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ΒΑ"’~"Qe;°Ï ' au ÊÂH UäÎIOÜ " " . Revue philoèophîque des Hautes Études ‘ PUBLIÊE MENSUELLEMENT SQUS'LA DIRECTION ‘DE PAPUS ‘éà‘ O. >14 Docteur en médeczne ——Docteur en kabbale 27" VOLUME. -— 8'“ ANNEE SOMMAIRE DU N° 7 Avril (1895) __,.‘_ "ÀBTIE INITIATIQUE... Révélations astrales. La guerre de 1895—1896. Papus. (p. i à 7). I Le Zodiaque et les Génies planétçzres. .' . . . . . . F.-Ch.
Barlet. (p. 8 a 34) (fin.) ’ARTIE PHILOSOPHl-Possession et Incubat . . . X. QUE ETSCIENTIFIQUE (p.35à37). . La Kabbale saracégu‘que et ismaélite (fin) . . . . . . Jean Tab1is. i (d’ap. Kirscher). ‘ (p. 38 à 83). PARTIE LITTÉRAIRE. . Ames sœurs . . . . . . Ç . Léon Marlet. (P- 84 à 87). ' ! Astra (fin) . . . . . . . . . . I.
Dietschine. i . (P- 87 à 91) Êroupe indépendant d’études ésotériques, — Bibliographie. -— Né crologie. — Échos. ‘ ont ce qui concerne‘ la Rédaction et les Échanges doit être adressé _ 42, rue des Perchamps,.Paris. A“ ‘ ,l |_ . , LUhuçL Administration, Abonnements: 79, rue du Faubourg-Poissonnière r , _ _ ' Chamuel, éditeur. U i\ l\ L:lx ‘* " - . “b l .2 R Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS o,«\
Ilm“fiWÆm‘?lli\ÿufim“fl r —l m. . /”/ Αf> / .?î L S '7 /] /1’/e / :«S O 5, PROGRAMME - / '- ‘/ (“-7’ e - Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations.
La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance. Efl'rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier.
L’Initialion est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'Inilinti0n adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l'arbitraire, aujourd‘hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous . toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’Initidtion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. ' Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d'une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initt‘ation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et Compte déjà sept années d’existence. — Abonnement: 10 francs _ ar an. a il C r {1 . ., , - JJ. "' J J(Les collections des deux premœres annees sont absolument ' 56 : 1/ - -' /! ..J ‘ f ;éppjsées.)
_ L’Initian‘on du 15 avril 1895 "'Tz "."‘* : '- ':.. PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS _DE l’1ni'fiaiz'on n 10 PARTIE INITIATIQUE .. F. CH. BARLET,S.‘. I.'. 33—4 STANISLAS DE GUAITA, S.'. I.', {g— GUYMIOT. — MARC HAVEN,S.'. 1.-. si —.IULIEN LEIAY, S.'_. 1.-. 53 — EMILE MICHELET, S.'. I.', (C. G. E.) —— LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD. S.'. I.'. —GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. 5‘; —PAPUS, 8.-. I.'. — QUÆRENS, S.'. I.'. (D. G.
E.) — SÉDIR, S.'. In. (C. G. E.) — SELVA, S.'. I.'. .(C. G. E.) — VURGEY. 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET. SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. — AMELINEAU. — ALEPH. -— BADAIRE. '—D' BARA— DUC. —- Le F.'. BERTRAND 30' —- BLITZ BOJANOV. —- RENÉ CAILLIÉ. — CAMILLE CHAIGNEAU.— CHIMUA DU LAFAY. - ALFRED LE DAIN. —- G. DELANNE. —- FABRE DES ESSARTS. -— DP FUGAIRON. — DELÉZINIER. — JULES GIRAUD. —HAATAN. — L. HUTCHINSON. -— L.
LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY.— HORACE PEL LETIER. -- G. POIREL. RAYMOND. -— A. DE R. — Dr SOURBECK.. — L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. VITOUX. -- HENRI WELsCH. — YALTA. ' , 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURO. — JEAN DELVILLE. -— E. GOUDEAU‘. -— MA— NOËL me GRANDFORD. -— JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — JULES DE MARTHOLD. —- CATULLE MENDÈS.—— GEORGE MONTIÈRE. — LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — ÉMILE SIGOGNE. — CH.
DE SIVRY. 40 ’ POÉSIE [ CH. DUBOURG. -— RODOLPHE DARZENS. —- JEAN DELVILLE. —— YVAN DIETSCHINE. — MAURIOE LARGERIS. — PAUL MARROT. -— J'. ma: TALLENAY. -— ROBERT DE LA VILLEHERVE. ‘
‘\"\ 4_ L’Initialiati du 15 avril 1895 L’I N IT I AT I 0 N (“ENSËIIË‘ËÊ‘EN”) DIRECTION ADMINISTRATION . 42’ rue des pare/mmps’ 42 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS 7 Dttb'c‘crcun : PAPUS c H A M U E L DIRECTEUR ADJ:JINT : Lucien MAUCHEL 79, Rua du Fau[ourg_poissomuère Rédacteur en chef: F.—Ch. BARLET PARIS Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an. 10 tr. J. LEJAY — PAUL SÉDIR .‘ ‘ Dren Kabbale, ILTRANGILR, — 12 lr.
RÉDACTION. —-ÉCHANGE2 1.1, rue de Strasbourg. -— Ch: que ré dacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépen dance absolue étantla raison d‘être de la Revue, la direction ne se permettra Jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d’adresser tous les échanges : 14, rue de Strasbourg, Paris MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial.'Un numéro de la Revue est tou}ours tomposé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. murs mnérrnnm B'ÉTUDES ÉsmÉmçurs' 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants -— Groupes d'Études fermés n Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée. ‘ Pourtous renseignements, s’adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, l secrétaire, 4, avenue de I’Ope’ra, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. Principales Sociétés adhérentes au Groupe, ORDRE MARTINISTE ORDRE KABBALISTIQUË DE LA ROSE CROIX. — ÈGLISE GNOSTIQUÆ
.’ ;‘ ;. ämmm«mâ La. reproduction des articles inédits publiés par l'Initiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale.
PARTIE INITIATIQUE RËVÉLATMNS ASTRALES CONSTITUTION DE LA FRANCE. —- LA GUERRE DE Tu m’as révélé, ô mon guide,iles mystères de laVie et de l’Amour dans la région astrale, et mon désir in— satiable me pousse encore à t’interroger sur le secret de la Destinée qui, toujours, inquiète si vivement l’homme incarné. -—— Enfant du rêve, que l’homme soit reconnais sant au ciel d’avoir mis un triple voile sur l’avenir.
Ceuxqui, vivant de la vie terrestre, ont été admis une seule fois à la contemplation du monde de la for mation, ceux que l’Esprit de prophétie a transportés dans la région des reflets et des causes, ont senti leur cœur se glacer d’épouvante et d’horreur, et leur regard a reflété pendant leur vie entière l’angoisse des mystères surhumains entrevus.
Le Destin ne forme rien sur le plan matériel qui n’ait son image préa lable dans notre région, et il ne se produit rien sur Terre sans que l’image indélébile ne s’en reflète à
2 L’INITIATION l’instant dans notre région. L’Esprit de l’homme qui parv’ient à la vision de notre plan distingue avec peine les images _'créatrices des reflets du passé, et c’est là encore un des mystérieux secrets de la douce Providence.
Je puis te dire mes visions, ô mon cher enfant, mais sans t’aflirmer l’âge des images évo quées, qui sont peut-être les faits de demain ou peut être lesimmobiles reflets d’hier, dans ce monde où le toujours a si grandement modifié la loi du Temps.
Ton désir m’attire : demande, etje répondrai. —Voyez—vous nos êtres, nos familles, nos nations? — Quand nous les évoquons, nous voyons toujours leur image, leur être idéal, lumineux, coloré par le sentiment qui les anime. Car un homme commeune famille, comme une nation sont pour nous des êtres réels pourvus d’esprit,l d’âme et de corps — Comment alors vous apparaît ma patrie, la France?
Quelle image lumineuse constitue son être idéal, et comment la dépeindrez-vous P -— France, forme humaine dont, chaque habitant n’est qu’une cellule, voici que naît à ma lumière ton image aimée. Trois centres lumineux resplendis— sent dans l’azur sombre, trois foyers dont les rayons mille fois répétés assurent la triple vie, et ces foyers sont, dans ton corps, manifestés par trois grandes villes.
D’abord la Tête, le foyer cérébral source de toute intellectualité et de tout égoïsme : PARIS,barque d’Isis, bar—Isis, orgueilleuse cité, maudite et bé nite, choisie par la Providence pour servir de dernier refugeà l’Esprit de la Patrie et pour disparaître à jamais, comme ont disparu Thèbes et Ninive dont
RÉVÉLATIONS ASTRALES 3 tu n’es qu’une nouvelle et éphémère matérialisation. — L’autre foyer, c’est le cœur, avec ses égarements et ses enthousiasmes, avec sa folie et son dévouement 1 c'est LYON, le lion astral qui se manifeste le plus di rectement à nous, choisi par la Providence pour berceau de la‘ Foi qui doit régénérer le monde, ville bénite et maudite qui ne disparaîtra qu’en partie. -— Enfin le ventre,le foyer abdominal, origine des plai— sirs éphémères et dela gaieté insouciante, MARSEILLE, début et terme de l’évolution de la France.
Puis les organes d'action, les bras multiples : Bor deaux, Nantes, Cherbourg, le Havre, Lille, Bruxelles, Strasbourg, Genève. } —- 0 mon cher guide, mais ces dernières villes ne sont pas nôtres. Comment peux-tu les compter au nombre des bras de la France P — Dans le plan inVisible la France est partout où se trouve son génie, sa langue matérielle et le culte de son Esprit. Nous n’avons pas à tenir compte des distinctions établies par les hommes.
Malheur à qui veut transformer par la force l’âme d’un peuple ; car celui qui Violente les cœurs assume une responsabilité lourde devant la Providence. ,— Est-ce à dire que la destinée doit être enfin riante pour nous tous et que ce règne de la Force, qui nous écrase, va disparaître, ô mystérieux guide ? — La Matière que vous avez divinisée appelle la Force; le doute que vous avez semé dans les âmes a détruit l’enthousiasme, a tué ce dieu intérieur qui seul peut être plus fort que les sombres décrets du Destin inexorable. Les Temps ne sont pas venus
4 L’INITIATION de la joie, et de nouvelles douleurs doivent encore précéder le triomphe de la Justice. Tu as voulu savoir, écoute.
Voici les images qui se dressent de— vant ma lumière: Si par un miracle d’Amour et de Volonté le Doute assassin de l‘enthousiasme national n’est pas terrassé, si par un sublime élan de charité les élus n’ont pas la force de donner leur vie pour sauver leurs persécuteurs et leurs bourreaux, douze mois n’auront pas passé sans que le monstre hideux de la guerre n’ait de nouveau étendu ses griffes sur notre France aimée.
Je vois la double trahison qui ouvre le Sud, je vois la joie farouche de celui qui se nourrit du sang humain répandu et qui crie à ses hordes aux ailes noires: « Voici la moisson venue! » Je vois notre France immortelle se dressant farouche et victorieuse, alors que ses propres enfants se tour nent contre elle et changent l’axe de la victoire.
C’est des mains elles—mêmes de tes fils, 6 Paris. que tu dis— paraisà jamais, dans la révolte, l’explosion et l’incen die, et ce sont tes citoyens qui t’égorgent, ô créature bien—aimée, à qui des souffrances plus grandes sont encore réservées. — 1896...
Prie, mon enfant, et Dieu permette que ces visions ne soient que de hideux re flets d’antériorités ! —Mais si le Destin impitoyable a généré de si som— bres images, si l’ardente prière des élus n’a pu trouver grâce ni contrebalancer les graines de mort semées par l’inconscience et l’ignorance, la volonté toute— puissante de l’homme ne peut—elle pas écarter à ja mais l’accomplissement de ces affreux présages ? — La volonté humaine alliée à la Providence est la
RÉVÉLATIONS ASTRALES 5 force suprême dans tous les mondes; mais que peu vent les élus contre les sarcasmes et le dédain du plus grand nombre?
Nos enfants les plus lumineux et les plus chéris, nosbrillantes idées incarnées chaque jour dans votre triste monde ont peine à naître à la lumière terrestre, si grandes sont les souffrances que doivent supporter les êtres d’idéalité et de dévouement dans vos sociétés ! - Autant que toi, maître aimé, je soùfi“re de ces tristes faits.
J’ai vu à Lyon, dans ce centre astral de.la France, un de vos chers élus, modèle surhumain de résignation, de courage et de dévouement, le théurge Philippe, dont la prière rayonne jusqu’auprès des phalanges célestes, car, à sa voix, les désespérés espèrent, les paralytiques marchent, et la mort même s’éloigne, impuissante et vaincue.
Or celui-là supporte sans plainte les plus odieuses persécutions, et les calom— niateurs les plus vils, les ennemis les plus perfides, ne trouvent en lui qu’un ami compatissant à leurs maux et prêt à les guérir s’ils souffrent, à les sauver s'ils sont perdus. Comment furent reçues ses prophé tiques paroles, comment fut accueillie son oeuvre d’a— mour?
Tu le sais, et tu sais aussi, mon cher guide, l'avenir qui attend les calomniateurs et les ennemis de l’Esprit divin. -—La voie céleste est la voie du sacrifice. Lesimages sombres sont le résultat de l’effort incessant des néga teurs de la Vie et des apôtres de la Mort. La graine qu’ils ont semée lève; malheur à la récolte! Mais voici que du haut du ciel descend la lumière incrééc, inspiratrice des dévouements et manifestation de la
6 L’INITIATION Justice du Père; la force victorieuse s’écroule sous ses propres lois, et c’est en France, dans cette France qu’on croyait à jamais abattue, que naît l’aurore des temps nouveaux. 0 lumière intellectuelle de la salva tion, jadis tu choisis ton centre et tu manifestas ton arche sacrée, ta the’bâ, et ton centre fut Thèbes. La thébâ est transportée à Alexandrie.
Voici que les flammes dévorent avec avidité les trésors de ta biblio thèque et l’ADVERSAIRE se réjouit à la pensée que l’arche sainte est détruite. Mais la nef isiaque est déjà loin, et c’est à l’Occident qu’elle s’est réfugiée, la barque ’Isis,Parz’s.
' Fluctuat nec. mergitur.’ Paris, ta splendeur illumi nera le monde, et lorsque, bientôt, ton corps s’écrou lera, l’Esprit sacré sera déjàloin vers l’ouest etle nouveau continent voit naître en ce moment l’arche de pierre qui, dans cinquante années, doit s’éveiller à la vie intellectuelle, si la volonté de l’homme ne vient pas troubler les arrêts du Destin. Maisle monde des images se fermeà nos lumières; j’ai déjà trop parlé.
Laisse rire les aveugles et les sourds; regarde, écoute et prie de toute ton âme pour ceux qui se sont condam nés eux-mêmes. Adieu. A quelle réalité répondentces idées? Faut-il y ajou ter quelque foi ? L’Invisible parlant par la bouche de ses prophètes, illuminant le théurge lyonnais Phi lippe, évoquant aux yeux des sensitifs les sombres images, a—t-il un autre but que d’éloigner du culte de l’argent et de l’adoration de la matière les contempo
RÉVÉLATIONS ASTRALES 7 rains sceptiques ? Nous le saurons bientôt. Mais il est . curieux de constater que,à quelques jours de distance, ces idées nous étaient transmises, le Sphinx d’Alle magne annonçait la guerre pour le 26 juin 1895, et le journal le Gaulois publiait la note suivante: « Une nouvelle sensationnelle!
« L’an 1896, Paris disparaît pour ne plus repa « raître; moult de mal et guère de bien en ce temps—là; - « moult grandes villes par le feu ! » « Telle est la prophétie lugubre du Frère Philippe Olivarius, de l’abbaye de Citeaux, publiée en 1544.. « Si nous devions en croire ce bon Frère, nous n’aurions plus qu’à nous préparer à une sage mort, devant arriver à brève échéance.
Le Frère Olivarius avait, autrefois, une réputation fort grande de perspi— cacité; espérons pour nous que cette fois sa science aura été mise en défaut. Mais il était assez curieux de signaler cette prophétie quelque peu à l’avance, pour ceux qui pourraient y avoir une certaine confiance. » Du reste, le Frère Olivarius va plus loin dans ses prédictions: il annonce la fin du monde pour l’an 1899!
Il faudrait, pour bien faire, étudier les lois de l’évolu— tion d’une ville, comme on étudie celle d’un individu. Enfin le problème est posé. Nos lecteurs verront la solution donnée en 1896. Espérons fermement en l’âme nationale, et sans doute l’Inz'tz’az‘ion paraîtra toujours à Paris en 1897. Quoi qu’il en soit, rappelons nous qu’un homme averti en vaut deux, et que nos lecteurs n’oublient pas notre avertissement. PAPUS.
8 L’INITIATION LES GÈNIIES PLANÈTAIRES Eîi‘ ILE Z©DHAUÈ (Suite et fin) La série indéfinie des créatures se partage claire ment encore d’après nos distinctions fondamentales: Au premier rang sont nos quatre Principes (les 4 Anges des quatre coins du Ciel: Apocalypse, vu, 1 —— S‘-Mathieu, xxrv, 3l — S‘-Marc, xm, 27 — Ezéchiel, Zacharie, etc).
Entre les deux pôles extrêmes absolus sont d’abord les créatures d’Unité, synthétiques, constituant le monde divin, des Anges; ' Et les créatures de Multiplicité, analytiques, élé— mentaires, constituant le Monde Naturel (depuis l’atome primitif jusqu’à l’élémental et l’animal).
Entre les deux est le mondeintermédiaire,double, le monde Humain, comprenant d’une part les hommes (incarnés ou désincarnés), plus rapprochés de la Na ture; d’autre part les Génies cosmiques, plus rappro chés de l’Esprit par la proportion de leurs principes constitutifs.
' ' Dans ce monde intermédiaire, considéré comme un ensemble constituant ce que notre religion nomme l’Église (êxxk‘qciat, l’assemblée), les hommes incarnés correspondent au corps; l’humanité terrestre est l’Église militante ;
LES GÉNIES 'PLANÉTAIRES 9 Les âmes désincarnées en situation intermédiaire correspondant à l’âme de l’humanité, remplie de dé— sirs encore inassouvis: c’est l’Église soufirante; Les génies planétaires sont l’Esprz‘t de l’humanité; ils composent l’Église triomphante. Ce monde intermédiaire, humain, correspond à un système solaire; il est zodiacal (dans le sens attribué ci-dessus au zodiaque).
Le monde inférieur est pla nétaire, au terrestre, et le supérieur est ultra-zodiacal ou uranien. . ' Chacun de ces trois mondes a ses subdivisions; leur détail dépasse le cadre de cette étude; il suffit d’en indiquer quelques traits principaux nécessaires à l’intelligence de notre sujet.
Les subdivisions se rapportent toujours à la Tri nité; elles se distinguent cependant par un nombre dérivé particulier pour chaque monde: Les Anges se partagent en 3 ordres (3) Le monde élémentaire obéit principalement au nombre 4 (les 4 règnes, les éléments) qui se multiplie; comme nous l’avons vu, en 12. (4.) Le monde intermédiaire, double par nature, répond au nombre 7 par les 7 puissances que nous avons étudiées plus haut, et qui, dérivant de 3 par 4, se multiplient encore en 12, comme nous le savons, par le dédoublement (4 + 3) : 7.
Considérés individuellement, tous les êtres sont triples, constitués d’un esprit, d’une âme et d’un corps, mais dans des proportions différentes selon les mondes: ' Dans le monde divin, l’Esprit domine l’âme et le corps ; la spontanéité est presque complète ;
10 L’INITIATION Dans le monde naturel, l’Esprit et l’âme sont do minés parle corps, si complètement que la Providence intervient immédiatement (par les lois physiques et biologiques et par l’instinct), comme directrice de la Vie.
Dans le monde intermédiaire, il y a lutte entre l’es prit ct le corps, au sein‘ de l’âme; cette lutte débute chez l’homme (de l’église militante) et s’achève chez legénie planétaire(de l’Église triomphante), qui, cepen dant, n’est pas encore dénué de toute passion (voir saint Thomas sur les Anges).
Le corps des Anges est la lumière astrale (akasa), à l’inverse, l’esprit des êtres élémentaires se.trouve dans tous les degrés de l’instinct, depuis l’affinité chimique jusqu’à l’habileté surprenante de l’abeille, de la four mi, de l’oiseau. Chez tous l’âme se montre dans le désir et dans l’intelligence qui, chez les Anges, deviennent Amour et Sagesse, chezles animaux sont passion et mémoire.
D’une manière plus générale, le corps d’un être créé est le domaine dont il dirige et défend l’Unite’, dont il est la monade. C’est ainsi que l’atome matériel est, selon la remarquable définition du P.
Leray, « une monade localisée, c’est—à-dire présente dans un petit volume d’espace réel, tout entière en chaque partie de ce volume, comme Dieu est présent dans tout l’uni vers (1). » ' Pour les génies planétaires en particulier, le corps (1‘) Essai sur la Synthèse des forces physiques, chap. 1'”, article 5.
LES GÉNIES PLANÉTAIRES Il est la sphère dont l’orbite est l’équateur, avec l’éther qui la remplit. Cette sphère est comme une vaste cel lule dont la planète est le nucleus; matériellement ce nucleus vivifie la sphère par sa présence ou par son rayonnement; le mouvement régulier par lequel il la parcourt y dissémine son influence sans cesse modi ' fiée et renouvelée; d’où les règles mathématiques de l’Astrologie.
La sphère solaire embrassant les autres pour s’éten dre jusqu’au système voisin, la sphère de chaque pla nète se distingue selon son rayon, c’est-à-dire selon la distance de la planète au soleil, puisqu’elle se rap— proche plus ou moins ou des influences cosmiques universelles, ou de celles solaires plus individuelles.
C’est pourquoi la série hiérarchique des génies plané taires est semblable à l’ordre astronomique des globes correspondant. #*‘Vn Parlons maintenant plus particulièrement de l’Homme. Il est inutile d’insister sur l’énumération bien con nue de ses éléments constitutifs. L’Esprit unique. L’Ame triple (passionnelle, raisonnante et inspirée). Le Corps triple (matériel, organique ou vital, as tral).
Ce que nous avons à considérer ici plus particuliè rement, ce sont les distinctions à faire dans le genre humain, rapporté à ses sources cosmiques et providen tielles.
12 L’INITIATION Comme toutes les créatures terrestres, et particuliè rement comme celles inférieures, l’Homme est assu jetti à la domination des quatre puissances fondamen tales qui se développent en 7 par leurs combinaisons et en 12 par leur dédoublement générateur. Mais, parce qu’il eàt d‘ordre intermédiaire, ces in fluences reçoivent des modifications tout à fait carac téristiques.
L’action des quatre puissances varie, en effet, selon chacun des trois mondes où elles agissent, et l’homme appartient à tous les trois. De la trois sortes de distinctions qui se superposent pour caractériser les hommes (1): La Constitution qui correspond aux variétés du corps; Le Tempéramentqui vient de celles de l’âme ; Et le Caractère qui répond aux manifestations de la spontanéité.
Nous allons étudier chacun de ces éléments avec quelque détail. ' ‘ I. — CONSTITUTION. Le Corps ou cadavre, qui appartient au Monde na« turc], peut affecter quatre genres différents qui se carac térisent par les parties solides de l’organisme, et sont représentés par les diverses sortes de lis us organiques.
Ce sont, en leur affectant respectivement les nom (1) Voir Réveillé-Parise, Mémoire sur la cause du tempéra ment mélancolique, et Ponzio, Traité de médecine électro home’opatz’que. '
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 13 [Il bres que nous avons attachés à nos puissances fonda mentales pour les représenter: I° Prédominance de la moelle, Ou substance ner veuse qui est le pôle positif de la polarisation orga nique (cerveau, cervelet, moelle épinière et nerfs); peau fine, os petits, chair rare et maigre, démarche large et concentrée. — Constitution. nerveuse.
2° Prédominance de la substance de réserve (graisse, bile, salive, etc.) correspondant au repos de l’orga nisme de locomotion : charpente forte, mais de pro portions harmonieuses, chair abondante, graisse crois sante avec l’âge, plus généralementglandes développées (foie, mamelles, organes générateurs, etc.);port ma jestueux et posé. — Constitution glanduleuse.
3° Prédominance de la chair, du muscle locomoteur correspondant à l’activité mobile : charpente puissante surtout à la poitrine qui est très développée; struc— ture indiquant surtout la force agissante; démarche vive et hardie. —— Constitution musc_uleuse (ou hercu Ie'enne).
4° Prédominance des os et de la peau, substrata et bases de l'organisme, dont ils forment le pôle négatif; chair molle, comme inachevée, ainsi qu’elle est chez l’enfant; charpente plutôt massive que puissante, peau épaisse, épithélium abondant; la démarche comme les proportions, indiquent la pesanteur, la lenteur, l’engourdissement. — Constitution osseuse (I). l (I) Rassemblons ces caractères en un tableau synoptique qui en fasse mieux ressortir les harmonies semblables à celles si gnalées dès le début de cette étude.
PÔLE POSITIF Un système producteur d’activité. (Surabondance des produits , DE 1‘ ORGANISME sublimés de l’organisme). ' Réserve pour l’emploi futur DEUX SYSTÈMES (Système conservateur). récepteurs d’acti Vité et de Stabilité, croisés intermé diaires des pôles. . prochain. Réserve pour l’emploi (Système consommateur). POLE NÉGATIF Un système producteur de stabilité (Surabondancc des produits fixes ; DE LORGANISME ( de l.organismc).
È l 2 É (Il Constitution nerveuse. (2) Constitution glanduleuse. (3) Constitution musculeuse. (4) Constitution osseuse. 3 Tissu ganglionnaire l (fibreux continu) Tissu glandulcux (cellulaire Continu) l Tissus continus. (Unité de structure). Tissu fibreux (discontinu) Tissu cellulaire (discontinu) Tissus discontinus. (Juxmposition des cellules). tu t NOI.LVI.LINI 'l
LES GÉNIES PLANÉTAIRES I 5 ,5 I I . -— TEMPÉRAMENT. L’Ame, qui se réclame du Monde intermédiaire, dépend plus particulièrement, dans l’organisme, des liquides qui y produisent et y distribuent la vie et par conséquent des organes de la fonction nutritive qui renferment ces liquides. C’est de leur abondance plus ou moins grande que dépend l’activité senti mentale ou intellectuelle.
Le tempérament qu’ils pro duisent indique les instincts, les penchants, les dis positions.
En les notant de la même façon nous trouvons : 1° Prédominance des produits résiduels inertes, épuisés, de la nutrition; du sang veineux et par con— séquent des veines. — Tempéramenl veineux (ou mé— lancolique) . - 2° Prédominanée des produits actifs et utilisables surtout pour la vie végétative; la bile, le suc gastri que, etc., et par conséquent le foie et l’estomac. — Tempérament bz'lz'eux (ou Colère).
3° Prédominance des produits actifs utilisables sur— tout pour la vie spontanée et mobile : le sang artériel et, par conséquent, les artères, les poumons, le cœur. -— Tempérament artériel (ou sanguin proprement dit). 4° Prédominancè des facteurs de la nutrition et de ses produits élémentaires (la lymphe, et par consé quent les intestins). — Tempérament lymphatique.
I6 L’INITIATION Voici le tableau synoptique de leurs harmonies: Un système cxcréteur (I) Li vide des résidus à revivifier Tempéramcnt i:ertc (Terre) (vaisseaux inertes mélancolique (à revivmcr) supérieurs — veines) (veineux) résiduels ou produits (2) . . Deux systèmes , po.ui‘ . Tempérament L'q",‘de (Feu) producteurs l actiyitc colère actif d,acüvité inférieure ou bilicux vrwfiant (croisés) (3) . . (vaisseaux actifs ,P°.“‘Î Tempéramcnt L"“‘.“’° (Air) artères) l ““7“ artériel a.°’.’f supérieure ou sanguin (vmfié) nutritifs Un système récepteur des L. .dc prodgäcurs liquides nutritifs inférieurs (4) .""“ (vaisseaux inertes — TempéraÏncm ,mcne. (Eau) lymphatiques) lymphatique jélementmrc On remarquera ici que l’ordre d’activité des liquides diffère de celui du tableau précédent en ce que l’acti vité productrice est au centre et la réceptivité aux ex trémités. ' On verra tout à l’heure qu’il diffère du suivant en ce que le passif est en tête et l’actif à la fin. Ainsi il a bien le caractère intermédiaire de croise— ment. IIl. — CARACTÈRE. Le Monde de l’Esprit est représenté dans le corps humain par le fluide nerveux (du même ordre que l’électricité dans la Nature), qui est à la disposition de la spontanéité, ou Volonté, caractéristique de l’Es prit(1). (I) On dit couramment qu’un homme a du caractère selon qu‘il dispose librement de sa force nerveuse.
Fig. 2 4 (+)
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wv.‘ä." u.. - ; LES GÉNIES PLANÉTAIRES 17 Le Caractère varie selon qu ela Volonté (ou à son défaut le désir et la passion), porte la force nerveuse spécialement sur l’un des systèmes actifs que nous venons de signaler dans la Constitution ou dans le tempérament; c’est-à-dire selon que cette force ner veuse s’appuie ou sur les nerfs, ou sur la peau (1 et 4 de la constitution), ou sur lefoz’e ou sur le cœur(2 et 3 du tempérament), car le Vouloir n‘a pas ordinai rement d’action immédiate sur les autres organes(ceux récepteurs: glandes, muscles, artères ou veines).
Mais cette assertion mérite des explications un peu plus détaillées. Nous avons commencé par signaler comme repré sentant du rr;onde spirituel dans l’organisme humain, la force nerveuse et la spontanéité ; c’est une énumé ration insutfisante.
Il est plus juste de dire que I’Esprit est représenté chez l’Homme, comme dans la Nature, par la Force et qu’elle s’y manifeste de quatre façons: Force d’initiative, potentielle, celle que nous appe lons le Vouloir, commandant le mouvement. A cette première force s’oppose celle de stabilité, d’1nertie, d’équilibre, conservatrice du mouvement.
Entre elles deux sont celles de Mouvement qui font passer le potentiel à l’état d’Acte, savoir: ' De mouvement interne, ou Mobilité subjective, qui se rapproche de la potentialité ; Et de mouvement externe ou Mobilité objective, qui se rapproche de l’équilibre. Ce ne sont là, on le voit, que nos distinctions pri mordiales reproduites sous des expressions spéciales, mais à peine modifiées.
18 L ÏNlTIATlON Or chacune de ces variétés de la Force va pouvoir prendre son point d’appui, son centre de gravité, sur chacun des appareils caractéristiques du tempérament ou de la constitution. Voyons ce qu’il en doit résul ter. Laforce d’inertie ne peut qu’annuler ou du moins contrarier les appareils actifs ; concentrée sur les nerfs, les muscles, la circulation ou la nutrition, elle ne produira que des entraves ou des désordres.
Au contraire, appliquée au système osseux et cutané, elle en développe toute la valeur. Elle en est donc comme l’Esprit : en dehors de ce système, on ne lui trouve quelque sympathie qu’avec le système glanduleux.
A l’opposé, la force d’initiative ne peut que trou bler les appareils de stabilité, de nutrition et de circu lation qui doivent rester soumis aux lois fatales de la Nature ;elle n’a donc son centre normal que dans le système nerveux qui est son instrument immédiat; elle en est l’Esprit. En dehors de lui, on ne lui trouve quelque sympathie qu’avec le cœur dont elle accélère ou ralentit les battements.
La force du mouvement interne, antagoniste de l’ex tériorisation, doit tendre à l’emmagasinement de la Force pour l’avenir ;elle n’est satisfaite ni de la simple Potentialité ni de l’Acte; si elle produit de l’énergie, c’est pour la capter, la retenir. Son centre naturel est donc sur l’appareil glandulaire (le foie, etc.,) ; elle en est l’Esprit. Sa sympathie se trouve en outre sur les systèmes osseux et lymphatiques. Enfin, la force du mouvement externe, antagoniste de la captivité de {l’énergie, tend à absorber les réser
LES GÉNIES PLANÉTAIRES I 9 Ë1’f’93 .. ip;v ves, trouble la stabilité ; son centre naturel ne peut donc être que sur les appareils moteurs ; de circula tion active (système artériel) et sur le système muscu— laire; elle en est l’Esprit. Elle a seulement quelque sympathie pour les appareils veineux et nerveux.
Ainsi, parmi les nombreuses combinaisons que pourrait produire l’application de la Force aux divers organes,nous n’en trouvons que quatre pour types normaux du caractère ; ce sont : (I) Le Spirituel (application de la force spontanée au système nerveux). v (2) L’Inz‘ellectuel (application de la force motrice interne au système glanduleux). (3) Le Sentimental (application de la force motrice externe au système vasculaire de circulation). (4) Le Matériel (application de la force de stabilité au système osseux).
Sans doute, soit par l’effet de la volonté humaine, soit par accident, la Force peut produire son centre sur d’autres systèmes que ceux dont elle constitue l’esprit ; mais alors il y a désordre, anomalie: ainsi la force de stabilité sur le cerveau peut produire l’idio tisme ; la force motrice y peut provoquer la folie, et ainsi de suite.
C’est pourquoi il est dit ici que ces quatre types sont les seuls normaux. ’ * il 4 Il nous reste à faire deux remarques importantes pour compléter et unifier ces notions : L’observation montre que, lorsque la spontanéité
20 L’INXTIATION humaine ou quelque accident n’interviennent pas, c’est-à—dire à l’état naturel et normal, les systèmes et le genre de force qui sont du même ordre (marqué ci-dessus par nos nombres typiques) sont liés par une analogie si intime que chacun d’eux emporte la prédo minance de ses correspondants. Ainsi la constitution nerveuse (n" r) emporte le tempérament veineux (n° 1) et le caractère spirituel (n° 1) et ainsi des autres.
Nous aurons à dire plus tard quelles circonstances peuvent modifier cette symétrie, nous devons seule ment noter ici qu’elle réduit à quatre les typesfon damentaux naturels de l’Être humain, savoir : 1. Le Spirituel, à. tempérament veineux(ou mélan colique) à constitution nerveuse. 2. L’Intellectuel,à tempérament bilieuxKou colère), à constitution glanduleuse. 3.
Le Sentimental, à tempérament artériel (ou san guin), à constitution musculaire (herculéenne). 4. Le lMate’riel, à tempérament lymphathz‘que, à constitution osseuse. De sorte que pour désigner l’un de ces types, il suffira, Ieplus souvent, d’en indiquer seulement ou le caractère, ou le tempérament, ou la constitution.
Il va sans dire, cependant, que la nature offre très rarement ces divers types dans leur pureté ; nous ne les trouvons guère que combinés et le plus ordinaire ment d’une façon très complexe. Nous savons aussi comment ces combinaisons se ramènent à douze types secondaires composés de sept principaux et de cinq autres qui en sont comme les
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 l inverses, ou plutôt de six directs ou diurnes et de six inverses ou nocturnes (la Lune étant la nocturne du Soleil). Il en résulte que les diverses sortes d’hommes sont plus souvent et plus aisément représentés par les symboles des génies planétaires que par les quatre tempéraments qui ne fournissent qu’une classification beaucoup plus générale.
Le lecteur n’aura aucune peine, après les dévelop pements précédents, à établir la concordance de ces symboles avec la constitution, le tempérament et le caractère ( 1).
Signatures du tempérament. — L’influence des puissances planétaires sur l’organisme doit nécessai— rement se traduire par des signes extérieurs ; ces signes sont ce que l’on nomme les signatures de ces puissances.L’ensemble deleur connaissance constitue la science de la Physiognomonie. On n’en dira ici que quelques mots à peine, car elle exige de longs développements, tout à fait hors de proportion avec cette rapide étude.
La Constitution se reconnaît à la stature et à la santé; le Tempérament,au geste, ou manière d'agir, mouvement; le Caractère,à l’expression, ou réalisation de l’idée,qui peut être un acte, une parole ou une pensée. (1) Il suffira de se représenter le tableau en croix de la cons titution, etc., et de constater ses correspondances avec celui des génies planétaires.
Ainsi le Solaire (qui est 1-2) est de consti tution nervoso-glanduleuse, de tempérament veineux-bilieux1 de caractère spirituel et intellectuel. Le Lunaire (qui est 3-2) est de constitution musculo-glandu— leuSe; de tempérament artériel et bilieux, de caractère senti mental et intellectuel, et ainsi de suite.
22 L’INITIATION C‘est pourquoi l’écriture ou la peinture, et moins aisément la composition musicale et le style, dévoilent le caractère et le tempérament de leur auteur ; ils ren ferment son geste et son expression. Par suite de la loi d’analogie et des correspondances qu’elle entraîne, la vue seule du visage fournit aisé ment les mêmesindications à l’observateur exercé.
Le visage àlui seul présente, en effet, la forme, le geste (par la mobilité des muscles) et par l’œil, la parole, même quand elle est muette. _ On peut aller plus loin encore et tirer d’excellents indices d’une seule partiedu visage; le nez, la bouche, l'œil. Enfin,on sait ce mmentles lignes dela main révèlent les mêmes secrets, en y ajoutant même de fort inté ressants détails sur quelques événements.
Laissons les développements de tous ces petits mys tères aux traités spéciaux qui ne manquent pas, re montantmême à bien des siècles. HOROSCOPE — ASTROLOGIE Nous pouvons aborder maintenant les questions les plus élevées de la vie humaine, celles qui en défi nissent le but essentiel et les moyens.
L’homme se rattache intimement à chacun des trois mondes que son organisation rassemble; tous trois sont représentés autour de son berceau comme par ces fées bonnes ou mauvaises que nous dépeint la charmante poésie de nos pères. L’homme tient à Dieu par la responsabilité de son
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 3 passé. Ce que l’on aime à désigner aujourd’hui du nom indien de Karma ne doit pas comprendre exclu sivement. comme on nous le dit, d’après l’Inde, la Fatalité, en réaction purement mécanique du Cosmos contre toute action individuelle ; il renferme aussi la Prouz’dence ou attraction pleine d’amour de l’Être par excellence pour la faiblesse de la créature encore tout enveloppée de Néant (I).
Si l’homme naît à un certain moment, en un cer tain lieu,ce n’est pas seulement parce que son indivi dualité passée est en conformité avec ce point de l’es pace et du temps ; c’est aussi afin qu’il trouve dans tous les êtres et les circonstances qui l’entourent le milieu le mieux approprié à son éducation future ; saufà lui àen profiter plus ou moins selon sa volonté, libre dans une certaine mesure.
La loi qui le jette sur la terre vient des pôles du Monde de l’Absolu ; elle està la fois fatale et provi— dentielle.La faculté humaine qui lui correspond dans le monde relatifest la spontanéité, la Volonté. L’apport de chacun des trois Mondes à la naissance de l’individu humain se distribue ainsi en quatre fac teurs: le milieu, le karma, l’hérédité et l’éducation, que nous allons voir immédiatement en correspon dance avec ceux de son organisme.
La Nature réclame l’enfant qui naît par le climat de sa patrie et la saison Où elle le met au mOnde, c’est t‘a-dire par l’espace et le temps : cet élément répond à la Constitution. ‘ (I) C’est la raison d'être du Baptême, exorcisme des mau' varses influences passées et actuelles. 3
24 L’INITIATlON Le Karma, tel que nous venons de le définir, fourni par le monde divin, produit le Caractère. Quantà l’homme,ou monde terrestre intermédiaire, l’enfant se rattache à lui : du côté naturel par l’héré— dité; du côté spontané ou divin par I’e’ducalion;et ces deux agents fournissent le tempérament.
Il en résulte que la constitution, soumise à la fatalité, est invariable comme les lois de la Nature; Que le caractère, au contraire, est essentiellement, sinon fatalement, modifiable ; grâce à la volonté qui nous est donnée, notre Karma futur dépend de nous mêmes; c’est dans cette opposition qu’est la raison d’être providentielle de la Mort, l’âme renouvelée a besoin d’une constitution nouvelle, et comme elle ne peut la changer, elle doit la remplacer.
Quant au tempérament, élément intermédiaire, il est, pour ainsi dire, semi-modifiable. Il nous sollicite constamment par la constitution fixe dont il dérive, mais il est en notre pouvoir de réprimer ses élans par notre spontanéité, et par lui de réagir contre la cons titution même.
Dans cette lutte terrible et magnifique de l’esprit contre la matière, qui est la raison d’être de la vie, nous ne sommes pas abandonnés à nos seules forces souvent minimes, le milieu même qui nous étreint nous aide de toute la spiritualité qui l’anime.
Là est l’explication de l’apostolat, de la charité, de l’éduca tion, de la morale, de la société, de toutes les gran deurs de la vie humaine; mais réservons ce point de vue, et revenons à nos considérations organiques. Si le temps et le lieu de notre naissance nous déter
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 25 . .« . ._,-_,. , ,. fl..f,a.;ÿ.mwm}wlæiàvm minent si puissamment, ils doivent aussi indiquer tout ce qu’il y a de fatal en nous: la constitution sur— tout; le tempérament aussi en partie, et même le ca ractère au moment de la naissance alors que, n’ayant pas encore agi, il n’a pas modifié notre Karma.
D’autre part, les événements du monde ne sont pas entièrement abandonnés à la spontanéité humaine, c’està peine même s’ils lui sont soumis. Du reste les événements, dussent—ils dépendre de l’homme exclu sivement, seraient par cela seul, bien qu’indirectement, rattachés aux lois cosmiques, soumis aux fatalités de l’espace et du temps. Or ces fatalités sont liées inti mement à la situation respective des astres (I).
En rapprochant ces observations de tout ce qui a été dit précédemment, tant sur les puissances principales que sur les organisations humaines qui y répondent, on comprendra quelles indications les positions astrales de notre système planétaire peuvent fournir sur l’organisation et l’avenir d’un individu. C’est la justification de l’astrologie judiciaire.
Ce n’est pas ici le lieu de s’étendre sur cette scrence, objet de nombreux et savants traités, il suffira de signaler aulecteur une observation fort simple, capable de confirmer dans une mesure suffisante la réalité des faits astrologiques.
Accoutumez-vous d’abord à reconnaître les consti tutions et les tempéraments d’après les signatures de (1) C’est l’ensemble des prévisions que l’on en peut tirer, que M. Selva a entrepris d’étudier jusque dans les moindres détails, dans ce magnifique travail dont les lecteurs de l’Initiation ont déjà vu quelques extraits.
26 L‘INITIATION planètes lues sur le visage, ou la graphologie. Infor mez-vous ensuite le plus exactement possible de la date de naissance de toutes les personnes que vous serez en état de reconnaître par leur physionomie, et vous verrez que les planètes dont elle indique l’in fluence sont aussi celles que le zodiaque vous signale à l’époque de leur naissance.
Vous pourrez du reste, pourles trouver, vous contenter de celles qu’indiquent le mois, le décan et le jour de la semaine correspon— dant à cette naissance. MORALE ET SOCIOLOGIE Quelle place les lois inéluctables qui viennent d’être indiquées laissent-elles, pour l’homme surtout, à la liberté, à côté de la fatalité qu’elles comportent?
Grave et délicat problème, rarement éclairci! nous ne pou vons nous refuser à l’aborder en terminant cet essai. \ Il exige que nous reprenions la vie d’un Univers dans tout son ensemble. Le mouvement de concentration qui donne nais sance à la vie cosmique, en même temps qu’aux puisv sances qui la dominent et aux créatures qui la par courent, n’est pas continu; il est alternatif.
A cette première onde que nous avons décrite succède un temps de réaction, qui la sépare de l’onde suivante: il se fait ainsi comme une suite de pulsations, par sys tole et diastole, qui se propagent de chaque pôle au centre comme des ondes de chaleur et de lumière au— tour d’un foyer intermittent. Les descriptions précé dentes ne nous ont donné que le premier temps de ce J‘( ,
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 27 Ww—I'rñ—g ;7‘.v‘-...|__, . . m 7»w-r«- , , .-..,._ wr-" double mouvement, le second qui nous reste à étudier va nous faire voir le but et les limites de la liberté in dividuelle.
Par lui nous comprendrons la nécessité de l’alternance sans laquelle l’Univers marcheraitpar un déterminisme implacable à une mort plus lente mais non moins réelle que par un équilibre immédiat de ’ses deux pôles opposés. ‘ Dans ce temps de réaction, l’attraction générale vers le centre commun étant suspendue, chaque être créé s’oriente vers la Puissance dont il dérive plus immé diatement.
Il en est ainsi du moins dans le monde qui nous ouvre celui des créatures les plus éloignées du centre, idéal d’Unité.
Chacun des Principes primordiaux s’isole et fait apparaître comme antagonistes quatre sortes de créa— tures: ‘ ‘ Celles de spontanéité, de force, d’unification qui se réclament du Principe 1 ; Celles de passivité, de multiplicité, d’anéantisse— ment, animées par son opposé le Principe 4.; Entre elles, celles qui tendent à perpétuer la vie: les unes par la fixité de la loi, selon le Principe 2 ; les autres parla variation de la forme, d’après le Prin cipe 3: toutes deux y réussissent par la génération reproductive dans laquelle les premières apportent la fixité héréditaire, les secondes la variété individuelle.
C’est ce premier effet de la réaction que symbolise la Trinité Hindoue: Brahma, créateur; Siva, destruc teur; Vichnou, conservateur. Ce n’est pas tout: En même temps que chaque créature se rattache à son principe prochain, échappée à la Fatalité Universelle, ; v._n
28 L’INITIATlON elle ressent la parcelle de spontanéité qu’elle a reçue, le Verbe qui l’a pénétrée au moment de sa création: sa conscience naît, elle se perçoit comme une indivi— dualité volontaire, et par suite de ce sentiment, elle se fait centre elle-même; centre despotique et jaloux. Telle fut dans l'histoire humaine l’anarchie féodale quand le pouvoir impérial s’éteignit.
Alors doit naître l’égoïsme, l’antagonisme des personnalités également actives, la lutte, la souffrance, le mal.
On sait assez ce qu’a produit dans tous les règnes la simultanéité de ces deux causes de désordre, les combats, les révolutions, les cataclysmes qui mar quent cette ère de réaction, surtout au début des créa tions: Chaos des nébuleuses, tumulte des premières combinaisons de corps simples, dont le soleil nous donne encore le spectacle grandiose ; lutte formidable des éléments terrestres aux premiers jours de la pla nète, cataclysmes gigantesques, combats hideux d’ani maux antédiluviens que la géologie nous raconte, guerres de titans, ravages de monstres et de despotes que nous ont conservés toutes les traditions primi tives.
Ici intervient une nouvelle loi de Fatalité d’une grandeur sublime ; c’est celle qui condamne le Mal à se détruire lui—même après avoir détruit tout ce qui l’entourait d’imparfait : elle produit, après un cata clysme final, le retour d'une harmonie relative, l’op position des contraires et la vogue nouvelle d’uni verselle concentration.
Tel est, par exemple, le dé luge géologique qui rassemble par la force des eaux tous les débris des luttes antérieures pour déposer
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 29 paisiblement sur le sédiment de ces ruines les germes de la vie nouvelle. On sait assez la série de cette loi divine dont chaque étape est souvent marquée d’une révolution (I). Coalition des semblables pour la lutte des ennemis communs (rassemblement des corps par la densité, des végétaux en forêts et prairies, des animaux en troupeaux, des hommes en tribus et sociétés).
Plus tard, solidarité des'associations elles-mêmes produisant des synthèses plus vastes et des luttes plus grandes, mais moins fréquentes aussi (formation des peuples et des nations). Et enfin synthèse générale née de cette solidarité par la hiérarchie des associations dans l’ensemble et des individus dans l’association.
Dès ce moment l’unité rétablie procure une ère de repos et de bonheur proportionnée aux efforts de la lutte ou au perfectionnement du‘monde qui l’a con quise; c'est la période dévachanique des Hindous.
Mais, comme cette unité est seulement relative au monde qui en jouit, imparfaite par conséquent, il finit par s’y faire une polarisation semblable à la primitive, et par elle le retour du mouvement de concentration universelle sur un mode plus élevé que le précédent.
C’est ainsi que la Vie marche par cycles périodi ques ; la monade arrachée au Néant les traverse comme (I) Spencer l’a magistralement analysée, mais, comme il croit la mort individuelle un anéantissement complet, il considère cette série comme la seule loi du mouvement universel dont il ne voit pas l’alternance. Pour lui, la synthèse finale est la Mort!
30 L’INITIATION la force lumineuse ou calorifique se transmet à tra vers les ondulations vibratoires de l’éther, mais en se rapprOchant toujours de ses congénères. La loi cyclique est générale; elle domine toute vie particulière comme la vie universelle; elle régit toute formation synthétique par laquelle l’Etre suprême appelle à lui le Néant arraché aux suprêmes ténèbres.
A la fin de chaque cycle toute créature individuelle, simple ou complexe doit être absorbée ou par l’Etre qui, dans la joie du Devachan, la prépare à de nou veaux progrès, ou par le Néant Où il peut retomber damné!
C’est ainsi que de toute mort ressort une âme mortelle ou immortelle selon que pendant Père de son affranchissement conscient, le Moi individuel a renié l’Universelle Volonté ou s’est uni à elle, car, selon l’expression des saintes Écritures, la révolte contre le Saint-Esprit est le seul crime impardonnable. * >t:i Telle est la marche générale de la création; voyons quel aspect elle donne à un moment quelconque sur une planète peuplée d’êtres humains telle qu’est notre terre.
La vie y bat son plein; régis par la loi zodiacale, dominés par les douze puissances, une multitude d’êtres d’ordres divers s’agitent orientés vers l’un ou l’autre pôle, entraînés à travers une quantité de cycles hiérarchiques dont les heures sont différentes, agis sant les uns sur les autres, solidaires sans le savoir, en lutte perpétuelle, guidés plutôt par les hasards des
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 31 "W7Œv.rf-_‘ ... ,, , passions qui s’entrecroisent que par. des règles fixes, agités plutôt qu’actifs. Il semble que les forces supérieures ne soient plus maîtresses de ce chaos désordonné, malgré l’inces— sante flagellation de leur fatalité sur la masse en ébul lition. Mais regardons plus haut, et nous verrons que toute cette fermentation n’est pas sans but ni sans guide.
Ce n’est pas en vain que l’ineffable Unité l’a provo quée en pénétrantle Néant pour en tirer ces créatures maintenant si troublées ; ce n’est pas inutilement que le Père a sacrifié son Fils sur la croix des antago nismes; sa Force suprême, la Providence, dirige tout ce tumulte des créatures animées de son souffle ; « l’homme s’agite et Dieu le mène ».
Tous ces efforts en conflits sont dirigés vers le centre commun qui,. sans cesse, les sollicite par le souffle de l’Esprit Saint.
C’est cette fin sublime qu’exprime nettement la Trinité chrétienne: Un seul Dieu dirige l’Univers : Père, il l’a tiré des ténèbres du Néant pour l’élever avec son assentiment aux splendeurs de l’Etre; Fils, il lui a donné la. forme et le mouvement avec la con science, le Verbe par lequel il le fait participera sa Divine activité; Esprit, il sollicite incessamment par I’Amour sa liberté croissante qu’il ne contraint jamais.
Ce n’est qu’à l’intérieur de cette Trinité supérieure qu’est renfermée celle inverse des Hindous, qui, si elle était seule, ne serait en effet que l’horrible illusion des pessimistes, la grande erreur divine : Siva destruc— teur sans repos des créatures que Brahma ne cesse de produire et que Vichnou conserve en vain. Tout autre
3 2 L‘INITIATION est l’aspect sous lequel le chrétien envisage cette Tri nité secondaire: pour lui les trois Puissances de son monde deviennent : ‘ La Fatalité qui, par le châtiment, corrige ses er reurs quand elles attentent à la loi divine; La Providence qui seconde ses efforts en lui four nissant l’occasion de les orienter vers la Vérité ; Et la Volonté libre de la créature qui, par les pro ductions éphémères de sa spontanéité,peut construire la trame de sa propre éternité.
C’est encore après cette Trinité secondaire et comme les ministres de sa divine activité d’Amour, qu’appa rait le quaternaire, se développant comme nous l’avons vu en septénaire et en dodénaire de puissances dont les Antagonismes apparents réalisent par la vie zodia cale l’harmonie finale des contraires. nI. Suivez maintenant une monade individuelle, mon tant à travers les cycles de tous ordres les divers degrés de l‘échelle des êtres.
Tant qu’elle sera surles inférieurs, vous verrez la Fatalité et la Providence la conduire àpeu près seule, tout en s’effaçant devant la croissance de la conscience intellectuelle. Puisla voici parvenue au monde humain. Dès lors le choix lui est proposé entre les deux pôles extrêmes, la volonté libre lui est donnée avec l'occasion longtemps répétée de se prononcer en décidant soi-même désormais de son sort. Cependant l’homme n’est pas abandonné en face —-—wn—-4.‘--‘d
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 33 de ce terrible dilemme d’où dépend son immortalité. Un secret instinct, que ses erreurs prolongées peu vent seules détruire, le sollicite vers les splendeurs de l’Être qui se révèlent à sa faiblesse par la trilogie du Beau, du Bien et du Vrai.
Il est entouré d’homtfieS plus avancés que lui sur la voie spirituelle; ils peuvent le soutenir de leur exemple, de leurs conseils, de leurs enseignements; la Providence les y contraint même, autant qu’elle le peut au sein de la famille. Lui-même est appelé à apprendre la solidarité fraternelle en la pratiquant à son tour comme père, comme citoyen, comme homme.
Enfin, sans cesse il doit briser les défauts de son tempérament ou de son caractère contre les propriétés contraires des autres hommes, de sorte que la vie est pour lui l’école pratique la plus propre à l’arracher à l’esprit du mal.
C’est ce qui justifie la nécessité providentielle de la société humaine, le rôle indispensable de ses inégali tés, l’obligation de les régler par la hiérarchie afin de rendre possible la tâche apostolique et la responsabi lité qui incombe à chacun en proportion de son rang spirituel, intellectuel ou social.
Cependant, tous ces secours Provz‘dentz‘els sont pres que inutiles à l’homme qui n’y ajoute pas les efforts de sa propre Volonté avec le désir sincère de l’adap— ter à la Voiônté Divine Universelle, car là est le but suprême, la cause et la fin de son existence. Il n’y peut arriver que par la culture psychique, le travail personnel de son âme avec le secours de ses sem >
34 L’INITIATION blables et de Dieu; par l’éducation qui trace la voie et la Prière qui l’éclaire. Sans la morale, sans la reli gion pour réprimer les égarements ou les révoltes de sa Volonté, l’homme retombe sous le joug inflexible de la Fatalz’te’, dont les sept puissances sont les mi nistres rigoureux. C’est alors que son horoscope se réalise ponctuellement, inéluctable!
Nous ne pouvons aller plus loin dans le dévelop pement de ces premières notions. La Sociologie, la Pédagogie, la Morale, la Religion qui demandent de si vastes études ne peuvent être esquissées ici même dans leurs principes, plus que ne l’ont été plus haut la génèse, l’ontologie, la physiognomonieou l’astrolo gie.
Le seul but de cet essai était de montrer comment autour du grand Principe Trinitaire viennent se ran ger comme autour d’une source commune de vitalité, toutes les créations, tous les êtres, toutes les manifesta tions de la vie, toutes les sciences aussi, parce que toutes ont leurs racines dansla science ésotérique. Leur seuil est notre limite. F.-Cn. BARLET.
ossnssrn ne ttncuar I Dès mes premières expériences sur l’extériorisation du corps astral, je constatai que le lien fluidique qui le rattachait au corps matériel s’allongeait à mesure que le sommeil devenait plus profond; le sujet pou vait alors envoyer le corps astral à des distances de plus en plus grandes.
Je ne provoquais et ne permettais ces voyages qu’avec la plus extrême prudence, n’entrant que pas à pas dans cette région inconnue où j’étais amené à opérer et me guidant toujours d’après les indications données par le sujet lui—même. Or un jour le sujet, à qui j’avais permis de laisser son double s’éloigner autant qu’il le pourrait, déclara qu’il ne le voyait plus.
Il était depuis quelques ins— tants dans un état de tranquillité apparente, que je surveillais attentivement pour voir s’il ne se refroidis sait pas trop, comme cela lui arrivait lorsqu’il restait trop longtemps extériorisé. Tout à coup sa figure prit l’eXpression de la terreur, et il me supplia de le réveil
36 L’INITIATION 1er, ce que je m’empressai de faire en changeant les chaînes de main (I). Il ne tarda pas à pousser un soupir de soulagement en voyant réapparaître son corps astral ; mais il remarqua, non sans étonnement, que cet astral ne lui ressemblait plus. Sans m’arrêter à cette particularité, je continuai rapidement à faire tourner la machine pour hâter le réveil.
Quand je fus arrivé aux états Infé rieurs de l‘hypnose et que l’astral fut rentré dans le corps matériel du sujet, je l’interrogeai sur ce qui s’était passé. Ilm’expliqua qu’il avait été effrayé par un con tact froid, gluant et répugnant, dont il ignorait la cause. J’achevai alors de le réveiller et le congédiai.
Le surlendemain, je revis ce jeune homme, qui est un garçon instruit préparant en ce moment sa licence de philosophie et se livrant à mes expériences pour se rendre compte par lui—même des phénomènes psy« chiques anormaux pouvant intéresser ses études.
Il me ditque, contrairement à ce qui lui arrive d’ordi naire après nos séances, qui ne le fatiguent en aucune façon, il était resté inquiet pendant plus de vin gt-quatre heures, comme s‘il était hanté par une personnalité étrangère, et qu’à chaque instant il se retournait avec la sensation d’être touché ou suivi par une autre per sonne.
Dans les expériences suivantes, le sujet enhardi (I) J'ai ’coutume d’endormir ce sujet en lui faisant tenir à. chacune des mains une chaîne différente communiquant, l’une avec la partie positive, l’autre avec la partie négative d‘une machine électrique à influence.
POSSESSION ET INCUBAT 37 put apercevoir et décrire pendant son sommeil des formes lumineuses qu’il comparait à des poires avec la queue en bas et qui, rôdant autour de son corps astral, cherchaient, suivant son expression, à pomper la rosée de vie dont il était imprégné; leur contact se traduisait aussi bien pendant les divers états de l’hypnose que dans les phases léthargiques intermé diaires par des soubresauts dans son corps matériel; mais il avait appris, disait-il, àles empêcher de pénétrer en raidissant son astral. ‘ Un jour cependant, je faisais une expérience double avec deux sujets extériorisés se contrôlant l’unl’aI1tre: M. A. dont je viens de parler, et M“ B.
Mme B. est une voyante d'un extrême sensibilité et d’une haute valeur intellectuelle et morale. Son corps astral se dégage très rapidement et, peu matériel, s’élève rapidement sans être exposé aux attaques de ce que j’appellerai les lames. L’astral de A. au contraire s’élève peu; quand il s’éloigne du corps matériel, c’est en restant dans le même plan.
Sur mon invitation il s’accrocha à l’astral de B. qui chercha à l’enlever avec lui; mais bientôt la séparation se fit et il retomba brusquement à la surface du sol où, tout étourdi, parait—il, par sa chute, il fut assailli parles larves avant qu’il eût le temps de se mettre en défense.
Le malheu reux jeune homme. encore endormi, geignait, contour nait ses membres dans une angoisse qui persista après le réveil pendant deux jours avec des symptômes analogues à ceux que nous avons déjà signalés. (A suivre.) X.
38 L’INITIATION DE LA EABAILE dMALÜÈNIWE a.
ISMAÊILI’I‘E —— ATHANASE KIRCHER OU, CE QUI EST LA MÊME CHOSE DE LA Philosophie Eiéroglyphique et Superstitiettse DEtî A3A3I8 ET 1388 TUROS AU TRÈS-ILLUSTRE ET TRÈS-RÊVÉREND SEIGNEUR FRANÇOIS ALBICIUS Assesseur de la Sainte et Révérée Inquisition (Suite et fin) CHAPITRE III Des Noms divins employés par les Maho métans, de leur propriété et de leur effi cacité, d’après leur sentence, qui sont très fidèlement extraits du traité des Noms divins d‘Abulhassan.
De même que les Hébreux tirent de la combinaison des lettres et de la permutation du texte de l’Ecriture sainte les différents noms de Dieu et des Anges qu’ils s’imaginent avoir une grande force pour demander à Dieu certaines grâces, de même les Mahométans
.1. “H ,< .5. r " KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 39 tirent de l’Alcoran beaucoup de noms divins, dont quelques—uns sont composés des lettres initiales de différents versets del’Alcoran ; quelques-uns sont pro duits par la permutation des lettres, certains provien‘ ment de ceux qui mêlent la doctrine magique de l’Inde.
Ils réduisent ces noms en nombres, dans lesquels (combien on aurait à dire là-dessus) ils s’imaginent avec une incroyable stupidité que réside une mer— veilleuse puissance. Nous avons exposé avant l’al phabet mystique ceux de la première catégorie ; nous parlerons maintenant de ceux de la deuxième et de la troisième catégories.
Or les noms sont les uns déve loppés, les autres contractés: ils s’expliquent d’eux— mêmes, ils sont formés par l’assemblage des lettres initiales des multiples attributs de Dieu en un seul nom, et ils ne sont par conséquent entièrement com— pris que par ceux qui sont versés dans cette étude.
Tel est Mitrahhem, pitoyable, qui est formé des attri buts de Dieu: Mellech, Roi; tuhhid, unique; rahhman, miséricordieux; hhanan, plein de grâce; mahhmud— paale, glorifié dans ses œuvres. En effet, toutes les lettres initiales de ces noms forment ce nom unique mitrahhem,qui signifie pitoyable.
Tel est aussi es tahhtia, dont ils se servent pour obtenir la faveur des princes ; tels sont tous les noms qui suivent, formés aussi des lettres initiales des différents noms divins; nous avons pensé qu’il n’est pas inutile de les ajouter ici. Et en vérité nous expliquerons tout d’abord ici quelques noms, et nous redirons, d’après la manière de voir des Arabes et des Mahométans, quel avan tage ils obtiennent en demandantà Dieu ses faveurs,
40 L’INITIATION pour que le lecteur perspicace voie clairement com bien de superstitions l’ennemi du genre humain in filtre dans le cœur des mortels sous l‘apparence de la piété et de la sainteté, et avec quelle force il les amène à des pratiques vaines et illicites. Noms de Dieu développés ou expliqués. Noms de Dieu contractés Il n’estd’autreDz’eu que toi, 6 seigneur Sabahhnak de toutes choses, et leur maître. Nous te louons.
La propriété de ce nom est d’obtenir la faveur de s’approcher des princes, si, comme ils se le persua dent à tort, on le dit chaque jour vingt fois cinq fois. 0 Dieu, Dieu sublimant et faisant jaillir sa gloire l Esmuttutsia.
Quiconque revêtu de vêtements propres pronon cera ce nom cent fois après ses prières, au jour de Vénus, obtiendra de Dieu, s’il est permis de le croire, la certitude du salut, et il repoussera les attaques de ses ennemis, fiction ridicule sur laquelle il y a bien des choses à dire. l 0 Dieu glorifié dans toutes ses œuvres! Maaruschen.
Si quelqu’un écrit ce nom (vois quelle ridicule superstition) avec du musc et du safran sur la tête d’une brebis, ainsi que le nom de la personne que tu désires d’un ardent amour, et le nom de sa mère, et qu’on l’enterre dans un endroit propre, et qu’on ait été doux et humble, et‘qu’on ait jeûné trois jours durant, et qu’on l’ait lu chaque jour quinze fois, et qu’après le troisième jour on aille à un bain dont la porte soit tournée vers le septentrion, et que, sorti
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 41 w w . . - .- . z:...:r:.. —»-.v&—'<.W ..'äw..»t».».. bien nettoyé, on écrive aussi ce nom sur la plante du pied droit, et qu’on s’avance ainsi vers la personne aimée, et qu’on lise au-dessus d’elle ce nom avec l’intention d’en obtenir ce qu’on veut, et que, se tenant debout avec elle, on sorte le nom écrit, quelle que soit la personne, elle sera aussitôt embrasée d’un si grand amour, qu’elle ne pourra reposer, ni penser à autre chose qu’à toi.
Ce sont là les bagatelles et les insanités que font les Turcs dans leurs invocations divines; mais qui comprendra l’insanité de telles superstitions, n’aura eu horreur des opérations si impies et sacrilèges, utilisées dans des buts si honteux et abominables, puisqu’ils se servent de Dieu précisé— ment pour le mal? Mais continuons par d’autres noms horribles.
Nous interprétons ce nom par ces mots explicatifs : 0 clément pitoyable à tous, et miséricordieux, il prend pitié d‘eux. Ttahapasum' Si quelqu'un souffre d’une infirmité pénible, à la quelle il n'y est point d’espoir de remédier, et qu’il écrive ce nom avec du musc et du safran, et qu'il le mette dans une potion, dès qu’il l’aura prise il sera guéri de son infirmité, et ne retombera jamais malade, et Dieu bénira sa demeure.
C’est ce qu’ils s’imaginent stupidement. 0 toi qui vis éternellement; nul ne vit si ce Chh . - 4 eschmum. n’est il“; en set—même est son royaume . Ils disent que la propriété de ce nom est de répri mer la violence des princes, surtout si on le récite vingt-sept fois, et (pour qu’il ne manque rien à cette su '-Œ-ä-—.«-. .- .-..n
42 L’INITIATION perstition) lorsque la Lune est dans le signe du Bélier. 0 existant, qui ne souffre, que nul n‘échappe à sa surveillance, Metrapz. Ils se servent de ce nom contre tous les maléfices, les incantations, les prestiges, les morsures d’ani maux venimeux, après l’avoir récité, effort inutile et vain, cinquante fois. 0 unique et stable, antérieur et postérieur à toutes choses .
Hhahhatmku' Ce nom prononcé trois cents fois après un jeûne de trois jours fera obtenir tout ce qu’on aura désiré; si toutefois c’est croyable. Hez’gz’an signifie ceci: Dieu immuable dont le règne fut, est, sera . Ils se servent de ce nom pour ramener l’époux qui s’est éloigné. KajIaf signifie ceci: Éternel Dieu, auquel rien ne peut être comparé. Ils disent qu’il permet d’évoquer l’apparition des esprits.
Mescheita signifie ceci: Aucune chose ne lui est semblable, et lui—même est toujours fixe et immuable. Ils s’en servent pour plusieurs choses. Lilchhesphaph signifie ceci: Grand, écoutant les plaintes, éclairant les intelligences. Ils font un anneau de sept métaux et I’appliquent à diverses extrava gances superstitieuses. Aittragag signifie ceci: Créateur des âmes sans similitude corporelle. D’horribles superstitions y sont contenues. Hlzagire signifie ceci: Glorieux ouvrier, gaz dans sa mansuétude règne sur toutes ses créatures. Ils
KABB_ALE 'SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 43 1'flifiî‘TTÇ-fi" -v l’appliquent à diverses choses odieuses, à ce qu’on rap porte. Admuz‘ signifie : Proche de toutes choses, les exal— tant, sa grandeur est élevée au-dessus de tout. Ils croient par ce nom faire des prodiges. Tattun signifie: Saint, pur de toute iniquité, et aucune créature ne le surpasse. Ce nom sert contre les maladies comme ils le pensent stupidement.
Essnahhu signifie: Vénérable et juste au-dessus de toutes choses. Ce nom est employé pour réprimer les tentations, comme ridiculement ils se l’imaginent. Suragi signifie: Grand, fort, glorieux. En l’invo quant, ils se promettent la sagesse. ' Sure signifie: Admirable, auteur admirable des choses, que la gloire de son règne ne se termine point!
Par la force de ce nom le prisonnier sera délivré; si toutefois le juge reçoit une bourse bien remplie de pièces de monnaie... J’ai exposé quelques-uns des cinquante noms de Dieu, pour qu’on voie d’après ceux-ci, et d’après leur usage, ce qu’on doit penser des autres.
Or quelques auteurs ajoutent à ces noms quatre— vingt-dix-neuf autres noms sur lesquels Hali Ben Aruth s’exprime ainsi dans son remarquable traité: Le Très—Haut dit: A Dieu sont des noms destinés à révéler sa bonté; nous l’z'nuoqueg par ces noms, qui sont au nombre de 99, c’est—à-dire cent moins un ; qui les lira et les récitera, entrera au paradis, -— des bêtes, si je ne me trompe.
Mais voyez dans ce traité leur signification, leur usage, leur efficacité, et autres innombrables extravagances. *IJ—!Lr ,., ,,
44 L’INITIATION CHAPITRE IV Des Noms divins représentés par les nombres Les Arabes et les Sarrazins Mahométans mettent parmi leurs autres mystères certains nombres qu’ils nomment Hendi, c’est-à-dire Indiens, provenant des sages de l’lnde quoique plus vraisemblablement ils pro cèdent de nos nombres latins comme cela sera évi dent en les comparant l’un à l’autre car ce ne sont que les nombres latins renversés, provenant d’une défor mation dans la manière habituelle de les écrire, comme on le verra ci-dessous; mais ils correspondent aux 27 lettres arabes,disposées selon l’ordre et les nombres de l’Alphabet hébraïque, comme suit : Vau, He, Dal, Gim, Be, Aliph, Lettres arabes.
Vau, Hé, Daleth, Ghimel, Beth, Aleph, Lettres hébraïques 6, 5, 4. 3 a, I, Nombres latins. Lam, Caph, le, Tha, Hha, Ze, Lettres arabes. Lamed, Caph, Iod, Teth, Heth, Zaïn, Lettres hébraïques. 30, 20, I0, 9, 8, 7, Nombres latins. Phé, Aïn, Sim, Nun, Min, Lettres arabes. Phè, Aïn, Samech, Noun, Mem, Lettres hébraïques 80, 70, 60, 50, 40, Nombres latins. Te, Schin, Re, . Kaph, Ssad, Lettres arabes.
Thau, Schin, Resch, Koph, Tsadé, Lettres hébraïques. . 400, 300, 200, I00, go, Nombres latins. Ghain, Dha, Dzh, Dhsal, Chha, Tse 'N°"””,”,,””“P0"‘jan’ I000, 900, 800, 700, 600, 500 aux e re" ‘7’” re" en! , en surplus de [Alpha Tsade,Phé, Noun, Mem, Caph be, hébraïque. Ils attribuent une si grande puissance à ces nom bres, qu’ils prétendent que rien ne peut être fait cor
KABBALE SARACÉNIQUE ET [SMAÉLITE 45 rectement sans eux; dans toutes les amulettes ils les introduisent transformés en noms divins, qu’il est peu d'individus qui ne portent gravés dans leurs livres, surle cou, sur,les bras ou les pieds, des extravagances fanatiques de cette sorte.
Et puisqu’il n'est personne, que je sache, qui les ait compris ou qui ait montré l’origine de cette machination superstitieuse, je suis convaincu qu’il appartientàŒdipe de dévoiler ici leur raison autant qu’il lui sera permis. _ Acet effet, ils prennent les sentences les plus belles de l’Alcoran cachées dans ces» nombres et se rappor tant à Dieu; puis ils fabriquent des amulettes sur lesquelles ils les gravent habilement ; je parlerai d’abord de la première manière, ensuite de la se coude.
On trouvera ça et là dans des manuscrits ces nombres révélés sous certaines formes géométri 4, 3, 2, l, 258, 299, 66, 102 correspondante, ne signifient en vérité rien autre chose que cet immense rabachage: Au nom de Dieu pi— toyable et miséricordieux.
Mais nous donnons ici l’analyse de ces singuliers noms. ques : qui, réduits en leur valeur ' 4, 3, 2, I Elrahhim, Elrahhman, Alla, Bismi 2 5 8, 2 99, 66, 102 Le premier mot est Bismi, qui, réduit en nombres, donne 102; Alla, réduit en nombres, donne 66; El rahhman moins l’article, et réduit en nombres, donne 299; Elhahhim, moins l’article, et réduit en nom
46 L’INITIATION bres, donne 258, comme on le voit dans le tableau ci dessous.
Mais il faut noter que souvent les Arabes mettent 0 pour 5, et réciproquement, et, pour qu’il n‘y ait point confusion, de même ce nombre 1 signifie 10 et 10 signifie 15; et ils diffèrent en ceci qu’ils expriment 5 par un grand cercle, et Zyphram par un petit cercle. - Réduction de la sentence ci-dessus en nombres 4 3 2 l Elrahhim Elrahhaman Alla Bismi Re 200 Re 200 Aliph | Be 2 Hha 8 Hha 8 Lam 30 Bin 60 le 10 Mim 40 Lam 30 Mim 40 Mim 40 Nun 50 He 5 258 | 298 1 66 | 102 Par une opération analogue j’ai découvert que le premier verset de l’Alcoran est contenu dans ces nombres qu’Abulhassan donne dans le livre cité pré cédemment, comme suit : 8 7 6 5 4 3 2 l 16 90 289 329 232 202 65 83 Roi pitoyable et miséricordieux, Louange au Dieu de la lumière, Seigneur des siècles.
Nombres latins È lnterprétant. Si l’on réduit ces mots en nombres, comme cela vient d’être fait, on trouvera vraisemblablement les nombres correspondant à chacun des mots. Nous avons vu la manière de résoudre en nombre, les noms divins ; nous allons maintenant dévoiler les secrets qu’ils’ s’imaginent y être enfermés.
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 47 CHAPITRE V Des Noms divins et des nombres par les— quelsils se manifestent pour l’appropria tion des 7 planètes et des 12 signes du Zodiaque.
De même que les Hébreux, les Arabes Mahométans assignent aux différentes parties de l’universelle ma chine les noms divins comme signatures des choses créées, avec cette différence cependant que les Arabes se servent habituellement de leurs philosophie non dans un but métaphysique, mais à l’effet d’obtenir di rectement des superstitions colossales et prodigieuses pour ce qu’ils veulent, c’est-à-dire pour les attraits vo luptueux de la chair, pour les richesses, les honneurs et pour des fins et des buts analogues dus à l’incitation de Satan.
Mais ils croient follement, comme cela est écrit dans l’Alcoran, que Dieu, à cause des mérites et de la sainteté de l’infâme imposteur Mahomet, a pro duit le Monde et tout ce qu’il renferme, qu’il a cons titué les Anges, et‘ marqué chaque chose du sceau de ses noms, de telle sorte que quiconque saura disposer selon les rites les noms divins et appliquer aux noms les nombres, pourra, par une opération occulte de ces noms, obtenir toutes choses sans aucune peine et à cause des mérites de Mahomet. ‘ O épouvantable aveuglement dont ils sont tous frappés, comme nous l’avons montré ci—dessus, à ce point qu’ils rassemblent une immense quantité de
4 8 L’INITIATION mots tirés de l’Alcoran, desquels il forment un autre nom talismanique au moyen de leurs lettres capitales, etils les appliquent aux [7 signes du Zodiaque, aux 7 planètes, et aux 28 maisons de la. lune ; en un mot, il n’est aucune espèce de pierre, aucune espèce d’herbe, aucune espèce d’animal à laquelle ils n’assi gnent, comme on le verra par la suite, des noms talis manique, dece genre ;et dans chacun d’eux ils afiir ment que résident les propriétés que nous avons décrites un peu plus haut.
Et on devrait leur pardon ner la composition de certains noms divins ;_mais ils sont à ce point convaincus de leur inanité par leur habitude de les souiller par des opérations magiques et par d’abominables cérémonies, que je jugerais bien moins dangereux de mettre la main dans l’écurie d’Augias que dans cette inépuisable sentine pour la nettoyer. Mais expliquons les principaux noms.
C’est pourquoi ils choisissent 19 noms comme plus secrets qu’ils appliquent aux 7 planètes et aux 12 signes du Zodiaque en forme de cercle; nous les donnons ci après et ce sont les suivants : 4 3 2 1 Elmetkabar, Elchiar, Alaadim, Almalek glorifié, élu bon, grand, Roi 8 7 6 5 Eckabir, Alaalt, Elkabar, Elmahimen, grand, haut, victorieux, auteur de toutes sublimes choses 11 10 9 Elmoctadar, Elleadar, Elmetaal, donnant la puissance, puissant, exalté, 15 14 13 12 Elhokom, Elhessib, Elhaadal, lElhakim sage, illustre, juste, disposanttouteschoses,avecsagesse 19 18 17 16 Elmentakem, Elmedal, Elaaziz, Elkabir, droit, humiliant; robuste, fort,
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 49 Iwf-"‘=«qæ - * EXPLICATION DES NOMS TRADUITS DE L’ARABE EN LATIN r. Almalek, Roi, nom de Dieu, pentagramme, con tient le nombre 121, et influe sur Saturne, selon les Arabes. 2. Alaadim, grand, est un nom de six lettres, et renferme le nombre 1051. Il influe sur Jupiter. '3. Elchiar, élu, nom divin de six lettres, qui ren ferme le nombre 842. Il influe sur Mars. 4.
Elmetkabar, élevé, nom divin de sept lettres, qui contient le nombre 693. Il influe sur le Soleil. 5. Elmahimen, sommet, faisant toutes choses subli— mes, nom de sept lettres, renfermant 176. Il influe sur Vénus. 6. Elkahar, victorieux, nom de six lettres, contenant le nombre 337. Il influe sur Mercure. 7. Alaabz‘, élevé, nom de cinq lettres, contenant le nombre 141. Il influe sur la Lune. 8.
Elkabir, grand, nom de six lettres, qui contient le nombre 233. Il influe surle Bélier. g. Elmetaal, exalté, nom de sept lettres, contenant le nombre 571. Il influe sur le Taureau. 10. Ellcadar, puissant, nom de six lettres, contient le nombre 336. Il influe sur les Gémeaux. 1 I. Elmek!adar, donnantla puissance, nom de sept lettres, contenant le nombre 775. Il influe sur le Cancer. 12. Elhakim, sage, nom de six lettres, qui contient le nombre 109. Il influe sur le Lion. 13. Elaadal, juste, nom de cinq lettres, contenant le nombre 135. Il influe sur la Vierge.
50 L'INITIATION I4. Elhessib, illusthe, nom de six lettres, conte nant le nombre 111. Il influe sur la Balance. 15. Elhokon, sage distributeur, nom de six lettres, contenant le nombre 99. Il influe sur le Scorpion. 16. Elkabzr, grand, nom de six lettres. contenant le nombre 263. Il influe surle Sagittaire. 17. Elhaa;iç, fort, nom de six lettres, renfermant le nombre 125. Il influe sur le Capricorne. 18.
Elmedal, manifesté, nom de cinq lettres, côn tenant le nombre 105. 'Il influe sur le Verseau. 19. Elmentakem, uengeur, nom de six lettres, ren fermant le nombre 661. Il influe sur les Poissons.
Et tels sont les 19 noms divins qui influent sur le système des astres; pour leur donner une plus grande puissance, ils les disposent très supertitieusement dans un cercle divisé en 19 cases, sous des caractères mys— tiques; sous ces étranges caractères, ils mettent trois rangs de lettres, dont voici le sens: 1 Au nom de Dieu clément et miséricordieux. 2 Saint, sage, juste, existant, simple, nivant, 3 Et qui aura été mort?
Quoi si ce n’est ceux qui aiment? (ce nom) Chacun de ces versets contient 19 lettres, qui cor respondent au 19 noms; et tant par ces 19 noms que par ces 19 caractères, ils affirment bien que Dieu, à la fois par le moyen d’anges spéciaux, et avec l’aide de Mahomet, influe sur les 7 planètes et les 12 signes du Zodiaque; de là ils s’imaginent que de très grands
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 51 mystères y sont renfermés pour obtenir de Dieu, par des invocations appropriées tout ce qu’ils voudront. Mais écoutons ce que dit Abenpharagi dans le remar— quable traité qu’il a écrit sur ce sujet: ’ « Tels sont les grands noms qui terrifient, vain-— quent, oppriment, humilient, châtz‘ent les ennemis de Dieu adorateurs dufeu; que Dieu nous en délivre!
Etpar le moyen d’un quelconque de ces grands su blimes noms, Dieu créa un l’ange qu’il tira de l’abîme infernal, et d’une plume forte et solide ce fut écrit sur son front; mais dans une précédente partie de I’Œdz}ve, j’ai déjà parlé de ceci, notamment dans Kophé (I), oùj’ai dit que de chaque lettre Dieu créa un ange glorieux et juste, et qu’il grava cette lettre sur sonfront, et qu’ilfit ainsi, pour qu’il comprit et expliquât la foi dans le verbe : or sache que le Dieu suprême créa son prophète de cinq de ces noms, et que là c’est lefeu qui guide le croyant vers la charité et la vérité; or il y a 19 lettres, autant que de noms; sachelencore que quand le Très-Haut eût achevé l’U— nivers par ces nombres, il acheva ce monde par le nom du vénéré Mahomet parce que son nom est loué dans le ciel et glorieux sur la terre parmi ceux qui craignent Mahomet, et ce nom est de tous le plus parfait, et chaque lettre de ce nom tue son nom des cinq fameux. » Telles sont les paroles d’Abenpharagi.
L’auteur continue en comparant chacune des lettres de ce nom infâme avec les noms divins, en les trans— formant en certains caractères qu’ils nomment lettres (I) Mésopotamie.
52 L’INITIATION secrètes, et en les disposant dans l’Univers, comme on peut le faire en les traçant sur une sphère zodia cale et planétaire.
INTERPRÉTATION nu SCHÉMA Le schéma est d’abord divisé en six cercles, dont chacun est divisé en 19 cases ; le premier cercle con tient les figures mystiques ; l’autre explique ces mêmes noms; le troisième renferme Ig noms divins qui correspondent aux noms mystiques; lequatrième, le cinquième, le sixième renferment trois petits ver— sets, comme nous l'avons dit précédemment, dont chacun est composé de 19 lettres.
Les noms mystiques, qu’eux—mêmes nomment noms naturels et figures naturelles, ne sont autre chose que la transformation des noms divins en les dites figures, pour céler les mystères. A cause de cet arrangement, la première figure n’indique que cesmots Dieu proche, par trois nonaires, qui sont indiqués par des nombres, qu’ils appellent Hendi, c’est-à-dire in diens, disposés selon les règles, et ils consacrent cette figure à Saturne.
La seconde figure, consacrée à Jupi ter, ne signifie pas autre chose que ces mots Dieu glorieux; réduits en nombre, ils représentent 919 du nom qu’ilsexpriment. Et de même des autres, comme le révèlent les noms du deuxième cercle. Et ainsi tant qu’ils ont un nombre correspondant aux Ig grands noms de Dieu contenus dans le troisième cercle, et avec les trois versets renfermés dans les cercles qui restent, dont chaque lettre correspond au nom placé
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 53 au-dessus, e}n même temps qu’à la planète ou au signe contenu dans la même division. L’emploi de ce schéma est très utile pour faire des talismans de cette manière.
Dès qu’on connaît la planète ou le signe sur lequel quelqu’un est né, on compose le talisman d’après les figures, les noms, les nombres, qui se trouvent dans la division de la planète ou du signezpar exemple, pour attirer l'amour, ou forme le talisman ou l’amulette des figures, des noms, des nombres et de lettres qu’on trouve dans la division de Vénus; en faisant des in vocations à l’heure même de Vénus, et d’autres su perstitions que j'omets de propos délibéré pour ne pas blesser les oreilles chastes, ils croient que ce ta— lisman porté sur soi contient des forces incroyables pour attirer l’amour des princes et des femmes pour celui qui le possède.
C’est la même chose pour celui qui est né sous le Soleil et le Lion : on prend alors dans la division du Soleil les figures, les noms, les nombres, les lettres, et on les grave à l’heure de Jupi ter sur la partie antérieure d’un anneau d'étain, et sur la partie postérieure toutes les figures contenues dans la division du Lion; et il croient ainsi que le possesseur parviendra aux souverains honneurs et aux suprêmes dignités.
De même pour les autres planètes et les autres signes, ils fabriquent des talismans appropriés, que l’on trouve tous traités à fond dans les auteurs cités. Cette invention arabe plut à ce point aux Européens qu’il n’est point de sceau magique qui ne dérive dans sa construction de ces supertitieuses inventions. Et, puisqu'ils estiment que ces sortes de signes qui ré
54 L‘INITIATION vèlent le rapport des puissances universelles ne peu vent acquérir leurs forces que par certaines cérémo nies dangereuses, à peine peut-on raconter tout ce qu’il faut pour donner à ces caractères leur force.
A cet effet, s’étant d’abord purifiés, et ridiculement re vêtus de vêtements appropriés, ils entreprennent des jeûnes d’une certaine heure à une autre; à ceci suc cèdentdes conjurations composées de noms magiques, accompagnées de mouvements du corps tout à fait risibles; ils n’oublient pas non plus les cheveux, les poils du corps, les fragments de souliers, les aromes, les os et les cornes d'animaux, et un grand nombre de folles extravagances de cette espèce, qui se rapportent, par une certaine analogie, au signe ou à la pla nète, qui régit la personne : car si l’on oublie une des choses prescrites, ils croient que rien n'a réussi.
C’est pourquoi l’Église interdit avec raison ces œuvres et d'autres semblables fondements d'un culte vain, comme signes manifestes de la coopération du Diable.
Ce qui fait que comme des signes de cette espèce se produisent de plus en plus souvent, et que, de même que l’esprit humain est _avide de nouveau, de même aussi beaucoup d'hommes ont eu et ont ce genre de choses non tant en admiration qu’en vénération, je suis persuadé qu’il est de mon devoir d’exposer ici leur structure et leur composition, telles qu’elles sortent de cette officine. Que le lecteur judicieux écoute avec soin.
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 55 CHAPITRE VI De la structure des noms mystiques et de leur signification Afin que le lecteur saisisse plus facilement l’inter— prétation des amulettes arabes, nous exposerons d’abord ici la structure des caractères mystiques, et la ’ réduction de chaque trait en ses principes, pour que les curieux puissent plus aisément formuler un juge— ment sur leur sentiment touchant ces caractères.
Et quoique les Mahométans cèlent avec le plus grand soin ces mystères, et même la plupart ignorent ces secrets, j’ai cependant à ce point puisé dans leurs livres en,faisant une étude spéciale, qu’enfin j’ai pu, avec l’aide de Dieu, pénétrer toutes ces choses sans difiîculte’.
Sachez donc d’abord que les Mahométans singent les Hébreux en ce qu‘ils se servent, de même que tous les Orientaux, dans leurs sciences secrètes, d'une mé— thode occulte, soit dans le tracé des lettres, soit dans la correspondance des nombres qui ont une analogie latente avec les noms.
De même que les Hébreux ont trois séries de nombres, les unités, les dizaines, les centaines, par lesquelles ils désignent toutes les es pèces de l'univers, de même les Mahométans à l’ins— tar des Hébreux, forment une certaine chaîne mys tique qui va de l’unité au dénaire inclusivement; et ils triplent ensuite chacune des lettres de telle sorte que la première représente la Monade, la deuxième
56 L’INITIATION la Décade, la troisième la Centaine(à chacun ils assignent un nom divin, de trois lettres égales aux nombres, comme suit : 5 4 3 2 I Lettres mystiques '1"l'I JJJ I “T LLL III Nombres latins 555 444 333 222 I I II Noms correspondants g 8 7 6 Lettres mystiques .L.L.L 'l‘TT [—l—l— —h—-l—l Nombres latins 999 888 777 666 ' Noms correspondants Ces lettres mystiques proviennent simplement des Egyptiens, transcrites d’un cercle divisé en deux par— ties, comme on le dira en son lieu; ce qui prouve que Dieu est répandu dans tous les organes du Monde, en haut, en bas, en avant. en arrière, à droite, à gauche, dans la partie supérieure, dans la partie inférieure, et dans le centre de toutes choses.
Le diamètre simple donne les trois premières lettres III; a b c se rapporte aux trois secondes, a b e aux trois troisièmes, d 17 c aux trois quatrièmes, d 12 e aux trois cinquièmes, a d e aux trois sixièmes, a d c aux septièmes lettres, e c daux huitièmes lettrres, a e c aux neuvièmes.
Nous avons donc neuf triades de lettres, qui correspondent exactement aux trois Mondes: angélique, sidéral, et élémentaire; il y a en tout vingt-sept lettres qui cor respondent aux trois Mondes : angélique, sidéral et élémentaire. Et toutes les séries de l’univers indi— quent et prouvent le cube mystique du ternaire, de sorte que chacun des Mondes est divisé en neuf Séries. Il y a neuf Séries du monde Angélique que les Arabes nomment Rois; il y a également neuf Séries du Monde
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE . 57 sidéral qu’ils appellent Orbes ou sphères; il y a enfin autant de Séries du Monde élémentaire. Les premières Séries des trois Mondes correspondent aux trois let tres Il], comme étant les plus simples et les plus im manents à la “divinité ; les secondes Séries des trois Mondes correspondent à LLL et ainsi de suite, comme le montre le Schéma suivant, dans lequel on donne les noms des Anges d’après les Arabes.
Rapport des Caractères, des Noms et des Nombres avec les vingt-sept Séries des trois Mondes divisés en trois Ennéades: Monde Angélique Monde Astral dont les Rois sont . Monde Élémentaire I. I. Esraphiel. Orbe primordial. Élément feu. 2. L. Michaël. Orbe des étoiles. Élément air. 3. J. Essraël. Orbe de Saturne. Élément eau. 4. I‘. Hhathial. Orbe de Jupiter. Élément terre. 5. 'l. Hhiaiel. Orbe de Mars. Série Minérale. 6. >-i.Raphiael.
Orbe du Soleil. Série Végétale. 7.i— . Kabiael. Orbe de Vénus. Série Volatile. S. T. Raziel. Orbe de Mercure. Série Quadrupède. 9. .L. Ttattaiel. Orbe de la Lune. Série Aquatiie.
Mais, pour que soit plus forte l’union des choses et des caractères avec les noms de Dieu et les nombres qui y sont célés, ils tirent de leur Alcoran vingt-sept noms ou attributs, dont ils disposent chaque groupe de trois par les lettres initiales, ainsi : Un, véritable, puissant, victorieux! qui donnent par leurs initiales le nombre [[11 et ainsi de suite.
Mais chacune des trois lettres capitales des trois noms fournissent d’autres noms mystiques de puissantes vertus, comme ils le supposent; ce qui prouve que Dieu, par la puissance
58 L’INITIATION de ses attributs, pénètre tous les organes de l’Univers, conserve chacun d’eux, et sert à harmoniser. les ver tus et les attributs. Mais tout ceci apparaîtra plus clairement dans le tableau ci-dessous. Nom divin pénétrant l’Univers entier, permanent par vingt-sept attributs, comme suit: Allribuls conlractés et expliqués Noms latins et nombres Nombres mystiques I000 IOO I0 I victorieux, fort, fidèle, un.
Aika-x I I III 200 20 2 miséricordieux, vénérable, fulgurant. Bakar-222 LLL 300 30 3 illustre, resplendissant, créateur. Chhalaschÿ333 J.I.I 400 40 4 parfait, digne de louange, pur. Damt-444 FIT 500 50 5 espérance et foi, aide, lui-même. Honts-555 'I'I'I 600 60 6 époux, élévation, prometteur, Vasachh-666 r—P—l—l 700 70 7 chaleur, sage, excellent.
Zaad-777 i-i—E—< 800 80 8 il frappe, excellent en tout, présent partout Hhaphats-888 TTT 900 90 9 triomphateur, créateur, bon. Ttassats-ggg .L.L.L Emploi de ces noms et réfutation.
Des noms du schéma ci-dessus exposé, les Maho métans se font des amulettes ou talismans appro— priés aux choses qu’ils désirent, et ils s’en occupent avec tant d’ardeur que, s’appliquant jour et nuit à les combiner, ils ne s'arrêtent point avant d’avoir enfin trouvé par une analogie serrée quelque chose se rap— portant à ce qu’ils veulent accomplir; revêtu ensuite d’innombrables superstitions, ils s’en servent en
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 59 limer". '*'*r""‘ temps opportun.
Ils se servent de ce signe contre les dommages causés par le feu, les fièvres ardentes et autres maux, l’accompagnant d’une invocation des trois vœux divins qui sont: Dieu unique et fidèle, puissant, rictorieux, dont les lettres capitales forment ' le mot Aika; or trois lignes verticales Il] indiquent le nombre que renferme le mot Aika; en formant un nombre de trois uflités, elles indiquent ainsi les premières vertus des premières séries du Monde angé lique, du Monde astral et du Monde élémentaire, qui sont le premier Ange, Esraphiel, auquel correspond la première Sphère dans le Monde astral, et dans le Monde élémentaire le feu, prince élément.
Ils disent, en effet, que, de même qu’Esraphiel préside au chœur igné dans le Monde angélique, de même la première sphère par son mouvement détermine le feu dans toutes les autres sphères, et le feu élémentairéali mente et conserve toutes choses dans la nature infé rieure; ils sont faussement persuadés que l’homme auquel par une invoCation régulière le nom de ces trois ennéades Aika est donné, pour enchaîner une force des puissances du feu, est nécessairement exempt des souffrances des feux futurs, quels qu’ils eussent pu être pour lui.
Or les caractères mystiques a b n’in— diquent pas autre chose que III, c’est-à-dire Dieu puis sant dans les trois mondes. Contre les injures de l’air, les maladies contagieuses etles maladies pulmonaires, ils se servent d’une amulette, dans laquelle est d’abord inscrit le nom mystique de Dieu tiré de trois attributs, comme le montre le tableau ci-dessus; ces attributs sont : fulgescent, vénérable, miséricordieux, dont les /
60 L’INITIATION lettres capitales forment le nombre mystique LLL, soit 222, dont la première correspond à la deuxième Série du Monde angélique, l’autre à la seconde Série du Monde sidéral, la troisième à la deuxième Série du Monde élémentaire ; ils y ajoutent un autre carac tère mystique c d, qui signifie Dieu favorable, dans les secondes Séries des trois Mondes; et ils croientv par la puissance manifestée de ce nom, se mettre infailliblement à l’abri.
Ils emploient l‘amulette suivante tirée de la troi 5ième Série des trois Mondes contre les inondations, l’hydropisie et les autres maux provenant de l’eau; elle estbasée, composée d’après les tableaux précédents ; Ainsi s’exprime Abenpharagi, dans le livre que nous avons cité: Contre les dommages dus à l’eau, écris sur unpar chemin lesigne des trois nombres JJJ ; tu écriras aussi sur ce parchemin une autre figure, avec les nombres 333, et avec le nom Dieu Favorable, et au-dessus du tout Gialasch, et tu obtiendras tout ce que tu vou dras. ils préparent des talismans semblables contre les diverses occasions de maux qu’ils tirent des autres Séries contenues dans les tableaux précédents, en les accompagnant d’innombrables superstitions que j’ai mieux aimé passer ici sous silence que de les publier; qu’il suffise d’avoir démontré d’après ce qui précède la méthode de procéder dans ces choses.
Or les Mahométans, outre cette division de la phi losophie universelle, ont encore d’autres pratiques qu’ils emploient plus spécialement dans leurs supers— titions secrètes; de ce genre sont les vingt-huit mai
KABBALE SARACÉNIQUE ET lSMAÉLITE 6I sons de la Lune et les tables des éléments, dont ils se servent dans la fabrication de leurs talismans.
Car, comme la Lune en parcourant les douze signes du Zodiaque se rencontre douze fois avec le Soleil, ils pensent que celui qui connaîtrait la maison de la Lune et l’élément auquel elle domine, en même temps que l’Ange, les lettres, les caractères, les noms correspondants, pourrait infailliblement repousser le mal, de même qu’il peut attirer un bon Ange par la vertu de sceaux sacrés, chose qu’ils tirèrent sans doute des Sanctuaires égyptiens, comme nous le dé montrerons en son lieu.
Ils disposent ainsi les carac— tères des éléments. TABLEAU 1, contenant les quatre éléments, avec les qualités, les lettres, les nombres et les Anges mêmes qui y correspondent, suivant les Arabes : Feu Élément. Chaud, sec Qualités. Dhsal, Schin, Phê, Mim, Tha, He, Aliph Lettres. 700, 300, 80, 40,9, 5, I Nombres. Phelmamim Ange qui préside. Air Élément. Chaud, humide Qualités. Dha, Tse, Kaph, Sin, Caph, Nun, Gim Lettres.
900, 500, 100, 60, 20, 50, 3 Nombres. Phakmim Ange qui préside. Eau Élément. Froid, humide Qualités. Ghain, Chha, Aïn, Lam, Hha, Dal Lettres. 1000, 600, 20, 70, 30, 8, 4 Nombres. Liali Ange qui préside. Terre Élément. Froid, sec Qualités. Dza, Ssad, le, Van, Bé, Aliph Lettres. 800, 90, 10, 6, 2, 1 Nombres, Beniac Ange qui préside.
62 L’INITIATION TABLEAU Il, contenant les7 planètes, avec les lettres, les nombres et les Anges qui leur sont attribués selon les Arabes: Noms : label, Elmeschteri, Elmarich, Elschems, Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Lettres: Be, Sin, Mim, Aliph, Nombres : 2, 60, 40, 1, Anges : Aphiel, Giarar, Nahasal, Kolmàia, Noms : Alzahara, Atared, Elkamra Vénus, Mercure, Lune Lettres .- Lam, Lam, Hé Nombres: 30, 30, 5 Anges : Esmun.
Ascki, lakuiel TABLEAU III, contenant les 12 signes du Zodiaque, avec les noms, les lettres et les Anges correspondants, selon les Arabes : Noms : Bélier I139, I Taureau ‘®' 2 Gémeaux fig 3 Lettres : Aliph Dal Be Nombres: 1 4 2 Anges : Sarahiel Araziel Saraiel Noms : Cancer sa, 4 Lion ,2, 5 Vierge me, 6 Lettres : Gim Vau Tta Nombres : 3 6 9 Anges : Phahkaiel Serattiel Sehaliel Noms : ÿBalance à, 7 Scorpion 111, 8 Sagittaire a», 9 Lettres : le Gim Sin Ze le Nombres: 13 67 10 Anges : Hadakiel Ssarssaiel Sarithaiel Noms : Capricorne. ,‘t,, 10 Verseau 2:, 11 Poissons x, 12 Lettres : Ain Aliph Le Aliph Koph Aliph Nombres : 71 I: 101 Anges : Semakiel Ssakmakiel Vacabiel TABLEAU IV des 28 Maisons de la Lune et de leur rapport avec les 12 signes du Zodiaque, les éléments, les lettres, les nombres, les Anges, les révolutions planétaires et les noms Divins. Ce tableau est appelé par les Arabes Harmonie de l’Univers.
cou O'IU1-IL WNI'I ES": Di;o s U 51635515un QUALITÉS Ë É RÉ‘IOLÉJ_ D A N D Z , T ON , DANS LE comme;Ë ÉLÉMENTAIRES ANGES E Ë PLANÊNOMS mvms ZODIAQUE PONDANTS »-= Ê - TAIRES Shartin Bélier Feu, chaud, sec Kiaicl 111 Soleil Roi Bath: Gémeaux Air, chaud, humide Giaiel 3 Lune Grand Tsareia Cancer Eau, froid, humide Gingiaiel 53 Mars Parfait Eldebaran Taureau Terre, froid, sec Ichaiel 35 Mercure Pénétr‘ t‘-' choses Hakagne Lion Eau, chaud, sec Huascl 6 Jupiter Victorieux Henagnc Balance Air, chaud, humide Igiaiel 13 Vénus Elevé Daraa Scorpion Eau, froid, humide Zisaeil 67 Saturne Puissant Natsre Vierge Terre, froid, sec Hittaiel 1 Soleil Exalté .
Ttarph Sagittaire Feu, chaud, sec Ttiaiel 10 Lune Fort _ Giebhe Verseau Air, chaud, humide Iiaiel n Mars Donnant lasagesse Charkan Poissons Eau, froid, humide Kacaiel 101 Mercure Donn‘la puissance Sarphe Capricorne Terre, froid, sec Leaiel 71 Jupiter Juste Ghue Bélier Feu, chaud, sec Massaiel 9 Vénus Honorable Semak Gémeaux Air, chaud, humide Nacuiel 106 Saturne Sage Gapher ' Cancer Eau, froid, humide Cakaiel 120 Soleil Célèbre Zanaba Taureau Terre, froid, sec Aaclaiel 130 Lune Très fort Akliel Lion Feu, chaud, sec Papiajcl 81 Mars J ustifiant Kolb Balance Air, chaud, humide Messaiel 95 Mercure Rendant droit Schuleh Scorpion Eau, froid, humide Caphaiel 181 Jupiter Miséricordieux Nghaim Vierge Terre, froid, sec Razaiel 201 Vénus Illustre Balaa Sagittaire Feu, chaud, sec Susaiel 306 Saturne Gréateur Debab Verseau Air, chaud, humide Temaicl 41 Soleil Rétributeur Balaa Poissons Eau, froid, humide Tsetsaiel 501 Lune Clément Saaud Capricorne Terre, froid, sec Chachaiel 6m Mars Vénérable Chhaphie Bélier Feu, chaud, sec Dadaliel 35 Mercure il n'esld‘autruDieuquelui Mecodem Gémeaux Air, chaud, humide Sasahaiel 45 Jupiter Saint Muchhar Cancer Eau, froid, humide Tathaiel 901 Vénus Premier Beten el-haut Taureau Terre, froid, sec Sarghnariel 260 Saturne Dernier '_—_—-——_— 4 1 EI.LI'IEIVWSI .LEI EIDÔINEIDVUVS EI'IVHHV)! ‘c'9
64 L’INITIATION INTERPRÉTATION ET USAGE DE LA TABLE HARMONIQUE AVEC SA RÉFUTATION Nous avons donné ici quatre tableaux tirés de la Cabale mahométane, tout à fait analogues aux tables cabalistiques des Hébreux exposées dans le précédent traité.
Le premier renferme la constitution mystique des éléments d’après les lettres, les nombres et les Anges : il sert à confectionner des talismans contre les dommages causés par les éléments, ou pour les rendre' propices. Abuhali Ben Schabath expose toutes ces choses avec détails dans son remarquable traité. Mais, comme leur usage est accompagné de pratiques et de conjurations innombrables. j’ai jugé à propos de les passer sous silence.
Le second et le troisième ta bleau expliquent les talismans planétaires et ceux des douze signes du Zodiaque. La méthode ressortira du tableau suivant que nous expliquerons un peu plus . amplement. Le quatrième tableau renferme l’Harmo nie du Monde, comprise dans les vingt-huit Maisons de la Lune; la première colonne contient les noms des stations lunaires qui sont exposées à fond dans l'Astronomie hiéroglyphique.
La deuxième colonne contient les douze signes du Zodiaque traversés par la Lune en l’espace de vingt—huit jours. La troisième colonne indique les qualités élémentaires des maisons lunaires; la quatrième les Anges qui président à cha cune des stations de la Lune. La cinquième contient les lettres arabes auxquelles président les Anges. Ce qui fait que les noms des Anges tirent de ces lettres leurs dénominations; les lettres de la I”' maison
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 65 81"" " sont et forment le nombre III, par contraction, dont est formé le nom de l’Ange Kiaieil par adduction de la syllabe finale 5N, e], à la manière hébraïque, comme si l’on disait : l’Ange qui préside aux caractères de la première station lunaire.
Semblablement on trou .vera toujours pour chacun des autres noms d’Anges que la première partie est composée des syllabes dans les lettres de la cinquième colonne, à laquelle on ajoute la finale 5x et, ce qui forme le nom de l'Ange; on verra en effet que la seconde lettre du nom des Anges coïncide toujours avec les lettres contenues dans la quatrième colonne.
La sixième colonne ren ferme les nombres des lettres contenues dans la cin quième colonne, c’est—à-dire les nombres correspon dant à chaque maison. La septième colonne contient les révolutions planétaires comptées par chaque heure diurne et nocturne des vingt—huit jours à partir du lever du Soleil, ce qui sera expliqué ouvertement dans l’Astronomie hiéroglyphique.
La huitième colonne contient vingt—huit noms divins tirés de l’Alcoran dont la force donne aux Maisons et aux Anges qui y président toute la vertu nécessaire à l’opération. Et tel est le résumé de toute la philosophie très se crète des Mahométans, source, comme il se l’ima ginent stupidement, des oracles divins, inépuisable sentine de talismans et autres superstitions.
Mais nous exposerons l’usage de ces tables pour que le lec teur curieux comprenne comment on se sert de toutes ces choses. W.m.æ..—-—;mæumhm A........ ._ .._......
66 L’INITIATION CHAPITRE Vll Confection et usage des talismans avec leur réfutation. Nous avons dit au commencement que l’alphabet arabe, disposé suivant l’ordre des lettres hébraïques d’après la force du son et la valeur des nombres équi valents, est le fondement de toute la superstition mahométane.
Ils en forment en effet des noms divins simples ou acrostiches, qu’ils réduisent ensuite cha cun en ses nombres; mais ils tirent tous les noms de outes les conjurations de leur Alcoran, et ils veulent qu’il ait tant de force, parce qu’il s’accorde avec les noms et les nombres, qu’ils se vantent de pouvoir accomplir toutes choses par sa vertu.
Or ils ont des Anges qui président à chaque lettre et à chaque nombre, et ils pensent que ces Anges influent sur les éléments, les planètes, les douze signes du Zodiaque, enfin sur tous les organes de l’Univers par la vertu des lettres et des nombres qui leur correspondent, comme il a été dit plus haut.
Ce qui fait que tout le travail leur incombe, puisqu’ils assemblent, suivant les Séries des tables ci-dessus, les choses de même nature dans laystructure des talismans et des sceaux.
Et comme ils croient, selon les Platoniciens, que le Monde est sorti du ternaire, du quaternaire, du septé naire et du nonaire, ils disposent les lettres soit séparément, soit jointes à d’autres, sur certains sceaux, qu’ils dessinent en forme de cercle, ou de triangle, ou de carré, ou de parallélogramme, ou d’hexagone,
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 67 afin qu’ils correspondent exactement ainsi à la figure géométrique de l’Arithmétique. La vérité est qu’ils empruntèrent cela aux Égyptiens, comme le prouve surabondamment Abulhessanv dans son traité sur la signification des nombres mystiques. Mais nous allons, pour plus de clarté, donner des exemples de chacun d’eux.
Talismans par nombres simples, extraits d’Abraham Aben Schadad : Livre dans lequel sont exposées les lettres arabes, indiennes, et leur usage; elles sont le principe de toute chose. et la mère de toutes les sciences. Cette connaissance descendit du ciel surAdam, la paix soit en lui, par voie d’illumination intellectuelle, et c’est une science noble et merveilleuse.
Sache même que tous les caractères tirent de ces lettres des propriétés et des vertus autres et autres, et Hahim dit que les Egyptz‘ens les reçurent d’abord des fils d’Aa’am. Je donnerai ici un exemple complet, afin que d’après celui-ci on connaisse les autres. Aleph principe de toute prononciation, signifie toute la science divisée en parties, dont la signification est la connaissance des choses supérieures et infé— rieures.
Il continu ensuite en disant: Ecris la lettre Aliph sept fois dans un'rectangle, au jour et à l’heure de Vénus, étant à jeun et purifié, et que soit dans ta main une cassolette neuve remplie de charbons et d’encens de parfaite qualité, mêlé de toute sorte d’aro mates; écris aussi le nom de la personne que tu vou— dras et le nom de sa mère sur une lame de plomb, ainsi que le nom de ta mère, et le nom de l’Ange
68 L‘INITIATION larusch présidant à la lettre Aleph, et le nom de son Vicaire Karush, et le nom de ses serviteurs Lahusch, Harusch, Marusch, et garde dans tes mains l’écrit, et adjure ainsi, en répétant sept fois les lettres..... J’omets à dessein la conjuration.
Tels sont les rites superstitieux dont se servent les infâmes sectateurs de Mahomet dans la consécration d’un talisman : telle est la formule qu’ils prononcent pour évoquer les Anges ou, pour mieux dire, les Démons, avec beaucoup d’autres rites immondes, exécrables, abominables, que je laisse de côté, et dont je ne révéleraiquequelques-uns, afin que, si parfois des sceaux de cette espèce lui tombaient entre les mains, le lecteur prudent pût reconnaître de quelle officine ils sont sortis.
Ils inscrivent donc sept Aleph qui est la lettre consacrée à la cause première de toutes choses, parce que Dieu créa par sept paroles le Monde et tout ce qu’il renferme, ce qu’ils apprirent sans doute des Hébreux, comme on l’a démontré dans la Cabale hébraïque. Ils inscrivent aussi quatre Aleph d’un côté et trois de l’autre, pour indiquer que le Monde infé rieur fut créé par le quaternaire et le supérieur par le ternaire.
Semblablement, pour obtenir l’influx de la planète correspondante, ils inscrivent la lettre Chha dans un quadrangle, un triangle ou un cercle, sept fois ou neuf fois pour attirer les puissances supérieures. D’une ma nière analogue, ils inscrivent dans ces mêmes figures les autres lettres, comme le montre le tableau précédent. D’aucuns les inscrivent toutes dans un seul carré, de cette manière: il divisent un carré en autant de cases
KABBALE SARACÉNIQUE ET !SMAÉLITE 69 ' - "’ - ' - - ' qu’il y a de lettres dans l’alphabet, de telle sorte que la première lettre, Aleph, occupe le centre du carré; ils inscrivent ensuite dans les cases qui entourent le carré central la lettre Be, et dans les carrés qui sont autour la lettre Gim, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’alpha bet soit complet, comme on peut le voir dans la figure ci-contre. .Ils appellent ce carré amulette universelle; lorsqu’il contient tous les nombres superficiels carrés et cu— biques, ils sont convaincus que de grands mystères y sont cachés, portant avec eux des avantages in croyables.
Il ne manque pas de gens qui dessinent dans le triangle des chiffres et des lettres triangulaires, circulaires dans le cercle, carrées dans les quadrangles. Mais il ne nous appartient pas d’exposer leurs modes de consécration, étant indignes d’être entendus à cause de leur superstitions ignobles.
CHAPITRE VIII Des Nombres proniques Or les Arabes ont une autre méthode secrète de confectionner des sceaux, certes tout à fait ingénieuse, et absolument admirable. Ils tracent sept sceaux carrés, consacrés aux sept planètes, dans lesquels les nombres par un habile arrangement sont disposés de telle sorte que chaque rangée de nombres dans n’im porte quel sens produit toujours le même total.
C’est pourquoi ils les emploient comme un remarquable secret de la nature, leur appliquent les noms de Dieu, W..-a L ..L. _.. ..w Hw,ÿ. . zn_, . __., wu;«.lä v s
70 L’INITIATION se promettant des merveilles de leur parturition, comme on le verra bientôt. Le premier est formé du ternaire examiné en soi; nous avons décrit la disposition et le fondement de chacun d’eux dans l’Arithmétique hiéroglyphique. Qu’on additionne les nombres de chaque colonne verticalement, normalement, transversalement, hori zontalement, on trouvera toujours le même total, I5. Le total général est 45.
Et il consacrent à Saturne ce sceau qu’ils nomment Zahel, et il renferme en lui le même nombre que la somme de tous les nombres, c’est-à-dire 45, comme on peut le voir en marge.
Sur ce mystère ainsi s’exprime Abenpharagi dans le livre des sceaux: Donc ce sceau dans chaque colonne possède trois nombres qui, additionnés, forment I5, parce qu’il ren ferme en lui Zahe/z, c’est-à—dire le nom de Saturne : car Ze est 7, He 8 et Lam 30, dont le total est 45 qui est la somme de tous les nombres additionnés. Ils leur donnent aussi diverses autres formes, dont une est celle d’une étoile à 8 pointes.
Si dans cette figure on additionne les nombres contenus dans les triangles extrêmes des carrés (1), soit en long, soit en large, (1) Ces triangles contiennent, en commençant par le haut, et tournant de gauche à droite, les nombres 9, 2, 7, 6, 1,8, 3, 4; 5 est au centre.
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 7-1 in. soit tranversalement, on obtiendra toujours le même nombre, 15.
En outre, pour rendre ce sceau tout à fait mystérieux, ils mettent au milieu des trois rangées le nom IA, qui, transformé de l’hébreu, signifie la même chose que le nom divin IAH, et qui contient la même somme que chaque rangée, 15 ; ensuite sur cha— que face ils apposent le nom d’un Ange; mais ils établissent des séparations dans l’arrangement des lettres qui composent les noms divins, pour que rien ne manque au mystère, comme suit: Gabriel Iah Iah Iah 492 357 .--4 D: b" Iah Iah D“ 8 1 6 Iah Iah Iah i°W°!W Esraphel ._ ..
93 D? :— [91?JS3 Iah Et tel est le Sceau que jadis l’illustre Nicola Peres— cius tira de sa bibliothèque pour le léguer à la saga cité des chercheurs. Et tel nous l’avons donné ici.
Donc, porteurs de ce sceau, pour obtenir quelque chose ils emploient la ferme précatoire suivante, qui éclaire à la fois le mystère de toute cette figure : 0 Dieu, moi je t’adj ure par ton nom immense Iah, Iah, Iah, à cause de ta grandeur, de ta bonté, et de ta puissance, dans la vérité de ton nom inefi‘able et mystérieux, pour que tu n’accorizplisse ta volonté qu’en celui qui aura la ceci; et je te prie, 6 Dieu, par le nom que tu as poséau-dessus de la nuit, et au— dessus du jour pour l’illuminer, et au-dessus des .\J.-an..». \.
72 L’INITIATION - _ a """‘v-—'_ ———_r—-- __>_ Cieux, et au-dessus de la Terre; je te prie, 6 Dieu, par ton nom qui est inscrit sur le front d’Esraphel, par le nom inscrit sur lefront de Gabriel ; je te prie, 6 Dieu, par ton nom inscrit sur lefront de M1‘chaè‘l, etpar le nom inscrit sur lefront d’Esrael, et par ton nom écrit autour de ton trône, et par le nom écrit sur les feuilles d’olivier.
Je te prie, 6 Dieu, par le nom, par lequel Adris t’invoqua, c’est—à—dire Hénoch. et tu le transportas en un lieu sublime; et par le nom par lequel t’invoqua Noah, et pour cela tu le délivras du déluge, les eaux montantes s’arrêtant à ce nom ,' et par le nom par lequel t’ invoqua Jacob; et par le nom par lequel t’invoqua Joseph, et il sortit de la citerne; etpar le nompar lequel t’z’nvoqua Moïse fils d’Amram, quand tu le délivras du Pharaon; et par le nom par lequel Haaron t’invoqua, lorsqu’il trouva grâce aux yeux du Pharaon; et par le nom par lequel t’invoqua Abraham, et il fut délivré du feu; etpar ton nom qu’invoqua Salomon, et luifut restitué son royaume; par ton nom, par lequel t’invoqua Ionas, et il sortit du ventre de la baleine ; et par le nom par lequel t’in voqua IËSVS fils de Marie, quand il rendit la vie aux morts, et qu’il guérit la lèpre, la paralysie et toute débilité. - On voit dans cette invocation le nom [AI-I mis pour le mystère ci-dessus exposé, car il renferme un nombre égal aux nombres contenus dans les trois colonnes.
Ce qui fait qu’ils sont persuadés pouvoir par ce nom attirer, par la vertu des autres noms divins contenus dans la figure, les anges qui portent ce nom sur leur front, Esraphel, Gabriel, Michaël,
._ v .4. , .. .» _.n.. .,._..-.. .-v"> u<_ wm:æ-æa 1:. - : - KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 73 Ezrahel, dont les noms sont‘ihscrits aux quatre côtés du sceau. C’est pourquoi, après cette invocation, ils prennent une lame de plomb sur laquelle ils gravent, le samedi, à l’heure de Saturne, une figure consacrée à Saturne, qu’ils parfument d’aromates de toute es pèce, insensiblement l’accompagnant de mille autres superstitions abominables.
Ceci fait, ils sont persua dés quïl riest point de secret, dans la nature des choses dont ib IfObfiennentla connaüsance. Et il est tout à fait regrettable qu’un arrangement si in génieux dans les mystères de l’Arithmétique .soit obscurcie par tant de bagatelles, tant de futilités, et de pratiques impies et absurdes.
Mais, s’il en est ainsi de l’ignorance mahométane, qu’ils regardent la moindre ombre d’une image mystérieuse comme matière apte à leurs rêveries, combien plus ne font-ils pas servir à leurs usages iHicües,infèstés de tant de cérén10nies magiques, la disposition de leurs nombres proniques si hautement célébrés par les anciens sages, élucidés par si peu comme étant la plus puissante disposition de leurs sceaux.
Mais voyons la dispositions des sceaux quirestent. Les sceaux suivants me furent récemment envoyés par des amis pour les expliquer; ils furent trouvés dans le livre des sceaux que les Arabes nomment Perle; les voici : } 2 3 4 5 ELLA AIDE AHSAV MIKH ZIZO 307330 —5Ë5—97_x 72—1—9Î8 2—2“ Î3Î>ËEË @Ê_êêË 56—81—8} É.ÎÂÎsL g_i— ‘067 5 5 —4—76957 l; o z
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'I 4 L‘lNITIATION 74 Le premier sceau contient le nom divin Alla, dis posé de telle sorte dans les cases que le total de chaque colonne est 66; en effet, de quelque manière qu’on compte, qu’on aille à droite, à gauche, en haut, en bas, ou diamétralement, toujours on obtient ce nom bre 66, qui est celui du nom de Dieu, Alla; et c’est la raison qui leur fait dire que celui qui le porte a de grandes forces pour acquérir diverses choses.
Ainsi est formé le cinquième du nom divin O{i{, qui signifie fort ou puissant; en effet, si l’on fait la somme des 4 lettres de chacune des colonnes verticales, horizon— tales ou obliques, on aura toujours 94.
Le second sceau porte inscrit en tête le nom divin Badia, c'est-à—dire vaste, bienveillant; réduit en nombre, il donne 86; et chacun des trois nombres inscrits dans chaque colonne, additionnés avec les nombres des lettres placées en tête, produisent ce même nombre.
Semblablement dans le troisième sceau le nom divin Vasaa, qui signifie immense, placé en tête, contient dans le développement de ses lettres le nombre 137, exactement autant 'que de versets contenus dans le Zurata lunas dans l’Alcoran; et les trois rangées de nombres ajoutées aux nombres des lettres contiennent ce même nombre.
Il en est de même du quatrième sceau, au nom divin H/zakim qui signifie sage; réduit en nombres, il donne 78, qui est le total produit par l’addition des nombres des autres rangées et des lettres placées en tête. Ils transforment ainsi tous les noms divins en sceaux, et avec le plus grand soin ils s’appliquent.à faire coïncider toujours le nombre d’un nom divin _. -_h,“v . ‘u .-‘ .. &ÆrJ
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 75 quelconque avec le nombre de versets d’un Zurate quelconque dans l’Alcoran, et ils croient que Maho met a ordonné tout l’Alcoran et chacune de ses parties selon cette évaluation numérique. Or les anciens Arabes consacrèrent ce sceau à Jupiter.
Il y aurait beaucoup à dire sur les autres sceaux jusqu’au carré du nonaire, mais, puisque toutes ces choses doivent être traitées àfond dansl’Arithmétique hiéroglyphique, nous conduisons le lecteur là où il trouvera mainte très curieuse tradition vierge jusqu’à présent, que je sache, de l’atteinte de l’homme.
CHAPITRE IX De la diverse transformation des noms et des lettres et différentes figures L’auteur nubien Abenpharagi le Marocain, dans son Livre des conjurations, composé de cette impiété même, dessine une très mystérieuse figure humaine, dont les traits sont formés de noms et de lettres arabes, et destinée à détourner tous les maux du corps et de l’âme; car il pense qu’il est très important que les lettres correspondent à la figure de l’animal dont nous désirons éviter la nocuité, ou acquérir les fa cultés.
De là, contre les morsures du Scorpion, ils forment un Scorpion avec les lettres de son nom; contre la voracité des sauterelles, ils dessinent une figure de sauterelles, et ainsi de suite; il avoue ouver tement qu’il l'a puisée chez les Égyptiens, et nous démdntrerons en temps et lieu la véracité de cette as sertion.
76 L’INITIATION Ils croient que le premier talisman de cette espèce, formé des noms et des lettres, est très puissant pour procurer tousles biens du Monde, s’il plaît aux dieux. Or nous ajouterons, d’après ce même Abenpharagi, la composition satanique de ce talisman.
Voici ses propres paroles : Prends du sable fin et des peaux préparées avec art, et de l’argile, le tout au nom de celui duquel tu veux du bien, et un peu de sel de poisson et une par z«ie d’araignée; et que de tout ceci soitfaite unefigure humaine au nom de celui qu’il te plaît, et au nom de sa mère _: et que cette figure soitfaite de cire vierge blanche ou jaune, et écris au-dessus le sceau de l’a mulette, et mets la première lettre de ce nom Tha sur sa tête, Be sur son bras droit, Dal sur le bras gauche, Ze sur l’épaule droite, Gim sur l'épaule gauche, He sur le cœur, Vau sur la côte droite, Hha sur la côte gauche, Aleph sur les parties naturelles; tu liras ensuite la figure la conjuration habituelle, et en invoquant d’une voix forte les Rois c’est—à-dire les démons; tu mettras ensuite sur la tête le nom Taikal, et sur le bras droit Becadrial, et sur le bras gauche Dasial, et sur le flanc droit Zalphat et sur le flanc gauche Tatikal et Halisch, et sur le ventre Bataimz‘sch, et sur le pied droit Vakin, et sur le gauche Hadait; et tu verras de grandes mer— veilles.
Et ce talisman est orné d’un culte superstitieux; chaque lettre correspond à un membre, et, comme ils le croient, disposée par Dieu, et ayant son fondement dans l’Alcoran; quant aux noms barbares apposés à , , ; 1 - ?J’
fiW a w -. r - u.‘ - --v-—vM-...a—nù '>Y’T"‘N'N” w.æd‘"N..m.d# 1 I KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 77 chaque membre, ils indiquent les Génies, ou plus vé ritablement les Cacodémons qui président à chacun d'eux. La tête, les mains et les bras sont ronds et in diquent les trois Mondes, le Monde supérieur, le Monde sidéral et le Monde élémentaire, dont le triple influx pénètre toutes choses, et est très puissant chez l’homme, qui est un Microcosme.
Ils expriment les yeux, la bouche et les mains par des noms de Dieu, qui sont des noms hébraïques, et qui ont le même sens que [ah et E1, c’est-à-dire Dieu; la main droite a nom Ralzlzim, c’est-à-dire miséricordieux; la gauche Adal, juste; par quoi’ ils indiquent que tout dans le Monde est gouverné par la miséricorde et la justice de Dieu.
Pour le reste, voyez Abenpharangi, dont nous avons tiré tout ceci; car autant ces dernières choses sont justes, autant leur manière de confection ner ces sortes de figures est fausse et abominable. Toutes ces choses correspondent à ce qui fut dit dans le chapitre précédent sur l’homme mystique des Ca balistes.
Le deuxième talisman porte la figure du Scorpion formé des noms divins qui ont le même sens que mi— séricordieux, saint, favorable, miséricordieux, puis avant; or le nom placé au—dessus, Elhhokem, est le nom de Dieu qui influe sur le scorpion, comme on peut le voir dans le deuxième tableau ci-dessus exposé.
C’est pourquoi ils mettent ce talisman, consacré par une cérémonie superstitieuse telle que la précédente, aux angles de la maison ou dans les lieux où règnent les scorpions; ils croient qu’un scorpion ne peut plus aller dans l’endroit où est placé un talisman; ou bien,
78 L’INITIATION s’il y va, il ne lui est pas permis de nuire tant qu’il demeure intact.
Le troisième talisman (superstition ridicule) porte la figure d’une sauterelle, contre les dommages causés par les sauterelles, les chenilles et les insectes ; comme ces sauterelles causent en Afriqne de graves dom mages aux plantes et aux hommes, ils inventèrent contre elles, à l’instigation du démon, ce talisman couvert de noms divins, ou plutôt de noms barbares et superstitieüx; ils croient stupidement que, tant qu’il dure, aucun danger n’est à redouter de leur part.
Je pourrais ajouter ici beau<.’oup d‘autres talismans de ce genre, mais ceux—ci suffisent pour faire com prendre aux curieux la philosophie ridicule de ce peuple. CHAPITRE X Les Grands Talismans Les Mahométans ont deux autres talismans en grand renom et en grande faveur chez eux : le premier à la forme d’une étoile à six pointes dite Sceau de Sa lomon; l’autre à l’effigie de la lettre Ain, qu’ils ap pellent Schamhaurasch.
Ils assurent que l’un et l’autre contiennent des forces (plutôt des sornettes) immenses; et ils racontent que Salomon le reçut des Anges et le porta sur son sceau. Et comme Dieu par sa vertu, affirment—ils, créa l'Univers en six jours, ils mettent pour cette raison autant de noms divins aux six pointes, montrant par cela même que Dieu, pour la production de chaque nouvelle série de créatures,
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLITE 79 se sert de nouveaux noms. Qui connaîtra leur force accomplira dans les mêmes séries de choses, en se servant de ces mêmes noms, des splendeurs et des prodiges, à ce qu’ils croient.
Or puisqu’un symbole de cette espèce fut en tout temps estimé des antiques sages arabes, je donnerai ici les paroles d’Abenpha ragi dans son livre des sceaux, du chapitre qui com mence ainsi : « Chapitre de l’excellence de l’obéissance du Sceau, quiporte le grand nom de Dieu quifut gravé sur le Sceau de Salomo’n fils de David (la paix soit en lui), Lefils d’Abath fils d’Aalidit, en parlantde ce Sceau: Moi j’atteste Dieu etses Anges, et ceux quisupportent son trône et les habitants de son ciel et ceux de sa terre, et ses serviteurs et son paradis, et j’atteste Mahomet (que Dieu lui soit‘favorable, et que lapaix soit en lui); celui qui se tiendra sur ce livre et sur mes noms, aucun méchant ne peut le vaincre ni mon ter jusqu’à lui, s'il n’est pénétré de la crainte du Très«Haut, et dont la promesse sera sur lui, n’ap prendra ces choses, si Dieu ne protège pas, dans une grande mesure, ceux qui témoignent, car ce nom de Dieu est grand, grand, parce que par lui s’ejÿ’ondrent et tombent en poussière les montagnes, sont soumis et brisés les Géants, par lui se durcissent les mers, et les fleuves suspendent leurs cours; ce nom de Dieu grand, secret et glorieux, estformé des lettres Caph et Nun, et a nom Sceau de l’obéissance, parce que toutes choses sont soumises à son empire, et qu’il pos sède maintes et maintes propriétés que nous réservons à dessein, de peur qu’elles ne tombent entre les
80 L'INITIATION mains d’un homme ne craignant pas le Très Haut. Après ceci, il dit diverses choses touchant la révéla tion de ce nom, et combien de merveilles par sa vertu Salomon opéra; comme elles ne sont pas de notre domaine, nous ne passerons pas notre temps à nous en occuper; nous passons donc à l’autre Sceau. L’autre Sceau également très usité est formé par la lettre A in.
Or l’Ain est le signe du nom ou de l’attri but Divin, qui est appelé Aali, élevé, sublime; or ils le dessinent de cette manière tel qu’il est exposé ci-après (tiré du livre des prières turques).
Mais ils croient que rien ne peut lui être supérieur, ce qui fait qu'ils le consacrent en brûlant divers aromates, des parfums et d’autres odeurs; pour augmenter la puissance de ces superstitions, ils y aj0utent différents noms de Dieu et des Anges, ils s’imaginent que leur influence sur ce sceau les met à l’abri de l’adversité, et les rend heureux et prospères dans toutes les entreprises de la vie; le lecteur pourra voir tout cela dans le livre cité. le ne saurais donc trop déplorer l’aveuglement d'hommes qui s’imaginent que les lettres et les figures renferment des puissances et des propriétés immenses, comme il résulte de leur dire.
Une superstition invétérée leur fait vénérer profon dément ce sceau, et ils affirment qu'il donne à ceux qui le portent le pouvoir de se faire aimer.’Mais lais sons la parole à Zaïnabadaal : Celui qui méditera et pensera cette figure l’Ain chaque jour septfois, et lira le signe de la Majesté de Dieu dans les choses risibles, et expliquera l’unité de son mystère, et exaltera sa mémoire et gardera son - , ., .. ..—-— -....,.uæ._-æmfln
KABBALE SARACÉNIQUE ET ISMAÉLlTE 81 visage loin de l’envie de son voisin, celui—là sera aimé de tous ceux qui le verront. Et si quelqu’un se trouve au milieu des tempêtes et des orages, Dieu le sauvera, etfera courir dans son cœur les flots de la sagesse, et lui enseignera les mystères secrets de la science, et leur sens profond.
En outre, si l’on grave cette figure sur une lame de plomb, en employant le ministère des 38 Sages qui sont instruits dans les sciences humaines, et cela à l’heure du jour d’Abra ham (la paix soit en lui); et que l’on médite ce verset de l’A lscharz}=het, car le verbe du Très-haut, etc. (Mais nous omettons à dessein les résultats supersti tieux.) Or celui qui écrira cette lettre Ain sur cette figure à la première heure du samedi, la Lune traversant l’extrémité de sa maison, et ensevelira la figure dans le lieu qu’il voudra tiendra ce lieu désert, et personne ne l’habitera jamais plus.
Le temps et la place me manqueraient, si je voulais passer en revue ici toutes les autres futilités; que celui qui désire en connaître davantage consulte les auteurs cités plus haut. Et telle est cette très mystérieuse philosophie des Arabes dont ils prirent les fondements partie chez les Égyptiens, partie chez les Hébreux. Ce que je démon tre ainsi.
Les Hébreux exposent toutes choses dans leur Cabale des noms divins ; les Sarrazins font de même, à cette seule différence que les premiers croient pouvoir tout démontrer à l’aide de leurs lettres sacrées, ' les autres à l’aide des textes et des versets de l’Alcoran. Les Hébreux enseignent l’existence de quatre mondes,
82 L’INITIATION dont l’influx, passant de l’un à l'autre, constitue la machine universelle du Monde ; les Sarrazins admettent la même chose, comme on peut s’en rendre compte d’après ce qui a été dit. Les Hébreux con— çoivent, ou plutôt imaginent des Anges présidant à ‘ chacun de ces Mondes; de même font les Sarrazins.
Cependant, il n’est de firmament ni d’étoile ni de corps céleste qui n’ait son génie, à ce qu’ils pensent: les douze signes du Zodiaque, les vingt-huit maisons de la lune, les sept planètes, les quatre éléments dans leur puissance administrative des influx supérieurs, ont, avec une lettre radicale de chacun des noms divins, quelque correspondance, et ils se targuent d’en tirer de grands et admirables effets.
Les Égyptiens, d’autre part, comme les Hébreux et les Sarrazins, font la même chose parles lettres, soit par les sens occultes et cachés des symboles hiéroglyphiques, comme nous le ferons voir longuement dans la suite.
Tout ceci prouve bien que cette philosophie superstitieuse n’a pas d’autre origine que l’Égypte: les Hébreux ont pris en effet aux mœurs Égyptiennes beaucoup de leurs coutumes et se sont plu à le faire: il se sont allaité de leur sagesse exprimée en tout de symboles et d’images; et leurs lois défendant de représenter en symboles humains ou animaux quoi que ce soit de ces idées, ils se servirent pour cela des lettres impuné— ' ment.
Suivant leur exemple, les Sarrazins la mélan gèrent et souillèrent de telles superstitions si épou vantables qu’elle devint l‘officine publique de toute superstition magique, comme le fait voir et le montre en pleine lumière de midi tout ce que nous avons dit
KABBALE SARACÉNIQUE ET [SMAÉLITE 83 jusqu’ici. J’aurais certes pu développer en cet endroit tous ces faits et montrer le prolongement des rameaux de la doctrine saracénique ou Cabale; mais, comme nous avons exposé cela complètement dans I’Arithmé tique et l’Astronomie hiéroglyphiques, je suis persuadé qu’il serait oiseux de prolonger sans fruit et non sans ennui cette exposition {qu’il nous suffise ici d’avoir exposé autant qu’il nous fut possible et permis l’ori gine et les raisons de cette doctrine superstitieuse. JEAN TABRIS.
rames Sœur Dieu voulut. Et le vide, immensité béante, Domaine illimité du Maître tout—puissant, A son éternité sphère coexistante, Globe opaque entourant ce centre éblouissant, Le vide abîme nu, désert muet et morne, S’éclaira, s’anima d’innombrables points d‘or. Cristallisati0ns du Pouvoir que ne borne Rien, pas même l’instant de son subit essor. Issus de l’Incréé, du sublime modèle, — Comme se réfléchit un vaisseau dans la mer, — Ils renvoyaient l’image absolument fidèle, Mais cela dura moins que ne dure l’éclair. Ainsi que, d’un noyau s’entr'ouvrant les valvules, Deux amantes soudain s’échappent de son sein, ou régna l’unité, les célestes globules Furent scindés par une irrésistible main.
AMES SŒURS 85 De ces germes jumeaux chacun eut son essence Spéciale: cheg l’un cefut la volonté, La vigueur corporelle avec l’intelligence ; Chez l’autre, le vrai but de l’être, la bonté; Segments d’un même tout, ne possédant qu’une âme, Entière dans chacun, distincte cependant; jfemme.l Et, les nommant, Dieu dit: « Toi, l’homme! toi, la Vous vous ressoudereg par un travail constant. » Depuis, depuis toujours, ils sillonnent l’espace, Fétus roulant dans l’air au gré du vent, sans lois, Se cherchant, s’appelant d’une voix jamais lasse, Se cotoyant souvent, s’appariant parfois, Puis se dissocz‘ant bientôt, rentrant dans l’ombre, Ressaisis brusquement par la Fatalité Et rejetés, meurtris, dans le tourbillon sombre Où naît, grandit, décline et meurt l’humanité.
Si fugitifs qu’ils soient, ces efil'eurements d’âmes, Nés d’une chance amie et d’unferme vouloir, Heureux qui les connaît, baisers aux puresflammes, Dans lesquels resplendit un lumineux espoir. C’est mieux que le bonheur actuel.
Du problème Obscur de nos destins, c’est la solution, C’est l’étoile du ciel noir montrant le but suprême, Où, d’incarnati0n en incarnation, Nous montons, nous montons, nous déchirant aux De ce rude sentier qui mène à l’ldéal ; [ronces
86 L’INITIATION Retour vers le Très-Haut, réponse des réponses .4 nos cris de douleur sous l’étreinte du Mal: Regardfurtif jeté vers la rive lointaine Où nous déposera le souflle impétueux, Persécuteur enfin désarmé de sa haine, D’ennemi devenu l’allié radieux, Lorsque les deux moitiés de l'unité première N’aurontplus, dans nul astre au monde, à revêtir Aucun des mille aspects de la vile matière Sous lesquels ils devaient combattre et conquérir.
Alors elles pourront réaliser le rêve Ardemm‘ent poursuivi dans la diversité Des siècles et des lieux: pour toujours et sans trêve, Elles recouvreront leur intégralité. Revenu ce qu’il fut au siège de la vie, Complet par la pensée et par le sentiment, Dépouillé de regrets de même que d’envie L’être comparaîtra pour le grand jugement.
Tout ce qu’il aura dans ses courses parallèles, En tant qu’homme et quefemme, ou fait ou médité, Ou dit, et que du vent emportèrent les ailes, Impalpables témoins de son identité, Entrevu pâle-mêle aux divines balances, Nobles ambitions comme appétits mauvais, Lâches abaissements, remords, luttes, soufirances, Reprises de l’eflort‘ pourne déchoir jamais.
ASTRA 87 Et selon le degré total de ses épreuves=v Des triomphes gagnés sur les pièges d’en—bas, Sur ces tentations defaillir toujours neuves Exerçant sur les sens leurs fascinants appâts, Selon que plus ou moins ilpressentit la Grâce, Détacha plus ou moins des vanités son vœu, Sa place est indiquée ou plus haute ou plus basse ' Le long des échelons aboutissant à Dieu, Mais en paix désormais, savourant les ivresses De l’accomplissement laborieux, béni D’une tâche ébauche’e enfragiles caresses Et s’épanouz‘ssant dans l’Amour Infini. v LÉON MARLET.
Août 1 894. üSŒ‘âä‘à (Suite et fin) Cependant, depuis quelques jours, j’étais inquiet. La santé de mon amie, excellente jusqu’alors, sem blait s’être altérée. Le mal dont elle était atteinte n’avait rien de précis. Astre. ne se plaignait jamais, mais je ne lui trouvais plus sa mine bien portante de naguère. Si j’avais pu exprimer avec des mots l’impression que produisait cette singulière maladie, j’aurais dit qu’Astra se spiritualisait. . Son corps, dont les formes étaient restées les mêmes,
88 L’INITIATION me paraissait plus léger, comme si la substance s’en était raréfiée. L’expression de son visage se modifiait également, son teint prenait d’inquiétantes transparences, et sa bouche avait retrouvé ce sourireimmatériel et à demi voilé que le baiser avait naguère chassé de ses lèvres d’amante. Malgré tout le soin queje prenais à cacher l’inquié tude que me causait son état, Astra n’était pas dupe de ma feinte tranquillité.
Un jour que la fièvre l’agitait, elle me dit ces étranges paroles : — A quoi bon dissimuler, puisque vous avez vu. Seul l’aveuglement complet pouvait nous sauver, mais votre amour, quoique grand pour cette Terre, ne peut plus se passer de la réalité matérielle. J’étais resté en correspondance avec le professeur Lauth, qui me donnait de temps à autre des nouvelles de Heidelberg.
C’est ainsi que j’appris que Magnus, de plus en plus exalté, n’avait pas tardé à devenir fou. On avait dû l’interner dans une maison d’aliénés. Malgré les docteurs et les gardiens, il s’obstinait à refuser toute nourriture, et se contentait de répondre à leurs prières et à leurs menaces par ces incom préhensibles paroles: — Elle m’a volé ma vie! Je veux me venger en l’entraînant avec moi dans la tombe.
Nous voyagions alors dans ce mystérieux pays de Bretagne. C’était une nuit, dans un hôtel d’Avranches. Je m’éveillai en sursaut, et de suite ma pensée se reporta vers Astra. J’étendis la main pour la sentir auprès de moi, mais sa place était vide.
ASTRA 89 Aussitôt j’allumai une bougie et me mis à parcourir la chambre en proie à une indicible agitation. J’étais seul! La porte et les fenêtres étaient fermées de l’intérieur. J’avisai sur un guéridon le verre d’eau qu’Astra me préparait tous les soirs et que j’avais par hasard oublié de boire ce soir-là avant de m’endor mir. Je le vidai d’un trait pour me remettre, et pres que aussitôt je tombai dans un sommeil pesant.
Le lendemain matin, Astra souriait à mon réveil. Le grand jour dissipa le souvenir de mon cauchemar, et je remarquai avec joie que mon amie avait recou vré sa belle carnation et son air de santé. Quelques temps s’écoulèrent. Un jour que nous ren trions d’une promenade, on me remit une dépêche. — D’où vient—elle? demanda Astra d’un air inquiet. Je lus à haute voix: —— Magnus est mort cette nuit.
« LAUTH. » Astra poussa un cri, et je n’eus que le temps de la recevoir dans mes bras. Elle resta longtemps sans connaissance, et je crus qu’elle ne se réveillerait pas. Enfin elle rouvrit les yeux, et, après s’être quelque temps reposée, elle manifesta le désir de sortir. Elle étouffait dans la chambre, elle voulait respirer. Nous nous rendîmes donc à la terrasse du jardin des Plantes, d’où la vue plonge sur la baie du Mont Saint-Michel.
Il faisait nuit, mais la pleine lune veillait dans les profondeurs du ciel étoilé, et sa calme lumière versait une poussière d’argent sur la campagne et sur la mer. MW—-"Q
90 L'INITIATION Au loin, flottant au-dessus des eaux, se dressait la masse gothique de l’abbaye du Mont-Saint-Michel'; derrière, la mer s‘étendaità perte de vue. Astra s’était assise, et je m’étais agenouillé à ses pieds. Je la regardai.
Baignée dans un rayon de lune, elle me réapparut alors telle que je l’avais vue la pre mière fois: beauté idéale et à peine matérielle, dont les gestes avaient tant de grâce, d'harmonie et de légè reté, qu’ils semblaient échapper à l’action de la pesan teur. Sa figure, encadrée de ses bandeaux d’ébène. avait repris son expression d’au—delà, et sa physiono— mie était à la fois si triste et si sublime que je restais là immobile, n’osant parler.
Je ne savais plus si j’étais devant une femme ou en présence d’un fantôme. Alors elle parla : — Je suis l’Éternelle Amante, la mystérieuse Déité, que tout homme a vu passer une fois dans ses rêves et dont l’image, à la fois ténébreuse et claire, rayonne à jamais au fond de ses yeux éblouis.
C’est à travers ma beauté qu’il regarde la Femme et qu’il comprend la vie; c’est moi seule qu’il voit en celle qu’il aime, et c’est pour m’atteindre, ne fût—ce qu’un moment, qu’il s’élève jusqu’au sublime, ou descend jusqu’au crime. Je suis la grande Réprouvée pour qui sont tombés les Anges et pour laquelle Dieu commit son unique mais irrémédiable crime : la CRÉATION.
Mais, comme tout ce qui possède l’Éternité et la Puissance, comme les idées, comme Dieu ! JE NE SUIS PAS. Le jeu mystérieux des effets et des causes, me per
ASTR-A 91 mit unjour de m’incarner et de vivre, mais je dois mou rir avec la matière qui me prêta sa réalité éphémère. ‘ Seul l’amour pouvait éterniser mon existence par sa foi créatrice ; mais cetamour-là n’est pas de cette Terre. Je retourne d’où je viens, heureuse d’avoir goûté un jour cet amour que j’inspire; mais dès lors inconso— lable de l’avoir perdu à jamais. Adieu! je ne te dis pas : Souviens-toi. Je‘suis l’Inou bliable.
Je sentis sur mon front un baiser d’idéal, puis la sombre et radieuse jeune fille s‘éloigna de moi. Elle s’en allait rasant les pelouses, comme si d‘in— sensibles zéphirs l’avaient bercée dans leur vol, et son image de plus en plus pâle semblait se fondre dans le clair de lune. Éperdument je la poursuivais en l’appelant par son nom.
J’allais la ressaisir; mais alors, franchissant le para pet de la terrasse, elle fiotta dans le vide, trembla comme une flamme agitée parle vent .. puis s’éteignit. Là-bas, dans un abîme, dormait la mer étoilée. Oh! Oh! Oh ! L’APPEL DU GOUFFRE! IVAN DIETSCHINE. {items imirssrnssr D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Quartier Général. — Les conférences du Groupe ont été reprises le 20 mars dans la nouvelle salle, 12, rue de l’Ancienne-Come’die. m-««M
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 93 qui tout émane et vers qui tout doit tendre est utile et élevé.
Ce n‘est pas pour que ceux appelés hommes, qui voient ces choses ou les apprennent, soient frappés de stupeur, de crainte, d’étonnement ouautres conséquences de la faiblesse de leurs facultés de jugement, mais afin que les protégés de Dieu fassent leur profit des conseils qui leur sont donnés, afin qu’ils mettent en pratique les avis qu’ils reçoivent; car l’esprit doit progressivement et continuellement monter vers les sphères altières où les purifiés sont parvenus.
Et heureux ceux qui ont l’aide du Créateur tout—puissant et sont conduits par ses envoyés. Il faut donc renoncer àconside’rer ce que vous voyez comme des phénomènes étranges, mais bien comme des préceptes à suivre et des enseignements dont il faut profiter. Vous avez méconnu que vos devanciers étaient des humbles. . . . . . . . . . . . . . Quelques épreuves sont nécessaires.
Vous placerez tou— jours sur la table, à chacune de vos réunions, bien en vue, les différents apports que vous avez reçus et, après la prière qui devra être faite avec plus de recueillement. vous lirez tous les écrits qui vous ont été adressés; s’il en est de secrets, pour ceux-ci vous le ferez à voix basse. Tous vous concernent particulièrement ; libres les audi teurs d’en profiter.
Je vous laisse jusqu’à la prochaine séance que vous ferez dans longtemps et vous donne un dernier avis: méfiez-vous de l'écriture médianimique. Vous êtes, la plupart du temps, le jouet d’esprits fri voles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Opposez toujours à vos défauts . . . . . . . . . . . . les qualités suprêmes. . . . . . . . . . . . (YVËOL551UTO’V). . . . . ( LUREAU. » Ce message a été suivi de deux autres également appor tés en plein jour en dehors de toute séance, sans médium ni aucune autre personne présente, dans les deux premiers cas, que ma femme, ma fille, âgée de treize ans, et moi.
Le dernier message m’a été apporté vers 2 heures de l'après-midi le vendredi 15 mars dans des conditions particulièrement remarquables; les voici ;
94 L’INITIATION Ce jour-là, je rencontrai, vers r heure et demie, un de mes camarades, M. 2., catholique pratiquant, qui se rendait dans un de nos grands ministères. Le hasard, seul (s’il existe), nous fit rencontrer. Nous flmes route ensemble pendant vingt minutes. Pendant le trajet, la conversation roula sur les pra tiques du spiritisme et sur les principaux dogmes catho— liques.
« Croyez-moi, me dit M. 2., renoncez à vos pratiques dangereuses; le moment est favorable pour vous amender, ’ nous sommes en carême; faites votre soumission et approchez-vous des sacrements. » J'émis quelques doutes sur la divinité de l’institution de la confession et de la communion telle qu'elle se fait aujourd’hui. J’abordai ensuite la question de la présence réelle, résolue par l'affirmative par M. Z.
Vers deux heures, nous étions arrivés; moins de deux minutes après, j’ouvrais mon armoire pour y déposer mon par dessus. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant, à l’endroit même où j’allais accrocher mon vêtement, un pli long de 10 centimètres environ, large de 4, cacheté à la cire rouge et scellé du sceau de Salomon.
J’ouvris ce pli avec précaution et j’y trouvai un petit carton sur lequel paraissaient fraîchement imprimés (par un procédé inconnu) ces mots : Noli esse incredulus, Hadriane Lureau.
Personne ne pouvait avoir connaissance de la discus sion que je venais de soutenir deux minutes avant la découverte du mystérieux message, et d’un autre côté M.Z., homme grave, ignorait le nom de notre esprit familier; enfin il convient d’ajouter que jamais notre médium (MM 8.), M. 8., ma femme ou ma fille n’ont pénétré dans la pièce où ce pli a été apporté.
Or, comme c’est la troisième fois,depuis peu de temps, que je suis appelé à constater, en plein jour, soit chez moi, soit autre part, et dans des conditions particulère ment heureuses, le phénomène d’une lettre mystérieu— sement apportée, sans médium, en dehors de toute séance spirite, je demande aux savants écrivains de notre . . V f_p_,b“î‘ ' >' À_ ...—. ir ‘
BIBLIOGRAPHIE 95 époque, comme compensation des railleries, des sarcas mes, des injures même qui m'ont été décernées de toutes parts, la permission de me rallier à ceux qui croient aussi fermement aux Esprits qu’aux onagres (et qui ont le courage de le dire). - ADRIEN FRANÇOIS. * 2I\Jv Renseignements complémentaires sur les apports en plein jour.
Il n‘existe chez moi ni papier, ni enveloppes, ni encre, ni cire semblables à ce qui a servi à composer les mes sages apportés. A. FRANÇOIS. BIBZ&E@GäAPÆIE Etude des phénomènes psychiques, par Alfred ERNY, Paris, librairie E. Flammarion, 1895. Parmi les livres traitant des expériences psychiques, qui se recommandent surtout par la clarté de leurs expo sés, celui que M. Erny présente aujourd’hui au public est digne d'occuper un des premiers rangs.
Ce chercheur se place à un point de vue tout à fait indépendant, et son travail est surtout intéressant par les documents cités ou traduits qui sont pour la plupart inconnus en France. Collègue et ami d’Eugène Nus et de Victorien Sardou, M. Erny a dédié son ouvrage à ce dernier et s’est par conséquent inspiré dela bonne foi et de la parfaite logique dont ceux-ci ont fait preuve dans les écrits qu’ils ont produits sur les mêmes sujets.
L’ouvrage se compose de deux parties : dans la pre— mière l’auteur étudie les quatre premières catégories des phénomènes psychiques : 1° Les phénomènes de typtologie ou coups psychiques répondant intelligemment à des questions ; Ï""!Il‘“tî' ""
96 L‘INITIATION 2° Les phénomènes d'apports, de lévitation et de mou vement d’objets sans contact; 3° L’écriture automatique et l’écriture directe. 4° La psychométrie, phénomènes d’un genre tout nou veau et ayant quelques rapports avec la télépathie et le somnambulisme. Nous insisterons particulièrement sur le chapitre traitant de cette faculté psychique très peu étudiée jusqu’à ce jour.
Découverte par le docteur Bu chanau de Cincinnati (États—Unis), elle fut particulière ment l'objet des recherches de l‘éminent géologue W. Denton, qui trouva dans sa femme, sa sœuret un de ses fils les plus puissants exemples de pouvoirs psycho métriques.
Cette faculté consiste dans le développement d’un sixième sens qui permet à des êtres privilégiés, par le simple contact d’un objet, d’une lettre. relique, de dé crire des scènes contemporaines aux objets présentés En voici un exemple rapporté par M. Denton. « En 1872, M. Denton mit dans les mains de son fils (âgé de douze ans) un débris de ciment provenant de la maison de Salluste à Pompeî.
Les descriptions de cet enfant furent d’autant plus surprenantes qu’il ne connaissait rien de Pompei ni par la lecture ni autrement, et pour tant ce qu'il dit de ses habitants, de ses magasins, de ses fêtes, de la vie journalière, du théâtre, etc., tout a été reconnu plus tard comme exact. » La seconde partie, la plus importante du livre de M. Erny, est tout entière consacrée à l’étude des phéno mènes de téléplastie ou de matérialisation.
Après avoir commenté les apparitions des fantômes étudiées par MM. Gurney et F. Myers, l'auteur passe en revue les phé nomènes de matérialisations partielles et totales observés par MM. W. Crookes, R. Wallace, Oxon, Altsakofl’, E.
Coues,.de Bodisco, Hellenbach, Donald, Mac Nab, etc. L’auteur'émet à_ ce sujet des idées très judicieuses à son avis: « La base de la matérialisation est que certains atomes séparément invisibles sont rendus visibles par leur réunion et peuvent alors imiter le corps humain avec tous ses attributs momentanés, car la matérialisa tion permanente est un fait absolument impossible. Les intelligences supérieuies,qui produisent ces effets si étranges sont plus près que nous des sources de la vie
ÉCHOS ' 97 organique et de la constitution atomique de l’univers. Elles manient les forces astrales comme nous manions n’importe quel compo'sé chimique et comme le sculpteur pétrir et modèle la terre glaise. » L’auteur relate après ses théories personnelles une quantité d’expériences très intéressantes obtenues dans les conditions les plus sé rieuses ne permettant aucun doute sur leur réalité; il conclut en recommandant la prudence aux personnes faibles ou trop crédules qui seraient tentées d’expéri— menter par elle-même, l’obsession étant trop souvent le résultat de recherches psychiques faites dans de mau vaises conditions et sans aucun contrôle. Disons en terminant que le livre de M. Erny a sa place toute marquée dans la bibliothèque de tout étudiant oc— cultiste. N0EL SISERA. Êeaos Deux nouvelles branches sont en formation, l’une à Rio de Janeiro (Brésil) et l’autre à Lisbonne(Portugal). Nous avons tout lieu de leur espérer un brillant avenir, vu les'capacités de leurs directeurs. , uéeaoa©um x Nous avons la douleur d’annoncer a nos lecteurs la mort de notre délégué général pour le centre Afrique, ancien chef de la Branche Viscum de Gand, M. de Ros port, qui a succombé à des fatigues excessives, à Yenga (district de Lualaba), le 10 janvier 1895. Nous prions ses parents de vouloir bien agréer les sentiments de frater nelles condoléances de la Rédaction de l‘1nitiation et des officiers du Groupe. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. —- me. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
STANISLAS DE GUAITA Au Seuil du Mystère 3e ÉDITION Remaniée et considérablement transformée Un«beau vol. in-8° sur papier de luxe CHAMUEL CARRÉ 7g, l’aub. Poissonnière 3, Rue Racine, 3 :. JJJ./.l{.lwlo’Ju/ PARIS PARIS ËDITEUîRS
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PROGRAMME 1 Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Inilialion est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efïorts tendent: ‘ constituer la Synthèse en appliquant la Dans la Science, a méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la.Beligion,à donner une base solide à la Morale par la. découverte d'un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l'Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l'arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains: le cle'ricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère, Enfin l'Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de I‘Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’IndeÇ L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune.
Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces Curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s‘adresse à tous les gens du monde instruits.
' Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d'une ‘ manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Iriitiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà sept années d’existence. —— Abonnement: 10 francs par ap. ' (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L'Initiation du 15 mai 1895 PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’1nilialion 10 ‘v PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET, S.'. I.'. S;--« STANISI.AS DE GUAITA, S.'. I.'. 3}— GUYMIOT. — MARC HAVEN,S.". I.'. 53 —.lULIEN LEJAY, S.'. I.'. ,{I — EMII E MICHEL”, S.'. I.'. (C. G. E.) — LUC1EN MAUCHEL, S.'. I.'. (D. S. E.) MOGD. S.°. I.'. -—- Gnome MONTIÈRE, S.'. I.'. g — PAPUS, S.'. I.'. 52 — QUÆRENS, S.'. I.'. (D. G. E.) '— SÉDIR, S.'. I.'. (C. G.
E.) — SELVA, S.'. I.'. (C. G. E.) —- VURGEY. - 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABlL-MARDUK. — AMELINEAU. — ALEPH. — BADAIRE. —D" BARA DUC. — Le F.‘. BERTRAND 30' .'..- BLlTZ BOJANOV. — RENÉ CAILLIÉ. —- CAMILLE CHAIGNEAU.— CHIMUA DU LAFAY. — ALFRED LE DAIN. -— G. DELANNE. — FABRE DES ESSARTS. — D“ FUGAIRON. — DEI.ÉZINIER. — JULES‘G1RAUD. ——HAATAN. — L. HUTCHINSON. -— L. LEMERLE. — LECOMTE. — NAPOLÉON NEY,— l"lORACE PEL LETIER. — G.
POIREI.. RAYMOND. — A. DE R. — D'r SOURBECK.. — L. STEVENARD. — THOMASSIN. — G. VITOUX. — HENRI WELSCH. —— YALTA. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — JEAN DELVILLE. — E. GOUDEAU.-— MA NOËL DE GRANDFORD. - JULES LERMINA. -— L. HENNIQUE. -— JULES DE MARTHOLD. — CATULLE MENDÈS.— GEORGE MONTIÈRE. — LÉON RIOTOR. — SAINT-FARGEAU. —— ROBERT SCHEFFER. ——ÉMILE , SIGOGNE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE CH.
DUBOURG. —— RODOLPHE DARZENS. — JEAN DELVILLE. — YVAN DIETSCHINE. — MAURICE LARGERIS. — PAUL MARROT. — J. DE TALLENAY. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ.
L’INITIATION L‘Inilian‘on du 15 mai 1895 DIRECTION _ ADMINISTRATION 42’ rue des perd’amps’ 42 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS L Dmmrzun :PAPUE‘, c H A M U E Dmacn:un ADJOINT: Lucien MA .=i 79, Ilue du Faul.ourg-Poissomière Rédacteur en chef: F.-Ch. BARLET PARIS Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. le tr. J. LEJAV — PAUL. SÉDIR Bran Kabbale. ÉTRANGER, —- .12 Ir.
RÉDACTION. —ÉCHANGEZ r4, rue de Strasbourg. — Cheque ré dacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépen dance absolue étant la raison d'être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Prière d'adresser tous les échanges : 142, rue des Perchamps, Paris MANUSCRITS. —- Les manuscrits doivent être*adressés à la rédaction.
Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les ma: {scrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. enourr nmÉrrnonnr wÉrunrs ÉsmÉmçurs 1,600 Membres — 104 Branches et Correspondants — Groupes'd'Études fermés Les Membres ne paient ni cotisation ni droit d’entrée.
Pourtous renseignements, sÏ.adresserparlettreà M. Paul SÉDIR, secrétaire, 4, avenue de l’Opéra, Paris, en joignant un timbre pour la réponse. ..n._...u. Principales Sociétés adhérentes au Groupe ‘ ORDRE MARTINISTE . .'_ ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE ,CROIX. —.ÉGLISE GNOSTIQUE
t i a a uos LECTEURS Ce mois-ci, plusieurs ouw. des plus importants pour la cause de l’occultisme 01“. vu le jour chez Cha mue]. Nous citerons tout particulièrement: La 3° édition de Au seuil du Mystère, de STANISLAS DE GUAITA ; ' ' L’Extériorz‘satz‘on de la Sensibilité, de A.
DE ROCHAS; Le Traité d'Astrolagie judiciaire, de ABEL HAATAN; Martz‘nes de Pasqually, de PAPUS ; La Deuxfois Morte, étude de Magie passionnelle de JULES Lsimum ; Et surtout [Instruction Intégrale (instruction pri maire), de F.-CH. BARLET. . Désirant faire de sérieux comptes rendus de ces ou vrages, nous renverrons les analyses à une date ulté rieure.
Pour l’instant nous 10us contenterons de donner quelques courts extraits de l’ouvrage capital du maître F.-Ch. Barlet. Ces extraits ont rapport àlapar fie synthétique de l’enseignement primaire. LA DIRECTION.