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Initiati Revue philosophique indépendante des Hautes Études Hypnotisme, Force psychique Theosophie, Kabbale Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes 19 * VOLUME. — 6,ne ANNÉE SOMMAIRE DU N° (Avril 1893) --- ------- PARTIE INITIATIQUE... PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE.... PARTIE LITTÉRAIRE.... Sur l'Homéopathie (lettre inédite)....... (p. i à 5.) Définition delà Magie. (p. 5 à 20.) Ordre kabbalistique de la Rose-Croix.
Du sens et du symbo lisme du mot Caïn, (p. 20 à 27.) Corre.sp on dance d es sept planètes et des quatre tempéraments (p. 28 à 3o.) Le Mythe et les Sym boles du feu chez les premiers forgerons (avec planche)....... (p. 3i à ¿7.) Considérations sur l'at traction et sur le mouvement libre ato mique.................... (p. 3y à 45). L’Occultisme à l’Hôtel de Ville.................. (p. 46 à 52).
Bj'blys {à suivre)....... (p. 53 à 5g.) Le Notaire pendu {suite et fin)..................... (p. 60 à 65.) Groupe indépendant d’Etudes ésotériques. — Ordre kabbalistique de la Rose-Croix. — Occultisme pratique. — Courrier bibliogra phique. — Revue internationale de Sociologie. — Nouvelles diverses. — Variétés.— Nécrologie. ¿7 Henri Wronski. Papus. Dr M. Delézinier. Vurgey. Dr Fugairon. Dr Baraduc. Abil-Marduk. Aleph. R. de Maricourt. « i « Rédaction : i « Administration, Abonnements :
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. Lu Science expéri mentale a conduit les savants maigre eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette r.n i ance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par la découverte à'un meme ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, [’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent ['arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le cléricalisme et le sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la misère.
Enfin [’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotismc et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde. L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 60 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier.
L'Initiation parait régulièrement du i5 au 20 de chaque mois et compte déjà cinq années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.)
Supplément à Y Initiation. Voyez l’article du D«- Fugairon (p. 3 i.)
Lu reproduction des articles inédits publiés psr l'initiation est formellement interdite, à moins d’autorisation spéciale. PARTIE INITIATIQUE Trois lettres inédites par II. Wronski Neuilly, ce 3i mars i853. AM. Léonard. Nous sommes heureux d'avoir appris le rétablisse ment de votre santé, surtout un si prompt rétablisse ment que nous n’osions espérer dans l'état de vos souffrances. Vous me demandez la cause de l'action homéopathiquepar laquelle votre prompte guérison a été opérée. Je vais vous le dire autant qu'on peut le faire, sans remonter à des principes absolus de la pathologie qui ne sont point encore connus, car aucun homme ne sait encore ce qu’est la maladie. Eh bien, pour ce qui concerne votre homéopathie, dont le nom ne répond nullement à la chose, et dont personne, pas même le célèbre Hahnemann, ne con naît les principes thérapeutiques; ces principes, les voici à peu près. (i) Nous devons la communication de ces lettres à M. Chuquet, un des admirateurs de Wronski, que nous remercions bien vivement à cette occasion.
l’initiation 2 Toute substance qui, introduite dans le corps hu main, n’a pas une fonction nutritive et. généralement, une fonction excitative de la vie par la circulation du sang, est un poison.
Et tels sont la plupart des médi caments : tous, endose excédante, deviennent con traires à l'équilibre entre l’excitation de la vie par la circulation, et l’excitation réciproque du tissu ou de l’organisme par la respiration ; et. alors, dans cette dose trop grande ou excédante, ils dv viennent des poisons, c’est-à-dire des instruments de la destruction de la vie.
Mais, par lámeme que, dans une dose excé dante. ils peuvent porter atteinte au susdit équilibre qui constitue la santé, les médicaments exercent ma nifestement une influence ou une action sur cet équi libre vital ; et. par conséquent, en diminuant leur dose jusqu’au degré où leur influence cesse d'ètre nuisible, cette action peut alors s'identifier avec la permanente tendance vitale, cette espèce supérieure ou primitive du nisas formations de Blumenbach, qui, dans la moelle vertébrale, résulte delà réaction fondamentale constitutive de la vie, entre la réaction du cerveau et des reins (entre le savoir et l'être constituant la vie).
Et c’est ainsi que les médicaments atténués indéfi niment, en devenant les moyens de communication entre les deux susdits équilibres, entre l'équilibre excitatif et l’équilibre constitutif de la vie, reçoivent, cha cun dans son genre, sui generis, lorsque l’équilibre excitatif est dérangé, c’est-à-dire lorsqu'il y a maladie suis generis. une efficacité thérapeutique que l'on nomme faussement homéopathique. Vous dites, cher Monsieur, que c’est une découverte
sur l'homéopathie U J récente. Malheureusement oui, malgré l'exemple que les médecins voyaient tous les jours dans l'action salu taire. en petitedose, des substances reconnues comme poisonstels que l'opium, l’arsenic, la belladone. l’émé tique ci mille autres, meme le tabac, dont l’essence est un des puisons les plus violents, et dont l'usage aliène ■ indéfiniment, dans l'emploi journalier du tabac, est salutaire.
Adieu, cher Monsieur ; lorsque j’aurai publié les principes messianiques ou absolus de la vraie philo sophie de la vie. vous comprendrez mieux les quel ques mots que j'ai pu vous dire ici par anticipation. Signé : H. Wronski. Au même : 11 avril i853. Par un singulier hasard, au moment où je vous écrivais sur l'homéopathie, M. de Montferrier me demandait quelques explications sur ce mode médi cal.
Je me suis borné à lui envoyer copie de la lettre que je vous ai écrite. Il me demanda alors des expli cations ultérieures que jelui ai données dans une lettre dont vous trouverez ci-après un extrait que je desti nais à vous être envoyé aujourd’hui même, lorsque je reçois à l’instant votre lettre d’hier.
Quant à votre young doctor, s’il ne connaît des principes de l'homéopathie que « a certain force acquiredand move and more developed by their mode of operation », ce qui est une généralité qui ne dit rien, et peut s’appliquer à toute action quelconque, il serait inutile de lui faire part des explications cil’initiation 4 jointes, parce qu'il ne se doute pas encore du pro blème homéopathique. Signé : 11. Wronski.
A M. de Montferrier, Vous me demandez des explications sur l'homéo pathie ; je ne saurais mieux y répondre qu’en vous envoyant copie de ma lettre à 1\I. Léonard. En effet, il y est dit que le médicament, atténué au degré requis pour perdre son action toxicologique sur l’équilibre excitatif de la vie. peut s’identifier avec la permanente tendance vitale de l’équilibre constitutif de la vie.
Or ce mot peut ou pouvoir suppose nécessairement une condition.
Et cette condition consiste dans le caractère universel de cette permanente tendance vitale, c’est-à-dire dans son aptitude à reproduire la vie par toutes les conditions spécifiques, et, par con séquent, dans son affinité vitale à s’identifier avec l’action spécifique du médicament ; avec cette action spécifique que le médicament manifeste dans son action toxicologique par la production des symptômes caractéristiques d’une maladie.
C'est cette action spécifique du médicament qui est signalée dans la lettre à M. Léonard par la répétition du mot sui generis. Et c'est ainsi que se trouve résolu le difficile problème de la transformation de l’action toxicolo gique du médicament, dans son application à l’équi libre excitatif de la vie (la réaction de la circulation et de la respiration), en une action thérapeutique, dans son idcntificat.on avec l’équilibre constitutif de
DÉFINITION DE LA MAGIE •> la vie (la réaction du cerveau et des reins dans la moelle épinière), transformation pathologique qui est précisément le grand problème de la doctrine ho méopathique.
Quant au nom d’homéopathie. il est d'abord con traire au principe que Hahncmann, en s’occupant de la matière médicale de Cullen. a posé à sa doctrine : savoir au principe qu'une affection psychologique, ne suivant pas des lois physiques, ne saurait être recon nue et distinguée que par ses symptômes, principe qui demanderait le nom de homéosymptomalhie.
De plus, le nom de homéopathie est contraire à la sus dite solution du grand problème de cette doctrine, solution qui demanderait à son tour le nom d’/zeïeropathie. Signé : Wronski, Vous connaissez, n’est-ce pas, l'histoire de l’œuf de Christophe Colomb ? Je ne vous la raconterai donc pas. Cette histoire prouve que généralement il n'y a rien de plus difficile à trouver que les choses simples.
Or, si la magie semble si obscure et si difficile à com- (i)Chap. Ier du Traité élémentaire de Magie pratique, qui paraîtra du 3o avril au i5 mai.
6 l’initiation prendre (pour ceux qui l'étudient sérieusement, s’en tend!, c’est bien évidemment à cause des complica tions dans lesquelles l’étudiant s'embrouille dès le début. Nous passons auprès de nos lecteurs habituels pour un auteur aimant user et même abuser des ima ges et des comparaisons ; défaut ou qualité, c'est là une habitude invétérée que nous n’abandonnerons pas plus dans cet ouvrage que dans nos précédents.
Aussi ne pouvons-nous mieux commencer notre étude sur la magie que par une question peut-être saugre nue : Avez-vous quelquefois regardé un fiacre déam bulant dans les rues de Paris ? — Pourquoi cette demande bizarre, me direz-vous ? — Tout simple ment parce que, si vous avez sérieusement regardé ce fiacre, vous êtes à même de connaître très rapidement la mécanique, la philosophie, la physiologie et sur tout la magie. Voilà.
Si ma question et surtout ma réponse vous semblent absurdes, c’est que vous ne savez pas regarder. Vous voyez, mais vous ne regardez pas ; vous ressentez pas sivement des sensations, mais vous n’avez pas l'habi tude de les raisonner, de chercher les rapports des choses, même les plus grossières en apparence.
Socrate, voyant un jour passer dans les rues d'Athè nes un homme chargé de bois, regarda la manière artistique dont le bois était disposé. Il alla à l’homme, lui parla et en fit Xénophon. C’est que Socrate voyait avec son cerveau plus qu’avec ses yeux. Or, si vous voulez étudier la magie, commencez par bien comprendre que tout ce qui vous frappe autour de vous, toutes ces choses qui agissent sur vos sens
DÉFINITION DE LA MAGIE 7 l i physiques, le monde visible enfin, tout cela n’est intéressant que comme des traductions en un lan gage gr< ssier de lois et d'idées qui se dégageront de la sensation quand cette sensation aura été non seule ment filtrée par, les organes du sens, mais encore digérée p ir votre cerveau.
Ce qui vous intéresse dans un homme, si vous êtes sérieux, ce ne sont pas ses habits, c'est le caractère, la façon d’agir de cet homme. Les habits et surtout la manière de les porter peuvent bien indiquer par à peu près l'éducation de cet homme : mais ce ne sont que des reflets, des images plus ou moins exactes de sa nature intime.
Or tous les phénomènes physiques qui frappent nos sens ne sont que des reflets, des habits, des principes bien plus élevés : des idées. Ce bronze qui est devant moi n'est que l'habit dont l’artiste a revêtu son idée; cette chaise là-bas est aussi la traduction en physique de l'idée de l’artisan, et, dans la nature tout entière, un arbre, un insecte, une fleur sont des traductions en matériel d’un langage tout idéal, dans le sens vra1 du mot.
Ce langage est incompris du savant qui ne s’oc cupe que des habits des choses, des phénomènes, et quia déjà fort à faire ; mais les poètes et les femmes savent intuitivement ce qu’est l’amour universel. Nous verrons tout à l’heure pourquoi la magie est la science de l'amour. Pour l’instant revenons à notre fiacre. Une voiture, un cheval, un cocher, voilà toute la philosophie, voilà toute la magie, à condition, bien
L INI l IA I ION 8 entendu, de prendre ce grossier phénomène comme type analogique et de savoir regarder. Avez-vous remarqué que si l'ètre intelligent, le co cher, voulait faire marcher son fiacre sans cheval, le fiacre ne marcherait pas ?
Ne riez pas et ne m'appelez pas Calino. car si je vous pose cette question, c'est que beaucoup se figu rent que la magie c’est l'art de faire marcher les fiacres sans chevaux, ou, pour traduire en langage un peu plus élevé, d’agir sur la matière par la volonté et sans aucun intermédiaire.
Donc retenons ce premier point que. dans un fiacre, le cocher ne peut mettre et la voiture et luimême en mouvement sans un moteur qui, dans le cas actuel, est un cheval. Mais avez-vous remarqué que le cheval est plus fort que le cocher, et que, cependant, au moyen des rênes, le cocher utilise et domine la force brutale de l’animal qu’il conduit?
Si vous avez remarqué tout cela, vous êtes déjà à moitié magicien et nous pouvons continuer sans crainte notre étude, mais toutefois en traduisant vos remarques en langage « cérébral ». Le cocher représente l’intelligence et surtout la volonté, ce qui gouverne tout le système, autrement le PRINCIPE DIRECTEUR. La voiture représente la matière, ce qui est inerte e ce qui supporte, autrement dit le principe mu. Le cheval représente la force.
Obéissant au cocher et agissant sur la voiture, le cheval meut tout le sys tème. C’est le principe moteur qui est en même temps
DÉFINITION DE LA MAGIE 9 ¡’intermédiaire entre la voiture et le cocher et le lien qui réunit ce qui supporte à ce qui gouverne, ou la matière à la volonté. Si vous avez bien saisi tout cela, vous savez regar der un fiacre et vous êtes bien près de savoir ce qu’est la magie.
Vous comprenez, en effet. que le point important à connaiirece sera l’art de conduire lecheval. le moyen d’éviter ses emballements et ses écarts, le moyen de lui faire rendre le maximum d’eiïorts à un moment donne et de le ménager quand la route doit être longue, etc., etc. Or, dans la pratique, le cocher c’est la volonté hu maine. le cheval c’est la vie. identique dans ses causeset dans ses effets pour tous les êtres animés, et la vie c’est 1 intermédiaire, le lien sans lequel la vo lonté n’agira pas davantage sur la matière que le cocher n’agit sur sa voiture si on lui enlève son che val.
Demandez à votre médecin ce qui arrive quand votre cerveau n’a plus assez de sang pour assurer ses fonctions. A ce moment-là votre volonté aura beau vouloir mettre votre corps en mouvement, vous au rez un étourdissement, des éblouissements et. pour peu quecela continue, vous perdrez vite connaissance.
Or, l’anémie, c’est le manque de dynanisme dans le sang, et ce dynanisme, cette force que le sang apporte à tous les organes, y compris le cerveau, appelez-la oxygène, chaleur, ou oxyhémoglobine, vous ne dé crivez que son extérieur, ses habits; appclcz-laforce vitale et vous dépeindrez son véritable caractère.
10 l'initiation Et maintenant voyez comme il est utile de regarder les fiacres déambulant dans la rue. voilà notre cheval devenu l'image du sang, ou plutôt de la force vitale en action dans notre organisme, et, tout naturellement, vous trouverez que la voiture est l’image de notre corps et le cocher celui de notre volonté.
Or. quand nous nous mettons en colère au point de perdre la tète, le sang monte au cerveau, c'est-àdire le cheval s’emporte et. dame, gare au cocher s'il n’a pas la poigne solide. Dans ce cas le devoir du cocher est de ne pas lâcher les renés, de tirer ferme, s'il le faut, et peu à peu le cheval dompte par cette énergie redevient calme.
11 en est de même pour l'être humain: son cocher, sa volonté, doit agir énergique ment sur la colère, les rênes qui relient la force vitale à la volonté doivent être tendues et l'être reprendra vite son sang-froid. Qu’a-t-il fallu à ce cocher pour avoir raison d'un animal cinq fois plus fort que lui? Tue lanière de cuir assez longue, un mors bien disposé, et voilà tout.
Or nous verrons plus tard combien la force nerveuse, qui est le moyen d’action de la volonté sur l'orga nisme, aura son importance en magie, mais n'anti cipons pas. Quand on connaît la constitution de l’homme en corps, vie et volonté, est-on magicien ? Hélas! pas plus que quand on voit conduire.
Pour être magicien, il ne suffit pas de savoir théori quement, il ne suffit même pas d’avoir appris ce qu’il faut faire dans tel ou tel traité, il faut mettre soi-même la main à la pâte, car c’est en conduisant souvent et
DÉFINITION DE LA MAGIE I I des chevaux de plus en plus difficiles qu’on devient cocher. Ce qui différencie la magie de la science occulte en general, c’est que la première est une science pratique, tandis que la seconde est théorique ; mais vouloir con naître la magie sans connaître l'occultisme, c’est voul : conduire une locomotive sans avoir passé par une e le théorique spéciale. On prévoit le résultat.
Or. le même que le rêve de l’enfant à qui l’on donne un sabre de bois est d'être général sans passer par la caserne, le rêve de l'ignorant qui entend parler de ces choses est de commander, avec des formules apprises par cœur, des mouvements rétrogrades aux fleuves et de l’obscurité au soleil, le tout pour « poser » devant les amis ou pour séduire une fermière du vil lage voisin.
Et notre homme est tout déconcerté d’échouer piteu sement dans son aventure ! Mais que diraient les sol dats si l’enfant au sabre de bois venait leur donner des ordres ? Avant de commander aux forces en action dans un grain de blé. apprenez à commander à celles qui agissent en vous-mème, et souvenez-vous qu'avant de monter dans une chaire en Sorbonne, il faut passer par l’école, par le lycée, par la faculté.
Si cela vous semble trop difficile ou trop long, faites-vous palefre nier, 1 ecole vous suffira, ou quelques mois d'appren tissage. La magie, étant une science pratique, demande des connaissances théoriques préliminaires, comme toutes les sciences pratiques. Mais on peut être mécanicien après avoir passé par l’école des Arts et Métiers, et
12 l'initiation alors on est ingénieur mécanicien, ou mécanicien après avoir été en apprentissage, et alors on est mécanicien. Il y a de même dans nos villages des ouvriers en magie qui produisent quelques phéno mènes curieux et opèrent des guérisons parce qu’ils ont appris à le faire en le voyant taire par celui qui les a enseignés. On les appelle généraient ni des « sor ciers » et on les craint, bien à tort, ma loi.
A côté de ces ouvriers du magisme. il existe des cher cheurs connaissant la théorie des phénomènes pro duits: ce sont les ingénieurs en magie et c’est à eux sur tout que nous nous adressons dans le présent ouvrage. La magie, étant pratique, est une science d’appli cation. Qu est-ce que l’opérateur va donc appliquer? Sa volonté. C’est là le principe directeur, le cocher du système. Mais à quoi va-t-il l'appliquer, cette volonté ?
A la matière, jamais. Car il se conduirait comme l'ignorant de tout à l’heure, comme le cocher qui vou drait. en s'agitant sur son siège et en hurlant, faire marcher sa voiture pendant que le cheval est encore à lecurie. Un cocher agit sur un cheval et pas sur une voiture. C’est peut-être la troisième fois que nous répétons cette vérité de La Palisse, et il nous faudra la répéter bien souvent encore dans le cours de notre exposition.
Un des grands mérites de la science occulte est justement d’avoir déterminé et fixé ce point, que l’esprit ne peut agir sur la matière directement, il agit sur un intermédiaire, et c’est cet intermédiaire qui lui, réagit sur la matière.
DÉFINITION DE LA MAGIE 13 L’opérateur devra donc appliquer sa volonté, non pas directement à la matière, mais bien à ce qui modi fie incessamment la matière, à ce qu'en science occulte on appelle le plan de formation du monde matériel, le plan astral.
Dans l’antiquité on pouvait définir la magie : l'ap plication de la volonté aux forces de la nature, car les sciences physiques actuelles rentraient dans son cadre, et l’étudiant en magic apprenait le maniement de la chaleur, de la lumière et aussi, comme nous le mon tre l’histoire du rabbin Jcdechicl sous saint Louis, de l'électricité.
Mais aujourd'hui cette définition est trop large et ne répond pas à l'idée qu’un occultiste doit se faire de la magie pratique. Ce sont bien des forces de la nature sur lesquelles l'opérateur va faire agir sa volonté. Mais quelles sont ces forces ? Ce ne sont pas des forces physiques, nous venons de le voir, car l'action sur ce genre de forces est le propre de l'ingénieur et non de l'occultiste pratiquant.
Mais, en dehors de ces forces physiques, il y a des forces hyperphysiques qui ne différent des premières que parce qu’elles sont produites par des êtres vivants au lieu d'être produites par des machines. Et nous ne parlons pas des dégagements de chaleur, de lumière et même d’électricité produits par des êtres vivants Encore une fois ce sont là des forces toutes physiques. Reichembach a prouvé, dès 1854, que les êtres animés et certains corps magnétiques dégageaient
L INITIATION H dans l'obscurité des effluves visibles pour les sen sitifs. Ces effluves constituaient pour Reichembach la manifestation d'une force inconnue qu’il appelle l'OD. Depuis, M. le Dr Luvs d'une part et M. le colo nel de Rochas d'autre part ont retrouve des manifes tations diverses de cette force. Mais un fait aujourd'hui constate par des centaines de témoins à diverses épo ques va nous mettre sur la trace de notre définition.
Il y a dans l’Inde des êtres humains dressés pendant de longues années au maniement de ces forces hvperphysiques et qu’on appelle des fakirs. I ne expérience que font couramment ces fakirs, expérience qui m'a été personnellement rapportée à trois années d'inter valle par plusieurs personnes dignes de foi, et qui, de plus, a été très souvent décrite, est la suivante : On donne au fakir une graine quelconque qu’on a choisie soi-même.
On apporte en meme temps un peu de terre qu'on a prise chez soi et l'on met la graine dans la terre, sur les dalles de la salle à manger par exemple. Le fakir, qui estabsolument nu, sauf un léger pagne, se place à un mètre environ du tas de terre, assis à l’orientale. 11 fixe son regard sur la terre et peu à peu il pâlit et devient immobile, les bras étendus vers la graine. Un hypnotiseur moderne dirait qu'il est en catalepsie.
On constate de plus que son corps se refroidit légèrement. Le fakir reste dans cette posture pendant une heure ou deux. Après ce temps la plante a poussé d’un mètre ou d'un mètre et demi. Si l’on continue l’expérience, la plante, dans l’espace de trois ou quatre heures, se charge de fleurs, puis de fruits qu’on peut manger.
DÉFINITION DE LA MAGIE I •> Voilà. brièvement décrite, cette expérience que nos lecteurs habituels connaissent bien pour I avoir lue souvent. Que s'est-il donc passé? La volonté du fakir a mis en jeu une force qui anime en quelques heures une plante qu'une année de culture conduirait à peine au meme résultat. Or, cette force n'a pas dix noms pour l'homme de bon sens, elle s'appelle : la vie.
Que la vie soit une résultante ou une cause du mou vement organique, c'est ce que nous n'avons pas à discuter ici. L'important est de bien retenir ce fait, que la volonté du fakir a agi sur la vie en sommeil dans le végétal et a non seulement mis cette force vitale en mouvement, mais encore lui a fourni des cléments d'action plus actifs que ceux que lui fournit habituellement la nature. A-t-il fait pourtant là un acte surnaturel ?
Pas le moins du monde. Il a exagéré, précipité un acte naturel; il a fait une expérience magique, mais n'a rien produit qui aille à l'encontre des lois iixes delà nature. C'est donc en agissant sur la vie de la plante que le fakir actionne la matière de cette plante. Mais avec quoi a-t-il agi sur cette force vitale endormie dans la plante?
Les enseignements de la science occulte nous permettent de répondre sans crainte : avec sa propre force vitale, avec cette force qui, dans lui,, produit les phénomènes attribués par les médecins à la vie végétative, à la vie organique de l'ètre humain. Le point qui déroute le chercheur habitué à une force physique, c’est que la vie puisse sortir de l’être humain et agir à distance; mais une étude, même
16 l’initiation superficielle, des faits de guérison produits par nos modernes magnétiseurs depuis cinquante ans mettra vite le chercheur sur la voie que nous indiquons. Pour donner cours encore une fois à notre manie, souvent fatigante pour le lecteur, des comparaisons, racontons encore une petite histoire de carrosserie à propos du fakir et de son expérience.
Le fakir peut être comparé, nous le savons, à un équipage dont sa volonté est le cocher sa force vitale le cheval et son corps la voiture. La graine est un autre équipage dont la voiture est bien lourde pour un pauvre cheval malingre (la vie de la plante) et dont le cocher tout jeune et encore inex périmenté s'est endormi pour le moment. Or. notre premier équipage arrive devant le second.
En pensant aux souffrances et à la longueur du temps que va mettre ce pauvre cheval pour gravir la côte, le cocher-fakir est pris de pitié. Il dételle son cheval, l’attelle à l'autre voiture, réveille l'autre cocher qui prend les guides. Quant à lui, il prend les deux che vaux par la bride au niveau du mors et les excite de Ja voix.
En un rien de temps (quatre heures), la côte (évo lution du végétal), qui aurait demandé longtemps (un an) pour être gravie dans les conditions habituelles, est montée. Cela fait, le cocher-fakir ramène son cheval (sa vie) , et le rattelle à sa propre voiture (son corps) qui jusquelà était restée en souffrance (en catalepsie) sur la route. Avez-vous compris l’action du fakir sur la plante ?
DÉFINITION DE LA MAGIE 17 Si oui, vous avez pu juger du rôle de la vie dans les expériences magiques. De tout cela il ressort que la force sur laquelle agit la volonté, c'est la vie. Et c'est au moyen de la vie dont la volonté humaine dispose qu’elle est à même d'agir sur la vie de quelque autre être, qu'il soit visible ou invisible. Mais n'anticipons pas. Nous pouvons déjà définir la magic : l'action cons ciente de la volonté sur la vie.
Mais cette définition n'est pas encore complète à notre avis. l i volonté est une force qu’on trouve dans tous les êtres humains. Mais combien peu savent user convena blement de leur volonté? Il faut donc non seulement posséder de la volonté, mais encore savoir la mettre en usage, et l'éducation, l'entrainement seuls permet tent d’obtenir un tel résultat.
Au terme volonté nous ajouterons donc l’adjectif entraînée ou mieux dyna misée qui indique l'effet de l'entraînement. D'autre part, le mot vie, ou vie universelle, prête à beaucoup d'interprétations et de discussions et ne rap pelle pas assez les rapports qui existent entre toutes les forces de la nature. Nous prendrions bien force vitale, mais ce terme a été pris dans une acception tout humaine.
Pour distinguer les forces dont s'occupe la magie des forces physiques, nous allons les appeler d’un nom qui ne manquera pas de nous attirer les foudres des philosophes matérialistes ou autres : forces vivantes. Cenom est absurde, diront nos ad versaires. Que nous importe, il est clair et corres pond, à notre avis, à une réalité stricte. Nous cherche rons à le prouver par la suite.
18 l'initiation Groupant tous les éléments produits, nous obtenons en fin de compte comme définition de la magie : La magie est I’application de la volonté iium ini. dyna misée a l’évolution rapide des forces vivantes de la nature. Cette définition montrera le plan tout entier sur lequel est établi cet ouvrage.
Nous voyons en effet tout d’abord que le / aérateur des moyens d’action primordiaux, la volonté et la vie. considérée comme véhicule de la volonté, c’est l'homme. Nous aurons donc à faire une étude de l'ètre hu main considéré surtout au point de vue psycholo gique. C’est ainsi que nous serons amené à traiter des différents procédés d'entraînement quand nous con naîtrons sur quelle base cet entraînement peut s'obte nir dans l’ètre humain.
Mais une fois l'entraînement obtenu, une fois l'ac tion consciente de la volonté développée, cette action doit s'exercer sur des objets bien déterminés et dans un champ d’opération bien délimité. Aussi traiterons-nous de la nature telle qu'elle est conçue par les magiciens, des aides et des obstacles que cette force humaine dirigée par la volonté est sus ceptible d’y rencontrer.
C’est là que nous ferons nos efforts pour justifier notre terme bizarre de force vivante en montrant comment la vie peut agir, dans certains cas, comme une force toute physique et en suivant les mêmes lois, si on la matérialise, et comment, au contraire, une
DÉFINITION DE LA MAGIE IÇ force physique subitement évoluée sous 1 influence du dynamisme vital peut agir en manifestant des traces d'intelligence.
C’est de ce double jeu de la vie sur les forces phy siques. et des forces physiques sur la vie, que résulte toute l’action de l'opérateur sur les plantes, sur les aniin.ux et en général sur tous les auxiliaires qu'il demandera à la nature pour appuyer sa volonté, ainsi que l’application des influences des astres dont les émanations sont considérées par la magie comme des forces vivantes dans toute l'acception du terme.
Nous ne nous faisons aucune illusion surl’effetque peuvent produire de telles études en l'esprit des cher cheurs q ui ont leur siège fait et pour lesquels la science a déjà atteint le nec plus ultra de l’évolution possible. Ces chercheurs ont rendu à l'humanité, par leurs découvertes analytiques, des services assez éminents pour avoir le droit d'être sévères.
Une loi fatale veut aussi que tout ce qui semble sortir des bornes étroites de la routine soit d'avance condamné au pilori. C’est aux jeunes que je m’adresse, à ceux qui ne re doutent aucune affirmation, aucune audace, à ceux qui sentent qu’il y a autre chose que ce qu’on leur enseigne dans les hautes écoles et dans les Facultés.
A ceux-là je dis : Etudiez soigneusement les explica tions données par la magie, méditez-les et ne les ac ceptez que sous le contrôle très sérieux de l'expérimen tation. Vous êtes appelés bientôt à étudier des forces douées d’intelligence, ce qui vous éloignera des études de vos maîtres actuels autant que l’étude de la trans
20 l'initiation formation de 1 energie a éloigné vos maîtres de l’an cienne physique du commencement du siècle. Habi tuez-vous donc à regarder froidement l'inconnu face à face, sous quelque aspect qu’il se présente, fut-ce celui d’un classique fantôme. Vainqueurs d'hier du bigotisme clérical, ne soyez pas vaincus aujourd’hui parle bigotisme scientifique, aussi dangereux sous ses apparences libérales.
Fiersde votre liberté, usez-en, et apprenez à être personnels en tout, même dans la détermination de vos opinions scientifiques. Papus. DE LA ROSE f CROIX Thèse de Licence Du sens et du symbolisme du mot ] i p (Caïn) Ce qui apparaît au premier abord dans le mot pp, c’est le signe i de l’éternité placé entre le signe j de l’existence individuelle et le signe p de l’existence matérielle. Le signe dixième lame du Tarot, commence la partie négative du second septénaire ; il doit donc
SYMBOLISME DU MOT CAÏN 2 I représenter la conception du septénaire, mais seule ment dans ses reflets. La notation numérique, d'accord avec la notation tarotique, indique à priori que la sommation du mot pp ne donnera pas 7, mais l'un des membres obtenu par la combinaison de ceux dont la somme est 7. On a : p = 19 ’ = 10 ' 1 !4 Somme..........................= 43 Mais q3 = 4 3 — 7 La somme q3 n'est qu’un reflet du septénaire.
Considérons maintenant le p = 19. et examinons son rapport avec la somme: i +2 + 3 4-.................. + 41 + 42 + 43 - 946 Ajoutons les trois nombres de cette somme : 9 4 -J- 6 = 19. Donc le p n’est lui-même qu’un reflet du mot entier pp, et comme le nombre 19 ou 1 4- 9 _ 10 n’est qu'un reflet de ’ = 10, le p n’est qu'un reflet bi-réfléchi de Quant à la somme 1 -|- 2 -{- 3 4- 4 -f-..............
945 4~ 946 = 447,931-, la somme des chiffres 4 4- 4 4_ 7 4- 9 4_ 3 4_ 1 — 28. Mais 28 — 2 4- 8 = 10. Donc la tonique 1 = 10 est reflétée à deux octaves de degré différent dans le p et dans l'ensemble pp. Soit maintenant le 1 == 14, reflet 7 X 2 du septé naire, et faisant la somme 1 4~ 2 4~ 3 4-................ 4- 13 4- 14 = 105. Mais 105 = 14-04-5 =6, qui est le produit des facteurs premiers 2 et 3. Nous
O O l’initiation retrouvons le facteur 2 qui en 14=2X7 avait fourni le premier reflet du septénaire. Mais la somme : 1+24-34-4+54-6 = 21 donne un reflet nouveau du septénaire, car 21 7 X 3 et nous voyons apparaître le facteur 3 qui était annoncé par l'apparition de 6. Remarquons enfin que la somme 7 + 8 des deux facteurs de 2 1 est 1 o. I = 14 représente donc le lien entre le septénaire 7 et le septénaire reflété dans le ternaire 7 ' .
Sid’ailleurs nous faisons la somme 1+2 + ?+................+ 104 + io5 5.565, nous trouvons de nouveau ? +5+ 6 4-5 21 7X3 Quant à 1 = 10, la somme 1 + 2 + 3 +............... + 10 = 55 et 5 -4- 5 = 10 ; la somme 1 + 2 + 3 +'...........+55 = i, 540 et 1+5+4 + 0=10. Le nombre , = 10 est immuable comme l’Eternité et le Sphynx qu’il représente. L’examen alchimique du mot pp nous fournira quelques renseignements au moins étranges.
On a en kabbale tarotique : ’ représente la Vierge, Diane, la Lune l'argent: p — le SoleilQ. l’or; A î le résultat des forces combinées y X. l'équilibre: On a donc : n ¿V La Lune en est h mère, srv /A Le Thélème de [oui esl ici : +=' : / \pÇ’J Soleil en cst Ie père. Examinons à part le signe ] Yy, comme résumant en lui les deux potentialités de ’ et de p. Il est formé de 2 figures à 3 cotés, ou 2 x 3. ce qui était à prévoir à
SYMBOLISME DU MOT CAÏN' 23 cause des facteurs 2 et 3 étudiés plus haut, ce qui donne en décomposant : A" monte de la terré au ciel, VCtdereCllCfil d°SCCnd Il reçoit la force des choses supérieures^"’ C'est ki formule des alchimistes grecs. (¿y p et des choses inférieures (¿J î C est aussi la formule de Ripley : S unissaiil d* us I amour “ U femme blanche cl la tranquillité, dans la ,, proportion exacte d'eau et p " de terre. v p (A cl le mari ronge Il y avait là un écueil à éviter, et que nous croyons avoir franchi sans l'aborder.
La base -j -J- p, exis tence individuelle et existence matérielle, couronnée de l'éternité, semblait devoir donner lieu à une inter prétation du genre de ceci : l'éternité n'est qu'une durée nécessaire où les contingences individuelles et matérielles s'absorbent dans un perpétuel devenir. Nous croyons que cette interprétation serait une gros sière erreur. Elle correspondrait en effet à une dispo sition des lignes de force dont voici le schéma :
l’initiation 24 où l‘éternité 1 serait la résultante des existences indi viduelles et matérielles, ou au schéma : 1 >------ La vie matérielle est un degré individuel de l'éter nité.Mais nous savonsque l'idée de reflet d il dominer l’interprétation du mot entier. Nous prendrons donc le premier schéma en sens contraire, en bas. redet du haut, et le second de droite à gauche, ce qui donne : Disposition que nous avons adoptée.
Nous préten dons maintenant démontrer que cette disposition est la seule vraie. On a en effet : n=io C Or la densité de l’argent est 10, 4 — la densité de l'or est 19, 2 — la densité du mercure est 14. 4 quand le mercure est solide à une température de — 420 centigrades. Or la moyenne des den sités de Q et de 0 est précisément 14,8, qui diffère à peine de 14,4, et qui est absolument exacte, si nous ne
SYMBOLISME DU MOT CAÏN 25 tenons compte que de la partie entière. Mais pourquoi est-ce la densité du mercure solidifié et non celle ( i 3,6) du mercure ordinaire? C’est que le mot pp, reflet d’un principe, ne pouvait donner qu’un état excep tionnel, reflet d'un état normal, et que de plus, comme le mot de mercure n’est lui-mème qu'un symbole, le sens en doit être pris dans le sens de mercure fixé.
Or, quel moyen plus simple de figurer le mercure fixé que de le désigner par l'état où il devient solide (change ment de l'eau en terre), où il atteint son maximum de densité, état qui ne peut être obtenu que par des pro cédés très avancés, et qui permettent à ceux qui les emploient de dire avec un légitime orgueil : Mercwrius nos 1er non est mercuri us vulgaris! (R. Lulle).
Examinons maintenant le signe ] — 14. j étant le résultat des deux potentialités 1 et p, n’est, comme nous l'avons établi plus haut, qu'une demi-somme. La somme entière 14X2 ou 28 est l’équivalent du fer. Taisant la somme p = 19 = 1 -R 9 = 10 = 1 et •> = 10 = 1 Total : p -H =2 Taisons le produit p = 19 multiplié par 1 = 10, 19 X 10 = 190 ■et ajoutons la somme, on a p+'4-pX, = 2 + i9°=I92Quel est le corps dont l’équivalent est 192 ?
C’est l’acide citrique. C13 H8 O14 C = 6, H=i, 0 = 8 Nous lisons dans les comptes rendus de l’Académie des sciences : « M. Berthelot présente à l’Académie de
2Ô l’initiation « échantillons d'argent allotropique obtenus par « M. Carey-Lea. Ces échantillons offrent l'aspect de « l'or comme éclat, comme couleur et comme appa- « rence extérieure. » 11 les obtient en ajoutant i l’ar gent une petite quantité de fer et d’acide ciiri^u .
Il n’y a pas. dans la découverte de Carcv-L a. une transmutation, et d’ailleurs nous ne devions pas nous attendre à une réalisation absolue : il n'y a ( . .a reflet de réalisation dans le mot p'p : aussi la déc an . r’e de Carey-Lea n'est-elle qu’une transformation . pproximative, un reflet de chrysopée.
En résumé, pour clore ce travail déjà long, me serat-il permis de donner ici une traduction imparfaite du sens total du mot pp. Vr Je suis celui qui attire, celui dont l'action éter nelle (’) atteint comme une arme (p) ceux dont l'esprit cherche la réalisation (?).
P Je suis le maëlstrom tournoyant de la côte de Colchide, où tant de nefs se sont broyées, et quand le Grec me crie sa plainte et maudit Caïn, je lui renvoie sa plainte en cri de triomphe; du cri: Caïn! l’étrange écho fait: vtxa, victoire!...
Car je suis le génie des reflets, dominé par la Lune: je n’ai pour mes sectateurs qu’ombres impalpables: gouffre d’assimilation, j’absorbe sans pitié ces généSYMBOLISMEDU MOT CAÏN 27 rations de chercheurs, comme jadis, dragon du seuil des temps, j’absorbai 1 label. w I En moi ils disparaissent comme l’or dans le vif argci t. car je suis aussi le mercure ondoyant qui change en réflexion la transparence du verre et ne présente plus à l'œil trompé qu'une image intervertie.
Je préside aux oeuvres inutiles, aux travaux sans résultat. Je suis le conseiller dupeur des alchimistes sans savoir, des faux adeptes, des mages d'exporta tion. A travers un précepte de leur science, précepte où ils croient voir la concentration que je personnifie, ils pourraient cependant lire, s’ils savaient, que je suis le père de toutes les adversités, le protecteur du travail inutile... Caïn. Omnium Adversi latum Generator. Vanè Laborantibus . ïdest/... Michel Delézinieb, S:j h; 20 Novembre 1892.
28 l’initiation CORRESPONDANCE DES SEPT PLANÈTES ET DES QUATRE TEMPÉRA.Ml: XTS Les quatre tempéraments (Polti et Gary) engendrent par leurs rapports 6 combinaisons fondamentales correspondant aux 6 planètes par couples d'oppo sition analogues. L’équilibre parfait des 4 tempé raments correspond au soleil. Voici, d’après ce tableau , les 24 combinaisons analytiques avec leurs correspondances planétaires. Entrer dans les observations serait aussi long que superflu: un simple examen les fera surgir multiples et fécondes si l’on prend soin de lire ces combinaisons sur le schéma planétaire, et d’examiner attentivement chaque ligne horizontale et chaque colonne verticale
CORRESPONDANCE DES SEPT PLANETES 2(J isolément et par couple d’opposition. (Cf. Les sept types planétaires, dans Desbaroles). NS N S L B /V S 6 L S N l. 6 J N 0 L ¥ î / $ t V? ï <i $ H ? BL B L S N L B-S N Ü L A/$ a. B /v S 9 £ ? 4 ? ? t V ? < ¥ S L J L B N j L Al 6 k «J B N ( .L S N g / * d <L Z 4 (L /V £ N (3 v*» N ô L 5 6 N u $ N 0 J L Sa S L i (L ? / £ * S 5 6 1 f Î-.y3 B n *- S & L N 0 J N L e> S LN 1 ¥ ¥ d 5* + $ $ $ N L ‘ L N 65 ’ A//. 6$ L Nïb N LS3 • • $ $ (L à N S équilibre 0, remplacer dans chaque combinaiL son la planète médiane de transiB tion par le soleil, ce qui donne l’opposition d’une dominante et d’une mineure résolue par l’équilibre central de la tonique donnant le complémentarisme intégral des six combinaisons comme il se peut voir au schéma. Le tableau des combinaisons binaires (Polti et
3o l’initiation Gary, p. 14) se transposera facilement à Laide des données de la première colonne. VVRGeY PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE CHEZ LES PREMIERS FORGERONS Nous sommes dans l'Asie centrale à Page de la pierre polie pendant que le reste du monde est encore à l’àge de la pierre taillée. Les hommes connaissent l'art de se procurer du leu.
Les étincelles qui jaillissent à chaque percussion dans la taille des silex avaient été pour eux toute une révélation. Ils avaient même remarqué que le choc d'un morceau de pyrite de fer avec un silex ou un fragment de quartz donnent de plus nombreuses étincelles, et c’est par ce moyen sur tout qu'ils sc procuraient du feu. Cependant un autre procédé était aussi connu : celui du choc de deux mor ceaux de bambou.
Quelques tribus s’adonnèrent à la recherche des pyrites, et, tout en cherchant ces pierres jaunes à éclat métallique, découvrirent la pyrite de cuivre, l’or, l’argent, les minerais de fer et d’étain. Du bois allume dans le voisinage défilons à fleur de terre leur fit découvrir l’art de traiter les minerais. Les Indiens,
32 l’initiation dans certaines contrées de l’Amérique, ne connaissent pas encore aujourd’hui d’autres procédés pour abattre le minerai d’argent, que de l’incendier à l'aide de fagots entassés dans les excavations où les filons sont à nu. Le même fait s’est vu chez les peuplades sauvages de l’Afrique.
L’or se recueillait avec des peaux de moutons 'toison d’or) dans le lit des torrents, ainsi que le faisaient naguère encore quelques habitants de la haute Ariège, mais on ne tarda pas à l'arracher du sein des mon tagnes, comme les autres minerais. L’éclat de l’orétait comparé à celui du soleil et l'éclat de l'argent à celui de la lune. On représentait le pre mier parun disque avec un point au milieu, le second par un croissant.
Les pyrites étaient comparées à l’or, mais en les réduisant par le feu, tandis que la pyrite de fer donnait un métal sombre considéré comme vil; la pyrite de cuivre donnait un métal comparable à l’or quoique d’un moindre éclat, c’était un sous-or en quelque sorte. De même l’étain pouvait se comparer à l’argent, c était un sous-argent. Le cuivre pouvait être placé sous le signe du soleil, l’étain sous celui de la lune.
Et de même que le soleil était considéré comme mâle et la lune comme femelle, les métaux solaires étaient mâles et les métaux lunaires femelles. 11 était donc possible de les marier, et, de là, les alliages. Le mariage de l’or et de l’argent ne donna aucun résultat avantageux, mais il en fut tout autrement du mariage du cuivre et de l’étain. Il engendra le bronze. métal sacré et désormais très usuel. Lorsque le polissage du silex fut inventé, le frotte
LE MYTHE ET LES SYMBOLES DU FEU 33 ment et la perforation biconique de ces pierres firent connaître un moyen nouveau et meilleur que les pré cédents de se procurer du feu.
Le procédé du choc des pierres fut abandonné et c'est le frottement de deux morceaux de bois qui devint la méthode de prédilection des tribus les plus avancées en civilisation.Toutefois, l'emploi du bois lit qu'on conserva une sorte de véné ration pour l'ancien procédé des bambous qu'on voit figurer dans les monuments sous forme de roseau ou de férule ou nartex.
Lorsque les petits enfants deman daient à leurs parents la raison de cette vénération, oti leur répondait qu'il y avait bien longtemps, un génie avait dérobé le feu du ciel et l'avait enfermé làdedans pour que les hommes pussent s'en servir.
Au sein des peuplades de la pierre polie, les tribus métallurgiques de race touranienne étaient à peu près nomades, car elles ne restaient dans un endroit qu’aulant qu'elles y trouvaient en abondance du minerai et du bois.
A défaut de ces éléments, ou a certains signes que ces communautés superstitieuses regar daient comme de mauvais présages, elles se transpor taient avec leur matériel dans des sites plus propices, où elles travaillaient de nouveau. Elles se canton naient dans les montagnes et c'est le plus souvent dans les grottes qu'elles établissaient leurs fourneaux.
La main-d'œuvre n’était pas divisée : la même famille ramassait le minerai, carbonisait le bois et façonnait les instruments. Naturellement, les tribus métallurgiques rendaient un culte au feu descendu du ciel qui leur permettait de travailler les minerais. Le feu était pour eux un
l’initiation divin ouvrier qui transformait les métaux et les façon nait; que dis-je! qui transformait toute la nature et donnait la forme à toute chose. De là l’origine de cet aphorisme du moyen âge : fgne ratura renoratur in-> tegra : on voit qu’il remonte bien haut. Tous les objets qui servaient à allumer le feu étaient regardés par eux comme sacrés.
Voici, du reste, com ment se pratiquait cette opération : I n bâton terminé en pointe ou bâton allumeur était muni d'une corde de chanvre mêlé à du poil de vache, et. à l'aide de cette corde enroulée autour de sa partie supérieure, un homme lui imprimait un mouvement rotatoire alternatif de droite à gauche et de gauche à droite.
Ce mouvement avait lieu dans une petite fossette prati quée au point d’intersection de deux morceaux de bois d’acacia placés transversalement 1 un au-dessus de l'autre, de manière à former une croix, tandis que leurs extrémités, branchues ou terminées par un noeud, étaient fixées solidement par quatre clous de bronze, afin qu’elles ne pussent tourner ni d'un côté, ni de l'autre. La croix était l’objet de la vénération des métallur gistes, de même que les clous qui servaient à la fixer,
LE MYTHE ET LES SYMBOLES DU FEU 35 le marteau servant à les enfoncer, les tenailles ou pinces, etc., et surtout le bâton allumeur ou lance. Le signe de la croix leur servit en conséquence de marque particulière, de signe de distinction ou de reconnaissance, en meme temps que de marque de fabrique. Cette marque se retrouve sur les poteries antiques du Pérou et sur les sculptures de Milia et de Palenqué.
Enfin M. Gabriel de Mortillet a démontré que le signe de la croix, employé comme emblème sacré, est antérieur, en Europe, de plus de mille ans à l'introduction du christianisme dans la Gaule. On l’observe sur les poteries trouvées dans le lac d'Aix en Savoie, sur plus de la moitié des vases provenant des terramarres de l'Emilie (âge du bronze), enfin sur toutes les tombes des cimetières de Golasecca, près du lac Majeur.
Nous avons essayé de grou.per tous les symboles des premiers métallurgistes sur la planche ci-contre. Plus tard, nous les retrouverons dans les catacombes de Rome et jusque dans les églises catholiques actuelles. Les méthodes d'extraction et de fabrication des métaux étaient tenues secrètes et entourées de rites mystérieux et effrayants. Les métallurgistes rendaient un culte à la terre-mère des métaux.
Us célébraient ses fêtes en dansant avec frénésie au bruit de leurs armes de métal, de leurs instrument^, des cymbales et des tambours, et en poussant d'horribles hurle ments. Les populations voisines n'approchaient d'eux qu’en tremblant. On les croyait en possession d’un pouvoir magique, qui leur permettait de transformer les métaux les uns dans les autres, de faire de l'or et
36 l’initiation de forger la foudre. On disait que les volcans étaient leurs forges. Ils passaient pour maîtres du feu du ciel et des vents, qu'ils tenaient, disait-on. renfermés dans des outres. Cette dernière croyance reposait sur la confection de l’espèce de soutllet qui est encore en usage chez quelques tribus métallurgiques de l'Inde.
11 consiste d’ordinaire en une peau de daim ou de chèvre, enlevée à l’animal en ouvrant la partie postérieure : les trous qui correspondent aux pattes sont cousus : à l’extré mité du cou on introduit une buse de bambou et le bout de la queue est coupé transversalement, de façon à ménager, lorsque les extrémités sont réunies, une fente allongée et droite pour l’introduction de l'air.
Cette fente peut s'ouvrir et se fermer à volonté, et. lorsqu'elle est fermée, l’homme chargé de manœuvrer le soufflet appuie de tout son poids sur la peau gonflée, forçant l’air qui y est enfermé à sortir par la buse dans le foyer.
Les sorciers lapons vendent, encore de nos jours, aux matelots, le bon vent qu’ils tiennent clos dans des vessies et le lecteur se rappelle sans doute des outres que le roi Eole remit à Ulysse et dans lesquelles étaient enfermés les aquilons. On comprend de quel prestige devaient jouir les mé tallurgistes auprès des tribus ignorantes qui les entou raient, de quelle vénération mêlée de terreur ils étaient l’objet.
Les premiers couschites et sémites les appelaient Kabirim, les puissants, les forts. Comme maîtres des vents, les couschites navigateurs mirent plus tard leurs images à la proue de leurs navires et
CONSIDÉRATIONS SUR ¡/ATTRACTION 3'/ les invoquèrent comme dieux de la navigation. Pour les autres peuples, les Cabircs étaient les compagnons de tr.iviil d'un dieu-artiste dont le nom contient les trois ! r :s P 11 T : \e Phta des Egyptiens, le Yaphet des s< mites. 17/e/Vzms/os des Grecs, tous mots qui veul< ' ire le brillant, le pheu ou feu.
Celle primitive théorie du feu et ce premier travail des minerais constituent l’origine d’une science secrète conservée dans l’antiquité au fond des sanc tuaires et qu’au moyen âge on a nommée alchimie (la science de Kemi, de l'Egypte). Néanmoins, la transformation des minerais par le feu ne forme que la première partie de cette science.
Le mythe et les sym boles du feu chez les premiers agriculteurs nous en feront connaître la seconde partie qui a pour base la fermentation.
Dr Fugairon. ^onsidépatim sur l’attraction ET LA RÉPULSION LE MOUVEMENT LIBRE ATOMIQUE (i) Avant de décrire la méthode biométrique en ellemême, il me semble nécessaire de s’appesantir sur le (i) Ce remarquable travail forme le chapitre II d'un livre qui paraît dans dix jours chez Carré et qui a pour titre : La Foxce vitale; notre corps fluidique, sa formule biometrique.
38 l’initiation premier des deux facteurs qui la constituent, je veux dire la force de rie universelle, telle que la science actuelle cherche à la concevoir.
J'étudierai ensuite, après les statist' rus fournies, la force vitale humaine, qui n'est que de la vie géné rale et notre force vitale particulière, ’ exprimer, par des formules d’attraction et d'expansé m le l’une vers l’autre, le rapport intime et harmonieux qui existe entre ces forces, dont la pénétration réciproque se complète intelligemment.
J'ai pu les Lire rentrer dans le domaine de la physique par l'enregistrement de 'leurs modes attractifs et répulsifs et tirer enfin cette conclusion que l'homme n'est pas seulement rattaché âu chimisme universel par son corps, mais qu’il l’est encore par sa force vitale (corps vital, Enormon d’Hippocrate). relié à l'esprit du monde, dirait Para celse.
Pas plus que la terre, l'homme n'est isolé dans l’espace; il est rattaché au monde général par des forces qui nous échappent, et qui pourtant se révèlent par des phénomènes étranges, comme la télépathie, les transmissions sans contact, les phénomènes à dis tance, ou simplement les modifications de notre cons titution vitale pressentant les changements de temps, et peut-être éprouvant les épidémies.
Ne voir le corps humain qu’en contact avec le règne matériel de l'uni vers, c’est limiter d’une façon arbitraire le domaine où ses facultés, ses aptitudes et ses besoins peuvent s’exercer. Il est donc bon de chercher à briser la cein ture qui enveloppe l’humanité matérielle et de relier l’homme à l’ensemble de la création, comme à son semblable, par une force commune de vie; ce qui
CONSIDÉRATIONS SUR L’ATTRACTION 39 permettrait d'interpréter les liens mystérieux qui les unissent les uns aux autres. La question, si délicate qu'elle soit, semble pos sible à des esprits de mérite.
AI Lodge, président de la Section de Mathémati ques au Congrès de 1 Association britannique pour l'avancement des sciences, s'exprime ainsi à cet égard : « La decouverte d'un nouveau mode de communi cation à travers l'éther n'est nullement incompatible avec le principe de la conservation de l'énergie, ni avec aucune de nos connaissances actuelles. » Et, autre part : « La vie n'est pas de l'énergie, la mort d'un animal n'affecte pas. le moins du monde, la somme de l'énergie : toutefois, un animal vivant exerce sur l'énergie une action qu’il n’exerce plus après la mort.
La vie est un principe dirigeant, qui n'a pas encore trouvé sa place dans le domaine de la physique. » Il affirme aussi ailleurs : « La relation entre la vie et l'énergie est encore incomprise. » Tout en maintenant inabordable la question de cause.
Spencer, dans son livre sur les premiers princi pes, proclame la permanence de la force et, conséquem ment, de la vie, et, après la destruction des choses, prédit leur reconstitution : « Les forces universelle ment existantes d'attraction et de répulsion, qui impriment un rythme à tous les changements mineurs de l’univers, impriment aussi un rythme à la totalité de ces changements, produisent tantôt une période immense, durant laquelle les forces attractives prédo minent, et causent une concentration universelle, tantôt une période immense, durant laquelle les
l’initiation 40 forces répulsives prédominent, et causent une diffu sion universelle des ères alternatives d'évolution et de dissolution. » Ne semblerait-il pas que la conccv■’/ m d'attraction et de répulsion, comme caractéristique de la vie géné rale, faite par Spencer, permit la réalisation du désir de M. Lodge de voir la vie entrer dans le domaine de la physique, comme je pense l'avoir lait en permet tant d’enregistrer ses phénomènes d’attraction et de répulsion.
L’attraction de Newton ne serait qu'un mode de vie, une phase de concentration universelle, d'après les idées de Spencer. Dans les livres hindous, avec un langage ésotérique, nous retrouvons la même conception de la vie. consi dérée comme force, avec un facteur de plus, de l’in telligence comme principe causal, regardé par Spencer comme inabordable.
Je ne puis résister à la tentation de citer en entier le passage du livre : « La chose impérissable de l'univers, que le Pralaya universel lui-même traverse sans la détruire, est ce qui peut être appelé, indifféremment. espace, durée, matière ou mouvement, non une chose ayant ces quatre attributs, mais une chose qui est ces quatre attributs à la fois; et toujours l'évolution prend sa source dans la polarité atomique que le mouvement engendre.
En cosmogonie, les forces positives et néga tives, ou actives et passives, correspondent au principe mâle et femelle. L’influx spirituel entre dans le voile de la matière cosmique, le principe actif est attiré par le principe passif.
« Le principal attribut du principe syffr/ZzzeZ univerCONSIDÉRATIONS SUR LAI TRACTION 4! sel, qui domine la vie inconsciente, mais toujours active, est de répandre el de donner : celui du prin cipe materiel universel est de recueillir et de féconder.
Inconscients el non existants quand ils sont séparés, ils deviennent conscients el virants quand ils sont ensemble. » Pour p trier langage ésotérique, ce très ancien docu ment m ntre le subjectif s'objectivant. la descente de l’esprit dans la matière, pour créer une existence, et le retour à travers la matière des monades spirituelles conscientes et individualisées au principe dont elles émanent.
« Nous sommes des atomes de l'unité divine : chacun des atomes de cette unité, consubstan tiel à elle, contient en germe toutes les puissances de l’être, et le long parcours de l’existence a pour cause et pour but de développer les puissances et de nous faire remonter, devenus dieux nous-mêmes, au sein du Dieu universel. » (Nus. Recherche des Destinées). Cette idée se retrouve la même dans l’evrozav antique, le Lui, les Dieux du Sepher.
Y In Deo. Pour la philosophie hindoue, la vie se traduit par des phénomènes d’attrac tion et de répulsion, analogues à une vague qui avance et se retire, ou à des périodes de constitution et de dis solution, comme dans les Jours et les Nuits de Brahma.
De toutes ces données, on peut considérer les phé nomènes d’attraction et de répulsion comme les expressions tangibles et enregistrables d’une façon supérieure mystérieuse, si l’on veut, dans son essence, mais certainement accessible à notre investigation par ces deux côtés d'attraction et de répulsion, que je crois avoir interprétés.
42 l'initiation Nous avons vu dans leur magnifique envolée les conceptions de l’intuition et de l’inspiration : reve nons actuellement aux théories des phvsiciens et aux calculs des mathématiciens, pour n’envisager que la force en elle-même, indépendamment de tout prin cipe intelligent et des données attractives ou répul sives qui caractérisent la force vitale.
Dans ces tra vaux, au point de vue de la solution de la question Vïe, le facteur intelligence, adaptati n dans le mou vement, disparaît ; il n’y a plus que des constatationsde faits et de théories: boulets de Newton, molécules d’éther de Maxwell, marchant à 70.000 lieues à la seconde, bombardement universel de Lesage, s’exer çant dans tous les sens et dans tous les points d’éten due, bombardementde la matière radiante deCrookes; je trouve du mouvement partout, mais, de l’intelli gence, nulle part.
En vain, Crookcs calcule-t-il que l’atome chimique est égal à l’atome dynamique, et qu’un pied cube contient dix mille tonnes d’énergie; en vain, pardes courants alternatifs très rapides, Treslaw allume-t-il, par induction et sans contact, des lampes à incandescence : partout je vois du mouve ment et des transformations du mouvement, de l’éner gie produite: mais nulle part je ne trouve ce facteur principal de la force vitale, de l'intelligence, l’adapta tion pour la vie humaine.
Seul, Louis Lucas a écrit cette phrase, qui ouvre un horizon considérable au point de vue de la force vi tale: « Le mouvement porte en soi son intelligence. » A en croire le Père Secchi, rien ne se perd dans la nature...
Nous sommes donc, suivant l’école matériaCONSIDERATIONS SUR L’ATTRACTION 40 liste, entoures de forces incoherentes, avides de fixa tion. comme nous serions egalement entourés de forces portant en elles une adaptation intelligemment polarisée, prêtes à répéter, dans l'avenir, les phéno mène lu passé (instinct universel, Xahas inconscient inférieur d'I Iartmann).
M. C ornu, au Congrès de l'Association poiirl’avan. cem .nt des sciences de Limoges, disait qu’une gran diose s nthèse se préparait dans l’histoire de la philo sophie naturelle, les expériences de I Iertz identifiant les déchargés électriques aux ondulations lumineuses, toutes deux étant des manifestations d’un même mou vement de l'éther.
Ce que Mesmer avait attribué théo riquement à un principe unique, l'éther, la science, après avoir analysé chacune de ses transformations, tend à les faire revenir au meme point de départ.
A ce propos, il est curieux de voir, ainsi que le fait remarquer l’esprit subtil de Nus (.1 la Recherche des Destinées), que les physiciens, par l’unité de force, les chimistes, par l’unité de substance, le naturalisme et la biologie, par l’unité d’origine des trois règnes et la loi de leur évolution, reviennent, comme il le dit, au Credo des anciens sanctuaires. En resumé, tout est mouvement en nous et autour de nous.
Et, pourtant, il existe des différences telle ment grandes, dans la constitution des corps qui for ment l’univers, qu'il faut évidemment considérer en eux une essence spéciale, réglant leur constitution chimique et dynamique par l'intervention d’un prin cipe intelligent supérieur, venant imprimer au mou vement un primordial le sens spécial nécessaire, et à
l'initiation Z 44 la matière une la concrétion atomique particulière qui doit constituer le corps. Ce qui revient à dire, suivant moi. que, l’unité de la matière et du mouve ment étant admise, F in telligence détermine le mou vement, qui définit la matière et la concrète.
Le mouvement, détermine par l'intelligence, se traduit par des phénomènes d'attract et de répul sion adaptés aux nécessités de la créai: >n ou de l'en tretien de l’objet créé, et enregistrables au point de vue physique. Quelle que soit la nature intime du mouvement vital, il nous arrive par ces deux formes d'attraction ou de répulsion enregistrables, ce qui est capital.
En elle-même l’attraction, que Newton appelait ainsi, parce qu'il ne pouvait pas. dit-il, en définir la nature, est-elle due au mouvement giratoire de deux atomes en sens inverse, comme l'enseigne Rodrigo Martin, Sperera, professeur à i'Écolc de médecine de Lisbonne, tandis que la répulsion résulterait, pour lui, du sens direct du mouvement giratoire de deux atomes ?...
Au point de vue de la vie, l’attraction et la répul sion ont une signification tout à fait différente dans leurs attributs personnifiés par le Schicad et le Schitan de la Kabbale. Lune, l’attraction, signifie : Condensation du Mouvement libre, contraction intelligente de la force, affinité et cohésion atomiques consécutives, concré tion matérielle; en un mot, Organisation, Création.
La répulsion, au contraire, signifie : Extérioration du Mouvement libre, fonction intelligente, mais déCONSIDÉRATIONS SUR L'ATTRACTION q5 pense atomique, usure et dissolution matérielle; en terme ultime, Epuisement, Mort.
Comme pour les mondes, qui subissent, suivant Spencer, des phases d'attraction, phases de création, des phases de répulsion, phases de destruction, la Biométrie permettrait de constater dans un petit cadre les deux mouvements primordiaux de la vie en nous, car on retrouve chez l'homme ces états ana logues d'attraction reconstitutive et d’expansion fonc tionnelle, alternant dans une donnée moyenne, en rapport avec la répétition et la continuation de l'exis tence, dont la meilleure formule de vie est représen tée par l’égalité entre l’attraction et l'expansion de la force vitale en nous : att = rép (Attraction droite — Répulsion gauche) rép — att (Répulsion droite — Attraction gauche) Comme conclusion, je dirai que : La vie est en nous un principe intelligent, qui peut s'interpréter par scs mouvements d'attraction et de répulsion, mou vements animiques, lame étant le principe de la Vie. suivant Aristote; ce qui meut en nous, suivant Hip pocrate. Dr Baraduc.
46 l’initiation Un de mes amis me disait, il y a quelques se maines : — Vous qui vous intéressez à l’Occultisme, que n’as sistez-vous au cours de M. Daniel Berthelot sur iHis toire des Sciences physiques (i ) ! Le professeur a an noncé qu’il traiterait, chemin faisant, de l'astrologie, de la magie...
Surpris, je le fus. et agréablement, en apprenant que la Science occulte allait recevoir scs lettres de naturalisation des mains d’un savant officiel. Le nom du conférencier était d'ailleurs plein de promesses à cet egard : AI. Daniel Berthelot est le fils de l'illustre O académicien à qui l'on doit la réhabilitation de l’al chimie et des alchimistes. Je me suis donc rendu à ces séances.
Je mentirais si je disais que j'en suis sorti pleinement satisfait. Certes AL Berthelot a reconnu avec une loyauté parfaite la dette de gratitude que nos physiciens, nos chimistes, nos mathématiciens, nos astronomes, nos médecins ont contractée envers leurs devanciers des bords de l’Euphrate, du Tigre et du Nil.
Je tiens également à constater, quoique cela doive m'écarter tant soit peu de mon sujet, les élans d’éloquence que lui a arrachés le souvenir des monuments légués à (i) Enseignement populaire supérieur, subventionné par la Ville de Paris, professe à l’Hôtel de Ville (salle des prévôts).
CONSIDÉRATIONS SL'R LATTRACTION 47 notre admiration par ces civilisations écroulées: à constater avec quelle saine philosophie il a su ex traire de l’examen de tant d’éléments divers, édi fices, sculptures, textes confiés à l'argile séchée ou au papyrus — sans parler des livres dans lesquels plu sieurs générations d’érudits ont condensé les résultats de leurs labeurs — le mystère de l’existence morale des anciens Egyptiens, leurdétachementdelavie. latcnsion incessante de leur pensée vers le problème des destinées de l ame après son entrée dans le grand Peut-être.
Toutefois, au cours de cette reconstitution d’un passé si distant de nous, où se mêlaient heureusement la conscience du savant et l’enthousiasme de l’artiste, j’ai en vain guetté la sortie des lèvres du conférencier d’un mot qui le rattachât au groupe des adeptes de la vraie lumière.
Aussi bien l’aurais-je pu craindre à la lecture de l’intitulé de la première des leçons consacrées à l’Egypte : Sciences occultes et non Science occulte, préparant l'esprit à une série d’entretiens variés sur l’astrologie, l’alchimie, la magie, etc., non à l’exposé du Principe unique dont elles dérivent, de la Loi unique dont elles ne sont que l’application à divers ordres de phénomènes.
Dès le début, M. Berthelot a donné à peu près cette définition des sciences occultes: « Elles sont ainsi appelées parce qu’elles n’étaient révélées qu'aux ini tiés. » Des trois sens simultanés du mot Occultisme : Science de ce qui est caché (Scientia occultati} : Science cachée [dans l'enceinte des temples] (Scientia occultata) ; Science cachant [ses découvertes] (Scientia occultans);
l’initiation 48 M. Berthelot a donc a priori rejeté les deux der niers, énonçant chacun un fait matériel, tandis que le premier enferme l’essence meme de la science an tique. C’était d'avance restreindre singulièrement le champ d'études à explorer en compagnie de son audi toire. C’était de plus se vouer à des affirmations trop hardies pour être probantes.
Que penser de celle-ci. par exemple : à l'orienta tion parfaite des Pyramides, à l’étrange combinaison d’une tète d’homme, d'un corps de taureau, de griffes de lion, d’ailes d'aigle constituant la bête fabuleuse, appelée Sphinx, dont les spécimens abondent aux abords des temples de Thèbes et dont un. le plus célèbre, figure, à l’état isolé, dans la plaine de Gizeh, on s’est ingénié à chercher un symbolisme: on a eu tort : il n’y en a pas.
Pourquoi ? Eh bien ! je l'admets pour un instant : il n'y en a pas.
Cela étant, resteraient à expliquer, ici cette recherche passionnée de difficultés à vaincre dans le choix de l’emplacement, sans qu'aucun résultat utile stimulât le zèle de l’architccte-astronome: là ce caprice d’imagination qui aurait poussé le sculpteur à créer de toutes pièces des monstres fictifs, quand il lui eut été si aisé, pour peu qu'il tînt à entourer l'imagedivine d’un cortège d'animaux de granit, de copier tout simplement les crocodiles, les hippopotames, les ser pents qu'il avait sous les yeux.
Resterait aussi à réfuter l’opinion des amis obstinés du mystérieux, qui précisément ont eu le mauvais goût non pas de chercher, mais de trouver l'explication
l’occultisme a l’hôtel de ville 49 de l’énigme, au moins pour le Sphinx, de 1 analyser ainsi : Les flancs de taureau figurent la force physique ; Les grilles de lion — le courage inoral ; Les ailes d’aigle — la volonté ; La tète d’homme — l’intelligence ; (i) et d'en donner ensuite la synthèse que voici : < elui qui. réunissant en lui ces quatre dons précieux entre tous, ne connaîtra pas de limites à scs etlorts, pourvu, bien entendu, qu’il les emploie au bien (2).
Notez que M. Berthelot, négateur absolu du sym bolisme lapidaire et architectural, est le premier à proclamer que les papyrus alchimiques fourmillent de symboles.
L'existence de ceux-ci ne saurait, il est vrai, être contestée; car. au contraire de l'emblème tout moral incarné, si l'on peut dire, dans la compo sition quadriforme du Sphinx, les emblèmes alchi miques. eux, sont tracés en toutes lettres, ce qui ne veut pas dire compréhensibles... pour les non-initiés.
De là, du reste, à les considérer comme une fantasma gorie . destinée à faire passer pour des opérations surnaturelles, des interventions démoniaques l’action chimique d'un corps sur un autre, décrite, avant ou après, en langage clair, il n'y a qu'un pas. En est-on encore si sur ? Est-on bien certain que les sigles mys térieux des papyrus alchimiques n'en renferment pas les enseignements les plus curieux?
Un raisonne- ( 1) Cf. les attributs des quatre évangélistes. (2) « En Egypte, la loi humaine ici-bas, et les dieux dans l’autre vie punissaient le magicien qui avait usé de son pou voir pour le mal.» (Daniel Berthelot, à son cours, d’après les documents hiéroglyphiques.)
5o l’initiation ment de même nature conduirait l'historien mis en présence d’un document diplomatique écrit partie en caractères connus . partie en chiffres, à tenir pour nul et non avenu ce qu’il ne peut lire à première vue, au lieu de s'efforcer de l'interpréter. Dans un ordre d'idées légèrement différent, AI.
Berthelot. tout en rendant hommage aux vastes connaissances thérapeutiques des Chaldéo-Assyriens, raille les expressions employées par eux pour luire croire aux profanes qu'ils ont eu raison de la maladie à l'aide de procédés magiques, par des enchantements dirigés soit contre le démon mal de tête, soit contre le démon fièvre (i). etc., tandis que leurs drogues seules agis saient réellement.
Ne serait-il pas plus juste de penser qu’ils soignaient leurs clients à la fois au physique et au moral, attaquant le mal directement avec les re mèdes appropriés, mais suggérant en même temps au malade la conviction que désormais il avait cessé de souffrir?
D'ailleurs, ces charmes mêmes, qui nous paraissent d’une si abracadabrante fantaisie, abstrac tion faite de l'autorité dont ils revêtaient l’opérateur aux yeux du patient, autorité de nature à favoriser la guérison, en lui inspirant une confiance aveugle dans le succès de la cure, qui nous dit qu'elles n’étaient pas, sous une forme volontairement obs cure, la page spéciale du codex à appliquer? Hypothèse gratuite, objectera-t-on. Qui sait ?
Un (il La règle formulée par les médecins chaldéo-assyriens : autant de maladies, autant de démons différents, ne faitelle pas penser au fondement de la médecine moderne: autant de maladies, autant de microbes différents ?
I OCCULTISME A l’hÔTEL DE VILLE 5i savant estimé. M. Louis Figuier, ne déclarait-il pas aussi un pur grimoire ces lignes extraites d'un traité d'alchimie du moyen âge : Il iut commencer au soleil couchant, lorsque le mari rouge et I\poiise blanche s’unissent dans l’esprit de vie pour vivre dans ' amour et dans la tranquillité, dans la proportion exacte d’eau et de terre.
Ces lignes cependant, notre honoré maître et ami Papus a réussi à les déchiffrer i). Dépouillées de toute allégorie, elles sont devenues cette formule : Mise dans le matras en forme d’œuf des deux ferments, actif (ou rouge et passif (ou blanc). Et si AI.
Berthelot persiste à s'indigner de ce partipris d'obscurité toujours et quand même, j’oserai lui demander par voie d'assimilation si les formules chi miques et algébriques qu'il lit couramment et dont il comprend ex abrupto la signification ne demeurent pas lettre- morte pour les non-initiés, pour le paysan, pour l'ouvrier, pour le petit comptable ? L’assimilation néanmoins ne serait pas tout à fait exacte.
Il est certain qu’autrefois la diffusion des con naissances n'etait pas livrée aux hasards du vent, comme de nos jours, qu'elles restaient, suivant le mot de Zozime. cité par le conférencier pour justifier sa défin'tion incomplète de l'Occultisme, « réservées à ceux qui excellaient en vertu et en savoir », c'est à-dire à ceux-là seuls qui étaient intellectuellement en état d'en recevoir le dépôt, moralement en disposition d'en (i) Traité méthodique de Science Occulte (Paris, 1891, in-8"), p. 649.
52 L INITIATION faire bon usage. L’antiquité ignorait le fléau des demisavants. Etait-ce un mal ? ... N’importe ! si peu que les conférences de P Hôtel de Ville aient répondu à mon espérance, je n’en crois pas moins ces soirées très bonnes pour l’avenir de l'Occultisme. C’est déjà beaucoup que, à côté de pré tendues jongleries, les vastes connaissances pratiques des Egyptiens et des Chaldéo-Assyriens aient été honorées d’un suffrage public.
Parmi les auditeurs de M. Berthelot, soyez-en surs, ô mes frères Initiés, plus d'un se sera fait tout bas cette réflexion : com ment des hommes d’une instruction si étendue, des hommes si passionnés pour la cause du bien ont-ils pu ajouter foi à des superstitions grossières ou s’a baisser jusqu'à feindre d’y ajouter foi pour duper des ignorants et grossir leur propre prestige ?
Plus d’un sera tenté de soulever d’une main pieuse le voile qui dérobe à leurs regards ces rébus séculaires.
Et quand, àforce d’études, de comparaisons ingénieuses, il se sera rendu maître d'une parcelle infimedu Secret, germe de tous les secrets de la création, il se ressou viendra avec reconnaissance des heures où M. Daniel Berthelot, par des moqueries discrètes à l'adresse des «charlatans » de Thèbes et de Babylone, aentr'ouvert à sa curiosité les portes de la Vraie Science. Abil-Mardlk.
BYBLYS 53 BYBLYS (Ae Secret du Passe') LE SILEX LINGUISTIQUE (Suite) E Les lointains ancêtres n’ont-ils laissé d'autres traces que leurs ossements, les outils primitifs dont ils se servaient et les marques de leurs foyers? Cela n’est pas admisible.
De même que le sol sur lequel s’agite l'humanité a été construit par un travail lent et inin terrompu de la Nature, —sauf les révolutions d'ail leurs très accidentelles, et rarement générales,—de meme l’humanité d’aujourd'hui procède de celle d’hier qui procéda de celle d'avant-hier; et ainsi de suite, en remontant jusqu'au delà des âges historiques et des âges légendaires.
Ces hommes dont nous étudions les ossements, les outils et les armes avec curiosité, ce sont nos ancêtres, non seulement matériellement, mais aussi intellectuellement. Au point de vue de l'idée également, il est juste de dire que le présent est fait du passé, et même du passé le plus lointain.
Il est impossible, en mesurant un crâne, en en déter minant les formes, de connaître ce que pensa le pos sesseur de ce crâne: mais ce possesseur a laissé d'autres
54 l’initiation traces que sa matière et celle qu'il a mise en œuvre ; langue, dont est vraisemblablement sortie celle du temps présent, toutes celles du temps présent. Voici d’autres champs à creuser, d’autres cavern ■. à explo rer, qui conduiront peut-être à des résultats aussi merveilleux, si ce n’est plus merveillei- ;uc ceux obtenus par les disciples de Boucher de l : di s: seule ment, il faut, comme celui-ci, trouver un c.
Il u indi cateur. E Ce caillou, ce silex linguistique, celui qui tient ici la plume croit l'avoir trouvé. Son idée n’est pas entièrement nouvelle. De même qu'avant Boucher de Perthes il y avait eu Cuvier et ses disciples, avant nous il y a eu Pictet. et il y a encore ses disciples.
Pictet. l'auteur des Origines Européennes, entreprit, il y a trois quarts de siècle, de remonter du langage actuel des peuples européens à celui de leurs ancêtres qui les premiers parlèrent.
Ayant constaté que les diverses langues européennes ont entre elles une parenté qui se manifeste par l’exis tence de mots semblables ou analogues pour expri mer les mêmes idées, parenté qui s’étend, en outre, à quelques langues asiatiques, telles que le sanscrit et le chaldéen ; ayant aussi constaté une parenté ethnique, non seulement entre les divers peuples européens, mais de ceux-ci avec les Chaldéens, les Brahmeset les Chactryas (les deux castes supérieures de l'Inde), il formula cette conclusion, que les parentés linguistique
55 BYBI.YS et ethnique provenaient d’une commune origine. Cette origine remontait jusqu'aux Arvas. peuple hypothé tique habitant, à une époque indéterminée, mais à coup sûr très lointaine, le plateau de l'Asie centrale. Ce peuple, se multipliant, aurait poussé clés colonnes ¿’émigrants vers le Sud où ils auraient engendré les Brahmcs et les Chactryas de l'Inde, et vers J’Oucst à travers 1’ \sie et l’Europe.
Ces essaims, se poussant les uns les autres. — les derniers sortis de la contrée maternelle se précipitant sur les précédents, qui à leur tour faisaient de même envers les antérieurs.—seraient ainsi arrivés jusqu'à l'Océan Atlantique et les côtes méditerranéennes.
Ils auraient trouvé les pays occu pes par une race, autochtone ou plus anciennement venue, l'auraient exterminée ou asservie, parce qu'ils étaient les plus forts, et qu'ils apportaient le fer.
Ces émigrations de peuples entiers, arrêtées un mo ment après la défaite, par le proconsul Marius, des Cimbrcs ou Kimris, — le dernier arrivé, à cette époque, de ces peuples, — reprirent au bout de plu sieurs centaines d'années, et le débordement de na tions barbares qui détruisit l'empire romain n'aurait été autre chose que la rupture de la barrière sous l'ef fort des flots humains accumulés pendant des généra tions.
Les derniers partis, les Huns, qui mirent plus d'un siècle à faire le voyage du fond de l'Asie au fond de l'Europe, arrivèrent encore à temps pour porter les derniers coups à la puissance romaine. Telle est la théorie d’Amédée Thierry, un disciple de Pictet.
56 l’initiation G Les Aryas, naturellement, dans leur habitat primi tif, parlaient une langue, langue élémentaire bien entendu, adéquate aux besoins et aux idées des hommes peu civilisés et peu intelligents de cette époque lointaine. Comment s’était-elle formée? Il est. cela se comprend, difficile de le savoir, mais il est permis de supposer.
Les disciples de Pictet — car de l'œuvre du savant genevois sont sorties deux sciences sœurs: l’archéologie ethnique cl l’archéologie philologique affirment que le premier assemblage de sons articulés qui permit aux Aryas de se communiquer leurs idées les uns aux autres fut l’œuvre spontanée, quoique lente, de la nature.
Dans la première origine, les hommes comme les animaux exprimaient leurs sen sations, leurs sentiments par des cris involontaires, simples phénomènes physiologiques. De ces cris, les uns manifestaient la douleur, d’autres la joie. Les hommes apprirent à les reconnaître quand leurs sem blables les proféraient, — comme les reconnaissent les animaux.
Quand l’intelligence se développa dans l'espèce, celui qui voulait exprimer l'idée de joie imi tait le cri spontané de la joie; celui qui voulait exprimer l'idée de douleur imitait le cri de la douleur ; celui qui voulait parler d'un bœuf imitait le meuglement, celui qui voulait parler d'un cheval imitait le hennisse ment, etc, etc. Ce sont les onomatopées. Au fur et à mesure que les idées devinrent plus complexes, par une suite de conventions implicites,
BYBLYS 57 les premiers sons humains se perfectionnèrent, se compliquèrent : on inventa l’adjectif, le verbe. Quand des essaims d'Aryas sortaient de la ruche primitive, parce qu’il n'v avait plus assez de place poui faire vivre tout le monde, ils emportaient naturellement la langue.
La langue qu’emportèrent les Kimris ou les Huns n’était plus celle des émigrants primitifs . puisque cet essaimage n'avait lieu qu'à des époques éloignées, et que. pendant les périodes inter médiaires. la civilisation avait marché, les idées s'é taient accrues et perfectionnées, de nouveaux mots avaient été ajoutés aux anciens.
D'autre part, les émi grants. arrivant dans de nouveaux pays, y voyant de nouvelles choses, s'y ployant à de nouvelles manières de vivre, durent adjoindre à leur idiome primitif de nouveaux mots qu'ils inventèrent ou qu'ils emprun tèrent aux peuples conquis, réduits en esclavage et finalement assimilés.
Quand les émigrants, ayant bi furqué. rencontrèrent la même chose dontils n'avaient pas idée antérieurement, la mer par exemple, ils lui donnèrent des noms différents.
Enfin, ces divers es saims. établis chacun dans un pays, y étant devenus sédentaires, créèrent, par l’adjonction de nouveaux mots ou par des modifications des mots anciens qui ne furent pas les mêmes partout, des langues di verses, si diverses que, nonobstant leur origine com mune. les peuples qui les parlaient ne purent plus se comprendre les uns les autres. H Voilà la science actuelle, la science officielle, qui
58 l’initiation est bien un peu compromise par des découvertes et des explorations récentes, mais à laquelle en ne touche qu’en tremblant. On n’est plus certain, comme il y a une quarantaine d'années, que les Aryas aient habité à l’origine le plateau de l’Asie centrale: on les place un peu partout hypothétiquement. Mais on tient ferme à l'opinion d’après laquelle la parenté des langues indique la parente des races.
On repartit toujours les idiomes parlés sur le globe entre le groupe aryen, le groupe sémitique (i et le groupe mongolique, sans parler des Chamites ou noirs afri cains, qui, bien qu’ayant une commune origine ethnique, attestée, par la couleur de leur peau, n’ont pas, dit-on, de parenté linguistique, sans parler non plus des Américains autochtones, chez qui la meme contradiction se produit.
I A cette science, celui qui tient ici la plume vient s’opposer. Ce lui est sans doute un étrange courage que de contredire des hommes savants et dont le siège est fait. Mais il n’est pas de progrès, de nouveauté qui n’ait été en contradiction avec des idées admises.
Le plus souvent, ces nouveautés furent produites par des hommes aujourd hui célèbres, mais alors inconnus, ignorant le plus souvent les travaux des savants de (f, Bizarre idée d’opposer les Aryas à Sem. Si l’on parlait de ce dernier, on devait nommer JapHet. comme on le faisait d’ail leurs au siècle dernier. Si. d’autre part, on écartait Japhet, comme c’était l’abandon de la légende biblique, on devait en même temps renoncer à Sem.
BYBLYS 5 9 leur temps, qui durent leur célébrité précisément à ce fait qu'ils se mirent en contradiction avec les anciens et qu'ils renversèrent les faux dieux. C'est sans doute un orgueil extrême de penser que l'on pourrait bien ê'.rc l'un de ces hommesqui sortent de l'obscurité pour ci trer dans la gloire, mais que l'anonymat dont s’en toure l'auteur de ceci plaide pour lui auprès des h« mmcs qu'un semblable orgueil pouvait offusquer.
Celui qui tient ici la plume prétend démontrer: 1 Que c'est commettre une erreur que conclure de la parenté linguistique des peuples à leur parenté ethnique; 2 ’ Que c’est commettre une erreur que classer les langues en groupes aryen, sémitique, mongolique et chamite. etc. : que ces groupes n'existent pas, et que les langues qui les composent sont parentes de groupe à groupe, comme elles sont parentes entre langues du même groupe; 3" Que c’est commettre une erreur que prétendre que les langues sont un produit naturel, spontané et irré fléchi de l’esprit humain.
Les langues, ou la languecar il n’y en a qu’une—sont au contraire œuvre arti ficielle, délibérée, créée par des ouvriers doués d'une vaste intelligence, en possession d’un système philoso phique très développé. (A suivre.} Aleph.
! PARTIE LITTÉRAIRE Masaniello avait quitté son costume théâtral. Le beau pêcheur de Sorrente me regardait avec deux grands yeux noirs pleins de jeunesse et d’audace. Fièrement campé sur des jambes nues, musculeuses, d’un modèle parfait, les bras croisés sur sa poitrine largement découverte, il me dit: — Eh bien! Ignazio, nous sommes quittes. Tu as été ennemi à lepoque où nous vivions l’un et l'autre.
Maintenant, je ne craindrai plus de reparaître sous une forme incomplète ou repoussante. J’ai fluidiquement soustrait à la substance que tu animes sous ta nou velle forme ce que tu as enlevé jadis à la mienne. Je ne tais que rentrer dans mon bien. S’il en résulte pour toi quelque désavantage momentané, en revanche je te laisse un bien inappréciable : tu seras toujours un Avec un sourire demi-gouailleur, il me salua de la
LE NOTAIRE PENDU 6l main en esquissant le geste qui nous est familier : il pàüt. pâlit, et peu à peu s'évapora. Le petit jour, entrant par la fenêtre, me montra en masse confuse les pampres de notre terrasse... Le lecteur s'interrompit pour dire à mon père : - N ous voyez. Monsieur, qu’Ignazio était conser vateur. Tout en remettant à neuf sa villa, il en a res pecté l'aménagement primitif.
11 y a cinquante ans, la terrasse où nous sommes était, comme aujourd'hui, couverte de vigne. C'est par cette même fenêtre que Masaniello est entré pour voir notre ami. — Il s'agit tout bonnement d'un long cauchemar, dit mon père en allumant un cigare à la lampe. Com ment le vieux notaire s'est-il donné la peine de l’écrire 1 Peut-être est-ce une simple fantaisie. En tout cas je le croyais incapable de faire preuve d’imagination.
Attendez, Monsieur, attendez. Ce n’est pas fini. Ecoutez-moi encore un instant. Ignazio termine son récit. VI — Je ne vis d’abord qu’un brouillard à travers le quel je distinguai peu à peu quatre visages penchés sur le mien.
D'un côté mon père debout près de Monna Carmela, puis le médecin de Castellamare, Don Nunzio Spaccafico (mon père, Messieurs, dit le lecteur, qui continua aussitôt); enfin, tout au pied du lit. une grosse tête à perruque rougie par l’usage et de massives lunettes d’or qui attirèrent immédiatement mon attention. J'ai su depuis que j’avais devant moi
Ô2 l’initiation le fameux docteur de Naples, don Luigi Larniccia. Après avoir ouvert un instant les yeux, je les refer mai. accablé de lassitude. — Ignazio. mon cher enfant, dit mon père avec un accent attendri que je ne lui avais jamais entendu, regarde-nous donc. Est-ce que tu ne nous reconnais pas ? — Mais si.mon père, seulement je suis bien faible. Laissez-moi encore dormir. — Dormir, malheureux !
Sais-tu bien que voilà deux jours et trois nuits que tu dors ? Il ouvrit la fenêtre : la lumière entra en cascade d'éblouissements. Je me tournai dans mon lit., elle m’avait frappé d'un choc si douloureux que je croyais sentir ma cervelle jaillir hors du crâne. Je regardai les fleurs peintes sur la muraille.
Mais le docteur Larniccia, mepoursuivant de l'autre côté du lit, me prit la main et me força de m'asseoir. — Oui, jeune homme, dit-il gravement, votre sommeil dure depuis soixante heures ; nous avons eu beaucoup de peineà vous tirer de cette sorte de léthar gie. Maintenant, regardez-moi bien en face. Cependant, l’autre médecin, s’emparant de la main demeurée libre, me tâtait le pouls et voulait aussi que je le regardasse.
Comment les satisfaire tous deux à la fois? Je voulus fixer le visage de mon compatriote. Le grave Napolitain avait une verrue à côté du nez.
Sa perruque, ses lunettes brillantes m’impression naient désagréablement... — Pardon, Messieurs, de mes parenthèses continuelLE NOTAIRE PENDU 63 les. dit encore le docteur Spaccafico, levant les yeux de son manuscrit, je dois vous rappeler que, chez nous, ki perruque et les lunettes, de meme que la tabatière, sont les attributs du jettalore. Je continue : — Tiens ! tiens... voilà qui est singulier. Qu est-ce que ce regard terne '.
Aie voyez-vous bien distinc tement ? — Non. pas trop. Don Nunzio, répondis-je au mé decin. Je n'aperçois que la moitié de votre figure. Encore me paraît-elle danser d'une drôle de manière. Les deux médecins se parlèrent à voix basse., en hochant la tète, puis attirèrent mon père dans sa chambre. Ensuite, on voulut me faire lever. Je m'aperçus que je pouvais à peine remuer la jambe droite.
Les soins médicaux, les dissertations elles gros jurons de mon père, les collyres et les neuvaines de ma tante n’y purent jamais rien. Je demeurai borgne et boiteux. Alasaniello m'a réellement pris un œil et une jambe. Je suis devenu notaire ; dans l’exercice de cette pro fession, je n'ai trouvé ni peine ni plaisir, pas plus qu'à toute autre occupation terrestre.
Grâce à mes intuitions spiritiques, j’ai pu apporter une clairvoyance merveil leuse dans les affaires et amasser une fortune extrava gante ; je n’en ai retiré ni jouissances, ni profits. Il paraît que mon habileté hors ligne a fait beaucoup de malheureux.Qu'ils me le pardonnent, le destin m’obli geait à être un parfait notaire. Je charge mon ami Pasquale Spaccafico.le digne fils du médecin qui m’a soigné tout enfant, de prélever
l’initiation 64 sur mes biens la somme néccessairepour désintéresser les clients trop maltraités. Sous les lunettes du docteur, un regard se glissa, furtivement malicieux, du côté de la marquise. Celle-ci taquina son carlin qui grogna, hargneux, acariâtre. En s’occupant de la bestiole, clic put cacher son émotion mêlée de honte et de plaisir. Je lègue le reste aux pauvres : on bâtira un hos pice spécialement réservé aux boiteux et aux borgnes.
Ma passion romanesque pour la petite Anglaise a persisté ; je n’ai, pendant toute ma vie. pas cessé un instant de songer à elle. J’ai appris qu elle et son père, dans un voyage de touristes en France, avaient fait naufrage sur les côtes du Finistère. En parcourant devieilles pièces, mon nom plusieurs fois répété attira mon attention.
Il s’agissait d’un cer tain IgnazioLamaizade Sorrente, compagnon de Masaniello, pécheur et marchand comme lui.Indigné de ses visées ambitieuses, il avait soulevé les lazzaroni con tre le dictateur et joué un rôle principal dans le drame sanglant où périt le jeune révolutionnaire. Ainsi,il demeure démontré, pour ainsi dire matériel lement,que j’ai déjà vécu il y a trois siècles...Masaniello m'a pardonné.
11 m’appelle à lui ; et puis, là-haut, làhaut, voltige un nuage bleu... Si loin qu’il soit de moi, je veux monter jusque-là; ma misérable enveloppe me retient encore sur la terre où tout m’est étranger. Il me faut rejeter ce tombeau de matière et voler dans le monde des Esprits. Sur cette planète, je ne laisserai aucun regret. Peut-être là-haut trouverai-je quelque affection ??... Bonsoir.
GROUPE INDÉPENDANT d’ÉTUDÉS ESOTERIQUES b 5 — Que pensez-vous de tout cela ? demanda mon père. Le docteur rassembla soigneusement les feuillets du manuscrit, et prit la pose méditative de l’homme qui ne veut pas répondre à la légère. Après quelques instants de silence, il se gratta lenez consulta sa montre et prononça : — Je pense qu’il est temps d'aller souper. R. de Maricourt.
Groupe IbOemaht D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Quartier général. — Les conférences ont été inter rompues durant les vacances de Pâques. Elles repren dront bientôt. Le Groupe des Signatures, sous ladirection deM. Selva, a commencé l’étude de l’astrologie. — M. Selva fait deux cours des plus intéressants à ce sujet. Quelques sociétés adhérentes ont tenu des se'ances dutant ce dernier mois. Les groupes d’initiation ont égaeraent fonctionné.
Branches et correspondants. — Un nouveau poste de correspondant est établi aux environs de Lyon. La 'branche de Roanne (Loire) se constitue avec des élé ments très importants d’action. Un poste de correspon- 'dant est fondé à Terrano (Italie). En ce moment l’occul tisme fait de grands progrès en Italie et en Angleterre.
Dans ce dernier pays, les divisions inhérentes à l’esprit théosophique portent déjà leurs fruits et plusieurs membres nous ont écrit pour commencer une campagne fructueuse en faveur de la tradition kabbalistique, plus ■claire et plus synthétique que la tradition orientale. 3
66 l'initiation SOCIÉTÉS ADHÉRENTES ORDRE KABBAL1STJQUE DE LA Nous, Frères de là Rose 7 Croix, Considérant que le sieur Joséphin PELA IS A N , ancien Membre du Con seil des Douze, après avoir, en 18qo,tenté un ac caparement de l'Ordre au pro fit d’un papisme injurieuxau Pape même; après avoir, en ses « Mandements » dits« de la Rose-Croix catholique », fulminé, au nom de la Confrérie et sans consulter un seul Rose-Croix, divers anathèmes fantaisistes, dans le sens d’un ultra montanisme effréné : et ce lorsqu’il se savait, de science certaine, en contradiction flagrante, non seulement avec l’esprit traditionnel de l’Ordre, mais encore avec les con victions les plus chères à tous ses collègues, pris indivi duellement.....
Considérant que le sieur Joséphin Péla— dan a démissionné pour constituer après coup, en dehors de nous et contre notre volonté, un « Tiers-ordre in tellectuel » dit de la Rose-Croix Catholique, conforme à la lettre de ses mandements; Qu’il a, par ce fait, usurpé sans vergogne le titre et l’emblème de Rose-Croix, pour traîner ce nom et ce symbole vénérés dans toutes les contradictions et tous les ridicules ;
ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE-CROIX 67 Nous, frères de la Rose-Croix, de'clarons ledit sieur Péladan rose-croix schismatique et apostat ; Le dénonçons, lui et sa prétendue Rose-Croix catho lique, au tribunal de l’opinion publique ; Et protestons solennellement en cette circonstance, où il s’apprête à se manifester de nouveau sous un titre sciemment et gratuitement usurpé par lui.
PAR ORDRE : Pour le Suprême Conseil de la ROSE-CROIX : LE DIRECTEUR, STANISLAS DE GUAITA. l’arbitre, le délégué général, F.-Ch. BARLET. J. PAPUS. Paris, ce 25 mars i8f)3. PARALLÈLE SOMMAIRE LA ROSE -J- CROIX Restaurée par nous en 1888. a.
1888. — M. de Guaita, avec le concours de ses amis Occultistes (dont était M. Péladan), tente la restaura tion de l’Ordre. — Tous les Membres du Conseil supérieur des Douze donnent au Règlement leur adhésion écrite et signée. Ils s’engagent, entre autres articles, à reconnaître l’autorité du fondateur, investi, pour les cas graves, de pouvoirs discrétionnaires. b.
Attitude. — Autant (désireux de fonder une Société sérieuse d’études et de diffusion de l’Occultisme), nous évitons la publicité, le bruit, la réclame. -€. Doctrine. — Nos doctrines libérales sont celles tradi tionnelles de l’Ordre. Voir les œuvres unanimes de tous les anciens Rose-Croix et consulter l’ouvrage de Naudé : Instruction, à la France sur la vérité de l'his toire des Frères de la Rose-Croix. (Paris, 1623, pet. in-8°.)
68 l’initiation d. Initiations et Grades. — Tout grade s’acquiert chez, nous à l'examen : les candidats admis aux épreuves orales du Ier degré ne deviennent titulaires des 2e et 3° degrés que par la présentation et la soutenance de thèses sérieuses, qui, pour contrôle, sont le plus sou vent publiées par nous. e.
Finances. — Nulle somme d’argent ne peut, en aucun cas, être perçue, pour frais d’examen, de réception, de diplôme, ni, sous quelque prétexte que ce soit, pour l’acquisition d’une charge ou d’une dignité. N. B. — C’est à notre grand regret que nous sommes contraints de déroger à nos habitudes de réserve et de silence, sous peine d’être confondus une fois encore avec M. Péladan et les siens, et de nous voir submer gés avec eux sous le ridicule.
Nous souffrons de voir le titre de Rose-Croix, auquel M. Péladan n’a plus en conscience aucun droit, prostitué de la sorte et traîné dans la boue. Désireux que le public soit édifié une fois pour toutes, nous faisons appel à la loyauté et à la justice de tous. LA CONTREFAÇON DE M. PELADAN Ebauchée par lui en i8go a.
1890. — M. Péladan, en dépit de l'engagement d'hon neur signé par lui, tente d’accaparer l’Ordre. — Sans consulter aucun de ses collègues, il prend des airs de Grand-Maître, et lance au nom de tous de ridicules mandements, contre lesquels force nous est de protester.
Transfuge de l’Ordre dont il s’approprie le titre et l’emblème, M. Péladan organise sa prétendue RoseCroix catholique, devenue depuis Rose-Croix esthé tique, du Temple, de Graal, etc..... b. Autant M. Péladan s’efforce de constituer son Ordrefunambulesque par les procédés connus du moins équivoque charlatanisme. c. Les doctrines cléricales de la Rose-Croix Péladan sont celles-là mêmes que les Rose-Croix ont constamment détestées et combattues.
Voir notamment l’ouvrage, (plus facile à trouver) de Louis Figuier : /’Alchimie et les Alchimistes (Paris, 1854, in-18, pages 247-266).
OCCULTISME PRATIQUE 6g d. Aucune loi ne règle, aucun contrôle ne revise les titres tapageurs de Sar, Commandeur, Archonte, Consul, T/iéore, Prieur, Provincial., etc., que M. Péladan dis tribue au gré de sa seule fantaisie, ou de ses intérêts du moment. Extrait des constitutions de la Rose-Croix Péladan : « Afin de réhabiliter le riche, l’Ordre établit un chapitre <i noble, avec les titres coutumiers en France, et attribue,.
« avec armoiries et privilèges, des Lettres patentes de « Baronie, Vicomté et Comté. On les mérite en sauvant « un Chevalier des rigueurs des lois, ou en s associant par « LE DON ou la protection aux gestes rosicruciennes, « templières et graaliennes. » (Paragr. XXII.) OCCQLTtSMB Dissolution d'une larve par une pointe d'acier. — Réper cussion sur le corps physique de la sorcière.
Les faits suivants m’ont paru dignes d’attention, parce qu’ils m’ont permis de chercher une explication du phé nomène de l’apparition lumineuse, cité dans le n° 5 (fé vrier). Je tiens à dire d’avance qu’en fait de conclusions je ne ferai qu’émettre une hypothèse. Comme je l’ai dit précédemment, la population de P. se composait de 26 personnes, demeurant dans six mai sons.
Je n’avais pas fait mentiion d’une septième maison, qui se trouvait au milieu du village et qui, avec la ferme, était devenue propriété de mes parents. Cette maison était inhabitée. A côté d’elle était située une maisonnette, espèce de cabane plutôt, et habitée par une femme vivant seule. Cette femme B. était dans toute la contrée réputée comme sorcière!
Les paysans lui attribuaient toute sorte de pouvoirs occultes, à commencer par savoir faire disparaître presque instantanément des durillons, jusqu’aux plus noirs des maléfices tels que jeter le sort,
yO L’iNITIATION provoquer des maladies des bestiaux, faire avorter les vaches, etc. J’ai eu l’occasion de voir cette femme pour la première fois quelques mois après que mes parents se furent fixés à P. pendant les vacances. La femme B. venait régulièrement tous les samedis à la ferme pour acheter des œufs, du beurre et des fro mages, lesquels elle revendait au marché dans les envi rons.
C’était une personne âgée de quarante à quarante-cinq ans, petite, trapue, un peu grassouillette avec une ligure désagréable, sans être laide. La bouche large avec des lèvres assez épaisses était tracée un peu de travers, s’abais sant du côté droit; le nez court et gros aux narines lar gement ouvertes, le front très bas et les cheveux châtainfoncé qui commençaient à grisonner.
Ses yeux étaient d’une particularité remarquable: ils n’étaient pas de cou leurs égales. Petits, d’un vif perçant, l’œil droit était de couleur grise ; l’œil gauche, en sa partie supérieure, était bleu très clair, verdâtre ; la partie inférieure était brun foncé. J’étais au courant des histoires qui circulaient sur cette personne, et, sans y prêter la moindre attention, je l’ob servais néanmoins avec quelque curiosité.
Je dois ici intercaler un détail dont l’importance se dégagera par la suite. Lorsque mes parents avaient fait acquisition de la ferme, celle-ci, appartenant à un grand seigneur autri chien, était administrée par une sorte de régisseur, paysan sans aucune instruction, et qui, de notoriété publi que, était sous la domination de la femme B.
L’exploita tion de la ferme n’apportait aucun bénéfice à son pro priétaire ; c’est pourquoi cette terme avait été vendue. Dans la vente étaient inclus tous les animaux, y compris un chien. C’était un chien berger de grande taille, au poil roux, bon gardien la nuit, mais qui, dans la journée» était absolument inoffensif.
Toutefois, le chien n’était guère familier avec d’autres personnes en dehors des membres de la famille ; il avait surtout une affection remarquable pour moi. Ce chien avait des yeux particuliers : l’œil droit était
OCCULTISME PRATIQUE 7 I de couleur grise; l'œil gauche, en sa partie supérieure, était bleu très clair, verdâtre; la partie inférieure était brun foncé. En un mot, le chien avait des yeux identi ques à ceux de la femme B. En outre, l’animal qui, ordi nairement, n’ctait pas du tout méchant, était d’une animo sité extraordinaire envers cette personne. Le jour où B. venait à la ferme, on devait avoir soin de mettre le chien à la chaîne.
Il aboyait furieusement, il hurlait et n’arrê tait pas jusqu'à ce que B. fût sortie. Le chien avait fini par savoir le jour où B. venait faire ses achats, et, dès le matin, il se montrait de mauvaise humeur et cherchait à se soustraire à ce qu’on l’attachât. Les causes de cette animosité étaient inconnues.
La femme B., à qui j’avais demandé un jour si elle aurait peut-être dans le temps fait du mai au chien, niait cela et répondait seulement que c’était une méchante bête, qui un jour fera encore du mal à quelqu’un si on ne s’en débarrassait pas à temps. Il est à remarquer que le chien, en dehors de la maison, avait peur de B. ; il s’enfuyait de loin, s’il la voyait sur la route.
A la ferme, on s’était habitué à ses caprices et on n’y faisait plus autrement attention, quitte à le mettre à la chaîne tous les samedis matins. Au mois d’août 1876, quelques jours après l’apparition de la « Lanterne », la veille de mon départ pour mon régiment, j’allai faire une promenade en compagnie de M. N. déjà nommé. Le chien nous suivit comme d’habi tude.
Nous nous dirigeâmes vers la maison inhabitée, où je voulais entrer en passant pour voir quelques brickà-brack qui s’y trouvaient au grenier. Comme j’ai mentionné, la femme B. demeuraità côté. B. avait dû nous voir entrer. Lorsque, une demi-heure après, nous sortîmes, B. était à sa porte, appuyée contre le mur. Le chien suivait derrière nous.
A peine sorti du couloir, il poussa un cri, absolument comme un chien qu’on aurait frappé d’un bon coup à l’improviste, et s’enfuit à toutes jambes dans la direction de la ferme. M. N. et moi, nous regardâmes avec surprise pendant quelques instants le chien courir, lorsque la femme B., qui toujours était restée à sa porte à côté de nous, sans que nous y fassions attention, se mit à rire.
l'initiation 72 Je me retournai vers elle; j’étais très vexé, sans savoir pourquoi. Ne sachant que dire, je iis demi-tour dans l’intention d'aller chercher le chien. Mais celui-ci s’était arrêté à une centaine de mètres peut-être et nous regar dait. Nous restions là où nous étions et je l'appelai en sifflant après lui. Le chien obéissait à mes appels réitérés.
Il commençait à s’approcher lentement, les oreilles basses, la queue entre les jambes, en s’arrêtant pour ainsi dire à chaque pas et en se couchant par terre. Au fur et à mesure qu’il se rapprochait plus près de nous, en enten dant ma voix (je lui causais tout le temps), il devenait visiblement plus hardi. Le chien était arrivé à une dou zaine de mètres environ. Il se couchait par terre et se mettait à gronder sourdement.
Je l'appelai avec insis tance. Il ne bougeait pas, mais sa colère semblait aug menter. J’avais un sentiment qu’il allait se passer quelque chose. (M. N. médisait plus tard qu’il se trouvait pres que mal.) Instinctivement, je jetai un regard sur la lemme B. et je fus frappé de l’expression dure et haineuse de son visage dont l’aspect avait complètement changé.
Je n’ai jamais oublié l’expression étrangement méchante de cette figure, ainsi que la colère intense et déraisonnée qui m’envahissait moi-même en ce moment. J’appelai le chien d’un ton bref, sec; j’avais la certi tude qu’il s’approcherait. L’animal se dressa, les oreilles debout, les yeux étincelants ; puis, en poussant un hurle ment furieux, il se jeta en quelques bonds contre la porte de la cabane.
La femme B., au moment où le chien s’élança, s’était retirée précipitamment et avait jeté der rière elle la porte avec fracas. Le chien, debout contre la porte, hurlait et grattait furieusement contre celle-ci, comme s’il eut voulu forcer l’entrée. J’eus beaucoup de peine à lui faire quitter la place; il nous fallut tous les deux le prendre parle collier et le traîner ainsi jusqu’à la maison.
M. N. et moi, nous n’étions plus disposés à sortir et nous discutâmes longuement l’attitude bizarre de la femme et du chien, en nous perdant dans les conjec tures. Le lendemain, je partis pour ma garnison.
OCCULTISME PRATIQUE 7^ Fin décembre, j’obtins un nouveau congé à l’occa sion du nouvel an et je rentrai chez nous à P. Comme la place, à la maison, était limitée et toutes les chambres occupées (des parents étaient venus nous voir), e me lis monter un lit dans la maison vide au village. Je m’y rendis vers 11 heures du soir, accompagné de la bonne, qui m’apportait de l’eau, des serviettes, etc. Notre chien berger me suivait.
La bonne, après avoir arrange le lit, partit en emmenant le chien avec elle. La chambre où je couchais était au premier. On y arri vait par un couloir sur lequel donnait la porte d’une première chambre. Cette chambre était vide, complète ment dépourvue de meubles. Elle était, par une seconde porte en l’ace de la première, en communication avec ma chambre à coucher.
Mon lit était dressé dans ie coin, à côté de la porte de communication de deux chambres et de sorte que cette porte, qui s’ouvrait en tournant dans ma chambre, touchait, quand elle était ouverte, le pied du lit. Après le départ de la bonne, je fermai à clef la porte d’en bas de la maison et je montai.
Je fermai derrière moi la porte de la première chambre, mais pas à clef, et ■j’entrai dans ma chambre à coucher en laissant la porte à demi ouverte ; celle-ci était appuyée contre le pied de mon lit. Je me déshabillai (j’étais en uniforme) en appuyant mon sabre de cavalerie contre une chaise, qui me ser vait de table de nuit. Je me couchai et je soufflai ma bougie.
Dès que j’eus éteint la lumière, j’entendis un grat tement très fort à la porte de la première chambre. C’était un bruit identique à celui que produit un chien qui gratte à une porte pour entrer ou sortir. Seulement le grattement que j’entendais était un grattement très intense, comme si le chien eût voulu forcer la porte.
Le premier moment de surprise passé, je pensai que notre chien était resté dans la maison ; pourtant le gratte ment me paraissait être produit contre le côté intérieur de la porte de la première chambre et non pas venant du côté du couloir. J’appelai à plusieurs reprises le chien par son nom « Sokol ». Pour toute réponse, le bruit augmentait encore.
L INITIATION 74 Comme je l'ai dit plus haut, j’avais laisse la porte de communication entre les deux chambres ouverte. Cette porte, qui s’appuyait contre le pied du lit, je pouvais l’atteindre avec mes pieds. D’un mouvement brusque, je poussai avec mon pied droit violemment la porte qui se ferma avec fracas. Au même instant, le grattement se produisit, avec une violence extrême, contre cette porte, du côté de la première chambre.
Je dois avouer que, après avoir appelé inutilement le chien et le bruit étrange s’accentuant encore, je fus effrayé un instant, et c’est cela qui me lit pousser la porte. Mais, au moment où j’entendais le bruit à cette porte, tout près de moi, le sentiment de frayeur avait disparu subitement. Je m’apprêtai à allumer ma bougie. Avant que j’eusse fait de la lumière, le grattement avait cessé.
Je descendis du lit, je mis mon pantalon et j’allai visi ter la première chambre. J’avais toujours le chien dans l’idée, malgré l’impossi bilité matérielle de sa présence. Rien dans la chambre. Je sortis dans le corridor, je descendis l’escalier, je visi tai le rez-de-chaussée, j’appelai le chien : toujours rien. Je ne pouvais faire autre chose que de remonter dans ma chambre, et, ne comprenant rien, je me remis au lit en soufflant la bougie.
A peine fus-je couché, que le vacarme recommença, avec plus d’intensité si possible, et à nouveau du côté extérieur de la porte de communication, que j’avais fermée cette fois-ci derrière moi. J’éprouvai alors un sentiment d’agacement, de colère ; j’étais énervé et, sans prendre le temps de faire de la lumière, je sautai hors du lit, je saisis mon sabre que je tirai de son fourreau et me précipitai dans la première chambre.
En ouvrant la porte, je ressentis une résistance, et dans l'obscurité je crus voir une lueur, une ombre lumineuse, si je puis dire ainsi, se dessinant vaguement sur la porte d’entrée delà première chambre. Sans réflexion, je ne fis qu’un bond en avant et je portai un formidable coup de sabre dans la direction de la porte. Une gerbe d’étincelles jaillit de la porte comme si
OCCULTISME PRATIQUE 7^ j’avais touché un clou enfoncé dans le panneau. La pointe du sabre avait traversé le bois et j’eus de la peine pour retirer l’arme. Je me dépêchai de retourner dans ma chambre pour allumer la bougie, et, sabre en main, j'allai d’abord voir la porte. Le panneau était fendu du haut en bas.
Je me mis à chercher le clou que je pensais avoir touche, mais je ne trouvai rien: le côté tranchant du sabre ne paraissait pas non plus avoir rencontré du fer. Je descendis à nouveau au rez-de-chaussée, je visi tai partout, mais je ne trouvai rien d’anormal. Je remontai dans ma chambre ; il était minuit moins le quart. Je songeai aux choses qui venaient de se passer.
Aucune idée d'explication ne se présenta à mes ré flexions, mais j’éprouvai un sentiment réel de quiétude après avoir été surexcité, et je me souviens très bien que je caressai, presque involontairement, l’àme de mon sabre en me couchant à nouveau, et je plaçai l’arme à côté de moi dans le lit, sous la couverture. Je m’endormis sans autre incident et je ne me réveil lai que vers huit heures du matin.
A la lumière du jour, les incidents de la nuit avec cette porte brisée me parurent plus étranges encore. Je quittai enfin le lieu et me rendis à la maison où tout le monde était déjà réuni pour déjeuner et où on m’attendait. Je racontai naturellement mon aventure, qui paraissait bien invraisemblable aux jeunes gens venus en visite. Quant à mes parents, ainsi qu’à Al. N., ils en étaient très impressionnés.
Le déjeuner terminé, — il était près de dix heures, — tout le monde voulut voir la porte brisée, et mes parents, nos jeunes gens, M. N. et moi, nous nous dirigeâmes vers la maison du village. A mi-chemin, une femme du village venait à notre rencontre et nous disait qu’elle voulait précisément venir chez nous pour prier Al. N. de venir voir la femme B. qui était malade.
Une autre femme, qui était allée trouver B. pour une affaire quelconque quelques ins tants auparavant, l’avait trouvée sur son lit sans connais sance et tout ensanglantée.
l’initiation V r 76 Nous pressions nos pas. Moi, j’étais singulièrement ému des paroles de notre interlocutrice. Arrivé chez B., un spectacle terrible se présentait. La femme, en délire, couchée sur son lit, avait la figure presque entièrement couverte de sang coagulé, les yeux fermés et collés par le sang, qui sortair encore len tement d’une blessure mortelle au front.
La blessure, faite par un instrument tranchant, commençait à deux centimètres au-dessus de la lisière des cheveux et se pro longeait en ligne droite jusqu’à la racine du nez, parcou rant ainsi sept centimètres et demi. Le crâne était litté ralement fendu et la masse cérébrale sortait à travers la fente.
M. N. et moi, nous courûmes à la maison : M. N. pour chercher le nécessaire à faire un pansement, moi pour faire atteler notre voiture à l’eflét d’aller chercher le médecin dans une petite ville voisine. La voiture partie, je retournai chez B., laquelle entre temps avait été pansée, provisoirement par M. N. La cabane s’était remplie de tous les habitants du vil lage, y compris l’hôtesse de l’auberge.
Personne n’avait une idée de ce qui pouvait être arrivé à B.
La blessée, qui avait toujours été crainte par la population, n’inspirait d’autres sentiments que de la curiosité aux personnes présentes, à l’exception de l’hôtesse de l'auberge, qui paraissait non seulement être venue par curiosité, mais qui semblait visiblement satisfaite et qui ne se gênait pas de dire hautement : « Enfin, B. a attrapé ce qu’elle mérite. » Je dois dire dès maintenant qu’à l’instant où, en entrant chez elle, j’ai vu B. étendue sur son lit avec le crâne ouvert, j’ai eu le sentiment que quelque chose d’obscur s’éclairait subitement dans ma tête.
En ce moment, j’ai compris que c’était B. la « Sorcière » qui avait été touchée par la pointe de mon arme lorsque, la nuit, j’avais frappé le coup de sabre qui avait fendu la porte de la chambre vide. La blessée étant pansée et nettoyée, je sortis avec M. N. Nous montâmes au premier de la maison vide vers Laporte brisée. M. N. la regarda sans rien dire : il était visiblement émotionné. Quant à moi, je ne l’étais pas
OCCULTISME PRATIQUE ']'] moins. Je rompis enfin le silence et fis part à M. N. de mes idées. Il faut dire qu’à l’époque dont je parle, je n’avais aucune notion des sciences ou forces occultes ; M. N. non plus. Les rapprochements que je faisais entre ce qui s’était passé la nuit et l’état dans lequel on avait trouvé B. n’étaient donc que purement intuitifs.
M. N. ne répondait sur mes explications, si on peut ainsi les nommer, que par: « Je n'y comprends rien, mais il se passe ici des choses horribles. » Moi, je n’y comprenais pas davantage et nous tombâmes d’accord tous les deux, de ne plus parler à qui que ce soit des événements de la nuit, quoi qu’il arrivât avec la femme B. Nous descendîmes et nous rendîmes à nouveau chez B.
Celle-ci était dans un état comateux ; le délire avait cédé à un abattement profond d'où elle ne devait plus sortir. Après avoir recommandé aux femmes s’y trouvant de renouveler toujours, jusqu’à l’arrivée du médecin, les compresses d’eau froide, nous rentrâmes tous à la ferme.
Les membres de la famille avaient complètement perdu de vue le premier but de notre sortie, c’est-à-dire la porte brisée; et moi, ainsi que M. N., nous nous gar dâmes bien d’y revenir.
Toutes les idées et toutes les conversations tournaient autour de l'accident de B. et lorsque l’un des jeunes gens me rappela qu’on avait oublié de visiter la porte, je répondis que la chose ne valait pas la peine de se déranger à nouveau et que je croyais moi-même m’être laissé impressionner outre mesure par un rêve. A une heure de l’après-midi, le médecin arriva. M. N. et moi nous l’accompagnâmes chez B.
Le médecin ne put que constater la gravité de la blessure et nous prévint que B. n’avait plus que quel ques heures à vivre. A ses questions concernant les causes possibles de la blessure, nous nous abstînmes, comme c’était convenu, de toute indication. En prévision d’une issue fatale à brève échéance, le mé decin resta chez nous, à P.
Il dressa un rapport sur le fait et je fis immédiatement partir un homme pour porter ce rapport au plus proche poste de gendarmerie,
78 l’initiation qui devait venir faire une enquête sur la cause de l’ac cident. Un brigadier arriva à 7 heures du soir. Il dressa un procès-verbal dans la chambre meme de B. où le méde cin était présent ainsi que M. N., moi, la femme qui la première avait trouvé B. sans connaissance, et d’autres habitants encore. L’enquête du gendarme se continuait encore à 7 h. 3/4, lorsque B. se dressa subitement sur son lit, en s’ap puyant sur ses coudes.
Elle ouvrit démesurément les yeux, resta quelques instants ainsi, puis s’abattit en arrière avec ses yeux ouverts. Elle était morte. Le mé decin lui ferma les paupières. Comme personne ne pouvait donner une indication quelconque sur la manière dont B. avait été blessée, le brigadier termina son procès-verbal et partit.
Un magis trat arriva le lendemain matin, icr janvier, pour pro céder aux constatations d’usage avec le médecin, qui était resté chez nous, et dans la soirée B. était enterrée au cimetière du village le plus proche. Une enquête ordonnée, purement pour la forme, par la justice, resta sans résultat et fut abandonnée après quel ques jours: on avait conclu à une chute accidentelle.
Je n’ai rien à ajouter aux faits proprement dits, mais j’ai à mentionner une coïncidence : c’est que depuis la mort de la femme B. on cessa à P. et aux environs de parler de la « Lanterne ». Personne ne l’a plus revue, au cours des années qui suivirent. Depuis l’époque de cet événement, donc depuis dix-sept ans, il m’a été donné d’observer un grand nombre de faits d'aspects surnaturels, ou du moins inexplicables par les procédés ordinaires.
Mais je n’ai jamais eu occasion de voir se produire un phénomène spontané, ayant une ana logie avec la « Lanterne ».J’ai toujours trouvé que les phénomènes les plus miraculeux avaient leurs premières causes dans des forces humaines (ce qui ne veut pas dire que je voudrais nier à priori l'existence des forces autres que celles-là) et j’ai cru pouvoir conclure : i° Que la femme B. avait été un très fort « médium à effet physique », mais un médium agissant consciem ment;
OCCULTISME PRATIQUE 79 2° Que, partant, R. avait été, ou bien douée de facultés extraordinaires pour l’émission de son corps astral, ou bien qu’elle avait été initiée dans certaines pratiques à cet effet; 3° Que le bruit nocturne dans ma chambre avait été produit par B., c’est à-dire par son corps astral, et cela dans l’intention de me faire peur pour se venger de ce que j’avais amené notre chien à résister au pouvoir oc culte que B. exerçait sur lui en dehors de notre maison.
C’est pourquoi elle avait résolu d’imiter le bruit que le chien avait fait à sa propre porte lorsqu’il s’e'tait élancé sur elle; 4° Que. en portant le coup de sabre contre la porte, ou contre l’ombre lumineuse, l’acier avait touché le corps astral, et qu’une disjonction moléculaire de celui-ci, due au contact de la pointe d’acier le traversant avec une vitesse considérable, avait provoqué la blessure de B.; 5° Enfin, que l’apparition de la « Lanterne » n’était qu’une émanation astrale de B. qui se plaisait à impres sionner les gens et à leur faire peur.
A ce dernier sujet, je suis amené à supposer que, si lors de l’apparition de la « Lanterne » j’avais pu tirer un coup de fusil sur le phénomène, comme c’était mon intention, j’aurais probablement tué B. en ce moment. Gustave Bojanoo. THÉRAPEUTIQUE SUGGESTIVE. — UN CAS SINGULIER DE GUÉRISON.
La suggestion nous en promet de belles; tout lui devient accessible ; elle nous conduira jusqu’à l’envoû tement, qui ne comporte guère d’explication plus plau sible. Voici aujourd’hui un cas de suggestion à l’état de veille, qui ne manque pas d’intérêt.
C’est une contre partie de l’expérience faite autrefois par MM. Focachon et Liégeois pour produire des phlyctènes sur la peau, comme s’il y avait eu apport d’un vésicatoire, par la sim ple suggestion pendant le sommeil hypnotique. Cette fois, il s’agit, au contraire, de la disparition par simple
8o l’initiation commandement, de produits pathologiques organises. M. Gibert, que nous citions dernièrement à propos d’un cas de guérison d’une chorée grave par commandement, a voulu démontrer à M. P. Janet, qui niait le fait, que réellement, par suggestion, on parviendrait à faire dis paraître des verrues, par exemple, accumulées sur la peau.
M. le docteur Gibert choisit un jeune garçon de treize ans qu’on lui avait conduit au Dispensaire parce qu’il ne pouvait plus se servir de ses mains ni pour écrire, ni pour manger. La face dorsale des deux mains était envahie par une multitude de verrues qui entou raient même les ongles. Les verrues cessaient au pli de la peau qui sépare la main du poignet.
En réalité, le dessus de la main disparaissait entière ment, les doigts étaient immobilisés ; l'enfant était réduit à un état d'infirmité complet. « Je réunis au Dispensaire, ditM. Gibert, un certain nombre de médecins, et M. P. Janet, pour lequel la démonstration était préparée.
Je leur demandai une seule chose, c’était d’être aussi sérieux et solennels que moi, et de ne pas rire. » Le cercle formé, il prit l’enfant par les deux mains ; puis, le fixant dans les yeux, il lui demanda à haute et forte voix : « Veux-tu être guéri ? » Comme le jeune sujet répondait molle ment, la question fut répétée énergiquement à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’il répondit, avec un accent de conviction : « Oui, Monsieur, je veux être guéri. » Alors, dit M. Gibert, prends garde.
Je vais te laver avec de l’eau bleue ; mais si dans huit jours tu n’es pas guéri, je te laverai avec de l’eau jaune, et l’eau jaune cautérise. Cécile, apporte-moi de l’eau bleue. » Puis M. Gibert lui badigeonna les mains avec une eau quelconque légère ment bleuie et les essuya avec soin. Huit jours après, les verrues avaient complètement disparu, sauf deux ou trois qui semblaient être restées comme témoins de l’état antérieur.
M. Gibert regarda le petit bonhomme pour la première fois et lui fit les plus vifs reproches de ce que toutes les verrues n’avaient pas disparu. Il badigeonna avec de l’eau jaune qui, sur com mande, procura à l’enfant une douleur imaginaire de brûlure. Quelques jours après, la peau était partout intacte et l’enfant put reprendre sa vie ordinaire. M. Gibert
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 81 conclut de cette expérience curieuse qu’un produit incu rable comme la verrue peut disparaître par simple influence morale ou mentale. Toutes les guérisons du zouave Jacob ou de n'importe quel thaumaturge s’expli quent de la meme maniéré. C'est certain, mais cela n’en est pas moins bien extraordinaire. Et nous voudrions bien voir se reproduire une seconde fois l'expérience des verrues.
Pourquoi n’essayerait-on pas maintenant sur un sujet atteint d'eczéma ? Ce serait bien convain cant, si le succès couronnait la tentative. Dédié à M. Gibert. Henri de Parville. (Journal des Débats.) En République, par J. de Tallenay. i vol. in-18, 3 francs 50 (Ollendori). C’est une étude philosophique et psychologique d’une république sud-américaine.
Les caractères rudes et auto ritaires des politiques du crû, le mélange d’héroïsme et de naïveté de chacun des hauts personnages, tout cela est supérieurement traité. Mais ce qui donne à cette œuvre un caractère psychologique tout particulier, c’est l’étude des diverses évolutions que subit l’amour dans ce choc des civilisations raffinées de l’ancien monde avec ces aspirations primitives des nouvelles civilisations américaines.
Le personnage de la comtesse incarne en elle tout le charme et toute la science féminine d’une Slave initiée aux secrets de la grâce comme une Pari sienne. Aussi peut-on considérer ce personnage comme le centre de toute l’action, en apparence purement politique, et par là se révèle à nous la réalité des développements multiples de l’action, car au fond de toute ambition, comme de tout héroïsme, nous retrouvons l’influence
82 l’initiation prépondérante de la femme conçue sous son triple aspect : intellectuelle, passionnelle ou froidement instinctive. « En République » mérite donc une étude toute parti culière de la part du philosophe et du psychologue ; nous n’insisterons pas sur la clarté et l’élévation du style, digne en tous points de la conception générale de l’œuvre.
Du reste nos lecteurs ont pu admirer J. de Tallenay comme poète; il leur est maintenant donné de rendre justice au prosateur. P. Terre d'Êmeraude, par Marie-Anne de Bovet, i vol. in-i 8, 3 fr. 5o. La tradition ésotérique nous enseigne que, de même que les individus, les peuples sont constitués par trois principes : un corps, une âme et un esprit.
Or un peuple est soumis à toutes les actions qui peuvent atteindre un individu, c’est-à-dire qu’un peuple peut souffrir dans son corps par l’esclavage, en son âme par la méconnaissance de ses aspirations et de ses droits, en son esprit par l’oppression de la conscience nationale et la destruction de son instruction. L’Irlande est en période de crise, après avoir long temps souffert.
Aussi de partout les cœurs généreux se sont dévoués pour le salut de l’opprimée et les cris de détresse du pauvre peuple omt été entendus dans toute l’Europe. En France, une femme de cœur doublée d’un écrivain de race, Mlle Marie-Anne de Bovet, avec ce dé vouement tout féminin et, disons-le hautement, bien fran çais a pris la lourde tâche de nous initier aux misères de l’Irlande.
Après un long voyage, après n’avoir rien né gligé pour pousser l’observation des faits aussi loin que possible, Mlle de Bovet a condensé une admirable défense des opprimés sous forme d’un roman très attrayant en quelques centaines de pages. Terre d'Eme raude mérite donc l’attention de tous , tant par la pureté de la forme que par l’élévation et la grandeur de l’idée fondamentale. C’est une œuvre qui aura, nous n’en pouvons douter, une portée considérable. P.
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 83. Misères royales, par Robert Scheffer. i vol. in-18, 3 Ir. 5o (Charpentier).
« Elle estlà,se disait-elle (la reine), la misère royale; elle est autour de moi, inscrite sur tous ces visages; dans les cheveux, les diamants étincellent comme des larmes récentes ; les lourdes perles, comme des chapelets de pleurs anciens, irisent les nuques et les cous de leurs tremblantes lueurs... et les prunelles mornes dementent le sourire des lèvres. » Tel est le résumé en quelques lignes de cette étude poignante d’une âme d'artiste emprisonnée dans la royauté comme en un sombre cachot.
« Les riches souffrent du malheur des pauvres », a dit Eliphas Lévi, montrant par là que ceux qui croient atteindre le bonheur par la satisfaction des ambitions matérielles souffriront d’autant sur le plan moral. Vous possédez la richesse; mais la maladie veille, et tout votre or ne défendra pas votre enfant contre le croup qui l'étreint.
Or le livre de M. Robert Scheffer analyse les souffrances psychiques d’une grande artiste, jetée par les ambitions maternelles entre les mains débiles d’un roitelet, incapable de saisir le beau, ni le bien. Un tel livre ne s'analyse pas sans risque de gâter l’impres sion exquise qui s’en dégage.
Aussi renvoyons-nous nos lecteurs à l’original, persuadé qu’ils seront captivés comme nous le fûmes par la précision et la beauté du style, la profondeur des analyses et des caractères es quissés et surtout par le côté descriptif de cette cour minuscule observée impartialement et au jour le jour. L’auteur d'Ombres et Mirages vient de nuus révéler un nouveau côté de sa curieuse personnalité.
Ajoutons que ce livre a eu en Roumanie les honneurs de la saisie et de l’interdiction. P. Le Poème de l'Ame, par René Caillié, poème initiatique orné de trois pantacles et accompagné de deux mélodies pour piano et chant. Le sympathique directeur de YEtoile vient de faire paraître en un élégant volume à 3 fr. 5o son Poème de
l’initiation 84 l’Ame. Les grandes divisions de cet ouvrage indiquent assez sa haute portée philosophique pour permettre à nos lecteurs de l’apprécier à sa légitime valeur. ' Voici ces divisions : Premières Amours. — Souvenirs et Rêves. — A travers les cœurs. — Triomphes et Joies. — La grande épreuve. — Apothéose du couple androgynie. — Divers.
The mistletoe and its Philosophy, schowing its history, the origin of its mystical and religions Rites; why this weird plant was preferably chos n to osth rs its legendary co llection with the great world reformer RAMA. alon% with a description of several rare plantes and herbes that posses mystical properties, bv P Davidson à Pondsville (LJ. S. A); chez l’auteur et à Glascow, chez Goodwin. 1892, in-8, 60 pages.
L’auteur de ce remarquable travail d’érudition est un mystique bien connu dans le public anglais.
Membre d’honneur du « Gayan Samaj », de l’Académie de mu sique du Bengale, de notre groupe d’Etudes ésotériques, S v I v, etc., M. Davidson a publie déjà plusieurs ou vrages sur l’occulte, tels que The violin, The Caledonian collection of music, The book of Light and Life, masonic mysteries Unveiled; il édite en outre, tous les mois, The morning Star, un journal de recherches mystiques et philosophiques.
Pour en revenir à notre brochure, voici comment l’auteur divise son sujet : Après une histoire succincte du gui, depuis les temps les plus reculés de la race blanche, il donne quelques détails sur son emploi et ses propriétés ainsi que sur celles d’autres plantes magiques telles que le coca, l’aconit ; après avoir enfin appris quels étaient les rites sacrés de la récolte du gui, nous parcourons ses légendes depuis les anciens Vedas, depuis Ram.
Tous ces détails sont exposés avec la plus précise érudition et une vue des plus larges sur l’en semble des questions cultuelles. Sédir.
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 85 Les États superficiels de l'hypnose, par Albert de Rochas. (Paris, Chamuel, i8g3, in-8, tv-i5o pages, 2 fr. 5o.) L’auteur, dit-il dans sa préface, a résumé en ces pages ce qui dans les Forces non définies se rapporte aux phé nomènes hypnotiques; il n’a, selon ses propres termes, « guère fait que de coordonner des pratiques tradi tionnelles chez les sorciers ». Parcourons rapidement ces pages.
AI. de Rochas pose tout d’abord la base originale de ses travaux : la polarité humaine ; il en rapporte l’histoire, depuis Thouret, les docteurs Dumont, Burq, Landouzy, Weinhold, Dumontpallier, Pitres, Charcot pour la France; le professeur Maggiorani en Italie, jusqu’à NI. Dècle qui, en t885, en formula le premier les lois, que M. de Rochas a appliquées et vérifiées longuement sur ses sujets.
Etablissant ensuite les trois états super ficiels de l'hypnose : le somnambulique, le cataleptique et l’état de crédulité, l’auteur en cherche la cause et, devant la multiplicité des téponses, s’abstient de con clure. Suit la relation de 28 expériences faites sur des sujets à l’état somnambulique, le plus important ; l’état de catalepsie, assez facile à obtenir, est comparé aux extases artificielles déjà connues de temps immémorial.
Enfin l’Etat de crédulité, les suggestions à l’état de veille, sont étudiés avec beaucoup de soin, et voici les constatationsque M. deRochasaétabliesd’une façonà peu près définitive : t° Les phénomènes de cet état sont iden tiques à ceux qui se produisent dans l’état somnambu lique, sauf, peut-être, qu’ils présentent une intensité moindre ; 20 l’état de crédulité est très facile à dévelop per : intermédiaire entre la veille et la première phase léthargique ; 3° il n’a pas besoin, pour se produire, d’un agent spécial; 40 les substances présentant des polarités suffisammenténergiques peuvent déterminer un état ana logue; 5° une suggestion quelconque peut être détruite par tout agent qui rétablit l’activité cérébrale ; 6° une suggestion produite par une action de polarité isonome disparait par une action de polarité hétoronome ; et si l’on continue l’application de polarités hétéronomes, on détermine des suggestions opposées aux primitives.
86 l'initiation 7° ces actions en isonome ou en hétéronome exercées sur une partie quelconque du corps peuvent déterminer toutes suggestions. — Enfin, pour ne pas nous attarder trop longtemps, je mentionnerai le chapitre iv : « De l’em pire des suggestions, de leur réalité, de leur puissance; comment on en peut reconnaître l’auteur. » Après quel ques pages sur l’hypnose des animaux, Al. de Rochas essaie d’édifier une théorie ou au moins de présenter un lien entre les trois classes de phénomènes hypnotiques les plus caractérisés : les alternatives d’engourdissement et d’excitation des facultés du sujet, la transformation de sa pensée en hallucination, la faculté qu’il possède de mesurer le temps ; et il attribue ces phénomènes à la présence dans la partie périphérique du cerveau d’un organisme ayant pour mission d’arrêter les vibrations centripètes des nerfs moteurs et les vibrations centri fuges des nerfs sensitifs : conclusion à laquelle arrivent tout autrement MM. Luys, Richet et Bernheim.
Sédir. Le Phénomène spirite : Témoignage des savants, par Ga briel Delanne, i vol. in-i8, de vm-296 pages avec nom breuses fig. Paris, Chamuel, i8g3. Ce livre, paru il y a déjà deux mois, se recommande tout d’abord au grand public, à qui son auteur l’a des tiné par la modicité de son prix. Etablir une première édition, en ce format, et avec illustrations pour 2 francs est un tourdeforce de librairie.
La Librairie des Sciences psychologiques peut, tout au plus, donner pour 3 francs des quarantièmes éditions. Mais ce n’est là qu’un détail. Les mérites du livre appartiennent surtout à son auteur. M.
Delanne le déclare en sa préface, avec une honnê teté qui n’est pas exempte de candeur: < Les ouvrages français parus depuis Allan Kardec sur ce sujet sont des redites, exception faite des livres d’Eugène Nus, de M. Gardy de Genève et du Dr Gibier, ou ne présentent aucune vue originale sur la question. » Cependant les spirites ont découvert plusieurs sophismes incons cients de leur part, je veux bien le croire, mais qui n’en sont pas pour cela moins gais.
Le premier consiste à prendre les Védas, Moïse, HoCOURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 87 mère, le Talmud, Paracelse, Agrippa, Boehme, SaintMartin, et à en présenter des passages comme imbus de la lumineuse doctrine spirite (1). Voir Moïse et Paracelse par exemple, faire tourner une table, est-ce assez réjouissant ? Ces récits occupent le premier chapitre de l’ouvrage en question.
Dans ce chapitre, je note aussi, entre autres choses intéressantes, que la Kabbale était une doctrine interdite par Moïse; « les possédées de Loudun, les trembleurs des Cévennes, les crisiaques de Saint-Médard » étaient aussi les mani festants des esprits, etc. L’histoire du spiritisme moderne, depuis la famille de Fox et le juge Edmonds, Crookes, Wallace, Zoellner, Aksakow, qui photographie des matérialisations en pré sence d'un personnage noble et très riche, et de sa dame, toute la partie faits, d’ailleurs indéniable, est fort claire ment résumée.
Que l’on me permette cet alinéa. «. Les Esprits, lisons-nous, page 272, sont créés simples et ignorants, mais avec l'aptitude à tout acqué rir », c’est-à-dire que, à leur création, ils sont au point le plus bas de 1 évolution; donc celui qui les a créés a produit des êtres très imparfaits, et il n’est pas Dieu, il n’est pas l’absolu ; alors qu’est le créateur?
Enfin, pour finir, je m’étonnerai de ceci: l'auteur rap porte différentes communications écrites faites par les Esprits. Il conclut de l’élégance du style, et des idées justes que quelques-unes d’entre elles expriment, qu’elles ont été dictées effectivement par des Intelligences.
Commentne s’aperçoit-il pas que les communications in telligentes que l'on a obtenues ne se sont produites que dans des cercles intellectuels: celui de Mme de Girardin, celui de Crookes, celui d’Aksakoff, celui du Dr Gibier? Et là où il voit la preuve d’une entité intelligente, je verrai la preuve de la réflexion dans l’astral des idées des opérateurs.
Sédir. ( 1 ) Notez bien que les écrits de ceux qui s'intitulent magistes contiennent tous des avertissements contre la nécessité de ne pas s’abandonner passivement aux influences astrales ; or que font les spirites ?
88 l’initiation L'Hypnotisme et la Suggestion ont pris une place im portante dans les préoccupations des philosophes, des physiologistes et des médecins. Des sociétés ont été for mées, des journaux ont été créés pour reproduire les intéressantes expériences de cette nouvelle branche de h psychologie expérimentale, pour en étudier les résul tats, provoquer les observations e* les recherches.
Le savant professeur de psychologie physiologique de l’Université de Leipzig, M. Wundt, ne pouvait rester in différent à ce mouvement, et, quoiqu’il considère ces questions comme étrangères à la science à laquelle il se consacre, il donne son sentiment sur leur rôle et leur avenir.
Il ne concède pas à l’hypnotisme et à la sugges tion la valeur extraordinaire que leurs admirateurs leur attribuent en psychologie, mais il leur reconnaît en médecine une valeur qui ne peut être méconnue, (i vol. in-iS de la Bibliothèque de philosophie contemporaine, 2 fr. 5o. — Félix Alcan, éditeur).
Hypnotisme et double conscience, origine de leu r étude et divers travaux sur des sujets analogues, par leDrAz.\M, professeur honoraire à la Faculté de Méde cine de Bordeaux, correspondant de l’Académie de Mé decine, lauréat de l’institut, etc., avec des préfaces et des lettres de MM. Paul Bert, Charcot et Ribot. (i fort volume grand in-8, 9 fr. — Félix Alcan, éditeur.) Ce volume est la réunion des divers travaux du sa vant professeur qui fut un des précurseurs de l’étude scientifique de l’hypnotisme et de la double cons cience, et dont les observations, conduites avec mé thode et sagacité, sont citées comme classiques par tous ceux qui s’occupent de ces questions.
Grâce à lui et aux médecins qui ont marché sur ses traces, les idées émises parM. Azam sont devenues les fondements d’une science : la Physiologie des fonctions intellectuelles ou la Psycho-Physiologie. Nous rappellerons, parmi les observations de l’auteur reproduites dans ce vo lume : la relation complète du cas de double person nalité de FélidaX. avec les déductions thérapeutiques que l’on en peut tirer, et les nombreuses études de trou
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 89 blés sensoriels, organiques et moteurs qui se sont pré sentés à lui depuis plus de vingt ans. Revue Internatiokale be Sociologie Nous avions, en de précédents numéros, annoncé l’ap parition prochaine de la Revue internationale de Sociologie. Le premier fascicule a vu le jour au début de cette année et un deuxième vientde le suivre. La Revuenouvelle tient toutes les promesses de son programme, et les dépasse encore.
Elle compte parmi ses collaborateurs des membres de l'institut et du Parlement, des économistes, philosophes, historiens, jurisconsultes, biologistes de premiere valeur.
Citons au hasard MM. Jules Simon, Bérenger, Roussel, sénateurs et membres de l’institut ; Alfred Fouillée, Albert Babeau, Edmond Perrier, de l’institut; Marion, Fernand Faure, Beauregard, Giard Charles Richet, professeurs dans les diverses facultés de Paris ; Ribot et Darmesteter, du Collège de France ; G. Tarde, Charles Gide, J.
Bertillon ; et, à l’étranger, MM. John Lubbock, Tylor, Schaelïle, Menger, Kova levsky, Bodio, etc. Le directeur est M. René Worms, agrégé de philosophie, docteur en droit. Voici le sommaire des deux premiers fascicules : Numéro 1 (janvier-février 1 Sg3) : Programme de la Revue. —René Worms, la Sociologie.—A. Babeau, une Grève sous le Régence. — J.
Bertillon, la Natalité en France. — P. du Maroussem, Tiers-Etat commercial et grands magasins. — Revue du mouvement social: France, Allemagne, Autriche, Italie. — Revue des livres. Numéro 2 (mars-avril 1893) : Fernand Faure, la Socio logie dans les facultés de droit. — J. Lemoine, l’Irlande ■qu’on ne voit pas. — John Lubbock, le Rôle social de l’instruction populaire. — G.
Tarde, Monades et Science sociale. — Revue du mouvement social : Belgique. — Revue des livres et périodiques récents. (1) Paris, Giard et Brière, rue Soufflot, 16. — Abonnement annuel : France, ¡0 francs ; étranger, 12 francs.
9° l’initiation A partir du prochain numéro de l'initiation, nous com mencerons la publication d’un travail qui a demandé plu sieurs années à F.-Ch. Barlet. Il s’agit de l’application des données de l’ésotérisme à la réforme de l'Enseigne ment. C’est en effet par l’application de la Science occulte à nos connaissances contemporaines qu’on peut espérer arriver vraiment à quelque résultat sérieux.
Quant à tous ces essais sur les anciennes initiations, à toutes ces redites sur l’histoire de l’ésotérisme, il y a longtemps que nos lecteurs sont fatigués de les lire et il n’y a plus aujourd’hui qu’un débutant dans ces questions qui puisse prendre pour des œuvres originales les extraits de Fabre d’Olivet et d’Eliphas Lévi qu’on débite par petites tranches un peu partout.
Nous avons également reçu de notre ami Philophotes la traduction de l’ouvrage si curieux de Jean Dée sur le symbolisme hermétique. Ce travail, accompagné de nom breuses figures, sera publié sous peu. Parmi les traités inédits que nous tenons en réserve pour nos lecteurs, signalons encore la traduction de La Magie d’Arbatel par Marc Haven, traduction qui verra sous peu le jour dans notre revue.
Nous sommes heureux d’annoncer à nos lecteurs que M. Gérard Encausse (Papus) vient de recevoir le brevet et les insignes de chevalier de l’Ordre militaire du Christ, envoi de S. M. le Roi de Portugal.
VARIÉTÉS 91 L OCCULTISME A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE MONTPELLIER. Le Dr Albert Coste a présenté à la faculté de Mont pellier une thèse de doctorat en médecine intitulée Les phénomènes psychiques-occultes, état actuel de la ques tion. Ce travail est des plus remarquables à tous les points de vue et nécessite un compte rendu spécial que notre ami Sédir fera dans le prochain numéro.
HERMÈS JOURNALISTE 11 y a longtemps que nous n’avions eu l’occasion de reparler à nos lecteurs de la Revue spirite la Lumière. Non pas que ce cher confrère ne se prive du doux plaisir de consulter Jeanne d’Arc ou Melchissedec sur la noir ceur de l’àme de ces affreux occultistes, et de publier le résultat de ces consultations chaque mois.
Mais on nous réservait une surprise ; jugez plutôt : Hermès, vous entendez bien, Hermès trismégiste, de vient-rédacteur en chef de la Lumière et nous annonce une série de manuscrits extraordinaires. Maintenant, comme Mrac Lucie Grange nous accuse généralement de dénaturer sa pensée, nous publions in extenso et sans en changer un mot l'annonce faite à cette occasion.
C’est i,5oo lecteurs de plus que nous offrons à Mmc Lucie Grange, le plus gracieusement du monde, trop heureux de répondre par une réclame gratuite à toutes les hor reurs débitées sur notre compte. AU SUJET DES LETTRES ü’hERMÈS ET DE NOTRE ŒUVRE « Un certain nombre de ces lettres étant déjà sous nos yeux, il nous est permis d’annoncer à nos abonnés que cette publication sera d’un intérêt immense.
l’initiation 92 « C’est toute une révélation que va nous exposer Her mès dans le cours de cette année. Hab, qui sert d’inter médiaire à l’œuvre d’Hermès, déclare être personnelle ment dans l'étonnement d’une telle tâche, et éprouver aux dictées des satisfactions croissantes, malgré ses dures fatigues. Les sujets traités sont captivants et ils présentent la vérité sous un jour tout à fait nouveau.
On n’a jamais dit ce que va dire Hermès, notre ami déjà si connu et aimé par sa collaboration sous le nom mo deste de Salem. Aussi sommes-nous heureux de lui don ner dès aujourd’hui, dans notre revue, la première place, celle du rédacteur en chef. < Puisque nous parlons de la Lumière, nous nous per mettrons une pressante prière à nos abonnés qui font beaucoup désirer leurs abonnements.
Nous faisons mille efforts pour leur plaire ; nous voudrions faire de nom breux suppléments: ils ne nous y encouragent guère. Si les bons croyants ne comptent que sur nous pour faire marcher l’œuvre, elle succomberait bientôt. Ne faut-il pas tous les concours fraternels et de toutes les manières pour arriver au triomphe de la vérité ?
« Au point de l’année où nous en sommes, tous les abonnements pour 1893 sont dus intégralement; il est trop tard pour renvoyer le journal.
Nous comptons que l’on va, non seulement envoyer beaucoup de mandats à Mma Lucie Grange, mais que l’on fera aussi beaucoup de propagande en faveur delà Lumière, surtout en considé ration de cet événement des révélations d’Hermes, puis des articles de MM. Christian et Zrileus, plus d’autres, dont nous leur réservons la surprise. » La Science des Mages Remercions vivement le Sphinx, la savante revue de Munich, du compte rendu que son numéro de mars a consacré à la Science des Mages, le dernier ouvrage de Papus.
LA SCIENCE DES MAGES 9$ Comme Y Initiation n'a pas encore publié de compte rendu de cette brochure, nous prenons la liberté de donner la traduction littérale de l’article de M. Lous Deinhard. Sphynx (mars 1893), p. 44. — La Science des Mages, par Ludwig (Louis) Deinhard. est le seul créateur et le seul directeur de « L’homme son sort.
Il peut agir librement et d’après son propre choix dans le cercle de sa destinée, de même que le voyageur en chemin de 1er ou sur le navire peut se mou voir librement a son gré, dans son compartiment ou sa cabine.
Autant le chef de train ou le capitaine de navire est irresponsable des mouvements du voyageur qu’il conduit (en progressant), autant Dieu est innocent des témérités de l’homme. » Ainsi s’exprime le chef (le leader) du mouvement occultiste actuel en France, l’écrivain parisien à la fécon dité peu commune, le docteur Gérard Encausse (Papus) dans une brochure qu’il vient de publier (1) et que nous pouvons recommander le plus chaleureusement aux lec teurs du Sphynx et à toutes les têtes pensantes, particu lièrement en Allemagne.
Papus a écrit ce bref résumé de la doctrine de l'Occultisme apres l’apparition de son grand ouvrage : Traité Méthodique de Science Occulte, — dont il a été parlé récemment en cette revue par le Dr V. Kæber (2) ; — néanmoins le contenu de cette nouvelle publication papusienne ne se borne nullement <1 un choix éclectique dans ses travaux antérieurs. Le style de cette petite brochure papusienne, dans sa clarté limpide, est vraiment un modèle.
Pour éclaircir un sujet obscur, Papus choisit d’une manière extrême ment heureuse des comparaisons dans la vie quotidienne. On se rappelle, d’après les citations faites par le Dr Kæber» son exposé de l’esprit, de l’àme, du corps et de leurs ( 11 Papus, la Science des Mages, etc..., 29, rue de Trévise * 5 o centimes. (2) Sphynx de mai et juin 1892.
l’initiation '94 rapports, au moyen du cocher, du cheval et du fiacre. Le but de cette comparaison est d’éclairer l’importance de l’âme comme informateur plastique du corps phy sique, et celle du corps astral.
D’après la doctrine de l’occultisme, la nature, prise comme un tout unique, renferme un analogue au corps astral de l’homme,— c’est le plan astral,— et il est d’une nécessité absolue de se faire une notion claire de ce monde astral, pour quiconque ■cherche la clef que l’occultisme fournit pour l’explication des phénomènes obscurs de la vie animique. Qu'est-ce donc que ce monde astral ?
Pour répondre à cette question, Papus saisit l’image ■suivante : « Voici par exemple un artiste....................................... (Citation de la page 25, 2e alin., jusqu’à la page 27, 2e alinéa inclus.) Pour rendre saisissable, encore, ce domaine si obscur (qui est si difficile à éclaircir nommément aussi en allemand où les conceptions et les expressions adé quates manquent vraiment jusqu’ici), Papus rappelle les diverses opérations du photographe, qui, dans leur en semble, donnent une représentation intelligible de la ■création en 3 mondes.
Nous laissons au lecteur désireux de pénétrer plus profondément dans le monde de pensées de l'occultisme le soin de lire les détails dans la brochure papusienne ; nous allons cependant encore faire connaître l’exposé qui y est donné de la réincarnation, en laissant la parole à Papus lui-même, convaincu que son expression con cise, serrée, sera aussi sympathique au lecteur qu’au cri tique qui le cite : «L’esprit immortel de l’homme paye, etc... (Citation de la page 37, Réincarnation, jusqu’à la page 40, Critique, avec la figure.) Cela est assez clair et intelligible pour être compris do tout le monde.
LA SCIENCE DES MAGES 95 La brochure papusienne est une apologie en réponse aux attaques multiples qui raillent constamment l’Occultisme et la Theosophie, et qui reposent sur une connais sance insuffisante. De là le ton (style) clair de cet ouvrage.
Enfin maint lecteur verra avec plaisir les nombreuses citations empruntées aux écrits des occultistes renom més d’avant ou d’après le Christ, placées comme notes propres à confirmer dans leur expression quelquefois obscure les doctrine du texte. La Science des Mages trouvera assurément en Alle magne les nombreux lecteurs qui doivent répondre au mérite de ce livre.
96 l’initiation NÉCROLOGUE Le Professeur Ad. FRANCK Membre de l'institut. A l’heure où le monde savant ne connaissait de l’ésotérisme que les préjugés courants, un philosophe doublé d'un prodigieux érudit, Ad. Franck, publia, sous le titre de la Kabbale, philosophie religieuse des Hébreux, l’ouvrage le plus riche et le plus complet qui ait encore paru sur cette question.
Depuis, après avoir réalisé cette œuvre immortelle quia nom le Dictionnaire des Sciences philosophiques, Ad. Franck vit arriver au pouvoir scientifique cette génération de pseudo-philosophes, mauvais physiolo gistes et psychologues ignares, défenseurs du positi visme matérialiste. Pour nous, Franck était toujours resté comme le phare lumineux de la philosophie élevée projetant ses traits de feu sur le sombre océan du matérialisme.
Aussi, lors de la publication de nos ouvrages sur la Science Occulte et sur la Kabbale, avons-nous été à lui, demandant l’avis du savant et du philosophe sur ces questions qui lui étaient familières. La préfacé et la lettre qu’il nous lit l’honneur d'écrire en tète de nos volumes nous lait une dette de reconnaissance que la mort ne saurait éteindre. La mémoire d’Ad.
Franck restera immortelle dans l'histoire de l’occultisme, dont il fut un des révéla teurs en i8q3 et dont il demeura le soutien par la suite. A dater de ce jour, le successeur de Cousin prend place dans la chaîne invisible des maîtres qui protègent notre œuvre. Ad. Franck est mort à Page de quatre-vingt-quatre ans, le 12 avril 1893. Papus. Le Gérant : Encausse. 1MP. E. ARRAULT ET 0*°,, 6, RUE DE LA PRÉFECTURE, TOURS.