The text
—-.- , ‘ . , . ,\ l 1 J. _4 L’Initiation Hypnotisme, " Revue philosophique indépendante des Hautes Études Thèosophie Kabbale, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes -H 116 VOLUME. — am° ANNÉE SOMMAIRE DU N° 9 PARTIE INITIATIQUE... PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE . . . PARTIE LITTÉRAIRE... .. Avant-propos. Lettre à William Crookes. . . . . (p. 193 à 195). Le Groupe d'études éso tériques............. .. (p. 106 à 207).
Physiologiesynthétique (avec planche)...... . (p. 207 à 221). Gnose Civai‘te......... (p. 222 à 224). Théories et Symboles des Alchimistes . . . . .. (p. 225 à 230). Ésotérisme et Milita— risme................. (p. 230 à 235). Notes sur Eliphas Le’vi (p. 235 à 241). Occultisme pratique... (P- 24I à 247). Egyptologie sacrée (à ' - . Marcus de Vèze. suivrè)............... . ( . 2 8 à 25 ). LapViér d’un dlllort.... (p. 254 às255).
Batracien mélomane... (suite et fin).......... (p. 255 à 265). Le Mirage (poésie) CH. DUBOURG. -— L'Index. —Variétész . Nos Apôtres. -T- L‘œuvre de M*fiRenqoz. — Revue des Revues. — L'Affa1re Guaita Bouvery. -— Livres reçus. — Nécrologie. (Juin 1891) Paul Marin. Papus. I.’.-Ch. Barlet. Jules Doine]. A. C. Tshela - Quœrens. Lucien Mauchel. H. Pelletier. Jules Lermina. B. de Maricourt.
Bulletin de la Crémation. -— RÉDACTION : rue de Trévzse, 29 2 -.9 PARIS Administration, Abonnements : 5 8, rue S t—André—des—A rts, 58 PARIS Le Numéro: UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS.
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier.
' L’Initiali0n est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains. v Dans la Religion à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’1nitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le militarisme et la misère. Enfin l’Initialion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’Initiaiion expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux-lecteurs déjà familiarisés avec les études—de Science Occulte. ’ La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Initiation parait régulièrement le I5 de chaque mois et compte déjà trois années d’existence. -— Abonnement: 10 francs ar an.
PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Im'fiation 10 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET. S.'. I.‘. {Q —- STANISLAS DE GUAITA. S.'. I.-. -— GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. N .; z-_. ‘—JULIEN LEJAY, S.'. I.-. — PAPUS, S.'. I.'. 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE — RENÉ CAILLIÉ. — ALEPH. — Le F.'. BERTRAND .VEN.'. A. C. TSHELA.— CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DE LAFAY. — G.
DELANNE. — DEI.EZINIER. — JULES DOINEL. —— ELY STAR. — FABRE DES ESSARTS. -— JULES GIRAUD. — E. GARY. YVON LE LOUP -— L. LEMERLE. — DONALD MAC-NAB. — MARCUS DE VÈZE. LUCIEN MAUCHEL. -—NAPOLÉON NEY. — EUGÈNE Nus. — HORACE PELLETIER. — PI—IILOPHÔTES. —— G. POIREI.. -— JULES PRIOU. — QUÆRENS. —- Le Magnétiseut RAYMpND. -— Le Magnétiseur A. Ro BERT. — ROUXEL. —-—H. SAUSSE. — L. STEVENARD. -— G. VITOUX. -— F. VURGEY. — HENR1 WELSCH. —OSWALD VVlRTH.
30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— E. GOUDEAU. —- MANOEL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — R. DE MARICOURT. —— — CATULLE MENDES. —— ÉMILE MICHELET. —- GEORGE MONTIÈRE. — CH. DE SIVRY. — CH. TORQUET. 40 POÉSIE En. BAZIRE. —— CII. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. *— P. GIRALDON. — R. DE MARICOURT. — PAUL MARROT. — A; MORIN. — ROBERT DE LA VILLEHERVE. |IËI-- -.u.-— ». . ..a.. m.hug_ L w.xu_ 4
,VIENT DE PARAITRE PAPUS TRAITÉ MÉTHODIQUE DE LA SCIENCE OCCULTE Lettre-préface de Ad. FRANCK, de l’Institut Un volume grand in-8°‘de 1,100 pages, contenant 10 traités techniques spéciaux (Nombres, Genèse, Kabbale, Gnose, ' Alchimie, Franc—Maçonnerie, Bohémiens, Chiromancie, Sym bolisme, Biographie.) 400 gravures et tableaux dans le texte et deux planches phototypiques hors texte.
Une table alphabétique de tous les termes employés, une table alphabétique des 400 auteurs cités et un glossaire des mots techniques. — Prix . . . . 16 fr. @rime à nos ébonne’s Tous les Abonnés anciens et nouveaux de l’Ini— fz’atz’on peuvent, dès aujourd’hui, recevoir LE TRAITÉ MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCUL’I‘E pour 12 fr. au lieu de 16 fr. en s’adressant 58, me St-André—des— Arts, à l’Administration de la Revue. Pour les Abonnés qui habitent la provincejoin1 cire de plus 0 fr. 85 pour le port.
k‘_‘ %lvanæaoros A MONSIEUR WILLIAM CROOKES Membre de la Société Royale de Londres. MONSIEUR ET ÉMINENT PROFESSEUR, J’ai l’honneur de vous adresser la Conférence que j’ai faite à Gênes le 27 février dernier sur la Pucelle d’Orléans.
Dans cette conférence, je me suis fondé sur vos expériences spirites, afin d’assigner à la mission de Jeanne Darc une origine conforme aux dires de l’héroïne, afin de placer cette origine au-dessus des prétentions matérialistes des physiologues du xrxe siècle. ' Depuis, un journal parisien, l’Unz‘vers Illustré, a ublié un long article sur vos expériences spirites.
L’authenticité des documents qui ont fait connaître vos expériences au public y est l’objet de réserves. Je crois devoir vous signaler l’une de ces réserves. Elle est contenue dans le numéro du 18 avril. « L’attitude ultérieure de M. William Crookes témoignage.
Depuis dix-sept ans que des faits si extraordinaires ont été constatés par lui, il a gardé un silence absolu, et ce silence, en vérité, ressemble beaucoup à un désaveu. » A’AAkâ semble de nature à infirmer la valeur d’un premier . ce..,_._'n'—yv' Mi 1 ' “W
194 L’INITIATION Votre silence ressemble—HI à un désaveu ? Je me suis posé la question. J’ai songé à vous la commu niquer avant d’en poursuivre la solution. Lui four nirez—vous une réponse décisive P Il y a de mon fait quelque audace à solliciter votre intervention dans une querelle de ce genre : j’ai cette audace dans l’intérêt de la vérité. Les individus traversent vite l’univers.
Quand un _savant a terminé son passage à travers la vie, l’héri— tage de son savoir se résout en parcelles incomplètes, lot d’une petite troupe de compagnons ou d’amis, vite perdues pour la collectivité humaine. Je tiens pour un précieux avantagé d’avoir commencé mon voyage à temps pour provoquer de votre bouche ou . de votre main la réponse à une objection intéressante pour les doctrines de notre époque.
Vos expériences de 1874 sont—elles, ainsi que je l’ai pensé jusqu’ici, ainsi que je le pense encore, les plus décisives du siècle au point de vue de l’évolution scientifique de l’humanité? Au contraire! l’auteur de ces merveil— leuses expériences désavoue—t-il la paternité de phé nomènes scrupuleusement observés P Tel est mon sentiment en écrivant cette lettre. Ce sentiment est respectueux de votre gloire.
En répé— tant ce que des adversaires ont affirmé dans une intention opposée à la mienne, j’écris pour le bien de la science, j’agis pour la recherche de la vérité. Cela dans la faible mesure de l’écrivain qui répète les pro— pos d’autrui en s’efforçant de les rattacher à la solu tion des problèmes historiques et philosophiques qui agitent l’âme de l’humanité. W m,...ùè‘Cxu_ n.u 4. ., . - sun.;a.g,a. .-., .‘. . m ,
A MONSIEUR WILLIAMS CROOKES 195 Vous intéresserez—vous au discrédit où les assertions de l’Um‘vers illustré sur vos expériences placent mes propres dires sur la mission de Jeanne Darc! J’ose l’espérer. Je me remets à votre bienveillance pour les amis de la vérité. Je vous prie d’agréer l’expression de mon profond respect (1). PAUL MARIN. Hyères, le 2 mai 1891. (1) M. Paul Marins areçu depuis de William Crockes la promesse d‘une ré onse détaillée. L'ln:‘tiation fera tous ses efforts pour annoncer la pre— mière le contenu de cette réponse à. ses lecteurs. Nous prions de plus nos confrères qui voudraient reproduire cette lettre d'en indiquer l’origine.
PARTIE INITIATIQUE Gnome iluos’eaunaur D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Rapport du ‘Président à l’occasion de l’anniversaire de lafondation du Quartier Général. MESDAMES, MESSIEURS, Le 21 mai 1890, le Groupe indejvendant d’li’tudes ésotériques, récemment fondé, ouvrait à ses membres son nouveau local, 29, rue de Trévise. A cette époque, nous ne possédions aucune ramifi cation, soit à Paris, soit en province; nous en appe— lions au public pour la réussite de l’idée spiritualiste : nousverrons quelle fut la réponse faite à notre appel. Nos moyens d’action étaient minimes: peu de fonds, une revue mensuelle, l’Initiation; mais des collabora teurs instruits et tout dévoués à l’œuvre, et beaucoup de bonne volonté de tous les côtés. On nous a accusé de parler toujours de nos « pré— tendus » succès. A cette accusation, quelle réponse faut-il faire P Des dates et des chiffres, cela suffira, car
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 197 cela ne se réfute pas avec des arguments de polé mique. Donc, le 21 mai 1890, nous débutions dans ce centre désormais consacré à la propagande active de l’idée spiritualiste. Le 12 novembre, nous étions mis à même de fonder un organe hebdomadaire, le Voile d’1sz‘s, destiné à nous mettre en relation avec nos branches, car nous commencions à avoir des branches régulières en pro vince et à l’étranger.
Le 19 novembre, les travaux poursuivis au Quar— tier Général prenaient assez d’importance pour néces— siterla création de dix-huitgroupes d’études théoriques, pratiques et d’action. En même temps, nos conférences bi-mensuelles pre— naient une extension considérable à tel point qu’à l’une d’elles nous fûmes dans l’obligation de refuser plus de cent cinquante personnes.
Les conférenciers qui ont eu l’honneur de parler devant vous se recommandaient à votre attention par des garanties sérieuses d’instruction, et, pour la plu— part, par d’importants travaux antérieurs.
Les noms de M. Desmarest, l’ancien bâtonnier de l’ordre des avocats, d’Hippolyt‘e Destrem, l’ardent défenseur de la Rénovation, d’Emile Michelet, de Georges Vitoux, du comte de Larmandz‘e, du poète Émile Goudeau vous sont assez connus pour qu’il soit inutile d’insister longuement,_ et je ne parle pas des membres de groupe comme Stanislas de Guaita, Julien Lejay, L. Stevenard et Lucien Mauchel, que vous êtes appelés à entendre assez fréquemment. :,"“t"ï
198 L’INITIATION Pendant ce temps, nos groupes d’expériences ne restaient pas oisifs.
L’hypnotisme était étudié au moyen de quatre sujets, les phénomènes de spiritisme commençaient à être l’objet de recherches sérieuses qui durèrent plusieurs mois et aboutirent à la prise en flagrant délit de fraude d’un médium, qui, comme tous ses pareils, avait produit, tant que ses forces n’étaient pas épuisées, des phénomènes que nous croyons revêtus d’une certaine authenticité. C’est du reste ce que l’enquête poursuivie aura à discuter (I).
Les tenues martinistes se multipliaient en même temps et actuellement nous sommes sur le point de grouper une série de loges se rattachant à cet ordre. L’action dans la presse n’était pas négligée et chaque mois au moins un grand article était consacré à notre mouvement dans un des grandsjournaux parisiens. Les collections de ces articles sont déposées aux archives.
Notre journal hebdomadaire doublait alors son for— mat et la publication des Vers dorés de Pythagore commençait, sanctionnant à jamais le succès avec lequel avait été accueilli notre petit organe.
Depuis, plusieurs des«conférences faites au groupe ont été publiées en petits volumes; des travaux origi naux plus importants encore ont vu le jour, écrits par nos chefs de groupe; je vous rappellerai surtout : L’Ésotérisme dans l'Art, d’Emile Michelet; L’Oc cultz’sme scientifique, de G. Vitoux; Considérations sur les phénomènes de spiritisme, de Papus; Essai (I) Ce médium n'était pasle seul sur qui les expériences spirites aient été poqrsp1vxes. Il y en avant trms autres sur qui l'mfluence de l'éther a été ver1fioe. i.» _vveitïiä
mnæs.—m_:r:.u zw-;.. a‘aAJES.‘::æ.:."1—'!Æ , GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES I99 ' surla philosophie bouddhique, d’Augustin Chaboseau; Essaisur1’Epolutiondel’ldée, de F.-Ch. Barlet; Théo— ries etSymboles des A lc/z imz'stes, d’Albert Poisson, etc., pour les travaux dépendant du Quartier général et l’Er reur latine, de H.
Lefort; Les Mages et le Secret ma— gigue, de Néhor; L’Age du Sphynx, de Vurgey; les divers articles de l’Union occulte française, pour les travaux faits par les membres les plus éminents de nos branches. 4*); Laissant donc de côté les étapes parcourues, per mettez—moi de vous exposer l’état actuel du groupe, un an après l’ouverture du Quartier Général.
Si vous voulez bien vous donner la peine de considé rer le nombre vraiment prodigieux de sociétés philoso phiques, spiritualistes, fraternelles, rénovatrices, reli gieusesmêmequiinscrivent en tête deleurspr0grammes la lutte contre le matérialisme, vous aurez une idée des nombreuses « bonnes intentions » qui existent partout. Mais les bonnes intentions ne suffisent pas; car, si vous abordez l’étude de l’œuvre de réalisation accom plie, tout change.
Dans la grande majorité des cas quelques membres épars se réunissent une heure ou deux par mois pour discutailler en famille; un petit bulletin annonce à de rares lecteurs les idées échan— gées, et les malheureux utopistes ressemblent assez aux terribles guerriers d’Opéra7 hurlant d’une voix formidable: « Nous partons, levons—nous, marchons, marchons et qui ne partent jamais. ‘ Les belles paroles, les discours véhéments, les appels retentissants et les articles fulminants qui viennent W“ W«ww .«w.._c-mwxmw——».—smw— —*‘r‘î‘-r -
200 L’INITIATION une fois par mois égayer quelques vieux abonnés de province ne suffisent pas; les résultats chiffrés valent mieux. Voyons donc l'état actuel de notre oeuvre. un -var L’organisation centrale, vous la connaissez. Une salle de conférences toujours comble jusqu’à présent, une bibliothèque et une salle de lecture à la disposi tion de nos membres dansla journée.
Aucune cotisation n’est demandée à personne, L’œuvre vit uniquement par les bénéfices que peut lui procurer la librairie adjacente et le dévouement des membres du comité de direction. C’est une société civile formée entre les abonnés d’une revue, pour l’étude de questions philosophiques. Vingt groupes d’études théoriques, pratiques et d’action poursuivent les recherches spéciales.
Cha— cun de ces groupes est dirigé par un homme compé tent présentant de sincères garanties d’instruction et d’érudition technique ; c’est ce que nous cherchons avant tout. La revue mensuelle l’Inz’tiation nous est, dès longtemps, connue.
C’est par elle que nous nous adres— sons au public sérieux , aux hommes instruits qui ne connaissent qu’imparfaitement encore nos idées, et, chaque mois, cent pages d’études, se rapportantà tou tes les branches de l’ésotérisme, sont mises au jour.
Vous savez d’autre part quels efforts nous avons faits et nous faisons encore pour éviter les polémiques personnelles, et vous pouvez être assurés que nous n’hé— siterons jamais à nous priver de la collaboration d’un
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 201 :fl=us-‘Îfl..rv-J‘nL-... . .> ' . rédacteur plutôt que d’entrer dans la voie dangereuse des personnalités. Le tirage progressif de notre organe mensuel, l’honneur de l’index qu’on vient de lui octroyer récem— ment montrent assez l’importance de son action et la faveur que lui accorde le public.
Mais une revue mensuelle ne suffit pas pour rensei gner les membres de province et de l’étranger sur les travaux continuels du quartier général; il fallait adjoindre à cet organe, tout d’enseignement, un auxiliaire plus actif, pouvant se_consacrer au besoin à la polémique d’idées, un éclaireur d’avant-garde suf fisamment armé pour la bataille. Tel est le but de notre journal hebdomadaire le Voile d’Isis. .
C’est par cet organe hebdomadaire que nous som mes en relations constantes avec nos branches; c’est par lui que nous espérons augmenter encore une commu nion d’idées si nécessaire pour tous, chefs de groupes locaux, membres associés et directeurs divers des commissions du quartier général. Tels sont donc nos principaux moyens d’action intellectuelle; abordons maintenant les centres locaux de propagande active.
1' 0 c Une société qui reste confinée en son centre est une société morte ou mourante en tant que groupement dynamique. Aussi avons—nous fait tous nos efforts, dès le début, pour assurer la représentation régulière du groupe un
2 02 L’INITIATION peu partout, et nous avons atteint en un an un résul— tat bien important puisque cinquante-cinq chartes ont été délivrées, qui se décomposent ainsi : FRANCE (Quatorge) Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), 1 charte ; Pas deJeu (Deux-Sèvres), I charte; Orléans (Loiret), 1 charte ; Lyon (Rhône), 1 charte ; Sens (Yonne), 3 chartes ; Marseille (Bouches-du-Rhône), 1 charte; St-Dizier (Haute-Marne), 1charte; Haroué (Meurthe— et-Moselle), 1 charte ; Oyonnax (Ain), 1 charte; Bordeaux (Gironde), 1 charte ; Falaise (Calvados), I charte ; Carcassonne (Aude), I charte.
ÉTRANGER (Vingt et une) LANGUE FRANÇAISE Bruxelles (Belgique), 1 charte; Québec (Canada), 1 charte. LANGUE ESPAGNOLE Séville (Espagne), 1 charte ; Cuba (Havane), I charte ; La Plata(Rép.Argentine), 5 chartes ; Panama (Colombie), 1 charte. LANGUE ITALIENNE Rome (Italie), I charte avec correspondant général pour l’Italie. LANGUE ANGLAISE New—York (U. S. A.), 2 chartes ; un correspondant général pour l’Amérique; Philadelphie (U. S. A.), 1 charte ; Minneapolis—min (U. S. A.), 1charte.
GROUPE INDEPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 203 LANGUE POLONAISE Varsovie (Pologne), 2‘ chartes. LANGUE HOLLANDAISE Amsterdam (Hollande), I charte. DIVERS Port—Saïd (Égypte), 1 charte ; Ramleh (Égypte), 1 charte. De plus de simples postes de correspondants exis tent à. Lille (Nord), Tours (Indre—et-Loire), Alger pour la France; et à Londres, Liège, Berlin, Munich, St-Pétersbourg, Barcelone, pour l’étranger.
En résumé : Chartes délivrées au quartier général pour la consti— tution des groupes d’études, 20 ;‘ chartes délivrées en France pour l’établissement de branches régulières, r4. ; chartes délivrées à l’étranger pour l’établisse— ment des branches régulières, 21. Total, 55. Vous savez que la plus grandeliberté est. laissécanx présidents de branches pour l’organisation.
C’est ainsi que notre branche de Bruxelles Kumris est organisée sur‘le plan de l‘a hiérarchie la plus absolue, tandis que presque toutes les autres sont constituées de la façon la plus libérale. Ce qui’nous intéresse au Quar— tier Général, ce n’est donc pas tant l’organisation de la branche que lesrésul‘tats obtenus, et, à ce point de Vue, Bruxelles tient une des premières places. De même les travaux concernant toutes les bra*ne‘ñæs Je [Occultisme sont poursuivis dans ct:s groupes ré—
204 L’INITIATION gionaux, ce qui n’avait pas été obtenu jusqu’ici avec des sociétés s’occupant exclusivement soit de magné— tisme soit de spiritisme.
Ainsi, pour ne parler que des travaux faits en France, le spiritisme expérimental est étudié surtout àSens où des résultats remarquables d’écriture méca nique en diverses langues ont été obtenus d’une façon suivie, à Carcassonne où l’incarnation est étu diée, àL_y_on où un centre actif d’études magnétiques et spirites se développe chaque jour davantage.
Les études initiatiques sont particulièrement pour suivies à Pas-de-Jeu,àClermont—Ferrand, à Haroué, et vont l’être sous peu à Marseille. Orléans s’occupe de la gnose; Saint—Dzgz‘er, Bor deaux étudient la magie au point de vue expérimen tal.
Un des chefs de branche à Sens dirige particu lièrement les études dans le sens de l’archéologie nationale, tandis que l’occultisme et la philosophie sont l’objet des travaux suivis à Saint—Dz’gz’er, à Oyonnax, à Falaise. Sous peu les études initiatiques seront développées partout. . 4#> Tels sont les résultats obtenus en un an. Il reste encore beaucoup à faire. Le public nous continuera t-il sa faveur ? Car c’est de lui que tout dépend.
Je ne vous ai pas caché en effet que le Quartier Gé— néral actuel a été fondé presque sans capital. C’est le public seul qui assure notre succès par son assiduité, c’estlui qui reste seul juge de notre progrès ou de notre décadence. Quel que soit son jugement, nous
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 205 nous y conformerons ; mais hâtons-nous d’affirmer que les résultats obtenus semblent nous prédire un avenir toujours plus florissant. Plusieurs nouvelles créations sont en effet sur le chantier. D’abord les relations entre les branches et le quartier général vont être rendues plus étroites par la création de questions adressées mensuellement à tous les présidents.
Les réponses résumées seront publiées par le Voile d’Isis. Puis une grande commission vient d’être créée à l’ef fet de décerner des récompenses à toutes les œuvres tendantàla diffusion du spiritualisme.
Nos journaux assurent une publicité bien méritée à ces récom penses. - Enfin un Conseil Suprême de l’ordre martiniste est en voie de création, ainsi qu’une œuvre plus considé— rable mais'sur laquelle vous nie permettrez de garder le secret quelque temps encore. * æl« Vous devez penser que notre œuvre de réalisation n’a pas progressé sans encombre.
On a beau combattre tous le matérialisme, il est enrageant, pour certaines sociétés qui tournent sur place depuis de nombreuses années, de voir une nouvelle venue prendre, de par la faveur du public, une extension telle en si peu de temps. Nous avons donc été amenés à nous occuper des attaques et de leur portée. Sur ce}terrain nous avons fait les plus grands efforts pour éviter les personna lités, n'arrivant à cette extrémité que quand il fallait
206 L’INITIATION convaincre d‘ignorance des érudits peu sérieux et d’honorables employés de commerce devenus subite ment philosophes et physiologistes. A ce propos laissez-moi finir par une petite histoire, tirée de l’observation journalière. Cela nous évitera d’entrer trop avant dans ce terrain si brûlant des polémiques improductives.
Avez-vous remarqué, en vous promenant dans la rue, que les gros molosses passent indifférents alors que, si vous entendez de furieux aboiements insup— portables etagaçants, c’est toujours un petit roquet qui en est l’auteur. . Si le roquet court après vos talons, quelle conduite faut—il tenir ? Si vous vous retournez pour le faire _ taire, il se mettra d’abord àdistance , puis criera de plus en plus fort.
Résultat : pas mal de temps perdu, bien inutilement, ma foi. Si vous continuez votre route tranquillement, il vous poursuivra bien quelques instants, mais enfin il se lassera et vous laissera tranquille. Résultat : vous avez marché de. l’avant et vous avez, plus encore, forcé le susdit roquet à progresser quelque . peu en même temps que vous. N’est—ce pas là la meil leure conduite à tenir ?
Inutile de vous dire, n’est—ce pas, que cette petite histoire n’a rien qui vise à une comparaison quel conque. Tous les spiritualistes poursuivent placide— ment la lutte contre le matérialisme, et ils seraient bien mal venus ceux qui oseraient prétendre que des « aboiements »ont retenti contre certaines personnali tés dans des revues spiritualistes. C’est bon, ces j|..î
ESSAI DE PHYSIOLOGIE SYNTHÉTIQUE 207 WÉWËÀ—irm_z'ankx J'._ .""È‘:.... . choses-là, dans le duché de Gerolstein ; mais ici nous avons bien d’autres occupations et plus sérieuses.
Aussi permettez—moi de vous remercier de votre assi duité et d’espérer pouvoir vous exposer encore une plus grande somme de travaux accomplis lorsque nous nous réunirons ici ou dans un plus grand local, l’année prochaine, confiants en notre devise justifiée par les faits : Patienles quza fortes. PAPUS. ÈSSAIDE ÿarsmraurmrainvr PAR GÉRARD ENCAUSSE(I) _.._—.
Un lecteur superficiel ou prévenu ne verra peut être dans cet essai aussi modeste que concis rien de plus qu’un exposé de la physiologie fort ingénieux dans ses rapprochements tout nouveaux, mais élé mentaire, propre surtout à aider la mémoire de l’étudiant.
Imitons d’abord ce lecteur; profitons de la simplicité limpide de ce petit traité pour en prendre une idée d’ensemble en même temps que de la phy siologie qu’il met à la portée de tous; nous verrons aisément ensuite en quoi il intéresse l'ésotérisme, par son caractère philosophique, ainsi que M. Vitoux (l) Un volume. à la librairie du Merveilleux. [891,4 francs.
208 L’INITIATION l’a parfaitement mis en relief dans son Occultisme scientifique.
Partant du processus bien connu de la circulation sanguine et de la remarque qu’elle a pour double but de renouveler la substance du corps et de charrier dans tout l'organisme la force vitale du globule, M. Encausse distingue immédiatement trois éléments physiologiques principaux unifiés dans une même fin : La matière fournie par la nutrition; La force, répartie dans le système nerveux; Et le sang, intermédiaire actif chargé de sublimer la matière pour distribuer dans l’organisme la subs tance vivante et la force nerveuse.
L’unité de ce ternaire est accentuée par la réparti tion des centres correspondants : Ceux de nutrition formant le ventre; Ceux de la force, commandés par le cerveau, et ceux du sang, intermédiaire, partant du cœur, dansla poitrine, entre la tête et le ventre.
Enfin, à ces trois divisions correspondent trois en sembles d’opérations absolument analogues entre elles que l’auteur, ennemi du noologisme, décrit et com pare sous le nom imparfait de circulations : Circulation de la matière élaborée par la nutrition; Circulation du sang, qui rassemble et distribue substance et force ; Circulation de la force nerveuse puisée dans le sang. ' Chacune de ces opérations se partage encore tout
ESSAI DE PHYSIOLOGIE SYNTHÉTIQUE 209 .
IP .,3 .rl.l.fi. . * «L »,L,...'.... . naturellement en trois phases auxquelles corres pondent autant d’organes appropriés : 1° Celle de la formation (de la lymphe dans l’esto— mac, du globule sanguin dans le poumon, et du fluide nerveux dans le cervelet); 2° Celle de la distribution ou circulation proprement dite (par les vaisseaux lymphatiques ou sanguins et les nerfs, de la lymphe,du sang et du fluide nerveux); 3° Celle de la production finale (du sang par la lymphe, du fluide nerveux par le sang, du mouve ment, de la sensation et de l’idéation parle fluide nerveux).
Puis ici s’ajoute une nouvelle remarque synthé tique tout originale : toute circulation offre dans son parcours un organe régulateur chargé de concentrer le fluide transporté pour en rythmer le mouvement, comme le volant de la machine, en emmagasinant la force motrice, prévient les chocs destructeursÿ Pour la lymphe, fluide nourricier, cet organe est triple : ganglions lymphatiques, foie (pour le liquor), et rate (pour le cruor du sang); Pour le sang, c’est le cœur, droit et gauche; Pour le fluide nerveux, ce sont les ganglions, no-' tamment ceux du grand sympathique.
La même particularité se répète dans la circulation des excrétions, qui correspondent aussi aux trois centres principaux : Cœcum, pour l’excrétion alvine; Rein, pour l’excrétion de la poitrine (du sang); Vésicules séminales et utérus, pour l’excrétion ner— veuse.
2 I 0 L’INITIATION - ..;,.-._- ' ' I ; v. Inutile d’insister sur la simplicité et l’unité de cette disposition aussi claire que nouvelle de la physiolo— gie; passons donc à ceux de ses caractères qui nous intéressent particulièrement.
' ’04 La physiologie, science du grand mystère de la vie, et, par lui, clef des prolèmes les plus difficiles de la philosophie, est comme le couronnement des sciences naturelles; c’est vers elle que tendent les efforts suprêmes de notre temps surtout.
On sait quelles écoles elle a produites : L’animisme de Stahl, souvenir des assertions de Platon; il représente _le corps comme le produit plastique de l’âme, puissance active; Le vitalisme de l’école de Montpellier, qui s’ar— rête à la pensée d’une force vitale sans vouloir remonter à sa source; L’organicisme de l’école de Paris, qui ne veut pas même admettre une unité perceptible au delà des pro priétés vitales de chaque organe.
L’impossibilié d’accorder ces trois premiers systèmes aprioriques ou de décider entre eux devaitfairele succès du mécanisme de l’école positiviste, introduit par Comte,qui prétend expliquer la vie par le simplejeu des forces physico—chimiques ordinaires.
Mais les conclu— sions du grand maître de la physiologie contempo— raine, de Claude Bernard, produit de toute une vie d’expériences aussi précises qu’ingénieuses, ont porté à ce dernier système un coup dont il semble difficile qu’il se relève.
ESSAI DE PHYSIOLOGIE SYNTHETIQIIE 21 I Il était bien loin, du reste, de régner en maître;ses rivaux, créations d’intelligences de premier ’ordre, se fondent aussi sur les observations les plus saî vantes; telles sont : les théories que Maudsley (‘Phy siologie de l’esprit, 1867-1876) oppose à la physico— psychologie positive (I); l’animisme polyzoïque de Bertrand (Aperceptz’on du corps humain, 1881), déve— loppement physiologique de la monadologie; le polyzoîsme moins idéaliste peut-être, mais d’une science plus positive, de Durand de Gros (Dr Philipps, Essaz de philosophie physiologique, 1868 (2).
Mais ces dernières théories, quand elles ne sont pas spécialisées dans le système nerveux qui tend à accaparer l’attention de nos savants, semblent fon— dées sur une idée préconçue qu’elles tendent à dé— montrer; elles ne diffèrent ainsi de celles qui les ont précédées que par l’appareil de leur science plus abondante et plus précise.
L’essai de M. Encausse a un caractère tout autre; c’est par l’observation qu’il débute; il se borne à grouper les faits, et c’est à peine s’il achève, en terminant, d’en formuler les conclu— sions, tant elles apparaissent claires par ce simple groupement.
Or ces conclusions, assises sur une base positive, dépassent tellement les hypothèses anté (l) Maudsleyvoit dans l’énergie propre au système nerveux une con centration de la force ni devlent successivement force chimique. force vitale. l’orne mentale.
11 verra tout à l'heure quel jour jette sur cette hypothèse Il synthèse de M. Encnusoe. (a) Le D' Philipps part du principe de toute machine, l'application d’une puissance à une résistance. ce qui le conduit à l‘une des distinctions fondamentales de M. Encansse :celle des centres de mouvements, des organes distributeurs et de la transformation.
Mais, incapable de trou ver la synthèse de l'être vivant, il disperse son archée jusque dans l‘atonie et ne peut hiérarchiser leszoomtea de son polyzoisme.
2 I 2 L’INITIATION rieures que plusieurs savants étonnés osaient à peine s’y laisser conduire. La méthode en est, cependant, toute scientifique; c’est celle propre aux sciences naturelles d’observation: induction, analogie. C’est aussi la méthode de l’éso térisme.
Ici, du reste, elle est bien plutôt l’inspira trice que la directrice: elle a fourni l’intuition pre mière, mais les rapprochements qu’elle suggère n’ont rien d’artificiel malgré les recherches qu’elles sup posent.
La seconde contribution de l’ésotérisme à cet in génieux essai, contribution purement in spiratrice aussi, consiste dans la distinction des trois mo dèles reliés entre eux, soit par la connexion pro— gressive de leur action, soit dans l’unité de leur but: l’évolution de la matière vers l’esprit.
M. Encausse les reconnaît et les signale immédiatement dans les trois parties si nettement déterminées du corps humain : Ventre, poitrine, tête —— matière, vie, esprit — Nephesch, Ruach, Neschamah.
Ouvrant ensuite, pour ainsi dire, ces trois réceptacles, il nous montre en eux, Sous la même forme trinitaire, la distribution de la matière (en Nephesch) et de la Force (en Nescha mah) opérée partout au moyen du même mécanisme, par l’intermédiaire du sang (centralisé en Ruach). Voilà les données, simples groupements analogiques de faits, qui vont suffire à toutes les déductions.
Négligeons les développements techniques que l’auteur leur donne en les appuyant d’une quantité de schemas simples et ingénieux; attachons-nous aux conclusions
ESSAI DE PHYSIOLOGIE SYNTHÉTIQUE 2I3 qu’il se contente d’indiquer rapidement, parfois même par simple incidence. L’une des plus remarquables est dans ce qu’il nomme la sublimation des éléments (tableau synthé— tique de la page I I2); c’est le résultat de;hacune des trois circulations principales, c’est évidemment leur but.
La circulation de la matière introduite sous forme d’aliments produit le mélange du sang veineux et de la lymphe ; La circulation du sang aboutit à la fixation de la force vitale (quelle qu’elle soit) dans le globule san guin ; La circulation de la force charriée avec ce globule à travers l’organisme aboutità la formation du fluide nerveux dans le cervelet ; Enfin la circulation du fluide nerveux lui-même aboutit à la pensée, ou circulation psychique indiquée seulement, comme en dehors du cadre (I).
Le sang lymphatique est donc la sublimation des aliments; le sang artériel, ou simplement l’hématie, est celle du sang lymphatique; le fluide nerveux, celle du sang artériel, et la circulation psyæhique est leur couronnement.
Ainsi apparaît une seconde conséquence de cet exposé synthétique, à Savoir que chacune de ces subli— mations sert de base au travail physiologique suivant, (I)Ett outre chaque circulation a son produit secondaire d'ordre infé rieur, destiné à l‘entretien de l'organisme; ,c'est comme le capital de réserve: Le sang régénère les tissus; _ Le fiu_ide nerveux leur donne le mouvement, notamment pour les fonc— tions veg.«tanves.
214 L’INITIATIÔN ce qui relie chacun des trois mondes aux autres comme l’avenir au passé, comme le but aux origines par le moyen. On assiste là à la sublimation de la matière inerte à travers la suite de concentrations progressives de la force, aperçue mais non entièrement démontrée par Maudsley.
L’aliment, matière organique, mais inanimée, cada— vérique, produit spécial de la force chimique, déve—l loppe la force vitale en passant par les états successifs de lymphe à leucocytes, de sang veineux et de sang artériel avec hématies.
Cette force vitale, à son tour, fournit au cervelet la force nerveuse, motrice ou sensitive, laquelle, par la circulation supérieure et antérieure du cerveau,s’élève d’abord à la force volitive et ensuite à celle pensante, objet de la circulation psychique (i). L’organisme humain apparaît donc comme un alambic qui distille l’esprit de la matière.
Il semblera peut—être qu’on en puisse conclure au sensualismg ou production de la volonté et de la pensée par les sensations, ce qui conduira au déterminisme.
Mais cette apparence tient à ce qu’il a fallu négliger un dé— (i) Cette progression est confirmée parles découvertes les plus récentes de la science; on sait que le_travail chimique de l'organisme (que l’on suppose dû à une fermentation microbienne) a pour résidu des alca loïdes toutes particulières r_ecemment découvertes, nommées leuco màînes; ce sont des produits fortement toxiques que les excrétions évacuent.
Or en en dosant la toxicité dans les différentes parties de l'orga nisme on a trouvé qu'elle augmentait dans l'ordre suivant : Le foie. la rate, les ganglion“ mphanques (organes du ventre) ; Les reins, les capsu es surréna es (organes d'évacuation de la poitrine); Les testicules (évacuation de l'appareil nerveux) et le cerveau.
Cette même toxicité corr_espond à un travail plus avancé de vitalisation. et l‘on voit que ce travail s‘accroît exactement dans l'ordre présenté ci-d essus.
ESSAI DE PHYSIOLOGIE SYNTHÉTIQUE 215 (ail important qui, précisément, est de nature à retour— 'ner la conclusion. Si, en effet, nous observons cette partie de la circu lation que M. Encausse nous présente comme le point de départ: la fabrication du fluide à distribuer, nous voyons que cette fabrication ne se fait jamais sans l’intermédiaire d’un élément supérieur, généralement mystérieux, inexplicable pour notre science positive.
La lymphe naît de l’action produite sur la matière inerte par la salive, le suc gastrique, le suc pancréa ' tique, la bile et le suc intestinal. On sait aujourd’hui que cette action consiste en une suite defermentations, c’est—à-dire en une opération chimique due à quelques uns de ces microbes auxquels notre science attache une importance si justifiée.
Voici donc la force chimique aux prises avec un mode supérieur de la force, celui de la force vitale, mais de la force vitale à son état le plus élémentaire : observation des plus intéressantes ; nous surprenons là le procédé d’action de la forme supérieure sur l’in férieure, du positif sur le négatif, de l’esprit sur la matière.
C’est sur l’élément qu’elle s’accomplit, à l’état rudimentaire, analogue à ce que les chimistes nomment l‘e’z‘at naissant. Tandis que la matière, en état inférieur, y est exaltée à Son plus haut degré (lequel est ici la forme du produit organique des plus complexes), la vie, au contraire, s’est, pour ainsi dire, faite aussi infinie que possible, presque réduite à l’état de force chimique (la cellule du microbe). Toutes les parties de l’organisme participent à ce mode de transformation; c’est par lui que les fibres,
2 1 6 L’INITIATION musculaires ou les cellules nerveuses se renouvellent, que les aliments se transforment. Partout c’est par la vie cellulaire, élémentaire du ferment que la nu trition vitalise les éléments pour régénérer constam ment l’organisme.
Ces dernières assertions de la science s’arrêtent en core devant ce grand mystère, la vie si tenace, 51 puissante, du Microbe, avec son caractère de spécia lisation formatrice d’où Claude Bernard a concluà la particularité de laforce uz’tale.
Un second mystère vient ensuite, celui de la vita lisation des globules sanguins : leur formation même est hypothétique; on peut bien faire dériver les hé— maties des leucocytes, vouloir celles-ci figurées dans la rate; on reste toujours en présence de fermenta tions des plus incertaines, et, en tous cas, l’acte de la vivification lui—même n’apparaît nulle part.
Il est seulement remarquable qu’elle devient évidente après le passage du sang à travers le poumon, comme si l’hématie empruntait la vie à quelque élément encore inconnu (ou méconnu) de l’air. Ce serait une confir mation de la puissance que les occultistes attribuent à la respiration conduite d’une manière spéciale qui est l’un de leurs secrets pratiques.
Puis, à mesure que l’on avance, les mystères se multiplient : Quel principe s’ajoute ou se combine, probablement dans le cervelet, avec la force végétative de l’hématie sanguine pour produire l’irritabilité et la force mo trice ?
ESSAI DE PHYSIOLOGIE SYNTI‘IÉTIQUE 2I7 Lequel se surajoute, sans aller plus loin, pour ar river à la sensibilité P Ainsi, à chaque phase de sublimation, on voit apparaître un élément nouveau, supérieur, mysté— rieux, qui vient se combiner au produit antérieur pour élever d’un degré l’élément organique précé‘ demment élaboré. Le corps humain n’apparaît-il pas, dès lors, tout semblable à ce fourneau de l’alchimiste, l’athanor, où chaque transformation chimique se complète d’une intervention éthérée sans laquelle le produit ne pour rait être ni vivifié ni vivifiant. C’est là que s’accom plit le salve et coagula du Baphomet . En tenant compte de cette observation, le curieux et ingénieux essai de M. Encausse peut se résumer, il me semble, en un diagramme symbolique qui en fera ressortir toute la valeur ésotérique. L’être vivant étant figuré par un cercle (l’œuf phi losophique), les trois parties de son corps, correspon dant aux trois mondes, avec leurs organes de circula— tion respectifs, seront représentés par trois cercles plus intérieurement tangents avec le grand, aux trois sommets du triangle équilatéral, et passant tous par le centre de la figure. La tête sera au sommet; la poi trine, centre de circulation de la force vitale, à droite de la base; le ventre, centre de circulation de la matière, à la gauche. Cet être vivant, plongé dansde milieu ambiant, reçoit trois influx aux trois sommets du triangle : A la gauche de la base, l’influx matériel (solide ou liquide, aliments et air), qui, avec le concours des deux
218 L’INITIATION
ESSAI DE PHYSIOLOGIE SYNTHETIQUE 219 'autres circulations (concours indiqué par le croise ment des trois cercles au centre de la figure) aboutit à la sublimation du sang artériel. A la droite de la même base l’organisme reçoit l’influx du mouvement (excitabilité musculaire et nerveuse), qui aboutit à la circulation de la force.
Au sommet se fait l’influx supérieur, éthéré et spi rituel, qui correspond à l’insuffiation vitale et à la circulation psychique (I). ’ La vie humaine s’accomplit par l’ensemble de ces influx et des circulations, toutes semblables qu’ils provoquent. Elle a pour but et pour résultat la subli mation de la matière par l’esprit qui descend en elle pour la relever avec lui.
On voit aussi par ce diagramme comment l’homme est une synthèse des règnes précédents; Règne végétal qui, considéré isolément, n’a que la circulation matérielle (la sève); Règne animal qui possède les deux circulations de matière et de la force d’air, d’où la mobilité.
Couronnés par la circulation psychique à laquelle ' s’ajoute pour lui une quatrième circulation, celle de la vie intérieure (représentée ici par le petit triangle intérieur) par laquelle il est en rapport avec l’invi sible.
On peut aller plus loin encore : En considérant cet organisme humain par rapport au milieu où il vit, il apparaît lui—même comme le cerveau du monde ter restre, chargé d’effectuer la circulation psychique (1) Cette figure prête à une_snite d'autres remarques (me le lecteur y pourra vo1r, Ind1quees en partie.
220 L’INITIATION planétaire..Notre figure indique ce rapport au moyen de cercles extérieurs et concentriques aux premiers. Leur considération conduit encore à cette nouvelle remarque que chaque sorte d'êtres se parfait dans son quatrièmeterme, lequel correspond au produit sublime dans la circulation propre à cet être.
Ainsi : I°La Substance éthérée se condense dans le monde élémentaire ou chaotique ; I 2° Ce monde chaotique aboutit aux quatre éléments ou types essentiels de la matière formée (eau, terre, air, feu).
3° Le monde minéral qui en résulte se sublime en quatre types atomiques, éléments du monde organi que (carbone, azote, hydrogène, oxygène); 4° Le monde organique, quatrième terme de cette série, se synthétise par l’être humain qui est pourvu des quatre circulations :végétative, nerveuse, psychi que et intérieure ou. spirituelle (1).
Ainsi se complète le tableau de la physiologie uni— verselle sur le type prinitaire qui a servi de base à (1) Ajoutez que, dans le corps humain, les organes des diverses circu— lations affectent successivement de une à trois dimensions dans l’orga nisme, ainsi que le fait apercevoir évidemment l'Essai de physiologie synthétique (p. 50 et 57). . .
Les organes abdominaux. enroulés en un mélange qui ne laisse place à aucune symétrie, n'ont vraiment qu‘une dimen51qn: lalongueur. 11. La circulation sanguine se fait suivant deux dimensions : 1° En largeur :à droite et à gauche sang veineux et artériel; 2° En hauteur : petite et grande Circulation. _ ' .111.
La circulation de la force s'opère dans les nerfs en trais dimen 510ns distinctes: 1° En largeur (hémisphères droit et gauche) ;. _ 2° En profondeur (nerfs locomoteiirs et sens1t1fS); 3° En hauteur (cerveau et grand sympathique). 1V.
Enfin, en adoptant la terminologie de Zolliei‘, on peut dire que la circulation psychique a quatre dimensions : 1° Cerveau supérieur ou inférieur; 2° Cerveau droit et gauche; 3° Cerveau postérieur et antérieur; 4° Cerveau central.
ESSAI DE PHYSIOLOGIE SX’NTHÊTIQUE 22I l'Essai de physiologie synthétique.
Ces derniers déve— loppements à peine esquissés ici ne sont pas signa lés dans le livre parce que l’auteur a tenu à se main— tenir dans les limites de la science positive, mais il n’est pas d’occultiste si novice qui ne soit frappé par le caractère ésotérique de cet ouvrage : il est écrit bien évidemment sous l’inspiration de la science occulte et par un adepte fort avancé de la science positive.
C’est par ce caractère q'u‘il intéressera tout particu lièrement nos lecteurs; ils y reconnaîtront le type de l’ouvrage que M. Vitoux a parfaitement nommé l’Occultisme scientifique.
Ils auront plaisir àreconnaître tous les développe ments impossibles à signaler dans cetaperçu auxquels peuvent se prêter les indications concises de M. En— causse ; ils verront comme sa méthode peut s’étendre aux autres branches de nos sciences, notamment à la physiologie sociale restée jusqu’à présent fort obs« cure (I).
Un pareil ouvrage reprend les véritables traditions des occultistes de tous les temps, qui, depuis Pythagore jusqu’à Wronski et Lucas, et Saint—Yves, se sont tou jours tenus à la tête des sciences positives de leur temps. Nous sommes en droit d’espérer que ce re marquable essai n’est encore qu’un germe fécond plein de promesses pour l’avenir prochain de la Science Occulte. F.-CH. BARLET. ((1) Voir notamment les conférences de Le;ay sur l’économie poli 1que.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE La @nosa @IWAÎITË I En lisant l’article de M. Sènâthi-Ràja, sur la secte civaïte dans le septième tome du Musée Guimet, j’ai été frappé de l’analogie profonde qui existe entre le dogme du Civai‘sme et la très sainte Gnose. On me permettra de l’exposer ici.
La vérité est une, et ses formes multiples; ses manifestations différentes sui— vantles temps et les lieux ne font que recouvrir l’iden— tité de sa divine substance. Ce n’est pas tel ou tel sys tème gnostique que nous allons comparer au Civai‘sme philosophique, mais la Gnose elle-même dans son essence générale qui fait le substratum de toutes les écoles, depuis Simon le Mage jusqu’aux Cathares du moyen âge et aux Pneumatiques contemporains.
' Il Sènâthi-Ràia nous dit que le Civaïsme admet trois principes éternels qui sont la chose en soi. C’est le Tri—padârtha, assavoir Dieu, les âmes et la matière (Patit, Pasu, Pâsa). Pati est Civam. Il remplit l’Uni— vers, dont cependant il ne fait pas partie. Il est immua ble. Il est uni à l’âme, sans être l’âme. Ni la pensée,
LA GNOSE CIVAÏTE 223 l.k;l.= ..'I ni la parole ne peuvent l’atteindre, la grâce seule (Kripa) permet à la Sagesse de l’âme de le com» prendre. Il est la raison des choses et le principe de l’Être. De cet Être suprême émanent cinq Pancha Karshâs: le créateur (Brahma), le conservateur (Vish— na), le reproducteur (Rudra), l’enténébrateur (Mahê sura), l’illuminateur (Sathâ—Civam).
La Gnose, à son tour, nous enseigne la coexistence de Dieu (l’Abîme), de l’âme et de la matière. Le père, le premier Eon, remplit tout sans faire partie du tout. Il estincompréhensible et ineffable. Mais Sep/n‘a, por— tée sur les ailes de Pneuma-Agion, et aidée par Chris— tos, peut remonter à lui. L’abîme est la source des émanations. L’émanation est le principe fondamen tal de la Gnose comme elle paraît l’être du Civa‘isme.
III L’âme, dans le dogme indouiste, est'éternelle, indes— tructible. Trois éléments la composent: ‘Anavam, l’activité; Karmam, le principe de cause et d’efiet, ana— logue au principe de la raison suffisante de Scho penhauer; Mayâ, la matière inerte. Civam, pour déli— vrer et purifier les âmes des attaches impures de la matière, les fait passer dans le cercle des transmigra tions, des existences successives.
Il les amène ainsi à lui, anéantissant pour elles la naissance, la douleur et la mort. L’union divine se nomme Muhkti. L’âme se joint à Civam sans pourtant devenir Civam. C’est l’Advaz’da, l’unité dans la dualité. Qui ne reconnaît dans cette admirable doctrine la
2 24 L‘INITIATION conception de la Gnose valentinienne? Qui ne recon naît, dans ces attaches impures de la Pâsa, les appen dices de l’âme du dogme basilidien? Enfin, qui ne reconnaît le Plérôme dans le Muhkti ? On croirait les deux enseignements calqués l’un sur l’autre. Le Civaïsme reconnaît trois classes de Pâsas. Le gnosticisme proclame trois classes d’hommes : les Pneumatiques, les Psychiques, les Myliques.
Ici encore l’analogie est surprenante. IV Je tenais à signaler cette ressemblance de la Gnose avec le Civaïsme. Elle est profondément consolante pour nous. La Gnose indouiste confirme la Gnose chrétienne. Le vieux Dravida parle comme Basilide et pense comme Valentin, comme Marcos, comme Èar desane. '« Il n’y a qu’un Dieu. Sa révélation est une! » dit une poésie civaïte.
Et le poète ajoute : « Ceux qui créent des disputes en disant qu’il y a quatre Védas, six religions et un grand nombre de Dieux, sont des tinés à l’incendie infernal! » Ce qui revient à dire avec cette belle Revue The’à sophz’que de M""’ la comtesse d’Adhémar — revue, hélas! malheureusement disparue —— : IL N’Y A PAS DE RELIGION PLUS ÉLEVÉE QUE LA VÉRITÉ. T Jules, évêque gnostique de Montségur, .l’ULES DOINEL. . «Ça-Â
THÉORIES ET SYMBOLES DES ALCHIMISTES 225 Théwies et Symbles ries Alchimistes Après nous avoir donné‘une interprétation aussi claire que possible de cinq des plus importants traités sur le Grand-Œuvre, M. Albert Poisson vient de publier : Théories et Symboles des Alchimistes. Ce tome est le quatrième de la Collection d’0uvrages relatifs auxSciences hermétiques, éditéepar H. Cha cornac, et dont cette revue a déjà eu plusieurs occa sions de parler.
C’est, en un style ouvert à tous et sobre, le livre le plus consciencieux que l’on ait écrit de notre temps sur le sujet, et le seul qui se présente positivement synthétique et fructueusement initiateur. Il est vrai, il n’est pas un moderne qui se soit pénétré des auteurs spéciaux au degré dont fait preuve M. Poisson. Depuis sept ou huit ans il consacre àpeu près tout son temps à leur étude, et les plus énigmatiques lui sont deve nus familiers.
Après l’introduction, où s’offre une très sommaire histoire de l’Alchimie, matière que l’auteur doit déve— lopper en deux volumes de la même collection, le premier chapitre définit. Le Grand-Œuvre est envi sagé dans son sens physique de n’importe quel métal en celui supposé préexcellent, l’Or.
Puis il est traité de la recherche de l’Homunculus, c’est-à-dire de la création en laboratoire de la matière organique; de l’Alkaest ou dissolvant universel, c’est-à-dire + 8
2 2 6 ' L’INITIATION l’Aour des Esotéristes Sémistes, l’Akasa des Esotéris tes Aryens ; de la Palingénésie ou reconstitution de la matière dissoute, de l’Esprit du Monde qu’il s’agit de capter, soit 1’Ether encore ; de I’Elixir de Vie, de l’Or potable, de la Quintessence, soit l’Astral toujours en ses diverses spécifications. ’ Le second chapitre expose la théorie alchimique de l’unité et de l’indestructibilité de la Substance, diffé renciée en Soufre et Mercure,autrement dit en positi vité, masculinité, activité, etc., d'un côté,et négativité, féminité, passivité, etc., de l’autre.
Le Sel ou Arsenic ne fut ajouté que plus tard,pour assurer l’équilibre par le Ternaire. . Puis les quatre Éléments sont présentés comme modalités solide, liquide et gazeuze de la Substance, le Feu n’étant qu’une sublimation de l’Air dilaté par lachaleur ou accélération des vibrations éthériques.
Au pôle positif, la Terre est l’état visible du Soufre, prin cipe fixe, et le Feu en est l’état éparpillé, occulte; au pôle négatif, l’Eau est l’aspect palpable du Mercure, principe volatil, dont l’Air est l’aspect raréfié. Le Sel est la Quintessence. Ainsi est constitué le Septénaire suprême. J’ajouterai que la projection du Tetra gramme se constate dans la dissociation de la Matière en quatre Eléments, puisque le 7 correspond à la.
Terre, le premier n à l’Eau, lei à l’Air, et le second n à la diffusion de la Terre pour la préparation d’une modalité nouvelle. Les sept Métaux occupent le chapitre troisième ainsi que la loi d’Evolution qui veut que le Cuivre provienne du Fer et engendre le Plomb, qui'se transo __I I. _ .._., ._. - ---=î1tw
THEORIES ET SYMBOLES DES ALCHIMISTES 227 mue en Etain, source du Mercure, d’où émanent l’Ar gent et plus tard l’Or , ces deux derniers seuls parfaits, inaltérables. Glauber soutient qu’il y a régression, et le cycle se trouve ainsi complété par E’Involution. ' Le quatrième chapitre est consacré aux Alchimistes métaphysiciens.
Y sont exposées les théories de Para celse, qui le premier allia l’Astrologie à la science du ‘Grand-Œuvre et interpréta celui-ci selon la Kabbale: celles de Jean Dee, qui trouva dans les pantacles pla nète-métalliques des enseignements cosmogoniques, Je signe O, par exemple, notation exotérique du Soleil et de l’Or, représentant la Monade se mouvant au sein du Monde; cellesde Khunrath, qui, appliquant J’Analogie aux symboles physiques, voyait dans le Soufre, le Mercure et le Sel, le Corps, l’Esprit et Ïl’Ame -— le Père, le Fils et le Saint-Esprit, —le Mâle, la Femelle et l’Enfant, la Force, la Matière et le Mouvement, ——- la Cause, le Sujet et I’Eifet.
Jusqu’à présent, il n’était question que de théories; . .les hu1t chapitres de la deuxième partie sont consa crés aux Symboles. Ceux-ci, affirme M. Poisson, tirent leur origine directement des Hiéroglyphes égyptiens. Tout d’ail leurs, dans les Alchimistes, est Hiéroglyphes.
Et l’au teur énumère et explique les anagrammes, énigmes, acrostiches, allégories et fables, et les procédés de cryptographie que l’on rencontre le plus sOuvent dans leurs ouvrages. Il éclaircit également la source et .le sens de plusieurs vocables étrangers (hébreux, arabes, etc.) qui s’y trouvent employés couramment.
2 2 8 L’INITIATION Puis est présentée une excellente définition du Pantacle, et sont mentionnés les signes habituels‘ de la matière première, des trois Principes, des quatre Éléments et des sept Métaux ou Planètes. Plus loin est exposée la diversité des symboles par lesquels les Adeptes exprimaient les phases du Grand Œuvre et les substances qui entraient dans la com position de la Pierre Philosophale.
Rébis est là, et aussi tous les synonymes du Soufre et du Mercure.
Ce sont ensuite lestravaux de purification, cimen-; tation de l’Or par l'Antimoine et coupellation de l’Ar- . gent par le Plomb ; le Bain du Roi, ou dissolution de l’Or dans l’eau régale, et le Bain de la Reine, ou dis— solution de l’Argent dans l‘eau—forte; la distinction entre le Petit Magistère, ou production de l’Argentpar la Pierre blanche, et le Grand Magistère, ou produc— tion de l’Or par la Pierre rouge.
Le triple vaisseau où s’accomplit le mystérieux enfantement : Matras ou Œuf Philosophique, Atha nor ; le degré du feu, celui de la chaleur estivale moyenne en Egypte, de 60°à 70" centigrades ; les opé rations de putréfaction, de fermentation, deprojection; les couleurs successives qu’aflecte la Pierre, tels sont les sujets développés en les chapitres V, VI et VII. Enfin paraît l’inappréciable poudre, et triomphe sa projection transmutatoire.
Laquelle poudre, assurent les vieux auteurs, non seulement « guérissait les métaux vils de leur lèpre, c’est—à-dire de leur inférie rité », mais par analogie délivrait l’homme de toute espèce de maladies et d‘infirmités. Infusée dans l’al cool, elle constituait l’Elixir de longue vie, gage d’im
THÉORIES ET SYMBOLES DES ALCHIMISTES 229 F iËI}*‘FË mortalité ou presque, puisque < Artéphius prétend par Artéphius prétend par son usage être arrivé à l’âge de mille ans passés », cordialqui ressuscite les morts, rajeunit les vieillards, cicatrise les plaies et blessures, dissipe l’ivresse, rend la'mémoire, détruit les poils follets, fait disparaître complètement les taches de rousseur.
Je crois qu’elle rend la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds, la raison aux fous, et que le verre que l’on en saupoudre devient malléable.
« Enfin, dit Sperber, elle purifie et illumine tellement le corps et l’âme, que celui qui la possède voit comme en un miroir tous les mouve ments des constellations et les influences des astres, même sans regarder le firmament, les fenêtres fer mées. » _ ' Le livre de M. Poisson est illustré d’un nombre respectable de fort belles planches reproduisant des compositions symboliques exhumées de traités anciens et rares, et complété par un « tableau des plus communs caractères chimiques, une Bibliographie alchimique du xrx° siècle absolument complète, et un Dictionnaire des symboles hermétiques.
D’une œuvre de ce genre, toute d’énonciation, on ne peut traiter qu’analytiquement. Je ne terminerai pas . cependant sans formuler deux remarques person nelles.
Lorsqu’on a lu les Théories et Symboles, première— ment, on en sait vingt fois plus sur l’Alchimie et les Alchimistes que si l’on pâlissait sur les travaux vingt fois plus considérablès de M. Berthelot sur la même matière, et, secondement, on trouvebien drôle un cer tain pamphlet récemment tourné en historiette par
2 30 L‘INITIATION M. Joris-Karl Huysmans. Il est vrai, M. Berthe lot est de l’Institut et l’autre n’est jamais allé Là-Bas, c’est—à—dire dans les livres des Occultistes, ces igno rants et ces fumistes, comme il les dénomme si cour toisement.
M. Poisson, en outre de l’Hz’stoz‘re de I’Alchz‘mie qu’il prépare, et à laquelle j’ai déjà fait allusion, s’oc cupe d’un volume sur les Opérations, les Instruments et les Laboratoires des Philosophes hermétistes. Nous lui devrons ainsi la réhabilitation et l’élucida tion d’une des branches les plus importantes de la Science occulte (i). A.-C.
TSHÉLA. Œsoräarsm Eîl‘ ’LMIILR'ËARRSMIË Je crois qu’en présence des attaques de certains écrivains de talent contre ce qu’ils appellent le « Mili— tarisme » il y a mieux àrépondrequeles déclamations creuses et sonores de ce patriotisme souvent sincère et poétique, mais trop peu argumenté pour répondre au (1) C'est M. A.lbert Poisson qui est chargé de toute la partie CAI chimie dans l'Encyclopédie Hermétiste dont le manifeste a été publié ici même l‘an dernier, et à laquelle il est activement travaillé.
A propos je dois remercier la ‘Revue pin‘te de l'a réable surprise qu'elle nous a faire en reproduisant récemment cette déc aration. Cette attention po sitivement inattendue est si grameuse que nous ne pouvons attribuer qu'au manque de place l'omission faite des noms qui signaient cette prose dans l'Initz’ati‘on. A. C.
ÉSOTÊRISME ET MILITARISME 231 mérite intellectuel et philosophique de l’adversaire auquel il veut répondre. A ceux qui nous parlent métaphysique, raisonne« ment, expérience, il convient d’opposer la philoso— phie, la logique, le phénomène. En procédant de la sorte, la discussion gagnerait en élévation, en portée et en clarté ce qu’elle pourrait perdre de littéraire,'de fantaisie et souvent d’irritant.
Militarisme est un mot; comme tel il ne doit épouvanter que ceux qui ont peur du mot. Encore n’est-il qu’une acception flétris saute d’une institution nécessaire aujourd’hui, et même conforme aux loisde l’ésotérisme le plus élevé. Il est regrettable de voir certaines intelligences à ce point égosées qu’elles ne conçoivent une idée que revêtue du mot le plus flatteur pour leur manie.
C’est précisément l’idée de sa conception la plus large et la plus vraie que je voudrais faire surgir de ces lignes. C’est à son affirmation expérimentale que je désire parvenir en me dégageant le plus possible de tout esprit d’école.
La sincérité la plus absolue me tiendra lieu du talent qui me manque, et,si cette sin— cérité se fait jour dans cet exposé, j’aurai pour moi- la satisfaction d’avoir été senti par les âmes honnêtes, et c’est là tout ce que je demande. Nul ne saurait méconnaître ce fait que l’idée de la Fraternité universelle soit la plus belle conception de l’état possible de l’humanité.
Je dis possible car il a déjà été réalisé. (Saint—Yves d’Alveydre, Mission des juifs (I). Cette idée sera réalisée le jour où apparai— (x) En vente à la Librairie du Merveilleux, 29, rue de Trévise.
232 L'INITIATION tra l’unique nation terrestre sous le nom « d’Etats unis de la terre » . Suivons la marche naturelle de l’humanité vers ce but idéal. L’unité, dans l’humanité, est l’homme. Le premier effort de cette unité vers le groupement est la famille, effort matériel, inconscient, animal, mais effort qui ne lui en fait pas moins franchir 'un des octaves de cette harmonie, qu’il doit réaliser.
Puis apparaissent la tribu, la nation qui sont autant de nouvelles étapes vers l’idéal humain. Or le plan surlequel se meut l’humanité actuelle est le plan nation ; la famille et la tribu ont été tarifées en arrière dans la marche ascendante qui nous entraîne; d’ailleurs,un simple coupd’œilsur nos frontières suf fit àhous prouver qu’une barrière formidable sépare les nations.
Les forts, les bastions et autres ouvra ges ne sont pas plus des monuments élevés à la fra ternité des peuples que les canons de Bange, les fusils Lebel, les poudres sans fumée, mélinites, roburites, etc., ne sont des pièces d’artifices destinées à la célé brati on d’un 14 juillet international; nous sommes donc bien sur le plan nation.
Considérons d’autre part par quelle suite d’évolu tions l’humanité accomplit les divers stades de sa marche ascendante. Dans chaque plan, homme, tribu, nation,ces diverses unités ont dû lutterdans un mode adéquat au plan sur lequel elles évoluaient. C’est ainsi qu’aujourd’hui la lutte se spécialise sur le plan nation ; elle en revêt le caractère défensif et offensif. Ces considérations nous permettent de donner une tare solide à ce que nous voulons démontrer.
ÉSOTÉRlSME ET MILITARXSME 233 Observons encore que l’accès du plan supérieur est le prix de la lutte sur le plan inférieur, de telle sorte que la dernière heure de lutte sur celui—ci est préci sément la première de l’accès sur celui-là. Un exemple qui offre avec ces transformations successives une frappante analogie est celui si souvent rebattu de la chenille, de la chrysalide et du papillon.
Nous y voyons les diverses octaves représentées avec une similitude absolue, nous observons la che nille parfaite devenir ipso facto chrysalide imparfaite, et celle-ci devenir papillon quand ellea réalisé sa per— fection chrysalidaire. J’ai prononcé le mot « perfec tion. » Ce mot seul signifie victoire, et par cela même accès du plan inférieur au plan supérieur. —— Il faut donc perfection absolue pour obtention immédiate.
Hélas! elle est loin de nous encore cette perfection sur le plan national. Les luttes de famille, les luttes de parti, ou, ce qui revient au même, de tribu, nous rappellent souvent que le plan nation n’a été obtenu que d’une façon hâtive et non dans le calme et la 10— gique nécessaire aux grandes évolutions terrestres. Mais le plan nation n’en est pas moins le plan actuel.
Que convient-il donc de faire aujourd‘hui, sinon de tâcher de réaliser la perfection nationale, qui doit nous donner accès dans le plan humanité fraternelle et comment y arriver ?
Je crois,qu’une morale qui au rait pour principe d’élever les âmes à la conception vraie et fraternelle du mot « patrie » offrirait plus de chances pour l’accès du plan humanité que le sys— tème philosophique qui tendrait à hâter l’évolution naturelle vers ce même plan, sans s’occuper de la réa . . .A 1..nJi. ..u....
7 ,. l ,4. 234 L’INITIATION lisation de la perfection sur le plan patriotique. La carte du monde nous montre les différents plans sur lesquels évoluent les nations actuelles ; leur histoire nous enseigne de quelle manière ces nations sont arri vées à leur plan actuel.
Nous voyons, d’une part, les pays comme l’Angleterre, la Russie, l’Autriche et l’Al lemagne, n’offrir qu’un amalgame sans homogénéité, sans unité, et cachant, sous l’apparence d’une pros périté trompeuse, les plaies sociales les plus épouvan tables. Nous voyons d’autre part la France, et surtout les États-Unis d’Amérique, avoir presque réalisél’unité nationale. Et pourquoi ces différences ?
Parce que dans ceux-ci la perfection sur le plan homme—fa mille et tribu a été réalisé plus complètement que sur ceux-là; que ces derniers ne se sont pas aperçu qu’ils voulaient Obtenir un nombre par un composéd’unités d’espèces différentes, et que les luttes de race et de fa— mille provenant de leur antipathie naturelle ne pou vaient rendre cette unité réalisable que dans l’imagi nation fantaisiste d’un souverain d’un exotérisme farouche.
Que doit faire le chercheur, en présence de ces faits P Il doit s’appliquer, s’ilen a le pouvoir,à diriger tous ses efforts vers la plus grande perfection du plan dans lequel il évolue. Il doit, s’il commande à des soldats, les faire par venir au plan nation après s’être as’suré qu’ils avaient franchi tous les plans intermédiaires.
Pour notre pays, la blancheur du casier judiciaire chez l’homme de troupe est une présomption que ce dernier est déjà plus qu’un anthropomorphe; l’officier doit en faire un
NOTES SUR ELIPHAS LÉVI 235 ...... _..—_-.'æl>< air, un soldat et un Français. Ce sont les moyens employés pour arriver à ce résultat, que certains écri vains ontqualifié de la mauvaise acception de milita risme ; il me semble que les idées de fraternité univer selle dont ils se targuent sont plus rétrogrades que progressistes dans le moment présent. Que font-ils en effet en voulant appliquer leurs théories?
Ils pressent la chrysalide pour en faire sortir le papillon, sans se douter probablement qu’ils peuventlatuer etqu’alors... plus de papillons.
Je crois donc qu’il est sage et pro— gressiste de favoriser le développement de l’humanité dans le plan sur lequel elle évolue naturellement et de bien se garder de chercher à détruire par le talent, ou, ce qui est pire, par la médiocrité une idée qui tend à faire du simple paysan un patriote, c’est—à-dire un par fait au point de vue humanitaire actuel.
Quand nous serons de parfaits nationaux, alors seulement nous pourrons nous préparer avec nos frères de la planète entière aux«grandes luttes de l’hu manité contre les forces de la nature et la caracté— ristique de ce dernier combat sera la volonté éclairée par la sublime lumière de l’intelligence totale. QUŒRENS. iiarrs sur Eurms Etu Le plus célèbre des Mages modernes, un des plus puissants écrivains occultistes, Eliphas Lévi, est mort en 1875. Sa vie, pourtant si rapprochée de nous, est - a .: .,. -. .- . .. ..'n‘!"__TF’X‘TÏ""“E‘
236 L’INITIATION fort peu connue de ses admirateurs, même de ceux qui suivent le plus strictement la voie tracée par lui. Aussi, nous trouvant en possession decurieux renseignements à son sujet, nous avons cru, en écrivant la vie du ' Maître, et en mettant au jour de ses œuvres inédites, être utile aux chercheurs de la vérité, agréable aux es— prits curieux de connaître l’homme à côté du penseur.
Bien des erreurs, bien des calomnies seront relevées ; puisse la gloire d’Eliphas grandir encore un peu. Avant la publication de notre livre, nous avons voulu faire connaître aux lecteurs de l’Inz'tz‘afion quelques-unes des pièces les plus intéressantes pour l’histoire d’Eliphas Lévi. ' * «v 4 Acte de naissance. —— Ce document, qui précise la date de sa naissance, nous vient en droite ligne des papiers de famille d’Eliphas Lévi.
Il nous a été communiqué par M. Pascal qui, enfant, avait en A. Constant pour précepteur. Cet acte de naissance fut délivré par l’église Saint Sulpice, le 30 janvier 1822, sans doute pour la pre— mière communion du jeune garçon. Il nous apprend que Alphonse-Louis Constant, né le 8 février 1810, a été baptisé le I1 du même Mois en l’église Saint-Sulpice. Il était fils de Jean—Joseph Constant, cordonnier, et de J eaune-Agnès Beaucourt, son épouse.
Suit la mention des noms et prénoms des parrain et marraine. Une signature illisible de prêtre est apposée au basde la Note de ‘Bapte‘me, titre officiel de cette pièce que nous n’appelons acte de naissance Q
NOTES SUR ÉLIPHAS LEVI 237 que par analogie. Du reste, en 1810, les Notes de Baptémejouaient un plus grand rôle que de nos jours, carles actes de l’état civil, de création récente, n’étaient pas encore entrés dans les mœurs. Ce certificat nous fait donc connaître la date de la naissance de Constant, les noms de ses parents, le quartier dans lequel il est né (1). Une particularité à noter est le nom de sa mère J. A. Beaucourt.
Plus tard, en effet, le jeune Constant, après avoir fait pa raître sous le nom de l’abbé Constant un ouvrage socialiste très violent, la Bible de la liberté,qui le con« duisit à Sainte-Pélagie, voila son nom et s’appela Constant de Beaucourt, pour prêcher dans le dio cèse d’Evreux et pour publier de curieux ouvrages qui seront analysés à la fin de notre livre.
Bien des gens, frappés du nom d’Eliphas Lévi, lui attribuent une origine israélite; nous venons de mon trer sa naissance parisienne, et d’établir son vrai nom. Eliphas Lévi n’est que la traduction hébraïque de ses deux prénoms: Alphonse (Eliphas), Louis (Lévi)..ll prit ce pseudonyme pour écrire ses grandes œuvres kabbalistiques. à In :4.
Le Dzplôme maçonnique. — Nous nous reportons maintenantà la grande époque d’Éliphas, celle de ses chefs—d’œuvre. Pour compléter ses études, il crut devoir se faire initier à la Franc-Maçonnerie. Il eut tort à notre avis. (1) J.-J. Constant habitait, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés, 11' 5, une rue détruite depuis longtemps.
238 L’INITIATION Il en savait beaucoup plus qu’un 33" et le grade de Maître qui lui fut conféré ne pouvait que nuire à la diffusion de l’ésotérisme. Le serment qu’il dut prêter est la cause de toutes les réticences dont sont parse més ses ouvrages, au grand étonnement et au grand regret de ses lecteurs curieux. Le diplôme est un parchemin plus grand qu’une demi-feuille de papier écolier.
L’impression en est bleue, et lui donne un aspect très distingué. Il porte en tête sur une banderolle la devise: A LA GLOIRE DU G.-. An. DE L’U.'. et l’emblème maçonnique bien connue: au milieu du Soleil un triangle avec l’inscription mm (iod—hé—vau-hé). A gauche, au bas, un sceau timbré portant enlacées les lettres G, 0, F (Grand Orient de France) entre l’équerre et le compas.
Six lignes fort solennelles nous apprennent. que le grade de Maître a été conféré, le 26 avril 186i, au F.'. Constant Louis, homme de lettres, par la R.'. L.'., la Rose du parfait Silence.
Neuf signa turcs expliquées par un luxe de titres pompeux dont l’énumération n’aurait rien d’attrayant (le ‘Repre’sem tant du Grand Maître, les membres du Conss. du G.-. délégués, etc.) forment ce diplôme, extrait d’un registre à souche, ce qui le rend plus précieux encore. Tout en bas, au-dessous des mots Ne Varietur en gros caractères, la signature A.
Constant, la plus remarquable de toutes au point de vue grapholo gique ; ce qui n’étonnera personne. Pour ceux de nos lecteurs qui ignorent la forme des diplômes maçonniques, nous avons décrit celui d’Eli phas, du moins dans ses grandes lignes. L’initiation
NOTES SUR ÉLIPHAS LÉVI 239 usa: ‘n_.{'_'?...J. maçonnique d’Eliphas Lévi était inconnue de tous ceuxà qui nous en avons parlé; le parchemin que nous avons sous les yeux en est la première confirmation officielle. I 4 4 Le portrait. —— Les traits d’Eliphas Levi ne sont guère plus connus que sa vie. Nous aurons le plaisir de reproduire dans notre livre quatre portraits de lui. ..
Quelques mots sur chacun: Le premier représente le jeune Constant à sa sortie du séminaire, c’est-à-dire âgé de vingt-trois ans envi ron. D’après là Théorie des tempéraments de Polti et Gary, bien connue des lecteurs del’Initz‘atz‘on, Eliphas a pour formule B. L. S. N, ce qui peutse traduire par: volonté, ambition, réflexion, activité. Il a le front haut du penseur, fort peu de cheveux, une des mar ques de son tempérament, le visage presque rond.
Ses yeux bleus sont doux, calmes, réfléchis ; la bouche et les joues sensuelles, les commissures buccales légè— rement abaissées indiquent un peu de pessimisme. Une légère moustache et un peu de barbe encadrent les lèvres et le menton. Le second portrait, colorié comme le premier, est l’œuvre d’un de ses amis, peintre de talent. L’exécu tion en est bien plus finie. Le Mage à trente—cinq ans.
C’estle poète des Trois Harmonies (I845).Les cheveux déjà tombés sont remplacés par un bonnet grec. Il porte toute sa barbe châtain foncé. L’expression est changée par la barbe, et la moustache beaucoup plus épaisse. Les douze ans de plus ont mûri les traits qui i
240 L’INITIATION se retrouvent bien les mêmes. Le pessimisme est un peu plus accentué, fruit de dix années de luttes et de souffrances. Il est revêtu cette fois d’une robe de moine brune, avec un capuchon rabattu sur le dos. Son allure vraiment sacerdotale lui faisait préférer la robe dont il se revêtait toujours chez lui. C’est aussi que, dans le troisième, qui le représente en pied cette fois, il porte encore une ample robe noire.
Ce portrait, donné en prime de l’Inz’tz’atz’on, il y \a deux ans, est connu de la plupart de nos lecteurs. C’est le même que le précédent, avec vingt-cinq ans de plus. La barbe a blanchi, la calvitie s’est étendue, mais la concordance des traits est parfaite. Enfin, nous devons à l’obligeance de M. Pascal une belle photographie d’Eliphas Lévi sur son lit de mort.
Aucune remarque particulière sur le portrait; levisage émacié porte les traces de l’agonie. La tête repose paisiblement sur un oreiller que le drap recouvre, les bras sont allongés près du buste ; des tentures noires recouvrent le lit et la muraille. Un grand crucifix est étendu sur la poitrine.
Cette photo graphie est reproduite dans le Traité méthodique de Science occulte, le nouveau livre de notre ami Papus. a a a: Tels sont, présentés en quelques lignes, nos docu— ments les plus intéressants et les moins connus. Nous les tenons à la disposition de tous nos lecteurs ainsi que tous les autres : manuscrits, lettres, poésies, chan sons, dessins (1). Si quelques-uns d’entre eux ont (1) Ala rédaction de la Revue, 29. rue de Trévise,lc mercredi, de quatre à six heures.
OCCULTISME PRATIQUE 24.1 Œ!g:.‘u-fi-__u _.« —- .l connu le Maître ou possèdent des documents con cernant sa vie ou ses œuvres, ils nous rendront service en nous les communiquant et en guidant nos pas à travers les ténèbres de cette existence si remplie dont nous n’avons pas encore soulevé tous les voiles. Nous les en remercions d’avance, et nous comptons sur eux. LUCIEN MAUCHEL. ccuwrsma aarmua Madon, le 27 mai 1891.
MONSIEUR LE DIRECTEUR, Tout le monde sait que les anciens appelaient démoniaques des gens affectés de certaines maladies qu’ils supposaient produites par un démon ou esprit malfaisant qui s’était emparé de leur corps. Bien des affaires, bien des maux étaient mis sur le compte des démons. L’épilepsie, qu’Hippocrate appelle mal sacré, était considérée chez plusieurs peuples, particulière— ment chez les Juifs, comme l’œuvre du démon.
Il y avait aussi d’autres maladies du système nerveux qui provoquaient, chez celui qui en était atteint, une vive agitation se traduisant par des grimaces, des con torsions, des gestes désordonnés, des paroles saccæ dées, par des yeux flamboyants et furibonds. Pendant
2 42 L’INITIATION toute la durée de la crise, le caractère du patient était étrangement modifié, il tenait des discours incohé— rents, dont il était souvent difficile de pénétrer le sens. Ce patient était-il illettré, ignorant dans son état nor mal, pendant son état de crise, il paraissait avoir l’es— prit plus développé, il lui échappait des lambeaux de _citations qui annonçaient chez lui une sorte d’étudi tion.
Parlant ordinairement fort mal sa langue mater nelle, pendant tout le temps que le démon agissait en lui il s’exprimait correctement dans une langue étran gère, dans une langue savante. Si son caractère était habituellement doux et tolérant, tant que durait son accès il se montrait susceptible, irritable, violent, hautain, orgueilleux, insolent.
Il paraissait complè— tement métamorphosé, et, comme l’expression de sa physionomie aussi bien que les traits de son visage étaient transformés, il semblait un autre individu. C’est surtout cette transformation et du physique et du caractère de l’homme qui rendait vraisemblable cette croyance qu’un autre être, un démon s’était emparé de lui, s’était incarné en lui.
Deux êtres diffé rents avaient pour ainsi dire élu domicile dans un seul et même corps. S’il y avait chez les anciens de nombreux démoniaques, il y avait aussi beaucoup de gens, soit prêtres, soit philosophes qui faisaient pro fession de chasser les mauvais esprits, les démons.
Apollonius de Tyane, célèbre philosophe et thau maturge, dit un jour à un jeune fat pompeusement paré et surchargé de joyaux comme une femmelette, qui avait l’air de le persifler, qu’il était possédé d’un démon. — « Moi? » répliqua le jeune freluquet, et il
“è‘,"‘s“ ’*‘=."-Α ' , r, l - | OCCULTISME PRATIQUE 243 se mit à éclater de rire au nez et à labarbe du philo sophe. Mais son rire avait'je ne sais quoi de nerveux et de convulsif. En même temps, ses yeux paraissaient se précipiter hors de leurs orbites; il gesticulait d’une façon extravagante, son corps s’agitait; il remuait les jambes et les pieds, il ne pouvait tenir en place, il piaffait.
Il continuait de rire, mais d’une façon qui ressemblait à un hennissement, et enfin il reconnut qu’il ne se sentait plus dans son état ordinaire, et qu’il n’était pas impossible qu’un démon se fût, sans qu’il s’en doutât, emparé de sa personne.
Apollonius, pour lui prouver qu’il ne se trompait pas, ordonna d’une voix impérieuse et ferme au démon de quitter celui dont il avait pris possession, et d’agiter et d’ébranler sur sa base une statue qui était à quelques pas d’eux, ce qui eut lieu en effet.
Le philosophe avait à peine fini de parler que le calme complet reparut soudain dans le corps du jeune fat, tandis que la statue fut remuée et ébranlée si fort qu’elle serait tombée de son piédestal si des personnes témoins de cette scène ne l’avaient soutenue. A partir de ce moment, le jeune élégant, frappé du pouvoir du philosophe, renonça à sa vie frivole, et devint un de ses plus fervents dis ciples.
Je me suis demandé bien des fois si ce que nous appelons force psychique n’avait pas au moins une certaine analogie avec ce que les anciens appelaient les démons. Je me suis demandé aussi si cette force n’était pas pourvue d’une faible dose d’intelligence. Grâce à la force psychique projetée hors du corps de mes sujets que j’appelle sensitifs7 j’ai pu faire mouvoir
244 L’INITIATION des objets inanimés à distance et sans contact. J’ai produit ces effets merveilleux, non une fois par hasard, mais des centaines de fois, car mon esprit est tellement frappé que je ne puis me lasser du spectacle de ce miracle, et que je ne cesse de répéter l’expérience jusqu’à satiété. Cette force est souvent capricieuse: tantôt elle se manifeste d’une façon frappante dès le début, tantôt elle se fait longtemps désirer.
Il m’est arrivé plusieurs fois de perdre patience, et, ennuyé d’attendre trop longtemps, de gourmander impérieu sement les objets à déplacer comme si leur inertie provenait de leur fait. Quel n’a pas été mon étonne— ment, quelle n’a pas été ma stupeur de les voir se mouvoir et se déplacer à mon commandement! Je n’ai pu en croire mes yeux, je n'ai voulu d’abord y voir que l’effet d’une coïncidence provoquée par le hasard.
Aussitôt que les Objets eurent repris l’état de repos, je réitérai mon commandementzles objets se déplacèrent de nouveau et coururent d’un bout à l’autre du guéridon, théâtre des hauts faits de mes sensitifs. Vingt fois j’ai répété mes ordres en redou blant d’impériosité, et quatorze ou quinze fois les objets ont obéi docilement et ponctuellement.
Maintenant, pourquoi sur vingt fois les objets sont— ils restés cinq ou six fois sourds à mon commande ment? . _,J’en donnerai une explication toute simple et toute naturelle. Les objets qui se déplacent obéissent à l’im pulsion qui leur est dOnnée par la'force psychique qui se dégage du corps des sujets. Or, le dégagement .n’a pas lieu constamment, il ne se produit que par r! “lu-3* ._’IE] h'
- OCCULTISME PRATIQUE 245 intermittence. La projection de la force psychique est une perte pour le sensitif. Il faut que cette perte soit réparée; tant qu’elle n’est pas réparée, il n’y a pas pro jection, et, pour que les objets obéissent, il faut que mon commandemenet coïncide avec la projection. En réalité, ce ne sont pas les objets inanimés, et par eux-mêmes inertes, qui obéissentà mes ordres, c’est la force psychique projetée.
C’est elle qui est douée d’intelligence, et non les objets. Je dis douée d’in telligence, parce que je considère l’obéissance et la docilité comme le privilège d’êtres intelligents; ce qui est inintelligent et inanimé ne saurait obéir, ne saurait être docile. La force psychique dont je fais usage met en mouvement et déplace toute espèce d’objets. Je place les objets destinés à mes expériences, comme je l’ai dit, sur le plateau de mon guéridon.
Mes sensitifs se tiennent à trois pieds de distance de la table. Je place au milieu, et parallèlement, à quatre centimètres de distance l’un de l’autre, deux bou chons de liège, et je leur dis : « Binez-vous. » (Expres sion du pays qui signifie « embrassez-vous >>.) Les deux bouchons se rapprochent aussitôt et se touchent.
Je leur dis: « Séparez—vous. » Ils se séparent et s’éloi gnent l’un de l’autre à une assez grande distance, tantôt un décimètre, tantôt deux et même trois déci mètres, suivant le degré de force psychique émis par les sensitifs. Je leur dis encore : « Rapprochez-vous. » Ils se rapprochent I — « Eloignez—vous. » Ils s’éloignent! — « Rapprochez-vous. » Ils se rapprochent de nou veau I —« Allez chacun de votre côté. Ils vont chacun à une extrémité du plateau. Je dis séparément et à tour
246 L’INITIATION u de rôle à l’un des bouchons : « Prends ton élan et saute. » Le bouchon recule un peu, puis court rapidement et saute par—dessus les bords du plateau. Je dois dire, pour ne pas sortir de la vérité,que cette dernière expérience de prendre son élan et de sauter réussit le plus sou vent, mais pas toujours; cependant la grande majo rité des cas est en sa faveur.
La force psychique ne me semble pas avoir l’intelligence toujours présente; par fois elle ne semble pas bien comprendre les ordres qui lui sont donnés. Quand je dis à un objet: « Mar che », il marche toujours, c’est-à-dire qu’il se déplace et court sur le guéridon ; le commandement est assez simple pour que la force psychique ne puisse pas le comprendre.
De même quand je dis aux bouchons de liège « bidez-vous » ou « séparez-vous », mais « prends ton élan et saute » commence à être un peu compliqué. Cependant, dans la grande majorité des cas, l’ordre est compris et ponctuellement exécuté. Je déplace aussi au commandement des porte-mine en bronze d’aluminium et en argent.
Il arrive assez sou vent que quand je dis àun objet, à un porte—plume ou à un‘porte-mine : « Tourne », il tourne sur lui-même et il décrit soit un quart, soit un demi-cercle, soit un cercle entier, suivant le degré de force psychique qui lui imprime le mouvement.
L’obéissance et la doci lité sont, je le répète, selon moi, des marques évi dentes d’intelligence, et j’en conclus que la force psy— chique, qui m’a paru presque constamment docile et obéissante, doit être pourvue au moins d’une faible somme d’intelligence. Le démon qu’Apollonius a expulsé du corps d’un jeune muscadin devait être
occur_xnsm PRATIQUE 247 aussi intelligent puisqu’il a obéi à l’ordre que lui a donné le philosophe d’ébranler une statue après être sorti du corps dont il s’était emparé.
Cet ébranlement de la statue agitée par l’esprit invisible me paraît avoir quelque rapport, quelque analogie avec les objets déplacésà mon commandement par la force psychique de mes sensitifs, et cette force occulte et intelligente à laquelle l’antiquité donnait le nom de démon, si elle n’est pas identique à la force psychique, elle doit néanmoins avoir avec elle un degré quelconque de parenté. , ' Recevez, monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments les plus dévoués. HORACE PELLETIER.
248 L’INITIATION räîermrur fiACRÉE (Suite) Par tout ce qui précède, et par quantité d'autres travaux que nous pourrions mentionner, on voit que l’âme humaine est généralement considérée comme un brillant foyer, comme une flamme échauffante et éclairante. Ceci explique jusqu’à un certain point que de toute antiquité, chez un très grand nombre de peuples, on ait adoré le Soleil, soit comme Dieu, soit comme intermédiaire de la Divinité.
Le Soleil, en effet, pourrait bien n’être que la réu nion, l’agglomération de purs esprits. Cette hypo thèse, qui peut paraître bien osée en la. présentant ex abrupte et sans commentaires, devient admissible, logique même, si on veut bien l’étudier.
L’âme humaine, bien des personnes aujourd’hui le savent, est composée, formée de l’az’ther ou substance primordiale (akasa), sorte d’électricité qui éclaire et qui réchauffe; de tout temps les initiés ont connu ce fait que l’âme, dans certaines circonstances, peut se _ montrer, se mouvoir sous la forme d’une boule ou plutôt d’un disque lumineux.
Donc une grande réu— nion d’âmes peut former un puissant foyer delumière et de chaleur; dès lors, on peut très bien admettre que le Soleil, composé d’une agglomération de purs esprits, beaucoup plus épurés et partant beaucoup plus lumineux que l’âme humaine, soit un monde
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 249 ‘ Æ. , . supérieur au nôtre. L’âme humaine, en effet, serait un intermédiaire entre les âmes des esprits des eaux et des âmes des esprits du feu. Ceux-ci seraient même les créatures les plus élevées dans l’échelle des êtres. « Le feu a été la cause première du Cosmos. Dieu, a dit l’initié Moïse, Dieu est un feu consùmant.
Ce feu, bien différent du feu élémentaire, qui n’est que son symbole, a une nature visible et une nature mys térieuse. Cette nature occulte, secrète, se dérobe sous l’apparence visible, sous la manifestation matérielle. L’apparence visible, à son tour, se dérobe sous la na— ture occulte. Autrement l’Invisible est visible aux Voyants. Le Visible est invisible aux profanes.
C’est à-dire que les profanes.ne savent pas distinguer l’Es prit sous la forme. Les Védas enseignaient déjà ce dogme originaire, quand ils parlaient d’Agni, le feu suprême. Ce feu de Simon (le Mage), c’est le feu d’Em pédocle ; c’est celui de l’antique Iran. C’est le buis son ardent de la Genèse. C’est encore l’lntelligible et le Sensible du divin Platon, la Puissance et l’acte du profond Aristote.
C’est enfin l’Etoile flamboyante des Loges maçonniques. « Dans les manifestations extérieures du Feu pri . mordial sont renfermées toutes les semences de la matière. Dans sa manifestation intérieure évolue le monde de l’Esprit. Donc ce feu contenant l’Absolu et le Relatif, la Matière et l’Esprit, està la fois l’Un et le Multiple, Dieu et ce qui émane de Dieu. Ce Feu,cause éternelle, se développe par émanation. Il devient éternellement.
Mais se développant, il demeure, il est stable, il est permanent. Il est celui qui EST, qui a _ __ | , _ ;wæ_—-v——— YVF H
250 L’INITIATION _,-N ,,_..... ÉTÉ et qui SERA, l’Immuable, l’Infini, la Subs tance (1)! Cette idée que Dieu est le Feu revient trop souvent dans toutes les théogonies pour ne pas mériter de fixer notre attention, disons mieux pour ne pas être prise en sérieuse considération.
Mais nous n’insisterons pas en ce moment sur cette grave question qui mériterait de très longs dé—I veloppements pour être élucidée, et nous nous occu perons de pérégrinations del’âme et de la doctrine de la réincarnation chez les Égyptiens. Le Livre des morts nous a donné déjà des rensei gnements fort utiles au sujet des pérégrinations de l’âme ;le Livre des Respirations nous en fournira sur la Réincarnation. IV. — Réincarnation.
Le dogme de l’Immortalité de l’âme et celui des transmigrations étaient tout à fait distincts chez les Égyptiens. La réincarnation dans des existences successives est exposée d’une manière évidente dans ’ le Sinsz’n (en égyptien Sha-en), c’est-à-dire dans le Livre des Respirations, composition religieuse, écrite en écriture hiératique et qui a été publiée par Vivant Denon dans son Voyage en Egypte, pl. 136(2).
Comme (r) Jules Doinel dans la ‘Revue The’œophx‘que, t. II, p. 245. (a) Le Sinsin a été écrit par un prêtre d'Ammon du nom de Hor sa-A5et (Horus, fils d‘Isis) ; il a été réédité et traduit par Bru sch sous le titre de S'aiau-Sinsin et publié à Berlin en 1851. J. de orrack a. traduit le même texte et l'a analysé en un volume in- , avec 7 pl (Paris, Ifl'7j). Ajoutons que cet auteur afait son éIude d après lepapy rus même u musée du Louvrc. La rédaction de cet écrit est attribuer. à. Thoth même. "' y
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 2 51 le lecteur va le voir par l’analyse succincte d’une par tie que nous allons en donner, cet écrit a des analo— gies frappantes avec le Livre des morts, principale ment avec les chapitres Lll à LXX. On plaçait le Sin sz'n auprès de la momie avec un exemplaire du Livre des morts et du Lz'we des étapes de l’éternité.
Ce livre (le Sinsin), dit le texte, fut composé par Isis pour Osiris, afin de ranimer son corps et rendre la vigueur de la jeunesse à tous les membres divins du corps de son frère, afin qu’il fût réuni au Soleil son père,la Lumière divine,que son âme s’élève au ciel dans le disque mêmede la Luneet que son corps resplendisse dans la voûte du ciel, comme la constellation Sahu (c’est-à-dire Orion) ; que parlui le prophète d’Ammon Ra, Hor-sa-Aset, prenne une forme, de même que s’il était dans les champs Elysées.
Cache ce Livre. Cache le! Ne le communique à quiconque. Son éclat est seulement destiné au mort dans l’Amenti, afin qu’il revive des vies très nombreuses dans le vêtement de l’innocence (c‘est-à-dire dans sa forme astrale).
Allons, Osiris Hor-sa-Aset, tu es pur, ton cœur est pur, tes parties antérieures sont pures et ta partie pos— térieure purifiée; ton intérieur est lui-même rempli de matières purifiantes (c’est-dire d’aromates, de natron, d’huile de cèdre, etc.). Osiris Hor-sa—Aset a été purifié par la lotion des champs de Hotep, située au nord des champs de .Sanehemu.
Les déesses Uaz‘z’ et Necheb l’ont purifié dans la huitième heure du jour et la huitième heure de la nuit. Ainsi arrive, Osiris Har-sa-Aset, entre dans la
2 52 L'INITIATION salle de la double vérité; tu es purifié de tout péché et de toute mauvaise action ; Pierre de Vérité est ton nom (1). Allons, Osiris Hor-sa-Aset, entre au Duaut, entre dans ta grande pureté. Les deux déesses. de Vérité t’ont purifié dans la salle du Dieu de la terre, tes membres l’ont été dans la salle du Dieu de l’air. Tu as la faculté de contempler comment Ra, en tant que Toum, se livre au repos.
Ammon te donne le souffle, Ptah la forme, et avec Ra tu t’avances vers l’horizon (vers l’Occident). Ton âme est divinisée dans la demeure de Qeb (le dieu Temps, le Chronos des Grecs), tu es bien heureux. Allons, Osiris Hor-sa-Aset, ton nom et ton corps restent et ton Sahu divin germe!... Tu es ressuscité...
Les parties de ton corps se matérialisent dans ta forme corporelle; tu manges avec ta bouche, tu vois avec tes yeux, tu entends avec tes oreilles, tu parles avec ta bouche, tu marches avec tes jambes. Ton âme est divinisée dans le ciel pour accomplir toutes les existences (les transformations) qui te plairont.
Tu peux respirer sous l’arbre sacré, sous le Perséa, etc., etc. Ce qui précède suffit à faire comprendre l’esprit de (1) Dans la morale égyptienne la VÉRlTÊ ioue un très grand rôle. « La lumière, dit Eugèue brébaut (Hymne à Ammon-Ra), est l‘instru ment dont le dieu se sert pour communiquer à la matière Inerte ce vrai, dont il est la source unique.
Comme en venant dans son soleil gour vivifier le monde et lui apporter la vérité (Ma), il le divise en eux re‘510ns, la vérité est dou e: il y a la Ma du Midi et la Ma du Nord. La double vérité est identifiée quelquefois avec les deux yeux du soleil, desquels jaillit la lumière du Midi et la lumière du Nord.
Il Ceci explique donc parfaitement cette expression :Entre dans la salle de la daubleve‘rite', ainsi que ce qui suit de notre analyse du Livre des respi rations. ' Il
?.’;‘. _ _-‘4.». 253 ce livre, qui témoigne d’une façon évidente de la réincarnation chez les Égyptiens ; nous ne mention— nerons donc que quelques autres passages; mais ils sont topiques : L’EGYPTOLOGIE SACRÉE « Dans tous les lieux qui te plairont ton âme de nouveau respirera..... Ton âme vit, tu accompagnes Osiris. De nouveau tu respires dans Resta ('1’)...
Ton âme vit tous les jours dans Tatton et dans Sen— saour, ton âme vit tout le jour dans la région supé rieure..... « Allons, Osiris Hor—sa—Aset, ton âme vit par le Livre de la résurrection.... Ton‘ cœur t’appartient ; tes yeux t’appartiennent, et chaque jour ils s’ouvrent!
Qu’Osiris Hor-sa-Aset soit reçu dans l’autre monde, que son âme puisse y vivre encore et toujours; que le Ka (1) soit récompensé dans son lieu de repos; qu’enfin il reçoive le Livre de résurrection, afin qu’il puisse se ranimer. Cet écrit se termine par une prière des morts qui confirme également le dogme de la réincarnation chez les Égyptiens. (A suivre.) J. MARCUS DE VÈZE.
Lire la suite dans le numéro de février 1891 (100 vol., n° 5, p. 445). (I) Le terme égyptien Ka signifie périsprit, corps astral.
PARTIE LITTÉRAIRE La Vie d’un Mari Qui possède en soi une vérité doit la produire au jour, donc je dois dire celle-ci :je pourrais cependant hésiter, car je connais les insupportables et niais ergo— teurs, âpres à,l’objection, quicontesteraient le leverdu soleil, parce qu’il ne le peuvent s’expliquer.
Ceux-là ne manqueront pas de me demander de qui je tiens le récit ou plutôt l’exposé qui va suivre; ils seront hargneux parce que, se persuadant qu’ils ne pourraient en avoir l’identique notion, ils aflirmeiont que nul ne peut ni ne pourrait la conquérir.
De leurs sens bornés, ils constituent la limite infranchissable que nulles facultés ne doivent franchir. le ne tenterai même pas de leur expliquer que de tout ceci je n’ai rien-vu-rien—entendu-rien-perçu, dans les conditions admises par leurs sciences étroites et négatrices.Si j’essayais de formuler que cela a pénétré en moi par uneendosmose, parune imbibition de l’in cOnnu, sans point de contact appréciable pour les intruments enregistreurs les plus délicats, sans que les fils conducteurs, établissant la communication entre les plans psychiques et physiques, aient pu se révéler . ._!.:-_
BATRACIEN MÉLOMANE 2 5 5 _ . _l-I.F tangiblement ou même intellectuellement, dans le sens restreint de la compréhension humaine, qu’il s’est fait entre l’être qui est moi et l’astral dont je vais parler une sorte de précipitation analogue à celle qui s’opère dans un bain galvanoplastique, toutes propor tions gardées entre le pondérable et l’impondérable, les gens pour qui 1+1 ne peuvent faire que 2—et jamais plus ni moins—me regarderaient avec une stupéfiance ahurie, tandis que dans leur imagination de IOgiciens abêtis s’évoquerait la silhoutte d’un cabanon, meublé de camisoles de forces.
En fait, que les possesseurs dela science finie s’arrê— tent ici et n’outrepassent pas cetteligne: il est deslueurs que leur daltonisme ne peut concevoir : entètés de raison, encroûtés de bon sens, ignares impénitents, qu’ils restent en leur impeccable et stupide mollus— querie: c’est pour les fous que j’écris, pour ceux qui se dressent, s’allongent et s’étirent, en une sublime tentative de lévitation,'pour au-dessus et au delà... au dessus du visible, au delà du mensonge de la vie... \ Donc, tous aimés, écoutez. _ JULES LERMINA. (A suwre.) BATRAGIEI‘I MÉL@MAIIE (Suite et fin.) Je n’étais donc pas damné. Qu’est-ce qu’un enfer sans démons, sans broche et sans brasier P .\__.Vc_c.‘—W_.M. \. .v--<
256 L’INITIATION Mais je n’étais pas non plus dans le paradis. Aucun ange ne jouait de la trompette, personne ne chantait hosanna. Il faut avouer qu’avec mon éducation rudi mentaire et mes idées encore enfantines, j’étais un peu efirayé de la monotonie des occupations célestes; le programme des joies promises me semblait assez restreint. Et puis, au point de vue musical, je redoutais l’éclat strident des trompettes.
Pardonnez ces réticences, ces hésitations à l’igno rance d’un esprit incapable de s’élever au-dessus des conceptions matérielles et confondant la pensée avec son symbole. N’étant ni au ciel ni en enfer, ma position était donc celle du pécheur que la pénitence_doit épurer. Je ne doutai pas que, grâce à l’intercession de la très sainte Vierge Marie, mon acte de repentir, rapi dement formulé au moment de la mort, eût été accepté au ciel.
Toute incertitude cessa lorsque j’entendis ces paroles retentir au dedans de moi-même : « Jean de Trinquemar, tu avais reçu le charme « d'une singulière beauté physique et celui d’une « voix irrésistible. Ces avantages extérieurs ont été « pour toi des instruments de péché. Tu les as em « ploye’s à satisfaire des passions coupables en « outrageant ton créateur.
Ton âme rebelle, gonflée « d’orgueil et pleine de convoitises, sera enfermée « dans une hz’deuse enveloppe. Tu échangeras la « belle forme humaine qui pour toifut une pierre « d’achoppement contre celle d’un animal impur. Tu « perdras aussi cette voix qu’il fallait employer à
BATRACIEN MÉLOMANE 257 « chanter les louanges de Dieu si prodigue debien « faits à ton égard. « De ce que tu possédais pendant ton passage sur « terre tu ne conserver-as que la douceur du regard « et UNE SEULE NOTE de ta belle voix. « A tous tu inspireras horreur, répulsion et dégoût.
« Quand, faisant taire ces impressions premières, « une créature humaine, prise de compassion, deui— « nera en toi une âme soufi’rante, alors ton supplice « sera abrégé. » —— Ha dea! me dis—je, grant mercy. Moult villain loudier seray-je si madame Yolande ne fiche sur moi pitoyable regart rencontrant celui de mes yeux et ne s’esmeut à l’ouyr ma voix.
Il lui faudra par force se ramentevoir nos plaisantes chansons et, touchiée en sa bonne et doulce nature, elle descouvrira embusche et traîtrise de fortune et me recognoistra en si rude estrif. AdQnC, moult plorant, elle dira: « Paouvre chier parfaict et léal amy, dans quel grant meschief tu t’es bouté ! » Et vecy comme par dolente pitié d’i celle j’auray recouvrance.
Plein de ce confiant espoir, je dirigeai vers la fenêtre d’Yolande un regard suppliant. Le coude appuyé sur la balustrade, le menton dans sa main, les yeux fixes, elle semblait suivre une de ces longues contemplations intérieures dans lesquelles souvent ma voix plongeait son âme rêveuse. Derrière elle parut le page portant l’arbalète et le vireton. Quelle stupéfaction, monsieur, en me recon naissant moi-même!
Ce page avait mon pourpoint, ma toque, mes chausses, mes attitudes et cette élé .. a... ........_ ..... .. .., _ ..._ _.\ .._...«..a.‘_... M _.,...._ _.M_-»—-—......,-««M" 'ÎIML...À 9
2 58 L’INITIATION / /‘.F.æ"g 7 1.» -:‘r—"Œ—— — f gance de manières qui m'ouvrait, avec l’accès des plus nobles maisons, celui des cœurs les mieux gardés.
Un coup d’œil plus attentif me fit reconnaître mon serviteur Aubert, ce maître fripon qui, ayant hérité de mes hardes, me volait mon apparence et, le dirais—je, mes amours. ‘ Oui, monsieur, je le vis s’approcher familièrement de M“ Yolande, jouer avec la mousseline de son hennin et lui parler bas en se penchant vers elle.
Et elle, quittant son attitude méditative, se retourna en souriant, si bien que, enhardi,l’audacieux manant lui passa le bras autour de la taille. * « Ah ! ah ! renégat, vil goujat, vermine d’ar goulet, valet de carreau, je vais rabattre tes coutures! Je t’apprendra! à te mirer dans mes plumes et à porter ainsi le nez au vent ! Il te faudra rentrer dans ta pous— sière et cracher ton venin, mauvais reptile...
Et vous, vous, noble dame, n’êtes—vous qu’une gouge trop prompte à la traitrise? Vous expierez tous deux votre félonie trop énorme l... » Proférant ces imprécations ou d’autres semblables, je bondis, c’est-à-dire que je me traînai piteusement vers la fenêtre et, le fiel tout gonflé, je m’écriai ; « HLLOU! HLLOU! » Un éclat de rire frais, mutin, saccadé, retentit aussi« tôt.
Yolande, comme accablée par les efforts de l’hila— rité, s’appuya sur l’épaule du page en disant : — Pare ton vireton, gentil archier. Vecy la besteÇ Le projectile s’enfonça à quelques pas de moi. , Bouillonnant de fureur je criai : « Maladroit! »y mais je prononçai : « HLLOU!... » ' / ---v—m«w»w..ænæW»«flmræ.mvw-, —r—rN.r-w -
BATRACIEN MÉLOMANE 259 — Mal advisé es-tu, paouvre Aubert, dit Yolande à travers ses éclats de rire pendant qu’un second vireton venait s’émousser contre la pierre sous laquelle je m’étais réfugié.
Un peu confus, Aubert demanda : — M’amye, pour grâce, d’où te vient si grande liesse ? — Pour ce que, dit—elle, pour ce que la beste a chanté comme ton maistre Jehan de Trinquemar à qui Diex pardoint; je cuydais l’ouyr de rechef et le mistère de si estrange ymaginacion m’a quasi boutée hors de sens. Le pleutre, trouvant aussi l’idée drôle, rit à gorge déployée. Cependant Yolande était mon seul espoir.
Puisque, entre la voix de l’immonde reptile et celle du beau ménestrel, elle avait retrouvé quelque analo— gie, ne finirait—elle pas par me reconnaître P Hélas! jamais elle ne me rencontra sans faire un geste d’horreur et appeler quelqu’un pour me tuer. ' C’est avec un désespoir mêlé de je ne sais quel aigre et méchant_plaisir que je la vis descendre les degrés de l’infamie. Sa vraie nature m’apparut dans sa hideur.
La misérable Yolande était une messaline en hennin. Aubert, congédié assez lestement, fut remplacé par un grand diable de haquebutier qui revenait de l’expédition d’ltalie avec Charles Vlll. Puis succéda un clerc de procureur; du clerc elle passa à un argoulet, picoreur effronté, après quoi elle to,mba dans le fantassin. Alors je me dis : ‘ —-— Moult paouvre beste suis—je de maintenir telle ,__Ÿ_‘L_ , ..\.,.. ... .
260 L’INITIATION follie. Plus ne m‘appartient songier et muser en ceste faulse fiance. Bien plus chier aimeray-je cent fois mourir de rechef, estre tormenté de gehenne, avoir membres tout arrachés que plus entretenir briefve pensée de recourir à icelle donzelle barboteuse traî nant mesquine vie à travers vilennie, ordure et ver goigne.
Diex, qui m’a tollu l’usaige du parler, orra bien ce ser ment qui vuidera de la profondesse d’un cueur tant marry. Ores je promets de couraige ferme, arrestée et estable opinion, attendre libéracion et soulas sans me plus travailler I’ymaginacion pour cause de ceste tant dévergondée et concupiscente guenipe qui trop joue du bas mestier ! M"‘e Yolande mourut comme elle avait vécu, honteuse et déclassée.
Je pleurai longtemps sa pauvre vertu tombée ; mon amour expiatoire et douloureux poursuivit son souvenir jusqu’au delà des mystérieuses limites du jugement. V . Le château passa entre les mains d’un cousin éloi-i gué qui en fit abattre une partie et réparer l’autre. A l’époque où le froid engourdit les batraciens je m’étais réfugié sous ma pierre pour y passer la mauvaise saison dans l’état léthargique auquel ils sont condam— nés.
En me réveillant je ne vis que ténèbres; de toute part je me heurtais contre des parois humides. L’air m’arrivait raréfié à doses infinitésimales à travers les pores de la pierre... Au-dessus de moi retentis— ’5‘.’ï_J ;-.2 ;,».aæ._, pou_’ ,
BATRACIEN MÉLOMANE 26 I saient des pas et des voix d’hommes. C’est que ma grossepierre venait d’être employée pour la bâtisse et les ouvriers m’avaient scellé dans mon cachot, ’ Qui pourra désormais penser à la pauvre âme murée P Comme esprit j’aspirais toujours vers la lumière de la patrie et les splendeurs célestes, mais, d’autre part, je demeurais homme sous l’apparence du reptile. Homme sans corps ? direz-vous.
Il existe, monsieur, un corps qui échappe à vos sens à cause de l’extrême subtilité de la substance qui le constitue. Avez—vous entendu des invalides se plaindre de douleurs dans leur membre absent? Les avez—vous vus gratter furieusement une jambe de bois? Étendez ce fait par tiel au corps entier et vous aurez quelque idée de la situation qui m’était faite.
Pressé, aplati, réduit à un volume impossible, j’é— tais écrasé sans relâche par le poids de la muraille. L’air ne suffisant pas, j’éprouvais les lentes et perpé tuelles tortures de l’asphyxie. Vous connaissez ces cauchemars où,pour échapper à une souffrance, on fait d’inutiles efforts sans que les membres. devenus inertes, obéissentà une volonté toujours active. C’est un cauchemar semblable qui pèse sur moi depuis quatre cents ans.
Mon agonie s’est immobilisée pendant que douze générations se succédaient au-dessus de moi. _ Sous François 1" j’ai eu une lueur d’espoir; le châ teau fut presque totalement rasé, mais on respecta ses fondations et je demèurai emprisonné. ' 7 Condamné à cette torture indéfinie, privé même de
262 L’INITIATION -ur-w-_.-. , la farouche consolation qu’apporte l’espoir de l’anéan— tissement total, je finis par me résigner. Courbé sous la main qui me châtiait, je retrouvai ma confiance dans la miséricorde divine. Et des pensées plus douces descendirent graduellement en moi. Je commençai à étudier les hommes et à les plaindre. Ma souffrance n’étant plus si complètement égoïste perdit, en s’élargissant, quelque chose de son inten sité.
Je m’étudiai à enchaîner les passions furibondes, toujours vivaces, qui, comme des chiens faméliques, me dévoraient les entrailles en hurlant au dedans de moi. Raoul, Yolande, Aubert, trio abhorré que, dans l’exacerbation d’une sauvage haine, j’eusse voulu torturer pendant l’éternité, ne me parurent pas plus coupables que la majorité des hommes.
Je trouvai même la force de leur pardonner, d’abju— rer toute rancune, en pensant qu’ils souffraient peut être comme moi, et de prier Dieu d’adoucir leur sort en même temps que le mien. Aussitôt j’éprouvai un soulagement immense. Spiritùalz’sé, je ne sentais presque plus la souffrance inhérente aux formes matérielles.
Esprit toujours enchaîné, mais esprit supérieur aux misères terrestres, je pus regarder celles-ci de haut avec une sympathique commisération. On naissait, on mourait au-dessus de moi; chaque génération, entrant dans la vie comme une troupe d’acteurs en scène, me donnait le spectacle uniformé ment varié des turpitudes de l’humanité. J ’élevais la voix en criant : —- Frères, vous vous perdez l
.........- .- Landaus—z ! . .,v ' BATRACIEN MÉLOMANE 263 Pouvaient-ils savoir que le chant monotone d’un animal immonde était la plainte d’une âme gémissant sur leurs âmes! ' Entre beaucoup d’hommes encore vivants et moi je reconnus une singulière analogie. Il existe de pauvres êtres timides, laids, gauches et maladroits, âmes d’élite dont une enveloppe ridicule étouffe les manifestations.
' Puisse le juge n’être pas trop sévère, malheureux crapauds comme moi, si la souffrance vous rend par— fois envieux et méchants! VI Quatre siècles de ténèbres ne m’ont pas fait oublier le rayonnement du soleil.
Je pensais souvent que le ciel arrondit toujours sa voûte bleue, que les oiseaux gazouillent sur les arbres quand l’aube blanchit à l’horizon ; que les fleurs embaument les bois au prin— temps, que les insectes luisent sous les gazons verts; qu’au matin, les gouttes de rosée flamboient comme des diamants tandis que l’alouette chante en montant droit au ciel comme la prière de l’innocence vers Dieu.
Ainsi s’élançaient mes aspirations vers les splen— deurs de cette terre que le créateur et faite si belle pour nous. Mais mon désir, perçant les nuages, mon tait plus haut encore. Par delà les horizons rêvés, au-dess’us des étoiles, . dans ces vides immenses qui séparent les mondes, au k . . - I ,«- c-..—._pvvvw___wæsnc—.-Wv»vv-——ss—ww '>“1-«,_j’y-«mmm'vv-"w 1‘ ‘ l'. A.
264 L’lNITIATION foyer même de l’amour éternel d’où procède la vie, voltigeait mon audacieuse pensée. Et voilà qu’un grand palmier d’or se mirait dans un fleuve roulant des cascades de lumière. Chaque flot était une harmonie, une musique plus douce que les soupirs du vent faisant onduler les cordes de la harpe éolienne. Les accords vibrant dans les ondes lumineuses me causaient des éblouissements exta tiques.
Et je vis des anges monter et descendre à travers l’immesuré. Ils portaient dans des coupes d’opale tous les gémissements de la création. Je redescendis avec la légion céleste. Une jeune fille priait agenouillée; son ange gardien l’entourait de ses ailes comme d’une alcôve protectrice. " Les messagers du paradis s’approchèrent d’elle; autant qu’eux-mêmes elle était blanche, et tout bas ils lui disaient : Ma sœur!
Souriant avec confiance, l’enfant priait pour ses proches, pour sa mère morte, pour son père trop absorbé par les intérêts matériels; elle priait pour tout ce qui souffre dans ce monde et dans l’autre,, pour les âmes du purgatoire, et aussi pour l’inconnu dont la note plaintive répondait chaque soir à ses mélodies. Ah!
Monsieur, l’harmonie est un langage divin dont la signification mystique est comprise seulement par les âmes pures comme celles de votre fille. Les anges s’envolèrent et je les vis monter, monter, puis disparaître derrière les vapeurs bleues comme une guirlande de fleurs que disperse le vent._
m:v‘1‘ç"’vm-zy w-»inv'ä . u . . ... ."‘<*.. r ‘_‘71.< .‘4I'Zflaä-fl’dflÎ'-- l l.a .o ñnu'nuu .r. _ . BATRACIEN MÉLOMANE 265 La prière de votre fille est exaucée. Je lui dois l’a doucissement de ma peine. Volant au milieu des fleurs et des parfums, m’élevant jusqu’à la cime des arbres, je me rapprocherai de ma patrie jusqu’au jour de la rédemption complète. Adieu, monsieur Debray, votre fille est un ange!
Lorsque Jehan de Trinquemar prononça ces mots, je vis son visage pâlir; son corps devint diaphane et s'évapora comme un nuage de fumée. Seul son ‘regard persista quelques instants, calme et doux; puis je ne vis plus que sa toque et la plume de paon dontelle était ornée. De cette plume elle—même il ne resta bientôt que la tache bleue épanouie à l‘extrémité.
Cette tache se transforma en un'papillon qui volti gea à travers les plantes de la serre et disparut... ’ Comme je m’élançais après lui,je rencontrai Hélêne dans l’encadrement de la porte. — Ma fille, tu es un ange! —- Je crois que vous rêvez, cher père. -— Non, je ne rêve pas. Ne l’as-tu pas senti te frôler tes cheveux ? '— Qui ? ‘ * —-— Le beau papillon... c’est l’âme que tu viens de sauver. R. DE MARICOURT. FIN .|
266 L’INITIATION lLE MlRAGE , Courbé sous les rayons d’un soleil implacable, Parfois le voyageur perdu dans le désert Aperçoit, au lointain, dans la plaine de sable, Une eau vivequi coule au pied d’un palnzz‘ervert. Il accourt, haletant, s’agenouille et se penche Avide de tremper sa lèvre à ce flot bleu, Mais, au lieu de toucher l’onde où sa soif s’étan [che, C’est un sable brûlantque mord sa bouche enjeu.
Hélas! souvent ainsi, dans le désert du monde, Le poète altéré croit trouver en chemin L’amour,fraiche oasis, où l’Espérance blonde Semble luifaire signe et lui tendre la main; Il approche et, bientôt, le mirage s’efl’ace: Son rêve n’est plus là, frais, jeune, étincelant; L’âpre réalité vient en prendre la place, Et sa bouche ne mord que le sable brûlant. CHARLES DUBOURG.
IL"IJ@ËXS L’Initiation vient d’avoirÎun des plus grands honneurs qu’aient jamais reçus une Revue française. \ Ce qui reste, a notre époque, de l’Inquisition, une
L’INDEX 267 congrégation de fanatiques saintement ignorants, vient de mettre notre revue à l’Index en compagnie du magistral ouvrage de M. Renan. Le 44 Parisien » du Mot d’ordre a fait à ce sujet un fort spirituel bavardage; une foule de journaux de tous pays reproduisent l'arrêt de Rome. Résultat : Affluence des demandes de l’Initiation chez notre éditeur, augmentation imprévue des abonnements et encouragements multiples venus de nos abonnés.
Nos lecteurs n’appartiennent pas au monde clérical et pour cause, aussi ne regrettons-nous qu’une chose, c’est que cette petite fête ne puisse se renouveler tous les jours. Voilà doncl’Initiaz‘ion < collègue » de Fabre d’Olivet et collègue » de Fabre d’Olivet et de Victor Hugo sans compter Renan ; ce n’est pas déjà si mal que cela pour un début. A quand le Traité méthodi que de Science occulte ?
Voici, à titre de document, le décret: DECRETUM Feria V die Maii 189x Sacra Congregalia Eminentissimorum ac Reverendissi— morum Sanctæ Romanæ Ecclesiæ Cardinalium aSANC— TISSIMO DOMINO NOSTRO LEONE PAPA XIII Sanctaque Sede Apostolica Indici librorum pravæ doctri— næ, eorumdemque proscriptioni, expurgationi ac permis sioni in universa christiana Republicâ‘ præpositorum et delegatorum, habita in Palatio Apostolico Vaiicano dîe 14 Mati 1891, mandavit et mandat, proscripsit proscri— bitque, veI alias damna6a atque proscripta in Indicem librorztm prohibitorum referri mandavit et mandat quæ sequuntur Opera : Histoire du Peuple d’Israël. par Ernest Renan, membre de l’Institut, professeur au Collège de France, tomes I, II, Il]. — Paris, Calmann—Lévy, éditeur, rue Auber, S, et boulevard des Italiens, 15, à la Librairie Nouvelle, 1889-1891. L’Inîtidtian, revue philosophique indépendante des Hautes Études. Hypnotisme” Théosophie, Kabbale,
268 h’INITIATION Franc-Maçonnerie, Sciences occultes. — Rédacrion, 29, rue de Trévise, Paris. . Cours élémentaire de Philosophie, rédigé conformément au programme du Baccalauréat ès lettres du 22 janvier 1885, par M. Théodore Delmont, licencié ès lettres. Deuxième édition revue, corrigée et considérablement augmentée. — Paris, Putois-Cretté, libraire éditeur, rue de Rennes, go, 1888. Decreto diei 13Aprilis 1889.
Auctor [audabiliter sesubie cit et Opus reprabavit. Les Congreganons Romames, guide historique et pra tique par Félix Grimaldi. — Sienne, imprimerie San Bernardino, 1890. Decreto S. Ofl’wii Feria IV die 29 apnlis 1891.
Itaque nome cujuscumque gradus et conditionis prædicta Open: damnata nique proscripta, quocumque loco et quocumque idiomate, out in posterum edere, dut edita legere vel retinere audeat, sed locorum Ordinariis, aut hæreticæ pravitatis Inquisitoribus en tradere teneatur sub pænis in Indice librorum vetitorum indictis. Quibus SANG TISSIMO DOMINO,NOS TRO LEONI PAPÆ XI]Iper me iry’rascriptum S. I.
C. a secretis relatis, SANC TI TAS S UA Decretum probavit, et pro mulgaripræcepit. In quorum/idem, etc. Datum Romæ, die 14 Maii 18g}. CAMILLUS CARD. MAZZELLA. ' PRÆFECTUS. FR. HYACINTKUS FRATI 0rd. Præd. Congreg. S. Ind. aSecretis. Loco -jSigilli. Die 21 IWdii 18gr ego infrascriptus Mag. Cursorunz testor supradictum Decretum afi’1xumetpublicaiumfuisse in Urbe. Vincentius Benaglia Mag. Curs.
VARIÉTÉS 2 69 WanuErEs BULLETIN DE LA CRÉMATION La Société pour la Propagation de la Crémation vient de publier son dixième bulletin annuel. Comme la majo rité des Occultistes de toutes écoles sont partisans de l’incinération des cadavres, nous croyons être agréable à nos ‘lecteurs en extrayant pour eux de cette brochure in-8 quelques détails sur les progrès de ce mode funé raire dans les deux continents et particulièrement à. Paris.
Dans tous les pays où la question a été posée sans que les défenseurs de la crémation aient pu encore obtenir gain de cause, la lutte se poursuit ardente; les Sociétés déjà constituées ne cessent de recruter des adhérents, leurs organes de publicité conquièrent chaque jour de nouveaux lecteurs, de nouveaux groupements s’orga nisent; des fonds sont recueillis, avec quoi sera entre— prise la construction de crématoires dès que la liberté des funérailles aura été décrétée.
Tel est le cas en Prusse, ' en Autriche, en Danemark, en Hollande. Là où l’incinération est légalement facultative, comme en Suède, à Hambourg et dans le grand duché de Saxe Cobourg-Gotha, le nombre des crématiotxs s’accroît rapi dement d’année en année. La Suisse, principalement avec le crématoire de Zurich, occupe un des premiers rangs dans ce mouvement en avant. L’Italie est de toute l’Europe le pays le plus en progrès à ce point de vue. .
L’Angleterre_pourtant menace de la dépasser avant peu. Quant aux États-Unis, ils sont incomparables en cela comme en toutes choses. Jonathan a pris la crémation au sérieux; de l’Atlantique au Pacifique et des Grands LaCS à la mer du Mexique, il constitue compagnies sur sociétés, multiplie périodiques et conférences, édifie un peu partout crématoires et columbariums.
270 L’INITIATION Le Japon, lui, brûle dix mille morts par an. En France, le nombre des incinérations a été l’an der nier triple de celui Constaté en 1899 ; la Société pour la Propagation de la Crémaiion a inscrit dans la même période cent cinquante-sept adhérents nouveaux; enfin on va construire deux nouveaux crématoires à Paris (au cimetière de Montmartre et à celui de Montparnasse), un à Lyon et un à Rouen.
Ces progrès doivent être attribués, d’abord au zèle jamais las des crémationnistes, qui répandent de toutes parts des articles de plus en plus pressants, des bro chures substantielles, des livres même, et qui parlent des conférences éloquentes comme celles de M. Frédéric Passy et du Dr Bourneville à la fin de l’an dernier.
Puis au choléra qui a sévi en Espagne l'autre été, choléra déterminé par le bouleversement d’un.cimetière, et qui a fait réfléchir bien des gens sur les conséquences ter— ribles de l’inhumation.
Enfin à la publicité donnée à l’in cinération par la condamnation que le Saint-Office, approuvé par le Pape, a prononcée de ce mode funé raire; condamnation portée à la connaissance des cathœ liques du diocèse de Paris en mars 1890 parles soins du cardinal archevêque de Paris et qui a mérité le blâme— des écrivains les plus modérés, par exemple M. Jules Simon, et les moqueries de la plupart.
L’excommunication est la plus fructueuse des réclames, -— l’Initiation s’en est aperçue, depuis que Rome l’a interdite.
Le succès de la crémation serait bien plus considé rable, si les formalités administratives n’étaient, particu lièrement en Europe, accumulées et compliquées à souhait pour rendre illusoire la liberté des funérailles dans les pays où elle a été décrétée, et si les frais d’une incinération n’étaient relativement trop élevés pour que toutes les personnes qui désirent que l’on brûle leur cadavre veuillent ou même puissent en imposer la charge à leurs héritiers.’ Un autre obstacle à la propagation de la crémation, est qu’une infinité de gens s’imaginent, ou que les partisans de ce mode funéraire militent pour obtenir que les gouvernements la rendent obligatoire, ce quiest absurde,
VARIÉTÉS 2 7 I ou qu’ils en font une question de je ne sais quelle païen nerie, ce qui est non moins inepte, puisque le pays le plus catholique du monde, l’Italie, est celui qui jusqu'ici a pratiqué l'incinération le. plus activement: vingt-cinq villes y possèdent des crématoires, Milan en a même deux ; puisqu’en Angleterre quinze évêques se sont prononcés pour l’abandon de l’i: humation.; puisque en fin les cérémonies de tous les cultes peuvent être accom plies avant, pendant et après la réduction du cadavre en poudre à peine palpable ; aux États-Unis de vastes et luxueux temples sont même adjoints aux crématoires à cet effet.
Mais ce n’est point un plaidoyer que j’ai à écrire ici. Je veux seulement appeler l‘attention de nos lecteurs sur la Société pour la Propagation de la crémation qui, fondée à Paris en 1880, compte déjà cinq cent soixante membres, au nombre desquels se rencontrent quatre vingts dames. Ces adhérents appartiennent à toutes les situations sociales: maintes notabilités politiques, scien tifiques, littéraires, artistiques, coopèrent très efficace ment.
Le président est le D" Bourneville, le secrétaire général, M. l’ingénieur Georges Salomon, le président d’honneur, M. Alfred Kœchlin; sont vice-présidents: M. Frédéric Passy, de l’Institut, et le D“ Henri hapias.
Sont membres donateurs les adhérents qui offrent au moins 100 francs à la Société lors de leur admission, membres titulaires ceux qui paient une cotisation an huelle de 5 fr. à 100 fr., et membres adhérents ceux qui versent chaque année de I a 5 fr. Le siège est chez le secrétaire général, 112 bis, boulevard Malesherbes.
C’est à la pression exercée par cette association sur les corps délibérants que la France doit la loi sur la liberté des funérailles, promulguée il y a trois ans. et la cons— truction du crématoire du Père-Lachaise. Et elle s’efforce de répandre des notions saines sur le mode funéraire qu’elle préconise, le seul satisfaisant au point de vue sentimental et par conséquent religieux comme au point de vue hygiénique et par conséquent social. A.-C. T.
z72 ‘ L’INITlATION N08 ABOTRBB A toute époque, on a vu d’éminents conférencxers soulever l’enthousiasme d‘un auditoire ému par l'élo— quence de leurs accents, mais on n’en avait pas encore vu le transporter jusqu’à la gare Montparnasse et bien au delà des murs de Paris vers les bois de Chaville et de Viroflay.
C’est pourtant ce que vient de faire cette semaine un de nos apôtres, émule de Jésus et de Bouddha prêchant l'un sur les bords du Jourdain, et l’autre sur les rivages du vieil lndoustan. Cet apôtre est M. Léon de Rosny, savant conférencier dont les échos de la Sorbonne retentissent tous les lundis de cette éloquente voix.
La salle exiguë et peu digne du conferencier pbligeant parfois la foule des visiteurs à rester à la porte, a sug. géré, pour cette raison, à M. Léon de Rosny, l’idée de transporter son auditoire vers les bois fleuris où le prin temps exhale au mois de mai, ses senteurs de lilas. Cette idée originale, peu usitée à notre époque, mais puisée aux sources des vieilles traditions,'a réussi au— delà de toutes espérances.
Les fidèles de M. Léon de Rosny, au nombre de quinze, s’étaient réunis gare Montparnasse au départ du train de Chaville, à deux heures cinq minutes.
Un wagon au complet où sont montés les disciples de l’apôtre conférencier, a été seul témoin des préam bules de la conférence qui, sous forme de causerie, s'est poursuivie dans les bois de Chaville, par unelégère brume tombant du ciel comme une rosée sur le groupe attentif, jusqu’à cinq heures où il a regagné le chemin de Paris.
C'est vraiment une heureuse innovation que ces excur— sions en plein air dont le but est de faciliter aux disciples de M. de Rosny les questions posées par ceux-ci à son autorité, sur la science du bouddhisme ésotérique. Ils n’ont pas manqué d’user de cette faveur auprès de
L’OEUVRE DE n"‘° RENOOZ 273 l’illustre conférencier et maître dont tous ont reçu satisfaction, autant qu’ilse peut dans une promenade de deux heures. Ajoutons que la mesure innovée par M. Léon de Rosny est des plus hygiéniques et bien faite pour dispo— ser l’âme et l’esprit à saisir les choses de l‘au-delà.
Nous souhaitons voir de nombreux disciples se joindre au groupe des quinze premiers dans ces excursions que tous nos docteurs parisiens approuveront certainement. Ml“!
ROGER DE NESLE. hœuvaz in: !M““ Rzjvooz Mm° Céline Renooz, désireuse de faire connaître les recherches qu’elle poursuit et qui l’ont amenée à poser les bases de la Nouvelle Science, se propose d’offrir chez elle des éclaircissements verbaux, suivis de discussions, sur ces théories, dans le but de former un corps de professeurs qui puissent, dans un avenir prochain, don— ner un enseignement supérieur libre où seraient exposés les Principes fondamentaux d‘une Religion nouvelle.
Elle invite les personnes qui s’intéressent à ces atta— chantes études, et surtout celles qui souhaiteraient par ticiper à cet enseignement, à profiter des beaux jours de l'été pour venir écouter les développements qu'elle énoncera des doctrines esquissées dans les livres de la Nouvelle Science. Ces' réunions auront lieu chez elle, à Meudon, rue des Ruisseaux, 7, tous les dimanches de trois à six heures.
On s’y rend : Soit par le chemin de fer de Montparnasse, en des cendant à la station de Meudon, suivre la rue de l’Ar— rivée, le sentier de la Bourgogne, la rue de la Croix-du Val, la ruelle Saint-Germain, au bout de laquelle tourner à gauche dans la rue des Ruisseaux; Soit par le même chemin de fer, descendre à la station
2 74 L’lNITIATION de Clamart. prendre la l'omnibus jusqu’à la rue de Sèvres, monter celle-ci jusqu’à la place Marquis, suivre l’avenue Schneider jusqu’à l’octroi de Meudon, des cendre à droite le chemin de Fleury jusqu’à la rue des Ruisseaux, et tourner à gauche dans celle—ci; Soit par le tramway qui va de Saint-Germain des-Prés à Clamart en passant par la gare Montparnasse, la rue Lecourbe, Issy et Vanves, descendre de la voiture dans Clamart à la rue de Sèvres, et continuer comme plus haut; Soit enfin par le bateau qui part du pont du Carrou sel, descendre au ponton du Bas-Meudon, monter par le sentier des Blancs jusqu’à la station du Haut-Meudon.
On peut encore prendre le nouveau chemin de fer des Moulineaux, soit à Saint-Lazare, soit au Champ de Mars, et descendre à la station des Moulineaux ou à celle du Bas-Meudon. REVUE DES RE VUES OCCULTISME: L‘UNION OCCULTE FRANÇAISE. — Cette revue va bientôt changer son titre. Le n° du 16-31 mai contient une bonne étude de Phal N05e, étude surtout philosophique, la suite de l’article de Fadray sur le Médium occulté et une Revue de la Presse, par H.
Sylvestre, polémiste intran sigeant. Le n° du 1°“—15 juin contient un Appel à la Paix par B. Nicolaï et la reproduction de l’article de M. Sausse paru dans le Moniteur. L’Érotut (Mai {891). — Étude d'Alber Jhouney sur les phénomènes spirituels. Nous sommes étonné de n’y voir aucune mention des théories ni des travaux du D' Luys à propos des phénomènes hypnotiques. Bon article de Jules Doinel: Glose gnostique sur l’Évangile de Jean. Étude de l’abbé Roca. ,;;L
REVUE DES REVUES 275 Nous apprenons aussi par ce numéro l'existence d‘une Ligue française de la Croix Blanche, société destinée à « développer le sentiment et la pratique de la pureté chez les jeunes gens ». Dans le n° de juin, nous trouvons quatre articles de M. Jhouney, quatre belles études de René Caillié, un article de Doinel et une déclaration de l'abbé Roca qui se consacre exclusivement à son nouveau journal le Socia— liste chrétien.
Signalons surtout le compte rendu de l’Ésote’risme dans l’art, ouvrage d’Emile Michelet, et la suite de l’étude sur les Phénomènes spirituels. . M. Jules Bois a fait à Paris plusieurs conférences sur l'occultisme qui sont résumées chaque mois par I’Etoile. PHILOSOPHIE GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS SWEDENBOR crans LIBRES (avril 9|). —- L'Aurore de la Vie, étude des plus sérieuses de M. Lecomte, continue.
Le transformisme est l’objet de l’article de ce numéro. Nous voudrions trou ver des travaux de cette valeur dans les revues spirites. M. Lecocq rapporte un fait curieux d’envoûtement tout récent. Nous remercions cette revue de la façon impartiale dont elle étudie toutes ces questions et de la citation qu’elle fait de l’Initiation.
SPIRITISME Z L'extrait du prochain volume de Stanislas de Guaita a déchaîné une série d’articles où les procédés les plus violents de polémique sont employés. Il est vrai que ces arguments, tirés de cervelles en ébullition, ne valent même pas la peine d’être pris en considération. La forme est d’autant plus violente que le fonds est moins solide.
Il est si facile d’attaquer des doctrines qu'on connaît à peine, mais aussi que le réveil est pénible! Nous allons dire quelques mots de ces articles à propos de chacun des journaux où ils ont paru. Nous ferons nos efforts pour éviter les termes adéquats aux accusations dirigées contre les occultistes. En voici un extrait, tiré de discours prononcés le 30 mars. ‘
2 76 L‘INITIATION ' '._'F.rfl Les occultistes sont : Des rhéteurs, des sophistes; Des épaves morales des siècles passés ; De pauvres mirmidons; Des chauves-souris du passé ; Des blasphémateurs voulant réduire leurs pauvres contemporains en servitude morale et intellectuelle. o On les accuse encore : De sortes et vaniteuses prétentions; D’élucubrations mystiques et nébuleuses; De formuler l’ésotérisme par des signes abracada— brants; De le fonder sur des bases sériaires plus ou moins imaginaires; De faire une guerre peu loyale; De vouloir édifier le culte d’une magie ténébreuse sur les ruines de la Raison (l) et de la Vérité (l).
L’œuvre néfaste est terminée tandis qu’à la doctrine spirite réunit en elle les vérités contenues dans les sys— tèmes religieux et philosophiques. Enfin : Tous les sophismes, tous les dogmes, sinistres produits de l'ombre, disparaîtront pour faire place au soleil de la Vérité! représenté parla Science l Allons tant mieux!
REVUE SPIRITE (juin 1891). — Là c’est un instituteur, M. Metzger, qui critique l’extrait du volume de Guaita publié par l’Initiali0n. ' Toute son argumentation tendant à trois accusations1 injustice, violence, mauvaise foi, est basée sur la lecture d’un seul ouvrage, celui de M. de Mirvillç.
Si Stanislas de Guaitaa pris la peine de remonter jusqu'aux sources, nous verrons se reproduire pour M. Metzger ce qui est arrivé déjà une fois Où il attribuait à la légère à divers auteurs des contradictions pour ne pas avoir pris la peine de recourir lui-même aux sources. Nous ne pouvons que regretter de voir M. Metzger ignorer l’existence de la loi du progrès agissant, non pas
REVUE DES REVUES 277 enligne droite mais en spirale dans l’involution, et de le voir attribuer à Papus des idées dans ce genre : « Vous avez étélmystifié et déçu par un élémental, c’est-à—dire par une cellule embryonnaire. ) Pour expliquer la constitution de l'homme, Papus a pris comme exemple un cocher. un che valet une voiture et pourtant qui viendrait dire :"« Vous avez été trompé par l’esprit de votre mère, c'est—à-dire par un cocher defiacre ? > Je crois M. Metzger assez ins truit pour éviter de pareilles erreurs qui couvrent de ridicule celui qui les commet.
La cellule embryonnaire agit dans l’homme comme l’élémental dans la nature; mais l’un n’est pas l’autre. ‘ Nous verrions avec plaisir un docteur en médecine reprendre cete question des rapports du Spiritisme et de l’Occultisme. Cela nous éviterait de pareilles études. La Revue spirite doit bien compter parmi ses rédacteurs un anatomiste ou un physiologiste sérieux. Avec lui une discussion aurait quelque intérêt.
Le spiritisme, consi déré scientifiquement, est en effet une branche de la Biologie, et, de même que pour parler cuisine il vaut mieux s’adresser à une cuisinière qu’à un mathémati cien, pour parler Biologie il est préférable de s’adresser à un biologiste plutôt qu'à un ancien officier ou à un commerçant. Chacun est maître en sa spécialité; mais combien l’on aime en sortir le plus souvent possible !
LE MONITEUR SPIRITE ET MAGNÉTIQUE de Bruxelles est > exubérant de drôlerie. M. Bouvery, à qui l’1nitiation a refusé un article por tant des attaques‘ toutes personnelles, ce qui n’est pas notre genre, se plaint dans plusieurs lettres. Puis vient le grand article les Voiles se déchirent, où l’on prétend que l’occultisme cache soigneusement l’enseignement sacré.
Et nous qui avons consacré à cet acte sombre: 1° Une revue mensuelle de cent pages, plus grosse que la plupart des revues spirites ; 2° Un organe hebdomadaire de huit pages, format de journal,_luxe auquel n’atteint aucune des sociétés spi rites ex15tantes; .. 3° Une série d’ouvrages dont le dernier a r,roo pages gr. in_-8.
2 78 L’INITIATION Pour des gens qui cachent les doctrines, c'est assez fort, « sais-tu, monsieur i)? ' Quant à M. Sausse, cela devient absolument amusant. Nous ne voudrions pas faire de peine au bouillant polémiste qui prétend détruire les théories de l’occul— tisme comme c ou crève une bulle de savon », mais nous serions bien curieux de savoir où il a appris la logique.
Il suffit d’ouvrir le volume du Congrès spirite ou spirimaliste, oul’Initiatian,oumieuxle Traité méthodique de Science occulte pour voir comment Papus cherche à démontrer: 1“ Que le périsprit des spirites, corps astral des occul tistes, répond absolument à. ce que les biologistes mon dernes appellent la vie dans l’homme; ' 2° Que la vie (périsprit ou corps astral) est localisée d’une part dans le sang qui la charrie, d’autre part dans le grand sympathique qui la conserve.
Comme partout où est le contenant le contenu se trouve généralement, on peut dire : « C’est donc le sang, c’est—à-dire la pie, qui établit les rapports entre le corps et la volonté. )’,>Ï' Mais voilà, M. Sausse n’est pas biologiste, et alors. . . écoutez. _ D'où je dois conclure logiquement (?) fatalement: « Si le sang est la vie, si la vie et le périsprit c’est la même chose, donc le périsprit c’est le sang. » Mais, mon bouillant monsieur Sausse, l'alcool est con tenu dans le vin et pourtant le vin n’est pas l’alcool, quoiqu'on puisse dire: (( Mettre du vin, c’est-à-dire de l’alcool, à'la disposition des faibles, c’est encourager l’ivrognerie. ) Comment appelleriez-vous un logicien (3) qui dirait d’un air entendu: - ' « D’où je dois conclure logiquement (?) fatalement que l’alcool, c’est le vin, et, comme le vin est rouge, l’alcool est rouge. » Vous lui conseilleriez, n’est-ce pas, d'ouvrir un traité de logique à l’article s_yllogisme.
Vous accusez les occultistes d’étaler leurs diplômes ou leurs titres avec orgueil; mais il me semble que quand ils sont attaqués par de tels arguments il ne peuvent que
REVUE DES REVUES 279 faire deux choses: ou éclater de rire, ou demander des adversaires capables de les comprendre quand ils parlent science. Sans rancune, n’est-ce pas 1’ Enfin cet intéressant numéro du Moniteur finit par une lettre ou « un ami » écrit quelques réflexions sur l’analogie de la musique et des couleurs, à propos de l’article de Camille Chaigneau.
L’« ami» ignore une chose, c’est que les principes supérieurs ne sont pas incarnés dans l’homme, ce qui fait qu'encore une fois cet « ami » aperdu une excellente occasion de se taire.
En voilà une revue qui doit apprendre le calme à ses lecteursl , * Du reste, pour en finir avec ces polémiques ridicules, voici la lettre adressée par notre directeur à cette revue. ( Paris, le 25 mai 1891. < A MONSIEUR LE DIRECTEUR A MONSIEUR LE DIRECTEUR Du Aloniteur Spirite de Bruxelles.
« Dans une « Déclaration personnelle » publiée par l’Initiation, le Voile d’Isis et l’ Union occultefrançaise, j’ai, une fois pour toutes, établi mon dire au sujet des rapports de l’occultisme et du spiritisme. ( J’estime que la polémique ne sert à rien, ne prouve rien, n’enseigne rien. Aussi vous trouverez bon que je laisse passer, sans y prêter aucune attention, les attaques parues ou à p raître dans votre estimable revue.
J’ai l’habitude de produire des œuvres en réponse à toutes les critiques. D’autres, impuissants peut-être à rien créer de solide, préfèrent attaquer inconsidérément les uns et les autres. Chacun est libre et toutes les opinions sincères sont pour moi respectables.
« Les branches du Groupe indépendant d’Études éso tériques deviennent chaque jour plus nombreuses; des auteurs, présentant de sérieuses garanties d’érudition, se joignent sans cesse à nous. Rome même, émue de notre marche progressive, vient de nous faire l’honneur .
280 L’INITIATION de mettre l'lnitiation à l’index en compagnie du dernier ouvrage de M. Renan; ce sont là des raisons multiples qui nous montrent que beaucoup sont de notre avis. ( Aussi suis-je décidé à continuer le chemin poursuivi sans m'attarder en route, confiant en la devise: Patientes quia fortes. ( Veuillez agréer, etc. « Parus. ) C’est dire que l'Initiation est absolument décidéeà refuser désormais toute communication portant un caractère personnel.
LE SPIRlTISME (6 mai 1891). —Discours divers pronon cés sur la tombe d‘Allan Kardec. On trouvera d'aimables extraits de ces déclarations plus haut. La LUMIÈRE (27 mai 1891). — On parle quelquefois de combles ; mais il n’en est pas d'aussiforts quela ( critique» des œuvres de H. P. Blavatsky, par Lucie Grange.
Là les occultistes, ces monstres, sont accusés de venir dé truire les « saintes » influences de N.-S.-J.-C. et de la Vierge Marie pour mettre 41 le diable » à la place.
Que, diraient les spirites si on leur servait des extraits de la LUMIÈRE (revue spirite) comme ils découpent à droite et à gauche les extraits des divers auteurs en occul« tisme? ‘ MAGNÉTISMEZ - LE JOURNAL DU MAGNÉTISME publie en ce moment des études de valeur faites par son directeur,H.Durville.Le nu méro du 1°']uin 1891 contient un article sur le Magnétisme dans les Maladies aiguës, puis des Conseils pratiques et enfin une bonne revue bibliographique par Fabius de Champville,que nous remercions particulièrement de son compte rendu du Traité de Science Occulte. LA CHAINE MAGNÉTIQUE continue à publier le résultat (a. -
REVUE DES REVUES 28 I des expériences magnétiques faites soit par M. Auffinger, sont par M. Pelletier. M. Mond, dont le journal est mort, envoie quelques correspondances aux revues magné tiques. La REVUE pas SCIENCES PSYCHOLOGIQUES ILLUSTRËB con tient de très bonnes études de Moutin sur le Magnétisme pratique. Fabre Des Essarts, Georges Tissot, A.
Goupil, publient des articles qui, tous, dénotent une tendance marquée aux études strictement scientifiques. Cette revue est appelée à un avenir mérité, si elle continue dans cette voie. Signalons particulièrement dans le numéro de mai l’étude de A. Goupil et le récit d’expériences très bien conduites, puis l‘amusante visite de Gaston Cazalis à une ( somnambule fin de siècle ).
SOCIALISME : LA RELIGION UNIVERSELLE (mai 1891). — Dans un excellent article, Socialisme révolutionnaire et Socialisme conciliateur, Ch. Fauvety analyse l’état actuel du socia lisme d’après le mot de M. John Lemoine à propos du I" mai : « C’est le socialisme qui commence son 89. - Après deux bonnes études de. MM. Bearson et Cour tépée, M. P. Verdad publie une excellente conférence qu’il a bien fait de tirer à part pour la propagande.
Nous en parlerons aux livres reçus. —— M. Bearson commence une étude de l’Occulte qui promet d’être intéressante. Le numéro se termine par un extrait du dernier volume de Léon Denis. REVUE socmusra (mai ISgI). — Cette revue, est-il utile de le dire? tientla tête du mouvement intellectuel socialiste.
Outre une étude de très grande portée de Benoit Malon sur les Monopoles d’Etal, signalons parti culièrement l’application de l’esthétique au socialisme par Robert Bernier. Il y a là une tendance qui mérite d’être vivement approuvée. LE DEVOIR de Guise (Aisne) (mai 189 I). —- Ce numéro est principalement consacré à l’exposé des aVantages de -.—«
282 L’INITIATI ON l'organisation du Familistère comparativement aux autres organisations proposées. Le Alouvement féminin et la Question de l’arbitrage sont surtout l’objet d’études spéciales dans cette revue. La RÉNOVATION continue à traiter du fouriérisme et de l’unitéisme par la plume de son savant directeur Hippolyte Destrem.
É TRANGER Langue anglaise : THE THEOSOPHIST (Adyar Madras). — A signaler deux importantes traductions: Gharba Upanishad of Krishna Yagur- Veda, Thara-Sara UpanishadofSukla Yagur-Veda. Langue espagnole : Les revues spirites françaises devraient bien prendre modèle sur les œuvres publiées en Espagne. La REVISTA DE ESTUDIOS PSICOLOGICOS de Barcelone est, en moyenne, vingt fois supérieure aux Revues spirites de Paris.
Il est vrai que sa rédaction est composée d’hommes instruits qui s’occupent d’étudier impartialement au lieu de se disputer. Quand on veut avoir des nouvelles du mouvement spiritualiste dans le monde entier, c’est à la Revue de Barcelone qu’il faut s’adresser. Dans le numéro de mai 1891 la Revue du mois (Cronica) ne tient pas moins de 13 pages gr. in-8 imprimées en petit texte.
Barcelone vient de prendre la tête de deux importantes créations: 1° Une fédération générale pour l’Espagne de groupes spirites; 2° Une loge maçs. d’études initiatiques à base spi ritualiste.
REVUE DES REVUES 283 Félicitons vivement le vicomte de Torres Solanot de son incesssant labeur. LAS Homs DE PROPAGANDA (feuilles de propagande), destinées à être envoyées gratuitement à grand nombre, sont aussi fort bien rédigées par les membres de l’ ( Union scolaire spirite internationale » siégeant à Barcelone. Cette feuille tire actuellement à 4,000 exemplaires. BOLLETIN SANXTARIO DE SEVILLA. -— Le D' J.
Fernandez Ballesteros, qui dirige ,cette publication, est lauréat du_ Groupe indépendant d’Etudes ésotériques (diplôme d’hon neur) et président d’une branche locale. C'est dire toute la place que les questions philosophiques tiennent dans sa savante revue. REVISTA ESPIRITISTÀDE LA HABANA (mai tSgr).— Là aussi on poursuit l’organisatoin de la grande fédération spirite cubaine. La réussite est proche.
Ce numéro com mence la publication du Règlement général de cette fédération. La Revue spirite de la Havane lutte pour le bon combat dans une région où le catholicisme règne encore en souverain incontesté. Langue italienne : LUX, de Rome, est aussi une des meilleures publications faites à l’étranger. Grâce au savoir de son directeur, Hoff— mann Giovanni, une large place est faite à l’occultisme autant qu’au spiritualisme en général.
On cherche dans la Lux à propager la Vérité sans distinction d’écoles ni de personnalités. C’est là le véritable but à atteindre. Rappelons que M. Hofl‘mann Giovanni S.'. I.'. estle cor respondant général du groupe ésotérique à Rome. Il sera sous peu à la tête d’un mouvement plus important encore.
Le numéro de mai contient des articles du Dx Franz Hartmann, de Sinnet sur l’occultisme, de Bauet et Myers sur Home et sa mission, plus des études spiritua—
284 L’INITIATION listes de V. Cavalli, Gino Fanciulacci, Dr Nicola San tangelo, M. T. Falcomer, etc. Langue portugaise . VERDADEELUZ (Brazil) (avril 1891). — On sait les rigueurs du nouveau gouvernement du Brésil qui con. sidère les spirites comme des escrocs et a consacré un article spécial du Code pénal à la punition des spirites, magnétiseurs, etc., qui tenteraient de pratiquer sur le territoire national.
Aussi faut-il féliciter Verdade e Lu; (Vérité et Lumière) des efforts tentés pour défendre la cause spiritualiste dans de si dures conditions. Langue hollandaise : \ HET Rozaxnurs (Amsterdam). — Revue exclusivement occultiste. Le dernier numéro contient la traduction d’articles de Papus et plusieurs études importantes sur le magné tisme et la théosophie. Cette revue tire déjà à 1,200 exemplaires.
L’A’jjaire Guai’taæBauvery PROCÈS-VERBAL A la suite d’un article paru dans le Moniteur Spirite et Magnétique, M. Stanislas de Guaita,se jugeant person nellement visé, a prié MM. Paul Adam et GeorgeVanor de vouloir bien demander à M. J. Bouvéry, auteur de cet article, une rétractation écrite ou une réparation par les armes. ‘ 'A.*., v'‘
LIVRES REÇUS 28 5 M. Bouvéry a constitué, pour le représenter, MM. A. Auzanneau et G. Delanne. Après un attentif examen de l’article incriminé et une sérieuse discussion, les témoins de M. Bouvéry ont déclaré, au nom de leur client, qu‘il n’avait jamais eu l'intention d'offenser personnellement M. de Guaita et qu‘il regrettait quel’allure de son article eût pu motiver cette interprétation.
Dans ces conditions, les quatres témoins ont, d‘un commun accord, déclaré qu‘il n’y avait pas lieu à ren— contre. En foi de quoi ils ont signé ce présent procès-verbal. Fait double, à Paris, ce 23 mai I89I. Pour M. Bouvéry : G. DELANNE, A. AUZANNEAU. Pour M. de Guaita: PAUL ADAM, GEORGE VANOR. LIVRES R@ÜS G’est entièrement à l’insu de la Rédaction qu’un pros pectus du Kama-Soutra a été encarté dans notre dernier numéro. Plytofl'.
LES SCIENCES OCCULTES, 1 vol. in-18 de 320 pages avec 145 fig.; prix, 3 fr. 50. Excellente étude des diverses branches de l’occul tisme. Remercions l’auteur pour les éloges qu’il donnne àl’lnitialion et au Groupe d'études ésotériques. Nous reparlerons du reste de ce travail. U.-N. Badaud. Cour D'ŒIL SUR LA MAGIE AU XlX° SIÈCLE. I vol. in-18, Dentu, 3 fr. 50.
Récit de diverses expériences faites à la salle des con— férenœs par Papus, a la Charité par le D“ Luys, plus une analyse des travaux de Crackes et des faits étudiés
286 L’INITIATION par le curé d’Ars, le D' Gibier, le comte de Laborde.etc. Ce volume à peine paru est déjà presque entièrement épuisé. P. Verdad. DE LA murs, encore de la haine, toujours de la haine, paroles adressées à des amis religieux et aux amis du socialisme consolateur. Prix, ofr.25 à Nantese Le discours de M. Verdad est fort beau.
Mais il faut comprendre qu’à notre époque on ne fera triompher les doctrines spiritualistes qu’en luttant pied à pied contre le matérialisme; or la lutte nécessite des combats por tant autant sur les œuvres de réalisation que sur le plan intellectuel. Leslois dela bataille veulentqu’on sache sacrifier sans défaillance tout à la réussite de l’idée, quitte à relever les vaincus après le combat.
Tous_nos efforts tendentà l’amour universel; mais cet idéal ne sera atteint qu’au prix de luttes douloureuses, mais nécessaires. Ceux. qui luttent, s’ils sont vraiment spiritualistes, ne sauraient pas plus avoir de haine qu’un général n’en a contre les soldats ennemis pris individuellement. L’an— tagonisme actuel des classes sociales sera réduit diffici lement par des paroles ou des idées élevées.
Nous crai— gnons bien que les actes ne viennent — malheureusement — résoudre plus vite le problème que toutes les doctrines plus ou moins scientifiques de régénération sociale. Féli citons toutefois P. Verdad de sa généreuse initiative. J. Jésupret fils. CATHOI.ICISME ET SPIRITISME, 1 vol. in-i8 ,'de 140 p. ; prix, i fr. 50. Bonne étude de la supériorité du spiritisme sur le catholicisme. Albert Poisson.
LE LIVRE DES FEUX de Marcus Greens, traduit intégralement en français pour la première fois. et commenté. (Compte rendu prochainement.) Jésus DE NAZARETH, au point de vue historique, scien tifique et social, par PAUL DE RÊGLA. 1 vol. pet. in-8 de XXlI‘4OÔ pages, avec une jolie eau-forte. Prix, 8 fr. Georges Carré, éditeur. Ce nouveau volume est certainement l’œuvre la plus
LIVRES REÇUS 287 ___,___.__.. 4 —flvÜ fouillée et la plus audacieuse qui ait été publiée en France et en Allemagne sur ce sujet toujours si palpitant, de Jésus-Christ et des origines du christianisme.
L’auteur, s'inspirant surtout de ses voyages en Pales tines, de ses recherches et de ses travaux scientifiques, y prouve victorieusement que Jésus fut, en réalité, le continuateur génial de l’œuvre commencée par Jean-Bap tiste; qu’il fut un thérapeute des plus puissants et ne mourut pas sur la croix, ce qui explique très bien les assertions évangélistes et la croyance en la résurrection corporelle, en chair et en os.
On trouve dans ce livre une grande sincérité de lan gage, une profonde connaissance de l’Orient et de ses mœurs, une virile indépendance et un souci constant de la vérité historique, religieuse, scientifique et sociale. A tous ces titres, le Jésus que l'auteur nous présente est bien celui cherché par les esprits indépendants, avides de vérité, de justice etde sentiments humanitaires.
C’est une véritable révélption, digne de la science et de la cri— tique de notre époque. Juan Fernandez Ballesteros. LAS FUERZAS DE LA VIDA. (Les forces de la vie). Barcelone, calle de Pallars; prix, 2 fr. 50. Études physico-chimiques, physiologiques,biologiquem psychologiques et thérapeutiques qui prouvent la possi bilité de prolonger la vie humaine (seconde partie).
L‘ouvrage du D' Ballesteros est un véritable chef d’œuvre d’érudition et de science. La doctrine spiritua— listey est défendue en se plaçant sur le terrain de la science expérimentale la plus rigoureuse. Nous ne sau rionstrop recommander cette œuvre remarquable à nos , lecteurs connaissant l’espagnol. A. Castellni. AZIONE DELLO SPIRITO SUL CERVELLO (action de l'Esprit sur le cerveau). . E’tude publiée par la Revue La Sfinge de Rome.
La Bibliothèque du Groupe a reçu de plus en don de sMM. Georges deMarseille une collection complète et reliée de la Vie Posthume, une des meilleurs revues con sacrées au Spiritisme sérieux qui aiençjamais paru. .V‘M‘_\»w i«-«...._..« ana—'—
288 L’lNlTIATION NÉCROLOGIE H. P. BLAVATSKY —. Le chef intellectuel de la Société Théosophique n’est plus. Quelque différentes qu’aient été nos voies de réa lisation, la Mort couvre d’un voile sacré les person nalités ; les œuvres seules subsistent. L‘œuvre de réalisation de Mme Blavatsky est con sidérable.
La première, elle a brisé les habitudes des Sociétés ésotériques; la première elle a appelé la foule à participer aux enseignements, jusque-là tenus secrets, de l’hermétisme; elle a forcé les Sociétés occidentales à sortir de leur réserve et à organiser la diffusion des données élémentaires de la science occulte. La presse quotidienne a rendu justice à la person nalité de Mme Blavatsky.
Nous souscrivons de tout cœur à ces éloges mérités par une vie de lutte opi niâtre et sans merci. Si, personnellement, nous avons été attaqué avec la vigueur et l‘énergie habituelles au Secrétaire général de la S. T., nous n’avons pas à lui en vouloir, car notre défense fut aussi énergique et coûta la perte de toute influence en France à la Société Théo sophique représentée par un unique propagateur.
L’avenir est maintenant aux chercheurs indépen dants. Puissent—ils ne pas oublier la grande réalisa— trice que fut H. P. Blavatsky, Parus. Le Gérant : Encausse. TOURS. m. e. manuur ET c“, RUE. un La raésacruae. 6. Ï*‘
Groupe Indépendant d’EInnlns Ennln’niqnnn -_- «1 v..ç.—,—w——v. v‘ SOUS LA DIRECTION DE LA REVUE L’INITIATION Quartier général : 29, ‘Rue de "Ïre“vise, 29, PARIS COURS ET CONFÉRENCES PERMANENTS SUR LA KABBALE, LA THEOSOPHIE, LES SCIENCES OCCULTES EXP È RI E N C E S d’Hypnotz‘sme, de Spiritisme, de Magie par groupes fermés (21 GROUPES D’ÉTUDES THÉORIQUES ET PRATIQUES) Librairie. — Salle de Conférences. -— Salle de Cours. — Bibliothèque d’0ccultisme. —— Bulletin hebdomadairé‘: Le Voile d’Isis, résumant les travaux du groupe pour les membres de province et de l’Etranger.
Tout abonné de FINIT/A TION ou du VOILE D’ISIS reçoit sa carte de membre du groupe sur sa demande. ‘PLUS DE 350 ADHÉRENTS Nombreuses Sociétés adhérentes, affiliées ou représentées, Branches en Europe et en Amérique CORRESPONDANTS OFFICIELS ET CHEFS DE GROUPE France : Paris -— Lille — Tours — Lyon — Bordeaux — Mar— seille — Nancy — Sens — Clermont-Ferrand —- St—Dizier — , Oyonnax — Carcassonne — Falaise — Alger. Etranger .
Londres —- Bruxelles — Lié e — Berlin —-Amsterdam — Munich — Varsovie— Saint-Péters ourg-— Vienne -— Genève — Rome —- Barcelone — New-York — Québec — La Plata. — _ Port-Saïd —— Panama — Cuba. La Bibliothèque internationale des œuvres des Femmes (Directrice Mne A. DE WOLSKA) possède une grande salle de lecture au Siège du groupe, 29, rue de Trévise, Où la directrice reçoit les membres de l’œuvre. Un Bulletin mensuel de la Bibliothèque sera prochainement publié.
VIENT DE PARAITRB F. - on. BARLET E S S AI L’ÉVOLUTION DE L’IDÈE' Dans ce volume, le iédacteur bien connu de l’Initiation expose, en l’appliquant à la philosophie exotérique et éso térique, une loi générale d’évolution qui permet de déterminer strictement même le caractère des évolutions futures en science, en art ou en sociologie, autant qu’en philosophie.
POUR PARAITRE AVANT LE 15 JUILLET STANISLAS DE GUAITA l ‘ l LE TEMPLE DE SATÀN Magnifique volume de plus de 500 pages in-8°, avec j 16planches phototypiques hors texte et grav. . . . . 15 fr. »
L’INITIATIO N DIRECTION ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg, 14 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS ' G. CARRÉ D‘“”°“““’ PAPUS ”*’ 58’, rue Saint-André—des-Arts DIRECTEUR-ADJOINT : Lucien MAUCHEL . Rédacteur en chef: PA RIS George MONTIÈRE . Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un 3n10 lro CH. BARLET. -—.J.. LEJAY ÉTRANGER, — 12 fr.
RÉDACTION : 1.1, rue de Strasbourg. -— Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.‘ L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. MANUSCRITS. —— Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. LIVRES ET REVUES. — Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s'il y a lieu. Les Revues qui désirent faire l’échange sont priées de s’adresser à la rédaction.
ADMINISTRATION, ABONNEMENTS. — Les abonnements sont d’un an et se paient d’avance à l'Administration par mandat, bon de poste ou autrement. AVANTAGES DES ABONNÉS. — Les abonnés anciens et nouveaux reçoivent gratuitement les primes fréquentes qu’a données et que donnera l'Initialion. Chacune de ces primes représente 11 elle seule la valeur du numéro.
L’Initim‘ion paraît le 15 de chaque mois en un beau numéro de 96 pages, format d’un volume ordinaire. Elle est en vente chez es principaux libraires de Paris (voir leur adresse à la 8° page).
JESUS DE NAZARETH Au point de vue ‘ HISTORIQUE, SCIENTIFIQUE ET SOCIAL PAUL DE RÉGLA PRIX: 3 FRANCS VIENT DE PARAITRE MORALE DU ROUDDHISME Par Léon de ROSNY Professeur au Collège de France PRIX: 0 fr. 50 LIBRAIRIE DU MERVEILLEUX‘ 29, rue de Trévise, —— PARIS Vente de tous les livres et revues d‘0ccultisme. EGIISE ET FIN DE SIÈCLE PAR L’Abbé JEANNIN Unvolumein—IS. . . .. . . . . . . . ..
3fr.50 Rédaction de 1’1212'tz'a11'0n et du Voile d’Iszs. 1011115, 114?. E. ARRAULT ET ClE.