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I:“"‘ initiation "J‘ 13‘ VOLUME. Revue philosophique indépendants des Haiites Études Hypnotisme, Force psychique Théosophie, Kabbale-Ï Gnose, Franc-Maçônnerie Sciences Occultes 4mo ANNÉE SOMMAIRE DU N° 3 (Dèsèin’brélB9l) PAIiTIÈ INITIATIQUE... PARTIE PHILOSOPHIQUE -‘i ET SCIENTIFIQUE . . . PARTIE LlTTÉBAIRE.. .. BIBLIOGRAPHIE Les Lois de l’Occul risme dans l’homme physique. Notes d’a-_ natomie philosophi que (avec figures).. (p. 193 à 203).
Traité d’astrologie gé ne’lhliaque ........... .. (p. 204 à 207). L’A H et la Franc—Ma çonnerie (avec fig.). . (p. 208 à 219). Occultisme pratique. . (p. 220 à 223).‘ Basile Valentin........ (p. 224 à228). Une Prétendue Syn thèse . . . . . (p. 229 à 263). Les Miracles et le M0V derne Spiritualisme. (Traduit de l’anglais de sir Alfred Rus— sell Wallace).......... (p. 264 à 270).
TABLE DES MATIÈRES DE I.‘Initidtion, PAR vo LUME.... . . (p. 271 à 287). Avrs à nos Lecteurs.... Papus . _ Sélva. r. -. Èeflrand. Hotace Pelletier. Saint-l’argeau. F.-Gh. Èarlet. q-v Pierre Torcy. . Paul Sédir. RÉDACTION ; 29, rue de Trémse, 29 PARIS (p. 288). Administration, Abonnements: 5 8, rue S t—A ndré-des-A rts, 58 PARIS Le Numéro : UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS
»Q&«-.Hsan.æ - î. ,u. vvv—auuv n : u->hs- , ., .. PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elies ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations.
La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance, Efl"rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. ' , L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: .
Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. ' - Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui-luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le militarisme et la misère. "Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais 'n’àppartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses .50‘ rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque braqçheflde,j ces curieuses études. . . ' La première partie de la Revue (Initialique) contient les articlesi destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. ‘ Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et de nouvelles qui‘exposent aux lectrices ces arides questions d’un manière qu’elles savent toujours apprécier. L'Initiatîon paraît régulièrement le 15 de chaque mois e compte déjà trois années d’existence‘. 5 Abonnement: 10 fran. par an.
s\ PARTIE INITIATLQUE -4.ÿ,..-., . Æes lois de l’@œœultisme DANS L’HOMME PHYSIQUE (NOTES D’ANATOMIE PHILOSOPHIQUE) Un des caractères bien typiques de l’occultisme, c’est la généralité de ses applications, malgré la simplicité des lois employées.
La plupart des écoles spiritualistes qui veulent analyser l’être humain pour découvrir les lois de sa constitution en sont réduites à énoncer des principes plus ou moins métaphysiques, quitte à cher— cher la raison d’être de ces principes dans des théories souventfantaisistes.
La tradition occidentale a ceci de - particulier quela langue hébraïque, dépositaire del’-éso térisme, est si solidement construite qu’il existe un rapport mathématiquement appréciable entre les let— tres, les nombres et les idées eXprimées. Notre intention en ces quelques pages est d’analyser l’homme physique. Aidé des travaux d’un occultiste de Vienne, Malfatti de Montereggio, travaux publiés 7
I 94 L’INITIATION vers I839, nous voudrions mettre au jour la valeur scientifique d’un passage de la Kabbale disant qu’en l’homme il existe trois organes agissant identiquement en des centres différents: le foie, le cœur et le cer veau.
Supposant que nous ignorons absolument les en— seignements de l’occultisme à ce sujet, nous devons retrouver, rien que dans l’homme physique, toutes les lois qui sont mises en avant pour expliquer le jeu de l’homme astral ou de l’homme psychique. Les données les plus élémentaires de l’anatomie et de la physiologie devront seuls être employées dans notre ' étude. Voyons donc comment il nous faut considérer le corps de l’être humain.
Q ara Lorsque les physiciens se sont trouvés aux prises avec l’énorme quantité des phénomènes produits par cette force qu’ils nomment : La Nature, les plus grands efforts ont été consacrés à l’élimination des lois accessoires pour arriver à poser des lois de plus en plus générales.
L’étude des couleurs, pour prendre un exemple, a amené les observateurs à constater l’existence des trois couleurs qui peuvent composer les autres, mais dont on n’a pu établir la genèse par aucune autre teinte; ce sont le Rouge, le Jaune et le Bleu.
Les chimistes ont agi de même dans les anav lyses successives qui les ont amenés à établir l’exis tence d’une quantité, encore très considérable, mais enfin relativement peu élevée, de corps dits simples.
NOTES D’ANATOMIE PHILOSOPHIQUE 195 Voyons si dans le corps humain il n’y aurait pas de même des parties accessoires et des parties essen tielles. Cela simplifiera d’autant nos recherches. Nous savons tous qu’on peut couper certaines por tions de ce corps humain sans causer la mort de l’être, les bras et les jambes sont dans ce cas, de même que le maxillaire inférieur.
Cela revient à dire qu’on peut couper les membres sans cauSer fata» lement la mort de l’individu. Il n’en est pas de même du reste du corps humain. Les membres nous apparaissent donc comme des organes fort utiles, sans doute, mais accessoires en somme, insérés à des centres qui, eux, sont bien es senti els. Notre étude se divise naturellement en deux points : I° Étude des membres, 2° Étude des centres.
LES MEMBRES Par rapport aux centres, les membres ont pour ca— ractère spécial la mobilité. C’est même de cette mobi‘ lité que l’organisme tire son plus grand profit. Chacun des membres est composé de trois parties, bras, avant-bras, et main ; ou cuisse, jambe et pied.
A ceux qui veulent voir un même nombre dans tous les phénomènes de la Nature nous ferons remarquer que les os du carpe ou du tarse, ainsi que les doigts necorrespondent pas du tout à la loi du ternaire. Le bras ou la jambe ne sont qu’un même organe modifié très légèrement selon le centre d’attache. Ceci a été signalé souvent et définitivement démon tré par Foltz, l’un des fondateurs, après Gœthe et
196 L'INITIATION Malfatti. de l’anatomie philosophique, branche bien connue de la Science occulte. La jambe s’insère sur le bassin qui répond au ventre de l’individu, le bras s’insère à l’épaule qui répond à la poitrine. Que nous reste-t-il donc à consi dérer : la tête. Nous avons dit que le caractère spécial des mem bres était la mobilité.
Ce caractère nous permet de suite de voir que s’il existe un membre (ou une paire de membres) inséré sur la tête, cet organe doit être fort mobile. Or un seul organe répond à cette condition : le maxillaire inférieur.
Dans unetbrt intéressante étude parue dernièrement ici même, M. Vurgey parle des rapports du maxillaire avec les membres, mais sans aller aussi loin dans son analyse que le D' Malfatti qui, dès 1839, avait parfaitement mis au jour cette question, à laquelle Gœthe attacha si glorieusement son nom.
Le bras se compose de trois parties: bras, avant bras, main; la main est caractérisée par le nombre des petits os qui entrent dans sa composition, nombre relativement considérable. Or, la portion verticale du maxillaire inférieur répond au bras ; la portion horizontale de ce maxil laire à l’avant-bras, enfin les doigts soudés les uns aux autres sont représentés par les gencives, et les ongles par les dents.
Le maxillaire inférieur dans son ensemble reproduit donc pour la tête ce que les deux bras représentent pour la poitrine. Chacun des centres qui nous intéressent, tête, poi— trine et ventre, est donc pourvu de ses membres,
NOTES D’ANATOMIE PHILOSOPHIQUE 197 n-r-u-ÿ"""- --.-.‘e '."-.Ï‘h'!‘fl' . . organes accessoires dont l’utilité est cependant in contestable. Bien plus, celui qui connaît les lois d’organisation d’un centre avec sa paire de membres connaît a priori l’organisation des autres centres et des autres mem bres. Telle est la base de l’anatomie philosophique.
LES CENTRES Les trois œufs humains. —— Le Dr Malfatti expose, à propos de la constitution des trois centres de; l’homme, tête, poitrine et ventre, une théorie très ori ginale et très suggestive. Cette théorie a, de plus, l’avantage de répondre en tous points aux données scientifiques les plus rigoureuses.
Si nous remarquons qu’un œuf, considéré synthé-' tiquement, se compose : I° D’une première enveloppe épaisse et même sou vent calcaire; 2° D’une seconde membrane d’enveloppe toujours fine et délicate; 3° D’organes particuliers (dont nous parlerons tout à l’heure) contenus dans ces enveloppes; Nous aurons de suite une idée également synthé tique de chaque segment de l’homme.
Le ventre ou œuf abdominal a comme enveloppe externe de la peau et des muscles, accompagnés sou vent de tissu adipeux (graisse). Dans l’intérieur de cette première enveloppe, nous en trouvons une seconde fine et délicate, le péri— toine. ' _-_ .' -- If.- _5.;:-æ.: . .,_qnefl';‘. .- ' ’ ,..v..
I98 L’INITIATION Enfin divers organes sont contenus dans ces enve— Ioppes, organes qu’on peut diviser en trois groupes, d’après leurs fonctions : 1° Les transformateurs (fabricant la matière de l‘or ganisme au moyen des aliments), estomac et glandes: 2° Les condensateurs (annexe mettant en réserve les subtances fabriquées, véritables greniers de l'or ganisme), foie (et rate 2’); 3° Les conducteurs (établissant la relation entre ces divers organes).
Malfatti considère l’estomac comme l’embryon, et le foie et la rate comme les placentas. - La poitrine ou œuf thoracique a une enveloppe constituée par des os et des muscles (côtes et muscles intercostaux) . Dans l’intérieur de cette première enveloppe nous en trouvons une fine et délicate , la plèvre. pou— mons agissent comme transformateurs, et le coeur comme condensateur dans cet œuf thoracique.
Enfin la tête ou œufcéphalique a une première enveloppe entièrement osseuse : le crâne. Une mem— brane fine constituant les méninges représente, pour la tête, ce que la plèvre et le péritoine représentent respectivement pour la poitrine et l’abdomen.
Les deux hémisphères cérébraux et lamoelle allon gée correspondent, comme fonction, aux deux pou mons et au cœur : Voilà donc, très rapidement esquissée, la consti— tution des trois centres désignés par Malfatti comme des œufs ayant chacun leur vie particulière. Mais ce qu’il y a de plus intéressant pour l’occultiste, c’est de
NOTES D’ANA‘I‘OIIE PHILOSOPHIQUE 199 chercher les solutions qui existent entre ces trois centres. Nous serons ainsi amenés à constater que chaque centre est représenté dans les deux autres par des organes spéciaux. RELATIONS DES CENTRES ENTRE eux Chacun des centres considérés est formé d’enve loppes renfermant certains organes particuliers.
Mais un examen un peu attentif permet de constater qu’il existe d’autres organes non renfermés dans les enve— loppes en question. De cette constatation découle un fait très important: l’existence d’organes représentant dans un centre les deux autres de ces centres : l. — Commençons par l’abdomen. Les organes placés en dehors du péritoine sont aux nombre de trois : 1° les organes génitaux; 2° les reins ; 3° la portion terminale du gros intestin.
L’appareil génital est en relation directe avec le système nerveux dont le centre est dans la tête (sur tout à la partie postérieure de la tête). Nous avons donc là : La tête dans l’abdomen (Voy. la fig). ' Le rein est en relation directe avec le système san guin dont le centre est dans la poitrine (t). (Remar— quer à ce sujet, si l’on est anatomiste, l’origine de l’artère rénale.) Nous avons donc là : La poitrine dans l’abdomen.
La portion terminale du gros intestin est en (i) Les travaux de Foltz et du D' Adrien Péladan prouvent anatomiquement cette relation.
200 L’INITIATION relation directe avec le système digestif dont le centre est également dans le ventre; d’où elle représente :_ L’abdomen dans l’abdomen. Il. — Dans la poitrine, le larynx, situé également en dehors des plèvres, est en relation directe avecla tête, (surtout avec le système nerveux moteur, partie anté rieure du cerveau). M.Vurgey, dans son récent article, fait bien ressortir cette fonction : « La voix (verbe) et le corps (chair) de l’esprit, » dit—il. Je ne partage pas l’avis de M. Vurgey, par la manière dont il considère le ternaire dans l’homme, et les quelques notes précédentes ont pour but de montrer comment toute analogie faite sur l’homme physique doit s’ap— puyer avant tout sur l’anatomie. Hors de cette voie, que de dangers à éviter! Le larynx est donc: La tête dans la poitrine Plusieurs organes représentent l’abdomen. Sans parler des ganglions lymphatiques qui sont directe— ment reliés au système lymphatique et par suite à l’abdomen, j’appellerai particulièrement l’attention des observateurs sur un organe dont on ne connaît pas encore les fonctions, le corps thyrôïde. L’ori gine embryologique de cet organe, dérivé du pharynx ou intestin antérieur, le nombre considérable des vaisseaux qui le parcourent, indiquent ses étroites relations avec l’œuf abdominal. Les ganglions lymphatiques de la poitrine et le corps thyroïde sont donc : L’abdomen dans la poitrine. ' e. -. )_ , _*r_ +e..',àæm
Rapport des membres et rapport des centres entre eux. sfl’
202 L’INITIATION Quant à la représentation de la poitrine dans son propre domaine, l’aorte et le thymus se chargent de ce soin. III. — Dans la tête, on connaît déjà les correspon dances que nous avons précédemment indiquées. Lès yeux et les oreilles représentent la tête. Le nez et ses annexes, la poitrine.
La bouche et ses annexes, l’abdomen. - ou L’étude de l’homme physique nous permet donc de découvrir de suite les lois assignées par l’occultisme à la constitution totale de l’être humain : I° L’existence de trois centres analogues entre eux et parfaitement différenciés anatomiquement et phy sz’ologz’quement nous met sur la voie de l’existence des trois principes qui constituent l’être humain ; 2° L’existence des organes situés en dehors de la membrane fine qui existe dans chacun de ces centres (péritoine, plèvre, méninge) nous met sur la voie des relations qui unissent tous ces centres entre eux.
Enfin un examen plus attentif de l’homme physique nous permet encore de constater : 3° Que les organes situés dans l’abdomen répondent analogz‘quement avec exactitude aux organes situés dans la tête, mais que ces organes abdominaux sont symétriques par rapport aux organes céphaliques.
En effet les recherches du Dr Foltz et surtout celles du D‘ Adrien Péladan ont mis au jour cette loi que ce qui est en haut dans la tête est en bas dans l’abdomen et réciproquement;
_,_q_r - Ar=gæ‘tâ ' .17 NOTE D’ANATOIIE PHILOSOPHIQUE 203 4° Les organes situés dans la poitrine tiennent au contraire le milieu entre ces deux transformations extrêmes. Voilà donc une application anatomique de la loi du ternaire; avis aux contradicteurs passés, présents et futurs, de l’occultisme. Nous allons résumer cette étude en un tableau, et prochainement nous aborde rons en détail le côté physiologique de la même ques tion. Ë Ë H MEMBRES CENTRE «0 V: E m F DIVISION î 5;; 2 5 g “;3 PARTICU DU 9 ’ “" la Q < 3 < A mans ..l . Yeux . _ Système Appareil Maxillaire Tête . Larynx et _ __ nerveux génital inferieur Oreilles Aorte Nez . _ Système Fourme . Rein et et Bras sanguin Thymus annexes Gan Système 8“°"5 Bouche . [vmphàti VCl‘lll‘C l'm hat1Rcç[um ' ) P ques et Jambe 5 que et corps annexes l thyroïde PAPUS.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE (ASTROLOGHD Traité E°Astralagie géméthliaque A tous ceux qui, répu diant tout esprit d'Ecole, savent rester assez indépen— dants pour examiner la vé— rité, de quelque part qu’elle vienne. PRÉFACE , Le terme astrologie sert d’étiquette commune à plusieurs systèmes de divination_entièrement distincts, La diHérence découle de la diversité des éléments qui entrent‘dans l’érection, et partantdans l’interprétation de l’Horoscope. On peut ainsi établir deux grandes classes; dans la première ces éléments sont fournis par la sphère céleste réelle etles corps réels des planètes et des étoiles, dans la seconde presque exclusivement -— seules la position du soleil dans le Zodiaque, qui sert de base à l’orientation de l’horoscope, et les phases lunaires y
ñ È ÿ_-v‘—,—‘_u—,__N_... _ I “ 7 . h"k TAITÉ D’ASTROLOGIE GÉNÉTHLIAQUE 205 sont prises en considération — par une combinaison de lettres et de nombres avec un symbolisme planétaire e sidéral. V Ici nous laisserons cette dernière classe, qui com— prend les systèmes astro-Onomantiques et kabbalisti ques, complètement de côté. La première classe peut se subdiviser en deux sys tèmes: l’astrologie judiciaire et l’astrologie horaire.
L’astrologie judiciaire traite des nativités d’indi— vidus ou de collectivités ; celle horaire s’emploie pour prédire, à un moment déterminé de la vie, l’issue d’une entreprise ou la nature et les circonstances d’un événement. Nous nous proposons de ne traiter ici que de la science des nativités d’individus, dite Astrologie géné thliaque.
INTRODUCTION Si, trompant peut-être l’attente du lecteur, nous ne plaçons pas en tête de notre oùvrage la justification du fondement de l’Astrologie, c’est que théorique ment l’influence astrale ne peut se démontrer que par les enseignements de la science occulte (I). Or leur exposé sortirait du plan que nous avons choisi.
D’ailleurs le lecteur initié les connaît déjà; et, pour celui qui ne l’est pas, cet exposé ne servirait à rien, puisqu’il n’en comprendrait pas les raisons ou ne les ‘L -A (I) Voir le très remarquable article sur I’Astrologie, écrit par Charles Barlet dans le Lotus, numéro I7, août I888.
206 L’lNl1‘IATION ..-‘— .- . admettrait pas, la science officielle ne les ayant pas encore reconnues. Pratiquement, l’astrologie se justifie par les résul— tats, pourvu qu’on la pratique correctement et selon ses vrais principes, qui sont des principes naturels. Là se trouve cependant le véritable écueil.
Combien de fois la science ,n’a-t-elle pas été mise en échec et expo sée ainsi aux attaques et au mépris par une pratique superficielle ou par le charlatanisme (1)? Cependant les erreurs ou l’incapacité d’un prétendu savant ne prouvent pas l’inanité de la science même qu’il croit posséder. Parce qu’un médecin se tromperait dans un dia gnostic, nierait-on pour cela toute la médecine ?
Si cependant on voulait seulement faire admettre la possibilité d’une influence astrale, on aurait des raisons connues et acceptées, en nombre et de force suffisants. La gravitation universelle par exemple, indiquée d’ailleurs par une certaine analogie, pourrait servir de point de départ pour cette démonstration.
La gravitation universelle est—elle démontrée ? (1) Morin de Villefranche exp05e, p. 1v, Praefatio de son Astrologia gallica, les raisons pour lesquelles l’astrologie rencontre si peu de croyance. Les voici : « Prima : quod hujus doctrinæ nulla fuer1nt hactenus tradita principia vel fundamenta manifesta aut genuina.
Secunda :quod astrologi celebriores, compu151 .re_ddere rationem suarum regularum, sententiarum tet præd1ct10nüm, nihil respondent quod viris doctis satisfaciat; sed hos pro ratione suprema fere semper relegant ad suas. et veterum ex erientias, non minus quam ipsæ regulæ dub1aS. fl‘e_rt1a :quo ipsi etiam famosiores astro— logi . in suis prædict1on1bus sæpe fallant homines, vcl -’i‘allan tur lpsimet.
Quarta : _ uod mamma pars eorum qui Astrolo giam profitentur_vel 51 1 astrologi nomen arrogant, sit gens vilis et prorsus ignara non solum ipsius Astrologiæ, sed Phi losophiæ omnisque libèmhs disciplinæ, »
TRAITÉ D’ASTROLOGIE GÉNÉTHLIAQUE 207 . i"__" L’astronomie l’admet et la réclame comme base de tout système planétaire. L’observation des phéno mènes célestes n’a, jusqu’ici, révélé rien qui soit con traire à l’admission de cette théorie.
Mais cela prouve— t-il que, dans les phénomènes attribués àla gravitation universelle, cette puissance soit la seule en action, et ‘ qu’il n’y ait aucune autre force en jeu qui concoure à leur production ? — Et que sait—on jusqu’ici des lois et des agents de production et de transmission de la gravitation, du pourquoi et du comment de son action ? Rien, ou à peu près rien.
Cependant on ne la nie pas ; parce que l’observation prouve constam mentla possibilité de son existence (r). SELVA. (A suivre.) ‘ (1) Ch. Delaunay, Cours d’Astronomie, 7e édition, . 563. «... les choses se passent comme si le soleil attirait les p anètes, parce qu’il nous est impossible d‘arriver à une connaissance complète de la nature intime de la force à laquelle chaque planète est soumise.
Cette force ne se manifeste à nous que par les effets qui résultent de son action sur la planète, et tout ce que nous pouvons conclure de l’examen, attentif de ces effets, c’est la connaissance de la grandeur et de la direction de la force à chaque instant.
Nous ne pouvons en aucune manière décider si le soleil attire réellement les planètes, ou bien si la tendance des planètes à se rapprocher du soleil est due à une cause toute différente de ce que nous entendons par une attraction émanant de cet astre. Newton, en parlant de l’attraction,s’exprimait ainsi : « quam ego attractionezn appello. »
(HERMÉTISME) L’Art et la trame-Maçonnerie Morœau d’architecture présenté aux CHEVALIERS de la ROSE, CROIX du chapitre l’ÉTOILE POLAIRE, uallée de Paris, dans la tenue du 13 novembre 1891, par le F.'. BERTRAND aîné, membre actif de la R.'. L.'. la Renaissance (Si: I=:=) INSTRUCTION SYMBOLIQUE T.'. S.'. T.'. T.°. C.'. C.'. F.'. F.'.
Parmi les obligations nouvelles du frère que vous admettez à l’honneur de partager les travaux de votre atelier, vous exigez, en cOndition première, la pro duction d’un morceau d’architecture; rappelant ainsi l’un des termes les plus élevés de notre constitu tion d'ordre du GRAND ORIENT, celui qui considère le travail comme un devoir essentiel de l’homme, et qui constitue la préoccupation constante de notre existence franc-maçonnique.
L’ART ET LA FRANC-MAÇONNERIE 209 | - -‘M'i"="f"" '1‘". î.”7.‘I-‘."\"-\ 'F'":- I t" . ”i Le travail est donc une obligation, et ce n’est pas \ sans émoi que les humbles se présentent a votre examen. Cependant, en songeant à votre bien veillance fraternelle, l’émotion se tempère, la crainte disparaît et la confiance renaît bientôt.
Votre exquise mansuétude sait pardonner les dé fauts de la forme, et les matériaux les plus grossiers se modifient rapidement lorsqu’ils sont mis en œuvre par les mains habiles appartenant aux hommes expé rimentés et sagaces composant l’ensemble des Ateliers Capitulaires de perfectionnement.
J’ai la conviction que votre généreuse et frater nelle indulgence ne me sera point refusée; aussi j’ose vous soumettre les quelques considérations suivantes sur l’ART et la FRANC—MAÇONNERIE. Et tout d’abord existe—t-il une relation entre l’A rt et la Franc-Maçonnerz’e P Il nous parait facile de répondre à cette question : 1° En définissant l’Art; 2° En déterminant le but de la Franc—Maçonnerie.
L’Ar.t est-il seulement, ainsi que l’énoncent les lexiques, l’ensemble des connaissances nécessaires pour exécuter un ouvrage selon certaines règles ? Nous ne le pensons pas et nous croyons cette explication insuffisante.
L’Art est surtout un travail de l’esprit éveillant des impressions sensationnelles et traduisant par des images les attraits ou les répulsions que nous éprou— vons. - Ses manifestations se révèlent et s’affirment par divers moyens, mais le procédé n’est qu’accessqiflrg;
2 10 L’INITIATION car aussi bien, la Poésie, la Musique, la Peinture, la Sculpture, etc., ne sont que les formes de matériali sations distinctes du fonds commun des évolutions intellectuelles; et c’est l’ensemble bien coordonné de toutes les lois harmoniques qui permet à l’homme de transcrire le concept idéal formant l’expression ultime de l’Art.
Nous trouvons chez un philosophe contemporain, un des nôtres (i), la définition de l’Art qui exprime, mieux que nous ne saurions le faire, le caractère que l’on doit attribuer aux spéculations méthodiques de l’objectivité artistique. « Pensez, dit—il, à ces myriades de spectacles que la‘surface vivante de la terre engendre à chaque instant. « Que de vie, que de beauté, sans cesse renaissante, dans le moindre horizon !
« L’Art est virtuellement dans toute la nature ; la plante et l’animal ne sont pas les seuls êtres qui le contiennent dans leurs harmonies et leurs propor tiens.
« Quand les nuages promènent leurs formes mou— vantes autour d’une montagne en plongeant, en se courbant entre ses cimes; qu’on suit l’ombre et la lumière illuminant ou obscurcissant ses vallées; qu’on entend l’eau sourdre de ses flancs, que de beauté dans cette portion de la nature promenant autour du mont immobile son éternelle mobilité ! « Et quand l’homme était encore absent de la terre, (1) Pierre Leroux.
L’ART ET LA FRANC-MAÇONNERIE 211 -_..-PÏ-,.- quand son œil n’était point là pour jouir de ces déco rations , qu’importe I elles se réfléchissaient dans l’œil des animaux qui la peuplaient, et qui, en harmonie eux—mêmes avec les lois générales, goûtaient de cette beauté du monde les rayons qu’ils pouvaient en saisir et qui les animaient,-— comme encore aujourd’hui -—, sans qu’il en eussent conscience, comme l’air qu’ils respirent, la lumière qui les éclaire, la chaleur qui les échaufie, l’orage qui les effraye.
« Et, quand il n’y aurait eu ni hommes,ni animaux sur la Terre, sa beauté n’en aurait pas moins con— tenu toujours virtuellement l’Art qui devait s’affir mer lorsque, par la loi sérielle du progrès et la marche continue de l’œuvre de la nature, l’homme apparaî trait à sa surface. » Tirer de la vue des forêts et des montagnes une « inspiration créatrice; donner a l’habitation où les ' hommes se réunissent quelque chose des imposantes montagnes; élever des Temples s’harmonisent avec nos grands végétaux, comme les Temples de la Grèce s’harmonisaient avec les lentisques et les orangers, — Voilà l’Art I .
La forêt et la montagne sont des monuments de la nature : le temple, inspiré par elle, est un monument des hommes ; c’est ainsi que le monde tout entier, en y comprenant l’Art qui en fait partie au même titre que les monuments naturels auxquels il s’ajoute, devient un grand Tout symbolique. Le Symbole I mais nous touchons au principe même de l’Art. et la corrélation avec notre institution maçon nique s’établit de suite.
2 I 2 L’INITIATION Quand nous avons besoin de communiquer avec les autres hommes, de leur dépeindre nos diverSes sensations ou de leur retracer les phénomènes dont chaque jour nous sommes témoins, nous nous ser vons, à notre époque et suivant nos coutumes, de signes graphiqùes ou conventionnels ; mais ces carac— tères idéographiques ne sont compris qu’autant qu’ils s’adressent à ceux qui parlent le même langage et pratiquent les mêmes conventions que nous.
La tradition conservée dans nos temples nous ap prend que le culte antique était représentatif. Des types visibles et matériels y figuraient les choses in— visibles ou spirituelles. Il existait diverses méthodes, et les hiérogrammates anciens possédaient différents procédés pour commu niquer les enseignements initiatiques. Les symboles avaient trois sens différents selon la classe de la société à laquelle ils s’adressaient.
Premièrement: Les symboles étaient e’pistolo graphiques ou démotz’ques, et leurs signes conven tionnels servaient aux relations les plus ordinaires ; deuxièmement : ils étaient hiéroglyphiques ou lapi— daires, et se traçaient sur les monuments en représen tant les choses soit dans leur figuration naturelle, soit par imitation des sons et des paroles;enfin troi sièmement : ils avaient le caractère hiératique et étaient exclusivement réservés aux prêtres pour la com position des ouvrages sacrés.
Cette division s’est conservée intacte parmi nous, elle s’est perpétuée à travers les âges et subsiste encore dans nos Ateliers francs—maçonniques dont les sym—
L’ART ET LA FRANC—MAÇONNERIE 213 boles différents suivent une progression hiérarchique jusqu'au 33° degré, empruntant leur numération mystique au SEPHER JESIRAH (i), l’un des deux livres classiques de la Kabbale se rapportant à la division Beresc/ziz‘ hébraïque ou puissance d’être. Notre Institution estl’image analogique des divisions du monde terrestre.
En effet les Ateliers ou Loges bleues symbolisent le monde matériel que dominent les intuitions instinctives. C’est le règne mme’ral, c’est là que se travaille la pierre brute, et c’eSt là que sont renfermés les éléments rudimentaires constitutifs des autres règnes de la nature.
Ensuite, les Ateliers capitulaires ou Chevaliers de la Rose—Croix correspondant au deuxième règne, le végétal, dans lequel la plante croît et procède à la pre mière sublimation des sucs nourriciers puisés au sein de la matière ou du monde minéral; c’est aussi dans les Ateliers capitulaires qu’exist,e le monde de la sen sation ou du sentiment.
U) Sepher Jesirah, livre kabbalistique de la création, l‘en ferme les trente-deuxvmes de la sagesse, non compris l'inefl‘a blé, c’est-à-dire le Nomme, le NOMBRANT et le Nommé ou I’Ecm TURE, les Nomnans, la PAROLE.
Contenus dans les dix Sephiroth hormis l’ineffable et les Vingt-deux lettres de l’alphabet hé braïque. _ ’ _ Le 5 lettres sont constituées par trms mères. sept doubles et douze sim les, —— ce que symbolisent les batteries des Loges mères, cell)es des chapitres de Roæ-Croix, ensuite les batteries des grades supérieurs de la Franc—Maçonnerie : Les dix sep iroth, hormis lineflable, sont constituées par les dix chifi‘res de la numération, par les doigts des mains, cinq contre cinq et au milieu d’elles l’alliance de l'Unité.
Cest ainsi qu’au suprême Conseil et grand Collè e des Rites sont les trente deux voies de la sagesse et l'ineffa le Su prême Grand Commandeur. L‘ensemble fixe la vérité, confirme la raison et détermine les progrès de l’intelligence des humains.
2 14 L’iNITIATION Enfin la troisième division, comprenant les Ateliers ou Conseils philosophiques des Chevaliers Kadosch ou règne animal, le plus élevé des trois mondes, celui que la raison gouverne, c’est le monde du Juge ment, ou la coordination des effets résultant de l’action des forces de la nature pour les progrès civilisateurs. C’est aussi l’enseignement de la constitution analo gique de l’homme ou microcosme.
Trois sections physiologiques concourent à la for mation de l’homme : 1° Un élément inflrieur, agrégat de cellules maté rielles dont l’ensemble détermine la forme humaine, le ventre, est le réceptacle‘de la matière contenant les éléments de la conservation de la forme; ' 2° Un élément intermédiaire, la poitrine,renfermant le cœur, ou organe des sentiments instinctifs; 3° Un élément supérieur, la tête dans laquelle est enfermé le cerveau, domaine de la raison.
Le ventre, la poitrine et la tête forment le ternaire matériel. La sensation, le sentiment, la raison for— ment le ternaire spirituel, et les termes qui composent ces deux ternaires agissant et réagissant les uns sur les autres s’éclairent ou s’obscurcissent mutuellement ; c’est la vie de l’homme se perfectionnant ou se dépra— vaut, suivant que l’un ou l’autre des ternaires s’ap proche ou s’éloigne de l’Unité, de l’Harmonie uni verselle.
C’est le combat d’Ormuzd et d’Ahrimane, c’est le bien en lutte contre le mal, c’est la bataille de la vie contre la mort. Il ne m’appartient pas, pour le moment , de
L’ART ET LA FRANC—MAÇONNERIE 2I5 m’étendre outre mesure sur ces questions, ni sur le rôle, l’emploi ou le rang des Ateliers de la Franc Maçonnerie; pourtant, je crois devoir rappeler inci demment les symboles placés dans nos Loges bleues : Deux colonnes J et B soutiennent le portique du temple.
Celle du NORD (I), placée à droite au rite français, symbolise le froid, la nuit, les ténèbres, la femme, la lune, la passivité attendant la fécondante semence de la colonne du MIDI Où règnent la chaleur, le jour, la lumière, l’homme, le soleil, l’activité, facteurs et puissance de la fertilité.
Au milieu, l’ORIENT Où, dans le triangle lumineux, se trouve tracé le signe mystérieux, dont le Sens caché est seul connu des initiés, c’est le point équili brant les forces antagoniques. Ainsi le triangle formé par la Lune, le Soleil et la lettre mystérieuse est un premier symbole. La ligne horizontale représente l’eau, son courant, son étendue, la passivité du radical humide attendant le germe fertilisateur.
La ligne verticale représente l’activité, l’énergie, la chaleur, la puissance solaire, le phallus. Quant à la ligne oblique, qui participe des deux autres en les reliant, c’est l’équilibre, l’enfant, le neutre, résultat de la conjonction des forces en opposition.
C’est encore par symbole que les temples maçon niques sont éclairés des trois lumières astrales, la Lune, le Soleil et l’É toile géométrique, et des trois lu (I) C'est au nord ténébreux que voyagent les apprentis, où les candidats subissent l’épreuve de l’eau, et c’est au nord qu‘étaient les puits des iscines lustrales des anciens, et les fonts baptismaux des chr tiens.
216 L’INITIATION . mières vitales, le Vénérable et les deux Surveillants, car il est dit : La Loge est régulière lorsque trois la gouvernent, cinq l’éclairent; sept la rendront juste et parfaite.
La réunion des trois points forme le triangle, la première et la plus simple des figures géométriques de surface; comme aussi la Loge au triangle équila téral où règnent la Force, la Sagesse et la Beauté; le Soleil, le Vénérable et la Lune forment le premier groupe franc-maçonnique; c’est la première agré— gation humaine, la famille (le père, la mère et l’en fant) ; c’est le premier accord harmonique des lois musicales (do, mi, sol) ; les trois couleurs primitives (bleu, rouge, jaune).
C’est la trinité de toutes les croyances cultuelles : indoues avec Brahma, Chrz’sz‘na, Wishnou; égyp— tiennes avec Osz‘rz’s, Isz’s, Horus; du Nord et de la Germanie avec le Feu, le Soleil, la Lune; les croyances chrétiennes, le Père, le Fils, l’Esprit, etc. Sans multiplier davantage les citations, et sans re— chercher la division ternaire philosophique, ni le système trz’nôme, la trinitéplatonicienne, la doctrine alexandrine des trois hypostases, et tout en restant dans les traditions franc—maçonniques, il est surabon— damment démontré que notre institution possède, de nos jours, le caractère le plus essentiellement symbo lique; or, nous avons précédemment établi que l’Art ne procédait que par symboles. \ Cette démonstration suffit pour indiquer que c’est au sein de nos Ateliers que se sont conservéesles plus pures formules des perfectionnements artistiques -..‘ _‘ '=.ü'-.î 1 ___...u..._.
L’ART ET LA FRANC-MAÇONNERIE 217 adéquats à l’évolution intellectuelle de l’humanité. La Règle, l’Équerre et le Compas en sont les matéria lisations.
D’ailleurs, à la base de nos Initiations, la légende d’Hiram, interprétée dans le sens rigoureux de la lettre, nous donne de précieux enseignements à ce sujet; n’était-il pas le plus savant architecte P Cette légende indique l’antiquité de notre origine, et la Franc-Maçonnerie contemporaine, devenue phi losophique au xvm° siècle par suite de l’évolution des frères-maçons constructeurs, conserve néanmoins dans le mystère de ses Temples, le secret des traditions des artistes de l’lnde, de l’Égypte, de la Grèce, de Rome, car les colonnes vivantes de nos Ateliers sont encore ornées de toutes les grandes valeurs artis tiques, littéraires et savantes, qui, avec la plus noble émulation, se disputent à l’envi la tâche glorieuse de vulgariser, au milieu de nos frères, les connais sances multiples et approfondies qui ont placé ces sa vants à la tête de tous les progrès.
Et, de même que notre vie de nutrition corporelle ' se développe et s‘entretient en s’assimilant les parties matérielles du monde extérieur, de même notre vie intellectuelle se développe et s’entretient en s’assimi— lant les fruits savoureux que nos Maîtres et Frères répandent si généreusement parmi nous.
La vie matérielle nous est assurée par la nature, mais se trouve limitée par la mort; la vie intellec« tuelle, communiquée aux hommes, devient par cela même éternelle et n’a de limite que la fin de l’Hu— manité. ’
2 I 8 L'INITIATION Afin de résumer nos réflexions, nous ferons un nouvel emprunt à la philosophie, et nous dirons avec elle : que pour faire connaître ses meilleurs et plus intimes sentiments, l’homme se servira des images capables de donner par elles-mêmes les sensations, les sentiments et jusqu’aux jugements qu’il veut exprimer.
Et le meilleur mode d’expression est symbolisé par la poésie ; car la poésie est l’aile mystérieuse qui plane à volonté dans le monde entier; dans cette sphère infinie dont une partie est couleurs, un autre .sens, un autre mouvement, un autre jugement, etc... ; mais qui, toutes, vibrent en même temps suivant cer taines lois; en sorte qu’une vibration dans une région se communique à une autre région.
Le privilège de l’Art est de sentir et d’exprimer ces communications et ces rapports profondément cachés dans l’UNITE MÊME DE LA VIE : car, de toutes ces vibra tions harmoniques des diverses régions de l’Etre, il résulte un accord, et cet accord c’est la vie!
L’ultime expression de cet accord c’est l’Art, c’est le Symbole; et la forme de l’expression c’est le rythme, _ qui participe lui-même du symbole, Voilà pourquoi l’Art est l’expression de la vie, le retentissement de la vie, la vie elle—même !
La poésie, qui prend pour instrument la parole, et qui rend par des mo‘ts le symbole et le rythme, est un accord comme la musique, comme la peinture, comme tout les autres arts ; en sorte que le principe fondamental de tout art est le même, et que tous les arts se confondent dans l’Art, toutes les poésies dans la Poésie.
L’ART ET LA FRANC-MAÇONNERIE 219 Et c’est parce que tous les arts se confondent dans l'unité harmonique que la Franc—Maçonnerie en est la personnification , comme elle personnifie l’unité de doctrine, l’unité d’action ; car elle a pOur Objet la recherche de la VÉRITÉ, l’étude de la MORALE et la pra tique de la SOLIDARITÉ. Elle travaille à l’amélioration matérielle et morale, au perfectionnement intellectuel et social de l’huma ' nité.
Chacun des Francs-Maçons doit posséder une par celle du FEU SACRÉ que les chevaliers de la Rose-Croix symbolisent par la tétrade mystérieuse I.N.R.I., dont l’interprétation symbolique est révélée par l’Initiation, et que nous traduirons par cet aphorisme : Igne Na tura Renouatur Integra. L.—A. BERTRAND aîné. S:;. le, Chev. de la Rose—Croix eI;, membre actif de la I..-. La Renaissance. Vallée de Paris, novembre 189l,
220 L’INITIATION ' "’””% ennmrsma @aam©ua Madon, le 20 Novembre 1891. MONSIEUR LE DIRECTEUR, Permettez-moi de vous citer deux faits remarqua bles de Magnétisme et de Télépathie qui, je l’espère, intéresseront les nombreux et intelligents lecteurs de l’Inz'tz‘az‘z‘on. J’ai extrait et traduit le premier qui a pour héros le fameux Karl Hansen, magnétiseur da— nois, de Lux, journal italien de Rome très apprécié en Italie et hors de l’ltalie.
J’ai emprunté l’autre au journal anglais Lïght également très répandu, et je vous en donne une,traduction de l'anglais. La science officielle n’a jamais été tendre pour le magnétisme animal, elle lui a toujours refusé impi toyablement le droit de cité, elle le consigne à sa porte, tandis qu’elle réserve tous ses sourires pour l’hypnotisme, qui n’est pourtant qu’un simple rejeton du magnétisme.
Cela n’empêche pas le magnétisme de faire son chemin et de produire, quand il est pratiqué par des mains habiles, des effets merveilleux qui sont du domaine de la véritable magie et nous ramènent vers ces fameux thaumaturges et magiciens de l’antiquité dont les noms retentissent éternelle ment dans l’histoire. Le fait que je vais vous racon ter prouve que M. le docteur Karl Hansen ne le
OCCULTISME PRATIQUE 22 I cède en rien à ces hommes extraordinaires qui ont laissé une gloire intacte et impérissable. Le docteur Hansen, originaire de Copenhague, se trouvant à Berlin, magnétisait souvent un joaillier nommé M. Un jour il fut invité à dîner par le dit M. E..,;outre les membres de la famille, il se rencontra avec deux autres invités.
Pendant qu’on était à table, un client de M. entra dans la bou— tique séparée de la salle à manger par une porte. M. se leva de table pour servir le client, il ou vrit la porte et la referma sur lui. En ce moment un des deux invités demanda à M. Hansen si son pou voir magnétique pouvait exercer son influence sur une personne se trouvant dans une autre chambre.
M. Hansen répondit qu’il avait obtenu de semblables effets bien qu’assez rarement, il s’offrit cependant à en tenter l’épreuve sur M. E..., et il pria les person nes présentes de vouloir bien lui dire ce quelles voulaient qu’il commandât à M. de faire. Il fut décidé par les convives que M. choisirait trois de ses plus riches bagues et les remettrait à M. Han sen.
A l’instant le docteur Hansen concentra toutes ses pensées et sa volonté sur ses trois objets. Les convives prêtaient une oreille attentive et observaient derrière la porte, curieux de voir'ce qui allait ré sulter. Le client ayant quitté la boutique, M. E..., au lieu de rentrer dans la salle à manger allait de côté et d’autre, tantôt levant, {tantôt fermant différentes vitrines. Enfin il se dirigea d’un pas lent vers la porte, l’ouvrit et au grand étonnement de toutes les
."*-' \H\I|. . . 2 2 2 L’INITIATION personnes présentes, il mit dans la main de M. Hau— sen trois magnifiques jbagues ornées de brillants.
M. agissait tout à faitinconsciemment comme les sujets magnétisés par M. Hansen qui croquaient des patates croyant croquer des pommes; à peine le docteur Hansen eut soufflé sur la figure du joaillier et lui eut commandé de se réveiller qu’il revint à lui sans conserver le moindre souvenir de ce qui lui était arrivé. (Extrait d’un article du docteur Giovanni Ur bannetti inséré dans le numéro d’octobre de Lux.) Je passe maintenant au cas de télépathie intitulé -: Un Double (Lz'glzt du I7 octobre).
M. G. Damiani nous écrit de Naples, 31 juillet 1875. « Grâce à notre médium, M“‘° la baronne Cerra «. pica, l’esprit incarné d’un de nos amis, le docteur ' Nehrer actuellement résidant en Hongrie, son pays natal, s’est manifestéà nous. Il est impossible d’ob— complet; geste, voix, prononciation, rien n’y manquait. Nous ne pouvions nous empêcher de « « (< « reconnaître que nous étions véritablement en pré « sence du docteur Nehrer.
Il nous dit qu’il s’était « endormi sur son canapé après le travail du jour, et « il nous révéla plusieurs particularités d’une nature « privée entièrement inconnues des personnes de « notre cercle. Le lendemain j’écrivis au docteur «: pour lui raconter le phénomène et lui détailler tout «. ce que son double avait dit le soir précédent.
Le «, docteur dans sa réponse me déclara que les détails « donnés par son esprit étaient sur tous les points de «la plus stricte exactitude, et il me cita plusieurs « tenir par le moyen d’un médium un succès plus «
OCCU LTISTE PRATIQUE 2 2 3 «v" .n « faits semblables recueillis par lui dans plusieurs « livres imprimés et manuscrits dans le cours de ses « études spiritualistes. Ces faits me paraissant avoir « quelque intérêt, je vous les communique. » Vous remarquerez, Monsieur le directeur, que les deux cas vraiment renversants que je vous transmets sont relatés sans la moindre emphase, on pourrait même dire, tant ils sont dépouillés de tout ornement, qu’ils sont racontés comme en revenant de Pontoz‘se, ce qui leur donne un caractère tout particulier de sincérité et de véracité. Recevez, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments les plus dévoués. HORACE PELLETIER. %Ë*"
Basile Valeniin LÉGENDE DU xve SIÈCLE C’est le jour du sabbat. La nuit parait tranquille, mais cependant, obser— vez bien, des milliers de feux follets surgissent dans le cimetière du vieux couvent. Des lueurs étranges et fugitives sillonnent de temps à autre l’obscurité. La lune est bien pâle; sa clarté est bien blafarde. Des masses noires fendent les cieux, rapides. Sont-ce des nuages balayés par l’ouragan ? Est-ce le vent qui pousse ces cris douloureux, ou bien quelque goule hurlant à la mort? Des feux follets surgissent dans le cimetière du vieux couvent. Quel est ce bruit sourd qui ébranle la plaine ? On dirait une troupe de cavaliers lancés au galop. Le bruit se rapproche : c’est maintenant le fracas du ton
BASILE VALENTIN 2 2 5 nerre; la terre tremble. Signez-vous ! C’est la troupe des invisibles qui passe... Plus rien! Penchez-vous vers la terre et oyez. Ne dirait—on pas que notre vieille mère est en travail d’enfante ment? On entend grouiller dans les cavernes souter raines le peuple des gnomes et des kobolds. L’empire ténébreux s’est ému.
A la lueur des feux follets qui errent lentement parmi les tombes du vieux couvent, grimace un lutin malfaisant. Sur le bord de l’étang,les crapauds hululent lamen tablement. L’onde est agitée par des forces inconnues.‘ Est-ce un léger brouillard qui flotte sur ces eaux, ou sont—ce les ondines qui lissent leur blonde chevelure? Mortels! passez sans regarder en arrière! La sirène attire et l’étang est bien noir.
Plus d’un imprudent gît dans ses profondeurs, en proie aux larves innomables. Des herbes mauvaises, qui ne vivent qu’une nuit, s’élèvent de la vase. Le voyageur attardé sent leurs âcres parfums lui suggérer des idées de crime. Tout conspire au mal. C’est la nuit du sabbat. Les feux ' follets vaguent à travers les tombes du cimetière du vieux couvent. ' _ Le cloître dort.
Dans la chapelle, la lampe sacrée, brûlant devant l’autel du Seigneur, met quelques ors pâles aux vitraux des ogives. Les moines reposent paisiblement : leur ange gardien les veille. Seul, Basile Valentin est debout. Il cherche à tâtons dans sa cellule le manuscrit Où sont les conjurations puissantes qui enchaînent les esprits.
Il prend quelques objets bien étranges pour un serviteur de Dieu, et, poussant la porte qui tourne sans bruit sur ses gonds, 8
.;.Ifnf.._ . . 1' .« 226 L’INITIATION silencieux, s’éloigne lentement. Il descend dans les caves, et, là seulement, il allume une lampe à trois becs. Il appuie sur un angle de la muraille; la paroi s’entrouvre et laisse béant un trou noir dans lequel s’enfonce la spirale d’un escalier. Basile Valentin descend dans la nuit. Enfin, il arrive au carrefour de l’antique souterrain.
Il pose sa lampe à terre, trace avec l’épée magique un double cercle autour de lui, et s’enferme lui-même dans un triangle qu’il éclaire de trois cierges noirs. Il embrase les parfums et, manuscrit en main, il pro— - nonce les évocations de Schlomoh, fils de David. L’esprit ne parait pas. Alors, impavide, il prononce la grande conjuration l’appel qui ne reste jamais sans réponse: « Adonaï, ' Adon_aï, Saday. Tetragrammaton. Jona—Saal.
Adonaï, Adonaï. Sabaoth. Jeve... » La terre tremble. Les échos de l’antique souterrain mugissent sourdement, et voici qu’une vapeur lumineuse apparaît. Peu à peu elle prend forme: I'Esprit I — Que me veux—tu ? dit-il. — Qui es—tu ? -— Je suis l’esprit de Mercure. —- Quels sont tues pOuvoirs? — J’ai la science des métaux. Je sais par quelles transformations se forment les corps dans le sein de la terre.
Je sais les mystérieuses chaînes qui unissent tout dans le macrocosme, et je règne sur la planète Mercure. — Dis moi: la pierre des philosophes, quelle est— elle.
BASILE VALENTIN 2 27 —— Tu me demandes là un trop grand secret. Faible mortel! tu n’es pas digne! . —— Esprit ! réponds, ou je vais te tourmenter par les paroles sacrées. Tu dois obéir aux mages. Réponds! — La pierre est une. Le vaisseau est un. Unique est le feu; unique est la matière. Solve, coagula. J’ai dit. — Mais quelle est la matière i’ —— Elle est commune au grand et au petit monde. Le volatil est en toi. Le fixe, la terre te le fournira.
Fixe le volatil, et volatilise le fixe. Joins le mâle à la femelle et il naîtra un enfant, l’espoir des philo sophes. -— Quels sont les signes ? —— Ses pieds sont noirs; son corps est blanc; sa tête est rouge. L’enfant des Philosophes vit dans le feu. Commence par les pieds ; finis par la tête; mais garde-toi de trop chauffer, garde-toi de brûler ses ailes. Le feu doit nourrir et non consumer.
C’est du feu subtil, humide et aéré. — Quelles sont les proportions ? — Un et trois. Trois est en un. Trois est en quatre. Quatre et trois, deux les font. J’ai dit. —— Nomme—moi au moins la matière par son nom. — C’est là le grand mystère indicible. Nulle oreille ne peut l’entendre. Réfléchis et tu sauras. —- Esprit, Esprit! Je te somme de m’obéir !
Fau dra-t—il recourir aux menaces P Basile Valentin s’apprête à prononcer les paroles cabalistiques auxquelles rien ne peut résister. Mais soudain l’Es‘prit disparaît. Le coq a chanté: le magi—
2 28 L’lNITIATION cien est sans pouvoir sur les invisibles. Le moine, ramassant lentement les instruments de l’évocation, reprend, pensif, le chemin de sa cellule. Tandis que le couvent s’éveilléaux sons argentins de la cloche qui appelle à matines, il fait soigneusement dispa raître toute trace compromettante...
En la chapelle gothique, tandis que les chants sacrés de ses compagnons s’élèvent vers le Seigneur, plongé dans une pro fonde méditation, Basile Valentin repasse en lui-même les paroles de l’Esprit: « Le volatil est en toi: le fixe, la terre te le fournira... Solve, coa gula ! » SAINT-FARGEAU. Dans le prochain numéro, nous ppblierons la fin de la nouvelle si curieuse de Jules hermine : la ie d'un Mort. Sous peu nous commencerons la publication d’une autre nouvelle inédite du même auteur, titre : L’Envoûteur.
’ ’äæ / BIBLIOGRAPHIE ÊNE PRÉTENWE firmraÈsr L‘Omnithéisme, fractionnement de l‘Infinz‘, Synthèse de l’Étre, par ARTHUR D'ANGLEMONT. Ce gros in-8 de près de 500 pages n’est que le premier _d’une série encore à compléter par cinq autres, mais dont l’ensemble a été résumé par avance il y a deux ans sous le titre de : Dieu et l’Ètre universel (I).
L’Initz'afion n’avait pas jugé utile jusqu’ici d’occu per ses lecteurs de cette vaste entreprise, mais le bruit A croissant que l’on fait autour d’elle dans les revues con sacrées aux choses de l’oCcultisme nous impose le de— voir d’en faire à notre tour l’objet d’une étude sérieuse. Il n‘est pas sans intérêt non plus d’examiner une synthèse générale entreprise ainsi en dehors de la Tra dition séculaire comme de toute philosophie attitrée.
Les critiques qui, à notre connaissance, en ont parlé ne donnent qu’une notion très imparfaite, et même assez peu ressemblante de cette œuvre touffue, (I) I vol. in-I2, en vente à la librairie du_Merveilleux.. On annonce au dernier moment l'appant10n du deux1ème volume de 600 pages In-8.’
230 L’INITIATION parce qu’ils n’en ont fait ressortir que des fragments restreints qui avaient flatté leurs convictions. Il est vrai que l’abondance et l’aridité des détails entassés dans cet ouvrage ne prêtent guère à un autre genre d’appréciation, à moins d’une longue et fatigante étude que tout le monde n’a pas le loisir ni peut-être l’envie de lui consacrer.
Après y avoir sacrifié tout le temps nécessaire on va donner ici une idée de cette œuvre, d’abord en en condensant la théorie, dans sa forme, en esquissant le plan, ensuite dans son essence : une longue suite, presque ininterrompue, de citations textuelles, garantira _la fidélité du compte rendu. \\ C’est dans l’abrégé qu’il faut voir le plan général.
Il comprend deux parties principales : la première, consacrée à la métaphysique, analyse la hiérarchie des principes qui relient Dieu à la dernière des créa tures.
La seconde partie, plutôt pratique, décrit indi— viduellement, dans leur physiologie et leur mode d’existence, la série des créatures ; c’est là surtout que s’aperçoit la synthèse. ’ Le procédé d’exposition consiste à présenter tout d’abord au lecteur un tableau synoptique de l’analyse dans son ensemble; chaque détail en est repris en suite en un chapitre spécial.
L’ouvrage se réduit ainsi àune énorme nomenclature qui ne laisse pas que d’être très fatigante faute d’offrir d’autre point de repaire que le tableau général (I). A ce premier obs , (I) L’Qmnithéisrgze con; rend ainsi une suite d’environ cent quatre-vm ts chapitres (11 act1ques; et ce n’est que la sxmème partie de louvrage.
UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 231 tacle s’ajoute celui d'une nomenclature toute spéciale, plus d’une fois barbare, ou, qui pis est, composée de mots usuels pris dans une acception complètement différente sinon inverse de l’ordinaire.
Il faut donc faire appel à la bienveillante attention du lecteur désie reux de suivre ce compte rendu nécessairement calqué sur l’original. _ ' L’analyse développée par l’auteur est fondée sur la division ternaire qui, à de très rares exceptions près, se poursuit à travers toutes les nombreuses divisions et subdivisions de son tableau général : nous ne la suivrons que dans les traits principaux.
En premier lieu, dans la partie métaphysique, nous trouvons le ternaire : Dieu infiniversel, l’ensemble des firmaments, et l’en: semble des êtres, ou Être universel. La théodicée, brièvement développée dans l’Omr_ii théisme consiste dans l’analyse‘ de : 1° l’archétype divin (ou forme de Dieu); 2° l’essence divine ; 3° l’omnipotencé divine. ._ Le firmament ne se retrouvera plus que dispersé dans ’ les détails.
L’Ëtre, au contraire, forme le sujet presque exclusif de l'ouvrage. L’étude en est partagée en deux sous titres: l’Étre‘ universel, et la Nature universelle, d’après cette distincc tion que la Nature est la réalité tangible, de ce dont l’Être n’est que le plan d’existence. .
Toutefois, abstrait ou réel, l’Être est dominé par trois sortes de principes : ’ ’ ’ Ceux auxquels il doit son origine, ou principes origi-t nels; ceux auxquels il doit sa constitution, ou prin
232 L’INITIATION cipes constitutionnels, et ceux intermédiaires, ou principes originais-constitutionnels définis par ce caractère assez vague qu’ils « s’adaptent successivement à chacun des trois principes originels sous l'aspect d’une formule caractéristique s’appliquant à chacun d’eux. » Il est indispensable que le lecteur nous accompagne encore dans les subdivisions principales suivantes où nous trouverons des catégories essentielles au système; il est curieux de voir aussi, comme il dévie dès le début, égaré dans la confusion des principes métaphysiques : L’Être universel a trois principes originels : 1° La corporéite'; 2° L’âme; 3° La divite’.
Les principes originels constitutionnels correspondant sont : 1° L’absolu, ou principe quantitatif (correspondant à la corporéité); 2° L’infini, principe qualitatif ( correspondant à l’âme); 3° L’immuable, principe de l’existence (correspondant à la divité).
Les principes constitutionnels sont : 1° Les règnes corporels (minéral, végétal, animal) ,' 2° Les règnes animiques (humain, angélique et archan gélique); 3° Les règnes de’itaires (déitaire-humain, déitaire an gélique, déitaire archangélique). Dans la nature, réalité des plans précédents, les prin— cipes similaires sont, en suivant le même ordre : I. Ceux originels : 1° la substance; 2° la vie; 3° la loi. Il.
Ceux originels-constitutionnels : I° l’atomicite (principe passif); 2° la motilité (principe actif); 3° la ma thématique (principe régulateur).
UNE PRÉ'I‘ENDUE SYNTHÈSE 233 III. Ceux originels: 1° les propriétés de la substance avec subdivisions: humaine, angélique et archangélique, et sous-subdivisions: corporelles, animiques, divitaires; 2° les propriétés de la vie (formation, fonction, évolu tion); 3° les propriétés de la loi (plan, direction, ordon nancement).
Quant à la deuxième partie de l’ouvrage il serait assez inutile et bien fastidieux de la suivre même dans les grandes lignes qui viennent d‘être esquissées; il va suf fire d’indiquer celles de l’Être humain intégral qui sert à peu près de type : il est étudié sous trois aspects cor respondant à sa structure : 1° Comme être corporel; 2° Dans la nature animique et corporelle; 3° C0‘mme être animique.
Les subdivisions de ce dernier sont remarquables; il comprend : la corpore’ité ànimique, l'âme rectrice hu— maine, et la divite' animique. Celles de la nature animique sont : La substance animique et corporelle, La vie animique et corporelle, Les lois animiques et corporelles. Enfin, celles de l’Être corporel sont : Les corporéités corporelles ; Les âmes corporelles; Les divite’s corporelles.
On retrouve donc ici, mais non sans confusion,les dis tinctions de la première partie; d’innombrables subdivi sions s’ajoutent tantôt par l’un, tantôt par l’autre de ces principes primaires ou secondaires. Après l‘être humain, l‘Ange, l’Archange, puis les règnes inférieurs et après eux, les Dieux universels et enfin Dieu infiniversel sont analysés de la même manière dans leur corporéité, dans leur âme, dans leur divité, avec
2 34 L’INITIATION répétition des divisions et subdivisions antérieures. Le volume récemment paru de l’Omnithe’isme, est le développement de la première partie seulement de ce plan général; l’analyse de l’Être.
Pour apercevoir la doctrine de l’auteur, nous ne le suivrons pas dans tous les méan dres de cetimmense dédale; pour les parcourir, il quitte à chaque instant les voies principales, explorant tous les détails accessoires, de sorte que la vue d’ensemble ainsi continuellement perdue ne permet de comprendre la syn thèse que par un effort prodigieux de mémoire et d’at tention.
Nous verrons que l’auteur s’y est souvent, égaré lui-même. - Sortant de ces cadres étroits, nous allons rechercher à travers toutes ses monographies à construire sa synthèse réelle en remontant de l’élément ultimeàl’Êtré suprême tels qu’il nous les représente.
I «in Tout être, de quelque ordre que ce soit, tire son ori gine de trois principes : celui de Corporéite', qui fournit le mécanisme de l‘action ; — celui de l’Ame, « force intel « ligente entièrement étrangère au corps , qui le fait « mouvoir et à laquelle il obéit sous les injonctions de « la volonté, » — celui de la Divite’ « guide nécessaire au « fonctionnement continu de l’existence du ,corps et de « l’âme, sans l’action permanente duquel les lois de la vie _«feraient défaut. » « L’âme est le principe primordial qui fait surgir les « deux autres, la cause pour laquelle la divite’ est des « cendue dans l’Être. » A ces principes abstraits correspondent, dans la réalité .des êtres, ceux de la Substançe, la Vie et la Loi (i). éi)_ Ailleurs, la Pensée est nommée à la place de la Loi, mais tr 3 mademment. >
UNE PRÊTENDUE SYNTHÈSE 235 W.Ë.Ü' v ' -L’auteur indique encore ailleurs, comme « éléments générateurs » de la vie et de la pensée, des fluides vitaux ou psychiques, mais ils ne figurent point parmi les caté gories principales: il en sera reparlé plus loin.
Cependant aucun de ces principes n’est simple ni pri— mordial; reprenons d'abord les derniers : La Substance est « une masse compacte formée par des « particules d’une insondable petitesse, agrégée et obser « vaut entre elles des distances déterminées (r) >, les atomes. De l'atome naît la matière par lemoyen qui sera exposé plus loin.
« Commela substance doit avoir des caractères « différents, les atomes proviennent aussi d’origines spé « ciales devant répondre aux attributions qui leur sont « demandées. » Il yen a donc d’ordres et de classes diverses, savoir principalement : d’animaux, de végétaux et de minéraux, partagés en trois valeurs de qualité matérielle, fluidique—vitale et fluidique-psychique.
La vie tire ses principes de la force, du mouvement et de la vitesse; et < ces trois éléments générateurs de la vie, ces trois éléments générateurs de la vie, « d’où viennent-ils, si ce n’est de l’âme au sein de la— « quelle ils se produisent, qui seule est capable de les ( engendrer ?
En effet « l’âme de tout être possède dans l’organisme « du Moi qui lui est propre, un triple agent de force, de « mouvement, de vitesse, résultant de son action respi « ratoire, manifestation de la vie mimique, qui elle-— ( même provient de la triple source vitale » (2). Cette triple source vitale, c’est : 1° L'infiniment petit (i) Qu’y a-t—il donc entre ces particules ? Grande question fondamentale que l’auteur ne semble même as apercevoir.
Il se contente d’affirmer en deux ou trois en roits que le vide n’existe pas. _ _ 2)On voit ici l’auteur donner comme partie constituante d’un élement réel la Vie, des éléments abstraits, tandis qu’il nous
2 36 L’INITIATION .'-‘."’j}lh La somme des radiations des êtres des différents règnes, ‘ qui engendre les attributs pensants de l’âme ;... êtres rudimentaires, de grandeurs de plus en plus diminu tives se perdant dans les profondeurs sans fond des infiniments petits. » 2° L’infiniment grand :. « Toute âme d’être participe aux vibrations de l’âme totale (laquelle est la somme « des âmes individuelles). » ’ .
3° Le rayonnement diuitaire : « Un rayon divitaire « animant de ses vibrations le moi de toute âme qui « prend naissance... et à mesure qu’elle progresse, lui « ajoutant des rayons nouveaux. » Mais d’où vient ce triple agent de force que possède * l’âme dans l’organisme du moi? Qu’est-ce que ce moi ? Qu’est-ce que l’âme elle-même, donnée tout à l’heure ' pour un principe abstrait?
Il est fort difficile de s’en ' rendre compte à travers les nombreux passages toujours vagues ou confus dans lesquels l’auteur parle de l’âme sans jamais la définir. Voici ce que l’on trouve de plus net. L’âme nous est représentée comme un organe com plexe formé d’éléments atomiques nombreux où cir culent quantité de fluides psychiques (produisant les facultés et les fonctions psychiques).
Le moi est le centre âAAAA A montrera tout à l’heure l’âme, principe abstrait pour lui, com— posée d’éléments concrets. Cette confusion n’est pas la seule : la force, le mouvement, la vitesse ne‘ sont pas de même ordre‘ ils dérivent l‘un de l'autre.
En outre, cette force, principe évi emment su érieur de toute constitution et de toute action de l’Etre, n’est d finie nulle part; elle ne figure ici que comme un principe secondaire; de sorte que la vie elle-même ne se trouve nullement définie.
Enfin qu’on résume cet exposé, VOICI ce que l’on trouve : La force, qui fait la vie, provient de l’âme,-laquelle provient de la vie; exemple pris entre cent autres semblables d une forme de raisonnement dont l’auteur est prodigue; nous la retrouverons jusque dans ses principes fondamentaux.
UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 237 de cet organe, centre destiné à « en rassembler et à en unifier tous les éléments. » Ce moi est triple (interne, ' externe, intermédiaire), ( et constitué dans son ensemble « par d’innombrables rayons fluidiformes, il offre l’image « d’un soleil ».
Le moi interne, « base fondamentale de la person— « nalité intégrale » (et qui paraît ainsi le centre véritable de l’âme), « est formé de la substance matérielle la plus « ténue et la plus perfectionnée » (I).
« Il exprime le germe primordial de l’âme, germe qui « se continue d’une manière indéfinie sous cette forme. » < Ce germe primordial de l’âme est un ordre parti Ce germe primordial de l’âme est un ordre parti « culier d'être, ou pour mieux dire de sous—être, -« endormi dans un milieu inerte, où il séjourne dans *« l’éternelle antériorité » jusqu’à ce qu’un rayon divi taire l’appelle à la vie.
« Ce même germe se compose de « deux éléments fondamentaux, Esprit et Substance; l’un « et l’autre à l’état de germe » (2)... ; cet esprit à l’état de germe , ( l’esprit germinal dans le germe animique, « émane d’un rayonnement divitaire à l’état défius, qui « l’occupe tout entier, pour lui donner la quantité de « vie dont il est susceptible, et les lois particulières qui « le régissent, et fonder tous les rudiments de la pensée « future. » En résumé et autant u’il est ossible de saisir une 9 doctrine quelque peu précise dans cette ontologie tou jours fuyante où l’être et la substance, l’abstrait et le (I) Nous apprenons encore, entre autres détails supplémen taires, qu‘il opère un mouvement rotatorrç sur lui-même ana logue à celui d’un soleil, et qu’tl est muni d’un appareil pul » monaire qui lui est tout spécial. (2) Ain5I voici la substance, élément réel de méme ordre que la vie, qui se trouve en même temps l’un des principes consti— I tutifs de l‘âme, laquelle a la vie pour réalité, et cependant est un organe.
238 L’INITIATION concret, se transforment incessamment l‘un dans l’autre, où chaque être donné comme simple est toujours dé composé, les principes qui apparaissent comme décidé ment primordiaux, sont la Substance et l’Esprit (i) et l’Ame vivante est un atome substantiel uni à l’Esprit.
Quant au dernier des principes réels de l’Être, si c’est la Loi, comme le porte le tableau, ou nous dit< qu’elle «est la forme de toutes les directions que doivent rece. « voir les êtres et les choses, la formule de tout ce qui « existe ou qui peut exister ».
Si c’est la Pensée, comme il est dit ailleurs, on nous la représente comme engendrée par les fluides psychiques, qui sont ( les éléments vibratoires ) provenant des atomes animiques, et qui, en même temps, « trans— mettent la pensée composée 4 par le moi animiques, de toutes les vibrations extérieures. En dernière analyse, cet élément se réduit donc à l’action de l’Esprit, élément actif de l’âme; il n’ajoute rien de primordial.
Ces premières données doivent être complétées par quelques mots sur la matière qui dérive de la substance par groupement de ses atomes : L’auteur en distingue trois ordres principaux selon le 1) Mais qu’est—ce que l’Esprz’t en germe? ’auteur oublie de nous le faire com rendre; il ne résout nulle part, non plus, cette dualité de l’ sprit et de la subs tance.
Il est à remarquer, du.reste, que ce passage est le seul où il soit question de l’Esprzt, que l’on ne peut, par conséquent, comprendre comme un étrefldtfl’érent de celui donné dans cet ouvrage comme l’Etre supreme, sous le nom Singulier de Dieu infiniversel. ' ' Or nous verrons que ce Dteu, qui est défini au début comme l’Ame universelle, est la somme de toutes les âmes indivi duelles.
Comment donc cette somme peut—elle donner nais sance à ces mêmes âmes individuelles ? Qui des deux est né le premier puis u'ils se sont engendrés réciproquement ? et s’ils sont coéterne 5, comment s’engendrent-ils l’un l’autre ?
UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 239 mode d’assemblage, la dimension etla qualité des atomes, non d’après leur nature; ce sont : 1° La matière archangélique, assemblage « d’atomes « très limités dans leur nombre, formant de très petits 4; groupements nommés sphérules; » 2° La matière angélique « assemblage de sphérules « resserrées pour faire une sphère volumineuse par rap « port à la sphérule ; c’est la molécule; ) 3° La matière humaine, ( assemblage de molécules, ( condensées pour former une nouvelle sphère » qui prend le nom de corpuscule.
Il en résulte trois tissus de moins en moins fins et tels que le plus délié peut passer à travers les mailles du suivant; ainsi s’explique la pénétration de la matière par l’âme et le divin.
D’autre part, la nature de l’atome pouvant varier, cha— cun de ces tissus est partagé en trois classes : la miné rale, la végétale, l’animale, de façon à fournir un corps soit matériel, soit animique (avec des courants vitaux), soit divitaire (avec des courants psychiques).
Voici maintenant quels êtres résultent de la combinai son de ces principes et de ces éléments. ’l-’l Il yen a de trois sortes : 1° Les astres, distingués en corporels, animiques (ou des sous—règnes) et déitaires (ou des règnes); 2° Les sous-règnes (minéral, végétal, animal); 3° Les règnes, qui sont, à leur tour, de trois ordres‘: Anthropoïdes (l’homme, l’ange et l’archange, divisés et subdivisés encore par ternaires de distinctions); Déitaires (partagés en déitaires humains, déitaires an— géliques et déitaires archangéliques); .
240 L’INITIATION î. -—rwfir Et Divin unique (terrestre, spirituel ou céleste), puis enfin Dieu infiniversel. Le rôle des astres est de servir.de support, de séjour aux autres ordres d’êtres; ils sont cependant eux-mêmes des êtres non éternels, mais constitués de corps, d’âme et de divinité. ( Ils ont le même nombre de corps que, « celui qui se signale parmi les êtres des différents règnes ( qu’ils supportent.
Chacun de ces corps est un globe « distinct, demeure d’une âme sociale collective particu 4{ lière, et, à cette alliance animique et corporelle dans « l’astre, nous donnons le nomde monde. » Il y a des astres à trois mondes (ceux humains); à deux mondes (ceux angéliques) et à un monde (ceux ar changéliques).
La matière de leur corps est celle qui correspond aux règnes qu’ils portent : matérielle pour les astres corpo tels; animique pour ceux des sous-règnes; déitaire pour ceux des règnes.
Il ne faudrait pas, du reste, borner la notion d’astre aux corps célestes, visibles ou non, semblables,à ceux dont notre astronomie s'occupe; ce ne sont là que les astres déitaires, quant aux deux autres, voici comment il se les faut représenter : ‘ Les astres des sous-règnes portent exclusivement c les « sous-règnes; il y en a donc de minéraux (où manque « le végétal ou l’animal), de végétaux et d’animaux...
« Mais ce qui distingue la valeur de ces astres, ce sont « les régions où ils se trouvent localisés : Ceux d’entre 4t eux les plus haut classés ont pour résidence le cervelet ( animique (i) des âmes firmamentaires appartenant aux ( êtres des différents règnes ). (1) L'auteur expose! que {l’âme a un cor s matériel tout pareil au corps proprement dit; donc un cerve et : d’autre part,
UNE PRÊTENDUE SYNTHÈSE 24.1 i:'—-_I- ....... C’est-à-dire, < dans le cervelet de l'âme humaine... « dans celui de l'âme angélique... jusqu’à celui de l’âme « archangélique ). De là les subdivisions de leur analyse. .
Voici maintenant pour les moindres ordres d’astres : « Les êtres corporels ont aussi leur âme, laquelle pos < sède une somme astrale particulière; de là les astres sède une somme astrale particulière; de là les astres « corporels »; leur matière est du dernier ordre; ils se partagent en trois classes selon qu’ils sont : 1° Dans les règnes :leur place est dans le cervelet cor porel de l’homme, de l‘ange, etc; 2° Dans les sous-règnes: leur résidence est dans le cervelet des animaux et des végétaux; 3° Dans les astres; résidence dans le cervelet corpo rel des astres (i).
Les sous-règnes sont les éléments ( appelés à s’ajou 4.t ter à tous les règnes... auxquels ils apportent un con « cours sans lequel aucun d’eux, mêmele divin, ne pour « rait être constitué ni subsister ».
Et « non seulement ils sont appelés à constituer les < règnes, mais encore les sous-règnes eux-mêmes, puis « les êtres sidéraux ou les asrres, et la substance elle « même, sous toutes les formes qu’elle revêt (z). ) Il y en a donc de trois sortes selon qu’ils sont en con tact avec le règne, les sous-règnes ou les corps.
C’est la somme des âmes faisant une âme firmamentaire, le corps de celle-ci est la somme des corps animiques; c’est dans le cervelet de cette somme (P), ou somme de ces cervelets, qu’est l’astre de sous-règne: Là il est le support des atomes animaux, vé étaux, minéraux propres aux âmes. insi, tous les astres ont pour ré51dence des 4: firmaments ap artenant à des êtres animiques a». i) ou peut résider l’astre corporel del'astre corporel -— celui que l’auteur désigne par le nom d’astre corporel — dans les astres —- dans le cervelet des astres des astres ?? . .(2) Voilà la substance principe primordial, constituée par l'un de ses dérivés les plus éloignés!
242 L’INITIATION sur cette base que l’auteur fonde les divisions d’une clas sification minéralogique, botanique et zoologique toute nouvelle sur laquelle nous ne nous appesantirons pas ( I). Les règnes « représentent le but réel de la création ». « La constitution des êtres est la même dans toutes les classes, mais ils diffèrent par les substances.
« Le corps de l’ange est le deuxième corps de l’être < humain » (ou corps animique fait de matière angélique, de molécule); « son organisme est invulnérable ». L’archange ne possède plus qu’un corps, celui archan gélique, de matière sphérulaire. ‘ Ces trois genres se subdivisent en une foule de classes, de genres, d’espèces, inutiles à faire connaître ici; ils forment une nomenclature bien plus aride qu’intéres saute (2).
Nous sommes déjà bien restreints pour la critique de sujets beaucoup plus importants, ceux de la physiologie et de la psychologie, qu’il va falloir indiquer seulement, tandis qu’ils sont très longuement traités : La vie est répandue par les fluides vitaux, caractérisés (1) Quel nes exemples seulement pour la faire apprécier: Voici la c asse des minéraux liquides : Trois enres: ceux terrestres, les huiles minérales; ceux célestes, es eaux pluviales; ceux mixtes, les eaux terrestres.
Les ‘minéraux solides se distinguent en rocheux, usuels et or aniques. a classe des minéraux gazéiformes : Trois genres : les gaz ac1des, les gaz combustibles et les gaz atmosphériques. _ . .
Les végétaux ont trors embranchements : ligneux, herbacés ou cryptogames. _ . » , Ces erbacés. par exemple, se d1v1sent en tuberculeux, gra- ‘ niformes et pulpeux; on peut se figurer les rapprochements pittoresques qui en résultent! (2‘) On ne regrettera guère par exemple de ne pas connaître l’homme du genre humam-déxtarre. _ Ou bien [au 2 du règne définira—humain, genre déitaire hu'mai‘n«spiritœ , sousgenre déttaure-humam-sprrttueI-comé— taire ; et quantité d’autres semblables v
UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 243 par « une action vibratoire constante ». Leur origine « est au sein du moi de chaque âme, qui, par son action « respiratoire, produit l’impulsion première qui en « gendre le courant. « Les conducteurs de ces courants sont les atomes végétaux. > Ces vibrations fluidiques « sont déterminées de façon « à produire les effets attendus par chaque espèce de ( fluides »; en outre, elles ébranlent chacune une sub stance diflérente.
Il y en a donc d’abord de trois classes principales : humaines, angéliques et archangéliques, et, d’autre part, une série d'espèces correspondant aux divers actes physiologiques: fluides savoureux, odorant, tonique, sexuel, lumineux, etc. La pensée, comme la vie, naît de fluides: elle ne peut « agir que parles fluides spéciaux, lesfluides psychiques, « qui sont ses agents de formation, en même temps que « ses véhicules ». ’ « Ils sont par eux-mêmes les éléments vibratoires pro « venant des êtres sociaux vivant au sein de tous les « astres du firmament, mais quand la pensée a été com « posée par le Moi animique, au moyen de ces fluides, « ce sont eux qui la transmettent extérieurement à « l’âme ».
Il faut remarquer les termes de cette dernière phrase ; elle donne la clef de la psychologie telle que l'entend M. A. d’Anglemont. Une autre citation va la compléter; il s’agit de l’homme : « Les radiations sociales sont envoyées dans les réser < voirs accumulateurs des circonvolutions cérébrales, voirs accumulateurs des circonvolutions cérébrales, < après y avoir subi les opérations nécessaires à leur ( épuration et à leur classement. « C’est alors que la personnalité animique mise en ( communication avec chacun de ces réservoirs est unie
\ 244 L’INITIATION ( à ces derniers par un courant fluidique... dont le point « d’arrivée est dans le domaine fluidique du moi; c’est « le , courant d’assimilation». Il est une seconde forme de courant, c’est Celle de fonction, consistant dans l’exercice du mécanisme de la pensée par le travail du moi surles organes des facultés, car chaque faculté à son organe matériel.
La troisième forme des courants psychiques est celle des courants de répartition ou de retour, « qui se dirigent « vers tous les soleils centraux pour rendre au centre « social de chacun d’eux un apport fluidique qui vient « enrichir de ses effluves fécondantes les sociétés, et « finalement les individus qui les reçoivent. » En d’autres termes, la pensée résulte d’un ensemble de vibrations atomiques générales répandues dans l'es— pace, centralisées et individualisées par chaque être par ticulier, en son moi, lequel exhale aussi bien qu’il inhale (I).
C’est donc un sensualisme parfait qui ne laisse aucune place à la spontanéité ; la pensée n’est qu’un croisement fortuit de millions de vibrations errant en tous sens. L’auteur détaille fort longuement, en son abrégé, cette psychologie, s’étendant sans fin sur les organes des fa cultés, sur la classification des fluides psychiques (2), sur les radiations animiques, et quantité d’autres particula rités où l’attention se fatigue sans profit.
Revenons aux plus grandes lignes de sa théorie. (I) A ce sujet, M. d’Anglemont nous affirme que le cerveau ammique où se passe ce travail est muni d’un ap areil pulmo naire qui lui est tout à fait spécial. (Abrégé, p. ËOI ) (2) Il en donne une classification ternaire de près de cent espèces: on peut remarquer: l’assassinat, la noirceur, le favo ritisme, l’a ection nauséabonde; les fluides gustatif, olfactif, politif, pondératif, rationnel, etc., etc. La volonté traitée ici incidemment « exprime la force vitale animique » ; c’est là sa définition. -'--r.u
UNE PRÉTENDUÈ SYNTHÈSE 245 ._.À1. - , . . . .... ‘, vu.. " ,._flmW. Le but de la vie humaine est surtout le développement , des facultés sensorielles, tandis que l’ange développe celles affectives et l’archange celles intellectuelles. Le travail matériel et intellectuel est la cause commune (1), seulement pour l’ange, les membres sont remplacés par les radiations. .
En dehors de ces occupations personnelles, ils en ont de sociales aussi et de trois sortes, qui sont : 1° Le concours donné au règne immédiatement infé rieur; 2° L'administration intérieure de leur astre propre, 3° Le rayonnement ( générateur des attributs de l’âme « du Grand Être Principal ». Au-dessus des êtres anthropoïdes se trouvent ceux déi— mires distribués encore en vingt-sept classes. Leur or— ganisme est tout incorpore].
« L’âme est alors figurée par « la tête ; le visage est celui de la tête humaine, se termi « nant à la base par la naissance du cou, accompagnée < d’une auréole radiante qui lui tient lieu de corps. ) d’une auréole radiante qui lui tient lieu de corps. ) Leur physiologie, leur psychologie est celle des êtres anthropoïdes.
4 Leurs attributions consistent dans l’application des lois de la vie ou des lois morales, le classement des des tinées des êtres et les radiations externes. Cette hiérarchie, ou pour mieux dire, cette série, est couronnée dans chaque omnivers par un Dieu omniversel.
« qu’il faut voir sous un aspect analogue au règne déi « taire supérieur, mais occupant une seule résidence < astrale ). (l) Les anges de tout ordre ont donc des travaux industriels et artisti ues pareils aux nôtres ; une culture, des habitations: ' des mobiliers, une vie identique à la nôtre, n’en différant que ’ par la substance et l’étendue d’action.
246 L’INITIATION Par son rayonnement, il possède l'ubiquité et l’omni potence dans son omnivers. Ses attributions sont tout analogues à celles des êtres précédents : concours au règne déitaire inférieur; admi— nistration de l’omnivers, et radiations divines par con-— tribution à l’Être suprême.
Ce Dieu est donc un analogue du Moi dans l’âme humaine, centre d’absorption de tous les courants de son omnivers, qu’il redistribue à l’intérieur et à l’extérieur. * 24.10» Nous arrivons ainsi à la partie essentielle, la Théodicée,‘ qui va achever de caractériser l’Omnithe‘isme. Ici aussi se présentent la morale et la métaphysique.
« Dieu infiniversel est l’âme éternelle, l’âme sans « limites, l’âme absolue, le Grand Tout vivant que le « Firmament infiniment multiple représente dans sa ( splendeur. » Tel estle début de l’abrégé; un peu plus loin nous lisons: « Supprimons le principe de l’Être personnel divin intel « ligent, et aussitôt tout s’anéantit. » Dieu nous est donc présenté comme 1’Être absolu, infini, intelligent, personnel, par conséquent extérieur au monde, sa manifestation.
Mais cette notion simple, sinon incontestable, s’obscurcit aussitôt dans une suite de con tradictions; continuons à lire : « Les éléments nécessaires à cette grande existence « sont au nombre de trois : ils se manifestent par l’essence ( divine, l’omnipotence divine et l’archétype divin ) (qui prédomine sur les deux autres et les absorbe en quelque sarte). ’ Ce que notre auteur appelle l’archétype divin est la forme de Dieu « l’ensemble des grands aspects qui des
UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 247 « sinent sa constitution particulière, lui donnent sa ma « nière d’être sans égale. > C’est sous un triple aspect que se présente cet arché type 3 .
1° Dieu Infiniversel,’ c’est-à-dire la totalité de l’espace contenant les êtres qui vivent en lui, la plénitude de la vie, le « Grand Tout de l’espace qui est en même temps « le Grand Tout des êtres, — ou existence intégrale — « totalité de ce qui existe »; 2° Dieu omniversel, <(Pour administrer dans sa pléni tude l’existence intégrale, Dieu suprême régulateur doit se montrer organisé...
Or, un organisme ne peut être que fini, sinon ses organes devraient être infinis comme lui et par suite informes, incapables de toute fonction. » D’autre part « la volonté divine se manifestant comme une faculté motrice devant se transporter sous la forme d’une vibration fluidique de son point de départ à son point d’arrivée, la vitesse de parcours demanderait un temps déterminé. >> AAAàA AA‘AA Donc ni théoriquement ni pratiquement Dieu ne peut être un, il faut qu’il soit multiple et infiniment multiple.
'« Aussi, pour concevoir le mécanisme sidéralinfiniversel « dans sa réalité fonctionnante, faut-il voir sa grande « unité firmamentaire totale fractionnée en firmaments '« partiels infinis en nombre... s’élevant des profondeurs « insaisissables des infiniment petits pour s’épanouir de < plus en plus vers les altitudes de l’infiniment grand. ) plus en plus vers les altitudes de l’infiniment grand. ) « La projection d’un courant vibratoire ne pouvant jamais s’étendre au delà d’une certaine distance pro portionnelle à son intensité, la transmission des cou— rants de la pensée divine, pour atteindre toutes les régions des infinis, n’aura lieu que sous l’action des centres d’activité échelonnés d’une manière continue. ‘A'kAh
248 L’INITIATION « Il faut donc qu’ily ait autant de personnes divines finies «' que de centres dirigeants ». Dieu infiniversel « se com— < pose d’une multiplicité infinie de personnes finies ». Chacune de ces personnes est un Dieu omniversel; 3° La personne divine extérieure.
C’est au Dieu omni— versel qu’elle appartient; voici comment : 4( Si ce Dieu ( était confiné dans son omnivers, il serait incomplet parce qu’il se trouverait isolé du Dieu infiniversel avec lequel il doit communiquer sans cesse ; une organisa « tion externe lui est donc nécessaire...
De là deux êtres « dans le même être : la personne divine interne, qui < est Dieu, et la personne divine externe qui n’est plus est Dieu, et la personne divine externe qui n’est plus « Dieu parce qu’elle ne règne pas sur l’omnivers externe A A « où elle apparaît. ; Voici maintenant comment cette fonction du Dieu omniversel est un élément essentiel du Dieu infiniversel: Un grand nombre d’autres personnes divines externes estindispensable pour subvenir à l’alimentation perma nente des facultés grandioses de la grande âme d’om nivers; car, si cette collectivité suprême faisait défaut, Dieu serait dépourvu dans son âme de ses facultés essentiellement divines ).
' Les dieux omniversels sont donc ( les grands collabo rateurs de Dieu, mais sans avoir l’initiative supérieure « qui ne peut appartenir qu’à lui ». Le second élément de Dieu infiniversel est l’Omni— potence divine; il suffit de dire, pour résumé des quatre pages qui lui sont consacrées, qu’elle se compose : 1° De l’ubiquité divine ; 2° Des principes incréés divins (causes, effets et pro duits) ; 3° Et de l’omniscience divine.
Enfin le troisième élément, on se le rappelle, est l’Es vsence divine, c’est-à-dire les conditions premières d’exis AAAAÂÂ A
UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 249 « tence de l'Être divin » absolument nécessaires pour le « faire subsister en dehors de sa substance ). Ces condi tions se traduisent par : 1° Le Grand Tout divin ; 2° L’Ame infiniverselle; 3° Le firmament intégral, également infiniversel (1).
1° Le Grand Tout divin : c la conception de la pléni « rude de l’Etre dans le Grand Tout indique que Dieu, « par son infinité, occupant et remplissant ce Grand « Tout ne peut être formé autrement que par cette tota— « lité intégrale des êtres qui sont en lui, autant de frac < tions intégrantes de lui-même. Que l’on fasse par la tions intégrantes de lui-même.
Que l’on fasse par la « pensée la soustraction de tous ces êtres, que trou « vera—t-on en leur lieu et place si ce n’est le néant et «rien de plus? Dieu périrait si la somme totale des « existences qui est la composante de la sienne venait à < périr.
2° Le Firmament intégral : « Parmi les êtres qui concourent à la formation du « Grand Tout divin, il faut comprendre tous les astres « dont le vaste ensemble forme ce que nous nommons le « firmament intégral ou infiniversel...
Dieu infiniversel, « aussi bien que tout être, ne peut subsister indépendam— « ment de ces fluides (produits par les astres), il est tri— « butaire du firmament intégral qui les engendre, lequel (( est également son principe de vie. » 3° L’Ame infiniverselle : « La somme astrale intégrale est l’élément principal « de la grande âme divine suprême, de l’âme nommée \ r '.rh (1) Ainsi les conditions d’existence de Dieu en dehors de sa substance sont des êtres substantiels.
On voit que l’auteur est dans l’impossibilité absolue d’élever ses conceptions au delà de la matière, bien qu’il se persuade à lui—même le contraire en prodiguant les grands mots métaphysiques.
2 5 o L’INITIATION « infiniverselle, parce qu’elle occupe le Grand Tout infini « des étendues. « L’âme infiniverselle est douée de la somme intégrale « des facultés animiques de tous les êtres de la nature qui « lui envoient leurs radiations pensantes aveclesquelles ( se composent les grandes émanations particulières de c la grande âme (I).
En résumé « l’Être divin Infiniversel, pour se manifes— « ter ce qu‘il est, a besoin du Grand Tour de l’espace ( qui est l’essence constituante de sa propre étendue. De « même l’âme infiniverselle est l’essence pensante et agis « saute en l’absence de laquelle on ne verrait que le néant « de l’Être.
Enfin, le firmament intégral est l’agent ou « l’essence dirigeante qui alimente l’âme i finiverselle ( par les éléments radiateurs, générateurs des lois qui « administrent l’exercice de tous ses actes*pensants. » Voilà pour la théodicée de l’Omnithéisme; la méta physique, on le voit, est fort difficile à découvrir; on finit cependant par en rencontrer un fragment dans un coin de cet énorme musée d’êtres variés.
C’est à propos des principes originels — constitutionnels de l’être, dont il a été parlé au début. Ces principes (forme caractéristique de chacun des trois principes originels) sont, d’après M. A. d’Angle— mont: L’Immuable qui correspond au principe de divité, l’Infini, qui correspond au principe de l’âme, et l’Absolu, qui correspond au principe de corporéité.
Que l’on ne s’étonne pas de voir l’absolu donné comme principe de la. matière; c’est qu’il n’est pour l’auteur, (1) C’est un Dieu à l'image du Vatican; il ne subsiste que_par souscri tion permanente; on tremble sans cesse pour l’indiffé rence e ses créatures.
UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 251 que la hiérarchie des qualités,... l’intensité infiniment qualitative dans tout ce qui est au sein de toutes les formes spécifiques, susceptible de se fractionner en parties innombrables se succédant entre elles d’une manière progressive dans leurs intensités, mais toutes relatives les unes par rapport aux autres... d’où il résulte que c’est la somme intégrale des absolus en toutes les formes spécifiques de la nature qui constitue l’absolu des absolus, ou grand Tout qualificatif. » Quant à l’Infini, « pour le {comprendre, il faut l’envi sager d’abord sous trois aspects différents qui deman— dent à s’unir pour le former intégralement, et qui, en même temps, sont les trois principes originels'dont il AAAAÂke’SÊA a aa_a émane : « L’infiniment petit, « L’infiniment grand, « Et le fini intermédiaire. ) Par analogie, l’Absolu lui aussi tire son origine de trois principes (I) : 1° Le Descensi0nnel qui est le mal, exception infini— ment petite et négligeable dans le monde; 2° L’Ascensi0nnel qui est le bien ; 5° Et le Stationnaire entre les deux.
Enfin l’immuable est engendré par les principes de : I° L’Incre’aiion (des espèces et des types); 2° La Création; ' 3° La Conservation. Il serait tout à fait oiseux de suivre l’auteur dans toutes les divisions plus ou moins artificielles sur lesquelles il s’étend complaisamment à propos de ces principes. Les extraits dont nous avons largement fatigué le lecteur ' (r) Les principes originels de l’Absolu ?? ?
2 52 L’INITIATION peuvent lui suffire pour apprécier l’œuvre de M. d’Angle— mont. Arrivons donc à sa critique. o et Autant qu’il est possible d’apercevoir un système consistant dans cet amas énorme d’éléments de tous ordres, ce que l’on distingue le mieux, sinon exclusi vement, c’est, en dépit des dénégations formelles de l’auteur, le panthéisme matérialiste le plus caractérisé.
L’absolu, l’infini, ne sont que les limites mathé— matiques du relatif et du fini, des entités, par consé— quent; La pensée n’est que la résultante de vibrations d’atomes matériels; La volonté n’est qu’une faculté, affective comme toute faculté, d’un courant propre à certains genres d’atomes; Les différents êtres ne sont que des agrégats; moins que des agrégats, des sommes et non des synthèses; Le Dieu suprême n’est lui-même que la somme des êtres; un peu moins que le président d’une répu blique absolument démocratique; moins encore, un simple centre de réception et de réflexion d’une partie seulementdes fluides individuels; que dis—je, il n’est même qu’une limite, une entité irréalisable; écoutez l’auteur: « Les omnivers de même grandeur apparente très « réduite, par rapport à l’omnivers qui les renferme, « doivent être considérés comme les rudimentaires « divins de cet omnivers qui est leur grand Être prin « czjval... Des êtres principaux se groupent de la
UNE PRÊTENDUE SYNTHÈSE 253 « même manière pour composer un être principal « divin nouveau, puis de semblables arguments se « répètent en progression divine s’élevant sans fin...
« Si l’on pouvait se faire une idée de l’Être principal « divin, le plus grand dans l’infiniment grand, ce « serait cet être personnel qui embrasserait en soi « le Grand Tout divin infini. » Le progrès indéfini de l’être étant la loi essentielle de la vie universelle, Dieu n’est ainsi qu’un devenir perpétuel. —— Il n’est pas !
Conclusion bien singulière d’une œuvre à préten tions si hautement spiritualistes, qui débute par la définition d’un Dieu personnel, créateur tout-puissant, indépendant du monde; d’une œuvre qui s’annonce comme le triomphe du spiritualisme expérimental, et qui s’intitule Dieu dans sa synthèse, OMNITHEISME. D’où vient donc ce singulier contraste? De bien des causes que nous allons essayer de démêler.
En premier lieu, si d’instinct, l’auteur est franche— ment déiste et spiritualiste dans le sens philosophique du mot, de fait, la doctrine qu’il cherche à dévelop per, reçue d’ailleurs, nous dit—il, d’une source étran gère (I), est loin d’être aussi claire que la font appa (i) « Ces grandes vérités que nous enseignons nous ont été « données, elles nous ont été inspirées par une pensée qui et n’est point la nôtre, et dont nous n’avons été que le reflet. » (Dieu dans sa synthèse, 477.) Elles viennent de très aut même :‘ < Ce grand Esprit (l'Esprit de Vérité rédit par Jésus) qui Ce grand Esprit (l'Esprit de Vérité rédit par Jésus) qui annonça sa venue pour l'heure solenne le de la grande réno vation sociale, nient se faire connaître par la révélation de la science unirerselle dont il aposé les bases, devant éclore sous le souffle inspirateur des archanges.
C’est à lui qu’il appartient d’enseigner aux hommes la connaissance des âmes et des êtres, etc... » t0nmthézsme, n° i384.) « « ( ’ ( < « .h. .
2 54 L’INITIATION raître les citations précédentes ; elles ont dû être labo rieusement tirées et rapprochées au milieu d’un amas tout à fait informe d’assertions et de descriptions.
Presque toutes les doctrines y apparaissent, non pas fondues, ou classées, ou épurées comme dans l’éclec— tisme, mais heurtées, brisées l’une par l’autre, tout étonnées de se rencontrer dans leurs débris l’une au près de l’autre : spiritualisme de Cousin à côté du positivisme le plus matériel, l’idéalisme semblant sor— tir du sensualisme ; panthéisme, spiritualisme en face du substantialisme ; dynamisme de Spencer con fondu avec celui de Leibniz.
Peut-être pourrait-on entrevoir encore dans l’ensemble la monadologie de ce dernier philosophe, si M. d’Anglemont, qui passe à côté de tous les problèmes fondamentaux sans les saluer seulement, n’avait oublié de nous expliquer comment ces monades se peuvent influencer.
En fait il est impossible de voir saillir de la mono tonie de cette longue analyse aucune doctrine définie, ni ancienne, ni nouvelle; tout y est flottant, indécis, en ondulation perpétuelle comme un nuage que le soleil échaufie et remue sans réussir à le dissiper. Car on souffre d’apercevoir de temps en temps de profondes et fécondes vérités qui, à peine soupçon nées disparaissent aussitôt dans les incohérences du brouillard.
L’origine quasi céleste de cette œuvre nous met heureusement à l’aise pour la jugér à notre point de vue humain, sans avoir le regret de blesser un de nos frères, car il faut bien le dire, et nous l’avons' montré par quelques exemples pris entre mille, les moyens
UNE PRÊFENDUE SYNTHÈSE 255 propres à notre intelligence terrestre sont ici tout à fait méconnus. La science positive sur laquelle, d’après le titre, est basée cette synthèse, y est outragée affreu— sement (I). —— La logique y est plus dédaignée encore s’il est possible, sous les apparences d’une déduction presque ininterrompue.
Un paralogisme domine tout (1) Non seulement on ne trouve aucune trace de ces immenses découvertes de la science qui, de notre temps, bouleversent la rphilosophie, mais les théories même les mieux assises aujour ’hui semblent n’exister pas pour l’auteur.
Malgré la longueur de cet article nécessitée par l’étonnante rolix1té de ce hvre qui touche à tout, il est indispensable d’en justifier ici la critique par quelques exemples de sa valeur scientifique.
Il ne s’agit point des innombrables descriptions fantaisistes d’anatomie ou de physiologie, dans le genre de celle-ci par exemple : le moi externe (dans l’âme) est « formé d’une calotte a: sphérique fulgurante qui com ose comme un tissu consistant 4< provenant de résistances éga es et contraires de fluides qui « s’immobilisent d‘un-e manière relative;... les rayons (qui en « émanent) sont enlacés dans la calotte du moi externe, s’ou-— « vrant à leur racine en forme de pavillon », etc. (Pa e 307.) Il ne s’agit pas même de théories qui, dans leur ardiesse offrent du moms prise à la discussion, comme celle qui prétend concilier la fixité immuable des espèces avec l’évolution darwi nienne en soutenant que « la nature se sert de la grefi’e (greffe « de;gfacultés humaines sur l’âme animale). » (Omnithéisme, m I .) Ce qui choque par—dessus tout, c’est une suite d’assertions absolument contraires aux données élémentaires ou incontes tables de nos sciences : il va suffire d’en citer textuellement un ou deux exemples au plus pour chaque ordre de science; tout commentaire serait inutile, on va le voir : En mathématiques, la partie algorithmique est divisée en : calcul algébrique, calcul arithmétique et calcul concret.
La géométrie est distinguée en trois parties : Géométrie < : I' configurative, « dessinant toutes les formes : I' configurative, « dessinant toutes les formes 4: déterminantes; « 2° Descriptive, donnant les lois des apparences par rap < port aux réalités; port aux réalités; « Et 30 de l’espace, indicative des trajectoires engendrées « par la chute ou le passage des corps dans l’espace. > (PËËeS I84 et I85.) _ ‘ écanique : la motilité, « qui consume la vie dans l’être, » se com ose de trois principes : « l° force; « 20 Le mouvement, 4: qui vient s’ajouter à la force »;
2 56 L’INITIATION l’ensemble comme àl’état de principe; le cercle vicieux. Chacun des êtres qui nous sont décrits est à la fois source et produit de ceux qui le suivent; ainsi à la base même de l’œuvre nous voyons que Dieu, direc— teur suprême, créateur même de tous les êtres (saut cependant de la substance, peut-être) tire son origine « Et 3° « la vitesse, qui est le régulateur de la force et du « mouvement.
Page i68.) Voici pour la p ysique: _ _ « On peut attribuer aux atomes toutes les grandeurs imagi « nables; s’ils sont susceptibles de descendre toutes les peti « tesses imaginables, il leur est permis de rendre une crois— («psanc5e8 s)ans fin, les conduisant vers l’in niment grand. » a e .
Pârmi les fluides que leurs vibrations engendrent se trouvent les fluides vitaux qui se distinguent en nom genres : 1° Fluide tonique « agent le plus puissant (et plus bas, même, générateur) de la force, ainsi qu’on vient de le découvrir de nos jours... car, si la vitesse se trouve empri sonnée, elle ason expansion pour se faire jour qui se trad uit par autant de forces partielles qu’il est de vibrations égale ment partielles.
Si le nombre de celles-ci est considérable en un court espace de tem s, la force produite devient consi dérable aussi.» (Page lg4. 2° « Le fluide sexuel, générateur du mouvement; 3° « Le fluide lumineux, qui, par la rapidité de ses vibra « tions, est le fluide de la vitesse. » Minéralogie de l’Omnithéisme : trois classes de minéraux : solides, liquides et gazeux.
Suivons les solides; ils sont : ou organiques, ou inorgani ues usuels, ou rocheux pierreux: comment classe-t-on ces erniers? < Il suffit de remonter aux cor s chimiques dont il faut Il suffit de remonter aux cor s chimiques dont il faut rechercher les systèmes (cristalî'ns) des espèces sim'ples, conduisant ensuite aux systèmes de leurs composés.
Possé dant cette science cristallogra hique-chimique, il devient facile de l’étendre aux divers mé anges des es èces... et d'ob— tenir un classement régulier et mét odique es types miné raux en tenant compte des grandes divisions naturelles qui « président à leur classement. » — C’est même si simple et si clair que) l’auteur ne s’y arrête pas davantage. (Omnithe’z‘sme, no no . .Classifications botaniques : trois divisions : végétaux ter riens, aquatiques et aériens.
Dans chacune trois embranche ments : cryptogames, herbacés et ligneux, subdivisés à leur tour.en trms espèces; notons celles des herbacés : pulpeux, gramfères et tuberculeux; avec cette définition : « tuberculeux, < dont les racines forment un renflement unique ou bulbeux, dont les racines forment un renflement unique ou bulbeux, âkfitkââk âàâAhk _ _H%ww« c- -__,M..t_..t. ,.MËF
UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 257 rr" et sa constitution de ces mêmes êtres. Que l’on ne croie pas que cette pétition de principes soit une erreur inaperçue; l’auteur — l’éditeur veux-je dire, M. d’An glemont —— l’admire, au contraire; il semble que ce soit la clef du système. « Dieu, pendant qu’il donne à toutes les âmes les «t ou cäes renflements multiples ou tubercules. » (Omnithéisme, n° Il .
« Les7ir)idividus de l’embranchement ligneux, plus haut classé « que l’embranchement herbacé, sont sortis par transformisme « e ce dernier.» (ld., 114.9? Or l’auteur classe parmi les igneux, comme « lianes marines, < les algues mesurant parfois plusieurs kilomètres. » (lb., les algues mesurant parfois plusieurs kilomètres. » (lb., n° 1153.
« La m’ousse marine prend le nom de conferves », etc., etc. (lb., n° 1152.) Anatomie et physiologie : « L’appareil vasculaire comprend : « 1° le roupe des vaisseaux primitifs, composé des vais « seaux acticifères, ces derniers agissant chez l'homme et chez la femme comme agents de perfectionnement diges « tif. etc. » (Dieu et l’Etre, page 333.) < Le corps humain renferme trois éléments microscopiques : Le corps humain renferme trois éléments microscopiques : ( les animalcules, les végéticules et les éléments minéraux. » Les premiers (les animalcules), « analogues à nos espèces mellifères, à nos abeilles, viennent édifier à nouveau les rayons celluleux qui demandent à être reconstruits.
C’est ainsi que le corps humain est renouvelé d’une façon con tinue, comme on voit, au fond des mers. les coraux, les madrépores, construire des bancs, etc. « Les végét1culés ont pour destination de purifier le milieu corporel usqu’au lus profond des organes en_absorbant les gaz mép itiqu_es ont ils sfalimentent.., Puis ils servent de pâture aux ammalcules qui s‘en nourrissent et qui, autre— ment, ne ourraient submster. » (Dieu et l’Etre, p. 355.) Le physio ogiste ne suivrait pas non plus sans peine les loca lisations cérébrales de M. d’Anglemont, même en se rendant un compte exact de ses destinations psychologiques : il faut en effet, selon lui, placer par exemple l’organe de la raison dans la voûte triangulaire; celui du sens commun dans le corps calleux moyen; l’expérience dans le genou du corps calleux; la mémoire dans les cornes d’Ammon; l organe de la vue intérieure est le tubercule quadrijumeau supérieur; celui du moi, régu— lateur de l’âme, est la commissure centrale; celui du sens de l’étendue dans le trou borgne et celui de l‘audition intérieure dans le trou de Mucro.
Il est bien regrettable que l’auteur dédaigne de nous ap. prendre sur quel es observations toute cette science est fondée âkk*k * A*âât 9
2 5 8 L’INITIATION « harmonies de la vie au moyen de ses lois, Dieu reçoit de toutes ces âmes... les éléments matériels de sa propre substance organique, et ceux sous la forme fluidique, de son action vitale et de sa propre pensée.
« Telle est la solidarité touchante qui unit dans l’intimité de l’âme, le créateur à la créature, dans « une parenté sublime. » (Omnithéz‘sme, n° 216.) On admire là du moins une candeur que l’on retrouve dans tout l’ouvrage comme un autre obstacle à sa netteté, signalé déjà.
L’analyse poursuivie d’un bout à l’autre se perd à chaque instant dans les détails en abandonnant les vues d’ensemble; il en résulte que l’auteur (supra-terrestre sans doute) ne recule devant aucune création pour expliquer l’être qu’il décrit, sans trop s’inquiéter de la concordance avec l’ensemble.
Toutes ces créations accessoires sont d’ailleurs em pruntées à peu près exclusivement au monde sensible, car partout l’identité est confondue avec la similitude: il en ressort des descriptions d’une puérilité véritable— ment pénible.
Nous en avons déjà cité quelques-unes, comme la multiplicité des espèces d’atomes et de fluides ; ou les poumons (organes réels semblables à ceux du corps hu— main) que les anges portent en leur cervelle animique, pour leur respiration.
Il y a mieux : Je ne parle pas de la naissance du cou conservée à la tête (seule forme de l’être déitaire) afin qu’il puisse encore se poser; on se rappelle aussi les maisons, les meubles, les occupa— tions artistiques et industrielles de tous les êtres célestes. L’auteur ne dédaigne pas de s’abaisser à des ââââ 7«‘ 4 w v v-...xr «n». ’ , -J\_._ç‘l t
UNE PRÊTENDUE SYNTHÈSE ' 259 détails physiologiques plus intimes encore; il faut citer:il S’agit du corps des anges et de leur mode d’existence. « Ce corps s’alimente d’une nourriture « relativement solide quoique très légère, cependant.
« Aussi le système stomacal y est-il nécessaire, quoi— « que réduit à l’estomac, où les aliments opèrent leur « digestion complète, ne laissant pas de déjections « apparentes.Celles-ci sortent du corps d’une manière « insensible, sous la forme de gaz. » (Dieu et l’Étre universel, p. 377.) Ces oublis seraient peu de chose encore sans d’au tres erreurs bien plus essentielles: Ici l’infini, l’ab solu, le métaphysique ne sont aperçus exclusivement que dans le fini, le relatif et le physique.
C’est ce que Fabre d’Olivet appelle renverser la Nature. De là résulte ce caractère franchement matérialiste qui se détache si singulièrement sur un fonds de déclama tions spiritualistes.
Par le même motif ces catégories sont si vagues, qu’elles sont méconnues à chaque ins tant; c’est ainsi que les termes d’une même division sont empruntés à des éléments hétérogènes ou de valeur inégale, ce qui fausse complètement les classi— fications (tels sont par exemple, la force, le mouve— ment et la vitesse).
Ou bien de simples attributs, ou des modalités, des êtres même, sont élevés au rang de principes (la coexistence, le genre, l'atome); ou inversement des attributs deviennent des êtres (ex. : les fluides véridique, obligatif, etc). Une grande erreur, du reste, domine toutes les autres, qui intéresse tout particulièrement l’occul tisme : c’est là qu’est le défaut capital de l’œuvre.
260 L’INITIATION Mpæt._MF-s ,c..uua.fl»« fif"7 A*' -«—‘--...I”'“"“‘-“" “' " " ' D’un bout à l‘autre, dans tous les ensembles comme dans les moindres détails, c’est le Ternaz‘re qui sert de principe de division. Or la Trinité est précisément ce qu’il y a de plus méconnu dans ce livre qui, par là, devient immédiatement inacceptable au moindre débutant de nos Martinistes.
Je cite encore : « L’Absolu, l’Infini, l'Immuable émanent de prin « cipes générateurs qui au lieu d‘êtres binaires sont « ternaires; cela tient à ce que ces principes, ayant « moins d’importance que les principes créateurs « sexuels, sont trois termes au lieu de deux pour leur «faire équilibre. » ‘ Cette citation est du reste parfaitement superflue pour qui jette un coup d’œil seulement sur le tableau fondamental.
On y voit tout de suite que la dualité et la trinité y sont également méconnues; l’auteur ne soupçonne pas l’harmonie des contraires, clef de tous les mystères : Les duades sont formées tantôt du tout et de la partie (ex. : l’Etre principal et les êtres rudimen— taires) tantôt d’une succession d’états (le germe ani— mique et l’essence première).
Dieu crée les âmes doubles et juxtaposées éternelle ment, de sorte que ni l’origine du mal (donnée comme une imperfection nécessaire de la création), ni la chute, ni la rédemption ne sont soupçonnées. De même pour les trinités : par exemplecelle del’ar chétype divin où le deuxième terme, Dieu omniversel, est partie constituante du premier, Dieu infiniversel. Généralement aussi, la Trinité quand elle a ses trois termes se présente comme renversée, c’est—à-dire do
\;._. WWW >- v "l UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 2'61 minée par le principe négatif: c’est par là encore que s’accuse le caractère matérialiste de cette œuvre. Inutile par conséquent de dire qu’ici l‘Involution n’est pas soupçonnée, de sorte qu’aucune origine n’est expliquée, non plus que l’absence de toute origine affirmée cependant par l’auteur.
Comment en serait— il autrement du moment que l’Absolu est si affreuse ment méconnu? * 2+2t II est donc impossible de conseiller à nos lecteurs - l’étude de cette volumineuse monographie.
Un juge-‘ ment aussi sévère m’est assurément fort pénible, car bien que je n’aie pas l’honneur d’être connu de M. d’Anglemont, je sais combien il est estimé pour son dévouement; son labeur est considérable, il fait à sa foi des sacrifices qui suffiraientà en prouver l’ar— deur.
Mais en saluant en lui, avec respect, l’apôtre convaincu et vaillant autant que simple, on.ne peut se refuser à formuler au nom de l’intérêt commun, au nom de la vérité, une critique rigoureuse peut-être, mais sincère et indépendante.
Ce livre ne manque pas, du reste, et ne manquera jamais sans doute, d’âmes à satisfaire et à élever parmi celles qui n’auront pas réussi encore à goûter les véri- ' tés transcendantes; il est à craindre seulement qu’il m’égare dans une voie où l’obscurité remplace le mys— tère ceux qui sont réellement capables des fortes mé ditations de l’occultisme.
Ceux—là ne peuvent attendre de la lecture de l’Om nithe’isme que le résultat négatif d’apprendre à démê ler l’erreur dans les spéculations sur la métaphysique.
26 2 L’INITIATION Ils reconnaîtront immédiatement tout ce qui différen cie les communications spirites les plus étendues et les plus suivies, comme celle que M. d’Anglemont s’efforce de coordonner.
Sur un canevas à peine per— ceptible de principes fondamentaux, une suite énorme. diffuse et confuse de développements contradictoires. disproportionnés, inadéquates aux principes, alternati vement solennels et mesquins, dissimulant mal sous la draperie des grands mots retentissants les petites choses banales de la vie la plus matérielle.
Il afallu toute la fine bonhomie d’un Allan Kar dec pour tirer dans le monceau des communications les plus hétéroclites les seuls matériaux propres à l’édification du rationalisme bourgeois de son temps, drapé seulement sous la vieille théorie de la réincar nation.
Mais quand on se sent trop de foi pour renier ainsi tout ce que l’on pourrait n’approuver pas, fut—ce la plus grande part des communications reçues, on tombe inévitablement dans l’irréalisable ou l’inad missible. Les meilleurs y ont faibli avant Monsieur notre auteur (les Vies Mystérieuses, les Evangz‘les de Rousiang, etc., etc.).
La raison en est bien simple pour les occultistes; c’est qu’à de très rares exceptions près, les commu nications spirites proviennent d’êtres absolument ter— restres, incapables des grands principes dont ils reçoivent cependant, grâce àleur état, une vague intui— tion, une aperception confuse et intermittente.
Mais moins modestes que la pythonisse antique, ils pré tendent coordonner et commenter eux—mêmes les feuilles qu’ils sont capables seulement de jeter au
UNE PRÉTENDUE SYNTHÈSE 263 vent avec quelques mots d’un oracle simplement sug— gestif. L’inspiration, la prophétie doivent subir continuel— lement l’épreuve de la raison et de la science précise. L’initié véritable unit en soi les éléments de ce double travail, grâce à l’entraînement de ses facultés transcendantes; sont-ils disjoints, ce n’est que sous les réserves les plus sévères qu’il faut en admettre les enseignements.
Ils doivent être soumis au contrôle et de la science positive et de cette science des Principes due au travail séculaire des Initiés, fondée sur les nov tions les plus certaines qu’ils ont été capables d’ac quérir directement.
Si l’on prétend la négliger, cette science, sous pré texte d’archaïsme, on se met dans le cas d'un écolier qui pour fonder une géométrie nouvelle, commence— rait par faire table rase des travaux de tous les mathé— maticiens, ses maîtres : on se condamne à refairel’oc culte au prix de toutes les erreurs corrigées par les siècles. Ce n’est pas en niant le passé que l’on progresse; c’est en l’étudiant pour le perfectionner.
Lorsque l’occultiste se trouve en possession de prétendues révélations de l’invisible, il commence par les comparer à ce que tous ses ancêtres ont dit sur de pareils sujets; alors seulement il se croit en état d’ar river à une œuvre solide et féconde. Mais alors ce n’est pas l’0mnithe’isme qu’il écrit; c’est la Mission des J nefs: c’est le Dogme et Rituel de la Magie; c’est le Seuil du Mystère; c’est le Traité méthodique de Science occulte. F .-CH. BARLE’I‘. ä.‘n ‘
264 L’INITIATION lies Miracles t; le Madame Spiritualisme Traduit de l‘anglais de Sir Alfred Russe“ Wallace. (i) Il y a fagot et fagot, Spiritisme et Spiritisme.
Il y a les chercheurs ardents et loyaux, respectueux sinon curieux, de toute hypothèse qui, bien qu’étran gère à Allan Kardec, leur semble susceptible en quel que mesure de rendre raison plausible des phénomè nes médianimiques, et attachés à résoudre les malen dus de logomachie où divergent, en apparence seule ment, les trois théories : du Spiritisme, du Spiritua lisme transcendental, et du Matérialisme. J’ai nommé M. Gabriel Delanne.
Et il y a les marchands qui spéculent, derrière le buste de feu Rivail, sur les relents de moyenâgeuse démonomanie que l’atavisme perpétue dans le crâne des humbles. Je n’ai nommé personne.
Ceux-là, tapis dans la fange de leur ignorance, n’ont que crachats pour les dogmes que l’évolution fatale a ramenés pour un temps au trône de l’intellec tualité, et pour la doctrine éternelle que des volontés puissantes, en concordance parfaite avec les incita tions pr‘ovidentielles, s’efforcent de réintégrer en sa splendeur.
A l’égard de telles théories leur rancune (1) Nous rappelons à nos lecteurs que chaque rédacteur de l‘1nitiation publie ses articles sous sa seule responsabilité. Les opinions exprimées par notre rédacteur lui sont entièrement personnelles (N. D. L. D.) :À. Ë_J
BIBLIOGRAPHIE 265 est celle que vouent aux systèmes socialistes les bour geois enfin parvenus, à force de petits commerces plus ou moins patentés et à travers maintes mésaven tures tantbien que mal étouffées, à se résorber en des digestions dévotieuses.
Un des petits commerces favoris des Spirites de la seconde catégorie consista longtemps, et jusque na guère encore, à prononcer de temps en temps les noms de Crookes et de Wallace, de Zœllner, d’Aksa kofi’, de Lombroso, -- les yeux blancs et la bouche en cœur de poule. Et l’humanité est si piteuse, que cette parade suffisaità retenir autour des bons apôtres la plupart des concierges de France et de Brabant, — avec leurs gros sous.
A l’audacieux qui en demandait un peu plus long, on déclarait que, puisque la susdite élite de savants ont contrôlé les phénomènes sur quoi est basée la typtolâtrie , ils ont nécessairement accepté , pour expliquer ces manifestations hyperphysiques, la théo— rie proposée par Allan Kardec et soutenue par Mmes Lucie Grange et Adelma de Vay et M. Henri Lacroix.
Le raisonnement, pour bicêtresque qu’il soit, n’était point trop malaisé à produire, en ce pays où l’on ne possède aucun idiome étranger. D’autant plus que le majeur nombre des travaux en cause n’ont jamais été traduits en français.
De sorte que parmi les tourmenteurs de guéridons on en était réduit à se passer de brochure en brochure et de follicule en fol licule, de menues loques de racontars dont personne n’avait l’idée, ni d’ailleurs la possibilité, de contrôler l’essence pasqplus que la forme.
2 66 L’INITIATION Cependant, l’école de Kabbale martiniste s’organi sait, trouvait sans peine des adhérents dans tous les pays, dans tous les rangs de la société, dans toutes les professions. Une société était créée, puis une librairie, une maison d'édition, un journal hebdo madaire, puis s’offraient des conférences au sein du groupement et à l’extérieur, et des séances d'expéri mentation pour tous les aspects de l’Occulte.
Et voici qu’en ces derniers temps les progrès s’affirmèrent tout à coup éclatants, par la fondation d’une revue litté— raire mensuelle, la préparation d’un organe sociolo gique bi-mensuel et de cours réguliers, la rénovation du Martinisme et de la Rose—Croix, la publicité don née à l’œuvre par maints périodiques de Paris, de la province, de l’étranger.
On osa enfin jeter au sein même du Kardécisme un désarroi irrémédiable, en draguant les rares esprits libres qui s’étaient résignés à ce credo en attendant mieux. Les personnes qui veillent au Capitole du Spiri tisme jetèrent un cri d’alarme, — un grand coup s’imposait. Il fallait se résoudre à livrer au jour de France au moins un volume d’au moins un des en— quêteurs tant prônés.
On choisit —— élection mal heureuse — les Essais de Sir Alfred Russell Wal lace sur les Miracles et le Moderne Spz’ritualz’sme. La traduction vient d’en être mise en vente.) Eh bien, la taupinière a accouché d’un hanneton. - Quant à la forme, le livre est édité avec l’incompé— tence et le mauvais goût particuliers aux publications de la librairie qui s’intitule avec une pompe infu nèbre : « des sciences psychologiques ».
BIBLIOGRAPHIE 267 Puis, il le faut scinder en deux parties tout àfait distinctes. Il est évident que les 228 premières pages ont été interprétées loyalement, par quelqu’un possédant la langue anglaise.
Mais de la page 229 inclusivement jusqu’à la fin, trois hypothèses sont également admissibles: ou cela a été fabriqué par quelque employé d’une agence de traductions commerciales, familier certes avec l’an—. glais des commandes sur carte postale, absolument étranger au contraire à celui des livres ou même des journaux, -— car le style de Sir A. R.
Wallace est assez plat; ou cela est dû à une jeune personne qui s’est imaginé que l’on connaît un idiome pour en avoir balbutié au pensionnat, vers l’époque de la pre mière communion, quelques règles de grammaire; — dans les deux cas, la prose est d’un individu qui ne sait ni l’anglais ni le français; — ou encore cela a pu être écrit honnêtement par un monsieur, et arrangé en second lieu par un autre, comme il arrive parfois dans certaines boutiques de vingtième ordre; en la circonstance, le second monsieur semble avoir été quelque négociant en cirage ou quelque rempailleur de chaises retiré des affaires sur le tard, et dont il ne m’appartient point de discuter l'honorabilité, mais de la littérature et de la philosophie duquel il est permis de se défier.
L’épithète de « célèbre naturaliste », adjointe sur la couverture au nom de l’auteur, ne peut émaner que d’une personne de ce genre. J’ai dit que la seconde partie de la traduction avait
268 L’INITIATION été arrangée. Il est sûr qu’elle offre pas mal d’alinéas dont l’on cherchrait en vain l’équivalent dans n’im porte quelle édition de On Miracles and Modem Spiritualisme. Par contre, on ne trouve pas dans la traduction éditée par M. Gaëtan Leymarie, l’in— terprétation de plusieurs passages cependant très lisi— bles dans le texte de sir A..—R. Wallace.
Je n’insiste pas, car j’aurais trop beau jeu, sur les innombrables phrases dont le sens a été modifié du tout au tout pour cadrer avec certaines vues chères aux exécuteurs testamentaires d’Allan Kardec.
Pourtant il me serait aisé, le cas échéant, de citer par leur chiffre les pages et les lign es où peuvent être constatées ces additions, lacunes et altérations, qui m’ont d’autant plus vive— ment frappé que j’ai fait très récemment une étude particulière de l’ouvrage anglais. Quant au fond, c’est un plaidoyer, où il est usé en guise d’arguments : 1° De faits, soit relatés par sir A. R.
Wallace, soit à lui personnels, faits connus déjà ou ne méritant guère de l’être, et dont, par un hasard singulier, il n’est pas un qui ne parle, dans ses plus menusdétails, 1 contre la théorie spirite; 2° D’ergoteries bien anglo-Saxonnes, fort subtiles, et amenant toutes le lecteur à l’éternel constat que: qui veut trop prouver ne prouve rien ; 3° D’appels ne témoignage de diverses illustrations, —— illustrations de clocher, d’ailleurs,“ dont la parole n’importe en rien, puisque l’auteur consacre un autre chapitre à démontrer quel’acceptation d’une doctrine par des hommes éminents n’a pas plus de force pour ,,, ï'..:C'WJ
BIBLIOGRAPHIE 269 la consolider queleur opposition à cette doctrine n’en aurait pour l’ébranler; Et 4°, du ressassement de cette proposition, que l’on se serait attendu à lire la dernière alléguée par un esprit scientifique, à savoir que la théorie d’Allan Kardec doit être la vérité même, parce qu’elle est éminemment consolante.
D’abord, il faudrait voir si elle console en réalité, et qui elle est susceptible de consoler, et de quoi, et comment, et jusqu’à quel degré. Ensuite, depuis quand une hypothèse vaut-elle par son aspect sentimental? Si l’on n’avait à mettre en relief que des motifs pathétiques pour la démonstra tion d’un théorème de géométrie, il faudrait dire que les mathémathiques sont une science bien pauvre.
En somme, on se demande quelle urgence a poussé le « célèbre naturaliste » à élaborer ce livre, alors que lui—même a écrit quelque part en propres termes que la vérité est assez forte pour faire son chemin toute seule sans soutien ni défenseur. Mais c’est assez parler Spiritisme, vite, ô Guerlain, un de vos exquis bien que russophiles parfums, que j’en brûle un peu pour purifier l’air. Néanmoins, je voudrais’présenter deux observations encore.
Dans ce livre annoncé comme un engin effroyable contre l’Occultisme, je n’ai pas réussi à découvrir quoi que ce soit, non seulement qui infirme cette doctrine, mais même qui y fasse la moindre illu sion; et cela est compréhensible : comment sir A. R.‘ \Vallace eût-il pu en écrire une réfutation, dix ans avant qu’elle ait été rappelée à la lumière ?
270 L’INITIATION Et je remarque que les Kardécistes n’ont trouvé à opposer aux hypothèse skabbalo-martinistes que'l’oph nion d’un homme qui en son propre pays et parmi ses propres collègues, n’est plus même contesté, je veux dire un de ces vieillards qui demeurent au sein des corps savants comme des témoins des modes intel lectuels périmés, et à qui est due toute la considéra tion méritée par les formes polies d’un homme bien élevé, un de ces gentlemen à qui pleine indulgence est assurée pour leurs erreurs séniles, en souvenir des œuvres saines qu’accomplit leur.jeunesse. PIERRE TORCY.
L’Inîtian‘on du 15 décembre 189i: ‘{ i r_ Î BIBLIOTHÈQUE DES RELlciolus_conriness L‘INDE AVANT ._LEŸBDLULDDfiA Par_E. LAMAIRESSE ’-"x Ancien ingénieur en chef des Établissements frança_is’.dans ,ljltidp; t'volume in-18 de 350 pages. . . .ä. , * ir. Le volume de M. E. Lamäiresse est réellement sérieux et attachant -: l’intérêt de semblablespétudes est indiscutable.
«-.Descenduœ.des.hauts lateaux de l’Asie, la race aryenne a peuplé tout l'Occident, conquis i’lnde et la Perse, imprimé son cachet à tout l’Extrême-Orient. i» Aujour d’hui la civilisation aryenne remonte vers son berceau; les Slaves, les An lais, les Françaisenserrent chaque jour plus étroitement la Haute-Asie et Em lre chinois: il est donc pour nous du plus haut intérêt de con naître e résultat actuel de l'action et de l’influence sut-ces contrées des religions issues des Aryens de l’Inde :et le chef de cette influ_enceflse trouve surtout dans la Vie de Bouddha-Cakya-Mouni.
M. Lamairesse était.mieux placé u’un autre pour se renseignersurïson œuvre : un séjour de six ans dans l’ nde, dans de bonnes conditions pour l’observation et pour l’étude, lui a donnédes idées très,nettes süries -mœurs et les institutions des races diverses, et c‘est en toute connaissance de cause qu‘il a pu nous présenter son histoire religieuse, philosophique et sociale de l’inde avant le Bouddha. . , , ‘_‘u u", f"Ï'Ï: ,‘î' ..'*-ENTIME -UUIIDIEN _ 5; Me ‘ ' Permet à tous d'obtenir une rente viagère en 15 ans. par un versement de 0,30 ar mois au minimum, lequel versement peut s' leverjus- . i qu'à 9 fr.
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