The text
L’Initiation SOMMAIRE DU N” 6 (Mars 1394) PARTIE INITIATIQUE... PARTIE PHILOSOPHI QUE ET SCIENTIFIQUE PARTIE LITTÉRAIRE... Les secrets des pierres précieuses..................Emile Michelet. (p. ig3 à 209). Rituel du Consolamentum.............................. Valentin T. (p. 209 à 212). Le Messager Céleste de la Paix universelle, de Jeanne Leade............Sédir. (p. 212 à 234). Vie de Jean Dee .... Philophotes. (p. 2?4 à 220).
Nouvelle traduction de la Genèse........................Alfred le Dain. (p. 262 à 270). La F.-. M.-. dans l'Ar gentine........................Girgois. (p. 251 à 262). Paraphrase des Nuctemeron d’Apollonius. . A. Galanti. (p. 271 à 274). Au Sphinx (poésie) ... P- de Labaume. (p. 274 à 276). Panis Vinum (poésie) . . Maurice Largens (p. 276 à 277).
Groupe indépendant d’études ésotériques. — Le théâtre. — Une ¡ournée parlementaire. — Izeil. — Bibliographie. — Correspondance. Nouvelles diverses. — Société de secours des amis des sciences. Rédaction : 20. rue de Trévise, 20 PARIS Administration, Abonnements : 3, rue Racine. 3 PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revuè (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L'Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà cinq années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Initiation du i 5 Mars 1894 Principaux Rédacteurs et Collaborateurs de ï Initiation PARTIE INITIATIQUE F. Ch. Barlet, S.-. I.-. R — Jules Doinel, S.-. I.-. (D. G. E., — Ep. Gnost. — Stanislas de Guaita, S.-. I.-. & — Marc Haven, S.-. I.-. R — Julien Lejay, S.-. I.-. R — Emile Michelet, S.-. I.-. (C. G. E.) — Lucien Mauchel, S.-. I.-. (D. S. E.) — George Montière, S.-. I.-. R — Papus, S.'. I.-. R — Philophotes, S.-. I.-. (C. G.
E.) — Quærens, S.-. I.-. (D. G. E.) — Sédir, S.-. I.-. (C. G. E.) — Selva, S.-. I.-. (C. G. E.) — Vurgey, S.-. I.-. (D. G. E.). 2° PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Abil- Marduk. — Aleph. — Dr Baraduc. — Le F.-. Ber trand 18e.’. — René Caillié. — A. C. Tshéla. — Camille Chaigneau.— Chimua du Lafay. — G. Delanne. — Dei.ézinier. — Fabre des Essarts. — Dr Fugairon. — Jules Giraud. — Haatan.—L. Hutchinson. — Horace Lefort. — L.
Lemerle. — Marcus de Vèze. — Napoléon Ney. — Eugène Nus. — Horace Pelletier. — G. Poirel. Raymond. — A. de R. — Dr Sourbeck. — L. Stevenard. — Thomassin. — Pierre Torcy. — G. Vitoux. — Henri Welsch. — Oswald Wirth. — Yalta. 3» PARTIE LITTÉRAIRE Maurice Beaubourg. — E. Goudeau. — Manoël de Grandford. — Jules Lermina. — L.
Henniqüe. — Catulle Mendès. — George Montière. — Léon Riotor. — Saint-Fargeau. — Robert Scheffer. — Emile Sigogne. — Ch. de Sivry. 4° POÉSIE Ch. Dubourg. — Rodolphe Darzens. — Yvan Dietschine. — Maurice Largeris. — Paul Marrot. — J. de Tallenay. — Robert de la Villehervé.
L'Initiation du i5 Mars 1S04 GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES Secrétariat : M. Paul SÉDIR 4, Avenue de l’Opéra, 4 PARIS Quartier Général : 29, Rue de Trévise, 29 PARIS But. — Le Groupe a pour but principal d’étudier théoriquement et expérimentalement les forces encore non définies de la Nature et de l'Homme — en dehors de oute secte et de toute personnalité.
Membres. — Lés membres ne payent ni cotisation ni droit u’entrée. —Tout abonné de VInitiation ou du Voile d’Isis reçoit sa carte de membre sur demande affranchie adressée au Secrétariat. Organisation. — Le Groupe comprend 22 commissions d’études au Quartier Général à Paris. Il compte actuellement 80 branches et correspondants au dehors. Des conférences et des cours ont lieu régulièrement au Quartier Général.
Renseignements. — Pour tous renseignements sur le Groupe ou les sociétés adhérents dans les différents pays, écrire en joignant un timbre pour la réponse à M. Paul Sédir, 4, Avenue de l’Opéra, Paris.
<yrty. ,/u J. gridìi/ e ci? : J/èbreu .Pi. er. Alphabet Hieroglyehique et Primitif de XVI. Lettres . Ztr mrmt-r Caracte.rej' Hfhr/u Jneerirtien Senj-yVeí- fffye&r eu. amas aUpkabete Jes - ....—* ..en—------ «_». ' K ““ —-T-"“ AiAÏTKB Celui yti A. A Â A¿ Esriynels kN « A A À J *•■ 3OKVJ V '*■<Tv f a ■■ ; H z* Je uree Je ¿z Vi e Bol X |~j~{ Champ ìbis. B S S n B S R— E KjŒSTaNCB VIH.
S ds Stre <3E Vie £ 3 Tl z A;® 3 I MATO en Cnntezî H> /m AJES ■# Y JT.m 1 7 . <<\ m 1 I m O OEXL CE> 9 B <w î ° 0 0 0 y ___ <J O ___ 0 TV OU OXHE OreiUcJ >• ; tljQlèl CreiOe 7 uaCl.n A ,x 74 r 1 \_J Y y Y 8 V T XB TAXAIS >■ > 0 £-) xr > □ 3 9* 3 VI B SOÄIB Jfairon ñ û J— -Ö tfZft* L •v.r«- e B 5 3 □ A □ a ! vu M !
ABBM2 Etre projue^if Y r . tJ/ Tiente ïjj Jtentaene [XX oo f 1 ±J D A vnx Clés ithinairar Je MM. Bayer et Bcurmiut -ilr/iabets JKn TlUyuet. et Jtie’tien ■ Memes. Je , r-leeJ.. Jet Bvenpt. ■*3T ÆK > , iJrty. .lu Jeg/iyaÿ e æ *• -PI-- • Ai.piia.be;T Hieroglyphiqw. et Primitiv de XVI . Lettres i . Plan eus H. J.tmfnuv CtracttrfW herrrfieu } Jcrw^'eliur ObjelJ^urSv ja Mw ■sfykaiJ’h.viL-ùn- líebreu -F/teni-'wic _ .
JÎebreu Grec tj Lettres Jes^amt /"flf trait eerrrepanjuv J&rFfene IradeJeitlee J.- Jfsltf Joaun/oin carre’ ancùa -Rtrusifue N J!tri fre/rt Me . ZnaC pLí r ji ^KarAe" Tf r y __ ... / *> X 1 Ar 11 kl i G Can. _ n 3 A-z^.. 1 n I q.r ! 7 R c .& il M.S. C~e. K í ? C I IC « ¥ □ 3 , Û ! < K 1J.K Q. ■ • jyv/vi ' rVe X P jyl r. Hi-.vfi' 1 evrf. Cmper p T?
Ì7 P X I T’ ? -Xx s Jae Tents — V IíÍ/X i brlrer W.u X Z4Á W -**- 1 U, 4.1 1 XII Tz ¿Ù,-ibrb A ,— laitCcuvertt í 4 7 El T T. A ¿r~J HP + tJi-rfi.-lt'ea í B.'x T Xh 2-X + •5OH JD X»er¿ Ëitrfe A ' A j Jfau-an.? AS 1 0 j A 0 XIV lî. Vet T^aít 4 1 9 F 1 9 'A 9 1 A A C15 XV 1 CFlanc, A S, S 1 L h - 9 CALA . J XVI Ì' bras 4. ya 4aao 1.3 oe J7 *’*’ AJ.OO a-uf
La reproduction des articles inédits publiés par l’Initiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Polycrate, tyran de Samos, était un homme heu reux. Un jour, du haut de sa terrasse qui bordait les vagues bleues de la mer Ionienne, il méditait sur sa félicité, et sur l’expiation qu’il en devait attendre.
Pour désarmer le destin, que symbolisait cette mer mystérieuse et capricieuse, il voulut lui sacrifier ce qu’il avait de plus précieux au monde. Et de mêtrr que bourrelé de mélancolies le roi de Thulé avait jetc dans les flots sa coupe en or ciselé, de même, inquiet de son trop constant bonheur, Polycrate jeta dans les flots son anneau orné d’une belle émeraude. Mais on n’achète pas le destin.
Le tyran, pâlissant d’an goisse, retrouva, dans le corps d’un poisson servi sur sa table, l’anneau précieux. Nonius, sénateur romain, possédait une opale admirable, un arc-en-ciel tombé dans une goutte de
L INITIATION 194 lait. Marc-Antoine, pour en faire hommage à la gorge de Cléopâtre, désira cette pierre et mit tout en œuvre pour l’avoir. Il avait tort, car l’opale est une pierre néfaste et maléfique, comme l’amour de la belle reine Egyptienne. Mais le vieux Nonius préféra l’exil à l’abandon de son opale. Si les Anciens aimaient si profondément leurs joyaux, c’est qu’ils y attachaient d’autres idées que nous.
Pour eux, un bijou n’était pas seulement une parure charmante, mais frivole, un objet éclatant, uniquement destiné à la décoration de la personne humaine, c’était encore une amulette, c’est-à-dire un objet possédant la vertu d’écarter les influences mau vaises, ou un talisman, c’est-à-dire un objet doué du pouvoir d’attirer les influences favorables.
Allez au Musée du Louvre et comparez les bijoux légués par des civilisations disparues avec ceux qu’on fabrique aujourd’hui, les parures égyptiennes ou assyriennes avec les parures qu’on vend rue de la Paix. Là, quel art merveilleux ; ici quelle grossièreté et quelle sottise ! Le bijou moderne n’existe pas plus que l’architecture moderne.
Si quelquefois un artiste de race s’avise d’exécuter un bijou de caractère, com bien pourraient le comprendre? Le maître statuaire Jean Dampt s’amusa à sculpter un bracelet d’or por tant une chimère d’argent. C’était fort beau. Il l’exposa il y a deux ans, au Salon du Champ de Mars.
Pas une Parisienne ne désira ce bijou d’art. Objet essentiellement symbolique, comme tous les objets décoratifs, le bijou n’acquiert sa beauté que par mi les races dont l’art exprime le symbole. Aussi les
LES SECRETS DES PIERRES PRECIEUSES ig5 bijoux des anciens Asiatiques, ceux des Arabes et des Byzantins sont-ils beaucoup plus beaux que ceux créés par l’art plus naturaliste des Grecs et des Ro mains. Au xve siècle, presque tous les grands maîtres de la sculpture et de l’architecture sont orfèvres comme Ghiberti, et aussi de nombreux peintres, comme Verocchio, le maître du Perugin et du Vinci, comme Holbein et Durer.
Et pourtant les bijoux de cette époque ne sont pas comparables aux fragments d’orfè vrerie du vieil Orient. Si éclatant artiste soit-il, Cellini ne réussit pas à créer des bijoux admirables. Il imite la nature de trop près. Il ne sait pas extraire cette quintessence de formes qui, seule, peut donner aux arts décoratifs un sens et une beauté. Un objet de luxe doit avoir une âme, sous peine de n'être qu’une vul gaire futilité.
Il sera sans beauté s’il ne peut témoi gner d’un idéal. Les bijoux sacrés des Anciens étaient d’inimitables modèles parce qu’ils étaient des pantacles. Tel le pectoraPdu grand prêtre égyptien ; telle la tablette de Gemmes, Urim et Thumim, que le grand prêtre hébreu portait sur la poitrine (i).
Je crois que la venue au jour de la jeune génération d’artistes, si profondément éprise du symbolisme, aura cette conséquence de créer un mouvement de renaissance dans l’art du bijou.
Sans doute aussi, on s’attachera à vouloir faire d’un joyau l’emblème d’un sentiment profond ou la représentation de concep tions initiatiques, et reprendra-t-on les traditions des ( i ) Voir au sujet du pectoral du Cohène Hagadol une étude de M. Paul Sédir, parue dans {’Initiation.
l’initiation 196 Anciens sur les propriétés occultes des pierreries. Eprises de beauté, les femmesaiment instinctivement les pierreries; sans doute leur intuition les avertit que dans ces minéraux chatoyants et multicolores il y a autre chose qu’une joie éphémère des yeux, qu'un charme fugace du regard, autre chose que la caresse aimable d’un reflet.
Elles sentent que toute beauté a son âme, et qu'une âme mystérieuse, aux vertus pro fondes, se cache dans le corps de la pierre précieuse, — manifestée seulement, par quelque scintillement fascinateur. Et cette âme mystérieuse des pierres, il est donné aux femmes de la soupçonner, et à quelques voyants d’entre les hommes de la comprendre et de l’approfondir. Les pierres ne sont-elles pas vivantes, comme les fleurs?
Ces prismes infiniment variés ne sont-ils pas comme des étoiles multicolores à l’échelle de la statue féminine? Et, comme les femmes dont elles accentuent la beauté, elles sont variables et changeantes. Pour quels motifs inconnus deviennent-elles plus resplendis santes ou plus pâles ?
Joyeux à la clarté du soleil, le pur et bleu saphir s’attriste quand tombe la mélancolie du soir, auquel il emprunte les tons violacés de brumes enveloppant les forêts lointaines. Aux lueurs des bou gies, l’émeraude — vert souvenir des prairies et des mers — voile son éclat. Et ces pierres, évidemment douées d’une vie intense et personnelle, sont-elles tou jours harmonieusement alliées à la personnalité de celles qui les portent?
Cette jeune femme qui livre l’inti mité de sa chairau baiser de l’opale, — de l’opale néfaste à l’amour, — est-elle sensitive et frêle, comme cette
LES SECRETS DES PIERRES PRÉCIEUSES 197 pierre laiteuse, qui semble du ciel dans de l’eau, et qui se teinte et meurt pour avoir subi un courant d’air froid ou une chaleur trop vive ?(i) Don nez le rubis triomphal aux brunes puissantes et hères ; donnez aux blondes pâles qu’attriste quelque lointain souvenir, l’aiguemarine pareille à de la vague cristallisée, ou l’amphi bole d’un vert très léger.
Près des chevelures du roux vénitien placez l’obsidienne plus noire que les nuits oppressives dans les forêts. Donnez la topaze, or translucide, aux opulentes blondes à la peau citrine, dont les yeux dorés fascinent qui les regarde, et l’hyacinthe semblable à l’aurore à celles qui lan guissent d’espérances et de rêve.
Pour être un parfait décorateur, — et pour savoir convenablement décorer la personne humaine, — il faut être quelque peu astrologue. C’est en confrontant les influences des planètes exercées sur les pierres et sur les types féminins qu’on trouvera la loi selon laquelle telle gemme ornera heureusement tel type féminin, tandis qu’elle sera défavorable à tel autre type.
Il est bien entendu, d’autre part, si l'on entre dans le domaine de la magie réalisatrice, qu’une gemme acquerra la vertu talismanique versée en elle par une volonté magique en raison directe de l’éner gie de cette volonté incarnant en elle l’influx d’une planète pour le projeter en la pierre signée par cette planète. (1) Un distingué chimiste, M. Louis Encausse, a trouvé un procédé pour rendre la vitalité et la beauté aux perles et aux gemmes qui s’étiolent et dépérissent.
l’initiation 198 Mais j’abandonne le domaine astral, et je reste maintenant sur le domaine physique de la décoration par les pierreries, interprétée selon la doctrine astro logique. En principe, chacun des sept types plané taires de femmes sera heureusement décoré par les pierres correspondant soit à la planète signant ce type féminin, soit aux planètes amies de cette der nière.
Le tableau suivant peut servir de base : AU TYPE FÉMININ SIGNÉ PAR CONVIENNENT LES PIERRES SIGNÉES PAR !> + et / J O y ^ett, 0, ?’ +’ C J 0 G et 0 0+ + et OZ’ O’ ?’ C C) + 0 et presque toutes les autres. C et presque toutes les autres. En ces pierres, le mystérieux et lent travail des gnomes, des esprits de la terre, a concentré les splen
LES SECRETS DES PIERRES PRÉCIEUSES 199 deurs dont la vie universelle enivre les yeux sachant voir. En ces prismes multiformes ils ont enfermé la beauté des aubes et des soirs, la splendeur des hori zons et des éclats desastres. Mais ces laborieux gnomes — allégoriques figures des forces naturelles qui fonj évoluer la vie minérale — n’ont-ils pas donné des âmes à ce cristaux ?
Très vaguement on se souvient d’un prétendu lan gage des pierres précieuses, analogue au langage des fleurs. Vestige dernier d’une tradition perdue, déca dence d’une mystérieuse science, qui voyait, dans toutes les œuvres de la nature, une vie profonde. Interrogez les poètes, qui sont les éternels voyants.
Ils répondront avec Gérard de Nerval : Souvent dans l’être obscur habite un dieu caché ; Et comme un œil naissant couvert par ses paupières, Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres.
L’âme de ces gemmes, la vertu que leur attribue la science antique, l’influence qu’elles peuvent exercer sur les hommes, voilà ce que j’essaierai de retrouver dans les secrets du passé, sous la poussière du temps. * * * L’âme du diamant, c’est quelque chose de plus im pénétrable que la plus obscure âme de femme. Con naîtra-t-on sa psychologie, quand on ignore son ana tomie? Sur son corps, il n’est pas deux chimistes qui soient d’accord. Newton et Lavoisier ont renoncé à l’analyser. Il semble une matière sublime, invinci
200 L1NIT1AT10N blement pure, impassiblement altière. De la lumière pétrifiée, de la phosphorescence concentrée, de la glace idéalisée. Car il est tout froideur comme il est tout éclat. Nulle matière ne le peut rayer, nulle émotion ne semble pouvoir le pénétrer. 11 vit dans l’intellectualité pure, mort à toute sensibilité, mort à toute passion, comme un cœur qui, plongé dans l’absolu, a dépouillé la tendresse et la haine.
Indomptable, l’ap pelaient les Anciens, Adamas. On l’appelle aussi Soli taire. Isolé dans le sentiment de sa force et de sa fierté, les courants magnétiques ne sauraient le pénétrer; il les intercepte. Les alchimistes le considéraient comme parvenu, parmi les pierres, au sommet de la noblesse et de la beauté, comme l’or parmi les métaux, comme le soleil parmi les planètes.
Aussi parmi leurs sym boles ont-ils admis le Schamir, le mystérieux et unique diamant dont la possession ouvrit à Salomon, le prince des Mages, les portes d’or de l’intégrale con naissance. Quant au diamant ordinaire, on lui attri buait une vertu de protection. Il donne la paix et la sérénité. Si vous le portez du côté gauche, il vous protégera contre vos ennemis, il paralysera leurs efforts contre vous et cassera leurs embûches.
De la morsure des bêtes féroces ou venimeuses, du poignard des assassins, des dangers du poison, des soucis des querelles, des terreurs nocturnes qu’apportent d’illu soires et fantastiques apparences, des affres où la rai son s’engouffre et sombre, il vous délivrera. Vraiment cela est-il réel ? Le beau corindon tiendra-t-il, amulette divine, toutes ces promesses? Entendez l’apologue. S’il ne parvient pas à sauver de tout péril l’homme
LES SECRETS DES PIERRES PRÉCIEUSES 20 1 inerte ou timoré, du moins à qui le regarde avec des yeux confiants et fiers dira-t-il toujours : « Si tu sais devenir, homme, ce que, pierre, je suis, tu passeras tranquille à travers les pièges et les obstacles. Si tu es, comme moi, pur et calme, intrépide, fier d’avoir développé jusqu’aux limites du possible ta force et ton audace, tu seras aussi, comme moi, inaccessible aux attaques.
Si ton cœur a l’énergie de mes cristaux, rien ne pourra l'entamer. C’est au profond du sein qu’il faut porter l’armure du diamant contre laquelle s’émoussent les poignards du destin. » Comme le diamant, le saphir est une pierre sacrée. C’est son éclat bleu qui doit surgir du croissant planté dans les cheveux cendrés de Diane. Il réserve l’effica cité de sa vertu pour qui le porte sur une poitrine où bat un cœur pur et sincère.
A celui-là, la fraude ne nuira point; une atmosphère de paix baignera son sein que n’approcheront pas les passions corrosives. Sans doute, quelque obscure affinité tentera vers la froide pureté du saphir les âmes pures et froides, celles que caresse avec tendresse l’influence lunaire d’Artémis.
Peut-être est-ce cette même influence qui conduisit un jour au Bengale le pied d’un pauvre mar chand de cuillers en bois contre le plus beau saphir connu, qui appartint à la couronne de France. A chaque pierre, la tradition attribue une vertu cura tive : ainsi, le saphir guérit le mal de tête et les ulcères. Je te salue, émeraude, pierre des Mages. Parmi les couronnes de verveine,, tu brillais au front des Druidresses ; car comme cette fleur, tu favorises les œuvres
202 L INITIATION d’amour etde divination.Ceux qui pénètrent le Mystère confrontent à ton éclat profond leur vision profonde. Les prophètes d’autrefois, les voyants, qui savaient soulever les voiles du futur, te plaçaient sous leur langue avant d’énoncer les oracles. Miséricordieuse encore aux cœurs amoureux, on dit que tu facilites l’accès des sciences et de l’intime triomphe. Tu res pires la force, l’énergie, la résistance aux coups de la vie. Tu ranimes les vieillards, et, si l’on en croit Aris tote, tu calmes les épileptiques, les possédés. Je te salue, émeraude, qui confirmes en leur volonté domi natrice des forces naturelles, ceux qui peuvent du geste détourner les tempêtes ! Verte, aux yeux recons tructeurs des artistes, tu évoques l’étendue des forêts, des prairies et des mers ; mais, jaune, tu montres les profondeurs limpides des rayons solaires. La chrysolite qui guérit de la folie, comme dit un sonnet de M. Henri de Régnier, la chrysolite, surtout la verte, quand elle est enchâssée dans le métal qui lui correspond, dans l’or, chasse les fantômes et la peur, les hantises des insomnies, les nocturnes paniques, l’angoisse mystérieuse Qui comprime le cœur comme un papier qu’on froisse. Ces forces obscures de la nuit, fortes sur les âmes faibles, lachrysolite les chasse: elle rend la sagesse et la santé. Et la chrysolite topaze, belle comme l’or en fusion, apaise les eaux agitées par la tempête ou par l’ébullition. Que les savants superficiels sourient de
LES SECRETS DES PIERRES PRÉCIEUSES 2O3 dédain ! il y a là un arcane profond et pur qu’ils ne sauraient soupçonner, et c’est en vain que je leur rap pellerais une phrase de [’Apocalypse sur« les Grandes Eaux ». Dans une coupe d’améthyste, tu boiras le vin le plus capiteux, il n’enivrera pas ton cerveau.
A toutes les ivresses, du vin et de l’orgueil, l’améthyste est con traire, et celui qu’elle préservera de l’ivresse orgueil leuse pourra préparer son esprit à l’acquisition des sciences. Et c’est pourquoi l’Eglise chrétienne, qui se souvient si peu des Douze gemmes mystiques qu’énu mère Jean de Pathmos, a conservé l’améthyste vio lette à l’anneau épiscopal.
Et l’améthyste encore, pré servant la femme des ivresses de l’orgueil, la ramènera vers son but essentiel, la fécondité. Le béryl donne le pouvoir d’être aimé ; il apaise les douleurs du diaphragme et du foie. Il donne à la femme l’amour de l’homme. La sardoine, modeste ment, donne aux hommes l’amitié des femmes. Le lapis-lazuli. la pierre azurée de Vénus, donne aussi l’amour ; elle guérit la fièvre quarte, mais la fièvre d’aimer?...
Il est des pierres dont les vertus sont étranges. Un homme veut-il savoir si celle qu’il aime est fidèle? qu’il place, sous l’oreiller où repose la chère tête ensommeillée, une pierre d’aimant. Si la bien-aimée est fidèle, elle se tournera vers son doux maître et l’embrassera ; mais si elle sort brusquement du lit, oh ! malheur à l’imprudent qui voulut savoir !
D’ailleurs, le cynabre, que les Anciens nomment Galiriate, four nit le même renseignement. Avicenne indique la mala force et la vigueur, mnatrices des ennemis mvisibles. Xy L’agathe, surtout la noire, à veines blanches, éloigne les dangers, inspire le courage contre les épreuves et le malheur.
Consolation de ceux qui souffrent, elle aime aussi les heureux; elle leur apporte les prestiges de la joie, l’humeur souriante, la parole claire et le teint fleuri. Jupiter aime l’agathe. Le corail blanc protège du péril sur'les eaux, de la foudre et des tempêtes ; il consérvela raison bonne et prudente et arrête les hémorragies.
Le jais, l’ancien Gagate, donne la victoire sur les ennemis : « Il est admirable pour cela », dit un gri moire. La légende dit quTIercule portait un talisman de jais. Qui porte au doigt l’hyacinthe peut aller partout en sûreté et sans crainte. La verte, à veines rouges, est la meilleure. Comme le jaspe, elle demande à être en châssée dans l’argent, car elle appelle le baiser delà Lune. L’hyacinthe saphirine, froide pierre lunaire, fait dormir.
Et la Corne d’Ammon, qui a l’éclat de l’or, donne des rêves divins à ceux qui la mettent sous leurs oreilles. Citerais-je enfin la propriété du cristal ou quartz hyalin? Il donne du lait aux nourrices. Ceci, d’ailleurs, est vraisemblablement un conte de nourrices. Maintenant, je songe à quelques pierres que ne con naissent ni les minéralogistes ni les joailliers.
Celles204 l’initiation nièredes’en servir pour éprouver la fidélité de la bien» aimée. Il faut piler la pierre et la faire laver par les blanches mains dont on admira les gestes. Si la femme est fidèle, elle restera impassible ; mais si elle a menti, elle manifestera un irrésistible besoin de sortir, d’être seule un instant... « Nécessité n’a pas de loi », dit la sagesse populaire.
Défiez-vous de l’opale, c’est peut-être la plus fasci nante et la plus séduisante des gemmes. C’est un arcen-ciel voilé d’une vapeur de lait. C’est toute la beauté vibrante des couleurs s’embrumant d’un mystère de blancheur. Et c’est la pierre du destin, semblable aux femmes dont la beauté fatale détruit qui les aime. Comme l’opale, l’onyx est malfaisant.
L’onyx noir, veiné de blanc, symbole de deuil, est le plus néfaste; il engendre le chagrin et l’effroi, et les querelles irré parables avec ceux qu’on aime.
Si le collier serpen tant sur ta gorge, si l’anneau de ton doigt porte le triste onyx, tu connaîtras la tristesse et la peur, et les songes horribles venus des profondeurs noires de l’invisible. Une variété d’onyx combat ces méfaits, c’est l’orite, qui guérit tous les maux et annihile les conséquences de tous les accidents.
Or, sachez qu’il en est trois sortes : une verte, à taches blanches ; une noire; une iboteuse et couleur de 1 peuplant votre atmos- >ns et de vaines terreurs, ibscure, qui chassera de es, qui vous conservera 5WMW» TI0N il voulait se dérober aux ée parce qu’elle venait de his, rend insensible à la rayée et mêlée à l’eau, ne ans l’île du même nom imaginaires géographies) aes filles. Celle qui veut iorter. Mais que la femme e d’y toucher.
La froide iélivrance. Qu’elle porte he qu’on découvre dans tial inconnu des naturaervera des blessures. Et a fièvre quarte. )mme Persée ou comme as de lui ouvrir la tête, bonne contre les poisons a portez au bras gauche, vos ennemis. ede feu qui brûle la main étisie si on la porte au ; dompte la colère et les Voilà, dira-t-on, d’antiques folies. Certes, si l’on s’en tient à la lettre morte. Mais les pierres nous sont amies ou ennemies, comme tous les objets familiers
LES SECRETS DES PIERRES PRÉCIEUSES 2O5 la force et la vigueur, dominatrices des ennemis invi sibles. L’agathe, surtout la noire, à veines blanches, éloigne les dangers, inspire le courage contre les épreuves et le malheur. Consolation de ceux qui souffrent, elie aime aussi les heureux; elle leur apporte les prestiges de la joie, l’humeur souriante, la parole claire et le teint fleuri. Jupiter aime l’agathe.
Le corail blanc protège du péril surjles eaux, de la foudre et des tempêtes ; il consérvela raison bonne et prudente et arrête les hémorragies. Le jais, l’ancien Gagate, donne la victoire sur les ennemis : « Il est admirable pour cela », dit un gri moire. La légende dit qu’Hercule portait un talisman de jais. Qui porte au doigt l’hyacinthe peut aller partout en sûreté et sans crainte. La verte, à veines rouges, est la meilleure.
Comme le jaspe, elle demande à être en châssée dans l’argent, car elle appelle le baiser de la Lune. L’hyacinthe saphirine, froide pierre lunaire, fait dormir. Et la Corne d’Ammon, qui a l’éclat de l’or, donne des rêves divins à ceux qui la mettent sous leurs oreilles. Citerais-je enfin la propriété du cristal ou quartz hyalin? Il donne du lait aux nourrices. Ceci, d’ailleurs, est vraisemblablement un conte de nourrices.
Maintenant, je songe à quelques pierres que ne con naissent ni les minéralogistes ni les joailliers. Cellesci, seuls les virent ceux dont l’imagination voit par
20Ô l’initiation delà les sens. Ces gemmes irréelles, les gnomes de la terre n’en ont pas élaboré la beauté pendant des siècles, sous le poids des rochers. Elles n’existent pas, dit-on. Et les fées seules savent les trouver pour les donner à qui croit en elles. Folies? Chimères? Ne nous hâtons pas de juger.
Qui sait si, dans la légende de ces gemmes chimériques, de robustes esprits, moins naïfs qu’on pourrait le croire, n’ont pas caché quelque allégorie profonde, quelque symbole qu’entendront ceux qui doivent entendre ? D’abord, parlons de l’allectorie. C’est la pierre qui fait aimer. C’est le talisman d’amour tant désiré. Si l’on en croit ceux qui en parlent, elle serait semblable au cristal. Une espèce de quartz hyalin mirifique.
Où la trouve-t-on ? Dans la tête d’un certain coq, paraîtil. C’est dans une telle retraite encore que se cache la rajane, une pierre noire et luisante qui a des pro priétés analogues à celles de l’allectorie. Mais je n’ai pas rencontré la fabuleuse allectorie, et non plus l’aquilaire, une autre pierre qui donne le pouvoir de se faire aimer à qui la porte au bras gauche. L’aquilaire se trouve, assure-t-on, dans le nid de l’aigle en Perse.
Et vraiment le Grand Albert qui lui alloue cette résidence est d’une jolie malice. C’est une pierre pourpre, portant en son sein creux une autre pierre qui retentit dès qu’on la touche. Elle prévient les avor tements et guérit du mal caduc, et voici encore quelle efficacité lui prêtent les Chaldéens : si de cette pierre on touche une viande ou substance quelconque empoi sonnée, on ne pourra manger cette dangereuse nour riture. Voilà les mirobolantes prouesses de l’aquilaire.
LES SECRETS DES PIERRES PRECIEUSES 207 Le Nichomar, pâle comme l’albâtre, donne aussi l’amour et la victoire sur les ennemis. Dans le nid de la huppe — de la dupe, a dit un ini tié spirituel —vous trouverez, si vous savez chercher, le Quirim, ou pierre des traîtres. Quand on possède le Quirim, on la met sur la tête de la personne dont on veut connaître l’âme tout entière.
Et cette personne alors est forcée de dire tout ce qu’elle a dans l’esprit. Hommes, ne souhaitez pas cette extraordinaire Qui rim. Car vous seriez tentés de la poser sur la chère tête de celle qui dit vous aimer. Terrible épreuve. La Silonite se forme dans le corps de la tortue des Indes. Elle est blanche, rouge et pourpre. D’autres disent verte. Qu’elle est précieuse ! « Elle rend joyeux et éveillé. Celui qui la porte voit et sait l’avenir.
Si on la met sous la langue, surtout au moment de la nou velle lune, on saura si une chose doit se faire ou non. Si oui, elle s’attachera si fort qu’on aura peine à l’ar racher. Au contraire, elle tombera d’elle-même. On dit aussi qu’elle guérit la phtisie et les faiblesses.
Elle croît et décroît avec la lune. » Ces magiciens du passé se sont plu à incarner dans d’introuvables gemmes les plus passionnés de nos désirs, lesplus lointaines et les plus décevantes de nos aspirations. Est-ce de leur part une ironie ou un subtil enseignement ? Qui n’a rêvé le pouvoir de se rendre invisible ? Qui n’a souhaité pénétrer, invisible, dans quelque endroit défendu, dans d’inviolables intimités? La pierre ophtalme réalise ce désir.
Elle rend invisible ; elle enlève momentanément la vue aux assistants. L’empereur Constantin, qui possédait cette pierre, la
208 l’initiation serrait dans sa main quand il voulait se dérober aux regards La Memphite, ainsi nommée parce qu’elle venait de la ville égyptienne du Memphis, rend insensible à la douleur. Celui qui en boit, broyée et mêlée à l’eau, ne sent pas la torture. La Saune qu’on trouvait dans l’île du même nom (île inventée peut-être par d’imaginaires géographies) est la pierre réservée aux jeunes filles.
Celle qui veut conserver sa virginité doit la porter. Mais que la femme qui sera bientôt mère se garde d’y toucher. La froide gemme rendrait difficile sa délivrance. Qu’elle porte laStangurie, une pierre blanche qu’on découvre dans la tête de la Licanie (un animai inconnu des natura listes). La Stangurie la préservera des blessures. Et l’on dit encore qu’elle guérit la fièvre quarte.
Si vous tuez un Dragon, comme Persée ou comme saint Michel, ne manquez pas de lui ouvrir la tête. Vousy trou verez la Draconite, bonne contre les poisons et les venins, et qui, si vous la portez au bras gauche, vous assurera la victoire sur vos ennemis. Le Féripendanus, une pierre de feu qui brûle la main quand on y touche, guérit l’étisie si on la porte au col, tandis que l’Androdamas dompte la colère et les désirs brutaux.
Voilà, dira-t-on, d’antiques folies. Certes, si l’on s’en tient à la lettre morte. Mais les pierres nous sont amies ou ennemies, comme tous les objets familiers
RITUEL DU CONSOLAMENTUM 20g et aimés. On y attache quelque chose de soi, un souve nir, une espérance, un désir. Et pourquoi n’accrocher pas à leur éclat quelques rêveries ? Elles sont pour nous, les gemmes, pareilles aux étoiles, et c’est aux étoiles que les vivants de la terre peuvent suspendre les plus beaux de leurs rêves.
Emile Michelet. (GNOSE) publié par les soins du très-haut synode gnostique ET PAR MANDEMENT DE SA GRACE LE PATRIARCHE Un autel couvert d’une nappe blanche doit occuper l’orient de la chapelle. Sur cet autel seront placés deux flambeaux; entre les deux flambeaux, l’Evan gile gnostique de l’apôtre Jean. Derrière l’autel, le trône de l’Evêque et deux sièges pour le diacre et la diaconesse assistants.
Les Parfaits et les Parfaites se rangeront devant l’autel, à gauche et à droite, les hommes séparés des femmes. L’orgue occupera le fond de la cha pelle. Les Parfaites auront un voile blanc sur la tête et les Parfaits une écharpe blanche autour du corps. Ceux et celles qui doivent recevoir le symbole sacré
210 l’initiation seront agenouillés devant l’autel et tiendront un flam beau dans la main. Au moment où Sa Seigneurie l’Évêque entrera, F Assemblée se lèvera, et le chœur entonnera la prière Valentinienne : Beati vos Œones. Vera vita vividi, Vos Emanationes Pleromatis lucidi 1 Adeste, visiones, Stolis albis candidi. Quand le Patriarche officiera, il sera assisté par deux évêques.
Une fois l’Évêque assis, l’Assemblée demeurant debout, le diacre s’approchera de l’autel et lira les premiers versets de l’Évangile de Jean, en grec, puis en français. L’Assemblée répondra Amen, et s’assiéra. L’Évêque ayant le ta sur la poitrine et les mains gantées, prononcera son homélie. L'homé lie achevée, le chœur entonnera le Pater Noster au quel l’Assemblée répondra Amen.
Puis l’Evêque, dégantant sa main droite, s’avancera vers les Parfaits qui doivent recevoir le consolamentum. Le Diacre et la diaconesse assistants i’accompagneront, un flam beau dans la main. Les Parfaites relèveront le voile blanc qui couvre leur visage. Tous tiendront les mains jointes.
Le prélat imposera successivement les mains sur la tête de chaque consolé, en disant: Memor esto verbi lui, servo (ou servæ) tuo (tuce) in quo mihi spem dedisti. /Lac me consolata es/ in humilitate mea. Le consolé répondra : Amen. L’évêque se penchera
RITUEL DU CONSOLAMENTUM 2 I I alors sur le consolé et le baisera au front en disant : Osculetur me osculo oris sui. A ce moment, la grâce du Plérôme descendra dans l’esprit du consolé. L’évêque étant retourné à son trône, le chœur chan tera le cantique du consolamentum. CANTIQUE Consolemini ! Consolémini! Popule meus. Consoletur me misericordia tua! Lucerna Pleromatis Lucet meis semitis.
Inclinavi cor meum Ad tuum eloquium Consoletur me misericordia tua! Eructabunt labia mea hymnum. Concupivi salutare tuum. Attollite portas, Œones, vestras ! Et elevamini portæ Pleromatis ! Consoletur me misericordia tua! Amen. L’Évêque se lèvera, l’Assemblée s’agenouillera. Les assistants élèveront les deux flambeaux. L’Évêque bénira l’Assemblée en disant : Consoletur vos Sanctissimum Pleroma , Œon Christos. Œon Sophia, et Œon Pneuma-Agion !
Le chœur répondra Amen. Pendant que le Prélat se retire, le chœur chante : i° Domina salvam (i) fac Ecclesiam, et exaudi nos in die qlia invocaverimus te. (i) Domina indique Notre-Dame Pneuma-Agion.
212 l’initiation 2° Domina, salvumfacPatriarcam nostrum Valentinum, et exaudí nos in die quâ invocaverimus te ! 3° Domina salvosfac Episcopos, el exaudí nos in die qua invocaverimus te. Permis d’imprimer : Valentin, patriarche gnostique. Par sa Grâce R. du V.-M. Alice L. Diacre référendaire.
Diaconesse référendaire. (MYSTIQUE JUDÉO-CHÉTIENNE) LE Troisième année à la Communauté philadelphique NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR JEANNE LEADE Les œuvres de cette illuminée, d'abord élève puis directrice du médecin John Pordage, et fondatrice de la Société des Philadelphes, comprennent exclusive ment, non des traités hermétiques, mais des amplifi cations de mysticisme chrétien.
Elle était voyante et, de même que Boehme, ne décrit que les tableaux inté rieurs qui se sont déroulés devant elle. Voici la liste de ses œuvres :
LE MESSAGER CÉLESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE 2l3 Le Puits du Jardin, journal de ses manifestations, dont la préface est un Discours sur la différence des révélations véritables et des révélations fausses (t. II, part. III, ch. xx, p. 51g, de la traduction allemande). La Nuée céleste ou l’Échelle de la Résurrection, 1682, in-40. Révélation des Révélations, in-40, pages. La Vie ILenochienne ou le Cheminement avec Dieu, n 4, 1694, 38 pages.
Les Lois du Paradis, 169a, in-8, 69 pages. Les Merveilles delacréation divine, enhuit mondes différents, 1695, in-8, 89 pages. Messages pour la commune de Philadelphie, 1696, in-12, 108 pages. L'Arbre de foi ou l'arbre de Vie qui croît dans le Paradis de Dieu, 1696, in-12, 122 pages. L’Arbre de la foi, 1696. in-8, 33 pages. Tous ces ouvrages ont été traduits en allemand à Amsterdam, 1696-1698, par un anonyme qui ne fut pas inconnu de Gichtel.
On trouvera dans la Corresdance de Saint-Martin avec Kircliberger de Liebisdorff beaucoup de passages ayant trait àcette école de mys tiques. Voici à titre de renseignement quelques lignes de Saint-Martin sur notre auteur (1): « J’ai eu, dit-il, depuis ma dernière lettre, des ouver tures sur JeanneLeadeparun auteur contemporain (2), (11 Correspondance avec Kirchbergér. (2) C’est Gichtel.
l'initiation 214 digne de foi, rempli de vraie lumière et grand admi rateur de notre ami B., puisqu’il a dirigé l’édition de 1682. C’était, suivant lui, une femme pieuse, mais rétrécie dans une sphère bornée. Il trouve que ses manifestations ne sont qu’une production astrale ; qu’elles n’ont pas pris naissance dans le feu de l’anxiété ; que ce genre ne donne aucune force à l’homme intérieur ; etc. » [Lettre LIV).
Quoique cette appréciation d’un homme aussi avancé et aussi puissant en œuvres que Gichtel puisse rabaisser le mérite de Jeanne Leade’, on n’a pas cru devoir arrêter la présente vulgarisation. Voici pourquoi.
Il ne faut pas se le dissimuler ; à part quelques rares personnes, les mystiques de notre époque qui se rangent sous les symboles des diverses fraternités occultes sont loin d’avoir acquis la même puissance que leurs aînés des xvii° et xvin° siècles.
Si la sphère mercurienne s’est développée en eux, la lune et le soleil sont restés bien en arrière: les leçons de Martinez de Pasquallis ont été trop peu écoutées, le travail philosophique trop employé au détriment delà vraie méditation psychi que ; beaucoup pourront parler savamment, sur les intelligences, sur les nombres, sur les pantacles, qui ne sauraient même soulager leur frère souffrant, ou lui communiquer un signe.— C’est pourquoi, ayant constaté cette inharmonie, et ayant vu qu’elle rési dait principalement dans une vidité incomplète de scènes trop élevées, on a cru que ces pages simples et limpides seraient reçues avec profit par tous, par les Frères Martinistes, en particulier. Elaboré dans le sein d’une de leurs Loges, ce petit
LE MESSAGER CELESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE 21.5-- opuscule est augmenté de notes et d’indications bi bliographiques. — On a cru devoir conserver au style la tournure archaïque et anxieuse, si l’on ose dire, de l’original anglais, et de la traduction allemande. Le traducteur.
COMMÉMORATION AU LECTEUR La sagesse de Dieu et sa prévoyante bonté travaillent depuis les commencements du monde, d’une façon très active, occulte et admirable, à la réintégration de l’Homme et de la création déchus ; afin que dans les jours derniers, soit obtenue la pleine et entière rémis sion des péchés damnateurs, de l’asservissement et de la vanité qui en sont les effets et les fruits, — et afin que les créatures soient rendues à la lumière qui leur a été si longtemps dérobée.
Toute la création soupire et crie après cette heure, parce qu’elle espère être délivrée du joug de la corruption et du péché, et par ticiper alors à la magnifique liberté des enfants de Dieu. Cette source et ces actions secrètes et cachées n’ont jamais attiré l’attention du monde.
Mais plus ils se rapprochent de la plénitude et du terme de leur grande finalité, plus ils tendent vers leur centre, plus ces rayons de la prescience et de la sagesse divine s’éclairent puissamment, de plus en plus distincts pour les enfants et les fils de la Sagesse. Par eux seront produites les merveilles finales, les dernières et magni fiques scènes delà grande rédemption que le Seigneur Jésus a préparées pour nous : lesquelles, bien que
2x6 l’initiation d’une élévation, d’une puissante et d’une efficacité incommensurables, ont été jusqu’à ce jour bien peu comprises.
Tout ce que la chrétienté espère, c’est d’être préservée, dans cette misérable vie, par la grâce de Dieu, de recevoir d’elle des secours suffisants (de façon à prévaloir contre le péché auquel nous faisons une guerre continuelle), pour enfin rendre nos corps prévaricateurs à la poussière, ayant ainsi placé notre espérance et notre attente dans l’idée d’une vie future : mais il ne faut pas nous imaginer que le grand athlète, le prince victorieux de la mort et des enfers, qui a foulé aux pieds les serpents et toutes puissances et principautés du monde ténébreux, veuille renouveler ici-bas ses luttes.
Il ne laissera pas ces adversaires régner perpétuellement sur ce monde inférieur, mais il les chassera peu à peu, une partie après l’autre et au temps fatidique : les faisant défiler, impuissants, devant les yeux de tous les hommes qu’ils voulaient dominer: ainsi adviendra-t-il en particulier de la. Bête du Dragon et de l’Antéchrist, quand les temps seront venus.
Personne n’a pensé ni ne s’est imaginé (dis-je) que le puissant pouvoir de son sacrifice et de sa mort ait cependant suffi à annihiler le poison, et à arracher les racines mêmes du péché : cette extir pation n’aura évidemment lieu que lorsque les sceaux occultes du Livre de l’Agneau auront été ouverts, lorsque la Sagesse et l’Amour divins se seront répandus sur la terre pour laver les péchés, et que l’EspritSaint, si longtemps banni de la Chrétienté (ce qui est le plus grand signe et la plus puissante preuve de notre décadence malheureuse et lamentable) reviendra'
LE MESSAGER CÉLESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE 217 comme au commencement d’un nouveau jubilé, et pour le parfait accomplissement de toutes les pro phéties, qui annoncent le triomphe de l’Église sur .cette terre.
C’est ainsi qu’il cuirassera de force maints de ses serviteurs, Lui, leur chef, que suivront les jeunes fils de la Résurrection ; et, comme le grand Henoch et Elie l’ont fait précédemment, il montrera au monde la possibilité de briser les liens du prin- .cipe périssable, de triompher du temps et de la mort, et de pouvoir ainsi répéter l’apostrophe ironique de l’Apôtre : « O Mort, où est ton aiguillon?
Enfer (i), où est ta victoire ? » Ceux-ci sont les sauveurs qui se tiendront sur la montagne de Sion, comme le pro phète Obadiah (v. 21), l’a prévu et nous l’a annoncé. Ils seront des rédempteurs au-dessous de leur puissant Rédempteur ; étant ainsi béatifiés et sauvés par Lui, ayant reçu de Lui la puissance, ils seront parfaitement préparés et rendus aptes à aider les autres, pour qu’ils puissent aussi s’échapper du Royaume de la Mort.
Heureux et mille fois bienheureux ceux-là qui pourront participer à cette première résurrection!
Ils s’approcheront du Christ, et seront remplis de Lui, jusqu’à l’identification, selon la mesure dans (t) Dans le texte original, il y a ici un mot qui signifie la région où les bonnes et les mauvaises âmes, débarrassées de leur corps, séjournent jusqu’au jugement dernier; cependant avec cette différence que les Bons sont dans la lumière et le repos et les Mauvaises dans les ténèbres et l’angoisse.
On peut voir ceci clairement dans les Israélites et les Egyptiens, Exode, 22, v. 23 ; Sap. 17 et 18. En un mot, c’est le Paradis pour les bonnes âmes, et le vestibule de l’Enfer pour les mauvaises. Car les véritables tourments infernaux ne commencent qu'après le Jugement dernier. (Voir Matthieu, vm, 29.)
224 l’initiation foi chrétienne etdel’amour entreprennent et osenttout pour elle ; et pour l'encouragement de tous, il 11’est pas sans intérêt de dire que les plus importantes dif ficultés ont été dépassées et renversées; le tourbillon abyssal ou gouffre des Enfers (1) a été traversé et dépassé, la porte philadelphique déjà ouverte et un chemin tracé pour que nous puissions participer aux pouvoirs du monde futur.
La jeune colombe essaie ses ailes, et nous invite avec la voix douce et murmurante de l’amour, comme si elle implorait le secours du Seigneur contre les puissants. Le temps est venu où l’Esprit et la fiancée disent : Viens ; et ceux qui entendent répètent cet appel et disent: Viens. Et celui qui le veut, arrive et boit l’eau de la vie coulant de cette source nouvelle.
Oh ! qui veut prêter ses mains, qui veut traverser les nues pour aller rendre hom mage à la colombe et se mettre à son service? Mar-, cher à Votre rencontre, ô colombe, et Vous chercher, pour recevoir Votre ravissant et affectueux accueil, Votre premier et plus tendre amour? Qui est trans porté d’un zèle et d’ardente ambition pour aspirer à se rapprocher de Votre cœur et à se reposer au sein de l’amour divin?
Parce que ceux qui atteignent ce bien heureux état reçoivent de droit les plus hauts hon neurs dans le royaume du triomphe; l’onction royale et les dignités de prêtres et de prophètes leur appar tiennent. Qu’on ne s’imagine ni qu’on n’attende pas que l’Esprit-Saint, en revenant dans l’Eglise, après que les sceaux seront rompus et le règne de l’Antéchrist (1) Voyez Révélation des révélations, fol. 104, v. 68.
LE MESSAGER CELESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE 225 fini, se laisse lier par quelques formes d’institutions humaines, ou les accepte, parce qu’il voudra dès lors (bien que peu à peu et graduellement) ériger un culte nouveau et plus parfait.
Le plus grand obstacle à ceci sera que, chaque parti étant très imbu de ses propres idées (tels les Juifs, lors de la première venue de notre Sauveur) mettra beaucoup d’obstination à les propo ser, comme si elles étaient parfaites, et comme si la venue de l’Esprit de Dieu n’était plus nécessaire pour leur plénitude et leur perfection.
Car beaucoup qui sont bien établis et consolidés dans leur état actuel, subissent des tentations d’autant plus lourdes et espèrent par là conserver leur état, n’obéiront pas dans la suiteà la voix de Dieu qui les sollicitera pour une réforme plus complète et plus fondamentale.
Et, de même que la glace rompue est brisée par le cou rant impétueux, s’ils essayent d’enrayer le flot de ceux qui iront à l’appel, ils tomberont dans une très mau vaise condition, accablés et calomniés de toutes parts (même par les bons encore inhabiles à discerner ce qu’ils font et qui ne comprennent véritablement pas qu’ils voudraient tout renier et quitter pour le Christ).
Il ne manquera pas de semblables héros qui. à l’en contre de tous, donneront de généreux témoignages : qui, méprisant toutes considérations temporelles, reconnaîtront et confesseront publiquement le culte de l’Esprit dans son enfance.
L’appel est arrivé à l’oreille de ceux-là, et principalement à ceux qui sont les hauts pasteurs et les conducteurs du troupeau de .Jésus ; à eux, parmi tous, incombe le devoir de lever la tête pour s’orienter selon le jour de leurs tribula8
226 l’initiation tionsetde le reconnaître.
Qu’ils considèrent avec joieles champs déjà prêts pour la récolte, car, étant oints du véritable Esprit de Dieu, ils seront envoyés comme Anges-Moissonneurs ; c’est ainsi qu’ils obtiendront de meilleurs et plus saints résultats de leurs travaux spi rituels Bénis et bienheureux soient ceux qui sont entrés à temps et à bonne heure pour travailler dans, la vigne de Dieu ; car ils jouissent de tous les hauts et rares privilèges des premiers-nés ; et en cette circons tance, ils conquerront avec saint Paul pour leur joie et leur gloire éternelle une couronne inestimable qui est le peuple de leur royaume futur.
C’est deux que parle particulièrement la prophétie de Daniel (xn, v.
3 et suiv.) : « Les sagaces, hommes éclairés, les sages (ou maîtres) luirontcommela splendeur du firmament, et ceux qui en auront conduit beaucoup vers la justice, comme les étoiles du ciel, à toujours et éternelle ment. » Envoie d’après cela, ô Dieu, d’aussi fidèles travailleurs de ton champ, comme messagers de ton royaume: et fais-les marcher devant nous vers la vic toire, la vérité et le jugement!
Oui, fais venir Ton royaume, qu’il s’annonce, que Ta volonté s’accom plisse, ici, dans et sur la terre, comme elle s’accom plit au Ciel ! Amen ! TROISIÈME MESSAGE A la Communautéphiladelphique Après que deux messages eurent été envoyés à la fraternité philadelphique, il se produisit, parmi les sept esprits qui se tiennent devant le trône de Dieu et
• LE MESSAGER CELESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE 227 -de l’Agneau, un désir pour l’envoi d’un troisième. Ces esprits ne prendront point de repos, mais crieront jour et nuit jusqu’à ce que les hérauts angéliques choisis et nommés dans l’éternel Conseil par la Sagesse du Père soient envoyés des Rois du monde supérieur et inférieur; et ces sept claires étoiles du matin mar cheront au-devant des sept pasteurs pour les réveil ler; et ils défendront le Grand Pâtre royal des brebis, le Seigneur Christ qui leur donnera l’ordre, la puis sance et la force de sonner les nouveaux appels pour la réunion du vrai troupeau philadelphique, qui est actuellemenfret sera encore dispersé à toutes les extré mités de la terre. Amour, bonne volonté, grâce et paix sont envoyés de Dieu, pcre de toute la création, de Celui qui est le premier-né de la nouvelle création, et du Consolateur qui révèle et publie le grand secret de l’amour du Père et du Fils et de la Sagesse éternelle : que les sept Eglises dispersées dans le monde reçoivent ceci : et d’abord la vieille Eglise des Juifs, qui était, qui n’est plus et qui sera; deuxièmement, l’Eglise romaine; troisièmement, la grecque; quatrièmement, la mo resque; cinquièmement, la luthérienne; sixième ment, la calviniste ; septièmement, la vieille Eglise des vallées. A Elles toutes (dis-je) un appel du grand Pasteur des brebis est adressé ici, pour qu’elles s’en fuient de la confusion de Babel et qu’elles se rangent sous la bannière paisible du royaume de Sion. Il ri’y aura là ni combat ni discorde; mais la justice et l'amour seront la loi toute-puissante. C’est pourquoi il a été crié dans le ciel intérieur de l’âme : Ne te tais
228 l’initiation pas plus longtemps et ne tarde pas à sortir et à publier ce qui sera nécessaire pour ces Eglises.
Car ceci est le grand et mémorable jour de ce temps, pour lequel le puissant Ange de l’union dans la vérité a fait savoir qu’il retirerait ses troupeaux, l’Eglise philadelphique, des pratiques extérieures de dévotion dans lesquelles ils sommeillent.
Pour cela, il a ordonné à ses sept anges de sortir et de sonner de la trompe, pour réveil ler les fidèles nominaux qui, quoique vivants, sont sourds et morts : car ils n’ont pas reçu et entretenu librement la Vie; car l’amour du Père éternel brûle dans le cœur du Fils bien-aimé si fortement et d’un tel embrasement, que les Forces vivantes et étince lantes qui en rayonnent, dirigées et conduites par l'Esprit-Saint, illuminent et réchauffent ceux sur lesquels s’est étendu le nuage de la ténèbre et de la mortalité.
L’ardeur de l’amour s’emparera d’eux et les fera ramener les Eglises dissidentes dans leur propre patrie et dans leur ville natale. Et cette réunion arri vera par le moyen d’un bras terrible : selon la procé dure sage et sous la direction du grand Alpha et Oméga; ainsi qu’il en a donné une description à l’âme clairvoyante sous le couvert d’une représenta tion formelle, comme cela va être décrit ici.
Le pur élément céleste, révélateur, offrit à la con templation le haut roi Emmanuel, entouré de millions d’anges saints qui disaient être les premiers fruits de l’Eglise virginale, marquant le commencement de la nouvelle création. Cette contemplation était si mer veilleuse qu’elle étonnait et suspendait tous les mou vements de la partie mortelle.
Mais une présence plaLE MESSAGER CELESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE 22g nait et assombrissait ce spectacle donnant la force de voir et d’entendre le dessein de cette grande introver sion et expansion d'amour, qui devait embrasser toute l’Eglise visible.
Après cette révélation, un mouve ment de l’âme demanda ce que signifiait cette grande apparition : il fut répondu que, sur le modèle et l’image de la céleste, une semblable Jérusalem nou velle devait être préparée sur la terre. Ici l’esprit de l’âme demanda : quel chemin et moyen serait em ployé pour une telle libération dans ce bas monde?
Il fut expliqué que cela arriverait comme le déluge qui avait submergé l’ancienne terre, où avaient résidé toutes horreurs et poisons prévaricatoires qui oppres saient et affligeaient le créateur : de même ferait-il aujourd’hui ; pressé par les angoisses et les clameurs des créatures gémissantes. Il avait annoncé quelque chose de nouveau, et s’était mis à l’œuvre.
Les fenê tres du ciel s’ouvriraient et les abîmes éclateraient selon un autre mode, pour que les eaux vivifiantes en débordent, inondant et abreuvant la partie terrestre de l’homme : afin que soit réalisée la prophétie qui écrit : le Seigneur magnifique sera comme le lieu des grandes eaux. Elles enfleront les eaux de la Sainteté et croîtront en hauteur jusqu’à ce qu’une inondation se produise.
Ce sera donc un torrent impétueux qui roulera la force salvatrice, remède de tous ceux que le poison du serpent aura contaminés. Et tout ceci sera comme le signe précurseur qui prépara les voies du monde nouveau, prophétisé, espéré et attendu depuis si longtemps.
Quelques bornes de ces voies sont déjà plantées ; car l’esprit de 23o L'INITIATION prophétie a indiqué les années 1697 à 1700 comme devant être le point de départ d’un progrès remar quable, continuera en croissant jusqu’au Sabbat du septième millénaire, lequel coïncide avec le septième jour du repos de la création.
Pendant ce temps, il y aura de grands et admirables changements, tels qu’ils sont indiqués partout par l’expansion de l’Esprit; nous ne voyons maintenant que la lumière du pre mier jour, mais elle augmentera jusqu’au septième jour ; alors notre soleil de gloire ne se couchera plus, l’Esprit ne se retirera plus, comme cela arrive depuis les jours apostoliques.
C’est ainsi qu’est révélé le monde nouveau sur lequel régnera le Christ comme un puissant monarque. Mais on demandera sûrement ici de quelle fa çon œuvrer ces prophéties; car, si l’on considère la confusion babylonique qui règne actuellement, et les désunions et les dispersions qui existent entre les Eglises, se combattant et se blessant par les armes spi rituelles, on trouve bien peu d’apparence à la réalisa tion de ces prophéties.
Quelle clameur de ceux qui, nés à la vie de l’amour, se présentent devant Dieu et se plaignent avec force ! A ce sujet, le siège et le trône de l’Amour répond que ces convulsions et ces déchirements lui étaient connus et qu’ils transper çaient son cœur, héritage de toutes les nations, qu’il voulait ramener dans la voie droite.
C’est pourquoi il suscitait des messagers et des pasteurs, dont il ferait les canaux où il verserait son nom bienheureux et sanctifiant.
Et, de même que le culte précédent était sorti des eaux de la renaissance, lavé par Jean-BapLE MESSAGER CELESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE 23 I tiste (lequel avait aussi été en son temps un sym bole), ainsi l’esprit de Jean l’Évangéliste résurgirait alors, pour être le précurseur du culte de l’amour et pour préparer la Fiancée philadelphique, parée.du soleil flamboyant de l’amour, à l’attente de son bienaimé, dans le royaume où il doit, lui, apparaître selon sa resplendissante identité.
Ainsi, obéissez à la voix de l’Esprit, du puissant Roi-Pasteur, à qui sont soumis tous les troupeaux, et qui produira la fiancée ecclésiale: à vous, ce mes sage est envoyé, vous qui êtes les pasteurs de cette nation, quelque nom que vous portiez, à quelque classe que vous apparteniez, votre mission vous est ici décrite : sortez, après vous être purifié par l’eau de la vie, non d’après l’inertie de la lettre, mais par l’in flux intérieur de la force s’éveillant à la vie, médecine des mortelles blessures du péché ; et que ceci soit une préparation à une purification plus élevée par la mer cristalline (qui se mêle au feu sacré et qui coopère avec.l’eau) : et ceci est le culte du Saint-Esprit.
Tout cela demande un examen profond de la part de ceux qui sont appelés à cette mission ; et ils peuvent reconnaître de cette façon s’ils en possèdent l’autorité.
Comme confirmation, un ange me fut montré qui descendait de la mer cristalline, tenant dans sa main une balance d’or ; tous ceux qui voudront parti ciper à cette purification passeront par l’épreuve et la balance : ils seront semblables à des charbons ardents ou à des saphirs brûlants, qui feront équili bre au poids d’or dans les plateaux de la balance. Car l’ange s’énonçant cria qu’il fallait de toute nécessité
2 32 l'initiation une parfaite similitude entre ces pierres flamboyantes, rassemblées pour la fiancée virginale et leur modèle magnifique. C’est pourquoi les degrés et la croissance en étaient mesurés selon cette règle, jusqu’à ce que la forme parfaite eût été atteinte.
Là-dessus, un rouleau de papier me fut montré dans la main de ce même ange, et les caractères en étaient semblables à l’or, et il contenait les signes et les règles auxquels on pour rait reconnaître les membres de la vraie Eglise philadelphique, pour qu’ils puissent être distingués de ceux qui voudraient se servir de ce nom et de ce titre comme d’un manteau trompeur. C’est pourquoi tous seront éprouvés selon ce qui est écrit.
Le premier signe était l’érection de la stèle funé raire, ou le crucifiement de la nature dégénérée : lorsque, déplorant la malheureuse chute du pur état initial, on renonce complètement à la vie terrestre et au principe mondain par le reniement et l’anéantisse ment duquel on choit délibérément; et lorsqu’on pénètre ainsi dans la mort avec le Christ, apprenant à habiter le sépulcre douloureux du silence, jusqu’à ce que le Seigneur, l’Esprit vivifiant, descende, pro voquant une résurrection par laquelle se produit une nouvelle créature selon la nature de la divine huma nité du Christ : et'celle-ci se développera et croîtra progressivement en chacun jusqu’à ce qu’elle devienne l’arbre parfait de vie qui remplira la nouvelle terre et les nouveaux cieux.
La preuve et la confirmation de ce nouvel état seront dans les effets et les fruits qu’il produira : c’est-à-dire un renouvellement et une recomposition de ce qui
LE MESSAGER CÉLESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE 233 existait dans le paradis, selon chaque degré de la chute et de la corruption.
Car, de même que le pre mier, Adam, par la recherche du soi (c’est-à-dire par l’introduction des facultés personnalisantes, due à la ruse du serpent menteur) perdit Dieu qui était en lui, de sorte qu’il se vit nu et impuissant — pour avoir dépouillé le manteau de la pureté, de la puissance et de la souveraineté, — et qu’il fut revêtu, au lieu de la forme angélique, d’une forme terrestre, transmise à sa postérité; — ainsi, dis-je, pour reconquérir cette forme et retrouver Dieu, il n’y a pas d’autre moyen et de voie que la destruction de ces tendances égoïstes et la mort totale du principe externe, selon la vertu du mot créateur, qui s’imprime sur tout par une marque vivante, et fait ainsi sortir de la mort une nouvelle vie que l’Homme-Dieu transfuse en toutes ces dignités supra-célestes.
Parce que le Christ multiplie les pre miers de la nouvelle génération par la Vierge de la Sapience afin que les degrés de Dieu puissent en être remplis.
Car II ressemble au premier Adam du Paradis qui, ayant en lui-même sa femme, pouvait engendrer une race divine, mais parce qu’il détourna ses yeux delà Vierge céleste présente en lui pour contempler la création extérieure sur laquelle il laissa s’attacher son imagination et sa convoitise, il tomba dans le sommeil, perdant par là son élément supra-céleste et sa compagne fidèle ; et Dieu vit qu’une aide terrestre lui était nécessaire : c’est là la source de toutes nais sances terrestres que doit surmonter une mort mys tique, jusqu’à ce qu’un autre Adam, qui est le Sei gneur du Ciel, par un nouveau principe de lumière
l’initiation 234 et de vie, ait fait reverdir la plante paradisiaque par une vierge nouvelle qui n’aura plus à trembler pour sa pureté immaculée. Car il a été assuré que Dieu et l’Agneau ne seront plus deux, mais un seul esprit, liés si fermement dans leur amplexion conjugale qu’aucune ruse, aucun mensonge du serpent et de son royaume ne pourra les séparer de toute éternité. (A suivre.) Jeanne Leade. Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix {Thèse de doctorat) Vas ©s Bss {Suite et fin) L’empereur avait attendu avec douceur et patience sans interrompre en rien ce flux de paroles, sans montrer le moindre indice de déplaisir. Il répondit qu’il n’était pas incrédule, qu’il pensait que Dee lui voulait du bien et qu’il n’était pas besoin de si nom breuses génuflexions. Dee, ranimé par ces paroles bienveillantes, ajouta qu’il lui montrerait l’histoire de toute la série des séances magiques et des révélations des anges et qu’en fin, s’il le désirait, il le ferait assister à une de ces saintes apparitions. L’empereur répon dit qu’ils reparleraient plus tard de ces choses, et qu’en attendant il pouvait se regarder comme jouissant de
VIE DE JEAN DEE 235 sa bienveillance et de ses bonnes grâces. Enfin, au bout d’une longue heure, Dee sortit de cette mémo rable entrevue. Il est hors de doute qu’il espérait alors qu’avec l’ap pui de l’empereur, il pourrait donner au monde une nouvelle révélation religieuse, mais l’événement se montra contraire à son attente. Cependant le bruit courait à la cour et à la ville qu’un certain Anglais, grand alchimiste, magicien et nécromant, venait d’arriver pour remplir les coffres de l’empereur.
Dee fut très affligé de ce bruit et en res sentit une grande indignation, lui qui, dans tous ses voyages, en Allemagne et ailleurs, s’était toujours vu à l’abri de tout soupçon.
Au bout de deux jours, n’ayant aucune nouvelle de l’entretien que l’empe reur lui avait promis, il fut inquiet et ne pouvant, dans son impatience, attendre plus longtemps, il voulut donner des lettres à Spinola, le suppliant de lui ensei gner où il pourrait voir l’empereur avec le plus de facilité. Mais l’empereur quitta la ville pour une par tie de chasse et avec lui Spinola était parti.
Il remit ses lettres à la fin de la semaine, et le lendemain Spi nola vint lui dire que l’empereur, tant parce qu’il n’était pas très versé dans la langue latine (cependant ils s’étaient servis de cette langue dans leur entrevue) que parce qu’il avait en ce moment de nombreuses occupations et ne savait quand il pourrait lui accorder une nouvelle audience; pour toutes ces raisons donc, l’empereur transmettait ses pouvoirs à Jacques Curtz, qui faisait partie de son conseil, homme célèbre par sa sagesse et sa science profonde des mathématiques ; • VIE DE JEAN DEE 2 3y mée Pierre philosophale, j’affirme à Votre Sacrée Majesté Impériale qu’avec la permission de Dieu, je puis préparer cette pierre.
Si Votre Majesté veut bien m’octroyer sa grâce et me traiter avec bonté, en consi dération de la communication de ce grand secret, je ne demanderai en retour que le titre de philosophe et mathématicien de l’empereur. Je remettrai entre vos mains impériales, et cela sans rien vous demander pour subvenir aux frais, cet ouvrage philosophique complet, aussitôt que possible et avec la permission de Dieu.
Pour les autres secrets, je dois encore me taire..... » Dee s’avançait beaucoup dans cette lettre, car en réalité il n’avait pas le secret des philosophes ; il pos sédait bien une provision de poudre transmutatoire, mais elle avait été préparée par un autre ; en réalité, il espérait, grâce à quelques transmutations opérées avec cette poudre, faire patienter l’empereur, cependant que les révélations des esprits lui indiqueraient la voie.
Mais l’empereur se montra insensible, en so te que Dee se mit à désespérer de pouvoir jamais le conver tir. En octobre de la même année, Dee retourna à Cracovie pour chercher son épouse, sa famille et ses bagages ; à cause des dépenses, il lut retardé pendant deux mois dans cette ville, et revint à Prague, rap pelé par les lettres de Lasky qui l’engageaient à reve nir, afin de resserrer les liens de l’amitié avec l'am bassadeur d’Espagne.
Cependant après son retour, l’empereur et Curtz le négligaient de plus en plus sans en donner la raison; Iaq ACr^ritQ 1’o f nti’il /'Aurait 1 Zù fiertnn
236 l’initiation que Dee, s’il voulait, pouvait traiter ouvertement et en toute liberté avec Curtz. Le i5 septembre, Dee se rendit chez Curtz et lui fit fit voir le Cristal et les dix-huit livres écrits de sa propre main, répétant que tout ce qui y était Contenu lui avait été, avec la permission de Dieu, dicté par Gabriel, Michel, Raphaël, Uriel et autres anges de lumière.
Il lui montra avec soin tout ce qui avait trait à l’empereur et après une entrevue de six heures, il rentra chez lui, ayant fait promettre à Curtz de faire part de ces choses à l’empereur sincèrement et fidèle ment.
Le 27 du même mois, Curtz se rendit chez Dee et lui annonça que l’empereur doutait de toutes ces choses et qu’au reste il lui était difficile d’en juger, qu’il désirait en conséquence qu’on lui remît une traduc tion latine de la relation des évocations et principale ment de la Paraphrase du Symbole des Apôtres dic tée par les Esprits, que seulement alors il pourrait se faire une juste idée de tout cela.
Dee répondit qu’il ne souffrirait jamais que les livres originaux sortissent de ses mains, mais qu’il prendrait soin de faire une copie des évocations dont il s’agissait. Il avoue que, fatigué de toutes ces lon gueurs, il avait peu de jours auparavant, à l’instiga tion de ses esprits directeurs, écrit de nouvelles lettres à l’empereur qu’il fit parvenir par l’intermédiaire de son ami l’ambassadeur d’Espagne.
Voici un fragment de cette lettre : « Au sujet du désir intense qu’a Votre Majesté de voir, de posséder et d’user de cette bénite pierre, nom2 38 l'initiation d’être mis en prison. Montant de suite à cheval avec Kelley et un serviteur, Dee quitta précipitamment Prague et gagna Breslau, et de là Limbourg, où il consulta le Cristal magique (car il le portait constam ment sur lui.
L’ange Michel lui ordonna de revenir sur ses pas et lui assura qu’il n’avait rien à craindre de la colère et des mauvais desseins de Rodolphe, lequel devait mourir misérablement l’année suivante, et qu’Etienne, roi de Pologne, monterait sur le trône à sa place ; qu’aussitôt leur retour à Prague, ils feraient bien de se promener en ville pour affirmer leur présence. Dee obéit aveuglément et rentra à Prague avec Kelley.
Il est certain que la profonde érudition de Dee et ses mœurs simples lui avaient conquis les bonnes grâ ces de plusieurs seigneurs de la cour. Si bien qu’un fils lui étant né, il put choisir comme parrains Guil laume de Saint-Clément, ambassadeur d’Espagne, et Roms, conseiller et premier gentilhomme de la chambre de sa majesté impériale, et comme marraine la dame de Dittrech, épouse de De Dittrechstain, séné chal du palais.
La cérémonie eut lieu dans le grand temple de la cité de Prague, le 14 mars, avec l’aumô nier de l’empereur comme officiant. Dee demanda que l’enfant se nommât Michel, pour honorer l’ar_ change Michel, son défenseur et son directeur. Les esprits avaient souvent promis à Dee de lui ré véler le secret des philosophes, mais ils temporisaient toujours. Enfin l’esprit Levaniel lui communiqua la formule, mais en termes si obscurs et si barbares,
VIE DE JEAN DEE 235 sa bienveillance et de ses bonnes grâces. Enfin, au bout d’une longue heure, Dee sortit de cette mémo rable entrevue. Il est hors de doute qu’il espérait alors qu’avec l’ap pui de l’empereur, il pourrait donner au monde une nouvelle révélation religieuse, mais l’événement se montra contraire à son attente.
Cependant le bruit courait à la cour et à la ville qu’un certain Anglais, grand alchimiste, magicien et nécromant, venait d’arriver pour remplir les coffres de l’empereur. Dee fut très affligé de ce bruit et en res sentit une grande indignation, lui qui, dans tous ses voyages, en Allemagne et ailleurs, s’était toujours vu à l’abri de tout soupçon.
Au bout de deux jours, n’ayant aucune nouvelle de l’entretien que l’empe reur lui avait promis, il fut inquiet et ne pouvant, dans son impatience, attendre plus longtemps, il voulut donner des lettres à Spinola, le suppliant de lui ensei gner où il pourrait voir l’empereur avec le plus de facilité. Mais l’empereur quitta la ville pour une par tie de chasse et avec lui Spinola était parti.
Il remit ses lettres à la fin de la semaine, et le lendemain Spi nola vint lui dire que l’empereur, tant parce qu’il n’était pas très versé dans la langue latine (cependant ils s’étaient servis de cette langue dans leur entrevue) que parce qu’il avait en ce moment de nombreuses occupations et ne savait quand il pourrait lui accorder une nouvelle audience; pour toutes ces raisons donc, l’empereur transmettait ses pouvoirs à Jacques Curtz, qui faisait partie de son conseil, homme célèbre par sa sagesse et sa science profonde des mathématiques ; •
236 l’initiation que Dee, s’il voulait, pouvait traiter ouvertement et en toute liberté avec Curtz. Le i5 septembre, Dee se rendit chez Curtz et lui fit fit voir le Cristal et les dix-huit livres écrits de sa propre main, répétant que tout ce qui y était contenu lui avait été, avec la permission de Dieu, dicté par Gabriel, Michel, Raphaël, Uriel et autres anges de lumière.
Il lui montra avec soin tout ce qui avait trait à l’empereur et après une entrevue de six heures, il rentra chez lui, ayant fait promettre à Curtz de faire part de ces choses à l’empereur sincèrement et fidèle ment.
Le 27 du même mois, Curtz se rendit chez Dee et lui annonça que l’empereur doutait de toutes ces choses et qu’au reste il lui était difficile d’en juger, qu’il désirait en conséquence qu’on lui remît une traduc tion latine de la relation des évocations et principale ment de la Paraphrase du Symbole des Apôtres dic tée par les Esprits, que seulement alors il pourrait se faire une juste idée de tout cela.
Dee répondit qu’il ne souffrirait jamais que les livres originaux sortissent de ses mains, mais qu’il prendrait soin de faire une copie des évocations dont il s’agissait. Il avoue que, fatigué de toutes ces lon gueurs, il avait peu de jours auparavant, à l’instiga tion de ses esprits directeurs, écrit de nouvelles lettres à l’empereur qu’il fit parvenir par l’intermédiaire de son ami l’ambassadeur d’Espagne.
Voici un fragment de cette lettre : « Au sujet du désir intense qu’a Votre Majesté de voir, de posséder et d’user de cette bénite pierre, nomVIE DE JEAN DEE 2 3/ mée Pierre philosophale, j’affirme à Votre Sacrée Majesté Impériale qu’avec la permission de Dieu, je puis préparer cette pierre.
Si Votre Majesté veut bien m’octroyer sa grâce et me traiter avec bonté, en consi dération de la communication de ce grand secret, je ne demanderai en retour que le titre de philosophe et mathématicien de l’empereur. Je remettrai entre vos mains impériales, et cela sans rien vous demander pour subvenir aux frais, cet ouvrage philosophique complet, aussitôt que possible et avec la permission de Dieu.
Pour les autres secrets, je dois encore me taire..... » Dee s’avançait beaucoup dans cette lettre, car en réalité il n’avait pas le secret des philosophes; il pos sédait bien une provision de poudre transmutatoire, mais elle avait été préparée par un autre ; en réalité, il espérait, grâce à quelques transmutations opérées avec cette poudre, faire patienter l’empereur, cependant que les révélations des esprits lui indiqueraient la voie.
Mais l’empereur se montra insensible, en so te que Dee se mit à désespérer de pouvoir jamais le conver tir. En octobre de la même année, Dee retourna à Cracovie pour chercher son épouse, sa famille et ses bagages ; à cause des dépenses, il fut retardé pendant deux mois dans cette ville, et revint à Prague, rap pelé par les lettres de Lasky qui l’engageaient à reve nir, afin de resserrer les liens de l’amitié avec l’am bassadeur d’Espagne.
Cependant après son retour, l’empereur et Curtzle négligaient de plus en plus sans en donner la raison; les esprits l’avertirent alors qu’il courait le risque
2 38 l'initiation d’être mis en prison. Montant de suite à cheval avec Kelley et un serviteur, Dee quitta précipitamment Prague et gagna Breslau, et de là Limbourg, où il consulta le Cristal magique (car il le portait constam ment sur lui.
L’ange Michel lui ordonna de revenir sur ses pas et lui assura qu’il n’avait rien à craindre de la colère et des mauvais desseins de Rodolphe, lequel devait mourir misérablement l’année suivante, et qu’Etienne, roi de Pologne, monterait sur le trône à sa place ; qu’aussitôt leur retour à Prague, ils feraient bien de se promener en ville pour affirmer leur présence. Dee obéit aveuglément et rentra à Prague avec Kelley.
11 est certain que la profonde érudition de Dee et ses mœurs simples lui avaient conquis les bonnes grâ ces de plusieurs seigneurs de la cour. Si bien qu’un fils lui étant né, il put choisir comme parrains Guil laume de Saint-Clément, ambassadeur d’Espagne, et Roms, conseiller et premier gentilhomme de la chambre de sa majesté impériale, et comme marraine la dame de Dittrech, épouse de De Dittrechstain, séné chal du palais.
La cérémonie eut lieu dans le grand temple de la cité de Prague, le 14 mars, avec l’aumô nier de l’empereur comme officiant. Dee demanda que l’enfant se nommât Michel, pour honorer l’ar. change Michel, son défenseur et son directeur. Les esprits avaient souvent promis à Dee de lui ré véler le secret des philosophes, mais ils temporisaient toujours. Enfin l’esprit Levaniel lui communiqua la formule, mais en termes si obscurs et si barbares,
VIE DE JEAN DEE 2 3g que ni Dee ni Kelley n’y purent rien comprendre et l’esprit dut la leur expliquer. Cependant nos héros en étaient arrivés à manquer de tout ; ces promesses dorées ne garnissaient pas leur bourse, et l’épouse de Dee comprenait que bien tôt il leur faudrait, pour vivre, vendre leur vaisselle et mettre leurs habits en gage.
Elle eut honte d’avouer cette détresse à son philo sophe de mari et encore plus d’employer l’amitié des grands à sortir de cette misère. Elle préférait mourir de faim plutôt que de recourir à cette espèce de men dicité. Epouse, mais aussi mère chérissant ses enfants, elle ne put supporter à cause de ces derniers, la dureté et l’injustice du sort.
Elle écrivit deux suppliques qui devaient être lues dans la prochaine évocation afin d’émouvoir les Esprits auxquels elle attribuait ses malheurs. Elle demandait par quels moyens et en quel temps des secours leur viendraient et quels ils seraient ?
Les Esprits répondirent quelle était bien téméraire et bien audacieuse de se révolter contre la volonté de Dieu, qu’il fallait obéir à la nécessité, vendre le superflu pour se procurer des vivres, qu’eux, esprits, s’intéressaient à ses enfants,'qu’ils songeraient à l’avenir, qu’enfin il fallait que Dee se rendît en Po logne rejoindre Lasky auprès du roi Etienne.
Dee tarda une semaine, occupé de ses affaires do mestiques, puis ayant obtenu le pardon des esprits pour ce petit retard, il quitta Prague et se mit en route pour Cracovie, avec Kelley son inséparable .compagnon et deux domestiques. 11 arriva le 12 avril. Peu après, le 17 avril, par l’entremise de Lasky. il
240 l’initiation obtint une audience du roi Etienne. Il lui tint ce dis cours : « Que la consolation, la paix et la miséricorde de Dieu soient avec toi, ô Roi. C’est par un ordre divin qu’il m’a été enjoint de venir te trouver, ce que j’ai fait en toute humilité. Je suis prêt à exposer avec fidé lité et sincérité à votre Majesté ces ordres célestes.
Je suis prêt à vous exposer l’histoire suivie de ces com munications quand vous m’en donnerez la facilité, et je ferai tout ce que je penserai pouvoir être agréable à Dieu et à Votre Majesté. » A quoi le roi répondit : « J’ai déjà entendu dire beaucoup de bien de vous ; aussi votre arrivée m’est agréable, et si ma faveur et ma grâce peuvent vous être utiles en quelque chose, je ne manquerai pas de me déclarer votre protecteur.
Le temps sera plus favo rable pour reparler de ces choses après les fêtes pré sentes, je prendrai alors soin de vous faire appeler. » (23 mai 1585, 6 heures soir). Il y avait vingt jours que le miroir magique avait été enfermé dans son étui, sur l’ordre des esprits et que l’oracle était devenu muet. Les évocations re prirent en mai. Le 23 mai, Lasky et Dee obtinrent une nouvelle audience du roi Etienne.
Le roi prit aussitôt la parole et dit à Dee : « Lasky m’a fortement engagé à vous entendre sur ces révélations rares et • précieuses, ce à quoi j’ai volontiers consenti : cepen dant il vous faut considérer que les prophètes ont depuis longtemps cessé leurs révélations à l’époque du Christ. Néanmoins si vos discours ne contiennent rien de contraire à la majesté divine, je les écouterai
VIE DE JEAN DEE 241 volontiers. Au reste je ne doute pas que Dieu n’ait en sa puissance plusieurs moyens encore inconnus pour révéler certains secrets aux hommes. » Dee s’efforça d’apaiser les scrupules du roi sur cha cun des points proposés par un long discours où il déploya les ressources de son esprit habile.
11 répon dit avec tant de promptitude et de chaleur, que le roi promit d’assister à la prochaine évocation qui, en son honneur, aurait lieu en latin. Le 27 de ce mois, ayant sorti son miroir et accompli les rites, Dee commença sa prière à Dieu : mais le roi, effrayé par ces cérémo nies étranges, qu’il regardait comme des incantations sataniques, n’attendit pas la suite, et s’enfuit précipi tamment laissant là les opérateurs.
Jamais plus il ne voulut entendre parler de ces mystères. Dee ne désespérait pas cependant de vaincre la ré sistance du roi, et sur l’avis des esprits, il lui proposa enfin de lui communiquer le secret de la pierre philo sophale, ainsi qu’il avait fait récemment avec Rodol phe. Mais le roi Etienne, rendu prudent par sa précé dente aventure, ne vit en tout cela que les embûches du Malin, en fervent catholique qu’il était.
Aussi re poussa-t-il ces propositions. Ne pouvant convertir Etienne à ses idées, Dee se hâta de rentrer à Prague vers la fin du mois de juillet. Peu après, François Pucci, florentin, esprit subtil, nourri de belles-lettres et curieux de toute science, fut admis dans la société mystique de Dee; mais ce der nier s’aperçut bientôt qu’il avait affaire à un espion du Saint-Siège, et doucement il supprima autant qu’il
L INITIATION 242 put, toutes relations avec cet homme. Pucci, se sen tant découvert, fit tout ce qu’il put, ainsi que nous le verrons, pour reconquérir la confiance de Dee. Malgré la dureté des temps, malgré les railleries et les outrages dont on l’accablait, Dee, sans perdre cou rage résolut de se fixer définitivement à Prague, et se mit à étendre le cercle de ses relations, cherchant de nouveaux amis et surtout des protecteurs.
Parmi ceux-ci, se trouvait un très noble seigneur Guillaume Ursin, seigneur de Rosenberg, chevalier de la Toison d'or, burgrave suprême de Bohême. Il donna toute son amitié à Dee, le regardant comme l'ami intime des anges, le dépositaire des secrets de la divinité.
Les esprits malins, dit Schmit, voulurent attirer à eux ce nouveau disciple, et s’adressant à son ambi tion, ils attisèrent son désir effréné de gloire, voulant se l’attacher par des liens indissolubles; ils lui pro mirent une destinée bien supérieure à celle à laquelle il pouvait s’attendre par droit de naissance ; et dans la suite, ils lui annoncèrent qu’il monterait sur le trône de Pologne.
Sur ces entrefaites, Rosenberg fut pris du désir de se marier; les esprits consultés sur le choix qu’il devait faire, répondirent qu’il lui fallait une agnelle, c’est-à-dire une vierge, et qu’il devrait désormais se garder de dévaster le troupeau de son voisin (Rosenberg, en effet, était auparavant assez dé bauché).
Après cette séance qui eut lieu le 3o avril i586, les esprits déclarèrent qu’il fallait leur obéir et interrompre les évocations pendant six mois. Dee, inquiet de l’état de ses affaires en Angleterre,
VIE DE JEAN DEE 243 se rendit peu de jours après à Leipzig, afin d’ap prendre par les marchands anglais qui se rendaient aux foires, ce qui était arrivé pendant son absence qui pût l’intéresser. Ayant saisi cette occasion, il confia au courrier une longue lettre pour son ami Walsingham.
Il lui an nonçait que l’empereur et les affiliés du nonce, tou chés de ses malheurs, étaient un peu revenus sur leur opinion erronée à son sujet, qu’on s’était efforcé par l’intimidation et les promesses de le faire entrer dans les vues du nonce apostolique Malaspina: mais qu’il avait repoussé avec horreur ces propositions; que Rome, troublée par cette nouvelle, avait résolu de le faire périr de mort violente.
Il demandait satisfaction pour le pillage de sa mai son, de sa bibliothèque et de son mobilier. Il priait son ami Diggey Thomas de venir le rejoindre en Al lemagne), il avait à lui communiquer des secrets très importants pour la Reine) ; qu’il vaudrait mieux pour elle dépenser mille milliers de livres d’or en aumônes ou autrement plutôt que de ne pas écouter ses conseils et de laisser ainsi échapper certaines occasions.
Qu’il n’avait toutefois pas perdu toute espérance de la pré venir de ce que Dieu avait résolu dans sa miséri corde. Telle était en substance la lettre de Dee. Cependant l’évêque de Plaisance, venu récemment de Rome pour succéder au nonce, s’autorisant de l’ordre for mel du souverain Pontife effrayé de ces nouveautés, présenta une supplique à l’empereur, dans laquelle il demandait que la tranquillité publique et la religion
l'initiation 244 chrétienne ne fussent pas troublées plus longtemps par l’indulgence dont on faisait preuve envers Dee, magicien et nécromant;il demandait enfin qu’on en voyât le coupable à Rome. Dee ignorant le danger qui le menaçait était revenu à Prague. Il fut averti des sourdes menées du nonce par un admirateur obscur, Verdeman. Voici un frag ment de la lettre que ce dernier écrivit à Dee : « ...
Peut-être votre seigneurie s’étonnera-t-elle de voir un inconnu lui écrire. Mettez cet oubli des con venances au compte du chagrin que j’ai éprouvé à propos d’une rumeur qui vous concernait.
Je ne puis en effet trop m’étonner de l’activité de la Bête de Babylone (l’Eglise Romaine), qui ne laisse aucun crime sans le commettre; aucune pierre sans la re muer, elle emploie son activité à perdre et à ruiner les hommes de votre nation, pourtant si pieux. Le 11 de ce mois, le légat romain a présenté à l’empereur une supplique dans laquelle il accuse votre seigneurie de nécromancie et autres sciences défendues.
J’aurais pu me procurer copie de ce factum; mais c’est inutile, car je suis absolument sûr du fait, le tenant de celui qui a traduit le factum de l’italien en latin. Il m’a donc paru bon d’avertirvos seigneuries, afin que vous puissiez répondre plus facilement à ces calomnies. Adieu. Priez pour moi. Julius Ascagne Verdeman. Jean Dee, rempli de tristesse et d’horreur, écrivit aussitôt à Rosenberg et à l’empereur pour conjurer ce
VIE DE JEAN DEE 247 4) Dois-je, au sujet de la Pologne, m’en ouvrir à l’Electeur de Brandebourg ou à quelque autre prince de l’empire? oui ou non? et avec lesquels, quand et comment ? 5) Faut-il lever des troupes, et quand ? 6) Si le pape ou l’empereur tentait quelque chose contre vos seigneuries, voulait les exiler à nouveau ou les tourmenter en quoi que ce fût, que faire et que leur répondre?
7) Faudra-t-il faire part à l’empereur du trésor qui nous a été confié, en quelle quantité, de quelle manière? 8) Si l’empereur a besoin de moi pour m’envoyer aux assemblées de Moravie et de Silésie, devrai-je accepter cette mission ?— 1587. Après Pâques. Les réponses furent comme d’ordinaire ambiguës, en style d’oracle.
Jusque là Dee avait toujours eu une foi aveugle dans l’orthodoxie de ses esprits, qu'il regardait comme des anges de lumière, des envoyés de Dieu ; mais il arriva à cette époque un événement qui dût jeter le doute dans son esprit.
Nous laissons la parole à Smith : « Dans le cristal apparut un jour une colonne resplendissante, sur le chapiteau de laquelle les têtes de Dee, de Kelley et de leurs épouses étaient unies sous une même couronne, les corps étant renfermés dans la colonne.
Dee voulait y voir un emblème de leur union intime dans un sens chrétien et pieux, mais les pseudo-esprits angéliques consultés à ce sujet répondirent que cela ne devait pas seulement s’entendre de l’amour spirituel et de l’union des esprits, mais ils ordonnèrent expressément
l’initiation 248 de le comprendre aussi dans un sens charnel. Deeeut horreur de cet ordre et répondit que c’était là une vio lation manifeste de l’évangile et de la loi divine; mais enfin il céda, fortement tance par les esprits pour avoir osé douter un moment que cet ordre vînt de Dieu. Son épouse, à laquelle il fit part de ceci, se mit à pleurer, déclarant qu’elle ne consentirait jamais à ce crime honteux.
Son mari la sermona tant, lui représen tant que c’était la volonté de Dieu, qu’enfin elle déclara qu’elle obéirait, quoique à contre-cœur.
Malgré tout, leur conscience était agitée et leur esprit inquiet ; leurs directeurs et principalement Raphaël, multiplièrent leurs ordres au nom de Dieu et même, chose horrible, Jésus-Christ lui-même leur affirma que cet ordre ne concernait pas eux seulement et qu’il fallait en faire part aux autres hommes, qu’ils devaient accomplir avec joie ce qu’ils regardaient comme une iniquité, enfin il blasphéma tellement au nom de la volonté suprême, qu’ils firent unealliance solennelleavecDieu, le 3 mai 1587, le suppliant de prendre en considération qu’ils ne se livraient pas à ces actes par amour de la chair ou par libertinage, mais à cause du seul com mandement qui leur en avait été fait, obéissant, pleins de foi, comme jadis Abraham lorsqu’il lui fut ordonné de sacrifier son fils.
Stupidité déplorable ! Folie exé crable ! Il serait à peine croyable que l’on ait pu voir un chrétien, élevé dans des sentiments moraux, s’aveu gler à ce point, si Dee n’avait rapporté toutes ces choses avec leurs circonstances dans ses lettres. Cepen dant il eut honte de cette dégoûtante promiscuité, car il ne voulut pas que ces choses fussent révélées au
VIE DE JEAN DEE 249 public, et chacun des quatre jura le secret, vouant le parjure à une mort subite. La reine Elisabeth, ayant enfin pitié de Dee, qui, soit honte, soit crainte, n’osait rentrer dans sa patrie, qu’il avait quittée furtivement, lui ordonna par lettres de rentrer en Angleterre sans observations et sans retard.
Joyeux de revoir sa patrie et sa maison, dési reux de rentrer dans la faveur de la reine, et de sortir de cette vie aventureuse, Dee se mit aussitôt en route et à la fin de l’année 158g, après six ans d’absence, il rentra enfin dans sa maison de Mortlake.
Il s’aperçut bientôt avec chagrin que le souvenir de ses actions antérieures s’était maintenu malgré son absence, que les soupçons, loin de s’apaiser, étaient plus vivaces que jamais; sa conduite passée était sévè rement jugée à la cour, le peuple l’accablait de raille ries dans les rues, les enfants dans les carrefours ces saient leurs jeux à son approche et s’enfuyaient en l’appelant sorcier ; d’autre part le clergé lui était ou vertement hostile, à cause de ce qu’il avait consacré sa vie aux sciences occultes.
Puis, ses revenus étaient bien réduits, on ne lui avait donné aucune indemnité pour le pillage de sa maison et sa fortune était au pius bas. La reine qui l’avait accueilli sans lui 'rien repro cher, ne parlait ni de lui faire une pension, ni de lui donner une charge rémunérée. Pourtant ses ressources baissaient chaque jour, il allait se voir dans la misère si la reine ou ses amis ne venaient à son secours.
Il exposa toutes ces choses dans un placetqu’il adressa à la reine le g novembre 1592, la suppliant de nommer deux ou trois commissaires chargés d’examiner avec
25o l’initiation justice ses représentations. La reine y consentit et nomma deux personnages connus, Jean Wolley, secrétaire de la correspondance latine et Thomas Gorg, de la maison royale.
Une semaine après, ils se présentèrent au logis de Dee, qui leur exposa dans un mémoire tous les actes de sa vie depuis cin quante années, ajoutant au besoin les témoignages et les preuves tirés de ses ouvrages et de ses manuscritsIl leur exposa ses services envers la patrie et la science d’une part et les promesses répétées, mais jamais tenues de la reine, d’autre part.
Puis il leur parla du pillage de sa maison et de sa bibliothèque, de sa détresse actuelle, les priant non seulement en son propre nom, mais encore au nom de sa femme et de ses sept enfants, de vouloir bien intercéder en leur faveur auprès de la reine, afin que, dans sa bonté et sa clémence, elle daignât apporter un remède à ces maux intolérables. Mais ni la reine, ni ses conseillers, ni les seigneurs ne firent attention à ses prières.
Dee sachant bien que cette sévérité avait pour origine le soupçon de magie et voulant s’en laver, écrivit à l’archevêque de Cantorbery, au commencement de i5g5, des lettres apo logétiques dans lesquelles il prenait Dieu à témoin qu’il n’avait jamais étudié que les choses permises, honnêtes et chrétiennes, et qu’il répondrait aux rumeurs, aux accusations, aux calomnies impies et sottes qui couraient sur lui en Angleterre, par les œuvres de quarante années de sa vie passée.
Mais il ne dit rien de son commerce avec les esprits et il cache soigneusement les livres qu’il avait écrits sous la dictée des anges. Pi-iilophotes.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE-CROIX THÈSE DE LICENCE EN KABBALE « Vous m’avez abandonné, lui dit-il, « et les méchants m'ont immolé. «. L’ignorance, le mensonge et l’am- « bition ont pris la place de la « vérité. » (Rituel de Maître). L’Argentine à l’époque présente est, relativement à sa faible population, la nation où la Maç.-. se ma nifeste le plus sous ses différents rites et orients. C’est bien aussi une des nations où la Maç.-. est tombée aussi bas que possible; la division lui enlève le peu de pouvoir qu’unifiée elle aurait. La politique, comme en Europe, serait l’unique ressource de son ignorance initiatique ; mais ici, elle est impuissante, car la géné ralité des maç.-. sont étrangers (3/4) et partant n’ont pas d’intérêt direct à faire de la politique. La seule manifestation est la charité ; ses moyens pécuniaires sont très limités, et le pro mihi est là, violent, bestial, conséquence de l’égoïsme, qui presque toujours est le facteur principal qui pousse le profane à solliciter d’être Maç.-.
25s l’initiation Actuellement la Maç.-. argentine, en tant que pou voir national, est irrégulière, c’est-à-dire qu’elle n’est reconnue comme puissance Maç.-. par aucun des principaux Or.-., une fraction de la trop divisée Maç.-. espagnole, avec quelques petites puissances, sont les seules qui entretiennent correspondance. Les autres Or.-, et centres espagnols sont tous des Loges qui travaillent sous leurs obéd.-. respectives, malgré les menaces illusoires duGr.-. Or.-, argentin.
Tristes conséquences de l’ignorance du corps directeur, com posé en sa presque totalité, à part quelques avocats, de personnes il est vrai honorables, mais sans aucune importance sociale ou politique; le cordonnier du coin coudoie son confrère l’épicier; tous très aptes dans leur commerce, mais incapables de com prendre ce que peut être la Maç.-. en dehors de la satisfaction personnelle de porter un cordon bleu, rouge ou noir.
Des eii'orts ont été tentés pour régénérer, mais les quelques personnes d’un peu de valeur qui désiraient être utiles ont été débordées et forcément se retirèrent chez elles. Les grands dignitaires sont tous person nages inconnus, quelques commerçants retirés, avo cats désireux de se créer une position; un d'eux avouait franchement qu’il espérait grâce à son titre de Gr.-, Maître, d’arriver à être nommé sénateur; ce qui a eu lieu.
L’unique entre tous les gr.-. M.-. qui avait un nom et était réellement quelqu'un a été l’ex-président de la République, Domingo Sarmiento, savant doublé de politicien ; il a duré trois mois comme Gr.-. M.-. dominé, malgré une volonté de fer, par la bêtise égoïste de ses ministres, un graveur, un pédiORDRE KABBAL1STIQUE DE LA ROSE-CROIX 253 cure, un commerçant en vins en retraite, un tailleur et un e x-professeur qui était le vice Gr.-M. •.
Quel sera le résultat de cet abaissement? Il est fa cile de le comprendre: la ruine et dépréciation d’une institution si puissante par sa splendide organisation. Que Hiram le M.-. Parf.-. lui vienne en aide ! Par l’historique de la Maç.-. dans l’Argentine que je vais tracer de mon mieux, il sera facile de com prendre le résultat désastreux que, nous qui pen sons, déplorons amèrement.
En 1814, Bolivar, S1' Martin et autres initiés à Cadix formèrent à Buenos-Aires la Loge« Lautaro ». plus politique que maç.-., loge qui a exercé une in fluence toute puissante sur les destins de toute l’Amé rique du Sud, puisque ses membres ont été les initia teurs du mouvement républicain et de la proclamation de l’indépendance des états du Sud (iSioà 1826).
Il paraît certain, qu’en raison de la composition et du but politique de cette Loge, elle serait entrée en sommeil une fois terminé le mouvement politique qu’elle avait initié. Tous ses membres étaient dis persés dans l’Amérique du Sud, occupés à guerroyer ou à créer des états indépendants.
11 faut croire aussi qu’à cette époque le titre de Maç -. était difficile à porter publiquement ; en outre, il est probable qu’en raison des périls de l'entreprise, peu nombreux de vaient être les Maç.-. affiliés à la Loge Lautaro : beau fleuron de la Maç.-. celui d’être le facteur principal de l’indépendance de tout un continent.
Cependant, vers l’époque du blocus par les anglais(ibi5), on pré tend que cette loge fut visitée par un général anglais. Après, le silence.
l’initiation 254 En i85o, on constate à Buenos-Aires l’existence d’une Loge française « Les ouvriers français » : peutêtre fonctionnait-elle depuis longtemps. Cette Loge s’est refondue en une Loge de Compagnons du devoir, se séparant de la Maç.-. 1862.
Des Maç.-. français, probablement quelquesuns de la Loge « Les ouvriers français » et quelques autres de Montevideo fondèrent à Buenos-Aires la Loge « Amie des Naufragés »au rite bleu, sous l’obé dience du Gr.-. Or.-, de France. Cette loge continue à travailler dans d’excellentes conditions de progrès sous la même obéd.’. 1854. Création de la Loge anglaise « Excelsior » rite de York, obéd. •. de la Gr. •. Log. •. d’Angleterre.
Elle existe très prospère sous la même obéd.-. (BuenosAires). i856. Un Argentin, le Dr Valentía, initié à une Loge française du Chili, aidé d’un délégué du Gr.-. Or.-, de l’Uruguay forment à Buenos-Aires la Loge mère « Union del Plata » au rite écos.-. Ane.-, et Accep.-. dans laquelle on voit figurer comme initiés par com munication les quelques Maç, •. qui ont aidé aux pro grès de cette institution dans l’Argentine.
Déjà, à peine formée, la division débilitait le naissant Or.-, argentin. Le même Dr Valencia se sépare avec quelques-uns et forme une nouvelle Loge mère : « la Confederación argentina ». Quelque tempsjaprès, grâce au concours du Dr Roque Perez, qui était à l’époque Vén.-. delà Loge mère « Union,del Plata », réussit à réunir les deux centres. Le levain de discorde existera quand même et donnera par la suite ses fruits désastreux.
ORDRE KABBALIST1QUE DE LA ROSE-CROIX 255 Le Gr.-. Or.-, argentin a été constitué et patenté par le gr.-. or.-, de i: Uruguay; en 1869, son premier grand Maître a été le Dr Roque Perez, mort en 1871 dans l’exercice de ses fonctions, victime de son dévouement pendant l’épidémie de fièvre jaune. Son successeur fut le Dr Albarellas.
En 1873, lors des élections, un schisme se forme; Albarellas fut réélu, Les Loges Tolerancia, Estrella del Oriente, Union italiana, Amis de la Vérité et Germania, forment « La gran Logia nacional » avec Daniel Maria Gazon comme Gr.-. M.-. En 1876, le Gr.-. Or.-, argentin, Gr.-.M.-. Albarellos, et l’autre présidé par C. Urien, officier argentin. 1878.
On forme la « Confederación de los Ritos », réunissant sous l’obéd.-. d’un « Directorio » les trois parties dissidentes, conservant chacune sa juridiction rituelle spéciale, source inévitable de nouvelles dis cordes. A cette époque (mars 1878), les tableaux suivants indiquent les loges ce chaque obéd.-. N0’ RITES NOMS DATES L1EUX GR.-. OR.-. ARGENTIN 1 Ecos.-. Union del Plata 4 mars 1856 B.-Aires. 2 ConlratcrnidadArgcntina 10 novembre 1856 id.
3 Constancia 23 juillet 1857 id. 4 J. Washington 12 juin 1857 Entre-Ríos 5 Regeneración 8 septembre 185s B. -Aires. 6 Union y Amistad 13 octobre 185 San Nicolás 7 Obediencia à la Ley 14 janvier 1850 B.-Airres. 8 Asilo del litoral 7 septembre 18'10 Parano. 9 Union. Cap.-. 11 octobre 186'1 Rosario. 10 Caridad 3 septembre 1866 B.-Aires. 11 Constante-Union 25 août 1867 Corrientes.
12 Estrella del Sud 28 octobre 1867 Azul 13 Rcstitud 19 juillet 1867 Concordia. 14 Abraham Lincoln 29 septcmb.1867 Guabeguay
256 L INITIATION OS RITES NOMS DATES LIEUX 15 Ecos.-. Estrella del Oriente 24 septemb. 18’68 B.-Aircs. 16 Pr greso 12 novembre 1868 id. 17 Fraternidad :9 septemb. 1 60 Goya. 18 Piedad y Union Cap.’. 24 avril 1869 Cordôlex. 19 San Juan de la Frontera 7 janvier 1870 Pan Juan. 29 inventud mendoza 8 avril 1'70 Mendoza. 21 America 27 mai 1870 B -Aires. 22 Union de San Fernando 7 janvier 1872 San Fernando. 23 Luz del Norte 6 juillet 187.’ Paradero.
24 Moralidad 27 décembre 1872 B.-A ires. 25 Alianza 27 janvier 1873 Boca. 26 Luz del Sud 27 janvier 1873 Tandil. 27 Estrella de Misiones 7 avril 1873 ¡’aso de los libres 28 Hijos de Hiram 12 juillet 1873 B.-Aires. 29 Égalité-Humanilé 12 juillet 1874 id. 30 Hijos do la Aliauza 5 octobre. 1875 Gal Lavallo. 31 Benjamin Franklin Cap.-. 20 décembre 1875 Esquina. 32 Abraham Lincoln 2a 5 septenvre 18 «5 Corricu es. 33 I.audaro 17 février 1 76 Rosario.
34 Porvenir 3 février 1876 25 de Mayo. 35 Crislobal Colon 3 avril 1.76 Colon. 36 Caridad 2a 14 août 1876 Victoria. 37 Libertad 8 avril 1876 S" Jose de Flores 38 Eureka 8 avril 1877 B.-Aires 39 Union del Sud 21 juillet 1877 Chascomus. 40 l.uz del Oeste 8 février 1877 Ghivilcoy. 41 Gal can Martin lOdécembrn 1877 Bragado. 42 Estrella de la Paz 24 décembre 1877 La Paz. GR.-. LOGIA NACIONAL 1 Moderne Tolerancia 28 Mai 1857 B.-Aires.
2 Un on italiana 23 décembre 1858 id. 3 Amis de la Vérité 14 janvier 181e. id. 4 Union Italiana Cap 3 janvier 1863 id. 5 Germania 24novembr 1863 id. 6 Armonía 17 juin 1876 Boea. 7 Liheri pensadori 30 sept- mb. I87<- id. 8 15 de setiembre 17 déeemb. 877 Dolores. 9 Integridad 24 déeemb. 1877 San Nicolas. GR.-. OR. . DE FRANCE Bleu Amie des naufragés 8 mars 1852 Buenos-Aires. GR.'. LOGE D’ANGLETERRE 1 York Excelsior 19 janvier 1854 Buenos-Aires.
2 Star of lhe South 10 juin '864 id. 3 Light of lhe South 20 juillet 1876 Bodrio. 4 Southern Cross 14 avril 1877 Cordoba. GR.-. LOGE DE HAMBOURG I Eclectique Deutihlaud 27 septemb. 1877 Buenos-Aires.
ORDRE KABBALIST1QUE DE LA ROSE-CROIX 2Í7 N0' RITES NOMS DATES LIEUX GR.-. OR.-. I^’ITALIE 1 Synib.- Obcdienza alle legge 17 mars 1877 Buenos-Aires. 2 Itatia 27 août 1866 id. 3 Ecos.-. Union Italiana 11 noveinb. 1877 id. 4 Estrella Palar 20 décemb. 1877 Flores. 5 Union v filantropia 4 mai 1878 Guabeguaychu. 6 Setti Colli il) juillet 1878 B.-Aires. 7 Figli d'Italia 30 noveinb. 1878 Boca.
Toutes ces différentes puissances fraternisèrent entre elles pendant un certain temps, mais une poire de discorde, lancée en 1886 par l’orgueil argentin, vint de nouveau semer la zizanie entre les différentes obéd.-. et FO.-, argentin qui, se croyant très fort, ne voulut plus permettre l’existence des obéd.-. étran gères sur son territoire.
Menace en l’air qui n’eut d’autre effet que de fomenter la discorde, la création de nouvelles loges sous l’obéd.-. étrangère et l’aban don de trois Loges italiennes qui passèrent à l’or.-. Italien. Seul legr.-. or.-, de France ne permit pas l’installation de nouvelle loge sous son obéd.-. Comme il est naturel de le penser, les loges étran gères cessèrent toutes relations officielles avec le Gr.-. Or.-.
Argentin, mais cependant tolérèrent la visite de Maç.-. argentins. 11 a manqué au Gr.-. Or.-, argentin l’intelligence du moment à choisir et l’énergie nécessaire pour se faire respecter ; il n’a fait que menacer, baissant la tête sous les lettres vertes des Or.-, étrangers, lui repro chant sa désunion continuelle. La « Confederación de los ritos » accordée en 1878
258 l’initiation était presque détruite; le Gr.'. Or.-., comme pouvoir suprême, avait peu à peu absorbé « el Directorio » et les pouvoirs des autres rites; presque toutes les loges obéissaient directement au Gr.-. Or.-. L’écossisme ab sorbait les autres rites, moins les rites sous les obéd.-. étrangères.
En 1886, une réunion des délégués de toutes les loges confédérées, en convention générale décrétait l’unification des pouvoirs maç.-. sous la dénomination « supremo consejo ygrande Oriente para la Républica Argentina », cette unification était purement nominale comme le temps l’a prouvé. 1887. Les loges fatiguées de l’ignorance et'de l’in capacité du Gr.-.
Or.-, composé de machines à voter, recruté parmi les épiciers, etc., de la capitale, ini tièrent un mouvement de réprobation, menaçant d’un nouveau schisme.
Trop faible pour prendre les me sures intelligentes, conduit par quelques individus qui ne voient dans la Maç.-. que le tremplin sur lequel ils peuvent faire leurs pirouettes orgueilleuses, le pouvoir directeur a été débordé ; quelques loges, tant de la capitale que des provinces se déclarèrent indé pendantes.
Sans aucuns liens entre elles, peu à peu, grâce à la propagande et surtout aux promesses de mieux faire, elles rentrèrent presque toutes dans le giron argentin, après de nouvelles élections ; quelquesunes passèrent à FOr.-. italien. 188g. L’administration supérieure était dans de pires conditions ; l’antérieur Gr.-. M.-. caudillo poli tique n’avait vu qu’un moyen d’arriver par la Maç.-. son Gr.-. Or.-, n’était composé que de ses créatures,
ORDRE KABBAL1STIQUE DE LA ROSE-CROIX 2 5g soutenu par le trop fameux de Fouteynes son com plice en affaire. Un tollé général s’éleva, une irrita tion sourde inonda les loges ; le Gr.-. M.-. fut obligé de renoncer. C’est alors que survint mon affaire avec le Gr.’. Or.-, et la publication de « Luz y Verdad », qui n’a pas peu contribué à la séparation de plus de 40 loges.
Celles-ci, plus instruites par l’expérience, formèrent différentes fédérations qui à l’heure actuelle fonctionnent et donnent de bons résultats particuliers à chaque centre. Cependant la jalousie et l’ambition nuisent à une union sincère et efficace de ces diffé rents centres, qui, unis, pourraient faire quelque chose d’utile.
L’Espagne, toute divisée maçonniquement, a aussi établi différentes loges; le rite de Memphis a deux loges obéd.-. espagnole, celui de Misraïm deux loges aussi, une obéd.’. française, l’autre obéd.’. italienne. Toutes travaillent aussi bien que possible étant donné le caractère versatile et paresseux des habitants de ces pays ensoleillés.
Tableau des Loges établies dans' l’Argentina depuis l’Union des Rites en 1878 Nos RITES NOMS DATES LIEUX UNION DES RITES. — DIEÆCTORIO ARGENTINO 43, Ecos. ■. Concordia 4 février 1878 Gualeguaychu. 44 Britannia 3 juillet 1879 Buenos-Aires. 45 Igualdad 21 juillet 1879 9 de Julio. 46 Roque Perez 30 juillet 1879 Corrientes. 47 1'« Argentina 24novembael879 Buenos-Aires. 48 l.uz del Desierto 26 novembre 1879 Guamini.
49 Aliance 12 janvier 1880 Buenos-Aires. 50 Obreros del Sud 17 mars 1880 Olivarria. 51 Verdad 23 octobre 1880 Mercedes. 52 San Martin 11 juillet 1881 Alvear.
260 l’initiation N05 RITES NOMS DATES LIEUX 53 Ecos. Luz 3 mars 1S82 Mendozza. 54 Hermanos Unidos 23 mars 1883 Villa Maria. 55 Platón 29 mars 1883 Buenos-Aires. 56 Del Corazón 3 septembre 1883 Gilles. 57 Confraternidad al norte 11 mai 1885 In Pedro. 58 Estretta Tucumana 29 novembre 1885 Tueuman. 59 Hijos del trabajo 3 avril 1885 Barracas. 60 H ira ni 15 février 1886 Très Arroyos. 61 Luz Universal 21 juin 1886 Baradero.
62 Hijos del progreso 16 août 1886 Barracas. 63 Caridad de Chacabuco 15 avril 1887 Chacabtics. 64 Stretta Ugnalauza 25 juillet 1887 La Plata. 65 América latina 2 août 1887 Salta. (ili Sol Argentino 7 janvier 1888 Zara te. 67 Luz de la Pampa 23 novembre 1888 Guanti ni. 68 Estrella do la Pampa 16 décembre 1889 Junin. 69 Acacia 23 mars 1891) Flores. 70 Unión de Lobos 30 novembre 1890 Lobos. 71 Dios y Libertad Il décembre 1890 Ranchos.
72 Armonía 30 décembre 1890 Santa-Fé. GR.-. LOG.-. ANGLAISE 5 York Vittoria 23 décembre 1885 Buenos-Aires. OR.-. DE ROME 8 Simb.-. Madre Union Habana 3 septembre 1883 Buenos-Aires. 9 Giordano Bruno 29 mars 1889 id. Loges restées sous l’obéd.-. du Gr.-. Or.-. Argentin, mars 1891. 16 II ijoe del Trabajo, divisée cm 17 15 de Setiembre. 18 Del Corazon. 19 Luz y Verdad. 20 La Plata, divisée en 2. 21 Asilo fraternal. 22 Obreros del Sud.
23 Sol Argentino. 24 B. Franklin. 25 Union. 26 Ab. Lincoln. 27 Estrella Tueumana. 28 Roque Perez. 29 Estrella de la Pampa. 1 Caridad. 2 Platon. 3 Union Italiana, divisée en 2. 4 Confraternidad. 5 Coustancia. G Hijos d’Hiram, divisée en 2. 7 Obediencia à la Le.y. 8 Union del Plata. 9 Daniel Maria Cazón. 10 Moralidad. 11 Tolerancia, divisée en 2. 12 Egalité, Humanité. 13 Primera argentina. • 14 llesoiucion. 15 G"1 11 F" Martin.
ORDRE KABBALISTI'QUE DE LA ROSE-CROIX 26 I Ainsi, de 81 Loges réunies en 1886, seulement 29 sont restées sous l’obéd.-. argentine. On doit défalquer 14 loges en sommeil. RÉSUMÉ 1891 Obéd.-. du Gr.-. O.'. Argentin........................... 29 Diverses fédérations indépendantes . . .38 Obéd.-. Gr.-. Or.-, de France........................ 1 — Gr.-. Log.-. Anglaise........................ 5 — Gr.-. Or.-, de Hambourg................. 1 — Gr.-. Or.-. Italien............................... 9 Total...................... 83 i8g3. Je sais personnellement, mais non par docu ments officiels, que sous l’obéd.-. du Gr.-. Or. Italien, il y a 23 loges des rites symb.-. moderne et Misraïm et écos.-., 5 loges Espagnoles symb.-. Ecos.-. et Memphis, 7 loges anglaises York, 2 loges fran çaises, Bleu etMisraim. De sorte qu’en 1894, leGr.-. Or.-, argentin a perdu presque les deux tiers de ses loges; que 37 loges étrangères ne reconnaissent pas son autorité. Combien il serait à désirer que tous ces éléments, puissants par le nombre et l’organisation (104 loges) soient conduits au but tant désiré du progrès humain. Cette fin de siècle est un terrible séparateur ; on dirait que quelque chose d’extraordinaire se prépare et que l’âme terrestre se recueille et divise pour arriver à la destruc tion des mauvais levains et pousser les bons dans la
2Ô2 l’initiation voie de la réparation et du progrès, peut-être psy chique! Désirons-leet unissons nos efforts afin d’aider au mouvement qui, sans aucun doute, vous aidera, vous les jeunes, à conquérir les pouvoirs que nous ■autres ne pouvons qu’entrevoir. La Plata, i5 décembre i8o3, Girgois, 32.’.
S* Ii Mot à mot, avec rapprochements philologiques BRASHITH — COMMENCEMENTS AVANT-PROPOS Jusqu’à nos jours, il faut bien le dire, les parties les plus importantes de la Bible, entre autres le Pen- ■tateuque, ou livres attribués à Moïse, n’ont point été traduites d’unefaçonindépendante, c’est-à-dire dégagée de toute arrière-pensée dogmatique.
De là, les contro verses multiples engagées de confession religieuse à confession religieuse, lorsqu’elles prennent, comme point de départ de leur foi, la Bible. Les exégèses ont succédé aux exégèses, et le débat, toujours s’élargis sant, n’est pas près de finir, eu égard à la nature du sujet, qui touche aux plus redoutables problèmes.
Sans vouloir entrer, à notre tour, dans la lice, conTRADUCTION DE LA GENESE 263 sidérant notre incompétence sur une matière aussi ardue, qui n’est pas d’ordre de raison pure, mais plutôt de sentiment intime, de foi, nous avons cru cependant qu’il y avait là une lacune à combler, un. terrain neutre, où la science philologique pouvait avoir sa raison d’être.
Nous plaçant à ce point de vue seulement, nous avons entrepris la traduction du Pentaleuque, sans parti pris aucun de dogmatisme religieux, n’ayant eu que le souci constant de traduire’ le plus près possible du texte hébreu, mot pour motHeureux si, sur le terrain neutre où nous avons eu le scrupule de nous placer, quelque service peut avoir été rendu à ceux qui s’occupent de science pure.
A ce propos, une question se pose de prime abord : Jusqu’à quel point les livres du Pentateuque attribués à Moïse sont-ils authentiques ? Autre question : Ces livres sont-ils émanés de Moïse, ou viennent-ils d’ail leurs ?
La question est épineuse, puisque pour les uns c’est mettre la révélation mosaïque en question ; et pour les autres, un point scientifique et historique à élucider.
D’après les plus récentes découvertes des tabletteschaldéennes en briques et en grès, où sont gravées et inscrites les légendes de la création, et de la Tour de Babel, il n’est plus douteux pour personne que Moïse n’a pu en être que le reproducteur plus ou moins fidèle, puisque ces traditions ont été écrites bien avant l’existence de ce dernier. — De plus, il est indéniable que les Juifs obtinrent leurs idées primitives sur la Création de Moïse qui lui-même les avait reçues de l’Égypte, alors qu’il faisait partie de la caste sacerdol’initiation 264 taie de Memphis.
Il est admis en outre que ces mêmes traditions ont été transcrites à nouveau à la suite de la captivité, par Esdras et autres. Qu’est-il demeuré de l’original de Moïse après ces tardives transcriptions ?
L’éminent traducteur de la Bible Cahen, présentant ses scrupules sur ce sujet (V. sa traduction de 1833 p. 1, avant-propos), s’exprime ainsi : « Je crois qu’à telle profondeur qu’on pénètre dans la nuit des temps, les anciens hébreux qu’on y ren contre sont des mortels, transmettant leurs pensées, écrivant, composantavec et sur des matières altérables, périssables que les changements, les interpolations, les augmentations et les diminutions, etc., etc., qu’en général toutes les vicissitudes que peuvent avoir subies des copies écrites dans un idiome parlé par des hommes, ont atteint les ouvrages écrits en hébreu.
Prétendre faire exception pour la Bible, c’est inventer un nouveau miracle plus considérable qu’aucun de ceux dont cette Bible fait mention et que rien ne nous oblige d’admettre.
D'abord un tel article de foi n’a jamais été admis par l’universalité des théologiens. Beaucoup et des plus distingués se sont élevés contre cette prétention.
« Le père Simon de l’Oratoire, ami et protégé de l’illustre Bossuet, dans son ouvrage sur l’origine et sur l’auteur du Pentateuque, histoire critique du vieux testament (Rotterdam, 1685), avance que nous n’avons que des copies, quelquefois tronquées, d’anciens textes qui se sont perdus. » « Cette opinion est la nôtre, dit Cahen. »
TRADUCTION DE LA GENÈSE 265 Si l’on remonte à l’antiquité, l’on retrouve la même opinion exprimée par des hommes éminents par leur science historique.
Nous citerons toujours, d’après Cahen, un jugement similaire prononcé sur ce sujet par un célèbre historien, le Cohêne Josèphe, qui a vécu contemporain de la chute du second temple; né dans la Palestine, de la race sacerdotale, vaillant guerrier, excellent écrivain, qui avait sur l’histoire générale des idées plus justes, plus exactes que les écrivains grecs et romains de son époque. — Pourquoi ne serait-il pas permis à un citoyen français, ayant nom Cohen, de répéter ce que disait, il y a dix-huit siècles, un sacrificateur de Jérusalem ayant nom Josèphe ?
« Il existe un ouvrage entièrement consacré à l’ex plication de l’ancien testament, au moyen d’une seule idée qui domine tout le système.
Voici cette idée : « Toutes les pratiques, les prescriptions, les usages, en un mot tout le culte du Pentateuque, est une con cession faite de Dieu à la faiblesse de l’homme ; toutes les cérémonies n’ont en elles-mêmes aucune valeur intrinsèque, mais elles étaient nécessaires à une nation infatuée des superstitions sabéennes et égyp tiennes, pour la ramener par des traditions non brus quées à l’adoration du Dieu unique. Qui a dit cela ?
Ce n’est pas un écrit provenant de source voltairienne, comme on serait peut-être tenté de le croire. Nulle ment, l’ouvrage a été écrit, il y a environ six siècles, en arabe, par une des plus grandes lumières de ce siècle. Pourquoi ne serait-il pas permis, au xix° siècle,
266 l’initiation à un citoyen français du nom de Cahen, de répéter ce que disait, dans le xn° siècle, un habitant du Caire, rabbin grand, ayant nom Mosché (Moïse), fils de Maimon, etc. ? » Ces appréciations, presque des aveux, sur la valeur intrinsèque du texte biblique actuel, nous ayant paru précieuses et de nature à légitimer notre entreprise, voilà pourquoi nous les avons présentées au lecteur désintéressé.
Notre travail se trouvant complété d’aperçus philo logiques, il importe de bien préciser de quelle façon l’on peut arriver à reconnaître facilement les mots hébraïques qui ont passé dans les autres langues.
La langue hébraïque, étymologiquement parlant, doit être étudiée sous trois points de vue, qui sont d’impor tance : i° Au point de vue de la valeur hiéroglyphique des lettres composant un mot, dégagé de ses préfixes et suffixes et souvent de la lettre attaquante ; 2° au point de vue de la valeur de l’idée à exprimer, ne se sépa rant pas de l’idée exprimée par le contour hiérogly phique ; 3° au point de vue du contexte.
En effet l’hébreu n’est pas une langue analytique comme nos langues modernes. Dans son langage, il y a du flottant, de l’indécis, souvent difficile à fixer. Son expression est tout idéale, imagée, onomatopique le plus souvent, ce qui dénote une langue encore dans l’enfance.
Cette indécision d’expression souvent non arrêtée ne peut être fixée, dans bien des cas, que par la place où les mots se trouvent indiqués dans le texte de la phrase : de là tant d’explications différentes
TRADUCTION DE LA GENESE 267 dans les traductions. Et, si on ajoute à ces difficultés premières le point de vue théologique auquel se place naturellement chaque confession religieuse, comment s’étonner que les traducteurs ont cherché à figer en quelque sorte le dogme dans un texte approprié à l’usage de tant de confessions religieuses différentes !...
Notre traduction du Pentateuque sera donc indé pendante, exclusivement philologique, sans partipris aucun; et, afin de rendre cette traduction plus fructueuse, plus intéressante, nous l’avons complétée par des rapprochements de philologie comparée avec les autres langues tant anciennes que modernes, lorsque le texte nous en a présenté l’occasion.
Nous avons transcrit les mots hébreux sans les points et voyelles massorétiques qui n’existaient pas du reste dans le Pentateuque primitif, par la raison qu’étymologiquement parlant, les points et voyelles sont une entrave à la reconnaissance des analogies existant entre les mots hébreux et ceux qui ont passé dans les autres langues.
En effet, l’ancien hébreu étant une langue morte ; chercher maintenant à re constituer sa prononciation exacte est impossible.
Du reste, qui ne sait que, dans nos langues modernes elles-mêmes, la prononciation des mêmes lettres diffère dans chaque idiome ; dès lors, le même mot, pour être reconnu passant de l’hébreu au français, de l’hébreu à l’anglais, ou à toute autre langue, doit être nécessairement prononcé d’après les règles de ces idiomes, sans quoi, nous n’aurions aucun rapproche ment possible à espérer, mais bien une simple caco phonie.
Ceci est important, et nous croyons n’avoir TRADUCTION DE LA GENESE 26g cés entre a et é ; 1 i sera prononcé i, ou sera prononcé ououve;ô, o, selon les rapprochements à établir. Lorsque le mot hébreu ne sera composé que de con sonnes, afin de pouvoir l’articuler, il faudra sous-en tendre un a.
Il faudra tenir compte en outre de la permutation des lettres déjà mentionnée plus haut, c’est-à-dire que les lettres de chaque touche vocale peuvent à volonté se prendre l’une pour l’autre. Les voyelles permutent avec les voyelles, les labiales avec les la biales, les dentales avec les dentales, les gutturales avec les gutturales, les sifflantes avec les sifflantes, les liquides avec les liquides.
Ces dernières tombent facilement de 1 une a 1 autre, surtout l’r qui joue un rôle primordial dans le clavier des langues et forme à lui seul près des deux tiers des mots. De cette façon, le flambeau étymologique brillera de tout son éclat dans les rapprochements cherchés entre l’hébreu et d’autres idiomes. Si 1 on opérait autrement, il n’y aurait plus que confusion, avons-nous dit déjà.
Voir au surplus, pour de plus amples explica tions, notre ouvrage la Linguistique vulgarisée, (E. Leroux, éditeur, rue Bonaparte 28). En regard de la traduction du chapitre icr de la Genese, La Création, nous avons cru utile de placer le chapitre ici de la Création de Manon (extrait de son livre les Lois de Manon), qui comprend, outre le récit de la Création, celui du Jour et de la Nuit, de Brahma, ou Pralaya, dissolution. Ces récits sont on - _ 1- 1 _
208 L'INITIATION pas besoin d’insister. C’est, pour ainsi dire, la clef éty mologique de notre travail. Le sanscrit et l’hébreu ont des côtés communs, no nobstant l’assertion de la plupart des philologues. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer entre eux une foule de mots possédant la même graphique et le même sens ; la différence pour la plupart des autres provient de ce que le sanscrit est monosyllabique et l’hébreu trisyllabique.
Si l’on veut rechercher la pa renté du dernier idiome avec le sanscrit, ainsi que celle des langues sémitiques en général, il faudra donc, au préalable, ramener les principaux radicaux au mo nosyllabe, par leur étude comparée, et par conséquent les dégager des préfixes et des lettres intercariées, m, n, th, i, a, ô, ah, é, aussi bien que du redouble ment des consonnes.
Cela fait, la parenté de ces idiomes entre eux deviendra très probable, pour ne pas dire évidente, à moins qu’une langue mère primi tive n’ait contribué à former tous ces idiomes: hypo thèse qui peut se soutenir, si l’on considère que les anciens Indous, parlant le sanscrit, descendaient euxmêmes, à en croire les Védas, des Rutas, peuple anti- , diluvien, qui sans doute parlait un langage peu éloi gné du sanscrit, sinon le sanscrit dans sa première en fance.
Pour terminer, enfin, nous n’avons plus à ajouter que les voyelles correspondant à peu près à la pho nétique de notre alphabet seront dans le contexte écrites avec leur prononciation française : ainsi l’aleph hébraïque a, sera prononcé a, le e é, quoique ces sons ne soient pas tout à fait identiques et se trouvent pla2yo L'INITIATION phique.
C’est tout un système du monde, qui dépasse de beaucoup le récit biblique, qui n’en est que la re production très en raccourci, un simple abrégé. Le lecteur n’aura qu’à comparer et à juger. II verra tout d’abord se dégager sans équivoque l’af firmation d’un Etre suprême, invisible, infini, ayant existé de toute éternité, duquel émane tout ce qui existe.
Quel enseignement pour les modernes, si l’on se reporte à l’antiquité vénérable de ces légendes pri mordiales de l’humanité ! (A suivre.) Alfred Le Dain.
TRADUCTION DE LA GENESE 267 dans les traductions. Et, si on ajoute à ces difficultés premières le point de vue théologique auquel se placenaturellement chaque confession religieuse, comment s’étonner que les traducteurs ont cherché à figer en quelque sorte le dogme dans un texte approprié à l’usage de tant de confessions religieuses différentes !...
Notre traduction du Pentateuque sera donc indé pendante, exclusivement philologique, sans partipris aucun ; et, afin de rendre cette traduction plus fructueuse, plus intéressante, nous l’avons complétée par des rapprochements de philologie comparée avec les autres langues tant anciennes que modernes, lorsque le texte nous en a présenté l’occasion.
Nous avons transcrit les mots hébreux sans les points et voyelles massorétiques qui n’existaient pas du reste dans le Penlateiique primitif, par la raison qu’étymologiquement parlant, les points et voyelles sont une entrave à la reconnaissance des analogies existant entre les mots hébreux et ceux qui ont passé dans les autres langues.
En effet, l’ancien hébreu étant une langue morte ; chercher maintenant à re constituer sa prononciation exacte est impossible.
Du reste, qui ne sait que, dans nos langues modernes elles-mêmes, la prononciation des mêmes lettres diffère dans chaque idiome ; dès lors, le même mot, pour être reconnu passant de l’hébreu au français, de l’hébreu à l’anglais, ou à toute autre langue, doit être nécessairement prononcé d’après les règles de ces idiomes, sans quoi, nous n’aurions aucun rapproche ment possible à espérer, mais bien une simple caco phonie. Ceci est important, et nous croyons n’avoir
208 l’initiation pas besoin d’insister. C’est, pour ainsi dire, la clef éty mologique de notre travail. Le sanscrit et l’hébreu ont des côtés communs, no nobstant l’assertion de la plupart des philologues. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer entre eux une foule de mots possédant la même graphique et le même sens ; la différence pour la plupart des autres provient de ce que le sanscrit est monosyllabique et l’hébreu trisyllabique.
Si l’on veut rechercher la pa renté du dernier idiome avec le sanscrit, ainsi que celle des langues sémitiques en général, il faudra donc, au préalable, ramener les principauxradicaux au mo nosyllabe, par leur étude comparée, et par conséquent les dégager des préfixes et des lettres intercariées, m, n, th, i, a, ô, ah, é, aussi bien que du redouble ment des consonnes.
Cela fait, la parenté de ces idiomes entre eux deviendra très probable, pour ne pas dire évidente, à moins qu’une langue mère primi tive n’ait contribué à former tous ces idiomes: hypo thèse qui peut se soutenir, si l’on considère que les anciens Indous, parlant le sanscrit, descendaient euxmêmes, à en croire les Védas, des Rutas, peuple anti- , diluvien, qui sans doute parlait un langage peu éloi gné du sanscrit, sinon le sanscrit dans sa première en fance.
Pour terminer, enfin, nous n’avons plus à ajouter que les voyelles correspondant à peu près à la pho nétique de notre alphabet seront dans le contexte écrites avec leur prononciation française : ainsi l’aleph hébraïque a, sera prononcé a, le e é, quoique ces sons ne soient pas tout à fait identiques et se trouvent plaTRADUCTION DE LA GENESE 26g cés entre a et é ; Fi sera prononcé i, ou sera prononcé ou ou ve ; ô, o, selon les rapprochements à établir.
Lorsque le mot hébreu ne sera composé que de con sonnes, afin de pouvoir l’articuler, il faudra sous-en tendre un a. Il faudra tenir compte en outre de la permutation des lettres déjà mentionnée plus haut, c’est-à-dire que les lettres de chaque touche vocale peuvent à volonté se prendre l'une pour l’autre.
Les voyelles permutent avec les voyelles, les labiales avec les la biales, les dentales avec les dentales, les gutturales avec les gutturales, les sifflantes avec les sifflantes, les liquides avec les liquides. Ces dernières tombent facilement de l’une à l’autre, surtout l’r qui joue un rôle primordial dans le clavier des langues et forme à lui seul près des deux tiers des mots.
De cette façon, le flambeau étymologique brillera de tout son éclat dans les rapprochements cherchés entre l’hébreu et d’autres idiomes. Si l’on opérait autrement, il n’y aurait plus que confusion, avons-nous dit déjà. Voir au surplus, pour de plus amples explica tions, notre ouvrage la Linguistique vulgarisée, (E. Leroux, éditeur, rue Bonaparte 28).
En regard de la traduction du chapitre 1 " de la Genèse, La Création, nous avons cru utile de placer le chapitre Ier de la Création de Manon (extrait de son livre les Lois de Manon), qui comprend, outre le récit de la Création, celui du Jour et de la Nuit, de Brahma, ou Pralaya, dissolution. Ces récits sont on ne peut plus remarquables, par leur hauteur philoso
l'initiation 270 phique. C’est tout un système du monde, qui dépasse de beaucoup le récit biblique, qui n’en est que la re production très en raccourci, un simple abrégé. Le lecteur n’aura qu’à comparer et à juger. Il verra tout d’abord se dégager sans équivoque l’af firmation d’un Etre suprême, invisible, infini, ayant existé de toute éternité, duquel émane tout ce qui existe. Quel enseignement pour les modernes, si l’on se reporte à l’antiquité vénérable de ces légendes pri mordiales de l’humanité ! (.4 suivre.) Alfred Le Dain.
PARTIE LITTÉRAIRE PARAPHRASE du luetémsreiï d’Apollonius de Tyane Ce monunient de la liante magie des Assyriens est assez curieux pour que nous soyons dispensé d’en faire ressortir l'importance (Eliphas Lévi). PREMIÈRE HEURE Dans l’unité du Tout les démons frémissants Refrènent leur malice et domptent leur colère ; Ils offrent au seigneur en hommage l’encens De leur soumission à sa grandeur austère. Comme eux. après avoir vaincu nos passions Nous nous élèverons vers l’Esprit ineffable Pour lui porter nos vœux, nos adorations Et demeurer saisis de sa gloire insondable. SECONDE HEURE Binaire des serpents autour du Caducée ; O poissons encerclés dans le Zodiacal
l’initiaton 272 Chantez, louez, ici, le Seigneur de l’Astral Aux éclats de la foudre à la voix cadencée; L'Équilibre est partout dans la création ; La force est à la force à la fois réunie : Le bien avec le mal enfantent l’harmonie Parle magique agent qu’on nomme Attraction TROISIÈME HEURE De la religion émanant le mystère, Symbole vénéré voici le nombre Trois : Les deux serpents d’Hermès s'entrelacent trois fois, Son aspect fait ouvrir les gueules de Cerbère Et donne par la foudre à la flamme trois voix.
QUATRIÈME HEURE Prestige, illusions vont cesser à quatre heures, Le Cercle aux quatre coins a des feux rayonnants L’âme va visiter les morts en leurs demeures Et les évoquera par ses enchantements.
CINQUIÈME HEURE En votre harmonieuse et naturelle essence O force du Créé dévoilez-vous à nous : La voix des grandes eaux qui sont autour de vous Chante du Créateur la suprême puissance. ■ SIXIÈME HEURE Nous serons à présent insensibles aux maux, N’ayant pour les doulezirs ni faiblesse et ni plainte.
AU SPHYNX 2 75 Aujourd’hui, rien n’est plus de ces antiques gloires! Les ans ont fait l’oubli, l’ignorance, la loi. Et si leur nom béni vit en quelques mémoires On traite d’insensés ceux qui pensent à Toi ! Cependant, tu le vis, le temps de ces merveilles Dont on ne garde plus qu’un lointain souvenir ; Sur ces débris sacrés, impassible, tu veilles Et tu sais si ce temps ne doit pas revenir.
Dis-moi, tes yeux, ô Sphynx! reverront-ils encore Ces cortèges royaux et divins à la fois Qui, sur ton sable fin qu'un brûlant soleil dore, Serpentaient à tes pieds dans les jours d’autrefois ?■ Oh ! Des processions les antiques féeries ! Ces prêtres d’Ammon-Râ, de Thot et <L Osiris, Déroulant à pas lents leurs longues théories Devant les chœurs pieux des prêtresses d’Isis!
Puis le gardien du temple ainsi que le Clochyte, Le Prophète divin et le Scribe sacré... Lugubre Tarichente et sombre Paraschite Pastophore, portant le Naos vénéré! Au-dessus d’eux, le Roi, le Pharaon, le Maître ! Jadis, très humblement le serviteur d’Horus [Prêtre, Aujourd’hui, le front ceint du pschent royal, Grand Il porte le pedum, le sceptre et l’Uréus !
l’initiation 276 Et nous nous agitons, ô Sphynx des Pyramides ! Devant tes yeux rêveurs qui virent ces géants. \ vides, Hélas ! Les Dieux sont morts, et les tombeaux sont On a souillé le seuil de tes temples béants! Et nous, pour te chanter, nous accordons nos lyres, Célébrant ta grandeur, nos vœux et notre espoir! Toi, tu railles d’en haut... et parfois je crois voir Ta face de granit se zébrer de sourires! P. de Labaume.
Vous, qu’a fécondés le souffle divin, O trésors du sol qui donnes; le vin Qui réchauffe et désaltère; Qui donnes; aussi l’aliment sacré Que le pauvre quête et mange en secret Pour ne point quitte?' la Terre... O suc de la vigne ! 0 fleur du blé d’or ! Que contient la grappe ou l’épi qui dort, Oui, votre essence est divine !
Oui ! votre semence est prise au Foyer Qui fait les soleils aux cieux tournoyer Et que l'être humain devine. (1) Ceci est le divin symbole de ¡’Eucharistie.
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 277 Oui ! vous êtes bien substance de Dieu. !... Et lorsque l’Elé nous dit son adieu Tout empreint d'un gris mystère, Très pieusement nous vous contemplons Trésor de la gerbe aux doux reflets blonds, Trésor du cep sédentaire! v Oui ! vous êtes bien le corps et le sang De /’Etre toujours nous rajeunissant Par son éternelle Force! Oui! vous êtes bien le symbole, enfin Qui calme la soif, apaise la faim Et nourrit l’humaine écorce. Maurice Largeris. D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Quartier Général. — La dernière se'ance du Groupe a été des plus intéressante. Remarqué surtout une confé rence de M. Georges Vitoux sur la Science de demain. Mauchel a lu des extraits inédits de la correspondance d’Eliphas Lévy, et Papus a exposé l’anatomie et la phy siologie de l’orchestre. On a vu en tête de ce numéro la conférence de M. Emile Michelet. Histoire du Groupe. — U Almanach du Magiste, qui paraît sous peu (retardé par des détails d’impression) con tiendra une histoire du Groupe depuis sa fondation, ainsi que des cartes représentant le progrès du Groupe en France, en Europe et en Amérique.
278 l’initiation NOUVELLES BRANCHES Le Havre — Beauvais Ordre du jour. — M. Esquieu (C. B. E.) à Rennes, est porté à l’ordre du jour du Groupe et recevra un diplôme d’honneur pour ses travaux et son dévouement en faveur de notre cause. groupe n° 4 Séance du 24 février i8g4 Cette séance a eu lieu dans le salon d’un membre du Groupe, Mme P..., qui, à cette occasion, avait réuni chez elle, avec les assistants habituels, plusieurs invités, la plu part étrangers aux études de l’occulte. Malgré ce nouvel élément et malgré aussi de fré quentes interruptions de séance, nous avons obtenu des phénomènes d’une remarquable intensité.
A peine sommes-nous, suivant la règle jusqu’ici suivie, plongés dans l’obscurité, qu’un guéridon voisin des mé diums est agité de forts soubresauts, dont est bientôt agitée elle-même une grande table placée au milieu du salon. — Un piano fermé fait entendre quelques sons. — Le « rossignol », mentionné dans les précédents pro cès-verbaux, parcourt l’espace en chantant. — Un sifflet se promène au-dessus de nos têtes en modulant ses notes stridentes. — Des papiers épars sur la table sont comme froissés par une invisible main.
L’esprit L... réclame alors de la lumière, et nous trou vons écrits au crayon sur l’un de ces papiers deux mots par lesquels l’esprit réclame Mme F..., la femme du chef de notre Groupe, qui n’est pas présente parmi les assis tants. Dans la seconde partie en obscurité, des feuilles sont détachées d’un bouquet de branches de houx, placé dans un vase qui repose sur le piano ; ces feuilles sont appor tées à MM. S.
P... et F... — Des objets légers (balles en celluloïde, grelots, sonnettes, etc...) sont projetés de divers côtés.
Le piano fermé) se fait de nouveau en tendre. — Un tapis qui recouvrait la table de milieu est violemment enlevé. — Cette table et le guéridon se proGROUPE INDÉPENDANT D ETUDES ÉSOTÉRIQUES 279 mènent en tous sens, se lèvent, s’abaissent, frappent le plancher et sont enfin secoués de trépidations qui pro duisent un véritable charivari. Nous nous remettons en lumière, et nous constatons que le tapis a été délicatement posé sur Mme S. P., qu’il enveloppe presque entièrement.
Les divers objets qui se trouvaient sur la table sont maintenant épars sur le sol, où nous découvrons égale ment deux petits livres (édition de la Bibliothèque na tionale) qui, eux, n’avaient pas figuré sur la table. — D’après la déclaration formelle de la maîtresse du lieu, ces livres étaient enfermés dans une bibliothèque dont les portes à vitrine sont d’ailleurs demeurées, nous le vérifions, hermétiquement closes.
En rétablissant quelque peu d’ordre et en replaçant sur la table les objets qui en ont été enlevés, nous cons tatons la disparition d’une petite boîte à musique qui demeure introuvable. Sur le conseil de l’esprit L...,nous reprenons le cours de nos études en obscurité et nous prêtons la plus grande attention.
Soudain, un air de musique; il émane (la nature des vibrations nous en donne la certitude) de la petite boîte que nous avons vainement cherchée tout à l’heure et qui vient en égrenant les notes qu’elle contient, se poser d’elle-même sur la table. — Pendant ce temps, surgissent au-dessus de celle-ci quelques points lumineux entourés d’une lueur difficile.
Tantôt ces points, vus de chacune des personnes pré sentes, s’approchent de la table, y disparaissent, s’y plongent en quelque sorte, tandis que la lueur diffuse persiste et s’étale à la surface, se dilue, s’efface de plus en plus. — Alors que, durant le phénomène, la table se meut, se lève légèrement ou s’abaisse de même.
Tantôt aussi les points lumineux animés d’un mouvement gira toire, tournent à l’entour de la table, semblent choisir l’un des objets qui sont déposés à sa surface.
L’objet choisi est tout aussitôt rejeté de la table et accompagné un instant dans sa chute d’une sorte de queue cométaire d’un léger éclat. — Un des points lumineux s’approche d’un tambour de basque qui résonne alors pendant
280 l’initiation quelques secondes. — Un autre se dirige auprès du piano (toujours fermé) qui rend le son d’un accord plaqué avec vigueur. Toute lueur disparait. — Un bruit mat, semblable à la chute d’un corps, se fait entendre sur la table— puis, plus rien.
En lumière nous constatons que le porte-bouquet de meuré jusqu’alors sur le piano a été transporté sur la table, vers l’une des extrémités, tandis qu’à l’autre, lui faisant face, est posée la boîte à musique. — Le tapis et les autres objets avaient encore une fois tous été enlevés et déposés à terre. Mra° B..., médium, assistait à cette séance, au cours de laquelle il ne s’est produit aucun cas de sommeil ma gnétique. — On ne fît pas la chaîne.
L. François. LE THEATRE TOI JOONÉE PARLEIBNTAIHE La lutte entre l'amour et la politique ayant comme champ d’action uneâme humaine : tel estle sujet de la très remarquable pièce que Maurice Barrés a fait représenter au « Théâtre Libre » sous le titre Une Journée parle' mentaire.
Presque tous les critiques, oubliant le titre de cette pièce Une Journée, ou ne pouvant s’élever au-dessus du plan matériel, ont voulu chercher des allusions à des individualités, où ne se trouvent que des développements psychologiques. La lutte se termine par le triomphe de la politique qui, suivant sa loi, tue sans pitié l’âme que l’amour aurait à jamais sauvée.
M. Antoine a été prodigieux de science et de sentiAXEL 281 ment dans son rôle de Thuringe, et sa troupe l’a admira blement secondé. Quant à Maurice Barrés, il a produit là une œuvre de très haute portée, et nous attendons la suite avec impa tience. Papus. Le 25 et le 26 février, La Chapelle a donné au théâtre de la Gaîté l'Axel de Villiers de l’Isle-Adam.
Trop de banalités ont déjà consacré l’insuccès de l’œuvre pour que nous voulions ajouter une fleur à ce deuil de convenance : il importe de remarquer, peutêtre aujourd’hui, comme hier, le nombre des gens capables de s’intéresser à quelque supérieure, sincère manifestation de l’art, bien détachée des écoles et des conventions est constant ; et que tant qu’il y aura un Villiers pour écrire et souffrir, il y aura deux réalisa teurs pour donner son œuvre à la scène, à leur péril de gloire et d’intérêt, vingt enthousiasmes pour recevoir le verbe de l’artiste en la pureté désormais fécondée de leur esprit.
Mais le nombre n’en saurait augmenter : car ce sont les morts désignés, ceux dont la lueur insolite et prématurée a suscité les ténèbres. Le 25 et le 26, dispersés parmi les inconnus, ils y étaient tous et lorsque La Chapelle a lancé dans la salle le nom de Villiers, ils se sont reconnus à leur regard unique, à leur geste d’avenir. Leur hommage fut en ce jour « un talisman », et de nul indigne porté, fermement déposé dans l’ombre des temps.
Le haut fait de l’histoire esthétique que fut cette représentation inaperçue, quelque matin prendra sa place réelle; et cette Pâques fleurie des cœurs simples leur sera fête suffisante pour compenser les officielles condescendances des critiques bienveillants d’aujourd’hui.
282 l’initiation Telle qu’elle fut, et bien que mêlée d’incomprises paroles, l’interprétation d’.-Lre/ fut bonne; mais deux rôles seulement se détachèrent seuls compris, seuls dignes de toute notre reconnaissance. Au début, l’exquise souffrance et l’insaisissable affection de sœur Alovse délicatement assentie par Mme Lara.
Ensuite, Axel: trop écrasant pour les autres devenus figurants, quelle qu’en ait été la bonne volonté; Axel, mage auprès d’un Janus de collège.
Mais la parole du maître domina les perfec tions comme les faiblesses : et parmi ces éloges sincère ment décernés, le respect de Villiers nous autorisant à quelque critique, que le significateur d’Axel s’interrogeAux fêtes que nous donna La Chapelle, s’il nous apparut grand et digne à son balcon de fer, nous l’eussions sou haité plus souverain encore de son geste moins fièvreu sement dispersé. Marc Haven.
Eusène Demolder. — Les Récits de Nazareth. — Bruxelles. — Charles Vos, éditeur, i8g3 ; in-18. Quel rêve capable de plus hautement tenter un artiste épris de la majesté des lignes pures et simples, que celui d’évoquer avec leur prodigieuse intensité les premiers moments du christianisme. Beaucoup le tentèrent, peu y réussirent. M. Eugène Demolder pourrait bien, je crois, être de ces derniers.
Et il a à cela grand mérite, car l’œuvre, à la réflexion, apparaît quelque peu malaisée. Si celui qui s’y essaie veut ressusciter à nos yeux le décor nécessaire, avec sa totale réalité, il risque fort de tomber en des longueurs qui, à l’encontre précisément de son but, étouffent la clarté qu’il désirait aviver.
S’il use au contraire d’un procédé assez courant, et cherche, par un anachronisme très excusable, à conserver seule la pensée motrice en son intégrité, lui faisant mouvoir des objectivités aux contours familiers à nos yeux dans la vie banale, il risque
APPARITION 283 fort de provoquer chez nous q elque association d’idées qui vienne consciemment ou non ternir la pureté de son œuvre. De plus, la simplicité du milieu ici supprimait toute possibilité d’éteindre les défauts sous la fanfare de parade des ors et des pourpres évoqués. Ils étaient certes in connus de ces paisibles chaumières où vient tout d’abord planer — très douce — la lueur annonciatrice du Noël prochain (Soir de Nazareth).
Quel meilleur compliment aussi que d’affirmer M. Demolder vainqueur de ces difficultés ; reportant le décor à une époque suffisamment vague et délicieusement in décise, assez proche toutefois de la nôtre, pour qu’au cun heurt ou qu’aucune résistance ne vienne arrêter notre pensée s’essorant vers Nazareth.
Quant au style, sa simplicité, — jusqu’en le titre Récits de Nazareth — exclut tout reproche, et sa profonde harmonie révèle un écrivain de race. Déflorer ce livre en le soumettant à la torture d’un compte-rendu serait crime de lèse-esthétique.
Lisez le Soir de Nazareth, le premier de ces délicats récits, vous ne fermerez très certainement le volume qu’à la dernière page, et pour bientôt le rouvrir, à la première heure mauvaise, vous incitant à fuir les réalités brutales. Citer cependant quelques lignes ne peut être que louable.
Voici — au hasard — ce coin exquis : « Les lumières qui lèvent leurs paupières aux fenêtres « de Nazareth sont pures sur la neige, ainsi que des os- « tensoirs parmi des nappes d'autel. Les traînes que « laisse le crépuscule à l’horizon sont des traînes d’anges « plongeant leur chevelure de vermeil dans un ciel im- « maculé de neige, et les villages lointains ont l’air de « planer dans une lumière de roses.
« La ville et le pays se sont vêtus d’une robe candide, « donnée par le firmament. « Les corbeaux, aujourd’hui, ne viennent pas voler « près des tours que la neige ourle d’hermine : ce sont « des colombes qui passent ; le soir caresse leur poitrine « aérienne. « Noël! Noël! Noël! Luc Hizarbin.
288 l’initiation Société de Secours des Amis des Sciences 7P, boulevard Saint-Germain Paris, 22 janvier 1894. Monsieur, « Il y a entre ceux qui cultivent les sciences, ceux qui les appliquent et ceux qui en sentent le prix des rapports qui les lient intimement ».
Ces paroles, que prononçait, en 1857, le fondateur de la Société de secours des amis des sciences, Thénard, en présidant la séance d’inauguration, permettez-nous de vous les rappeler et de vous demander un appui que votre haute situation et l’influence que vous exercez rendent précieux.
La Société des amis des sciences est trop peu connue Elle a été instituée pour venir en aide aux savants qui, après avoir concouru, à des degrés divers, à l’avance ment des sciences, sont tombés dans la misère ou sont morts en laissantleur famille sans ressources. La société, depuis son origine, a donné en pensions et en secours i.2>8.ooo fr.
Cette assistance, qui a le caractère d’une distinction, honore dignement les savants trahis par le sort ou les veuves et les enfants qui n’ont pour héritage que le souvenir des services rendus à la science par leur mari ou leur père. C’est au zèle de nos correspondants et de nos sous cripteurs qu’il appartient de nous aider dans cette tâche. Il n’en est pas de plus digne de votre attention.
Nous sommes sollicités chaque jour par des infortunes nou velles. Pour les soulager, il nous faudrait aussi des adhésions nouvelles. Demandez-les autour de vous; dites, nous vous en prions, ce qu’est cette grande œuvre que Thénard et Dumas nous ont léguée. Veuillez agréer, Monsieur, les assurances de notre considération très distinguée. (Suivent les signatures). Le Gérant : Encausse. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
APPARITION 283 fort de provoquer chez nous q elque association d’ide'es qui vienne consciemment ou non ternir la pureté de son œuvre. De plus, la simplicité du milieu ici supprimait toute possibilité d’éteindre les défauts sous la fanfare de parade des ors et des pourpres évoqués. Us étaient certes in connus de ces paisibles chaumières où vient tout d’abord planer — très douce — la lueur annonciatrice du Noël prochain (Soir de Nazareth).
Quel meilleur compliment aussi que d’affirmer M. Demolder vainqueur de ces difficultés ; reportant le décor à une époque suffisamment vague et délicieusement in décise, assez proche toutefois de la nôtre, pour qu’au cun heurt ou qu’aucune résistance ne vienne arrêter notre pensée s’essorant vers Nazareth.
Quant au style, sa simplicité, — jusqu’en le titre Récits de Nazareth — exclut tout reproche, et sa profonde harmonie révèle un écrivain de race. Déflorer ce livre en le soumettant à la torture d’un compte-rendu serait crime de lèse-esthétique.
Lisez le Soir de Nazareth, le premier de ces délicats récits, vous ne fermerez très certainement le volume qu’à la dernière page, et pour bientôt le rouvrir, à la première heure mauvaise, vous incitant à fuir les réalités brutales. Citer cependant quelques lignes ne peut être que louable.
Voici — au hasard — ce coin exquis : « Les lumières qui lèvent leurs paupières aux fenêtres « de Nazareth sont pures sur la neige, ainsi que des os- « tensoirs parmi des nappes d’autel. Les traînes que « laisse le crépuscule à l’horizon sont des traînes d’anges « plongeant leur chevelure de vermeil dans un ciel im- « maculé de neige, et les villages lointains ont l’air de « planer dans une lumière de roses.
« La ville et le pays se sont vêtus d’une robe candide, « donnée par le firmament. « Les corbeaux, aujourd’hui, ne viennent pas voler « près des tours que la neige ourle d’hermine : ce sont « des colombes qui passent ; le soir caresse leur poitrine « aérienne. < Noël! Noël! Noël! Luc Hizarbin.
286 l’initiation par ce mot. Ces mots énergie et force sont des abstrac tions; leur sens est des plus vagues, et les phénomènes s’expliquent par de la réalité, par du concret et non par des abstractions. Oui l’électricité est un mode de mouve ment de F unique éther ; si c’est cela que vous voulez dire, nous sommes d’accord.
Un personnage éminent qui s’occupe d’occultisme vient de m’écrire les lignes suivantes : « Je partage vos opi nions sur le plus grand nombre des points, et vous serez certainement étonné de voir combien vos déductions sont confirmées par mes expériences quand j’aurai eu le temps de les rédiger. » Si l’expérience confirme ma théorie, il faudra bien que vous vous laissiez convaincre.
En vous renouvelant mes remerciements, agréez, Monsieur, l’assurance de ma considération très distin guée.
Dr Fugairon. ★ * ¥ Je suis reconnaissant au D1' Fugairon de ses bienveil lantes explications et souhaite ardemment posséder enfin cette conviction qu'il veut bien me prédire et que n’ont pu me procurer cinq années d’études spéciales, sous la direction éclairée de mon regretté maître Edmond Bec querel, et huit ans de pratique expérimentale d’après les méthodes les plus positives.
Dans les travaux du père Secchi, de Poincaré, de Tesla, de Crookes, de Tyndall, de Fresnel, de Hertz..., de vingt autres, que j’ai appro fondis, j’ai toujours admiré, autant que la précision des expériences et la hardiesse des hypothèses, la sage ré serve des conclusions et la prudence des théories', et j’avoue, sans fausse honte, que j’ignore encore ce que sont, dans leur essence, les corps et les forces (lumière, chaleur, électricité, gravitation, etc.), modalités de la matière et de l’énergie, ces deux abstractions pures, autant l'une que l'autre, que nous sommes obligés de faire intervenir pour l’explication approximative des dif férents ordres de mouvement que sont les phénomènes.
Je le répète, le D1’ Fugairon me rendra un signalé ser vice en me donnant la solution de si profondes et si troublantes énigmes que le concret essentiellement rela tif dans lequel nous vivons ne peut résoudre que relatiAPPARITION 283 fort de provoquer chez nous q elque association d’ide'es qui vienne consciemment ou non ternir la pureté de son œuvre.
De plus, la simplicité du milieu ici supprimait toute possibilité d’éteindre les défauts sous la fanfare de parade des ors et des pourpres évoqués. Ils étaient certes in connus de ces paisibles chaumières où vient tout d’abord planer — très douce — la lueur annonciatrice du Noël prochain (Soir de Na^aretli).
Quel meilleur compliment aussi que d’affirmer M. Demolder vainqueur de ces difficultés ; reportant le décor à une époque suffisamment vague et délicieusement in décise, assez proche toutefois de la nôtre, pour qu’au cun heurt ou qu’aucune résistance ne vienne arrêter notre pensée s’essorant vers Nazareth.
Quant au style, sa simplicité, — jusqu’en le titre Récits de Nazareth — exclut tout reproche, et sa profonde harmonie révèle un écrivain de race. Déflorer ce livre en le soumettant à la torture d’un compte-rendu serait crime de lèse-esthétique.
Lisez le Soir de Nazareth, le premier de ces délicats récits, vous ne fermerez très certainement le volume qu’à la dernière page, et pour bientôt le rouvrir, à la première heure mauvaise, vous incitant à fuir les réalités brutales. Citer cependant quelques lignes ne peut être que louable.
Voici — au hasard — ce coin exquis : « Les lumières qui lèvent leurs paupières aux fenêtres « de Nazareth sont pures sur la neige, ainsi que des os- « tensoirs parmi des nappes d’autel. Les traînes que « laisse le crépuscule à l’horizon sont des traînes d’anges « plongeant leur chevelure de vermeil dans un ciel im- « maculé de neige, et les villages lointains ont l’air de « planer dans une lumière de roses.
« La ville et le pays se sont vêtus d’une robe candide, « donnée par le firmament. « Les corbeaux, aujourd’hui, ne viennent pas voler « près des tours que la neige ourle d’hermine : ce sont « des colombes qui passent ; le soir caresse leur poitrine « aérienne. < Noël! Noël! Noël! Luc Hizarbin.
284 L INITIATION Moulins, le 12 février 1894. Monsieur le rédacteur en chef de l’initiation, Votre revue l’initiation a publié une curieuse lettre de M. Cherre, dans le numéro d’août i8g3, sur une apparition de spectres, survenus à la suite de fouilles faites dans un cimetière. Il y a des faits de ce genre men tionnés dans Eôraka, de M. le comte de Larmandie.
Diodore de Sicile rapporte qu’Hannibal et Himilcon, assiégeant Agrigente, ordonnèrent de détruire les tombes voisines de la ville pour faire un retranchement. Les sentinelles prétendirent avoir vu des spectres errer pen dant la nuit. Himilcon ordonna de ne plus se permettre cesjviolations de sépultures. Des terreurs paniques, pour une raison analogue, auraient encore troublé les soldats au siège de Syracuse (Diodore, 1.
XIII et XIV, cité par Grosius : Histoire de spectres, pp. 5o2, 5io). En Chine, il est interdit de déplacer les tombes, sauf à un changement de dynastie : c’est une raison qui a em pêché de laisser faire des voies ferrées. Votre tout dévoué serviteur, C. G.,C. G. E. 24. février 1894. Réponse à M. Marius Decrespe.
Monsieur, Je vous remercie bien sincèrement de l’appréciation bienveillante que vous faites de mon récent ouvrage, dans le dernier numéro de Y Initiation. Toutefois, il est une critique à laquelle je suis obligé de répondre, car elle pourrait fausser le jugement de plus d’un lecteur.
CORRESPONDANCE 285 Vous dites.....
« le lecteur reste plus qu’à moitié con vaincu, troublé cependant par l’exclusivisme de l’argu mentation qui, ainsi que nous l’avons déjà l'ait remarquer ailleurs ( 1 ), ne tient pas suffisamment compte, ce semble, de notre ignorance concernant la nature intrinsèque de l’électricité, la lumière et la chaleur aussi pourraient être prises pour causes des phénomènes occultes et l’ont été, du reste, ainsi qu’en témoignent les noms de feu, de lu mière astrale, que les anciens donnaient au fluide uni versel.
Mais il faut remarquer que, si nous ne savons presque rien de l’électricité, de la lumière, de la chaleur, si ce n’est qu’elle sont des modalités de {'énergie unique......
J’ai pris soin, Monsieur, d’expliquer dans les notions préliminaires ce qu’on doit entendre par électricité, j’ai dit qu’on nomme phénomènes électriques le phénomènes dus aux mouvements de translation de l’étlier dans les corps et aux mouvements d’ondulations que l'éther en tension sur les corps produit dans le milieu éthéré envi ronnant, c’est clair et net. J’ai expliqué aussi quelle est la nature de l’éther. Ainsi pas d’équivoque.
Les ondulations électriques étant en dehors, par leurs dimensions, des ondes lumineuses et calorifiques, les phénomènes électriques ne peuvent pas être confondus avec les phénomènes de chaleur et de lumière. Les phénomènes occultes sont des phénomènes élec triques et nullement des phénomènes dus aux ondula tions lumineuses ou calorifiques ; ce que les anciens ont pu dire là-dessus n’a aucune valeur.
Si vous voulez mieux connaître la nature de l’électri cité, relisez le livre du père Secchi sur l’unité des forces physiques ; vous verrez que nous savons quelque chose de la nature intrinsèque de l’électricité. Vous ajoutez que l’électricité est un mode de V énergie unique.
J’ai également expliqué, dans les notions préli minaires, qu’il faudrait ne plus se payer de mots en fait d’explications et que lorsqu’un savant emploie le mot force ou énergie, il doit s’expliquer sur ce qu’il entend (1 Dans le Voile d'Isis, n” 146. M. D.
286 l’initiation par ce mot. Ces mots énergie et force sont des abstrac tions; leur sens est des plus vagues, et les phénomènes s’expliquent par de la réalité, par du concret et non par des abstractions. Oui l’électricité est un mode de mouve ment de Vunique éther ; si c’est cela que vous voulez dire, nous sommes d’accord.
Un personnage éminent qui s’occupe d’occultisme vient de m’écrire les lignes suivantes : « Je partage vos opi nions sur le plus grand nombre des points, et vous serez certainement étonné de voir combien vos déductions sont confirmées par mes expériences quand j’aurai eu le temps de les rédiger. » Si l’expérience confirme ma théorie, il faudra bien que vous vous laissiez convaincre.
En vous renouvelant mes remerciements, agréez, Monsieur, l’assurance de ma considération très distin guée.
Dr Fugairon. * ¥ ¥ Je suis reconnaissant au Dr Fugairon de ses bienveil lantes explications et souhaite ardemment posséder enfin cette conviction qu’il veut bien me prédire et que n’ont pu me procurer cinq années d’études spéciales, sous la direction éclairée de mon regretté maître Edmond Bec querel, et huit ans de pratique expérimentale d’après les méthodes les plus positives.
Dans les travaux du père Secchi, de Poincaré, de Tesla, de Crookes, de Tyndall, de Fresnel, de Hertz..., de vingt autres, que j’ai appro fondis, j’ai toujours admiré, autant que la précision des expériences et la hardiesse des hypothèses, la sage ré serve des conclusions et la prudence des théories ; et j’avoue, sans fausse honte, que j’ignore encore ce que sont, dans leur essence, les corps et les forces (lumière, chaleur, électricité, gravitation, etc.), modalités de la matière et de l’énergie, ces deux abstractions pures, autant l'une que l’autre, que nous sommes obligés de faire intervenir pour l’explication approximative des dif férents ordres de mouvement que sont les phénomènes.
Je le répète, le D1' Fugairon me rendra un signalé ser vice en me donnant la solution de si profondes et si troublantes énigmes que le concret essentiellement rela tif dans lequel nous vivons ne peut résoudre que relatiNOUVELLES DIVERSES 287 vement, et que la Science antique, basée sur l’Absolu, permet d’étudier bien plus complètement que les sciences modernes, précieuses pour leur exactitude par rapport à notre actuelle réalité, mais tout à fait insuffisantes, d’ailleurs.
M. D., Ingénieur électricien. Le nouveau livre posthume d’Eliphas Levi vient enfin de paraître, dans le même format et sous le même caractère que les œuvres précédentes du maître. (Voir aux annonces). * * * Un accident arrivé pendant l’impression a retardé l’apparition du numéro de plusieurs jours.
Nos lecteurs voudront bien excuser ce retard involontaire. ** ¥ Nos abonnés trouveront dans ce numéro une magni fique prime, reproduction d’une planche de Court de Gebelin, qui leur est réservée. ★ ¥ ¥ Le Conseil permanent du Spiritualisme est en voie d’organisation, et le Voile d’Isis, du 21 mars, contiendra tous les détails complémentaires.
La Revista de Estudios psicológicos de Barcelone, le vaillant journal dirigé avec tant de savoir par le vicomte de Torres Solanot a pris spontanément la défense de notre directeur, grossièrement attaqué dans une revue spiritualiste espagnole, par un membre de la S. T. de comique mémoire. Tous nos remerciements à notre confrère. La Curiosité, publiée à Nice, par notre confrère M.E. Bosc, mérite d’être spécialement recommandée à tous nos lecteurs.
288 l’initiation Société de Secours des Amis des Sciences 79, boulevard Saint-Germain Paris, 22 janvier 1894. Monsieur, « Il y a entre ceux qui cultivent les sciences, ceux qui les appliquent et ceux qui en sentent le prix des rapports qui les lient intimement ».
Ces paroles, que prononçait, en 185/, le fondateur de la Société de secours des amis des sciences, Thénard, en présidant la séance d’inauguration, permettez-nous de vous les rappeler et de vous demander un appui que votre haute situation et l’influence que vous exercez rendent précieux.
La Société des amis des sciences est trop peu connue Elle a été instituée pour venir en aide aux savants qui, après avoir concouru, à des degrés divers, à l’avance ment des sciences, sont tombés dans la misère ou sont morts en laissant leur famille sans ressources. La société, depuis son origine, a donné en pensions et en secours i.2>8.ooo fr.
Cette assistance, qui a le caractère d’une distinction, honore dignement les savants trahis par le sort ou les veuves et les enfants qui n’ont pour héritage que le souvenir des services rendus à la science par leur mari ou leur père. C’est au zèle de nos correspondants et de nos sous cripteurs qu’il appartient de nous aider dans cette tâche. Il n’en est pas de plus digne de votre attention.
Nous sommes sollicités chaque jour par des infortunes nou velles. Pour les soulager, il nous faudrait aussi des adhésions nouvelles. Demandez-les autour de vous; dites, nous vous en prions, ce qu’est cette grande œuvre que Thénard et Dumas nous ont léguée. Veuillez agréer, Monsieur, les assurances de notre considération très distinguée. (Suivent les signatures). Le Gérant : Encausse. TOURS. IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
CHAMUEL, Éditeur, 2g, rue de Trévise, PARIS LE LIVRE DES SPLENDEURS Contenant le Soleil Judaïque la Gloire chrétienne et l’Etoile flamboyante Études sur les Origines de la Kabbale Avec des reSrches sur les mystères de la franc-maçonnerie Suivies cle la profession de foi et des éléments de la. Kabbale. PAR ■ Eliphas Lévi (Appendice par PAPUS) jggg.Pt • » \ ‘ Un beau volume in-8°. — Prix................... 7 fr. CHAMUEL, ÉDITEUR 29, Rue de Trévise, 29 PARIS
L’Initiation du i5 Mars 1894 Anarchie, Indolence et Synarchie LES LOIS PHYSIOLOGIQUES d’organisation sociale et l’ésotérisme Par PAPUS PRÉSIDENT DU GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES directeur de L’Initiation CHAMUEL, ÉDITEUR 29 — RUE DE TRÉVISE — 29 PARIS LE CATALOGUE GÉNÉRAL DE CHAMUEL LIBRAIRE-ÉDITEUR VIENT DE PARAITRE 158 ouvrages philosophiques, littéraires ou scientifiques sont publiés par la Maison GHAMUEL ENVOI FRANCO SUR DEMANDE AFFRANCHIE 29, Rue de Trévise, 29 PARIS.
L’Initiation du i5 Mars 1894 Paul SËDIR La Mystique Judéo-chrétienne I. LE MESSAGER CÉLESTE DE LA PAIX UNIVERSELLE, par Jeanne Leade, première traduction française. II. LES TEMPÉRAMENTS et la culture psychique d’après Jacob Bôhme (avec lettre pré face de Papus). III. DE SIGNATURA RERUM, première tra duction française, avec planches et portrait (en préparation). En préparation : NEUF LIVRES D’ONEIROMANTIQUE Pour paraître prochainement Abel HAATAN ASTROLOGIE JUDICIAIRE Un volume in-16 carré, avec planches : CHAMUEL, éditeur
L’INITIATION r“TS) DIRECTION z^, rue de Strasbourg, 14 PARIS Directeur : FA.FUS O >$< Directeur-adjoint : Lucien MAUCHEL Rédacteur en chef : F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : J. LEJAY — PAUL SÉDIR ADMINISTRATION ABONNEMENTS,1 VENTE AU NUMERO Gt. CARRÉ 3, rue Racine, 3 PA RIS FRANCE, un an. 10 fr. ÉTRANGER, — 12 fr. RÉDACTION : 14, rue de Strasbourg. — Chèque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.
L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Manuscrits. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant.
Livres et Revues. — Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s'il y a lieu. Les Revues qui désirent faire l’échange sont priées de s’adresser à la direction. ADMINISTRATION, ABONNEMENTS. — Les abonnements sont d’un an et se paient d’avance à l’Administration par mandat, bon de poste ou autrement, 3, rue Racine. ETRANGER. — Envoyer tous les échanges, à la direction, 14, rue de Strasbourg, Paris. TOURS, 1MP. E. ARRAULT ET CIE.