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I ♦ JL_ Revue philosophique indépendante des Hautes Études □Hypnotisme^ Force psychique Theosophie, Kabbale Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes 2 3a VOLUME. — 7 “e ANNEE SOMMAIRE DU N° (Mai 1894) PARTIE INITIATIQUE... La tradition chez les Druides (avec planche) (p. 99 à i io). Marc Haven. Rituel de la Fraction du Pain . ........................ (p. iii a 112). Jules Doinel.
Astrologie.Les influences planétaires. — Le Sa turnien. . ................ (p. 113 à i3o). H. Selva. PARTIE PHILOSOPHI- Le nouwati traité gnosQUE ET SCI ENTI Fl QU E tique de Turin (traduc tion inédite avec com mentaires et deux planches) .'.................. (p. i3i à i56). E. Amelineau. Nouvelle traduction de la Genèse (Rapproche ments philologiques).— Manon................................. (p. i56ài6>). Alfred Le Dain. PARTIE LITTÉRAIRE...
La Maison hantée (suite) (Traduction inédite de Jean Tabris)...................... (p. 169 à 171). Bulwer-Litton. .1 Cynthia (poésie). . . . (p. 171 à 172). M. Largeris. Evangile (poésie) .... (p. 172 à 173). J. de Marthold. Groupeésotérique.— Étude de Spiritisme. — Vitalisme et Microbes. — LaTension du Corps astral. — Bibliographie (Camille Flammarion, Tiffereau, Largeris, Michel Corday, A.
Dubarry).— Revue des revues. — Les deux noblesses. — Nécrologie: Horace' Lefort. Rédaction : 20., rue de Trévise. 2g PARIS Administration, Abonnements : 3, rue Racine, 3 PARIS TTM Tnr- W/2L TT«-. A «n • nTY PPAMCQ
PROGRAMME Les Doctrines mate'rialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science.expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l'initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie' (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L'Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà sept années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Initiation du i5 Mai 1894 Principaux Rédacteurs et Collaborateurs de l’initiation PARTIE INITIATIQUE F. Ch. Barlet, S.-. L-. ji> — Jules Doinel, S.-. I.-. (D. G. E., — Ep. Gnost. — Stanislas de Guaita, S.'. I.'. — Marc Haven, S.-. 1.-. — Julien Lejay, S.'. I.-. ;<j — Emile Michelet, S.-. I.'. (C. G. E.) — Lucien Mauchel, S,'. I.-. (D. S. E.) — George Montière, S.'. I.-. — Papus, S.-. I.-. £ — Philophotes, S.’. I.-. (C. G. E.) — Quærens, S.-.
I.-. (D. G. E.) — Sédir, S.'. I.-. (C. G. E.) — Selva, S.'. I.-. (C. G. E.) — Vurgey, S.-. I.'. (D. G. E.). 2° PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Abil- Marduk. —Aleph. — Badaire. — Dr Baraduc. — Le F. -. Bertrand 3o’.'. — René Gaillié. — A. C. Tshéla. — Camille Chaigneau.— Chimua du Lafay. — Alfred le Dain.— G. Delannf.. — Fabre des Essarts. — D1' Fugairon. — Delézinier.— Jules Giraud. — Haatan. — L. Hutchinson. — L.
Lemerle. — Marcus de Vèze. — Napoléon Ney. — Eugène Nus. — Horace Pelletier. — G. Poirel. Raymond. — A.æe R. — Dr Sourbeck. — L. Stevenard. —Thomassin. — Pierre Torcy. — G. Vitoux. — Henri Welsch. — Oswald Wirth. — Yalta. 3» PARTIE LITTÉRAIRE Maurice Beaubourg. — E. Goudeau. — Manoël de Grandford. — Jules Lermina. — L.
Hennïque. — Catulle Menues. — George Montirre. — Léon Riotor. — Saint-Fargeau. — Robert Scheffer. — Emile Sigogne. — Ch. de Sivry. 4” POÉSIE Ch. Dubourg. — Rodolphe Darzens. —Yvan Dietschine. — Maurice Largeris. — Paul Marrot. — J. de Tallenay. —. Robert de la Villehervé.
L'Initiation du i5 Mai 1894 GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES Secrétariat : M. Paul SÉDIR 4, Avenue de l’Opéra, 4 PARIS Quartier Général : 29, Rue de Trévise, 29 PARIS But. — Le Groupe a pour but principal d’étudier théoriquement et expérimentalement les forces encore non définies de la Nature et de l’Homme — en dehors de oute secte et de toute personnalité. Membres. — Les membres ne payent ni cotisation ni droit u’entrée. — Tout abonné de l’initiation ou du Voile d’Isis reçoit sa carte de membre sur demande affranchie adressée au Secrétariat. Organisation. —Le Groupe comprend 22 commissions d’études au Quartier Général à Paris. Il compte actuellement 80 branches et correspondants au dehors. Des conférences et des cours ont lieu régulièrement au Quartier Général. Renseignements. — Pour tous renseignements sur le Groupe ou les sociétés adhérents dans les différents pays, écrire en joignant un timbre pour la réponse à M. Paul Sédir, 4, Avenue de l’Opéra, Paris.
ARBRE SËPH1R0TIQUE DRUIDIQUE
La reproduction des articles inédits publiés p r V Initiation est ormellenient interdite, à moins d’autorisation spéciale .
PARTIE INITIATIQUE Les celtes des temps historiques, mais encore pri mitifs, qu'ils aient habité la Gaule, la Bretagne, la Germanie ou la Scandinavie, avaient.au dire de leurs rares historiens (i), une tradition orale conservée soi gneusement par leurs prêtres, les druides, ennemis de toute inscription, de tout monument écrit qui, pour jamais, aurait fixé parmi les profanes la lettre d’un dogme ; ils n’avaient pas écrit le nom de Dieu sur un anneau.
Ils gardaient, pour transmettre la doctrine, le mode initiatique, et, pour la graver en les esprits, le ( i ' La tradition celtique si ancienne, si personnelle à l’Europe et son véritable patrimoine, est cependant celle qui eut le moins d’historiens, quelques mots de Strabon. d’Hérodote ; des notes dans Val. Maxime, Ammian Marc, Pomponius Mêla, Pline, Ta cite et J.
César, voilà les seuls documents ou à peu près N’estce pas bien plus au mépris ignorant des Roma.ns qu’à la soidisant barbarie de nos pères que nous devons cette pénurie de renseignements ?
100 l’initiation rythme moyen mnémotechnique et langue hiérogly phique qui, par le nombre, permet de modeler sur la pensée la forme la plus approchée de tel idiome vul gaire 11). Remplis de crainte à l’égard des sciences et des lettres dont ils prévoyaient l’apostasie (Pelloutier, Hist. des Celtes, 1.
Il, ch. x), ils ne livraient pas à l’érudition factice d’enfants sans expérience le savoir (i) On réunit généralement dans une même catégorie hiéra tique, mais on distingue entre eux les Druides, les Prophètes (Owates ou Vates) et les Bardes. Les premiers sont les maîtres, les philosophes conservateurs du dogme.
Les Prophètes, astro nomes et médecins vivant dans la société et transmettant au monde la volonté des Druides, représentent la portion jupitérienne du Sacerdoce. Les Bardes enfin sont les poètes, les révé lateurs. Ce sont eux qui vont nous occuper ici spécialement; leur puissance était telle sur les guerriers, sur le peuple, que eur voix arrêtait parfois des armées prêtes à en venir aux mains (Diod. de Sicile, v. 213-214).
Ils narraient en Triades, soit les origines des races, l’histoire des Celtes, les migrations des Gaëls ou des Kimris, soit les dogmes de la religion (Tacite, Ger mait., ch. 11, et Prud. Apoth.,l 296); leur voix accompagnait les cérémonies du culte et de la vie (Sidon. Appolin., Panégyr. Major , f 219 et Tacite, ch vm).
Sans doute, cette influence immense au début tant que le culte resta pur et puissant, di minua et se pervertit dans la suite, et le barde devint un bouffon lorsque l'Owate devint un valet, « mais les corporations bar diques qui se maintinrent dans le pays de Galles à travers les invasions successives des Romains, des Anglo-Saxons et des An glais sous la forme d'une espèce de franc-maçonnerie conservè rent avec la ténacité celtique les débris traditionnels des vieilles croyances nationales et les triades que nous possédons encore en sont certainement la dernière expression. » (Pictet, Mystère des Bardes, p. 18 .
C'est à cet excellent volume, le Mystère des Bardes, que nous renverrons sans cesse au cours de cette étude : on ne saurait trouver réunis plus d’érudition et de large philo sophie.D autres triades historiques ou philosophiques sontaussi parvenues. On trouve dans Myvyrian, Archeology oj Wales, London et Défense de l'authenticité des anciens poèmes bre tons. Londres, 1703, tous les textes réunis.
L INITIATION IOI très respectable. Celui qui voulait devenir Barde vivait avec les Druides vingt ans quelquefois, soumis à de longues épreuves, le novice demeurait dans la solitude, au fond des bois ou dans les cavernes des montagnes. Là, sa mémoire s’ornait de formes et son âme s’ou vrait comme une fleur rare par la purification, la mé ditation, l’enseignement {Triade citée par Owen Pughe dans son Dict. gallois au motballn.').
Lorsqu’il savait, lorsqu’il assentait les chants sacrés, il partait véritablement illuminé. Voyez Taliesin (i) : Comme Jésus, cet autre envoyé, messie consacré des Esséniens, la mémoire lui a été rendue.
Thérapeute, prophète, le barde va, semeur d’harmonie, chanteur de la grande chanson : « Je sais chanter un poème que la femme du roi ne sait pas ni le fils d’aucun homme : il s’appelle le Secours; il chasse les querelles, les maladies, la tris tesse.
« J’en sais un que les fils des hommes doivent chan ter s’ils veulent devenir habiles médecins, j’en sais un par lequel j’émousse et j’enchante les armes de mes ennemis et je rends inutiles leurs artifices. « J’en sais un que je n’ai qu’à chanter lorsque les hommes m’ont chargé de liens, car dès que je le chante mes liens tombent en pièce et je me promène libre ment.
« J’en sais un qui est utile à tous les hommes; car, (i) L’un des bardes les plus célèbres, Aneurin, Lyvvarch Hen et Myrdhin, sont, après Taliesin, ceux dont la mémoire est la plus honorée.
102 l’initiation aussitôt que la haine vient à s’enflammer entre les fils des hommes, je l’apaise au moment où je le chante. « J’en sais un dont la vertu est telle que, si je suis surpris par la tempête, je fais taire le vent et je rends la paix à l’air (i).
Ces porteurs de la bonne parole, faut-il les considé rer comme des isolés, comme d’individuels apôtres que réunit seulement une communauté extérieure de vie artistique et nomade ou comme les manifestations expansives, les graines jetées au vent, sacrifiées s’il le faut, du chêne druidique? Lumineuses irradiations d’un instant qui s’éteignent tandis qu’au centre demeure immuable le foyer de la tradition hiératique ?
Cette dernière hypothèse nous semble la vraie, la seule admissible même, si l’on se donne la peine de rechercher dans les rares monuments qui nous restent des bardes (2). Quel enseignement religieux, quelle doctrine méta- (1) Edda des Islandais, trad. eted. H. Mallet, P. 1787.
Sur les connaissances occultes et les pratiques magiques des Bar des, consulter le même ouvrage, p. 289, et les travaux précis et consciencieux d’Amédée Thierry, Hist. des Gaulois, t. 11, p. 80 sq. (2I Parmi ces textes, il nous faut citer à côté du Cyfrinach Beirdd Ynys Prydain, trad. A Pictet, le poème de la Voluspa ou oracles de la Prophétesse; le Discours sublime et le Cha pitre Runique, pièces subsistant de 1 Edda de Sœmund.
Enfin l'Edda de Snorro Sturleson, trad. Mallet P. 1 787. Ces textes n’ont pas, sans doute, une bien grande antiquité ( 1000 à 1 200), mais il faut se souvenir que les fables, les symboles qu’ils con tiennent avaient la vivacité des vieilles légendes depuis long temps confiées aux mémoires d’une race. Certaines formes ré vèlent encore aux philologues leur très ancienne origine. (Cf. A. Pictet, Introduction.)
LA TRADITION CHEZ LES DRUIDES io3 physique et morale forment le fond de ces primitifs poèmes? Les bardes chantaient à leurs pères, à leurs audi teurs profanes, guerriers et laboureurs, qu’il est un Dieu en qui se trouve l’absolu de l’être, l’absolu du savoir, l’absolu de la force (i). Cet absolu est lui-même inaccessible, immuable (2). Mais du monde des principes qu'il occupe il se (t)Myst. des Bardes., t. Il, développé dans les t. IV et V.
Dieu est aussi Le bien parfait ce qui Veut le bien parfait, ce qui Accomplit le bien parfait.
De même dans VEdda des Islan dais, page 54: « Il découvrit ensuite trois trônes élevés les uns au-dessus des autres et sur chaque trône un homme assis; ayant demandé lequel des trois était leur roi, son conducteur lui répondit « Celui qui est assis au trône inférieur est le roi, il (se nomme Hâr (c-à-d. le sublime); le second est Tafnhàr l’égal du sublime), mais celui qui est le plus élevé s’appelle Tredie (le troisième) (Prestiges de Hâ) et la nature mysté rieuse de ces trois piincipes est dévoilée plus loin Fable II).
Hâr est le principe froid, féminin Tafnhâr, le feu, principe masculin, Tredie l’air humide, le principe équilibré. — « Le Druidisme qui nous donne de Dieu la même idée que la Kab bale le symbolise d’une manière bien précise et bien propre à faire comprendre sa tri-unité.
Il le représente par un grand cercle, le grand visage dans lequel sont inscrits une infinité de petits cercles, ou bien d’une manière plus scientifique, mais moins à la portée du vulgaire ; les Druides figuraient Dieu par un grand cercle renfermant trois cercles inscrits qui peuvent à leur tour contenir chacun trois cercles et ainsi de suite à l’infini.
On voit en Angleterre beaucoup de cromlecks établis d’après le principe (Rouxel, la Philosophie cabbalistique dans le Lotus, 21 oct 1889). Dans cette étude très superficielle de la tradition. M. Rouxel s’elTorce de prouver que la doctrine Kabbalistique procède de la religion des Druides.
La défense d’une pareille thèse prouve chez l’auteur une ignorance aussi grande de la tradition kabbalistique que de l’histoire des Celtes, nous regrettons de le dire. (2) Myst. des B. t. 3o-38,. 40. Les Bardes lui ont occuper le monde Ceugant ou cercle de la région vide, comme traduit très parfaitement M. Pictet : epn"'yx.
l'initiation 104 réfléchit dans les deux mondes inférieurs des lois et des faits sous les deux aspects successifs de Vérité et de Liberté (t. I) au ternaire supérieur.
Amour Sagesse Force correspond dans le monde des lois le ternaire Bien Justice Beauté ■et dans le monde des faits, le ternaire Déclin Accroissement Génération La génération de ces ternaires se fait par les canaux des influences et des mélanges réciproques, ce qui revient à dire que nous sommes dès le deuxième ternaire dans le monde de la formation (1).
Le Bien vient de l’union de l'amour et de l’intelli gence, la justice de l’union de la sagesse et de la force ; le Beau est le reflet du ternaire supérieur dans sa tota lité.
Le dernier ternaire est presque mot pour mot la tra duction du dernier ternaire sephirotique : il corres- (1) Sepher Ietzirah : « Il les sculpta, les pesa, les permuta entre elles, x avec toutes et toutes avec x, 3 avec toutes et toutes avec 3, etc. » Les canaux sephirotiques donnent leur nom aux lettres par où se manifeste l’exhilaration de Dieu.
LA TRADITION CHEZ LES DRUIDES IO5 pond au monde du devenir, monde d'Abred et le fondementde l’alliance y permet seul unestabilité relative. Enfin détaché du reste de l’arbre est l’abîme infé rieur Annwm (i) reflet sombre du cercle lumineux d’en haut, limite matérielle du monde moyen comme Ceugant en est l’idéale limite.
Mais ici nous devons remarquer qu’à proprement parler c’est Abred qui correspond à Malkuth, c’est Abred qui représente le monde quaternaire des mixtes si Annwn symbolise d’autre parties eaux féminines, l’épouse. Deux termes, opposés en apparence traduisent donc en celtique l’idée double de Malkuth chez les Khabbalistes.
Ces mondes, ces états que nous venons de considé rer dans leur essence, c’est-à-dire dans la manière dont ils réfléchissent chacun à leur point de vue l'ab solu, ne sont pas des statues immobiles. Un grand mouvement s’y accomplit éternellement, mélangeant l’ombre à la lumière, mouvement de libration (2) qui fait sans cesse absorber et épuiser Annwn par Ceu gant, qui projette du ciel les torrents dans l'abîme ( Voluspa, p. 37, Pictet).
L’esprit, revêtu de ténèbres, émerge de la profondeur, et c'est le commencement ; il remporte dans Abred les trois victoires de l’évolu tion (tr. XXVIII) ; il s’épanouit dans Gwynfyd où il retrouve son caractère primitif, céleste, spirituel (3). (1) Abyssos, sans fond. ci. Voluspa. p. 61 et Pictet, t. XIV,. p. 38. (2) Dinwn *w- vi, 7. (3) Tr. XIV : « Les Druides soutiennent l’immortalité de l’âme » (Cœsar, de Bello gallico. Tr. IV, chap. XIV), ce qui fait sourire de pitié l’historien romain.
l’initiation 106 Ce circuit est celui de l'amour, il a pour moteur la série des termes moyens, la colonne centrale de l'arbre séphirotique, tout comme l’ésotérisme judéo-chré tien (i). Ces bardes enseignent quelaSagesse divine(Père), la manifestation divine (Fils), l'amour divin (Esprit) sont la cause originelle des êtres vivants (2).
Voilà les trois sphères et leur triple mouvement : l’homme créature limitée encore plongée dans le monde d’Abred (3) en perçoit seulement la double po larisation, vie et mort, fas et nef as. binaire. Placéentre le démon de l’abîme.
Cythraul (4) et l’esprit de luLe ternaire chrétien, Père-Fils-St-Esprit, est le ternaire moteur vivant et véritablement catholique de l’être. (Cf Lacuria, les Harmonies de l’ètre p. 29) Père, Fils, Esprit du nom divin N'bjN.
Voilà pourquoi xSjN ne correspond pas à une Séphire et s’explique: « Tu potens in sœculum, Do mine. » (2) Triade XI différente de la Triade IX, ce que n’a pas vu M. Pictet. (3) 'Monde de la rigueur, de la mort: trois forces astringentes y régnent, qui sont à la fois des calamités et des sauvegardes contre le triomphe du mal (Tr. XVIII et XXI).
La nécessité (destruction du mal par lui-même) la perte de mémoire (mérite de l’épreuve), la mort (génération). CfF. d'Olivet Caïn, pp. 206 et 180 (4) Cet attract de l’abîme dont le nom Cythraul veut dire des tructeur d'après M. Pictet, mais aussi adversaire, se rapproche beaucoup du Satan des langues sémitiques (Cf.
Caïn de F. d’Olivet, p. 1 g3.) Sa nature est plus particulièrement indiquée dans une triade très remarquable que nous tenons à transcrire ici : Tri phrif anflfawd Abred : Angen, anghof ag angeu Trois calamités primitives d’Abied, nécessité, Oubli et mort. Cette racine galloise ang trois fois reprise à la façon hiéro glyphique de Moïse au Sepher Bereschith nous spécifie l’action de Cithraul dans Abred. La syllabe Ang-qui se trouve dans les mots Ay/io, Ayxttjp, Uncus, Angst, Ongle, Angoisse, Ancre,
LA TRADITION CHEZ LES DRUIDES 107 mière céleste, il a sa liberté, le devoir de dominer l’ennemi Drwg, et l’appui de la grâce (i). Au milieu de ces alternatives, 1 homme choisit; s’il s’incline vers l’existence inférieure, fuyant la lumière reconnue, s’il jalouse la condition de ceux qu’il est chargé d’élever, s’abaissant vers eux au lieu de les attirer à lui, fatalement, la série des existences le ra mène au niveau inférieur qui fut son idéal.
Si, au contraire, s’élevant sans cesse, il se fait le tabernacle de Dieu, s’il désire la lumière et tend son être vers elle, la grâce, qui n’est autre qu’une des forces du destin, l’illumine et l’élève : il pénètre Gwynfid (2) et sa vie angélique.
Il est alors dans le monde moyen de et dans les noms propres mythologiques Angra Mayna (Zend) Angat, Angota (religions africaines, des génies ou symboles du mal, figure le mouvement égoïste et enveloppant, astringent, de l'adversaire Cythraul, comme le fait r< marquer M. Pictet, s’oppose sans cesse à ce que l'homme échappe au cercle d'abord pour passer dans celui de Gwgnfyd 11 est assez intéressant de retrouver ici non seulement les idées, mais encore l’hiérogramme et même la méthode graphique connue dans la tradi tion sémitique.
Cythraul recevra plus loin le nom de Drwg, dragon du seui à rapprocher du sanscrit druh et du rend Druy Sous ce nom il exprime plutôt l’instrument temporaire de Dieu dans l’ac complissement de ses desseins. ( 1 ; La sympathie de Dieu ou consentement aux visées pro videntielles. Cette science des correspondances, ou magie, ne s’acquiert que par la purification et le dégagement continuel de notre awen primitif. Cf.
IV, xvi. (21 Cf. le si remarquable article de Papusdans V/nitiation de nov. 1893 sur VEtat de trouble. Gwynfyd, monde heureux, plé nitude est symboliquement et philologiquement aussi rapprochable de p (Cosmog. de Moise,ch. 11, p. 76).
L'évolution d’Abred à Gwynfyd ainsi expliquée est absolument conforme à la tradition kabbalistique : la vision de l'Echelle de Jacob, Hénoch élevé au rang de Mettatron, sont des symboles et des enseignements de lumière identiques.
l’initiation jo8 l’esprit: échelon de l’échelle lumineuse, il n’a plus comme détermination individuelle qu’un nom (Forme, Vocation), un rôle supérieur (Privilège, Qualité), un rôle inférieur (Utilité, Awen) (i), mais cet état har monique n’est pas une immobilité et la progression (i) Dans cette sphère l’être possède une triple connaissance (Tr.
XXXV), qui lui a permis de triompher de ¡ adversaire: il connaît sa nature propre, sa cause et son mode d'action, dette nature propre, comme l’expliquent les triades voisines, c’est la connaissance de sa sphère, forme ou vocation. C’est cette sphère qu’il était donné à l’homme primitivement d'élaborer et de surveiller (Gen. II, i 5).
Sa cause, c’est Ceugant: sa mé moire retrouvée lui donne conscience de sa qualité, c’est-à-dire du rôle qu’il joue par rapport à la série des êtres plus ou moins parfaits. Enfin son mode d’action ou Awen mérite une étude très spéciale. M. Pictet traduit ce mot par génie primitif, tout en remarquant ,p. 64) qu'il signifie exactement le flux, l’épan chement spontané de lame, un talent naturel.
Tout homme à son awen, mais il lui est rarement donné d'en jouir dans la vie (p. 65). Quelque soin que le traducteur ait mis à rendre ce mot, il faut convenir que le véritable sens reste, volontairement ou non, caché. Le seul mot qui doit traduire Awen gst magie. Dans le cercle de Gwynfyd l’homme retrouve l’emploi de sa faculté magique primitive. Nul commentaire ne vaudrait à ce sujet ces quelques lignes de F. d'OIivet.
Adam parle: « Mon amour dans l’Eden était pur et simple comme moi : c était un sentiment mêlé avec ma vie et qui ne me paraissait pas en être distinct. Je n’aurais pu cesser d'aimer quand même je l'aurais ■voulu L amour était comme le principe de mon être et la lu mière de ma vie.
A présent au contraire, mon être en est devenu le principe et ma vie s’en est détachée... » —Quand j'étais dans mon Eden au printemps de ma vie immortelle et dans le calme de mon innocence, j’avais reçu en principe de l'Eternel Dieu la faculté créatrice telle qu'il l'a Jui même, mais seulement dans le rapport de mon existence à la science; car tu ne dois pas oublier que j'avais été fait à l'image des Dieux et jouissant de toutes leurs prérogatives.
J’avais reçu cette faculté afin que ■jepusseembellir à mon grémon séjourde toutes les productions •de la nature élémentaire, et le peupler de toutes les créatures inférieures à moi... » (Caïn, p. 187 et p. 210).
LA TRADITION CHEZ LES DRUIDES IO9. (t. XII, XL, XLVI), s’exécute de Gwynfyd vers Cenyant. Telle est dans toute sa grandeur et simplicité la doctrine que rythmaient les Bardes : les dogmes tra ditionnels y sont visibles et nous les avons assez indi qués au cours de notre exposition pour y insister à nouveau. Déjà quelques auteurs, et d’une plus grande autorité, furent frappés de ces ressemblances.
M. Amédée Thierry, après avoir remarqué le caractère double de cette religion, secrète et métaphysique chez les Druides, extérieure et grossière pour la masse, ajoute ces mots : « Maintenant, si l’on demande comment le Druidisme prit naissance chez les Kimris et de quelle source découlaient ces frappantes similitudes entre sa doctrine fondameniale et la doctrine fonda mentale des religions secrètes de l’Orient, entre plu sieurs de ses cérémonies et les cérémonies pratiquées à Samothrace, en Asie, dans l’Inde on ne trouverait point cette question éclaircie par l'histoire.
Ni les documents recueillis par les écrivains étrangers, ni les traditions nationales n’en donnent une solution positive.
Mais on peut raisonnablement supposer que les Kimris pendant leur long séjour, soit en Asie, soit sur les frontières de l’Asie et de l’Europe, furent initiés à des idées et à des institutions qui, circulant alors d’un peuple à l'autre, parcouraient toutes les régions orientales du monde. » Cette origine faut-il l’admettre comme définitive ou bien avec d’autres auteurs, fautil pénétrer plus avant encore dans le passé et recher cher du côté de la Perse ce point où se perd toute
1 10 l’initiation filiation de races dans un berceau commun? (i) Cette question est secondaire : il nous suffit d’avoir montré d'une part l’identité des deux traditions cel tique et judéo-chrétienne et d’autre part leur origine commune aux limites de l’histoire. L’hypothèse en fantine de M. Rouxel qui voit dans la Kabbale une doctrine née de l’enseignement druidique n’est pas même discutable maintenant.
L’horizon s’est élargi : notre ésotérisme se rattache à des racines plus pro fondes et plus vivaces et pour nous qui sommes le terrain commun où sont venus, magnétiquement, se heurter et se mélanger pour des œuvres futures les courants intellectuels et les migrations ethniques du Nord et du Sud, il importait de constater qu’en ce mélange d’éléments matériels si hétéroclites, les sacerdotes et les initiés de tous les rites ont apporté les mêmes symboles, affirmé les mêmes doctrines.
Marc Haven. ( t) Cayn. Les Gaulois dans Hist.de France; Pellontier, Hist. des Celtes, pp. 13 i-i 34..
Nous n’avons pas voulu ici étayer nos hypothèses historiques sur l’autorité de F. d’Olivet, préfé rant ne nous appuyer que sur des auteurs classiques et irré cusables: mais nous tenons à dire néanmoins que sa théorie est pour nous la seule acceptable, en ce qu’elle repose non pas sur quelque brique déchiffrée ou quelque inscription sa vamment reconstituée, mais sur la connaissance des principes humains individuels, sociaux et universels.
RITUEL DE LA FRACTION DU PAIN I I I GNOSE Les Parfaits étant réunis, les femmes la tête cou verte d’un voile blanc et les hommes ceints d’un cor don blanc, s’agenouillent et reçoivent la bénédiction de Sa Seigneurie, l’Evêque. Puis ils se relèvent et le choeur chante le cantique : Beati, vos Æones ! Sur la table drapée de lin, l’Évangile de Jean repose entre les deux flambeaux.
L’Evêque et le diacre et la diaconesse assistants sont debout devant la table. Une fois le cantique achevé, Sa Seigneurie récite le Pater noster, en grec. L’Assemblée répond Amen. Le diacre présente la coupe et le pain à l’Evêque.
Le Prélat, revêtu de l’Etole (quand sa grâce le Pa triarche officie, il est couvert du très auguste P.dlium), élève les mains sur les espèces en disant : Eon Jésus priusquam paterelur mystice, accepitpanem et vinum in sanclas et venerabiles manus suas, et, elevatis oculis in cœlum, fregit (l’Evêque rompt le pain), benedixit (l’Évêque forme le Tau sur le pain et la coupe) et dédit discipulis suis, dicens (Tout le monde se prosterne): Accipite et manducate et bibite omnes!
Le diacre portant le plateau et la diaconesse por tant la coupe précèdent Sa Seigneurie qui s’avance vers les Parfaits. L’orgue joue une marche religieuse et lente.
I 12 l’initiation L’Evêque, prenant le pain, l’élève au-dessus de l’assemblée en disant: Touto è<m to <jwu.a Trveujxartxàv toü Xpiaroù Puis il repose le pain sur le plateau, s’agenouille et adore. Il se relève, prend la coupe et l’élève en disant: Calix meus inebrians quàm prœclarus est!— Calicem Salutaris accipiam et nomen Domini invocabo. — Toîi-o ioTtv tÔ aiixa ■xvsup.aTixov to'j Xptcrou. Il s’agenouille et adore.
II se relève, rompt un fragment du corps spirituel de l’Eon Jésus et le mange. 11 boit à la coupe du sang. Pause. Orgues. Il s’avance ensuite vers chaque Parfait et tend le pain et la coupe à chacun. Silence. Orgues. — Adoration. De retour à l’autel, l’Evèque étepdant les mains dit : Que la grâce du très saint Plérôme soit toujours avec vous !
Les restes des espèces consacrées sont brûlés sur un réchaud, car le corps pneumatique du Seigneur ne doit pas être profané. Après quoi, Sa Seigneurie donne la bénédiction gnostique et se retire entre les deux assistants qui por tent les flambeaux. Jules Doinel.
ASTROLOGIE I I 3 On a déjà fait ressortir combien la connaissance in tégrale de la nature des Influences astrales, de leurs propriétés et de leurs effets est chose difficile, sinon impossible à acquérir. Les Influences ont pour fonc tion, comme on sait, d’individualiser les êtres : elles apparaissent ainsi actives dans la formation de tout ce qui naît.
Mais les effets extérieurs par lesquels se manifeste cette activivité, sont caractérisés forcément par une extrême diversité selon le règne de la nature dans lequel se produit l’action astrale, et même sui vant les échelons d’un même règne.
De plus, le déve loppement que prennent ces effets ne saurait être que relatif, puisqu’il dépend du degré de capacité que pos sède l’individu, par ses dispositions essentielles ou accidentelles, de réagir sous l’impression astrale. L’astrologie ne saurait donc encore se flatter de (i) Extrait d’un Traité théorique et pratique- d'Astrologie généthliaque devant paraître prochainement.
l’initiation ÎI4 connaître tous les effets que produisent les Influences planétaires, même en ce qui concerne l’homme qui cependant a été son principal objet d’étude, comme étant le plus important. Et de leur action sur l’ani mal, la plante et le minéral, elle ne sait encore pres que rien.
C’est pourquoi tous les tableaux des propriétés des forces astrales que nous avons donnés et que nous aurons à donner, n’en peuvent comprendre que les principales et ne sauraient être considérés comme leur expression complète. Dans l’étude des Influences planétaires, nous aurons à distinguer les effets propres qu’elles tendent à produire de leurs affinités; les der nières résulteront soit d’une analogie, soit d’une cor respondance.
Commençons par les propriétés actives; nous en bornerons l’étude à ce qui concerne l’homme. Comme ici la distinction de celles qui résultent du tempéra ment général de la Planète et de celles constituant son idiosyncrasie n’a qu’un intérêt purement théorique, nous ne la ferons pas, le lecteur étant lui-même en état delà faired’après les données fournies antérieurement.
Le chapitre précédent a fait connaître les effets que produisent les Influences planétaires dans le domaine physique et physiologique en se servant des forces animiques. Il nous reste donc à exposer leur action sur les facultés instinctives, morales et intellectuelles de l’homme, et sur sa destinée. Si nous devons caractériser l’action spécifique des diverses Influences planétaires d’une façon générale, nous dirons :
ASTROLOGIE I I 5 ï). Qualité générale : « astringence ». — Im prime à tout ce qu’il influence un aspect vieux, malheureux, miséreux, le caractère de tristesse, de lenteur, de gravité, de durabilité, de profondeur ; développe surtout la mémoire et la causalité. T/f.
Qualité générale: « tempérance ». — Donne à toutes ses productions un aspect de sérénité, un carac tère de modération, de grandeur, de largesse ; sur le plan intellectuel, favorise surtout le jugement, et au point de vue des facultés morales développe principa lement les qualités vraiment nobles de- l’humanité. Il est le principal promoteur d’honneurs et de richesse. ¿L Qualité générale: « ardeur».
Donne toujours une tendance à l’excès en tout ; produit ainsi l’orgeuil, l’audace, l’ardeur impatiente, la dissipation, la cruauté, la domination despotique, la destructivité.
L’action de <j< se Compare fort bien à celle d’un ferment. © Qualité générale : « chaleur ». — Annoblit tout ce qu’il influence ; donne de la distinction, de l’élé gance, du brillant, une faculté d’attraction sympa thique ; rehausse dans la vie au-dessus du niveau ordinaire,L’Influence du 0 nous apparaîtcomme une sorte de tonique, non cependant dans le sens qu’elle fortifie l’action des autres Influences planétaires, mais par le fait qu’elle tend à annoblir leurs effets.
Q Qualité générale : « Amour ». — Donne la gaîté, la grâce, le charme, la séduction, la beauté, le besoin d’attachement, le goût des plaisirs, la volupté, la fertilité, le sentiment de la foripe, partant les senti ments et les talents artistisques.
116 l'initiation £ Qualité générale: «mobilité ». —Confère les qualités d’activité, de rapidité, de souplesse, de va riété, d’instabilité, d’habileté, de finesse ; développe surtout les facultés rationnelles (i). (0 Qualité générale: « humidité, passivité ». ■— Produit partout la tendance à changer de condition ; s’exerce principalement sur les facultés sentimen tales et l’imagination. ? et Tfr.
Avec S et fir nous commençons à entre voir ce que sera l’humanité supérieure à venir ; entrevoir, car ces astres n’exercent qu’une action très faible encore sur l’humanité actuelle Les effets qu’ils sont appelés à produire parleur Influence sont donc encore fort peu déterminés, surtout en ce qui con cerne «.
Ces deux Planètes paraissent développer les qualités qui sont la marque d’une spiritualité avancée, étant actif au prehiier chef sur le plan intellectuel, 8 sur celui moral.
Pour l’exposé détaillé des qualités de l’organisation mentale de l’homme dont les Influences planétaires tendent à favoriser la manifestation, nous adopterons la division suivante: plan intellectuel, plan moral et sentimental, et plan instinctif, réunissant sous cette dernière étiquette tout ce qui a trait aux instincts, impulsions, appétits, goûts, passions, habitudes de la vie, etc.; et nous placerons en tête les caractères que les Influences tendent à. imprimer à la Volonté (2). ( 1.) L’auteur de The Light oj Egypt veut que l’action de Ç soit purement mentale, intellectuelle et scientifique ; il nous paraît impossible de la-limiter à ce seul plan. (2) Nous ne nous dissimulons point ce que cette division a
ASTROLOGIE Iiy Nous dirons de suite ici que l’action des Influences planétaires ne s’exprime sur le plan intellectuel plei nement et effectivement que dans le cas où elles sont pures, ou lorsque leur influx est très puissant.
Dansle cas contraire l’individu est incapable de s'élever au-dessus du plan instinctif et des régions inférieures de celui sentimental; les facultés cérébrales spéciales que nous rattacherons dans la suite à chacune des Influences planétaires restent reconnaissables, il est vrai, mais n’offrent plus la même saillie: elles ne présentent qu’un développement rudimentaire et ne peuvent être mises au service que de poursuites maté rielles ; et si les Influences sont franchement mau vaises, l’individu emploiera ses facultés cérébralestoujours à une mauvaise fin.
On verra plus loin quelles sont les circonstances qui réalisent les conditions de pureté et de puissance des Influences.
Ces mêmes conditions déterminent aussi la qualité bonne de leur action sur le plan moral et sentimental ; le plus ou moins de perfection de leur réalisation offre donc, à première vue et dans une certaine mesure, un critérium pour la constatation du degré d’élévation psychique que manifestera un indi vidu donné. d’imparfait, étant donné surtout qu’il n’est pas toujours pos sible de tenir ces trois plans rigoureusement séparés, et que traitant de l’un nous serons parfois amenés à empiéter quelque peu sur les autres. Notre excuse se trouve dans les explica tions qui suivent.
118 l’initiation Caractères spécifiques de l’organisation mentale de l’homme correspondant à l'action des diverses Influences planétaires (i). ÿ (2): PLAN INTELLECTUEL : Les Neptuniens sont hautement idéalistes, à tel point qu’ils apparaî tront aux yeux du monde actuel toujours comme des visionnaires dépourvus de tout sens pratique : le monde des idées néptunien semble décidément uto piste.
8 donne une aversion pour toute science étroite, sèche, simplement pratique et poursuivant un but purement matériel, mais crée par contre une forte prédilection pour la littérature romantique. PLAN MORAL ET SENTIMENTAL : D’après ce qui a été dit précédemment, l’influence de 8 est l’ex pression. à une octave plus élevée, du principe vénusien. Comme chez Ç, son influx opérera donc princi palement sur les facutés affectives et émotives.
Cepen dant l’amour neptunien sera purement platonique et idéal. Les Neptuniens prêchent la fraternité univer selle, aspirent à mettre tout en commun, etrêventune vie simple, arcadienne, comme à l’âge d’or.
Leur âme est pure, leur esprit simple, rêveur, voire romantique. (1 ) Bibliographie : Desbarrolles: « les Mystères de la Main », et, Révélations complètes ; Anonyme, The Light of Egypt ; Moriis de Villefranche, Astrologia gallica; Julius Firmicus Maternus; J. Schoner; Wilson, Dictionary of Astrology ; Raphaël, Guide to Astrology; Antoine de Villon, Usage des Ephémérides ; J. Péladan, Comment on devient Mage; J. Andrieu.
Études sur la Main; Polti et Gary, Théorie des Tem péraments. (2) Notre seule source d’information pour ce qui concerne cette Planète a été The Light of Egypt.
ASTROLOGIE 119 PLAN INSTINCTIF : Neptune, par son influence douce et joyeuse, rend gai, agréable.
Lorsque ? est puissant, ses aspects avec le O et la (Q tendraient grandement à produire de la clairvoyance ( S ne doit être considéré comme actif dans l’état d’avancement actuel de l’humanité que lorsqu’il se trouve près de la Pointe des Maisons I, X, VII et IV, c’est-à-dire lors qu'il est angulaire, et son influx par conséquent puissant). $ (1) VOLONTÉ : puissante. Influence bonne : Ténacité. Influence mauvaise : Entêtement.
PLAN INTELLECTUEL: $ ne peut encore exer cer tout son pouvoir sur le cerveau humain, peu d’in dividus ayant la matière cérébfale suffisamment affi née, « éthérée », pour en ressentir l’impression. Les quelques rares Uraniens se trouvent presque sans exception dans les rangs des Occultistes, Spiri tualistes ou Mystiques.
Ils sont toujours en avance de leur temps : ils apparaissent comme de véritables ré formateurs sur le plan qu’ils occupent dans l’huma nité (et sont, comme tels, toujours en butte aux per sécutions de l’opinion publique et de ceux qui la dirigent).
Ils possèdent un profond amour de vérité; ce qu’ils croient en être l’expression, ils l’affirmen sans crainte de heurter l’opinion ou de blesser le sen timent de la masse comme des individus. (1) Confer The Light of Egypt, pp. 260, 262; Raphael, Guide to Astrology et Zadkiel, Handbook, p. 41.
120 l’initiation L’Uranien est idéaliste et très imaginatif. Il possède généralement des capacités extraordinaires d’un ordre spécial, des talents étranges et originaux, au point d’incarner parfois un véritable génie, mais génie mé connu le plus souvent. Les Uraniens ont l’esprit inventif, sont des obser vateurs profonds et pénétrants, et ont une puissance de conception et de réalisation remarquable.
Ils aiment assez à prendre le contre-pied des idées courantes, et paraissent par ce fait souvent para doxaux ; on peut dire d'eux qu’ils ont le goût des ex ceptions. PLAN MORAL ET SENTIMENTAL : Influence bonne : Poursuites nobles et élevées. Fierté ; loyauté. Esprit intrépide, qui ne se laisse pas intimider, mais agit avec une parfaite indépendance, sans souci des conséquences possibles.
La liberté complète de l’indi vidu, tant intellectuellement que moralement, est d’ailleurs pour l’Uranien le premier postulatum de la vie. Ainsi en fait de conventions morales ou sociales, il n’admet que celles qu’il peut étayer sur ses propres conceptions, son mode intellectuel particulier, sur sa conscience. .— Sensibilité très vive.
Influence mauvaise : esprit superficiel dépravé, méchant, orgueilleux, dépourvu de tout sentiment délicat, jaloux, traître. PLAN INSTICTIF : Influence bonne : Opiniâtreté au plus haut degré. Nature plutôt sombre, très con centrée. Mépris le plus absolu pour tout ce qui est pu rement conventionnel dans la vie sociale, et véritable horreur pour tout ce qui est banal, ou genre bour
ASTROLOGIE 121 geois, mais surtout pour les idées étroites et la mes quine morale bourgeoise (i) (ce qui ne manque jamais d’attirer aux Crâniens l’hostilité déclarée de ceux qui admirent les formes, us et coutumes et opinions de la « société »).
Par contre l’Uranien a un goût très prononcé pour tout ce qui est en de hors des choses et voies ordinaires, pour tout ce qui a un cachet d’originalité, pour toutes les curio sités religieuses, scientifiques et artistiques (aussi il s’adonne fréquemment à l’étude des sciences occultes, de l’astrologie, etc.). Dans ses allures il est original, bizarre, voire excentrique, et pour cette raison toujours fortement critiqué par le monde.
Dans toutes ses occupations, poursuites, habitudes, l’Uranien apparaît toujours comme un intellec tuel (2); tout plaisir procède pour lui de Vidée. De même, il ne prise les choses, les actes, les occupations, qu’en raison directe de l’idée qu’elles représentent pour lui, et en raison inverse de leur seule utilité pratique. L’Uranien tient à ses opinions; il aime à les discucuter et est très argumentateur.
Tout ce qu’il dit est dit à point, avec une netteté remarquable et une con fiance en soi étonnante. (1) Par ce fait Uranus devient une force perturbatrice dans tout milieu creux, faux ou artificiel de la vie ; ce qui fournit une nouvelle preuve, si toutefois cela était nécessaire, que les temps ne sont pas encore mûrs pour le pleine activité de cette fatale et excentrique planète. (2) Comparez les caractères que Polti et Gary ( Théorie des Tempéraments, p. 20) attribuent au tempérament intellec122 L INITIATION Etant un être si complètement à part, il lui arrive fréquemment de se brouiller avec sa famille, au point de lui devenir presque étranger; pour l’Uranien, du reste, la parenté d'élection, surtout intellectuelle, prime la parenté naturelle.
Enfin il a les goûts plutôt vagabonds, et ne boude point à une vie irrégulière : non seulement Bohémien quelque peu, encore Bohême. Raphaël prétend avoir observé (I, p. 34) que les □ et cr° d’ÿ avec I9 tendent à produire de la clair voyance. Influence mauvaise : L’opiniâtreté devient obstina tion, dégénère en entêtement invincible. La discusssion n’est plus que bavardage.
L’humeur devient bourrue, l’esprit obtus, et ne conserve plus de la finesse — une finesse de ruse — que pour ses profits personnels. L’originalité est remplacée par la pose, par le cabotinage, par des façons maniérées et des tics de maniaque, mais étudiés, cherchant l’effet, par des manières grossières de mal élevé. Ij.
La VOLONTÉ est faible, hésitante, timide en face d’une initiative à prendre; elle n’apparaît in tense, par accès, que sous l’influence d’une exaltation nerveuse. Mais elle est forte, très forte, froide et sou tenue, dès qu’il s’agit de résister: elle va alors jusqu’à l’obstination, jusqu’à l’entêtement. PLAN INTELLECTUEL : b exerce son influence principalement sur les facultés réflectives et méditatatives, et sur la mémoire.
ASTROLOGIE 123 Le Saturnien est donc éminemment apte à toute étude.
La tournure de son esprit est naturellement scientifique : foncièrement causaliste, très sceptique, (le Saturnien commence toujours par nzer), donnant tout au raisonnement, soumettant tout à l'examen, au contrôle, d’une logique serrée et inexorable, il joint à son goût pour l’analyse, pour les détails, une capa cité remarquable de fixer et de concentrer sa pensée et procède avec une méthode toujours rigoureuse, une minutie parfois exagérée et une grande patience et assiduité; de plus sa puissante mémoire lui permet d’emmagasiner une somme de connaissances plus grande que tout autre.
Le Saturnien présente donc au premier chef le type du savant et du penseur. La tendance naturelle de son esprit le porte aux abstractions (par conséquent aux études philoso phiques), aux formules, aux théories. Il a l’esprit de classement, et possède surtout le sentiment et la con ception de ce qui divise, différencie les choses. (Étant beaucoup moins attiré par leurs rapports, la « comparaison » se trouve donc déséquilibrée chez le Saturnien).
Le Saturnien a une tendance marquée vers l’exclu sivisme, ce qui l’amène aux systèmes et le rend sec taire. La forme qu’il donne à sa pensée, a générale ment quelque chose de concentré, d’absolu, d’axiomatique, de dogmatique; son style est travaillé. Nous avons déjà dit sa propension pour les études philosophiques ; la tendance fondamentale qu’il y manifeste aboutit au rationalisme. Branches d’études préférées : la métaphysique, la psychologie. Branches
l’initiation 124 théologiques : la scolastique, la casuistique. Philoso phie de la vie : stoïcisme. Ses conceptions sont presque toujours empreintes de pessimisme. Ayant l’esprit très exact, de plus un goût prononcé pour tout ce qui repose sur une combinaison, il aime les mathématiques, la chimie, la mécanique, le contre point.
Il éprouve aussi une grande attraction vers tout ce qui est solide et vers tout ce qui est vieux : c’est pourquoi on le voit fréquemment étudier l’architec ture, faire des recherches géologiques, minéralo giques, archéologiques, travailler les langues mortes, fouiller la vie et les idées de l’antiquité et du moyen âge. Dans toutes les branches du savoir, le Saturnien tend à la spécialisation.
Esthétique : Les conceptions esthétiques du Satur nien ont un caractère sévère et étudié. Il ne sent pas ; il n’arrive donc à la forme artistique que par ses fa cultés critiques, par le contrôle, par l’étude. Ses œuvres manquent ainsi toujours d’inspiration; par contre, elles sont généralement savantes. Elles se distinguent, quant à la conception, par des qualités d’analyse et, quant à l’exécution, par le fini.
Elles n’ont jamais rien d’aimable, de réjouissant ; presque toujours quelque chose d’âpre, de sombre, parfois de désobligeant. Son écueil : le trop grand soin donné aux détails, le figno lage. Préférences : embrassant tous les arts : le classique. Littérature : la tragédie, le drame, le roman d’ana lyse. Poésie élégiaque.
ASTROLOGIE 125 Musique : sérieuse, grave, savante : le contre-point, il aime surtout le rythme, comme résultant de la com binaison de quantités mathématiques ; puis l’orches tration comme aboutissant à la combinaison de diffé rentes harmonies (Beethoven, Meyerbeer, Wagner). Peinture: Couleur noire, sombre (Carravage). Dans ses tableaux les chairs ont souvent l’air sale.
L’imagination est peu active chez le Saturnien; elle est ombrageuse, tourmentée, se complaît dans le lugubre, broie du noir : le peu qu’elle enfante a un cachet de gravité, de tristesse, d’amertume, de décou ragement. Partout le doute se faufile; en toutes choses, l’esprit voit seules d’abord les imperfections, les défectuosités, les misères, les mauvais côtés en un mot.
A l’encontre du Vénusien, le Saturnien ne s'attache généralement guère à la forme ; il ne voit que le fond des choses. Le mécanisme de son travail intellectuel, c’est l’analyse, la déduction ; il procède toujours en quelque sorte comme pour la résolution d’un problème de géométrie ou d’une équation algébrique.
Il a cependant la réalisation difficile ou du moins lente : exerçant un contrôle incessant sur tout ce qu’il produit, ce sont des recommencements sans fin, des retouches conti nuelles; son écueil, c’est de se perdre dans les détails. Le Saturnien est organisateur (organisateur sur le papier, mais point réalisateur). Cette aptitude jointe à sa tendance naturelle vers le sectarisme fait de lui le véritable type du « fondateur d’ordres ». Dans la vie sociale, ses opinions sont individua
I2Ô l’initiation listes : l’individu doit dépendre le moins possible de la foule. Son scepticisme ne lui laisse admettre d’em blée aucune supériorité de personne. L’affirmation d’une supériorité ne saurait lui suffire: ici comme partout ailleurs il exige des preuves ; comme saint Thomas, il demande à voir, à entendre, à toucher.
PLAN MORAL ET SENTIMENTAL: Influence: bonne : Le Saturnien est avant tout et presque exclu sivement un «cérébral » : l’activité prépondérante de ses facultés intellectuelles étouffe pour ainsi dire toutes les facultés morales; seuls les sentiments égoïs tes subsistent.
L’unique bien à peu près que puisse faire sur le plan moral, c’est donc, en fortifiant la raison, de donner à la tête la prédominance sur le cœur dans le gouvernement des sens, et de refroidir les passions.
On ne peut guère reconnaître au Saturnien des sentiments religieux : les pratiques religieuses aux quelles on le voit cependant s’adonner parfois (ce qui se produit surtout chez la femme), ont pour principal mobile lacrainte de l’au-delà, qui est sa hantise! Cette crainte, par moments, devient terreur, le pousse aux pratiques rigides et austères, aux mortifications, à l’ascétisme, l’exalte, et le conduit alors aux fanatisme religieux.
Le Saturnien est peu capable d’affection ; il s’at tache d’ailleurs plus aux choses qu’aux personnes. Misanthrope, il fuit la société, qu’il déteste et craint également ; il lui préfère la solitude, qui favorise sa méditation, sa contemplation. Même pour sa famille il n’a que peu d’affection : il ne lui est attaché qu’en /
ASTROLOGIE I27 tant qu’elle représente pour lui des habitudes. Il n’aime ni les enfants ni le ménage; du reste, s’il se marie, c’est généralement sur le tard. 11 * abhorre toute dépendance et toute servitude. Il se méfie de de tout et de tous et se tient continuellement sur ses gardes. 11 est mesquin. II a la rancune longue. C’est un être incurablement en dedans, replié sur lui-même, comme résorbé. Aucune expansion ; tout est réserve, froideur.
« C’est naître vieux que naître Saturnien. » Sa sensibilité est tout au plus nerveuse. 11 ne vit que pour lui; son égoïsme est parfois extrême, son orgueil incommensurable. Cet orgueil, joint à la défiance de soi, à son naturel peureux, à son extrême susceptibilité et à sa crainte du ridicule, lui ôte tout élan et l’empêche en général de se pro duire et de réussir.
Influence mauvaise : (Intelligence bornée, étroite ; esprit obtus, inepte, flottant constamment dans le doute. Pédanterie. Fanatisme du système, des prin cipes). Mélancolie noire, poussant parfois au suicide. Esprit soupçonneux, lâche, jaloux, envieux, menteur, fraudeur, irrévérencieux, détracteur, calomniateur, ingrat, impudent, méchant, vindicatif, traître, par jure. PLAN INSTINCTIF : Influence bonne: Lenteur, gravité, patience, constance.
Taciturnité, sécrétivité; caractère morose, grincheux, se plaignant toujours, individu critiquant, censurant tout, jamais content. Timidité, point de courage. Froideur des appétits, sobriété, austérité. Mépris du confortable et en général des satisfac12 L INITIATION lions matérielles, des plaisirs sensuels. Le Saturnien est peu porté à l’amour sexuel (il est du reste souvent stérile): en général il hait la luxure.
Bégueulerie. (Ce pendant lorsque l’influence de 2 contre-carre cette tendance, et surtout lorsque cette Influence n’est pas très pure, tend à produire des déréglements volup tueux« contre nature) ». Vie sociale : Le Saturnien est peu sociable et se lie difficilement ; il aime mieux être seul.
L'indé pendance est d’ailleurs- une nécessité, pour lui, à laquelle il est capable de sacrifier tout. comme cf, dans une certaine mesure, représente la résistance, la lutte contre ce qui est établi ou admis par le régime politique, par les conventions sociales, par la géné ralité des individus, etc., etc. (Ils sont tous les deux Secs(i) ; avec cette différence qu’avec +> la tendance va «en arrière» (réactionnaire; le bon vieux temps), avec a” « en avant » (radical, avancé, jette les con ventions et les préjugés par-dessus bord).
Ils ont le mépris de l’opinion publique et du «qu’en dira-t-on ».
Le Saturnien recherche en général plutôt la société de personnes âgées, envers lesquelles il se montre d’ailleurs respectueux, à cause même de leur âge. (Le respect de l’âge est peut-être le seul que possède le Saturnien.) Il entretient aussi souvent des relations avec des gens.de basse condition, et s’approprie, lorsqu’il se trouve en leur présence, leurs manières. (i) (i) I) et a'1 joints, surtout si l’influence de ce dernier est très prononcée, produisent le libertaire et le révolutionnaire farouche.
ASTROLOGIE I29. Il a le culte du souvenir ; souvent, lorsqu’il est frappé d’une perte, d’un deuil, on le voit, loin de chercher à réagir contre sa douleur, plutôt entretenir et nourrir son chagrin en conservant avec un soin jaloux les objets ou le milieu qui lui rappellent cons tamment la perte qu’il vient de faire.
Habitudes de la vie pratique : Homme à principes ; beaucoup d’ordre, de minutie, voire de méticulosité, de méthode, de système, dégénérant facilement en manie. Assiduité, suite. Mûrit très lentement ses pro jets. Encroûté dans ses habitudes, qu’il ne sacrifie que fort difficilement. Régularité parfois affectée. Beau coup de réflexion, de prudence, de circonspection, de prévoyance ;. précautions parfois exagérées.
Aime à se singulariser (pour prouver à ses propres yeux son indépendance du monde). Mise généralement négli gée, même sale. Economie extrême ; avarice : le Saturnien est thé sauriseur. Ménage mesquin et minutieusement tenu. Fuit le bruit et en général tout ce qui peut troubler son esprit toujours absorbé par la pensée. Grande sollicitude pour sa santé.
Souvent joueur acharné (et toujours malheureux cherchant à combattre la mauvaise chance par des combinaisons). Occupations: L’étude avant tout; aime beaucoup à apprendre, et apprend beaucoup et facilement sans maître. Le Saturnien est chercheur, fouilleur, bû cheur. Le jardinage, l’agriculture, la bâtisse, les travaux de mine ; la sculpture ; la chimie ; tous les ouvrages
i3o l’initiation de patience, de calcul, de combinaison (l’horlogerie) ; les œuvres de longue haleine. Goûts: Instruments de musique: Le violon, la basse (le violoncelle appartient à $>). Le Saturnien est souvent excellent instrumentiste à cause de la pa tience et de la ténacité qu’il apporte à l’étude de son instrument. Spectacles: Tragiques, lugubres.
Collections: Antiquités, vieux meubles, vieilles tapisseries, instruments de torture, reliques, miné raux, livres vieux et rares, etc. Gestes: Lents, étroits, un peu tremblants, pleins de tics. Diction : Grave, lente tremblante. Prononciation embarrassée parfois lorsque — ou — sont en mau vais aspect. Écriture : Anguleuse, sèche, serrée, lettres hautes et minces, sans énergie, finales tronquées ou absentes. (Lignes souvent descendantes).
Influence mauvaise: Etre commun, vil, sale, sans principes ni conduite. Instincts bas, obscènes, crapu leux. Mœurs dépravées, vices solitaires, pratiques d’inversion sexuelle, avarice sordide. Paresse. Dispo sition d’esprit misérable, acariâtre. Solitaire. Fuit la lumière. Querelleur. Ergoteur, chicanier. Fanatisme de l’ordre. Superstition. Pratiques de sorcellerie, de magie noire. (A suivre.) H. Selva.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE La publication d’un nouveau traité essentiellement gnostique est une bonne fortune pour tous ceux qui, à un titre quelconque et avec des raisons diverses, s’occupent des anciennes doctrines philosophiques ayant eu cours dans l’humanité ; tous ceux qui s’in téressent à ces vieilles doctrines ont donc contracté une dette de reconnaissance envers M. Francesco Rossi de Turin qui vient de publier et de traduire dans les Mémoires de T Académie royale des Sciences de Turin un très précieux document dont il a fait connaître, autant qu’il le pouvait, l’origine et dont il a signalé en quelques pages toute l’importance (2).
Je ne saurais trop le remercier ici en mon nom per sonnel et aussi au nom de tous ceux qui s’intéressent aux études ésotériques. M. F. de Rossi s’est contenté (1) Nous sommes heureux de présenter à nos lecteurs le travail de M. Amélineau, écrit spécialement pour l'initiation.
La rentrée dans notre rédaction d’un savant de la valeur de M. Amélineau, l’auteur de tant de remarquables études sur le gnosticisme, est une nouvelle preuve de la faveur accordée par le public intellectuel à notre revue. N. D. L. D. (2) Francesco Rossi: Cingue manuscrilti copti délia Biblioteca nationale di Torino.-— Dans les Mémorie délia Reale Academia delle secien^e di Torino, série II, tome XVIII. 3
l32 initiation de faire précéder son texte d’un petit nombre de con sidérations qui sont fort vraies, mais qu'il aurait pu multiplier : puisqu’il ne l’a pas fait, je me permettrai de le faire ici avec tous les détails que me permettra ma liaison déjà vieille avec les Gnostiques, puisqu’ils m’ont fourni l’objet de ma première étude scientifique, il y a déjà seize ans, et que depuis j’ai toujours con tinué de les fréquenter.
Quand j’aurai mis mes lecteurs à même de juger le document, je terminerai par la traduction française du traité lui-même, afin de don ner aux lecteurs français qui ne seraient pas familia risés avec la langue italienne le moyen de se rendre compte par eux-mêmes de la justesse, ou de l’inexac titude, des renseignements et des réflexions qui au ront précédé, d’autant mieux qu’il m’a été loisible de remplir presque à coup sur quelques-unes des lacunes qu’offre le texte et par conséquent d’améliorer la tra duction de M. F.
Rossi. I Le document en question provient d’Egypte, la terre qui a déjà fourni les autres traités gnostiques en notre possession.
Recueilli en Egypte par Bernardino Drovetti, il fut donné par lui au célèbre coptisant Amede Peyron, qui le légua, avec d’autres manus crits écrits en la même langue, à son neveu Bernardino Peyron ; celui-ci la signala dans les Mémoires de l’Académie royale des Sciences de Turin dès l’annee 1876 (2), et, depuis, il l’a donné à la Bibliothèque (2) Memorie della Reale A.cademica\delle sciente di Turino, série , tome
LE NOUVEAU TRAITE GNOST1QUE DE TURIN I 33 nationale de Turin. D’où provenait cet ouvrage échappé par miracle à la destruction?
C’est ce que seul Drovetti aurait pu dire, s’il le savait; cependant, comme le texte est écrit en dialecte thébain, c’est-àdire dans le dialecte littéraire en usage dans la Haute Egypte, il est certain que l’ouvrage fut traduit, car je ne le considère que comme une traduction d’un texte original grec, dans la haute Égypte.
Mais la haute Égypte commençait aux pyramides de Gizeh pour ne finir qu’à la première cataracte; on voit qu’il y a de la marge, une marge d’environ deux cents lieues. Il n’est pas possible de mieux limiter la prove nance de cet ouvrage.
Cependant on pourrait penser avec beaucoup de raison qu’un moine assez ignorant, comme je le dirai bientôt, mais friand de tout ce qui avait un air de profondeur et de magie, copia cet ou vrage dans ses moments de loisir; le fait ne serait pas nouveau et les doctrines gnostiques se sont con servées ainsi par fragments, jusque vers le xive siècle de notre ère, dans certains couvents des plus célèbres delà Haute Égypte (i).
Maintenant, quelle date peut-on attribuer à notre document? Un fait milite d’abord en sa faveur, c’est qu’il est écrit sur papyrus, et non sur parchemin. Quelle que soit l’époque à laquelle le parchemin a commencé d'être en usage fréquent en Égypte, il est (i) Notamment dans le monastère bâti par Schenoudi, et connu maintenant sous le nom de Monastère blanc, Deir el Abiad.
l’initiation I 34 bien certain que nous ne possédons aucun manuscrit daté antérieur au vnc siècle. D’un autre côté, le papy rus fut en usage en Égypte jusque vers le xie siècle de notre ère tout au moins. Il faut donc d'autres élé ments pour pouvoir arriver à la solution d’une aussi difficile question. Ces éléments sont d’abord le type de l’écriture, puis l’orthographe employée.
Je ne peux pas malheureusement dire quoi que ce soit sur l’écri ture du papyrus, sinon peut-être qu’il est écrit en onciales, car je n’ai pas vu le manuscrit etM. F. Rossi n’a rien dit qui puisse m’éclairer à ce sujet.
Il en est tout autrement de l’orthographe adoptée par le scribe ; elle démontre péremptoirement que ce scribe ne con naissait pas les règles adoptées pour l’orthographe littéraire, si je puis parler de la sorte, par l’immense majorité, pour ne pas dire l’universalité des scribes égyptiens.
Ce n’est pas le lieu de citer cet emploi de di verses lettres l’une pour l’autre : qu’il me suffise de dire que l’échange que nous pouvons constater dans le pré sent document a lieu soit avant l’adoption du type or thographique, soit vers le xiv° ouïe xvesiècle, alors que les scribes sont trop ignorants.
Comme cette seconde époque est trop tardive, il faut nous rabattre sur la première qui dut commencer vers le ve ou le vie siècle de notre ère. Une autre particularité que l’on n’exa mine point d’ordinaire, se trouve dans ce que l’on appelle communément Y iotacisme. Cet iotacisme con siste dans l’emploi l’une pour l’autre, indifféremment» des diverses lettres de l’alphabet grec qui avaient le son représenté par la voyelle i. Or, j’ai remarqué bien
LE NOUVEAU TRAITÉ GNOSTIQUE DE TURIN 135 souvent, au cours de mes études, que, dans les manus crits les plus anciens, les mots grecs fort nombreux qui entrent dans le vocabulaire des auteurs coptes sonttrès généralement orthographiés comme ils doivent l’être selon l’orthographe classique, tandis qu’au con traire Viotacisme s’emploie en raison directe de la distance qu’il y a entre le moment où le scribe écrit et l’époque où la littérature copte était la plus floris sante.
Dans le papyrus qui m’occupe Viotacisme est très largement employé, ce qui pourrait reporter la copie de ce manuscrit jusqu’au ixe ou au xe siècle de notre ère. Mais, comme le traité est écrit sur papyrus, il faut en tenir compte, et aussi de l’orthographe, et je crois que je ne me tromperai pas beaucoup en re portant au v° ou au vi° siècle, et peut-être plus tard encore la copie, de ce papyrus.
Mais la question de l’ancienneté de l’œuvre copiée est tout à fait indépendante de l’époque à laquelle l’œuvre gnostique a été copiée. Ce qu’il y a de cer tain, c’est que nous nous trouvons bien en présence d’une œuvre essentiellement gnostique et de gnosti cisme égyptien. M. F. Rossi en a fait un traité sur les vertus particulières que les Esprits célestes ont reçues de Dieu (i).
Je me permettrai de différer d’avis avec mon savant collègue de Turin. Comme le lecteur pourra s’en rendre compte par lui-même, c’est une scène d’initiation qui nous a été conservée (i) Rossi: Cinque manuscriti copti, p. i 2 i du lir. à part; Traltato gnostico suite particolari virtu che hanno di Du gli spiriti celesli.
136 l’initiation par le papyrus de Turin, ou, pour mieux dire, une scène qui tendait, au moyen des offrandes et de la longue incantation prononcée etqui constitue propre ment le texte du traité, à assurer à celui qui en était l’acteur la puissance tout d’abord sur l’archange Gabriel, et par lui sur tous les autres anges qui sont nommés, qui présidaient sur toutes les choses ou créatures de notre monde, afin que tous ensemble ils chassassent les Esprits mauvais au Nord, au Sud, à l’Est, à l’Ouest, en dessus et en dessous de ce monde, à une distance déterminée.
Et, comme cette incanta tion devait être récitée en tenant certains emblèmes, tels que des sceaux ou amulettes, dans de certaines conditions indiquées déjà au commencement du papy rus, la dernière page, ou l’une des dernières pages, donnait la figure de l’impétrant ; comme les traités magiques égyptiens ordonnaient de faire une figure de cire, d’argile, ou d’autre matière convenable au but à obtenir, peut-être aussi les initiés gnostiques devaient-ils reproduire par le dessin, ou en terre cuite, l’image de cet impétrant.
C’est en tout cas la doctrine égyptienne en usage à toutes les époques de l’histoire d’Egypte, même à l’époque chrétienne. Cette doctrine était la suivante : l’impétrant et l’impétré s’étaient engagés réciproquement par un contrat synallagmatique à se conférer mutuellement certains avantages en des conditions déterminées. Ces condi tions déterminées étaient la prière et les offrandes faites de telle ou telle manière. Si l’impétrant obser vait exactement ces conditions, il obligeait la divinité
LE NOUVEAU TRAITE GNOST1QUE DE TURIN l3y impétrée à lui obéir, à le protéger et à lui accorder ce qu’il lui demanderait. La raison primitive delà prière était celle-ci : donnant, donnant, dout des, comme disaient les Latins. Je ne veux aucunement prétendre que cette doctrine ait été particulière à l’Egypte; mais, comme le document dont je traite vient d’Egypte, je ne vois pas pourquoi je m’inquiéterais des autres pays.
On pourra sans doute m’objecter que le traité est rempli de noms d’Anges à forme hébraïque et que cette particularité pourrait indiquer pour ce traité une origine autre que l’origine égyptienne que je lui assigne.
Mais cette particularité ne suffit pas à elle seule pour infirmer mon opinion : il est tout à fait admissible qu’un auteur écrivant en Egypte pour donner plus de force à ses incantations ait fait usage de mots étrangers, sans compter les mots bar bares.
Les auteurs modernes qui ont voulu pasticher les écrits des anciens sur semblable sujet n’ont pas fait autre chose que de prendre les noms ou les mots employés par leurs prédécesseurs, afin de donner à leurs oeuvres l’extérieur archaïque, gnostique ou kabbalistique. Il ne faut donc pas faire fond sur de semblables particularités.
D’ailleurs je ne nie pas que les rares doctrines auxquelles il est fait allusion dans notre traité ne soient des doctrines de syncrétisme, j’ensuis persuadé tout au contraire. Ce que je pré tends, c’est que l’Egypte a bien sa part dans l’œuvre en question. Ainsi il est parlé dans le traité que je publie ici des quatre piliers du ciel : ces qua tre piliers du ciel sont les quatre étais qui furent
i38 l’initiation apposés sous les quatre membres de la déesse ciel, pour la maintenir élevée et pour venir en aide au Dieu étayeur Schou qui, chaque matin, séparait la déesse de son époux Seb ou le Dieu-Terre, et l’en levait à ses embrassements. Ces quatre piliers du ciel sont devenus plus tard les quatre points cardi naux par une série d’évolutions dont je n’ai point à parler ici.
De même, il est parlé, ainsi que je l’ai dit plus haut, des esprits mauvais qui sont chassés en dessous et en dessus de la terre, comme aux quatre points cardinaux. La Terre, selon les Egyptiens, était sortie de l’abîme primordial, le Buthos de Valentin ; elle avait au-dessous d’elle cet abîme primordial, comme au-dessus l’abîme des eaux célestes d’où pro venait le Nil.
Ces deux abîmes avaient sans doute été réunis par les croyances primitives, ^puisqu’il y avait un Nil souterrain comme un Nil céleste et que la des cription de ce Nil souterrain avait fourni sans doute au grec Socrate le type premier de la description que Platon fait des fleuves infernaux dans le Phédon.
Comme tous les traités gnostiques maintenant en notre possession, celui-ci ne contient qu’une infime partie des doctrines Agnostiques telles que nous les connaissons par les œuvres des Pères de l’Église.
La Pistis Sophia n’est que le récit épisodique des mal heurs de l’æon Sophia dans le système de Valentin; de même le Traité des invisibles divins et celui du Logos en chaque mystère ne nous donnent qu’une petite partie des doctrines élevées en système soit par Basilide, soit par Valentin, soit par tout autre auteur gnostiquede moindre envergure. C’est dire combien il
LE NOUVEAU TRAITE GNOSTIQUE DE TURIN l3g est difficile d’assurer pour les traités que je viens de citer à quel système particulier ils se rattachent; à com bien plus forte raison la difficulté ne sera-t-elle pas plus grande pour le traité qui m’occupe, où il n’y a presque pas d’allusion aux doctrines saillantes de tel ou tel système.
Cependant une allusion faite au cours du traité pourrait peut-être nous mettre sur la voie pour résoudre cette question. II est en effet parlé dans plu sieurs passages des Anges qui président aux quatorze firmaments. Ces quatorze firmaments nous montrent que l’auteur du traité admettait, comme certains gnostiques, que la création tout entière allait s’étageant, monde après monde, mais ce chiffre de quatorze ne m’était pas encore connu.
Valentin admettait un Plérôme de trente ou trente-deux æons, selon l’école orientale ou selon l’école italique; Basilide n’avait pas admis moins de 365 cieux : nulle part il n’est fait mention, dans les systèmes qui nous sont plus ou moins connus, de quatorze firmaments. C’est un chiffre nouveau qui nous montre que les gnostiques de moindre marque ne craignaient pas d’innover.
De ce côté donc il est impossible d’assigner un système quelconque auquel se rapporte sûrement notre traité. Ce que l’on peut dire, c’est que la scène d’initiation qu’il contient ressemblait à celles qui sont contenues dans la Pistis Sophia et dans les deux autres traités gnostiques que j’ai publiés dans les Notices et les extraits des manuscrits de l’Académie des Inscrip tions et Belles-Lettres. Le lecteur trouvera en plusieurs passages de la tra duction le mot apolo écrit ainsi. M. F. Rossi a cru y
140 l’initiation rencontrer certainement l’abréviation du nom d’Apollon (i), nom qui se trouve en effet cité dans des papyrus magiques du musée de Berlin publiés par Parthey (2). Je ne peux suivre mon savant collègue en cette voie.
Je serais bien plutôt porté à voir en ce mot une apréciation comme celles qui ont été usitées dans les deux traités gnostiques que j’ai publiés; mais je dois dire que, pour le cas présent, je n’ai pas trouvé la clef de cette abréviation, tandis que je l’avais fai1 pour les autres (3). Je n’ai donc point remplacé ce mot par etc. comme je crois qu’on pourrait le faire» parce que le papyrus ne m’a fourni aucune preuve qu’on doive le faire.
Avant depublierla traduction, je dois avertir mon lecteur que la première page du papyrus m’a semblé devoir être expliquée, et je l’ai expliquée comme on le verra, si bien que le texte courant de ma traduction ne commence qu’après cette explication.
De même pour la dernière page qui n’est pas traduisible en l’état où elle est ; je n’ai conservé que les sceaux qui sont au bas de cette même page, afin de ne pas priver le lecteur de quoi que ce soit de ce qui peut lui donner des idées sur les documents si éloignés de notre manière de voir et de penser. 1 2 3 (1) F. Rossi: Cïnçue inaniiscri'ttz copti, p. 123 du tir.àpart. (2) Parthey: Jo^tvei griechische Zauber papyrï des Berliner . Musmeus. (3) E. Amélineau : Le papyrus gnostique P. Bruce, tirage à part.
LE NOUVEAU TRAITÉ GNOSTIQUE DE TURIN I4I TRAITÉ GNOSTIQUE La première page du papyrus qui nous a conservé ce traité ne contenait que neuf petites lignes pour la plupart lacuneuses et dont les quatre dernières pré sentent des abréviations qu’il n’est pas très facile de comprendre d'une manière certaine.
En outre, la pré sence de deux lettres en avant de la première ligne et de la sixième ne sont pas faites pour rendre le sens de cette première page plus facile à saisir. Voici ce que je crois comprendre : « Ecris : les quatre anges qui sont devant le voile du Père, pendant que tu portes une couronne de roses (sur ta tête), que tu as un rameau de morosynî(i) et un..... dans ta bouche (2) ».
C’était, je crois, la position qu’il fallait prendre, l’acte qu’il fallait faire et les objets qu’il fallait avoir sur la tête, dans les mains et à la bouche, afin de pou voir recevoir les bienfaits d’un acte quelconque d’ini tiation.
C’est ce que. dans un autre ordre d’idées, on appelle la préparation prochaine, et cette préparation est la même que celle qui était exigée des disciples que Jésus, dans d’autres traités gnostiques, initiait aux mystères préparatoires à la grande initiation aux doctrines supérieures de la Gnose(3). (1) Nom d'une plante qui se trouve ailleurs dans les cérémo nies gnostiques. (2) J’avais mal traduit le passage semblable dans mon Essai sur le gnosticisme, p. 25 1. (3) E.
Amélineau, Essai sur le gnosticisme, p. 24g 258, et Notice sur le papyrus Bruce, dans les Notices et Extraits des mss, t. XXXII.
l’initiation 142 La ligne suivante contient l’énumération de quatre substances aromatiques au moins, peut-être avec l’in dication de la quantité qu’il fallait réunir ; l’encens et la myrrhe s’y laissent facilement reconnaître ; je n’ai pu réussir à deviner les deux autres, ou même les trois, car il devait être fait mention d’une cinquième substance dans la lacune qui existe après l’abrévia. lion du mot qui signifie encens.
Les trois autres lignes contenaient aussi des noms de fleurs et d’arbustes, comme le cinnamome, les feuilles d’olivier, peut-être 11 grenade; ce qui reste est pour le moment inidentiiiable. Ces fleurs et ces rameaux correspondent avec évidence aux fleurs et aux rameaux des autres céré monies de l’initiation gnostique déjà connues (1).
C’est après cette première page que commence le discours qui forme le traité et qui correspond aux dis cours qu’on trouve ailleurs, soit dans la Pistis Sophia, soit dans les deux autres traités gnostiques que j’ai publiés (2). Ce discours contient un assez grand nombre de passages lacuneux ; il ne faudra pas m’en vouloir si je n’ai pu combler les lacunes. « Je t’invoque aujourd’hui..... depuis le ciel jus qu’à...., depuis le..... jusqu’au ciel.
O grand Monoginès, écoute-moi, aujourd’hui, quand je crie vers toi ô seul Père, ô Tout-Puissant, ô Esprit qui es caché dans le Père, le premier né de toute créature et de tout . don , Ablan.....anaaila. Ecoute-moi aujourd’hui 1 )Ibid. '3'1 Pistis Sophia, p. 2, et E. Amélineau, Essai, etc., et N.tiu, etc., p. 249 et seqq.
LE NOUVEAU TRAITE GNOSTIQUE DE TURIN 143 quand je crie vers toi, ô toi qui es préposé à tous les Æons ! le premier né de tous les anges.
Que m’écoutent tous les Anges et les Archanges, que m’obéissent toutes les créatures spirituelles qui sont en ces Æons avec promptitude : secourez-moi, ô saints anges, qûe s’enfuient loin de moi tous mes ennemis et..... avec promptitude; qu’ils s’enfuient loin de mon visage avec douleur (?) à savoir : Okhiîl(i), qui est préposé à toutes les vertus solides ; Raphaîl, qui est préposé à la santé ; Gabriîl, qui est préposé aux vertus ; Uriîl, qui est préposé aux couronnes; Néphaîl, qui est préposé au secours; Akentaîl, qui est préposé aux étoiles ; Acentaîl, qui est préposé au soleil ; Eraphaîl, qui est préposé au jour; Jéreîl, qui est préposé aux fontaines ; Iriîl, qui est préposé aux eaux; Phanouîl, qui est préposé aux fruits; Aphaîl, qui est préposé à la neige ; Akraïl qui est préposé à la mer;...
Ilaîl, qui est préposé aux pluies;... abouti, qui est préposé aux lacs(?);... athiîl, qui est préposé aux............... ;............, qui est préposé au.............. ; Thaurouîl, qui est préposé aux nuages; Adrasaxaîl, qui est préposé aux éclairs; Jaôîl, qui est préposé à toutÆon ; Sabaîl, qui est préposé à ce quj est bon ; Adonaîl, qui est préposé à l’intérieur et à l’ex térieur du Père, Apolo (2), afin que vous veniez à moi, que vous vous teniez avec moi, que vous chas siez de devant mon visage tous les esprits impurs et (1) Je fais usage pour la transcription de ces noms d’anges, des règles de l’iotacisme qui étaient certainement employées à cette époque. (2) Je considère ces mots comme une abréviation indiquant les réponses à faire par les assistants.
l’initiation mmm 144 qu’il se retirent tous de devant mon visage, qu’ils ne disent pas : où est son Dieu? qu’ils soient frappés d’épouvante et qu’ils s’enfuient tous en ma présence, au nom du Père, du Fils etdu Saint-Esprit, aaaaaaaaaaa, saint, saint, saint, Seigneur, Sàbaòth, le ciel et la terre sont pleins de ta gloire ; nous rendons gloire à tous tes saints.
Jao, nous te rendons gloire, ô saint Sabaoth, le premier de la terre et du ciel, Adônaï, Eloï le Tout-Puissant, le premier des Chérubins et des Sé raphins. Nous te rendons gloire, Marmaraôth, toi qui existes avant les Anges et les Archanges. Nous te ren dons gloire, ô Khamarmariaô, toi qui étais avant les quatorze firmaments. Nous te rendons gloire, ô Thrakai, qui as couvert la terre sur l’Abîme, qui as sus pendu le ciel comme un plafond.
Nous te rendonsgloire, Manakhôth, toi qui as établi le fondement de la terre et du ciel, qui as affermi ces quatorze firma ments sur les quatre piliers. Nous te rendons gloire, ô... n...raôm..., qui as..... l’épée (?) au milieu de ses deux épaules elevées(?) Nousterendonsgloire, ôTharkaïm, qui as pris la figure de Gabriîl.
Nous te ren dons gloire, ôLaouriîl, l’économe de Raphaîl Nouste rendons gloire, ô ciel ; nousterendonsgloire, ôterre; nous te rendons gloire, ô soleil ; nous te rendons gloire, ô lune ; nous te rendons gloire, ôSabaoth, ainsi qu’à toutes les étoiles. Nous te rendons gloire, ô Aô. Nouste rendons gloire, ô Adônai Eloï, le Tout-Puis sant.
Ecoute-moi, viens à moi, ô bon Gabriîl, afin que tu m’écoutes en ce jour à cause de ce sceau d'Adô nai,opère, et deces quatorze phylactères qui sontdansLE NOUVEAU TRAITE GNOSTIQUE DE TURIN 145 ma main droite, afin que tu viennes à moi en ce lieu, que tu me sois un prostate, un économe, un secours pendant tous les jours de ma vie.
Chasse au loin ’.es esprits méchants ou impurs, soit mâles, soit fe melles, soit célestes, soit terrestres, soit aériens, qu'ils ne puissent pas se tenir en ma présence ni en la pré sence de ta grande vertu, ô Dieu.
Amen, trois fois (?) Je te rends gloire, ô visage d’Adônai Eloï, le ToutPuissant, afin que tu m’écoutes en ce jour, que tu m’envoies Gabriel, l’ange de justice, qu’il vienne à moi, à cause de ce sceau du Père Tout-Puissant qui est en ma main droite. Tiens-toi à ma droite, secoursmoi, dirige ta flèche sur l’Archiplasme et toutes ses puissances, ses démons impurs et méchants.
Mani feste-moi ta main aujourd’hui ; manifeste-moi aujour d’hui ta puissance et ta gloire. Je t’adjure aujourd’hui Gabriel, par Katasaber; éloigne de moi (i) les trois visages qui sont au milieu des quatre piliers qui sup portent le ciel et la terre (2), Thalamara, Thîsora (3), Thaisara.
Je t’adjure, Gabriel, par les quatre anges qui se tiennent sur les quatre piliers, dont les pieds sont établis solidement sur les fondements de l’abîme saint qui surgissait avant le ciel (4), Thîriîl, Throîl, (1) Le texte porte ici un mot Blararo, qu’il est nécessaire de traduire pour l’économie générale de la phrase; il va sans dire que ma traduction est purement conjecturale. (21 Parce que l’un et l’autre étaient au-dessus de l’abîme pri mordial. (3) Le texte porte Thîcoha; j’ai corrigé par analogie. (4) Ou : qui supportait l’avant du ciel, ce qui ne donne rien de compréhensible- Le texte présente ici quelque difficulté et •je serais assez tenté de croire qu’il est fautif.
L INITIA TION Bail. Je vous invoque, vous les quatre anges du chef du Père, afin que vous m’envoyiez Gabriel, l’ange de justice ; qu'il vienne vers moi, qu’il me manifeste sa vertu et sa gloire, A polo, car c’est la volonté du ToutPuissant, Sàbaòth, qu’il vienne vers moi aujour d’hui..... Je t’adjure, Gabriel, par la vertu de.......a.,., ouriîl..... afin que tu viennes vers moi, que tu te ma nifestes à moi promptement.
Je t’adjure, Gabriel, *par les quatre angles de quatorze firmaments, de venir vers moi et d’habiter avec moi en ce jour et en cette heure, de me secourir promptement en ta force et ta gloire.
Je t’adjure, Iôiriîl, par la nuée lumineuse qui est près du Père qui était caché en eux avant d’avoir créé quoi que soit, nuée dont le nom est Marmarami le grand, le lieu de l’esprit d’Adônai Eloï le ToutPuissant ; apparais-moi, envoie-moi Gabriel, l’ange de justice, aujourd’hui, afin qu’il disperse devant moi tous les Esprits de la terre qui ont tous été créés en les deux mêmes jours.
O Seigneur, ô Dieu, ô ToutPuissant, manifeste-moi ta puissance, envoie-moi Ga briel, l’ange de justice, qu’il vienne promptement vers moi. Amen, trois fois.
« A cause de..., de son nom sacré, Iaô, Sàbaòth, Adônaï, Eloï, Tout-Puissant, en ce jour je m’écri vers toi, Iaô Sàbaòth Adônai Eloï, le seul grand Dieu qui est à l’intérieur des sept voiles, assis sur ton trône des gloires saintes, envoie-moi Gabriel, l’ange de justice, avec son épée nue en sa main droite, afin qu’il chasse loin de moi tous les esprits impurs ; qu’ils ne puissent se tenir en ma présence, mais qu’ils s’enLE NOUVEAU TRAITÉ GNOSTIQUE DE TURIN 147 fuient tousde devant mon visage, apolo.
Je t’invoque par tes noms glorieux Adônaï Eloi, elemasabaktoi qui regardesles cieuxet ilsont danslasutpeur, pendant que la terre est ébranlée, Saba, Sabab, Sabaoth, Iaô, laôth, Na-phîr, c’est ton nom caché, ô Dieu qui es assis dans les hauteurs Esaesab,... mou pmou onoerostouôra....akathosfpakalekhebouthanie amiîl tamakh inamîl mariîk lôak etôak afrak ioak', toi qui est assis sur les chérubins, je t’implore par le chef de Bathouriîl, le grand Père et sa main droite qui contient ta divinité tout entière, afin que tu m’écoutes, moi, untel (2), que tu m’envoies aussiAi/ionathathônath (3), dont le nom estGabriel, l’Ange de justice, afin qu’il vienne vers moi, qu’il fasse l’œuvre pour laquelle je t’invoque, apolo.
Tends ton arc pour l’Archiplasme et toutes ses puissances ; tire du four reau ton épéecontrel’Archiplasme et toutes ses vertus • purifie-moi ce lieu à une distance de six cent mille coudées (4) ; purifie-moi l’abîme à une distance de six cent mille coudées ; purifie-moi l’Orient en six cent mille coudées ; purifie-moi le nord à une distance de six cent mille coudées; purifie-moi le midi à une distance de six cent mille coudées ; purifie-moi l’Oc- (1 L’auteur a prisces mots qui signifient: « Pourquoi m'astu abandonné ? pour un nom de Dieu. (a) Le texte contient ici deux lettres dd avec des signes abré viatifs d’un mot quelconque.
Ce mot, je crois que ce devait être un mot comme deina en grec, signifiant un tel. (3) Ce mot est composé du même mot répété deux fois. (4) La coudée était de o.5o centimètres environ, ce qui fesait 3oo,ooo mètres ou 3oo kilomètres.
148 l’initiation cident à une distance de six cent mille coudées; puri fie-moi l’air à une distance de six cent mille coudées ; afin qu’ils ne viennent pas vers moi, apolo, aio aio, car je t’invoque, Gabriel, chef de Bathouriîl, le grand Père, afin que tu me sois prostate, économe, aide en toutes oeuvres.
Je te prie, je t’invoque, moi qui suis le visage d'Iaô Sabaoth AdônaïleTout-Puissant: écoute, moi, viens à moi aujourd’hui à cause du sceau du Pére qui est dans ce phylactère en ma main droite, des vingt-quatre lettres qui sont dans ce phylactère du Père, afin que tu m’écoutes en hâte. Je t’invoque, Gabriel, par le grand nom du Père et sa gloire sainte, par ceux qui se tiennent en sa présence, Athanas, Siak, Ksas, Sabakkaab, Kaîsas, Ekôe,...
Je t’invoque, Gabriel, par le chef de Michîl, Raphaîl, Ardii, Sariîl, Gabriîl, Aourîil, Phariîl, Sasail, K.ekhii'1. Adoniîl, Thriîl, Athiîl, Akoutaîl, qui se tiennent autour du Dieu invisible et de son siège, afin que tu viennes vers moi, que tu veilles sur moi tous les jours de ma vie, apolo.
Je t’invoque, Gabriel, par les sept Archanges, Taphou, Raphaîl, Barili, Arthamiîl, Arôph-tîbîl, Lanakh, Ephnix, qui se tiennent en pré sence du Père et entendent tout ce qui sort de sa bouche, ce qui est aussi ma manière d’écouter ce qui sort de ma bouche. Amen, sept fois.
« Aio, aio, car je t’invoque, ô bon Gabriel, par la gloire du trône du Père, dont les... sont des flammes de feu; ce sont des flammes de feu qui brûlent, ce sont des flammes de feu qui t’entourent afin que tu viennes vers moiga/... Aio, Gabriel, car je t’invoque
LE NOUVEAU TRAITÉ GN.OST1QUE DE TURIN 14Ç> par les quatre créatures qui avancent, un visage de lion, un visage de bœuf, un visage d’aigle, un visage d’homme, afin que tu viennes vers moi aujourd’hui, apolo. Je t’invoque aujourd’hui, Gabriel, par ces phy lactères qui sont sous les pieds de la roue (?), ceux dont des millions de la. terre et du ciel sont en stupé faction (?) devant eux, afin que tu viennes vers moi, apolo.
Je t’invoque, Gabriel, par les deux grands séraphins qui ont chacun six ailes, se voilant le visage avec deux, se voilant les pieds avec deux, volant avec deux l’un après l’autre, s’écriant, disant : saint, saint, le seigneur Sabaoth ! sont remplis le ciel et la terre de ta sainte gloire, afin que tu viennes vers moi, apolo.
Je t’invoque, Gabriel, par Emprannorpha (i) le corps entier du Père par Orphamiîl, le grand doigt de la main droite du Père, par le chef du Christ, afin que tu viennes à moi en ce jour, apolo. Je t’invoque, Gabriel, par la puissance d’Emmanuel Sabaôt.
Je t’invoque, Gabriel, par la main droite du Père, par le sceau qui est en son sein, par les phylactères qui sont écrits sur la poitrine du Père, afin que tu viennes promptement vers moi en ce jour, apolo. Je t'invoque, Gabriel, par le pre mier son qui est sorti de la bouche du Père, par le souffle qui est sorti de ses narines, par les bons..., par la gloire qui t’entoure, afin que tu viennes à moi, aujourd’hui, apolo.
Je t’invoque, Gabriel, par les quatre (?) colonnes de lumière... par le casque d’or (i) Ou si l’on veut prendre le premier mot pour du copte : par le nom d’Orpha.
15o l’initiation sur lequel est écrit le nom du Père, afin que tu viennes vers moi aujourd'hui, apolo. Je t’invoque, Gabriel, par la lumière du Père, par laquelle sont illuminés par les chérubins et les séraphins, les habi tants de tous les cieux et ceux du monde entier, afin que tu viennes vers moi en ce jour, apolo.
Je t’in voque, Gabriel, par la stole blanche comme neige dont le Père est revêtu, par les cheveux de sa tête qui sont comme une laine blanche et pure, par sa cou ronne (i) en pierres précieuses qui est sur la tête du Père, afin que tu viennes vers moi aujourd’hui, apolo.
Je t’invoque, ô Gabriel, par l’eau de source qui coule sur la tête du Père, par le grand aigle dont les ailes sont étendues au-dessus de la tête du Père, afin que tu viennes vers moi en ce jour, apolo. Jé t’invoque, ô Gabriel, par le... de lumière... afin que tu fasses toute œuvre que dira (2) ma bouche, apolo.
Je t’invoque, ô Gabriel, par la grande vierge glo rieuse, dans le sein de laquelle le Père était caché dès le commencement avant d’avoir créé quoi que ce soit, afin que tu viennes vers moi de ce jour, apolo. Je t’invoque, ô Gabriel, par les trois jours que le Père passa se tenant debout avant d’être mû par la créa tion entière (?), apolo.
Je t’invoque, ô Gabriel, par le bain que prit le Père, au moment où il allait façon ner Adam, par la fleur qui fleurit dans sa main gauche et par la coupe qui était en sa main droite, dont il a (créé ?) tous ses anges et le monde tout en- (1) Mot à mot : par le vêtement de couronne, etc. (2) C’est-à-dire : indécis.
I 5 I LE NOUVEAU TRAITE GNOSTIQUE DE TURIN lier, afin que tu viennes vers moi en ce jour, apolo. Je t’invoque, ô Gabriel, par la salive qui est sortie de la bouche du Père et qui est devenue une source d’eau de vie, afin que tu viennes vers moi en ce jour. Je t’invoque, ô Gabriel, par... de larmes qui est sort; des yeux du Père, sur son fils qui était sur la croix, afin que tu viennes à moi aujourd’hui, apolo. Je t’inu
i52 l’initiation voque, Gabriel, à cause de ces noms saints du Père Mari nab marmarou babam Phiôou Bathouriîl laô Sabaoth Adônai, le Tout-Puissant, Manouîl Sabaoth abathou iakhaoi ikhailf Sabaoth, ceux où était caché Daniel (i), afin que tu viennes vers moi dans ce lieu où je suis pour toute oeuvre au sujet de laquelle je t’ai invoqué, afin que tu t’affermisses en elles toutes tous, les jours de ma vie. Amen ! douze fois.
« Que mon corps soit purifié de tout esprit impur, soit esprit de démon mâle, soit esprit de démon femelle, soit esprit de..., soit esprit de l’Archiplasme; qu’ils ne puissent pas se tenir en ma présence, mais qu’ils s’enfuient tous de devant mon visage. Amen, douz fois.
« Purifie ce lieu de tout esprit impur ; garde-moi de tous les maux en tous les jours de ma vie ; purifie moi le lieu qui m’environne à six cent mille coudées» tout autour (i) ; purifie-moi l’abîme à six cent mille coudées, de peur qu’ils ne tombent sur moi, apolo.
Je t’invoque, ô Gabriel, par les sept yeux du Père : Serneuô pabaôthou afritôn amitôn theàthanaou tiri ha ha ha ha ha ha ha bathouriîl, le grand Père bathou riîl Sabaoth bôbôîl athaôr maue ; ô Dieu des dieux (?) (1) Allusion à quelque traits de gloire du prophète Daniel peut-être à la losse aux lions.
M. Rossi a traduit le passage autrement, parce qu’il a pris le mot grec ktisis écrit ici ktîsis pour le mot signifiant richesse. (2) Le texte ici présente quelque difficulté ; il est évidemment ncorrect : je l’ai traduit d’une manière assez large, sans cepen dant changer plus d'un mot et deux ou trois lettres dans ce mot.
LE NOUVEAU TRAITÉ GNOSTIQUE DE TURIN I 53 envoie-moi Gabriel, l’Ange de la justice, afin qu’il fasse qu’il toute œuvre au sujet de laquelle je t’in voque : amen, met^khe^... Je t’in voque, Gabriel, par le grand nom...
Sabaôth bathouriîl... makhamariîl: envoyez-moi Gabriel, l’Ange de justice, son épée nue à la main, contre tout esprit im pur, soit démon mâle, soit démon femelle, soit génie? mâle, soit génie (?) femelle, apolo, Thaîl, Iôîl, Thaîl, Throîl,Saîl, Bail, Thoktîl, Thaboîl, Thafriîl, Saroaîl, Abothîl, Thamiîl, Thaouîl, Ouîl, Tambîl, Tharoiel, Adje,.
Adjî, Takhàîl, Sarsaîl, Sarsamôîl, Sarsabaîl, les vingt-quatre Anges(i)qui se tiennent devant lesvingtquatre vieillards (2) ; secours-moi, vite, vite, a~ a$ uç me; khe\ pe%. Lève-toi, tends ton arc contre l’Archiplasme et toutes ses puissances... the... îl..., vers les quatre colonnes de l’Abîme à cause de leurs quatre chapiteaux qui supportent le premier ciel apolo.
Gabriel, ange de justice, mets à nu ton épée dans ta main droite, poursuit tous esprit méchant, apolo, Bail, Phâîl, Thaîl, Throîl, Thabaîl, Thôîl, Bakhôôl, Thiîl, Droîl, Sfphîl, Srauôîl, Saôîl, Aouîl, Ouîl, Obâîl,Tharimiêl, Afhîl, Aprouôîl.
Ecoutez-moi, Anges courageux, car je vous invoque parle Seigneur des vingt-quatre Archanges du corps d’Iaô iekha, afin que vous m’écoutiez, que vous m’envoyiez A thônathathônath, c’est-à-dire Gabriel, l’Ange de justice ; qu’il (1) -II n’y a que vingt-deux noms, mais rien ne serait plus compréhensible que l’admission de deux de ces noms. (2) Il s’agit des vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse.qui avaient un rôle très grand dans Ja religion copte.
i54 l’initiation vienne à moi, qu’il fasse mon œuvre, apolo. Amen, trois fois. » Ici s arrête le texte du papyrus que l’on peut traduire ; mais ce papyrus contient encore deux pages dont la première, quoique très mutilée, contient cependant quelques lignes qui se peuvent lire : le texte est presque entièrememt composé de mots qui sont empruntés à deslanguesqui n’étaientpas le langage usité en Egypte, si même ils ont jamais appartenu à quelque langue que ce soit, et s’ils ne sont pas le fruit de la fantaisie des auteurs gnostiques. Il en reste quatre ligne que voici : .......Is... paschô... Mgra... Amôhamab... a. CoOanôô Amai... amôtham afrômôtham, Gabriel athônathathônath. Puis vient ensuite une figure d’Ange accompagnée de semblables mots usités dans les mystères gnostiques et que voici. La seconde page contenait vingt-sept lignes qui sont dans un état trop incomplet pour que l’on puisse en tirer quoi que ce soit. Elle se termine par une collection de petites figures qui ressemblent fort aux sceaux que contiennent les papyrus d’Oxford et que voici également. Je ne saurais dire avec certitude si ce traité étai complet dans le papyrus du musée de Turin ; je ne le crois pas, mais cependant la chose est possible. Quoi qu’il en soit, le lecteur pourra se faire une idée de ce que contenait cette œuvre ancienne d’une philosophie
LE NOUVEAU TRAITE GNOSTIQUE DE TURIN i55 U)u>u>u> Gjcvio OQOCÔOO N afciH-cTto ÔfrÀ ^(OAAap/HA 111>cS'OJ a. AX aaaŸ&'ÎT atHloVlD afbpctCa^ añ îw's^uullxX' eH (O%LU - * * * â Ç •
156 l’initiation qui a eu ses jours de gloire et qui n’a peut-être pas disparu aussi complètement qu’on le croit d’ordi naire. Paris, i5 mars. E. Amélineau. I'mwctiom m b a Mot à mot, avec rapprochements philologiques MANOU Chap. Ier. — La création. i . Manou était assis, ayant sa pensée dirigée vers un seul objet ; les Maharchis l’abordèrent, et, après l’avoir salué avec respect, lui adressèrent ces paroles : 2.
Seigneur, daigne nous déclarer, avec exacti tude, et en suivant l’ordre, les lois qui concernent toutes les classes primitives et les classes nées du mé lange des premières. 3. Toi seul, ô maître, connais les actes, le prin cipe et le véritable sens de cette règle universelle, exis tant par elle-même, inconcevable, dont la raison hu maine ne peut pas apprécier l’étendue, et qui est le Véda. 4. Ainsi interrogé par ces êtres magnanimes, celui dont le pouvoir était immense, après les avoir
TRADUCTION DE LA GENESE 15y tous salués leur fit cette sage réponse : « Ecoutez, leur dit-il : 5. Ce monde était plongé dans l’obscurité, im perceptible, dépourvu de tout attribut distinctif, ne pouvant être découvert par le raisonnement, ni être révélé; il semblait entièrement livré au sommeil. 6.
Quand la durée de la dissolution (Pralaya) fut à son terme, alors le Seigneur existant par lui-même, et qui n’est pas à la portée des sens externes, rendant perceptible ce monde avec les cinq éléments et les autres principes, resplendissant de l’éclat le plus pur, parut et dissipa l’obscurité, c’est-à-dire développa la nature (Pracriti). 7.
Celui que l’esprit seul peut percevoir, qui échappe aux organes des sens, qui est sans parties vi sibles, éternel, l’âme de tous les êtres que nul ne peut -comprendre, déploya sa propre splendeur. 8. Ayant résolu, dans sa pensée, de faire émaner de sa substance les diverses créatures, il produisit d’abord les eaux, dans lesquelles il déposa un germe. 9.
Ce germe devint un œuf brillant comme l’or, aussi éclatant que l’astre aux mille rayons, et dans lequel Y Etre suprême naquit lui-même, sous la forme de Brahmâ, l’aïeul de tous les êtres. 10. Les eaux ont été appelées nârâs, parce qu’elles étaient la production de Nara (l’Esprit divin) ; ces eaux ayant été le premier lieu de mouvement (ayana) de Nara,'il a en conséquence, été nommé Nârâyana (celui qui se meut sur les eaux). 11. — Par ce qui est, par la cause imperceptible éternelle, qui existe réellemen t et n’existe pas pour les
158 l’initiation organes, a été produit ce divin mâle (Pouroucha), cé lèbre dans le monde sous le nom de Brahmâ. 12. — Après avoir demeuré dans cet œuf une année de Brahmâ, le Seigneur, par sa seule pensée, sépara cet œuf en deux parts. 13. Et, de ces deux parts, il forma le ciel et la terre ; au milieu, il plaça l’atmosphère, les huit régions cé lestes, et le réservoir permanent des eaux. 14.
Il exprima de l’Ame suprême, le sentiment {manas} qui existe par sa nature et n’existe pas pour les sens ; et avant la production du sentiment l’Ahanêâra (le moi) moniteur et souverain maître. 15.
Et, avant le sentiment et la conscience il pro duisit^ grand principe intellectuel (Mahat) et tout ce qui reçoit les trois qualités et les cinq organes de l’z'ntelligence destinés à percevoir les objets extérieurs, et les cinq organes de l'action, et les rudimens (Tanmâtras) des cinq éléments. 16.
Ayant uni des molécules imperceptibles de ces six principes doués d’uue grande énergie, savoir, les rudiments subtils des cinq éléments et la conscience à des particules de ces mêmes principes, transformés et devenus les éléments et les sens, alors il forma tous les êtres. 17.
Et parce que les six molécules imperceptibles émanées de la substance de cet Etre suprême, savoir les rudiments subtils des cinq éléments et la conscience, pour prendre une forme, se joignent à ces éléments ej à ces organes des sens ; à cause de cela, les sages ont désigné la forme visible de ce Dieu sous le nom de Sarira (qui reçoit les six molécules).
TRADUCTION DE LA GENESE 1 5g 18. Les éléments y pénètrent avec des fonctions qui leur sont propres, ainsi que le sentiment (Manas), source inépuisable des êtres, avec des attributs infini ment subtils. 19.
Au moyen de particules subtiles et pourvues d’une forme de ces sept principes (Pourouchas) doués d’une grande énergie, l’intelligence, la conscience et les rudiments subtils des cinq éléments, a été formé ce périssable univers, émanation de l’impérissable source. 20. — Chacun de ces éléments acquiert la qualité de celui qui le précède, de sorte que,, plus un élément est éloigné dans la série, plus il a de qualités. 21.
L’Etre suprême assigna aussi, dès le principe, à chaque créature en particulier, un nom, des actes, et une manière de vivre, d’après les paroles du Véda. 22. Le Souverain Maître produisit une multitude de dieux (Devas) essentiellement agissants, doués d’une âme, et une troupe de Génies (Sadhyas) et le sacrifice institué dès le commencement. 28.
Du feu, de l’air et du soleil, il exprima, pour l’accomplissement du sacrifice, les trois Védas éter nels, nommés Ritch, Yadjous et Sama. 24. Il créa le temps et les divisions du temps, les constellations, les planètes, les fleuves, [les mers', les plaines, les terrains inégaux. 2 5. La dévotion austère, la parole, la volupté, le désir, la colère, et cette création, car il voulait donner l’existence à tous les êtres. 2b. Pour établir une différence entre les actions, il distingua le juste et l’injuste, et soumit ces créatures
i6o l’initiation sensibles au plaisir et à la peine, et aux autres condi tions opposées. 27. Avec des particules (mâtras) ténues des czwy éléments subtils, et qui sont périssables, tout ce qui existe a été formé successivement. 28. Lorsque le souverain maître a destiné d’abord tel ou tel être animé à une occupation quelconque’ cet être l’accomplit de lui-même toutes les fois qu’il revient au monde. 29.
Quelle que soit la qualité qu’il lui ait donnée en partage au moment de la création, la méchanceté ou la bonté, la douceur ou la rudesse, la vertu ou le vice, la véracité ou la fausseté, cette qualité vient le retrou ver spontanément dans les naissances qui suivent. 30.
De même que les saisons, dans leur retour pé riodique, reprennent naturellement leurs attributs spéciaux, de même les créatures animées reprennent les occupations qui leur sont propres. 31. Cependant, pour la production de la race hu maine, de sa bouche, de son bras, de sa cuisse et de son pied, il produisit le Brahmâne, le Kchâtrya, le Vaisyaet le Soudrà. 32.
Ayant divisé son corps en deux parties, le sou verain maître devint moitié mâle et moitié femelle, il engendra Virâdj. 33. Apprenez, nobles brahmanes, que celui que le divin mâle (Pouroucha), appelé Virâdj, a produit de lui-même, en se livrant à une dévotion austère, c’est moi, Manou, le créateur de tout cet univers. 34.
C’est moi qui, désirant donner naissance au genre humain, après avoir pratiqué les plus pénibles austéTRADUCTION DE LA GENESE l6 I rités, ai produit d’abord dix saints éminents (Maharchis). seigneur des créatures (Pradjâpatis), savoir : 35. Marîtchi, Atri, Anyiras, Poulâstya, Poulahos, Cratou, Pratchétasou Dakcha, Vasichtha, Bhrigou et Narada. 36.
Ces êtres tout-puissants créèrent sept autres Manous, les Dieux (Dévas) et leurs demeures, et des Maharchis doués d’un immense pouvoir. 27. Ils créèrent les gnomes (Yakchas), les géants (Râkchasas), les vampires (Pisâtchas), les musiciens célestes (Gandharbas), les nymphes (Apsarâs), les Titans (Asouras), les dragons (Nayas), les serpents (Sarpas), les oiseaux (souparnas) et les différentes tri bus des ancêtres divins (Pitris). 38.
Les éclairs, les foudres, les nuages, les arcs co lorés d’Indra, les météores, les trombes, les comètes et les étoiles de diverses grandeurs. 39. Les kinnaras, les singes, les poissons, les dif férentes espèces d’oiseaux, le bétail, les bêtes sau vages, les hommes, les animaux carnassiers pourvus d’une double rangée de dents ; 40.
Les vermisseaux, les vers, les sauterelles, les poux, les mouches, les punaises, et toute espèce de moustique piquante ; enfin les différents corps privés du mouvement. 41. Ce fut ainsi que, d’après mon ordre, ces ma gnanimes sages créèrent par le pouvoir de leurs aus térités tout cet assemblage d’êtres mobiles et immo biles, en se réglant sur les actions. 42. Je vais maintenant vous déclarer quels actes particuliers ont été assignés ici-bas à chacun de ces
IÔ2 l’initiation êtres, et de quelle manière ils viennent au monde. 43. Les bestiaux, les bêtes sauvages, les animaux carnassiers pourvu de deux rangées de dents, les géants, les vampires et les hommes naissent d’une matrice. 44. Les oiseaux sortent d’un œuf, de même que les serpents, les crocodiles, les poissons, et d’autres sortes d’animaux soit terrestres comme le lézard, soit aqua tiques, comme le poisson à coquille. 45.
Les moustiques piquantes, les poux, les mou ches, les punaises naissent de la vapeur chaude ; ils sont produit par la chaleur, de même que tout ce qui rapproche leur ressemble, comme l’abeille, la fourmi. 46.
Tous les corps privés du mouvement, et qui poussent soit d’une graine, soit d’un rameau mis en terre, naissent du développement d’un bourgeon ; les herbes produisent une grande quantité de fleurs et de fruits, et périssent lorsque les fruits sont parvenus à leur maturité. 47.
Les végétaux appelés rois des forêts n’ont point de fleurs et portent des fruits ; et soit qu’ils portent aussi des fleurs ou seulement des fruits, ils reçoivent le nom d’arbres sous ces deux formes. 48. Il y a différentes sortes d’arbrisseaux croissant soit en buisson, soit en touffe ; puis diverses espèces de gramens, des plantes rampantes et grimpantes. Tous ces végétaux poussent d’une semence ou d’un rameau. 49. Entourés de la qualité d’obscurité manifestée sous une multitude de formes, à cause de leurs ac tions précédentes.
TRADUCTION DE LA GENÈSE l63 50. Ces êtres, doués d’une conscience intérieure, ressentent le plaisir et la peine. 51. Telles ont été déclarées, depuis Brahma jus qu’aux végétaux, les transmigrations qui ont lieu dans ce monde effroyable qui se détruit sans cesse. 52.
Après avoir ainsi produit cet univers et moi, celui dont le pouvoir est incompréhensible disparut de nouveau, absorbé dans l’âme suprême remplaçant le temps de la Création par le temps de la dissolution (Pralaya). 53. Lorsque ce Dieu s’éveille, aussitôt cet univers ac:omplit ses actes; lorsqu’il s’endort, l’esprit plongé dans un profond repos, alors le monde se dissout. 5q.
Car pendant son paisible sommeil, les êtres animaux pourvus des principes de l’action quittent leurs fonctions, et le sentiment (Manas) tombe dans l’inertie, ainsi que les autres sens. 55. Et lorsqu’ils se sont dissous en même temps dans l’âme suprême, alors cette âme de tous les êtres dort tranquillement dans la plus parfaite quiétude. 56.
Après s’être retirée dans l’obscuritéAn zYzi»e, elle y demeure longtemps avec les organes des sens, n’accomplit pas ses fonctions, et se dépouille de sa forme. 57. Lorsque, réunissant de nouveau des principes élémentaires subtils, elle s’introduit dansune semence végétale ou animale, alors elle reprend une forme nouvelle. 58.
C’est ainsi que par un réveil et par un repos alternatifs, l’Etre immuable fait revivre ou mourir éternellement tout cet assemblage de créatures mobiles 3
l’initiation 164 et immobiles. Après avoir composé ce livre de La Loi lui-même dès le principe, il me le fit apprendre par cœur, et moi j’instruisis Maritchi et les autres sages. 59. Bhrigou que voici vous fera connaître pleine ment le contenu de ce livre ; car ce Mouni l'a appris en entier de moi-même. 60. Alors le Maharchi Bhrighou, ainsi interpellé par Manou, dit avec bienveillance à tous ces richis Ecoutez : 61.
De ce Manou Swâyambhouva (issu de l’Etre existant de lui même) descendent six autres Manous qui chacun donnèrent naissance à une race de créa tures ; ces Manous, dans une âme noble et d’une énergie supérieure, étaient: 62. Swârorotchicha, Ottami, Tâmasa, Raivata le glorieux, Tchâk, Choucha, et le fils de Vivaswat. 63.
Ces sept Manous tout puissants, dont Swâyam bhouva est le premier, ont chacun, pendant leur période (Antara produit et dirigé ce monde, composé d’être mobiles et immobiles. 64. Dix-huit Miméchas (clins d’œill font un câchthâ ; trente câchthâs, une calâ, trente calas, un mouhoûrta, autant de mouhoûrtas compose un jour et une nuit. 65.
Le soleil établit la division du jour et de la nuit pour les hommes et pour les dieux; la nuit est pour le sommeil des êtres, et le jour pour le travail. 66. Un mois des mortels et un jour est une nuit des Pitris ; il se divise en deux quinzaines : la quin zaine noire est pour les mânes, le jour destiné aux
TRADUCTION DE LA GENESE l65 actions; et la quinzaine blanche., la nuit consacrée au sommeil. 67. Une année des mortels, est un jour et une nuit des Dieux ; et voici quelle est la division : le jour répond au cours septentrional du soleil, et la nuit à son cours méridional. 68. Maintenant apprenez par ordre et succinctement quelle est la durée d’une nuit et d’un jour deBrahmâ, et de chacun des quatre âges (Yougas). 6g.
4.000 années divines composent, au dire des sages, le Crita-Youga ; le Crépuscule qui suit est pareil. 70. Dans les trois âges également précédés et suivis d’un crépuscule, les milliers et les centaines d’années sont successivement diminués d’une unité. 71. Ces quatre âges qui viennent d’être énumérés étant supputés ensemble, la somme de leurs années, qui est de 12,000, est dite l’âge des Dieux. 72.
Sachez que la réunion de mille âges divins compose en somme un jour de Brahmâ et que la nuit a une durée égale. 73. Ceux qui savent que le saint jour de Brahmâ ne finit qu’après mille âges, et que la nuit embrasse un pareil espace de temps, connaissent véritablement le jour et la nuit. 74. A l’expiration de cette nuit, Brahmâ qui était endormi se réveille, et en se réveillant il fait émaner l’esprit divin.
Manou, qui par son essence existe, et n’existe pas pour les sens extérieurs. 75. Poussé par le désir de créer éprouvé par VAme suprême, l’esprit divin ou le principe intellectuel opère
166 l’initiation la création et donne naissance à l’éther que les sage, considèrent comme doué de la qualité du son. 76. De l’éther, opérant une transformation, naît l’air, véhicule de toutes les odeurs, pur et plein de force, dont la propriété reconnue est la tangibilité. 77. Par une métamorphose de l’air est produite la lumière qui éclaire, dissipe l’obscurité, brille, et qui est déclarée avoir la forme apparente comme réalité. 78.
De la lumière, par une transformation, naît l’eau qui a pour qualité la saveur ; de l’eau provient la terre, ayant pour qualité l’odeur ; telle est la création opérée dès le principe. 7g. Cet âge des Dieux ci-dessus énoncé et qui embrasse 12.000 années divines, répétées 71 fois,est ce qu’on appelle ici la période d’un Manou (Manwantara). 80.
Les périodes des Manous sont innombrables ainsi que les créations et les destructions du monde, et l’Etre suprême les renouvelle comme en se jouant. 81. Dans le Crita-Youga, la justice, sous la forme d’un Taureau, se maintient ¡ferme sur ses quatre pieds ; la vérité règne, et aucun bien obtenu par les mortels ne dérive de l’iniquité. 82.
Mais dans les autres âges, par l’acquisition illi cite des richesses et de la science, la justice perd suc cessivement un pied, et remplace par le vol la fausT seté et la fraude ; les avantages honnêtes diminuent graduellement d’un quart. 83. Les hommes, exempts de maladies, obtiennent l’accomplissement de tous leurs désirs, et vivent quatre cents ans pendant le premier âge ; dans le
TRADUCTION DE LA GENESE 167 Trétâ-Youga et les âges suivants, leur existence perd par degrés un quart de sa durée. 84. La vie des mortels déclarée, le Véda, les récom penses des actions et les pouvoirs des êtres animés portent dans ce monde des fruits proportionnés aux âges. 85. Certaines vertps sont particulières à l’âge Crita, d’autres à l’âge Trétâ, d’autres à l’âge Devâpara, d’autres à l’âge Cali, en proportion delà décroissance de ces âges.
86. L’austérité domine pendant le premier âge, la science divine pendant le second, l’accomplissement du sacrifice pendant le troisième, au dire des sages, la libéralité seule pendant le quatrième âge. 87. Pour la conservation de cette création entière, l’Etre souverainement glorieux assigne des occupa tions différentes à ceux qu’il avait produits de sa bouche, de son bras, de sa cuisse et de ses pieds. 88.
Suit la classification de ces occupations. 99 Le Brahmane en venant au monde est placé au premier rang sur cette terre ; souverain seigneur de tous les êtres, il doit veiller à la conservation du trésor des lois civiles et religieuses. 100. Tout ce que le monde renferme est en quelque sorte la propriété du Brahmane ; par sa primogéniture et par sa naissance éminente, il a droit à tout ce qui existe. » 101.
Le Brahmane ne mange que sa propre nour riture, ne porte que ses propres vêtements, ne donne que son avoir ; c’est par la générosité du Brahmane
i68 l’initiation que les autres hommes jouissent des biens de ce monde. 102. Pour distinguer les occupations du Brahmane et celles des autres classes dans l’ordre convenable, le sage Manou, qui procède de l’Etre existant par luimême, composa ce code de lois. 103. Ce livre doit être étudié avec persévérance par tout Brahmane instruit et être expliqué par lui à ses disciples, mais jamais par aucun autre homme d’une classe inférieure. 104.
En lisant ce livre, le Brahmane qui accomplit exactement ses dévotions n’est souillé par aucun péché en pensée, en parole ou en action. 105. Il purifie une assemblée, sept de ses ancêtres, sept de ses descendants, et mérite seul de posséder toute cette terre. 106. Cet excellent livre fait obtenir toute chose désirée ; il accroît l’intelligence, il procure la gloire est une longue existence, il mène à la béatitude suprême. 107.
La loi s’y trouve complètement exposée, ainsi que le bien et le mal des actions et les coutume, immémoriales des quatre classes. 119. De même que jadis, à ma prière, Manou a déclaré le contenu de ce livre, de même vous aujour d’hui apprenez-le de moi, sans suppression ni aug mentation. Alfred Le Dain.
PARTIE LITTÉRAIRE PREMIÈRE TRADUCTION FRANÇAISE «Mon désir est excessivement vif,» dis-je,« et quoi qu’un poltron puisse seul vanter ses nerfs dans des. situations qui ne lui sont pas familières, cependant mes nerfs ont été accoutumés à une telle variété de dangers que j’ai le droit de compter sur eux, même dans une maison hantée. » M. J... ajouta très peu de mots ; il prit dans son bureau les clefs de la maison, me les donna, et je me retirai en le remerciant cordialement de sa fran chise et son gracieux acquiescement à mon vœu.
Impatient de faire l’expérience, dès que je fus rentréchez moi, j’appelai mon domestique de confiance — jeune homme d’humeur joyeuse, d’un caractère intré pide, et aussi peu superstitieux que je pouvais le sou haiter. « F..., » dis-je, « vous souvenez-vous combien
L INITIATION I7O nous fûmes désappointés en Allemagne de ne pas trou ver de fantôme dans ce vieux château qu’on nous avait dit être hanté par une apparition sans tête? Eh bien, j’ai entendu parler d’une maison dans Londres qui, j’ai des raisons de l’espérer, est décidément hantée. J’ai l’intention d’y dormir cette nuit.
D’après ce que j’ai entendu dire, il n’y a nul doute que quelque chose se fasse voir ou entendre —quelque chose, peut-être, d’excessivement horrible. Pensez-vous, si je vous em mène avec moi, que je puisse compter sur votre pré sence d’esprit, quoi qu’il arrive? « Oh, monsieur! je vous prie d’avoir confiance en moi, » répondit F..., en montrant toutes ses dents par un joyeux sourire.
« Bien, bien, alors; voici les clefs de la maison ceci est l’adresse.
Allez maintenant, — choisissez-moi la chambre à coucher qu’il vous plaira; et puisque la maison n’a pas été habitée depuis trois semaines, dres sez un bon feu, aérez bien le lit ; voyez, en outre à ce qu’il y ait des bougies aussi bien que du combus tible — voilà quant à mes armes — armez-vous égale ment bien ; et si nous ne sommes pas de force à lutter contre une douzaine de fantômes, nous ne serons qu’une triste paire d’Anglais. » Le reste de la journée, je fus occupé par des affaires si urgentes que je n’eus pas loisir de penser longtemps à l’aventure nocturne dans laquelle j’avais engagé mon honneur.
Je dînai seul, et très tard, et en dînant je lus selon mon habitude. J’avais choisi un des vo lumes des essais de Macaulay. J’avais pensé à empor ter ce livre avec moi ; la richesse du style et le réaA CYNTHIA 171 Iisme des sujets étaient bien faits pour servir d'antidote contre les influences d’une imagination supersti tieuse.
C’est pourquoi, à neuf heures et demie environ, je mis le livre dans ma poche, je me dirigeai tranquille, ment vers la maison hantée. J’emmenai avec moi mon chien favori. —un bull-terrier excessivement in telligent, hardi et vigilant — un chien aimant à rôder la nuit dans les coins et les passages sombres à la recherche des rats, le roi des chiens contre un reve nant. C’était une nuit d’été plutôt fraîche, au ciel un peu sombre et couvert.
Cependant, il y avait clair de lune faible et pâle, mais enfin il y avait clair de lune — et si les nuages se dissipaient, après minuit la lune bril lerait d’un éclat plus vif. (A suivre.) Bulwer-Lytton. O Cynthia ! Du haut des espaces bleuâtres, Toi qui ferme les yeux des soleils indécis Et fais longtemps rêver les amants et les pâtres Etendus par la plaine ou sur les seuils assis, O Cynthia! réponds, vierge aux reflets bleuâtres!
l’initiation 172 Guides-tu dans la nuit les blancs esprits des morts. Avant qu'ils n aient atteint les régions stellaires Où l’âme par degrés perd désirs et remords ?... Toi qui viens remplacer les feux crépusculaires Guides-tu dans la nuit les blancs esprits des Morts?..
Le succube vers toi lance ses chansons douces Dans tes rayons on voit jaser les noirs Lutins Et tes phosphorescents follets frôlent les mousse... ■Oui, sans trêve jusqu’aux retours des frais matins Le succube vers toi lance ses chansons douces ! O Cynthia! Pourquoi montre-tu dans les deux La corne de vermeil ou la face impassible? Reine du maléfice!
O toi vers qui les yeux Des mortels vont toujours, tu n’es rien qu'une cible Sans doute suspendue en l’abîme de deux. Maurice Largeris. Comme Jésus passait, radieux de vertu. Un homme, suppliant, l’arrêta. — Ma détresse Est affreuse. Voilà. J’avais une maîtresse Qui, d’un mot, m’a brisé comme on brise un fétu;
T j T AT T T’T A rT T AT /RENSEIGNEMENTSX L INITIATION ( utiles .) DIRECTION ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg. 14 PARIS Directeur : FA-FUS Q, O « Directeur-adjoint : Lucien MAUCHEL Rédacteur en chef : F.-Ch. BARBET Secrétaires de la Rédaction : J. LEJAY — PAUL. SÉDIR ABONNEMENTS, VENTE AU NUMERO g. c: A.R n jé 3, rue Racine. 3 PARIS FRANCE, un an. 10 fr. ÉTRANGER, — 12 fr.
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L’Initiation du i5 Mai 1894 Paul SÉDIR La Mystique Judéo-chrétienne I. LE MESSAGER CÉLESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE, par Jeanne Leade, première traduction française. II. LES TEMPÉRAMENTS et la culture psychique d’après Jacob Bôhme (avec lettre pré face de Papus). III. DE SIGNATURA RERUM, première tra duction française, avec planches et portrait (en préparation). VIENT DE PARAITRE George MONTIÈRE SARAH KEMMY Un beau volume in-18. — Prix. . . Sfr. 50 CHAMUEL, ÉDITEUR 2Ç, RUE DE TrÉVISE, PARIS (Compte rendu prochainement)
LE VOILE D’ISIS LE SEUL JOURNAL HEBDOMADAIRE QUE POSSÈDE LE MOUVE MENT SPIRITUALISTE EN FRANCE Directeur : PAPUS o. a. O Rédacteur-en Chef : Il Secrétaire de la Rédaction: Julien LEJAY Lucien MAUCHEL ABONNEMENT: Un an (France) . 5 fr. | Union postale . . 6 fr. Le numéro : 10 centimes. Le Voile d’Isis a déjà publié in extenso : les Vers dorés de Pythagore et Caïn de Fabre D’Olivet, et poursuit la publication des livres rares et curieux. 'Vient de •paraître ERNEST BOSG LA PSYCHOLOGIE DEVANT LA SCIENCE ET LES SAVANTS 1 vol. in-18 de xvm — 3oo pages. Prix : 3 fr. 50 Ce volume traite de l’Od, du Fluide odique, de la Polarité, du Fluide astral, du Magnétisme, de l'Hypnose, de la Force psychique, etc., etc.
POUR PARAITRE FIN MAI L’Almanach du Magiste <” ANNÉE MARS 1894-MARS 1895 CONTENANT : L’AGENDA MAGIQUE POUR TOUS LES JOURS DE L’ANNÉE Les Jugements Astrologiques des sept planètes. La liste des Herbes, des Pierres et des Correspondances magiques. Le Jugement des Songes d'après le cours de la Lune. UN RÉSUMÉ DE MAGIE CÉRÉMONIELLE L’HYPNOTISME PRATIQUE EN QUATRE LEÇONS. Le Miroir magique. — Les expériences d'Eliphas Levi. Les 22 axiomes magiques.
LE RÉSUMÉ DE LA DOCTRINE DE L’OCCULTISME SUR L’AME ET SON ÉVOLUTION. Des extraits et des citations des principaux occultistes. L'Histoire du Mouvement spiritualiste dan? ces dernières années, et la liste des Fraternités Initiatiques. Orné de gravures et des portraits de L.-C. de Saint-Martin, Fabre d’Olivet, Wronski, Eliphas Levi, Louis Lucas, Eugène Nus, Fauvety, Camille Flammarion.
PUBLIÉ par un Groupe d’Occultistes sous la direction de PAPUS Président du Groupe indépendant d’Etudes Esotériques. PARIS CHAMUEL, Editeur 2g, rue de Trévise, ag ‘§94 (Tous droits expressément réservés).
194 NÉCROLOGIE ques rares privile'giés peuvent seuls appre'cier (i) Cependant et malgré mon désir de ne pas trou bler ici de très délicates affections, ce m’est un devoir de montrer à ceux qui méditent et qui hé sitent qu’il est des sages en dehors des livres. Les derniers instants de sa vie furent d’une beauté et d’une pureté toute pythagoricienne.
Un ami, proche parent d’Horace Lefort, m’éc it : « La veille de suc comber, il disait : « J'avais cru toujours à la lente, mais décisive victoire du mental sur le physique : par volonté, j'espérais pouvoir vaincre mon mal; je m aperçois aujourd’hui que toute résistance est inu tile. Je me résigne. Et très simplement, sans une plainte, sans un blasphème contre la destinée, avec une foi inébranlable dans la survivance de l’âme, il s’en est allé.
Ce fut une lin touchante et rassu rante que la siéîine ! » Nous nous souvenons de nos morts pour qu’ils ne nous oublient pas : celui que la vie a trouvé si actif, d’une affection si inlassable, celui que la mort a trouvé si véritablement illuminé fut notre frère d’armes dans nos luttes continuelles et tous lui conserveront dans notre chaîne la place incon testée qu’il y occupait; mais nul plus que moi n’avait le précieux devoir de consacrer sa mémoire pieusement; car, premier pèlerin rencontré sur la route, il me conduisit aux portes de ce temple où nous sommes aujourd’hui si nombreux à nous sou venir de lui.
Marc Haven. (i) Je ne lèverai pas le voile sur les travaux du labo ratoire et de l’oratoire : il les voulait tenir secrets et quelques confidences qu il m’en fit il y a deux ans m’en gagent à ne pas en parler davantage ; mais j‘e tiens à me porter garant de ceci que ni les fatigues ni les dan gers ne l’arrêtèrent au seuil des plaines redoutables. Le Gérant • Encaisse. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET c", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
l’initiation 193 idées occultes est celui qui frappe le plus les ima ginations vives, qui captive le plus sûrement les esprits scientifiques. Ce furent ces recherches qui permirent à Horace Lefort de créer à Sens un mi lieu où la méthode ésotérique pût pénétrer.
Et même parmi ceux qui restaient étrangers à ces études, combien de fois ne l’avons-nous pas vu, malgré les railleries et les sourires, défendre avec feu ses doctrines toujours sincères, touiours ani mées du tout-puissant désir. Créer, grouper des intelligences même excellentes, celui-là seul en connaît les fatigues, les douloureuses désillusions, les épuisements, qui, courageusement, a pris corps à corps l’ennemi.
Très nobles passent, mais s’effa cent des pensées en leur neigeuse solitude et crai gnant de la souiller aux répugnances de la vie : mais celui que rien n’a rebuté, qui a courageuse ment affirmé sa pensée, semant la vérité selon ses forces, prêchant d’exemple en l’évolution morale enseignée, celui—li dépasse tous les penseurs iso lés de toute l’ampleur de sa poitrine.
Faire l’ange est dangereux pour qui n’est pas un saint, Pascal l’a dit depuis longtemps; faire l’homme ne l’est jamais. Horace Lefort fut un homme.
Ces germes jetés au vent, mais non perdus, cette œuvre cou rageusement entreprise, eût-elle subi les attaques du Destin, parût-elle faiblir à sa mort, est pour nous la portion la plus belle, la plus féconde de son existence ; il a simplement et naturellement atteint et réalisé dans sa sphère d’action la haute magie qui éveille les dormeurs du Château en chanté.
Combien de ses frères, combien d’auteurs, de maîtres plus connus plus brillants, —mais bri sés par l’écueil qui ne l’arrêta pas, —pourraient se vanter en toute conscience d’un aussi noble ré sultat ?
Et à côté de cette vie sociale que nous avons fait entrevoir, que de mérites cachés, que de silencieuses qualités ignorées de tous, que quelIQ2 l’initiation d’ailleurs, lancées à la mer des .lettres nouvelles pour y défendre une juste théorie; aux lumières de la mort, les choses surgissent à leur perspec tive réelle : les germes jetés en des terres infécondes jusque -là, les croyances assurant des âmes inquiètes et stériles, voilà les œuvres, de la dernière heure.
C’est de celles-là qu’il me plaira surtout de parler pour donner une juste idée de ce que lègue réel lement à l’humanité Horace Lefort. Si les mots n’avaient pas perdu de leur valeur dans le flot mon tant toujours des écritures modernes, je me con tenterais de dire que celui que nous perdons fut un homme de bien ; mais éloges et blâmes se don nent à trop bon compte pour qu’il ne soit pas utile d’insister.
L’histoire de ses pensées, de ses efforts, pour brève que nous la fassions, montrera, du moins, ce qu’est un homme de bien, incitera peutêtre quelques-uns à suivre ce généreux exemple.
Dans le domaine de l’idée pure, il fut un des pre miers défenseurs de cette théorie, — presque clas sique aujourd’hui, — que nous sommes par toutes nos qualités, par nos travers aussi, des Celtes : tra ditions, aspirations, tout nous rattache aux migra tions doréennes et primitives.
Le germe latin, mé lange déjà stérile de races épuisées, égaré en Gaule, fut étouffé dans la vigueur verdoyante de nos forêts ariennes, dont la sève, aujourd’hui encore, n’est pas tarie. Cette parole réconfortante et si vraie fut celle de VErreur latine.
Cet ouvrage, tous le connaissent : une œuvre moins publique, mais plus féconde, une œuvre vraiment occulte par son but comme par l’extrême modestie qu’y mettait ce frère dévoué fut celle qu’il réalisa sur le plan social : le destin l’avait placé dans un milieu où les idées nouvelles ont peine à germer.
Patiemment, avec une abnégation sans bornes et un effort de tous les instants, il par vint à grouper quelques éléments de bonne volonté autour de lui : le côté pratique et.expérimental des NÉCROLOGIE igi THEATRE DE L’ODÉON EsES L>ETTX ^OBLESSE^ Quel plus merveilleux centre d'action intellectuel y at-il que le théâtre?
Aussi faut-il féliciter vivement M. Henri Lavedan d’avoir exposé dans sa pièce Les Deux Noblesses le problème social sous un jour à la fois psy chologique et philosophique.
Les directeurs de l’Odéon, MM. Marck et Desbeaux ont droit aux sincères éloges des intellectuels pour avoir présenté cettefort belle œuvre au public. — C’est encore là une victoire de l’idéalisme et nous sommes heureux de voir un succès mérité se des siner malgré l’injustice des critiques officieles vis-à-vis de cette pièce.
NÉCROLOGIE HORACE LEFORT Un des membres les plus dévoués de notre groupe, un des rares penseurs qui, du monde de l’idée, ont su descendre dans celui de la matière et réaliser sur le plan moral comme sur le plan physique les dogmes de la Philosophie occulte, Horace Lefort, vient de mourir à cinquante ans parmi ses œuvres inachevées. Et ces œuvres, ce ne furent pas quel ques pages de haute pensée, de ferme conviction
l’initiation 190 psicológicos qui maintient haut et ferme en Espagne le drapeau du Spiritisme large, éclairé et tolérant, tel qu’il devrait toujours être; The Theosophist, de Madras, toujours savant et profond... trop, peut-être; la Revista espiritista de la Habana ; le Borderland, et cent autres qui mériteraient tous d’être plus soigneusement analysés que notre cadre le permet. Marius Descrespe.
Revue scientifique des idées spiritualistes Deux spiritualistes, MM. Fabius de Champille et G. Demarest avaient fondé il y a quelque temps une revue mensuelle qui prenait le titre « d’Occultiste ». Or ces messieurs, n’appartenant ni l’un ni l’autre à aucune fraternité initiatique et n’ayant produit que désœuvrés soit magnétiques, soit spirites n’étaient aucunement con sidérés par nous comme des occultistes.
Nous ne pou vions donc reccommauder cette revue à nos lecteurs, malgré le talent réel de ses rédacteurs, ni les élogieux comptes rendus faits de nos publications.
A partir d’avril 1894, la direction de cette revue a pris l’excellent parti de modifier le titre et d’appeler cette revue « Revue scientifique des Idés spiritualistes ». — Cet organe étant revenu sur son véritable terrain et ne pouvant plus être confondu avec une publication occultiste, nous sommes heureux d’en reccommander la lecture à tous nos amis s’intéressant au mouvement spiritualiste. (Abonnement un an 5 francs, 12 rue Constance). (1) P. (1) Au dernier moment nous recevons le premier numéro d’une nouvelle publication : Le Rêve et l'idée, dont les ten dances sont toutes spiritualistes. Vanier, éditeur. Vivement recommandée à nos lecteurs.
BEVUE DES REVUES 189 ou en prose des pensées mystico-profanes étrangement séduisantes en notre prosaïsme. La Revue blanche, en même mode, lui répond par les études de Stéphane Mallarmé sur la Musique et les Lettrés de Bernard Lazare sur [’Antisémitisme au moyen âge; par les vers de Paul Verlaine; par les Entretiens, Critiques, Chroniques, etc., de Paul Adam, H.Ribeyne, L. Muhlfeld, A.. Ernst, P. Veber, et tutti quanti.
Les Annales de psychiatrie publient de bien savantes études sur \’Hématorahciiis traumatique, par le Dr Luys, et sur la Physiologie et la Pathologie du cervelet par les Drs Leven et A. Ollivier ; à signaler aussi une curieuse observation de mutisme hystérique et des notes sur la thérapeutique psychique par suggestion.
Les annales des sciences psychiques donnent une suite de faits télépsychiques très curieux; mais ce qu’il faut y lire surtout, c'est une étude sur les Matérialisations aux Etats-Unis ; nous recommandons tout spécialement cet article aux partisans du phénomène à outrance. La Religion Universelle contient une intéressante déclaration de foi et de principe de. P. Verdad.
La Paix Universelle ( 15 avril, iormai) s’occupe beau coup du 25m0 anniversaire de la mort d’Allan-ICardec. A signaler tout particulièrement le discours de Bouvery et un article d’une grande puissance sur [’Occultisme et le Socialisme, signé Amo. La Curiosité de notre collaborateur Bosc poursuit l’étude de la doctrine ésotérique par E. B. et [’application théosophique des phénomènes du spiritualisme, très savant travail du Dr Pascal.
Le Spiritisme est, lui aussi, tout entier consacré à la reproduction des discours prononcés sur la tombe d’Allan-Kardec, parmi lesquels nous remarquons surtout celui de M. Auzanneau. Citons enfin le Royaume du Seigneur, une intéressante revue qui se publie en français à Vineland (U. S. A.) ; El Pan del Espiritu, vaillante petite feuille chilienne ; lux, le notre correspondant à Rome, G.
Hoffmann, très curieuse publication qui relate une foule de faits des plus intéressants obtenus en séances de [’Académie inter nationale d'études psychologiques ; la Revista de Estouios
i88 l’initiation de ces femmes privilégiées qu’on recherche aujourd’hui pour leur charme et leur beauté. Rien de poignant comme les aventures de ces'deux êtres d’élite, aux prises avec toutes les convoitises, et qui, vingt fois sur le point de succomber d’une façon horrible, parviennent à force d’énergie, de luttes, de dévouement, à vaincre le sort contraire.
Rarement la puissance de l’amour s’est affirmée aussi vigoureusement et aussi admirablement. Un Scandale de Cloître est certainement une des œuvres les plus palpitantes et les plus pittoresques d’Ar mand Dubarry dont le bagage littéraire est connu, et son succès sera de ceux que le temps consacre.
MVTO MS MVMS Revue étymologique.— Le deuxième fascicule de cette intéressante publication contient l’exposé de {'Origine des langues, la Formation des groupes étymologiques, le Langage des voyelles, etc. Signalons tout particuliére ment la gamme des voyelles et l’analyse étymologique des mots Elohim, Hou, Allah, etc. Revue philosophique. — IM. Delbeuf continue ses re cherches sur les Géométries.
E. de Roberty étudie le Problème du monisme dans la philosophie du temps pré sent et F. Paulhan termine la Sanction morale. Mercure de France est fort occupé de l’incident pro voqué par l’attitude de son collaborateur M. Léon Bloy qui, pour la défense de Laurent Tailhade contre les ex cessives attaques de la presse, ayant cru devoir insulter un journaliste, a refusé de répondre à la provocation à lui adressée par ce dernier.
L’ermitage a commis à Saint-Antoine le soin d’étu dier la belle Vie de Saint-François-d’Assises de M. Paul Sabathier; et M. Henry Mazel chante les Alyscans ; An toine Cros philosophe sur ce sujet : l’Univers est-il limité? D’autres, beaucoup d'autres solitaires méditent en vers
BIBLIOGRAPHIE 187 phies la contemplent de quelque point de vue particulier, que personne ne peut se flatter de la posséder en son inté grité, de la connaître sous toutes ses faces.
La théorie est, on le sait, vieille comme l’éternelle vérité elle-même ; mais M. Serre l’expose en termes émus et émouvants, en un système qui ne manque pas d’originalité et, à la faveur de l’intérêt de la forme, il réussit à faire pénétrer le lecteur très loin dans le sujet si élevé qu’il traite. Historique le l’école sociétaire de Fourier, par A.
Alhai^a. — Au lendemain delà disparition de Con sidérant, à cette époque de bouleversements politiques et des populaires revendications si pleines d’âpreté, il n’est pas sans intérêt de relire les théories du phalans tère fouriériste.
Il est tôt fait d'enterrer une idée nou velle avec cette épitaphe : Utopie ; mais l’on ne prend point garde que l’idée ainsi étouffée, ce semble, doit, comme la graine confiée ai» sillon, germer plus tard, quand vient son printemps et surgir à nouveau, plus vivante et plus robuste après l’épreuve.
C’est ce que n’ignorent point les membres de l’Ecole sociétaire qui, malgré leur petit nombre actuel, continuent vaillam ment à étudier les principes posés par les maîtres en attendant que sonne l’heure, peut-être plus proche qu’on croit.de leur mise en oeuvre au moins partielle. Le livre de M. Alhaiza est fort curieux et donne sur le mouvement sociétaire des renseignements qu’un cher cherait en vain partout ailleurs.
Marius Decrespe. * ¥ ¥ Un Scandale de Cloître, roman contemporain, par Armand Dubarry. Un vol. in-18. Prix : 3 fr, 5o. Chamuel, éditeur, Paris. Ce roman entraînant où l’intérêt va crescendo est, en réalité, le récit dramatique d'une histoire d’hier qui fit grand tapage et enfiévra l’opinion publique. Son héros, alors un des brillants elèves de la villa Médicis, occupe une place considérable dans l’art, et son héroïne est une
i86 l'initiation formes, de musiques auxquelles s’élancent les jeunes littérateurs, en disant que nous préférons de beaucoup ces classiques et fermes beautés à cette recherche un peu étroite où beaucoup sacrifient bien vite tout ce qui leur paraît secondaire à la poursuite d’élégances conve nues.
M. Largéris est avant tout le poète de l'idée: son livre est l’histoire d’une évolution lente vers la philoso phie de l’unité et ce panthéisme mystique est un des chemins les plus sûrs qui mènent à la philosophie occulte. Nous attendons avec impatience l’œuvre pro chaine où, nous le sentons, suivant la voie ascendante qu il parcourt, M. Largéris se montrera le barde révéla teur des mystères occultes.
Abel Haatan. * ¥ ¥ Le Cancer, par Michel Corday. — Je n’aime guère les romans à thèse, même les romans psychologiques. L’é chafaudage plus ou moins solide, de situations plus ou moins vraisemblables, l’enchaînement plus ou moins logique d’intrigues plus ou moins irréelles, le style même, trop souvent contourne, bizarre, conventionnel ou lâche et hirsute, tout concourt à m’éloigner de ce genre de littérature si fort à la mode.
Aussi ai-je été bien agréablement surpris du très grand plaisir que j’ai eu à lire le Cancer. M. Michel Corday, tout jeune encore, sait déjà voir, observer, retenir, peindre. Il raconte très simplement, très puissamment aussi.
Son œuvre est honnête, sincère et saine; et le très doux scepticisme, la bonté un peu ironique dont, discrète ment, délicatement, il fait montre plaisent infiniment, attirent à l’homme, au philosophe qui se cachent en l’écrivain. Lisez le Cancer : vous serez charmés.
Au Large ! par Joseph Serre. — Vibrant d’enthou siasme, d’une inébranlable conviction, étayée d’une argu mentation serrée, telle est cette œuvre d’un profond penseur, d’un indépendant délivré des liens de tout sec tarisme. M. J.
Serre a tenté de montrer que la vérité n’est pas, ne peut pas être spécialisée en un système quelconque, que toutes les religions, toutes les philosoBIBLIOGRAPHIE i85 autre Question ; depuis la science a fait un pas en avant; elle a reconnu l’existence des microbes minéraux, et par suite des microbes métalliques: que l’on se reporte à la VIIe figure du livre d'Abraham le Juif (i) et l’on verra que les souffleurs connaissaient ces agents primitifs de la vie.
En France, le regretté Le Brun de Virloy institua le premier des expériences décisives à ce sujet. Remar quons que c’est dans le règne minéral que l’évolution est la plus lente. Sédir. * * ¥ Les Effluves, par M. Largéris.
Lorsque l’idée domine absolue, immodifiable, l’esprit d’un homme il lui est impossible d’exprimer autre choseque sa sereine puissance; il est le témoin nécessaire, déterminé de cette seule réalité; qu’il ait atteint sponta nément comme d’un bond cette élévation d’où sa parole va redescendre, que l’illumination de la vérité se soit faite à son assentiment dévoilé, il restera l’extatique de ces lumières entrevues, et toute la difficulté, tout le labeur de cette matière désormais méprisée, ennemie, va venir d’autant plus durement s’opposer à ce qu’il parle et à ce. qu’il réalise. On sent dans l’œuvre de M. Largéris, combien la pensée est à l’étroit dans les formes autoritaires de la vérification.
Le rythme par ins tant, cet amoureux de la pensée, en réfléchit toutes les beautés en d’impeccables phrases qui se développent largement : Epandez-vous ! montez comme un magique encens, Effluves, dispersez vos reflets et vos ondes ! Vous qui parlez de l'âme infinie et des mondes !
Mais le plus souvent la pensée seule, si vraie, si sincère, fait le charme de ces fortes méditations; nous paraîtrons peut-être vieux jeu au milieu de toutes les tentations de (i) Vie de N. Flamel, par Alb. Poisson
184 l’initiation Camille Flammarion. Clairs de Lune. 1 vol. petit in-18, delà collection Flammarion à 0,60. C’est une série de nouvelles et de contes, où, sous une forme littéraire, d’une très artistique simplicité, sont exposées les idées spiritualistes les plus élevées.
Camille Flammarion est certainement lun des mora listes les plus puissants de notre époque, parce qu’il a su étayer chaque sentiment d’une idée; tout phénomène lui est prétexte à moraliser; avec une simplicité, une pureté d’action et une sincérité qui lui ont conquis la célébrité dans le peuple. Ce n’est pas celle-là la moins valable, car la foule a le sentiment des Normes. * ¥ ¥ L’art de faire de l’or, par Théodore Tiffereau.
2 brochu res in-8, de 108 et 75 pages ; chez l’auteur, 13o rue du Théâtre, à Grenelle. 1892 et 1894. L’auteur, scientifique pur, lutte depuis quarante ans pour appeler l’attention des corps savants sur l’expérience capitale de la production de l’or. Un mélange d’argent et de cuivre traité sous l’influence solaire par l’acide nitrique bouillant, donne un or granuleux, spongieux, et qui sous le marteau se réduisait en poudre fine.
Après fusion ce métal devenait parfaitement malléable et acquérait toutes les propriétés de l’or naturel. Un kilo gramme d’or obtenu par ce procédé reviendrait à 75 fr. au lieu de 3,444 francs. L’auteur n’a cependant pu réussir cette expérience que sous les rayons ardents du soleil du Mexique. — Tout le monde savant professe aujourd’hui la théo rie de l’unité de la matière ; mais la réaliser est une
LA TENSION DU CORPS ASTRAL i83 ce remarquable effort pour relier entre elle la médecine d’aujourd’hui et la médecine d’autrefois dont Montpel lier conserve le culte. « Le progrès, dit Hégel, parcourt trois étapes suc cessives.
La seconde est la négation de la première, la dernière s’approche par la forme de la première, mais elle n’est que l’explication de la contradiction des deux premières phases. » Le progrès a bien d’autres étapes et réserve bien d’autres surprises. Albert Prieur.
LA TENSI0N BU C0RPS ASTRAL Le mois dernier un savant électricien d’origine polo naise, M. Jodko, membre de l’Académie de Saint-Péters bourg, est venu à Paris et a prié le Président du Groupe de convoquer quelques membres compétents à l’effet de vérifier plusieurs expériences des plus curieuses. Ces expériences ont pour but de démontrer que les êtres vivants, sont des conducteurs et surtout des con densateurs d’électricité.
L’utilisation d’un être humain comme condensateur permet à M. Jodko d’obtenir la photographie des effluves émanées de l’être humain. On peut suivre ainsi l’action du corps astral et se rendre strictement compte de sa tension aux différents points de l’organisme. M. Jodko joignait à l’appui de ces démonstrations 15,88o épreuves photographiques des plus curieuses.
Il a bien voulu initier Papus à son manuel opératoire et des expériences sur les sujets hypnotisés vont être poursuivies à Paris par une commission du Groupe. Nous tiendrons 1 os lecteurs au courant des résultats obtenus (1). P. (1) M. le Dr Baraduc, l’éminent auteur de la Force Vitale, a poursuivi déjà l'étude de ces expériences. Nous reparlerons le mois prochain des résultats obtenus par lui.
182 l’initiation elle peut transmettre aussi, comme pour la syphilis, l’état post-bactérien, la maladie confirmée et constituée. Ces divers états de l’organisme vivant, état morbide ou état prémorbide, peuvent donc être transmis hérédi tairement. Donc l’hérédité est intelligible en clinique en dehors de la transmission du germe morbide ou de son poison de la mère au fœtus à travers le placenta.
L’hérédité vraie est une qualité que peuvent présenter les états prémorbides (bactéricide ou bactéricole) et l’état morbide lui-même post-bactérien. Je complète ainsi la notion de l’hérédité acceptée par Bouchard. Pour ce dernier, il n’y aurait que l’hérédité du terrain prédisposé par affaiblissement et non l’héré dité de l’état morbide lui-même, de l’état post-bacté rien : l’hérédité de la syphilis ne se comprendrait pas ainsi.
Pour nous, la maladie infectieuse post-bactérienne peut être héréditaire au même titre que les états pré morbide, bactéricide ou bactéricole.
Et alors, si nous reprenons les divers caractères indi qués, nous trouvons que, même avec l’origine bacté rienne d’une maladie chronique comme la tuberculose ou la syphilis, on peut admettre que cette maladie est essentiellement caractérisée et constituée, non par le microbe ou ses sécrétions, mais par un état spécial de l’organisme, altération totius substantiœ., vrai tempéra ment morbide héréditaire.
N’est-ce pas la reconstitu tion complète de la diathèse ? * X * Après quelques mots consacrés à la thérapeutique, qui, tout en gardant les errements de la microbiologie, ne doit pas abandonner les traditions d’autrefois, et à la clinique, véritable source de tout savoir médical, M. Grasset termine ce si intéressant chapitre de patho logie générale. Nous l’avons succinctement mais fidèlement résumé, et c’a été pour nous un grand plaisir de lire et de relire
LE VITALISME DE MONTPELLIER I 8 t téricide-, il peut être accidentellement dans un état bac téricole. Ce dernier peut être produit ou favorisé pat des circonstances variables, dont une des plus connues aujourd’hui est la fatigue, le surmenage. « Donc, quand le microbe pathogène pénètre dans l’économie, son action dépend de l’état dans lequel se. trouve l’organisme : état bactéricide, état bactéricole.
Et cet état prémorbide, élément étiolosique capital, est un état propre de l’organisme, un état de sa nutrition, de sa vie propre, ou dépendant de la présence actuelle des microbes et de leurs fonctions. » Voilà pour ï'élat prémorbide. Mais l’état morbide, la maladie, qu’est-ce ? Est-ce le microbe ? Non, puisqu’un même microbe peut produire des maladies différentes.
C’est une altération totius substantial dont l’essence nous échappe et dont Je principe actif est dans l’orga nisme vivant. Et la preuve, c’est que ces états prémorbides et mor bides peuvent se transmettre par hérédité. Nous ne parlons pas ici de l’hérédité de la mère au fœtus : ceci n’est guère, le plus souvent, que de la con tagion.
Encore ici, Pasteur avait déjà ouvert la voie en mon trant que, pour la flacherie des vers à soie, ce n’est plus, le germe morbide qui est héréditairement transmis comme dans la pébrine, c’est le terrain, c’est l'état pré morbide. Voilà pour l’état bactéricole. De même, les exemples abondent pour montrer la transmission héré ditaire de l’immunité (variole clavelée, charbon sympto matique, etc.). Voilà pour l'état bactéricide.
Enfin l’état morbide lui-même, post-bactérien, se transmet de la même manière héréditairement : c’est la maladie vraiment héréditaire. Vous comprendrez facilement cela en l’appliquant à des maladies connues comme la syphilis et la tubercu lose. Pour la syphilis, ce n’est pas l’état prebactérien, qui est transmis, c'est l’état post-bactérien, la maladie constituée.
Pour la tuberculose, les deux cas peuvent se présenter : l’hérédité peut transmettre l’état bactéricole, la réceptivité puissante au bacille de Koch;.
i8o l’initiation affection générale, l’inflammation du poumon en reste le symptôme principal, une des localisations les plus fréquentes de l’infection pneumococcique. Mais la maladie générale est-elle due à la dispersion dans tout l’organisme de l’infection microbienne ? Ou bien est-ce réaction vitale généralisée?
Ce qui prouve que cette dernière théorie est bonne, ajoute M. Grasset, c’est ce qu’on sait maintenant sur l’immunité ; nous par lons, bien entendu, de l’immunité acquise. On peut vacciner avec des substances stérilisées, avec un liquide qui, sans microbes, doit son activité aux substances solubles sécrétées par les microbes. Bien plus : ce liquide peut alors être éliminé par l’organisme sans rien leur faire perdre de cette immunité.
« L’immunité, l’état bactéricide est le résultat d’une modification permanente de la nutrition provoquée par le passage de certains produits bactériens à travers l’organisme. » (Bouvard.) L’état général, prépondérant dans toute maladie, est fonction de l’activité vitale de notre organisme. Les microbes sont plutôt caractérisés par leurs fonc tions que par leurs formes.
Ils changent de forme, mais ils peuvent aussi changer de fonction, et cela sous l’ac tion de causes extérieures : de là l’atténuation des virus de Pasteur, de là les expériences de Chauveau sur le bacillus anthracis qui, en présence de l’oxygène, sous tension augmentée, perd son caractère infectieux tout en continuant à conférer l’immunité. Le milieu extérieur a donc une influence incontes table.
On connaît les effets des différentes températures, de la pression barométrique, de la lumière, de l’état hygrométrique...
De là à l’influence des conditions atmosphériques, il n'y a pas grand’chose. • Toutes ces influences étaient fort en honneur chez les anciens.
« Nous sommes entourés, assiégés par une infinité d’agents infectieux; s’ils trouvaient en face d’eux les organismes vivants purement passifs, c’en serait fait depuis longtemps des habitants du globe. » (Bouchard.) Et ce n’est pas par les épithéliums que l’organisme se défend : les microbes les franchissent, même sains. Notre organisme est ordinairement dans un état bacLE VITALISME DE MONTPELLIER 179 de l’organicisme.
Et M. Grasset cite de M. Jacie comme en clinique, ce qui crée des analogies, établit des dissemblances, c’est la question de rt entre deux maladies d’un même organe, si disies semblables de nature, mais siégeant dans deux °s différents. » alement par l'inflammation : la diapedèse de aussi MM. Kiener et Duclert, dans la doctrine Metchnikoff, c’était une conception vitaliste de rieuse coud cette phrase stupéfiante écrite en 1877 : « En pathologi ce qu siège et la question de nature.
Il y aura toujours plus de rappo parafes que soient en elles-mêmes ces maladies, qu'entre maladies semblables de nature, mais siégeant dans deux organ Comment réagit l’organisme vis-à-vis du microbe ? Loc Coheim et la phagocytose de Metchnikoff. Ces deux phénomènes sont des manifestations vitales au premier chef, et les variabilités, les sélections de la phagocytose, suivant les êtres et sui vant les microbes, ont permis à M.
Bopchard d'écrire cette phrase : « Les choses se pas seraient de la même façon s’il s’agissait d’animaux mono cellulaires doués de la sensibilité gustative ou olfactive. » « Ce qui était parfaitement nouveau et inattendu, disent de M. la maladie, telle que le monde médical ne l’avait pas entendue formuler depuis plus d’un siècle.
L’inflamma tion n produits dans l’économie par un agent nocif, mais plu tôt coi nomie Il ne faut pas non plus exagérer dans cette voie, et ne voir dans la réaction de l’organisme qu’un caractère pro videntiel et salutaire : il faut admettre que- la force vitale par le son activité que par des actes morbides.
Une arriva micro la prei « V démontré à nouveau par les recherches contemporaines : dans les maladies les plus locales, l'état général existe, dotnim 'est plus présentée comme l’ensemble des désordres mme l’ensemble des moyens de défense que l’écooppose à cet agent. » peut être complètement dénuée de ses tendances malade, et qu’elle ne peut fort bien ne manifester des conséquences de l’organicisme fut qu’on à ne se préoccuper que de l’état local : la thèse ibienne vient de rendre à l’étude de l’état général nière place. oilà donc un vieux dogme clinique ressuscité et e et précède l’état local. » La pneumonie est une 178 l’initiation abandonner tout ce qu’elle croyait édifié sur l'expé rience des siècles ?
Je ne le crois pas. Je crois, au contraire (et c’est ce que je voudrais vous démontrer dans cette leçon), que le moment est venu de réconcilier une fois de plus les anciens et les modernes, de montrer que, si les dogmes semblent finir à certaines heures de crises, en médecine comme ailleurs, ils res suscitent bientôt et renaissent de leurs cendres.
Ce que l’expérience a acquis est acquis, et les nouvelles con quêtes peuvent développer, compléter, élever l’édifice, mais n’en suppriment pas les fondements antérieurs. Un siècle, quelque progressiste qu’il soit, ne peut pas ou blier et remplacer le géant des siècles passés, sur les épaules duquel il se hisse pour voir plus loin que ses devanciers.
Je crois, en un mot, que l’époque actuelle a marqué une évolution importante, mais non une révolution radicale.
Et si, comme le pense Grancher, dans un mil lier d’années les médecins citent avec orgueil, avant tous les autres, ces deux noms immortels, Hippocrate et Pasteur, ce sera pour voir dans l’œuvre de Pasteur non la destruction de l’œuvre d’Hippocrate, mais son com plément, son développement et son couronnement pro visoire. » Rappelant ce qu’était la philosophie médicale au mo ment où Pasteur intervint, il la montre bornée à ceci : « Supprimer la vie, rattacher tous les phénomènes dits vitaux aux phénomènes physico-chimiques... les grands phénomènes vitaux devenaient une simple modalité de ce grand mouvement extérieur, de cette force unique qui constituent l’univers. » Tout à coup Pasteur prouve que le ferment est un être vivant, que sa fermentation est la fonction vitale; en même temps il montre que la génération spontanée n’existe pas. Omnis vivus ex ovo. Pasteur donne au vita lisme son plus bel argument.
Puis, le monde microbien chaque jour mieux exploré, on mit un microbe à la source de chaque maladie : la spécificité morbide, un des anciens parmi les anciens dogmes, reparaissant, scientifiquement prouvée, victoLE VITALISME DE MONTPELLIER I77 médecine hippocratique avaient ve'cu, le jour ou pivot de cette ancienrte pathologie générale, telle l’entendait dans notre Ecole, fidèle gardienne de :raditionnelle, était en effet la vie, et spécialement de l’organisme humain avec son unité, son autoses localisations, ou la maladie chronique hérédiqui constituait la diathèse.
C’est l’organisme vivant l’organisme vivant que le médicament sollicitait, it l’agent vrai, l’élément actif de l’évolution noret pathologique, de l’étiologie, de la nosologie et thérapeutique. face de ce vitalisme aux allures surannées et réades, la découverte et l’étude des microbes pathode la s’ouvrait, glorieux et envahissant, l’âge microbien de la médecine que nous vivons aujourd’hui.
Le qu’on la tradition hippocratique, l’élément capital de la méde cine la vie noniii, sa spontanéité, ses réactions. Les causes morbi fiques venaient le solliciter; mais c’est lui, l’organisme vivant, qui faisait la maladie, la maladie aiguë générale avec taire qui faisait la guérison ou qui succombait dans la lutte. C’est ‘ .......... mettait en mouvement.
La vie de l’organisme humain resta male de la Et trogn gènes concrétaient, absorbaient et fixaient hors de l’or ganisme l’étiologie et la nosologie entières. Le microbe représentait et constituait la maladie, non seulement dans dans^ passif.
Le froid et les causes bai aies n’avajent plus de valeur, l’hérédité était remplacée par la contagion, la spontanéité morbide devenait légende impossible, la : lèse reculait tous les jours et disparaissait; l’hye et la thérapeutique devaient à leur tour se trans mais au obe, siège exclusif de l’activité normale et paiholoe. l’atmosphère qui nous enveloppe, mais encore l’organisme lui-même réduit au rôle de terrain diat gièn former et s’adresser non plus à l’orginisme, micri giqui Tous les vieux dogmes cliniques de la médecine tra ditionnelle s'effondraient devant ce parasitisme univer sel t scientifiquement établi.
C’était bien la fin du vieux monde médical et l’avènement d’un monde nouveau. En sommes-nous réellement là aujourd’hui ? Nous, •¡eux vitalistes de Montpellier, devons-nous définitiles vement brûler nos anciens dieux ? La clinique d.oit-elle
l’initiation 1,76 Be WOUTÎPELME^' ET LA PATHOLOGIE MICROBIENNE Nous extrayons de la Tribune Médicale l’excellent article suivant : On a lu, il y a quelques semaines à peine, dans ces mêmes colonnes, le brillant exposé des travaux de Pas teur par M. le professeur Grancher.
La doctrine micro bienne et son illustre protagoniste ont eu un apologiste digne d’eux, et chacun, en relisant les pages de ce su perbe plaidoyer, a éprouvé la même émotion que res sentit la foule des étudiants qui l’écouta.
Et en écoutant et en relisant cette marche triomphale à travers les années de la nouvelle pathologie, qui comp tait chacun de ses pas comme une victoire et accumulait derrière elle ruines et décombres, quelques-uns se sont demandé ce qui restait, dans ce bouleversement, des anciens dogmes et des anciens dieux ; si hors de cette auréole il ne restait plus que de la cendre, si le passé n’existait plus...
A ces interrogations, il était une école qui devait ré pondre, car elle semblait de prime abord la plus atteinte dans sa fidélité à la médecine d’autrefois. Le vitalisme de Montpellier pouvait-il rester debout devant le triomphe de la pathologie microbienne ? Ceci avait-il tué cela ?
M. Grasset, dans deux leçons remarquables faites à l’hôpital Saint-Eloi, vient d’entrer dans le vif de la question : « Le philosophe Jouffroy a décrit un jour le doute douloureux de son âme dans un article resté célèbre qu’il intitula : « Comment les dogmes finissent. » Il y a peu d’années, on eût pu écrire de la même ma nière l’épitaphe de l’ancienne pathologie générale et enseigner sincèrement que les vieux dogmes cliniques
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 'obtenir la preuve certaine que l’esprit qui se manifes tait eut vécu de la vie humaine. (V ce propos, je prie les personnes qui n’admettent pas d’autres interventions que celles des chers disparus, de vouloir bien méditer le fait suivant : « Pendant plusieurs années, un esprit se présenta à moi sous le nom d’une cousine germaine. Or. depuis longte frère. • un rapprochement entre mon cousin germain et moi.
J’eus tait sc sur sa suite auprès de son frère. J’espérais arriver ainsi à obtenir une preuve de l’iden tité d comt.
Pour qu’il ne reste aucun doute sur ma manière d’interpreter les phénomènes, je déclare qu'après dix ans d’études j’ai simplement acquis la conviction : i° Qu’il existe des êtres invisibles; 2° <^ue ces êtres peuvent entrer en relations avec l’human ne 3° Que ces êtres peuvent manifester leur présence de es manières par des apports d’objets relativement purds ; 'ue quatre-vingt dix-neuf fois sur cent les spirites i par Vlnvisible (force psychique ou entité d’. mps, j’avais rompu toutes relations avec son — Plus tard des circonstances fortuites amenèrent dors l’idée de demander à l’esprit qui se présen ts le nom de ma parente quelques particularités vie terrestre, me proposant de me renseigner enrÎ ,tru l’esprit visiteur; à partir de ce moment il ne se uniqua plus. » diver très 1 4° Que quat sont mystifiés spirituelle quelconque) ; 5° Que l’étude pratique du spiritisme doit être classée parmi les plus dangereuses.
A bon entendeur, salut. A. François. P.-S. cour — Les lecteurs de ^'initiation seront tenus au ant des expériences futures.
i?4 l’initiation ETUDE DU SPIRITISME Groupe n° 4. Séance du 7 avril 1894. Huit personnes présentes, parmi lesquelles M. Marius Decrespe, sociétaire du Voile d’Isis, admis depuis le mois de janvier 1894. ir0 Séance obscure. Aucun résultat. 2e Séance obscure.
Dès que les médiums se trouvent en contact avec le guéridon, une mauvaise influence se manifeste et, malgré mes efforts pour le retenir, ce meuble fait des bonds désordonnés, puis dicte une phrase ordurière à mon adresse. Pendant ce temps, le signal ordinaire de l’esprit fami lier du groupe se fait entendre et nous sommes invités à laisser le guéridon libre de tout contact.
Celui-ci en profite pour se livrer à une petite prome nade; il recule de quelques pas comme pour prendre son élan, puis s’élance contre moi avec violence. Ce ma nège se répète plusieurs fois, mais les projections de lumière électrique paralysent la violence de ces dan gereux phénomènes.
J’invite l’être qui se manifeste ainsi à diriger ses forces sur la table du milieu où sont déposés divers objets ser vant habituellement aux manifestations spirites ; il répond au moyen de coups frappés par le guéridon qu’il est gêné par un objet religieux que j’avais déposé, inten tionnellement, sur cette table ; il affirme, en outre, que mon éloignement serait suivi d’intéressants phénomènes.
L’esprit familier L... interrogé à ce sujet fait connaître, par cliquetis aérien, qu’il serait dengereux de donner satisfaction à cet esprit violent. Nous nous remettons en lumière. L’amour de la vérité m’oblige de dire que je n'attri bue nullement les manifestations violentes de cette séance, ni celles des séances précédentes, à une âme désincarnée. J’affirme, en outre, que depuis plus de dix ans que j'étudie le spiritisme, il m’a toujours été impossible
ÉVANGILE 1/3 Devant mon désespoir, son cœur vide s’est tu. Pitié, Nazaréen, conseille ma faiblesse. Mais On te je suis fou, vraiment, d’invoquer ta sagesse ! dit très puissant ; entre nous, que peux-tu ? : j’ai perdu la foi ! Rien, j’ai flétri mon âme ! moi l'espoir est mort et je maudis la femme. Rien Pour L’amour est décevant, pervers, artificiel, mal, seul vrai Dieu, seul n'est pas éphémère! Et le Alors Jésus, très doux, et le regard au ciel.
Dit à ce malheureux : — Vas embrasser ta mère. Jules de Marthold. ier janvier 1894. D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES tenu une Mic Quartier général. — La dernière séance du Groupe e le 11 avril a été particulièrement brillante. Après conférence de Papus sur les âmes-sœurs, Emile îelet a dit avec le plus grand succès une de ses com positions inédites intitulée Hercule.
Enfin le Cheik Abou-Nadara, dans une fort spirituelle improvisation, a parlé de divers procédés de divination employés en Egypte. Assistance nombreuse et choisie qui n’a pas ménagé ses bravos aux conférenciers.