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La reproduction des articles inédits publiés par l’Initiation est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE L’étude de Barlet, que nous publions aujourd’hui, est le résumé de plusieurs années d’efforts. Elle donne enfin Ja solution du problème du zodiaque qui n’a vait pu être résolu jusqu’ici. ' C’est une des affirmations les plus grandioses des théories de l’occultisme. Nos lecteurs nous sauront gré de ne pas couper outre mesure cette étude, dont la plus grande partie occupe ce numéro. — Depuis le Timée de Platon, aucune étude aussi synthétique n’avait paru, à notre avis. La D irectio n . 7 Digitized by Google
*94 tflMTIATKW» LES GÉNIES PLANÉTAIRES ET LE EOM&Q0B ( É T U D E CO S M O G O N IQ U E) (i) PRÉLIMINAIRES Quel qu$ soit h monde vers lequel le philosophe tourne ses régals : celui du phénomène, celui de l’intelligence, ou le monde métaphysique, il s’y trouve toujours en face d’une dualité de principes fondâmes taux complètement opposés, mais qui tendent à ré soudre leur antagonisme comme une souffrance insap* portable. Telles sont les forces attractives et répul' sives de la matière ; les antinomies intellectuelles, désespoir de Kant ; tels encore le bien çt le mal, tour ment du moraliste ; le néant qui se dresse en face de l’Etre en l’esprit du métaphysicien ! La fusion de ces contrastes essentiels en un terme neutre ne peut être une solution satisfaisante de ce (i) Cette étude succincte serait beaucoup trop rapide si elle devait être considérée autrement que comme la simple position provisoire d’un important problème : l’Esotérisme de l’Onto logie autant qu’il peut être abordé par le raisonnement. F.-Ch. B. Digitized by Google
LES GÉNIES PLANETAIRES ï§ 5 douloureux dilemme partout répété : l’équilibre n’est que la mort , l’anéantissement, la désolation contré laquelle se révoltent le plus nos instincts naturels.
Quelle répugnance ne soulève pas en nos cœurs l'af firmation des savants qui veulent que dans quelques milliers d’années, minute dans l’éternité, notre monde sidéral roule dans l’immortel silence de l’équilibré obscur ses astres refroidis, cellules inanimées d’un éternel cadavre ?
La seule fin acceptable, rationnelle, annoncée par l’entendement comme par l'instinct, est celle qui nous promet, de par l’antagonisme dualistique lui-mème, f absorption de l’un de ses termes en l’autfe ; et celui qüe nos aspirations les plus vivaCes nous désignent comme le futur vainqueur est le Principe qui caracté rise Y Etre eA face du Non-Etre.
C’est dans ce passage du Non-Etre à l’Etre que nous nous plaisons tant à vôir l’épanouissement dè nos désirs les plus invin cibles, le but de toute vie, l’accomplissement de tous lès vœux, de toutes les espérances dont la nature pal pite. C’est pourquoi ce dénouement est écrit dans les sym boles de toutes les religions. Cependant un examen plus approfondi de ce grand mystère ajoute à ce premier aspect des modifications essentielles.
La fin dé l’antagonisme entre les Principes lui sup pose un commencement, nécessiteune Unité antérieure à ce dualisme et, par les raisons déjà déduites, une unité de Gloire, non dé ténèbres. ËA outre, comme il n’y a pas de motif rationnel Digitized byGoogle
l ’in it ia t io n de préférence entre les deux Principes opposés, comme ils sont également absolus, infinis, métaphy siques, bien plus, comme ils sont également néces saires l’un à l’autre, l’Unité primitive n’a pu se trouver dans aucun des deux; la fin cherchée, le but de la Vie Universelle qui doit résoudre leur antagonisme ne peut être en l’un d’eux exclusivement.
Ils sont comme l’émanation polarisée d’une source supérieure, d’une Unité absolue, qui embrasse tout infini, en qui s’accomplit l’éternelle résolution de toute relativité de toute contradiction, l’éternel apai« sement de toute souffrance.
Autant qu’il nous est possible de la concevoir, cette source ineffable s’aperçoit comme émanant sans cesse les deux oppositions latentes en elle afin de leur apprendre à se reconnaître, en se mesurant dans le cours d’une longue épreuve qui les ramène réconciliées au seindeleur père commun.
Cette incessante création de la conscience dans l’inconscient constitue, selon l’expression deLacuria, lafoafrYwafedel’Unité suprême, et le cours de la lutte qui la produit forme la Vie uni verselle.
C’est ainsi que nos piles, après avoir opposé les deux électricités latentes en leurs éléments, les y rassemblent comme fatiguées du long circuit où elles; se sont croisées à travers la chaleur, la lumière où la. vie chimique, manifestant par cette activité l’infé riorité et la soumission de la plus faible à l’attraction de la plus puissante.
Cette doctrine est encore exprimée dans les sym boles de toutes les religions qui nous montrent un Digitized by L j O O Q l e
LES GÉNIES PLANÉTAIRES I 9 7 Créateur souverain arrachant éternellement aux ténèbresdu Non-Être la fouleininterrompue des âmes pour les appeler à la participation de sa Gloire, comme à une apothéose triomphante au sortir des luttes de la vie matérielle et finie. Essayons, sur ces données, de nous rendre compte de cette vie universelle, où se dissout la dualité des Principes.
Pour fixer nos idées, représentons ces deux frères ennemis par deux points distincts appelés à se réunir. Ils ne le pourront sans l’intervention d'une troisième puissance capable de se joindre également à l’un et à l'autre, analogue, par exemple, au circuit conducteur de la pile. Nous savons qu’en cet intermédiaire ils ne doivent pas trouver cependant un équilibre parfait qui serait leur anéantissement réciproque.
Il faut donc que ce troisième centre soit double lui-même, tout en con servant son unité ; autrement dit, qu'il soit polarisé, de façon que ses deux extrémités rassemblent les deux oppositions primitives en une position moyenne où elles trouvent un commencement d’union. A l’opposition de contrariété primitive ce troisième centre ajoute une opposition d'analogie aux extré mités de laquelle la première peut se rassembler sans se dénaturer.
On saisira facilement ce mouvement par l’image sensible de la croix dont les deux extré mités verticales (i et 4) représentent les principes contraires, et les deux extrémités horizontales (3 et 2) représentent les principes analogues, et en se figurant que chacun des points contraires (1 et 4) soit attiré Digitized by Google
l ' in it ia t io n 198 simultanément par chacun des points analogues (2 et 3), comme l’indiquent les flèches. Par exemple Y Infini et le Fini, étant les deux extrêmes, auront pour intermédiaire YIndéfini (commencé non fini), lequel sera double : croissant ou décroissant, de sorte que les quatre termes formeront comme une suite continue.
Cet ensemble a pour premier résultat de tendre à scinder chacun des deux principes antagonistes pour les porter à l’analogie, et, réciproquement, de scinder chacun des deux principes d’analogie (2 et 3) pour les porter vers l’opposition, selon la loi naturelle de l’at traction qui est toujours mutuelle, réciproque, entre deux centres.
Par suite, la réunion de nos quatre puis sances deux à deux tendra à former quatre nouveaux centres intermédiaires (A, B, C, D, sur la figure) dont chacun sera une synthèse de premier ordre, un accou plement (A est l’union de 1 et de 2 ; B, celle de 1 et de 3, et ainsi de suite).
Ainsi, pour l’exemple particu lier choisi tout à l’heure, l’infini et l’indéfini se ras sembleront dans la limite mathématique, le fini et l’indéfini dans le nombre arithmétique (entier ou frac tionnaire). Mais le mouvement de concentration ne peut s'ar rêter à la production de ces quatre centres intermé diaires, sinon nous nous trouverions encore en pré sence de l’équilibre, c’est-à-dire de la mort, que nous avons exclue de nos solutions.
On voit assez, du reste, une cause de mouvements nouveaux. Chacun des centres secondaires (A, B, C ou D), contenant quel que chose des deux centres primaires qui l’ont produit, se trouve par là même plus rapproché des deux autres; Digitized byGoogle
. LES GÉNIES PLANÉTAIRES ÎÇ ÿ centres que n’étaient ces deux premiers. Ainsi, pour suivant notre exemple particulier, nous voyons que le nombre mathématiquesst plus rapproché du fini que ne l’étaient Findéfini et l’infini (ou, sur la figure, que A, né de i et de 2,est plus rapproché de 3 que ne l’était 2 ; de même B par rapport à 2, et ainsi de suite, comme aussi A et B plus près de 4 que ne Fêtait 1, etc. ).
Il en résultera de nouvelles attractions, produisant des centres intermédiaires, un troisième quaternaire, de principes analogues aux premiers, mais plus rap prochés qu’eux du centre commun, ainsi qu’on le voit immédiatement par la figure suivante, en a, p, y et B.
Cette première synthèse, décomposable en trois temps, comme on vient de le voir, se produira en un second cycle par les mêmes motifs, pour engendrer une seconde synthèse de même genre, et ainsi de suite indéfiniment, s’approchant toujours du centre commun, sans que les principes extrêmes s’annulent. Seulement chaque cycle sera séparé du suivant par une période de réaction des premiers centres.
En résumé, on voit que l’antagonisme originaire se résout par l’intervention d’un troisième principe double, polarisé, qui a pour effet, à la fois, d’empêcher l’annulation réciproque des deux Principes opposés dans un équilibre mortel et, à l’inverse, de faciliter leur rapprochement harmonieux par une succession indéfiniment progressive de synthèses qui ramène le dualisme à l’Unité suprême. C’est l’image fidèle de la création, de la vie et de l’immortalité. Nous avons le type de l’Universel progrès dans la
L INITIATION Trinité des quaternaires qui vient d'être analysée, puisque cette Trinité doit se répéter indéfiniment. Etudions-la d'un peu plus près encore, elle va nous faire connaître la suite et les créations de la vie uni verselle. Les Anciens ou, pour mieux dire, Aristote, de qui l'autorité a dominé si longtemps notre civilisation européenne, expliquaient comme voici la cosmologie {De Generatione..., liv. II,chap. Ier).
En un premier principe infini, sensible (qu'il ne définit pas, qu on a nommé, depuis, la substance, aîcr37)Tov àpx^i) se forment nécessairement quatre oppositions, ou con traires (IvavTtwcxcç) qu'il nomme le Chaud, le Froid, le Sec et l'Humide, en les opposant, comme on sait, deux à deux.
Il se fait ensuite une combinaison de ces contraires, deux à deux, mais entre les plus proches seulement, non entre les opposés qu’il dit absolument inconci liables. Ces combinaisons sont les éléments: Feu, le chaud et sec, etc. (sur notre figure, les quatre points A, B, C, D, tandis que les contraires sont nos points i, 2, 3, 4).
A leur tour, ces éléments, se transformant l’un dans l'autre, engendrent les corps ou les décom posent, selon le sens du mouvement de transforma tion, la génération des corps n'étant pour lui qu'une transformation rapide. C’est par ce moyen que la Potentialité renfermée dans un cinquième principe, supérieur aux autres (l'Ether), passé à Y Acte par le mouvement, c'est-à-dire produit la création. Digitized byGoogle
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 201 Cette théorie est-elle acceptable ? Je ne parle pas des objections que nos sciences positives lui opposent * trop facilement, ni du défaut de définition des quatre contrairesqu’il serait facile de rattacher à des Principes plus élevés; il y a des difficultés plus fondamentales.
Elle exige, pour éviter l’équilibre mortel signalé plus haut, qu'en chaque élément un contraire domine l’autre, et, cependant, à l’inverse, un contraire doit pouvoir y croître ou y décroître pour devenir inférieur après avoir été, par définition, le plus puissant ; sinon les mutations créatrices et décomposantes sont égale ment impassibles.
Or ces hypothèses ne sont justifiées d’aucune manière autre que le besoin de la cause ; on en peut même, il semble, démontrer l’inutilité par l’explication suivante : Dans notre analyse précédente nous avons raisonné comme le font les mécaniciens (par exemple les astro nomes) pour s’expliquer un ensemble complexe de for ces : on isole chacune d’elles pour en étudier l’effet, et l’on y ajoute successivement toutes les autres.
Ainsi, il n’est pas complètement exact de dire qu’il y a d'abord attraction réciproque de chacun de nos quatre prin cipes sur ses voisins, suivie de l’attraction de la résul tante par les plus éloignées.
Le résultat réel est dû à la simultanéité de toutes les attractions, c’est-à-dire dans un mouvement superficiel (1) qui rapproche les (i) Nous ne le disons même superficiel que pour en étudier plus aisément le jeu dans chaque plan, mais il se fait suivant trois plans perpendiculaires deux à deux (les axes du cube); leur intersection est le centre d'attraction (de création) d’une sphère à la surface de laquelle les quatre éléments se répètent trois fois. "Digitized by Google
l’initiation lignes d’attraction (1-2, 2-1, t-3, 3-i, etc.) pour les concentrer en quatre points nouveaux ( a . p, y , 8, etc.)* Autrement dit notre mouvement en trois temps, type du mouvement général, est une onde prise dans l’ensemble des rayonnements de chaque centre vers les trois autres, ondulation qui se concentre en quatre foyers ou ventres reproduisant une deuxième ondula tion vers le centre, et ainsi de suite indéfiniment; la longueur d’onde diminuant en série décroissante.
La première conséquence de cette remarque est de faire voir que les quatre points intermédiaires (A, B, C, D) sont réellement de pures entités (les limites des ondes qui vont l’une au devant de l’autre, les ventres dont les nœuds se reproduisent en a , p, y , 8 ) . Aristote a donc eu tort de les prendre pour des élé ments ayant une puissance réelle (1). Us représentent, au contraire, l’interférence, VInertie.
Ainsi nous n’avons réellement que quatre principes, non huit comme le veut Aristote ; les éléments, au lieu d’être leurs combinaisons latérales deux à deux, sont les développements de chacun de ces quatre principet en mouvement vers le centre commun et pendant le cours d’une onde. (Sur la figure, le quadrilatère 1 A, a B représente le Feu, celui 2 B p D représente l’air, et ainsi de suite).
1 (1) L’occultiste reconnaîtra dans les trois temps de cette première onde typique la manifestation des trois mondes : le divin est dans les quatre principes primordiaux, émanation directe du centre principal ; le réel dans les reflets a, p, y, de ces quatre principes, et l’intellectuel dans les produits inter médiaires, ce monde étant* par nature, celui des entités et des antinomies. Digitized by L . o o Q l e
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 203 Et, comme: L'affirme Platon, beaucoup pkis profond qu?Aristote,, qui, comme Spencer de nos jours, a voulu se renfermer dans le monde sensible : chaque élément est triple. (Cest ce que notre figure repré sente par les deux triangles et le quadrilatère central qui composent chaque quadrilatère élémentaire.) Par exemple, i étant, selon le langage d’Aristote, le Principe du.
Feu dans l’Ether, cet élément se réalisera sous, trois aspects différents : par l’attraction de .2 sur 1 ou par celle de 3 sur 1, ou par leur résultante qui est dirigée vers 4., Il y aura donc : Le feu aérien (triangle de droite, l A,, a) Le feu humide (triangle de gauche) ; Le feu terrestre (quadrilatère central) ; C’est-à-dire, le feu dans les trois mondes. Et ainsi des autres,éléments.
De cette façon, nous voici,à la différence d’Aristote, en présence d’une série de réalités des deux sortes, savoir : Les quatre Principes primordiaux (les contraires d’Aristote), émanations du centre commun ; Les quatre éléments ou types d’onde du mouvement de retour vers ce centre commun par l’attraction réci proque et collatérale des contraires.
Comme nous n’avons eu besoin d’emprunter nos distinctions à aucune individualité, ce qui était une faiblesse d’Aristote, ces Principes restent complète ment universels. Digitized byGoogle
l ’in it ia t io n 204 Pour leur conserver ce caractère, nous les désigne rons par la suite par les quatre premiers nombres : 1 correspondra au Feu d’Aristote; 2 — à l’Air ; 3 — à l’Eau; 4 — à la Terre.
Comme, d’autre part, les pures entités sont exclues •de ces Eléments et de ces Principes, comme, en même temps, étant typiques de chaque moment du mouve ment de retour vers le centre universel, il pénètrent tout ce mouvement, nous pouvons nous attendre à voir leurs combinaisons produire la suite des réalités, représenter la Création. Nous allons chercher comment.
Tout d’abord il faut caractériser nettement nos Principes primordiaux, et les quatre Eléments dans leur trinité. DÉFINITION DES QUATRE PREMIERS PRINCIPES Leur nature même exclut toute vraie définition, puis qu’ils sont les Principes de toutes choses ; on ne les comprend que par une suite d’exemples capables de montrer leur réprésentation dans tous les ordres de choses.
Ces ordres eux-mêmes sont déjà au nombre de quatre (par la division de l'intermédiaire en deux pôles opposés, comme il a été expliqué plus haut, de <MÈfi ëMiàm Digitized b y . ^ J . O I C
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2û5 sorte qu’on peut voir dans leur distinction comme dans les suivantes une Trinité développée en qua ternaire). Ce sont : i. Le Monde divin, ou des Principes (Briah dans la Kabbale). Le Monde ( 2. Intellectuel ou des Lois ) (Jesirah de animique ) 3. Sentimental ou des Actes ( la Kabbale) 4. Le Monde naturel, sensible, ou des Phénomè nes [Asiah de la Kabbale).
Ils sont l’émanation directe, la dissémination de l’Unité Suprême (Açiluth de la Kabbale). D ans le M onde des principes 1 est Y Unité., simple, infinie. 4 est, au contraire, l’infinie Multiplicité. Entre les deux, les intermédiaires passent de l’un à l’autre.
Comment ceux-ci se distinguent- ils entre eux, quels sont leurs points de contact ou, si l’on veut, leur cause d’attraction vers les autres ? — Le voici : 2 répète l’Unité, juxtapose les Unités (exemple : la série des nombres entiers qui est de cet ordre).
3 Y analyse au lieu de la répéter ; soustrait, divise, au lieu d’additionner et de multiplier (exemple : la série des nombres fractionnaires); L’un et l’autre sont de nature indéfinie ; ils n’ont pas de fin dans leur développement, mais ils ont un commencement. Digitized byGoogk
fcOÔ ^'INITIATION Seulement 2 est indéfiniment croissant, 3 indéfini ment décroissant, p$r essence ; 2 est comme le pluriel de 1 vers lequel il tend plu- ' tôt ; *3 est comme le singulier de 4 dont il se rapproçhç . plus volontiers.
Toutefois Vuu et l’autfe, étant attirés à la fois par tes deux Principes; extrêmes, ont un double caractère qui serai mieux saisi par la suite, lorsque nous passe rons à leurs Qpinbinaisonv D ans le M onde n a tç m l 1 étant l’unité individuelle, simple par essence, ne peut se manifester comme sensible, ce qui suppose un dualisme; 11 ne peut différencier l'espace qu'en le par courant, par le mouvement qui permet la. continuité et suppose le Temps*— \ est Y Essence aussi.
4., multiplicité individuelle,, infinie variété* $e trouve différent en chacun de ses points, se manifeste par sa seule existence, sans mouvement ; il représente Y Espace qu’il différencie, et Y Inertie..—* Ç’çgt. aussi la Substance. Les intermédiaires manifestent à la fois le Temps et l’Espace ; c’est ce que fait le Nombre pris dans son sens le plus large (embrassant quantité et qualité).
Du reste, ils s’opposent l’un à l’autre comme précé demment. 2 se caractérise par la tendance au Mouvement ; il représente la Quantité et la Force. 3 se caractérise par la tendance à l’inertie, à la Digitized by Google
LES GÉNïÉS PLANÉTAIRES 2&J Résistance ; il représente la Qualité apparente, et la Forme. On retrouve là âtissi les caractères des- qjüatfe élé ments : 1. Le feu, lé chaud, essentiellement itiûbilé. 2. L’air expansif, mobile ét fort (à tension). 3. L’eau, élément plastique, qui lie peut se stiUté* nir par lui-même. 4. La Terre, immobile, résistante, informée solide ment. Citons erîcoré un ou deux exemples : Dans les formes géométriques : 1.
Le point (infiniment petit, dont le mouvement continu donne la ligne infinie). 2. La ligne, indéfinie, dont le mouvement engendre toute surface. 3. U Angley indéfini, qui embrasse Un volume in défini . 4. Le volume, fini (dont le plus simple est le tétra èdre) et dont le point est la limite. ' Dans les créatures (d’après Lacuria) : 1. L’ordre des êtres Angéliques (en qui la substance est innée). 2.
L’ordre dé ceux pensant (humains, chez qui la substance est limitée seulement). 3. L’ordre dès êtres sentant (animaux!, Chez qui la substance est partiellement informée). 4. L’ordre des êtres inertes (minéraux, chez qui la substance est complètement informée). Digitized by Lj OOQ le
ao8 l’initiation D ans le monde animique. Prenons encore quelques exemples : Dans l’intellectualité, ce sont: i, le mystique; — 2, le sceptique (ou critique, le savant) ; 3, — le sentimental ^spiritualiste) ; — 4, le sensualiste (matérialiste). Dans notre organisation : 1, l’Esprit; — 2, l’Intellect; — 3, le Sentiment; — 4, le Corps.
Parmi les influences qui nous déterminent : 1, l’Inspiration ; — 2, les Facultés ; — 3, les Pen chants ; — 4, les Sensations. En couleurs : 1, le Blanc (dont la réalisation est le jaune); — 2, le Bleu : — 3, le Rouge; —4, le Gris (union de toutes les couleurs, qui va jusqu’au noir).
L’Eglise catholique a emprunté à ces Principes la matière de ses sacrements (Lacuria) : i yleVtn(le Feu);—2,rZsaw(correspondanticiàl’Air); —3, Y Huile (l’Elément eau);— 4, le Pain à (la Terre).- Ces exemples peuvent suffire pour caractériser au tant que le peut notre intellect relatif ces quatre Prin cipes absolus ; passons à leurs combinaisons. COMBINAISONS DES PRINCIPES. D es G énies P lanétaires. Combinaison 1-2 «g)).
Le premier pas du Principe 1 (YUnité infinie) vers son contraire, le Principe 4 (l’infinité multiplicité), Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 209 est celui qui le porte vers la répétition, caractéristique du Principe 2 ; cette répétition donne la combinai son 1-2, où le Principe 1 domine encore (1). Dans le monde abstrait, cette combinaison repré sente la génération indéfiniment croissante des nom bres entiers par l’unité et le Temps que leur succes sion énumère en le partageant par sections égales.
Dans le monde naturel, c’est l’Activité ou Puissance, créatrice, descendant vers la synthèse évoluée des êtres; c’est la création de la Force et du Mouvement (particulièrement de celui rectiligne, uniforme, rayon nant, expansif). C’est l’insufflation de l’Essence qui < anime le Cosmos, Dans le monde humain, c’est la descente de l’ins piration dans la pensée, de l’esprit dans l’entende ment.
Les anciens avaient trouvé pour symbole de cet ensemble de caractères le Soleil, qui répand la vie dans notre monde par la chaleur, la lumière et l’élec tricité, qui mesure notre temps en saisons, jours et nuits ou heures (c’est-à-dire par unités successives), dont les rayons féconds se répandent directement dans les espaces.
En mode Intellectuel et Spirituel, c’était Apollon, dieu régulateur des saisons et des heures, dieu du rythme, symbolysé par la lyre, maître des neuf Muses, inspirateur qui prête aux aspirations du génie les ailes de Pégase. 1 (1) Elle sera notée comme toutes les suivantes en mettant en premier celui des deux principes qui domine. Digitized by Google
L’i&lTlAflON En Inde: Brahma. Pour les Chaldéens i Ud. Et pour les Hébreux l’archange Michael. Combinaison i-3 (c?)* Quand le Principe supérieur s’abaisse vers le 3 , c’est pour s’y réfracter, se disperser, au lieu de se réfléchir comme par le 2. Cette combinaison nous donne donc l’Unité se rompant, se disséminant, se variant.
C’est l’agent du renouvellement des Formes par la Mort, à l’inverse de la combinaison précédente qui vivifiait la synthèse. Mais c’est la Mort bienfaisante, la Mort qui rachète en vue d’amener à l’Unité à travers l’épreuve des formes éphémères, dans l’évolution des existences. Dans le divin, c’est l’Ange du châtiment, armé du glaive de la loi pour diviniser en rectifiant.
Dans le monde abstrait, c’est la création du Nombre fractionnaire, de la Forme qui limite l’essence dans le volume, qui fragmente l’espace; la génération du feu qui dévore ce que la multiplicité a d’éphémère. Dans le monde animique, c’est la génération de là sensation, de l’esprit de résistance et de conservation ; c’est aussi le travail industriel et particulièrement celui qui transforme la matière par la Force (le Fer et le Feu).
Les anciens avaient symbolisé ce principe par le dieu Mars (comme aussi par Vulcain et même à La cédémone, par Bacchus, rapproché d’autre part du So leil). En Inde, c’était Sim • En Chaldée, Nergal. Chez Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 I I tes Syriens, Malochy plus tard symbole des premiers rois. En Israël, Cmn (apposé è A-Bel, Baal, dieu du Soleil). l’angeSaœae/. Combinaison 2-1 (ï>).
Voyons maintenant les deux combinaisons inverses de celles-ci, savoir celles où les intermédiaires domi nent (2-1 et 3-t). v Une remarque commune doit précéder leur étude : Chacun des Principes intermédiaires ayant, comme nous l’avons vu, un double aspect, transporte (comme par réflexion ou réfraction selon sa Nature) vers chacun des Principes extrêmes les caractères qu’il a empruntés à l’autre* tout en y ajoutant les siens pro pres.
Ainsi le Principe 2, dans son union avec le 1, lui apporte, selon sa manière propre, les caractères de 4, et inversement. De même, le Principe 3 se présente vers 1 modifié par les caractères de 4, et vers 4 modi fié par ceux de 1. C’est ce croisement des extrêmes dans les moyens qui produit une première synthèse.
Pour la combinaison 2-1 nous dirons donc que le Principe 2 dont l’essence est de répéter l’Unité va la puiser dans le Principe 4, où il ne la trouve qu’à l’état d'individualité, et que, la reproduisant sans cesse, il en fait YIndéJini, qui élève le fini vers l’Infini, la Multi plicité vers l’Unité; il élève le mortel à l’immortalité.
Cet indéfini aura du reste le caractère propre au Principe 2 ; la juxtaposition de ses éléments, qui fait la discontinuité, qui approche pour ainsi dire par bonds successifs de l’Unité. Digitized by Google
l ’in it ia t io n Dans le monde de l’Abstraction, ce sera la réalisation de la série des Nombres entiers; la Quantité, le Temps comme puissance indéfinie qui survit à tout.
Dans le monde animique, l’aspiration de l’individu vers l’infini, du relatif vers l’absolu ; le désir porté au delà du monde phénoménal, vers l’inconnu, vers le mystère ; la réflexion de l’âme sur soi-même dans la méditation; par suite, le dégoût de la vie finie et de ses limites asservissantes ; la mélancolie.
D’autre part, ce sera encore la tendance à la mesure qui, jointe à la tendance continuelle vers le futur, donne la prévoyance, la prudence, la réserve. Dans l’entendement, cette combinaison produira la tendance à la spiritualité, à la généralisation, à l’in duction par analogie, aux sciences abstraites et mysté rieuses.
Dans le monde des formes et des phénomènes, c’est le Nombre entier, la forme anguleuse, brisée; la dis tinction des êtres individuels dominée par l’esprit de leur unité ; la synthèse des éléments par groupement sans fusion, la dissociation (opposée à l’état radiant que donne la combinaison 1-2). Tous ces caractères sont ceux que les anciens attri buaient au dieu Saturne, fils du Ciel, Dieu du Temps comme immortel.
Pour les Chaldéens, Nindar ou Ninêb ; les Phéni ciens Il ou El. En Cabbale, l’ange Cassiel. Combinaison 3-i ($). Le Principe 3, de qui l’essence est de partager, de diviser, transporte dans l'Unité la multiplicité qui est Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2l3 de l'essence de 4. Il considère l’Unité dans ses éléments pour les énumérer ; comme il a été dit, il l’analyse, la fractionne, la développe, la complique sans fin. Cette combinaison sera donc encore un indéfini, mais inverse du précédent ; l’indéfini décroissant ten dant à la multiplicité, sa limite : ce sera l’énumération indéfinie des éléments infiniment petits de l’Unité, c’est-à-dire la Continuité.
Dans le monde abstrait: l’indéfini continu et décroîs-* sant ; la Qualité fournie par l’énumération et la com paraison des éléments constitutifs, la réalisation de la Forme, l'Espace sensible.
Dans le monde animique, l’aspiration de l’individu fini vers l’Unité, par la considération de la multipli cité de son être, par la modification ou la variation de ses éléments constitutifs, les changements de sa forme ; par conséquent par la mobilité intérieure et extérieure, la vie et ses conséquences : sensibilité, dé sir, tendance à varier les formes par combinaison, ou génération, et dans son acception la plus élevée, la Sainteté ou Amour spirituel produisant la transfor mation psychique.
Dans l’intellectualité, ces propriétés correspondent au goût des sciences de la forme et analytiques, soit géométriques, soit d’observation et de combinaisons ; l’esprit de classification, de rapprochement, de déduc tions.
Dans le monde des formes et des phénomènes, c’est le nombre fractionnaire et la série indéfinie, la courbe, la mobilité de l’être individuel, la force vitale, l'affi nité chimique, la mobilité physique ou fusibilité, la Digitized by Google
a 14 l/lNlTIATKWI tendance à l’absorption des antres umiUé^e» soi: est vue de combinaisons nouvelles. Tous ces caractères se retrouveront chez la déesse Vénus des anciens» mais la Véaussiïpémmæî, Uranie, fille de F Harmonie et de Jupkex, celle: que Jes astro logues nomment Diurne (i). La Vénus Cahar ou la Grande des Arabes.
Astarté des Phéniciens, productrice de la rosée fécondante^ Chez les Cbaldéens» Isktar< En cabbale, l'ange AnatL Passant aux combinaisons de ces mêmes Principes intermédiaires avec le Principe absolu inférieur, nous trouvons d’abord. Combinaison 2-4 nocturne)* Le Principe 2 apportant l’Unité dans la multiplicité du Principe 4.
Cette combinaison représente le grou pement des êtres individuels en une unité ; ou, dans chaque être individuel, le groupement des éléments qui le constituent. Elle préside dans chacun de ces groupements à ce qui fait son unité, c’est-à-dire qu’elle le caractérise par ses principes intérieurs.
Quand elle juxtapose les individus, comme chacun d’eux conserve ce caractère qu’elle lui donne en même 1 (1) Les anciens, au jeu de dé, nommaient coup]de Vénus celui où tous les nombres se présentaient différents, image de la va riété, de la multiplicité. Digitized by Google
215 LES GÉNIES PLANÉTAIRES temps, cette juxtaposition les oppose, produit des con* trastes. Le groupement dû à cette combinaison qui conserve ainsi les distinctions des éléments groupés est donc une synchrèse plutôt qu’une synthèse, une mosaïque plutôt qu’une peinture.
Dans le monde des Principes, 2-4 représente la spé cification d’où naissent les contrastes, puis /’associa tion qui, à cause de ce contraste, ne peut se maintenir que par la contrainte, due au principe unitaire, et par conséquent, encore la relation obligée, la loi posi tive.
Dans le monde animique, elle donne l’esprit d’indi vidualité (ou défense du caractère propre), d’indépen dance ; la résistance à toute contrainte, qui engendre l’irascibilité; par ce même esprit, elle produit encore la subjectivité de l’être, l’égoïsme, l’orgueil, l’ambi tion, la rigueur envers les autres, la volonté domina trice qui peut aller jusqu’au despotisme.
Dans le monde des formes, c’est la loi individuelle, la force concentrante (cohésion) conservatrice des types et des germes individuels; la résistance qui réagit contre la force destructive ; par sa répétition, les vibrations qui remplissent le inonde ; par l’accu mulation, les explosions, les cataclysmes (correspon dant à l’irascibilité morale) ; par conséquent la discon tinuité symétrique du rhythme, la régularisation des formes et des mutations nées dans l’intérieur du Prin cipe 4.
Ces caractères se trouvent symbolisés dans le Nep tune grec, frère de Jupiter (l’Ether), de Junon (l’Air), de Pluton (la Terre), le dieu de l’eau, fougueux dans Digitized by Google
2 I Ô ^ i n i t i a t i o n ses passions, dompteur de chevaux, à qui Ton offrait le fiel des victimes (tempérament bilieux comme nous le verrons), l'élément Eau ; non plus l’Eau comme principe, mais l’eau terrestre (i), l’eau prise dans son ensemble, comme en révolte contre la Terre, puissante par sa masse, tour à tour calme ou furieuse, majes tueuse toujours, insoumise, envahissante, faisant l’unité par le ravage, non par l’harmonie ; pleine de contrastes, en révolte perpétuelle contre ses limites.
Les astrologues représentent cette combinaison par Jupiter nocturne (ou reflet inférieur de Jupiter) (2). Combinaison 3-4 (c? nocturne).
De même que le Principe 3 diversifiait le Principe 1 parce qu’il empruntait de 4, de même il apporte en 4 ce qu’il a puisé en 1 : l’esprit dTJnité, l’harmonie par le classement qui conserve la multiplicité, le groupement par analogies (au lieu de celui par contrastes de 2-4) qui fait l’Unité sans détruire ni contraindre la multi plicité.
A l’inverse de la précédente, celle-ci puise dans chaque être ce qu'il a de commun avec ses voisins pour les rapprocher sans les opposer, les solidariser, les souder, les dissoudre. Dans l’individu cette combinaison harmonise les qualités, brise les contrastes de caractères, arrondit les angles, assouplit, discipline.
1 (1) Ou 2* forme de cet élément comme on le verra plus loin, l’Eau-principe étant la première. (2) Le nocturne d’une puissance peut être considéré comme son retrait sur elle-même, l’individualisation de l’Energie qu’à l’état de diurne elle reçoit de l’Universel; le négatif du diurne* Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 1 7 Sa propriété dominante est la fusion, qui relâche les concentrations extrêmes du Principe 4, qui soude ses extrêmes variétés, qui dissout la glace comme le sable, ainsi que le peut faire une eau surchauffée.
Dans le monde des Principes, c'est l'union par dé vouement réciproque, la solidarité (opposée à la spé cification et à l’association de 2-4), mais tournée vers le principe matériel, vers la réalisation : Pactivité au service de l'ordre dans l’ensemble.
Dans le monde animique, c’est la Vertu (au sens de Virtus), l’activité réalisatrice qui détruit les con trastes et les désordres matériels ; le dévouement ma tériel de l’altruisme, la force protectrice, le sentiment de chevalerie ; l’esprit de discipline aussi, de soumis sion à une direction supérieure en vue d’une action commune, la force au service de la loi.
Le Principe 3 s’y fait spécialement sentir par la viva cité, l’audace, l’ardeur militaire auxquelles se joint le goût de la variété, de l’éclat en même temps que de l’harmonie, d’oû encore le penchant vers le principe féminin, faible et gracieux. Le principe 4 s’accuse par la résistance à la fatigue, la patience, et aussi l’obsti nation dans la consigne acceptée.
L’intellectualité n’est pas très développée par cette combinaison qui incline aux réalisations actives plus qu’à la réflexion. Dans le monde phénoménal, c’est la Force expan sive, rayonnante que nous avons vue dans la combi naison 3-i, mais appliquée maintenant au chaos pour en détruire les résistances ; la Force qui ordonne la masse, qui modifie en vue de l’harmonie, qui donne Digitized by Google
2l8 l/lNlTIATIOH la forme courbe pour assouplir l’indépendance à la loi supérieure, qui fusionne, dissout, modifie sans dé truire ni déprimer. C’est encore une forme de l’élément Eau, non comme Principe, ni comme ensemble des eaux, mais comme l’eau dissolvante des résistances de concentration; l’eau terrestre comme élément physico-chimique (i).
On reconnaîtra les caractères précédents dans Y Her cule des Anciens (Ousous, Melchartus des Phéniciens, l’Ozochor égyptien qui délivre les Hespérides, etc.), fils de Jupiter et d’une fille de la Terre, qui ouvre le détroit pour unir les mers, destructeur des êtres sau vages et chaotiques, précurseur des colons et du com merce fusionnant ; l’amant d’Omphale, d’Iole et de Déjanire.
Les astrologues le représentent par Mars nocturne, ou le reflet inférieur de Mars. * * Ces développements peuvent faire entendre plus complètement les deux premières combinaisons sur lesquelles il n’est pas inutile de revenir un instant pour éclairer celles du Principe inférieur qui nous restent A étudier : La combinaison 1-2 (?) est l’analogue supérieur de 2-1, c’est la descente du Créateur vers la créature, pendant simultané de l’élévation de là créature vers le créateur (2).
1 (1) La 3e forme de l’élément Eau. (2) Comme on le verra plus loin, c’est le Jeu-air en face de l'air-feu. Digitized byGoogle
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 i g De même la combinaison i-3 (ç?) est l’analogue su périeur et symétrique de 3-i (9 ), l’Ange du châti ment, le Purificateur de la vie diversifiée par la Mort, en face du renouvellement delà Vie en aspiration vers l’Unité pure à travers les transformations et les géné rations multiples (i).
Les mêmes analogies vont se retrouver dans l’exa men des deux dernières combinaisons du Principe 4 avec les intermédiaires 2 et 3. Combinaison 4-2 (£ nocturne)* C’est l’inverse de 2-4 ; la multiplicité s’élève vers l’Unité, vers la Force concentrante, créatrice d’indivi dualités.
Ici la multiplicité cherche à s’organiser en se soumettant à la règle et à la contrainte ; elle plie le chaos désordonné de ses combinaisons au principe d’autorité et d’întellectualité. C’est la loi réalisée (reflet dernier de 1-2, qui était la création de la loi, par 2-1 qui en est l’exécution). Dans le monde des principes, c’est l’Ordre cosmique, principe d’Unité dans la multiplicité atomique, maté rielle.
Dans le monde animique, la Puissance cosmique qui ordonne le chaos par la force régularisée, au nom de la Volonté supérieure. Chez l’homme en particulier, c’est l’assentiment de la Volonté aux lois naturelles de la matière, c’est-à-dire 1 (1) Le Feu-eau en face de VAir-terrestre. Digitized by Google
2 2 0 LINITIATION la capacité spéciale à la science pratique et au génie civil.
Le Principe 2 lui donne son intellectualité, sa sub tilité ingénieuse qui ira jusqu’à la ruse , son amour de la règle, sa précision, sa volonté aussi et quelque chose de son irritabilité ou de son orgueil ; mais le principe 4, qui domine, calmera ses violences par la patience et les lenteurs de la réalisation, tout en four nissant par la multiplicité un aliment à l’activité de son vouloir; la tyrannie de 2 s’exerce alors sur les choses par la fatalité des lois naturelles reconnues.
C’est l’inventeur, le praticien en tous arts indus triels (ingénieur, navigateur, commerçant). Dans le monde phénoménal, c’est le Principe de l’Espèce, la spécification qui caractérise l’ordre des êtres en reliant l’individu à l’ensemble par un type fixe indicateur de son rang. (Pluton, Minos qui classentdans les enfers).
Il est facile de reconnaître ici le Dieu Mercure, mais dans ce qu’il a de pratique, de réalisateur ; le fils de Jupiter et de Maïa qui tue Argus (la multiplicité des atômes) et enchaîne Prométhée (ou le Principe 2 qui a fait descendre le feu céleste). Isis ne fait rien sans Mercure, dont elle porte souvent le caducée. (Dupuis* vol. vi, p. 3o8).
Mais ce n’est pas Hermès Trismégiste (Mercure diurne que nous trouverons plus loin), c’est Mercure nocturne. Combinaison 4-3 ( 9 nocturne). . La combinaison 4-3, inverse de 3-4 (et reflet inférieur de i-3, comme 4-2 l’était de 2-1, symé trique de 4-2), c’est la multiplicité qui s'élève vers Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 2 1 l’unité, non plus par la contrainte de la loi, mais par l’harmonie synthétique; non par l'association forcée, mais par la fusion concordante. Ici l’extrême fini, chaotique, s’empare de la Force pour réaliser la Forme, qui est sa première étape vers l’Unité, Dans le monde des Principes, c’est la Plasticité, à la fois souple et inerte.
Dans le monde animique, c’est le caractère sensuel, passionnel, voluptueux, mais doux, patient, obstiné même, et cependant facilement suggestible (tant par l’inertie du principe 4 que par la mobilité du prin cipe 3). L’intellectualité est faible; les suggestions viennent du désir sensuel. C’est le bon compagnon; ce peut-être la fille de joie inconsciente.
Dans le monde des phénomènes, c’est la substance heureuse d’offrir et de soumettre son inertie aux çaprices variés de la Force pour les traduire en êtres individuels; c’est l’esprit de génération, la Nature passive et complaisante.
On reconnaît ici la Venus genitrix, la Vénus sen suelle, non plus Vénus Uranie, fille de l’harmonie, mais Vénus aphrodité, néede l’écume des flots, sœur de Neptune, la Terre qui émerge, « humide encore des larmes de sa mère » ; L’Ange Anael comme Prince de lumière astrale, l’élément plastique universel. Pour l’astrologie, c’est Vénus inférieure ou nocturne. ¥ ¥ Nous voici en possession d’un cycle complet de comDigitized by C j O O Q l e
l’initiation binaisons par lesquelles les deux principes extrêmes se sont rapprochés comme dans un double courant ascendant et descendant, ou positif et négatif, de droite et de gauche. Le principe 4 s’est élevé vers 1 soit par 2 (combinaisons 4-2 et 2-1), soit par 3 (combinaisons 4-3 et 3-i); c’est-à-dire ou en se soumettant à la loi na turelle en tant que volonté supérieure, ou en la réali sant par sa plasticité dans la variété des formes.
De son côté, le Principe 1 s'est abaissé vers 4, soit par 2 (combinaisons 1-2 et 2-4), soit par 3 (combi naisons i-3 et 3-4); autrement dit, l’Activité créatrice à imposé à la multiplicité la rigueur de la loi, en même temps que par le châtiment et l’esprit de sacri fice ou de discipline elle en corrigeait les généra tions informes.
C’est à ces combinaisons circulaires qu’Aristôte bornait ses Principes, donnant un corps au panthéisme matérialiste qui enferme l’Univers^lans le courant des générations et des décompositions éternelles. C’est une analyse incomplète de la création; on voit bien qu’il reste des combinaisons directes à étudier, entre les quatres Principes primordiaux: combinai sons entre les extrêmes après celle des Principes voisins.
Le double cycle de ces dernières a produit un mélange, un croisement, mais non pas encore ce rapprochement direct et indéfini en dehors duquel nous n’avons rencontré que l’Equilibre, mobile ou non, la Mort! Le rapprochement, la combinaison réelle, nous ne le trouverons que dans un troisième ordre d’alliances, Digitized by Google
LES GÉN»*» PLANÉTAIRES a«lj un troisième mouvement qui sera, pour chaque prin- <ÿpe,comme la résultante des deux autres (i). Les combinaisons j-a et i-3 ont pour résultante l ’Vj-' Celles 2-1 et 2-4 ont pour résultante 2-3, Celles 3-i et 3-4 ont pour résultante 3-2, Celles 4-2 et 4-3 ont pour résultante4-j. Examinons-les comme nous avons fait des précé dentes.
Notons d’abord que leurs caractères vont être lin peu plus larges que ceux des combinaisons pré cédentes, puisqu’elles présentent quatre éléments va riables au lieu de deux ; il y aura plus de latitude dans leurs variations, plus de nuances possibles, une défini tion un peu moins précise ou du moins plus difficile; plus de mobilité aussi, ce qui est, en effet, une condi tion nécessaire pour qu’elles donnent naissance à une deuxième onde progressiste d’après les mêmes lois que les Principes primitifs.
Commençons par les combinaisons des intermé diaires ou analogues, plus faciles à saisir que celles des extrêmes, contraires. Combinaison 2-3 (ÿ). Cette combinaison, étant regardée comme la résul tante de celles par lesquelles le principe 2 rassemble les extrêmes 1 et 4 (ou de 2-1 et 2-4), nous montre l'union même de ces extrêmes au sein de l’inter- 1 (1) C’est ainsi que se complète, comme on le verra plus loin la Triplicité de chaque Principe. Digitized by Google
l’initiation 224 médiaire positif, union qui a pour résultat d ’orienter ce dernier vers son analogue, l’intermédiaire négatif 3. Autrement dit, nous y voyons le Principe créateur 1 et la substance 4 s’ajoutant à la loi 2 pour l’accom plissement intellectuel de la création dont les formes se rassemblent en 3.
Ou encore, en traduisant cette combinaison par la ■simple lecture des caractères reconnus précédemment : Le retour du fini à l’indéfini par l’exaltation de l’in dividu (2-1), le nombre, s’ajoutant à la loi (2-4Ï pour s’orienter vers le mouvement des formes multiples 3.
C’est donc la recherche de la Loi dans la multipli cité des transformations naturelles, la Science, qui par cette découverte intellectuelle (opérée dans le Prin cipe 2), s’élève jusqu’à l’indéfini, jusqu’à l’Eternel, et rejoint le sentiment 3 tourmenté des mêmes aspira tions. C’est l’une des deux faces de la Sagesse ou Science religieuse, la face intellectuelle.
Dans le monde des Principes, c’est la quantité (la mesure discontinue abstraite, indéfinie), jointe à la Lo/, et tournée vers la Qualité, la Forme en mouve ment, pour y faire apercevoir l’harmonie : C’est da Science créatrice, productrice d’idées (efëoç, image de l’Absolu), « l’intelligence divine dans sa condition dynamique (1) ».
Dans le monde animique, c’est le désir de l’infini, de la solution du mystère ; la tendance à la mesure, à la prévoyance, le goût des sciences abstraites joint (1) Définition de l’Ange Raphaël dans Je Perfect W ay. f
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 2 5 d’unè part à la volonté, à la rigueur des principes, et à l’indépendance personnelle ; d’autre part (par l’orien- * tation vers 3), au mouvement, à la variété, à la forme. .C’estl’expression intellectuelle des rapports: l’en seignement, l’éloquence ; et aussi le sentiment de ces rapports : l’ingéniosité, la vivacité et la netteté des impressions ; d’où le raisonnement critique, la logi que, la direction du sentiment par l’intelligence, et la piété raisonnée, ou philosophie.
Dans le monde naturel, ce sera la synthèse des par ties élémentaires (2-1 ) jointe à la force concentrante ou réaction contre la destruction (2-4) s’appliquant au mouvement par la Force, 3 ; autrement dit, la ré gularisation de la forme et du mouvement ; l’orga nisation du Cosmos la distribution de la Loi dans le Monde, la Vie intellectuelle (1).
On peut reconnaître à ces caractères le Dieu Mer cure des anciens, « messager de Dieu, qui nous révèle la paternelle volonté et nous communique la connaissance en développant en nous l’intuition (2).» (Saint-Yves). C’est Mercure en tant qu’Hermès Trismégiste confondu souvent avec Bacchus (Dyonisios) qui annonce Apollon, duquel il est le messager (3). En Chaldée, Nebo.
1 (1) A l’appui des observations précédentes, notons que cette combinaison offre déjà un premier ordre de variétés selon que 2-4 ou 2-1 domine pour produire la résultante 2-3, ce qui l’incline vers le haut ou le bas, la Théorie ou la Pratique, etc. (2) Voir les excellents articles de Sédir dans Y Initiation d’août et suivants (pp. 119 et autres). (3) Sédir, Initiation d’août (pp. 119 et 121). 8 Digitized by Google
226 l’initiation L’Ange Raphaël, guérisseur qui protège et enseigne la piété de Tobie. Combinaison 3-2 (C). C’est l’analogue symétrique de la combinaison 2-3.
Comme résultante de celles au moyen desquelles le Principe 3 rassemble les extrêmes i et 4 (e’est-àdire de 3-i et de 3-4), c’est l’union même de ces ex trêmes au sein de l’intermédiaire négatif 3, union qui a pour résultat d’orienter ce dernier vers son an*» logue, l’intermédiaire positif 2.
A cause de Topposi» tion de leurs natures analogues, 3 se tourne vers 2 pour l’aspirer, tandis que 2 se tournait vers 3 pour pénétrer en lui et lui infuser l’ordre, la règle. Ici donc, c’est par le Principe 2 (autant que par 3-i) que le Principe 3 reçoit l’Unité créatrice 1 pour la répan dre en 4.
En traduisant ces mouvements par les caractères précédemment reconnus : nous voyons en cette com binaison le Principe créateur et la substance s’ajou tant à la Force pour l’accomplissement réel de la Loi dans la Forme.
Ou encore l’Information (3-i) et l’activité ordon natrice (3-4) tournés vers la loi supérieure 2 pour achever la perfection du Cosmos ; la réception de la Loi dans la multiplicité des transformations natu relles, la Foi qui par le sentiment s’élève jusqu’à l’Eternel en atteignant directement l’intellectualité. C’est la seconde face de la Sagesse, ou Science re-* jigieuse, celle sentimentale.
Dans le monde des Principes, c’est la Qualité, traLES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 2 7 duite par la Forme, qui s’ajoute à la Plasticité pour l’accomplissement du Nombre ; YImagination repro ductrice d’images (eîSoç, reflet de l’Absolu), de reflets, l’Intelligence divine dans sa condition réceptrice.
Dans le monde animique, c’est le désir de posses sion, d’incorporation de l'infini, la tendance vers le beau, jointe d’une part à l’esprit de variété, de chan gement, de transformation, d’autre part (à cause du Principe 2) à la rigueur des principes, la con trainte de la loi* Dans son sens le plus élevé, c’est la dévotion, la religiosité. C’est l’âme sentimentale dont (2-3) Raphaël est l’esprit.
Dans l’intellectualité, c'est l’intuition, l’imagma- ■ tion, la mémoire, Ja facilité d’&^imilation ou science réceptrice,‘puis la pôésie, entendue dans son sens le plus large, la rêverie, la fantaisie.
Âüssi active en productions de désirs que la combinaison précé dente (2-3) l’eft en production d’idées, mais aussi indolente ipou-r réaliser par elle-même qu’empressée de recevoir ; dévouée dans ses aspirations comme à oes reproductions, mais toujours anxieuse d’en en gendrer de nouvelles ; c’est la mère féconde, active, dévouée, désintéressée dans son amour, mouvemen tée, agitée, mais puissante, la reproduction et la multiplication. •Dans le monde phénoménal, c’est la faculté de transformation intérieure, la mobilité interne (l’affi nité chimique, la fusibilité) ; la force de dissolution et de coordination, la Vie naturelle, symétrique de la Vie intellectuelle., Qn reconnaîtra à ces caractères la déesse Isis, la Lune
228 l'initiation (Maïa, comme reproductrice ; Minerve, Diane ou Ma rie dans sa forme supérieure de Sagesse et de réligiosité, la Vierge et la mère) la déesse des enfante ments, faisant fonction de satellite entre le Père et l'enfant; la déesse de l'Inspiration, de la Beauté et de la Poésie. En Chaldée, Anunit. L'Ange Gabriel le messager de l’Annonciation. C’est l’individuation des énergies que 1-2 rayonne ; le Nocturne du Soleil.
Nous arrivons maintenant aux deux combinaisons extrêmes, celles qui sont comme le but vers lequel tendent toutes les autres. Combinaison 4-1 (ï> nocturne).
C’est la résultante des deux premiers efforts du Principe inférieur 4 vers le supérieur, 1, de la sub stance vers l'essence ; l’esprit, la tête des réalisations inférieures : La loi réalisée (4-2) s’ajoutant à la plasticité (4-3) en vue d’une première synthèse spirituelle ; La substance informée et ordonnée s’élevant vers l’essence ; couronnement du premier cycle d’évolu tion du Néant vers l'Etre et, par suite, celui de chaque cycle semblable ; La synthèse de Y évolution.
Dans le monde des Principes, c’est celui de l’Unité matérielle, ou l'ordre cosmique s'ajoutant à la PlastiDigitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 2g cité formelle en vue de la réalisation de Y Etre par la synthèse des réalisations intellectuelles et sensibles ; combinaison entièrement pratique comme les éléments qui la composent.
Dans le monde animique, elle représente la Puis sance ordonnatrice complétant la Passion suggestible, pour s’élever vers l’Unité essentielle, la soumission de la passion sensible à la règle pratique dans le but de réaliser un être général dans le monde des indivi dualités ; autrement dit, la Sagesse pratique.
Cette combinaison est la marquedes chefs spirituels de toutes associations terrestres : économiques ou politiques; hommes positifs, exécutifs, (par l’élément 4-2), rigoureux (à cause du Principe 2), passionnés, cependant ; sensuels même peut-être (par l’élément 4-3), mais philanthropes ; sujets à varier ( à cause du Principe 3), mais non dans leur but qu’ils pour suivent avec persévérance ; laborieux, non sans quelque lourdeur (à causedu Principe 4).
Prévoyants, enthousiastes, idéalistes en même temps que réalisa teurs, raisonneurs, apôtres d’une éloquence pratique, simple, quelquefois embarrassée, cherchant à con vaincre autant qu’à contraindre ; quand ils ne réus sissent pas, ils sont assez disposés à se faire justiciers de leur propre autorité, ou tout au moins révolution naires (1).
Cette disposition, la distance des deux Principes opposés qu’ils rassemblent en eux, sans pouvoir en prévenir toujours les antagonismes, la lenteur du (i) Ex. : l’anarchiste Vaillant d’après sa naissance. Digitized by Google
2 3 o L INITIATION principe substantiel qui les domine et dont ils sentent l’infériorité, contribuent également à les porter à la tristesse, à la mélancolie ou tout au moins à la sévé rité.
Dans le monde phénoménal, cette combinaison représente le Principe de fixité des espèces dans la multiplicité des individus, Principe dont les darwinistes n’ont pu démontrer l’impuissance contre les forces d’hérédité et de sélection auxquelles il paraît imposer des bornes immuables.
Tous ces caractères se trouvent rassemblés dans le symbole du dieu Saturne, non pas tel que nous l’avons vu précédemment dans l’élan mystique ou religieux vers l’infini, mais en tant quexilé sur la terre, arrachant les peuples à la barbarie primitive pour leur procurer, par la sagesse de son régne, cet âge d'or dont le souvenir ne s’est jamais effacé.
Pour les astrologues, c’est le reflet du Saturne supérieur, ou Saturne nocturne ; en cabale, Je rôle . inférieur de l’Ange Cassiel.
Combinaison 1-4 (^°). v Enfin la combinaison 1-4* dont la précédente est Je symétrique inférieur, nous montre le Principe d’unké . suprême s’abaissant vers la multiplicité absolue par la synthèse des deux premiers efforts qu’elle a faits à sa rencontre (1, 2 et iy3), L’Essence vient au-devant de la substance pour l’unifier; c’est donc la substance des premières combinaisons essentielles, leur première réalisation : Une synthèse d’Involution. C’est le Principe d’Unité multiplié à la fois par la
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 23r réflexion- (1-2) qui donnera le Nombre et par la réfrac tion (i-3) qui donnera la Forme, se rassemblant, après ces premiers rayonnements, en un Foyer secon daire refleFdïr principal, d’où doit émaner toute la création. C’est le Démiurge.
Dans le monde des Principes: la Puissance qui donne le mouvement de la Vie par le nombre et le temps (r-2) et la Mort rénovatrice des Formes (i-3) ; le Père qui anime, dirige et châtie : Providence et Destin.
Dans le monde animîque, c’est l’Ame universelle du monde multiple ; la volonté créatrice de l’action et la conscience, créatrice du remords, ou inspiratrice du bien ; la règle divine pratique, l’esprit du culte religieux ; c’est encore le libre arbitre qui donne le' mérite avec la responsabilité ; en somme, l’essence même de l’Ame.
Cette combinaison est la marque du caractère reli gieux, d’une religion formelle, consciencieux, volon taire, franc, vif, joyeux, actif et généreux; au physique, etle signale le bon magnétiseur. Dans le monde phénoménal, cette combinaison re présente la Force vitale, qui implique la triplicité cyclique de la naissance, de la croissance et de la mort; c’est l’élément feu sous toutes ses formes : chimique,. électrique ou de magnétisme vital.
Les caractères précédents se trouvent rassemblés dans le symbole du Dieu Jupiter,tils du Temps et de la T erre, père de la Lumière (Dies-Piter ou DivesPîfer), père unique des dieux, des hommes et de la Substance ; source de toute vie, DieudeTEther (Indra),
2 32 l ’i n i t i a t i o n armé de la foudre, du feu vengeur : Jéhovah qui se montre dans le buisson ardent, Dieu vengeur et con ducteur des peuples. Chez les Chaldéens, Meridug (Mardochée). En Cabbale, Y Ange Zachariel. Pour l’Astrologue. Jupiter supérieur ou Diurne.
Ainsi qu’on l’a remarqué déjà, ce troisième ordre de combinaisons fournit un quaternaire nouveau do ît les termes sont plus rapprochés que ceux du qua ternaire primitif parce qu’ils constituent chacun une synthèse.
Il faut remarquer en effet que ces quatre termes ont tous un caractère d’activité qui les distingue des autres combinaisons : Activité de commandement et de direction morale en Zachariel (1-4) ; de direction réalisatrice et d’apos tolat en Cassiel (4-1) ; tous deux pour la création d’ensembles, de synthèses ; Activité intellectuelle en Raphaël (2-3) ; mentale, imaginative en Gabriel (3-2) ; tous deux pour la pré paration des synthèses par la réunion des éléments du Vrai et du Beau.
Ces quatre principes synthétiques actifs , une fois établis, vont à leur tour se combiner entre eux comme l’ont fait les premiers et d’après les mêmes lois pour créer un second cycle de principes ana logues aux précédents, et ainsi, de cycle en cycle, l’op position primordiale, si pénible, ira se résolvant de plus en plus en s’approchant indéfiniment de la syn thèse finale, de la Béatitude. Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 233 Mais nous n’avons pas encore tout entière la loi de ce grand mouvement cyclique ; il nous reste à voir comment les Principes que nous venons de recon naître réalisent un Univers au travers duquel la Monade individuelle pourra suivre le torrent de révolution et remonter à l’unité suprême, but de ses ardents désirs.
C’est ce que nous allons apprendre par l’étude des mouvements qui se font à l’intérieur de chaque onde évolutive, par la combinaison de ses douze Principes maintenantconnus. DEUXIÈME PARTIE ÉLÉMENTS ET PLANÈTES Avec la génération des quatre premiers principes et des douze puissances analysés dans le chapitre pré cédent, nous avons assisté au premier temps de la Création universelle.
Elle se complète par la forma tion d’individus matériels sur lesquels s’exercent ces Puissances, et par les Lois du Mouvement vital ; c’est par celui-ci que les créatures effectuent avec leur évo lution la synthèse harmonieuse des deux principes premiers opposés : l’Être et le Néant.
Il nous reste donc à voir comment s’accomplit la créa tion des individualités, quelles sont les lois de leur mouvement progressif, et quels êtres peuplent le monde, pour accomplir ce mouvement. Ce sera l’obDigitized by Google
1234 JL* INITIATION jet d’autant de chapitres; ceLui-ci s’occupera de la création des Éléments et des Choses. ♦ * Dans l’exposé précédent, nous avons admis, d’après l’observation du reste, l’existence d’un double principe ou de deux pôles tendant à se réunir. Il faut remonter un peu plus loin encore pour assister à la polarisation même.
Autant que nous pouvons nous la représenter, nous en aurons une idée matérialisée pour ainsi dire en in versant la définition que Pythagore et, d’après lui* Pascal, nous donnent du Créateur : un point mathéma tique se mouvant avec une vitesse infinie dans l’espace infinie; la polarisation divine serait l’arrêt infinitési mal de ce mouvement en chaque point de l’espace, la différentielle dont cet espace est l’intégrale ( i ).
C’est le Néant qui s’est emparé de l’Être en le dispersant à l’infini ; Typhon qui a déchiré le corps d’Osiris, qu’Isis rassemblera. Dans le dogme chrétien, c’est la naissance antérieure à tous les siècles, du Fils par qui tout doit être informé (voir le Credo). Le Saint-Esprit les unit, et par lui le Fils retourne au Père en lui ramenant les créatures individuelles.
Dès lors, l’Univers renferme à l’état de réalisation ses deux principes opposés, directement inconciliables, d’Unité complète et d’extrême division. Le premier, produit de la pénétration du Néant, est cette matière primitive que Crookes admet sous le nom dejorotyle, (i) Voir l’Acte de création dans Y Initiation de septembre 1890. Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 3 5 etrque lé P. Leray nous explique bien plus nettement. Elle se compose d'iine infinité d'atomes extrêmement petits dont chacun est une force, une monade à sphère d’action infiniment limitée et mobile, omniprésentedans cette sphère parce qu’elle s’y meut comme l’Ac tivité suprême dans l’Espace, avec une vitesse infinie.
Chacun de ces atomes se déplace avec une vitesse ex trême, en un sens quelconque, sans loi, sans orbe dé finie, se heurtant à tous les autres. C’est la substancechaotique inerte, affolée pour ainsi dire par l’activité du Principe essentiel dont elle s’est emparée, absolu ment incapable de le diriger et de l’utiliser.
Crookes nous dit encore quren un second temps, ce chaos (ou protyle) s’est animé d’une certaine énergie calorifique- alternée avec une tendance inverse à la condensation, ce qui, réglant ses mouvements incohé rents^ a fait naître les corps simples de notre chimie. Le P.
Leray éclaircit encore cette assertion en mon trant, avec l’appui des démonstrations mathématiques la formation successive, sous l’influence de monades de puissance croissante, d’atomes plus considérables que les premiers et, par l’effet seul de leur présence, la naissance de l’élasticité de l’éther, puis celle des corps chimiques et, enfin, l’apparition de l’électricité et des vibrations calorifiques et lumineuses.
Or, dans ces forces qui engendrent les alternatives de dilatation et de concentration du protyle, ou dans les monades ou atomes éthérés et chimiques du P. Le ray, nous pouvons reconnaître deux Eléments des an ciens, représentant l’action de nos deux Principes pre miers extrêmes : .le Feu et la Terre. Digitized by Google
l ’in it ia t io n Nous avons dit plus haut comment ces Principes avaient besoin pour produire une progression, c’està-dire un équilibre dynamique instable, de deux autres principes intermédiaires qui, par leurs combinaisons, engendrent douze énergies que nous avons analysées.
Or Crookes, après Mendeleef et ses disciples, nous montre précisément la génération des corps simples accomplis par une série de rythmes de quatre temps chacun, alternativement expansifs et condensants, et chacun de ces temps est subdivisé en trois périodes de même genre (i).
Cette concordance se trouve confirmée par les théo ries chimiques les plus récentes, appuyées d’expé riences et même de découvertes à priori qui leur donnent une autorité tout à fait scientifique* Les deux Eléments intermédiaires entre le Feu et la Terre sont l’Air et Y Eau, qui représentent nos 2 et 3 principes premiers, mais, cependant, en se parta geant entre eux, comme nous allons le voir, par une sorte de croisement conforme au caractère mixte de ces principes.
Examinons en effet comment ces éléments se caraotérisent d’après les Principes et leurs combinaisons.
En se référant à l’analyse qui en a été faite plus haut, et qui s’aperçoit immédiatement à l’inspection de la figure 2, on sera frappé tout de suite de cette remarque que les trois combinaisons fournies par le icr Principe sont toutes diurnes, c’est-à-dire de caractère positif, 1 (1) Voir la Chimie synthétique qui établit la concordance des éléments et des périodes de naissances des corps simples d’après Crookes (Initiation d’octobre 1892). Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES Ï S * ] actif, tandis que les trois qui se rapportent au ^P rin cipe sont toutes nocturnes (i). Quant aux 2®et 3ePrin cipes, ils se composent chacun de deux puissances diurnes et d’une nocturne, avec cette remarque, toute fois, que la Puissance 3-2 (la c ) est en réalité le noc turne delà Puissance 1-2 (le ©).
On observe aussi que toutes les Puissances noc turnes ou négatives sont au-dessous du diamètre horizontal de la figure, tandis que toutes les diurnes ou positives sont au-dessus ou à la hauteur du même diamètre.
C’est-à-dire que, si l’on excepte les deux Puissances extrêmes et opposées, 1-4 et 4-1, les [7 combinaisons principales du mode diurne sont fournies par les trois premiers Principes, tandis que les nocturnes sont celles où entre le 4e Principe. Le mouvement qui pour rapprocher les deux Principes premiers, antago nistes, engendre les intermédiaires, est donc partagé nettement en deux phases inverses.
L’une qui com prend les 7 puissances diurnes est la descente de l’Ac tif vers le Passif, du Feu vers la Terre, elle aboutit à la C? inverse ou nocture du l’autre, qui renferme tous les modes nocturnes, s'élève au contraire de la Terre vers le Feu, et aboutit de même à la C. Celleci est à la fois la conclusion de la première phase et le couronnement de la seconde.
L’élément Feu est donc constitué uniquement de Puissances diurnes ; [l'élément Terre de Puissances 1 (1) Les Puissances nocturnes sont mises entre parenthèses sur la figure, et seront, par la suite, toujours signalées de la même manière. Digitized by Google
2 $ 8 l ’in it ia t io n nocturnes. Celui qui se rapproche le-plus du Feu, l’élément Air, comprendra trois diurnes [savoir : 2-1 = ï), 2-3 == £ et (3-i) = (9)]; celui qui se rapK proche de la Terre, ou Y Eau, renfermera, au contraire, trois Puissances nocturnes [savoir: (3-2) =■ <Q; (2-4) = T?, et (3-4) = (c?)], la C étant nocturne du Soleil.
On voit, comme il a été annoncé tout à l’heure, com ment les éléments se croisent dans les Principes inteiv médiaires : le Principe 2 qui abaisse le Feu vers la Terre comprend deux parties de l’élément Ain contre une de l’élément Eau ; tandis que le Principe 3 qui élève la Terre vers le Fe,u renferme deux parties de l’élément Eau contre une de l’élément Air.
Insistons encore sur ces observations pour bien préciser les rapports réciproques des Principes, des Puissances et des Eléments : la connaissance exacte en est nécessaire à l’intelligence des chapitres sui vants : Constitution des Eléments Les quatre éléments, qui sont les manifestations dans la Matière (ou substance infusée de l’Essence) des quatre Principes essentiels, se partagent chacun en trois genres correspondant à trois Principes (comme l’enseignait Platon), et chacun de ces genres est re présenté par une Puissance différente. ( 1.2 = @ (l’air du feu) = F1. Le Feu est composé de : s i *3 = c? (l’eau du feu )= F*. ( 1.4 = ^ (la terre du ,feu) = FL
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 239 L'Éau, correspondant terrestre du fet* Ou sort nocturne comprend : L’Air est composé de : 2.1 = h (le feu de l’air = Af). 3 . 4 = Q (la terre de l’air — A1). 2.3 = <£" (l’eau de l’air±= A-'. La Terre,correspondant ( (4 -2) = ($f) (l’air de la terre = T4), inférieur de l’air,ou son 1 (4* 3 ) = ( Q ) (l’eau de la terre= T15), nocturne comprend : ( (4.1) = ( § ) (le feudelaterre=Tf).
Réciproquement les Puissances participent des Eléments qu’elles ont constitués, et se caractérisent par eux en même temps que par les Principes dont elles dérivent, de la manière suivante : L’Ange Michael, le Soleil, == 1-2 née des 2 premiers Principes est de Feu* L’Ange Gabriel, la Lune, 3-2 née des deux seconds Principes est d'Eau. Ces deux Puissances ont en commun le 2e Principe.
A elles deux elles renferment la Trinité des Principes supérieurs en y joignant les deux extrêmes par le dédoublement du moyen, L’Ange Cassiel, Saturne, — 2-1 et (4-1) renferme toujours le icr Principe, mais au 2e rang, en y ajoutant les deux principes inférieurs, 2 (s’il est diurne) et 4 (s’il est nocturne). Il occupe donc un rang supé rieur dans le monde inférieur. Il est d'Air et de Terre. Diurne, il est l’inverse du Soleil ; nocturne il est l’inverse de Jupiter. Digitized byGoogle
l’initiation 240 L’Ange Zacharie, Jupiter, = 1-4 et (2-4) comprend toujours le 4e Principe, mais au 2e rang, en y ajoutant les deux Principes supérieurs, 1 (s’il est diurne), 2 s’il est nocturne. 11 descend du monde supérieur vers l’inférieur. Il est de Feu et d'Eau. Diurne, il est l’inverse de Saturne ; nocturne, l’in verse de Mercure.
L’Ange Samael, Mars, = i-3 et (3-4) renferme toujours le Principe 3, ou intermédiaire inférieur, et en'2 rangs différents ; il y ajoute les deux extrêmes : 1 s’il est diurne, 4 s’il est nocturne. Il des cend du monde supérieur bien plus bas que Jupiter. Il est de Feu et d'Eau comme ce dernier, mais avec une proportion d’Eau bien plus forte, comme on le remarque.
Nous allons le voir toujours inverse de Vénus L’Ange Anael, Vénus, ■= 3-i et (4-3) contient toujours le Principe 3, intermédiaire infé rieur, et en deux rangs inverses entre eux, en même temps que symétriques de ceux qu’il occupe dans Mars, constitué des mêmes Principes. Il remonte des fonds terrestres vers le Feu. Il est de Terre et d’Air. Il est exactement l’inverse symétrique de Mars.
Sa mael diurne est l’inverse d’Anael diurne, et Samael nocturne, l’inverse d’Anael nocturne. Raphaël, Mercure, — 2-3 et (4-2) renferme toujours le 2e Principe, ou intermédiaire,
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 24I supérieur, soit au premier, soit au second rang ; il y ajoute le 3e Principe s’il est diurne, et le 4e s’il est nocturne. S’il est diurne, le Principe supérieurdomine en lui l’inférieur; c’est le contraire s’il est nocturne; il est alors à ce point de vue de même constitution que les Puissances féminines Lune et Vénus chez qui l’inférieur est toujours dominant.
On s’explique par ce caractère pourquoi les astrologues disent que Mer cure est neutre, entre les Puissances masculines et féminines; il est l’intermédiaire entre les deux mondes supérieur et inférieur. Il est d'Air et de Terre, comme Jupiter et comme Vénus. Diurne il est réciproque de la Lune ; nocturne, il est inverse de (Jupiter). Nous pouvons aborder maintenant l’étude de la Genèse individuelle.
Création des individualités La création des individualités s’effectue par une suite de combinaisons des Eléments et des Puissances que nous venops de définir. Cette suite est dominée par une loi, qu’on peut nommer la loi sérielle, et qui va en faciliter grandement l’étude. Elle consiste à partager la succession des combinaisons en rythmes tellement semblables que la connaissance détaillée de l’un deux donne la règle du mouvement tout en tier. C’est une forme de la loi suprême d’analogie énoncée dans la table d’Hermès. Digitiz Dy LjOO Qle
* 4 2 l ’initiation Considérons d’abord les Eléments. Les m athéma tiques nous apprennent que les permutations qui four nissent tous les ordres possibles de leur succession sont au nombre de i X 2 X 3?4 = *4 » *olt 6 pour chaque série astreinte à commencer toujours par le même élément, telle par exemple que f 9 a, e, t.
Mais, grâce à la loi d’analogie, nous pouvons nous borner à l’étude de l’un de ces 4 ordres de permuta tions, car, si nous nous figurons une série rythmique telle, par exemple, que : f a, e, t — / , a, e, t —f 9 a ,e , i, — etc., nous voyons que^ nous pouvons aussi bien la partager différem ment sans en altérer l’ordre, par exemple en la lisant comme : a, e, t9f — a, e, t , f \ etc. Ou comme e, t, f , a — e, t , f , a, etc. Et ainsi de suite.
La qualité de chaque temps en sera modifié, mais non Vordre sériel des éléments; c!est ainsi qu’en musique il suffit de connaître la gamme naturelle pour apprécier toutes celles qui en dérivent en débutant successivement par chacune de ses sept notes. Notre étude ainsi limitée ne comprendra plus que 6 ordres possibles de séries : nous allons les étudier dans celle qui commence par le Feu; j \ a, e, t.
Ses permutations sont les suivantes ; (i#) / , t, a, e. (3°) f , , t (5» (2°) / , t, e, a. (4 °) / , e, t, a (6°)/, a, , e. Les théories cosmogoniques modernes de la science positive, celles de Crookes et du P. Leray, que nous Digitized byGoogle
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 4 Î avons rappelées plus haut, nous signalent immédia tement rtine de ces permutations, comme expression du mouvement élémentaire d'où sont nés les corps simples.
Nous les avons vus, en effet, engendrés par une suite périodique de réchauffements et de refroi dissements du protyle, et l’étude détaillée de leur ap parition montre qu’elle s’est produite en une suite de cycles dont chacun a vu naître successivement de l’élément Feu, les corps de Terre, ceux d’Air, ceux d’Eau, puis ceux de Feu du cycle suivant, et ainsi de suite (i).
La série / , l, a, e (qui porte ci-dessus le n° i) est donc celle qui du chaos primitif a fait sortir les pre mières individualités. Elle consiste dans le rappro chement des éléments les plus extrêmes, c’est-à-dire qu’elle représente exactement des grandes vibrations que Crookès nous montre s’éteignant petit à petit et donnant naissance à des corps de plus en plus con densés.
Elle représente la loi mécanique la plus géné rale, celle de l’action et de la réaction.
Le feu agit d’abord sur son opposé la Terre, et, par une première réaction partielle, se trouvant en partie neutralisé par elle, se relève jusqu’à son état secondaire, l’Air: à son tour l’Air, agissant sur le 2° Elément'moyen, l’Eau, qui est son opposé analogue, est par réaction restitué à l’état de Feu; un premier rythme est ac compli, un second va commencer dans le même ordre, mais avec une énergie moindre, puis un troi sième, et une série d’autres jusqu’à la création du (i) Voir ces détails dans la Chimie synthétique. Digitized by Google
l’initiation 2 44 corps simple le plus dense, où le Feu est le plus éteint par la Terre. On assiste là, pour ainsi dire, aux der nières palpitations de l’Essence saisie par la substance, de l’incarnation de l’Esprit dans la Matière : mainte nant il va l’animer, la modifier dans ses formes, mais les unités principales en sont fixées (i).
Les corps créés vont réagir les uns sur les autres d’après l’Elément auquel leur naissance les rattache, et selon la même loi de vibration ; mais les contrastes sont moins violents, les énergies enveloppées sont moins vives ; ce n’est donc plus entre les extrêmes oppositions, mais par oppositions moyennes, que les réactions vont se produire.
Telles seront du moins les actions dominantes, car, au début surtout, il se fait encore quelques oscillations violentes entre les corps simples, d’où naissent les combinaisons binai res les plus fortes et les plus actives (acides puis sants, SO3, HCl, etc. ).
C’est ce qui ressort encore des théories de Crookes : la formation des combi naisons binaires et des sels inorganiques succède à celle des corps simples par l’opposition des corps de feu et d’eau, d’air et de terre.
Cette création cor respond à la série f , e, ay t, car les composés les plus stables au point de vue tant chimique que phy sique, persistant les premiers dans le chaos créateur, on voit par la minéralogie qu’ils se sont succédé à peu près dans cet ordre : Silicates et phosphates d’alu mine notamment (corps intermédiaires entre ceux (i) Elles ne peuvent être modifiées que par un effort de créa tion véritable ; c’est celui qu’enseigne l’Alchimie, et encore ne s’applique-t-il qu’à des formes voisines» Digitized byGoogle
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 4 5 de Feu et d’Eau), sulfates, sulfures, puis chlorures et iodures métalliques (corps d’air et de Terre), de chaux, de soude et de potasse (correspondant à l’eau et à l’air des métaux), sels marins dissous dans les mers; cette période est dans l’évolution terrestre celle de la formation de l’eau et de l’air succédant à la période ignée.
Ensuite est venue la période terrestre, avec l'appa rition du règne organique; elle correspond à des réac tions à oppositions moins violentes encore que; les précédentes ; ce sont celles qui se succèdent dans l’or dre hiérarchique des éléments, feu, air, eau, terre (f\ a, e, t) (n° 5).
Tel paraît en effet l’ordre des créa tions organiques : les carbures d’hydrogène (si abon dants à la période carbonifère, qui est comme le cou ronnement des débuts organiques), l’eau et les composés oxhydriques (alcools, éthers, acides) et enfin les alcaloïdes qui, en se concentrant de plus en plus, donnent les produits organiques les plus appropriés à la vie animale (alcools polyatomiques, fibrine, etc.), c’est-à-dire les produits terrestres.
De nouveaux temps sont venus alors qui dans des périodes analogues vont ^élaborer, chez les êtres vi vants surtout, les corps complexes issus des primitifs. Il nous reste trois genres de combinaisons des élé ments à considérer, ceux désignés plus haut (nos 2, 4 • et 6). On en apprécie aisément le caractère en les lisant comme suit : (N° 2) t, e, a, f — terre, eau, air, feu, — terre, eau, etc. Digitized by Google
246 l ’in it ia t io n (N° 4) a ,/ , e. t — air, feu, eau, terre.——airy feu, etc. (N° 6) t, e; f a, — terre, eau, féu, air, — terre, eau, etc. Ce sont celles qu’Aristote considérait seules (sur tout les deux dernières),et il y voulait trouver les com binaisons donnant lagénération des corps individuels; nous avons vu que la chimie nous la montre ailleurs, tandis qu’elle ne nous offre pas d’exemples de ces séries.
Mais il est facile de voir qu’elles correspondent aux phénomènes physiques. Les deux premières repré sentent : (n° 4) un refroidissement accéléré (à cause de la lacune entre e et /), suivi d’un réchauffement brusque (à cause de la lacune entre t et a) — et le n° 2 un réchauffement progressif avec refroidissement brusque et violent à la fin (lacune entre f et t).
Nous trouvons des exemples de successions pa reilles dans les cataclysmes primitifs delà géologie; le n° 4 en représente les éruptions volcaniques qui vaporisaient les mers en bouleversant leurs fonds ; le n° 2, au contraire, les périodes glaciaires succédant brusquement aux efflorescences tropicales qui par un progrès gradué semblaient faire de laterre un paradis.
Ces séries ont l’une et l’autre le caractère d’opposi tions violentes que nous avons trouvé dans les deux premières combinaisons créatrices.
Au contraire la der nière (n° 6) se rapproche mieux de celles organiques; elle nous offre en effet une suite de réchauffements lents avec un seul refroidissement accéléré (la latune a, t) dont nous trouvons un exemple remarquable dans la succession fécondante des saisons : nous verDigitized by L j o o o l e
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 4 7 rons en effet plus loin combien cette analogie se con firme. En résumé les éléments peuvent donc affecter deux ordres de séries bien distinctes. Les unes chimiques ou créatrices. Les autres physiques ou transformatrices.
Et dans chaque ordre nous distinguons encore d’après la violence des oppositions, ce que nous pour rons appeler : Une série génératrice à oppositions maxima (n08 i et 2 :/, / — a, e, e t / t — e, a). Une série de combinaisons multiplicatrices, ou à appositions moyennes (nos 3 et 4: — / e — u, /, e t / e — t, a). Une série progressive, sans oppositions (n08 5 et 6: fy <*> e, t — f , <*> t, e). Le tableau suivant les fait mieux apparaître.
SÉRIES Chimiques ou1 créatrices..,. . .. Physiques ou' transformatrices I 1 y w Cj w flu 0 H 5 -3 H j O S 5/J U► w«ewos O ce, f, c — -t 1 f, e — t, a 1 f, a, e, t f, a, t, c * * L’Évolution : (le Zodiaque) Laissons, sans nous arrêter à la décrire* la création, au milieu de la masse cosmique (par un processus Digitized by U,ooole
l ' in it ia t io n 248 analogue à celui des atomes, des corps simples et de leurs composés), de ces centres d'attractions qui cons tituent les nébuleuses, les soleils, les planètes, les satel lites ; arrivons immédiatement à la description de notre vie terrestre, considérée dans ses rapports avec le système solaire dont elle dépend.
Nous allons retrouver dans la vie planétaire la divi sion quaternaire subdivisée par la Trinité comme nous l'avons vue dans la création des corps, des élé ments et des Puissances. C est-à-dire que tous les détails de cette vie cosmique vont nous offrir encore la Trinité, le quaternaire, le septénaire, le duodénaire, et leur distribution va s'expliquer par les déve loppements précédents.
L'année, cycle vital principal, qui marque le rythme de la vie planétaire, est partagée par le mouvement solaire en 4 saisons, en correspondance, comme nous le verrons, avec les Eléments. Comme eux, chaque saison est triple, partagée en 3 mois, de sorte qu'il y en a 12 dans l'année; ils correspondent aux 12 Puissances diurnes et nocturnes.
A leur tour, les mois sont partagés en 4 semaines, mais leur division est réglée par la Lune au lieu de l'être par le soleil ; nous parlerons tout à l'heure de la subdivision delà semaine, en correspondance avec les 7 génies planétaires.
Le jour (d'un passage à l’autre au méridien) est partagé par le mouvement solaire en 4 parties, qu'il sera facile encore de rapporter aux éléments; chacune est de 6 heures, de sorte qu'il y a deux fois 12 heures v régies chacune par l’une des 7 Puissances. Digitized byGoogle
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 4 9 Dans cette série de divisions analogues, celle du mois demande cependant une remarque toute parti culière.
Nous avons dit qu’il correspond à la révolu tion lunaire, dont les phases mesurent ses semaines, mais, au lieu que la semaine soit partagée en 3 parties, elle est forcément rattachée au mouvement solaire par le jour qui en devient l’unité, et l’on sait qu’il y a 7 de ces jours qui seront dominés chacun par l’une de nos 7 Puissances (1).
Mais cette subdivision du mois n’est pas complètement exacte, car une révolu tion de la lune ne comprend que 27 jours et tiers (pour la révolution sidérale) ou 29 jours et demi (pour la révolution synodique), de sorte que la moyenne même est de 28 jours et demi. L’écart est très sensible dans le cours d’une année seulement.
Aussi les anciens ont-ils adopté en même temps une autre division du mois, celle ternaire, qui comprend 10 jours solaires ; c’est la division par décatis ; on voit quelle n’est pas exacte non plus, mais elle a sa raison d’être (2).
La division par semaines, ou quaternaire à subdi vision septénaire, correspond à la révolution sidé rale de la Lune de 27 jours et un tiers ; La division ternaire, à subdivision dénaire, corres pond à la révolution synodique, de 29 jours et demi.
L’une pêche par excès, l’autre pêche par défaut, mais cette irrégularité correspond encore à l’évolution vitale, en ce qu’elle distingue une période remar quable dans la série des années dont nous n’avons 1 2 (1) Les Puissances marquent donc bien partout les subdivi sions des 4 Principes premiers. (2) Elle avait été reprise dans le calendrier républicain. Digitized by Google
2.5o l 'initiattott pas eu à parler et que nous laisserons1 cte- côté ici, comme formant un sujet trop vaste*. Cette période est celle qui ramène1 la concordance du point de départ des phases solaires et lunaires ; c’est le moindre des cycles d’années ; il est de 18 arrs et r i fours ;• les chaidéens le nommaient Sàros.
Il engendre à son tour le cycle de 597 ans, qui fait disparaître presque entière ment la différence de rr jours (r), et celui-cf en en gendre d’autres à son tour. Mais revenons à notre sujet principal'. De toutes les divisions signalées tout à ITreure, nous ne nous attacherons ici qu’à celle de l’année, pour y étudier la distribution des énergies, qui constitue le zodiaque (2).
La clarté d’exposition de ce sujet demande que l’on fasse précéder l’étude des divisions quaternaires de celle de leurs subdivisions qui servent à les caracté riser. Et pour comprendre la distribution de ces sub divisions elles-mêmes, nous avons encore à étudier d’abord les caractères des séries de Puissances comme nous avons étudié précédemment leç séries d’Eléments.
Les permutations possibles entre les 7 Puissances sont fort nombreuses (il y en a 1 X 2 X 3 X 4 X 5 X 6 X 7 = 5.040), mais il est aisé d’en recon naître immédiatement quelques-unes qui rappellent (1) La disparition complète est à 597 ans et quart & peu près. "(2) Nom qui est dérivé de ÇüjSiov (petit animal) parce que chaque division est symbolisée par un animal qui représente une certaine phase vitale. Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 25 I les caractères reconnus parmi les séries d’éléments. On remarquera en effet un ordre hiérarchique, un ordre générateur et un ordre évolutif. i° L’ordre hiérarchique est celui que fournit la des cription faite au début de cette étude de la naissante de ces Puissances par l’attraction mutuelle des Prin cipes opposés.
En passant du Principe le plus actif au plus inerte, cet ordre est le suivant : 1-2 — i-3, 1-4, 2-1 — 2-3, 3-i — 3-2. © - cf, r, $ - 9,. ç - c Il passe de j à 3 par 2. On peut le considérer aussi bien en sens inverse, ou ascendant (1).
20 L’ordre générateur est celui qui, par analogie avec celui des éléments, procède comme toute géné ration par le rapprochement temporaire des con traires; qui par conséquent intercale dans le pré cédent l’extrême opposé de chaque Puissance; en voici la série : 1-2 = § e t 3-2 i-3 == c? et 2-3 1-4 = Tff et 2-4 *-4= ^ ( 1 ) On remarquera comment cet ordre correspond à l’ordre astronomique réel, en le partageant, comme ci-dessus, en deux groupes ; celui des planètes masculinesétant regardé de la Lune, (qui représente iei la Terre), c’est-à-dire du point de vue fémi nin, comprend dans leur ordre d’éloignement nos planètes su périeures ; le 2« groupe comprend tes planètes inférieures, féminines, -mais vues du soleil,, au du point de vue = C (2 avec 1 et 3) = ^ (3 avec 1 et 2) = 9 (4 avec 1 2) Digitized byC >gle
252 l ’in it ia t io n On voit que les masculins et les féminins alternent ; Saturne ennemi du féminin, reste isolé et ramène le Soleil pour commencer la série suivante. 3° Enfin l’ordre évolutifest une combinaison ou un intermédiaire entre les deux précédents, en ce qu’au lieu de l’alternance précédente, il donne la succession de tout l’ensemble des puissances masculines par tout l’ensemble des féminines ou inversement.
La succession du féminin au masculin indique un mouvement de descente ; elle exige donc, pour être homogène, que l’ordre hiérarchique dans chaque en semble, soit descendant.ce qui donne Y Ordre régres sif. 1-2 — 2-i, 1-4, i-3 — 3-i, 2-3, 3-2. ©, - ï>, r, a, - 9, c.
Au contraire, pour la succession du masculin au féminin qui marque une ascension, l’ordre hiérar chique dans chaque ensemble sera assendant; F Ordre progressif sera donc : 3-2 — 2-3, 3-i — i-3, 1-4, 2-1 — 1-2. C. — 9» - dS r , ï>, - ©• Les anciens avaient rassemblé ces combinaisons en un magnifique pantacle, dit l’Etoile d’Or à 7 pointes, dont nous n’avons à signaler que les propriétés qui nous occupent (voir fig. 4).
L’ordre hiérarchique y est donné, savoir : L’ascendant en suivant les pointes sur le cercle, d’abord à partir du soleil, à droite où sont les pla nètes masculines, ensuite à partir de la C à gauche Digitized byGoogle
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 253 où sont les féminines : mais en rejetant la (Q à la fin. Le descendant en opérant en sens inverse et substi tuant la lune au soleil ; ce qui revient à faire le tour du cercle à partir de la lune en allant vers le soleil. L’ordre progressif se lit en suivant le cercle de ï) à £ par le haut, le © et la C étant rejetés aux extrémités et le © en tête.
L’ordre régressif se lit en sens inverse à partir de la © qui est en tête, le © étant rejeté à la fin. Enfin l’ordre générateur se voit par les diagonales au lieu d'être cherché sur la circonférence, en com mençant par © et suivant par la <Q.
Ce sont ces combinaisons qui, avec celles des élé ments, servent à caractériser les diverses phases du zodiaque ; nous allons voir en effet les saisons mar quées par l’ordre progressif et l’ordre générateur des éléments ; les mois, alternativement par les ordres progressif et régressif des Puissances ; les jours par leur ordre générateur (i).
Mais il faut nous rendre compte de la raison de cette distribution au lieu de l’indiquer à priori, et, comme il est nécessaire pour cela d’avoir présents à l’esprit les caractères que nous avons reconnus aux puissances par rapport aux éléments, on en donne ici un tableau synoptique auquel le lecteur voudra (i) Les semaines dépendent du cours de la lune comparé à celui du © .
Nous n’en parlerons pas, non plus que de la succession des années ; elles demanderaient une étude spé ciale. Digitized by Google
254 l ' i n i t i a t i o n bien se reporter pour ] Intelligence de ce qui va sui vre (i).
F A E T F 1-2 = © 1-3 = cT f« 1-4 = T/f ft A 2-1 H= ï) af 3-3 = £ a* 3--:9 a1 E 3-2 = c G' (3-4) = ( d ) e“ (2-4) = (# n ë‘ T <4-» = (ï>) < 4-2 > = (?) t« (4-3) = (9) V La Puissance qui domine chaque année opère pen dant son cours une suite de transformations qui repré sentent la série vitale : naissance, croissance, décrois sance et mort, faisant ainsi apparaître sur terre puis disparaître certains êtres (2), soumettant ceux qui subsistent comme à une suite de vies partielles, 1 (1) Pour exprimer ces caractères on a adopté la notation abrégée déjà indiquée plus haut où le caractère secondaire est placé en exposant par rapport au caractère principal. ^Mnfei*af, signifie le feu de l’air ; f-, l’air du feu, et ainsi des autres.
Les lettres capitales A, F, Et T indiquent les éléments dans leur ensemble. Les planètes nocturnes sont mises entre parenthèses. (2) Il est à remarquer que c’est le règne végétal surtout qui est soumis à la vie annuelle, ou qui, tout au moins, y -est le plus sensible, puisque Tannée marque presque toujours sa période de reproduction. Digitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 25* rhythmes de leur vie totale, afin que les uns et les autres concourent par leur évolution terrestre au pro grès de la spiritualisation universelle. L année présentera donc deux phases inverses : l’une d’énergie progressive, l’autre d’énergie régressive ; c’est assez indiquer quelle doit être la suite des mois.
En la commençant, avec la tradition occidentale, au début de l’hiver, si bien symbolisé par notre Noël qui correspond à la fois à la mort de la période précé dente et à la naissance de l’hiver, on doit trouver les six premiers mois gouvernés successivement par les Puissances prises dans l’ordre progressif, et les sui vants par les Puissances prises dans l’ordre régressif.
Tel est, en effet, leur distribution dans les mois de l’année, ou sur le zodiaque (voir la fig. 4e). 11 en résulte que chaque Puissance est répétée deux fois, mais en deux modes différents : l’un diurne ou majeur, l’autre nocturne ou mineur. Comment doit être faite cette distribution entre les deux modes ? De façon évidemment à rendre k vie aussi féconde que possible, à en reproduire toutes les énergies créatrices et transformatrices.
On conçoit que ce résultat sera obtenu si les puis sances sont distribuées selon l’élément auquel elles appartiennent principalement ou accessoirement, de façon à présenter à la fois l’ordre générateur, l’ordre multiplicateur et l’ordre progressif(ou physiologique) de ces éléments,car tous ces ordres sont nécessaires à la vie complète.
Or nous allons voir que, par l’effet d’une harmonie superbe, l’observation de la première de ces séries fournit les deux autres. Google
256 l ’in it ia t io n Il est clair d’abord que nous devons voir débuter l’année, alors que tout est endormi sous les frimas de l’hiver, par la puissance la plus inerte, la plus froide, la plus concentrée, celle de (ï>) nocturne (4-1), “l’inertiequi aspire à la vie, caractéristiquedela Terre.
D’après l’ordre générateurdeséléments, nous devons lui faire succéder l’Air, et d’après l’ordre progressif des planètes, T/f, mais, ce dernier n’appartenant pas à l’élément Air, nous sommes obligés pour satisfaire à cette double condition de prolonger le règne de la puissance saturnienne en l’élevant toutefois au mode diurne, plus vivant ; en effet Saturne diurne appar tient à l’Elément Air.
Alors seulement nous pourrons le faire suivre de ($,") qui, devant représenter l’Eau (d’après l’ordre générateur), sera nocturne. Le Feu se trouvera bien HIVER PRINTEMPS , ÉTÉ AUTOMNE Décembre j Janvier j Février j ------------ « Mars j Avril | S Juin j Juillet | Août Septembre j Y Octobre j ¥ I ; ( ï > ) T ï> A m E d F (9) T ? A (C) E © F ( ? ) T 9 A ( d ) E m F 'i représenté ensuite par Jupiter, qui, par conséquent, sera diurne.
Puis la même série d’éléments recommencera, représentée par la suite progressive et régressive des planètes, comme le lecteur pourra s’en assurer facileDigitized by Google
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2 5 7 ment à la lecture de l’ensemble, sans qu’il soit néces saire d’insister sur les détails : Examinons de plus près, en la comparant aux élé ments, ce que doit produire cette série ; à cet effet, remplaçons chaque puissance par sa formule en fonc tion des éléments, d’après le tableau donné quelques pages plus haut.
En écrivant les saisons les unes sous les autres, nous obtenons le tableau suivant : Hiver ; /f, af, eK Printemps : /«, ae. Eté : ef, / a, i\ Automne : a*, ea, J 1. En hiver la Terre domine (feu delà Terref Terre de l’eau), animée seulement d’un feu latent, le feu de l’air. Au printemps Y Eau domine plus clairement encore (eau du feu, eau de la terre, eau de l’air).
En été, c’est le Feu (feu d’eau, air de feu, à la fin la terre même est à l’état aériforme, ou de feu décadent). Enfin l’automne est caractérisé par Y Air (terre de l’air, air de l’eau, puis feu dans son état le plus abaissé terre du feu. L’ordre des saisons est donc celui t, e ,/, a ; c’est l’ordre progressif des éléments successivement ascen dant et descendant.
Si maintenant nous lisons nos Puissances, repré sentées encore par leurs formules élémentaires, sim plement dans leur suite horizontale : tf, af, ef —J* — /% a* e\Jk — afc, ea, f \ nous leur 9
l ' in it ia t io n voyons produire Tordre t, a, e, / des éléments ; c’est Tordre générateur. Si enfin nous lisons le tableau ci-dessus par des lignes verticales, nous trouvons Tordre £,/, e, a, qui est Tordre multiplicateur.
Nous voyons donc tous les genres de séries élémen taires représentées : Les mois qui, par les Puissances, marquent un pro grès croissant d’énergie suivi d’une décroissance pro gressive, donnent, par les éléments qui correspondent à ces Puissances, et pour les saisons, Tordre créateur (chimique) ; chaque saison a son produit : la nais sance du grain hors de ses enveloppes ; le germe, la fleur et le fruit ; au positif comme au figuré.
Les mois se correspondent d’une saison à l’autre dans Tordre multiplicateur, marquant ainsi une tran sition d’une phase à l’autre, de réchauffement ou de refroidissement, et leur succession est brusquée à la fin (de F à T), comme la Vie Test par la Mort.
Les saisons se suivent comme les planètes par cet ordre progressif qui impose à tout individu un pas sage temporaire sur cette terre, la vieillesse après la jeunesse, la mort après la naissance.
Après lui avoir demandé d’accomplir son rôle planétaire dans l’Universelle ascension vers l’Etre, la puissance suprême le restitue au monde des Forces et de la spiritualité d’où, il était un instant tiré en vue de sa réalisation, de sa création propre, selon la belle expression de Wronsky. Tel est le zodiaque que nous ont transmis les sages de l’Antiquité. A chacun des signes qui symbolisent ses douze Digitized byGoogle
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 25g phases ils ont fixé un élément et une puissance plané taire; nous venons de voir comment et pourquoi. C'est là l’origine des domiciles de planètes dans les diffé rentes maisons, et des caractères élémentaires des, si gnes. Il est inutile d’y insister, plus que sur la symé trie magnifique qui partage cette suite d’évolution Vitale soit en trigones, soit en quadrants dont les har monies sont bien connues du lecteur.
Nous avons dit aussi que nous ne nous occuperions pas des mois et de ses divisions; contentons-nous donc de signaler encore Yordre générateur des jours de la semaine (correspondant, comme on le verra aisément, à l’ordre multiplicateur des éléments), et arrivons aux quelques considérations qui nous restent à présenter. TROISIÈME PARTIE ONTOLOGIE — ANDROLOGIE.
Jusqu’ici nous avons étudié séparément ou les Puissances qui gouvernernt le monde, nées de la po larisation originelle, ou l’action créatrice et transfor matrice de ces Puissances dans l’Univers ; nous arri vons maintenant à l’examen des êtres qui le peuplent et en particulier de l’homme considéré surtout au point de vue eschatologique (de sa fin et de ses moyens). Avant d’entrer dans ce sujet, il est utile de jeter
2Ô0 l’initiation un coup d’oeil d’ensemble sur la Vie universelle. Elle constitue le moment intermédiaire du courant gigantesque qui relie pepétuellement les deux Pôles de l’Absolu ; la religion nous le dit : c’est par la vie que Dieu appelle à la plénitude de l’Etre les créatures qu’il a tirées du Néant (i).
Ce courant ne laisse point de place à Y abstraction, celle-ci n’est, comme l’antithèse dualistique, que dans l’esprithumain condamné à la division de l’espace et du temps. Nulle part dans l’Univers l’esprit n’est séparé delà matière, l’Etre du non-Etre; c’est leur union même qui est la cause prochaine de l’Univers, sa rai son d’être (2).
Il n’y a que des Etres dans la créa tion : toute Puissance est attachée à une réalité, et * 1 (1) C’est avec intention que l’on affirme ici la création du Néant. La nier, c’est témoigner d’une vue bien courte incapable de s’étendre aux horizons de l’infini ; c’est un de ces préjugés mondains qui forment le fonds de la philosophie voltairienne.
Elle confond l'information, ou harmonisation spirituelle du chaos, qui, supposant les choses, se passe dans le monde réel, avec la Création, dont le caractère est précisément le passage du Néant à l’Etre, la mise en mouvement d’un pôle de l’Ab solu vers l’autre (et l’Absolu est déjà la première hypostase de l’ineffable).
Le Père, qui est Un, crée le multiple dans le Néant par le sacrifice du Fils envoyé par lui (genitum non factum) pour s’y disséminer: dès ce moment le chaos existe; Ee Fils, alors (per quem omnia facta sunt)y informe ce mul tiple, et le Saint-Esprit le meut du Néant à l’Etre par la syn thèse d’Amour ; il dirige en avant (qui locutus est per prophe1tas). (2) Cette séparation de l’esprit et de la matière est la double illusion des deux écoles matérialiste et spiritualiste ; au lieu de rester dans la réalité de l’univers, elles se cantonnent cha cune à l’un de ces pôles, dans l’Absolu, la première répétant sans cesse : « Pas de Force sans matière », tandis que l’autre lui oppose toujours avec autant de raison l’axiome : « Pas de Matière sans Force ! » Elles fractionnent Dieu ! \ Digitized byGoogle
LES GÉNIES PLANÉTAIRES 2Ô l réciproquement. Seulement les proportions d’Etre et de Néant, en variant dans les créatures, les diffé rencient en une suite indéfinie qui est la trame de la Vie universelle. Les monades qui la parcourent en forment la chaîne. Tout être individuel est une synthèse de monades inférieures dominées par une supérieure qui assure leur union.
Il constitue une concentration de la Mul tiplicité en une Unité ; son but est d’identifier chacune des monades inférieures à la supérieure, et de faire ainsi monter de grade en grade jusqu’à l’Unité su prême la monade néantique, la créature tirée du Néant.
C’est par l’effet du désir que les monades infé rieures se synthétisent, se syndiquent ; quand elles y ont réussi, Tesprit d'Unité (le Saint-Esprit) qui les a rassemblées en bas, appelle d’en haut la nomadç immédiatement supérieure à elles qui les unifie, en un être nouveau (i). (i) Ainsi s’explique et se complète le Darwinisme, incapable d’interpréter parla seule force a tergo le passage d’une espèce à l’autre : L’évolution d’en bas fournit le corps, par la fatalité des forces physico-chimiques; le Saint-Esprit fournit l’âme, par le Désir, et appelle l’esprit individuel qui est la monade supérieure.
L’évolution darwinienne se fait dans l’espèce ; la création d’une espèce supérieure ne se fait que par un nouvel influx de l’Etre dans le Néant ; telle la mère qui vient au-devant de chaque pas nouveau de son enfant. C’est ainsi que l’homme a pu sortir du singe (en en différant complètement) ; la Na tion, de la Tribu ; l’Ange, de l’Homme, etc. Les espèces sont fixes et les individualités mobiles. (A su ivre.) h .-Ch. B a r le t. Digitized by Google
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE On sait que la métempsycose est la croyance qu’après sa mort l'homme va continuer à vivre dans le corps d ’un animal et comme animal. En certaines contrées de l’Orient, cette croyance est, dit-on, si enracinée que les naturels ne se croient pas le droit de tuer les animaux féroces par crainte de faire du mal à leurs parents défunts qui peuvent être devenus ces ani maux.
Nous autres Européens, nous trouvons que cette croyance est le comble de l’absurdité ; cependant, ab surde ou non, elle existe et a des conditions détermi nantes ; c’est un fait digne de considération et de réflexion au même titre que n’importe quel autre fait à propos duquel l’intellect humain daigne se livrer à des cogitations. Avoir six pieds et des ailes, n’est-ce pas posséder des facultés physiques supérieures à celles de l’homme?
Nombre d’insectes sont dans ce cas. Pour la rapidité de la course, l’homme ne peut lutter ni contre le cheval ni contre le chien ; pour la
MÉTEMPSYCOSE 2 6 3 force physique ni contre le bœuf ni contre l’éléphant* En parcourant la série animale, on pourrait ainsi éta blir toutes sortes d’infériorités physiques de l'homme à l’égard des animaux. Pourtant l’homme se croit et se sent supérieur en quelque chose à tous les animaux.
Ce qui le rend leur supérieur, c’est son intelligence, sa compréhension plus développée que la leur ; cette compréhension le rend apte à modifier son milieu pour l’approprier à ses besoins, ce que les animaux savent à peine faire dans d’étroites limites.
Seulement, l’homme ne sait pas pourquoi il pos sède cette supériorité* et* s’il examine sans parti pris, il est incapable de trouver en sa forme, en son corps, une raison déterminante du plus grand développe ment de l’intelligence en lui.
Les physiologistes ont bien constaté que proportionnellement à son corps le cerveau de l'homme est le plus considérable de tous les cerveaux du règne animal et ils ont considéré ce fait comme déterminatif de la supériorité intellec tuelle de l’humanité. Ils peuvent avoir raison.
Seulement ils n’ont pas fait attention à une conséquence logique de cette opi nion, c’est que si une espèce animale, cheval, chien, bœuf, âne, éléphant, tigre, lion, .renard, loup, etc.,, arrivait à posséder un cerveau proportionnellement aussi développé que celui de l’homme, cette espèce animale deviendrait l’égale de l’humanité en intelli gence et si ce cerveau venait à primer celui de l’homme çn développement, l’espèce animale deviendrait supé rieure à l’humanité. Digitized by Google
l ’in it ia t io n La supériorité de l’homme serait donc une simple question de développement d’organe. Pas d’effet sans cause; quelle que soit la cause de ce fait, on peut affirmer qu’elle est contenue dans l’ensemble des con ditions delà vie terrestre. Nousdevonsdonc admettre que la Terre est la planète sur laquelle l’organisme humain acquiert la priorité sur tous les autres orga nismes animaux.
Avec l’intelligence qu’il possède, l’homme a compris qu’il y avait d’autres mondes que le sien. Il ne sait rien sur ces mondes ou à peu près, mais il comprend qu’ils doivent exister et, par suite de la bonne opinion qu’il a de lui-même, il suppose que, dans ces autres mondes, l’être supérieur aux animaux est de même espèce que lui, est un homme aussi.
C’est là une supposition purement gratuite, car l’homme est incapable de trouver une seule raison légitimant la subordination dans laquelle se trouvent à son égard les autres espèces peuplant la terre con jointement avec lui. Le plus grand développement du cerveau humain déterminant la supériorité de l’homme est un fait ter restre ; mais ce fait existe-t-il aussi dans les autres pla nètes ?
Si la vie sur les autres planètes n’était pas ordonnée autrement que sur la Terre, il n’y aurait aucun motif pour que ces planètes se trouvassent dans des condi tions différentes de celles de l’astre que nous habi tons. Du fait de la différence de ces conditions, nous pouvons induire que la vie sur les autres planètes se manifeste autrement que sur la Terre, que les
METEMPSYCOSE 265 êtres n’y sont pas arrangés dans le même ordre. L’homme a le sentiment de la justice; s’il examine la vie des animaux à la lumière de ce sentiment, il est forcé de penser que la nature est profondément injuste, à leur égard.
Si nous admettons la doctrine de Karma procla mant que les conditions de chaque existence humaine sont déterminées par les existences antérieures, comme, cette doctrine est un aspect de la loi de causalité, celui par lequel on l’applique à la destinée humaine, il n’est pas nécessaire d’être un bien rigide logicien pour con clure que le sort des animaux est déterminé de la même façon, qu’ils subissent dans l’existence pré sente les conditions de leur conduite dans des exis tences antérieures, qu’ils expient, comme disent les religions.
Nous pouvons en effet remarquer que le sort des individualités animales n’est pas moins diversifié que celui des humains ; les uns sont heureux, ont de la chance, du bonheur, les autres n’ont en partage que la misère et les coups. Ce serait une criante injustice s’ils n’étaient pas responsables de cette destinée, si elle leur était infligée par les caprices d’un créateur quelconque.
D’un autre côté, pour peu que nous sachions nous dégager de l’illusion homocentrique, il nous est facile de constater que la Nature ne prend pas plus de soin de l’homme que des autres animaux ; qu’elle n’a au cune préférence pour lui ; qu’à ses yeux l’espèce humaine n’a pas plus d’importance que les espèces animales. Digitized by C j O O Q l e
l ’in it ia t io n Que pouvons-nous induire de ces considérations? D’abord que tous les êtres vivants sont égaux devant la Nature; ensuite que la Terre, ensemble de conditiens vitales, contient celles de ces conditions qtri déterminent la supériorité humaine, et enfin que, logiquement, il doit y avoir d’autres planètes conte* nant les conditions déterminant la supériorité des autres espèces animales.
La Nature est assez vaste pour contenir de telles planètes dans son sein, et la Justice demande leur existence.
Il n’est donc pas absurde de supposer, aux yeux de celui qui a su se dégager de l’erreur homocentrique,- que sur d’autres planètes l’être supérieur est une des espèces animales de notre terre ; que celle-ci est sim plement le lieu du monde où l’homme a la priorité; mais que cette priorité appartient ailleurs à ceux que le Bouddhisme appelle nos frères inférieurs. Ils sont nos frères inférieurs ici, mais nos frères supérieurs là-bas.
Là où ils sont nos supérieurs nous sommes leurs subordonnés par urt tour de la roue du destin.
Il y a du genre humain sur toutes les planètes de notre système solaire : sur chacune d’elles sa situa tion varie; il en est sur lesquelles il est ravalé au rang de bête de somme, et on trouverait peut-être là l'ex plication de la vie presque totalement animale de la plus grande partie des masses humaines;les hommes venant des planètes où ils étaient des bêtes de somme apportent sur terre l’accoutumance de leur condition passée et se résignent docilement au sort qui leur est imposé par les organisations sociales, acceptent la Digitized by Google
MÉTEMPSYCOSE 2 6 7 soumission à leurs pareils comme une chose toute naturelle. Il est d'autres planètes sur lesquelles les humains sont des bêtes fauves vivant dans les déserts et lut tant courageusement contre l'espèce animale qui s’y trouve dominatrice ; il en est d’autres où ils sont du gibier traqué sans pitié par l'animal qui y tient Pempire.
En sortant de la terre l’homme doit aller naturelle ment aux planètes pour le genre de vie desquelles il a développé des affinités pendant son existence ; les :gens dévoués, qui trouvent naturel de subordonner leur personnalité à celle d’autres individus qu’ils .acceptent pour maîtres, sont naturellement tous dis posés à jouer le rôle de chiens sur la planète où ce rôle jest le sort dévolu à l’humanité.
Ceux qui sont doués d’une indépendance farouche et ne veulent accepter « ni dieu ni maître » sont bons k faire des fauves quelque part. Inversement cette manière de voir nous donne la clef qu’aucune religion n’a trouvée du mystère de la vie animale.
La terre est le lieu où descendent les animaux en sortant de la planète où ils étaient doués de la supériorité, de ce que nous pourrions appeler les prérogatives humaines, pour y exercer à l’état d’ins tinct les facultés consciemment acquises sur la planète où ils sont intelligents.
La philosophie européenne n’est pas encore arrivée à concevoir nettement un fait capital, celui-ci: l’intel ligence est un mode d’activité consciente ayant pour but la formation des instincts; l’intelligence n’est pas. Digitized by Google
L INITIATION comme on le croit, d’une nature supérieure aux ins tincts ; elle est seulement la période de leur prépara tion ; les résultats de son activité sont d’abord syn thétisés en habitude ; ensuite les habitudes se syn thétisent en instincts, dans une existence postérieure.
Nous sommes tous d’accord que les animaux ne vivent guère qu’instinctivement : une fois qu’on est p^venu à la compréhension que l’intelligence a pour finalité de produire des instincts, on est forcé de con cevoir que les animaux, instinctifs ici, sont intelli gents ailleurs.
Là où ils sont intelligents, ils sont d’une espèce équivalente à notre humanité sur terre ; et comme ils nous sont subordonnés ici-bas, il est de stricte jus* tice que nous leur soyons subordonnés ailleurs.
La doctrine exposée ici est sous-jacente aux reli* gions et aux philosophies antiques de l’Orient ; elle seule explique rationnellement le désir suprême des Orientaux d’échapper à la roue des renaissances* Quelles raisons pourrait-on avoir de s’évader de cette roue si l’existence humaine était, comme certains penseurs l’ont imaginé, une manière d’être se dérou lant en une spirale qui nous emmène des bas-fonds de la matérialité dans les splendeurs delà spiritualité?
Nous n’aurions alors qu’à suivre le mouvement qui nous entraîne pour parvenir à l’accomplissement de notre destinée. Aucun effort ne serait utile de notre part, la spire nous emmènerait de régions en régions toujours supérieures aux précédentes. La conception populaire de la métempsycose par laquelle les Orientaux regardent les animaux comme Digitized by
MÉTEMPSYCOSE 269 l’incarnation de leurs parents défunts est un produit naturel de l’illusion homocentrique par laquelle on attribue toute importance à l’actuelle condition hu maine.
En fait de mondes, les peuples ne connaissent que la terre et sont incapables de supposer que ces déli cates fleurs de lumière qui se promènent la nuit par la voûte bleiie, les planètes, soient des globes énormes de matière sur lesquels la vie peut se dérouler large ment. Ayant appris sans le comprendre que les hommes devenaient des animaux, ils en ont conclu qu’ils devenaient les animaux terrestres, les seuls dont ils eussent connaissance.
La doctrine exposée ici éclaire encore d’un jour tout nouveau la prescription théosophique de vaincre en soi toute l’animalité, de la faire disparaître totale ment de sa nature pour parvenir à l’affranchissement, pour se soustraire à l’obligation de renaître encore et encore, et de plus la rend seule intelligible pour des Européens qui sont bien plus disposés à s’asurer des siècles et des siècles de vie humaine qu’à s’immerger dans la non-existence du Nirvana.
S’il n’y avait que des vies humaines à craindre, on ne verrait guère l’utilité d’arriver à s’affranchir des renaissances ; mais, ce qui est à craindre pour l’homme, ce sont les existences dans la condition ani male qu’il doit mener sur les autres planètes, où il ne trouve aucune condition pour parvenir à son affran chissement, la Terre, lieu de sa suprématie, étant le seul séjour dans lequel il puisse travailler à sa déli vrance, puisque, sur toutes les autres planètes, il est dépourvu d’intelligence consciente et ne fait pas autre Digitized byGoogle
l ’in it ia t io n 270 chose qu’exercer les instincts animaux dont sa vie consciente ici-bas a été la préparation.
Le Kama Rupa, le moi égoïste, le centre animal de rhomme, n’est pas un être mortel après chaque exis tence terrestre, contrairement à des affirmations théosophiques accommodées au goût du jour* à l’ignorance ambiante; il persiste à travers toutes les incarnations jusqu’à l’affranchissement définitif ; au lieu de se dis loquer et de se désintégrer dans la vague autant qu’imaginaire région du Kama Loka, des Limbes ou du Purgatoire, il continue bien à vivre, comme le disent les révélations des spirites, non pas d’une vie supérieure, non pas d’une vie progressante en intellectualité, en compréhension consciente, mais d’une vie instinctive, purement animale, de laquelle il peut jeter vers vous ses discours d’abstractions prudhommesques comme l’âne qui brait jette des sonorités aux oreilles d’alentour.
La grande malédiction de la condition humaine est l’obligation de vivre, après chaque existence terrestre, dans les conditions animales dont nous avons tous les jours l’exemple sous les yeux.
Deux voies [sont ouvertes devant nous : créer des animaux pour les autres planètes en préparant des ins tincts avec l’intelligence dont nous sommes pourvus, — refuser d’accomplir cette création en remontant, comme l’arraignée après son fil, à la source d’où des cend notre intelligence.
Par la vie égoïste, nous condensons de l’intelligence en matière, nous matérialisons l’esprit,fonction indis pensable à la nature ; en refusant la vie égoïste, nous Digitized byGoogle
MÉTEMPSYCOSE 27I remontons à l’esprit, nous nous évadons des geôles dans lesquelles la Nature impose aux êtres ses basses corvées. Mais il faut pourtant que ces basses corvées soient accomplies pour que le monde dure comme il est : d’où suit que l’affranchissement des renaissances est une forme transcendante de l’égoïsme* puisqu’un autre devra remplacer l’évadé. Ne concluez pas encore définitivement ; il y a beau coup de choses que nous pouvons apprendre et qui résoudront les contradictions au milieu desquelles notre intelligence se débat avec le douloureux senti ment de son impuissance, sentiment inconnu de ceux qui suivent la vie le nez dans l’ornière tracée par les pas des générations qui nous ont devancés sur la voie douloureuse. G uymiot. Digitized by
PARTIE LITTÉRAIRE Qui donc le pousse à matérialiser sa passion dans une étreinte momentanée et à chercher dans le temps et dans l’espace à assouvir sa soif d’infini ? Insensiblement, mon amour avait dépouillé sa pure spiritualité. Les tendres paroles ne me suffisaient plus, je rêvais au delà du sourire, et, quand je serrais Astra sur mon cœur, il me prenait des envies folles de m’anéantir en sa beauté, de ne plus former qu’un être avec elle. D’abord elle avait paru ne pas comprendre, mais, lorsqu’il lui fut impossible de douter, une mélancolie obscurcit son front charmant. Quelquefois ses yeux se tournaient vers moi comme involontairement, et il me semblait qu’elle me suppliait de ne point parler, de ne pas lui demander encore. Alors, dominant mes désirs, j’essayais de lui sourire comme naguère; mais, j’avais beau faire, ce n’était plus le même sourire, et Astra, qui devinait ma contrainte Digitized by
ÀSTRA 27 3 et ma souffrance, murmurait tout bas en effleurant mon front d’un chaste baiser : — Pauvre aimé ! Et cette parole et cette caresse étaient tout à la fois délicieuses et cruelles. J’étais devenu très triste. Cela s’était fait lentement, par transitions.
Nous ne courions plus rieurs à tra vers la campagne, mais, assis sous le couvert des bois, nous passions de longues heures à nous regarder, à suivre dans les cieux le vol des hirondelles ou à écouter autour de nous les mille bruits de la vie. Nous nous taisions : à quoi bon les mots, quand les yeux parlent ? Et que nous fussions-nous dit sinon pré cisément ce qu’il fallait nous taire ?
Ce fut un soir, nous venions de rentrer d’une de nos promenades, nous avions été plus silencieux et plus mornes que jamais. Astra se disposait à me quit ter, lorsque, nos regards s’étant croisés, elle vit sur mon visage se refléter la douleur que, depuis tant de jours, j’essayais vainement de refouler en mon cœur. Nous restâmes longtemps les yeux dans les yeux, comme perdus en un rêve d’amour infini.
Tout à coup, des larmes inondèrent les prunelles de la jeune fille, et elle dit tout bas, dans un souffle : — Oh ! si vous saviez tout ce que nous perdons ! Puis défaillante, abandonnée, elle s’abattit sur ma poitrine en murmurant : — Je t’aime..... Avec l’aube aurorale du jour, je m’étais émerveillé. Astra dormait encore, sa tête adorable, appuyée sur ma poitrine, laissait voir la carnation blanche de son Digitized by Google
l ’in it ia t io n 274 visage où un rayon de soleil mettait un reflet d’or. Autour d’elle bouillonnaient ses cheveux d’ébène, entre lesquels apparaissait, comme des boutons de roses, la pointe des seins. La batiste moulait, de sa demi-transparence, les formes exquises de la dor meuse, qui semblait la déesse de la nuit assoupie dans la blancheur des nuées.
Le sourire des rêves, heureux voltigeait sur la pourpre de ses lèvres, et la fatigue des nuits d’amour mettait une langueur au bistre de ses paupières closes. Ses bras s’arrondissaient comme pour l’étreinte, tout en elle appelait le baiser : on eût dit le sommeil du Désir. Comme un chat nonchalant qui s’étire après la sieste, elle ouvrit lentement l’écrin de ses grands yeux noirs.
Alors, me voyant penché au-dessus d’elle, elle, me fit un collier de ses bras, et, se soulevant jusqu’à mes lèvres, elle dit tout à coup, tragique en sa beauté ténébreuse : — Nous avons perdu en une nuit de plaisir toute une éternité d’idéales amours. Oh ! quelle impression mêlée de joie, de reconnais sance et de tristesse éveillèrent en moi ces paroles ! Désespérément, je serrai Astra sur mon cœur et la couvris de larmes et de baisers.
Alors la jeune fille prononça ces paroles, qui ne me frappèrent pas en cet instant, mais dont je devais me souvenir plus tard : — Aime bien ton Astra, car seul ton amour me fait vivre. Au lendemain de ce jour,qui fut le plus radieux de mon
ASTRA 2 J 5 existence, nous quittâmes Heidelberg pour toujours. Longtemps nous voyageâmes. Les paysages défi laient riants ou sévères, riches ou désolés, que nous importait ? N’avions-nous pas dans le cœur assez de soleil pour dorer toutes les perspectives ! Nous ne vivions plus sur la terre des hommes, mais en quelque vague et idéale contrée qui ne con servait de la réalité que juste ce qu’il fallait pour en* faire persister l'illusion.
Des mois s’écoulèrent. De même qu’il est impossible à l’oiseau de planer longtemps dans l’azur, de même l’homme ne peut se maintenir dans les régions sublimes de la pensée ou de l’amour. J’aimais toujours Astra, mais mon amour pour elle était devenu plus calme.
Lorsque je me souvenais de cette nuit d’insomnie, où j’avais eu l’impression d’objectiver mon idéal par la puissance de mon désir et de faire naître la réalité d’Astra de l’amour que m'avait inspiré son apparence, je ne pouvais m’empêcher de sourire, car je compre nais bien à cette heure, que la passion, quelque grande qu’elle soit, pe peut créer un être.
Du reste, si ces étranges souvenirs m’avaient pour suivi quelques tempes, le témoignage continu et irré cusable de mes sens n’avait pas tardé à me prouver que j’avais été le jouet d’une hallucination etqu’Astra ne différait en rien des autres femmes. .(A suivre.) Ivan Dietschine. Digitized byGoogle
276 l 'in it ia t io n G r o u p e I n d é p e n d a n t D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES La réouverture des conférences du Groupe au Quartier Général aura lieu le mercredi 20 mars, à la salle de .réunion du Groupe, 12, rue de TAncienne-Comédie, Paris.
ETUDE DU SPIRITISME GROUPE N° 4 Séance du 2 février 189S Bien que de courte durée,comme la précédente, cette séance n’en a pas moins été des plus intéressantes et des plus concluantes au point de vue de la co-existence avec la pauvre humanité terrestre d’Etres et d’intelligences qui, sans appartenir peut-être, comme le pensent les disciples d’Allan-Kardec, à la catégorie des âmes désincarnées, constituent des entités, des personnalités douées de volonté, d’action réfléchie et susceptibles de donner des preuves indubitables de leur présence effective.
Sans chercher, d’ailleurs, à ouvrir le débat et à engager une discussion qui, comme tant d’autres, pourrait demeu rer stérile, nous nous bornerons à exposer succinctement les phénomènes dont ont été témoins les cinq membres ordinaires de notre petit groupe.
A peine étions-nous en séance obscure que le direc teur du groupe est, par cliquetis aériens (signal ordinaire de la présence de notre Invisible guide L...), invité à prendre l’épée ainsi qu’il avait eu précédemment occasion de le faire. Etions-nous appelés à lutter contre quelque mau vaise influence, et faudrait-il combattre?
Non, pourtant, et la lutte, si lutte y eut, fut sans aucun doute circonscrite entre les mauvais esprits et notre Digitized byGoogle
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 2 7 7 ami L... qui, comme d’ordinaire, en sortit bientôt vain queur et nous dicta, lettre par lèttre, ces mots : € Six minutes de lumière. » Une lampe est allumée, aucun phénomène tangible ne peut être constaté. Nous laissons écouler le laps de temps prescrit, puis nous faisons de nouveau l’obscurité. Lumière ! dicte aussitôt par de vigoureux signaux notre excellent guide et ami.
En pleine lumière, nous constatons alors la présence sur la table d’un pli cacheté. Ce pli est bientôt descellé. Il contient, sur trois fragments de papier vergé qui semble jauni par le temps, une communication conçue en langue française, il est vrai, mais tracée en caractères grecs qu’un seul assistant,plus familiarisé que les autres avec la langue hellénique, est à meme de déchiffrer.
Il est bon de remarquer, car ce détail a son impor tance, que la présence de ce membre du groupe avait été instamment réclamée par l’Esprit L... dans une pré cédente séance, à laquelle ledit membre n’avait pu assis ter. Outre quelques conseils de la plus haute moralité et diverses révélations sur l’au-delà, cette communication contient des aperçus d’un ordre tout intime.
Elle doit donc demeurer secrète et nous n’avons pu en donner ici que la très brève et très incomplète analyse ci-dessus. Tout ce qu’il nous est permis de dire c’est que notre ami L... nous engage à suspendre provisoirem ent nos séances pour méditer, avant tout nouvel entretien avec nos invisibles et compatissants intermédiaires, les avis qu’ils ont bien voulu nous donner jusqu’ici.
Nous obéissons, confiants dans la promesse qu’ils nous ont faite de soulever bientôt, si nous nous confor mons à leur désir, le lourd voile du mystérieux seuil. L. F rançois, Officier de l’Instruction Publique. P.-S. — Aucun cas de sommeil magnétique n’a été constaté. Des projections de lumière électrique ont été faites inopinément. Digitizi > g : r ' ‘ ' v n ' Yii
«78 l/lWHATION Lettre apportée en plein jour, en dehors de toute séance, et en absence de notre médium et de s o n mari, A bientôt les détails. Amitiés, vœux et souhaits. A. François. 24 février. * * La nouvelle branche établie à Guise .(Aisne) est en pleine activité et donne les meilleures espérances..
Le suprême Conseil de Tordre Martiniste vient de recevoir avis de l’ouverture d’une nouvelle Loge à Vienne (Autriche), dont les travaux paraissent devoir être très féconds en résultats. Une nouvelle branche du Groupe est en formation à Guise (Aisne), sous le titre de « la Solidarité », groupe d’études ésotériques. PUB APPARITION APRÈS LA MORT Voici que plus d’une année a passé depuis que mon ami E.
R. est sorti de cette vie terrestre, emporté qu’il fut par la phtisie, et sans doute est venue l’heure, que j’ai toujours retardée, de raconter, pour qu’elle s’ajoutât à tant d’autres faits d’apparitions après la mort, l’histoire qui lui advint un soir, à Paris, peu de temps avant qu’il ressentît les premières atteintes du mal auquel il devait succomber. Ces faits, d’autres par la suite les expliqueront.
Dire ceux que Ton connaît, dont tous les personnages vous furent familiers, dont on connaît tous les détails, me semble un devoir. C’est pourquoi j’écris cette page d’abDigitized by LjOO Qle
UNE* APPARITION APRES LA MORT *7<) solué vérité, et si je voile les noms sous de simples ini tiales, comme la discrétion me l’impose, vousn’aurez pas à inférer de là que je me sois hasardé à aucune fantaisie* mais que bien au contraire je vous apporte un témoi gnage véridique et sincère. Ces lettres E.
R. sont bien en effet celles par quoi com mencent le prénom et le nom de l’ami que je regrette, et qui, mort à vingt-huit ans, alors que la renommée et la fortune commençaient à lui sourire, aura cependant laissé quelques belles œuvres. Il était sculpteur et à la dernière Exposition universelle, au Champ-de-Mars, une de ses statues, fort remarquée, lui avait valu une récompense.
Etranger, il avait un atelier à Paris, mais il passait la majeure partie de l’année à la campagne,, et c’est là, dans l’enivrement d’une nature souriante, que se noua ce que j’appellerais volontiers le drame, car c’en fut un, comme souvent en crée la vie.
Un jeune couple parisien en effet étant venu se fixer pour la belle saison dans une partie de la maison où il était installé, des relations ne tardèrent pas à se nouer entre ce couple et lui, puis l’amitié vint, et à la suite de l’amitié, ce qu’il y a de plus cruel au monde, l’amour dans des conditions où il ne peut être qu’une longue série de tortures ; car pour succomber à cet amour, ni mon ami E. R. ni la jeune femme ne s’y résignèrent.
Ils souffri rent chacun vaillamment leur martyre jusqu'à ce qu’il leur fût possible d’y mettre fin, au moins dans ce qu’il avait de plus aigu : la continuelle présence, par une séparation assez logique et bien préparée pour ne rien laisser à penser. Mais on se retrouverait à Paris sans doute. Mon ami E.
R., pour n’en point courir le danger, changea d’atelier, cacha sa nouvelle adresse, fit même un voyage de quel ques mois dans son pays, et dix-huit mois durant s’ar rangea en sorte d’éviter la moindre et la plus fugitive ren contre. Il sut même éviter qu’on lui parlât de ses amis de la campagne et d’eux, de ce qu’ils étaient devenus* il ignorait tout.
Or un soir, dix heures sonnant à peine, il venait de se mettre au lit quand sa porte s’ouvrit silencieusement, et voilà que très pâle, vêtue de longs vêtements blancs. • Digitized by Google
28o l' in it ia t io n Celle dont il fuyait même le souvenir entra dans la cham bre, marcha jusqu’au lit où il la regardait avec épouvante, et sans un mot, le prit dans ses bras, lui donna un bai ser, reposa quelque temps sa tête sur la poitrine du sculpteur, puis, comme s’arrachant violemment à ce re pos, se sépara de lui, reprit le chemin de la porte et sortit en lui faisant un signe avec la main. Le lendemain matin, on frappa chez lui.
Que vit-il entrer? L’ami pour qui il n’avait point voulu de trahison, et celui-ci, à plusieurs que je connais, déclara plus tard qu’il était venu là tout droit, bien que personne ne lui eût indiqué l’adresse de E.
R., mais qu’il n’avait pas même pensé à l’étrangeté d’une course ainsi faite, lui annonça que la jeune femme était morte la veille au soir, à dix heures (l’heure même de l’apparition) et il le pria de l’accompagner jusqu’à la mairie pour faire avec lui la déclaration de décès. Cette jeune femme était morte phtisique. Nul d’entre nous alors n’aurait songé que E. R. devait si tôt mourir de la même maladie, que rien ne permettait de prévoir en lui.
Il n’y . avait jamais eu de phtisiques dans sa fa mille .
LE MARIAGE RE NOTRE RIRECTEÏÏR Nos lecteurs qui n’auraient pas reçu encore de lettres individuelles sont priés de considérer le présent avis comme en tenant lieu : M. et Mme E ncàusse ont l’honneur de vous faire part du mariage de leur fils, M. Gérard Encàusse, docteur en médecine de la Faculté de Paris, lauréat des hôpitaux, officier d’académie, avec Mme veuve T heuriet, née Inard d’A rgence ; Qui a été célébré à Paris, le 23 février 1895. Robert de la V illehervé. 16, rue Rodier, Paris.
BIBLIOGRAPHIE 28l M1^ la comtesse de W aldner de F reundstein, M. et Mm* Inard d’A rgence ont l'honneur de vous faire part du mariage de Mme veuve T heuriet, née Inard d’Argence, leur petite-fille et fifle, avec M. le docteur Gérard Encausse ; Qui a été célébré à Paris, le 23 février 1895. L’Arbresle (Rhône). La Suggestion; son, rôle dans l'éducation, par Félix T homas ; Paris, Alcan, 1895, in-18.
C’est un spectacle des plus curieux et des plus propres à convaincre le sage de l’incertitude des sciences que celui des transformations de la psychologie contempo raine. Papus faisait ressortir ce fait dans le dernier numéro de V Initiât ion, et le petit livre dont il est ici ques tion offre un nouvel argument en ce sens. Il est en effet basé sur la théorie des Idées-Forces, inaugurée par MM. Fouillée (1) et Ribot.
« Tout état intellectuel, dit ce dernier, est accompagné de manifestations physiques déterminées. La pensée n’est pas, comme beaucoup l’admettent par tradition, un événement qui se passe dans un monde supra-sensible, éthéré, insaisissable.
Nous répéterons avec Setchenoff: « Pas de pensée sans expres- « sion, c'est-à-dire la pensée est une parole ou acte à l'état € naissant, c’est-à-dire un commencement d'activité mus- « culaire. » Disons pour parler clair que la pensée est le principe de l’acte; mais ce que nos savants ne veulent pas encore voir, c’est le médiateur qui relie l'acte à la pensée ; le cerveau, nous diront-ils, agit par les nerfs moteurs, et, aidés du microscope, ils ont cherché dans ces nerfs com- (1) Evolutionnisme des Idées-Forces, Psychologie des IdéesForces. Digitized by Google
3 8 2 ^INITIATION ment pouvait bien s’y cacher ce qui les mettait en mou vement : ils cherchaient sans le savoir le corps astral ; souhaitons que M. de Rochas continue à le leur démon trer par des expériences de plus en'plus irréfutables.
L’idée du livre de M. Thomas consiste à utiliser dans l’éducation tous les modes de l’auto-suggestion, et d’en traîner de plus l’enfant par des suggestions ambiantes : c'est une systématisation assez logique des résultats de l’hypnotisme.
Le mimétisme moral, le penchant à l'imitation sont •soigneusement décrits ; on y reconnaît la puissance de l’émotion esthétique; les auto-suggestions sont classées et qualifiées ; on énumère les moyens d’annuler celles qui sont invisibles, d’exalter celles qui sont profitables; l’exemple donné journellement par le maître est consi déré comme l’un des plus puissants facteurs d’éducation.
Sur tous ces développements, fort justes et fort remar quables d’ailleurs, deux observations sont à faire.
La première, c’est qu’il n’aurait pas été peut-être fort difficile de répartir l’ensemble de ces remarques sur un plan plus vivant et plus conforme à la réalité : moyen d’éducation, ç’aurait été de les classer sous le triple peint de vue de l’âge de l’élève, de son tempérament, et de la carrière vers laquelle il peut être dirigé, dès qu’il a atteint un certain degré d’instruction ; on trouvera les dévelop pements les plus intéressants à ce sujet, dans le prochain volume de F.
Ch. Barlet : /’Instruction intégrale. Enfin, ne terminons pas ce court résumé sans remar quer que l’ensemble des observations de M. P. F. Thomas constitue un excellent exemple d’entraînement magique, avec cettè seule différence que le magicien opère sur luimême, et l’éducateur sur d’autres.
Tous les deux ont en vue un idéal à atteindre, un concept à réaliser (que ce soient les esprits de tel ou tel planète qu'il s’agisse d’évo quer, ou qu’il faille entraîner des enfants vers un type de vertus civiques). Tous deux s’entourent d’une atmos phère analogue au but qu’ils se proposent, tous deux enfin exercent sur le moi et sur le non-moi l’action d*une volonté entraînée systématiquement. SÉDIP,
BIBLIOGRAPHIE 283 M a r ie B u r len. — VArc-en-Ciel, livre de la destinée humaine ; i vol. in-18,6 fr., chez l’auteur, 17, rue Montyon, et à la librairie Ghamuel. Voici un nouveau traité de Chiromancie que nous re commandons franchement à nos lecteurs à cause de sa qualité maîtresse : l’originalité dérivée d’une sincère étude expérimentale.
Lorsqu’on voit des ouvrages faits à coups de ciseaux et destinés à tromper grossièrement le public qui croit avoir de nouveaux travaux, il est con solant de trouver un résumé d’efforts loyaux et soutenus, et c’est le cas du volume de Mme Marie Burlen.
Laissant là les données peut-être routinières de la tra dition et s’en référant uniquement à son expérience per sonnelle, Mme Burlen nous présente un volume des plus intéressants pour l'étude des révélations chiromantiques. Les données originales y abondent ; il reste maintenant à l’expérience de prononcer en dernier ressort; mais ces données méritent d’être signalées au moins dans leur ensemble.
En premier lieu, il importe d’appeler spécialement l’attention de nos lecteurs sur la place capitale donnée dans ce traité aux influences astrales. Ainsi l’influence de Jupiter n’est pas seulement étudiée dans les environs directs du doigt oudu mont de la planète, mais encore dans les lignes de la rascette ou dans les terminales de la ligne de vie qui sont verticilement pla cées sous cette influence. De même pour les autres pla nètes.
Il y a là une preuve d’un esprit des plus originaux allié à une sérieuse connaissance des théories de l’in fluence astrale. Les rapports étroits de la chiromancie et de l’astrologie hermétique sont de plus rappelés par ce genre de déductions.
Enfin le goût de la généralisation conduit l’auteur à décrire et à analyser une ligne de Vénus, une ligne d’Arn* bition, une ligne de Mariage, une ligne de Dépravation, outre les lignes décrites par les traités classiques. De plus les idées de placer les lignes d'enfants en annexe de la ligne de vie peut, si elle est vérifiée par l’expérience.
l’initiation 284 suffire à faire du livre de Mmo Marie Burlen un des pre miers « classiques » de la chiromancie. A côte' de ces re'elles qualite's il nous faut signaler quelques de'fauts inhérents à toute œuvre de début. Les figures très claires ont le tort de présenter chacune un type général de main, sans illustrer réellement le texte qui, de ce fait, peut être obscur pour le lecteur ordinaire.
Nous regretterons aussi l’absence de données privées concernant les âges stricts des divers événements géné rés par les c influences astrales ». Mais tout cela dispa raîtra, nous en sommes persuaJé, dans une prochaine édition, que nous conseillons à l’auteur (qui a fait ce livre à ses frais) d’établir meilleur marché et d’illustrer largegement dans le texte.
En résumé, voilà un livre important qui pose une foule de problèmes à résoudre par l’expérience et qui nous sort des redites et des compilations qui encombrent inu tilement les librairies. A ce titre il mérite une attention sérieuse de nos lecteurs et une étude suivie de la part des praticiens. P a f u s . M a r iu s D e c r e s p e . — La Main et ses Mystères, a v e c 25 fig. (o fr. 20).
Nos lecteurs connaissent déjà M. Marius Decrespe auquel l’occultisme doit de très originales études. Le petit ouvrage de 186 pages que cet auteur vient de con sacrer à la chiromancie mérite d’être particulièrement signalé. On y trouve d’excellentes qualités à côté de quelques faiblesses, et nous tenons à parler des unes et des autres.
Nous diviserons notre étude en trois sections correspondant aux principales divisions adoptées par l’auteur, 10 La partie historique (chap. 1), 20 La partie philosophique et imaginative (chap. 2, 4). 3° La partie technique (chap. 3, 5,6, 7 et suiv.). A. — La partie historique est un résumé de TUnité de la Tradition sous la diversité de ses adaptations. L'auteur Digitized by LjOOQle
BIBLIOGRAPHIE 285 aborde déjà la question du Tarot sur laquelle nous re viendrons tout à Theure. C’est moins une histoire de la chiromancie qu'une revue de Toccuitisme à travers les âges en même temps qu'une défense habilement exposée des « Arts divinatoires » incompris des corps savants. Les pages 16 et 17 méritent une mention toute spéciale par l’élévation des idées qui y sont exposées dans une très belle forme.
B. — Nous laisserons pour la fin la partie philosophique pour nous occuper de la partie technique qui fait le plus grand honneur à l’auteur. Le chapitre 111 est consacré à la topographie de la main ; il débute par une affirmation contraire à la tradition et qui brise la division classique et que nous croyons juste.
M. Decrespe dit : La main se divise en deux par ties, la paume et les doigts. — Or il aurait pu lire au début de la « Chyromantie » de Romphyle ( 1665) ce qui suit : « La main est divisée communément en trois par ties, dont la première est sa jointure avec le bras, et celle-ci est la plus courte et composée de moins de lignes. La seconde et la principale est la paulme..... Enfin la troisième est composée des doigts seulements.....
Cette division triple est traditionnelle et en même temps justi fiée par l’expérience ; elle méritait donc d’être conservée. A part cela, le chapitre est bien exposé à condition de mettre, pour l’avenir, l'auteur en garde contre sa manie de mêler à tout propos la chiromancie, de création toute récente, et la véritable chirognomonie. Cela nuit beaucoup à la clarté de l’ouvrage. Le chapitre v est consacré à la chirognomonie.
C'est un résumé d’Arpertigny émaillé d’innovations souvent heureuses, mais encore trop techniques pour un lecteur débutant en ces études.
Que voulez-vous en effet que l’acheteur du volume à 0,20 centimes comprenne à cette phrase (p. 76) : « La seule difficulté qui subsiste dans l’interprétation des signes, c’est que, parfois, les mani festations de l’idée-mère paraissent inversées, à cause surtout des alternativités (?) de polarisation qu’elle subit en traversant les différents mondes. » Cela est très bien pour un des lecteurs de l'Initiation, mais non pour les bonnes femmes qui vont apprendre à lire dans la main. Digitized by Google
l’initiation Le chapitre vi est consacré à la chiromancie propre ment dite. Qu’il y aurait à discuter sur cette idée que < les lignes signifient le Karma et les formes accu sent l’influence astrale! » Mais passons sur les détails et sachons gré à l’auteur d’avoir écrit là un excellent cha pitre, un des plus clairs, des plus originaux et des plus personnels de son livre.
M. Decrespe, comme presque tous les auteurs modernes, n’a pas su distinguer la chi romancie physique, venant des bohémiens, de la chiro mancie astrologique venant des temples, ce qui l’embar rasse quelque peu dans les noms à donner aux lignes. Mais, encore une fois, ce chapitre est excellent.
Nous saurons personnellement gré à l’auteur d’avoir rappelé, à propos de la Saturnienne, nos travaux, qu’a si innocem ment plagiés M. Bosc, sans se souvenir de leur origine. Les chapitres vu à xi sont consacrés à une étude minu tieuse de chaque doigt avec ses phalanges, ses monts et ses lignes. C’est là une division toute personnelle à l’au teur et qui mérite les plus grands éloges.
Nous ne nous arrêterons donc pas à ce sujet à une critique des détails et nous aborderons maintenant, après cés compliments bien mérités, la partie la plus ingrate de notre tâche : les cri tiques sévères que nous sommes obligés de faire à M. De crespe, qui est un occultiste dévoué et instruit, à propos des erreurs capitales accumulées, dans ses chapitres h et iv, erreurs telles qu’elles méritent, dans l’intérêt même de la doctrine, d’être sérieusement relevées.
C. — Réduit aux chapitres i, m, v, vi, vu et suivants, ce petit livre serait excellent, en remaniant un peu l’ordre des chapitres, et remplirait avec succès le but auquel il était destiné. Orné des chapitres n et iv sur le Tarot, il devient obscur, diffus et suffit à éloigner de l’étude de la chiromanie tous les lecteurs qui n’ont pas un goût exa géré pour les mathématiques.
C’est que M. Decrespe a voulu faire rentrer le Tarot (et quel Tarot !) dans la main et a déployé à cet effet des efforts prodigieux d’imagina tion. Il y a là tout d’abord une faute capitale de doc trine. La main est une manifestation des forces astrales dans l’être humain. C’est dans le visage qu’on voit les forces psy chiques et dans la marche qu’on voit les simples instincts. Digitized by Google
BIBLIOGRAPHIE 287 La main est le résumé des signatures astrales, et c'est tout. Le Tarot est la mise en mouvement du triple jeu des forces et les efforts de M. Decrespe pour faire rentrer le Tarot (universel) dans la main (particularisée) rap pellent le travail d'un homme qui voudrait faire entrer la Terre dans la butte Montmartre. Voilà pour la doc trine, voyons maintenant les détails.
M. Decrespe dit (p. 5o) : « le Tarot se compose de 22 lames ou cartes qui révèlent chacune un Arcane, un Secret, un Dogme, un Principe. » C'est absolument faux. Le Tarot se compose de 78 l a m e s et non de 22 ; et dire que le Tarot se compose de 22 lames, c'est dire que l'homme se compose seulement d’une tête, c'est oublier le corps.
Les auteurs qui oublient les 56 lames mineures du Tarot démontrent, par ce fait seul, leur peu de con naissance de ce merveilleux instrument, et ils ont toutes les chances pour remplacer la tradition par une belle hypothèse. Ce que n'a pas manqué de faire M. Decrespe.
Nous ne pouvons le suivre dans ses développements, faute de place, mais nous lui signalons le danger qu'il n’a pu éviter: c'est de faire de l'analogie en se basant sur une seule concordance. C'est là l'erreur de presque tous les débutants, et M. Decrespe est déjà plus qu’un débu tant. L’analogie marche sur trois pieds et non sur un, et on ne peut établir une analogie sérieuse quç quand trois concordances concordent vers le même point.
Sans cela, on remplace de véritables séries d’idées par de l’imagi nation et on donne raison aux ennemis de cette mer veilleuse méthode qu'est l’analogie. Si M. Decrespe n'avait pas été un des plusk brillants élèves de l'occultisme, nous aurions traité son livre comme nous traitons ceux des compilateurs et des pla giaires.
Mais, au contraire, il s'agit là d'un effort sérieux, d’un essai qui aurait demandé un autre cadre, vu sa valeur réelle, et, les critiques mises à part, nous félici terons sincèrement l’auteur des chapitres véritablement remarquables qui dominent dans son livre. Papus. Digitized by Google
l ’in it ia t io n * * Parmi les ouvrages reçus à Y Initiation et dont nous donnerons sous peu un compte rendu spécial, signalons tout spécialement le Psychisme expérimental de M. A lfred E rny, paru à la librairie Flammarion (i vol.in-i8, 3fr. 5o). ls mm b® l'ihitiation Ce prix est décerné par le lecteur, à la presque unani mité des suffrages exprimés, à M. Guymiot pour ses trois magistrales études parues dans Y Initiation.
Le Gérant : E ncausse. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET Cu, RUE DE LA PRÉFECTURE, 6 .