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I •ç ■ ■; i My p si oí isme j Force psychique Theosophie, Kabbale Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes 21° VOEU M E. 6roeANNÉE ------------ C*<3 PARTIE INITIATIQUE... PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE.... PARTIE LITTÉRAIRE Groupe Indépenda ni d'Etudes ésotériques.
Rapport du prési dent......................... (p. i à 12.) La Magie d'Arbatel (fin), avec tableau et figures.................... (p. 12 à 5o.) Bénéficiions, conjura tions et amulettes... (p. bi à 5o.) Rôle du peuple juif.. . (p. 6o à 6g.) rar delà ! (poésie)... . 1 L’Aérolithe (poésie) . / (p. 70 à 72). ) Groupe indépendant d’Etudes ésotériques. — Le Rituel de l'exor cisme. — Nouvelles diverses et Courrier bibliographique. — Nécrologie.
L’Abbé Roca. — Derniers moments de l’abbé Roca. — Manifestation de l’Eglise gnostique en faveur de l’abbé Roca. Papua. Marc Haven. Dr Sourbeck. M. Darbier. J. de Tallenay. Rédaction : 25, rue de Trévise, 2g PARIS Administration, Abonnements ; 3, rue Racine, 3 PARIS Le Numéro : UN FRANC. Un An . DIX FRANCS
PROGRAMME Les Doctrines mate'rialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes e'ternels qui sont l’cssen^ de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expér mentale a conduit les savants malgré eux. dans le domaine iorces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggesti distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spir liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliqua méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale p‘ découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les eu Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement n physiques des Universitaires, à sortir des méthodes pure: physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse ui la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique Métaphysique.
Au point de vue social, [’Initiation adhère au programrr. toutes les revues et sociétés qui défendent ['arbitrage cc l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les < grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme toutes leurs formes ainsi que la. misère.
Enfin [’Initiation étudie impartialement tous les phénomt du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’h L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, r n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et ces nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’e ie manière qu’elles savent toujours apprécier.
L'Initiation parait régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà cinq années d’existence. — Abonnement: 10 frai.cs par an. (Les collections des deux premières années sont absolum-. it ¿Boi *é** -l
1 : reproduction des articles inédits publiés par l'initiation est i< r.i! lleinent interdite, à moins d'autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE troupe Indépendant D ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Rapport du Président Sur l’exercice 189293 .1 MM. les Délégués, les chefs des Loges et les Correspondants du Groupe.
On dit que les peuples heureux n'ont pas d'histoire et nous pourrions appliquer cette phrase à la marche de notre groupe durant l'année qui vient de s'écouler (1892-1893 . Après des oppositions et des luttes assez vives, apres des crises que nous pensions sou vent impossibles à traverser, le Groupe indépendant d'Eludes ésotériques a acquis le développement et l'influence qu'il avait justement mérités. Aucun de nos membres ne payant de cotisation, aucun n'ayant eu à payer le moindre droit d'entrée 1
2 l'initiation et les fonds de roulement de notre mouvement étant uniquement fournis parles fondateurs, il a b en llu abandonner cette calomnie bête qui nous repo. :■ lit comme des individus sans convictions dis’ t se faire une position matérielle aux dépens de 1. ,.r > é Il a bien fallu se rendre à l’évidence et con 1 r. nie notre seule préoccupation, notre seul but. éteh i .me part l'étude minutieuse de faits encore étr ■ . ,. a rence et. d’autre part, la propagande active du spiri tualisme.
Vous avez déjà pu suivre, dans nos rapports . antérieurs, les étapes de notre marche en avant : il me reste aujourd'hui à vous parler des progrès considé rables accomplis dans cette dernière période. V >us verrez comment notre œuvre de propagande fut assez importante à Paris pour nous permettre dorénavant d'étendre beaucoup nos moyens d’action par la créa tion d’une nouvelle commission ; mais n’anticipons pas.
Nous diviserons notre rapport de la façon suivante : i° Quartier général : A. Eludes commissions ordi naires et groupes fermés) ; B. Propagande 'conférences et action dans la presse) : C.
Nouvelles créations. (commission d’initiative : almanach) : 2° France : Etudes et propagande en province : 3° Etranger : Propagande et résultats acquis : 4° Situation du Groupe yis-à-vis des autres sociétés spiritualistes: 5° L'Université libre des Hautes Etudes. QUARTIER GÉNÉRAL A Paris le travail est divisé entre plusieurs groupes
GROUPE INDÉPENDANT D ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 3 "H. commissions d’études. Vous avez pu suivre chaque ni is dans VInilialion les efforts fructueux accomplis .'¿s diverses commissions et nous signalerons tout p.u i entièrement le zèle avec lequel M. Selva a dirigé ! tudes du Groupe des signatures. X ou s avez pu remarquer aussi comment notre ami V.
François, directeur du Groupe4 (Etude pratique du spiritisme . obtenait de bons résultats dans ses expériences. Vous verrez tout à l’heure pourquoi nous avons attribue la remise des diplômes d’honneur à une n ■ »voile c- »mmission. ce qui nous obligea différer des r compenses bien méritées. 6 roupes fermés. — C'est en entourant les recherches de toutes les précautions désirables que nous sommes parvenu à des résultats sérieux.
Nous eûmes jadis la faiblesse d’admettre à nos expé riences des membres du Groupe nouvellement inscrits, illustres par leur naissance, mais non par leurs con naissances scientifiques, ce qui faillit compromettre à jamais l'existence du Groupe. Maintenant aucun nouveau membre ne peut faire partie (à moins d’une exception strictement motivée), d'un groupe fermé sans avoir fait un stage d’une année en suivant les conférences et les cours.
Aussi le Groupe d éludes de la Magie pratique at-il pu cette année poursuivre plusieurs expériences des plus concluantes, et dont nous tairons le résultat jus qu’à l’accomplissement des travaux accomplis. Je vous signale aussi les recherches poursuivies sans cesse dans l'étude de la Soeiologie par nos amis
4 l’initiation Barlct et Lejay qui ont bien voulu nie faire le grand honneur de m'appeler à partager leurs travaux. Voilà deux ans que, sans bruit, nous avons ; rdc l’application de la méthode fournie par l'ésotû c à la constitution de l’organisme social, et je ru c ins pas de vous affirmer que c'est dans cette \ >ic que nos réalisations pourront être vraiment pr<’i us et fécondes.
AinsiquevousledisaitsiexcellemmentJuks L r na dans une de ses brillantes causeries, il faut constituer le ventre social avant de penser à la tète. J’espère que ces recherches, d'où sortiront plusieurs travaux en collaboration, pourront être utiles à tous, étant donné que nous ne poursuivons aucun but personnel. Vous voyez combien nous fut utile la création des groupes fermés et quels services ils sont appelés à rendre à notre cause.
Revenons maintenant à notre propagande. Propagande. — Les résultats obtenus cette année sont assez importants pour nous permettre de consa crer à des études plus fructueuses une partie des forces réservées jusqu'à présent à la propagande.
Grâce en effet aux nombreux articles parus dans la presse quotidienne dans ces dernières années, grâce à nos efforts incessants pour répandre nos idées, nous sommes parvenu à faire participer à ce mouvement plusieurs centres jusque-là inactifs.
C'est ainsi qu'à notre exemple la duchesse de Pomar a institué des conférences spiritualistes dans son magnifique hôtel : c’est ainsi que des cours ont été essayés à la salle des Capucines par quelques jeunes
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 5 débutants, c'est ainsi que notre ami Emile Michelet a fait gaiement à la salle des Capucines une série de br ’ ntes causeries esthétiques et ésotériques. V à la réalisation du but que nous poursuivions de; is quatre années déjà.
La propagande demande une grande dépense de temps et d'eiïorts et nous sommes heureux d'avoir pu déterminer l'éveil d’un tel mouvement d'idées, ce qui nous permettra, dans l'année qui commence, d'étendre le champ de nos études sérieuses en diminuant le temps accordé à la propagande exotérique. \ussi avons-nous décidé que dès maintenant les travaux du centre seront ainsi réglés : i " Conférences une fois par mois (au lieu de deux fois .
Tous les membres du Groupe peuvent assister ‘aux conférences. ? Dans l'intervalle de la conférence mensuelle, réu nion d’études dans laquelle tous les membres pour ront prendre la parole et où l’on traitera tous les su jets intéressant l’ésotérisme. Les invitations pour ces réunions seront strictement personnelles et délivrées par le président. 3" Tous les mercredis soirs, réunion des officiers du Groupe. Nouvelle création.
La Commission d’initiative. — Je vous ai dit précédemment que cette année nous ré servions l’attribution des diplômes d’honneur. Il me reste à entrer dans quelques détails à ce sujet. A dater de ce jour le Comité de direction du Groupe a décidé la création d’une Commission d initiative
6 l'initiation formée par tous les membres du Groupe à quelque branche qu’ils appartiennent. Cette commission aura pour but de recherci ; et d'encourager tous les efforts faits dans le monde pro fane en faveur du spiritualisme. Des diplômes d’honneur, des lettres de ¡élk >ns, des citations dans les journaux du Grou, c se : dé livrés par cette commission.
Le bureau de la Commission d’initiati c • : com posé de neuf membres élus de la façon su: vante : i° Trois membres élus en réunion générale des membres du Groupe: 2° Trois membres élus par le Comité de direction du Groupe : 3° Trois membres élus par les six membres du bu reau nommés par les deux précédents scrutins. Nous commencerons ainsi l’application de l’électorat déterminé par nos premières recherches sociologiques.
Tout membre du Groupe qui verra dans un livre, dans un journal local un passage ou un article inté ressant le spiritualisme aura la faculté de faire un rapport au bureau de la Commission d'initiative qui décernera, s’il y a lieu, une récompense à l’auteur du livre ou de l’article. Dans ce cas, et sauf demande contraire, le nom du membre du Groupe auteur du rapport sera joint à la lettre d’avis.
Telles sont les lignes générales de l’organisation de cette commission dont nous reparlerons en détail dans le prochain numéro. Nous sommes persuadé que. mieux que toutes les fédérations, cette nouvelle création aidera au développement de nos idées.
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 7 11 me faudrait encore vous parler individuellement d.s conférenciers qui ont bien voulu nous prêter leur c me-urs cette année, vous rappeler comment des x..’’Ci ouvertes sous la présidence de Camille Flam ■ ma ne pouvaient être qu'une suite de succès, c : n ît linfatigable directrice de la propagande.
Al ■ de Wolska, a su réunir dans ncs soirées un pu' v. si nombreux que distingué : mais ce serait cr ck votre temps et j'en arrive à notre action extérieure (1 ). LA PROVINCE 1 étude de l'illuminisme en France permet de cons tater mi fait fort curieux : c'est que les groupes ésotériqi es (Cohens. Philalèthes, Hermétistes). créés au x\ ¡11 siècle à Paris, ont pris une extension vraiment remarquable seulement en province.
C'est ainsi que la première académie maçonnique, sérieuse par la connaissance de ses membres, se réu nit à .Montpellier (1778) et que les convents de la stricte observance se réunirent à Lyon (1778-1782 . Cela tient à ce que. si Paris est la tête de la France in tellectuelle. Lyon en est le cœur et .Marseille le ventre.
Or. le Groupe d'Etudes ésotériques est. à mon avis, la première société spiritualiste qui ait pu réaliser un groûpement vraiment hiérarchique en France. Nous possédons à l'heure actuelle trente-trois branches et correspondants en France, et chacun de ces centres travaille à la réalisation du but commun. Nous signa lerons particulièrement les centres de Lyon, de Alont1 1 Voyez au petit texte pour la création Je VAlmanach spiri tualiste.
8 L INITIATION pellicr et de Toulouse (Dr Fugairon à qui V initiation et le Voile d’Isis doivent cette année de très int ces santes communications. Lyon a retrouvé les a-\ es martinistes et nous ne saurions trop féliciter nos membres lyonnais à cette occasion. A Marseille i\l. le baron Spedallieri a et. 1 . < useté d'offrir au président du Groupe des doc de la plus grande valeur sur Eliphas Lévi.
M un de nos centres provinciaux mériterait ur > mention spéciale, et force nous est de nous arrêter I . en don nant la liste des nouveaux postes créés cette année : Branches et correspondants t'iX<)2-i<Syd France. — 1892. Oléron-Saintc-Marie (6 octobre . Marseille 4 novembre). — i8g3. Roanne (14 fé vrier), Rennes (i5 février , Bonny-sur-Loire (S mars . Saint-Servan (i5 mars). Dinan (i5 mars. SaintGenis-Laval (2 3 mars), Harfleur (15 juillet.
Gre noble (Tr septembre), Saint-Justin-de-Marsan 17 sep tembre. Mustapha (Algérie (18 septembre). etranger A l'étranger notre mouvement s’est répandu avec une très grande rapidité. Grâce au dévouement de notre délégué pour l’Allemagne, M. le Chevalier Thomassin, et de tous nos chefs de Loges, là-bas des centres actifs et importants ont pu être solidement constitués.
En Autriche notre Délégué le baron L”* a rendu aussi des services considérables à notre cause. En Belgique notre ami Vurgey a fait plus brillam ment encore, s’il est possible, que précédemment son
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES Q devoir, cl l'opiniâtreté avec laquelle Brossel, directeur de la .’ranche de Bruxelles, est venu à bout de graves difficul: s. mérite les plus grands éloges. N u i appelons à ce propos à tous nos membres que ! aie pour chaque pays étranger doit orien ter : on des branches vers les idées dominantes dai ; ntrée.
Le Quartier général n'a pas à manifest mpathies vers une tendance plus que vers une _. la neutralité étant sa seule raison d’ètre.
Chact n délégués français oriente la direction de scs ics suivant les idées chères en France: le dé légué ur la Belgique, le délégué pour l'Espagne ou le deiegue pour l'Amérique doivent de leur côté agir de leur mieux sans attendre un changement quel conque dans la direction centrale, impartiale et favo rable ¿i toutes les aspirations, par principe.
Nous devons encore signaler l'activité de nos branches d'Égypte qui ont travaillé avec fruit pendant toute cette année. La liste suivante vaut mieux, du reste, que toutes les paroles pour montrer le succès de nos efforts pen dant la période écoulée. Le Groupe compte actuellement quarante-sept branches et correspondants à l’étranger. Voici.les derniers centres créés : Etpanger (centres créés en 1892-90;. — 1892. Alep (Syrie) (6 octobre .
Londres (12 octobre), Co penhague (11 novembre), Berlin (i5 novembre). f Thorn (.Allemagne) (3o novembre), Sakka (Egypte) (ier décembre). — 1893. Mexico (Mexique) (8 mars ,
IO 1. INITIA I ION Frascati Italie' (i5 mars. Hambourg ne) ( 10 mai . Terrario (Italie»(4 juin. Penua * pu blique Argentine (17 juin). Leipzig Al ie) (18 juillet). SITUATION DU GROUPE Vous pourrez juger par ces chiffres / ats acquis depuis 1889. En quatre ans nous a ,.é : Commissions d’études à Paris Centres en France............... Centres en Europe............... Centres dans les autres pays .
Centres d etude et de propagai 102 Je ne vous parlerai pas des ouvrages, des brochii es ou des articles publiés: la liste en serait trop long ,e. Pendant ce temps qu’ont fait les autres groupe ments spiritualistes? Des polémiques et des naïvetés. Vous avez vu s’écrouler comme châteaux de cartes les fédérations les unes sur les autres.
Vous avez vu le Comité de propagande spirite el spiritualiste, chargé d’organiser le congrès de 1894. devenir sectaire et finir dans tous les ridicules.
Ce merveilleux groupement de toutes les écoles, organisé en 1889 grâce au dévouement de Bouverv, ce beau congrès où toutes les divisions furent oubliées devant la grandeur de l’idée à défendre, voyez ce qu’en ont fait les sectaires et les envieux, dénonçant les occultistes comme des ennemis du spiritualisme, alors qu’ils s’en sont montrés les plus
groupe indépendant d’études ÉSOTÉRIQUES I I ardents défenseurs en rendant justice à tous les dévouements et en stigmatisant toutes les exploitations.
Le succès nous tait un devoir d'oublier toutes les in;u . et toutes les injustices, et. si jamais le spiritua lisme refait une manifestation solennelle, sovez per sil s ]ue nous ouvrirons toutes grandes nos portes a jui voulaient nous défendre l'entrée des leurs. luttons pour des idées et non pour des per sonnalités. dais ce souvenir du congrès de 1889 évoque de- \ . . u la grande figure d'un de nos frères tombés au ip d'honneur de la lutte intellectuelle: l’abbé 1 1.
Celui-là. dont vous avez entendu les accents s ncères et la voix puissante, celui-là est mort dans L misère pour n'avoir pas voulu sacrifier sa cons cience à l'Eglise. et c'est peut-être sous son influence que l’Eglise accomplit l'évolution qui la sauvera quelques années encore. Et cette Église a refusé la sépulture ecclésiastique au corps de l'abbé Roca, alors qu elle avait enseveli de ses propres mains le penseur dans le tombeau de misère.
Il y a là un crime contre l'idée, un de ces crimes contre le SaintEsprit qui expliquent les catastrophes futures. Tout commentaire serait maintenant superflu. Mais l’un des nôtres est tombé. Gloire à lui et serrons nos rangs. L’avenir le vengera des injures du passé. L’Université libre des Hautes Études. —Je vous ai parlé, il y a un an. de ce projet considérable. Aujour d'hui les études préliminaires sont enfin terminées par F.-Ch. Barlet qui achève un volume deooo pages
I 2 l’initiation consacré aux programmes et à la réforme de l'ensei gnement. Nous allons nous mettre à l'œuvre et, dans quelques mois peut-être, nous aborderons la réalisa tion de cette idée d'Université libre qui nous tient tant à cœur. Vous voyez que si nous avons beaucoup fait il nous reste encore beaucoup à faire.
Mais nous > ?ns sur votre concours à tous et nous somnr > rés d’avance de la continuation d'un succès auquel vous avez tous si efficacement collaboré. Pour le Comité de Direction. Papus, P. G. E. A. XVI. — Sept sont les puissances ou les offices propres des esprits à qui Dieu a confié la direction de la machine du monde. Leurs astres visibles i ) sont Aratron, Bethor., Plialeg, <)ch, Hagith, Ophicl. P hui, en langue olympique (2).
Chacun asous ses ordres une nombreuse armée du firmament. Aratron commande à 49 provinces visibles. Bethor — — 27 — — Phaleg -- — 3s — — Och - - 28 - - Hagith — — 21 — — Ophiel — — 14 — — Phul — — 7 — — ■ i)Cf. Bœhme, l'Aurore naissante, chap. ic' et vin, et la théorie de l’Astre noir dans Light of Egypt, anonyme, Londres, 1891. ,2 Cette langue olympique n’est autre que l’ancien chaldéen.
LA MAGIE d’aRBATEL I 3 Ce qui fait en tout 186 provinces dans l'Olympe. qui gouvernent sept puissances que Y astronomie delà grâce étudie longuement. 11 faut indiquer maintenant de quelle façon peut s’établir la communication avec ces princes et ces puissances.
Aratron apparaît le s tmedi à la première heure et donne de très nettes rép es sur ses provinces et propriétés provinciales, urne pour les autres à leurs jours et heures. (.1 . in préside à 490 années. Pour en donner un pic simple, le cycle de Bcthor a commencé en ) av. J.-C. et a duré jusqu’àqSo ; Och, jusqu'en 1 : et Hagith régnera jusqu'en 1900. \.
XVII.— Magiquement on évoque les sept pre miers des gouverneurs simplement au jour et à l’heure où ils dominent visiblement et invisiblement par les noms et les vertus que Dieu leur a donnés en présen tant le caractère qu’ils confirmeront ou traceront eux-mêmes.
Le gouverneur Aratron a en son pouvoir les choses naturelles qu’il produit, ce qui esta sa correspon dance dans le milieu considéré, et que l’astronomie de la grâce attribue aux vertus saturniennes. Ce qu’il fait aisément et volontiers, c’est : i° .De pouvoir changer sur-le-champ toutes choses en pierre, comme une plante ou un animal, etlui donner l’apparence même de la pierre : Cf. Kircher, Œdipus Egypt., t.
IL Cela nous indique que nous sommes en plein corps de l’ouvrage, c’est-à-dire qu'il faut marcher avec précaution et ne pas se laisser arrêter par les voiles extérieurs d’une traduction littérale.
l’initiation 14 2° De changer les trésors en charbon et les charbons en trésors ( i ) ; 3° De donner des esprits familiers avec un pout ir defini ; 4° D'enseigner l’Alchimie, la Magic, la Physique : 5n De concilierà l'homme l'amitié des Pv. hommes poilus ; (5° De rendre invisible : y0 De rendre infécond ce qui est fécond et l la longévité. SON CARACTÈRE ES 1 Il a sous ses ordres 49 rois, 42 princes. 35 satrapes, 28 ducs. 21 ministres qui se tiennent debout devant lui, 14 familles, 7 messagers, et commande à 36.000 légions de chacune 490 unités (2). ' 1) Ou encore en excréments, vieux os, matières fétides, jamais en pierre. Cf. Th. Paracelsi, De occulta philosophiay chap vin : De Thesauris et occultis sub terra diritiis, p. 74, éd. G. Dom., Lyon, i5y8. 2) Ces caracteres se distinguent de ceux d’Agrippa (/'/z. occ., I. II, ch. xxni) et de ceux des clavicules en ce qu’ils ne pré sentent ni sens cabalistique, ni sens astrologique, mais sont pu rement magiques.
LA MAGIE d’aRBATEL I 5 llethor gouverne ce qui est attribué à Jupiter; il arivedès qu’on l’invoque. Celui qui est digne de .T son caractère est par lui élevé aux plus hautes tés. mis en possession de scs trésors. Il concilie . lies qui donnent de sincères réponses. Il transd un lieu à un autre les choses et les pierres uses et donne des médicaments d'un ellet meri \. 11 donne meme des esprits familiers venus .ament et peut prolonger la vie jusqu'à 700 ans si C;cu le permet. SON CARACTÈRE EST Il a sous sa direction 41 rois, 35 princes, 28 ducs, 21 conseillers, 14 messagers. 7 ambassadeurs, 29.000 légions d'esprits. Phaleg préside aux choses attribuées à Mars, prince de la paix. Celui à qui il donne son caractère est
i6 l’initiation élevé aux plus hautes dignités dans l'art de la guerre. SON CARACTÈRE EST Oc/i préside aux choses solaires et donne 600 années de vie avec une santé robuste; il distribue la sagesse suprême, il envoie de très beaux esprits, enseigne la médecine et change toutes choses en un or parfait et en pierres précieuses : il donne de l’or et une bourse pleine d'or. Celui qui aura été jugé digne de son carac tère se fera adorer comme un Dieu par les rois de l’univers entier. SON CARACTÈRE EST Il a sous sa dépendance 36.536 légions : à lui seul
LA MAGIE D’ARBATEL 17 il administre toutes choses et scs esprits lui obéissent par centuries. Hagith gouverne les choses de Vénus: il rend très beau celui qui est digne de posséder son caractère et l’arme de toute noblesse. Il change en un instant le < en or et l’or en cuivre: il procure des esprits qui fissent fidèlement à leurs maîtres. SON CARACTÈRE EST Il a des légions de 4.000 esprits et à la tète de chaque millier il place des Rois aux époques fixées. (jpliiel est gouverneur des choses de Mercure :
i8 l'initiation Ses esprits forment 100.000 légions : il donne facile ment des esprits familiers, il enseigne tous les arts et celui qui est honoré de son caractère peut char *;. s- ■ P/zzz/ se plaît dans ce caractère. Parla parole et l'acte, il change tous les métaux en argent; il gouverne les choses lunaires, guérit i’hydropisie. donne des ondins qui servent l’homme sous la forme corporelle et visible : il fait vivre 3ooans.
Préceptes très généraux de cet art secret. I. — Un gouverneur quelconque agit toujours avec tous ses esprits, tantôt naturellement et alors toujours de la même manière, tantôt à son bon gré si Dieu ne l’en empêche pas. II. — Il peut même, dans une matière prédisposée et même dans une matière non prédisposée, pro duire subitement ce qui naturellement demande un
LA MAGIE d’aRBATEL r9 long laps de temps à se faire. De même que le prince solaire Oc/i prépare lentement l’or dans les montagnes, en moins de temps il le fabrique par voie chimique, en un instant par voie magique. 11!. — Le vrai mage divin peut à son seul désir se servir du ministère des gouverneurs du monde et de les créatures.
Les gouverneurs du monde lui is<ciit. viennent à son appel, exécutent ses ordres ; ' Dieu seul est l’auteur de ces miracles et c’est par pue Josué arrêta le soleil dans les cieux. ur les mages médiocres, ils leur envoient des Es- ; : il. qui ne leur obéissent qu’en certaines alïairestrès déterminées.
Les pseudomages, ils ne les écoutent pas et leur jettent quelques démons pour les leurrer et sur l’ordre de Dieu leur font encourir des périls variées (i . comme en témoigne Jérémie au sujet des juifs, cha pitre VIII. IV. — Dans tous les éléments il y a sept gouver neurs avec leur armée qui sont mus d'un meme mou vement avec le firmament, et toujours les inférieurs dépendent des supérieurs, comme l'enseigne la Philo sophie de la grâce.
V. — Dès le ventre de sa mère, il est destiné à la magie, celui qui doit être un véritable mage : les autres i Les Annales du Spiritisme sont pleines du récit des mélaits de ces « esprits farceurs », et des accidents causés par ces turbulentes et toujours dangereuses puissances. Cf. le Spiri Usine. Dr P. Gibier, pp. 327 et suiv.; De Mireille, Des Esprits, pp. 38 1 et 4 r 3 .
20 l'initiation qui, deux-mêmes, s’ingénient à le devenir sont mal heureux. Et c’est ici le lieu de dire avec Jean-Baptiste: Personne ne peut rien recevoir de soi-même qui ne lui ait été donné par Dieu. VI. — Tout caractère donné dans un but quel conque par un esprit a son efficacité dans l'obp t pour lequel il a été donné au moment susdit. Il faut donc s!en servir au jour et à l'heure de l'esprit planéeme qui l’a donné.
Vil. — Dieu est vivant et ton âme est vivante. Tu conserveras le pacte que tu as conclu avec l'esprit par la révélation en Dieu pour que s'accomplissent toutes les promesses de l’Esprit. A. XVIII.— Les noms des esprits olympiques sont rapportés diversement par les divers auteurs. Mais ceux-là sont efficaces qui sont transmis à chacun par l’esprit révélateur visible ou invisible, et selon sa pré destination.
Voilà pourquoi on les appelle constellés et leur efficacité s’étend rarement au delà de quarante ans (i). Le plus sur pour les débutants en notre (i) Un esprit évoqué par son nom de révélation est obligé d’accourir en quelque contrée qu'il soit du monde. (Cf. Cla vicules. Pierre Daban et Arbatel. aph. précédents.
Mais ces noms transitoires eux-mêmes et remplacés à partir de quarante ans par les noms en "1 dah, sont le résultat d'une première révé lation faite aux prédestinés seuls qui l'ont demandée. Tout débutant doit donc débuter par l'étude et l’emploi de la seule vertu des Esprits. La prière, lui apprendra bientôt la puissance de Dieu et les noms en (El).
Dès lors il est sur la voie; mais il ne peut prendre véritablement le nom de mage, il ne gouverne les esprits, les monstres et les anges que lorsque, plei nement réalisé, il connaît les noms irrésistibles des Esprits.
LA MAGIE d’aRBATEL 2 1 science est donc d'opérer sans les noms et par la seule vertu des Esprits; et si un d’eux a été prédestiné à ht magie. tout le reste de l'art étudié viendra de lui-même à lui et au delà de ses espérances. « Priez seulement pour une foi constante » et Dieu ordonnera tout en temps opportun. ; .
XIX. — L'Olympe et ses habitants se présentent hommes sous la forme des esprits et leur donnent le r services même s’ils les refusent : combien mieux icore te seront-ils accordés si tu les demandes! Les prits du mal et les esprits destructeurs qui viennent à un homme y viennent par la haine du diable, attirés par les péchés des hommes comme une peine méritée.
Celui donc qui désire converser familièrement avec des esprits se garde de tout péché mortel (r), et qu’il prie fermement le Très-Haut de le prendre en sa garde, et il brisera les embûches et les obstacles de l’Adversaire. Bien plus, Dieü imposera à son ennemi l'obli gation de servir le mage (2). A. XX. — Tout est possible à qui croit et à qui veut, tout est impossible à qui doute et à qui ne veut pas.
Rien n’est plus contraire que la mobilité d'esprit, la légèreté, l’inconstance, la futilité, l’ébriété, la luxure, la désobéissance au Verbe de Dieu. Il importe donc beaucoup d’ètre pieux, probe,cons- (1) Au sens banal du mot, car nul péché n’est en fait mortel ; le latin dit littéralement : extraordinaire. (2) Corollaire exact et effrayant de l’aphorisme XI.
Quelle prudence, quelle timidité même il doit donner dans la pratique, et comme il fait concevoir le soin méticuleux exigé de l’adepte en toutes ses oeuvres. Cf. E. Lévy, Dogme, p. 35.
22 l’initiation tant dans ses paroles et dans ses actes, d’avoir une foi ternie en Dieu, d’être prudent, de n'ètre avare d'au cune chose que de sagesse qui est chose divine et sacrée. A. XXI. — Quand tu voudras évoquer un esprit olympique, observe le lever du soleil le jour corre^ in - dant à l'esprit que tu désires et. disant l’oraison sui vante. tu verras ton vœu se réaliser.
« Dieu tout-puissant, éternel, qui as fait toute ht c tion pour ta glorification et ton honneur et p: service de l’homme, je te prie de m'envoyer it N.... d’ordre solaire pour me communiquer cl m’?p “ prendre ce sur quoi je l’interrogerai, ou pour qu'il donneun rcmèdecontrerhydropisie.ctc. D’ailleurs que cela soit non par ma volonté, mais par la tienne au nom de Jésus-Christ ton fils uniqueNotre Seigneur. Amen.
Mais ne fatigue pas l’esprit, l'heure une fois écoulée, à moins que ce ne soit un esprit familier. « Puisque tu es venu sans tumulte ni bruitf et que tu as répondu à ma demande, je rends grâces à Dieu au nom duquel tu es venu. Retourne en paix à tes affaires, prêta reve nir quand je t’appellerai par ton nom, ton nombre ou ta vertu puisque cela m’a été permis par le Créateur.
Amen. » Ecclés., ch. ni : Ne parle pas avec précipitation et que ton cœur ne se hâte pas de proférer un verbe en face de Dieu. Dieu en effet est dans le ciel et toi sur la terre. Aussi tes paroles sont bien peu de chose : car dans la plusgrande préoccupation arrive le sommeil (i). i L’homme est soumis à la loi du binaire : c'est pour cela qu’il nefaut pas fatiguer l’Esprit(Cf. plus haut et qu'il est écrit :
TROISIÈME SEPTENAIRE A XXII. — Nous révélons ici une science secrète que ' la seule industrie humaine et sans révélation perne ne pourra savoir : science dont la connaissance ; cachée par Dieu dans la portion occulte de la ire. mais que cependant il a permis aux Esprits révéler pour qu’il en soit fait bon usage. Et ces rets sont soit d'ordre divin, soit d’ordre naturel. ’ i d’ordre humain.
Fais un choix méticuleux et disi l parmi ces secrets, et lu en tireras grand profit. A. XXIII. — Tout d’abord étudie la nature de ce secret et sache s’il peut être obtenu soit par desesprits sous la forme humaine, soitpar l’analyse des qualités, soit par l'étude des organes humains ou non.
Cela fait, implore l’esprit qui sait cet art et tout ce qu’il y a de secret de te l’enseigner au pl us vite et prie Dieu de t’ins pirer sa grâce pour que tu parviennes au but secret désiré pour la louange et l’honneur de Dieu et pour le service de ton prochain. A.
XXIV. — Les grands secrets sont au nombre de sept : i° Le premier est la guérison de toutes les maladies dans l’espace de sept jours soit par les caractères, soit par les sciences naturelles, soit par les esprits supé rieurs avec l’aide de Dieu : * 7 « C’est pourquoi il n'v a point de cils ni de paupières sur cet œil » (Jdra Kabba,v.'i 15 . et: « Lavuegranae ouverte,qui ne dort jamais, observe sans lin.» {Siphra D{éni<>ut/ia,\. 14.)
24 l’initiation 2° Le deuxième est de pouvoir à volonté prolonger sa vie jusqu’à un âge quelconque, je dis la vie cor porelle et naturelle, comme faisaient nos premiers parents : 3° Le troisième est d'avoir l’obéissance des créatui t élémentaires qui ont les formes d'esprits person fi fi- , à savoir les Pygmées, les Saganes, les Dryades, le Sylvanes, lesNymphes; 40 Le quatrième est de pouvoir parler avec tou les intelligences de l'univers, visibles et invisibles, le quelque chose que ce soit et avec celle qui y préside.
5° Le cinquième est de pouvoir se gouverner soimème vers la fin que Dieu nous a fixée. 6° Le sixième est de connaître Dieu et le Christ et son Esprit-Saint. C’est là la perfection du microcosme. 70 Le septième est de se régénérer comme I lenoch roi du monde inférieur (1). Ces sept secrets, tout homme d'une âme ferme et honnête pourra les apprendre des esprits sans offenser Dieu.
Secrets moins importants également au nombre de sept : ( 1 i Ces secrets d’ordre divin, au nombre de sept, évoquent immédiatement et justement à l’esprit la pleine possession de la sagesse. Le sixième précède la mort de l’individu; c'est donc le dernier que l’initié puisse apprendre en cette vie. Le sep tième. le plus terrible, est l'éternel secret du Phénix que con naissaient les collèges égyptiens et hindous.
L’Henoch dont il s'agit ici est celui dont il est dit par Moïse dans le Sep/ier Bereschit, chap. v: V. 23 : « Et le nombre de ses périodes lumineuses fut de cinq mutationstemporelles, six décuples et trois centaines de muta tions. » V. 24: « Comme il continue toujours à suivre les traces d’Ælohim, lui les Dieux, il cessa d’exister sans cesser d être, car l’Etre des êtres le retira à lui. »
LA MAGIE D’ARBATEL 25 i° La transmutation des métaux, qui est vulgaire ment appelée alchimie, est chose sure, mais n'est donnée qu’à bien peu et seulement par une grâce particulière.
Rien ne sert de courir, rien ne sert de \ uloir, il faut implorer Dieu ; La cure des maladies par les métaux ou par les merveilles des pierres précieuses ou de la pierre philosophale et des préparations analogues; 3 ' Pouvoir réaliser des merveilles astronomiques et mathématiques comme sont les machines hydrau liques et régler ses affaires par les influences célestes et les opérations de ce genre: 4 Pouvoir réaliser toute les œuvres de la Magic na turelle : 5" Connaître tous les présages physiques: 6° Connaître le fondement de tous les arts d’ordre manuel ou corporel; 7° Connaître le fondement de tous les arts qui s’exer cent par la nature angélique de l’homme.
Petits secrets au nombre de sept: i° Faire son métier avec soin et gagner beaucoup d’argent ; 2" Monter d’une humble position aux dignités et aux honneurs et fonder une nouvelle famille qui soit illustre et faire de grandes choses ; 3° Exceller dans l'art militaire, réunir de grandes entreprises et être la tète de la tète des rois et des princes ; 4° Etre un bon père de famille à la campagne et à la ville ; 5° Etre marchand industrieux et fortuné;
2 6 l’initiation * 6° Litre philosophe, mathématicien, médecin, aris totélicien, platonicien, ptoléméen, euclidien, hippo cratique et galenique : 7° Etre théologien, biblique, scholastique: connaître tous les auteurs théologiens anciens et modernes. A. XXV. — i° Nous venons de dire quels sont 1. s secrets, leur genre, leur espèce. Il reste à dire de quelle façon nous obtiendrons ce que nous désirons sa\ -ir.
L'Unique et la véritable voie vers tous les secrets est d'avoir recours à Dieu auteur de tout bien, et, comme ledit le Christ: «Cherche d'abord le royaume de Dieu et sa justice et le reste te sera donné par surcroît. » 2° Et aussi: « Prenez garde que votre cœur ne soit appesanti par la luxure, la gourmandise et les soins matériels de cette vie. 3° Et aussi : « Confie tes projets à Dieu, et ta droite agira.
4° Et aussi : « Je suis ton Dieu, ton Seigneur qui t'enseigne les choses utiles et te dirige dans la voie où O O tu marches. » 5° « Et je te donnerai l’intelligence et je t'instruirai, et de mon regard je te dirigerai sur la route. » 6° Et aussi: « Vous qui êtes pervers, vous savez en seigner le bien à vos enfants: combien plus sûrement encore votre père qui est aux cieux vous donnera-t-il votre Esprit-Saint si vous le demandez ! » 7° Et aussi : «Si vous voulez accomplir les volontés de mon père qui est aux cieux, vous serez véritable ment mes disciples et nous viendrons à vous et nous ferons notre tabernacle de votre âme. »
I I LA MAGIE D’ARBATEL 2/ Ces sept passages de l’Écriture, si tu les fais passer de la lettre à l’esprit, c’est-à-dire en acte, t’empêcheront, de te tromper, te feront atteindre la borne désirée, ne pas t'éloigner de la voie droite, et Dieu lui-même par son Esprit-Saint t’enseignera l’utile et le vrai; il te donnera même ses anges comme compagnons, comme maîtres et comme appuis pour pénétrer tous les secrets de lïmivers.
Il ordonnera à toutes les créatures de t’obéir pour que. joyeux et heureux, tu dises avec les apôtres: « L’Esprit m’est soumis», et enfin, ce qui est le principal, tu seras certain que ton nom est inscrit dans les cieux. A.
XXVI. — Une autre voie, et plus commune, est celle par laquelle Dieu te révèle, même inconsciem ment. ses secrets soit par les Esprits qui ont les secrets en leur pouvoir, soit par les songes, soit parles visions et les impressions vives, ou bien, grâce à la figure astrologiquede la nativité, par lesintelligences célestes: c'est ce qui fait les héros, comme le sont presque tous les grands hommes, comme Platon, Aristote, Hippo crate, Galien, Euclide, Archimède, Hermès Trismégiste. le père des secrets avec Théophraste, Paracelse, qui ont en eux toutes les vertus des secrets.
A ce groupe se rattachent encore Homère, Hésiode, Orphée. Pythagore, à supposer que ceux-ci n’aient pas tenu leurs secrets des précédents. A eux se rattachent encore les enfants des nymphes (i), comme les fils de Melu sine et les fils des dieux, Achille, Enée, Hercule, et (i) Ct. Abbé de Villars, le Comte de Gabalis, ive entre tien, 1742, Paris.
2 8 l'initiation aussi Cyrus, Alexandre le Grand. Jules César. Lucullus, Sylla. Marius. La loi est que chacun connaisse son génie ( i pour en suivre l'impulsion selon le verbe de Dieu et qu’il prenne garde aux embûches des mauvais génies pour n’ètre pas précipité dans le malheur comme Brutus et Marc Antoine. (Cf.
Jovianus Pontanus, traités : de Fortuna et de Eutuchio.) La troisième méthode est d'un travail pénible, et. sans le secours de quelque divinité, rien ne s’en peut tirer de grand ou de digne d'admiration, car il est écrit : Tu ni/iil invita dices jaciesve Minerva. Nous détestons tous lescacomages qui par d'illicites superstitions implorent des diables certaines choses que Dieu a permises comme châtiment.
Car il y a cer tains maux qui sont l'œuvre du diable, comme l'atteste l’Écriture au sujet de Juda. A cette variété se rap porte toute l’idolâtrie des anciens et de notre âge et l’abus des sorts fait si souvent par la gentilité. l'œuvre de Saül avec la femme.
A cela se rattache aussi l'évo cation charontique des mânes, comme celle du soldat mort de Lucain pour prophétiser l'issue de la bataille de Pharsale et celles du même genre. i • Les ouvrages si complets de Lenain la Science cabalis tique) de Picatrix \ Table des 72 génies . de Firmicus (A/ohomaritarwn ascendentes in singulis signis), donneront àce sujet des renseignements précieux: ces génies, dès la naissance misa la disposition du mage, sont plus laciles à évoquer, mais moins puissants que ceux attribués postérieurement et par grâce à celui qui le demande et le mérite.
Ceux-ci, d'ordre planétaire, ou élémentaires, affectent une forme limitée et évolutive qui les rapproche davantage de nous.
LA MAGIE D’ARBATEL 2C) A. XXXII. — Fais un cercle ayant au centre A qui soit 1>. C, D, E. BC à l’Orient, CD au Nord, etc... Divise chaque quadrant en 7 parties de façon qu'il y ait en tout 28 parties et que chaque secteur soit di visé lui-même en 4, soit en tout 112 parties et il y a autant de secrets qu’il est défendu de révéler.
Ce cercle ainsi divisé s'appelle sceau des secrets de l’univers entier de qui. d'un centre A qui est l'ineffable Dieu, est émanée toute la circonférence. Le prince des secrets de l’Orient réside au milieu et a de chaque coté trois satrapes qui ont chacun quatre ministres sous leur dépendance et le prince lui aussi en a quatre. Tous les autres quadrants de même ont leur prince des secrets, leurs satrapes et leurs ministres quater naires.
Mais celui de l’Orient est le dispensateur de toute sagesse. celui de l’Occident de toute force, celui du Midi de toute culture, celui du Nord de toute vie rigide (i). A l’Orient donc sont inscrits les grands secrets, au Midi les moyens, à l’Occident et au Nord les petits. L'usage de ce cercle est de savoir d’où viennent les esprits ou les anges qui enseignent les secrets qui leur sont confiés par Dieu.
Leur nom est le résultat de leur fonction et de leurs vertus, selon que Dieu distribue à 1 1 A l’inverse de certain adepte de la Science chaldéogrecque, mais d’accord avec la tradition hermétique et magique, nous conseillons donc avec Arbatel le printemps et l’été, la lune montante, le matin et le milieu du jour pour les travaux du Grand Œuvre, réservant le reste de la vie aux occupations banales.
Dans cette première période il faut encore distinguer l'influence des deux princes sur les grands secrets et les moyens secrets comme l’indique notre auteur. La Fr.’. Mu. a conservé la lettre de ces enseignements.
3o l'initiation chacun sa tâche. L'un a le pouvoir de l’épée, l'autre de la peste, un autre de la famine, infligée aux peuples sur l'ordre de Dieu. Les autres sont les destructeurs des cités, comme ces deux anges qui furent envoyés pour renverser Sodome et Gomorrhe et les lieux voisins : l'exemple en est rapporté par les Ecritures.
Les uns sont les anges gardiens des royaumes, les autres des individus, suivant que chacun aura formé leur nom dans sa langue (i). Et ainsi celui qui le voudra invoquera l'ange de la Médecine, ou de la Philosophie, ou des Mathématiques, ou de la Sagesse civile, ou de la Sagesse naturelle ou surnaturelle, ou de tel autre qu’il voudra.
Qu’il demande sérieusement, avec la plus profonde émotion, avec foi et constance, et certainement il recevra ce qu'il désire de Dieu père de tous ces esprits. Cette foi est supérieure à tout talisman et à tout sceau, et les soumet à la volonté humaine. A cette foi s'ajoute la science caractéristique d’évoquer les anges, qui a pour source la seule révéla tion divine; mais sans la foi susdite et qui doit la pré céder, elle tombe dans l'obscurité.
Si quelqu'un veut s'en servir comme d'une science mnémotechnique et i L’homme a donné son nom à route chose : lorsque nous voulons évoquer un génie qui nous mette en rapport avec son Dieu et le notre, il faut donc d’abord retrouver méthodique ment et dans sa plus grande pureté possible le nom primitive ment attribué par nous à ce génie.
Cet oubli passager dû à la rupture de l’équilibre et à la distension binaire du microcosme et du macrocosme est un des points importants de la science ésotérique [Bouddha-Pythagore-Jésus, les cabalistes (Kircher . les mystiques (Swedenborg ].
Ce nom retrouvé, nous pouvons commander au génie de porter à Dieu notre prière et l’exécution plus ou moins parfaite de notre ordre dépendra uniquement de la perfection plus ou moins grande de notre recherche pré liminaire.
LA MAGIE D’ARBATEL 3 I comme méthode plus simple fournie par Dieu auquel toute essence spirituelle appartient, il pourra le faire sans que Dieu s'y oppose. Mais, qu'il prenne garde de ne pas tomber dans l'idolâtrie et dans les lacets du Dial le qui, ardent à la chasse, capture facilement les imprudents. Or cet adversaire ne peut être saisi que par 1 Jroite de Dieu et forcé d’obéir à l'homme de bien, ei incliner devant lui sa mauvaise volonté.
Nom bre. *s sont les tribulations, grandes les tentations, lorsqu'il a reçu l'ordre de tendre des embûches au talon du Christ, ou à la semence de la femme. Ce n’est donc qu’avec crainte et tremblement que l'on doit aborder la Pneumatique, avec le plus grand respect de Dieu, et l'homme ne doit converser avec les essences spirituelles qu’avec recueillement et sagesse.
Qu’il se garde de toute légèreté, de tout orgueil, de toute ava rice. de toute vanité, de toute jalousie, de toute impiété, celui qui se livre à un si grand art. s'il ne veut périr misérablement. A. XXVIII. — Comme tout bien vient de Dieu qui est le seul bien, c’est à lui qu’il faut demander ce que nous voulons en le priant en esprit et vérité et d'un cœur simple.
La conclusion du Secret des secrets est que chacun s’excite à prier pour ce qu’il désire et il ne souffrira pas de refus. Qu'il ne méprise pas sa propre prière, car, à celui qui le prie, Dieu peut donner et veut donner le bienfaitde connaître l’auteur à qui nous demandons humblement la réalisation de nos désirs. Ce père miséricordieux et bon aime ses fils de désir, comme dit Daniel, et les exauce avant même qu'ils
l’initiation n’aient pu vaincre la dureté de leur cœur à prier. Mais il ne veut pas que nous donnions le Saint aux chiens ni que nous méprisions 'et rejetions les merveilles de son trésor. Aussi lis et relis souvent et avec soin le premier septénaire des secrets. Dirige et règle ta vie et toutes tes actions sur ces préceptes, et tout cédera à l’assentiment de ton âme en Dieu, auquel tu ' e confies. CINQUIÈME SEPTENAIRE A.
XXIX.— Pour que notre étude sur la magie pro cède des préceptes généraux aux particuliers, abor dons maintenant les explications spéciales. Les esprits sont ou des ministres du.Verbe de Dieu, de son Église et des membres de cette Église, ou ce sont les serviteurs de la création dans les choses corporellestantôt pour conserver le corps et Pâme, tantôt pour les détruire.
De sorte que rien de bien ni de mal ne se fait sans un ordre sùr et une direction déterminée. Celui qui désire le bien comme but sera exaucé. Celui qui désire le mal l'obtiendra aussi et sur-le-champ par l’effet de justice absolue et par la conséquence de son opposition à la loi divine.
Par conséquent, celui qui identifie son but avec le Verbe de Dieu, comme à la borne lydienne, qui choisit entre le bien et le mal, qui décide en lui ce qu’il doit fuir, ce qu’il doit rechercher, qui suit avec fermeté la route qu’il a choisie et définie,—sans rien remettre au lendemain.— celui-là atteindra finalement le but qu’il s'esi proposé. A.
XXX. — Ceux qui recherchent les richesses, l'éclat de cette vie, les magistratures, les honneurs, les dignités, les royautés, et cela magiquement, s’ils
LA MAGIE D’ARBATEL 33 suivent la lettre fidèlement, l’obtiendront. A chacun selon son destin, son habileté et sa science magique. C'est ainsi que nous voyons dans l’histoire de Mélesinus qu'un certain mage résolut que désormais aucun italien ne régnerait et réussit si bien que celui qui régnait à son époque même fut renversé. Tant est grande la puissance des anges gardiens ou protecteurs des royaumes du monde. A.
XXXI. — Évoque le prince d'un royaume et obtiens la domination sur lui ; commande ce que tu voudras et cela sera exécuté jusqu'à ce que ce prince soit délié de son obéissance par un nouveau mage. C'est ainsi que de nouveau le royaumcdeNaples pour rait être restitué à l’Italie si quelque mage évoquait le prince qui a institué l’ordre actuel et le forçait àdétruire sa fondation.
De même il serait forcé de rendre les objets merveilleux enlevés au trésor magique, le livre, la. gemme et la corne magique, qui permettraient à qui les posséderait l’établissement de la monarchie du monde ; i).
Mais ce mage, Juif, a préféré vivre entre les dieux jusqu’au partage des biens transi toires de la terre, et son cœur a été semé aux quatre vents de l’espace pour n'avoir rien compris du Dieu (i) Nous ne nous permettrons pas de commentaire. Un seul livre est digne d'en tenir lieu, c'est VEtat social de l'Homme. Nous avons conservé avec tous les voiles dont l’auteur l’a enveloppé l’exposé de ces hautes théories.
Le fait spécial dont il est ici question est la séparation du royaume de Naples d’avec l’Italie en ce siècle. Les lecteurs qui auront su apprécier la science hermétique de l'œuvre d’Arbatel trouveront ici une des plus instructives applications de sa méthode. 2
^4 l’initiation du ciel et de la terre et pour n'avoir songe à rien de plus qu'à jouir pour son éternelle perte de délices immortelles. Lévocation en serait plus lacile que celle du génie de Plotin dans le temple d'Isis (i). A. XXXII. — C'est de meme aussi que les Romains instruits par les livres sibyllins se rendirent les maî tres du monde, comme le rapporte l'histoire.
Les petits royaumes sont sous la dépendance des satrapes du prince attaché au royaume. Si donc tu t’occupes d’un f petit Etat ou d'une charge importante, évoque magi quement le satrape du prince et tu obtiendras la réali sation de ton souhait. A.
XXXIII.— Mais celui qui, méprisant les dignités, aspire aux seules richesses, évoquera le prince des richesses ou un deses satrapes et réussira dans le genre où il voudra s’enrichir, soit en biens terrestres, com merce, dons des grands, étude hermétique ou chimi que pourvu qu'il fasse apparaître le prince qui préside à ces différentes richesses et qu'il obtienne des lors le droit de s'en faire obéir. A.
XXXIV. — Toute évocation appartient à un genre et à une forme : cette division connue autrefois des sibylles et des grands prêtres est presque totale ment perdue de nos jours pour négligence et impiété : ce qui en subsiste est mélangé de superstition et de mensonges. i) Cf. EliphasLévi, Dogme de la Haute Magie, Introd., p. 16, et Saint-Yves d’Alveydre, Mission des Juifs, passim.
LA MAGIE D ARBATEL 35 A. XXXV. — L’esprit humain est seul producteur de miracles lorsqu'il s’est uni à l’esprit qu'il a choisi (i). Après cette identification il produit ce qu'il veut : c’est pourquoi il faut agir avec la plus grande prudence dans les hautes œuvres, de peur que les sirènes et les autres monstres ne vous trompent pas, esprits falla cieux toujours épris de la société de l’homme.
Couchetoi donc sous les ailes du Très-Haut pour ne pas t of fri 1 en proie au lion rugissant. Ceux qui recherchent les cl oses du monde échappent difficilement aux lacets de Satan. SIXIÈME SEPTENAIRE A. XXXVI. — Il faut veiller à ne pas mélanger expériences et expériences, mais que le mode opé ratoire soit un et simple. Car Dieu et la nature ont ordonné chaque chose pour un but fixe et déterminé.
Ainsi l'ont compris ceux qui soignent les maladies par les herbes et les racines les plus simples et qui ont le plus de succès.
C'est pour cela que, dans les noms et les caractères constellés et dans les pierres et les autres objets se couchent des influences et des vertus qui, actualisées, sont d'un effet merveilleux. il en est de même des paroles qui. prononcées, rendent immédiatement soumises les créatures visibles et invisibles, tant de notre monde que du (i' Car le premier acte de l’esprit devenu soumis est,avec la révélation de son nom et de son caractère, le don immédiat du Septénaire des talismans. Cf. Eliphas Lévi, Dogme de la Haute Magie.
36 l'initiation monde aqueux, aérien, souterrain, olympique, supracéleste, internai et enfin même divin. Travaillons donc surtout à la simplicité et deman dons à Dieu la connaissance de ces simples : le reste, nous ne pouvons l'apprendre par aucune raison ni expérience. A.
XXXVII. — Chaque être occupe donc le lieu qui kii convient spécialement : il y a un ordre, une raison, un mode qui rendent aisée à apprendre la science des choses visibles et invisibles.Au point de vue de l'ordre, il y a des créatures de lumière et de ténèbres: les dernières sont en proie à l’orgueil pour s'ètrc préci pitées dans les ténèbres, et, par leur rébellion, se sont faites les esclaves des peines éternelles.
Leur royaume participe et de la beauté, — car. ainsi que toute chose transitoire et passagère, il procède de la grande bonté de Dieu, — et de la hideur et de la répugnance, car il regorge de toutes les hontes et de tous les crimes : idolâtrie, mépris de Dieu, blasphème contre le Seigneur et contre ses œuvres, culte des démons, révolte contre les lois, sédition, homi cide, vol, tyrannie, adultères, plaisirs illicites, rapines, larcins, mensonges, parjures, désir de dominer.
De ce mélange naît le royaume des ténèbres : mais les créatures de lumière par la vérité éternelle et la grâce de Dieu commandent même aux Seigneurs des ténèbres comme membres du Christ. Entre eux est une guerre éternelle jusqu'à ce que Dieu donne, à son dernier jugement, le signal de la paix.
LA MAGIE d’aRBATEL °7 A. XXXVIII. — La magic est donc double dans une première division.
L'une est de Dieu qui nous met en rapport avec les créatures de la lumière ; l’autre, également de Dieu, nous fait connaître les créatures des ténèbres, et celle-ci elle-même est double ; l’un/, ayant le bien pour but. s’efforce avec l’aide de Dieu de réduire à l’obéissance les princes des ténèbres; l'autre, ayant pour but le mal. est celle par laquelle Dieu laisse les mauvais êtres trompés magiquement pour leur propre mal et conduits à leur perte.
La deuxième division de la magie est qu'elle opère tantôt par les visibles, tantôt par les invisibles, tantôt pour les visibles par les invisibles et réciproquement, très aisément et sans art, tandis que d'autres même, évoquant selon les règles, arrivent à peine à dompter les esprits. Parmi toutes ces variétés de magie, celle qui de toutes est la plus noble est celle qui ne dépend que de Dieu.
La seconde est celle qui soumet directement les esprits ; la troisième, propre aux chrétiens, est celle qui se fonde sur la puissance du Christ, dont dépen dent le ciel et la terre. A.
XXXIX. — Les préparatifs nécessaires à l'étude de la magie sont au nombre de six : i° Que le néophyte nuit et jour cherche comment s'élever à la véritable connaissance de Dieu soit par le verbe révélé et de là jusqu’à la création, soit par l'échelle de la création et des créatures, soit par les effets admirables que produisent les créatures visibles et invisibles de Dieu :
38 l’initiation 2° Qu’il cherche par quelle voie l’homme peut des cendre en lui-même, qu'il travaille à se connaître le mieux possible, à savoir ce qu'il a en lui de mortel, ce qu'il a d'immortel, ce qui dans chacune des parties de son être lui est spécial ou commun : 3° Qu’il apprenne par son être immortel à cultiver, aimer. La troisième division est la suivante.
I ne magie opère seulement par l'invocation de Dieu : elle est appelée prophétique et philosophique en partie comme la magie théophrastique. L’autre, ignorante du vrai Dieu, opère par les princes des esprits pour obtenir ce qu’elle désire : c’est l’œuvre des mercuriaux. La quatrième opère en descendant du Dieu su prême par l’échelle de ses bons anges et opère ainsi par eux à la place de Dieu. Telle était la magie de Baalim.
L’autre exerce son action par l’intermé diaire des satrapes des mauvais esprits. C'était la magie de ceux des gentils qui opéraient par les petits dieux. La cinquième division est la suivante : les uns œuvrent directement avec les esprits et face à face, ce qui est donné à bien peu ; les autres œuvrent soit par songe ou par d’autres signes (augures et victimes chez les anciens).
La sixième division est que certains opèrent par les créatures immortelles, les autres par les créatures mortelles, Nymphes, Satyres et autres habitants des éléments comme les Pygmées, etc. La septième est la suivante : que certains com mandent qu’il ne fasse rien d’impie, d’inique, d’inLA MAGIE D’ARBATEL 3q juste: qu'il n'y songe même pas. et ainsi il sera défendu divinement contre tout mal. A.
XL. — Lorsque le mage sentira autour de lui agir quelque chose d'incorporel, soit par les sens exté rieurs. soit par les sens intérieurs, qu’il se dirige selon les sept principes suivants pour obtenir l’œuvre ma gique : i° Suis cette loi. sache que Dieu est celui qui a en voyé vers toi cet esprit, et sache que Dieu regarde toutes tes actions et toutes tes pensées. Dirige donc ta vie suivant la loi établie, suivant le verbe de Dieu.
2° Prie avec David : Ne me retire pas ton esprit; soutiens-moi dans la voie par ton souffle directeur, et ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous de tout mal. Ne donne pas, je t’en prie, Père céleste, de puissance à l'esprit de mensonges que tu as dé chaîné sur Achab pour qu'il mourut: mais garde-moi tes vérités. Amen. 3° Habitue-toi à éprouver les esprits comme le recommande l'Écriture. car les épines ne produisent pas de raisins.
Éprouvons tout, saisissons ce qui est bon et louable, fuyons ce qui répugne à la volonté divine. 6° Sois fidèle et taciturne si tu veux être mage * pour ne rien divulguer des secrets qui te seront révélés par l’Esprit, comme il a été recommandé à Daniel. Les choses à celer ne doivent pas être proférées en public. C’est ainsi que Paul n’était pas libre de publier ce qu'il avait vu par la révélation. Personne ne saurait
l’initiation 40 croire combien il y a de choses en ce seul précepte 1 ) 70 La plus grande équité est nécessaire au mage futur : à respecter le Dieu éternel, à l’adorer en esprit et en vérité, et avec son être mortel à faire ce qu’il sait devoir être agréable à Dieu et utile au pro chain.
Ce sont là les trois grands et premiers préceptes de la vraie magie pour qui désire et recherche la divine sagesse et le seul moyen d’être trouvé digne de com mander un jour aux créatures angéliques, non seule ment occultement, mais manifestement et face à face.
40 Lorsqu’il sort du ventre de sa mère, chaque homme est destiné à un certain genre d’existence : qu’il applique donc son attention à discerner s’il est né pour la magie et pour quelle magie. Qu’il recherche dans quel ordre il doit agir: le choix lui sera facile s’il suit nos enseignements, comme le succès s’il tente nos expériences. Car ce n'est qu’aux humbles et aux petits que sont donnés de si grands biens.
5° Qu’il surveille si autour de lui, manifestement, se tiennent des Esprits qu'il pressent au moment des grandes décisions. S’il les sent, c'est le témoignage (1) Remarquons bien qu’ici nous sommes dans la préparation de devenir mage, et cette phrase de l'introduction s'éclaire : ... la Magie apollonienne quia beaucoup de rapports avec les deux magies romaine et microcospique.
Les six travaux nécessaires à cet œuvre sont de la plus haute importance : il faut la possession du premier secret pour rendre possible l’initiation au second, il faut les deux pour agir en esprit et en vérité. Si la prédestination, œuvre du passé, permet au futur mage de prendre conscience de sa force, il est dès lors sacré de le main de Dieu, pour l’avenir, possesseur du savoir, maître des pouvoirs secrets. Le septième paragraphe n’est plus un conseil.
LA MAGIE D’ARBATEL 41 que Dieu, par son ordination, l'a sacré Mage, c’est-àdire maître des esprits pour l’accomplissement de grandes choses. Et c’est ici que l’on pèche beaucoup par négligence, par ignorance. (i) C’est en astrologie ¡cabalistique, comme en pure philo sophie de la tradition, cette tendance sensuelle qui a fait dévier du chemin un grand 'nombre d’esprits surtout orien taux.
4° Éloigne-toi très fermement de toute superstition, et la superstition, c’est d’attribuer la divinité à des choses en qui rien n’est divin, ou bien de vouloir rendre à Dieu de notre propre chef un culte que Dieu n a pas commandé.
Telles sont les cérémonies de magie satanique qui impudemment veut être honoré comme un Dieu 5° Fuis le culte des idoles : n’attribue pas de ton propre jugement une puissance divine aux idoles et aux autres choses où ni le Créateur ni la nature n’ont placé quoi que ce soit de tel, idoles que multiplient les cacomages i).
6° Il faut fuir aussi les insidieux prestiges du diable qui. imitant la puissance du Créateur et de la Créa tion. produit à son verbe des illusions capables de faire paraître les choses ce qu’elles ne sont pas, fausse créa tion qui imite le secret incommunicable du Dieu toutpuissant. 7° Reste attaché aux dons de Dieu et de l’EspritSaint pour les étudier avec zèle et les pénétrer de toutes tes forces et de tout ton cœur. A. XLI. — Arrivons aux neuf derniers aphorismes de ce volume par lesquels nous terminerons toute la
l’initiation 42 magie isagogiquc si la miséricorde de Dieu le permet. Il faut d'abord observer ce que nous entendons par mage dans cette œuvre. Nous voulons que le mage soit celui à qui par la grâce divine les essences spiri tuelles manifestées obéissent pour lui faire connaître tout l'univers et les choses qui y sont contenues, visibles et invisibles. Cette définition s'étenJ f rt loin et est universelle.
Le cacomage est celui à qui obéissent par la per mission divine les Esprits du mal pour sa ri :nc tem porelle et éternelle, pour troubler l'âme des hommes et les éloigner de Dieu. Tel fut Simon le Mage dont il est fait mention dans les Actes des Apôtres et dans Clément et que saint Pierre fit précipiter sur la terre alors qu'il s'était fait transporter dans les airs comme Dieu par les esprits impurs (1).
Dans cette catégorie doivent aussi se ranger ceux qui sont marqués sur les lois des Douze Tables célèbres par leurs méfaits et leurs maléfices. De ces deux magies nous indiquerons les divisions et les espèces dans les tomes suivants. Il nous suffit d'avoir distingué ici la science du Bien de celle du Mal puisque c’est du désir de sa possession (et pour sa pro pre ruine’; que le premier homme était pénétré. comme le montrent Moïse et Hermès. A.
XL1I. — 11 faut savoir en deuxième lieu que le (1) Le mage éclairé dirige les sphères inférieures après illu mination des supérieures pour un soi providentiel au nom d'D'DbX- Le cacomage, non illuminé, mage noir qui n'a pas sur les sphères inférieures ce même pouvoir qu'il ambitionne, se livre aux D"2% pour obtenir sur elle une illusoire et dange reuse royauté dont l'enorgueillit son moi fatal.
LA MAGIE D ARBATEL 4^ Mage est un être prédestiné à ce genre d'œuvres dès le ventre de sa mère et que personne ne progressera si peu que ce soit dans cette grande science, s'il ne fut divinement élu par la grâce pour le Bien ou pour le r Mal, car il faut que soit accompli ce mot de l'Ecriture ; « Il est inévitable que des scandales se produisent, mais malheur à l'homme qui s'en rendra coupable ! » A si. comme nous l'avons dit plusieurs fois déjà, il Luit vivre dans ce monde avec crainte et modération.
Je ne nie pas cependant que les deux variétés de m _'it ne soient possibles à atteindre pour qui travaille et avec zèle. Mais qu'il n'aspire jamais à la pleine possession de la science. S'il la désirait, il en serait puni violemment en son corps et son esprit.
Tels ceux qui. par les opérations des sorciers, se font trans porter soit sur le mont Oreb, soit dans des solitudes : ils sont mutilés de quelque membre, ou rompus, ou enfin deviennent fous, et cela leur arrive dès que, quittant Dieu, ils se livrent à Satan. SEPTIÈME SEPTENAIRE A.
XLIII. — Dieu est vivant et ses œuvres vivent dans l'état où elles ont choisi de vivre, car il a voulu que par leur liberté elles puissent se soumettre sponta nément ou s’opposer à ses lois ; aux obéissants il offrit ses récompenses, ses peines justes aux désobéis sants. Par leur libre volonté, des Esprits orgueilleux et méprisant le fils de Dieu s’éloignèrent du créateur: ils sont réservés pour le jour de la colère. Il leur a été laissé un grand pouvoir dans la création, mais limité,
l’initiation 44 et toujours retenu dans cette limite par le frein de Dieu. Le Mage de Dieu, que Dieu illumine de sa sagesse, formé par Dieu, est conduit par sa main vers tout bien éternel et vers les plus modestes comme les plus grands des biens terrestres. Grande est la puissance de Satan à cause des grands péchés des hommes : aussi les mages de Satan sont puissants et plus qu’on ne pourrait le croire.
Quoique maintenus dans leur sphère, ils dominent cependant toute tète humaine, toute chose corporelle et transi toire. Beaucoup d’histoires très anciennes le prouvent, et l’exemple quotidien des événements.
Dans son but chaque magie est spéciale : l'une mène aux biens éter nels et se sert des temporels avec actions de’grâces; l’autre, peu soucieuse de l'éternité, se livre tout entière au corporel pour jouir de tous les désirs et de toutes les délices dans le mépris de Dieu et de sa colère. A. XLIV. — Le passage de la vie ordinaire des hommes à la vie magique ne diffère pas du passage du sommeil à la veille (i).
En effet, ce qui dans la vie ordinaire arrive à l’homme d’une façon inconsciente et ignorée arrive au mage consciemment et de sa pleine volonté.
Le mage comprend comment pense son esprit: il sait s’il délibère, raisonne, décide, décrète l'acte à faire de lui-mème, et, quand au contraire ses pensées vien nent d’une essence séparée qui l’assiste, il diagnostique de quel ordre émane cette intelligence séparée. (i) Complètement éveillés, tels sontles disciples de Gôtama.
LA MAGIE D’ARBATEL 4^ Mais l’homme non versé dans la magie est jeté de ci et de là par ses passions comme une bête sauvage, que ses passions émanent de lui ou des essences qui l’environnent. Il ne sait pas détourner les projets de ses ennemis par le verbe de Dieu ni se protéger contre les embûches du tentateur. ' .
XLV. — Le plus grand précepte de la magie est de savoir ce que l’on doit accepter de son usage d’un esprit assistant, ce qu’on en doit repousser. Le psalmiste nous l’apprendra : « Comment le jeune homme corrigera-t-il sa voie?
En gardant ta parole, ô Sei gneur! » Garderie verbe du Seigneur pour qu’un méchant ne l’enlève pas de notre cœur, c'est le plus grand précepte de la Sagesse; le reste des suggestions qui ne sont pas contraires à la gloire de Dieu et à la charité envers le prochain, on doit les admettre et les recevoir sans chercher à savoir de quel esprit émanent ces avertissements.
Prenons garde cependant de ne pas nous occuper de choses peu nécessaires, sui vant la parole du Christ : « Marthe, Marthe, vous vous occupez de bien des choses : Marie a choisi la meilleure part qui ne lui sera point enlevée. » C’est ainsi qu’il faut comprendre le mot du Christ : « Cher chez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît. » Le reste c’est tout ce que réclame la portion mortelle du microcosme, la nourriture, le vêtement et les arts nécessaires à la vie. A. XLVI. — Rien ne convient plus à l’homme que la fermeté dans ses paroles et ses actions, et, comme
l’initiation 46 le semblable attire le semblable, personne n’est plus heureux que ceux-là. Car les anges saints les entou rent et les protègent de leur garde et ils détestent au contraire les hommes de rien plus légers que les feuilles mortes. C'est pour eux que nous écrivons ce 46e aphorisme. Chacun appellera à lui les esprits con formes au germe de vie qu'il mènera.
Mais ivcrtissons bien celui qui voudrait progresser contre sa vocation, qu'il ne se laisse pas séduire par quelque esprit malin, venu de l’extrémité des terres, qui le tromperait et finalement le précipiterait à sa ruine.
Ce précepte est très important; car Midas, voulant tout changer en or, appela à lui un tel esprit, maître de ces transmu tations, que, trompé par lui, il fut mort de faim si la miséricorde divine n’avait pas eu pitié de sa folie. Il est arrivé, de notre temps, la même aventure à une noble dame de Francfort-sur-Oder qui volait et dévo rait toute espèce d’argent.
Oh! si les hommes suivaient ces préceptes et ne prenaient pas l'histoire de Midas pour une fable (1), ils seraient plus zélés dans la mo dération de leurs passions et de leurs pensées et ne seraient pas continuellement agités par les vents des monts dorés d’Utopie.
Ensuite il faut observer avec soin que de telles obsessions cèdent facilement au verbe magique quand elles sont récentes et qu'elles (1) On ne trouve pas de fable dans la tradition: la fable, comme le roman et le journal, sont des productions d’esprits désoeuvrés et insignifiants en des jours de décadence Ces mboles antiques sont donc vrais de toute la vérité d’une loi et nous retrouvons aussi bien au moyen âge que de nos jours ces cas de possession que tous les grands observateurs ont si gnalés.
LA MAGIE D’ARBATEL 47 ne prennent pas racine dans un esprit oisif et vide du verbe divin. A. XLVII. — Celui qui sera fidèlement attaché à sa vocation aura ainsi des esprits constants, compagnons de ses études, qui lui procureront tous les succès dési rable ..
Que s’il a quelque connaissance de la magie ils ne : eluseront pas de se montrer à lui et de causer familièrement avec lui, et. dans les différentes fonc tions auxquelles ils sont attribués, de le servir : bons et agissant pour son salut dans le bien, mauvais et v pissant pour sa perte et sa ruine dans le mal. Les exemples en sont nombreux dans l’histoire du monde entier et tous les jours en amènent de nouveaux : dans le bien.
Théodose avant la victoire d'Arbogaste: dans le mal, Brutus. poursuivi par le génie de César et forcé par le châtiment de se donner la mort, lui qui avait tué le Père de la Patrie et son propre père. A. XLVIII. — Toute magie est la révélation du genre d’esprit dont cette magie est la science propre.
C’est ainsi que les neuf Muses initièrent Hésiode à la magie novenaire. comme il en témoigne lui-mème dans la Théogonie (i), que le génie d'Ulysse initia Homère, comme le prouve sa Psychogagie. Hermès fut instruit par l'esprit de Pâme des hauteurs : Moïse, par Dieu lui-mème dans le buisson ardent ; les trois mages qui venaient chercher le Christ à Jérusalem, par fange du Seigneur qui les conduisait: Daniel, par les anges du Seigneur. Toute satisfaction n’est donc pas une (i) IIesiodi Ascrœi, Theogonia, v. 25, 3o. — Erga /¡ai berne rai, v. 5, io.
l'initiation 48 œuvre de volonté ni de cause, mais de grâce divine ou de quelque autre puissance spirituelle d'ordre né cessaire (2). De là l’origine de toute magic, de là son développement, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Voilà pourquoi Tâges, premier maître de la magic chez les Romains, sauta hors de terre et déclara que célestement son culte avait été confié à Diane d Ephèse.
De même Apollon; et toute la religion des gccils a été reçue de ces mêmes esprits et n’est pas, comme le pen sent les Sadducéens, œuvre humaine. A. XLIX. — Que la conclusion de cet Isagoge soit la même que ce que nous avons dit plus haut, à sa voir : il n'y a qu'un Dieu, source de tout bien, et qu'un péché, la désobéissance envers la volonté de Dieu. Delà la crainte du Seigneur, comme initiation à la Sagesse: de là l’utilité de toute magie.
Car l'obéis sance à la volonté de Dieu succède à la crainte du Sei gneur. à celle-là la présence du Seigneur et de son Esprit-Saint, la domination sur les anges et sur tous les siens de leurs inépuisables héros. Mais la magie inutile et condamnable procède du (2; Nous avons déjà vu cette expression (A. XXII .
Il indique que l'œuvre humaine dans l’avancement magique, si impor tante qu’elle soit de fait, n’est rien à côté des grâces successives obtenues.
La magie hindoue nous dit à ce sujet : « Ainsi doistu faciliter T éclosion de ton âme à l'éternel ; mais c est l'éter nel qui doit développer sa force et sa beauté, non pas le désir de la croissance : car dans ce cas tu t'épanouis dans la luxu riance de ta pureté: dans l'autre tu t'endurcis par la puissante passion de la stature personnelle. » Lum. sur le sent., | 8 et 20 : « Quelque grand que soit l'abîme entre l'homme de bien et le pécheur, il est encore plus grand entre l'homme de bien et l'homme qui a atteint la connaissance; il est incom mensurable entre l homme de bien et celui qui est sur le seuil de la divinité. »
LA MAGIE D'ARBATEL 49 moment où, perdant en notre cœur la crainte de Dieu, le péché nous envahit : aussitôt le prince de ce monde, le Dieu de ce siècle, y établit et y consacre son royaume selon l'avantage qu’il y trouve: là, de meme que l'araignée enveloppe de ses filets la mouche qui se jette sur sa toile, de même Satan entoure sa capture des filets des désirs jusqu’à ce qu'il l'ait épuisée et desséchée i ) pour en faire la matière du feu éternel : d'autres, il les élève et les porte vers les sommets pour qu'ils tombent d'une chute plus haute.
Regarde autour de toi. lecteur pur, rappelle-toi les histoires sacrées et profanes, contemple ce qui se passe journellement et tu verras que le monde est plein de mages, dans leur double royaume, du Bien et du Mal.
Pour mieux faire voir cela et comme conclusion de notre Isagoge, je te donne ci-contre la division et subdivision où chacun pourra voir la route qu'il a à suivre, celle qu'il a à fuir et de quelle façon chacun doit travailler et prendre de la peine pour atteindre le but de la vie et de la mort. (i) Cette sève et ce sang que le vampire lui prend pour en faire sa propre nourriture, c'est la lumière divine spécialisée dans l'homme seul, et qui donne à cette forme la substance et la vie apparente.
Et si l’homme avec amour ne lui fournissait son sang et ne l'engendrait comme son propre fils de sa por tion la plus noble, son fantôme, parmi ceux de la nuit, s’effa cerait bientôt. Et c’est pour cela que les kabalistes appellent Lilith la femme de Satan et la reine des Strvges. Cf. les Incubes et les Succubes ( Paul Sédir), dans le Voile d'Isis.
l’initiation ( Connaissance du verbe de Dieu. Direction de la vie suivant ce verbe. Connaissance de l'administrariicosophie \ tion des cho 1 moyen des anges que l’Ecri- / turc appelle Gardiens. I Connaissance du ministère an ' gélique. Anthroposophie j Science des choses naturelles. Sagesse dans les choses hu- (donnée a I homme) ( £aines Mépris du verbe de Die . Vie vécue d’après la volonté du Diable. Ignorance de l’administration des choses par les anges de Dieu. Mépris de kt garde des anges. Fréquentation des esprits du Mal Idolâtrie-Athéisme. Sciences des vénéfices dans la nature et leur usage. Science de tous les arts du mal pour la perte du génie humain. Leur usage dans le mépris de Dieu pour la perte et le malheur des hommes. Kakosophie Cacodémonie Marc Haven
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE lettre ¿’'un auteur incmu SUR LES BENEDICTIONS. CONJURATIONS ET AMULETTES Hommage a Papus. En étudiant les œuvres magiques d’A grippa de Netteslieim, Petrus de Abano,Pictovius de Villingen. Trithemius,etc..etc., j’ai trouvé une petite pièce assez curieuse qui me paraît mériter la traduction pour les lecteurs de Y Initiation. La théorie des manipulations magiques qu'on y expose est intéressante et prouve que l'auteur connaissait parfaitement la valeur de la suggestion et de l’autosuggestion et tout le pouvoir qu’exerce la volonté sur l’organisme humain. Que ceux qui regardent la suggestion, avec toutes ses ap plications variées, comme une conquête de la science
52 l’initiation moderne lisent et apprennent ! Les charlatans du moyen âge étaient parfois plus sages que les acadé miciens d’aujourd’hui. Ils étaient surtout rnoinsaveuglés par des préjugés officiels, préjugés qui ont créé mainte épisode amusante, au sein des académies mêmes, lorsque le flambeau brillant de 1.' vérité a inondé de ses rayons tous les bonnets de n it qui s’y trouvaient.
C’était toujours ainsi, et cela dm\ ra encore longtemps : Une découverte, une idée .„éni. c doit passer par ïAcadémie pour devenir banale !
L Aca démie, c’est une espèce d'estomac intellectuel qui digère les idées pour les tètes médiocres. ; lelas ! cet estomac est si faible, tellement atteint du marasme sénile, qu'il est souvent incapable à digérer la nour riture la plus saine, si elle n’a pas été préparée dans la marmite de prédilection, avec une sauce à la mode !
Mais arrivons à la lettre de notre auteur inconnu: « Tu m’as demandé, mon cher fils, si les bénédic tions, les conjurations et les amulettes sont d'une utilité quelconque, et si j’ai trouvé, dans les auteurs grecs, la même chose qui se trouve dans les livres des Indiens, sous ce rapport. Par cette lettre je répon drai brièvement à tes questions.
« Les anciens paraissent être d'accord dans la croyance que la qualité du corps dépend de la force de l’àme et que, si l’âme est harmoniquement accordée, aussiles fonctions de l’organisme sont réglées et par faites. cI «Puisque les forces de l’âme apparaissent imparfaites. ' pour la plupart, chez les enfants, les vieillards et les
LETTRE d’üN AUTEUR INCONNU 53 femmes, la qualité de leur corps est apparemment défectueuse. Cette défectuosité se trouve aussi chez les habitants des zones non tempérées, dans les régions torrides de l’Ethiopie et la région froide des Scythes. « Si donc une chose, n'agissant pas d'une manière ordinaire, donne une utilité quelconque, cela se fait uniquement à la suite de la direction de l’esprit.
Si. par exemple, quelqu'un a la ferme conviction qu'une bénédiction lui portera aide, elle la lui portera, et la forme de la bénédiction n'y entre pour rien. Car, si la qualité du corps dépend de la force de l’esprit, comme nous venons de dire, cela doit être nécessaire ment ainsi.
On peut se convaincre de cela dans les cas de peur, de deuil, de joie et de terreur, car ces états de l’âme se trahissent non seulement par un changement de couleur, mais aussi par d'autres modi fications du corps, par la constipation, la diarrhée, des évanouissements ou une grande déperdition des forces ( i).
« Ces états de l’âme peuvent produire, comme je l’ai observé, des perturbations journalières de la santé, et ils peuvent influencer l'esprit d’une manière funeste. Chez les personnes bien portantes ils mettent les bases pour différentes maladies.
Socrate dit: Les paroles magiques trompent l’esprit raisonnable, soit quant à leur explication, soit par la peur ou le désespoir qu’elles causent. (i) Cf. mon article « Sur la volonté » dans l'initiation de novembre.
54 l’initiation ì- «Mais les Indiens croient que les bénédictions et les conjurations ont une valeur thérapeutique. Les méde cins des anciens Grecs croient que ces formules rap pellent l'âme errante à l'harmonie avec elle-même. L'âme rappelée doit ramener nécessairement aussi le corps, puisqu’il est connu que la qualité du corps est déterminée par la force de l’âme.
Voilà pour tuoi Galien, en parlant du traité d'Hippocrate des Hu meurs », dit: Si quelqu'un prétend qu’avec le chan gement des humeurs du corps il sciasse simultané ment un changement des fonctions de l’espi it. ou bien qu’un changement des fonctions de l'esprit produise un changement dans les humeurs du corps, une pareille opinion ne sera nullement erronée.
Car un homme chez qui la qualité cholérique prédomine est, par ce fait même, irritable, et, à la suite de scs colères, la bile est souvent augmentée. Il faut donc que la qualité du corps influence celle de l'âme et la qualité de l'âme celle du corps.
Galien dit plus loin : L'intel ligence et le savoir sont augmentés par la disposition cholérique du corps: le tempérament mélancolique favorise l'abstinence et l’étude: le tempérament san guin porte àia volubilité et aux plaisirs. Le tempéra ment phlegmatique n’aide pas autant l'âme, excepté dans la digestion.
C’est une question résolue que l'état du corps est amélioré lorsque le médecin aide la qualité de l’âme. d’une manière quelconque, soit par des bénédictions, des conjurations ou des amulettes. Si, en dehors de cela, on emploie encore un remède con venable, le rétablissement de la santé se fera d'autant plus vite et plus complètement parce que le remède
LETTRE D'UN AUTEUR INCONNU 55 porte aide au corps et la bénédiction à l'âme. Si donc ces deux choses sont unies, la santé se rétablira d'au tant plus rapidement. Enfin Galien dit : 11 y a des gens, gais de nature, et portés aux plaisirs: s'ils tom bent malades, le médecin leur affirme qu'ils seront vite guéris et leur rappelle les jours gais de plaisirs, poir devient alors la cause de leur guérison.
Par u e. il y en a d'autres, tristes de nature, qui ne font qu ? penser aux objets de leurs soucis et de leurs tris tes es Ceux-là doivent être distraits par le médecin : il doit les égayer, mais pas trop, afin qu'ils ne négli- (enl pas les remèdes sous une trop grande pluie de promesses. « .le me rappelle encore un homme très noble, de mon pays, qui jurait d’être ensorcelé, de manière à ne pouvoir exercer les fonctions sexuelles.
J'ai essayé d'abord de le ramener de sa fausse idée par toutes sortes de discours ; mais je n’y parvins pas. Alors je commençai à affirmer aussi ce qu'il prétendait, et je lui apportai le livre de Cléopâtre, qui traite de la beauté des femmes.
Lorsqu'il fut arrivé au passage qui con seille à un ensorcelé de son espèce de se frictionner . tout le corps avec de l'huile de sésame, etc., il eut une telle confiance en ce remède qu'il l'employât immé diatement, et ses envies sexuelles s’éveillèrent surle-champ. « Puis, j'ai lu aussi dans beaucoup de vieux livres que des amulettes suspendues au cou sont efficaces, non par leur nature, mais par une qualité occulte. Je ne mets nullement en doute ce fait, parce que j'y vois aussi une influence fortifiante, exercée sur l’esprit.
56 L INITIATION Parmi la grande masse de tels remèdes je ne citerai que quelques-uns. « Aristote dans son Traité des Pierres » dit : Si l’on porte une émeraude au cou ou au doigt, on est garanti contre 1 épilepsie. Voilà pourquoi nous conseillons souvent au gens nobles de suspendre de pareilles pierres au cou de leurs enfants, afin de les garantir contre cette maladie.
Puis Aristote dit que toute espèce d'hyacinthe, portée au cou ou au doigt, pro tège le porteur dans des pays dangereux de tout dan ger : il est au contraire bien recueilli, et ses prières sont exaucées par les hauts placés. Celui qui porte une sardoine au cou ou au doigt n’a pas de cauchemars.
Une cornaline au cou ou au doigt calme la colère et la discorde ; si elle est couleur de lymphe, elle arrête le sang sur tout membre, surtout chez les femmes. L'onyx au cou ou au doigt produit des cauchemars et des rêves incestueux: au cou d'un enfant il augmente la salive. « Galien dit : Les excréments de loups qui mangent des os. mis sur le ventre ou au cou de personnes souf frant de coliques, calment de suite les douleurs.
Lors qu'on les met au cou, l’on emploie parfois un cordon fait de la laine d’une brebis dévorée par un loup, et alors ce remède est encore plus efficace. Si l'on ne peut pas se procurer un cordon pareil, on se sert d’une courroie de peau de cerf. Galien dit autre part : Quel qu’un mit dans une boite un morceau d’argent, de la grandeur d'une fève ; cette boîte, il se la mit après aux hanches, ce qui le soulageait beaucoup. Galien dit cela dans son livre sur l’art simple de guérir ; mais
LETTRE D’UN AUTEUR INCONNU 57 dans son livre sur la thérapeutique des médecins il dit : Si tu suspends le cou d’une vipère étouffée, avec un lil de laine, au cou d’un asphyxié, cela lui porte le salut : c’est aussi un bon remède contre les ulcérations du cou. Di os coride dit: Les dents d’un chien enragé, qui a mordu déjà un homme, liées dans un morceau de cuir et suspendues au bras, protègent le porteur contre les morsures de chiens enragés.
Ce médecin dit encore : Si l'on ouvre le ventre à de jeunes hiron delles couvées pendant la lune croissante et les pre mières dans le nid. on y trouve deux petites pierres, une multicolore et l’autre unicolore. Si on les lie dans de la peau de veau, avant qu’elles aient touché terre, et si on les suspend, après, au cou ou au bras d'un épileptique, cela le soulage beaucoup et le guérit sou vent.
11 y a aussi une espèce de toile d'araignée, blanche et dense ; liée sur le bras, elle garantit contre la fièvre quarte.Quelques médecins font suspendre au cou des scrofuleux des racines d’oseille qui guérissent les scrofules. D'autres emploient contre la même mala die, et avec le même effet, les racines de l’achillée.
La jusquiame trempée dans du lait de jument, liée dans de la peau de cerf et suspendue au cou d’une femme, l’empêche de concevoir tant qu’elle porte cette herbe. Une femme qui prend une grenouille et lui crache trois fois dans la bouche ouverte ne con çoit non plus pendant une année.
Quelques-uns lient l'œil d'un cerf en rut sur la racine d’un sureau, au jardin, et l’arrosent, le soir, de l’urine d’un taureau rouge ; le matin ils arrachent la racine et la lient (avec 1 œil du cerf ) sur le bras ; c'est regardé comme
58 L INITIATION un moven efficace pour exciter les envies sexuelles. « Galien dit: Les coraux font beaucoup de bien à ceux qui souffrent de l'estomac, s’ils les portent au cou ou sur l'estomac. D'après Dioscoride. les semences du safran sauvage, broyées dans la main ou suspen dues au cou, servent contre les piqûres des scorpions. La racine du laurier et celle des violettes a un effet semblable.
D'autres disent que les racines d’asperges sèches, liées sur les dents mauvaises, les font tomber sans douleurs. Des pieds de lièvre, liés au bras droit, empêchent les chiens d’aboyer. Le foie d'un chien a le même effet, à moins que les chiens soient du même genre que celui auquel appartenait le foie. Les Indiens affirment que les excréments d'éléphants, mêlés avec du miel et mis au vagin d'une femme, l'empêchent pour toujours de concevoir.
Un arbre auquel oh sus pend de pareils excréments ne porte pas de fruits. « Avicenne dit: Des excréments d'éléphants, mêlés au lait de jument, liés dans de la peau de cerf et sus pendus sur l’ombilic d'une femme, l'empêchent de concevoir. «Quelques médecins pensent que le pied droitd’une tortue porte le soulagement au pied droit d'un podagre, le pied gauche au pied gauche ; de même aux mains.
La racine de la pivoine, suspendue au cou d'un gar çon, est un remède contre l’épilepsie, le pyrèthre de même. Aussi un poil d’un chien tout à fait noir a le même effet. «J’ai cité tous ces passages des auteurs anciens afin que les bénédictions, les conjurations et les amulettes ne te paraissent plus étranges. Je n’ai pas voulu en
LETTRE D’UN AUTEUR INCONNU 5ç parler longuement et les donner comme ma propre opinion : mais je ne voudrais non plus nier tout cela. Car. si l’on ne voyait pas que l’aimant attire le fer. on ne le croirait guère. Ainsi le plomb casse le dia mant et le fer ne le casse pas. La pierre qu’on appelle en arabe siale et en latin nitrum résiste à tout feu. i'n certain poisson fait perdre connaissance à celui qui le touche.
Tout ceci, on ne le croit pas, si on ne l’a pas vu ; et l'expérience le confirme tout de même. « C'est aussi le cas avec ce que nous affirment les anciens ; nous y trouvons mainte chose bien incroya ble. parce que notre raison ne comprend que ce qui s’oilre aux sens.
Parfois certains objets possèdent qualités qui, par leur finesse, échappent à nos sens : nous les retrouvons alors incompréhensibles. — Adieu '. » Le lecteur attentif aura vu que notre auteur inconnu n'est pas le premier venu: qu'il est, au contraire, ob servateur prudent et sérieux et saisit parfaitement que les limites de la raison humaine ne sont pas les limites du monde.
Cette grande vérité est la conditio sine qua non de tout progrès humain. Hélas! c’est ce qu'oublient trop souvent les savants de nos jours, lorsqu'ils sacrifient à leurs fétiches les faits nouveaux qui ne veulent pas cadrer $vec les systèmes établisTant pis pour eux, le cadre sera tout de même brisé, car: Magna est vis veritatis et prœvalebit ! Dr Th. Sourbeck.
6o l'initiation d’après un disciple de wronski Si un peuple a jamais préoccupé le penseur de toutes les époques, en ses veillées solitaires, c'est bien le peuple d'Israël par la troublante énigme qui S'accom pagne, comme jadis dans le désert la mystérieuse co lonne de feu.
Nul plus que lui n'a suscité parmi les hommes de passions plus violentes et surtout plus diverses, depuis celles qui ont pour ressort la soif de l'or matériel et vil, jusqu’à celles qui émanent du dé sir d’approcher la vérité, cet or spirituel.
Nul peuple pourtant qui soit aussi mal connu, par cela même que tous ceux qui l'ont étudié, à de rares exceptions près, l’ont fait sous l'empire de quelque brutale pous sée, animique ou instinctive, qui les a aveuglés, et leur a enlevé toute possibilité de porter un jugement sain.
Seul peut espérer un résultat valable l’initié qui, capable de dominer par la volonté les révoltes de sa sphère animique, et d'affranchir ainsi son étude de leur action mauvaise, est d’ailleurs le seul qui sache quelle pensée surhumaine a conduit les Juifs au tra vers du temps et de l’espace, les faisant résister aux causes de destruction les plus diverses, aux sables du désert comme aux abrutissantes orgies, à l’esclavage comme à la dispersion. Et comme il sait aussi de quelle somme d’absolue vérité le peuple de Moïse a
LE ROLE DU PEUPLE JUIF 61 été constitué le gardien inconscient presque toujours, mais toujours bien armé; il est celui qui doit pénétrer le mystère de cette étrange vitalité (i). Mais, quoique rien de ce qui a trait à ce peuple ne puisse nous être indifférent, encore doit-on réfléchir que les maîtres sont grands qui ont parlé de lui, et qu'il est toujours audacieux de se mesurer avec un Fabre d'Olivet. par exemple.
Aussi bien n’est-ce point une étude personnelle que nous allons exposer, mais le résultat des recherches (2) d'un homme qui a con sacré la moitié de sa vie à approfondir les œuvres de Wronski et de Fabre d’Olivet. Celui dont il se pro clame plus directement le disciple, c’est le premier, ce grand et étrange génie qu'il estime le seul comparable à Moïse, et dont mieux que personne il pouvait péné trer l'intégrale pensée.
Ses connaissances personnelles sont en effet assez transcendantes pour suffire à cette lourde tâche, et aussi à défendre contre qui que ce soit de très valables idées. La simple énonciation de son titre officiel suffirait à faire foi de ce que j’avance, (1) La quantilé qui mesure l'effet utile d'un peuple est tota lement analogue à celle qui exprime dynamiquement le tra vail ou effet utile d'un corps.
C’est lé produit de la masse par le carré de ['impulsion originelle, c’est-à-dire, dans le cas d'un peuple, la pensée primordiale qui l'a mis en mouvement vers son but.
L'effet utile augmente: i° si l'on fait augmenter la masse, et l'on se trouve alors des hordes telles que les Huns et autres envahisseurs asiatiques par exemple; 2" il augmente aussi et même beaucoup plus vite, si l'on donne une intensité plus grande à la pensée primordiale, ce qui a eu lieu pour le peuple juif, et le rend si inexplicable pour ceux trop nombreux qui négligent ce second facteur. (2) Israel, son rôle politique dans le passé, son rôle dans l'avenir, par Petau-Mallebranche, brochure in-8, chez H. Per rot, 7, passage Jouffroy, Paris.
6 2 l’initiation mais je lui dois d’imiter la réserve qu’il a cru bon de garder sur ce point.
Je demanderai au lecteur toute sa bienveillance, en lui faisant remarquer que mon désir est surtout de provoquer chez lui celui de lire l’ouvrage lui-même, et non pas de lui faire pénétrer la pensée qui y est incluse en son intégrité, chose impossible en un cadre aussi restreint, à supposer même, ce qui n’est pas, que je fusse à la hauteur d'une telle tâche 11 ).
M. Petau-Mallebranche a divisé son ouvrage en O trois chapitres: je suivrai son exemple pour plus de commodité. Dans le premier chapitre il explique comment il fut amené, ainsi que Fabre d'Olivet. à rechercher dans la Bible un autre sens que celui généralement admis, et comment il crut devoir appliquer à cette recherche sa profonde connaissance des idées de Wronski.
Il y indique également quelle a été, à son avis, l’erreur du grand Fabre d'Olivet, pour lequel, d'ailleurs, il pro fesse le plus grand respect, ainsi qu’on va le voir dans le passage suivant que je cite en entier, pour donner au lecteur une idée de la puissance et de la netteté du style, digne des pensées qu’il renferme, et très person nel comme elles. * Et de fait, dit-il, il n’est pas donné à tout le monde, fût-on même un Fabre d’Olivet, de pouvoir suppléer un génie de pareille envergure (Wronski), un génie de qui l’on peut dire que si c’est à Moïse que l’on (i) Pour toute cette étude se reporter a Wronski; en parti culier relire la Philosophie absolue de l'histoire, et, à titre de comparaison, Fabre d'Olivet, Cîîz'zz et Eta^ social de l'homme.
LE ROLE DU PEUPLE JUIF 63 doit d avoir posé en pleine netteté les données porismatiques du problème de la raison, c'est à lui. sans conteste, que l'on doit d’avoir fixé définitivement la méthode qui conduira droit à la solution finale de ce problème.
Aussi est-ce à lui. est-ce à ce sublime, sa vant trop longtemps méconnu,— si. mieux que Fabre d’Olivet, ¡'ai atteint le but, — que j’en reporte le mérite, en toute sincérité, sans prétendre, en aucune façon, m'en attribuer la moindre part. » La critique qu’il adresse à Fabre d’Olivet. c'est d'abord d’avoir rattaché la langue hébraïque aux hié roglyphes égyptiens au lieu d'en faire une langue abso lument primordiale, ensuite de n’avoir point su voir, — comme il l’eût fait sans doute s'il avait eu le bon heur de connaître l'œuvre de Wronski, encore à ses débuts au moment de la publication de la Grammaire hébraïque. — de n'avoir point su voir, dis-je, que la prononciation ou signification de la pensée par la parole doit, pour réaliser son total effet linguistique, se polariser en mode actif qui est Vexpression et en mode passif ou redcif/ * qui est {'articulation : cela d’après la loi primordiale de la raison pure dont Wronski a fait le but de son œuvre.
« Et alors, ajoute M. Petau-Mallebranche, Fabre d’Olivet eut compris que, suivant cette loi même, c’est du plein équilibre, non pas statique, mais dynamique de ces deux élé ments primaires, que peut résulter le mouvement lin guistique en ses divers modes rationnels, en vue de la formation des mots. » Je ne puis, à mon grand regret, donner même une idée des développements qu'il donne de cela, mais je
64 l’initiation renvoie le lecteur, comme pour tout le reste d'ailleurs, au texte original. Arrivons maintenant au deuxieme chapitre où est étudié le rôle politique du peuple juif dans l'anti quité, et où l'auteur montre combien ce rôle. Zc7 qu'il l'a joué, est conforme à celui que Jéhovah lui avait imposé. Pour établir ce dernier il part du verset suivant que la Bible met dans la bouche de Noé.
« Car il doit devenir sédentaire Japhet, grâce aux de Sem. » (Gen., chap. iv, v. 27.. Tout roule ensuite sur l’interprétation de ce mot : les cTriX de Sem, qui va nous arrêter un peu.
Les dictionnaires, ainsi que le constate M. PetauMallebranche, donnent comme signification corres pondante : effet brillant, et par dérivation : lente, tabernacle, demeure, cela s’expliquant par le fait que chaque tente dans la tribu, ou chaque demeure dans le village représente ce que nous appelons nousmême un feu.
Ce mode de dérivation, sur lequel in siste l’auteur, ne choquera en rien, meme a priori, les lecteurs de ^Initiation familiarisés, la plupart, avec la langue de Moïse. Ils trouveront du reste dans l'ouvrage indiqué une curieuse application de prin cipes de Wronski à cet endroit.
Ayant constaté ce qui précède, l’auteur se demande si ne pourrait pas signifier épée ou plutôt éclair de lame, et il le prouve, de la façon la plus limpide, en constatant que rien n’est plus familier à la langue hébraïque que le procédé qui consiste à dé signer la cause par l’effet ; de même, dit-il, qu'en arLE ROLE DU PEUPLE JUIF 65 got, nous disons une Zog'z/d/z/e pour une montre: ou encore en rapprochant de ceci l’expression parfaite ment correcte de : mettre au clair pour exprimer l’acte de tirer l’épée.
Et alors s'explique clairement ainsi le verset en question : « Car il deviendra sédentaire Japhet. grâce aux MISES AU CLAIR de Sem. » Et désormais se trouve invariablement fixée la mis sion, imposée aux descendants de Sem. d’avoir à faci liter aux Japhétides l'accomplissement de leur tache qui sera de fonder parmi les hommes cette forme sé dentaire d’état social qui seule a pu être le point de départ de la civilisation.
En reportant ce sens ( i ) ainsi légitimement déterminé dans la traduction de divers autres versets importants de la Bible, est entièrement confirmée, même sura bondamment, la conséquente interprétation du rôle imposé au peuple juif: servir de sentinelle avancée à l'Europe, et arrêter les migrations asiatiques.
Ici nous sommes encore dans la pénible nécessité de brusquement dépasser les preuves que fauteur (i Nous nous permettrons du reste de soumettre à l’auteur l’explication du même mot basée sur Fabre d’Olivet, et venant appuyer son dire. Nous y voyons en efi’et : X Puissance et stabilité; H la rie ou toute idée abstraite de l'être ; 1 signe du mouvement expansif, et, comme signe final, image de la puissance qui résulte de l’élévation.
Le mot total b”X se lirait donc : « La stabilité de la vie résultant de la puissance qui dérive de l'élévation. » Je laisse au lecteur le soin de rapprocher cela de l’expres sion mettre au clair.
66 l’initiation donne — très nombreuses — de la parfaite confor mité au rôle tel qu’il a été joué par le peuple juif dans la réalité, avec la mission que l'on vient de détermi ner en sa réelle valeur primordiale, et aussi sur la par- . faite adaptation de la Palestine, en sa constitution géogénique, aux exigences de ce rôle, c’est-à-dire de renvoyer de nouveau le lecteur à ces pages où. avec une ampleur d’idée magistrale.
M. Petau-Mallebranche nous fait saisir le mot de l'énigme, et montre comment, à l’encontre de toute possible prévision, le peuple d’Israël put résister aux actions dissolvantes sous lesquelles tant d'autres peuples se fussent désa grégés et anéantis, qui étaient cependant d'une plus grande force apparente.
Lui ayant imposé la mission que nous venons devoir, la Providence devait nécessairementXoï fournir le moyen delà mener à bien, et c’est pour cela qu'elle lui avait communiqué une si extraordinaire impulsion, une si prodigieuse vita lité (i). Dans le troisième et dernier chapitre l'auteur déter mine quel devra être dans l’avenir le rôle du peuple juif, et c’est encore par une adaptation admirable des théories de Wronski.
La méthode que ce grand génie a appliquée à l’étude pleinement théorique du déve loppement de l’esprit humain, M. Petau-Mallebranche l'applique en la transposant en mode pratique sur le plan de la réalisation, montrant en même temps com bien sont parallèles les résultats ainsi obtenus sur ( i ; Edouard Schuré. les Grands Initiés, et Saint-Yves d’Alveydre, .Mission desJuiJs.
LE ROLE DU PEUPLE JUIF 67 deux plans absolument distincts par cette méthode absolue. J! y a là des considérations sur les diverses périodes des races, qui semblent détachées de VEtat social de l Homme, et une telle clarté répandue sur l’adaptation pratique de la méthode de Wronski que je préfère y renvoyer le lecteur, ne me sentant pas la force néces saire pour lui donner même une idée (i).
J'arrive donc à la conclusion de l’ouvrage, légitime absolument. Le but final rationnel de l'humanité, ainsi d'ailleurs que sa réalisation est explicitement annoncée dans la Bible, et pour une époque très prochaine, est 1’Unité universelle à la fois théorique et pratique. Or, à tout but pratique fondé sur une rationalité doit nécessai rement correspondre un moyen.
Et ce moyen sera pré cisément le peuple juif, gardien providentiellement institue des données porismatiques de cette rationa lité. Et voilà pourquoi la race israélite doit nécessaire ment, comme cela a déjà lieu, se trouver isolée des autres, et suivre une évolution absolument distincte pour agir efficacement sur elles et leur faciliter l'arri vée ou plutôt, pour les initiés, le retour à I'Unité (2).
Voilà aussi pourquoi la race juive doit être disper- (1) A propos de la théorie des races, comparer les idées de l’auteur avec les théories du Bouddhisme ésotérique de Sinett et de l’ouvrage d’Augustin Chaboseau. (2) J'attirerai l'attention du lecteur sur l’intérêt très grand de cette conclusion, si en rapport avec les grands principes occultes, et à laquelle l’auteur arrive indépendamment de la kabbale qu'il n’a point étudiée.
68 l’initiation sée pour que son action soit plus étendue, et plus har monieuse, et en même temps rester étrangère à toute influence extérieure (i) pour ne point s’écarter de son but.
Et nous livrons à la méditation de l'initié ces deux versets de la Bible cités par l’auteur, à l’appui de ce qui précède (2) : « Lors tu te trouveras avoir eu gage des races les capitaux tandis que toi-même point n'auras besoin de donner gage; lors tu te trouveras avoir assimilé parmi les races les capitaux, tandis que contre loi point elles ne pourront les assimiler. » f)eul., chap. xv, v.
6.) A « Lorsqu’il fit se produire la disparition, l’Etre suprême, des races (Goïm), lorsqu il fit se disperser les fils d’Adam, il a établi en les limites naturelles des nationalités (Amim), pour faire décompte numé ral, les fils d'Israël.
C’est pourquoi mettant à part, Jéhovah, sa nation, il la frustrera de la dimension (1) On démontre en mécanique supérieure que, lorsqu'un obus éclate en l'air, le centre de gravité de cet obus continue à parcourir la trajectoire théorique, tant qu’aucun de ses éclats n’a touché le sol ou n’a été soumis à une force extérieure.
Il est facile de transposer ce résultat à l’action dynamique du peuple hébreu, et d’en déduire la nécessité pour la Providence, d’après la mission imposée, de l’isoler des autres races.
En effet, pour mener au but visé le centre de gravité de ce peuple, c’est-àdire pour lui faire réaliser sa mission, il fallait que, même dis persé çà et là, il fût tellement en dehors des nations au milieu desquelles il doit vivre, qu’aucune action extérieure ne le trou blant en un point quelconque, son centre de gravité continuât à parcourir la trajectoire 'fixée, et atteignît le but proposé. (2) Paul Adam, Essence de soleil, pp. 3o5 et suiv.; Alexandre Weill, le Pentateuque selon Moïse et le Penta teuque selon Esra.
LE ROLE DU PEUPLE JUIF 69 de sa répartition terrestre. » (Dent., chap. xxxn, v. 8-9.) Puisse M. Petau-Mallebranchc me pardonner l’in suffisance forcée de ce résumé ! Quant au lecteur, si je puis l'avoir déterminé à lire l'ouvrage meme, je suis sur qu’il m’en sera reconnais sant, tant il y trouvera, outre les admirables idées exprimées, de quoi éveiller en lui le germe de tra vaux des plus importants. Quelle que soit d'ailleurs son opinion personnelle sur l'œuvre précédente, et sur celles plus importantes que M. Petau-Mallebranche doit publier bientôt, qu'il se souvienne que leur auteur est un de nos aînés, qui a vu ses cheveux blanchir, et s’est senti frapper dans ses plus grandes affections, sans aban donner l'œuvre entreprise; un travailleur acharné et modeste qui poursuit son but, fort de sa grande science, replié sur lui-même et sourd aux bruits du dehors. A Lui je témoigne ici publiquement de mon pro fond respect. M. D.
PARTIE LITTÉRAIRE |ar delà Lorsque tu seras bien vieille Et dans l’âge où l'on sommeille En cherchant un souvenir : Quand la mort, de sa main blême. Sonnera l'heure suprême Où ton rêve va finir, Rappelle-toi la tendresse Dont j'entourais ta faiblesse En sa douce anxiété... Revis-les, ces heures lentes.... Nos étreintes palpitantes, Notre chère intimité. Revis-le, l'amour intense Qui, de sa magnificence. Nous avait rempli le cœur. Souviens-toi !... Comme une flamme, Ton œil donnait à mon âme Tout lidéal du bonheur !
LAÉROLITHE 71 Que de rêves d'espérance Tous deux, pleins de confiance, N'avons-nous pas échangés ! Nos impressions passées, .Vos désirs et nos pensées, Nous les avions partagés ! N en perds jamais la mémoire. Car il est heureux de croire Qu à la mort survit l'amour ; Quen se quittant, sur la terre. On ne traverse un calvaire Que pour se revoir un jour. Lorsque tu seras bien vieille El dans l'âge où l'on sommeille En doutant de l'avenir. Attends sans mélancolie Qu en ton âme recueillie Ait vibré mon souvenir! J. de Tallenay. En trait de feu traversa l'ombre Comme un éclair ; En bruit soudain dans la nuit sombre Ébranla l'air ;
72 l’initiation On aperçut un bloc énorme Qui. dans son vol, Brisé, noirci, perdant sa forme, Frappa le sol ! C’était une sinistre épave D'un monde mort, Un débris de fer et de lave Touchant au port. Il est là, reposant sur terre, Au fond d'un val, Et porte le sceau du mystère, Ce bloc astral ! Des êtres d’une race étrange L'ont effleuré : Qui sait si, sur sa pierre, un ange N’a pas pleuré ? Si l'on connaissait son histoire. On saurait mieux Ce qu'il nous est caché de gloire Au fond des deux! J. de Tallenay. D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES On trouvera en tête de ce numéro le rapport du pré sident pour l’exercice 1892-1893. Branches. — Une nouvelle branche vient d’être fondée
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 73 à Périgueux, sous l'initiative de notre ami Bouchet, de Lyon. Des Commissions d’études, seule la Commission ^Spi ritisme) a tenu des séances le mois dernier. Voici le pro ces-verbal que nous envoie M. François : Groupe n° 4. — Spipitisme Scance du 16 septembre i8g3 Monsieur le Directeur, Notre séance de septembre a eu lieu le 16. Six personnes étaient présentes.
Outre les phénomènes tels que déplacements sans con tact, jeu d’une boite à musique, objets lancés sur les as sistants, nous avons été assez heureux pour constater une fois de plus le fait de l’écriture directe; voici comment : Au commencement de la séance, une feuille de papier d’une entière blancheur et deux crayons avaient été pla cés sur une table, tout à fait hors de portée des membres du groupe.
Après la séance obscure au cours de laquelle Mra0 B., placée à mes côtes, est tombée en léthargie, nous avons trouvé sur cette feuille les quatre mots suivants, parfaite ment formés : « Je me plais ici. » Cette phrase était signée du nom de l’esprit familier du groupe. Étant données la composition de l’assistance et la dis position du papier et des crayons, toute idée de super cherie doit être écartée.
Je vous envoie ci-joint l’écriture directe obtenue, avec un spécimen de l’écriture de chacun des assistants repro duisant les mots et la signature tracés par l’invisible. Je vous serai très reconnaissant de vouloir bien me renvoyer ces papiers avec vos observations, s’il y a lieu. Veuillez recevoir, Monsieur, l’assurance de mes meil leurs sentiments. A. François.
Remarque. — Le nom tracé par l’esprit familier n’est connu d’aucune des personnes ayant assisté ou assistant à nos séances ; il a été donné par l’invisible motu proprio.
74 l’initiation Etranger (Belgique) KuMPiS (Ordre du jour n° 41) « N'abandonnon point nos as semblées, comme quelques-uns ont accoutumé, mais encoura geons-nous les im< les autres. » (Saint Paul: Hébreux, X, 25.) La quatrième année d’études s’ouvrira le vendredi i3 octobre i8g3. Au présent ordre du jour est joint le rappt t sur la troisième année d’études.
Bibliothèque : Accroissements : le Juif tahnudiste, recueil de pensées philosophiques d’auteurs allemands des xvii0 et xviii® siècles (dons du D. G. K.). De l’Unité des Religions, par une Russe idon de M. Sigogne). Traite élémentaire de Magie pratique, par Papus (don du P. G. E.). Cahiers kymriques: Le deuxième cahier est approuvé et classé (Etudes 72, 90 et 94, section E. Fabre).
Un troi sième cahier, sous forme courante de spicilège, sera éla boré dès la rentrée. Affiliations : The Esoteric Commonwealth Frater nité, cercle d’études des sciences morales. Etudes (théorie) : 78, l’initiation juive. 79, /'As/rologie. 80, Poèmes de Jhouney. 81, Névrurgie (œuvre du comte Aloïs de Robiano). 82, Histoire des causes premièresdeBatteux. $M,leMiracledeCrainhem (xme siècle). 84, Mühr: Philosophie de l'absolu.
85, travaux de Brück et Lagrange. 86, Molitor, la Tradition. 87, Chirologie. 88, Théorie de Poe. 89, le Nouveau Testament. 90, Cor respondances magiques dans l'homme. 91, la France vraie, par le marquis de Saint-Yves d’Alveydre. 92, Socio logie. y3, Principes ésotériques. 94, Etudes d'esthétique (définitions, classification). 95, les Arbres paradisiaques. 96, les Insignes de l'élévation (le symbolisme de l’éléva tion). 97, le Grand arcane. 98, Question morale de la fin et des moyens. Dispositions complémentaires : N° 32 (voir 3). Il est
LE RITUEL DE L’EXORCISME 75 institue une nouvelle section pour l’étude de 1 hebreu (programmes des examens R -f- G). Elle portera la lettre F et lé nom de Iod. Notre condisciple J. Weill en est nommé directeur. La France s’est honorée, en nommant chevalier de la Légion d’honneur le marquis de Saint-Yves d’Alveydre, le puissant restaurateur de l’Esotérisme historique. Le Groupe tient, en cette circonstance, à témoigner toute sa satisfaction et toute sa sympathie au magistral auteur des Missions. [P Liste de discipline : Le Conseil a décidé d’afficher la liste de discipline à partir du 15 novembre. Publications du Groupe : Van Helmont (Etude 77). Pla nètes et tempéraments (Etude GG) : Initiation, juillet. I roisicme rapport annuel : Initiation, août. KjMPiS, le 29 septembre 1893: fête de saint Michael, troisième jour du mois de Paoplii du calendrier thébaïque correspondant au huitième degré de la Balance —. Cycle de Mercure. Année de Vénus. Le Conseil Kymrique : JH VH ras. Le lituel de l’ewcisme Nous avons dernièrement entretenu nos lecteurs du cas d’une jeune fille habitant Gif (Seine-et-Oise), qui fut exorcisée, avec l’autorisation de l’évêque de Versailles, par le curé de la paroisse, qui la croyait possédée du démon.
l’initiation 76 Comment se pratique l'exorcisme? Quelles sont les prières dites par le prêtre qui préside à la cérémonie ? Dans quelles circonstances la religion doit-elle interve nir? Voilà ce que nous avons demandé au Rituel romain édite sur l’ordre du pape Paul VII. Le chapitre intitule de Exorci^andis obsessis a denionio répond entièrement aux questions que nous nous sommes posées.
Avant d’indiquer la formule des prières qui devront être lues en latin, le Rituel donne aux prêt c iclques conseils : «Tout d’abord, dit le livre, il ne faut pas croire trop facilement qu’une personne est possédée d 1 d. <. : il v a des indices certains auxquels on distinguera ceux qui sont mélancoliques ou simplement malades de . • >ssédés.
Les signes principaux de la possession du de >n sont : l’impossibilité de tenir un raisonnement ou de compren dre ce que l’on dit ; l’action de dévoiler des secrets et d’autres faits de nature différente.
« D’ailleurs, afin d’être mieux renseigné, on devra, après un premier ou un second exorcisme, interroger le possédé et lui demander ce qu’il aura ressenti, soit dans son esprit, soit dans son corps, pour connaître quelles sont les paroles par lesquelles les démons sont le plus effrayés, afin de les répéter plus fréquemment dans la suite. « L’exorciste devra se mettre en garde contre les ruses employées par les démons pour le tromper.
Les démons, en effet, ont l’habitude de répondre par des mensonges et de manifester difficilement leur présence, pour que l’exorciste fatigué arrête ses prières ou que le malade ne paraisse pas possédé du démon. Le diable, en effet, per met quelquefois au malade de goûter du repos ou de recevoir la très sainte Eucharistie afin de faire croire à son départ.
Enfin, les ruses des démons pour tromper les hommes sont innombrables, et l’exorciste doit se mettre en garde pour n’être point leur dupe.
« Pour être exorcisé, le possédé du démon (energumenus) sera conduit dans une église, si la chose est possible, ou dans un autre lieu religieux et honnête séparé de la foule ; mais si le possédé est malade, si c’est une perLE RITUEL DE L’EXORCISME 77 sonne de noblesse, ou pour toute autre cause honnête, il pourra être exorcisé dans une habitation privée.
« Si le possédé du démon peut le faire, on l’invitera à prier Dieu, à jeûner et à se tenir le plus possible à la dis crétion du prêtre par la sainte confession et la commu nion ; pendant l’exorcisme, il devra se recueillir et tour ner son esprit vers Dieu et lui demander sa délivrance avec humilité et avec une foi profonde.
Lorsqu’il sera plus vi lemment trouble par le démon, il devra supporter >0' ffrance avec patience sans jamais douter du secours de Dieu. » « 11 devra tenir un crucifix entre ses mains ou en ir un devant les yeux. Des reliques des saints, à con dition qu’elles soient authentiques, soigneusement et ieusemctit conservées, seront respectueusement placées pré de la poitrine ou de la tête du possédé.
Mais il é, a soigneusement veiller à ce que ces choses saintes ne soient profanées, et elles devront être mises à l’abri des injures du démon.
Quanta la très sainte Eucha ristie, il ne faudra jamais l’approcher de la tête ou du corps du possédé, pour éviter toute irrévérence (ob irreverentiev periculinn), « L’exorciste ne devra pas trop parler ni interroger inutilement-, il devra ordonner à l’esprit immonde (spi ritual i iinuindiiin) de se taire et de répondre seulement aux questions qui lui seront posées ; il ne devra pas ajouter foi au démon si celui-ci feint d'être lame tde quelque saint, ou d’un mort, ou le bon ange.
« Il est nécessaire d’interroger les malades sur le nombre et le nom des esprits qui les obsèdent, sur l’époque à laquelle ils ont pris possession de leur per sonne, sur les causes de l’obsession, etc...
L’exorciste devra réprimer ou mépriser les rires, les plaisanteries ou les inepties du démon, et il avertira les assistants, qui doivent être peu nombreux, qu’ils ne doivent ni s’occuper de ces choses ni interroger le malade, mais qu’ils doivent prier Dieu pour lui.
« C’est sur un ton de commandement et d’autorité, mais cependant avec foi, humilité et ferveur, que le prêtre doit prononcer les prières de l’exorcisme -, lorsqu’il voit l’esprit malin tourmenté, il doit insister etle presser. l’initiation 78 S’il voit le démon s’agiter dans quelque partie du corps du possédé, ou une grosseur apparaître, il doit y faire le signe de la croix et l’asperger d’eau bénite dont il doit être pourvu.
« L’exorciste devra remarquer les paroles qui font souffrir le plus le démon et les répe'ter souvent, augmen tant ainsi le tourment de l’esprit malin.
S’il s’aperçoit qu’il obtient un succès, qu’il répète les exorcismes penant deux, trois ou quatre heures s’il le faut, jusqu’à ce u 'il ait remporté la victoire. « L’exorciste ne doit ordonner aucun remède au ma lade ni lui faire prendre aucune drogue; il doit laisser ce soin au médecin.
« Lorsqu’on exorcise une femme, le prêtre devra être accompagné de personnes honnêtes pour tenir la possé dée lorsqu’elle sera tourmentée par le démon ; ces per sonnes, autant que possible, devront être les plus proches parents de la malade.
L’exorciste devra se montrer pu dibond et devra ne rien dire ou faire qui puisse être pour lui ou pour les autres l’occasion d'une mauvaise pensée. » « Il devra ordonner aux démons de dire s'ils sont en fermés dans le corps par une opération magique ou par une sorte de maléfice ; qu’il les fasse rendre à l’obsédé, si celui-ci les a avalés ; et, s’ils ne sont pas dans le corps, qu’il indique l’endroit où ils se cachent; alors, dès qu’on les aura découverts, on les brûlera.
L’obsédé sera pré venu qu'il doit tenir l’exorciste au courant de toutes les tentations.
« Aussi, le prêtre ou tout autre exorciste devra, avant de procéder à l’exorcisme, se confesser ou tout au moins s’accuser de ses péchés au fond de son cœur ; il devra, autant que possible, avoir accompli le saint sacrifice de la messe et avoir imploré le secours de Dieu à l’aide de pieuses prières; il sera revêtu d’un surplis et d’une étole violette dont l’extrémité entourera le cou de l’obsédé ; le malade, s’il y a danger pour l’exorciste, sera attaché, et l’exorciste ainsi que les habitants feront un signe de croix; et, lorsque ces derniers seront agenouillés, il les aspergera d’eau bénite. » Le prêtre commencera par réciter les litanies ordiLE RITUEL DE L’EXORCISME 79 naires, puis il lira le psaume LUI ; il adressera ensuite une prière à Dieu, dans laquelle il le suppliera de prendre pitié de sa créature.
Après cette prière, l’exorciste s’adres sera ainsi au démon : « Qui que tu sois, je t’ordonne, esprit immonde (spirifus immunde), ainsi qu’à tes compagnons qui obsèdent ce serviteur de Dieu, au nom des mystères de l’incarna tion, de la Passion, de la Résurrection et de l’Ascension de N .-S. J.-C. et au nom du Saint-Esprit, de me dire t >n nont et l’heure où tu sortiras de ce corps.
Je t’or donne de m’obéir, à moi, ministre indigne de Dieu, et je te défends de tourmenter cette créature de Dieu et aucun des assistants. » L’exorciste lit ensuite un évangile suivant saint Marc (XVI) et un évangile selon saint Luc (X), puis il lait quel ques prières et prononce l’exorcisme suivant : « Je t'exorcise, très immonde esprit (imniundissime spirizzzs), au nom de N.-S. J.-C.
Je t’ordonne de t’arracher et de sortir de cette créature que Dieu a façonnée avec de la terre ; Celui meme qui, du haut des cieux, t’a pré cipité dans les profondeurs de la terre te le commande ; Celui même qui a commandé à la mer, aux vents et aux tempêtes te l’ordonne.
Entends donc et tremble de crainte, Satan, ennemi de la foi, ennemi du genre humain, mes sager de la mort, ravisseur de la vie, oppresseur de la justice, racine de tous les maux, source de tous les vices, séducteur des hommes, traître à toutes les nations, ori gine de l’avarice, inventeur de l’envie, cause des discor des et des douleurs. Pourquoi restes-tu? Pourquoi ré sistes-tu ?
Crains Celui qui a été immolé pour Isaac, vendu pour Joseph, tué pour un agneau et qui a fini par triom pher de l’enfer. •» Après avoir fait plusieurs signes de croix sur le front du possédé et récité des prières, le prêtre lit l'exorcisme suivant : « Je t’adjure, vieux serpent (serpens antique'), au nom du jugement des vivants et des morts, au nom de ton créateur, au nom du créateur du monde, au nom de celui qui a la puissance de t’envoyer dans l’enfer, de sortir immédiatement, avec l’armée de ta fureur (exercitu furoristui), de ce serviteur de notre Dieu, qui se réfugia avec
8o l’initiation crainte dans le sein de l’Église. Je t’adjure de nouveau (signe de croix sur le front de l’obsédé), non au nom de ma faiblesse, mais au nom de la puissance du SaintEsprit, de sortir de ce serviteur de Dieu que notre Dieu tout-puissant a crée' à son image. O!<éis donc; obéis non à moi, mais au ministre du Chri t. La puis sance de celui qui t’a soumis à sa croix te presse.
Redoute le bras de celui qui a conduit les une i la lu mière après avoir vaincu les gémissements /e l’enfer. Que le corps de cet homme t’inspire la t s rc • (. igné de croix sur la poitrine) ; que l’image de Dieu t’inspire la crainte (signe de croix sur le front). Ne rési te pas et hàte-toi de sortir du corps de cet homme, car il lait au Christ de l’habiter.
Dieu, la majesté du Christ, k SaintEsprit, le sacrement de la Croix, la foi des sainte apôtres Pierre et Paul et des autres saints, le sang des martyrs, l’intervention des saints et des saintes, les mystères de la foi chrétienne, t’ordonnent d’obéir. Sors donc, violateur de la loi ; sors, séducteur rempli de ruse et de tromperie, ennemi de la vertu, persécuteur des innocents.
Cède la place, très cruel (dirissime), cède la place, très impie (i/npiissime), cède la place au Christ que tu ne peux atteindre, qui t’a dépouillé et chassé de ton royaume, qui t’a en chaîné après t’avoir vaincu et t’a enlevé tes vases, qui t’a précipité dans les ténèbres extérieures ou la mort vous attendait, toi et tes compagnons; mais pourquoi résistestu cruellement ? pourquoi refuses-tu témérairement d’obéir ?
Tu es coupable envers le Dieu tout-puissant dont tu as transgressé les ordres. Tu es coupable envers N.-S. J.-C. que tu as osé tenter et que tu as eu la pré tention de crucifier. Tu es coupable envers le genre hu main, auquel tu as offert le poison de tes persuasions.
« Je t’adjure donc, dragon très vicieux (dracon nequissime), au nom de l’agneau immaculé qui a marche sur l’aspic et sur le basilic, qui a vaincu le lion et le dragon, de sortir du corps de cet homme (signe de croix sur le front), de t’en aller de l’église de Dieu (signe de croix sur les assistants).
Crains et retire-toi, après l’invocation du nom de ce maître qui fait trembler les enfers, à qui les vertus des cieux, les Puissances et les Dominations sont soumises, dont Chérubins et Séraphins, sans jamais être
LE RITUEL DE L’EXORCISME bi fatigués, chantent les louanges en disant : Saint, saint, saint le Seigneur Dieu Sabaoth. Le Verbe qui s’est fait chair, le fils de la Vierge, Jésus de Nazareth t ordonne de sortir de cet homme. Retire-toi donc maintenant que tu es ad juré au nom de celui que Dieu a lui-même créé avec de la terre. Il t’est difficile de résister et de regim ber coi tre cet ordre.
Plus tu tarderas à sortir, plus ton supplice sera grand, car ce n'est pas les hommes que tu nie. ri es, mais celui qui commande aux vivants et aux morts et qui viendra juger les vivants et les morts.
Apres une courte prière, le prêtre lit enfin ce dernier exorcisme : < J'ad jure donc tout esprit très immonde iomnis immundissime spiritus), tout vain fantôme, tout envoyé de Sa tan, a . nom de J.-C. le Nazaréen, qui fut conduit dans le désert apres le baptême de saint Jean et qui t'a vaincu dans ta demeure, de cesser d’obséder cette créature que Dieu, à son honneur, a tirée du limon de la terre, et de redouter dans cette misérable créature non la fragilité humaine, mais l'image du Dieu tout-puissant.
Cède donc à Dieu, qui a précipité dans l’abîme toi-mème et ta four berie dans la personne de Pharaon par l’intermédiaire de son serviteur Moïse. Cède donc à Dieu, qui t’a con damne dans le traître Juda Iscariote.
Il t’a touché de ses coups divins, lorsqu’en sa présence, tremblant et vocifé rant. tu as dit à tes légions : « Jésus, fils du Dieu toutpuissant, es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps : » Jésus te condamne à des flammes éternelles, lui qui. dans la fin des temps, doit dire aux impies : « Eloi gnez-vous de moi, maudits, et allez dans le feu éternel qui est préparé pour le diable et ses serviteurs.
Les « vers vous attendent, toi et les tiens. Un feu dévorant vous est préparé pour l’éternité, car tu es la cause de l'homicide maudit, tu es l’auteur de l’inceste, tu es l’organisateur des sacrilèges, tu es l'instigateur des plus mauvaises ac tions, tu es celui qui enseigne l’hérésie, et tu es l’inven teur de tout ce qui est obscène.
Sors donc, impie, sors, scélérat, sors avec tous tes mensonges, car Dieu a voulu faire son temple du corps de cet homme. Mais pourquoi restes-tu plus longtemps ici ? Obéis à Dieu le père, devant qui toute créature fléchit les genoux. Cède la place à
82 L'INITIATION N.-S. J.-C., qui a répandu son sang sacre pour l'huma nité. Cède la place à l’Esprit-Saint, qui par s<m bienheu reux apôtre Pierre t'a vaincu dans le mage Simon, qui a condamne' ta fourberie dans Anania et Sa. i.i; a, qui t’a frappé dans He'rode qui n’a pas voulu honore • DLu, qui par son apôtre Paul t’a rendu aveugle d.i le mage Elyma. Sors donc, maintenant, sors, séducte ir. Le ’ésert est ta résidence.
Ta demeure est celle d’un ■ : hu milie-toi et prosterne-toi. Tu n’as pas de terni >rdre. Voici, en effet, Dieu le Maître; il s’avance • , :. ment, et le feu brûlera ses ennemis s'ils restent e vnce. Situ as pu tromper un homme, tune pourr s u >q er de Dieu. Il te rejettera, celui pour les yeux de .i rien n'est caché. Il te chassera, celui qui tient t ut pou voir.
Il te fera sortir, celui qui a prépare pou: t i et pour les tiens l’enfer éternel. » Le prêtre doit ensuite réciter le Pater n . l'.lve Afaria et le Credo ; puis il lira huit psaumes et recom mencera jusqu’à ce que l’obsédé soit délier. . i .
La 2e édition du Traité élémentaire de Magie pratique, vient de paraître, la ire étant déjà épuisée. ★ ¥ ¥• Plusieurs de nos lecteurs nous ayant demandé l'adresse d’un graphologue sérieux, nous recommandons en toute sécurité Chapy, 7, rue Lebon, Paris, dont les con sultations, uniquement par correspondance, sont à la portée de tous (3 francs en bons de poste). * X * tj Cette remarquable étude est extraite du journal le Temps.
NOUVELLES DIVERSES ET COURRIER BIBLI0GRAPH1QI E b? Le lundi 2 octobre, Papus a ouvert a 1 Ecole pratique de magnétisme, 2 3, rue Saint-Alerri, un cours de physio logie qui sera continué tous les lundis pendant douze séances. * * 4 BE 11884 Le Comité de direction du Groupe a décidé de pu- >1 ier en 1894 un almanach destiné à la propagande de nos i ées.
A. cet effet nous faisons appel à tous nos Délègues, s che fs de Branches et nos Correspondants en les priant .1 er chacun quelques lignes (remarques personiellc', extraits intéressants de lectures, pensées, expé- .•riences intéressantes, etc.). Chacun de ces envois sera signé soit du nom du cor- : .-¿pom int et de la ville qu’il représente, soit d’unpseug :ivme, soit simplement ues initiales.
Le nom du poste occupé par le chef de Branche ou le correspondant ;g irera toujours. Pour le reste nous suivrons scrupu leusement les indications données par l'envoyeur. Il est indispensable que les communications soient très courtes, une page d’écriture au plus. Nous espérons que tous les membres du Groupe indé pendant d Etudes ésotériques nous aideront en cette cir constance.
11 est indispensable que les communications nous soient parvenues avant le ier décembre. Tous les JOURNAUX SPIRITUALISTES SONT PRIES DE REPRODUIRE LE PRÉSENT AVIS ET DE COLLABORER A L’ALMANACH PROJETÉ. Adresser les communications à la direction de l'initia tion, 14, rue de Strasbourg, à Paris. ♦ • ♦ ♦ Le Dr Fugairon nous envoie la lettre suivante à propos d’un de ses articles parus dans l'initiation d’août 1893.
Monsieur, Mon travail sur la reconstitution des organes majeurs duTanat avant été imprimé sans que j'aie pu faire les corrections et les rectifications nécessaires, je suis obligé de vous prier de faire insérer la note suivante : i° L’amoureux est bien Adonis et les deux femmes sont ses deux amantes (Ilécate-Proserpine et Venus). D’après
l’initiation 84 le jugement de Jupiter, Adonis sera un tiers de l’année à Venus, un tiers à Proserpine et un tiers à qui il voudra. 20 J’avais été embarrassé à propos de la justice placée au signe du cancer. C'est bien Toth-Hermès tenant à la main une balance qui était représenté sur la lame du Ta rot. Ce Toth est l’Œnoch des Hébreux. Il est lié à la ca nicule.
3° Le Vulcain tombant du ciel tète en bas s’identifie avec Prométhée, ayant fait descendre le feu du ciel. Or, Prométhée est lié par les deux mains aux deux sommets de la montagne qui porte aussi le nom de colonne. Ces conceptions, unies au supplice de saint Pierre, ont pro duit le pendu du Tarot. 40 Hécate se confond ici avec Proserpine. On la repré sente voilée par des nuages portant deux torches allu mées à la main.
5° Rapprochez le mythe de Jonas du mythe du poète Arion et du récit du déluge indien ou Vichnou, sous la forme d’un poisson, sauve Manou. 6° La Papesse. La lame représentait Diane-Lune sous la forme d’une femme couronnée d’étoiles et vêtue d’un manteau étoilé, portant le croissant de la lune dans sa main ou l’ayant sous ses pieds. 70 Le bateleur. C’était un mage idéalisé, le verbe luimême.
De lui sortaient dix rayons lumineux et au-des sus de sa tête on voyait un serpent se mordant la queue et plié en forme de co, représentant l’inlini, Yen-soph. De vant lui se trouvait l’autel magique. 8° Le Monde. La lame représentait évidemment Apol lon tenant à la main une ou deux flèches. Il était entouré d’une couronne de laurier. Je donnerai prochainement l’interprétation de vingtdeux lames reconstituées. Dr Fugairon.
NOUVELLES DIVERSES ET COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 85 l’asile DES PAUVRES A CONSTANTINOPLE 11 y a à Paris une grande famille, où, comme il arrive dans toutes les familles, les membres sont divisés par les idées ; mais, sitôt qu’un cri de détresse se fait entendre, elle se retrouve compacte et unie pour courir au-devant de toutes les infortunes et les secourir. Cette famille se nomme : la Presse.
Elle a montré, en de nombreuses circonstances, que, devant le malheur, toutes les dissidences d’opinion disparaissaient aussi bien que les nationalités, et qu'alors elle ne songeait qu’à l’humanité souffrante. En effet, que le malheur frappe en Italie, enRussie, en Espagne, en Autriche, elle dit aux riches : « Donnez aux pauvres : c’est là le véritable socialisme; « pratiquez-le.
Montrez votre sympathie pour les afflia gés de tous les peuples, et que le monde entier apprenne « que la France généreuse restera toujours la grande « Nation au noble cœur. » Les riches ont toujours écouté la voix de la Presse.
Cette voix puissante, nous la sollicitons de la faire en tendre, pour demander à tous ceux qui en France aiment la Turquie, une obole pour une entreprise philanthro pique par excellence : l'obole de la sympathie et de l'amitié. La construction d’un asile des pauvres à Constanti nople est commencée. Le Sultan, très préoccupé du sort des déshérités de ce monde, en a pris l’initiative, en souscrivant une somme très forte.
Les Musulmans, aux quels le Koran commande si impérieusement l’aumône, sont invités à suivre son exemple. Dans la pensée du Souverain, ce secours aux misé rables les confond tous, sans distinction de race ni de religion.
Tous les pauvres auront droit à l’asile ; et qui sait si, dans ce siècle, où tant de gens quittent leur pays par la nécessité de ¿a lutte pour l'existence, il ne se trouvera pas des Français échoués en Orient après une lutte infruc tueuse. La Presse française, en faisant appel à la générosité de ses compatriotes, viendra donc en aide aux émigrants
86 l’initiation ses nationaux, en meme temps qu’elle montrera que la Turquie est toujours pour la France l’amie des siècles passés. En effet, s’est-il jamais rencontré une époque où l’ami tié de la Turquie puisse être plus utile à la France : Il suffirait d’un mouvement, dans l’un des pays de la Triple Alliance, pour entraîner une guerre dont on ne peut prévoir les suites.
Combien alors une interverti de la Turquie pourrait, soit empêcher la conflagration euro péenne, soit changer les résultats d’une gue re de ? ue inévitable ! La paix générale dépend donc d . S Dans la circonstance présente, la somme rc _ e 1porte peu ; le Sultan saura mener à bonne fin .ude oeuvre ; c’est l’nc/e du don enlui-memequi, ; ar . signi fication affectueuse, sera cher aux Ottomans.
Nous faisons donc un chaleureux appel a ix A >ciations, aux Syndicats de la Presse et aux Direcic des journaux de Paris, afin que, prenant en c n ié .lion des motifs aussi importants, au point de vue de la poli tique et de la charité, ils veuillent bien se réunir, rmer un Comité, et organiser une souscription, pour l’œuvre de bienfaisance dont l’initiative et l'accomplissement sont dus à S. Al. I. le Sultan.
Cette souscription sera mise sous ses yeux et deviendra le témoignage de la respec tueuse confiance de la France dans ses sentiments d’ami tié pour elle. L’Orient s’inscrit, dès à présent, pour la somme de cinag cent» francs qu’il tient à la disposition du Comité, aus sitôt qu’il sera formé. Le Directeur de 1'«. Orient » et de /'« Abeille du Bosphore », N. Nico laides. Paris, le 3i août i8q3.
NOUVELLES DIVERSES ET COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE S/ P etite bibliothèque Omnibus illustrée magnifiquement dans la plus luxueuse des éditions. Prix, 3o centimes : envoyé franco le port, 5o centimes à la librairie Geffroy, 222, boulevard Saint-Germain. La Résurrection du roman d'aventures Mademoiselle d'Artagnan, grand roman de capes et d'épées, par MM. Léon et Frantz Beauvallet, Boulanger, éditeur, 90, boulevard Montparnasse.
En vente chez tous les marchands de journaux : o fr. 10 la livraison, o fr. 5o la série. Le Capitaine Mandrin, grand récit d’aventures histo riques et dramatiques, par M. Jules de Grandpré; A. Favurd. éditeur, 78, boulevard Saint-Michel. Mêmes con fiions de vente que le précédent, sauf o fr. oâ la li vraison.
Le Fils de Lagardère, la suite du Bossu de Paul Féval, rédigée par le fils de l’illustre et regretté écrivain, en collaboration avec M. A. D'Orsay; H. Geffroy, succes seur de F. Rov, 222, boulevard Saint-Germain. Mêmes conditions de vente que les précédents, 0 fr. 10 la livrai son , o fr. 5o la série de cinq. ★ Après quelques années de défaveur, voici que les ro mans de capes et d’épées préludent à leur glorieuse renaissance.
Justice va enfin leur être rendue, car rien de comparable en effet, comme plaisir et repos d’esprit, à la lecture de ces mille chefs-d’œuvre passionnants,auxquels Alexandre Dumas, Paul Féval, Maquet, Achard, Capendu, le marquis de Cherville et tant d'autres doivent leur im mortalité.
C’est une tâche noble etsainte que de remettre au jour la mode de ces publications qui délassent les humbles de leurs horribles tribulations et de leur misère, qui font dérouler sous leurs yeux des scènes qui gran dissent l’âme, donnent au cœur une satisfaction très grande, l’illuminent d’espoir et laissent un inoubliable souvenir. T rois essais de ce genre viennent d’être tentés, en même temps, par trois éditeurs divers. D’abord le Capitaine Mandrin, édité chez A. Fayard,
88 l’initiation 78, boulevard Saint-Michel, livre écrit par M. Jules de Grandpré, qui ressuscite la ligure de ce génial bandit, dont les événements de 1789 eussent fait un de nos plus grands révolutionnaires. Je reviendrai plu loin sur cet excellent ouvrage et lui consacrerai une notice spéciale.
Puis, le Fils de Lagardère, une suite du 11 >su de Paul Féval, écrite par le fils même de l'illustre et regretté écrivain, en collaboration avec M. A. d’Ors y, publiée chez l’éditeur H. Geffroy, successeur de M 1 . Roy, 222, boulevard Saint-Germain, volume orne d'il rions splendides.
Enfin! celui-là, je l’ai réservé pour la bon . che, l’estimant le plus précieux et le plus magnifique, l'cditeur Boulanger, 90, boulevard Montparnasse, > entrepris la vente d’un roman intitulé Mademoiselle d ’ Artaguan, dont MM. Léon et Frantz Beauvallet sont les auteurs et qui obtiendra, je le crois, la popularité des I rais AFasquelaires. * ¥ ¥ Le Capitaine Mandrin. — Mandrin n’est pas un mal faiteur vulgaire, c’est un homme de proie, un brigand, mais de large envergure; rien de mesquin, ni de lâche, chez lui; il pille, mais n’escroque pas; il n’assassine point, il se bat.
Jeune, beau, aventureux et intelligent, il a tout pour lui, il est sympathique, brave, généreux Il combat et ruine ce que le peuple hait, et partout le peuple est son ami. Guerre aux châteaux, paix aux chaumières !.. A bas la douane, l’octroi, la gabelle ! A bas les impôts qui écrasent les pauvres gens !.. telle est sa devise. C’est un homme historique; on ne fera jamais l’his toire des abus de l’ancien régime sans parler de Mandrin.
Brigand en iySS, il eût été en 18S9 un révolution naire. Avant de biffer les lois iniques, il faut briser leurs ins truments. Le contrebandier Mandrin fut le plus grand des briseurs de barrières. Il fut un homme nécessaire; son brigandage naquit des abus de son temps. Quand les impôts sont excessifs, que la misère est extrême, la police est sans autorité, sans force, et le bri gandage fleurit !
NOUVELLES DIVERSES ET COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 89 A la tête de ses deux cent s cavaliers, il apporte des ballots de contrebande et ne rançonne que les commis; ses quatres grandes expéditions durent plus d’une année à travers la Franche-Comté, le Dauphine, le Lyonnais, le Bourbonnais, l'Auvergne, dix-neuf départements, vingt-sept villes dont il s’empare, où il délivre les déte nus et vend sa contrebande.
Pour le vaincre, il fallut former un camp devant Valence et envoyer 2,000 hommes. On ne le prit que par trahison, et encore aujourd’hui des familles s’hono rent de sa parenté et disent qu’il fut un libérateur! Nulle existence n’est plus romanesque et plus dra matique que celle de ce brigand légendaire.
Aucun récit n’est plus intéressant, plus empoignant que celui de la vie du grand contrebandier, le Capitaine Mandrin! ★ Le Fils de Lagardère. — Le Fils de Lagardère est la suite du Bossu, dans laquelle nos amis lecteurs re trouveront les mêmes personnages. .
Ces personnages out un caractère particulier et vrai ment intéressant dans leur genre; toutes les scènes sont émouvantes, bien groupées et arrangées avec un entrain et un ordre parfaits et font du Fils de Lagardère un roman digne de son aîné.
Les scènes que le lecteur verra se dérouler devant ses yeux sont de celles qui grandissent l’esprit, donnent au cœur une grande satisfaction et laissent un bon et durable souvenir. w • Mademoiselle d’Artagnan. — Qui n’a lu les Mousque taires, ce chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas, le maître qui, depuis un demi-siècle, nous a tous charmés par la magie de son style et entrâmes par ses récits toujours vivants et vibrants.
Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan sont les amis du monde entier. D’Artagnan surtout, le héros spirituel, mordant, alerte, audacieux, l’àme de l’association, le chef incon testé des Mousquetaires, l’adversaire heureux du terrible
l'initiation 9° cardinal, celui qui sauve les seines, protège le trône de Louis XIV et qui meurt maréchal de France, au champ d’honneur. Mais, au moment de mourir, un dernier clan de bonté le tente. Avant de fermer les yeux pour toujours, il trouve sur le champ de bataille une petite fille abandon née qui tend ses bras au héros mourant. Il l’a 1 .£>te et la lègue à ses mousquetaires. Une fille de d'Artagnan !
Aussi valeureuse, aussi en diablée que le père ! Et Dieu sait à travers qu 1s grands coups d’épée, quelles intrigues de cour, quels drames d’amour et de guerre, quelles aventures enfin elle se fraye un chemin dans le monde I L’ouvrage paraît en livraisons illustrées, deux fois la semaine. Les illustrations, d’après les tableaux de Diaqué, gravées par Aubert, sont dignes du sujet.
On remar quera l’impression en deux couleurs, bleu et noir, qui constitue une nouveauté très artistique pour ce genre d’ouvrage, et fera de ces feuilles réunies un riche et luxueux volume. Malgré ce double tirage, le prix de la livraison n’est pas augmenté et reste fixé à o fr.
10. * * * Souhaitons que le succès de ces trois merveilles dépasse les prévisions les plus optimistes et enrichisse auteurs et éditeurs 1 ★ * ¥ Signalons, en outre, mais bien à la hâte, —du reste, je traiterai longuement ce sujet le mois prochain, — ces deux admirables collections de coquets volumes qui de vraient valoir 20 fr. et que, par un tour de force tenant au prodige, M. Geffroy met en vente au prix dérisoire de... trente centimes !
Comme ils sont bien nommés les Petits bijoux! Quel ca deau exquis, peu coûteux, à la portée de toutes les bourses, à offrir pour le jour de l’an aux jeunes filles, aux parents aimés ! cette résurrection unique de tous les chefsd’œuvre ignorés : Daphnis et C/iloé ; Manon Lescaut, 2 vol.; Werther ; Contes à ma sœur, de Hége'sippe Mo reau ; les Amours tragiques du duc de Comminge, par
NOUVELLES DIVERSES ET COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE Q1 Mme deTensin; Adolphe, ce sublime chef-d'œuvre de Benjamin Constant ; le Diable amoureux, cet autre chefd'œuvre de l’infortuné Cazote; Paul et Virginie, cette enivrante idylle de Bernardin de Saint-Pierre; les Contes et les Fables du divin La Fontaine; les Odes d'Anacréon, les Poésies de Sapho ; la Princesse de Clèves, roman jadis illustre de Mm® de Lafayette, que nul n’avait encore ré édité ; le Siège de Calais, récit palpitant de de Tensin ; le Lion amoureux, de Frédéric Soulié; Contes choi sis, de Boccace, et combien d’autres perles précieuses paraîtront à la suite 1 En vérité, je vous le dis, la stupéfiante audace de M. Geffroy dépasse les limites de l’imagination, et l’édi teur capable de réaliser une tentative de cette envergure, d’une géniale folie, une œuvre aussi humanitaire est incontestablement une puissante intelligence et un cœur noble et généreux !
George Montière. ★ ¥ ¥ Medjour, par Charles Gp xndmougin, une brochure, 70 pages. Chamuel, éditeur. Une nouvelle oeuvre de notre déjà célèbre compa triote, exquise au possible, et emplie de curiosité scien tifique autant que d’intérêt littéraire.
C’est le roman de ['occultisme moderne, qui séduit tous les jours tant d’intelligences par son merveilleux et son apparence surnaturelle ; c’est une sorte d’épopée fan tasque, semblable aux féeries du moyen âge ; c’est une suite d’expériences dues aux découvertes récentes de nos savants, vulgarisées par la plume magique de l’auteur, grossies au microscope de son imagination qui a peutêtre ici une trop grande place.
Valère de Sorange habite en compagnie de sa jeune et jolie femme qu’il négige, puis qu’il abandonne défini tivement pour s’adonner aux sciences occultes, les bords de la mer bretonne. Un sorcier hindou, Medjour, dont il fait rencontre, l’initie aux mystères du spiritisme.
Mais, comme le Chinois des Lettres persanes, ou les engins prodigieux des multiples Voyages à la Lune, il se faufile, en compagnie du catéchumène Valère, partout où le veut l’esprit de l’auteur, et nous réserve des dévoile
L INITIATION 92 ments inattendus, d’ingénieuses surprises : des phéno mènes qui vous font croire à un conte de Le, et de cu rieuses choses sur l'outre-tombe et l’avenir. Successivement passent sous les veux du lecteur émer veillé les planètes supérieures où s’agite par degrés, dans un décor fleuri de surnaturel et sans cesse renouvelé, la vie éthérée jusqu’à l’idéale perfection.
Nous avons ici à tous les points de vue 11 . livre très curieuse, hautement philosophique et en mèn e temps empreinte d’une chaude poésie qui s’harn. . i c très bien avec le merveilleux du sujet et en rehaus -e le restige.
Nous avons d’une part un roman entraînant, d'un style chatoyant et enchanteur; d’autre part une ctude très utile à la science moderne, qu’elle vulgarise, et qu’elle met à la portée de tous en la rendant interessante et presque aimable: un nouveau succès, hàtons-nous de le dire, pour M. Grandmougin. Alfred Rem y. Vient de paraître: Mathématiques et mathématiciens, pensées et curiosités, recueillies par A. Rebièpe, 1 vol. in-8.
2 édi tion, 5 fr. (franco). La seconde édition de ces mélanges sur les alentours des Mathématiques contient le double de matière. Les sujets analogues ont été mieux groupés et reliés, des notes ont été ajoutées çà et là, la partie historique a été étendue, la table des matières a été détaillée pour faci liter les recherches.
La première partie, la plus longue et la plus impor tante, est formée de morceaux choisis sur les principes, les méthodes, la philosophie, l’enseignement et l’histoire des Mathématiques ; ils sont extraits des philosophes, des historiens et surrout des mathématiciens de tous les temps. Ces aperçus variés, ces pensées fines ou pro fondes ouvriront aux esprits curieux des horizons nou veaux. Abandonnant ensuite les hautes généralités elles abs tractions, l’auteur nous montre la Science et les savants
NÉCROLOGIE à un point de vue familier, biographique et anecdotique ; puis il arrive aux paradoxes qui piquent la curiosité et où se trouve souvent un grain de sagesse. L’ouvrage ss termine par un choix de ces problèmes de fantaisie que Bachet qualifiait de plaisants et délec tables. NÉCROLOGIE L'abbé Roca Une bien douloureuse nouvelle vient de nous parvenir le 25 septembre.
Après une vie de lutte et de privations entièrement consacrée à la défense du spiritualisme, l’abbé Roca vient de mourir.
Ceux qui assistèrent au congrès de 1SS9 se souviennent encore de cette ligure énergique, de cette voixehaude et vibrante qui souleva des tonnerres d'applaudissements en s’écriant : <■ Mon Christ n’est pas celui du Vatican. » L’historien qui voudra aborder l’ctude du mouvement spiritualiste en ces dernières années devra reconnaître l’influence considérable exercée par l'abbé Roca sur ce mouvement.
C’est après avoir approfondi les doctrines du Carmel de Lvon ; c’est après en avoir découvert les sombres des sous, que l’abbé Roca démasqua le sorcier qui dirigeait ce Carmel: l'ex-abbc Boullan. C’est de là que date celte étrange maladie d'yeux qui ne fit que s’aggraver par la suite, et qui fut une des causes delà mort si rapide de ce brave Roca. Brave, il le fut toujours, et partout ; et cette bravoure lui coûta sa position et son bien-être.
Car c’est en soute nant l'importance, pour l’Eglise, d’entrer dans le mou vement socialiste, c'est en rappelant ces pharisiens du clergé à leur origine et à leurs devoirs, que l'abbé Roca encourut personnellement les plus grandes peines disci plinaires de la part de son évêque; mais aussi qu'il eut la
l’initiation 94 joie, au sein de la detresse ou 1 avaient plongé ses supé rieurs en le privant de gagne-pain, qu’il eut la joie de voir ses idées adoptées en grande partie par la Papauté. Car, il ne faut pas le cacher, de ce prêtre énergique, soutenant ses idées dans le style de l’Église. et assié geant le Vatican de ses doléanceset de scs cpitres, a eu une influence incontestable sur le grand . ontife blanc.
L’œuvre de l'abbé Roca est considérable; écrivain et journaliste, il a collaboré à presque toutes les revues s’occupant d’ésotérisme, et chaque mois il b nnait un ar ticle à YEtoile. C’est lui qui le premier eut l'idée de fon der «un organe du christianisme ésotéri pie Mais son œuvre mérite une analyse particulière et nous avons simplement voulu jeter un salut en passant au vail lant soldat qui vient de tomber en pleine bataille.
Nous reviendrons prochainement et sur l'homme et sur ses travaux. Papus. L’Église ayant refuse' à l’abbé Roca la sépulture ecclé siastique, nous reproduisons la lettre suivante adressée par Roca à son curé dès 1890 : « Château de Pollestres, le 12 juin 1890.
« Mon cher et digne curé, « J’ai à vous faire une communication qui, dans l’état d’esprit où vous êtes et où sont bon nombre de nos frères en sacerdoce, ne manquera pas de vous attrister profondément, à mon grand regret. « Vous êtes le curé de ma paroisse, et c’est à ce titre que je crois devoir vous manifester mes dernières volon tés, telles qu'elles se trouvent z'rrévocjZ’Zeme/zi fixées dans mon testament.
C’est par charité que je le fais: pré venu d’avance, vous pourrez consulter le premier pasteur du diocèse, qui, de son côté, aura le temps de délibérer sérieusement sur ce cas extraordinaire, et, au besoin, d’en référer à Rome pour dégager sa responsabilité de vant Dieu.
nécrologie 95 « A ma mort, Vous aurez, mon cher ami, à prendre une détermination dont vous comprendrez toute la gra vité, quand je vous aurai dit que j’entends mourir en chrétien fidèle, non seulement comme membre du corps social vivant du Christ-Esprit, ou, ce qui revient au meme, de son Eglise, une, sainte, catholique et aposto lique, mais encore comme prêtre, c’est-à-dire comme ministre ou serviteur dévoué de ce meme corps, de cette même Eglise.
« En conséquence, je sollicite humblement de mon curé, au moins pour l’heure de ma mort, l’administration des derniers sacrements, et pour, après ma mort, les honneurs de la sépulture ecclésiastique.
« Si ces grands bienfaits me sont refusés, j’ai la dou leur de vous informer que des mesures sont prises pour que ce refus soit porté à la connaissance de tout le monde, par la publication qui en sera faite d’abord sur ma tombe, à l’heure même de mon enterrement, et puis dans les revues et dans les journaux où j’écris et qui tous se feront un devoir d’insérer en même temps ma profession de foi catholique et le texte de la présente lettre.
« Voici au reste, mon bon et cher monsieur Cot, l’ar ticle testamentaire où j’ai consigné ces dispositions : « Extrait de mon testament, « Je meurs comme j’ai ve'cu, attaché de tout mon « cœur, comme chrétien et comme prêtre aux prin- « cipes de la foi religieuse que professe l’Église une, « sainte, catholique et apostolique dont Jésus-Christ est « le chef invisible et le Pape le chef visible.
« Je ne rejette aucun des articles de cette foi, tels « qu’ils sont formulés exotériquement dans les trois spin- « boles catholiques des apôtres, de Nicée et de saint « Athanase, et dans les canons dogmatiques décrétés par « nos dix-huit conciles généraux et promulgués par le « Souverain Pontife, ex officio cathedra’. Je crois de « toute mon âme à l'Immaculée Conception de la très « sainte Vierge Marie, et à l'infaillibilité personnelle du
96 l’initiation « Pape, telle qu’elle a etc définie par le concile du Va- « tican tenu en 1870, « En conséquence, je supplie l'évèquc du diocèse et le « curé de la paroisse où je mourrai de m'accorder les « bienfaits des derniers sacrements et les honneurs de « la sépulture ecclésiastique.
Je veux être i mé comme « les pauvres, par le ministère religieux d' n seul pretre « qui dira pour moi une messe non chai tèe, présente « corgore, et deux autres messes basses le I tôt pos- -« sible. Je demande que ma dépouille m rtc-lie soit « accompagnée au cimetière et mise en terre -tinte sans « aucune espèce de chant, et que le prêtre se contente de « réciter pour moi les prières liturgiques.
« Si les honneurs de la sépulture me soi t refusés par « l'ordinaire diocésain, je prie un parent ou un ami « (j’aimerais que ce fût mon cousin le docteur "’du ”‘) de « se mettre à la tête du cortège funèbre, portant haut la « croix, signe sacré de la Rédemption et symbole béni de « toutes nos crovances.
Dans ce cas, j’entends et ordonne « qu’il soit fait lecture à haute voix, publiquement, de- « vant toute l’assistance réunie au cimetière, des décla- « rations testamentaires que je viens de faire et parles- « quelles je témoigne, devant Dieu et devant les hommes, « de ma foi pleine et entière en l’Eglise de Jésus-Christ, « «ne, sainte, catholique et apostolique.
« Je demande aussi (dans le cas de refus, s’entend) que « ma lettre au curé de Pollestres, portant la date du « 12 juin i8qo, soit lue publiquement; et enfin je veux « et j’ordonne que les plis cachetés joints à ce testament « soient expédiés sans retard aux revues et aux jour- « naux dont l’adresse est inscrite sur leurs enveloppes « respectives. » Il va sans dire, mon cher curé, que je n’attends ni ne demande aucune réponse à cette triste notification.
Ce que je sollicite de vous est une participation à vos bonnes prières, un petit souvenir au memento des morts quand je ne serai plus là pour vous causer des chagrins dont je vous demande bien pardon, bien qué ma conscience m’y oblige. A chacun de taire son devoir ; le vôtre, mon cher ami,