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V £ 9? V O LU<E. k (Mai JL893) ' Marc Hayen.-, * Hy piro tîsme^ Force psychique Tliêosopliie, Kabbale , Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences "Occultes z*=: --------,——_----------— . . ,6-< ANNÉE - Sommaire du n° s ; / . ■ —ji I EJ NITIATIQU E. v. '¿'instruction integral^' •, • . ' (avec'figures)."..’.../, \ -J. ? (p. 97 à 116.) , . . La Plagie d'Ai'batel....... E F HILOSÏ) PH I Q’IIE slïïFë^'ldsdure. ^astrale. »^tfr^CÏENiTI Fl^U’E.v...
' (étude experiment -< "J‘\ * taie....:.?..... L...,'......... ’ v -, (.p, 128-à 131.) Note........................... : (p. i3o.) . \ jf%X'La Ponade hiérogly- ‘£.7/ ' phique..............s ■>/ . Y A. de Rochas. Papus. ’ „ Jav£c nombr-. rfig.).. tPhilophôt,è£.- ¿”'(Q. J 32 à 142'.)'.. , ........... Planètes et Temperainen'ts ........... <..: (p. 143 à 146.) ' . L;e Spiritisme dans l’an tiquité et, dans les temps modernes. (p. 146 à 15'2). .
Evocation.............. (p. i53,à 162). ' Lès Epines de Villers \ '(poésie)............. .....' ?' (p. i63^à 164.)' z L'a'Rèyanche d'isis,... (p. 165 à-i^2Î)-r " Dr- Ferrati. • Émile' Sigogne. t û v * 11 ... J. de Tallénay. ... Maurevert. "r 5 mJ îj? * L** 1 f. L ' ' ' % MfôlE.UTTÉRAIRE S.-Ti/f/ ''■e'* ” BRv a*-: "ly * ’ "£ - -‘ . . ' ’ " - ®übè;indeDéndant d<Etud4sjésotériÎ[ues. rSelva. Les,-Juifs d’Algérie. — —< È’òuriwer lJbi bjiógr^^ »■ * ' " "* -t. 1 1 *
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. .
Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence '. de la Société, de la Politique et'de lq Religion ; mais elles n'ont abouti qu’à de-vaines et stériles.négations. -La Science expéri mentale a conduit’lès savants malgré eux. dans le. dômaine: des .. forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance. .Effrayés dés résultats de leurs propres expériences, les .
Matérialistes en arrivent à les nier.' ■ - • . _ L'Initiation est l’orgàne principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent : Dans la Science, à ..constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemp'orains.
Dans la Religion, à donner uqe: base:-solide.à-là Morale par la découverte d'un même.ésotérisme caché- au fond de tous les cultes'. ■ Dans la Philosophie; à sortir dès métho'des purement méta physiques; des Universitaires,: à- sortir des méthodes purement physiqués des-positivistes pour unir dans- une Synthèse unique . la .Sc.iënce et la Foi, le Visible ,etTOcculte, la Physique et la Métaphysique. - Au point de vue social, 1’Initiation adhéré au programme de toutes les revues et sociétés qui' défendent, l'arbitrage contre" l’arbitraire, aujourd’hui ;en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme ètle-sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin, l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus,et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.. ...
La première partie de la Revue1 (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les. études de Science Occulte.
La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à . tous. les. gens .du monde instruits. • Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies-et des . nouvelles qui exposent, aux lectrices, ces arides questions-d’une ' manière qu’elles savent toujours a;Jpr.écier, . v , L’Initiation paraît régulièrement du 15 au 20 de chaque mois et compte déjà cinq années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisêes.3 :
L’Initiation du i5 mai 18§3 Principaux Rédacteurs et Collaborateurs de 1 Initiation PARTIE INITIATIQUE F. Ch. Barlet, S/. I.‘. & — Jules Doinel, S» *. I.'. (D. G. E., ~ " V.fc — Marc, Haven,- — Emile Michelet, I.-. (D. S. E.) - . L*. & — Philo- ■. I/. (D. G. E.) — (C. G. E.) — Vu.RGEY, — Ep.- Gnost; — Stanislas de Guaita, S.’. I * S.-. I.-. ÿj — Julien Lejay, S/. L*. - _S.l 1?. (C. G. E.) — Lucien Màuchel, S.* George Montière, S.'.
I.‘. & — Pàpus, S. photes, S.*. I.’. (C. GJ E.) — Quærens, S. Sédir, Sa I.*.(C. G. E.)— Selva, S.-. L*. (D. G. E.). '' 2° PARTIE PHILOSOPHIQUE ÉT SCIENTIFIQUE. Abil- Marduk. — Aleph. — Dv Baraduc. — Le F.‘. Ber trand 18’.*. — René Caillié. —■. A. C. Tshéla. — Camille Chaigneau.— Chjmua du Lafay. — G. Delannf..’— Dei.ézinier. — Fabre des Essarts. — Dr Fugairon. — Jules Giraud. — L.Hutchinson. — Horace Lefort. — L.
Lemerle.'— Donald Mac-Nab. — Marcus de Vèze. — Napoléon Ney. —‘ Eugène Nus. — Horace Pelletier. —- G. Poirel. Raymond. — A. de Rochas. — Dr Sourbeck. — L. Stevenard. — Thomàssin. — Pierre Torcy.'—■ G. Vitoux..-— Henri Welsch. — Oswald Wirth. — Yalta. PARTIE LITTÉRAIRE Maurice.Beaubourg. — E. Goudeau. — Manoël.de Grandford. —■- Jules Termina.'— L.
Hennique. — Catulle Mendès. — George Mon.uère. —'Léon Riotor. — Saint-Fargeau. — Robirt Scheffer. — Emile Sigogne. — Ch. de Sivry. ■ < ..A/' ■ .■ > POÉSIE Çh. Dubourg. — Rodolphe Da-rzens,. — Yvan Dietschine. — Paul Marrot;— J. de Tallenay. — Robert de la Villehervé. .
iÿ;i GRC>tTPE INbÉPÈNbANT S . D’ÉTUDESESOTERIQUES .? SOCJÉTÉ D’ÉTUDES THEORIQUES. ET PRATIQUES DES FORCER ■ ‘ /.'.ÊN.CORE NON DÉFINIES DE LA NATURE ET DE L’HOMME ■■■ . Membres. — Les membres ne payent ni cotisation, ni . droit d’entrée. Tout abonne-dé l'initiation ou du Voile: ■■ ■ d7sL' reçoit sa carte de membre associé sur sa demande. ■/. Quartier Général.■ La/Société comprend 22 Groupes d’études théoriques et pratiques au Quartier Général, . -2g, rue de Trévise, Paris. / De plus, une Bibliothèque, une saile.de lecture, une salle de conférences, pouvant contenir 200 auditeurs,-et une librairie existent au Quartier-Général. Branches. — Des branches de Groupes Indépendants d'études ésotériques sont établies en France et à FEtranger Le Groupé compte actuellement: 21 branches régulières en France, 3o branches à l’Etranger et 23 correspondants dans les centres qui ne possèdent.pas.encore une Branche régulière. Journaux. •— Propagande., — Outre les volumes édités par la Librairie, le Groupe possède comme organe de propagande : ■ L'Initiation (revue mensuelle). — Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire). — Psyché (revue mensuelle d’art et de littérature). —La Bibliographie.de la Science Occulte (bulletin trimestriel); —^De plus':’ The Ligth of ■Paris (journal hebdomadaire), irtïpfimé'en anglais vient d’être créé comme-organe delnBibliothêqueinternationale: des Œuvres des femmes, destiné à faire la propagande.de. l’bccultisme dans les pays de'langue anglaise.
PLANCHE SE RAPPORTANT AU SYMBOLISME DU MOT CAÏN Voy. la thèse de licence en Kabbale du Dr Delézinier (initiation d’Avril 1893.)
PARTIE INITIATIQUE i L’Education que nous limitons trop souvent à son rôle intellectuel, l’instruction, et qui est pire à l’ins truction mnémotechnique fi); L’Education que nous réduisons à une fonction ad ministrative, et non pas même des plus considérées ; L’Education n’est rien moins que la seconde des trois fonctions du Sacerdoce.
La première de ces fonctions consiste à rechercher, à entretenir, à développer les facultés transcendantes de l’homme, afin que la chaîne qui le relie à ÏUniversel ne soit jamais rompue; elle préside à la créa tion de la Pensée. C’est l’art divin. (i) 11 faut rendre hommage, cependant, aux efforts constants faits, depuis vingt ans surtout, dans l’instruction publique, pour nous arracher à cette ornière, à l’aide des théories pestaloziennes. 4
l’initiation 98 La troisième fonction consiste à fournir à la Société, avec l’aide de toutes les facultés élémentaires ou trans cendantes du génie humain, les principes propres à la diriger dans sa mission universelle: elle préside à la réalisation de la Pensée; c’est la fonction du légis lateur, de l’artiste, de l’ingénieur. C’est l'art ter restre.
L’Education, entre les deux, préside à la formula tion de la Pensée pour la conscience et pour l’intelli gence.
Et, s’il faut définir le Sacerdoce, dont la notion semble s’effacer aujourd’hui avec celle de tant d’autres principes supérieurs, on rappellera que le Sacerdoce, sous quelque costume qu’il se déguise, est la fonction par laquelle l’homme, sincèrement affranchi de toute concupiscence égoïste, réduisant sa vie matérielle au strict nécessaire acquis par le travail commun, vivant par conséquent dans le labeur et l’humilité, a reporté toute l’énergie de son ardente ambition vers le déve loppement de ses facultés les plus nobles pour les con sacrer au service de ses semblables.
Où sont de pareils hommes? Comment peuvent-ils se grouper au milieu de notre désordre? Quels sont leurs pouvoirs et leurs principes communs ? Ce n’est pas ici le lieu de traiter de pareilles questions.
En par lant d’eux et de leur rôle, qu’aucun bouleversement social ne fera disparaître, à moins de tuer la société elle-même, on entend seulement indiquer de quelle hauteur l’éducation doit être considérée, quelle est son étendue, quelles sont, par suite, les limites du sujet traité dans ce modeste essai.
l’instruction intégrale 99 * * L’Education elle-même, ainsi considérée, se partage à son tour en trois rôles distincts : Le premier est le règlement de la conduite morale ; ■elle le remplit en fournissant à toute condition et à tout âge un guide sûr, éclairé, désintéressé, des con seils qui ne se refusent ni ne s’imposent jamais.
Le troisième rôle est le règlement de la conduite pratique : le Sacerdoce le remplit en offrant de même un guide théorique toujours prêt à éclairer l’accom plissement du travail humain en toutes ses variétés. Le second rôle est celui qui constitue ïEnseigne ment, ou éducation de l’intelligence. C’est de lui seul qu’il sera question ici ; encore s’en faudra-t-il de beau coup qu’il soit traité dans toute son étendue ; elle est trop vaste.
Pour épuiser le sujet de la Pédagogie, il faudrait, en effet, après avoir défini son but, étudier en détail ses moyens, psychologiques ou intellectuels, rechercher les principes de son gouvernement, discuter ses mé thodes et ses procédés, traiter de la répartition de ses ■écoles et de ses classes. Beaucoup moins large est le cadre, bien étendu déjà, du présent essai.
On n’y traitera ni de la psychologie, ni des méthodes «et des procédés, ni du gouvernement de l’instruction ¿publique ou de la collation des grades, ni de la dis tinction des écoles. L’élève supposé sera, pour ainsi dire, un enfant théorique ion ne tiendra aucun compte de son tempérament physique, moral ou intellectuel ;
100 l’initiation on le supposera capable et désireux de recevoir dans toute son étendue l’enseignement préparé.
Ainsi, réservant toutes autres des grandes questions théoriques ou politiques de la pédagogie, et, à plus forte raison ses questions secondaires, on se bornera à celle des matières de l’enseignement et de la distribu tion deces matières, en un mot à son Programme, ★ * + L’esprit de celui que l’on va proposer est tout dans le désir de donner à l’instruction une Unité qu’elle a perdue et qu’elle tend à perdre de plus en plus.
L’unité, n’est-ce pas ce qui manque le plus à notre ■ enseignement ? L’antiquité païenne la trouvait dans, ses mystères ; l’Èglise avait aisément rapporté à ses dogmes des sciences, alors bien restreintes et bien im parfaites.
La Renaissance l’avait demandée aux clas siques anciens desquels elle procédait, et les Pères Jésuites l’avaient ensuite complétée parleur méthode mnémotechnique. - Mais aujourd’hui tous ces moules ont éclaté, brisés par la vie exubérante de nos sciences modernes; ses fruits s’en échappent de tous côtés, en désordre, comme les graines d’une silique trop mûre, et nos pédagogues ne savent comment obvier à cette disper sion.
On crie partout à la surcharge, avec trop de raison, ils le savent; mais comment réduire, comment élaguer sans mutiler, comment unifier ? Devant eux surgissent les insolubles questions de l’orthographe, du latin, de la prépondérance du grec, ou du prinl’instruction intégrale ioî cipe Multum aut multa, de la distinction des lettres et des sciences, et tant d’autres encore !
Ne pouvant diviser les matières, on divise l’ensei gnement, préparant ainsi pour l’avenir des castes qui ne peuvent qu’accroître les souffrances de notre démo cratie : enseignementprimaire. enseignement primaire supérieur, enseignement secondaire classique,, enseignementsecondaire moderne, enseignement supérieur, autant d’instructions spéciales qui n’ont peut-être de commun que leur défaut principal : la tendance utili taire, le manque d’idéal !
C’est qu’on ne voit pas où tend la multiplicité de nos sciences, sinon à un progrès qu’on ne perçoit clai rement que dans la sphère physique, et déjà nous pou vons pressentir de quelles catastrophes sociales nous menace une pareille restriction des horizons humains !
Comment donc retrouver l’unité dans ce chaos, l’unité utile, claire, propre à fournir à l’élève une règle de conduite intellectuelle et morale, sans imposer à son libre arbitre aucune contrainte sectaire ? Grave et difficile question que l’auteur du présent essai n’a nullement la prétention d’avoir résolue par lui-même.
S’il en ose offrir une solution différente des programmes élaborés par nos savants les plus distingués, ce n’est que parce qu’il pense en avoir aperçu une assez inattendue, mais renouvelée plutôt que nouvelle, dans une sphère intellectuelle dont les circonstances ont fort éloigné notre siècle, à savoir dans les principes de synthèse de la science antique. L’unité de la Science était empruntée autrefois à un principe métaphysique universel qui a vivifié de
102 l’initiation sa puissance les plus grands génies de tous les temps ; depuis la haute antiquité égyptienne, indienne ou chaldaïque, jusqu’à la philosophie contemporaine la plus élevée, depuis Hermès jusqu’à Schopenhauer, -Fichte, Hegel, Hartmann, après les Pythagore, les Platon, les Aristote, les Pères de ¡’Eglise (tels qu’Ori- ■gène), les saint Thomas, les Bcehm et tant d’autres. Je veux parler du principe de la Tri-Unité !
Il va donc s’agir ici d’une tentative de Synthèse tri- ■nitaire de nos Sciences, construite en vue de l’instruc tion à tous ses degrés, tentative qui s’avoue fort mo deste et qui n’a d’autre prétention que d’attirer l’at tention des penseurs vers cette source si féconde et si ■oubliée !
II Tout le monde connaît, ou en tout cas tout le monde peut accepter comme évident le ternaire an tique qui partage les objets de toutes nos connaissances en trois mondes : Le Monde physique, ou du phénomène ; Le Monde métaphysique, ou du noumène, des prin cipes premiers ; Et le Monde intelligible, ou des lois secondaires. .
Il n’y aurait donc pas grand inconvénient à pour suivre les conséquences de cette distinction primor diale, considérée comme un fait suffisamment concor dant avec nos idées habituelles. Cependant, par respect pour les légitimes scrupules des lecteurs que l’à priori ne saurait contenter, on
l’ínstructíon intégrale io3 croit utile d’ajouter ici quelques considérations plus approfondies, afin de justifier et d’expliquer le choix delà Trinité comme base d’un enseignement syn thétique. Libre à qui le préférera de laisser ces expli cations à l’arrière-plan, en franchissant le présent para graphe. * * ¥ Ce qui distingue la Trinité de tout autre ternaire, c’est qu’aucun de ses termes n’existe, dans sa pléni tude, que par sa coexistence avec chacun des deux autres, bien qu’il en diffère en quelque façon. Exem ple, la Trinité : le Vrai, le Bien, le Beau. La raison en est dans la nature de ses trois termes. Deux d’entre eux doivent être essentiellement con traires, antagonistes en quelque point, au moins, de façon que, tout en étant subordonnés l’un à l’autre par cet antagonisme même qui les caractérise, ils ten draient cependant à s’exclure comme contradictoires, si le troisième terme n’était de nature à les. rassem bler. Telle est, par exemple, la Trinité chimique : acide, base, sel ; ou encore celle, physique, de l’électricité positive, négative ou neutre. On remarquera que la réunion, caractéristique du troisième terme, peut être inerte ou active (statique ou dynamique), selon qu’il rassemble les contraires en les neutralisant, ou qu’il sert de passage de l’un vers l’autre. La Trinité électrique donne une image claire de ces deux cas par l’électricité neutre^du condenseur
l’initiation 104 comparée à l’électricité du courant (1). Il en résulte qu’une Trinité peut se présenter à nous sous deux, et même, comme nous allons le voir, sous trois aspects qu’il est utile de reconnaître.
Ou la Trinité est en Mouvement] la Puissance passe à l’Acte, pour employer la terminologie d’Aristote, et nous assistons à ce mouvement ; telle est la Trinité : Naissance, Vie et Mort (ou plus généralement Être, Non-Être et Devenir).
Dans ce cas, le troisième terme est passif, en ce sens qu’il n’arrête pas le mouvement des deux autres. ■ Ou nous nous trouvons à l’époque où le Mouvement est consommé ; la Puissance est devenue Y Acte qui ap paraît principalement sinon seul. Ex., la Trinité: Acide, Base et sel. Alors le troisième terme est actif, en ce sens qu’il vit pour lui-même, et de la vie çri’îl a reçue des deux autres devenus virtuels.
Le troisième aspect, celui du simple équilibre, se présente quand le troisième terme neutralise les deux autres sans les rassembler ; par exemple, dans la Tri nité mécanique : puissance, résistance et résultante.
Dans ce cas, c’est le troisième terme qui est virtuel, en même temps que neutre (2). (1) Plus exactement, il faudrait dire que la Trinité inerte ne représente qu’un moment du mouvement universel, moment qui nous paraît définitif à cause de la petitesse de nos concep tions finies; mais il serait inutile pour notre sujet de creuser la question jusqu’à ce point. (2) La Trinité la plus remarquable en ce genre est celle in dienne: Créateur, destructeur, conservateur. Elle montre com ment le mouvement devient stérile, en se détruisant soi-même comme dans l’aimant.
Aussi, considérant le monde créé sous cet aspect, les indous sont-ils fort logiques en le proclamant une pure illusion dont il faut sortir pour rentrer dans le Nirl’instruction intégrale io5 La Trinité de la famille : père, mère, enfant, peut fournir seule un exemple de ces trois aspects qui cor respondent aux trois moments, d’avant, pendant ou après l’union des contraires.
Avant sa naissance, l’enfant attendu rapproche les deux parents: la Trinité est alors vivante; nous assis tons au mouvement. —Quand il est né, il absorbe en lui l’essence de ses parents (considérés seulement comme tels) ; ils sont virtuels par rapport à lui qui existe par eux ; c’est le temps d’après le mouvement, la Trinité inerte. — Si enfin nous considérons des parents retenus par la loi de Malthus, par égard pour un enfant existant déjà ou non, nous nous trouvons en présence d’une Trinité d’équilibre, inerte, en poten tialité; c’est le temps d’avant le mouvement. * 4 * On remarquera que la Trinité ainsi définie est d’une unité complète; elle permet d’apercevoir cepen dant la multiplicité dans l’unité aussi bien que l’unité dans la multiplicité; elle peut donc nous fournir cette clef d’une synthèse réelle que nous cherchons pour notre sujet spécial.
Mais devons-nous préférer quel qu’un de ces trois aspects, et lequel ? Cette question est primée par une autre encore : Il vana, l’anéantissement des contraires qui ne peuvent s’harmo niser.
A l’inverse, la Trinité chrétienne, essentiellement vivante, montrant le passage incessant et réel du néant à l’être (à travers les cycles partiels de la Vie, qui sont comme les moments instantanés, les différentielles de l’intégrale totale) devait faire naître la Foi en l’évolution, dans le Progrès indé fini, à travers le travail humain.
l’initiation ïo6 faut nous assurer si cette clef peut s’appliquer à toutes nos connaissances ; il faut nous convaincre de la pos sibilité de les rassembler sous la forme trinitaire. L’axiome courant, qu’il n’y a pas d’effet sans cause, nous garantit cette possibilité, car, sur toute chose, nous pouvons toujours imaginer, sinon découvrir la Trinité composée de cette chose (pris comme effet), de sa cause et du passage de l’une à l’autre.
La re cherche de cette Trinité est précisément le but cons tant que poursuit notre science moderne en remontant le cours des causes qu’elle voit se resserrer à mesure quelle approche de la source première. Cette longue série peut se partager idéalement en une suite de Trinités d’êtres qui vont se multipliant à travers une foule de branches, comme la longue descendance d’un père unique.
Nous apercevons par là, non seulement la^possï- ■bilité d’une répartition trinitaire des objets de nos connaissances, mais avec elle deux conséquences fort utiles pour nous : La première est la loi & analogie, qui doit courir à travers toute la nature aperçue sous cet aspect d’Untïe. La seconde est la nécessité d’une Unité primordiale, d’une cause première, indépendante, absolue.
Les savants les plus positivistes peuvent se croire obligés d’en abandonner la recherche, mais ils ne peuvent se reiuser à l’admettre comme une nécessité de l’exis tence même de toute science (i ). (i) Voir notamment : Spencer, les Premiers Principes, et Taine.
l’instruction intégrale 107 Nous aurons donc une Trinité suprême où l’Absolu s’apposera au Réel : L'Absolu (inconcevable, indicible, où se ras semblent l’être et le non-être, où sommeille la Poten tialité) ; 20 Le Réel, contingent, multiple, unifié seulement par la Trinité, qui est son type supérieur ; 3° Et, entre eux, VUnité même, prise dans sa plus haute abstraction, disparaissant, d’une part, par sa simplicité immense, dans le Nirvana de l’Absolu; dominant et pénétrant, d’autre part, la Trinité où elle se multipbe; passage de l’imaginaire au réel (1).
Au-dessous de cette série suprême se développe le Monde réel Trinitaire, comme nous venons de le dire.
C’est ici que se présente la Trinité primordiale du Réel par filiation immédiate de la précédente : i° Monde métaphysique qui se rattache à l’Unité par les Principes ; 2° Monde physique, concret, extrême contraire du précédent, assemblage d’une infinité-multiplicité en mouvement par aspiration vers l’Unité ; 3° Monde des lois ou développement des Principes pour harmoniser la multiplicité, pour effectuer le pas sage de la Puissance à l’Acte.
Nous pouvons revenir maintenant au choix de notre Trinité fondamentale : Notre élève qui, par son âge et son ignorance, ne peut avoir de notion universelle, est incapable de la (1) En mathématique, 1 n'est-il pas le carré de V — 1 aussi bien que de *
io8 l’initiation Trinité supérieure. Si même on veut lui présenter une Trinité quelconque sous son aspect vivant, comme on Fa fait dans d’autres temps, on ne réussira qu’à l’éblouir sans l’instruire. Tel n’est pas l’espoir de notre siècle qui n’entend pas que l’intelligence perde jamais pied.
Il faudra donc présenter en premier lieu à notre élève les Trinités secondaires qui forment la chaîne des causes et des effets, et les plus palpables de ces Trinités ; il faudra, en outre, les lui montrer d’abord sous leur aspect inerte où le troisième terme apparaît comme le produit des deux autres.
Mais nous aurons soin de leléver le plus tôt possible au-dessus de ce niveau grossier, d’abord par FAnalogie., qui lui par lera de bonne heure de l’Unité, ensuite en lui faisant reconnaître sous l’inertie première la vie de la Trinité pour l’amener à une conception évidente de progres sion vers l’Universel.
De cette façon, notre enseignement sera non seule ment unitaire, il sera synthétisant aussi et spirituali sant ; il ira toujours s’approchant de l’Absolu à mesure qu’il se développera.
Cependant, pour atteindre un pareil résultat, nous avons nous-mêmes à construire la série trinitaire qui doit constituer le canevas de notre programme : il est clair qu’à l’inverse de ce que nous demanderons à l’élève, c’est de haut en bas que nous devons procéder à cette édification, si nous voulons être assurés de continuer l’unité synthétique que nous poursuivons. C’est ce que nous allons faire à partir de notre Trinité primordiale, premier type de réalité : Monde
l’instruction intégrale 109 métaphysique, - intelligible. - Monde physique, — et Monde * Deux mots encore, auparavant, sur une remarque toute pratique dont la suite montrera futilité : il s'agit de la représentation graphique de la Trinité et de ses aspects; elle fournit des artifices propres à éclaircir rapidement des questions souvent ardues.
Voici les symboles de cette représentation : Les termes sont figurés : les deux opposés,.par les signes du positif et du négatif. —et —; le terme neutre,parle signe <=>Jo image du courant fermé qui rassemble les extrêmes en les croisant en un point central. On dispose ces signes en triangle pour en exprimer la Trinité, du moins quand cette Trinité est inerte.
Ainsi la Trinité d’équilibre s’écrira : Celle de génération, à l’inverse : + _?— Mais la Trinité vivante trouve une représentation . plus appropriée dans la ligne droite, signe du mouve ment progressif. Et, comme ce mouvement doit s’exprimer en tous sens, on le trace par deux + droites en croix où les deux termes contraires s’opposent deux à deux, tandis que le troisième est au centre. Ce dernier symbole rassemble même, comme on peut le voir aisément, l’expression
iio l’initiation des trois aspects de la Trinité, quoiqu’il comprenne le mouvement fermé de rotation aussi bien que celui rectiligne. Nous aurons à utiliser, surtout cette représentation par la croix que la suite éclaircira mieux. ni Arrivons aux développements de notre Trinité pri mordiale, expression supérieure du Monde réel.
Il se partage, avons-nous dit, en trois autres : Le Monde métaphysique, Le Monde intelligible, Et le Monde physique ou sensible, Correspondant aux trois éléments de l’Unité réali sée : les Principes, les Lois et les Faits.
En exprimant ici le caractère essentiel de la Trinité, dont chaque terme ou chaque personne pénètre les deux autres, nous allons immédiatement multiplier cette Trinité par elle-même et faire apparaître des subdivisions où nos connaissances vont trouver une répartition immédiate, notre programme recevoir sa première forme ; voici comment: Chacun des trois termes abstraits : Principes, Lois et Faits, trouve, venons-nous de dire, sa forme dans nos trois Mondes, de sorte que chacun a le sien propre. Aux Principes correspond le Monde métaphysique; Aux Lois, le Monde intelligible ; Aux Faits, le Monde sensible. ■
l’instruction INTÉGRALE I I I En le remarquant, nous ne faisons toujours qu’ex primer l’existence de notre Trinité primordiale, et rien de plus: comment en faire pénétrer les termes ? En notant que : i° les Principes s’étendent du monde métaphysique qui leur est propre au monde intelligible et au monde des faits.
Autrement dit, il y aura : Des principes métaphysiques (la Philosophie) ; Des principes intelligibles (l’Ethique) ; Et des principes concrets, sensibles (l’Esthétique). a® De même les Lois s’étendent du Monde intelli gible qui leur est propre aux Mondes métaphysique et sensible, c’est-à-dire qu’il y aura : Des lois métaphysiques (celles de la psychologie); Des lois intelligibles (celles du langage) ; Des lois du sensible (celles des représentations ma térielles, langage, écriture, dessin, etc.).
Enfin, de même, nous trouvons : Des faits métaphysiques (les sciences mathémati ques) ; Des faits intelligibles (les sciences abstraites-con crètes, physiques, mécaniques) et des faits sensibles (ceux des sciences d’observation).
Cette énumération très sommaire, mais actuelle ment suffisante, apparaîtra nettement dans le tableau suivant, où se trouvent classées en même temps ces diverses matières de l’instruction (i) : (i) On s’étonnera, sans doute de ne pas trouver ici certaines connaissances, telles que l’uranographie, l’histoire, l’écono mie, et leur absence semble infirmer, dès le début, le système proposé ; mais elle s’expliquera par la suite, quand on aura
I 12 l’initiation MONDE MÉTAPHYSIQUE [l'abstrait) MONDE intelligible (l'abstrait-con cret ou con cret-abstrait) MONDE PHYSIQUE OU SENSIBLE (le concret) / LK PB1KC1FK La Philosophie (Essence des /(Partie métaphy. réalités j sique) formelles) / (Principes du 1 Vrai) 3 L'Ethique (Principes du Bien) 3 L'Esthétique (dans la Poésie, ia Musique, les Arts plastiques (Principes du Beau) LES LOIS l . ttïïS ) La Psychologie f<S J :parlesprincipes)/ Logique 5 Le Langage (dans le sens le plus étendu.
Grammaire, Rhétorique, Philologie, Langage des Arts, etc.) 6 Les Représenta tions graphiques (Ecriture. Dessin, toute représentation matérielle) j ( 7 ■ LES FAITS 1 Les Sciences : (Substance des / mathématiques réalités ) ( Géométrie, formelies) i.
Algoriihmie, | Analyse) S Sciences physico-chi miques (Mécanique, Physique, Chimie) 9 Sciences natu relles (Minéralogie, Botanique, Zoologie) Ce tableau, où nous ne devons voir qu’une première indication, peut se mettre sous une forme plus expres sive, plus féconde aussi, au point de vue pédagogique qui nous occupe spécialement : Il est à remarquer, en effet, que les cases i, 5, 9, donnent une série caractéristique de la Trinité : 1, principe métaphysique, caractérise le premier terme ; fait apparaître le caractère synthétique de ces sciences, dont la glace ne peut être dans les divisions d’un tableau analytique, m verra du reste aussi qu’elles demandent parfois à être morcelées, contrairement à nos procédés pédagogiques nés surtout de l’habitude.
l’instruction intégrale I 13 9, faits physiques, caractérise le troisième, opposé au précédent; Et 5, loi de l’intelligible, expression de la pensée, caractérise l’intermédiaire. A ce dernier, nous pouvons rattacher, d’une part, la case 3, contraire de i dans la région des Principes, d’autre part la^case y, contraire de 9 dans la région des faits, et donnant: l’un l’expression idéale, l’autre l’expression la plus positive de la pensée.
Par ce dédou blement du terme intermédiaire qui exprime plus for tement le mouvement trinitaire, nous complétons le symbole de la croix comme il a été expliqué tout à l’heure, et comme le fait apparaître la figure ci-dessus.
l’initiation '114 Le surplus de nos 9 cases, avec celle centrale, Teprise encore une fois, fournit une autre croix, une •autre Trinité aussi nettement caractérisée.
En comparant ces deux croix, qui se superposent dans notre tableau pour exprimer l’Unité, nous voyons que la première est objective^ par rapport à l’homme ; elle est en dehors de lui (physique ou méta physique) ; par la science, il constate les quatre termes (1 et 9), il les mesure (7), il en exprime l’essence (3).
Au contraire, la seconde croix trinitaire, composée des cases paires, est bien plus sienne; c’est sa psyl’instruction INTÉGRALE I I 5 chologie, la forme de sa connaissance (logique); la représentation qu’il fixe pour son usage (graphique) ; c’est sa morale (2), et son adaptation des phénomènes aux principes abstraits (8), la physique semi-mathémathique).
Avec la première de ces Trinités, l’intellect humain est passif (ou au plus instinctif, comme dans l’inspi ration artistique) ; il contemple le monde extérieur. Par la seconde Trinité, il est actif au contraire, il réfléchit, il formule, il extériorise ; il manie, il dompte le monde passif des faits et du destin (par l’éthique, notamment). Ce second état accuse clairement sa supériorité sur le premier.
La pensée a resserré le cercle des innom brables contingences où l’ignorance l’a laissée perdue; elle s’est faite plus compréhensive, sous une forme plus simple. Nous pouvons faire ressortir cette comparaison en rétablissant, sous une forme nouvelle, notre tableau primitif ainsi analysé.
Un premier carré, présentànt par ses côtés la Tri nité objective, forme la base de la connaissance; en lui est inscrit le carré qui, par ses axes, renferme la Trinité subjective, et tous deux se résument en un troisième carré centra^ celui de l’expression de toute objectivité et de toute subjectivité (1).
C’est à ce carré central que s’arrête le rôle de l’ins truction ordinaire; on peut aller au delà,concentrer, (1) On reconnaîtra aisément dans cette figure la projection d’une pyramide tronquée dont la base correspond au domaine de l’objectif, qui va en se rétrécissant à mesure qu’on s’y élève, dont la plate-iorme supérieure représente la science formulée,.
116 l’initiation synthétiser davantage, se rapprocher encore du point central,mais on est alors dans le domaine de l’ensei gnement transcendant. (A suivre.) F.-Ch. Barlet. Hommage à M. Ch. Barlet. En publiant la Magie d’Arbatel (i), nous avons eu surtout en vue de montrer à l’adepte la permanence tandis que tes côtés par lesquels on s’élève à cette plate-forme correspondent aux sciences subjectives.
En s’élevant davantage encore dans la région des Principes, on atteindrait au Principe suprême, origine et synthèse de la pyramide entière. (i) Arbatel est 1e révélateur de la vérité, 1e producteur des mystères : il a matérialisé et publié la Loj Quaternaire, mais sa révélation très occulte dans son expression reste pour les igno rants insidieuse et fallacieuse comme les démons et les ser pents. Son nom symbolise également l’ange qui s’occupe de la matière, le prince des quatre, points cardinaux.
LA MAGIE d’âRBATEL I I 7 de la doctrine et sa facile application si souvent défi gurée, volontairement ou non. Ce traité, bien qu’in complet, est le rituel de toute opération de haute Science et le premier chapitre indispensable à toute clavicule.
Et puisque l’analyse divulguée des secrets inclus en certaines pages de cette oeuvre ne nous est point permise, du moins nos maîtres nous laisserontils attirer sur ces lignes l’attention de ceux qui médi tent sincèrement.
Que l’engagement pris devant eux de réveiller un jour les verbes magiques flottant aux sanctuaires du Passé serve, s’il est possible, d’excuse à notre momentané silence, «pcx. bxnysnx DE LA MAGIE DES ANCIENS ASCÈSE ABSOLUE DE LA SAGESSE « En toutes choses consulte le Seigneur, et ne pense, ne ¿lis, ne Jais rien que Dieu ne t'ait conseillé. » Celui qui marche frauduleu sement révèle le secret: l’homme fidèle au contraire en esprit cache la chose.
ARBATEL. De la Magie ou-.pneumatique des anCIENS, TANT DES MAGES DU PEUPLE DIVIN QUE DE CEUX DES CENTRES, PUBLIEE POUR L’iLLUSTRATION DE LA GLOIRE ET DE L’AMOUR HUMAIN. Aujourd’hui pour la première fois produites des TÉNÈBRES A LA LUMIÈRE CONTRE LES CACOMAGES ET LES CONTEMPTEURS DES DONS DE DlEÜ POUR l’uSAGE ET * LE BONHEUR DE TOUS CEUX QUI SINCÈREMENT ET PIEUSEMENT AIMENT LES CRÉATURES DE DlEU ET s’EN SERVANT, AVEC
11 8 l'initiation ACTIONS DE GRACE, POUR HONORER DlEÜ, SE SERVIR ET SERVIR SON PROCHAIN. Magie qui a g tomes d'aphorismes de 7 septénaires (1). Le premier tome est intitulé Isagoge ou livre des lois de la Magie ou To nveupcnixov, parce qu’il contient.
49 aphorismes qui sont les préceptes les plus géné raux de l’art. Le deuxième est la magie microcosmique qui traite de ce que le microcosme par son esprit propre et par les génies qui lui sont adjoints par la nativité peut effectuer magiquement, c’est-à-dire par la science spiri tuelle. Le troisième est la magie olympique montrant de quelle façon l’homme est tour à tour actif et passif par rapport à l’influx olympique.
Le quatrième est la magie hésiodîque et homérique qui opère par l’intermédiaire des calo-démons comme n’étant pas hostiles à la race humaine. La cinquième est la magie romaine ou sybilline qui enseigne l’emploi et l’action des esprits tutélaires aux quels sont distribuées les régions de l’univers. C’est la très insigne magie d’où est née la doctrine des Druides.
La sixième est la magie pythagoricienne qui opère seulement sur les esprits auxquels est donnée la connaissance des arts : physique, médecine, mathé matiques, alchimie et sciences analogues. La septième est la magie apollonienne quia beau coup de rapport avec les deux magies romaine et microcosmique; elle a cependant ceci de particulier (1). Ces neuf tomes se divisent en trois ternaires dans chacun desquels se retrouvent les trois qualités.
LA MAGIE D’ARBATEL I IÇ qu’elle exerce son pouvoir sur les esprits hostiles à l’homme. La huitième est la magie hermétique, c’est-à-dire ■égyptienne, qui ne diffère pas beaucoup de la magie ■divine. Elle fait se manifester les dieux qui habitent les temples de tout genre. Le neuvième est cette Sagesse qui émane du seul verbe de Dieu et que l’on prophétique {ï).
LIVRES D’ARBATEL SUR LA MAGIE TOME 1er, DIT ISAGOGE Au nom du Créateur des choses visibles et invi sibles qui révèle à ceux qui l’invoquent les mystères de ses trésors et nous dispense largement et paternel lement ses secrets sans mesure : qu’il nous donne par son fils unique N.-S.
J.-C. ses envoyés spirituels révé lateurs de ses secrets pour que nous puissions écrire le livre d’Arbatel sur les plus grands secrets qu’il soit permis à l’homme de savoir et dont il puisse se servir sans offenser Dieu. AMEN. PREMIER SEPTENAIRE^ D’APHORISMES A.
I. — Que celui qui veut savoir les secrets sache (i) Cette division de l’ascèse magique, la seule admise depuis longtemps, se trouvait à la base des initiations égyptienne et pythagoricienne aujourd’hui complètement délaissée et per vertie, car l'homme moderne a remplacé dans ses demeures le chaume (X1N) par l’or (3.H“), dans sa vie l’activité productrice par la jouissance passive, et dès lors les voies de la magie apollonienne étaient fermées.
120 l’initiation d’abord garder secrètement les secrets; qu’en scellant il scelle et ne donne pas aux chiens ce qui est sacré et ne jette pas les perles aux pourceaux. Observe ces lois et les yeux de ton âme s’ouvriront pour com prendre les secrets et tu entendras l’esprit divin te révéler tout ce que ton âme aura désiré.
Tu obtien" dras les messages des anges de Dieu et des services plus obéissants des esprits dans la nature que ne le peut désirer aucun esprit humain. A. II.— En toutes choses invoque le nom du Seigneur et ne commence aucune méditation, ni aucune action, sans l’avoir invoqué par son fils unique.
Mais., sers-toi des esprits qui t’ont été donnés ou attribués comme serviteurs, sans témérité ni présomption, avec le respect dû au principe des esprits : regarde-les comme des émanations de Dieu ; et, ce qui constitue le reste de la vie, travaille pacifiquement à honorer Dieu, à t’élever, toi et ton prochain. A.
HJ. — Vis pour toi et pour les Muses, évite les ami tiés de la multitude ; sois avare de ton temps, bienfai sant pour tous ; mets en oeuvre tes qualités, veille sur ta vocation; que jamais le Verbe de Dieu ne s’éloigne de ta bouche. A. IV. — Obéis aux bons conseillers, fuis tout ater moiement. Accoutume-toi à la fermeté et au sérieux dans tous tes actes et dans toutes tes paroles. Aux ten tations du tentateur, résiste par le Verbe de Dieu. Fuis le siècle, ^cherche le ciel. Ne te fie pas à ta sagesse, mais
LA MAGIE D’ARBATEL I2Ï en toutes choses élève ta pensée vers Dieu, car il est dit dans ¡'Écriture : «Lorsque nous ne savons pas ce que nous voulons faire, nous élevons les yeux vers toi, ô mon Dieu, et nous attendons un secours de toi. » Lorsque viennent à nous manquer les forces humaines, alors jaillit comme un éclair le secours de Dieu, suivant l’expression de Philon. A.
V. — Aime le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur de toutes tes forces, et ton prochain comme toi-même : >et le Seigneur te protégera comme la prunelle de son œil, te délivrera de tout mal et te remplira de tout son bien, et ton âme ne désirera rien qu’elle ne le possède immédiatement, pourvu que ce soit chose saine à ton ■corps et à ton âme. A.
VI.—Tout ce que tu auras appris, repasse-le sou vent et fixe-le dans ta mémoire ; apprends beaucoup ■et non beaucoup de choses. L’esprit humain ne peut tout embrasser, à moins qu’il ne soit divinement régé néré ; mais celui-là, rien n’est si difficile ni si varié ■qu’il ne le puisse posséder. À. VII. — « Invoque-moi au jour <ie l’épreuve et je t’exaucerai et tu me glorifieras », a dit le Seigneur.
Invoque donc le Seigneur dans ton ignorance (i) et al t’exaucera, et souviens-toi d’en rendre gloire à Dieu et (i)Car toute ignorance est anti-naturelle ; la lumièreest notre ■essence primitive. L’ignorance est une épreuve que nous devons vaincre par la prière.
122 l’initiation de dire avec le Psalmiste: « Que la gloire ne soit pas pour nous. Seigneur, qu’elle ne soit pas pour nous, mais pour ton nom seul. » IIe SEPTENAIRE A.
VIII. — De même que l’Écriture atteste que Dieu Imposaen mêmetemps aux choses et aux person nés leurs noms et les forces et les rôles émanés de ses trésors, demême les caractères et les noms constellés ne reçoivent pas leur vertu de leur forme ou de la prononciation, mais de la force ou de la propriété que Dieu ou la na ture a spécifiée dans ce nom ou ce caractère.
Il n’y a. en effet ni dans le ciel, ni sur la terre, ni dans les enfers aucune vertu qui ne descende de Dieu et sans faveur; rien ne peut transmettre ni actualiser ce qu’il a en puissance. A. IX. —La sagesse absolue est celle qui est en Dieu, puis vient celle des créatures spirituelles, puis celles des corporelles, la quatrième est dans la nature et les choses naturelles (i ).
A la suite, mais à long intervalle, viennent les esprits du Rebel et ceux qui sont réservés, pour le jugement dernier ; en sixième lieu, les minis tres des peines dans les enfers, serviteurs de Dieu.
En septième lieu, des Pygmées qui tiennent une place (r) Cette hiérarchie de la sagesse {HDSH, -f-) se trouve indi quée de la même manière dans les 4 noms rPHN, HÎm, mn“mx, my, Eheieh-Tehuah, Adam-Evé, Hûr (idole sama ritaine, démon des iniquités) et dans plusieurs passages de la langue hébraïque restituée. (F. d’Olivet).—V. également Sohar, Sechon, V, p. 148 et 149.
LA MAGIE D’ARBATEL 123 peu négligeable et habitent les éléments et les choses élémentaires.
Il convient de connaître et de distin guer tous les degrés qui différencient la sagesse du Créateur de celles des créatures afin que, s’il nous est utile d attirer à nous quelque chose de l’une d’elles, nous sachions sur-le-champ la manière d’agir et la raison de l’acte, puisque toute la création n’a qu’un but, la nature humaine, et qu’un moyen, la nature humaine, comme en témoignent, les Saintes Écritures, la raison, et l’expérience. A.
X. — Dieu père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de toutes les choses visibles et invisibles, a voulu se refléter lui-même et se manifester dans l’Ecriture Sainte et, comme un père qui aime tendrement ses fils, il nous enseigne ce quiestutile, ce qui ne l’est pas, -ce qu’il faut fuir, ce qu’il faut rechercher.
Ensuite, par la promesse des plusgrands biens corporels et éternels, il nous entraîne à l’obéissance ; par la menace du châti ment, il nous éloigne de ce qui nous serait nuisible. O toi qui me lis, retourne donc dans tes mains l’Ecriture Sainte, et les nuits et les jours, pour être aujourd’hui •comme dans toute éternité heureux et joyeux. Fais cela et tu vivras comme te l’enseignent les pages sacrées. A.
XI. — Le nombre quaternaire est pythagoricien et le premier carré ; nous le posons donc comme fonde ment de toute la sagesse, après la sagesse révélée par Dieu même dans l’Ecriture Sainte, et présentée dans la ■nature à la contemplation des hommes. Sache bien que celui qui tout entier dépend de Dieu •est obéi et servi par toute la création de gré ou de force,
î 24 l’initiation consciemment ou inconsciemment. C’est là le point capital : vouloir se faire servir par la création et se distinguer de ceux qui ne veulent pas. Cet art ne s’ob tient que divinement ; Dieu révèle ses secrets à qui bon lui semble ; celui auquel il ne veut rien dispenser de ses trésors, celui-là qui a encouru la colère divine, n’obtiendra rien même par la force.
Donc, demandons à Dieu seul tov TiveufxaTtxov sttottttiv, qui nous y fera miséricordieusement participer.
Celui qui nous a donné son fils et nous a ordonné de prier pour obtenir son Esprit-Saint, comment ne nous soumettrait-il pas bien mieux encore toute la création visible ou invisible: « Tout ce que vous demanderez vous sera accordé. » Mais avant toute chose veillez à ce que votre nom soit inscrit au ciel: cela vous sera plus favorable qu’un esprit serviteur : ce sont les con seils du Christ. A.
XII. — Dans les Actes des Apôtres (i),l’Espritdit à Pierre après sa vision : « Descends et n’hésite pas, car c’est moi qui les ai envoyés » lorsqu’il était mandé par Cornélius Centurion. —• C’est de cette façon et par le verbe humain que tous les enseignements étaient, transmis par les saints Anges de Dieu, comme cela est évident d’après les monuments égyptiens.
Mais ils ont été dans la suite mélangés d’opinions humaines, per vertis par l’action des esprits malins qui sèment les zizanies et la déforme parmi les fils, comme l’expli quent D. Paulus et Hermès Trismégiste. A. XIII.— Dieu est le Dieu vivant, et tout ce qui vit. (1) Cf. Actes des Apôtres, ch. x, j 20.
LA MAGIE d’aRBATEL 125 vit en lui : il est véritablement mn'1 qui se répand en toutes choses pour qu’elles soient ce qu’elles sont, et d’un seul mot de sa bouche par son fils a manifesté tout ce qui est pour que cela soit. 11 a donné à toutes les étoiles, à toute l’armée du ciel leurs noms propres.
Celui à qui Dieu révélera les noms de ses créatures, celui-là saura les véritables vertus et la nature des choses, l’ordre etl’harmoniede toute la création visible et invisible. Mais reste à recevoir de Dieu le pouvoir de manifester les vertus et de les faire passer de puis sance en acte dans la nature et l’universelle création, des ténèbres àlalumière.
Ton but doit donc êtredeconnaître les noms des esprits,, leur nom, c’est-à-dire leur ministère et leurs pouvoirs pour que Dieu s’adjoigne leur service. C’est ainsi que Raphaël fut attribué àTobie pour guérir son père, pour sauver son fils du danger, pour lui amener sa jeune épouse. Ainsi Mikhaël, force de Dieu, gouvernait le peuple de Dieu. Gabriel, messa ger de Dieu, fut envoyé à Daniel, à Marie, à Zacharias, près de Jean-Baptiste.
Et surta demande il t’apprendra ce que ton âme désire savoirdansla nature des.choses. Tu te serviras de son ministère avec crainte et respect de ton créateur, de ton rédempteur, de ton sanctifica teur, c’est-à-dire du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ne néglige aucune occasion de t’instruire ou de veiller sur ta vocation, et jamais rien de ce qui tejera néces saire ne te manquera. A.
XIV. — Ton âme vit dans l’éternité par celui qui te créa; invoque donc le Seigneur ton Dieu et obéis à lui seul. Tu parviendras à ce but si tu considères pour
iû6 l’initiation quelle fin Dieu t’a créé, ce que tu dois à Dieu, ce que tu dois à ton prochain. Dieu demande de toi que tu honores son fils et que tu gardes dans ton cœur le verbe de son fils. Si tu as ce respect, tu accomplis déjà la volonté de ton Père qui estaux cieux. Tu dois à ton prochain les services de la charité, et d’amener au respect de son fils tout ce qui se réfugie vers toi : voilà la loi et les prophètes.
Dans les choses temporelles tu dois invoquer Dieu comme un père pour qu’il te donne tout ce qui est nécessaire à cette vie. Tu dois faire participer aux dons de Dieu ton prochain, que ces dons soient spirituels ou corporels. Tu prieras de la façon suivante: « Seigneur du ciel et de la terre, formateur et créateur de toutes choses visibles et invisibles, moi, être in digne, je t’invoque, selon ton ordre, par le nom de ton fils unique N.-S.
J.-C., pour que tu envoies vers moi ton Esprit-Saint qui me dirige dans ta vérité, vers ton Bien absolu.
«Car je désire de désir la science de cette vie, la con naissance parfaite de ce qui m’est nécessaire, science plongée dans de telles ténèbres et souillée d’un si grand nombre d’opinions humaines que je sens par mes propres forces n’en pouvoir rien pénétrer si tu ne me diriges ; donne-moi un de tes esprits qui m’en seigne ces lois que tu veux nous voir apprendre et connaître pour te louer, t’honorer et servir notre pro chain; donne-moi un cœur facile pour que je saisisse facilement ce que tu m’enseigneras et que je l’enfouisse dans mon âme, prêt à le manifester comme un ruis seau de tes inépuisables trésors pour tous les usages
LA MAGIE D’ARBATEL 127 nécessaires, et donne-moi cette grâce d’user de si grands bienfaits avec une humble crainte et un timide respect par N.-S. J.-C. avec ton Esprit-Saint. Amen. » IIIe SEPTENAIRE A. XV. — On appelle esprits olympiques ceux qui habitent le firmament et dans les astres du firmament.
Leur fonction est d’exécuter le destin, d’administrer les événements fatidiques autant qu’il plaît à Dieu et qu’il le permet de sorte qu’aucun mauvais démon, aucun mauvais destin ne pourra nuire à celui qui est assis à l’ombre du Très-Haut. Tout esprit olympique enseigne et accomplit tout ce que l’astre auquel il pré side présage; mais cependant il ne peut rien faire pas ser de puissance en acte sans la permission divine.
Dieu seul en effet lui donne ce pouvoir et cette action. Tous les êtres supracélestes, célestes, sublunaires et infernaux obéissent à Dieu créateur: aussi efforce-toi d’entreprendre tout ce que tu entreprends avec l’aide de Dieu, et toutes tes entreprises atteindront le but souhaité et désirable. C’est ce que prouve l’histoire du monde entier et l’expérience quotidienne.
« Paix aux hommes de bonne volonté, la guerre pour les autres ! a dit le Seigneur (i). Marc Haven, Docteur en Kabbale. (A suivre). (1) Arbatel. répète ici ses premiers enseignements :« Deo duce »,premier degré de l’initiation; « Ferro comité » deuxième degré.
Le mage qui sait les lois de la nature a acquis sur ies êtres une puissance telle que tout acte de sa pensée s’effectue nécessairement ; mais .d’autre partie grand danger de cette puissance se fait voir ici et c’est la clef de cette si vraie phrase? d’Eliphas Levv : «Toute faute, toute négligence peut être mor telle. »
PARTIE PH1LOSOPHÏQOE ET SCIENTIFIQUE (OCCULTISME EXPERIMENTAL) ME MESWRB ASTRALE L’Initiation du mois d’avril 1893 rapporte une obser vation de M. Gustave Bojanvo relative à une blessure mortelle occasionnée, suppose-t-on, par un coup de sabre sur le corps astral d’une sorcière.
Ce fait offre une ressemblance frappante avec l’événement qui se passa en 1849 dans le cimetière de Cideville et qui a été rapporté d’après M. de Mirville par Figuier {Histoire du merveil leux^ tome IV, p. 261).
J’ai fait moi-même, il y a quelques jours, l’expérience suivante : Un de mes amis, de quelques années plus jeune que moi, d’esprit très cultivé et occupant une haute situation dans le monde, présente d’une façon remarquable le phéno mène de l’extériorisation de la sensibilité qui chez lui se produit, même à l’état de veille, à mon simple contact.
M. X..., intéressé par mes recherches, a bien voulu s'y prêter et je l’ai magnétisé une dizaine de fois en appro fondissant à chaque fois l’état d’hypnose où je m’arrêtais. A la quatrième séance, il m’a dit qu’il quittait son
UNE BLESSURE ASTRALE I2Ç corps matériel, qu’il le voyait inerte ; il manifesta une sorte de dégoût pour ce qu’il appelait sa loque. A la sixième séance, non seulement il se dégagea et vit son corps matériel, mais, encore à côté, et à un mètre environ, il vit apparaître une sorte de nuée lumineuse où il reconnut sa silhouette.
A ce moment je constatai que le rayonnement de son corps matériel ne présentait plus de sensibilité sauf entre ce corps et le corps astral où la sensibilité était portée à son maximum et parfaitement localisée.
En d’autres termes, le corps matériel était insensible, le corps astral lumineux était sensible et il y avait des rayons moins sensibles, et non assez lumineux pour être perçus par le sujet, qui reliaient le corps astral au corps matériel qui me parlait.
Je poursuis en ce moment sur la nature de ce corps astral des expériences dont il n'est pas encore temps de parler ; mais voici ce qui s'est produit le 28 avril 1S92: Je priai M. X... de faire changer de place son corps astral ; il ne put y parvenir, mais il put étendre son bras astral et mettre sa main astrale dans ma main; il en ressentit l'étreinte et s’étonna que je ne sentisse pas la sienne.
Je lui dis alors d’appuyer le bout de l’annu laire de sa main droite astrale sur une grande épingle que je tenais jusqu’à ce qu’il sentît la piqûre; il le fit, sentit la piqûre, et je passai à d’autres observations.
Dix minutes après, M X...,complètement réveillé étayant comme d’habitude perdu complètement le souvenir de ce qui s’était passé pendant son sommeil, causait de choses tout à fait étrangères avec quelques personnes de ma famille lorsqu’il retira le gant de sa main droite qu’il avait conservée gantée et regarda attentivement le bout de son doigt annulaire.
Je lui demandai ce qu’il avait; il me répondit qu’il éprouvait comme une piqûre, puis, pressant avec l’ongle du pouce, il fit perler quelques gouttelettes de sang précisément à l’endroit où il aurait appuyé le doigt sur l’épingle. Je lui donnai l’explication 5
l’initiation i3o et il chercha à voir si son gant n’avait pas été' perte,, mais naturellement il ne put rien voir (i). L’expérience est absolument nette ; il ne peut y avoir de doute sur le fait.
On peut supposer, il est vrai, que le jaillissement du sang est dû à une autosuggestion de M. X qui croyait être piqué ; même dans cette hypothèse» le phénomène est fort extraordinaire, car il y a eu ici non point un stigmate sous-cutané par arrêt de la circula tion sangine, mais une lésion effective de la peau.
Une autre expérience faîte deux jours auparavant montre que la suggestion est insuffisante pour tout ex- ; pliqueret que, dans certains cas, il y a bien réellement des sensations transmises par rayonnement. Le 26 avril, je me rendis chez Nadar avec Mm® O., pour faire divers essais relatifs .à l’emmagasinement de la sensibilité dans une photographie.
Mme O., comme M. X, présente le phénomène de l’ex tériorisation dès l’état de veille, après un simple contact de ma part.
Je laisse à M. Nadar le soin de raconter» dans sa Revue, les phénomènes dont il a été témoin ; je me bornerai à citer ici les deux suivants : i° Pendant qu’on développait la plaque sensibilisée par le sujet dans le laboratoire noir à l’étage inférieur, le (1) Relativement à cette expérience, nous citerons un fait analogue que nous avons produit à l’hôpital de la Charité. Un de nos sujets, Marguerite, souffrait violemment d’une fluxion au début.
Après avoir mis le sujet en état d’hypnose profonde et après avoir extériorisé sa sensibilité, nous donnâmes un coup de bistouri dans le vide, au milieu de la bouche, là où. nous supposions que se trouvait la première couche présen tant un maximum de sensibilité extériorisé.
Cinq minutes après, le sujet était réveillé, sans souvenir aucun de ce qui s’était passé, lorsque subitement, en montant l’escalier pour retourner à la salle, l’abcès s'ouvrit et, comme il n’était pas encore bien formé, ce fut du sang qui s’écoula. Le lendemain, la fluxion était guérie. Ce qui est intéressant dans les faits de ce genre, c'est letemps qui s’écoule entre l’action en astral et la réaction en physique. Comme on peut le voir, il faut quelques minutes entre les deux actions dans le cas de blessure. Papus.
UNE BLESSURE ASTRALE I 3 I sujet manifesta un violent malaise; on constata que la plaque venait de se briser par accident. 2° Un portrait sensibilisé de O. fut mis, par un aide, en regard d’une autre plaque devant laquelle j’avais placé ma main pendant quelques instants.
A l’ins tant même, le sujet qui était à quelques mètres de là, sé- .paré par un écran, qui ignorait qu’on allait tenter une expérience de cette nature, et qui causait avec M. Nadar •et moi, s’endormit. Je passai derrière l’écran et je réveil lai MmeO. en soufflant sur sa photographie. L’expérience fut recommencée, sans rien dire àMme O., qui ne se rappe lait pas avoir dormi, et elle eut le même succès.
Nous racontâmes alors la chose au sujet qui, très difficilement suggestible, même en état d’hypnose, ne voulut pas y croire et nous défia de reproduire le phénomène main tenant qu’il était prévenu. — L’aide rapprocha de nou veau, cette fois sous ses yeux, les deux plaques; O. résista une minute environ, puis tomba dans le sommeil. Il semble que de tels faits devraient bouleverser les théories officielles.
Il n’en sera rien pendant longtemps encore. Chez beaucoup de personnes, même des plus intelligentes, l’éducation a mis des œillères comme aux chevaux de carrosse et elles sont incapables de voir .autre chose que l’étroite bande de route qui constitue la voie dans laquelle elles se sont engagées. Albert de Rochas. Paris, le 29 avril 189 3.
i32 l’initiatîon (HERMÉTISME) de Jean Dee. de Londres Traduit du latin et commenté par Philophotes (i) Ce traité, dont nous avons entrepris la traduction sur les instances de notre ami et maître Papus, est dû à Jean Dee, mathématicien et alchimiste du seizième siècle. Jean Dee croyait fermement à l’alchimie ; n’avaitil pas été cent fois témoin des transmutations opérées sous ses yeux par son ami Talbot, plus connu sous le nom de Kelley.
Jean Dee n’a pas fait la pierre philoso phale, mais il l’a vue, il en connaît les effets, et, de même qu’Helvétius, cela lui est suffisant pour en par ler. La Monade hiéroglyphique est un traité mysticohermétique, tout y est symboles et arcanes: aussi est-il difficile à comprendre. Les notes que nous avons ajoutées à la fin de chaque « théorème » en facilite ront l’intelligence, mais il restera encore beaucoup à commenter.
Un travail fini aurait nécessité un commentaire énorme, certainement plus étendu que le travail luimême. La Monade hiéroglyphique se trouve dans le Theatrum chemicum, édition de Strasbourg, 1659, de la page 192 à la page 215.
Le traité lui-même est précédé d’une longue épître dédicatoire à l’empereur Maximi- (1) Cet article, dés plus importants pour tous les occultistes, aurait dû se trouver de la Partie initiatique; mais un change ment de composition survenu au dernier moment l’a fait placer ici. N. D. L. R.
LA MONADE HIEROGLYPHIQUE l3B lien d’Autriche. Elle est datée d’Anvers, 29 janvier 1564. Elle est suivie d’une autre lettre, datée du 3o du même mois et adressée à Guillaume Silvius, imprimeur et ami de Jean Dee. Nous traduirons simplement le traité. LA MONADE HIÉROGLYPHIQUE de jean dee, de Londres Expliquée mathématiquement, magiquement, kabbalistiquement et mystiquement.
Dédiée au Très Sage Maximilien, empereur des Romains, roi de Bohême et de Hongrie. Théorème I. — La ligne drojte et le cercle furent les premières et pins simples représentations et manifesta tions des choses (1) non existantes ou encore cachées au sein du Chaos (2). Théorème IL — Or sans la ligne droite, le cercle n’existe pas, et sans le point il est impossible de représenter la ligne droite (3).
Par suite, c’est grâce an point, à la Ma li) La ligne droite est la plus simple des lignes, le cercle est la plus simple des figures.
Les simples doivent nécessairement être produits en premier pour servir ensuite de base aux com posés. (2) Le Chaos, c’est la matière non différenciée qui, selon les hermétistes, existait à l’origine des choses, c’est l’Hylé des alchimistes grecs, le proty-e de Roger Bacon et de Crookes, l’Iler-Stoff des Allemands.
La Force se manifeste par le verbe, créateur de la Forme, l'équilibre primordial est rompu, la ma tière entre en évolution, elle se différencie, elle existe désor mais objectivement. Paracelse appelle la Matière primitive, le Grand Mystère. « Il faut que l’on sache, dit-il, que toutes choses créées proviennent d’une matière unique...
Cette matière uni verselle, c’est le Grand Mystère. » (Philosophia ad Athenienses.) (3) La ligne droite, étant par définition le chemin le plus court d’un point à un autre, on peut la supposer d’une gran deur quelconquej par exemple infiniment pSîte et tendant vers zéro. Les points qui la délimitent seront alors tangents, donc on peut considérer la ligne comme formée de points.
Toute courbe peut, par une raison analogue, être considérée comme formée de droites. Donc sans le point rien n’existe. Sens ésotérique : le point, c’est l’atome ou monade, c’est la matière, la ligne, c’est la Force ; le cercle, c’est le symbole de la Forme.
l’initiation 134 nade que toutes choses commencèrent à exister. Tout ce qui dépend du cercle ne peut exister sans le point (s). Théorème III. — Donc, le point central visible de la monade hiéroglyphique (2) représente la terre, autour de laquelle le Soleil, la Lune et les autres planètes décrivent leurs orbés. Et comme le soleil occupe la plus haute place par ordre d’excellence, nous le figurerons par un cercle entier et un centre visible (3).
Théorème IV. — Le Croissant delà lune est pour ainsi dire supérieur et antérieur au cercle solaire, cependant il regarde le Soleil comme son seigneur et son roi.
La Lune semble tellement se réjouir de son voisinage que, par son croissant, elle s'efforce de l’égaler en grandeur (ainsi qu’il paraît au vulgaire) ; elle tourne toujours vers lui ses cornes, elle cherche avidement à s’imprégner de ses rayons si bien que, pendant quelques jours, transmuée pour ainsi dire en Soleil, elle disparait complètement du Ciel (4), jusqu’à ce que, quelques jours après, réappa raisse le croissant que nous avons figuré (5).
Théorème V.— Le croissant lunaire ayant complété sa figure solaire, cela fit la distinction du jour et de la nuit et ce fut un jour. Ce fut le premier jour où fut créée la Lumière des philosophes. (1) Il s’ensuit, d’après la note précédente, que le cercle est formé de points.
Esotériquement traduite, cette proposition devient : Le monde matériel est composé d’atomes. (2) La Monade hiéroglyphique, dont voici la figure, était chez 0 les alchimistes le symbole synthétique, le mono gramme des sept métaux planétaires. (3) Sens ésotérique: tous les métaux proviennent du sein de ta terre. L’or, soleil du règne minéral, “h et le plus parfait de lous, c’est le but de la nature dans ses œuvres.
« Je dis de plus que la nature a pour but et s’efforce sans cesse d’atteindre la per fection, l’Or. » (R. Bacon, le Miroir d'alchimie (4) La Lune étant dans le ciel, en plein jour, est à peine visible, inondée gu’elle est des rayons du Soleil. (5) Sens ésotérique: Après l’Or, l’Argent est le plus parfait des métaux, la Nature tend sans cesse à le perfectionner, à le transmuer en Or.
L’argent est donc antérieur chronologique ment à l’Or, puisque, dans son évolution, la matière passe suc cessivement par les états : Fer, cuivre, plomb, étain, mercure, argent, or. Enfin l’Argent est regardé comme l’épouse de l’Or.
LA MONADE HIEROGLYPHIQUE l35 Théorème VI.— Nous vovons le Soleil et la Lune sous crits d’une croix rectilinéaire, elle peut assez convenable ment symboliser soit le Ternaire, soit le Quaternaire, le Ternaire parce qu'elle est composée de deux droites et du point d’intersection, le Quaternaire par ses quatre droites en fermant quatre angles droits.
Si l’on double chacune d’elles, on al’Octenaire secret; jedoute fort qneles Mages nos prédécesseurs l’aient connu, tu l’étudieras spéciale ment (i). Le Ternaire magique des premiers philosophes se composait de « Corps, esprit, âme ». Nous avons par • suite ici la première manifestation du Septénaire, en unissant les deux droites et leur point commun d’une part, puis les quatre droites séparées par un point (2).
Théorème VII. — Les éléments ayant été enlevés de leurs places naturelles, si on veut les y remettre, leurs parties homogènes séparées apprendront à l’expérimenta teur la manière de les reconstituer naturellement par des lignes droites.
Il ne sera donc pas absurde de dési gner symboliquement le mystère des quatre éléments (auxquels tous les corps élémentaires peuvent se ré duire en dernière analyse ) par quatre lignes partant d’un point unique en des directions opposées.
Note avec atten tion ceci: les géomètres enseignent que la ligne droite est le produit du déplacement rectiligne du point, pour (1) En combinant ensemble le Ternaire, nombre occulte par excellence, symbole de runiverselle Tri-unité, le Quaternaire, nombre du Sphynx, le Septénaire, nombre de la constitution hu maine, et l’Octenaire, nombre de l’équilibre parfait des forces, noustrouveronstroisautresnombressacrés.leauodénaire (douze opérations alchimiques), le nombre 21 son inverse, mystère des proportions de la Matière de la Pierre, et le nombre 32, le plérôme numérique, fils du Tétragramme. il nous suffira pour cela de multiplier le Ternaire successivement parle Quaternaire, le Septénaire et l’Octenaire, (2) .
Sens ésotérique: Ternaire alchimique, Corps (Soufre), Esprit (Sel), Ame (Mercure), Il ne faut pas perdre de vue que, dans ce traité, le.Quaternaire est le symbole Tes quatre Élé ments ; le Ternaire, des trois principes réductibles aux quatre Eléments ; le Septénaire désigne alternativement les sept pla nètes et les sept métaux ; enfin tous les autres nombres ont un sens hermétique.
a36 l’initiation la même raison, nous enseignons ici la même chose (i). Nos lignes élémentaires sont produites dans notre méca nique magique par la chute ( analogue du déplacement rectiligne) des atomes ( analogues du point mathéma tique) (2). Théorème VIII. — La série cabalistique du Quater naire, en comptant à la manière ordinaire (1, 2, 3, 4}, offre à son sommet le Denaire. Pythagore avait coutume de dire : 1, 2, 3, 4, font dix (3).
Ce n’est donc pas à tort que les anciens philosophes latins ont pris pour symbole du Denaire la croix droite (c’est-à-dire la 21e lettre de l'alphabet romain), en la considérant comme formée de quatre droites (4). C’est de la même manière que le Ter naire forme le Septénaire, en condensant en lui-même la puissance du quaternaire.
Théorème IX. — Tout ce qui précède convient donc parfaitement à notre Monade, à notre Soleil et à notre Lune, lorsqu’on aura exactement SÉPARÉ leurs lignes par la Magie des quatre Eléments. Ensuite, avec les cercles décrits à l’aide de ces lignes (car c’est une loi géométrique que l’on puisse décrire un cercle de la lon gueur d’une ligne donnée), on obtiendra la CONJONC TION dans le complément solaire.
On ne peut cacher (1) Sens ésotérique : Les éléments sont des polarisations delà Matière, ce sont des modalités.
« Tellement que les quatre éié ments, aussi bien que les trois principes ou seconds elémentsne sont rien autre chose que la matière première informée, en sa forme, de différentes manières. » (introduction à la Philoso phie des anciensX. (2) On retrouve ici une preuve de plus de ce que nousavons avancé que la Monade hiéroglyphique cèle deux sens : l’Esotérique et l’Exotérique.
Nous voyons la Monade ou le point mathématique assimilé à l’atome matériel, tel que l’avaient conçu Démocrite, Empédocle et Lucrèce, tel que l’ont conçu, en ce siècle, Avograao, Ampère, Naquet, Wurtz, Gautier et toute la brillante pléiade des chimistes atomistes. (3) Ces nombres donnent en effet dix par addition théosophique : 1 q- 2 + 3 -j- 4— 10. (4) La Croix reposant sur deux de ses branches figure la lettre X qui, chiffre romain vaut 10.
LA MONADE HIEROGLYPHIQUE £3^ avec combien d’à propos la proportion Denaire s’applique à la Croix, à la Lune, au Soleil, à la Monade (i). Théorème X. — Chacun sait parfaitement que le sym bole de l’un des douze signes, le Bélier, employé par les astronomes, est le suivant ; Y. Il faut remarquer d’abord que, dans le firmament, il marque le commencement de la Trinité' igne'e (2). Aussi, pour signifier Lune. Soleil. Éléments.
Feu. l’intervention du feu (3), nousavons, dans la figure de la Mo nade, ajouté le signe astrono mique du Bélier. Ici, nous achèverons rapidement la figure hiéroglyphique de notre Mo nade, que nous voulons pré senter en un symbole unique., La Lune et le Soleil de notre retrouverons l’intervention du feu.
Monade veulent être séparés des éléments dans lesquels nous la proportion denaire, et cela se fera par Théorème XI. — Le Symbole mystique du Bélier, composé de deux demi-cercles, unis par un point commun, (1) Dans le texte latin, les mots Separatio et Confundió sont imprimés en gros caractères pour attirer l’attention.
La Séparation et la Conjonction sont les opérations principales de l’Alchimie, toutes autres peuvent s’y ramener ; en Chimie ce sont l’Analyse et la Synthèse. Dans le Grand-Œuvre, par la Séparation, on extrait des métaux les germes, les spermes mé talliques, mâle et femelle; puis, par la Conjonction, on les féconde l’un par l’autre, puis on les enferme dans l'œuf et on allume le feu des Philosophes.
« Il monte de la Terre au ciel (séparation) et, de rechef, il descend en terre (conjonction). » (Hermès : la Table d'Emeraude). (2) Les douze signes du zodiaque sont divisés en quatre groupes consacrés aux quatre Eléments. Signes ignés : Bélier, Lion, Sagittaire. Signes terriens : Taureau, Vierge, Capricorne. Signes aeriens : Gémeaux, Balance, Verseau.
Signes aqueux : Cancer, Scorpion, Poissons. (3) Sens ésotérique ; le feu est la clef du Grand Œuvre, c’est la Lumière astrale : « Je ne vous commande que cuire. Cuisez au commencement, cuisez au milieu, cuisez a lafin et ne faites autre chose». (La Tourbe des Philosophes.]
138 l’initiation figure exactement la constitution de la journée équi noxiale. Car le temps de vingt-quatre heures, réglé selon le mode équinoxial (i), révèle nos proportions secrètes. Je dis « nos » par rapport à la Terre.
Théorème XII. — Les anciens Mages, dans leur sagesse, nous ont transmis des hiéroglyphes, composés des sym boles du Soleil et de la Lune, unis à ceux des Eléments et du Bélier, ainsi qu’on peut le voir par les figures ci- ? ( \jvL/V'V<A<J jointes- Il ne sera pas difficile de les expliquer chacune hiéroglyphiqueœent en se fondant sur les principes déjà établis.
Nous parlerons d’abordde ceux que présentent le signe delà Lune, en les commentant, puis nous passerons aux signes dérivés du Soleil. Notre Elément lunaire s'appelle mystiquement Saturne, quand, par la science, il a fait deux fois le tour de la terre. Pour la même raison on l’appelle Jupiter, et sa figure est encore plus mystérieuse. La Lune figurée secrète ment dans sa troisième incarnation élémentaire est appelée Mercure.
Voici pourquoi Mercure est lunaire : V Certains sages veulent qu’il y ait une quatrième revolu tion, ce qui n’est nullement contraire à notre proposi tion secrète.
Seulement le très pur esprit magique, en la maison de la Lune, régira l’œu vre de la blancheur, et, à cause de sa vertu spirituelle, il désigne pour nous le Soleil, au milieu d’un demi jour naturel, impri- (i) Sens ésotérique: le Signe du Bélier, composé de deux parties égales, est le symbole de la journée séparée également
LA MONADE HIÉROGLYPHIQUE l3g mant dans la terie très pure et très simple préparée par nous ces quatre figures et à leur défaut celle-ci. Note. — Paraphrase ésotérique. Ce chapitre révèle les cou leurs que prend la matière pendant le Grand Œuvre.
« On dési gnait aussi allégoriquement les couleurs par les métaux, ainsi Saturne ou le Plomb symbolise la noirceur; l’argent ou la Lune,c’est la blancheur; le cuivre, la rougeur; Mars ou le fer figure l’iris.... Philalèthe s’est servi des noms des métaux pour désigner des couleurs qui apparaissent principales et intermé diaires. Voici ces « régimes » dont nous avons déjà parlé, mais au point de vue des opérations:« r» Régime de Mercure.
Aussi tôt le feu allumé, pendant vingt jours apparaissent un grand nombre de couleurs; vers le trentième jour, le vert domine, et ce n’est qu’au quarantième jour qu'apparaît la véritable noir ceur; 2’ Régime de Saturne, c’est la couleur noire; 3° Régime de Jupiter?La matière revêt les couleurs intermédiaires entre le noir et le blanc ; 40 Régime de la Lune, c’est la couleur blanche ; 5° Régime de Venus où l’on voit le vert, le bleu, le livide, le rouge foncé ; 6° Régime de Mars, jaune orangé, puis les couleurs d’iris et de la queue du paon ; 70 Régime du Soleil, c'est le rouge parfait. » (Albert Poisson: Théories et Symboles des alchimistes, p. 131 -13a).
Moins le mercure, la classifica tion est exactement la même dans le Grand Olympe poème hermétique du xv» siècle. Il s’agit évidemment dans ce théo rème des couleurs de l’œuvre, toute autre interprétation est impossible ; d’autre part, Jean Dee met le lecteur sur la voie, en parlant de blancheur à propos delà Lune.
Il parle de « demijour » à propos de la Lune, parce qu’à ce moment (à la blan cheur, régime de la lune) la matière philosophale transmue les métaux en argent ; le jour est entier, la lumière est parfaite quand on est arrivé au régime du Soleil ; la pierre est alors parachevée, elle transmue les métaux en or.
Enfin il parle d’une terre très pure où s’impriment ces quatre figures Qp j)° c’est la matière de la pierre qui passe par les couleurs succes sives symbolisées par les susdits métaux. Remarquez que cette succession: Mercure, Saturne, Jupiter, Lune, Vénus, Mars, Soleil, nous donne deux séries, une de signes lunaires correspondant au Petit Œuvre et une série solaire parachevant la précédente et correspondant au Grand Œuvre.
Théorème XIII. — Le Symbole mystique de Mars n’est-il pas formé des hiéroglyphes du Soleil et de Mer cure avec intervention du magistère élémentaire ? et celui de Vénus n’est-il pas, je vous le demande, formé par le Soleil et les éléments ? Ces planètes sont donc du en deux parties de douze heures chacune. Selon l’Astrologie, la partie diurne s’étend de midi à minuit, la partie nocturne de minuit à midi.
l’initiation 340 ressort du Soleil et appartiennent à l’œuvre au rouge. Dans cette progression,cet autre Mercure ç, est surtout remarquable, c’est pour ainsi dire le frère utérin de l’autre 4- Il réunit en une synthèse magique le Soleil, la Lune et les Eléments, ainsi que nous l’indique formelle ment son hiéroglyphe révélateur ; veuillons donc fixer plus spécialement notre attention surluî et lui prêter l’oreille.
C’est lui qui par la volonté de Dieu est le Mercure de$ 1------------- % U * Oé: 1 *î~ r-' llull Q'i d Lhih-,........ philosophes, le célébré Microcosme Adam. Quelques habiles philosophes avaient coutume de placer en son lieu et degré le Soleil.
Nous ne pouvons en faire autant, si ce n’est en préparant dans notre œuvre au rouge une ■certaine âme séparée du corps par l’art pyrotechnique (i), (1) Indication de la matière de la pierre qui se composed’une âme et d’un corps, du Soufre et du Mercure, extraits respecti vement de l’or et de l’argent vulgaires.
Le signe synthétise la matière de la pierre appelée aussi Mercure des philosophes; il renferme en effet les signes de for et de l’argent, matière première. Ce Soufre et ce Mercure tirés de l’or et de l’argent doivent être animés, c’est-à-dire que l’on doit y projeter de la vie pour les rendre propres à J’œuvre.
Du reste Jean Dee est très explicite dans le théorème suivant où il cite les paroles d’Hermès en la Table Smaragdine. (2) Ce tableau présente 5 signes : d'abord le signe 6, c’est Vénus, le signe 5 Mars, le signe 1 Jupiter; le signe marqué de trois points, c’est Saturne, le signe 7 c'est Je Soleil et 3 la Lune; Je signe supérieur (4 , c’est le Mercure lunaire, le signe infé rieur Je Mercure ordinaire ; la figure centrale, c’est la monade hiéroglyphique qui synthétise les sept signes des métaux.
LA MONADE HIEROGLYPHIQUE I4i ce qui est une chose des plus difficiles à faire et de plus très dangereuse à faire à cause des vapeurs ignées et sulfureuses qui se dégagent. Cependant on pourrait arriver à préparer cette âme merveilleuse. C’est assavoir en la fixant avec des liens indissolubles au disque lumi neux de la Lune (ou encore au Mercure) et ensuite aux éléments du feu.
Enfin, pour compléter notre Septénaire, il nous faut rendre visible le Soleil des philosophes. Examinez aussi attentivement que vous le pourrez à quoi répond dans notre monde hiéroglyphique cette anatomie des signes pour l’explication des secrets de ces deux théorèmes. Théorème-XIV. — Nous avons déjà démontré assez ouvertement que tout notre magistère dépend du Soleil et de la Lune.
Hermès trois fois grand ne nous l'a-t-il pas affirmé, lorsqu’il dit : « Son père est le Soleil et la Lune est sa mère. » Et nous savons qu’il est nourri dans la terre de Lemnos, par les rayons solaires et lunaires, qui exercent sur lui.une action particulière. Sens ésotérique : Par Soleil il faut entendre le soufre extrait de l’or, par Lune le mercure extrait de Fargent.
Les rayons solaires et lunaires indiquent les polarisations positives et négatives de l’aour, l’Od et FOb, dont il faut charger le Soufre et le Mercure pour les animer. Théorème À'F. — Nous proposons à la méditation des philosophes les actions du Soleil et de la Lune sur la terre. D’abord, pourquoi leur rayonnement, quand ils sont dans le signe du Bélier (i), désole-t-il la terre ?
Ensuite pourquoi dans le signe voisin y a-t-il accroisse- (i) Sens ésotérique : Le Grand Œuvre doit être commencé, lorsque le Soled entre dans le signe du Bélier, c’est-à-dire le 20 mars ; c’est à cette époque que Ton recueille la rosée où s’est condensé l’astral ; la préparation de la matière dure environ un mois et c’est quand le Soleil entre dans le Taureau, le 20 avril, que l’on scelle le matras et que l’on allume le feu des philosophes. On retrouve souvent le Bélier et le Taureau dans les symboles alchimistes. Voyez plutôt le célèbre Liber Mutus.
142 l’initiation ment de lumière ? — Ils s’exaltent au-dessus de leur puissance naturelle. Le voisinage des deux luminaires était symbolisé chez les anciens par le signe mystique du Taureau. Chacun sait que, d’après les astronomes, cette connaissance de l’exaltation de la Lune remonte à l’en fance de l’humanité. Mais ceux-là seuls comprendront ces mystères, qui, celohites de l’absolu, ont pénétré lesarcanes.
Pour la même raison on dit que le Taureau est la maison de Vénus, symbole de l’amour chaste conjugal et fécond, et ainsi la Nature se réjouit en la Nature, comme le Grand Astanès l’enseigne dans ses secrets mys térieux.
C’est pourquoi le Soleil après quelques éclipses Taureau Exaltation de la Lune de sa lumière reçoit sa force de Mars, et on dit alors que Bélier dehLune triomphant il est en exalta tion dans sa maison, c’est- ,es Eléments à-dire dans notre Bélier.
Ces mystères très secrets, notre Exaltation ¿nonade nous les montre endu Soleil .............. . - du Soleil core complètement et ciairement.Danscette figure hié" roglyphique nous voyons le Taureau, puis Mars, ainsi qu’on l’a expliqué dans les théorèmes XII et XIII. Elle, nous montre encore le Soleil dans le Bélier (1).
Dans cette théorie nous avons une autre anaromie cabalistique de notre monade, dont voici la véritable et ingénieuse explication. Les exaltations du Soleil et de la Lune se font au moyen de la science des éléments.
Note. — Il faut surtout remarquer ici deux choses : que cette figure hiéroglyphique du Taureau nous représente exactement dans la déclinaison grecque la terminaison du génitif de la première déclinaison au singulier ; 20 que par métathèse elle figure l’alpha, grâce au cercle et au demi-cercle tangents simplement ou encore, comme ici, sécants. (A suivre.) Philophotes. (1) Le Soleil, d’après l’astrologie, est en exaltation dans le Bélier, de même la Lune est en exaltation dans le Taureau.
PLANÈTES ET TEMPERAMENTS 143 PLANÈTES ET TEMPÉRAMENTS Mon cher Papus, Voulez-vous être assez bon pour m’accorder l’hos pitalité de l’initiation afin de présenter quelques observations à propos d’un article sur la « Correspon dance des sept planètes et des quatre tempéraments » que vous avez publié dans le numéro d’avril ?
Il n’y a probablement pas un de ceux qui ont appris à connaître les sept types planétaires (neuf, si on y ajoute l’Uranien et le Neptunien, encore peu fré quents), et qui ont été initiés en même temps à la théorie des tempéraments de Polti et Gary, il n’y en a probablement pas un, dis-je, qui n’ait été tenté par le désir d’établir une correspondance entre les deux ■classifications.
Cependant, même après l’essai exposé dans le dernier numéro de l'initiation, je persiste à croire que le problème est insoluble si tant est qu’on veut déterminer une correspondance exacte et exclusive entre tel type planétaire et tel élément ou telle combinaison binaire d’éléments de Polti et Gary. r Les éléments des tempéraments sont, je pense, aux types planétaires ce que, en musique, le mode est à la tonalité : l’un est essentiellement différent de l’autre, mais tous les deux s’allient pour indiquer plus exac tement la caractéristique, ici d’un morceau de musi que, là d’une personnalité.
En somme, les tempéraments ne nous donnent que des tendances physiques morales et intellectuelles, tendances dont les manifestations effectives sont déter minées par les influences planétaires : le tempéral’initiation ï.44 ment représente un mécanisme, le type planétaire la forme à laquelle ce mécanisme se trouve adapté.
A ce point de vue. je considère le rôle des éléments des tempéraments comme l’analogue de celui attribué aux Dodécatemories ou Signes du Zodiaque, ceux-ci indiquant les tendances profondes de l’être, qui se manifesteront avec éclat ou resteront latentes la plupart du temps, selon que l’excitation qu’y produi sent les Planètes par leur passage à travers ces Signes sera plus ou moins harmonieuse ou discordante.
En principe, de même que toutes les Planètes agis sent dans tous les signes zodiacaux conjointement avec ceux-ci. alors même qu’ils sont de nature tout à fait opposée à la leur propre, de même tous les types planétaires doivent être compatibles avec tous les tem péraments indistinctement: dans la réalité, cette com patibilité devient une question de plus ou de moins. Je m’explique.
En astrologie nous nous trouvons en présence de certaines parentés dénaturé entre l’in flux de telle Planète et celui de tel Signe zodiacal, sans que cependant il y ait jamais identité complète de la nature des deux influx. Ainsi, par exemple, le £ le C et le s sont de la nature du Feu; mais la nature de l’influx martien n’est identique ni à celle du £ ni à celle du s.
Cependant, à cause de leur essence commune, £ montrera plus d’affinité pour les Signes de Feu que pour les Signes de Terre; par exemple, il manisfestera ses qualités plus complètement placé dans un des premiers que lorsqu’il passe parun des seconds.
De même on peut constater que tel type planétaire s’allie plus volontiers et plus fréquemment à tel temPLANÈTES ET TEMPÉRAMENTS ^5 pérament qu’à tel autre : comme J1 au BS ou SB, même BL, J à F NB ou NL, la D à F LS ou LN, « à l’SN ou NB; ? se manifestera de préférence dans le triangle # dans celui Mais il est évident qu’un NL saturnien n’agira pas dans la vie comme un NL venu sien, bien qu’ils aient tous les deux les tendances exprimées par la formule NL com mune : ni un BL martien comme un BL jupitérien, etc. Pour conclure, si on veut trouver des correspon dances entre la classification de Polti et Gary et celle astrologique, il faut, je pense, les chercher dans cette dernière, non parmi les influences des Planètes, mais parmi les Eléments astrologiques Feu, Air, Eau,T erre.
Ces correspondances s’établissent alors comme suit : Éléments actifs — B et S q- — passifs — N et L — — intellectuels = B et N + — corporels = S et L —
L'INITIATION 146 Cette disposition des Planètes se trouve aussi d’ac- -cord avec l’enseignement astrologique d’après lequel l’influence lunaire constitue l’expression femelle de •celle qui émane de Saturne, qui par conséquent repré sente le mâle delà première: rapport qui existe de même entre y et entre et ?.
Quant au Soleil, si on ne considère que son in fluence spécifique, on le rangera avec £ et étant comme eux de la nature du Feu; ou bien on le pla cera au centre de la croix, si on veut rappeler que c’est ■de lui, comme source première, que procèdent, en potentialité, toutes les influences planétaires. Croyez-moi votre bien dévoué. Selva. (C. B.
E.) (SPIRITISME) ET DANS LES TEMPS MODERNES Par le Docteur Wahu, Officier de la Légion d’honneur, médecin principal des armées en retraite (décédé à Nice en i888)(i}. Cet ouvrage, exposé chronologique des diverses reli gions et croyances relatives aux esprits chez les peuples anciens et modernes, est un de ces rares livres qui tiennent beaucoup plus qu’ils ne promettent.
C’est une œuvre de science et de progrès qui se re commande non seulement par la masse de documents et de faits historiques peu connus qui y sont rassemblés, (1)2 volumes réunis de 380 pages chacun. Prix : 5 fr., chez Chainuel, éditeur-libraire, rue de Trévise, 29.
LE SPIRITISME DANS L’ANTIQUITÉ I47 mais encore par la logique imperturbable avec laquelle l’auteur en a fait l’appréciation. Cette exposition, où tous les grands instructeurs de l’humanité sont passés en revue, se distingue par son attrayante clarté et l'entraînement du style.
« Si la ques- « tion du spiritisme, dit l’auteur, a été jusqu’aujourd’hui « si mal comprise, c’est qu’elle a été dénaturée à plaisir, « et que peu de personnes se rendent compte de ce qu’on « doit entendre par le mot esprit.
On se figure en géné- « rai que ce sont une nature d’êtres spéciaux, alors qu’il « ne s’agit en réalité que de nos parents ou de nos amis « vivant dans l’atmosphère sous une forme éthérée et « souvent bien près de nous, tant que leur degré d’avan- « cernent ne les a pas appelés dans une autre plainte.
« L’histoire en main, nous allons démontrer que depuis « les premiers âges du monde tous les peuples ont admis « l’existence d’êtres invisibles vivant à côté de notre « pauvre humanité et exerçant sur elle une influence « considérable.
Chez les Grecs, il y avait un culte intime « pour les mânes ou génies des ancêtres; chez les Ro~ « mains, pour les Dieux lares ; chez les Indous, c’est pour « les Pitris ; pour les catholiques, il y a les anges et les « démons, surtout les démons dont les hauts faits ont « occupé une si large place dans tout le moyen âge. » Partant des premiers temps historiques de l’Inde et de la Chine, l’auteur a patiemment compulsé tous les écrits sérieux qui s’y rapportent, Jacolliot, Burnouf, Chavée, Halley, Cicé, Bunsen, Lamartine, Dubois de Jancigny, etc., en s’attachant particulièrement à ceux qui, comme Jacolliot et de Jancigny, ont puisé et coordonné leurs matériaux au milieu même des populations indoues pendant un très long séjour.
Et tous ces documents, savamment enchâssés comme les anneaux d’une même chaîne, démontrent que la croyance en un seul Dieu et à la nécessité morale de la charité humaine, remonte à l’origine de la civilisation indoue, la plus ancienne et la plus complète de toutes, celle d’où sont sorties toutes les autres civilisations et croyances religieuses.
Ainsi, à une date antérieure de 4.800 ans à la venue du Christ de la Judée, la religion indoue avait eu son Crichna, issu d’une Vierge, échappé à un massacre
l'initiation 148 d’enfants innocents, passé par les mêmes épreuves que celui de la Judée et prêchant une morale en tout sem blable et non moins pure.
Bien mieux ; « Le Crichna indou s’étant transfiguré « devant les disciples, ceux-ci se prosternèrent et ajou- « tèrent à son nom sanscrit de crichna celui de lésons, « qui signifie issu de pure essence divine. » De l’Inde, ces le'gendes religieuses avaient été appor tées en Egypte par la brahme Manou-Vana, vulgairement appelé Manès ; et ces traditions, de même que les notions de l’astronomie indoue, s’étaient si bien conservées chez les prêtres égyptiens, que ceux-ci les avaient inscrites sur leur zodiaque « où la vierge, symbole équinoxial du « printemps, se trouve placée entre les poissons et le bélier « et par conséquent au-dessus de VIesous.
Or, l’Iesous « étant représenté comme un enfant, la vierge semble en « être accouchée. Aussi fut-elle appelée mère du divin « Iesous, sans que cette maternité, qui n’est qu’appa- « rente, lui ait enlevé sa qualité de vierge ».
C’est ce qui explique, dit le Dr "WahUjles constatations suivantes de Dupuis (Origine de ions les cultes) : « Un «faitquine dépend d’aucunehypothèse, c’est qu’à l’heure « précise de minuit, le 25 décembre, moment indiqué de « l’origine du christianisme, la Vierge (des Constellations) « est le signe céleste qui monte à l’horizon, et dont « l’ascension préside au commencement d’une nouvelle « révolution solaire, — Un autre fait, c’est que le Dieu « Soleil, qui naît dans le solstice d’hiver, se réunit à la « vierge et l’enveloppe de ses feux à l’époque de la fête de « l’Assomption ou de la réunion de la mère avec son fils.
« Enfin, un troisième fait, c’est que la vierge sort des « rayons, solaire, juste à l’époque de l’année où l’on fait « lafête de la Nativité de la Vierge. Ainsi la même Vierge « zodiacale joue les trois grands rôles de la Vierge du «christianisme juste aux mêmes jours et aux mêmes « heures.
L’on sait, d’autre part,« que le a5 décembre était, chez « les Perses, les Grecs et les Romains, le jour consacré « à célébrer la naissance du Dieu Mithra, symbole de « l’amour et de la fécondité ». L’auteur nous fait pénétrer ensuite dans les arcanes de
EE SPIRITISME DANS L’ANTIQUITE I49 cette ancienne Egypte où il n’y avait pour la multitude qu’un polithéisme grossier, alors que, pour les prêtres et les initiés, c’étaient les notions du plus pur théisme qui seules étaient enseignées,et il nous montre comment Moïse en avait reçu les notions qu’il transmit plus tard aux Juifs avec la grande mise en scène du Mont Sinai.
Plus loin, nous faisant assister au groupement des premières sociétés chrétiennes, puis à la publication des Evangiles’ c’est-à-dire des enseignements verbaux de Jésus publiés plus de cent ans après la mort de ce réformateur, il compare entre eux maints passages de ces évangiles et en fait ressortir des anomalies contradictoires très palpables, mais auxquelles personne ne songe habi tuellement.
A propos du mystère de la Rédemption par exemple, après nous avoir fait constater avec le pasteur Réville « qu’en définitive la rédemption de l’humanité,considérée « comme accomplie depuis bientôt vingt siècles, a laissé « en dehors de sa sphère d’action la grande majorité du « genre humain »... l’auteur examine à quelles idées et à quels besoins moraux imaginaires pouvait bien s’ap pliquer cette rédemption.
Quant au rôle éducateur de Jésus: «En admettant, «dit-il, que les évangiles nous aient retracé la véritable « vie de Jésus et son véritable enseignement, l’on peut « bien dire que si Jésus est un type de perfection morale, « il ne saurait représenter à nos yeux le type de l’homme « complet.
Nous n’avons en réalité comme exemple que « trois années de prédication terminée par sa mort, « mais nous ne trouvons dans cette courte existence « publique aucun des enseignements nécessaires pour « guider l’homme dans sa vie terrestre. « Jésus n’a parlé ni des luttes du pauvre contre la « misère, ni de l’excellence du travail, ni des efforts de « l’esprit pour conquérir la science.
Il n’a pas parlé non « plus des devoirs des époux, des pères et mères, des « enfants, ni d’aucun des devoirs à accomplir dans les « diverses positions sociales. « Il n’a pas enseigné la manière de s’améliorer, la « manière de lutter pour ne pas tomber au-dessous « d’un certain degré moral. En un mot, il s’est beaucoup
l’initiation i5o « occupe du ciel, mais il ne s’est pas occupé de la << terre, et l’on peut voir à chaque instant, dans les évan- << giles, avec quel dédain profond il traitait les choses « humaines. « Et cependant, il venait, dit-on, pour améliorer la « société humaine et pour lui indiquer la marche à << suivre sur cette terre pour arriver au royaume des « cieux.
« Il a passé complètement sous silence tout ce qui « avait trait à la vie pratique et: entre autres, aux devoirs « de la famille. La manière dont il a traité sa mère est << une preuve qu’il n’y tenait guère.
On lui dit que sa « mère et ses frères veulent lui parler ; il répond : « Qui « est ma mère et qui sont mes frères? » Et il ajoute en « montrant ceux quil’ entourent : « Voici ma mère et mes <.< frères, car quiconque fera la volonté de mon père qui « est aux Cieux, celui-là est mon frère et ma soeur. » Même dédain pour les choses de la vie terrestre : « Ne << soyez pas en souci pour votre vie (dit-il, dans l’évangile « de Luc, ch. xii), ni de ce que vous mangerez, ni de ce « que vous boirez, ni pour votre corps de quoi vous << serez vêtu...
Considérez les oiseaux du ciel, ils ne « sèment ni ne moissonnent, ni n’assemblent dans des « greniers, et cependant votre père céleste les nourrit; « n’êtes vous pas plus excellents qu’eux ? « Et pourquoi êtes-vous en souci du vêtement ? Appre- « nez comment croissent les lis des champs, ils ne tra- « vaillent ni ne filent.
Si donc Dieu revêt ainsi l’herbe « des champs, ne vous vêtira-t-il pas plutôt, ô gens de « petite foi ?... » « Nous ne connaissons, dit l’auteur, qu’une classe « d’hommes qui aient toujours mis en pratique ses con- « seils ; ce sont les moines de toutes variétés ; mais ils « ont toujours été regardés, et à très justes titres, comme « d’insupportables parasites.
« Il eût mieux valu que Jésus ne soulevât pas ces ques- « tions, que de les résoudre de cette manière, qui indique « une complète ignorance de la vie humaine pratique. » Ce n’est pas par un vain esprit de critique qu’ont été inspirées et qde nous avons transcrit ici ces judicieuses réflexions, c’est pour montrer les inconvénients d’imrnoLE SPIRITISME DANS L'ANTIQUITÉ l5l hiliser la conscience humaine en un seul homme.
En incarnant en lui, comme l’a très bien dit aussi Fauveiy, l’idée de perfection, et en disant à ce type t « Tu seras l’idéal éternel de l’humanité », on condamne les géné rations futures à ne rien ajouter à l’idée qui leur a été transmise ; on immobilise Vhumanité. L’humanité terrestre n’a nul besoin de porter le nom d’un de ses grands instructeurs plutôt que celui d’un autre.
« Le perfectionnement humain n’est que la résultante « des enseignements successifs des grands éducateurs « qui ont paru à differentes époques sur divers points du « globe ; et ce perfectionnement n’est pas près de s’ar- « rêter.
C’est pour cela que, pour parler juste, et surtout « pour éviter les dissensions entre les diverses branches « de l’humanité, et pour, arriver le plus tôt possible à « l’harmonie par la fraternité, il faut dire: idée humaine; « morale humaine; charité humaine. » Partisan convaincu de la doctrine spirite, qui était en définitive celle de Pythagore telle que l’a exposée récem ment Fabre d’Olivet, le docteur Wahu arrive à la ques tion des réincarnations, qui seule, dit-il, s’accordent avec l’équité divine.
Il cite à l’appui les preuves les plus sé rieuses, et, entre autres, celle d’un grand nombre de pré cocités tellement étonnantes, qu’on a pu dire d’elles que leur savoir existait avant que de naître. Et ces théories réincarnationnistes ne sont-elles pas celles de Platon?
« Puisque les idées sont innées dans « l'homme, il ne les produit ni ne les apprend, fine fait « que s’en ressouvenir ; elles sont en lui la raison meme, « elles sont la base du beau et du bien, ainsi que du « vrai. » Pour ne pas allonger indéfiniment ce compte rendu, je suis obligé de laisser dans l’ombre une des périodes les plus intéressantes du Spiritisme, celle de Simonie Mage, celle si magnifique d’Apollonius de Tyane dont la per sonnalité ascétique eut de son temps une célébrité si prestigieuse.
Cependant, dans le chapitre ni, tome II, où l’auteur prouve la réalité des communications avec les esprits par les écrits de ses adversaires, nous cueillerons en passant la citation suivante de l’abbé Poussin, et ce sera la deri5a ■ l’initiation nière : « Le Spiritisme, il faut bien le reconnaître, enve- « loppe, dit-il,comme un immense réseau, la Société tout « entière, et, par ses prophètes, par ses oracles, par ses « livres, par son journalisme, s’efforce de miner sourde- « ment l’Eglise catholique.
S’il nous a rendu le service « de renverser les théories matérialistes du xvine siècle, « il nous donne en échange une révélation nouvelle qui « sape par sa base tout l’édifice de la révélation chré- « tienne, (i) » C’est en 1866 que le professeur de théologie Poussin écrivait cela... Que dirait-il donc s’il écrivait aujour d’hui.
11 n’y a donc rien d’illogique à espérer avec feu le Dr Wahu, dont j’ai eu longtemps le plaisir d’être le col lègue et l’ami, que la doctrine spirite, la seule qui éta blisse la solidarité morale existant entre tous les hommes, et la seule qui soit une philosophie réellement positive, sera celle qui réunira un jour tous les habitants du globe en une seule vaste association où chaque chef familial sera son prêtre et son roi.
Dr Ferran (Lyon). (1) Le Spiritisme devant ¿'Eglise et devant l’histoire. PARTIE LITTÉRAIRE Le merveilleux nous hante, et les pauvres faits exacts ne nous suffisent plus. D’ailleurs, le merveilleux nous a toujours enveloppé, et maintenant plus que jamais. Quoi de plus merveilleux que la bêtise? Et quel temps fut plus fertile en miracles? Monsieur Poirier est au Sénat, Bouvard légifère, et il y a plus d’absurdités dans l’air que d’oxigène.
Nous vivons cependant. 11 serait plus facile de cesser de vivre que de cesser de s’émerveiller. Si ces choses sont possibles ou davantage réelles, les rêves les plus invraisemblables le sont, et je me sentis entraîné vers l’étude de l’occultisme. Depuis longtemps déjà, les sciences maudites m’allé chaient, mais j’avais toujours résisté à cette envie. Enfin, je me décidai, et bravement me mis à l’œu vre.
Je voulus marcher à la certitude par la difficulI 154 l’initiation tueuse voie de l’observation, et à l’étude je joignis l’ex périence. Tout d’abord, sur ma table, les bouquins s’empilèrent.
Ils traitaient d’invocations diaboliques, d’art magique, de cérémonies damnables, de sortilèges, indiquant comment conjurer le diable et la façon de se faire obéir par les esprits, Je passai aux modernes, j’étudiai l’hypnose, le somnambulisme, la télépathie, et me livrai aux expé riences. Par l’imposition des mains, je vis des vases d’eau en ébullition, des plumes d’acier se mouvant et s’arrêtant suivant l’ordrequ’on leur donnait.
Je vis. des tables se soulever et rester immobiles en l’air. En des séances de spirites, j’entendis invoquer les morts, mais les révélations d’outre tombe me parurent sus pectes, et je renonçai à troubler leur repos. Je parvins, à démêler dans ces faits insolites la part de charlata nisme et de duperie et la part de vérité, et à dégager de tout ce minerai la parcelle d’or.
Rien donc ne m’é tonnait plus, ni les pondéreux objets s’envolant vers les plafonds, ni les flammes bleues scintillant dans les. pénombres, ni les apparitions fluidiques surgissant de terre et venant de leurs insaisissables mains effleurer les visages.
Je m’étais si bien fait à cette atmosphère de mer veilleux que je vivais dans l’attente de quelque chose d’invpncevable et d’extraordinaire qui devait m’arri ver. En ce temps-là, j’allais souvent le soir chez un ami érudit et savant, possesseur d’une très précieuse bibliothèque, où il vivait retiré et travaillant sans, souci du passager et de l’extérieur.
Je lui apportais quelques échos, les rares qui pouvaient l’intéresserl’évocation i 55 de ce monde qui s’agitait assez vainement autour de sa solitude, et très tard dans la nuit nous causions. Un soir, je trouvai chez lui un être bizarre que je n’y avais jamais vu et qui me produisit un effet ner veux ’si singulier que cette rencontre fut un événe ment.
C’était une contraction de la gorge qui m’exci tait à rire sans que je ressentisse aucune émotion .gaie, tout au contraire, et cette envie de rire que la politesse me forçait à retenir produisait une tension ■douloureuse et m’étourdissait. Il me semblait aussi qu’il se dégageait de cet être bizarre des effluves •chaudes qui engourdissaient. L’effet fut si prompt que je pris un siège immédiatement et fus plusieurs mi nutes avant de me remettre.
Comme dans un rêve, j’entendis que nous étions présentés l'un à l’autre et et je saluai. Puis la conversation se renoua. Alors je vis que j’avais devant moi un vieillard dont l’âge était peu appréciable, car son être était un composé hétérogène de jeunesse et de caducité.
Le corps mince et petit, replié et comme ankylosé dans une courbure, imposée sans doute par une longue vie sédentaire d’étude et de méditation, portait ou plutôt supportait avec peine une très belle tête aux cheveux blancs très fins tombant sur les épaules.
Le visage ridé aux lèvres et aux joues, montrait un front lumineux de ■pensée sous lequel étincelaient, d’un éclat presque im possible à soutenir, deux yeux d’éternelle jeunesse. Une parole lente, brève, un peu sourde, entrecoupée •de silences, où ses yeux parlaient, sortait péniblement •de sa gorge, si bien qu’il semblait mettre sa pensée ¿ans l’étincellement extraordinairement vivant de son
156 l'initiation regard et que sa parole sonnait assez indistincte et accessoire comme l’accompagnement très imparfait sur le piano d’une mélodie divinement chantée. Le regard vous pénétrait et portait en vous une lumière vous faisant lire les pensées non proférées.
On parlait du pouvoir magique de l’évocation des morts et notre hôte affirmait que ce que l’on prenait dans les séances de spirites pour l’apparition des esprits des défunts n’était que la coque astrale abandonnée par l’esprit, et qui tombait sous la puissance, soit des élémentals ou élémentaires, soit des volontés am biantes qu’elle reflétait. L’évocation d’un mort était chose grave, possible seulement à un mage et en d’exceptionnels cas.
Quant aux apparitions de corps astraux, elles étaient fré quentes, et il en cita quelques-unes qu’il avait vues.
La pensée d’une moquerie ou même d’une exagéra tion chez mon ami, dont je connaissais les habitudes d’esprit foncièrement précises, ne pouvait me venir, et en écoutant ces fantastiques récits, où les ombres de ceux qui furent venaient se mêler aux vivants, une inquiétude me prenait, et, dans cette chambre tendue de rouge, je croyais voir, dans les recoins à demi obs curs, des formes vagues se dessiner et sentir derrière moi des souffles subtils se glisser dans mes cheveux ; puis vint un désir subit et violent d’être témoin d’une di ces apparitions, et spontanément j’exprimai ce désir. —11 est inutile et mauvais de troubler les morts, meditle vieillard, en arrêtant sur moi la flamme péné trante de ses yeux. Ils n’ont pas de temps à perdre, au
L’ÉVOCATION l5y contraire des vivants! Il vaut mieux évoquer les vivants. — Evoquer les vivants! m’écriai-je. — Mais certainement, continua-t-il, évoquer les vi vants, cela ne doit-il pas être plus facile que d’évoquer les morts, c’est-à-dire les disparus, ceux, toujours existant, mais qui sont au delà de notre chétif hori zon.
Pour les vivants, il n’y a point la limite d’un monde à l’autre à franchir : donc, rien n’est plus facile. — Ainsi vous pourriez... — Je ne comprends pas votre doute, m’interrompit le vieillard d’un ton presque sévère, votre désir peut être satisfait. Venez chez moi dans l’après-midi de main. Et il me donna son adresse.
Le jour suivant, j’allai chez lui ; il habitait une de ces paisibles rues qui avoisinent les Invalides, et sa maison était un vieil hôtel où il vivait seul. De très noble et ancienne famille, veuf depuis fort longtemps, il s’était retiré dans cette maison autrefois habitée par ses aïeux, et dont l’ameublement datait de deux siècles.
Un domestique vint m’ouvrir, et, après m’avoir fait monter un grand escalier où pendaient d’admirables gobelins, m’introduisit dans une sorte de boudoir dont les vestiges d’élégance et de somptuo sité rappelaient les formes charmantes du xvnie siècle.
J’y restai quelques minutes, et le même domestique, vieux comme son maître, vint me chercher et ouvrit subitement devant moi une porte qui me montra, dans une vaste chambre aux murs et au plafond ten dus de rouge, debout, près d’un large rayon d’une grande bibliothèque garnissant les murailles jusqu’à
158 ^INITIATION la moitié de leur hauteur « le mage » enveloppé dans une ample robe rouge que d’une main il tenait croisée sur sa poitrine. Il me laissa venir jusqu’à lui et me tendit, avec un sourire, une main froide dont le con tact me donna le frisson. « Je vous attendais, me dit-il, — et il me fit asseoir. — Vous avez toujours le même désir ? continua-t-il. Si vous voulez qu’il soit satisfait, obéissez-moi de point en point.
Allez-vous mettre dans ce fauteuil, —et il me désigna,au milieu delà chambre, un large siège d’étoffe rouge où j’allai me placer. —abstrayez-vous pendant quelques instants et pensez de toute la puissance de votre volonté au vivantque vous voulez que j’évoque, et qui apparaîtra ici, — et il m’indiquait en face de moi la partie libre de la chambre. — Surtout ne vous laissez pas distraire, et faites un acte de volonté.
11 est inutile que vous me parliez, je lis dans votre cerveau vos pensées. » Je lui obéis. Ma pensée aussitôt se porta vers la comtesse N..., qu’à Florence, quelques années déjà, j’avais rencon trée et connue, et dont le charme subtil, lait de ten dresse et de respect, était toujours vivant.
D’un coup, en mon imagination, je la rappelai et je la vis avec sa taille haute et si souple, ses lourds cheveux d’un blond d’épi mur qui faisaient ressortir d’un si étrange éclat la beauté de ses yeux très noirs, l’ovale amaigri et délicat de son visage, où les lèvres seules mettaient une délicieuse rougeur. Je la vis dans son salon, étendue comme autrefois sur sa chaise-longue, faisant errer autour d’elle la rêverie de ses beaux yeux où l’on
l’évocation i 5g devinait l’ombre d’un chagrin intime qui l’immo bilisait, pendant de longues journées, sur cette chaise en face d’une large fenêtre ouverte d’où elle contem plait l’admirable panorama florentin!
Et toutes les heures vécues près d’elle, avec leurs délicats souve nirs, les nuances fugaces qui les avaient colorées, les états d’âme qui les avaient animées, les mille menues jouissances exquises si indescriptibles des êtres ten dres, tout cet amas confus de petites choses lointaines revenait à moi et se précisait, et en même temps le désir grandissant à chaque minute de la voir, elle, la douce femme si tendre et si triste qui m’avait dit sa peine et à qui il était toujours si doux de penser.
Ainsi je m’absorbai, inconscient du temps qui s’écoulait, de plus en plus saisi d’un besoin de sa présence et finis sant par ne plus douter que j’allais la voir, et l’atten dant. Plus d’une demi-heure j’étais demeuré en cette rêverie, et une lassitude me prit. Le vieillard, maintenant me tournant le dos, avait l’air de m’ignorer.
Assis à une table, il feuilletait un manuscrit aux pages jaunies qui sous ses doigts len tement tournaient en un lourd froissement prolongé. Je ne voyais que les boucles blanches de ses cheveux couvrant l’ample col de sa longue robe rouge où sa forme amincie se révélait presque irréelle et le faisait ressembler à une apparition.
Comme je détournais, de lui mon regard, je vis clairement, en face de moi, à l’endroit indiqué d’avance, une sorte de vapeur bleue, sous forme de globe d’assez petite dimension, et qui progressivement et très lentement s’enflait. Je
l’initiation 160 crus d’abord à de la fumée et j’eus une vague crainte d’incendie, mais le globe s’était élargi, avait peu à peu pris la forme d’un nuage qui se déroulait à quelques pieds du parquet. Quelques minutes, ce nuage resta immobile, planant, et se transforma si merveilleuse ment que j’eus comme le soupçon de la folie envahis sant subitement mon cerveau.
Il se matérialisa et insen siblement se formèrent des contours, des lignes, des couleurs, tout cela d’abord indécis et tremblant, puis se fixant dans la physionomie d’unejeune femme blonde, la taille haute et souple, adorable et souveraine. Je ne pouvais douter. J’étais halluciné ou fou ou j’avais là, près de moi, celle connue en Italie et évoquée inté rieurement tout à l’heure.
Avant d’essayer de me convaincre de la réalité de ce prodige, ma première pensée fut de m’assurer de la réalité même de ma propre existence. Etait-ce bien moi ? Et je parcourais des yeux tout mon corps. Et cette vaste chambre tendue de rouge ? Qui m’y avait amené ? Et très rapidement en ma mémoire se retraça tout l’ensemble de circonstances qui me mettait là en présence d’une apparition.
Donc, je n’étais ni fou, ni halluciné : le vieillard était bien là assis, continuant à tourner ses feuillues, comme absent, et cette forme tangible, vivante, née sous mes yeux et qui ressemblait à la comtesse N..., était véritablement une apparition, le double d’une femme vivante, à présent sans doute, en Italie, là-bas, à Florence, étendue sur cette chaise-' longue, où elle aimait à rêver, en son salon, envelop pée du murmure banal des compliments mondains. En effet, la comtesse était en toilette de soirée. Une
l’évocation i6i robe mauve, sa couleur préférée, l’enveloppait, ses admirables épaules et ses bras nus avaient le subtil frisson de la chair,vivante; elle semblait lasse et triste, et de ses mains nues elle tenait un éventail que je me souvenais lui avoir vu souvent, un éventail rose d’un dessin délicat où s’entrelaçaient dans des nuances effa cées des azalées, et qui, déplié, refermé, à demi-ouvert, disait son humeur et ses pensées.
Ses beaux yeux, fixement ouverts, ne voyaient pas et son attitude indi quait le sommeil somnambulique. Elle fit vers moi quelques pas et reprit son immobilité. Une folleenvie me prit de lui saisir la main et de la baiser. Je m’avan- "çai, mais je chancelai et une peur soudaine me cloua à un pas d’elle.
D’un coup de volonté suprême, j’allon geai les bras et entre mes deux main, je pris sa fine main très blanche et très froide et doucement y por tai mes lèvres, et la chair s’émut sous mon baiser. Une peur plus violente m’envahitet jereculai jusqu’au fauteuil, les yeux ouverts sur eüe qui pâle et triste regardait comme au delà, dans son insensibilité de fantôme. Ah ! si j’avais osé 1 mais une terreur res pectueuse me clouait sur place.
Sans doute, elle allait ■ disparaître. Cette idée s’empara de moi et ce fut alors ma seule crainte. Je me tournai vers le vieillard pour le supplier de ne pas laisser partir le doux fantôme qu’il avait évoqué. Dans la même pose et de la même lenteur, il feuilletait toujours son manuscrit. Je ne pus retenir un cri. Il ne parut pas avoir entendu et continua.
Cependant, il me fallait entre les mains une preuve de ce prodige pour que, lorsqu’elle ne serait plus là, je me convainque de n’avoir pas rêvé. Une 6
IÔ2 l’initiation boucle de ses cheveux ! Non, je ne pouvais, je n’osais ? Son éventail, cet éventail dont je connaissais le déli- ’ cieux langage : le lui prendre, le garder. Je revins; une seconde fois, je lui pris les mains; elle desserra les doigts et l’éventail tomba. Ses mains étaient encore plus froides ; elle me glaçaient, et toujours le regard vide. Et la même peur me reprit.
Furtivement, je me baissai, ramassai l’éventail et tombai assis sur le fauteuil. Une sueur froide mouillait mon front; l’apparition se décomposait: contours, lignes et couleurs s’effacaient; le corps s’évaporait et redevenait nuage, et le globe de fumée bleuâtre qui avait donné naissance au fantôme se balança quelques secondes au-dessus du parquet et se dissipa. La comtesse était partie. Je me tournai vers le mage.
Les feuillets du manuscrit étaient immo biles. Le vieillard me regardait et ses yeux d’éternelle jeunesse avaient un tel rayonnement que je me sentis baigné dans leurs lumineuses ondes. Nousn’échangeâmes pas une parole. Le domestique qui m’avait introduit vint me chercher. Machinalement, je le suivis, emportant le précieux éventail, et retour nai chez moi. Cet éventail, je le garde; un jour, je reverrai la comtesse et le lui rendrai. Emile Sigogne. Juiilet 1892.
LES RUINES DE VILLERS IÓ3 Ils ont un charme étrange en leur isolement. Ces cloîtres effondrés, ces sombres édifices, Où la foi fit jadis de si grands sacrifices A ! idéal divin entrevu vaguement. Sur leurs murs lézardés se propage le lierre Qui, vivace et nerveux, les étreint fortement'. Son feuillage se mêle à leur délabrement Et couvre leurs parois s’écroulant pierre à pierre.
Leur aspect imposant, d’une rare beauté, Cause une impression de sainte révérence; On sent que ces débris, dans l’ombre et le silence, ' ‘Dorment des souvenirs pleins de solennité. Là-haut, sur une tour, vers le gouffre se penche, Eploré, languissant, un arbrisseau chétif: Il berce, dans les airs, son rameau maladif Et de son pied rugueux creuse la pierre blanche. Puis, on entend soudain un frémissement sourd.
Des bruits d’ailes frôlant des masses colossales, Le murmure indistinct de fêtes nuptiales Animant ce désert d’un grand souffle d’amour 1 * 4 4 La vie a des ferments et des métamorphoses Dans ces cloîtres obscurs aux arceaux dévastés; Les chants religieux et leurs austérités N’y font plus retentir leurs élans grandioses.
l’initiation 164 Au coucher du soleil,, un reflet de vieil or Enflamme les contours de la voûte ogivale, Que garde en s'écroulant l'auguste cathédrale, Géante qui se meurt en se dressant encor ! Sous les caveaux béants, des branchages rebelles S'agitent, laissant voir des fonds mystérieux, Où plongent, affaiblis, des rayons lumineux Formant, de chaque feuille, un foyer d’étincelles.
Tout flamboie un instant : les arbres sont pourpres, Le ciel est éclatant, les murailles sont roses... Et le passant rêveur pense au néant des choses. Aux tombes qu'on creusa sous les herbes des prés. Il fait froid. La splendeur du soleil s’est éteinte Et le vent de la nuit souffle lugubrement ; Un nuage orageux s’affaisse lourdement Sur ces murs ruinés où gémit une plainte.
Des fantômes muets, des vivants d’autrefois, Apparaissent le soir au fond du monastère, Hantant l’obscurité, dans le silence austère, Que ne vient plus troubler le murmure des bois. Un vol de corbeaux noirs, s’agitant pleins d'alarmes, S’élève en tournoyant dans l’air pur et glacé... Ce calme grandiose a pour l'être oppressé Quelque chose de grand qui fait monter les larmes! J. DE TALLENAY.
Au MAITRE PEINTRE ZlEM. Quel est cet inconnu qui ose troubler mon repos et m’arracher au sépulcre où je dors de puis si longtemps, cou verte de neige, mouillée par la piuie et la rosée ? SCEMOND SlGFUSSON. Edda {Chant de Vetgam).
Tes ennemis seront l’escabeau de tes pieds 1 {Psaume cix, v. i.) C’était, vers le zénith d’un ciel crépusculaire, dans l’azur agonisant de ce jour, le disséminement de nuages si rubescents de la mort du soleil, que l’on eût dit — vers quelle Bactriane ? — d’immenses vols de flamands roses... L’azur se dégradait, mystique, en des céladons hyalins d’icône byzantine et, vers l’Orient, se fanait exquisement une inattendue floraison de lilas...
Accoudé à la balustrade de la terrasse du SelectClub, donnant sur la place 'de la Concorde, Roland de Saystolles semblait spleenétiquement savourer la mélancolie de cette funérale apothéose. Revenu depuis
166 l’initiation peu d’un voyage dans la haute Egypte où il avait accompagné en amateur une mission scientifique, des émerveillements lui restaient des grandioses ruines aperçues, attestant, sereineé, les resplendissantes civi lisations défuntes, et une nostalgie le prenait, au souvenir sur tout cela, des couchants fabuleux et des nuits si claires...
Des raisons d’ordre privé avaient nécessité son départ, et sa rentrée à Paris s’était effec tuée avec le regret immanent des mirages orientaux.
Ses regards, ce soir-là, tombaient parfois, avec une sorte d’égarement, sur un onyx qu’il portait en bague, où étaient gravées les étranges armes séculaires des Saystolles — dont l’interprétation différente avait motivé de nombreux rapports et enquêtes des sociétés archéologiques de France — savoir : d’or à l’androsphinx de sinople ailé d'azur, addextré d’une pyra mide de gueules accompagné en chef d’une étoile du même., enté en pointe de sable à une fleur de lys du premier.
Cette fleur de lys, on le savait, était une concession armoriale faite par saint Louis à la famille de Says tolles, en la personne de Guy, troisième du nom, qui l’avait quasiment sauvé au combat de la Massoure ; mais le sphinx, la pyramide et l’étoile avaient lassé la patience et la sagacité des fureteurs héraldiques.
Vaguement, ces derniers trouvaient quelque corré lation entre l’orientalisme de Vécu et le nom de Says-. toiles qu’ils faisaient timidement dériver de Saïs, une ville de la basse Egypte ; ne parlait-on pas, corollairement, entre autres légendes, d’un ancêtre croisé devenu—par quels hasards?— le favori d’un Soudan
LA REVANCHE D*ISIS 167 qui l’aurait fait gouverneur d’une province de là-bas...
Mais cecî restait tellement pénombral et plein d’in décision que l’on n’avançait ces diverses choses qu’en les enveloppant de réticences et de nébuleuses restric tions. • Eparses, il avait fait un lumineux faisceau de ces hypothétiques gloses, et il ne s’étonna plus dès lors de l’occulte attirance qu’avait eue sur lui dès l’enfance la seule évocation de l’empire aux fastes passés des Pharaons.
Il s’expliqua lucidement de ce jour son attitude singulière en Égypte, qu’il visitait cependant pour la première fois : son exceptionnelle aperception des mythes et des coutumes, la sensation bizarre qu’il avait d’être chez lui et de visiter un pays connu; l’ex traordinaire sûreté de sa marche au milieu d’un immémorial déjà vu...
Obscure et chaotique dès l’abord, la coulée atavique se dégagea peu à peu des sanies étrangères qui encom braient sa venue, puis elle s’immisça de façon inters titielle, mais sûre, dans l’esprit du dernier descen dant des Saystolles pour enfin s’y épandre laviquement.
D’un tempérament déjà triste et excessivement impressionnable, ces rêveries qu’il cachait d’ailleurs au tréfonds de son âme, sous les triples verrous d’un égoïsme jouisseur, avaient assombri davantage encore le caractère du comte Roland. Bien qu’il n’eût guère plus de trente ans, il avait renoncé aux plaisirs divers que lui permettait sa fortune et, presque continuellement cantonné dans
i68 l’initiation son hôtel, il n’en sortait qu’à de rares intervalles pour se rendre la plupart du temps au Select-Club dont il faisait partie depuis cinq ou six ans avant son départ pour l'Egypte. Il s’était fait recommander par des membres de la mission qu’il avait accompagnée à quelques égypto logues parisiens dont il suivait assidûment les cours et la conversation.
Quelques Kabbalistes l’intéres sèrent et ce fut sur leur instigation qu’il lut les digressions isiaques de Plutarque et le De My s ter Us de Jamblique. Il se mit ardemment à l’étude des hiéroglyphes; une merveilleuse perspicacité et une facilité peu ordi naire de compréhension l’aidant, il déchiffra bientôt avec une aise pareille, les textes démotiques et hiéra tiques. .
L’une de ses joies, qu’il renouvelait le plus souvent possible, était la visite, au musée du Louvre, de la galerie égyptienne. Les stèles, les sarcophages, les Statues n’eurent plus de secrets pour lui.
Il passait au milieu de ces choses de longues heures exquises, à peine distrait de ses extases par les exclamations effarées des visiteurs provinciaux ou le jacassement des tribus britanniques. :-n A la longue, cependant, cette perpétuelle défilade d’imbéciles ou d’indifférents l’agaça; et ce fut avec une amertume pleine de douceur et de regret, que lui revint le lancinant souvenir des inoubliables sensa tions que lui procurait près de Karnak, dans la claire brume, des nuits, tandis qu’au loin rugissait le grand lion noir,l’effarante silhouette d’un Pharaon de granit !
LA REVANCHE D’iSIS 169 A la fin, un étrange projet ■— que les esprits assis et ennemis des « sottes spéculations » ne manque ront pas de qualifier, comme il le mérite, d’insensé — l’obséda.
Comme on le verra, une particulière monomanie, une concentration désespérée des.facultés spirituelles sur un point unique aboutissant à une tension effroyable des nerfs psychiques, une auto-suggestion, en quelque sorte, pouvaient seules, sinon faire com prendre, du moins excuser cet insolite concept.- ★ * * Cinq heures sonnèrent...
Le « gardien de la salle des morts », si j’ose égyptianiser ainsi la qualité de l’excellent homme préposé à la surveillance de la galerie Henri IV, constata sévè rement à son oignon d’argent la parfaite régularité de l’horloge de la cour du Louvre, puis poussa un auto ritaire et vigoureux « On ferme ! » Ce fut, pendant quelques instants, par l’escalier de pierre, à travers la salleaux dieux abolis, sous l’algide regard des grands sphinx dédaigneux, la débandade éperdue des visiteurs de ce jour, refluant des pièces supérieures, d’où les chassait l’identique clameur des Chérubins administratifs, répercutée, dans un mode sinistre., par les multiples échos des corridors, gron dant sous les voussures...
Bientôt, le dernier retardaire, un vieux savant connu et quelque peu maniaque, partit, poursuivi jus qu’à la porte, par les morigénements grognons, bien que respectueux, de l’inexorable gardien.
l’initiatïon Ï70 La lourde porte fermée, les verrous assujettis., après la caresse affectionnée sur le cou d’un sphinx de basalte et un intérieur « à demain » envoyé cordialement à la tribu divine, le digne homme rejoignit ses col lègues. Un silence énorme tomba, silence— enfin! — de catacombe ou d’hypogée !.... La nuit, vers cette fin d’automne, tombait rapide ment. La demie de huit heures venait de sonner à l’horloge de la cour du musée.
Une brume violette infiniment ténue, s’épaississant de minute en minute, envahissait la salle des antiquités égyptiennes. Çà et là, c’était l’éclair d’une pierre, la furtive luisure de la croupe polie d’un sphinx de granit rose, foulant sous chaque patte l’anneau, symbole des temps. Par instants, les diorites, les grès, les albâtres,' dans l’ombre conquérante, rappelaient vaguement une stèle ou l’agenouillement d’un hiérogrammate (1).
Les heures passaient ... L’ombre s’était faite ténèbre, et le silence d’éternité (1) Pour les besoins du récit, L’auteur a légèrement enrichi de quelques pièces la déjà si opulente collection du Louvre.
Il écrit cette histoire, à laquelle, dans le fond, bien peu^e fiction se mêle de lecteur na pour contrôle qu’à se reporter aux journaux d’il y a sept ou huit ans¡ comme si les supplé ments égyptiaques annoncés provenant des dernières fouilles de M. Maspero étaient enfin rendus à destination. On lui par donnera donc cette addition avant la lettre, car qui ne la sou haiterait, le plus tôt possible, à notre musée national? ' (N. D, L. R.)
LA REVANCHE D’iSIS I7Ï ambiant semblait plus lourd et plus solennel, main tenant que régnait la nuit dans la salle des sphinx. L’horloge du Louvre annonça dix heures.....
Tout à coup, un bruit sec se fit entendre, semblable au grésillement bien connu d’une allumette-bougie, et, dans la poix des ténèbres, ce fut soudain une vive clarté jaillissant de l’intérieur d’un sarcophage en granit gris qui renferma le corps de T’aho, prêtre des dieux vénérés de Memphis. L’éclair du sarcophage s’éteignit instantanément.
Une lueur douce, perceptible à peine, lui succéda, éclairant faiblement le dessous du couvercle surélevé du tombeau, une lueur douce et fantômale comme la lueur expirante d’un feu follet. Mais, à cette heure et dans ce lieu, cette phospho rescence devenait sinistre ; elle eût fait, à n’en point douter, bramer d’épouvante une âme faible, pour laquelle le surnaturel eût été logique ! Et ce n’était point tout...
Il semblait que l’on remuât dans la cuve de pierre ! Quelque chose — quelqu’un — s’y dressait ! Une tête se découpa dans la zône de faible lumière que limitait le couvercle, qu’elle paraissait, cette tête, cariatidiquement soutenir!
L’humain, au cœur assez cuirassé de l’n<$ triplex antique pour considérer cette scène plutôt intimidante sans terreur, eût cru voir cet insolite chef inspecter attentivement la salle, puis l’être (?) auquel il apparte nait se baisser pour ramener du fond de la cuve et poser sur le bord du tombeau un objet, filtrant la
l’initiation 172 lueur douce en question, qui lui eût paru être une lanterne sourde, et enfin se glisser lui-même en dehors, sans faire plus de bruit qu’un spectre...
Alors, la réfraction de ladite lanterne contre la paroi luisante du sarcophage eût fait reconnaître, à ce conculcateur des épouyantes, le comte Roland d.e Saystolles en personne ! * * * Le comte avait mis à exécution le bizarre projet qu’il couvait depuis longtemps et dont il avait décidé l’entreprise la veille de ce jour où nous l’avons vu, sur la terrasse du Select-Club, savourer l’agonie fabu leuse d’un ciel aux putrescences ianthines.
Comme il est facile de le déduire, maintenant que la nature humaine du « fantôme » est reconnue, son intrusion dans la salle égyptiaque à cette heure n’avait rien de satanique; il s’était tout simplement coulé, quelques minutes avant la fermeture, profitant de la momentanée solitude du lieu et de l’inattention du gardien, dans le sarcophage du prêtre T’aho.
Craignant une ronde, il avait eu la constance, sa volonté l’aidant, de rester immobile jusqu’à dix heures, dans le tombeau du « prophète de Ptah et d’AmmonRa » dont il venait seulement d’« irrupter » de façon assez impressionnante pour qui l’eût observé. (A suivre.} G. Maure vert.
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 173 -JoiPEOAHT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES NOUVELLE ORGANISATION DU GROUPE Le nombre croissant des membres nécessite une réor ganisation du Quartier Géne'ral du Groupe. Le comité de direction s’occupe en ce moment de cette importante question et nous publierons sous peu les modifications des statuts nécessitées par l’introduction du concours et des examens à tous les degrés.
CONFÉRENCES A Abbeville. — Une conférence sur l’hypnotisme a ¿té donnée le mois dernier par notre directeur au grand théâtre d’Abbeville, devant une salle entièrement comble. Cette conférence, organisée par la Société des conférences scientifiques d'Abbeville et de Ponthieu, a eu un plein succès.
A Bruxelles. — A Bruxelles, Papus a donné deux conférences, le 3 et le 4 mai ; le 3 mai dans la Galerie Moderne, rue Royale, devant une assistance d’élite, il a traité de l'Amour et de la Magie:, le 4, dans la salle du Groupe Kumris, il a étudié devant quelques membres, et ■en répondant aux questions posées, divers points de doc trine ésotérique.
Nous recevons d’un de nos correspondants de Cons tantine le rapport suivant, que nous publions sans com mentaires, la neutralité étant notre raison d’être primor diale. N. D. L. D. La ville de Constantine appartient à quatre juifs, et ils en profitent pour pressurer à leur gré Arabes et chré tiens.
l’initiation 174 Un juif, lors de la prise delà ville par les Français, loua, pour 100 francs par an, à une riche famille arabe qui s’expatriait dans le Sud, son palais, un des plus beaux de la ville. Le bail était valable jusqu’à l’expulsion complète des Français hors de la province; depuis iS3o, le juif paie ses 100 francs par an et sous-loue en ce moment le palais 5,ooo francs au général de brigade commandant la place.
Un autre israélite possède, à l’entrée de la ville, un ter rain de loo mètres carrés; il le loue aux caravanes venant du Sud qui y déposent leurs ballots et y font camper leurs chevaux et leurs chameaux. Le juif fait payer, aux Arabes, un sou par mètre et par heure; il se fait ainsi une tren taine de mille francs par an.
Tout le monde sait le tollé qu’excita chez les Arabes le décret de Crémieux ; il ne se passe pas d’année ou les Arabes ne demandent à ce qu’on les laisse avec les Juifs, promettant d’en faire leur affaire. Lors des débuts de l’expédition du Tonkin, le batail lon de tirailleurs qui tenait garnison à Constantine fut un des premiers désignés pour partir; on avait, la veille du départ, donné à tous les hommes la permission de minuit.
A une heure du matin, tout le quartier juif était métho diquement mis à sac, et il fallait envoyer, pour réduire lesturcos, une compagnie de zouaves ; l’horreur des juifs était telle chez tous que zouaves et turcos firent cause commune et ce ne fut qu’au matin qu'on put arrêter l'échauffourée.
Leur nouvelle qualité de citoyens les astreint au ser vice militaire et il n’est pas de fraudes et de vilenies qu’ils n’inventent pour éluder ou diminuer cette obliga tion. Intelligents, ils apprennent facilement le manie ment des armes, les théories et les exercices ; ils font les charges et les exercices de tir; mais, dès qu’il y a une cartouche dans le canon, il est impossible de faire tirer à un juif quelconque un coup de fusil.
Ils jettent l’arm^ à terre et refusent catégoriquement; l’affaire se poursuitelle, on blâme l’officier et le juif est indemne. Un médecin-major m’a raconté le fait suivant : Dans une étape, il voit un traînard, à la queue de la colonne,
OCCULTISME PRATIQUE 176 <jui, tirant la jambe, ne pouvait arriver à suivre ses cama rades j il s’arrête, descend de cheval, l’examine et l’au torise, après avoir pris son nom, à mettre son sac dans une voiture, puis il repartie long de la colonne.
Une heure avant d’arriver au gîte, il revoit marchant gaillardement, le sac au dos, un soldat dont la figure lui rappelle celle du traînard de la matinée, il l’interroge ; c’était le juif, ■qui, pour quinze sous, portait le sac d’un de ses cama rades après s’être débarrassé du sien.
Dans les marches, ils vident d’ordinaire leurs sacs et ■en remplacent le contenu par des bouteilles et des viandes avariées ; ils profitent des quelques haltes pour se débar rasser de leur chargement et céder aux soldats altérés leurs marchandises frelatées.
Le juif parvient rapidement à avoir tout pouvoir sur l’Arabe pour qui l’économie est lettre close; il lui prête un peu d’argent à gros intérêts avec garantie sur les ■quelques lopins ou le maigre troupeau que possède l’in- ■digène ; au moment des élections, toutes les voix sont .ainsi aux mains des juifs qui en disposent à leur gré. Les pâturages où les Arabes font paître leurs immenses •troupeaux sont la propriété du la tribu.
Le juif prête de •l’argent à tel individu besoigneux et prend hypothèque sur le territoire de la tribu.
Veut-il se faire payer, il pro fite de l’ignorance de ses débiteurs et fait vendre le domaine qu’il rachète à vil prix; les Arabes, chassés de chez eux, vont à l’aventure chercher un sol plus hospi talier et s’enfoncent vers le Sud en maudissant notre .administration. ©©GÜMISM® PRATIQUS UNE VALSE MACABRE Quand la mort nous a enlevé quelqu’un, un parent ou ■un ami, nous nous affligeons, nous répandons des larmes <en surabondance, nous éclatons en sanglots, nous en
l’initiation 176 combrons sa tombe de couronnes funèbres. Les morts sont-ils aussi affligés que nous, pleurent-ils la vie qu’ils ont quittée, nous regrettent-ils ?
Pas toujours, il en est au moins quelques-uns que l’on dirait enchante's d’avoir pris leur volée hors de leur prison charnelle ; et, comme des écoliers échappés du collège ou du pensionnat, ils se sentent heureux de mener une autre existence qui leur semble avoir pour eux plus de charme et d’agrément. Tandis que nous manifestons notre douleur de ne plus les voir, ils manifestent leur joie d’être débarrassés de cette chienne de vie terrestre.
Telle est l’histoire d’une jolie morte que je ne fais que traduire, etqui,pourexprimer sa joie de n’être plus de ce monde, se livrait aux charmes et aux doue? jrs d’une valse désordonnée. Cette jolie morte, qui était une jeune fille d’un peu moins de vingt ans, était folle de la danse.
Un soir, au sortir d’un bal chez un ami de sa famille, elle contracta une bron chite qui dégénéra bientôt en phtisie; son état d’abord assez grave parut s’améliorer, mais le mieux ne dura pas et sa situation devint désespérée. Les parents, très affli gés, écrivirent à leur fils ainé, qui étudiait la médecine à Munich, en Bavière, et lui exprimèrent leurs angoisses.
Le jeune homme, qui adorait sa sœur, quitta bien vite Munich et accourut auprès de sa famille. Il arriva à la maison paternelle et, très inquiet, il sonna à la porte avec précipitation. « Aussitôt notre vieux serviteur accourut— je laisse la parole au jeune étudiant, — et m’ouvrit. Sans « lui adresser aucune question, je montai au salon et je « jetai sur un meuble mon pardessus dont je venais de « me débarrasser.
J’allumai un bougeoir qui était sur la « table et fis quelques pas. Quelle ne fut pas ma surprise « en voyant la malade, ma chère Jeanne, devant moi et « debout avec un aimable sourire sur les lèvres !
J’ouvris « de grands yeux en la voyant vêtue d’une robe de gaze « blanche, le front orné d’une couronne de roses et ses « cheveux châtains tombant en boucles sur ses épaules.,, « J’étais surtout stupéfait de la trouver vivante et saine « dans un semblable costume, alors que je la croyais sur « le bord de la tombe.
Eile était cependant un peu pâle, « l’incarnat de ses joues avait disparu, mais ses yeux me « paraissaient briller d’un éclat inusité; habituellement
OCCULTISME PRATIQUE 177 « il y avait toujours en eux une certaine langueur. « — Jeanne ! m’écriai-je en saisissant ses deux mains, « vous m’avez sans doute entendu venir ? que je suis « heureux de vous voir en bonne santé ! J e vous croyais « très malade. « — Je me sens très bien, me répondit ma sœur.
« Et en effet rien dans son air, ni dans ses manières, « n’annonçait la maladie ; sa voix néanmoins était légè- « rement faible, comme si elle se trouvait à une grande « distance de moi, ce que j’attribuai au salon qui, étant « assez spacieux, pouvait diminuer l’intensité du son. « C’était, somme toute, la même jeune fille gaie, rieuse « et charmante que j’avais connue avafit de partir pour « l’Université.
Sa beauté paraissait plus céleste encore « par le contraste de la couleur de ses cheveux châtains « foncés avec la blancheur de son costume. « — C’est à peine si j’ose en croire mes yeux, coatî- « nuai-je tout heureux de la voir en pied, je m’attendais « à te voir privée de mouvement et tu semblés habillée « comme pour un bal.
« Jeanne souriait, et, désireuse de-me prouver qu’il lui « était facile de se mouvoir, elle prit aussitôt différentes « poses gracieuses, et s’emparant de ma personne elle me « fit valser avec elle tout autour du salon comme autre- « fois avant que je ne fusse un étudiant de l’Université et « ne tint aucun compte de mes protestations de ne pou- « voir danser avec mes lourdes bottes de voyage.
Ses « pieus légers touchaient à peine le parquet, tandis que « mes bottes faisaient retentir et trembler tout le salon. « Je me sentis à la fin tellement étourdi que je la priai « de s’arrêter. Je m’arrachai de ses bras et me couvris les « yeux avec mes mains, car je voyais les murs du salon « tourner autour de moi avec une rapidité vertigineuse. « Quand je retirai mes mains de mes yeux, Jeanne avait « disparu et j’étais seul dans le salon.
J’ouvris prompte- « ment la porte pour la suivre et, au lieu de Jeanne, je « rencontrai la soeur Alphonsine, une religieuse du cou- « vent à côté de notre maison et qui avait pour mission « de soigner les malades et de veiller les morts. « — Avez-vous vu Jeanne ? lui demandai-je; savez-vous « où elle est ?
l’initiation 178 « — Je venais pour savoir, me répondit la sœur AI- ■< phonsine, la cause de ce bruit horrible que l’on entend « au-dessus de la chambre de la morte. « — Quelle morte ? demandai-je tout étonné. Jeanne « était ici il n’y a qu’un instant; elle m’a obligé de danser « avec elle pour me prouver qu’elle était en parfaite « santé. Où est-elle maintenant ? Ne l’avez-vous pas ren- « contrée ?
« La bonne soeur Alphonsine fit dévotement un signe « de la croix et me considéra avec attention pour s’as- « surer que je n’étais pas en état d’ivresse ou frappé « d’aliénation mentale. Elle finit par s’écrier : « Jésus « Seigneur 1 Votre sœur Jeanne est morte hier à six « heures du soir et j’ai veillé son corps toute la nuit.
« Sans vouloir entendre plus- de détails, je descendis « les marches de l’escalier qp -i’.re à quatre et, dans une « chambre située immédiatement au-dessous du grand « salon, je vis le.corps de Jeanne couché dans sa bière^ « habillée de gaze blanche, une couronne de roses « blanches sur la tête et les cheveux dénoués. Son vi . ge « était pâle, ses mains jointes comme pour la prière ; un « doux et aimable sourire errait sur ses lèvres.
Berthe, « mon autre soeur, qui se présenta, me confirma tout ce « que m'avait dit la religieuse : Jeanne était morte à « six heures du soir, après avoir exprimé, à plusieurs « reprises, le désir de me voir. » Ici se termine le récit du jeune étudiant profondément ému et exact historien, qui ajoute quelques réflexions exprimant sa conviction profondément enracinée que les morts, après avoir quitté leur guenille matérielle, peuvent se montrer à ceux qui leur survivent et accom plir des choses étonnantes.
Je dirai à mon tour qu’il en est plusieurs qui aiment à faire de bonnes petites niches, voire même des tours bien pendables à leurs anciennes connaissances qui ont conservé bon pied, bon œil.
Ils mettent sens dessus dessous les locataires dans les mai-^ sons dites hantées, ils obligent les agents de la police à~ être sans cesse sur pied, et ils font la barbe aux com missaires de police et aux représentants de l’autorité pu blique à tous les degrés de la hiérarchie. Pendant que nous portons leur deuil, pendant que nous faisons dire
NOUVELLES DIVERSES ryg. des messes pour le repos de leur âme, ils troublent la nôtre et répondent à nos pleurnicheries plus ou moinssincères en se tenant les côtes.
Tandis que le jeune Ba varois se hâtait vers la maison paternelle pour donner un dernier et pieux baiser à sa jeune sœur expirante, la friponne ne rêvait que danses et cotillons, et, sitôt qu’il parut, en dépit de ses grandes et lourdes bottes, elle le força de se livrer avec elle à une valse échevelée. Horace Pelletier. Correspondant du Groupe indépendant d’Etudes ésotériques.
L’INITIATION ILLUSTRÉE L’Initiation compte aujourd’hui près de i,5oo lecteurs. C’est peu sans doute au point de vue d’une revue à ca ractère mondain, mais c’est important quand on songe au caractère technique des études que nous abordons et surtout quand on s’amuse à énumérer les nombreux con frères qui n'atteignent jamais le centième abonné.
Notre principe a toujours été de ne pas utiliser pour nos be soins personnels les bénéfices provenant de nos volumes ou d’e nos publications, malgré les calomnies que des amis complaisants se plaisent à répandre à ce propos. Aussi avons-nous décidé de consacrer les bénéfices actuellement réalisés par Y Initiation à. l’illustration d’une partie des articles publiés.
Nous pourrons par ces moyens reproduire des traités de magie ou des études symboliques introuvables. C’est un accroissement de charges d’une centaine de francs par numéro, mais nous sommes persuadés que nos lecteurs sauront reconnaître nos efforts et nous continuer leur concours, encore plus nombreux que par le passé. La Direction.
î 80 l’initiation UNE NOUVELLE ŒUVRE D’ANATOLE FRANCE Anatole France, le délicat écrivain bien connu, aborde de front dans la Rôtisserie de la reine Pedauque l’ensei gnement ésotérique concernant l’existence d’un monde invisible d’êtres psychiques doublant le monde visible d’êtres et de forces physiques.
S’inspirant de l’exquise production de l’abbé de Villars, mais la renouvelant et l’adaptant à l’esprit de notre siècle, Anatole France a créé un type d’abbé bienveillant et érudit qui restera dans l’histoire de la littérature contemporaine. Nous ne pou vons, pour le moment, qu’annoncer cet ouvrage très curieux et le recommander vivement à tous nos lecteurs.
Dans un prochain numéro, nous espérons analyser l’effort remarquable fait dans l’exposé des doctrines ésotériques par l’auteur de cet autre chef-d’œuvre : Thaïs. APPEL EN FAVEUR DE l’ABBÉ ROCA Nous avons déjà appelé l’attention de nos lecteurs sur la situation faite à l’un des défenseurs de nos idées : Fabbé Roca, par les persécutions de l’Eglise qu’il a voul u sauver et qui a déjà, grâce à lui, fait un grand pas dans la voie du progrès.
Nous conseillons donc à tous nos amis d’envoyer leur obole à M. René Caillié, directeur de YÉtoile, à Avignon (Vaucluse), pour soutenir un de nos frères. L’abbé Roca est le premier qui ait pensé à créer un organe avec le but de défendre le Christianisme éso térique. Son titre a été repris dans la suite par ï’Aurore si nos informations sont exactes.
Or il nous semble que ce serait, de la part de la directrice de cette revue, faire oeuvre d’initiée en payant à leur juste valeur les articles nombreux publiés jusqu’à ce jour par l’abbé dans i’Aurore. Ce dédommagement de quelques centaines de francs serait insignifiant pour une millionnaire et mettrait fin à des commentaires inutiles.
La détresse de l’abbé Roca fait tache dans les fêtes somptueuses organisées par la directrice de « l’organe du christianisme ésotérique ». Notre position indépendante nous permet de faire appel à l’aide de tous èn cette circonstance. P.
NOUVELLES DIVERSES 181 UN SINCÈRE Nous faisons tout notre possible dans VInitiation pour éviter les questions personnelles. Mais on nous permettra de délaisser pour une fois cette habitude en faveur d’un modeste et d’un sincère défenseur du spiritualisme sans étiquette : il s’agit de M. Bouvery.
C’est grâce à son insti gation (ainsi que nous l’avons montré par des dates dans le volume du congrès) que le congrès de 1889 Put être organisé avec la large conception qui permit un succès sans précédent : Unité des idées, absence d'écoles. Or, alors que les autres écrivains spirites se canton nent pour la plupart dans l’aveuglement d’un sectarisme étroit, Bouvery poursuit laborieusement sa route en avant.
Ennemi de toutes les petitesses, il a protesté contre l’échec au-devant duquel se précipitaient les organisa teurs du futur congrès de 1894 en faisant partout la guerre au lieu de faire l’union. Cette attitude indé pendante a valu à Bouvery les accusations les plus bizarres de la part de ses collègues.
Or c’est parce que Bouvery est spirite et non occultiste, parce qu’il ne craint pas d’être notre adversaire loyalement et quand il le faut vis-à-vis de ses convictions, que nous sommes heureux de mettre au jour, et de donner en exemple à tous une conduite en rapport véritable avec les idées défendues.
Nous n’avons pas eu le plaisir de le voir de puis plusieurs mois et c’est en forçant une modestie bien connue que nous rendons hommage à la conduite exem plaire d’un de nos adversaires. P. CONCERT ET CONFÉRENCE DU 3o AVRIL Le dimanche 3o avril a été donné à la salle Kriegelstein un brillant concert au profit de la Bibliothèque interna tionale des œuvres des Femmes.
Mlle Marie-Anne de Boret avait bien voulu se charger de l’organisation de cette matinée qui a parfaitement réussi.
3Îlle Emma Calvé a remporté un véritable triomphe, Àille Marguerite Gutzwiller a été également très applau die comme harpiste ainsi que Mina de.Laune, de la Blanchetais et Maroussia Olénine qui ont chanté plu182 l’initiation sieurs morceaux et ont été fêtées comme elle le m taient en compagnie de M. Guy d'Hardelot qui pr< son concours à la fois comme artiste et comme au d’une délicieuse invocation pour chant, violon et ha Notre confrère Emile Goudeau a dit avec le talent qi lui connaît deux de ses plus exquises poésies : les « C muniantes » et la « Revanche des Bêtes » ; enfin Pi a fait une causerie sur la graphologie en i5 minutes.
En résumé, grand succès, bien digne de l’œuvre è quelle était consacrée la matinée. RÉPONSE A QUELQUES CALOMNIES Nous n’avons guère l'habitude de répondre aux cal nies plus ou moins bizarres répandues sur notre con dans quelques,troisièmes pages de vagues journaux p qui la correctionnelle ou la cour d’assises sont réclame.
Mais en ces derniers temps un individu ai inconnu qu’avide de publicité s’est avisé de répandre notre compte les attaques les plus odieuses et les p ridicules. Dans un article qui a du reste marqué la de sa carrière ésotérique, cet individu insinue quen< n’avons pas le droit d’exercer la médecine, et nous i nace d’une dénonciation.
Comme nos réponses ne s jamais insérées dans cette presse de bas étage, ne viv; que de procès et de poursuites, nous demandons t lecteurs de l’initiation quelque indulgence pour i question si personnelle, mais sur laquelle il 'est inc pensable, une fois pour toutes, de faire la lumière, c’ celle de nos moyens d’existence.
Ne tirant, pour notre usage personnel, aucun profit nos livres ni de nos publications périodiques, dont bénéfices sont consacrés à la propagande de no oeuvre (personne ne payant de cotisation au Groupe), pouvant d’autre part demander à la publication d’ar ticles diffamatoires notre pain quotidien, nous avons métier qui nous permet de subvenir à notre existenc c’est celui de médecin.
Or insinuer que nous n’avons pas le droit d’exercer médecine, et cela dans un journal quotidien, c’est no attaquer lâchement dans nos moyens d’existence. Aus
NOUVELLES DIVERSES i83 ne répondrons-nous à cet individu, que nous ne nom merons pas pour lui éviter cette réclame dont il est si friand, que par les quelques affirmations suivantes : Nous exerçons la médecine à Paris, 12, rue Jacob, ou vertement et sous notre nom ainsi qu’en témoigneront tous les annuaires médicaux publiés cette année.
Il suf fit donc au dénonciateur de signer une dénonciation en exercice illégal de son nom, et d’envoyer cette dénoncia tion dont il nous menace, soit à la Préfecture de police, soit à l’Association syndicale des médecins de la Seine. Nous serions également bien aise s'il nous eu adressait le double.
Comme nous avons été nommé médecin ad joint de la Maison Médicale, par décret du préfet de police du 12 décembre 1892, et comme notre signa ture est déposée entre les mains du commissaire de police du ixe arrondissement de Paris, qui a enregistré notre diplôme, nous attendons avec quelque curiosité l’acte de courage de notre aimable dénonciateur.
Quant aux critiques portées sur notre œuvre par un débutant de cette trempe, nous attendrons son premier livre originel pour voir si ce moralisateur, qui prétend chasser du sanctuaire d’un Temple où il n’a pas mis les pieds, les prêtres actuels, est digne de faire autre chose que des calomnies, occupation habituelle des envieux et •des impuissants.
Qu’on sache donc une fois pour toutes que nous ne craignons pas la dénonciation et que notre vie, toujours vécue au grand jour, ne redoutera jamais la manifesta tion de la lumière. Gérard Encausse. (Papus). CONGRÈS DU LIBRE EXERCICE DE LA MEDECINE La Ligue nationale pour le libre exercice de la méde cine organise un Congrès qui siégera à Paris du 20 au 25 novembre 1893. Le Congrès a pour objet d’étudier : i° Toutes les questions qui se rattachent à la pratique de l’art de guérir ;
l’initiation 184 2° Les moyens à employer pour obtenir des pouvoi législatifs la libre pratique de cet art, sous la seule g; rantie des lois de droit commun.
Pour atteindre ce but, les organisateurs du congr< font appel : i® Aux médecins qui considèrent que le monopo dont ils jouissent entrave la liberté des malades, et qu’ ne leur est d'aucune utilité au point de vue profe; sionnel ; 2° Aux masseurs, aux magnétiseurs, médiums-guéris seurs, électriseurs, occultistes qui n’emploient aucu médicament; aux soeurs de charité, pasteurs, ecclésia; tiques faisant de l’allopathie ou de l'homoeopathie ; et tous ceux qui, dans un but humanitaire et sans être decins, s’occupent du traitement des maladies; 3° Aux malades que la médecine officielle est impuis santé à guérir et à ceux qui ont été guéris ou soulagé par des praticiens non diplômés; 4° Enfin, à tous ceux qui, considérant la santé comm le plus précieux des biens, admettent que les malade doivent être libres de la demander aux praticiens qt possèdent leur confiance.
Commission d’organisation MM, Auffinger, directeur de la Chaîne magnétique ; Le docteur Bénard, à Saint-Germain-en-Laye ; M&rius Corréard, publiciste; G. Démarest, publiciste ; H. Durville, directeur du Journal du Magné tisme; Fabius de Champville, rédacteur à la Patrie., ai National, au Rapide ; E. Houssay, publiciste, président du Syndicat de: magnétiseurs, masseurs, médiums-guérisseurs, E. Michelet, publiciste. Muscadel, publiciste.
Le docteur Papüs, directeur de VInitiation et du Voile d’Isis; Paul de Régla, homme de lettres. G. Vitoux, rédacteur au XIX- Siècle.
NOUVELLES DIVERSES 185 Conditions d'admission La souscription des membres du Congrès est fixée à un minimum de 10 francs, qui donne droit : i0 D'adresser ou de présenter des mémoires sur toute •question du programme ; 2° D’assister à toutes les réunions, de prendre part aux discussions et d'avoir voix délibérative pour toutes les décisions ; 3° De recevoir un exemplaire des comptes rendus du Congrès ■ PROGRAMME Médecine La médecine est-elle une science ou un art? — Son utilité, ses bienfaits son insuffisance, son incertitude, ses erreurs, ses dangers.
Son origine et son histoire à travers les âges ; guéri sons dans les temples, au moyen des révélations obtenues en songe et par des attouchements ; médecine sympa thique; les barbiers, les dentistes. Contradictions et négations : la circulation du sang, la saignée, l’émétique, la vaccine, etc., etc. La mode et les systèmes. Art médical Fait-on de la médecine par métier ou par vocation?
La science fait des docteurs, mais sont-ils tous des guérisseurs? Le tact médical s’acquiert-il ou est-il inné chez quel ques individus qui le perfectionnent par la pratique? — Quelques médecins en sont-ils presque entièrement dé pourvus ? — Existe-t-il à un très haut degré chez beau coup de praticiens non diplômés qui sont instinctivement poussés à soulager leurs semblables ?
Quelques hommes doués en tact médical, qui sont de remarquables guérisseurs, seraient-ils capables de faire les études suffisantes pour arriver au doctorat? Si l’exercice de la médecine était libre, y aurait-il plus d’émulation? — L’art de guérir se perfectionnerait-il plus rapidement ?
i86 l'initiation Guérisseurs non diplômés Les guérisseurs pratiquant la médecine par vocation sont-ils plus dévoués que certains médecins qui la pra tiquent par métier ? Possèdent-ils des moyens curatifs et certaines connais sances que les médecins ignorent ou méconnaissent ?
Leurs procédés peuvent-ils être comparés à ceux des médecins ? — Présentent-ils des dangers et sont-ils suf fisants pour guérir certaines affections que la médecine • officielle est impuissante à soulager ?
Certificats et comptes rendus de guérisons inédits, Monopole on liberté Tout monopole impose un devoir en rapport direct avec l'importance de la chose monopolisée; et le méde cin qui n’est jamais sûr de guérir un malade peut-il pré tendre au droit exclusif de le traiter?
Le monopole nuit-il à la considération du médecin, comme étant contraire aux notions les plus élémentaires de Liberté, d’Egalité et de Fraternité que les immortels principes de 1789 ont inscrit au fronton de tous nos monuments publics? Le peuple, d’autant plus avide de liberté qu’on la lui retire davantage, éprouve-t-il de l’aversion pour tous les monopoles et particulièrement pour celui de la méde cine officielle ?
Enseignement Que penser des cliniques de massage et de magnétisme où les malades sont traités gratuitement? Législation Réglementation de l’art de guérir. Les lois sur la ma tière et particulièrement celle du 3o novembre 1892. Les malades, qui sont les seuls intéressés, n’ont jamais demandé cette réglementation et les lois régissant l’exer cice de la médecine en France ont toujours été réclamées par les médecins. — Dans quel but ?
L’exercice de la médecine est libre dans différents pays, notamment aux Etats-Unis, en Allemagne, en Angleterre et dans plusieurs cantons de la Confédération suisse. En
NOUVELLES DIVERSES 187 France, il fut également libre jusqu’à la promulgation de la loi du 19 ventôse an XI ; et depuis, les malades sont-ils mieux traités? Guérissent-ils plus rapidement ? Les lois de droit commun suffisent-elles pour garantir les malades contre les charlatans qui les tromperaient ou les maladroits qui augmenteraient leur mal?
La loi, monopolisant dans quelques mains, aussi habiles qu’elles puissent être, Fart incertain et insuffisant de la médecine officielle, attente-t-elle à la liberté des malades en les privant du droit le plus sacré, le plus imprescriptible que doit avoir tout citoyen libre dans un Etat libre, de confier le soin de sa santé au praticien qui possède sa confiance ? Elaboration de la marche à suivre pour arriver à la réalisation des voeux du Congrès.
Rédaction de la première pétition à adresser aux pou voirs législatifs. Les adhésions, souscriptions, mémoires, attestations et autres documents doivent être adressés, d’ici au 20 oc tobre 1893, à M. H. Durville, délégué de la Commission d’organisation, 23, rue Saint-Merri, Paris. Les réunions préparatoires du Congrès ont lieu le pre mier samedi de chaque mois, à 8 heures 1/2 du soir, au siège de la Ligue, 23, rue Saint-Merri, Paris.
Tous les partisans du libre exercice de la médecine sont priés d’y assister. Pour subvenir aux frais d’organisation et de propa gande de la Ligue, une souscription est ouverte dans les colonnes du Journal du Magnétisme. Au 3o avril, le mon tant de la souscription atteignait le chiffre de 2,975 fr. 8 5.
i88 l’initiation Ossit. A quoi boni,-, un vol. in-18. Paris, Lemerre, 1893. Ce roman — car c’est un roman — est d’une sorte délaissée par ce temps-ci, où les choses les plus simples sont dites précieusement : il y est parlé de choses pré cieuses, dites simplement. Cela m’a rappelé les jolies et limpides nouvelles que publie L. deTinseau : même clarté de style, même simplicité d’action.
Seulement il accuse beaucoup plus de maturité d’esprit chez son auteur, et peut-être mieux de la maturité de cœur. La sincérité du sentiment, la finesse et la précision de la touche, le sen timent du dramatique : tout cela s’y trouve. Si je vou lais citer, il me faudrait copier les vraiment belles et harmonieuses phrases qui décrivent le marchand à la bague serpentine et surtout les pages émouvantes de la fin : le suicide de l’héroïne.
C’est là le morceau capital du livre; les sentiments les plus poignants exprimés avec une telle sincérité et une telle sobriété, il faut que l’auteur soit bien maître écrivain pour l’avoir fait, ou que ce drame il l’ait vécu.
Sédir. jL’ Ermitage Une revue d’art et de littérature, Y Ermitage, annonce que son prochain numéro de mai contiendra un referen dum à la fois artistique et social, sur la question sui vante : « Quelle est la meilleure condition du Bien social ? une organisation libre et spontanée, ou bien une organisation disciplinée et méthodique ?
Vers laquelle de ces concep tions sociales doivent aller les préférences de l’artiste? » Les réponses émanent des meilleurs écrivains de la jeune génération, celle dont l’âge avoisine la trentième année de langues, tant française qu’étrangères. Il sera intéressant de voir en quel sens, libéral ou autoritaire,, se prononcera la majorité de cette jeune élite littéraire internationale. U Ermitage, 26, rue de Varenne.
189 MYCI KIWIS REVUE DES REVUES Occultisme : Le Voile d'd sis va commencer la publication en feuil leton de vieux grimoires. Ses derniers numéros ont été remplis par la Lettre sur la Magìe, de.R. Bacon. A signa ler une bonne étude critique de Nehor sur la dernière édition de l’œuvre de M. P.-C. Reval. Dansl’Étoile, de fort bonnes, d’excellentes choses, mais peut-être d’haleine un peu trop longue pour une revue ; et c’est fort dommage autant pour les lecteurs que pour les auteurs A. Jhouney et René Caillié. — Le Poème de l'âme est terminé ; il forme un volume in-16 ; je crois d’ailleurs qu’un compte rendu spécial lui sera consacré ici même. Que M. Caillié me permette de regretter cepen dant que la forme ne soit pas toujours à la hauteur de l’idée. Dans la Paix Universelle du 16 avril, le commence ment d’une série qui paraît devoir être excellente : La Vie des Evénements, par L. d’Ervieux. L’auteur a, me semble-t-il, parfaitement saisi cet aspect du mouve ment astral. Magnétisme et hypnotisme : Le Journal du Magnétisme publie in-extenso les bro chures de M. Fabius de Champville, très claires et très convaincantes. La partie bibliographique est soignée. La Chaîne magnétique recueille sans cesse de nouveaux phé nomènes et de nouvelles guérisons. Les Annales de psychiatrie et d’hypnologie commencent ta reproduction d’une étude du Dr Azam sur l'es Toqués, déjà parue dans la Revue scientifique. Le Dr Luys expose, comme confirmation à sa découverte de l’automatisme des centres nerveux, une observation du professeur Mairet de Montpellier, sur une obsession particulière. Enfin
l’initiation 190 le Dr Laugier relate des cas extraordinaires de suicide à coups de couteau, commis par des aliénés.
M. de Rochas donne une étude sur la Suggestion hyp notique dans le Cosmos (18 février). Généralités : Je signalerai aux linguistes des recherches sur le nom d’Allah par M. Halévy, dans le Journal asiatique de décembre dernier. La Revue de la Science nouvelle continue avec intérêt ■son programme catholique ; mais M. F.-A.
Hélie s’obstine à croire que le Budhisme anéantit la volonté, tandis que ■c’est peut-être la philosophie qui l’exalte le plus : il me semblait cependant que M. Hélie avait rendu compte de l'Essai de Chaboseau. A lire dans la Revue socialiste (mars et avril) un résumé .général de la doctrine saint-simonienne, fait en i83i, par Hippolyte Carnot.
J’ai noté dans la Revue philosophique de mars une intéressante communication de M. Lalande sur l’influence de l’Attention dans la formation des ima ges. — Le numéro de mars, en outre d’un essai de syn thèse graphologique de M. L. Arréat, contient une très longue étude physiologique du Dr Kœhler sur cette ques tion : Pourquoi nous ressemblons à nos parents.
Je vais essayer une très rapide analyse de ces 49 pages pour l’édi fication des quelques lecteurs qui peuvent connaître l’ésolérisme de ces questions. Après un historique succinct de ces recherches, M. Kœhler en rapporte l’exposé scientifique : Nos lec teurs connaissent les détails de la Karyokinèse.
L'ovule -est alors formé, il se transforme véritable, apte à la géné ration, par l’expulsion des globules polaires : production de quatre éléments dont le premier est de beaucoup le plus volumineux, tandis que les trois autres, de même composition et de forme semblable, ne sont que des œufs ■avortés.
Le caractère général des cellules sexuelles est que, pour un même animal, le nombre des chromosomes de l’œuf est exactement le même que celui des spermatoREVUE DES REVUES içr zoïdes, et que ce nombre est exactement le même que celui qu’on observe dans tous les autres éléments chez ' cet animal.
Et, pour résumer tout cela, je rééditerai la. remarque de Sabatier (De la vie et de la mort) : la ten dance extériorisatrice, active, chercheuse centrifuge du mâle, opposé aux habitudes calmes, intérieures, centri pètes de la femelle, caractère que l’on trouve dès les premiers protozoaires.
11 reste maintenant à apprendre pourquoi nous ressem blons à nos parents: c’est parce que « dans la masse hé réditaire transmise des parents aux enfants,un ensemble-' très complexe de particules matérielles correspondant à des propriétés ou tendances très diverses, pendant le dé veloppement embryonnaire, ce seront tantôt les unes, tantôt les autres de ces tendances qui domineront, qui imprimeront leurs caractères aux cellules embryonnaires, qui détermineront leur mode de groupement et de réu nion ; elles donneront, en somme, au nouvel être un ca chet particulier et feront qu’il ressemblera à tel ou tel de ses ancêtres ».
C’était bien la peine de blaguer la vertu plastique et l’aura seminalis du moyen âge. Une dernière notation cependant: la succession des phases asexuées et des générations sexuées. Littérature : Le Mercure de France a donné en mars une fort belleet fanatique analyse de Léon Bloy sur le Latin Mystique de Remy de Gourmont.
M. Denise terminait en ce même numéro sa merveilleuse Doxologie du lapidaire, une œuvre précieuse, mais dont je regrette le manque de correspondances avec la tradition magique.
Ce mois-ci, c’est Camille Mauclair qui fait un mystique éloge de laLuxure, dont l’idée se retrouve dans Péladan ; c’est Ed. Barthélemy qui raconte un épisode du Bas-Empire. Un très beau Verlaine dans la Revue Blanche d’avrilDans la Femme (de mars), une bonne étude de Stuart Merril sur Oscar Wilde, des vers inédits de Villiers de l’Isle-Adam et une superficielle étude de Rochetîn : Hyp notisme et suggestion.
D’autres vers de Verlaine au nuI$2 l’initiation méro d’avril. Dans ï Ermitage (mars), une bonne étude esthétique de Raymond Bouyer sur .les Origines du Pay sage. Chimère, qui a changé sa couverture et son format, insère le Spinje, dirigé par Paul Redonnel ; des poètes aux noms étranges y font des jeux littéraires : Sergius, Ruffus, Harmil, Galhial semblent promettre beaucoup plus. Une fort belle et ésotérique méditation du Clair de Lune par Emm.
Signoret, la curieuse prose d* Acanthe Clergie (avril) donnent une tout autre valeur à l’œuvre de M. Redonnel. Bretagme-Eevue nous envoie son deuxième numéro ; les légendes d’Armorique s’y pressent et de fort belles phototypies égaient ce fascicule. AVIS Un syndicat de magnétiseurs, masseurs, médiums gué risseurs, etc., s’est fondé dernièrement sous la prési dence de M. E. Houssay et organisé par MM. L. Auffinger et Durville.
Nous donnerons les renseignements complémentaires dans le prochain numéro. S’adresser d’ici là à M. Auffinger, i5, rue du Four, Paris. Le Gerant : Encausse. ÎMP. E. ARRAULT ET C'c, 6, RUE DE J.A. PRÉFECTURE, TOURS.
Ulmiiaiwn du i5 mai 1893 ■ pour paraître irrévocablement clu 1ar .au. 10. juin r’AF’TLTS TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE GHAMUEL, éditeur, 29. rue de trévise Cet ouvrage, auquel Papus travaille depuis plusieurs années, est consacré à la description des procéde's.vrai ment pratiques de magie cérémonielle. La; première partie, entièrement originale, expose la- - . théorie ' d.e la dynamisation des forces de l’homme et-t/^ de celles de la nature. • La seconde partie expose minutieusement les procé dés d’entraînement applicables à ce qui sent, à ce qui pensé et à ce qui veut dans l’homme. Elle contient dé plus . trois chapitres consacrés à l'astrologie : astrologie astro-; nomique, astrologie naturelle et correspondances dans les trois règnes, astrologie, kabbalistique applicable à ia confection et à la lecture de tous les talismans. ‘ La troisième partie est consacrée à la description des ; diverses cérémonies de magie pratique et donne aux étu diants un peu entraînés une méthode simple, et qui a déjà été éprouvée avec succès, pour obtenirl.es, plus élé mentaires des phénomènes de magie. Une étude spéciale de la magie des campagnes, la reproduction.de ce qu’il y a dé plus curieux dans les grimoires et les manuscrits introuvables et un dictionnaire magique - orment l’appendice de cet important-ouvrage.
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