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.:‘,Ï, ..,.., w itia‘tip '* - Revue philosophique indépendante des Hautes Études Hypnotisme, Force psychique ' ' ', Thèpsophie, (Kabbale Gnose, Franc—Maçonnerie Sciences Occultes —o——————y >H.——*———— 18" VOLUME. — 6"“ ANNÉE _ ! SOMMAIRE DU .N° .‘ (Janvier 1893) ———p._—. AVANT-PROPOS........... La sixième année de l'Initiation ........... .. La Direction. , (p. x à 4)-_ PARTIE INITIATIQUE. ..
Le Sefer Yeszra (texte ' complet, nouvelle traduction)... . . . . .. Mayen Lambert. (p. 5 à 21). PARTIE PHILOSOPHIQUE Notes sur les 0 éra ET SCIENTIFIQUE.... tions dites T éoso phiques .............. Louis Lemerle. (p. 22 à 34). Maxvell(äin) ...... A. de Rochas. .' (p. 35 43). Études gnostiqztçs Jules Doinel. ( -44a .) L’I9nité déd9Religions. Yalta.
' '(P-’ 49 à 64,) _ De l’Or amsaüon de l’Université en Egypte et en Grèce Dl‘ Michaël. (P6_4 à 67)-, _ . . . mans LITTÉRAIRE... La IÎrtere (poeste)..... J. de.Tallçnay. . _ (p. 68 à 72). / ' LeNotaire éndu(suite) R. de‘Màricourt. (p. 72à i). . . ‘ - Groupe indépendant d’Etudes ésotériques. — Courrier bibliogra hique. — Revue des Revues. -— Nouvelles diverses. — Revue internationale de Sociologie. — Ouvrages reçus. — Nécrologie.
Administration, Abonnements: 29, rue de Trévz‘se, 29 5 8, rue St—A ndré—deS-A rts, 58 P A RI S P A RI S —fi-—W' *"=L‘L'A—-—*—L * "“ÿy "" l‘ ‘4’! .222M RÉDACTION :
PROGRAMME "J'A’IAI\LK'M un.‘ A lit' zst.ynu.a uIiII( Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations.
La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance, Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier.
L’Initian‘on est l’organe principal de cette renaissance spiritua— liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer -la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découve‘rtes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide àla Morale par la ’ découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. ‘ Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’0cculte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiati0n adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains‘: le cle‘ricalisme et le_ sectarisme sous toutes leurs formes ainsi que la. misère. , - - ' ' Enfin l’Initiah’on étudie impartialement tous les phénomènes ' du Spiritisme, de I’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Ind_e.
L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n'appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses-50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. . . La première partie de la Revue (Initt’alique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. V Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’ellessavent toujours apprécier.
L’Initiaiion parait régulièrement le 1-5 de 'chàque’ mois “et compte déjà cinq années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. (Les collections des deux premières années sont absolument épuisées.) ' ‘ ‘ ' ' 1) . _ l‘_ u”. r: " ‘.'.'t r‘*
L'Inïtialion du 15 ianvier 1893 (D 209400 23 w2 PRINCIPAUX 'RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS ’ DE J’Iniz‘z‘ation 10 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET, S.'. I.'. ;'ä -—- JULES DOINEL, S.-. I.'. (D. G. E. — p. Gnost. — STANISLAS DE GUAITA, S.'. I.-'. — MARC HAVEN, S.'. I.'. i;; — JULIEN LEJAY, S.'. I.'. ;{; -— EMILE MICHELET, S.'. I.'. (C. G. E.) -— LUCIEN MAUCHEL, S.'. I.'._ (D. S.'E.) — GEORGE MORTIERE, S.'.
I.'. ,s — PAPUS, S.'. l.'. —- PHILO PHOTES, S.'. I.°. (C. G. E.) — QUÆRENS, S.'. I.'. (D. G. E.) — SÉDIR, S.'. I.'. (C. G. E.) — SELVA, S.'. I.'. (C. G. E.) — VURGEY, S.'. I.'. (D. G. E.). _ 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ABIL-MARDUK. — ALEPH. — Le F.'. BERTRAND I8'.'. — RENÉ CAILLIÉ. — A. C. TSHÉLA. — CAMILLE CHAIGNEAU. -— CHIMUA DU LAFAY. — G. DELANNE. -— DELEZINIER. — FABRE DES ESSARTS. — D“ FUGAIRON.-JULES GIRAUD.— L.
HUTCHINSON.— HORACE LEFORT. —— L. LEMERLE.— DONALD MAC-NAB. — MARCUS DE VÈZE. — NA POLÉON* NEY. -—- EUGÈNE NUS.— HORACE PELLETIER.— PHILOPHO TES. — G. POIREL. — RAYMOND.— A. DE ROCHAS.— Dr SOURBECK. — L. STEVENARD. —— THOMASSIN. —- PIERRE TORCY. -- G. VITOUX. — HENRI WELSCI-I. —- OSWALD WIRTH. — YALTA'. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — E. GOIIDEAU. — MANOËL DE GRANDFORD. —- JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — R.
DE MARICOURT. — CATULLE MENDÈS. — GEORGE MONTIÈRE.— LEON RIOTOR. -SAINT— FARGEAU. — ROBERT SCHEFFER. — CH. DE SIVRY. -— (‘H. TORQUET. 40 POÉSIE DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. —— YVAN DIETSCHINE. —— R.DE MARICOURT.—- PAUL MARROT.-— J. DE TALLENAY. -— ROÈER’I‘ DE LA VILLEHERVÉ.
L’Iiiitidtiœi du 15 janvier 1893 GRO UPE INDÉPENDAN T D’ÉTUDES ÉSÛTERIQUES SOCIÉTÉ D’ETUDES THEORIQUES ET PRATIQUES DES FORCES ENCORE NON DÉFINIES DE LA NATURE ET DE L’HOMME ' Membres. — Les membres me payent ni cufisæinæxç ni droit d’entrée. Tout abonné de l’Initiation ou du Voil’e d’Isis reçoit sa carte de membre associé sur sa demande. Quartier Général. —La Société comprend 22 Groupes d’étudcs théoriques et pratiques au Quartier Général, 29, rue de Trévise, Paris. De plus, une Bibliothèque, une salle de lecture, une salle de conférences, pouvant contenir 200 auditeurs, et une librairie existent au Quartier Général. Branches. -_— Des branches de Groupes Indépendants d’études ésotériques sont établies en France et à l’Etranger Le Groupe compte actuellement: 21 branches régulières . en France, 30 branches à l’Etranger et 23 correspondants dans les centres qui ne possèdent pas enco re une Branche régulière. Journaux. — Propagande. -— Outre les volumes édités par la Librairie, le Groupe possède comme organe de propagande : L’Initiation (revue mensuelle). — Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire). — Psyché (revue mensuelle d’art et de littérature). -— La Bibliographie de la Science Occulte (bulletin trimestriel). — De plus : The Ligth o/ Paris,(journal hebdomadaire), imprimé en anglais vient ’ d’être créé comme organe delaBibliothéque internationale des Œuvres desfemmes, destiné à faire la propagande de l’occultisme dans les pays de langue anglaise.
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1893 L'ÆËNITIATION A ses Lecteurs et Abonnés avam a aos LA SIXIÈÀIE ANNÉE DE L’INITIATION Avec ce numéro, l’Initz‘az‘z‘on entre dans sa sixième année d’existence. Depuis la fondation de notre or— gane, nous avons vu le nombre de ses lecteurs s’ac croître progressivement, nos idées faire un chemin considérable, et la société d'études fondée sous l’égide de la revue étendre ses rameaux en France et à l’étranger.
Malgré toutes les oppositions patentes ou occultes, malgré les calomnies les plus absurdes et les polémiques les plus violentes, nos abonnés de la pre I
2 L’INITIATION mière heure nous sont toujours demeurés fidèles, et beaucoup d’autres sont venus se joindre à eux. De notre côté, nous suivrons fidèlement notre ligne de conA duite et nous consacrerons la plus grande partie des bénéfices provenant de la revue à son amélioration matérielle.
Nos lecteurs ont pu remarquer que, depuis quelque temps, chaque numéro est accompagné de planches hors texte et d’illustrations;c’est le début de l’application des principes ci—dessus.
De plus, en par— courant rapidement la collection de l’Initiation, on pourra se rendre compte que nous avons toujours été les premiers dans la presse spiritualiste à publier les travaux scientifiques intéressant notre mouvement, comme la préface de M. le professeur Richet,le discours de M. Lodge, les travaux de M. le colonel de Rochas qui est devenu un de nos rédacteurs les plus éminents. etc., etc. Enfin, nous avons fait tous nos efforts pour conserverà la partie philosophique et scientifique de la revue le caractère d’indépendance vis-à-vis de toutes les écoles, indépendance qui a été la cause du succès constant de nos idées.
Nous ne saurions trop, en terminant, remercier nos rédacteurs de la première heure à qui revient la plus grande part dans notre succès, ainsi que nos nouveaux cOllaborateurs de cetteannée: M. le Dr Fugai— ron, docteur en médecine et docteur es sciences, dont l’étude si remarquable sur l’électricité des êtres vivants va sous peu paraître en volume, car cette étude est considérable; M. Marc Haven, docteur en kabbale; . M. Selva, le directeur du Groupe des Signatures qui prépare également un intéressant volume d’astrologie;
:p-:_ .-_.. -. _ AVANT-PROPOS 3 Yalta, àqui nous devons trois articles de grande valeur; le chevalier Thomassin, notre délégué en Allemagne? le Dr Sourbeck, chefde branche en Egypte, M. H. Li— zeray qui, quoique ne partageant pas nos idées, a pu exposer librement ses vues dans la revue, et M. Hutchinson, l’élève d’Eliphas Lévi.
Enfin la partie littéraire de l’Inz‘tz’atz’on a eu l’honneur de publier des travaux de M. J. de Tallenay, de M. Robert Schefier, l’éminent collaborateur de la nouvelle revue, de M. Léon Riotor, Yvan Dietschine, etc., en plus de ses rédacteurs habituels.
Mais, à côté dela « partie philosophique et scienti' fique » de la revue, absolument ouverte à toutes les écoles, nos lecteurs savent que nous avons créé une « partie initiatique » réservée à la défense et à l’exposé de la tradition ésotérique.
Le développement des so— ciétés adhérentes au Groupe d’études ésotériques nous permet dès maintenant d'augmenter le nombre des rédacteurs de cette « partie initiatique » en choisissant, parmi les collaborateurs de l’Inz’tz‘alion, ceux qui.se sont particulièrement consacrés à la défense de nos idées.
Voilà pourquoi nous sommesheureux d’annon— - cer à noslecteurs que les rédacteurs suivants (par ordre alphabétique) font désormais partie de la section initiatique de la revue: MM. JULES DOINEL, archi viste du département du Loiret, délégué du Groupe et chef de l’Église gnostique rénovée; MARC HAVEN, docteur en kabbale; ÉMILE MICHELET, directeur de Psyché et chef de groupe; LUCIEN MAUCHEL, licencié en droit, directeur adjoint de l’Inz’tz’atz’on et directeur de section; PHILOPHO'I‘ES, président de l’école alchi— ilË-ju-hu; - - . -
4 L’INITIATION mique et chef de Groupe; QUÆRENS, délégué du Groupe; PAUL SÉDIR, secrétaire de la rédaction de l’Inz‘tz'alion, licencié en kabbale et chef de Groupe; SELVA, chef de Groupe; VURGEY, délégué du Groupe. LA DIRECTION.
.——..-.—u-vw u—e .T à / mm\\\\‘ PARTIE INITIATIQUE I ÏEXTE w äËirsna’“ PREMIER CHAPITRE Premier paragraphe. -—- Par trente—deux voies mystérieuses de sagesse Yah, l’Éternel Sebaot, le Dieu d’lsraël, Dieu vivant, Dieu tout-puissant, élevé et sublime, habitant l’Éternité, et dont le nom est saint, a tracé et créé son monde. sous trois formes (2). dans l’écriture, le nombre et la parole. Ce sont : dix nombres primordiaux (3), vingt—deux lettres fonda— mentales, dont trois principales, sept doubles etdouze simples ' (1% Comme Saadya donne en arabe la traduction du texte du éfer Yesira, nous avons pensé inutile de donner deux fois dans l’intérieur de l’ouvrage la traduction française d’un même paragraphe, une fois d'après l’hébreu, une autre fois d'après ’arabe; nous avons cru préférable de mettre ICI le texte entier du Séfer Yesira, traduit par l‘hébreu, réservant pour l’intérieur de l‘ouvrage la traduction de la version arabe On aura ainsi une vue d ensemble du Séfer Yesira; l‘on pourra, d‘autre part, com arer la traduction faite sur l’original avec la version de Saa ya. (2) Litt.: Trois livres. (3) n73” :1, qui nous paraît signifier, dans la ensée de l’au teur : tiré de rien, est considéré comme la c é de voûte du monde, puisque le monde y est suspendu (Job, xxw, 7).
6 L’INITIATION Deuxième paragraphe. —o- Dix nombres primor diaux selon le nombre des dix doigts, dont cinq sont en face de cinq. Et la personne de l’Unique est juste au milieu, par la parole, la langue et la bouche (I).
Il r - --.---.. correspondent aux dix infinis: profondeur du com—‘ mencement et profondeur de la fin, profondeur du bien et profondeur du mal, profondeur du haut et pro— fondeur du bas, profondeur de l’Orient et profondeur de l’Occident, profondeur du Nord et profondeur du Sud; et un maître unique, Dieu, Roi fidèle, les domine toutes du séjour de sa sainteté et jusque dans l’éter— nité des éternités.
Troisième paragraphe. —- Vingt—deux lettres fon damentales, trois principales: alef, mem, schz’n; elles correspondent au plateau du mérite, au plateau du démérite et à la balance de la loi qui met l’équilibre entre eux; sept doubles, bet, guz‘mel, dalet, kaf, pé, resch, tan, qui correspondent àla vie, la paix, la sagesse, la richesse, la postérité, la faveur, la domination; hé, par, :,ayin, het, tet, yod, lamea’, mm, saute/t, ayin, sadé, qof, qui correspondent àla vue, l’ouïe, l’odorat, la parole, la nutrition, la cohabitation, l’action, la marche, la colère, le rire, la pensée et le sommeil.
Quatrième paragraphe. — Par lequel Yah, Éternel Scbaot, Dieu d’lsraël, Dieu tout vivant, Dieu tout— puissant élevé, sublime, habitant l’Éternité et dont le nom est saint, a tracé trois pères et leurs postérités (2), sept conquérants et leurs légions (3), douze arêtes du (I) D'après les autres textes: par la parole de la langue et l’alliance de la chair. (2) L’air, l'eau, le feu et ce qui en dérive. (3) Les planètes et les étoiles.
TEXTE DU SÉFER YESIRA 7 I.m '-w‘fl‘...m.._tu . --,-pau.M -<,,,;gu _ ‘ cube (1). La preuve de la chose est (donnée par) des témoins dignes de foi, le monde, l’année et l’âme, qui ont la règle des dix, trois, sept et douze; leurs prépo sés sont le dragon, la sphère et le cœur. DEUXIÈME CHAPITRE Premier paragraphe. — Dix nombres primor— diaux7 dix et non neuf, dix et non onze.
Comprends avec sagesse, sois sage avec intelligence ; examine—les et sonde—les. Sache, pense, imagine; établis la chose dans son évidence et établis le créateur à sa place. (Les nombres) correspondent à dix infinis; quand on les aperçoit, ils ressemblent à l'éclair, et, à la fin, ils vontàl’infini; on a dit d’eux qu’ils s’élancent et reviennent; sur l’ordre de (Dieu) ils se précipitent comme un ouragan et ils se prosternent devant son trône (2).
Deuxième paragraphe. — Vingt-deux lettres fon— damentales, trois principales, sept doubles et vingt— deux simples: les trois principales sont alef, mem, schin; mystère important, caché, merveilleux et écla— tant, d’où sortent le feu, l’air et l’eau, d’où tout a été créé (3). Troisième paragraphe. — Sept doubles : bet, gui— mel, dalet, kaf, pe’, resch, ta».
Sept et non six, sept (1) Le mot ’D35N ne parait pas signifier ici diagonale. (2) Les anges sont les nombres, qui ne sont presque rien au début, et qui s'étendent ensuite a l’infini. (3) Nous avons supprimé un passage qui se retrouve 111,3, et qui n'a rien à faire ici. , _'p‘_n‘iæ- :
8 L’INITIATION v. ( : x-v-nl u. z-w. 7‘:1“.”w« , . ,:-r,,r ,. L . .,;n.. -Y. r; .w—.-.wv TÎM--..-e_ ._ . et non huit, six côtés dans les six directions, et le temple placé juste au milieu, — l’Éternel soit béni de son endroit! ——il est l’endroit du monde et le monde n’est pas son endroit.
Quatrième paragraphe. — Douze simples, douze et non onze, douze et non treize : douze arêtes des angles, se divisant dans les directions. séparant les diflérents côtés : arête est-nord, arête est—haut, arête est—bas, arête nord—ouest, arête nord-haut, arête nord bas, arête ouest-sud, arête ouest-haut, arête ouest-bas, arête sud-est, arête sud-haut, arête sud—bas.
Cinquième paragraphe. — Par lesquelles Yah, l’Éternel Sebaot, Dieu d’lsraël, Dieu vivant, Dieu tout-puissant, noble et sublime, habitant l’éternité et dont le nom est saint, a tracé vingt—deux lettres, fixées à la sphère; la sphère tourne devant derrière. Un signe de la chose : Rien ne dépasse en bien les dé lices (ônèg) et rien ne dépasse en mal la plaie (néga).
Sixième paragraphe. —- La preuve de la chose est (donnée) par des témoins dignes de foi : le monde, l’année, l’âme. Le monde se compte par dix : les trois sont le feu, l’air et l’eau : les sept sont les sept planètes ; les douze sont les douze signes du zodiaque. L’année se compte par dix : les trois sont l’hiver, l’été et la demi-saison ; les sept sont les sept jours de la création; les douze sont les douze mois.
La per sonne compte par dix : trois sont la tête, le tronc et le ventre; les sept sont les sept ouvertures, les douze sont les douze organes directeurs.
TEXTE DU SÉFER YESIRA , 9 ma}.-. .4 .w__.- .. . . .. TROISIÈME CHAPI'i RE Premier paragraphe. — Dix nombres fermés; ferme ta bouche pour ne pas parler, ferme ton cœur pour ne pas penser, et, si ton cœur s’élance, retourne vers l’Endroit, car il est dit ainsi : Ils courent et re viennent. Fixe leur fin dans leur commencement et leur commencement dans leur fin, comme une flamme fixée à un charbon (1).
Sache, pense et imagine que le Créateur est un et qu’il n’y en a pas en dehors de lui, et, devant l’unité, que comptes—tu? Deuxième paragraphe. — Vingt-deux lettres fonda mentales : trois principales, sept doubles, douze simples. Trois principales, alef, mem, sehz‘n; le feu, l'air et l’eau.
L’origine du ciel est le feu, l’origine de l’atmosphère est l’air, l’origine de la terre est l’eau : le feu monte, l’eau descend et l’air est la règle qui met l’équilibre entre eux; le mem est grave, le schz'n est aigu, l’alef est intermédiaire entre eux. Alef—mem schz'n est scellé de six sceaux et enveloppé dans le mâle et la femelle (2). Sache, pense et imagine que le feu supporte l’eau.
Troisième paragraphe. — Sept doubles : 17, g, d, 1:, p, r, t, qui sont usitées avec deux prononciations: bet, bhet; guz’mel, ghz'mel; dalet, dhalet,‘ kaj, khaf; pe', phé; resch, rhesch; tav, thau : l’une d0uce, _ (Il. L'auteur veut sans doute dire que si les nombres sont infinis our nous, ils nele sont pas. pour Dieu. _ f (2) arce qu’il y a 31x combinaisons, trms f0rtes et (mm aibles.
I0 L’INITIATION l’autre dure, à l’instar du fort et du faible. Les doubles représentent des contraires.
Le contraire de la vie, c’est‘la mort; le contraire de la paix, c’est le malheur; le contraire de la sagesse, c’est la sottise ; le contraire de la richesse, c’est la pauvreté; le contraire de la culture, c’est le désert; le contraire de la grâce, c’est la laideur; le contraire du pouvoir, c’est la servi tude. _ Quatrième paragraphe. —— Douze lettres simples : hé, vav, âayin, het, tet, yoa’, lamea’, nun, samekh, ayin, sadé, qof.
Il les a tracées, taillées, multipliées, pesées et permutées : comment les a«t-il multipliées? Deux pierres bâtissent deux maisons, trois bâtissent six maisons, quatre bâtissent vingt-quatre maisons, cinq bâtissent cent vingt maisons, six bâtissent sept cent vingt maisons, sept bâtissent cinq mille quarante maisons. A partir de là, va et compte ce que ta bouche ne peut exprimer, ce que ton oreille ne peut entendre.
Cinquième paragraphe. -— Par lesquelles Yah, I’Éternel Sebaot, le Dieu d’Israël, Dieu vivant, Sei— gneur tout-puissant, élevé et sublime, habitant l’éter— nité et dont le nom est saint a tracé (le monde). YaH se compose de deux lettres, YHVH de quatre lettres. Sebaot : il est comme un signe dans son armée. Dieu d’Israè‘l: (Israël) est un prince devant Dieu.
Dieu vivant : trois choses sont appelées vivantes : Dieu vivant, eau vive et arbre de la vie. El: fort. Sadday :' jusque—là il suffit. Élevé: car il réside dans la hauteur du monde, et est au-dessus de tous les êtres élevés. Sublime : car il porte et soutient le haut et le bas: «Ms-1n
. ‘_—.r_ u...’:4&.t _—.- TEXTE DU SÉFER YESIRA Il tandis que les porteurs sont en bas et leur charge en haut, lui est en haut et il porte en bas; il porte et soutient le monde entier. Habztanti’e’ternité : car son règne est éternel et ininterrompu. Son nom est saint: car lui et ses serviteurs sont saints et ils lui disent chaque jour : Saint, saint, saint.
Sixième paragraphe. ——- La preuve de la chose (est fournie par) des témoins dignes de foi: le monde. l’année, l’âme. Les douze sont en bas, les espt sont au—dessus d’eux et les trois au-dessus des sept. Des trois il a formé son sanctuaire, et tous sont attachés à l’Un: Signe de l'Un qui n’a pas de second, Roi unique dans son monde, qui est un et dont le nom est un. QUATRIÈME CHAPITRE Premier paragraphe. —— Dix nombres primordiaux.
Premièrement : L’ prit du Dieu vivant, vie du monde, dont le trône est affermi de toute éternité. Son nom est loué et béni toujours et éternellement : c’est là l’esprit saint. Deuxième paragraphe. —— Deuxièmement : Il a tracé un air d’un autre air, il a taillé les quatrécôtés du ciel: l’Orient, l’Occident, le Nord et le Sud, et il y a un vent de chaque (côté).
Troisième paragraphe. — Vingt-deux lettres fon— damentales : Trois principales, sept doubles et douze simples; lettres taillées dans l’air, tracées par la voix, fixées dans la bouche en cinq endroits: Alef, hé, het, ayin ; bet, vav, mem, pe’ ; guimel, yod, haf, qof
12 L’INXTIATION dalet, tel, lamed, mm, tau, çayz'n; samekh, sade', resch, schz'n. Les gutturales se prononcent avec la fin de la langue, les linguales vers le milieu de la langue, en se prononçant avec la voyelle, les sifflantes entre les dents et avec la langue inerte. Quatrième paragraphe. — Les vingt-deux lettres, il les a tracées, taillées, multipliées, pesées et interver ties, et il en a formé toutes les créatures et tout ce qui sera créé.
Et de quelle façon les a-t—il multipliées ? L’ale/ avec toutes et toutes avec l’alef, le bel avec toutes et toutes avec le bet, le guimel avec toutes et toutes avec le guimel; toutes tournent en cercle; il se trouve qu’elles sortent par deux centtrente et une portes;il se trouve que toutes les paroles sortent sous un même nom.
Cinquième paragraphe. — Il a formé du néant le réel et il a fait exister ce qui n’était pas; il a taillé de grandes colonnes d’un air insaisissable.
Sixième paragraphe. — Troisièmement: Il a créé l’eau de l’air ; il a tracé et taillé avec elle le tohu et le bohu, le limon et l’argile; il en a fait comme une sorte de parterre, il les a taillés en une sorte de mur, il les a couverts comme une sorte de toiture; il a fait couler l’eau dessus, et cela est devenu la terre, comme il est écrit : Car à la neige z'ldz't : sois de la terre. (Tohu, c’est la ligne verte qui entoure le monde entier; bohu, ce sont les pierres trouées et enfoncées dans l’Océan, d’où sort l’eau, comme il est dit: Il tendra sur elle la ligne de tohu et les pierres de bohu.) (1) V (n Cette dernière ex lication est probablement une interpo lation. L'auteur du se er Yesira paraît avoir expliqué mm mm par D"l:fl W51.
TEXTE DU SÉFER YESIRA I3 Septième paragraphe. —— Quatrièmement: Le feu de l’eau. Il a tracé et taillé avec lui le trône de gloire et toute la légion céleste, comme ilrest écrit: Ilfait des vents ses messagers et ses serviteurs de feu flam— boyant. Huitième paragraphe. — Cinquièmement: Il a choisi trois lettres simples et les a fixées avec son grand nom et a scellé avec elles les six côtés.
Il a scellé le haut, il s’est tourné en haut et l’a scellé avec yod, he’, vav. Sixièmement: Il a scellé le bas, il s’est tourné en bas et l’a scellé yod, vav, lié. Septièmement: Il a scellé l’Orient, il s’est tourné devant lui et il l’a scellé avec lié, vav, yod. Huitièmement: Il a scellé l’Occident, il s’est tourné derrière lui, et l’a scellé avec hé yod, vav.
Neuvièmement: Il a scellé le Midi, il s’est tourné à droite et l’a scellé avec vav, yod, he’. Dixièmement: Il a scellé le Nord, il s’est tourné à gauche et l’a scellé avec vav, he’, yod. Voilà les dix nombres primordiaux: I° l’esprit du Dieu vivant; 2° l’air (créé) de l’esprit; 3° l’eau créée de l’air; 4° le feu (créé) de l’eau; 5°—IO° le haut, le bas, l’Orient, l’Occident, le Nord, le Sud. CINQUIÈME CHAPITRE I.
Il a fait régner l’alef dans l’air, il lui a attaché une couronne et a combiné une (lettre) avec l’autre, et il a créé avec lui l’atmosphère dans le monde, la demi-saison dans l’année et le tronc dans la per sonne: mâle et femelle, mâle avec emesch et la femelle
I4 L’INITIATION avec ascham. — 2. Il a fait régner le mem sur l’eau, il lui a attaché une couronne et il les a mélangés l’un A avec l'autre, et il a formé avec lui la terre dans le monde et l‘hiver dans l’année et le ventre dans la per sonne. — 3.
Il a fait régner le schin dans le feu, et il lui a attaché une couronne, et il les a mêlés l’un avec l’autre, et il a créé avec lui le ciel dans le monde, l’été dans l’année, la tête dans la personne, mâle et femelle. De quelle façon les a-t-il mêlés? Alef, mem, schin; alef, schin, ment; mem, schz’n, alef; mem, alegf, schin ; schin, alef, ment; schin, mem, alef. Le ciel est du feu, l’atmosphère est de l’air, la terre est de l’eau.
La tête de l’homme est du feu, son cœur est de l’air, son ventre est de l’eau. -—- 4. Sept lettres doubles, 6, g, d, h, p, r, t; il les a tracées, taillées, mélangées, équilibrées et permutées; il a créé avec elles les planètes, les jours et les ouvertures. -— 5.
Il a fait régner le bel et il lui a attaché une couronne, etles a combinés l’un avec l’autre, et il a créé avec lui Saturne dans le monde, le sabbat dans l’année, et la bouche dans la personne. —- 6. Il a fait régner le guimel, il lui a attaché une couronne et les a mélangés l'un avec l‘autre; il a créé avec lui Jupiter dans le monde, dimanche dans l’année, l’oeil droit dans la personne. — 7.
Il a fait régner le dalet, il lui et attaché une couronne, il les a mélangés l’un avec l’autre, et il a créé avec lui Mars dans le monde, le lundi dans les deux intestins (I), les deux mains, les deux pieds (I). _‘———-——' (I) D’après Sabbatai‘ Donolo, ce serait l'œsophage et le bas— ventre.
TEXTE DU SÉFER YESIRA 15 — 8. Il a fait régner le kaf, il lui a attaché une couronne, et lesa mêlés l’un avec l’autre, et a créé avec lui le soleil dans le monde, le mardi dans l’année, la marine droite dans la personne. —— 9. Il a fait régner le pe’ et il lui a attaché une couronne, il les a mêlés l‘un avec l’autre, et a créé avec lui Vénus dans le monde, le mercredi dans l’année, la marine gauche dans la per sonne. —— 10.
Il a fait régner le resc/z, il lui a attaché une couronne et les'a multipliés l’un avec l’autre, et a créé avec lui Mercure dans le monde, le jeudi dans l’année, l’oreille droite dans la personne. —- x I. Il a fait régner le la», il lui a attaché une couronne, il les a multipliés l’un avec l’autre, et a créé avec lui la Lune dans le monde, le vendredi dans l’année, l’oreille gauche dans la personne. -— 12.
Il a séparé les témoins et les a placés chacun à part, le monde à part, l’année à part et la personne à part. SIXIÈME CHAPITRE Douze simples: hé, rai}, gayin, haï, let, yod, la med, nun, samek/z, ayz’n, sade', qof.
Il les a tracées, taillées, multipliées, équilibrées et permutées, et il a créé avec elles les signes du zodiaque, les mois et les organes directeurs : deux agités (1), deux tran quilles (2), deux délibérants (3), deux gais (qui sont la calomnie et l’hypocrisie. 1. Il les a mis comme en lutte et les a rangés comme (x) La bile et le foie. (2) La rate et l’estomac. (3) Les rcms.
I 6 L’INITIATION en bataille. Dieu a fait l’un en face de l’autre. —-—2. Trois, chacun à part ; sept divisés trois au-dessus de trois, et l’un la règle qui met l’équilibre entre eux. Douze placés en bataille : trois amis, trois ennemis, trois meurtriers et trois résurrecteurs et tous attachés l’un à l’autre (2); signe dela chose : vingt-deux objets et un corps—3.
De quelle façon les a-t-il multipliées : hé var, vau hé, gayzu het, het gayin, tedyod, yod tet, lamednun, nun lamed, samehh ayin, ayin samekh, sadé qof, qofsadé. — 4.. Il a fait régner le hé, lui a attaché une couronne, il les a multipliés l’un avec l’autre, et il a créé avec lui le Bélier dans le monde, nisan dans l’année et le foie dans la personne. — 5.
Il a fait régner le par, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avecl’autre; il a créé avec lui le Taureau dans le monde, z'yyar dans l’année, la bile dans la personne. — 6. Il a fait régner le gaym, lui a attaché une couronne, les a mul tipliés l’un avec l‘autre, et a créé aveclui les Gémeaux dans le monde, sivan dans l’année et la rate dans la personne. — 7.
Il a fait régner le het, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre et a créé le Cancer dans le monde, tammug dans l’année et l’estomac dans la personne. —— 8.
Il a fait régner le tel, lui a attaché une couronne et les a multipliés l’un avec l’autre et a préé avec lui le Lion dans le monde, ab dans l’année, le rein droit dans la personne. — (I) D’après Donolo : deux.ravisseurs (les mains) et deux chas seurs (les pieds). (2) D’après Donolo, ces douze ne seraient pas les mêmes ne les douze précités: ce serait la langue, le foie et la bile; es deux, les oreilles et le cœur; les deux narines et la rate ;les deux orifices et la bouche. .Lp-A
TEXTE DU SÉFER YESIRA 17 9. Il a fait régner le yod, il lui a attaché une couronne; il les a multipliés l’un avec l’autre et a créé avec lui la Vierge dans le monde, élu! dans l’année et le rein gauche dans la personne. — 10. Il a fait régner le lamed, il lui a attaché une couronne, il les a multi pliés l’un avec l’autre eta créé avec lui la Balance dans le monde, tz'schri dans l’année, l’intestin abstinent dans la personne. — II.
Il a fait régner le mm, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l'au tre,_ et il a créé le Scorpion dans le monde, marhes— chvan dans l’année, l’intestin aveugle dans la per sonne. — 12. Il a fait régner le samekh, lui a attaché une couronne, les a multipliés l’un avec l’autre et a créé le Sagittaire dans le monde, kz'slev dans l’année, la main droite dans la personne. —— 13.
Il a fait régner le ayz’n, lui a attaché une couronne, il les a multipliés l’un avec l’autre et a créé avec lui le Capricorne dans le monde, te’bet dans l’année, la main gauche dans la personne. — 14..
Il a fait régner le sade', lui a attaché une couronne; il les a multipliés l’un avec l’autre et il a créé avec lui le Verseau dans le monde, schebat dans l’année, le pied droit dans la personne. —— Il a fait régner le qoj, lui a attaché une couronne et a créé avec lui les Poissons dansle monde, adardans l’année et le pied gauche dans la personne. —— 16. Il a divisé les témoins, les a placés chacun à part, le monde à part, l’année à part et la personne à part.
I 8 L’INITIATION SEPTIÈME CHAPITRE I. Air, demi—saison, tronc. — Terre, hiver, ventre, — Ciel, été, tête, et ce sont alef, mem, schin. — 2. Saturne, samedi, bouche. — Jupiter, dimanche, œil droit. — Mars, lundi, oeil gauche. — Soleil, mardi, marine droite. —- Vénus, mercredi, marine gauche. —- Mercure, jeudi, oreille droite. -—Lune, vendredi, oreille gauche ; ce sont bet, guimel, dalet, kaf, pé, resch, tav. —- 3.
Bélier, nisan, foie. — Taureau, iyyar, bile. -— Gémeaux, sivan, rate. -— Cancer, tammuq, estomac. -— Lion, ab, rein droit. — Vierge, élu], rein gauche—Balance, tisch ri, intestin abstinent. — Scorpion, marheschvan, intestin aveugle. — Sa _ gittaire, kz‘slev, main droite. -— Capricorne, tébet, main gauche. ——Verseau, schebat, pied droit. -— Pois sons, adar, pied gauche; et ce sont hé, vav, gayin, .et, let, yod, lamed, nun, samehh, ayin, sadé, qoj.
HUITIÈME CHAPITRE Avec l’alef ont été formés : l’air, l’atmosphère, la demi-saison,la poitrine etla règle de l’équilibre (fléau). Avec le mem ont été formés : l’eau, la terre, l’hiver. le ventre, le plateau du démérite. Avec le schin ont été formés : le feu, le ciel, l’été, la tête et le plateau du mérite. Avec le bet ont été formés : Saturne, le Sab— bat, la bouche, la vie et la mort. Avec le guimel ont été formés : Jupiter, le dimanche, l‘oeil droit, la paix
TEXTE DU SÉFER YESIRA 19 et le malheur. Avec le dalel ont été formés : Mars, le lundi, l’œil gauche, la sagesse et la sottise. Avec le haf ont été formés : le soleil, le mardi, la marine droite, la richesse et la pauvreté. Avec le pe’ ont été formés : Vénus, le mercredi, la marine gauche, la culture et le désert. Avec le resch ontété formés : Mercure, le jeudi, l’oreille droite, la grâce et la laideur.
Avec le tav ont été formés ; la lune, le vendredi, l’oreille gauche, la domination et la servitude. Avec le bei ontété formés: le Bélier, nisan, le foie, la vue, et la cécité. Avec le vav ont été formés : le Taureau, iyyar, la bile, l’ouïe et la surdité. Avec le gayin ont été formés : les Gé meaux, sivan, la rate, l’odorat et l’absence d’odorat. Avec le het ont été formés : le cancer, lammug, l’es tomac, la parole, et le mutisme.
Avec le tel ont été formés : le Lion, ah, le rein droit, la déglutition et la faim. Avecle yod ont été formés : la Vierge, élu], le rein gauche, le commerce sexuel et la castration. Avec le lamed ont été formés ; la Balance, lise/tri, l’intes tin abstinent, l’activité et l’impotence. Avec nun ont été formés :le Scorpion, marheschvan. l’intestin aveugle, la marche et la claudication.
Avec same/th ont été formés : le Sagittaire, kislev, la main droite, la colère et l’enlèvement du foie. Avec ayin ont été for més : le Capricorne, te’bet, la main gauche, le rire et l’enlèvement de la rate. Avec sade’ ont été formés : le Verseau, séhcbaz‘, le pied droit. la pensée et l’enlève ment du cœur. Avec le qofont été formés : les Poissons, adar, le pied gauche, le sommeil et la langueur. Et tous sont attachés au Dragon, à la sphère et au cœur. —- Le Dragon dans le monde est comme un roi sur le
20 L’INITIATION trône, la sphère dans l’année est comme un roi dans la ville, le cœur dans le corps est comme un roi dans la guerre. Le résumé de la chose est : Quelques-uns se réunissent avec d’autres et ceux-ci se réunissent avec ceux-là. Ceux-ci sont opposés àceux—là et ceux-là op posésà ceux-ci. Ceux-ci sont le contraire de ceux-là et ceux-là sontle contraire de ceux ci.
Si ceux—ci ne sont pas, ceux-là ne sont pas, et, si ceux-là ne sont pas, ceux-ci ne sont pas, et tous sontattachés au Dragon, à la sphère et au cœur. Trois (1) choses sont au pouvoir de l’homme (les mains, les pieds, les lèvres), trois choses ne sontpas au pouvoir de l’homme (les yeux, les oreilles, les narines).
Il ya trois choses pénibles àentendre : la malédiction, le blasphème etlamauvaisenouvelle; il y a trois choses agréables à entendre: la'bénédiction, la louange et la bonne nouvelle. Trois regards sont mauvais : le regard de l’adultère, le regard du voleur et le regard de l’avare; trois choses sont agréables à voir : le regard de la pu deur, le regard de la franchise et le regard de la gé nérosité.
Trois odeurs sont mauvaises : l’odeur de l’air corrompu, l’odeur d’un vent lourd et l’odeur des poisons; trois odeurs sont bonnes : l’odeur des épices, l’odeur des festins et l’odeur des aromates. Trois choses sont mauvaises pour la langue : le bavardage, l’année et l’œil gauche dans la personne. Trois choses sont bonnes pour la langue : le silence, la réserve et la sincérité. Et lorsque Abraham notre père l’eut compris, qu’il (1) Ajouté d’après Sabbatai‘ Donolo. """HI‘P‘fl"
TEXTE DU SÉFER YESIRA 21 imagina, combina, scruta et pensa, et que cela lui réussit, Dieu se révéla à lui et lui appliqua le verset : Avant queje t’aie formé dans le sein (maternel), je t’ai connu ; et avant que tu sois sorti dela matrice, je t’ai sanctifié, je t’ai placé comme prophète parmi les na— tions : (Dieu) fit (d’Abraham) son ami et contracta une alliance avec lui et avec sa postérité. MAYER LAMBERT, professeur au séminaire israélite.
NOTE. —- M. Mayer Lambert a bien voulu autoriser spécia— lement l’Initz'ation à publier cet extrait de son ouvra e sur le Séfer Yesira, paru en [891 à Paris. Nous avons fait, cl S 1887, une traduction du Se’fer Yesira, mais avec un texte bien moins complet que celui que M. Lambert a retrouvé, grâce à Saadya.
En comparant les deux traductions, on verra combien celle—ci est supérieure à la nôtre; mais on verra aussi combien la con naissance de la tradition ésotérique nous a permis de préciser certains termes très vagues pour notre auteur; comme celui qu’il tradnit par demi—saison et que nous traduitons par la saison tempérée, par opposition de l’été et de l'hiver.
Du reste. nous avons exposé tout cela dans notre ouvra e sur la Kabbale, auquel M. Adolphe Franck, de l‘Institut, a ien voulu faire une lettrer'face SI élogieuse. Quoi qu’il en soit, la tra— duction de M. Klayer Lambert est un document précieux que nos lecteurs sauront apprécier, nous en sommes convaincu. PAPUS.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE l‘sl‘ra SUR LES OPÉRATIONS DITES THÉOSOPHIQUES A F.-Ch. BARLET je dédie cette note en souvenir d’une discussion d’où est sortie l’idée de cet examen.
Je me propose, dans cette note, d’appeler l’attention sur quelques points qui me semblent obscurs dans la théorie des nombres et de provoquer des réponses à quelques objections qui ne m’ont pas paru avoir reçu jusqu’ici de solutions satisfaisantes, à ma connais— sance, du moins. Y Et, d’abord, cherchons quelle peut être la légitimité de ces modes de calcul qui sont donnés sans démons tration dans le Traité de Papus.
L’idée maîtresse de cette théorie est que tous les nombres sont des mani festations diverses de I’Unité se présentant sous l’un des trois états primordiaux caractérisés par le Un, le Deux et le Trois. Les rôles de ces trois premiers nom bres étant bien compris, comme symbolisant l’Actit’, le Passif et le Neutre, il s’agit de savoir, étant donné
NOTE SUR LES OPÉRATIONS THÉOSOPHIQUES 23 un nombre quelconque, auquel de ces trois premiers il correspond.
Il est bien clair qu’on peut, dans ce {91 22 3 but , disposer la suite indéfinie des 4 5 6 nombres en trois colonnes verticales, 7 8 9 de la façon ci-contre, et que la place m I I 12 occupée dans ce tableau par le nombre 1 3 14 15 chons1dere donnera la reponse à la ques 16 I7 18 mon; cest a1nsr, par exemple, que le 19 20 2! nombre 17 apparait comme correspon 22 23 __ dant au 2, et que, de plus, Il fait partie de la sixième triade, renseignement qui peut avoir aussi.son utilité.
Mais il est évident que ce procédé n’est pas pratique et que, s’il s’agissait d’un nombre élevé, ildeviendrait très laborieux. Pour s’en dispenser, il suffit de faire une remarque bien simple : d’après la construction même du tableau, il suffira de diviser le nombre par 3 sans prendre les décimales; le quotient, plus I, représentera le rang de la ligne horizontale où se trouve le nombre, et le reste de la division la ligne verticale.
Exemple: 17:3X5+2 . le quotient est 5, le reste 2 : donc 17 est un Deux de la sixième triade. Or on sait qu’un nombre quelconque est un mul tiple de 9 plus la somme de ses chiffres. D'autre part, 9 étant un multiple de 3, on peut dire qu’en le nombre est un multiple de 3 plus la somme de ses chiffres. Cette somme elle-même jouit de la même propriété,
24 L’INITIATION de sorte que l’on peut, de réduction en réduction, ’ arriver à mettre un nombre quelconque N sous la forme : ’ N : multiple de 3 + r r étant égal à I, 2 ou 3, si j’appelle cette quantité r < 3 la réduite du nombre N, on voit qu’un nombre quel conque se trouve caractérisé, au point de vue qui nous occupe, par sa réduite, qui n’est autre que le reste de sa division par 3. mais qui s'obtient très simplement par la somme des chiffres débarrassée de tous les mul tiples de 3 qu’elle peut contenir, sauf3 lui-même.
Nous avons ainsi retrouvé — et démontré — l’opé ration appelée Réduction théosophique. Mais remar» quons tout de suite que nous l’avons en outre sim plifiée et généralisée. Cette opération, en effet, telle qu’elle est présentée dansle Traité méthodique (p. 96), n’avait pour résultat que de ramener le nombre à un nombre d’un seul chiffre, c’est-à-dire à un nombre plus petit que 9, et non pas à l’un des trois premiers.
Pour reprendre notre exemple, I7 se ramenaità 8. Arrivé là, il fallait, on ne sait pourquoi, appliquer l’addition théqsophz’que, opération d’un tout autre caractère, sur laquelle je reviendrai plus loin et qui nous rejetait au delà de to, d’où l’on revenait en de— çà par une nouvelle réduction, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on fût entre I et 3.
Et, soit dit en passant, il } n’est pas du tout évident qu’on pût ainsi être certain de tomber sur la triade. Il arrivait même qu’on tom bait sur un résultat faux, car, si je reprends mon exemple, je ramène I7 à 8 par la réduction ; puis. par
NOTE SUR LES OPÉRATIONS THÉOSOPHIQUES 25 l’addition, 8 me donne 1 + 2 + 3 + !— — —— + 8 : 36 qui, par réduction, donne 9, lequel par nouvelle addition conduit à 45 , et enfin par réduction 9 encore, d’où je ne puis plus sortir, et qui est multiple de 3. alors que 17 ne l’est pas.
Donc, en prenant la réduite du nombre définie comme plus haut, je me passe de l’opération addi tion, non justifiée,et je reste dans la logique de la question, puisque j’opère par les multiples de 3 et non de 9. ' . Et, de plus, j’ai un procédé absolumentgénéral pour réduire un nombre quelconque à la première triade ; ce procédé unique est la Réduction théosophique.
Ce procédé est—il aussi général qu’il en a l’air P Je vais aborder ici un ordre d‘idées qui, tout en relevant de l’arithmétique élémentaire seule, exige une certaine attention. Ne perdons pas de vue la question primitive. Il s’agit de savoir si le nombre considéré se rattache à l’un, au deux ou au trois. Le nombre, c’est quelque chose d’absolu, qui ne dépend que de la nature de l’esprit humain.
La corrélation avec la première triade est absolue aussi. Le procédé employé pour dégager cette corrélation, pour être tout à fait général, doit donc être indépendant de toute contingence, par exemple indépendant de la façon d’écrire le nombre. En est il ainsi I" A Oui, pour la division par 3. Non, pour la Réduc tion théosophique. Quelle que soit la manière d’écrire le nombre, par quelque signe graphique qu’on le représente, la divi
26 L’INITIATION sion donnera toujours sa vraie place dans l’absolu. Mais la Réduction est basée sur le système de nu mération décimale, lequel est tout à fait arbitraire. Pour qu’elle soit générale dans son principe, il fau drait donc que son application donnât la même ré— duite dans un système de numération quelconque.
Examinons s’il en est ainsi. ‘ Je rappelle que toute numération repOse sur la né— cessité, pour ne pas avoir un nombre indéfini de chiffres, de constituer des unités d’ordres de plus en plus élevés au moyen du groupement d’un certain nombre d’unités simples qui constitue la base du système ; si l’on compte par paires, on a la numé ration binaire; par douzaines, la numération duo décimale, etc. J’appelle sous—base le nombre qui pré cède immédiatement la base(1) etje le désigne par a.
Ce sera onze dans la numération duodécimale, neuf dans la décimale, etc. Pour écrire tous les nombres dans un système quelconque, il faudra, en outre du 0, et caractères ou chiffres significatifs, qui représente ront la suite des nombres jusqu’à a.
Toute numéra— tion écrite est fondée sur le rang des chiffres les uns par rapport aux autres, ce rang indiquant l’ordre d’unité représenté par le chiffre, et le 0 ayant pour seul rôle de donner à chaque chiffre le rang conve— nable. Distinguons bien maintenant entre le nombre et le chiffre, celui-ci n’étant que le signe graphique de celui-là. Pour éviter la confusion inhérente à l’habi (I) Analogue à la sensible de la gamme par rapport à la to nique.
NOTE SUR LES OPÉRATIONS THEOSOPHIQUES 27 tude invétérée de lireles chiffres arabes dans le sys— tème décimal, je n’emploierai comme chiffres que des capitales romaines et je poserai la notation suivante: 0 I 2 3 4.. et a+I:täbasedusyst. O*A B C D..sansbaseAo. La base du système s’écrira toujours AO ; c’est l’unité du premier ordre.
Les unités des divers ordres sont les puissances successives de la base, auxquelles il n’est pas indispensable de donner des noms parti culiers, comme ceux de dizaines, centaines, mille, bien que cela existe déjà pour le_ système duodécimal dans lequel la grosse joue le rôle de la centaine.
L’unité de 9° ordre sera toujours écrite au moyen de l’unité suivie de n zéros ; par exemple, AOO représen tera la grosse dans le système duodécimal, la neuvaine dans le système ternaire et en général le carré de la ’ base ou l’unité de second ordre. Mais arrêtons cette digression et considérons, dans le sytème de base pet de sous-base et, le nombre quel conque écrit DCAB (I), soit n la valeur absolue de ce nombre.
D’après ce qui précède, on aura : n=B+Ao+Cr+Dr mais comme {3: et + I n=B +A(a+ 1) + ce+ 1)? + D(«+ r)3 ou bien en développant on arrive évidemment à n: multipledeœ-j—B —j—A + C +D d’où cet énoncé général : Un nombre quelconque, écrit dans un système de (i) Ce nombre sera dans le système décimal 4312 : mult. de 9 + [0. Il sera, dans le système duodécimal, 4 X I23
28 L‘INITIATION numération quelconque, est égal à un multiple de la sous-base, plus la somme de ses chzj‘res. Cette somme elle—même, écrite dans le même sys tème, se réduira de même, et ainsi de suiteiusqu’à ce qu’on arrive à un nombre au plus égal à la sous-base, c’est-à-dire à la réduite correspondante au système {3 que je désigne par Rp, et le Nombre prend la forme définitive : n : mult. de ot—l— Rçi.
Pour que la Réduction théosophique fût un procédé général applicable à toutes les écritures, il faudrait donc que les réduites fussent les mêmes dans tous les systèmes, ce qui estimpossible, puisque cette réduite dépend de la sous-base. Si je prends le système binaire, la sous-base sera 1, ce qui revientà dire que tout nombre est un multiple de 2 + 0 ou + I, c’est-à-dire est pair ou impair.
Donc la réduction théosophique n’est pas un pro cédé général ;elle ne réussit dans la numération déci male que parce que la sous—base (neuf) est un multiple de 3. Elle réussira pour tous les systèmes de numéra tion dont la barre sera de la forme (3m+ 1), c’est à-dire dans la numération quaternaire, septénaire, décimale, etc., autrement dit dans les systèmes dont les bases seront des un (voir le tableau).
Cette conclusion pourrait peut-être se justifier par des raisons mystiques. . . +3X129+1X12+2:7358= mult. de 11+10. Ecrit dans le système septenaire, ce sera 4. x 73 +3X7“+rX7+z = 1528 =multipl. de 6+ro. Dans tous les systèmes la somme de ses chiffres sera DIX.
NOTE SUR LES OPÉRATIONS TIIÊOSOPHIQUES 29 Tout autre est le caractère de l’addition théoso phz'que. Celle-ci opère non plus sur les signes gra phiques, mais surles nombres eux-mêmes, et par con séquent le résultat de son application à un nombre donné est indépendant du système de numération employé. .
Mais, par contre. ce résultat n’est pas de nature à donner ce qu’on, cherche, et il trompera une fois sur trois, ainsi que je vais le montrer: soit n le nombre considéré, et A le résultat de l’addition théo sophique appliquée à ce nombre.
D'après la théorie' des progressions arithmétiques, on aura immédiate ment la valeur de A par la formule: A: <n+ 1) ‘ 2 Or le nombre 21 ne peut être que de l’une des trois formes suivantes: un multiple de 3, plus o au plus 1, au plus 2, — et, pour que l'opération fût applicable, il faudrait que, dans chacun de ces "cas, A fût de la même forme que 71.
Ces trois cas donnent lieu aux trois calculs sui— V3fl[SZ _3 m(3 m + 1) Si 72: 3 m, A __ : multiple de 3. 2 Sin:3m+ 1’ A :(”"+ 1) (3711+2):9m-+9+m 2 2 m (m I :9_7+—)+1 \ 2 Si ":3 m +2, A :(3m+2;3m+3):9m +15211215+6 :3 m3+5"’+3: mult. de 3 2 ‘ < - ‘ "' " rE-Æltflÿuflflæm
.3o L’INITIATION (Parce qu’on verrait facilement que dans ces for— mules les multiplicateurs 3 sont toujours entiers dans tous les cas, que tu soit pair ou impair.) Ainsi, dans les deux premiers cas, l’addition donne le résultat cherché, mais elle trompe dans le troi sième cas. C’est celui de notre exemple du commen cement: I7 étant un mult. de 3 plus 2, l’addition donne 17 X 9 : 153 : mult. de 3.
Ces formules très simples montrent que,si on écrit la suite naturelle des nombres et an-dessous la suite des nombres A correspondants, cette seconde ligne présentera, sur trois nombres consécutifs, deux mult. de 3 et un mult. de 3 plus I.C’é5t facile à vérifier: 722123 4 5 6 7 8 910111213 A:I361015 2I28 36 45 55 66 78 91 ++ ><>< XX XX Donc, en résumé, l’addition théosophique est une opération à rejeter entièrement dans la recherehe des propriétés des nombres au point de vue de leurs rap— ports avec la triade.
Il serait bon de savoir quel est l’auteur qui a le premier parlé de cette opération, afin de voir comment il l'entendait et dans quel but il l’employait. Rappelons que ces nombres A ont été appelés triangulaires parce qu’ils expriment le nombre de certains objets rangés en triangle (fig. 1), par exemple une pile de bouteilles ou de boîtes cylin— driques.
C’est aussi le nombre de points qu’on peut grouper en triangles équilatéraux de façon que la réunion de tous ces triangles en fasse un autre équi
NOTE SUR LES OPÉRATIONS THÊOSOPHIQUES 31 ——|—‘uW rr ;æ...sà« ' latéral aussi, et dont le côté reproduit la suite natu relle des nombres 1, 2, 3, 4, etc. C’est sans doute dans cette voie qu’on a pu trou ver un certain symbolisme à cette opération, mais alors il y en a d'autres à considérer aussi, et cela nous entraînerait hors du su1et. (Voir la Renaissance Sym bolique, n°‘1 de janv., févr.) Pour terminer, j’indiquerai une conséquence assez curieuse à laquelle m’a conduit l’examen de cette question.
Si, prenant le problème en sens contraire, on se donne un des nombres de la série A et qu’on veuille savoir à quel nombre n il correspond, on est tout étonné de trouver, outre le nombre 22, un nombre négatif, —— (n -|— I). En effet, en se donnant A, on doit tirer n de la for mule : A.
Qui devient l’équation : n"—l— n—2 A:o d’où n:——i\/Î_Ç5Â:_——I+lg—ÂÏH 2 4 2 Il y a donc bien deux racines, l’une positive, qui est le nombre 71, et l’autre négative, qui est—(21+ I). Comment peut-il se faire qu’en se donnant par exemple A : 15, on trouve que ce nombre repré sente la somme des nombres depuis 1 jusqu’à 5... et aussi depuis 1 jusqu’à — 6 ? Que peut bien signifier la suite des nombres crois— santsderà—6? - Il arrive ici, comme souvent, qu’on s’aperçoit alors
32 L‘INITIATION que l’équation contient beaucoup plus qu’on ne croyait y avoir mis. On est conduit ici à une concep tion beaucoup plus large de la suite naturelle des nombres. Imaginons en effet qu’au lieu d’écrire les nombres sur une ligne droite je les dispose sur une circonfé \-O rence (fig. 2), sym'étriquement par rapport à un dia mètre O. J'appelle, comme ci-dessus, A la somme des nombres depuis I jusqu’à 71, et je désigne par S la somme de I à (n + m) et par 8’ celle de—— (n + m) à —pz + i).J’ai,d’après la formule des progressions(r), (i) Progression arithmétique, dont le premier terme est a, le dernier I, et N le nombre des termes; leur somme est S + N.
NOTE SUR LES OPÉRATIONS THÉOSOPHIQUES 33 ".,r— en remarquant que j’ai, pour S, (n + m) termes et pour 8’, (m — 1) termes : S: I +:;—|—m (n+m) <m—I) S,:— (n +mâ—(n—j—i ) S-j—S’: (n+m)2+(n+m)-(m-I ) (n+m)-(m-1) (n+1)] ou, en faisant les réductions : S—j—S’: à(n’—j—n‘;: nfl2+—I):A. Donc, quel que soit m, ; à quelque point de la °“?°” ê°‘<=+ circonférence queje ' pousse, en ajoutant S et 5’ je retrouve A. —— Mais si je prends une circonférence indéfini ment croissante (fig. 3), cela sera toujours vrai, et, si je passe à la limite, l’extrémité du diamètre 0 représente + oc, ce qui veut dire que l’on doit considérer la suite des nOmbres comme conti nuant à croître depuis '- 00 jusqu’à — (n—1), cette somme S celleA de i à n. Telle est l’interprétation de la racine négative de notre équation. —.5fl2 _| -... .... Ü “'--...., I“ .- ..1 (bs ... tant égale à M» -*: -
34 L’INITIATION On en tire une conséquence curieuse: si on fait A: I, on trouve n : I et n: —— 2. Traduisons ce résultat algébrique : cela signifie que si, mettant àpart l'Unité primordiale dans son mode actif (—j— 1) et dans son mode passif (——- I), on envisage l’universalité des nombres positifs ou négatifs dans lesquels elle s’est différenciée, le total de tous ces nombres, dans leur infinité, reproduit l’Unité elle-même, A: I.
Nous prenons sur le fait la réintégration finale du Tout dans l’Un. Cela revient à dire qu’il n’existe réellement que le I, le zéro et le (—— I), l’ensemble de tous les autres nombres se ramenant à l’Un. On serait ainsi conduit à examiner le vrai rôle du zéro, qui est gêné ralement mal compris et qui est l’équilibre, le neutre et non pasle néant. Mais cela m’entraînerait à d’autres questions que celles faisant l’objet de cette note.
En résumé, les opérations dites théosophiques... ne le sont guère, et le seul moyen général pour savoir d’où procède un nombre est de prendre sa réduite, définie comme étant le dernier reste de sa division par 3.
Cette opération se trouve facilitée, dans le système usuel de la numération décimale écrite en chiffres arabes, par la propriété inhérente à ce système et d'où il résulte qu’il suffit de prendre la somme des chifires, mais en la débarrassant des multiples de 3‘ qu’elle peut contenir. L. LEMERLE.‘ _____._—————. ___———
THÉORIES DE MAXWELL 35 lits inuouus ou limon (fin) XLIV. — La maturation n’est autre chose que l’opé— ration du propre esprit enraciné, vers la perfection de l’individu autant que celui-ci peut être perfectible sui vant les raisons séminales qu’il tient de la nature ou de l’âme; en d’autres termes, c’est l’actuation de l’es prit interne autant qu’il peut être actué , ou bien en core c’est la plus grande illumination de la matière qui puisse être obtenue par une telle lumière.
XLV. —- L’esprit se dissipe quand il est forcé de trop agir sur une matière rebelle, ou quand la puissance naturelle d’une chose est altérée par les astres. Quel quefois, trop excité, il rompt ses liens, ou bien, évo qué par un esprit frère, il va le rejoindre.
XLVI. — La matière devient rebelle quand elle ne se laisse pas dominer et altérer par l’esprit à cause d’une puissance contraire, ou, bien dans les périodes naturelles hors desquelles la matière ne peut avancer et que l’esprit ne peut la pousser au delà; car il n’est attribué à chacun que ce qui lui est nécessaire pour arriver à la perfection requise.
XLVIII. — Le tempérament d’une chose est altéré par les astres quand l'horoscope Hz‘leh de sa naissance arrive aux'degrés ou portions contraires au principe de vie. XLVIII. — L’esprit est trop excité par une fermen
.36 L’INITIATION tation ou une agitation immodérée ; il faut en effet qu’elle soit modérée pour les opérations vitales. XLIX. — Un esprit est évoqué par un esprit frère quand il est trop à sa portée. L. —- Dans certaines choses il ne peut être évoqué par un esprit père à cause de son union trop intime avec le corps ; mais il attire à lui le frère qui le fortifie merveilleusement.
LI. —- La fermentation est l‘action dela chaleur sur . l’humide par laquelle l’humeur est réchauffée et sou mise à l’esprit; c’est encore l’effet de la circulation dans le corps de l’esprit qui ne peut rester dans la même position à cause de la fluidité de la matière.
LII. —Celui qui, en se servant de l’esprit univer sel, peut exciter l’esprit particulier d’une chose quel conque à la fermentation naturelle et ensuite calmer les tumultes actuels en répétant l’opération, peut aug— menter jusqu’au miracle la vertu des choses. C’est le plus grand secret des philosophes. LIII. — Qui ne sait faire jaillir de toutes les choses, par la fermentation autant qu’on peut le faire par l’art, l’esprit pur?
Cependant, presque tous le font sans fruit de multiplication parce qu’ils ne savent pas unir le père au frère. LIV. -— Tout ce qui est fermenté opère plus forte— ment, parce que dans les choses fermentées les esprits existent dans un plus grand état de liberté. LV. —- Les choses restent dans le même état de nature aussi longtemps qu’elles possèdent de l’esprit v.<uar
r--.. THEORIES DE MAXVELL 37 en quantité suffisante. pour accomplir les opérations qui leur sont assignées. LVI. — De là découle la cause naturelle de la fin des choses. Toutes tendent à la maturité qui est leur perfection; quand elles sont mûres, l’esprit commence à extérioriser ses forces, et, en agissant, il se dissipe et s’évanouit, ce qui est enfin la cause de la mort.
LVII. — Celui qui pourra s’emparer de cet esprit qui s’évanouit et l’appliquer soit au corps dont il s’est échappé, soit à un autre corps de même espèce, fera des merveilles. LVIII. —— C’est de cette source qu’ont découlé tous les philtres naturels. En effet, un esprit imbu des qua lités d’un autre corps produit facilement dans des corps de même espèce une similitude réelle, cause puissante d’amour.
LIX. —- Les choses qui sont les plus aptes à s’em parer de cet esprit particulier sont celles qui ont la plus grande ressemblance avec les parties d’une con jonction très naturelle ou qui, appliquées à un corps vigoureux, deviennent plus florissantes par ce contact. Ces choses doivent s’entendre du corps des animaux et surtout du corps humain où les philtres trouvent le plus d’application.
LX. —-— Cet esprit, là où il trouve une matière sem blable disposée, façonne des produits selon cette similitude et, quand ils sont terminés, les scelle (les unit comme avec un scellement). LXI. — Quand l’esprit d’un corps marié aux qua lités de ce corps est communiqué à un autre corps, il s’établit une certaine sympathie à cause du flux et du . .. ,> 9.— a1- .;.rmuuä:ä.zfl:kä;zJ.äaälüîJ—C æ«.a;ä;&
m : —..-—....... m..—— .lw-hMM—2H .:.r..tu:. s...._..- .. -. .. -.W.nm_îñ . ' ' """’""H 38 L’INITIATION reflux de chaque esprit vers son propre corps, et cette sympathie n’est pas aussi facile à rompre que celle qui est due à l’imagination. LXII. — Aucun amour, aucune sympathie ne se peut engendrer ou produire sans le mélange des esprits.
LXIII. — Ce mélange se fait quelquefois par une application naturelle ou matérielle, quelquefois par l’imagination, et assez souvent par l’action des astres. LXIV. — Il se fait par une application naturelle, quand l’esprit d’un corps est implanté dans un autre corps par le moyen de ces choses qui sont propres à s’emparer de l’esprit et à le communiquer à d’autres.
Ce sontcelles qu’on connaît sous le nom de scellement (signatura) et que les anciens appelaient philtres (amatoria). LXV. —— L’amour est au contraire produit par l’imagination quand l’imagination exaltée de l’un commande à celle de l’autre, la façonne et la scelle; et, grâce à la mobilité extrême de l’imagination, cet effet peut être réciproque.
C’est de là que les incanta tions tirent leur effet; car, bien qu’elles possèdent peut-être quelque vertu par elle-mêmes, cependant cette vertu ne peut être distribuée sans l‘imagination à cause de l’universalité. LXVI. — L’amour provient des astres quand la disposition du ciel est la même au temps des deux naissances, comme les astrologues l’enseignent abon
THÉORIES DE MAXVELL 39 , ,_ ,, ,, __,..._.....,_.....—w..- a-v u _s=:- L . damment; cet amour est le plus ferme de tous, aussi doit«il être recherché. Il en provient également quand les rayons bienfaisants des astres, aptes à cet effet, sont reçus au temps convenable dans une matière disposée et sont ensuite mis en usage d’une façon convenable, comme l'enseignent plus au long les Mages naturels.
LXVII. — Celui qui pourra mêler la vertu de l’esprit universel par les procédés qu’on vient d’indi— quer accomplira des merveilles. LXVIII. — Si tu te sers d’instruments imprégnés de l’esprit universel, tu l’appelleras à ton aide; c’est là le grand secret des mages. LXIX. —- Celui qui sait produire l’esprit vital par ticulier peut guérir le corps dont il est l’esprit, à quelque distance que ce soit, en implorant le secours de l’esprit universel.
LXX. — Celui qui pourrait fortifier l’esprit parti culier par l’esprit universel pourrait prolonger la vie pendant l’éternité, à moins que les astres ne s’y oppo sassent. Cependant il pourra non seulement par ce moyen prolonger une vie exempte d’infirmités, mais encore briser la malice des astres, comme celui qui connaît la demeure de cet esprit l’avouera forcément.
LXXI.—Rien ne peut se fortifier sans avoir éprouvé d’abord la fermentation, parce que rien ne parvient naturellement au déclin sans avoir passé par cet état. LXXII. — La putréfaction est le symptôme de la nature qui décline et de l’esprit qui s’envole. LXXIII. — Rien ne se putréfie qui ne possède une grande quantité d’esprit volatil.
40 L’INITIATION :_...,, .;...,... ..__. ... — T—,-— LXXIV. —— Toute chaleur procède de l’esprit vital, comme il a été dit du mouvement, et sans chaleur cet esprit ne peut subsister ou du moins se mêler aux corps. LXXV. — Autant on a d’esprit, autant on a de chaleur; et autant on perd de l’un, autant on perd de de l’autre.
LXXVI. — Tout ce qui est en putréfaction possède moins de chaleur qu’avant la putréfaction; aussi est il faux de dire quela pourriture provient de la chaleur. LXXVII. —— La chaleur ne peut être produite ni par la nature ni par l’art si ce n’est par le moyen d’une lumière soit interne soit externe.
LXXVIII. —— Celui qui dirait que l’esprit est la lumière de l’univers ne s’éloignerait peut-être pas beaucoup de la vérité, car il est la lumière ou il a son domicile dans la lumière. Un mage habile l’extrait, ’ par des procédés admirables, du proto—lumineux grâce à une distillation répétée.
LXXIX. — Celui qui peut détruire les corps sans putréfaction et dans cette destruction unir, au moyen de la chaleur, l’esprit à l’esprit, possède le principal livret de la magie naturelle. LXXX. — La lumière externe échauffe en intro duisant une chaleur nouvelle et en mettant en action la chaleur propre du corps, et cela qu’elle soit déter minée ou indéterminée.
LXXXI. — La lumière déterminée produit une cha leur qui détruit et brûle tout ; elle entre en action d’une manière compacte comme dans le feu vulgaire. LXXXII. —— La lumière indéterminée donne la vie ;
. -——;..i :. mas-1....-. ..h‘œ ;u. .' : - THEORIES DE MAXVELL 41 elle ne nuit jamais à personne si ce n’est par accident; elle habite dansla terre, bien qu’elle soit d’abord venue du ciel. LXXXIII. —— Celui qui sait faire de la lumière dé— terminée avec de la lumière indéterminée, sans chan gerl’espèce, et en ne la recevant que dans un milieu commun, sait très bien préparer les minéraux et autres corps solides sans perte de l’humidè radical.
LXXXIV. — Mais, pour qu’on ne s’y trompe pas, cette lumière que nous appelons indéterminée, qui possède en elle la vie des êtres, véhicule de l’âme uni verselle, se cache dans les ténèbres et n'est vue que par le philosophe qui perçoit complètement le centre de choses. LXXXV. — La chaleur interne est excitée en raison de l’agitation de l’esprit interne dont elle estle domicile.
LXXXVI. — L’esprit est agité par la fermentation ou par le mouvement; quelquefois tous deux con viennent à cette agitation. LXXXVII. —_ Il est un troisième mode d’agita tion secret, comme des philosophes, qui est perçu par eux dans la régénération et la génération. LXXXVIII. -— Quand on distingue la fermenta tion du mouvement, il faut entendre le mouvement local progressifqui provient de l’imagination dirigeant l’esprit vital «vers le mouvement.
LXXXIX.—Toute fermentation accomplie avant le temps voulu estun signe delaputréfaction qui va ysuc céder immédiatement; c’est pour cela que rien ne peut se putréfier avantd’avoir subi d’abord la fermentation. '..s. -r. ".n- .=_'I 'e?.Ùn
42 L’INITIATION . 'Z‘wr:--' -- FT. , Ï MWTFF.m— ‘ l . XC. — Celui qui sait, avec le secours de l’esprit universel, accélérer la fermentation et empêcher la putréfaction , comprend la contrition (l’action de broyer, de concasser, de mélanger, la trituration) des philosophes, et par elle peut opérer des choses admi— rables. XCI. —- La putréfaction ne vient pas de l’esprit, mais du corps, et pour cela est contraire à l’esprit.
XCII. —— Celui qui connaît l’esprit de l’univers et son usage peut empêcher toute corruption et étendre le domaine de l’esprit particulier sur le corps. Que les médecins voient à quel point cela les servirait pour guérir les maladies.
XCIII. -— On a déjà affirmé que l’on peut donner un remède universel, parce que si l’esprit particulier prend des forces, il est capable par lui-même de guérir toutes les maladies, comme l’atteste l’expérience com mune. Il n’ya en effet aucune maladie qui n’ait été guérie parfois sans l’assistance des médecins au moyen de l’esprit vital.
' XCIV. — Le médicament universel n’est en effet rien autre chose que l’esprit vital multiplié dans le sujet qui en a besoin. XCV. — Celui qui cherche le remède ailleurs que sur les cimes des plus hautes montagnes ne trouvera que perte et douleur comme prix de son labeur XCVI. —— Les philosophes qui pensent qu’il faut le chercher dans les cavernes de la terre entendent la terre des êtres vivants. , XCVII. —- Ceux qui pensent qu’on peut le trouver
THÉORIES DE MAXVELL 43 xw-’-h.u...r.r ..— _ w. . '. dans les fourneaux des chimistes se trompent déses pérément; ils ignorent en effet le feu. XCVIII. — Par première intention de la nature, rien n’a plus d’esprit qu’il ne lui en faut pour conser ver l’espèce ; cependant la nature, par l’opération du philosophe, peut tirer de chaque chose un fils plus noble que le père.
XCIX. — La premièreet la dernière couleur des choses est le jaune, parce que le soleil et les étoiles sont jaunes. Les choses qui sont d’un tempérament plus relâché, comme les plantes, paraissent vertes après leur contact avec l’air, parce que l’air qui est naturel lement très bleu transforme lejaune en vert. Toute fois les choses plus dures résistant à l’action de l’air revêtent la couleur naturelle et primitive.
Avec cela tu pourras expliquer des mystères. C. — L’air est bleu et l’horizon apparaît bleu par un jour serein. En effet l’air, à cause de sa ténuité, n’est apte à éteindre les rayons visuels forts et vigou reux que lorsqu’ils sont affaiblis par la distance; alors ces rayons éteints nous laissent voir la couleur native de l'air. En voilà trop de ces choses que je t’ai dites par aphorismes, à moins que tu n’en fasses cas. A. DE ROCHAS. . _._.g. . ..*..=. m — :—:—: --——
44 L’INITIATION -. nÊMËWËJËÈËJ«W . ...—.,,- _..u.ÿ,«,,.æ. ._. -;._, w, .44 _ , . .. :. .wu 1W:uquan“.æn—-m l . Èrunas euosrrgues PREMIÈRE SECTION LA GNOSE DES SÉTHIENS 1 Trois principes, dont chacun renferme des puis sances infinies. Ces principes eux-mêmes sont triples: lumière , ténèbres, esprit média]. Cet esprit du milieu sépare les Ténèbres de la Lumière et s’in sinue à la façon d’un parfum très subtil et très fort.
Il pénètre ainsi dans le côté sombre. Le côté sombre peut être comparé à un Océan noir et orageux. La lumière et l’esprit courent risque de s’y perdre ou de s’y transformer. Ces ténèbres sont vivantes, intelligibles. Elles ont conscience de l’aban— don formidable où les laisse l’absence de la clarté. Tout leur désir tend à absorber cette clarté et à s’unir _simultanément à l’étincelle lumineuse et au parfum pénétrant et intense de l’esprit.
II La face de l’homme a été faite à la ressemblance ' des Trois Principes. L’œil, baigné dans sa lueur cris talline, éteint et rallume tour à tour les éclairs de la pensée. Ainsi les Ténèbres palpitent et se haussent .' ,>1U l
TR‘qIh‘1.-v -:'- < vw r . » .s.. _ , , .,..,_ ÉTUDES GNOSTIQUES 45 vers la Lumière, pour cesser d’être aveugles; et la Lumière et l’Esprit s’inclinent vers les Ténèbres pour les éteindre et les embaumer. Nous avons dit que chacun des Trois Principes possédait des Puissances infinies. Chaque Puissance, suivant sa nature, est douée de sentiment et d’intelli gence. Renfermées en elles-mêmes, ces Puissances se reposent.
Mais si l’une se mêle à l’autre dans un mariage inefiable, le mouvement naît de leur union et l’action se crée. La PUISSANCE ENTRE EN ACTE. Les Puissances s’impriment l’une sur l’autre comme le sceau s’imprime dans la cire. Ces empreintes sont les âmes individuelles, filles des Puissances, Eons des Eons, lumières de lumières, générations de généra tions. III Le ciel et la terre furent les deux premières em prez'ntes du mariage des Principes.
Le ciel et la terre présentèrent l’aspect d’un ctéis. Le ctéis fut donc la première chose émanée. C’est pourquoi tout émane du ctéis. Les crins blonds y représentent la lumière. L’odor difemz‘na y représente le parfum de l’Esprit. Le suc primitif du ctéis est l’eau, dont tout est pro duit. Le feu intérieur du désir fit bouillonner cette eau immense. Et sp2‘rz‘z‘us Dez'ferebaz‘ur super aquas, dit la Genèse.
L’esprit—odeur fut le principe mâle fécondateur. Le suc du ctéis ténébreux forma la force féminine fécondée. La lumière émana l’intelligence. Et l’intelligence est unie à la chair par un mariage éternel. W _,_, M ___A
46 L’INITIATION Les Séthiens voyaient dans le serpent un symbole de l’Esprit divin, du Verbe. Et le verbe s’est fait chair et il a habité le ctéis, purifiant ainsi les œuvres de la fécondation, revêtant une forme servile pour nous élever à sa lumière inaccessible : ET VERBUM CARO FACTUMEST. SECONDE ‘5ECTION LA GNOSE DE JUSTIN Justin admet lui aussi trois principes initiaux, deux mâles, un femelle.
Le premier principemâle se nomme le BON ; le second, l’INCONSCIENT. Le principe femelle est imprévoyant, mobile, double de corps et d’âme, femme jusqu’au nombril, serpent depuis le nombril, se nomme EDEN-ISRAEL. Tels sont les principes universels, les racines et les sources de I’Emanation. L’INCONSCIENT, nommé aussi Elohim, ayant regardé Eden, femme-serpent, la dé sira. Eden s’enflamma de son côté pour Elohim.
Un attrait irrésistible les jeta dans les bras l’un de l’autre. De ce coït céleste, les anges naquirent, douze mâles et douze femelles. Cinq des anges mâles se nomment Michel, Annen, Baruch, Gabriel, Essadœus.Les douze anges femelles sont Babel, Achamoth, Naas, Bel, Belias, Satan, Sael, Adonaï, Cavithan, Pharao, Carcamenos, Lathon. Les premiers suivent le père, les autres la mère. Moïse a parlé des douze anges fe— melles. Il les appelle du nom collectif de Paradis. Ce
e Vs'f\\ — ÉTUDES GNOS’I‘IQUES 47 sont eux qu’il désigne sous l’allégorie des arbres de l’Eden. Baruch est l’arbre de la vie, arbor vitæ. Naas est celui de la science, arbor scientiæ. Les anges mâles d’Elohim ont formé l’homme avec des touffes du phallus et du ctéis d’Elohim et de .l’Eden. Eden donna l’âme et Elohim l'Intellect. Adam, c’est-à-dire l’Homme, devint ainsi le monument de l’amour nuptial d’Elohim et d’Eden.
Eve fut formée à l’image d’Eden. II Le premier principe mâle, le BON, n’avait pris au aucune part à cette création. Il habitait la lumière su périeure. Elohim voulut entrer dans cette lumière. Le Bon lui dit : « Assieds-toi à ma droite! Laisse Eden aux hommes. Demeure avec moi ! » Elohim abandonna donc Eden, et celle-ci, affolée de douleur. pria ses douze anges femelles de lui rame ner son époux. Elohim refuse de redescendre.
Eden, pour se venger, ordonna à Babel (Vénus) de fomenter les adultères, de séparer les époux mortels, afin que l’esprit d’Elohim, qui animait les hommes, fût rempli d’affliction et ressentît les souffrances que ressentait Eden abandonnée. Elohim envoya alors son ange, Baruch, pour porter secours à l’esprit de l‘Homme.
Baruch apparut donc au milieu des anges—femmes d’Eden, c’est-à-dire au milieu du Paradis, et défendit aux hommes de man— ger du fruit des arbres.
48 L’INITIATION Naas tenta Eve et eut commerce avec elle. Puis il tenta Adam et commit avec lui lecrime de sodomie. Ce fut l’origine des stupres et des commerces infâmes. Cependant l’esprit de l’homme aspira au Bon et voulut y suivre son père Elohim. Mais la concupis cence retint la chair dans le Paradis féminin. De là vient la double nature humaine et la double ten dance.
III Elohim ordonna à Baruch de racheter l’esprit de l’homme enchaîné dans les sens. Il s’incarna d’abord dans Hercule, qui triompha de Vénus, puis dans Jésus de Nazareth. Naas essaya de séduire Jésus, mais, n’y ayant point réussi, elle le fit crucifier par les juifs. Du haut de la croix, Jésus. vainqueur de la femme, par sa mort, parla ainsi à sa mère : Femme, garde ton fils !Ce qui veut dire : Femme, garde pour toi les Hyliques et les Psychiques !
Et Jésus, délivré, monta vers le Bon. Telle est la doctrine profonde et pittoresque de Justin, l’un des gnostiques les plus originaux et les plus remarquables. Aucun sectateur de la gnose n’a mieux saisi que ce grand homme le secret féminin et le mystère du sexe. Son enseignement prête à des développements infinis. Toute la mythologie est l’écho de son dogme étrange et suggestif. Toute la Genèse en reçoit une clarté subite et inattendue. La femme est l’obstacle. La femme estl’ennemie. Mais,
L’UNITÉ DES RELIGIONS 429 sous la puissance de son charme invincible, tous suc combent, sauf les Pneumatiques. Ils peuvent sauver la femme et la ramener au Père « en passant comme par le feu ». JULES DOINEL.
L’Unitè des Religi@ms FORCE TOTALE DE LA RELIGION ET DE LA SCIENCE La Foi est le Courage de l‘Esprit, qui s‘élance résolument devant lui, certain de trouver la vérité. (Saint THOMAS D’AQUIN.) Quelle sera la solution des difficultés entre la Reli gion et la Science ? Celle de l’identité de la raison humaine et de la rai son divine.
La Religion et la Science sont des résultantes d’une Force toujours identique à elle—même à travers les de grés de divisibilité de ses modifications : —— l’Intelli gence. ‘ Le principe de cette force est d’être libre, autrement l’intelligence ne serait pas le principe de ce qui est : la pensée et l’action.
Il s’ensuit nécessairement que l’usur— pation, le refus aux droits irrévocables de l’intelli— gence qui sont la racine même de la réalité du principe intelligent, sont un état d’inintellectualité, de maté rialité intellectuelle absolument contraire à l’essence
50 L’INITIATION de la Religion et de la Science dont la Force suprême est dans la libération spirituelle de sa propre subs— tance. . La spiritualité de l’esprit est d’autant plus grande qu’elle est plus libre dans l’activité de l’intelligence qui est le principe de l’Univers.
Les capitulations honteuses avec la vérité, pour la stérilité du faux, les concessions de calculs abaissant les cœurs, les chaînes du monde intérieur déchirant les âmes, en un mot le désarmement de la vie morale par l’intérêt mercenaire, sont les résultats généraux de la force désorientée de l’activité de l’intelligence, par la fausse politique de l’état inintellectuel, fusion nant avec l’anarchie des intelligences, par le divorce de l’intelligence avec sa propre cause qui est toute dans l’action de la force spiritualisante.
La résultante de la force spiritualisante est le dé pouillement de l’animalité dans l’humain, correspon dant au dépouillement de l’humain dans le divin, but déterminé de l’esprit, accomplissant ses des— seins.
Il s’ensuit que, la Religion et la Science étant des modifications du principe de la Force spiritualisante, leur opposé, leur contraire, leur état anormal est le non exercice de leur Force, engendrant sa matériali sation : le mal du dogmatisme et de l’athéisme qui spécialisent également le faux par la dissociation de la Vie spirituelle donnant pour conséquence immédiate, dans la vie pratique, la superstition et l’égoïsme. Dans le combat des principes, le dogmatisme et l’athéisme sont de la même armée.
L’UNITÉ DES RELIGIONS 5 I L’affirmation et la négation sans preuve découlant de la même assertion isolée, puisque l’affirmation ab solue n’a pas plus de point fixe dans l’absolu que la négation absolue, ainsi le dogmatisme et l’athéisme se résolvent logiquement dans le relatif, et le relatif est une désunion de l’unité universelle qui se méconnaît elle-même, hors de la réalité de son principe, qui est la gravitation de la Substance-Force—Intelligence, vers la connaissance totale de l’absolue Intel ligence.
Ainsi le dogme, rompantle fil de la synthèse ration nelle, expliquant les faits, rangés dans l’inconnu, par les anomalies de sa doctrine; le dogme, préférant s’attacher à l’absurde que de voir s’écrouler l’échafl’aw dage de son système, ne se soutenant que par son propre privilège dont la privation serait l’écroulement de l’asile de l’ignorance, et l’athéisme, formé de con tradictions, en somme ne portent que sur des acces— soires, ne sont, dans l’unité de vie, que des inventions incohérentes de l’esprit de l’homme.
Selon lalogique de l’Histoire des idées, la Religion, qui est le corps de la nature du Verbe, parle dans le vide, si elle ignore le libre examen de la pensée qui est son phénomène direct, si elle rejette le point de vue du Fait auquel toutes les théories doivent se subordonner, puisque la vie tient à cet ordre, expres sion de la volonté de Dieu ; comme la science, con jecturant sur la cause, parle dans le vide si elle se renferme dans les forces matérielles, inférieures qui divisent, de l’élémentarisme scientifique, qui n’est qu’un degré de l’intellectualisme scientifique, se résu
52 L‘INITIATION mant dans la synthèse intégrale de l’unique vérité, correspondant non au sectarisme de la religion et de la Science, mais à leur convertibilité réciproque.
Il s’ensuit que le problème de la destinée ne se ré— sout, —sans se mutiler que par la Religion,-— scienti fique, manifestant et concentrant toute la force libre de l’Intelligence, puisque la Religion et la Science sont des résultantes du principe de l’Intelligence qui est un dans son essence.
Démontrer la vérité de la thèse scientifico-reli gieuse ou transcendantalement scientifique, c’est né cessairement rompre le système de la genèse théolo— gique, comme sortant de celui des types naturels.
Ce système, qui condamne la religion à l’isolement, a le tort physique, pour ne parler que de la hiérarchie sensorielle, de ne répercuter dans le monde intelli gible aucune des profondeurs du texte hermétique des cinquante chapitres du Sepher de Moïse, qui, comme on le sait, a écrit ces cinquante premiers chapitres en égyptien hermétique, en hiérogrammes idéogra phiques (I).
Moïse (2), qui a grandi parmi les Sages des Sanc— tuaires de la Science sacrée, qui a gravi avec eux les degrés du Sérapéum de Memphis pour se rendre digne de pénétrer dans l’Ordre intellectuel de la Science des Principes, Moïse écrivit sa cosmogénie à la manière égyptienne, et le triple sens de la Genèse, perdu pour le Vulgaire, s’enveloppe des voiles de la liturgie secrète du Verbe, qui spécifie les principes de l'Univers entier. Il suffit de se rappeler que les livres sacerdotaux
L’UNITE DES RELIGIONS 53 hiératiques de l’antique Alliance universitaire des Temples d’Osiris-Isis s’écrivaient de trois sortes de manières : Hiérogrammatique, Hiéroglyphique, et Symbolique, pour comprendre qu'à travers le prisme diversement coloré de la Tradition scientifico-reli gieuse, la Vérité a pour nom : Unité.
Il s’ensuit que toute connaissance greffée sur l’Arbre de la Vie l’est nécessairement sur celui de la Tradi tion, recueillant en Lumière l’Histoire des Idées. La Tradition de l’Alliance Universitaire des Tem ples antiques est comme un isthme réunissant deux mondes pour la Cause de l’Univers, à laquelle se rallie celle de l’Humanité. Les initiés de la Science divine enseignaient que la nature est partout identique à elle—même.
Que si l’essence des choses est l’incommunicable de l’être , l’Arcane du Mystère , l’unité du Cosmos, son principe principiant est atteignable à la pen— .sée dans la manifestation des points initiaux, réduits à l’Octave toujours la même de l’ordre de Sé— riation (faits, lois, principes) contenant les trois mou vements : involution (matérialisation), évolution (pro_ gression), spiritualisation (perfection intelleetuelle), condensant la force en ignitiation dans l'analogie constitutive du Tout; Dans cette hiérarchie des états de l’Être, la spiritua lité absolue est la voie propre du perfectionnement de l’Intelligence, qui est le point initial de l’Absolu, (i) Saint-Yves d'Alveydre, Mission des Juifs. (2) Strabon parle de Moïse comme d’un prêtre d'Osiris.
54 L’INITIATION imposant cette résultante aux harmonies croisées du Concert Universel, le perfectionnement, autrement dit la libération, à travers les antagonismes de l’immobi lité du principe de la Force Suprême: I’Esprit.
Cette loi implique la nécessité logique de plusieurs existences relativement convergentes, selon l’activité de l’âme, vers le but du parfait indéfini: successif dans la participation du Progrès illimité, des virtua lités, des énergies des facultés à jamais croissantes des Créatures vers la félicité de l’Être universel.
La Solution de continuité du groupement en agré gat des forces réciproques se spiritualisant par le per fectionnement des efforts personnels se scinde en deux moments: I" Le développement de la nature actuelle par le passage graduel du mal au bien, ou plutôt du bien au mieux, dans les limites de la Vie. . 2° Le développement de la nature essentielle, ou de l’essence même par le passage d’une Vie à une autre.
Ainsi comprise, la Force concrétante est l’iden tité du Moi, se conservant toujours dès que l’acqui sition des facultés de l’âme a fait briller l’intelligence, dans la fusion de la Matière et de l’Énergie, modes plus ou moins imparfaits de l’activité del’Intelligence, de ce principe de la Réalité de l’Être. Mais la Volonté intellectuelle est soumise à l’épreuve de division, qui est l’enchaînement du mouvement engendrant de nouvelles forces.
Le terme de cette division est l’union ineffable, selon la proportion de son élévation, de l’Intelligence spiritualisée avec la Lumière de Dieu, àjamais incom
L’UNITÉ DES RELIGIONS 55 municable dans sa plénitude de vie, car, les attributs de Dieu étant infinis, leurs échelons sont infinis. Ces deux points repoussent: 1° La Création spontanée; 2° La déchéance radicale.
Ce qui aboutit à dire que la Religion doit néces sairement opiner entre ces deux termes: Entre la création, selon le dogme, incomplète. tronquée, fragmentaire. érigeant le frontispice du principe d’immutabilité des cieux païens, qui sont ceux indéfectibles, matériels,du paradis et des enfers du pseudo-Christianisme qui fit les ténèbres du Moyen âge.
Entre le programme de la déchéance radicale, en contradiction avec l’ordre naturel, qui est le seul vrai. réfuté par la Science humaine tout entière, qui est celle de l’expérience des siècles se prononçant irrévo cablement pour le positif.
Entre l’intelligible Mystère, entachant la justice de Dieu, encerclant la pensée vivante dans le cours épuisé de la lettre, et la doctrine de vie, d’avenir, de liberté, inattaquable pour l'esprit, de la Création con tinue, ralliant les Lois à l’intelligence des Causes, mais rompant le dogme de la déchéance radicale par celle de l’enchaînement, de la solidarité universelle, du devenir permanent, qui, dans son principe, est la déclaration des droits de l’être dans la Vie infinie.
Cette loi, c’est le corrélatif des fonctions vitales, résultant du mouvement et de la rencontre dans l’élection naturelle de la vie spécifique, parlaquelle, selon l’ordre naturel, chaque état intimement lié au
56 ' L’INITIATION Tout par le successif, lui prête quelque chose de sa vie propre, qui est le résumé du Vécu, Multiple dans son Unité. Ainsi la représentation de la probabilité future s’exprime dans la Série immense du développement des germes ne produisant que ce qu’ils peuvent pro duire.
Le fait du développement graduel, du devenir per manent, point de départ de toute la carrière des faits, détruit, par son principe même, l’idéal doctrinaire du dogme, bâtissant son système, non sur le terrain ferme des phénomènes et de leurs rapports, mais dans l’irréel, première cause d’erreur, dont la conséquence immédiate est de détruire la logique des lois univer selles. ‘ La loi du devenir permanent, foyer de l’attraction sympathique des êtres, de leur solidarité générale dans la marche de leur développement à travers toutes les vicissitudes des états contradictoires, se basant sur l’idée-mère de l’ordre naturel, manifesté dans la cor rélation des forces ; cette loi, correspondante à la Création continue, rallie le sens des lois dans l’intelli gence des causes, par l’analogie desquelles la haute Religion comme la haute Science, loin de s’exclure, se recherchent, s’expliquent, s’alimentent, se confirment l’une l’autre.
Car nulle part les rapports de la créature avec son Créateur ne se trouvent plus clairement définis que dans cette loi,,qui résoud le problème de l’origine et de la pénétration des choses, par le séculier et l’infini, qui, pour ainsi dire, renouvelle l’âme, par la
L’UNITÉ DES RELIGIONS 57 -v.— Vérité active, identifiant l’idée vivante de Dieu àcelle du souverain Bien. Comme dit Kant (r) : « Le monde doit être conçu comme formé, d’après une idée, s’il est en harmonie avec l’œuvre qui s’appuie sur l’idée du souverain Bien. » Aussi, le principe de la loi proclamant l’unité indé fectible du souverain Bien est la seule qui n’apporte dans son système aucune contradiction.
Car, pourquoi le procès à Dieu, puisque la question tient à la réponse, puisque la création, la destruction, la renaissance ne sont que les apparences nécessaires à l’ordre équilibrant, absolvant l’éternelle Justice.
Dans l’ordre civil, la responsabilité légale ne dé— pend-elle point de la responsabilité morale; il en est de même dans l’ordre des choses tendant constam ment à’ réaliser celui de l’éternelle Justice, qui se dé— voile dans l’infinitude des rapports de son principe intérieur et de sa pratique extérieure, rendant comme visible le tissu de l’œuvre de l’univers, dans l’unité logique des volontés de la Nature.
Puisque la féodalité du mérite se sacre par la jus tice divine, distributive par essence, libérant l’homme de la glèbe de la chair autant qu’il est capable de réa— liser la liberté de l’esprit, de combattre ses passions en les dirigeant vers un but unique: le Bien, l’éloi gnement du Mal par la force irrésistible de la nécessité du Bien, est conséquemment le point inébranlable de (1) Critique de la Raison pure.
5 8 L’INITIATION notre intérêt éternel, qui se meut dans le souverain Bien. Ainsi la réalité de la destinée, qui est seule effec tive, impose le fait moral, universel, absolu de la création continue et du devenir permanent à l’esprit de la Religion, si la Religion s’inspire de l'Esprit.
La Nature soutenant cette doctrine, dont l’étude approfondie engendre invinciblement la certitude, il serait d’un esprit faux de discuter ce qui se voit d’un coup et par progrès de raisonnement, puisque tous les calculs de la probabilité Sont pour la confirmation du Vrai, par l’enseignement de la Vie.
Le but de notre solution est de faire ressortir l’unité de ce principe simple, se synthétisant lui-même: l’Intelligence dont la Religion, la Science comme les Arts sont des résultantes plus ou moins libérées dans la hiérarchie constituante des degrés de force, des liens_matériels de l'inintellectualité antagoniste, im mobilisante, selon l’état divers de leur perfectionne— ment dans l’action ou la pensée de ce qui seul est: l’Esprit.
Le Principe de l’Intelligence étant absolu, il est évident que, seule, l’erreur se subdivise à l’infini, la Vérité étant Une.
Il s’ensuit que, dans le duel de la Religion et de la Scœnce, se combattre à ciel ouvert, c’est repousser l’incompatibilité de principes comme une malice d’in dividus, mentant au contrat même de la raison de l’Être, car, la cause de Dieu étant la Lumière, la spiritualisation , le perfectionnement libre du principe de l’Intelligence, s’inscrire contre son pou
L’UNITÉ DES RELIGIONS 59 voir, c’est proscrire l’esprit qui s’identifie à elle, qui représente seul l'action divine sur la marche de l’hu manité. La Vérité ne pouvant se diviser en contraire, son examen est la garantie d'elle—même. Son socle fixe est dans la relation de la tradition de l’esprit humain, qui est dans sa totalité un rayon de l’esprit divin.
L’arche d’alliance des esprits est renfermée dans l’antique connaissance de la communion ésotérique, tout commedans le bilan résumant la science moderne.
Dans les Kings de FO—Hi, dans les Védas de Christna, dans l’Encyclopédie abramide de Kaldée, des biblio thèques hermétiques d’Egypte et d’Ethiopie, comme dans l’oeuvre réfléchissant la perspective de la pensée actuelle de tous les penseurs s’éclairant de la sagesse immuable de Dieu, c’est-à—dire de tous ceux qui ne sont point entachés de sectarisme ou d’obscuran tisme, mais qui, dans la clairvoyance de la réalité invariable des liens de l’Intelligence, atteignent le principe déterminant du logos de l'Univers: le grand Tout intellectuel, le Tout absolu.
L’entendement du positif est toujours unique. Soit qu’il se cache sous le signe algébrique des lois de la sériation universelle, figurée par le pantacle circulaire dans le centre mystérieux des sanctuaires orientaux, soit qu’il se dévoile dans la liberté d’esprit d’un monde émancipé dans l’infini. La Religion, la Science comme les Arts sont, dans l’organisme total de la vie de l’Intelligence suprême, des unités relatives à son indissoluble union.
60 L’INITIATION L’évolution intellectuelle qui ramène la société contemporaine à la ré50rption de la lumière du grand cycle de la science ésotérique n’est que la reconstitu tion de l’unité de l’intelligence, toujours existante dans sa substance, mais divorcée dans les temps par la multiplicité qui la transforme, qui la décompose, mais qui ne peut modifier son principe, le faire cesser d’être lui-même.
Cette alliance de la Religion et de la Science, dans l’Unité de l’Intelligence, résultant du travail des es prits, liés à l’œuvre contemporaine du Progrès, vou lant s’assimiler les principes de l’esprit de l’humanité, a été le baptême des combats et des larmes de plus d’une génération.
Car le principe commun entre les filiations secrètes de l’ésotérisme antique et l’enseignement général de la suite des âges a toujours eu son point de durée dans la série des idées tant scientifiques que religieuses.
La reprise des idées du Zoroastréisme, du Maz déisme kabbalistique et gnostique, dont l’épître aux « Philippiens » et l’Apocalypse reflètent quelques traces, a été opérée successivement, avec plus ou moins d’influence sur les esprits, dans le cours des âges pas sés, par Ménandre, Simon le Magicien, Basilides; ce dernier, disciple des principales croyances religieuses de la Grèce, lia dans sa doctrine l’état de la perfec— tion à la connaissance du monde intelligible; selon l’enseignement des préceptes de Pythagore,des hymnes orphiques, de la poésie sacerdotale, correspondantà la doctrine de la tri-unité des temples hermétiques, en seignaient que les rayons vivants de Dieu sont ce cou— ..2,,,,,,,.,,
L’UNITÉ DES RELIGIONS 61 B_’:umw_- . rant, et ce courant de la vie spirituelle pénétrant le monde d’un même souffle. que les anciens appelaient Horus, que les Chrétiens nomment Esprit-Saint.
L’évocation du pouvoir de Vie, de la Justice distri butive de Dieu, qui ont inspiré les plus belles pages du « Banquet » de Platon, de celui dont saint Augus tin disait :« J’ai eu deux maîtres, Jésus—Christ et Pla ton », dont ressort, par analogie,l’idée de l’architecture du Monde selon une géométrie sacrée (Platon nommait Dieu l’éternel géomètre), se reflète dans la doctrine d’Origène sur «la Parole engendrée et le perfectionne— ment graduel. » Origène concevait l’ordre physique et l’ordre moral du Monde comme une double échelle gradative, reliant tous les êtres de la création depuis l’infiniment petit jusqu’à l’infiniment grand, dans les séries indéfinies des termes sans cesse croissant du progressif dans l’infinie durée.
Cette doctrine affirmait donc l’unité de la Nature dans la succession des temps et posait l’échelle gran diose, reliant le monde physique au monde moral, par le fait de la forme analogue àla réflexion. La doctrine d’0rigêne fut, comme on le sait, condam née par le Concile de Nicée, nécessairement astreint, comme tous les Conciles en général, à fixer la règle disciplinaire du dogme pour baser la domination du Culte sur le permanent.
Par conséquent, le dogme capital de l’immutabilité pose sur le monde de la théodicée chrétienne le sceau d’exclusivité, caractérisant précisément la loi juive, que Jésus-Christ est venu abolir. Cet enseignement du malheur dans la perspective
62 L’INITIATION l des témps aurait fait la captivité totale de la Connais sance, si la tradition vivante n’avait persévéré dans l'instruction initiative des idées greco—orientales.
Ainsi, l’enseignement reposant dans les documents incontestables des triades druidiques, des bardes Gal— lois, des drottes scandinaves, dans la doctrine secrète de la Kabbale, dans l’ésotérisme chrétien de la science occulte synthétisant la substance de la vieille science d’0rient, cette synthèse lumineuse, mais obscure au vulgaire, se met dans le principe initial de l’unité de Vie, dans l’analogie du visible et de l’invisible, régis par la même loi, emportant dans son activité inson dable les classifications artificielles, les glissements douloureux dans le vide de l’inintelligible, qui sont commele texte même du dogme de la création spon tanée et de la déchéance radicale.
La conception de l’échelle des êtres dans la nature se retrouve de même dans les écrits des alchimistes, de ces continuateurs de « l’Art sacré » de l’école néo platonicienne d’Alexandrie, d’où émana la secte des « Esséniens », précurseurs du Christianisme.
Les Alchimistes, qui empruntèrent leur théorie de la pierre philosophale, de la transmutation des mé taux à l’école d’Alexandrie, partirent malheureuse ment dans leurs expérimentations d’un principe faux (la négation de l’examen des causes matérielles), dont, résultat pour leur activité intellectuelle, un accroisse ment illogique d’imagination.
En résumé, la concrétion de la fixe Vérité est en substance plus ou moins libérée de son rudiment, dans l’acte intellectuel de l’œuvre de l’Intelligence,
L’UNITÊ DES RELIGIONS 63 qui lie, dans un Principe unique, tout les états divers des forces intellectuelles des esprits de tout temps et de tout pays, dont le groupement successif constitue l’unité la plus élevée du Progrès. La réalité du Principe de l’Intelligence donne pour conséquence la liberté dans l’harmonie des forces qui organisent. La Pensée à l’état de Principe de l’Intel— ligence Universelle est Une dans l’Absolu.
Mais les degrés divers de sa Force sont la multiplicité vers l’Unité de la connaissance totale par ces trois états de l’intelligence en lutte avec l’inintellectualité matérielle : la Religion, la Science, les Arts. Véritable Trinité de l’Unité indivisible : l’lntelli— gence. L’Unitarisme trinitaire de l’Intelligence, la Religion, la Science, les Arts, se synthétisent dans l’Unité spiri tuelle de l’Unique Vérité.
La Vérité ne pouvant _se diviser en contraire, sa base de solidarité absolue existe nécessairement àtravers les modifications de l’Intelligence, en lutte contre l’opposition de l’inintellectualite’.
Le socle de l’Unité de la Loi est le fait ramené à son principe par la méthode de double vérification en dehors de tout sectarisme, de l’esprit scientifique et religieux de l’ancienne alliance du corps des initiés des Mystères avec la connaissance du rapport des Principes de l’Esprit scientifique et religieux des so ciété modernes.
A travers les décombres du passé, au fond du cœur des peuples enterrés, la science contemporaine del’ex périence retrouve le seul germe de vie qu’il faut sortir
64 L’INITIATION de tous les leurres, à moins de rentrer dans le cercle du Néant.
C’est la notion d’une « connaissance totale» qui n’implique ni fusion, ni confusion de ses trois parties, la Religion, la Science, les Arts, mais leurs constitutions respectives, leur liberté dans l’harmonie des puissances intellectuelles de l’Univers, qui sont la volonté de l’Esprit Un dans son essence, contre l’an tagonisme bouleversant de la matière, dont la domi nation est une abdication, une révolte contre la seule primauté légitime : l’lntelligence.
YALTA. iÿ,e l’®rqartisa’tian tle l’ÿniversité EN ÉGYPTE ET EN GRÈCE Sous le nom d’Hermès, où les imbéciles de toutes les époques ont voulu voir un homme qui aurait écrit cinquante mille volumes, l’ancienne Egypte cachait l’organisation d’un enseignement supérieur dont le principe était celui d’une hiérarchie absolue.
Au Samnet, dans une retraite et un mystère absolu, des savants en même temps prêtres et philosophes, donnaient à leurs futurs successeurs un enseignement ésotérique. Ils avaient pour laboratoires et biblio thèques les temples du principe auquel se rattachait plus particulièrement l’objet de leurs études.
L’un d’eux était le roi; mais il ne semble pas que le roi, exécuteur assez effacé d’ordres supérieurs, ait joué dans l’organisation supérieure de l’Enseignement un rôle plus intelligent que, par exemple, à notre époque,
DE L’ORGANISATION DE L’UNIVERSITÉ 65 ï- 1... celui d’un administrateur d’hôpital par rapport aux recherches qui se font dans les divers services. Les études sorties de ces laboratoires ne nous sont parvenues que par fragments. Il n’est pas d’ailleurs du but de cette notice d’en parler ici.
Disons seule ment que, dans l’art, la littérature et la philosophie, les maîtres du Conseil supérieur d’Hermès représen taient ce que le savoir humain peut concevoir de plus haut, de plus indépendant et de plus pur. Au dessous, un ensemble de savants plus jeunes, les préparateurs et les secrétaires des pensées)consti« tuaient à leur tout une pléiade de chefs et d’initiateurs.
Successeurs désignés de leurs maîtres, ils devaient, dans le silence, préparer les matériaux mis en œuvre par ceux-ci. Entourés eux-mêmes d’une foule de dis— ciples, ils vivaient ainsi dans les temples au milieu de leurs séminaires de jeunes gens,et, tout en formant de I’Elite de ces disciples leurs futurs successeurs, ils faisaient de la généralité de leurs élèves des prêtres et des savants de valeur.
L’existence des maîtres du degré supérieur était inconnue, peut—être au plus soupçonnée de ces élèves, car l’initiation n’était réservée qu’à une élite, et encore combien peu d’Elus parmi les appelés déjà rares à devenir maîtres du second degré.
Enfin, dans la classe inférieure se trouvait tout un _ monde demi-savant, demi-sacerdotal, chargé de re cruter les élèves, de les élever jusqu’à quatorze ans, espèce d’instituteurs, avec de l’intelligence en plus. Un enfant, de quelque classe qu’il fût, même de la plus basse, montrait-il des dispositions spéciales pour _ 3
66 L’INITIATION l’étude, il était amené dans le temple par les membres du troisième collège qui vivaient au dehors aussi bien qu’au dedans du temple, étaient en relation avec les familles. L’enfant recevait là une instruction hiéra— tique et scientifique; il y subissait déjà des épreuves assez dures, auprès des maîtres du second degré.
S’il avait, pendant les épreuves de l’initiation aux petits mystères, montré des qualités réelles, il devenait le préparateur et presque l’ami d’un de ses maîtres; il travaillait sous sa direction, mais n’était pas encore admis à faire des recherches originales.
Une discipline assez dure lui était encore imposée, et c’était seule ment après des années de travail qu’il lui était permis de suppléer en quelques détails le maître à la per sonne duquel il était attaché. Pour devenir maître lui-même, il avait à subir de plus terribles épreuves et à faire montre des plus rares qualités.
Mais, s’il en sortait vainqueur, il arrivait à. une situation spéciale: à la fois prêtre, magistrat, savant et philosophe, il prenait part au gouverne ment; initié déjà à certaines pratiques de magie céré monielle, il officiait dans les cérémonies publiques et pratiquait certaines conjurations, mais il était surtout homme d’étude : le prêtre était avant tout un savant.
Il se passait encore des années avant qu’il soup çonnât la possibilité de s’élever plus haut. Pour arriver au troisième degré, les épreuves étaient d’ailleurs tel lement pénibles, qu’il fallait des âmes fortement trempées pour y résister. Presque exclusivement psychiques, ces épreuves mettaient le candidat en présence de ce que Lytten appelle si ingénieusement L :’ :Iw ani
DE L’ORGANISATION DE L’UNIVERSITÉ 67 le dragon du Seuil. La folie ou le pouvoir magique, il n’y avait pas d’autre alternative pour ceux qui afi‘rontaient le redoutable honneur de devenir, comme dit Strabon, les pasteurs inconnus des peuples. Moïse, Platon, Pythagore, peut-être Apollonius, subirent ces épreuves, et, sortis victorieux du temple, allèrent porter au loin des doctrines qui ont conduit et con duisent encore l’humanité.
Ces grands initiés portèrent en Grèce et dans l’Italie du Sud les principes des mages égyptiens. Mais il n’exista jamais en Grèce une organisation comparable à celle de l’enseignement en Egypte.
Les grands phi 1osophes grecs, donnant leur enseignement en public, ne pouvaient pas y comprendre les sciences dange reuses qu’ils tenaient des mages égyptiens.Aussi l’Éso térisme grec, confiné dans quelques temples, ne <tarde-t-il pas. à déchoir, les oracles deviennent bientôt de simples sources de bénéfices pour_des prêtres igno rants, qui, avec les sybilles pour sujets, donnaient ,des séances d’hypnotisme qui ressemblent à des messes noires.
Les législateurs et les philosophes grecs commirent d’ailleurs une irréparable faute; ils instruisirent le peuple et lui donnèrent le suffrage universel, qui lui servit d’abord à l’expulsion des honnêtes gens, d’Aris tide par exemple.
Leurs anciens maîtres, qui, du fond de l’Egypte, suivaient leurs efforts, cessèrent alors de les soutenir, et l’invasion des barbares vint montrer aux Grecs ce qui attend un pays où l’on veut instruire la plèbe et lui faire croire qu’elle a des droits. Dr MICHAEL.
PARTIE LITTÉRAIRE ma I Croyez, me dites-vous P Non, point de ces images Dont les contours naïfs ont traversé les âges En répandant l’erreur! Je veux, loin des sermons, des discours, des conciles, Employer ceflambeau que dans nos mains débiles Plaça le Créateur. J’ai mon libre examen. Qui donc ose me dire : « Je vous l’ôte etje veux que tout ce qui respire « Soit à jamais damné s’il échappe à ma loi! « Inclineæuous, humains, croyez à mes paroles; < D’un cœur humble etsoumis, acceptegmes symboles :' D’un cœur humble etsoumis, acceptegmes symboles :' « Gardez votre bandeau et vous aurez la foi. » Le garder, mon bandeau, c’estfaire aveu suprême De détresse morale et d’impuissance extrême... Le garder, c’est douter!
LA PRIÈRE 69 J‘ u:- - Non, je l’arracherai; tout au long de ma route Je chercherai ce but que l’Église redoute Et voudrait éviter. Priez, me dites-vous P Quoi, dans la cathédrale ou passe vaniteux etfrappant sur la dalle Un bedeau tout en rouge, une pique à la main P Priez, me dites-vous P Ici, devant ces vierges Dont les riches bijoux, étoilés par des cierges, Nourriraient tant de gens qui soufirent de la faim P Non, je ne le puis pas, je suis d'un autre monde! Moi, je vais le matin dans laforêt prqfonde Me raviver d’air pur; Voyez! là, sous nos pieds, frissonnent les brins |d’herbes, Tandis que les rameauxdes vieux chênes superbes Aspirent vers l’azur. Dans les buissons fleuris, pailletés de lumière, Se poursuivent, joyeux, à travers la clairière, Des vols efi‘arouchés de bruyants passereaux. Leurs vibrantes chansons, indicible merveille, Sont répétées au loin par l’écho qui s’éveille... Laissez-moi l’écouter, le doux chant des oiseaux ! II Dans la tranquillité suprême S’étendant sur les hauts sommets, Laissez-moi voir le diadème Des monts, par delà les chalets.
70 L’INITIATION - Leur blancheur unie et rzgide S’allume, sous le ciel limpide, D’un reflet intense et splendide. Tendre caresse du soleil; Et de pâles amas de glace Longtemps gardent sur leur surface Le ton rosé, dernière trace Du baiser de l’astre vermeil. Laissez-moi la bénir, cette lueur aimée; Qu’elle entre tout aufond de mon âme afiame’e Ainsiqu’un traitde feu!
Puis un jour, dans les champs, quand nous irons en [semble, Cuez‘lleg—moi quelque fleur sur la branche qui tremble Au-dessous du ciel bleu! Dans la chapelle souterraine Où les pauvres sont déposés, Alors que de leur temps de peine Les jours sontenfin épuisés, . Venez de leur tête pâlz‘e Contempler la face ennoblz‘e, _ Car la mort parfois concilie Ce que la vie a réprouvé!
S uiveg mes pas dans le pénombre Et regardons, tout voilé d’ombre, Ce crâne humain, puissant etsombre Qui jadis, vivant, a rêvé. Croyez, me dites-vous P La nuitest étoilée: D’un léger brouillard bleu la campagne est voilée, Lesfleurs embaument l’air;
LA PRIÈRE 7! Dans la sérénité de l’heure harmonieuse Chante du rossignol la voix mélodieuse, Seule sous le ciel clair. Comme d'un admirable asile Où mon être s’emplit d’espoir, A ce repos doux et tranquille Ne me retirez pas ce soir!
Sur mes lèvres, dans le mystère Montera la parole austère D’une humble et touchante prière D’un pur élan vers le seigneur; Car, sur la terre recueillie, Au bord de la sourcejaillz’e, Dans une églantz’ne cueillie L’idéal montre sa splendeur!
A l’hymne solennel que toute la nature Répète etdont ’entends le passionnantmurm ure Je veux joindre ma voix : Je mêle à ces accents ma vague rêverie, Et, plein d’émotion, je m’incline etje prie A l’ombre épaisse des grands bois!
Il] Croyez, me dites-vous P Oui, je baisse la tête En écoutant cet hymne où la nature enfête Proclame un Créateur 1... cet hymne pénétrant Qui s’élève la nuitde la terreféconde Et vibre sourdement dans la plainte profonde Que la puissante mer arrache auflot mourant... - . .-..‘
72 L’INITIATION Je sens toute l’ardeur des foyers d’étincelles Que sur les monts géants les glaces éternelles Allument aux rayons lumineux du couchant. Je révêre à genoux la grandeur indicible Dont s’empreint à la mort un cadavre insensible, Alors qu’une âmefuit vers l’espace éclatant.
Je m’unis à l’appeld’une mère qui pleure, Auxfrz’ssons du lys pur qu’unpapillon efleure, Au sourire indécis d'un toutpetît enfant Dont les yeux étonnés passent de chose en chose; J’admire la beauté superbe de la rose, Ce splendide joyau de l’amour triomphant.
A ces chants, à ces voix, àce concert immense Quimonte vers les cieux et toujours recommence, Mon cœur ému, charmé, pénétréjusqu’aufond, A senti de son Dieu le colossal mystère..... - n n 5 o u . . o c o a a n v o n l 5 Ah! joignez-vous à moi, faisons notre prière : L’étoile brille au loin et l’écho nous répond! J. DE TALLENA Y. IËE ijiïarnm ÈENDU (Suite) Alors ils se dispersèrent dans toutes les directions et disparurent.
LE NOTAIRE PENDU Je me retrouvai couché chez moi, bien éveillé, me semblait-i1. Des coups faibles et lointains frappés au mur du côté de la fenêtre vinrent s’accélérant ; puis violents, pressés, ils retentirent au-dessus de ma tête. Malampe ne jetait plus que des lueurs intermittentes dessinant de grands ronds tour à tour pâles et lumineux au plafond, tandis que la lune, immobile, allongeait jusqu’au pied du lit le cintre de la fenêtre.
Un petit frémissement, rapide comme les battements d’ailes du papillon quittant sa chrysalide, agita nos rideaux. Quelque chose de lourd passa contre moi; je ne res pirai plus qu’avec peine ; un écran avait intercepté l’air. ' Devant la fenêtre, dans la partie éclairée parla lune, une ombre se forma vague, confuse; puis, à la façon des vapeurs qui se condensent, elle se resserra en une masse sombre dessinant une forme.
Et, dans cette forme aux contours encore mal dé finis, je reconnus la silhouette de l’apparition familière à mes premières années. C’était en même temps le mendiant borgne qui m’avait poursuivi dans le bois noir de la montagne. Sa vue ne me causa pas la même terreur que dans la journée. Il était plus grand, moins contrefait.
Le regard de l’œil, au lieu de me sembler malicieux et dur, avait prisune expression de tristesse rêveuse pleine de mé lancolie résignée. Domptant mes appréhensions, je voulus lui adresser la parole; il me sembla que mes lèvres remuaient sans "’ . n11v‘.’:àïb‘n‘f’îæ —m—D—nu- k L - ‘ ' "
74 L’INITIATION que le son formulé arrivât à mon oreille. Tenant le regard fixé sur le visage du visiteur, je balbutiai : « Don Commaso» et puis, comme nous le faisons fami— lièrement en supprimant la première syllabe du nom : « Maso, maso, mas, mas », je répétais : «Mas », cher chant à ajouter quelque chose qui ne venait pas... « MASANIELLO! » criai-je enfin avec une brusque ex— plosion. Le son de ma voix retentit cette fois.
Un spasme me courut le long de la poitrine; ma tête tournoya pen dant qu’un vent d’orage soufflait, musique enragée produite,me parut-il, par une massed’éclats de rire en cadence. Lors du dernier tremblement de terre, je n’ai pas senti mon lit soulevé, balancé, d’une manière si im— pétueuse qu’à ce moment.
Et, quand ce tourbillon nement s’apaisa, Masaniello lui-même, tel que le représentait ses portraits, se, dressait devant moi, jeune,beau, grand et fier. Le hideux mendiant avait disparu. Il était pâle, si pâle que la blancheur de son visage se distinguait à peine de la tramée blanche allongée sur le parquet par un rayon de lune.
Sur ce visage, près du nez, je remarquai plusieurs taches d’une couleur un peu plus sombre ; cette particularité, entrevue au moment où j’avais appelé mon père, se produisait en core plus distincte. L’apparition tenait une main au-dessus de l’œil gau che et l’autre à la garde d’une de ces, épées de parade que portaient les seigneurs du xvn‘ siècle. Un magni fique manteau était jeté sur ses épaules; à son
LE NOTAIRE PENDU 75 cou pendait quelque chose de brillant comme une plaque en métal. La forme des jambes demeurait in— décise ; elles semblaient flotter dans un nuage de fumée. Le fantôme était si transparent qu’à travers son corps, à la hauteur de la poitrine, je voyais l’espagno— lette de la fenêtre située derrière lui ; une curiosité succédait à la peur répulsive et dégoûtée inspirée par le mendiant.
Je désirais me mettre en rapport avec le visiteur et le faire parler, tout en le tenant éloigné de moi. Il m’était difficile d’articuler mes questions, car j’étais oppressé au point de ne respirer qu’à petits intervalles très courts, ne me laissant pas dire un mot tout d’une haleine. Quant à lui, le son de sa voix ne frappait pas direc tement mon tympan.
C’était un murmure sourd, pro— fond, pareil aux bruissements entendus lorsqu’on plonge dans l’eau. A peine avais—je eu le temps de poser une interrogation que la solution arrivait cor— respondant aux doutes de mon esprit plus qu’elle ne répondait à des questions mal formulées.
Voici le dialogue qui s’établit entre nous : « Es-tu vraiment Tommaso Amiello, le Masa— niello de l’histoire ? — C’est ainsi que j’ai été appelé pendant un cer tain temps. —— Pourquoi viens-tu me trouver P 4 Parce que tu t’es occupé de moi. C’est ton esprit qui appelle le mien. -— Que viens-tu me dire ? —- Ce que tu voudras. -- un... au. . -d—- u-w
76 L’INITIATION — Ton âme est—elle en repos ? , — Non, sans quoi tu ne me verrais pas près de toi. — Puis—je faire quelque chose pour ton bien P -— Tu le sauras prochainement. —— Est—il vrai que tu aies été empoisonné avant d’être fusillé ? — Oui. Les taches livides que tu vois sur ma figure sont les traces du poison lâchement administré par le duc d’Arcos.
7‘- Pourquoi tiens-tu la main devant ton œil gauche P — Parce qu’un misérable, que tu connaîtras, a crevé cet œil d‘un coup de pique; il est hideux à voir; son aspect t’épouvanterait. Alors, au lieu de m’appe— ler, ton désir me repoussant, je serais obligé de fuir. , — Pourquoitiens—tu tes jambes dans un brouillard ? — Parce que nous n’aimons pas nous montrer à vous avec des membres imparfaits.
Je n’ai pas assez de fluide vital pour compléter mon corps. D’ailleurs, mes jambes ont été mutilées. —- Quel est l’objet qui brille sur ta poitrine ? —Je n’ai jamais su lire ni écrire. C’est avec cette plaque que je scellais mes décrets quand j’étais dicta teur à Naples. . —- Y a-t-il longtemps que tu es mort P — On ne meurt pas, on se transforme. — Alors, y a-t-il longtemps que l'on t’a fusillé! _'—Je ne puis te répondre comme tu le voudrais.
Nous ne connaissons plus ce que vous appelez le temps et la distance. Aucun événement ne marque pour nous la succession des jours et des heures. Les
LE NOTAIRE PENDU 77 ,_ .- ...._—v. p.«n.r. , --.— ‘rc. .. _--... 1-'r lieux ne sont pas séparés par l’espace; nous assistons en un seul instant aux faits qui pour vous sont éloi gnés par un nombre infini d’années. Nous ne sommes pas plus ici que là. Un simple acte de désir nous montre partout ce que nous voulons voir. — Tu me dis n’être pas heureux. Pourquoi ne le serais-tu pas i“ — J’ai été brusquement arraché à la vie terrestre.
On a séparé l’esprit du corps avant que je fusse mûr pour la vie plus élevée. Alors mille passions tout à fait humaines, l’amour de mon pays, la haine du tyran, l’ambition, le désir de la gloire, l’orgueil du commandement, la rage de la vengeance attisaient en moi un feu dévorant entretenu par la fougue de ma riche jeunesse. On m’a massacré lorsque la séparation ne pouvait qu’être incomplète dans sa soudaineté.
De même que, chez vous, des âmes pieuses aspirent à mourir pour arriver dans le ciel, moi j’aspire à une vie qui me ferait renaître matériellement. Pendant que d’autres sont heureux de sentir se dissoudre et s’évaporer leur substance, moi qui ne suis toujours qu’un grossier et ignorant marchand de poisson, je rassemble les débris de la mienne, parce que je ne voudrais pas m’éloigner d’ici.
Il faut que je sente encore ce sol bien-aimé que j’ai foulé sous mes pieds pendant une existence terrestre si courte... Tandis qu’il parlait, comme je cherchais à péné trer le sens, obscur pour moi, de ces paroles, mon regard se détourna du visage de Masaniello. Lorsque je levai les yeux vers lui, il était déjà changé. Son
78 L’INITIATION corps s’était rabougri, ratatiné. De hideuses guenilles remplaçaient le riche manteau. D’une voix qui deve nait faible et semblait éloignée, l’apparition me dit: « Prends garde; si ton désir ne me soutient pas, je vais retomber et me dissoudre. Appelle-moi encore d’une voix forte et répète trois fois mon nom. » J’obéis, et trois fois, sur un ton impérieux, je dis: Masanz‘ello !
Alors il se redressa ; sur son visage coururent quelques traces fugitives de coloration. « Pourquoi t’être montré _à moi sous un aspect si repoussant? — Est-ce moi qui l’avais choisi? Nous aimons, je te l’ai dit, nous présenter avec une forme agréable Ton imagination enfantine m’avait prêté des traits à. la fois grotesques et sinistres que j’ai dû accepter, car, comme tu le comprendras, imaginer, c’est créer.
Entre toi et moi, il y a des affinités qui t’échappent encore; voilà pourquoi, sans que tu le voulusses, ton esprit cherchait le mien. C’est porté par un de tes rêves que je suis entré chez toi. L’apparence n’est cependant pas toute trompeuse. J’ai eu réellement l’œil crevé et la jambe brisée.
L’image que tu te repré sentais se rapprochera de la vérité à mesure que la confiance descendra en toi. — Pouvez-vous prendre la forme que vous désirez? — Il y a peu de variétés dans les formes qui vous sont connues. Ce ne sont toujours que des combinai— sons plus ou moins ingénieuses de la ligne droite et de la ligne courbe. Nous en savons d’autres que votre œil humain ne percevrait pas. Aussi sommes-nous
LE NOTAIRE PENDU 79 obligés de nous rapprocher des types terrestres. La perfection à laquelle nous aspirons est la reproduction brillante, idéalisée, aérienne du corps dans lequel nous avons vécu. , Mais j’occupe un rang bien infime dans la hiérar chie des Esprits et je ne viens que pour me rappro« cher de la terre. Ne me questionne donc plus sur les choses inhérentes à notre nature. Laisse-moi plutôt venir près de toi. J’ai si froid, si froid!
On m’a pris tant de sang!!! Oh ! le sang bien rouge qui coule dans tes veines... Cher enfant! tu n’as plus peur de moi, n’est-ce pas ? » En disant cela, il s’approchait comme pour m’em brasser. Je le repoussai d’un geste où je mis toute l’énergie d’une résistance effarouchée, quoique son regard suppliant exerçât sur moi un charme d’atten -drissement et de compassion émue.
L’apparition, reculant vers la fenêtre, devint con— fuse, prête à se dissoudre en vapeurs. Je la rappelai. « Masaniello, dis-moi encore : ai-je rêvé quand j’ai vu le bois d’orangers et le petit mur ? — Oui, mais le rêve est toujours une réalité dans l’Absolu. — Cependant, il n’y a pas d’arbres là-haut. — Il y en avaitjadis. Regarde. » A . . o a . . . - - n . . . . c o .
80 ' L’INITIATION III . . - . - o o o . a . o a . . . o ' Je suivais une longue route sur le flanc d’une mon tagne; elle était pavée de dalles polies et, de distance en distance, sur les bords, je rencontrais des colon nettes couvertes d’inscriptions. Des chars d’une forme inconnue, lancés au grand trot, se suivaient sur la route.
Une profonde ravine, ouverte brusquement, me montra, au bas d’un gouffre en entonnoir, une ville et son petit port où des barques, très recourbées sur leur quille, avec des voiles rouges qu’enflait le vent, se balançaient sur la mer. Continuant à suivre la route, je retrouvai mon bois d’orangers encore plus noir et plus silencieux que je ne l’avais vu. Une lueur, partie du fond de ce bois, me dirigea.
J’arrivai près d’une enceinte de murs bas au milieu de laquelle s’élevait un petit édifice orné d’un péristyle à quatre colonnes séparé du sol par plusieurs degrés. Au centre du petit édifice, sur un trône de fer, une grande statue noire, à la chevelure épaisse, à la barbe séparée en deux masses égales, .tenait en main une fourche dont les dents étaient très aiguës. Près de la statue, celle d’un chien à trois têtes se tenait accroupie.
Entre les troncs des oliviers parut une petite troupe d’hommes. Habillés de longues robes sombres, ils marchaient lentement sans parler. Quand ils passèrent
LE NOTAIRE PENDU 8 : 11" I I T -n ---u II' près de moi, je vis sur leurs têtes des couronnes de cyprès et de capillaires entrelacés. Devant eux mar chait un vieillard portant une robe toute noire qui faisait de grands plis raides à chaque enjambée. Quatre hommes presque nus le suivaient, chargés d’un fardeau dont je ne pus distinguer la forme et la nature.
Quand cette procession arriva près du petit édifice, le vieillard y entra pour ressortir bientôt en tenant une coupe en or et un grand couteau à manche d’ébène. Une table basse montée sur tréteaux venait d’être préparée devant les degrés du petit temple..C’est là que les quatre hommes presque nus déposèrent leur fardeau. A la lueur des torches que tenaient les assis tants, je reconnus un homme garrotté et bâillonné.
Ses membres se trouvaient si étroitement serrés par une multitude de bandelettes entre-croisées qu’il lui était impossible de faire un mouvement. Ses yeux roulaient de droite et de gauche, prêts à jaillir hors des orbites. (A suivre.) R. DE MARICOURT. üR@UPE ÎNDËPENDÀNT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Le président du Groupe vient de rendre visite à la branche de Lyon, au délégué général pour le Sud-Est, à Valence, et aux correspondants de Marseille.
8 2 L’INITIATION . Dans cette dernière ville, M. LE BARON SPEDALLIERI a bien voulu offrir à Papus un portrait photographique grand format d’Eliphas Levi, fait en 1862 et dont nous ferons des reproductions pour nos lecteurs. A Cannes, un poste de correspondant a été établi. CONFÉRENCES.—LCS conférences, interrompues pendant les fêtes du jour de l’an, reprendront le 13 janvier et se poursuivront régulièrement tous les'quinze jours, le ven dredi.
' A la fin de janvier, M“° MARIE-ANNE DE BOVET donnera sa conférence dont nous reparlerons en détail dans le prochain numéro. LABORATOIRE DE MAGIE PRATIQUE.-—On trouvera en tête de ce numéro un dessin qui représente le bâtiment dans lequel est installé le laboratoire de Magie pratique de Province dont nous avons parlé dans notre dernier numéro.
GROUPE N° 4 (Séance du 6 décembre 1892) Onze assistants, dont M. de R., l’expérimentateur bien connu de l’extériorisation de la sensibilité, le doc teur W., Mme W., et huit membres du Groupe. Après les invocations d'usage et sur l’avis exprès de l’un des familiers du groupe, nous nous mettons en séance obscure.
Presque aussitôt, et sur le désir du chef du Groupe, une fleur, faisant partie d’un bouquet placé sur une grande table dont chaque assistant est éloigné d’environ o"‘,60 est prOjetée sur M. de R., vers lequel se dirige simultanément la petite table utilisée pour les expériences médianimiques.
Arrivée près de M. de R., la table demande, par coups frappés, qu’il veuille bien endormir Mme 0., l’un des médiums. , Celui—ci s'y prête de fort bonne grâce et, en pleine lumière, endort en quelques minutes Mme 0., dont il tient les mains dans l’une des siennes, tandis que, de l’autre, il opère devant elle diverses passes magnétiques. Après quelques légères sensations de trouble, M'“° O. déclare n’éprouver plus aucune gêne. Interrogée alors
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 83 par M. de R. auquel seul elle répond, isolée qu’elle a été par lui des autres assistants, elle déclare voir s’é— chapper des yeux de celui—ci des lueurs fulgurantes. Elle est en état d’hypn05e profonde et de rapport com plet avec M. de R. Si, par exemple, l’un des assistants fait mine de battre M. de R., M'“ O. ressent sur elle même le coup à l’endroit touché et y porte la main.
On tire les cheveux de M. de R., M“ O. renverse la tête en arrière et le front plissé semble éprouver une impression des plus désagréables. Une autre phase succède à celle-ci: Mme O. dit se voir entourée de quelques-uns (quatre) des esprits fami. liers qui président à nos expériences. Elle cherche, mais vainement, à décrire nettement les apparences sous lesquelles elle voit ces esprits; puis elle semble éprouver \une vive lassitude.
Réveillée par M. de R., Mm° 0. se plaint d’une pesanteur du cerveau et de la sensation d’une corde qui lui enserrerait la tête. Ce malaise est promptement dis sipé. Nous reprenons la Séance obscure interrompue.
Sur la demande du chef du Groupe, des fleurs et divers objets légers (un sifflet, des crayons, etc.) sont proje tés par une main invisible (et chaque fois sur la per sonne désignée) sur M. de R., sur le docteur W. et sur deux autres assistants.
Enfin, la petite table d’expériences, agitée de violents soubresauts, s’enlève à diverses reprises dans l'espace et parcourt rapidement la salle des séances en frappant de forts coups sur le parquet, mais sans donner de ré ponses satisfaisantes aux diverses questions posées. Nous nous remettons en lumière et M. de R. renou velle quelques-unes de ses expériences sur l’extériorisa tion de la sensibilité.
Il prend la main droite de M” O. et met rapidement cette main et l’avant—bras en état caraleptique. Le sujet est demeuré à l'état de veille (apparent). , L’expérimentateur fait alors dans l’air, à une distance qu’il augmente progressivement, jusqu’à un mètre (et peut-être un peu plus), le simulacre de pincer. La main de Mme 0. se contracte violemment trois ou quatre /
:84 L’INITIATION fois comme si la peau en était soumise à une assez forte torsion. Plaçant ensuite dans la main de Mme 0. un verre d’eau qu’il retire après un contact assez court, M. de R. s’éloigne en plongeant dans cette eau une cuiller. Mme O. agite convulsivement sa main dès que la cuiller pénètre dans l’eau qui semble, pendant quelques instants, être saturée de la sensibilité de cette dame.
L’agitation augmente lorsque M. de R. s’approche de Mme 0. en remuant si légèrement que ce soit l’eau à l’aide de la cuiller; elles’af’faiblit, pour disparaître totalement quand M. de R. s’éloigne au delà d’un mètre. M. de R. termine ici ses expériences, et la séance est Jevée à minuit. L. FRANÇOIS. «GROUPE u° 4. — APPENDICE AU COMPTE RENDU DE LA SÉANCE Du 6 décembre 1892.
Les expériences faites par M. de R. sont d’autant plus intéressantes que ce savant expérimentateur se trouvait pour la première fois en présence de M“ 0., excellent médium à efi’ets physiques. A la suite de cette séance, une idée m’est venue.
Pourquoi les savants qui étudient l’extériorisation de la sensibilité ne s’assureraient-ils pas que leurs sensi— tifs peuvent être d’excellents médiums à effets phy siques ? - Les chercheurs qui reculent au seul mot de spiritisme pourraient ainsi étudier certains phénomènes spirites :sous le nom de recherches sur l’extériorisati0n de la motricité, ce qui les rassurerait tout à fait.
Avec du temps, et de la bonne foi, on arriverait, peut— -être, à reconnaître que tout n’est pas hallucination dans le monde spirite. Pour réussir, il faudrait aussi se mettre dans les con— ditions voulues sans avoir la prétention de diriger les phénomènes ; en un mot, il faudrait agir... ab imo pec tare ; de leur côté, les médiums ou sensitifs devraient tra wailler... ad gloriam. A. FRANÇOIS. ï.
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE 85 imam jiiiiiii3Aiii@ii L‘Embarquement pour ailleurs, i vol. in-x8, par M. GABRIEL MOUREY. — Simonis Empis, éditeur. — Prix : 3 fr.
« Je voudrais révéler l’être de douloureux mystères qui fut cet être, déclare M. Gabriel Mourey à la première page du volume, ses curiosités, ses vues, sa manière, un peu de son passé, — discrètement, pour ne point effaroucher la pudeur respectueuse qu’il eut toujours de soi, — sa folie d’aimer et de souffrir. et Las, il y a trop de larmes et de sang aux plis de cette histoire et quelque chose encore qui veut l’at tention: la mise à nu d’une sensibilité la plus complexe et la plus acérée.
Suit le portrait de son héros. «Damon était de stature moyenne, et son dos se voû— tait tristement.
Un pâle visage songeur, d’épais cheveux noirs collés au front, un long regard convalescent de tant de larmes pleurées jadis, et le sourire trop déçu sous une moustache d’or cendré; tel il me parut ces jours la,—-— les deux jeunes gens ont lié connaissance en cette buvette de la Bibliothèque Nationale, où le hasard les assit côte à côte, où leurs yeux battirent des mêmes iro nies au geste choquant et impropre des autres,— et plus jamais depuis, transfiguré par l‘intime détresse où il se dévorait. » Après trois ans sans se voir, les amis se retrouvent en Provence méditerranéenne.
Damon part chercher un grand cahier manuscrit, recouvert de parchemin, sur le quel sont écrits ces mots : L’Embarquement pour ailleurs, Journal de Damon. ( Prenez, lui dit—il; voilà tout le passé, tout ce que je fus, tout ce que je ne serai plus jamais... Faites-en ce qu’il vous plaira d’en faire. ..)
86 L’INITIATION Et des larmes tremblaient en ses yeux, lui submer geaient le regard, des larmes qu’il essuyait de ses doigts émus... et quand il serra la main qu’on lui tendait. elle était toute trempée de pleurs. I . ' Une. effarante angoisse pénètre l’esprit à-la lecture, quand se découvrent peu à peu les profondeurs de cette âme toute de fièvre et si étrangement vibrante, tandis que la magie des phrases verse l’hallueinante griserie.
Ce sont « des rythmes ressouvenus des puériles légendes, grâces assoupies à la poussière de pastel, des songeries d’antan, obsession douce des paysages où s'éveilla l’être que l’on devint, où se gonflèrent de la sève dont ils vivent la tête et le cœur de soi—même ), rêverie au château d’exil, lorsque le crépuscule, « l’heure de prédilection », mouille d’une clarté douce les choses où Damon apprend à regarder la vie, où graduellement se dissipa l'inquiétude que lui donnait d’abord l’exubé rance de la nature.
« Cette nature, que j’appris depuis à chérir, m’inquié tait alors étrangement: je_ne savais la comprendre. Inca— pable d’en dégagerla mystérieuse harmonie, sa brutalité seule m’apparaissait, douloureuse à mes nerfs trop sen sibles, révoltante presque. Je croyais qu’elle me violai: l'âme. ) La vague bleue agonise au bas d’une belle terrasse de marbre funéraire, tandis qu’ils vont deux et qu’une odeur de sexe en délire monte, buée maléfique.
« Ta pensée, s’écrie Damon, je la sens pareille à ces souffles du vent, le soir, dans les foins, à ces indécises clartés qui dansent parmi les fleurs insouciantes... et les guirlandes de tes cheveux exhalent des parfums féconds. > Vient ensuite Avril, scèneinfernale et râlante ; et puis... et puis...
J’aimerais à citer maints extraits de ces admi rables récits, mais comment choisir parmi tant de mer— veilles : Quatre août, la Joie du retour, le Mauvais rêve, les Pèlerins au château d’exil ?... Qu’il est bien motivé, ce cri de Damon: « De ces paysages courus, de ces horizons de fuite, quelle mélancolie me demeure au cœur, aux yeux, insurmontable ! Ah ! chanson de nourrice... bercement
COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE maternel... premières larmes conscientes... et baisers tremblants... et toute l’épopée juvénile, croyances en ruines, années mortes, sécheresses du cœur, rmorsure des luxures... tout repasse dans le cadre mouvant.
La brume funèbre descend aux collines espérées. » A mesure les tableaux se succèdent, poignants, gran dioses, désespérés presque toujours, d’une intensité et d’une variété infinies: Visite à un hospice d’aliéne‘s, En mer, Minuit, Treize octobre, Odilon Redon, Elle...et eux, Décembre. ( Où d’autres, parmi la floraison lumineuse, dédient leur welcome aux jours à naître, il inscrivit sa sombre devise: « Haine à la vie 1) 1! In!
Mais voici la femme, et, « malgré qu’il continuât de se juger le tout-puissant triomphateur des instincts, Da mon en vint à n’être plus qu’un trophée de défaite au pied des omphales.
« En des languissements de sa voix qui se traînait alors molle et comme noyée d'automne, elle ressuscite des crépuscules d’impressions perdues, —- vouloirs trop hauts, vœux avortés, efforts stériles, -— tout le mystère de cette heure indécise et décisive où le cœur voudrait se serrer, frileux, contre l’épaule d’un rêve. » .
En ces derniers tableaux: « Leurs âmes ne s’étaient pas reconnues, ) « Any whore ont ofthe world ), « Jules Chéret, Petites noces, Dame Gabriel Rossetti, De l’Ether ), Damon subit la hantise grandissante de la passion qui l’accapare; puis, après une description frénétique de sa tentative de suicide, il se réveille conscient, et après trois mois entiers d‘absence, de vie trouble, de cette vie comme pas vécue des convalescences ), compose les strophes névrosées de l’Epithalame et de l’Amendc hono rable, puis conclut : ( A quoi ai-je été bon ?
A quoi suis—je bon? A aligner des mots, à bâtir de sonores phrases... Quel mirage sub til me tenta! Je me suis épuisé l’être à regarder la vie dans un miroir de songe, et que me rester-il ?A peine
88. L’INITIATION un souvenir de reflets enfuis — quelle réalité! — Et le dégoût de moi-meme m’étouffe. ( Du moins aurai—je connu les larmes! Du moins aurai—je chéri la douleur! Que ce demeure ma seule gloire parmi les ruines du passé ! Ainsi me fut—il donné de quelquefois atteindre à l’absolu, de m’élever jusqu’à votre infini, de partager votre sereine conscience, de vous aimer, de vous comprendre.
Les larmes seules sont rédemptrices: elles font rentrer l’être solitaire dans le grand flux de l’humaine souffrance, et c’est par là qu’il se régénère. Une noblesse l’anime : il redevient le frère saignant des autres hommes, il redevient le cœur de bonté et d’amour, il mêle son âme à l’âme éperdue des choses, il est le monde et Dieu l... » : * 2&4. Au final, brusque changement de ton et de style: deux jolis actes pétillants d’humour.
On assure avoir aperçu Damon, ( par une après-midi de dimanche, dans un jardin public. Il y promenait à son bras une jeune femme enceinte. > Mariage! 1 Tu es la fin de toutes les destinées litté raires. » L’Embarquement pour ailleurs est un livre magistral. Remerciements admiratifs à Gabriel Moureyr et compli ments sincères à M. Simonis Empis pour sa très coquette édition. GEORGE MONTIÈRE. La Rénovation économique mise à la portée de tous.
Résumé synthétique par demandes et réponses. Sous ce titre, Hippolyte Destrem vient de faire paraître, chez l’éditeur Ollendorff, un ouvrage appelé à produire, par ce temps de discussions sociologiques, une réelle impression. C’est un opuscule de 48 pages merveilleux par l’impor tance capitale des questions qu’il traite, la vigueur, la netteté des solutions précises qu’il indique pour les grands problèmes du jour.
On en jugera par la table des ma tières que nous reproduisons ci-après : Préface. Chapitre .1”. Notions préliminaires. Premier “*‘-f" -,. .......ËL
REVUE DES REVUES 89 résultat rénovateur: Doublement de la production de la richesse. —- Chapitre II. Second résultat rénovateur : La répartition selon la justice des revenus annuels. — Chapitre 111. Troisième resultat rénovateur: La réparti— tion équilibrée de la richesse en capitaux. — Chapitre IV. Tableau de la Rénovation économique de la France au xx° siècle. — Chapitre V. Critique des hypothèses écono miques défectueuses.
L’hypothèse égalitaire. L’hypo thèse communiste ou collectiviste. L’hypothèse saint— simonienne. L’hypothèse positiviste. L’hypothèse socia liste chrétienne. L’économie politique dite orthodoxe. L’hypothèse malthusienne. — Chapitre VI. La Rénova tion économique doit—elle être notre seul objet. Miscellanea: Le salaire. Pourquoi épiloguer sur ce mot ? Egalitaires et Anti-Egalitaires. Patronat et ASSO ciation. Le Marxisme et la Tudescomanie.
Avis divers. L’Association pour la solution pacifique des conflits sociaux par la Science, la Concorde, le Droit pour tous. En vente chez OLLENDORFF, 28 bis, rue Richelieu. Prix : I franc.
REVÜE DÈS REVUÈS OCCULTISME: Le Voile d’Isis contient le résumé des conférences de Papas au Groupe; notons comme particulièrement inté ressantes celles sur les talismans et les miroirs magiques ; la dernière œuvre de Vurgey, L’Ame, les sept principes de l’homme et Dieu, y est insérée. La Renaissance symbo lique expose, par la plume érudite du Bertrand, d’après des travaux tels que le Misrai‘m des F Bedarride, les théories maçonniques.
Je n’ai pas reçu l’Etoile. M. Fauvety prend texte des scandales du Panama pour préconiser le socialisme d’Etat (Paix Universelle, 15 décembre); enfin M. J. Bearson me permettra de relever une petite inadvertance dans son dernier article sur l’Occulte: « Mais là où Allan Kar
90 L’INITIATION dec innovait, écrit-il, c’est dans l’affirmation de la réin carnation des êtres sur cette planète ou sur d’autres. » Mais M. Bearson, que H. Verdad appelle ( un philosophe réfléchi ), a-t-il oublié le Defacie in orbe Lunæ de Plu tarque, le Songe deScipion de Macrobe, les écrits de Por phyre, de Jamblique, de Plotin, — et les écrits talmu diques, et le Zend—Avesta, et plusieurs Puranas?
Il y aurait retrouvé à satiété cette doctrine de la transmi gration des âmes dans la septenaire des planètes, avec les détails les plus circonstanciés sur leurs vicissitudes. Il parait actuellement une publication populaire bien amusante : c’est le Diable au XIX‘ siècle ou les Mystères du Spiritisme, par le docteur Bataille.
Guillaume a des siné sur la couverture un magnifique diable à queue de dragon, autour duquel se lisent ces épigraphes terri— fiantes : Magie, Rose—Croix, Palladium R.'. N.'. (il), Théurgie optimate (fil), pratiques sataniques...; et le texte est un recueil de bouffonneries invraisemblables.
SPIRITISME ET MAGNÉTISME: La, Revue Spirite (15 décembre) annonce un nouveau projet de formation d’une fédération spirite universelle: quel statisticien courageux aura la gloire de nous fixerle nombre de ces projets? Le reste du numéro est rempli par des nouvelles du monde spirite et des analyses bi bliographiques.
Je n’ai pas reçu depuis longtemps déjà les autres or ganes spirites de Paris. ’ La Chaîne magnétique continue de clairs et intéressants comptes rendus. Qu’il me soit permis de fixer un point de géométrie: le pentagramme, par cela même qu’il s’ap pelle pentagramme, n’a jamais trois ou six pointes, mais toujours cinq. M. de la Palisse renaît de temps entemps. DIVERS: La Revue Socialiste (novembre). —- M. E.
Vandervelde analyse le discours inaugural d’Hector Denis, le nouveau recteur de l’Université libre de Bruxelles. L’éminent so cialiste, après avoir mis en lumière la contradiction fon— damentale des sociétés modernes, l’égalité de droit et l’inégalité de fait, développe les trois points suivants:
REVUE DES REVUES 91 4 I0 Le caractère commun à toutes les doctrines socia listes, c’est qu’elles admettent que l’homme n’est pas ex clusivement dirigé par son intérêt personnel, et que, de plus en plus, à mesure que grandit en lui le sentiment de la solidarité humaine, il se laisse guider par un autre principe moral: l’altruisme. > — (_ 2° La seconde notion fondamentale, c’est la conception d’un droit économique nouveau, quija pour principal caractère l’action réfor matrice de l’Etat. ) — « 3° Toutes les écoles socialistes envisagent la propriété comme uneinstitution historique, toujours modifiable et perfectible.
Elles tendent, par la transformation graduelle, à faire disparaître les opposi tions d’intérêts qui existent entre les facteurs de la pro duction, et à faire participer tous les travailleurs à la propriété ou à la jouissance des instruments de travail. » Le D" Delon analyse le livre de M. Vandervelde: Enquête sur les associations professionnelles d‘artisans et d’ouviers en Belgique; le jeune socialiste les décrit en naturaliste: dans leurs formes archaïques de corps de métiers et .d’offices, devenant des mutualités professionnelles (fin du xvme siècle), puis des sociétés de maintien de prix (17894850), enfin les actuelles fédérations du parti ou vrier.
Henri Aunel décrit l’abaissement de la moralité comme une cause de ( la Révolution de Demain ). Revue Socialiste (décembre).— Un extrait du prochain livre de Rouanet sur Panama, une savante théorie de la ,valeur, que je n’ai malheureusement pas le temps d’ana lyser, par Auguste Chirac; enfin une humoristique suite de M. Fournière, ( l’Ame de Demain ». Le Devoir (décembre, janvier) continue sa tâche de guide pratique et sûr.
' Le Génie civil (novembre) donne une étude de Max de Nansouty sur les alchimistes modernes.
M. Poincaré expose des recherches éminemment suggestives sur les formes d’équilibre d'une masse fluide en rotation, dans la Revue générale des Sciences naturelles et appliquées (15 décembre); Clairaut a cru ses formes approchantes d'une sphère, Laplace les a supposées annulaires, Mac— Lorin les a démontrées être des ellipsoi‘des de révolution aplatis; enfin Jacobia découvert, au Commencement de ce siècle, les ellipsoîdes qui portent son nom, à trois axes
92 L’INITIATION inégaux, et qui sont aussi des figures d’équilibre. Enfin, M. Poincaré, d’après les travaux de MM. Liapounof, Mathiessen et de Mme Kowalevski, découvre, dans les deux catégories d’ellipsoîdes, deux séries continues de figures d’équilibre: à ces deux derniers l’ellipsOîde de J. est commun. Le D' M. Tscherning étudieles septimages de l’œil humain.
A lire, dansle British médical Journal (Londres, décem bre), < Hypnotisme, magnétisme animal, hystérie», par E. Hart; dans le Journal de la Santé, compte rendu des dernières expériences du D" Luys. Le mois prochain, je promets aux Revues littéraires une analyse détaillée, la plupart d’entre elles ne m’étant pas parvenues.
Cependant je ne voudrais pas passer sous silence l’Écho de la semaine (rédacteur en chef: VICTOR TISSOT), qui publie dans son numéro du 25 décembre les articles suivants : Fourcaud, Médecins, Chronique. —A. Millerand,Justice immi. nente. -— Henri Rochefort, la Fuite au prochain numéro. J. Ricard, Cœur gardé, Histoire de la Semaine. — E. Lepel. letier, John Lemoine,portraits contemporains— Jean Jacques, Mazas. ——J-.K.
Huysmann, Le Paysan et l’Ouvrier, Pages de maitres.— Clam,Juste revirement.—Alfred Capus, Geogra phie de demain,Semainefantaisiste.—Jules Jouy,LeMarchand de sable (poésie). —— Hector Malot, Zyte. — Edmond Tarbé, L‘Histoire d'Angèle Valoy. — D' Ramus, Chronique médz’. cale. — X., Livres d’étrennes. — Une Parisienne, la Vie mondaine. — Le Chercheur, le Tour du Monde. —- Les Coulisses de la Finance, Les Livres de la Semaine, Con-es pondance.
En vente partout, 15 cent. le numéro. — Abonne— ments, France: 6 francs par au; Union postale: 8 francs, dont 3 francs sont remboursés en ouvrages de la librairie Dentu (demander la liste des volumes-primes). — Envoi franco de numéros spécimens de l’Echo sur demande, 3, place de Valois, Paris. La biographie de Jules Roques est parue dans la der nière feuille de Hommes d’aujourd’hui. C'est l’instant d’écrire les noms des socialistes d’art Willette, Zévaco, -1;.Æ"-n
NOUVELLES DIVERSES 93‘ Heidbrinck, Lune], Brandimbourg : ce que publie le Courrier Français, on en gâte la saveur en I'analysant. S. Nouvemas ®Ivaases En Allemagne, l’ésotérisme tend à prendre une grande extension. Le D'Hubbs Schleiden est sur le point, parait il, de fonder une société théosophique sérieuse complè— tement étrangère à la société industrielle du même nom. De plus, un nouveau journal défendrait les idées de cette société.
D’autre part, Frantz Hartmann fonderait aussiune revue spéciale. * ’I-’6 Nous sommes heureux d’annoncer à nos lecteurs que Mlla de Wolska, la dévouée propagatrice de l’occultisme, vient de recevoir l’autorisation de M“‘° Cosima Wagner à l'effet de publier une traduction complète des œuvres de Richard Wagner.
Cette traduction paraîtra dans quel ques mois. * :54: Papus vient délivrer à l’impression le manuscrit de son travail intitulé ( Traité élémentaire de Magie pratique », en préparation depuis quelques années. Ce volume pa— raîtra à la Librairie du Merveilleux. * aut Par décret récent, notre directeur a été nommé officier de l’ordre impérial du Medjidjé pour son volume inti tulé : Traité méthodique de Science occulte.
94 L’INITIATION . r A rm * . -r 24 A la suite de la mort de l’abbé Boulland de Lyon une polémique ridicule a pris naissance dans certains jour naux de Paris, polémique dans laquelle on accusait le président de l‘Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix d'avoir « envoûté » le fameux Jean-Baptiste.
M. de Guaita est venu lui-même faire justice de ces odieuses calomnies et nous publierons dans le prochain numéro tous les détails concernant cetteaffaire, ainsi que les diverses lettres de rectification de MM. Huysmann et Papus. {Revue internatianale de fittitlsgit La Revue internationale de Sociologie a pour but de faire connaître les plus intéressants parmiles faits sociaux de tout genre, passés ou présents, et d’indiquer, mais sobrement, les conclusions qui s’en dégagent.
L’obser— vation et l’expérience sont sa règle. Elle se refuse à toute théorie préconçue, désireuse sans doute d’aboutir à la découverte d'idées générales exactes, mais estimant que ces idées ne peuvent se tirer que de la minutieuse étude du réel. La Revue internationale de Sociologie, étant ainsi une revue d’ordre scientifique,ne saurait appartenir à aucun parti ni à aucune école.
Elle est une tribune ouverte à toute les opinions, leur offrant à toutes ce terrain d’en tente, l'examen attentif des faits. Elle n’est pas même la revue éxclusive d’une seule nation. De jour en jour, on comprend mieux la solidarité qui unit actuellement tous les peuples.
Les mouvements sociaux qui se produisent à l’étranger nous intéressent autant que ceux qui se produisent sous nos yeux, car leur effet, pour être moins immédiat, ne se fait pas moins sûrement sentir à nous. Le cadre de nos recherches n’exclut donc aucune partie du monde habité. Par là notre publication mérite le titre qu’elle se donne : Revue internationale. .. ./. ,.,æ,. .
NOUVELLES DIVERSES 95 La Revue parait tous les deux mois par fascicules de 64 à 80 pages grand in-8°, d’un texte compact.
Chaque numéro contient : 1° Des articles de fond; 2° Des chroniques du mouvement social, tant à l’étram ger qu’en France; 3° Un compte rendu des livres et des périodiques récents, rédigé de façon à faire connaître les idées les plus intéressantes parmi celles qui sont journellement émises dans le domaine immense qu’étudient les diverses sciences sociales. . Abonnement annuel: 10 FRANCS pour la France et 12 FRANCS pour l‘Etranger.
Adresser les communications relatives à la rédaction a M. René WORMS, docteur en droit, au bureau de la Revue 16, rue Soufflet, Paris; et les communications relatives à l’administration à MM. A. GIARD et E. BRIÈRE, éditeurs, même adresse.
Tout ouvrage relatifà la science sociale, dont il est adressé deux exemplaires au bureau de la Revue, est signalé et analysé. ©uvmeas meus La Magie dévoilée ou Principes de science occulte, par M. le baron Du Potet. un vol. in-8, prix : 6 fr. Réédition de l’ouvrage célèbre paru en 1863 et qui se vendait 100 francs. On y traite plus de magnétisme que de Magie. Le Phénomène spirite, par Gabriel Delanne. Un vol. ira-[8 de 300 pages avec nombreuses planches et figures : 2 fr. Chamuel, éditeur, 29, rue de Trévise.
96 - L’INITIATION ""r"'<“-"'"M N Ë c no LOGIE Un de nos fidèles de la première heure, M. FRAN çors Mous S.'. I.'., est décédé à Vincennes dans sa soixante-quinzième année, le 18 décembre I892. M. Molas, modeste et bon, après avoir été matérialiste, était devenu un ardent propagateur de l’occultisme. Il avait fondé un petit groupe d’études quia rendu de notables services à notre cause. 'Nos compliments de condoléance à sa famille éprouvée. ’Ï o ’.‘ o o " Le sqrcier}qui signait D“ JOHANNÊS, et dont Stanislas de Guaita a révélé les procédés dans son beau livre: Le Serpent de la Genèse, avait l’intention de venir faire du prosélytisme à Paris et se proposait de don ner une série de conférences. Il vient de mourir subitement à Lyon au moment de partir. Quoique cet homme ait fait tout son possible pour nous nuire physiquement et moralement, nous faisons tous nos vœux les plus sincères pour son évolution spirituelle dans cet article qu’il apourtant tant peuplé de larves. Le Gérant : ENCAUSSE. me. E. ARRAUL‘I‘ ET C“, 6, RUE DE LA PRÉFECTURE, TOURS.
L’Iniliali0n du 15 janvier i893 THÉOLOGIE HINDOUE LE PREM SAGAR ücéan d’amour TRADUIT PAR E. LAMAIRESSE ANCIEN INGÉNIEUR EN CHEF DES ÉTABLISSEMENTS FRANÇAIS DANS L’INDE .____—._——_— PA RI S Georges (:A Il Il É. éditeur -‘î' 58, rue Saint-André—des-Arts, 58
L'Inz‘tiation du I5 janvier 1893 'ANNALES SCIENCES PSYCHIQUES RECUEIL D’OBSERVATIONS ET D’EX'PÉRIENCES Pt[xraissatnt tous les deux mois . . . DIRECTEUR : M. le Dr DARIEX Les Annales des Sciences psychiques parais sent tous les deux mois. Chaque livraison forme un cahier de quatre feuilles in-8° carré de 64 paires.
Elles ont pour but de rapporter, avec f%rce preuI ves à. l'appui, toutes les observations sérieuses qui leur sont adressées, relatives aux faits soi-disant occultes, de télépathie, de lucidité, de pressentiment, d’appa ritions ob'ectives.
En dehors de ces recueils de faits, sont pub iés des documents et discussions sur les bonnes conditions pour observer et expérimenter ; des l Analyses, Bibliographies, Critiques, etc. S'ADRESSER POUR LA RÉDACTION : l A M. le Dr Dariex, 6, rue du Bellay, Paris. POUR L’ADMINISTRATION: l A M; Félix Alcan, libraire—éditeur, 108, boulevard ‘ Saint-Germain, Paris. ‘ , PRIX D’ABONNEMENT : ' Un an (à partir du 15 février), pour tous pays. 12 fr. La livraison : 2 fr. 50 ÎAV t....., . . ..A. . ñ ' 7 pÿÿ .. F,....W. ,.. a“h.
r. 1;.r:rr.z . ... ... '- ,'° g“ :. "‘1’ 1 ‘." il L’Initialion du 15 janvier i893 Le Courrier Français illustré, Dr : JULES Roqur;s, (hebdomadaire) 10“ année. Le plus artistique des journaux illustrés. Aucun journal de ce prix ne donne autant de dessins (8 pages de dessins sur 12). Prix du nurhèm, 40 centimes dans tous les kiosques, gares, libraires.
Envoi d'un numéro spécimen gratuit sur demande adressée au ( , , Courrier E'rt1zg‘ai5, ’14, rue Séguier, à Paris, Abonnements, pour Paris.et. la province : six mOÎS.}0 francs;' un an,_ 20frnncs. Etranger1union postale) 1 six mois, 15 francs; un an, 30 francs. Envoyer le montant en un mandat ou bon de poste. VIENT DE PARAITRE LIBRAIRIE DU MERVEILLEUX, 29, rue de ‘Trévz’se, PARIS PAPUS La.
Science des Mages ET SES APPLICATIONS THÉORIQUES ET PRATIQUES (PETIT RÉSUMÉ DE L’OCCULTISME, ENTIÈREMENT INÊDIT) Une brochure de 72 pages, texte serré, avec 4 figures Franco . 50 centimes
L’INITIATION essaim i ‘5‘!-‘. DIRECTION ADMINISTRATION 14, rue de StraSbourga Ï4 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS G. CAR RÉ Dmmrsun: PAPUS 0 . . DIRECTEUR-ADJOINT : Lucien MAUCHEL 587 rue saint'Andre—des‘Arts Rédacteur en‘ chef: George MONTIERE à} PARIS Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un au. 10 Ir. °HBApkgf-SEDIJË l-EJAV ÉTRANGER, — 12 fr.
RÉDACTION ': 14, rue de Strasbourg. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule resp0nsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d‘avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que l,e,mois suivant. LIVRES ET REVUES. — Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s'il y a lieu. Les ReVues qui désirent faire l'échange sont priées de s‘adresser à la rédaction.
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