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La reproduction des articles inédits publiés par l’Initi&tion est formellement interdite, à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE ]|a Jcience actuelle et le plan astral Lorsque, il y a bientôt neuf ans, nous conçûmes Tidée de rendre à la Science occulte le lustre qui lui était légitimement dû, nous étions poussé par des rai sons fort importantes.
Après avoir étudié de notre mieux les théories de l’occultisme tant occidental qu'oriental, d’une part, et les faits les plus récents de l’hypnose, d’autre part, nous étions arrivé à cette con clusion que la Science occulte était seule capable de donner une explication scientifique des faits de psy cho-physiologie quon allait bientôt découvrir.
Nous aurions pu, dès cette époque, pasticher habilement les théories de l’occultisme, ne pas nous servir du mot corps astral et lumière astrale, et notre avenir scientifique était assuré au détriment du calme de notre conscience. Mais, fort de la certitude des théories anciennes, nous préférâmes rendre à nos vieux maîtres la justice qui leur était due et laisser à d’autres le soin de pas ticher l’antiquité pour trouver du pseudo-nouveau. 4 Digitized by Google
l’in it ia t io n 98 C’est alors que nous fîmes en faveur de l’occultisme cette campagne qui a abouti au succès actuel.
Pendant ce temps, les expérimentateurs poursui vaient leur œuvre, les adeptes des écoles scienti^ fîques se cassaient la tête pour habiller les faits de l’astral en faits de « Télépathie », « Hallucinations téléphatiques », « Phénomènes psycho-physiolo giques », espérant échapper par quelque point à cet occultisme, devenu un cauchemar depuis qu’il avait refusé de changer ces affreux noms, sentant leur her métisme d’une lieue.
C’est ainsi que le Dr Dariex fonda une revue très impartiale et très bien faite dans laquelle les occul tistes trouveront une collection assez complète de ré cits concernant l’action des « images astrales » con nues de l’antiquité des initiés, étudiées par Paracelse, mises à la scène par Shakespeare (dans Macbeth), dé crites par Swedenborg, détaillées par Eliphas Levi et habillées en « hallucinations télépathiques » par le Dr Dariex et ses collaborateurs.
O spectre muet de Banco (1), ô évocation astrale des rois futurs suc cesseurs de Macbeth, vous étiez (déjà !) des hallucina tions télépathiques.
Notre ami le Dr Baraduc, poursuivant la voie tracée (1) Pour les profanes et les professeurs de psycho-physio-. logie, nous rappelons que l’occultisme distingue les apparia tions qui parlent (spectre du père d’Hamleth) et qu’on nomme é lé m e n ta ir e s , des apparitions muettes (spectre de Eanco) et qu’on nomme r e f l e t s o u im ages a s t r a le s .
Les élémentaires sont visibles pour tous les assistants, les reflets n’impres sionnent ordinairement qu’un individu, mis pour une cause quelconque, en état de réceptivité psychique. Shakespeare a parfaitement appliqué ces théories. Digitized byGoogle
LA SCIENCE ACTUELLE ET LE PLAN ASTRAL 9 9 par Louis Lucas, parvenait à mesurer les émanations: fluidiques du corps astral dans son très bel ouvrage sur « la Force vitale », dont nous avons fait un compte rendu dans l'Initiation, A la Charité, le DrLuys, travaillant en collaboration avec le D* Encausse, retrouvait expérimentalement la propriété qu’ont les aimants de conserver les images astrales. Paracelse avait déjà décrit les mêmes faits.
Enfin le prix d’excellence dans ces recherches scien tifiques et expérimentales appartient sans conteste au colonel de Rochas qui a fait à lui seul plus que tous les autres réunis. Parti de l'impartialité la plus complète en matière de théories, voici les différentes phases, hâtivement insinuées, des travaux du colonel de Rochas.
Cet expérimentateur parvint d’abord à distinguer dans l’hypnose les états superficiels (produits par les hynoptiseurs) des états profonds (produits par les magnétiseurs). Entre temps il mettait au jour de cu rieux travaux sur les localisations cérébrales dam l’hypnose pour arriver à l’étude approfondie des éma nations lumineuses qui s’échappent de tous les êtres et de tous les corps.
Reichembach avait déjà constaté ces faits que Rochas mit au jour et qui furent aussi étudiés sommairement pas le Dr Luys. Voilàdonc les « images astrales » de l’occultisme découvertes par une autre voie. Mais cette idée que les corps bruts émettaient des émanations fluidiques et colorées poussa Rochas à rechercher si. outre les lueurs, le corps humain ne dégageait pas d’autres principes. C’est alors Digitized by C j O O Q l e
100 l’in itia tio n que fut découvert Y extériorisation de la sensibilité dans les états profonds de l’hypnose. Ce corps astral de Paracelse, ces « actions astrales »de la magie étaient découvertes par l’expérimentation, et aussitôt les don nées de l’occultisme sur l’envoûtement, sur l’action psychique à distance, etc., étaient pleinement confir mées.
Mais de Rochas n’était pas au bout de ses surprises. — Il parvint à extérioriser complètement et à photo graphier ce corps astral dont les actions avaient été mesurées par Baraduc. Et alors commencèrent non plus les surprises, mais les ahurissements decesavant colonel qui n’avait jamais voulu rien croire sans avoir vu. Il constata que ce corps astral se déplaçait sans tenir compte ni du temps ni de la matière, ni de l’espace.
Il put reproduire les visions à distance d’Apollonius de Tyajae et de Swedenborg, et à cette heure même M. de Rochas a retrouvé par expérience ce plan as tral dans tous ses détails, à tel point que nous pou vions terminer nous-mêmes tous les récits de ses ex périences dernières, disant au colonel: « Votre sujet est allé là et là et a vu telle et telle chose. » — Nous ne pouvons en dire davantage pour l’instant, ayant pro mis de laisser au savant expérimentateur la primeur de ces découvertes.
Ainsi voilà un chercheur impartial amené par l’ex périmentation en plein occultisme et qui n’a pas craint d’appeler les choses par leur nom et que ce mot de « corps astral » n’a pas effarouché. Mais que vont dire « les autres », ceux qui considèrent chaque déDigitized by Google
LA SCIENCE ACTUELLE ET LE PLAN ASTRAL IO I couverte comme une injure personnelle ? Qu’importe» si le présent est toujours le même pour les amis de la Justice et de la Vérité, l’avenir est aussi toujours iden tique pour les pasticheurs et les démasqueurs d’idées. Voilà plus de vingt siècles que l’occultisme a formulé des théories auxquelles la science contemporaine ne peut échapper, quoi qu’elle fasse.
Occultistes, mes amis, soyez fiers du dépôt qui m’a été confié, vous avez la Vérité, sachez maintenir tou jours l’honneur de la servir envers et contre tous. P a p u s. Digitized byGoogle
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE A T H A N A S E K I R C H E R DE LA CABALE SARACÈNIQUE & ISMAÉLITE OU, CE QUI EST LA MÊME CHOSE] ’ DE LA Philosophie H iéroglyphique et Superstitieuse BBS A£tASBS BT BBS TX7BOS AU T R È S - I L L U S T R E ET T R È S - R É V É R E N D S E I G N E U R F r a n ç o is ALBICIUS Assesseur de la Sainte et Révérée Inquisition et aussi AUX RÉVÉRENDS ET TRÈS DOCTES PÈRKS MAITRES DE LA SAINTE THÉOLOGIE Professeurs de Langues orientales et Interprètes de Notre Saint-Père I n n o c e n t X ; Au P .
P h i l i p p e Q u a d a g n o l o Clerc mineur ordonné, professeur de langue arabe à l’Athénée de Rome; Aux P.-F. B a r t h e l o m é e d e P e t t o r a n o , P.-F. A n t o i n e A q u i l a n o Professeurs de Théologie et de langue arabe, de l’ordre de Saint-François ; Au P. Louis M a r a c c i o Clerc de la Congrégation de la Reine Mère de Dieu, censeur des langues orientales ; Au P. J e a n B a p t i s t e G i a t t i n o , S. I.
Professeur de Théologie Scholastique au Collège de Rome; Au Docteur A b r a h a m E c c h e l l e n s i Professeur de langue chaldéenne à l’Athénée de Rome, censeur des langues orientales ; Hommes illustres par leur sagesse et leur savoir ; l ’a u t e u r . Digitized by Google
KABBALE SARACENI^UE ET ISMAELITE 103 Sur le point d’exposer ici le fondement mystérieux de la philosophie des Sarazins, qu’ils nomment Ca bale, matière certes abstruse et enfouie dans les sanc tuaires les plus secrets de l’Arabie, abordée par un si petit nombre de gens et si peu étudiée, que je ne connais pas de meilleur juge en premier lieu que Toi, très illustre Albicius, très sage administrateur de notre congrégation arabe ; que vous ensuite, Maîtres trèshabiles de langue arabe, à qui je puisse dédier cette œuvre : car vous savez que les énigmes, au témoignage' de Clément d’Alexandrie, doivent être proposées non seulement aux Hommes habiles, mais aussi à ceux qui sont remarquables par leur sagesse, comme vous le dit Locman, auteur illustre chez les Arabes.
Car il y a déjà bientôt presque huit ans, dans l’exposé des Tables de Grenade, vous avez, non sans un labeur opiniâtre, orné à ce point votre patrie, qu’à l’avis de tous, vous avez mérité d’être appelés vrais Œdipes et de passer pour tels. Acceptez donc, justes et bienveillants, ce travail de votre collaborateur, témoignage unique et durable de ma confiance en vous.
Si à votre avis cette œuvre renferme quelque chose digne de louange, remerciez-en d’abord Dieu souverainement Juste, ensuite César le Grande qui ordonna qu’il fût, et qui, pour qu’il vît le jour, subvint avec une munificence toute royale aux besoins de l’auteur ; mais si, à ma surprise, tout s’écroule dans l’imperfection et l’impuissance, je veux que vous attribuiez cela à la faiblesse de mon talent.
l ' in itia tio n LA CABALE SARACÉNIQUE PRÉFACE Comme aucun écrivain latin n’a, à ma connais sance, abordé le présent sujet, je suis persuadé que cela rentre dans le cadre de mon Œdipe, et je vais tâcher de l’exposer, dans la mesure de mon talent.
Mais, éternel Dieu ! dans ce travail combien il fallut de discernement pour éclaircir mainte obscurité, combien de labeur pour déchiffrer les débris, à demirongés, de maint volume manuscrit, combien de juge ment dans la lecture des divers auteurs, ne voulant pas me servir de compilations, pour enfin parvenir, avec la grâce de Dieu, à la source de la vérité cachée ; et pour aussi que cela me fît comprendre combien il est difficile de parvenir aux régions inconnues, d'aborder les chemins vierges, d’entrer sans guide, sans compagnon dans des voies bordées d’écueils et de précipices innombrables !
Mais ceux qui pénétrèrent dans des sanctuaires semblables le comprendront par l'esprit plus aisément que je n’ai pu le décrire au prix de mille difficultés. Digitized byGoogle
KABBALE SARACENIQUE ET ISMAELITE io5 CHAPITRE PREMIER Origine de la Cabale Saracénique. Mais laissons de côté ceci et abordons le sujet luimême. Comme jadis entre les Hébreux et les Sama ritains, de même entre les Sarrazins et les Ismaélites éclatèrent de vastes querelles et discussions touchant la primauté de leur origine.
Les Sarrazins d’une part tirent orgueilleusement leur origine de Sara, épouse d’Abraham ; ils vouent une haine implacable aux Ismaélites, parce qu’ifs propagent la race infâme et servile sortie d'Agar, servante d’Abraham, et les appellent Ismaélites bâtards et idolâtres maudits.
Les Arabes au contraire affirment que le mot Sarrazin ne vient pas de Sara, mais du mot Saracq, qui signifie voleur et larron, et ils les nomment fourbes, vagabonds, souillant toutes choses de vols, meurtres et larcins. Cette contestation dura jusqu’en l’an 660 de l’ère chrétienne. A cette époque, sous l’empereur Héraclius, l’odieux imposteur Mahomet Mécanus déversa sur le monde le venin de sa loi.
Agité par le Démon, s’appuyant sur le Ju if Sélam et l’Apostat Sergius Monachus, il établit son Alcoran, réservoir de toute iniquité, d’abord composé de quelques cantiques sans titres, aux pages rassemblées sans ordre ni dis tinction, mais qui postérieurement furent réunis en quatre livres, divisés à leur tour en chapitres ou surates, qui sont en tout au nombre de 211, à la suite desquels on peut mettre Abubecher, Omar et Hali» Digitized by Google
io 6 l’in itia tio n ainsi que les livres d’Azar et d’Azipha comme jouis sant chez eux d’une grande autorité. Mais plus tard, il y eut une si grande controverse au sujet de TAlcoran de Mahomet, qu’elle dégénéra bientôt en quatre hérésies.
L’auteur de la première hérésie fut Melich, que suivit l’Afrique presque entière ; l’autre fut Assafihi, que suivirent les Mécaniens, et aussi les Arabes indigènes ; le troisième fut Alambeli, que sui virent les Perses et les Babyloniens ; enfin le quatrième fut Mulhanifa, que suivirent les Egyptiens, les Syriens et ceux de Damas.
Et porté par ces hérésies comme parle cheval de Troie, l’Alcoran s’avança, et quoique contaminé de violente sorte, et en butte à la diversité des opinions, tous cependant et chacun le vénèrent profondément comme apporté du ciel à Mahomet par l’archange Gabriel; et de même qu’ils croient que d’immenses mystères sont cachés sous le voile de leur religion, de même aussi ils s’emparent de ce livre uniquement comme servant leurs superstitions, comme cela ressortira par la suite.
Mais nous avons voulu exposer ces quelques faits pris dans le grand nombre pour montrer l’origine de cette si perverse doctrine. Reprenons donc la suite de notre narration. Il n’est pas étonnant que les Arabes Sarrazins aient en tout temps imité les Hébreux, puisque cet im monde enfantement fut fait par la main de l’Hébreu Sélam, maître de Mahomet, qui servît d’accoucheur, et ce qui est surabondamment prouvé par leur doc trine cabalistique.
Cependant ils souillèrent peu à peu par des superstitions innombrables et inouïes l’éclat et la pureté de la cabale à ce point que nous Digitized by Google
KABBALE SARACENIQUE ET ISMAELITE IO7 pouvons justement dire que leur cabale est un amas inépuisable de magie et de sciences maudites, comme on le verra dans la suite : à tel point qu’au jourd’hui il n’est pas une amulette magique qui, soit par ses lettres, soit par les noms talismaniques qui y sont gravés,ne sente à plein nez cette doctrine damnée.Je vais donc dévoiler dans cette partie de mon ouvrage ce qui a trait à la superstition qui se révèle dans les caractères, ou dans les noms honorés d’un culte vain ; j’écrirai ces choses en me méfiant des hommes légers, mais pour les sages j’ouvrirai une porte sur l’origine, la composition, le rapport artificiel des lettres arabes, auxquelles ils appliqueront leurs facultés, puisque je me suis engagé à donner un exposé de cette doc trine étrangère et que personne n’a abordée ; et par là ils apprendront ainsi combien de pièges multiples l’Ange de ténèbres a coutume de tendre au genre humain, et quel jugement exact ils peuvent porter sur le sens des amulettes que l’on trouve çà et là.
J’ai dit que les Arabes avaient en tout temps été les singes des Hébreux dans leur doctrine cabalistique : pour le prouver, je répéterai ici les quelques faits que j’ai développés longuement plus haut, pour que, dans un parallèle, les institutions de ces deux sectes soient plus clairement dévoilées. Les Hébreux assurent que la cabale fut transmise par Adam à ses fils par une tradition successive ; les Arabes disent la même chose.
La kabbale des Hébreux a son fondement dans la loi mosaïque et les autres monuments de l’histoire sainte; la cabale Saracenique a sonfondementdansl’Alcoran, qu’ils appellent Digitized by Google
l ’in it ia t io n 108 aussi Alphurcan. En outre, la cabale des Hébreux a tiré son origine des caractères ou Alphabet mystique et des noms divins qui en dérivent ; la cabale des Sarrazins tire aussi son original de là.
La cabale des Hébreux approfondit à l’aide de nombres tirés des textes sacrés, et de caractères tracés sur des talismans les différents noms de Dieu et des Anges, dont ils se servent dans leurs invocations à l’effet d’obtenir de Dieu quelque grâce ; les Arabes agissent de même avec beaucoup plus d’exagération et de superstition.
En un mot, elle a pour but et fin dernière de procurer le bonheur dans cette vie et dans l’autre, par des moyens permis ou illicites.
Les monuments arabes manuscrits, dontnoüs avons extrait tout ceci, sont en premier lieu Y Histoire sacrée et profane des Sarrasins, par Amamo Abulhessan, Aben Abdalla et Kessadijes Récits des Visions, par Aben Joseph Altokphi ; le Livre des Arcanes, par Abrahim Estalh Babvlonio ; le Livre de computation, par Aben Rahmon ; le Livre de Vinvocation divine, par Halymorchum ; le Livre de la vie des Ermites Sarrasins, par Aben Amer Osman ; le livre intitulé Hesban elrammel, c’est-à-dire le comput de l’amphi théâtre, d’un auteur inconnu de la ville de Fez, écrit en caractères nubiens ; le Livre des Sceaux, par un anonyme ; la Magie des Turcs, par Hasmon Aben Buri, et encore d’innombrables fragments détachés sans nom d’auteur. Digitized byGoogle
KABBALE SARACENIQUE ET ISMAELITE IO9 CHAPITRE II Alphabet mystique des Arabes Sarrazins Les Arabes sectateurs de Mahomet pensent que le fondement de tous les liens gît caché dans les lettres révélées par Dieu au premier hommedugenre humain et que tous les attributs de la divinité y sont contenus ; et que Dieu descend d'une manière merveilleuse vers ceux qui avec un cœur pur et une foi sincère pro noncent ces lettres, dans quelque nécessité au?ils se trouvent; que les Anges sont attirés, les Daimons repoussés ainsi que toutes choses funestes.
Ils croient que par les lettres, Dieu influe d’abord sur les Anges, et par ceux-ci sur les douze signes du Zodiaque et les planètes,etpar là enfin sur les vertus des quatre éléments ; que certaines lettres de l'Alphabet mys tique ont été marquées d’un sceau par Dieu d’après des correspondances déterminées et que celui qui les découvrira et connaîtra la méthode de les réduire en nombres pourra obtenir et accomplir tout ce qu'il voudra dans ce monde ; en vérité, en tout cela, ils imitent entièrement les Hébreux.
Ils font en outre correspondre à ces lettres certaines herbes, certaines pierres, certains métaux, certains animaux et cer taines parties animales, tels que les poils, les cornes et les extrémités du corps et jusqu’aux excréments les plus vils, et ils se persuadent stupidement qu’ils pro duiront par une semblable analogie des effets prodi gieux par la connexion de ces choses dans la Magie. C’est pourquoi après avoir vu les miracles fantasDigitized byGoogle
I 10 l’in itia tio n tiques des lettres, nous allons maintenant les corro borer les uns après les autres en nous appuyant d’une autorité convenable tirée de ces mêmes sources.
Abulhessan dans son traité des noms divins, décrit en ces termes l’origine de l’Alphabet mystique : « Alors Dieu ordonna qu’ils écrivissent tout ce que lui-même avait enseigné, et il prit des peaux de brebis, les travailla jusqu’à ce qu’elles devinssent blanches, et Dieu dans sa gloire y grava 29 caractères, dont il est évident qu’on se servit pour écrire la Thorah, loi des Juifs, l’Evangile, le Zabur, loi des persans, et l’Alphurcan,loi de Mahomet ; et la première des lettres est Aleph. ».
Ensuite il passe en revue les lettres les unes après les autres, avec leurs significations, qu’ici nous^reproduisons en latin. Lei très S ign ifi cations. 1. Aleph.— Je suis le Dieu unique, victorieux, bien faisant envers les bons, glorifié dans mon |verbe. 2. Be. — Au nom de Dieu miséricordieux, compa tissant. 3. Te. — Il est un dans son royaume, et toutes choses sont soumises à sa puissance. 4.
Tse. — Ferme, solide, subsistant, il ne passe pas et ne s abaisse pas. 5. Gim. — Admirable dans ses œuvres, bienfaisant envers les bons et dans sa parole. 6. Hha. — Miséricordieux à l’égard de ceux qui désor béissent, digne de louanges, il aime celui qui l’aura loué.
KABBALE SARACENIQUE ET ISMAELITE I I I 7. Chha.— Sachant les choses cachées et visibles créateur de toutes choses. S. Dal. — Juge au jour du jugement, ou vengeur au jour du jugement dernier. 9. Dhsal. — Excellent, grand, occupant le trône de gloire, éclatant par sa force. 10. Re. — Rendant sans rétribution. 11. Ze. — Semant sans semence, augmentant sans défaut, embellissant toutes choses dans sa miséricorde. 12.
Sin. — Prompt à satisfaire aux lois, écoutant l’invocation du malheureux. 13. Shin. — Ardent et sévère en punissant, témoin dans le conseil. 14. Ssad. — Permanent et ne passant pas ; fidèle dans ses promesses, contenant ceux qui lui sont rebelles. 15. Dzh. — Lumière céleste et terrestre, il a promis à ses saints le pardon, à ses ennemis lé châtiment.
16 Tta. — Heureux celui que Dieu sauvera ; les ser viteurs de Dieu sont sauvés ; bienheu reux celui qui lui obéira ; longues misères des rebelles. 17. Dha. — Parut sa loi, et apparurent dans son pa radis ceux emplis d’amour. 18. Ain. — Savant et sage, et élevé en puissance. ig.Ghain.— Salut de ceux qui se purifient, conser vation des créatures, riche sans indi gence ni pauvreté. Digitized by L j O O Q l e
I I 2 l’in itia tio n 20. Pe. —Faisant ce qu’il veut, il n’a ni égal ni com pagnon. 21. Caph.— Il est assis sans dormir au-dessus de toute âme et il Ta créée dans sa toutepuissance. 22. Koph. — Digne d’être honoré, il fut avant toutes choses, existant après toutes choses, éloignant tous les maux. 23. Lam. — A lui, le royaume des cieux et de la terre ; à lui la création de l’empire avant comme après. 24.
Mim. — Roi au jour du jugement, plein de man suétude, glorieux avant comme après. 25. Nun. — Flambeau du ciel et de la terre,son feu est préparé pour les rebelles. 26. Vau. — Soutien des fidèles ; malheur aux su perbes et aux obstinés ; malheur aux menteurs. 27. Hé. — Lui-même est Dieu ; il n’en est point d’autre, si ce n’est lui seul,vainqueur, ses ennemis seront dans l’enfer, ses saints dans les délices infinies. 28.
Lamal*ph. — Il n’est point d’autre Dieu que Dieu fort et sage. 29. le. — Connaissant toutes choses qui sont sur terre et au ciel, et entre les deux, et qui sont célées dans les cœurs. Ce sont là les 29 lettres que Dieu est dit avoir com muniquées pleines de mystères à Adam et à ses fils, comme ils en sont convaincus à tort ; à la vérité chaDigitized by C a O O Q l e .1 -jj
KABBALE SARACÉNIQUE LT ISMAELITE I I 3 cune d’elles commence par la sentence tirée de l’Alcoran, qui commence par la même lettre qu’on ex pose. Mais ils veulent accompagner ces sentences des dites lettres, qu'avec impiété ils s’imaginent avoir été ordonnées et disposées ainsi dès l’origine du monde par la providence divine pour les mérites de son ser viteur Mahomet, mérites conformes aux principes de ces sentences.
Mais le susnommé Abulhassan ra conte en ces termes dans le livre et dans l'endroit que nous avons indiqué la manière dont cette cabale s’est progressivement propagée : « Quand ces lettres descendirent du ciel, Adam les enseigna à son fils Seth (la paix soit sur lui) et dit ; O mes fils, que ces lettres soient votre héritage ; et ils en héritèrent, les transmettant à Enos, puis à Keitar, ensuite à Habil, et après à Nazar, jusqu’à ce qu’enfin le Dieu suprême envoyât Adris (la paix soit sur lui) et ce fut le premier qui après Enos fils de Seth les fixa par l’écriture ; alors il les enseigna à ses fils disant : O mes fils, sachez pourquoi c’est vous Sabéens qui devez enseigner la lecture de ces lettres à vos enfants et aux adolescents ; j’ai écrit le temps auquel l’Eternel parla aux Sabéens et aux Nazaréens, et lorsqu’ils se divisèrent et Seth fils d’Adam (la paix soit sur lui) héritèrent jusqu’au temps de Noë (la paix soit sur lui), et ceci jusqu’au temps d’Abraham, et après que le Dieu puissant et glorieux eut fait mourir Nembrod, Abraham sortit de Haran, et passa de là dans le pays deScham en Syrie, et, lorsqu’il fut parvenu à Haran, une des terres de Mésopotamie, il y découvrit d'abord ces lettres. » L’auteur ajoute ensuite qu’Abraham réaDigitized by LjOO Qle
L INITIATION I 14 lisa maint miracle par leur moyen, et qu'il les ac compagna de diverses cérémonies, telles que purifica tions, jeûnes à faire au mois de Ramadan ; et ainsi se propagèrent les lettres jusqu’au temps de Mahomet; augmentées par de nouvelles révélations, lui-même les transmit, dit-on, aux sectateurs de sa doctrine, telles qu’elles devaient être observées.
Mais il est clair que toutes ces lettres ne vinrent pas tout d’abord d’Adam, mais qu’elles furent tirées d’un autre alphabet, qu’ils appellent alphabet divin, dans lequel ils observent l’ordre des 22 lettres hébraïques et des cinq finales, Caph, Mem, Nun, Phé, Tsadé, qu’ils ont coutume d’ajouter aux 22, comme suit: Vau, He, Dal, Gim, Be, Aliph Vau, He, Daleth, Ghimel, Beth, Aleph 6, 5, 4, 3, 2, 1 Lam, Caph, le, Tha, Hha, Ze Lamed, Caph, Iod, Teth, Heth, Zaïn 3o, 20, 10, 9.
8, 7 Phè, Aïn, Sin, Ngun, Mim Phè, Aïn, Samech, Noun, Mem 80, 7 0 » 60, 5o, 40 Kaph, Isad The, Schin, Re, Thau, Schin, Resch, Koph, Tsadé 400, 3oo, 200, 100, 90 Lettres arabes. Lettres hébraïques. Nombres. Lettres arabes. Lettres hébraïques. Nombres. Lettres arabes. Lettres hébraïques. Nombres. Lettres arabes. Lettres hébraïques. Nombres. Ghaïn, Dha, Zzh, Dhsal, Chha, Tse Tsadé, Phé, Noun, Mem, Caph Lettres finales.
1000, 900, 800, 700, 6od, 5oo Nombres. D’après ce double alphabet, il est parfaitement évi dent que les Arabes se sont furtivement approprié le fondement complet de l’alphabet mystique des Hé breux, qu’on examine soit l'ordre des lettres, soit la signification de chacun des nombres. (A suivre.) Jean T abris.
LE MYSTÈRE DES CABIRES EXPLIQUÉ $e Jtystèpe des ^aMres expliqué 115 De l’aveu de tous les érudits, ce qui concerne les Cabires est un des points les plus importants et les plus embrouillés des religions antiques. Il nous a semblé, cependant, qu’il était possible d’apporter dans cette question quelque clarté. Le lecteur jugera si nous y avons réussi. Les cabires de Samothrace sont au nombre de trois : Axieros, Axiokersa et Axiokersos, aux quels s’en ajouteun quatrième Casmilos. Sur les amu lettes, ces noms sont disposés des deux manières sui vantes : I Axieros Casmilos v Casmilos V Axieros F ig. i . Digitized by Google
16 l' in itia tio n Les deux triangles peuvent se recouvrir en partie : Axieros D’où l’étoile à six branches avec un C au mi lieu. C’est parce que les érudits qui se sont occupés de la question n’ont considéré qu’un seul triangle qu’ils n’ont jamais pu élucider le mystère des cabires. Les noms signifient: Axios, puissant, fort; Kersos et Kersa, époux et épouse ou seigneur et dame. Casmilos signifie ministre. A quels noms exotériques de divinités correspon dent ces noms mystérieux ? Ceux du triangle dont le sommet est tourné vers le haut sont ; Digitized byGoogle
LE MYSTÈRE DES CABIRES EXPLIQUÉ Diane-Minerve {Sagesse). Dzeus-pater. Phœbus- Apo (Intelligent F ig . 3. Ceux du triangle renversé sont différents selon rites, comme l’indiquent les figures ci-dessous. Le nom d’Hermès ne change pas, bien qu’il y s considéré sous des rôles divers. Hermès Hermès ( Vent) (îthyphallique) Aphrodite Héphaestos-Pr. Ariadne Bacc (Beauté) Gê-meter Gê-meter (Cybèle) (Déméter) Hermès (Psychopompe) Perséphoné Hadès-Adamas Gê-meter (Ma-Rhéa) Digitized by Google
l’initiation i 18 Le premier triangle a rapport au rite des forgerons, le second au rite des cultivateurs et le troisième au rite des nécromans. Tandis que dans le triangle dont le sommet regarde le ciel YAxieros = Dçeus, dans les triangles renver sés VAxieros = Gê-méter ou Déméter que quelques uns nomment Cybèle.
Elle porte aussi le vieux nom de grande-mer, Ma-Rhéa, mais elle est aussi Mater, Rhéa, d’où le mot Materia, la matière primitive tou jours comparée à une mer sans fond. Pour abréger, nous pouvons grouper toutes ces di vinités de la manière suivante : i Dzeu s-pater e u x APOLLON AIR HERMÈS Ariadne Aphrodite Perséphone t . Baccbus P2. Vulcain-Prométhé 3. Hades TERRE et < eau GÈ-METER F ig . 5 Digitized by Google
LE MYSTÈRE DES CABIRES EXPLIQUÉ I I g On remarquera que, d’une part, Apollon, BacchusVulcain-Prométéeet Hadès sont un seul et même per sonnage considéré dans le ciel, sur la terre, dans les mines et dans les enfers, et que d’autre part il en est de même de Minerve, Ariadne, Aphrodite et Perséphone.
Quant à Hermès, il est l’amour lorsqu’il est associé à Apollon et à Minerve; il est Hermès ithyphallique avec Bacchus et Aphrodite ou Ariadne ; Eole, avec Vulcain ; Hermès-Psychopompe avec Hadès et Perséphone. Cette idendité d’un même personnage sous des noms différents donne la clef du mythe des trois frères Cabires.
Les monnaies de l’île de Lemnos les représentent d’un côté delà pièce sous la forme d’un flambeau allu mé flanqué de deux bonnets pointus surmontés d’un pentagramme, de l’autre côté sous la figure d’Héphaestos. Le flambeau représente donc ce dernier,et les deux bonnets pointus surmontés d’une étoile les deux dioscures ou Açvins indiens.
Or les dioscures sont les feux de l’aurore et du cré puscule, de l’orient et du couchant, du printemps et de l’automne. Il tiennent donc la place de Bacchus et Hadès, le dieu de la végétation et le dieu des morts. Vulcain-Prométée est entre les deux, il est le feu du midi et de l’été. Les trois frères sont les équivalents de : i° Bacchus, 2° Vulcain, 3° Hadès.
Vulcain-Prométée descend en au tomne dans les enfers, il est alors Hadès, puis il res suscite sous le nom de Bacchus au printemps où il triomphe de la mort et s’unit à Aphrodtie ou à la belle Ariadne (la belle nature). Digitized by Google » Ml — -
LJINITIATI0 N Le mythe des frères Cabirescher aux antiques cor porations de fondeurs et de forgerons, est devenu pour les maçons le mythe d’Hiram frappé par les deux compagnons à la porte de l'Orient et à la porte de l'Occident. 11 11 nous est maintenant facile de saisir la relation qui existe entre les Cabires de Samothrace ou des Pelasges et les Kabirim phéniciens, relation qui a été niée par plusieurs savants. ( En leur qualité de navigateurs, les phéniciens comme les Babyloniens étaient surtout des astronomes. Dès lors, voici comment ils interprétaient l'étoile à six branches % Eschmoun. F ig. 6 . Digitized byGoogle
LE MYSTÈRE DES CABIRES EXPLIQUÉ 12 I Les six sommets correspondaient aux six planètes ; la septième, Mercure, est au milieu. La Lune correspond à Diane-Minerve, le Soleil à Phcabus-Apollon, Jupiterà Dzeus. Vénus correspond à Aphrodite, Mars à BacchusVulcain et Saturne tient la place de Déméter. C’est seulement par cette dernière substitution que l’étoile cabirique des Phéniciens diffère de celle des Pélasges. Enfin, les Phéniciens considéraient un huitième Cabire, Eschmoun, personnification de tout le ciel étoilé ou du monde et en même temps dieu delà médecine. C’est certainement des Cabires phéniciens que dé rivent les Séphiroth de la Kabbale. 11 suffit, pour s’en convaincre, de jeter les yeux sur le tableau suivant. Phéniciens © Hébreux Amour ou Justice miséricorde ou rigueur bonté ? Digitized by Google
122 l'initiation La couronne correspond à Jupiter, ou dieu premier; Vintelligence à Apollon ou le Soleil. La sagesse, à Minerve-Diane ou la Lune. La force ou le triomphe correspond à Mars, dieu fort et fécondant, tenant la place de Bacchus-Vulcain. La gloire ou la beauté, à Vénus-Aphrodite. Le fondement, à Saturne considéré ici, ainsi que le Savitri indien comme fécondant et opérant la résurrec tion. Hermès a été décomposé en trois personnages que nous connaissons déjà, savoir : l’amour ou la miséri corde, la justice (il tient la balance aux enfers) ou la rigueur, plus un nom qu’on traduit ordinairement par beauté et qu’il faudrait peut-être mieux traduire par bonté. Le royaume est l’analogue d’Eschmoun, mais il est féminin et se nomme parfois la reine; il correspond à Gê-meter des Pélasges ou Ma-Rhea. Les gnostiques, à l’exemple des Egyptiens, multi plièrent les couples de Cabires ou Séphiroth nommés par eux Eons. Il est inutile de rapppeler ici leurs noms. III Si nous revenons, maintenant, au tableau des Ca bires pelasgiques, nous verrons qu’on peut disposer différemment les noms des divinités, si l’on fait remarquer que sauf Ma-Rhea les divinités féminines ne sont que la personnification d’un attribut de leur Axiokersos respectif ou une qualité qu’on peut attri buer aussi à Ma-Rhea. On aura donc : Digitized by Google
LE MYSTERE DES CABrRES EXPLIQUE 123 Dzeus-pater Hennés Amour Eros Ma-R héa (l’eau primitive) Ou bien, en formant l’étoile à six branches : Feu et Vin (Sang). Y F i l s Intelligence et sagesse. Digitized by Google
l’initiation 124 Nous avons ainsi ce qu’il serait permis d’appeler le tableau des Cabires chrétiens (1). 11 correspond, en effet, à ces paroles des écrits du nouveau testament attribués à saint Jean : « Trois sont qui rendent témoignage au Ciel: le « le père, le fils et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont « un.
Il y en a aussi trois qui rendent témoignage sur « la terre, savoir: le soufle, l’eau et le sang. » Car le vin est le sang de la vigne et le sang du fils. Le prototype de cet arrangement des Cabires adopté par le christianisme se trouve dans le Véda. Dieu père est désigné par Dyaus-Pitar qu’on, nomme encore Indra, le roi et, postérieurement Brahmâ. Apollon est Sourya, remplacé plus tard par Vichnou, les trois pas du Soleil, la loi. H .
Eros ou Y amour est Savitri, le fécondateur et postérieurement Siva. Ma-Rkea ou Maria est Maya encore appelée Aditi. H . Souffle animateur est Vayou. Vulcain-Bacchus ou le feu et la liqueur fermentée sont Agni et Soma. L’Agni et le Soma védique sont devenus le mithra et le haôma des Perses.
Nous ne pousserons pas plus loin pour le moment cette étude des Cabires, mais, en présence des vues les plus contradictoires émises tous les jours par les éru dits, il était utile de montrer combien, sous uneappa- 1 (1) Si l’on fait glisser le triangle renversé jusqu’à faire coïn cider sa base avec celle du triangle redressé, on a un losange dont les diagonales forment une croix. Digitized by Google
L?0 BÉISSANCE A NOS GUIDES SPIRITUELS 125 rente diversité, renseignement des mystères antiques était partout le même, et combien les hommes instruits de l’antiquité, c’est-à-dire les initiés, différaient peu dans leurs croyances métaphysiques de celle que les chrétiens professent encore de nos jours.
Au milieu du cahos intellectuel où vit la génération présente, il est consolant de constater que sur la solution des grands problèmes qui préoccupe le plus l’humanité, la réponse des savants de tous les temps passés a été unanime. Le 27 septembre 1894. Dr F u ga iro n. l ’obéissance à nos guides Spirituels La philosophie rationnelle pèse les probabilités, prononce et s’arrête tout court. Elle dit hardiment : On ne peut décomposer la lumière.
La philosophie expérimentale l’écoute et se tait devant elle pen dant des siècles entiers ; puis, tout à coup, elle montre le, prisme et dit : La lumière se décompose ! D id er o t. Ce n’est pas dans ces pages qu’il faut rappeler que, dès les premiers âges de l’humanité, la communication entre les vivants et les morts a été constatée.
La survie était l'objet d’une croyance fort répandue dans l’antiquité ; mais la croyance aux guides, c’està-dire à des esprits plus spécialement chargés de nous Digitized by L j O O Q l e
12Ô l ’in itia tio n conseiller, de nous aider, de nous soutenir, n’est pas aussi ancienne. Le concours des désincarnés dans les actions de ce monde a souvent été mis en évidence, certes ; c’est au point de vue personnel qu’il a échappé jadis aux plus sages. Socrate parle bien de son <c démon » familier; Appollonius de Tyane de son « génie ».
Il a fallu le christianisme pour attester l’existence d’êtres ayant charge chacun d’une parcelle d’humanité, et ces êtres sont les « Anges gardiens » de l’Ecriture. Dans le monde spirite l’appellation est changée ; mais au fond c’est bien toujours sous l’empire de la même pensée que Kardec et ses disciples ont conclu à l’existence d’une solidarité étroite entre des âmes en deçà et au delà de ce monde.
D’ailleurs la preuve n’en est plus à faire pour ceux qui se sont attachés à pénétrer le. mystère d’outre tombe et à converser avec les disparus. La croyance aux guides n’est-elle pas logique ?
De même que sur terre il existe entre des personnes appartenant à des classes différentes des affinités inex plicables au premier abord, mais dont la pluralité des existences pourrait bien donner la clef, de même il doit exister entre les visibles et les invisibles des attaches, des liens, des communions de pensées qui les rapprochent les uns des autres ; en sorte que de l’éternelle loi des affinités et de ce rapprochement naissent la sympathie d’abord, puis l’intérêt, et, le jour où la conviction est bien assise, ou la confiance est entière, les rapports spirituels se développent, on se Digitized by Google
l’obéissance a nos guides spirituels 127 sent entouré d’une atmosphère spéciale, facilement reconnaissable, on se sent enfin soutenu et souvent dirigé... Mais que devient alors le libre arbitre, direz-vous, si nos pensées ne sont pas les nôtres, si on exerce une pression sur notre volonté ?
Tout d’abord il convient de bien établir que les esprits lisent dans nos cerveaux aussi facilement que si chaque pensée y était inscrite en caractères ineffa çables. Ils ne se chargent du reste de notre vie, ou plutôt de sa direction que d’après notre consentement. Et alors la confiance exige la [confiance et partant 1 obéissance de celui qui ne voit pas à celui qui voit pour lui.
Dans ce domaine-là, du reste, rien n’est absolu, et chacun doit faire ses expériences personnelles. • Mais, pour que ces expériences soient efficaces et concourent à notre avancement spirituel, il faut en première ligne supprimer le « moi » haïssable qui nous trompe, qui nous leurre.
Et ce « cher moi » nous tient enserré, et alors nous sommes aveugles, sourds; rien n’est bien que ce que nous pensons, rien n’est bon en dehors de nous ; si nous ne sommes décidés à transformer notre vie, tout ce que nous faisons est invisible. L’orgueil insensé qui nous gonfle est notre pire ennemi ! Comment écouter, comment mettre en pratique, si nous nous croyons infaillibles ?
Mais j’exagère sans doute, et parmi nous s’il est souvent des inutiles, des orgueilleux, ou des lâches, s’il y a aussi des braves cœurs, c’est à ceux-là que je m’adresse. A ceux dont l’âme aspire à recevoir la Digitized by Google
L INITIATION I 28 rosée bienfaisante, la parole de vie, à ceux dont le cœur est plein d’une tendresse infinie pour ce qui souffre, pour ce qui pleure, pour toutes les misères, donc à ceux qui consolent je leur dirai : vous serez consolés ! Elevez-vous encore, vous n’êtes qu’au pre mier échelon ; encore un effort, et faites généreuse ment le don de vous-même : obéissez.
Eh ! sans doute, vous allez obéir quand les voies de votre guide correspondront aux vôtres ; et si tous, tant que nous sommes, nous croyons bons les conseils qui s’harmonisent avec votre volonté, si nous exaltons alors l’appui que les guides nous prêtent, pourquoi n’avons-nous plus la même confiance lorsque leurs conseils sont à l’encontre de nos désirs ? Inconséquence humaine toujours !
Si nous n’admettons pas l’existence ou l’influence immédiate des guides, il n’y a rien à dire ; mais nous spirites, nous croyons à l’existence d’êtres chers nous suivant dans les méandres de la vie, comme de mys térieuses éioiles visibles pour nous seuls. Pourquoi nous détourner de la route qui nous est montrée, fûtelle en apparence la plus contraire à nos intérêts ma tériels?
Si les obstacles abondent, les secours abonde ront aussi, si nous marchons résolument sans regar der en arrière !
Voyez-vous, mes amis, la confiance, Y obéissance aux esprits supérieurs et familiaux, l’obéissance surtout est encore la voie la plus sûre, car en dehors même de la confiance que nous devons avoir en eux, il faut bien nous avouer que, délivrés des chaînes de la chair et de nos préjugés, ils sont mieux placés que nous pour voir les dangers qui nous Google
l’obéissance a nos g u id es s pir it u e l s 129 entourent, par conséquent mieux placés aussi pour nous les faire éviter. Avant de vous quitter, peut-être pour toujours, laissez-moi vous dire que, en France plus qu’ailleurs, nous sommes indifférents ; qu’en France moins qu’ailleurs on obéit, et que nous considérons, nous, qui commençons par l’obéissance, que sans elle nous n’arrivons à rien.
Nous sommes capables d’un effort sans doute, mais qui nous donnera d’accomplir toute la tâche, tout le devoir ? Est-ce une main humaine qui se tourne vers nous ? Est-ce de nos compagnons de captivité que viendra la délivrance ? Pauvres insen sés, nous courons à l’abîme. Arrêtons-nous un ins tant, et causons ; écoutez cette voix qui vous supplie ! Là, dans le calme,la voix de l’Esprit se fera entendre.
Elle vous dira les merveilleux secrets toujours dévoi lés de ce monde enchanté que nous devons décou vrir à coups de sacrifices. Tout est là. « Qui donc estu toi-même, toi qui viens nous flageller ? » « — Rien, mon frère,une poussière comme toi. Mais grâce à l’obéissance absolue tu deviendras toi aussi « le chien du berger. » Une simple pensée en terminant recueillie de la bouche du grand Philippe notre maître.
Je vous lais serai avec elle, je n aurai fait que passer, cela restera ! « Obéissance, humanité, sagesse, douceur, paix du cœur ! » Photès. b Digitized byGoogle
i3o l’in itia tio n Division du ciel en maisons astrologiques ET DÉTERMINATION DES ARCS DE DIRECTION PAR LA MÉTHODE RATIONNELLE DE JEAN DE MONTEREGIO Accompagnées d ’une comparaison rapide avec les autres systèm es. SYSTÈME DE CAMPANUS J.-B.
M orin attribuait à la méthode de C ampanus une valeur bien supérieure à celle des autres systèmes, et, bien.qu’elle présentât encore selon lui quelques incon vénients, il estimait que c’était la seule qui fût compa rable à celle de J ean de M o n t e r e g io .
Il semble qu’en formulant un tel jugement il ait considéré bien plus les résultats qu’elle fournit que la manière dont elle procède et à ce point de vue nous sommes complè tement de son avis, car souvent ils s’éloignent fort peu de ceux de la rationnelle. .Mais si nous étudions son mode d’action et si nous observons les artifices dont elle use, nous devons reconnaître qu’elle diffère énor mément de toutes les autres méthodes, tandis que le système d’Alchabitius, après la modification que lui Digitized by Google
DIVISION DU CIEL ÊN MAISONS ASTROLOGIQUES I 3 I fit subir un auteur inconnu, présentait une ressem blance manifeste avec celui préconisé par Morin dé VlLLEFRANCHE. De tout temps les astrologues ont enseigné qu’il fallait dans la répartition du ciel en maisons astrolo giques opérer tout d abord la division d’un grand cercle de la sphère, puis mener certaines coordonnées parles points de division.
Les systèmes ne différaient donc entre eux que par la nature du cercle qu’ils divisaient et par celle des coordonnées dont ils se servaient. Tandis que Ptolémèe divisait l’écliptique en partie égales et achevait la domification au moyen de grand cercles qui passaient par ses pôles, nous verrons dans la suite que Jean de Monteregio effectuera la même opération au moyen de l’équateur et des cercles de position.
Si maintenant nous examinons les autres systèmes, nous remarquons qu’ils constituent le pas sage naturel de la méthode égale à la méthode ration nelle. Plus ils s’éloignent de l’une, et plus ils se rap prochent de l’autre.
Tous apparaissent alors, y compris celui de J. de Monteregio, comme les modifications successives de celui de Ptolémée, et si par moment le passage semble trop brusque, on peut aisément sup poser qu’il s’en est égaré quelqu’un. En tout cas, ce qui nous reste suffit largement pour nous permettre de constater leur enchaînement rationnel et pour nous manifester une tendance commune.
Quelle est cette tendance et quelle idée a présidé à sa naissance, voilà ce que nous tenterons d’éclaircir après l’exposition des deux derniers systèmes. Voyons maintenant quelle est la manière de procé* Digitized by Google
132 'l’in it ia t io n der de Campanus et quelle est l’innovation qui place son système tout à fait à part (i). i° Par les points d’intersection de lïhorizon et de l’équateur, on décrit un Azimuth (i), c’est-à-dire un grand cercle passant par les pôles de l’horizon. Cet Azimuth est partagé en quatre quadrants par le méri dien et par l’horizon. 2° Chacun des quadrants est divisé à son tour en trois parties égales. .
3° Par les points de division on mène des cercles de position. Ainsi la division de l’équateur et celle de l’écliptique sont abandonnées, et par ce fait Campanus s’éloigne non seulement de Ptolêmée, mais aussi de Jean de Monteregio. Il se différencie également des autres auteurs puisqu’il est impossible de considérer sa méthode comme servant de lien entre l’égale et la rationnelle.
En un mot il représente un mouvement particulier et occupe une place tout à fait à part dans l’histoire xles domifications. On constate chez lui une tendance analogue à celle dont nous parlions au sujet des autres systèmes, mais sa réalisation originale diffère absolument de celles de ses devanciers. Du reste J.-B.
Morin lui reproche beaucoup l’emploi de son Azimuth qu’il considère comme un cercle arti- (i) Tractatus spherœ. — Campani compendium super tractatu de sphera. (Venetiis in œdibus Luceantonii lunte Florentini ; 15 3 i.) (i) Nous avons conservé à ce cercle le nom que lui donne C am panus : Sunt autem azimuth circuli transeuntes per polos ori^ontis qui sunt zénith et ejus nadir. {De Sphera, ch. xxvm). Digitized by C j O O Q l e
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES I 3 3 fïciel. Selon lui il y a trois sortes de cercles dans la sphère : les terrestres, les célestes et les mixtes. L’hori zon est l’unique cercle terrestre ; l’équateur et l’éclip tique sont célestes ; enfin le méridien et les cercles de position sont mixtes.
Tous doivent être utilisés lors de la répartition du ciel en maisons astrolqgiques, mais seul un cercle céleste doit être divisé par suite même de la nature du mouvement diurne. Enfin il écarte l’écliptique à cause des inconvénients qu’elle présente dans la méthode égale et ne conserve que l’équateur. SYSTÈME DE JEAN DE MONTEREGIO Les astrologues procédaient de deux manières dans la domification du ciel par le système rationnel.
A cette époque, une grande quantité de tables astro nomiques avaient vu le jour, car le mouvement com mencé avec A lfo nse X ( i ) n’avait fait que s’accentuer ; aussi voit-on les adeptes de l’astrologie abandonner les calculs astronomiques et user uniquement de tables dressées par quelques-uns d’entre eux ou par des (i) A lfonse X, roi de Castille, est l’une des figures les plus intéressantes de l’histoire de l’hermétisme.
C’est à lui que nous devons une grande partie des traductions qui firent connaître en Europe les astrologues et les alchimistes arabes. Enfin les tables alfonsines, premier monument de l’astronomie occiden tale, furent élaborées dans un milieu de savants arabes, juifs et chrétiens qu’il avait attirés à Tolède et dont il présidait les travaux. Parmi eux nous citerons le très célèbre et très savant kabbaliste R.
Isaac Àbenfid, que ses contemporains avaient surnommé Hazan. Il appartenait à un adepte de la science her métique de raconter la vie de ce prince et d’analyser les œuvres Digitized by Google
l'initiation r34 astronomes (i). Les uns se servaient des Tables dés Maisons (2); les autres, des Tables des Ascensions. Mais les premières n’étant pas établies pour toutes les latitudes, J.-B. M orin rapporte que leur usage était peu répandu ; on préférait opérer au moyen des tables xies ascensions qui permettaient d’obtenir une division répondant exactement à la latitude du lieu.
Ce sont du reste les seules que renferme l’ouvrage {3) de * 1 qu’on lui attribue.
Ce travail eût incombé à notre ami P o iss o n (P h ilo p h o t è s ) , si la mort n’était venue le surprendre au moment où il allait coordonner les documents recueillis sur ce sujet Nous espérons réaliser un jour cette faible partie de l’œuvre grandiose qu’il avait rêvée, car nous ne pouvons accorder la moindre valeur au travail très superficiel publié par M. M a r cu s d e V è z e (E r n e s t B o sc ) dans les colonnes du Voile d'Isis.
Cette faiblesse est excusable, car, ainsique nous le disions plus haut seul un disciple de l’Esotérisme étant apte à faire connaître la vie et les œuvres d’Alphonse X, il était impossible à M. E r n e s t Bosc, qui ne connaît ni la Kabbale, ni l’Astrologie, ni l’Alchimie de fournir un travail plus personnel. (1) Après le démembrement de la science synthétique de l'an tiquité, nous assistons maintenant au morcellement de l’une de ses parties.
L’astrologie judiciaire, l’astrologie naturelle et l’astronomie correspondant à la psychologie, à la physiologie et à l’anatomie du Macrocosme (C h . B a r le t , le Lotus, août 1888) rompent leur unité primitive et deviennent trois sciences distinctes.
L’astronomie surtout va s’éloigner des deux autres, car C o lb e r t , fondant son académie des sciences en 1666, la reconnaîtra seule comme officielle et bannira les deux autres de l’enseignement. (2) Ces tables existent en grande partie dans le traité de J u n c tin d e F lo r e n c e .
On trouve même celles qui conviennent à notre pays dans un volume moins important et plus répandu du même auteur : Spéculum astrologiœ quod attinet ad judiciariam rationem nativitatum atque annuarum revolutionum:... Lugduni, 1 5 73. (3 ) J o à n n is d e M o n te r e g io , Mathematici clarissimi, Tabules directionum profectionumque, non tam Astrologiœ ju d iciariœ, quam tabulis instrumentisque Jabricandis utiles ac necessariœ ; Witebergæ, 1584. Digitized by Google
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 135 d e Monteregio, et les problèmes de cet auteur n’ont trait qu’à la manière de les utiliser. Pour opérer la division du ciel en maisons, il est nécessaire de posséder : i° L’heure exacte de la naissance; 2° L’ascension droite du soleil ; 3° La latitude du lieu de nativité. On calcule alors le temps exact qui s’est écoulé au moment de la naissance depuis le passage du Soleil au méridien (i).
Ce temps est converti en degrés et minutes d’ascen sion droite, à raison de 15° par heure, puis ajouté à l'ascension droite du Soleil Cette opération fournit l'ascension droite du milieu du ciel, ou cuspide de la maison X, au moment de la naissance.
A l’ascension droite de la maison X on ajoute alors 3o°et on obtient l’ascension oblique de la maison XL Cette opération renouvelée cinq fois fournit les ascen sions obliques des maisons XI, XII, I, II et III (2). Les opérations qui vont suivre auront pour but de calculer les longitudes en fonction de ces ascensions obliques pour la latitude du lieu de nativité.
Ici les (1) On peut s’étonner qu’il soit question d’ascension droite pour la maison X, tandis que pour les autres maisons on s’ap plique à déterminer l’ascension oblique. Mais il suffit de remarquer que le méridien est en même temps un cercle ho raire*'et un cercle de position d’où il résulte que l’ascension droite du sommet du ciel se confond avec son ascension oblique.
En outre, pour obtenir la longitude dè la maison X, il suffit de se reporter, sans s’inquiéter delà latitude, à la Table des ascensions droites (verso du feuillet 49) qui fournit les longitudes en fonction des ascensions droites. (2) C’est-à-dire depuis le midi vrai. Il faut donc avoir soin de tenir compte de l’équation du temps. Digitized by Google
136 l’initiation tables de Jean de M onteregio deviennent indispen sables si l’on veut éviter des calculs longs et difficiles. Dans le volume que nous avons indiqué plus haut (Tabulœdirectionum, etc.), on trou veau recto du feuil let iii une table intitulée Table rationnelle des mai sons (i) qui fournit en regard de chaque latitude l’élévation du pôle au-dessus du cercle de position des maisons XI, XII, II et III.
Connaissant alors l’ascension oblique d’une mai son et l’élévation du pôle au-dessus de son cercle de position, on obtient facilement sa longitude au moyen des Tables des ascensions obliques. Il suffit de re marquer que ces tables ont été établies pour toutes les latitudes et qu’il faut avoir soin de choisir celle qui porte en tête la latitude du cercle de position.
Quant aux longitudes des maisons occidentales, on les obtient facilement en prenant les points de l’éclip tique qui sont opposés aux cuspides des maisons orientales. En effet le cuspide de la maison IV est en opposition avec celui de la maison X, celui de la maison V avec celui de la maison XI, etc. Telle est donc la marche suivie dans la domification du ciel par la méthode rationnelle.
Cependant, si le système de Jean de Monteregio ne doit plus re- * cevoir de changements, il n’en est pas de même de sa façon de procéder. En effet, M orin de V illefranche (i) Il n’est point question dans cette table de l’élévation du pôle au-dessus du cercle de la position de la maison I, mais elle est connue, puisque ce cercle de position est l’horizon du lieu de nativité et que nous connaissons la latitude de ce dernier. Digitized by L . o o Q l e
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 137 fait observer que, si l’équateur est toujours divisible par les cercles de position, il n’en est pas de même pour l’écliptique. Entre les cercles polaires et les pôles il arrive parfois qu’elle coïncide avec l’horizon ou avec un autre cercle de position.
Ainsi à 66* 3o'de latitude elle se confond avec l’horizon ; à 69° 22', avec le cercle de position de la maison XII : à 770 44', avec celui de la maison XI.
Pour parer à ces inconvénients, J.-B M orin établit une série de calculs dont le déve loppement nous entraînerait bien loin et qui présen teraient peu d’intérêt pour beaucoup de nos lecteurs; nous renverrons donc aux ouvragesqui en traitent (1), Cependant, nous ferons observer que s’il y a un grand inconvénient à se trouver parfois dans l’impossibilité de déterminer le cuspide d’une maison, d’autre part il est bien rare que l’on ait à dresser un thème céleste pour une semblable altitude.
Après avoir parcouru rapidement les différents sys tèmes de domification du ciel et exposé les façons de procéder, notre tâche d’historien est terminée. Mais, avant de nous occuper des Directions, nous sommes désireux de chercher si en un coin quelque lumière discrète ne brille qui puisse nous éclairer et nous servir de guide lorsqu’il conviendra d’élire l’un d’eux.
L’homme S’enorgueillit du travail de la pensée et salue toutes ses productions comme autant de sym boles de la fécondité de l’intelligence; mais, plus les 1 (1) Astrologia gallica, ch. v ii. Les Tables astronomiques du comte de Pagan données pour la juste supputation des planètes, des éclipses et des figures célestes ; Paris, 16 5 8 . Digitized by Google
i 38 l’initiation hypothèses s’entassent, plus les systèmes s’accumu lent, plus aussi la certitude s’éloigne. Il ne suffit donc pas de grouper des opinions et de réunir des doctrines, mais il faut aussi fournir le moyen de faire un choix parmi elles. Nous disions précédemment que toutes les mé thodes de domification n’étaient que des modifications de celle de P tolémée, et nous espérons que le lecteur en les comparant partagera notre avis.
En consé quence, dans l’examen qui va suivre nous négligerons les termes intermédiaires pour ne nous occuper que des extrêmes. Peut-être qu’en étudiant les tendances propres à chacun d’eux nous remarquerons que leurs auteurs se plaçaient à des points de vue différents, et que l’antinomie des systèmes découlait de celle des conceptions de leurs partisans sur l’astrologie.
Si nous remontons dans l’histoire jusqu’à l’époque de la première réforme, nous remarquons de tout temps que, partant de ce principe que les astres sont les causes actuelles de tout ce qui nous arrive, les as trologues se sont inquiétés des lois qui pouvaient ré gir leur action.
Suivant eux, l’analogie devait êtrecomplète entrela transmission desinfluencesastralesetcelle de la lumière ; aussi devait-on chercher à formuler en as trologie des lois analogues à celles que renfermait l’op tique.
Les situations respectives de notre globe ter restre et des planètes qui l’inondaient de leurs rayons devaient être fournies par des formules géométriques, tandis qu’on repoussait bien loin l’arbitraire qui sem blait avoir prévalu jusque-là. Toutes les investigations tendaient à la découverte d’un système vraiment naDigitized by Google
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES 13g turel, et le rationalisme s’évertuait à construire une base solide qui semblait faire défaut en astrologie. A la lumière nouvelle dont ils s’éclairaient, tout le tra vail de l’antiquité paraissait tissu d’illogismes. C’est alors que l’on vit naître ces nouveaux sys tèmes qui. n’étant plus en contradiction avec le prin cipe adopté, devaient rencontrer un accueil favorable auprès de l’esprit humain.
Mais plus on avançait dans la voie des réformes, et plus on constatait que toutes les parties de l’astrologie se trouvaient loin de répondre à la conception nouvelle (i). C’est alors que successivement se manifestèrent sur les aspects, les directions et la domification du ciel des lois nouvelles dont l’apparition fut le sujet de discussions passion nées entre les partisans de l’ancienne forme et les novateurs.
La répartion du ciel en maisons s’était opérée suc cessivement de différentes façons lorsque parut enfin la méthode de Jean de M onteregio.
Désormais, la raison fut satisfaite, car, conforme au principe adopté, le nouveau système divisait le ciel en deux parties égales au moyen de l’horizon réel, et opé rait sa domification en tenant compte pour chacun de (i) Nos auteurs sont unanimes à considérer la basse latinité et le moyen âge comme néfastes pour l’astrologie. Nous ci tons le passage de F a b re d ’O uvE T relatif à cette opinion.
D’autre part E lip h a s L ê v i nous dit : « La véritable astrologie, d’ailleurs, celle qui se rattache au dogme unique et universel de la Cabale, a été profanée chez les Grecs et chez les Romains de la décadence. » Et plus loin : « Tout cela a été matérialisé et rendu superstitieux par les généthliaques et les tireurs d’ho roscopes de la-décadence et du moyen âge. » (Dogme et Rituel de la haute magie.) Digitized by Google
l ’in i t i a t i o n 140 ses points non de la longitude ou de l’ascension droite, mais de la position exacte par rapport à l’horizon. Nous sommes donc bien loin delà méthode égale qui créait un horizon fictif passant par les pôles de l’éclip tique et par les points d’intersection de ce cercle et de l’horizon, et qui, semblant considérer l’écliptique comme un vaste cadran, ne s’occupait que des posi tions par rapport à ce cercle.
Or de tout temps on rencontre parmi les astrologues et parmi les philosophes favorables à l’Astrologie deux doctrines reposant sur des principes très diffé rents. Les uns considèrent les astres comme doués d’une influence active, tandis que d’autres ne voient en eux que les signes des événements futurs.
Ces deux conceptions rencontrèrent [des partisans et des ad versaires sérieux, mais il faut reconnaître que les adeptes de l’ésotérisme inclinèrent souvent vers la seconde. Je me permettrai de citer à ce sujet quelques pas sages qui viennent en aide à cette opinion.
Voici ce que dit en son commentaire aux Vers dorés de Pythagore notre vénéré maître F abre d’O livet : « Car, croire que les astres ont une influence actuelle et di recte sur la destinée des peuples et des hommes, et qu’ils déterminent même cette destinée par leurs aspects bons ou mauvais, est une idée aussi fausse que ridicule, née dans les ténèbres des temps mo dernes, et qu’on ne trouvait pas chez les anciens même parmi le vulgaire le plus ignorant. La science généthliaque s’appuyait sur des principes moins abDigitized byGoogle
DIVISION DU CIEL EN MAISONS ASTROLOGIQUES I4I surdes.
Ces principes, puisés dans les mystères, étaient comme je viens de l'expliquer, que l'avenir est un retour du passé et que la nature est la même par tout (1). » Telle était en effet l'opinion des plus grands philo sophes de l'antiquité, et si F abre d’O l iv e t nous fait connaître la pensée de P ythagore, nous voyons d’autre part P la to n, dans le Timée, exprimer cette idée que les astres sont les signes des événements futurs (2).
P lo tin dans ses Ennéàdes enseigne que les astres in diquent les événements futurs et n’exercent qu’une in fluence physique par leur corps et sympathique par leur âme irraisonnable. Selon lui, l’univers est un être organisé et vivant, possédant une grande âme qui renferme toutes les âmes particulières. Rien n’ar rive sur un point qui ne retentisse sur tous les autres.
Par la même raison, tout phénomène est le signe d'un autre phénomène et c’est en vertu de cette analo gie universelle que les astres indiquent les événe ments futurs.
Or nous savons que P laton considé rait aussi l'univers comme un être organisé et que de cette idée il tirait l’unité et l’uniformité de la na ture, l’un des principes qui, suivant Fabre d’Olivet, servent de base à l’astrologie : « Ce principe décou lait du dogme antique sur l'animation de l’Univers, tant en général qu'en particulier : dogme consacré chez toutes les nations, et d’après lequel on ensei- ( 1) F a b rç d’O liv e t , Les Vers dorés de Pythagore, expliqués et traduits pour la première fois en vers eumolpiques français; Paris, 18 1 3, seixième examen. (2) Timée, p. 109 de la trad. de M. H. Martin. Digitized byGoogle
142 l’initiation gnait que non seulement le Grand Tout, mais les mondes innombrables qui en sont comme les mem bres, les Cieux et le Ciel des Cieux, les astres et tous les êtres qui les peuplent, jusqu’aux plantes mêmes et aux métaux, sont pénétrés par la même âme et mus parle même esprit. » Enfin voici un passage de M. F ra nck, qui nous montre quelle était, sur le sujet qui nous intéresse, la doctrine des kabbalistes : « De la croyance que le monde inférieur est l’image du monde supérieur, les kabbalistes ont tiré une conséquence qui les ramène entièrement au myticisme : ils ont imaginé que tout ce qui frappe nos sens a une signification symbolique ; gue les phénomènes et les formes les plus matérielles peuvent nous apprendre ce qui se passe ou dans la pensée divine ou dans l’intelligence humaine.
Tout ce qui vient de l’esprit doit, selon eux, se manifester au dehors et devenir visible. Delà la croyance à un alphabet céleste et à la physiognomonique.
Dans toute l’étendue du ciel, dont la circonférence entoure le monde, il y a des figures, des signes, au moyen des quels nous pourrions découvrir les secrets et les mys tères les plus profonds. » Ces quelques citations suffiront pour démontrer combien était répandue l’opinion que les astres n’é taient que les signes des événements futurs et non les causes réelles et immédiates, et nous sommes conduit à rechercher chez les anciens un système astrologi que correspondant à cette idée. En effet, ce dogme antique qui considère les planètes et les étoiles fixes comme les éléments d’une écriture
DIVISION DU CIEL EN MAISONÊ ASTROLOGIQUES ^ 3 céleste annonçant aux humains leurs destinées me nait directement à la pratique de l’astrologie. Nous devons supposer cependant que les partisans des signes et ceux de l’influence réelle ne devaient pas procéder d’une manière identique.
« Si nous nous remémorons les tendances que nous avons constatées dans la méthode égale et dans la mé thode rationnelle et si nous nous souvenons combien cette dernière s’était adaptée pour cette idée que les astres agissaient, nous ne serons pas éloignés de pen ser que la méthode de Ptolémée, modification déjà peut-être d’une précédente, répondait à cette opinion que les astres étaient uniquement des signes (i).
Nous arrivons ainsi à formuler cette hypothèse que dans des temps lointains, bien avant Ptolémée, lorsque les temples d’Egypte étaient florissants, on enseignait au néophyte une science des astres basée sur les prin cipes que nous montrait Fabre d’Olivet dans l’en seignement pythagoricien et qu’alors une méthode astrologique se formulait, parallèlement à cette con ception.
Plus tard, dans les temps de décadence et de disper sion, lorsque la lettre seule fut restée après que l’esprit eut disparu, lentement une réaction commença qui engendra de nouveaux systèmes conformes aux idées nouvelles et qui nous amena, à travers les méthodes de Porphyre et d’Alchabitius, jusqu’à celle de Jean de Monteregio. (A suivre ) A bel Haatan. 1 ( 1) M. Ch. B à r le t considère Ptolémée comme un auteur de décadence au point de vue de l’astrologie. Digitized by Google
r44 l’initiation Je [viens d’être témoin d’un fait très singulier, inexplicable pour ceux qui ne s’occupent pas d’occul tisme, mais que les lecteurs de cette revue, d’une haute portée intellectuelle, trouveront certainement tout naturel. Je ne le mentionne donc que comme une confirmation de nos doctrines, comme une nou velle preuve de l’existence du médiateur plastique et de la lumière astrale.
Une jeune femme anglaise, qui habite' depuis quelque temps à Paris chez une de mes filles, est séparée de son mari à qui elle est très attachée. Il est actuellement en Chine où il commande un navire anglais. Le3i décembre de l’année 1894, Mrae Th. s’endormit en pensant à son mari, si éloigné, et dont elle aurait tant désiré la présence au commencement de la nouvelle année.
Elle rêva qu’elle entrait dans la cabine du comman dant Th. qui éprouvait un violent mal de gorge, et quelle le badigeonnait avec de la teinture d’iode. Or, à son réveil, Mme Th. avait une main dont les doigts étaient entièrement tachés d’iode. Elle ne réussit que difficilement à faire disparaître les traces de l’iode dont j’ai vu encore quelques vestiges en déjeunant avec elle le ier janvier.
La maison qu’elle habitait ne contenait pas une goutte d’iode, comme on le vérifia avec la plus grande attention. Digitized by Google
MARQUES ASTRALES i45 Mme Th. me raconta que l’année précédente, le I er janvier 1894, étant auprès de son mari, il avait ressenti de vives douleurs à la gorge, et qu’elle l’avait soigné avec de la teinture d’iode. Tout ceci est scientifique et n’offre rien de plus surnaturel que les signes qui s’impriment, sur le corps des enfants qui ne sont pas encore nés, sous l’influence des imaginations de leurs mères.
Mais comment ces faits s expliquent-ils ? Le corps astral est l’enveloppe fluidique de la lumière corpo relle émanée de la terre et de l’homme ; cette enve loppe est d’une extrême élasticité ; elle est formée de la quintessence des esprits vitaux et du sang.
La volonté secrète peut déterminer la couleur empruntée par cette enveloppe qui suit les contours du rêve, et dans le cas qui nous occupe, les doigts de la dormeuse se sont trempés dans la lumière colorée par les reflets du songe.
Je regrette de n’avoir pu faire analyser par un savant occultiste les taches d’iode ou de la substance qui ressemblait à l’iode, car, le médiateur plastique étant en partie constitué par le sang, ce sang jauni et transfiguré a pu imprimer aux doigts les apparences des maculations de l’iode. Je livre le fait dont je garantis l’authenticité aux appréciations des savants collaborateurs de Y Ini tiation. L. H utchinson, Elève d'Eliphas Lévu Google
l'initiation ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE f CROIX (Thèse de baccalauréat) ESSAIS D’INTERPRÉTATION DU SYMBOLISME de la MAÇONNERIE d’YORK I LE MAITRE DE MARQUE PAR É douard BLITZ R A S I, *;* d *:* s 0 c*:- « Les Loges toujours si sages de l'Angleterre n’ont « su, pas plus que celles des autres nations, se garan- « tir de l'invasion des hauts grades. » Ainsi s'exprime le Fr ...
Ragon au début de son très incomplet Rituel de la Maçonnerie de Royale-Arche, système que, malgré sa vaste érudition, cet écrivain a fort mal compris ainsi que le prouvent les innombra bles inexactitudes dont fourmille son œuvre.
La plupart des hauts grades du rite d'York ne sont pas la vraie maçonnerie, cela est incontestable, mais ils en sont la clef ; sans eux,il est presque impossible de comprendre le symbolisme et la haute portée philoSYMBOLISME DE LA MAÇONNERIE D’YORK I4 7 sôphique des trois degrés de la maçonnerie bleue qui, aveç le grade de Royale-Arche, constitue la vraie maçonnerie d’origine kabbalistique et gnostique.
Nous devons même ajouter que ce grade de RoyaleArche n’est que la partie complémentaire du grade de Maître, divisé en deux parties par Dunkerley, en 1770.
Le Royale-Arche correspond, dans le rite d’York aux grades de Rose-Croix et des Kadosh dans le rite An cien et Accepté, avec cette différence toutefois que le Royale-Arche ne s’éloigne pas de la légende du Tem ple de Salomon et reste exclusivement judaïque, c'est-à-dire conserve son origine kabbalistique dans toute sa pureté ne considérant pas comme maçonnique la Légende chrétienne des Rose-Croix ni la Légende templière des Kadosh pas plus, du reste, que celle de la Tour de Babel des Noachites.
Ce grade vient immédiatement après celui de Maître au point de vue de l’initiation Traditionnelle, cepen dant il en est séparé par trois grades : Maître de Mar que, Passé Maître et Excellent Maître, ce qui recule le Royale-Arche du quatrième au septième degré.
Pour l’initié, familier avec la symbolique des Nom bres, il est facile de constater combien les réorganisa teurs de la Franc-Maçonnerie au rite d’York ont été bien inspirés lorsqu’ils ont opéré cette transposition. Ces trois degrés intermédiaires ne forment, à pro prement parler, que du remplissage au point de vue de l’initiation kabbalistique.
Mais les enseignements qu’ils donnent, tout, digressifs qu’ils paraissent, sont d’une importance considérable et jettent sur le grade de Maître,, qui précède, et sur celui de Royale-Arche mu. Digitized by Google
I4 8 L'INITIATION qui suit, un rayon d’une intense clarté. — En effet, ces grades ont pour objet la démonstration de l'exis tence d'un Esotérisme Maçonnique à côté du cours de Morale Pratique donné par les rituels, et le rite d'York, c'est-à-dire celui qui se rattache le plus à la Maçon nerie des Désaguliers et des Anderson, le rite qui a subi le moins de superfétations, est aussi le seul qui attire l'attention du maître-maçon surunephilosophie occulte et le dirige dans ses recherches.
Tel est le but pricipal du grade de Maître de Marque, quatrième (et non cinquième) du système d’York, grade basé, selon Ragon, sur une mystification (sic) burlesque, indigne de frères honorés du grade de Maître ! * ♦ Les cérémonies de ce grade sont fondées en partie sur la découverte d'une clef de voûte appartenant à l'une des arches principales du Temple de Salomon et taillée par Hiram Abi, peu de temps avant son trépas.
Cette pierre, de couleur blanche, rappelle le texte de l'Ecriture : « Je donnerai au vainqueur la manne cachée, je lui donnerai « une pierre blanche, et un nouveau nom écrit sur la pierre, « que personne ne connaît, sinon celui qui le reçoit. » {Rev. ii-17.) Cette pierre blanche, cette clef de voûte, n'est que le pentagone (dont l'angle supérieur est arrondi), inscrit dans une étoile flamboyante; cepentagonequi, selon Cornélius Agrippa (Philos.
Occult.) renferme de si grands mystères ; c’est aussi le « pentagone sacré » du rite Egyptien de Cagliostro et le pentaDigitized by Google
SYMBOLISME DE LA MAÇONNERIE d’yORK^ I4 9 gone inscrit dans le camp des Sublimes Princes du Royal Secret. Voici la Légende du Grade.
La veille du sixième jour de la semaine, avant de toucher leur salaire, les compagnons employés à la construction du Temple de Salomon soumettaient leur ouvrage à l’inspection de trois maîtres stationnés aux portes principales du Temple : au Midi, à l’Occi dent et à l’Orient. — Ces inspecteurs avaient pour mission de n’accepter que des pièces bien équarries et de rejeter toutes les autres, ainsi que celles qui ne portaient pas les marques connues.
Le nombre des compagnons employés au Temple se montait à quatre-vingt mille, et, afin d’éviter toute imposture de la part d’ouvriers inhabiles ou de gens sans scrupules, Salomon exigea que chaque ouvrier adoptât une marque particulière dont chaque œuvre devait porter l’empreinte, afin que chaque partie de l’édifice portât le nom de son auteur et que celui-ci pût facilement être idendifié par ses œuvres.
De plus pour éviter toute imposture dont l’objet aurait été de se faire attribuer le salaire dû à un autre, les ouvriers allant toucher leur paie avaient l’ordre de pousser la main à travers le guichet derrière lequel se tenait le Premier Grand Surveillant et de se faire reconnaître en exhibant leur marque en même temps qu’ils fai saient avec les doigts un signe particulier.
De cette façon l’rntrus qui se serait glissé parmi les nombreux compagnons et n’eût pas été capable de se faire recon naître eût été immédiatement puni comme imposteur c’est-à-dire qu’on lui eût coupé la main. Digitized by Google
i 5 o l ’in it ia t io n Or il advint qu’un jour, un compagnon de la deuxième catégorie (dont le salaire consistait en huile en blé et en vin) trouva dans les carrières une pierre blanche d’une singulière beauté. Persuadé que cette pierre était destinée au Temple, il laissa là son propre ouvrage et se joignit aux compagnons de la première catégorie (ceux dont le salaire était payé en espèces) pour soumettre la pierre aux trois inspecteurs.
Mais ceux-ci, après avoir constaté qu elle n’était pas d’équerre et ne portait pas de marque qui leur était connue, décidèrent de la jeter parmi les décombres. Or le temple était terminé ; il ne manquait plus, pour fermer l'arche principale de laquelle dépendait toute la solidité de l’édifice, qu’une certaine clef de voûte qu’à cause de son importance Hiram lui-même avait voulu tailler.
Salomon ordonna que les recherches les plus minu tieuses fussent faites dans le temple, mais elles res tèrent infructueuses. C est alors qu’il appela les trois inspecteurs et, après leur avoir montré le modèle de la clef de voûte, apprit qu’en effet un jeune compa gnon leur avait présenté un travail tout semblable et pour lequel il avait essayé de recevoir un salaire au quel il n’avait nul droit.
Pour ce fait il fut immédia tement saisi et allait subir le supplice infligé aux im posteurs si un compagnon ne s’était porté garant de sa bonne foi et n’avait répondu de lui. Ils ajoutèrent que, ne connaissant point l’usage auquel une pierre ni rectangulaire ni carrée pouvait convenir, ils déci dèrent d’un commun accord de la jeter au rebut. Salomon ordonne de nouvelles recherches qui cette Digitized by G o o g l e
SYMBOLISME DE LA MAÇONNERIE D’YORK I 5 I fois aboutissent, et la pierre que les constructeurs pnt rejetée est devenue la pierre angulaire.
Le jeune compagnon est félicité pour son zèle, instruit des secrets du grade, et le même salaire qu’aux autres ou vriers lui est accordé, ce qui soulève le mécontente ment de ceux qui ont durement peiné la semaine entière ; mais le très vénérableMaître ouvrant le Livre de la loi au chapitre xx de l’Evangile selon saint Mathieu, donne lecture delà parabole du Bon Labou reur, ce qui apaise les mécontents, et l'initiation se termine par le verset final (i 6) de la Parabole, ensei gnement principal du grade : « De même, le dernier sera le premier, et le premier le dernier, car il y-a beaucoup d'appelés mais peu d'élus. » " La Maçonnerie anglaise est fort prodigue de cita tions bibliques, elle en surcharge ses rituels et sou vent en dépit de tout souci chronologique ; c’est ainsi que ce quatrième grâde présente qne foule d’anachro nismes monstrueux ; tels sont les passages des Evan giles cités à tout moment par Salomon.
Mais si l’on veut bien se souvenir que la vérité est de toutes les époques, qu’elle est une, universelle et éternelle, on excuse l’ignorance des ritualistes pour ne considérer que le but éminemment utile de ce grade au point de vue de l’Esotérisme Maçonnique qu’il désigne clai rement à l’attention du maître maçon.
« Que celui qui a des oreilles pour entendre, écoute, » est-il dit au néophyte, et, afin qu’il ait la re commandation sans cesse présente à la mémoire, les auteurs du grade en ont fait le sujet du signe princi pal de sa reconnaissance. Digitized by Google
i52 l ’in it ia t io n Six fois pendant l’initiation est répété le verset : « La pierre que les constructeurs ont rejetée est de venue la pierreangulaire», que vient appuyerencorele i7*versetdu chapitreu de l’Apocalypse, où il est parlé de la pierre blanche et du nouveau mot, connu seu lement de celui qui le reçoit. Le nom même du grade est fondé sur une équi voque dont la signification n’échappera pas à l’initié.
Mark, en anglais, est substantif et verbe. Subtantif, il veut dire marque ou signe, et c'est dans ce sens qu’il est parlé de la marque originale dont chaque compa gnon doit faire choix pour en signer ses travaux, pour identifier ses oeuvres ; et ce signe, cette marque devient synonyme de son nom.
Verbe, le mot Mark a deux sens ; il signifie faire attention, remar quer, et c’est dans cet esprit qu’est lu au néophyte ce passage de la Bible : « 11 me ramena alors vers la porte orientale du sanctuaire extérieur, et elle était fermée.
Et le Seigneur me dit: Fils de l’homme, re marque bien (mark well) et regarde de tes yeux et écoute de tes oreilles tout ce que je te dis par rapport aux ordres et aux lois de la maison du Seigneur ; et remarque bien (mark well) l’entrée de la maison, etc. » Mark well, dans le sens de remarquer bien, prendre bonne note, se bien rappeler, etc., est le mot d’ordre du grade.
Il peut cependant être remplacé par le mot hébreu qui veut dire le petit bout de cuir atta ché au loquet d’une porte, évidemment celle du sanc tuaire dontil est parlé plus haut. LeSiroc, c’est la clef de la porte, comme la « pierre portant le nouveau nom » est la clej de voûte de l’arche. Digitized by Google
SYMBOLISME DE LA MAÇONNERIE D’YORK I 53 Mark signifie encore désigner. L’initié à ce grade, non seulement possède ^ une marque personnelle, mais encore est-il marqué lui-même à son entrée au chapitre, c’est-à-dire désigné pour l’étude de l’Esoté risme Maçonnique, dont il est censé ignorer l’exis tence. Aussi ne sera-ce que lorsqu’il aura compris le symbolisme du grade qu’il deviendra un vrai maçon, un maître de Marque en Franc-Maçonnerie.
En somme, tout l’enseignement du grade se résume en ces deux citations bibliques : « Que celui qui a des oreilles pour entendre écoute » (passage exprimé silencieusement parle signe d’ordre). « La pierre que les constructeurs ont rejetée est devenue la pierre angulaire » (passage exprimé par les deux signes principaux du grade). Le sens pratique de tout ce symbolisme est on ne peut plus clairet il n’est nullement utile de s’y étendre davantage.
Nous remarquons dans la légende une répétition du symbolisme du sublime grade relativement à la perte, aux recherches et à la découverte finale d’un objet exprimant le secret maçonnique. De même que le corps d’Hiram n’a jamais été déposé dans le temple si ce n’est sous les décombres et qu’il n’a été découvert que loin du temple, en pleine campagne, de même la clef voûte n’est pas à trouver dans le Temple, mais au dehors.
Le Temple, ici, signifie la partie extérieure, l’écorce, la matérialisation de cette idée sublime renfermée dans le mot Maçonnerie ; c’est, au contraire, dans les car rières, parmi les décombres, là où le vulgaire et TignoDigitized by Google
L'INITIATION i54 rant ne distinguent que confusion, désordre, chaos : dans l’Esotérisme, la Maçonnerie occulte enfin, que se trouve la véritable clef de voûte dont dépend tout entière la solidité, la durée de l’édifice, le réel secret, la vraie parole, l’âme même de la Franc-Maçonne rie !
Le travail bien équarri, les blocs bien réguliers, à angles bien droits représentent les travaux rituéliques des « Appelés » qui sont nombreux ; ce sont les oeuvres des maçons dont le but suprême est la mise en pratique des préceptes de morale contenus dans les rituels ; le plus souvent ce ne sont que les travaux de ces maçons de routine dont le but suprême est la connaissance plus ou moins parfaite du « catéchisme » avec application pratique facultative.
Ceux-ci ont des oreilles mais n’entendent point, ce sont eux qui s’empressent de jeter au rebut les oeuvres utiles dont ils n’apprécient pas la valeur, et qui se hâtent de traiter d’imposteurs les maçons zélés et intelligents et, voire, de leur couper la main.
Ce sont sont ces maçons de routine qui s’indignent et crient à l’injustice quand l’auteur d'une découverte aussi capi tale que celle du jeune compagnon reçoit un salaire égal au leur ; ils ne tiennent pas compte du fait que ce compagnon a fait le sacrifice de son propre travail pour présenter celui d’un autre qui lui paraissait plus utile.
Ce jeune compagnon a pris dans son acception vraie le sens attaché à la marque caractéristique de chaque ouvrier, cette marque qui n’est quel’empreinte, le cachet d’originalité que doit porter toute œuvre des tinée à ce beau Temple allégorique. Chaque pierre, Digitized byGoogle
155 SYMBOLISME DE LA MAÇONNERIE D’YORK en effet, doit être le travail personnel, l'œuvre origi nale d’un vrai maçon, et le signe distinctif du maître de marque n’est que l’hiéroglyphe de son individua lité. Oui, « celui qui viendra le dernier, » c’est-à-dire le plus jeune entre les Frères, « deviendra le premier » parce que le plus jeune travaille au Grand Œuvre avec l’ardeur et le zèle qui font défaut à son aîné ; il ' parviendra plus tôt que lui au vrai but de la maçonne rie, car il appartient au petit nombre des « élus ». Enfin, l’objet principal de ce grade si intéressant peut être formulé dans les termes empruntés à ce grand initié anglais, Preston (né en 1742). « La Franc-Maçonnerie est un art utile et étendu, embrassant dans son immense cercle toutes les bran ches de la science et du savoir, et elle imprime sur ses véritables adeptes une marque indélébile de supé riorité que ni le hasard, ni la force, ni la fortune ne pourraient donner. Ed. Blitz, S O I *:* Digitized by L a O O Q l e
PARTIE LITTÉRAIRE &■ W®©UÏ Flamme éparse dans l'air'la lumière circule Autour de Vétang morne au fond des bois caché ; Non loin rêve un Yogui debout, et midi brûle La rigide maigreur de son corps desséché. Le Yogui songe ! Il voit, dans le lointain des âges, Sur la face des eaux la nuit du Pralaya Qu'illumine — splendeur dissipant les nuages — L*inénarrable instant où VÊtre s'éveilla ; Uinstant où, surgissant des ténèbres profondes, La nébuleuse ardente, aux flancs lourds de soleil, Laissa se dérouler la chaîne d'or des mondes ; Où la Vie est éclose au fond des deux vermeils. Puis son esprit perçoit les avatars sans nombre Que subit, se créant un devenir fatal, L'Etincelle divine, errante à travers Vombre. Avant de remonter à son foyer natal... Digitized by Google
ASTRA l 5 j r-~Le jour meurt, l’aube point, un autre jour s'achève Sans qu'un tressaillement ait agité son Jront; Il demeure debout, absorbé .dans son rêve : Ni les jours ni les nuits ne l'en arracheront. Il sait l'inanité des passions humaines, Le piège du Désir et la loi du Karma, Et, dédaigneux du cours des apparences vaines, Il aspire au repos dans le sein de Brahma.
C harles D u bo u rg. * Il Lorsque je revins à moi, j’eus d’abord l’impression A’une foule anxieuse qui m’entourait. On parlait à voix basse, et je saisis quelques mots: — Léthargie.— Il y a des cas de mort. — Grave, très grave ! — Enfin je pus ouvrir les yeux, et je vis autour de moi toute la société que j’avais trouvée en arrivant chez Magnus quelques heures auparavant.
Lui-même me prodiguait des soins avec empressement, et son regard fut le pre mier que je rencontrai. Ce regard avait une exprèssion que je ne lui avais jamais vue, et, tandis que tout le monde se réjouissait et me félicitait d’être heureu sement revenu d’un évanouissement qui aurait pu être mortel, seul l’étudiant restait sombre et me con sidérait d’un air presque méchant. J’appris alors que nous avions été sauvés grâce Digitized by v ^ o o o le
l ' in itia tio n à rintervention providentielle d’un passant, qui* voyant une lueur insolite éclairer plusieurs fenêtres de la maison, était monté, croyant à un incendie. Personne n’avait conservé qu’un souvenir très vague des émotions par lesquelles nous avions passé, et seul Magnus avait vu l’inconnu auquel nous devions la vie.
Tout le monde était extrêmement fatigué; nous prîmes donc congé de l’étudiant, et je voulus partir avec les autres, malgré l’insistance qu’il mit à me rete nir; car il n’était pas prudent, disait-il, de me mettre en route si vite après ma syncope.
Comme je persistais dans ma résolution, il voulut du moins m’accompagner et, quoique très las luimême, il me fit escorte jusque devant chez moi. — Ne l’avez-vous pas vue ? me demanda-t-il à l’improviste, au moment de nous séparer. — Qui donc? répondis-je avec un étonnement joué, comprenant d’intuition qu’il fallait dissimuler.
Il hésita un moment à me poser une nouvelle ques tion, puis s’éloigna en murmurant un nom que je ne pus qu’imparfaitement saisir. Lorsque je m’éveillai le lendemain matin, le soleil était déjà haut au-dessus de l’horizon. Je m’habillai rapidement et sortis.
On était à la fin du printemps; la plaine du Neckar étendait au loin son tapis de verdure, et là-haut, sur la colline qui dominait la ville, le vieux château de Heidelberg élevait dans le ciel bleu la masse imposante de ses ruines gothiques. J’étais arrivé à mi-chemin de l’antique demeure Digitized by Google
ASTRA l 5ÿ féodale, les oiseaux chantaient sur les arbres, une bonne odeur montait de la terre, partout on voyait fourmiller la vie, et une gaîté était épandue sur les choses. Seul, parmi les êtres, je ne me sentais pas en communion avec la nature. A quelles causes mystérieuses tiennent donc la joie et le bonheur ?
Jamais matinée plus sereine n’avait éclairé d’un plus gai soleil les rives enchanteresses du Neckar, jamais l’air n’avait été plus léger et plus pur, jamais mes regards, embrassant d’un même coup d’œil la montagne, la ville, la rivière et la plaine, n’avaient joui à la fois de tant d’harmonie, et cependant j’étais triste.
J’étais triste, mais ce n’était pas, hélas! par l’effet de cette émotion si douce qui se saisit de nous en pré sence des grands spectacles de la nature ou des chefsd’œuvre de l’art. Je me souvenais d’avoir pleuré au trefois en contemplant un paysage, un tableau, une statue ; mais ces larmes, je les aimais, et j’étais heureux de les répandre.
Pourquoi donc m’était-il donné pour la première fois de goûter la mélancolie sans rêverie et sans espé rance ? — Regardez, me dit le philosophe Lauth, qui se trouvait auprès de moi, sans que je l’eusse entendu approcher, regardez la belle fête que nous donnent ce matin la nature et la vie.
Naïvement l’homme s’empresse d’en jouir, il affirme son bonheur, il croit à la réalité de toutes ces choses éphémères et, parce que ses sens lui ont révélé quelques-uns des effets des Digitized by Google
i6o l’in itia tio n forces mystérieuses de la nature, il s’imagine les pos séder elles-mêmes en leur intégrité et en connaître la substance. Pauvres fous que nous sommes! En quoi donc notre réalité diffère-t-elle de nos rêves? Que nous est-il donné de voir sinon des apparences ? Que pou vons-nous savoir des effets, puisque nous ignorons les causes ? Pour le sage, la vie n’est qu’un songe ; il doit én dédaigner les prestiges trompeurs.
Seul le renonce ment peut conduire l’homme à la sagesse, et alors seulement il comprendra de nouveau que le souve rain bien est dans la négation de la volonté d’exister, c’est-à-dire dans le repos éternel au sein du Nirvana. Ces paroles m’impressionnèrent singulièrement. Le renoncement, pensai-je, oui, voilà bien l’eau lustrale où doit se purifier celui qu’a souillé le désir. Oh! oui, renoncer! Renoncer à la vie! Renoncer à l’amour !
Mais l’image de l’Inconnue se dressa tout à coup devant mes yeux en son immatérielle beauté. Je tressaillis. Il apparaissait donc, le fantôme insai sissable qui, projetant son ombre sur mon cœur, avait enténébréde son occulte présence l’élyséenne sérénité de cette matinée printanière ! Oui, je comprenais maintenant, c’était elle dont je souffrais. Quelle était donc cette femme qui d’un seul regard s’était emparée de mon âme? D’où venait-elle?
Où al lait-elle? Me serait-il donné de la revoir? Ou bien, sem blables à deux astres venus de deux profondeurs con traires de l’infini, ne nous étions-nous croisés un jour en un point de l’espaceque pour nous perdre à jamais ? Digitized by Google
AS I HA 161 La perdre ! Je ne connaissais pas son nom, je n’avais pas entendu le son de sa voix, je ne l’avais vue qu’une seconde, et je tremblais à cette idée : la perdre ! Et cependant, que serait-elle demain pour moi, cette femme, si j’avais aujourd’hui la force de l’oublier?
Que serait-elle autre chose qu’un rêve, une halluci nation, à peine un souvenir, destiné, comme tous les souvenirs, à s’effacer lentement du cerveau qui lui donna naissance? Oui, renoncer, c’était là la sagesse ! L’amour satis fait est-il encore l’amour? Où donc le baiser pren drait-il sa douceur, s’il ne la ravissait à l'Idéal ?
« —A quoi pensez-vous? me demanda le philosophe. — Mais.....à rien, répondis-je embarrassé. — Tenez-vous sur vos gardes, me dit-il alors en prenant congé de moi, le mysticisme vous obsède..... Pourquoi voyez-vous si souvent Magnus ?... N avezvous jamais remarqué ses yeux....... ses yeux de vertige? Je rentrai chez moi et passai à travailler le reste de la journée.
J’avais pris la résolution de chasser de mon cerveau toutes ces folles imaginations, qui me préoccupaient depuis la veille, et, à cet effet, je me plongeai dans la lecture d’un traité d’optique. Je m’arrêtai surtout à un chapitre traitant des images réelles: ces corps aériens, qui n’ont de la matière que la forme et la couleur et ne peuvent être aperçus que d’un lieu déterminé de l’espace.
Cette nuit-là, je rêvai que je me trouvais dans un cabinet de physique rempli de miroirs, de lentilles et 6 y 4 Digitized byGoogle
IÔ2 l’in itia tio n de prismes qui décomposaient en arc-en-ciel toute la lumière ambiante. Le philosophe Lauth, couronné d’une auréole, m’expliquait les lois de la réfraction. Tout en par lant, il allait et venait dans la salle, et je voyais son corps passer tour à tour par les sept couleurs du spectre. Une porte s’ouvrit alors, et une femme entra que je reconnus aussitôt.
C’était l’Inconnue dont un seul regard avait suffi â me rendre follement amoureux. J’allais me jeter à ses pieds, mais le philosophe, éteignant tous les prismes et toutes les lentilles, fit jouer un système de miroirs qui dédoubla tout à coup sous mes yeux la radieuse apparition; de sorte que je ne pou vais plus reconnaître la femme réelle de son image.
Profitant du moment de trouble où m’avait jeté ce phénomène, le professeur fit disparaître une des deux femmes, et, lorsque j’eus enfin la force de m’appro cher de celle qui était restée, je m’aperçus avec stu peur que ses pieds ne touchaient pas le plancher : elle était suspendue dans l’espace, aérienne et immàté.- rielle; et cependant elle me souriait, et pour ce sou rire j’aurais donné ma vie.
Je fis un pas vers elle, mais quel ne fut pas mon trouble en constatant que la distance qui nous sépa rait était restée la même. Affolé, je m’élançai pour la saisir. Illusion 1 Elle s’enfonçait devant moi dans l'espace! Peu à peu il me semblait que ses contours perdaient leur netteté et, dans ma poursuite furieuse, je vis l’image osciller, se troubler, puis se dissoudre et s’effacer comme un fantôme. Digitized byGoogIe
ASTRA l63 Un rire sarcastique se fit entendre derrière moi, et la voix du professeur articula : — U image est rejetée à Vinfini. Cela vous apprendra à poursuivre l’Idéal. Comme je me retournais, ivre de fureur, je vis briller sous les paupières de Lauth les yeux de Magnus !..... les yeux de vertige ! Ils m’attiraient! A chaque pas je les voyais grandir, et maintenant c’étaient deux gouffres bleus ! Je me penchais au-dessus d’eux.....
Oh ! oh ! oh ! T A p p e l du G o u ffr e ! Je me réveillai en nage, et encore tout secoué des émotions de la nuit. Rien n’était changé autour de moi ; la lumière, décomposée par les prismes du rêve, avait repris sa couleur blanche, et le soleil d’or vibrait au fond du ciel d’azur. En arrivant ce matin-là au cours de Lauth, je re marquai, non sans un certain plaisir, que Magnus ne s’y trouvait pas. Le professeur venait de commencer.
Il parlait des hallucinations visuelles. — De même que les objets extérieurs, disait-il, peuvent produire sur nous des impressions et faire naître par là les idées de ces objets, de même une idée, née dans notre cerveau, peut, en parcourant la même route en sens inverse, s’objectiver hors de nous-même. Le premier de ces phénomènes s’appelle idéalisa tion de la matière, et le second matérialisation de Vidée.
Dans ces deux cas, la construction des images ne différerait donc qu’au point de vue du sens de la Digitized by U j O O Q l e
l ’in itia tio n marche des rayons, et l’halluciné se trouverait dans les conditions physiques d’un observateur contem plant une image réelle, dont la réalité objective lui serait intérieure. Il en résulte qu’en tout semblable à l’image réelle ordinaire, l’hallucination peut être reçue sur un écran, partant photographiée, ce qui explique scien tifiquement la photographie dité spirite.
Là-dessus le savant fit circuler parmi nous des cli chés et des épreuves représentant des esprits maté rialisés. A quelques jours de là, comme je me promenais dans les jardins de Schwetzingen, j’entendis une voix de femme qui chantait avec tant de pureté et de sen timent que j’en fus ému jusques aux larmes.
C’était l’heure du soir où le rossignol prélude ; tout se taisait au loin, et seul le chant montait dans l’air spnore, comme une aspiration sublime de i’âme vers un idéal entrevu, vers un paradis perdu et regretté.
Je me dirigeai du côté d’où venait la voix, et je vis alors une [jolie maisonnette entourée d’un jardin dis paraissant à demi dans les arbres; mais il me fut im possible d’apercevoir la chanteuse, et une pensée étrange effleura mon esprit : Peut-être, me dis-je, cette voix ne sort-elle d’aucune poitrine, c’est l’âme harmonieuse des choses, qui se dégage de cette terre sous l’incantation puissante de la nuit.
Alors la voix de l’ombre qui s’était un moment recueillie s’éleva de nouveau dans le silence, et j’en tendis cette chanson, oh ! si mélancolique sous la nuit étoilée : Digitized byGoogle
ASTRA l65 Quand le soleil, sous les charmilles Que fait trembler l'aile du vent, Promène au front des jeunes filles La splendeur d’un nimbe mouvant, Nous prenons cet éclat d’une heure Pour un reflet de leur beauté : Toute réalité nous leurre. Tout rêve a sa réalité.
La nuit, dans la forêt, les branches Ont l’air triste des revenants ; Et nous voyons des formes blanches Se pencher au bord des étangs : Qui sait, qui sait si rien ne pleure Au fond de cette obscurité : Toute réalité flous leurre, Tout rêve a sa réalité. Quand, sur la lyre de votre âme, Chantera le premier amour, Laissez, enfants, vos cœurs de flamme Se donner à lui sans retour.
Ce qu’en son vol Amour effleure Voilà la seule vérité : Toute réalité nous leurre, Tout* rêve a sa réalité. La dernière note s’était envolée. Quel était donc ce long frémissement qui s'éteignait peu à peu dans l’éloignement? N’était-ce pas la fuite harmonieuse des ondes sonores à travers les campagnes endor mies ? — Que faites-vous ici ? demanda derrière moi une voix qui me fit tressaillir. Je me retournai et me trouvai en face de Magnus.
Mais aussitôt, retrouvant tout mon sang-froid en pré sence du danger : — Comme vous voyez, je me promène... — Comme cela, la nuit, à près de io kilomètres de Heidelberg? Mais, dites-moi, avez-vous entendu Digitized byGoogle
1 6 6 l ’in itia tio n tout à Theure... la chanson? ajouta-t-il en me regar dant étrangement. — Quelle chanson?... Ah! oui, le vent dans les arbres. C’est très bizarre, n’est-ce pas? On dirait presque une plainte humaine. — Vous n’avez entendu que cela ? — Je ne vous comprends pas. Il resta un moment silencieux. — Alors, c’est tout à fait par hasard que vous ôtes ici?
Vous pourriez le jurer?..„ Vous n’aviez pas de rendez-vous ? — Un rendez-vous ici ! A cette heure ! Mais avec qui donc, bon Dieu ! D’ailleurs, ne voyez-vous pas que je suis seul ? — C’est vrai, dit-il, j’ai quelquefois des idées ba roques, il ne faut pas y faire attention... Mais je crois que le dernier train pour Heidelberg va partir d’ici peu. Nous avons tout juste le temps de gagner la gare. Venez-vous? Refuser eût été me trahir.
Je m’éloignai donc avec regret de la maisonnette cachée entre les arbres, me promettant bien de revenir sous peu, car je compre nais maintenant, grâce à Magnus, qu’une corrélation étroite existait entre l’invisible cantatrice et l’Incon nue. En chemin, mon singulier compagnon me conta que, depuis notre dernière expérience psychique, qui avait failli si mal finir, il en avait vainement tenté plusieurs autres.
Toujours l’accumulateur se déchar geait tout à coup sans résultat, au moment même où il croyait obtenir enfin des phénomènes. L’expression
ASTRA 1 6 7 des yeux de l’étudiant me parut encore plus fiévreuse que d’habitude, et je le trouvai amaigri. — Ce n’est rien, dit-il, comme s’il avait deviné ma pensée, un peu de fatigue. Tout en parlant il m’épiait du coin de l’œil, comme s'il eût voulu surprendre un secret dans l’expression de ma physionomie. A peine monté en wagon, je feignis de m’endormir.
Nous étions seuls, un temps assez long se passa; alors, glissant un regard furtif sous mes cils baissés, je vis Magnus qui, les yeux fixes et les bras étendus au-dessus de ma tête, cherchait à me magnétiser. Je passai une nuit fort agitée. Mon imagination enfiévrée battait la campagne, les rêves les plus grotesques et les plus effrayants terrorisaient mon sommeil.
Alors, tout à coup, cette même voix que j’avais entendue dans les jardins de Schwetzingen chanta dans le silence de mon cauchemar, puis s’éteignft. Mais le charme funeste était rompu, et un sentiment de calme exquis remplaça les terreurs des mauvais songes. Quoique endormi, je me sentais vivre, et c’était délicieux, comme un bain de repos en des éthers subtils et caressants.
J’avais au front une impression de fraîcheur, comme si une petite main de femme avait coupé ma fièvre de son contact bienfaisant. Il me semblait qu’un magnétisme sympathique me pénétrait et que mes yeux s’ouvraient sous l’action d’une force qui m’était étrangère..... Digitized by Google
l’in itia tio n i 68 J’étais entouré des plus profondes ténèbres ; mais bientôt les nuages épais qui cachaient la lune se dis sipèrent dans le ciel ; peu à peu ma chambre s’éclaira, et lentement, comme une image projetée par un foyer lumineux de plus en plus intense, l’Inconnue sortit de l’ombre et m’apparut enfin sous la pleine lune en immatérielle beauté.
Elle avait ce teint diaphane, cette légèreté d’allures et ce sourire à demi voilé que j’avais remarqué dès la première fois qu’elle m’était apparue; mais, ce qui me frappait surtout en elle, c’était une expression de tristesse hautaine, je ne sais quoi de nostalgique et de fier qui faisait rêver d’anges tombés et d’impératrices dé chues.
De ses yeux, profonds comme une nuit polaire, coulait un regard mystérieux et sombre, et le sourire énigmatique de ses lèvres closes semblait céler une souffrance inconnue de la’terre. Elle avait, à ce moment, quelque chose de si impo sant, que l’idée même de lui adresser la parole n’ef fleura pas mon esprit : on n’interroge pas les Té nèbres. Sous ce regard silencieux, mon cœur était devenu très calme.
Quelle lente anesthésie, quelle chloro forme d’amour me versaient ces yeux tristes ? Je sentais que déjà je l’aimais plus que toute chose au monde. Pour elle, j’étais prêt à tout. Mais, hélas ! je la voyais souffrir, et je ne pouvais la consoler. Des pleurs mouillaient mes prunelles, mes paupières se fermaient malgré moi, et je ne la voyais plus qu'à travers un brouillard de larmes. Digitized by Google
ASTRA 169 Oh ! s'endormir ainsi en contemplant sa chimère, se résorber dans son rêve, emporter dans la mort la vision de son idéal !...... Au moment où j’ouvris les yeux, vers le matin, je crus voir une forme humaine disparaître derrière le rideau de mon lit. C’est elle, pensais-je. Elle m’aime donc, puis qu’elle est venue. Mais alors pouquoi me fuir ?
J’étais à la fois heureux et triste, mon cœur touchait à ce moment psychologique de l'amour où l’esprit, hypnotisé par son rêve, devient tout à coup voyant et plonge dans l’avenir un regard rapide et sûr. Pendant une seconde, les lendemains m’appa rurent ; j’embrassai d’un coup d’œil mon bonheur éphémère et les souffrances futures qui devaient en être l’inéluctable rançon.
Puis je ne vis plus rien ; mais une vague, une profonde mélancolie monta des profondeurs inconnues de mon âme et plana sur mes espérances comme un vol d’oiseaux sinistres. Pour échapper à ces fantômes, je pris sur un gué ridon à portée de ma main ma petite seringue à morphine, et bientôt le délicieux poison fit couler dans mes veines son flux de bien-être et d’oubli. Je ne saurais dire combien de temps dura ma tor peur.
Lorsque je commençai à reprendre conscience de moi-même, la nuit tombait. Ma chambre était baignée de crépuscule, et une forme humaine, une forme féminine s’estompait debout près de mon lit. Un dernier rayon de lumière, frisant sur ses con tours, en dessinait la ligne élégante et souple, tandis que ses yeux, que grandissaient encore les ombres, Digitized byGoogle
l ’in it ia t io n 170 coulaient vers moi un ineffable regard plein d'amour et de tristesse infinie. C’était elle! Je l’avais devinée plus encore que je l’avais reconnue. Et maintenant une crainte irraisonnée me prenait de la voir tout à coup se dissoudre comme un fan tôme. Que resterait-il de ce beau rêve lorsque* tout à fait réveillé, j’en rechercherais, autour de moi, la réalité objective ?
Sans doute l’obscurité, complice de mon désir, avait bâti cette forme instable, que la moindre contraction de ma rétine pouvait faire évanouir. Alors il me sembla qu’une voix mystérieuse parlait en moi. Oui* disait cette voix, celle qui est devant toi n’est peut-être qu’une apparence, que ta volition la plus vague suffirait à rejeter à jamais dans son néant.
Mais* si tu veux qu’elle soit, souviens-toi que l’uni vers est né de la matérialisation du désir fécondé par le Verbe. Pense-la donc vivante et charnelle! Projette-la par un acte de ta volonté dans le temps et dans l’espace ! Crois en elle enfin ! — Oh ! je crois en toi, murmurai-je, comment donc n’y croirai-je pas, puisque je t’aime.
L’Inconnue s’était penchée vers moi, et, effleurant mon front de sa main de zéphir ; — Dormez, murmura-t-elle, dormez, le sommei] chassera vos cauchemars, et cette voix vibrait comme un timbre d or. — Oh ! non ; je n’ai plus sommeil, les mauvais Digitized byGoogle
ASTRA 1 7 1 rêves se sont envolés. Parlez-moi encore, parlez-moi toujours. Ah ! si vous saviez comme chante, dans l’air qui vous entoure, chacune des paroles tombées de votre bouche. Elle sourit. — Oh ! le vilain flatteur ! — Moi, vous flatter !. mais croyez-vous donc qu’il soit possible d’oublier la chanteuse des jardins de Schwetzingen. A ces mots, elle tressaillit; mais, reprenant aussitôt tout son calme : — Le temps fait tout oublier.
Et dans sa bouche ces simples paroles avaient un sens si mystérieusement triste ! — Oui, tout, excepté l’amour, excepté vous, belle et sombre Inconnue, vous que j’aime inconsciemment depuis toujours, vous qui me hantez depuis que vous m’êtes apparue, vous que j’ai reconnue.
Une étrange flamme passa dans les yeux de l’In connue. — Non, c’est impossible, murmura-.t-elle si bas qu’à peine je pus l’entendre, ce n’est qu’un pressen timent non pas un souvenir. Pauvre aimé f soupira-t-elle, et une larme toute chaude tomba de ses yeux sur ma bouche.
Je l’avais attirée sur mon coeur, mes lèvres cher chaient ses lèvres, et il me semblait embrasser un nuage, tant son corps avait de souplesse et de légè reté. — Oh ! non, suppliait-elle en tâchant de se dégager, cela me ferait mal, mon aimé. Un baiser, c’est aujourDigitized by Google
l ’in it ia t io n 172 d’hui notre âme qui se donne, qui se confond avec l’âme adorée ; mais demain, quand sonnera l’heure de la séparation, ce serait notre cœur qui se déchire rait. Un baiser, c’est déjà la fin de l'amour, puisque c’est la matérialisation de nos rêves d'infini en un point déterminé de l'espace, en un moment précis de la durée.
D’un mouvement souple, elle m’avait échappé, comme si elle se fût fondue entre mes bras, et main tenant elle se tenait de nouveau auprès de moi dans la même attitude où je l'avais tout d’abord aperçue. — Oh ! ne m’abandonnez pas, murmurai-je. — Je suis cependant obligée de vous quitter, mais je reviendrai, ajouta-t-elle aussitôt pour m’apaiser.
Je reviendrai à une condition. — Dites, c’est accepté d’avance. — Jurez-moi, dit-elle, comme tout à coup gênée ; jurez-moi que vous ne chercherez jamais à savoir qui je suis, que vous ne demanderez pas compte de mes actes, quelque étranges qu’ils puissent vous paraître, et que vous saurez vous contenter des moments que je vous donnerai. — Accepter de telles conditions, ce serait ne pas vous aimer.
La belle figure de ma mystérieuse amie exprima alors une telle spuffrance, que je me repentis aussitôt de mes paroles. — Pardonnez-moi si je vous ai fait de la peine, lui dis-je, c’était sans le vouloir; certes, je ne m’attendais pas à d’aussi dures conditions, j’avais rêvé..... mais qu’importe, je vous aime assez pour consentir à tous
ÀSTRA 173 les sacrifices, pourvu que je ne vous perde pas tout à fait. Qu’il en soit donc fait selon votre volonté. A ces mots, la jeune fille me sourit rassérénée, et il me semblait qu’une infinie tendresse descendait de ses yeux à mon coeur.
Alors, comme si une force supé rieure se fût emparée de mon être, je sentis mes pau pières se fermer et ma conscience s’endormir. — Oh ! dites-moi votre nom, pour que je puisse le répéter dans mes rêves ? — Astra ! murmura-t-elle ; ce fut le dernier mot que j’entendis. A partir de ce jour, Astra revint souvent me voir. Elle arrivait d’ordinaire à la nuit tombante et passait parfois de longues heures auprès de moi.
Alors nous nous disions nos rêves et nos espérances; ou bien, la faisant asseoir, je m agenouillais devant elle, et, semblable à un fidèle aux pieds de sa divinité, je la contemplais ainsi longtemps, abîmé dans l’extase. D’autres fois, me réveillant au milieu* de la nuit, je l’apercevais, debout à mon chevet, qui me regardait dormir.
Je la sentais toujours auprès de moi, comme si, par un mystérieux phénomène de télépathie, elle m’avait laissé, même après son départ, l’impression persistante de sa chère présence.
Bientôt même, elle vint chez moi en plein jour, et, quand je la grondais doucement, lui représentant qu’il ne manquait pas de par la ville de gens malveil lants qui pourraient mal interpréter ses visites, elle me souriait de ce sourire, à la fois attendri et un peu moqueur, qu’ont les jeunes mères en présence des craintes folles de leurs petits enfants. Digitized by Google
l ’in it ia t io n l74 Quelquefois elle était libre la journée entière. Alors nous partions nous promener à la campagne, nous courrions à travers bois, nous canotions sur le Neckar et le Rhin, et nous rentrions exténués, les mains pleines de fleurs et le cœur débordant de mille choses exquises que nous nous disions avec les yeyx. Puis nous nous quittions, un peu tristes, en nous promettant de nous revoir bientôt.
Comme si un Dieu favorable avait pris soin de cacher à tous nos chastes amours, nous ne rencon trâmes jamais, dans nos promenades, aucun visage de connaissance. Il m'arriva, à plusieurs reprises, de croiser Magnus lorsque je sortais seul, et, chaque fois, je le trouvai plus pâle et plus décharné, comme si quelque mal inconnu l’avait dépouillé peu à peu de sa substance. Il me regardait alors d’un air singulier, d’un air de reproche.
Puis il passait, sans jamais m’adresser la parole. Le professeur Lauth, lui aussi, me considérait d’un œil insolite, et je remarquais qu’il affectait de ne plus me parler que de banalités. Mais c’étaient là des impressions fugitives, et j’avais le cœur trop occupé pour me demander longtemps quelles pensées voilait l’expression énigjnatique de ces visages. Pourquoi donc l’homme est-il incapable de jouir longtemps du bonheur idéal ? (A suivre,) Ivan Dietschire. Digitized by
LE DIEU NOIR !75 El ©JEÜ HOIR * A Papus. Prince des cauchemars et des visions folles, Qui mêles répouvante à ton absurdité, Tu sèmes en la nuit l'or de l’humanité. Prince des cauchemars et des visions folles. Au fond des cœurs damnés, au fond des lits ardents, Oh ! sondeur infernal du sang et de la lie, Tu créés le fléau d'une immense folie Au fond des cœurs damnés, au fond des lits ardents.
Vers Véblouissement des mondes et de Vidée Où Vesprit des voyants plane comme un condor, On sait que ton regard jette son ombre encor Vers l'éblouissement du monde et de Vidée. Ton grand rire éclata sur le sanglot humain Avec des cris d’orgueil et des souffles de flammes. Dès le jour ébloui de la splendeur des âmes Ton grand rire éclata sur le sanglot humain.
N'es-tu donc pas la bouche énorme du blasphème Ouverte immensément comme un gouffre empesté Sous les astres contrits et le ciel insulté, N ’es-tu donc pas la bouche énorme du blasphème? (i) Extrait d’un volume de vers à paraître : Vers l'Or de la Lumière. Digitized by Google
l 'in it ia t io n 176 Sur l'univers où règne encor ton idéal N'est-ce pas tout ce qui ment et tout ce qui nie L'éternelle beauté qu'enfante le génie Sur F univers où règne encor ton idéal ? Sous la main qui caresse, en le sein de la femme, Est-ce toi, tortueux dresseur du guet-apens. Qui caches tout un nid d'invisibles serpents, Sous la main qui caresse, en le sein de la femme?
Sortilège du rêve ou forces de l'instinct, A travers les clartés qu'exhalent les prières, Toujours tes sabbats roulent sous nos paupières, Sortilège du rêve ou forces de l'instinct. La terre est un jardin rempli de tes murmures Pour ceux dont les cœurs noirs déjà l'ont entendu, Oh ! sinistre donneur de tout fru it défendu. La terre est un jardin rempli de tes murmures. Dans le grimoire impur et le pacte fatal.
C'est encor toi qui viens signer d'hiéroglyphes Et tremper dans le sang le poison de tes griffes, Dans le grimoire impur et le pacte fatal. Aux festins monstrueux auxquels tu les convies, Afin d'entre-ruer l'horreur des appétits, Tu saoules dans ta main les grands et les petits Aux festins monstrueux auxquels tu les convies. Digitized by
LE DIEU NOIR 177 Embusqué dans la nuit et comptant tous les pas Au loin des beaux chemins où notre âme est menée, Tu brises d’un coup sûr espoir et destinée, Embusqué dans la nuit et comptant tous les pas. Oh I jorme du malheur, oh ! décevant fantôme, A l’aspect éternel de ton front ténébreux L’ombre a dû tressaillir comme un enfant peureux.
Oh! forme du malheur, oh ! décevant fantôme, Emportés par ton souffle aux sommets tentateurs D’où Von voit resplendir tes villes de prestige, Tes victimes, toujours, roulent dans le vertige, Emportés par ton souffle aux sommets tentateurs. Eux tous : catins, penseurs, /es pauvres et les riches, Dressent, ;?owr f adorer, pleins de maux et de fards, Hôpitaux et prisons, banques et lupanars ! Eux tous : catins, penseurs, /es pauvres et les riches.
C’est toi l’obscur marchand dé vices et de chair; Partout Von voit s’ouvrir tes sinistres boutiques, E t tu vends aux mortels à des prix fantastiques Les péchés capitaux consacrés par VEnfer. — Harmonieux conflit dans VOmbre et la Lumière, Pour former l’équilibre en l’Infini normal. Le Bien doit être Dieu, si tu n’es que le Mal, Harmonieux conflit dans l’Ombre et la Lumière! Jean D elville.
«7» l’initiation G roupe $-n d é p b h d a h t D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Q u a r t ie r g é n é r a l . —Reprise de conférences. — A da ter du i®* mars, le Groupe s’est assuré la jouissance d’une salle de conférences plus grande que la salle de la rue de Trévise devenue insuffisante et dont le bail arrivait à son terme. Cette nouvelle salle^située sur la rive gauche, sera inaugurée au mois de mars.
Nos lecteurs habitant Paris qui voudraient assister à la conférence d’ouverture sont priés d’envoyer sans retard leur adresse avec ces simples mots : invitation conférences. ETUDE DU SPIRITISME GROUPE N° 4 Séance du 5 janvier i 8g5 Cette séance se distingue des précédentes par son peu de durée ; cependant l’intérêt n’en fut pas moindre.
Commencée à 9 heures 45, elle était terminée à 10 heures 20 sur l’ordre, il est vrai, de l’esprit familier, comme on le verra plus loin. Quatre personnes étaient présentes : Mme M. B., mé dium; M. et Mme A. F. et M. B. Après la prière d’usage, l’esprit L. fit connaître, au moyen de l’écriture mécanique, la place que devait pren dre chaque assistant et qui différa sensiblement de celle occupée d’ordinaire par les mêmes personnes. Puis en fit l’obscurité. Quelques minutes s’écoulèrent ; on entenDigitized by Google
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 17 9 dit tomber quelques-uns des petits objets ^ui ornaient la table, et, sur la demande de l’esprit familier du groupe, la lumière fut laite. On découvrit alors sur le tapis une feuille de papier très mince, enroulée sur elle-même et cachetée. Lors qu’elle fut ouverte, chacun put lire ces mots : La suivante fois, grande communication, restez seuls. 5-. Ce soir, cessez... — L.
Cette écriture semble être faite avec des caractères d'imprimerie et la couleur en est brune. La lettre for mant signature seule est bleue et plus grande que les autres. Comme quatre personnes seulement étaient présentes, le directeur du Groupe demanda ce que signifiaitle chif fre 5 : il lui fut répondu que la cinquième personne qui devait être là à la prochaine réunion était M. L.
F. or dinairement présent à nos séances et qui ne s’y trouvait pas ce soir-là. Pour obéir à l’avis reçu, on cessa aussitôt et la séance fut levée. H. B e s s iè r e s. Certifié véritable: P.-S.— Au cours de cette séance, des projections de lumière électrique ont été faites par trois expérimenta teurs placés dans différentes parties de la salle et en communication permanente avec la lampe à incandes cence.
Le groupe n° 4 vient de recevoir de M.Viret, médium, dessinateur, le portrait de l’esprit L. exécuté d’une manière purement mécanique, au crayon conté. M. Viret dessine comme d’autres écrivent, c’est-à-dire que sa main est dirigée par l’Astral selon les uns, par l'Inconscient d’après les autres. A. F r a n ç o is. 24 janvier 1895, M o n s ie u r l e D ir e c t e u r , Digitized by
l ’in it ia t io n 180 Quoi qu’il en soit, M. Viret ignore absolument s’il va dessiner un portrait d’homme ou de femme. Toute idée préconçue, toute intervention de sa part ne peut que nuire au résultat. M. Viret ignorait le véritable nom de l’esprit qui se présente sous le nom de L.
Cependant la tête dessinée est bien du xvm® siècle,époque à laquelle vivait celui qui signe L. et qui doit signer directement, dans une de nos séances, l’œuvre remarquable de M. Viret* Cette œuvre sera exposée au Groupe. Notre dernière séance a eu lieu le 5 janvier; cette séance, très courte, a été précédée de quelques phéno mènes remplis d’intérêt.
En effet, pendant notre dîner et pendant la partie de la soirée qui précéda cette séance, c’est-à-dire en pleine lumière et alors que nous étions seuls, l’esprit familier du groupe fit entendre fréquemment son signal habituel (cliquetis aérien), nous donnant ensuite des avis sur la séance à venir et, vers 9 heures nous annonça l’arrivée du médium et de son mari. Trois minutes après, ceux-ci arrivèrent avec une avance de plus de vingt minutes.
Ceci expliqué, je laisse la parole à M. B. pour le compte rendu, en vous priant de recevoir l’assurance de mes meilleurs sentiments. A. F rançois. Le M ouvement idéaliste en province Notre ami M. Mauchel vient, comme un des principaux officiers du Groupe indépendant d’Etudes ésotériques, de passer en revue nos différents centres dans toute la France méridionale.
Il a rapporté de ce long voyage les meilleures impres sions : partout des chefs de Groupe profondément con vaincus, instruits, quelques-uns véritables savants, actifs Digitized by Google
ORDRE MARTINISTE 181 et s’efforçant de répandre autour d’eux la plus large part de vraie lumière.
Notre estimable délégué a pu jeter les bases de trois nouvelles branches à Genève, en Savoie et à Marseille ; il a trouvé des représentants des plus éminents des diffé rentes opinions spiritualistes au dévouement tout prêt à la grande alliance dont la première idée fut donnée par Papus il y a un an dans son projet de Conseil supérieur du spiritualisme.
Nous devons citer à ce point de vue tous nos amis de Lyon, et particulièrement notre frère Amo, M. Metzger à Genève, M. René Caillié à Avignon, le Dr Pascal enfin, le théosophe bien connu. Parmi nos branches les plus florissantes, une mention toute spéciale est due à celle de Montélimar, entière ment composée d'érudits distingués, et dirigée avec une haute compétence par notre frère Parvus. A Nice, M. G.
Bourgeat, le prochain auteur de Magie, fait les plus louables efforts en vue d'un groupement fructueux. Le centre de Toulouse prend une direction scienti fique et s'adonne plus volontiers aux recherches expéri mentales, sous la direction du Dr Fugairon ; les membres de Montpellier sont guidés dans leurs travaux, de la façon la plus sûre, par M. P. de Labaume.
A Perpignan, M. Jacques Brieu, le distingué collabo rateur de la Revue de l'Est, dirige son attention vers les jeunes revues littéraires ; M. Bearson va ranimer le zèle des spiritualistes bordelais, et nous promet une série d’articles pour le Voile d’isis, suite de ceux qui parurent jadis dans la Religion Universelle• Enfin, non loin de Lourdes, notre collaborateur Saint-Lannes, l’un de nos plus dévoués apôtres, prépare dans le silence un centre spirituel de pure mysticité.
On le voit, le Groupe d'Etudes ésotériques, appuyé seulement sur l'Idée, a pu, grâce à la protection constante dont l’invisible l’a entouré, s’accroître sans cesse, à mesure que son action s'étendait davantage. C’est là la seule récompense que ses fondateurs aient jamais ambi tionnée, et leur seul désir est que nos Maîtres invisibles veuillent bien la leur continuer. S édir. Google
182 l’initiation La séance solennelle du Suprême Conseil de l'Ordre a eu lieu le 2 février dans le local destiné aux loges marrinistes, mis à la disposition de notre ordre par le Suprême Conseil du Rite écossais ancien et accepté. Cette séance, à laquelle avaient été admis les membres du rite écossais titulaires au moins du 18e degré, a été consacrée à la réception de nouveaux membres et à des conférences techniques.
Son vif succès est un heu reux présage pour l'avenir. C'est à dater du 20 mars que la Mère-Loge la Lumière astrale tiendra ses séances. Messieurs, Je me fais un plaisir de vous conter ce que j’ai vu ce matin à 4 heures. Tout d'abord, depuis quelques jours, nous avons une jeune fille delà campagne qui nous apporte le lait le matin ; elle voit très bien un homme qui lui tire ses couvertures et lui prend les mains au point de lui faire du mal.
Notez que cette personne ne peut pas se figurer que c’est un esprit, attendu qu’elle ne sait pas ce que c'est. Elle coucha avec sa mère et le même fait se produisit.
Hier soir, me trouvant sous cette impression et de plus ayant un peu de fièvre par suite du froid, voici ce qui m’est arrivé; à vous, Messieurs, d’en tirer des con clusions et juger si mes idées sur ce sujet sont justes: PHÉNOMÈNES MAGIQUES Le Havre, le i 5 décembre 1894 Digitized byGoogle
PHÉNOMÈNES MAGIQUES I 83 Je ne dormais pas, je sommeillais, quand tout à coup je me vois en pre'sence d’une personne âgée et morte depuis huit à dix ans, une de mes tantes. Elle me tint à peu près ce langage: « Dis donc, Emile, toi qui ne crois pas beaucoup, il y a au grenier un colis emballé, je crois qu’il remue. » Je lui ai répondu que ce devait être un effet de son imagination, mais que je voulais bien y aller.
Dans le gre nier, je vois bien un colis : c’était un meuble enveloppé de papier et ficelé ; j’en arrache un bout et me dis : c’est bien cela, toujours l’imagination. Mais, malgré moi, je sentais des frissons de la tête aux pieds et me sentais parfaite ment entrer en transe.
Je dis « entrer en transe » parce qu’il me semblait que mon corps ne voulait plus m’obéir ; je sortis avec bien du mal du grenier et tournai à droite dans un couloir quand tout à coup j’entendis derrière moi un léger bruit : je me retournai et vis un être me parais sant un homme d’un certain âge sortir du grenier égale ment et tourner à gauche dans le couloir; immédiatement une femme de vingt-huit à trente ans, que je ne connais sais pas, sortit aussi du grenier et suivit le vieillard; mais à peine eut-elle fait quelques pas que je la vis se retour ner et m’envoyer deux signes d’adieu.
J’ouvrais les yeux et les ai vus très bien partir et disparaître. Je ne vous cacherai pas que je me suis vu pris de frayeur, car, dans l’état où je me trouvais, je sentais très bien que j’allais voir de nouveau de nouvelles appari tions, et dans cet état je me faisais cette réflexion que la chose était naturelle.
Comme conclusion, voici ce que j'ai à vous dire : les réunions devraient avoir quelque chose de mystique, c’est-à-dire que la première impression en entrant devrait être le trouble; que le président, au fur et à mesure que chaque personne arrive, ne devrait ni se déranger, ni parler, ni complimenter, mais d’un signe indiquer la place et attendre le dernier arrivé. J’oubliais de dire que l’obscurité aux trois quarts est indispensable. .
Je suis persuadé qile dès la première soirée nous aurions des apparitions. Mais, je Je répète, il faut cet état fébrile, ce je ne sais quoi qui vous im pressionne et vous rende autre que nous Digitized by Google
l’initiation 184 sommes tous dans le courant du jour. C’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire ; je crois même que c’est une sorte d’entraînement à faire. Voilà, Messieurs, les réflexions que m’ont sugérées les faits de ce matin. Tout à vous. C r o is i e r . * * * Le Havre, 16 janvier 95. C her Maître, Bien qu’il soit un peu tard, permettez-moi de vous faire mes compliments de nouvelle année.
Mais je viens surtout vous donner des nouvelles du groupe n° i>5 du Havre dont vous n'avez pas eu de nouvelles depuis long temps. Nous avons été très assidus depuis dix mois, mais en ce moment cela commence à se relâcher. Comme nous nous occupons de toutes les branches d’occultisme, le groupe se compose forcément de personnes s’occupant soit de magnétisme, de spiritisme, d’hypnotisme, etc., et est par conséquent composé d’éléments hétérogènes.
Les uns sont cardécistes enragés, d'autres ne veulent que la table, d’autres ont les idées complètement péladanesques et par conséquent outrées. Nous avons fait une fois de la magie ; mais, comme nous n’avons pas eu de résultats probants, cela les a refroidis. J’ai laissé faire et essayer tout ce qu’ils voulaient. Mais nous avons eu de minces résultats ; aussi cela en a refroidi trois ou quatre qui l’ont quitté.
Mais cependant je m’occupais toujours de la magie (seul) qui, selon moi, est la seule vraie science.
Depuis le mois de février, je puis dire que je n’ai pas manqué un seul jour de brûler des parfums et dire les conjurations selon votre rituel (mais malheureusement sans prépara tion corporelle, ce qui est bien difficile), et je vais vous communiquer la lettre d'un membre du Groupe, notre magnétiseur, qui a tenté le contre-coup des grandes con jurations. Que pensez-vous de cette lettre que du reste je vous
BIBLIOGRAPHIE 185 autorise à publier dans votre journal? Ce jour-là ou plu tôt la veille, j’avais fait les grandes conjurations, comme tous les huit jours du reste, et c’est sur ce Monsieur Croisier que tout est retombé.
Ce qu’il y a de plus cu rieux, c’est qu’il m’a dit le lendemain qu’il lui semblait être chez lui, mais que c’était chez moi; et le plus extraor dinaire, c’est que ce jour-là j’avais été fermer deux fois (pour être bien sûr de l’avoir fermée) la porte de ma mai son donnant dans le jardin et que le lendemain la porte était ouverte. Les paquets emballés et ficelés qu’il avait vus comme étant dans son grenier se trouvaient en réalité dans le mien.
C’étaient deux grands paquets de toiles à peindre qui m’étaient arrivés de Paris deux ou trois jours auparavant et que je n’avais pas déballés; remarquez que ce Monsieur ne savait pas que j’avais reçu ces toiles ! Dans tous les cas le fait mérite d’etre signalé. E. A. Président du groupe 55, au Havre. La Vérité existe-t-elle? Etude philosophique, par P. V erd a d (Lessard). En vente chez Chgmuel, 2 francs.
Quel magnifique sujet que celui-là et quels ardents plaidoyers ne doit-il pas inspirer ? M. Verdad, par un contraste voulu, semble laisser de côté les glorieux amants de cette Norme divine ; elle est nombreuse pour tant, la phalange des martyrs et des héros de la Vérité ; les fronts de ceux qu’Elle a aimés illuminent comme au tant d’étoiles la nuit du Passé, et leurs rayons évertuent les limbes imprécises du Futur.
Ainsi, portant le double caractère de réconfort et d’enthousiaste encouragement» le petit livre de P. Verdad nous apparaît comme le sin cère effort d’un cœur vraiment pénétré de l’amour des pauvres d’esprit ; le directeur de la Religion Universelle m’a toujours semblé être cet apôtre intellectuel auprès Digitized by Google
l’initiation de ceux dont la droiture et la simplicité sont les seuls soutiens. Aimant la rigueur des déductions philoso<- phiques, il sait intéresser autant qu’instruire, ou mieux donner le désir de s’instruire, et c’est là une fort bonne œuvre que bien peu pourraient accomplir. La plus grande partie du livre dont il est ici question est consacrée à établir une méthode et un critérium de la certitude.
La revue des méthodes et des critériums té moigne d’une solide érudition, mais nous reproche rons, ou plutôt nous constaterons que M. Verdad re pousse avec trop de rigueur les idées de ses illustres prédécesseurs en philosophie.
Ceci vient peut-être de ce que son esprit, trop habitué aux sèches catégories du protestantism e, — ce boud dhisme de l’Occident, — n’a pas encore saisi cette fé conde idée d’oRGANiSME, clé magique de la connaissance. Sans doute voilà la raison qui, quelques pages plus loin,, lui fera oublier l’Analogie dans l’énumération des mé thodes des connaissances. S edir.
La science magnétique vient de s'enrichir de deux ou vrages de toute première valeur: le Traité expérimental de magnétisme de H. Durville et le Magnétisme curatif de A. Bué.
Depuis assez longtemps, le magnétisme se débattait, presque impuissant malgré ses succès indé niables, contre le charlatanisme, d’une part, et, d’autre part, contre l’officialisme, sans parvenir à s’imposer au pu blic et prendre dans la collection de nos sciences modernes le rang qui légitimement lui appartient.
Encore mal connu et plus mal présenté par les successeurs de Mesmer, du Potet, Puységur, Deleuze, Gautier et autres grands ma gnétiseurs, démasqué, dénaturé et détourné de son but par Braid, Charcot et leurs émules qui n’y virent que prétexte à expériences, le magnétisme n’avait guère été étudié scientifiquement que par des spécialistes qui, sous quelque nom qu’ils s’en soient occupés, n’y avaient cher ché que l’explication de certains phénomènes particuliers entre autres l’extériorisation et ses preuves par la pho tographie par exemple. Quel que soit le sort réservé au
BIBLIOGRAPHIE 187 magnétisme, les travaux des savants auxquels nous faisons allusion resteront la base des recherches futures.
Mais si les savants peuvent dans une certaine mesure se contenter de leurs expériences positives et préciser s’ils ont, de par leur science même et leur autorité, le devoir de ne proposer aucune théorie avant que les faits aient parlé d’eux-mêmes, les étudiants ne peuvent espé rer faire aucun progrès sérieux s’ils ne savent ce qu’ils étudient.
Voyez un futur médecin à l’Ecole, au chevet des malades, à l’amphithéâtre ; quelle que soit sa bonne volonté, son intelligence, que pourra-t-il faire plus que d’apprendre par cœur la collection de faits sans aucune liaison entre eux, qu’il lui sera donné d’observer pen dant son stage?
Et, lorsqu’il sera reçu docteur, s’il est sérieux, s’il a le souci d’exercer consciencieusement sa profession, il passera une dizaine d’années à la recherche d’une méthode avant d’oser se lancer.
Cet inconvénient était bien plus grand encore pour les magnétiseurs, parce que le magnétisme, né (ou retrouvé) d’hier, ne pos sédait ni l’expérience immense, ni les moyens matériels d’action dont jouit la médecine qui est officiellement re connue, aidée et honorée depuis des siècles; mais il avait au moins cet avantage inappréciable de n’être pas encom bré d’une foule de doctrines (je ne dis pas méthodes) erronées mais consacrées qui auraient entravé sa marche comme elles entravent celle de la médecine.
Et c’est pourquoi, profitant avec raison des progrès de la science, MM. Durville et Bué ont pu, chacun de leur côté, édifier une méthode qui est, à peu de chose près, la même et repose sur les données de. la physique. En son Traité expérimental, dont le premier volume vient de paraître, M.
Durville s’appuie surtout sur des expériences de labo ratoire ; dans la seconde partie de son Magnétisme curatif, M. Bué prouve ses théories par des faits de clinique; les deux ordres de preuves se complètent et se fortifient mutuellement, et je ne saurais vraiment dire si les exem ples de l’un sont plus saisissants et parlent plus éloquem ment que ceux de l’autre.
Ce que je sais bien, c’est que voilà deux bons livres, dans toute la force du terme, deux livres que tout le monde devrait posséder et qui, j’en ai la conviction as188 l’initiation surée, deviendront classiques dans l'étude du magnétisme; si l’ouvrage de Durville est plus savant, celui de Bué est plus pratique, et tous les deux sont appelés à rendre de grands services.
En ce qui me concerne, je ne puis, d'ailleurs, qu’ap plaudir avec enthousiasme aux efforts de ces distingués praticiens qui, continuant l'œuvre de Louis Lucas, cher chent à introduire les principes de la physique dans l’étude de la physio-psychologie ; c’est là une thèse qui m'est très chère et dont je ne puis m’empêcher de cons tater avec joie les rapides progrès.
Je crois que les thé rapeutiques que j’appellerai dynamiques (doximétrie, électrothérapie, magnétisme, etc.), c’est-à-dire celles qui agissent sur les forces de l’organisme, nous fourniront en ce sens plus d'une importante révélation. Si l’on multiplie V T = 1 ,4 par le nombre 14 qui re présente le poids atomique de l’Azote, on obtient le nombre 19,6 , qui représente l’Ekazote.
Cette relation de l'Azote et de son satellite, en fonc tion de v 2» est à rapprocher de la loi générale de gravi** tation, d’après laquelle un mouvement circulaire multi plié par V~T devient mouvement parabolique.
Or le mouvement, qui est circulaire dans la matière minérale, tend vers la parabole dans la matière vivante. Donc la courbe circulaire de l’Azote, en devenant pa rabolique, a tendu vers la courbe vitale et, en involuant, l’Ekazote a manifesté le protoplasma: « Le visible est la manifestation de l’invisible. » M a r iu s D e c r e s p f . L SKAZ©Ï2 ST LS 5>S©T®1?LA§MA 1 Digitized by Google
LEKAZOTE ET LE PROTOPLASMA II 1 8 9 La relation entre l’Azote et l’Ekazote, en fonction de V~2, est aussi à rapprocher de la loi de l’harmonie, d’après laquelle on élève un octave d’un demi-ton en multipliant par V~2 l’intervalle qui précède la domi nante.
Or nous savons, par analogie, que l’harmonie des systèmes d’atomes, comme celle des systèmes sidéraux, est soumise à la loi des intervalles ; nous savons aussi que les poids atomiques des éléments sont en raison in verse de leurs intervalles.
Et comme il fallait, pour que la vie apparût sur la terre, que l’harmonie des systèmes d’atomes s’élevât d’un octave ; comme il suffisait, dans ce but, que le poids atomique de l’élément sous dominante de l’octave fût multiplié par ^”2, et que l’azote est le seul corps dont le poids atomique multiplié par v'“5 donne le poids ato mique exact d’un autre corps connu, ce fut bien l’Azote qui involua la vie cellulaire et qui, par l’Ekazote, donna la note sensible d’un octave supérieur.
Observons enfin que, si on divise 19,6 par ^"2, on retrouve 14, en d’autres termes, la courbe parabolique de l’Ekazote redevient la courbe fermée de la matière minérale. C’est la mort cellulaire, de sorte que l'on pourrait dire en un seul vers : La vie est un dièse et la mort un bémol.
III L’expérience a démontré que l’Azote n'est pas associé à son satellite dans les combinaisons inorganiques : il lui appartient maintenant de rechercher l’Ekazote dans le Protoplasma. Nous considérons l'Ekazote comme un accumulateur d'énergie solaire et magnétique. C’est le médiateur plas tique, le lien fluidique des êtres animés. 11 est la ma tière du corps astral, Vintermédiaire des actions télépa thiques.
11 est enfin le champ magnétique tout désigné pour la transmission des images et l’agent thérapeutique le plus puissant de l’avenir. Dr Paul P ortaz. Digitized by Google
igo l ’in it ia t io n S Q S @ 8 La maison Chamuel, à qui nous devons déjà l’édition de plus de 200 ouvrages, n’a pas cessé son activité, malgré les ennuis d’un nouvel agrandissement. Les locaux de la rue de Trévise devenus insuffisants et le bail arrivant à son terme, les services de la librairie ont été transférés 79, faubourg Poissonnière, Paris.
Ce mois-ci doivent paraître chez Chamuel, entre autres publications, les ouvrages suivants : La 3e édition du Seuil du Mystère de S tanislas de Guaita, considérablement augmentée (parue). Un ouvrage capital de F.-Ch.
Barlet, Y Instruction intégrale, 1 vol. in-18 ; L’ouvrage de P apus sur Martines de Pasqually, 1 vol. in-18; Les Enfers bouddhiques de L éon R iotor, ouvrage de luxe avec nombreuses gravures par des artistes orien taux (paru); Le Traité d'Astrologie d’ABEL Haatan, que nos lec teurs connaissent déjà. * ¥ ¥ Le Comte de Larmandie a ouvert le 2 3 Janvier der nier son cours d’Esthétique idéaliste et de Psychologie ésotérique, préparatoire à l’étude des Sciences occultes.
On est prié de s'inscrire pour ce cours, 1, rue de Narbonne. ★¥ ¥ Le Secrétaire perpétuel J. Bertrand a présenté à l’Aca démie, de la part de M. Charles Henry, dans la séance du 21 janvier, une note sur un moyen d’augmenter la portée des signaux lumineux. La méthode consiste à adopter pour les éclats une loi particulière de successions qui, à égalité de nombre, d’intensité et de vitesse, a été reconnue comme excitant Digitized by Google
ÉCHOS I 9 I plus que toute autre la sensibilité lumineuse. Ces expé riences, qui sont fécondes en applications pratiques, ont été exécutées au Dépôt des Phares avec un nouveau photoptomètre, imaginé par l'auteur et fondé sur la loi de déperdition lumineuse du sulfure de zinc phospho rescent. ★* * La prochaine Initiation sera presque entièrement consacrée à une étude très intéressante de F.-Ch.
Barlet, intitulée Synthèse de VAstrologie. * * * Nous apprenons la publication d’un nouvel organe, la Revue immortaliste, dirigé par M. J.-Camille Chaigneau, l’un des esprits les plus élevés et les plus compréhensifs du spiritisme; nous ne pouvons que souhaiter longue vie et bonne chance à notre confrère. La Revue des Revues du Ier février i8g5 contient entre autres : Les Aliénés hors des asiles, par Ch.
F éré. — La Dispa rition de la Noblesse en Allemagne (II.), par le Dr P aul E rnst. — Le Petit Eyolf et d’autres Germains, par O la H ansson. — Les Curiosités aztèques (illustré), par J. J. V alentini. — Les Millions et la Mort du général Blanc, par le prince Obolensky. — Les Plaisirs du H’yakusho, par S en Katayama.— L’Exagération, l’Esthé tique, la Mode et l’Idée du beau, par F.
Régnault. — La Psychologie des femmes qui grognent, par le Dr Cyrus E dson. — Enquête sur le cerveau normal et dévié : (Confessions de MM. Alphonse Daudet, Emile Zola, Jules Claretie , D* Corre.)— La Tontine matrimoniale, avec Participation aux Bénéfices, par Robert Grant. — La Société de demain : I. L’Anarchie est-elle inévitable? par le prince Kropotkine. — La Peinture anglaise
192 l’initiation contemporaine, par H. de la S izbranne. — Lucrèce et le pessimisme moderne, par P. L aumonier. — Revue dra matique, par Georges L efèvre. — Analyse des < Revues » françaises et étrangères. — Correspondance. — Carica tures politiques. — Dernières Inventions et Découvertes. Paris, 32, rue de Verneuil. France, 14 francs ; Union postale, 18 francs par an. Abonnements partant du Ier de chaque mois.
Numéro spécimen contre 60 centimes en timbres-poste. Le Gérant : E ncausse. TOURS. — IMP. C. ARRAULT ET C *, RUE DE LA PRÉFECTURE, 6 . Digitized by L a O O Q l e