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T> 2 2e VOLUME. ♦ « ♦ PARTIE LITTÉRAIRE... PARTIE PHILOSOPHI QUE ET SCIENTIFIQUE Groupe indépendant d’études ésotériques. — Eusapia Paladino à Varsovie. — Izeil. — Bibliographie. — Nouvelles diverses. — Revue des Revues. — Nécrologie.
Le Numéro : UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS Rédaction : 20. rue de Trévise, 2g PARIS SOMMAIRE DU N° 5 (Février 1894) 7 me ANNÉE » / î' Hypnotisme» Force psychique Theosophie, Kabbale Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes PARTIE INITIATIQUE ... Principes de Sociologie synthétique ...... F.-Ch. Barlet. (p. 97 à iSq). Initiation Kabbalistique. Marc Haven. (p. 135 à 142). Vie de Jean Dee .... PhilophoteS. (p. 142 à 148).
Paracelse (traité inédit) E. Bosc. (p. 149 à 109). La Parole perdue. . . ■ Gormeau. (p. 1 5q à 165). Les morts vivants^oésie) Emile Goudeau. (p. 166 à 168). L’Ile des Esprits (trad. inédite)..................... E. Bulwer Lytton (p. 168 à 171). Consolamentum (poésie) Fabre desEssarts. (p. 171 à 172). Administration, Abonnements : 3, rue Racine, 3 PARIS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l'arbitrage contre l'arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune.. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue {Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent; aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. _ L'Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà cinq années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
L’Initiation du i5 Février 1894 I Principaux Rédacteurs et Collaborateurs de Z’Initiation PARTIE INITIATIQUE F. Ch. Barlet, S.-. I.-. — Jules Doinel, S.-. I.*. (D. G. E., — Ep. Gnost. — Stanislas de Guaita, S.-. I.-. & — Marc Haven, S.-. I.-. ÿj — Julien Lejay, S.l I.-. jj — Emile Michelet, S.-. I.-. (C. G. E.) — Lucien Mauchel, S.-. I.-. (D. S. E.) — George Montière, S.-. I.-. £ — Papus, S.l I.l s — Philophotes, S.-. I.-. (C. G.
E.) — Quærens, S.-. I.-. (D. G. EQ— Sédir, S.-. I.-. (C. G. E.) — Selva, S.-. I.‘. (C. G. E.) — Vurgey, S.-. I.-. (D. G, E.). 2° PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Abil-Marduk. —• Aleph. — Dr Baraduc. — Le F.-. Ber trand 18e.•. — René Caillié. — A. C. Tshéla. — Camille Chaigneau.— Chimua du Lafay. — G. Delanne. — Dei.ézinier. — Fabre des Essarts. — Dr Fugairon. — Jules Giraud. — Haatan.—L. Hutchinson. — Horace Lefort. — L.
Lemerle. — Marcus de Vèze. — Napoléon Ney. — Eugène Nus. — Horace Pelletier. — G. Poirel. Raymond. — A. de R. ■— Dr Sourbeck. — L. Stevenard. — Thomassin. — Pierre Torcy. — G. Vitoux. — Henri Welsch. — Oswald Wirth. — Yalta. 3» PARTIE LITTÉRAIRE Maurice Beaubourg. — E. Goudeau. — Manoël de Grandford. — Jules Lermina. ■— L.
Hennique. — Catulle Mendès. — George Montière. — L'éon Riotor. — Saint-Fargeau. — Robert Scheffer. — Emile Sigogne. — Ch. de Sivry. S 4° POÉSIE Ch. Dubourg. — Rodolphe Darzens. — Yvan Dietschine. — Maurice Largeris. — Paul Marrot. — J. de Tallenay. — Robert de la Villehervé.
L’Initiation du 15 Février 1894 GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Secrétariat : M. Paul SÉDIR 4, Avenue de l’Opér», 4 PARIS Quartier Général : 29, Rue de Trévise, 29 PARIS But. — Le Groupe a pour but principal d’étudier théoriquement et expérimentalement les forces encore non définies de la Nature et de l’Homme — en dehors de oute secte et de toute personnalité.
Membres. — Les membres ne payent ni cotisation ni droit u’entrée. — Tout abonné de l’initiation ou du Voile d’Isis reçoit sa carte de membre sur demande affranchie adressée au Secrétariat. Organisation. — Le Groupe comprend 22 commissions d’études au Quartier Général à Paris. . Il compte actuellement 80 branches et correspondants au dehors. Des conférences et des cours ont lieu régulièrement au Quartier Général.
Renseignements. — Pour tous renseignements sur le Groupe ou les sociétés adhérents dans les différents pays, écrire en joignant un timbre pour la réponse à M. Paul Sédir, 4, Avenue de l’Opéra, Paris.
La reproduction des articles inédits publiés par l'initiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Ceci n’est qu’un bref extrait d’un travail beaucoup plus étendu, mais encore inachevé, sur i’application de l’ésotérisme aux problèmes actuels de la Sociologie.
La publication en aurait été retardée jusqu’à maturité plus complète d'une étude aussi délicate, mais les questions en deviennent si pressantes que le moindre effort vers leur solution peut avoir son utilité.
Ces simples notes sont donc offertes par l’auteur à ses confrères dans le seul but d’attirer, si elles le peuvent, leur attention et leur discussion sur les développe ments pratiques de la Synarchie Trinitaire, ou d’acti ver leurs propres travaux sociologiques.
La vérité, autant que les devoirs d’une affection dévouée, obligent à déclarer que les principes fonda mentaux de ces notes ont été élaborés en commun avec deux chers amis : Papus et Lejay qui, depuis longtemps, se recueillent dans l’étude de ces grandes questions. Plus d’un détail aussi leur appartient, mais 4
l’initiation 98 il ne serait pas juste de les rendre responsables des erreurs de développements dont ils ne sont pas cou pables. Que le lecteur n’y voie que l'essai d’un humble étudiant, tout désireux de la critique deses frères ou de ses maîtres.
I OBSERVATIONS GÉNÉRALES Pour nous rendre compte de l’état actuel de trouble social qui afflige., effraye ou désespère tant de bonnes volontés, jetons un coup d’œil sur l’ensemble des sociétés politiques actuelles et passées.
Il s’en présente trois genres principaux: i° Ou les agglomérations primitives des peuplades sauvages autour d’un c/zefque désigne quelque supé riorité réelle, bien que relative: c’est la forme sociale de l’Afrique centrale, de l’Océanie, de l’Amérique intérieure ; des races noire et rouge.
2° Ou les états politiques proprement dits consti tués d’après des principes raisonnés formulés dans une loi constitutionnelle (un contrat social) ; résultant des progrès de la civilisation à travers une longue suite de tâtonnements, de révolutions et de luttes. Ce genre paraît caractéristique de la race blanche.
3° Ou les peuples que rassemble surtout la commu nauté de croyances religieuses ; comme les Musul mans, la Chine peut-être ; l’Inde au moins dans l’antiquité, et le peuple hébreu dont la dispersion séculaire n’a pu briser l’unité : cette forme paraît caractéristique des Sémites etdes Touraniens.
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE gg Cette première remarque suggère immédiatement des observations essentielles en sociologie. Elle montre que toute société humaine est sujette à un processus vital, semblable à celui des individus animés; elle naît, prospère et meurt ; un esprit particulier domine cette existence, lui donne un caractère original.
On est par là porté à reconnakre, avec une quantité de penseurs illustres de tous les temps, que toute Société humaine est un organisme analogue à l’Ètre humain, c’est-à-dire constitué d’un corps, d’une âme sensible et intellectuelle, et d’un esprit inspirateur.
Il est inu tile d’insister sur la démonstration de cette assertion, volontiers admise aujourd’hui ; accentuons seulement d’une remarque facile la distinction de Yesprit de chacun des genres sociaux constatés tout à l'heure, afin de faire mieux comprendre ce qu’il est. en quoi il diffère de l’àme. Le groupement primitif, fondé sur l’instinct et la passion encore aveugle, s’inspire clairement de la Nature.
C’est Y Intelligence humaine, ou la Raison humaine qui domine le groupement constitutionnel. Pour celui religieux, il se gouverne sur la Foi en un être Universel, Immortel et Tout-puissant dans le monde (i).
Ainsi ces types correspondent aux trois principes (i) Le lecteur voudra bien noter que le terme Dieu est évité ici, tant à cause de l’indétermination de sa portée, qu’afin de se trouver autant que possible sur un terrain neutre, où les plus positivistes puissent se rencontrer avec les plus religieux. Cette possibilité ne doit point paraître chimérique aujourd'hui, où
100 l’initiation radicaux du Monde, ¡’Universel (l’Etreen soi), l’homme et la Nature.
Notons encore, pour confirmation nouvelle, que chaque peuple, en mourant, lègue à l’Humanité quelque réalisation de l’esprit qui l’animait : l’Inde, l’Egypte, Israël nous ont laissé leurs religions ; la Grèce, Rome, leurs philosophies, leurs sciences, leurs arts et leur organisation sociale (nés des sentiments ou de l’intelligence, de l’âme humaine) ; la Phénicie, Carthage, Venise, leur industrie, leur commerce, leurs fondations économiques.
Mais, sans nous attarder plus longtemps à ces pre mières considérations, arrivons à l’étude spéciale des peuples constitutionnels, de race blanche, qui doivent nous intéresser tout particulièrement.
Nous allons retrouver parmi eux les mêmes distinc tions encore : Le groupement autocratique et théocratique y est devenu rare; il appartient à l’enfance des peuples; on pourrait peut-être cependant le reconnaître dans la Russie, si jeune encore, dans l’étonnante rapidité de sa croissance, dans la vitalité puissante qu’elle doit à ses fondateurs.
La classe intermédiaire, des sociétés inspirées parti culièrement par l’esprit humain, est la mieux caractél'on voit Z/ux/ey déclarer publiquement que l'école évolution niste doit, sous peine de ridicule, reconnaître que le monde n’a pas d’Unité dans la Notion de la Force ; que son unité nécessite un être d’un Absolu mérite, l’£7re en soi de Kant (Conférence sur [’Évolution et la Morlae. Revue Encyclopédique de janvier i 894).
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE IO I risée ; on en trouve les deux formes ordinaires : Celle qui se rapproche davantage du gouvernement auto cratique et des origines se fonde sur resprit de domi nation guerrière ; on la reconnaît dans l’Allemagne actuelle depuis que la Prusse lui a rendu pour un peu de temps avec l’esprit de conquête le rêve de la domination universelle, du Saint Empire romain : la maison de Savoie a galvanisé dé même l’Italie d’une unité artificielle.
L’autre forme intermédiaire, d’une civilisation plus raffinée, s’inspire du génie industriel et commercial ; elle est superbement représentée par la Grande-Bre tagne et les États-Unis.
De ces deux types, le premier conduit, par nature, à une monarchie militaire à tendances absolues (dicta tures des Bismarck et des Crispi), sous peine de dis solution ; le second, si bien nommé Emporocratie et si bien défini par Fabre d’OIivet, donne une répu blique à tendances aristocratiques (plotocratié) ana logue à celle de Tyr, de Carthage et de Venise.
L’un et l’autre ne peuvent se maintenir qu’aux dépens de sociétés moins fortes, en étouffant la révolte ou la concurrence par la tyrannie; par conséquent, avec toutes ses réactions, ses luttes, ses violences, ses vicis situdes. La France, qui n’a trouvé sa place dans aucun de ces genres, nous offre une particularité bien remar quable.
En dépit de ses essais assez infructueux d’imitation anglaise, ce n’est ni l’esprit d’indépendance poussé jusqu’à la tyrannie, ni celui de l’intérêt maté riel qui la dominent ; sa révolution n’a pas été enta
102 l’initiation t chée, comme celle d’Angleterre, de fanatisme religieux ; elle n’est pas née, comme celle d’Amérique, d’un inté rêt mercantile ; elle a été faite au nom d’une trinité mystique: Liberté, Égalité, Fraternité, et l’Europe entière en a été modifiée.
Toutes les guerres, toutes les révoltes qui en sont résultées ont eu pour excuse, pour but, l’affranchissement du monde humain avec la foi en son avenir dans la Paix, dans l’Union, dans l’Amour ! La France moderne nous offre donc en réalité le type encore tout jeune du dernier genre de groupe ment social, celui religieux, mais dans sa forme supé rieure, évoluée.
C’est ce qui lui vaut la haine des impériaux, la défiance des emporocrates, l’amour des peuples opprimés ou des nations fortes et généreuses qui ont foi dans l’avenir. Un pareil esprit conduit à la démocratie.
Cependant, et c’est ici une observation capitale, la France paraît plus que toute autre nation menacée par sa situation même, de tant d’incertitudes, de tant de confusion, d’un tel désordre intellectuel ou moral, que beaucoup de ses meilleurs citoyens semblent prêts à désespérer de son salut, de sa vie peut-être !
Des trois termes de sa magnifique devise, elle a réalisé à peu près la Liberté; l'Égalité, les souffrances d’une foule qui l’a fait glisser si facilement de la royauté constitu tionnelle au socialisme et à l’anarchie, ne permettent pas de la croire accomplie. Quant à la Fraternité, on l’a si peu comprise qu’elle n’apparaît plus déjà que comme une chimère irréalisable, ou tout au plus comme un simple senti_
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE io3 ment dont on peut s’inspirer quelquefois, mais qui doit s’effacer devant le progrès de l’intelligence sociale.
Phénomène trop négligé, ce n’est plus que dans le cœur des opposants que se rencontre la foi dans la Fraternité ; c’est d’elle que se réclament, en même temps que d’un matérialisme absolu, les plus fana tiques de nos révolutionnaires, les Nihilistes occiden taux qui se sont nommés Anarchistes : ainsi la Fra ternité survit comme une pure religion dans ces cœurs désespérés, comme une lueur suprême dans les ténèbres de ces intelligences égarées par le doute.
L’explication de cet état singulier de notre siècle est d’une importance capitale en sociologie ; on ne peut cependant que l’indiquer brièvement ici (i). La clef en est dans le principe de la Trinité (ou du qua ternaire sa forme réelle) qui va nous expliquer l’évo - lution sociale. Deux mots d’abord pour définir ce principe quater naire.
11 se compose de deux termes absolument inverses (par exemple la Force et la Matière) qui tendent cependant à se rassembler et qui, par leur attraction, engendrent un troisième terme bipolaire ; celui-ci cependant est une dualité d’analogie, tandis que les deux premiers forment une dualité de con traires ; leur union par l’intermédiaire du troisième constitue le Mouvement, la Vie.
L’observation montre que cette Vie s’accomplit d’après la loi suivante : Le Principe actif, dont l’es- (i) La démonstration historique en sera donnée plus en détail dans le livre en préparation : Fraternité ou la Mort.
l’initiation 104 senceest VUnité avec la spontanéité, s’impose d’abord au Principe passif qui l’attire par son essence infini ment multiple et inerte ; celui-ci absorbe celui-là qui progressivement se dissémine, se subdivise dans chaque atome pour l’animer. C’est le premier temps du processus vital : VInvolution.
Il est suivi d’un état de confusion, d’effervescence, de trouble où chaque atome ainsi vivifié entre en lutte de spontanéité avec les atomes voisins.
Mais cet état de trouble n’est que temporaire ; ins truit par la collision même des appétits, des volontés, l’atome reconnaît de mieux en mieux, prend progres sivement conscience de l’Esprit qui l’anime; il en résulte une suite croissante d’unions, de synthèses, de tendances à l’Unité; cet esprit, c’est la Fraternité, l’Amour.
Le mouvement qu’il produit est le dernier temps du processus vital, Y Evolution, qui tend à réa liser l’Absolue Unité dans la multiplicité infinie par la formation progressive A'individualités de plus en plus synthétiques (1).
Chacune de ces individualités se trouve ainsi con stituée, sur le type trinitaire : d’un corps, qui est le groupe de ses éléments formels ; d’une âme, ensemble des appétits et de la conscience qui la poussent vers de nouveaux progrès, et d’un esprit, principe constitu tif et protecteur de son unité.
Notre science positive vient de découvrir et de reconstituer admirablement cette loi d’Evolution dans (1) Voir l’ouvrage d’Edmond Perrier sur les Colonies ani males.
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE io5 le monde des animaux terrestres ; elle ne pouvait voir l’JnroZwizoH qui l’avait précédée pour fixer la Force à chaque atome de matière. Mais ce phénomène que le temps a mis hors la portée de notre vue dans le monde matériel, nous pouvons l’observer encore dans le monde intellectuel (2) et dans celui de la vie sociale.
Bornons-nous à l’indiquer par une revue très géné rale du progrès dans la société humaine. On s’accorde aujourd’hui à en voir les débuts dans l’attroupement autour d’un chef acclamé.
C’est par son génie que celui-ci s’impose à ses compagnons, comme nous l’apprennent toutes ces légendes des Créa teurs de peuples, considérés comme des Dieux, pour avoir enseigné les premiers rudiments de toute civili sation : l’industrie, la culture, le langage et la religion, première conscience métaphysique.
Puis les intelligences, en se développant, ont accusé un certain nombre d’individualités en deux sens : les unes à tendances supérieures ont produit la noblesse et la domination militaire ; les autres, plus près de l’instinct et de la pratique, se sont adonnées à l’indus trie ou au commerce. Au-dessous d’elles et dominée par elles a continué de végéter la foule des travailleurs qui n’avaient pu s’élever à ce niveau.
Ainsi sont nées les deux classes intermédiaires. Mais l’Esprit qui, au début, n’avait animé que les Dieux, continuant à se répandre dans la masse des individus comme un levain, en anima un nombre tou- (2) L’auteur du présent essai a tenté d’en faire la démonstra tion détaillée pour le monde intellectuel dans VEssai sur l'Evolution de l'idée. (Chamuel, éditeur).
io6 l’initiation jours croissant, les vivifiant de sa spontanéité, y créant l’esprit d’indépendance, de liberté., légalité, bouleversant les sociétés dans la fermentation des luttes, des rivalités,des guerres, des révolutions. Enfin, de ce bouillonnement même sort l’idée ÜUnilé, de synthèse, essence première de l’Esprit, qui, par l’ex cès même des rivalités, par les lenteurs de leur équi libre incertain, appelle la Fraternité.
C’est la quatrième étape à laquelle nous arrivons, la France en tête. Il s’y présente une difficulté particulière, pleine de dangers.
L’Esprit a perdu pour ainsi dire sa propre unité en disparaissant dans la multiplicité de l’indi vidu ; ce n’est plus lui qui peut agir, c’est à la sponta néité de chaque personnalité pour laquelle il s’est sacrifié, qu’il appartient maintenant d’accomplir la synthèse suprême, et si ces personnalités échouent en cette tâche divine, leur société périt, tombe en pous sière, se décompose ; c’est au profit d’une autre plus digne que le cycle recommence.
Les anciens avaient résumé fort ingénieusement cette théorie dans le mythe d’Osiris, massacré par Typhon, mis en pièces et reconstitué par Isis après mille efforts sans cesse contrariés. Ainsi, quand arrive l’apogée de cette période, la Mort est comme en lutte avec la vie supérieure ; il /¿iwi vaincre par la Fraternité ou mourir dans l’Anar chie (i).
Les anarchistes et les nihilistes de tout temps sont des sen sitifs particulièrement capables de percevoir la présence simulPRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE 107 Deux tableaux de forme quaternaire vont faire comprendre d’un coup d’œil cette action simultanée d’Involution de l’Esprit actif et d’Évolution du Monde inerte appelé à la Vie. TABLEAU DE L’INVOLUTION (OU DESCENTE DE L’ESPRIT) 1 Unité (Tous les individus sont gouvernés).
2 Liberté (Indivi3 Egalité (Individualiondequelques-uns — les plus vaillants). nombre plus grand —les plus intelligents). 4 Multiplicité ( Individuation générale — tous gouver nant; nécessitant la Vie su périeure ou la Mort — Fra ternité ou Anarchie. tanée de ces deux puissances divines : la Mort et la Vie, mais sans pouvoir en percevoir les rôles respectifs.
Quand un Être individuel ne peut, par ses propres efforts, atteindre le degré suprême de perfectionnement qui est le but de la vie, la Nature le transporte dans un milieu nouveau où son progrès puisse se poursuivre vers ce but, quoique plus lentement; c’est l’office de la Mort: les descendants du défunt aidés de son héritage, poursuivent après lui la marche invincible de la Vie universelle dans le monde d’où il est retiré parce que sa présence y serait une entrave.
Il y pourrait subsister beau coup plus longtemps, si par un effort extraordinaire, il avait su se rendre utile à cet universel progrès. Telle est la tradition de tous les temps ; la Mort est la loi générale de l’homme ter restre à cause de sa faiblesse. Mais il est moins difficile, surtout à mesure que l’Humanité avance en âge, de prolonger la vie sociale d’un peuple par
io8 l’initiation TABLEAU DE L’ÉVOLUTION (OU ASCENSION VERS L’UNITÉ) 4 Individualisme égalitaire (formation de la Plèbe ou 4° classe), démocra tie complète. Fraternité ou Mort de la Nation. 2 Autocratie mili taire (formation de la Noblesse. 2'classe sociale) (Ex.-, la Grèce et Rome). 3 Emporocratie (formation de la bourgoisie. 3° classe sociale), tendances répu blicaines (Ex.-, les peoples mo 1er nés.
1 Unité de la foule dans l’ignorance (formation du Sacerdorce, i" classe sociale). Autocratie religieuse (théocratie) Ex.-. L’Asie antique.
II. — L’organisme social Les considérations précédentes ont fait voir le rôle primordial de la Fraternité ; elles ont montré aussi que la Fraternité est le Principe qui transporte le mo bile de la conduite sociale, de l’individuel à l’Univeradaptation convenable au progrès général : il est surtout bien plus avantageux de le faire puisqu'une nation est un élément d’ordre supérieur de l’Humanité.
La Mort d'une Nation exi geant ¡’éducation parla fatalité d’une Nation nouvelle et orphe line ne peut que retarder le progrès universel. Aujourd’hui la Fraternité, qui déjà commence à s’accomplir, est la Puissance qui s’offre à nos volontés, pour sauver chacune de nos sociétés de la Mort, de V Anarchie, et se sauver elle-même avec elles de longues angoiges.
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE I Og sel, pour réaliser la synthèse seule capable de conserver l’Unité de la masse. Mais cette notion très vague en core ne nous dit rien sur les moyens simples et immé diatement pratiques d’accomplir la synthèse sociale. Pour les connaître, il faut d’abord étudier d’un peu plus près l’être social considéré comme un organisme vivant et progressif.
Le plan même d’une pareille étude demande des considérations spéciales, à cause delà nature particu lière de cet organisme. Les biologistes qui jusqu’ici n’ont entendu trouver d’autres lois que celles de la Nature naturée, c’est-àdire de la fatalité, ont dû les chercher spécialement là où elle agit sans perturbation d’aucune force sponta née ; dans la sphère de la vie matérielle, seule.
C’est même encore de là qu’ils tendent à s'élever jusqu’à la découverte de la finalité des êtres, comme l’a tenté particulièrement Darwin. Notre méthode doit être précisément inverse, parce que c’est la finalité de la société qui doit en déterminer l’organisation. Est-ce en effet dans la Nature que l’on place cette finalité, on voudra qu’il soit donné à cha cun selon ses besoins, selon ses désirs même.
A l’op posé est-ce en Dieu, on voudra que chaque personna lité se résigne à l’absolutisme d’un pouvoir indiscu table.
Veut-on que X’Homme seul soit la fin de la société, alors, pliant tout, soit aux données de sa rai son logique, soit aux impulsions de sa passion, ou l’on se constituera selon les rigueurs de la formule économique et juridique, ou l’on abandonnera la direction de toutes choses aux fluctuations d’une maI I 2 l’initiaton Aux premières correspondent tous les problèmes de ¡’Économie (création, distribution, capitalisation des richesses privées ou publiques.
Les fonctions de relation sont doubles : les pre mières plutôt passives consistent : i° Dans la sensation interne ou externe des émo tions et des besoins ; elle s’exerce par les représentants des membres individuels (députés) et ceux de la So ciété auprès des autres sociétés (consuls et diplomates en tant qu’agents d’information) ; 2° Dans la translation, ou immixtion d’une société dans la vie d’une autre dans le but d'en profiter pour soi-même (elle s’accomplit par les mêmes agents, consuls ou diplomates, en tant que protecteurs et gou verneurs de leurs nationaux).
Le second genre de fonctions de relation — celles actives — comprend : i° Les fonctions de combativité (armes offensives et défensives et contentieux : armée, police, magistrature) 2° Celles de reproduction de l’individu ou de l’en semble (questions de famille, de naturalisation, de colonisation), et, comme extension, celles d’éducation du citoyen en tant que citoyen, de propagande, d’apos tolat des principes de la nation.
On approche ainsi des fonctions supérieures . A celles de relation correspond l’ensemble d’or ganes (ou système), nommé Gouvernement. La troisième classe de fonctions, celles à.’Évolution, est triple encore : Elles ont d’abord pour but minimum de faire passer l’agrégation de l’état de simple grdkpement à ■»
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE I OQ sel, pour réaliser la synthèse seule capable de conserver l’Unité de la masse. Mais cette notion très vague en core ne nous dit rien sur les moyens simples et immé diatement pratiques d’accomplir la synthèse sociale. Pour les connaître, il faut d’abord étudier d’un peu plus près l’être social considéré comme un organisme vivant et progressif.
Le plan même d’une pareille étude demande des considérations spéciales, à cause delà nature particu lière de cet organisme. Les biologistes qui jusqu’ici n’ont entendu trouver d’autres lois que celles de la Nature naturée, c’est-àdire de la fatalité, ont dû les chercher spécialement là où elle agit sans perturbation d’aucune force sponta née ; dans la sphère de la vie matérielle, seule.
C’est même encore de là qu’ils tendent à s’élever jusqu’à la découverte de la finalité des êtres, comme l’a tenté particulièrement Darwin. Notre méthode doit être précisément inverse, parce que c’est la finalité de la société qui doit en déterminer l’organisation. Est-ce en effet dans la Nature que l’on place cette finalité, on voudra qu'il soit donné à cha cun selon ses besoins, selon ses désirs même.
A l’op posé est-ce en Dieu, on voudra que chaque personna lité se résigne à l’absolutisme d’un pouvoir indiscu table.
Veut-on que Y Homme seul soit la fin de la société, alors, pliant tout, soit aux données de sa rai son logique, soit aux impulsions de sa passion, ou l’on se constituera selon les rigueurs de la formule économique et juridique, ou l’on abandonnera la direction de toutes choses aux fluctuations d’une maI 12 L INITIATON Aux premières correspondent tous les problèmes de Y Économie (création, distribution, capitalisation des richesses privées ou publiques.
Les fonctions de relation sont doubles : les pre mières plutôt passives consistent : r Dans la sensation interne ou externe des émo tions et des besoins ; elle s’exerce par les représentants des membres individuels (députés) et ceux de la So ciété auprès des autres sociétés (consuls et diplomates en tant qu’agents d’information) ; 2° Dans la translation, ou immixtion d’une société dans la vie d’une autre dans le but d'en profiter pour soi-même (elle s’accomplit par les mêmes agents, consuls ou diplomates, en tant que protecteurs et gou verneurs de leurs nationaux).
Le second genre de fonctions de relation — celles actives — comprend : i° Les fonctions de combativité (armes offensives et défensives et contentieux : armée, police, magistrature) 2° Celles de reproduction de l’individu ou de l'en semble (questions de famille, de naturalisation, de colonisation), et, comme extension, celles d’éducation du citoyen en tant que citoyen, de propagande, d’apos tolat des principes de la nation.
On approche ainsi des fonctions supérieures . A celles de relation correspond l’ensemble d’or ganes (ou système), nommé Gouvernement. La troisième classe de fonctions, celles à.’Évolution, est triple encore : Elles ont d’abord pour but minimum de faire passer l’agrégation de l’état de simple groupement à
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE I OÇ sel, pour réaliser la synthèse seule capable de conserver l’Unité de la masse. Mais cette notion très vague en core ne nous dit rien sur les moyens simples et immé diatement pratiques d’accomplir la synthèse sociale. Pour les connaître, il faut d’abord étudier d’un peu plus près l’être social considéré comme un organisme vivant et progressif.
Le plan même d’une pareille étude demande des considérations spéciales, à cause delà nature particu lière de cet organisme. Les biologistes qui jusqu’ici n’ont entendu trouver d’autres lois que celles de la Nature naturée, c’est-àdire de la fatalité, ont dû les chercher spécialement là où elle agit sans perturbation d’aucune force sponta née ; dans la sphère de la vie matérielle, seule.
C’est même encore de là qu’ils tendent à s’élever jusqu’à la découverte de la finalité des êtres, comme l’a tenté particulièrement Darwin. Notre méthode doit être précisément inverse, parce que c’est la finalité de la société qui doit en déterminer l’organisation. Est-ce en effet dans la Nature que l’on place cette finalité, on voudra qu’il soit donné à cha cun selon ses besoins, selon ses désirs même.
A l’op posé est-ce en Dieu, on voudra que chaque personna lité se résigne à l’absolutisme d’un pouvoir indiscu table. Veut-on que ÏHomme seul soit la fin de la société, alors, pliant tout, soit aux données de sa rai son logique, soit aux impulsions de sa passion, ou l’on se constituera selon les rigueurs de la formule économique et juridique, ou l’on abandonnera la direction de toutes choses aux fluctuations d’une ma
I IO L INITIATION jorité ondoyante et diverse, exploitée par quelques habiles. N’est-ce point là le tableau des doutes qui luttent en l’âme troublée de notre siècle, parce qu’il n’est pas assuré de la finalité sociale ?
C’est que nous touchons ici à une observation capitale : L’organisme animal est constitué d’éléments à peu près dénués de toute spontanéité ; l’Esprit qui les anime, cet Inconscient, si bien analysé par Hartmann, agissant pour eux, les plie presque invinciblement à la synthèse, à la Fraternité dont dépend l’intégrité de l’Être ; c'est ce qui permet au biologiste naturaliste d’entrevoir la fin de l’organisme, de fonder une phy siologie psychologique.
Cependant, à mesure que la spontanéité s’accroît, la fatalité s’efface devant la volonté; les maladies se multiplient jusqu’à ce que {'Intelligence, se formant à la rude école de l’expérience, aidée de la Raison pro videntielle, se rapproche des lois universelles, accom plisse elle-même l’orientation Fraternelle de l’orga nisme où elle se développe.
En cet être intelligent et raisonnable comme est l’homme, le moral et le phy sique, presque égaux, rendent la psychologie aussi indispensable au savant que la physiologie. Dans l’Être Social, qui est d’un degré supérieur à l’Homme, il faut aller plus loin encore.
Ici les élé ments premiers sont des hommes, non plus des cel lules dominées par la fatalité de l’inconscient, et l’Universel veut qu’au moins, dans une certaine me sure, ce soient ces Hommes individuels qui cons truisent l’organisme social. Ils peuvent tellement le
Principes de sociologie synthétique i i i modifier, le réduire, qu’un des organes soit à peu près entièrement supprimé (la tête, comme dans la déma gogie, — les organes nutritifs, comme dans le despo tisme capricieux, — le cœur, comme dans certaines lois économiques, etc...) Sans doute de pareils excès ne sont pas sans maladies, mais la Providence fait à l’homme le crédit d’une longue expérience pour rec tifier ses erreurs et s’élever jusqu’aux lois de la Vie Universelle à laquelle elle le convie.
11 faut donc ici faire dominer la psychologie sur la physiologie, s’élever d’abord autant qu’on le peut dans la communion avec la Puissance Suprême afin de l’imiter et de la satisfaire dans la construction de l’œuvre de vie qu’elle nous accorde. Toute notre étude doit être dominée par la psycho logie ; à l’inverse des naturalistes, nous ferons de la psychologie physiologique.
Sous le bénéfice de ces observations, nous allons voir quels éléments sont à notre disposition, quelles combinaisons nous en pouvons faire, quelle psycho logie elles engendrent, et, par suite, quelle doit être la structure actuelle de l’organisme. III. —• Organographie sociale.
Avant d’arriver aux organes, nous devons d’abord nous rendre compte des fonctions sociales ; la psycho logie en introduit quelques-unes de plus qu’on n'en compte ordinairement en biologie animale. Nous en trouvons, en effet, detrois sortes: i° Fonctions denwfnh'on,-2° fonctions de relation: 3° fonctions dévolution.
112 l’initiaton Aux premières correspondent tous les problèmes de {'Économie (création, distribution, capitalisation des richesses privées ou publiques.
Les fonctions de relation sont doubles : les pre mières plutôt passives consistent : i° Dans la sensation interne ou externe des émo tions et des besoins ; elle s’exerce par les représentants des membres individuels (députés) et ceux de la So ciété auprès des autres sociétés (consuls et diplomates en tant qu’agents d’information) ; 2° Dans la translation, ou immixtion d’une société dans la vie d’une autre dans le but d'en profiter pour soi-même (elle s’accomplit par les mêmes agents, consuls ou diplomates, en tant que protecteurs et gou verneurs de leurs nationaux).
Le second genre de fonctions de relation — celles actives — comprend : i° Les fonctions de combativité (armes offensives et défensives et contentieux : armée, police, magistrature) 2° Celles de reproduction de l’individu ou de l’en semble (questions de famille, de naturalisation, de colonisation), et, comme extension, celles d’éducation du citoyen en tant que citoyen, de propagande, d’apos tolat des principes de la nation.
On approche ainsi des fonctions supérieures . A celles de relation correspond l’ensemble d’or ganes (ou système), nommé Gouvernement. La troisième classe de fonctions, celles d’£>oZwLow, est triple encore : Elles ont d’abord pour but minimum de faire passer l’agrégation de l’état de simple groupement à
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE I I 3 celui de société, d’organisme vivant, en en reliant les éléments dans un esprit commun (de nutrition, de conquête, ou de domination, soit matérielle, soit spi rituelle, etc...). C'est le principe vital de la société. La seconde de ces fonctions consiste à conserver et même à développer la société.ainsi formée : c’est celle politique (direction de la Cité) qui peut être active ou passive.
Enfin la troisième est celle qui tend à élever la so ciété de l’état de simple unité individuelle au rang d’élément d’une synthèse de degré immédiatement supérieur (par exemple à faire de la corporation un être social, de faire entrer une nation dans une fédé ration, etc...), ou surtout à en faire un élément de la vie universelle.
C’est alors la fonction supérieure, la création de l’Esprit d’une nation, qui en assure l’immortalité au moins dans la mémoire des hommes. Rassemblons cette énumération dans un tableau synoptique : Fonctions de nutrition (Pouvoir économique) Création de la richesse (Economie industrielle et publique). Distribution de la richesse (produit ou capital). Condensation de la richesse (ou capi talisation).
ÎÍ Représentation des besoins individuels Informations diplomatiques et consulaires. I Utilisation des ressources r Translation? extérieures avecl’aidedes M1XTE ) / consuls et des diplomates. j Lutte (ou | ( hygiène) | Police, magistrature, armee. , „ (intérieure (famille). Repro- /Natural duction, , . (lication actif I Développe- ^extérieure ment ) sation. I Education du citoyen. \ Propagande — apostolat.
"4 l’initiation Fonctions d'évolution et de direction (du Pouvoir spirituel) Création de l’esprit social (fonction de nais sance généralement transitoire). I Entretien de I’Unité sociale créée par l’esprit ' social (par l’étude des modifications conti- , nùellement nécessaires aux accidents de la I vie) — Législation. ! Développement de la Société : Sciences, Arts, ■ Religion, Enseignement.
Des organes. — L’élément primaire de toute société est l’homme individuel ; mais il n’est pas le seul ; il en existe une série d’autres formés de collections d’in dividus, à peu près comme dans le corps des ani maux il existe différents tissus composés de certaines combinaisons cellulaires.
Les divisions principales de ces groupes corres pondent aux trois principes (dont le second est double) qui dominent toute la vie terrestre, savoir: Celui propre à la Nature : la fatalité. Celui propre à l’homme: le sentiment (instinctif et intellectuel) et l’intelligence (passive ou spontanée; volontaire) ; Et celui propre à l’Universel : la domination su prême sur toute la vie (à la fois fatal et volontaire, c’est-à-dire Providentiel).
Au premier de ces principes correspond le groupe de la Famille, gouverné par la fatalité hérédi taire ; Au second : io le groupe de Peuple (dont l’esprit est dans la communauté de langage, de mœurs, de croyances, c’est-à-dire de sentiments).
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE I I 5 2° Le groupe Nation dont l’esprit est le groupement consensuel et intellectuel d’intérêts (i). Au troisième, enfin-, le groupe Race dont l’esprit est dans la communauté de facultés supérieures.
Entre ces groupes s’en placent quelques intermé diaires dont il suffira d’indiquer les principaux dans le tableau synoptique suivant : (Empires) Race (Groupe supérieur) (Familles de < peuples / Peuple (Groupe sentimental) (Triôu) I 1 (i) Le marquis de Saint-Yves, qui a magistralement éclairé ces définitions ordinairement si confuses, dit, dans la France vraie (2 vol., p. 293) : « Le mot Nation indique une faculté « de manifestation, celle d’un Peuple créant une image de sa « volonté, bonne ou mauvaise, une similitude de son Etat « social dans l’Etat politique. » (Famille par Agnats) Famille (Groupe naturel, fatal) Nation (Groupe intellectuel) {Féodalité"} (Famille par Gens} Corporations Toute société peut contenir un ou plusieurs de ces groupes à l’exclusion plus ou moins complète des autres, ce qui fait une première cause de différences entre les sociétés possibles.
Mais il est encore une considération préliminaire qui prime l’examen de ces combinaisons : Les groupes de familles, de tribus, de peuples, de race même, qui se rapportent à peu près complète- (i)
116 l’initiation ment au principe de l’hérédité, dérivent de la Nature qui les rend invariables; au contraire le groupe Nation, qui ne dépend que de l’intelligence humaine, peut être modifié par l’homme. C’est par la nation surtout qu’il est maître de l’organisation sociale, soit en y admet tant les autres groupes dans la proportion qu’il lui plaît, soit même en en modifiant les organes spéciaux.
Il est donc intéressant de pousser un peu plus loin l’étude de ce groupe. Comme tout groupe humain, et sur le modèle de l’homme lui-même, la nation est naturellement trinitaire.
Elle possède un corps (qui est l’ensemble des citoyens), une âme (sensible et intellectuelle) et un esprit—que nous préciserons mieux tout à l’heure, mais le groupe Nation se distingue des autres en ce qu’il est plus spécialement destiné à {’action qui est vraiment sa raison d’être.
Sa fonction surtout psy chologique exigera donc un développement particulier des facteurs de la conduite humaine : les Mobiles, la Conscience et la Volonté, et par suivies organes cor respondants.
Les mobiles naissent comme sentiments et sensa tions dans la masse des citoyens : ils sont transmis à un centre que l’on nomme habituellement le Gou vernement (et trop souvent ï’Etat, par une confusion de mots malheureux), lequel, faisant fonction de cer veau, délibère sur ces impressions, ordonne et fait exécuter.
Ainsi, en langage moderne, et en affectant soigneu sement à chaque organe un nom spécial, nous recon naissons dans une Nation : -
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE I I 7 La Cité., ou ensemble des citoyens (trop souvent appelée Peuple, ou Nation), semblable aux nerfs delà périphérie ; Le Parlement qui recueille les impressions, délibère et ordonne (semblable au cerveau). L’Exécutif qui accomplira l’ordre donné (analogue aux nerfs moteurs).
Ou, plus clairement, en tableau synoptique : Les Gouvernés Le Gouvernement Cité (Organe de sensation) Nerfs de la périphérie Organes de ) Parlement ; Organes de transmission ((Ensemble du) délibération et (Sensationcen-i sj'stèmener-i de commande- \ traliséeaucer-) veux). ( ment. veau) -------- (Cerveau) Nerfs sensitifs) ------ -------- Exécutif (Organe de réalisation). (Nerfs moteurs).
Ici encore, par conséquent, nous distinguons l’élé ment naturel, obligé, immuable, la Cité, et l’élément laissé à la libre disposition de l’homme, le Gouverne ment. C’est donc principalement en ce dernier qu’est l’initiative humaine, et par suite c’est la loi constitu tive qui va nous occuper maintenant davantage. IV. — Constitution politique ou organisation, par l’homme, de la Nation.
On a dit plus haut que le groupe Nation se compo sait d’un corps, d’une âme et d’un esprit unis en vue d’une action commune. Or chacune de ces trois
120 l’initiation ( Naturel : religion bornée aux éléments de la nature physique (les esprits élémentaires)- Humain : religion s’adressant aux âmes des morts ou foi exclusive dans les facultés humaines (notre état actuel). Spirituel : religion monothéiste. Nous pouvons passer plus rapidement la revue des autres parties constituantes de la Nation.
3° L’Autorité peut avoir quatre sources : Le dogme raisonné (comme un pro testantisme, ou lajurisprudence, ou la politique théorique). La Foi (dans le sens le plus large) La Science (à priori, mixte ou positive), l’Art, l’industrie.
La Nature (comme la naissance, la fortune, la passion)] 4° Les quatre Sources du Pouvoir temporel sont : L'Autorité (ou l’Absolu) L'Election (par l’homme) La Contrainte (de l’homme)' La Fatalité (naturelle) Quand il vient de l’Autorité, il est conféré par accla mation (Ex. : la dictature, l’élévation sur le pavois barbare, le pouvoir des héros, des demi-dieux et des Dieux aux temps primitifs).
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE I I 7 La Cité, ou ensemble des citoyens (trop souvent appelée Peuple, ou Nation), semblable aux nerfs delà périphérie ; Le Parlement qui recueille les impressi ons, délibère et ordonne (semblable au cerveau). L’Exécutif’, qui accomplira l’ordre donné (analogue aux nerfs moteurs).
Ou, plus clairement, en tableau synoptique : Les Gouvernés Le Gouvernement Cité (Organe de sensation) Nerfs de la périphérie Organes de I Parlement I Organes de transmission ((Ensemble dul délibération et (Sensation cen-( système ner-J de commandetraliséeaucer-) veux). ( ment. veau) -------- (Cerveau) Nerfs sensitifs) ------ -------- Exécutif (Organe de réalisation). (Nerfs moteurs).
Ici encore, par conséquent, nous distinguons l’élé ment naturel, obligé, immuable, la Cité, et l’élément laissé à la libre disposition de l’homme, le Gouverne ment. C’est donc principalement en ce dernier qu’est l’initiative humaine, et par suite c’est la loi constitu tive qui va nous occuper maintenant davantage. IV. — Constitution politique ou organisation, par l’homme, de la Nation.
On a dit plus haut que le groupe Nation se compo sait d’un corps, d’une âme et d’un esprit unis en vue d’une action commune. Or chacune de ces trois
118 l’initiation parties de son organisme peut être gouvernée par plusieurs principes différents, de sorte que leur com binaison est susceptible d’une grande variété. Pour le faire voir, il faut revenir un peu sur l’anatomie de la Nation. L’Esprit inspirateur de la conduite nationale est ce que l’on nomme communément {’esprit public (i) ; c’est la résultante des pensées individuelles domi nantes.
Le corps de la nation se compose non seulement des individus, mais aussi des divers groupes sociaux reconnus plus haut. Quant à son âme, ou partie motrice, elle est double : En tant qu’elle se rapproche ou del’Esprit public ou de quelque principe Universel, elle s’appelle Y Auto rité.
En tant qu’elle s’applique à la satisfaction immé diate des intérêts nationaux ou particuliers, elle est alors plus intellectuelle en même temps que plus rigoureuse ; c’est le Pouvoir.
Cette distinction est essentielle; il suffit pour s’en rendre compte de remarquer que l’Autorité n’est rien autre que le Pouvoir spirituel, et le Pouvoir, celui qu’on oppose au premier sous le nom de Pouvoir temporel; dans une organisation normale, au lieu (1) Le fait que cet esprit peut être méconnu ou contraint par une tyrannie n’empêche point l’existence de l’esprit public comme esprit de la nation : c’est lui en effet qui dans ce cas cause la révolution, ou réaction de l’organisme national contre la maladie tyrannique.
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE d’entrer en lutte, ils doivent concourir harmonieuse ment à la santé nationale. Le quaternaire de la constitution nationale est donc : Esprit public Autorité (ou pouvoir spirituel) (âme supérieure) Pouvoir (ou pouvoir temporel) (âme inférieure) Groupes sociaux (corps national) Voyons leurs variétés.
Chacun est quadruple, ayant pour sources l’un des trois Principes Universels: Absolu (Dieu), le Réel (la Nature) et le Relatif (l’homme) qui est double, intellectuel ou sensible. i° Variétés de l’esprit public : on pourrait pousser plus loin encore cette analyse ; mais il va nous suffire de subdiviser une fois de plus ¡’Absolu seul, d’après les mêmes distinctions, c’est-à-dire en le considérant ou comme spirituel, ou comme humain, ou comme naturel : l’Esprit public nous offrira ainsi les variétés suivantes : Du principe réel. —'Désir de satisfaction des instincts primaires (Ex. : l’état primitif presque bestial). / Intellectuel : Désir de satisfaction raisonnée 1 des besoins (la première industrie enseignée Du principe ' aux hommes par les dieux). humain j Sentimental : Désir de satisfaction morale des [ besoins (la première organisation donnée par \ les demi-dieux et les héros).
120 l’initiation ¡ Naturel : religion bornée aux éléments de la nature physique (les esprits élémentaires)- Humain : religion s’adressant aux âmes des morts ou foi exclusive dans les facultés humaines (notre état actuel). Spirituel : religion monothéiste. Nous pouvons passer plus rapidement la revue des autres parties constituantes de la Nation.
3° L’Autorité peut avoir quatre sources : Lé dogme raisonné (comme un pro testantisme, ou la jurisprudence, ou la politique théorique). La Foi (dans le sens le plus large) La Science (à priori, mixte ou positive); l’Art, l’industrie.
La Nature (comme la naissance, la fortune, la passion)] 4° Les quatre Sources du Pouvoir temporel sont : L'Autorité (ou l’Absolu) L'Election (par l’homme) La Contrainte (de l’homme)' La Fatalité (naturelle) Quand il vient de l’Autorité, il est conféré par accla mation (Ex. : la dictature, l’élévation sur le pavois barbare, le pouvoir des héros, des demi-dieux et des Dieux aux temps primitifs).
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE I 2 1 L’élection raisonnée vient de considérations intel lectuelles ou sentimentales (Ex. : l’avènement de la maison de Habsbourg à l'Empire d’Allemagne.) La contrainte vient ou de l’usurpation directe par un despote (individuel ou collectif), ou de l’intrigue, ou de la force extérieure (comme une restauration). Enfin le Pouvoir naît de la fatalité quand on le confie aux hasards de l’hérédité ou de la fortune.
5° Les groupes sociaux nous sont suffisamment connus par l’analyse précédente (i). * ¥ * Nous avons maintenant tous les éléments néces saires pour juger des diverses variétés de constitution; toutefois,- il faut se borner ici à un très rapide aperçu de cette analyse, avec l'appui de quelques exemples : Le problème constitutionnel comporte trois ques tions principales : A qui, par qui sera-t-il conféré, et sous quelle forme ? ire Question.
A qui appartient le gouvernement ?
Quand il est confié spécialement au principe absolu qui régit l’esprit public, il devient absolu, une Auto cratie, différente de la tyrannie en ce qu’elle est acceptée au lieu d’être subie, monarchique ou non, (i) Il n'est pas inutile d’v ajouter la remarque suivante qui expliquera l’illusion des partisans convaincus de la Commune : Comme elle rassemble à la fois les quatre types de groupes sociaux, savoir : l’individu, la famille, la corporation et la Cité; elle constitue une synthèse d'ordre primaire ; mais elle ne peut vivre indépendante si elle est prise comme élément d’une synthèse analogue de second ordre, la Nation. L’affranchir est créer l’anarchie des cellules dans l’organisme social.
124 l’initiation côté le surplus de l’organographie et arrivons au fonc tionnement social. V. — Psychologie physiologique : Evolution Les nombreuses variétés de constitutions constatées tout à l’heure sont dues à ce qu’une prépondérance généralement exagérée est accordée à l’un ou à plu sieurs des éléments anatomiques ou des organes.
Cette exagération, n’est pas toujours une anomalie, du moins pour les temps où elle se produit ; elle vient dans la plupart des cas d’une pondération naturelle, providentielle, de ces éléments, toute semblable à cet action de {’Inconscient que le philosophe Hartmann nous montre sans cesse occupé à réparer les troubles de l’organisme.
En effet, chacun des éléments sociaux étant une individualité volontaire, douée de sponta néité, tend aisément à imposer aux autres la domina tion de sa personnalité, à établir un despotisme, une tyrannie. Cette tendance soulève des réactions plus on moins violentes, plus ou moins tardives, mais inévi tables, et qui, à leur tour, sont portées aux exagéra tions inverses.
On n’entrera pas ici dans le détail, d’étude au reste assez facile, de toutes ces fluctuation, mais il faut en rappeler la suite qui constitue précisément cette évo lution dont nous avons déjà parlé précédemment.
L’histoire montre que les variations constitution nelles produisent des oscillations chroniques que Vico le premier a fait ressortir, et qui ont été développées admirablement, depuis, par ses disciples Fabre d’Olivet et le Marquis de Saint-Yves.
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE I 2 1 L’élection raisonnée vient de considérations intel lectuelles ou sentimentales (Ex. : l’avènement de la maison de Habsbourg à l'Empire d’Allemagne.) La contrainte vient ou de l’usurpation directe par un despote (individuel ou collectif), ou de l’intrigue, ou de la force extérieure (comme une restauration). Enfin le Pouvoir naît de la fatalité quand on le confie aux hasards de l’hérédité ou de la fortune.
5° Les groupes sociaux nous sont suffisamment connus par l’analyse précédente (t). ** ¥ Nous avons maintenant tous les éléments néces saires pour juger des diverses variétés de constitution; toutefois,- il faut se borner ici à un très rapide aperçu de cette analyse, avec l’appui de quelques exemples : Le problème constitutionnel comporte trois ques tions principales : A qui, par qui sera-t-il conféré, et sous quelle forme ? ire Question.
A qui appartient le gouvernement ?
Quand il est confié spécialement au principe absolu qui régit l’esprit public, il devient absolu, une Auto cratie, différente de la tyrannie en ce qu’elle est acceptée au lieu d’être subie, monarchique ou non, (1) Il n’est pas inutile d’y ajouter la remarque suivante qui expliquera l’illusion des partisans convaincus de la Commune : Comme elle rassemble à la fois les quatre types de groupes sociaux, savoir : l’individu, la famille, la corporation et la Cité; elle constitue une synthèse d’ordre primaire ; mais elle ne peut vivre indépendante si elle est prise comme élément d’une synthèse analogue de second ordre, la Nation. L’affranchir est créer l’anarchie des cellules dans l’organisme social.
122 L INITIATION en tous cas théocratique, de quelque façon. Tel fut, par exemple, la république de Robespierre, basée sur l’Absolu humain, la déesse Raison.
Si le gouvernement est attribué à l’Autorité, il forme une Aristocratie dans le sens le plus large du mot (gouvernement par les meilleurs), et l’on se rap pelle que ce jugement des meilleurs offre quatre points de vue, de sorte qu’il peut y avoir autant d’aristo craties : ou des plus sages (théocratie), ou des plus courageux (noblesse d’épée, gouvernement militaire), ou des plus intelligents (noblesse de robe, gouverne ment juridique), ou des plus habiles (noblesse finan cière, ploutocratie). — Il faut remarquer, du reste, que l’aristocratie n’est pas forcément le gouverne ment de plusieurs (ou oligarchie); la forme en peut être variée comme pour chaque espèce.
L’attribution du gouvernement au Pouvoir tem porel donne le gouvernement centralisateur par excel lence, la dictature, le despotisme. Enfin son attribution aux intérêts individuels cor respond à l’Opportunisme dont la forme la plus nette est le Parlementarisme. 2° Question : Par qui est conféré le Gouvernement ?
La réponse en a été donnée plus haut déjà par l’examen des sources du Pouvoir ; il suffit de rappeler qu’elles sont: ou l’acclamation, ou l’élection, ou l’usurpation, ou l’hérédité. 3° Question : Forme du gouvernement. Enfin les quatre formes du gouvernement corres pondront à l’attribution : A un seul : ce qui donne la Monarchie.
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE 123 A quelques-uns (individus ou groupes) : Oligar chie. Aux délégués de tous : Démocratie. A tous, directement : Démagogie. Constitution générale. Toutes les variétés que nous venons de voir engendrer par la distribution, l’attri bution, la forme des organes sociaux peuvent se com biner entre elles; sauf peut-être quelques incompati bilités exceptionnelles.
Ainsi l’on peut trouver des républiques aristocratiques et autocrates comme Venise; des monarchies électives et- tempérées, ou par l’aristocratie comme dans l’Ancien Empire d’Allemagne, dans l’Espagne après l’expulsion des Maures, etc., — ou des démagogies dictatoriales comme celle de 1793 enFrance; comme la Commune de 1871, ■— ou tant d’autres variétés qui font l’éton nement de l’historien quand il n’en a pas la clef.
Il suffira de cette remarque pour donner une idée des nombreux genres de Nations possibles, sans s’ar rêter à en faire la nomenclature ou le classement. + ¥ ¥ Jusqu’ici nous n’avons encore examiné que les or ganes élémentaires et l’ensemble des grands systèmes de l’organisme ; pour achever l’organographie, il faudrait entrer maintenantdans le détail des appareils propres à chacune des fonctions que nous avons reconnues : mais le cadre de ce rapide aperçu ne com porte pas tant de développements; il faut s’y borner aux principes les plus élémentaires. Laissons donc de
124 l’initiation côté le surplus de l’organographie et arrivons au fonc tionnement social. V. — Psychologie physiologique : Evolution Les nombreuses variétés de constitutions constatées tout à l’heure sont dues à ce qu’une prépondérance généralement exagérée est accordée à l’un ou à plu sieurs des éléments anatomiques ou des organes.
Cette exagération-n’est pas toujours une anomalie, du moins pour les temps où elle se produit ; elle vient dans la plupart des cas d’une pondération naturelle, providentielle, de ces éléments, toute semblable à cet action de l’Znconscfeni que le philosophe Hartmann nous montre sans cesse occupé à réparer les troubles de l’organisme.
En effet, chacun des éléments sociaux étant une individualité volontaire, douée de sponta néité, tend aisément à imposer aux autres la domina tion de sa personnalité, à établir un despotisme, une tyrannie. Cette tendance soulève des réactions plus on moins violentes, plus ou moins tardives, mais inévi tables, et qui, à leur tour, sont portées aux exagéra tions inverses.
On n’entrera pas ici dans le détail, d’étude au reste assez facile, de toutes ces fluctuation, mais il faut en rappeler la suite qui constitue précisément cette évo lution dont nous avons déjà parlé précédemment.
L’histoire montre que les variations constitution nelles produisent des oscillations chroniques que Vico le premier a fait ressortir, et qui ont été développées admirablement, depuis, par ses disciples Fabre d'Olivet et le Marquis de Saint-Yves.
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE 125 Ce ne sont pas des cycles fermés qu’engendrent ces oscillations comme on pourrait le croire à la lecture trop rapide de ces maîtres, ou comme Cousin l'affir mait pour la philosophie. Leur cours trace dans le temps une spirale indéfinie dont chaque tourest pareil au précédent, mais relève vers l’Universel, vers la per fection absolue la courbe du progrès humain.
La suite de chaque spire n’a été tracée qu’en partie par la période quaternaire de Saint-Simon et de son disciple Comte qui n’en ont vu ni la fin. ni le début. Elle est réglée sur le double courant, indiqué déjà au commencement de ce travail, d’involution et d’évo lution : Le pouvoir spirituel s’impose d’abord par l’Autorité parce que les autres principes sont encore endormis ; d’où la Théocratie.
C’est lui qui, par l’enseignement (la religion et les mystères avec l’initiation), appelle tour à tour à la vie un nombre toujours croissant d'in dividualités, produisant ici l’une après l’autre l’auto cratie, l’aristocratie, la démocratie et la démagogie, s’effaçant de plus en plus, de gré ou de force, devant la spontanéité qui fait descendre la société de l’Autorité à la Liberté et à l’Egalité.
C’est alors quecommence la portion la plus difficile mais la plus brillante aussi de ce magnifique proces sus, celle dont l’accomplissement est entièrement laissé à la volonté humaine: Période semblable à la crise que le papillon subit dans la chrysalide : elle n’a pas de moyen terme: ou elle est mortelle, ou elle aboutit à cette expansion sublime qui de la chenille obscure et rampante fait un papillon éclatant comme PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE I27 naissent avec la croissance de l’Etre social.
C’est ce qui engendre les révolutions ; elles ont pour but de remplacer T organisateur, le gouvernement, qui en se faisant despotique s’est mis en antagonisme avec la conscience sociale. La révolution, dont la conspiration n’est souvent qu’une forme prématurée, un avant-coureur, ne peut être évitée que si le gouvernement accomplit entière ment sa mission.
Elle est triple, comme le fonction nement social : Economique, juridique et pédagogique : Assurer la nourriture du corps social et de chacun de ses éléments; veiller à l’équilibre mobile, au fonctionnementmatériel ou intellectuel de tous les organes, comme un ingénieur veille à la marche de la machine; faciliter l’évolution spirituelle, l’évolution tant de chaque élément social que de l’ensemble de l’orga nisme.
Cette mission dépasse de beaucoup le problème de la constitution politique ou de son observation. Il y faut tout un supplément de connaissances, d’observa tions, de qualités qui constituent la science et la morale sociales, ou d’un seul mot, la sagesse sociale. C’est en elle qu’est la solution desgrands problèmes de la Propriété, de l’Hérédité, de l’Organisation du travail, de l'instruction publique et autres questions sociales.
Mais on a dit déjà que cet essai devait se borner au problème politique de la constitution dont le but est avant tout d’assurer le jeu régulier des organes so
I 2Ô l’initiation les fleurs dont il aspire le nectar, comme les rayons du soleil où il s’ébat joyeux, aimant et libre! Cette crise est celle où se débat notre siècle, dans l’angoisse anxieuse que laisse la disparition du tuteur, l’incertitude de la voie, mais en même temps dans le triomphe glorieux, présomptueux même d’une majorité à son début qui sent naître les ailes émanci patrices.
C’est par la Fraternité, nous le savons, qu’elle peut se dénouer, c’est-à-dire par la convergence de toutes les forces vers l’Unité qui donne l’harmonie dans le multiple. Nous pouvons voir maintenant comment créer cette fraternité en résumant d’abord les causes du malaise qui troublent notre organisme.
VI. — Adaptation de l’organisme a ses fins La santé sociale peut être menacée, ou par le milieu ambiant; la guerre extérieure, — c’est la maladie la moins dangereuse quand l’organisme est sain et bien constitué: — l’Esprit qui fait son Unité lui donne,sous forme de patriotisme, la force d’y résister ou de le pré venir : il peut craindre même d’exagérer cette force en la tournant au militarisme ambitieux, conquérant, qui est un autre genre de maladie grave.
La santé sociale peut être troublée aussi, comme on vient de le dire, par un des éléments sociaux, indi vidus ou organes ; c’est ce qui produit la conspiration, l’usurpation, la guerre civile. Une troisième cause de malaise est le défaut d’adap tation de l’organisme aux besoins nouveaux qui riÜi»ÿuiÎn8iS^MI8»tl.Wti) .l'Ü»»' 128 l’initiation temps, les problèmes si complexes et si variables des diverses fonctions.
Bornons-nous donc à chercher par quel moyen on peut assurer à la mens sana, le sanum corpus qui lui est nécessaire, à cette époque redoutable que nous tra versons, comment on peut réaliser la Fraternité dans la Constitution. Le moyen peut s’en résumer dans une formule simple qui ressort d’elle-mème de tout ce qui précède : Tout orienter vers l’Universel.
Donc : i° dresser l’organisme social sur le plan de tout organisme naturel, c’est-à-dire le constituer d’un corps, d’une Ame double et d’un Esprit. 20 Maintenir l’équilibre des organes tant en proté geant le libre fonctionnement de chacun d’eux qu’en conservant entre eux la hiérarchie indiquée par le fonctionnement de l’ensemble. 3° Imprégner toute cette création d’un esprit tou jours tendu vers le désir du perfectionnement.
Il est aisé, du reste, de se rendre compte de cette orientation commune en reprenant les distinctions fournies par notre analyse anatomique (1). i° L’esprit public deviendra l’intelligence dirigeant les instincts en se guidant sur la raison inspirée par l’Absolu. 20 L’âme morale de la Société ou Pouvoir spirituel aura pour formule : La Science gouvernant la Nature par un Dogme raisonnable, illuminé par la Foi (ces
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE I2Í Ce ne sont pas des cycles fermés qu’engendrent ces oscillations comme on pourrait le croire à la lecture trop rapide de ces maîtres, ou comme Cousin l'affir mait pour la philosophie. Leur cours trace dans le temps une spirale indéfinie dont chaque tourest pareil au précédent, mais relève vers l’Universel, vers la per fection absolue la courbe du progrès humain.
La suite de chaque spire n’a été tracée qu’en partie par la période quaternaire de Saint-Simon et de son disciple Comte qui n’en ont vu ni la fin, ni le début. Elle est réglée sur le double courant, indiqué déjà au commencement de ce travail, d’involution et d’évo lution : Le pouvoir spirituel s’impose d’abord par l’Autorité parce que les autres principes sont encore endormis ; d’où la Théocratie.
C’est lui qui, par l’enseignement (la religion et les mystères avec l’initiation), appelle tour à tour à la vie un nombre toujours croissant d’in dividualités, produisant ici l’une après l’autre l’auto cratie, l’aristocratie, la démocratie et la démagogie, s’effaçant de plus en plus, de gré ou de force, devant la spontanéité qui fait descendre la société de l’Autorité à la Liberté et à l’Egalité.
C’est alors que commence la portion la plus difficile mais la plus brillante aussi de ce magnifique proces sus, celle dont l’accomplissement est entièrement laissé à la volonté humaine : Période semblable à la crise que le papillon subit dans la chrysalide : elle n’a pas de moyen terme: ou elle est mortelle, ou elle aboutit à cette expansion sublime qui de la chenille obscure et rampante fait un papillon éclatant comme
I2Ô l’initiation les fleurs dont il aspire le nectar, comme les rayons du soleil où il s’ébat joyeux, aimant et libre! Cette crise est celle où se débat notre siècle, dans l’angoisse anxieuse que laisse la disparition du tuteur, l’incertitude de la voie, mais en même temps dans le triomphe glorieux, présomptueux même d’une majorité à son début qui sent naître les ailes émanci patrices.
C’est par la Fraternité, nous le savons, qu’elle peut se dénouer, c’est-à-dire par la convergence de toutes les forces vers l’Unité qui donne l’harmonie dans le multiple. Nous pouvons voir maintenant comment créer cette fraternité en résumant d’abord les causes du malaise qui troublent notre organisme.
VI. — Adaptation de l’organisme a ses fins La santé sociale peut être menacée, ou par le milieu ambiant; la guerre extérieure, — c’est la maladie la moins dangereuse quand l’organisme est sain et bien constitué: — l’Esprit qui fait son Unité lui donne,sous forme de patriotisme, la force d’y résister ou de le pré venir : il peut craindre même d’exagérer cette force en la tournant au militarisme ambitieux, conquérant, qui est un autre genre de maladie grave.
La santé sociale peut être troublée aussi, comme on vient de le dire, par un des éléments sociaux, indi vidus ou organes ; c’est ce qui produit la conspiration, l’usurpation, la guerre civile. Une troisième cause de malaise est le défaut d’adap tation de l’organisme aux besoins nouveaux qui
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE I27 naissent avec la croissance de P Etre social. C’est ce qui engendre les révolutions : elles ont pour but de remplacer l’organisateur, le gouvernement, qui en se faisant despotique s’est mis en antagonisme avec la conscience sociale. La révolution, dont la conspiration n’est souvent qu’une forme prématurée, un avant-coureur, ne peut être évitée que si le gouvernement accomplit entière ment sa mission.
Elle est triple, comme le fonction nement social : Economique, juridique et pédagogique ; Assurer la nourriture du corps social et de chacun de ses éléments; veiller à l’équilibre mobile, au fonctionnementmatériel ou intellectuel de tous les organes, comme un ingénieur veille à la marche de la machine; faciliter l’évolution spirituelle, l’évolution tant de chaque élément social que de l’ensemble de l’orga nisme.
Cette mission dépasse de beaucoup le problème de la constitution politique ou de son observation. Il y faut tout un supplément de connaissances, d’observa tions, de qualités qui constituent la science et la morale sociales, ou d’un seul mot, la sagesse sociale. C’est en elle qu’est la solution des grands problèmes de la Propriété, de l’Hérédité, de l’Organisation du travail, de l’instruction publique et autres questions sociales.
Mais on a dit déjà que cet essai devait se borner au problème politique de la constitution dont le but est avant tout d’assurer le jeu régulier des organes so ciaux. Parmi eux sera l’organe mental, seul compé tent pour résoudre d’une façon pratique, et en tous
128 l’initiation temps, les problèmes si complexes et si variables des diverses fonctions. Bornons-nous donc à chercher par quel moyen on peut assurer à la mens sana, le sanum corpus qui lui est nécessaire, à cette époque redoutable que nous tra versons, comment on peut réaliser la Fraternité dans la Constitution. Le moyen peut s’en résumer dans une formule simple qui ressort d’elle-même de tout ce qui précède : Tout orienter vers ïUniversel.
Donc : i° dresser l’organisme social sur le plan de tout organisme naturel, c’est-à-dire le constituer d’un corps, d’une Ame double et d’un Esprit. 2° Maintenir l’équilibre des organes tant en proté geant le libre fonctionnement de chacun d’eux qu’en conservant entre eux la hiérarchie indiquée par le fonctionnement de l’ensemble. 3° Imprégner toute cette création d’un esprit tou jours tendu vers le désir du perfectionnement.
Il est aisé, du reste, de se rendre compte de cette orientation commune en reprenant les distinctions fournies par notre analyse anatomique (i). i° L’esprit public deviendra l’intelligence dirigeant les instincts en se guidant sur la raison inspirée par l’Absolu.
2° L’âme morale de la Société ou Pouvoir spirituel aura pour formule : La Science gouvernant la Nature par un Dogme raisonnable, illuminé par la Foi (ces (i) Le lecteur pourra, pour plus de clarté, suivre l’énuméra tion suivante sur les tableaux anatomiques donnés plus haut Sources de l’Esprit public, etc...
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHETIQUE I 2Q mots de Science, Dogme et Foi, étant entendus dans leur sens le plus large). 3° L’âme intellectuelle de la Société ou Pouvoir temporel imposera la contrainte à la fatalité des lois naturelles en se fondant sur l’élection libre inspirée par l’Autorité.
4° La Nation, fondée sur les sentiments du Peuple, inspirée de son rôle dans la Race, disciplinera l’indi vidu par la famille et la corporation à la vie sociale, afin de l’élever jusqu’à la participation volontaire à la vie universelle, et, par là, de satisfaire la finalité propre de l’Homme ou sa mission dans la Nature.
Par ce dernier terme, la liaison de l’individu à l’Universel est complète, de sorte que la formule générale de l’Orientation se trouve être : Inspiration de l’Autorité par l’Absolu. Consécration du Pouvoir par l’Autorité. Direction par le Pouvoir du corps social qui, ainsi, devient l’expression actuelle et progressive de l’Absolu.
Mais cette formule, que nous ne pouvions restreindre sans la mutiler, embrasse les problèmes de la Sagesse sociale aussi bien que ceux de la Politique constitu tionnelle; revenons à ces derniers pourvoir ce qu’elle renferme d’immédiatement applicable à leur solution.
VIL — Conclusions pratiques Les deux premiers Principes sociaux, l’Esprit public et le Pouvoir temporel, n’ont pas de forme, c’est-àdire qu’il ne peut y avoir actuellement d’institution qui les impose.
La Constitution n’a envers eux qu’un devoir : leur assurer la liberté la plus absolue, l’indé13o l’initiation pendance complète, comme aux principes inspira teurs ; qu’un droit: leur refuser l'exercice d’aucun pouvoir temporel, puisqu’ils sont d’essence spirituelle C’est là une nécessité sociale des plus pres santes, car c’est dans ces pouvoirs qu’est la lumière de la conscience sociale; on peut dire que notre trouble actuel vient en premier lieu de l’obscurciss ement de cette lumière, dû précisément à la période que nous avons à traverser.
Le pouvoir spirituel est à refaire. Une réforme politique très simple peut suffire à la renaissance qui lui convient, c'est l’affranchissement de nos universités : on leur doit la vie indépendante par la Propriété, par le droit d’acquérir et. de possé der (sauf à le limiter, si l’on veut, aux valeurs indus trielles ou d’Etat, ce qui préviendrait l’improductivité économique des biens universitaires).
Il faudrait ensuite, et aussitôt que possible, ratta cher à ces universités régionales toute église, toute manifestation philosophique, scientifique ou artis tique (ce qui se pourra faire notamment par le droit de vote sur les questions intellectuelles et morales de la Société), de façon à constituer comme un corps spi rituel assez affranchi des besoins temporels pour en éclairer en toute indépendance la satisfaction normale.
Enfin l’organisation de l’enseignement public à tous degrés (mais l’enseignement théorique seul) doit ap partenir à ce pouvoir spirituel (i). (i) C'est en vue de cette résurrection d’un Pouvoir spirituel nouveau que l’auteur a entrepris de proposer d’abord un pro gramme d’instruction synthétique dans l’ouvrage en cours de
PRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE I 3 I Quant au Pouvoir judiciaire qui est comme une puissance mixte entre le pouvoir spirituel et celui temporel, l’indépendance qui lui est nécessaire ne peut aller jusqu’à la liberté absolue de l’Autorité.
Elle sera assurée suffisamment si son organisation étant fixée par la constitution, son recrutement autonome (ou électif sur une liste de capacités désignées par lui), son indépendance est assurée non par la propriété, mais par une quote-part, fixée aussi par la constitu tion, du budget national. » * Reste l’organisation du Pouvoir temporel.
Remarquons d’abord qu’il .doit, par similitude avec l'organisme humain, respecter la liberté de l’organisme corporel de la société : les fonctions nutritives doivent avoir leur direction propre (leur Inconscient, qui con stitue la fonction végétative du corps animal), elle sera par exemple dans les syndicats, les corporations ou tout autre organisme économique directeur.
Mais cette liberté ne peut être absolue comme celle du pouvoir spirituel ; elle est trop exposée aux passions dont le retentissement peut troubler l’organisme ; il y faudra donc une certaine dépendance, tant protectrice que ré pressive, dont la mesure sera fixée par la constitution.
Le Gouvernement proprement dit doit être conformé sur le type de la volonté : il lui faut autant d’organes publication sous le titre A'Enseignement intégral, et ensuite ¡’institution détaillée de l'université proposée dans l’ouvrage en préparation : Fraternité ou la Mort.
I 32 l’initiation que de fonctions, lesquelles sont, on se le rappelle : i° Recevoir les impressions du corps des citoyens; 2° Délibérer sur ces impressions ; 3° Ordonner; 4° Faire exécuter.
Dans nos sociétés actuelles, nous confions au par lement à la fois la transmission des émotions, la dé libération et l’ordonnance ; c’est confondre les fonc tions des nerfs sensitifs et du cerveau, remplacer, par conséquent, la fonction supérieure de celui-ci par de simples actions réflexes comme celles qu’exercent les ganglions. C’est à peu près supprimer le cerveau.
Les députés de la nation entière (qui sont les nerfs sensitifs) ne doivent exprimer que les sensations, les besoins, les désirs de la Cité ; ils ne doivent pas être compétents pour les régler.
C’est à un corps spécial, aussi étranger que possible aux émotions publiques, que doit appartenir la déli bération et l'ordre qui constitue l’âme de la volonté : le recrutement de ce corps que nous nommerons ici Chambre haute plus rapproché des facultés supé rieures, du Pouvoir spirituel, doit être fait plus soi gneusement ; il faut, par conséquent, qu’il soit plus complexe et emprunté à des organes de second ordre.
On proposerait donc ici que cette Chambre haute soit nommée non par les individus, mais par les groupes nationaux et sociaux (corporations, syndi cats, magistrature, Chambre des députés, univer sité, etc.). Le Pouvoir exécutif y aurait aussi ses repré sentants et, en outre, cette Chambre nommerait ellePRINCIPES DE SOCIOLOGIE SYNTHÉTIQUE l33 même un certain nombre de membres à son choix, pris où il lui conviendrait.
Elle serait partagée en trois sections correspondant aux trois pouvoirs : écono mique, temporel et spirituel, distinguées par la pro portion des représentants correspondant aux mêmes principes : c’est-à-dire que dans la section écono mique, par exemple, les représentants du corps éco nomique seraient en plus grand nombre (dans une proportion à fixer) et ainsi des autres sections.
La Chambre des députés devant exprimer conti nuellement l’opinion publique devrait être perma nente, nommée au suffrage universel direct, mais avec voix proportionnelles au nombre de suffrages obtenus par chaque député et renouvellement partiel. En outre, chaque député aurait son mandat tracé par des cahiers généraux ouverts en chaque commune et synthétisés par le moyen employé autrefois.
Cette Chambre formerait, en un mot, des États généraux permanents. Leur rôle consisterait dans l’exposé de doléances, le contrôle de l’économie publique, et, si l’on veut, la sanction des lois par referendum comme il va être dit, mais en aucun cas leur confection. C’est à la Chambre haute seule, sur la demande de celle des députés, ou sur sa propre initiative que doit revenir la discussion de la loi.
Préparée dans la sec tion compétente, elle ne serait arrêtée que par les trois sections réunies, et sanctionnée par la Chambre des députés auprès de qui s’exercerait ainsi une sorte de referendum public. Les ministères et tous les officiers délégués du Pou voir exécutif seraient au choix exclusif du chef de ce
l’initiation i34 Pouvoir, sans qu’il ait à les prendre dans le Parlement.
L’ensemble de ces institutions gouvernementales sera facilement aperçu par le tableau suivant i POUVOIR SPIRITUEL {Universités indépendantes} (Centres régionaux et fédérés de la vie spirituelle) POUVOIR TEMPOREL CHAMBRE HAUTE élue par les corps sociaux (syndicats, etc. Pouvoir exécutif et Université) permanente, — partiellement renouvelable faisant fonction de Corps législatif au moyen de trois sections : Economique | Politique | Intellectuelle Pouvoir exécutij confié à un chef unique élu par tout le Parle ment réuni.
Nommant tous les fonctionnaires des administra tions déléguées et les ministres qui les comman dent (à l’excep tion ae celui de la Justice). (3 sortes de fonc tions et de dé légués). i Conseils ' supérieurs Ide chaque iDirecteur. Juriscon sultes. (Conseils juridiques) 1 Direction 1 et I nspection Magistrats I Exécution (par les -| fonction naires). Praticiens. Pouvoir judi ciaire régi par un grand chef .idé d’un Conseil.
Se recrutant et | s’administrant soi-même, (Entretenu par une quote-part fixe du budget public). (3 sortes de fonc tions et de dé légués) . CHAMBRE DES DÉPUTÉS ou Etats Généraux permanents, au Suffrage universel direct, — avec voix proportionnelles, — mandat non impératif tracé par cahiers publics. Renouvellement partiel Ayant : la présentation des doléances, le contrôle du budget, la sanction des lois.
CORPS ÉCONOMIQUE (ou Cité) avec organisation économique autonome en Syndicats, chambres, corporations, etc... (sauf l’approbation du Parlement. F.-Ch. Barlet.
INITIATION KABBAL1ST1QUE i35 En un manuscrit encore inédit d’Eliphas Lévi (dont je dois la communication à la gracieuseté de M. Chamuel) on lit ces quelques lignes, — je dirais presque ces versets, — prophétiques:« Voici que la lumière astrale fourmille d’esprits élémentaires. C’est une nouvelle création qui se prépare. Déjà les clefs de Salomon sont retrouvées et les mystères de Haute Maçonnerie expliqués.
Une école va se fon der..... qui dans un siècle comptera j,ooo adeptes et son dernier grand maître sera Hénoch. »Chaque année nous approche de ce règne attendu cependant que les isolés cherchent des yeux fraternels, que les souffrances s’attisent en paroxysmes créateurs, que les raisons inquiètes s’effarent et se taisent. Il y a deux mille ans avant la loi, deux mille ans de loi, deux mille ans de règne messianique.
Ceux qui dès ce jours ont crié vers l’aurore, vaincus d’avance et le sachant, ceux-là sont plus nobles encore, plus sym pathiques que les silencieux inconnus qui pour l’ave nir conservent l’héritage et préparent les chambres du palais.
Ils seront pour le présent et l’avenir immé diat, avant que l’heure ne sonne, des curieux et d’extravagants dégénérés, et si quelque médecin dis tingué parmi ses malades ne les classe, du moins leur portrait, avec celui des inventeurs d’irréalisables merveilles, en des cartons sommeillera. Voici le résultat glorieux pour l'initié: le chemin, c’est celui de tous ceux qui se sont mis en dehors des
136 l’initiation banales conventions: c’est la haine et la déception si quelques désirs ont survécu aux cabrages premiers: mais la route est encore trop belle où marchèrent les ancêtres. La haine, c’est de la force en puissance ; la lutte, c'est la matière première d’une réalisation : quelques fleurs nouvelles, vierges encore arrachées ou meurtries, c’est trop d’honneur.
Ce qui attend l’œuvre aujourd’hui, c’est l’étouffement et l’indiffé rence, et s’il fut en elle une lumière assez brillante pour percer les somnolentes ténèbres, c’est le spectacle de cette œuvre fixée en mille reflets hideux et défor mée en grimaçantes apparitions: jeux d’un astral impur et pour longtemps encore ! Larves, et combien de coups frappés, combien de lumières éteintes avant que vous ne mouriez, suffisamment !
Mais cette ère messianique annoncée par le maître que fut Eliphas Lévi doit venir et peut-être un esprit de demain existe-t-il quelque part qui lira ces mots. C'est pour lui que j’écris. Si la voie entrevue avec la mort et nulle couronne au terme ne l’effraie, si dans le passé il a senti, quelque nuit, se dresser près de lui l’ombre énorme d’un ancêtre, qu’il se souvienne du frisson précurseur et de la mort entr’ouvrant ses portes.
Il a été appelé par son nom. Mais avant d’étudier les livres sacrés, avant de chercher les maîtres qui, l’heure venue, seront toujours là, et d’accourir au temple réclamer l’initiation, qu’il apprenne ce que doit être l’initié — ou s’en souvienne. Aux mystères sacrés de la Khabbale (i) un homme ( i ) Ces règles sont traditionnelles, on les trouve dispersées en divers textes ou commentaires. Parmi les textes, le nTlN
INITIATION KABBAL1ST1QUE l3y n’est admis que s’il accorde une confiance totale, ferme et de tous les instants à son maître et à ses enseignements; bien plus, que s’il ne discute jamais ses paroles et en prend l’engagement.
Voilà qui peut éloigner bien des gens de la science sacrée ; mais rappelons ici que nous ne parlons pas des sciences occultes en général ; il n’est pas besoin de tout cela pour connaître l’Od comme M. de Rochas ou l’her métisme comme M. Berthelot.
Ce n’est pas une branche des connaissances humaines, c’est la haute magie du bien et du mal, la science de la vie et de la mort que le profane veut posséder et, comme l’a dit Eliphas Lévi : « on peut demander d’être un peu plus qu’un homme à celui qui veut devenir presque un Dieu. » Cette apparente passivité, qui effrayera tant de vanités, n’est que momentanée et personnelle. Comme dans les écoles pythagoriciennes (ci. AuluGelle, Noct. Ait., 1.
I, ch. ix), le disciple doit écouter et s’abstenir de toute discussion ou commentaire, il doit donner, par ses paroles et ses actes, le témoi gnage actif de son adhésion. Les révélations que transmet la Khabbale sont divines et d’un ordre plus élevé que ce qui peut tomber sous la norme de la raison; les facultés actuelles sont épuisées et comme annihilées par l’acte de la réception des mystères.
On est donc en droit d’exiger ce sacrifice, on le doit même, car l’âme tout entière du néophyte, de Rabbi Joseph Castiliensis, parmi les commentaires : Reuchlin : De Cabbala; Paul Riccius, De Cœlesti agricultura; Rob. Fludd, Tractatus Apologeticus... sont les sources prin cipales et nous n’y renverrons plus.
138 L INITIATION la sincérité de ses aspirations, la force de son désir et de sa volonté vont se juger à cette épreuve. S’il se méprise assez et doute assez de ses pouvoirs pour craindre en ce servage une mort definitive, il est indigne d’approcher et, de lui-même, va s’enfuir. Bien faible qui s’arrêtera dès le premier pas, bien grossiè" rement avare qui reculera devant un renoncement aussi précieux !
En second lieu, le khabbaliste sera versé dans les sciences et les arts profanes, car il doit s’être orné de tous ses humains pouvoirs, celui qui rêve un tel hon neur que l’initiation.
« Cependant pour tout dire, et la raison l'explique comme l’expérience de chaque jour permet de le vérifier, ce n’est pas avec peu de con naissances, ce n’est pas avec une vague teinte des sciences humaines, ce ri est pas avec une superficielle culture que doit se présenter celui dont le travail, le -èle, la volonté vont être désormais occupés à la con templation des formes séparées, celui qui va pour ainsi direviolerles sanctuaires mêmes de Dieu. » (Reuchlin).
Mais cette science profane ne sera pas la matière et le point d’appui de la science absolue. Il faudra faire le vide et la mort dans son âme; il faudra que tout y redevienne inculte et ténébreux, comme Moïse fit dans le désert (i) pour que le sol, désormais fertile, soit prêt à de nouvelles moissons.
Celui qui n’a pas étudié les sciences du passé et du présent n’a pas le droit d’en faire peu de cas: celui qui n’a fait jouer en lui tous les engrenages des mathématiques, (i) Zirolde deMose, Introd. ad. Histor. Eccles., ch. i, p. 26.
INITIATION KABBAL1ST1QUE l3g tous les ressorts des sciences naturelles, toutes les cordes de l’imagination, qui n’a ni pleuré, ni réfléchi, celui-là n’a pas le droit de mépriser les larmes ou la pensée, l’affirmation scientifique ou l’émotion artis tique. Il sommeille encore; qu’il ne recherche pas la lumière : souffleur il restera, s’il ne devient sorcier.
Je pourrais, parmi les anciens, citer plusieurs noms de ces hommes qui furent des savants avant de deve nir des écoliers en Haute-Science. Un exemple, de nos jours, est plus précieux : un très grand artiste, un maître en littérature, n’a pas reculé pour mériter l’adeptat (i) devant les répugnances et les fatigues du laboratoire. De tels exemples, s’il était nécessaire, prouveraient à eux seuls que la chaîne de la tradition n’est pas rompue.
En troisième lieu, les khabbalistes veulent que les disciples qui recherchent leur science soient d’un âge mur : ils sont en effet persuadés que nul ne peut être capable d’une si sublime et si profonde religion s’il n’a vieilli, s’il n’a vu se calmer en lui les passions, les fougues de la jeunesse, affermissant et purifiant ses mœurs, ses habitudes, devenant, aurait dit le xvii° siè cle, un honnête homme.
Tel était le sentiment de Rabbi Eleazar quand il répondit à son maître Jochanan, qui, dans sa bienveillance, le voulait initier de bonn e heure aux mystères de la mercabah « iKUtp » c’està-dire : « Je n’ai pas encore blanchi. » Une purification ( i ) M. Stanislas de Guaita, auteur de nombreux et savants travaux de khabbale (dogmatique comme magique) depuis ses premiers articles dans V Artiste, jusqu’à ses derniers ouvrages Au seuil du mystère, le Temple de Satan.
l’initiation 140 s’opère, une sublimation continuelle dans le temps pour celui qui médite et développe les germes déposés en lui.
Ce n’est donc pas une période d’état, encore moins de déclin que réclame la tradition, c’est un point de l’évolution où se sont éclairés et calmés les principes troublés et agités jusque-là, où l’ange de la mort—qui est le même que celui de la génération —a été dominé par l’homme, où, en un mot, l’action est possible, l’homme prêt à recevoir la connaissance et à la réaliser. < La quatrième condition est une pureté absolue : et ceci est presque une conséquence de ce qui précède, une remarque qui laisse entendre que cet âge mûr est variable suivant les individus.
En méprisant cette pureté, en sacrifiant à ses désirs, en considérant la jouissance matérielle comme un terme, comme un but en soi, l’homme se laisse aller à la plus dange reuse des illusions et rend impossible toute élévation psychique.
Il faut choisir, non pas entre la volupté et la vertu, c’est l’erreur de bien des sectes ; mais entre l'amour et la victoire, et, sitôt le choix fait, songer que la Beauté, reflet de la Couronne, est entre les deux routes. Les trente-deux voies de la Sagesse ne se découvrent qu’à ceux dont le cœur est bon : STiDab (1).
Une âme tranquille, délivrée de toute préoccupa tion, mondaine, est une condition également impor tante : que l’esprit soit un lac où toutes les inspirations, toutes les directions supérieures puissent se réfléchir (i)Isaakben Eljakim. Amst. ; 1706.
INITIATION KABBAL1ST1QUE I41 sans qu’un mouvement d’en bas ne vienne troubler l’eau et l’agite soudain. «Quittez femmes, parents, en fants et suivez-moi, » disait le Christ. « Vendez vos biens et distribuez votre or aux pauvres, >■> disait Joa chim de Flore à ses disciples.
« Craignez jusqu’à l’égoïsme de la famille et de l’amitié, » disent les maîtres ; « soyez seuls en face de Dieu pour être plus près de l’humanité. » C’est le silence, le sabbatisme des auteurs : silence d’une heure pour que, haute et plus sonore, la voix s’élève ensuite. Mais malheur à ceux qui gardent toujours le silence, malheur aux muets pour la moisson qu’ils ont semée, pour les douloureuses passions des réparateurs futurs !
Quand le nouvel homme aura conquis ces degrés d’ascèse il ne lui restera qu’un pas à franchir, qu’une sanction à recevoir: l’illumination. Eclair et cri de joie, communion qui arrache l’être à ses incertitudes, à ses pénombres pour l’éblouir et le marquer au sceau des 144.000 qui portent sur leur front le nom du Père (i). L’illumination s’acquiert et s’attend: la mé ditation seule ne la saurait produire.
Peut-être ce commentaire des qualités exigibles de ceux qui veulent l’initiation surprendra-t-il quelquesuns tant par le nombre que par la nature des vertus à acquérir. Avant de s’indigner contre ces lois rigou reuses, qu’ils méditent ; et bientôt le sens profond, l’indiscutable vérité de ces mesures leur apparaîtront. Chaque pas déjà fait, chaque degré atteint rendra le travail plus facile. Qu’ils sachent en outre que c’est le
l’initiation 144 gagnèrent Greenwich, puis Gravesand où ancrent les navires qui quittent l’Angleterre. Ils montèrent sur un navire danois; les serviteurs, les bagages et les chevaux furent chargés sur un autre navire ; bientôt ils firent voile pour la Hollande.
Mais les vents étaient contraires et ce fut à grand’peine qu’ils évi tèrent le naufrage; ils durent débarquer à Queensboro, à l’embouchure du Kent, sur la côte anglaise, pour attendre un temps plus favorable. Peu s’en fallut que la barque dans laquelle Kelley, Dee et Lasky se trouvaient ne chavirât ; elle se rem plit tellement qu’ils en avaient jusqu’aux genoux. Kelley s’empressa de la vider avec un seau.
Enfin, après de grands périls, ils gagnèrent la ville où ils attendirent la fin de la tempête. Cinq jours après, ayant repris la mer, ils abordèrent à Briel, en Hol lande.
Peu après le départ de Dee, ses voisins, qui le soup çonnaient de magie et de maléfices, envahirent sa maison ; les uns pillèrent sa bibliothèque, enlevant nombre de livres et de manuscrits, les autres pénétrant dans son laboratoire, mirent ses fourneaux et ses appa reils en pièces.
Dee cependant ne manifesta plus tard aucun regret sur cette perte immense de livres et d’ob jets rares rassemblés si péniblement, mais il pleura la perte d’une fiole contenant quatre livres d’une cer taine substance douce, semblable à de la gomme, d’une couleur un peu brune.
Il est probable que c’était de la pierre philosophale, car nous verrons par la suite que Dee en eut une certaine quantité entre les mains, provision qu’il avait trouvée chez un aubergiste qui
VIE DE JEAN DEE 145 en ignorait la valeur. Voici du reste cette histoire : Dee recherchait les antiquités, surtout les chartes et les manuscrits. A la suite de fouilles opérées par les habi tants du pays, dans les sépultures de l’abbaye de Glascow, sur le territoire de Somerset, on trouva dans un des tombeaux deux boules d’ivoire et un manuscrit. Ce lot revint à un aubergiste.
Ses enfants jouant avec l’une des boules la brisèrent et il en sortit une poudre blanche qui fut perdue. L’aubergiste montrait la boule qui restait et le manuscrit aux voya geurs de passage. Dee auquel il les montra lui offrit négligemment un shelling. L’aubergiste fut trop heu reux d’accepter.
Or le manuscrit était un traité d’al chimie et la boule d’ivoire creusée renfermait une poudre très lourde, rouge brun, qui n’était autre que de la pierre philosophale. Dee, par conséquent, put opérer des transmutations sans être adepte. Cette his toire a été rapportée faussement à Kelley ; comme nous le verrons plus loin, ce dernier n’opéra de trans mutations qu’après le départ de Dee et grâce à la poudre qu’il lui avait soustraite.
Dee n’avait emporté qu’une partie de cette poudre dans son voyage; le reste, laissé à Mortlake, fut détruit pendant le sac de sa maison. A Briel, Dee consulta son Cristal magique pour savoir ce que la reine et ses conseillers penseraient de sa fuite ; puis il se mit en route pour Cracovie avec ses compagnons ; il ne leur fallut pas moins de quatre mois en plein hiver pour accomplir ce voyage. Enfin ils atteignirent le château de Lasky, le 3 février 1584. Dee y resta cinq semaines, vivant parcimonieusemen t,
L INITIATION I46 car Lasky, accablé de dettes, disposait de peu d’argent ; le g mars ils se rendirent à Cracovie, où la vie fut plus agréable et où ils eurent des révélations.
Là ils continuèrent les évocations ; les esprits pro féraient d’abord des paroles barbares, puis ils ren dirent des oracles ambigus ; ils enseignèrent les mys tères du gouvernement macrocosmique partagé entre douze anges, puis ils firent des révélations sur les nombres, sur les diverses espèces d’esprits qui habitent les trente régions de l’air.
Ils entreprirent aussitôt d’exposer aux évocateurs le Livre d'Enoch ; ils promirent aussi à Lasky une royauté pour l’avenir.
Jean Dee et ses deux compagnons accomplissaient leurs cérémonies dansle plus profond secret de crainte que quelque chose de tout ceci ne parvînt aux oreilles du roi de Pologne, alors dans la ville, mais l’esprit Gabriel leur promit solennellement que rien de ce qui se faisait ou se disait durant les invo cations ne transpirerait au dehors.
Les esprits ordonnèrent bientôt à Dee d’aller à Prague, où Rodolphe II, empereur d’Allemagne, demeurait alors au sein d’une cour brillante. Mais Dee n’avait plus de ressources suffisantes pour entre prendre ce voyage, aussi tardait-il. Enfin, pressé par les esprits qui leur reprochaient, à lui et à Kelley, de ne pas obéir et d’avoir sottement perdu un temps pré cieux en s’attardant, ils se mirent en route à contre cœur. Ayant donc quitté Cracovie, ils arrivèrent le g août à Prague (1584). Pour obéir plus rapidement aux esprits qui lui
VIE DE JEAN DEE 147 ordonnaient d’aller trouver Rodolphe II, Jean Dee s’adressa peu après son arrivée à l’ambassadeur d’Es pagne, Guillaume de Saint-Clément, dont il avait captivé l’amitie ; il lui révéla le secret des apparitions d’anges dans le cristal, il lui montra le récit des évocations et des dialogues écrits de sa propre main, et lui confia des lettres de supplication ainsi que l’opuscule de la Monade hiéroglyphique, dédiée à Maximilien, père de l’empereur, pour les remettre à Rodolphe II.
L’empereur ayant lu les lettres de Jean Dee, or donna de le faire venir à la cour, afin d’entendre les révélations qui devaient lui être faites. Dee ayant donc été introduit dans l’appartement privé de l’empe reur par le premier valet de chambre Octavio Spinola, on ferma tout soigneusement pour éviter les indiscré tions.
Dee, reçu gracieusement par l’empereur, lui fit un long discours dont voici la substance : « Qu’il avait dépensé quarante années de sa vie, dans sa patrie ou à l’étranger, à de pénibles études sur la science et la sagesse ; que dans ses voyages, dans son commerce avec les savants, dans ses lectures, il n’avait pu trou ver la Vérité qu’il cherchait ardemment, qu’alors il s’était tourné vers Dieu, source de toute sagesse et qu’il l’avait supplié par ses prières ardentes et conti nuelles de daigner l’éclairer d’un rayon de sagesse pour lui permettre de pénétrer la nature des choses pour sa plus grande gloire.
Que Dieu avait enfin répondu à ses prières, que depuis deux ans et demi il lui envoyait ses anges pour lui enseigner la science des mystères célestes, que cela se faisait par l’interl’initiation 148 médiaire d’un cristal d’une belle vertu et d’un tel prix qu’il valait à lui seul plus que tous les trésors du monde réunis, que c’était dans cette pierre que les apparitions se montraient et qu’elles répondaient.
Qu’il faisait serment par le saint nom de Dieu que c’était par son ordre qu’il était maintenant en présence de l’empereur, accomplissant une mission sacrée.
Que l’Ange du Seigneur blâmait l’empereur à cause de ses péchés ; qu’il triompherait s’il écoutait les avis du messager céleste: que. dans le cas contraire, Dieu met7 trait le pied sur sa poitrine et le précipiterait du trône, que Dieu accomplirait certainement ces choses, que si l’empereur voulait revenir sur ses erreurs passées et se tourner vers Dieu, sa puissance deviendrait la plus grande et la plus glorieuse de toutes celles qui aient jamais existé, qu’il ferait prisonnier le diable, c’est-àdire le grand Turc (ainsi que Dee l’interpréta), que lui Dee avait accompli cette mission sur l’ordre spécial de Dieu, qu’il n’inventait rien, que ce n’étaient pas l’am bition et le désir des richesses qui le faisaient parler, qu’il était sain d’esprit et qu’il n’était pas la victime de vaines illusions ; qu’enfin, s’il avait dit quelque chose outre que ce qui lui avait été ordonné, il renon çait en ce moment même à son salut éternel. » Philophotes. (A suivre.}
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Nous avons beaucoup étudié Paracelse qui n’est pas toujours bien intelligible, parce qu’il a, soit en allemand, soit en latin, une terminologie toute spé ciale. Nous nous proposons de donner de cet illustre Hermétiste deux opuscules aussi rares que curieux. C’est d’abord un abrégé de la préparation des médicaments, extrait d’un manuscrit latin de la ■propre main de Paracelse.
Cet opuscule ne comporte guère que six ou sept pages et cependant l’auteur dit à la fin de ce travail : « Le traité de ces préparations est très court ; il semblera très bref, néanmoins il comprend toute la chimie ; et le médecin qui sera initié à ces mystères, s’il a toutefois quelque jugement et un peu d’aptitude, pourra porter son dessein beaucoup plus haut, en étudiant nos préparations.
Le second ouvrage plus considérable que nous donnerons ultérieurement a pour titre : Les XIV Livres des Paragraphes. Cet opuscule avec les notes
15o L'INITIATION et commentaires dont nous les accompagnons ne fournit guère que 5o à 55 feuillets manuscrits. Paracelse, quoique mort jeune, eut de son vivant une grande réputation ; il s’est attribué lui-même le titre de Monarque des arcanes.
De ce qu’il est mort jeune, ses adversaires en ont conclu que si ces remèdes avaient été aussi bons qu’ils les prétendaient et qu’ils aient eu le pouvoir d’allonger la vie au delà du cours naturel, il aurait vécu plus qu’un autre.
Au sujet de sa mort, survenue le 24 septembre 1541 (1), il existe deux versions: la première le fait mourir ivre à la suite d’une orgie, ce qui n’est guère croyable ; cependant il faut convenir que Paracelse aimait le vin (il était Suisse) et il reconnaissait luimême que « le vin rendait encore plus impétueux son esprit naturellement chaud ». (1) Paracelse a été enterré dans l’hôpital de Salzbourg.
Voici son épitaphe gravée sur marbre: « Cy-gist Téofraste, médecin insigne, lequel par un art merveilleux sçeut guérir les plus fières maladies que l’on croyait incurables, c’est-à-dire la lèpre, la goutte, l’hydropisie et autres semblables ; il a laissé ses biens pour être distribués aux pauvres, il est mort le 24 septembre en l’an iôqi. » Nous avons pris cette inscription dans Abrégé de la doctrine de Paracelse et de ses arc/iidoxes, avec une explication de la nature des principes de chymie.
Pour ser vie d’éclaircissement aux Traitez de cet auteur et des autres philosophes. —Suivi d’un Traité-pratique de différentes manières d’opérer, soit par la voye sèche ou par la voie humide ; à Paris chez d’Houry fils, rue de la Harpe, devant la rue SaintSéverin au Saint-Esprit. — MDCCXXIV. Cet ouvrage est d’un anonyme qui l’a signé : Sum Incola Francus ; on l’attribue à Basile Valentin. Cet ouvrage ne renferme que de l’Hermétisme.
Pour la bibliographie des ouvrages de Paracelse, voir la Biblio graphie générale des sciences occultes, page 61 du n» 1047 à 1062. — Un vol. in-4", Paris, Chamuel, éditeur, 29, rue de Trévise. {En cours de publication.)
SUR PARACELSE l5l Mais une autre tradition à laquelle nous ajoute rions plus volontiers créance, c’est que ses ennemis « l’empoisonnèrent en une débauche de vin, à quoi il était facile à porter et qu’estant yvre et endormi, ils lui ôtèrent les préservatifs qu’il portait toujours sur lui; de manière'que le poison ayant fait son effet, les remèdes ne purent plus agir. » (Pages 11 et 12 dans Abrégé des archidoxes, voir note cidessus).
Nous avons dit que, de son vivant, Paracelse s’était acquis une grande réputation. Voici l’opinion d’un de ses contemporains, d’Adam à Bodenstain, docteur et professeur en philosophie sur la médecine paracelsique.
Il écrivait les lignes qui suivent peu après la mort de l’illustre docteur : « L’art spagirique qui sait très bien séparer les formes des corps des choses naturelles et les rend propres à pénétrer et donner secours aux membres auxquels ils sont propres : c’est pourquoi on ne doit pas s’étonner si les disciples du très sage et très sa vant Théophraste Paracelse savent guérir et extirper totalement les maladies, estimées auparavant incu rables par les médecins Galénistes (i) mes sembla bles et associés, que sont la goutte, l’épilepsie, la para lysie, l’hydropisie, la syphilis et la lèpre, d’autant que les arcanes ou formes extraites de leur masse corpo relle peuvent pénétrer tous les membres, les purger, les rectifier et restituer les corps en leur santé parfaite ( r ) Les disciples de Galien dont la médecine était dénommée Galénique et humorale en opposition de celle de Paracelse, dite Médecine Paracelsique et chimique. E.-B.
I 52 L INITIATION en leur donnant la force nécessaire pour cela et n’ob tenant rien avec violence par force, mais expulsant seu lement ce qui est du mal, conservant et affermissant ce qu’il y a de sain, en un mot ne dépassant jamais les bornes de la nature avec laquelle ces remèdes s’ac commodent et s’unissent parfaitement.
Car, comme disent les Philosophes : toute action procède des formes et la matière les soutient et empêche que les formes et qualités ne pénètrent et ne donnent aide et secours à leurs semblables, dans le petit monde ou Microcosme.
Cela bien compris, je ne crois pas qu’il puisse se trouver un homme sensé qui s’offusque de ce que nous nous efforcions à tout prix d’introduire parmi nous une nouvelle médecine sûre procédant de l’Eternel (pour immortel probablement) et ToutPuissant médecin, et de ce que nous abandonnions volontairement et sans aucun regret la vieille et petite médecine professée par nous, comme n’étant qu’une ombre fausse de la véritable et certaine médecine paracelsique ; j’en excepte quelques détails que nous relè verons à l’occasion.
«Carilestvrai quecet art spagirique nous introduit tellement dans les arcanes de la nature, nous fait voir à l’œil, et presque toucher du doigt les maladies. Il nous démontre et nous enseigne parfaitement la pré paration des remèdes très subtils et souverains pour la guérison totale des maladies.
D'autant que ces Arcanes ou formes très puissantes sont ingénieuse ment séparées par l’artiste de leurs corps et matière, crasse terrestre et grossière. Aussi un scrupule de ces formes a plus de vertu et d’efficacité que pourrait en
SUR PARACELSE I 53 avoir une livre entière avec sa gangue ou masse ter restre (terreuse). «Ce que je viens de dire n’a pas encore été dit, parce que chaque chose arrive en son temps ; et pourtant je voulais avertir ceux qui aiment et suivent la profes sion médicale et pour la commune utilité de la Répu blique, d’affiner un peu leur esprit en ce siècle, afin de pouvoir recevoir à bras ouverts les biens et les pré sents qui leur sont offerts.
Qu’à la manière des sages ils s’accommodent àleur temps et qu’ils exercent avec activité la Philosophie pure et non fantaisiste ainsi que la chimie. «Qu’en premier lieuilsapprennentàconnaître Dieu, ensuite à observer et à remarquer le monde Univer sel et toutes ses parties dans l’homme (qui est le Microcosme).
Qu’ils évitent les impostures, les men songes et autres choses identiques et qu’ils ne s’adon nent jamais à l’oisiveté, ni aux accidents extérieurs et nuageux par lesquels ils sont forcés de se montrer toujours hypocrites et le visage masqué et non avec une face découverte et en toute liberté. » Après ces préliminaires, nous allons donner l’opus cule de Paracelse.
ABRÉGÉ DE LA PRÉPARATION DES MÉDICAMENTS Extrait d'un manuscrit latin de la main de Paracelse. AVEC LA MANIÈRE D’ADMINISTRER CES MÉDICAMENTS En ce qui concerne la préparation des remèdes, il faut, en premier lieu, savoir qu’on doit extraire les
l’initiation 154 propriétés et vertus des choses hors de leur corps, car il ne faut pas donner aux malades les corps des choses. Cette voie et manière de faire n’a malheureusement pas été suivie ni admise; c’est pour cela que jusqu’à présent on n’a obtenu dans la guérison des maladies que peu d’effet, à moins que la vertu des remèdes fût si grande qu’elle pût aisément surmonter les inconvé nients résultant des corps des remèdes.
Donc il faut bien mieux comprendre la préparation des remèdes; il faut savoir qu’il existe quatre sortes de préparations suivant l’ordre quarternaire des élé ments. Or la vraie préparation consiste à séparer le pur de l’impur, c’est-à-dire extraire la vertu des choses hors de leur corps, de leur gangue pour ainsi dire.
PRÉPARATION DES LIQUEURS La séparation du premier élément consiste en ceci : que les herbes soient réduites en liqueur après en avoir séparé les fèces, ce qu’on doit faire dans un double vaisseau dans lequel les herbes ont été tassées. Le vaisseau bien bouché (luté) est placé dans un bain (marie), les herbes sont cuites en deux ou trois jours ou environ. Quand elles sont réduites en bouillie, tu dois les exprimer.
Tu conserveras ensuite en vase clos cette liqueur obtenue pour t’en servir, mais en ayant soin de recouvrir sa surface d’un peu d’huile (d’une-légère couche d’huile), afin que la liqueur ne moisisse pas et ne s’évente pas.
SUR PARACELSE 155 LES HUILES Tu prépareras les semences de la manière suivante : premièrement, il faut bien les comprimer, puis après les distiller à l’aîde de l’alambic, afin qu’elles ne con tractent pas une odeur empyreumatique. Cette opé ration doit s’accomplir sur un feu doux et modéré, sans cela tu perdrais beaucoup d’huile. Tu distilleras par le même procédé les bois et les corps gras.
ALCALI OU SEL DES SIMPLES Les opérations qui précèdent terminées, il te faut observer que dans les cendres de chaque chose est contenu et enfermé (ou bien peut-être caché) le sel. Tu pourras extraire celui-ci commodément de son eau ou liqueur. — On peut également l’obtenir en distillant avec de l’eau ordinaire.
OBSERVATION Il y a lieu d’observer qu’il ne faut pas employer des eaux distillées, mais des liqueurs préparées, comme il est dit ci-dessus, car les liqueurs traitées comme il a été dit deviennent fines etsi subtiles qu’elles peuvent se conserver un an entier, comme les eaux distillées elles-mêmes. C’est pour cela qu’il vaut beaucoup mieux user de la vertu entière renfermée dans les dites liqueurs, plutôt que des eaux simples.
De ces trois manières, toutes les propriétés des choses même du sel (qui autrement n’est pas considéré) sont extraites des matières et demeurent incorruptibles.
156 L INITIATION THERENIABIN (i) Au second degré ou élément, se trouve le Théréniabin. Il y a lieu d’observer que celui-ci n’a besoin d’aucune préparation ; attendu qu’il est suffisamment préparé et séparé par la nature même, comme l’est également l’illec et l'illiadus (2). LES MÉTAUX Or donc, au troisième élément, voici quelle doit être la préparation des métaux.
Il faut les résoudre en liqueur par des sels, en sorte qu’ils ne restent point corps métalliques. Car leur essence est mercure, ce qui est souveraine vertu. Il faut donc chercher dans les corps leur quintessence, attendu que dans ces corps elle existe. — Or, le procédé de leur préparation doit être tel que, par la force du sel, les corps sont dissous en liqueur qui ne pourra, elle, ne jamais être ramenée en corps métallique.
Use de cette liqueur en médecine. LES PIERRES PRECIEUSES De même que les métaux, les pierres précieuses peuvent être dissoutes en une liqueur; mais, pour cela, (1) Ce terme de Théreniabin est synonyme de Manne qui a lui-même de nombreuses significations: manna chymicorum, manna mercurialis, manna divina, etc. (2) Illec, illiadus, ¡liée, hylée, hylec, tous ces termes sont synonymes de chaos, de matière première.
Le Breton nous dit que l’hylé est la substance radicale, l’humide radical, le der nier aliment, la semence prolifique; tous ces termes sont presque synonymes d’une même chose dans chaque règne de la nature.
SUR PARACELSE 157 il faut tout d’abord les calciner avec du soufre, puis les dissoudre jusqu’à ce qu’elles fassent une dissolution parfaite. C’est par cette méthode qu’on prépare les coraux, les cristaux et tout ce qui est d’une dureté égale aux coraux et cristaux. DE LA MANIÈRE D’ADMINISTRER LES MEDICAMENTS AUX MALADES Les remèdes une fois bien préparés, il est néces saire d’indiquer la manière de les bien administrer.
C’est ce que j’enseignerai par ordre en quelques ma ladies. L’on pourra donc ainsi résumer facilement la forme d’administrer la médecine aux autres maladies. Pour les fièvres Il faut donner le remède ou médecine avant l’accès. Pour la goutte Sans interruption et à toute heure. Pour la jaunisse Par trois jours consécutifs. Pour l’hydropisie Trois fois par chaque jour. Contre la contracture Trois fois aussi chaque jour. Contre les ulcères Deux fois par jour.
158 l’initiation Contre les plaies Deux ou trois fois par jour, selon le genre de plaie et sur la fin une fois par jour. Pour les podagres Il faut donner le remède de nuit. Pour les menstrues Suivant l’époque accoutumée, qu’on doit observer. Contre 'les coliques Une ou deux fois pendant les douleurs. Contre le vertige A toute heure, sans interruption. Contre la peste Une fois par dedans et une fois par dehors. Aux aposthèmes Tous les deux jours.
Si par de telles administrations le malade n’est pas guéri., on peut le considérer comme incurable. Le traité de nos préparations paraît bien court, il comprend néanmoins toute la médecine et la chimie, et le médecin qui sera initié en ces mystères, pour peu qu’il ait de jugement et d’industrie, pourra porter son dessein beaucoup plus haut, en étudiant nos prépara tions.
Au surplus, plusieurs auteurs et médecins chi mistes comme Crallius, Rhenanus, Millius, Mullerus, Penotus et grand nombre d’autres ont traité au long
LA PAROLE PERDUE ï5:g et avec détails les préparations des médicaments chi miques; le lecteur pourra les consulter, si celles-ci n’ont pu le satisfaire complètement. Ernest Bosc. LA RECONSTITUTION COMPLETE DU RAS1-TCHAKRA ET DES TAROTS Cette reconstitution complète duRasi-Tchakraetdes tarots appartient à un savant dont le nom, prononcé dans les traités de chimie industrielle, est inconnu même de l’élite intelligente : c’est Michel Savigny.
Pour révéler l’homme et l’œuvre, Emile Michelet, un écrivain dont l’amitié est une recommandation, a bien confraternellement voulu, à ma demande, entreprendre de réunir quelques personnalités du monde occultiste. Mais, quoique son chemin semble facile, l’idée a de la peine à le faire, à cause des nécessités person nelles qui attardent un chacun.
Et cependant il est impossible que des découvertes, qui ont au moins la valeur de celles de Champollion, restent confinées dans les manuscrits de leur auteur. C’est pour attirer les regards de tous les sincères chercheurs d’absolu, pour leur mendier un peu de bonne volonté, que j’ai prié le renommé directeur de ^Initiation de faire au disciple quelques pages d’aui6o l’initiation mône pour son maître.
J’y publierai un entretien que j’eus avec M. Michel Savigny, et que j’adressai sous forme d’interview à un de nos grands quotidiens, sans réussir du reste à le faire passer, ce qui ne saurait plus étonner personne. Nous étions dans le cabinet du Maître, devant une table couverte de manuscrits et de figures géométri ques constellées de signes. Sous nos yeux, le RasiTchakra.
Le Rasi-Tchakra, c’est le zodiaque in dien, ou, pour mieux dire, une figure résumant tout le système astronomique et astrologique des premiers brahmanes. La tradition ésotérique nous a conservé seulement le symbole, l’image commune parmi les adeptes, mais sur laquelle les seuls initiés connais saient les points de repère nécessaires pour reconsti tuer la figure, le vrai Rasi-Tchakra, dans son entier.
Les travaux de M. Michel Savigny datent de vingtcinq ans. Un jour, il rentra d’une promenade, hanté par la vision d’un hexagramme colorié sur la couver ture d’une brochure de Goupil (TAquarelle et le Lavis) devant laquelle il avait fait une longue pause, à la devanture d’un marchand de couleurs. Il trouva la valeur de l’emblème ; toute la science des couleurs et de leur emploi était résumée là.
Il lui vint alors à la réflexion que ce signe, l’hexagramme, était un signe maçonnique, un des indices de cette science laissée par le grand peuple civilisateur, sorti de la tribu originelle, science aujourd’hui inconnue, cher chée par les mahatmas, et dont les mages, les brah manes et les prêtres de la vieille Egypte possédaient seuls quelques fragments, relégués, enfouis au fond
LA PAROLE PERDUE 161 ■des temples : ce qu’ils appelaient la Parole sacrée, sans pouvoir complètement la définir, et attendant toujours la venue du Messie qui devait la compléter. M. Michel Savigny a même, se rapportant à cette idée, un volume manuscrit d’une originalité d’écri ture remarquable : Légendes inconnues.
« — Après avoir trouvé la valeur de l’hexagramme au point de vue des couleurs, continua mon maître, je me mis à chercher sa valeur au point de vue géo métrique ; et, à ma grande surprise, je reconnus assez vite qu’il pouvait être considéré comme le point de départ de la première des cosmogonies.
« Pour en avoir la preuve, en effet, je n’eus qu’à rapporter à ses angles six des constellations princi pales, et je pus de la sorte commencer à écrire le Zodiaque.
« Mes travaux cosmogoniques me conduisirent bientôt à dessiner un deuxième hexagramme dont les angles occupèrent les points médians du premier; et à ces points médians, écrivant les six dernières cons tellations, j’obtins le Zodiaque complet. » Au fur et à mesure, avec de grands gestes, il expli quait les figures éparses.’’Constellations du premier hexagramme; Balance, tète du premier équilatéral ■dont les deux autres angles sont occupés par les Gémeaux et le Verseau; Bélier, tête du deuxième équilatéral, dont les deux autres angles sont occupés par le Lion et le Sagittaire.
Constellations du deuxième hexagramme : Capricorne, tête du premier équilatéral dont les deux autres sommets sont occupés par la Vierge et le Taureau ; Cancer, tête du deuxième 6
IÔ2 l’initiation équilatéral dont les deux autres sommets sont occupés par les Poissons et le Scorpion. Mon maître poursuivit : « — L’hexagramme, expliqué, me rappela tout na turellement le premier zodiaque évidemment connu, ]e zodiaque indien, le Rasi-Tchakra.
Au centre de la figure indienne, se trouvent deux carrés nettement indiqués, dont les sommets correspondent: les som mets du premier carré, avec les quatre grandes cons tellations occupant les sommets des quatre équilaté raux du double hexagramme qui vient d’être décrit, savoir : le Bélier, la Balance (premier hexagramme) ; le Capricorne, le Cancer (deuxième hexagramme).
« Le second carré — et c’est là où, à mon sens, était l’indication principale — portait ses pointes entre: le Lion et la Vierge, le Scorpion et le Sagit taire, le Verseau et les Poissons, le Taureau et les Gémeaux. Or, dans le ciel, à ces points précis, se trouvent quatre grandes étoiles dessinant un immense carré, et qui s’appellent : Régulus, Antarès, FomaIhaut, Aldébaran.
« Je considérai donc ces quatre points, ou ces quatre étoiles, comme têtes de quatre nouveaux équilatéraux, formant deux nouveaux hexagrammes; et je trouvai ainsi qu’entre chaque signe zodiacal connu venait prendre place un signe zodiacal nou veau : deux signes dépendant de Régulus, deux d’Antarès, deux de Fomtlhaut, deux à.’Aldébaran.
« Ces nouveaux signes inscrits, le Zodiaque m’ap parut ce que l’avait entretevu Volney, et ce qu’il fut en réalité pour les mages et les brahmanes de l’Orient,
LA PAROLE PERDUE l63 c’est-à-dire composé de vingt-quatre, non de douze constellations ou signes principaux. « Cependant le double carré inscrit à l’intérieur de la figure indienne indiquait non point sept signes planétaires, mais bien huit...
En traçant l'aspect de l’univers d’après les données géométriques que je ve nais d’entrevoir, je fus conduis à diviser le monde planétaire exactement de la même façon que je venais de diviser le monde constellé. J’eus de la sorte deux immenses systèmes de sphères concentriques.
« Admettant, avec les mages et les brahmanes, que la Terre était immobile au centre de l’univers avec tous les mondes se mouvant autour d’elle, ou du moins qu’elle était simplement animée d’un mouve ment de rotation indiquantles jours, je n’eus plusqu’à animer d’un mouvement annuel l’anneau intérieur : de cette façon, je pus suivre les passages des divers orbes planétaires dans les différentes constellations.
« Je vous expliquerai peu à peu toute ma cosmogo nie, tenons-nous-en ce soir aux grandes lignes prin cipales.
Enfin, c’est de la sorte que je fus amené à découvrir toute la science résumée dans le signe indien, et à comprendre toute la valeur scientifique pure du Rasi-Tchakra. » Alors mon maître, reprenant la figure qu’il venait de me montrer, et qui résume selon lui toute la science ancienne, m’expliqua comment Régulus était consi déré par les mages de l’Orient comme l’étoile de la Gloire, Antarès comme l’étoile de l’Amour, FomaIhaut comme l’étoile delà Fortune, Aldébaran comme l’étoile du Travail ou du Peuple.
l’initiation 164 « Il y avait là, conclut-il, un rapprochement trop évident entre les données astrologiques pour qu’il ne me frappât pas dès l’abord.
Sans m’arrêter aux Tarots dont les quatre signes ne font que rappeler la signifi cation des quatre grandes étoiles occupant les quatre angles du monde, savoir : le Glaive, Régulus-. la Coupe, Antarès; le Denier, Fomalhaut: le Bâton, Aldébaran; sans m’arrêter, dis-je, aux lames fameuses d’Hermès, je m’attachai de préférence à la découverte des pratiques astrologiques usitées chez les premiers mages de la Perse, et plus tard de la Chaldée..... » Ensuite nous continuâmes, mais sous forme d’ini tiation.
On est ébloui par le jour énorme que peuvent jeter ces découvertes sur l’antiquité et jusque sur les temps préhistoriques !
M. Savigny m’expliqua le rôle des messies dans l’Orient, la valeur de tous les signes que les loges maçonniques attribuent à leurs différents grades sans rien connaître de leur valeur, puis la transformation de la matière cosmique, la genèse des êtres, leurs facultés, le fonctionnement de la force vitale, le mé canisme de la pensée, la valeur de tous les signes et jusqu’à la légende symbolique de la pomme, et il fit sortir, devant mes yeux, de deux signes, tous les al phabets ainsi que toute la science géométrique.
Je pus feuilleter à loisir les manuscrits, achevés, traitant de l’ethnographie et de la cosmogonie. C’est de l’analyse absolument raisonnée, n’ayant absolument rien d’imaginatif, procédant par un système de déductions soigneusement calculées : on ne saurait mieux les définir qu’en les disant mathématiques.
LA PAROLE PERDUE 165 « — Il y a un an seulement, me disait en juillet dernier M. Savigny, il y a un an seulement que j’a découvert le grand signe résumant sur l’être toute la science des mages. Je n’ai pu encore le mettre suffi samment en pratique pour l’expliquer comme je vous ai expliqué les autres... » Je m’arrête, j’ai abusé de l’hospitalité de YInitiation ; mais il y aurait tant à dire ! En voilà assez pour in téresser les lecteurs, pour leur donner le désir de ve nir écouter M. Savigny. Je m’arrête, heureux d’effa cer ma pauvre mince personne devant le maître co lossal qui rapporte la parole perdue, plus heureux d’avoir pu saluer d’un public hommage cet Invaincu qui lutta seul vingt-cinq années contre le Sphynx, ce mage qui a retrouvé l’Etoile, cet homme si modeste et si éminent qui est le grand Va-devant de l’Humanité. Henry Cormeau.
PARTIE LITTÉRAIRE Sôjp.a, Corps sans âme. Il est des Morts-Vivants ; soycyen sûr, mon jrère, Des Morts qu’on croit Vivants et tels qu’on les aima, Que l’on connut Réels et qui sont le contraire Tout en gardant la forme exacte du Sôma. Sôma, le corps, la chair, une substance en viande, Les cheveux et la peau., les oreilles, les yeux, Avec un ne^ subtil et la lèvre friande. El ■— temple! — boîte vide, un front audacieux. C’est un aspect extérieur de force humaine : Des muscles et des nerfs jouant comme autrefois: Cela va, cela vient, cela rit, cela traîne D’anciens rythmes avec la même chère voix. Cela n’est plus ! Ce corps n’est rien qu’une apparence De qui l’Ame est partie en un lointain sommeil.
MORTS-VIVANTS 167 On ne sait quelle larve ou quel démon en transe. A relevé ce cadavre sous le soleil. C’est un miracle impur, frère, prene^-y garde ; Ce sont des Morts qui de la Mort sont affranchis Pour un jour! C’est la Pourriture qui se farde! Méfiez-vous de ces beaux sépulcres blanchis. Ils étaient si charmeurs, tendres comme des feuilles Quand la Psyché normale habitait ces corps-là.
Frère, tu te souviens, lorsque tu te recueilles, Du temps où leur esprit vivant te consola. Tu te souviens du temps où leurs vibrantes âmes Versaient de la musique à ton cœur trop moqueur, Et quand de leurs regards sur toi tombaient des \ flammes Dont le rayon de ta ténèbre fut vainqueur. Cela n’est plus ! Va-t’en ! Fuis-les comme la peste, Ces cadavres en qui d’Autrefois rien ne luit.
Dans leur Sonia vidé par le Sort, il ne reste Que ! envahissement féroce de la Nuit. Contre ces spectres vains en proie à la Lémure, En qui !Élémental, artisan de poison. Comme un voleur subtil se déguise et s’emmure, Il faut fermer tes yeux, ton cœur et ta maison. Momifiés qu’un leurre occulte mobilise, Malgré l’odeur vivante où s’obstine leur chair,
168 L INITIATION Fuis ces Mânes abjects, comme on fuirait l’église Où se célébreraient les gestes de l’Enfer. C’est le rêve du Rien qui prend puissance d’Ètre, C’est la possession infâme du Sabbat ; C’est contre la lumière appelée à renaître Le vieux Principe-Noir qui se rue au combat. Donc qu’ils aient l’œil si fier des amis de naguère, La même chère voix aux rythmes émouvants.
Cela n’est plus qu'une illusion passagère, Plonge-les dans le froid oubli — les Mo rts-Vivants. Emile Goudeau. Maint prodige sur l’océan au clair de lune se dévoile : sous le rayon lunaire du Pont-Euxin s’éveilla l’heu reuse île d’argent. Et Léostrate de Crotone, sur l’ordre du Dieu PyJ / thien, s’en fut parmi les flots tumultueux vers le calme pays des esprits.
Dans le fracas de la bataille, tandis que les Locriens (i) Cette pièce de vers de Sir Edward Bulwer Lytton ren ferme, comme la plupart des œuvres de cet esprit profond, un sens ésotérique masqué sous la plus riche et la plus parfaite harmonie des symboles. Nous déplorons de ne pouvoir — en ces lignes— faire même deviner au lecteur le charme de cette poétique fiction. (N. du Trad.)
l’ile des esprits 16g chancelaient sous le choc du fer menaçant de Crotone, parut à l’avant-garde un fantôme; Parut l’ombre du Locrien Ajax veillant encore le sol natal, et Léostrate, le rencontrant, tomba frappé par la lance. Ni les herbes ni les sangsues, rien ne put guérir la plaie. L’oracle Pythien décréta: «Va, par delà l’Euxin aux flots tumultueux, va vers le calme pays des esprits.
« C’est là qu’est le séjour du Locrien Ajax : qui fit la blessure la fermera; les âmes divines sont, dans leur miséricorde, plus fortes que dans leur cour roux. » Tandis qu’en paix, sur les vagues berceuses, surgis" sait l’heureuse île d’argent, des vignobles couleur de pourpre, en des échappées à perte de vue, du sommet de la colline fuyaient jusqu’au rivage.
Et des grottes s’étageaient au rivage, et la grève était de sable d’or, et partout où poussait le cyprès, à son ombre s’épanouissait la rose. Là resplendissaient parmi les vignes, dans les cavernes, sur la grève, des ombres animées douées d’une beauté que les vivants ne connaissent plus. Statues superbes, nobles héros, combattants de Thèbes et de Troie: et avec des regards, rêves de poète, les femmes contemplaient d’amour les héros.
Royalement, précédant tous les autres, dès que s’arrêta la nef au rivage, un couple, le plus imposant, et par l’Hymen à jamais unisanctifié, s’avança.
Lorsqu'il, s’approcha, les forêts tremblèrent devant la majesté qui couronnait son front ; quand Elle ne survit que la gloire ; ici la Beauté et la Gloire s’unissent éternellement. » Alors dans toute l’ile bénie, la Race de Lumière chanta d’une voix claire : « Sachez que la Beauté et la Gloire à jamais sont unies ! » {Traduit pour la première fois de l'anglais.) Jean Tabris.
Gonsolamentum l ’Avciêaivs, [*ï]8s ¡xsÀÀs, X6ovi xà yflovoç Àraoïca Synésius. Si la douleur épand son voile monochrome Sur ton âme, Antigone en proie aux noirs Créons; Fils, ô toi qui rêvais l’encens des Panthéons, Si tu n’as que le sol poudreux de l'Hippodrome ; Si ta ruche est sans miel, si ton cœur sans arôme, Fuis la Matière! Au bruit des divins orphéons, Monte l’échelle sainte où régnent les Eons, Gravis l'auguste cime où trône le Plérôme !
Laisse l'hylique Terre à qui d'elle est épris: Elève, élance-toi vers les chastes Esprits, Comme s’élève un cri, comme un oiseau s’élance ! Vole, sans mesurer ni le temps ni le lieu, Jusqu’au resplendissant et sublime Milieu Qu’emplissent d'infini l’Abyme et le Silence ! Paris, le 14 novembre i8g3. Fabre des Essarts.
170 L'’1N1TIAT1ON s’arrêta. l’océan ondula sous le rayon émané de son sourire. « Bienvenue à toi. intrépide guerrier ! » dit une voix en laquelle dormaient des foudres à terrifier les armées, comme un souffle boréal disperse les feuilles. « Bienvenue à toi, blessé douloureux ! » dit une voix, harmonie douce comme le roucoulement des colombes assoupies au milieu du jour sous les branches estivales.
« Qu’êtes-vous, ô formes de gloire? » demanda le vivant surpris : l’ombre parla : « Celle-ci est Hélène et la Belle est pour le Brave.
« Le prix le plus noble au plus hardi vainqueur : quel fils pour la Grèce est le plus valeureux ? » Léostrate dit : « Achilles. » — « Fiancée et fiancé, nous sommes dès lors unis. » « Très bas je m’incline devant toi, Peléide ; mais, quel étonnement ! elle, ta fiancée, celle dont la faute dépeupla Helias, celle dont les torches nuptiales in cendièrent Ilion ! » Se fronça le vaste front d’Achille et l’ombre s’épais sit sur la mer et le ciel ; telle entre l’Olympe et l’Océan est suspendue la tempête.
« Sache, esprit grossier, dit le Peléide, « que sur le funéraire bûcher les terrestres taches sont purifiées par la gloire et que l’Ame est comme le Nom. » « Si pour elle, dans la vie, un Pâris : si pour moi, dans la vie, une esclave, d’Hélène le compagnon tci est Achille; ma compagne, la sœur des étoiles. » « D’elle rien ne survit que la beauté, de moi rien 172 l'initiation •IrOOS (-HBÉPEOANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Ordre du jour du Centre Aux D. G. E. — C. B. E. — C. G. E.
Le Président du Groupe Indépendant d'études ésoté riques s’e'tant transporté à Bruxelles pour visiter la nou velle organisation de la blanche Kumris, est heureux de citer à l’ordre du jour du Groupe le délégué Vurgey et le chef de branche Brossel sous l’impulsion de qui le mouvement occultiste a pris une sérieuse extension en Belgique.
Kumris possède maintenant un magnifique local dans un des hôtels historiques de Bruxelles et la conférence donnée par le Président aux membres, le samedi 3 février, a permis de se rendre compte du zèle et du dévouement apportés par tous en vue des progrès du Groupe. Deux nouveaux postes de chefs de branches viennent d’être établis à Anvers et à Gand et tout semble faire prévoir un grand et légitime succès pour l’année qui commence.
Kumris a entrepris d’intéressantes études sur l’Ordre du Temple et nous suivrons ces travaux avec Je plus grand intérêt. Bruxelles, le 7 février 1894. Papus (P. G. E.) Quartier général. — La conférence du 2 février a été particulièrement brillante. Le poète Emile Michelet a premièrement fait une étude magistrale sur les Vertus des gemmes.
Et c’était une volupté étrange que suivre, au savant caprice delà phrase habile du maître ciseleur, les harmonieuses fulgurances de la perle sur le jeune sein des vierges, du rubis sur la peau des brunes vigouCONSOLAMENTUM I 7 I ne survit que la gloire ; ici la Beauté et la Gloire s’unissent éternellement. » Alors dans toute l’ile bénie, la Race de Lumière chanta d’une voix claire : « Sachez que la Beauté et la Gloire à jamais sont unies! » (Traduit pour la première fois de l'anglais.} Jean Tabris. Conselamentum l ’AvaSaive, fxiqSs [xsXÀe, Xûov't ~à /flovoç XiTtoïaa Synésius.
Si la douleur épand son voile monochrome Sur ton âme, Antigone en proie aux noirs Créons; Fils, ô toi qui rêvais l’encens des Panthéons, Si tu n’as que le sol poudreux de l'Hippodrome ; Si ta ruche est sans miel, si ton cœur sans arôme, Fuis la Matière! Au bruit des divins orphéons, Monte l’échelle sainte où régnent les Eons, Gravis l'auguste cime où trône le Plérôme!
Laisse l'hylique Terre à qui d'elle est épris; Elève, élance-toi vers les chastes Esprits, Comme s’élève un cri, comme un oiseau s’élance ! Vole, sans mesurer ni le temps ni le lieu, Jusqu’au resplendissant et sublime Milieu Qu’emplissent d'infini l'Abyme et le Silence ! Paris, le 14. novembre i8g3. Fabre des Essarts.
D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Ordre du jour du Centre Aux D. G. E. - C. B. E. — C. G. E. Le Pre'sident du Groupe Indépendant d'études ésoté riques s’étant transporté à Bruxelles pour visiter la nou velle organisation de la bi anche Kumris, est heureux de citer à l’ordre du jour du Groupe le délégué Vurgey et le chef de branche Brossel sous l’impulsion de qui le mouvement occultiste a pris une sérieuse extension en Belgique.
Kumris possède maintenant un magnifique local dans un des hôtels historiques de Bruxelles et la conférence donnée par le Président aux membres, le samedi 3 février, a permis de se rendre compte du zèle et du dévouement apportés par tous en vue des progrès du Groupe. Deux nouveaux postes de chefs de branches viennent d’être établis à Anvers et à Gand et tout semble faire prévoir un grand et légitime succès pour l’année qui commence.
Kumris a entrepris d’intéressantes études sur l’Ordre du Temple et nous suivrons ces travaux avec Je plus grand intérêt. Bruxelles, le 7 février 1894. Papus (P. G. E.) Quartier général. — La conférence du 2 février a été particulièrement brillante. Le poète Emile Michelet a premièrement fait une étude magistrale sur les Vertus des gemmes.
Et c’était une volupté étrange que suivre, au savant caprice de la phrase habile du maître ciseleur, les harmonieuses fulgurances de la perle sur le jeune sein des vierges, du rubis sur la peau des brunes vigou reuses, de l’opale perfide qui figure si bien le mystérieux
GROUPE INDÉPENDANT D ETUDES ÉSOTÉRIQUES 173 féminin, de la topaze, chère aux blondes opulentes, de l’améthyste, ennemie des ivresses et qui brille aux doigts des sages évêques, du diamant pur et froid, symbole du mage puissant, inattaquable, à qui les passions sont étrangères...
Puis ce fut l’énumération de ces pierres inconnues que l'allégorique ingéniosité des maîtres avait douées des plus précieuses vertus, comme pour signifier que la réalisation de nos rêves les plus chers ne doit point avoir lieu en ce monde. Mais ces choses ne se peuvent point résumer; il faudrait les avoir entendues; au reste, le Voile d’Isis publiera in extenso cette remar quable conférence.
Un autre poète, M. Emile Goudeau, qui présidait, dit de sa voix sonore et chaude une pièce étrange : les Morts vivants, qui paraît aujourd’hui dans l’initiation, puis la Houille. Et M. Mauchel lut deux précieux extraits des lettres inédites d’Eliphas Lévi à son ami le baron Spédaliéri ; c’était le Credo du maître, monument précieux entre tous que publiera aussi le Voile. Une vraie fête littéraire et philosophique, comme on voit.
GROUPE N° 4 21 janvier 1894. Monsieur le Directeur, J’ai l’honneur de vous informer que depuis le ier janvier 1894, la salle des séances du Groupe n° 4 est pourvue d’une lampe électrique actionnée par six piles Leclanché, ce qui nous permet de faire cesser l’obscurité instantané ment. Ci-joint les comptes rendus sommaires de nos séances des 24 décembre 1893, 6 et 20 janvier 1894.
Séance du 24 décembre i8<)3. i° En lumière : communications par l’écriture. 20 En obscurité : communications par cliquetis aériens. — Coups frappés sans contact.— Le marteau d’un timbre à sonnerie placé hors de portée des assistants se fait en tendre. Mme P... (médium) n’assistait pas à cette séance.
174 l’initiation Séance du 6 janvier i8ç)4Aucun résultat. Mrae P..., médium, n’assistait pas à cette séance. Séance du 20 janvier 1894. En lumière : Communications par l’écriture. ir0 séance obscure. Aucun résultat. 2e séance obscure. A peine l’obscurité est-elle complète que la salle est brusquement illuminée par une fulgura tion. Cette clarté ne saurait être comparée à celle que donne la lampe électrique récemment installée.
Les assistants poussent un cri de surprise (sinon de frayeur). Interrogé au sujet de ce phénomène, l’esprit L... fait connaître qu’il s’agit d’une tentative d’apparition. Quoique souffrante, Mm0 P., médium, assistait à cette séance. A. François. Nous avons eu ici pendant deux mois le célèbre mé dium de Naples, venu sur l’invitation du Dr Ochorowicz.
Ce dernier, qui a commencé depuis peu à s’occuper de phénomènes du spiritisme, ayant vu Eusapia à Rome où elle donnait des séances chez le peintre polonais Siemiradzki, a eu l’idée de la faire venir à Varsovie,pour une série des séances scientifiques; Eusapia à Varsovie, il a arrangé de séances en présence des hommes de science, médecins et autres.
Les expériences ont été faites dans des conditions d’un contrôle rigoureux, exécuté pour la plupart à l’aide des appareils électriques (1). (1) Il y avait huit séances officielles, en présence entre autres de MM. le Dr Dunin (praticien distingué), le D' Watraszewski (médecin en chef de l’hôpital de Saint-Lazaire), le célèbre ro mancier Prus, le peintre Siemiradzki et M.Matuszewski (auteur
EUSAPIA PALAD1N0 A VARSOVIE Iy5 Les phénomènes observés étaient presque les mêmes que ceux observés à Milan et à Rome (MM. Hofman, directeur du Lux à Rome; Siemiradzki et Ochorowicz). Il y avait donc des lévitations des tables et des coups frappés en pleine lumière, des rapprochements des meu bles d’une certaine distance, des attouchements, des sons du piano et autres.
L’aiguille aimantée tournait ra pidement quand le médium y approchait sa main, et un petit appareil électrique contenant une baguette en mé tal donnait des signaux chaque fois, quand la baguette en lévitant établissait le courant à l’approche des doigts d’Eusapia. Le transport des chaises, des sonnettes, les lumières et les attouchements arrivaient à leur maximum dans l’obscurité.
On a obtenu aussi une lévitation du médium debout, et des matérialisations partielles des mains et de la tête, ainsi que les empreintes du visage de « John King ». Ajoutons qu’un appareil photogra phique prenait des épreuves des phénomènes plus im portants.
Les séances de Varsovie, plus nombreuses et plus va riées que celles de Milan et de Rome, fourniront plus de faits pouvant servir à l’établissement d’une théorie scientifique dont s’occupe M. Ochorowicz.
Pour le moment, elles ont conduit les assistants (presque tous des matérialistes enragés) aux conclusions suivantes : i° que l’hypothèse de l’hallucination collective est abso lument impossible; 2° que la majorité des manifesta tions ne peut pas être expliquée par l’action mécanique, et 3° que la science doit laisser les partis pris et s’oc cuper sérieusement de ces phénomènes.
L’opposition (le parti matérialiste juif) a soulevé des arguments connus de Farelli, sans influer cependant sur l’opinion du public. La majorité des expériences avec Eusapia relève presque exclusivement de son corps astral ; les matéria lisations cependant quoique incomplètes, et les emdu Diable dans la poésie) qui seul s’occupe depuis quelque temps de spiritisme.
A ces séances, dont le nombre total arriva jusqu’à quarante, ont assisté vingt-trois personnes, dont la ma jorité (i 8) a été totalement convaincue.
l’initiation 176 preintes, révèlent la présence des élémentaux (John King). Elle est pour ainsi dire un médium intermédiaireentre l’homme normal et un médium à des effets forts et nets. On voit chez elle la sortie du corps astral qui dans beaucoup de cas est consciente. Ainsi on a observé des mouvements du corps dans la direction où devait sepasser le phénomène et on a remarqué un travail de muscles pendant les lévitations de la table.
Ajoutons qu’elle produit beaucoup de phénomènes sur demande et que M.Ochorowicza senti une fois, très distinctement, le dédoublement de la main d’Eusapia et a touché sa main astrale : Il est à remarquer que le Dr Ochorowicz, ne connais sant point notre enseignement occulte, est arrivé à l’ad mission du corps astral (le double) encore avant les. expériences de Varsovie et après celles de Rome; nous espérons que ses dernières expériences qui donneront lieu à un compte rendu raisonné, suffiront à établir une parfaite concordance de sa théorie avec notre enseigne ment.
Wai.derowicz. [Délégué du Groupe), Théâtre de la Renaissance Malgré notre habituelle réserve concernant le théâtre contemporain nous ne pouvons passer sous silence l’admirable effort tenté par MM. Armand Silvestre et Morand pour doter la scène d’une reconstitution phy sique et, aussi, psychique de la morale bouddhiste.
La philosophie qui se dégage d'I^eil est panthéiste pour le fond avec de hautes envolées de sacrifice dans lesquelles apparait la perpétuité de l’âme humaine sous tous ses aspects, y compris l’amour. Mais la résurrection (dironsnous en corps astral?), au dernier acte, indique des ten dances franchement spiritualistes et qui font augurer
BIBLIOGRAPHIE IJ? d’une nouvelle orientation pour l’œuvre prochaine des délicats auteurs de Griselidis. Mme Sarah Bernhard a rendu le personnage d’Izeil avec génie, nous ne crai gnons pas de le dire. M. Guitry mérite également les plus vifs compliments pour la composition du rôle du maître qu’il a su rendre dans ses effets les plus délicats.
Un seul conseil à donner au farouche yoghi qui doit montrer autrement que par des paroles qu'il a dominé ses pas sions. Or ce personnage passe son temps à hurler, alors qu’il devrait tirer ses effets plus de son élévation person nelle que des éclats de voix. I^eil a reçu un accueil enthousiaste de la part du public lors de la première représentation et nous sommes assurés de la suite de ce succès.
Encore une preuve de la réalité de notre pré tention que le théâtre doit reposer sur deux points fon damentaux : l’Amour et la Magie. Papus. Parmi les différents aspects sous lesquels on peut considérer l’occultisme, qui embrasse toutes les con naissances humaines, dans le Bien, dans le Beau et dans le Vrai, il n’en est pas actuellement de plus intéressant que l’occultisme scientifique, la raison en est simple.
Tandis que l’Art et la Religion, ces manifestations du Beau et du Bien, brillaient déjà depuis longtemps, la science, manifestation du Vrai, était encore à peine soupçonnée il y a un siècle ; si les noble cathédrales et les radieux poèmes du mystique moyen âge s’élevèrent aux mêmes lueurs sacrées que les monuments alchi miques et astrologiques, ceux-ci furent assaillis avec un si étrange acharnement par cette religion même qui protégea ceux-là, qu'il fallut que la libre pensée en révolte vînt engourdir le sens du Bien et du Beau pour permettre enfin au Vrai de s’affirmer par la philosophie et surtout par les sciences physiques ; et maintenant, la
L INITIATION 178 vérité mathématique règne souverainement — despoti quement peut-être même. Toutefois, la Religion ni l’Art n’étant morts, puisqu’ils sont immortels, et leur souvenir étant récent encore, on vit, dès le principe de la renaissance occultiste, M. Péladan et ses disciples les ressusciter — avec combien d’é clat'! — à la lumière sainte de la tradition des vieux temples.
Ce sera la gloire du Groupe independan d'Etudes ésotériques d’avoir provoqué le grand mouvement des recherches scientifiques dans le domaine de l’occulte. Les difficultés rencontrées en cette voie par le travailleur duement pénétré des formules exactes des écoles modernes sont importantes et nombreuses.
Il faut savoir découvrir, à travers la multiplicité des symboles appa remment peu concordants, la rigueur inflexible des lois primordiales; il faut apprendre à faire cadrer l’indigente précision des langages modernes avec le style diffus mais si riche des maîtres; il faut dégager les x qui se pressent en foule dans les descriptions intentionnelle ment embrouillées des grimoires ; il faut en traduire en équations le mysticisme voulu des philosophes.
Encore tous ces obstacles opposés au physicien, au chimiste, à l’astronome, ne sont-ils presque que jeux d’enfants par comparaison avec ceux que rencontre le physiologiste.
La biologie, à laquelle tant de remar quables travaux ont été consacrés, est, en effet, si peu avancée, faute de méthodes et même de principes, qu’il n’a pas encore été possible de la rattacher à nos autres sciences; ce n’est, pour bien dire, qu’un amas confus d’observations plus ou moins ingénieuses ou erronées qu’aucune théorie acceptable dans son ensemble n’a pu, jusqu’à présent, coordonner.
Aussi, l’on comprendra facilement que, dès qu’il s’agit d’étudier les phénomènes occultes dont notre organisme est le théâtre ou la source, le tâche est des plus ardues. Et pourtant les chercheurs ne manquent point. Nous avons parlé icimême de la thèse du Dr A.
Coste sur les Phénomènes psychiques occultes ; antérieurement, les travaux de M. de Rochas et des Drs Delézinier et Baraduc ont été magistralement étudiés dans l’initiation ; d’autres tra vaux encore, très nombreux, ont été cités, analysés; on
BIBLIOGRAPHIE 179 a publié ceux, notamment, de Crookes, de Papus, de Richet, de Gibiei, de Poisson, d’Horace Pelletier... Et voici qu’aujourd’hui, nous avons à présenter deux nouveaux livres réellement scientifiques sur la biologie occulte : La Psychologie devant la Science, d’Ernest Bosc, et un Essai sur les Phénomènes électriques des êtres vivants, par le Dr Fugairon, deux écrivains que les lecteurs de l'initiation connaissent bien.
La Psychologie de M. Bosc a paru il y a déjà quelques mois et tout aussitôt un vif sentiment de curiosité porta le public vers ce nouveau livre; aussi, puisque l’abon dance des matières nous a jusqu’à présent empêché d’en parler, ce n’est plus une tentative nouvelle que nous avons à constater, mais bien un véritable succès auquel nous ne pouvons qu’applaudir.
La Psychologie est un compendium savant de tous les faits expérimen taux, de tous les phénomènes spontanés, de toutes les théories édifiées, de tous les systèmes proposés dans cet ordre d’idées : dire de cet ouvrage qu’il est la condensa tion de cent gros volumes, qu’il représente des années entières de recherches serait bien inutile; on sait quel infatigable, patient et ingénieux collectionneur d’idées est M. Bosc.
Son livre est le mémorandum indispen sable à tout étudiant occultiste soucieux de ménager son temps et de ne point marcher à l’aventure; il n’est pas un centre spirite kabbaliste, gnostique ou boud dhiste qui déjà ne le possède. ★ ¥ ¥ L’Essai sur les phénomènes électriques des Etres vivants est un travail d’un genre tout différent.
Du rap prochement suggestif de faits qui, isolés, paraissent sans grande signification, de la constatation scrupuleusement exacte de certains phénomènes étranges, de l’analyse profondément sagace des effets, le Dr Fugairon a conclu à la présentation d’une hypothèse séduisante au plus haut degré : les phénomènes psychiques occultes sont dus à l’électricité.
De nombreux exemples appuient cette pro position non sans puissance ; et le lecteur reste plus qu’à moitié convaincu, troublé cependant par l’exclusivismel’initiation 180 de l’argumentation qui, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer ailleurs, ne tient pas suffisamment compte, ce semble, de notre ignorance concernant la nature intrin sèque de l’électricité ; la lumière et la chaleur aussi pour raient être prises pour cause des phénomènes occultes et l’ont été, du reste, ainsi qu’en témoignent les noms de feu, de lumière astrale, que les anciens donnaient au fluide universel.
Mais il faut remarquer que, si nous ne savons presque rien de l’électricité, de la lumière, de la chaleur, si ce n’est qu’elles sont des modalités de l’Energie unique ; si, d’autre part, les enseignements de nos prédécesseurs en occultisme doivent toujours être reli gieusement observés au moins comme guide, il n’en est pas moins vrai que, dans l’état actuel de la Science, c’est l’étude de l’électricité qui nous fournit peut-être le plus d’explications des phénomènes psychiques considérés isolément.
Le livre du Dr Fugairon ouvre une voie toute nou velle aux chercheurs et nous ne doutons pas que, sous les réserves exprimées, cette voie conduise au plus beaux résultats. Marius Decrespe. ★ ¥ ¥ Nous rendrons compte incessamment du dernier et remarquable ouvrage de Camille Flammarion : La Fin du Monde, qui vient de paraître.
Ce travail considérable mérite une étude spéciale que nous donnerons aussi tôt que possible. P. ★ ¥ ¥ Signalons à tous les partisans de l’arbitrage (et ils sont nombreux) une récente brochure très intéressante intitu lée : Une Cour de cassation Internationale et écrite par un des avocats les plus distingués du barreau de Bruxelles, AF Hubert Brunard.
Cette étude indique une voie absolument légale et très pratique pour arriver à la constitution d’un tribunal international d’abord écono mique et qui pourrait très vite devenir politique. Nos vives félicitations à l’auteur. P.
NOUVELLES DIVERSES 181 NOTES Tout est bien qui finit bien, dit-on : le Flambeau a pro testé contre l’analyse qu’avait faite l'initiation de mon article ¡’Alliance franco-russe, analyse forcément trop courte pour pouvoir exposer justement le pour et le contre.
De son côté, l’initiation est « heureuse de donner acte de cette protestation à M. Gony. » Je ne puis qu’applaudir à ce vent de conciliation, si rare par le temps qui court, malgré le semblant de responsa bilité qu’on laisse à mon avoir. J.
Bouvéry, Nous donnons sans commentaires et à titre de curiosité la communication suivante qui nous a été en voyée : Aperçu ie ¡’organisation Sociale PRÉCONISÉE PAR LES SOCIALISTES RATIONNELS La distinction incontestable, scientifiquement démon trée, entre l’Homme et les Choses; entre l’être humain, qui Agit, et les corps, animaux, végétaux, ou minéraux, qui Fonctionnent, est le point de départ du Socialisme rationnel.
L’ensemble des êtres agissants, raisonnants, constitue donc l’Humanité.
Sa caractéristique est le Verbe, le lan gage conventionnel parlé, mimé, écrit, etc. Par une série de déductions, dont les ouvrages, mentionnés ciaprès, exposent la théorie complète, les Socialistes ra tionnels constatent que : l’ordre, définitif, imperturbable, de la Société future, devra être établi sur les bases géné rales suivantes : Le SOL appartiendra à la Collectivité, ainsi que les immeubles par destination. Il sera inaliénable.
182 l’initiation Le sol, propriété collective, sera loue' avec ce qui est nécessaire à son exploitation, au plus offrant et dernier enchérisseur, avec obligation d’exploiter, et prohibition absolue de sous-louer. A cet effet, le sol sera divisé, suivant les circonstances de localité et de population. Les locations pourront être viagères. L’occupant re cevra, à la fin du bail, la plus-value que son exploitation aura pu acquérir.
Les CAPITAUX, c’est-à-dire les propriétés mobilières, seront de deux espèces : l’une, Propriété sociale, consti tuera avec la rente du sol et les impôts, le fonds commun où la Collectivité puisera les moyens de subvenir à ses charges générales ; l’autre, Propriété individuelle, sera -le produit intégral du travail de chacun.
Les capitaux sociaux seront prêtés aux travailleurs, au taux le plus bas possible, et la Collectivité fera une concurrence constante, sous ce rapport aux individus. L’Hérédité sera absolue, c’est-à-dire que chacun aura le droit de disposer des Capitaux lui appartenant, comme il l’entendra, et en faveur de qui il lui conviendra. L’hérédité en ligne directe, sera seule reconnue de droit, et sera exempte d’impôt.
Un impôt de 25 o/o frappera les successions testamen taires. La fortune de tout individu mourant ab intestat, et sans héritier direct, appartiendra à la Collectivité.
L’Education et l’instruction seront à la charge exclusive de la Collectivité ; et les mineurs d’âge, de droit élevés à son compte, en recevront tous une éducation et une ins truction, aussi complètes que l’état des Sciences, et l’or ganisation intellectuelle de chacun, le comportera. Chaque enfant, arrivé à sa majorité, recevra une Dot sociale.
Tous débuteront donc dans la vie sociale sur un pied d’égalité, quant aux ressources matérielles mobi lières. Cette dot sera reprise par la Collectivité sur l’hé ritage laissé par chaque décédé. Les établissements où seront élevés les mineurs, se ront organisés de manière à se suffire à eux-mêmes. Les Associations ne seront autorisées qu’entre travail leurs.
NOUVELLES DIVERSES i83 Celles des capitaux seront interdites. Les Nations disparaîtront devant l'obe'issance de tous à une même règle d’action. Les intérêts de la Collectivité seront administrés, conformément à cette règle, par des délégués, choisis selon les circonscriptions, et qui cons titueront l’Etat Rationnel.
Il monopolisera, comme exposé ci-dessus, le sol et une grande partie des capitaux laissés parles générations passées, ainsi que l’éducation et l’instruction complètes. Il servira d’intermédiaire entre le producteur et le con sommateur, en concurrence avec les individus. Les salaires et l'intérct des capitaux, seront, par me sures décrites ci-dessus, les premiers, au maximum possible, des circonstances ; le second au minimum.
Tout intérêt perpétuel sera aboli. Tout capital prêté ne le sera que de façon viagère ; la dette s’éteindra au décès de l’emprunteur, si les valeurs de sa succession ne la couvrent pas, sans préjudice des charges envers la Collectivité.
L’Assurance mutuelle, contre toutes les chances de fortune, sera organisée de façon à fournir de Droit, le bien-être maximum eu égard-aux circonstances, à tous ceux qui, par inhabileté, incapacité, vieillesse ou mala die, ne pourront y subvenir eux-mêmes. L’impôt sera prélevé exclusivement sur la propriété mobilière, c’est-à-dire sur le capital servant à la produc tion, ce qui diminuera d’autant l’intérêt payé par le Tra vail au Capital.
L’impôt sera le plus élevé possible, car il constituera le moyen, pour la Société, de protéger la propriété. Etant dépensé au profit de tous, il permettra à la Société de porter l’aisance de tous au maximum. Le Budget sera le plus élevé possible, et profitera à tous, car il servira à porter la domination du travail au maximum. Et tous sont travailleurs.
L’Etat, seul détenteur du sol, dépensera plus qu’il ne recevra par l’impôt, car le montant disponible de celuici, sera renforcé de toute la rente foncière, ces prélève ments sur les successions testamentaires, etc.
184 l’initiation La Propriété de chacun, dans la Société' rationnelle, se composera : i° De sa part dans la propriété collective, et ces parts sont égales. 20 De sa propriété particulière, et ces parts sont iné gales. En conséquence, plus considérable sera la propriété collective, plus grandes seront les parts de cette pro priété, et moins marquées seront les différences entre les richesses de chacun.
Le Paupérisme, tant au moral qu’au matériel, sera im possible. Tous seront socialement égaux, quant aux moyens de travail, mais il y aura des inégalités de conditions sous le rapport de la propriété matérielle mobilière : il y aura des riches et des moins riches. Ces inégalités seront toujours le résultat, reconnu ra tionnel, de l’initiative de l’individu, de par l’organisation sociale elle-même.
Mais elles n’atteindront jamais aux exagérations dans l’un ou l’autre sens, que l’on constate dans les Sociétés actuelles. L’Armée, dont la fonction exclusive sera de briser tous les obstacles matériels qui s’opposent au bien-être social, sera composée des mineurs sortant des établissements sociaux d’instruction. Ils y feront un stage avant d’entrer dans la Société des majeurs.
Ils travailleront pour tous, avant de travailler pour eux-mêmes, et rapporteront plus qu’ils ne coûteront. Le Travail, en comprenant sous cette désignation tout acte raisonné, sera libre, c’est-à-dire que tout homme pourra toujours obtenir, lorsqu’il le désirera, un ouvrage à faire, et le salaire qui le rémunérera. Les professions seront rétribuées, d’après le danger qu’il y a à les exercer ou la répugnance qu’elles peuvent inspirer.
L’éducation et l’instruction étant identiques pour tous, sauf les inégalités intellectuelles résultant de la person nalité, les professions dangereuses ou répugnantes se ront, dans la Société future, parfois exercées volontaire
NOUVELLES DIVERSES l85 ment par des sommités intellectuelles, car ces emplois procureront la meilleure rémunération matérielle. La CONSOMMATION et la PRODUCTION atteindront le plus haut degré possible, et le bien-être de tous sera au maximum.
Des entrepôts, administrés par la Collec tivité, seront établis dans chaque circonscription; les producteurs pourront y déposer leurs produits, pour y être vendus, avec le minimum de frais, au prix qu’ils auront fixé. La SOCIÉTÉ DE L’AVENIR est la souveraineté de la raison, c’est-à-dire : la domination de l’humanité sur la matière, du travail sur le capital, de l’intelligence sur la propriété.
Les lois sociales rationnelles seront respectées sans intervention coercitive de l’Etat, par le fait même de leur incontestabilité démontrée, et reconnue par tous, ainsi que le sont les axiomes mathématiques. Si quelques individus ne s’y conformaient pas, ce serait l’indice d’un état pathologique. La Société traitera ces malades avec tous les égards dus à leur malheureuse situation intellectuelle.
La réorganisation sociale qui vient d’être esquissée implique une modification radicale des institutions ac tuellement en vigueur. Il ne peut exister entre la matière, — le Capital, — et le travailleur, — l’Homme, — d’autres rapports que ceux d’hostilité, de souveraineté, de l’un des deux éléments sur l’autre.
Toute conciliation, tout accord, tout moyen terme d’entente entre le capital et le travail est une uto pie : conduisant les sociétés à l'anarchie. Ainsi l’organisation actuelle, ne produisant qu’un ordre éphémère, sera modifiée dans le sens de la Souveraineté du Travail sur le Capital.
Pour que cette modification, ou plutôt cette substitu tion, s’effectue sans dommage pour les individus, et sans troubler l’ordre social, il est indispensable de tenir compte des droits acquis, et du régime actuel de la pro priété.
C’est en appliquant, pendant une période transitoire, aussi longue qu’il sera nécessaire, et, dans tous les cas, non inférieure à 25 années, les indications du socialisme REVUE DES REVUES 187 pose le numéro en question, la science est là chez elle. En effet, les souvenirs du splendide hôtel sont pleins de légendes ésotériques du plus haut intérêt, et sous de tels pénates, Kumris ne peut que prospérer.
Parmi les nombreuses branches, si vigoureuses, d’ailleurs, du Groupe Indépendant d’Etudes ésotériques, c’est, sans contredit, la plus vigoureuse, la plus progressive, la plus heureusement réalisatrice. Nos plus vifs applaudisse ments aux dignes chefs de l’Occultisme en Belgique.
Papus, au reste, ne cesse de donner l’exemple de l’ini tiative ; toujours payant de sa personne, toujours au premier rang, il fait appel, dans un autre numéro du Voile, ù tous les spiritualistes, sans distinction d’écoles, pour la fondation d’un Conseil permanent du Spiritua lisme, duquel seraient membres tous les directeurs des périodiques spiritualistes, les membres délégués des plus importantes sociétés et quelques rares personna lités indépendantes nommées par les membres ci-dessus.
C’est l’union tant désirée de tous ies groupes ; il ne faut point douter que ce projet s’accomplisse, étant donné le bonheur vraiment extraordinaire avec lequel notre émi nent directeur réussit toutes les œuvres de réalisation qu’il entreprend.
Au reste, toute question de personna lité devant être impitoyablement écartée, toute question d’argent étant également mise à part, il ne restera plus que la question de principe à étudier de concert et que chacun aura à résoudre pour sa part, suivant son inspi ration et dans la mesure de ses moyens.
Or, le principe du spiritualisme s’imposera forcément, cela ne fait de doute pour personne; il ne faut donc qu’un peu de bonne volonté pour s’entendre sur les points d’intérêt commun. Ce programme, si séduisant et si fort dans sa simplicité, n’a pas manqué de tenter les spiritualistes et plusieurs lettres d’encouragement et d’adhésion ont déjà été envoyées à Papus.
A lire aussi On peut envoûter, lettre de Marius Decrespe à Papus ; les articles savants d’Abel Haatan, de Marc Haven, de Saint-Lannes, etc., etc. i86 L INITIATION rationnel, relatives à l’hérédité, et aux successions ab intestat, que la régénération sociale pourra être obtenue sans secousse, et sans froisser aucun intérêt légitime.
Au bout ce cette période de 25 années, l’Etat sera propriétaire des neuf dixièmes des valeurs foncières, désormais inaliénables ; et se trouvera par suite en me sure d’exproprier le reste, moyennant indemnisation aux détenteurs du sol. OUVRAGES RECOMMANDÉS Colins. L’Economie politique, source des Révolutions et des utopies prétendues socialistes, 6 volumes, 3 vol. in-12 et 3 vol. in-80, 25 fr. ; Science Sociale, 17 volumes in-8°, 90 fr. Louis de Pctter. Eictonnaire Rationnel, 1 vol. in-8° 10 fr. y5. Agathon de Potter.
La Logique. — La Connaissance cle la Vérité. ■— Qu’est-ce que la Guerre et la Paix ? trois brochures, pièce, o fr. 60 ; De la Propriété Intel lectuelle et de la distinction entre les choses vénales et non vénales. — Brochure, o fr. 60 ; Economie Sociale, 1 vol. in-12, 3 fr. 60; La Philosophie de l’avenir, revue du Socialisme rationnel, paraissant tous les mois. Un an, 6 fr.
La librairie Manceaux, 12, rue des Trois-Têtes, à Bruxelles, expédie ces ouvrages franco, aux prix ci-des sus, dans toute l’Union postale, et reçoit aussi les abon nements à la Revue. Le Voile d’Isis a consacré l’un de ses derniers numé ros tout entier à notre si vaillante branche Kumris., de Bruxelles, qui vient de s’installer dans son nouveau local l’Hôtel des ducs de Clèves-Ravenstein.
Kumris ne pou vait mieux choisir ; comme dit l’ordre du jour qui com188 l’initiation d’une physique un peu bien fantastique et qui ferait loucher, non sans raison, plus d’un académicien ; il faut être très fort pour parler physique à notre époque. La Religion universelle donne un article sur le Con grès des Religions de Chicago, une biographie de Con sidérant, etc., etc. La Curiosité, de notre collaborateur E.
Bosc, est fort intéressante ; outre les articles sur la société actuelle, nous citerons le Catéchisme des occultistes, par Mab, et une lettre des plus suggestives de Mazzini à Robert Owen. Le Journal du Magnétisme parle toujours du Congrès. La Chaîne Magnétique aussi. La Revista Espiritista de la Habana poursuit la tra duction des œuvres d’Eliphas Lévi.
La Revista de Estudios psicológicos résume avec soin les deux dernières années au point de vue du- spiritua lisme et constate avec satisfaction les progrès croissants de la cause. Lux étudie la Trimourti sous la signature de M.
Hoff mann, notre dévoué correspondant de Rome. Citons encore le Sphinx, il Vessillo espiritisto, Borderland, Sophia, etc., etc. Parmi les nouvelles publications périodiques, il en est une qui mérite d’être tout particulièrement signalée aux occultistes ; c’est la Revue étymologique publiée par M. Lapierre chez Leroux, 28, rue Bonaparte, et chez Thomas, 6, place de la Sorbonne.
M. Lapierre se pro pose d’étudier comparativement l’égyptien, l’hébreu et le sanscrit ; il débuta par cet aphorisme dont la vérité et la profondeur frappera tout étudiant en kabbale. Le mot est un ensemble d’idées et non un assemblage de lettres.
Partant de ce principe, le savant auteur cherche à retrouver le langage primitif ; son style d’une extrême clarté, ses déductions rigoureuses étonnent d’autant plus qu’il ne paraît pas avoir eu connaissance des travaux de Fabre d’Olivet.
C’est grand dommage ; avec la sagacité et l’érudition dont il fait preuve, M. La pierre eût pu dignement continuer et compléter l’œuvre 1 '— crrôrp a l’auteur de la Revue étvNOUVELLES DIVERSES l85 ment par des sommités intellectuelles, car ces emplois procureront la meilleure rémunération matérielle. La CONSOMMATION et la PRODUCTION atteindront le plus haut degré possible, et le bien-être de tous será au maximum.
Des entrepôts, administrés par la Collec tivité, seront établis dans chaque circonscription; les producteurs pourront y déposer leurs produits, pour y être vendus, avec le minimum de frais, au prix qu’ils auront fixé. La SOCIÉTÉ DE L’AVENIR est la souveraineté de la raison, c’est-à-dire : la domination de l’humanité sur la matière, du travail sur le capital, de l’intelligence sur la propriété.
Les lois sociales rationnelles seront respectées sans intervention coercitive de l’Etat, par le fait même de leur incontestabilité démontrée, et reconnue par tous, ainsi que le sont les axiomes mathématiques. Si . quelques individus ne s’y conformaient pas, ce serait l’indice d’un état pathologique. La Société traitera ces malades avec tous les égards dus à leur malheureuse situation intellectuelle.
La réorganisation sociale qui vient d’être esquissée implique une modification radicale des institutions ac tuellement en vigueur. Il ne peut exister entre la matière, — le Capital, — et le travailleur, — l’Homme, — d’autres rapports que ceux d’hostilité, de souveraineté, de l’un des deux éléments sur l’autre.
Toute conciliation, tout accord, tout moyen terme d’entente entre le capital et le travail est une uto pie : conduisant les sociétés à l'anarchie. Ainsi l’organisation actuelle, ne produisant qu’un ordre éphémère, sera modifiée dans le sens de la Souveraineté du Travail sur le Capital.
Pour que cette modification, ou plutôt cette substitu tion, s’effectue sans dommage pour les individus, et sans troubler l’ordre social, il est indispensable de tenir compte des droits acquis, et du régime actuel de la pro priété.
C’est en appliquant, pendant une période transitoire, aussi longue qu’il sera nécessaire, et, dans tous les cas, non inférieure à 25 années, les indications du socialisme 186 l’initiation rationnel, relatives à ¡’hérédité, et aux successions ab intestat, que la régénération sociale pourra être obtenue sans secousse, et sans froisser aucun intérêt légitime.
Au bout ce cette période de 25 années, l’Etat sera propriétaire des neuf dixièmes des valeurs foncières, désormais inaliénables ; et se trouvera par suite en me sure d’exproprier le reste, moyennant indemnisation aux détenteurs du sol. OUVRAGES RECOMMANDÉS Colins. L’Economie politique, source des Révolutions et des utopies prétendues socialistes, 6 volumes, 3 vol. in-12 et 3 vol. in-8”, 25 fr. ; Science Sociale, 17 volumes in-8°, 90 fr.
Louis de Pctter. Eictonnaire Rationnel, 1 vol. in-8° 10 fr. 75. Agathon de Potter. La Logique. ■— La Connaissance de la Vérité. — Qu'est-ce que la Guerre et la Paix ? trois brochures, pièce, 0 fr. 60 ; De la Propriété Intel lectuelle et de la distinction entre les choses vénales et non vénales. — Brochure, o fr. 60 ; Economie Sociale, 2 vol. in-12, 3 fr. 60; La Philosophie de l'avenir, revue du Socialisme rationnel, paraissant tous les mois.
Un an, 6 fr. La librairie Manceaux, 12, rue des Trois-Têtes, à Bruxelles, expédie ces ouvrages franco, aux prix ci-des sus. dans toute l’Union postale, et reçoit aussi les abon nements à la Revue. Le Voile d'Isis a consacré l'un de ses derniers numé ros tout entier à notre si vaillante branche Kumris, de Bruxelles, qui vient de s’installer dans son nouveau local l’Hôtel des ducs de Clèves-Ravenstein.
Kumris ne pou vait mieux choisir ; comme dit l’ordre du jour qui cornREVUE DES REVUES 187 pose le numéro en question, la science est là chez elle. En effet, les souvenirs du splendide hôtel sont pleins de légendes e'sote'riques du plus haut intérêt, et sous de tels pénates, Kumris ne peut que prospérer.
Parmi les nombreuses branches, si vigoureuses, d’ailleurs, du Groupe Indépendant d’Etudes ésotériques, c’est, sans contredit, la plus vigoureuse, la plus progressive, la plus heureusement réalisatrice. Nos plus vifs applaudisse ments aux dignes chefs de l’Occultisme en Belgique.
Papus, au reste, ne cesse de donner l’exemple de l’ini tiative ; toujours payant de sa personne, toujours au premier rang, il fait appel, dans un autre numéro du Voile, à tous les spiritualistes, sans distinction d’écoles, pour la fondation d’un Conseil permanent du Spiritua lisme, duquel seraient membres tous les directeurs des périodiques spiritualistes, les membres délégués des plus importantes sociétés et quelques rares personna lités indépendantes nommées par les membres ci-dessus.
C’est l’union tant désirée de tous ies groupes ; il ne faut point douter que ce projet s’accomplisse, étant donné le bonheur vraiment extraordinaire avec lequel notre étni- # nent directeur réussit toutes les œuvres de réalisation qu’il entreprend.
Au reste, toute question de personna lité devant être impitoyablement écartée, toute question d’argent étant également mise à part, il ne restera plus que la question de principe à étudier de concert et que chacun aura à résoudre pour sa part, suivant son inspi ration et dans la mesure de ses moyens.
Or, le principe du spiritualisme s’imposera forcément, cela ne fait de doute pour personne; il ne faut donc qu’un peu de bonne volonté pour s’entendre sur les points d’intérêt commun. Ce programme, si séduisant et si fort dans sa simplicité, n’a pas manqué de tenter les spiritualistes et plusieurs lettres d’encouragement et d’adhésion ont déjà été envoyées à Papus.
A lire aussi On peut envoûter, lettre de Marius Decrespe à Papus ; les articles savants d’Abel Haatan, de Marc Haven, de Saint-Lannes, etc., etc. L'Etoile cotinue la publication des Lettres odiques de Reichembach, la traduction du Sohar par Jhounev, les conférences de l’abbé C. M., très intéressantes, mais
i88 l’initiation d’une physique un peu bien fantastique et qui ferait loucher, non sans raison, plus d’un acade'micien ; il faut être très fort pour parler physique à notre époque. La Religion universelle donne un article sur le Con grès des Religions de Chicago, une biographie de Con sidérant, etc., etc. La Curiosité, de notre collaborateur E.
Bosc, est fort intéressante; outre les articles sur la société actuelle, nous citerons le Catéchisme des occultistes, par Mab, et une lettre des plus suggestives de Mazzini à Robert Owen. Le Journal du Magnétisme parle toujours du Congrès. La Chaîne Magnétique aussi. La Revista Espiritista de la Habana poursuit la tra duction des œuvres d’Eliphas Lévi.
La Revista de Estudios psicológicos résume avec soin les deux dernières années au point de vue du spiritua lisme et constate avec satisfaction les progrès croissants de la cause. Lux étudie la Trimourtisous la signature de M. Hoff mann, notre dévoué correspondant de Rome.
Citons encore le Sphinx, il Vessillo espiritisto, Borderland, Sophia, etc., etc. Parmi les nouvelles publications périodiques, il en est une qui mérite d’être tout particulièrement signalée aux occultistes; c’est la Revue étymologique publiée par M. Lapierre chez Leroux, 28, rue Bonaparte, et chez Thomas, 6, place de la Sorbonne.
M. Lapierre se pro pose d’étudier comparativement l’égyptien, l'hébreu et le sanscrit ; il débuta par cet aphorisme dont la vérité et la profondeur frappera tout étudiant en kabbale. Le mot est un ensemble d’idées et non un assemblage de lettres.
Partant de ce principe, le savant auteur cherche à retrouver le langage primitif ; son style d’une extrême clarté, ses déductions rigoureuses étonnent d’autant plus qu’il ne paraît pas avoir eu connaissance des travaux de Fabre d’Olivet. C’est grand dommage ; avec la sagacité et l’érudition dont il fait preuve, M. La pierre eût pu dignement continuer et compléter l’œuvre du maître. Néanmoins, grâce à l’auteur de la Revue éty mologique, un travailleur en possession de la méthode de
NÉCROLOGIE I 8§ la Langue Hébraïque restituée pourra promptement lire couramment les papyrus égyptiens ou les manuscrits des Védas. Nous terminerons par un souhait et un reproche. Le souhait : M. Lapierre devrait bien appliquer sa méthode au chinois et à l’écriture cunéiforme, en attendant de pouvoir l’essayer. aux vieilles inscriptions du Pérou et du Mexique. Un reproche: Pourquoi la Revue étymolo gique ne paraît-elle que tous les trois mois?
M. D. NECROLOGIE Eugène NUS Une douloureuse nouvelle nous est parvenue ce moisci. Eugène Nus, le grand écrivain spiritualiste, le hardi philosophe, l’homme de cœur que tous ses amis (et nous avons eu le bonheur d’être du nombre, respectaient et admiraient est mort presque subitement, le 17 janvier, à Cannes.
Le i5, nous avions reçu un télégramme nous annonçant que Nus venait d’être frappé d’une congestion et que son état était désespéré ; le 16, une lueur d’espoir nous était laissée, la dépêche annonçait : « Crise salu taire ; Nus mieux. » Mais le lendemain, la mort ache vait son œuvre et surprenait le grand écrivain calme devant elle, comme doit l’être tout véritable spiritualiste.
Lorsque le maître se sentit frappé (il était à table), il comprit immédiatement sa situation, fit venir ses amis et dicta ses dernières volontés sans que son habituelle quiétude subisse la moindre atteinte, puisqu’il débuta en disant : « Je suis à moitié dans l’astral. » Il y a juste un an, nous étions auprès de lui, là-bas, à Cannes, et nous eûmes la grande joie de lire d’impor tants fragments de sa dernière œuvre, la Vivisection du Christianisme, encore inédite à l’heure actuelle. Le spi ritualisme, sans distinction d’écoles, fait une très grande
i go l’initiation perte en la personne de Nus, car il fut un des promo teurs du mouvement, un de ses plus hardis penseurs en même temps qu’un de ses plus chauds propagateursD’autres parleront de la carrière littéraire et dramatique du maître ; nous ne voulons considérer ici que sa car rière philosophique qui lui assure à elle seule une recon naissance absolue de la part des admirateurs du spiri tualisme.
Eugène Nus ne voulut jamais appartenir à une secte. Dès i85o, ses ouvrages spiritualistes accusent une ori ginalité puissante, et nous lui devons la théorie de l'être collectif pour expliquer les manifestations spirites, théorie adoptée en grande partie par l’occultisme. Aux mo dernes socialistes recommandons : Nos Bêtises, exquise revue des diverses utopies sociales par celui qui fut jus qu’à la fin un ardent admirateur de Fourrier.
Aux phi losophes, signalons : les Grands Mystères et Choses de l'autre inonde où la grandeur de la pensée le dispute à la délicatesse de la forme; enfin, à tous nos amis, con seillons A la recherche des destinées et les Dogmes nou veaux où les différentes écoles sont étudiées impartiale ment et en dehors de toute idée sectaire. Mais nos lecteurs connaissent déjà l’œuvre du maître, pour l’avoir admirée et appréciée à sa valeur.
11 nous est donc inutile d’insister. La mort a surpris Nus dans sa soixante-dix-huitième année.
Qu’il nous soit permis, en terminant, de rendre un respectueux hommage à celle qui fut l’âme réelle de ce grand esprit, à l’admiratrice intellectuelle de notre vé néré maître, à celle qui sacrifia les illusoires joies mon daines pour lui constituer une famille idéale, en laquelle les grandes idées avaient seules droit de cité, et à qui venaient toutes les âmes brisées par l’écœurement de la vie contemporaine ou par l’étroitesse de l’idéal généra lement entrevu.
Qu’il nous soit permis de citer les ini tiales de Mm0 de B..., à qui Eugène Nus doit d’avoir eu sa vieillesse entourée de la pure amitié et de la tendre vénération qui sont dues par la Providence à tous ceux qui l’ont exclusivement servie sur cette terre. Mme de B... nous apprit à tous à voir, en la femme qu’elle est, un 1
NÉCROLOGIE igi ange de dévouement et une preuve vivante de haute intellectualité. Que dans sa profonde douleur, cette femme de cœur puisse agréer l’assurance de notre haute et respectueuse admiration (1). Papus. Charles FAUVETY La nouvelle de la mort du célèbre auteur de la Théonomie, du défenseur ardent de la Religion laïque, nous parvient au moment de mettre sous presse.
Force nous est donc de renvoyer au mois prochain une notice bio graphique, digne du grand penseur que fut Fauvety. Voici un résumé rapide de son œuvre publié par un journal quotidien : « Un philosophe spiritualiste d’une rare valeur intel lectuelle, M. Charles Fauvety, vient de s’éteindre dans sa quatre-vingt-unième année, à Asnières, où il vivait estimé de tous, depuis plus de trente ans.
Mêlé, dès l’origine, au mouvement socialiste, Charles Fauvety avait fondé, en 1866, une revue doctrinale intitulée la Solida rité, qui fut interrompue par la guerre de 1870, et rem placée en 1876 par la Religion laïque, devenue, depuis 1890, Religion universelle.
« Entre autres ouvrages remarquables, Charles Fauvety en a publié récemment deux, d’une ferme dialectique et d’un style excellent, où se reflète toute sa doctrine, l’un intitulé : Nouvelle Révélation, la Vie, dans lequel il expose une nouvelle méthode de la connaissance ; l’autre, portant ce double titre : Théonomie; Démonstration de l'existence de Dieu. » (1) A la dernière heure nous apprenons qu’Eugène Nus nous a fait le suprême honneur de nous choisir pour préparer la publication de ses œuvres restées inachevés.
Nous ferons tous nos efforts pour mettre notre dévouement à la hauteur d’une telle tâche. Le Gérant : Encausse. TOURS. — IMP. E. ARRAULT ET C", RUE DE LA PRÉFECTURE, 6.
l’initiation LE VOILE D’ISIS LE SEUL JOURNAL HEBDOMADAIRE QUE POSSÈDE LE MOUVE MENT SPIRITUALISTE EN FRANCE Directeur : PAPUS o. a. Rédacteur en Chef: Julien LEJAY Secrétaire de la Rédaction: Lucien MAUCHEL ABONNEMENT: Un an (France) . 5 fr. | Union postale . . 6 fr. Le numéro: 10 centimes. • Le Voile d’Isis a déjà publié in extenso : les Vers dorés de Pythagore et Caïn de Fabre D’Olivet, et poursuit la publication des livres rares et curieux. ‘Vient de 'paraître ERNEST BOSC LA PSYCHOLOGIE DEVANT LA SCIENCE ET LES SAVANTS 1 vol. in-18 de xvm — 3oo pages. Prix: 3 fr, 50 Ce volume traite de l’Od, du Fluide odique, de la Polarité, du Fluide astral, du Magnétisme, de l’Hypnose, de la Force psychique, etc., etc.
CHAMUEL, Éditeur, 29, rue de Trévise, PARIS VIENT DE PARAITRE A.-E. BADAIRE LA JOIE DE MOURIR Consolations à tous ceux qui pleurent un être tendrement aimé Lettre-Préface de Victorien SARDO U Une brochure in-18, 1 franc. LE CATALOGUE GÉNÉRAL DE CHAMUEL LIBRAIRE-ÉDITEUR 158 ouvrages philosophiques, littéraires ou scientifiques sont publiés par la Maison CHAMUEL ENVOI FRANCO SUR DEMANDE AFFRANCHIE 29, Rue de Trévise, 29 PARIS
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T JT AT T T1 T A T’TAKT /RENSEIGNEMENTSX L INIT1ATI0JN (. utiles DIRECTION ¡4, rue de Strasbourg, 14 PARIS Directeur : PÆFUS <J, 0 * Directeur-adjoint : Lucien MAUCHEL Rédacteur en chef : F.-Ch. BARLET Secrétaires de la Rédaction : J. LEJAY - PAUL SÉDIR ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMERO G. CARRÉ 3, rue Racine, 3 PARIS FRANCE, un an. 10 fr. ÉTRANGER, — 12 fr.
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