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Hypnotisme» Force psychique Theosophie, Kabbale Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes 16’ VOLUME. - 5me ANNÉE SOMMAIRE DU N°i2(Septembre 1892) PARTIE INITIATIQUE. .. PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE.... PARTIE LITTÉRAIRE.... Rapport du Président. (p. 193 à 210). Essai sur l’unité des religions................... (p. 211 à 233). Les Philosophumena... (p. 233 à 238).
L’Electricité produite par les êtres vivants et le milieu électrique (à suivre)................ (p. 23g à 25o). Note............................. (p. 25i à 260). Un occultiste inconnu. (p. 260 à 268). Poésie........................... (p. 26g à 271). La planete Jupiter..... (p. 271 à 273). Papus. Ialta. Jules Doinel. Dl Fugairon. Dr Planot. Waidelowicz. Robert Scheffer. J. de Tallenay.
Groupe indépendant d’Etudes ésotériques. — Ordre Kabbalistigue de la Rose j- Croix. — Suprême conseil de l’Ordre Martiniste La Photophysiognomonie. — Correspondance. — Revue des Revues. — Périodiques étrangers. Le Numéro :.UN FRANC. — Un An : DIX FRANCS Rédaction : Administration, Abonnements : 20, rue de Trévise, 2g PARIS 58, rueSt-André-des-Arts. 58 PARIS
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sontl’essenc de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ot: abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine de forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, le Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant h méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques de: expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion, à donner une base solide à la Morale par It découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes puremem physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique îa Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent Y arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le militarisme et la misère. Enfin l’initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 5o rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatique') contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Initiation paraît régulièrement le i5 de chaque mois et compte déjà trois années d’existence. —Abonnement: 10 francs
L’Initiation du i5 septembre ¡892 jncipaux Rédacteurs et Collaborateurs de l’initiation i° PARTIE INITIATIQUE F. Ch. Barlet. S.-. I.'. & — Stanislas de Guaita. S.’. I.-. — Julien Lejay, S.-. I.-. & — George Montière, S.-. I.-. £ — Parus, S.-. L*. 2° PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Abil-Marduk. —Aleph. — Le F.-. Bertrand i8”.'. — René Caillié. — A. C. Tshéla. — Camille Chaigneau. — Chimua du Lafay. — G.
Delanne. — Dei.ézinier. — Jules Doinel. — Fabre des Essarts. — Dr Fugairon. — Jules Giraud.— Horace Lefort. — L. Lemerle.— Donald Mac-Nab. •— Marc Haven. — Marcus de Vèze. — Lucien Mauchel. — Napoléon Ney. — Eugène Nus. — Horace Pelletier — Philophôtes. — G. Poirel.— Quærens. — Raymond. — A. Robert. — A. de Rochas.— Rouxel. — Paul Sédir. — Selva. — L. Stevenard. — Pierre Torcy. — G. Vitoux. — F. Vurgey. — Henri Welsch. — Oswald Wirth.
3» PARTIE LITTÉRAIRE Maurice Beaubourg.-—E. Goudeau. — Manoël de Grandford. ‘— Jules Lermina. — L. Hennique. — R, de Maricourt. — — Catulle Mendês. — Emile Michelet. — George Montière.- Léon Riotor. — Saint-Fargeau. — Ch.,de Sivry.— Ch. Torquet. 4° POÉSIE { * Ch. DubourG. — Rodolphe Darzens. — R. de Maricourt — Paul Marrot. — Robert de la Villehervé.
L'Initiation du i5 septembre 1892 GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES SOCIÉTÉ D’ETUDES THEORIQUES ET PRATIQUES DES FORCES ENCORE NON DÉFINIES DE LA NATURE ET DE L’HOMME Membres. — Les membres ne payent ni cotisation, ni droit d’entrée. Tout abonné de {’Initiation ou du Voile d’Isis reçoit sa carte de membre associé sur sa demande.
Quartier Général. —La Société comprend 22 Groupes d’études théoriques et pratiques au Quartier Général, 2g, rue de Trévise, Paris. De plus, une Bibliothèque, une salle de lecture, une salle de conférences, pouvant contenir 200 auditeurs, et une librairie existent au Quartier Général.
Branches. — Des branches de Groupes Indépendants d’études ésotériques sont établies en France et à l’Étranger Le Groupe compte actuellement : 21 branches régulières en France, 3o branches à l’Étranger et 23 correspondants dans les centres qui ne possèdent pas enco re une Branche régulière.
Journaux. — Propagande. — Outre les volumes édités par la Librairie, le Groupe possède comme organe de propagande : t L'Initiation (revue mensuelle). — Le Voile d’Isis (journal hebdomadaire). — Psyché (revue mensuelle d’art et de littérature). — La Bibliographie de la Science Occulte (bulletin trimestriel). — De plus : Tlie Ligth of Paris (journal hebdomadaire), imprimé en anglais vient d’être créé comme organe delnBibliothèque internationale des Œuvres des femmes, destiné à faireda propagande de l’occultisme dans les pays de langue anglaise.
PARTIE INITIATIQUE GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ésotériques. sur l’exercice 1891-1892 A MM. les Délégués, les Chefs de loges et les Cor respondants du Groupe. Avant d’exposer devant vous les progrès considé rables accomplis par le Groupe pendant cette dernière année, permettez moi de préciser encore l’esprit qui a présidé à l’organisation de notre mouvement.
Vous n’ignorez pas combien les études sont diffi ciles quand tous ceux qui travaillent sont isolés, quand les recherches sont partagées en une foule de petits comités éloignés et souvent rivaux les uns des autres, quand enfin l’égoïsme collectif est la seule règle dirigeante admise pour les recherches. Ajoutez à cela le danger de l’inexpérience et des 7
l’initiation 194 défauts de contrôle qui éclatent à tous moments dans de tels milieux, et vous comprendrez pourquoi notre oeuvre devait avoir un double but : i° Etablir un groupement sérieux des éléments d’action jusque-là épars. 20 Eliminer peu à peu les ignorants pour constituer une sélection graduée de chercheurs vraiment ins-' truits, sans distinction de caste ni de fortune.
Nous pouvons dire aujourd’hui sans crainte que nous avons atteint le premier de nos buts et que nous sommes, par la création d’examens très sérieux dans toutes les Branches de recherches techniques, en voie d’atteindre le second.
Le Groupe indépendant d’Études ésotériques fut constitué en s’élevant autant que possible au-dessus de toutes les compétitions de sectes, qui empêchent toute expansion, et je vous montrerai tout à l’heure, par des faits et par des chiffres, comment notre progrès fut incessant malgré toutes les attaques, malgré toutes les oppositions patentes et occultes, car rien ne fut ménagé pour enrayer notre mouvement.
L’Esprit qui a présidé à l’érection du Groupe fut donc l’esprit de la hiérarchie avec autonomie absolue de la part des individus et des branches, quant à leur action personnelle.
Mais notre intention de faire appel à l’aristocratie intellectuelle 11e pouvait être réalisée qu’à la condition de la gratuité absolue : car les intellectuels, moins armés que d’autres dans la lutte pour la vie, ne peuvent généralement pas supporter des frais d’entrée ou des cotisations, quelque élevé que soit le but poursuivi.
RAPPORT DU PRÉSIDENT 195 Voilà pourquoi, à côté du Groupe, nous avons créé une source de productions matérielles, qui va vous indiquer la constitution financière de notre mouve ment. Avec les premiers fonds fournis par les fonda teurs du Groupe, nous avons ouvert une librairie qui, aujourd’hui, est en passe de devenir, si Dieu lui prête vie, une importante maison d’édition.
Les béné fices provenant des diverses opérations exécutées par la librairie ne servent à entretenir la vie matérielle d’au cun de nous, puisque nous avons tous, dans la vie privée, une profession qui nous permet meme d'aider dans certains cas la caisse, loin d’y puiser quelque chose.
Les fonds provenant de cette librairie per mettent simplement à nos Sociétés de se développer, à nos Groupes de travailler sans qu’il en coûte rien à aucun membre. Voilà tout le secret de nos richesses qui sont, ont le voit, à la merci de la confiance que nous accordent nos amis et nos membres, en chargeant la librairie de leurs éditions et de leurs achats.
Ajou tons toutefois que, jusqu’ici, nous n’avons qu’à nous louer de l’aide indirect apporté par tous nos membres à la partie financière de notre mouvement. Nous avons tenu. Messieurs, à exposer le méca nisme de nos finances, pour couper court aux amu sant racontars qui tendent à nous dépeindre comme desombres conspirateurs soudoyés parles Jésuites.
Les seul bienfait que nous ayons reçu du cléricalisme, c’est la mise à l’index de YInitiation, une des rares revue françaises qui ait été l’objet d’un tel honneur. Venons en maintenant à la constitution de notre Groupe quant aux moyens de recherches.
l’initiation 196 Vous savez que le travail est divisé entre plusieurs commissions à Paris, et chacune de ces commissions porte la nom de Groupe d’Etudes et est placé sous la direction exclusive de son directeur. C’est ainsi que nous avons pu étudier avec fruit, d’une part diverses questions théoriques, d’autre part certaines données pratiques sur le Magnétisme, le Spi ritisme et la Magie, ainsi que nous le verrons tout à l’heure.
Enfin, dans chacune de nos Branches importantes, des section d’études analogues ont été organisées. Les résultats des travaux des branches sont centralisés à Paris au Quartier Général du Groupe et le Voile d’Isis se charge de la publication des procès-verbaux les plus intéressants.
Si nous ajoutons enfin qu’à côté de ces Groupes d’études existent aussi bien des sociétés autonomes, adhérentes au Groupe à Paris et à l’Étranger, nous aurons terminé cet exposé de notre constitution.
Pour tout résumer, au début de cette année 1891-92 nous possédions : i° Au Quartier général à Paris, un centre d’études et de propagande comprenant nos commissions tech niques, nos journaux, notre bibliothèque et la librai rie chargés de la partie financière de l’entreprise ; 20 En France ét à l’Etranger, des branches ou des correspondants chargée de la propagande locale.
3° Des sociétés adhérentes marchant avec nous, aidant nos travaux et y participant intellectuellement. Voyons les progrès accomplis dans ces différentes sections pendant la dernière année.
RAPPORT DU PRÉSIDENT 197 I. — QUARTIER GÉNÉRAL Les actes du Quartier Général comprennent : i° Les conférences publiques deux fois par mois; 20 les Etudes pratiques; 3° les études théoriques; 4° la propagande; 5° les rapports avec les sociétés adhérentes. Conférences. — Il suffit de revoir les procès-ver baux pour constater le succès obtenu par nos confé rences du vendredi. Rappelez-vous simplement les noms de MM. de Rochas, L.
Worms, Jules Lermina. Réné Worms, Paul de Régla, Emile Michelet, Dr Gé rard, Dr Baraduc, L. Stévenard, Paul Sédir, etc., qui ont bien voulu s’asseoir au bureau soit comme présidents, soit comme conférenciers, pour vous indi quer le caractère de nos réunions. Je vous renvoie au Voile d’Isis pour chacune de ces conférences, aux quelles le public s’est toujours montré aussi élégant que nombreux.
Etudes pratiques.— Mais les conférences ne forment que les côtés extérieurs de nos études. Les commis sions spéciales n’ont pas non plus perdu leur temps pendant cette année. A côté des Groupes fermés dans lesquels de très importants résultats concernant la Magie pratique et la Psychométrie ont été obtenus, je vous signalerai le zèle déployé par le directeur du Groupe des signatures. M. Selva.
Ce Groupe, consti tué en mars 1892, a passé en revue la Physiognomo nie, la Chiromancie, la Graphologie et l’Astrologie, et chaque fois devant un auditoire relativement noml’initiation 198 breuxdans la réunion du mercredi. Aussi suis-je per suadé que vous approuverez la décision du comité de direction, qui a décidé d’offrir à M. Selva un diplôme d’honneur en reconnaissance des services rendus à notre cause.
D’autres part, le Groupe n° 4 (Etude du Spiritisme) a continué ses travaux d’une façon discrète, mais suivie, sous la direction de M. .4. François, chevalier de la légion d’honneur. Il vous suffira de parcourir les procès-verbaux pu bliés pour voir combien les expériences faites dans ce Groupe ont été intéressantes, puisque des phénomènes d’apports et des mouvements d’objets sans contact ont été obtenus.
Je tiens à ce propos à rendre hommage au dévouement de notre ami M. A. François, qui, malgré toutes les attaques, est demeuré ferme à son poste de travail et a ainsi montré que, même dans les expériences de spiritisme, les résultats les plus importants produits à Paris pendant cette année ont été obtenus dans la commission d’études de Groupe indépendant d’Etudes ésotériques.
Voilà pourquoi le comité de direction a décidé de délivrer un second diplôme d’honneur à M. A. François. Enfin, pour terminer ce qui a trait àces études pra tiques, je tiens à exprimer publiquement toute notre reconnaissance pour les expériences très curieuses poursuivies dans les Groupes fermés sous la direc tion de M. Marc Haven.
Les expériences ayant trait à la magie pratique ne seront publiées que dans quel que temps, suivant la décision prise en ce qui con cerne tous nos groupes fermés. Il en est de même
RAPPORT DU PRÉSIDENT r99 pour les essais poursuivis au Laboratoire de Magie pratique créé cette année en Province. Etudes théoriques. — Mais notre programme de recherches ne se borne pas exclusivement à la pratique: aussi dois-je vous signaler les résultats obtenus dans les autres commissions qui s’occupent surtout des questions de doctrine.
Le Groupe d’études esthé tiques, sous la direction de M. Emile Michelet, a mani festé son action parla création d’une nouvelle revue: Psyché, qui paraît mensuellement, depuis un an bien tôt, et qui nous a permis de faire d’excellentes recrues pour nos idées dans le monde littéraire.
Le comité de direction a décidé de décerner un diplôme d’honneur à M. Emile Michelet et ses plus vives félicitations à M. Augustin Chaboseau, qui a aidé notre ami de son talent et de son travail dans cette difficile entreprise. Propagande et enquête. — La tradition nous en seigne que les constructeurs du temple kabbalistique de Salomon devaient travailler la truelle d’une main pour construire et l’épée de l’autre pour se défendre.
Sans aller jusque-là, notre organisation comprend une série de commissions de propagande, qui, au lieu de faire de fantastiques projets quiVaboutissent jamais, poursuivent silencieusement la diffusion denos idées par des moyens rapides etsurtout pratiques.
C’est ainsi que deux séries de conférences ont été faites à la salle des Capucines, une conférence scientifique a été faite à l’Association des étudiants,et deux autres à la Société lit téraire etartitisque internationale. Des diplômes d’hon neur décernés à MM. Jules Lermina, R. Worms.L. Stevenard. Paul Sédir qui nous ont puissamment aidés
200 l’initiation comme conférenciers, sont un faible hommage rendu par le Comité de direction à nos amis. D’autre part, vous avez pu voir combien la presse quotidienne s’inté resse à notre mouvement; nous possédons dans nos ar chives plus de deux cents articles et échos consacrés à l’étude de nos idées pendant cette année. La presse sait enfin distinguer notre mouvement des autres,ce qui évite de regrettables confusions.
Aussi applaudirezvous, j’en suis persuadé, à la décision de Comité de di rection qui attribue àM. G. Vitouxun diplôme d’honneur pour ses efforts en cette occasion.
Enfin nous avons eu cette année l’honneur de recevoir au Groupe, dans une séance toute particulière, une des femmes les plus élevées par son intelligence, son savoir et son cœur que possède la France,et de plus une patriote aussi sincère qu’éclairée,Mme Juliette Adam .directrice delà Nouvelle Revue, et l’auteur de ce bijou philosophique que vous avez tous admiré ; un Rêve sur le Divin.
Nous sommes en grande partie redevables de cet honneur aux efforts incessants de la directrice de la Bibliothèque interna tionale des œuvres des femmes, Mlle A. de Wolska, qui consacre tous ses efforts et tout son temps à la propa gande de nos idées. S'il est un diplôme d’honneur bien mérité, c’est certes celui-là, et nous sommes persuadés que vous vous joindrez au Comité de direction à cette occasion.
Mais vous savez que, dès qu’un phénomène intéres sant nos idées prend naissance, nous possédons une commission d’enquête qui entre en action et établit aussi vite que possible un rapport détaillé. Cette an née, M. G. Caminade d’Angers, officier d’académie et
RAPPORT DU PRÉSIDENT 201 directeur de cette commission, a eu l’occasion de faire une étude sur la Maison hantée de la rue Ducouédic en compagnie du directeur de nos études pratiques, M. L. Lemerle, ingénieur, ancien élève de l’Ecole poly technique. Vous avez tous présent à la mémoire l’im portant rapport accompagné de dessins explicatifs éta bli parM. G.
Caminadeàce moment, etle diplôme que nous lui décernons ne constitue qu’un faible témoi gnage de notre reconnaissance. Quant à notre ami, M. L. Lemerle, les services qu’il a rendus et qu’il rend journellement à notre œuvre sont si importants que le Comité de direction regrette de ne pouvoir lui offrir, en remerciement de son aide, que ce faible témoi gnage revêtu des signatures de presque tous les offi ciers du Groupe.
Sociétés adhérentes. — Le but poursuivi par chacun de nos Groupes d’études est, vous le savez, de se constituer en Société indépendante, adhérente au Groupe, dès que le nombre des membres le permet. J'espère l’année prochaine avoir à vous parler longue ment sur ce sujet.
Pour l’instant, je me contenterai de vous renvoyer aux procès-verbaux publiés par le Suprême Conseil de l’Ordre màrtiniste, dont le succès a été considé rable cette année; je vous signalerai aussi la consti tution solide et basée sur les examens de YOrdre Kabbalistique de la Rose-Croix, présidé par Stanislas de Guaita, et qui promet de fournir une pépinière de chercheurs aussi zélés qu’instruits. Enfin, j’appelle oute votre attention sur les relations fraternelles et
202 l’initiation suivies établies avec la Société des recherches psycho logiques de Munich, adhérente à notre Groupe, et auprès de laquelle nous comptons des amis dévoués. Librairie.— Nous avons parlé du spirituel, occu pons nous un peu du temporel.
Notre prospérité financière dépend de la maison de commerce et des affaires qu’elle peut exécuter sous l'habile direction de notre ami Lucien Mauchel, licen cié en droit et membre du Comité de direction, ce qui ne nous permet pas de récompenser ses efforts autre ment que par l’hommage public de la reconnaissance que nous lui devons tous. Le développement de la librairie a suivi le dévelop pement du Groupe lui-mème.
Les éditions faites par la maison deviennent nombreuses et chaque fois plus importantes. L’impartialité absolue qui préside à cette publica tion des œuvres spiritualistes, vous pourrez vous en rendre compte par la liste ci-dessous, qui indique en même temps par des faits et par des chiffres les progrès accomplis d’année en année.
Vous jugerez ainsi qui fait plus, pour propager le spiritualisme, de notre œuvre qui édite les œuvres spirites de Gabriel Delanne et deM.de Bodisco, aussi bien que les recherches scien tifiques deM. de Rochas ou les nouvelles de Jules Lermina sans que personne de nous tire un profit matériel quelconque du succès de ces publications, ou de ceux qui s’avouent nos adversaires, et qui, vivant du renom de ces idées, nous considèrent comme des ennemis, non pas parce que nous soutenons telle ou telle opi
RAPPORT DU PRÉSIDENT 203 nion, maisbien parce que le succès de nos efforts les oblige à sortir d’une somnolence aussi agréable pour eux que nuisible à la cause spiritualiste.
N’aurionsnous obtenu que ce résultat, qu’on nous devrait déjà beaucoup de reconnaissance dans le monde spiritua liste. et. si les premiers fonds ainsi remis en circula tion sont consacrés à des brochures de polémique aussi ridicules que naïves, il faut espérer que d’autres ouvrages plus sérieux et plus utiles verront le jour sous cette influence, peut-être désagréable pour certains individus, mais salutaire, nous en sommes convaincus, pour la cause tout entière.
J’en reviens à notre librairie. Pardonnez-moi cette digression. Elle était utile, et j’espère qu’elle sera com prise par tous les chercheurs vraiment indépendants. ANNÉE 1890. (Août). — Emile Michelet. L’Esotérisme dans l’Art. (Octobre). •— Noé. Outrages à la nature. ANNÉE 1891. (Février). — G. Vitoux. L’Occultisme scientifique. — H. Lefort. L’Erreur Latine. Avril). — Nehor. Les Mages et le Secret magique. (Mai). — Jeannin.
Eglise et fin de siècle. (Juin). — Barlet. Essai sur l'Evolution de l’idée. (Juin). — Larmandie. Eôraka. (Juillet) — Guaita. Temple de Satan. (Septembre). — Bose. Isis dévoilée. (Décembre). — C. de Bodisco. Traits de lumière.
204 l'initiation ANNÉE 1892. (Janvier) — Peladan. Comment on devient mage. (Février). — Jules Lermina. La Magicienne. — Hacœphi Chrysés. Nouveau Langage symbolique des plantes. — Dr Delézinier. Phénomènes électriques. (Mars). — Mundus. Bible Moderne. — Rochas. Etats profonds de l’Hypnose. — X"*. La Conscience sociale de l’humanité. ■— Papus. Bibliographie méthodique de la Science Occulte. — Peladan. Salon de la Rose-Croix. — Peladan.
Queste du Graal. (Avril). — Pauline de Grandpré. Légendes de N.-D. de Paris. — Dr Laumonier. Nationalité Française. (Mai). — Batailles du Ciel. Manuscrit d'un vieux Celte. — Marc Haven. Turris Eburnea. (Juin). — Papus. La Science des Mages. (Juillet). — Cécile Cassot. La Fille d'un assassin. — Larmandie. Montorgueil. EN PRÉPARATION : G. Vitoux. Les Limites de l’inconnu (paru). Gérards. Les Catacombes de Paris. — A. Wolowski. Le Colonel Bourras. — Vurgey. Le Microcosme.
RAPPORT DU PRÉSIDENT 205 E. Mouttet. L'Eglise radiante. Confidences d'un ancien Croyant. La Religion de Victor Hugo. G. Delanne. Le Spiritisme devant la Science. — Médiumnité vénale, le Phénomène spirite. — Psychologie physiologique de T Esprit. Papus. Magie pratique. — Premiers Principes de Science occulte. Guaita. Au seuil du Mystère (3e édition). — La Cle f de la magie noire. — Le Problème de la Mort. Péladan.
Comment on devient fée. — Les Sept Types planétaires. — Comment on devient artiste. P. de Régla. Médecine occulte. Rochas. Science occulte au xvn° siècle. Barlet. L’Enseignement synthétique. — Fraternité ou la mort. Poisson. Paris alchimique. — Lettre sur la Magie de R. Bacon (paru). — Alchimie — (plusieurs vol.) Les Cris de Londres au xviii0 siècle. Selva. Astrologie. Chaboseau. 5 volumes. Procession d’Isis Lejay. Sociologie analogique. Guaita. Préface de Zanoni. Fauvety. Socialisme conciliateur, Jésus-Christ a-t-il existé?
20Û l'initiation H. — Branches et Correspondants Nous venons de passer en revue les travaux du Groupe à Paris ; mais vous savez que Paris forme un Quartier général, auquel se rattachent des foyers de propagande et d'enseignement répandus en province et à l’étranger.
Notre organisation extérieure comprend : i° Des délégués du Groupe ayant la haute main sur une région ou sur un pays; 2° Des chefs de Groupes locaux, présidents des branches ; 3° Des Correspondants isolés; C'est à cette organisation hiérarchique que nous devons notre succès en Province : c’est grâce à elle qu'une de nos branches, composée de six membres, fait plus pour la cause spiritualiste que cinquante isolés, toujours en dispute ou en polémique, et faisant tous les huit jours de fantastiques projets de fédéra tion qui ne voient jamais le jour.
Délégués. — Vous connaissez tous de nom notre délégué en Belgique, M. Vurgey. et vous n’ignorez pas combien nous fûmes heureux de pouvoir lui décerner un diplôme d’honneur, lors de notre voyage là-bas. Le Comité de direction a décidé de délivrer également des diplômes d’honneur à F.-Ch.
Barlet, délégué général pour la région de l’Ouest en France; à Quœrens, l'infatigable propagateur de nos doctrines, délégué général pour le Midi ; Jules Doinel, délégué pour le Centre, ainsi qu’à nos délégués de l'Etranger, MM. Giovanni Hoffmann pour l’Italie, et de ThoRAPPORT DU PRÉSIDENT 2O7 massin pour l’Allemagne, qui ont beaucoup fait pour nos idées durant cette année.
Branches et correspondants. — Voici, Messieurs, la liste des branches et des postes de correspondants réguliers établis par notre Groupe pendant cette année ; cette liste est assez suggestive par elle-même pour n’avoir besoin d’aucun commentaire. France : Saint-Dizier, Marseille, Oyonnax, Mâcon, Montpellier, Rouen, Nice, Toulouse, Chartres, Abbeville, Aix en Provence, Madon, Lyon (nouvelle branche), Valence, Tours. Etranger'.
Munich (Allemagne), Anvers (Belgique), Pragues (Autriche), Londres (Angleterre), Corfou (Grèce), Le Caire (Egypte), Constantinople (Turquie), Genève (Suisse), Odessa (Russie), PortBou (Espagne . Notre rapport, déjà très volumineux, ne saurait s’étendre sur l’activité de chacune de nos branches sans devenir trop long.
Permettez-moi cependant de vous signaler la déci sion du Comité de direction attribuant un diplôme d’honneur à M. Lefort, de Sens.pour la part importante qu’il a prise dans la création à Genève d’une branche possédant une librairie et une salle de conférences et attribuant également un diplôme d’honneur à M. Elie Steel (de Lyon) pour l’impulsion qu’il a don née à nos idées en fondant à ses frais une librairie occultiste à Lyon.
Dans cette ville, nous avons établi une loge martiniste^hargée de fai^e une sélection rigoureuse et de constituer un noyau solide et éprouvé de chercheurs indépendants. Nous félicitons haute
208 l’initiation ment les membres de la loge martiniste de Lyon du silence dédaigneux qu’ils ont su garder devant les attaques des profanes, incapables de comprendre le vrai but de l’Ordre. J’appelle tout particulièrement votre attention sur cette tendance qu’ont les branches à imiter notre orga nisation financière par la constitution de librairies locales, succursales de notre maison centrale d’édi tion.
Messieurs, je voulais consacrer quelques lignes aux attaques dont nous avons été l’objet pendant cette année, à la patience qu’il nous a fallu pour éviter une polémique qu’on cherchait et qu’on cherche encore à provoquer par tous les moyens possibles; mais nous avons réussi jusqu’à présenta remplacer les stériles discussions, fruit de l’impuissance et de l’envie, par des œuvres solides, et le résumé de nos efforts que vous venez d’entendre est plus éloquent en faveur de notre oeuvre que les discussions les plus vives et les plus bruyantes.
Vous avez vu le passé, laissez-moi, pour terminer, vous dire quelques mots de nos espé rances pour l’avenir. L’AVENIR Ainsi que vous l’avez vu par ce qui précède nous pouvons affirmer que le Groupe, œuvre essentiellement intellectuelle est assuré d’exister, quelles que soient les tribulations matérielles que nous réserve l’avenir. Mais la création du Groupe n’est, à notre'avis, qu’un effort transitoire, destiné à préparer une entreprise
RAPPORT DU PRÉSIDENT 2 0Ç difficile, mais dont la réalisation formerait le couron nement réel de notre œuvre. Depuis longtemps, nous avons l'idée de créer, à côté de l’enseignement officiel, un enseignement libre, de constituer à nouveau et dans son véritable esprit le Collège de France, destiné à la manifestation de toutes les intelligences qui aspirent à sortir des bornes étroites de la routine et des préjugés.
Vous avez pu suivre depuis bientôt deux ans nos efforts à ce sujet, et vous vous rappelez encore le magistral programme ins tauré par F. Ch. Barlet pour l’Université libre des Hautes Etudes. Or cette Université sera une œuvre aussi indépen dante du Groupe que le papillon est indépendant de sa chrysalide, c’est-à-dire que le Groupe sera le centre de gestation d’où sortira pièce par pièce la réalisation future.
Voilà pourquoi chacune de nos commissions tech niques va se transformer peu à peu en une société indépendante ; puis progressivement en une faculté ou en une section de faculté. Des examens très rigoureux nous permettront d’éviter soigneusement, dans chaque ordre d’études, l’invasion des ignorants ou des vaniteux; d’autre part, la gratuité absolue des ensei gnements et des examens permettra à toute intelligence de venir à nous sans crainte.
C’est ainsi que YOrdre Kabbalistique de la RoseCroix pourra constituer le germe d’une faculté des lettres, formée d’après nos programmes.
La Société Alchimique créée par M. Poisson et dans laquelle ne seront reçus que ceux qui pourront justifier de con210 l’initiation naissances chimiques sérieuses, constituera avec le Groupe d’études des signatures de M. Selva, devenu une société d’études astronomiques et mathématiques, le germe d’une Faculté des sciences.
Enfin nous songeons à la création d’une Faculté de médecine hermétique ne délivrant des diplômes qu’aux médecins déjà diplômés; d’une Faculté de justice dont le Groupe d’études sociologiques de Julien Lejay est déjà l’embryon. Ces beaux rêves se réaliseront-ils? Souvenez-vous, Messieurs, que le succès de nos entreprises précédentes a toujours été le fruit de la minutie apportée dans les préparations.
Aussi laissez-nous du temps, et vous verrez que le comité de direction du Groupe indépendant d’études ésotériques saura faire tous ses efforts pour mériter toujours votre confiance et vos encouragements. A l’année prochaine donc, et faisons tous des vœux pour que le succès s’affirme autant que maintenant. Pour le comité de Direction : Papus (P. G. E.)
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE mi m l’unité des 'telipons AU POINT DE VUE DES LOIS THEOGONIQUES CHAPITRE PREMIER DES RELIGIONS AU POINT DE VUE DE LA LOI « La religion est un fait permanent œ et universel.» (Guizot, Médit, relig.) La force vivante des religions, leur essence active est dans leur initiation intérieure ; il s’ensuit que, considérée au point de vue de l'ésotérisme comparé, élevant l’histoire des religions au sommet de la correspondance des vérités, toute religion est uneascension vers la Lumière.
Aussi, pour rapporter ce qu’il y a de divin dans l’homme à ce qu’il y a de divin dans l’univers, faut-il prendre le principe religieux, où tout ce qui s’élève à Dieu se rencontre et se réunit dans l’idée de la loi morale, affermissant la foi par l’échange des lumières dans la liberté du progrès.
212 l’initiation Lebon, le beau, le vrai, le juste ont toujours été par eux-mêmes éternellement immuables, mais se révélant, dans la série des temps, selon le degré de développement de la raison générale, qui, s’élevant, dans la révélation graduelle, par le travail des âges, dissipent toute autorité aveugle d’intolérance et de fanatisme religieux, par l’affranchissement de l’esprit dans l’univers intellectuel de la fraternité spéculative du droit et de la liberté.
Les grands traits analogiques des religions jail lissent de la source vive de ¡’Esprit générateur de la conscience humaine, garantissant chaque part dans l’œuvre commune selon la répartition de la Lumière, assistant, aidant, secourant les créatures, selon le degré; favorisant ou contrariant le progrès, selon les conclusions identiques des prophètes, des sages, des savants des temps les plus divers, le principe chef de l’œuvre de la création est celui de l'harmonie, de l’analogie dont l’échelle de gradation ne permet à aucune partie de l’univers d’être isolée, ralliant le tout au tout, à une cause d’intelligence active, ratta chant le bien primordial à l’unité finale.
Conséquemment, démontrer la place de la vérité absolue dans le relatif, de l’ordre essentiel dans l’ordre tendantiel, c’est ne plus faire combattre Dieu, contre Dieu, c’est retrouver, dans la Vérité intelli gible du monde physique, la rigoureuse correspon dance du monde de la Pensée, puisque, selon l’en chaînement des principes accordant la série des existences, le type du monde sensible est dans l’intel ligible ; en un mot, c’est non pas opposer un ordre
ESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 2 I 3 de choses à un autre, mais c’est s’élever à l’ordre supérieur, régi par les lois constantes ordonnées à leur fin. De la relation des choses se dégage l’évidence de la Vérité engendrant légitimement la certitude. Aussi viendra-t-on à la cristallisation de l’unique Vérité par la méthode de l’analogie et non par celle de la réfuta tion, puisque la diversité est dans l’analogie un rapport d’unité.
Tout est dans tout, c’est l’analogie universelle, la conjonction du visible avec l’invisible, se faisant de tous avec tous. Les religions sont des alliances de l’homme avec Dieu. — Dieu, la nature et l’homme, c’est toute la théodicée. Le but suprême de la religion, c’est l’union de l’homme au grand Dieu qui remplit l’univers.
Le but pratique des religions, c’est le développement de la conscience par les lumières de l’esprit qui sont la santé de l’âme. Le principe d’où les religions émanent par inspi ration native, c’est la loi morale. Aussi le grand procès des religions tient-il à la question morale, dont l’origine est divine, puisque toute la législation des peuples primitifs s’appuyait sur l’autorité de Dieu.
Mais, si Dieu et le vrai sont inséparables, la vérité essentielle est conforme au principe du Vrai : consé quemment, pour que la Genèse intellectuelle continue la révélation de l’Esprit, il faut une religion identique à la nature des choses, grande comme l’univers, résumant le jour de Dieu, c’est-à-dire la Justice, qui fait que l’activité, a sa foi en elle-même, car,
l’initiation 214 si vive que soit la Foi, elle ne peut être sincère qu’alors qu elle est éclairée par la raison à laquelle se règle la lumière de notre route; et professer une religion dont on ne peut se rendre compte, c’est manquer de sens, puisque Dieu a établi des marques sensibles dans le monde pour établir nos actions et nos pensées en équilibre avec l’universelle raison, comme le prouve la convergence de toutes les sciences, alors qu’elles ne faussent pas l’histoire vivante de la Pensée.
Cet essai sur l’unité des religions au point de vue des lois théogoniques s’établit sur ces trois proposi tions : I. — Que le principe de vie des peuples est dans leurs religions représentant dans leur phase particu lière la révélation de l’esprit divin à travers le monde, par la variété des symboles et des rites religieux, résumant l’idée d’unité, d’alliance avec l’infini selon le développement de l’humanité en marche vers la réalité divine de l’idée, dont le point initial est dans la raison. — Que cette révélation de l'Esprit divin, traduisant différemment le problème de l’unique positif : — l’éternel, — cristallise dans l’histoire intérieure des religions la même vérité centrale, comme le constate le fait de la découverte de l’épigraphie égyptienne, l’inscription dçs stèles de Thèbes et de Memphis, le monisme trinitaire exposé dans les livres grecs d’Hermès Trismégiste, enfin le fruit de la connaissance philosophique recueilli dans tous les temps, à moins de nier tout témoignage humain. — Que le principe de la vie intellecESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 21 5 tuelle étant toujours en harmonie avec lui même, la mésintelligence de la Foi et de la Raison ne résulte point de la nature des choses, puisque l’une et l’autre procèdent de l’information de l’intel ligence et comptent de l'élément spirituel. —■ Que leur conflit, né de l’intolérance et de l’incrédulité, selon l’irrésistible logique des faits détruit leur propre ouvrage, car si la Foi s’adressait à la Raison, la Raison trouverait-elle l’illogique dans la Foi ? — Que cette dualité est la conséquence extrême de la théologie cléricale et de l’agnosticisme de la science moderne, désorganisant, pour le leurre des vérités partielles, le total de la Vérité éternelle, alors qu’il n’y a pas de Religion plus élevée que la Vérité.
II. — Que les desseins de Dieu ressortant de la loi du Progrès, le christianisme, par la conséquence de l’esprit d’universalité et de perfectibilité qui est son principe même, est comme logiquement prédestiné à devenir la religion définitive de l’humanité selon la révolution morale d'une nouvelle ère, dégageant une âme nouvelle des rites anciens et marquant l’échelle de la Vérité à la signature de l’Esprit qui seul a le pouvoir de sublimer la religion jusqu’à l’universel.
III. — Que la loi du Progrès, rejoignant les morceaux épars de l’âme universelle pour y faire apparaître l’infini du Grand Tout, amène à la connaissance de l’enchaînement des choses sous leurs apparentes con tradictions. — Que cette loi est l’enseignement abécé daire pour déchiffrer la loi de Dieu dans le livre de l’univers. — Que le recueillement exact de cette loi
2 l6 l’initiation donne la figure d’un « Plan divin » par l’évidence intérieure duquel la sensibilité, l'intelligence, le senti ment, c’est-à-dire l’être entier, se satisfait par la faculté des principes, point d'appui de toute certi tude. CHAPITRE II DE L’INITIATION RELIGIEUSE PAR LA FOI ET LA RAISON, ET DE L’UNIQUE POINT GÉNÉRATEUR DE LA SCIENCE ET DE LA RELIGION.
Le matérialisme du siècle dernier, se suivant jus qu’à son extrême conséquence, fut l'exclusion du culte religieux pendant la Révolution, et la réaction religieuse par laquelle s'ouvre l’ère du xixe siècle est l’effet même de l’inanité intérieure de la philosophie matérialiste, qui nécessita le relèvement de l’Eglise en France (Concordat de 1802), et servit d’agent aux ivresses mystiques de différentes sectes religieuses (francs-maçons, quakers, saint-simoniens).
Ainsi donc l’expérience des siècles vient confirmer que les besoins invincibles de l’homme sont pour la reli gion ; et le fait certain ressortant de la lutte de la foi et de la science est que la première n’a pas plus détruit la seconde, que la seconde la première, leur destinée divine n’étant point de se détruire, mais de se trans former mutuellement, selon le fusionisme de l’ordre universel.
ESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 2 I 7 La Religion et la Science étant les deux leviers du monde de l’intelligence, rejeter l’une ou l’autre, c’est nécessairement s’appauvrir d’une des forces morales qui forment l’âme. C’est, pour ainsi dire, défaire l’accord de l’œuvre divine en niant un des deux besoins de l’esprit; le besoin religieux, le besoin scientifique.
Ici se pose cette question : Où trouver le point de conjonction complétant la possession du monde pour la pensée ? Dans la connaissance des lois régissant le monde spirituel et le monde corporel, base indestructible de l’équilibre de l’univers.
Par l’embrassement de ses lois, clef de la vie spi rituelle de l’âme, la Religion tire un point d’appui tout à fait nouveau des rapports du fini avec l’infini, et fait tomber le matérialisme vaincu par l’irrésistible logique des faits, qui est l’air que respire la Raison.
Aussi le véritable intérêt religieux est-il moins dans la controverse religieuse, qui par elle-même est un cercle vicieux, « l’incompréhensible par l’incompré hensible » — c’est le dogme — que dans l’étude de la force invincible du « fait» donnant la preuve à la Religion et l’espoir à la Science.
Car, si l’unité des deux mondes ennemis, de la Reli gion et de la Science, a le même principe, — Dieu, — la multiplicité est dans cette unité; alors il importe peu que l’astronomie de Josué contredise l’astronomie de Galilée, et la grande marche processionnelle de la créature vers son créateur ne s’en interrompt point, puisque le domaine des idées de la liturgie univer2l8 l’initiation selle n’en reste pas moins le même, hors du dogme éminemment charnel du péché originel et du ciel matériel du Paradis et de l’Enfer.
Aussi, moins la religion sera formaliste, moins elle sera attachée à la lettre, plus elle se rapprochera de son véritable but, qui est le triomphe de ¡’Esprit, la fixation de la beauté et de la sainteté de la morale, libérant l’âme et l’élevant à de nouvelles forces intel lectuelles, où sa volonté orientée domine l’ordre des faits.
Jésus-Christ a dit: «La lettre tue et l’Esprit vivifie ; les paroles que je vous dis sont des paroles de vie. » Il est temps de le dire : la vraie religion ne peut vou loir le sacrifice de l’esprit à la lettre, puisque la raison est un don de Dieu, comme la révélation. Méconnaître la raison, c’est donc outrager la divinité, car la raison, a dit saint Paul, c’est « Dieu en nous ».
La raison est donc une nécessité de l’esprit, et, si nous admet tons avec Lessing que ce que l’éducation est pour l’homme, la révélation l’est pour le genre humain, pourquoi le Dieu qui nous a révélé l’immanence par la foi ne nous révélerait-il pas la progression par la raison, « la foi et la raison n’étant que les deux versants de l’unique vérité ?
Dégagée du sensible, la raison, en dernier terme, contemple l’esprit, et, le sens des choses étant dans l’invisible, l’évidence de la vérité intelligible, qui serait toujours claire et sans tache, se défait par la faiblesse humaine. Mais, pour l’œil regardant au-delà de la vague des vagues générations, la vérité centrale du monde de la
ESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 2ig pensée religieuse et scientifique se trouve la même au fond de toutes les grandes religions et dans les livres sacrés de tous les peuples.
Car l’histoire, dans sa totalité, est une révélation de Dieu, une révélation qui se développe sans cesse pro gressivement, et la religion, déduisant le fini de l’in fini, le particulier de l’universel, dans la divergence de ses ramifications se rattache au même tronc idéal et donne, en dernier terme, par son fond moral, mé taphysique et social, la solution des destinées intel lectuelles de l’humanité, qui est d’atteindre en acte l’affranchissement de l’esprit.
Par là, la question religieuse est d’un intérêt cons tant, essentiel, malgré la diversité des temps, pour tous ceux qui ne vivent pas dans l’oubli de l’ordre naturel, « le monde — comme dit Herder—devant les éléments principaux de sa civilisation aux tradi tions religieuses ».
Aussi les relations providentielles de l’homme avec Dieu ont été le point de départ et le but des initiés, des sages, des savants de tout temps et de tout pays, marchant sous le drapeau fraternel de la Lumière, dans la diversité des âges et des partis.
La théosophie ésotérique des temples d’Isis et d’Horus, symbolisée par le serpent enserrant l’uni vers dans ses replis, ne résume-t-elle pas dans un culte obscur la religion la plus élevée : « Dieu patent dans l’univers latent. » Et saint Anselme (i), en plein moyen âge, ne démontre-t-il pas que l’idée de l’être absolu ne peut être (i) Evêque d’Angleterre.
220 l’initiation atteinte à l’aide de la raison isolée, mais jaillit de la lumière de la raison universelle, théorie professée, comme on le sait, par les philosophes de la Grèce, dont le premier titre à la reconnaissance de l'huma nité est .d’avoir servi de trait-d’union, par l’esprit d’universalité de leur doctrine, entre la science her métique de l’antiquité et la science ouverte moderne.
Ainsi, la raison confondue dans le passé apparaît aux lueurs de l’esprit ce qu’elle est : une et identique. Puisque, comme l’observe Kant (i), tout ce qui inté resse la raison, tant la raison spéculative que la raison pratique, est contenu dans ces trois propositions : « Que puis-je savoir? Que dois-je faire?
Que dois-je espérer ? » puisque le suc nourricier qui fait vivre la religion, la science, les arts et les lettra» n’est efficace que par l’action de la Vérité, n’est-ce pas à la puis sance médiatrice de la Philosophie chrétienne quintessenciant la vérité de la raison universelle à ten ter d’opérer la rénovation religieuse, par laquelle doit s’atteindre le but moral de la création vers le parfait, en cherchant le rapport des religions dans l’unité de ¡’Esprit où se pèsent les contradictions?
Car, comme dit Kant (2), «l’unité morale du monde conduit à l’unité finale de toutes choses. » N’est-ce pas au commun accord de la conscience élevée au point de vue de la raison de trouver une issue nécessaire à ce combat, où, comme dit Pascal, « la raison confond le dogma tisme et la nature confond le pyrrhonisme»? Un monde nouveau naîtra du traité sans mensonge (t) Critique de la raison pure. (2) Zèirf. • _ l. .ri «*■
ESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 22 1 des questions fondamentales de la religion, qui retrouvera sa force et sa vertu non pas dans l’arbi traire théologique, dont le fonds n’est qu’insuffisance et incertitude, mais dans l’acte de sa propre volonté, qui est celui de la foi morale, ne pactisant qu’avec la justice et la liberté. La faculté de connaître de la conscience, c’est l’es sence de l’esprit aspirant à être certain.
Conséquem ment, pour que la foi signe sa paix avec la raison, il faut nécessairement réunir tous les éléments complets du problème qui se présente et s’impose à l’esprit.
Car, si l’immuable est une vérité mathématique que l’ensemble de la tradition religieuse accuse au point de vue de la raison élevée, la méditation inté rieure des lois de l’être ne peut satisfaire la conscience cherchant à concilier la justice, faisant l’ordre des sociétés, la sublimité du dedans avec la contradiction du dehors.
La conscience ne s’équilibre qu’à l’idée du souverain Bien, qui est le point fixe de la balance de l’idéal; car, si l’arbitre de la religion n’est point la justice, pourquoi la religion? — Aussi jamais le principe matériel ne la religion ne déliera-t-il l’esprit de la corruption.
C’est donc la politique de la religion, c’est donc la morale, puisque la formule abrégée de toutes les religions, c’est la législation morale enveloppant de lumière la révélation partielle de chacune d’elles ; mais, pourvu que la religion iden tifie la justice, concordant pour la conscience avec la loi d’évolution et sa répartition, la religion, doit l'accepter avec toutes ses conséquences, détruisant en principe l’arbitraire de la grâce. En acceptant cette
222 l’initiation loi, la religion n’accomplit réellement qu'une recon naissance de droit, ce dont nous allons établir la nreuve pour tout esprit dont la vue n’est point trou blée par l’hypocrisie. Alors, la religion franchira librement le seuil des sciences, puisque l’idéal de la science répondra aux besoins de la raison.
CHAPITRE III DE LA TRADITION RELIGIEUSE AU POINT DE VUE DE l’ésotérisme La science occulte des initiés des mystères des Indes et de l’Egypte, que Sophocle appelle « les espé rances de la Mort », exprimait à priori, par le sens du symbole résumant les principes analogiques du grand Tout, ce que nos sciences, dites positives, éta blissent à posteriori par l’étude des faits de la mé thode expérimentale.
Le temple antique était donc le Temple des idées, et la science moderne y a ainsi son point générateur ; car le soleil des intelligences, à divers degrés de rayon nement, est toujours Un. L’esprit est l’unique réalité. Aussi les pages les plus inspirées des saint Augustin, des Origène, etc., enveloppent-elles la méthode d’in vestigation s’accusant sous les voiles de l’ésotérisme, comme dans la philosophie humanitaire des sages de la Grèce. Selon l’idée des théories antiques professées en Inde
ESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 223 et en Grèce, d’accord avec la gnose mystique de tout temps et de tout pays, la théogonie, ou la science des principes absolus, s’identifie à la science des nombres, réalisant l’involution cosmogonique par la chaîne de l’évolution des âmes selon la propriété de la nature terrestre ou physique.
L’agrégation des mondes (polizoïsme), réalisant dans chaque créature une suite d’états liés entre eux, constitue la loi organique et immatérielle par laquelle « les mondes bénéficient de Dieu et Dieu bénéficie des mondes, puisque chaque être qui les peuple, comme l’âme humaine, travaille au bénéfice du dernier hominicule de sa charpente terrestre, dévoué lui-même solidairement à son service ».
Conséquemment, la solution de continuité que constate, par la série des faits, la science moderne, enveloppant la correspondance des“ formes dans une loi unique, est identique, au point de vue de la pen sée, à celle de la théologie naturelle des anciens, con cluant intuitivement que le monde intellectuel a ses lois, puisque le monde des formes a les siennes, l’Univers étant un tout harmonieux.
La doctrine ésotérique, réunissant la science, la philosophie, la morale, la religion, est comme le lien primordial des religions et des sciences dans ce centre commun de Lumière, de la Religion et de la Science, le Temple.
Centre naturel, auquel, de nos jours, l’âme des sociétés tend à revenir, à travers le conflit du cœur et de l’esprit, de la Religion et de la Science, scission néfaste dont la conscience des individus est l’arène de dualité, amenant la déflorisation de l’idéal
224 l’initiation et l’anémie des Arts, le mal intellectuel, le mal d’âmes, le mal social se tirant du même principe de négation.
La conception cosmologique de l’occultisme an tique était monadologique et se développait sur un plan tour à tour descendant et ascendant, dans les profondeurs de la constitution ternaire, reposant sur une hiérarchie naturelle comprenant trois grandes divisions : celle des phénomènes, celle des causes secondes, celle des causes premières, désignées sous ce terme : les trois mondes.
C’est à la méthode ésotérique que Moïse emprunta le triple sens du verset de la Genèse, dont l’idée dans la forme nouvelle de la philosophie se traduit par : faits, lois, principes, c’est le critérium du fait divin, (l’être manisfestée$tle principe, le principe estl’absolu,. l’absolu est Dieu), base que de Strada (i) donne comme point d’appui infrangible à la métaphysique désorien tée ; système que Pezzani (2) appelle les mathématiques de l’infini, et qui est la boussole même de la doctrine ésotérique, affermissant la foi par la conception de la perfectibilité.
L’analyse de la loi cyclique présidant à l’évolution cosmogonique donnait, par la réduction et l’addition théosop.hique dont la pénétration de calcul engendrait tous les autres, la solution du dynamisme spirituel, de l’identicité de l’esprit et de la matière, qu’un (1) De Strada, Ultimum Organum. (2) Synthèse du XIXe siècle.
ESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 22 5 poète contemporain, Sully-Prudhomme, à formulée ■dans ces vers : La matière est divine : elle est force et génie ; Elle esta l’idéal de telle sorte unie Qu’on y sent travailler l’esprit, Non comme un modeleur dont court le pouce agile, Mais comme le modèle éveillé dans l’argile Et qui lui-même pétrit. {Justice p. 234.) Ainsi se justifient les paroles d’un grand penseur du siècle (1) :« Je suis persuadé qu’un jour viendra « où le physiologiste, le poète et le philosophe parle- « ront la même langue. » Il s’ensuit que la science moderne, considérée à travers le tourbillon des âges, est de nature identique -avec la science antique, bien qu’entièrement diverse dans son mode d’expression.
En dernière analyse, la ■science moderne constatant de plus en plus dans la marche parallèle de la chimie, de la physique, de la •mécanique, la coordination mystérieuse des choses, acheminant l’esprit vers la connaissance d’un prin cipe unique, a,en définitive pour prédicateur spéculatif l’initié des mystères d’Isis, d’Horus et d’Eleusis dans le sens spirituel de la synthèse cosmologique.
Ainsi la loi ternaire de sériation, appliquée de nos jours avec toute larectitudede la science contemporaine par Louis Lucas àpresquetous les phénomènes chimiques, ■.physiologiques et biologiques, n’est autre que celle de la science du Nombre de l’occultisme antique, con- (1) Claude Bernard.
22Ô l’initiation tenant, dans le général, les termes particuliers, toutes'- les modifications du divers dans l’unique. C’est du secret de la pratique de la doctrine des mystères que Pythagore tira sa « Théorie de l’har monie universelle », fondée sur l’enseignement de la similitude des rapports, établissant que la nature de la liberté est dans l’harmonie préétablie, impliquant la nécessité logique de la volonté*vers le bien.
Le pivot de la création initiale selon l’accord de la science hermétique et l’ensemble des lumières mo dernes seraient uniquement cet agent remplissant l’univers, entité de la force, clef de la conception des causes, que la science moderne appelle éther, que Moïse appelait Aour, les Chaldéens Phta, les Grecs lumière astrale, les alchimistes azote ; véhicule de la chaleur, de la lumière, de l’électricité qui ne seraient, diversement pris, que différents modes du mouve ment, résumant tous les phénomènes des fluides zoniques magnétiques, électriques, fonctionnant selon un principe fixé hors de notre conception.
Ainsi, selon l’enseignement le plus ancien et le plus mo derne, les trois états connus de la matière : solide, gazeux, liquide, ouvriraient le réservoir des forces inconnues dans un quatrième état, état radiant, ou de matière en suspens, de l’impondérable, où, à des degrés divers dans le vide relatif par la raréfaction, la matière s’unit à la force indivisiblement.
C’est par ce quatrième état de la matière que Crookes et d’autres savants anglais et allemandsrendent appréciable la notion sensorielle de l’infini, inspirant aux esprits une plus large compréhension
ESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 227 •de l’universel.
Ainsi, selon le dogme de la création continue, professé par la cosmologie de la plus haute antiquité, mais confiné dans les mystères et entouré d’allégorie, l’univers formerait un tout (Macrocosme) dont l’homme, la plante, le minéral seraient le dimiÆiutif (Microcosme); d’accord avec la théorie du devenir permanent, se rapportant à la nature ration nelle, morale et physique, forme de l’attraction uni verselle réalisant et déroulant à l’infini dans le temps et dans l’espace le développement successif, régulier •des êtres et des mondes (i); essence de la science moderne, remplissant le monde physique depuis Darwin, et dont la première condition est la fin de l’idée naïve de la création selon le dogme pri maire.
La connaissance de la foule des débris reconstitués de l’ancienne science, par la recherche de la science moderne, les symboles, les hiéroglyphes, les rites des Initiations diverses, les vieux monuments et les manuscrits témoignent, dans leur sens caché, de l’esprit universel de similitude dans l’ordre de l’intel ligence.
Ainsi, les livres dTIermès, qui, au dire de saint Clément d’Alexandrie, étaient au nombre de quarante-deux, comprenaient l’astrologie, l’astrono mie, la cosmogonie, la cosmographie, la médecine, attestent d’une véritable encyclopédie théogonique, manifestant le lien primordial de la Religion et de la Science, rendant appréciable, par conséquent, la .synthèse de leur unité finale, car le point de départ (i) Pecqueur.
228 l’initiation fait le point d’arrivée. Il s’ensuit donc que la science,, ramenée à ses éléments fixes, est une comme la religion, et que l’histoire comparée de l’initiation intérieure des religions se résume dans l’unité essen tielle de leur continuité. Il ne peut en être autrement, puisque l’unité est la loi de Dieu et que Dieu se manifeste par lui-même dans les lois.
Le dogme de la création continue donne pour con séquence immédiate la croyance en la préexistencede l’âme, en ses migrations dans le milieu des sensvers le port de la Divinité, et rejette le credo inhu main de la grâce, de la prédestination des peines éternelles.
Ce dogme enseigne que l’âme porte le grain de ses antécédents, raison de son mérite ou de son démé rite présent, que la féodalité du mérite est l’unique dont relève la Justice divine, en un mot que le prin cipe de la responsabilité est universel, mais que l’amour est au cœur de la loi, qui est comme le bras de Dieu enveloppant l’univers.
L’âme ou le principe de vie s’envisage à ces quatre points de vue : I. — Selon la doctrine matérialiste : — le néant. II. — Selon la doctrine panthéiste: — l’absorption dans le tout universel. III. — Selon la doctrine de l’Église : — l’individua lité avec fixation définitive du sort. IV. — Selon la doctrine de la palingénésie univer selle (transformation) : — individualité et progression indéfinie.
ESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 2 2g Cette dernière, sur la permanence de l’âme, qui est celle de tous les grands penseurs de tout temps, était celle des prêtres de la haute Egypte, de la théologie d’Orphée et de Pythagore sur la transmigration fatale et mutuelle, conforme en son principe à celle de Platon sur la préexistence de l’âme, sur la trans migration morale et conditionnelle, doctrine que par tagent Origène et, en partie, Tertullien ; ces deux premiers instructeurs du christianisme à son berceau croyaient les âmes antérieures au corps, en liaison avec l’intelligence, des chap. xvi, v. de i3 à 17, de saint Matthieu; du chap. vin, v. de 27 à 3o, de saint Marc, et du chap. xvn de saint Matthieu, v. de 10 à i3; du chap. ix, v.
10, 11, 12, de saint Marc, sur la réincarnation où Jésus-Christ déclare, en par lant de Jean-Baptiste, le retour de l’âme à la vie du corps.
L’histoire des religions enveloppe donc dans son ensemble, à divers degrés, le même génie primitif ; ainsi, la cristallisation de la doctrine de Krishna dans les Védas, celle du «Verbe solaire» des mystères d’Isis et d’Osiris, dans les sublimes principes de la théosophie dorienne, et de la sagesse delphique, dont les rayons sont venus jusqu’à nous dans les préceptes de Socrate, et les écrits de Platon par l’anticipation d’un idéal supérieur auquel l’homme aspire toujours selon la logique de Dieu, enfermaient la doctrine du devenir permanent, c’est-à-dire la force vivante du Vrai, puisque cette doctrine est la seule qui tient les énergies possibles de l’homme complet. Mais si l’unité essentielle est dans l'hermétisme des
23o l’initiation religions d’Orient, l’unité finale ne peut y être, leur immutabilité spécifique devant être la pierre d’achop pement de leur vitalité spirituelle. Toutefois l’Esprit souffle où il veut, et l’essence n’est connaissable que par le résultat; le vrai et le faux peuvent remplir les intelligences également.
Aussi, si la substance de la révélation religieuse, com posée à grands traits de l’abrégé de l’ordre universel, dégagée de la superstition de la lettre, forme la filia tion des religions traçant aux lumières de l’Esprit leurs lignes d’alliance sur les vestiges de Dieu, dans la série des développements des destinées humaines, dans leur mouvement ascendants se réglant aux anneaux de la merveilleuse chaîne d évolution, seul le christianisme, par le principe d’universalité et de perfectibilité, bien que sorti du berceau commun des religions d’Orient, ouvre ses bras à l’humanité entière, peut, dans la maturité de la raison, déduire une nouvelle vie, de volonté, d’intelligence et d’amour de la loi, proclamant l’enchaînement des principes de la raison.
En abrégé, le fondement des religions, c’est la loi morale ; et, au point central commun, le chris tianisme, correspondant, introduit dans les éléments de fixité des faits, le principe de perfectibilité et d’universalité soutenu par l’ordre des choses, résu mant leur base et leur terme continu ; quoique la triple révélation du Dieu monothéiste se soit faite par le judaïsme, le christianisme, le mahométisme, seul le christianisme s’ouvre par la loi du Progrès au Dieu de l’avenir. Aussi, tout l’univers moral des religions
ESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 23 I gravite autour du christianisme comme les planètes de l’univers physique autour de l’astre suprême dans la démonstration du labeur des générations.
Car Je système d’incarnation de la mythologie hin doue, lemagisme de la religion de Zoroastre, divini sant le principe de lutte (Ormuzd et Arhiman, opposé de lumière et des ténèbres), la création des trois démiurges du culte égyptien, soit qu’ils se rattachent à l’élection divine par le principe, à la superstition de la lettre sur les rites, restent immobiles par leur prin cipe d’exclusivité, et la pensée nouvelle ne prend un rang définitif que dans le développement.
Ce qui fait que toutes les religions, excepté le chris tianisme, qu’elles soient ascendantes, monothéistes, ou descendantes, polythéistes, partant, sous ce rap port là, d’une notion fausse de la divinité, devaient nécessairement creuser, qu’elles prossédassent le germe de vie ou le germe de mort, les unes l’abîme du gros sier fétichisme où se débat le génie hindou, les autres celui de la perdition morale du monde'antique arrivé à son extrême conséquence.
« Monter, monter toujours » ; c’est la pulsation de la vie spirituelle, partant du cœur même du christia nisme, la loi du Progrès enveloppant dans une indissoluble solidarité, l’univers des formes et des êtres.
Puisque le signe hiéroglyphique de la morale des mystères se change, dans la morale évangélique, en rayonnement universel, traversant le cœur de l’huma nité sans spécialisation de caste ou d’origine ; Puisque l’esprit d’universalité et de perfectibilité est
232 L INITIATION la maîtresse branche du christianisme, l’héritage direct de l’esprit de l’Evangile, énoncé dans le sermon sur « la montagne » pour l’homme de tout temps et de tout pays ; Et puisque l’originalité du christianisme est préci sément d’avoir délié les liens de l’esprit au grand jour de l’individualité, qui est le droit de la conscience de tous contre le dogme qui a circonscrit la religion dans l’absolu de la lettre, alors que les grands principes de l’ordre moral, social, religieux, correspondent logique ment à la voie du Progrès, que sa nécessité logique met d’accord avec la Religion, leur corrélation étant adéquate, l’une soutenant l’autre.
Le christianisme appliqué à 'la vie sociale par la révélation de l’universel et du perfectible, peut, à cette condition, s’allier à la civilisation moderne.
Du point imperceptible d’un principe part la ligne de l’infini et la perspective ouverte dans le monde phy sique par les Galilée, les Newton, est la même, selon la mutuelle dépendance de ces deux mondes, qui s’ou vre dans le monde moral par l’application de la loi du Progrès, Aussi l’utilité universelle de la Pensée est là, ou elle est nulle part : saisir la liaison des principes que soutient la nature et voir la vérité dans leur stabilité qui ne se dément jamais, car seuls ils restent immobiles par leurs propres forces, invariables comme la vérité.
Voir la vérité à travers l’opposition, tirer l’idée du souverain Bien des entrailles mêmes de la raison, et régler l’unité de la pensée sur la révélation natuESSAI SUR L’UNITÉ DES RELIGIONS 233 relie, n’est-ce pas dévoiler l’esprit dans la lettre et faire éclater la réformation nouvelle du monde reli gieux et civil?
Le christianisme qui transforma l’esprit ancien pour appeler la forme nouvelle d’une autre époque historique, transforme en ces temps-ci son propre ordre, appelant un esprit nouveau pour l’animer. Toutefois les ténèbres favorables à la multitude se préfèrent longtemps à la lumière isolée du vrai faisant jaillir, du choc redoutable des préjugés, la foudre de l’idée.
Il suffit, pour s’en convaincre, d’un rapide coup d’œil jeté sur l’histoire du christianisme. Ialta. ÉTUDES GNOSTIQUES DEUXIÈME SECTION LA GNOSE DES PÉRATES I A part Théodoret, dans ses Hœreticœ fabulœ, 1. Ier, ch. vxn, aucun curé de l'Eglise n’a parlé de la Gnose pératique. Encore Théodoret a-t-il mis tout ce
l’initiation 234 qu’il en raconte dans les Philosophumeiia. Clément d’Alexandrie nomme les Pérates, sans rien dire de leur doctrine. L’illustre Bunsen les croit originaires de l’Eubée. Ces Gnostiques attribuaient à leur nom une tout autre signification. Comme ils se vantaient de pouvoir seuls franchir le détroit de la Mort, ils prenaient le titre .de Pérates (IlepSaat T-qv oOppav).
Leurs docteurs les plus connus sont Ademès de Caryste et Euphratès d’Eubée. Les Pérates se sur nommaient : citoyens d’En-Haut. Il possédaient un livre sacré, intitulé : 01 irpocwretoi Sot alOépoa. II Ils disaient que le monde est un et triple. Il tire son origine d’une source intelligible que la Raison sépare en des milliers de ruisseaux, mais qui est une par essence.
La Triade est le premier ruisseau de cette source, le premier segment de cette essence une. La Triade a trois parties. La première est le Père ; la seconde est la multiplicité engendrée, c’est-à-dire le Fils; la troisième est la Forme, c’est-à-dire PEsprit. Trois Dieux, Trois Verbes, Trois Intelligences, Trois Hommes. Mais une seule essence.
Le Christos, émané du Père, renfermant en soi les perfections de cette Triade, est descendu parmi nous, aux jours d’Hérode. «Toute plénitude habite en Lui. La divinité de la Triade ainsi partagée anime Christos. »
LES PHILOSOPHUMENA 235 III Cette descente de Christos est le type, l’influx des émanations divines dans le monde. La descente de Christos détermine nos ascensions. Car « le fils de l’homme n’est pas venu pour perdre le monde, mais pour le sauver ». L’antique doctrine chaldéenne enseigne que l’influx astral détermine les générations. Elle donne aux astres les deux sexes. Ainsi, Aries mâle; Tauros est femelle.
De son côté, Pythagore a su appliquer cette loi des sexes aux nombres. Un est mâle, Deux est femelle. Trois est mâle. Et ainsi de suite. Les Pérates ont suivi ces Maîtres. Nous allons citer ici un précieux fragment de leur livre sacré ; on nous saura gré de reproduire ce mer veilleux thème de profondeur mystique. IV, Je suis la voix du réveil dans l’Eon de la nuit. Je dévoile la Puissance qui vient du chaos (i).
C’est la puissance de l’argile hylique qui porte en haut l’argile (le limon) du ténébreux immense et incorruptible. Puissance que bouleverse un grand spasme, eau mou vante et colorée qui supporte les phénomènes, contient les germes tremblants, dissout ce qui est ' ( I ) ’Eyw Çcovt) èçuTïvLtoü evtw aîwvt ttJç vuztcç. Xoittov epxoaat yupivoüv T’qv arà roù /àouç oùvapuv.
236 l’initiation mobile, soulève ce qui se plaint, engloutit les germes... On l’appelle la Mer. Les ignorants ont nommé cette puissance Cronos... Elle est androgyne. Elle a douze instruments sonores (les vents). ... Et Typhone, saillie, est la gardienne de toutes les eaux et se nomme Chozzar. Les ignorants l’ap pellent Neptune. Elle a fait à sa ressemblance, Glaucos, Mélicerte, Ië es Nebroë...
La Puissance androgyne, toujours enfant, qui ne peut vieillir, la cause de la beauté, de la volupté, de la vigueur, du loisir, de l’appétit charnel nommé Eros par les Ignorants... » V Les choses non engendrées et supérieures sont l’origine des choses engendrées et inférieures. Ce monde est donc un fruit d’émanation. Les astres qui peuplent le ciel en sont les facteurs par influx. Le pouvoir générateur occupe le centre de ce firma ment.
Le déclin est à gauche. Le progrès est à droite. L’engendré doit périr. Mais le gnostique qui connaît les voies de la génération, traverse la mort comme un fleuve et renaît sur l’autre bord. La mort est donc figurée par l’eau. Traverser la mer rouge, c’est franchir la mort. Etre englouti par la mer rouge, c’est sombrer dans la mort comme les Egyptiens. Tel est le sort reservé aux Hyliques.
Naître des générations, c’est la morsure des serpents du désert; à ces générations corruptibles, les Pérates opposent la génération incor ruptible, comme Moïse opposa aux serpents du désert
LES PHILOSOPHUMENA 2 3/ Je serpent d’airain du désert légendaire. C’est le Mans divin, le Logos, dont il est écrit : « Au commencement était le Logos, et le Logos était auprès de Dieu, et le Logos était Dieu ! » En lui était ève, c’est-à-dire la vie. Eve est la mère universelle, la nature féminine, la source des Dieux, des Anges, des Immortels, des Mortels, des Intelligences et des Irraisonnables.
Heu reux ceux qui aperçoivent ce Serpent divin dans le ciel ! VI Le Tout comprend trois termes : le père, le fils, la matière (ou forme). Chacun de ces trois termes ren ferme en soi des puissances (possibilités) infinies.
Le terme moyen entre la matière et le père, le fils, se meut entre le père immobile et la matière mobile, se tourne vers le père et reçoit l’influx des puissances, puis se retourne vers la matière qui est sans qualités et lui communique les puissances. La matière façonne -ces idées et les convertit en choses. Le père émane le fils d’une manière ineffable et immuable. Le fils à .son tour transmet à la matière l’essence paternelle.
De sorte que l’idée devenue phénomène est une éma nation du fils comme le phénomène est une émana tion de l’idée. Mais, en passant par le canal de la Matière, l’idée est déchue. C’est l’Involution. L’évolu tion consiste à remonter au père par le canal du fils. C’est pourquoi il est écrit : « Je suis la porte ! personne ne vient au père que par moi. »
238 l’initiation VII Pour symboliser cette doctrine, les Pérates se ser vaient d’un schéma. Ils prenaient l’image de l’Encéphale et disaient : Le cerveau, c’est le père. Lecervelet,. c’est le fils. La moelle épinière, c’est la matière. L’imageétait à la fois physiologique et ingénieuse.
Dans cette doctrine des Pérates, on aura pu remar quer le mélange des idées d’Héraclite avec celles de la Kabbale, du Christianisme et de l’Orient ; c’est une synthèse à la fois bizarre et originale. Elle n’a pas l’ampleur harmonieuse du dogme Valentinien ni la puissance du système de Simon le Mage, ni la profondeur sombre de l’école Basilide, mais elle reproduit merveilleusement l'esprit helléno-oriental.
Le mythe y coudoie l’enseignement apostolique. Un homme de génie aurait transformé la gnose pératique et lumineuse, et la gnose pératique aurait eu son Valentin. Il manque à ces fragments grandioses un architecte digne d’eux. N’importe, le dogme desPérates demeure, ruine magnifique et gigantesque,, semblable aux débris des temples Khmers au milieu, des jungles du Cambodge. Jules Doinel.
l’électricité des êtres VIVANTS 2 3ç PREMIÈRE PARTIE CHAPITRE PREMIER Production d’électricité par les êtres vivants. Causes générales de production d’électricité. — Toutes les fois que, par un moyen quelconque, on ébranle les molécules des corps, il se dégage de l’élec tricité. Les moyens peuvent d’ailleurs se ranger en cinq catégories : \a Les actions mécaniques, frottement, pression, clivage, séparation des corps adhérents, écrasement, division mécanique, flexions, vibrations, phénomènes capillaires. 20 La chaleur agissant soit dans les cristaux, soit dans les circuits hétérogènes. 3» Les actions chimiques (sources abondantes d’électricité). 40 L’induction par les aimants, les courants, etc. 5° Les phénomènes physiologiques, parce que chez Les êtres vivants presque toutes les causes, précé dentes se trouvent réunies, les actions chimiques prédominant du reste sur toutes les autres. La nutrition, cause d’électricité a l’état de ten*
l’initiation 240 sioN. — Ce qui caractérise toute particule vivante, c’est un mouvement moléculaire spécial dont l’effet est d’entraîner dans l’intérieur de la particule des matières extérieures qui ne sont pas vivantes, de leur faire subir des métamorphoses chimiques qu’on peut appeler vivifiantes, parce que, sous l’influence de ces métamorphoses, ces matières deviennent partie cons tituante de l’élément vivant et participent à la vie ; c’est de faire subir encore à la substance vivante de. nouvelles métamorphoses chimiques, qui sont rétro grades, parce que, sous leur influence, la matière: cesse d’être vivante ; c’est enfin d’expulser ces der niers produits de décomposition.
Le caractère commun, de l’activité de toute particule vivante, c’est donc un double mouvement moléculaire continu, d’introduc tion et d’expulsion, en même temps qu’un double travail continu de transmutation chimique, l’un qui suit l’introduction, l’autre qui précède l’expulsion. La première transmutation chimique est assimilatrice, la seconde désassimilatrice.
C’est par la transmutation désassimilatrice ou rétro grade que se font normalement les oxydations ; c’est elle qui est le principe générateur des forces, le véri table moteur de la mutation nutritive ou nutrition. Il ne faut pas croire que la matière vivante se laisse pénétrer passivement par toutes les substances qui réalisent les conditions nécessaires pour la diffu sion.
« Sachs, en i865, a fait voir que dans les cellules végétales la diffusion s’opère de façon diffé rente suivant que la cellule est encore vivante, ou. suivant qu’elle est morte ; et cela, avant que sa consl’électricité des êtres vivants 241 titution chimique se soit modifiée d’une façon appré ciable.
Gerlach, en 1858, avait démontré déjà que les éléments vivants ne se laissent pas pénétrer par lesmatières colorantes et que le moment où la coloration se produit indique exactement l’instant précis de leur mort. En 1868, J. Ranke a démontré que les matières inorganiques pénètrent différemment les muscles et les nerfs suivant qu’ils sont vivants ou morts.
Il y a donc dans la matière vivante des forces de tension qui peuvent s’opposer à la libre exécution des lois physiques reconnues exactes par la matière morte, et ces forces de tension peuvent déterminer des mouvements de translation ou de transmutation qui ne s’effectuent pas dans la matière morte.
Ces forces de tension peuvent créer des résistances et des attractions par le fait d’un défaut d’équilibre persis tant, dont J.
Ranke a donné un exemple, quand il a montré que dans un élément vivant il y a des différences de réaction et d’état électrique au centre et à la péri phérie : le noyau de la cellule ou le cylindre-axe du tube nerveux ayant pendant la vie une réaction acide, tandis que l’enveloppe est neutre ou alcaline ; le noyau ayant' pendant la vie une tension électrique positive, tandis que l’enveloppe a une tension élec trique négative.
« Ces différences chimiques et électriques, qui s’équilibrent par la mort, sont maintenues pendant la vie et par la vie dans un état permanent de défaut d’équilibre, c’est-à-dire dans un état permanent de tension. C’est là l’origine, dans les éléments vivants, de ces forces électro-motrices qui peuvent donner
l’initiation 242 naissance à des effets d’électro-capillarité. Mais d’où viennent ces forces vives qui résident dans les éléments anatomiques et qui peuvent déterminer le mouvement de translation de la matière ou le mouvement d’asso ciation des molécules ? « Ces forces sont créées par des actes physiques et par des actes chimiques.
Les oxydations ne sont pas seules à les engendrer. inhibition, qui est un des actes physiques de la nutrition,peut produire de la force dans l’intérieur de l’élément anatomique, de même que, d’après Jungk, elle produit de la chaleur dans les membranes mortes: et cette production de chaleur s’explique par la concentration, par la diminution du volume qui accompagne toute imbibition, le volume du corps imbibé étant moindre que la somme des vo lumes de ce corps sec et de l’eau d’imbibition.
L’éva poration qui s’opère constamment à la surface des grands organismes est également une source de forces : car, si elle amène une déperdition de calorique, elle amène la concentration des sucs, elle modifie par con séquent l’activité de la diffusion, elle produit une rapi dité plus grande de l’imbibition et devient ainsi indi rectement une cause de calorification.
Schonbein a aussi montré qu’elle engendre le développement de phénomènes électriques. La diffusion elle-même n’est pas un simple phénomènede transport mécanique; elle s’accompagne souvent de dédoublements chimiques et d’actes électriques et calorifiques.il se crée donc dans toutes les. particules vivantes des forces intérieures qui constituent la véritable activité des êtres vivants. Elles s’éteignent au fur et à mesure de leur production en
l’électricité des êtres vivants 24? déterminant la rénovation matérielle du corps ; mais elles se renouvellent (1). » Cette production incessante d’électricité dans l’êtrevivant fait que toute la masse du corps est électrisée, bien que le fluide s’accumule vers la surface, c’est-àdire dans la région cutanée.
Là sa déperdition dans l’air est rendue très faible par l’existence de la couche cornée de l’épiderme qui revêt tout le corps et qui est mauvaise conductrice de l’électricité. Cette zone électrique cutanée joue, comme nous le verrons plus tard, un rôle très important dans les phénomènes de sensibilité.
Production d’électricité a l’état dynamique. — «Les éléments nerveux, dit M. le professeur Bouchard, ne sont peut-être pas, à un plus haut degré que pour les autres éléments, des générateurs de force, mais ils distribuent la force, et ils l’appliquent à un but déter miné.
Enfin il n’est pas impossible qu’ils puisent la force à l’extérieur et qu’ils l’emmagasinent ; et rien ne répugne dans cette hypothèse que le système nerveux par ses extrémités périphériques puise dans la radia tion Solaire les éléments de force qu’il transmet ensuite aux organes suivant les besoins de la métamor phose organique. » Les filets nerveux sensitifs qui prennent naissance dans tous les épithéliums, ont leur origine dans une, deux ou plusieurs cellules plus ou moins différenciées qui dans la zone cutanée sont connues sous le nom (1) Bouchard,Maladies par ralentissement de la nutrition,. p. 20, 21.
l’initiation 244 d’organes du tact, et constituent dans la tête où elles sont réunies en grand nombre et par groupes, les divers organes des sens. Ces cellules sont de véritables piles électriques mises en activité partoutes les excita tions qui se produisent à l’intérieur de l’organisme ou à sa périphérie et lancent dans les nerfs sensitifs des courants d’électricité qui vont s’accumuler dans les ganglions, la moelle et la masse encéphalique.
On sait, en effet, qu’un courant peut avoir lieu avec une seule électricité (pour parler l’ancien langage) quand elle est absorbée à l’extrémité d’un fil conducteur ; par exemple, quand elle est condensée dans une bat terie à grande surface.
C’est ainsi que Faraday et Wheatstone ont obtenu sur des fils télégraphiques enveloppés de gutta-percha des courants au moyen d’une seule électricité, la terre ou l’eau se comportant comme réservoirs absorbants. Pour les courants sen sitifs ou centripètes,c’estdoncl’ensemble des ganglions, la moelle et l’encéphale qui jouent le rôle de masse absorbante.
Par cette masse, jouant le rôle d’une pile secon daire de Planté, de nouveaux courants centrifuges sont envoyés à travers les nerfs moteurs au système muscu laire, qui joue à son tour le rôle d’une autre masse absorbante. Comme les piles de Planté, l’encéphale accumule de grandes quantités d’électricité, qu’il restitue ensuite peu à peu au fur et à mesure des besoins de l’animal.
Il s’épuise donc aussi peu à peu et doit être de nou veau rechargé. Une partie du courant centrifuge dépasse l’épil’électricité des ÊTRES VIVANTS 245 ■derme; on peut le constater par l’expérience suivante due à Du Bois-Raymond. On plonge un doigt de chaque main dans deux vases séparés pleins d’eau salée, dans laquelle s’en foncent des lames de platine, communiquant avec le fil d’un rhéomètre à 2.400 tours.
L’aiguille étant au repos, on contracte fortement les muscles d’un des bras en serrant une barre de bois, et en ayant soin de ne pas remuer les doigts plongés dans l’eau salée ; on voit aussitôt l’aiguille dévier, de manière à indi quer un courant dirigé dans le rhéomètre, du vase ■communiquant avec le bras non contracté, au vase opposé.
Les résultats sont les mêmes quand on rem place l’eau salée par de l’acide sulfurique étendu par des dissolutions de potasse, azotate ou acétate de .soude, sulfate de cuivre, par de l’eau de source. Du Bois-Raymond expliquait ce résultat en admettant l’existence préalable, dans les deux bras, de courants égaux qui s’entre-détruisent ; quand on contracte l’un d’eux, le courant qui lui correspond s’affaiblit, et l’autre l’emporte.
Il est vrai que, dans la grenouille dont on fait contracter un des membres, le courant est en sens inverse; mais la disposition des muscles est différente dans ces membres et dans le bras de l’homme. Pour répéter cette expérience, on peut simplement serrer dans ses mains des cylindres de cuivre soudés aux deux bouts du fil d’un rhéomètre de i5 à 20.000 tours.
Il suffit même, après avoir posé sur une table les mains qui tiennent les cylindres, qu’un aide appuie fortement sur l’une d’elles, pour obtenir un
246 l’initiation courant, qui change de sens avec la main que l’on comprime (1). On a cru, dit Daguin, pouvoir attribuer le courant observé à la chaleur produite par la contraction, à la congestion sanguine ou à la transpiration qui peuvent en être la conséquence.
Du Bois-Raymond a étudié successivement ces différentes circonstances, et il a montré que, si elles produisent des courants, ils ont une direction contraire à ceux que l’on observe pen dant la contraction. Becquerel ayant contracté un des bras, et plongé les doigts dans les vases après que la contraction eut cessé, observa un faible courant.
Du Bois-Raymond expliqua ce résultat par la persistance, après la contraction, de la modification éprouvée par le courant musculaire. En effet, quand on fait l’expé rience à la manière ordinaire, on remarque que l’ai guille revient à l’état d’équilibre avec une extrême lenteur, quand on cesse de contracter le bras. Du reste, Zantedeschi et Buff ont confirmé les résultats annoncés par Du Bois-Raymond.
Buff a formé une chaîne de 16 personnes se tenant par les mains mouil lées, et a obtenu une déviation de 10 à 12° quand elles contractaient le même bras. Si l’on enlève l’épiderme, le courant est beaucoup plus intense.
Du Bois-Raymond ayant enlevé, au (1) Je tiens d’un professeur de la facultéde médecine de Tou louse qu'un soldat du génie ayant été chargé de faire communiquer avec la pile les deux fils destinés à déterminer l’explosion d’une mine, obtint involontairement cette explo sion dès qu’il eut saisi un fil dans chacune de ses mains. Il y eut des accidents. (1) Daguin, Traité de physique, tome III, p. 426.
l’électricité des êtres vivants 247 moyens de vésicatoires appliqués sur la face dorsale de ses bras, l’épiderme mauvais conducteur et ayant mis les deux parties dénudées en contact avec la lame du rhéomètre, obtint une déviation de 60 à 70°, tan dis qu’elle n’était que de 2 à 3° quand les mêmes points étaient garnis de leur épiderme.
Autres courants dans les nerfs. — A l’état de repos, il y a constamment des courants qui parcourent les nerfs, courants allant delà surface à l’intérieur. En effet, chaque fois que l’on établit, à l’aidedes fils d’un multiplicateur, une communication entre la surface extérieure et la surface de section d’un nerf, on observe un courant allant de la périphérie vers le centre.
Ce phénomène électrique, appelé par les phy siologistes force électro-motrice du nerf, disparaît ou s’affaiblit dès que la fibre nerveuse entre en activité ; c’est cette disparition du pouvoir électro-moteur que l’on nomme oscillation négative.
Néanmoins ces courants secondaires doivent jouer un certain rôle dans la conduction des nerfs et con tribuer probablement à accroître l’intensité du courant au fur et à mesure qu’il progresse dans le conducteur nerveux.
Si, en effet, on porte successivement sur deux points d’un nerf une excitation identique, l’ex citation du point le plus éloigné du muscle produit une contraction plus forte que celle du point le plus rapproché, et le maximum de contraction correspond au maximum d’éloignement. C’est ce qu’on exprime en disant que le courant fait boule de neige, qu’il s’accroît comme l’avalanche. Poissons électriques. — Il est des animaux munis
L INITIATION 248 d’un organe électrique spécial ; et il est à remarquer que ces animaux sont des poissons, c’est-à-dire des animaux qui vivent dans un milieu bon conducteur.. On en connaît aujourd’hui une douzaine d’espèces, dont quatre appartiennent au genre torpedo ou torpille connu dans la Méditerranée et sur les bas; fonds marécageux des côtes occidentales delà France; ce sont : T. Marke Risso. T. Galvani, T. Marmorata, T. Unimaculata.
D’autres genres habitent la mer des Indes (Tetrodon, Trichiure), d’autres le Nil (silure, ou malapterurus), d’autres l’Orénoque (gymnote). Les poissons électriques tuent ou engourdissent les autres poissons dont ils font leur proie, en lançant à tra vers l’eau une forte décharge électrique.
Cette décharge dépend de la volonté de ranimai; on peut le toucher sans rien éprouver ; mais, quand on l’excite, il donne aussitôt plusieurs décharges extrêmement rappro chées. Quand l’animal est continuellement excité, il perd peu à peu son énergie, et les commotions finissent par devenir insensibles, même quand il reste plongé dans l’eau. Ce n’est qu’après un long repos qu’il reprend toute sa vivacité.
Les commotions du gymnote sont assez fortes pour renverser un cheval. Les décharges électriques des poissons donnent tous les effets généraux de l’électricité, et nous n’avons pas besoin de nous étendre sur ce point. Les poissons électriques sont munis d’organes spé ciaux, accumulateurs ou condensateurs de fluide.
Celui de la torpille se compose de prismes accolés les uns aux autres comme les alvéoles des abeilles, au nombre de 4 à 5oo dans chaque organe. Chaque
l’électricité des êtres vivants 24g prisme est formé d’une série de cellules spéciales superposées. Les deux organes ont la forme de deux masses semi-lunaires disposées symétriquement aux deux côtés de la tête et les prismes sont dirigés de la région dorsale à la région ventrale.
De très gros ■troncs nerveux partant d’un renflement de la moelle allongée et désigné sous le nom de lobe électrique, se subdivisent dans chaque organe, et leurs dernières ramifications s’étalent en éventail sur les cloisons transversales des prismes. Dans la gymnote et le silure, les prismes sont dirigés de la tête à la queue.
Si l’on coupe ou si l’on comprime, par une ligature, les troncs nerveux qui répondent à l’un des organes d’une torpille, on le rend impuissant; tandis que l’autre continue de fonctionner. Si l’on coupe certaines branches nerveuses, on paralyse la puissance de la portion seule de l’organe où elles se ramifient. Le lobe électrique est seul capable de déterminer les décharges quand on l’irrite.
Si l’on irrite ce tube sur le côté, l’organe qui est du même côté donne seul des décharges. L’organe électrique, une fois chargé, peut conserver longtemps le pouvoir de fournir de l’électricité ; car un fragment cubique détaché de l’organe donne, pendant 24 à 3o heures, une déviation constante d’un rhéomètre à 24,000 tours.
En résumé, l’organe électrique des poissons est des tiné à accumuler le fluide qui part du lobe électrique pour donner des commotions dans le milieu exté rieur, c’est-à-dire pour projeter le fluide au dehors. Or,
25o L INITIATION lorsque nous voyons une propriété spéciale avec un organe spécial chez un animal, nous pouvons être sûr qu’il ne s’agit que de l’exagération d’une propriété générale appartenant à tout le règne, d’un dévelop pement pour ainsi dire monstrueux d’un organe qui existe chez tous les animaux à l’état rudimentaire.
Pour nous, tous les animaux jouissent de la pro priété de projeter au dehors du fluide électrique, mais en quantité en général insignifiante et au moyen d’organes élémentaires non différenciés ou à peine différenciés et non réunis en masse, non soudés entre eux. L’embryogénie de l’organe électrique des poissons pourra seule nous montrer de quel organe élémen taire des autres animaux il est l’exagération.
Des perturbations électriques produites dans la ZONE CUTANÉE SOUS L’iNFLUENCE DES EXCITATIONS SEN SORIELLES et psychiques. — La zone électrique cutanée est sans cesse troublée par le contact des corps étran gers, solides, liquides ou gazeux, et par les vibrations calorifiques et lumineuses.
Ces perturbations reten tissent dans les cellules terminales des nerfs sensitifs qui, fonctionnant à la manière d’une pile, envoient un courant vers le cerveau. Réciproquement, il part du cerveau des courants qui se perdent dans les muscles, mais dont une faible partie se répand au dehors en troublant aussi la zone électrique de la peau. (A suivre). Dr Fugairon.
NOTE 25i Bî © T1 SUR UN SOLÉNOÏDE AUTOMOTEUR MAGNÉTIQUE SANS TRACE DE FER Par le Dr F. Planot, de Nice.
Le petit appar'eil qui fait l’objet de cette communi cation nous fut suggéré, il y a quelques années, à la suite de recherches depuis longtemps entreprises en vue de déterminer expérimentalement la présence, dans l’organisme de cette variété de dynamides com prise sous la rubrique de : force nerveuse, vitale, neurique, rayonnante (Baréty), de force non définie, (de Rochas), etc., etc., dont, au point de vue de là physique pure, la vérification est encore à faire.
Sans prétendre attribuer plus d’importance qu’il n’en mérite au moyen de démonstration qui va être exposé, nous espérons, néanmoins, être arrivé, sur le terrain de la biologie et, accessoirement, de la météo rologie, à un résultat d’une certaine portée.
Pour tous ceux, en effet, qui se tiennent au courant de ces sciences, il sera facile de reconnaître que la donnée soumise à leur appréciation repose sur des principes indiscutables et qu’elle constitue un procédé d’inves tigation et de contrôle vis-à-vis d’un o’rdre de faits encore entourés d’obscurité.
Bien que l’aiguille, qui est la partie essentielle de l’instrument, soit loin d’avoir la stabilité et la puis sance de l’aimant, elle n’en appartient pas moins à la même famille, en ce sens qu’elle se place toujours au
252 l’initiation dessus ou dans le voisinage de la méridienne magné tique, dont, toutefois, elle s’éloigne considérablement dans les grandes perturbations atmosphériques.
Pour ces raisons on aurait pu lui attribuer la déno mination de boussole suivi du qualificatif justifié plus loin, de thermo-électrique ; mais comme, en tant que constitution, elle diffère essentiellement du barreau aimanté, que ses déviations sont d’une diversité, d’une fréquence et d'une amplitude sans comparaison avec les indications de celui-ci, nous avons cru devoir donner la préférence à l’intitulé, en ce sens qu’il ne prête à aucune équivoque, tout en laissant supposer la raison probable du fonctionnement du Solénoïde.
Celui-ci consiste en une spirale en fil de longueur de io à i5 centimètres dont les tours sont séparés par une espace de un millimètre environ. Elle est traver sée, en guise d’axe, par un mince fil de platine dont les deux extrémités ne dépassant pas celles de la spi rale, sont tordues avec celles-ci, préalablement dénu dées, de leur soie, sur une longueur de deux centi mètres.
Ces pointes, ainsi tordues ensemble, sont ensuite soudées aussi légèrement que possible et enduites d’un vernis à la gutta-percha.
Cela fait, l’aiguille est ensuite suspendue par son centre de gravité, au moyen d'une chape minuscule en papier gommé, et d’un fil sans torsion de i5 à 20 centimètres dans un globe de verre qui vient s’aboucher hermétiquement sur un socle en bois ou en toute autre substance isolante, porteur lui-même d’un cercle gradué destiné à indiquer les oscillations de l’aiguille.
NOTE 2 53Celles-ci, ainsi qu’il a été dit plus haut, n’ont rien decommun avec les plus fortes de l’aiguille de déclinai son, puisque, dans certaines circonstances, ellesatteignent jusqu’à i8o°etplus. Les déviations les plus prononcées ont toujours lieu à l’Ouest, et c'est habi tuellement la pointe enduite en gutta qui prend, la direction du Nord, celle par conséquent dont on a à suivre le mouvement sur le cercle.
Pourquoi et comment se développe cette aimanta tion ? Bien évidemment par le passage dans le Solénoïde d’un courant thermo-électrique constant, mais modifiable, produit par le contact de ses deux métaux hétérogènes constitutifs, et la différence de tempéra ture conséquence de l’occlusion de l’une des soudures.
Pour si faibles que soit cette différence et le courant lui-même, il n’en résulte pas moins de ces conditions un petit électro-aimant qui se comporte comme un plus énergique ; sauf qu’étant 'moins apte par suite de l’infinitésimalité de son courant à subir l’action coer citive du globe, il devient par là même plus sensible aux autres influences magnétiques dont quelques-unesne sont pas susceptibles d’être traduites par l’aiguille aimantée.
Quoi qu’il puisse advenir de la question théorique, les faits observés par l’intermédiaire de cet appareil n’en resteront pas moins irrévocablement acquis.
Les principaux sont les suivants ; A. — L’aiguille automotrice ne paraît en aucune façon obéir aux influences électro-atmosphériques, attendu qu’elle se meut dans des conditions d’isole ment et d’occlusion les plus rigoureuses : la raison deses oscillations est donc d’ordre purement magnétique..
l’initiation _2 54 B. — Celles-ci, représentées par les variations angu laires dont il a été déjà parlé, peuvent résulter de plusieurs causes autres que celles d’origine organique ou cosmique; et qui sont la trépidation du support, la lumière directe même artificielle, les changements brusques de température de l’appartement, etc. Pour parer à ces inconvénients, et si l’on veut se mettre complètement à l’abri des erreurs auxquelles, dans les conditions ordinaires, il est fort difficile de se soustraire, on devra chercher à réaliser une installation analogue à celle des caves d’observations.
C. — Abandonnée à elle-même après fixation sous le globe, et si l’on a eu soin d’éviter la torsion du fil suspenseur, l’aiguille tend à se placer sur un point plus ou moins rapproché de la méridienne magnétique; rarement elle s’y fixe pendant un certain temps.
Dans nos climats, la situation habituelle de la pointe nord est à 3o ou 40° à l’ouest, mais elle ne s’affirme, lors qu’on installe pour la première fois un solénoïde dans son globe, qu’après plusieurs heures, voire même une journée entière. Les troubles météorologiques correspondant à la baisse barométrique déterminent, d’ordinaire, un écart plus ou moins marqué vers le sud : dans les conditions opposées, c’est au Nord qu’on les observe.
D. — Sans en faire une règle invariable, on peut ■ avancer que c’est l’extrémité enduite de gutta qui généralement se porte dans la direction septentrionale ou tout au moins dans un secteur à peu près limité par le 3oeetle 120e degré du cercle. 11 y a lieu de supposer, toutefois, que, par suite d’une construction.
NOTE 255 rigoureusement identique, on parviendra à rendre toutes les aiguilles convergentes au même pôle, par leurs extrémités homologues; c’est une simple affaire d’observation et de patience.
E. — Mis à l’abri des variations subites de tempé rature de la lumière directe et du voisinage immédiat des êtres vivants, notre Solénoïde se montre par tout et toujours d’une extrême sensibilité vis-à-vis de toutes les modifications d’ordre magnétique, envi sagées au point de vue le plus général, telles qu’aurore boréales, orages et tempêtes, troubles sismiques des divers points du globe, etc. Il traduit enfin toute phénoménalité survenant au sein de la cause même de ces pertubations, c’est-à-dire de la masse solaire.
F. — En ce qui a trait à la biologie, le Solénoïde bi-métallique fournit des indications aussi intéres santes que celles qui précèdent. Il semble, en effet, que, sur ce terrain, il soit appelé à combler une lacune relativement aux moyens propres à déceler la présence de l’électro-magnétisme dans l’économie animale.
Si avec l’électromètre de Mascart on arrive à préciser le potentiel de l’air, avec le galvanomètre de d’Arscmvai les quantités les plus infinitésimales d’électricité d’origine chimique ou de chaleur et même, à ce qu’il semble, les courants nervo-muscu laires, il n’en a pas moins été impossible jus.qu’ici de relever dans les corps l’existence de cette mystérieuse résultante des opérations moléculaire qu’on nomme la force magnétique.
L’appareil sur lequel nous appe lons aujourd’hui l’attention est-il destiné à réaliser ce desideratum de la physique ? Si loin de nous est la
256 l’initiation prétention de voir en lui un émule, en tant que préci sion des instruments cités plus haut,on doit, pourtant, considérer que, dès l’instant qu’il peut dénoncer la tension magnétique d’un sujet donné, la plus grande difficulté se trouve vaincue par là même, et que toute secondaire est celle qui consiste à l’assujétir à la discipline métrique des appareils perfectionnés.
G. — Tout animal vivant est susceptible d’influen cer l’aiguille solénoïdale. Les deux autres règnes de la nature jouissent aussi de la même propriété, mais à un degré moindre. Ainsi le bois et la pierre n’exercent sur elle que peu ou point d’action à travers le verre. En ce cas, elle se traduit presque toujours par de l’attraction.
Son intensité est en raison de la vitalité de l’expérimentateur ou plutôt de sa nervosité, et plus forte le soir que le matin. Ses manifestations répul sives ne s’observent très visiblement que si l’on opère sur l’aiguille en dedans du globe.
Dans cette expérience, il importe de prendre les précautions les plus minutieuses en vue de se mettre à l’abri des courants d’air pouvant être produits par la chaleur des tissus, et, plus souvent, par des mouve ments trop brusques. Ce qui convient le mieux à cet effet, c’est un récipient tout en verre où l’on puisse introduire la main, qu’il n’y faut mouvoir qu’avec une extrême lenteur.
Dans ces conditions, on ne tarde pas à se convaincre : i° Qu’en général les doigts de la main droite exer cent une attraction sur l’extrémité vernie ou australe ■et repoussent l’opposée ; 2' Que, pour moins marqués, ce sont les phénoNOTE 257 mènes inverses que l’on constate en se servant de la main gauche, c’est-à-dire que la pointe à nu est atti rée, et celle vernie repoussée ; 3° Que la face dorsale des doigts s’est toujours mon trée répulsive, de l’autre main ; 40 Que ces effets sontloin d’être invariables, comme leur intensité, identique et constante; qu’ils s’ob servent parfois inversés et sujets à une sorte de fluc tuation et d’alternance éphémère.
En somme, rien de bien fixe, en tant que signe ou polarité : 5° Que parfois les doigts d’une même main, sui vant qu’ils sont plus ou moins près d’une des pointes l’attirent ou la repoussent et renouvellent en petit le phénomène de l’aimant anti-physos de Marcellus, dont parle Galilée (1 j.
Mais, si les signes des mains offrent peu de stabilité apparente, il en va tout autrement si, comme inter médiaires entre les doigts et les extrémités de l’aiguille, on se sert de corps métalliques minéraux ou ligneux, voire même les plus isolants. On constate alors que, tenus par la main droite, ils attirent les deux pointes du Solénoïde, celle vernie toujours plus énergique ment, et les repoussent si c’est la gauche.
En fait de modalités réactionnelles, etc., il y aurait matière à une foule de détails que ne comporte pas ce court exposé. Si maintenant, au lieu de substances amagnétiques, on se sert d’un petit barreau aimanté, on constate une série de faits tout différents de ceux qui pré- (1) Lettre à Curzio Pichena (1607). 9
258 L INITIATION cèdent. Ainsi les propriétés attractives de la main droite et répulsive de la gauche sont comme neutra lisées par l’état bi-polaire plus prononcé de la tige d’acier. Il en résulte que le pôle nord de celle-ci re pousse l’extrémité vernie du Solénoïde comme étant de même nom et attire l’autre. Les effets inverses se produisent avec le pôle boréal ou sud.
Dans tous les cas, les mouvements provoqués ne se produisent jamais qu’avec une sorte de lenteur relative et parfois d’hésitation. De l’ensemble de ces faits, il est permis d’espérer une conclusion en faveur de cette loi de polarité sur laquelle on discute depuis longtemps, faute d’une expérience probante.
Au point de vue météorologique, vu les limites de cette simple note, il est impossible d’entrer dans des détails bien circonstanciés qui trouveront plus tard leur place dans un travail plus complet, en prépara tion. Qu’il nous soit permis, pour l’instant, de nous bor ner à la mention d’un seul fait de nature à donner une idée de la sensibilité de l’appareil.
Depuis 1878, l’aiguille qui servait à nos observa tions était notablement différente de celle que nous avons adoptée aujourd’hui. C’était un simple fil de laiton terminé à ses deux extrémités par des ailerons de clinquant.
Au milieu de cette aiguille était enfermé, dans la chape de suspension, un minuscule fragment de spiral de montre, présentant un très léger degré d’aimantation naturelle, suffisant pour amener l’équi page sur la ligne magnétique, mais, d’un autre côté,
NOTE 25g assez faible pour permettre aux influences spéciales d’imprimer à l’aiguille des déviations beaucoup plus prononcées que celles notées par les enregistreurs de la boussole de déclinaison. Les résultats fournis par cet appareil furent très satisfaisants pendant quelques années : mais peu à peu les indications se firent plus restreintes.
Nous en vîmes la cause, avec raison, je crois, dans l’accrois sement progressif de l’aimantation de le tigelle d’acier, par le fait de son séjour prononcé sur le méridien magnétique. Ce fut là ce qui nous conduisit à recher cher un moyen plus stable et finalement à imaginer le solénoïde bi-métallique.
Quoi qu’il en soit, en 1883, alors que nous n’utili sions encore que le premier type ci-dessus décrit, nous eûmes une très belle occasion d’apprécier le remarquable fonctionnement de ce magnétomètre d’un nouveau genre. Vers la fin d’octobre de cette même année, on se rappelle la magnifique série d’aurores boréales qui dura trois jours.
Or, soixante heures environ avant l’apparition du phénomène, notre aiguille fit vers l’ouest un écart tel, qu’il resta, après contrôle, supérieur de 85°,6 aux courbes synchroniques de l’Observatoire du Mont-Gros, et cela avec seulement quelques oscil lations en plus ou en moins pendant toute la durée du météore. Par contre, au lieu de cette sorte de suractivité, les tremblements de terre semblent produire un effet inverse et comme stupéfiant. Ainsi, au cours de la période sismique qui terrifia le littoral de la Riviera, i
2Ô0 l’initiation en 1886, et qui de février se prolongea jusqu’en mai, notre ancien magnétomètre n’accusa pendant la crise que des variations très restreintes, comme si l’influence à laquelle il obéissait, d’ordinaire, eût suspendu son action. Notons, toutefois, qu’avant l’apparition des pre mières secousses, ses déviations avaient été consi dérables.
Ajoutons, en terminant, qu’en outre des propriétés de son prédécesseur, notre solénoïde automoteur pré sente une sensibilité encore plus accusée, et que la stabilité de ses éléments constitutifs garantit l’immua bilité de ses indications ; sa caractérisque, qui le rend comparable, en quelque sorte, aux organismes élémen taires, c’est qu’il porte en soi la raison même de son activité. Dr F. Planot. Nice, le 14 mai i8go.
Un littérateur de Varsovie, M. J. Matuszewski, a publié récemment dans le Progiciel 'Tygoduiowy (Revue hebdomadaire) un article où il traite du mys ticisme des œuvres posthumes du célèbre poète polo nais Jules Stowacki.
Nous voulons, dans notre travail présent, faire connaître aux occultistes de France ce frère inconnu, qui a existé bien avant le mouvement occultiste conUN OCCULTISTE INCONNU 2ÔI temporain, et qui réunissait la métaphysique d’un esprit puissant avec le charme de la parole du maître.
I Stowacki appartenait à la première émigration po lonaise, celle de i83i, reçue avec hospitalité par la nation française et qui lui a fourni tant de vaillants travailleurs. Né en 180g, il vivait à l’étranger depuis 1831, et y écrivit presque toutes ses oeuvres. Il formait avec Mickiewicz et Krasinski la triade poétique polo naise, une triade des génies se complétant réciproque ment.
Les temps entre 1840 et 18490111 été pour l’émi gration polonaise l’époque où elle possédait dans son sein les meilleures forces. La société démocratique florissait ; Mickiewicz était professeur au Collège de France, et nombre d’exilés polonais se faisaient juste ment apprécier par leurs aptitudes et leurs travaux.
En i8qovintà Paris un gentilhomme lithuanien, André Towianski, un mystagogue spontané, possé dant des qualités qui lui donnaient une influence no table sur les esprits contemplatifs et enclins à la médi tation. Towianski exerça une influence profonde sur Mickiewicz, sur Stowacki et sur une grande partie de l’émigration polonaise ; Mickiewicz surtout se faisait interprète de ses idées.
Disons en passant que le Tovianisme mériterait une étude spéciale, et retournons à Stowacki, qui ne resta au cercle des Frères Tovianistes qu’une année.
2Ô2 l’initiation Après l’avoir quitté, il est devenu un penseur indé pendant, d’une haute originalité, et écrivit, en 1845, son œuvre qu’il estimait principale, la Genèse dEsprit {ex spirite}. Il a laissé encore : /’Exposé de la Doctrine., la Lettre à J.-N. Rambowski et son Jour nal (1847-1849). Il va sans dire que nous énumérons ici seulement ses œuvres métaphysiques et occultes, ne touchant point la littérature de ses œuvres poé tiques.
Stowacki mourut en 1849 à Paris, rue Ponthieu, 3o, et fut enterré au cimetière Montmartre. II L’initiation de Stowacki était, par excellence, sa propre œuvre. Il connaissait Platon et autres philo sophes anciens ; les philosophes contemporains : Hegel, Trentowski, Hœne-Wronski, lui étaient fami liers, et il estimait hautement Saint-Simon et SaintMartin.
Il n’offre pas cependant des marques d’une instruction philosophique telle que nous la deman derions d’un métaphysicien moderne. Il ne se servait jamais du jargon d’école, et sa doctrine n’était pas servie en un système tout fait, mais il avait du génie, et c’est, croyons-nous, quelque chose.
« Le monde de l’Esprit m’a été révélé par l’impulsion de l’esprit exté rieur et par la révélation intérieure, » nous dit-il dans son Journal, et le caractère général de ses œuvres mystiques confirme ces paroles.
UN OCCULTISTE INCONNU 263 Stowacki tenait cependant compte de la science, comme nous le voyons dans beaucoup d’endroits de son Journal et de la Lettre, où se trouvent des pas sages relatifs (i). Mais en rendant à la science ce qui lui est dû, il ne la traitait pas en maîtresse souve raine; il reconnaissait, au contraire, la nécessité de la synthèse.
11 dit qu’il faudrait « démolir toute l’Eglise de la science actuelle et la construire sur des bases nouvelles (selon Alfa et Oméga de la Foi Royauté) », ou bien : « Les sciences dont le but était jusqu’alors l’observation des phénomènes du globe, doivent changer les prémisses et définitions en prenant pour leur but l’observation de l’esprit dans ses travaux éter nels du globe. » L’Hindouisme ne lui paraît pas être connu ; nous ne rencontrons pas chez lui des termes devenus aujour d’hui familiers, tels que Karma, Incarnation et autres.
Mais nous trouvons leur essence unique sous d’autres noms : il étend, par exemple, le mot métempsycose même sur nos incarnations successives. Il est un ésotériste chrétien par excellence, et toutes les données principales de l’ésotérisme chrétien trou vent dans Stowacki un interprète ; ainsi la Chute, le Péché originel, la Rédemption. Son interprétation n’est qu’une déduction logique des principes de sa doctrine.
La doctrine de Stowacki est essentiellement occulte; elle prouve encore une fois que l’esprit de l’homme, (i) Il est curieux qu’il connaissait l’action de la volonté sur l'aiguille aimantée.
l'initiation 264 arrivé à un certain degré de développement dans son 6e principe (le Ton du Tovianisme) parvient aux ré sultats absolument identiques; il conçoit la Vérité.
III Stowacki professe que : « Tout vient de l’Esprit et va vers l’Esprit, et rien n’existe pour des buts maté riels. » Le Ternaire de l’Absolu, l’Esprit, est le point de départ de sa métaphysique, et on trouve dans la Lettre un schéma montrant le développement delà Force et de la Matière. L’Esprit, source unique, existe dans le Ternaire: l’Esprit-Vouloir, l’Esprit-Amour, l’Esprit-Mouvement et descend par les Forces dans la Matière.
Voilà le schéma mentionné : l’Esprit-Vouloir, l’Esprit-Amour. l’Esprit-Mouvement : Mouv 4-----Mouv — Magnétisme : Mag ----- Mag — Electricité : El 4- — El — Chaleur: Ch 4----- Ch — Lumière : Les oppositions de la Lumière sont le Feu et l’Eau.
UN OCCULTISTE INCONNU 205 Le Feu étant déjà Matière. la formule de l’Atome matériel serait : Feu — Eau Lumière: La Lumière, le principe spirituel unissant et engen drant les oppositions matérielles. Stowacki nous donne dans la Lettre un rappro chement curieux entre les tons de musique et la chaîne de Ternaires mentionnée.
Il en fait ressortir la coïncidence en ce que le manque d’un j/a après e correspond à la chute de l'Esprit dans la Matière : C cis d dis Q — f fis g gis a a fis /z. Les 7 tons depuis f correspondent avec le septé naire de la lumière et, nous pouvons ajouter, de toute phénoménalité terrestre.
Dans la Genèse écrite sur les rochers de l’Océan, aux murmures interrompus dü chaos travaillant pour la Forme, Stowacki développe, en forme d’une invo cation à Dieu, l’Esprit, la création des formes par évolution des unes dans les autres. L’évolution est appelée chez lui le sacrifice donnant vie aux êtres nouveaux, plus hauts dans l’échelle des créatures, qui tendent toutes vers l'Esprit, leur source.
L’homme est le résultat des prières et des sacrifices des êtres sans nombre, et il est apparu sur le globe comme l’homme d’Eden (l’Adam Kadmon) dont la chute donna naissance à l’Humanité actuelle, rache tée par le Christ, un esprit planétaire qui préside aux travaux du globe, et était incarné dans le Christ his torique.
L INITIATION 206 La métemplzcose, faisant le fond de la doctrine évo lutive de Sto' acki, fait de l’homme le résultat et la somme des travaux antérieurs de l’Esprit. Toutes inégalités de conditions, tant physiques que morales, dépendent de tous ces travaux de l’Esprit dans des incarnations successives. Le Karma des incarnations humaines est étendu par Stowacki sur tout le champ de la métempsycose.
Les résultats pratiques de cette doctrine étaient clairement vus par notre auteur.
Il en tire des idées que « toût conclut pour que nous pensions à guérir le monde par l’Esprit, car, quoique il est bon de fermer l’humanité dans certaines formes pour que les esprits mauvais ne lui fassent pas du mal, il est cent fois mieux de tirer de la profondeur de l’esprit ses plus belles facultés et créer, des anges ainsi corrigés, l’ordre, s’objectifiant dans des formes concrètes».
11 note aussi toute la portée de la doctrine sur l’éducation humaine, qui doit être basée sur des données karmiques (1).
Il est à observer que pour Stowacki l’Unité de Prin cipela continuité de l’Univers, le monisme et le pan théisme , ainsi que toute la teneur de la science occulte, en théorie et en pratique, ne pouvaient pas être et n’étaient en effet, que des conséquences forcées du principe fondamental, comme du reste cela se laisse voir à chaque pas dans ses œuvres.
Citons par hasard sa définition de la pensée humaine : « La sen ti) Nous donnons ici encore deux citations : « La mort est un voile derrière lequel se passe la justice de Dieu, » et la défi nition de l’enfer : « L’esprit créant le mal au monde crée luimême sa forme d’enfer dans laquelle il a à expier ses fautes, » pour caractériser complètement les vues de notre auteur.
UN OCCULTISTE INCONNU 267 sation du manque de temps dans l’Esprit en contro verse avec le Temps dont la forme a besoin, c’est la pensée, » ou bien : « Le vouloir de ton esprit et le je ne puis pas du corps entrent en collision, et le bruit qui en est le résultat remplit ton corps et présente le phénomène qu’on a appelé la pensée. » Tout dogme accepté sans conscience, sans avoir demandé les profondeurs de l’esprit, avait en Stowacki un ennemi implacable.
L’insuffisance des reli gions dogmatiques était claire pour lui, ainsi que des systèmes scientifiques qui ne peuvent pas tenir leur place à cause de la- misère générale de la science humaine.
Cette misère consiste dans ce que tout sys tème, religieux ou scientifique, est basé sur une partie seulement de l’observation générale, et nie les autres parties, comme inutiles ou fausses (l’homme admet dix vérités et rejette la onzième,qui en est le résultat et le complément). L’humanité adonc besoin de syn thèse pour établir les bases de la Foi, qui dorment dans les profondeurs de l’Esprit.
IV Il ne nous reste plus qu’à mentionner le Journal. C’est un recueil des notes prises par Stowacki pendant les années 1847-1849 presque journellement. Il y traite toutes sortes de choses, les sujets philosophiques, litté raires, politiques et économiques, toujours en adepte de sa doctrine et avec une logique de fer. De tels recueils caractérisent le mieux leurs auteurs : celui de
2 68 l’initiation Stowacki nous révèle un génie spontané, un observa teur profond, s'intéressant à tout et développant par tout la justesse du jugement et la sagacité. Nous pouvons par conséquent terminer notre caractéristique de Stowacki par la remarque que, quoiqu’il n’offre dans ses écrits mystiques un système embrassant tous les domaines des recherches transcendantes, il est par venu néanmoins à des résultats justes et vrais, et ses oeuvres méritent non seulement d’être lues, mais méditées. Waidelowicz.
PARTIE LITTÉRAIRE i Ephémère et maudit, je regarde passer L’étrange horde humaine, éphémère et maudite Comme moi. Je la vois qui vainement s'agite, Qui s’aime, et naît, et meurt sans jamais se lasser. Hier cendre, aujourd’hui douleur, et demain cendre. Dans son ardeur de vie, elle exulte, oubliant Qu’elle souffre, ignorante quelle soit du néant. Et que dans le néant elle va redescendre. Mais quelqu’un, tout à l’heure, avançait à pas lents, Loin de la foule, au bord extrême d'un abîme, Et souriant au ciel, montrait d’un doigt sublime L’infini de lumière aux rayons aveuglants. Et j’ai poussé soudain un grand cri de détresse, Car je t’ai reconnu, spectre de ma jeunesse... I
270 l’initiation II La tristesse notoire où mon âme est plongée M’isole à tout jamais du monde indifférent. Je cherche dans l’espace une autre âme affligée Qui réponde et qui vienne à mon appel navrant. L’horizon clair est vide, et la plaine enneigée A force de blancheur dans l’air trop transparent Est inhospitalière à la Foule figée De froid sous les rayons bleus d’un soleil mourant. Suis-je moi ! Horizon et suis-je moi la Plaine?
Puisque dans un désert glacé je dis ma peine. — Les veuves lentement, avec des voiles noirs, Marchent, et tous les voient, et tous ont pitié d'elles ; Mais ils détournent tous leurs têtes fraternelles Quand fiotte l’étendard gris de mes désespoirs... III Moi qui ne suis pas mort, suis-je doue jamais né? Je regarde de loin tourbillonner la vie, Dont le va-et-vient effréné Dans mon cœur indolent n’éveille nulle envie.
Le rêve qu’ici-bas, sans pouvoir réagir, Je fais depuis longtemps, me lasse et m’exaspère, Et je veux enfin voir surgir Dans un nouvel espace un songe de lumière.'
LA PLAÑESE JUPITER 27I Fermant mes yeux charnels, j’oublierai le soleil. Et la Terre, et la Foule, et mon propre sillage. Ayant dormi d’un noir sommeil, Je me réveillerai dans l’infini sans âge. Et je vais te revoir, astre où mon âme dort. Moi qui ne suis pas né, moi qui ne suis pas mort... Robert Scheffer.
I A l’heure du sommeil, au fiond du firmament, S’élève dans l’aqur une brillante étoile, Dont le pâle rayon éclaire doucement Notre globe, où la nuit a déployé son voile. Les cités, les déserts, les grands bois frissonnants, L’Océan tourmenté, les vastes continents, La terre tout entière, S’imprègnent chaque soir de ce rayon doré Traversant comme un trait, rapide et coloré La mouvante atmosphère.
II Cette radieuse étoile est un monde en éveil, Tournoyant dans l’espace où règne le silence, Un des astres lointains arrachés du soleil
l.’lNITIA'i ION 272 Et formés des éclats de sa magnificence. C’est un monde nouveau, subissant le destin De tout ce qui se meut dans cet éther divin Où palpite la vie. Un monde où l'éclair luit, remplissant de bruits sourds, La nuée en suspens, aux amas blancs et lourds A son orbe asservie.
III Quatre lunes d’argent surgissant chaque soir, Baignent ses horizons de lueurs magnifiques : Il est là, loin de nous, brillant dans le ciel noir, Scintillant dans la nuit aux profondeurs mystiques ! La tempête y déchaîne en ses jours de fureur, Un souffle impétueux d’incomparable horreur... Sur sa tige baisée Par le soleil ardent, aux larges tons pourprés. Brille de mille feux vivement colorés La fleur sous la rosée.
IV Les collines, les monts aux sommets dévastés, Y plongent leur granit dans l’onde calme et pure, De grands lacs endormis aux bords accidentés. Où planent des oiseaux à l’immense envergure. L’homme, atome vivant, notre frère inconnu Pour aimer et souffrir, à la vie revenu Espère, prie et pleure,
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 2 73 Car hélas ! la douleur est de tous les séjours, Et l’âme, en s’incarnant, doit passer de longs jours. Attendant d'heure en heure. V L’espace, l'inconnu, l’immuable infini Où les mondes, groupés autour de leur étoile, Tournent, vertigineux, dans l’insondable uni, Du vaporeux éther, qui de soleils s’étoile, Ecrasent, en leur ampleur, ce pauvre être chétif, De planète en planète, éternel fugitif!...
Sans comprendre la vie, Il combat en souffrant, appelant du secours. Evoquant l’idéal, que recherche toujours Son âme inassouvie ! J. de Tallenay. D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES On trouvera, en tête de ce nume'ro,le rapport du Prési dent, pour le dernier exercice 1891-1892. • La représentation effective du Groupe en Espagne est en bonne voie d’organisation. Sous peu, espérons-le, les efforts tentés là-bas contre nous seront mis à néant comme ils l’ont e'té en France.
l’initiation 274 Paris, 10 août -lSga. (Groupe 4) Monsieur le Directeur, J’ai l’honneur de vous adresser le compte rendu d’une expérience qui intéressera, peut-être, les partisans du magnétisme à distance: Une amie de ma femme, Mmo M..., qui depuis quelque temps veut bien se prêter à des expériences de magnétisme, se trouvant à la maison, je lui proposai de l’endormir d’une pièce à l’autre, toutes portes closes. Elle voulut bien y consentir.
Après avoir remis une sonnette à ma femme, avec l’or dre de l’agiter dès que Mmo M... s’endormirait, je me retirai dans une pièce voisine avec ma fille. Après quelques instants de conversation avec ma fille j’eus la volonté d’endormir Mme M... Presque instantanément, la sonnette retentit. Je revins, et je constatai que Mme M... était en léthargie.
Je rentrai alors dans ma chambre et, après avoir re fermé la porte, j’eus la volonté de réveiller Mme M... Cette fois, la sonnette ne retentit qu'au bout de quel ques instants. Le réveil avait été plus long à obtenir que le sommeil. J’ai renouvelé cette expérience, deux fois, avec le même succès. Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur, l’assurance de mon entier dévouement. A. François. Montpellier, 17 juillet 1892.
Branche de Montpellier Cher ami et fr.-. Nous avons eu ici de très jolis résultats dansnosexpé riences d’occultisme médianimique, tels que : Matéria lisation lumineuse d’une main, productions de points
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 2y5 lumineux et pluies de fleurs, mais malheureusement le tout s’est produit dans des conditions où l’imperfection du contrôle et le peu de connaissance que nous avons du caractère des médiums laissent la plus large place au doute. P. de Labaume. S.-. I.-. Lyon, le i3 août 1892. Branche de Lyon. Monsieur Papus, Cher F.-. J’ai réalisé mon projet : j’ai créé à Lyon un pendant à la librairie du Merveilleux.
Une vraie petite succursale dans laquelle mes amis vont se réunir cet hiver. Située dans le quartier neuf, bien à côté de la nouvelle Préfecture, ma librairie est en plein centre, et son avenir me parait donc assuré. Je vous transmettrai sous peu de jours mon prospec tus spécial. Elie Steel. Sociétés adhérentes au Groupe ORDRE KABBALISTIQUE DE LA ROSE-CROIX Les règlements de l’Ordre seront publiés dans notre prochain numéro.
Dans une de ses dernières séances, la Chambre de Direc tion de l’Ordre Kabbalistique delà Rose-Croix a décidé de revendiquer énergiquement le nom de « Rose-Croix », qu’on a cherché à défigurer parles compromissions les plus ridicules. Diverses mesures ont été prises à cet effet, mesures dont nous reparlerons prochainement.
l’initiation SUPRÊME CONSEIL DE L’ORDRE MARTINISTE. Les élections pour le renouvellement d’une partie des membres du Suprême Conseil ont eu lieu. Plusieurs membres nouveaux ont été élus. Les séances régulières reprendront à partir d’octobre. Unservicede correspondance confidentielleà été orga nisé entre le Suprême Conseil et les loges et fonctionnera à partir de la rentrée.
Le comité de Direction du Suprême Conseil a décidé d’inviter undes chefsde loges, M.Letoquart, de New-York à cesser de mêler le.Suprême Conseil aux affaires person nelles delà loge martiniste dirigée parM. Letoquart.Les opinions émises soit par les membres de l’Ordre, soit par les Logessont rigoureusement personnelles et ne peuvent jamais, à moins d’autorisation écrite toute spécial, être, imputées au Suprême Conseil de l’Ordre.
Le médium évoque, et la table saute immédiatement. Comme tout va à rebours en Chine, les phénomènes des tables tournantes sont aussi renversés, c’est-à-dire au lieu de tourner sur les pieds, elles tournent sur la tête, avec les pieds en l’air.
On place en croix quatre baguettes, sur un mortier ou un bol plein d’eau, on pose la table les pieds en l’air comme nous venons de le dire, et on appelle quatre enfants qui d’une main tiennent le pied, de l’autre main libre forment la chaîne entre eux. Le médium fait son évocation, immédiatement la table remue et les enfants font une ronde avec une vélocité extraor dinaire.
Les Chinois soutiennent que c’est le Diable qui fait ces manœuvres et les Esprits, mais ils ne tiennent nul lement à être en communication, de cette façon, avec le monde invisible. {Traduit de l’anglais)
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ESOTERIQUES 277 L’e'poque que nous traversons depuis quelques années déjà est critique entre toutes. Aussi bien au point de vue politique et social que dans le domaine des choses litté raires et artitisques, elle laisse fort à désirer.
C’est à peine si de rares personnalités, de loin en loin surgissent, qui ne laisseront peut-être encore qu’une très faible trace, et, quant aux réformes des institutions et des lois, quant aux progrès de la société, ils sont si lents à se produire, tant ajournés, entravés, repoussés même, qu’on ne les voit presque jamais aboutir.
En revanche, l’essort de l’esprit humain dans toutes les branches de la science est si merveilleux qu’il suffirait à illustrer plusieurs siècles. En chimie, en physique, dans les sciences exactes aussi bien que dans les sciences philosophiques, la poussée des vingt dernières années seulement est prodigieuse.
C’est presque aujourle jour qu’on voit créer des métho des nouvelles et, pour ne parler que de celles qui nous intéressent au point de vue photographique, n’est-il pas surprenant de constater qu’à de si courts intervalles de temps, ont été acquis des travaux aussi importants que ceux du docteur Marey, de M. Lippmann, deMM.
Janssen. et Laussedat, sans compter les innombrables perfection nements apportés aux procédés de photographie, aux appareils et aux formules, ainsique les nouvelles appli cations photographiques qu’on signale incessamment.
Parmi ces dernières, l’une des plus curieuses est peutêtre photophysiognomonique déterminée récemment à Genève, par notre compatriote M. le docteur MorinsDefrance,sur une longue série d’observations qui relèvent plutôt de la psycho-physiologie que de la physiogno monie pure.
S’il est vrai qu’à des signes extérieurs du visage on peut reconnaître chez les individus des tendances, des qualités ou des défauts, des particularités même du caractère, il
l’initiation 278 est encore plus incontesté' que les sentiments des êtres se reflètent sur leurs traits et peuvent déceler dans une large mesure ce qu’ils sont, ce qu’ils ont été' et ce qu’ils pourront être.
Non seulement des sentiments simples et puissants, comme la joie, la douleur, l’inquiétude et la crainte, se traduisent pour tous par des transformations faciales de même nature, mais on retrouve les mêmes mouvements généraux sur tous les visages pour traduire naturellement des sensations ou des états d’àme bien plus complexes comme le désir, l’intérêt, le respect, l’incrédulité, l’ignorance ou la connaissance de l’appro bation.
Par elles-mêmes, ces expressions physiognomoniques n’exprimeraient que peu de chose; il faudrait à l’obser vateur de longues et patientes notations, des contrôles répétés, délicats et souvent presque impossibles à réaliser pratiquement, pour lui permettre d’en déduire une appré ciation rigoureuse quelque limitée qu’elle soit.
En outre, si on considère que les transformations faciales s'accomplissent le plus souvent avec une rapidité telle, qu’il est extrêmement difficile, même à un œil pré venu et exercé de les constater, on concevra aisément comment la physiognomonie a dû rester jusqu’à présent à l’état embryonnaire, faute depouvoir, à l’aide de docu ments précis et durables, se pratiquement développer.
Grâce à la photographie et aux procédés d'investigation spéciaux dont il s’est servi, M. Morins-Defrance a pu au contraire reprendre les travaux de ses devanciers, les contrôler et déterminer une méthode d’analyse nou velle dont la précision est réellement surprenante.
En ramenant à des termes simples facilement représen tables ou facilement exprimables les propositions des problèmes qu’il s’agissait de résoudre, il devenait possible de les poser aux sujets et d’amener ceux-ci à fournir in consciemment des expressions qui, photographiées et ana lysées par la méthode dont il s’agit, pouvaient donner les solutions cherchées.
Onconçoit qu’il nous est impossible d’entrer danslesdétails de la méthode, parce qu’il faudrait pour les exposer, même très succinctement,plus d’étendue que n’en a notre journal tout entier ; mais, à défaut de cette exposition, un
LA PHOTOPHYSIOGNOMONIE 2?9 exemple des résultats obtenus fera mieux comprendre la curieuse puissance d’investigation de cette mé thode.
Un sujet adulte, par exemple, étant placé de façon à pouvoir être photographié un grand nombre de fois en quelques secondes (à son insu, naturellement), on choi sit un instant, où convenablement préparé pour cela, son cerveau ne se trouble point sous l’empire d’une préoc cupation absorbante, et l’on produit subitement une série de sons musicaux, de telle façon que l’oreille du sujet, sans en être violemment frappée, ne puisse néanmoins ne pas en recevoir l'impression.
Aussitôt le faciès du sujet se transforme, son attitude varie et, pendant un temps plus ou moins long, il passe par une suite d’états divers qui seront autant de docu ments d’analyse précieuse pour le photophysiognomoniste.
Suivant la nature, la qualité, la succession des sons émis d’une part et, d’autre part, la nature du sujet, son éducation, ses caractéristiques intellectuelles et physiques, les images obtenues à son insu en quelques secondes varieront.
Elles permettront au photophysiognomoniste de déter miner, d’après les formules spéciales que l’observation d’une infinité de sujets lui a déjà données, si la personne soumise à cette épreuve est musicienne, l’a été ou serait organisée pour l’être ; si, ayant été musicienne, elle a aban donné cet art ; si elle en a poussé plus ou moins loin l’étude ; si elle a professé la musique ou la professe en core; si elle était instrumentiste ou cantatrice et même quel instrument elle pratiquait, etc, etc. Dans un autre ordre d’idées, la méthode d’analyse indi quera si le sujet est nerveux ou lymphatique, doux ou violent, passif ou particulièrement réactif, si sa sensibi lité est plus ou moins développée, etc., etc. Nous abrégeons, car la nomenclature des indications que cette unique, expérience fournit au photophysiogno moniste, infiniment plus étendue que cela, parait sans doute peu vraisemblable. Il serait assurément, en effet, imprudent de conclure formellement ainsi; aussi] se garde-t-on de le faire;
280 L INITIATION quelque bien établies que soient les formules d’analyse, pour une seule expérience, elles ne serventque d’indices, et c’est seulement des concordances d’une nombreuse série d’expériences, très variées et souvent bien plus complexes que l’expérience audito-musicale que le photophysiognomoniste déduit les caractères typiques du sujet qu’il a voulu pénétrer.
Nous venons de dire que par l’épreuve audito-musicale le photophysiognomoniste pourra déterminer si le sujet est chanteur ou instrumentiste, et s’il est professeur ou s’il a tout au moins professé. Comme une telle précision d’appréciation peut sembler au premier abordoutrée, nous allons essayer de résumer, en quelques mots, comment M. Morins explique les résultats que s améthode lui donne.
Tout d’abord le photophysiognomoniste constate, par exemple, comme tout le monde pourrait le faire, que la personne qu’il va soumettre à son expérience a reçu une certaine éducation. Il n’est point nécessaire d’avoir un génie spécial pour reconnaître, sous quelque costume que ce soit, si l’on est en présence d’un individu resté dans la rusticité native ou affiné par l'éducation.
Donc, il est constaté de visu que le sujet n’est pas une nature vulgaire.
Pour se rendre mieux compte du genre d’éducation qu’il a pu recevoir, . le photophysiognomoniste juge à propos de lui faire subir l’épreuve audito-musicale, qui aura pour effet de le ren seigner sur le goût plus ou moins développé que le sujet peut avoir pour la musique Comme il s’agit djimpressionner un être affiné, oh conçoifque l’épreuve ne va pas être la même que celle qu’on ferait subir à une nature fruste, afin desavoir simplement si la musique lui est antipathique ou non, ou même seu lement pour savoir si sa nervosité auditive est plus ou moins marquée.
L’épreuve audito-musicale va donc com porter des successions de tons assez compliquées ; elle comprendra des parties harmoniques sans défauts, d’autres a\ ec desfautes voulues', des traits, des passages où seront marqués, tour à tour, des détails de science musi cale pure; orchestration, contrepoint, fugue; des phrases musicales connues à côté d’autres inédites, et même des sonorités spéciales propres à la voix ou bien à tel ou tel
LA PHOTOPHYSIOGNOMONIE 28l instrument. (Un petit orgue à tuyaux de 7 jeux et 3 ins truments à cordes suffisent pour toutes les expériences audito-musicales du Dr Morins.) Le photophysiognomoniste sait d’avance, parce que d’innombrables expériences le lui ont appris, que son sujet marquera inconsciemment sa désapprobation de telle ou telle manière en entendant tel passage incorrect, telle faute légère ou grossière; il en déduira facilement le degré de compétence musicale de la personne observée.
La qualité de son goût en art musical lui sera décelée de la même manière. — En entendant un trait connu écrit pour la voix, le sujet, s’il est chanteur, le fera connaître involontairement par une contraction de la gorge, un mouvement de certains muscles du cou et du visage qui se produit en pareil cas plus de 9 fois sur 10, par un phénomène d’imitation spécial presque irrésistible.
S’il n’est point chanteur, ces mouvements ne se produiront certainement pas, mais en revanche, s’il est flûtiste, à l’audition d’un autre trait, spécialement écrit pour la flûte, d’autres muscles de sa face s’animeront si peu que ce soit, et la photographie, qui l’aura scrupuleusement enregistré, le décèlera.
Enfin, le photophysiognomoniste a constaté par des milliers d’épreuves que toute personne professant ou ayant professé a une expression typique: le faciès péda gogique que ses traits ne revêtent pas toujours, mais qui paraîtra presque sûrement si ce sujet est placé dans un cas ou sa faculté de professeur pourrait avoir à s’exercer. De là les fautes musicales voulues.
Si le sujet a professé la musique, en entendant la faute musicale, il est presque certain qu’il prendra le faciès pédagogique, ne fût-ce que pendant un vingtième de seconde, en admettant qu’il ait pu le cacher jusque-là. Tous ces indices, corroborés par d’autres expériences que l’expérience audito-musicale, serviront à former l’opinion du photophysiogno moniste d’une manière absolue.
Les indices qu’il re cueille sont, isolément, infimes, mais forment, réunis, une certitude complète. Le complément tout indiqué de la nouvelle méthode photophysiognomonique était lacomparaisondesépreuves d’un même sujet observé en divers temps.
282 l’initiation M. Morins l’a faite, et rien n’est plus suggestif que l’exa men des images qu’il a collectionnées de mêmes indivi dus, reproduits de semaines en semaines, pendant des périodes de 7 à 8 années.
Pour certaines personnalités communes: des artisans d’àge mûr, des fonctionnaires d’ordre et de conditions diverses, les différences sont peu marquées, mais à quelles curieuses transformations on assiste, dans la col lection de photographies de sept années seulement, s’il s’agit d’un enfant ou d’un adolescent, et surtout d’un sujet poursuivant des études supérieures!
On pourrait presque dire, si l’on ne craignait pas de formuler plus vite que l’auteur de la méthode lui-même des conclusions qu’il se garde encore de donner, que tel ordre d’études imprime aux faciès de tous les sujets observés telle série de caractères propres absolument distinctifs.
Il faut, ne serait-ce que parconvenance, s’en tenir aux affirmations modestes que l’auteur se contente, quant à présent, de fournir, mais il est du moins permis d’at tendre beaucoup d’une science qui donne déjà tant pour une si courte période d’exercice, et qui pourra s’appuyer d’année en année sur des documents dont le nombre semble illimité. Lumen. Challans, le 7 septembre 1892.
Monsieur Papus, J’ai la faveur de vous prier de vouloir bien insérer dans l’initiation la copie de la lettre suivante, ayant trait à mon apparition astrale à Rochefort-sur-Mer. « Rocliefort-sur-Mer, le 21 novembre 1891. Monsieur Tournon et F. E. S., Selon votre désir, je m’acquitte de la promesse que je vous ai faite hier soir de vous écrire pour vous con vaincre de votre présence parmi nous hier soir, 20 cou rant. A 9 heures 20 minutes, le médium, ma tante G...
CORRESPONDANCE 283 fut endormie et aussitôt elle vous aperçut. Elle me dit : Tiens ! M. Tournon est-il mort? Je lui re'pondis aussitôt : Je ne le crois pas. Sachant que vous vous étiez commu niqué dans d’autres groupes, je lui dis alors de vous adresser la parole pour vous demander la cause de votre présence parmi nous.
Vous avez répondu ceci : Par ma volonté, j’ai eu le désir de venir ici; mais je serais heu reux si je pouvais en avoir la preuve. Alors je vous pro mis de vous écrire et je m’en acquitte. Vous étiez bien portant et réjoui, ma lettre doit mettre le comble à votre satisfaction ; car elle sera une preuve palpable du couronnement de vos efforts.
Il serait à désirer que tous les médiums vous imitassent, et notre Doctrine alors accentuerait sa marche rapide et atteindrait beaucoup plus vite les degrés d’existences que nous devons par courir. Notre prochaine réunion aura lieu samedi, 28 courant, si vous avez quelques communications à nous faire et que Dieu permette une nouvelle épreuve de votre vou loir, ce sera avec plaisir que nous vous accueillerons.
Donnez-nous, je vous prie, quelques renseignements sur le début de votre sommeil et comment s’est accentué le réveil; le corps doit subir au retour de l’esprit comme une secousse électrique dont vous avez dû avoir cons cience. Ici la plume ne peut être autoritaire; car il peut se produire des phénomènes que l’esprit dégagé seul pourrait expliquer.
Au nom du groupe, mes remerciements sincères en vous disant : Courage, mon frère, le travail seul mène au bonheur promis. Votre ami et frère E. S. qui vous serre cordialement la main. B... ». Lorsque le phénomène s’est produit, je dormais paisi blement dans ma chambre ; je n’en ai eu aucun souvenir et je n’ai rien éprouvé de particulier, ainsi que je l’ai écrit à M. B...
Plus tard, nous avons voulu provoquer une autre apparition qui n’a pas réussi. Veuillez agréer, Monsieur Papus, l’expression de mes sentiments les plus fraternels et dévoués. Bernard Tournon. Receveur des Contributions indirectes, à Challans (Vendée).
284 La publication des numéros du Voile d’Isis,ralentie par suite des vacances et du calme relatif qui se produit au Groupe va reprendre d’ici quelques jours d’une façon plus suivie.
A noter un bel article de Quærens, dans le n° du i3 juillet.— L'Etoile (juillet et août) contient la suite des études de longue haleine de René Caillié, telles que : Dieu, l’Homme et l’Univers, l’analyse de la Clé de la vie, des Quatre Evangiles de Roustaing; tandis qu’Alber Jhouney continue à commenter la Tradition.— La Paix Universelle (juillet-août) contient des Etudes astrologiques fort bien comprises par AI. L. Dadoy, des conférences de MAI.
Metzger et B. de Reyle, à la Faculté des lettres de Lyon, puis les érudites études de Marcus de Vèze sur le code de Manu et le Zend-Avesta. Spiritisme et Magnétisme: M. Goupil, dans la Revue Spirite (août), édifie une théo rie spirite de ce que les savants appellent les halluci nations télépathiques, en les attribuant à des intelligences étrangères à l’humanité; Marcus de Vèze termine son histoire de l’intolérancejreligieuse.
Le Journal du Magné tisme continue ses extraits du Traité de M. Durville, et la Chaîne Magnétique, ses relations de cures et de phéno mènes psychiques. H YPNOTISME : Le Dr Lefèvre donne une prophylaxie de la morphino manie et de la morphino-cocaïnomanie dans la Revue d’Hypnologie du Lu-ys; les Drs G. Lemoine et P.
Joire exposent l’emploi des miroirs rotatifs dans la thérapeu tique de l’hystérie ; et on y trouve enfin un résumé succinct et une étude du Dr Houston sur les radiations cérébrales. Les Annales des Sciences psychiques (juillet-août) sont consacrées à l’étude des mouvements d’objets sans con tact, dont F.-W. Myers analyse les conditions, tandis que le Dr Dariex et G.
Morice relatent des faits qui ont lieu au domicile même du premier , et au château de T..., en Normandie Enfin Alrae H.Sidgwick complète son mémoire sur la clairvoyance.
REVUE DES REVUES 285 Socialisme : Beaucoup de sincérité, beaucoup de générosité, beau coup de science est comme toujours dépensé par les rédacteurs de la Religion universelle (juin, juillet août) ; mais, comme écrit Frédéric Passy à M. Courtépée ; « il n’est pas bien sûr que la morale si élevée que l’on y prêche etles considérations d’intérêt bienentendu quel’on y invoque suffisent pour gagner à nos idées un bien grand nombre de nos semblables.
La plupart trouveront sans doute qu’on les renvoie à un avenir bien lointain ou bien hypothétique, et vous opposeront dans un sens qui n’était point celui du fabuliste, le dicton vulgaire : Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras. M. Ad. Veber a traduit du latin une thèse de M. Jean Jaurès sur les Origines du Socialisme allemand; cette œuvre hardie parait dans la Revue socialiste (juin, juillet, août).
Parmi beaucoup d’autres savantes études, j’en note une sur le monopole du Gaz, par A. Serf.
Littérature : Psyché s’est fait longtemps désirer, mais, dans son der nier numéro, où je note la magnifique incantation de Michelet sur les dix noms divins, elle « avertit ses indul gents lecteurs qu’elle paraîtra selon une périodicité à peu près régulière. » La Plume a publié avec beaucoup de succès son numéro de juillet consacré à la magie, et dont on a pu voir ici même le sommaire. — Dans le numéro d’août, Verlaine, Retté, Lemonnier, Zola, de Braisne, Durocher, Maillard, ont perpétué la mémoire du noble artiste qui fut Léon Cladel, —tandis que A.-F.
Cazals a retracé son image. — Beaucoup de collaborateurs de la Plume se pressent à l’Ermitage : qu’on en juge par ce sommaire : A propos des Noces de Figaro, Hugues Rebell. — A Louis II de Bavière, Louis Le Cardonnel. — L'Aumône suprême, Michel d’Eyjeaux. — Iphigénie, Henry Béren ger. — Certains Paysages, Henri Degron. — Haud ignara mali, Paul Verlaine. — La Folle du yoghi, Paul Masson. — Paradoxe sur la critique, Adolphe Retté. — Sur un livre d'heures, Pierre Dufay. — Lettre pour M. Zola, René Tardivaux. — Convalescence, Yvanhoé
286 l’initiation Rambosson. — Dieu seul est Dieu! Henri Mazel. — Chroniques et Variétés, Les Ermites. Paul Adam fait l’éloge de Ravachol dans les Entretiens politiques et littéraires, et écrit la monographie de l’homme sensible (n° d’août); Henri de Régnier inaugure par J.-K Huysmans une série de portraits qui promet d'être vigoureusement burinée. De Bruxelles nous arrive le Mouvement littéraire, fondé par Fernand Roussel, Raymond Nyst et L.
Donnay; Maurice Barrés y envoie une Lettre, et Nyst expose la magie moderne et les dernières conférences du Dr Encauses à Bruxelles. Que le Nouvel Echo, que l’Art social que Chimère, que Harmonie me pardonnent la rapidité avec laquelle je suis obligé de les citer ; d’ailleurs, ils ne perdront à cela que fort peu de chose, étant donné mon inaptitude à exprimer toutes les belles idées que leurs tentatives font naître en mon esprit.
Le Panthéon des Lettres, des Sciences et des Arts, fondé par M. Michelis de Rienzi a donné tout dernièrement la biographie d’Ernest Bosc et celle de Papus. Science : A lire dans la Revue générale des Sciences pures et appliquées les articles suivants : Sadi-Carnot et la Science de l’Energie par G. Mouret ; La Puerpéralité, par les Docteurs Auvard et Touvenaint (i5 juillet); le Placenta discoïde, d’après les travaux du P.
Mathias Duval, Revue de Chimie pure, par A. Etard (3o juillet) ; les Phénomènes intimes de la Fécondation par E. Bichat (n° du i5 août). — Le Journal de la Sanjté a donné, il y a un mois, une étude critique sur la Graphologie. — La Revue de la Science nouvelle (août) analyse les expériences spiritistes de MM. Lombroso et Coues. La partie bibliographique est très soignée dans cette publication. La.
Revue philoso phique (juillet) contient comme études intéressantes, à notre point de vue, l’inconnaissable dans la philosophie moderne par Fonsegrive; la musique d’après Spencer, par Combarieu ; dans le fascicule d’août, je trouve une étude critique de Rosenbach, sur le mysticisme moderne, étude dans laquelle on ignore qu’il existe un mouvement français. Dieu, que les rédacteurs de cette revue sont
REVUE DES REVUES 287 mal informés quand ils font des enquêtes! C’est le deuxième article publie sur cette question, et il est encore moins bien documenté que le premier, le dé veloppement de la Volonté l'par IA. Fouillée, et l’étude de A. Navillesur la beauté organique. — M. A.
Franck étudie la Morale de Spinoza, et Barthélemy-SaintHilaire la vie de Bouddha, dans le Journal des Savants (juin). — M. Montpellier traite de la reproduction élec trique des fantômes magnétiques, dans VElectricien (18 juin).
PÉRIODIQUES ÉTRANGERS Langue anglaise : g Signalons d’abord l’apparition, à Boston, d’un journal nouveau : The Psychical Review, organe de la American Psychical Society; en voici les principaux articles : Some assured results in psychical Science and the present Outlook. Rev. M. J. Savage. — Implication of physical phenomena. Prof. A. E. Dolbear.— Psychograpliy in the presence of Mr. Keeler. Alfred R.Wallace, D. C.
L. — PsychograpliyRemarkable cases. B. O. Flowder.— Proceedings of the American Psychical Society. — Adress by Rev. M. J. Savage. Reports upon Psychography by Prof. Dolbear, Rabbi Schindler, and Mr. Garland. Discussion, etc. Psychical Research and Science. Rev. T. E. Allen.— Prof. Lodge upon psychical research. Souhaitons au nouveau pionnier du Spiritualisme le succès dû à la grande compétence de ses collaborateurs.
The Theosophist (juin) étudie la philosophie Sankya et publie une traduction de Sankaratscharya. Le numéro de juiet contient un bien amusant article sur le Traité de Papus. The Key continue l’étude du mesmérisme curatif. A lire dans V Astronony and Astro-Physics (Morthfield et Chicago, juin) Explication du mystère du phénix égyptien par J. Sée. LANGUE ITALIENNE C A. Pioda, Giovanni Hoffmann, et G. Ermacora
288 l’initiation étudient le spiritisme et ses hypothèses dans Lux (juin, juillet, août). Dans Magnetismo e Ipnotismo, de Florence, M. Del Torto étudie les phénomènes produits par pseudo-fakir Soliman-Ben-Aïssa et Miss Abbott, puis par les brahmes et fakirs d’Orient; la Revue des journaux y est fort consciencieusement faite.
La Sfinge de Naples donne un extrait du chapitre d'Eugène Nus sur le Spiritisme, et différents articles de Giuseppe Palazzi. LANGUE ESPAGNOLE t Le Vicomte de Torres-Solanot est chargé de représen ter la Revista de Estudias psicológicos de Barcelone au Congrès spirite international Hispano-Américain et au Congrès Internatioual des libres penseurs: la Revue de Barcelone contient de bonnes études de Don M.-N.
Murillo, et des comptes rendus fort bien faits (t). La Revista espiritista de la Habana (N° de mai) traduit l’étude sur la naissance de Saint-Yves ; le fascicule d’août contient un portrait de L.-H.-D. Rivail, les études du Docteur Lombroso et un article de Papus sur l’Image astrale. La IIlustración Espirita de Mexico donne une étude sur le spiritisme pratique par L.
Wright, des communi cations spirites, et différentes traductions de Rossi de Guistiniani, de Flammarion, etc. Verdade et Lup conti nue ses recherches de spiritisme scientifique. * ¥ •¥• Signalons dans le Spitalul (juin), revue médicale de Bu carest, une étude du Dr Demetrescu sur la psychiatrie — et enfin un article de M. Pich sur les hallucinations dans le Neurologisches-Centralblatt de Leipzig (n° de juin).
Sèdir. (i) N’oublions pas la publication auxiliaire de cette revue ; Hojas de Propagande, Le Gérant : Encausse. fours, tmp. E. Arrault et G'-
L’Initiation du i5 septembre 1892 Georges CARRÉ, éditeur, 58, rue St-André-des-Arts, Paris. ŒUVRES DE PAPUS Le Tarot des Bohémiens, le plus ancien livre du monde. 1889. 1 vol. in-8 raisin de 372 pages avec nombreuses figures et planches hors texte. Prix . .................................................
9 fr. » Le jeu de Tarots, transmis par les Bohémiens de génération en génération, est le livre primitif de l'antique initiation, ainsi que l’ont montré Guillaume Postel, Court de Gébelin, Etteila, Éliphas Lévy et J.-A. Vaillant. La clef de sa construction et de ses applications n’a pas été découverte jus qu’ici.
L’auteur a voulu .combler cette lacune en fournissant aux initiés, c’est-àdire à ceux qui connaissent les éléments de la Science occulte, un instrument rigoureux grâce auquel ils puissent pousser plus avant leurs études. Le lecteur profane y trouvera l’exposé d’une philosophie et d’une science des plus élevées, celles de l’Égypte.
Le livre est établi de telle sorte que chaque partie forme un tout complet, qui peut, à la rigueur, être étudié séparément. Traité méthodique de Science occulte, avec préface de Ad. Frank, de l’institut. 1891, 1 fort vol. in-8° raisin de 1200 pages, avec 400 gravures et, tableaux, 2 planches phototypiques hors texte, suivi d’un glossaire de la Science occulte......................... 16 fr. » Depuis quelque temps nous assistons à une singulière évolution de l’esprit humain.
Chacun veut connaître les enseignements de la Kabbale, du Boudhisme de la Magie et de toutes les doctrines qui montrent comment la Science vient appuyer les anciennes traditions et les données de la Foi, loin de les détruire. — Il n’existait pas jusqu’à présent d’ouvrages mettant chaque lecteur à même ne posséder rapidement ces questions sans grande connaissance philosophique oujscientifique antérieure.
Cette lacune vient d’être heureusement comblée.
Le Traite méthodique de Science occulte de Papus est une véritable encyclopédie de la question, composée de telle sorte qu’011 peut y trouver, soit seulement les données générales sur la doctrine secrète et ses enseignements touchant la Naissance et la Mort, soit les études techniques les plus détaillées sur les Nombres, sur kl Kabbale, sur l’Alchimie, la Franc-Maçonnerie, etc., avec une traduction correcte des 10 premiers chapitres de la Genèse.
Ce livre est donc utile à tous, lecteurs mondains, savants philosophes. Un glossaire de termes techniques et deux tables alphabétiques accompagnent ce volume de 1,200 pages; 400 tableaux et gravures, 3 planches hors texte éclairent les passages difficiles; enfin une table particulière permet au lecteur de retrouver les extraits, des 485 auteurs cités. M. Ad.
Franck (de l’institut) a bien voulu écrire la préface de cet important ouvrage auquel plusieurs œuvres littéraires récentes donnent un cachet tout particulier d’actualité. La Kabbale (tradition secrète de l’Occident). Résumé métho dique, ouvrage précédé d’une lettre d’Ad. Franck, de l’institut, et orné de 20 figures et tableaux et de 2 planches hors texte.
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Broch. in-8, compre nant de nombreuses figures. Prix.................. .................. 1 fr. » L’Initiation du i5 septembre i8g2 Vient de paraître LIBRAIRIE GEORGES CARRÉ 58, RUE SAINT-ANDRÉ-DES-ARTS A.
ALMAIZA. CATÉCHISME D ualiste ESSAI De Synthèse Physique, Vitale et Religieuse DEUXIÈME ÉDITION, REVUE ET CORRIGÉE 1 vol. in-18 de 414 pages............ 3 lr. 50
L’Initiation du i5 septembre 1892 VIENT DE PARAITRE LIBRAIRIE DU MERVEILLEUX 29, RUE DE TRÉVISE, 2Q PAPUS La Science des Mages ET SES APPLICATIONS THÉORIQUES ET PRATIQUES (petit résumé de l’occultisme, entièrement inédit) Une brochure de 72 pages, texte serré, avec 4 figures Franco : 50 centimes Depuis quelque temps on demandait un résume' de l’Occultisme en même temps court, condensé et clair.
La plupart des attaques faites contre l’Occultisme dérivent en effet d’une compréhension insuffisante de la Science des Mages et de sa transmission jusqu’à nous. Papus, dans sa dernière publication entièrement inédite, résume clairement les enseignements de la Science Occulte sur l’Homme, sur l’Univers et sur Dieu, ainsi que sur l’Astral, la Mort, les phé nomènes occultes et la pratique de la Magie.
De plus, l’auteur s’est livré à un travail de recherche très curieux et qui fait honneur à son érudition en donnant, à propos de cha cune des principales affirmations, une citation d’un auteur choisi parmi les 24 siècles qui constituent la période historique de la philosophie en Occident.
Ces citations très nombreuses prouvent l’immuabilité de la tra dition ésotérique dans ses grandes lignes à travers les âges, et répondent victorieusement aux objections faites à l’Occultisme par des auteurs peu au courant de la question. Souhaitons à la nouvelle œuvre de Papus tout le succès obtenu par les précédents ouvrages du même auteur.
L’INITIATION rsn • DIRECTION 14, rue de Strasbourg, 14 PARIS Directeur: Directeur-adjoint : Lucien MAUCHEL Rédacteur en chef : George MONTIÈREO Secrétaires de la Rédaction : CH. BARLET. — J. LEJAY ADMINISTRATION ABONNEMENTS, VENTE AU NUMERO O. CA.RRÉ3 58, rue Saint^'riare-des-Arts PARIS FRANCE, un an. 10 fr. ÉTRANGER, — 12 fr. RÉDACTION : 14, rue de Strasbourg. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.
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