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Revue philosophique indépendante des Hautes Études Hypnotisme» Force psychique Theosophie, Kabbale Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes 24e VOLUME. — 7 m0 ANNÉE SOMMAIRE DU N" 10 (Juillet 1894) PARTIE INITIATIQUE... A l'âme de Sadi-Carnot . Papus. (P- 1-3). L’Art et l’Esotérisme. . . Barlet et Lejay. (p. 4 à 33). Homélie (gnostique). . . . Synésius.
PARTIE PHILOSOPHI - L’extériorisation de la QUE ET SCIENTIFIQUE sensibilité.....................Lecomte (p. 36 à 5 i ). et Cari du Prel. Les Sept Éléments de l’Homnïe et la Pathogén ie ch in o ise (avec figu res)................... ............... MoGd. (p. 5 i à 6o). Paracelse et ses XIV livres des paragraphes (tra duction et commentaires inédits)............................E. Bosc. (p. 6i à 70). PARTIE LITTÉRAIRE...
La Liaison hantée............Bulwer-Lytton. (P- 71 à 77)- 7>ZmourfZ (poésie) . . . . Maurice Largeris. (p. 78). Groupe indépendant d’études ésotériques. — Eglise gnostique. — Variétés. — L’apparition de Newcastle. — Magnétisme. — Bibliogra phie. — Nécrologie. Rédaction : sa., rue de Trévise, 20 PARIS Administration, Abonnements : 3, rue Racine, 3 PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’toi même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient.et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L’Initiation paraît régulièrement du i5 au 20 de chaque mois et compte déjà sept années d’existence. — Abonnement: 10 francs par ait. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L'Initiation du i5 Juillet 1894 Principaux Rédacteurs ét Collaborateurs de l’Initiation PARTIE INITIATIQUE F. Ch. Barlet, S.-. I.-. & — Jules Doinel, S.-. I.-. (D. G. E., — Ep. Gnost. — Stanislas de Guaita, S.l I.-. & — Marc Haven, S.-. I.-. y; — Julien Lejay, S.-. I.-. ;<j — Emile Michelet, S.'. I.'. (C. G. E.) — Lucien Mauchel, S.-. I.-. (D. S. E.) — George Montière, S.’. I.-. £ — Papus, S.-. I.-. £• — Philophotes, S.-. I.-. (C. G.
E.) — Quærens, S.'. I.-. (D. G. E.) — Sédir, S.-. I.-.. (C. G. E.) — Selva, S.-. I.-. (C. G. E.) — Vurgey. 2° PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Abil- Marduk. — Amelineau. — Aleph.— Badaire.— Dr Ba raduc. — Le F.-. Bertrand 3oe.-. — René Caillié. — Camille Chaigneau.— Chimua du Lafay. — Alfred le Dain.— G. Delannf.. — Fabre des Essarts. — Dr Fugairon. — Dei.ézinier.— Jules Giraud. —■ Haatan. — L. Hutchinson. — L.
Lemerle. — Marcus de Vèze. — Napoléon Ney. — Eugène Nus. — Horace Pelletier. — G. Poirel. Raymond. — A. de R. — Dr Sourbeck. — L. Stevenard. —Thomassin. —Pierre Torcy. — G. ViToux. — Henri Welsch. — Oswald Wirth. — Yalta. 3» PARTIE LITTÉRAIRE Maurice Beaubourg. — E. Goudeau. — Manoël de Grandford. — Jules Lermina. —- L.
Hennique. — Catulle Mendès. — George Montière. — Léon Riotor. — Saint-Fargeau. — Robert Scheffer. — Emile Sigogne. — Ch. de Sivry. 4° POÉSIE Ch. Dubourg. — Rodolphe Darzens. — Yvan Dietschine. — Maurice Largeris. — Paul Marrot. — J. de Tallenay. — Robert de la Villehervé.
L'Initiation du i5 Juillet 1894 groupe indépendant D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Secrétariat : M. Paul SÉDIR 4, Avenue de l’Opéra, 4 PARIS - Quartier Général : 2g, Rue de Trévise, 2g PARIS But. — Le • Groupe a pour but principal d’étudier théoriquement et expérimentalement les forces encore non définies de la Nature et de l’Homme — en dehors de oute secte et de. toute personnalité. Membres. — Les membres ne payent ni cotisation ni droit d'entrée. —Tout abonné de l'initiation eu du Voile d’Isis reçoit sa carte de membre sur demande affranchie adressée au Secrétariat. Organisation. —Le Groupe comprend 22 commissions d’études au Quartier Général à Paris. Il compte actuellement 80 branches et correspondants au dehors. Des conférences et des cours ont lieu régulièrement au Quartier Général. Renseignements. — Pour tous renseignements sur le Groupe ou les sociétés adhérents dans les différents pays, écrire en joignant un timbre pour la réponse à M. Paul Sédir, 4, Avenue de l’Opéra, Paris.
La reproduction des articles inédits publiés par l'initiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Les tourbillons de l’Astral se sont subitement manifestés à votre entendement, à la suite d’un lâche attentat. Les larves, obstinées à votre perte, se sont montrées tout à coup, hideuses dans leur féroce expression de haine assouvie. Mais votre Conscience, forte des devoirs accom plis, votre Volonté inflexible contre tout Prin cipe de division, émanèrent autour de votre être les fluides protecteurs. Puis ce fut la lente vision des ancêtres, de I ceux qui furent des initiés et qui, connaissant | les mystères de la Vie et de la Mort, vinrent I présider à Votre Naissance au Monde des Ames. 9 Devant eux, les larves attachées à votre perte i
l’initiation reculèrent, comme reculent les oiseaux de nuit à l’approche de la lumière. Puis, victime expiatoire de formes sociales enharmoniques, le monde invisible s’ouvrit à vous comme il s’ouvre à tout martyr, soit le pauvre enfant du peuple tombé sur le champ de bataille, soit l’homme de cœur qui meurt pour son idée.
Votre corps lumineux, dégagé, de par le crime commis sur vous, de toutes ses écorces et de toutes ses ombres, se manifesta rayonnant.
Alors ce fut l’enchantement des aimés, le tendre appel de ceux de la famille restés sur Terre, de ceux dont vous êtes maintenant le soutien et le grand ancêtre dans l’invisible, et votre âme souffrit de leur douleur et votre esprit, revêtu d’organes lumineux, voulut un instant reprendre l’usage des organes physi ques..... , mais les Destins doivent s’accomplir.
Puis... un éblouissement, l’embrasement de tout votre être, la Conscience de l’Ame de la France et de son horreur devantle crime, l’explo. sion subite des sympathies de tout un peuple, de tous les peuples et, balayés par ce courant d’a mour, l’écroulement dans les ténèbres des lar ves haineuses et obstinées. Salut à vous, ô âme marquée dès le commen cement du sceau des envoyés d’en haut. Votre sacrifice fera plus,en l’invisible, pour ia destruc tion des haines, que les plus terribles punitions
A L’AME DE SAD1-CARN0T 3 dans le visible. Inconnu d’hier pour l’Astral, vous êtes élevé dès ce jourau rang des triompha teurs véritables, de ceux qui meurent à leur poste de combat. Voilà pourquoi, nous autresj pauvres incon nus dans le monde visible, nous avons suivi avec joie la marche triomphante de votre âme là-haut ; voilà pourquoi nous sommes heureux d’un bonheur qui vous était dû et nous voudrions a consoler ceux qui vous pleurent, par la certi- 3 tude qui nous fut accordée. Mais le Soleil blesse les yeux des mortels, g incapables de le regarder en face. Que les Des- | tinées s’accomplissent. Le livre de sang est ou- p vert. Que lame vivante de notre Patrie se ma- 9 nifeste et nous délivre des calamités futures par S le nom tout-puissant de rfnttJH’. 3 juillet 1894. Papus.
4 l’initiation des derniers Valons CHAPITRE II I Les distinctions que l’analyse précédente a fait ressortir n’ont pas échappé aux critiques, bien qu’ils ne les aient guère approfondies. Les voici, par exemple, à peu près complètement résumées dans cette phrase de Sutter (i) : « Les sentiments individuels sont si différents « qu’on voit chaque artiste interpréter la nature à sa « manière : quelques-uns n’ont vu que le contour des « objets, d’autres le clair-obscur, ceux-ci la couleur, « et chacun, en demeurant inébranlable dans sa ma- « nière, est resté inexorable pour toute interprétation « en dehors de ses propres facultés. » Mais les critiques eux-mêmes, comme les artistes, sont tombés dans le travers de se partager entre ces mêmes interprétations, inexorables à tout autre. Les uns, en effet, n’admettent l’art que comme un (i) Philosophie des beaux-arts appliquée à la peinture.
l’art et l’ésotérisme 5 effort de la forme vers un type idéal au-dessous duquel tout est méprisable (i). Quelques-uns le voient surtout dans la discipline qui fait l’unité, dans les lois que l’école enseigne et prescrit, assurant que sans elles le génie même ne peut faire un chef-d’œuvre (2).
D’autres veulent, au contraire, la liberté de création n’imposant à l’art que la sincérité dans le rendu de l’impression (3), se divisant encore entre eux, du reste, les uns pour réclamer la liberté complète, les autres pour n’admettre que ce qui reflète le sentiment public contemporain.
Enfin, il en est encore qui ne veulent rien autre chose que la reproduction de la réalité, à l’exclusion d’un idéal qu’ils estiment chimérique, révoltés qu'ils sont à la pensée qu’on puisse attribuer aucun « écart » à la Nature. Les mêmes divergences se retrouvent, il faut s’y attendre, dans leurs opinions sur la portée qu’ils attribuent à l’art et sur la direction des efforts de l’artiste.
Les premiers lui imposent la mission d’élever les esprits aux mêmes hauteurs que la morale et la reli gion ; pour eux, l’art est souvent symbolique, au moins dans quelque mesure. Les seconds se contentent d’inspirer par le Beau le goût de l’harmonie, le sentiment de la poésie, qui (1) Winkelman, par exemple. (2) Sutter, même ouvrage ; Reynold aussi. (3) Véron, {'Esthétique.
6 l’initiation échauffe ou apaise l’âme et la dispose à la vertu sinon à la sainteté. Tous deux sont les apôtres de l’Art éducateur; les autres, au contraire, se rangent sous la bannière de l’Art pour l’Art, de l’Art indépendant, sans souci de l’effet qu’il peut produire; pour eux, il est surtout un instinct qu’ils se plaisent à satisfaire.
Seulement, les romantiques s’attachent à la repro duction des sentiments humains, aux manifestations de la vie passionnelle, admettant volontiers que l’artiste est ou doit être comme le barde des senti ments populaires propres à son siècle (i). Les naturalistes, au contraire, ne se souciant que de la réalité, veulent que l’Art se borne à raconter les sensations infiniment variées qu’elle procure.
En résumé, quatre buts de l’Art sont préconisés: élever l’esprit par l’idéal, l’émouvoir par la solennité ou par le charme, provoquer des sensations d’ordre supérieur. La même anarchie semble donc partager les théo ries de la critique et les artistes producteurs, et ce malaise s’étend d’ailleurs à toutes les manifestations de l’Art.
C’est qu’il provient de distinctions et de défauts essentiellement naturels : la division quater naire des goûts est aussi inhérenteà la nature humaine que notre incapacité de concevoir ou d’admettre toute face de la vérité que nous n’apercevons pas, à plus forte raison d’en embrasser l’ensemble, si imparfaite ment que ce soit. ( i) Véron, ch. vi, § 2.
l’art et l’ésotérisme 7 C’est sur cette faiblesse que nous devons insister particulièrement pour en triompher; elle va nous obliger à remonter aux principes même de l’Esthétique. * * ¥ Il est un fait où nos écoles se rencontrent sans s’en apercevoir, c’est l’existence nécessaire d’une pensée sous l’œuvre artistique : que ce soit comme idéal, comme loi, comme passion ou comme sensation, l’idée est l’âme de l’Art ; sans elle, rien ne le distingue de la réalité vulgaire ; tous les artistes le déclarent; nul ne pourrait le nier sans se contredire.
Il y a donc une définition de l’Art commune à toutes les écoles ; c’est celle que nous avons donnée déjà : l’Art, travail humain, est la représentation substan tielle de l’invisible, l’incorporation de F Absolu. D’autre part, il n’y a pas moins de réalité évidente dans la loi ternaire des manifestations de l’Absolu en notre monde.
C’est un fait qu’il nous apparaît ou comme essence, ou comme substance, ou sous la forme intermédiaire de l’activité vitale qui occupe le temps et l’espace. L’Absolu, un par essence, se mani feste pour nous en une variété de quatre types dont il est l’esprit unique. C’est en vertu de ce principe que l’unité de l’Art, notamment, est partagée en quatre formes essentielles.
Deux d’entre elles sont empruntées au langage : La littérature, forme artistique la plus rapprochée de l’idée, la plus près de Y Absolu. Et la musique, qui n’a plus du langage que le ton,
8 l’initiation mais qui y ajoute la forme du Temps, le rhythme (i). En opposition à ces deux ordres, il y en a deux muets, matériels, ceux des arts plastiques : L’architecture, réduite aux formes géométriques et massives, tout près de l’art industriel, enchaînée à la matière, à la Substance. Et la peinture, représentation de ^Espace sur une surface plane par la vie de la lumière et des lignes (2).
Puis l’unité de l’Art commence à reparaître à tra vers les arts, dans le Drame théâtral. Traduit non plus par des formes inertes, mais par la personne humaine, entièrement vivant, rassemblant toutes les formes artistiques, il fait ressortir le but tout entier de l’Art. Eveiller par les sensations de la réalité toutes les émotions de l’âme, la passionner, l’enthousiasmer pour l’emporter jusqu’aux sommets sublimes de l’idée.
Perdez de vue maintenant la superbe unité de cet ensemble, isolez-vous en quelqu’une de ses parties, et toute harmonie disparaît pour vous plonger dans l’obscurité d’une spécialité, d’une école sectaire. Vous n’êtes plus que littérateur, musicien, peintre ou archi tecte, au lieu d’être artiste avant tout. Vous devenez idéaliste, classique, romantique, réaliste.
Peut-être même, tombant plus bas encore dans les pièges de l’analyse, irez-vous vous enfermer en quelque théorie (1) Entre elles est la Poésie, intermédiaire complexe fait de langage et de musique. (2) Entre elles est la Sculpture, intermédiaire complexe qui les réunit en passant de l’ornement au bas-relief.
l’art et l’ésotérisme 9 de détail : symboliste, physiologiste, tachiste, impres sionniste ou tout autre plus ou moins exclusive. Ce que nous venons de dire de l’Art en général s’applique également à chacun des arts en particulier.
Dire que lalittérature est l’art le plus voisin de l’esprit, que la musique, qui se rapporte au temps, est l’art de l’enthousiasme, que la peinture, qui correspond à l’espace, est celui du charme passionnel, que l’archi tecture est celui de la sensation, c’est exprimer seule ment l'effet le plus immédiat de chaque art, celui par lequel il saisit tout d’abord l’âme humaine ; ce n’est pas dire que cet effet soit le seul.
Loin de là, il n’est pas d’art particulier qui ne réponde à l’unité complète de l’Art.
C’est par les sens que l’architecture s’empare de nous, à peu près comme le fait la nature inerte, par la majesté de ses masses immobiles qui bravent le temps, l’étendue des espaces qu’elle mesure en la circonscrivant, la variété de ses profils ou de ses surfaces ; mais nos théâtres, nos monuments, nos cathédrales, sont là pour attester combien cet art peut nous élever à travers la forme, à travers l'harmonie du nombre jusqu’aux pensées gra cieuses, majestueuses ou sublimes, jusqu’au recueille ment le plus spirituel.
Et ainsi des autres arts. En déclarant donc que chacun de nos arts a pour mission, comme l’Art en général, d’élever nos âmes de la sensation aux régions les plus hautes de l’idée, nous devons ajouter qu’un but si sublime n’étant que fort rarement atteint, il ne faut pas négliger les effets moindres qui en sont comme les degrés. Sans briser
L INITIATION IO r l’unité de l’Art, sans perdre de vue le sommet de sa pyramide, il ne faut dédaigner aucun de ses étages. Il n’est jamais inutile d’enthousiasmer seulement, ou de charmer seulement, ou d'éveiller une sensation supé rieure, pourvu qu’on ne croie pas avoir atteint la per fection humaine, qu’on ne décourage aucun espoir, aucun effort plus ambitieux.
Insistons sur ce point fort important pour notre su jet : il va nous conduire à la définition du Beau que nous n’avons pas encore établie. II La critique oublie aisément de suivre chez l’ama teur l’effet de l’idée inspiratrice de l’artiste : Comme toute autre force, celle-ci obéit à la loi trinitairesi bien définie par Aristote : passant de la puissance à l’acte par le mouvement.
Ntfus venons de la voir engendrer l’œuvre artistique, mais son énergie n’est pas épuisée par cette création ; elle n’a accompli que la moitié de son mouvement. Qu’est-ce en effet qu’une œuvre d’art qui neseproduitpasen public? Une créature étouffée dans le sein de sa mère, supplice et désespoir de l’ar tiste.
Il faut qu’elle se répercute dans l’âme passive du spectateur en deux mouvements exactement inverses de ceux qui ont vivifié l’activité de l’inventeur. Sa forme séductrice éveille le sentiment, endort la volonté qui pourrait réagir, crée une suggestion, reflet de la puissance originaire, et donne ainsi à la conduite de celui qui la reçoit une orientation puissante en raison de la force d’impulsion. I
l'art et l’ésotérisme 11 Idée inspiratrice, forme réalisatrice chez l’artiste ; forme suggestive, direction de l’acte chez le specta teur. Voilà comment se décompose l’influence de l’art sur nos âmes: .
« Les gestes intérieurs, ceux qui appartiennent « plus particulièrement à l’âme, se mettent à l’unisson « avec tous les phénomènes qui se passent dans le « monde terminé et indéterminé : l’âme est paisible « avec la paix d’une belle soirée, elle est orageuse « avec les mouvements orageux du ciel, des hommes « et des choses ; elle se sent doucement expansive de- « vantune fleur gracieuse ; elle se resserre devant une « âme contristée, et, si elle s’isole enfin de toutes ces « sujétions, souvent profondes, souvent passagères, « ce ne sera que pour devenir une cause à son tour « dans l’ensemble de tous les mouvements ordonnés « de la vie de l’univers (i ). » Or la distinction quaternaire de tempéraments qui nous a frappés dans les œuvres d'art ne leur est point spéciale ; elle est universelle ; le goût des spectateurs comme l’inspiration des artistes est plus particulière ment sensible, soit à la forme idéale, soit à l’enthou siasme ordonné et majestueux, ou désordonné et pas sionnel, soit aux sensations sereines de la nature ; quelques-uns même seront plutôt synthétiques.
C’est en face de l’œuvre qui répond à notre goût spécial, à notre tempérament que nous sentons plus particulièrement vibrer notre âme au frisson du Beau ; (i) Ce remarquable passage, que l’on pourrait croire écrit d’hier, est tiré de l’édition de i 858, du Manuel Roret : Peintre d’histoire et sculpteur, par L.-G. Arsenne et F. Denis.
12 l’initiation chacun de nous a son art de prédilection, et, dans cet art son genre préféré. C’est cet entraînement naturel qui égare aisément l’impartialité du critique à la suite d’une école sectaire au lieu de laisser son jugement sous l’influence des lois universelles.
Chaque ordre d’artiste a donc son public, ses parti sans, spécialisation précieuse s’il sait comprendre que son école n’est qu’un point de vue du Beau complet correspondant à la corde la plus sensible chez ses ad mirateurs, et que par elle il peut faire vibrer en eux les harmoniques du clavier tout entier.
L’importance de ces observations s’accroît en core quand on les étend de l’individu à la société et surtout à une société démocratique comme la nôtre. Elle est partagée par les quatre ordres de tempéra ments en autant de classes tellement naturelles qu’au cune de nos institutions, aucun de nos efforts les plus violents n’en a pu briser les cadres.
Quelle que soit notre situation sociale, nous vivons réellement dans une certaine sphère d’idées dont nous ne pouvons sortir que par le perfectionnement psychique, ou à l’inverse, par une dégradation malheureuse.
Les uns sont plus attachés à la nature, aux sensations positives et réalisatrices, d’autres aux passions humaines, sen timentales ou intellectuelles, d’autres encore à la spé culation, aux aspirations spirituelles, à la science ou à la religion.
C’est là qu'est l’origine de nos classes so ciales : Réalisateurs du travail, directeurs des groupes sociaux, théoriciens et éducateurs, ou directeurs des esprits et des consciences, voilà les caractères qui dis tinguent vraiment, en dehors de tout classement arti13 l’art et l’ésotérisme ficiel, la plèbe, la bourgeoisie, la noblesse et le clergé, faisant de ces classes autant de fonctions nécessaires de la société.
Quant à la raison d’être de la société elle-même, elle est dans l’appui que nous nous devons les uns aux autres pour nous élever de tous nos efforts vers l’idéal de Beauté, de Vérité et de Bonté qui est gravé au fond de nos cœurs, car il est le but suprême de la nature entière, qui ne vit que pour s’arracher au néant et s’élever à l’Etre.
Il n’est donc pas de classe sociale qui ne soit éga lement intéressante; s’il fallait même établir une dif férence entre elles, ce devrait être au profit des plus éloignées de l’idée suprême. C’est vers elles que la société s’abaissera avec une sollicitude toute particu lière pour les appeler à la vie complète, à toutes les aspirations, à toutes les splendeurs sans lesquelles elle n’a point de raison d’être.
Sur eux aussi l'art aimera à projeter la magie de ses rayons lumineux pour éveiller leurs espérances, leur foi en un avenir indéfini de progrès et d’illumina tion. Or aux moindres les manifestations les moins éle vées de l’art sont seules accessibles : l’histoire le prouve par l’évolution des arts.
La critique devra s’en souvenir pour songer à guider avec la même impar tialité tous les ordres et tous les genres de l’art. * ■¥ * Que ce soit donc au point de vue de l’artiste ou à celui de l’amateur, au point de vue individuel ou au
l’initiation 16 duction fidèle du goût et du style, s’ajoute à la beauté intellectuelle qui rend le vrai et à la beauté morale qui rend le bien pour produire l’harmonie de la beauté physique.
Mais cette synthèse magistrale, nécessaire ment rare, n’est pas indispensable à la Beauté de l’œuvre artistique ; un seul de ces éléments peut lui suffire, particulièrement celui de la bequté physique, parce que les lois du Cosmos en font elles-mêmes une synthèse comme on l’a dit tout à l’heure (i).
L’œuvre artistique existe dès que, sous la Forme, on voit apparaître l’invisible qui en fait la vie propre, lecaractère, dès que l’on peut dire à son aspect : Mens agitai molem. Les beautés des autres ordres ajoute ront à celle-là en proportion de leur intensité et de leur degré, mais elles ne lui sont pas indispensables.
De là la beauté du portrait ; c’est ce qui fait aussi que la représentation sincère d’un être hideux par luimême est belle en proportion de l’énergie avec la quelle elle fait ressortir l’essence de son caractère. Il n’est point de serpent ni de monstre odieux, Qui par l’Art imité, ne puisse plaire aux yeux. Uneœuvred’art peut donc nous ravir par.la beauté physique ou intellectuelle et manquer de la beauté morale.
Telle est, par exemple, une peinture indé cente, ou en général toute production séduisante pro pre à exciter les passions viles. Mais une pareille (i)De même la beauté du sujet qui viendra du goût, ou celle qui naîtra du style, pourra faire pardonner la pauvreté de l’exé cution.
l’art et l’ésotérisme !7 œuvre, tout le monde sera d’accord pour la condam ner; elle constitue la Magie noire de l’Art. Nous sommes donc fondés à affirmer que toute variété de l’Art est bonne et profitable, mais à la double condition qu’elle soit belle et qu’elle soit mo rale : Sans la beauté, elle n’existe pas comme œuvre d’art ; sans la moralité, elle existe, mais comme puissance condamnable en proportion de sa grandeur même. Ce n’est pas à dire, on le comprend, que l’artiste doive se refuser à la représentation d’aucune passion mauvaise, d’aucun être haïssable ; le drame est et doit être un des éléments les plus riches de l’Art, mais il ne lui est permis de nous rendre ni des for mes sans caractère, sans harmonie naturelle, ni de prendre pour essence de la Beauté l’Esprit du mal. III Jusqu’ici nous nous sommes rendu compte du rôle général de l’Art, nous nous sommes expliqué com ment et à quelles conditions fondamentales ses mani festations de tous genres sont également acceptables et dignes d’encouragement. Ce n’est pas encore assez pour préciser les devoirs de la critique ; il faut établir encore comment celle-ci peut éclairer chaque artiste, si spécialisé qu’il soit, vers le but unique, la finalité commune de tous les arts et de tous les genres. Nous devons pour cela examiner d’un peu plus près les effets spéciaux à chacun des ordres que nous avons distingués.
l’initiation Les propensions particulières qui déterminent le goût et le style ne sont chez l’artiste que des facultés passives qui ne les distingueraient pas de l’amateur s’il n’y ajoutait le don de réalisation, la capacité de donner un corps à l’idée qui l’impressionne.
En de hors de l’énergie mentale qu’il exige, ce don est sus ceptible des mêmes variétés que les autres ; leur dis tinction constitue, notamment chez le peintre, ce que l’on nomme la manière. Elle comprend d’abord une partie purement tech nique, mécanisme de l’art ou adresse dans le manie ment de ses matériaux qui se perfectionne ou s’acq uiert par le travail ; elle est secondaire, il suffit de l’indi quer.
Il y a ensuite et surtout dans la manière, ce qu’on appelle la touche ; elle correspond si bien au style qu’on les confond assez souvent l’une dans l’autre.
L’artiste, pour devenir créateur, ne doit pas seule ment sentir l’idée sous la forme individuelle, il doit aussi reconnaître quelles parties de cette forme se trouvent modifiées par l’idée qu’il veut rendre, car elles ne le sont pas toutes : Telle ligne du visage, telle partie du corps, telle lumière, sont affectées à l’exclu sion de telle autre par une impression donnée ; ce sont elles qui la traduisent, c’est elles qu’il faut sa voir reconnaître : « Ces distinctions , dit Reynolds, « ne sont nullement une réunion de tous les petits « détails séparés, ainsi que le pensent quelques per- « sonnes...
Les détails ou particularités qui ne conl’art et l’ésotérisme 19 « tribuent pas à l’expression du caractère général « sont encore plus mauvais qu’inutiles ; ils sont pré- « judiciables en ce qu’ils nuisent à l’attention et la « distraient du point principal (1). » Il est clair que la perception de ces caractères for mels dépendra d’abord du style propre à l’artiste, en ce qu’il aura tendance à se borner à ceux que ses fa cultés spéciales lui indiquent ; c’est en quoi la touche se confond avec le style ; mais elle a aussi ses sources plus particulières dans la manière de rendre ces mêmes caractères.
L’artiste au style spirituel, chez qui l’intuition est la faculté principale, traduira ses impressions en se bornant autant qu’il le pourra aux parties modifiées de la forme ; il sacrifiera tout le reste, comme n’ap partenant pas à l’idée.
Au contraire, l’artiste au style réaliste, capable seu lement de sensations, devinera l’idée sous la forme sans savoir signaler nettement par quoi elle s’y révèle; sensible à l’individualité formelle, ne reconnaissant le type que par le tact de l’âme, il n’aura d’autre ( 1) Diderot dit aussi : « Il faut choisir l'individu le plus rare « ou celui qui représente le mieux son état, et se soumettre «ensuite à toutes les altérations qui le caractérisent...
Un « bossu est bossu de la tête aux pieds ; le plus petit défaut « particulier a son influence générale sur toute la masse. » Et Fromentin dans son excellente étude : Les Maîtres d’au- « trefois : « Enlevezdes tableaux de Rubens, la variété, la pro- « priété de chaque touche. Vous lui ôtez un mot qui porte « un accent nécçssaire un trait physionomique.
Vous lui enle- « vez peut-être le seul élément qui spiritualise tant de matière « et transfigure de si fréquentes laideurs... Je dirai presque « qu’une touche en moins fait disparaître un trait de l’artiste. »
20 l’initiation moyen de le rendre que de le copier fidèlement dans la plénitude de sa forme, non par certains détails. Entre ces deux extrêmes, les artistes sensibles aux modifications expressives de la forme, sans leur faire comme l’idéaliste le sacrifice de ce qui n’est pas atteint, se contenteront d’exagérer les effets de l’idée à rendre.
Cette exagération, les romantiques la feront d’ins tinct, avec une fougue plus ou moins hardie, les clas siques la baseront sur des règles méthodiques, cher chées ou reçues par tradition. Ainsi s’expliquent les quatre types principaux d’œuvres artistiques signalés au début.
Inutile de rap peler d’ailleurs que, par l’effet de sa personnalité, l’idéaliste, le classique, le romantique, le réaliste auront tendance à se montrer tels dans leurs goûts et leur style aussi bien que dans leur touche, ce qui contribuera à les accentuer davantage. Inutile aussi de remarquer toutes les combinaisons de ces types que nous sommes obligés de passer sous silence en cette légère esquisse.
11 nous reste à nous rendre compte de l’effet spé cial que chacun d’eux produit sur le public. ★ •¥■ * L’Idée, que l’artiste a été puiser dans l’invisible pour lui donner un corps, s’empare de nos âmes par toutes les séductions quelle doit au goût, au style et à la manière de son évocateur. Nous avons dit com ment, avide de réalisation, elle s’implante en nous pour nous inspirer, nous possédant jusqu’à ce qu’elle
l'art et l’ésotérisme 2 1 nous ait arraché la vie de ¡’Acte ou jusqu'à ce qu’elle soit vaincue par un effort de la volonté. C’est dans l’idée qu’est la puissance magique de l’Art ; aussi est-ce à l’œuvre artistique que nous demandons les moyens de persuasion ou de séduction les plus actifs, depuis le bijou complice du désir amou reux jusqu’à la pompe sublime de la théurgie.
C’est l’Art qui, par l’éloquence, par la poésie, par la cha leur ou l’apaisement des harmonies musicales, par l’entraînement des marches ou des danses, par le charme des couleurs, la grâce ou la majesté des formes, se joue le mieux de nos passions pour les emporter au souffle de l’idée qui l’inspire.
Quelle qu’elle soit, cette idée, bonne ou mauvaise, basse ou relevée, créatrice ou destructrice, le geste qui ^a réalise cédera presque toujours aux séductions d’un art puissant. C’est pourquoi tant de philosophes ont songé à la bannir de notre société, comme s’il était aucune puissance que la Providence nous ait confiée pour la combattre ou la fuir au lieu de la diriger vers sa perfection !
Nous avons dit encore comment chacun de nous est particulièrement sensible à l’une des quatre formes typiques selon ses propres facultés, et il faut ajouter par conséquent aussi, selon sa classe, selon son édu cation.
C’est en cet effet spécial que nous trouvons la portée la plus considérable des distinctions établies dans cette étude, avec la preuve de leur caractère naturel, parce qu’elles correspondent exactement aux principales écoles philosophiques qui ont partagé le monde, c’est-à-dire aux variétés de l’idée, lesquelles
22 l’initiation sont calquées elles-mêmes sur les divisions fondamen tales de l’univers : le Métaphysique, le Physique, et la Vie animique qui unit ces deux extrêmes. Quelques mots vont suffire à montrer cette concor dance : L’Idéaliste est le métaphysicien de l’Art ; il ne per çoit nettement que l’Abstrait, la forme lui échappe presque; il n’en voit plus que quelques traits, quelques nuances.
En tout sujet, ses impressions, son style, sa manière, sont aussi métaphysiques que possible ; c’est l’essence des choses qu’il prétend traduire en cher chant non à la dégager, mais à l’affranchir de la forme qu’il aime à préciser nettement par les traits les plus rares.
Ses oeuvres inspirent toujours quelque chose de profond, d’absolu, de supérieur aux pensées et aux impressions communes ; elles ne sont pas fréquentes, du reste, et peu de personnes les apprécient bien. Le réaliste est, au contraire, l’artiste de la matière: positif, non précis, il s’attache à la sensation : c’est la forme elle-même qui lui plaît, et la couleur plus encore que la forme qui a déjà quelque chose de cet abstrait qu'il abhorre.
Il n’aime que l’objet immédiat, solide; son pinceau le palpe, le caresse en toutes ses nuances, sans souci de ce qui l’entoure et surtout des lointains hors de sa portée.
Il lui faut la possession des choses ; c’est d’elles qu’il remplit l’esprit du spec tateur en les revêtant d’une superbe harmonie de couleurs, car l’harmonie est la beauté propre de la nature inerte, et le réaliste est le peintre de la nature; son culte pour elle s’élève aisément au panthéisme. Idéalistes et réalistes produisent les uns et les autres
l’art et l’ésotérisme 23 une impression calmante, les premiers par une séré nité qui élève l’âme au-dessus de l’esclavage des choses, les derniers par la quiétude des sens satisfaits. Leurs compositions sont généralement calmes, leurs formes verticales et sveltes pour les idéalistes, plutôt massives et horizontales pour les réalistes, sont pla cides ou au repos.
Il en est tout autrement des deux autres classes qui respirent les agitations de la vie. A ceux-là, tous les mouvements de la passion jus qu'à ses exagérations les plus violentes. Ceux d’entre eux qui se rapprochent plus des idéalistes, les intel lectuels, discutent l’idée au lieu de la traduire dans sa pureté.
Egalement éloignés des entraînements spiri tuels et des émotions qu’elle peut soulever, ils la plient aux exigences d’une raison froide. En art comme en philosophie, ils sont déistes, psychologues, savants, dogmatiques, autoritaires, pompeux. Ce sont les rationalistes, les Jansénistes de l’Art.
Ils ont réduit les théories trinitaires de Platon et l’indépendance grecque à la formule tyrannique du beau idéal et emprisonné la liberté du style dans les proportions des canons orthodoxes. Connaisseurs parfaits, du reste, des facultés animiques de l’homme quand ils ne le représentent pas dans toute la solennité étudiée qui leur est propre, ils se complaisent à rendre les variétés de sa physionomie en les rapportant à leur type nor mal.
Aigris souvent, aussi, par les défectuosités qu’une telle comparaison accuse, ils prétendent que « l’art doit corriger les écarts de la nature », et ils aiment à flétrir ces écarts par la satire. En peinture,
l'initiation 24 ils excellent donc dans le tableau d’histoire classique, le portrait et la caricature. Tout autres sont ceux qui s’attachent à la vie par le sentiment plus que par l’intelligence.
Epicuriens dans l’acception la plus relevée du terme, comme Diderot et Voltaire, enthousiastes à philosophie com plaisante ou philanthropes comme Jean-Jacques Rous seau, sombres ou charmants, ce n'est ni dans l’esprit, ni dans le raisonnement, ni dans les sens qu’est la source de leur style.
Ils ne s’élèvent point aux sublimes hauteurs; ils ne cherchent ni à persuader ni à satisfaire; gracieux, attendris ou fougueux, ils charment, ils émeuvent, ils passionnent. C’est leur seul objectif. Ces correspondances de l’art avec la philosophie qu’il traduit et qu’il rend populaire apparaissent clai rement par l’examen le plus rapide des quatre der niers siècles de notre histoire.
La sobriété des primitifs qui viennent aboutir à Raphaël, l’art solennel du grand siècle, les grâces affectées de Boucher, de Watteau, de Greuze; le romantisme et le naturalisme modernes marquent assez la succession de la Religion, du Rationalisme, de l’indépendance humaine et de la Science positive qui caractérise le progrès dans cette période (1). (1) II est bien entendu qu’il ne s’agit ici que de la note domi nante de chaque époque ; à leur intérieur, nos quatre types fondamentaux la partagent en subdivisions analogues, et chacun d’eux apparaît toujours, au moins en minorité, dans ces sub divisions elles-mêmes.
Nous omettons aussi forcément leurs combinaisons même primaires. 11 faudrait tenir compte cepen dant de ces détails pour expliquer suffisamment toutes les richesses de la Renaissance.
l’art et l’ésotérisme 25 * * * Ces observations semblent de nature à obscurcir le problème fondamental de la critique plutôt qu’à l’éclairer. En fait, elle paraît bien déroutée par l’abon dance des genres qui, de nos jours, se disputent les émotions et les suffrages du public. Reprenons ses divers avis sur le rôle de l’artiste envers ses contem porains. Se bornera-t-il à refléter leurs idées dominantes, celles de la majorité?
Rabaisser ainsi l’idée au ser vice de la passion, ce sera prêter sa puissance à l’accroissement de la confusion et des erreurs ; car, nous l’avons vu, la magie de l’Art prête aux idées un pouvoir tout particulier de réalisation tout à fait indé pendant de la qualité de celles-ci. Et qui peut pré tendre que les meilleures soient déjà le lot de la majorité parmi nous ?
L’Art acceptera donc la com plicité de toute décadence, de toute corruption ? Quel artiste digne de ce nom y voudrait consentir ? En vain voudrait-il cependant se désintéresser du reste de ses contemporains, se renfermer dédaigneu sement dans le culte de l’art pour l’Art.
Tandis que son œuvre ira porter dans la société la puissance de l’idée qu'il incorpore, osera-t-il se désintéresser des ravages qu’elle y pourra causer, ou sera-t-il insensible au bien qu’elle y fera? La gloire le laissera-t-elle indifférent ? Il faudra donc qu’il s’efforce d’éclairer, de diriger, d’élever son siècle. Comme toute puissance issue de l'idée, comme la Science, comme la Religion, l’Art j
2Ô l’initiation est un sacerdoce ; il en faut accepter tous les de voirs. Mais voici que notre embarras redouble. Quel ordre d’idées, quelle école doivent être préférées, vers quel but doit tendre l’effort de l’artiste, ou si tous sont louables, comment les concilier? Quelques critiques, se rappelant l’histoire, vou draient faire rétrograder l’Art aux temps primitifs parce qu’ils étaient plus métaphysiques : la marche des choses les effraie.
D’autres prétendent ou lui imposer des règles nées d’une froide analyse des chefs-d’œuvre passés, ou, au contraire, le livrer aux caprices de l’imagination. D’autres enfin, indignés de toutes les défectuosités, de toutes les erreurs d’une forme émaciée ou factice, ne reconnaissent que la vérité de production.
Voilà comme nous avons vu chacun s'enfermer autant que jamais en son école sans réussir même à la garantir de dissensions aussi tran chées que celles de l’ensemble. Nous avons dû nous refuser à chacune de ces opi nions sectaires. Tout en nous applaudissant de la richesse que leur lutte annonce à notre époque, nous avons remarqué qu’aucune école n’étant accessible à tous les spectateurs, il n’y en avait pas qui eût droit à la direction suprême.
Nous devons ajouter que cha cune d’elles, considérée isolément, est défectueuse comme chacun des systèmes de philosophie qu’elles représentent, et, par suite, qu’elle est d’autant plus dangereuse qu’elle approche de la perfection de son genre spécial. L’école idéaliste est trop métaphysique, elle mécon
l’art et l’ésotérisme 27 naît trop la forme ; elle tend à nous égarer dans un mysticisme exclusif, contre nature. Le Réaliste est trop sensuel ou trop vulgaire, inca pable de nous élever aux hauteurs où l’humanité a droit d’aspirer. L’école Intellectuelle ou celle du sentiment sont trop raisonnables ou trop passionnelles, fausses en core, par leurs prétentions théâtrales ou leur enthou siasme déréglé.
Nous n’avons donc de refuge que dans l’union syn thétique de tous leurs ordres ; mais dans leur syn thèse, non dans une moyenne, médiocrité déplorable qui émasculerait tous les genres, ni dans une synchrèse forcément partiale si elle ne reproduisait pas l’anarchie. Comment donc une pareille synthèse peut-elle et doit-elle se faire? C’est ce qu’il faut examiner mainte nant.
IV Plus on contemple la nature en artiste, ou plus on l’étudie en savant, dans son ensemble ou dans ses dé tails, et plus on est pénétré d’admiration au spectacle de ses harmonies, de sa vérité, de la conformité de toutes choses à ses fins, plus on s’extasie devant sa Beauté. — La nature est l’œuvred’art la plus merveil leuse.
C’est qu’en elle nous voyons partout l’Essence, l’Esprit éclater sous le masque de la substance et de la matière ; la Forme y est l’exacte traduction d’une Pensée suprême. Et ce n’est pas seulement cette condition première
l’initiation de la Beauté que nous retrouvons en elle, elle nous montre aussi la loi universelle, la raison d’être du Cosmos.
Sa vie n’est, pour emprunter le langage d’Aristote que le Mouvement à travers lequel la Puis sance passe à l’Acte ; ou, pour parler plus largement encore, avec la religion chrétienne et la tradition oc cidentale, la Vie de la nature n’est que la voie par la quelle la créature appelle éternellement le Néant infini à l’infinité de l’Etre.
En cette loi, raison d’être du progrès indéfini, est la clef de la Beauté comme de toutes choses ; elle ex plique et précise les distinctions fondamentales de cette étude, et fournit comme on va le voir la solution du problème critique.
La Beauté, avons-nous dit, est le sentiment qui révèle la présence de l’Etre au sein de l'inertie; il faut ajouter que la puissance "de sa magie n’est pas seule ment dans le sentiment d’adoration qu’une pareille révélation nous inspire, car cette vénération, quand nous la ressentons, nous écrase beaucoup plus qu’elle ne nous anime : tel est l’effet des immensités, des abîmes, d’un pouvoir formidable.
La Force stimulante de la Beauté est dans l’Espérance infinie qu’elle ajoute à son charme, dans la Foi de notre union future en l’infinité de l’Etre. Le Beau est essentiellement reli gieux (i).
Or cette espérance, essentielle à notre être fini mais progressif, ne peut se réaliser, pour nous comme pour toute créature, que par la loi Trinitaire. (i) Kant a magistralement fait ressortir ce double caractère actif et passif du Beau, dans sa Critique du jugement esthétique.
l’art et l’ésotérisme 2g L’Essence et la Substance ne s’unissent dans l’évolution ascendante que par l’intermédiaire d’un troisième principe à double face, l’âme, qui est à la fois intellectualité et sentiment.
L’Esprit vient au-devant de la matière par l’in telligence et le sentiment, la matière monte vers l’es prit par le sentiment et l’intellectualité : La Vie n’est que la forme de cette union progressive, qui sans cesse approche de son but infini comme une courbe de son asymptote. Nos quatre écoles fondamentales sont les quatre mo ments de cette course gigantesque.
Comme notre vue bornée n’est pas encore accoutumée à percevoir l’im mensité d’un pareil ensemble, nous nous attachons à ses détails, nous nous spécialisons par ceux qui nous frappent le plus : Si c’est notre origine substantielle, si nos espérances à l’infini sont encore enveloppées ou timides, nous sommes réalistes ; Si c’est le mouvement grandiose de la Vie qui nous trouve plus sensibles, nous oublions pour ses joies, les béatitudes qu’elle promet à nos peines, nous sommes épicuriens : Les espérances sublimes commencent-elles à s’éveil ler, nous devenons plus sévères, plus rigoureux : la règle nous attire, nous nous tournons vers l’intelli gence pour lui demander la sagesse ; nous devenons stoïciens ou jansénistes (i) ; (i) L’esprit d’amour, dit Swedenborg,aime aveuglément Dieu ; l’esprit de Sagesse a l'intelligence et sait pourquoi il aime.
3o l’initiation Enfin notre âme est-elle éclose dans l’atmosphère des aspirations éternelles, nous voilà tout à l’idée. Autant d’exagérations de notre faiblesse ! Il ne faut ni désespérer dans le néant, ni s’attarder au plaisir de s’y arracher par la vie, ni en dédaigner les spontanéités humaines pour une règle fatale, ni surtout peut-être, se croire déjà capable de la spiri tualité et « faire la bête en voulant faire l’ange ».
Ce qu’il faut, ce que le créateur effectue par l’uni vers, ce qu’il nousdemande de réaliser en nous-mêmes, c’est l’union constante de l’essence avec la substance, l’inflexion persévérante de la courbe vers son asymp tote, l’œuvre spiritualisée mais formelle. C’est là notre synthèse Trinitaire.
Mais, qu’on l’entende bien, cette synthèse n’est pas entre les deux extrêmes ; elle n’est pas fixe ; elle ne correspond pas à un équilibre stable, mais bien à un équilibredynamique, elle est un devenir, toujours plus radieuse à mesure qu’elle approche de sa limite ul time.
Cette remarque est essentielle ; en l'oubliant, on tombe ou dans un vague éclectisme ou dans le décou ragement pessimiste : On peut se laisser aller à croire que le sentiment et l’intelligence participant tous deux de l’essence et de la substance sont capables de réaliser la synthèse désiLes ailes de l’un sont déployées et l’emportent vers Dieu ; les ailes de l'autre sont repliées par la terreur que lui donne la science. L’un désire incessamment voir Dieu et s’élance vers lui ; l’autre y touche et tremble.
l'art et l’ésotérisme 31 rée (i). C’est oublier que ces facultés ne sont que des reflets des deux principes fondamentaux ; des moyens non des fins. Le seul effet de leur union est l’exagé ration de la vie qui nous enferme alors dansl’inutilité de ses joies et de ses douleurs (2).
11 n’est pas plus raisonnable de vouloir l’union di recte des deux extrêmes. l’Esprit et la Matière ; elle est contre-nature ; quand on les sépare ensemble des deux autres, ils s’excluent et risquent de nous égarer dans un mysticisme inintelligible, érotique ou reli gieux, très souvent voisin delà folie (3).
Une seule voie est naturelle, la synthèse de l’Esprit et de la Matière à travers le sentiment et l’Intellectualité, la réalisation de l’idée par la Forme, non sans elle ou à ses dépens.
A chaque instant du présent, la créature humaine qui veut effectuer cette synthèse sur sa vie animique doit s’appuyer sur les acquisitions du passé, sur la substance dont elle s’échappe, mais pour les vivifier des visions de l’avenir qu’elle doit fixer toujours; ainsi seulement elle peut participer au perpétuel devenir. (1) Par l’effet de cette illusion, on arrive à ne voir dans l’histoire qu’une série de cycles fatalement semblables et tous jours répétés, comme l’a fait Cousin pour la philosophie, et comme le veut Spencer en cosmologie. (2) On aura la preuve de cette assertion parla considération des artistes dont le tempérament est une combinaison de ces deux principes intermédiaires ; ce sont les plus fougueux, comme Delacroix, Rubens, Salvator Rosa par exemple. (3) C’est par une pareille erreur que Vico à son tour n’a vu dans la vie de l’histoire qu’une suite decycles fermés analogues à ceux que Cousin a répétés. Fabre d’Olivet et Saint-Yves nous arrachent à ce'. . illusion (qui est aussi celle de l’Inde) par la loi trinitaire.
L’INITIATION I f ) 1 On peut comprendre maintenant quelles règles nous assignons à la critique, particulièrement en peinture. Nous ne demandons pas l’Union directe des écoles idéaliste et matérialiste, mais nous voulons que cette réunion s’accomplisse par l’intermédiaire des deux écoles moyennes : l’intellectuelle et la sentimentale.
L’œuvre parfaite est celle qui fait concevoir l’Unité de l’Absolu à travers la polarisation fatale de ses modalités dans la sphère du relatif, qui est la nôtre.
C’est pourquoi nous appelons toutes les écoles à concourir à ce concert final qui est la perfection de l’art. Sans doute nous ne prétendons pas à la réalisa tion immédiate de ce but idéal, mais c’est précisément pourquoi nous considérons chacune de nos écoles comme une individualité en voie de progression vers l’Art unique par l’un des chemins qui y conduisent.
Elevée au-dessus de toutes les écoles, dans le sen timent de leur union harmonieuse, notre critique veut s’efforcer d’éclairer pour chaque artiste la voie qui peut le conduire au but central, en lui disant com ment il peut la suivre ou y revenir s’il est égaré.
Si donc nous déclarons que toute école est égale de vant l’Art comme toute créature l’est devant l’Etre suprême, c’est que nous pouvons affirmer que chacune a sa perfection propre qui le rapproche de la perfec tion absolue comme tout ruisseau conduit à la mer. Cette perfection, on le voit, ne peut pas consister dans l’exagération des caractères de l’école, puisqu’un
HOMÉLIE 33 pareil moyen ne ferait qu’outrer les défauts avec l'in dividualité ; elle ne s’obtient au contraire que par l’ac quisition des caractères des autres écoles, mais l’acqui sition qui ne doit point faire perdre les qualités propres. Il est donc pour chaque artiste une progression spé ciale indiquée par son caractère individuel, ses goûts, son style, sa manière. Quelle est-elle, quels efforts de mande-t-elle ?
C’est ce que nous allons établir main tenant en revenant tout spécialement à la peinture. (A suivre.} Barlet et Lejay. DE SA SEIGNEURIE SYNES1US, ÉVÊQUE ÉLU DE BORDEAUX Mes très chers Frères et Sœurs et bien-aimés Coopérateurs, Le tragique événement qui vient de s’accomplir à Lyon me fait un devoir pastoral de vous adresser quelques lignes de pieux conseils et de fraternel ré confort.
L’épiscopat gnostique ne saurait demeurer indifférent à un forfait qui a privé la République fran çaise d’un chef intègre, aimé et respecté de tous les citoyens, et n’ayant été préoccupé que du bien de la patrie. Nous flétrissons, répudions et condamnons l’emploi 2
l’initiation 34 du poignard comme procédé politique, la victime dé signée fut-elle le plus odieux des tyrans, parce que nous nous souvenons qu’il est écrit au Décalogue : Tu ne tueras point, et que seule la puissance du saint Flérome est maîtresse de la vie et de la mort des êtres intelligents. Mais, quand le fer meurtrier atteint l’in nocence et la probité, celui qui frappe est deux fois coupable et son acte devient crime !
C’est sur le crime du 24 juin que je viens gémir avec vous, M. T. C. F. etM. T. C. S., et que je vous invite à gémir et à prier avec moi.
Sadi Carnot n’était pas directement initié aux vé rités de la très sainte Gnose, mais il avait pu en aper cevoir quelque rayon, en recueillir quelque étincelle, par lïntermédiaire de son père vénéré, Hippolyte Carnot, qui fut un des disciples d’Enfantin, lequel avait repris dans une certaine mesure la tradition des gnosiarques Carpocrate et Epiphane.
Au reste, il était des nôtres par la pureté de son cœur, et la parfaite droiture de ses intentions. Et, si sa présence au pou voir se fût prolongée quelque temps encore, il eût cer tainement étendu son bras protecteur sur notre Eglise.
Je n’ai nul souci du sort de son esprit, je le sais en possession des célestes béatitudes, à côté de ceux de Marc-Aurèle, de Pythagore, de Périclès, d’Henri IV, de Lincoln, et de tous les chefs d’Etat qui ont voulu ici-bas le règne de la Fraternité. Prions, M. T. C. F., prions surtout, pour que les Eons bienfaisants aillent arracher du sein de la fan geuse Hylè, ce criminel, ce Santo Caserio, auquel un
LES CURES SYMPATHIQUES 35 hasaid ironique adonné pour prénom le vocable qui nous sert dans l’Occident latin pour désigner ce qui est pur devant le Propator (Sanctus Santo, Saint). Que la lumière d’en haut 1 éclairé, lui montre l’hor reur de son forfait et mûrisse en lui le fruit de la re pentance. Prions aussi, M. T. C. F. et M. T.C. S., pour que l’affreuse misère qui sévit à l’heure actuelle sur tousles points du globe soit enfin remplacée par la possibi lité donnée à tous de subvenir aux besoins de l’exis tence, et que par ainsi, tout prétexte soit ôté aux san glantes et aveugles représailles de la faim. Fait en notre demeure épiscopale de Bordeaux, le premier jour du septième mois de la cinquième année delà restauration de la sainte Gnose. T Synésius, évêque élu de Bordeaux, coadjuteur de Paris.
s----- -------------------------- -------------- -—-- ----- PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE AVANT-PROPOS Un docteur en philosophie de Munich, bien connu au delà du Rhin par ses belles études sur le Somnam bulisme, la Philosophie du mysticisme et la Psycho logie expérimentale, M. Karl du Prel, vient de publier dans Y Avenir, revue qui paraît à Berlin (i). Un important article dont nous allons donner la traduction. M. le baron du Prel y a commis une légère erreur, bien pardonnable à un étranger à qui il est difficile de connaître tout ce qui se publie en France, en supposant que M. de Rochas n’avait pas vu le rapport qui existait entre les cures magné tiques et ses expériences sur l’extériorisation de la sensibilité : pour s’en convaincre il n’y a qu’à feuilleter la collection de VInitiation depuis deux ( i ) Der Zukunft, 1894, n°s 33 et 34.
LES CURES SYMPATHIQUES 37 ans (1). M. du Prel nous permettra encore de lui reprocher,, ainsi du reste qu’à la plupart de ses prédécesseurs, de ne point insister fortement sur ce que les phéno mènes qu’il rapporte sont exceptionnels et que les con séquences qu’il en tire ne sont pas applicables à tout le monde. On ne doit jamais oublier que la plupart des hommes jugent fort légèrement et 11e se donnent guère la peine de réfléchir.
Il n’y a pas vingt ans, la très grande majorité des médecins niait le sommeil magnétique et les propriétés qu’il développe : beau coup parce que l’étude de ces phénomènes n’avait pas été comprise dans le cadre deleurs examens; quelquesuns parce que, ayant essayé de magnétiser, ils n’avaient pas eu la chance de tomber sur un sujet, n’avaient rien obtenu, et en avaient modestement conclu que ceux qui disaient avoir vu étaient des imbéciles.
Aujourd’hui encore, il existe un certain nombre de docteurs patentés qui prétendent que les suggestions ne sont que pure comédie jouée par des hystériques menteuses par tempérament, tandis que d’autres attribuent tous les phénomènes observés uni- (1) Juin 1892 : Extériorisation de la sensibilité. — Juillet 1891 : La question des transferts au xvn‘ siècle. — Octobre 1892 : Maxwell. — Novembre 1892 et Murs 1893 : L’Envoû tement. — Niai i8g3 : Une blessure astrale. —Avril 1894: L’extériorisation de la sensibilité et sa théorie au xvne siècle.
38 l’initiation quement à cette suggestion qui dominerait en souve raine l’humanité. A mesure que les sciences se développent, les sujets d’études deviennent, il est vrai, de plus en plus délicats et les causes d’erreurs de plus en plus nom breuses; les forces nouvelles que nous sommes en train de définir et de domestiquer sqnts!/Z>/z'Zes,comme disent les Orientaux.
Déjà l’électricité nous semble capricieuse parce que nous ne sommes pas les maîtres de tous les éléments qui concourent à sa formation ; nous le sommes bien moins encore pour tout ce qui regarde cette force vivante qui anime le système ner veux des animaux.
Nous devons donc montrer la plus grande circons pection dans l’examen des faits qu’on nous présente et ne point oublier que dans la science comme dans les transactions commerciales, quand une pièce fausse est admise dans la circulation, elle y reste longtemps, transmise innocemment de main en main.
Là encore M. du Prel n’a peut-être pas fait avec toute la rigueur nécessaire le départ entre les vérités et les erreurs dues à une observation insuffisante ou à une trop vive imagination. M. Lecomte.
LES CURES SYMPATHIQUES 3g Le colonel de Rochas, Administrateur de l’Ecole Polytechnique à Paris, a fait récemment des expé riences qui méritent d’être, universellement connues. Ces mêmes expériences ont été répétées par le profes seur Luys et d’autres encore.
Il a mis en somnambulisme plusieurs sujets chez lesquels on a pu constater, ce qui est bien connu, l’insensibilité de la couche cutanée; mais il a constaté en outre que la sensibilité n’est pas éteinte et qu'elle est seulement extériorisée.
Il se forme autour du corps de la somnambule une série de minces couches con centriques d’effluves magnétiques (ou, pour parler avec Reichenbach , odique's}, qui sont sensibles et séparées par des zones insensibles. La distance de ces couches est de 5 à 6 centimètres. La couche la plus rapprochée du corps n’en est séparée que de la moitié de cette distance; les autres s’étendent à plusieurs mètres.
Si l’on pose un verre d’eau dans la zone sensi bilisée, il se forme, derrière ce verre, une « ombre odique » et l’eau qui a été saturée par l’Od est devenue sensible. Si l’eau a été complètement saturée, on voit une fumée odique monter de la surface.
Entre cette eau odisée et le sujet existe un rapport magnétique; si le magnétiseur touche l’eau, le somnambule ressent le contact sur la partie du corps où le verre avait été posé et d’où l’Od est sorti, pourvu que la distance ne soit pas trop grande.
Ces expériences viennent confirmer ce que Hum boldt et Reil ont enseigné sur « l’atmosphère ner veuse », ce que Reichenbach a démontré dans ses nom breux ouvrages et enfin l’existence des phénomènes
l’initiation 40 que Mesmer a désignés sous le nom de Magnétisme animal. Ainsi même l’eau magnétisée qui a été ridi culisée par la science depuis cent ans reçoit sa démons tration.
Ces expériences montrent jusqu a l’évidence que les phénomènes du magnétisme animal, que notre époque a voulu expliquer exclusivement par la sugges tion, se basentsur une émanation odique réelle et que « le rapport magnétique », qu’on a voulu également expliquer par la simple suggestion, n’est qu’une fusion odique. La suggestion ne peut certainement agir que de cerveau à cerveau et non d’un objet inerte sur le cerveau.
Maintenant Rochas a démontré que non seule ment l’eau, mais aussi d’autres (les corps gras ou gélatineux ou collants), emmagasinent l’Od extério risé et deviennent ainsi sensibles. 11 a exposé dans la couche odique une statuette en cire et, quand on lit subir à la statuette des piqûres, celles-ci furent ressen ties par les parties du corps du sujet qui avait livré l’Od.
Rochas implanta dans la tète de la figurine des cheveux qui avaient été pris de la nuque du sujet; mais la figurine fut emportée par une autre personne. Il réveilla alors la somnambule et causa avec elle. Tout à coup elle porta sa main sur la nuque et dit qu’on l’avait tirée par les cheveux; c’était en effet ce qu’on venait de faire à la figurine au même instant dans une partie de la chambre qu’elle ne pouvait voir.
Après cela on sensibilisa une plaque photographique, enfermée dans son châssis, en la laissant séjourner pendant quelques instants dans la couche odique; puis on la porta dans l’appareil et on photographia le
LES CUBES SYMPATHIQUES 41 sujet à la manière ordinaire. Le magnétiseur ayant égratigné au hasard le portrait ainsi obtenu sur la plaque, le sujet jeta un cri en perdant connaissance. Quand il revint à lui, on remarqua sur la main droite deux égratignures qui correspondaient à celles que l’opérateur avait faites sur la photographie.
Il ne peut être question ici ni de suggestion ni d’autosuggestion puisque Rochas avait le dos tourné lorsqu’il fit l’égratignure et qu'il ne se doutait, pas plus que la som nambule, de la partie du corps qu’il touchait. S’il est possible d’extérioriser le tact, on doit égale ment pouvoir extérioriser les autres sens.
Quand Rochas mit dans l’Od extériorisé une fiole contenant un parfum très fort quelques-uns des sujets purent désigner la nature de ce parfum. Une per sonne entra en extase lorsqu’une fiole contenant de l’essence de laurier fut posée dans l’Od extériorisé, les spectateurs ne purent s’empêcher de penser à la Pythie de Delphe, chez laquelle le laurier jouait un si grand rôle.
Une autre fois Rochas approcha du bras de la somnambule une solution sursaturée de sel de Glauber et à l’insu du sujet, fit cristalliser cette solution ; le bras de la somnambule se contracta alors fortement et avec de vives douleurs. Douze jours après on en fonça un couteau dans cette cristallisation ; la som nambule qui se trouvait dans la chambre voi sine ressentit le coup et poussa un cri terrible.
Rochas fait ressortir l’analogie de son expérience sur la figurine en cire avec l’envoûtement de la magie noire au moyen âge. Cette analogie n’est pas entièrel’initiation 42 ment exacte. Il me semble qu’il existe des rapports bien plus évidents avec un des phénomènes de la magie blancheet la thérapeutique magico-magnétique, celui de la mumie sensibilisée.
Il serait d’autant plus intéressant d’étudier cette analogie qu’il existe encore aujourd’hui une branche de cette thérapeutique, celle des cures sympathiques. Ici encore nous trouvons un rapport entre un objet insensible et un être sensible de sorte qu’une explication par la suggestion est exclue et nous sommes forcés d’admettre une relation magnétique ou odique entre le sujet et l’objet sensi bilisé.
On ne trouve pas dans les écrits de Paracelse et de ses élèves les expressions d’émanations odiques ou d’extériorisations sensibilisées. Mais ce sujet est traité sous d’autres termes, et il était tellement connu de ce temps-là qu’on l’enseignait sous forme d’axiomes.
On n’écrivait alors les livres que pour le cercle des élus, pour les initiés et les adeptes ; on les écrivait en latin et on pouvait se servir d’un style si concis qu’il paraît obscur de nos jours ; c’est pour cela que, même en dehors de la présomption scientifique qui tend à tout nier, nous croyons que nous ne pouvons rien apprendre deces anciens écrits.
Mais celui qui lit ces œuvres en connaisseur trouvera bientôt que nos aïeux connaissaient des choses, que nous décou vrons de nos jours avec grande peine. Celui par exemple qui connaît le rapport magnétique en trouvera la théorie exprimée dans ces phrases obs cures de l’écossais Maxwell : « L ame ne se trouve non seulement dans notre
LES CURES SYMPATHIQUES 43 « corps visible, mais aussi extérieurement et n’est « point limitée par le corps organique. L’âme agit « au dehors de ce que nous appelons notre corps. « De chaque corps partent des rayons corporels « dans lesquels l’âme opère par sa présence: elle leur « donne l’énergie et la puissance d’opérer.
« Mais ces rayons ne sont pas seulement corporels, « ils appartiennent aussi aux diverses autres parties. » Comme on le voit, un Maxwell ne serait pas bien étonné en voyant les expériences de Rochas; mais nous, qui avons tant oublié depuis Maxwell, nous pouvons de nouveau apprendre de Rochas que: i° l’organisme humain possède des effluves odiques, partant qu’il a un noyau odique; 2° que cet Od peut être extériorisé; 3° qu’il garde, même extériorisé, sa sensibilité ; 40 qu’on peut en saturer diverses subs tances et ainsi l’enmagasiner, et 5° que, si l’on fait du mal aux objets ainsi saturés, c’est au préjudice de la source odique qui a servi à l’alimenter.
Bien que nous apprécions le grand mérite qu’a Rochas d’avoir employé les méthodes de la science exacte pour éclairer une question très obscure, je dois cependant constater que nous n’avons pas besoin de retourner à Paracelse pour lui trouver des devan ciers dans la littérature magnétique, une littérature qui est certes tout aussi ignorée de nos savants que celle des Paracelsistes.
Revenons d’abord à l’an iSig.M. Le Lieure del’Aubépin raconte dans une lettre à Deleuze des faits observés par lui sur sa somnambule extraordinaire Manette. %
44 l’initiation Il dit : « Manette s’était endormie en ma présence en touchant à une branche de myrthe, précédemment magnétisée par moi, après quoi je suis sorti. Lorsque je suis retourné, accompagné de mon frère qui m’aidait- dans les soins que je lui ai prodigués, j’ai trouvé Manette endormie et dans une crise-qui n’avait point été prévue par elle.
« Après l’avoir tranquillisée, je lui demandai d’où lui était venue cette crise : elle m’a répondu, à mon grand étonnement, que c’était mon frère qui en était l’auteur, car il avait pincé avec ses ongles une feuille de myrthe qui était avec elle en rapport magné tique, et qu’au moment même où il le faisait, elle était tombée en proie à une crise de nerfs très douloureuse.
« J’ajoute que la branche de myrthe était éloignée de 6 mètres, de la malade. » [Bibliothèque du magnétisme animal, VIII, 115). Ainsi le hasard conduisit à une découverte qui a la plus grande ressemblance avec celle de Rochas. Le fait est bien simple. Le magnétiseur avait magnétisé une branche de myrthe qui devait le remplacer pendant son absence, et le sujet s’endormit en effet en la tou chant.
Ceci pourrait à la rigueur être expliqué par l’autosuggestion, mais cette explication tombe dans la seconde partie du fait. Les effluves odiques de la malade s’étaient transportées sur la plante ; sa sensi bilité avait été extériorisée: il existait un rapport magnétique entre elle et la plante, et voilà pourquoi le
LES CURES SYMPATHIQUES 45 léger dommage causé à la plante fut ressenti par la somnambule. Si nous retournons plus en arrière, nous trouverons dans un écrit de iy53 un fait qui n'est point donné comme le résultat d’un hasard, mais exposé comme une chose parfaitement connue. Il s’agit d’un ouvrage du médecin de la cour, AndréasTenzel, qui traite de la doctrine de la mumie humaine.
On entend par mumie les substances expulsées du corps qui, parce qu’elles ont été unies à celui-ci et qu’elles ont pris part à son processus vital, sont saturées de l’Od de ce corps et le gardent sous forme d’Od extériorisé.
Cet Od peut être transporté sur une plante en enterrant la mumie sous la plante -par exemple ; et à ce propos Tenzel nous dit: «Il faut surtout faire attention à ne pas endommager le buisson ou la plante qui a été saturé ainsi d’une partie du membre par la mumie, il faut au contraire le soigner et tâcher d’avancer la crois sance (i). » Ainsi Tenzel est d’accord a$ec Rochas en disant que l’Od extériorisé garde sa sensibilité, qu’un rapport magnétique continue à exister entre celui-ci et sa source et qu’ainsi les influences mauvaises exer cées sur ce premier se reproduiront sur la source vivante.
Tâchons de tirer de ceci une conséquence logique : si l’on peut influencer en mal l’Od extériorisé de façon à affecter la source odique, c’est-à-dire l’orga nisme, on peut, sans aucun doute, par des procédés ii) Tenzel, Medicina diastatica. C.y.
46 l’initiation contraires, influencer favorablement l’Od extériorisé et par là l’organisme; la réaction sur la source odique doit se produire dans les deux cas. Il y a déjà trois cents ans qu’on atiré cette conclusion sur laquelle on a basé les cures magico-médicale qui forment une branche de la magie naturelle.
Cette médication a été étudiée par Paracelse (1), Maxwell, Tenzel, Wirdig (2) et beaucoup d’autres qui les nomment aussi la thérapeutique sympathique. C’est sous ce terme-là qu'on la connaît encore aujourd’hui, mais on ne s’en occupe guère et ce ne sont plus que les paysans qui l’exercent encore.
Cependant leur fondement est parfaitement justifié par les expériences de Rochas qui montrent que l’Od humain peut être extériorisé, qu’il garde sa sensibilité et son rapport avec sa source, et par suite qu’on peut réagir sur celle-ci moyennant certains procédés. Il est évident que sur ces faits on pourrait baser un système thérapeutique. Le hasard a joué aussi son rôle aux expériences de Rochas.
Pendant ses premiers essais avec ses fluides odiques, il commit involontairement une erreur. Au lieu de laisser ces fluides s’évaporer naturellement, il versa dans la cour, l’eau dans laquelle il les avait dissous ; et cela, un soir, par une forte gelée après avoir expérimenté sur deux sujets qui devaient revenir le lendemain. Ces sujets ne revinrent pas, ce jour-là, (1) Nova Medicina Spirituum. (2) Paracelse I, 844, 85 1, 857, 1070. II, 3 i5. Ed. d'HuJer
LES CURES SYMPATHIQUES 47 mais le surlendemain un d’eux se traîna péniblement jusque chez Rochas et raconta que tous les deux avaient été saisis, la même nuit, par une forte colique qu’ils ne parvinrent pas à se réchauffer et qu’ils s’étaient sentis gelés jusqu’aux os.
Autour du noyau de vérité de la cure sympathique, la superstition avait accumulé sa couche épaisse d’erreurs et, quand vint la période de culture intellec tuelle, on « versa l’enfant avec le bain ». Mais nous qui avons reconnu comme réelle l’idée fondamentale, nous devons reprendre le fil tressé par les médecins du moyen âge et continuer leur œuvre.
Le moyen de guérison le plus usuel employé par les Paracelsistes pour guérir les maladies à l’aide de l’Od extériorisé était de transplanter la mumie. On nommait ce procédé Transplantatio morborum. On se disait que l’Od (on le nommait « esprit vital » au moyen âge), pénètre par tout le corps, et qu’ainsi tous les produits expulsés du corps (appelés mumies), en sont pénétrés.
Il est vrai qu'on distingue entre la mumie matérielle et la mumie spirituelle, mais, comme il ne s’agit que de l’Od en parlant des cures sympathiques et non du sujet matériel, nous n’avons pas à nous en occuper ici.
L’esprit vital de la mumie reste en relation avec celui du corps et on peut constater que cette relation subsiste même à distance, comme cela a lieu égale ment entre le magnétiseur et la sommambule chez lesquels, par l’effet de la fusion entre les deux per sonnes. les sentiments, les impressions et les pensées du magnétiseur sont ressenties par la somnambule.
48 l'initiation Si l’on met la mumie en rapport avec un corps qui possède des qualités salutaires, c’est-à-dire dont l’Od peut influencer favorablement l’Od du malade,’l’esprit vital malade du patient est consumé par l’esprit vital sain avec lequel il a été affilié.
Toutes les méthodes de la transplantation ont pour but principal, d’abord de stimuler l’esprit vital souffrant; ce sont ensuite les différents lieux de transplantations qui décident de l’effet produit sur la mumie.
On peut faire agir sur la mumie certains corps minéraux (nous rappelons ici les poudres sympathiques et l’onguent des armes, du moyen âge) ; on peut dessécher la mumie à l’air, on peut la brûler, la jeter à l’eau, selon que la maladie l’exige.
On peut également donner la mumie comme nour riture aux animaux, ou bien la transplanter dans des arbres ; en ce cas la mumie participe à la croissance des animaux ou des arbres et, par là, la force magné tique delà mumie se détache et revient régénérée vers l’organisme malade.
Les animaux et les plantes peu vent régénérer cet Od implanté en l’unissant au leur; ou bien ils l’attirent en eux, absorbent la maladie et en délivrent ainsi le malade.
Dans tous ces cas il arrive ce que dit Maxwell : « Celui qui peut réunir l’esprit vital d’un corps avec un autre soumis au changement (à la transformation), celui-là peut s’attendre à voir se produire des choses extraordinaires et merveil leuses (1). » Mais le médecin qui guérit par les cures sympathiques doit être versé dans ce genre de traite ment. Il doit connaître la cause de la maladie ; sans (1 ) Maxwell : Medicina magnetica, 2' partie, n° 29.
LES CURES SYMPATHIQUES 49 cela il peut méconnaître les crises salutaires provo quées par la vis medicatrix du malade et pourrait les repousser par la transplantation tandis qu’il devrait les favoriser, comme dans les fièvres et les éruptions.
Mais il doit avoir encore des connaissances plus étendues que le médecin ; il doit pouvoir distinguer entre les sympathies et les antipathies odiques qui régnent dans la nature, parce que ce sont elles qui décident du choix du lieu et du mode de transplanta tion de la maladie.
Voilà pourquoi Santanelli dit : « Celui qui connaît l'accord et le désaccord intérieur des choses, celui-là est un véritable philosophe et un magicien naturel et peut faire des choses merveilleuses et incompréhensibles aux autres (i). » Ainsi, de même qu’en magnétisant, le magnétiseur apporte son Od sain sur l’Od maladif de son som nambule et lui donne la santé par contagion, de même, dans la transplantation des maladies, l’Od malade se transporte sur un organisme bien portant qui devient affecté de la maladie.
Dans les deux cas il y a fusion odique et un rapport magnétique existe entre l’Od extériorisé et celui qui est resté dans la source.
Si l’on donne la mumie à manger aux animaux alors on « réunit », comme le dit Maxwell, la mumie avec la chaleur animale et on l’améliore, l’animal attire à lui les parties malades et se les assimile, tandis que l’organisme d’où la mumie était tirée recouvre la santé, car l’esprit vital de l’organisme vital est purifié par l’effet mystérieux de l’esprit vital de l’animal. (1) Santanelli : Philosophie secrète, ch. 6.
5o l’initiation Mais il faut avoir soin, une fois que l’animal est totalement infecté de la maladie, de le tuer pour qu'il ne réagisse pas par l’influence de la mumie absorbée, sur la source première (i). Quant à ce qui regarde le choix des animaux, beaucoup de médecins choisis sent des animaux mâles pour les hommes malades et les femelles pour les femmes. Il faut aussi que les animaux qu’on choisit ne soient ni trop forts ni trop faibles.
Si l’on prend un animal trop fort alors celui-ci résiste et le malade ne rapporte aucun profit (2). De même on doit avoir soin de ne pas choisir un animal d’une nature rebelle, ce qui pourrait plutôt nuire qu’aider (3). » Il est intéressant d’observer que beaucoup de som nambules parlent de leur rapport avec leur magnéti seur comme les Paracelsistes parlent de la mumie et qu’elles supposent à ces rapports des effets organiques.
Une des somnambules de Kerner dit : «Je connais aussi un moyen par lequel ma chevelure que je viens de perdre repousserait: tu dois mettre trois mèches de tes cheveux dans un verre d’eau, je laverai tous les matins ma tête avec cette eau et mes cheveux repous seront. » En employant ce remède Kerner remarqua, à son grand étonnement, qu’une partie des cheveux de la somnambule prit une couleur extraordinaire, c’est-à-dire la couleur de ses cheveux à lui et il lui fit part de cette observation.
Elle lui répondit qu’elle le (1) Maxwell: Medicina magnetica, II, chap. 9. (2) Maxwell, II, chap. 8. (3) Santanelli : Philosophie secrète, chap. 23.
LES CURES SYMPATHIQUES 5i savait lorsqu’elle lui avait demandé le remède. Elle se fit donner encore quatre mèches de cheveux de Kerner et les mit dans la même eau. Ses cheveux devinrent de plus en plus épais et prirent tout à fait la couleur et la dureté des cheveux de Kerner (ij. (A suivre.') Dr Carl du Prel.
V ESPRIT DIS BASIS JAUNES LES SEPT ÎLÎMMTS BS L’HiME ET LA PATHOGÉNIE CHINOISE Nous publierons les figures qui devaient illustrer ce numéro seulement dans le numéro d'août, l’envoi s’étant perdu au dernier moment.
En l’état de sommeil naturel (se rappeler ici l’in fluence de la volonté sur les diverses sortes du sommeii), le ralentissement de la circulation du sang, l’in dépendance rendue à l’association des idées, et même à l’idée simple, sont les deux symptômes carac téristiques, physique et intellectuel. Le schéma tra duit de suite ces deux différences. Les conséquences sautent immédiatement aux yeux, et graphiquement.
Le KHI localisé dans les poumons (cette portion prend le nom de KHIPHOI) étant (i) Kerner, Histoire de deux Somnambules, 121, i32, i38.
52 L INITIATION moins considérable, — et la preuve en est que le sang, auquel il correspond, subit un mouvement ralenti, — il s’ensuit que la quantité de KHI qui s’ap plique au THAN (avec localisation au cœur) est aug mentée d’autant; et l’union, appelée TIIANKHI, est, non pas plus étroite, mais plus active et plus subtile.
D’autre part, la fonction normale intellectuelle du THANKHI (actionnement de l’élément TIN H, dans l’intérieur du composé humain), lui échappe, puisque l’indépendance du TINH est un des deux symptômes du sommeil. Donc le THANKHI, n’ayant plus de fonctions, sort de sa localisation.
Le schéma de suite l’indique (car un élément ne peut être loca lisé que pour un but immédiat; le but se dérobant, la causede la localisation cesse, et l’élément subtil, repre nant son caractère d’ubiquité, perd sa localisation).
Le THANKHI quitte donc l’homme endormi : et, comme il n’est pas lié au TINH, il n’est plus doué de volonté, ne va pas où il veut, et se trouve indépendant du dormeur : il est soumis aux influences du temps, du lieu , de l’espace.
Ce schéma donne l’explication de tous les rêves, — et même de ces sortes d’hallucinations qu’on attribue au souvenir d’une chose vue, à une mémoire obscure du passé, à une préoccupation du possible, ou à une prévision (dans la littérale étymologie du terme) de l’avenir. Cet éloignement du THANKHI donne la raison du danger que l’on court à un réveil brusque, qui rap pelle violemment au dormeur leTHANKIII lointain,
LES SEPT ÉLÉMENTS DE l’hOMME 53 parfois intéressé ailleurs, à un point tel que sa rentrée violente peut causer une catastrophe intérieure. Ce fait physiologique est d’ailleurs connu depuis long temps. depuis le bon Montaigne lui-même, qui recom mandait qu’on éveillât les adolescents au son d’une musique très douce.
L’explication du désordre pos sible est toute physique: le réveil brusque cause aux éléments inférieurs, et au K.HIPHOI, la surprise de l’éveil physique précédant l'éveil intellectuel. (Et on peut se rendre compte de ce fait, en observant que, au réveil, on éprouve une sensation avant d’être capable d’un sentiment et, à fortiori, d’un raisonnement : par exemple, on ressent la piqûre d’une épingle, avant de percevoir que c’est une épingle qui pique, et que c’est une personne qui tient l’épingle).
Or l’éveil physique, si le THANKH1 n’est pas rentré, appelle leTHANKHI;et, par suite, le moment, très imperceptible, qui sépare l’éveil physique de l’éveil total, est un moment de déséquilibre général, provenant d’un manque de l’intellectuel.
Or toute surprise violente (comme celle d’un éveil brutal) cause une diastole et une systole égale ment violentes, correspondant à un rétrécissement ou à un engorgement passager des artères, au voisi nage immédiat du cœur. Ce phénomène a lieu jus tement au moment où le THANKHI, brusquement rappelé, veut réintégrer sa localisation physiologique. Il se trouve donc arrêté dans sa voie normale par un obstacle physique. Or la non-rentrée du THANK.HI dans le composé humain serait la mort ; comme elle n’est pas prévue,
l'initiation 54 et que WUN assiste toujours à cette existence, que sa présence contraint, THANKHI est tenu de forcer sa localisation normale, ou d’en trouver une autre ; dans ce second cas, comme THANKHI est formé d’un immortel, il va à la localisation immédiatement supé rieure à la sienne, le cerveau, localisation de TINH.
Le cerveau se trouve donc en proie à une chaleur et à un mouvement inusités (prodromes de la méningite et des fièvres pernicieuses). Tels sont les délires, mi graines, attaques de nerfs, désespoirs et larmes in coercibles, etc., des personnes réveillées en sursaut.
La doctrine des TINHDZUOC va même plus loin ; elle affirme que le THANKHI est doué de facultés de perceptions spéciales : sans quoi, dit-elle, on peut imaginer une volonté ou un hasard constants assez puissants pour forcer les THANKHI de deux hommes endormis, à changer, en réintégrant les corps oppo sés, les personnalités humaines, des dormeurs : elle admet que, dans le rappel du THANKHI par le réveil, celui-ci ne peut se tromper de lui-même, et reconnaît psychiquement le composé dont il fait partie.
Poussant à la conséquence, les TINHDZUOC ad mettent comme pernicieux le changement fait à un corps, pendant le sommeil, par une cause extérieure, comme, par exemple, le changement d’habits ou la teinture du visage: spécialement, ils déclarent que la teinture en noir du visage d’un jaune ou d’un blanc endormi, en cas qu’on le réveille brusquement, con duit inévitablement au délire et à la folie passagère. J’ai connu des THAY-THUOC (docteurs) qui af firment avoir vu une chose semblable. En tous cas,
LES SEPT ÉLÉMENTS DE l’hOMME 55 la transformation artificielle de la couleurd’un homme pendant son sommeil est un crime prévu par la glose des Lois Traditionnelles (mais non pas par les Loi.
Rituelles) et condamné à l’exil de première catégories * Le schéma des léthargies (état de rapport, catalepsie ou hypnose profonde, car ces différents états sont obtenus par des influences extérieures dont l’action se superpose en un schéma identique), indique bien que la léthargie est un sommeil aggravé. En effet, le symptôme du ralentissement de la circulation vient jusqu’à l’arrêt complet chez les léthargiques.
Le symptôme de l’indépendance de l’intellect va jusqu’à l’emprise de cet intellect par une volonté étrangère, amie ou ennemie (ce que les hypnoses démontrent tous les jours pratiquement). Le schéma traduit ces symptômes et en tire les déductions logiques. L’influence du THAN.THUY sur le sang étant arrêtée, la localisation d’une partie du KHI dans les poumons (KH1PHO1) n’a plus d’utilité pratique ni de raison d'être ; donc elle disparaît.
Tout le KHI se reporte donc sympathiquement vers le THAN. (En effet, le léthargique est insensible, et va jusqu’à pré senter toutes les apparences de la mort.) D’autre part, le THAN est excité outre mesure par le KHI tout en tier, qui l’affecte avec une valeur et une intensité supérieures aux normales.
Il y a donc augmentation de mouvement et de chaleur ; et le THANKHI for me, au lieu d’un, deux plexus ; d’ailleurs l'effet ré flexe analogique veut que la disparition du nodus
56 l’initiation sanguin se répercute dans l’apparition d'un nodus nouveau, dans les éléments supérieurs graphiquement opposés. Le premier nodus A, semblable à celui du schéma du sommeil, tourbillonne sur lui-même, et, n’ayant plus de raison à se localiser, s’extériorise dans les mêmes conditions que pendant le sommeil.
Le no dus B, de valeur équivalente, comme quantité de mouvement, à la valeur normale du K.HIPHOI, se rend dans TINH, suivant sa normalité, l’affecte, et l’excite à sa fonction. Mais TINH ne peut se mani fester corporellement, puisqu’il ne peut agir sur les éléments inférieurs que par l’intermédiaire du nodus A, qui est extériorisé.
La localisation du nodus B en TINH est par suite inutile; donc ce nodus aussi s’extériorise, entraînant avec lui la faculté de conce. voir et d’associer les idées dont il s’est revêtu. Dès lors, la présence de WUN reste la seule raison de l’existence, laquelle n’a plus de manifestation ; si longtemps que dure cet état, la vie humaine n’est pas menacée.
Mais il faut remarquer que, du moment où le no dus B a emporté TINH dans son voyage extérieur, le dédoublement psychique et intellectuel est accompli, et encore dans les conditions les plus mauvaises pour le composé humain.
En effet, TINH ne pouvait plus se servir des éléments inférieurs ; mais sa présence au-dessus de ces éléments empêchait toute volonté ou force extérieures et s’en servit ; à présent les corps (XUONG et MAU) abandonnés sont à la merci d’une volonté clairvoyante, et même d'une force naturelle
LES SEPT ÉLÉMENTS DE L’HOMME 57 passant là fortuitement. On pourrait voir la vérité de cette affirmation tout orientale le jour où l’on ferait sur des léthargiques profonds des expériences raisonnées d’électricité ou d’un dynamisme dosé quelconque.
Telle est l’explication du fait aujourd'hui avéré, et pour lequel le bûcher n’était pas de trop jadis : que la volonté de l’hypnotiseur s’introduit dans les élé ments de l’hypnotisé, les tient sous sa domination, et comme à son service.
Mais c’est là que gît la res ponsabilité des expérimentateurs, qui sont souvent doués de plus de curiosité que de volonté, et qui, ignorant encore bien des choses, ne prévoient ni ne pressentent l’approche de forces extérieures, égales ou supérieures à leur volonté même, attirées par le phé nomène anormal produit, et s’emparant, grâce à leur valeur, d’un ou de plusieurs des éléments humains abandonnés.
Quant au THANKHI et au TINH, ils ne sont sujets qu’à la volonté assez forte pour réglementer leur vol capricieux. Ils peuvent donc être assez facilement sai sis par l’opérateur, qui provoque leur sortie, et est par suite prévenu de leur passage ; il peut donc leur imposer sa volonté.
Grâce à la ténuité, à la subtilité de ces éléments immortels, il peut les envoyer au loin, les rappeler : il peut se servir de leurs qualités spé ciales, pour connaître par eux ce qu’il ne pourrait connaître par lui-même, par exemple pour percevoir ce qui existe déjà, mais que, à cause de la rudesse de nos organes, et de l’imperfection des notions de temps et d’espace, nous disons devoir exister seulement dans le futur. L’opérateur est ainsi maître du corps et
6o l’initiation barrières. En de telles conditions, évidemment diffi ciles à réaliser, le schéma montre que le danger pour l’opérateur qui s’opère lui-même est fort rare, mais que, lorsqu’il se présente, il est inévitable et mortel.
En effet, la force extériorisée des éléments humains est suffisante au but qui lui est proposé, car la vo lonté de l’homme connaît dès l’abord l’instrument psychique dont il va se servir, et il évite de lui deman der des choses inutiles ou dangereuses (parce que rela tivement inatteignables). Une raison du péril est donc évitée.
Mais, si les éléments viennent à être rencon trés par une volonté supérieure, ou bien ils sont cap tés (et avec eux la volonté de l’endormi), ou bien la volonté de l’homme aux aguets voit le péril et, pour y échapper, se précipite rapidement, avec les élé ments voyageurs, vers sa localisation corporelle.
Et la rentrée violente des éléments, le contact brutal des supérieurs avec les inférieurs par un KHI tout émo tionné et non rééquilibré, est. propre à causer plus de catastrophes encore que le retour violent à la vie nor male des endormis naturels, des somnambules et des cataleptiques. Je n’ajouterai ici aucune considération.
Je veux seu lement montrer que les schémas pathogéniques du septénaire humain, schémas qui existent depuis près de cinq mille années, contiennent, en ce qui concerne les faits intermédiaires, le germe et les inéluctables conséquences des découvertes modernes ; et que, en les pressant, un écrivain qui aurait assez de science et assez de temps en ferait jaillir des propositions et des corollaires encore insoupçonnés. (?1 suivre.') MoGd.
LES SEPT ÉLÉMENTS DE L’HOMME 57 passant là fortuitement. On pourrait voir la vérité de cette affirmation tout orientale le jour où l’on ferait sur des léthargiques profonds des expériences raisonnées d’électricité ou d’un dynamisme dosé q uelconque.
Telle est l’explication du fait aujourd’hui avéré, et pour lequel le bûcher n’était pas de trop jadis : que la volonté de l’hypnotiseur s’introduit dans les élé ments de l’hypnotisé, les tient sous sa domination, et comme à son service.
Mais c’est là que gît la res ponsabilité des expérimentateurs, qui sont souvent doués déplus de curiosité que de volonté, et qui, ignorant encore bien des choses, ne prévoient ni ne pressentent l’approche de forces extérieures, égales ou supérieures à leur volonté même, attirées par le phé nomène anormal produit, et s’emparant, grâce à leur valeur, d’un ou de plusieurs des éléments humains abandonnés.
Quant au THANKHI et au TINH, ils ne sont sujets qu’à la volonté assez forte pour réglementer leur vol capricieux. Ils peuvent donc être assez facilement sai sis par l’opérateur, qui provoque leur sortie, et est par suite prévenu de leur passage ; il peut donc leur imposer sa volonté.
Grâce à la ténuité, à la subtilité de ces éléments immortels, il peut les envoyer au loin, les rappeler : il peut se servir de leurs qualités spé ciales, pour connaître par eux ce qu’il ne pourrait connaître par lui-même, par exemple pour percevoir ce qui existe déjà, mais que, à cause de la rudesse de nos organes, et de l’imperfection des notions de temps et d’espace, nous disons devoir exister seulement dans le futur. L’opérateur est ainsi maître du corps et
58 l’initiation de l’esprit du sujet (il n’est pas maître du composé humain ni de sa vie : car il ne peut provoquer direc tement la mort du sujet, au moins dans le cas spécial qui nous occupe'). Et là, sa responsabilité est beau coup plus grande que dans la seule possession du corps.
En effet, l’expérimentateur devrait, avant d’en voyer les éléments supérieurs du sujet en un lieu ou temps quelconques, connaître par avance toutes les forces vives errantes qui s’opposeront au voyage que ces éléments effectuent à son commandement.
Car une force, supérieure à celle du metteur en mouve ment, peut arrêter les éléments dans leur course ; et, comme ceux-ci ne sont jamais maîtres de leur con duite, ils se brisent à cette barrière imprévue.
A un autre plan, ces éléments peuvent — étant donné sur tout le domaine qu’on leur fait explorer d’habitude, — rencontrer une volonté savante ou dégagée de nos formes imparfaites, qui, bien supérieure à la volonté de l’opérateur, se saisit elle-même de ces éléments voyageurs (ceci arrive dans les pays où l’hypnotisme est en honneur, et arrivera certainement un jour ou l’autre en Occident, lorsqu’on aura vulgarisé les pra tiques expérimentées assez à la légère depuis quelques années), les applique à des desseins spéciaux, et, igno rant ou dédaignant leur origine, les remet, après s’en être servi, à l’aventure, désorientés, aveuglés, aussi incapables de retrouver le composé d’où ils sont sortis, que l’opérateur premier est incapable de les remettre en sa puissance. Il est inutile d’énumérer les catas trophes qui peuvent résulter d’une éventualité sem blable.
LES SEPT ÉLÉMENTS DE LHOMME 5g Dans ces conditions léthargiques, le réveil imprévu ou sans précautions est fatal. C’est un fait partout reconnu, et je n’ai pas besoin de rappeler que les acci dents surviennent quand de mauvais plaisants ou des ignorants réveillent en sursaut de simples somnam bules.
Ce schéma n’offre plus guère qu’un cas à l’examen, cas qui soulève un coin des voiles de l’un des plus graves et obscurs problèmes : c’est le cas du savant qui a acquis assez de volonté, de savoir, de puissance sur lui-même pour pouvoir, après s’être mis lui-même en état léthargique, développer consciencieusement, hors de lui, une somme de personnalité suffisante pour en trer en possession de ses éléments supérieurs, indé pendamment des inférieurs, et pouvoir ainsi, luimême, à l’aide'de lui-même, franchir les bornes de la nature imparfaite et se trouver en un état psychique supérieur.
Malgré les recherches jusqu’à aujourd’hui opérées, une telle proposition serait de suite rangée par les Occidentaux parmi les hypothèses irréalisables; cependant, cette hypothèse est du domaine des vérités et des réalités; le fait arrive en Orient, non pas fré quemment, mais assez souvent pour n’être pas taxé de merveille.
D’ailleurs, et sans tenter ici de rien établir, je ne fais qu’une technie didactique, tentant de démontrer la logique déductive de certains faits, qui semblent extraordinaires et qu’il serait extraordinaire, au con traire, devoir se produire sous un autre mode ou ne pas se produire du tout. Un cas comme celui que je viens de citer est une chose possible; il n’a contre lui nulles
60 l’initiation barrières. En de telles conditions., évidemment diffi ciles à réaliser, le schéma montre que le danger pour l’opérateur qui s’opère lui-même est fort rare, mais que, lorsqu’il se présente, il est inévitable et mortel.
En effet, la force extériorisée des éléments humains est suffisante au but qui lui est proposé, car la vo lonté de l’homme connaît dès l’abord l’instrument psychique dont il va se servir, et il évite de lui deman der des choses inutiles ou dangereuses (parceque rela tivement inatteignables). Une raison du péril est donc évitée.
Mais, si les éléments viennent à être rencon trés par une volonté supérieure, ou bien ils sont cap tés (et avec eux la volonté de l’endormi), ou bien la volonté de l’homme aux aguets voit le péril et, pour y échapper, se précipite rapidement, avec les élé ments voyageurs, vers sa localisation corporelle.
Et la rentrée violente des éléments, le contact brutal des supérieurs avec les inférieurs par un KHI tout émo tionné et non rééquilibré, est. propre à causer plus de catastrophes encore que le retour violent à la vie nor male des endormis naturels, des somnambules et des cataleptiques. Je n’ajouterai ici aucune considération.
Je veux seu lement montrer que les schémas pathogéniques du septénaire humain, schémas qui existent depuis près de cinq mille années, contiennent, en ce qui concerne les faits intermédiaires, le germe et les inéluctables conséquences des découvertes modernes ; et que, en les pressant, un écrivain qui aurait assez de science et assez de temps en ferait jaillir des propositions et des corollaires encore insoupçonnés. (.4 suivre.) MoGd.
PARACELSE 6l Suite et fin (voir le n° g). LIVRE III Du mal caduc et de ses espèces CHAPITRE PREMIER Paragraphe I. — Toute chute provient d’une sorte de mal caduc, par génération caduc du cerveau : la puissance et vigueur du cerveau et la première cause conservatrice des choses.
Mais la chute des membres ou le caduc matériel est un accès qui a son origine dans la nuque par le cerveau ; l’accès vient de l'occiput ou derrière de la tête, et les signes sont du mouvement ou motion de tout le corps. Les hommes atteints du mal caduc tom bent et vomissent de l’écume. Commentaires. — Dans d’autres ouvrages, Paracelse a traité du mal caduc ou épilepsie, mal terrible et très difficile à guérir.
Dans ce paragraphe notre grand médecin montre l'origine du mal, les signes auxquels on le reconnaît ; il établit ailleurs que ce mal peut provenir soit du cerveau, du cœur, du foie, du ven tricule ou d’autres membres. La fin de ce paragraphe est assez inintelligible. Paragraphe II. — Voici maintenant les maladies
64 l’initiation car, de même que les minéraux exercent leur action dans les autres éléments, ils l’exercent de même dans le chaos. 11 ne faut donc pas oublier que les miné raux sont la cause de tout mal (du mal caduc) et les diverses variétés de cette maladie dérivent des divers genres de mercure.
Commentaires. — D’après Paracelse, la cause effi ciente du mal, provient du mercure qui, mêlé au chaos, dépasse les bornes (sous-entendu assignées pour l’état de santé), et le mal caduc fait son apparition. Il faut donc admettre qu’il y a autant de variétés de mal que de variétés de mercure et que l’action des maladies imite les variétés de mercure qui peut être à l’état naturel ou sublimé.
Quand le mal est très violent, le malade ne le ressent pas. car il est dans une sorte de catalepsie (analepsie).
Paragraphe IV. — Je rapporte la similitude de ce mal au chaos, à l’alcali du seldonium,au safran Poli tique et au théréniabin (1); car de même que les choses pénètrent dans ce qu’on les met et produisent une nouvelle génération (ou un nouveau corps), de même la génération du Mercure montre le péril, pénètre tous les membres et va selon la facilité qu’il a dans le membre (sous-entendu malade).
Commentaires. — Ce paragraphe est très difficile à interpréter et cela pour plusieurs motifs: d’abord que peut bien signifier le terme Seldonium ? Ne faudrait-il peut-être pas lire Heldonium ou même Helenium (i) Le théréniabin est une espèce de miel ou plutôt de manne. — Avicenne considère la manne comme une rosée desséchée et comme une espèce de Théréniabin.
PARACELSE 61 Suite et fin (voir le n° 9). LIVRE III Du mal caduc et de ses espèces CHAPITRE PREMIER Paragraphe I. — Toute chute provient d'une sorte de mal caduc, par génération caduc du cerveau : la puissance et vigueur du cerveau et la première cause conservatrice des choses.
Mais la chute des membres ou le caduc matériel est un accès qui a son origine dans la nuque par le cerveau ; l’accès vient de l'occiput ou derrière de la tête, et les signes sont du mouvement ou motion de tout le corps. Les hommes atteints du mal caduc tom bent et vomissent de l’écume. Commentaires. — Dans d’autres ouvrages, Paracelse a traité du mal caduc ou épilepsie, mal terrible et très difficile à guérir.
Dans ce paragraphe notre grand médecin montre l’origine du mal, les signes auxquels on le reconnaît ; il établit ailleurs que ce mal peut provenir soit du cerveau, du cœur, du foie, du ven tricule ou d’autres membres. La fin de ce paragraphe est assez inintelligible. Paragraphe IL — Voici maintenant les maladies
l’initiation 64 car, de même que les minéraux exercent leur action dans les autres éléments, ils l’exercent de même dans le chaos. Il ne faut donc pas oublier que les miné raux sont la cause de tout mal (du mal caduc) et les diverses variétés de cette maladie dérivent des divers genres de mercure.
Commentaires. — D’après Paracelse, la cause efficientedu mal, provient du mercure qui, mêléau chaos, dépasse les bornes (sous-entendu assignées pour l’état de santé), et le mal caduc fait son apparition. II faut donc admettre qu’il y a autant de variétés de mal que de variétés de mercure et que l’action des maladies imite les variétés de mercure qui peut être à l’état naturel ou sublimé.
Quand le mal est très violent, le malade ne le ressent pas, car il est dans une sorte de catalepsie (analepsie).
Paragraphe IV. — Je rapporte la similitude de ce mal au chaos, à l’alcali du seldonium,au safran Poli tique et au théréniabin (1) ; carde même que les choses pénètrent dans ce qu’on les met et produisent une nouvelle génération (ou un nouveau corps), de même la génération du Mercure montre le péril, pénètre tous les membres et va selon la facilité qu’il a dans le membre (sous-entendu malade).
Commentaires. — Ce paragraphe est très difficile à interpréter et cela pour plusieurs motifs : d’abord que peut bien signifier le terme Seldonium ? Ne faudrait-il peut-être pas lire Heldonium ou même Helenium ( 1 ) Le théréniabin est une espèce de miel ou plutôt de manne. — Avicenne considère la manne comme une rosée desséchée et comme une espèce de Théréniabin.
PARACELSE 61 Suite et fin (voir le n° g). LIVRE III Du mal caduc et de ses espèces CHAPITRE PREMIER Paragraphe I. •— Toute chute provient d’une sorte de mal caduc, par génération caduc du cerveau : la puissance et vigueur du cerveau et la première cause conservatrice des choses.
Mais la chute des membres ou le caduc matériel est un accès qui a son origine dans la nuque par le cerveau ; l’accès vient de l'occiput ou derrière de la tete^ et les signes sont du mouvement ou motion de tout le corps. Les hommes atteints du mal caduc tom bent et vomissent de l’écume. Commentaires. —Dans d’autres ouvrages, Paracelse a traite du mal caduc ou épilepsie, mal terrible et très difficile à guérir.
Dans ce paragraphe notre grand médecin montre 1 origine du mal, les signes auxquels on le reconnaît : il établit ailleurs que ce mal peut provenir soit du cerveau, du cœur, du foie, du ven tricule ou d’autres membres. La fin de ce paragraphe est assez inintelligible. Paragraphe IL — Voici maintenant les maladies PARACELSE 63 tétanique ou spasmodique. Il y a une autre maladie du réalgar ou chaos et une autre de l’eau.
Commentaires. — D’après les hermétistes, de même que le chaos est sur la terre ou le monde, il est égale ment en l’homme, un microcosme. Ils nommaient chaos l’air répandu dans tout le corps de l’homme, comme dans tout l’univers. Voici ce que nous lisons dans dom Pernetty : « Chaos veut dire confusion et mélange.
C’étoit, selon les Anciens, la matière de l’Univers avant qu’elle eût reçu une forme détermi née, etc... » Revenant à notre paragraphe, nous dirons que le Réalgar était (le magistère au rouge), mais aussi c’était un mal qui tirait son origine des minéraux ; il y avait plusieurs réalgars ; l’un provenait de l’air, l’autre de l’eau, celui-ci de la terre, celui-là du feu.
Paragraphe IL — La matière du caduc est identique à celle du chaos des minéraux. Des minières vient donc la première cause et génération du caduc et de ses dérivés. Il faut que le médecin sache qu’il y a quatre minéraux et quatre éléments des maladies en physique et en chirurgie. Commentaires. — Paracelse nous dit ici que l’ori gine du mal caduc et de ses variétés procède des mi néraux qui sont causes ou principes de la maladie.
Le terme minière signifie éléments et, de même qu’il y æ quatre sortes de minéraux, de même il y a quatre . J 1 J ■ T - , - ., , 1 , - ~ 1 J <-> TD n n r*ni c a c nr n i f
6 2 l’initiation qui dérivent du mal caduc : toutes les espèces d’épilepsie, la suffocation de la matrice hors de son lieu, les syncopes des divers genres, telles que les défail lances de cœur retourné, syncopes sans retour, enfin vertiges de toutes sortes.
Commentaires. —Quesignifiele terme «suffocation de la matrice » que dans de vieux livres de médecine nous voyons également dénommé préfocation., symp tômes utérins, etc., c’est probablement un déplace ment, une chute de la matrice qu’il faut entendre. Que signifient également les « défaillances de cœur retourné »?
Il existe bien une expression populaire de cœur retourné de dégoût, c’est-à-dire soulevé, mais un cœur retourné a-t-il des défaillances ?
Paragraphe III. — Il y a plusieurs genres de mal caduc qui ne provoquent point de chute, tels que le tétanos, le spasme, la torture de la bouche; toutes ces maladies causent des convulsions; enfin l'apoplexie universelle (foudroyante sans doute), la contracture, la paralysie, l’incurvation ou courbature de l’épine dorsale ou d’autres membres spéciaux avec leurs ca ractères propres chez l’homme ou chez la femme.
Chapitre II La déclaration de la cause et du siège de la maladie Paragraphe 1. — La cause de toute la maladie pro vient du chaos, car les autres accidents qui arrivent au mal caduc font partie du chaos. Les accidents des cendent par cet élément et s’élèvent avec un caractère 64 l’initiation car, de même que les minéraux exercent leur action dans les autres éléments, ils l’exercent de même dans le chaos.
Il ne faut donc pas oublier que les miné raux sont la cause de tout mal (du mal caduc) et les diverses variétés de cette maladie dérivent des divers genres de mercure. Commentaires. — D’après Paracelse, la cause effi ciente du mal, provient du mercure qui, mêléau chaos, dépasse les bornes (sous-entendu assignées pour l’état de santé), et le mal caduc fait son apparition.
Il faut donc admettre qu’il y a autant de variétés de mal que de variétés de mercure et que l’action des maladies imite les variétés de mercure qui peut être à l’état naturel ou sublimé. Quand le mal est très violent, le malade ne le ressent pas, car il est dans une sorte de catalepsie (analepsie).
Paragraphe IV. — Je rapporte la similitude de ce mal au chaos, à l'alcali du seldonium,au safran Poli tique et au théréniabin (1) ; car de même que les choses pénètrent dans ce qu’on les met et produisent une nouvelle génération (ou un nouveau corps), de même la génération du Mercure montre le péril, pénètre tous les membres et va selon la facilité qu’il a dans le membre (sous-entendu malade).
Commentaires. — Ce paragraphe est très difficile à interpréter et cela pour plusieurs motifs : d’abord que peut bien signifier le terme SeZrfonzzzzn ? Ne faudrait-il nûilt Afro T-100 1 i r-z-> 7,-Jz-» m ■» <> /-in-, z-m m A m n T-I ni on 1 n tri
PARACELSE 61 Suite et fin (voir le n° g). LIVRE III Du mal caduc et de ses espèces CHAPITRE PREMIER Paragraphe I. — Toute chute provient d’une sorte de mal caduc, par génération caduc du cerveau : la puissance et vigueur du cerveau et la première cause conservatrice des choses.
Mais la chute des membres ou le caduc matériel est un accès qui a son origine dans la nuque par le cerveau ; l’accès vient de l'occiput ou derrière de la tête, et les signes sont du mouvement ou motion de tout le corps. Les hommes atteints du mal caduc tom bent et vomissent de l’écume. Commentaires. —Dans d’autres ouvrages, Paracelse a traité du mal caduc ou épilepsie, mal terrible et très difficile à guérir.
Dans ce paragraphe notre grand médecin montre l'origine du mal, les signes auxquels on le reconnaît ; il établit ailleurs que ce mal peut provenir soit du cerveau, du cœur, du foie, du ven tricule ou d’autres membres. La fin de ce paragraphe est assez inintelligible. Paragraphe II. — Voici maintenant les maladies
Ô2 l’initiation qui dérivent du mal caduc : toutes les espèces d’épi lepsie, la suffocation de la matrice hors de son lieu, les syncopes des divers genres, telles que les défail lances de cœur retourné, syncopes sans retour, enfin vertiges de toutes sortes.
Commentaires. —Quesignifieleterme «suffocation de la matrice » que dans de vieux livres de médecine nous voyons également dénommé préfocation^ symp tômes utérins, etc., c’est probablement un déplace ment, une chute de la matrice qu’il faut entendre. Que signifient également les « défaillances de cœur retourné »?
Il existe bien une expression populaire de cœur retourné de dégoût, c’est-à-dire soulevé, mais un cœur retourné a-t-il des défaillances ?
Paragraphe III. — Il y a plusieurs genres de mal caduc qui ne provoquent point de chute, tels que le tétanos, le spasme, la torture de la bouche; toutes ces maladies causent des convulsions; enfin l’apoplexie universelle (foudroyante sans doute), la contracture, la paralysie, l’incurvation ou courbature de l’épine dorsale ou d’autres membres spéciaux avec leurs ca ractères propres chez l’homme ou chez la femme.
Chapitre II La déclaration de la cause et du siège de la maladie Paragraphe 1. — La cause de toute la maladie pro vient du chaos, car les autres accidents qui arrivent au mal caduc font partie du chaos. Les accidents des cendent par cet élément et s’élèvent avec un caractère
PARACELSE 63 tétanique ou spasmodique. Il y a une autre maladie du réalgar ou chaos et une autre de l’eau. Commentaires. — D’après les hermétistes, de même que le chaos est sur la terre ou le monde, il est égale ment en l’homme, un microcosme. Ils nommaient chaos l’air répandu dans tout le corps de l’homme, comme dans tout l’univers. Voici ce que nous lisons dans dom Pernetty : « Chaos veut dire confusion et mélange.
C’étoit, selon les Anciens, la matière de l’Univers avant qu’elle eût reçu une forme détermi née, etc... » Revenant à notre paragraphe, nous dirons que le Réalgar était (le magistère au rouge), mais aussi c’était un mal qui tirait son origine des minéraux ; il y avait plusieurs réalgars; l’un provenait de l’air, l’autre de l’eau, celui-ci de la terre, celui-là du feu.
Paragraphe II. — La matière du caduc est identique à celle du chaos des minéraux. Des minières vient donc la première cause et génération du caduc et de ses dérivés. Il faut que le médecin sache qu’il y a quatre minéraux et quatre éléments des maladies en physique et en chirurgie. Commentaires. — Paracelse nous dit ici que l’ori gine du mal caduc et de ses variétés procède des mi néraux qui sont causes ou principes de la maladie.
Le terme minière signifie éléments et, de même qu’il y a-quatre sortes de minéraux, de même il y a quatre sortes de maladies. La conclusion de Paracelse serait qu’on doit chercher le remède du mal caduc dans l’élément de l’air. Paragraphe III. — La cause du mal est le cahos;
l’initiation 64 car. de même que les minéraux exercent leur action dans les autres éléments, ils l’exercent de même dans le chaos. Il ne faut donc pas oublier que les miné raux sont la cause de tout mal (du mal caduc) et les diverses variétés de cette maladie dérivent des divers genres de mercure.
Commentaires. — D’après Paracelse, la cause effi ciente du mal, provient du mercure qui, mêléau chaos, dépasse les bornes (sous-entendu assignées pour l’état de santé), et le mal caduc fait son apparition. Il faut donc admettre qu’il y a autant de variétés de mal que de variétés de mercure et que l'action des maladies imite les variétés de mercure qui peut être à l’état naturel ou sublimé.
Quand le mal est très violent, le malade ne le ressent pas, car il est dans une sorte de catalepsie (analepsie).
Paragraphe IV. — Je rapporte la similitude de ce mal au chaos, à l’alcali du seldonium,au safran Poli tique et au théréniabin (1 ) ; car de même que les choses pénètrent dans ce qu’on les met et produisent une nouvelle génération (ou un nouveau corps), de même la génération du Mercure montre le péril, pénètre tous les membres et va selon la facilité qu’il a dans le membre (sous-entendu malade).
Commentaires. — Ce paragraphe est très difficile à interpréter et cela pour plusieurs motifs : d’abord que peut bien signifier le terme Seldonium ? Ne faudrait-il peut-être pas lire Heldonium ou même Helenium (1) Le théréniabin est une espèce de miel ou plutôt de manne. — Avicenne considère la manne comme une rosée desséchée et comme une espèce de Théréniabin.
PARACELSE 65 (Germandrée de Crète) plante connue de Pline qui la nomme aussi grande année (éXÉvtov), tandis que le pre mier terme de basse latinité désignerait la couleur verte de certaines cimes d’un arbre dénommé Fuseau appelé en allemand Salft grun (vert d'iris, vert de vessie) ou Sat grund (grain de fuseau).
Ensuite Paracelse parledetransformation de choses, par exemple, en mettant du safran dans l’eau, on rend celle-ci jaune, mais, si nous connaissons le safran Ponthique, que peut bien être le théréniabin (voir la note qui précède)? Faudrait-il voir dans ce terme un mot allemand latinisé ? Bien que Paracelse soit coutu mier du fait, nous n’osons pousser nos recherches de ce côté.
Mais la dernière partie de ce paragraphe est très claire; elle signifie que, quand le malade est obligé d’user du mercure, le mal caduc est alors si violent que la mort peut s'ensuivre. CHAPITRE III DE LA DIÈTE Paragraphe I. — Le régime diététique du mal caduc est la cure de toute la maladie, car les médicaments du mal caduc sont les aliments de la maladie.
Or il existe deux sortes de nutrition, l’une qui cause le mal et l’autre qui l’expulse et garanti (contre un retour). La fadeur de la chair de chèvre le provoque et le bouillon d’anguille lui sert de remède. Ainsi faut-il juger des mussuleset des agneaux. Les premiers le donnent, les seconds le guérissent. 3
66 l’initiation Commentaires. —Nous ignorions que la chair fétide de la chèvre pût donner le mal caduc et le bouillon d’anguille le guérir. Le terme mussules signifie Ecureuils noirs, nous ignorions que ces gentils animaux pussent donner le mal et la chair d’agneaux le guérir. Étrange !
Paragraphe II. —Voici quels sont les remèdes à employer contre le mal caduc : le gui de chêne à la place du sel, la semence de pavot à la place des sauces (ou confections), la racine de pyrètre au lieu de per sil et les feuilles d’ellebore noir en remplacement de bettes.
Commentaires. — Donc, pour guérir le mal caduc, il faut boire du bouillon de gui de chêne, fabriquer les sauces (ou confections suivant le terme de Paracelse) avec la semence de pavot (i) et boire du bouillon de pyrèthre pour remplacer le persil. — On peut ajouter à ce qui précède que le cumin, le fenouil et les radis exercent également une action utile contre le mal caduc.
Paragraphe III. — Il faut prendre garde (de ne pas user) de tout ce qui peut rendre le sperme vicieux, des odeurs acides, de tout ce qui engendre les vents, de ce qui provoque au coït ou à la luxure et de tout ce qui est irritant. CHAPITRE IV De la cure Paragraphe I. — Pour la guérison du mal caduc, L (i) Ou pivoine car du temps de Paracelse on nommait aussi la pivoine pavot.
PARACELSE 6? nous avons en main les expériments, les arcanes, avec l’expérienceetl’industrie, avec spéculation et plusieurs choses élémentées composées.
Commentaires. — Il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de guérir le mal caduc : mais Para celse nous dit qu’il y a quatre sortes de remèdes pour guérir le mal sacré ou saint des anciens, savoir : les expériments (?), les arcanes ou secrets, l’industrie, c’est-à-dire l’habileté, le tour demain, enfin les choses élémentées. Par le terme expériment, Paracelse veut dire sans doute certains remèdes pour prévenir l’ac cès.
Un des expériments alchimiques connus consis tait dans l’absorption du capnt mortuum. Voici com ment on le préparait, ce qui n’était pas facile.
Il fallait se procurer et calciner la tête d’un homme mort, de mort violente (suicidé, suffoqué ou exécuté par la justice) ; puis la passer par le four à réverbère « et faire l’extraction du sel, nous disent les ouvrages alchi miques, selon l’ordre chimique »et faire prendre au malade ces résidus en quantité que l’expérience fera connaître. C’était là, paraît-il, le point important.
Nous savons ce que signifie « choses élémentées » pour l’avoir dit plus haut. LIVRE IV De Phydropisie ou maladies résolues et humides. Paragraphe I. — L’élément eau est la vraie matrice de l'hydropisie, qui appartient en tant que propriétés et essences aux choses congelées, car, de même que
l’air est un chaos, de même l’eau existe en un corps, comme la glace, ce corps étant de sa nature mucilagineux, cristallin et agglutinant comme du blanc d’œuf. Commentaires. —Paracelse appelle l’hydropisie Undimia, undimie, Hypo^a: maladies aquatiques, termes anciens qui signifient ondeuse ou aquatique, parce que ce mal puise son origine dans l’eau, qui d’après Para celse est mucilagineuse et glaireuse, comme la glaire ou albumine de l’œuf.
Il considère ce liquide comme con gelé dans lecorps, aussi, quand cette congélation vient à se dissoudre, l’hydropisie se déclare; d’où la seconde dénomination de la maladie dite maladie résolue et humide.
Paragraphe II. — Que si ces choses élémentées venaient à se résoudre en eau, ceci constitue le pre mier principe du mal à.'Undimie, qui est de plusieurs genres, et suivant son espèce, suivant qu’elle tire son origine, on la nomme Undimie de roche, de plume, de glace, ou de nitre (pas besoin de commentaires).
Paragraphe III. — Lesquelles minières sont de la même condition que l’alun de roche, de plume, de glace et de nitre sont de nature congelée, albumi neuse (ou alumineuse) et d’alun cru, albugineuse comme les matières ci-dessus nommées. D’une part, il y a gluten et d’autre part, liqueur solide (tenax sans doute épaisse) en tout son corps.
Paragraphe IV. — L’accident de la résolution est la suite de la cause, l’accident élémenté et l'accident terrestre procèdent de cette résolution ; l’accident aé rien provient de la conjonction des éléments internes
PARACELSE 69 et externes ; l’accident aqueux des vapeurs de l’un et de l’autre élément mixte ; mais l'accident igné procède des esprits de cet élément (du feu).
Commentaires. — Ce paragraphe, de prime abord, paraît inintelligible ; mais,en l’étudiant, on peut l’ex pliquer de cette manière : Paracelse démontre que la résolution est la cause qui amène l’accident élémenté; l'alun se résout d’après lui par quatre forces ou acci dents : par la terre, par l’eau, par l’air, par le feu; de là quatre genres d’hydropisies, qui ne peuvent être guéris qu’autant qu’on connaît leur origine élémentée. De la cure.
Paragraphe V. — La diète dans l’undimie en est la médecine; si l’undimie est sèche,le remède sera utile, mais, si elle est humide, c’est un signe de perdition. Commentaires. — Ce qui veut dire que, suivant le régime ordonné au malade, il guérit sans se droguer; néanmoins, pour l'hydropisie humide, il faut avoir recours à la médecine, le régime seul ne suffirait pas.
LIVRE V Des maladies sèches ou de la phtisie Paragraphe I. — Si l’élément du feu amène la siccité (de la peau sous-entendu), c’est aussi un signe certain delà consomption des autres éléments. Commentaires. —La maladie sèche, c’est la pthisie; le feu, c’est-à-dire la fièvre amène la sécheresse de la peau et la consomption ou diminution du corps du malade. Dans un autre de ses ouvrages, Paracelse dé nomme cette maladie ariclure. Entend-il par ce terme
70 l'initiation sécheresse ou bien faut-il comprendre arsure, c’est-àdire brûlure, lemalade sedesséchant, comme s’il était passéaufeu, brulé?La question est posée; nousn’osons la résoudre ! Paragraphe II. — II importe donc de remarquer soit l’humidité, soit la siccité du corps ; la siccité du feu (fièvre) occasionne la diminution du corps. La partie de celui-ci qui est sèche et crue est morte, celle qui est humide n’est que malade.
LIVRE VI De la lèpre. Chapitre Premier. Paragraphe I. — La lèpre est une putréfaction du corps élémenté avec ses minéraux; d’où quatre sortes de lèpre. Il existe aussi une lèpre mixte et composée, et une lèpre universelle. Paragraphe IL — La zephèneetles acuités sont les premiers symptômes de la lèpre, ainsi que la couleur azurée ou ses composés plus ou moins altérés.
Commentaires. — Sous ce terme deye/j/zéne, il faut entendre la disproportion, la ^ysémétrie des membres ; c’est un des premiers signes; la bouche, le nez, les pau pières, se tuméfient, les proportions sont rompues, déséquilibrées.
Un autre signe, c’est que les extrémités des doigts des mains deviennent plus pointus, aigus, ce que Paracel dénomme acuités, troisième signe, la peau se colore en bleu, en azur, surtout à l’extré mité des membres. f.4 suivre.) Ernest Bosc.
PARTIE LITTÉRAIRE PREMIÈRE TRADUCTION FRANÇAISE Par Jean Tabris J’ôtai les barres aux volets — la fenêtre donnait sur la petite cour de derrière que j’ai précédemment dé crite; il n’y avait pas de corniche — rien qui coupât la surface droite et unie du mur. Un homme s’échap pant par cette fenêtre n’aurait pas pu trouver un point d’appui pour l’arrêter dans sa chute sur les pavés du bas.
F... pendant ce temps, essayait vainement d’ouvrir la porte. Il se tourna alors vers moi et me demanda la permission d’employer la force.
Et, je puis le dire ici pour rendre justice à mon domestique, que loin de montrer les marques de quelque terreur supersti tieuse, ses nerfs, son sang-froid et son égalité d’hu meur au milieu de circonstances si extraordinaires excitèrent mon admiration, et firent que je me félici tai d'être tombé sur un compagnon si bien à la haul’initiation 72 teur des circonstances. Je lui accordai volontiers la permission qu’il demandait.
Mais, bien qu’il fût un homme remarquablement vigoureux, ses efforts furent aussi vains que ses tentatives les plus douces ; la porte ne remua même pas sous ses coups les plus violents. Fatigué, essoufflé, il s’arrêta. A mon tour, j’essayai d’ouvrir la porte, tout aussi vainement. Comme je cessais mes efforts, de nouveau cette sen sation d’horreur envahit mon être ; mais cette fois plus froide encore et plus âpre.
Je sentis comme si quelque étrange et lugubre émanation s’élevait des fentes de ce parquet raboteux, et remplissait l’atmos phère d’une venimeuse influence hostile à la vie de l’homme. Alors silencieusement et tranquillement la porte s’ouvrit comme d’elle-même. Nous nous préci pitâmes sur le palier.
L’un et l’autre nous vîmes une lueur large et pâle de la grandeur d’une figure hu maine, mais sans forme et sans substance, se mou voir devant nous et monter l’escalier qui conduisait du palier aux combles. Je suivis la lueur ; mon domes tique me suivit. Elle entra à droite du palier dans un petit grenier dont la porte était ouverte. J’entrai en même temps.
Alors la lueur se condensa en petit glo bule extraordinairement vif et brillant, se posa un instant sur un lit dans un coin, trembla et s’évanouit. Nous approchâmes du lit et nous l’examinâmes : c’était un petit lit comme on en trouve ordinairement dans les chambres réservées aux domestiques. Sur la commode qui était auprès, nous trouvâmes un vieux couvre-chef de soie fané, avec une aiguille encore piquée dans un trou à moitié réparé. Ce couvre-chef
LA MAISON HANTÉE 73 était couvert de poussière ; probablement avait-il ap partenu à la vieille femme qui était morte dernière ment dans la maison, et ce pouvait avoir été sa chambre à coucher. J’étais assez curieux d’ouvrir la commode : il y avait quelques restes d’une robe de femme, et deux lettres attachées avec un étroit ruban jaune passé. Je pris la liberté de m’emparer des lettres.
Nous ne trouvâmes dans la chambre aucune autre particularité, et la lueur ne reparut plus; mais nous entendîmes distinctement, en nous retournant pour sortir, le bruit léger d’un pas sur le parquet, juste de vant nous. Nous visitâmes les autres chambres des combles (les quatre), toujours précédés du bruit de pas.
J’avais les lettres à la main : tandis que je des cendais l’escalier, je sentis distinctement qu’on me saisissait le poignet, et qu’on faisait un léger et faible effort pour retirer les lettres de ma main. Je les tins seulement d’autant plus serrées, et l’effort cessa. Nous regagnâmes la chambre à coucher qui m’était destinée, et je remarquai alors que mon chien ne nous avait pas suivis, lorsque nous étions sortis.
Il s’était fourré près du feu, tout tremblant. J’étais impatient d’examiner les lettres; et, tandis que je les lisais, mon domestique ouvrit une petite boîte dans laquelle il avait déposé les armes que je lui avais donné ordre d’apporter, les ôta, les plaça sur une table près de mon chevet, puis s’occupa à calmer le chien, qui, ce pendant, semblait fort peu faire attention à lui.
Les lettres étaient courtes, elles étaient datées ; il y avait exactement trente-cinq ans qu’elles avaient été écrites. Elles étaient évidemment d’un amant à sa
L INITIATION 74 maîtresse, ou d'un mari à sa jeune femme. Outre l’em ploi de termes techniques, une allusion distincte à un voyage antérieur indiquaient que l’écrivain avait été un navigateur. L’orthographe et l’écriture étaient celle d’un homme d’une éducation imparfaite, mais cependant le style lui-même était énergique.
Dans les expressions de caresse perçait une sorte’d’amour bru tal et sauvage ; mais çà et là quelques sombres et inin telligibles allusions à un secret non point d’amour — à un secret qui semblait être un crime.
« Nous de vons nous aimer », était une des phrases dont je me souviens, « car combien le reste du monde ne nous éxécrerait-il pas si tout était connu. » Un autre pas sage : « Ne permettez à personne de rester dans la même chambre que vous la nuit — vous parlez pen dant votre sommeil. » Et encore : « Ce qui est fait est fait, et je vous dis que nous n’avons rien à craindre, à moins que les morts ne reviennent à la vie Ici. » ces mots soulignés d’une meilleure écriture (celle d’une femme) :« Ils reviennent! » A la fin de la lettre la der.nière en date, la même main de femme avait écrit ces mots : « Perdu en mer, le 4 juin, le même jour que... ».
Je posai les lettres, et je me mis à méditer sur leur contenu. Craignant, cependant, que la suite de pensées dans lesquelles je m’enfonçais ne vinssent à ébranler mes nerfs, je me déterminai à maintenir complètement mon esprit dans un état propre à lutter contre tout ce que la nuit qui venait pouvait amener de surnaturel. Je me levai, je plaçai les lettres sur la table, je secouai
LA MAISON HANTÉE 7 5 le feu qui était encore brillant et gai et j’ouvris mon volume de Macaulay. Je lus assez tranquillement jus qu’à environ onze heures et demie. Je me jetai alors tout habillé sur mon lit, et je dis à mon domestique qu’il pouvait se retirer dans sa chambre, mais qu’il devait rester éveillé. Je lui ordonnai de laisser ouverte la porte entre nos deux chambres.
Etant ainsi seul, je gardai deux bougies allumées sur la table auprès de mon chevet. Je posai ma montre à côté de mes armes, et tranquillement je repris la lecture de mon Macau lay. En face de moi le feu flambait clair ; et sur le tapis le chien était couché, semblant dormir. Au bout de vingt minutes environ, je sentis un souffle excessivement froid passer près de ma joue, comme un vif courant d’air.
Je pensai que la porte à ma droite, communiquant avec le palier, avait été ou verte; mais non, elle était fermée. Je tournai alors mon regard vers la gauche, etje vis la flamme des bou gies violemment secouée comme par un coup de vent. Au même moment, la montre à côté du revolver doucement glissa de la table — doucement, douce ment — poussée par unemain invisible, et puis elle dis parut.
Je m’élançai, saisissant mon revolver d’une main, mon poignard de l’autre : je n’avais nulle envie de voir mes armes partager le sort de ma montre Ainsi armé, je parcourus du regard le plancher, nulle trace de ma montre. A cet instant, trois coups lents, forts, distincts furent entendus à la tête du lit ; mon domestique demanda : « Est-ce vous, monsieur? » « Non ; soyez sur vos gardes. » Le chien alors se souleva et s’assit sur ses pattes de
■fo l’initiation derrière, remuant vivement ses oreilles en avant et en arrière. Il tenait ses yeux fixés sur moi avec une ex pression si étrange qu’il concentra toute mon atten tion sur lui. Lentement il se leva, hérissant tout son poil, et se tint complètement roide, et avec le même regard sauvage. Je n’eus pourtant pas le temps d’exa miner le chien.
Mon domestique sortait de sa chambre; et, si jamais je vis l’horreur peinte sur une face humaine, ce fut alors. Je ne l’aurais pas reconnu si nous nous étions rencontrés dans la rue, tant était altéré chacun de ses traits. Il passa vivement devant moi, disant dans un murmure qui semblait à peine sortir de ses lèvres : « Fuyez, fuyez ! il vient derrière moi ! » Il gagna la porte du palier, l’ouvrit violem ment et se précipita dehors.
Je le suivis invo lontairement sur le palier, lui criant de s’arrêter; mais, sans m’écouter, il bondit en bas des escaliers, s’accrochant aux barreaux, et sautant plusieurs marches à la fois. J'entendis, tandis que je restais là debout, la porte de la rue s'ouvrir, puis je l’entendis de nouveau se refermer. Je restais seul dans la maison hantée.
Je ne fus qu’un instant dans l’indécision, me deman dant si je devais oui ou non suivre mon domestique; l’orgueil et l’avarice empêchèrent une fuite si lâche. Je rentrai dans ma chambre, je fermai la porte der rière moi, et je m’avançai avec précaution dans la seconde pièce. Je ne trouvai rien qui pût justifier la terreur de mon domestique. J’examinai de nouveau avec soin les murs, pour voir s’il n’y avait pas quelque porte cachée. Je ne vis aucune trace, pas même une
LA MAISON HANTÉE 77 déchirure dans le papier brun sombre qui tapissait la chambre. Alors, comment cette Chose, quelle qu’elle fût, qui l’avait tant effrayé, avait-elle pu passer, si ce n’était par ma propre chambre? Je retournai dans ma chambre, je fermai et ver rouillai la porte donnant sur la pièce que je venais de quitter, et je me tins debout dans l’expectative et pré paré à tout événement.
A ce moment, je m’aperçus que le chien s’était fourré dans un angle du mur et se pressait tout contre, littéralement comme s’ij avait voulu s’y frayer un passage par la force. Je m’approchai de l’animal et je lui parlai : de terreur, la pauvre bête était évidemment hors d’elle-même. Il montrait toutes ses dents, la bave dégouttait de sa mâchoire, et il m’aurait certainement mordu si je l’avais touché. Il ne semblait pas me reconnaître.
Quiconque a vu au jardin zoologique un lapin fas ciné par un serpent, se fera une idée de l’angoisse que le chien exprimait. Voyant que tous mes efforts pour calmer l’animal étaient vains, et craignant que sa morsure en l’état où il se trouvait ne fût aussi veni meuse que dans un accès d’hydrophobie, je le laissai seul, je plaçai mes armes sur la table près du feu, je m’assis, et je repris la lecture de mon Macaulay.
Peut-être me pardonnera-t-on si, pour ne pas pa raître faire croire à un courage ou à un sang-froid que le lecteur peut soupçonner que j’exagère, j’ouvre une parenthèse afin d’y insérer une ou deux remarques personnelles. (A suivre). Bulwer-Lytton.
78 l’initiation O Brahma! c’est toi seul qui d’abord nous fis naître Fantômes fugitifs, reflets, formes, enfin. Tous, nous sommes sortis de ton Sperme divin, O pur Brahma ! Premier Principe, Etre de l’être. O Vischnou! devons-nous, ingrats, te méconnaître, Toi qui calmes la soif et satifais la faim? Jamais ton serviteur ne te supplie en vain, Vischnou ! conservateur des choses, mon bon Maître ! O Siva ! c’est en toi que je mets tout espoir, Doux Libérateur, car, dès que viendra le soir, Tu m’ouvriras l’Asile où s’endort l’existence. Bralimà, Vischnou, Siva. vous ri êtes qu’un seul Dieu, Oui! Brahm; l'indivisible, éternelle Substance, Qui ne saurait avoir de borne et de milieu. Maurice Largeris.
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Quartier Général. — Les séances ettravaux du Groupe sont suspendues jusqu’au mois d’octobre prochain. ETUDE DU SPIRITISME. Groupe n° 4. Les séances sont provisoirement suspendues. A. François. Juin 18g4. Le haut Synode Gnostique s’est solennellement réuni le 10 juillet sous la présidence de sa Grâce le Patriarche, évêque de Montségur. D’importantes résolutions ont été prises touchant la propagande de la T. S. Gnose, dont les succès sont déjà si remarquables. Signalons la publication prochaine des classiques de la Gnose, la mise au jour d’une catéchèse gnostique et la traduction ésotérique de l’Evangile gnostique de SaintJean. Analyse graphologique de la signature de Caserío. Le Figaro publie un bulletin de souscription qui peut être intéressant pour les nombreux, partisans de la gra
8o l’initiation phologie. La signature seule, dans ce bulletin, doit avoir été écrite par Caserio, étant donné les différences notables, d'abord dans l’orthographe du nom de Caserio, ensuite dans l’écriture elle-même, qui existent entre la signature de l’assassin et le reste du bulletin. C’est donc sur cette signature que porteront uniquement nos inves tigations — forcément sommaires, vu le peu de place dont nous disposons.
D’une façon générale, on peut classer les hommes en trois grandes catégories : les instinctifs, les animiques, les intellectuels. La signature de Caserio, sans paraphes, gauchement tracée, indique du premier coup d’œil un instinctif. On peut, en passant, la comparer, pour bien sentir l’oppo sition, à celle du courtier qui dénote un animique, assez ambitieux avec accès d’emballement.
Ce gros point sur l’i, la virgule qui sépare le nom du prénom soulignent encore ce caractère d’instinctif à qui l’on a inculqué l’habitude de l’ordre, au moins apparent.
Les lettres sont bien liées l’une à l’autre dans chaque mot, seul le mot Santo est coupé en deux par la disjonc tion des deux parties de l’n, ce qui indique un esprit déductif comprenant difficilement, puisque instinctif, mais absolument dominé par l’idée une fois comprise et ayant les plus grandes peines à abandonner cette idée.
Le C qui commence le nom revient sur lui-même avant de passer à la lettre suivante, et nous révèle par là la tendance de Caserio à rentrer en lui-même, à méditer longtemps une idée difficilement perçue, à s’absorber enfin dans la poursuite d’un but fixé d’avance. De plus, le premier A et le dernier U sont très bien fermés, ce qui indique la discrétion qu’on rencontre rarement chez ce genre d’instinctifs.
Enfermé, Caserio ne dira que juste ce qu’il veut dire: pour le faire parler, il faudra la présence d’amis, le grand air ou, mieux encore, la contradiction et l’emploi de fausses accusations. Pour se laver d’une accusation qu’il sait fausse, cet homme est capable de donner mille détails qu’il se garderait bien de fournir en d’autres circonstances. La mémoire est remarquable pour les choses vues — mémoire des lieux, mémoire des physionomies, — pour
VARIÉTÉS 81 les idées qui lui semblent logiques, car la logique — comme le montre l’enchaînement des lettres — est tout pour cette nature simple. Un bon sophiste fera de ce garçon un instrument docile, en le conduisant au nom des principes fauxqu’on a fait logiquement acceptercomme des vérités, au moyen des artifices du raisonnement.
L’intelligence est lente à s’éveiller— gaucherie de l’écri ture, — très vive pour certains sujets et nulle pour d’autres; l’imagination est faible. Il y a toutefois un amour profond de l’apostolat—étude du T, — pour les idées qu’on croit vraies et une tendance bien marquée à écraser toute sentimentalité en vue du succès de la théorie dé fendue — pas d’inclinaison de l’écriture.
La volonté est terrible quand elle se manifeste — ainsi que le montre la barre du t, — mais cette manifestation est passagère.
Il faut une force énorme pour mettre un tel être en mouvement; mais, une fois en marche, cette nature va droit au but et, de même que le soldat obéit à une con signe, fût-elle de se faire tuer, Caserio exécutera l’assas sinat commandé, et cela sans la moindre hésitation au moment d’accomplir son acte, car une des qualités do minantes de cette nature basse, c’est le courage physique.
Lesfemmes,l’argent,ont peu d’influence surcethomme, que le sentiment est incapable de toucher et que l’idée est seule capable de fanatiser.
En résumé, la signature publiée indique que Caserio est un instrument et rien qu’un instrument ; c’est loin d’être un emballé comme la plupart des anarchistes connus, c’est au contraire un homme d’une nature froide, n’ayant pas assez d’intelligence pour concevoir un plan, mais ayant toutes les qualités nécessaires pour exécuter.
L’instigateur doit être un homme d’une volonté calme, ennemi de toute sentimentalité et de grande intelligence de tempérament, bilieux-lymphatique, un de ceux qui conçoivent les lâches attentats, mais qui savent prendre leurs précautions pour se garer à temps. On pourrait poursuivre encore cette analyse ; mais nous croyons suffisantes les indications rapides que nous venons de résumer de notre mieux. Papus.
82 L INITIATION L'apparition de Newcastle En tout temps, dans tous les pays, sous toutes les lati tudes, les histoires d’apparitions ont eu des succès de fou rire, les gaiete's du carnaval étaient peu de chose com parées à celles qu’elles provoquaient. On ne rit plus au tant depuis quelques années, pourquoi cela?
Parce que sous le nom d’hallucinations télépathiques, étiquette très savante, on étudie soigneusement les faits d’appari tions, et on commence à s’apercevoir que dans ces his toires qui donnaient lieu à des débauches de gaieté il pourrait bien y avoir un certain fonds de vérité, d’autant plus que la plupart sont racontées, non plus par de simples villageois ou par des gens du petit peuple, mais bien par des personnes sérieuses occupant un eartain rang dans la société.
Des officiers supérieurs de l’armée et de la marine, même des généraux et des amiraux, des savants, des lettrés, des industriels de toutes sortes, des personnages politiques, en général peu crédules, n’hé sitent pas à raconter et même à publier des faits extraor dinaires dont ils affirment avoir été témoins. Laissant de côté les préjugés mondains et le respect humain, ils s'ex priment avec conviction.
J’ai puisé dans Banner of Light, une histoire très impressionnante que j’ai traduite e: que je m’empresse de communiquer aux nombreux lecteurs de V Initiation. Elle est très courte et a pour principal héros un photographe de Newcastle.
Ce photographe, qui habite la ville de Newcastle, avait fait le portrait d’un de ses concitoyens, M. Thompson, et, comme il savait que son client était en voyage, il ne se pressa pas d’en faire les copies qu’il s’était engagé à lui porter à son domicile. Mais voilà qu’un jour M. Thompson se présenta chez le photographe et lui reprocha avec vivacité sa négligence.
Le photographe s'excusa, et, pour l’apaiser, il lui offrit de lui envoyer sur-le-champ ses copies. M. Thompson n’eut pas l’air d’ajouter grande foi aux raisons qu’il lui donna et se retira assez mécontent. Le photographe se mit cependant de suite à l’œuvre et, en tirant une copie,
MAGNÉTISME 83 l’épreuve négative lui échappa des mains, tomba à terre et fut mise en morceaux. Il s’empressa alors d’écrire une lettre à M. Thompson pour l’informer de l’accident qu venait de lui arriver. Le matin suivant, le photographe reçut la visite d’un homme âgé qui lui annonça que M. Thompson était mort la veille au soir.
Il ne pouvait comprendre comment M. Thompson avait pu se présen ter chez le photographe alors qu’il rendait le dernier soupir dans une résidence située à plusieurs lieues de Newcastle. Cette histoire d’apparition me semble tout à fait sai sissante et l’on peut dire d’elle : Se non èvera èben trovata.
Mais j’incline à la croire vraie; elle est courte, c’est un argument en sa faveur, et de plus elle est racontée simple ment, ce qui donne à penser que le photographe expose les faits dans toute leur simplicité, je dirai même dans toute leur nudité. Il rapporte ce qu’il a vu, bien vu, véri tablement vu. Horace Pelletier, Correspondant du Groupe Indépendant d’Études ésotériques.
SES ÉTATS PROFONDS Cher Maître, Voici en résumé le résultat de notre dernière séance avec M11» M. Joffrin, et ce curieux retour au point de départ qui n’a pas encore été étudié. Après avoir fait passer Marguerite par les trois phases, nous voulûmes, vous le savez, étudier sur elle les états profonds de Rochas. Inutile, cher maître, de vous décrire les différents phé nomènes des premières phrases, que vous avez toutes expérimentées.
84 l’initiation Après le somnambulisme ordinaire : S Léthargie y Catalepsie , Extériorisation, etc.. Etat de rapport j Léthargie Catalepsie Svmpathieau con tact ¡ Léthargie Catalepsie Lucidité J’avais poussé le sujet en vue de la lucidité, c’est-àdire en ne magnétisant que la tête, mais en prolongeant les passes le long du bras afin d’offrir un dégagement et éviter l’étouffement que j’avais eu dans ma séance pré cédente.
Soit influence de temps, soit indisposition du sujet, je n’ai pu obtenir la lucidité complète et telle que je l’aurais désirée. La vision des organes intérieurs fut assez nette, elle les décrivit avec leurs formes et couleurs. Je lui mis entre les mains un verre (cristal) plein d’eau et lui commandai de regarder attentivement le centre — elle me dit voir une tète d’homme.
J’essayai alors de la faire voyager dans l’espace, elle suivit bien la direction que je lui donnai, mais elle vit trouble. Après cet état de lucidité, elle passe par : Léthargie Catalepsie Léthargie Somnambulisme Léthargie Catalepsie Léthargie Somnanbulisme 4 J’ignore les traits caractéristi ques de ces deux états. 5 ¡ Léthargie Catalepsie Sympathie
BIBLIOGRAPHIE 85 Arrive alors un état de sympathie (6) bien plus violent que le premier. Le sujet éprouve une grande admiration pour son magnétiseur, qu’ilne veut plus quitter des yeux, quoi que l'on fasse pour détourner son attention.
9 ou i Léthargie Catalepsie Somnambulisme Léthargie Catalepsie Somnambulisme Léthargie Catalepsie Somnambulisme 7 8 Puis viennent ces deux séries où trop inexpérimenté encore, je n’ai pu rien provoquer de nou veau. Le sujet semble se dégager len tement. i° Sommeil. Le sujet est revenu à son point de départ; il est bien plus gai et éveillé que dans les états profonds; tout le monde peut lui parler et sa sensibilité n’est plus extériorisée.
La suggestion mentale réussit très bien. Si l’on con tinue encore les passes, le cercle recommence : état de rapport, etc... Vous voudrez bien excuser, cher maître, les erreurs qui pourront se trouver en cette lettre, mais vous serez indulgent, connaissant le peu d’expérience qui compose notre bagage de magnétiseurs. Très cordialement, vos tout dévoués. Raoul de Re^iy et J. Villepreux.
L’Intermède lyrique de Heise, traduction poétique de J. deTallenày suivi de Premières Rimes. Paris, 1894, in-18. Ollendorf, 3 fr. 5o. Je me souviens d’avoir ici même, il y a deux ou trois
86 l'initiation ans, présenté aux lecteurs de '-'Initiation la première œuvre de J. de Tallenay : l’Invisible. Je n’osais alors avouer le peu d’espérance que ce roman me donnait pour l’avenir littéraire de l’auteur. Combien je suis heu reux aujourd’hui, de reconnaître comme je m’étais trompé. En République était déjà un pas décisif fait vers la maturité de l’expression : l’idée était restée haute et spiritualiste comme avant.
Mais voici qu’une transfor mation totale s’est accomplie ! Sous l’influence de quel charme, un biographe indiscret le dira peut-être quelque jour, à moins que quelques pièces des Premières Poésies telles que le Nuage et Chant de reconnaissance ne guident dans ses suppositions le critique fureteur.
Quoi qu’il en soit, nous public n’avons qu’à nous féliciter de cette transformation; nous pouvons aujourd’hui admirer un côté inattendu de ce talent que l’avenir semble devoir compléter d’une sorte magistrale. Tous les lettrés connaissent Vlnterme^o, ce mièvre chemin de croix d’un cœur amoureux, mais dont la dé licatesse atteint presque toujours l’intensité.
En savou rer toutes les grâces dans son texte original- est malheu reusement un plaisir réservé à bien peu de Français. La langue en est simple cependant, et les mots peu recher chés ; mais le tour du style et le mètre du vers sont d’une intraduisible expressivité.
Cependant la présente traduction a surmonté d’une façon merveilleuse ses obstacles si multipliés : pour les rares dilettantes qui assentent tout le frajs parfum d’amour mystérieux qu’émane ¡.'Intermezzo allemand, l’illusion est complète. Par quels artifices est obtenue cette copie aux allures d’original ?
Il serait bien malaisé de le dire ; des rythmes analogues traduisent l’harmonie générale de la pièce, tandis que tous ces qualificatifs rendus par leur strict équivalent français conservent la couleur même du lied. Voyez ce douloureux petit poème : J’ai rêvé d’une princesse Au front pâle et soucieux : Sous un arbre avec tristesse Nous étions assis tous deux.
BIBLIOGRAPHIE 87 Je lui dis : « Je n’ai que faire Du trône du roi ton père, De son sceptre, de son manteau, Je ne veux que ton anneau ! » « Il n’est plus à moi, dit-elle, Car je suis morte en te quittant ; Mais, la nuit, je me fais belle, Parce que .je t’aime tant, » Et encore : Tu ne m’aimes pas ? Que m'importe ! Je ne réclame point ta loi ! Rien qu’à te voir je me conforte Et me sens plus heureux qu’un roi !
« Je te hais ! dit ta belle bouche, Et tu ne saurais m’apaiser. » Enfant, que mon amour te touche... Je ne demande qu’un baiser !... Tel est bien le cœur allemand et ses amours lunaires ; ce composé délicat de désirs sensuels et mystiques, tout cet ensemble d’aspirations languissantes, secrètes, ardentes, que traduit là-bas le verbe sehnen et pour lequel la claire langue de France n’a point d’équivalent.
La parfaite adaptation que nous avons sous les yeux n’est point le résultat d’un patient et froid travail de lettré ; elle est l’œuvre d’une compréhension vaste, sincère, d’un amour profond pour son modèle.
L’auteur a su détruire ou tout au moins harmoniser ces tendances purement intellectuelles que ses précédentes œuvres accusaient avec tant de hauteur ; et, puisque nous sommes ainsi faits que l’écrivain nous intéresse au moins autant que son œuvre, je rechercherai la spychologie de cette transformation.
Les Premières Poésies nous décèlent une admiration et une adoration profonde de la Nature, au sens ésotérique du mot : .... l’émotion bénie Qu’éveille dans mon sein la nature infinie, Le parfum des forêts, le calme du matin, La vapeur suspendue à l’horizon lointain. Et les frémissements, le bruit sourd, le murmure, Que la vie en travail répand sous la ramure !
88 l’initiation .... ces élans puissants Qui rayonnent sur toute chose. Depuis l’humble petite rose Jusqu’aux soleils resplendissants La colossale symphonie Des univers planant au Ciel, J'en ai senti, à ton appel, Vibrer l’éternelle harmonie. Ainsi ma tendresse'profonde Monte toujours, toujours plus haut, Et de nion cœur où elle éclot S'élève et plane sur le monde.
On pourra trouver que je cite beaucoup : c’est avec intention que je le fais : jamais la glose ne vaudra le texte, jamais le critique ne vous fera vibrer mieux que l’œuvre elle-même. — Tel est donc le principal ressort de notre poète.
Cet universel amour des êtres et des choses, cette faculté mystique de compréhension, ce don divin de compassion, marque distinctive des élus, nous sommes heureux d’en avoir trouvé un grand et noble interprète en J. de Tallenay. Sedir. ★ ¥ ¥ La Maison hantée, par Sir Bulwer Lytton, trad, René Philipon. i vol in-8° carré chez Chamuel, éditeur, 29, rue de Trévise. La Maison hantée de .
Sir Bulwer Lytton est une des originales et saisissantes compositions de l’auteur : très versé dans les sciences secrètes, divulgateur des luttes de l’astral, il en a délicatement fait entrevoir les terreurs, les contrées désolées, les peuples gigantesques ou frêles dans ces pages si impassibles et scientifiques, semblet-il. Un souffle y passe parfois qui glace le lecteur d’un désarroi mental, d’une senteur inhumaine de l'au delà. Il n’y faut chercher aucune thèse métaphysique ; mais aux jours de spleen se laisser étreindre par les replis
BIBLIOGRAPHIE 89 d’une frayeur qui se resserre lentement, sournoisemen1et vous regarde tout à coup avec les yeux de la mort, c’est là une recherche d’impression qui doit tenter les si nombreux curieux de sensations intenses.
A part ces frissons, on ne sort de cette lecture ni meilleur ni pire : peut-être, quelques-uns y entendront-ils l’appel qui pour d’autres sonna chez les Huysmans, les Poe, les Beaudelaire vers la chevauche'e du lendemain : pour ceux-là la Maison hantée sera d’une providentielle lecture, et cela suffit : mais, comme à toutes ces œuvres à double portée, d’une incertaine sincérité, des esprits, malheu reusement, pourront se dévoyer.
Quand à la traduction que nous en donne aujourd’hui M. René Philipon, ces restrictions relatives à l’œuvre seule, ne s’appliquent nullement. C’est une traduction consciencieuse, respectueuse du style et-des habiletés de l’Auteur, on ne saurait rien souhaiter de plus parfait comme conservation du coloris et du mouvement ori ginal. Nous espérons que son élégante plaquette sera lue et appréciée comme elle le mérite.
Marc Haven. * » Les Femmmes dans la science, conférence par M. Re bière. — Les femmes qui s’adonnent à la littérature ou aux arts ne manquent pas, hélas ! (ou Dieu merci !) ; celles qui s’occupent de science pure sont plus rares, et là, très sincèrement, nous le regretterons, d’accord en ceci avec une des femmes les plus savantes qu’on puisse citer, Mme Sophie Kowalewska qui écrivait à une amie : « Souvent on confond les mathématiques avec l’arithmé tique, et on les considère comme une science sèche et aride.
En réalité, les mathématiques exigent beaucoup d’imagination, et l’un des plus grands mathématiciens de notre siècle a pu dire avec raison qu’il est impossible d’être bon mathématicien, si en même temps l’on n’est pas un peu poète. « Il est vrai que pour comprendre la justesse de cette affirmation, il faut renoncer au vieux préjugé qui voit dans l’imagination et la fiction une seule et même chose,
l’initiation 90 et qui veut que le poète ne chante que ce qui n’existe pas. Il me semble que le poète doit seulement voir ce que les autres ne discernent pas, son regard doit pénétrer plus profondément, et il en est de même pour le mathé maticien. » Cette assertion est confirmée par la manière de voir de C.
Flammarion, ce poète-astronome, par celle du grand physicien anglais Tyndall qui proclame la science mo derne plus merveilleuse mille fois que les contes arabes, ou les histoires de fées. On n’est réellement poète, on n’est réellement savant, que par l’intuition, cette qualité essentiellement féminine; la logique froide et le stérile bon sens suffisent aux simples érudits.
La brochure de M. Rebière développe cette thèse d’une façon fort intéressante et raconte la biographie d’Hypatie, d’Agnesi, de MM““ du Châtelet, Sommerville, Saint-Germain et Kowalewska. Henri Mazel : Saint-Antoine affirme. Une plaquette de luxe, chez Edmond Girard. Voici onze affirmations que le très distingué directeur de {’Ermitage publia dnns sa revue, sous le patronnage du grand Saint.
C’est le manifeste d’une série de réformes artistiques à instaurer ; le principe en est de rendre l’art libre de tout enrôlement, de toute dépendance gouverne mentale. En effet, que produisent les institutions offi cielles, théâtres subventionnés et écoles d’art, à côté du succès des expositions particulières, des théâtres et des concerts libres?
Et puis notons surtout cette magnifique conception d’une ville sainte d’art en France, conception qui hante depuis quelque temps les cerveaux de proje teurs avancés : réunir en un seul lieu ce que l’art antique et l’art moderne ont de plus sublime : « pendant un mois les jours s’écrouleront en fêtes de toutes les joies, depuis les processions religieuses jusqu’aux danses des balle rines ; les grands tragiques grecs sonneront au théâtre antique, et dans un autre cirque couvert, les plus grandes œuvres de nos très contemporains; en outre, il y aura
BIBLIOGRAPHIE 91 d’autres théâtres pour les chefs-d’œuvre de Shakes peare, de Calderon, de Racine, d’immenses halls élec triques pour les opéras, les féeries et les ballets d’art, des chambres closes pour les drames de Maeterlinck, des .nefs d’harmonie pour les grands concerts, des salons pour les causeries et les livres... » Ne serait-ce que pour ce rêve délicieux, Saint-Antoine mérite les plus hauts éloges et le plus grand succès, qu’en ermite sincère, il n’ambitionne d’ailleurs pas.
Sedir. * Les Secrets des Pyramides de Memphis, par L. Mayou. — Voici un livre intéressant à plus d’un titre. La pensée maîtresse en est fort originale, ce qui est rare; « Le Nil coulait autrefois dans le Sahara, et les Egyptiens l’ont accaparé en pratiquant une brèche dans une digue natu relle qui le retenait, et dont les débris existent encore du côté de Karthamn.
Pour rendre au Sahara, l’ancien Eden, sa fertilité première, il suffirait de boucher cette brèche. » M. Mayou explique la chose : par certaines inscriptions égyptiennes, par la Bible, par la grande Pyramide et le Sphinx et par l’étude géologique du Sahara.
On voit d’ici la portée historique immense qu’au rait cette thèse, si elle était reconnue irréfutable: Les anciens habitants du Sahara auraient été les Atlantes dont la puissance se serait étendue depuis la mer Rouge jusqu’aux Canaries alors reliées au continent ; une colonie Aryenne les aurait dépossédées et serait devenue la nation égyptienne héritière des civilisations de l’Inde alors florissante et de l’Atlantique à son déclin.
Par malheur, M. Mayou, un courageux indépendant, s’appuie sur des interprétations au moins douteuses. Voyons les principales.
Én réponse à un article assez quelconque, d’ailleurs, d’un certain M. Maspéro qui, parait-il, est professeur au collège de France (dignus est), M. Mayou dit: « On ne peut pas traduire des hiéroglyphes idéographes, on ne peut que les interpréter; l’idéographie égyptienne est une écriture symbolique dont les signes représentent
l’initiation 92 des faits, des actes, des formules qui ne peuvent se tra duire en adoptant à chaque signe un mot copte, mais seulement s’interpre'ter quand on a trouvé la clef des hiéroglyphes dont on veut faire l’examen. » — Nous ne nions pas la justesse de cette manière de voir, mais elle, est beaucoup trop exclusive ; que, symboliquement, les lettres égyptiennes aient représenté des faits, des for mules, etc., celaestfort probable ; mais à un degré.plus élevé, elles signifient aussi des idées, ainsi que l’enseigne Fabre d’Olivet, dont M. Mayou se recommande; et à un degré moindre, elles représentent, tout comme les carac tères de nos alphabets modernes, des sons dont l'assem blage constitue des mots.
Les Egyptiens avaient un lan gage et, ce langage, ils le parlaient et l’écrivaient; et il ne semble pas improbable, au contraire, qu’au degré de civilisation qu’ils avaient atteint, le peuple tout entier n’ait connu la lecture et l’écriture par le moyen de l’al phabet démotique qui n’est autre que l’alphabet hiéro glyphique avec des formes simplifiées ; maintenant, il est également vraisemblable que le sens symbolique de ces idéogrammes n’était connu que des gens s’élevant audessus du commun par leur éducation et leur instruc tion, et que le sens sacré n’était accessible qu’aux plus hauts initiés.
Moïse connaissait et employait ces trois sens, dit M. Mayou : nous sommes d’accord cur ce point. Mais là où nous différons, c’est dans l’interprétation de la Genèse: le fruit défendu est bien plus que la brèche à ouvrir dans la montagne qui retenait le Nil (le coup de dent à la pomme présentée par le serpent tentateur !) ; le Nil n’est pas le serpent; les six jours de la création ne sont pas les six cataractes du Nil.
Cette interpréta tion de M. Mayou nous semble exagérément matéria liste dans son exclusivisme.
Ce qui est vrai, c’est que la Bible comme tous les autres livres sacrés contient l’his toire de l’Univers entier et non pas seulement du petit monde égyptien et que, comme les lois de l’Univers sont éternelles et trouvent partout leur application, il est cer tain qu'on peut interpréter, plus ou moins exactement, la Genèse comme l’histoire de la création d’un monde, ou d’un peuple, ou d’un homme, ou d’une plante. Mais
BBLIOGRAPHIE 93 jamais, au grand jamais, il ne pourra paraître vraisem blable que la création a eu lieu après le péché, comme le dit expressément M. Mayou, sans doute, par un lapsus. Qu’on nous pardonne ces critiques ; nous ne les au rions pas faites si l’ouvrage ne nous avait paru très inté ressant.
Ce ne sont pas les seules, peut-être, qui soient possibles ; mais nous n’avons voulu essayer que celles qui ne dépassent pas trop notre compétence. M. E. Lapierre, le très savant auteur de la Revue Etymologique, ou M. A. Le Daim, seront beaucoup mieux que nous à même de discuter avec M. Mayou, dont nous ne pou vons, pour le reste, qu’admirer la science et l’ingénio sité. M. Decrespe. * X * Socialisme pratique, par P. Verdad (Lessard).
La loi de l’Evolution veut que toutes chose, les hommes comme les sociétés, progressent en spirale; c’est-à-dire qu’après s’être, plus ou moins, éloignés de leur point de départ, elles y reviennent et recommencent le mouvementaccompli, mais cette fois sur un plan supé rieur et en ajoutant aux nouveaux efforts tout le gain de ceux déjà réalisés.
C’est cette loi que proclame M. Lessard; aux maux cruels qui accompagnent les bienfaits de notre civilisation moderne, et ne voit qu’un remède, le retour à la terre, c’est-à-dire le droit, pour chacun, de posséder une étendue de terrain dont la cul ture obligatoire le fera vivre, lui et sa famille; c’est, en somme, le droit à la propriété, au capital, et le devoir du travail. Ce droit et ce devoir, M.
Lessard les envisage dans toutes leurs conséquences : par rapport à l’Etat qui ne percevrait, pour tout impôt, qu’un droit proportion nel sur les héritages et qui veillerait à ce que chaque citoyen soit propriétaire ; à la famille, qui doit être fondée exclusivement sur l’amour et non sur l’intérêt; au prolé tariat et à l’aristocratie qui ne doivent pas se combattre, mais s’unir et disparaître l’une dans l’autre.
Ce livre est fort bien fait, fort bien pensé, surtout, et mérite d’être lu avec le plus grand soin. Nous lui reprocherions seule ment de ne pas tenir suffisamment compte de l’indusl’initiation 96 ciples. Quel est celui d’entre nous, ses admirateurs, qui dans la carrière a couru sans dévier, sans faiblir, un laps de temps égal à celui-là? Quel est celui qui s’approcha plus près de la borne de Victoire ?
Et, s’il est tombé en la touchant presque, n’attristons pas de querelles impor tunes la rigueur du destin, glorifions celui qui fut un maître avant le temps, évoquons, pour célébrer digne ment sa mémoire, pour perpétuer l’Art derrière lequel sa personnalité s’est toujours effacée, ceux qui seront demain ses fils selon l’esprit. omnia nobis !
Marc Haven. ★ ¥ ¥ M. L’Ecole sociétaire Fouriériste vient de faire une perte irréparable en la personne de Monsieur Hippolyte DESTREM l’un de ses membres les plus fervents et les plus dé voués. Les obsèques ont eu lieu lundi 2 juillet à 10 heures précises. On s’est réuni au domicile mortuaire, 09, rue de Châteaudun. Pour l'Ecole MM. Barat, Dalias, Alhaiza, Chesneau ; Mmes Griess-Traut, Fumet, Petti, Marston.
P.-S. — Les disciples et adhérents de l’Ecole Socié taire ont été priés de se munir d’une immortelle blanche comme emblème de l’Unitéisme. Le Gérant : Encausse. TOURS, ---- IMP. E.
ARRAULT ET c", HUE DE LA PRÉFECTURE, 6. BBLIOGRAPHIE 93 jamais, au grand jamais, il ne pourra paraître vraisem blable que la création a eu lieu après le péché, comme le dit expressément M. Mayou, sans doute, par un lapsus. Qu’on nous pardonne ces critiques ; nous ne les au rions pas faites si l’ouvrage ne nous avait paru très inté ressant.
Ce ne sont pas les seules, peut-être, qui soient possibles ; mais nous n’avons voulu essayer que celles qui ne dépassent pas trop notre compétence. M. E. Lapierre, le très savant auteur de la Revue Etymologique, ou M. A. Le Daim, seront beaucoup mieux que nous à même de discuter avec M. Mayou, dont nous ne pou vons, pour le reste, qu’admirer la science et l’ingénio sité. M. Decrespe. * X ¥ Socialisme pratique, par P. Verdad (Lessard).
La loi de l’Evolution veut que toutes chose, les hommes comme les sociétés, progressent en spirale; c’est-à-dire qu’après s’être, plus ou moins, éloignés de leur point de départ, elles y reviennent et recommencent le mouvementaccompli, mais cette fois sur un plan supé rieur et en ajoutant aux nouveaux efforts tout le gain de ceux déjà réalisés.
C’est cette loi que proclame M. Lessard; aux maux cruels qui accompagnent les bienfaits de notre civilisation moderne, et ne voit qu’un remède, le retour à la terre, c’est-à-dire le droit, pour chacun, de posséder une étendue de terrain dont la cul ture obligatoire le fera vivre, lui et sa famille; c’est, en somme, le droit à la propriété, au capital, et le devoir du travail. Ce droit et ce devoir, M.
Lessard les envisage dans toutes leurs conséquences : par rapport à l’Etat qui ne percevrait, pour tout impôt, qu’un droit proportion nel sur les héritages et qui veillerait à ce que chaque citoyen soit propriétaire ; à la famille, qui doit être fondée exclusivement sur l’amour et non sur l’intérêt; au prolé tariat et à l’aristocratie qui ne doivent pas se combattre, mais s’unir et disparaître l'une dans l’autre.
Ce livre est fort bien fait, fort bien pensé, surtout, et mérite d’être lu avec le plus grand soin. Nous lui reprocherions seule ment de ne pas tenir suffisamment compte de l’indusg6 l’initiation ciples. Quel est celui d’entre nous, ses admirateurs, qui dans la carrière a couru sans dévier, sans faiblir, un laps de temps égal à celui-là? Quel est celui qui s’approcha plus près de la borne de Victoire ?
Et, s’il est tombé en la touchant presque, n’attristons pas de querelles impor tunes la rigueur du destin, glorifions celui qui fut un maître avant le temps, évoquons, pour célébrer digne ment sa mémoire, pour perpétuer l’Art derrière lequel sa personnalité s'est toujours effacée, ceux qui seront demain ses fils selon l’esprit. HTOffl omnia nobis !
Marc Haven. ★ ¥ ¥ M. L’Ecole sociétaire Fouriériste vient de faire une perte irréparable en la personne de Monsieur Hippolyte DESTREM l’un de ses membres les plus fervents et les plus dé voues. Les obsèques ont eu lieu lundi 2 juillet à 10 heures précises. On s’est réuni au domicile mortuaire, 3g, rue de Châteaudun. Pour l'Ecole MM. Barat, Dalias, Alhaiza, Chesneau ; Mmes Griess-Traut, Fumet, Petti, Marston.
P.-S. — Les disciples et adhérents de l’Ecole Socié taire ont été priés de se munir d’une immortelle blanche comme emblème de YUnitéisme. Le Gérant : Encausse. tours. UIP. E.
ARRAULT ET c”, RUE DE LA PRÉFECTURE, 6. l’initiation 96 ciples. Quel est celui d’entre nous, ses admirateurs, qui dans la carrière a couru sans dévier, sans faiblir, un laps de temps égal à celui-là? Quel est celui qui s’approcha plus près de la borne de Victoire ? Et, s’il est tombé en la touchant presque, n’attristons pas de querelles impor tunes la rigueur du destin, glorifions celui qui fut un maître avant le temps, évoquons, pour célébrer digne ment sa mémoire, pour perpétuer l’Art derrière lequel sa personnalité s’est toujours effacée, ceux qui seront demain ses fils selon l’esprit. HTù’m omnia nobis ! Marc Haven. * ¥ ¥ M. L’École sociétaire Fouriériste vient de faire une perte irréparable en la personne de Monsieur Hippolyte DESTREM l’un de ses membres les plus fervents et les plus dé voués. Les obsèques ont eu lieu lundi 2 juillet à 10 heures précises. On s’est réuni au domicile mortuaire, 3g, rue de Châteaudun. Pour l’Ecole MM. Barat, Dalias, Alhaiza, Chesneau ; Mmes Griess-Traut, Fumet, Petti, Marston. P.-S. — Les disciples et adhérents de l’Ecole Socié taire ont été priés de se munir d’une immortelle blanche comme emblème de l’Unitéisme. Le Gérant : Encausse. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET G", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
NÉCROLOGIE 9* publication de son Encyclopédie alchimique en faisant connaître Nicolas Flamel, Roger Bacon, Jean Dée (cette dernière étude parue dans l’Initiation sous son pseudo nyme habituel des Philophotes. Initié au martinisme en 1890, membre du Suprême Conseil en 1892, Dr en kabbale et membre de la R. C. K. en 1893, initié à la mac.'. en 1894, il interrompt brus quement ses travaux, forcé d’accomplir une année de service militaire.
Douloureusement affecté par cette vie inintelligente, surmené pendant les manœuvres, il con tracte à son retour une fièvre typhoïde sur laquelle vient se greffer une tuberculose laryngée et pulmonaire dont il meurt aujourd’hui (27 juin 1894) après une dernière année de travail obstiné et de lutte contre la'souffrance. Albert Poisson, que nous venons de perdre, fut une étrange et belle figure en nos tristes jours monotones.
Il est passé : rien ne saurait effacer son souvenir; ni le temps en dehors duquel il a œuvré, vivant en les seules relations des Arnaud de Villeneuve, des Fludd, des Paracelse; ni les gens, qu’il ignorait ; ni les événements qu’il dominait de son infrangible volonté. Fut-il l’incar nation nouvelle de quelque adepte du moyen âge, témoin suscité pour indiquer une route nouvelle?
Qui nous empêche de faire ce rêve, que Papus a rappelé, que luimême se plaisait à songer? Il est passé; son œuvre, du monde officiel au monde ignoré des chercheurs indivi duels a remué des esprits, ému des incertitudes, éveillé des hypothèses.
Il voulait écrire davantage, dresser aux ancêtres alchimistes le monument historique qui leur était dû, montrer, des origines aux temps modernes, à travers les siècles les traditions anciennes, les adapta tions nouvelles, glorifier le labeur silencieux des adeptes : cette épopée immense devait se dérouler en dix-sept vo lumes... Le destin, au qùatrième ouvrage, lui a fermé la bouche.
Mais l’œuvre qu’il a conçue dans son en semble et suffisamment indiquée a cependant eu toute son action : des disciples se sont formés à l’exemple de son énergie, de sa patience, de sa sincérité; celui qui, à l’âge de quinze ans, à l’àge où d’autres sont encore des enfants, marchait déjà vers un but librement élu, celuilà, mourant à vingt-cinq ans, a le droit de laisser des disl’initiation 94 trie, du commerce et de l’art; car enfin, que deviendraient les agriculteurs s’ils étaient seuls et si les ouvriers ne faisaient pas valoir leurs produits, si les commerçants ne les échangeaient pas contre d’autres qui leur manquent, si les artistes ne les encourageaient pas dans leur labeur matériel par l’enseignement de l’idéal ?
Et puis, peut-on exiger que les ouvriers, les commerçants et les artistes se livrent aux travaux des champs? Les hommes ont rares qui, comme Tolstoï, manient aussi bien la charrue que la plume. ' M. Decrespe. * G. Hoffmann et L. Pacini. — Alcune sedute Psichische del.prof. Ch. Richet. Rome, 1894 in-8, 1 fr. 5e.
Excellente et très instructive brochure de notre Délé gué général pour l’Italie, donnant le compte rendu dé taillé des expériences du directeur de la Revue scienti fique avec Eusapia. On trouvera à la fin de cet ouvrage deux planches photogravéesd’écriture médianimique. S. NÉCROLOGIE Fratri alchemistæ.
Albert Poisson, né en 186g, commença, après une très sérieuse culture générale, à étudier l’alchi mie en 1888 : un livre, acheté par hasard, éveilla son esprit. Etudiant en médecine en 1888, il entre immédia tement au laboratoire du P. Gautier où ses recherches et son zèle le font bientôt remarquer.
BBLIOGRAPHIE 93 jamais, au grand jamais, il ne pourra paraître vraisem blable que la création a eu lieu après le péché, comme le dit expressément M. Mayou, sans doute, par un lapsus. Qii’on nous pardonne ces critiques ; nous ne les au rions pas faites si l’ouvrage ne nous avait paru très inté ressant.
Ce ne sont pas les seules, peut-être, qui soient possibles ; mais nous n’avons voulu essayer que celles qui ne dépassent pas trop notre compétence. M. E. Lapierre, le très savant auteur de la Revue Etymologique, ou M. A. Le Daim, seront beaucoup mieux que nous à même de discuter avec M. Mayou, dont nous ne pou vons, pour le reste, qu’admirer la science et l’ingénio sité. M. Decrespe. * » ¥ Socialisme pratique, par P. Verdad (Lessard).
La loi de l’Evolution veut que toutes chose, les hommes comme les sociétés, progressent en spirale; c’est-à-dire qu’après s’être, plus ou moins, éloignés de leur point de départ, elles y reviennent et recommencent le mouvementaccompli, mais cette fois sur un plan supé rieur et en ajoutant aux nouveaux efforts tout le gain de ceux déjà réalisés.
C’est cette loi que proclame M. Lessard; aux maux cruels qui accompagnent les bienfaits de notre civilisation moderne, et ne voit qu’un remède, le retour à la terre, c’est-à-dire le droit, pour chacun, de posséder une étendue de terrain dont la cul ture obligatoire le fera vivre, lui et sa famille; c’est, en somme, le droit à la propriété, au capital, et le devoir du travail.
Ce droit et ce devoir, M. Lessard les envisage dans toutes leurs conséquences : par rapport à l’Etat qui ne percevrait, pour tout impôt, qu’un droit proportion nel sur les héritages et qui veillerait à ce que chaque citoyen soit propriétaire ; à la famille, qui doit être fondée exclusivement sur l’amour et non sur l’intérêt; au prolé tariat et à l’aristocratie qui ne doivent pas se combattre, mais s’unir et disparaître l’une dans l’autre.
Ce livre est fort bien fait, fort bien pensé, surtout, et mérite d’être lu avec le plus grand soin. Nous lui reprocherions seule ment de ne pas tenir suffisamment compte de l'indusVIENT DE PARAITRE L'Anatomie Philosophique ET SES DIVISIONS SUIVI d’une analyse détaillée de LA MATHÈSE DE MALFATTI DE MONTEREGGIO PAR G.
ENCAUSSE — PAPUS DOCTEUR EN MÉDECINE DE LA FACULTÉ DE PARIS Ancien externe des Hôpitaux et du Bureau central Médaille de bronze de l'Assistance publique Ex-chef du laboratoire d'tiypnothérapie du Dr l.uys à l’hôpital de la Charité Ancien professeur, médaille de bronze et médaille d'argent de l'Union française de la Jeunesse Officier d’Académie — Officier de l’ordre impérial, du Medjidié Chevalier de l’ordre militaire et royal du Christ, de l'ordre de Bolivar, etc., etc. Ouvrage orné de 12 tableaux Prix : 4 fr. PARIS GHAMUEL, EDITEUR 29, rue de Trévise, 29 1894
VIENT DE PARAITRE L’Almanach du Magiste I e ANNÉE MARS 1894-MARS 1895 CONTENANT : L’AGENDA MAGIQUE POUR TOUS LES JOURS DE L’ANNÉE Les Jugements Astrologiques des sept planètes. La liste des Herbes, des Pierres et des Correspondances magiques. Le Jugement des Songes d'après le cours de la Lune. UN RÉSUMÉ DE MAGIE CERÉMONIELLE L’HYPNOTISME PRATIQUE EN QUATRE LEÇONS. Le Miroir magique. — Les expériences d’Eliphas Levi. Les 22 axiomes magiques. LE RÉSUMÉ DE LA DOCTRINE DE L’OCCULTISME SUR L’AME ET SON ÉVOLUTION. Des extraits et des citations des principaux occultistes. L’Histoire du Mouvement spiritualiste dans ces dernières années, et la liste des Fraternités Initiatiques. Orné de gravures et des portraits de L.-C. de Saint-Martin, Fabre d’Olivet, Wronski, Eliphas Levi, Louis Lucas, Eugène Nus, Fauvety, Camille Flammarion. PUBLIÉ par un Groupe d’Occultistes sous la direction de P AP US Président du Groupe indépendant d'Etudes Esotériques. Prix : s. francs PARIS CHÀMUEL, Editeur 29, rue de Trévise, 29 ’ ^94 (Tous droits expressément réservés).
L’Initiation du i5 Juillet 1894 VIENT DE PARAITRE LA MAISON HANTEE Par BULWER-LYTTON Première Traduction française par Jean T ABRI S Tirage de grand luxe sur beau papier, à très peu d’exemplaires. Prix : 2 fr, CHAMUEL, ÉDITEUR VIENT DE PARAITRE George MONTIÈRE SARAH KEMMY Un beau volume in-18. — Prix, . . 5 fr. 50 CHAMUEL, ÉDITEUR 29, RUE DE TrÉVISE, PARIS (Compte rendu prochainement)
L’INITIATI.ON T“TS) DIRECTION 14, rue de Strasbourg, 14 PARIS Directeur : F’ÆF’US O, 0 ►!< Docteur en médecine, docteur en kabbale Directeur-adjoint : Lucien MAUCHEL Rédactèur en chef : F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : J. LEJAY— PAULSÉDIR ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMERO G. CA.RRÉ 3, rue Racine, 3 PARIS FRANCE, un an. io fr. ÉTRANGER, — 12 fr.
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