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nitiation " -. , Revue philosophique indépendante des Hautes Études Hypnotisme, Force psychique Thèosophie, Kabbale Gnose, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes 13" VOLUME. — 4““ ANNÉE n .4 SOMMAIRE DU N° (Novembre 1891) _....4—— AVANT—PROPOS.......... Science et Spiritua lisme (la Télépathie) O. S. Lodge. (10. 97 à. me). PARTIE INITIATIQUE... L'Universrte’ libre des Hautes Études (fin). P.-Ch. Barlet. (p. 112 à 127).
PARTIE PHILOSOPHIQUE Le Périsprit ........... .. Gabriel Delanne. ET SCIENTIFIQUE... (p. 128 à 150). Le Vrai Fléau......... Quærens. (p. 151 à 156). Dessous de Lit—Bas... G. Vitoux. (p. 156 à 166). La Turquie officielle (fin) . . . . . . . . . . . . . .. G. Montière. (p. 166 à 172). pART1E LITTÉRAIRE.,._ A l’Ame Sœur . . . . . .. Aug. Chaboseau. . 173 à 175). Ltip Vie d’un Mort. (suite.)............ .. . Jules Lermina. (p. 175 à 180).
Poésie .. (p. 181 àli8.zi). Groupe indépendant d’Etudesésotériques.—5Une curieuse expérience. Nouvelles publications. ——Nouvelles diverses. — Revue des Revues. Ch. Dubourg. — Livres reçus. R É D A cr10 N ; Administration, Abonnements : 2 9, rue de Trémse, 29 5 8, rue S t—A ndré—des—A ris, 58 P A RI S P A RI S Numéro :, , g71gfiFRANC. —— Un, An 3131}; FRANCS
PROGRAMME ‘ ‘—b—‘-m‘îu“nŒ. ._‘_..runnæ -. v—_-_—.,,. . V 7 ‘ Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Im‘tiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: _ Dans la Science, à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion,à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie, à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pont unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l‘Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de irue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le militarisme et la misère. Enfin l’Initiati0n étudie impartialement tous les phénomènes , du Spiritisme, de I’Hypnotisme et de la Magie. phénomènes déjà l connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais 'j n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études.
La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science 1 Occulte. l La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours, apprécier.
L’Initiation parait régulièrement le 15 de chaque mois et compte déjà trois années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an.
AVAÎN TÉR@P@S fleures ET fiamumusmr LA TÉLÉPATHIE {Extrait du discours de M. Lodge à la. réunion de l’Association pour l’avancement des Sciences.) Ceci m’amène à élargir mon sujet et à parler de questions qui n’ont pas encore reçu asile sous le gi ron de la science orthodoxe.
Peut-être serait-il plus sage à moi de les laisser de côté ; néanmoins je ris querai à vous présenter le nouveau venu, malgré sa mauvaise réputation, dans l’espérance —- ferme con— viction, pourrais—je dire — qu’il n’est pas aussi mau vais qu’on le dit et que sa condition misérable actuelle est due bien plutôt au mépris que l’on témoigne à son égard qu’à une tare indélébile.
Toutefois, je tiens à établir de la façon la plus nette que ce que j’aià dire ‘— et, après tout, ce sera peu de chose — n’en gage que moi et ne saurait être interprété en aucune façon comme un témoignage de faveur ni même de {sympathie de la part de l’Association, en tant que 4.
98 L’INITIATION corporation, àl’égard du paria. Je serais très fâché que les observations que je vais présenter sur ces sujets défendus puissent tirer quelque poids de cette cir constance qu’elles ont été présentées du haut de cette chaire. Je tiens d’autant plus à faire des réserves ex— presses à cet égard, que c’est le seul reproche que je craigne.
Pour le reste, je suis prêt à affronter les ré— probations que ne peuvent manquer de soulever ceux qui pénètrent dans une région où les feux de la contro— verse ne sont pas encore éteints et à propos de laquelle l’unité de vues, peu désirable d’ailleurs, est absolu ment impossible. Ce serait une platitude que de dire que nos aspira tions nous portent toujours vers la vérité et que jamais celle—ci ne nous a été voilée.
Nos ancêtres ont beau coup lutté et beaucoup souffert pour conquérir le droit de libre examen, et arriver à pouvoir poursuivre leurs recherches libres de toute entrave ; aussi les voyons-nous toujours prêts à examiner en lui-même tout phénomène qui se présente à eux età le suivre dans toutes ses conséquences.
Aujourd’hui, cette dis— position d’esprit s’est affaiblie; l’amas des connais— sances déjà acquises, la nécessité de consacrer le la— beur de nombreux travailleurs à la coordination et à l’étude de leurs relations intimes, en sont la cause, Mais ce serait grand dommage si notre attention était tout entière absorbée par ce que nous savons déjà etsi nos yeux perdaient l’habitude de sonder l’au—delà et en venaient à se refuser à percevoir l’existence de régions auxquelles ces mêmes procédés d’investigations, qui se sont montrés si féconds déjà, peuvent être étendus, et r _.__‘
SCIENCE ET SPIRITUALISME qui nous promettent des résultats inappréciables et peut-être complètement inattendus. Pour moi, ma con viction est faite ; nos,procédés ordinaires d’observation et d’expérience établissent d’une façon nette l’exis tence d’une telle région dans laquelle se produisent ces phénomènes que la science refuse pourtant d’ad mettre et auxquels tout savant bien pensant ferme ses oreilles.
Telle est, par exemple, la question de savoir s’il a été établi ou non, par expériences directes, qu’un mode de communication existe entre des esprits en dehors des moyens ordinaires de perception et des organes sensoriels connus; si ce mode existe, com— ment l’expliquer?
L’hypothèse de quelque organe sensoriel inconnu parait peu probable; peut—êtrey a-t-il influence directe particulière sur l’éther, peut être le phénomène est—il plus subtil encore. On ne sait rien à cet égard. Pour abréger ce discours, on a baptisé ce phénomène du nom de télépathie ou trans— mission des pensées; mais rien ne dit que des recher— ches ultérieures ne montreront pas que cette dénomi nation est incorrecte.
C’est justement ces recherches ultérieures qui sont nécessaires. Cette transmission est—elle une vérité P est—elle une fiction? il n’est pas, je crois, de société scientifique reconnue qui accepte la lecture d’une note sur un semblable sujet (I). Sans doute, certains savants ont étudié ces questions pour leur propre satisfaction; d’autres ne demandent qu’à se rendre à l’évidence, et, lq_(r)lCesg;eâtitlàge aietudant qu'une simple supposition. Je ne sache pas ne es .
100 L’INITIATION u——-n—n-.. '. “Q“. 1 E-.æn—.. <\ 5-...‘1. 'I.. _ tenant leur esprit ouvert, suspendent leurjugement; mais ce ne sont que des exceptions. La grande majo— rité, je crois être en droit de le dire, est hostile à ces recherches et délibérément opposée à leur discussion. Et cela, non pas après un examen prolongé, ce qui justifierait l’opposition, mais souvent sans examen du tout.
Quelques supercheries dans des séances publiques, les artifices d’un charlatan, cela suffit pour décliner tout examen ultérieur. Que des individus tiennent cette ligne de conduite, cela est, en somme, assez naturel, occupés et intéres— sés qu’ils peuvent être par d’autres recherches.
Per sonne n’est tenu d’examiner toutes choses; mais il est d’usage, dans la plupart des branches de l’activité humaine, que ceux qui sont restés en dehors des recherches faites dans une spécialité s’en rapportent à ceux qui s’en sont occupés.
Quelques—uns, il est vrai, fondent leur refus d’exa men desnouveaux faits sur quelques résultats négatifs obtenus; mais quel monceau de résultats négatifs ne faudrait-il pas pour contrebalancer un seul résultat positif? Au surplus, ce n’est pas des individualités que je veux m’occuper, mais de l'attitude des corps scientifiques.
Ces associations d’hommes de science sont les gardiennes des traditions chèrement acquises d’observation libre et sans contrainte des faits de la nature, et leur refus d’accepter l’évidence, laborieu sement acquise et discrètement présentée par des observateurs de compétence incontestée dans d’autres branches, serait un coup terrible porté à leurs préro— gatives et marquerait un retour aux erreurs d’une
SCIENCE ET SPIRITUALISME IOI <b*Æj,o..=fln«- 'f‘ école qui a soulevé déjà tant et de si âpres luttes.
Lors de l’apparition de la théorie de Copernic, Galilée, quoique pleinement convaincu de la justesse de cette théorie, s’abstint de l’enseigner pendant quelques années, voulant, avant de soulever la tem pête de controverses que ne pouvait manquer de pro voquer l’abandon du système de Ptolémée, attendre que sa situation universitaire fût mieux assise. La même prudence se retrouve aujourd’hui.
Je connais des hommes qui hésitent à témoigner quelque intérêt (je ne veux pas dire à accorder foi, ce serait prématuré, mais à témoigner quelque intérêt) pour les phéno mènes dont il s’agit, avant d’avoir conquis une situa tion incontestée par leurs travaux dans d’autres voies.
En matière scientifique, la prudence est nécessaire et le vrai progrès est lent; mais, je ne crains pas de le dire, cette hésitation que j’ai rencontrée chez beau coup, en face de faits non orthodoxes, n’est pas d’ac— cord avec les hautes traditions scientifiques.
Nous sommes, je suppose, un peu effrayés de ce que pensent les autres: nous tenons en grand respect les opinions de nos aînés et de nos maîtres, et comme le sujet leur est désagréable, nous restons silencieux. Cette attitude expectante s’allie du reste fort bien avec la défiance que nous ressentons à l’égard de nos propres forces.
Nous sentons bien que, au delà de nos connaissances actuelles, s’étend une vaste région en contact avec plusieurs branches déjà connues de la science et qu’un esprit cultivé est à même d’abor der; mais nous savons aussi que, faute d’explorations scientifiques, des imposteurs se sont emparés de ce
102 L’INITIATION domaine depuis des siècles et que, aujourd’hui, à moins d’une attention excessive, nous risquons, à nous y aventurer, de tomber dans quelque fondrière. Voyons donc ce qu’est ce domaine dont l’explora tion est jugée si dangereuse.
Limitrophe à la fois à la physique et à la psychologie, cette région, intermé— diaire entre l’esprit et la matière, est bornée au nord par la psychologie, au sud par la physique, à l’est. par la physiologie, et à l’ouest par la pathologie et la médecine. Un psychologue tente-t-il de s‘y avancer en tâtonnant, il se transforme en métaphysicien.
Un physicien qui s’y est aventuré a perdu pied et est devenu l'objet de la répulsion de ses anciens frères. Les biologistes regardent ce territoire d’un mauvais œil et en nient l’existence; quelques médecins prati ciens, après avoir gardé longtemps cette attitude malveillante, commencent à annexerïune partie de la frontière occidentale.
Toute la contrée paraît habitée par des sauvages adonnés encore, autant qu’on en peut juger à distance, à de grossières superstitions. Peut-être quelques hardis voyageurs ont-ils traversé le pays à la hâte et en ont-ils relevé le plan grossier, mais leurs récits paraissent peu dignes de foi. Pourquoine pas laisser cela aux métaphysiciens ? Je le déclare, ce territoire ne leur a été que trop long— temps abandonné.
Ils ne l’ont exploré qu’avec des moyens insuffisants. Chez les grands philosophes, les connaissances physiques étaient néêessairement limitées. C’étaient des hommes de génie, et leurs écrits, convenablement interprétés, peuvent en dire long; mais ils ne sauraient nous suffire, à nous autres
SCIENCE ET SPIRITUALISME 1 03 _ .. ,- *W,fifVIl'f‘7fl-fllv* .....-«-,._ physiciens; les méthodes de ces philosophes ne sont pas nos méthodes. Ils sont un peu dans la situation de quelqu’un qui lancerait un ballon au—dessus d’une contrée et jugerait cette contrée d’après les images partielles et fugitives que lui renverrait un miroir attaché au ballon.
Peut-être ont-ils vu plus que nous ne pensons, mais ils semblent avoir deviné beaucoup plus encore qu’ils n’ont vu. Notre méthode est toute différente. Nous progres— sons lentement en partant d’une base d’opérations bien établie et en organisant le pays à mesure que nous avançons; nous établissons des forts, nous tra çons des routes et nous explorons le pays de fond en comble. Nos conquêtes sont plus lentes, mais aussi plus sûres.
Peut-être, sur ces nouveaux territoires, rencontrerons-nous les psychologues; j’espère qu’ils viendront à notre rencontre, mais ne faut-il pas que quelqu’un commence ? Sur notre frontière, la relation entre la vie et l’é— nergie parait offrir un point d’attaque. La conserva tion de la vie est un lien commun; la relation entre la vie et l’énergie est encore incqmprise.
La vie n’est pas de l’énergie : la mort d’un animal n’affecte pas le moins du monde la somme de l’énergie; toutefois, un animal vivant exerce sur l’énergie une action qu’il n’exerce plus mort. La vie est un principe diri geant qui n’a pas encore trouvé sa place dans le domaine de la physique.
Si le transfert de l’énergie s’explique par l’accomplissement d’un travail, la direction de l’énergie n’exige aucun travail, elle ne demande que de la force. Qu’est-ce donc que la force P . ..-—vpu=r..anm ..æ:afi
104 L’INITIATION et comment les êtres vivants la dépensent-ils? La totalité des choses par lesquelles chacun doit ad mettre que les actions sont guidées ne renferme t-elle pas le futur tout comme le passé, et nos tenta tives de déduction des actes du seul passé ne sont elles pas des tentatives vaines (i) ? De quelle façon la matière peut-elle être déplacée, guidée, dérangée par l’intermédiaire des êtes vivants ?
Comment s’exerce la puissance directrice qui règle les événe— ments? Peut-être le temps n’est—il qu’un mode relatif d’en visager les choses; nous progressons à travers des phénomènes à une allure définie, et nous interprétons objectivement l’avancement subjectif des faits, comme si les événements se produisaient successivement, quand, au contraire, ils existent peut-être aussi bien dans le futur que dans le passé.
Qui dit que ce n’est pas nous qui arrivons vers eux et non eux qui se pro 'duisent successivement ? Est—ce qu’un voyageur monté dans un train à vitesse invariable et n’en sortant ja mais ne serait pas tout à fait incapable de concevoir la coexistence des paysages dont la succession lui appa raîtrait, au contraire, comme nécessaire?
Qui dit que, si nous pouvions une fois arriver à concevoir l’exis— tence actuelle du passé et du futur, nous ne recon naîtrions pas plus aisément que tous deux peuvent avoir une influence sur toute action présente et que leur ensemble constitue le « plan maximum », ce tout que, me semble—t-il, nous sommes poussés à recher (1) J‘ai entendu l'expression en ré i lpar le futur », pour la première fois,_dans une conversation avec .- ‘. F1tzgerald, qui paraissait la considerer comme applicable à tousles événements, sans exception. n w'é Fi"
SCIENCE ET SPIRITUALISME 105 cher, et qui apparaît comme la fin définie et préconçue de l’action des êtres ? La matière inanimée est régie par le vis a tergo ; elle n’est influencée que par le passé (I). Réalisez certaines conditions et l’effet suivra. Les tentatives faites pour étendre le même principe aux êtres vivants et con scients ont eu peu de succès.
Ces êtres semblent tra vailler dans un but déterminé et être régis par quel que chose qui n’est pas encore palpable. Réalisez avec eux certaines conditions, et vous ne pourrez pas pré— dire à coup sûr leur action, car ils ont un sens d’option et de libre arbitre. Leurs actes sont—ils réellement arbi— traires et indéterminés — ce qui est fort peu probable — ou sont—ils régis par le futur, aussi bien que par le passé ?
Imaginons qu’il en soit ainsi, ces êtres seraient, si vous voulez, des automates, mais des automates vivants, et présenteraient tous les caractères dela vie. Mais, avec leurs connaissances purement expérimen— tales, nécessairement limitées par la capacité de la mémoire et bornées au passé, ils seront incapables de prédire les actes parce qu’ils ne disposeront pas de l’ensemble de renseignements nécessaires à cet effet.
Ne peut—on arriver ainsi graduellement à une concep tion plus claire de la vie? ' Comment la force s’exerce—t—elle, et qu’est-ce, en définitive, que la force ? C’est là une question qui ne peut guère être posée ici d’une façon intelligible, sauf pour ceux‘qui ont abordé et médité ces questions. Mais, j’ose le dire, il y a là quelque chose que n’a pas (I) Naturellement ce n’est pas une affirmation, mais une suggestion. Il eut être erroné d‘établir une telle distmctxon entre la mat1ère an1mee et a matière mammee.
106 L’INITIATION prévu la physique orthodoxe; oui, je le déclare, la physique moderne n’est pas complète et, dans la voie que j’indique, de grands progrès sont possibles. Mais allons plus loin.
Cette dépense de force, dé— terminée par un acte de volonté, par quel mécanisme s’efiectue—t-ellei’ N’existe-t-il pas une lacune dans nos connaissances entre l’idée consciente d’un mouve ment et la libération de l’énergie musculaire néces— saire à .son accomplissement? Et s’il en est ainsi, comment pouvons—nous savoir si un corps ne peut être mis en mouvement par un acte de volonté sans le contact matériel auquel nous sommes habitués ?
Je n’ai pas constaté le fait; deux ou trois tentatives que j’ai faites dans ce sens ne m’ont pas donné satisfaction, mais d’autres peuvent avoir été plus heureux. En tout cas, ne convient—il pas d’attendre de nouveaux faits avant de nier la possibilité des phénomènes ?
La dé— couverte d’un nouveau mode de communication par une action plus immédiate peut-être à travers l’éther n’est nullement incompatible, il faut le dire, avec le principe de la conservation de l’énergie ni avec aucune de nos connaissances actuelles, et ce n’est pas faire preuve de sagesse que se refuser à examiner des phé— nomènes parce que nOus croyons être sûrs de leur impossibilité. Comme si notre connaissance de l’uni— vers était complète !
Tout le monde sait qu’une pensée éclose dans notre cerveau peut être transmise au cerveau d’une autre personne, moyennant un intermédiaire convenable, par une libération d’énergie sous forme de son, par exemple, ou par l’accomplissement d’un acte méca
SCIENCE ET SPIRITUALISME 107 nique, l’écriture, etc. Un code convenu d’avance, le langage, et un intermédiaire matériel de communica tion, sont les modes connus de transmission des pen sées.
Ne peut-il donc exister ‘ainsi un intermédiaire immatériel (éthéré peut—être) P Est—il donc impossible qu’une pensée puisse être transportée d’une personne à une autre par un processus auquel nous ne sommes pas accoutumés et à l’égard duquel nous ne savons rien encore? Ici j’ai l’évidence pour moi. J’affirme que j’ai vu et je suis parfaitement convaincu du fait. D’autres ont vu aussi.
Pourquoi alors parler de cela à voix basse comme d’une chose dont il faille rougir? De quel droit rougirions—nous donc de la vérité ? Après tout, quand nous nous y serons accoutumés, cela ne paraîtra plus aussi étrange. Ce n’est peut-être qu’une conséquence naturelle de la communauté de vie ou des relations de famille entre tous les êtres vivants.
La transmission de la vie peut être comparée à beaucoup d’égards à la transmission du magné tisme, et tous les aimants sont reliés sympathique— ment, de sorte que, s’ils sont convenablement sus— pendus, toute vibration de l’un d’eux se répercute sur tous les autres, fussent-ils éloignés de t 50 millions de kilomètres.
On objecte quelquefois que, si la télépathie existe, elle ne se produit qu’avec les formes inférieures de vie et que nous y échappons à mesure que les hémisphères cérébraux se développent; que les faits que nous rele vons sont les restes d’une faculté en décadence et non le germe d’un sens nouveau et fécond; qu’enfin le progrès n’a rien à espérer de l’étude de ces phéno
108 L’INITIATION mènes. Il peut être exact que nous soyions, en effet, en présence d’un mode primitif de communication d’êtres vivants moins parfaits que nous; mais que n’avons-nous pas à apprendre dans l’étude de ces âges primitifs!
L’objection, si elle était admise, ne pourrait-elle pas être retournée contre l’embryologie, et ces phénomènes ne peuvent-ils, d’un autre côté, être considérés comme une indication d’un mode plus élevé de communication qui survivra à l’état tempo— raire auquel nous sommes habitués. J'ai parlé de l’action directe apparente de l’esprit sur l’esprit et d’une action possible de l’esprit sur la matière.
Mais nous sommes ici en pays neuf, et on peut concevoir aussi que la matière puisse réagir sur l’esprit, suivant un mode qu’actuellement nous ne pouvons imaginer que d’une façon assez obscure. Pourquoi la barrière qui jusqu’ici a séparé l’esprit de la matière ne pourrait-elle pas être écartée graduelle— ment comme l’ont été déjà tant d’autres barrières?
Pourquoi ne pourrions-nous pas arriver à une per ception plus complète de l’unité de la nature telle que les philosophes l’ont déjà rêvée ? Je ne m’inquiète pas des résultats. Ce qui m’im porte, c’est que nous fassions des recherches et que, quittant les sentiers battus, nous ne laissions pas à des profanes le soin d’ouvrir de nouveaux horizons scientifiques aux yeux qui ne veulent pas voir.
On dira peut-être que les recherches de ce genre ne sont pas des travaux de physique et ne nous regardent pas. Qu’en savez vous, tant que vous n’avez pas essayé? En cela, je me fie à mon instinct; je crois
SCIENCE ET SPIRITUALISME 109 qu’il y a quelque chose dans ces régions qui nous con cerne comme physiciens. Cela peut aussi concerner d’autres sciences; mais peu m’importe. Ainsi la bio logie s’en occupera quelque jour, mais les biologistes ont leur région; nous avons la nôtre. et nous n’avons pas besoin d’ajourner nos recherches pour savoir ce qu’ils feront.
Notre science, la physique ou philoso phie naturelle, dans son sens le plus large, est la reine des sciences : nous devons conduire, et non nous laisser guider. Et, je le répète, ayons foi dans l’intel— ligibilité de l’Univers : c’est le grand credo qui a guidé toutes les tentatives intellectuelles et assuré les pro grès scientifiques. Tout d’abord les choses paraissent mystérieuses.
Une comète, la foudre, l’aurore, la pluie sont autant de phénomènes mystérieux pour qui les voit la pre— mière fois.
Mais vienne le flambeau de la science et leurs relations avec d’autres phénomènes mieux con nus apparaissent; ils cessent d’être des anomalies, et si un certain mystère plane encore sur eux, c’est le mystère qui enveloppe les objets les plus familiers de la vie de chaque jour. _ Conduites au hasard, les opérations d’un chimiste ne seraient qu’un mélange indescriptible d’efferves cences, de précipités, de changements de couleur et de nature; mais, guidées par la théorie qui groupe et coordonne les faits, ces opérations deviennent intelli gibles, et les explosions mêmes qui peuvent se pro duire sont susceptibles d’explications. D‘ailleurs la doctrine de l’intelligibilité ultime de vrait être adoptée aussi dans les autres branches de la
I 10 L’INITIATION science. Jusqu’à présent, nous avons trop hésité à pénétrer dans ce nouveau domaine, mais bientôt nous l’envahirons.
Déjà les aberrations mentales, les ano malies de l’hypnotisme, double personnalité, et autres phénomènes analogues, préoccupent la science offi cielle; les phénomènes du crime, la conception scien tifique et l’explication de l’altruisme_, d’autres sujets encore sont ou vont être attaqués par les forces de la science. Des faits si étranges qu’ils ont été considérés comme miraculeux ne sont plus regardés comme entièrement incroyables.
Tout paraît raisonnable contemplé du point de vue convenable. Et d’ailleurs n’accorde-t-on pas foi à des faits d’essence absolument merveilleuse? Quel résultat plus incroyable peut—on imaginer que celui qu’on obtient en soumettant à l’action d’une ch aleur déterminée un œuf d’oiseau, et quel ne serait pas l’étonnement de celui appelé à le constater pour la première fois P Les possibilités de l’Univers sont infinies comme son étendue physique.
Pourquoicher cher toujours par en bas et nier à priori l’impossibi lité de choses qui sortent de notre conception ordi maire? Si le libre arbitre est une énigme, attachons-nous à en trouver la clef. Qui dit énigme dit demi-science; avec le temps nous arriverons à serrer de plus près la vérité.
Pour moi, il n’y a pas de doute, nous ne devons reculer devant aucun problème quand le moment paraît venu de s’y attaquer; nous ne devons pas hési ter à poursuivre librement la recherche des lois mystérieuses encore qui régissent la vie et l’esprit.
SCIENCE El‘ SPIRITUALISME I I I Ce que nous savons n’est rien auprès de ce qui nous reste à apprendre, dit-on souvent, quoique par fois sans conviction. Pour moi, c’est la vérité la plus littérale, et vouloir restreindre notre examen aux territoires déjà à demi conquis, c’est tromper la foi des hommes qui ont lutté pour le droit de libre examen, c’est trahir lesespérances les plus légitimes dela science.
Me voici bien loin, en apparence, des travaux de notre section. Peut-être m’en suis—je écarté plus que de coutume, plus qu’il ne convenait.
C’est que je con sidère que ces larges échappées sont utiles et que de telles excursions sont nécessaires pour arracher les esprits à l’action énervante de notre besogne quoti dienne, pour les soustraire à l’influence alourdissante que finit par exercer la tension continuelle de l’esprit absorbé par l’analyse des petits faits.
Mais nos tra vaux s’attaquent à la trame rigide des faits, au sque lette de l’Univers, etquoiqu’il soit bon de rappeler de temps en temps que la texture, la couleur et la beauté, que nous laissons généralement de côté, n’en existent pas moins, il nous faut revenir bien vite à notre point de départ, et reparler de la science à laquelle nous sommes habitués et que l’expérience a justifiée.
J’en suis convaincu , cette marche systématique peut aujourd’hui être dirigée dans une voie nquvelle et ' inattendue; c’est pourquoi j’ai essayé d’attirer votre attention sur un sujet qui, si mes prévisions sont exactes, peut devenir d’un intérêt {tout particulier pour l’humanité. (Extrait de la Revue Scientifique.) 0.-J. Loves.
PARTIE INITIATIQUE finiversité libre des ÿautes Études (Suite et fin.) Il. — Lois sociales (Ethnogénie) I. —— Embryogénie, vie et psychurgie des familles, des peuples et des races. . La condition de vitalité, de longévité (et même d’immortalité) est l’obéissance aux lois de la vie uni verselle synthétique comprises et acceptées. Loi de vie et loi de mort des révolutions (Saint—Yves, France Vraie).
2. -— Les groupes sociaux progressent en passant successivement par les trois formes [religieuse, politi que, économique] (I) Ils naissent, vivent et meurent. Donc le progrès social est en spirale (par cycles), non en ligne droite. L'histoire générale du passage du pouvoir à travers les peu ples résumée et commentée par leurs tempéraments et leur époque. (Il Lejay, Économie philosophique.
_L’UNIVERSITË LIBRE DES HAUTES ÉTUDES II3: 3.— Ce qui caractérise l’histoire de l’humanité, c’est la lutte continuelle des deux principes extrêmes (d’unité et d’individualité, de religion et d’économie) sur le domaine de l’intermédiaire, lutte qui s’accentue par le passage du particulier à l’universel. Étude psychurgique. État des peuples (des familles et des races) après leur mortgAme des groupes sociaux;son influence sur les peuples Vivants.
III. — Ethnologie (Principes de l'Homme social) I. —- Dans la société (comme dans l’ensemble de la Nature ou dans l’homme individuel), il y a trois mondes ou sphères (I). 2. — Il ya progression de l’une à l’autre;donc (la Famille, le Peuple, la Race), la Société a une rai son d’être, une fin. Cette fin est la synthèse universelle, au moyen de la spiritualisation de l’Humanité par la Fraternité, autrement dit la réintégration de l’homme universel.
3. —La Société avec ses trois puissances corres pondant à ses trois mondes ; I° Providence (religion) ; 2° Volonté (aristocratie et oligarchie) ; 3°Destin (passions et besoins économiques). 4. —La perfection, l’idéal est dans l’union de ces trois puissances (donc des trois principes, des trois or dres et des trois gouvernements du tableau précédent) dans une hiérarchie harmonieuse.
La formule en est : Connaître la Providence et lui obéir pour commander au Destin par la Volonté. C’est la Synarchie. (I) Fabre d‘Olivet, Saint-Yves, \‘Vronski.
1 14 L’INITIATION 3* Trimestre (L'Homme universel) 1. — Adam-Eve Origine première de l’homme (1). Ages successifs de l’homme universel (2). Il. — Lois d'évolution La Chute et la Rédemption (définies et décrites) (3). Les Messies de tous degrés. L’Inz‘tz’ah‘on (4), l’Église militante et l’Église triomphante (5).
HI. — Les Principes L’homme comme nœud qui unit la Divinité àla Matière... comme voie d’exaltation dans le corps, d’a baissement dans l’Esprit divin (6). Il est l’énigme que le Sphinx symbolise (7). Partie pratique de la. 2° année. 1. — Pra tique réelle I. — L'Homme individuel " Physiognonomie ) Chiromancie Graphologie - / \ Hypnotisme et Magnétisme élémentaires. Études du langage au point de vue occulte.
Symbolisme des lettres (pratique du Verbe). Les Mantras (effets de la Parole). _ ' Exercices de Volonté (statuvolence, etc.). Méditation pratique. (physiologie). Psychologie. Physiologie. (l) Platon. . z Mohini (Mam.), Fabre d’0hvet. Saint-Yves. 3 Sohar, Abbé Roca, Perfect Way, Theosophz’st, etc. Schure, Wronskl. gJeanne D’Arc. de Saint-Yves. 6) Fabre d'Olivet. (7) E1. Lévi.
L’UNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES 115 j Clairvoyance. Clairaudience. Psychométrie. Extase. Mé diumnité (explication du piutôt passives. spiritisme). Influences phy— (Observation sIologiques sur cette pra ’ . .. transcendante). “que °.u de la diète f’n POSSIbIIIté occultisme. Végétar1a— de l'Homme nisme. Nourritures di individuel. verses. Parfums. Narco tique.
Maniement de la lumière as Actives trale. (Alchimie transcen (réalisationstransdame.) Nécromancie. Ma cendante5). gie proprement dite (noire j et blanche).Thérapeutique. Il. — L'Homme social Fraternité mise en pratique. Connaissance (avec affiliation facultative) des socié tés secrètes: F rancs-maçons Rose—Croix,Templiers( I ), III. — L'Homme universel Initiation (ancienne, chrétienne, moderne); son his— toire, ses formes, son caractère (2).
La_distinction de l’Orient et de l’Occident et généralement I'Ini tiation ne seront compris complètement qu’après la troisième année. 11. —— Pratique morale I. — L'Homme individuel Pratique de la Purification des Vers Dorés de Pythagore. Connaissance des hommes (aidée de la physiologie) de charité. (r \Vronslri. 2 Jamblique, Papus, E. Levi.
i 16 L'INITIATION Domination des passions (exercices continuels de volonté morale). Prière. comme acte de sympathie et de soumission à la Volonté universelle. Appel de la Volonté humaine à la Providence pour gouverner le Destin. Il. -— L’Homme social Étude, propagande et organisation de la synarchie. Action légale sur le public et les gouvernements pour arriver à sa réalisation.
HI. — L’Homme universel Obligations correspondant aux Possibilités de l'Homme (i). L’occulte ne doit (et ne peut) être employé — même dans le développement individuel — qu‘en vue du perfectionnement de l’Humanité, de la participation à la Vie et à la Volonté universelles (2). 3° ANNÉE (COSMOGONIE) Partie théorique du 1er trimestre (la Substance) (3) I. — Cosmogonie statique (descriptive) 1. — Puissances universelles.
1° L’atome (Infinité, multiplicité). D’après la science positive même généralement considérée comme centre de résistance et de répulsion, point mathéma tique. (x) E. Levi, tous les oecultistes sans exception. 2) 50110 nhauer, l-Iartmann (dans le même sans). 3) Misswn des Juifs, chap. 11 et in.
L’UNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES II7 a w 7 . r-«r w—w—- 2° Laforce (lumière astrale vivante) (I) ; 3° La lumière astrale (inerte) (2) ; 4° Leurs rapports. Proportion du matériel et du spirituel. Distribution de la force et de la matière : Sur la Planète (les Éléments) (3); Dans le système solaire (Soleil, planètes. Satellites, Zodiaque) (4) ; Dans les Constellations (ou systèmes de Soleils); Dans l’Univers. Hiérarchie des centres de forces.
I I. — Puissances individuelles (Ontologie). A chaque sphère correspond une puissance indivi— duelle (5). Union de substance et d’essence (esprit lo— calisé pour animer la sphère substantielle correspon« dante. ' _ _ Élémenta1res (transntorres, mortels). Il y en a donc . . . Humains (pouvant devenu Immortels). 3 mondes : Célestes (immortels). Description des Hiérarchies de l’Invisible.
Il. — Cosmogonie dynamique (ou Biologie cosmique) 1° Involutions (passage de l’Essence à la sub tance) (6). Les anges, les Elohim. Création (définition et descriptions); 2° Évolution (retour de la substance à I’Essence (7); Batbie (sur la lumière), Hirn, etc, . E1. Levy. etc., Papus(‘1’raite’). Mission desJuzfs, p. 55. Tableaux Cabbalistes. E. Levy, Hist. de la Magie, p. 470. E. l.evy. Sepher, S. Yves, Denis l’Aréop. Bœhm, St-Martin, Sepher, Secret Doct. Esot., Bouddhisme, etc. J Papus(Traîtë). «M A« mu«a’G;;;«/ G
l 18 L’INITIATION 3° Influence continuelle des Êtres supérieurs sur les inférieurs de l’Esprit sur la matière; 4° Théories cosmiques de l’antiquité, du moyen âge, des temps modernes ( i ). 2° Trimestre (le Verbe, les Lois) (Lois cosmiques universelles ). Jours de Brahma. Pralaya et Manvantara. Création continue, Vie et mort des Univers (2).
Les Cycles et leurs divisions. - L’Évolution planétaire : Infrahumaines préincarnation Lesvies individuelles humaines sort après la mort vie future suprahumaines (immortalité). 3e Trimestre (1‘Essence) Les Principes et leur génération (objet et titre d’un livre i’0rphée) (3). ' 1 olarisation dualistique de l’Absolu. Espace et Temps. Nombre. Objectivité et Subjectivité.
Trinité (explication des trois personnes). (i)Egypte, M_0ïse et Pythagore, Inde, Platon et les classiques; la Cabale alexandrine. * (2) Mission des Juifs, Papus (traité), Boudd., Chaboseau (Secret. Doct. Esot. Boudd., Dupuis, etc. (3) Wronski, Saint-Yves, D'Olivet, Saint-Martin.
L’UNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES I Ig Partie pratique de la 3° année Réelle Astrologie. Correspondances. Magie céleste (ou transcendante). Théurgie (I). ‘ La Messe et le Culte. Morale Méditation. Prière. Exercices de spiritualisation (2). 4° THÉOGONIE I. — (Monde naturel). Dieu et les Dieux Synthèse de toutes les doctrines (ou Ésotérisme), l’Orient et l’Occident, Paganisme et Christianisme.
Des formes religieuses (Histoire des religions et des Traditions). Recherche de leurunité, de leur interprétation. Causes et solutions de leurs antagonismes. Des Messies (3). ’ Christ-solaire. Il. — (Monde intelligible). L'Ahsolu (4) De la philosophie et de la Religion. Livres sacrés de toutes les Nations. Les définitions de Dieu ne sont que les aspects di— vers de l’Absolu (les noms divins de la Kabbale). (I Saint-Yves, Ragon.
2 Vers dorés de Pythagore, troisième partie. 3 Schuré. 4) Platon et Aristote, néoplatonicîens Hégel, Schepenhauer, Hart— mann.
I 20 L’INITIATION III. — L‘Innommablp Accord de la philosophie et de la Religion sur l’In connaissable. Il est perceptible par l’Esprit et I’Extase. Pratique correspondante ' Exercices de spiritualisation (I). Mysticisme proprement dit. (Contemplateur et créateur).
Actif et passif (2). g 2. — Mode d’enseignement I. —— L’élève doit par—dessus tout travailler par lui même; l’école ne doit fournir qu’une direction et l’aide nécessaire pour soutenir le travail personnel. Le cours oral servira surtout à présenter l’occulte d’après les points de vue modernes, à l’adapter aux sciences positives, à élever ces sciences jusqu’à l’éso— térisme et à en faire connaître toute la bibliographie ancienne ou moderne.
Il ne comprendra donc point nécessairement toute la suite de l’enseignement dans tous ses détails; mais les traits principaux éclairés par des développements spéciaux sur les points que le professeur jugera néces saires, et des commentaires détaillés d’ouvrages clas_ siques.
2. —— En outre des cours, les élèves recevront, dans des conférences intimes, les conseils théoriques (éclaire (I) Imitation de J.—C., Bœhm, Lavater, etc. (2) Lumière sur le Sentier.
L’UNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES I2I cissements, bibliographie), pratiques et moraux qu’ils solliciteront ou qui paraîtront nécessaires. ' 3. —-— Enfin il y aura aussi des conférences périov diques et fréquentes entre les élèves, sous la présidence d’un professeur qui devra leur laisser la plus grande latitude.
53. — Division des cours I. — La distribution devra en être faite d’après le programme : le nombre d’élèves, le nombre de profes seurs. ’Elle doit donc être laissée à l’autorité chargée de surveiller et d’organiser l'enseignement, selon les circonstances.
2. — Il sera bon que les cours et conférences soient faits de grand matin: Afin de ménager la journée à tous ceux dont le temps est compté; Afin de prendre l’heure de la journée où l’esprit est le plus ouvert; Afin d’accoutumer l’élève à la discipline du sommeil. 11 Collation des grades I. -— Dénomination des Grades.
Il y aurait tout intérêt à éviter celles de l’Université, pour éviter l’ap parence de dogmatisme cristallisé dont ces titres sont le symbole; Et pour éviter toute confusion pouvant attirer même des réclamations officielles. Les dénominations pourront être empruntées aux mystères anciens, ou simplement nommés par l’an . 4.. . .‘.À_mluml
I 2 2 L’INITIATION née (ce qui, cependant, aurait l’inconvénient de man quer de prestige et de valeur symbolique.
2. -— L’esprit de ces degrés, qui doit indiquer aussi celui de l’examen, doit être : ' Pour le premier degré (fin de première année), prépa rer des citoyens, devant rentrer simplement dans le public, propagateurs futurs de l’idée théosophique; Pour le deuxième degré (fin de deuxième année), préparer des hommes capables des réalisations so ciales; Pour le troisième degré (fin de troisième année), préparer des hommes propres à l’enseignement et à l’apostolat ; Pour le quatrième degré, préparer des candidats à l’Initiation.
3. — De I’Examen. De sa nature. Il sera triple : Description des Hiérarchies de l’lnvisible. l. — Physiologique. Appréciation du tempérament. Il. — Intellectuel ) Thé°”.que . et pratique. - ( Théorique III. — Moral et pratique. Appréciation du caractère et des ( capacités actives.
De son mode : I° Il ne pourra être fait par les professeurs qui ont instruit l’élève (afin de laiSser toute faculté à l’origi— nalité de ce dernier); Actuellement, s’il parait difficile d’avoir un corps de protes seurs différent du corps d’examinateurs, il suffira que les pro fesseurs d’un cours n'examinent pas surles matières de ce cours, et que, du moins, on leur adjoigne des examinateurs non pro. fesseurs.
L’UNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES 123 2° Il se composera de: A. Jugement moral et d’estime, porté par les condis— ciples du candidat, et au scrutin secret. B. Jugement par les professeurs. réparti sur toute l’année et formulé par les mois, d‘après les notes prises dans les rapports quotidiens. C. Jugement par le jury d’examen et par chaque examinateur.
Ces jugement isolés ne seront réunis que par un jury spécial chargé simplement de son dépouillement et de la prononciation du jugement d’après des règles à établir. Ce jury devra être pris en dehors des exa minateurs et professeurs).
III Professeurs Recrutement I. — La tendance doit être que: Le Groupe ésotérique soit, dans ses grades supé rieurs, l’Académie (où la science se formule et se dé— veloppe); dans ses grades inférieurs, le vestibule de l’École. Et l’Université libre des hautes études, l’École d’enseignement. On n'attendra des professeurs que du travail sans rému nération ni bénéfice. Ils doivent particulièrement donner l’exemple du dévouement et du courage. Donc les professeurs seront recrutés dans les grades supérieurs du groupe ésotérique.
124 L’INITIATION 2. — Ils devront être pourvus des grades de l’école, ou en avoir été formellement dispensés par le comité d’examen. 3. — Ils seront nommés par un jury composé: du Comité d’examen del'école et de membres de la com mission d’enseignement du groupe des études ésoté— riques (art. 15 du règlement). Fonctions I. — Cours réguliers (indiqués seulement par la division des cours et le programme, avec toute latitude pour les dévelopements).
2. —— A raison de deux cours par semaine, sa voir : 1° Un .cours méthodique pour l’ensemble de la théorie ; ‘ 2° Un cours commentant les auteurs indiqués par la commission d’enseignement et ceux que le professeur y voudra ajouter.
Plus une conférence au moins par semaine. (Les élè. ves auront dû poser leurs questions par écrit et au moins unjour à l’avance.) 3. —— Rédaction chaque année du cours qu’ils au ront; fait pour être conservé à l’école, qui aura droit de le publier moyennant des droits d’auteur au pro— fesseur. Ces résumés pourront être utilement confiés aux élèves, au choix des auteurs, à condition d’être revus et approuvés par ceux-ci.
L’UNlVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES 125 IV Des Elèves Recrutement I. —- Admission facile à l’école et aux cours de l" armée. Examen de fin d’année (1" grade) très sérieux. De même pour les 2e et 3e grades, examens très sé rieux et inadmissibilité au 2" cours pour qui n’aura pas le diplôme de I“ degré. 2. — Formalités : Présentation de deux élèves pour vus du diplôme du 1‘" degré, ou de deux membres titulaires du groupe ésotérique.
Examen sommaire sur les notions que le candidat ' peut avoir en occulte; ses idées philosophiques (Dieu, l’homme ou la nature); ses connaissances historiques, littéraires et scientifiques; son tempé rament. 3. — L’admission sera prononcée par le comité d’examen de l’école. Droits 1. -— Aux cours, aux conférences, à la bibliothèque, aux séances d’expérimentation du groupe ésotérique (selon le grade en préparation).
L’élève sera de droit membre associé du groupe ésotérique. Discipline l. —— Fréquentation des cours : On n’y sera admis que sur une carte portant la photographie. Les pré sents s’inscriront à l’arrivée (bien que la fréquentation
I26 L’INITIATION soit secondaire, le travail personnel étant l’essentiel). 2. —- Peines : La réprimande; Le blâme public; L’exclusion. Elles seront prononcées par le Comité exécutif de l’école, l‘élève entendu. Le comité d’examen décidera, en cas de refus, si le candidat sera ou non admis à se représenter.
L’exclusion pour des motifs purement moraux sera prononcée par un jury comprenant des condis ciples élus, des professeurs et des membres titulaires du groupe ésotérique. L’exclusion de l’école n’emportera pas de droit celle du groupe ésotérique.
V Organisation générale I. —Sur le plan synarchique {comme celle du groupe ésotérique) : / d‘enseignement 3 des cours. se arta eant p g des examens. en comités Discipline des élèves et des 3 commissions professeurs. -— Distribution d’exécution des cours. — Jugement dé finitif pour la collation des grades. ‘ des finances. Adjoints: 1° Un membre dela commission d’ensei gnementnommé par elle et celle d’exécution faisant fonction de recteur;
L’UNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES 127 2° Un secrétaire-trésorier ; 3° Un bibliothécaire. 2. —-—Au début l’École sera constituée par la com mission d’enseignement du groupe ésotérique. Les sociétaires seront nommés pour trois ans. Le nombre n’en sera limité que par les nécessités de l’École. Tous les sociétaires devront être capables d’ensei gner (pourvus du grade supérieur, sauf la dispense spéciale).
La commission de finances fera l’objet d’une élec tion spéciale par la commission d’enseignement jointe à celles de finance du groupe ésotérique (ou par la commission de finances avec approbation de celle d’enseignement). Les membres pourront n’être pas astreints au grade de professeur.
Les deux autres commissions intérieures de l’École seront nommées ensuite par les sociétaires de l’École une fois constituée; l’École y ajoutera de la même manière le tiers des membres de la commission des finances. Les programmes seront établis par la commission d’enseignement (avec l’approbation de la commission d’enseignement du groupe ésotérique) (P) La division des cours sera établie par le comité d’exécution. LF.-CH. BARLE’I‘.
‘Î PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE (SPIRITISME) La IPIÊIËNSPRII‘!‘ CHAPITRE IV (1) COMMENT LE PÉRISPRIT A PU ACQUÉRIR DES PROPRIÉTÉS FONCTIONNELLES.
SOMMAIRE: L’évolution animique. —- Théorie cellulaire. — Dans les organismes, même rudimentaires, il faut la présence du principe périsprital.— Différenciation des cellules originaire ment semblables lors de cette formation. — Mouvements qui se fixent dans l’enveloppe. — Naissance et développement des instincts. — L’action réflexe, son rôle, inconscience et con science. — Progression parallèle du système nerveux et de l‘intelligence. — Résumé.
La nature est la grande éducatrice; en elle seule réside la vérité, et celui qui sait la voir d’un œil phi losophique, en découvre les secrets ressorts qui restent voilés aux yeux de l’ignorance. Les lois qui dirigent les évolutions si variées de la matière physique ou vivante, montrent que rien n’apparaît subitement et à l’état parfait. ' (1) Extrait d'un livre en préparation.
LE PÉRISPRIT 129 Le système solaire, notre planète, les végétaux, les animaux, le langage, lesarts, les sciences, loin d’être éclos spontanément, sont le résultat d’une longue et graduelle ascension, depuis les formes rudimentaires jusqu’aux modalités que nous-mêmes connaissons aujourd’hui.
L’âme humaine ne saurait faire exception à cette loi générale et absolue ; nous constatons sur la terre qu’elle passe par des phases qui embrassent les mani festations les plus diverses, depuis les humbles et rudimentaires conceptions de l’état sauvage, jusqu’aux magnifiques efflorescences du génie dans les nations civilisées. Notre ex‘amen rétrospectif doit-il se borner là ?
Devons—nous croire que cette âme qui gouverne chez l’homme primitif un organisme aussi compliqué, a pu acquérir subitement les propriétés si variées et si bien adaptées aux besoins de l’individu? Notre induction doit-elle se borner aux êtres qui ont les mêmes carac— tères physiologiques que les nôtres?
Nous ne le croyons pas, car les transitions insensibles qui nous amènent physiquement de l’homme à la matière, nous les re— trouvons dans le domaine intellectuel avec les mêmes dégradations successives, ainsi que nous l’avons dé— montré précédemment ( 1). C’est donc au début de la vie intelligente qu’il faut s’attaquer pour trouver, sinon l’origine de l’âme, du moins le point de départ apparent de son évolution à travers la matière. C’est avec intention que nous disons le point de (I) Voir lejournal le Spiritisme de septembre r891. -. rm e . -._...
I 30 L’INITIATION départ apparent, 'car nous ne pouvons conclure légi timement à l’existence de l’intelligence, que là où elle se manifeste avec certitude; or, comme le système ner— veux est l’organe indispensable de cette manifestation, qu’il est intimement lié à la vie animique, il en résulte que nous étudierons les organismes depuis le moment où l’on observe les premiers vestiges d’une organisa tion nerveuse.
Ce qui nous détermine encore à procé— der ainsi, c’est que l’âme nous apparaît comme indivi sible dans l’homme, et que rien ne nous autorise à supposer qu’il en soit autrement dans la série ani male; de sorte que les premières lueurs de l’instinct sont les signes révélateurs de son action, mais il est peut-être possible de remonter plus haut et de voir dans l’irritabilité et la inotilité, des formes intérieures de l’âme.
Quoi qu’il en soit, de cette hypothèse, il suffit amplement à notre sujet de partir des animaux rudimentaires comme les zoophytes, pour comprendre comment le périsprit a pu acquérir lentement par des transformations incessantes ses propriétés fonction— nelles.
Malgré les preuves nombreuses que nous avons accumulées dans le chapitre précédent pour montrer l’identité du principe qui dirigè'l’animal et l’homme, il ne nous parait pas inutile d’établir expérimentale ment l’existence du périsprit animal ; nous emprun tons ces faits à M. Dassier (I), qui ne peut guère être soupçonné de tendresse pour le spiritisme; son témoignage n’en aura que plus de valeur. (I) Dassiei‘, l'Humanx’te’ posthume, p. 83 et suivantes.
LE PÉR15PRIT I 3 I .‘ fl. ‘ .ÿ,.N«.V À I.. ) .. \ , -.A. « Vers la fin de 1869, me trouvant à Bordeaux, dit-il, je rencontrai un soir un de mes amis qui se rendait à une séance magnétique et qui me proposa de l’accompagner. « J ’acceptai son invitation, désireux de voir de près le magnétisme que je ne connaissais alors que de nom. Cette séance n’ofïrit rien de remarquable ; c’était la répétition de ce qui se passe dans les réunions de ce genre.
Une jeune personne paraissant assez lucide, faisait l’office de somnambule, et répondait aux ques tions qu’on lui adressait. Je fus cependant frappé d’un fait inattendu. Vers le milieu de la soirée, une des personnes présentes ayant aperçu une araignée sur le parquet l’écrasa du pied. « Tiens! s’écria au « même instant la somnambule, je vois l’esprit de « l’araignée qui s’envole.
On sait que, dans la langue des médiums, le mot esprit désigne ce que j’ai appelé le fantôme posthume. .
« —— Quelle est la forme de cet esprit? demanda le magnétiseur. — Il a la forme de l’araignée, répondit la somniloque. » M. Dassier ne sut que penser d’abord de cette réponse, lui qui ne croyait pas à la survivance d’au cune forme chez l’homme, n’en admettait pas davan tage pour les animaux; mais il changea bientôt d’avis, car il cite un grand nombre de manifestations pos thumes d’animaux, et toujours ceux-ci apparaissent dans la forme qu’ils avaient sur la terre.
Il croit même possible le dédoublement de certains animaux pen dant la vie terrestre. Quelle que soit sa manière de voir à ce sujet, il est
1 32 L’INITIATION certain maintenant que ce qui a été appelé lumière odique par Reichenbach (r), doublure fluidique par la voyante de Prévorst, fantôme posthume par M. Das sier, n’est autre chose que le périsprit, c’est—àdire l’enveloppe del’âme, et que, chez les animaux comme chez l’homme, le principe pensant est toujours indi vidualisé dans le fluide universel (2).
Nous constatons expérimentalement, au moyen du spiritisme, le principe de la réincarnation de l’âme hu maine; et la loi de continuité que nous avons signalée dans les êtres vivants, nous permet de croire que l’âme animale est soumise à‘la même obligation. Le prin cipe intelligent viendrait ainsi habiter successive ment des organismes de plus en plus perfectionnés, à mesure qu’il devient plus capable de les diriger.
Nous pouvons fournir deux preuves de cette manière de voir qui viennent confirmer la théorie de la réincar nation animale, Les Monistes, qui nient l’existence de l’âme en tant que réalité distincte de l’organisme, ont recours, no tons-le bien, à des hypothèses, à des affirmations sans preuve lorsqu’ils se trouvent en présence de cer tains phénomènes inexplicables par les seules pro priétés de la matière.
C’est ainsi qu’ils la dotent, non seulement celle du système nerveux, mais toute ma tière, dela mémoire, cette faculté essentiellement cons ciente. Eux, qui reprochent si amèrement aux spiri tualistes l’abus de la métaphysique, en imaginent une infiniment moins compréhensible que celle de Platon, r Reichenbach, Lettres odiques magnétiques. {2 Rapport du docteur Kerner.
LE PÉRISPRIT 133 _-|q!l” .j.,._. . _. .— .< - -- gn‘a:r --..;_.- s r»."'3 ."??""\"s. - r"' - * -.« i'. de Bossuet ou de Descartes ; mais laissons parler les faits.
M. Vianna de Lima (1) s’exprime ainsi : « L’insurmontable répugnance, l’horreur instinc— tive, inconsciente, que nous inspirent encore certains animaux inoffensifs ou dont l’aspect du moins nous devrait laisser indifférents, cette crainte ou répulsion innée, ne peut, dans certains cas, s’expliquer que par l’hérédité ou la mémoire organique ; nous la tenons de nos ancêtres qui, eux, avaient eu fréquemment à souffrir de ces animaux.
Il nous serait facile de don ner ici de nombreux faits à l’appui de cette assertion ; contentons-nous d’un exemple de même nature, très instructif et moins connu, exemple qui a été d’ailleurs souvent vérifié par divers observateurs.
« Si dans une écurie on fait la litière des chevaux avec de la paille qui a servi dans la cage de lions ou de tigres, les chevaux. dès qu’ils auront senti l’odeur de cette paille, seront pris d’une terreur folle et s’efforce— ront de fuir : «Bien des générations de chevaux domes— tiques,adit Laycock, qui le premier a rapporté ce fait, bien des générations ont dû se succéder depuis que le cheval sauvage, que nous devons supposer l’ancêtre de l’animal domestique, 3 été exposé aux attaqùes de ces représentants de la race féline.
Cependantces che— vaux qui, depuis de nombreuses générations, sont nés dans nos écuries, et dont il est aisé de s’assurer qu’ils n’ont aucune expérience propre du danger (n’ayant même souvent jamais vu de bêtes sauvages) reconnais— (I) Vianna de Lima, Exposé sommaire des théories transformistes, page 72.
134 L’INITIATION sent encore l’odeur des terribles ennemis de leurs loin tains ancêtres. » Ce ne peut être la matière vivante de ces chevaux qui ressentait cette terrible impression, puisque, de puis les époques éloignées où le cheval vivait à l’état sauvage, la matière du corps physique a été renouvelée complètement sans qu’il en soit resté un atome, et cela des millions de fois.
Les molécules tirées de la nourri ture, du foin, desgrainsetc.,qui composent la forme ac tuelle du cheval ne connaissent pas le lion ou le tigre, puisqu’elles n’ont pas de conscience. Comment alors expliquer la peur de ces animaux ?
Si nous supposons qu’il y a un principe intellectuel dans l‘animal, que ce principe est revêtu d’un périsprit dans lequel s’emmagasinent les instincts, les sensations et que la mémoire provient d’un réveil de ces instincts et de ces sensations, tout devient compréhensible.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets, les ani 'maux domestiques sont les mêmes êtres qui vivaient anciennement àl’état sauvage, et l’odeur des fauves réveille dans leur enveloppe fluidique des souvenirs qui se rattachent à la souffrance et à la mort sous la dent des carnassiers; de là leur frayeur.
Chez l’homme, le sentiment instinctif de répugnance pour les espèces animales provient des couches les plus profondes de notre moi, ce sont les sensations éprouvées par l’être humain dans son passage dans la série animale; aussi est—ce sous forme instinctive qu’ils se manifestent, et nous allons voir tout à l’heure comment tous nos actes découlant de l’instinct ont la même origine. On n’a pas éclairci ce point si important du méca
LE PÉRISPRIT I3 5 nisme organique dans l’homme, on ne l’a jamais étu dié que dansles sciences naturelles; mais, sans remon ter jusqu’à la cause de ces phénomènes, les théories monistes, matérialistes, etc., ne peuvent se tirer d’af— faire qu’en supposant à la matière des propriétés 'qu’elle n’a jamais manifestées. Le spiritisme, au contraire, n’invente rien.
Cette doctrine démontrant l’existence du périsprit, montrant que cet organe reproduit fluidiquement la forme cor— porelle des animaux, qu’il est stable au milieu du flux perpétuel des molécules vivantes, il en résulte que c’est enlui que s’incorporent les instincts et les modifica tions de l’hérédité.
Comme il est immuable au mi lieu des changements incessants dont l’homme est le théâtre, il contient pour ainsi dire le code des lois qui dirigent l’évolution de l’être.
Ala mort il ne se dissout pas, il constitue l’individualité du principe intelli— gent et il enregistre chaque modification que les nombreuses et successives existences déterminent en lui, de sorte qu’après avoir parcouru toute la série, il devient apte à conduire, à diriger, même à l’insu de l’esprit, des organismes très compliqués.
Il y a dans cette progression quelque chose d’analogue à ce qu’on remarque lorsqu’un pianiste exercé déchiffre à pre— mière vue une partition nouvelle; comme il a as— soupli par un long exercice le mécanisme du cer» veau, du bras et des doigts, aux mouvements les plus divers de sa volonté,il n’a plus à se préoccuper de ces difficultés matérielles qui sont insurmontables pour le débutant; il n’a qu’à lire la partition, et ses or ganes Obéissent automatiquement à son esprit. Mais '
I 36 L’INITIATION que de peine et de labeur avant d’arriver à ce résul— tat ! Cette manière d’envisager l’utilité indispensable du périsprit deviendra encore plus claire à mesure que nous comprendrons mieux la nature des actions si complexes qui ont pour résultat la vie physique et intellectuelle des animaux et de l’homme.
L’atavisme, c’est-à—dire le phénomène par lequel dans une race animale naît tout à coup un individu reproduisant des caractères depuis longtemps dis— parus et qui spécifiaient les ancêtres, est une seconde confirmation de notre manière de voir. On le constate assez fréquemment chez les animaux, et les naturalis tes l’attribuent à l’hérédité; mais, pas plus que précé demment, on ne peut comprendre le rôle de cette force.
Nous verrons plus loin comment et pourquoi ce phénomène peut se produire; il nous suffit de le signaler en passant. LA THÉORIE CELLULAIRE On ne peut comprendre clairement le rôle du sys tème nerveux dans l’organisme, et dès lors celui du périsprit, que si l’on a des idées bien nettes sur la manière dont les êtres vivants sont constitués.
Il est donc indispensable d’exposer ici les résultats auxquels la science contemporaine est parvenue, au sujet de la nature intime des végétaux et des animaux. Les médecins, les naturalistes, les philosophes parlent constamment, dans leurs écrits, de substances vivantes, de molécules organiques, de matière orga nisée, de tissus, d’organes, etc., mais bien peu don nent de ces termes une définition précise. Chez les
LE PÉRISPRl'I’ 137 m-æfl4,; fis. ’. animaux supérieurs on remarque de la chair, des os, des tendons, des nerfs, des vaisseaux, des mem branes, etc.; De quoi sont faites ces parties diverses ? Peut-on retrouver dans chacun d’eux des éléments constituants identiques dont la variation auraitdonné naissance à ces produits qui paraissent si différents ? C’est le problème que la science a résolu maintenant.
Déjà le célèbre Bichat avait apporté un peu d’ordre dans les idées en divisant toutes les substances dont le corps est formé, en tissus présentant partout et tou— jours les mêmes propriétés, quels que soient les êtres vivants chez lesquels on les étudie. Puis, la pensée que ces tissus étaient formés de parties simples sem blables constitutivement pour chacun d’eux était émise par Oken.
Johannès Muller développacette théorie qui fut aussi celle de Schleiden, et enfin Théodore Schwann démontra que tous les tissus sont formés de cellules qui ne diffèrent de celles des végétaux que par la variété de formes qu’afi‘ectent les cellules animales et par leur membrane enveloppe, généralement très mince.
Il résulte de ces travaux la certitude que l’organisme d’un végétal ou d’un animal quelconque provient de la réunion, de l’association d’un nombre immense de cellules. Les parties différentes du corps de l’animal ou de la plante sont dues aux modifications que les cellules ont subies.
En chimie les produits les plus complexes peuvent toujours être ramenés par une suite de décompositions successives aux éléments premiers, aux corps simples dont ils sont formés; de même en histoire naturelle, la cellule apparaît comme le résidu ultime de l’étude de plus en plus approfondie 1‘
138 L’INITIATION des tissus les plus différents; c’est l’élément anato mique par excellence, la molécule organique avec laquelle tous les êtres vivants sont construits. Mais cette cellule, comment est-elle faite? Bien que ses formes varient extraordinairement, elle se com— pose toujours de trois parties: 1° un noyau solide qui est dans l’intérieur; 2° un liquide qui baigne le noyau; 3° une membrane qui enveloppe le tout.
La partie essentielle, vraiment vivante, est le liquide auquel on a donné le nom de protaplasma. De sorte que ce liquide gélatineux constitue réellement le fondement de la vie organique.
Tant qu’il est vivant dans les millions de cellules qui forment un corps, ce corps est vivant; s’il vient à mourir dans une par tie quelconque des cellules qui composent un membre du corps, ce membre meurt; enfin si le protaplasma se détruit dans la totalité des cellules, le corps entier meurt. Si la théorie de l’évolution est exacte, la vie a du commencer sur la terre par la formation du proto plasma. Ce fait est vérifié aujourd’hui.
Les explora— tions des grands fonds sous—marins (1) ont fait con naître l’existence d’une substance gélatineuse qui paraît être la première manifestation vitale.
Les beaux travaux de Hoeckel sur ces êtres rudimen taires confirment pleinement les déductions de Darwin et donnent au transformisme une base inébranlable. (I) Le Bathybius qui a été découvert pendant l'expédition du Porcupine (:863) est une matière gélatineuse vivante se réunissant en petites masses vivantes nommées par Hoeckel moncres.
Récemment M. ne Folin. assis tant aux sondages d‘u Talisman et du Travailleur dans le golfe de Gascogne, a ramené du fond de la. mer du protoplasma vivant.
LE PÉRISPRlT 139 -.-.-...-r. _ V--_ -_.I .-.
« Les monères, dit Hoeckel dans un travail paru dans le Kosmos, sont les êtres les plus simples que ‘ l’on puisse imaginer; ce ne sont que de petites masses de protoplasma sans structure aucune, dont les v appendices protéiformes remplissent à la fois toutes les actions vitales et animales ; mouvement de sen sibilité, assimilation et désassimilation, nutrition et croissance, reproduction ; considéré au point de vue morphologique, leur corps est tout aussi simple que celui d’un cristal quelconque.
Les monères ne sont pas toutes au même degré de simplicité, il en existe qui ont dans l’intérieur de leur masse un noyau bien caractérisé ; ce sont des cellules nues auxquelles on donne le nom d’amibes. ' Elles se rencontrent dans l’eau ordinaire, dans le sang des animaux ; enfin, lorsque l’amibe est entourée d’une enveloppe, elle constitue la cellule proprement dite. Le mode de reproduction de la cellule est très simple.
Quand elle atteint un certain volume, il se produit une ou plusieurs divisions dans sa masse, elle se sépare en deux ou plusieurs parties et chacune de ses parties devient indépendante, se nourrit, ’ augmente de grosseur et donne naissance à son tour à .d’autres cellules.
Parfois les cellules issues de la première ne se séparent pas, elles forment alors une série de cellules associées et chacune d’elles donne aussi naissance à d’autres qui ne se séparent pas non plus, et ainsi de suite suivant le degré vital dont elles sont douées. C’est ce qui arrive pour tous les végétaux, les animaux et l’homme. Tous les organismes coma. mencent actuellement par n’être qu’une cellule
140 L’INITIATION unique : l’œuf végétal ou l’œuf animal, et, suivant la complexité plus ou moins grande de l’être qui doit naître, les cellules se diversifient plus ou moins tout en gardant leur autonomie spéciale (I). Même dans les associations les plus complexes, les cellules qui constituent un être vivant ne perdent pas complètement leur indépendance.
Chacune d’elles vit pour son compte et les diverses fonctions physio logiques de l’animal ne sont autre chose que la résultante des actes accomplis par un certain groupe de cellules. Le but de tout organisme est de vivre : chaque partie concourt dans sa sphère d’action à l’accom— plissement de ce résultat. On peut comparer le corps vivant à une manufacture, chaque organe à une équipe d’ouvriers; chaque ouvrier, à une cellule.
Les ouvriers ont chacun un ouvrage spécial,et,en unissant les pièces ainsi fabriquées séparément, on obtient un objet manufacturé. Sur l’échelle des êtres on rencontre les associations de cellules dans toutes les phases de développement, lsidore—Geoffroy Saint-Hilaire dit' à ce propos (2).
« Comme l’individu, la communauté a son unité abstraite et son existence collective; c’est une réu nion d’individus, et souvent en nombre immense; et pourtant elle peut être considérée elle—même comme un seul individu, comme un être un, bien que composé.
Et elle est telle, non pas seule— (1) Voir Panier, Philosophie analogique avant ‘Darwz‘n, cha pitre xvm. (z) lsidore Geoffray Saint-Hilaire, Histoire naturelle générale de: règnes organiques. tome 11, page 295.
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1 LE PÉRISPRIT 141 ment par une abstraction plus ou moins rationnelle, elle l’est en réalité, matériellement, pour nos sens aussi bien que pour notre esprit, étant constituée comme un être organisé de parties continues et réci proquement dépendantes, toutes fragmentées d’un même ensemble, bien que chacune d’elles soit elle même un ensemble plus ou moins nettement circons crit, toutes membres d’un même corps, quoique chacune constitue un corps organisé, un petit tout.._ « Comme la famille, la société et l’agrégat, la com munauté peut être très diversement constituée.
La fusion anatomique, et, par suite, la solidarité physio logique des individus ainsi réunis peuvent être limi tées à quelques points et à quelques fonctions vitales, ou s’étendre presque à la totalité des organes et des fonctions.
Tous les degrés intermédiaires peuvent aussi se présenter, et l’on passe par des nuances in sensibles d’êtres organisés chez lesquels les vies asso ciées restent encore presque indépendantes et des individualités nettement distinctes, à d’autres où les individualités sont de plus en plus dépendantes et mixtes, et après ceux-ci à d’autres encore où toutes les vies se confondent en une vie commune, où toutes les individualités proprement dites disparaissent plus ou moins complètement dans l’individualité collec tive. » ' Les animaux supérieurs sont ces individualités collectives, mais simplement au point de vue vital.
Nous avons vu que la force vitale est à la fois un principe et un efl’et: un principe parce qu’il faut un être déjà vivant pour communiquer la vie, un effet
1 42 ' L’INITIATION parce qu’une fois la fécondation d’un germe accom plie, les lois physiques et chimiques servent à l’en tretien de la vie (1). Ici il ne faut pas d’équivoque : la force vitale a une existence certaine, puisque chaque être reproduit un être semblable et qu’on ne peut artificiellement don ner la vie à un composé inorganique.
De plus, en supposant qu’on parvienne par exemple à fabriquer un muscle sensible, de manière qu’il produise les mêmes phénomènes qu’un muscle ordinaire, il ne pourra pas se régénérer comme cela se produit inces— samment dans l’organisme vivant; donc, bien que le principe vital opère et s’entretienne au moyen des lois naturelles, il est distinct de ces lois.
Ce principe est une force, une transformation spéciale de l’éner— gie; il n’a pas une existence surnaturelle, il est le produit nécessaire de l’évolution ascendante, le pre— mier degré, non de l’organisation. mais de l’entretien, de la réparation de la matière vivante. On peut retrouver des traces de ce principe réparateur jusque dans la matière brute; un cristal est capable de cica— triser les blessures qu’on lui fait.
M. Pasteur a bien mis ce fait en évidence (2). Lorsqu’un cristal a été brisé sur l’une quelconque de ses parties, si on le replace dans la dissolution où il a pris naissance, non seulement il s’accroît sur toutes ses faces, mais un travail très actif a lieu dans la partie lésée et bientôt le dommage est réparé et la symétrie rétablie.
Si on colore l’eau-mère avec une I) Voir le journal le S iri{ismc du mois d’août 1891. (2) Comptes rendus (I mai I88I). "' m‘a»..:-ü«
"“IP"-p'u—i— ._..‘..‘,.-‘_‘_._ -.-_ _-|- --w -;- — —-u- -_-v < - ‘—:‘_— -. - - - ,. 1 , . LE PÉRISPRIT r'43 substance violette par exemple, on voit distinctement le travail supplémentaire nécessité par la réfection des parties détruites.
Le principe vital est donc une force essentiellement organisatrice et réparatrice, et, dans les végétaux et les animaux, c’est elle qui maintient les cellules agrégées les unes aux autres suivant un plan déterminé. C’est en quelque sorte le développe ment, le degré supérieur, la transformation exaltée de cette force que l’on appelle l’afiîm‘z‘e’ dans les corps bruts.
De plus le fluide vital agit aussi sur les molé cules organiques comme le fluide magnétique sur les poudres métalliques qui produisent le fantôme ma gnétique. Si l’on nie l’existence d’une force vitale, bien qu’elle soit invisible et impondérable, il n’est plus possible de comprendre pourquoi un corps vivant conserve une forme fixe invariable suivant l’espèce à laquelle il appartient, malgré le renouvellement in cessant des molécules de ce corps.
Tant que la vie est diffuse comme dans les animaux inférieurs, tant que toutes les cellules peuvent vivre individuellement sans avoir besoin des autres, le principe intelligent ne s’ac cuse pas nettement, puisque dans ces êtres rudimen taires on ne constate que l’irritabilité, c’est—à—dire la réaction à une influence extérieure; donc aucune sensi bilité distincte( I).
Mais aussitôtque le système nerveux apparaît, à l’instant les fonctions animales se con centrent en lui ; la communauté vivante se transforme (I) L‘irritabilité et la motilité caractérisent les animaux inférieurs. ceux qu'on appelle les protozoaires, tels que : les infusoires, les épqnges, les grêgarines, etc. Les végétaux possèdent 311551ces deux propriétés; tels sont : la sensitive, la dionée obe-mouche, le droséra, etc. ; chez les anthérozoîdes des monssas et es fougères, chez les zoospores des algues, etc. (Fertières, la Vie et l’ame, p. 3I8.) -
144. L’INITIATION en individu, car dès cet instant le principe intelligent prend le gouvernement du corps et manifeste sa pré— sence par les premières lueurs de l’instinct. DÉVELOPPEMENT CORRÉLATIF ou GANGLION CÉRÉBRAL ET DE L'INTELLIGENGE DANS LA SÉRIE ANIMALE Certains zoophytes (animaux, plantes), tels que les méduses et les oursins, ont quelques linéaments de système nerveux; aussi distingue-t-on chez eux quel— ques rudiments d’instincts.
Au bord de la mer, cet inépuisable réceptacle des formes inférieures de la vie, lorsqu’on foule le sable humide que vient d’abandonner le flot, il est rare qu’on ne rencontre point sous ses pas quelque masse glaireuse, bleuâtre comme l’empois, amas de gelée sans forme apparente.
Cette masse gélatineuse n’offre à l’œil aucun caractère d’animalité; mais, si vous la placez dans un grand vase rempli d’eau de mer ou dans une flaque d’eau assez profonde pour qu’elle puisse s’y développer à l’aise, vous la verrez s’étendre, s’arrondir, et prendre peu à peu des formes distinctes qui ne manquent pas d’élégance.
Vous avez alors . sous les yeux un être singulier, dont le corps est com posé d’un disque plus ou moins bombé, comme un champignon, et de plusieurs appendices placés à la partie inférieure ou concave de celui-ci, et servant à la respiration ou à la préhension des aliments. Ces organes sont pendants ou flottants dans plusieurs espèces, de façon à rappeler les serpents qui coif’faient Méduse, personnage mythologique dont on leur a rl
LE PÉRISPRIT 145 'fmr'fi. ' - v :. donné le nom. Vulgairement on les désigne sous le nom de gelée de mer (I). Il est permis de se demander pourquoi ces méduses qui ont une structure si variée et des formes si élé— gantes et si délicates quand on les observe dans l’eau, deviennent hors de leur élément des masses informes et confuses où l’œil étonné ne saurait retrouver trace de l’animal qu’il admirait tout à l’heure.
C’est tout simplement parce que les tissus sont trop mous p0ur garder dans l'air leur place respective, tandis que dans l’eau, perdant une partie de leur poids égale à celle du volume d’eau qu’ils déplacent (2), ils n’ont besoin d’offrir qu’une bien faible résistance pour conn server leurs formes et pour empêcher les diverses parties du'corps de retomber sur elles—mêmes.
Longtemps ces êtres bizarres furent dédaignés par les naturalistes eux-mêmes, qui ne voyaient en eux, comme disait Réaumur, qu’une gelée vivante; mais la science moderne a su pénétrer les mystères de leur organisme et déterminer leur véritable forme exté rieure.
Quoi de plus singulier, en_effet, qu’un animal n’ayant point de bouche, mais pourvu de suçoirs ana logues aux racines des plantes, dont la cavité digestive se prolonge dans toutes les parties du corps sous forme de canaux vasculaires, de façon à remplir à la fois les fonctions d’un estomac et d’un cœur.
Tel est cependant le mode d’organisation que Cuvier a décou vert dans ces zoophytes (3). .——a 1 Voir Pazzetta, les Secrets de la plage, p. 165, 182, 196. 2 Principe d'Archimède. . ' 3) Annales du Muséum d'Hzslorre naturelle, tome XIX,page 76, 1812 (Von' auss1 ses mémoires sur l’Anatomie de la palelle (1792), de l’escargot
146 L’INITIATION Il est à remarquer que, chez les animaux les plus simples, même chez ceux où on ne voit plus ni sys— tème nerveux distinct, ni organes sexuels, ni membres, ' on retrouve toujours l’estomac: c’est là l’organe par excellence de l’animalité ; c’est le fondement de la vie brute, et l’on peut dire, avec Rabelais, que messer gaster est le premier maître es-arts de l’univers, que c'est lui qui a enseigné aux hommes et aux bêtes tout ce qu’il faut faire pour exister, en suscitant tous les besoins et dès lors tous les instincts.
Les actinies, qui ressemblent à des fleurs vivantes dont les brillants pétales sont doués d’une grande mo bilité, ne sont à la vérité que des estomacs organisés, de véritables sacs transmettant les sucs nutritifs au reste du corps par imbibition; et l’on ne retrouve chez elles d’autres instincts que ceux nécessités par cet acte important. C’est qu’ici le système nerveux n’est pas encore différencié.
Sa substance est disséminée par tout le corps et comme pétrie avec la matière gélatineuse dont est formé l’animal, de sorte que les facultés ac tives comme la vision, l’audition, etc., que nous pos sédons spécialisées dans des organes distincts, sont en quelque sorte répandues uniformément et à l’état latent dans ces organisations primordiales.
C’est sous l’influence permanente, sans cesse ac !tive, des milieux qui agissent sur l’animal, sous l’impulsion des besoins toujours renaissants, que les espèces se transforment en concentrant dans des (l795)' sur la structure des mollus ac: 1 5 ‘sur le: h [IL—tic: 6 ' sur laiæ're’tile et les coraux(xSo3).q ( 79 )’ p Ï (17g )’ il
LE PÉRISPRIT 147 organes particuliers les différentes facultés d’abord confondues les unes dans le autres. Ces organes des sens perdent une partie de leurs propriétés générales pour ne conserver et ne développer que celle de leur spécialité. La force vitale éparse dans toutes les parties du corps, chez les zoophytes, se centralise partiellement dans des filets nerveux chez les mollusques.
Les diverses ramifications des nerfs, avec leurs rares petits cerveaux ou ganglions, commencent la concen tration, la coordination, l’unité de l’individu, mais ceci n’a lieu que progressivement.
Le système nerveux, dans les types les mieux définis, est formé principale ment par deux ganglions situés au-dessus et au dessous de l’œsophage; celui qui est situé à la partie supérieure a reçu le nom de ganglion cérébral, il est réuni à l’autre par des cordons nerveux qui forment le collier œsophagien. A mesure que l’organisme s’élève, le ganglion céré bral devient double et les deux parties qui le com posent peuvent être séparées ou réunies.
Nous avons constaté chez les animaux-plantes l’absence de presque tous les sens; les mollusques sont en progrès sur leurs devanciers, ils ont non seulement le tact, mais beaucoup possèdent la vue et peut-être l'odorat, quelques-uns jouissent aussi de l’audition.
Ce com mencement de perfectionnement organique donne lieu aux instincts de nutrition et de propagation et même à des instincts spéciaux, témoins les oursins qui perforent les rochers pour s’y faire une demeure. Étudions les êtres placés un peu plus haut dans la
I 48 L’INITIATION série animale, et nous verrons que, chez les Articulés, l’accroissement et le développement du ganglion céré— bral est très marqué. Dans la presque totalité des membres de ce groupe, les deux ganglions cérébraux sont rapprochés et soudés mais en présentant des indices plus ou moins manifestes de leur séparation primitive. Il en résulte des manifestations de plus en plus élevées des ins tincts.
Voici la progression de ces facultés suivant Leuret (I) : I° On remarque d’abord des animaux qui semblent établir une transition avec la classe inférieure; ils ne montrent que des instincts bornés à la recherche de la nourriture (Annélides : sangsues); 2° Sensations plus étendues et plus nombreuses, ardeur extrême pour la génération, voracité, cruauté aveugle (Crustacés : écrevisses); 3° Sensations encore plus étendues, construction d’un domicile, voracité, ruse, astuce (Arachnides : araignées); 4° Sensations très étendues, construction d’un do micile, vie de relation, approvisionnements de guerre et défense commune, en un mot, sociabilité (Insectes : fourmis et abeilles).
Avant de passer aux vertébrés, il nous paraît utile de nous rendre compte de la manière dont se sont formés les instincts et du rôle joué par le périsprit dans cette évolution dont nous venons de présenter sommairement les points principaux. (I) Leuret,Anaiomie comparée du système nerveux. . L
LE PÉRISPRIT 149 LE PÉRISPRIT. — Nous avons déjà maintes fois insisté sur la liaison intime qui rattache les uns aux autres tous les êtres vivants, de sorte que les animaux suc— cèdent aux plantes d’une manière insensible et que certains organismes semblent participer des deux na tures.
Nous avons vu aussi que le principe vital joue le rôle le plus important dans l’existence des végé‘ taux, et que cette force est nettement définie, que ce n’est pas une entité vague, puisque sans elle associée au double fluidique on ne peut comprendre la forme typique que gardent les plantes depuis leur naissance jusqu’à leur mort.
Cette force, qui imprègne le germe et qui dirigera l’évolution, n’est pas suffisante pour rendre compte des instincts qui se remarquent dans l’animal, elle n’explique pas non plus les manifesta tions intelligentes dont nous avons rendu compte; nous attribuons donc au développement du principe intelligent, ces faits qui différencient si profondément les deux règnes.
Dans les organismes ambigus qui se trouvent sur les confins du règne végétal et du règne animal, suivant que l’union du principe vital avec le principe spirituel est plus ou moins intense, on remarquera une con centration plus ou moins grande, une individualité plus ou moins marquée.
Mais, aussitôt que l’équilibre s’est établi, que le principe spirituel est prédominant, alors l’évolution a rapidement lieu, les formes s’ac— centuent; au lieu d’être molles, flasques, elles pren nent des contours déterminés, nettement arrêtés, et les instincts apparaissent et s’accusent énergique— ment.
I 50 L’INITIATION Il a encore été établi que le principe intelligent est toujours revêtu d’une enveloppe fluidique, et les faits rapportés par Dassier et confirmés par la logique ne nous permettent pas de mettre en doute l’existence du double périsprital.
Examinons maintenant sa fonction chez les êtres vivants. - Au début de la vie, le fluide périsprital est mé— langé aux fluides les plus grossiers du monde impon dérable; on peut le comparer à une vapeur fuligi neuse qui éteint les rayonnements de l’âme; comme il est intimement uni au principe spirituel, celui-ci, bien que possédant en germe toutes les facultés que l’évolution développera, ne peut les manifester, em pêché qu’il est par la matérialité trop grande de cette gaine fluidique, et il faut dans les premiers temps les fortes stimulations de la faim pour tirer l’âme de son atonie.
Nous savons que les fluides sont constitués par des états de la matière éthérée et que la rapidité de leur mouvement moléculaire est proportionnelle au degré de raréfaction des molécules; il faut donc que l’âme arrive à changer le sens de ces mouvements, à en régulariser l’action pour qu’il lui soit possible de se manifester. . GABRIEL DELANNE. (A suivre.)
LE VRAI FLÉAU 151 (MORALE) Œa veau Œnéau Militarisme et Misère, tels sont les deux fléaux con temporains signalés par l’Initialz’on et contre lesquels elle veut lutter.
Je crois qu’il en est un bien plus grave, bien plus dangereux, car il est le négatifpar excellence : jamais rien de beau, de bon, de vrai n’en émane; il est le Stériliseur par excellence, il est le faux, le mauvais, le laid; la haine est son empire négateur de l’art de la vraie science. Pourtant il triomphe aujourd’hui.
Ceux-là même qui le combattent en subissent parfois le joug; ce fléau, cette lèpre qu’il faudrait enfin extirper de l’hu manité, a nom l’égoïsme. J’avais écrit ces lignes avant d’avoir lu celles de M. Maurice Barrès dans le supplément littéraire du Figaro (samedi 24 octobre dernier) qui, sous la ru— brique : « Le culte du Moi, sa justification », nous a montré avec son talent habituel l’égoïsme glorifié, voire poétisé.
J’aime à sentir dans l’article de l’hono rable député de Nancy une boutade littéraire, du paradoxe pour l’amour de l’art et non une doctrine philosophique qui infligerait un trop rude démenti à ses idées politiques, sincères, je n’en doute pas. Je n’aurais peut-être fait paraître cet article, banal peut-être à force de prêcher des idées théoriquement admises, mais je ne puis résister au désir de l’envoyer
152 L’INIT1ATION à l’imprimeur après la lecture du supplément litté raire en question.
Fidèle à ma ligne de conduite, je ne veux pas faire de polémique et encore moins de personnalité , la par tie serait du reste trop inégale, ne disposant ni du talent, ni d’une bien grande publicité, ni de la répu tation de M. Maurice Barrès, Je veux simplement tâcher de prouver quel’égoïsme est le fond de tout le mal d’ici-bas et la cause de tous les fléaux contemporains, y compris le milita— risme et la misère.
Ces deux ennemis de l’humanité peuvent, en somme, ne pas être pris dans la mauvaise acception qui les cloue au pilori et les voue à l’exécration; je dirais même qu’il peut s’en dégager des idées géné reuses et utiles conformées à une loi ésotérique d’évo lution.
On peut extraire du militarisme ésotérique un fais ceau de vertus marquant autant de degrés ascendants vers la perfection, y mortifier des vices par des souf frances purifiantes; le dévouement à la nation (plan sur lequel nous évoluons aujourd’hui et où la perfec tion réalisée aura pour récompense l’accès du plan Humanité), la bonté pour les inférieurs, alors que cette bonté est indépendante d’une obligation quel conque; l’obéissance dans le matériel à des ordres souvent ridicules et enfantins, en un mot l’abnégation absolue dans ce même matériel sont des vertus com munes chez bien des soldats. Ce ne sont que les côtés exotériques du métier des armes qui ont mis en verve
LE VRAI FLÉAU 1 53 ce quadrr‘lle de romanciers de talent, mais aussi spirituels que superficiels, habiles que prévenus; d’au tant qu’il est plus aisé de démolir: que d’édifier et que la pente est bien rapide sur ce chemin d’accusateur public.
On pourrait combattre d’ailleurs au même titre journalistes ou banquiers, gens de lettres ou maçons, mais tout ceci relève plus du roman moderne que de la philosophie, du succès de librairie que de la conscience. Je ne vois donc pas pourquoi cette lutte contre l’ins titution nécessaire de l’armée, alors que cette dernière peut être une école de désintéressement et d’amour.
Je serais curieux de savoir l’impression d’un mili taire qui serait allé faire des vingt-huit jours littéraires dans le bureau de rédaction d’un journal! Je crois que le livre qui en résulterait, si ce militaire se nommait Descaves, par exemple, aurait un aussi gros succès que Sous-ofis du même auteur.
Mais le malheur, c’est que les écrivains passent dans l’armée et y restent rarement et que les militaires sont en général peu habiles à manier la plume. Quelle supériorité ont donc actuellement les vir tuoses de l’encrier sur les silencieux et les humbles ?
L’armée est la grande silencieuse; et si la hiérarchie empêche souvent les individualités de faire du bruit autour de leur nom, elle n’a jamais prétendu à la suprématie sur les consciences et personne n’est plus libre que le soldat quand il a accompli ses devoirs. En dirons—nous autant de bien des institutions plus bruyantes qu’utiles? Il est aisé de voir que malgré des abus, des enfan
154 L’INITIATION tillages et des côtés plus ou moins ridicules, l’armée telle qu’elle est aujourd’hui peut—être une école d’hon neur, de dévouement et de morale, et qu’il vaut mieux en extraire les qualités que la vouer à priori au mépris et à la haine. La misère, deuxième fléau, vient ensuite étaler devant nos yeux ses drames, ses crimes et ses déses poirs.
A priori la misère est, par suite, un adversaire à combattre au même titre que le militarisme. Au risque de paraître paradoxal, je vais tâcher de réha biliter la misère, et de trouver de cet état social une définition moins horrible et moins noire, et d’en extraire ce qui pourrait servir à l’humanité pour pro— gresser vers l’idéal.
La misère, comme l’armée, est une école où les bons et les grands cœurs peuvent apprendre les plus mâles vertus ; elle sert à provoquer chez les heu reux qui la coudoient des sentiments d’altruisme qui épurent leur âme et les font avancer vers la perfec— tion suprême. Elle est un puissant levier à l’intelli gence et même au génie.
Ce ne sont pas ordinairement des millionnaires qui produisent ces chefs-d’œuvre de la science ou de l’art qui serviront plus tard à la moralisation ou au progrès des humanités qui viennent. C’est dans la pauvreté que l’amitié est la plus pure. C’est aussi dans la pauvreté que les idées généreuses peuvent le mieux éclore.
Et qui sait si tel homme qui a appris le socialisme dans la misère, ne trouvera pas moyen d’appliquer ses théories huma nitaires le jour où la fortune lui aura souri. C’est rare, mais cela s’est vu. ,.
LE VRAI FLÉAU I 55 C’est chez l’artiste ou le poète pauvre que l’on trouve le vrai culte de l’art. Cette émanation de Dieu dans son attribut de Beauté, et lorsque l’art a fait place à l’Américain ou au marchand de moutarde ou même à un monsieur Carnot quelconque sur l’autel de l’idéal on peut être sûr que l’artiste ou le poète, devenu officiel, fait bâtir et prend du ventre.
On peut donc encore cueillir dans la misère; triste lande désolée par le vent du désespoir, quelques pauvres fleurs d’idéal que le soleil de l’art a réchauf— fées entre deux bourasques. Mais que dire de l’égoïsme ? Où trouver son panégyriste ? Y a-t—il la poésie de l’égoïsme dans le beau ? la ten dresse de l’égoïsme dans le bon, l’utilité de l’égoïsme dans le vrai?
Je n’appelle pas utilité celle qui ne s‘applique qu’à l’individu au détriment de la collectivité (I). Si nous considérons le militarisme et la misère, nous voyons l’un s’ennoblir et l’autre disparaître si nous y ajoutons l’altruisme, et, au contraire, l’un devenir féroce et l’autre désespérée, si c’est l’égoïsme, cette quantité négative, qui y domine.
De même, chaque métier, chaque profession devient mission si l’égoïsme en est exclus ; les artistes, le mé— decin, le journaliste, le banquier même deviennent des missionnés du beau, du bon, du vrai, et même de l’utile ici-bas. (I) L'égoïsme ou culture du moi doit avoir pourlimite le toi, de même que la liberté de l’individu ne doit pas attenter à la liberté de son voisin sous peine de se changer l’un en férocité, l'autre en tyrannie.
156 L’INITIATION Ils sontles évocateurs, les apôtres et les réalisateurs de Dieu sur terre, et en deviennent les négateurs, les adversaires et les bourreaux, si l’égoïsme préside à leurs doctrines et à leurs actes. Il est clair, ce me semble, que l'égoïsme flétrit et empoisonne tout ce qu’il touche, que telle ou telle idée devient féconde ou stérile suivant que l’égoïsme ou l’amour l’obscurcit oul’illumine.
L’égoïsme est donc le véritable fléau, et ce n’est que par son extirpation individuelle que nous arriverons à l’ère de bonheur et de vérité parfaite. A l’œuvre donc. Ignorants et savants, perfectionnons-nous dans cette idée de ne plus agir dans un sentiment personnel. L’exemple est un puissant moteur; ce n’est que par lui que nous arriverons à la moralisation des êtres qui nous en tourent et par eux à celle d’un plus grand nombre.
Serons-nous les témoins de la moralisation totale? Que le doute en cela ne nous empêche pas d’y pré tendre. L’œuvre est d’autant meilleure et hautaine qu’elle sera moins récompenséel QUŒRENS. ÉTUDES HISTORIQUES äiis Èessous de äj.à%as D’OU VIENT LE SATANISME DE M. HUYSMANS Satan est à la mode! Tout comme Dieu, il a ses dévots fidèles qui lui rendent un culte, et, plus que lui, peut-être, il pos—
LES DESSOUS DE LA-BAS 157 sède le privilège d’inciter l’intérêt ou la curiosité. Dans les salons, aujourd’hui, il est en efl’et de bon goût de passer pour être quelque peu en coquetterie avec le diable, de paraître initié aux mystères de la plus obscure de toutes les magies noires.
L’incubisme et le succubisme n’ont plus de secret pour nos mondaines élégantes; elles savent encore les théories multiples de l’envoûtement, et, si elles ne vous rapportent point par le menu tout le rituel des opérations propices à l’évocation du Malin, c’est tout bonnement parce que de telles connaissances sont à présent devenues banales tout à fait. Et de fait, il le faut avouer, elles ont raison de pen sér de la sorte.
Quiconque, maintenant, ignore des choses de la nécromancie est véritablement impardonnable; son— gez donc combien l’on a de commodités pour s’en instruire! Point n’est plus besoin d’explorer en de longues veilles d’abstrus traités kabbalistiques ; plus de fas— tidieux grimoires, plus de lourds in-folios, etc., surtout plus d’études ardues et suivies.
La goétie est désormais vulgarisée, et tout modeste roman qui se respecte un peu vous donne pour le moins une bonne et infaillible formule pour com mander aux Inuz'sz’bles. La recette est toujours pré— cise et si horrifique de détails puisés aux meilleures sources que le frisson vous en court à fleur de peau.
« Si tout cela était vrai, cependant? » se disent les lectrices apeurées, et, à ce penser, elles songent non sans une certaine terreur presque voluptueuse à ce
'l 58 L’INITIATION »\ tragique et sombre chanoine Docre, l’ami qui fut l’amant de cette étrange et inquiétante M““’ Chante louve, dont M. J. K. Huysmans s’est fait dans Là ‘Bas le prestigieux historiographe. C’est, du reste, qu’il est singulièrement séduisant ce monstrueux sacerdote déchu, moderne émule en perversité du Gille de Reis preux compagnon de la pucelle Jehanne et sadique meurtrier d’enfants.
Ce prêtre ennemi de Dieu qui, dans son ardeur sacrilège, se fait tatouer une croix sous la plante du pied, de façon à toujours marcher sur le maître du monde, ne manque pas d’une certaine grandeur farouche, et, en vérité, si son crayon eût été pris sur le vif, il serait bien la figure la plus saisissante que l’on puisse concevoir en un temps comme le nôtre. Mais le malheur, en le cas présent, est que le tableau manque de sincérité.
Le chanoine Docre est un être idéal, en somme, et son satanisme est de con— trebande. M. J.-K. Huysmans, quand il a tracé son portrait, a peut-être cru « pour de bon » esquisser d’après nature; en réalité, il a dessiné surtout de chic, et son personnage s’en ressent.
Celui-ci, en eflet, est si mal équilibré qu’il ignore parfois jusqu’aux plus réguliers des rites traditionnels du culte démoniaque, méconnaissance peu pardonnable, on l’avouera, à un nigromant de son envergure. Comment, maintenant, M. Huysmans, qui a écrit de si remarquables pages sur. le sorcier Gille de Rais, s’est-il laissé si étrangement abuser quand il a voulu traiter de la goétie moderne ? Oh ! ma foi, d’une manière bien simple; il s’est tout
\ _*r. LES DESSOUS DE LA-BAS 159 bonnement adressé à de mauvaises sources et aété par suite faussement renseigné.
Pour l’étude de la magie au moyen âge, les anciens livres des initiés du temps et les pièces authentiques des procès de sorcellerie conservées dans les archives des bibliothèques lui ont fourni sur les époques dis parues des documents autrement précis et certains que les papotages intéressés de son maître en doc— trines occultes, l’abbé B.‘.., —— dont, soit dit en pas— sant, le D‘ Johannès serait un fidèle portrait, —— sur le satanisme actuel.
Quoi qu’il en soit, il convient cependant d’ajouter que de prime abord M. Huysmans fit preuve de cer taine logique en s’adressant à ce personnage. En sa qualité d’ancien prêtre défroqué,l'abbé B... —— pardon, Jean-Baptiste, comme il aime lui-même à se désigner, —- devait être fatalement, et il l’est d’ailleurs, quelque peu goétien.
Prêtres et sorciers, en somme, sont bien cousins germains, et le dernier n’est en réalité qu’un prêtre ayant mal tourné. ‘ Comment, du reste, en serait—il autrement ? Ils ont l’un et l’autre de communes méditations et recher ches.
Dans les séminaires, vers la fin de la deuxième année des études, au cours de l’enseignement que l’on appelle les diaconales, on sait en effet que les élèves reçoivent des notions élémentaires de magie en même temps que de casuistique. N’est—il pas naturel alors qu’un tel enseignement porte ses fruits et que le prêtre, s’il se laisse un beau
l 60 L’INITIATION .-‘-ù.‘ jour dominer par l’orgueil, se révolte et se donne à Satan, le rival de Dieu ? « L’armée de Satan s’est toujours recrutée dans le sacerdoce (I) », écrit M. Stanislas de Guaita dans son dernier livre, le Temple de Satan, au chapitre qu’il consacre à la personne du sorcier.
Et, c’est pareille ment non sans raison que dans Là-Bas, à cette ques tion de l’homme de lettres Durtal : « Mais enfin, à quel monde appartiennent les gens qui sont mainte tenant affiliés au Diable ? » le D' des Hermies répond : « Aux supérieurs de séminaires, aux confesseurs de communautés, aux prélats et aux abbesses; à Rome où est le centre de la magie actuelle, aux plus hauts dignitaires (2). » Le prêtre qui est par essence un initié, au sens le plus noble du mot,'devient facilement, et par une transition logique, en somme, un adepte des œuvres maudites.
Aussi, choisir un abbé pour maître en l’étude des sciences sataniques, encore une fois, était d’un esprit avisé: l’erreur de M. J.-K. Huysmans, par exemple, aura été de s’être adressé à cet abbé B... qui, tout doc teur en théologie qu’il soit, n’est et ne sera jamais qu’un sorcier sans ampleur.
Capable de tout concevoir en imagination, peut être, Jean-Baptiste devient en effet fort timide quand (I) Stanislas de Guaita, le Serpent de la Genèse, livre 1*”; le Temple de Satan, I vol. in-8, Paris, I8gI, librairie du Mer veilleux, p. I26. (2) J.-K. Huysmans, Là-Bas, in-I8, Paris, I891, chez Tresse et Stock, p. 92. -
LES DESSOUS DE LA-BAS 16I 3'521: .--l_n.". ' = a '. . \ il s’agit de passer a l’action, pour peu que la pratique magique lui paraisse comporter un certain degré de sacrilège.
Semblable à ces criminels honteux qui mesurent le viol, il dose ses péchés; aussi, dans la vie courante, en fait de cérémonies de sorcellerie noire, se contente-t-il surtout d’exercer un bizarre et vérita blement étonnant minf*Stère d’évangéliste (I) dans une communauté de mœurs joyeuses où l’érotisme,le plus dévergondé est pratiqué et enseigné journellement aux adeptes, ad majorem Satani glorz‘anz, et surtout au grand bénéfice de son prophète Baptiste.
Ce n’est pas d’aujourd’hui, du reste, qu’il poursuit ses avatars. Dans un intéressant volume de M. Charles Sau vestre, les Congrégations religieuses dévoilées, nous trouvons de curieux renseignements sur notre abbé qui, le fait vaut d’être rappelé en raison de son im prévu, fut le fondateur de ce petit journal catholique, le Rosier de Marie, dont en ces temps derniers on accuse M. Naquet d’avoir été l’assidu collaborateur.
Les pages concernant l’abbé B... ont trait aux phases diverses d’un invraisemblable procès en escro querie jugé en juillet 1865 devant la chambre des appels correctionnels à Paris.
En ce temps-là, Jean-Baptiste, qui appartenait en core au clergé régulier, était à la tête, en qualité de prêtre directeur, confesseur, etc., d’une société reli gieuse dite l’Œuure de la réparation des âmes, et voici comment il y comprenait son sacerdoce, si l’on s’en rapporte aux documents judiciaires recueillis par M. Sauvestre. ‘ 6
162 L’INITIATION « Bientôt on signala dans l’intérieur de la commu nauté nouvelle des pratiques inouïes. L’abbé B... y guérissait les maladies diaboliques. Voici quelques échantillons de ses curieuses médications.
Une des sœurs était tourmentée par le démon; l’abbé B..., pour l’exorciser, lui crac/1a dans la bouche; à une autre, ilfait boire de son urine mélangée avec celle de la fille Chevalier, que les sœurs avaient ordre de ne jamais jeter; à une troisième il ordonne des cata plasmes de matières fécales.
J ’en passe de plus étranges encore, et que la plume qui se respecterait le moins se refuserait à reproduire (I). » Défroqué aujourd’hui, l’abbé B..., qui s’est réfugié en province, est devenu le souverain-pontife schz’sma tique du Carmel d’Elz’e, plus connu sous le nom d’Œuvre de la miséricorde, secte mystico-érotico religieuse fondée voici quelque cinquante ans par un simple ouvrier visionnaire, Eugène Vintras,--— Pz'erre-Mz'c/zel-Slrathanaè’l de son nom angélique, — et dans lequel s’était incarné, parait-il, l’esprit du prophète Eli.
Point n’est besoin d’ajouter que les disciples actuels du Carmel connaissent les jouissances ineffables des pratiques familières aux membres de l’Œuvre de la réparation des âmes. L’abbé B... aime beaucoup en effet à réparer les âmes et le reste, le reste surtout; aussi, fidèle à ses goûts, donne-t—il à ses ouailles un enseignement volup tueux bien que mystique. pû.\eÇ* , (1) Charles Sauvestre, les Congrégations religieuses dévoi lées, in-r8. Dentu, Paris, 1879, p. 118.
LES DESSOUS DE LA-BAS 163 W;"“"‘"tfl‘?flrfi“v‘ .n '.;. - - » M. Stanislas de Guaita, en son infiniment curieux volume, le Temple de Satan, dans le chapitre consa- ' cré aux « modernes avatars du sorcier », nous donne de précieux et authentiques documents concernant ces modes inattendus d’évangélisation des âmes.
Il y a de touten ces pratiques : du mysticisme déli rant, de la scatologie, de l’érotomanie, de la perversion génésique, du sadisme bourgeois et du satanisme aussi.
L’ancien prêtre, suivant une formule assez com— mune aux défroqués possédant quelque valeur intel— lectuelle —— et l’abbé B... est à cet égard des mieux doués —- a donné naissance à un goétien,èt voici, d’après la déposition d’un témoin, déposition enregis trée par M-. de Guaita dans son livre, à quelles pra tiques il recourt à l’occasion.
« Cher monsieur, depuis votre départ de Châlons, j’ai trouvé dans ma mémoire encore différents faits relatifs à Baptiste (l’abbé . « Il prend des statuettes de saints ou de saintes, les baptise au nom des personnes auxquelles il veut faire arriver quelque chose (sic)...
Les statuettes sont con sacrées à quelque diable, mais la formule de consé— cration est une prière adressée à haute voix à un saint ; dans sa pensée, il s’adresse au diable, au mauvais Esprit. « Il y a aussi des cœurs d’animaux transpercés d’épingles. La personne (objet du sortilège) se sent piquée au cœur et parfois l’opération entraîne la mort. « Il y a encore les commandements suprêmes, écrits sur parchemin bénit, avec de l’encre et du sang...
164 L’INITIATION Les commandements sont lus à haute voix, avec un certain cérémonial, puis cachetés, toujours d’une ma_ nière à part et brûlés. Cela brûlé, l’Esprit à qui on le destine le lit (sic), et se trouve forcé de faire ce que le commandement exige... « Il peut se vanter de m’avoir prise dans ses tristes filets...
J’ai encore en ma possession une certaine fiole qu’il m’avait envoyée pour me procurer des Unions de vie : c’est M. Ch... qui a débouché le flacon; il a voulu goûter, mais il a cru être empoisonné. Dans ce dictame, on pourrait reconnaître le sperme (I). » Que dites-vous de ce cours théorique et pratique sur l’art d’envoûter proprement son semblable.
Mais, si nous en croyons le même témoin, l’abbé B... se livre rait encore, à l’occasion, à d’autres cérémonies ma giques, ainsi que le démontre cet autre passage de la déposition : « Baptiste me parlait souvent de magie noire; dans mon sommeil (le témdin est un sujet hypnotique remarquable) il cherchait à découvrir les secrets de certains magiciens...
« Son moyen suprême, c’étaient les cataplasmes de matière fécale (nous retrouvons ici l’ancien con fesseur des filles de l’Œ urre de la réparation des'âmes) préparés selon des rites à lui...
« Il m’a parlé de souris blanches, nourries avec des hosties consacrées ; mais il prétendait que cela s’était (I) Stanislas de duaita, le Serpent de la Genèse, livre 1°" le Temple de Salan, 1 vol. in-8, Paris, I8gI, librairie du Mer veilleux, p. 4.81 et v482. ..a... »
LES passons DE LA—BAS 165 fait par une autre personne, qu’il ne nommait pas... (1) » Voilà, en toute exactitude et sincérité, quel est le bon et vertueux Dr Johannès célébré par M. J.-K. Huysmans. Comme nous le disions tout àl’heure, il n’ose guère être carrément sacrilège, et ce n’est réel lement pas lui qui se ferait jamais graver un Christ sous la corne du pied.
Son esprit est flottant, et, bien que sorcier à malé fices, il craint en somme l’enfer des damnés et s’efforce de ne rien commettre qui doive irrémissiblement le vouer au diable pour son éternité.
Or, cet étrange état d’âme qui est celui de l’abbé B..., l’initiateur de M. Huysmans, aura joué à ce dernier un fort méchant tour; n’est-ce pas à lui, en effet, que l’auteur de Là-Bas doit d’avoir été si mal renseigné sur certains points fondamentaux dans un livre traitant du satanisme moderne ? Étant en effet un hésitant en face des mystères mau dits, l'abbé B... ne connaît guère que de réputation les rites fatals de la haute magie cérémonielle.
Et voici comment et pourquoi Là-Bas est documenté en grande partie à faux, notamment en ce qui concerne la théorie et la pratique de l’envoûtement, l’incubat et le succubat, et surtout en ce qui regarde la messe noire. Le sacrifice célébré par le chanoine Docre dans une chapelle borgne de Vaugirard n’a en vérité rien de commun avec la véritable messe noire. Ici, même, tout (i) Stanislas de Guaita, toc. cit., p. 481.
166 L’INITIATION a été fait de chic et l’ignorance en l’art de sorcellerie est manifeste. M. J.-K. Huysmans —la chose est réellement indé niable et patente, du reste, pour quiconque est quel que peu initié en sciences occultiques —- a été joué par son maître en satanisme. Il n’empêche, cependant, que son livre est, littérairement parlant, une œuvre d'art de premier ordre.
Un tel mérite n’est pas mince, et, en somme, vaut bien que l’on passe sur des inexactitudes de rensei gnements. Et voici pourquoi M. Huysmans ne nous en vou dra certainement pas d’avoir livré la clef de certains dessous inexpliqués de son œuvre. G. VITOUX. ( BIBLIOGRAPHIE ) ÏLA TURUIŒ ©Ë‘FK©KËLLIËI (Suite et fin.) L’empire ottoman agonise. M. Paul Régla ne cher che point_ à cacher la gravité du mal et juge tout espoir à peu près utopique.
Si quelques germes de régénération subsistent encore il laisse entendre que le peuple seul en serait dépositaire. « La Turquie moribonde, heureusement pour son présent et pour son avenir, possède, sous la néfaste administration de son gouvernement, un peuple qui a conservé en grande partie ses qualités primitives ! ‘__
LA TURQUIE OFFICIELLE 167 En effet, autant tout ce qui touche de près au gouver nement est gangrené en raison du peu de distance qui existe entre le souverain et ses serviteurs, autant ce qui en est éloigné renferme, en raison directe de la distance qui sépare le même souverain de ses sujets, les qualités viriles, charitables, humanitaires et solides qui constituent le noyau des propriétés morales et physiques de la nation turque, de la nation musul— mane proprement dite.
« C’est dans ce peuple, si bien doué, si facile à recevoir les bonnes comme les mauvaises impressions, que réside l’avenir réel du pays. « C’est lui qui, par son courage, sa sobriété et sa foi, a fait la grandeur de l’empire. C’est lui qui l’a sauvé dans ses grands dangers...
C’est encore lui qui le sauvera de la mort, si on sait, si on ose, si on meut le diriger sagement dans ses nouvelles destinées. » En chirurgien physiologiste, M. de Régla examine d’abord les plaies, « les dégage du pus qui en masque la profondeur et la gravité... » Le traitement vient plus tard.
Les plaies de la Turquie, a écrit M. de Blowitz, sont au nombre de sept: le Havale’, le Harem, le Bakchz'che, les Vakoufs, l’absence de routes, la dette \ flottante et la mauvaise foi de l’Europe; mais notre auteur en ajoute une huitième, les capz'tulatz’ons, ou « droit que possèdent les étrangers de vivre chez les Ottomans, sous la protection des lois de leur pays, représentés par leurs ambassadeurs et leurs consuls. » En fait comme en droit, les capitulatz‘ons présentent, à première vue, le spectacle étrange et choquant d’un
168 L’INITIATION grand État ayant dans son sein une foule d’États indépendants, ne le laissant jouir d’aucune liberté. » On croirait assister au défilé des tableaux d’une féerie comique,lorsqu’on tourne les pages de ces stu péfiants chapitres où M. de Régla énumère les gas pillages engloutis par le sérail impérial d’abord, puis par le harem.
Les frais d’entretien des quatre mille personnes qui forment l’ensemble des habitants du sérail s’élèvent en effet à cent cinquante millionspar an auxquels le sultan devrait faire face avec une liste civile officielle de vingt-cinq millions de francs.
Sans compter « la somme considérable des gratifica tions, cadeaux, bonnes œuvres, constructions de yalis, de mosquées, de fontaines, d’écoles, etc., et sans que figurent dans ce chiffre énorme ni les dotations de la famille impériale, ni celles des femmes, prin cesses, etc. » Quant au harem, force m’est de confier au lecteur le soin de se reporter au volume Où, dans un récit merveilleux, digne des Mille et une nuits, sont dévoi lées les mœurs, coutumes et folles prodigalités des quinze cents femmes (chiffre minimum) qui le com posent.
Le résultat se devine ; Dé nombreuses faillites partielles du gouvernement ont ruiné les neufdixièmes des sujets; l’Etat ne sau rait payer à échéances régulières les appointements de ses employés,niles soldes de ses soldats; les tribunaux, les divers ministères, malgré la foule des serviteurs qui les occupent, sont de véritables écuries d’Augias, comme les baptise avec justice M. de Régla ; et cepen )"‘ ‘ "““'t'w..—._«- -
LA TURQUIE OFFICIELLE 169 dant manger n’en est pas moins un besoin universel, que chacun satisfait et satisfera par tous les moyens possibles. » Voilà pourquoi le Sultan Banc/fiche (lisez pot-de vin, courtage, commission, etc.) est une majesté plus respectée, plus puissante, plus écoutée, plus re doutable, plus chérie que ne l’est celle du comman deur des croyants.
« On peut se moquer des ministres, des grands dignitaires : on peut même désobéir aux volontés du sultan ; mais on ne se moque ni on ne désobéit aux ordres de sa majesté Banchiche. » Je voudrais citer maints passages où cet ogre vo race rassasie son appétit insatiable, dont M. de Régla fut victime après tant d’autres, seulement la place me manque et je me contente de souligner à la hâte l’i noubliable anecdote intitulée : l’Art de payer ses dettes en s’enrz’chissant.
Mais à quidonc incombela mission de s’élever con tre ces abus, deles détruire et de sauver le peuple turc qui râle sousles fautes et les crimes de ses infâmes administrateurs ? Au souverain actuel.
Le portrait donné de lui nous _le présente assez sympathique : « D’une activité fébrile et d’une obstination ner veuse que rien ne lasse, Abdul Hamid, maître d’un pouvoir sans limites, considéré par son peuple comme le vicaire de Mahomet, l’ombre de Dieu sur la terre, en est arrivé à combattre, non sans succès, l’insouciante indolence qui résulte de la vie énervante du harem.
170 L’INITIATION ..__._‘ « Il trouve, dans les devoirs du trône, la force voulue pour paralyser en partie ses faiblesses ombra geuses, ses lassitudes épeurées et ses crises nerveuses.
« Passant rapidement de la désespéranceà l’espoir, de la colère au pardon ; plus débonnaire que sangui naire, redoutant de blesser, de froisser les grands de son empire, mais y arrivant trop souvent par suite de ses craintes puériles; condamnant vite et pardon— nant de même; tour à tour trop confiant ou trop méfiant ; travailleur obstiné, voulant que toutes les affaires de l’Etat, même les plus insignifiantes, pas sent par ses mains '. esprit plus libéral que rétrograde, affichant une simplicité et une austérité qui ne sont pas toujours l’expression de la vérité ; se préoccu pant beaucoup de ce que l’Europe pense et dit de lui ; croyant de bonne foi au relèvement possible de son peuple ; possédant des qualités diplomatiques et gouvernementales remarquables; ayant dés senti ments humanitaires que l’on ne peut nier, voulant le progrès par l’instruction, l’ordre et la discipline, le sultan Abdul-Hamid voit toutes ses qualités d’homme et de souverain altérées, et souvent annulées par les défauts maladifs qui font de lui un Louis XI au petit pied. » _ ‘ Sa ténacité à réagir paraît toutefois efficace.
« Il faut bien le déclarer, un changement considéra ble, et tout à son avantage, s’est opéré dans l’esprit et le caractère du sultan depuis son avènement au trône. Les rudes épreuves qui ont été les étapes de ses treize années de règne lui ont fait plus de bien que de mal ; certaines de ses facultés se sont singulièrement déve
LA TURQUIE OFFICIELLE loppées, et son besoin de tout voir, de tout connaître, de tout examiner, de tout contrôler, a fait de lui, malgré son entourage et sa nervosité, un des souve— rains les plus intelligents de sa race. » Al’heure la plus aiguë de la crise, où la Turquie n’est plus que campée en Europe, où la plus sana glante des guerres menace d’éclater demain, Abdul— Hamid comprendra-t—il que, par la force des choses et des événements, la Russie est devenue l’alliée sur la— quelle il doit s’appuyer, et qu’il devrait se jeter, lui et son peuple, dans les bras de sa vieille et seule amie réellement désintéressée, la France ?
« Voilà, pense M. Paul de Régla, ce que le chef actuel des Ottomans entrevoit vaguement », mais voilà ce que ne veulent point les flatteurs de son entourage, créatures plus décidées à faire leur propre fortune que celle de leur pays et de leur chefsuprême. Au moins, nos ambassadeurs, nos consuls s’effor— cent-ils d’augmenter l’influence séculaire que nous possédons dans tout le bassin méditerranéen P Hélas !
Écoutez la réponse de notre expert et savant intellectuel : « N’est—il pas douloureux pour nous, Français, de voir des nations comme l’Italie, les États-Unis, l’Allemagne, naguère si peu influentes en Orient, dont les ambassadeurs et les consuls étaient si peu écoutés, en arriver à s’implanter victorieusement dans tous les lieux où, jusqu’àces dernières années, la France avait maintenu intact le drapeau de la civilisation et du progrès. « Alors que les ambassadeurs et les consuls de ces
172 L’INITIATION nations obtiennent tout ce que demandent et tout ce que veulent leurs nationaux: indemnités, justice, fir mans, concessions, etc.. nos agents diplomatiques et consulaires ne veulentou ne peuvent plus faire obtenir justice à ceux de leurs nationaux lésés et ruinés par les agissements du gouvernement turc.
« Encore quelques années de ce régime et la France qui, après avoir occupé le premier rang en Orient, occupe maintenant le quatrième, ne sera plus consi dérée par les Turcs officiels que comme un facteur impuisant et négligeable. » Cette protestation navrante se perdra-t-elle, sans un écho pour la transmettre?...
Fidèle à la marche qu‘il s’est tracée dès le début, M. Paul de Rég1a, une fois le mal découvert, indique le remède dans une magistrale conclusion ; mais notre unique désir, en rédigeant ce compte rendu sommaire, était de dégager l’impression générale de l’œuvre, et nous nous arrêterons là avec le regret de n’avoir pu parler nides soldats, ni desjuges ottomans, les premiers si étranges, les seconds si burlesques, ni surtout de l’infortuné sultan Mourad V, gardé à vue dans le kiosque délabré le Malta, et dont la lamen table histoire mérite à elle seule d’assurer le légitime et durable succès de la Turquie ojÿicz’elle. GEORGE MONTIÈRE.
PARTIE LITTÉRAIRE A L’arme SŒU1R Dans le temps et dansl’espace, en un point de l’in fini, attachée à quelque monde dont la sphère spirale ment progresse, ou libre parles tourmentes de l’Aour, vous Êtes : je vous Sais, je vous Sens. Le long de la chaîne subtile qui nous lie, jusqu’à moi vibrent les palpitations de votre vie.
' Depuis que se déchira notre Unité sublime, immé— diate Emanation insexuée car bisexuée, Ellipse aux deux Foyers, Monade aux deux Pôles, depuis que la Chute nous précipita, Moitiés adverses, dans la tourbe élémentaire, des Cycles peut-être ont évolué, peut—être des lustres seulement.
Et pour conquérir l’instant rédempteur où nos deux Voies enfin se rencontreront pour confiuer à jamais, il nous faudra sans doute mou rir et renaître et mourir encore combien de fois, — à moins qu’un trépas n’y suffise, à moins que demain parmi la foule. nous ne nous reconnaissions, ou que tout à l’heure ma porte ne s’ouvre, et que vous n’en— triez.
I 74 L INITIATION ) Maintes fois pourtant j’ai cru que très près de moi vous végétiez, et que nos deux existences se frôlaient sans cesse et que nous n’en percevrions rien. Et ceci a dû être déjà, ou bien sera, et peut—être ignorerons nous éternellement que nous avons bu aux mêmes couchants. Ou : que vous Erriez dans mon orbe, et qu’au dessus de moi planait votre aile. De votre présence il me semble que ma poitrine jamais ne perd la sensation.
Lorsqu’un parfum essore . devers moi ses volutes amies, n’y mêlezwous pas votre souffle? Lorsqu’aux vagues symphoniques s’aban donne mon extase, est—ce pas que me bercent vos bras? Par le sourire de chaque fleur vos yeux me regardent; a toute bouche où je me pâme,je hume un peu de vous. Je vais offrir les doigts devant moi dou cement, et ma main palpera votre main. Mon front brûlant, je le vais pencher sur la fraîche paix de votre sein.
Les étoiles dont se miraille la féerie de mes rêves, vous les semez, et si, dès qu’abdique ma veille, les Feux avides qui par les ténèbres vaguent en peine de substance n’assaillent point ma forme, c’est que s’éploie le Pentagramme de votre dextre. Un nom, parfois, émeut un éclair en moi, un nom de terre perdu, de quelque Race des âges mythiques. Sur ce sol, parmi ces hommes, n’ai—je point vécu avec vous ?
Comme une remembrance ineffaçable je garde l’é— pouvante des plaines qui houlent et qui mugi;sent, des flammes énormes qui giclent aux astres, des trombes qui hurlent, des foudres qui aveuglent, des
LA VIE D’UN MORT 175 montagnes effondrées, des humanités englouties, — et de l’eau immense et noire qui clapote, repue. Au renouveau de la Grande Année, dans le Cataclysme occidental, n’ai—je pas péri enlacé à vous ? Mais je vous appelle, et vous ne répondez point; je vous évoque, et vous ne paraissez point; je vous sens, et ne vous connais point.
Je vais triste, parce que je vous cherche, et je vais jamais assouvi, parce que je ne vous rencontre pas. Oh! le Lotus qui fleurit en moi, ensanglantez—le, car chaque -meurtrissure expie une déchéance, car chaque feuille arrachée hâte l’heure Nuptiale. AUGUSTIN CHABOSEAU. la Vie d’un Mari (Suite) Puis des tendances d’échappement comme par l’ef fet d’une attirance inappréciée.
Cette chose astrale qu’un seul vocable, ON neutre, pourrait qualifier, obéit à des influences qu’elle ne comprend ni ne définit. Le cône d’ombre lunaire est délimité par des lignes. A chaque instant (qu’est-ce qu’un instant dans ce qui n’est plus le temps mesurable par nos nombres?) la liquescence astrale déborde, rentrant sans le savoir dans la sphère de l’action terrestre vers laquelle l’em porte une attraction subie, mais non comprise.
176 L’INITIATION Or, dans la sphère vivante de la vie telle que nous la connaissons, banale, soumise à l’action du kama rupa, ceci se passait. Plein, rigoleur, avachi, d’un des cabarets du bou— levard Rochechouart, un homme était sorti, veule de trois absinthes absorbées, puis de six bocks avalés sur les comptoirs de divers assommoirs.
Saoul, ayant la notion de rotondité de toutes choses, inconscient des angles. il roulait, clamant les paroles d’une chanson idiote, titubant et rebondissant, oppo sant un rire bête aux duretés des coins de rues, gai aux carrefours qui lui laissaient toute liberté... Pour tout dire un poivrot radieux, ayant son compte, même ayant dépassé sa moyenne d’opérations. Il bavait, content.
Il était absolument honnête, et il ne permettait pas que quiconque se dit plus honnête que lui. Car enfin, il se connaissaitbien peut—être! Pour de la conscience, il n’avait pas son pareil, et puis si on l’em...nuyait, il dirait sOn fait à quiconque. On sait ce qu’on vaut. pas vrai ! Il ne marchait pas tout drmt, ça, c’était un fait.
Mais pourvu qu’il pût arriver chez la Louison, une belle fille, et qui devait, il était onze heures, avoir rappliqué au pieu... Seulement c’était ça le diflicile. De quel côté qu’elle demeurait la Louison? Y avait bien un mur... mais où est ce qu’il était le mur? C’est drôle qu’il y ait des murs qui ne se trouvent jamais là quand on les cherche. C’est vrai qu’il y a d’autres murs, mais ça n’est pas le vrai mur... '
LA VIE D UN MORT I77 ! Il allait, le bon alcoolique, en quête d’un point d’appui, quand il buta sur le seuil d’un troquet. La dalle est sèche, c’est un fait. Encore une pièce de vingt ronds. La Louison n’a pas besoin de 'tant d’argent que ça. A gagne sa vie étant dans le blanchissage. Et puis y a pas, quand on est aride, faut bien s’ar roser. Très digne, avec la conscience d’un homme qui condescend à satisfaire la bête , le saoulot entra.
Quoi prendre? Des sirops, ça serait pas à faire! — Deux vertes, en un verre, et de l’eau fraîche. Ça ne se refuse pas. Et l’œil saisi par un petit point blanc qui dardait du comptoir de zinc, Julot aspira les deux vertes. Mais faut la partie carrée, ou il n’y a pas d’amour. Et les quatre sœurs se becquetèrent dans son esto mac. Il sort: il fait froid, une sale température que les riches appellent un joli sec : malheur !
C’est bizarre, il y a quelque chose qui lui échappe. Il voudrait penser, raisonner, se souvenir. Y a Loui son, y a quelque part une maison, avec au sixième étage, un taudis, Sous la déclivité d‘un toit percé d’une tabatière. On s’y couche, on s’y met en rond, on y dort. Dormir. Mais où est-ce donc P Puis tout à coup dans le cerveau, un krack s’opère, quelque chose comme une fissure brusquement ouverte.
L’homme, la brute, tournoie, bat l‘air de ses deux mains et tombe, masse inerte, en un angle de la rue. De ce corps impuissant où l’alcool a tué la volonté, le corps astral s’évade, captif que rien ne retient plus.
1 78 L’INITIATION , ,v-ez-z _ .v..n.> _ l, ; Ç Il suinte comme d’un vase fêlé, il s’étire et au-dessus de la bête affalée, vogue dans l’air, s’efforçant de se détacher, d’arracher, de briser le lien que la vitalité réflexe encore noue à sa fluidité.
Mais quoique prisonnier, il est libre , le corps astral de l’ivrogne ; il s’allonge dans l’espace , il regarde par—dessus la muraille du plan humain, il en trevoit les visions effrayantes et superbes de l’au-delà, et il se saoule lui-même d’un commencement d’infini.
Durand, à travers les girations veules de son erra ticité vacillante, sans pensées, sans volontés, sans instincts, cependant éprouvait —- sans instru ments de perception — un désir féroce, brutal de revivre. C’était comme une pénétration, une endos— mose d’aimantations qui l‘attiraient, en des humances furieuses. Il ne se souvenait pas de ce qu’était la vie, et il en avait l’appétit morne, obscur, mais puissant.
Ce qui pendait après lui de matière encore non diluée constituait pour son astralité un lest auquel elle ne pouvait résister, comme un aérostat qu’une corde rappellerait vers la terre. Ce qui restait en lui d’animalité cherchait un gîte, un outil de résurrec— tion, de jouissance, pollen monstrueux en quête de pistil.
Il roulait à travers l’espace, tantôt s’évadant de l’ombre lunaire et se ruant à travers la lumière ter— restre où il s’abîmait, en des angoisses de chat—huant aveuglé, tantôt se noyan’t à nouveau dans les ténèbres froides, dans le grouillement fluidiquement vermicu laire des innombrables astraux qui l’emportaient dans leurs serpentations tortueuses et muettes.
LA VIE DUN MORT 179 . 7 Or, dans une de ces pérégrinations affolées, Durand vint à raser la place où l’absinthé gisait. Brusquement il s’arrêta, comme cloué. Une polarité s’imposait. L’astra1ité sans corps sen tait le corps sans astralité. Ceci voulait cela. ’ L’astral de l’ivrogne, en sa fugue hors de la brute qui ne la retenait plus, s’en allait, s’en allait, à peine retenu par un fil de vapeur à cette masse dont les ressorts n’agissaient pas.
Durand comprit cela : logis vide. Il s’y précipita7 par le nez, par la bouche , par tous les orifices de la peau, par une imbibition générale et sauvagement brusque, se glissant comme l’eau dans les porosités de l’éponge, il prit possession de cette loque.
Et quand il l’eut, comme un chien qui vient de voler un os, il se mit à bondir dans cette prison Où il s’était enfermé, tuant, se heurtant aux parois, péné trant avec des rages fouilleuses dans les moindres recoins, s’accrochant aux fibres les plus secrètes.
Etl’ivrogne, sous cette poussée formidable et ma cabre, eut d’abord un intense frissonnement, puis il se dressa à demi, sur les talons, sur la nuque, faisant le pont, puis ce fut une convulsion tordant le torse, vrillant les jambes... l’homme maintenant roulait sur le pavé ; sa face étirée en masque japonais avait des déplacements d‘yeux et de bouche absolument bizarres.
Le front tressautait en d’abominables plis— sements qui faisaient se dresser les cheveux. Sensation affreuse : c’était en lui comme un four millement de millions et de millions de cloportes qui grouillaient, collés à ses muscles, fouillant sa viande,
I 80 L’INITIATION actifs et suceurs... Il grimaçait tout entier, de la face, du ventre, du dos.
Puis dans le cerveau, les lobes surexcités se mirent à jouer comme un instrument sous les pattes d’un singe : dans le défilé de Sylvius, dans la scissure de Rolando l’astral de Durand poin— tait, joyeux de se faufiler... et de la bouche torsionnée de l’ivrogne des cris, des mots éjaculèrent, hideux, stupides, si pressés, si râclants qu’ils arrachaient de la gorge la salive qui, faite écume, bavait sur le menton... (A suiure.) JULES LERMINA.
351m d’antenne Un froid suaire étreint les branches dépouzlle’es Où, jadis, tant d’espoirs menteurs avaient fleuri, Et, dans le brouillard gris, leurs dépouilles rouille’es Meurentsans un rayon de soleil attendri. Nulle feuille qui bouge et que le ventemporte, Trzste et muet témoin des splendeurs d’autrefois. Rien. — Les illusions de ma jeunesse morte Palpitent à mes pieds dans les feuilles des bois.
Illusions etpassions, rien ne subsiste; Le Rêve de mon cœur au loin s’en est allé; Et, dans un crépuscule éternellement triste, L’Ennuipesant et morne en moi s’est installé:
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUE5 I81 rPlus de rires joyeux sonnant sous les ramures; Plus de baisers chantant dans les taillis épais ; Ni rires, ni baisers, ni parfums, ni murmures, Tout se tait et s'abz’me en une immense paix. Mais, plus heureux que vous qui reuiueg sans cesse. Bois, et rajeunisseg tous les ans pour un temps, .Je ne connaîtraiplus [on mensonge, 6 Jeunesse! Ni ton illusion décevante, ô Printemps ! CHARLES DUBOURG.
Gnome iINDEÏ'EENAINT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES CONFÉRENCES ET COURS La réouverture du quartier général a été, cette année, des plus brillantes. La salle des conférences était comble dès 8 h. I/2 et c'est devant un brillant auditoire que JULES LERMINA a ouvert la séance par une très belle causerie.
Ensuite le président du Groupe a commencé la série de ses conférencesœours, Série qui sera régulièrement continuée. , Le 6 novembre, ÉMILE MICHELET a développé, devant une salle également très brillante, des idées toutes nou— velles sur les rapports de l’art et de la magie. On voit, par le succès de ces deux réunions, que le public s’intéresse de plus en plus aux travaux du Groupe. Les prochaines séances générales auront lieu aux dates suivantes : Vendredi 20 novembre.
I8 2 L’INITIATION i‘5""' W Vendredi 4 décembre. Vendredi 1 8 décembre. NOS amis qui n’auraient pas reçu d’invitations sont priés de passer en prendre une avant la séance. CONFÉRENCES EN LANGUE ÉTRANGÈRE Le 13 novembre, à 8 h. I/2 du soir, seront inaugurées les conférences philosophiques internationales sur le Spiritualisme.
La première de ces conférences, faite en langue an— glaise, sera donnée par Mme HELEN D’ENSLIORE, assistée de notre ami LOUIS STEVENARD. Une autre conférence en langue espagnole est en voie d’organisation. Nous espérons donner une grande exten sion à ces nouvelles créations organisées par M"‘ A. DE VVOLSKA, fondatrice de la Bibliothèque internationale des Œuvres des Femmes.
RÉUNIONS AMICALES Tous les mercredis, des réunions amicales, sources de causeries et de discussions entre les membres, ont lieu au quartier général. Les invitations sont adressées par le Comité directeur du Groupe et rigoureusement per sonnelles. NOUVELLES BRANCHES Le mois dernier, trois nouvelles branches du Groupe ont été créées, savoir : Une à Mâcon (Aube) avec loge martiniste. Une autre à Abbeville (Somme).
Une autre à Aix en Provence où une loge martiniste est également en formation. A ce propos, nous sommes heureux d’annonceràtous nos amis que notre frère QUÆRENS S.' . l.'. (C. B. E.) vient de recevoir un diplôme d’honneur de la part du Comité directeur du Groupe. C’est là un faible témoi— gnage de notre reconnaissance pour cet apôtre sincère et dévoué de l’occultisme.
W‘="'fi =‘-*-; un -_.- 2 -- --: _ 183 UNE CURIEUSE EXPÉRIENCE GROUPES D’ÉTUDES Sur la demande de Jules Lermina, un Groupe d’études philologiques est organisé au quartier général. Les mem bres du groupe qui désireraient en faire partie sont priés de s’adresser au Comité de direction.
Un nouveau Groupe d’expériences spirites et magné— tiques tenant ses séances lc jeudi, une fois par mois, est également organisé sous la direction d’un consciencieux expérimentateur. Le droit d’assister à ces séances, entiè rement gratuites, appartient à tous les membres du Groupe, sans exception. ‘ i( 4 4 On peut voir, par les résultats obtenus, que le succès de notre mouvement ne fait que s’affirmer de plus en plus.
Le public intellectuel sait se rendre compte de la sincérité et du désintéressement des efforts entrepris et sait justement les récompenser.
Nous ferons tout notre possible pour continuer à mériter une telle confiance. ; lilas curieuse Expérience Au rédacteur en chef du Daily Chronicle, MONSIEUR, Dans votre numéro d’aujourd’hui, M. Herbert BUr— roros dit: « Je ne connais aucune preuve satisfaisante pour ceux qui, au préalable, non versés dans ces ques tions, ne les ayant ni étudiées, ni approfondies, viennent seulement pour voir...
Ceux d'entre nous qui savent s’y sont beaucoup appliqués et sont préparés à s’y appliquer encore davantage, pour l’amour de notre science,et ceux qui veulent cette science doivent en payer le prix. » Mais on dit : « Si vous pouviez nous donner une
184 L’INITIATION \ preuve de ces choses, nous croirions, nous serions convertis. » A propos de ceci, je me rappelle fort bien une expé rience que je fis moi-même, bien des années avant que ce flot de théosophie n’eût balayé l'Occident.
Je m’en souviens; comme je racontais à un clergyman des ma nifestations physiques d’un monde surnaturel, il me fit cette réponse: « Donnez-moi la preuve de ces faits; si je voyais le piano enlevé du sol sans le secours extérieur d’une force connue, je croirais! » Je répondis: « Non, vous ne croiriez pas, vous seriez d’abord surpris, mais vous trouveriez un moyen d’ex pliquer cela par une Loi naturelle. — Mais pouvez-vous me le faire voir ? — Oui, répondis—je.— Et puis-je amener avec moi quelques confrères 9 -— Oh oui,» telle fut ma réponse. .
En conséquence, je m’entendis avec une personne par l’influence de laquelle ces merveilles sont produites, -— femme simple et sans prétention, en un mot, un médium — pour mettre en jeu ces forces au profit du clergyman et de ses amis. A heure dite, ils se réunirent dans mon salon à New York pour être témoins du phénomène.
Un lourd piano, avec autant de personnes assises dessus qu’il pouvait en tenir, fut soulevé du sol de plusieurs pouces; les mains du médium tout simplement placées sous le piano, et un œuf entre chaque main et le piano, de telle sorte qu’au cune pression ne pouvait être exercée par le médium sans casser les œufs. Le piano demeura dans cette posi tion assez longtemps pour que le clergyman pût exa miner la hauteur à laquelle il avait été soulevé.
Il parut très surpris et mystifié, et reconnut qu’il était incapable d’expliquer ce phénomène. Mais quelques jours après, il vint tout souriant, m’apprenant qu’il y avait pensé tout au long et qu’il savait quelle en était probablement la cause. « Oh! oui » dis—je, c'est bien cela. Vous vous souvenez que je vous ai dit que vous n’y croiriez pas si vous le voyiez.
Ce médium ne nous avait pas consacré beaucoup de temps et je crois qu’il n’était pas préparé à nous en consacrer davantage, eu égard à ses facultés. En vérité, je ne crois pas qu’elle ait eu aucune idée de .l “l
NOUVELLES PUBLICATIONS I 8 5 -.-_-..:.——.._— . ..I_ _ . . _ , _I« la manière dont ces merveilles étaient produites. Elle savait seulement qu’elle pouvait les accomplir Ou qu’elles pouvaient l’être par son intermédiaire. Je suis, Monsieur, votre, etc. HELEN DENSMORE. Kneeworth House, 78, Elin Park Road. London S.-W. (I0 septembre).
3tlaavrurs ÈUBLICA‘I‘IGNS Le nouvel ouvrage de ’Papus sur < LA KABBALE >> LA KABBALE >> enferme, outre ce qui est extrait du Traité méthodique de science occulte, de très importantes adjonctions. C’est ainsi qu’une longue étude sur la classification des principaux ouvrages kabbalistiques avec des renseigne ments très complets sur la kabbale pratique, est entière ment nouvelle.
'De plus, une bibliographie de la Kabbale précédée d’une étude sur les bibliographies faites antérieurement, travail également tout nouveau, termine ce volume. Voici,à titre de document, le jugement que M. Ad. Franek, de l’Institut, le savant auteur du plus important des ouvrages contemporains sur la Kabbale, vient d’adres ser à Papus qui lui a dédié son « essai ). Paris, le 23 octobre 1891.
MONSIEUR, J’accepte avec le plus grand plaisir la dédicace que vous voulez bien m’offrir de votre ouvrage sur lakabbale, qui n’est pas un essai, comme il vous plaît de l’appeler, mais un livre de la plus grande importance.
Je n’ai pu encore que le parcourir rapidement; maisje le connais assez pour vous dire que c’est, à mon avis, la publication la plus curieuse, la plus instructive, la plus savante qui ait paru jusqu’à ce jour sur cet obscur sujet. Je ne trouve à y reprendre que les termes beaucoup
186 L’INITlATION trop flatteurs de la lettre à mon adresse dont vous la faites précéder. Avec une rare modestie, vous ne me demandez mon opinion que sur le travail bibliographique par lequel se termine votre étude. Je n’oserais pas vous affirmer qu’il n’y manque absolu ment rien, car le cadre de la Science Kabbalistique peut varier ‘a l’infini; mais un travail bibliographique aussi complet que le vôtre, je ne l’ai rencontré nulle part.
Veuillez agréer, Monsieur, avec mes félicitations et mes remerciements, l’assurance de mes sentiments dé— voués. AD. FRANCK. Le numéro du Voile d’Isis à 100,000 exemplaires paraîtra sans doute en même temps que l’Initiation (15 novembre). Tous les deux mois un pareil effort sera tenté pour la diffusion de l’occultisme. Les 100,000 exemplaires serontdistribués gratuitement à domicile.
4 Psyché, la nouvelle revue littéraire publiée sous la direction d’EMILE MICHELE'I‘, est ornée d’une fort belle illustration sur la couverture. Un ( cheroub >>prend son essor s’élevant majestueusement au—dessus des ruines d’une antique cité chaldéenne et se dirige vers Paris, la nef lsiaque (Bar-Isis), berceau contemporain de l’Art ésotérique. L’exécution de cette belle gravure est due à L.
Ségoffin, un des brillants élèves de l’École des Beaux Arts. L‘A1bum des Musées, publié sous la direction de B. PUViS DE CHAVANNES, 40, rue Milton. A pour but de conduire ses lecteurs dans les musées de Paris et de la province, où se trouvent tant de chefs— d’œuvre ignorés, et de permettre d’en conserver une vision indéfinie.
A En eflet, l’Album des Musées constituera des volumes où seront classées les œuvres curieuses de chaque musée, de chaque collection originale. Une table alpha bétique publiée chaque semestre les groupera et les classera. Les artistes comme les amateurs en compren dront l’utilité, et n05 procédés, particuliers à notre
NOUVELLES PUBLICATIONS I 87 maison, nous permettront de donner des planches supé rieures à tout ce qui a été produit jusqu’à ce jour.
L’Album des Musées paraîtra le samedi de chaque semaine, contenant, pour un prix réduit a sa plus basse expression (20 cent.) trois planches hors texte en hélic— gravure, susceptibles d’être encadrées ou reliées en album, un dessin dans le texte de nos meilleurs maîtres, quatre grandes pages de texte en caractères elzévirs, culs-de-lampes et lettres ornées, et une couverture de papier fort.
Cette publication rivalisera donc avec les plus esti mées, pour un prix dix fois moindre. Le maître éclairé qui veut bien nous guider est un sûr garant du goût artistique qui présidera au choix des planches publiées. Le texte a été confié à M. Léon Riotor, et le jeune écrivain a su réunir autour de lui les noms les plus estimés du public, tant pour la partie littéraire que pour la partie critique.
Il donnera également tous les rensei gnements qui pourraient intéresser nos lecteurs, répon dra aux questions qui lui seront adressées, pour la plus grande édification de tous, et publiera les notes d’art ou les conseils qui lui seront transmis par des lecteurs éclairés. L’Album des Musées a donc pour but d’enseigner et de récréer, tout en conservant l’attrait des œuvres qui seront aussi excellentes dans cinquante ans qu’au jourd’hui.
Les personnes âgées pourront renouer con naissance avec les œuvres qu’elles connaissent, ainsi qu’apprécier les nouvelles et les inconnues, les jeunes gens s’y instruiront par un voyage sans fatigue, ni frais de déplacement, et les artistes y trouveront les docu ments qui leur sont nécessaires... Nous avons réduit le prix de cette publication, nous ne saurions trop le répéter. à sa plus basse expression.
De plus, nous accepterons. à titre d’essai, des abonne ments de trois mois, soit douze numéros, qui permet tront d’apprécier la richesse et la valeur de notre œuvre. LES ÉDITEURS. Nous avons reçu les quatre premiers numéros de cette publication que nous recommandons vivementà
I 88 L’INITIATION tous nos lecteurs. Les repr-wductions sont des merveilles de finesse et de goût. L’Initiation. Nouvmaas ‘®wensas Samedi 14 novembre, Papus fera à la salle des Capu cines une conférence sur la Messe noire. La table des matières complète de l’1nitiation depuis sa création vient d’être établie par PAUL SÉDIR.
Cette table faire par volume pour chacun des treize volumes parus, puis générale par articles et par auteurs alphabétiquement classés, paraîtra sous peu. Nous donnerons dans notre prochain numéro les ren seignements nécessaires pour le service qui sera fait :‘1 nos abonnés à cette occasion.
Le plus rare des manuscrits de Kabbale pratique ou magie cérémonielle vient d’être publié à très petit nombre d’exemplaires sous la forme de cent quarante- trois pho— tographies prises sur le manuscrit de la Bibliothèque Nationale. Le prix de chaque exemplaire relié en plein maroquin, sur onglets, est de IOO francs net, ce qui ne fait pas I fr. par épreuve photographique.
RMUË DES RE VUES (FRANCE) OCCULTISME Z Le Voile d’1sis vient de commencer, dans son dernier numéro, la bibliographie des sciences occultes par \'_._' 7
REVUE DES REVUES 189 Marcus de Vèze, si impatiemment attendue pour l’érudi tion bien connue de son auteur; en feuilleton: le Dis cours, de Fabre d’Olivet, sur l’Essence et la forme de la poésie et diverses communications sérieusement faites de membres du groupe remplissent les numéros 44, 45 et 46. — A voir, dans I’Etoile d’octobre, l’« hymne d’Héliel » de notre collaborateur Émile Michelet; c’est une prose d’une grande envolée lyrique.
Des études sociales et bibliographiques de Alber Jhouney complètent ce nu méro et se continuent dans celui de novembre. — La Paix universelle continue ses reproductions de l’Initia tion et donne des expériences de M. Bouvier. SPIRITISME : Le Spiritisme, organe de l’Union spirite française, la seule revue spirite à tendances scientifiques qui paraisse en France; les études de Gabriel Delanne sont surtout remarquables à ce point de vue.
La Revue spirite (novembre 9x); quelle différence avec le journal précédent! A part l’étude de M. Rouxel sur les rapports du spiritisme et du magnétisme, la commu nication de M. Horace Pelletier et la suite du travail de Marcus de Vèze, le reste ne vaut pas la peine d’être signalé.
Félicitations au Moniteur spirite et magnétique qui commence à faire des articles au lieu de polémique. — Par extraordinaire, le numéro du 27 octobre de la Lumière ne contient rien de ridicule qu’une communi . cation de Melchissédec. MAGNÉTISME : Le Journal du Magnétisme (15 octobre-1" novembre) donne des études historiques et expérimentales faites très sérieusement par H. Durville, par M. H. Simonin et de M. Rouxel.
La Revue des sciences psychologiques (20 octobre 91) est bien amusante. M. Goupil prodigue aux pauvres « niais ) d’ocmltistes, avec une libéralité royale, les railleries les plus piquantes; je recommande particuliè rement au public la page 146, col. 1; on trouvera là, pour l’étroitesse des conceptions, de quoi compléter
190 L’INITIATION parfaitement le type d’un M. Joseph Prud'homme qui aurait changé de profession. —-— La Chaîne magnétique continue de louables et désintére5sés efforts de propa gande. HYPNOTISME : Les Annales de psychiatrie et d’hypnologie.
Sommaire: La Dyspepsie des lypémaniaques, ses causes, son traite ment, par le D” Guimbail. —- Un abus criant, par le Dr Collineau. — Le bulletin mensuel de la clinique hyp nothérapique de la Charité, par le D“ Luys, puis et surtout: Du Traitement de la folie par l’hypnptisme, par les D" Percy Smith et A.—T. Myers, et une Étude de la neurasthénie par le professeur Grasset.
SOCIALISME 2 La Revue socialiste, une des publications les plus sé rieuses, les mieux documentées; on ne peut que lui prédire un succès grandissant qu’elle devra à la compé tence et au dévouement de savants comme Benoit Malon, le Dr Delon, Ad. Veber, Lafarge et tutti quanti. Le Devoir (septembre et octobre 91) s’occupe du Fami listère de Guise.
Dans la Religion universelle (15 octobre), très intéres— sant compte rendu du Jésus de Na:areth de M. de Régla, par Ch. Fauvety. J’avais oublié, le mois dernier, de mentionner le compte rendu des Théories et Symboles des Alchimistes de notre collaborateur A. Poisson, qu’avait fait la Revue générale des sciences pures et appliquées; le numéro du 150ctobre donne un résumé très complet par A.
Prenant, les Idées nouvelles sur la formation des spermatozoïdes. (A voir dans I’Electricien d’octobre 1891 la suite de ses études techniques.) PAUL SÉDIR.
LIVRES REÇUS [9 I LIVES RE’@ŒÆS UN BADAUD. — Coup d’œil sur les Thaumaturges et les médiums du XIX° siècle. , M. Paul Marin, capitaine d’artillerie, qui se dissimule sous le pseudonyme modeste de < Un badaud ) est déjà Un badaud ) est déjà bien connu de nos lecteurs.
Chercheur infatigable, esprit critique des plus sérieux, M. Paul Marin a voulu venger William Crookes des insinuations faites au sujet de ses opinions qu’on pré tendait changées depuis l’époque où le célèbre chi miste fit ses expériences sur la Force Psychique. A pro pos d’un ouvrage paru il y a quelques mois (Coup d’œil sur la Magie au XIXe siècle) M. Marin était amené à. poser une question formelle à William Crookes.
Sa réponse (que nous avons reçu l’autorisation spéciale de publier dans l’Initiation), paraît dans ce volume, dont le titre indique du reste tout l’intérêt. Aussi recomman— dons-nous spécialement sa lecture à tous 'nos amis. RENÉ WORMS, agrégé de philosophie, docteur en droit. — La Moralede Spino&a, 1 vol. in-18 de 330 p., 3 fr. 50 (ouvrage couronné par l’Institut).
Ce travail philosophique très important sera prochai nement étudié en détail par F.-CII. BARLET. En atten dant, félicitons bien vivement l’auteur pour la récom pense justement méritée qui lui a été décernée par l’Institut. RENÉ DE MARICOURT. —— En vitrine, l vol. in-IS, 3 fr. 50. Cet important recueil d‘attachantes nouvelles, dont plus d’une traite d’ésotérisme, est publié par un de nos collaborateurs les plus aimés de nos lecteurs.
Aussi mé rite-t-il une étude particulière qui paraîtra dans le pro chain numéro de l’Initirxtion, sous la signature de Paul Sédir. Nous avons reçu le second volume de l’important tra vail de BENOIT MALON sur le Socialisme intégral. L’œuvre considérable de ce penseur demande un compte rendu très détaillé pour lequel JULIEN LEJAY, qui
192 L’INITIATION en est chargé, est obligé de faire attendre l’auteur encore quelquetemps. Il nous pardonnera bien lui-même, nous en sommes persuadé. . G. CANTOR. — Sur la Théorie des Ensembles. Très intéressant travail de philosophie mathématique Compte rendu prochainement par le D' Delézinier. JULES BLANCARD. — Caisse de retraites civiles du Dépar tement de la Seine. Projet de Statuts. -— Chez l’auteur, 5, carrefour de l‘Odéon.
' Très intéressant projet que nous conseillons vivement à tous nos lecteurs de demander à l’auteur, qui se fera, nous en sommes convaincu, un vrai plaisir de répandre la «r Bonne Parole ».
L’abondance exceptionnelle des matières nous oblige à renvoyer au prochain numéro le compte rendu des Miracles et moderne spiritualisme de Wallace, par PIERRE TORCY, publié, il y a de nombreuses années et que certains naïfs prétendent être une réponse aux ensei gnements de l’occultisme. —- Publier une réponse dix ans avant la question, c'est assez bien trouvé, n‘est-ce pas ?— En même temps nous publierons le remarquable article bibliographique de F.-CH.
BARLE’I‘ sur la prétendue synthèse de M. A. d’Anglemont. Ce dernier article établit les contradictions multiples et les erreurs scientifiques dont fourmille « la Synthèse », exclusivement sur des citations, de là sa longueur. Si nous ajoutons que cette analyse a demandé trots mois de travail acharné à F.-Ch. Barlet, on verra qu’il s’agit là d'une véritable critique et non d’une étude faite en courant.
L’Initiation prétend du reste apporter la plus grande conscience dans l'ana— lyse des livres qu’on lui donne à juger. Le nombre et la compétence de ses rédacteurs sont une garantie suffi sante de cette prétention. ' ' "'"“""". 'wfiM—W.-h A» Le Gérant: Encsusse. TOURS. I.\lP. IL. ARRAUL‘I‘ ET c", RUE DE LA PRÉFECTURE, ô.
L’INITIATION Est en vente CHEZ TOUS LES LIBRAIRES A Paris VIENT DE PARAITRE MORALE DU BOUDDHISME Par Léon de ROSNY Professeur au Collège de France PRIX: 0 fr. 50 Permet à tous d'obtenir une rente viagère en 15 ans. par un versement de 0,30 par mois au minimum, lequel versement peut s'éleverjus qu'à 9 fr. Nous ne connnissnns pas de société qui offre des conditions aussi faciles et aussi avantageuses.
On est reçu dans l‘association à n‘importe quel âge et les enfants sont admis. Le Centime quoti— dien est assuré de faire rapporter 5 0/0 à son capital, ce qui lui permet de donner à ses adhé rents une retraite relativement importante dans un délai d’un tiers plus court que celui exigé par les sociétés similaires pour une rente équivalente. Les fonctions de cette association purement philanthropique sont grntnilvs.
Une notice explicative est envoyée gratuitc_ ment à toute personne qui en fait la demande par le simple envoi de sa carte de visite avec son adresse, sans autres indications, au siège sociaL 9, rue Guy-de—la-Brosse, à Paris.
.7 _ "’ " L’IN ITIATI 0 N (“EN’ËI‘ËI’ÎËS’ŒNT’l DIRECTION ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg, 14 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS G. CARRÉ D'RECTEUR: PAPUs u 58, rue Saz‘nt—André—des—A rts DIRECTEUR-ADJOINT : Lueien MAUCHEL Rédacteur en chef: George MONT1È RE ü Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an10 fr OH. BARLET. — J. LEJAV ÉTRANGER, — I2 tr.
RÉDACTION : 14, rue de Strasbourg. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. MANUSCRITS. -— Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance: les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. 7 LIVRES ET REVUES. —— Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s'il y a lieu. Les Revues qui désirent faire l’échange sont priées de s’adresser à la rédaction.
ADMINISTRATION, ABONNEMENTS. — Les abonnements sont d’un an et se paient d'avance à l'Administration par mandat, bon de poste ou autrement, 58, rue Saint-André—des-Arts. TOURS, IMP. E. ARRAULT ET CIE.