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àૺ. .À-. . '1! ' animation Revue philosophique indépendante des Hautes Études Hypnotisme, Thèosophie Kabbale, FrancMaçonnerie Sciences Occultes 4 12° VOLUME. - 4m° ANNÉE SOMMAIRE DU N° 12 (Septembre 1891) _..N_ PARTIE INITIATIQUE... LUniversité libre des Hautes Études (pro gramme). . . (p. 193 à 205). Le Temple de Satan.. Papus. . 206 à 220). PARTIE PHILOSOPHIQUE Les États profonds de .
ET SCIENTIFIQUE... lHy;moœ(avec trois A. de Rochas. ዾgures) (suite) ...... .. (p. 221 à 243). Liturgie et Rituel ..... .. Pierre Torcy. (p. 243 à 252). La Mort(suite). .... .. Carl du Prel. (p. 252 à 263). PARTIE LITTÉRAIRE... La Vie dun Mort. (suite)................. Jules Lermina. (p. 264 à 272). Paracelse à Bâle. .
Saint-Pargeau. (13-272 a 277) Groupe indépendant dÉtudes ésotériques. Variétés : Bavardage. Nouvelles diverses : Dernier adieu à la S. T.; Analyse des livres sacrés de l'Inde. Revue des Revues. Livres reçus. P.-Gh. Barlet. R si n A (:110 n ; Administration, Abonnements: 2 9, rue de Tremse, 29 58, rue S tAndrédes-A rts, 58 P A RI S P A RI S Le Numéro: UN FRANC. Un An : DIX FRANCS .i:i-I- - mi
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. . Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont lessence ï - 'de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles nont abouti quà de vaines et stériles négations. .La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par lhypnotisme et la suggestion à distance. Eዿ'rayés des résultats de leurs propres expériences, les r, .
Matérialistes en arrivent à les nier. LInitiation est lorgane principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: - Dans la Science à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains._ ' l _ _ Dans la Religion à donner une base solide à la Morale par la découverte dun même ésotéris_me caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue Social, lInitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent ' larbitrage contre larbitraire, aujourdhui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands ዿéauxcônter'npèrains : le nu'litarisnze et la misère. Enዾn lI_nitiation étudie impartialément tous les phénomènes du Spiritisme, de l'HypnQtisme et de la Magie, phénomènes déjà connus_et pratiqués dès longtemps en Orient jet_surtout dans lInde.
L"Initialioiz expose les opinions de toutes les écoles, mais nappartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études'. ' ' ' La première partie de la: Revue (Initialique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà. familiarisés avec les études de Science Occulte. _ .. ' ' ' . ' .
La seconde partie(Philosophique et Scientifique) sadresse à tous les gens du monde instruits. ' ૺEnዾn, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux 'lèctrices'ces arides questions dune * -- «manière quelles savent toujours apprécier. ' ' LInitiaiion parait régulièrement le- 15' de chaque mois et compte déjà trois annéesdexistence, Abonnement: 10 francs ».. par au.
GROUPE INDÈPËNDANT DÉTUDES ÉSÛTÉRIQUES W""ૻ " (Résumé des travaux des 14 premiers mois.) Quartier Général, 29, Rue de Trévise, 29, Paris 10 CHARTES DÉLIVRÉES A. Groupes détudes théoriques et expérimentales et groupes daction au quartier général . . . . . . . . . . 22 B. Branches (France) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17 Branches (Étranger) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
25 Total des chartes délivrées (en août 189i) . . . . . 64 Y C. Correspondants(France et étranger) . . . . . . . . . . . 18 Total des loges et correspondants . . . . . . . . . . 82 20 ÉTUDES EXPÉRIMENTALES Force psychique. Enquête de L. Lemerle sur les phénomènes produits par M. H. Pelletier. - Travaux du Dr Delézinier, de MM. Del fosse, Girgois, Yvon le Loup, etc. Télépathie.
Étude expérimentale par MM. Canne de Puisaye et Papus entre Paris et Marseille. Spiritisme. Études expérimentales de MM. François, Lemerle, Papus, Mauchel, etc. -Inዿuence de léther sur les_ phénomènes spirites. Groupement et formauon des médiums. Prise en ዿagrant délit de fraude dun médium(u). -Études sur la fraude dans la médiumnité. Hypnotisme.
Rapports de l'hypnotisme et du spiritisme (Existence des trois phases chez les médiums nayant 1ama15 été en rapport avec des hypnotiseurs.) Inዿuence du Pentagramme sur les sujets hypnotiques. (Rapports de Papus, du comte de Constantin, du D" Chazarain et de la Branche Kvmris de Bruxelles à ce sujet.) : (x) Le Groupe est une des rares sociétés détudes qui ait immédiatement publié la relation de u lesp0sure n dun médium, loin de, le cacher,ycomme on le fait généralement. Un seul des cinq médiums étudxes a ete « expose ».
30 PRINCIPAUX TRAVAUX Mૺ° A. DE du groupe, 29, rue de Trév15e, ou de lœuvre. PUBLIÊS PAR LES CHEFS DE GROUPE F. CH. BARLET. Essai sur IEvolution de lIdec (philoso phie), 1 vol. in18. STANISLAS DE GUAITA. Le Temple de Satan, 1 vol in-8; 000 p. (occultisme). PAPUS. Traité méthodique de Science Occulte, 1 vol. in-8; 1,100 p. (occultisme). JULIEN LEJAY. Science sociale et Occultisme, in18. A. CHABOSEAU.
La Philosophie Bouddhique, 1 vol. in-8 (orientalisme). A. POISSON. Théories et (alchimie). E. MICHELET. LÉsoteri5me dans lArt (esthétique). G. VITOUX. L'Occultisme Scientiዾque (occultisme). PRINCIPAUX TRAVAUX ' PUBLIÉS PAR LES BRANCHÉS Symboles des Alchimistes LEFORT (Sens). LErreur latine (histoire), in-18. NEHOR (Bruxelles). Les Mages et le Secret magique (occultisme), in-18. VURGEY (Bruxelles). L'Age de Sphynx (occultisme).
QUÆRENS (Marseille). Esoterisme et Militarisme (philo sophie sociale). ELIE STEEL (Lyon). LUnion Occulte Française (revue). B. NiCOLAÏ (Lyon). La Paix Uniyerselle (revue). MARCELLUS LELÔIR (Bordeaux). La Magie, in-16. D" PLANTENGA (Amsterdam). La Rose-Croix (tevue). H. GIRGOIS (La Plata). Force psychique. 4o PÉRIODIQUES (Quartier Général) LÎnitzation, revue mensuelle de 100 pages.
Le Voile dIsis, journal hebdomadaire de 8 pages, organe ofዾciel du Quartier Général. 5° CONFÉRENCES Tous les 15 jours au Quartier Général, trois séries à la salle des Capucmes. Un Bulletin mensuel de la Bibliothèque sera prochainement publié. La Bibliothè ue internationale des œuvres des Femmes (Directrice OLSKA) possed_e une zîran_de salle de lecture au Siège a directricereçoit les membres
:*ૻ.""T__-_ - *< @ e e '- s, = .5 Ëo/mmmm«â PARTIE INITIATIQUE Ëttiversité libie ries ዾentes Eturlet On Sait que le Groupe indépendant d Études ésoté riques a pris linitiative de la fondation, à Paris, dune UNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES entièrement distincte du Groupe luimême. Aዾn de montrer jus quà quel point ont été poussées les études préparatoires, nous publions le projet dorganisation de lenseigne ment proposé par F .-CH. BARLET. Ce projet, qui côns titue lidéal à atteindre, sera adapté aux circonstances actuelles par une commission composée'dun certain nombre dorganisateurs de lUniversité. Les premiers essais dapplication se feront, à moins dimprévu, en janvier 1892. . N. D. L. D.
195r LINITIATION I LENSEIGNEMENT 51°ૻ. Les programmes. g 2. Les cours. La méthode. ê3. Les grades. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 1.La division générale des études correspond aux quatre lettres du nom sacré, , l y.u*u.r. ,- . -.,. n [ i Physiogonie. l Androgonie. n , 1 ' " Cosmogonie. Théogonie. Iljïl , Mais il doit être déchiffré à lenvers (dans le sens où il vient dêtre écrit ici de gauche à droite, du bas en haut). 1 l 2. Une autre division essentielle correspond aux, trois ordres du savoir : l (Le Métaphysique). Les Principes. (Le Pourquoi?) l (Le Comment?) l (L'Intelligiblc) . (Le Sensible). (Le Quoi?) Et comme cette division sapplique àchaque ordre de connaissance (ou chaque lettre du nom divin), elle doit servir de division secondaire. '
LUNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES 195 3. A chaque ordre de connaissance peut et doit correspondre une certaine pratique, matérielle et morale. _ 4. -_De là la clef générale suivante du programme: Les trois grades à délivrer: Et les examens. (Voir tableau 200 et 201.)
196 LINITIATION Les Programmes : Développements 1re année (Physiogonie) t°r TRIMESTRE (I) (Synthèse des faits de science positive) 1" MOIS Remonter de laspect complexe aux éléments simples de la nature. 1° La science positive, qui sinterdit la recherche des causes médiates, ne fait apparaître dans tous les détails de la nature quune matière en mou»ement.
Par la physiologie elle montre la vie sexerçant simplement par le jeu des forces physico-chimiques (2) [la psychologie même les nécessite et ne se manifeste que par elles à la science positive (3).] Lanatomie montre que les corps organiques ne diffèrent des inorganiques que par les proportions, non par la nature des éléments.
La chimie, par la thermochimie et la théorie atomique, se réduit en dernière analyse au jeu des forces physiques sexer çant sur lélément ultime de la matière ዾgurée. Les forces physiques se ramènent toutes les unes auxautres et par là à une Force unique, animant la matière inerte par le mouvement.
2° Le mouvement ne seffectue lui-même que selon les lois de la continuité géométrique (ou de lespace Claude Bernard. (1) 1" degré, Mariimste. (2) (3) Ribot, Wundt, Lotze. Bain, Fechner, etc.
LUNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES I97 ዾguré) et du nombre (ou du temps déዾni et discon tinu). 30 Ainsi la science positive aboutit comme au sommet dune pyramide (dont lensembledes sciences naturelles est la base), à labstraction mathématique. La nature naît de ce sommet par une trinité dab straction: ' La Force; La matière (latome) ; Le mouvement (manifestation [et par conséquent. fonction] de lespace et du temps). ' 2° et 30 mois. Développement de la nature de son sommet. mathématique à sa base biologique. Ce développement se partage nettement en trois périodes, ou trois ordres de faits différents qui four nissent la série de nos sciences selon leur ordre de complexité (classiዾcation des positivistes) et qui cor respondent à lévolution cosmique: Première période. -Abstraction mathématique: Temps, Espace, Mouvement ; 2e période. Distribution de la force dans la ma tière :. science physico-chimique, géologie et astro nomie comprises) ; 3° période. Apparition et évolution de'la vie, de la conscience et de la pensée : science naturelle pro prement dite, anthropologiesociologie.
I 98 ' LINITIATION »Ces trois périodes se subdivisent ellesthèmes en trinités des moments que le cours retracera en résu mant nos sciences daprès le tableau suivant, et de manière à en faire ressortir lunité: (V. tableau cz'contre.)
.__._ TABLEAU POUR LE DEUXIÈME ET {TROISIÈME MOIS ( L'Âlgèbre I (A ritltmitiçue commn m: i I , particulier.) Evolution cosm que Le _Nombre E 1. ude d'z la g na 1: lité, correspondanç_ Abstraction pure essenabstratzon commune ales t' 11 ' p t t p le C. ' 11522 au 2m 5. 0; Etude du Temps partagé en ૺË.
Corres}ondantau Temps quantité: succsssivዿ_ dis_ S ".5 ( continues. .u Ë Ë ' La Géométrie an si II A 1wud:forme) Iૻ M ' _ '-"«'»Ë La Forme Ehdg de A [véÀÎÏ,Z "ዾne/Avant toute condensa Ë . g. g Abstraction formelle, l'Espace. conti n ue ou tion de l'Element. Æ substantielle continuité de Z: l'espace. III Mécanique rationelle [H Le Mouvement Dzwlojfnme»t de l'espace . . Abstraction réelle. dans le Temps.
FÛÎ;ÏM[ૻ7tૻ ÏૻÏ'ૻ[Ïዾ Combinant Temps et (Le mouvementdelaforceseg- ૻ"ૻૻૻ S " ૺ1"ૺ '7', ts}z:cz,forte et matière. men lie.) tૺ! 1'ૺૺૺ'°' d'fares' / _ I Physique (Mécanique réelle)\ [V Mecan.i 116 molécuLe mouvement de l'élément .Ê i aire matériel formel sans iLes elemcntsዿguns mais ዾ Travail externe général individuation. à létatde dissociation. : 5 n Clilmie(ዿ(Méïæ;iyque te1îtphy-) (P . t t l) an ' - . . si ne ans 'e emen u ime. cm cen ra MécanlfààâeatomlsSLQ àoitonmentfrojagedaዿ: Combinaisons sucddant ' 'a ' . - . . lintérieur de l'élément à la dissociation ૺRÉ, Ë (TruvaîiÂlîtgfîne mdl_( formant les individus ma- (Première synthèse.) il: 15a, ' tériels. à Il! k Astronomie rationelle Concentration; ;Æutourl ) ૺ - (Mitanigna physique, cIzi de centres, e gras, ,3 (lgffäæqäçungâäîîtî mie nni7/Érselles -syn the- des individus nes de la \ de; individu: ૻ( tisant les individus/ combinaison.
' ') matériels.) (20 degré de synthèse.) Astronomie réelle) (dite phy sique. _ I (Biologiäastlranomiqne.) Vૻ en ogre , Biologie de lInçrte (Distribution de la matière Concentration; |z;slrales . . , . sur l'astre.) (Dégagement e aforce (Vu, demeumzre') Minéralogie sousformt de chaleur.) (Formation de l'individu mi 0 neral terrestre.) [-1 -o ::z Botanique - Zoologie Ë mo{ägie Biologie générale d Vૻ, 1 - : Îî pmprement dite \Plalmîuo,lÛgwlh VૻMૺîrૺî Dégagement de la, force, ... ._ , awe enolutton des c" , {5 = go (Développement de la Bialaie mm are,g Clas_ a letat de V22 et de n..ä 'g. g .
Volonté.) ° «1, ' m Ë Physiologie humaine la (Anthropologie élémentaire. au - santm'hté') siዾcations, etc. Sociologie Digugemznt de la force traite >'I . Abs In Psychologie) Llm _ _ . n 056- [X Biologie humame Ewmmawim 911" ' l t d l _, (ËÎÎJ-ZËAÊZCÏE'Zt d: l: (Histoire au point de vue a lftat de Pensé'l Im-l du destin.) maznz. .
Morale ((En tant que propre de 1ihrte \ lhomme [Ele'mzn taire].) Limites de la Science positive et de la Science transcendante (du Physique et du Métaphysique). ( Transition à Iaዾc/ÿa;se correspondante zlz ÆAÿnä50gonÿÿxâ). .u. v... ,I-.-sa
l. . .ዿ_" " -_" fl'7ૻ. Sur terre, et une prise de laૺ -/ Monde sensible (LesFaits) La Nature (Physiogonie) Synthcse_des Faits de terre, le corps du Grand la science positive. Tout. [Classe des Ioniens] 1 2e année. LH0mme Physiologie. (Androgonie) / \ Ethnographie . du Grand Tout). Adam_Èvc U [Classe des Doriens] 5 1er. "PRÔGRA . .
1h Les puzssances anzma (v. ,'| Théon wዾ Monde intelligible ;o ( (Les Lois) vI trices donnant la Fq{-- Les forces sensorielles me. la substance; e 4 {Mission des Juifs, p, 37) l'essence des Etresçt la 1 faculté de se man zfes- - _ ter (Id.,f. 37.) 4 o .
1 f* ., u ' Première année. 1] 2] (f Synthèse des Lois de la Ï science positive. ._ૺ . ;-"-l Îૺîl".;î< .,y ')' ' \I '3'?. v 5] {,L'q . s t. l ૺt u \ <*"..r Psychologie . ,; ;.lૺ( Ethnogénie.u__i I ;;. . Er , Chute et Rédemption. ;.A .- . -ä " vૻ 1 . r,Ï f .du" v . n. .y" o.2 ,à .?.
Entre Ciel et Terre (lâme, \ 8l . ( Le Mouvement. ë;j! (Vies universelles et . l 3° année. /7] La Substance : Le Cosmos Universellesou cos (Cosmogonie) , . mogoniques. Les Cieux, lesprit )pmssances Individuelles du GrandPu n . (ontologie). [Classe des Chaldéens]\ C05m0gonio dynamique. \ Théogonie . [Les Lévites ou les Néophyteh] dividuelles). .71. g) "'10 _L'Absolu (Synthèse des) .LInçogno
[Eh (Clef générale.) Synthèse (Conclusions.) , : métaphysiq. .es Principes) ture naturante, rbe qui donne les .5et lafaculte' de t(fester de lEtre tres (Id.,p. 37). il_ :rs Principes de :c positive. Morale. . æ e Sphinx. .Esseዿce LInvisible . L'Inconscient . LIncognoscible dans la nature. Mobilité de la con naissance et de la con science humaines vers «lIncognisciblc et l'In conscient .
Les Modes (ou laViç) ?rincipes et leur 1'delAbsolu. on). :ses) - 7 Pratique Con naissa nces pra tiques corresjonda 11les a zdees autant que}ossible dobservations et dexpérience: . ...4" Réelle (Expériences et obser vations. Développe ment)hysiologique). Sciences au point de vue de l'occulte. Théorie et prémiers éléments pratiques de l'A Ici: im ie. Les Nombres . Les Pantacles. (x"° idée du Tarot)._ I Physiognomonie.
Chiromancie. Chim graphic. Langage. Exercices de volonté. Possibilités humaines (facultés t ra 11se e n dantes Alchimie complétée. II ' Sociétés secrètes. , , III Initiation ancienne et moderne, son histoire. Astrologie.Corres pondances. Magie supérieure (Théurgie, Culte).W \/\ Mysticisme proprement dit. ,' <w\ÿ Morale (Dévelojjemen t psy c/1igue) . | Dignité. Humilité. Réservé._ I Puriዾcation (de Py- . thagore) . Prière.
Il Étude et propagande de la synarchié. 111 Emploi de l'0cculte pour le progrès humain. # Méditation. Prière . Exercices de spiritua lisme .
1111 Biologie Anthropologie lX (Penséeconsciente). TRIANGLE SPIRITUEL \Vie et Volonté.) . . 3c Période V . (Force animant la matière) BIOLOGIE. (Les Planètes) Astronomie réelle TRIANGLE DE RÉALISATION (Algèbre) , Temps. , 1rc Période (Abstraction) IATHEMTlQUB. (Mouvement) Mécanique rationelle (Les soleils et systèmes solaires). 20 Période (Force distribuant la matière) HBCANIQUB. CHIMIE Combinaison tournant. Géométrie Espace ,lI
LUNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES 203 (2°) 2° TRIMESTRE Synthèse des lois de la Science positive. I. La conclusion générale de la science positive est la coexistence dune matière unique, à formes variables et variées, avec une force unique à manifes tations diverses et substituables les unes aux autres. La variabilité des formes et des forces se manifeste par le mouvement (1). Donc, trois éléments fondamentaux : Matière, Mouvement, -Force. 2. La suite des variations nest pas arbitraire . , A considérer la Matière, dans son ensemble ou dans ses détails, on la voit affecter successivement les états dhomogénéité, de ségrégation (formation de parties individuelles plus ou moins indépendantes) et de synthèse (union harmonique vers une même ዾn). A considérer la Force, on la voit disséminéedabord et comme latente dans la matière (alors homogène) rassemblée ensuite en un nombre ዾni de centres dactions, tendant ዾnalement à lunité individuelle totale. Par leffet de ce mouvement, on voit la substance se condenser autour de certains centres, en même temps que de Ces centres rayonne la substance active. Les astres se forment, se condensent, et en même temps dégagent : la terre, leau, lair, lhydrogène, le feu (leur aura). (r) Spencer, les Premiers Principes.
204 L1NITIATION Par suite: 3. Considérée à un moment donné (ou comme dans lEspace), la matière apparaît partagée en trois mondes dontles conዾns sont confondus : Monde subtil (de la force active), spirituel; Monde condensé (de la matière inerte), matériel ; Monde intermédiaire (transition de linertie à la force), monde des lois.
Considérée dans sa progression (ou comme dans le Temps), la nature apparaît comme un emprisonne ment de la Force active dans la Matière inerte (état nébuleux) suivi dun dégagement de cette force qui, en séchappant, subtilise partiellement la matière. (A travers une période chaotique intermédiaire de remanie ments de plus en plus harmonieux et synthétiques.) 4. Ce mouvement général se compose dune suite ininterrompue de mouvements partiels cycliques ou. rythmiques, assujettis à la même loi, et comme en clavés les uns dans les autres.
Cest ce qui constitue les vies individuelles (dani maux, dastres, de mondes, etc...) (3°) 3e TRIMESTRE Premiers principes de la Science positive. I. La Nature nous montre clairement à ses deux extrémités (sur les limites de notre perception) une ' puissance inacçessibleà notrelogique, mais doù vient certainement toute transformation de mouvement,
LUNIVERSITÉ LIBRE DES HAUTES ÉTUDES 205 où aboutissent et vont se perdre tous les résultats de la Vie (I). Doù trois Puzssancesjdans la Nature, à notre point de vue humain: Llncognoscible supérieurouspirituel (du Noumène). LIntelligible ou Nature naturée (du Phénomène);v Llncognoscible inférieur élémentaire (Substance).
2. La nature est vivante : il y a mouvement pro gressif entre les trois puissances : la preuve en est dans laction de lesprit sur la matière dans les phéno . mènes (2), et dans la marche évolutive (3). Laction de lesprit sur la matière a une origine et une ዾn : Lorigine nécessite lInvolutzon ou descente de la puissance active en celle passive. La ዾn est dans lunion (ou réunion) de ces deux puissances. Lévolution en est le moyen.
Telles sont les premières notions de panthéisme spirituel et positif sur Dieu [non anthropomorphe] (le Monde et la créa tion). La Trinité se résout en unité par le fait que la création est perpétuelle.
Lincognsocible apparaît alors comme une puissance neutre se polarisant incessamment (comme un point mathéma tique qu1 rayonne) en émanations qui rentrent en lui après avoir suivi la double phase dInvolution et dEvolution ou daller et de retour. (A suivre.) F.-CH.
BARLET. (I) Pourle montrer, commenter le: Premiers Principes de Spencer, (1" partie): La Phzlosophie de lhiconsczent d'Hartmann, 1" volume, (les Faits) ; Scl)opeዿhauer. (â) Pour le montrer, commenter la Philomphte de lIncanscient d artmann. ' (3) Résumer et commenter les Théorie: dmwiniennes (voir encore Hart mann. 1° le Darwinirme). . A m:
206 LINITIATION är imam DE ዾATAN Ainsi que nous le disions dans un précédent article, on peut diviser les ouvrages produits par les adeptes de loccultisme en trois catégories : 1ૺCeux qui sont consacrés à létude de la science occulte en elle-même, ouvrages techniques, et dont le nombre deviendra forcément de plus en plus res treint ; 2° Ceux qui sont consacrés à lapplication des lois synthétiques, fournies par loccultisme à nos sciences analytiques comtemporaines, ouvrages de réalisation destinés à devenir très nombreux; 3° Enዾn les études mixtes débutant ou ዾnissant par un exposé général de la science occulte et cherchant une réalisation Spéciale des lois étudiées.
A la première catégorie de ces ouvrages se rattache le magistral travail que vient de publier Stanislas de. Guaita sur la force astrale et ses manifestations (I).
Il] est difዾcile de faire en quelques pages lanalyse dun livre de cette importance; aussi naborderons nous aujourdhui que les points les plus généraux, quitte à revenir par la suite sur les mille détails qui ont chacun leur intérêt particulier. 4-Ir Stanislas de Guaita se propose de faire, sous le titre (z) Stanislas de Guaita. Le Temple de Satan, 1 .vol._ in-8° de 550_ ages avec 16 planches hors texte et gravures. 15 fr. (Librairie du Merveil eux).
LE TEMPLE DE SATAN 207 de Serpent de la Genèse, une étude aussi complète que\ possible de cette mystérieuse « force astrale », dont la connaissance totale sera lorigine des travaux des savants et des inventeurs du XX° siècle. Le volume que nous avons sous les yeux, le Temple de Satan, renferme sept des vingt et un cha_ pitres consacrés par lauteur à cette étude qui formera en tout trois volumes.
Celui qui vient de paraître est réservé au monde des faits, le suivant traitera des lois, le dernier des principes. Nul, mieux que Guaita, ne pouvait mener à bien une telle entreprise. Isolé de la foule, loin des luttes journalières que nécessite une œuvre quelconque de réalisation, lauteur du Serpent de la Genèse partage son temps entre ses rares amis et sa merveilleuse bibliothèque.
Tout ce que loccultisme a produit de remarquable depuis quatre siècles est là, et tous ces livres, cristallisations déዾnitives des prodigieux efforts de tant de penseurs disparus, semblent présider, tacites et graves, à lévolution progressive du poète chez qui le kabbaliste se révèle chaque jour plus pro fond, chaque jour plus maître, de par ses intuitions, des sombres mystères de lInconnu.
Cet Inconnu qui nous enserre de ses inዿuences, qui préside à la naissance aussi bien quà la mort de toute créature, qui involue ou évolue les formes, qui se révèle subitement, éclatant de magniዾcence ou écrasant dhorreur dans lêtre humain, la science occulte, par la plume de Paracelséet de son école, lappelle lAstral. Monde ou plan astral, inዿuences ou signatures astrales, corps astral, tels sont les aspects divers de ce
208 LiNirlATION ... même principe à qui tous les grands maîtres de léso térisme ont consacré de longues et patientes études. Mage ou sorcier, telle est la destinée de celui qui se lance dans ces sombres problèmes. A celui-là le Temple de Satan montrera la voie, signalera les dangers semés sur la route.
Par lui nous entrons de plain pied dans le domaine de la magie noire, nous assistons à lévolution du principe du mal à travers :les âges, nous voyons les hommes manifester, dans la repression des crimes magiques, les horreurs les moins excusables, lesjuge ments les plus iniques.
' ' Il faut avoir pris la peine de compulser larsenal des livres et des procès de sorcellerie, il faut avoir parcouru les études modernes sur la question, p0ur pouvoir juger en toute connaissance de cause du véritable tour de force acc0mpli par Stanislas de Guaita. . ou Les écrivains modernes qui ont étudié la sorcellerie peuvent être classés en trois catégories : Les uns, dont M. Baissac est un exemple, ont fait des ouvrages très savants, très documentés, mais où la théorie ne se dégage pas sufዾsamment du fait par timidité de lauteur à se déclarer franchement occul tiste.
Dautres, comme le professeur Charcot, ont vu, dans une étude plus que superዾcielle de la sorcellerie, un moyen de prouver la réalité de leurs recherches sur le grand hystérie. Pour les écrivains matérialistes de cette école, les.sorcières sont névropathes, les spi
LE TEMPLE DE SATAN 209 __ rites sont aliénés et les occultistes sont atteints de la « manie des causes premières », maladie tout au moins aussi dangereuse que la folie, parce quelle est contagieuse. ' Enዾn de bons rêveurs, comme cet excellent Alexis Vincent, Charles Berbzguier, de Terre Neuve du Thym qui, médium malgré lui, raconte ses obses sions en trois vol. in8 (1821).
Je ne parle pas des'littérateurs comme MM. Paul Adam (Être) ou Huysmans, qui ne prétendent pas avoir fait un ouvrage didactique sur la question.
Or le Temple de Satan renferme une masse de documents très sérieux, très bien classés, accompa gnés, lorsquil le faut, daperçus très profonds sur la théorie des phénomènes décrits, et dépasse, par ce seul fait, tous les ouvrages antérieurs publiés sur la question. * ' )s 2( Partant de cette déዾnition de la magie noire : Mise en œuvre pour le mal des forces occultes de la nature, StanislasdeGuaita, après une introduction des plus suggestives, aborde létude du problème du mal par son point .e plus troublant: Le diable existe-til P Fabre dOlivet, dans ses Vers dorés de Pythagore et dans son Gain, na pas de peine à montrer que cette question de lorigine du mal est une de celles qui montrent le mieux sur quelle base dargile sont cons truits « les systèmes philosophiques » les plus réputés.
HoœneWronski dans son Apoaiczique messianique arrive par des voies toutes diዾérentes aux conclusions de Fabre dOlivet. Barlet montre de son côté, dans son k
.> , «.4...,.: .c ..k 210 LINITIATION t admirable étude sur lEvolutzon de lIdee, que seule la philosophie ésotérique est capable de donner une solution aux problèmes les plus troublants de lesprit humain.
A cette question : le diable existe-t-il ? je vois da vance le dévot se signer avec terreur en regardant son ombre, tandis quel: disciple de Büchnèr cherche avec conscience quelle est la cellule cérébrale qui peut bien sécréter cette idée baroque.
Cest là en effet la situation des deux hommes, si lon reste sur le terrain vulgaire des idées courantes. , * Mais transforymons la question, laissons là ces _« dieux des anciennes civilisations » devenus les diables de la nôtre et, considérant la manifestation non Plus abstraite, mais bien réelle de ce qui est mauvais en lhomme mortel (également bien réel), disons : LErreur, lEgoïsme, la Laideur existentils?
La réponse ne sera pas douteuse. _ Tout le premier chapitre du Temple de Satan roule _sur la nécessité de ces distinctions et contient une « histoire du diable» aussi intéressante pour le savant que pourloccultiste le plus consommé.
" Les chapitres suivants (la Sorcellerie, Œuvre de sorcellerie, la Justice des hommes, lArsenal du sor .cier) constituent chacun une étude très documentée et qui, chose vraiment peu croyable, se lit avec la' facilité dun roman, tantest coloré le style de lauteur, malgré la masse énorme de faits et danecdotes semés là toutes les pages.
Nos lecteurs connaissent déjà par les extraits lus danslIniዾaዾon certains passages de ces études, entre autres « le Sabbat » ressuscité en une " """ÇM 3 Aૺ . ...À-JÇg.:u'. - "ny-rૺ: 'Ï M_ar 4;..11ૻ _
LE TEMPLE DE SATAN 2I-t magniዾque évocation. Nous aurons probablement loccasion de revenir un jour ou lautre sur cette partie capitale du Temple de Satan. Contentons-nous pour linstant de recommanderà nos lecteurs le chapitre V, véritable dictionnaire de la magie noire et de ses moyens, ridicules souvent, hallucinatoires quelquefois, -dangereux pour la raison toujours.
Nous arrivons au chapitre sur lequel je demande la permission dinsister tout particulièrement, le cha «pitre Vl;, Modernes avatars du Sorcier. Il ne sufዾsait pas davoir fait lhistoire du Diable, 'celle du Sorcier et des incarnations diverses, il fallait icncore résoudre un problème dont lénoncé même semble fantastique.
Existe-t-il au XIXૻsiècle, en 1391, des sorciers dans toute lacception du mot. Guaita répond oui et c0nsacre àla démonstration de (ses dires 106 pages de son volume.
La publication dune partiede cette étude dans notre revue a provoqué des polémiques très violentes; maintenant que tout est à peu près calmé, il est utile dexaminer froide ment la question. - Constatonstout dabord que, dans la première partie de son étude, lauteur ne fait pas la moindre person nalité, ne nomme absolument personne; il use de son droit absolu en considérant comme il le veut deux branches actuelles de létude des « forces astrales », le Spiritisme et le Magnétisme.
2 I 2 LINITIATION Parlons dabord du Magnétisme : Guaita le déዾnit : la sujétion dun être à la volonté dun autre. Partant de cette déዾnition, il a pleine ment raison de dire que les magnétiseurs sont des sorciers ; mais voilà, la déዾnition juste en ellemême, est-elle complète P Je ne le pense pas.
A côté des magnétiseurs assez puissants pour assu jétir complètement un être à sa volonté, fait très rare, généralement passager, mais, en somme, indis cutable7 il y a un autre magnétiseur ne cherchant pas à endormir lêtre qui se soumet à son inዿuence, mais faisant tous ses efforts pour guérir son semblable, non pas par sujétion, mais par échange harmonique des forces vitales (I).
Les organisateurs du Congrès magnétique international de 1889 ont si bien com pris cette question quils nont mis entête de leur pro gramme que le magnétisme curatif. Il y a donc une importante distinction à faire à ce sujet et je pense que lon doit dire non pas : le Magnétiseur est un sorcier, mais « le Magnétiseur peut être un sorcier », ce qui est bien différent. Il suf ዾt pour cela détendre la déዾnition donnée par lau teur.
Quant au Spiritisme, cest encore une autre affaire. On'connaît assez monopinion personnelle à cet égard. Entrainé par la polémique des individus, jai été amené à marrêter dans une voie que je considère comme dangereuse ; mais il nen est pas moins vrai que, depuis cinq ans que jétudie les expériences spi (l) Lauteur_a _du reste si bien senti la distinction qu'il met à ce sujet une note restrictive, page 393.
LE TEMPLE DE SATAN 2X3 0 rites, jai constaté, à côté de faits réels, de telles fraudes, de telles marques de mauvaise foi et digno rance grossière quej'aurais abandonné avec joie de telles études, si je nétais animé pardessus tout du désir détudier la vérité pour elle-même en dehors des théories toutes faites, aussisuggestives soientelles.
Or nous allons voir tout à lheure que le Conseil de lOrdre, chargé de démasquer les procédés louches des prétendus frères, qui existe pour loccultisme, nexiste pas pour le spiritisme, ce qui a conduit beaucoup de personnes à confondre de très honnêtes gens, hommes de tout cœur et défenseurs ardents dune cause quils jugent sacrée, avec des exploiteurs hypocrites vivant de fraudes et de procédés louches; et cette confusion est dautant plus regrettable quaucune société na en le courage de sériger en j usticière.
Les fausses « somnambules extra-lucides » qui pra tiquent lescroquerie sur une grandeéchelle tuent la cause du magnétisme autant que les faux médiums et «les inspirées des saints anges » menacent de tuer le spiritisme.
Tous les honnêtes gens qui sont spirites sincères déplorent cette confusion regrettable et ne cessent de dire: « Oui, il y a des exploiteurs et des maniaques égarés parmi nous, qui sappellent spirites comme nous; comment faut-il donc faire pour éviter dêtre confondus avec eux? » Nous navons pas pour linstant à résoudre cette question.
Ce que nous constatons, cest que chaque fois quun écrivain de talent comme Guaita aura le courage de porter la lumière dans ces milieux, il sou
214.; LINITIATION ,... .,__ . .,w - - _ _..,....,,..W .v__. lèvera peut-être des protestations,mais on ne pourra pais dire que ses afዾrmations ne sappuient sur un fonds, malheureusement trop réel, de vérité. Comment lauteur du Temple de Satan considère t-il le spiritisme ? ' On sait que les phénomènes, soidisant produits par les esprits, constituent lun des plus solides arguments invoqués par les spirites à lappui de leurs doctrines.
Or Guaita montre quun sorcier, dans des condi tions rigoureuses de certitude, a produit, bien avant lexistence des «esprits », une série de phénomènes, absolument semblables aux plus beaux faits de mé diumnité, y compris les réponses intelligentes et par coups frappés aux questions posées. , On a cru réfuter ces assertions en disant que cer tains détails (très inዾmes dailleurs) avaient été exa-, gérés.
Mais un littérateur est Obligé, de par la tournure de son style, à certaines règles, dont une des plus. importantes est laccentuation, la coloration aussi vive que possible des images quil présente à lesprit Les témoins disent (je cite de mémoire): Les objets ma. tériels se meuvent et on les a vus sortir par la fenêtre, puis rentrer ensuite; on a vu aussi se mouvoir dans . la chambre les pelles et les pincettes et même le. fer , à repasser poursuivi par la ዿamme du foyer.
Or voyez ce que dit Guaita; « La pelle invite la pincette à une mazourque aussitôt exécutée : les fers de repassage reculent jusquau fond de la pièce , poursuivis . par la 1 ዿamme Çdu foyer qui se déroule, sinueuse, à linstar 1 dun serpent. » . , , _ _ _ . .
LE TEMPLE DE SATAN 215 .--i._ g. . .
Ceux qui, comme moi, nont aucun style personnel et se contentent du fonds sans recherche de la forme; peuvent préférer à ce langage celui des rapports faits au tribunal ; mais un lecteur vraiment cultivé ne saurait hésiter un seul instant à préférer le récit dun artiste à celui d'un juge de paix ou de M. de Mirville. : Limportant est donc de bien constater ce fait quun sorcier, agissant au moyen des forces astrales quil savait manier, a produit, de lavis dune foule de témoins, une série de phénomènes en tous points semblables aux phénomènes du spiritisme.
Guaita, qui peut justement prétendre à la succession directe dEliphas Levi, adopte pour lexplication de ces phénomènes la théorie de loccultisme (inዿuences astrales) et il semble dautant plus logique quà cette époque le kardécisme nexistait pas encore. ' En résumé on en revient toujours à ce que nous disions dans une étude précédente, savoir: .
Quil existe une série de faits indéniables, vériዾés en tant que faits par des expérimentateurs de la plus haute valeur en Angleterre, en Allemagne, en Russie, en Amérique et en France. Mais là sarrête la certitude.
Trois genres de théories sont proposés pour lexpli cation de ces faits : 1° La théorie de loccultisme, toujours identique comme fonds à travers les.âges, et soutenue successi vement par Paracelse, Van Helmont, SaintMartin , Eliphas Levi et Stanislas de Guaita; , 2° La théorie du spiritisme, constituée en corps de
216 LINITIATION - doctrines vers 1857 et soutenue par Allan Kardec et ses disciples ; 3° Une série de théories mixtes proposées soit par . les catholiques sectaires (le diable), soit par des maté rialistes (fraude continuelle, hallucination), soit par dautres savants (autosuggestion, suggestion mentale, télépathie), etc., etc. Persônnellement nous pensons que toutes les théo ries sont vraies et que toutes sont fausses in globo.
Nous penchons le plus souvent pour les théories fournies par l'occultisme qui nous parait plus scienti ዾque ; mais le temps seul et lexpérimentation reprise sur des nouvelles bases permettront à lhomme indé pendant de se faire une opinion à ce sujet. Il nous semble donc que cest perdre du temps que de prétendre posséder seul la vérité.
Des ouvrages de lhonnêteté et de la valeur de celui de Guaita font grandement honneur à loccultisme traditionnel. Le public sérieux est le seul juge vraiment compétent pour trancher le différend.
Les chefs décoles, aussi respectables soient-ils, sont forcément partiaux, et cela se comprend sans peine. * 44 Il nous reste maintenant à parler de la seconde partie de ce chapitre, celle qui est consacrée à lexécu tion dun misérable, maniant, en vue du mal, certaines forces occultes de la Nature.
Lorsque certains hommes se groupent entre eux pour létude ou la pratique du monde invisible, la première condition à remplir, cest la ferme volonté de
LE TEMPLE DE SATAN 217 ne jamais tolérer lintrusion dun individu capable dagir en vue de la satisfaction de passions basses, déguisées sous les noms les plus respectables. Voilà pourquoi au sommet de toutes les fraternités occultes existe un Conseil de lOrdre chargé de veiller à lhonneur de tous et de démasquer au besoin les faux frères.
Ce conseil peut être terrible dans son action, mais il est nécessaire; et tel misérable, qui espérait éviter les tribunaux ordinaires, recule atterré quand lexécution du tribunal dhonneur vient se manifester à lui. Lhonnête homme na rien à craindre. Comme les actions du tribunal ne peuvent être que morales, les indignes seuls sont susceptibles dêtre atteints par le jugement.
Aዾn quon ne croie pas quil sagit ici de paroles en lair, nous demandons à nos lecteurs la permission de leur citer un ou deux cas avant de parler du seigneur Jean-Baptiste. Un individu, membre dune association assez répan due, croyant satisfaire une haine violente, navait pas hésité à livrer à la publicité une série de papiers con ዾés à son honneur, trahissant ainsi le plus sacré des serments.
La victime de son action, paralysée par sa situation civile, ne pouvait rien contre son agresseur devarît les tribunaux ordinaires. Voici quel fut le jugement rendu par le Conseil de lOrdre martiniste constitué en tribunal suprême. « Le nom de celui qui a commis un tel acte sera communiqué àtous les membres de lOrdre lors de leur initiation, avec les preuves nécessaires. On leur fera connaître en même temps le présent jugement. »
2 18 LINITIATION Cependant, sur la demande du plaignant, le tribu nal ordonna quon attendrait trois ans avant dexé* enter la sentence, aዾn de laisser à lagresseur le temps de faire amende honorable. On comprend facilement lexaspération de ce genre dindividus ainsi exécutés et les calomnies quils cherchent à répandre sur le compte des justiciers.
Nous nous souvenons encore avec gaieté de lun deux, qui jura de consacrer désormais à la calomnie sa plume yenz'meuse (sic). On voit que laveu de ses mauvaises actions était franc. Aujourdhui le mal heureux, après avoir vainement essayé de salir mora lement ses frères, a consacré sa « plume venimeuse » à gratter du papier dans une administration. Szc tran sz't... Cette épuration est absolument nécessaire.
Il faut que le public puisse toujours distinguer ceux qui.ૺ exploitent davec ceux qui se dévouent, il faut que quelques-uns se portent garants de lhonneur de leurs frères. Nous avons dit quun Conseil de lOrdre exis' tait pour loccultismeindépendamment des tribunaux dhonneur que possèdent la plupart des fraternités occultes.
Il sufዾt, pour se rendre compte de cela, douvrir Au seuil du Mystère, de Stanislas de Guaitaï (p. 159), et le livre actuel (p. 444 et 477), et lon y« trouvera mentionné ce conseil sous le nom de LAË ROSE-CROIX KABBALISTIQUE. . J .
Nous avons assez fait ressortir les avantages et la nécessité dune telle création, dont spirites et magné-> tiseurs sérieux déplorent chaque jour labsence ; reve4 nonsà Jean-Baptiste... , . . - - .. .. . u. .... ;_. .. -.. .».:.
LE TEMPLE DE SATAN 219 Ce JeanBaptiste fut condamné au commencement de 1887 par un tribunalinitiatique, à la suite dactions révélées par la suite du chapitre du Temple de Satan. Ce nest quen 1891 que cette condamnation vient, dêtre exécutée par la Rose-Croix après quatre ans denquête. Le public sérieux peut se rendre compte par les. pièces publiées quil sagit vraiment dun sorcier dans toute lacception du mot.
Ce chapitre était sûr de mériter à lui seul le succès obtenu par louvrage. De plus Stanislas de Guaita, se conformant aux règles de tous les tribunaux dhonneur, signe luimême toutes ses afዾrmations accompagnées en outre de preuves nombreuses et se taitsurle nom réel du triste sire ainsi que sur la ville où il accomplit ses exploits (1). Après la publication de ce terrible réquisitoire, il était intéressant de connaître la réponse de laccusé.
'Cette réponse vient de paraître dans une revue spirite dont cet individu est rédacteur .en titre après avoir été chassé de partout. JeauBaptiste en une demi-page dit à peu près ceci : « Il vient de paraître un mauvais livre, dans lequel il y a un tas dhorreurs. Jai subi des épreuves, je le reconnais. On les raconte dans cet affreux livre : aussi gardezvous de le lire.
Jai du reste prié'larchange Michel daller trouver lauteur et de le punir. » Inutile, je pense, de faire le moindre commentaire. a 44 (x) Qu'on ne nous soupçonne pas de calomnie : les calomniateurs ont coutume de nommer celui qu'ils dénoncent, et leur dénonciation reste anon me: quant à nous. à l'mVetse, nous ne livrerons pas le nom vérita ble d un goetien de la pire es ècc; mais cest sans crainte que nous signe rons le nôtre : Stanislas de uaita . -
220 ' LINITIATION Le Temple de Satan se termine par un chapitre où la valeur littéraire de lauteur éclate dans toute sa force. Cest le digne couronnement dun ouvrage aussi puissamment construit. _ Ajoutons que lexécution matérielle, dont chaque détaila été réglé par Stanislas de Guaita, ne laisse rien à désirer, et tout cela sufዾra amplement à n0us faire comprendre laccueil si sympathique fait par la presse quotidienne au nouveau volume du jeune kabbaliste. Au'milieu des luttes opiniâtres de la vie quotidienne, des efforts sans cesse croissants faits pour imposer des idées nouvelles dans des milieux hostiles ou indiffé rents, cest une grande consolation pour nous tous que de voir des œuvres de cette importance afዾrmer la vitalité dun mouvement _toujours grandissant et toujours plus favorablement accueilli par tous ceux qui aspirent à la réaction contre lagnosticisme con temporain ébranlé déjà et bientôt déዾnitivement frappé dimpuissance. PAPUS. ;Ë
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Eus ÉTATS nneneuns ne nዾrenesn ET LES LOCALISATIONS CÉRÉBRALES (Suite.) â,V De tout ce qui précède, on doit conclure que cer tains sujets peuvent, dans certains états de lhypnose, éprouver les symptômes de la maladie de la personne avec laquelle ils sont mis en rapport et même voir les ' organes intérieurs de cette personne. Ladmission de ces deux faits, ou seulement du premier, a une grande importance au point de vue légal, car il en résulte que, si lon peut poursuivre les somnambules donnant des consultations médicales, pour exercice illégal de la médecine, il ny a pas lieu de leur appliquer nécessairement larticle 4.05 du Code pénal : « Quiconque, soit en faisant usage de faux noms
2 2 2 LINITIATION ou de fausses qualités, soit en employant des ma" nœuures frauduleuses pour persuader lexistence de fausses entreprises, dun pouvoir ou dun crédit ima ginaire, ou pour faire naître lespérance ou la crainte dun succès, dun accident ou de tout autre énénèment chimérique, se sera fait remettre ou délivrer ou aura tenté de se faire remettre ou délivrer des fonds, et aura, par un de ces moyens, escroqué ou tenté des croquer la totalité ou partie de la fortune dautrui, sera puni dun emprisonnement dun an au moins, ou de cinq au plus. » ' 4 Bien que la cour de cassation ait conዾrmé, en 185 I, cette manière de voir dans laffaire des époux Mon gruel et du médecin Pyrabouski, associés pour lex ploitation dun cabinet de consultations magnétiques, la question se pose encore aSsez souvent devant les tri: bunaux. .
La conዾance dans les facultés spéciales des som nambules doit cependant être limitée. Deleuze raconte à ce sujet (I) une anecdote tout à fait topique. .« Jai été, dit-il, dernièrement témoin dune con versation fort intéressante entre deux somnambules qui ne se connaissaient point ; elles se sont récipro quement consultées sur leurs maux; si elles eussent été plus clairvoyantes, elles auraient été parfaitement daccord.
Cest ce qui nest point arrivé : chacune a vu une partie des maux de lautre, mais sans les voir tous, ce qui produisait une différence notable dans le (I) Histoire critique du magnétisme animal, t. I, p. 229. In
LES ÉTATS PROFONDSÇ DE LHYPNOSE 223 1! Œ'ૻ traitement. Une troisième somnambule a été présen tée à la première; celle-ci a fort bien reconnu quel était lorgane affecté; mais les détails quelle a donnés sur la lésion de cet organe annonçaient quelle ne voyait pas distinctement la nature de la maladie.
« Je ne doute point que ces trois somnambules ne vissent très clairement leur propre état, mais il mest démontré quelles nont pas vu de même létat de celle avec qui on les a mises en rapport; doù il suit quon peut obtenir par les somnambules des indications très utiles, mais que cest le comble de limprudence de sen rapporter à eux .pour les remèdes sans avoir soumis leurs consultations au jugement dun méde cin. » gvr Des expériences toutes récentes, faites par des obser vateurs habitués aux recherches scientiዾques, ont conዾrmé la réalité du phénomène de transmission de sensation à distance, même sans aucun contact appa rent (i).
' « Mme B..., dit M. P. Janet, semble éprouver la plupart des sensations ressenties par la personne qui (1) Ce dernier fait avait déjà été signalé par les magnétiseurs. « Le phénomène de la transmission de sensation du magnétiseur au magné tisé. dit La Fontaine (Mémoires. t. I, .
137). se déclara un jour chez Clarisse; je descendis alors à l'étage inférieur avec deux personnes qui me ዾrent subir mille petites tortures, me tirèrent les cheveux, me cha touillant. me piquant, etc. Quand nous remontâmes, on nous dit que la somnambule avait indiqué toutes ces souffranc s. dans l'ordre où elles m'avaient été inዿigées. Cest là un des phénomènes que j'ai le plus rarement rencontrés. u '
224 LINITIATION la endormie. Elle croyait boire quand cette personne buvait. Elle reconnaissait toujours exactement la sub stance que je mettais dans ma bouche et distinguait parfaitement si j egoûtais du sel, du poivre ou du sucre. « Nous avons remarqué que le phénomène se passe encore," même si je me trouve dans une autre chambre...
Si, même dans une autre chambre, on me pince fortement le bras ou la jambe, elle pousse des cris et sindigne quon la pince ainsi au bras ou au mollet. Enዾn, mon frère, qui assistaitàces expériences et qui avait sur elle une singulière inዿuence, car elle le confondait avec moi, essaya quelque chose de plus curieux.
En se tenant dans une autre chambre, il se brûla fortementle bras, pendant que Mme B... était dans la phase de somnambulisme léthargique où elle ressent les suggestions mentales. Mme B... p0ussa des cris terribles et jeus de la peine à la maintenir. Elle tenait son bras droit au-dessus du poignet et se plai gnait dy Souffrir beaucoup. Or je ne Savais pas moi- même où mon frère avait voulu se brûler. Cétait bien à cette placelà.
Quand Mme B... fut réveilîée, je vis avec étonnement quelle serrait encore son poignet droit et se plaignait dy souffrir beaucoup, sans savoir pourquoi. Le lendemain, elle soignait encore son bras avec des compresses deau fraîche, et, le soir. je cons tatai un gonዿement et une.rougeur très apparente à lendroit exact où mon frère sétait brûlé, mais il faut remarquer quelle sétait touché et gratté le bras pen dant la journée...
Ce phénomène de la communica tion des sensations ne se produit quaprès une longue suite de séances et à la ዾn dune séance qui a duré elle
LES ÉTATS PROFONDS DE LHYPNOSE 225 même plusieurs heures; aussi ne laije pas revu une autre fois avec la même netteté (I). » La Society for psychical researches a étudié cette question pendant trois ans, de 1883 à 1886, et a publié les procès-verbaux de ses expériences Qui ont donné des résultats concordants dans la très grande majorité des cas.
Voici un extrait du préambule de lun de ces procès-verbaux : « Nous avons souvent observé une commu nauté de sensations véritablement remarquable entre lopérateur et son sujet, phénomène qui pourrait être nommé, dune façon plus exacte, une transmission de sensation. Ce phénomène est évidemment intime ment lié à ceux dont soccupe le comité de la transmis sion mentale.
Nos expériences diffèrent dailleurs en ceci des expériences faites par ce dernier comité, que le sujet nest pas dans son état normal, mais se trouve plongé dans le sommeil mesmérique. Voici comment elles ont été arrangées : Fred. Walls (un jeune homme de vingt ans, le somnambule) était assis sur une chaise, les yeux bandés, et M. Smith se tenait derrière lui.
Le sujet fut endormi par M. Smith à laide de passes. (le dernier fut alors piqué ou pincé dans différents endroits assez fortement et cette opération durait généralement une ou deux minutes. Un silence absolu fut observé, à lexclusion dune question nécessaire : « Sentez-vous quelque chose? » Cette question était prononcée par M. Smith, puisque le sujet paraissait ne pas entendre les autres personnes. Dans la pre (2) Revue philosophique, n° 8, avril [886.
2 26 LINITIATION mière série dexpériences, M. Smith tenait lune des mains du sujet, mais cette précaution ayant été cons tamment trouvée inutile, tout contact entre lopéra teur et son sujet a été rompu dans les expériences ultérieures (I). » Les études queje poursuis en ce moment permettront peut-être un jour dexpliquer jusquà un certain point la sensibilité à distance.
Je me bornerai à indiquer sommairement ici le phénomène fondamental que jai été le premier, je crois, à reconnaître. Dès quon magnétise un sujet, la sensibilité disparaît chez celui-ci à la surface de la peau. Cest là un fait établi depuis longtemps; mais ce que lon ignorait, cest que cette sensibilité sexteriorise (2) : il se forme autour de son corps une couche sensible séparée de la peau par quelques centimètres.
Si le magnétiseur ou une personne quelconque pince, pique ou caresse la peau du sujet, celui-cime sent rien; si le magnétiseur fait les mêmes opérations surla couche sensible, le sujet éprouve les sensations correspondantes. De plus on constate quil y a une série de couches analoguesà peu près équidistantes et dontla sensibilité décroît proportionnellement à leur éloignement du corps.
Avec Mૺ"° K... jai pu reconnaître ces couches à plusieurs mètres. Daprès les sujets qui voient bien le ዿuide à létat de (I) Proceedings ofthe Socielyforpsychîcal research, V. I, Part. III.
' (2) On a bien constaté à la Salpêtrière que les hystériques, Insensibles quand on opérait sur leur peau, éprouvaient une sensation quand on remuait les doigts à quelque distance; mais on s'était contenté d'appeler cela de l'hyperexcitabüité, et on n'était pas allé plus loin.
LES ÉTATS PROFONDS DE LHYPNOSE 227 rapport, ou peut représenter le phénomène par le schéma ci-dessous où lintensité de la sensibilité l Fig.
1. Schéma des couches sensibles. est indiquée par lintensité de la teinte qui, pour eux, est une lueur plus ou moins vive; on y reconnaît la présence de nœuds et de ventres comme dans toutes les propagations de mouvement scientiዾquement étu diés jusquici (I). . (r) Lhomme qui se contente du témoignage de ses sens pour appré cier ce qui se passe autour de lui est naturellement conduit à ramener le monde entier à deuxentités essentiel:es: 11 Matière et l'Energie: La Matière inerte et l'Ener ie qui la fait mouvoir.
Mais s_i, par la pensée, il c1erche à aller plus au fond des choses, il ne tarde peint à sa ercevoir que la première fuit, pour ainsi dire, devant lui.
Quelque peut que soit l'atome auquel il la réduise, il peut conce ' voir un atome encore plus petit; et cet atome, il peut, par limagination, le dépouiller successivement de toutes les ropriétés ut constituent pour lui la matière telle qu'il la perçoit tous es jours; i peut le supposer sans étendue, sanslumière, sans chaleur, sans poids, etc. L'énergie au contraire se montre partout : aussi loin qu'on plonge ses regards dans l'inዾniment grand comme dans l'inዾniment petit, son action safዾrme évidente, pour soutenir les mondes et pour réunir les atomes inconcevables.
De telle sorte quon est arrivé à se demander si la Matière existait et S'il y avait autre chose que l'Ener ie.
D'autre part, il n'est guère posstble de comprendre que 1Energie n'ait as pour support une entité différente qui sert à propager son action, 11 reste une science positive, la. mécanique rationelle, parvient à expli quer non seulemet_lt le mouvement des astres. mais encore la plu art des phénomènes physl ues ue nous observons à l'aide de l'hypothèse d'un milieu transmissif e la ores, composé d'une substance àla fois très sub tile et très élastique. _ Dès lors tous les corps seraient formés de particules matérielles inዾni tésrmales animées chacune de mouvements propres extrêmement rapides dont telle composante affecte tel ou tel de nos organes et non les autres de manière à produire la sensation du toucher, de la vue, du son, de la chaleur, etc. Voilà bien lhypothèse moderne.
Mais comment ces atomes dont la petitesse déዾe l'imagination, s'ils existent, peuvent-ils nous donner, à laide de simple vibrations, ces im
2 2 8 LINITIATION ૺMi Lécartement des couches sensibles varie avec létat de santé du sujet, son degré délection pour le magné tiseur et la profondeur de lhypnose; je lai vu de 0"IO chez Mૺ° K... et de près dun mètre chez Mme V... qui relevait dune grave maladie. Il semble du reste que les positions de ces zones sensibles se modiዾent comme si le magnétisé cherchait toujours à maintenir le contact avec le magnétiseur.
5 VII Je nai pas trouvé, dans les ouvrages des magnéti seurs que jai eu loccasion de parcourir, dobserva pressions diverses. La chose est assez difዾcile à Concevoir our quil ne soit point sans intérêt den chercher une preuve directe ans dautres conditions. Cette preuve sera fournie par une expérience qu'il est facile de répéter.
Mettez un sujet dans létat de somnambulisme. les yeux ouverts, pré sentezlui votre montre et donnezlui la suggestion suivante : «1 Au réveil vous verrez sur cette table quatre montres semblables à cel e-ci. a La première, placée ici, vous la verrez seulement, mais ce ne sera quuiàe apparence, vous ne la sentirez pas quand vous essaieriez de la ren re. p a La deuxième, placée ici, vous la verrez, vousla sentirez au toucher, mais elle n'aura pas de poids.
« La troisième, ici, vous la verrez. vous sentirez son contact, SOIT oids, mais vous n'entenዿrez passon tictac, vous ne verrez pas marcher es aiguilles.
' « La quatrième, ici, vous la verrez, vous sentirez son contact, son poids; vous entendrez son tictac; vous verrez marcher les aiguilles: celle des secondes, celle des minutes et celle des heures comme elles doivent marcher. )1 _ En opérant sur différents sujets, on obtient des résultats légèrement différents suivant la vivacité de leur imagination : mais, pour tous, si la suggestion a été donné avec _la précision_ nécessaire et le degré d'énergie qui convient à leur impressmnabilité, l'illusion est s1 complète quils ne parviennent pas à distinguer la montre n° 4 dela montre véritable quand on la leur présente à la ዾn de lexpérience.
La matière, telle quelle existe pour nous, a donc été reconstituée pour eux par l'adjonction successive de ses diverses propriétés ; seulement au lieu de la percevoir à laide des vibrations communiquées aux extré4 mités extérieures des nerfs sensitifs ar les vibrations des corps eux mémes, ils la perçoivent à l'aide des vi rations communiquées aux extré mités intérieures de ces mêmes nerfs par la Pensée, c'est-à-dire par puelque chose que nous ne concevons pas comme matière mais comme orce.
LES ETATS PROFONDS DE LHYPNOSE 229 tions relatives à lhyperesthésie du sens du. toucher que jai signalée pour Benoît dans létat de lucidité, maisjai été pour ainsi dire témoin, à Blois, en 1886, dun fait analogue. Le sergent B..., du 113e de ligne, sur lequel javais fait quelques expériences relatives à la polarité, était sujet à des accès de somnambulisme naturel se repro duisant en moyenne tous les huit ou dix jours.
Lac cès sannonçait généralement dans la journée par un grand besoin de sommeil ; et, le soir, B... sendormait dès quil était au lit.
Deux heures après environ, il se levait, shabillait, allait sasseoir à sa table et, parlant alors tout haut, il racontait le plus souvent ce que fai saient à ce moment-là les personnes avec lesquelles il était en relation; de là des révélations piquantes, mais fort ennuyeuses,parce que son camarade de chambrée était toujours là pour les recueillir.
Un vol fut commis au régiment; on avait pris pen dant la nuit le portemonnaie dun sergentmajor dans la poche de son pantalon déposé sur une chaise près de son lit. Quatre ou cinq nuits après, B..., qui avait beaucoup entendu parler de laffaire, prend son accès de somnambulisme à lheure ordinaire, mais, au lieu daller à sa table, il sort de sa chambre, suivi de son camarade qui tenait à savoir ce quil allait faire.
Il se rend droit à la chambre du sergent-major volé, regarde le pantalon, ዿaire le plancher et, la tête pen _chée, les narines ouvertes, comme un chien qui suit une trace, il longe les corridors, descend les étages, traverse la cour, sarrêtant parfois pour se coucher à terre et reniዿer en maugréant de ce quil ne sentait
230 LINITIATION presque'plus; enዾn, après quelques crochets vers les angles des bâtiments où le voleur imaginaire quil suivait ainsi semblait avoir guetté sil ny avait per sonne plus loin, il enዾle un corridor, monte un étage et va droit au lit dun soldat quil ne connaît pas du tout et dans la chambrée duquel il navait jamais mis les pieds; là, après quelques secondes dexamen, il dit avec dépit : « Trop tard! » puis retourna se coucher.
Le lendemain, lhistoire se répandit. Le soldat ainsi désigné avait une mauvaise réputation; on larrêta, on fit une enquête, au cours de laquelle, étonné de la précision avec laquelle on lui décrivait son itinéraire, il se laissa aller à dire : « On ma donc suivi? » Mais cette preuve ne pouvait sufዾre et ou dut le relâcher, bien que tout le monde fût convaincu de sa culpabi lité.
5 VIII La question de laction des remèdes à distance ' que nous avons touchée à propos de létat de rapport a soulevé de telles protestations lors dune communi cation faite sur ce sujet par le DLuys àlAcadémie de médecine quil ne me paraît pas inutile de rappeler quelle a été maintes fois observée par des expérimen tateurs opérant dune façon tout à fait indépendante.
Parmi les contemporains, je me bornerai à citer les professeurs Bourru et Burot, à Rochefort, le Dr Dufour , à lasile départemental de SaintRobert, et à renvoyer pour le détail de leurs expériences et des miennes à mon livre sur les Forces non déዾnies. Dans le livre premier, chapitre XXII de la Magie
LES ÉTATS PROFONDS DE LHYPNOSE 231 naturelle, J.B. Porta afዾrmait déjà que des sym phonies, exécutées sur des instruments fabriqués avec des planches de bois médicinal, produisaient le même effet que les médicaments tirés de ces plantes mêmes.
' En I747, un médecin de Venise, Pivati, avait con staté dabord que, lorsque des substances odoriférantes se trouvent dans lintérieur dune bouteille en verre et que lon électrise cette bouteille, les odeurs transpirentà travers le verre et se répandent dans latmosphère; puis que, lorsque des substances sont placées dans les mains de personnes que lon électrise, ces substances communiquent leurs vertus médicales àces personnes qui peuvent ainsi éprouver leffet des médicaments sans les prendre à la manière ordinaire.
Pivati effectuaainsi, dit-on, des cures remarquables. Les expérieuces de Pivati furent conዾrmées par celles de Vérati (de Bologne), de Bianchi (de Turin), ainsi que par le professeur Wintkler (de Leipsig) qui - sest assuré du pouvoir de lélectricité sur le soufre la canelle etle baume du Pérou.
Il y a une quarantaine dannées, le Dr Viancin re prit ces expériences, peut-être sans les connaître, et voici quelques passages des lettres quil écrivait au Dr Charpignon (I). « Lingestion des actions dynamiques des substances est constante sur tout le monde.
Cette ingestion se fait par des insufዿations le plus souvent et à laide de tubes de verre dont la forme a la plus grande (ijDCharpignon, Physiologie, médecine et métaphysique du ma gmtzsme, p. 59. _).....\W ._..,....- _ee-ዿe.w.w-æw-.w-W-w
2 3 2 LINITIATION \ inዿuence. Pour la plupart des remèdes, quel que soit le point que lon magnétise par insufዿations ou autre ment, toute lorganisation ne peut manquer dêtre envahie par le dynamisme du remède, dont les symp tômes se trahiront sur leurs points délection ordi naire , excepté toutefois lipécacuanha et plusieurs autres substances.
Ainsi, par le magnétisme, lipéca cuanha donne le tétanos comme la strychnine et agit surtout sur le cœur et sur le poumon; le mercure donne le plus souvent le tremblement mercuriel. « Léonidas Guyot a failli faire périr un médecin réfractaire, en le magnétisant à travers la noix vo mique ; il a ensuite dissipé les accidents, comme on le fait ordinairement, avec des passes. Avec du col chique, il a purgé toute une chambrée.....
Jai guéri dune manière éclatante, dans dix jours, une ménin gîte chronique sur un enfant, en le magnétisant à tra vers le laudanum Rousseau. M. J., se magnétisant à travers liode par insufዿation, sest guéri dun hydro cèle compliqué dœdème du cordon.
M. Toupielle vient de corriger un employé, stupide et vieux réfrac taire, en le magnétisant pendant deux heures avec de laloès ; le lendemain, le vieux récalcitrant a été pris dune diarrhée qui dura plusieurs jours. » Il ny a là, du reste, sauf la différence du véhicule, quun phénomène identique au transport invisible des particules matérielles dun corps sous linዿuence de lélectricité, transport qui seffectue tous les jours sous nos yeux sans que nous nous en étonnions (r). (x) _La galva_noplastîe nest, en effet, pas autre chose _et les _deugt expertences suivantesI récemment relatées dans une chronique solenn
LES ÉTATS PROFONDS DE LHYPNOSE 233 Le tort quon a dans toutes les expériences de ce genre, cest de croire quon peut les reproduire à volonté; il est, en effet, facile à comprendre que des sujets assez sensibles pour percevoir des impressions aussi faibles que les émanations dont il est question doivent être profondément troublés par les regards et même par la simple atmosphère des assistants: cest comme si lon voulait étudier les oscillations dun pendule en moelle de sureau exposé a tous les vents. âIX On confond souvent sous le nom dextase des phé nomènes tout à fait différents.
On sait combien est vive laction produite par la musique sur la plupart des sujets à létat cataleptique. Si la musique est douce, le sujet, tout entier au plai sir quelle lui cause et aux idées quelle lui suggère, joint les mains (ዾg. 2), lève les yeux au ciel et prend les poses quon voit dans lextase religieuse.
Mais si la musique était gaie, le sujet manifesterait de la gaieté ; ዾque par le Dr Foveau de Courmelles, font, pour ainsi dire, sauter aux yeux ce transport : 1° Dans une cuve de verre remplie d'eau dont le fond est incliné, on place a la partie la plus basse un globule de mercure au contact de lélec trod'e positive d'une pile ; à la partie la plus relevée du fond du vase on fait aboutir lélectrode négative.
Quand le courant a passé quelque temps on reconnaît que des particules inዾnitésimales de mercure ont traversé l'eau de bas en haut, dune façon invisible pour nous, et sont venues recouvrir la surface de lélectrode négative qui donne le précipité laiteux caractéristique du chlorure de mercure quand on le met en présence dun chlorure quelconque, dissous et incolore; 2° Si lon place du prussiate de potasse à lintérieur d'un morceau de peau de poulet plusieurs fois repliée sur elle-même et quextérieure ment on applique deux électrodes imbibées de sulfate de fer, on ne tarde pas à voir se développer sur la peau de poulet la coloration bleue carac téristique de la réaction de la dissolution incolore du sulfate de fer dans leau sur la dissolution légèrement jaunâtre du prussiate de potasse.
2 34 LINITIATION \ si elle était triste, de la tristesse, etc. La ዾgure 3 montre quil ny a là quune mimique plus ou moins parfaite des sentiments que fait naîtrelair joué. ,-a.y-(o;-.-p(oq:.«rrr agn_prqg ra.{,_,_I{; l/(I1fl{f.f(gt(///_(4I/{/{/rg;/{/M/,ç,t//;,g{n,yg{y,//g.A;/,{40/40/44441/yÆI/W/% l Â'Ç\\Ÿi .\'\\Ê\ùt dû.{h\\Qæ\\x x\\\\Ï\\ . e ;l i; 'I 3% :;g ;5 É ?t 5:" Les poses extatiques pourraient être également pro duites dans cet état par la simple pression du milieu du front, ainsi jquon le verra à propos de localisa tions cérébrales. Là encore, il ny a quun sentiment développé par une action physique sur certaines cel
LES ÉTATS PROFONDS DE LHYPNOSE 235 lules du cerveau; car on amène des sentiments et des poses différentes par dautres attouchements. Quand lhypnose est plus profonde, le magnétiseur peut provoquer les mêmes phénomènes par les mêmes procédés (musique et attouchements sur le crâne) avec plus dintensité encore, car dans létat cataleptique le sujet est muet et se borne à exprimer ce quil ressent ;:2m=
2 3 6 LINITIATION par des gestes tandis que, danslétat de rapport et dans les suivants, il raconte les visions quil perçoit. Daprès les anciens magnétiseurs, certains sujets ዾnissent par arriver à un état où ces impressions Sont poussées à un tel degré dintensité quon a cru devoir les expliquer en disant que lâme se dégageait du corps.
« Lextase magnétique, dit Charpignon (I), se montre encore bien plus rarement que le somnambu lisme; à peine la rencontre-ton une fois sur vingt cas de somnambulisme lucide, ce qui suppose presque deux cents sujets magnétisés, car nous croyons que bien souvent on a pris de la haute lucidité pour lextase.
« Ce phénomène ne se manifeste que chez les som nambules très lucides, et principalement chez ceux qui sont portés à des sentiments dune religion tendre ou élevée ou qui sont animés dun amour profond; sur ces sujets la crise sopère spontanément; sur les autres, elle peut être provoquée par lart. Étudions dabord lextase déterminée par le magnétisme.
« Il arrive quen magnétisant avec énergie un som nambule prédisposé à la crise dont nous parlons, il cesse toutà coup dentendre son magnétiseur; z'lpâlil, ses membres s'aዾalssent complètement, et, si lon ne sentait encore des battements au cœur, on croirait que la mort vient defrapper le somnambule.
Cest que ce surcroît de ዿuide magnétique a comme rompu les centres où la circulation nerveuse se faisait, et que (I) Physiologie du Magnétisme, p. 96 et suivantes.
LES ETATS PROFONDS DE LHYPNOSE 237 lâme inondée de cette lumière se trouve sur le point de perdre ses rapports avec le corps. Elle est sur la limite du monde physique, attirée par le monde spi rituel qui est lumière pure.
Alors, si lon reste obser vateur, on voit le visage de lextatique exprimer un sourire de bonheur ; il demeure silencieux ordinaire ment, quelquefois il parle seul et très bas {ce que lon peut saisir, ce sont les expressions damour, de béati tude, adressées à un être qui semble converser avec lui, ou bien ce sont des paroles de consolation, des conseils sur un événement davenir adressés à celui qui occupe les pensées de lextatique; très rarement il pense pour lui ; il a oublié la terre...
Après une demi heure de durée, cette crise séteint, et le somnambu lisme se rencontre comme avant sans quil reste aucun souvenir de ce qui sest passé dans lextase... La plu part des extatiques quon laisse libres dans la crise disent voir un ange qui sintéresse à eux et les con seille...
« Les extatiques qui ont ces visions célestes et ces ' tendances dabnégation personnelle sont toujours des jeunes personnes dont lâge na pas permis au soufዿe des passions de ternir la candeur de lâme, ou des indi vidus dont la vie est remplie de vertus. Quelle que soit dailleurs leur religion, le caractère mystique est le même : amour indifférent pour les affections ter restres, désir ardent du ciel, visions dêtres spirituels.
Cette assertion que nous répétons daprès Deleuze nous paraît fort contestable et demande, pour être admise, plus détudes comparatives en différents pays.
238 LINITIATION « Ce nest guère que dans lextase que l'on observe de ces vues à distance subite et sans quil existe aucun rapport entre les lieux et le sujet, ou de ces commu_ nications intimes des pensées..., ou bien encore quon le voit pris de la maladie dun étranger en symptômes et en douleurs, et le malade subitement soulagé. .
«I Parmi les exfatiques religieux ou très affectueux, on en observe qui'se font un bonheur de mettre à proዾt la faculté dinዿuence dont jouit tout somnam bule lucide pour soutirer le principe morbide qui entretient une maladie dans une personne quils ont prise en amitié.
Ainsi, auprès deux, le malade ne sent plus ses souffrances; ce soulagement continue plus ou moins longtemps; et, si le rapport est souvent rejvété, la guérison et lieu, tandis que lextatique est pris de ዾèures et de douleurs, et les mêmes organes présentent chez lui les mêmes symptômes de maladie.
Cette absorption de maux a lieu sans quon sen doute; lextatique est concentré : il vous prend ordi nairement la main comme damitié, et, pendant que vous le contemplez et que vous donnez cours à votre réዿexion, il aspire volontairement le mal qui vous détruit. » Ceux qui suivent la marche de la science moderne ont certainement été frappés du rapport entre les der niers faits que je viens de rapporter et les guérisons par transfert obtenus à lhôpital de la Charité par le Dr Luys (I).
M. Luys détermine artiዾciellement, au (x) Voiçi un exemple de transfert produit par Lafontaine dune façon tout à'fait Imprévpe et pité par lui : _ 44 Jai magnétise un jeune peintre, M. Dewenne; jétais extrêmement
LES ÉTATS PROFONDS DE LHYPNOSE 239 moyen de passes avec un aimant sur le malade, une déséqu2lzbrazzon entre les états nerveux des deux individus mis en présence, de telle sorte que lun, se trouvant, pour ainsi dire, rempli jusquau bord , se déverse dans lautre.
Cest, pour employer une autre image, comme si lon avait deux vases dont le premier contiendrait une liqueur toxique et le second de leau; en mettant le premier en communication avec le second, on dilue la liqueur qui sy trouve et, à la ዾn de lopération, le liquide contenu dans les deux réci pients est le même : la toxicité de lun sest affaiblie de toute celle qui a été transmise à lautre.
Au bout dun certain nombre dopérations analogues, la liqueur du premier ዾnira par être devenue tout à fait inoffensive. Si cette manière de concevoir les choses est exacte, on peut arriverà peu près au même résultat en satu rant le malade dun ዿuide quelconque non morbide, soit avec des passes à la main, soit avec une machine électrique : cest en effet ce qui se produit.
Dans le transfert extatique les choses paraissent ne pas se passer exactement dela même façon. Jemploie encore une comparaison à laquelle je prie le lecteur de ne pas attacher dautre importance que celle dun procédé mnémonique : le vide se fait dans le corps de lextatique par lextériorisation de son fluide sous linዿuence de cause morale ou physique, et alors ce corps aspire le ዿuide du malade.
On a vu, en effet fatigué en arrivant chez lui, et je lui demandai un verre deap_sucrée. Il èiéîîÊèËââàËiîâèiêâLÏÎ è;ÎËÀËËLàË.ÊlJêäïêä.ä..êëÿïÿfêîዿiÆËËÏ Jétais excessivement calme, mais, au révc11,M. Devrenne était tout à. fait gris,au point même de ne pouvoir manger de toute la journée. » (LAn: de magnétiser, Paris, 1852, p. 245.)
240 LINITIATION (5 VI), quà mesure que le sujet sapprofondissait dans lhypnose, sasensibilité se transportait plus au dehors. Voici maintenant comment certains somnambules expliquent euxmêmes cette crise suprême de lextase :. Le D' Chardel rapporte (I) quun jour, ayant poussé très loin une somnambule, il lui récita, sur sa demande, une tragédie de Racine et il le ዾt en exprimant avec émotion les sentiments suscités par le poète.
La jeune femme qui lécoutait sexalta au point de tomber sans connaissance.
Jamais privation de sentiment ne fut plus effrayante ; le corps avait toute la souplesse de la mort: chaque membre que lon soulevait retombait de son propre poids, la respiration sétait arrêtée, le pouls et les battements du cœur ne se faisaient plus sentir ; les lèvres et les gencives se décolororèrent et la peau, que la circulation nanimait plus, prit une teinte livide et jaunâtre?
Chardel parvint à ranimer par des insufዿétions sa somnambule qui, dès que la parole lui fut revenue, lassura que, bien que la circulation san-' guine fût revenue partout, la circulation nerveuse nétait encore rétablie que dans la tête et la poitrine en sorte qu« elle voyait son corps comme un objet étranger dont elle repugnait à se revêtir.
Elle ny con sentit quen cédant à ma volonté et me prévint que cétait ma vie spiritualisée (ዿuide magnétique) qui rétablissait chez elle la circulation nerveuse. Le Dr Charpignon avait un malade qui tombait spontanément en extase pendant la nuit et éprouvait des sensations analogues. (r) Esguiçse de la nature humaine expliquée par le magnétisme animal. ans, 1826.
LES ÉTATS raoronns DE LHYPNOSE 241 « lentre, dit-elle (I), dans un état semblable à celui que le magnétisme me procure; puis peu à peu mon corps se dilate et je le vois très distinctement loin de moi, immobile, pâle et froid comme un mort ; quant à moi, je me parais une vapeur lumineuse, je me sens penser séparée de mon corps (dans cet état, je com prends et je vois bien plus de choses que dans le som nambulisme), tandis que, dans le somnambulisme magnétique, je pense sans être séparée de mon corps.
Après quelques minutes, un quart dheure au plus, cette vapeur se rapproche de plus en plus de mon corps; je perds connaissance et lextase a cessé. » Jai eu récemment loccasion de pouvoir magnétiser très régulièrement une jeune femme qui était un sujet neuf et dune sensibilité extrême; je faisais peu dex périences et je me bornais à essayer dapprofondir de plus en plus lhypnose.
Ce nest quau bout de huit ou dix séances que je parvins à dépasser létat de rapport; dans cet état comme dans les précédents, jobtins dès le début avecla plus grande facilité, par les procédés décrits précédem ment, les phénomènes de lextase ordinaire.
Ces phé nomènes étaient de plus en plus accentués à mesure que le sommeil était plus profond, mais il y avait entre eux une continuité évidente : cétaient bien les souvenirs dimpressions antérieures qui sobjectivaient avec une intensité croissante. Un jour, la vision, au lieu de porter sur des vierges en robe bleue, des enfants Jésus et des anges, fut tout à fait païenne ; les (r) Charpiguon, Physiologie du Magnétisme. p. 105.
242 LINITIATION dieux de lOlympe avaient remplacé les habitants du paradis chrétien et la scène vue par Mme Z... était lexacte reproduction dun tableau de mon cabinet devant lequel je lavais trouvée en contemplation au commencement de la séance.
Tout à coup, au bout dun mois environ, la crise décrite par Deleuze, Chardel, Charpignon, etc... se déclara, absolument nette, caractérisée par le mépris des choses terrestres et le souvenir au réveil non seu lement de sa dernière vision, mais encore de toutes les visions antérieures. ( Dès lors les allures de MૺZ... se modiዾêrent com plètement.
Elle, qui jusqualors admettait sans con teste mes explications, déclara que, cette fois, elle avait été réellement transportée hors de son corps; quelle ne sétait pas bornée à voir, comme dans les séances précédentes, ses souvenirs matérialisés, mais que son âme avait été directement en communication avec lesprit de Dieu ; que du reste ces choses-là ne pouvaient sexpliquer et que cétait les profaner que den parler devant des gens qui refusaient dy croire.
Elle revint encore une fois chez moi ; jappris alors par son mari que, depuis sa dernière visite, elle était tombée plusieurs fois spontanément en extase, et que, quand on la réveillait, elle se plaignait mélancolique ment dêtre ramenée aux misères de la vie. Puisje ne la revis plus. Jappris également que, depuis quelques jours, elle avait eu loccasion de causer avec un spirite. Sont-ce ces conversations qui lont suggestionnée? Cest pos sible, mais ce nest pas là mon impression.
LITURGIE ET RITUEL 243 Ce qui reste acquis, cest lexistence dun état exta tique particulier décrit dune façon presque identique par tous ceux qui ont eu loccasion de lobserver.
ALBERT DE ROCHAS. (A suwre.) ዾiturgyie et Rituel DUNE PRIÈRE ÉSOTÉRIQUE La prière ésotérique ne saurait être une supplique présentée à la Divinité ni une sommation prononcée à ses puissances dans le dessein dobtenir quelque assouvissement matériel, épuration morale ou éclai rement intellectuel.
Elle doit être et ne peut être quun prélude au retrait en soi, une préparation au recueillement néces saire pour entendre loraculaire voix de la PROVIDENCE chuchoter dans le saint-des-saints de notre être les suggestions qui nous feront forts contre les atteintes actuelles ou prochaines du DESTIN, pour ségréger linsufዿation une où elle nous communique le mot de - passe à jeter à la triple gueule de Cerbère, pour recevoir lange qui descend nous offrir le ዿamboyant glaive à éventrer le dragon, le héros qui sur les ailes de lIntuition surgit de lespace pour disputer au mons tre dévorant lAndromède quest notre VOLONTÉ en chaînée aux rocs bruts de la Forme.
. . v «;_x:nän ! ' , 4 Q 244 LINITIATION La prière ésotérique par excellence est celle où les hiérophantes gnostiques notèrent les enseignements dela tradition essénienne manifestée en Jésus: le Pater. En voici peut-être linterprétation.
Létudiant en occul« tisme qui la tentéesest efforcé dy condenser les prin cipes généraux de la Kabbale, tels que les offrent le courant représenté jadis par la Milice du Temple et aujourdhui par lOrdre des Rose-Croix, et la ዾliation des Illuminés allemands, de Martinez Pasqualis, de Saint-Martin et de la Fraternité des S.'.
I.'., et ceux du pythagorisme, tels que les ont propagés Appollo nius de Tyane, colligés Iamblique, et restitués Fabre dOlivet. Le sens intime du Védo-Bouddhisme y a aussi été livré, et lon y trouve même lessence du Fatzha, oraison capitale du Koran. Enዾn y transpa raissent les aspirations sociales des générations nou velles.
PATER ÉSOTÉRIQUE Au nom de la Source, et du Verbe, et de lEsprit; Au nom de la Pensée incognoscible, inconcevable, inaccessible, ineffable: au nom de lAbsolu ; Au nom de la Parole émanée, formulée, énoncée, incarnée : au nom du Manifesté; Au nom du Soufዿe qui éveille, incite, illumine, viviዾe : au nom de lÉvocateur; Au nom de lOcculte, et du Révélé, et du Révéla teur: Que me soit accordé ce qui mest dû. il»il
LITURGIE ET RITUEL 245 .__,.,,,1a . - . ዿatætt .
Notre Père, qui es au delà et au-dessus du Temps et de lEspace,de labîme où vibrent le Rayon et la Voix et la Forme, de la tourmente où gémit et blasphème la Vie, du champ où la Sueur ruisselle, et les Larmes, et le Sang; jai la conviction etjai le sentiment que tu Es réellement, que ta Volonté est de perfection immar cescible, que de ta Providence, lorsque secondée, omnipotente est lefዾcacité.
' Que soit confessé ton Être, que soient gloriዾés et que soient bénis tes Gestes, que la nuit sembrase de léblouissement de tes Signes, que le silence sécroule au tonnerre de tes Phrases, que ton Nom, illisible aux yeux, imprononçable auxlèvres, sincruste ineffaçable en la chair du cœur : que luniversalité des indivi dualisations te reconnaisse et se voue aux objets de tes incitations salvatrices.
Car cest, et ce nest que de cet assentiment unanime que peut résulter lextirpation de toute cruauté.
Que cette alme douceur sépande, que cette harmonie sins taure, qui sont ta tyrannie: que seules gouvernent, sous ta décuple Couronne, des Lois consenties de tous ; que le Labeur soit équitablement rémunéré, et sain, et digne, et que les Signes du Pain circulent, jamais attar dés en des accumulations stériles pour la collectivité; que tous aient droit de Subsistance et que tous aient devoir dAssistance; que IHumble nait plus à envier, et que le Superbe puisse descendre en soimême sans pâlir; que les mères naient plus à abolir leur fruit à peine né, lorsquil naît, pour le sauver de la Faim, et de la Haine, et de la Prostitution, et du Crime, et de la Guerre, et que les éphèbes naient plus à fuir le sol
246 LINITIATION familial ou mutiler leur corps pour se préserver de la servitude; que le Glaive des grandes querelles soit enfoui dessous le blé, et que la Hache des rancunes légales mais illégitimes assaille les futaies insondées; que les femmes traînent les Canons à la côte et les immergent en chantant, et que les Enfants amon cellent aux carrefours les Étendards et les brûlent, bondissant en une ronde rieuse autour du brasier; que la Torche des révoltes éclaire les noces sociales, et que la Cloche des tocsins tinte pour les funérailles des patries.
Que, liniquité sévaporant entre leurs doigts comme une larve un instant objectivée, des négateurs du Passé et les négateurs de lAvenir se pros ternent devant laube de ton règne, et que les hérauts de l'Éternité proclament la fondation de la Justice loyale, de lAmour illimité, de la Paix infrangible.
Et que lhumanité soit ton Messie parmi ses frères ' des séries infrahominales animaux , végétaux, minéraux, comme parmi ses frères des séries jux tahominales élémentaires, élémentals, et lès guide selon tes voies, allégeant ainsi pour eux le poids du Destin.
Et que pareillement en les séries supra hominales ou du moins extraterrestres des mondes qui scintillent au ciel de nos nuits et de ceux qui palpitent par-delà et par-delà encore et toujours, ta Volonté soit discernée et suivie. Car la vie est par tout, et de toutes ses modalités lhomme est solidaire, et il a une mission à remplir auprès de certaines de ces modalités. Ni pour ceuxci, ni pour ceux-là, ni pour les autres, -que lon vienne à toi parle véhicule de lintelligible
LITURGIE ET RITUEL 247 ou par celui du sensible, que lon tinvoque à travers la conscience ou à travers le Soleil, ou même à tra vers lEnnemi, que lon texprime par les symboles des Rouges ou par ceux des Noirs, que lon te révéré en les tabernacles de lOrient ou en ceux de lOccident, car toute doctrine est pleine de toi, et tous les rites cultuels, et toutes les. théories philosophiques, et toutes les hypothèses scientiዾques, et toutes les éthiques indi viduelles et sociales, et toutes les esthétiques, ne sont que des manifestations de ta Tri-unité révélée diver sement selon la multiplicité des Races, et des Habitats et des Ages, tu nas jamais, dans le passé qui na pas commencé. interrompu linዿux de tes prémoni tions, et il est de ton essence que tu ne linterrompras jamais dans lavenir qui ne ዾnira point.
A moi, je connais que cet aliment na manqué, et jai conዾance quil ne manquera, en aucune circonstance de lexis tence actuelle; je crois quil na pas cessé, au cours des personnalisations qua traversées mon individua lité depuis que tu mas exhalé, et jai conviction quil ne cessera, au cours des migrations qui me restent à accomplir avant que tu me résorbes, de mêtre offert. Et en cetinstant je sais quil est en moi.
Je te conjure ' de maiderà percevoir lintention que tu y enveloppes, si jen suis digne, et à en percevoir ce dont je puis être digne, lintention relativement à loccurrence présente. Que si les infractions dont jai mémoire de mêtre rendu coupable envers tes désirs et celles que je ne me rappelle pas à cette heure, ont obscurci mon sens intérieur au point que déchiffrer les intuitions descen
248 LINITIATION A. v_ a. n,l ,-,.1I #- ,_, . J dues de ton inዾnité jusquà mon inዾmité et inዾrmité me soit devenu à peine possible, sois-moi clément en considération des efforts que jai faits et que je fais pour me racheter, efforts humbles dans les résultats acquis et auprès de lénormité des fautes commises, plus appréciables en regard de cette mienne inዾmité et inዾrmité.
Et si parfois, jugulant ma passion, jai obtenu de nopposer aux traits des mauvais que le bouclier de diamant du pardon, et de retourner la grêle pestifère en pluie de ዿeurs embaumantes; si, élevant qui pensait mabaisser, jai réussi par là à mélever moi-même, sois-moi miséricordieux dans la proportion divine de la mesure où jai pu lêtre dhomme à homme.
Que jaille enivré et possédé de ton immédiate et constante présence, de sorte que le sourire des chairs et létincellement des breuvages et la vapeur des nourc ritures ne mattirent point à loubli de la voie droite. Que je ne mécarte point pour visiter lHexapole ; que je ne mattarde point à me pencher sur les étangs côtoyés pour cueillir les lotus perዾdes du song'e illi cite; que je ne marrête point pour dormirà lombre des manceniliers.
Que, ton appui mexaltant, lassaut des désespérances ne me terrasse point ; que, tes exhortations maiguillonnant, les lacets du doute ne mentravent point; que, tes conseils méclairant, les ' insinuations de lAstral ne me troublent point.
Que, me souvenant sans cesse des immenses et innombrables marques deton indulgenceà mon égard, je naie quen couragements pour ceux que jai pu devancer ; et que, me représentant sans cesse mon in dignité, je naie que
LITURGIE ET RITUEL 24.9 louanges pour ceux qui mont devancé. Que,pénétré de ma débilité, loin de mirriter aux obstacles, je méton ne de ne les pas rencontrer plus nombreux et plus péni bles.
Que, ne me laissant pas duper parléclatdes riches ses transitoires et toujours iniques et des gloires transi toires et souvent iniques, je ne convoite quun trésor, la parfaite identiዾcation à ta Volonté de ce quil y aen moi de conscient, et quun triomphe, le déዾnitif assouplis sement à ma Volonté de ce quil y aen moi dincons cient.
Que je marche Silencieux et illisible, aspirantà mécouter que toi, car il nest quun Maître, et cest toi; à nêtre connu que de toi, car il nest quun Juge, et cest toi; à nêtre aimé que de toi, car il nest quun Ami, et cest toi ; à maimer que toi, car toi seul Es.
Et quà leurs questions mes compagnons de voyage aient de moi cette réponse toujours: « Tel bien a été accompli, et Dieu en est lauteur; tel mal a été perpétré, etjen suis le coupable. » Le triple vaisseau de mon être ira ainsi sassainissant, et, puisque jamais la chaussée ne se dérobe aux pieds purs, le Mal enዾn sera devant moi comme sil nétait pas. Et en effet le mal nest devenu que parce que je lai voulu.
Jai appelé en mon atmosphère la pestilence des conceptions, des paroles et des gestes mauvais, et voicique je défaille; la disperser, je ne saurais, car le reዿet en vibre indissoluble aux ondes du Grand Fleuve Noir; mais la compenser peu à peu et la neutraliser par des parfums respectivement adverses et graduelle ment intensiዾés, je le puis et le veux.
Jai accumulé autour de moi des murailles de fumier, et elles vontse rapprochant ; les abattre, je ne saurais, car le sang de
2 50 LINITIATION 'Ï . 4 l'. l': lImpalpable a trempé leur nciment; mais mexhausser jusquà saisir la main que tu tends pour me ramener à lair large et bon, je le puis et le veux. La serre du Destin ne métreint si affreusement que parce que jai méconnu les vœux de ta Providence; mais que jap prenne et que je comprenne ceux quelle forme pour le relâchement de cette angoisse en loccurrence pré sente, et jaurai une arme.
Que je puisse, comme jen ai le devoir, user de cette arme, selon les droits que je puis en avoir acquis, et selon ceux que jai pu nen perdre pas. o au Au nom de llncommunicable, au nom de son Incorporation, au nom de leur Médiateur, Que me soit accordé ce qui mest dû.
1' 42& Autant que possible : Cela doit être proféré à haute voix, sur le ton solen nel un peu, monocorde presque, et très rythmé, dune incantation; et proféré debout, et à jeun le matin dès le réveil; -en pleine lumière solaire ou artiዾcielle (jamais lunaire), et le visage tourné vers le Nord.
Le priant doit au préalable sêtre placé sur un tapis de pure laine, et avoir enveloppé le dessus et les côtés de sa tête et sa nuque, son dos et ses ዿancs, dune étoffe de pure laine, et qui rejoigne parfaitement le tapis, celui-ci et celle-là étant préférablement blancs, (jamais noirs); avoir allumé sur un trépied devant lui, soit, selon le jour de la semaine et lheure, le
LITURGIE ET RITUEL 251 parfum en correspondance indiqué par lhorloge magique de Papus, soit, uniformément, de lencens; faire face à un mur nu, offrant une nuance unie, plutôt rougé (jamais noire ni blanche), et au milieu duquel règne un Pentagramme simple, exempt de tout accompagnement et ornement (la pointe haute, cela va sans dire), blanc, et de dimensions telles que dun seul regard il puisse être embrassé en son entier.
Le priant, dès que débute loraison, attache ses yeux à ce symbole, et ne les en délivre pas tant quelle dure. Il doit avoir aussi une épée nue, qui nait pas vu le sang, et ne pas la tenir autrement que la pointe haute.
Lors des invocations liminaire et terminale, il porte le pommeau de cette arme à son front en prononçant le mot Source, à son ombilic en prononçant le mot Verbe , à son sein gauche en prononçant le mot Esprit, puis en silence à son sein droit; de nouveau à son front au mot Absolu, à son ombilic au mot Manÿesté, à son sein gauche au mot Evocaleur, et en silence à son sein droit; encore à son front au mot Oc culte, à son ombilic au mot Révélé, à son sein gauche au mot Réዿélateur, et en silence à son sein droit; enዾn à son front au mot Incommunicable, à son ombilic au mot Incorporation, à son sein gauche au mot Média teur, et en silence à son sein droit.
Tels rites valent dabord à ዾxer la pensée fortement et exclusivement sur lobjet vers quoi elle tend toutes ses potentialités; ensuite à relâcher par de légers, incomplets et fugitifs prodromes dhypnose, les liens qui unissent le corps au véhicule de lEsprit, de manière à abstraire celui-ci, partiellement et momen .., _À., , __,- ,I
2 52 LINITIATION tanément, des matérialités; puis à sauvegarder le priant des remous équivoques de lAstral dont il efዿeure ainsi la rive; enዾn à clore les pores psychi ques, béants dans la passivité à laquelle sastreint cet homme, à tout ce qui némane pas de pardelà luni vers créé.
Son oraison achevée, lEsotériste saccroupit à la mode orientale ou sagenouille à la mode occidentale, complètement enveloppé de létoffe de laine, et il écoute. PIERRE TORCY. lalà MRÏl Par le DૺCARL DU PREL. Le Sphynx, 111(16 avril 1887). Trad. par Y. LE LOUP. (Suite) Ces faits rappellent le cours particulier de la maladie dans les états somnambuliques; cependant cette clair voyance nest pas toujours bornée au futur de lexis tence.
Une somnambule, à qui son médecin deman dait comment il la pourrait rendre voyante, dit : «Je dois dabord dormir vingtquatre heures du som meil magnétique, et être magnétisée deux fois pen dant le sommeil : le matin par huit passes, laprès midi par dix. Les vingt-quatre heures écoulées, je me
LA MORT 25 3 réveillerai pour retomber aussitôt de moimême dans un sommeil magnétique de cinq heures.
Un peu avant que la cinquième heure soit écoulée, il faudra poser votre front sur le mien, appuyer votre pouce gauche à la naissance du sternum et votre pouce droit au creux de lestomac : je serai ainsi transporté pen dant un quart dheure dans la plus haute illumina tion et mes yeux rouverts apercevront une clarté aveu glante en face de laquelle le soleil le plus resplendis sant ne serait quunéombre obscure; mais aussi je mourrai pendant la dernière action magnétique, à la cinquième passe, après avoir soupiré doucement deux fois.
Sans cette magnétisation postérieure, le lien qui unitlàme et le corps ne se dénouerait pas si doucement; il faudrait quun combat acharné contre la mortle dé chirât.
J e sais que vous ne me rendrez pas clairvoyante de propos délibéré, sans quoi je ne vous aurais pas dit tout cela (1). » Il nest pas impossible que la con naissance intuitive qua une somnambule de sa vie intérieure et de laction de la magnétisation soit aussi avancée et aussi détaillée que chez celle mentionnée plus haut; mais on sait depuis les temps les plus reculés que le développement somnambulique qui se produit chez les mourants réveille la double vue.
Hec tor blessé prédit à Achille sa mort (2). Calamus, gra vissant son bûcher enዿammé, annonça à Alexandre sa mort prochaine, qui arriva en effet à Babylone (3).. Cicéron raconte quun Rhodien mourant désigna à. (1) Archives du magnétisme animal, IX. (2) Iliade, XXII, 3 5. (3) Arrien,Vll, 5.
2 54 LINITIATION six personnes lordre dans lequel elles monrraient(r). Pendant la peste de Bâle, à la ዾn du XVIe siècle, cette double vue semble être devenue un phénomène géné ral ; les mourants criaient le nom de ceux qui devaient les suivre (2).
Schnurer dit dans sa Chronique des épidémies que, lors de la peste européenne du xIve siècle, beaucoup dagonisants étaient illuminés, désignaient lheure exacte de leur mort et de celle des survivants (3). Si nous prêtons à de tels phéno mènes la forme dramatique propre à la vie du rêve, nous pourrons expliquer alors la vision de fantômes apportant la peste (4).
Cicéron dit : « Quand lâme, pendant le sommeil, cesse sa communauté et son contact avec le corps, elle se rappelle le passé, regarde le présent et voit lavenir; car le corps dun dormeur est inerte comme celui dun mort; mais lâme reste active et vivante. Elle le sera encore bien plus après la mort, quand elle aura quitté le corps.
Cest pourquoi linspiration divine la pénètre intimement à lapproche de la mort (5). » De même Arétée : « Les malades pensent, voient et profèrent parfois des choses étonnantes. Leur raison est parfai tement pure, et leur âme capable de prophétiser. En premier lieu, les malades pressententleur mort; ensuite ils prédisent les choses futures, ils deviennent de grands devins, lorsque lâme se libère du corps (6).
Socrate, dans sa défense, argue du don de prophétie il} Eâîî;îî:..ૻê%täîäâäîዾa}sዾ°ae., 268. (3) Passavant, le Magnétisme de a vie, 168. Procope, Bell. pers. - "P. Diaconus: De gnlisL0ng01.,t. Il. Cicéron, De _Diuinal., I, 31 . (6) Arétée, De :1gnis et causis morborum, II, I.
LA MORT 2 5 5 des mourants, pour montrer aux juges les suites fâ cheuses pour lÉtat de leur sentence inique; il recon5 naît en être arrivé à linstant où les hommes prophé tisent le plus souvent, cest-àdire lorsquils sont sur le point de mourir (r).
Le froid Aristote se voit obligé davouer que : « Ce qui concerne la prophétisation pendant le sommeil est également difዾcile à admettre ou à reje ter ; car ces faits, qui ont été observés, sont inexpli cables. Quand lâme rendue à elle-même et séparée du corps par le sommeil reprend possession de sa propre nature, elle possède le don de prophétie ; et la même puissance lui est dévolue aux approche de la mort (2).
Au moyen âge la double vue des mourants était un phénomène très connu ; et le fondateur de la physique moderne, Bacon de Vérulam, en parle comme dun fait dexpérience : « La double vue est principalement observée dans les rêves, les extases, et au moment de lagonie ; elle se produit rarement dans la veille et lorsque le corps est sain et robuste (3). » On commença à douter de ces questions pendant cette période de civilisation qui leur imposa la futilité de ses conceptions et qui voulut transformer en surface la profondeur de lénigme du monde et de lhomme.
Mais si la double vue était biffée en théorie du catalogue de la science, les faits continuaient sans entraves à se multiplier, et à être relatés jusquà lépoque contemporaine. 1) Platon, Apol. 30, 39. 62 Aristote, De ivin. per somnum. (3j Bacon, De augm. :czent., V, e. 3.
'2 56 LINITIATION Nous devons donc aujourdhui chercher les faits où ils se trouvent. Ce nest pas ici le lieu den tenter une explication. Au point de vue du matérialisme, la double vue est impossible ; le panthéisme sen tire plus facilement, mais lindividualisme métaphysique demande une déዾnition satisfaisante : cest le sujet transcendantal qui se manifeste au cours du phéno mène chezles somnambules et chez les mourants (i).
Plutarque a déjà opposé cette manière de voir à celle de ses contemporains, qui pensaient que la prophétisa tion avait lieu par le moyen de linspiration divine. « Il nest pas vraisemblable, ajoute-t-il, que lâme acquière après la mort une faculté quelle navait pas lorsque les sens internes étaient encore enchaînés par les liens du corps.
Il est probable que cette faculté est latente mais obscurée et comprimée par la matière ; lâme ne la détermine à sexercer que lorsque ses biens ont commencé à se dénouer. » Plutarque a ainsi parfaite ment montré la simultanéité de lexistence transcen dantale et de la terrestre, séparées par léveil de la sensibilité. ' La double vue des mourants offre une autre analo gie avec le somnambulisme.
Les cas de cette sorte, sans comparaison les plus nombreux, consistent en apparition de mourants dans des endroits écartés; ce qui, à vrai dire, peut reposer sur la double vue, mais qui, dans le doute, peut sattribuer à une transmission '(1)Cette manière de voir est celle de la Qabalah.
L'extase et la divina tion s'e_xpliquent facilement par une sortie des principes supérieurs, qui _ant1c1pent sur leur évolution astrale. (äuant aux apparitions fanto matiques des voyants, elles ne sont explicab es quàceux qui ont pénétré ;l arcane des ra ports qui relient les concepts aux formes. Cf. Papus, raflé de science occulte. (Note du traducteur.) "3!
LA MORT 2,57 de pensées au voyant. Nous pouvons dire dès mainte nant que la véritable double vue, qui se caractérise par une télépathie du corps humain, mais que la pho tographie pourrait seule prouver, a peur elle ce fait que les agonisants et les somnambules ont souvent conscience dune dualité de leur être, sensation qui sélève en particulier chez les premiers jusquà la vision de leur propre corps.
Une somnambule de Kermer dit: « Toute la vie de nos membres sest concentrée à lépigastre; il me semble quils ne mappartiennent plus. Et lun de ses amis se servait dexpressions semblables: « Les liens sont déchirés en moi ; les bras, les pieds ne mappartiennent plus. » (Kermer, Hist. de deux somnambules, 356, 357.) Donc, nous pouvons conclure que ceux qui craignent non la mort, mais lau delà, peuvent se rassurer.
Si nous considé-. rons la mort avec une attention croissante, elle ne peut avoir pour notre essence constitutive la même horreur que nous ressentions à légard de laccident purement matériel. Si notre corps agonisant devient un objet pour notre conscience trancendantale, cette conscience doit être reliée à une base, le corps astral, lequel sera le facteur initial de la double vue.
Lalter native entre cette conception et celle de la simple vision télépathique n'avait pas encore été posée dans la mys tique chrétienne. Le pape Benoit XIV dit : « Innumera sunt apparitionum exempla, quibus sancti æternam consecutos fuisse felicitatem ostende runt (1). » Par ces paroles se trouvent désignés (r)De serv. Dei beal., IV, 1, c. 32,n°5.
' 258LINITIATION :-. m*ૺü_=*H Sainte Thérèse, les saints Pierre dAlcantara, Antoine I de Padoue, Charles Borromée, etc., ce dernier étant apparu simultanément en plusieurs endrOits (I). On ne sest pas toujours préoccupé de cette alterna tive dans les exemple modernes des faits qui nous l occupent.
Mais, que nous nous décidions pour la double vue, ou pour la simple vision à distance, lana logie de ces phénomènes avec le somnambulisme est montrée pour les deux cas ; la dépression de la con _ science sensorielle, la diminution de la force vitale apparaissent comme conditions du phénomène, le l' " désir intérieur en étant la cause efዾciente.
" La simple vision à distance retombe dans la caté . gorie des transmissions de pensée ; car Schopenhauer remarque déjà quune action à distance sur les sens extérieurs ne peut pas sadmettre: « Les visions de cette sorte, avec quelque perfection dillusion et dincarnation que la personne qui y apparaît se présente, peuvent évidemment sexpli quer, non par une inዿuence extérieure sur les sens, mais en vertu dune action magique de la volonté de celui dont elles émanent sur le sujet, cestàdire sur lessence dun organisme étranger, qui, par là, subit . un changement de dedans en dehors; cette altéra tion agissant sur son cerveau y imprime limage de lévocateur, de la même manière quagirait le corps de ce dernier par la réዿexion des rayons lumineux sur les yeux du sujet. » Si la transmission des pensées eût été connue comme fait dexpériences au temps de (z) Ribet, La mystique divine, I], 102.
LA MORT 259 Schopenhauer. la marche des phénomènes quil décrit se serait présentée à lui dune façon bien plus simple ; «lessence dun organisme» que comme idéa liste il doit confondre avec la substance esssentielle du monde lui serait devenue une transition superዿue.
Schopenhauer cite alors de nombreux exemples, les met en parallèle avec les capacités correspondantes des somnambules, et conclut par ces mots : « Ces faits ont été racontés et acceptés si souvent et de tant de côtés différents que je les admets sans hésiter comme choses certaines (I). » En effet on pourrait remplir des volumes entiers de faits puisés à dautres sources que celle quindique Schopenhauer.
Il faut considérer, dans la plupart des cas, le désir ardent des mourants comme la principale cause psy chique de ces phénomènes. Le conseiller intime Schn bert raconte que son père reconnut un jour dans son rêve la voix de sa mère qui vivait dans un autre en droit ; elle lui criait de venir à la maison sil voulait la voir encore une fois. Il se réveilla, se rendormit et entendit de nouveau plus distinctement le même ap pel.
Il se releva, et aperçut sa mère debout en face de lui lui tendant la main, et lui disant adieu en ajou tant quil ne la verrait plus sur cette terre. Elle était morte subitement à ce momentlà, en exprimant son vif désir de revoir son ዾls (2). Une femme de R0 chester, nommée Goffe, fut amenée, pour cause de il) Schopenhauer, De la vision des esprits, 308-310. 2) Perty, Les 'I-hen0mènes Mystiques, II, 156. » «
"r'r .'}731%a:.1- .. ...... .... ,_ . -. .._., ...Ï. _. r.,..m_v . I » . . - . l 2 60 LINITIATION santé, à la campagne, chez son père, qui habitait West-Mulling,à neuf milles de Rochester. « Le jour qui précéda sa mort, elle exprima le désirdêtre amenée auprès de ses enfants, conዾés aux soins dune garde; et, comme on lui représentait sa faiblesse,elle deman dait à être transportée sur un cheval.
Lorsque le pas teur vint,à dix heures du soir, elle se plaignit à lui de ne pas pouvoir retrouver ses enfants. De une à deux heures du matin, elle tomba en extase; ses yeux étaient ouverts et ዾxes, on ne pouvait entendre son soufዿe, et on ne savait si elle vivait encore. Le jour suivant, la mourante déclara avoir été lanuit pendant son sommeil voir ses enfants.
Plus tard, la garde témoigna que, peu avant deux heures, le fantôme de Mૺૺ Goffe était sorti de la chambre où couchait laîné de ses enfants ; il était entré dans celle où dor mait la garde avec le plus jeune enfant, et y était res tée un quart dheure. Ses lèvres remuaientsans quon entendit rien.
Lorsque lapparition sen alla, la garde la suivit, mais ne put dire comment elle dispa rut (I). » Jomets quelques circonstances de détail, qui mettentce fait tellement hors de doute, que Gor res le range parmi les plus authentiques (2).
La con_ dition la plus favorable, cest-à-dire létat dextase, , coïncide avec le violent désir de la malade, cause j déterminante arrivée à un haut degré de virtualité. On peut conclure de là quil y eut, non pas une sim- } ple vision, mais bien double vue parce que les en (I) Gerber, Le domaine caché de la nature, 355. (2) Gorrcs, Mystique, 111, 314.
1 J. 261 fants étaient lobjet du désir et non la garde. Un cas semblable se trouve dans Crowe : Pendant une absence de Lord M., il vit sa mère quil avait quittée deux jours auparavant en pleine santé, au pied de son lit. Il reconnut de suite la nature de ce phénomène, mais, pour bien sen convaincre, il appela son serviteur et lui demanda : « John, qui est cette personne ? » Cest Madame, répondit le ser viteur.
Elle était tombée malade subitement, et morte quelques heures après. Cet événement ዾt sensation à tel point que Georges III sen ዾt raconterle détailpar le lord et par son domestique (1). « Lapothicaire Frey de Calsruhe était un soir dans son lit, encore éveillé; il tenait ses mains Sur la couverture.
Il sentit tout à coup quon les lui pressait et aperçut debout auprès du lit le curé de la ville, nommé Kirch, avec lequel il était très lié, lui faisant des signes de tête amicaux. Il apprit que Kirch était mort à lheure à laquelle il lui était apparu (2). » Ruete, membre dun collège de santé, traitait en même temps deux jeunes dames étrangères lune à lautre, et qui ne se connaissaient que de vue.
Toutes deux étaient phtisiques; elles sinformaient souvent chez lui réciproquement de létat de leur santé. Appelé la nuit chez lune delles, il la trouva mourante. Il resta une demiheure chez elle, et alla visiter lautre dame.
La mère de cette dernière le reçut, et lui raconta avec effroi quune demiheure auparavant sa ዾlle avait eu la vision de lautre malade, lui faisant des signes damitié et lui LA MORT x) Crowe, Les côte'v obscurs de la nature, l, 201. 2) Kermer, Feuilles de Prévorst, V11, 212. nn-an! . -.....v _ .7, a ,..wwW/wcæm ,
262 LINITIATION . ,«vrmv' annonçant quelle mourrait dans la journée. La ዾlle raconta alors lapparition au médecin, dans des ter mes identiques, et mourut le même jour (1). » Dans le Correspondant Allemagne (1812, n° 241), on ra conte quune jeune femme, après son enterrement, apparut à ses enfants, et à la nourrice du plus jeune. Quand on rouvrit la bière, on saperçut quelle avait été mise au tombeau encore vivante (2).
Le poète Morike raconte : « La première épouse de , mon oncle, le président de Georgie était à la mort. Le j conseiller G., ami de la maison, vint la voir. Comme * il voulait dabord parler à son mari, il le chercha dans _ son cabinet de travail, à létage inférieur, où il ne le , l rencontra pas; mais à son grandlétonnement il aperçut Mૺde Georgie, lui tournant le dos, assise au secré taire.
Elle tourna la tête vers lui et le regarda tran quillement. Ne sachant ce que cela voulait dire, il monta tout déconcerté dans la chambre du haut, où il trouva la malade au lit dans un état de faiblesse extrême. Bientôt après elle mourut.
Dans les derniers jours de sa vie, elle avait dit au conseiller sêtre beau coup occupée de son époux et de son avenir (3). » Le recteur Vorkerodt laissa en mourant, à Gotha, une veuve, une ዾlle et un fils qui étudiait à Halle. Un jour que les deux premières étaient à table. elles enten3 dirent un pas lourd monter lescalier.
Et comme la mère sortait de la salle, elle se trouva devant son ዾls; une large blessure souvraità la poitrine de ce dernier, (I) Ruete, Lexistence de lâme, 95. (2) ermer, Magicon, II, 482. (3)1d., ibtd., 25. . - l
LA M0 RT_ 263 «\ -A..«. \ laissant séchapper des ዿots de 'sang. Comme elle voulait lui parler, il saffaissa devant elle et disparut. Lejour suivant, on apprit que le ዾls avait été poi gnardé sur le pont de la Saale, à la même heure. Cette histoire se trouve dans Hennings (1), qui, àproprement parler, ne la nie pas, mais qui la torture pour l'expli quer rationnellement.
A cet égard, Hennings est le type des rationalistes, et on peut lui renvoyer tous ces lecteurs qui, relativement à la mystique, veulent aussi écouter la voix de ladversaire, car Hennings est très instruit et il a, par une série décrits, érigé les concepts rationalistes en système.
Il pense quon est dautant plus sagace que lon porte le doute plus loin dans ses investigations, et il ne remarque pas quil dépasse ainsi la ligne qui, à très peu dexceptions près, sépare le scepticisme de labsurdité. - CARL nu PREL. (A suz'yre.) (r) Hennings, Des esprits et des voyants, 730. 'ù1 '»"-V*)y "ï;":7f;""ૺlዿ.g W fg
a _E\ ,_,_ PARTIE LITTÉRAIRE la Vie dun Mort (Suite) Cest étrange, dit Durand, il y a en moi un autre être que je navais jamais vu et qui pourtant m'habi tait, dont je nétais que lenveloppe, que la coque : il était à la fois en moi et hors de moi... je le reconnais pourtant... je lai rêvé... il a ma forme, il remplit toutes les cavités de mon être...et je le sens qui presse de toutes parts cette enveloppe... qui est moi : il veut sévader... pourquoi ne le fait-il pas ?
Il me semble que lui parti... je serai plus calme... oui, ce sera le re pos... je le vois en moi, et pourtant il na pas de cou leur, pas même celle dune vapeur. Il nest pas solide; jai dit quil avait ma forme, mais il a toutes les for mes... Il na pas de consistance, et se tord en moi...
La jambe de ዿuide qui tout à lheure remplissait ma jambe maintenant se roule, se recrogueville vers la cuisse, pour un instant après sétirer encore juS< cÀL À hLw vA r '
LA vu: DUN MORT 265 -r l .P n r rv H T_ n - 7 . î':3_'r_'., quaux orteils, comme si elle avait voulu sévader et navait pas réussi... Ce corps .veut 'sortir de moi.. . mais par où ? Il tend vers trois points... vers le crâne ou la blessure qui ma tué bée encore... Une seconde attraction, moins forte, mais positive, lattache à une ligne qui va du cervelet au bas-ventre.
Cest là ce qui a le plus vécu en moi; larrachement difዾcile me donne détranges sensations, aiguës, torturantes.Mais ce corps intérieura un centre de résistance, dattraction plus fort que les deux autres A la place du cœur, jai limpression dun forement de trou, comme avec un inዾnitésimal villebrequin qui vrilleraitdu dedans au dehors... Là mon corps intérieur sattache, se cram ponne; cest par làquil veut sortir,je veux ly aider...
Tout ce qui reste en moi de vitalité se bande pour le pousser... chacune de mes portions de membres veut sevider de lui... et peu à peu je sens quil passe par le trou du cœur, avec un sifዿement de soufዿe que personne nentend, oh non ! mais que je perçois, moi, avec une jouissance inዾnie...
En ce moment, à vraidire, Bernard pensait encore, jentends de sa pensée ordinaire, à laide de loutil cérébral dans lequel ce quil appelait le corps inté rieur circulait encore. Mais à mesure que ce soufዿe constaté ዾltrait par loriዾce inዾnitésimal du cœur, sa pensée séteignait, en ce sens que la formulation des pensées en mots ne sexerçait plus, et ce fut alors que jéprouvai une pre mière difዾculté à converser avec lui et à le comprendre. Cétait comme un déplacement de plan : il sexpri mait encore, mais non avec des organes concordant
266 LINITIATION aux miens. Jusquici çavait été comme un écho loin . tain dont la résonnation vibrait soit à mon oreille soit en tous mes sens. Soudain il se ዾt un silence et je crus que cette fois cétait bien la mort de Durand et jéprouvai comme un soulagement en réዿéchissant que cet être grossier et nul était retourné au néant.
Mais voici que peu à peu, en ce corps intérieur que je pressentais en moi, mais dontlexpérience ne mavait pas encore démontré lêtre, je perçus non pas une sensation, mais une expression de choses inconnues, comme sil eût existé en moi un miroir sur lequel des faits se reዿétaient vus, compris, mais non exprimés, et ce ne fut pas une des moindres difዾcultés que je rencontrai dans cette étude que de matérialiser en quelque sorte ces faits en vocables, sinon adéquats, au moins proportionnels.
Car, il faut quon le sache bien, ce que je dis nest pas ce que je sais, mais ce que lhomme normal en peut savoir. Il lui faudrait, pour que je pusse procéder L à une complète révélation, quil mit à ma disposition , , linstrument intérieur sur lequel moi jereçois limpres sion, etqualors jy pourrais reproduire. Ceci nest donc en réalité quune traduction, et combien éloignée de loriginal i...
Cétait maintenant que commençait réellement la vie de mon mort. æ ' Double vie, doublement extérieure, simultanée et ' que cependant je ne puis décrire que successivement. l' , Javais cru que Durand ne souffrait plus : mais *quand je perçus ce que je vais dire, jeus la notion de i tortures mille fois plus horribles que celles dont
LA VIE DUN MORT 267 limagination peut inventer les affres, et qui évidem mentontété entrevues par les théologiens, visionnaires de lenfer. Je dois dire tortures physiques, et pourtant elles nont rien de commun avec les plus épouvantables tenaillements que bourreau ait inዿigés à chair pante lante.
Elles sont à la fois hurlantes et muettes, convul santes etimmobiles, cestàdirequeDurandce pauvre Durand ! en véritéjeleplaignais épouvaitleslancine ments en essence, en principe, sans que leur traduc tion en fait lui procurât le soulagement ordinaire.
On sait que le cri est une rééquilibration de la sensation, que la torsion des membres déchirés est, par le mou vement, une recherche de la remise au point, si jepuis dire, de la partie déplacée. En Durand rien de cela : il était maintenant en létat dun léthargique qui serait en proie au cauche mar de la douleur. Pas un mouvement, pas un soupir possibles, le rongement atroce sans balance.
Et il avait lignoble notion dunelutte dans laquelle il était à la fois actifpar les butins arrachés de lui et passif par son impuissance à arrêter les déchiquéte ments. Toutes les forces physiques qui, par la vie, avaient été soumises au moule organique, qui avaient été emprisonnées par le mode-existence, reprenaient leur liberté, et cellesqui, par la force de la nativité, avaient dû abandonner quelque parcelle delles, reprenaient leur bien. Terrible et brutal règlement de comptes. . Mais plus encore : toutes les Forces, en appétit de
268 LINITIATION ..ÇI'."ૺ ...J' I. vie, toutes les puissances, gravitant autour de lÊtre sans pouvoir -sincarner,se ruaient sur les lambeauxde ce cadavre où palpitait encore un reste dénergie et les dévoraient, pour sassimiler cette force active. Je voyais cela, et je me rappelais une fois, au milieu dun incendie, avoirassisté à cette chose horrible: un corps vivant mangé par la ዿamme.
Le cadavre de Durand, encore vibrant dune vie invisible pour tous mais réelle, se boursouዿait, sémiettait sous les mor sures des élémentaux, et, stupéfait, je suivais les silhouettes stupéዾantes de ces entités qui sont au dessous de la vie, et nont que des croquis de formes, pluslaids que les plus hideuxdes vers, plus monstrueux que les plus baroques des reptiles... ébauches anté naturelles, tentatives ratées de dessins que ne rêverait pas un fou, essai effroyable de têtes, de pieds, degriffes, de becs, de gueules, et qui nétaient ni les uns ni les autres, tronçons qui ne se joignaient pas et pourtant se suivaient, reptations sans sOudures, térates sans types !
Pas de couleur non plus. Ces désirs dêtres, fureurs de nêtre pas, avaient une diaphanéité que je ne saurais comparer dans le monde visible quàcertains crustacés qui, dans leau. semblent des pellicules vides. Et encore ceux-là sont, tandis que les élémentaux je sus leur nom, sans quaucune voix leût prononcé à mon oreille, et jeleusse épelé H-L-M, sans voyelles ne sont, je le répète, que des rages de ne pas être. . Et quand lun deux avait taillé une parcelle de la substance de Durand,- il se gonዿait dorgueil, comme
LA VIE DUN MORT 269 un d1ndon qui atrop mangé, et quelque chose passait en lui qui ressemblait à de la vie, et il était ዾer dêtre une apparence... Mais il y avait dautres êtres ceux-là ayant une existence réelle -qui disputaient la substance à ces pillards, infâmes parasites et voleurs.
Cétaient les Elémentaires, à qui pourla vie de lhomme,pour la con fection de sa gaine terrestre, avaientété prisles principes substantiels dont lamalgame avait produit le corps. Tout ce qui -minéral, végétal, animal sétait coagulé en lindividu Durand était aspiré, pompé par les Principalités minérale, végétale ou animale.
La restitution sopérait violemment, brutalement, et si lente, par molécules si inዾnitésimales, que, malgré les assauts furieux quil subissait, malgré ce pillage exaspéré de sa substance, il semblait, sur le matelas où on lavait étendu, ne point se modiዾer. Il y avait quatre heures environ que le docteur avait prononcé son verdict dignare, ou tout au moins de savant superዾciel.
Comme, en somme, çavait été un employé modèle, que le patron du magasin, ignorant de ladultère, navait aucune raison de haine contre lui, il avait consenti à ce que le cadavre fût déposé dans un petit bureau au rez-de-chaussée, donnant sur une cour intérieure.
' On avait recouvert le corps dun drap, et, auprès de la tête, on avait installé une petite table, recouverte dune serviette blanche; une bougie avait été allumée, et dans un petit vase on avait placé une branchette de buis bénit.
2 70 LINITIATION Une sœur de charité avait été mandée, et, très calme, assise au bord dune chaise de paille, elle marmottait des prières en égrénant son rosaire...
Jai dit que, tandis que se livrait autour du cadavre la bataille des Elémentaux et des Elémentaires, ces derniers sefforçant darracher leur bien propre à lavi dité des larves mauvaises et voleuses, du corps peu à peu, comme dun fourreau, le moule vital, le cOrps astral encore un nom qui ma été dit... par Per sonne faisait effort pour séchapper. .
Mais à mesure quil sévadait, sortant du cadavre en une sorte de ዿocon indécis, évidé, les élémen taux et les élémentaires se ruaient sur lui, pour' appréhender cette essence vitale dont il était encore imprégné.
Il oscillait sous lattaque, se tordait, comme fumée à loriዾce dune cheminée par un vent fort, se contournait en spirale, toujours lié au ca davre par un cordon qui ne se brisait pas, sorte de lien .ombilical qui retardait sa naissance au plan supérieur. Quoique plus dilué que le ዿuide le plus subtil, je le voyais chargé de scories, ainsi que les corpuscules dans un rayon de lumière.
Cétait une saturation de résidus vitaux, et par là il donnait prise aux H-LM affamés qui sagriዾaient à lui, le pénétraient, tourbil lonnaient à travers lui, comme ces essaims de bes tioles agaçantes qui, en les soirs dété, font nuage dans le crépuscule. Il cherchait à leur échapper, sétirait en un effort de couleuvre, se vermiculant en les volutes les plus extra
LA VIE DUN MORT 271 vagantes, avec toujours une plus ardente ambition de sévader, de monter... Mais la matière dont, il était gorgé lallourdissait et toujours il retombait, disparaissant presque sous le fouillis grouillant de ses ennemis. Enዾn le lien se brisa, sous une convulsion plus exaspérée, et il sélança en haut, passa à travers le plafond de la chambre, sépanouit dans lespace, se croyant libre.
' Mais ce nétait quun élan factice, quelque chose comme leffort supérieur dune détente de projection... et, soudain, le poids quil traînait après lui, forçat de la matière grossière, le ዾt retomber, et, obéissant à lattraction de la guenille corporelle, il revint au lit où sa coque gisait, toujours mangée par les H-L-M qui poursuivaient leur œuvre de dissociation, pro duisant dans leur férocité stupide des mélanges. des amalgames, des combinaisons dont lanormisme se traduisait par les ignobles odeurs de la décomposi tion.
Quand le corps astral fut là,le poids qui lentrainait le ዾt dévier vers la religieuse vivante, qui somnolait béatement.
Je compris que ces particules allourdissantes étaient lessence même de la passion obscène qui avait causé la mort de Durand... et jen eus la preuve immédiate; car le corps astral, avec une promptitude de bête, se jeta sur la religieuse, senroula autour delle, du cou aux reins, la cerclant de ses ዿexuosités, sefforçant de pé nétrer en elle par une endosmose rapide... La pauvre ዾlle séveilla brusquement, porta les
2 72 Lmrrumon mains à sa gorge, où elle sentait une sorte de boule qui létouffait... Tout son corps palpitacomme en un spasme et elle sévanouit...
J vu:s LERMINA. (A suivre.) ÿmwrmr A Mit (ÉTUDE SUR LA DOCTRINE DE PARACELSE) Paracelse, le grand alchimiste, en butte aux persé cutions des médecins, professeurs et théologiens qui, moins savants, nen étaient que plus envieux, sétait retiré dans une petite maison isolée dans les faubourgs de Bâle, y avait installé son laboratoire et, penché sur les fourneaux ou plongé dans létude des vieux ma nuscrits, passait ses jours et ses nuits à la recherche de la pierre philosophale.
Ce jourlà, les derniers rayons du soleil couchant ዾltraient à travers les vitraux multicolores de la fenêtre principale de lofዾcine : mille et mille atomes jaunes, verts, bleus, rouges dansaient follement, silencieux, dans la raie lumineuse qui séchappait de la baie ensoleillée et, tombant daplomb sur les appareils de forme bizarre accrochés ou posés çà et là, mettaient sur ૺ.ૺ1 J.;'. '
PARACELSE A BALE 273 les matras et les alambics des étincellements de gemmes. Dans un angle obscur de la pièce, un fourneau gigantesque rougeoyait dans lombre. Assis auprès, un jeune homme, disciple de Paracelse, lesprit perdu dans ses rêves de fortune et de gloire, contemplait le liquide bouillant dans le vase de cuivre posé sur le fourneau.
Au-dessus de sa tête, alignés sur une planche étroite, des fœtus verdâtres, enfermés dans leur prison de cristal, semblaient le narguer de leurs yeux caves tandis quun gros chat noir, embusqué entre deux énormes infolios roulés à terre, le ዾxait de ses yeux verts brillants comme des escarboucles. Tout à coup la porte souvrit, un'homme de taille moyenne, amaigri par les veillées et les privations, entra: Paracelse.
' Maître, dit le jeune disciple en se levant, lopéra tion marche à souhait, Le mélange est réduit de moitié et déjà il prend la couleurque vous aviez prévue. .Cest bien, cest bien, Oporin... Et le Maître se laissa tomber dans le grand fauteuil à oreillettes dans lequel il avait coutume de méditer... Soudain il se redressa : - Les misérables, sécriat-il, insulter ainsi un homme! Et pourquoi ?
Parce que je fais mes cours en langue maternelle au lieu de rabâcher comme eux un latin vulgaire et stupide; ont-ils donc peut que je répande trop la science ? Craignent-ils que, un jour, mes élèves ne leur en remontrent ? Oui, je fais 6 dAvicenne, dHippocrate, de Galien et de tous ces hérétiques qui brûlent au feu denfer! Que
274. LINITIATION - I-v. . .W-. mimportent leurs enseignements sils sont faux l Ils indiquent des remèdes aux maux des hommes ? ces remèdes tuent les patients! Oh l oui, je me fais gloire des guérisons que jai opérées; oui, je puis mennor gueillir davoir sauvé les malades que vous aviez condamnés, vous, médecins ignorants qui me raillezl Mais vous ne mabattrez pas ainsi !
Plus vous matta querez et plus je me défendrai ; plus vous minsul terez, plus haut je reléverai la tête ! Je lutterai jusquà mon dernier soufዿe et mes disciples, après ma mort, se lèveront contre vous.
Un jourla lumière se fera, la vérité apparaîtra dégagée de toute erreur par mes labeurs et mes veilles ; les yeux des hommes verront, et, mettant à nu votre ignorance et votre cupidité, tous ceux qui sinclinent encore devant votre pédan tisme vous chasseront à coups de fouet des Univer sités que vous souillez de votre présence!
Ah ! soyez maudits, maudits dans la pérennité des temps, et quau jour du jugement dernier, quand les trompettes des anges réveilleront les générations endormies depuis des siècles, les malheureux que vous avez tués par votre ignorance segdressent devant vous et deman dent vengeance ! Maître, consolez-vous, dit en tremblant le jeune Oporin. Votre renommée est universelle et les attaques de vos ennemis ne sauraient lébranler.
Paracelse ne répondit pas; il sassit et se prit à songer douloureusement... Dans lombre le fourneau rougeoyait, plus rouge encore de ce que, la nuit tombant graduellement, les feux des vitraux sétaient éteints peu à peu.
PARACELSE A BALE 275 Alors le disciple se leva; puis, après avoir allumé lantique lampe de cuivre qui pendait au plafond : Maître, dit-il timidement, ne me jetterez-vous pas ce soir quelques bribes de votre science ? Oporin, mon ዾdèle ami, tu montres trop dim patience, tu veux savoir trop vite. Il faut apprendre lentement et réዿéchir beaucoup. Te souvient-il au moins de ce que je dis hier ? - Oui, maître. Le diamant sappelle encore evan.
Cestla plus dure deltoutesles pierres précieuses. Rien ne laltère sauf le sang de bouc qui le dissout. La topaze... -Cest bien, Oporin, tu es marqué du sceau des élus. Je te donnerai, je te le promets, le secret de mon laudanum; je tenseignerai les signatures des choses et la philosophie occulte.
Les esprits des planètes tobéiront; la distance nexistera plus pour toi, tu converseras avec les adeptes des pays éloignés, tu seras roi dans la nature, tu domineras sur la terre et dans les cieux; je te donnerai la clef qui ouvre et celle qui ferme, et tu connaîtras tout le bien et'le mal. Oporin songeait : « Jaurai puissance et fortune.
Hors ça, que mimporte! » Paracelse continua : « Ouvre ton esprit pour recueillirla semence divine de la science et retiens mes paroles! Tout vient de la Terre, tout retourne à la Terre. . « La Matière est inerte en soi. Avant que le Verbe ait parlé, elle reposait immobile dans lÉternité incom mensurable. Mais, le Verbe sétant révélé, la Force
276 LINITIATION agita la Matière et la lumière se ዾt. Depuis lors un mouvement perpétuel transforme la Matière. « Elle est une en soi : la Force lui donne des mil lions et des millions de formes. Lhumble goutte deau qui scintille au soleil se transforme en air ; elle sélance dans léther, elle est nuage, elle retombe en pluie; la plante la boit, et tu manges la plante: la goutte deau sest faite sang ; tu meurs et ton sang se fait terre.
Oh ! quel est le poète, quel est le génie qui dira jamais dans la langue divine les transformations de la Matière! Connaissais-tu cela, Avicenne ? Et toi, Mesné, las-tu jamais soupçonné? O physiciens qui ne pouvez découvrir cette Matière, principe de tout et qui pourtant en parlez comme si vous la connaissiez; et vous, théologiens, qui nêtes même pas daccord entre vous; et vous, philosophes, qui prétendez enfer mer tout dans un syllogisme...
Soyez mauditsl... » Oporin, voyant que son maître se lançait dans ces imprécations qui lui étaient habituelles, avait pris un manuscrit et le feuilletait. Mais Paracelse layant aperçu sécria violemment : Malheureux! Oses-tu ainsi me manquer de res pect? Tu veux donc que je fasse venir un millier de diables...
Salmac, qui métamorphose les hommes en pierre; Picolus, qui boit le sang, Nickar... Grâce, Maître... gémissaxt le misérable en se signant dévotement comme sil eût eu tout lenfer à ses trousses. Paracelse lui jeta un regard de mépris: -Pauvre tête, tu peux te retirer. Tu copieras mon , Trésor des Trésors.Je veillerai cette nuit....
PARACELSE A BALE 277 Cette nuitlà, Oporin rêva quAzoth, le génie fami lier de son maître, lui révélait la composition du laudanum. SAINT-FARGEAU. {Gnomes tunäananr DÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Les séances du Groupe reprendront vers le milieu doc tobre. Dimportantes réparations sont entreprises en ce moment dans le local du Quartier général.
Dici peu, un archiviste spécial, chargé de toute la correspondance du Groupe, sera nommé. A' -\t an On a pu voir que les vacances ont été bien employées. Le Suprême Conseil de lOrdre Alartiniste est déዾnitive ment constitué. Il se compose de vingt et un membres dont sept forment le comité dadministration; sept sont titulaires et sept actifs, ces derniers nommés pour un au et rééligibles.
Lesimprimés destinés aux Loges sont prêts et plu sieurs ont été déjà distribués. Un délégué général existe déjà pour lEspagne, un autre est sur le point dêtre nommé pour lItalie; quelques loges ont déjà reçu des chartes en France. Voilà encore uneimportante création qui sannonce bien. S'adresser pour tous renseignements à M. Jacques Burg, 38, rue des Abondances, à Boulogne-sur-Seine (Seine).
2 78 LINITIATION '.»\. Les statuts et règlements du Groupe sont imprimés. Ils contiennent sur la couverture une intéressante statis tique des travaux des quatorze premiers mois. Le Groupe comptait au mois d'août 1891 soixante-quatre chartes délivrées, dont vingt-deux au Quartier général, dix-sept en France et vingtcinq à l'étranger.
De plus, dix-huit correspondants spéciaux existent dans des contrées où il ny a pas de Branches. v * 252( Le 1" octobre un numéro exceptionnel duVoile dIsis va paraître qui sera tiré à 100.000 EXEMPLAIRES, distri bués gratuitement, grâce à une combinaison faite avec un de nos membres les plus zélés, M. P... Nous ne doutons pas que loccultisme ne retire un très grand bénéዾce intellectuel de cet excellent moyen de propagande.
Wamäæräs BAVARDAGE Lombroso est, comme vous, comme moi, un maté rialiste acharné: il a cette juste conviction que le surna turel nexiste pas, et que tout phénomène qui ne peut pas être soumis àlobservation précise et scientiዾque est une fumisterie ou une escroquerie : par exemple, la Tunique de Trèves ou les conversations dun spirite avec lesprit de Shakespeare.
Mais il allait plus loin: depuis longtemps il était solli cité détudier les phénomènes tout physiques qui se pro duisent de par une force encore inconnue et à laquelle on a adapté lépithète de psychique.
VARIÉTÉS 279 En vain le docteur Chiaia, de Naples, lui avait porté, il y a trois ans, un déዾpositif, linvitant à assister aux phé nomènes produits par lintermédiaire dun médium. Lom broso haussait les épaules et se refusait à toute expé rience.
Pourtant, en face du mouvement qui se produit depuis quelques années et qui a complètement modiዾé les opi nions irredentistes des plus grands savants que jenom mais hier,Lombroso a eu le bon sens daccepter le déዾ qui lui était porté, et il a consenti à assister à ces expé riences en se faisant accompagner de trois médecins, mem bres de la commission des aliénés; ainsi ils étaient tout portés pour prescrire linternement et des douches contre le fou ou le plaisantin qui les allait mystiዾer.
On devine lesprit dans lequel ces messieurs se présen taient: on allait donc enዾn démasquer les imposteurs. Et quelles précautions on allait prendre! On tiendrait le médium préalablement attaché, on le serrerait de si près qu'il lui serait imp05sible de faire le moindre mou vement sans quon sen aperçût... Ils étaient six en tout: Lombroso et ses trois amis, le médium, une femme, Mlllc Paladino, puis le docteur Ciulዾ.
Or, voici quune table sest miseà marcher sans céntact, quune clochette suspendue au plafond a tinté: si les expé riences avaient lieu dans lobscurité, Lombroso allumait soudainement une allumette, sans prévenir personne, et on voyait la table en lair, sans que personne la tint; puis on a fait des eXpériences en pleine lumière : un guéridon sest avancé lentement vers le médium.
Lom brosoa voulu larrêter et a constaté quil fallait employer une force considérable. Un vase contenant de la farine se retourna sans qu'une seule parcelle de la farine tombât à terre... Voici la lettre écrite au rédacteur des procès-verbaux de ces séances: « Cher monsieur, les deux rapports que vous madres sez sont de la plus complète exactitude...
Je suis tout confus et au regret davoir combattu avec tant de persis tance la possibilité des faits dits spirites ; JE ms ( DES FAITS », PARCE QUE JE RESTE ENCORE OPPOSÉ A LA THÉORIE.
280 LINITIATION Veuillez saluer en mon nom M. Chiaia et faire examiner, si cest possible, par M. Albini le champ visuel et le fond j de lœil du médium sur lesquelje désirerais me rensei . gner. » Lombroso. Maintenant libre à vous de dire que Lombroso est su bitement devenu fou; en attendant, les faits sont là...
Un jour, je vous expliquerai comment, sans être spirite, on peut et on doit étudier ces phénomènes qui sont la mise en œuvre de forces encore mal étudiées. (Le Mot d0rdre.) UN PARISIEN.
Nouvassns waasas - UNE NOUVELLE REVUE. LInitiati0n, consacrée au dé1 veloppement scientiዾque des théories spiritualistes, le Voile'dIsis, consacré à létude des phénomènes et à la j polémique courante ne pouvaient donner une place assez 1 considérable aux diverses manifestations de lart coni ' temporain. Voilà pourquoi la création dune nouvelle revue tout entière consacrée à lesthétique vient dêtre décidée.
Psy ché paraîtra tous les mois à partir du leૻoctobre. Elle est placée sous la direction de J, AMARD. ÉMILE MI CHELET est rédacteur en chef et AUGUSTIN CHABOSEAU secrétaire de la rédaction. Cette revue sest, de plus, assuré la collaboration de littérateurs et dartistes de grande valeur.
Les frais de la première année sont couverts davance par un certain nombre de personnes, c ; si bien que la vie de la jeune revue est assurée. ',- Ajoutons enዾn que Psyché, Imprimée sur très beau j_K papier. sera vendue 25 centimesle numéro etque labonne . ment dun an ne coûtera que 3 fr., et nous aurons montré ,quil sagit là non pas dune affaire, mais dune impor ..-r. , -
NOUVELLES DIVERSES 281 tante tentative artistique. (Administration : 29, rue de Trévise.) DERNIER ADIEU A LA S. T. Un journal quotidien grave annonçait dernièrement que, par autorisation spéciale, des Mahatmas avaient pris la suite de leurs petites communications à Londres avec MM. Annie Besant, successeur en ses charges et préro gatives de H. P. B.
Nos informations particulières nous permettent dannoncer que le Mahatma de Palmes est spécialement chargé des enseignements « ésotériques », le Mahatma Hodgson des études expérimentales et le Mahatma Max Muller de lenseignement du sanscrit. Risum teneatis. Nous ne parlerions plus de cette pauvre S.
T. si son président nétait dernièrement venu en France faire des efforts_désespérés pour tâcher de cons tituer quelque chose, hélas! sans aucun succès. On a dit beaucoup de mal des Français assez avisés pour avoir, les premiers, ri de bon cœur des « ordres supérieurs », et l'on sest rendu à la Salpêtrière et à Nancy, pour voir quelques sujets hypnotisés.
Un peu vexé du succès indéniable de loccultisme en France et en Europe, le président de la S. T. a décliné lhonneur dune invitation, à lui gracieusement faire par le président du Groupe détudes ésotériques.
Nous sommes heureux, en cette occasion, davoir fait notre devoir en rappelant à tous les membres présents à Paris, quentre spiritualistes on peut être desadversaires sépa rés par la conception différente de certaines idées, mais qu'il est de mauvais goût dêtre des ennemis. Nous navons aucun Mahatma à notre disposition et cependant le groupe compte soixante-quatre loges en France et en Europe, et la S.
T., de laveu même de son dernier rapport publié à Londres, possédant une foule de Mahatmas, na pu établir que six branches sur le continent. Il est vrai quen Chine, au Kamchatka et dans les quelques astres de notre système solaire, la S. T. se multiplie dune façon prodigieuse si lon en croit du
2 82 LINITIATION moins les organes ( ofዾciels » de la Société. Quand donc i toutes ces petites sectes cesseront-elles dintriguer pour j se livrer sans parti pris à létude impartiale de la Vérité ' avec laide du Bon sens, de la Science et de la Raison, les , trois Mahatmas seuls bien connus en France?
ANALYSE DES LIVRES SACRÊS DE LINDE Prochainement lInitiaiion va publier une série détudes scientiዾques et critiques sur plusieurs des LIVRES SACRÉS DE LINDE. Cette étude, faite par le D Gardener, un de nos nouveaux collaborateurs, viendra combler une lacune et ne peut quêtre bien accueillie par nos lec teurs.
Encore un savant qui vient de constater la réalité des phénomènes dus à la force psychique, cest le Dr Lomj broso, le célèbre anthropologiste. Dans sa lettre, il fait, I comme tous les savants sérieux, dexpresses réserves au j sujet de la théorie à appliquer aux phénomènes observés; .. nous croyons même voir une déዾance toute spéciale au " ' sujet de la théorie invoquée par le spiritisme au sujet de ces phénomènes.
Cest du reste ce que constate le . ( Parisien » du Mot dOrdre dans deux a Bavardages », lun du 6, lautre du 7 septembre. REIIUË IIËS RE IIIIËB La direction de lInitiation ma bien voulu conዾer le 1 compte rendu de la presse spiritualiste; je lui adresse 1 ici mes sincères remerciements de lhonneur qu"elle me ; i
NOUVELLES DIVERSES ' 283 ....x»_ __ fait, avec lassurance de tous mes soins pour ne pas res ter au-dessous de ma tâche, et techniquement et mora lement. Car, malgré mon peu dexpérience de la vie intellectuelle publique, je me rends compte des écueils éviter dès que lon fait œuvre de critique.
Je déclare dailleurs assumer toute la responsabilité de mes opinions, mimposant dautre part la stricte obligation de passer sous silence tout écrit polémiste, parce que, comme dit Dumas dans une de ses volumineuses préfaces, «I les opinions sont comme les clous: plus on tape dessus, plus on les enfonce. » Dautant mieux queje me trouve ici en communion didées avec Papus, qui met si généreusement le baume de ses excuses sur les blessures que ses sarcasmes avaient faites à lamourpropre spirite. (Le Voile dIsis du 20 juillet I891.) Pour être sincère, je dois noter, dans ce même numéro,la différence entre le rapport de M. Vur gey et le mandement messianique du commencement.
Le Voile tient dailleurs fort bien son rôle de journal sérieux tout en restant intéressant. La même impression de travail consciencieux se fait jour à la lecture de la Paix Universelle ([6 août 1891) qui, pour ne pas faire mentir son titre, réclame, par la voix de M. Sylvestre, la clôture des polémiques; la suite du « Magnétisme transcendantal » de PhalNose et des reproductions de lInitiati0n complètent ce numéro.
A signaler dans lÉtoile lexcellent compte rendu du « Serpent de la Genèse » de S. de Guaita. HYPNOTISME 1 Si des travaux synthétiques nous passons aux branches spéciales de notre pro gramme, les Annales de psychiatrie et dhypnologie, par la rigueur et la précision de leur méthode, sont le palliatif le plus'sûr aux écarts dimagina tion des théoriciens.
Il y a. dans le numéro de juillet neuf pages du Dr Luys sur les ( Questions médico-légales afférentes à lhypnotisme, qui sont un modèle dexposition autorisée et limpide. Le numéro daoût donne les conclu.
284 LINITIATION 5. sions présentées au dernier congrès d'hypnologie par le Dr Tockastry de Moscou, sur la valeur thérapeutique de lhypnotisme; son action nest efዾcace que dans les maladies susceptibles de guérison, chez les sujets aptes à la recevoir, et surtout dans les affections fonction nelles du système nerveux.
Enዾn le bulletin de la cli nique hypriothérapique de la Charité constate, dans des cas nombreux, le suceès du transfert des maladies, par la méthode Luys.
MAGN ÉTISME : Le Journal du Magnétisme (15 août) et la Revue des Sciences psychologiques illustrée (20 août) sont excellents; ces deux publications constituent une encyclopédie pré cieuse de phénomènes de toutes sortes, parmi lesquels les théoriciens de la prochaine synthèse nauront que lembarras du choix.
Dans le premier, labbé de Meissas continue son étude du « Magnétisme au point de vue de la conscience >. et M. Rouxel son « Exercice de la médecine », avec, lun et lautre, beaucoup dintérêt pour le lecteur. La partie « Faits ) de la seconde est remplie par MM. Moutin,A. Goupil et H. Pelletier.
M. Davin argu mente avec beaucoup de logique en faveur du corps astral; enዾn une étude de la « Matière psychique », par le Dr Humbert Ferruat, débute fort rationnellement; seulement le docteur me permettra de métonner quavec la connaissance des mouvements cycliques du macro cosme dont il fait preuve, il juge le Nirvâna illogique; il me semble que le Nirvâna représente la période de repos qui sétend entre lEvolution et lInvolution de toute chose créée; oui, lamour prend sa source dans lamour, seulement il faut qualiዾer ce sentiment tour à tour de relatif et dabsolu.
La Chaîne Magnétique (15 août I891) donne le procès de Mme Aufዾnger, puis les aphorismes de Mesmer, une correspondance de M. H. Pelletier, et des reproductions dautres Revues.
REVUE DES REVUES 285 SPIRITISMEZ En ouvrant la Revue spirite, un peu au hasard, la pre mière phrase que japerçois est une attaque assez vio lente ccntre Elie Steel (numéro du 1"r août); donc rien à dire.
Du reste je vois avec plaisir que, dans le Moni teur spirite et magnéiique (15 août 1991), M. Bouvéry se joint par une déclaration très sincère aux propositions paciዾques de Papus ; en somme, la majorité spiritualiste assure ses voix pour le grand chœur < de la vérité, par la Fraternité ». Suivent le compte rendu de la séance de clôture de la Société de Spiritisme scientiዾque, et une réclamation de M. A. Martinà laquelle F.
Vurgey a répondu dans le Voile dIsis du 26 août. SOCIALISME 1 Le résultat que cherche lésotérisme, cest non seule ment la synthèse scientiዾque, mais aussi cette sorte de progrès intellectuel qui consiste dans la libéralité des idées et la générosité des conceptions;cest lexplication de lintérêt que nous portons à toutes les tentatives har dies et sincères dans le bien. Telles sont lœuvre de J.-. B.A. Gotin et celle de Benoit Malon.
Le Devoir (août 1891), organe du Familistère de Guise, continue à passer en revue, avec sa clarté accoutumée, les-questions socia les pratiques. Dans un champ dactivité plus spéculative, la Revue Socialiste continue ses efforts persévérants. A noter tout particulièrement, dans le fascicule d'août, la légende de Victor Hugo ; lauteur, M. P.
Lafargue, dé masque le Victor Hugo connu des prolétaires, ph11an thrope et déclamateur; celui quil nous montre. en sap puyant sur la vie même du célèbre poète, est struggle for-lifeur et, quon me pardonne lexpression, roublard.
Les partisans d'idées nouvelles aiment assez ces scrtes de démolitions ; elles sont très louables si lamour de la la vérité et de la justice les provoque uniquement, mais elles ont linconvénient deffaroucher les gens posés et ૺዾn«AJ- \..w a
286 LINITIATION è de ne convertir que ceux potentiels dune conversion.
Le docteur Julien Pioger mérite également une men tion toute spéciale pour son étude sur lesprit nouveau et la méthode scientiዾque ; c'est un diagnostic très sûr de cette intolérance intellectuelle, commune à toutes les classes spéculatives, et qui met aux mains les partisans dopinions opposées ;les caractéristiques de la méthode expérimentale y sont aussi très ዾnement présentés, La place me manque pour étudier comme je le voudraislé tude sur le pauvre Jean Lombard, et les 1 services com munaux » du très érudit directeur Benoit Malon. Parmi les publications de la science ofዾcielle, j'ai noté la Revue générale des sciences pures et appliquées (I), qui me semble tenir un excellent rang tant par le nombre que par la compétence de ses rédacteurs; le numéro 15 (15 août 1891) donne la traduction dune étude de W.
Crookes sur lévaporation électrique, pré sentée le il juin 1891, à la société royale de Londres. M. J. Massart publie un travail surlirritabilité des sper matozoaires et les causes de leur pénétration dans l'œuf, qui ne manque pas dun certain intérêt pour les hermé tistes. lElectricien du 22 août contient une critique du procédé W. Crookes pour l'extraction des métaux par lélectricité.
La Revue Scientiዾque du 11 juillet contient un impor tant travail de M. Yves Delage, intitulé « Essai sur la théorie du rêve »;lauteur détermine dabord de quoi nous ne rêvons pas : en général des idées quiont obsédélesprit pendant la veille; une impression génère dautant mieux un rêve, dit-il, quelleaété moins consciente et plus vive; cette inconscience peut être poussée très loin, paraitil, témoin le cas de ce monsieur qui rêve de la mort dun de ses parents, avec les détails les plus circonstanciés; le lendemain il trouve sous sa porte un petit bleu que son concierge y avait glissé, lui annonçant précisément cette mort.
«Bien des gens, dit M. Delage, auraient vu la un ( avertissement du ciel »; lui, explique cette coïncidence par la vision inconsciente du télégramme; il resterait (I) Paraissant chez G. Carré, 16 15 et le 30 de chaque mois. ૺ ""ૺૺ'
REVUE DES REVUES 287 alors à expliquerle moyen de cette vision inconsciente, et à déterminer lheure à laquelle le concierge avait déposé le papier en question.
Je crois quen ces ques tions de physiologie psychologique, les philosophes monistes de lAllemagne ont indiqué dexemple la vraie méthode; les savants français, tout en faisant montre de lesprit dindépendance, sempressent de couler leurs recherches dans un moule commun, et ils sont rares ceux qui cherchent leurs matériaux autre part que dans les auteurs autorisés par le positivisme universitaire.
Cette même revue donne , dans son numéro du 22 août 1891, une étude de M. Séailles sur Léonard de Vinci, astronome; je rappellerai à ce propos que les manuscrits du célèbre peintre conservés à lInstitut ont été publiés par M. Ch. Ravaisson , et M. J. P. Richter en a publié en Angleterre deux autres volumes.
Enዾn je dois annoncer le Médecin dufoyer du Sud Ouest, journal mensuel de vulgarisation scientiዾque et médicale, publié, depuis quatre mois, par le Dr J. Gérard, lauteur si connu de la « Fécondation artiዾcielle >>et de la « Grande Névrose » (1). Y. LE LOUP. Qaassouauca Limpartialité absolue de lInitialion nous fait un devoir de publierla lettre suivante.
A la suite de cette publica tion nous considérons lincident comme absolument clos et nous ny reviendrons plus. Mon cher Papus, La livraison daoût de lInitiation contenait en supplé ment une explication que la RosejCroix pouvait devoir au public, mais quelle devait assurément à Joséphin Péladan en dautres termes.
Quelque indépendants que soient notre Groupe ésotérique et ses organes. cette pro. mulgation, faite de notre tribune de semblable façon, a profondément attristé maints des nôtres que des senti n-:aupp . rrIዿtçÿlvዾi"ዾ . « (1) Rédaction et administration, :, rue Ernest-Godard, Bordeaux.
288.- , LINITIATION ments damitié intellectuelle attachent également aux deux parties dune scission quil ny a pas lieu de juger \ ici. Ce spectacle nous a dautant plus peiné qu'il était offert aux passants à lheure où la charité, lamour, laltruisme venaient dêtre prêchés avec enthousiasme à la même place au proዾt de spirites.
Je ne suis pas disciple de Pé ladan, ainsi que vous lavez écrit; mais accordezmoi quun certain droit de condisciple mautoriser à vous recommander à son égard cette courtoisie que vous dépensez si inutilement dautre part. Votre dévoué , VURGEY. Comme on voit, M. Vurgey ne parle quen son nom propre. mvs unes H. RUZAN_. Algérie, Tu_nis_ie, Malte, Sicile, Italie, Va lence, Imprimerie Valentinmse, place SaintJean. JOSÉPHIN PÉLADAN.
La G_ynandre(roman). JULES BOIS.Il ne faut pas mourir (dialogue). (Compte rendu dans le prochain numéro.) D_. Mnrznan. La Vivlsection, ses dangers et ses crimes, Paris(m8). (Compte rendu prochain par Marcus deVèze.) A. HUREAUX La France ouvrière libre et la victoire so cmle, Pans, i888. LEA DAURE. Gabriell0 il consolatore, Firenze (in-18). IAURELIA FULLUR0 DE LUNA. Tra un delitto, Rome (in-16). . Penieried. Affetti, Rome (in-18).
Chimère est une fort intéressante revue qui paraît à Lyon, i7, rue du Commandeur. Elle est dirigee par Paul Redonnel et nousla recommandons vivement à nos lecteurs par131ens et lyonnais. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. me. a. ARRAULIET cૺ, RUE DE LA PRÉFECTURE, O. 1 ,....M.......
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GARY.HORACE LErORT. YVON LE LOUP.L. LEMERLE. DONALD MACNAE. MARCUS DE VÈZE. -- LUCIEN MAUCHEL. NAPOLÉON NEY.EUGÈNE Nus. - HORACE PELLETIER. PHILOPHÔTES.. G. POIREL. JULES PRIOU. - QUÆRENS. RAYMOND. A. ROBERT. -A. DE Ro CHAS. ROUXEL. H. SAUSSE. L. STEVENARD. PIERRE TORCY G. VITOUx. F. VURGEY. HENRI WELSCH. -OSWALDWIRTH. 30 PARTIE LITTÉRAIRE .. .nk -...-.* MAURICE BEAUBOURG. E.
GOIIDEAU. MANOEL DE GRANDFORB. JULES LERMINA. L. HENNIQUE. CATULLE MENDÈS. ÉMILE MICHELET. GEORGE MONTIÈRE. CH. DE SIVRY. CH. TORQUET. R. DE MARICOURT. -" 40 POÉSIE En. BAZIRE, CE. DUBOURG. - RODOLPHE DARZENS. - P. GIRALDON. - R. DE MARICOURT. PAUL MARROT. -A. MORIN. - ROBERT DE LA VILLEHERVE.