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Xj . Initiation Revue philosophique indépendante des Hautes Études Hypnotisme, Force psychique Theosophie, Kabbale Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes 2 3e VOLUME. — 7me ANNÉE SOMMAIRE DO N° 1> (Juin 1894) PARTIE INITIATIQUE... L’Art et ¡’Esotérisme. . . Barlet et Lejay. (p. ig5 à 2i i ). Astrologie (Le Jupitérien, Le Martien......................H. Selva. (p. 2 i i à 235).
Rituel gnostique de l’Appareillamentum............Jules Doinel. (p. 233 à 2,30). PARTIE PHILOSOPHI - Les Sept Eléments de QUE ET SCIENTIFIQUE ¡’Homme et la Patho génie chinoise (avec figu res). ................................MoGd. (p. 2 36 à 24g). Paracelse etsesXIV livres des paragraphes (tra duction et commentaires inédits). ..........................E. Bosc. (p. 24g à 266). PARTIE LITTÉRAIRE...
A ¿mer (poésie).................J. de Tallenay. (p. 267-268). Chant d’Amour (poésie). . O. de Besobrazoff. (p. 269). ' La Maison hantée............ Bulwer-Litton. p. 270-274). Groupe indépendant d’études ésotérique. — Kvmris. — Ordre kabbalistique de Ja C. — Les Microbes de l’astral. — La Vie de Jésus, parlâmes Tissot. — Bibliographie. — Revue des Revues. — Corres pondance. Rédaction : 29. rue de Trévise. 2g PARIS Administration, Abonnements ; 3, rue Racine. 3 PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
I PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’zm même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement ■»hysiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd'hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme elle sectarisme sous putes leurs formes ainsi que la misère. j Enfin l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes pu Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement .à aucune. Elle compte, parmi ses èo rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Ôcculte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et Compte déjà sept années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L'Initiation du i5 Juin 1894 Principaux Rédacteurs et Collaborateurs de l’initiation i° PARTIE INITIATIQUE F. Ch. Barlet, S.-. I.’. & — Jules Doinel, S.-. I.’. (D. G. E.,’ — Ep. Gnost. — Stanislas de Guaita, S.-. I.-. & — Marc Haven, S.-. I.-. ${ — Julien Lejay, S.-. I.-. — Emile Michelet, S.-. I.-. (C. G. E.) — Lucien Mauchel, S.-. I.'. (D. S. E.) — George Montière, S.'. I.-. — Papus, S.-. I.-. g — Philophotes, S.l I.-. (C. G. E.) — Quærens, Su.
I.'. (D. G. E.) — Sédir, Su. I.-. (C. G. E.) — Selva, S.'. I.-. (C. G. E.) — Vurgey, S.-. I.-. (D. G. E.). . 2° PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Abil- Marduk. — Amelineau. — Aleph. — Badaire. — Dr Ba raduc. — Le F.-. Bertrand 30’ — René Caillié. — Camille Chaigneau.— Chimua du Lafay. — Alfred le Dain.— G. Delanne. — Fabre des Essarts. — D1’ Fugairon. — Delézinier.— Jules Giraud. — Haatan. — L. Hutchinson. — L.
Lemerle. — Marcus de Vèze. — Napoléon Ney. — Eugène Nus. — Horace Pelletier. — G. Poirel. Raymond. — A. de R. — D1' Sourbeck. — L. Stevenard. —Thomassin. —Pierre Torcy. — G. Vitoux. — Henri Welsch. — Oswald Wirth. — Yalta. 3° PARTIE LITTÉRAIRE Maurice Beaubourg. — E. Goudeau. — Manoël de Grandford. — Jules Lermina. — L.
Hennique. — Catulle Mendès. — George Montière. — Léon Riotor. — Saint-Fargeau. — Robert Scheffer'. — Emile Sigogne. — Ch. de Sivry. 4° POÉSIE Ch. Dubourg. — Rodolphe Darzens. — Yvan Dietschine. — Maurice Largeris. — Paul Marrot. — J. de Tallenay. — Robert de la Villehervé.
L'Initiation du i5 Juin 1894 GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Secrétariat : M. Paul SÉDIR 4, Avenue de l'Opéra, 4 PARIS Quartier Général : 29, Rue de Trévise, 29 PARIS But. — Le Groupe a pour but principal d’e'tudier théoriquement et expérimentalement les forces encore non définies de la Nature et de l’Homme — en dehors de oute secte et de toute personnalité. Membres. — Les membres ne payent ni cotisation ni droit d’entrée. —Tout abonné de l’initiation ou du Voile d’Isis reçoit sa carte de membre sur demande affranchie adressée au Secrétariat'. Organisation. — Le Groupe comprend 22 commissions d’études au Quartier Général à Paris. Il compte actuellement 80 branches et correspondants au dehors. Des conférences et des cours ont lieu régulièrement au Quartier Général. Renseignements. — Pour tous renseignements sur le Groupe ou les sociétés adhérents dans les différents pays, e'crire en joignant un timbre pour la réponse à M. Paul Sédir, 4, Avenue de l’Opéra, Paris.
Voir l'article ¡'Esprit des Races jaunes (p. 236 à 24g).
La reproduction des articles inédits publiés par l'initiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE A Propos des derniers Salons L’amateur désireux de s’instruire, l’artiste cons ciencieux qui cherche le progrès trouvent bien diffici lement à s’instruire dans l’étude des critiques mo dernes.
Tandis qu’il entend l’un, gémissant comme Cassandre, crier partout à la dégénérescence, pleurer le grand Art qui se meurt, un autre, plein de mépris au contraire pour cet art vieilli, le lui dépeint comme le pire tyran du génie moderne.
Ceux-là ne lui parleront que de l’idée et des règles, ceux-ci de l’exécution et de l’inspiration libre; tous laisseront son esprit perdu dans la confusion des écoles, inca pable d’un choix, d’une définition même suffisante au milieu des classiques, des décadents, des symbo listes, des partisans du plein air, des impression nistes, des naturalistes ou des mystiques.
igô l’initiation Est-elle donc réelle cette confusion ? Faut-ily voir la marque désolante d'un siècle qui s’effondre, d'un art qui disparaît dans la multiplicité indéfinie comme un fleuve vient se perdre en mille ruisseaux stériles aux sables du désert?
Bien loin d’une crainte pareille, nous estimonsqu’en art comme en toute chose notre temps est en travail d’enfantements superbes qui nous vaudront les bénédictions de nos neveux émerveillés si nous savons comprendre et seconder ces fécondes an goisses.
C’est ce que nous tentons d’expliquer ici pour l’art de la peinture spécialement au moyen d’exemples empruntés à nos salons actuels, en fai sant voir d’abord que chaque école, simple exa gération d’un principe vrai, a sa justification natu relle, et que leur abondance actuelle caractérise une époque de crise du progrès d’où peut sortir, si nous le savons vouloir, une ère plus éclatante qu’au cun siècle passé.
Nous ne pouvons toutefois offrir ici qu’un aperçu très rapide de cette démonstration; elle embrasse aussi tout l’ensemble des beaux-arts ; nous ne pou vons présenter en cet article que quelques indica tions des principes naturels, impersonnels, qui nous sont apparus comme une clef toute nouvelle de la critique.
Cette clef, nous pensons l’avoir trouvée dans le Principe universel de toute Synthèse, la Trinité (dé veloppée selon Pythagore en quaternaire), appliquée précédemment, en cette revue, à d’autres doctrines non moins importantes, mais d’un tout autre ordre.
l’art et l’ésotérisme 197 La première question à laquelle nous avons songé à l’appliquer, en esthétique, a été la définition de l’art lui-même, et plus spécialement de l’art de la peinture dont il s’agit seul ici, car c’est faute de pré ciser cette définition fondamentale que la plupart des critiques s’égarent sans le savoir en discussions de mots. Personne ne nous refusera, sans doute, cette défini tion précise d’Hegel qui représente l’Art comme l’in corporation de l’idée, du Verbe, dans les Formes de la nature, lesquelles ont leur signification propre (1). La Peinture correspond à l’une de ces incarnations les plus corporelles, mais elle est la première de cet ordre grâce à l’étendue presque illimitée et à la vie que lui donnent la perspective et la couleur. Cette définition est cependant trop étendue pour ne pas laisser place à plusieurs écoles; mais nous allons montrer que les principales naissent, selon une loi naturelle, de la considération exclusive de chacune de ses faces, la vérité n’étant que dans l’ac ceptation synthétique de leur ensemble. Vous verrez en effet toute une catégorie de cri tiques se fonder uniquement sur ce principe que l’art ne peut avoir d’autre but que d’influencer la pensée publique pour la spiritualiser; c’est la critique de l’école idéaliste; elle ne voit que le Verbe dans la pro duction artistique. D’autres à l’inverse vous soutiendront que l’Art doit être avant tout le reflet de la réalité, où qu’elle Philosophie de ¡.'Esprit, 55-55g.
198 l’initiation soit; ceux-là ne voient que le corps naturel du Verbe; vous reconnaissez avec eux tout un ensemble d’écoles plus particulièrement répandues de notre temps, mais moins modernes qu'on ne pourrait le croire.
Entre ces deux doctrines opposées, il s’en place d’intermédiaires pour qui l’idéal est tout entier dans l’âme humaine, tout subjectif, et ces écoles s’oppo sent encore entre elles comme les précédentes, les unes, plus rapprochées des idéalistes, ne reconnais sant dans le Verbe humain que la raison, reflet d’un idéal immuable; les autres, plus près des naturalistes, ne s’adressant qu’au sentiment, à la chaleur variable des passions ; les unes se réclamant de l’enthou siasme intellectuel, les autres du charme sentimen tal.
Vous reconnaissez assez les Classiques et les Romantiques. Ces divisions si simples sont dans tous les esprits comme leur succession dans le temps est dans toutes les mémoires ; les classiques nés des idéalistes se sont effacés devant les romantiques de qui les naturalistes héritent aujourd’hui.
Mais il y a bien d’autres sources de divisions : Parmi les peintres de toute école,les uns s’attachent plus au Verbe, à l’âme de l’Art, qu’à son corps, de mandent plus d’effet au sujet lui-même qu’à son exé cution; tel fut, par exemple, Ary Scheffer : D’autres, au contraire, subordonnent le sujet à la peinture, met tant le style au-dessus de l’idée; et encore, parmi ceux-là, verrons-nous les coloristes, comme Delacroix, s’apposer aux dessinateurs, comme Ingres.
Il en est, ensuite, qui se distinguent par la prétention d’asl’art et l’ésotérisme 199 treindre ou la peinture à certains sujets déterminés (comme le paysage historique du concours acadé mique) ou l'exécution à certaines règles étroites qu’ils assurent inhérentes au sujet même ; cette particularité réunit les académiciens et les symbolistes.
Parmi les coloristes encore, tout le monde se rappelle les rivalités des impressionnistes, des tachistes et des par tisans du plein air.
Il semble que tant d’opinions, dont chacune aspire à faire école, s’ajoutant aux distinctions principales, soient de nature à créer dans l’art du peintre une con fusion inextricable, irrémédiable, et c’est ce que dé plorent bon nombre de critiques.
Il n’en est rien cependant, en réalité, grâce à une particularité natu relle peu connue ou négligé jusqu’ici : Toutes ces variétés d’opinions, au lieu de se juxta poser, s’excluent l’une ou l’autre ou s’appellent, au contraire, de sorte qu’elles se rangent en quatre ordres correspondant à autant de types naturels d’artistes assez faciles à reconnaître, bien qu’ils s’accusent rare ment dans toute leur pureté : Ainsi un idéaliste ne sera généralement pas coloriste, ni inversement un réa liste ne sera pas classique, et ainsi des autres écoles.
Il nous est impossible de montrer dans, les limites restreintes de cet article tous les détails par lesquels se révèlent chacun de ces types; nous allons en donner du moins les traits principaux en les cherchant dans le sujet, la composition, le dessin et la couleur. Pour éviter autant que possible toute terminologie mo derne, nous les désignerons par les termes connus ou simples, sinon suffisamment exacts à.’idéalistes, de
2 00 l'initiation réalistes, d’intellectuels (les classiques) et de senti mentaux (les romantiques). L’Idéaliste sacrifie tout à la pensée qu’il veut rendre. ■Ses sujets sont empruntés de préférence à la vie ultra terrestre ou au moins aux scènes religieuses. H les traite avec la plus grande sobriété, avec le moins de personnages ou d’objets possible, tendant à tout ra mener à l’unité par ce symbole.
Le calme domine sa composition qu’il se plaît à faire majestueuse bien qu’il n’aime guère les grandes toiles. Ses figures sont réduites comme son ensemble à leur plus simple expression ; le contour, la silhouette des choses et des êtres, lui suffit presque, mais il les exécute avec une vérité, une pureté, une finesse dont il a seul le secret ; ses formes sont nobles, sans exagé ration, reposantes, sereines.
Sa couleur n’est pas moins sobre ; il lui suffit pour ainsi dire d’en indiquer la teinte d’une touche légère et uniforme; il veut ignorer les nuances qui rompent l’Unité. Ce qui le distingue autant que cet amour de la sim plicité, c’est celui de l’espace et de la clarté.
L’idéaliste ■aime les vastes horizons ; il excelle à les rendre avec autant de finesse que de vérité; ses tableaux sont lar gement pourvus d’un ciel profond et clair qui verse surtout une lumière calme et pénétrante. C’est du Zé nith qu’il la répand comme un effluve divin ; lui-même aperçoit toutes choses des régions supérieures et d’une vue d’ensemble; la ligne d’horizon est très abaissée dans ses tableaux. Ce type d’artiste est particulièrement rare de notre
l'art et l’ésotérisme 201 temps ; on en trouvera beaucoup des caractères dansla lumière, ou le calme de composition de Puvis deChavannes, qui y ajoute d’autres qualités toutes con traires et sur qui nous reviendrons : Monchablon (Vernie ad me omnes, salle 16, n° i325); s’en appro che un peu plus ; nous pouvons citer encore : ’ Aux Champs-Elysées.
Champ-de-Mars : Perret (Tirailleurs sénégalais, salle 22, n° 1439); Pinta (Cérès, salle 14, n° 1474); Barberiis (le Bon Turco, salle 26, n° 88); Butler (Clarence La Verne), la Fin du jour, salle 39, n° 336 ; Japy (Fin d’été, paysage, salle 7, n° 978); Le type exactement contraire est celui du réaliste.
Pour lui, l’art de la peinture est presque borné à la vérité de la représentation et spécialement de la cou leur: il veut cette vérité complète en tous ses détails. Ses sujets préférés sont le paysage et les scènes d’in térieur de la plus grande simplicité, des plus vulgaires. Il aime beaucoup l’eau et excelle à la représenter.
Sa peinture est calme, mais tout autrement que celle de l’idéaliste ; celui-ci représente la sérénité due à une foi profonde en l’absolu, celui-là l’apathie, l’inertie, l’abandon à la vie matérielle ; sa simplicité est celle du néant, non de la synthèse ; il ne songe pas à unifier son sujet, il n’en a point, pour ainsi dire ; il se con tente de voir les êtres au repos et de les reproduire.
Ses tableaux sont dépourvus d’horizon ; ils man quent d’air, d’espace, parce qu’il ne voit que ce qui l’entoure immédiatement; ils n’ont ni ciel, ni persective, ou si du moins il ne peut les en priver corn202 L’INITIATION plètement, il place très haut la ligne d’horizon ; il voit de bas en haut. Il aime à tout représenter autant que possible de grandeur naturelle et à placer ses sujets sur le premier plan.
Sa lumière est vaporeuse, brumeuse; quelquefois même il peint dans un brouillard véritable tant il a l’esprit de diffusion. Pour lui, les contours disparais sent ; il ne les dessine pas ; il se contente de les faire apparaître par la couleur. Ses formes sont lourdes, épaisses, boursoufflées sans noblesse, sans grâce même. Mais il a deux qualités où nul ne le surpasse: la science des nuances les plus délicates et l’harmonie des couleurs.
Sa palette est des plus riches, mais sans éclat, parce qu’il sait admirablement rapprocher les couleurs qui se conviennent et les fondre par des nuances dont il a le secret. C’est lui qui a trouvé la vérité du plein air, qui l’a su réaliser, et en faire res sortir toutes les beautés en étudiant ces touches si fines qu’il sait donner à la lumière.
Aussi est-ce par la couleur et la lumière seules qu’il arrive à modeler comme il supplée par elles au dessin ; mais il ne le sait faire que stfr le premier plan.
C’est pourquoi son tableau offre au premier abord un aspect plat, lourd, ou brumeux, révoltant pour les préjugés de l’académicien ; mais une fois adapté au point qui est sur la toile même, l’œil s’étonne bientôt d’y recon naître une foule de finesses dont le charme ne se ren- . contre nulle part ailleurs. Les exemples de ce type abondent de nos jours.
l'art et l’ésotérisme 203 C’est l’école qui s’affirme particulièrement au Champde-Mars, où l’on en peut étudier toutes les variétés, depuis la plus brumeuse avec Charles Conder (salle 8, n’s 270 à 275), ou Besnard (salon 3, n"s io5 à 106), jusqu’aux plus brillantes avec Boutet de Monvel (salon 4, ?), Dubuffe (salon io),Carolus Durand (salon 11).
Aux Champs-Elysés ils sont nombreux encore; nous pouvons citer parmi les plus caractéristiques : Gorguet (la Cueillette, salle i3. n° 814); Morler(Sous les pommiers, salle 14, n° i35o); Buffet (le Défilé de la hache, Salammbô, salle 3i, n° 320) ; Garrido (la Balançoire rustique, salle 21, n° 791); Richardson (Après le bain, salle 36, n° 1549) ; Morisset (la Machine à coudre, salle 22, n° 1342) ; Roset (Baigneuse, salle 26, n° 1 584) ; Robinson (Nymphe de la mer, salle 20, n° 1570).
Ces deux types d’artistes {idéalistes et réalistesx sont comme les personnifications du Verbe divin et du Verbe de la Nature exprimés l’un par la forme et l’autre par la couleur, tous deux apaisants l’un par la sérénité, l’autre par le repos et l’harmonie. Deux autres types vont nous révéler le Verbe humain dans toutes les ardeurs vivantes de sa double activité : intellectuelle ou sentimentale.
Ici la vivacité des sujets, des formes et des couleurs remplace la la placidité des précédents, mais en deux styles bien différents. A l’Intellectuel répond le peintre classique. Son but est d’émouvoir plutôt que d’élever l’esprit comme
2 04l’initiation l’idéaliste, ou d’éveiller la mémoire comme le réaliste; •et ce but c’est par des effets raisonnés plutôt que sentis qu’il le poursuit. Il est pompeux, théâtral; il aime les oppositions, les contrastes, les effets heurtés qui émeuvent aisément et violemment.
Comme il se rapproche de l’idéaliste, un certain sentiment d’unité lui donne quelques qualités spé ciales : la tendance à rassembler ses compositions par groupes distincts, le talent de caractériser vivement touteindividualité, et une certaine finesse, une distinc tion naturelle, qui l’éloigne de toute forme vulgaire.
Ces propriétés lui font préférer trois sortes de sujets : le portrait, qui caractérise; le tableau d’histoire, qui joint au portrait la violence du drame, la solennité des gestes, et le tableau de genre, mais satyrique, cri tique, allant au besoin jusqu’à la caricature, non le tableau de genre sentimental. En dehors du portrait, sa composition est mouve mentée, et disposée par groupes et parplans nettement .séparés.
Ses personnages ont des poses étudiées, théâ trales plutôt que naturelles; son tableau ne manque pas de ciel, mais il le fait toujours brumeux, gris, lourd, comme ses lointains qui ne fuient pas nette ment. Il a plus de relief que l’idéaliste, mais, comme il pro cède par méplats, ses figures offrent peu de modelé ; les formes en sont toujours nobles et distinguées, .souvent majestueuses, ou plutôt solennelles. La lumière tombe obliquement, d’un coin du cadre, •et se distribue en oppositions vives et brusques d'om
l’art et l’ésotérisme 2o5 bres et de clartés. C’est lui qui se fait tachiste et im pressionniste quand il se rapproche de l’école réaliste, comme Rochegrosse (le chevalier aux Fleurs, salle 16n° 1574 nous en offre cette année un exemple fort re marquable. Il se plaît aux mêmes oppositions dans la couleur, il les produit alors par des juxtapositions de surfaces plates en couleurs complémentaires.
Du reste il ignore les nuances, et, comme le bleu foncé (bleu de Prusse) est sa couleur favorite, sa peinture en est presque toujours assombrie ; ses chairs notamment affectent un ton sale, Au Champ-de-Mars nous citerons comme exemples de ce type, ou du moins comme s’en rapprochant: Aux Champs Elysées.
Louise Abbéma (Place de la Concorde, salle 3y) ; Jeanniot (Conseil de révision, salle 4, n° 63g) ; LaurensJ.-P. (Pape et Empereur, salle 10, n° 1072). Bonnat (Triomphe de l’art, salle 3o, n° 224); Chocarne-Moreau (les Ecrevisses, salle 26, n° 135)^ Emouvoir est aussi la pensée du sentimental (ou romantique), mais c’est dans la passion, non dans le raisonnement ou le convenu, qu’il cherche ses effets.
Il est plus naturel que l’intellectuel, au point même d’être parfois aussi relâché que celui-ci était distingué. Il est doux aussi, gracieux, caressant, voluptueux au lieu d’être violent et pompeux; il songe surtout à exercer la pitié, à charmer, à plaire par la variété et la vie. Il a volontiers du mouvement, de la chaleur, quoique susceptible de tomber dans l’afféterie. Il fait
2o6 l’initiation alors du drame, là où l’intellectuel aurait fait de la tragédie. Il se plaît à la peinture militaire, aux sujets mytho logiques, allégoriques, et surtout aux tableaux de genre sentimentaux ; il n'est pas ennemi du portrait, pourvu qu’il trouve à y exprimer de la grâce ou quelques sen timents touchants. Sa lumière, son dessin, sa couleur se ressentent des mêmes caractères.
La lumière de ses tableaux est oblique comme celle du classique, mais sans contrastes violents d’ombres et de clarté; il aime au contraire à la disséminer sur une quantité de détails, mais à la fondre avec les ombres par des demi-teintes et des reflets. Ses ciels sont clairs, variés de nuages lumineux ; ses horizons fuient bien sans atteindre cependant à la finesse de ceux de l'idéaliste.
Sa composition est animée,mais il tombe facilement ou dans la vulgarité ou dans l’exagération des mouve ments, ou dans l’affectation, il aime les foules et sait bien les distribuer. Sa couleur est brillante, sa palette est riche ; il se plaît à l’emploi de toutes les couleurs simples ou composées, et il sait mieux que qui que ce soit les dis poser en une symphonie harmonieuse.
Cependant ses préférences sont pour le rouge: aussi ses tableaux en ont-ils souvent la tonalité ; il prépare volontiers sa toile par une couche de brun destinée à donner de la chaleur à tous ses tons. 11 est coloriste, mais il ne connaît pas les demitons, les nuances si chères au réaliste qui, à cause
l’art et l’ésotérisme 207 de cette imperfection, lui reproche d’êtrefaux et léché Le Champ-de-Mars offre des exemples de ce type. Au Champs-Elysées vous pourrez voir entre autres: Degoffe J. (Déclaration, salle 21, n° 594) ; Munier (Sauvetage, salle 14, n° i363) ; Trayer (Sœurs et enfants dans une église, salle 13, n° 1748 ; Mme Achille Fould (Portrait), salle 13, n° 751 ; Bellanger C.
F. (Fleurs des champs), salle 3g, n° 129)) Deully (portrait de MI1,B E.
D., salle 1 5, n°6io) ; De Brito (la Bonne Ménagère, salle 37, n° 299). ★ ♦ * On conçoit qu’il soit rare de trouver ces types pri mordiaux dans toute leur pureté; ils se combinent, au contraire, en proportions fort variées assez diffi ciles à analyser, mais il est souvent aisé de reconnaître en toute toile la prédominance sinon d’un type pre mier, au moins de la combinaison de deux d’entre eux.
Le lecteur n’aura pas de peine à se représenter par l’alliance des caractères précédents ces combinaisons que le cadre très étroit de notre article ne permet d’in diquer que par quelques mots, et en se limitant à ceux à peu près équilibrés. L’union de l’idéalisme à l’intellectualité donne le style académique, surtout quand celle-ci domine: l’artiste comptant sur des préceptes fixes pour atteindre
208 l’initiation un idéal tout de raison ne produit guère que des conceptions froides ou convenues autant que cor rectes. Voyez par exemple, aux Champs-Elysées, Wagret (Moïse sauvé des eaux), salle 36 n° 1834. Bonnat lui-même se rapproche de ce caractère, mais en y ajoutant le mouvement. Bonnat (Triomphe de l’art, salle 3o, n° 224).
Si c’est au sentiment, au contraire, que l’idéalisme ajoute ses hautes qualités, on trouve des compositions d’une grande finesse, d’une touche aussi délicate dans le dessin que dans la couleur, et d’un sentimentalisme plein de réserve, quel que soit le sujet adopté.
Voyez, par exemple, le superbe dessous de bois de Michel aux Champs-Elysées (Forêt de Fontainebleau, salle 22, nos 1309-1310) ; Gaillon (Terrasse de MonteCarlo, salle 11, 885 ; Pinta (Cérès, salle 14, n° 1474, et, au Champ-de-Mars, les charmants tableaux de Jules Girardot (salle n, nos 509à 516). Dans l’alliance du Naturalisme avec l’idéalisme, ¡1 sera plus important d’observer lequel prédomine, à cause de leur extrême écart.
Si c’est l’idéalisme, la composition sera grandiose, mais non sans quelque lourdeur, plus remarquable parles dessins que par la couleur, qui toutefois sera harmonieuse, tandis que le dessin épaissira ses contours. La sobriété des moyens et l’apaisement propre à ces deux caractères ajoute ront à l’œuvre un caractère tout particulier de gran deur et de sérénité. Puvis de Chavannes est un exemple remarquable de ce type (Champ-de-Mars, salles 7, 8, 9).
l'art et l’ésotérisme 209 Tissot lui appartient aussi, mais en y ajoutant un peu d’intellectualité (Champ-de-Mars). Nous pouvons citer encore aux Champs-Elysées : Thomas (le Choeur, salle 3s, n° 1735). Si c’est l’élément naturaliste qui l’emporte en cette combinaison, la couleur l’emporte sur le dessin et sur l’idée même. Bouguereau peut servir d’exemple de ceux-ci (la Perle, salle 33', n° 248).
L’alliance du naturalisme au style intellectuel est moins relevée : elle a quelque chose de matériel, de violent dans la composition et le dessin ; la couleur est assombrie ou pleine de contrastes énergiques, bien qu’harmonieuse encore.
Nous pouvons citer comme un bon exemple de ce genre, Rochegrosse qui, cette année, s’est signalé par un effort digne de tous éloges, en modifiant profon dément sa manière ; par une étude magistrale de na turalisme et de plein air, il a fait disparaître toutes les aigreurs de sa peinture jusque-là si heurtée, il ne lui est resté que du tachisme au milieu de nuances d’une harmonie fort remarquable.
Nous pouvons citer encore: Bussière (Les Valkyries, salle 26, n° 33o). L’Union du naturalisme au sentiment donne la peinture la plus harmonieuse, la plus touchante et la plus douce, jusqu’à être flou souvent. Le calme s’y ajoute à l’émotion et l’harmonie à la richesse du coloris en même temps qu’à la variété de composition ou à l’élégance des formes. La distinction pourra manquer parfois à cette peinlure ; elle peut tomber
210 l’initiation dans la fadeur, mais elle fait oublier ces défauts par ce qu elle a de touchant et de gracieux. Exemples (aux Champs-Elysées) : Sauvage (Intérieur d’église et le cloître, salle 3s, n° 183 6-183g) ; Maillart (l’Esclave, salle i6.n° 1233); Saïn (les Nénuphars, salle 28, n° 1233); Mathieu (l’Etang, salle 20, n° 1276, et 22, n° 1275); Danger (Vénus, salle 23, n° 5o6).
Enfin, l’alliance de l’esprit d’Intellectualité au Sen timent donne particulièrement en peinture la vie, le mouvement, l’abondance, souvent jusqu’à l’excès. Les compositions sont compliquées, animées, vio lentes même ; la couleur est riche, chaude sans trop d’éclat, mais non sans quelques contrastes. Ces peintres aiment assez les tableaux de grande taille.
Roybet nous en offre un exemple assez bon, quoi qu’il y ajoute une certaine dose de naturalisme : la Main chaude, salle 22, n° 1607. On pourra voir aussi : Lequesne (le Torrent, salle 26, n° 1151) ; Luminais (Pirates normands, salle 8, n° 1211); Sergent (Musique à Iéna, salle 38, n° 1664) ; ★ * ¥ Il ne sera pas très difficile, au moyen de ces données, d’analyser des peintres de caractère encore un peu plus complexe, où trois types s’équilibrent.
Tel est par exemple Détaillé (les Victimes du De voir, salle 23, n° 606), qui joint l’intellectualité au sentiment avec une pointe d’idéalisme. Nous laisse
l’art et l’ésotérisme 2 I I rons au lecteur le plaisir de pousser plus loin en ce sens l’étude ainsi esquissée. Ce qui nous reste à exposer maintenant, c’est l’ex plication, la raison d’être des diverses écoles, inter prétées au moyen de ces types primaires, puis les con clusions que la critique et l’Art en doivent tirer pour se conduire.
Pour cela un nouvel article est indis pensable. (A suivre.} Barlet et Lejay. — VOLONTÉ.— Influence bonne : Volonté forte et droite, mais sans rudesse ; prudente, pondérée, mais ferme. Influence mauvaise: Volonté faible, inconstante. INFLUENCE SUR LE PLAN INTELLEC TUEL : Les caractères les plus saillants de l’esprit jupitérien sont la largeur, le jugement, la pondération.
Son optique particulière lui fait généralement voir les (t) Extrait d’un Traité théorique et pratique d'Astrologie génét/iliaque devant paraître prochainement.
2 12 L INITIATION choses en grand ; ce qui reste petit lui répugne. Ji s’élance par larges envolées, suivant une trajectoire toujours ascendante ; toutes ses conceptions ont un caractère de grandeur, d’élévation, souvent de majesté. L’esprit procède du particulier au général, du phéno mène au principe, du réel à l’idéal ; il tend vers la synthèse.
La faculté intellectuelle la plus marquante du Jupi térien, c’est le discernement, la « comparaison », le jugement.
Joignez-v le libéralisme, qui est une autre marque de son esprit, et la tolérance ; considérez sa pondération, sa recherche constante du « juste mi lieu » et par-dessus tout son profond sentiment de justice, que nous retrouverons tout à l’heure lorsque nous parlerons du plan moral, et le Jupitérien vous apparaîtra éminemment apte à remplir dans l’humanité cette fonction sociale la plus difficile, la plus haute, la plus sainte: celle d’être juge de ses semblables.
L’esprit jupitérien recherche la clarté, la simplicité. Tout excès lui répugne. Il possède à un haut degré le sentiment des « rapports », de la mesure, de l’équi libre des forces. Nous avons vu le Saturnien organi sateur ; nous trouvons le Jupitérien réalisateur. Habitude de l’esprit: Objectivité. En science., le Jupitérien est surtout encyclopédiste. Philosophie : Ses conceptions fondamentales sont spiritualistes, théistes.
L’esprit jupitérien, montrant autant d’éloignement pour les abstractions pures du Saturnien que d’aversion pour le matérialisme égoïste du Martien, étudie en philosophie de préférence les branches qui trouvent une application dans l’organiASTROLOGIE 2l3 sation de l’humanité en société: Ethique, Sociologie, Politique. Philosophie de la vie extérieure-, optimisme,épicu risme.
Esthétique: Le Jupitérien est sensible à toutes le beautés, mais surtout à celles qui impliquent une idée de grandeur. Il est généralement éclectique; mais à toute œuvre d’art il demande des qualités sé rieuses. Cependant il y prise le sentiment plus que la science de facture.
Ses œuvres d'art sont remarquables pour les qualités d’observation, de rendu, pour l’ar rangement harmonieux des parties (qui est surtout la force du Jupitérien), pour le brio de l’exécution. Préférences : Musique: sacrée, solennelle, inspirée, brillante, colorée, gaie (Gounod, Rossini). Il aime aussi la chanson. Peinture: Eclatante, riche, colorée à contrastes ac centués (Rubens).
Littérature : Ouvrages à tendance didactique, de critique (avec ï> ), d’histoire politique. Poésie héroïque. Style: coloré, représentatif, oratoire. Périodes. Em phase.Tendance à grandir et à développer une idée ou pensée par une succession de périodes qui la font par fois apparaître comme enflée. Emploi fréquent de comparaisons. Au point de vue de l’organisation sociale, les opi nions sont ploutocratiques, bourgeoises, conserva trices.
Elles s’appuient sur la collectivité, la solidarité, les grandes idées humanitaires ; elles demandent que cette collectivité soit en même temps solidement hié rarchisée: plus que tout autre, le Jupitérien a la con
214 l’initiation ception de la famille, de l’autorité, de l’hiérarchie, de l’ordre, de la discipline, de la légalité, du gouverne ment.
Si les qualités dont est douée l’intelligence de ceux qu’influence 7/7, sont donc heureuses, c’est cependant surtout sur le PLAN MORAL ET SENTIMENTAL, lorsque l’influx de la Planète est pur et puissant, qu’éclate toute la beauté du principe jupitérien, rayonnant de brillante clarté et déversant une douce et vivifiante chaleur.
C’est 7/7 qui nous montre l’humanité sous un angle qui fait apparaître ses qualités vraiment nobles, faites pour racheter de tant de vilenies, de tant de tares : c’est qui fait l’homme véritablement le roi de la création. Le Jupitérien est une nature délicatement sensible. Son âme est pétrie de bonté, de probité, de franchise et d’affection. L’extrême bienveillance du Jupitérien et sa grandeur d’âme lui attirent d’emblée toutes les sympathies.
Etant très indulgent pour les défauts et les torts d’autrui, s’il se trompe dans son jugement, c’est toujours par clémence, par compassion, par pitié. C’est chez lui que presque toutes les initiatives et institutions charitables prennent leur source. Il aime à protéger, à aider, surtout les siens (il a, comme nous l’avons dit,/’/nsiznci de la famille).
Sa générosité est à toute épreuve : il a « le cœur sur la main. » Etant lui-même foncièrement droit, honnête, incapable d’une vilaine action, il ne soupçonne jamais d’indélicatesse, de déshonnêteté, de fourberie chez autrui; pour lui, tout homme est un honnête homme
ASTROLOGIE 2l5 jusqu’à preuve du contraire. Et même cette preuve du contraire, il la demande répétée pour s’y rendre. C’est cette générosité qui se refuse même à admettre le mal chez d’autres, qui fait que le Jupitérien est sou vent dupé dans la vie. Il a les sentiments de dignité et d’honneur très dé veloppés.
Etant franc, ouvert, droit, très conscien cieux, on peut compter sur lui en toutes circons tances; il hait les artifices, la finasserie et l’hypocrisie. Nous l’avons déjà dit, le Jupitérien possède un pro fond sentimentde justice. Toute iniquité, tout déni de justice, à lui ou à d’autres infligé, est peut-être ce qui serait le plus capable de le révolter. Ce sentiment de justice se trouve de plus allié à un grand courage moral.
Il a aussi ce que les phrénologues appellent la « vé nération ». Il est profondément religieux. Sa religio sité est cependant moins intellectuelle que sentimen tale: il s’attache plus au culte (qu’il aime pompeux, fastueux) qu’à la doctrine. Il a généralement la foi robuste: tout dogmatisme convient donc fort bien pour le Jupitérien, d’autant mieux que ses sentiments d'autorité, son goût pour toute « pontification » l’y prédisposent.
Mais sa vénération ne se borne pas aux choses de la religion; il a du respect en général pour tout ce qui est établi par la loi morale, parla loi humaine, par une autorité reconnue; pour la personne, pour les sen timents, les opinions et la dignité d’autrui ; pour les conventions et les convenances sociales (ce qui, dans la vie pratique, le rend souvent très formaliste).
L INITIATION 2l6 Il est fidèle dans ses amitiés et a le cœur reconnais sant. Sa piété filiale est profonde. Il est très attaché à sa famille, qu’il cherche à pousser et à favoriser. Par l’exercice de ses facultés morales (tout comme de celles physiques) le jupitérien est « homme » de bonne heure. Très pudique, presque puribond dans sa première jeunesse, « il n’est cependant guère loué pour sa pudeur plus tard ».
Influence mauvaise: Si l’influence n’est que médio crement mauvaise, l’individu, d’une façon générale, n’a plus que des prétentions aux qualités qui vien nent d’être énumérées, sans les posséder réellement : il les simule.
Le plus souvent cependant les qualités font place aux défauts 'correspondants ; la bonté devient bêtise, la franchise naïveté, la confiance en soi etla fierté, orgueil bête, vanité, arrogance: la dévotion est remplacée par la bigoterie ; la vénération devient adulation ; le respect, courtisanerie, obséquiosité, où sombre tout sentiment de sa propre personnalité et toute sa dignité; enfin le fond sérieux qui caractérise tout Jupitérien sous l’influence bonne disparaît et est remplacé par la frivolité.
Mais, si l’influence se montre franchement mau vaise, on aura affaire à un être faible, timide, lâche, méchant, vindicatif, hypocrite, perfide, injuste, jugeant d’après le prix qu’on lui offre, pratiquant la corrup tion sur autrui, irréligieux ou superstitieux, irrévéren cieux, impudique, délaissant sa famille. PLAN INSTINCTIF.— Influence bonne: Nature expansive, rayonnante. S’enthousiasme facilement, surtout pour tout ce qui est grand et noble. — Très
ASTROLOGIE 217 courageux. — Orgueilleux ; possède beaucoup d’a mour propre. — Caractère généralement placide, doux, montrant beaucoup de « bonhomie » ; très en possession de lui-même, devient cependant parfois impétueux, colère. Le mobile dominant qui actionne le Jupitérien dans toutes ses entreprises, c’est l’ambition.
Tout ce qui peut le pousser, tout ce qui attire l’attention sur lui, le séduit. (Il a un grand faible pour les décorations.) Pour se sentir heureux, il a besoin d’être en vue, aux premières places. D'ailleurs il représente bien ; il est « décoratif », il a du brillant et un pen chant très prononcé à « pontifier » et à dominer les autres.
Il a l’esprit de conduite, pousse très loin « la res pectabilité » ; il a de la distinction ; est prudent, pré voyant et modéré, mais sait ce qu’il veut ; il a une grande assurance dans tout ce qu’il dit et tout ce qu’il fait, et une grande confiance en soi, qui le laisse tou jours en pleine possession de tous ses moyens; il aspire à la paix et à la concorde ; il est homme d’au torité et de gouvernement ; il aime à commander et sait commander, et acquiert d’ailleurs rapidement un grand ascendant sur tous ceux qui l’approchent.Tout cela, joint à ses qualités intellectuelles et morales, le rend donc éminemment apte à la vie publique et le désigne au premier chef à remplir les grandes fonc tions sociales : gouvernement (en politique il a des instincts monarchiques) législation, magistrature, prêtrise. (La femme Jupitérienne, ce sera la « grande dame »
l’initiation 218 sympathique, captivante, souvent imposante, excel lant dans l’art de représenter et de recevoir; comme femme de diplomate, de haut fonctionnaire, de grand financier, ou bien à la tète d’œuvres charitables, elle sera à sa vraie place.) Le Jupitérien est un être essentiellement sociable se mêler à la vie sociale et mondaine apparaît comme une impérieuse nécessité pour lui.
Bienveillant, géné reux, bon conseiller, aimable (ce qui lui fait pardon ner son désir de domination), gai, jovial tout en conservant toujours un fond serieux, très expansif, de belles manières, ayant beaucoup de délicatesse, de tact, d’urbanité, toutes les sympathies courent vers lui, de même que tous les découragements se sentent attirés vers lui à cause de sa compassion et de l’atmos phère de sécurité que répand sa sérénité et sa belle assurance.
Il aime tout apparat, les fêtes, les cérémo nies, la représentation fastueuse et pompeuse (il se plaît surtout à y intervenir comme acteur.) Sa pente dangeureuse, c’est sa forte propension vers les plaisirs sensuels. Quelle que soit la qualité de l’influx de sa planète, le Jupitérien manifeste toujours un fort penchant pour la bonne chère ; cependant, selon que l’influence sera bonne ou médiocre, vous le direz gourmet ou gourmand.
Il sera donc fervent amateur de dîners et de banquets, où il aime à porter des Après les plaisirs de la table — « la table touchant le lit » — les ivresses de l’amour physique, dont son ardeur sexuelle le porte à abuser. Très galant, sédui sant par ses qualités mondaines, il a beaucoup de
ASTROLOGIE 2 I 9 succès auprès des femmes ; sa belle prestance lui rend d’ailleurs la victoire facile. Vie pratique : Beaucoup de bon sens. Vie réglée ; ce qui n’appartient pas au travail, il le partage entre le monde et la famille. Il aime la vie large, confor table, luxueuse, brillante, remarquée. Sans être aussi prodigue et dépensier que le Mar tien, il est cependant très large et généreux en ma tière d'argent.
Les mesquineries et lésineries, insépa rables de toute intention d'économie, lui répugnent profondément. 11 procède avec prudence, circonspection et une sage lenteur; mûrit bien ses projets avant de procéder à leur exécution. Aime à jouer au protecteur et à faire valoir son expérience de la vie et des choses, mais il y montre souvent trop la tendance à jouer au maître d’école.
Occupations : la politique, la législation, la magis trature, les administrations, les grandes entreprises fi nancières. L’art oratoire, la vie mondaine, l’équitation. Spectacles: les cérémonies, toute mise en scène riche et brillante. Collections : Décorations, médailles et monnaies anciennes, ornements d’église et de culte riches, étoffes de prix, souvenirs de personnages couronnés, de grands dignitaires, de généraux célèbres.
Diction : chaude, vibrante, communiquant la con viction et l’enthousiasme. Gestes: assurés, amples, larges, imposants, souvent onctueux, majestueux, hiératiques. Écriture: grande, ferme, énergique, ronde, appuyée,
220 L’INITIATION magistrale (souvent montante : ambition) ; les P ma juscules et miniscules très grands., comme surélevés. Influence mauvaise : Ambition dévorante, mais impuissante parce qu’elle n'est soutenue que par le seul orgueil et ne s’appuie sur aucune qualité réelle. Prend des airs importants, pose pour la galerie. Beau coup de cabotinage. Frivolité. Appétits voraces (au moral), qu’il cache sous son hypocrisie et son jésui tisme.
Insolence. Dissipation, gaspillage, gourmandise grossière, gloutonnerie, luxure, débauche, orgies. La satisfac tion de ses instincts purement matériels est générale ment le principal mobile déterminant ses actes. VOLONTÉ : Influence bonne : active, ardente, impétueuse, impérieuse, despotique, mais constante, Influence mauvaise : brusque, même brutale, mais intermittente.
Considérées d’une manière générale, on peut représenter les Influences de c? et de I) comme cons tituant deux pôles et s’équilibrant en ï> nous a montré le cérébral ; avec 0* nous verrons I impulsif.
0* nous présentant surtout les propensions animales de l’homme, n’exerce de contrôle particu lier sur aucune faculté à proprement parler intellec tuelle (le Martien n’est d’ailleurs jamais très intel ligent) ; en parlant de son INFLUENCE sur LE PLAN INTELLECTUEL, on ne peut donc considérer que les tendances particu lières qu’il imprime à l’esprit.
Parmi celles-ci la plus profondément marquée est celle qui le porte vers tout ce qui est positif, pratique, utile, mais d’une utilité
ASTROLOGIE 221 immédiate. Si la théorie pure et les formules abstraites peuvent séduire le Saturnien, toute théorie ou for mule ne vaut pour le Martien que par son application, par ses résultats positifs et palpables. L’abstrait, la métaphysique lui sont inaccessibles ; en toutes choses, pour comprendre, il a besoin de la démonstration expérimentale, sensible.
Sa science sera donc le plus souvent application, adaptation ; de plus il aboutit ainsi fréquemment au matérialisme. Par sa nature, le Martien est à peu près le contraire de l’homme d’étude et de science. A l’encontre du Saturnien il ne voit en toutes choses que l’ensemble, la masse.
Son impatience ne lui laisse pas le temps de s’arrêter aux détails ; la hâte d’arriver à la fin, à la conclusion, à la réalisation, ne lui permet pas non plus de considérer les conséquences auxquelles abou tissent ses conceptions, ses projets; ses yeux sont fixés sur le but, il néglige les moyens ; il est donc au fond tout ce qu’il y a de moins ante à l’étude scienti fique, comme à toute organisation : il n’est bon que pour l’action.
« Acta non verba » est d’ailleurs presque toujours sa devise. Ainsi donc le Martien ne peut devenir homme d’étude que par l’adjonction de l’influence de i> ou de § ; ses préférences sont alors représentées par les sciences naturelles, principalement la physique (tandis que le Saturnien préfère la chimie, science de combinaisons), la médecine, et surtout la chirurgie (le Martien excelle souvent dans la pratique de cet art), la mécanique. Car le Martien possède au plus haut degré ce qu’on
222 l’initiation pourrait appeler le « sens mécanique » : il va d’ins tinct, par affinité, à tous les phénomènes de nature mécanique, ou, encore plus généralement, à la mani festation de toute activité à laquelle on puisse attri buer un caractère quasi mécanique ou automatique ; plus que tout autre, il en ale profond entendement. On a vu qu’il n’est pas seul à éprouver cette attrac tion, puisqu’on l’a déjà trouvée chez le Saturnien.
Mais elle se manifeste chez le Martien avec encore plus de force: de plus, entre lui et le Saturnien existe cette différence que celui-ci, dans ce qui appa raît comme mécanique, se trouve attiré par le côté exact, mathématique, tandis que le Martien l’est plutôt par le côté rigoureux, précis, machinal.
Ainsi en philosophie la théorie à laquelle le Martien se montre le plus accessible est le déterminisme (où le caractère inexorable, la manifestation extérieure parfois brutale de l'enchaînement des effets aux causes le séduit peut-être aussi dans une certaine mesure). En science, toute théorie mécanique a sa préférence sur d’autres.
Dans la vie pratique, on le voit toujours s’efforcer à rendre mécanique, machinal l’accomplissement des travaux qui sont restés d’ordi naire manuels, et à inventer à cet effet des ustensiles nouveaux, capables d’abréger la besogne ; car à côté de son sens pratique le Martien éprouve encore un impérieux besoin de vitesse,.
Tous les inventeurs et constructeurs de machines ' (surtout industrielles), d’armes à tir, etc., tous les mécaniciens par vocation sont sous l’influence prépondérante de c?. Cette attraction pour ce qui est machinal se retrouve encore
ASTROLOGIE 223 dans le goût que manifeste le Martien pour le spec tacle des évolutions de masses militaires en parade, qui offre une apparence de mouvement automatique. L’esprit Martien est vif, prompt, primesautier, irré fléchi et très mobile, mais parfois brouillon. 11 est aussi ce qu’on appelle entier; ses opinions sont tout d'une pièce, carre'es, tranchées, absolues, excessives, intransigeantes.
Il commence toujours par affirmer ; il affirme même lorsqu’il ne sait pas. Il juge le plus souvent à première vue, et ses jugements sont autant d'arrêts. Il s’emballe facilement et à fond sur une idée. Défaut du raisonement: logique inexorable même lorsqu’elle conduit à des résultats absurdes. Le Martien raille volontiers, et rien n’est garanti contre sa « blague » verveuse ; il s’y montre mordant, caustique. Habitude de l’esprit : personnalité.
Style : vigoureux, net, pas de rhétorique inutile, incisif, beaucoup d’allure, mots à l’emporte-pièce, parfois quelque chose de heurté ; agressif, arguments ad hominem (le Martien aime beaucoup toute polé mique) ; violent à l’occasion. Acquiert son cachet personnel surtout par l’usage. Son défaut : trop de déclamation quelquefois.
En matière d’opinions religieuses le Martien est généralement négateur ; d’instinct, c’est un incroyant, un irreligieux. L’écueil auquel se brise chez lui toute foi religieuse, c’est sa propension matérialiste, son prosaïsme souvent grossier, son indifférence com plète pour tout ce qui est du domaine de la pensée et du sentiment purs. Cependant lorsque cette tendance
L INITIATION 224 naturelle se trouve refoulée, réduite par d’autres in fluences et que son esprit s’élève à la conception d’une Divinité et de ses rapports avec l’Univers et ¡’Hu manité, ses idées tendent généralement vers un « Naturalisme déiste ». En matière politique et sociale, le Martien mani feste plus d’instinct que d’opinion. Il est pour les gouvernements à poigne, point ennemi des coups d’État.
Il ne comprend et ne veut connaître que la politique des faits et des intérêts ; son profond égoïsme le rend réfractaire à celle des sentiments. Il s’appuie ■en général sur une doctrine, part d’un système tout fait, mais ne montre aucun scrupule à le changer pour un autre. Socialement, il veut l’effort en masse, n’admettant aucune inégalité, excepté celles en sa faveur ou à son profit.
Tarquin abattant les têtes de pavots qui, dans un champ de blé, dépassaient les épis, voilà le Martien. Esthétique : Absence de sens esthétique ; le Mar tien ne manifeste d’ailleurs, par instinct, aucun souci d’une recherche de la forme. Chez lui le goût ne peut être ainsi que le résultat d’une éducation ; mais il manque toujours de délicatesse, comme de sûreté, à cause de la facilité qui caractérise le Martien de donner dans l’excès.
Lors donc qu’il manifeste des préoccupations artistiques, il tend vers le réalisme, le naturalisme. Son idéal sera la Force ; toute œuvre artistique qui en évoquera la sensation ou en éveillera l’idée, aura d’emblée tous ses suffrages. Préférences littéraires: les actions, par consé quent le théâtre plus que le livre. Récits militaires,
ASTROLOGIE 225 d’aventures. Histoire « à l’ancienne ». Poésie : épique Musique: bruyante, vive, à rythme fortement accenué. Peinture : à couleurs éclatantes. Comme sujet, des scènes militaires, de chasse, etc. De l’INFLUENCE de sur le PLAN MORAL ET SENTIMENTAL il y a peu de chose à dire. Le Martien ne manifeste que des sentiments fon cièrement égoïstes.
Cet égoïsme, il le pousse parfois jusqu’à la férocité s’il sent une résistance à le satis faire, n’éprouvant aucun scrupule à sacrifier tout et tous, même ses amis. Cependant, dès que ses instincts de lutte et de domination sont satisfaits, dès qu’on lui cède et qu’on rend ainsi ou de toute autre manière hommage à sa force, il est capable d’accès de géné rosité, de très grande générosité même. Il montre peu de sens moral.
Baucoup d’arbitraire, énormément de présomption et de prétentions. Il ne respecte ni la personne, ni les sentiments, ni la pro priété, ni les droits d’autrui (tout en étant toujours très fort des siens propres). Non plus le rang ni la fontion sociale ; il n’a qu’un respect, celui de la force. Dans la vie, sa préoccupation dominante, c’est affirmer son existence et sa personnalité (et au besoin exagérer cette dernière).
Pour lui, l’humanité se divise en deux classes: celle des mangeurs, et celle des mangés ; et inutile de dire que partout et toujours il tâche d’être des premiers. Il ne connaît et ne pratique qu’une loi: celle de la lutte pour la vie, la loi du plus fort. Point de senti mentalité ni de sensibilité ; point de bienveillance :
22Ô l’initiation beaucoup de dureté et de rudesse. Il a l’audace de toutes les franchises, fussent-elles brutales. Inconstance des affections, d’ailleurs peu profondes. Sympathies et antipathies très prononcées, exclu sives. Haines puissantes, mais passagères ; grande jalou sie, ressentiments très violents, mais de courte durée.
Le caractère Martien est tout « en dehors », exac tement l’opposé du Saturnien : tout est expansion, ardeur, passion. Maintenant, lorsque I’Influence est mauvaise, on aura affaire à un être cruellement égoiste, méchant, faisant du mal pour le plaisir de le faire, perfide, haineux, d’une infatuation extrême, cynique, trom peur, menteur, voleur, assassin.
PLAN INSTINCTIF : Influence bonne : Comme nous l’avons dit plus haut, le Martien est avant tout et foncièrement un impulsif ; en tout, c’est une nature de premier mouvement et d’excès : c’est un être explo sif (qu’on nous permette cette expression). Les désirs partent avec violence et créent des impul sions puissantes auxquelles l’individu obéit toujours.
Ses appétits sont voraces : souvent plus gros que les moyens dont il dispose pour les satisfaire. Son esprit en devient rapace, accapareur, usurpateur ; «tout pour lui » ? Il est avide d’émotions violentes. Il ne montre aucune sensibilité pour la souffrance d’autrui, étant d’ailleurs peu sensible aux siennes propres. Cette insensibilité va facilement jusqu’à la cruauté, et au fond de son être sommeillent des sentiments sangui
ASTROLOGIE 227 naires. Son caractère est extrêmement décidé et irri table, et devient alors très impatient, facilement emballé, brusque, violent, emporté ; il a des colères rouges, mais qui s’apaisent assez promptement. Ses passions sont ardentes. D’ailleurs il fait tout avec pas sion : il vit même dans un état continuel de tension passionnelle, pour ainsi dire, ce qui fait sa force mais aussi sa faiblesse.
Le Martien a un grand courage physique, méprise le danger, qui lui laisse ainsi toute sa présence d’es prit, et joue sa vie ; il est très friand d’aventures périlleuses dans lesquelles il peut satisfaire ses instincts de casse-cou, dépenser sa fougue, déployer ses qua lités d'attaque et montrer sa bravoure ainsi que son endurance grande. Il existe chez lui un besoin incessant de mouve ment et de bruit. Et il aime tout ce qui est imprévu.
Les penchants sexuels sont fortement accusés chez le Martien. Ses désirs sont toujours tendus vers la possession de la femme. Cette tension peut ne pas être toujours apparente, mais l’étincelle est constam ment prête à jaillir au moindre contact. De la sorte, le Martien devient le plus souvent coureur de cotillons.
Mais ses façons amoureuses diffèrent grandement de celles du Jupitérien : celui-ci plutôt raffiné, procède en charmeur, en amoureux, en protecteur galant, celui-là, toujours expéditif, va droit au but, et, ne songeant qu’à affirmer sa puissance de mâle, agit en conquérant, en « retrousseur de jupes ». Sa hardiesse plaît cependant aux femmes. Sa puissance génitale grande l’entraîne aisément aux excès, et son manque 2
228 l’initiation de pudeur naturelle laisse la carrière libre à sa pro pension aux dérèglements voluptueux de toute sorte, (il laisse cependant au Saturnien les inversions sexuelles). Dans ses passions amoureuses, il fait preuve d’une jalousie facile à éveiller et qui parvient promptement à une sorte de paroxysme. Le Martien a les instincts foncièrement batailleurs, violeurs et destructeurs. Rien au monde ne le séduit autant que la lutte.
Il y a chez lui comme une puis sance intérieure qui l’incite à s’attaquer à tous les obstacles, qu’il rencontre sur son chemin. Toute résistance l’irrite, mais en même temps l’attire par l’espèce d’excitant qu’il y trouve et qui le pousse à tenter de l’anéantir ou du moins la réduire. Il se montre turbulent, et rêvant plaies et bosses, aime à semer la discorde.
Loin d’éviter les discussions, il les recherche plutôt; et elles sont toujours très vives avec lui. Elles surgissent d’ailleurs fréquemment, car le Martien est remarquable pour son esprit d’opposition et de con tradiction (bien que, venant de la part des autres, toute contradiction l’irrite).
Qu’une vierge succombe, qu’une idole croule, qu’il puisse mettre en pièces ce qui est pour d’autres un objet de respect ou de véné ration, il en éprouve une joie pour le moins secrète. C’est d’ailleurs un besoin, presque un plaisir pour lui de contrarier les gens ; ce qui fait précisément qu’il est très enclin à prendre le contre-pied de ce qui se dit ou se fait. Cette opposition dégénère souvent en système chez lui. Il est impatient de supporter un joug, même une contrainte quelconque ; il vit dès lors dans un état
ASTROLOGIE 22g incessant de révolte, tout au moins intérieure. (On peut se demander alors comment se concilie chez le Martien ce besoin d'indépendance avec les exigences de la discipline dans la carrière militaire pour laquelle il montre un goût caractéristique. Pour résoudre cette question, il suffît de se rappeler que la force, une force brutale et irréductible, est la seule chose qui puisse le tenir en respect.
Cette force est ici repré sentée par les sévérités du code militaire, de tous le plus rigoureux. Sachant qu’il ne peut aller contre elle, il s’y soumet ; mais ses subordonnés sentent par fois que ses instincts rentrés, comprimés par en haut, lui rendent la main dure) (1). Le Martien est très parleur; son besoin d’expansion le pousse à discourir abondamment et à tout propos. Il est enclin à se griser de ses propres paroles.
Son récit est facilement exagéré; il est très hâbleur, van tard, rodomont. Aucun sourire sceptique, ni aucune invraisemblance matérielle ne le déconcertent ; son aplomb reste impertubable. Il éprouve un impérieux besoin d’étonner le monde par ses paroles et gestes, par des coups de théâtre, de l’éblouir de sa puissance réelle ou imaginaire : il est épateur, casseur d’assiettes.
Et, si d’autres manquent de lui faire des éloges, il n’est jamais en retard pour se les décerner lui-même. Le Martien étant très autoritaire vis-à-vis d'autrui, (1) Nous pouvons du reste dire ici qu’une Planète agissant toujours conjointement avec le Signe zodiacal sous lequel elle se trouve, la nature du Martien devient beaucoup plus discipli nable lorsque çÿ est placé dans un Signe autre que le Y, le Si peut-être aussi le
23o l’initiation aime à commander ; nous avons d’ailleurs fait ressor tir suffisamment déjà son besoin de domination. Mais là, il ne sait pas trouver le gant de velours du Jupitérien : il y montre, au contraire trop souvent la main de fer du despote. Par ces caractères on voit donc que la femme du type martien pur n’a à peu près rien de féminin : ce type, heureusement rare, serait l’expression com plète de la virago.
A côté de ses nombreux défauts, le Martien possède une qualité qui lui donne une incontestable supério rité: c’est son indomptable énergie. Il a une initiative puissante, un esprit d’entreprise remarquable, une activité qui paraît inépuisable; plus que de l’audace : de la témérité et une confiance en soi que rien n’abat ni ne démonte.
Ainsi, sans un peu de l’influence martienne, tout homme serait réduit à l’impuissance et manquerait de ressort dans la vie. C’est aussi c? qui donne la puissance et les qualités viriles aux artistes ; aux orateurs, de la fougue, la chaleur, et les grands mou vements qui entraînent les auditoires. Dans la vie sociale, le Martien se lie vite et facile ment; cependant il a le premier abord parfois rude et déconcertant.
Il est souvent recherché parce qu’il met de l’entrain dans toute société, et que ses gasconnades amusent. Mais il se rend aussi souvent insup portable par son manque de modestie et de retenue, par son sans-gêne et sa rapide familiarité ; il choque par son infatuation, son indiscrétion et la liberté de son langage, sa propension à se mettre en avant, et à
ASTROLOGIE 23i s’adjuger toujours les meilleurs places et les premiers rôles; il déplaît aussi par ses manières plutôt com munes; et son franc-parler, son habitude de raillerie, ses procédés affronteurs et hautains, son arrogance, lui font beaucoup d’ennemis. Le Martien est homme de la foule; celle-ci consti tue d’ailleurs un élément nécessaire pour l’assouvis sement de bon nombre de ses instincts.
Très bruyant et tapageur lui-même, il aime les réunions bruyantes, les cafés, les clubs, etc. Habitudes deda vie: pratiques, utilitaires. Le Mar tien est essayiste; « tateur de nouveau ». Toujours pressé, il aime les plus courts chemins. Son impa tience extrême de voir ses projets réalisés lui fait le plus souvent brusquer les choses.
Ses plans ne sont jamais mûris; il se montre inconsidéré dans le choix des moyens et du moment, imprévoyant quant à la fin. Ne pouvant toucher incontinent au but, l’in térêt s’émousse rapidement, et il passe à autre chose; grâce à son besoin dévorant d’activité, il a toujours mille projets tout prêts à être réalisés. 11 apparaît ainsi comme changeant, et se montre d’ailleurs facile ment oublieux.
En face d’une difficulté imprévue ou d’une contrariété, son procédé habituel consiste à trancher dans le vif, à casser les vitres ; il est très en clin aux coups de tête. Le Martien se caractérise par une extrême prodiga lité; il résiste difficilement au désir de possession qu’évoque en lui la vue d’un objet qui lui plaît. Il en arrive à être très dépensier. Il dépensera toujours jus' qu’au dernier sou de son revenu ; mais souvent son
232 l’initiation instinct de gaspillage l’entraînera même plus loin. Il est aussi très joueur, et joueur audacieux. Goûts: Tout ce qui est fort, massif, donne le senti ment de la force. Les panaches, le galon, les couleurs voyantes, le rouge surtout, les armes. Cuisine : Les viandes saignantes. Spectacles : Militaires , mouvementés , colorés , bruyants, sanglants (courses de taureaux, assauts de boxe tels qu’ils se pratiquent en Angleterre).
Collections : Les armes surtout. Occupations: Les choses militaires (celles de la marine, lorsque çj* se trouve en Signe d’Eau). Les exercices physiques, principalement ceux qui deman dent de la force et de l’endurance (le goût des exercices qui exigent surtout de l’adresse est inspiré par j£), l’équitation, la chasse, l’escrime. Choses et opérations de chirurgie et d’art vétérinaire.
Armurerie, travail de forge, boucherie, en un mot, toutes les occupations où des instruments tranchants, le fer et le feu sont em ployés. — Dressage d'animaux, surtout d’animaux sauvages. Diction: Chaude, mâle, brève, brusque, intonation du commandement, parfois comme martelée, voix métallique, résonnant fortementet cherchant à domi ner. Gestes : Accentués, brusques, « dévastateurs ».
Les gens qui cassent beaucoup sont sous l’influence domi nante de rf. Ecriture: Droite, ferme, anguleuse, énergique, dure. Les barres des t fortement accusées, traits finis sant en massue, comme écrasés.
ASTROLOGIE 233 Avec I’Influence de ç? mauvaise on aura, si elle ne l’est que modérément, affaire à ce qu’on appelle une « mauvaise tête », colère, violente, révoltée. Ma'is, si elle l’est franchement, on se trouvera en présence de la parfaite brute. Ni scrupules ni principes, ni foi ni loi ; des instincts et une cruauté de sauvage.
Un seul mobile: la satisfaction incontinente et incondition nelle des appétits delà bête, des passions féroces, cri minelles. Une énergie brutale (à moins que U* ne se trouve dans la sis ou le ®, dont la nature Humide amollit cette énergie). Lubricité.
On trouvera là de ces individus qui sèment la discorde, attisent les haines, excitent les mauvais instincts et les passions viles, allument de basses convoitises, vivent de la prostitution, poussent les autres, mais par derrière et en dessous,à faire les mauvais coups, détruisent pour la satisfaction de détruire, tuent pour le plaisir de voir souffrir; mais fanfarons tant qu’ils se sentent en sûreté, ils deviennent abominablement lâches dès qu’ils sont pris sur le fait eux-mêmes et risquent leur vilaine peau.
Pas un forfait, pas une atrocité dont le Martien mauvais ne soit capable : mensonges, fourbe ries, vols, viols, meurtres....... (À suivre.) H. Selva. Ce symbole ne pouvant être conféré que par sa Grâce le Patriarche, le consolé ou la consolée doivent
234 l’initiation le lui demander par une lettre particulière, dont voici la formule : Un tel (une telle) prie sa Grâce le Patriarche de le (la) recevoir au saint appareillamentum. La lettre devra être approuvée par l’Evêque ou la Sophiadu diocèse du requérant. Sa G:âce donnera avis à l’Evêque qui informera le requérant du jour et de l’heure choisis par le chef temporel de la Gnose.
En aucun cas Yappareillamentum ne pourra être conféré à un pneumatique qui n’aurait pas reçu le consolamentum au moins une fois. Au jour fixé, le consolé se rendra dans la chapelle. Il devra être vêtu de noir, tête nue et les mains liées par une ban delette blanche. L’appareillamentum ne sera jamais conféré en public. Le Patriarche et le consolé seront seuls.
Le consolé agenouillé dira: « Je viens ici, devant Pneuma-Agion, me déclarer coupable et déchu comme ma mère Sophia-Achamot, et renoncer aux œuvres du Démiurge et demander le pardon des saints Eons, par vous, Votre Grâce 1 » Le Patriarche, revêtu du Très Auguste pallium, étendra les mains sur la tête du consolé, en disant « Remittuntur tibi peccata tua quœ sunt peccata mundi.
Amen. » Puis, il étendra le pan droit du pallium sur la tête du consolé, en disant: « Souvenez-vous, Notre-Dame Sophia, NotreDame St-Esprit, Notre-Dame Hédonè, de votre servi teur (votre servante) qui renonce au Démiurge, à ses
RITUEL DE l’aPPAREILLAMENTUM 235 pensées et à ses œuvres ! Donnez-lui un Eon protecteur qui ne le quitte jamais. Amen. » Sa Grâce prononcera ensuite en tenant dans ses deux mains, les mains liées du consolé, quelques paroles de secreto, puis déliera les mains en disant : « Les Eons délient dans le Plerôme ce que je délie dans ce troisième monde du Kénôme et du vide! Qu’Hélène-Ennoia, qu’Hédonè, que Sophia vous assistent, et soient avec vous. Recevez le baiser mys tique ! » Sa Grâce baisera le consolé sur le front, par deux baisers, en forme de Tau. Le consolé, agenouillé plus profondément, récitera les premiers versets de l’Evangile de Jean et se relè vera en disant : « Dieu est Amour ! » Puis, il s’inclinera devant Sa Grâce et sortira silen cieusement. Le Patriarche, demeuré seul, adorera pendant un quart d’heure.
L’ESPRIT BES RACES LABRES IES SEPT ET LA PATHOGÉNIE CHINOISE Toute la thérapeutique de l’Extrême-Orient est di rectement issue des dogmes de la plus ancienne étude. Dans la croyance bouddhique, dans le taoïsme mys tique, dans le lointain et métaphysique Yiking, il n’y a qu’une seule et irréductible affirmation sur le septé naire d’éléments premiers qui forment le composé humain. Sous des noms différents, leur nature sub siste identique, et l’universalité de cette croyance épandue a influé sur toutes les sciences d’origine seconde nées aux époques ultérieures, dans les cerveaux faits au module de ce premier et infrangible principe. Dans une union étroite, qui est un gage de la vérité, se corroborent, à des plans différents, s’étayent et s’entr’aident la science hiératique, la foi populaire et les déterminations physiologiques. Les Extrêmes-Orientaux ont excellemment vu que
LES SEPT ÉLÉMENTS DE l’hOMME z'i'J la science de la conservation du corps ne pouvait trouver sa voie qu’en s’éclairant du flambeau allumé par les sciences intellectuelles, et que le premier de voir d’une science expérimentale était de prendre, en principe axiômal, la déduction logique des sciences rationnelles.
Il n’appartient qu’à des présomptueux de vouloir déterminer les vérités du plan spirituel par les sensibi lités du plan animique et celles-ci par l’empirisme du plan corporel.
Une aussi bizarre opinion provient évi demment d’une acquisition mal coordonnée de con cepts, d’un amoncellement incohérent de principes dans un esprit qui éclate à les vouloir contenir tous, d’une pose à faux, en un cerveau de données expéri mentales probables, auxquelles la vanité, commune aux imparfaits, prête gratuitement la puissance des évidences ou des démonstrations rationnelles.
La science pure et première doit avoir comme con séquences les différents savoirs que l’homme découvre par la suite, en application, aux degrés différents et aux situations diverses des corps, des principes éter nels.
Mais, de même qu’un corollaire ne peut prétendre à régenter le théorème, de même les sciences secondes ne peuvent prétendre à rien sur ou contre les sciences premières ; et, si la physiologie ou la thérapeutique semblent soudain s’insurger contre la métaphysique ou la physiologie, — il n’en faut pas douter un ins tant, — c’est que l’expérimentale fut mauvaise, et que l’empirisme est à recommencer. Telle est la base des sciences d’observation de l’Ex
238 l’initiation trême-Orient : il ne faut pas chercher ailleurs la cause du pouvoir physique extraordinaire de ses savants et de la merveilleuse perspicacité de leurs expérimenta tions. En pathologie, ils ont fait la plus délicate applica tion et laplus savante interprétation de leurs doctrines.
Conscients que les maladies, telles qu’elles nous ap paraissent, sont de simples effets ; que les causes de ces maladies dans des organes spéciaux ne sont que des suites immédiates de la cause véritable, ils ont cherché l’origine de tout mal, au plan supérieur, dans l’un des principes essentiels de l’homme, afin de pou voir, une fois la source morbide découverte, la tarir d’un seul coup par le remède,'approprié non plus à la conséquence tangible, mais à la cause primordiale, souvent obscure, toujours cachée.
Et ils ont établi, à ce sujet, les principes d’une science véritablement originale — dont le nom, seul existant en Occident, n’a pour ainsi dire plus de bon sens à nos oreilles — la Pathogénie, qui est, au sens strict du mot, de l’acrotisme nosologique. * ¥ ¥ En expérimentalisme, disent les Chinois, les sim plifications sont plus souvent des mélanges que des réductions et ne conduisent ainsi qu’à la confusion.
Voici donc leur théorie : Le corps (xuong, substances organiques) et le sang (maû, véhicule de la vie animale) constituent les élé ments inférieurs de l’homme. Le Wun ou volonté céleste qui tient le composé humain en son intégrité
LES SEPT ÉLÉMENTS DE L’HOMME 2 3g (se rappeler Paracelse), parcelle divine qui est en nous et l’entendement (Tinli) qui est, non pas la faculté de raison, mais la faculté des associations d’idées, cons tituent les éléments supérieurs. Voilà le corps et l’âme dont l’union fait l’homme.
Or le sang, si pur, si globulé qu’il soit, ne peut servir à entretenir l’existence physique, s’il n’est à la fois agile, chaud et vibrant : l’association d’idées ne peut prendre apparence en notre diction, sans une communication intime avec le corps : il existe donc forcément en nous une faculté de chaleur, de mouvement, de lumière, qui est en dehors de toute physiologie et au-dessous de tout en tendement.
Cette faculté a trois modalités, de révé lation et d’œuvre bien distinctes; et il convient de lui laisser sa triple détermination, si on ne veut pas errer — en cet invisible et, par suite, difficile domaine, — au moment de la spécialisation. Or, les éléments supérieurs, venant de la volonté Une et de ses conséquences, ne peuvent être affectés essentiellement d’aucun mal.
Or, les éléments inférieurs ne peuvent être directe ment attaqués que par des effluves extérieurs, destruc tifs ou délétères,c’est-à-dire que leurs seules affections ne peuvent se traduire que par une perte de quantité ou un changement de qualité.
Les deux seules maladies essentielles des inférieurs sont donc la corruption et l’anémie, deux maladies visibles, et dont les prognoses, le traitement et la guérison ne sortent pas de l’empi risme habituel. Donc, toutes les maladies, qu’elles portent sur l’un quelconquedes éléments humains (sauf le septième, qui
240 l’initiation est inattaquable et ne peut provoquer qu'un seul état, la mort subite, qui n’est pas une maladie, de par la dissocia tion d’avec les autres éléments) toutes les maladies ont leur cause primordiale en l’un des trois intermédiaires qui réunissent les molécules corporelles aux facultés de l’entendement (lesquelles ne sauraient se toucher dans leur coexistence, sans l’adjuvant de moyens d'un autre plan).
Le mouvement, le souffle et la lumière sont donc, à cause même de leur ténuité essentielle, es premiers éléments en butte aux influences mor bides, les portes par lesquelles le mal s’introduit dans, le composé que nous sommes.
La pathogénie orientale consiste donc, après un diagnostic psychologique, à déterminer, parmi ces. portes, celle qui aurait été ouverte ou brisée, afin que' la thérapeutique puisse directement la refermer ou la reconstruire. Ces considérations une fois admises, comme étant des conséquences étroites des psychologies et des mé taphysiques, quel raisonnement s’impose ?
C’est dans le cas de la maladie prise à temps dans un corps non atteint de misère physiologique, de né gliger l’effet visible, quelque terrifiant qu’il semble, pour remonter à la cause essentielle, cachée, obscure, mais seule efficiente du mal, de et l’attaquer exclusive ment.
C’est le rejet absolu de tout empirisme expé rimental, de toute médication externe, de tous topiques; c’est, dans le domaine pratique, l’exclusion de tous les succédanés, et la réduction de la pharmacopée à quelques principes régénérateurs et révulsifs, d’appli cation adéquate à la découverte des causes détermiLES SEPT ÉLÉMENTS DE LHOMME 241 nantes du mal. C’est la classification de la nosologie •en quelques tètes de chapitre spécialisées.
C’est, surtout, la lutte psychique et intellectuelle contre le mal coïncidant et s’alliant intimement avec la lutte matérielle contre la maladie conséquentielle ; c’est, après la détermination exacte de l’ingressus morbide dans l’élément humain spécialisé, la tonifi cation, l’exaspération, le réveil, ou, suivant le cas, le ralentissement, la réfrigération, l’appauvrissement du dit élément, en tous cas son retour à son influence coutumière dans le composé humain.
C’est le rigide traitement, au plan animique comme au plan corpo rel, de la cause véritable, c’est la réduction du mal pro duit dans l’élément principe, la répression du désordre porté dans la localisation physique de ce principe, indépendamment du processus suivi dans les diffé rents organes par le développement de la maladie.
C’est dire que, basée sur les indices d’une pathogé nie soigneuse, la thérapeutique n’est plus qu’un corol laire matériel d’une science d’observation psychique ; que ce corollaire, à perdre toute son envergure expéri mentale, perd en même temps ses chances hasar deuses et ses facilités à l’erreur et que, dégagée de toutes les faussetés que traînent avec elles des obser vations mal faites, ou des constatations de symptômes étrangers dues à des circonstances extérieures incon nues de l’observateur, la médecine n’est plus qu’une application logique d’une psychologie physiologique d’une considérable valeur, et gagne en précision ce .qu’elle semble perdre en initiative. Il est néanmoins bon d’ajouter que le traitement par
L INITIATION 242 remède direct, à l’exclusion des succédanés, suppose l’emploi des révulsifs et des toxiques les plus puis sants, capables de révolutionner l’organisme humain ; que ce traitement implique l’usage, sans aucun lénitif ni tempérament, de quantités déterminées durant des périodes déterminées; il faut ajouter que la puissance de cette médication nécessite, chez tous les autres éléments du composé humain, une force vitale, une énergie suffisante pour résister à son action, et pro duire des effets réflexes dont bénéficiera l’élément atteint et traité.
Il faut donc au sujet force et jeunesse, et de plus une santé générale, qui suppose que le mal a été traité, aussitôt reconnu, ou que la diathèse, en cas d’hérédité, ait été saisie dès l’âge le plus tendre.
Nous concluerons donc immédiatement que, si les accidents subits, les affections graves, les cas même désespérés se rencontrent, dans l’application de la pathogénie à la thérapeutique, des chances de guérison véritable ment extraordinaires et inconnues aux Occidentaux, au contraire, les malades invétérés, les vieillards, les anémiés et les diathésiques d’ascendance non traitée, sont peu susceptibles de guérison, parce que la théra peutique n’admet pas ou ignore les succédanés capables d’adoucissement et de soulagement, et que les malades ne supporteraient pas les médications violentes capables seules de refréner le mal.
Qu’une localisation des éléments vitaux semble dès lors nécessaire, cela n’est point douteux ; mais cette localisation — absolument théorique ■— ne sert, comme point de départ, dans la pathogénie, que comme sert la supposition d’une valeur de x dans la
LES SEPT ÉLÉMENTS DE L’HOMME 24^ discussion d’une équation algébrique ; prise à elle seule, la supposition est gratuite et contestable ; mais c’est une base hypothétique nécessaire, d’où part le raisonnement pour suivre la filière des positions pos sibles, leur assigner des valeurs concordantes, et reve nir alors à l’x initial, indéterminé, mais à qui la défi nition de toutes les valeurs voisines, ne laisse plus qu’une seule place à prendre, qui est sa véritable place.
Ainsi a-t-il été raisonné dans la disposition des éléments vitaux à travers les organes ; et faut-il même admettre un renversement normal de l’hypothèse pri mitive en certains cas psychologiques, physiologiques,, ou même pathologiques, dès l’avance prévus : exacte ment comme, au passage insensible d’une valeur par une ligne du démarcation désignée dans la courbe des valeurs, la valeur correspondante de l’inconnue bon dit soudain de plus l’infini à moins l’infini. * ¥ ¥ Le KHI ou souffle (voir la doctrine des stoïciens), véhicule de la vie générale, est le facteur qui paraît le plus important dans cette organisation, ou, en tous cas, celui dont la valeur quantitative paraît le plusconsidérable.
Les trois éléments dissolubles étant en potentialité d’animation vitale, les trois éléments immortels étant en potentialité de localisation temporaire, le KHI vient, de sa complexité, enchaîner et réunir des élé ments d’essences diverses et de propriétés disparates. En effet, le KHI a ceci de commun avec les disso lubles, qu’il meurt, et ceci de commun avec les immor
l’initiation 244 tels, qu’il ne se dissout pas, et qu’il se réunit, par une immédiate résurrection, à ces immortels, pour constituer un nouveau mode d’existence. Tel est le mécanisme de la naissance; tel est par inversion le mécanisme de la mort.
Le KHI (souffle de vie) dont l’entrée en jeu cause directement la vie dans l’organisme humain, trouve deux mouvements à déterminer, un dans les supé rieurs, un dans les inférieurs ; ces deux mouvements s’appliquent à deux spécialités, l’une physique et matérielle, l’autre hyperphysique et intellectuelle ; ces essences, ces éléments, ces mouvements, consti tuent le jeu de l’organisme, qui s’appelle l’existence humaine normale.
Du côté physique, le KHI, allant droit aux pou mons, organes de la combustion et de la régénéra tion des combustibles, atteint le sang, qui se meut, et forme, sous son impulsion, le modus sanguin (infé rieur) schématisé sous la forme d’un tourbillon ou d’un plexus. Du côté psychique, le KHI rencontre l’élément immortel THAN (lumière et conséquentiellement chaleur).
Il s’unit immédiatement à lui de la façon la plus indissoluble (cela est naturel, puisque le KHI, sujet aux résurrections, est plus attiré du côté des immortels que du côté des dissolubles) et forme avec lui le nodus psychique, lequel se répand dans tout l’être, mais a sa spéciale localisation dans le cœur : le THAN, quand il est seul, n’est pas localisé. Mais il faut remarquer que l’isolement du THAN est une potentialité, et non un état.
LES SEPT ÉLÉMENTS DE L’HOMME 245 L'un à l’autre réunis, le THAN et le KHI deviennent l’unique THANKHI (fluide ou corps astral); il se répand autour des éléments immortels; il affecte le TINH (association des idées) et y produit le nodus intellectuel, avec localisation passagère dans le cer veau. Je dis « passagère », parce qu’il est admis en Orient qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un cerveau pour avoir des associations d’idées.
Comme il est inutile — et même dangereux, dit le PHANKH OA-TU —, de vouloir affecter leWun(qui n’est qu’une manifestation( et le lie à des éléments hu mains, il ne reste qu’à expliquer l’action du mouvement sur les organes tangibles qui forment le « corps » hu main. Or il existe ici une application spéciale du prin cipe de l’Am-duong (i) (principe double, physiologi quement chaud et froid, sec et humide).
Une superfi cielle expérimentation établit que le corps humain, par son dégagement, tant de calorique que d’humeur, participe au double principe.
Toute sécrétion, tout dégagement suppose un mou vement intérieur; d’où le Rein est considéré comme un foyer de mouvement, puisqu’il est secréteur des humidités corporelles ; par suite, il sert, dans la marche des éléments inférieurs, comme d’une sorte (i) L’Am-duong, principe double créateur de la métaphy sique de FOHI, est le fondement de la philosophie métaphy sique chinoise.
On en retrouve des applications dans toutes les branches de toutes les sciences, et cette théorie est posée en principe axiomal et quasi divin.
L INITIATION 246 d’intermédiaire. Son nom même l’atteste (THANTHUY : rein humide). C’est le correspondant à F AM du principe double. D’autre part, la chaleur doit avoir aussi son mouve ment spécial; et ce mouvement doit avoir un siège.
Le THAN (chaleur) se meut avec le KHI et ne peut commencer son mouvement sans lui ; cependant il a son mouvement propre : donc, par l’analogie chère aux Orientaux, et pour satisfaire au DUONG du prin cipe double, il existe, localisé en face du THANTH (JY, un THANHOA (mouvement de la chaleur) lequel attache le THAN au sort du KHI.
Ainsi: entrée normale du KHI: sa division immé diate :une quantité proportionnelle au THAN s’atta chant à ce THAN, pour former le nodus psychique ; et ce Psychique actionnant l’intellectuel (localisation : le cœur, le cerveau); le reste du KHI actionnant le sang, et formant le nodus corporel (localisation : les poumons), le principe AM-DUONG reliant, par FAM les inférieurs par un mouvement réactif (localisation . le Rein), et poussant, par le DUONG, le THAN vers sa voie normale (localisation indéfinie: par analogie, on place l’Am dans le rein gauche, et le DUONG dans le rein droit ; mais il n’y a à cela d’autres causes que la raison toute gratuite de l’amour de la symétrie). telle est la forme de Faction vitale sur le composé humain, en état normal et de bonne santé.
Rappelons encore une fois que la localisation physiologique a un point de départ hypothétique, et seulement vrai semblable, dans les spécialisations des différents cas morbides, dont le processus peut changer rationnelleLES SEPT ÉLÉMENTS DE L’HOMME 247 ment sa marche ordinaire, et le réduire à la seule valeur d’une pétition de principes.
On voit par là quelle expérience physiologique une telle science exige du thérapeute, au cours de la pra tique, et combien un véritable savant des sciences expérimentales, pour diagnostiquer sûrement, doit être un philosophe, plus encore qu’un médecin. * * 4 Etablissons ici le schéma de la vie normale, ainsi que le présage le précédent exposé ( i ) : on reconnaîtra à la disposition des septéléments, leurs relations res pectives dans le composé humain, et leurs tendances, parallèles et de sens contraires : on remarquera l’étroite union du THAN et du KHI, l’indication des in fluences et la valeur des trois nodus, à l’état de santé.
On remarquera enfin (et l’on donne parfois ceci ■comme preuve que les doctrines chinoises ne sont pas panthéistiques) la solitude de l’élément supérieur, dont la présence lie entre eux les six éléments, mais qui n’est lié à aucun d’eux que par sa volonté propre, et, à l’autre extrémité du composé, on remarquera aussi la situation concordante du dernier élément > qui est affecté par le composé, mais non relié à lui : fait singulier, dont on extrait, en psychologie orientale, les théories les plus audacieuses, l’une d’entre elles ■étant celle-ci: que l’homme n’a pas besoin, pour vivre, ■de l’apparence humaine que nous appelons corps. Ce schéma est l’origine graphique de toute la (1) Voir la figure du Frontispice.
l’initiation 248 représentation de la pathogénie.
Car, à l'inspection des prognoses d’une maladie, le thérapeute se repor tera à ce schéma, et appliquant l’observation expé rimentale de telle ou telle souffrance (manque ou plé thore de l’économie organique), on déduira, d’abord le nodus affecté, puis le Moteur, ou le Calorique, ou le Lumineux, entravé, diminué, ou augmenté, puis l’entrée morbide originelle, enfin l’élément du com posé humain qui se trouve spécialement attaqué.
Et, de cette longue inspection psychologique, découle seulement son diagnostic, lequel sera souvent différent de celui qu’il aurait donné au seul examen superficiel des prognoses. Tous les états normaux de la vie humaine sont ainsi réduisibles en schémas, presque toujours con cordants avec les données empiriques. La règle pour les établir est analogue à celle par laquelle on établit les schémas morbides.
Partant du schéma de la Vie, on observe, au moyen des symptômes, la caractéris tique du nouvel état normal, par où passe le composé humain. On observe l’élément spécialement intéressé par le changement d’état, celui dont les fonctions deviennent différentes, par ralentissement, diminu tion, ou augmentation.
La logique conduit, par ana logie, à l’impression éprouvée par l’élément et par les moteurs correspondants : une déduction stricte mène à l'immédiate conséquence dans l’organisme général. Et, si la conséquence est bien déduite, le schéma doit la traduire, sans aucune restriction, dans un gra phique, non pas symbolique, mais directement com mentateur.
PARACELSE 24g Etablissons dès lors, sur les mêmes raisonnements, les schémas des deux états normaux de l’homme sain, en dehors de l’état de vie habituelle, l’état de sommeil, et l’état de mort. MoGd (.4 suivre). Nous avons donné antérieurement ici même (i): 1’Abrégé de la préparation des médicaments de Para celse: aujourd’hui nous commençons la publication des XIV livres des Paragraphes du même Hermétiste.
Paracelse, que bien des médecins modernes ont copié sciemment ou inconsciemment, est souvent traité de fumiste par des personnalités qui ne le con naissent que très superficiellement. Or c’est précisé ment le contraire qui est la vérité. Ce sont bien plutôt nos modernes microbiculteurs qui se montrent parfois de véritables fumistes; on s’en apperçevra certainement dans un avenir prochain.
Par suite de nos travaux, nous avons été amené à nous occuper des microbes, des virus et des vaccins (2), (1) Voir {'Initiation, n’ de Février de la présente année 1894. (2) Nous avons dû étudier ces questions à cause d’un vo lume sur la Vivisection ; Paris, Chamuel, éditeur, 1894.
25o L’h'TIATION et nous sommes arrivés à des conclusions très péni - blés en ce qui toucheau plus grand Microbiculteur contemporain.
Ces mêmes études nous ont amené à compulser l’œuvre gigantesque et géniale de Paracelse, et, si ces études nous ont pris beaucoup de temps, elles nous ont aussi donné une forte conviction, à savoir que Paracelse a été un des plus grands génies qui ont existé, et que déjà à son époque, il possédait quan tité de connaissances que nos savants modernes ont à peine effleuré dans ces dernières années.
Mais combien sont encore ignorées et ne seront peut-être exhumées que dans un avenir éloigné ? Parcelse était d’une modestie relative, aussi ne pouvait-il suporter les faiseurs de son temps ; mais en revanche, il estimait beaucoup les médecins Spagiriste (Hermétistes, Alchimistes), qui,dit-il« ne sont pas paresseux comme les autres.
Ils ne sont pas habillés de beaux velours de belle soie ou de taffetas, ils ne portent pas des bagues d’or aux doigts, ni aux mains des gants blancs ; mais les médecins spagiriques attendent avec patience, jour et nuit, le résultat de leurs travaux. Ils ne fréquentent pas les lieux publics mais il passent leur temps dans leur laboratoire. Ils portent des culottes de peau avec un tablier de peau, sur lequel ils essuyent très souvent leurs mains.
Ils ne craignent pas de mettre leurs doigts dans le charbon et dans les ordures ; aussi sont-ils aussi noirs et aussi enfumés que des charbonniers et des forgerons. Ils parlent généralement peu et ne van tent pas leurs médicaments, sachant parfaitement
PARACELSE 25l que c’est à l’œuvre que l’on reconnaît l’artisan. » Mais si Paracelse fait l’éloge des médecins spagiristes, il s’élève d’un autre côté avec beaucoup 'de véhé mence contre les apothicaires qu’il traite de véritables empoisonneurs ; il faut lire avec quelle verve il fla gelle ces faiseurs de drogue dans son admirable Dis cours sur l’Alchimie qui est le Troisième Fondement de la médecine Paracelsique.
C’est dans ce Discours qu’après avoir donné des notions claires et précises sur sa méthode et après avoir raconté toutes les misères qui lui ont été faites pendant sa vie, Paracelse ajoute qu’après sa mort, on lui rendra justice; voici en quels termes:« Je vous expliquerai et éclairerai tellement la chose que jusqu’à la fin du monde, mes écrits demeureront et subsisteront comme très vrai, quant à vos écrits (ceux de ses adversaires) on les reconnaîtra toujours comme remplis de fiel de venin et de couleuvre et seront odieux aux hommes, de même qu’aux crapauds.
« Non, non, je ne veux pas que vous tombiez en un jour, ni que vous soyez renversés dans un an.
Mais, après un laps de temps, vous serez contraints Tous-mèmes de découvrir et de mettre à nu votre honte et vos turpitudes; alors le crible vous aura bien purgé: «Je ferai, je ferai beaucoup plus contre vous après ma mort, que durant mon existence. » Et bien que vous dévoriez mon corps par vos injures et vos invectives, vous ne rongerez rien que le cadavre, mais l’esprit dépouillé du corps combattra contre vous. » Cette prophétie du grand Alchimiste s’est entière
252 l’initiation ment réalisée. Encore de nos jours, on copie en effet les procédées de Paracelse, comme nous allons voir, et l’on y puise des pratiques qu’il a condamnées.
Ainsi le Dr Constantin Paul, inventeur de la cérébrine, n’a trouvé son procédé que grâce aux travaux de Paracelse, de même que les métallothérapeutes modernes, si nombreux aujourd’hui, ne font que reproduire en partie les travaux de Paracelse, et la médecine métallique des braves alchimistes du moyen âge.
Ainsi Paracelse a parfaitement admis que tout être (et même le minéral) possède en lui-même un esprit de vie (l’arc/zee, le fluide vital des modernes) capable d’agir sur notre propre énergie, sur notre volonté. D’après le grand hermétiste, l’or était pour ainsi dire une concrétion matérielle de la force vitale,, l’argent un calmant, c’est pourquoi c’est un métal lunaire (la lune représentant la passivité).
D’après Paracelse, l’étain agit sur les intestins ; le zinc sur les articulations, l’antimoine sur la poitrine, et ainsi de suite. En résumé, tout être et même le métal peut nous communiquer de sa force vitale, qui se dégage comme une buée, une vapeur, un gaz, une aura, autour de lui.
Paracelse avait pressenti parfaitement le magné tisme; les pèlerinages chrétiens à Lourdeseten d’autres, lieux avaient été également préssentis, car les guéri sons miraculeuses (si miracle il y a) ne sont autres que la guérison par la foi de Paracelse, laquelle n’est en somme que la guérison par auto-suggestion. Et MM. les Homéopathes, ne .sont-ils pas les dis
PARACELSE 253 ciples de Paracelse ? Il ne guérissait pas par le similia similibus. il n’employait le remède que comme véhicule de la santé, car, disait-il, « ce n’est pas le remède qui contrecarre la maladie, mais seulement la santé, et celle-ci se sert du remède comme moyen de vaincre la maladie ». Ce qui démontre indirectement que ce n’est pas tant la quantité du remède qu’il faut envisager, mais bien plutôt son mode d’action.
De là dérive toute la médecine homéopathique, dosimétrique,deMattei, etc. Par là aussi on peut expliquer l’efTetdes remèdes par suggestion. Parce que nous venons de voir, nos médecins n’ont pas tous dédaigné Paracelse, le grand persécuté des Ecoles de son temps, de ce que nous nommons aujourd’hui I’Académie.
Ce qui prouve encore que nos modernes médecins n’ont pas tous dédaigné Paracelse, c’est que beaucoup l’ont copié, mal quelquefois, nous le reconnaissons volontiers. Nous avons parlé du Dr Constantin Paul, inventeur de la cérébrine ; mais le Dr Baraduc, auteur d’un livre sur le Fluide vital n’a que réédité, pour ainsi dire, Y Esprit de vie de Paracelse.
Ce médecin est parvenu à mesurer à l’aide d’un instrument Vaspir et le respir ■de cet esprit de vie de Paracelse, de la force vitale, ou force neurique, du fluide vital de nos modernes phy siologistes. Louis Lucas l’avait connu, cet esprit de vie; c’est celui-là même que le docteur Robin, si je ne me trompe, a dénommé « tension énormon », d'après Hippocrate.
l’initiation 254 Le Dr Barth de Montpellier et le Dr Chauffour ont également étudié ce fluide vital, dont le Dr Baraduc est parvenu à chiffrer le Dynamisme ou mieux la Dynamique. Brown-Séquard qui vient de mourir, avec ses injections de liquides testiculaires, orchidiques, enfin nerveux (3e édition) n’a fait que reproduire une expérience de Paracelse ; seulement Brown-Séquard a fait, sans s’en douter de la magie noire.
Il a eu beau changer le nom de ses drogues pour ne pas effarou cher les esprits pudibonds, il a eu beau la dénommer en 3e édition liquides nerveux, ces liquides n’en sont pas moins tirés des testicules de certains animaux. C’est donc par assimilation des forces génératrices que le Dr Brown prétend donner et donne en effet, pendant un certain temps, des forces à des vieillards décrépits.
On retrouve dans d’anciens grimoires de magie noire la description de ce procédé ; on y précise même la manière de se procurer les liquides et l’endroit précis où on doit les prendre. La Montespan fit absorber de ces liquides orchi diques à Louis XIV (1) afin de fixer sur elle les amours de ce roi volage. — Le procédé était, dit-on, de l’abbé Le Sage, de la Voisin et de la Brinvilliers.
C’était du reste, la bonne époque, pendant laquelle on rajeunissait les amants et où l’on se débarrassait aussi des maris qui manquaient de.... complaisance. _________ E. B. (1) Voir à ce sujet: La Chronique de l'œil de bœuf de Tou« chard-Lafosse. 4 vol in-12, Paris, 1842.
PARACELSE 255 LES XIV LIVRES DES PARAGRAPHES DE PHILIPPE THÉOPHRASTE PARACELSE Très excellent philosophe et docteur en l'une et Vautre médecine AVEC UNE ÉPITRE DE THÉOPHILE PARACELSE BOMBAST Docteur en l’une et l’autre médecine et Professeur aux amateurs de l’art D. S. Traduits du latin et commentés Par Ernest BOSC AVEC UNE PRÉFACE DU MÊME AUTEUR
256 l’initiation ÉPITRE De tous les arts, la médecine seule a été estimée (à cause de son utilité) par tous les auteurs divins ou profanes, comme un gage divin envoyé aux hommes par le ciel. Néanmoins, il y a aujourd’hui fort peu de docteurs qui la traitent et l’exercent utilement et d’une manière heureuse.
Aussi me suis-je proposé de la ramener aux termes élogieux qu’elle mérite, en l’expurgeant de grandes ■erreurs qu’elle a encore et de la barbarie où elle est plongée; et cela bien que nous ne soyons astreints ni obligés de suivre les préceptes des anciens, mais bien plutôt parce que nous avons trouvé des indications naturelles d’une part et que d’un autre côté, des idées nous sont venues par suite de notre propre jugement et notre longue pratique.
Qui ne sait aujourd’hui que grand nombre de docteurs en ce siècle ne se sont lourdement trompés et n’ont commis des fautes irré parables au plus grand détriment des pauvres ma lades?
Et ils ont été induits en erreur pour s’être trop strictement tenus aux écrits d'Hippocrate et de Galien, comme si ceux-ci avait rendu des oracles tels que ceux qu’on rend sur le trépied d’Apollon et dont il ne faut s’écarter ni se départir de l’épaisseur d’un ■cheveu. Or, à l’École de ces auteurs, il en sort comme il plaît à Dieu des docteurs très riches et bien mis. mais non des médecins.
Le véritable médecin ne l’est pas par son éloquence, par la science des langues, ni la lecture des livres (bien que tout cela ne soit pas
PARACELÇE 25/ inutile) ; mais il est véritable médecin parla profonde connaissance des choses et des secrets de la nature, qui à elle seule peut tout remplacer.
L’orateur doit savoir parler et être éloquent afin de persuader et amener à son avis le juge ; mais le propre du médecin est de connaître et discerner parfaitement le genre des maladies, leur causes et leurs symptômes ; puis en suite, aidé par son talent et sa sagacité, appliquer aux maladies les remèdes nécessaires et traiter chacune d’elles selon les nécessités qu’elle réclame.
Au reste, afin de dire en peu de mots la manière d’enseigner, je dirai premièrement en ce qui me con cerne.
Ayant été invités par Messieurs de Bâle par des avances considérables et honorables, je vais lire et in terpréter en public, et cela deux heures par jour, avec diligence et pour le plus grand profit des auditeurs, les livres de médecine active et théorique, ceux de physique et de chirurgie dont je suis auteur; mais pas de la façon des autres, qui prennentde-ci de-là dans les leçons d’Hippocrate et de Galien ; mais ins truit par l’expérience propre qui est la souveraine maîtresse des choses et par les travaux que j’ai appris pendant ma vie.
Et si j’ai à faire mes preuves, c’est par expérience et par raison que je les ferai et non en m’appuyant sur des auteurs.
C’est pourquoi, mes bons et fidèles lecteurs, si quelques-uns parmi vous prennent plaisir aux mystères de l’art d’Apollon, qu’ils les aiment et en fasse cas, s’ils désirent être instruits et savants en peu de temps sur ce qui concerne cette belle science; qu’ils dirigentleurspas sur le chemin de Bâle et ils y trouveront desgrandes
■258 l’initiation choses que je ne puis décrire ici, en si petit discours. Mais, afin que notre dessein soit clairement notifié à nos écoliers et à nos disciples, je ne dois pas cacher que nous n’imitons en rien les anciens médecins, en ce qui concerne les complexions et les humeurs, qui eux maintiennent à tort que toutes les maladies doi vent être attribuées à celles-ci.
D’où vient donc qu’aucun ou du moins très peu de ces docteurs ne peuvent aujourd’hui connaître exactement la cause des maladies ni leurs jours critiques ? Ceci dit en passant doit suffire. Je vous permets cependant de ne pas juger témérairement de tout ceci avant d’avoir entendu Théophraste. Adieu et prenez en bonne part notre dessein de vouloir restaurer la véritable méde cine. — Donné à Bâle au mois de juin l’an 1527.
Avant d’entamer l’étude des Paragraphes, nous de vons dire que Paracelse a donné ce titre à son livre par imitation des jurisconsultes de son temps. Etant pro fesseur public à l’université de Bâle, Paracelse dictait ses leçons par paragraphes à ses auditeurs, à ses dis ciples, puis il pouvait ainsi les expliquer et les com menter plus facilement. II professait, comme c’était alors l’usage, en latin et en allemand.
LIVRE I Des maladies dissolues ou Flux CHAPITRE PREMIER Paragraphe I. —Tout ce qui est parfait et entier est envoyé par l’estomac indigeste : cela est la maladie
PARACELSE 25g dissolue (ce qu’on nomme autrement une sorte de Flux), et ce qui est parfait, dégénère ou devient impar fait, c’est la matière crue des choses préparées (de ce qui est dissous) ; l’estomac en est le centre, l’issue ou sortie a lieu par le fondement, par le vomissement et par la vessie.
Commentaire. •— Paracelse nomme maladie disso lue tout ce que l’estomac rejette ou ce qui a été incom plètement digéré ; dans ce cas l’expulsion peut avoir lieu de trois manières : par le siège, le vomissement ou la vessie, d’où trois espèces de maladies : indigestion, dysenterie et dysurie. Paragraphe II. — Cette maladie est de la disso lution, parce qu’elle est dissoute en la première opé ration.
La dissolution et putréfaction sont une seule maladie engendrée par les bonnes viandes. Commentaire. — Dans ce paragraphe, Paracelse expose l’origine du mal ; il dit que la dissolution est de deux sortes : elle provient de l’estomac ou de l’in gestion des minéraux. Paragraphe III. — Voici la définition de ce mal. Il y a trois maladies de la première espèce de flux : le blanc, le rouge et le laxe.
Et encore trois autres ma ladies de flux par l’urine, à savoir : l’urine sanguino lente. l’urine laiteuse et l’urine aqueuse ou mandragorée. Et trois sortes de maladies dissolues par le vomissement, à savoir: le vomissement qui est digéré, le vomissement fréquent, et celui qui vient du haut ou du thorax. Commentaire. — Ce paragraphe est intelligible par lui-même, ce qui nous dispense de l’expliquer. 3
2Ô0 l’initiation Paragraphe IV. — Les effets du mal dissolu et sa malignité sont ses accidents : il y en a quatre aux flux de ventre : la colique, les torsions ou tranchées, les douleurs de la sciatique et de l’épine dorsale : trois pour l’urine, la dysurie, la strangurie et la laxe. Et trois par le vomissement, le fiel, la liqueur et le sanglot.
Commentaire. — Dans ce paragraphe, Paracelse donne les symptômes des maladies et les issues qui servent à leur expulsion. Les déjections alvines reje tées, déjections qui n’ont pas été complètement digé rées, donnent la colique, les tranchées, des douleurs sciatiques et de l’inflammation à l’épine dorsale.
Si,, au contraire, l’expulsion se fait par l’urine, le malade a la dysurie, la strangurie ou la laxe, c’est-à-dire émission involontaire d’urine.
Paragraphe V. — Des signes de vie, de santé et de mort au mal de flux. — Il faut tenir ceci pour les signes de la vie à savoir : que si par la propre disposi tion du malade, les excréments deviennent épais et mieux liés, sans tranchées et sans vomissements, c’est le commencement de la restauration et de bonne santé et s’ils fluent aux intestins étant plus laxes, c’est encore un signe de santé grâce aux remèdes.
Mais s’il survient un tremblement particulier ou quelque mou vement de fièvre avec accident paralytique et les yeux larmoyants, ce sont là de très dangereux signes de mort. Et on reconnaît que celle-ci est d’autant plus rapprochée aux signes suivants: crispation de la bouche, bourdonnement ou tintement des oreilles, yeux larmoyants, langue embarrassée, bégaiement.
PARACELSE 2ÔI Pas n’est besoin ici de commentaires. Paragraphe VI. — De la cure de cette maladie. — La cure de ces maladies doit être fondue sur une seule intention ; à savoir que la matière soit coagulée par choses propres et assignées.
Commentaires. ■—Que signifie cette expression : « A savoir que la matière soit coagulée par choses propres et assignées ? » Ceci veut dire que par l’art Spagirique (l’art de guérir) on doit séparer le pur de l’impur ; ainsi les aliments ont la vertu de coaguler ce qui est dissous, car par ce moyen l’estomac, dont l’archée (diraient les spagiristes) est réconfortée, peut digérer tous les aliments, ce qui est la guérison. — Pour obtenir cette guérison, Paracelse conseille dans d’autres de ses ■ouvrages d’employer les arcanes ou remèdes secrets qui opèrent très promptement. — Il applique dans ce cas l’huile d’or qui est le remède souverain (premier et dernier dit-il) pour obtenir cette guérison.
A la suite du paragraphe vi, Paracelse donne diverses formules pour guérir ou du moins pour coa guler. Dans l’une de ces formules il parle du sang de tragon, que d’aucuns ont interprété sang de Dragon, ce qui est faux et de liqueur de chair. Paracelse appelle sang de tragon les scories de charbon produites sous le soufflet de la forge.
Il dénomme liqueur de chair ce que nous nommons sans doute consommé, qui de son temps se faisait au bain-marie, comme du reste se fait aujourd’hui celui qui est préparé dans de petites marmites en étain. Ce qui nous fait supposer que cette liqueur de chair
2Ô2 l’initiation se faisait ainsi, c’est que nous lisons dans certains alchimistes: « Les liqueurs de chair se font commo dément en un double vaisseau assez cognue des bons chimistes. » Paracelse dans la dysenterie tenace qui peut deve nir chronique emploie un remède plus énergique : il recommande le laudanum contre le flux de sang désespéré et autre flux. Chapitre II Des maladies dissolues des minéraux.
Paragraphe I. — La maladie dissolue des miné raux prend son origine des trois corps, l’accident et le temps ; mais la cause est de trois principes. Commentaires. — Les minéraux en question origi naires de trois corps sont les sels entaliques (i), alu mineux et nitreux.
Le temps qu’il faut pour accom plir cette dissolution est nommée par Paracelse acci dent-, quant à la cause productrice, il l’attribue aux sels, au soufre et à la liqueur, mais principalement aux sels. Paragraphe II. — Tout ce qui descend de sa forme et de sa substance a une vertu expulsive propre et particulière.
Commentaires . — Divers sels ont des propriétés expulsives, l’alumine, ce que les anciens alchimistes nommaient entali (alun de plume) et le nitre ou (i) Nous avons employé le terme ancien entaliques dérivé du terme Hérmétique : Entali ou alun de plume en chimie moderne.
PARACELSE 2ÔÎ nitrate de potasse: le premier opère par vomissements le'second par le ventre et le troisième par les urines. Paragraphe III. — De la cure des espèces de flux. — La cure du mal dissolu minéral relève de la coagu lation, car tout arcane coagulé est essence et relève de la médecine essentielle.
Commentaires. — Ce paragraphe nous paraît assez obscur, nous croyons qu’il signifie qu’on ne peut gué rir le flux qu’en coagulant tous les sels dissous; qu’ensuite il faut extraire les remèdes des arcanes (i) et de l’essence même des choses, car des remèdes essentiels constituent seuls la médecine essentielle.
LIVRE SECOND Des maladies des vers Paragraphe I. — La génération des vers a trois principes : le premier relève des aliments ; le deuxième des minéraux et le troisième des choses élé mentaires.
Commentaires. — Ce paragraphe se comprend très, bien ; d’après Paracelse, les vers ne peuvent provenir que des aliments ou des minéraux ou des choses élémentées, c’est-à-dire qui proviennent des éléments: eau, air, etc. — Nous n’insisterons pas, car les para graphes suivants expliquent ce premier.
Paragraphe IL — Du premier principe, il y a trois genres: le cru, le chyleux et l’excrémentiel. (i) Nous savons que par Arcanes ou secrets il faut entendre les préparations pharmaceutiques (métalliques, minérales, Végétales).
l’initiation 264 Du second principe cinq genres : les veines, la con cavité, la moelle, les intestins et la région des membres. Du troisième principe il a quatre autres genres: la putréfaction, l’aqueux, le chaos et la calidité (cha leur).
Commentaire. — Ce sont là des foyers de germina tion des vers; Paracelse n’est pas pour la génération spontanée, tout provient d’un œuf ou sperme: la suite des paragraphes prouvera ce que nous venons d’avancer.
Le sperme naturel est celui duquel les choses de nature ont leur origine : Le monstrueux est celui qui se produit contre nature » (ou seconde génération d’après Paracelse; comme les vers par exemple, les quels ne naissent pas tous de putréfaction, mais du sperme, qui est aussi contenu en la putréfaction). « Ce sperme est monstreux qui produit en l’homme tous les vers putrides et même dans le bois et dans les fruits.
Aux femmes qui n’ont pas été bien purgées en leur accouchement, le ventre s’enfle et grossit de rechef par le sperme monstrueux, dont l’on peut indi quer une génération nouvelle de quelques maladies.
L’on voit aussi qu’un cadavre ou corps de l’homme mort, aussitôt après les vers s’y engendrent par le sperme monstrueux. » Paragraphe III. — Toute chose crue est créée par la seconde génération ; et là où il y a génération, là est double sperme à savoir de la chose et de la semence. De là, il est naturel qu’en tout sperme il y a une semence monstrueuse ou matière de semence monstrueuses.
PARACELSE 205 Commentaire. — Nous avons longtemps cherché ce que pouvaient être une semence monstrueuse ou une matière de semence et, dans un vieux commenta teur de Paracelse, voici ce que nous trouvons à ce sujet :« Tout ce qui est engendré est nécessairement produit du sperme, auquel il y a vie, d’autant que sans sperme rien ne peut exister. Or tout sperme est double, car il est naturel et monstrueux, ce qui veut dire contre nature.
Et bien qu’il provienne du sperme naturel, il est cependant réputé monstrueux. Comme le bois et autres choses naturelles sont engendrés par semence, mais les vers qui naissent dans le bois sont de semences monstrueuses, ce qui établit une double génération naturelle et monstrueuse. Or tout sperme aux choses sensitives contient en soi un autre sperme, qui est monstrueux et peut procréer quelque chose de semblable à lui.
Paragraphe IV. — Parmi les choses dites précé demment, on doit comprendre le bois qui est fait de sperme; donc, en toutes semences, il y a deux généra tions, l’une naturelle et l’autre monstrueuse. Observation. — Comme on voit, Paracelse tient à son idée : pour lui deux semences, l’une naturelle, l’autre monstrueuse, d’où génération naturelle ou propre et génération monstrueuse ou hétérogène.
Paragraphe V. — En outre il y a lieu de remarquer ici que le sperme exalté est fixe; avec son corps mort, il acquiert une vertu sensitive, et d’un corps insensible il prend un corps sensitif, ce qui est dé montré par les éléments ; car la génération des mouches provient de l'air, celle des lézards de la
l’initiation í66 terre, celles des araignées du feu, et celle des serpents de l’eau; quant à la génération des puces, elle pro vient des minéraux.
Commentaire. — Tout, de même que le sperme naturel, porte en soi sa vie propre et aussi une vie pour des parasitaires ; nous pouvons admettre que les mouches naissent de certains miasmes de l’air ; mais les lézards de la terre, des araignées du feu et les puces des minéraux, tout cela nous paraît inexpli cable. Paragraphe VI. — Abordons maintenant la guéri son de ce mal.
Il faut que les médicaments externes soient les uns et les autres de même qualité. On peut donc dire que l’espèce intrinsèque des vers peut être expulsée par un remède externe; mais il est en core nécessaire de connaître fort bien la manière dont agit le venin; et enfin savoir que tout médicament qui tue les vers est un venin (ou poison).
Commentaire. — D’après Paracelse, toutes les pur gations qui ne peuvent tuer les vers sont absolument inutiles.
Il ajoute que tous les remèdes (externes ou internes) doivent être de même nature ; et qu’il y a Heu d’observer que les médicaments qui font mourir les vers hors du corps peuvent les faire mourir à l’intérieur du corps; il est donc nécessaire de les expérimenter avant de les faire prendre intérieurement en traitement. (A suivre.) Ernest Bosc.
PARTIE LITTÉRAIRE AIMER. I Aimer, c’est se créer un idéal sur terre Et devenir poète en y pensant toujours ; C’est rêver un bonheur qu’aucun regret n’altère Et dont l’effet du temps ri interrompt pas le cours. Tout homme en concevant cet idéal suprême, Si troublant et si doux qui sera son vainqueur, y met, sans le savoir, un reflet de lui-même, Un peu de son esprit et beaucoup de son cœur. E amour présente autant de formes que la vie El sous plus d’un aspect se révèle à nos yeux : C’est une passion par les sens 'asservie, C’est un élan de l’âme en souvenir des deux.
268 l’initiation II Puissante est la Beauté dans sa splendeur sereine, Et les plus orgueilleux s’inclinent sur ses pas: Inspirés par l'amour, ils en jont une reine Aux ordres de laquelle on ne résiste pas. Séduisante est la Grâce avec son charme étrange Impossible à décrire et si mystérieux ; L'amour lui met au front une auréole d'ange Et donne à ses attraits un éclat radieux. Le Génie a des droits qu’on ne peut méconnaître Aux nobles sentiments répondant à sa voix ; Il fait penser, il plaît, il nous domine en maître, Et l’amour, en son nom, nous impose ses lois. III L’amour est Souverain ; il dompte les rebelles. Beauté, Noblesse et Grâce ont leurs amants épris, Et chacun de ceux-ci, parmi ces Immortelles, Choisit le type aimé qu’il a le mieux compris. Quelle est de l’amour vrai la forme la plus pure ? L’union de deux cœurs dans une même foi, Connaissant leurs 'accords de vie et de nature Et qui se disent nous, quand d'autres disent moi. Celle dont on bénit les forces protectrices .4 chaque heure du jour, et qui nous rend meilleur, Celle où l’on se soumet à tous les sacrifices Pour s’offrir l'un à l'autre un instant de bonheur: J. de Tallenay.
CHANT D’AMOUR 2ÔQ CTAM ©’âMOU®. C’est le chant de l’amour qui dans l’or de l’été Effeuille son poème unissant joie et larme. C’est le chant de l’amour dont le cœur a tinté Qui soupire et s’éteint dans le bois enchanté C’est le chant de beauté., de parfum et de charme. Chant d’amour, luis encor, fais briller ton soleil.
Sur le linceul des jours de l’âme désolée, Ranime de ta vie en la mort du sommeil, Cette âme qui vivait de ton rêve vermeil, Qui te donnait sa foi sous tes pas envolée. O chant d’amour, reviens réchauffer dans ton sein, Ce cœur bercé par toi d’espérance immortelle, Si tu n’es que fusée et tombe dans la main En cendre, dis pourquoi l'écho de tout chemin Te répète menteur, te répète fidèle? Chut!
C'est le chant d! amour qui soupire etqui meurt, Quoi? Jamais étiey-vous fleurs que l'oubli vient [prendre ? Et mes yeux se levant regardent mon bonheur Et mon désir passé, sans regret, sans douleur. Est-ce donc le réveil? et la nuit va descendre. Olga de Besobrazoff. Saint-Germain, villa Médicis.
270 l’initiation PREMIÈRE TRADUCTION FRANÇAISE par Jean Tabris J’atteignis la maison, je frappai,et mon domestique ouvrit avec un sourire joyeux. « Tout va bien, Monsieur, et tout est très satisfai sant. » « Oh! » dis-je, un peu désappointé; « n’avez-vous vu ou entendu rien de remarquable ? » « Eh bien, monsieur, je dois avouer que j’ai entendu quelque chose de bizarre. » « Quoi? — quoi?
« Le bruit de pas légers derrière moi ; et, une fois ou deux, de faibles sons comme des murmures près de mon oreille — rien de plus. » « N’avez-vous pas eu peur? » « Moi ! pas le moins du monde, monsieur ; » et le regard hardi de cet homme me rassura sur ce point; quoi qu’il arrivât, il ne m’abandonnerait pas. Nous étions dans le hall, la porte d’entrée fermée, et mon attention fut alors attirée vers mon chien.
II s’était d’abord élancé avec assez d’ardeur , puis avait rampé vers la porte, et il grattait et gémissait pour sortir. Je lui caressai la tête, je l’encourageai doucement et le chien sembla alors s'arranger de la situation et suivit F... et moi à travers la maison, mais en restant sur mes talons au lieu d’avancer avec
LA MAISON HANTÉE 27 I curiosité, ce qui était son habitude ordinaire et nor male dans tous les lieux extraordinaires.
Nous visi tâmes d’abord les appartements souterrains, la cuisine et les autres pièces de service, et spécialement les caves, dans la dernière desquelles il y avait deux ou trois bouteilles de vin gisant dans un coffre, couvertes de toiles d’araignées, et qui évidemment, selon toute apparence, n’avaient pas été dérangées depuis bien des ’années. Il était clair que les fantômes n’étaient pas des buveurs de vin.
Quant au reste, nous ne dé couvrîmes rien d’intéressant. II y avait derrière la maison une sombre petite cour entourée de murs très élevés. Les pierres de cette cour étaient très humides et, soit que le sol fût couvert d’humidité ou de pous sière et de noir de fumée, nos pieds laissaient une légère empreinte derrière nous. Et alors se produisit le premier phénomène étrange dont je fus témoin dans cet étrange séjour.
Je vis, juste devant moi, l’em preinte d'un pied qui se forma d’elle-même. Je m’ar rêtai, je saisis mon domestique par le bras et la lui montrai. Devant cette empreinte de pied, soudain s’en forma une autre. Tous deux nous la vîmes. Je me dirigeai rapidement vers cet endroit; l’empreinte s’avançait devant moi, une petite empreinte, celle d’un pied d’enfant.
L’impression était trop légère pour distinguer complètement la forme, mais elle nous sembla à tous deux être celle d’un pied nu. Ce phé nomène cessa lorsque nous arrivâmes au mur opposé et ne se répéta pas au retour.
Nous remontâmes, nous entrâmes dans les chambres du rez-de-chaussée, qui se composaient d’une salle à manger, d’un petit sal’initiation 272 Ion, et d’une troisième chambre encore plus petitedestinée à un valet de pied — toutes silencieuses comme la mort. Nous visitâmes alors les salons qui nous semblèrent frais et neufs. Dans la pièce de devant, je pris un fauteuil. F... plaça sur la table le chan delier avec lequel il nous avait éclairés.
Je lui dis de fermer la porte. Comme il se tournait pour exécuter mon ordre, une chaise en face de moi s’éloigna du mur vivement et sans bruit, et tomba à environ un yard de ma propre chaise, juste devant elle. « Eh ! voici qui est mieux que les tables tour nantes, » dis-je, avec un demi-sourire; et, comme je riais, mon chien tourna la tête et hurla. F..., en revenant, n’avait pas remarqué le mouve ment de la chaise.
Il s’occupa alors de tranquilliser le chien. Je continuai de regarder la chaise, et, à mon étonnement, je vis dessus le contour vaporeux bleu pâle d’une forme humaine, mais un contour si indis tinct que je pouvais seulement soupçonner la réalité de ma propre vision. Le chien était maintenant tran quille. « Remettez cette chaise en face de moi, » dis-je à F... ; placez-Ia le dos au mur. » F... obéit.
« Etait-ce vous, Monsieur? » dit-il, se retournant brusquement. « Moi ! — Quoi ? » « Eh ! quelque chose m’a frappé. J’ai senti le coup vivement sur mon épaule — juste ici. » « Non, » dis-je.« Mais nous avons ici des jongleurs, et, quoique nous ne puissions pas découvrir leurs traces, nous les atteindrons avant que nous ne les ayons effrayés. »
LA MAISON HANTÉE 27 3 Nous ne restâmes pas longtemps dans les salons — le fait est qu’il s’y dégageait tant d’humidité et de froid, ■que j’étais charmé de me mettre auprès du feu. Nous fermâmes à clef les portes des salons — précaution •que, soit dit en passant, nous avions prises dans ■toutes les chambres que nous avions visitées au-des- :sous.
La chambre à coucher que mon domestique m’avait choisie était la meilleure de l’étage — une vaste pièce à deux fenêtres donnant sur la rue. Le lit à colonnes, qui occupait un espace peu considérable, ■était vis-à-vis le feu qui flambait clair et brillant ; une porte dans la mur à gauche, entre le lit et la fenêtre, communiquait avec la chambre que mon domestique ■s’était réservée.
Cette dernière était une petite pièce ■avec un petit canapé-lit, et n’avait aucune communi cation avec le palier — aucune autre porte que celle conduisant à la chambre à coucher que je devais oc cuper. De l’autre côté de la. cheminée se trouvait une armoire sans serrure, à fleur du mur, et tapissée du même papier brun sombre.
Nous examinâmes ces .armoires — dedans, des crochets pour suspendre des vêtements féminins — pas autre chose; — nous son dâmes les murs évidemment massifs — les murs ex térieurs de la construction. Ayant terminé l’inspection de ces chambres, m’étant chauffé quelques instants, et ayant allumé mon cigare, j’allai encore en avant, tou jours accompagné de F..compléter ma reconnais sance.
Sur le palier, il y avait une porte; elle était her métiquement fermée. « Monsieur, » dit mon do mestique, fort surpris, « j’ai ouvert cette porte avec toutes les autres lorsque je suis arrivé tout d’abord;
l’initiation 274 elle ne peut pas s’être fermée de l’intérieur, car... » Avant qu’il eût achevé sa phrase, la porte, qu’au cun de nous ne touchait alors, s’ouvrit doucement d’elle-même. Nous échangeâmes un coup d’œil ra pide. Nous eûmes la même pensée — quelque force humaine pouvait être cachée ici. Je m’y précipitai le premier, mon domestique me suivit.
Une chambre petite, morne, lugubre, sans mobilier — quelques boîtes vides et quelques paniers dans un coin — pas même de foyer — pas d’autre porte que celle par la quelle nous étions entrés — pas de tapis sur le par quet, et le parquet semblait très vieux, raboteux, rongé par les vers, réparé çà et là, comme le révé laient des pièces plus blanches sur le bois; mais aucun être vivant, ni aucune place visible où un être vivant eût pu être caché.
Tandis que nous jetions un regard circulaire autour de nous, la porte par laquelle nous étions entrés se ferma aussi doucement qu’elle s’était ouverte : nous étions emprisonnés. Pour la première fois je sentis se glisser en mon être un sentiment d’indéfinissable horreur. 11 n’en fut pas de même pour mon domestique.
« Eh ! ils ne pensent pas nous prendre à ce piège, monsieur ; je pourrais briser cette méchante porte d’un coup de pied. » « Essayez d’abord de l’ouvrir avec votre main, » dis-je. secouant la vague appréhension qui s’était em parée de moi, «tandis que je vais ouvrir les volets et voir ce qui est au dehors. » (A suivre.) Bulwer-Lytton.
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 275 D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Quartier général. — La dernière séance de cette année a eu lieu le 7 juin. Papus adonné un travail entiè rement inédit et du plus haut intérêt sur la signification nouvelle ésotérique du Pater.
Sédir a exposé une théorie de l’orateur, et Lucien Mauchel nous a lu des extraits de l’œuvre d’Eliphas Lévi, enfin Emile Goudeau a ravi l’assistance en récitant deux de ses plus exquises poésies. Branches. — Une nouvelle branche est en formation à Lille par les soins d’un savant actif et dévoué. ETUDE DU SPIRITISME Groupe n° 4. Séance du 5 mai i8gj..
Au début de la séance, Mme R....., médium voyant à l’état de veille, dépeint d’une manière remarquable plu sieurs personnes décédées ouviyantes, connues de M.M.D. secrétaire du Voile d’Isis. Séance obscure. Le guéridon, en contact avec les médiums, se livre, d’abord, à des mouvements désordonnés puis dicte une phrase injurieuse à l’adresse du chef du groupe.
J’invite alors l’esprit qui se manifeste ainsi à déplacer une grande et lourde table de milieu ainsi que des objets déposés sur celle-ci: mes vœux sont exaucés à plusieurs reprises, la lourde table se met en mouvement, des objets sont lancés de différents côtés, les manifes tations deviennent violentes ; des coups très forts sont frappés sur la grande table ; un panier en verre tombe et se brise. Le médium voyant déclare voir seulement le buste de
276 l’initiation l’esprit qui se manifeste ; le reste du corps, dit-il, n’est pas matérialisé. Au cours de cette séance, de nombreuses projections de lumière électrique ont été faites. Séance du 26 mai. Aucun phénomène intéressant à signale. A. François. BRANCHE MÉTROPOLITAINE DE BELGIQUE Quatrième rapport annuel. Ne contracte pas l’habitude de vivre, Offre au sage l’occasion de se montrer. Pythagore.
Depuis notre dernier rapport, nos ordres du jour .42 à 5o contiennent toute l’extension donnée à l’orga nisation du G. E. K (dispositions 3q à 43), et tous ses travaux (études gg à i3i). L’année présente est dominée par un fait de la plus haute importance qui en résume toute l’activité : l’installation définitive du Groupe en l’ancien hôtel des ducs de Clèves-Ravestein.
Elle comptera parmi celles où le Groupe a affirmé le plus puissamment sa prospérité. .A cette occasion, KvMRiS s’est mis plus directement en contact avec le public en même temps que d’autre part, ses travaux en sections bénéficiaient d’une intimité plus étroite.
Cette extériorisation, accomplie avec le pres tige requis par la noblesse de notre tradition et de notre but, nous a valu de précieuses adhésions grâce à l’incons ciente propagande de la presse. La dignité de la science a été reconnue sous le nom de « Kymrisme », et l’on a .soupçonné la valeur d’une fraternité philosophique qui
KVMRIS 2 77 parviendrait à re'unir la pureté des sanctuaires antiques et la force des ordres chevaleresques.
S’il fallait formu ler à nouveau le programme en pareille collectivité, nous dirions: perpétuer, au-dessus des enseignements personnels des diverses sectes empiriques, l’autorité unipersonnelle de la Tradition, en révélant l’unité cons tante de la Vérité sous les affabulations multiples dont l’Evolution la revêt dans l’espace et le temps. Les accroissements de la bibliothèque ont été particu lièrement considérables surtout en périodiques.
Parmi les principales questions étudiées, se trouvent : l’Etat de trouble, l’adaptation du Tarot à l’orchestre, deux conférences du P. G.
E. ; l’Esotérisme de l’œuvre Wagnérien, conférence inaugurale du nouvel auditoire ; les trois péchés de Jésus, conférence donnée au discrétoire par notre nouveau et dévoué correspondant d’An vers ; la théorie des Pénates ; l’alchimie ; la loi de Brück ; l’œuvre, de Davis, etc. Un ménologe spécial a été pro posée à la commémoration de nos condisciples.
Notre ami Péladan ayant donné au Groupe de nouveaux témoignages de sympathie, nous nous faisons un devoir de rappeler la lettre suivante qu’il adressait au P. G. E., le iyfévrier i8gi. Elle établit clairement une situation où l’on chercherait en vain à induire le conseil en par tialité. « Très cher Adelphe... « ... Parmi les miens, on n’oubliera jamais que vous êtes un de mes plus hauts pairs..... « ...
Le matérialisme a trouvé en vous un adversaire < invincible, et, quelles que soient les mutuelles et dis- « parafes nécessités de nos réalisations, je salue votre « gloire de mon enthousiasme catholique, car vos initiés « deviendront nos fidèles, comme nos fidèles sont vos « initiés... « ... Missionnés différemment, obéissons l’un à l’ense- « mencement de vérité, l’autre à l’esthétisation du vrai...
« et que l'Absolu se réalise, par vous ou par moi, ou « par d’autres... « ... Je vous salue de cœur et d’esprit. » Le Groupe, dans un but de pureté traditionnelle, a annoncé son intention de relever en toute hiérarchie le
l’initiation 278 Boucéan (1) de la sainte Milice du temple, si aucune opposition de droit n’intervient avant le trois cent-unième jour de la sare prescrit par les cahiers qu’il possède d’autorité provisoire. Il est intéressant de rappeler à ce sujet que la croix du temple est pâtée de gueules et non alivée d’argent comme celle de Suisse et de dix-huit autre blasons de villes ou de familles.
D’autre part, ce n’est pas un tigre qui était le suport des chevaliers du Christ dont le sceau peut se copier dans le premier traité venu. Enfin à titre de simple renseignement bien fraternel, la colombe bec en terre appartient à la seule maison Forget de Barot. Quatre membres du corps régent ont été remplacés sur leur demande: Deux directeurs de section par suite de l'accroissement de leurs occupations civiles.
Le délégué et le chef de la branche, considérant leur mission accom plie et désireux de prévenir, dans l’intérêt du Groupe, toute éventuelle tendance personnelle et trop constante dans la direction, en permettant à de nouvelles initia tives de donner à leur tour carrière à leur dévouement. Ils entendent consacrer aux études toute l’activité qu’ils ont apportée jusqu’à ce jour dans l’administration.
En ce qui nous concerne personnellement, nous déclarons ne pouvoir accepter le grade d’initiation gnostique qu’on a bien voulu nous confier que comme nous avons déclaré dans notre dernier rapport, pouvoir accepter celui d’initiation martiniste auquel il est atta ché. D. G. K. Mai 1894. OMI KABBÂMSTÏQÜB ©B Lâ B * © Nous sommes heureux de pouvoir annoncer à nos lec teurs l’apparition d’une œuvre qui fera sensation. Un (1) Son orthographe rituelle.
LES MICROBES DE L’ASTRAL 279 groupe de R C s’occupe depuis quatre ans de fouiller les bibliothèques de Paris pour y rechercher les manus crits intéressants d’Herme'tisme, de Kabbale, d’Astrologie, de Magie (1).
Ce travail long et aride, qui demandait à la fois des connaissances de linguistique, de paléographie, et une érudition spéciale à chacune des branches de la science occulte, est sur le point de se terminer et on nous auto rise à ne plus garder le silence.
Chaque manuscrit sera décrit bibliographiquement d’abord, puis analysé plus ou moins complètement selon sa valeur occulte, annoté, commenté ; la publication de ces documents et de ces études se fera dans VInitiation et durera plusieurs années.
D’autre part certains manus crits très précieux, tirés à petit nombre (5o ou 100 exem plaires numérotés) et non mis dans le commerce ne seront livrés que sur demande personnelle contenant le nom, l’adresse et la signature du souscripteur. Un phénomène fort étrange et encore peu connu nous parait pouvoir donner une idée approximative de ce qu’est l’âme, de ce que sont — d’une façon plus géné rale — les entités diverses du monde astral.
Nous voulons parler de la foudre globulaire.
On sait que, parfois, lorsque la tension électrique de l’atmos phère est énorme, la foudre se présente sous forme de globes de feu qui vont et viennent assez lentement, qui présentent certaines apparences de solidité, qui irradient peu de chaleur et qui finissent par éclater avec un grand (1) Le même travail se fait en province et en étranger (en Angleterre particulièrement) à l’aide de correspondants affiliés au groupe.
2 8o l’initiation bruit en occasionnant des dégâts importants. Que peut être un globe de feu ? Il nous semble qu’on peut s’en faire l’idée suivante.
Si, dans un milieu uniformément surélectrisé, et dont toutes les molécules se meuvent, par conséquent, avec une même vitesse, quelques-unes viennent à être animées d’un mouvement plus rapide, au point où elles se trouvent prend naissance un centre de forces positif par rapport au milieu ambiant — puisque le mouvement s'y manifeste davantage — et qui attire les molécules voisines, en vertu des lois bien connues de la gravitation entre polarités contraires.
Mais les molécules nouvellement attirées se mettent à vibrer à l’unisson avec les premières et ainsi de suite, de proche en proche, jusqu’à ce que le nombre de molécules soumises au centre de force fasse équilibre à l’intensité et à la tension totales de ces forces. A ce mo ment, l’éclair en boule est constitué.
La vitesse propre de ses molécules l’isole du milieu ambiant et il prend naturellement la forme globulaire comme tous les corps par voie de condensation : nébuleuses, gouttes de rosée, etc.; et, naturellement aussi, il se met à tourner sur luimême.
Mais, parce qu’il est attractif, la chaleur qui résulte de chocs intermoléculaires qui se produisent dans sa masse ne rayonne pas; son action s’ajoute à celle de l’électricité,, et bientôt le globe devient incandescent; la rotation s’accélère ; la force centrifuge empêche l’attraction de nouvelles molécules; puis, l’équilibre devenant impos sible, le globe disparaît et le mouvement se répand brus quement dans l’ambiance.
En somme, le phénomène pourrait être comparé à celui delà surfusion : une goutte d’eau reste à l’état liquide dans un milieu dont la température est au-dessous du point de congélation, de même qu’un point reste à un potentiel supérieur à celui du milieu, sans qu’il se pro duise de décharge. Dans l’un et l’autre cas, l’équilibre est trop instable pour pouvoir durer et la moindre cause suffit pour faire cesser le phénomène.
Les mêmes lois peuvent, croyons-nous, présider à la formation des entités astrales ; seulement les forces s’exerceraient en sens inverse.
LES MICROBES DE l’âSTRAL 28 I Si, dans un milieu de potentiel uniforme (1), quelques molécules viennent à se mouvoir plus lentement, elles se groupent autour d’un centre de forces qui est négatif par rapport au milieu considéré ; les molécules voisines sont encore attirées par leur polarité contraire, et elles ralentissent leurs vibrations au rythme dudit centre néga tif.
La densité du corps ainsi constitué s’accroît de plus en plus, puisque la force centrifuge ne vient pas contre balancer l’attraction et que chaque molécule ajoutée ap porte son appoint de force vive à la masse. Le phénomène est alors comparable à celui que présente un glaçon flottant sur une masse d’eau à la même tempé rature et qui ne conserve sa liquidité que parce qu’elle est en mouvement.
Mais quelque soit le nombre de molécules qui entre en la constitution de ce corps, il n’arrivera pas à l’état solide, au moins de longtemps, parce que le mouvement lui manque. Tandis que l’éclair en boule a trop de mou vement et pas assez de densité, l’aérosome en formation a trop de densité et pas assez de mouvement; de sorte que ni l’un ni l'autre ne peuvent donner plus que l'illu sion de la solidité (2).
Donc, faibles mouvements moléculaires et grand nom bre de molécules sous l’unité de volume, tels nous pa raissent être les deux facteurs des larves à leur naissance. Et ces deux éléments suffisent à expliquer au moins les principales propriétés que la tradition occulte attribue aux êtres inférieurs de l’astral.
Leur densité et l’attraction qu’ils éprouvent pour toute molécule mue plus rapidement rend leur contact vis queux; la lenteur de leur rythme vibratoire les rend froids ; leur négativité en puissance d’être attire toute positivité vivante ; leur inertie tend vers la matière réa lisée et les éloigne de tout vigoureux flux de force posi tif pour les attirer sans les détruire; leur plasticité (ils (1) Nous n’employons ces expressions tirées de la termino logie électrique qu’à titre purement analogique, car nous igno rons quelles modalités de ¡’énergie sont en jeu lors de la créa tion d’un elemental. (2) Voir notre brochure : Principes de Physique occulte, Chamuel, 1894.
282 l’initiation sont mous et non élastiques puisque non vibrants) les rend aptes à prendre et à conserver toutes les formes "r essentiellement passifs, ils peuvent, cependant, lorsqu’ils sont fixés sur un organisme relativement faible, agir sur lui par une sorte d’induction, aussi bien que par le ralentissement de tout mouvement et l’épuisement matériel ; enfin leur cohésion est assez faible pour qu’ils soient facilement anéantis — quand on est parvenu à les fixer — soit par l’intrusion violente dans leur masse d’un corps étranger, soit par le dispersement de la totalité de leurs molécules, ce qui s’obtiendrait peut-être par l'ac tion puissante d’un mouvement rapide sur toutes ces molécules.
Ces hypothèses sont basées sur des expériences déjà anciennes trop incomplètes encore pour être décrites err détail, mais en lesquelles nous avons cru remarquer que le pôle négatif d’une électrostatique, longtemps mainte nue en activité dans une atmosphère calme, se recouvrait de poussière bien plus rapidement que le pôle positif. Au reste, les photographies de Jodko semblent confir mer dans une certaine mesure notre manière de voir.
Mabius Decrespe. ® X-ART □ La Vie de Jésus par James Tissot Nous ne saurions trop engager nos lecteurs à visiter au Champ de Mars une exposition des plus remarquables qu’il ne leur sera peut-être pas donné de revoir et qui intéresse au plus haut degré l’ésotérisme. C’est celle de la vie de Jésus par James Tissot.
Jusqu’ici le Christ était représenté ou comme un être mpersonnel, tout divin, ou comme un homme supé rieur, sans qu’on soit parvenu à rassembler ses deux natures. D’autre part l’école romantique, en essayant la
BEAUX-ARTS 283 première de nous le montrer en son cadre, s’était plutôt inspirée de l’Algérie que de la Palestine. Tissot, artiste consciencieux comme on le sait, a voulu rompre avec toutes les traditions ; il a voulu la vérité .complète : Vérité du cadre qu’il est allé pendant huit ans d'un labeur assidu, restituer sur place en tous ses détails ; vérité des actes qu’il a rendus en occultiste savant autant qu’ingénieux.
Fort au courant des phénomènes, il ne s’est pas con tenté de nous laisser deviner par des apparences tout extérieures les incessantes communications du Christ avec l’invisible, il nous en a représenté toutes les mani festations astrales, au milieu des scènes réelles telles qu’un voyant les peut apercevoir : les deux Mondes nous apparaissent à la fois, avec THomme-Dieu qui les domine l’un et l’autre. C'est comme l’Evangile de saint Thomas.
Cette œuvre remplit deux salles entières d’une série parfaitement reliée d’aquarelles où le drame sacré se déroule admirablement. Tissot s’est bien gardé de tomber dans l’erreur de l’école symboliste qui se croit forcée de nous condamner à une placidité constante par une déformation convenue des lignes.
Son pinceau, sa plume surtout, ne se sont jamais faits plus consciencieux, plus délicats plus attentifs à rendre les moindres senti ments tels qu’ils ont dû s’exprimer.
Jamais l'habile auteur de la danse macabre ou des scènes de Faust ne s'est montré d’une finesse plus variée : grandiose quand il nous fait planer sur les terrasses de la ville sainte ou les campagnes de Galilée savamment restituées ; horri ble, épouvantable, quand il nous montre les contor sions des démoniaques, ou les remords des traîtres ; vénérable à l’intérieur du sanhédrin, admirable de séré nité ou de désolation quand il nous montre le divin martyr vainqueur de Satan, ou pleurant des larmes de sang au jardin des oliviers ; terrible à l’heure du sacrifice suprême .radieux à celle du triomphe, quand les Anges remplissent Je tombeau de leur pure lumière.
Chacun de ces petits tableaux est un drame vécu et vivant, aussi bien dans l’astral que dans le monde cor porel. Voilà bien le véritable art ésotorique qui, loin des
L INITIATION 284 artifices affadis du procédé symbolique, ne peut trop s’appliquer à rendre âvec toute la vérité delà nature les scènes si simples et si grandes du drame liuæain-céleste. Barlet. Morgane, drame en cinq actes, en prose, par Villiers de l’Isle-Adam (Chamuel, éditeur). Morgane était demeurée, jusqu’ici, l’une des œuvresles moins connues de Villiers de l’Isle-Adam.
Le poète destinant ce drame à la scène, l’avait fait imprimer, en 1866, à une centaine d’exemplaires, en interdisant toute reproduction jusqu’au jour de la représentation. Plus tard, Villiers, toujours en gestation d’une nouvelle beauté, cédait à la tendance emportant les esprits créa teurs au dédain de leurs œuvres passées. Le génial au teur d’Axè’Z n’avait pas à dédaigner Morgane.
Axel, dans la pensée de Villiers, était uniquement pour le livre, Morgane était uniquement pour la scène. Si le drame de la jeunesse du poète n’a pas les profondeurs étoilées du dramatique poème de sa maturité, il est cependant une œuvre d’une sombre et vertigineuse beauté.
Morgane, dans la tradition celtique, est la Vénus im mortelle dont le nom signifie « née de la mer » et, sur les côtes de Bretagne, les marins ont gardé la crainte de la < Marie-Morgane » la sirène aux cheveux d’or qui les appelle vers les récifs mortels. Ce nom redoutable, Vil liers l’entendit tout enfant, dans la baie natale de SaintBrieuc, et poète juvénile, il en baptisa sa tragique hé roïne.
Il en signa cette femme fatale, qui portait en sa belle poitrine brune, un cœur déchiré de cimes et d’abîmes.. La femme fatale, tous les grands poètes l’ont montrée, par-dessus le ricanement du vulgaire, apparaissant dans la vie comme l’associée du Destin. Quand l’homme en ascension vers son devenir voulu va d’un effort placer
BIBLIOGRAPHIE 285 son front sous le rayon de l’étoile d’élection, la femme fatale surgit, missionnaire adverse des influences et, d’une caresse de ses mains longues, fait dévier, le front mâle du rayon d’étoile. Dans les œuvres de Villiers, cette femme fatale apparaît toujours. C’est Mor gane, Plén, mistress Andrews, Sara.
Entre le héros encore mordu par les passions, encore enténébré par les fumées de l’instinct, et le lumineux idéal vers lequel il tend la main, elle interposera son ombre délicieuse et dévastatrice. Elle étouffera les soupirs d’angoisse de l'homme dans la volupté préordonnée de ses cheveux.
Ainsi la plupart des hommes créés par Villiers, anxieux héros dont l’âme hautaine a des tendons vulnérables encore, vont s’abîmersous de mystérieux baisers comme de majestueux vaisseaux en vue du port sous les vagues nocturnes. Ainsi Morgane emporte dans la mort son magnifique amant, après avoir pénétré, du respir de son Ascendant l’aspir de l’Ascendant de ce beau Serginy.
Avec Morgane, Villiers de l’Isle-Adam, parallèlement à son ami Richard Wagner, ramenait le théâtre à sa voie, la voie où marchèrent les Tragiques anciens et Shakes peare. Car le théâtre, art hiératique, doit faire couler en ses flancs la vie apparente et la vie mystérieuse des êtres. Au point de vue scénique, Morgane est constituée comme un organisme puissant. C’est un drame absolu ment scénique et d’un intérêt haletant.
11 convient de remercier l’éditeur Chamuel d’avoir per mis aux admirateurs de Villiers de posséder Morgane, depuis si longtemps désirée. Villiers de l’Isle-Adam est mort sans avoir vu jouer cette belle œuvre. Ce fait constitue l’une des plus criantes parmi les hontes du théâtre contemporain.
Un des opprobres de cette entité égarée que certains appellent la patrie française, consiste en ceci : Il existe un théâtre subventionné au moyen des deniers du peuple, et nommé Comédie-Française. Ce théâtre est voué à de bas vaudevilles et de sordides comédies bourgeoises at tentatoires à toute idée de beauté, tandis que de somp tueuses pièces comme Morgane ou Elën, n’ont pas été éclairées de la rampe. En face de cette honte, je suis
286 l’initiation heureux de saluer le noble dévouement de Larochelle représentant Axel. Il existe une tragédienne belle et hère qui incarnerait le personnage de Morgane. Il appartient à Sarah Ber— nhardt d’ajouter au prestige de son nom l’honneur de contribuer à la gloire de Villiers de l’Isle-Adam. Emile Michelet. * ¥ * F. Jollivet Castelot.
La Vie et L'Ame de la matière Etudes de Dynamo-Chimie, Paris, i8g3, in-8, en vente à la librairie du Merveilleux. Ce volume d’études est placé sous le patronage des alchimistes dont l’auteur se proclame le disciple respec tueux. Il débute par un exposé des théories actuelles sur la Matière. Voici celle qui nous y est présentée.
La Matière est composée de molécules formées à leur tour de particules sur lesquelles l’Ether (le milieu universeiy n’a pas de prise : elles sont les atomes chimiques, for més par la réunion des particules éthérées infiniment petites contenant en elles le premier principe révolutif - ils sont tour à tour positifs et négatifs.
Le Protoplasma de la matière, c’est donc l’Ether ; et ce dernier obéit à deux mouvements : Affinité, Répul sion : les deux pôles entre lesquels oscillent tous les atomes. Ces conclusions concordent d’une façon générale avec celles delà tradition occulte; je vais résumer ces der nières telles que les présente le célèbre adepte auteur de l’Art Magic.
L’Univers est constitué par une trinité d'éléments, dont voici un Schéma : La Matière définie par ses cinq propriétés essentielles d’indestructibilité, d’extensibilité, de divisibilité, d’impé nétrabilité et d’inertie, se subtilise jusqu’à l’Ether, mot qui pour nous désigne l’état où elle nous apparaît commeindivisible. Elle est animée par la force, que manifestent deux attributs : Attraction et Répulsion.
Enfin, au-dessus de ces deux éléments, l’Esprit s’affirme par la VolontéBeaucoup mieux d’ailleurs que je ne pourrais le leur
BIBLIOGRAPHIE 287 faire comprendre, les lecteurs pourront trouver dans les chapitres de cet ouvrage : la Vie et l’âme de la Matière, la transmutation des métaux, chanson de l’onde, et sur tout cette théorie nouvelle de l’attraction expliquée par l’Electricite'.
Une langue et un esprit également clairs, larges, logi ques, présentent ces idées traditionnelles sous la forme la plus attrayante pour le public : c’est une œuvre de plus à ajouter aux adaptations de l’occulte à la science actuelle.
Sedir. * L’Intermède lyrique de Heine Nous sommes heureux de signaler l’apparition d’une très remarquable traduction en vers de 1’« Intermezzo » lyrique de Heine faite par notre éminent collaborateur J. de Tallenay, et dont nous rendrons compte avec détails dans notre prochain numéro (1 vol. in-18, Sfr. 5o; Ollendorf, éditeur). P.
Nous sommes heureux de signaler aux lecteurs de Y Initiation l’apparition du second ouvrage de M. Emile Boissier : le Psautier du Barde. — Le rattacher à quelque école serait difficile : très original, très nouveau surtout, ce serait plutôt d’une école philosophique que d’une confrérie littéraire qu’il relèverait. Une tendance spiri tualiste se dégage encore mieux du Psautier que de Dame mélancolie. Quant aux formes, elles sont assez
288 l’initiation pures pour ne heurter personne, assez neuves pour séduire des critiques même lassés. Voici certes un bel -album à placer à côté des Tristia de Léon Berger en toute exquise bibliothèque. M. I-I. ©BS Le Spiritisme, to mai, est consacré à l’organisation u Congrès de Liège et à la discussion de l’opportunité de l’idée de Dieu. La Revue Scientifique des Idées Spiritualistes, mai, continue l’étude de A. Le Dain sur l'Inde antique, celles sur le magisme par F. de Champville, sur les Remèdes Secrets par Rouxel, etc. Le Messager, Ier mai, rapporte quelques faits assez curieux, mais déjà connus, de vision à distance, du spiri tisme, etc. La Curiosité, 7-21 mai, contient la suite d’un très remarquable travail du Dr Pascal sur l'Application thcosopliiqtte des phénomènes du spiritisme, savante étude vivement recommandée; la Psychothérapie, par E. B. ; une Profession morale de Ch. Fauvety, etc. Revista espiritista de la Habana, avril. A remarquer son article sur Léon XIII et le Spiritisme. La Chaîne magnétique, i5 mai, s’occupe beaucoup trop des affaires administratives du Syndicat des masseurs et magnétiseurs dont elle est l’organe. Lux, mai, est consacrée au compte rendu de plusieurs séances des plus intéressantes de l’Académie interna tionale des Etudes psychologiques. Revista de Estudios psicológicos, mai, étudie le mou vement théosophique au point de vue spirite ; à signaler plusieurs curieux articles relatant des faits intéressants à divers titres. La Religion Universelle, i5 mai: le filon révolution naire à travers les religions, par Fabre des Essarts ;
REVUE DES REVUES 28g. Décembre, par J. Bearson; la Première des Sciences, par Claudius, etc., etc. L’Etoile, mai.
Suite de la Traduction du Siphra D^eniouta, par Alber Jhouney; le Matérialisme, voilà l’ennemi, par L. de Tourreil ; la Tolstoïsme, par René Caillié; Expériences de Milan, par Ch. Richet; et sur tout l'Encyclique de Léon XIII, sur l’étude de la Sainte Ecriture, par Alta.
La Paix Universelle, ier juin: le Socialisme, par Amo, étude d’une grande élévation de sentiments et d’un en thousiasme absolument communicatif; Thérapeutique magnétique, par A. Bue'. Le Voile d’Isis, les numéros'de mai : Mystique catho lique, par Sédir; Esprit et Matière, par Saint-Lannes Epiphanie, par Jacques Brien; Babylone, par Papus; Principes de Physique occulte, par M. Decrespe.
Cosmos, 2 juin : remarqué dans ce journal scienti fique ordinairement si sérieux et si bien rédigé, un ar ticle sur la Rédemption et la pluralité des mondes habités qui ne remplit pas moins de sept colonnes d’arguties scholastiques d’une ineptie puissamment soporifique.
Annales de Psychiatrie et d’Hypnologie, mai : la Mort apparente che^ les Fakirs indiens, étude intéressante mais incomplète et dont la conclusion semble amenéeavec une précipitation... toute médicale ; Application de l’hypnotisme au traitement des maladies des sphères psy cho-motrices, etc. Citons encore, bien que le manque de temps nous force d’abréger : Le Journal belge d’Homœopati-iie, avec un article de M. Demaegt, sur la Résistance élec trique comme contrôle des dilutions homœopathiques;■ le Devoir, qui continue la collation des Documents bio graphiques sur A.
Godin, et qui s’occupe du Mouvement Féministe-, la Revue Philosophique, où L. Weber re cherche les diverses acceptions du mot Loi ; la Revue Socialiste, dans laquelle il faut surtout remarquer la Monogamie et l’Union libre, par F.
Pelloutier; qu’on en accepte ou non les conclusions, cette étude est intéres sante.
Puis l’essaim des jeunes Revues littéraires : La Plume,. où nous avons remarqué un épisode de l’Adam d’Emmal’initiation 290 nuel Signaret; la Revue Blanche de mai et juin, et le Fumier, de Saint-Pol-Roux, et les Exodes et Ballades de Romain Coolus; I’Ermitage, qui donne une étude assez controversée d’Hugues Rebel sur VErotisme et le Mys ticisme dans l'Art; le Mercure de France, FArt litté raire, la Revue des Revues où, sous la signature J.-F et sous ce titre : V Astrologie ressuscitée, paraît une ana lyse gentiment ironique de ï'Horoscope de la République française, récemment publié par F Initiation; la Revue moderne, où notre collaborateur Jacques Brieu parle du Mouvement idéaliste-, la Revue de Paris, l’Astrologie, la Revue générale des Sciences, etc., etc. M. D.
Si l’on veut s’amuser quelques minutes, lire l’article Islamisme de M. F.-A. Helie, dans la Revuede la Science nouvelle de juin. Mahomet était, parait-il, le plus pro fond menteur qu’on ait jamais vu, parce qu’il affirmait recevoir des communications angéliques ; c’est pourquoi l’islamisme meurt actuellement sous le mépris du monde !
Ce n’est d’abord pas très informé comme statistique, et c’est ensuite bien instructif pour ceux qui veulent étu dier les effets intellectuels du dogmatisme catholique. S. Un de nos abonnés anonyme nous demande d’expli quer le sens du mot Mahatma. Nous lui répondrons par lettre s’il veut bien nous donner son nom. S. Le Gérant : Encausse. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET c", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
VIENT DE PARAITRE L’Almanach au Magiste ire ANNÉE MARS 1894-MARS 1895 CONTENANT : L’AGENDA MAGIQUE POUR TOUS LES JOURS DE L'ANNÉE Les Jugements Astrologiques des sept planètes. La liste des Herbes, des Pierres et des Correspondances magiques. Le Jugement des Songes d’après le cours de la Lune. UN RÉSUMÉ DE MAGIE CERÉMONIELLE L’HYPNOTISME PRATIQUE EN QUATRE LEÇONS. Le Miroir magique. — Les expériences d'Eliphas Levi. Les 22 axiomes magiques. LE RÉSUMÉ DE LA DOCTRINE DE L’OCCULTISME SUR L’AME ET SON ÉVOLUTION. Des extraits et des citations des principaux occultistes. L’Histoire du Mouvement spiritualiste dans ces dernières années, et la liste des Fraternités Initiatiques. Orné de gravures et des portraits de L.-C. de Saint-Martin, Fabre d’Olivet, Wronski, Eliphas .Levi, Louis Lucas, Eugène Nus, Fauvety, Camille Flammarion. PUBLIÉ par un Groupe d’Occultistes sous la direction de PARUS Président du Groupe indépendant d’Etudes Esotériques. Prix : 3. francs PARIS CHAMUEL, Editeur 2g, rue de Trévise, 2g 1894 (Tous droits expressément réservés).
LE VOILE D’ISIS LE SEUL JOURNAL HEBDOMADAIRE QUE POSSÈDE LE MOUVE MENT SPIRITUALISTE EN FRANCE Directeur: PAPÛS, O O. »F Rédacteur en Chef: Secrétaires de la Rédaction : Lucien MAUCHEL SÉDIR et DECRESPE ABONNEMENT: Un an (France) . 5 fr. | Union postale . . 6 fr. Le numéro: 10 centimes. Le Voile d'Isis a déjà publié in extenso: les Vers dorés de Pythagore et Caïn de, Fabre D’01ivet,.et poursuit la publication des livres rares et curieux. ERNEST BOSC LA PSYCHOLOGIE DEVANT LA SCIENCE ET LES SAVANTS 1 vol. in-18 de xvm — 3oo pages. Prix : 3 fr. 50 Ce volume traite de l’Od, du Fluide odique, de la Polarité, du Fluide astral, du Magnétisme, de l’Hypnose, de la Force psychique, etc., etc.
L’Initiation du i5 Juin 1894 VIENT DE PARAITRE U MAISON HANTÉE Par BULWER-LYTTON Première Traduction française par Jean TABRIS Tirage de grand luxe sur beau papier, à très peu d’exemplaires. Prix : 2 fr. CHAMUEL, ÉDITEUR VIENT DE PA. RA I TRE George MONTIERE SARAH KEMMY Un beau volume in-18.— Prix. . . 5 fr. 50 « CHAMUEL, ÉDITEUR 29, rue de Trévise, Paris (Compte rendu prochainement)
L’INITIATION C1SENTS) DIRECTION 14, rue de Strasbourg, 14 PARIS Directeur : Q, 0 Directeur-adjoint : Lucien MAUCHEÏ Rédacteur en chef : F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédàction : J. LEJAY — P A U L S É D I R ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO G. CARRÉ 3, rue Racine, 3 PARIS FRANCE, un an. io ir. ÉTRANGER, — 12 Ir. RÉDACTION : 14, rue de Strasbourg. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Manuscrits. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui 11e pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un „numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer eu plus tôt que le mois suivant. Livres et Revues. — Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s’il y a lieu. Les Revues qui désirent faire l’échange sont priées de s'adresser à la direction. ADMINISTRATION, ABONNEMENTS. — Les abonnements sont d’un an et se paient d’avance à l’Administration par mandat, bon de poste ou autrement, 3, rue Racine. ETRANGER. — Envoyer tous les échanges, à la direction, 14, rue de Strasbourg, Paris.. TOURS,E. ARRAULT ET CIE.