls pouvaient être admis. Le chapitre qu’ils formaient alors s’appelait Pi xon (3). L’lnitié devait apprendre la langue amounique (4.). (I) Grand Cabinet romain, p. 26. _ (2) Diod. de Sicile, liv. I, De Ægypt. legum Iatoribus. (3) Lit de justice.
I (4.) La langue amounique était la langue mystérieuse (V. le mbt du premier grade). Le récipiendaire ayant parcouru les petits mystères, qui avaient pour objet de le préparer, en l’instruisant dans les sciences humaines, touchait au moment d’être admis aux grands mystères, à la connaissance de la doctrine sacrée, appelée la grande manifestation de la lumière; il ne devait bientôt plus y avoir de secrets pour lui.
GRATA REPOA »..2\1»æ..{ , OA:LMWw CINQUIÈME GRADE Balahate Le Chistophoris avait le droit de demander ce grade, que le Demiourg05 ne pouvait lui refuser. Conduit dans l’endroit où l’assemblée se réunissait d’abord, il était reçu par tous les membres. Ensuite on l’introduisait dans une autre salle dis posée pour une représentation théâtrale. Là il était, en quelque sorte, seul spectateur; car chacun des membres prenait part à l’action.
Un personnage appelé Crus, accompagné de plu sieurs Balahates portant des flambeaux, marchait dans la salle, et paraissait chercher quelque chose. Crus tirait son épée au moment d’arriver à la porte d’une caverne d’où sortaient des flammes; le meur trier Typlzon était au fond, assis et ayant l’air abattu.
Crus s’en approchait; Typhon se levait et se montrait sous une apparence effrayante : cent têtes reposaient sur ses épaules; tout son corps était couvert d’écailles, et ses bras avaient une longueur démesurée Sans se laisser décourager par cet épouvantable aspect, Orus s’avançait vers le monstre, le terrassait et l’assommait.
Après l’avoir décapité, son couteau était jeté dans la caverne, d’où ne cessaient de sortir des torrents de feu; et sans proférer une seule parole, on montrait cette tête hideuse à tous les assistants. Cette cérémonie se terminait par l’instruction que l‘on donnait au nouveau Balahate, et qui renfermait l’explication de cette scène allégorique. On lui apprenait que Thyplzon signifiait le feu, qui au..æq_“_W,_;-‘b”—.w> y .-_, '\1w\\__
40 L’INITIATION u-—h|. ; :W.--v.-n_æ -—-.an e . .. - -1 est un des agents les plus terribles et sans lequel ce pendant rien ne pourrait se faire dans ce monde; qu’0rus était l’emblème du travail et de l’insdustrie, à l‘aide desquels l’homme exécute de grandes et utiles entreprises, en parvenant à dompter la violence du feu, à diriger sa puissance et à s’approprier ses effets.
Le Balahate apprenait, dans ce grade, la chimie, l’art de décomposer les substances et de combiner les métaux. Il était le maître d‘assister quand il le voulait aux recherches et aux expériences que l’on faisait dans cette science. C’est par cette raison que le mot d'ordre était Chymia. SIXIÈME GRADE L’Astronomz’e devant la porte des Dieux Quelques préparations précédaient ce grade.
On commençait par mettre l’Initié aux fers en en trant dans la salle. Le Thermophores le conduisait à la Porte de la Mort, où il fallait descendre quatre marches, parce que la caverne qui servait pour cette réception était la même où avait eu lieu l’initiation du troisième grade, et qu’elle était alors remplie d’eau. pour faire voguer la barque de Caron. Des cercueils placés çà et là frappaient les yeux de l’Initié.
Il apprenait qu’ils renfermaient les restes d'hommes mis à mort pour avoir trahi la société. On le menaçait d’un sort pareil s’il lui arrivait de commettre un semblable crime. Il était amené au milieu de l’assemblée pour prêter un nouveau serment.
GRATA REPOA 4 I -. .rÿ—w—w—v—u-ïc‘nfl‘hfi'uI-îfl'Er-vf .-:.w. .-u , -. rq:f_.
Après l’avoir prononcé, on lui expliquait l’histoire de l’origine des dieux, objets de l’adoration du peuple, et à l’aide desquels on amusait et dirigeait sa crédu— lité; on lui faisait sentir en même temps la nécessité de conserver le polythéisme pour le vulgaire (I); en suite on lui développait les idées qui lui avaient été présentées dans le discours de réception au premier grade, sur les éléments de la doctrine d’un seul être, qui embrassait tous les temps, présidait à l’unité, à l’admirable régularité du système de l’univers, et qui, par sa nature, était au-dessus de la compréhension de l’esprit humain.
Ce grade était consacré à enseigner au Néophyte les connaissances pratiques de l’astronomie. Il était obligé d’assister la nuit aux observations et de concourir aux travaux qu’elles exigeaient. On avait soin de l’avertir d’être en garde contre les astrologues etles tireurs d’horoscopes ; car. les regar dant comme les auteurs de l’idolâtrie et de la supers tition, la société mystérieuse les avait en aversion (K).
Ces faux docteurs du peuple avaient choisi le mot Phœm'x pour leur mot d’ordre, mot que les astro— nomes tournaient en dérision (I). Après la réception, on conduisait l’Initié vers la Porte des Dieux, et on l’introduisait dans le Pan théon : il y voyait tous les dieux représentés par de magnifiques peintures. Le Demiourgos lui en retra çait de nouveau l’histoire, sans lui rien cacher. On lui mettait sous les yeux la liste de tous les (I) Hérodote, Hist. Æthiop., liv. lIl.
42 L’INITIATION chefs-inspecteurs, dans l’ordre chronologique où ils avaient existé, ainsi que le tableau de tous les membres de la société répandus sur la surface du globe (L). On lui apprenait aussi la danse des prêtres, dont les pas figuraient le cours des astres (r). Le mot d’ordre était Ibis, qui signifiait Grue, et était le symbole de la Vigilance. SEPTIÈME GRADE Propheta, ou Saphenath Pancah. L’homme qui connaît les Mystères (2).
Ce grade était le dernier et le plus éminent. On y ‘donnait une explication détaillée et plus complète de tous les Mystères. L’astronome ne pouvait obtenir ce grade, qui com plétait son aptitude à toutes les fonctions, même pu bliques et politiques, sans l‘assentiment du Roi et du Demiourgos, et même sans le consentement général des membres intérieurs de la société.
Cette réception était suivie d’une procession pu blique, àlaquelle on donnait le nom de Pamylach (3). On y exposait à la vue du peuple tous les objets sa crés. La procession finie, les membres de la société sor (i) Lucien, de Saltatione. (2) Jamblique, de Mysteriis Ægypt‘. (3) C’est-à-dire oris circumcisio (Circoncision de la langue).
Il semble que c’est une expression figurative, par laquelle on voulait dire que, le Néophyte ayant acquis toutes les connais sances qu’on pouvait lui donner, sa langue était déliée, et qu’il lui était permis de parler de tout.
GRATA REPOA 43 raient clandestinement de la ville pendant la nuit, se rendaient à un lieu voisin, et se réunissaient dans des maisons d'une forme carrée, composée de plusieurs appartements ornés de peintures admirables repré sentant la vie humaine (1).
Ces maisons étaient appelées Maneras (2); car le peuple croyait que les Initiés étaient en commerce particulier avec les mânes des trépassés; elles étaient ornées d’un grand nombre de colonnes, entre les— quelles étaient des cercueils et des sphynx. En y arrivant, on présentait au nouveau Prophète un breuvage nommé Oimellas (3), et on lui di sait qu’il était parvenu au terme de toutes les épreuves (M).
Il recevait ensuite une croix, dont la signification était particulière (N), et connue des seuls Initiés. Il était obligé de l’avoir constamment sur lui (4). On lui passait une très belle robe blanche rayée, fort ample, qu’on appelait Etangi . On lui rasait la tête, et la coiffure qu’il portait était d’une forme carrée (5). Son signe principal se faisait en portant les mains croisées dans ses manches, qui étaient très larges (6).
' Il avait la permission de lire tous les livres mysté ‘rieux écrits dans la langue amounique, et dont on lui (1) Voyage de Lucas en Egypte. (2) Séjour des mânes. (3) Vraisemblablement oivtipslr, Composé de vin et de miel, Athénée, liv. IX. (4.) Rufin, liv. Il, ch. xx1x. (5) Pierius, liv. XXXII. — Grand Cabinet romain, p. 66, (6) Porphyre,de Abstincntia.
44 L’INI'I‘IA FION donnait la clef, qu‘on appelait la Poutre royale (t). La plus grande prérogative attribuée à ce dernier grade était de contribuer à l'élection d’un roi (2). Le mot d‘ordre était Adon (3) (O). Le nouveau Prophète pouvait aussi, après un cer tain temps, parvenir aux emplOis dans la société, et même à celui de Demiourgos.
DES OFFICES ET DE L’HABILLEMENT I“ Le DEMIOURGOS, chef inspecteur de la société, portait une robe bleu de ciel, parsemée d'étoiles bro dées et une ceinture jaune (4). Il avait à son cou un saphir entouré de brillants, suspendu à une chaîne d’or. Il était en même temps juge suprême de tout le pays. 2° L’HIÉROPHANTE était habillé à peu près de même, avec la seule différence qu’il portait une croix sur la poitrine. 3° LI“.
STOLISTA, chargé de la purification des Réci piendaires par l’eau, portait une robe blanche rayée, et une chaussure d’une forme particulière.
Le vestiaire était confié à sa garde. ‘ 4° L’HIÉROSTOLISTA (secrétaire) avait une plumeà sa coiffure, et tenait à la main un vase de forme cylin drique, appelé Canonz‘con, qui contenait l’encre pour écrire. (1) P‘lutarque, De Amore Fraterno. — Diod. de Sicile, in Additionibus. (2) Synesus, de Prouidentia. (3') Histor. Deor. synt. prim., Lilio Gregor autore, page 2. (4 Montfaucon, t. II, p. 102, fig. I. Ungerus, liv. de Singulis.
GRATA REPOA 45 5° Le THESMOSPHORES était chargé de diriger et d’in troduire les Initiés. 6° Le ZACORIS remplissait les fonctions de tréso— rier. 7° Le KOMASTIS avait soin de la table et des ban quets. Il avait sous lui tous les Pastopbores. 8° L’Onos était orateur et chanteur. BANQUETS Avant de se mettre à table, tous les membres étaient obligés de selaver.
On ne leur permettait pas le vin; ils ne pouvaient faire usage que d’une boisson qui ressemblait à notre bière moderne (P). On promenait autour de la table un squelette d’homme, ou un Butoi (Sarcopeja (Q), figure de cer— cueil) ('R). L’Odos entonnait le Maneros, hymne qui commen çait ainsi : 0 mort! viens à l’heure convenable. Tous les membres faisaient chorus.
Le repas fini, chacun se retirait: les uns allaient va quer à leurs occupations, les autres se livrer à la mé ditation; le plus grand nombre, selon l’heure, goûter les douceurs du sommeil, à l’exception de ceux dont c’était le tour de veiller pour introduire par la Porte des Dieux (Birantha) les Initiés du sixième grade, qui devaient faire les observations célestes: ceux-là étaient Obligés de passer la nuit entière, et même de seconder ou pluôt de diriger les travaux astronomiques. ‘rw._J .—-'——
46 L’INITIATION NOTES DE L’EDITEUR (A) CECI tenait à la forme du gouvernement de l’ancienne Égypte, qui, avec l’apparence d’être sous l‘administration d’un roi, était au fond une véritable théocratie; car les prêtres dirigeaienttout et disposaient de tout; le roi était placé et maintenu par eux sur le trône, et restait toute sa vie sous leur influence, comme en une espèce de tutelle.
Ce n’était, selon toute apparence, qu’une sorte de chef militaire; quant à la partie administrative de l’État,elle était tout entière dans les mêmes mains que les fonctions du Sacerdoce, ou autrement dans celles de la société de Crata Report, composée et dirigée par les prêtres. Ils étaient en même temps les uniques dé— positaires des lettres et des sciences qu’ils avaient con centréés dans cette société, et qu’ils cultivaient exclu sivement.
Dans notre civilisation moderne, on regarde comme un principe sacré, que les lumières et les connais— sances sont un domaine commun, auquel tous les hommes ont droit de participer selon l’étendue de leurs facultés intellectuelles : là, on les regardait comme un haut privilège exploité par un petit nombre d’individus choisis, organisés en communauté parti culière, unis par desliens étroits, par des engagements solennels, par des serments de discrétion.
L’organisation politique de la Chine, où le corps des lettrés est seul en possession des sciences, nous pré sente une image de cette manière de gouverner. On jugeait que le peuple égyptien, pour cultiver ses terres
GRATA REPOA 47 laissées à découvert parla retraite du Nil, construire ses immenses édifices, et manger ses oignons, n’avait pas besoin d’un grand fond d’instruction, comme on juge encore à présent que le pleuple chinois, pour faire pousser son riz, et pour être conduit à coups de bam bou, depuis le premier mandarin jusqu’au dernier villageois, peut également rester dans une profonde ignorance.
On l’y entretient d’autant plus facilement, qu’on le prive, comme les anciens Égyptiens, de toute communication avec les nations étrangères et com merçantes. Si l’on n’adopte pas l’opinion de lord Macartney, auteur d’un Voyage en Chine, qui prétend que les Chinois sont une colonie sortie d’Égypte, on ne pourra du moins se refuser à reconnaître que ces deux grandes nations paraissent avoir une origine commune, qui ne peut être que l’Inde.
Dans quel temps ces migrations ont-elles eu lieu ? Consultez les annales de la Chine. Un vieux médecin allemand, le doc_teur Cheffer, mort, ily a quelques années, à Paris, a publié un ou vrage dans lequel il expose que la Chine est gouver— née d’après un système mystérieux qui ressemble à la Fi'.'.—M.'., et dont l’empereur est le chef suprême.
Cette observation, si elle est fondée, serait une nou velle preuve d’une origine semblable avec l’Égypte. Dans tous les cas, combien de gens, parmi nous, sont en admiration devant le privilège de la concen tration des lumières, et disposés à répandre à profw sion l'ignorance, l’erreur et la misère parmi la popu lation! Il n’est pas toujours besoin d’aller en Chine pour rencontrer des Chinois !
48 L’INITIATION (B) Ce que l’on appelle aujourd’hui dans la Fr.‘. Maç.‘. Cabinet de réflexions. (C) Le fond de la doctrine mystérieuse était de re connaître un seul Dieu, et de laisser les croyances du polythéisme à un peuple ignorant, imbu de l’existence d’une multitude de dieux qui exerçaient isolément leur pouvoir sur chacune des parties de la nature.
Cette doctrine était la même chez les Grecs éclairés, mais elle ne pouvait non plus, au milieu d'eux, par respect pour l'opinion populaire, être professée que dans des réunions mystérieuses qui étaient alors diri— gées par les philosophes les plus célèbres, et avaient lieu dans le temple d'Eleusis, sous le prétexte de cé lébrer les fêtes de Gérés ou la bonne Déesse.
Ce fut cette même doctrine, devenue en opposition avec celle des prêtres de ce temps, qui fit condamner le plus sage des hommes à boire la ciguë. (D) Caducée de Mercure. Emblème du mouvement du soleil autour de l'écliptique. (E) En rapprochant cette particularité avec ce qui se remarque dans un livre célèbre, on trouvera sans doute que la ressemblance de système mérite de fixer l’attention des personnes qui réfléchissent.
Aussi ne faut—il pas perdre de vue que l’auteur de la Genèse avait été élevé à la cour des Pharaons, et initié aux Mystères; en un mot, qu‘il avait puisé, dans ce ber ceau des sciences et de la civilisation, des connais sances de l’étendue desquelles on n’a jamais douté, tant en matière de législation religieuse qu’en haute politique, et dont il donna des preuves aussitôt qu’il se fut mis à la tête de sa nation. .% , , ce,
GRATA REPOA 49 \ . (F) Personne n’ignore que les langues anciennes étaient harmonieuses dans leur prononciation.
On peut se rendre raison avec justesse de cet effet de pro sodie, en considérant que les sons n’avaient pas de règles fixes, ce qui venait sans doute de ce que les langues primitives n’étaient représentées que par les consonnes, et de ce qu’on laissait ainsi au goût de l’orateur la faculté de donner aux voyelles les in flexions qui lui paraissaient les plus propres à produire les effets qu’il désirait : on ne doit donc pas s’étonner que les orateurs, en déclamant, exprimaient une sorte de chant.
D’ailleurs, l’épithète odos indique assez que c’est de là que le mot ode a été dérivé, et la véritable signification de ce mot est je chante. (G) Les anciens connaissaient vraisemblablement ce qu’on appelle de nos jours la baudruche : c’est l’épiderme qui tapisse l’intérieur du fanon du bœuf; on s’en sert à divers usages, notamment en chirurgie.
On a vu à Paris, en 1785, une chose fort curieuse en ce genre: c’était toute une chasse, hommes, chevaux, chiens, etc., de grandeur naturelle, faits avec de la baudruche.
Il y avait différents autres objets; mais l’un des plus remarquables était la figure du monstre que Racine a décrit en vers si harmonieux dans Phêdre: Cependant sur le dos de la plaine liquide, S’élève à gros bouillons une montagne humide: L’onde approche, se brise, et vomit à nos yeux, Parmi des flots d’écume, un monstre furieux.
Son front large est armé de cornes menaçantes; Tont son corps est couvert d’écailles jaunissantes; lndomptable taureau, dragon impétueux, Sa croupe se recourbe en replis tortueux;
50 L’INITIATION Ses longs mugissements font trembler le rivage: Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage; La terre s’en émeut, l'air en est infecté, Le flot qui l'apporta recule épouvanté. Cet être imaginaire, peint des couleurs convenables et entièrement conforme au tableau qu’en offre le su limé poète, présentait une énorme dimension.
Ce pendant, toute cette ménagerie, qui remplissait un très grand salon, était suspendue au plafond par de légers fils qu’on apercevait à peine ; et lorsqu’il fallait la transporter, on la refermait dans une boîte de 3 pieds carrés : il est vrai qu’alors on avait rendu la liberté à l’air que renférmaient ces figures, et qui leur donnait tant de volume.
On fait aussi des lits de voyage en baudruche; quand on est levé, on met son matelas et son oreiller dans sa poche. (H) Le mot Jehova sans point exprime Jao. Il est à remarquer que ce dernier nom est le mot sacré du 88,3 degré de Misrai’m.
Il est écrit par erreur Zao dans les cahiers du rite et dans le Tuileur de tous les rites, p. 421 ; quoiqu’il soit vrai de dire que le j, ou le dia de l’Inde, était rendu par Z, dans certaines contrées. (1) Toutefois les traditions du polythéisme n’étaient pas absurdes à leur origine: c’était la suite d’em blèmes ingénieux qui avaient exprimé, à leur nais sance, ou un sentiment d’admiration pour certains êtres qui avaient étonné les hommes par des actions prodigieuses, ou mérité leur profonde reconnaissance par d’éminents services rendus à la société, tels que d’avoir enseigné àcultiver la terre, à fixer les pensées à l’aide de caractères figurés sur une matière durable, ou qui avaient pour objet, par exemple, de représen
GRATA REPOA 5 1 ter la force, le travail etl’agriculture sous la forme du bœuf, etc. Mais la main du temps ayant effacé ces louables causes primitives, ces emblèmes étaient de— venus des objets d’une crédulité purement matérielle et absurde.
C’est ainsi que la superstition ne manque jamais de dénaturer les choses les plus raisonnables dans l’esprit du vulgaire, et trop souvent de profiter de son erreur pour en abuser. (K) On ne doit pas remarquer sans quelque sur prise, que, dans ces temps reculés, les prêtres profes saient les doctrines les plus éclairées, les plus saines, et qu’ils étaient ennemis de l’ignorance, de la four berie et de la superstition.
Temps heureux! combien ils sont loin de nous!
Une vérité qui saute aux yeux, et démontrée de plus en plus par des milliers d’exemples, c’est que les connaissances développent l’esprit; c’est que les lu mières de la philosophie, en élevant l’âme, étendent la raison, et conduisent l'homme à des idées justes, à des opinions sages, àdes sentiments philanthropiques, à des actions utiles et honorables. (L) Cette dissémination des membres de la société mystérieuse peut servir à lever un coin du voile qui couvre un point d’histoire très difficile à expliquer, ce lui de savoir comment une partie des doctrines pro fessées sur les bords du Nil avaient pu pénétrer dans les forêts de la Germanie, et. y être pratiquées, il est vrai, avec la barbarie qu’on doit attendre de ces temps de profonde ignorance.
Ceci ne peut s’expliquer autre ment que par des émigrations partielles, animées par le zèle de la propagation du système. Il n'est pas dou'
52 L’INITIATION 1 teux encore que les persécutions ont contribué, a diverses époques, à expatrier les Initiés, et à répandre les doctrines. Il est plus aisé de comprendre comment des doctrines aussi sages avaient dégénéré en despo— tisme absolu, soutenu par des sacrifices humains, et en superstitions fanatiques, en considérant la facilité d’abuser de la crédulité de peuples à moitié sauvages.
Quoi qu’il en soit, Thomas Payne a, dans une bro chure, cherché l’origine de la Fr.'.—Maç.'. parmi les usages et les pratiques des Druides. D'autres écrivains la font sortir de l’intérieur des pyramides.
Il doit suivre de ce rapprochement, et des vraisemblances qui existent de part et d’autre, qu’il y a, jusqu’à un certain point, connexité entre ces deux sources, et, par conséquent, qu’elles ont dû avoir une origine com mune. (M) Il y a lieu de croire que le breuvage d’une li queur douce et agréable que l’on présentait au nou veau Prophète, était une allégorie qui devait signifier que dorénavant il n’aurait que les douceurs de la science à recueillir. (N‘- La forme d’une croix remonte bien au delà de l‘origine du christianisme.
Chez les Grecs, entre autres, on en faisait usage en ornements ; leurs édifices consacrés au culte religieux, étaient disposés en croix : cette forme représentait les quatre points cardinaux. (O) Adon (seigneuxj. racine d’Adonz’s, singulier d’Adonai’. (P) l .’écrivain allemand dit positivement: « Ils ne pouvaient boire de la bière ». \ On sait aujourd’hui, a n’en pas douter, que l’ori
L’ORIGINE ou TAROT 53 gine de cette boisson salutaire remonte aux prêtres d’Égypte, qui regardaient l’usage du vin comme pou vant devenir pernicieux à l’homme, sous une tempé rature brûlante, surtout dans la jeunesse.
Mahomet paraît avoir recueilli cette ancienne tradition, et l’a prescrite comme un des principaux points fondamen taux de la religion qu’il a établie : c’était vraisembla blement par le même motif. (Q) D’où est venu, selon toute apparence, sarco phage. (R) Voyez le Banquet des sept Sages, où l’usage. éminemment philosophique, de retracer la mort au milieu des plaisirs est rappelé comme pour dire: Usez bien de la vie; mais n’oubliez pas que vous devez la quitter.
UN INITIIL‘. L’®RIGINE DU TART’ A quelle époque a été inventé le jeu du Tarot? Faut-il remonter à l’antique Egypte, comme quelques uns le soutiennent, pour en retrouver l’origine,ou bien faut-il s’arrêter tout simplement au moyen âge, au XIV" ou au xv" siècle? Voyons s’il est possible de jeter quelque clarté sur la solution de ce difficile pro blême I Les figures du Tarot, tel que nous le possédons, sont incontestablement du moyen âge. Les symboles
54 L’INITIATION sont aussi de cette époque. « Les Tarots, dit M. Paul Lacroix(r‘,, offrant une représentation philosophique de la vie au point de vue chrétien, ce jeu représente l’homme dans les différents états que la naissance lui donne et dans les conditions diverses où la nature le place : ici, lefou et l'amoureux; là le pape et l’empe— reur.
L’homme, quel que fût son rang social, devait fuir le diable, écouter la religion (l’hermite) et s’atta cher aux vertus : laforce, la justice, la tempérance en poursuivant la fortune, car un jour ou l'autre la mort viendrait, la mort qui saisit le vif sur une potence (le pendu) comme sur un char de triomphe, la mort qui amène le jugement des âmes et qui ouvre aux justes. la maison-Dieu. » Le point de vue chrétien n’empêche pas d’ailleurs d’admettre une certaine influence du monde,du soleil, de la lune et des étoiles sur la vie humaine. .
Ainsi en supposant que l’origine du Tarot remonte à la plus haute antiquité, nous sommes toujours obli gés d’admettre qu’il a subi une transformation com plète à la fin du moyen âge et que les figures de l’an' cien Tarot ont totalement disparu. Donc notre Tarot actuel a une origine moyen âge. Il Avons-nous quelque indice de l’existence chez les anciens d’un jeu analogue à celui du Tarot?
Platon, dans son Phœa’re, dit que le dieu égyptien Thot, qui avait appris aux hommes les mathémati ‘ (r) Le Moyen Age et la Renaissance.
L’ORIGINE DU TAROT 55 ques et l’astrologie, inventa le jeu des osselets (tali ou calculz') et le jeu des dés (alea). Or les dés ainsi que les osselets ai’fectaient différentes formes et, outre les pOints, offraient différentes figures peintes ou sculptées. Saint Cyprien, ou l’auteur anonyme du traité De aleatoribus, accuse l’esprit du mal d’avoir inspiré l’habile joueur qui fabriqua des dés portant l’image des démons (des dieux).
Erudilus... instinclu solius Zobulz‘... hanc ergo artem ostendit, quam et colendam sculpturis cum sua imagine fabricant. Turnèbe,pour expliquer ce passage important, rappelle que l’on voyait sur lesdés les images du chien, du vautour, d’Hercule, de Vénus, etc. In l‘alis erant aliquibusfortasse numeri, ut Senio; figuræ, jula canem, uulturem, Venerem, Hercu lem... Martin Delrio (Disquis. magie, lib.
VI) prétend aussi que les dés et les osselets portaient des figures et des noms de dieux ou de déesses.
Ces noms se trou— vent cités plus d’une fois dans les comédies de Plaute et,dit M. Lacroix,l’on pourrait établir par de bonnes autorités que les tessères, en devenant des plaques d’os ou de bois ornés de signes ou de peintures (tabu læ sigillalæ) devaient ressembler beaucoup aux cartes indiennes peintes également sur des feuilles d’ivoire ou d’écaille, carrées, rondes ou octogones, cartes in diennes qui ne remontent pas d’ailleurs au delà du xne siècle. Voilà tout ce que nous savons de l’existence chez les anciens de jeux analogues à celui des Tarots.
56 L'INITIATION [Il En supposant que les figures du Tarot actuel soient des transformations de figures remontant à l’antiquité, n’est-il pas possible de retrouver quelques traces de ces anciennes figures?Je crois la chose possible, et nous l’avons déjà essayé ici même, dans cette revue. Or à quel pays et à quelle époque nous rapportent les figures ainsi reconstituées P A l’Egypte, mais à l’Egypte du n“ ou du m“ siècle de notre ère. Nous les reconnaissons comme étant l‘œuvre de juifs néoplato niciens. Répandues dans tout l’Orient avec différentes mo difications, ce fut à la suite des croisades qu’elles pé— nétrèrent en Europe, et là elles subirent aussi les transformations qui ont abouti au jeu de Tarot actuel. Dr FUGAIRON.
,. y u...a.. , v . . , . .. w‘“——W——’—urrwnmwwnuw BIBLIOGRAPHIE ii°ïmsmrrmu îrutrrur PAR F.-CH. BARLET (1) Chaque fois qu’il nous faut parler d’une nouvelle œuvre de Barlet, notre hésitation est grande, car chaque fois c’est sous un nouvel aspect que son mer veilleux talent nous apparaît. Nos lecteurs connais Sent la tâche que les occultistes s’étaient imposée, alors que, sympathiquement groupés, ils entamèrent la lutte contre le matérialisme partout triomphant. Convaincus que les efforts individuels, quel que fût du reste le talent des personnalités, demeureraient vains, les fondateurs du Groupe ésotérique organisèrent partout des centres de propagande et des grou pements régionaux, ce qui permit d’étendre l’influence de l’occultisme, non seulement en Europe mais en core en Amérique et jusqu’en Inde-Chine. Mais paral lèlement à cette œuvre de propagande, il fallait re (1) F.-CH. BARLET, I'Instruction intégrale, programme rai sonné d'instruction à tous les degrés. Premier volume, l’Ins— truction primaire. Paris, Chamuel, éditeur, 1 vol. in-r8, 4 fr
58 L’INITIATION constituer l’étude synthétique de chaque science, pour bien prouver que l’occultisme ne prétend pas seule ment remettre au jour les vieilles traditions hermé tiques sur la Magie et la Théurgie; mais qu’il affirme encore posséder une clef synthétique capable de don ner à toutes les sciences analytiques ce lien général qui les éclaire et les spiritualise l’une par l’autre.
Dans ce cas les paroles ne suffisaient plus, il fallait des actes, et, partant, un travail considérable ; car pour appliquer la clef synthétique aux diverses sciences, il fallait commencer par les posséder presque toutes et dans leur plus grand détail.
De plus, il fallait être persuadé d’avance que tous les efforts tentés seraient vains quant à l’action immédiate, et que les promoteurs du mouvement n‘en retireraient pour eux ni honneurs ni profits; mais que leurs travaux seraient consciencieusement démarqués par les jeunes savants avides de se tailler un facile succès.
Le devoir n’a pas à tenir compte des futilités de l’existence; le devoir des occultistes était d’opposer la révélation des sciences hermétiques au matérialisme dont les parti sans possédaient presque toutes les chaires de science dans l’Université; aussi cette révélation fut-elle faite avec toute la prudence nécessaire ; le devoir des occultistes était encore de déterminer les applications de la synthèse à nos sciences, c’est là la raison d’être du travail que nous analysons actuellement et qui demande quelques lignes d’explication préparatoire.
NOS lecteurs savent comment Stanislas de Guaita s’est chargé d’approfondir les arcanes hermétiques et d’en révéler, avec quel talent, les points les plus sail \
L’INSTRUCTION INTÉGRALE 59 lantsl Julien Lejay fut spécialement chargé d’étudier l’esthétique et les sciences sociales, votre serviteur re çut en partage l’étude des sciences biologiques, et Bar let se chargea de presque tout le reste: car il travail— lait la question depuis dix-huit ans bientôt.
C’est ainsi qu’à côté de la synthèse del’Esthétique (Lejay et Bar let), de la Physiologie Synthétique, de l’Anatomie Philosophique (Papus) de l’Anatomie et Physiologie de l’Orchestre (Papus et Delius) parurent successive— ment issus uniquement de la plume de Barlet : L’Évolutz’on de l’1dée, I VOL, application de la loi synthétique à l‘histoire de la Philosophie. La Chimie Synthétique, application à la chimie.
LÎEssai de Sociologie Synthétique; application à la Sociologie (à laquelle Lejay avait aussi collaboré). Le Zodiaque et les Génies planétaires, analyse de 7 la loi synthétique dans son principe et dans ses fins. Enfin l’Instruction Intégrale qui a pour but de ra mener la science au spiritualisme par les enseigne ments issus de la science seule.
C’est une tentative de révolution de la pédagogie dont le premier vo lume, l’Instructz’on primaire, vient seulement de pa raître. Et, afin qu’on ne croie pas que notre affirmation que ces travaux ne servent qu’aux autres est gratuite, nous allons donner en passant quelques exemples.
Nos lecteurs savent que, dès 1888, les occultistes ensei— gnaient que la société devait être étudiée comme un être vivant dont les êtres humains étaient les cellules constituantes. Il y avait donc une Anatomie, une Phy siologie et une Pathologie sociales. Des travaux divers .- .- ..-—_.W.,. :..‘:::r—aæ — —u4— ———4‘——t
60 L’INITIATION sur le sujet furent publiés, sans parler de ceux de Saint Yves d'Alveydre, par Barlet et Lejay, de I888 à 1895. Or il suffit d'ouvrir les derniers travaux consacrés à la Sociologie dans les graves revues spéciales pour re trouver, développées et démarquées, la plupart de ces idées défendues par des sociologues aussi « émi nents » « qu’originaux » et cela, sans la moindre ci— tation d’origine.
Croyez—vous que ces vétilles puissent arrêter, même un instant, les efforts de ceux qui font leur devoir sans s’inquiéter du reste? L'avenir jugera, s’il le faut, ces questions dont nous pourrions mon trer encore de multiples exemples. Pour nous, la certitude du devoir accompli suffit amplement; aussi revenons au présent travail de Barlet. o ‘O Le volume qui vient de paraître est consacré à l’Ins truction primaire.
Et c‘était sans contredit la partie la plus ardue de la tâche, car rien n’est plus difficile que d’arriver à rendre clairs les premiers éléments des sciences et des lettres. L’Introductz‘on qui a paru en entier dans l’Initia tion est consacrée à exposer et à résoudre ce problème ardu de la pédagogie multa aut multum contre lequel les éducateurs contemporains ont presque tous échoué.
Barlet montre que le seul flambeau qui puisse guider dans ce chaos, c’est l’Unite’ appliquée partout et, seule, l’Instruction intégrale basée sur la loi de la Trinité est susceptible de mettre au jour cette Unité dans toutes les applications possibles. Enfin notons la remarque capitale qu’il existe plusieurs sortes de tri— .æ-mæ«
L’INSTRUCTION INTÉGRALE 61 nités que l’auteur analyse soigneusement dès son in troduction. Les connaissances humaines sont partagées en trois groupes suivant qu’elles se rapportent au Monde Physique, au Monde Intelligible ou au Monde Méta physique, chacun d’eux subdivisé à son tour par les faits, les lois et les Principes.
De plus un quatrième ordre de connaissances à caractère synthétique « ra mène le ternaire à l’Unité par le quaternaire » comme dirait un élève d’Eliphas Levi. Cette méthode lumineuse, tirée des sciences hermé— tiques, va permettre à l’auteur de résoudre comme en se jouant une série de problèmes des plus ardus.
C'est l’application à nos sciences et à nos méthodes du XIX° siècle des trois ternaires synthétisés par l’Unité de la Kabbale, c’est-à-dire des dix Sephiroth. Et cela sans un mot d’occulte, sans un terme qui puisse trahir la clef mystérieuse qui a permis d’ouvrir toutes les serrures fermées. Voyons d’abord comment est façonné le cerveau de l’enfant.
La première année (7 ans) est consacréeà la distinc— tion des sciences au moyen presque exclusif des leçons de choses. La 2° année (8 ans) aborde la construction des sciences. ' La 3e année (9 ans) aborde les études analytiques. La 4° année(ro ans) aborde les étudessynthétr‘ques spéciales. La 5° année (1 1 à 12 ans) aborde les études synthé— tiques générales.
62 L'INITIATION Enfin la 6° année (I2 à 13 ans) aborde l’Applz’ca tion de la connaissance. Or dans chacune de ces six années les mêmes scien ces vont être reprises sous des aspects de plus en plus élevés, si bien qu'à treize ans l’enfant, soit qu’il entre à l'école professionnelle, soit qu’il continue ses études aura une instruction absolument complète sur tout, quoique primaire.
Il connaîtra les éléments solides sur lesquels il pourra plus tard développer toutes les res sources de son intelligence. Le tableau suivant indi quera parfaitement toutes ces données :
L’iNSTRUCTION [NTÉGRALE 63 TABLE SYNOPTIQUE DES MATIÈRES ‘ (Applicables seulement aux années moyennes, non aux extrêmes) (Les numéros donnés sont les numéros d’ordre.) DÉSIGNATION DES MATIÈRES 2° ANNÊEÀ3° ANNÉE 4° ANNÉE 5e ANNÉE 1 let Ordre. Sciences de la 1 Nature . . . . . . . . 69 112 166 » 1“’ Classe. Sciences na— turelles . . . . . . . . 69 112 166 » Zoologie . . . . . . . . 12 36à38 76à82 » Botanique . . . . . . .
13 39à41 83à8 » M1néralmie . . . . . . 14 42 goàgg » 2° Classe. Sciences phy sico-chimiques . . .l 15 Chimie . . . . . . . . . 16 43àg8 94à99 » Physique . . . . . . . . 17-18 49à 5 101à108 » Mécanique . . . . . . . 19 56 1ogà11g » 3° Classe. Sciences de . mesures . . . . . . . 20 » 120 » Géométrie . . . . . . . 21 57 à58 121 à 12 » Arithmétique . . . . . 21 hi! 59 13oà13 » Ilc Ordre. Sciences de l’homme . . . . . . . 22 » 137 » 11‘c Classe.
Graphique. . 23 60 13 » 2° Classe. Langage. . . 2 61 13 » 3° Classe. Psychologie. 2 62 13gà143 >> 1119 Ordre. Sciences des Principes . . . . . . . 26 >> >> >> 1Pe Classe. Esthétique . 2 63 144à 146 » 2° Classe. Éthique. . . . 2 64 147 » 3° Clâsse. Faits méta65 8 p 51 ues . . . . . . 2 14 » lV° Ord3e.qSciences syn9 thétiques . . . . . . . 30 66 » 169à 170 1” Cla85e. Ph siogonie. 31 67 1ggà152 171 à172 2° Classe. An rogonie .
32 68à69 1 à165 173à213 3° Classe. Métaphysique 33 7oà72 166 214à216 Distribution du temps pour chaque année . . . . 34 73 168 219 NOTA. — En parcourant l‘ouvrage dans l’ordre indiqué par cette table, et même seulement pour une des sciences ci-dessus, a son choix, le lecteur pourra se rendre immédiatement compte de la marche de ce programme dans la suite des années : celle dans le cours d'une année est indiquée par l'ordre même de cette table.
64 L’INITIATlON 1 Disons maintenant quelques mots de la classifi cation adoptée dans les sciences naturelles: Ayant retrouvé la loi générale d’adaptation dans la tradition ésotérique, Barlet a demandé à cette même tradition une classification synthétique des sciences physiques et des sciences naturelles, et il est parvenu à rendre à la série hermétique, Feu, Air, Eau, Terre, un lustre bien mérité. Et ici qu’il nous soit permis de citer ces divisions élémentaires, véritables merveilles de clarté.
ŒI'IV!IOZ;ILNI NOILDDHlSNI,’I A .n‘.. ...t.g« Uvutw LES ANIMAUX VIVENT : OU SUR TERRE OU DANS L’AIR OU DANS L’EAU et dans l’air surtout se posant sur et très peu ou peint (très peu dans l’eau) terre et même nageant dans l’air et sur la terre ANIMAUX A POIL ANIMAUX A PLUMES ANIMAUXàÉCA/LLES à os leins A dont les peiits naissent ( _à 05 C;eux d à arêtes vivants et se naissent ans es . , _ ANIMAUX A OS nourrissent de lait . œufs) (“fussent d œufs) (sans (MAMMIFÈRES) (OISEAUX) (POISSONS) métamorphoses . res irent par des oures irent ar des ou- 'res irent ar des bran— _ _ I( p mons . p ( p mËns). p ’ p ç}fies), Animaux nais ANIMAUX AMPHIBIES ’ Saï“ d'un oeuf ‘( (Reptiles à branchies et poumons) Sur Terre et dans I'Air Dans l’Eau et sur Terre ’à sqpçlette INSECTES. CRUSTACÉS. " “_ t» ANIMAUX SANOS extérieur » MOLLUSQUES (en partie). (à métamorphoses). Squelette — Parthénoge’nèse. sans (Quelques insectes). VERS ()partie des mollus— ues . extérieur » ZOOPI—IYTES. —— Bourgeonnement.
66 LlNI'I'IA'I'ION ..,. r jl LES VÉGÉTAUX VIVENT A Ou en Terre et eau ou en air et eau ou dans l'eau seule Ou en terre avec une grande partie dans l’Air |(Structure fibreuse avec vaisseaux) (Structure cellulaire A Fleurs apparentes (phanérosans V3ä‘ê‘âÏäh sans games) w» Cryptogames Et plus ou moins com à fleurs plètes nues (Fougères, Mousses, algues, lichens, champi w gnons. etc., jusqu'aux ‘gymno,s' microscop1ques) Exogènes Endogènes Penne") (corres- (correspon_,. pondant dant (les arbres aux aux ammaux verts, etc.) (acolylédonés) animaux sans os à os ( ol coty— (monocotylé flédänés) au doués) III. — Minéralogie.
14. — Plus d’organes, plus de fonctions. Les modifications sont purement physiques ou chimiques. Leur structure dépend donc de leur formation, et fournitîtout d’abord à première vue la classification suivante: A. Les pierres d’Eau, (Déposées parles eaux en couches sédimentaires, et empruntées aux squelettes des êtres vivants.) 4. -c4
L’INSTRUCTION INTÉGRALE 67 VÉGÉTAUX ANIMAUX (Tourbe, Chafb0nS, (Crustacés ou mollus etC-l ques.) . La craie, le calcaire. (Les fossiles de tous genres). (Démonstration parles phénomènes actuels.) B. Les pierres de Feu. (Formées par fusion, en dépôts irréguliers, en pâtes solidifiées, plus ou moins cristallisées.) ‘ I . TERREUSES OU MÉTALLIQUES (Granites, basaltes, (Minerais métalli etc.) ques.) (Distinction purement chimique.) C.
Les pierres mixtes ou Terres. (Sédiments inorganiques, empruntés aux pierres de ‘ feu, au moyen de l'eau.) (Les argiles, les sables, les marnes, etc.) D. Les pierres célestes (ou d’air) aérolithes, beau coup plus rares. On voit que les distinctions sont empruntées aux actions physiques ou chimiques.
La loi trinitaire se retrouve encore dans les pre— miers enseignements consacrés à la Physique; mais ici les occultistes me permettront de leur faire part d’un curieux rapprochement. Cet enseignement de Barlet sur la Physique, basé sur la distinction fonda .. ..,4_ , -.M.M -..——-——»—— ‘À‘flflhwhwmw .m bon. ma
68 L’INITIATION mentale de l’astringence et de l’expansion, donnera la clef à ceux qui voudront l‘étudier dans son prin cipe: l° Du Sepher Bereschit de Moïse dont Fabre d'Oli vet a traduit une partie ; 2° De la base et des développements du système de Boëhme. Aussi donnerons-nous tout le début de cet admi rable travail. Il. — De la Physique. 17. — 1°C’est encore l’action du feu qui va nous fournir le plan d’étude des phénomènes physiques.
Un corps froid est généralement plus serré, plus rapproché de l’état solide (de l’état de terre) qu’un corps qui renferme plus de feu. (Ex.: le fer et le soufre, le chlore ou l’oxygène et même plus générale— ment les métalloïdes et les métaux). 2° Si l’on ajoute de la chaleur (du feu) à un corps plus ou moins froid, il se desserre, se dilate, jusqu’à fondre, jusqu’à se volatiliser.
3° Comment s’explique cet effet? —- Par la struc— ture moléculaire des corps (prouvée par la porosité et la compressibilité) Dans les trois états que peut tra verser un corps: solide, liquide ou gazeux, les molé* cules se conduisent différemment. A l’état solide (absence de feu), elles's’attirent l’une et l’autre (preuve par la solidification des poudres abandonnées à elles—mêmes et en général la cohésion). A l’état gazeux (feu ajouté), elles se repoussent
l zcç-v—W wwvW}-. ..... .. mw-z:u—u_. L’INSTRUCTION INTÉGRALE 69 (preuve par la pression des gaz sur les vases). A l’état liquide, elles sont dans une situation inter— médiaire et tout à fait instable, ne se repoussant ni ne s’attirant, toujours prêtes à se solidifier ou à s’éva— porer selon la température ambiante (tension des liquides).
4” Par conséquent, ce qui nous apparaît comme Feu, c’est une force répulsive, expansive, qui tend à subtiliser les corps en écartant indéfiniment leurs molécules. Mais il y a une force contraire, attractive, astrin gente, condensante, concentrante (celle qui resserre les solides). 5° Les molécules des corps sont sollicitées à la fois par ces deux forces: L’Expansion et l’Astrz‘ngence.
La première est active par nature ; elle produit le mouvement, le rayonnement, la dilatation, la Vie. La seconde est de nature passive, résistante; elle ramène au centre, elle éteint le mouvement; elle tend à l’inertie. C’est elle qui produit la cohésion, la pesanteur (par attraction vers le centre de la terre).
6“ Si ces deux forces. exactement contraires, s’op posent l’une à l’autre, entrent en lutte, les molécules alternativement attirées et repoussées, comme hési tant entre elles deux, ballotées entre les deux efforts, mettent en jeu l’élasticité du corps que leur assem blage compose: elles vibrent. Ces vibrations, selon leur grossièreté ou leur rapi dité, constituent ce que nous appelons la Lumière, la Chaleur et le Son.
70 L’INITIATION On expliquera à l’élève l’effet de la transmission de vibrations par des ondes produites sur l’eau, et on lui fera comprendre ainsi très sommairement la pro pagation, la réflexion et même la réfraction du son, de la chaleur et de la lumière. On lui donnera une idée des couleurs et des sons par la gamme musicale montrée avec une corde.
Ces deux mouvements d’écartement ou de vibra— tion ne sont pas les seuls; il peut s’en produire un troisième, si l’atome chimique même est ébranlé dans la molécule. Il se fait alors en celle—ci une orien _ tation. On en donnera une idée précise au moyen d‘aimants disposés en série et figurant la molécule.
Cette orientation est ce qu’on nomme l’Electricité, elle se compose de deux forces contraires, rejetées aux deux extrémités oppsées de la molécule, comme dans l’aimant. On peut la disposer ou en forme de courant (circuit fermé), ou en forme d’aimant (circuit ouvert).
L’étude de la physique apparaît donc,clairement indiquée: 1° On apprendra à connaître chacune des deux forces contraires, l’Astringence et l’-Expansion, consi— dérées isolément (cohésion, pesanteur, dilatation, changement d'état des corps). 2° On les étudiera ensuite en conflit, produisant les vibrations (son, chaleur, lumière, leur propaga— tion et ses effets). 3° On les verra, par polarisation, produire les phé nomènes de l’électricité (statique, dynamique ou magnétique).
L’INSTRUCTION INTÉGRALE 71 7mmnv vë vwwfl-ïv w . . :Ï ,, - X-- z: '. . Le tableau suivant présente l’ensemble de ces dis tinctions. 18. — Résumé de la Physique : /’Attire vers le point central (par exemple pourla terre, son centre), resserre, condense. Son intensité diminue rapidement à mesure qu’on s‘élotgne du centre (en raison inverse du carré L,Astl_in_ de la distance).
Elle ne domine pas dans la même i C . genœ' proportion dans toutes les subs ompararson tances; de , - D’où les différences de densités deux manlfes' ' (attraction d’une molécule a l’au tations ( tre) et de poids (attraction de de la Force 1 tout le corps vers le centre de la , \ terre‘-. (lorsque lune ’ dominé l’autre I ‘ . . - r . ‘ E101 ne écarte diminue la densrte. consrdérable— I g. ’ . , ’. . .
Son mœusrte diminue avec la dis ment) tance du point d’où elle émane, l > comme ce e de l’astringence, _en ( L‘Expan_ raison mverse du carre des dis— l . tances. ‘ snon : Elle ne domine pas dans la même proportion en toutes les subs tances. ‘ D’où les différences d’état des corps *, (solide, liquide ou gazeux). *\» * 1...... .7 . ..n«-....... .
72 L’INITIATION à 3 8 _ i° Chaleur .03 E .,; Amplitude maxima '5-8 .n 2 (momdre nombre par seconde) "‘ au . Ëg’ë g _ 2° Lumière E ,,, g g Amplitude moyenne. 0.—. . . i ”>"3_g’Ë . 3° P_hqtochimie; 3,: o 9Amplitude minima z 3 ‘,5,% (plus grand nombre par seconde). .g 3 é, 8 l‘ La cohésion (et l'état solide, gra 'U Ë_tä g: vnauon des molécules). s—b v0 . . . . g 5 V, "’ E 2° La liqmdité (rotation des molé g-;;.ä' 2 g cules les unes sur les autres).
63 , . î;.g ÊË 3° L état gazeux (répulsmn des mo— ‘=—-’2 °' lécules). . O cg O . Conflit des 2 _i3 Egg (Et,au delà, l’état radiant.) deux forces i.“ 0 ’J.‘ 8 à l'étatde courant (s’il dansles corps 0 -g 2 g " y a Cll‘Cllll). 'U -: _3 i = 2 g; àlétat statique (s’il n’y ,_.
2 % ,9 E '5 a_pas_urcmt,avecdis 5 à E ;;5 ‘” .3 tmcnon de deux for ; ,, ’2‘ 3 3 ces contraires qui é °- 23 8 a “ E cartées à l’origine se 0. —- I— 8 1 «5 E j... ra pr_‘0chènt à lex Ë 3 ,2 _«3 tr mité. u '5 _5_2 Magnétisme .
5 °' 5 dC‘îu‘;Ê’me ( produisant dans le l > ë eta 05" corps magnétique ‘ Ë,’ 8 É Î’à’ î’éurless deux pôles contrai ’ E 3 . ° c“ e res). .\ OBSERVATIONS—Ces trois_ genres de phé v nomènes coexistent sans se nuire, et peuvent se transformer (en apparence) l’un dans l’autre. Mais ce qui caractérisera par-dessus tout les travaux de Barlet aux yeux de l'historien futur de l’Esoté risme, c’est qu’ils suivent strictement et développent la Tradition.
Sans rechercher de parti pris une ori— ginalité basée sur un vague mysticisme à propos du ternaire ou du quaternaire, Barlet continue et com— plète Lacuria et donne enfin (Voir la Constitution du Zodiaque et les Génies Planétaires dans l’Initiafion) la
L’INSTRUCTION INTÉGRALE 73 Y wm “‘1.'&'.""‘"'" .-'-h r‘.‘.':-'«: .-v . clef de ce système de Wronski qui avait jusqu’ici épouvanté les plus hardis.
M. Jhouney félicitait na guère Barlet d’avoir déterminé l’existence de plusieurs genres de trinité (ce qui avait été du reste déterminé par Lacuria et surtout par Wrqnski depuis long temps) ; nous serions heureux d’avoir un compte rendu de l’Instruction Intégrale par le directeur de I’Etoile ainsi que son avis sur le Zodiaque et les Gé— nies Planétaires, M. J houney trouverait, nous en sommes persuadé d’instructives déductions pour tous dans cette étude. n 5*“ Comment ce travail sera-t—il accueilli par les Univer sitaires ?
Un rédacteur de la Revue Philosophique, à qui nous avions donné jadis 1’Evolutz’on de l’Ide’ede Barlet pour en faire un compte rendu nous répondit textuel lement : « C’est l’œuvre d’un fou ou d’un homme de génie; mais en tous cas cela représente un travail phénoménal. » La Revue Philosophique représente cette section de philosophes dévoués au positivisme et souvent aussi au matérialisme.
Chaque année un de ses rédacteurs consacre une étude au « mysticisme » (pour ne pas dire à la folie) ; c’est ainsi qu’on nous désigne. Or les études parues jusqu’à présent sont remarquables par l’igno rance complète du rédacteur touchant les écoles spi ritualistes et leur action. On conçoit l’effarement de ces philosophes qui se croient les seuls « sérieux » - devant l’enthousiasme que montre le public lettré pour '
., v.,,... n, 74 L’INITIATION nos « rêveries». Quand M. Ribot, dont nous connais sons personnellementlalargeur de vues, permettra-HI àl‘un des nôtres d'exposer l‘état de notre mouvement? Il pourra comprendre alors la raison d’être de ce mouvement qui étonnait tant le rédacteur de la Revue Philosophique.
Ceci montre comment l’ouvrage de Barlet doit peu compter sur le jugement des Universitaires imbus des idées de l’école positiviste; mais l’avenir saura rendre justice si le présent refuse de prêter son attention à l’éminent écrivain. Et la conception spiritualiste, les idées de Dieu et de l’âme immortelle, qu'on a voulu chasser de l’École au nom de la science y rentreront par les progrès même de cette science.
Citons en terminant les conclusions de cet ouvrage remarquable qui nous fait désirer impatiemment le second volume consacré à l’instruction secondaire.
OBSERVATIONS FINALES 228. — Bien que les questions de méthodes, de dis tribution du travail, d’établissement d’écoles, ne soient pas comprises dans le sujet traité par le programme qui précède, il n’est pas inutile, cependant, de leur emprunter quelques observations qui achèveront de caractériser l’esprit de l’enseignement proposé : Il faudra se rappeler, comme il est établi dans l’in— troduction, que c’est principalement l’enseignement des faits coordonnés, préparés pour l’explication des lois, mais retenus surtout comme faits. On devra donc se représenter chaque article du programme comme une indication que le maître devra développer
L’INSTRUCTION INTÉGRALE 75 principalement par des exemples vulgaires, et des dé— monstrations pittoresques toujours multipliés et variés: l’ordre qui les coordonne, les principes qui en ressortent devront être cherchés le plus possible par l’élève.
Le maître devra s’attacher aussi, toutes les fois qu’il en aura l’occasion, à persuader, à prouver même au besoin qu’il ne donne qu'un enseignement élémentaire (les synthèses scientifique et négative sont proposées surtout dans ce but).
Il est très important que l'élève ne se laisse pas éblouir par la variété ou la portée de ses études ; c’est à ce sentiment que sont dus les faux jugements, la présomption d’adultes aisément portés par ces sentiments à se déclasser ou à troubler la société. Toutefois, cette précaution demande à être mesurée selon le caractère de chaque élève.
Les faits métaphysiques sont rejetésà la fin de l’en seignement: le maître prendra garde en effet que toute abstraction comme toute pensée métaphysique doit ressortir, pour l’enfant. de son instruction positive, comme une réflexion qu’elle lui doit inspirer, au lieu de lui être imposée à priori comme un fantôme incom préhensible qu’il niera plus tard faute de l’avoir abordée avec une préparation suffisante, Cependant le principe du beau, qui est comme l’élément sensible du métaphysique, est abordable pour lui de très bonne heure au même titre que les révélations de la conscience morale ; il faudra s’at tacher à les lui faire percevoir en toute occasion, en même temps qu’on lui en donnera l’habitude par la musique, le dessin, les modèles de tout genre qui lui
76 L’INITIATION w w seront présentés, l’ordre et l’harmonie des mouvements et de tout ce qui l’entoure. Il faudra toujours se sou venir et lui rappeler que le beau est l’esprit des faits. Ces remarques doivent se compléter par celle sur laquelle il a été insisté plusieurs fois de l’indépen dance spirituelle que l’on s’est efforcé de donner à ce programme.
Il est ni laïque ni religieux dans les sens antagoniste ou sectaire que l‘on songe trop à donner de nos jours à ces deux termes: il est destiné à préparer l’élève à toute religion ou même. par la suite, à tout examen de sa part, s’il en est capable.
En même temps, selon ce qui en a été dit dans l‘in troduction, il est trinitaire, embrassant par consé— quent également le monde métaphysique et le monde matériel, sans nier ou dédaigner ni l’un ni l’autre, et, au lieu de les opposer, il s’attache à les relier par l’en chaînement de leurs intermédiaires. Il en résulte naturellement la notion d’une direction suprême spirituelle.
Elle apparaît forcément ici sous une forme correspondante à cet enseignement des faits, aussi bien qu’aux intelligences qui le reçoivent, c'est-à-dire la notion d’un Créateur providentiel, la seule adéquate à l’enfance, du principe incognoscible.
Ce n’est pas à dire que cette forme doive être défini tive pour l’élève; au contraire, les enseignements sui vants la transformeront en l’éclaircissant, mais il est essentiel qu’ils ne la transforment que par eux; s’il est incapable de les recevoir, il ne*peut que gagner àcon server cette notion avec les enseignements sur lesquels elle s’appuie. Et combien d'intelligences restent en fantines toute leur vie! W . AL.-- ' .l,‘ ...,LJ.—.J
L’INSTRUCTION INTÉGRALE 77 Cependant, jugeant d’après notre état actuel, on pourra objecter que quantité d’enfants capables d’un développement au moins secondaire se trouvent arrêtés par leur condition sociale à l’instruction pri maire et peuvent ainsi se trouver livrés plus tard ou à de fausses conceptions métaphysiques ou à des cri tiques erronées.
C’est qu’il n’y a en effet de remèdes à un pareil état de choses que dans une organisation scolaire qui fournira l’instruction à quelque degré que ce soit à chaque enfant selon ses facultés sans distinc tion de rang ou de naissance. ' Une pareille facilité est même encore insuffisante; beaucoup de vocations s’égarent, beaucoup ne se dé clarent que tardivement ou sont réprimées par le milieu de l‘enfant.
On y peut remédier non seulement par une suite de cours abordables à tout âge parallè— lement au travail quotidien, mais aussi par une sorte d’écoles de transition où l'élève passerait seulement pour reprendre par un travail spécial le niveau de quelque école ordinaire où il voudrait entrer tardi vement. Enfin il faut compter aussi avec des écoles d’apprentissage qui suivent longtemps le développe ment de l’adulte pour le guider.
Mais ces graves questions, on le répète, sont en dehors du sujet traité en ce volume, qui n’est rien de plus que le programme de l’instruction primaire nor male, c’est—à-dire appelée à être suivie ou de celle secondaire ou de l’apprentissage, selon les facultés naturelles de l‘élève, et non d’après quelque autre considération que ce soit. Tout autre question d‘ins— truction publique doit être réservée; elles sont toutes
78 L’INITIATlON d’une importance sociale beaucoup trop considérable pour qu’il soit bon de les traiter incidemment ou légè rement. t . .
Ainsi se termine le résumé que Barlet a consacré à l’instruction primaire après dix—huit années d’étude ; S’il se trouve parmi nos lecteurs un membre de l’Uni versité rédacteur d’un journal pédagogique, il rendra un véritable service au Progrès en étudiant comme il le mérite ce premier travail sur I’Instruction inté— grale. PAPUS.
Le mois prochain ‘sera analysée par Sédir la troi— sième édition du Seuil du Mystère de Stanislas de Guaita. )Ë’Extériorisatim de la fiensibilité Ce dernier livre de M. de Rochas est purement, comme l’indique le titre, une collection d’expériences et de documents. Les unes et les autres sont destinés à produire une véritable révolution dans les catégo— ries mentales des savants dignes de ce nom.
L’auteur a parfaitement conscience de cette caractéristique de son œuvre, et il la précise avec force en consacrant sa préface tout entière à la nécessité qui s’impose, pour l’observateur impartial, de se dégager d’abord de tout préjugé scientifique. Il rappelle et dévelop
L’EXTÉRIORISATION DE LA SENSIBILITÉ 79 ce judicieux conseil de sir John Herschell : « Le parfait observateur, dans quelque branche que ce soit de la science, aura toujours les yeux ouverts, pour ainsi dire, sur ceci, que l’on peut se trouver à l’im proviste en face de telle occurence qui, selon les idées reçues, ne doit pas se présenter et que ce sont ces faits qui servent de base aux nouvelles découvertes. » Mais passons à l’étude du livre, en lui-même.
Il se compose de cinq chapitres augmentés de notes histo riques, explicatives ou justificatives. M. de Rochas poursuit l’étude de l’homme dans ses rapports avec le monde extérieur en approfondis sant les divers plans de ces doubles positions, plans qui constituent les états de conscience.
Théorique— ment, il y a autant d’états de conscience qu’il y a de principes constitutifs dans le Microcosme et dans le Macrocosme : trois, quatre, cinq (vidantisme), sept, neuf, dix, etc., —- puisque ce qui constitue le Moi et le Non-Moi, c’est la conscience de leur individualisa tion, c’est le concept de séparativité.
Parti, avec tous les chercheurs modernes, de la cons cience sensorielle, hyperesthésiée dans l’hypnose, M. de Rochas en a approfondi l’étude, de telle sorte qu’il parvient actuellement à dissocier du corps physi que son organisme sensoriel, c’est-à-dire son corps as tral sensible, en termes d’ésotérisme. Le volume dont nous parlons aujourd’hui contient l’exposé de ces re— cherches et leur développement.
Les expériences de Reichenbach lui servirent de point de départ: il s’agissait de savoir si la sensation lumineuse, l’émanation odique du savant autrichien
80 L’INITIATION est une perception objective ou subjective; pour arriver à la démonstration de cette objectivité, les questions suivantes ont été résolues d'une façon satisfaisante : 1° Y a-t-il perception d’un phénomène réel, non si mulé, ni résultant d’une hallucination ? 2° Par quel organe se fait la perception ? 3° Comment les sujets décrivent-ils l’effluve ?
4° Ces descriptions accusent elles une influence particulière des agents (I) qui re— présentent les différentes formes de l’énergie. — Les différents états de l'hypnose exercent-ils une influence sur la vision de l’efiluve ? La perception de l’effluve peut-elle être influencée par la suggestion P —— La production et la perception de l’hypnose peuvent-elles s’expliquer par nos connaissances scientifiques ac— tuelles ?
Une fois ce cadre de la question nettement délimité, M. de Rochas aborde la producüon des effluves dans ces états profonds de l’hypnose, où ce phénomène constitue le véhicule de l’extériorîsation de la sen sibilité. L’agent de ce phénomène se développe « en se spécialisant et en formant des couches sensibles parallèles à la surface de la peau ».
Viennent ensuite tout naturellement le rappel histo rique et critique correspondant à ces faits : je veux dire l’exposé des théories de l’envoûtement et de la partie naturelle de la médecine hermétique. En ce sens lçs thérapeutes occultistes trouveront dans ce livre un vaste sujet d’études. Les chapitres sur la poudre de sympathie, sur la guérison magnétique des (I) Electro-aimants, aimants.
L’EXTERIORISATION DE LA SENSIBILITÉ 8I plaies, et sur les théories de Max Well seront appro fondis avec intérêt et fruit par les mystiques comme par les savants. Et ce sera là un des plus beaux titres de gloire de l‘éminent expérimentateur, d’avoir su remettre hardiment au jour, malgré les persécutions, les théories des maîtres de l’occultisme occidental, en donnant, comme base et comme point de départ de cette revivification, la certitude positive de ses propres travaux. C’est, je crois, le plus bel éloge que nous puissions adresser à M. de Rochas, —— et il exprime, j’en suis sûr, toute la ferveur sincère de son culte pour la Vérité. SEDIR.
PARTIE LITTÉRAIRE ’ est maman n»uasaès En le rêve divin, le sommeil doucement Prit son être et bientôt, en l’engourdissement De son corps, son esprit plana dans les Espaces. Soudain, il lui sembla qu’un être aux millejaces Immense et sans contours l’appelait par son nom: « Quel es-tuP dit Hermès. —— 0 Saintfils de Memnon Je m’appelle Osiris, et je suis la Lumière ; Quel est donc ton désir? — Voir la source Première Des êtres, 6 très grand Osiris, puissant Dieu! —— Tu seras satisfait. » Sitôt comme en un lieu .' Tout plein d’une clarté limpide, éblouissante Hermès se vit plongé; puis, la brusque descente
LA MlSSlON D’HERMÈS 83 De ténèbres sefit lugubre autour de lui. Or, une voix : c’était la voix de Ce qui Luit. Enfin un_/eu subtil de ces profondeurs sombres S’élança puis gagna les Hauteurs sans pénombres. Hermès suivit laflamme et retrouva les Cieux. De tous côtés, des chœurs montaient, délicieux: Osiris dit: « As-tu compris P » Hermès dit: « Non! » —— Tu viens de voir ce qui n’a point âge ni nom; J’explique; écoute-moi.
La clarté ravissante Tout d’abord entrevue, est féconde et puissante L’Intelligence qui renferme dans son sein Tout principe et dont nul ne connaît le dessein. Puzs les ténèbres sont les sens et la Matière Partage des humains. Puis cette flamme altz’ère Que tu dus voir jaillir, c’est le Verbe Divin D’abord le Père; après le Fils ; la Vie enfin D’où nuit leur union. — O merveilleuse flamme!
Dit Hermès étonné, c’est avec l’œil de l’âme Que je vois désormais ; quoi donc se passe-t—il P — Enfant! dit Osiris, c’est qu’en ton corps subtil Le Verbe vit.
C’est Lui, c’est Lui, trésor suprême Qui Voit, entend agit au dedans de toi—même! — Puisqu’il en est ainsi, dit Hernzès,fais-moivorr Des mondes, des esprits, l’A urore puis le soir]... — Qu’il soit fait ./ » Tout à coup les cieux se dé— (couvrirent Sept cercles lumineux à ses regards s’ouvrirent Et chaque sphère avait son génie et sa loi. Osiris dit: « Regarde, écoute et comprends-moi! Ce que tu vois sont les sept sphères de la Vie ; Les âmes dont la chute en la suite est suivie
84 L’INITIATION La voix de la Lumière emplissait l’Insondable... Interrompant d’Herme‘s le songe formidable Du rajeunissement ont là leur action ; Du Verbe chaque esprit est l'émanalion Et chaque esprit commande à sa propre planète. Le plus proche est celui de la Lune, il rend nette Des souillures du corps l’âme qui va vers lui. Au-dessus, vois Mercure! en la profoude nuit Il la dirige avec son brillant caducée.
Plus haut, Vénus par quiplus d’une âme amorcée S ’oublz’e et se retrouve au miroir du Désir. Plonge encor et contemple (inefi'aule plaisir 1) L’Ange—esprit du soleil qui de la Beauté lève L’éternel flambeau. Vois! plus haut brille le glaive De la Justice que brandit Mars. Vois encor Bien plus haut, Jupiter avec le sceptre d’or Du suprême Intellect. Contemple enfin Saturne Qui de l’entier savoir sur son front porte l’urne.
Maurice LARGERIS. (A suivre) fiRÊUPE inntarsmssr D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Quatre nouvelles Branches du Groupe viennent d’être constituées à Genève, a Nice, à Saint-Jean-de-Mau r1enne età Chambéry. — Un poste de correspondant .._-. L..._;»_fi_ "il
IMAGE ASTRALE 85 est établi à Castres. Nous tiendrons nos lecteurs au courant des travaux de ces divers centres. -.
Une loge martiniste nouvelle est établie à Lyon. ilmaea «äAsraam Un enfant de quatorze ans, ignorant complètement l’existence des phénomènes occultes, a 'eu, dans la nuit du 23 juin 1895, une série de révélations prophétiques qui sont intéressantes pour les occultistes par la des— cription de deux-« images astrales » des plus nettes. Nous laissons toute sa simplicité au récit du jeune nar rareur. N. D. L. D.
Dimanche, 23 juin, dicté: « J’étais endormi, je suis réveillé en sursaut par un bruit de coups répétés sous la table de ma chambre (pla cée devant la cheminée, recouverte d’un grand \tapis). Je me lève, j’allume la bougie et très effrayé, je tâte sous la table sans oser regarder, je ne sens rien; enfin je re garde, je ne vois rien.
Je me recouche, en me recouchant j’aperçois du côté du placard près de la porte une vague lueur; pour chasser tout cela, je ferme les yeux et tâche de m’endormir; à peine assoupi, je ne sais quel besoin s’empare de moi d’ouvrir encore les yeux. A ce moment, j’aperçois devant le placard une forme vague, d’une cou leur blanchâtre, complètement transparente(je voyais, à travers, les fleurs de la tapisserie)comme un brouillard.
J’ai l’idée à ce moment de prendre mon clock et de le lancer contre cette forme pour me rendre compte, je me lève donc, mais à peine debout cette idée me quitte et je suis debout, adossé à mon lit et je regarde profon dément intéressé et plus du tout effrayé. Voici ce que j’ai vu: une forme vague rappelant une forme humaine,
86 L’INITIATION semblant revêtue d‘un drap, homme ou femme, je,ne sais.
Je n‘ai pas vu les pieds ni même le bas du corps qui semblait recourbé en arrière, les mains le long du corps très distinctes et dégageant une lumière très éclatante, tout à fait blanche qui n'éblouissait pas, la figure presque indistincte sauf les yeux très enfoncés, jusqu’au fond de --—r la tête, les deux mains d’abord le long du corps rayonnaient de la paume intérieure. il lève ses mains à la hau teur des épaules, tenant chacune une espèce de tableau qui semblait appuyer sur le bord des doigts et les ta bleaux éclairés par la lumière qui s0rtait du creux des mains.
Il avance d’abord la main droite et semble attirer mon attention sur ce tableau. Je vois une bière ouverte dans le coin du tableau à droite, recouverte d‘un linge blanc. R. est agenouillé aux pieds de la bière la tête sur ses bras croisés_ par terre.
T. est agen0uillée les mains croisées, la tête penchée, elle pleure. est debout, la figure illuminée, les mains aussi, le'seul personnage dans le tableau qui ne soit pas transparent, il a l'air très triste, mais calme, il ne pleure pas. Le tableau change, T. et R. se lèvent et semblent vouloir gravir avec peine une pente.
W. pose sa main comme une bénédiction sur le cercueil de J. et prend R. sur son bras gauche (il le porte) et prend T. sur son bras droit et la soutient. Tous trois montent désormais sans effort. Tout s’efface...
Plus de tableau dans la main droite, la forme me dé signe de son index droit le tableau de la main gauche et voici ce que je distingue: rien n’est transparent dans ce tableau. ( Habillé en gris chapeau de paille noir, c’est à une descente, avant un tournant, la route descend et tourne a gauche. La voiture à. gauche, M. X. est à droite; à gauche, des arbres; à droite, un fossé et ensuite une plaine, un vieux tronc d’arbre coupé.
Des manches noires serrées aux poignets, lâches au-dessus. ( Vu dans la nuit du 30 au 31 mai i895, couché les reins appuyés sur le talus, la tête soutenue au-dessus du fossé, les jambes sur la route, blessé. < Quatre hommes sont la, un soutient la tête, deux autres sont occupés auprès de lui, un quatrième se tient la le chapeau à la main.
TÉLÉPATI—IIE 87 La forme parle et dit d'une voix caverneuse et dou— loureuse : « Vas, avertis-le, il est encore temps! >>Puis tout s’efface.
Sur ce je me recouche et je m’endors sans la moindre réflexion et je n’y pense que le lendemain en voyant maman. Œ“ÊiËÈP&AŒEHËÈ ( Buenos-Aires, 19 mai 1895. ( Mon cher Monsieur Papus et Frère, « Une jeune dame, Mme P., ma voisine, de toute honorabilité, m’a communiqué un phénomène de télé pathie qui l’avait bien effrayée. ( Depuis quelque temps elle était en froid avec un de ses oncles.
Ces jours derniers, le 7 courant, cet oncle est attaqué de fièvre maligne, assez grave pour réclamer l’assistance de ses nièces et d'une sœur à lui. Mme P., conservant un fond de rancune et ne croyant pas trop au danger immédiat de mort, ne voulut pas aller veiller le malade, qui demeurait à l’autre extrémité de la ville. Une tante et une cousine, qui demeurent dans la même maison qu’elle, se chargèrent de ses soins.
« Le [1, ignorant depuis deux jours l’état du malade, à 6 heures environ du matin, complètement éveillée et faisant sa prière, elle sentit des mains qui lui caressaient la nuque, et qu’elle ne fut pas sa surprise, en se retour— nant, de reconnaître son oncle avec un air si triste, qu’elle se mit à pleurer; la vision dura plus d'une minute. « Elle apprit à 10 heures que son oncle était mort à 7 heures et demie.
« J’ai su que cet oncle avait toujours eu une profonde amitié pour M” P. sa nièce, et qu'il souffrait beaucoup de la brouille. Rien d’étrange alors que, poussé par le désir de la revoir avant de mourir, sa volonté eût été .-- - ' ’ .a‘. \
88 L’INITIATION assez puissante pour faire sortir l’astral et se manifester visiblement à sa nièce. VISION ASTRALE « Le I6, à 4heures et quelques minutes, j’ai vu chez moi, dans un salon d’attente que je traversais, un druide, cou ronné de verdure, vêtu de la tunique blanche, armé de la baguette surmontée du croissant en forme de faucille, et, ce qui me surprit le plus, ce fut de le voir à l’ordre d’Apps. Mac:.
La vision, souriante, a duré plus de trente secondes. « Voici dans quelles circonstances cette vision s’est produite.
J'ai profité du 16, jour anniversaire de ma 6I° année, pour réunir quelques personnes afin de pendre la crémaillière et inaugurer la nouvelle salle des séances, puisque, comme vousle savez, du 3 je passais au 6.Ily avaitune dizaines de personnes toutes amies, étu diant ou le spiritisme ou l’ésotérisme, je leur expliquai pratiquement la cérémonie des Celtes quand le druide bénissait la nouvelle demeure.
Je vous envoie le cane vas et vbus verrez que, représentant le Druide dans la cé rémonie, j’étais tout préparé pour une manifestation de l’astral. Vous savez que tous les jours j’étudie la cul ture psychique et me mets en communication avec l‘as tral. « Ces deux faits n’ont rien de bien extraordinaire, mais il est toujours bon de les enregistrer. ( Les travaux des Groupes continuent. « Agréez mes salutations fraternelles.
« GIRGOIS, D S C .'. ) ._——. RITUEL DE CONSÉCRATION DU FOYER Explication de la cérémonie par le druide. —: Les Celtes, mes ancêtres, leur foyer, une pierre plate et trois pieux pour suspendre la crémaillière; grande vénération au foyer qui cuit les aliments producteurs de la force. "
TÉLÉPA’I‘H1E 89 Dans l’actualité cette cérémonie se pratique souvent par le prêtre catholique. Cette fête des Celtes était toujours présidée par un druide. Il revêtait une tunique blanche serrée à la taille par une ceinture à laquelle pendait la faucille d’or, sym bole de la Lune. Il se couronnait de verveine; à son dé faut, de feuillage ; la famille était rangée autour du foyer.
La cérémonie commençait par la conjuration des mau vais esprits qui nous a été conservée. Conjuration des 4 : Tibi Sunt, etc. Puis une invocation aux Esprits planétaires, au Soleil d’abord. 0 toi Michael, archange puissant du Soleil, Prince de la vie, sois propice à tes enfants, féconde leurs biens et que pour eux ta lumière soit prospère et bienfaisante !
Et toi brillant Zadkiel, qui présidesà ce jour de la se maine, étends ta protection sur ce nouveau domicile, fais que le bonheur y entre sous tes auspices. , Aspersion. Au nom du Dieu tout-puissant, que cette eau sainte éloigne toute mauvaise influence, qu’elle fortifie les assistants et porte aux quatre points cardi naux la protection du Seigneur. . Les fleurs.
0 sublime Unité dans la Trinité sainte, daigne communiquer à ces fleurs les vertus magnétiques qui en feront, pour les croyants en ton pouvoir, un Ta lisman qui appellera le bonheur dans leur foyer ! Lejeu. Que ce sel, symbole de la pureté, se dégage de la matière impure. Que tu sois l'aide du foyer! Que les salamandres, esprits puissants qui l’animent, protègent cette demeure. Les parfums.
Que ces parfums montent vers le Tout— Puissant comme une prière fervente et une aspiration sainte ! Esprits protecteurs de la maison! Ame des ancêtres répandez votre influence bénéfique sur la famille; faites que la vaillance let la santé soient le partage de tous ; rendez-les forts et courageux. Au moyen du feu consacré, le druide, allumant le foyer, yplaçait le trépied et la crémaillière.
Alors la mère de famille ou, à son défaut, l’aînée des filles y suspendait la marmite où cuisait bientôt le repas destiné à l’assemblée.
go L'INITIATION La cérémonie continuait par la purification de l'habi tation et de ses dépendances. Le feu consacré, surlequel chacun des assistants projetait une pincée des parfums, était transporté partout, accompagné de toute la famille: Que ces parfums montent vers Toi, 6 grand, 6 puissant ange du feu solaire; que leur vertu essentielle éloigne les mauvaises influences et attire vers nous ta bienveil— lante protection !
Le druide alors rompait le pain et le distribuait aur assistants : Symbole de Force,qu’il soit entre nous un gage d’union et de solidarité. Les Celtes avaient un profond respect pour la femme. Elle avait une place réservée dans chaque réunion. Nous ne pouvons rester inférieurs en galanterie à nos valeu— reux ancêtres, nous professons aussi un culte profond pour la femme trop souvent méconue dans ce siècle de jouissance quand même.
Modestement nous leur offri rons quelques fleurs qui les représentent si bien dans leur douceur comme dans leur souffrance. Qu’elles con servent ces quelques fleurs, et, si dans leur existence elles éprouvent des défaillances ou des souffrances, qu’elles en respirent le parfum, et nous leur promettons, au nom des Druides, soulagement et consolation. imams ÿIBLIÜGRAPHIOUE Samahïva (Drame hindou en un acte en vers.) (I), En vers!
Offrez à quelqu’un, en ce temps—ci, de pas— ser une demi-heure en compagnie d’un livre, ou d’un drame, si ce livre ou ce drame est en vers, vous verrez la figure de votre visiteur s'allonger singulièrement. (I) Samahi'va par Maurice Largeris, I vol. in-I8 chez Cha— muel, ' . >..,,v-» ..h...I,, -y,, ,. ._l, 7 » . ........—.. _
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 91 Nous ne croyons plus aux beaux vers, ou du moins plus du tout aux vers intéressants; il semble que, à ce point de vue, tous les efforts se soient épuisés, et qu’il ne peut sortir que l’ennuide la plume de nos jeunes poètes. J’ai la prétention, au moment de prendre vos vacances, synonyme pour tous de repos, de grand air, de liberté, de vous faire emporter une demi—heure certaine d’émotion exquise, bien que rimée!
Il s’agit d’ailleurs d’un petit drame en un acte, si vite terminé 1 Ce drame a un nom d’une douceur infinie : Samahî’va. Il nous apporte un peu des brises embaumées de l’Orient, les rêveries des longs soirs passés à la clarté des étoiles, de fortes et saines pensées.
Les plaintes de Samahiva trouvent un écho dans notre âme; avec elle nous voulons fléchir le superbe Mand— chounas si beau, si grand dans son rôle d’lnitiateurl et voilà la page tournée, le livre fini ! Déjà? Ce sont des vers pourtant? J’en citerai quelques lignes, espérant vous donner le désir d’en connaître la suite; il me semble du reste que je deviens vandale en morcelant ainsi.
L’initié Hindou Mandchounas se trouve en présence de Samahïva, et à sa demande sur les désespoirs et les haines, il répond: La hache au dur tranchant qui coupe le cinname, Ne garde-t-elle pas le pénétrant parfum Qu’exhalera longtemps encor l’arbre défunt P... De même, en mon esprit la haine n‘a point place; De l’outrage et des coups il ne peut rester trace En mon cœur, car mon cœur aux révoltes fermé, A l'insulteur ouvert l’a bientôt parfumé.
SAMAHÏVA Qui t’a donc, Mandchounas, enseigné tout ceu ? MANDCHOUNAS Un prêtre de Bouddha, qui souvent par ici Conduit ses pas, m’a fait entrevoir la Lumière. A mon cœur c’est sa voix qui parla la première; Et depuis ce jour-là je vois, j'entends, je sens, Par l‘âme encor bien plus que par mes faibles sensi
92 L‘INITIATION Sa loi sainte pour tous est une loi de grâce, Et sans distinction de pays ou de race Elle montre à chacun le salut éternel, Dans l'union des cœurs, ce pacte fraternel. Quelle force dans ce langage, et quelle poésie? J'en ai trop dit déjà; pour la fin je vous renvoie à l’éditeur, M. Chamuel, qu'il faut féliciter d‘avoir accueilli ce que j’aimerais mieux appeler : un poème.
Et, quand je vous aurai dit que l’auteur est M. Largeris, bien connu déjà des lecteurs de cette revue, vous comprendrez comment je m’en tiendrai la ; car le contraire ne pourrait que nous gêner tous deux. Paorr‘:s. LE M©NUMBNÜI‘ ALGMKMK@UIR Dl! ROME‘. M. Bornia Pietro, S.'. I.'., et correspondant du G.
E., a eu l’extrême amabilité de m’envoyer la photographie . de la Porte Magique d'un alchimiste italien vivant au xvn° siècle à Rome: Giuseppe Borri. A cette curieuse et artistique photographie. M. Bornia a joint un travail très intéressant et documenté sur le mo nument et sur le dit alchimiste; il discute les divers signes symboliques gravés sur la Porte Magique et me demande l'explication de la monade hiéroglyphique, ou soi—disant telle, de G.
Borri. Bien que je ne sois pas à hauteur de trancher la question, il ne me semble pas trop hardi de dire, après lecture attentive du mémoire de M. Bornia Pierro, que l’hiérogly phe n’indique nullement, à mon avis, une nouvelle recette pourfaire de l’or: Giuseppe Boni, d’après ce qu’on en sait, aurait em ployé une herbe magique pour réaliser le grand œuvre.
Je ne crois pas à l’influence, sur la transmutation des métaux, d’une herbe ou d'un végétal quelconque: les semblables seuls peuvent s’ajouter, se combiner ou agir les uns sur les autres, c’est—à-dire, en ce cas-ci, des corps « minéraux ». — De même que dans l’ordre animal, la
NOUVELLES DIVERSES "fil—TI copulation ne peut avoir lieu qu'entre races tout à fait semblables ou analogues, et point entre un quadrupède et un oiseau. ctc.. -— la copulation chimique ne doit se produire qu‘entre individus d’un type semblable aussi.
Les souffleurs seuls, on le sait, cherchaient à fabriquer de l’or en tirant les matières de l’urine, des plantes ou de substances organiques; les alchimistes philosophes — les hermétistes — ne travaillaient que sur les métaux. — Le soufrese préparaitavecl'oret le mercure avec l’argent lorsqu’on était réellement initié D'ailleurs, au sujet des signes hiéroglyphiques dont parle M. Bornia, je ferai remarquer que leur symbolisme ne pourrait en tout cas point indiquer une recette pour faire de l‘or, car on n’ignore pas, qu’exprimant surtout des couleurs et des concordances planétaires, ces symboles ne donnent aucune explication sérieuse sur la Matière employée et les états de cette matière.
Mon humble avis est que les signes de la Porte Magique n’ont pas été rétablis sui vant l’ordre général/xabituel qu’ils devaient occuper, ou bien que le pèlerin dont parle la chronique n’était qu’un vulgaire souffleur, d’autant plus qu’il se servait d’herbes. F. JOLLIVET-CASTELOT. Nouvmms ®wamsas La Société théosophique est en proie à de sérieuses agitations intestines; nos lecteurs connaissent le débat qui s’est élevé entre W.
Q.Judge, son vice-Président,d’une part, et le colonel Olcott et Annie Besant, d’autre part. — Les livres hostiles à ce mouvement se multiplient dans les contrées de langue anglaise : tels sont, par exem ple, l’Isis very much unveiled de Garrett, et A modem priesless oflsis. traduit du russe de V. S. Solovyoff et pu blié sous les auspices de la Societyforpsychical Research.
D'autre part, un savant américain, M. Emmette Cole man, adressé, depuis déjà deux ans,un inventaire minu tieux des « emprunts » faits par Mme Blavatsky pour son Isis unveiled. Il y découvrit environ 2,000 références
< r .1_ ' l ,_. 94 L’INITIATION de seconde main dont [40 seulement avaient une indica tion de source; donna une liste des passages plagiés dans la même Isis; l’examen des derniers ouvrages de M‘ne Bla— vatsky lui a fourni des résultats analogues. Il se propose de publier prochainement un index des sources de l‘en seignement théosophique.
267 points de la doctrine dite théosophique sont littéralement extraitsd'œuvres spirites, d’Eliphas Levi, de J. Bäehme, de la Kabbal.z denudala: de la Voie Parfaite, de Gnosticism, etc. — De telles sta tistiques sont gênantes pour des théories que l’on nous affirmait être révélées au monde pour la première fois. buvrages reçus à l'initiation PAUL SéDIR, les ÀIiroirs magiques, I petit volume in-8 de 72 pages, I fr. (Chamuel).
Compte rendu prochain par Barlet. D“ BARADUC, Difi’e’rence graphique des fluides électri ques, vital, psychique, I brochure in—18 (Carré). L’auteur a perfectionné les procédés dus à M. Narko wich-Jodko dans les expériences qu’il nous présente et dont quelques—uns sont très originales. Il faudrait rap procher de ces études les travaux photographiques de M. de Rochas sur le corps astral.
D' PASCAL, la Réincarnation, I volume grand in-8 de 90 pages, 2 fr. (Bailly). Excellent travail, dont nous reparlerons. Nous ne voyons à. y reprendre dès maintenant que les quelques ( naïvetés ) concernant la Genèse (p. 49), que les tra vaux de Fabre d’Olivet ont si admirablement élucidée. LÉONCE DE LARMANDIE, le Sentier des Larmes, I volume in-IS, 3 fr. (Bailly). P.-C. REVEL, Lettre au D“ J.
Dupre’ sur la Viefuture, 1 vol. in-t8 de I68 pages. prix 0.60 centimes (Durville). EMMANUEL VAUCHEZ, I’Educati0n Morale, 0.15 centimes (Durville). «fMpw.w.-._.,LA .-«w..;..». ,îw,wf:-wfga;—
A TRAVERS LES REVUES 95 JEAN DELVILLE, Dialogues entre nous, I petit volume in-18 de 100 pages (Daveluy à Bruges). Excellent travail vivement recommandé. Nous en re parlerons du reste. MAURICEJLARGERÈS, Samahiva, drame hindou en un acte et en vers (Chamuel). Compte rendu dans le présent numéro. J.-G. BOURGEAT, Magie, I volume in-18 de 160 pages, 2 fr. (Chamuel).
Travail très bien fait et des plus intéressants que nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs. JOSÉPHIN PÉLADAN, la Prométhe’ide, I beau volume in-8, carré, 5 fr. (Chamuel).
C‘ette reconstitution de deux parties avec une traduc tion spéciale du tiers de la Prométhéide d’Eschyle est,à notre avis, une œuvre de génie, digne de l’éminent ar— tiste qu’est M. Péladan quand il veut bien ne pas parler de son enveloppe physique, de ses malheurs à la douane ou de ses idées sur la magie. E.
AMELINEAU, Pistis Sophia, ouvrage gnostique de Valentin, traduit du copte en français avec une intro— duction, I beau vol. in-8 de la collection. Les classiques de l’Occulte, 7 fr. 50, chez Cha‘tnuel. Ouvrage capital qui demande un compte rendu tout spécial. L.—A. CAHAGNET, Guide du Magnétiseur ou Procédés _ Magnétiques misà la portée de tout le monde. I broch. in—18. 2° édition, 1 fr. (Viger).
MARIUS DECRESPE, Magnétisme, Hypnotisme, Som nambulisme, I volume in-18 de 1812 pages, 0.20 centimes (Guyot). Bon résumé recommandé spécialement à nos lecteurs. A TRAVERS ILJES REVUES La Paix Universelle du 16-30 juin publie un article d’Amo d'une telle importance que nous avons obtenu de l’auteur l’autorisation de la reproduire dans l’Initiation.
96 L’INITIATION La Revue des Revues (l5 juin) dans sa section « Psy chologie et Occultisme ) publie une étude de Carl du Prel intitulée 4t Stigmates et stigmatisés >. Nous ne sau— rions trop recommanderà nos lecteurs cette publication (Bureaux, 32, rue de Verneuil, Paris), qui est une des mieux faites de toutes les grosses revues et, nous pour— rions même dire sans crainte, la plus intéressante et la mieux faite.
Remercions la Revue Spirt‘te de mieux en mieux rédi— gée de la publication impartiale qu’elle consacre au sommaire de l’lnitiatinn et du Voile d’Isis. La Revue Indépendante reparait chez Savine avec le vicomte de Colleville comme rédacteur en chef. Dans une étude sur les « jeunes revues ), M. de Colleville re connaît l’influence de l’Initiation dans le mouvement intellectuel contemporain.
Tous nos remerciements à la Revue Indépendante à qui nous souhaitons longue et fructueuse carrière. Nous reprendrons l’analyse des revues dans notre pro— chain numéro. nÉeaonoena Notre maître le marquis de Saint-Yves d’Al veydre a été cruellement frappé le 6 juin dans la plus chère de ses affections parla mort de la mar— quise sa femme.
Tous ceuxdqui ont connu l’iné— puisable bonté, la grandeur âme et la profonde intelligence de la marquise d’Alveydre ne peuvent que s’associer à la. douleur cruelle de notre pauvre maître en cette circonstance. Puisse la Providence pa er comme elle le mérite une telle épreuve! e mois-ci est mort aussi le magnétiseur Robert dont nous retracerons la carrière dans notre pro— chain numéro. . Pneus. Le Gérant : Encxusse. TOURS. —- IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
Ï-"‘E_l ' ñ. -. 5:. 1&‘Î’> VIENT DE PARAITRE PAPUS LES ARTS DIVINATOIRES Graphologie, Chiromancie Physiognomonie, Influences astrales Petit résumé pratique' avec figures PRIX : UN FRANC PAUL SÉDIR LES MIROIRS MAGIQUES» Divination, Clairvoyah ce, Royaumes de 'I'Astral, Évooa‘tions, Consécrations Un petit Volume in-8 de 72 pages : I Franc CHAMUEL, ÉDITEUR
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Dieu et la Création. CLASSIQUES EL1PHAS LÉVI . . . . . . La Clef des Grands Mystères. SAINT-YVES D'ALVEYDRE Mission des Juifs. FABRE D'OLIVET. . . . . La Langue hébraïque restituée. ALBERT Porssow. . . . . Théories et Symboles des Alchimistes. LITTÉRATURE ' ( La Magicienne. Jours LERMINA. . . . . ( A Brûler. i Zanoni. BULWER LYT'I‘ON . . . . - . . , ( La Maison Hantee. MYSTIQUE i Jeanne Leade. P.
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