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ANNEE SOMMAIRE DU N° (Septembre 1894) Revue philosophique indépendante des Hautes Études Hypnotisme« Force psychique Theosophie« Kabbale Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes PARTIE INITIATIQUE... Anatomie et physiologie de l’orchestre, avec nom breux tableaux.................Delius et Papus. (p. ig3 à $14). Astrologie (fin).......................Selva. (p. 2 15 à .42 5). PARTIE PHILOSOPHI- Traduction de la Genèse. Alfred le Dain.
QUE ETSCIENTIFIQUE (p. 226 à ¿49). Du Symbolisme de l’Equerrc en franc-maçonnerie.............................. Parvus. (p. 249 à 260). PARTIE LITTÉRAIRE... Maison hantée..................Bulwer-Lytton. (p. 261 à 268). La Nuit suprême............... X*** (p. 269 à 273). , La Nuit de Brahma (poésie). Maurice Largeris. (p. 273 à 274).
Groupe indépendant d’études ésotériques. — Les Religions nègres. — Bibliographie. — Les Assises de l’humanité. — Nécrologie. Rédaction : 20, rue de Trévise, 20 PARIS Administration, Abonnements : 3, rue Racine, 3 PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’zzn même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique e.t la Métaphysique.
Au point de vue social, l’initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Ofient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation paraît régulièrement du t5 au 20 de chaque mois et compte déjà sept années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées-.)
L'Initiation du i5 septembre 1894 Principaux Rédacteurs et Collaborateurs de ï Initiation i° PARTIE INITIATIQUE F. Ch. Barlet, S.-. I.-. & — Jules Doinel, S.-. I.-. (D. G. E., —• Ep. Gnost. — Stanislas de Guaita, S.-. I.'. & — Marc Haven, S.-. I.-. — Julien Lejay, S.-. I.-. $ — Emile Michelet, S.-. I.-. (C. G. E.) — Lucien Mauchel, S.'. I.-. (D. S. E.) MoGd, S.'. I.-. — George Montière, S.'. I.-. $ — Papus, S.-. I.-. £ — Quærens, S.-. I.-. (D. G.
E.) — Sédir, S.-. I.-. (C. G. E.) — Selva, S.-. I.-. (C. G. E.) — Vurgey. 2° PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Abil- Marduk. —Amelineau. — Aleph.— Badaire.—■ Dr Ba raduc. — Le F.-. Bertrand 3o" — René Caillié. — Camille Chaigneau.— Chimua du Lafay. — Alfred le Bain.— G. Delannf.. — Fabre des Essarts. — Dr Fuc^airon. — Delézinier. — Jules Giraud. — Haatan. —• L. Hutchinson. — L.
Lemerle. — Marcus de Vèze. — Napoléon Ney. — Eugène N.us. — Horace Pelletier. — G. Poirel. Raymond. — A. de R. — Dr Sourbeck. — L. Stevenard. — Thomassin. — G. Vitoux. — Henri Welsch. — Oswald Wirth. — Yalta. 3» PARTIE LITTÉRAIRE Maurice Beaubourg. — E. Goudeau. — Manoël de Grandford. — Jules Lermina. — L. Hennique. — Catulle Mendès. — George Montière. — Léon Riotor. — Saint-Fargeau. — Robert Scheffer. — Emile Sigogne. — Ch. de Sivry.
4° POÉSIE Ch. Dubourg. — Rodolphe Darzens. —Yvan Dietschine. — Maurice Largeris. — Paul Marrot. — J. de Tallenay. — Robert de la Villehervé.
/ / L’Initiation du i5 septembre 1894 GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES Secrétariat : M. Paul SÉDIR 4, Avenue de l’Opéra, 4 PARIS Quartier Général : 29, Rue de Trévise, ag PARIS But. — Le Groupe a pour but principal d’étudier théoriquement et expérimentalement les forces encore non définies de la Nature et de l’Homme — en dehors de oute secte et de toute personnalité.
Membres. — Les membres ne payent ni cotisation, ni droit d’entrée. — Tout abonné de l’Initiation ou du Voile d’Isis reçoit sa carte de membre sur demande affranchie adressée au Secrétariat. Organisation. — Le Groupe comprend 22 commissions d’études au Quartier Général à Paris. Il compte actuellement 80 branches et correspondants au dehors. Des conférences et des cours ont lieu régulièrement au Quartier Général.
Renseignements. — Pour tous renseignements sur le Groupe ou les sociétés adhérents dans les différents pays, écrire en joignant un timbre pour la réponse à M. Paul Sédir, 4, Avenue de l’Opéra, Paris.
La reproduction des articles inédits publiés pur l'initiation es formellement interdite, à moins d’antorisation spéoiale. PARTIE INITIATIQUE AVANT-PROPOS Ce travail est surtout destiné à prendre date et à poser les bases générales d’un traité plus considérable actuellement en cours d’exécution.
Une étude un peu attentive de la loi que nous exposons peut permettre aux jeunes musiciens qui n’ont pas eu l’occasion d’être chefs d’orchestre (ou tout au moins exécutants dans un orchestre) de reconnaître les qualités et les adaptations de chaque instrument. Notre but ici n’est donc pas de faire un traité d’orchestration.
Nous réservons ce soin pour notre prochain ou vrage où nous nous efforcerons de donner à chaque musicien le moyen d’orchestrer systématiquement et de trouver immédiatement, grâce aux tables que nous donnerons, l’instrument ou l’ensemble d’instruments nécesaires pour produire un effet déterminé ou pour
l’initiation peindre des sentiments ou des émotions quelconques. Tel sera le but de notre Traité systématique d’Orches tration. Mais qu’on ne croie pas que nous tendons à enfer mer le musicien dans une formule systématique (ce qui serait anti-artistique).
Nous fournissons un point d’appui qui permet à l’inspiration de s’élancer librement dans le champ des découvertes tout en lui donnant l’assurance de trouver immédiatement en temps opportun une base solide et systématiquement établie. Delius et Papus. PREMIÈRE ÉTUDE Les Divisions générales de l’Orchestre L’étude de la kabbale et de l’occultisme permet de découvrir une loi générale (i) dont les applications peuvent être étendues à l’infini.
Il suffit, pour réaliser une application, de la collaboration d’un kabbaliste sachant assez bien adapter la loi générale et d’un tech nicien connaissant le mieux possible le point spécial, objet de cette application. Délius, auteur d’opéras et de compositions musi- (i) Cette loi est connue des kabbalistes sous le nom de loi des révolutions de iTiïP.
Elle a été particulièrement remise au jour dans l’adaptation qu’a faite M. Papus au Tarot (voy. le Tarot des Bohémiens, Paris, 1888, in-8») et plus récemment encore dans les adaptations sociologiques de MM. Barlet, Lejay, Papus.
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE ig5 cales dont quelques-unes ont été l’objet de l’attention marquée du grand public (i), et Papus, auteur de plu sieurs travaux de kabbale et d’occultisme ayant échangé leurs impressions à propos d’une constitu tion systématique de l’orchestre, prirent la décision de réunir leurs efforts pour poursuivre cette étude.
De là cette brochure, premier essai, qui sera suivj d’un travail bien plus considérable, si les auteurs pensent intéresser le monde musical. L’accueil flat teur rencontré par Papus dans les conférences de Paris et de Bruxelles où il exposa ce système encourage dès à présent les auteurs à poursuivre leurs recherches.
Richard Wagner, en dissimulant aux yeux des spectateurs les instruments et les musiciens, obéissait évidemment à une idée bien arrêtée. N’est-ce pas ep partant du principe que les instruments sont les organes d’un être synthétique qui est l’orchestre que le maître a pris la décision d’imiter la nature qui cache sous des enveloppes appropriées les organes qui président à la marche du corps humain ?
On sent bien que l’attention de certains auditeurs pourrait être distraite par la vue du mouvement des leviers du piano sur les cordesor l’orchestre ne peut-il pas à la rigueur être comparé à un immense piano dont chaque musicien est une touche ou, pour mieux dire, le piano ne peut-il pas être considéré comme un or chestre (combien diminué, hélas !) dont chaque touche est un musicien?
Dans les deux cas on verra pour quoi logiquement il faut éviter de distraire (distrahere) (i) Voy. Figaro du 2 mars 1894 (Courrier des théâtres).
L INITIATION I96 l’attention du public par la « cuisine » qui permet l’exécution d’une grande oeuvre musicale. L’orchestre, véritable organisme intellectuel, doit manifester ses' effets, sans analyser devant l’auditeur les petits moyens utilisés pour produire lesdits effets. L’estomac ne digère pas les aliments au vu de tous; pourquoi forcer alors un pauvre instrumentiste (organe de l’orchestre) à gesticuler devant le public? Ne quittons pas cette comparaison (en apparence bien naïve) du piano et de l’orchestre sans remarquer que les octaves plus ou moins nombreuses de piano peuventse classer toujours en trois grandes divisions. MÉDIUM hautes. Médium haute. Médium basse, basses. le Médium se partageant en deux sous-divisions. Nous pourions écrire cela de la façon suivante : Ce qui, du premier coup, nous révèle l’adaptation possible de la Loi générale dont nous avons parlé et
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE IQ7 qui se compose de trois termes dont le second se dédouble (HH""!’)- Ici quelques explications sont indispensables. Cherchons un exemple assez général pour être com pris de tous. Nous ne saurions choisir un objet plus vaste que l’ensemble de la création divisée par la kabbale en trois grands Principes. Dieu, L’homme, La Nature. Or l’homme est le second de ces Principes. Il doit se dédoubler pour satisfaire à la loi et, en effet, l’huma nité ne nous apparaît-elle pas sous les deux grandes polarisations Homme, Femme, ce qui fait que nous pourrons écrire : HUMANITÉ Dieu. Femme. Homme. Nature. ou d’après le dispositif en croix (adopté par Barlet et Lejay) : Cela nous reporte immédiatement à notre clavier
ig8 l’initiation et, presque inconsciemment, nous avons une tendance à superposer les deux exemples: MÉDIUM Hautes. M. Hautes. M. Basses. Basses. Dieu. Femme. Homme. Nature. HUMANITÉ ce qui nous indique dès à présent qu'en règle géné rale les hautes se rapporteront à la Divinité dans toutes ses manifestations, le Médium à l’Humanité et les basses à la Nature.
Revenons à l’orchestre : L’orchestre est composé de cordes, de bois et de cuivres et d’instruments à percussion. Quels rapports établir entre ces divisions et celles que nous venons de déterminer ? Les Harpes ne seront-elles pas employées par les plus grands maîtres pour dépeindre l’influence di vine ? Les roulements de tambour, les grondements des timballes, coupés par les bruits aigus des cymbales
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE IÇg et des triangles, ne manifestent-ils pas la Nature en courroux? Les cuivres évocateurs des batailles et les bois, manifestant l’amour, nous indiqueront leurs rapports avec l’humanité sous ses deux aspects, mâle et guerrier, ou poétique, féminin et amoureux. Nous obtiendrons en définitive le rapport ci-dessus, qui nous indiquera la première grande division à éta blir dans un orchestre.
Mais nous avons particulièrement insisté au début de cette étude sur les rapports de l’orchestre et de l’organisme humain. Nous pouvons maintenant reve nir à cette idée et dire que les cordes forment le sys tème nerveux de l’orchestre, les cuivres et les bois forment le système sanguin sous sa double spécifica tion artérielle et veineuse et enfin les instruments de percussion forment le système lympathique.
La Tête (centre du système nerveux), la Poitrine (centre du système sanguin) et le Ventre (centre du système lym phatique) synthétisent chacune de ces divisions orgaTelles sont les bases analogiques les plus simples de notre première étude.
200 l’initiation DEUXIÈME ÉTUDE Classification des principaux instruments de l’orchestre. Les divisions que nous avons obtenues corres pondent à de grands systèmes organiques et sont des plus générales. Elle ne font entrevoir qu’un très faible résultat pratique. Mais l’étude, au moyen de la loi qui nous a guidés jusqu’ici, des instruments réunis en série, va nous permettre de poser de nouvelles et très curieuses déductions.
Considérons en effet les Cordes, formant le système nerveux de l’orchestre, et nous allons voir, en nous souvenantde la constitution du quatuor, qu’elles suf fisent à former à elles seules un véritable orchestre.
Cherchons les instruments bien caractéristiques des cordes, et nous déterminerons facilement l’existence d’une progression caractérisée par le Violon comme dominante, appuyé lui-même par le Violoncelle et VAlto, avec la Contre-basse comme base générale. Sans revenir à nos précédentes analogies, que nous
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE 20î reprendrons plus tard, nous pouvons dès maintenant établir le quaternaire suivant. Mais c’est ici qu’un merveilleux instrument à cordes, Harpe, va nous apparaître. La Harpe donne la plus haute note qu’on puisse demander aux cordes. De plus, elle permet de rempla cer en les spiritualisant la plupart des autres instru ments à cordes. Elle vient unifier, en les synthétisant, les impressions qui se dégagent des cordes. C’est un instrument synthétique que nous placerons au centre de notre quaternaire, ce qui nous donnera la figure définitive suivante : Nous ne voulons pas reprendre, pour chacune des divisions, les déductions que nous venons de faire à propos des cordes. Disons simplement que la même loi s’applique toujours et que nous trouverons, pour chaque division, quatre instruments polaires et un instrument synthétique , ce qui nous donnera le tableau suivant :
202 L INITIATION Classification des instruments principaux. Trombone. Clarinette.
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE 2o3 Des instruments de transition Le tableau que nous donnons comprend seulement les principaux d’entre les instruments de l’orchestre. On peut y faire rentrer tous les instruments employés d’après leur relation de timbre avec ceux que nous avons pris comme exemple. Mais ce travail sortirait du cadre restreint de cette étude.
Qu’il nous suffise de faire remarquer que, pour les Bois, la liaison est directe entre la Flûte et la Clarinette, tandis qu'il existe une lacune entre le Hautbois et la Flûte. Il manque là un instrument qui pourrait être une sorte de Flûte à piston. La Basse-Clarinette établit la transition entre la Clarinette et le Basson, et le Cor anglais entre le Basson et le Hautbois.
Pour les cuivres, le passage du Cor au Tuba se fait par le Clairon ; le passage du Tuba au Trombone est direct, tandis qu’entre le Trombone et la Trompette la transition est effectuée par le Cornet à Piston. Il manque, par contre, un instrument de transition entre la Trompette et le Cor.
Pour la percussion, le passage du Triangle au Tam bour se fait par les Glocken speel, du Tambour aux Timballes par la Grosse Caisse, des Timballes au Tambour de basque par les Cymballes et du Tam bour de basque au Triangle parles Grelots et le Cha peau chinois. Quant aux instruments synthétiques, ils fournissent une foule d’instruments de transition. Signalons : La Mandoline, la Guitare entre la Harpe et l’Harmonium, l’Accordéon entre l’Harmoninm et le Piano,
l'initiation 204 l’Orgue de Barbarie entre le Piano et l’Orgue, la Cornemuse entre l’Orgue et l’Harmonium, la Cythare entre la Harpe et le Piano, etc., etc. Cette recherche des instruments de transition est presque exclusivement du domaine des musiciens et nous ne voulons pas nous étendre trop ici sur ce sujet.
TROISIÈME ÉTUDE Première idée d’une physiologie de l’orchestre L’homme en croyant faire des inventions ne fait qu’appliquer à la portion de la Nature qu’il peut atteindre les lois de son propre organisme .
C’est ainsi que les premières machines hydrauliques corres pondaient au ventre et au système lymphatique de l’or ganisme humain ; les machines à vapeur et leurs longues tuyauteries ne furent que l’application analo gique de la circulation du sang avec son réseau de tubes artériels et veineux, sa chaudière pulmonaire et ses pis tons cardiaques ; enfin l’électricité vint nous rappeler, parses multiples enchevêtrements de fils, la complica tion des filets nerveux.
La machine à la fois hydrau lique dans ses bases, à vapeur dans ses organes cen traux de compression et électrique dans ses organes moteurs semble se dessiner avec la locomotive élec trique de Heimann. N’est-ce pas là pour l’observateur un fait curieux que l’homme ne fait que s’inventer lui-même en croyant découvrir du nouveau ? Cette loi s’est encore vérifiée lors de la construction e l’orchestre, tel qu’il est actuellement conçu. En
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE LORCHESTRE 205 effet la Nature commence la construction des Mondes par le Soleil et de l’homme par le système nerveux; elle procède du haut en bas, du délicat au solide, à l’inverse de nos modernes architectes. Or le premier orchestre complet sera constitué par le quatuor formé uniquement d’instruments à cordes, c’est-à-dire par un système nerveux (Tête).
Avec le septuor nous verrons apparaître les bois et les cuivres, c’est-à-dire un peu de poitrine (système sanguin), et Yorchestre proprement dit commencera lors de l’in troduction des instruments de percussion (système lymphatique, ventre). N’est-elle pas curieuse cette loi mystérieuse qui pousse l’homme à imiter inconsciemment la Nature dans l'élaboration de cet organisme intellectuel qu’est l’orchestre.
Afin de chercher plus étroitement les rapports des instruments de l’orchestre considérés comme des or ganes, nous sommes obligés de rappeler ici quelques principes élémentaires de physiologie. La Tête, la Poitrine, le Ventre, forment trois centres généraux de l’organisme, mais ces centres s’enche vêtrent les uns aux autres et c’est du mutuel appui qu’ils se prêtent que résulte la vie de l’être humain.
Ainsi la digestion d’un morceau de chair demande, outre l’action personnelle de l’intestin, l’apport de sang (dont le centre est la poitrine) pour nourrir l’intestin qui travaille et pour permettre les sécrétions néces saires et l'apport de force nerveuse (dont le centre est la Tête), pour régulariser la circulation du sang, la sécrétion des glandes et les mouvements péristal2o6 l’initiation tiques réflexes de l’intestin.
Cet exemple grossier suf fira par faire comprendre qu’il n’est pas un acte phy siologique qui ne soit la résultante d’une intime coo pération des trois grands systèmes. Nous devons donc, après avoir écrit nos trois grandes divisions, Tête, Poitrine double et Ventre, prévoir leur réaction réciproque. i° L’action delà Tête sur elle-même,sur la Poitrine et sur le Ventre. 2° L’Action de la Poitrine sur la Tête, sur ellemême et sur le Ventre.
3° L’Action du Ventre sur la Tête, sur la Poitrine et sur lui-même. Ce que nous pouvons résumer en un tableau très simple : . TÊTE POITRINE VENTRE Agissant dans la tête. Agissant dans le ventre. Agissant dans la poitrine.
Si nous faisions spécialement de la Physiologie, nous aurions à savoir quels sont exactement les organes qui représentent la Tête dans la Poitrine (c’est-à-dire le système nerveux dans le système sanguin) ou la Poitrine dans le Ventre (c’est-à-dire le système san guin dans le système lympathique). Mais n’oublions
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L ORCHESTRE 2O7 pas que c’est toujours à l’orchestre que nous devons revenir. Aussi allons-nous ranger les instruments d’après la méthode qui nous a permis de déterminer les actions réciproques de nos trois grands centres physiologiques et nous aurons le tableau suivant : Faisant onction de cordes. Faisant fonction de bois ou de cuivre. Faisant fonction de percussion. (Tète de l'Orchestre). Instruments à Cordes. -4- ' Instruments à Vent. (Poitrine). I bois, 2 cuivre. (Ventre). Instruments à Percussion. Construction du Tableau général. Valeur de chaque instrument. En écrivant sur une même ligne verticale la série des instruments à cordes principaux, puis sur une autre ligne parallèle les instruments à vent (divisés en deux sections, bois et cuivre), puis sur une autre ligne également parallèle les instruments à percussion et en terminant par la série des instruments synthé tiques, on obtient les premiers éléments d’un tableau général qu’il suffit de compléter en écrivant à la gauche la loi qui caractérise le genre de fonction de chaque instrument.
2 0 8 l’initiation LOI CORDES 1 INSTRUMENTS A VENT PERCUSSION 1 SYNTHÈSE BOIS. 1 Y CUIVRES. 1 Y Faisant fonction de Violon. Flûte. Trompette. Triangle. HARPE. cordes. Faisant fonction de ------ >- bois. Alto. Clarinette. Cor. Tambour de basque. HARMONIUM. Faisant fonction de Violoncelle. Hautbois. Trombone. Tambour. ORGUE. cuivres. Faisant fonction de Contre-Basse. Basson. Tuba. Timballe. PIANO. percussion.
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE 20Ç Ce tableau nous donne une première idée de la phlosophie intrinsèque de chaque instrument. Il est tré'facile à lire, mais donnons néanmoins quelquesunsdes résultats obtenus par son usage. Le Siolon est défini Cordes ffons de Cordes La Flûte — Bois — —■ La Trompette — Cztivre — — Le Triangle — Percussion — —■ L’Alto — Cordes — Bois La Clarinette — Bois — — Le Cor — Cuivre — — LeTamb. basque— Percussion — — Le Violoncelle — Cordes Le Hautbois — Bois Le Trombone — Cuivres Le Tambour — Percussion La Contre-basse — Cordes Le Basson — Bois La Tuba — Cuivres La Timballe — Percussion Cuivres — Percussion Enfin nous obtenons pour les instruments synthé tiques : La Harpe Synthèse faisant fonction de Cordes L’Harmonium — Bois L’Orgue — Cuivres Le Piano — Percussion
l’initiation 210 PI. 2
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE 2 I I * ¥ bous sommes persuadés que l’importance de ces défiaitions n’échappera pas aux compositeurs qui pressentiront déjà les résultats qu’on peut obtenir par cette méthode. Quant au public amateur de musique, nous ne savons si ces détails techniques l’intéresse ront autrement que comme une conception curieuse et sans grande portée.
Pour nous, notre devoir s’arrête là et nous avons fait nos efforts pour le remplir de notre mieux. Le tableau ci-dessus, établi d’après la valeur des notes que peut produire chaque instrument, montrera toutefois que les instruments se rangent presque mathématiquement dans ce tableau qui pou vait sembler purement imaginatif (voy. ci-contre) : Appendice Des adaptations de l’orchestre. (Première idée d’une Psychologie de l’orchestre).
La question qui nous reste à traiter sort à tel point des données généralement admises sur l’emploi de l’orchestre que nous nous contenterons d’en exposer les éléments dans cet appendice à notre petit travail.
Nous avons vu qu’analogiquement le piano pouvait être considéré comme un petit orchestre dans lequel les basses correspondent aux instruments à percus sion, les médiums basses aux cuivres, les médiums hautes aux bois et enfin les hautes aux cordes.
212 L INITIATION D’autre part, nous avons vu également que ces quatre sections correspondent à une loi générale dont nous avons donné comme exemples les quatre grands principes : Dieu, la Femme, l’Homme, la Na ture. Il s’ensuit qu’on peut adapter les analogies les unes aux autres et dire : Dieu correspond aux cordes et aux notes Hautes. La Femme correspond aux Bois et aux notes Médiums-Hautes.
L’Homme correspond aux Cuivres et aux notes Médiums-Basses. La Nature correspond aux instruments à Percussion aux notes Basses. C’est-à-dire que le compositeur, ayant à déve lopper un thème dans lequel il met en jeü les grands Principes en action dans l’Univers, devra se confor mer, s’il veut adapter les enseignements de l’Hermétisme, aux correspondances que nous venons de pré ciser.
Et ces correspondances étaient connues depuis si longtemps que, si l’on en croit l’histoire des grandes civilisations orientales, la destruction de l’Empire de ¡Ram aurait été due à un schisme basé sur ce point que la Femme, d’après les analogies musicales, est plus proche de Dieu que l’Homme (i). Dans un travail actuellement en cours, nous prouve rons que tous les maîtres de génie ont découvert et (i) Voy. Saint-Yves d'Alveydre. Mission des Juifs.
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE 2 I 3 appliqué intuitivement cette loi que la déduction ana logique nous a permis d’établir si simplement.
Donc le point capital pour le compositeur est .de bien préciser l’étendue de son thème, car les mêmes correspondances qui, pour le thème général Grands Principes de l’Univers, font les rapports Dieu Cordes, Femme Bois, Homme Cadres, Nature Per cussion, changent singulièrement si l’on rétrécit la portée de ce thème général.
En effet pour le thème général Société humaine, les correspondances de viennent : Prophètes Cordes, Juges Bois, Guerriers Cuivres, Peuple Percussion à l’orchestre et Hautes, Médiums Hautes, Médiums Basses, Basses au Piano.
Cette adaptation d’après un thème général est régie par la loi des correspondances analogiques dont les anciens avaient déterminé les fondements dans la construction d’un merveilleux instrument intellectuel devenu le Tarot des Bohémiens. Le thème est entiè rement laissé au choix de l’artiste; mais, une fois le thème choisi, la loi des correspondances vient préciser d’admirable façon les développements musi caux.
Nous ne pouvons ici qu’indiquer quelques-uns de de ces rapports d’après un thème général quelconque ; mais ces exemples suffiront pour faire comprendre aux véritables artistes la valeur de l’instrument de travail que nous mettons à leur disposition. Il suffit du reste de reprendre les œuvres universellement consacrées des maîtres pour y voir l’application inconsciente de ces données.
QUELQUES EXEMPLES D’ADAPTATION Delius et Papus. 2 14 L INITIATION THÈME GÉNÉRAL HAUTES OU CORDES MEDIUM-HAUTES OU BOIS MEDIUM-BASSES OU CUIVRES BASSES OU PERCUSSION Les Grands Principes de l’Univers Dieu. Femme. Homme. Nature. Action de Dieu dans ¡’Humanité Voix des Anges. Voix des Inspirées. Voix des Prophètes. Voix de la Nature. La Vie Humaine. La Naissance. L’Amour. La Guerre. La Mort. L’Être Humain. L’Esprit et l’inspiration.
L’Ame féminine et l’intuition. L’Ame masculine et La Raison. Le Corps et La Sensation. La Nature La Campagne. Le Ciel. La Mer (le fleuve). La Lune. La Forêt. Le Soleil. La Montagne. Les Astres. Marche de la Nature. Le lever du Soleil. (Matin). Printemps P. Q. L’Apogée du Soleil (Midi), été. P. L. Le Déclin du Soleil (Soir), Automne. D. Q. Le coucher du Soleil (Nuit), Hiver. N. L. Les forces de la Nature en courroux. L’Éclair. La Pluie. La, Grêle. Le Vent. Le Tonnerre. Un Incendie. Les Flammes. La lueur de l’incendie Le Bruit de l’incendie La Fumée. ».
ASTROLOGIE 2 I 5 ©. — L'Influence du Soleil représente en quelque sorte la synthèse des Influences que font rayonner les planètes de notre système solaire. Tendant ainsi vers la production d’un ensemble harmonieusement fon du, elle doit faire disparaître, dans l’organisation qui lui est due, tout ce que les facultés instinctives, morales et intellectuelles correspondant à l’action des autres planètes ont d'excessif.
De plus, toutes ces facultés mêmes apparaîtront ici comme affinées. Le Solarien se présente ainsi comme le type planétaire le plus équilibré et le plus noble. VOLONTÉ : Ferme, altière. PLAN INTELLECTUEL: Constituant une sorte de synthèse, l’influence solaire ne régit aucune faculté intellectuelle en particulier : les facultés intuitives et raisonnantes se tiennent réciproquement en parfait équilibre et se contrôlent mutuellement.
Les carac tères les plus marquants que l’influence solaire con- (r) Extrait d’un Traité théorique et pratique d’Astrologie généthliaque devant paraître prochainement.
2l6 l’initiation fère à l’esprit sont la clarté, une logique large et droite, méprisant les artifices et les sophismes, et une aspiration ardente et incessante vers la vérité. Et à cette vérité (puisque pour le genre humain elle ne saurait jamais être que relative) doit toujours s’allier pour le Solarien la beauté morale ou plastique. Il a horreur de tout ce qui est bas, laid, ou simplement vulgaire; il dédaigne ce qui est futile ou insignifiant.
Son optique particulière lui fait toujours voir le côté idéal des choses ; sa pensée tend à s’élever du monde troublé des phénomènes dans les régions sereines des idées et se dirige de préférence vers celles qui ont un caractère de grandeur, d’universalité, de synthèse. Cependant ses aspirations idéalistes n’étouffent pas en lui un sens assez net du réel. En tout il recherche la perfection.
Ainsi toute œuvre intellectuelle du Solarien se caractérisera par l’élévation et la limpidité de la pensée, par l’effort visible d’approcher le plus près de la vérité, par une tendance marquée d’idéaliser, par la simpli cité et l’appropriation de l’expression, et par l’ordon nance harmonieuse des différentes parties. Aucun excès nulle part, rien de vague, de ténébreux, d’obs cur; tout y brille. Habitude de l’esprit: Indépendance, éclecticisme.
N'étant donc ni pessimiste, ni optimiste entière ment, l’esprit du Solarien vit habituellement dans une sérénité quelque peu dédaigneuse et hautaine. Cepen dant il est capable de grands et généreux enthou siasmes. En philosophie, il est hautement spiritualiste. Son
ASTROLOGIE 2iy éclecticisme profond le retient en philosophie comme en religion de s’inféoder irrémédiablement aux grandes Églises comme aux petites chapelles; mais, — tout en réservant pour lui, là ses conceptions spiri tualistes, ici ses préférences ésotériques (parfois in conscientes), — sa tolérance grande lui permet de les fréquenter et respecter toutes : peu lui importe que ce soit ici ou là qu’il trouve la vérité qu’il cherche.
Chez le Solarien, c’est surtout la soif d’idéal qui devient la source de sentiments religieux. A part cçla, son sens profond de l’ordonnance en toutes choses lui fait concevoir la nécessité d’un principe créateur et ordonnateur suprême ; mais son esprit se refuse aux concéptions plus ou moins grossièrement anthropo morphiques qui se retrouvent à la base de la plupart des cultes religieux.
Il veut la religion large, tolérante, naturelle: là aussi son esprit demande des concepts simples, clairs, raisonnables. II dédaigne les subtilités spécieuses des théologiens. Quant aux pratiques exté rieures d’un culte, il s’en montrera, au fond de lui, peu enthousiaste, à moins de trouver à y satisfaire son sens de beauté.
Cependant si l’éducation qu’il a reçue ou le milieu dans lequel il vit le rendent désirable, il ne s’y soustraira pas ; mais son véritable culte sera intérieur, impersonnel, plus spirituel ; le divin se présente à son esprit surtout sousla forme du bien, du vrai et du beau, et c’est en s’efforçant toujours de réaliser en lui ces trois principes qu’il estime rendre le meilleur hommage à la divinité. En fait de politique, les opinions du Solarien sont libérales.
En matière de gouvernement et d’organisa2l8 l’initiation ti'on sociale, elles sont aristocratiques, moins cepen dant dans le sens d’une aristocratie de naissance, que dans celui d’une aristocratie basée sur le mérite et le savoir, sur le talent et la beauté intellectuelle et mo rale.
En raison de son organisation intellectuelle très complète, les aptitudes sont chez le Solarien générale ment multiples et remarquables ; comme d’ailleurs rien n’est médiocre en lui. Il est autant inventeur qu’imitateur, mais à ce qu’il imite il sait le plus sou vent donner une forme perfectionnée ou plus origi nale. Son véritable domaine, celui ou éclate toute sa brillante supériorité, c’est l’Art.
La recherche de la beauté et le désir toujours en éveil de donner à sa pen sée pour expression une forme vraie mais idéalisée, ont déjà fait pressentir que le Solarien naît artiste. Et en effet le © donne toujours un sens esthétique très aigu, souvent le talent artistique, parfois le génie, (qui, même dans d’autres directions, ne se manifeste d’ailleurs jamais sans le concours del’Influencesolaire)..
Le Solarien possède alors au plus haut point la faculté de réaliser cette forme qu’il recherche : ses œuvres d’art se caractériseront toujours par une inspiration élevée, large, sérieuse, par des qualités de sentiment vrai et profond, atteignant souvent au pathétique, par une vérité et une simplicité d’expression admirable, par des formes idéalement belles ; en un mot, son art sera toujours de l’essence la plus pure.
En sculpture et en architecture, ce sera l’art grec à sa période de splendeur; en peinture, ce sera Raphaël; en musique, Mozart ; en art poétique et en littérature, Molière (avec
ASTROLOGIE 2 I 9 $ et <£), Schiller, Alexandre Dumas fils (avec Qi et $). Eloquence simple et vraie, persuasive, pouvant ar river à une puissance d’émotion très intense. Procédé de travail: Travaille d’inspiration, sans jamais se forcer lorsque celle-ci ne vient pas; par con séquent d’une façon essentiellement irrégulière. PLAN MORAL : Influence bonne.
La recherche du vrai et du beau à laquelle on a vu le Solarien s’appli quer se complète sur le plan moral par un impérieux désir de réaliser le bien. Il possède innée une généro sité noble et éclairée, dont les effets s’étendent même à ses ennemis, et un sentiment de haute et impartiale justice qu’il pratique plus rigoureusement peut-être encore envers lui-même.
Toute action qui dénote une bassesse de pensée ou de sentiment lui cause une ré pugnance invincible. Il a conscience de sa supériorité intellectuelle et morale : cela le rend fier, d’une fierté un peu hautaine. Mais étant consciente, elle est sans pose, et ne l’em pêche pas d’être condescendant à l’occasion. Il sait être indulgent et se rendre aimable, et se fait ainsi par donner son apparente hauteur.
Le Solarien cultive, enracinés au plus profond de son être, des sentiments de suprême loyauté, d’hon neur et de dignité. Jamais il ne transige sur les décrets de sa conscience, jamais il ne demande, jamais il ne se plaint à autrui d’un sort adverse.
Il fait d’ailleurs, dans le malheur, preuve d’un grand courage moral, d’une belle fermeté et d’une résignation noble et digne ; et, si grande que soit l’adversité, l’espérance ne l'aban220 l’initiation donne jamais. S’il est artiste, il se réfugiera dans sonart ; plus ses peines et ses douleurs seront intenses, plus ses facultés créatrices en seront aiguisées, exal tées.
Cœur tendre et aimant. — Il est franc, d’une fran chise simple, et sympathique. — Chasteté. Le Solarien sait se montrer fort de son droit, maispense que c’est le plus raisonnable qui cède.
La con science de sasupériorité devientlasource d’une grande confiance en lui, qui, tout en étant le plus souvent une qualité, risque de devenir un défaut parce qu’il a une tendance à l’exagérer ; ainsi il n’accepte pas faci lement, presque jamais même, un conseil. Par contre il se montre bon conseiller, en raison de sa vue juste et de son sens assez exact des choses; et il est fidèle en amitiés.
Le Solarien pur se montre peu avide de biens maté riels; mais il poursuit la renommée, il veut la gloire. Les applaudissements d’une société, les suffrages d’une ville, d’un pays, ne lui suffisent pas; il lui faut l’admiration, la consécration du monde entier. Pour cela il saura concentrer toutes ses facultés, tous ses efforts sur une seule œuvre, qu’il produira à sonheure; et ce sera un chef-d’œuvre.
Influence mauvaise: Vanité, prétention, pose. Enor mément d’orgueil, se fondant sur des aptitudes et des mérites imaginaires : l’individu se croit toujours un grand talent méconnu par la bêtise ou l’injustice de la foule. Mais, étant reconnu par lui-même, il ne désespère jamais et continue ses efforts, frappés d'une stérilité congénitale et partant irrémédiable. II est
ASTROLOGIE 22 1 parfois hanté d’un désir fou de célébrité; son imagi nation complètement dévoyée lui suggère alors de brûler le temple d’Ephèse. Absence presque totale de sensibilité, d’émotion vraie, de générosité, de charité. L’individu est envieux, jaloux du succès d’autrui; il se montre dur envers ceux qui sont au-dessous de lui, hypocrite et flagor neur envers ceux qui sont au-dessus. Manque de dignité; absence de sens moral.
Pathos déclamatoire, cbeux. PLAN INSTINCTIF : Influence bonne. Nature doucement impulsive, chaude, vibrante, rayonnante, brillante. —Impressionnabilité fine. D’humeur généralement très égale, il se montre cependant parfois irascible, mais ses colères s’apaisent presque instantanément. Sobriété des appétits. Les goûts du Solarien sont raffinés, aristocratiques, artistiques. Il aime tout ce qui brille, tout qui ce est fas tueux et original.
Mais son goût est toujours sérieux et très sûr. Il déteste tout ce qui est vulgaire, peuple (la foule endimanchée), genre bourgeois, « popote ». Le Solarien possède une force magnétique toute particulière pour attirer sympathiquement vers lui toutes les personnes avec lesquelles il entre en contact. Dès qu’il apparaît dans une société, il a con quis tout le monde par la sympathie et l’ascendant qui se dégagent de sa personne.
Mais lui passe, presque indifférent, comme sans s’en apercevoir. Il est capable d’attachements profonds et de liaisons sérieuses ; cependant il ne les recherche pas, il attend qu’on lui
222 l’initiation fasse les avances. Là comme partout ailleurs, il se montre d’une réserve empreinte de fierté et de dignité, qui paraît à certains même un peu hautaine; et il sait toujours garder les distances. Sans être taciturne, il parle habituellement peu, mais ce qu’il dit est bien dit et à point. Il ne devient expansif, et alors éloquent, que lorsqu’il trouve l’oc casion de parler sur un sujet favori.
Dans toute société, carrière, fonction, le Solarien aspire à la première place; plutôt que d’accepter la seconde il s’effacera. Extérieurement, il se caractérise par une suprême distinction de manières. On se rappelle aussi que toute sa personne physique porte un cachet remarquable de distinction: il a « grand air ».
Mise généralement élégante, recherchée, mais de bon goût; souvent ori ginale, même excentrique, mais répondant alors à une idée artistique.
La femme solarienne sera ou la grande artiste comme on sait, artiste plus que par tempérament : par l’intelligence; ou la grande dame du monde, impo sante par sa distinction, d’une élégance raffinée, su prême, aux sentiments exquis, à l’intelligence ouverte à toutes les belles choses, cultivant les arts, et consti tuant un centre d’attraction pour une élite intellec tuelle, artistique et mondaine.
Habitudes de la vie pratique : Une certaine ordon nance en toutes choses (mais il n’y a là rien de l’ordre systématique et maniaque du Saturnien). —Dans ses actes, jamais aucune précipitation . — Nature trop artiste pour être jamais ce qu’on appelle pratique: le
ASTROLOGIE 223 beau passe chez lui avant l’utile. Fuit autant que possible les petitesses et les mesquineries de la vie de tous les jours : tels par exemple les soins et occupa tions du ménage. Il a horreur des besognes viles et salissantes, des travaux simplement manuels, de tout ouvrage purement machinal. L’argent ne compte pas pour lui. Surtout s’il s’agit de satisfaire une fantaisie artistique, il le jette à pleines mains.
Lésiner jamais en matière pécuniaire est jugé au-dessous de sa dignité. Ilne se sent heureux qu’en touré de belles choses et menant une vie fastueuse. Occupations : Artistiques surtout; puis la contem plation, la lecture. Préférences : Les bibelots et étoffes artistiques, les fleurs; en fait de couleurs, le jaune d’or (et l’or luimême); parmi les instruments de musique: la harpe, l’orgue.
Collections : Les tableaux, les paysages, la peinture idéaliste et symbolique ; puis les joyaux. Diction : Chaude, sympathique. Gestes : Nobles, gracieux. Écriture: Calme, simple, claire, égale, bien espa cée, élégante, courbes gracieuses; les lignes bien droites, souvent plusieurs mots liés ensemble. Influence mauvaise: Colères violentes, instincts bas, mesquins. Malpropreté. Désordre. Beaucoup de laisser aller; caractère flottant, mou. Bavardage futile, creux. Banalité, petitesse. Se rend souvent ridicule par ses mises extravagantes.
l’initiation 224 On a pu voir que parmi les types planétaires de l’ancienne série que nous avons étudiés jusqu’ici, ceux appartenant à 5 et se caractérisent par une essence mâle nettement accusée, du moins dans leur ensemble. Aussi constate-t-on expérimentalement que ces types se rencontrent, dans leur pureté, plutôt rarement chez le sexe féminin. C’est surtout le type martien qui, toujours à cette condition, est très rare.
Le jupitérien est encore assez peu fréquent ; le satur nien se voit le plus communément. D’autre part on découvre, chez la femme qui porte les stigmates d’un de ces types très prononcés, toujours quelque chose de masculin, ou du moins de viril, soit dans quelque coin de la pensée, soit dans la manière de sentir, soit dans certaines allures.
Cela s’accuse de nouveau prin cipalement là où prédomine le type martien, moins où c’est le jupitérien, encore moins où c’est le saturnien. — Dans les caractères du type solarien la nature mas culine setrouve en équilibre avec celle féminine ; aussi ce type se rencontre-t-il également dans l’un et dans l’autre sexe, mais de toute façon il est, dans toute sa pureté, rare.
Nous arrivons maintenant aux types planétaires dont les caractères sont d’essence féminine : le vénu sien, le mercurien et le lunaire. La nature féminine est surtout très saillante dans le type vénusien, et va, pour les autres Planètes, en diminuant suivant leur ordre astrologique.
Cependant, à part le vénusien peutêtre, ces types ne se manifestent guère plus rarement chez le sexe masculin que les types mâles, mais à leur tour ils donnent, lorsqu’ils sont très prononcés, touASTROLOGIE 225 jours quelque chose de féminin aux hommes qui en sont marqués*). {Fin.) H.
Selva. (i) Certains voudront peut-être nous reprocher que c’est par un goût exagéré pour la théorie que nous disons ici le type mercurien d’essence féminine, et,afin de ne pas déranger l’har monie du schéma par lequel on pourrait exprimer ce que nous venons d’exposer et que voici : ---------------— M. F. —--------------- ô r c? © 9 ? □ Qu’il nous suffise ici, pour notre justification, de rappeler seulement les instincts féminins, l’impressionnabilité nerveuse, la délicatesse poussée souvent jusqu'à la mignardise et l’afféte rie dans les gestes les goûts et les allures, le penchant pour les intrigues et la diplomatie toute féminine qui se rencontrent chez le vrai Mercurien.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Mot à mot, avec rapprochements philologiques Chapitre II. —Adam et Eve. — L’Eden 1. — Oui clou, et furent accomplis, achevés, ésch* mim, les cieux, ou etéartz, la terre, ou cl — tzbam, et toute armée, ordre d’eux.
2. — Ou et ici, avait achevé, aléim aléim, bioum dans jour, éschbioi, le septième, mlacthou, œuvre de lui, aschr, que, osché, il avait faite, ou et ischbth, il se reposa, bioum, dans jour, éschbioi, le septième, mcl, de toute, mlacthou, œuvre de lui, aschr, osché,. il avait faite.
3. — Ou et, ibre bénit, aléim aléim, ath leioum, jour, éschbioi le septième, ou et, iqdsch consacra, sanctifia, athou lui ci car, parce que, bou dans lui, ce jour,'schbth, il se reposa, mcl, de toute, mlacthou, œuvre de lui, aschr, que, bra, créa, aléim, aléim, loschouth, en ce faisant.
4. — Alé, telles (furent), thouldouth, les généra tions, enfantements, éschmim, des cieux, ou, et, éaratz, de la terre bébram, dans créations, bioum, dans jour, oschouth, de faire, (ayant fait), iévé, aléim,. iévé, aléim, artz. terre, ou et schmim, cieux.
TRADUCTION DE LA GENÈSE 227 5. — O11 et cl, toute, schih, pousse, scion, éschdé, de champ labouré, hersé, trm, pas encore, ieie, était bartz, sur terre, ou et cl, toute, oschb, plante, éschdé, de champ labouré, trm, pas encore itzmh, n’avait poussé, ci car, la non émtir, avait fait pleuvoir, (sous entendu encore), iévé, aléim, iévé, aléim, ol sur, éartz, la terre, ou et adm, l’homme, ain non, ne pas, (sous entendu étaitencore), lobd, pour travailler, athéadmé, la terre, (la domptée).
6. — Ou ar, mais vapeur, i olé, montait, s’élevait, mn, de, éartz, la terre, ou et éschqé, arrosait, ath, les, cl, toutes, phni, faces, surfaces, éadmé, de la terre.
7. — Ou et iitzr, forma, façonna, iévé, aléim, iévé, aléim, ath, le, éadm, homme, ophr, poussière, mn, de, é admé, la terre, ou et iphh, souffla, insuffla, baphiou, dans narines de lui, nschmth, souffle, hiim, de vie, ou et iei, fut, devint, éadm, l’homme, énphsch, ■comme en souffle, âme, hié, vivante.
8. — Ou et ito, planta, iévé, aléim, iévé, aléim, gn jardin, bodn, dans éden, mqdm, à l’Orient, ou, et ischm, il plaça schm,là, ath é adm,le homme, aschr, que, itzr, il avait façonné, formé.
9. — Ou et itzmh fit sortir, iévé aléim iévé, aléim, mn, de, é admé, la terre, cl tout, otz, bois, (arbre), nhmd, étant agréable, 1 mraé pour vue, ou et toub, bon, 1 macl, pour nourriture, aliment, ou et otz, bois, (arbres), é hiim, les vies (de vie), btonec, dans milieu, égn, le jardin, ou et otz, bois (arbre), é doth (de) la connaissance, touE, bien, ou et ro mal., 10. — Ou et ner, rivière itza, sortait, modn, d’Eden, léschgouth, les irrigations (pour arroser)
228 l’initiation pourathéqn, le jardin, ou et mschm, de là, iphrd, se séparait, ou et eie, était, larboé, pour (en) quatre raschim, tètes. 11. — Schm, nom, éahd, le premier, phischoun, phischoun, éoua, lui esbb, faisant entourer, (entou rant) ath, la cl toute, artz, terre, éhouilé (éhouilé), aschr, qui, schm là ézeb l’or (où est l’or).
12. — Ou et zeb, or, éartz (de) la terre, ééia, la elle, toub, bon; schm, là, ébdlé, bdellium, ou et abn, pierre, schem le onix (d’onix). 13. — Ou et schm, nom, é ner, la rivière, éschni, la 2me gihoun, gihoun, éoua, elle, és bb, faisant entou rer (entourant), ath cal, la toute, artz, terre, cousch, de cousch.
14. — Ou et Schm, nom, éner de la rivière, éschlischi, la 3me hdql. hdql, éoua, elle, é élc, faisant route (coulant) qdmth, devant, aschour aSchour, l’Assyrie, ou et ner, rivière, é rbioi, la quatrième, éoua elle, phrth phrth, l’Euphante. 15. — Ou et iqh, il prit, iévé aléim, iévé aléim, ath é adm, l’homme, ou et inhéou, déposa lui bgn, dans jardin, odn odn (éden), lobdé, pour travailler lui, ou et 1 schmré, pour garder lui.
16. — Ou et, mais, itzou ordonna i évé Aléim i évé Aléim ol vers, à é adm, l’homme l’amr, en disant, m cl de tout, otz bois (arbre), égn (du), jardin (pour de le), acl mangeant, thacl tu mangeras. 17. — Ou mais, motz de bois (arbre), é doth de la connaissance, toub bien, ou et ro mal, la non th acl tu mangeras, mmnou de portion, part de lui, ci parce que, bioum dans jour, a clc mangeant toi,
TRADUCTION DE LA GENÈSE 229 mmnou de portion de lui, mouth mourant, th mouth tu mourras. 18. — Ou et iamr diei évé Aléim iévé Aléim, la non toub bon éiouth que soit é adm l’homme lb dou à part de lui (seul), aosché je ferai, lou pour lui, o z r secours, cngdou comme manifestation.
19. —Ou et i t z r avait formé, iévé Aléim iévé Aléim mn de é admé la terre, cl toute, hith vie, éschdé de champ, ou ath cl et tout, oiseau onph é schmim des cieux, ou et, iba il fit venir, al vers, é adm l’homme braouth, pour voir, mé quoi, iqra il crierait, nommerait, lou sur lui, ou et, cl tout, aschr ce que, iqra cria, nomma é adm l’homme, nphsch âme, hié de vie, éoua elle, schm nom, ou de lui (d’elle).
20. — Ou et, iqra il cria (nomma), é adm l’homme, Schmouth noms Ici sur toute, ébémé bête, (gros bé tail), ou et, louph sur oiseaux éschmim des cieux ou et, Ici sur toutes, hith vies, é schdé de champ, ou et, 1 adm pour l’homme, la non, mtza reneontra, ozr secours, aide, cngdou comme manifestation de lui.
21. — Ou et, iphl fit tomber i évé Aléim i évé Aléim, thrdmé sommeil profond ol sur é adm l’homme, ou alors iischn il dormit, ou et, iqh il prit ahth une, mtzlothiou des côtes de lui, ou et, isgr il enferma, boucha, bschr chair, thhthné sous elles.
22. — Ou et, ibn il bâtit, façonna i évé Aléim iévé Aléim, Dieu, ath étzlo, la côte, aschr que lqh il avait prise de mné adm l’homme l’asché pour (en) femme, ou et, i baé il fit venir elle, al vers, é adm l’homme. 23. — Ou alors, iamr dit, é adm l’homme, zath
23o l’initiation cette, éphom foi, otzm os motzmi de os de moi, ou et, bschr chair, m bschr i de chair de moi, Izath sur cette, iqra il cria, asché femme, ci parce que, maisch de homme, lqhé prise, zath cette.
24. — 01 can sur ainsi (c’est pourquoi), iozb aban donnera, quittera, aisch homme, ath le abiou, père de lui, ou et, ath la, amou mère de lui, ou et, dbq s’attachera, baschthou dans (à) femme de lui, ou et, eiou ils seront, ébschr en chair, ahd une. 25. — Ou et, ieiou étaient, schniem deux eux (tous deux) oroumim nuds, éadm l’homme, ou et, aschth ou femme de lui, ou et, la non, ithbschschou ils avaient honte (rougissaient).
COMMENTAIRES Chahitre II. — Adam et Eve. — L’Eden. 1. — Tzabam, tzabam, de itzle, tzab, établir, se tenir, affermir, armée, est une force réunie avec ordre, lat. stabilio, stare, sisto fr. stabilité sans, sthâ —ischbth , ischbath, signifie repos, demeure, arrêt; d’où sabbatiser, le jour septième, du repos (s’asseoir), san, sad.
3. — qdsch, qadasch,consacrer; sanctifia; d’où en lat. (par transposition), sanctus, fr. sait. — Athou, lui gr. aouton, san. tal. alé, lat. ilia, taies, fr. telles. — Thouldouth de ild, ilad, enfanter, lat. ululo, d’où en an. lady. — 5.— Schih, schiâh, pousse, scion, de sclhh, schlâh, pousser, lancer, emtir, ématir pleuvoir, de mr, mar, couler, sa. miras, mare, mer; d’où en lat. 1
TRADUCTION DE LA GENESE 23 I madidus, moite. — ain, ne, non, al, nicht nein, an. not, de ner, couler, s’annihiler. — Obd, obad, tra vailler, dompter, lat. obedire. — 6 — ar. vapeur, de aour, briller, lat. aer aurora, gr. oraô, tout cela de hrr, harar, lat. uro, brûler. — sa. us, brûler. — schqé, schaqé, arroser, lat. succus, abreuver, ail. schent. fr. échanson, gr. âskos, skéonos, lat. sugere, fr. succion, sucer, sa, sic, mouiller. — 7. •— Itzr, itzar, façonna, fam. tzr: serrer, lat. tortor, serres, gr. ster. fr. stérile, mystère, ce misère.
Tout cela, traiter durement. — Ophr, ophar, pous, sière, (chose brisée), fracta fam : furfur, farina, sa, Karc = ph. — phh, phàh de phouh phouah ouvrir avec exsufflation, gr. phouô, lat. fui, onomatopée, fam : phh, phâh, fr. phoque. — 8. — Ito, de natôj enfoncer, fam : nadir, nadus, ail. nieder anbas. ■—■ gn, gan, jardin, enclos, fam , gaine de ngn, nagan, protéger, a donné, fr, ganse, gant, n t, amené par n. — Odn, odan, délicieux, beau, gr. édus, adonis. — Sa. svadanam, douceur, — Ischm, ischam, des schim, schoum, schm, scham, placer, mettre, d’où fr, site, situation, m appelle t. de bitz, itzalb, lat. stabilio, stare, sisto, sa, sah, se tenir.
9. — Itzmh de tzamah, fleurir, pulluler, foisonner, naître de, de istza, sortir, d’où lat. stamma, al stamm, souche, race, stammen, des cendres.— nmhd, namahad de odn, odan, volupté, Eden, adonis, odin, gr. édus. — Édoth, de idô, distingue, la, divido, vidéo, voir c’est savoir, science, san. védas, science,
232 l'initiation vérité. — Ro, d’où fam : roué, rouerie, ce qui est mauvais, sans, ru, lmraé de raé, gr. oraô, fam : mirus, miroir, san, (usra aurore). Nota. — Dans ce chapitre Dieu est dénommé iévé aléim; iévé dénote l’existence, l’éternité, et dérive de iéoêé ié, éoué, être, exister (d’où l’Eternel).
Iévé aleim veut donc dire l’Eternel avec l’idée des forces puissances créatrices de la nature. io. — ner, rivière dev aoué par inversion e — ou — V. lat. rivus. fam. nérée, rhin. gr. rin, narines, naïade, la. nare, sa. nîran (eau), iphrd, iphrad de phrr, pharar, fam. préparer, operor, séparer, parum, peu, parvus, an. poor, pauvre, gr. paouros, la. furere, par sur, râper, rompre, la furfur farina, gr. pûr, feu, brieur b = p. sa. — Chrc. n. — Ésbb, ésabab. de sbb, sabab, sepio, b = p, entourer, d’où saborder, sabord, sabot qui entoure. — Éélc, éélac de élac, allonger, done, couler, faire route, aller, fam, arc, arac, arranger, allonger, orac, de même, d’où arachnée, sa. arch, aller, mouvoir.
15. — Iqh, pour lqh, laqah, prendre, lat. lego, fr. cueillir. — Inhéou de nouh, nouah, reposer, déposer, mettre, d’où lat. maneo, fr. manoir. — Schmré, schamré de schmr, schamar, garder, d’où chômer. 16. —Acl, acal, voir chap. 1«, v. 2g.
17. — Mouth (être brisé, écarté, changé, écoulé, d’où mort de mrr, marar, souffrir, la morior, mceror, mouth, a donné mater, mat. sa. mar, mourir, orz, ozar, ceindre, gr. zonnuo, secourir, zone, osier; des tzr, tzar, tzour, serrer, (qui entoure). 19. — Itzr, itzar, v. v. 7.
TRADUCTION DE LA GENESE 233 21. — Iphl, iphal denephl, naphal, fam. fallen, to, fall, faillir, faille, vilis, v = f, faute. — Thrdmé, thardmé, sommeil, la, dormitio, th = d. — Mtzlothiou, matzlothiou de tzlô, tzalô, taillé, mutilé, par inv. latus, tz = t. d’où côté, côte. — Isgr, isagar de s g r, sagar, fam. cigare, sac de hqr, haqar, cingo, sa, ciran. — bschr, baschar, chair, caro. — 22. — Ibn, iban de bné, ban, (enveloppe), cons truire, fam. boun, discerner, pénétrer, bini, bin, fin, f = b, findo, bin entre, bith maison, d’où bâtiment, bâtir, bateau, ibaé, de boua, ba, entrer, venir, arriver, d’où, gr. bainô, la venio, b = v. •— lasché de, de isch, esse, essere, vivant, être, lat. fr. est, es, asché, vient de, aisch, pour, al, isch, le être, ce qui a donné, aische, femme, et par syncope, asché, sa, as, être, exister.
23. — Zath, fem. de zé, et an that, al, das. 24. — Iozb, iozab de, ozb, ozab, abandonner, ab père, d’où abbé, san, pitar, la pater, al. vater, an. father, ab. renv. a donné, papa, pope, san, papus, père nourricier, de pâ, nourrir, am, mère, san, mâ, (c’est le am héb. renversé, comme ab. héb. le mâ, san), inatar, r donné, la mater, gr. méter, al. mutter, angl. mother. Chap.
III. — La chute. — Adam et Eve chassés d’Eden 1.— Ou or énhsch le serpent, éié était, oroum rusé, mcl de toute (entre toute), hith vie, éschdé des champs, aschr que. osché avait faite, iévé Aléim, ou
L INITIATION 234 et, iamr il dit, al à é asché la femme, aph ci ainsi donc, amr a dit, Aléim Aléim la non, thaclou vous mangerez, mcl de tout, otz arbre, é gn du jardin. 2. — Outhamr et répondit, é asché la femme, al au é nhsch le serpent, mphri de fruit, otz arbres, égn du jardin, nacl nous mangeons (nous pouvons manger).
3. — Ou mais, muphri de fruit, éotz de arbre, aschr qui, bthouc dans milieu, égn (le) du jardin, amr a dit, aléim aléim, la non, thaclou vous mangerez, mmnou de part, portion, espèce de lui, thgoou vous toucherez, bou dans, sur lui,phn de peur, autrement, que, thmthoun vous mourriez. 4. — Ou et, iamr dit, é le, nhsch serpent, al à, éasché la femme, la non, mouth mort (ou mourant), thmthoun vous mourrez.
5. — Ci parce que, ido sait, aléim aléim, ci que, bioum dans jour, aclcm mangeant vous, mmnou de espèce delui ou alors, nphqhou seront ouverts, oinicm yeux de vous, ou et, éiithm vous serez, caléim comme aléim, idoi connaissant, toub bien, ou et, ro mal.
6. — Outhra et vit, éasché la femme, ci que, toub bon, éotz l’arbre, lmacl pour nourriture, ou et, ci que, thaoué brillant, beau, éoua lui, loinim aux yeux, ou et, nhmd était désirable, éotz l'arbre, l’eschcil pour le détachement, la cueillette (l’action de détacher le fruit) ; outhqh alors elle prit, mphriou de fruit de lui, ou thacl et mangea, ouththn et donna, gm aussi, laisché à homme, d’elle, orné avec elle, ou et, iacl il mangea. 7. —• Outhphqhné alors furent ouverts, oini yeux, schniem de deux, eux (de tous deux); ou et, idoou
TRADUCTION DE LA GENÈSE 235 ils connurent, ci que, oirmm nuds, em eux, ou et, ithphrou ils cousirent, olé feuille, thané (de) figuier, ou et, ioschou irent, lem pour eux, hgrth ceintures. 8. — Ou et, ischmou ils entendirent, ath la, qoul voix, iévé aléim, d’iévé aléim, mthélc marchant, parcourant, bgn dans jardin, lrouh comme un souffle, é ioum de, à partir du jour (de devant le jour, du côté du jour, c’est-à-dire le levant, l’Orient).
Je m’arrête à cette traduction généralement adoptée. Cependant elle laisse à désirer. L’Orient se traduit par qdm; à l’Orient par (du côté de l’Orient). ou bien (qdmth à l’Orient de). Ex. : qdmth odn, à l’Orient mgdin à l’Orient, Ign d’Eden (V. Genèse 2, chap. V, 8), du jardin odn éden, v. Genèse, V ch. 3, v.
24. — ouithhba et se cacha, é adm l’homme, ou et, aschthou femme de lui, mphni des faces, iéoui aléim (de) iévé aléim, btouc dans mi lieu, otz (des bois), égn (du) le jardin.
9. — Ou et, iqra cria, iévé aléim, iévé aléim al vers, éadm l’homme, ou et, iarar il dit, lou à lui, aicé où ? (où est-tu ?) 10. — Ou et, iamr il dit (répondit), ath qoulc la voix de toi, schmoti j’ai entendu, bgn dans jardin, ou et, aira j’ai craint, ci parce que, oirm nud, anci moi, ou alors, ahba je me suis caché.
11. — Ou et, iarmr dit (c’est Dieu qui parle) mi qui, égid a raconté (rapporté), le à toi, ci que, oirm nud, athé toi, émn est-ce que (à moins que), c’otz le bois (arbre), aschr que, tzouithic j’ai ordonné à toi, lblthi pour excepté (à l’excepter), acl aliment, mmnou de espèce de lui, aelth as mangé ?
236 L INITIATION 12. — Ou et, iamr dit, éadm l’homme, é asché la femme, aschr que, nththé tu as donnée, omdi pour avec moi, éouua elle, nthné a donné, li à moi, mn de,éotz le bois (l’arbre), ou et, acl j’ai mangé. 13. — Ou et, iamr dit, iévé aléim, iévé aléim, lasché à (la) femme, mé pourquoi, zath cette chose), oschit as-tu faite, outhamr et dit, é asché la femme, é nhsch le serpent, éschiani a trompé moi, ou et, acl j’ai mangé.
14. — Ou et, iamr dit, iévé aléim, iévé aléim. al au, énhsch le serpent, ci parce que, oschith tu as fait, zath cette (cette chose) arour maudit, athé toi, mcl à partir de tous, ébémé le bétail, bête (gros), ou et, mcl à partir de toute, hith vie, éschdé de champs, ol sur. ghnc ventre de toi, thlc tu iras, ou et, ophr poussière, thacl tu mangeras, cl tous, imi jours, hiic de vie de toi.
15. ■— Ou et, aibié inimitié, aschith je poserai,bine entre toi. ou bin et entre, éasché la femme, ou et, bin entre, zroc semence, de toi, ou bin et entre, zroé semence, d’elle ; éhoux elle, ischouphc brisera à de toi, rasch tête, ou et, athé toi, thschouphnou tu frap peras (elle), oqb talon.
16. •—Al à, éasché la femme, amr il dit, érbé augmen tant, arbé j’augmenterai, otzbounc souf frances de toi, ou et, érne les grossesses de toi, botzb dans douleur, thldi tu enfanteras, bnin fils, enfants (plutôt que fils qui particularisent trop ici), ou et, al aisch vers au mari de toi, thschouqthc tu seras em portée, tu désireras, ou et, éoua lui, imschl dominera, boc sur toi.
TRADUCTION DE LA GENESE 237 \q. — Ou et, ladm à l’homme, amr il dit, ci parce que, schmoth tu as écouté, lqoul à, vers parole, aschtc de femme, de toi, ou et, thacl tu as mangé mn de, éotz le bois (arbre), aschr que tzouithic j’avais ordonné (à) toi, lamr pour en disant la non, thacl tu mangeras, mmnou de espèce de lui, arouré maudite, é admé la terre, bobourc à cause de toi ; botzboun dans peines (travaux), thaclné tu mangeras, elle (c.- à-d. ses fruits) cl tous, imi jours, hiic de vie, de toi.
18. —• Ou et, qoutz épines, ou et, drdr ronces, thzmih elle produira, le à toi, pour, ou et, aclth tu mangeras, ath oschb gerbe, é schdé de champs. ig. — B. oth dans sueurs, apliie (de visage de toi), thacl tu mangeras, lhm aliment, od jusqu’à ce que, schoubc retourne-toi, al vers, é admé la terrre, ci parce que mmné.
Portion de espèce d’elle, Iqhth tu as été pris, ci parce que, ophr poussière, athé toi, ou et, al vers ophr poussière, thschoub tu retourneras. 20. — Ou et, iqra cria, é adm l’homme, schm nom, aschthou de femme de lui, houé houé, ci parce que, éoua elle, éithé était, am mère, cal (de) toute, hi vie.
21. — Ou et, iosch fit, iévé Aléim iévé Aléim ladm pour homme, ou et, laschthou pour femme de lui, cthnouth tuniques, our (de) peau, ou et, ilbschm il vêtit eux.
22. — Ou et, ia mr dit, iévé Aléim iévé Aléim en voici, é adm l’homme, eie est, cahd comme un, mm nou à partir d’espèce de nous, ldoth pour connaître, toubbien, ou et, ro mal, ou et, othé maintenant phn de peur que, ischeh il lâche, étende id main ou de lui, ou et, lqh prenne, gm aussi, motz de bois (arbre),
238 l’initiation é him des vies, ou et, acl mange, ouhi, et, soit/ existe, lolm pour éternité. 23. — Ou alors, ischlhéou renvoya lui, iévé Aléim iévé Aléim, mgn de jardin, odn eden, lobd pour tra vailler, ath é admé la terre, aschr que Iqh prenant, mschm à partir de là (d’où il avait été pris, tiré).
24. — Ou et, igrsch, il expulsa ischen, ath éadm l’homme, ou et, ischen, plaça mgdm à l’orient, lgn du jardin, odn éden, ath écrbimjes crbim, ou et, ath avec, let flamme, brûlait, flamboyante, é hrb le glaive, émthéphtch le tournant d’un côté et d’autre, lschmr pour garder, le ath dre chemin, route, otz (de) bois- (arbre) érhiim des vies. .
COMMENTAIRES Chapitre 111. — La chute Adam et Eve chassés d’Eden 1. — Nhsch, nasch serpent, sans, nâga, sch = g — oroum de oram.par inv. delettres rusé, fin. Oré nud, effronté, hermès. 3. — Thyoou de thqô, thaqô, g = q, toquer, tou cher, ntq, nathaq enfoncer. D’où toquer, tango, al.
Stoct, bâton (stuc, éclats de marbre enfoncés dans dans une pâte), sans, tarika bêche (qui tranche en frap pant).— phn, phan, de phané, tourner, d’où vanner; ph = v. al. wenden la ventus, penna, f. panache, lat. spina f. bonnet (spinaculum), pénis, penes : d’où aphn, aphan, roue gr. ophis serpent.
5. — Nphqhou naphaqhou de phqh, phaqâh, ouTRADUCTION DE LA GENÈSE 23g vrir, fam. éphc, éphac, époque (épaque), — oinicm •ôinicam de ôin, al. ange; la oculus, gr. okkos, œil .sans, arksas.
6. —• Thaoué de (aoué brillant, de aour, de ner, de naé, briliant), nhmd, nahmad de hmd, hamad, .aimer, rechercher, désirer, de hmm hamam, brûler, uro, ardes, s’échauffer, hm, ham, chaleur, de hmr, hamar, c mr, camar, d’où amour, cremare, aimer, um, honorer, respecter sans, amat, honorer, air.— éschcilé, de schc. schacal (secare cr tombe en 1 et réciproq.) ; couper, c’est diviser, cueillir, lqh, de laqâh, détacher, legit (lekit), prendre, saisir, enlever. — Gm, gam. aussi, simul gama fam. (gamos, amal gamine, gamme, cum. — Orne de ôm, avec, cum, communis de gmm, gamam. ajouter, multip. h malus de glm, galam, envelopper, ar. goum. sa, saha, massif, nombre, réunion.
7. — Phqhné phaqhanë, v. v. 5. — Oirmm oir amam de Ore, v. v. 1. — ithphrou de thphr, thaphar coudre, de rpha,'rapha, rapetasser, rapiécer, (par inv.) — Olé, gr. phullô la. folium, f. feuille, ôlé signif. monter, élever (d’où feuille), sans, al lever, élever, ô la hgrth, ha garth, d’où c tr, catar, entourer, lier, fam. sgr, sagar, cigare, sac, cingo, san. karîra (en cercle) cruche.
8. — Qoul de qra r. tombe en 1. par inv. loquor, loqui, voix, fam gr. kaleô, crier an to cali, appeler, gr. legò, parler, f. caille, lat. gallus, ou gra gallinacées g =z h, hilaris, clamo, gr. klaiô, gémir, sa. lagh ou lank, loquor,— mthéle, mathélac, de élc, aller, an. to walk, o ikô la co, de éouc, sans.lalag.— 1. rouh.
l’initiation 240 la rouâh anom. souffler, respirer d’où hié, haié, eié, être, vita v = ïlong. — san. as, être ou ithba ouith hâba de hba, hâba, cacher, enfermer, fr. cabas? des qb = creuser, creux, rond. Tout cela des hrb, harab creuser. 10. — Qlc, qalac de qoul v. v.
8. — aira de ira (voir respectueusement) respecter, d’où vereor, veneror, craindre, lat. ira (fr. ire, vieux mot), moura, crainte (chose admirable'} de raé voir.) — égid de égé, gemo (guem) parler, incanto égouth (cogitata, égioum (ékos, écho), bruit, sans, pensée des qoul, loqui, v. supra, v. igô, gémir, d’où gr. goaô, gémir, g. gon, magie. i3. — Eschiani deschné, schané, séparer,déformer, donc pervertir tromper, d’où année, séparation du temps. = Arour, de arr. arar (presque hrr, hârar, rrr, rarar, très énerg. onoma. maudire, exécrer, gr. ara, imprécation. — ghnc, ghânac de ghân, ventre, fam. gn, gan, jardin, enclos, gaine, ganse de gnn, ganan, entourer. — Aibé de aib haïr, aouib ennemi, aibé, inimitié (d’où aioub Job.
Ai = J. persécuté.) — ôqb, ôqab, coupure, fin, talon, de krb, harab, arb, arab, insidior (d’où Jacob, iôqab supplantator.) 16. — Érbé, érabé, de rbb, rabab, s’étendre, gran dir, se multiplier, augmenter rbé, rabé d’où robuste, rabbin, robe q. chose d’étendu. — Otzbounac de ôtzb ôtzab être travaillé, donc souffrir, travailler, puis : itzb, itzab, établir, stabilio, — botzlb, botzab, de ôtzb comme supra, thldi, thaldi, de ild, ilad enfanter, angl. lady. — thschouqthc thaschouqthac de schqq schaqaq courir çà et là, être empressé, avide de schoug eau
TRADUCTION DE LA GENÈSE 241 répandue qui coule, succus. sa. sic — mouiller, hu mecter. 18. Qoutz, ronces, épines, fam. qrtz qaratz, car der, déchirer, gr. krat, la clades, qtz, qatz, costa, fin, cauda, caste, castanea, gr. krites, la. curtus al. carton cristal déchirant et brillant.
Tous les qatzatz, hâtzatz, de ratzatz, gr. akantha, f. acanthe, lat. rastrum, castrum, rostrum, sans, krt, fendre, krs creuser. — drdr dardai, aiguillon, dard, piquant, chardon. ig. — Bzoth, bazôthla sudor, des zr : couler, ré pandre, éclairer de ner briller, el couler, Ihm lham, broyer, limer, couper, donc pain, aliment (le broyer) : fam. limites, limen, limus, limon.
2e verbe par m des Iq, laq : le, lac : lacérer, ophr, ophar, poussière, des ohr, phar : broyer, briser, thschoub, de schoub, brisé, détourné, revenir, voisin de sbb, sabab, soubb, soubab, se tourner, entourer, itzb être réétabli la, stabilio, fr station, statuts, itzab san. sthâ, établir.
10. — Houé, haoué de hié, haié, respirer, gr. aô. sa as être la, esse, éoua ou éia, la, ea, elle, éithé, était de hié, haié, souffler, respirer, vivre, vita, vie, an, mère, sa,mâ, matar, la, mater, fr mère, (v. chap. II, V. 23).
21. — Cthnouth, cathnouth, gr. kitôn, tuniques, de cthr, cathar, entourer, fam. catena, cadus cadenas, oui, cuir, peau, corium, fam. kour, gour, creux et ror.d, ilbschm, ilbascham, de Ibsch, labasch, enve lopper, d’où fr. bâche. 22. — Ischlh, ischlah, de schelh schlah, lâcher, éterdre, — gm, gam. aussi, des goum. gam. réunion, communauté, g = c. — lolm,lolam, de olm, olam,
l’initiation -242 enrouler de (houl), volvo, cacher, céler ( révolution, évolution, donc longue durée, donc éternité.
23. — fgrsch i garasch, de grsch, garasch, arra cher, expulser, des grr, et rtz : dirize. — ischn, ischacan de schcn, schacan, demeurer, domicile, la. casa, al. haüs, fam. sagar. — crbim, carbim de schrb, scharab, chaleur, brûler, — let, flamme, flam boiement des éll élal. briller, d’où oleum, gr. élios. d’où éilal, Lucifer, tout cela des hal : brûler, uro. san. us. briller brûler, usra, aurore, éhrb, éharab de hrb, harab, burin, inciser, al. arbeit. fam. qrb, qbr, qarab qabar, dévaster, brûler, emthéphcth, emthéphacath de éphc, éphac, tourner : d'où époque, épactes, (c’est à évolution.) dre, darac, marcher, route, chemin gr. draô, aggredi. de arc, drr, élc. marcher gr. erkomai aggredi.
GENÈSE INDOUE {d’après les livres sacrés') Naissance de l’homme-adima (en sanscrit le premier homme). Héva (en sanscrit ce qui complète la vie). — Faute originelle commise par Adam. — Désespoir d’Adima. — Pardon de Brahma. — Promesse d'un rédempteur.
Brahma voulant parachever la création sur la terre conçut l’idée de donner naissance à l’homme; et, pour cela, ainsi que le rapportent les livres sacrés, un germe, pure essence de vie, émanation de la grmde âme, lui servit pour animer deux corps propres à la reproduction : l’un mâle, l’autre femelle, auxquds il
TRADUCTION DE LA GENÈSE 243 communiqua Yahancara, c’est-à-dire la conscience et la parole. Ces deux êtres supérieurs à tout ce qui avait été créé sur la terre furent placés par Brahma dans l’île de Ceylan (la Taprobane des Anciens), séjour de dé lices, berceau du genre humain encore aujourd’hui dénommé la perle de l’Indostan. Réputés les ancêtres de notre humanité.
Adima et Héva furent les pre miers acteurs responsables de ce douloureux marty rologe, drame mystérieux dont les péripéties se dé roulent d’âge en âge, pour aboutir à une fin dont l’Être éternel et immuable s’est réservé le secret!
Après qu’Adima et Eva eussent été établis par lui dans l’île de Ceylan, Brahma leur dit avant de les abandonner à leur libre arbitre : « Allez, unissez-vous et produisez des êtres qui seront votre image vivante sur la terre, des siècles et des siècles après que vous serez revenus à moi.
Moi, Seigneur de tout ce qui existe, je vous ai créés pour m’adorer pendant toute votre vie, et ceux qui auront foi en moi partageront mon bonheur après la fin de toutes choses. Enseignez cela à vos enfants ; qu’ils ne perdent jamais mon souvenir, car je serai avec eux tant qu’ils prononceront mon nom. « Votre mission doit se borner à peupler cette île magnifique, où j’ai tout réuni pour votre plaisir et Nota.
Cette transcription, généralement adoptée en français, a été suivie par moi. On la retrouve exactement reproduite par Jacolliot. (La Bible dans l’Inde.)
l’initiation 244 votre commodité, et à répandre mon culte dans le cœur de ceux qui vont naître. Le reste du globe est encore inhabitable ; si plus tard le nombre de vos enfants s’accroît tellement que ce séjour ne soit plus suffisant pour les contenir, qu’ils m’interrogent au milieu des sacrifices, et je ferai connaître ma vo lonté. » Ceci dit, il disparut. « Alors Adima, se retournant vers sa jeune femme, il la regarda !...
Son cœur bondit dans sa poitrine à la vue d’une aussi parfaite beauté... Elle se tenait debout devant lui, souriant dans sa virginale candeur, palpitante de désirs inconnus; ses grands cheveux se déroulaient en se tordant autour de son corps, en laçant dans leurs spirales capricieuses et son pudique visage et ses seins nus que l’émotion commençait à soulever. « Adima s’approcha d’elle, mais en tremblant.
Au loin le soleil allait disparaître dans l’océan, les fleurs des bananiers se relevaient pour aspirer la rosée du soir; des milliers d’oiseaux au plumage varié murmu raient doucement au sommet des tamariniers et des palmistes; les lucioles phosphorescentes commen çaient à voltiger dans les airs et tous ces bruits de la nature montaient jusqu’à Brahma, qui se réjouissait dans sa demeure céleste.
« Adima se hasarda alors à passer la main dans la chevelure parfumée de sa compagne ; il sentit comme un frisson parcourir le corps d’Héva, et ce frisson le gagna... 11 la saisit alors dans ses bras et lui donna le
TRADUCTION DE LA GENESE 245 premier baiser, en prononçant tout bas ce nom d’Héva qui venait de lui être donné... « Adima ! » « La nuit était venue, les oiseaux se taisaient dans les bois ; le Seigneur était satisfait, car Y Amour venait de naître, précédant l’union des sexes.
« Ainsi l’avait voulu Brahma, pour enseigner à ses créatures que l’union de l’homme et de la femme sans l’amour ne serait qu’une monstruosité contraire à la nature et à sa loi. » « Adima et Héva vécurent pendant quelque temps dans un bonheur parfait ; aucune souffrance ne venait troubler leur quiétude; ils m’avaient qu’à tendre la main pour cueillir aux arbres les fruits les plus savoureux, ils n’avaient qu’à se baisser pour ramasser le riz le plus fin et le plus beau.
« Mais un jour une vague inquiétude commença à s’emparer d’eux : jaloux de leur félicité et de l’œuvre de Brahma, le prince des Rakchasas, l’esprit du Mal, leur souffle des désirs inconnus. — Promenons-nous dans l’île. dit Adima à sa compagne, et voyons si nous ne trouverions pas un lieu plus beau encore que celui-ci : « Héva suivit son époux ; ils marchèrent pendant des jours et des mois, s’arrêtant au bord des claires fontaines, sous les multipliants gigantesques qui leur cachaient la lumière du soleil...
Mais, à mesure qu’ils avançaient, la jeune femme se sentait saisie d’une ter reur inexplicable, de craintes étranges. — Adima. disait-elle, n’allons pas plus loin ; il me semble que nous désobéissons au Seigneur. N’avons-nous pas
246 l’initiation déjà quitté le lieu qu’il nous a assigné comme de meure ? « — N’aie point peur, répondit Adima, ce n’est point là cette terre horrible, inhabitable dont il nous a parlé. « Et ils marchaient toujours.
« Ils arrivèrent enfin à l’extrémité de File de Ceylan ; en face d’eux, ils virent un beau bras de mer peu large, et de l’autre côté une vaste terre qui paraissait s’étendre à l’infini ; un étroit sentier formé de rochers qui s’élevaient du sein des eaux, unissait leur île à ce continent inconnu.
« Les deux voyageurs s’arrêtèrent émerveillés : la contrée qu’ils apercevaient était couverte de grands arbres ; des oiseaux aux mille couleurs voltigeaient au milieu du feuillage. — Voilà de belles choses, dit Adima, et quels bons fruits ces arbres doivent porter! Allons les goûter, et, si ce pays est préférable à celuici, nous y planterons notre tente.
« Héva tremblante, supplia Adima de ne rien faire qui pût irriter le Seigneur contre eux. — Ne sommesnous pas bien en ce lieu ? Nous avons de l’eau pure, des fruits délicieux, pourquoi chercher autre chose ? « — Eh bien ! nous reviendrons, dit Adima. Quel mal peut-il y avoir à visiter ce pays inconnu qui s’offre à nos yeux ? « Et il s’approcha des rochers. Héva le suivit en tremblant. « Il prit alors sa femme sur ses épaules et se mit à traverser l’espace qui le séparait de l’objet de ses dé sirs.
TRADUCTION DE LA GENESE 247 « Dès qu’ils eurent touché terre, un bruit épouvan table se fit entendre : arbres, fleurs, fruits, oiseaux, tout ce qu’ils apercevaient de l’autre bord disparut en un instant ; les rochers sur lesquels ils étaient venus s’abîmèrent dans les flots ; seuls, quelques rocs aigus continuèrent à dominer la mer, comme pour indiquer le passage que la colère céleste venait de détruire (i).
« La végétation qu’ils avaient aperçue de loin n’était qu’un mirage trompeur suscité par le prince des Rackchasas pour les amener à la désobéissance.
« Adima se laissa tomber en pleurant sur le sable nu; mais Héva vint à lui et se jeta dans ses bras en lui disant : — Ne te désole point ; prions plutôt l’Auteur de toutes choses de nous pardonner. » Comme elle parlait ainsi, une voix se fit entendre dans la nue, qui laissa tomber ces mots : « Femme, tu n’as péché que par, amour pour ton mari, que je t’avais commandé d’aimer, et tu as espéré en moi. Je te pardonne, et à lui aussi à cause de toi.
Mais vous ne rentrerez plus dans ce lieu de délices qui j’avais créé pour votre bonheur. Par votre désobéis sance à mes ordres, l’Esprit du Mal vient d’envahir la terre... Vos fils, réduits à souffrir et à travailler la terre par votre faute, deviendront mauvais et m’ou blieront.
Mais j’enverrai Vischnou qui s’incarnera dans le sein d’une femme et leur apportera à tous l’espoir de la récompense dans une autre vie, et le (i) Encore aujourd’hui, ces rochers situés entre la pointe •orientale de l’Inde et de File de Ceylan sont connus sous le nom de Palara Adima (pont d’Adam).
248 l’initiation moyen, en me priant, d’adoucir leurs maux (1). (1) Les incarnations de la Divinité dans le sein d’une vierge ne datent pas d’hier ; elle remontent aux premiers temps du Brahmanisme. — La première en date, d’après les récits du Vischnou-Pourana, est apparue à Madoura, ville alors impor tante du nord de l’Indoustan, en la personne d'un nommé Kristhna.
Vischnou s’est incarné par lui dans le sein d’une vierge-mère Devaki, ce Kristhna, le produit de cette incar nation, fut recueilli, à sa naissance, par des bergers au cœur simple et bon. Sa naissance avait été prédite et annoncée par les saintes écritures indoues, sous forme de promesses.
11 de vait, hôte de passage, en venant sur la terre, se sacrifier, ré pandre son sang pour racheter un monde qui avait perdu la voie de la justice et de la vérité ; et sa mission achevée, re monter au 7e ciel, pour rejoindre son père céleste, dont il était le fils bien-aimé, la source de tout dévouement. Sa mission fut terminée par des miracles innombrables, et sa prédication admirable laissa des traces inoubliables dans l’Inde tout entière.
La morale de Kristhna, appuyée sur des enseignements philosophiques de la plus haute portée, était sublime : à tel point, que jusqu’à nos jours, elle est devenue la base de l’en seignement des Brahmes.
Beaucoup plus tard, après des cen taines d’années passées, l’un de ses successeurs, Issa, leChrose, qui avait été initié à sa doctrine par les Brahmes et les Lamas du Thibet, lors de son voyage dans l’Inde, en Perse et au Thibet, Issa, reprenant la pieuse tradition de l’Humanité, l’offrit à l’Occident, sous le nom de la bonne nouvelle.
Un livre tout récent, la Vie inconnue de Jésus-Christ, par M. Nicolas Notovitch, vient éclairer d’ttn jour tout nouveau cette question de l’apparition des grands initiés dans l’hu manité. Si le récit de M. Nicolas Notovitch est authentique (et pour quoi en douter?), lorsque la preuve est si facile à faire.Cette lacune inexplicable jusqu’ici, entre la naissance et la prédica tion de Jésus moderne est enfin comblée.
C’est un événement capital pour l’étude de l'histoire et de la théologie. La légende du Kristhna indou nous fait suivre à sa source même l’idée de la Vierge mère, de l'Homme-Dieu et de la Trinité. — Dans l’Inde, cette idée apparaît, dès à l’oririne, dans son symbolisme transparent, avec son sens métaphysique profond. (Voir au liv. V, chap. n, Le Vischnou-Pourana. Alfred Le Dain.
TRADUCTION DE LA GENÈSE 249 « Ils se levèrent consolés, mais désormais ils durent se soumettre à un dur labeur, pour obtenir leur nourriture de la terre. » (Ramalzariar, récits et com mentaires sur les Védas.) Telle est la légende indouesurla naissance d’Adima et d’Héva, leur désobéissance aux prescriptions du Seigneur Dieu, et leur sortie du lieu de délices qui leur avait été assigné dans l’île de Ceylan.
Mise en regard du récit de Moïse, pâle copie de la légende indoue, et qui lui est infidèle en plusieurs points principaux, on reconnaîtra sans peine que la première relation l’emporte de beaucoup sur la se conde, tant au point de vue de la forme que des con séquences morales.
Sans avoir à scruter si, en dehors du sens littéral, la légende indoue ne renferme pas une arcane assez transparente du reste, à qui sait lire entre les lignes, qu’il nous suffise de faire observer que cette relation d’une poésie si élevée et si touchaute, affirme dès le premier âge de ¡’Humanité l’amour, le dévouement, d’où devront naître plus tard la Fraternité, la Solida rité et ¡’Egalité des deux sexes, lois d’essense divines, seules appelées à régénérer le Monde et à le sauver de l’Égoïme, issu de ¡’Esprit du Mal. Alfred Le Dain.
25o L INITIATION ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE-CROIX (Thèse de baccalauréat) en Fr-anc-Maçennerie Ils ne savent plus. V. Hugo. L’importance de l’équerre, parmi les symboles de la Franc-Maçonnerie, est capitale.
On la retrouve dans les armes, dans tous les pantacles de l’Ordre ; à tous les degrés de la hiérarchie son sens mystérieux est ex pliqué ; le triangle lumineux, image de l’Orient, la fait resplendir et l’étoile flamboyante connue des compa gnons en fait étinceler les cinq accouplements (i).
Il semble donc intéressant d’étudier le symbolisme de cet instrument cher aux Loges, d’en déterminer les applications rituéliques et de voir si l’étude de ce point particulier ne peut pas conduire aux conclusions des occultistes contemporains à savoir que la FrancMaçonnerie, abandonnant les études philosophiques ( i ) Ragon, Cours philosophique et interprétatif. L’étoile flam boyante peut être considérée comme une mystérieuse et quin tuple équeiire.
DU SYMBOLISME DE L’ÉQUERRE 25 I pour se jeter dans la politique, a perdu la tradition sacrée et, avec elle, tout l’ensemble des connaissances mystérieuses dont l’antique profondeur faisait sa gloire et sa force. Nous l’avons dit : l’équerre se retrouve à tous les degrés de la hiérarchie maçonnique. Dans les bijoux de Loge, c’est-à-dire les décorations particulières aux membres des ateliers, elle a sa place obligée.
On la retrouve au premier rang des bijoux mobiles., ainsi appelés parce qu’étant l’insigne d’une fonction, ils peuvent passer d’un franc-maçon à un autre. Elle se suspend au cordon du Vénérable, alors que ses élé ments constitutifs, le niveau (égalité) et la perpendi culaire (rectitude du jugement) sont portés par le premier et le deuxième surveillant.
« Avec l’équerre, dit l’orthodoxe Ragon, dont la « propriété est de rendre les corps carrés, on ne sau- « rait faire un corps rond.
Ce premier bijou symbo- « lise que la volonté d’un chef de loge ne peut avoir « qu’un sens, celui des statuts de l’Ordre, et qu’elle « ne doit agir que d’une seule manière, celle du « bien (i). » Suspendue aujcordon du Vénérable, l’équerre, com posée des bijoux associés des premier et deuxième surveillants, a une autre signification.
Elle indique que le Vénérable doit réunir la sagesse, la prudence et les facultés de direction de ses deux sous-ordres, dont il confond en lui les deux hautes attributions. (i) Cours philosophique et interprétatij des Initiations an ciennes et modernes.
2 52 l’initiation « A eux trois, ils gouvernent la Loge (i). » C’est la Trinité administrative. Nous verrons que les ateliers n’ont pas su aller plus loin dans le symbolisme. L’équerre décore aussi les murs du Temple, et là sa signification est double ; toute morale, emblème de la rectitude et du droit, toute matérielle aussi.
Entou rée de la règle de 24 pouces, de la truelle, du mar teau, du compas, elle est à la fois une invitation au travail et la glorification du labeur humain. Entrelacée au compas (mesure de l’étendue indéfinie et image de l’universalité de la Maçonnerie), elle pend au cordo'n des Maîtres, témoignant ainsi du triomphe prochain de la rectitude et du droit sur l’Univers soumis (2).
« C’est véritablement le symbole officiel des anciens constructeurs. Lorsque l’apprenti sollicite le grade de compagnon, au cours de l’initiation, il lui est donné, comme connaissance dernière du symbolisme de l’équerre, les renseignements suivants : « Maintenant « l’entendement s’est agrandi ; mais l’équerre et la « règle sont toujours indispensables pour mettre tout « d’aplomb.
La vraie science est toujours exacte : c’est « par là qu’elle est toujours intelligible et profitable. « Glorifions dans l’équerre, sa représentation géomé- « trique...
La science obscure, au contraire, est em- « barrassée et n’est faite que pour ceux qui mentent « et qui trompent (3) ». (1) Cours philosophique et interprétatif des initiations an ciennes et modernes. (2) Instructionauxsublimesprinces du Royal Secret : 23-24. (3) Rituel du Compagnon, p. 32.
DU SYMBOLISME DE L'ÉQUERRE 253 Ici l’équerre, on le voit, est donc l’image matérielle de la science. Les nouveaux rituels qui s’éloignent de plus en plus de la [tradition la définissent l’image de la justice et de la vérité. De même, les signes de reconnaissance et de mise à l’ordre conservent la trace de l’instrument par ex cellence des Loges.
L’apprenti qui met sa main en équerre sur sa gorge déclare par là qu’il préférerait avoir la gorge coupée plutôt que de trahir les secrets de l’Ordre. Le compagnon et l’apprenti qui dessinent l’équerre sur leur corps affirment une fois de plus la rectitude, le droit et la justice (i).
Jadis l’apprenti qui formait une équerre sous sa gorge, de la main droite, les doigts rapprochés et le pouce écarté, indiquait que tout,'dans sa tête, essayait de comprendre et d’apprendre l’art de la construction, emblématisée par l’équerre. De même, le compagnon qui, lui, formait l’équerre sur son cœur avec la main droite, siège auguste de la volonté, témoignait qu’il voulait être constructeur et qu’il le voulait, parce qu’il le pouvait (2).
La légende de l’assassinat d’Hiram par des compa gnons traîtres au devoir, dans les anciennes traditions maçonniques, conserve une trace profonde de l’ancien symbolisme de l’équerre. Lorsque, au sortir du temple de Salomon, blessé à la porte du Sud par Jabels, ou Abiram, ou Aobkhen, ou Giblon, ou Judas, ou Caïn (1) Manuel du Royal Arche, 22. (2) Historical Lecture on Freemasonry, par John Jarker(cité par Papus).
254 l’initiation (selon les diverses formes de le légende) auquel il a refusé de livrer le secret des ouvriers maîtres, le grand Hiram se dirige vers l’autre porte, qui rencontre-t-il? Jabelum ou Romveldu Sterche ou Gillas, ou Caïphe, ou Habkin qui, sur son refus de livrer le secret de mandé, le frappe au cœur d’un terrible coup d’équerre.
Ragon interprète ainsi la légende sacrée : « Le soleil, « au solstice d’été, provoque chez tout ce qui respire « un chant de reconnaissance. Hiram, qui le repré- « sente, peut donner à qui de droit la parole sacrée, « c’est-à-dire la vie.
Quand le soleil, dans sa marche « rétrograde, symbolisée par celle du compagnon « traître, entrant dans la chambre du milieu, descend « dans les signes inférieurs, le mutisme de la nature « (traduit par son « infécondité ») commence. Hiram « ne peut donc plus donner la parole de maître aux « compagnons qui représentent les trois derniers « mois de l’année.
« Le premier compagnon est censé frapper faible- « ment Hiram d’une règle de 24 pouces, image des « 24 heures que dure chaque résolution diurne, pre- « mière distribution du temps qui, après l’exaltation « du grand astre, attente faiblement à son existence, « en lui portant le premier coup à la gorge (signe « d’apprenti).
« Le deuxième compagnon le frappe d’une équerre « de fer, symbole de la dernière raison figurée dans « les intercessions des deux lignes droites qui divise- « raient en quatre parties égales le cercle zodiacal « dont le centre symbolise le cœur d’Hiram, où « aboutit la pointe des quatre angles : 2e distribution
DU SYMBOLISME DE l’ÉQUERRE 255 « du temps qui, à cette époque, porte un plus grand « coup à l’existence solaire (i). » L’équerre a donc ici une interprétation astrono mique. Les Nouveaux Rituels ont d’ailleurs modifié la légende sur ce point, probablement parce que cette traduction astronomique du meurtre d’Hiram n’était plus comprise, et, à l’équerre, dont est frappé le Maître des maîtres, ils ont substitué un levier (2).
Le triangle lumineux qui étincelle , à l’Orient, audessus du siège du Véritable, où était peinte jadis la mystérieuse tétrade des Initiés, ne s’enorgueillit plus de ce chiffre éclatant. Un œil qui rayonne une écla tante lumière l’a remplacé. Qu’est-ce à dire ? N.-C. des Étangs nous l’apprend (1) ou plutôt dévoile l’igno rance des maçons sur ce fait: « Le triangle est un « signe vénéré à travers tous les siècles. C’est le delta.
« Vous saurez plus tard ce qu’il signifie. Quant à « l’œil qui y resplendit, c’est l’image de la conscience « qui juge toutes nos actions. » On voit que, sur ce point, la maçonnerie, cette grande ennemie du cléricalisme, lui emprunte le sym bole de l’œil de Dieu.
Le sceau de Salomon, ou double triangle maçon nique, ornement favori des pièces officielles, n’a plus, pour les Fils de la Veuve, d’autre sens que celui d’une double glorification du travail et de la géométrie, ou ( 1 ) Ragon, Rituel du grade de Maître. (2) Rituel général des Initiations. (1) N. C. des Etangs, Œuvres philosophiques et maçonniques,.
256 l’initiation mieux de la Science positiviste, suprême connaissance et dernier point d’arrivée. L’étoile flamboyante enfin « peut être considérée « comme la mystérieuse et quintuple équerre (i). » C’est l’apothéose de cet instrument.
Au centre du po lygone formé par l’intervention des dix branches, éclate la lettre G, « monogramme de gnose (définie « science, — exactement, la connaissance morale la « plus étendue), de gravitation, de géométrie, de géné- « rosité, de génie (2). » Les maçons contemporains ne voient même plus dans la lettre G.’, l’équivalent du 1 (Iod) antique.
« G c’est-à-dire Ghiblim, signifie terme, fin : le mot ex prime clairement que le grade de Maître est le complé ment de la Maçonnerie » (3), est la signification de l’étoile flamboyante: « C’est l’étoile polaire, l’astre « de la libre pensée ! (4). » On le voit, par la maçonnerie contemporaine, ou blieuse des pures traditions hermétiques, l'équerre ne symbolise plus aujourd’hui que la Science et la Jus tice, ou encore les vagues aspirations vers une Science positiviste et « une justice démocratique » (5).
Est-il possible d’aller plus loin et d’essayer de retrou ver, dans l’antique vie frayée par les maîtres, un sens plus profond au symbolisme de l’équerre ? A défaut (1) Ragon, loco citato. (2) Rituel général. (3) Ragon, Cours philosophique et interprétatif. (4) Nouveaux Rituels. ç5) Discours de fr.-.Amable, au Convent, cité par Mgr Fava
DU SYMBOLISME DE L’ÉQUERRE 2§7 de Science, la Réflexion, ce semble, si elle n’est point égarée par la témérité, croit entrevoir — perdue dans la brume des mystères sacrés — une partie de cette interprétation ancienne, si lamentablement oubliée par les Francs-maçons. i Et tout d’abord, ne voit-on pas, dans ces allégories incomplètes, un des nombreux témoignages de la perte de la tradition par les Loges ?
Que représente, en effet, l’équerre, au sens initia tique du mot, même par celui qui n’a — comme l’au" teur de ces lignes — qu’une faible connaissance du sens profondément idéaliste des pantacles?
Les Occultistes contemporains ont montré que le secret le plus caché de la science antique, c’était la démonstration de l’existence d’un agent universel, désigné sous une foule de noms, et « la mise en pra- « tique des pouvoirs acquis par son étude » (1); et, en un mot (pour éviter la série des déductions), l’affir mation, avec preuves à l’appui, de l’existence d’un Dieu Un sous Luniverselle variété des formes et des noms.
Les Francs-Maçons matérialistes (il y en a d’autres!) farouches négateurs de Dieu, se doutentils que l’équerre est, à elle seule, une affirmation idéa liste du Principe premier! L’équerre, en effet, par la réunion de l’horizontale et de la verticale, représente l’opposition de l’actif et et du passif. Elle est une image de l’actif-passif.
Ce principe premier, dont les émanations sou tiennent et créent, à chaque instant, la nature, com- (1) Papus, Traité de Science Occulte. 3
258 l’initiation ment en exprimer les lois ? Harmoniques, équilibrées, elles s’opposent, les unes les autres, en positif et né gatif, pour constituer une série de quaternaires. Leur représentation sera inévitablement la Croix Or qu’est-ce que l’équerre, sinon une double croix ®fF.)? En effet, les lois sont contenues en puissance dans la Force: donc la Croix est contenue en puis sance dans l’Equerre.
De plus, l’équerre, équilibre entre l’actif ’ et le pas sif n, est 6 ■: (vau) du tétragramme, le terme médian d’où sortira le second n, et par où s’effectuera le pas sage d’un monde dans un autre. De même, l’équerre est-elle sans rapports avec l’ineffable i‘. Le ’ n’est-il pas le générateur de toutes, les lettres hébraïques, le principe fécondant du tétra gramme? Ici, l’addition théosophique va nous ouvrir un nouveau point de vue.
La valeur alphabétique du 1 (vau) est 6, dans l’alphabet hébraïque. Nous avons donc : 6 = i -|-2-|-3-|-4 + 5-|-6 = 2i = 2 + i = 3, c’est-à-dire le" qui la contient et la domine.
Le *1 (vau), symbolisé par l’équerre, est donc bien l’éclatante affirmation de « cette Trinité synthétique « et absolue à laquelle aboutissent toutes les sciences, « et qui, oubliée, quant à sa valeur scientifique, nous « a été intégralement transmise par toutes les reli- (i) On pourrait aller, ce semble, bien plus loin. Le symbo lisme de l’Equerre pourrait faire le sujet d’une autre étude.
On n’a voulu montrer ici— seulement par quelques exemples —à quelle distance du sens initiatique de l’Equerre se trouvent les. loges maçonniques.
DU SYMBOLISME DE L’ÉQUERRE 2 5g -« gions, dépositaires inconscientes de la Science, Sa- « gesse, des primitives civilisations » (i). On le voit, les loges matérialistes ne se doutent guère de l’affirmation idéaliste qui, sous la forme de l’équerre, pend aux cordons des maîtres.
Faut-il ajou ter encore qu’à l’insu des Francs-Maçons, les deux co lonnes, lakin et Boaz, qui ornent leur temple, affir ment, elles encore, l'Existence de la Force première, du Principe divin qui, dans son involution, se maté rialise, puis, dans son évolution, remonte, purifié et magnifié, jusqu’à la source ineffable de tout?
Faut-il parler du triangle, terminaison naturelle de l’équerre, comme l’a si bien montré le Dr Ferrand (2), et qui, porté le sommet en haut par certains dignitaires, fait attester aux Loges, par une suprême ironie, l’action de l’Actif sur le Passif, la victoire de l’Esprit sur la Ma tière et du Bien sur le Mal ? C’en est assez, je crois, pour démontrer la vérité de notre thèse.
La Franc-Maçonnerie a bien perdu — et pour toujours, il est à craindre — le sens des an ciens mystères et de la tradition ésotérique. Comme Papus l'a montré, dans sa suggestive étude du symbo lisme de l’Accacia, les ateliers maçonniques, se dé battent aujourd’hui entre les exigences d’une poli tique qui les détourne de plus en plus de la Sainte Science et les pratiques rituéliques d’enseignement qu’ils ne comprennent plus.
La Franc-Maçonnerie (1) Papus, le Tarot, Préface. (2) Dr Ferrand, Symboles et origines de la Franc-Maçonne rie, publié dans la Science secrète. 1
2Ô0 l’initiation porte la peine de cet oubli et de cette ignorance. Si des esprits plus profonds ne viennent pas diffuser en elles les pures idées synarchiques, et la ramener vers ses origines, les Loges, débris inutiles de la Démocra tie matérialiste, disparaîtront comme ces mondes per dus, si magnifiquement chantés par M. de Guaita : « .......
Gigantesques amas sans noms, épaves mornes, S'engloutiront un jour — tout étant accompli — Sous les flots ténébreux d’une autre mer sans bornes, Et plus profonde encor qui s’appelle l’Oubli ! (i) 18 juin 1894. Parvus. Sa 1«. (1) Stanislas de Guaita, Rosa mystica.
PARTIE LITTÉRAIRE PREMIÈRE TRADUCTION FRANÇAISE Par Jean Tabris Ainsi, comme c’était mon idée que tout cequi s’était manifesté, ou pourrait se manifester à mes sens, de vait avoir son origine dans quelque être humain, doué par sa constitution de la faculté de les manifester, et ayant un motif pour agir ainsi, je trouvai de l’intérêt dans ma théorie qui, dans son espèce, était plutôt philosophique que superstitieuse.
Et je puis sincère ment avouer que j’étais dans un état d’esprit aussi tranquille que n’importe quel expérimentateur pra tique pourrait l’être en attendant les résultats de quelque combinaison chimique curieuse, même peutêtre dangereuse.
Evidemment, plus je me mettrais en garde contre mon imagination, plus je pourrais obtenir un état d’esprit convenable pour l’obser2Ô2 L INITIATION vation; et c’est pourquoi je rivai mon œil et ma pensée sur la forte et lumineuse raison de mon Macaulay.
Je m’aperçus alors que quelque chose s’interposait entre la page et la lumière, que la page était dans l'ombre: je levai les yeux, et je vis une chose très difficile, peut-être impossible à décrire. C’était une chose ténébreuse, se découpant dans l’air, dansun contour indéfini. Je ne peux pas dire que c’était comme une forme humaine, et cependant cela ressemblait plus à une forme humaine ou plutôt à un reflet, qu’à toute autre chose.
Telle qu’elle était, complètement distincte et séparée de l’air et de la lumière qui l’entouraient, ses dimensions semblaient gigantesques, le sommet touchant presque le plafond. Tandis que je regardais, une sensation de froid intense me saisit. Un iceberg devant moi ne m’eut pas glacé davantage : et le froid d’un iceberg n’eut pas été plus purement physique. Je suis convaincu que ce n’était pas là le froid causé par la peur.
Comme je continuais à regarder, je pensai — mais je ne saurais l’affirmer —■ que je distinguais deux yeux situés en haut et fixés sur moi. A un moment je m’imaginais que je les distinguais nettement, le moment d’après ils sem blaient disparus ; mais cependant deux rayons d’une lumière bleu pâle s’élançaient de la chose ténébreuse, comme s’ils partaient du sommet ou j’avais à moitié cru, à moitié douté avoir rencontré les yeux.
Je m’efforçai de parler, la voix me manqua com plètement ; je pus seulement penser en moi-même, « Est-ce là la peur ? Ce n’est pas la peur ! » J'essayai de
LA MAISON HANTEE 2t>3 me lever, en vain ; je me sentis comme accablé par une force irrésistible. -En vérité, mon impression fut qu’un pouvoir immense et écrasant s’opposait à ma volonté; — ce sentiment d’impuissance absolue à lutter contre une force au-dessus de celle ed l’homme, qu on éprouve physiquement dans une tempête en mer, dans un incendie, ou lorsqu’on se trouve en face d’une terrible bête fauve ou plutôt, peut-être, devant un requin de l’océan, je l’éprouvai moralement.
A ma volonté s’opposait une autre volonté, encore plus supérieure à la puissance de ma volonté que la tem pête, le feu et le requin dans le monde matériel ne sont supérieurs à la force de l’homme. Et maintenant, tandis que cette impression s'empa rait de moi - maintenant vint, pour comble, l’hor reur — l’horreur à un degré qu’aucun mot ne peut rendre.
Cependant il me restait mon orgueil à défaut de courage; et dans mon propre esprit je disais : « Ceci est l’horreur, mais ce n’est point la peur ; à moins que je craigne, on ne peut pas me faire de mal ; c’est une illusion, je n’ai pas peur. » D’un violent effort, à la fin, je réussis à étendre la main vers l’arme qui était sur la table : tandis que j’exécutais ce mouve ment, sur le bras et sur l’épaule, je reçus un choc étrange, et mon bras retomba impuissant de mon corps.
Et alors, pour ajouter à mon horreur, la lu mière des bougies commença lentement à baisser, elles ne s’éteignirent pas, comme cela aurait dû être, mais la flamme sembla s’en retirer graduellement : il en fut de même pour le feu ; la lumière fut extraite du foyer; en quelques minutes, la chambre fut dans
L INITIATION 264 une obscurité complète. L’effroi s’empara de moi, d’être ainsi dans les ténèbres avec cette Chose sombre, dont le pouvoir se faisait sentir, d’une manière si intense, qu’il amena une réaction nerveuse. En effet, la terreur avait atteint ce degré, où tous les sens de vaient m’abandonner, ou bien où je devais briser l’enchantement. Je le brisai. Je retrouvai la voix, bien que ma voix fut un cri perçant.
Je me souviens que je rompis le silence par des paroles comme celles-ci : « Je ne crains pas, mon âme ne craint pas »; et en même temps, je trouvai la force de me lever. Malgré l’obscurité profonde, je me précipitai vers l’une des fenêtres, je tirai le rideau, j’ouvris violemment les volets ; ma première pensée était : de la Lumière.
Et quand je vis la lune haute, claire et calme, je ressentis une joie qui compensait presque la terreur de l’instant précédent. Je voyais la lune, je voyais aussi la lumière des becs de gaz dans la rue déserte et dormante. Je me retournai pour regarder dans la chambre. Quel ques rayons de lune pénétrèrent très pâles — mais cependant c’était de la lumière.
La Chose ténébreuse, quelle qu’elle pût être, avait disparu — excepté que je pouvais voir encore un reflet blafard, qui semblait le reflet de cette ombre, contre le mur opposé. Je portai alors ma vue vers la table, et du dessous de la table (qui était sans aucun tapis ni couverture, une vieille table d’acajou ronde) surgit une main, visible jusqu’au poignet.
Selon toute apparence, c’étaitune main de chairet de sang comme la mienne, mais la main d’une personne âgée, maigre, ridée, petite aussi, une main de femme. Très doucement
LA MAISON HANTÉE 205 cette main saisit les deux lettres gisant sur la table : la main et les lettres, tout s’évanouit. Alors se pro duisirent les trois mêmes coups sonores et mesurés que j’avais entendus au chevet du lit, avant que ce drame extraordinaire eût commencé.
Tandis que ces sons cessaient lentement, je sentis que toute la chambre vibrait sensiblement ; et à l’ex trémité montèrent, on eût dit du plancher, des étincelles ou des globules semblables à des bulles de lumière, diversement colorés : verts, jaunes, rouges feu, azurés. En haut et en bas, çà et là, puis, loin, comme de grêles fétus de paille, se mouvaient les étincelles, lentes ou rapides, chacune suivant son caprice.
Une chaise (semblable à celles du salon du rez-de-chaussée) s’avança alors du mur sans agent apparent, et se plaça du côté opposé de la table. Soudain, comme de la chaise, se dégagea une forme : celle d’une femme. Elle était distincte comme une forme vivante, spec trale comme celle d’une morte.
Le visage était jeune, d’une étrange et lugubre beauté; la gorge et les épaules étaient nues, le reste du corps se perdait dans une robe ample d’un blanc nuageux. Elle commença par lisser sa longue chevelure blonde, qui tombait sur ses épaules : ses yeux n’étaient pas tournés vers moi, mais vers la porte; elle semblait écouter, observer, attendre.
Le reflet de l’ombre à l’arrière-plan devint plus sombre, et de nouveau je crus apercevoir les yeux luisants au sommet de la Chose, et ces yeux fixés sur la forme. Puis, comme sortant de la porte, bien qu’elle ne lût pas ouverte, se détacha une autre forme, également
l’initiation 272 profonds le fracas des prodigieuses trompettes ? Un trône va-t-il rayonner dans la blancheur?... La nuit tremble déjà... « Ou bien, est-ce le temps de la Pâque qui serait revenu, et ce coq prédirait un nouveau reniement ?... Puis ces deux croix dressées sur la colline, et cette autre gisante à terre parmi les clous, la lance et les épines... Où suis-je...
Quelle angoisse... quelle an goisse... quel mystérieux vertige m’enlace... me glace. . et me fait haleter..., ma vue se trouble..., ma raison sombre... Pitié, seigneur, qu’attendez-vous de moi, dans cette nuit qui m’enveloppe comme un sépulcre?... Pitié!... Un murmure se prolonge dans l'Espace..., est-ce le tumulte d’un peuple, le sanglot des Femmes axieuses... ou la clameur des forêts dormantes?... Le coq chante.
« Le Fils de l’Homme s’est donc encore manifesté : la sueur de sang ruisselle..., la chair divine va saigner sur ce bois..., cette lance trouera son flanc.. , ces clous la paume de ses mains... et ses pieds adorables! — Seigneur, c’était bien trop d’une Passion..., jette la frayeur, frappe de démence ceux qui imposent cette inutile victoire à ton inépuisable bonté. » « Pourquoi vouloir ces choses douloureuses ?...
L’ou bli descendra sur elles... et les hommes resteront mau vais : le seul geste que tu doives est celui de la malé diction .. N’attends rien de cette race, désapprends à l’aimer..., elle est impie, te dis-je, l’Esprit du mal est sur elle... ; vanne-la bien plutôt au vent de ta fureur Déchaîne le châtiment des villes détestables ; le feu, la cendre..., tous les fléaux et la terreur... »
LA MAISON HANTÉE 205 cette main saisit les deux lettres gisant sur la table : la main et les lettres, tout s’évanouit. Alors se pro duisirent les trois mêmes coups sonores et mesurés que j’avais entendus au chevet du lit, avant que ce drame extraordinaire eût commencé.
Tandis que ces sons cessaient lentement, je sentis que toute la chambre vibrait sensiblement ; et à l’ex trémité montèrent, on eût dit du plancher, des étincelles ou des globules semblables à des bulles de lumière, diversement colorés : verts, jaunes, rouges feu, azurés. En haut et en bas, çà et là, puis, loin, comme de grêles fétus de paille, se mouvaient les étincelles, lentes ou rapides, chacune suivant son caprice.
Une chaise (semblable à celles du salon du rez-de-chaussée) s’avança alors du mur sans agent apparent, et se plaça du côté opposé de la table. Soudain, comme de la chaise, se dégagea une forme : celle d’une femme. Elle était distincte comme une forme vivante, spec trale comme celle d’une morte.
Le visage était jeune, d’une étrange et lugubre beauté; la gorge et les épaules étaient nues, le reste du corps se perdait dans une robe ample d’un blanc nuageux. Elle commença par lisser sa longue chevelure blonde, qui tombait sur ses épaules ; ses yeux n’étaient pas tournés vers moi, mais vers la porte; elle semblait écouter, observer, attendre.
Le reflet de l’ombre à l’arrière-plan devint plus sombre, et de nouveau je crus apercevoir les yeux luisants au sommet de la Chose, et ces yeux fixés sur la forme. Puis, comme sortant de la porte, bien qu’elle ne fût pas ouverte, se détacha une autre forme, également
206 l’initiation distincte, également spectrale : celle d’un homme, d’un jeune homme.
Il portait un vêtement du siècle dernier, ou plutôt une apparence de vêtement (car les deux, la forme de l’homme et celle de la femme, bien qu’ayant des contours nettement définis, étaient évi demment immatérielles, impalpables, des simulacres, des fantômes); et il y avait quelque chose d’hété rogène, de grotesque, cependant terrible, dans le con traste entre le luxe recherché, la distinction élégante de ce vêtement à l’ancienne mode avec son jabot, ses dentelles et ses boucles et l’aspect corporel et l’immo bilité spectrale de celui qui le portait.
Juste au mo ment où la forme de l’homme s’approcha de celle de la femme, le Reflet sombre se détacha du mur, tous trois pendant un instant furent entourés de ténèbres.
Lorsque la pâle lueur reparut, les deux fantômes étaient dans l’étreinte du Reflet qui se dressait entre eux ; et il y avait une tache de sang sur la poitrine de la femme; et le fantôme de l’homme s’inclinait sur son épée fantastique, et le sang semblait ruisseler du jabot et des dentelles; et le Reflet ténébreux les ab sorba ; ils avaient disparu.
Et de nouveau les bulles de lumière jaillirent, et volèrent, et ondulèrent, s'épaissistant de plus en plus et se confondant impétueuse ment dans leurs mouvements. La porte du cabinet à droite du foyer s’ouvrit alors, et de l’ouverture sortit la forme d’une femme âgée. Dans sa main elle tenait des lettres, — les mêmes lettres sur lesquelles j'avais vu la Main posée; et der rière elle j’entendis un pas. Elle se retourna comme pour écouter, puis elle ouvrit les lettres et sembla les
LA MAISON HANTÉE 267 lire; et'derrière son épaule je vis un visage livide, comme celui d’un homme noyé depuis longtemps, enflé, blêmi, une algue mêlée à sa chevelure mouil lée ; et à ses pieds gisait une forme semblable à un cadavre, et près du cadavre se blotissait un enfant, un enfant misérable., déguenillé, aux joues creusées par la faim, à l’œil plein d’effroi.
Et tandis que je regar dais le visage de la vieille femme, les rides et les sil lons s'évanouirent, et il devint celui d’une jeune fille, — à l’œil dur, insensible, mais jeune cependant: et le Reflet s’avança, et absorba dans son ombre ces fan tômes comme il avait absorbé les autres. Maintenant rien ne restait que le Reflet, et mon regard restait fixé sur lui, jusqu’à ce que sortissent encore du Reflet des yeux — des yeux méchants de serpent.
Et lesbullesde lumière de nouveau s’élevaient et retombaient, et dans leurs courses vagabondes, irré gulières, agitées, se mêlaient au pâle clair de lune.
Et puis de ces globules mêmes, comme de la coque d’un œuf, sortirent des êtres monstrueux; l’air en fut rem pli, des larves si pâles et si hideuses que je ne puis en aucune manière les décrire, si ce n’est en rappelant au lecteur la multitude d’êtres que le microscope solaire lui fait voir dans une-goutte d’eau — des êtres transpa rents, souples, agiles, se poursuivant l’un l’autre, s’entre-dévorant — formes jamais aperçues à l’œil nu.
De même que leurs contours étaient sans symétrie, de mêmeleurs mouvementsétaientdésordonnés. Aucune règle dans leurs courses vagabondes ; elles tournoyaient autour de moi, plus nombreuses, plus promptes, plus rapides, se rassemblant au-dessus de ma tête, rampant
268 l’initiation autour de mon bras droit involontairement étendu en signe de commandement à tous les esprits du mal. Quelquefois je me sentais frôlé, mais pas par eux ; d’invisibles mains me touchaient. A un moment, je sentis une étreinte comme celle d’une douce et froide main près de ma gorge.
Mais j’étais également cons cient que si je me laissais aller à la peur, c’en était fait de moi, et je concentrai toutes mes facultés dans l’idée de résistance, de force d’inertie. Et je détournai mon regard du Reflet — surtout de ces étranges yeux de serpent, — yeux qui maintenant étaient devenus dis tinctement visibles.
Car,bien qu’il n’y eût rien d’autre autour de moi, je savais qu’il y avait là une volonté, et une volonté créatrice malfaisante, active et intense, qui devait broyer la mienne. La pâle atmosphère de la chambre commença alors à rougir comme dans le voisinage d’un incendie. Les larves devinrent lugubres comme les êtres qui vivent dans le feu.
De nouveau la chambre vibra; les trois coups mesurés se firent encore entendre ; et encore une fois tous les êtres se perdirent dans l’ombre du reflet ténébreux; comme si tout était sorti de ces té nèbres, tout y rentra. Lorsque l’obscurité se dissipa, le Reflet disparut complètement. Lentement comme elle s’était retirée reparut la flamme des bougies, et aussi celle du foyer dans la cheminée. La pièce entière avec calme rede vint visible et dans son état normal. Bulwer-Lytton. (A suivre.)
LA NUIT SUPREME 269 BA clWlT « — Mon Dieu, préservez-moi de la chose effrayante qui se promène dans la nuit... » Pour Marcel Caune de Puisaye La nuit prochaine se devine. Le vieux marche, la pente est rude, et rude encore lut la journée ; dès l’aube, il a peiné, le corps est las, la tête lourde ; il va sans voir ; — c’est le crépuscule. C’est le crépuscule et c’est l’automne.
Il se hâte dans la fête miraculeuse que le soleil verse aux choses de la terre, à peine atteint par l’émoi de cette heure qui passe, voluptueuse et grave. Et déjà au sommet du mont...
Il surgit en pleine lumière et dans le vent, sous le ciel élargi où des pourpres s’éploient... et jusqu’au soleil tout un infini se déroule : bois tristes et déjà plus sombres, plaines vagues coupées de routes et de fleuves roses ; une ville qui dresse, dans le soir, l’or gueil de ses cathédrales, indécise, presque violette ; puis encore d’autres bois, d’autres champs, d’autres villes...
Mais le vent s’adoucit et s’éplore; c’est comme une palpitation qui bruit dans l’herbe et dans l’espace et qui fait s’attarder le mendiant : le buste un peu ployé sur le bâton, un instant, il se complaît dans cette
270 l’initiation gloire qui l’enveloppe et qui l’inonde ; les yeux éblouis,, il regarde... Il regarde pour oublier. II regarde les bois, il regarde les plaines et la ville, le soleil qui déjà oscille... Il regarde pour oublier... et voici qu’il regarde son Rêve.
« Dans cette ville toute tintante d’Angélus, peutêtre la maison amie et le repos, la table mise, du linge blanc, un lit aux rideaux mouvants, une femme atten tive, prévenante et pieuse;... dans ce paysage, la source pressentie, si douce à mes pauvres pieds meurtris, l’ombre paisible des lilas y garderait tout le printempsdans leur fraîcheur ;... et plus loin une plage probable, aux golfes paisibles, aux vagues éternelles, d’où appa reilleraient en un soir identique, des barques pavoisées pour les mers levantines et le pays de la consola tion. » « A peine une rougeur demeure...
« La nuit tombe, et c’est comme une chevelure infi niment douce qui se dénoue pour vêtir de lassitude la cité endormie et les champs et le ciel. Nul murmure, ne ride plus l’ombre; ni les feuillages... » Il médite. « Je respire mon enfance au parfum des foins cou pés et des fleurs passagères de cet automne: de déce vantes douceurs ont encore effleuré mon âme...
Dou cement, les choses rayonnantes glissèrent du Rêve glorieux à celui plus noir de l’oubli, quand pour moi rien n’est jamais que douleur et que ressouvenir: une tristesse nouvelle et plus intense me pénètre... Le ciel
LA NUIT SUPRÊME 27I ■est lourd maintenant... Souffrir, haïr, être haï dans la splendeur du ciel, dans la bonté des feuillages, dans ce décor de vie si magnifique .. quelle pitié !... A qui tendre les mains?... Que balbutier, que croire?.. Oh! je voudrais... je voudrais croire et je voudrais aimer ! Mon âme est grosse comme les eaux en avril... et la ■douceur du rêve et du soir ne fait qu’accroître ma dé tresse... » Il pleure.
« A ma venue, les enfants qui jouent aux carrefours s’interrompent et se taisent..., les chiens hurlent quand je passe... et les Vierges songeuses à l’orée des bois détournent de mes yeux la douceur attendrie de leurs regards...! je n’ai pas l’âme dure.
Oh !... je voudrais ■croire et je voudrais aimer ! » Dans l’obscurité plus dense, une route s’allonge ■entre deux alignées d’arbres, noirs, tragiques, vêtus de nuit et d’effroi. — Le vieillard se hâte. — Au trem blement d’un éclair, une colline s’illumine où se dressent deux croix disparues aussitôt qu’apparues, noires dans la lueur jaune, et voici que ses pieds se heurtent à des objets incertains et épars sur le sol :... une troisième croix énorme et disjointe..., des clous..., une couronne d’épines..., un fer de lance.
Au lointain, un coq chante. Le mendiant s’arrête, hagard, frissonnant..., ses mains battent le vide... et le ciel tout entier tonne du cri qu’il pousse. « Quelle est cette épouvante qui passe et qui fait rententir mon cœur dans ma poitrine ? Est-ce la su prême heure? Des anges, vont-ils lancer dans les cieux
l’initiation 272 profonds le fracas des prodigieuses trompettes ? Un trône va-t-il rayonner dans la blancheur?... La nuit tremble déjà... « Ou bien, est-ce le temps de la Pâque qui serait revenu, et ce coq prédirait un nouveau reniement ?... Puis ces deux croix dressées sur la colline, et cette autre gisante à terre parmi les clous, la lance et les épines... Où suis-je...
Quelle angoisse... quelle an goisse... quel mystérieux vertige m’enlace... me glace. . et me fait haleter..., ma vue se trouble..., ma raison sombre... Pitié, seigneur, qu’attendez-vous de moi, danscettenuit qui m’enveloppe comme un sépulcre?... Pitié!... Un murmure se prolonge dans l’Espace..., est-ce le tumulte d’un peuple, le sanglot des Femmes axieuses... ou la clameur des forêts dormantes?... Le coq chante.
« Le Fils de l’Homme s’est donc encore manifesté : la sueur de sang ruisselle..., la chair divine va saigner sur ce bois..., cette lance trouera son flanc.. , ces clous la paume de ses mains... et ses pieds adorables ! — Seigneur, c’était bien trop d’une Passion..., jette la frayeur, frappe de démence ceux qui imposent cette inutile victoire à ton inépuisable bonté. » « Pourquoi vouloir ces choses douloureuses?...
L’ou bli descendra sur elles... et les hommes resteront mau vais ; le seul geste que tu doives est celui de la malé diction .. N’attends rien de cette race, désapprends à l’aimer..., elle est impie, te dis-je, l’Esprit du mal est sur elle... ; vanne-la bien plutôt au vent de ta fureur Déchaîne le châtiment des villes détestables ; le feu, la cendre..., tous les fléaux et la terreur... »
LA NUIT DE BRAHMA 273 Le coq chante. « Et le coq a chanté pour la troisième fois... Une incertitude m’étreint et m’obsède ; pour quels desseins suis-je ici?... (Il médite) Cette tentative est inouïe... et je suis sans forces et sans défenses... Est-ce à moi, misérable, à entraver l’ordre de vos volontés, Sei gneur? Ou bien... Il réfléchit. Puis, d’une voix qui sonne : « Non..., ces choses ne seront point!
Ces signes de rédemption.. , ces reliques uniques, je les veux prendre... Sacrilège! j’en ferai des outils d’incendie, de mort et de désolation qui jetteront dans un fracas la stupeur au monde et qui le ruineront... » Il s’en empare... et, tragique, il continue sa route sous la nuit accomplie..., marquant le silence du seul rythme de ses pas.
Pâques 94. èa wnr ®® Bîi&hma Lorsqu’il eut absorbé dans sa propre substance Tout germe, tout esprit, enfin toute existence, L’Etre exempt de désirs en Lui seul s’enferma. Dès lors, il ne fut plus ni le fécond Brahma, Ni l’auguste Vichnou, ni le Siva rapace, Mais il fut Loi comblant le Temps, comblant l’Espace. Il avait englouti dans son Infinité Les passifs attributs de sa triple Unité,
l’initiation •274 La Matière, la Force, enfin l’intelligence. Et tout, en cette universelle Convergence, Tendait vers le Repos, mais non vers le Néant. Et Lui l’indivisible et Lui l’Ètre géant, Les avait accueillis ces fruits de sa semence ; Et dans le juste accord du faible et de l’immense, Où /’Un se retrouvait, emplissant tout son Ciel, Il dormait d’un sommeil omnipotentiel.
Il dormait, recueilli tout entier en Lui-même, Lui ITncréé, de tout, cause et terme suprême... Il dormait, l’Ètre, et pourtant Lui seul recelait tout sperme, Et cet universel germe, Au sein des Éthers flottants; Mais Lui, sans forme et sans derme, Qui, rien encor n’animait, Il dormait ! Il dormait. — Vague et latent, L’Ètre où !
Univers s’enferme Ne pressentait point le terme De son Repos éclatant : Car, ni fluide ni ferme, Rien de Lui ne se formait: Il dormait ! U dormait, se pâmant sans trêve En rEblouissement du Rêve... Maurice Largeris.
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 2y5 D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Le Président du Groupe, revenant d’un séjour en Suisse, s’excuse auprès de ses nombreux correspondants du retard apporté dans les réponses. Quartier général. — De nouvelles branches du Groupe sont en formation dans le nord de la France. Nous en publierons la liste le mois prochain.
Un des Groupes fermés d’études expérimentales pour suit en ce moment sous la direction de Papus une série de recherches absolument nouvelles; prochainement nous pourrons en donner un bref résumé. Groupe n° 4. ETUDE DU SPIRITISME. Séance du 14 Août 1894.
Les quatre parties de cette séance à laquelle assistaient quatre personnes y compris le médium et son mari, ont eu lieu dans l’obscurité fréquemment coupée par des pro jections de lumière électrique. ire partie Dès le début, j’appelle par trois fois, à voix très basse {presque mentalement), l’esprit familier du groupe ; au bout de quelques instants, celui-ci révèle sa présence par coups discrètement frappés sur une table éloignée des assistants.
L’Invisible dicte ainsi : « apport secret ». Plusieurs déplacements sans contact se produisent, puis l’esprit demande qu’on apporte une lampe. Ceci fait, nous recevons, par l’écriture mécanique, une communi cation nous invitant à prendre quelques instants de repos en lumière.
276 l’initiation 2e partie Dès que la lampe est enlevée, de nouveaux déplace ments se produisent; une boite à musique joue d'ellemême, puis est lancée à terre. Presque aussitôt l’esprit demande, par cliquetis aériens, qu’on fasse de lalumière. Nous remarquons alors que les mots précédemment dic tés : « apport secret, avertissement, » ont été tracés très lisiblement sur un papier déposé sur la table; ce mes sage est revêtu du paraphe L...
Cette écriture, au crayon, est bien la même que celle obtenue pendant les séances précédentes. Nous trouvons ensuite au milieu de la table, à la place d’un porte-bou quet qui a été déplacé et renversé, un petit rouleau de papier bleu que je déroule avec précaution. Ce papier contient quatre lignes (écrites en rouge), relatives aux dangers que courent les expérimentateurs orgueilleux et égoïstes.
L’écriture de cette dépêche apportée est un peu plus petite que la précédente, mais la signature est absolument semblable à celle de la lettre mentionnée au compte rendu delà séance du 9 décembre dernier. Cette signa ture, ainsi que le mot AVE qui est à côté, est d’un rouge très vif. Ignorant si ce message constitue l'apport secret, je de mande par l’écriture mécanique ce que je dois faire.
« Ceci n’est pas l’apport secret, m’est-il répondu, lisez donc à haute voix. » Je me rends à ce désir.
3e partie A peine sommes-nous dans l’obscurité que la sonnerie d’un timbre à marteau se fait entendre, puis l’esprit dicte, dans un angle de la salle éloigné des assistants au moyen d’un cliquetis particulier : « Ramassez tout. » Ne comprenant pas la signification de ces mots, nous nous remettons en lumière et, prenant un crayon, je de mande des explications.
« Ramassez tout ce qui est sur la table, laissez son ta pis et placez-la juste au milieu, me dit-on ; refaites de l’obscurité et attendez patiemment. »
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 277 « — Pendant combien de temps? « — Six ou sept minutes. » Nous enlevons à la hâte tous les objets déposés sur la grande table et nous les déposons pêle-mêle sur trois chaises placées de divers côtés, puis je pose les aiguilles de la pendule sur 11 heures 23 ; on emporte la lampe et nous attendons.
4e partie Au bout de quelques instants l’esprit dicte par cliquetis aériens : « Cherchez sur la chaise et lisez. » Onze heures et de mie sonnent; les sept minutes sont écoulées.
On rap porte la lampe et nous cherchons... vainement sur deux chaises; une troisième placée entre moi et le mur reste à vérifier; nous déplaçons successivement tous les objets qui la couvrent, et au milieu d’un tas de papiers restés blancs nous en découvrons un portant ces mots, tracés au crayon : « avertissement pour toi >, sans signature. Les caractères de cette écriture directe sont les mêmes que ceux des messages précédents.
Je demande (par l’écriture médianimique) ce que cela signifie : « Je t’expliquerai tout quand tu seras seul, > me ré pond-on. La séance est levée à n h. 40. A. François. P. S. — Aucun cas de sommeil magnétique n’a été constaté au cours de cette séance. (Mme M.-B., médium).
278 l'initiation LIS ^ElïGrlQN Mars 94. Si vous consultez une carte, vous constaterez que je suis à peu près perdu au centre africain, mais, comme ma mission consiste à voyager sans cesse, j’espère me rapprocher bientôt du centre de mes opérations, qui est la station de Luluabourg (rivière Lulua), district du Kensai.
Si Dieu m’aide et me permet de rentrer en Eu rope, je compte vous rapporter une importante série de documents écrits, d’objets servant au culte de la religion nègre et du fétichisme. Notez que je dis religion et que j’ai des raisons pour cela. Je rapporterai aussi des photographies dont une qui pourrait servir à prouver que les rois de France n’étaient point les seuls qui pouvaient arborer la fleur de lys dans leurs symboles héraldiques.
La coïncidence est curieuse. Un chef nègre, que j’ai dû détrôner (excusez du peu) m’a apporté les insignes de sa chefferie dont un sceptre sur monté de la fleur de lys ; seulement les pétales latéraux sont redressés.
Le trident est un symbole fréquent du reste chez beau coup des nombreuses tribus que j’ai visitées ; plusieurs façonnent leurs pagaies en trident dans le but de bles ser ou d’écarter les mauvais esprits qui voudraient faire chavirer leur pirogue, disent-ils. Mille et mille choses ainsi sont déjà consignées dans mes notes et mes journaux de campagne.
Seulement, comme je suis très peu ferré sur la science des observations de ce genre, et que, en ce sens, je me suis butté à des difficultés très grandes, surtout au point (1) Nous extrayons d’une lettre à Papus ces détails intéres sants.
LES RELIGIONS NÈGRES 279 ■de vue de médecine, je viens vous prier de me donner quelques conseils. Mon futur voyage portera dans la région des grands lacs Moero, Bengurelo et Cangunika entre lesquels nichent des populations étranges , craintes dans ces environs-ci et sur lesquelles courent des légendes terribles. D’après ce que j’ai entendu dire déjà, ils pratiqueraient une espèce d’envoûtement au moyen de figurines de formes diverses.
Comme ces peuples, que peu de blancs ont pu observer, ont, paraîtil, eu des relations avec l’Egypte (des noirs soutiennent que le Nil est leur pays d’origine très ancienne), je vous prierais de m’indiquer une voie à suivre pour la re cherche absolument scientifique d’une continuation des traditions égyptiennes en Afrique, car, depuis près de deux ans que je cours ce mystérieux continent, je suis convaincu et me suis formé là-dessus une conviction ab solue, que la civilisation des bords du Nil a influé ici.
Voici pourquoi. Il paraîtrait que les fameux éléphants d’Afrique, l’ivoire et l’or devaient être récoltés dans ces pays perdus où ils abondent encore, pour les sortes de factoreries qui furent les premiers éléments de grandes villes indigènes dont l’histoire est très ancienne puisque les noirs disent qu’ils se sont installés au premier jour que le soleil a brillé sur le monde.
Ces gens construisent de petites pyramides, des palais à colonnes, connaissent l’embaumement partout (au moyen de matières feno-arsenicales qui rendent les ca davres rouges, gris), etc., etc. Vous voyez, ma situation d’esprit en face de cette découverte, et l’absence de points de comparaison qui pourraient m’éclairer et faciliter mes recherches, me fait souvent passer indifférent à côté de choses dont je ne puis soupçonner l’importance.
Quant aux documents arabes que j’ai, ils ne m’ont servi qu’a passer aux yeux de ces gens pour un espion et ils m’ont même mis un jour dans une dangereuse situa tion. Les féticheurs semblent être initiés d’une manière as sez parfaite en ce point, mais livrent difficilement leurs secrets; j’en ai cependant quatre de ces secrets, appuyés
280 l’initiation sur un principe fort e'trange. Ce féticheur me disait (il était prisonnier de guerre) : « Chef, tu es grand et tu connais la médecine, tu connais le soleil et tu sais que le soleil est habité par le MaîtreEh bien! le maître envoie sur les rayons du soleil la vie pour les hommes. Les hommes la respirent, la mangent et la boivent dans l’air et les aliments.
Mais ils ne man gent pas tout sur la terre et il reste de la vie qui vient sur des plantes dont les fleurs ressemblent au soleil (une or chidée magnifique). Cette vie augmente, augmente tou jours: quand je coupe la fleur et que je prends son jus, je prends sa vie ainsi accumulée et je donne cette prépara tion à boire aux moribonds qui reviennent ainsi de leur torpeur, car ils mangent de la vie.
« — Ne pourriez-vous pas, lui dis-je, prendre assez de vie pour ressusciter un mort? « — Non, maître, car les morts ne sont plus des hommes. « — Comment cela?
« — L’homme qui a de la vie doit la rendre au maître après un certain temps, car les quantités de vie du soleil se vident, et le maître reprend la vie pour la redistribuer de nouveau à d’autres hommes qui en ont besoin, mon maître. » Voilà un secret doctrinal de féticheurs, une théorie qui n’est pas si inacceptable au fond.
Vous voyez que si je connaissais cette orchidée de son nom scientifique, cela présenterait d’autant plus d’intérêt surtout que l’expérience a réussi magnifiquement sur un de mes soldats à qui j’ai dû extraire un fer de lance et que la perte de sang pendant l’opération avait affaibli au point de le laisser inanimé. Un quart d’heure après l’ingestion du breuvage, mon homme marchait.
Voici de primitives théories, difficiles à arracher, mais qu’avec la patience que nous devons avoir avec les nègres, nous finissons par trouver. Un procédé qui m’est particulier, c’est le magnétisme. J’ai un bon pouvoir magnétique et je réussis à réunir quelques curieux documents. J’ai vu que le mouvement que vous dirigez prend des proportions immenses, maintenant.
BIBLIOGRAPHIE 281 La plèbe saura-t-elle tout le prix de l’initiation? Je le souhaite sans l’espérer. En tous cas, jusqu’au fond de l’Afrique me viennent des nouvelles à ce propos. Hom mages de la plus grande admiration pour vous. G. de Rosport, S:’; I:’: A. Bué. Le Magnétisme curatif. Psycho-physiologie. Un vol. gr. in-18, de 430 pages. Chamuel, éditeur. Prix 3 fr.
M. Bué est certainement un des magnétistes contem porains des plus sérieux et des plus recommandables ; à l’écart des groupements, il a su par sa science acquérir, dans ce monde particulier de gens honnêtes et chari tables, une position tout à fait indépendante. On sait avec quelle faveur le public a accueilli son premier volume, exposéprécis de la thérapeutique magnétique.
Il donne aujourd’hui de cette science la théorie ; le présent livre se divise en deux parties: Exposé des phé nomènes et Loi des phénomènes. Dans la première partie l’auteur jette un coup d’œil sur l’historique de la question, dans les temps modernes, c’est-à-dire depuis Braid. Il part de là pour établir les différences de l’hypnotisme au magnétime, caractérisée principalement par l’action sur l’encéphale et l’action sur l’épigastre.
Vient ensuite l’explication physiologique de ces phé nomènes basée sur les lois du mouvement et de la série indiquées par Louis Lucas. Pour notre auteur, la vie est un équilibre oscillatoire obéissant à une loi de con288 l’initiation Notre rôle n’est pas d’e'tudier les de'tails de l’organisa tion. Le Congrès de Chicago peut servir de modèle. Une période suffisamment longue est ouverte pour la prépa ration.
Que l’idée émise par notre modeste feuille aille frapper tous ceux qui aiment vraiment!
Que les chrétiens, juifs, mahométans, bouddhistes, etc....., occultistes, spirites, théosophes, altruistes, scentifistes et, en général, tous chercheurs delà sainte Vérité, considèrent qu’il ne s’agit plus d’une utopie, que la preuve de la possibilité du succès a été faite, que tous peuvent figurer brillamment à la tri bune où ils seront libres de travailler avec la plus grande force au prosélytisme.
Quel beau legs sera transmis aux générations futures, quelle belle promesse d’Avenir soutiendra les hommes à travers les luttes prochaines, et, hélas !.....peut-être iné vitables. Au nom de la Suprême Vérité, Au nom de l’Amour, Au nom des célestes espérances, Tous doivent entendre, tous doivent répondre. La Rédaction de laPjix Universelle. Alexandre Delanne, l’écrivain spirite bien connu, vient d’avoir la douleur de perdre son épouse.
L’inhumation s’est faite le 26 août, en présence d’une nombreuse assis tance. MM. Laurent de Faget et Camille Flammarion ont fait sur la tombe de la défunte deux discours ; M. Flammarion, en particulier, a rappelé la part consi dérable que Mme Delanne avait eue à la propagation des doctrines d’Allan Kardec. Excellent médium, elle dévoua toute sa vie à la défense du spiritisme, et l’ingra titude de quelques-uns l’en récompensa.
Que M. Alexan dre et Gabriel Delanne reçoivent ici l’expression de notre condoléance. Le Gérant : Encausse. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
bibliographie 281 La plèbe saura-t-elle tout le prix de l’initiation? Je le souhaite sans l’espérer. En tous cas, jusqu’au fond de l’Afrique me viennent des nouvelles à ce propos. Hom mages de la plus grande admiration pour vous. G. de Rosport, S:'; I:*: A. Bué. Le Magnétisme curatif. Psycho-physiologie. Un vol. gr. in-18, de 430 pages. Chamuel, éditeur. Prix 3 fr.
M. Bué est certainement un des magnétistes contem porains des plus sérieux et des plus recommandables ; à l’écart des groupements, il a su par sa science acquérir, dans ce monde particulier de gens honnêtes et chari tables, une position tout à fait indépendante. On sait avec quelle faveur le public a accueilli son premier volume, exposéprécis de la thérapeutique magnétique.
Il donne aujourd’hui de cette science la théorie ; le présent livre se divise en deux parties: Exposé des phé nomènes et Loi des phénomènes. Dans la première partie l’auteur jette un coup d’œil sur l’historique de la question, dans les temps modernes, c’est-à-dire depuis Braid. 11 part delà pour établir les différences de l’hypnotisme au magnétime, caractérisée principalement par l’action sur l’encéphale et l’action sur l’épigastre.
Vient ensuite l’explication physiologique de ces phé nomènes basée sur les lois du mouvement et de la série indiquées par Louis Lucas. Pour notre auteur, la vie est un équilibre oscillatoire obéissant à une loi de conl'initiation 284 nobles douleurs qu’il soit donné à l’homme de ressentir: l’auguste souffrance d’un père qui voit la mort lui arra cher son enfant.
Les lettres modernes nous ont déshabi tués du spectacle de ces grands orages de l’âme, où crient et se lamentent les puissances les plus pures et les plus élevées de l'amour humain.
Extrêmement rares sont les vers tels que ceux-ci, d’une inspiration effrayamment vécue, écrits d’une main encore crispée par les spasmes du désespoir: Dire que c’est fini, que nos mains auront beau Se crisper aux parois de son petit tombeau, Qu’en vain je meurtrirai mes genoux sur sa pierre, Et que les pleurs en vain rongeraient ma paupière, Jusqu'à ce que mes yeux s'éteignent de douleur ; Dire que ce poignant, que cet affreux malheur Est sans allègement, sans remède et sans terme, Que l’écrin ténébreux et jaloux qui renferme Mon joyau bien-aimé ne se rouvrira plus ; Que les saisons avec leur flux et leur reflux, Que les joyeux avrils et les tristes nivôses, Avec leurs vents, leurs nids, leurs frimas et leurs roses, Passeront sans que rien ne s’éveille jamais, Du bel ange endormi, du doux fils que j’aimais !
Sur tous les modes, avec une souplesse admirable, lamuse douloureuse exhale ses sanglots pénétrants. Je lerépète encore, devant la sincérité et la profondeur d’un sentiment aussi sacré, on hésite presque à donner à l’artiste les grands éloges qu’il mérite. S. ** ¥ J.-E. Renucci. — Conciliation scientifique du matéria lisme et du spiritualisme, etc., broch. in-8, 1894. Comptoir d’édition.
M. Renucci examine dans ces pages l’état actuel du matérialisme; puis il lui oppose la révélation médiani mique de Louis Michel de Figanières, au moyen de laquelle il tente une conciliation du matérialisme et du • spiritualisme, du théisme et de l’athéisme. C’est un tra vail original, bien écrit et bien pensé, et qui a, en outre. BIBLIOGRAPHIE 281 La plèbe saura-t-elle tout le prix de l’initiation? Je le souhaite sans l’espérer.
En tous cas, jusqu’au fond de l’Afrique me viennent des nouvelles à ce propos. Hom mages de la plus grande admiration pour vous.
G. de Rosport, S:': I:’: A. Bué. Le Magnétisme curatif. Psycho-physiologie. Un vol. gr. in-18, de 430 pages. Chamuel, éditeur. Prix 3 fr. M. Bué est certainement un des magnétistes contem porains des plus sérieux et des plus recommandables ; à l’écart des groupements, il a su par sa science acquérir, dans ce monde particulier de gens honnêtes et chari tables, une position tout à fait indépendante.
On sait avec quelle faveur le public a accueilli son premier volume, exposé précis de la thérapeutique magnétique. Il donne aujourd’hui de cette science la théorie ; le présent livre se divise en deux parties: Exposé des phé nomènes et Loi des phénomènes. Dans la première partie l’auteur jette un coup d’œil sur l’historique de la question, dans les temps modernes, c’est-à-dire depuis Braid.
Il part de là pour établir les différences de l’hypnotisme au magnétime, caractérisée principalement par l’action sur l’encéphale et l’action sur l’épigastre. Vient ensuite l’explication physiologique de ces phé nomènes basée sur les lois du mouvement et de la série indiquées par Louis Lucas. Pour notre auteur, la vie est un équilibre oscillatoire obéissant à une loi de con282 l’initiation centration tonalisante de l’Enormon.
Voici le schéma par lequel il la représente dans l’homme: Pôle Foie Cérébral Circuit ENOR MON Circuit digestif 3 n <1Q c X Cœur Pôle Génital A ceux de nos lecteurs qui sont versés dans la physio logie occulte, ce schéma suffit pour se rendre compte que M. Bué n’a vu dans le triple ternaire formé par l’être humain, que les trois plans inférieurs.
Faute d’avoir poussé ses conceptions jusqu’à un degré plus in terne, et malgré les exemples des écrivains ésotériques, dont on le reconnaît l’élève, la Trinité ne lui est pas apparue dans toute sa vivante profondeur.
Cependant, ce défaut, qui n’en est un que pour des mystiques, a l’avantage relatif de constituer un passage transitoire des théories scientifiques aux théories tradi tionnelles.
D’après M. Bué, «les hypnotistes, en actionnant direc tement le cerveau par le courant sensoriel, provoquent une réaction dispersive qui extériorise l’action des sens,, affaiblit la tension énormon, fait naître l’idée impropor tionnée et amène automatisme et inconscience. — Les magnétiseurs, en actionnant indirectement le cerveau parle courant viscéral produisent un état de concentra tion qui double la tension énormon, ferme les voies dispersives des sens, augmente l’isolation, et entretient le jeu équilibré de l’appareil cérébral ».
Nous laissons ces idées aux méditations des spécialistes. L’étude des différences entre le Magnétisme et l'Hypnotisme est poursuivie ensuite au point de vue de leursBIBLIOGRAPHIE 283 effets curatifs; et à ce propos un chapitre est consacré à l’étude des crises et de leur ancienne théorie médicale.
L’auteur passe de là à une étude concise du Somnambuisme ; les travaux des anciens magnétiseurs sont ana lysés et les noms des chercheurs scientifiques cités ; ce pendant M. Bué, volontairement ou non, ne s’élève pas jusqu’à la conception synthétique de la lumière astrale.
Suivent enfin, comme des compliments, divers chapitres sur la clairvoyance au point de vue thérapeutique, sur les entraves apportées à la propagation du magnétisme curatif; sur l'exercice du magnétisme au double point de vue de la loi et de la conscience. Ainsi se clôt l’exposé analytique des phénomènes.
La seconde partie (Loi des phénomènes) essaie de constituer une synthèse physiologique; l’auteur y arrive en effet, comme nous allons le voir, mais suivant une méthode que nous aurions désirée à la fois plus vivante et plus concentrée. Etant donné que « l’étude du magnétisme mène à une synthèse thérapeutique », l’auteur conclut à la quadruple ■unité de la vie, de la santé, de la maladie et du remède.
Ces chapitres, fort bien pensés, sont le résumé des théo ries de la Médecine nouvelle de Lucas. C’est à ce dernier ouvrage que je renverrai le lecteur curieux de les ap profondir. M. Bué conclut en présentant le magnétisme comme le véritable agent de la transfusion de la vie, secret si vainement cherché et depuis si longtemps. Le livre se termine par un exposé du développement paral lèle du magnétisme et delà pensée néo-spiritualiste.
Voici donc une œuvre savante, bien pensée, raisonna blement écrite ; elle fait honneur à l’écrivain ; qu’il nous soit permis d’exprimer un regret : c’est que l’auteur, imbu des théories de Louis Lucas, reproduisant à son insu peut-être des idées et presque des phrases d’Eliphas Levi, n’ait pas cru bon de proclamer en public ce qu’il doit à l'ésotérisme. Sédir. ★ ¥ ¥ Fabre des Essarts. — Pour lui. Une plaquette de luxe, 85 pages in-8. Ce sont des vers de deuil, palpitants d’une des plus
l'initiation s. * ¥ ¥ Sur tous les modes, avec une souplesse admirable, la muse douloureuse exhale ses sanglots pénétrants. Je lerépète encore, devant la sincérité et la profondeur d’un sentiment aussi sacré, on hésite presque à donner à l’artiste les grands éloges qu’il mérite.
Dire que c’est fini, que nos mains auront beau Se crisper aux parois de son petit tombeau, Qu’en vain je meurtrirai mes genoux sur sa pierre, Et que les pleurs en vain rongeraient ma paupière, Jusqu'à ce que mes yeux s'éteignent de douleur ; Dire que ce poignant, que cet affreux malheur Est sans allègement, sans remède et sans terme, Que l’écrin ténébreux et jaloux qui renferme Mon joyau bien-aimé ne se rouvrira plus ; Que les saisons avec leur flux et leur reflux, Que les joyeux avrils et les tristes nivôses, Avec leurs vents, leurs nids, leurs frimas et leurs roses, Passeront sans que rien ne s’éveille jamais, Du bel ange endormi, du doux fils que j’aimais !
284 nobles douleurs qu’il soit donné à l’homme de ressentir: l’auguste souffrance d’un père qui voit la mort lui arra cher son enfant. Les lettres modernes nous ont déshabi tués du spectacle de ces grands orages de l’âme, où crient et se lamentent les puissances les plus pures et les plus élevées de l'amour humain.
Extrêmement rares sont les vers tels que ceux-ci, d’une inspiration effrayamment vécue, écrits d’une main encore crispée par les spasmes du désespoir: J.-E. Renucci. — Conciliation scientifique du matéria lisme et du spiritualisme, etc., broch. in-8, 1894. Comptoir d’édition.
M. Renucci examine dans ces pages l'état actuel du matérialisme; puis il lui oppose la révélation médiani mique de Louis Michel de Figanières, au moyen de laquelle il tente une conciliation du matérialisme et du • spiritualisme, du théisme et de l’athéisme. C’est un tra vail original, bien écrit et bien pensé, et qui a, en outre.
BIBLIOGRAPHIE 285 le mérite d’attirer l’attention sur une œuvre pleine d’en seignements, et suffisante pour fournir des documents et des idées à plusieurs écrivains; M. d’Anglemont l’a d’ailleurs abondamment utilisée. S. ★ ¥ ¥ F. Réthoré. — Science des religions du passé et de l’ave nir, du judaïsme et du christianisme. Paris, A. Pedoue, éditeur, 1894, in-8.
L’auteur de ce livre appartient à l’école de la philoso phie documentaire et rationaliste, et ce n’est qu’en rai son des connaissances profondes dont il fait preuve que nous pensons intéresser nos lecteurs au bref résumé de son œuvre. Dans une première partie, intitulée Hiérographie, M. Réthoré donne un aperçu de l’histoire des religions et nous indique dans quel esprit elle doit être écrite.
La deuxième partie traite de l’Hïérologie ou science des religions : c’est la plus importante et la plus riche en détails érudits. Après un coup d’œil historique sur les travaux déjà existants, l’auteur recherche dans quel esprit il convient d’étudier cette science. Il veut qu'on le fasse selon toutes les règles de la critique historique.
Mais « la critique historique ne se préoccupe pas uni quement de l’authenticité et de l’intégrité d’un livre, de la véracité ou de l’impartialité d’un témoin oculaire ou auriculaire, etc. Elle se pose aussi des questions sur les doctrines et les faits contenus dans la tradition, soit orale, soit écrite ; ces doctrines sont-elles conformes, au contraire, à la raison ou à la morale ? Ces faits sont-ils possibles ou impossibles ?
Que penser du surnaturel, des miracles et des prophéties, par exemple ? Voilà ce sur quoi elle exige avant tout qu’on lui réponde. » Rien de plus juste théoriquement ; mais l’application de ces règles est fort difficile. Quels sont les canons de la rai son et de la morale? Ne varient-ils point avec le temps et avec les peuples ? Quelle intellectualité pourra décla rer un fait impossible ? Qu’appelle-t-on surnaturel, mi racles, etc. ? Autant de questions dont les réponses sont infiniment variables. Un positiviste n’admet ces faits si
286 l’initiation fréquents et si capitaux dans l’histoire d’une religion : les miracles. Le religieux y croira, l’ésotériste les admet tra en les expliquant. Et quelle diversité dans l’apprécia tion toujours individuelle de la raison, de la morale, etc. La première qualité que l’on doive demander à l’hiérologie, c’est un sacrifice complet de ses goûts intellec tuels, de ses sentiments, de ses tendances personnelles.
Cela, M. Réthoré l’a fait aussi bien que pouvait le lui permettre la rationalité de son esprit. Cette précieuse faculté positiviste lui a permis de montrer avec la plus grande clarté l’opposition de la raison et de la foi ; il a senti ce binaire avec assez de force pour en faire la base de sa classification de religions.
Malheureusement, il a négligé de montrer comment la science et la foi pou vaient s’harmoniser au moyen de la religion-sagesse, véritable religion naturelle, dont les mystères sont déchiffrables, malgré les épais et nombreux vêtements symboliques dont les ont recouverts les différents sacer doces. Sedir. * ¥ ¥ La Revue des Revues du i y septembre nous présente une série de travaux destinés à avoir un grand retentisse ment.
Citons au hasard : Le Travail mental est-il agréable ou pénible? par le professeur Guillaume Ferrero. — Comment rendre l’homme meilleur? (fin), par Adam Mickiewicz. — Napoléoniana : I. Les Médailles et les Caricatures de Napoléon Ier (II). (Illustré) ; II. Souvenirs inédits sur Napoléon Ier, par Neville Lyttelton. — Voltaire com merçant, par Hubert Valleroux. — Pierre Ivanovitch Dinkoff, par M. V.
Krestovsky. — Les Ouvriers amé ricains et le roi de New-York: I. Les Syndicats ouvriers; IL Tammany-Hall, par Ch. de Varigny. — La Longévité humaine, par le Dr A. de Neuville. — La Pierre phi losophale de cette fin de siècle, par Rouxel. — La Cau serie en France : I. Victor Hugo causeur, par Jules Claretie ; II. Les Salons où l'on cause, par Mme Th. Bentzon. — Les Revues Indépendantes, par Alfred Vallette. — Sommaires analytiques des Revues fran
LES ASSISES DE L'HUMANITÉ 287 çaises et étrangères. — Curiosités et documents. — Revue des Livres. — Caricatures politiques. — Dernières Inventions et Découvertes. Rédaction et Administration : 32, rue de Verneuil, Paris. Tous les hommes seront un jour réunis en une seule famille. La Paix descendra sur la terre, et l’Amour de la Vérité et de la Justice, dans tous les cœurs.
En attendant la venue providentielle du divin parmi nous, tous les hommes de bonne volonté doivent diriger leurs regards vers cette époque bienheureuse, l’appeler de tous leurs vœux, la faciliter de tous leurs efforts. C’est pourquoi, nous appuyant sur la magnifique réus site du Congrès des Religions de Chicago (dont nous donnons le compte rendu ci-après), nous souhaitons la réunion en igoo, à Paris, d’un Congrès plus large encore.
Nous souhaitons un Congrès rassemblant toutes les religions, les spiritualistes, les humanitaires, chercheurs et penseurs de tous ordres ayant pour but commun la progression de l'humanité vers un idéal meilleur et la foi en sa réalisation. Nous souhaitons que ces Assises solennelles de l’Humanité soient ouvertes et fermées par un appel à l’union de TOUS LES HOMMES.
Pas de discussions contradictoires, mais chaque repré sentant exposant ses idées et ses croyances librement,, affirmant ses convictions, devant l’auditoire attentif. Le Congrès sera à tous et pour tous. L’Esprit de Vérité le présidera. (1) V Initiation s’associe pleinement au vœu de son confrère lyonnais.
288 l'initiation Notre rôle n’est pas d’e'tudier les de'tails de l’organisa tion. Le Congrès de Chicago peut servir de modèle. Une période suffisamment longue est ouverte pour la prépa ration. Que l’idée émise par notre modeste feuille aille frapper tous ceux qui aiment vraiment!
Que les chrétiens, juifs, mahométans, bouddhistes, etc....., occultistes, spirites, théosophes, altruistes, scentifistes et, en général, tous chercheurs delà sainte Vérité, considèrent qu’il ne s’agit plus d’une utopie, que la preuve de la possibilité du succès a été faite, que tous peuvent figurer brillamment à la tri bune où ils seront libres de travailler avec la plus grande force au prosélytisme.
Quel beau legs sera transmis aux générations futures, quelle belle promesse d’Avenir soutiendra les hommes à travers les luttes prochaines, et, hélas !.....peut-être iné vitables. Au nom de la Suprême Vérité, Au nom de l’Amour, Au nom des célestes espérances, Tous doivent entendre, tous doivent répondre. La Rédaction de la Paix Universelle. Alexandre Delanne, l’écrivain spirite bien connu, vient d’avoir la douleur de perdre son épouse.
L’inhumation s’est faite le 26 août, en présence d’une nombreuse assis tance. MM. Laurent de Faget et Camille Flammarion ont fait sur la tombe de la défunte deux discours ; M. Flammarion, en particulier, a rappelé la part consi dérable que Mrao Delanne avait eue à la propagation des doctrines d’Allan Kardec. Excellent médium, elle dévoua toute sa vie à la défense du spiritisme, et l’ingra titude de quelques-uns l’en récompensa.
Que M. Alexan dre et Gabriel Delanne reçoivent ici l’expression de notre condoléance. Le Gérant : Encausse. TOURS. — 1MP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
VIENT DE PARAITRE L’Anatomie Philosophique ET SES DIVISIONS SUIVI d’une analyse détaillée de LA MATHÊSE DE MALFATTI DE MONTEREGGIO PAR G. EN.CAUSSE — PAPUS DOCTEUR EN MÉDECINE’DE LA FACULTÉ DE'PARIS Ancien externe des Hôpitaux et du Bureau central Médaille de bronze de l’Assistance publique Ex-chef du laboratoire d’hypnothérapie du D' Luys à l’hôpital de la Charité Ancien professeur, médaille de bronze et médaille d’argent de l’Union française de la Jeunesse Officier d’Académie — Officier de l'ordre impérial du Medjidié Chevalier de l’ordre militaire et royal du Christ, de 1 ordre de Bolivar, etc., etc. Ouvrage orné de 12 tableaux Prix : 4 fr. PARIS GHAMUEL, EDITEUR 29, rue de Trévise, 29 1894
VIENT DE PARAITRE lre ANNÉE MARS 1894 - MARS 1895 CONTENANT : L’AGENDA MAGIQUE POUR TOUS LES JOURS DE L’ANNÉE Les Jugements Astrologiques des sept planètes. La liste des Herbes, des Pierres et des Correspondances magiques. Le Jugement des Songes d’après le cours de la Lune. UN RÉSUMÉ DE MAGIE CERÉMONIELLE L’HYPNOTISME PRATIQUE EN QUATRE LEÇONS. Le Miroir magique. — Les expériences d’Eliphas Levi. Les 22 axiomes magiques. LE RÉSUMÉ DE LA DOCTRINE DE L’OCCULTISME SUR L’AME ET SON ÉVOLUTION. Des extraits et des citations des principaux occultistes. L’Histoire du Mouvement spiritualiste dans ces dernières années, et la liste des Fraternités Initiatiques. Orné de gravures et des portraits de L.-C. de Saint-Martin, Fabre d’Olivet, Wronski, Eliphas Levi, Louis Lucas, Eugène Nus, Fauvety, Camille Flammarion. PUBLIÉ par un Groupe d’Occultistes sous la direction de PARUS Président du Groupe indépendant d’Etudes Esotériques. Prix : js f x-e», n c s PARIS CHAMUEL. Editeur 29, rue de Trévise, 29 1894. (Tous droits expressément réservés).
L'Initiation du i5 septembre 1894 VIENT DE PARAITRE LA MAISON HANTEE Par BULWER-LYTTON Première Traduction française par Jean TA BRIS Tirage de grand luxe sur beau papier, à très peu d’exemplaires. Prix : 2 fr. CHAMUEL, ÉDITEUR VIENT DH PARAITRE George MONTIÈRE SARAH KEMMY Un beau volume in-18. — Prix. . . 3 fr. 50 CHAMUEL, ÉDITEUR 29, RUE DE TrÉVISE, PARIS
L J T KT T'T T À T T A NT /RENSEIGNEMENTS^ IMlllAllUW k UTILES ) DIRECTION 14, rue de Strasbourg, 14 PARIS Directeur : 0,0* Docteur en médecine, docteur en kabbale Directeur-adjoint : Lucien MAUCHEL Rédacteur en chef : F.-Ch. BARBET Secrétaires de la Rédaction : J. LEJAY - PAUL SÉDIR ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMERO Gt. CARRÉ 3, rue Racine, 3 PARIS FRANCE, un an. io fr. ÉTRANGER, — 12 fr. RÉDACTION : 14, rue de Strasbourg. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Manuscrits. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. Livres et Revues. — Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s’il y a lieu. Les Revues qui désirent faire l'échange sont priées de s’adresser à la direction. ADMINISTRATION, ABONNEMENTS. — Les abonnements sont d’un an et se paient d'avance à l’Administration par mandat, bon de poste ou autrement, 3, rue Racine. ETRANGER. — Efivoyer tous les échanges à la direction, 14, rue de Strasbourg, Paris. TOURS, IMP. E. ARKAULT ET CIE