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L’Initiation Revue philosophique indépendante des Hautes Etudes Hypnotisme, Théosophie Kabbale, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes 4 ’11. VOLUME. —- 4'“ ANNÉE SOMMAIRE DU N° 8 (Mai 1891) __ ,.__.__ PARTIE INITIATIQUE.. . ‘ Lia—Bas (deJ.-K. Huys mans)................ Papus. ( . à 114). Jeapnnge7 d’Arc victo rieuse (fin) . .. . . . . . . (de Saint-Yves d’Al— veydre) ............. . . . P.-Ch. Barlel. (p. 114à130).
PARTIE PHILOSOPHIQUE Études sur la Philoso ET SCIENTIFIQUE . . . phie herméti ue... . ' (de Paracelseî ..... Philophotes. (p. 131 à 110). Essais de transmi;siqn hyperplgysiquu e a ' pensée (av. planche) Ant. Schmoll. (p. 15121 163). Occultisme pratique H. (fit-gais, (p. 164 à 168). Essai sur les sciences occultes (p168 à Ghimua du Laiay. 180). PARTIE LITTÉRAIRE... Vieillcsfllles poésie). ‘ (p. 181 et 1 2). \ CharlesDubourg.
Traité méthodique de Science occulte. — En Décor.y-— Groupe indé pendant d’Etudes ésotériques : Conférences. Branches. Groupes d’études. — Nouvelles diverses. -— Vag1été3: A l’exposition du Champ—de-Mars. — La Nouvelle médecme. R ÉDACTIO N : Administration, Abonnements : 2 9, rue de Trém‘se, 29 58, rue S t—A ndré—des-A rts, 58 P A RI S P A RI S Le Numéro: UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS.
PROGRAMME -—su-——.‘._.. Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence. de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont . abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéril mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Efirayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier.
L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science à Constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques de expérimentateurs contemporains. - Dans la Religion à donner une base solide à la Morale par la ' découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes.
Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l‘arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le militarisme et la misère. Enfin l’Initialion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’1nitiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Inilialion parait régulièrement le 15 de chaque mois et compte déjà trois années d’existence. —— Abonnement: 10 francs par an.
PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE 1’ Initiation 10 PARTIE INITIATIQUE F. CH.‘ BARLET. S.'. I.'. à -— STANISLAS DE (iUAITA. S.'. I.'. à —JULtEN LEJAY, S.'. I.'. — GEORGE MONTIERE, S.'. I.'. — PAPUS, S.-. 1.-. . 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ALEPH.— Le F.'. BERTRAND.VÉN.'.— RENÉ CAILLIE. — AUGUSTIN CHABOSEAU. — CAMILLE CHAIGNEAU. — CHIMUA DE LAFAY. — G. DELANNE. — DE'I.ÉZINIER. — JULES DOINEL. — A.
DORADO. — ELY STAR. —— FABRE DES ESSARTS. — JULES GIRAUD. —' E. GARY_ — HENRI LASVIGNES. — L. LEMERLE. — DONALD MAC-NAB. — MARCUS DE VÈZE. — NAPOLÉON NEY. — EUGENE Nus. — HORACE PELLETIER — PHILOPHÔTES. — G. POIREL. — JULES PRIOU. — QUÆRENS. — Le Magnétiseur RAYMOND. — Le Magnétiseur A. Ro. BERT. — ROUXEL. — H. SAUSSE. — L. STEVENARD. — G. V1T0ux. — F. VURGEY. — HENRI WELSCH.‘ '—OSWALD W1RTH. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — E.
GOUDEAU. — MANOEL DE GRANDFORO. *JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — R. DE MARICOURT. —-— LUCIEN MAUCHEL. — CATULLE MENDÈS. —_ ÉMILE MICHELET. — GEORGE MONTIÈRE. — CH. DE SIVRY. — CH. TORQUET. 40 ‘ POÉSIE , En. BAZIRE. DUBOURG. — RODOLPHE DAR2ENS. -— P. GIRALDON. — R. DE MARICOURT. — PAUL MARROT. — A MORIN. — ROBERT DE LA VILLEHERYÉ. >’n>.'vv"s"'î‘_
VIENT DE PARAITRE PAPUS TRAITÉ rMÉTHODIQUE DE LA SCIE YCE 0CCULT: ' Lettre—, 'éface de Ad. FRANCK, de l’Institut Un volume grand in-8° de 1,100 pages, contenant 10 traités techniques spéciaux (Nombres, Genèse, Kabbale, Gnose, Alchimie, Franc-Maçonnerie, Bohémiens, Chiromancie, Sym-, bolisme, Biographie.) ' Î . 400 gravures et tableaux dans le texte et deux planches phototypiques hors texte. Une table alphabétique de tous les‘ termes employés, une table alphabétique des 400 auteurs cités et un glossaire des mots techniques. — Prix . . . . 16 (r. @rime à nos, ébonnés Tous les Abonnés anciens et nouveaux de l’Im'— tialz'on peuvent, dès aujourd'hui, recevoir LE TÊAITÉ MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE pour 12 fr. au lieu de 16 fr. en s’adressant 58," rue St—André—des—l Arts, à l’Administration de la Revue. Pour les Abonnés qui habitent la province join1 cire de plus 0 'fr. 85 pour le port 1 A - ..fil
t’oir‘l'article : Essai de transmission hyperphysique de iz_'1 pensée (Page 151.) 0rzÿaÿzaZ X F{q.â‘ 0rzÿmzzZ * FzÿJZ f_ F{y]3. ä© os ‘L (7r{7/)MJ Image X Image Image _ 0r{yz‘naZ F92. [maya __ ___. __—___I_-._J_. _4.
PARTIE INITIATIQUE ÊA=BAS PAR J .-K. HUYSMAN S Un écrivain de grand talent,M. J.-K. Huysmans, vient de publier une œuvre magistrale, qui intéresse particulièrement tous ceux qui s’occupent de symbo— lisme ou d’occultisme.
Là-Bas a été justement acclamé par les critiques littéraires de la presse; c’est assez dire combien nos éloges seraient superflus, surtout venant d’un « phi listin » incapable de préciser l’origine plus ou moins esthétique d’impressions franchement ressenties.
Nous déclarons donc avoir été véritablement en— thousiasmé par la lecture de certaines pages de ce volume, tout en étant parfois profondément étonnés ' de certaines attaques contre ceux qui s’intéressent à la science occulte et poursuivent laborieusement son étude. A L’auteur place dans la bouche de ses héros des accusations (plusieurs fois répétées dans le cours du 4
98‘ L'INITIATION livre) d’ignorance contre les occultistes contempo rains. Sur ce terrain spécial nous pouvions peut—être aborder la discussion.
Aussi, laissant là le côté litté— raire de l’œuvre, nous allons présenter nos observa— tions sur le côté purement matériel de l’érudition et de l’exposition doctrinale. *tu Lai-Bas est une défense en règle du surnaturel basée sur deux ordres de faits : 1° Une série de faits purement historiques se rap— portant à l’histoire de Gille de Rais; 2° Une série de faits d’observation dans certains milieux actuels et où s’agitent les « modernes ava tars du sorcier» suivant la suggestive expression de Stanislas de Guaita.
Les deux actions s’enchevètrent de telle façon qu’un harmonieux équilibre permet aux abstractions les plus élevées d’être traitées sans fatigue aucune pour le lecteur. Le talent de l’écrivain se révèle entier en cet agencement.
M. Huysmans a divisé son étude en vingt-deux chapitres (comme le Tarot) dans lesquels il aborde trois points intéressant particulièrement la science occulte: 1° L’envoût_ement; 2° La question de l’incubat et du succubat; 3° La Messe Noire. Nous allons passer rapidement en revue ces trois
}:Ë."b"‘Ï; ' _... .. ———-.;« ,,,. l LA-BAS 99 points pour comparer les théories présentées par M. Huysmans avec celles de l’occultisme. Entre temps nous dirons quelques mots de la Bis bliographie et des personnages mis en scène. Ce sera la meilleure façon de répondre aux attaques dirigées contre les occultistes qui, d’après l’auteur, seraient tous de vulgaires ignorants.
On voit que l’objection n’est pas bien méchante en somme, quels que soient les commentaires qui l’accompagnent généralement. L’ENVOUTEMENT. SES THÉORIES Avant d’aborder le détail des faits se rapportant à la magie noire, il nous semble indispensable de pré— ciser le caractère des recherches poursuivies par l’oc cultisme contemporain.
On comprend sans peine que les théories tradition nelles de la magie ne sauraient avoir de valeur réelle que si certaines expériences faites de nos jours vien nent appuyer ces théories. Voilà pourquoi dans le Traité élémentaire de magie pratique que nous préparons depuis plusieurs an— nées, chacune des questions pratiques est appuyée sur un ïiait expérimental qui reproduit en petit l’expé— rience de magie cérémonielle.
Or il résulte de nos recherches, rendues singulière— ment faciles par le nombre des sujets hypnotiques dont nous disposons, que plus on étudie rigoureuse—
100 L’INITIATION ment les faits, plus on est forcé d’en arriver, bon gré mal gré, à admettre, pour les expliquer, la théorie donnée par la magie. Aussi est-ce avec une douce joie que nous voyons certains savants modernes se vanter de ne s’en rapporter qu’auxfaits, aux faits scientifi quement constatés, et dédaigner la théorie.
Ces mes sieurs peuvent travailler à leur aise, les conclusions de leurs recherches sont posées d’avance depuis plu sieurs siècles. La découverte de la suggestion men— tale en a montré quelque chose. Cela posé, revenons à l’envoûtement. L’occultisme enseigne (et l’expérience prouve)qu’on ne peut communiquer fiuidiquement avec une per sonne si aucun lien, visible ou invisible, n’existe préa— lablement.
Un employé du télégraphe qui veut transmettre Ï1ne dépêché a besoin de trois choses : l ‘ 1° Un appareil transmetteur, au lieu d’origine; 2° Un appareil récepteur, au lieu d’arrivée; 3° Un fil unissant les deux appareils.
La sorcière qui voulait envoûter quelqu'un devait aussi posséder: 1° Un apppareil transmetteur formé par un objet quelconque (animal vivant, statue de cire, cierge, etc.) surlequel elle exerçait ses maléfices; 2° Un appareil récepteur de ces maléfices qui était justement la personne envoûtée ; 3° Mais illui fallait absolument quelque chose ayant appartenu à la personne à envoûter, quelque chose' imprégné de son fluide, une mèche de che -‘...”I W
-W— mua-m y m-rLI-«7r2ma .. .:..’......"W57‘7'.13:W..,_::9 »’_.tgg.,., 3 , ,;j fAt‘.f:'_j‘àfl’.{7f*jW’ .J-‘.-;»3:,‘_. ..'I _fl '\ r 4 a LA-BAS I 0 I veux, une dent (I) et, au moins, un morceau de vête— ment longtemps porté. Sans cet objet le fil entre la transmission et la réception n’existait plus. La sorcière aurait été semblable à un télégraphiste essayant de transmettre une dépêche quand le fil du télégraphe a été coupé.
Voyobs une ou deux expériences encore qui éclairent cette question. A. — Si l’on met un sujet à l’état somnambulique en relation par le toucher avec une gravure de modes quelconque, et qu’on emporte la gravure dans une chambre voisine, hors de la portée visuelle ou auditive du sujet, les piqûres qu’on fait avec une épingle sur le bras ou la jambe de l’être représenté dans la gra vure seront ressenties aux places correspondantes par le sujet.
Dans ce cas l’appareil transmetteur est la gravure de modes, l’appareil récepteurle sujet, et le fil est établi par le contact préalable entre le sujet et la gravure. B. —- M. de Rochas a démontré, dans un important travail que l’Initiafion reproduira dans son prochain numéro, qu’il existe des états profonds de l’hypnose, états dans lesquels certaines facultés curieuses prennent naissance.
Nous avons répété ces expériences à la clinique d’hypnotisme de la Charité et nous les avons réussies en tous points. L’un de ces états profonds de l’hypnose. est caractérisé par ce fait que chaque fois que le magné tiseur éprouve une sensation quelconque (piqûre, (U C'est de a que vi:nt l'expression :_ avoir une dent cpntre quel— qu'un. Remarquez le mot contre qui indique l’origine de Impression, :
102 L’INITIATION r}) ._ x _\A. \w \.. .N._ .«uc... . ..u . » _.. brûlure, froid, etc.) en un point quelconque de corps, le sujet placé à distance éprouve la même sensation.
Dans ce cas l’appareil transmetteur est l’opérateur, l’appareil récepteur le sujet, et le lien fluidique est éta bli par la situation du magnétiseur vis—à-vis de son sujet (1). ‘ Telles sont les bases, soit logiques, soit expérimen— tales sur lesquelles on peut établir la vieille théorie de l’envoûtement. _ Voyons comment M. Huysmans expose cette théo rie.
Aux chap. XIV et XV, p. 270 et 294‘de son livre, nous apprenons que l’envoûtement se pratique au moyen « d’esprits volants » à qui l’on fait porter le poison matériel sur des objets matériels.
Ainsi on envoie le corps astral (périsprit) d’une somnambule porter le maléfice sur une personne qui n’est en au— cune sorte en communication fluidique avec ce sujet, ou l’on envoie de préférence « l’esprit » d’un mort qu’on a évoqué faire cette singulière besogne. De là le nom « d’esprit volant ».
' Félicitons vivement l’auteur de Là-Bas d’avoir trouvé le moyen de « communiquer » sans appareil (visible ou occulte) de communication; mais avouons cependant que, pour quelqu’un qui prétend connaître l’occultisme et donner des leçons aux chercheurs actuels, c’est maigre. (1) M. Jules Lerminala analysé un procédé d‘envoûtement basé sur l'action par le maléficmnt sur la photographie du maléficié, photogra phIe à laquelle on a fait subir une opération d‘inversion très curieuse pour la rendre adéquate à l’individu vivant. , . ..À «. .L 4qæ.ç ..-...
LA-BAS 1 03 L’INCUBAT ET LE SUCCUBAT Cette question est une des plus importantes, mais . aussi des plus obscures de la Science occulte. Elle touche d’une part à l’étude des élémentals, d’autre part à celle des élémentaires et, par un autre côté, à l’étude des lois occultes concernant l’influence des productions dynamiques du cerveau humain.
On rapporte que l’abbé de Villars paya de sa vie la révélation des secrets concernant la communication entre les hommes et les esprits des éléments (élémen7 tals). ‘ La théorie est la suivante : Le cerveau humain génère, dans certaines condi tions d’.exaltatîo‘n, des idées capables d’animer (donner une âme à) des forces de la nature qui7 faisant corps avec l’idée générée, produisant des êtres 772ate’riels et palpables et surtout des êtres susceptibles d’impres sionner une plaque photographique.
Il ne s’agit pas là d’hallucination dans le sens étroit du mot. Il s’agit de l’objectivation complète de la pensée humaine. Cette objectivatîon est«elle possible ?
1° Les expériences de communication de pensée' sans contact faites soit par Julien Lçgay entre Paris et Alger, soit par moi-même entre Paris et Marseille, soit plus récemment par M. Lemerle à quelques mètres de distance prouvent que certaines pensées impératives agissent comme de véritables courants dynamiques de cerveau à cerveau. '
I. 04 L’IN ITIATION ÏFMWhZæMMWWW»Mœ:h«w .-....... .... .z—»‘..,—,U ‘ I .= n ‘_.. 2° Mais dans ce cas la pensée n’indique pas une forme particulière qu’on peut transmettre. Les expé riences de M. Schmoll relatées dans le présent numéro de l’Inz'tz‘alz‘on viennent montrer que, dans certains cas, des images, des formes, sont transmissi bles de cerveau à cerveau. 3° Il n’y a toujours pas objectivation, matérialisa— tion de l’idée.
L’ingénieur des arts et manufactures Mac Nab a rapporté une expérience très curieuse à ce point de vue. En faisant considérer attentivement par un sujet très sensible une vieille gravure pendant un certain temps et en laissant ensuite le sujet entrer en « transes », plusieurs assistants ont vu la gravure devenue un être véritable dont on a pu obtenir un cliché photographique.
Un être tangible et matériel s’est objectivé ayant pour point de départ une idée, une image fixée dans le cerveau du sujet. Personnellement je n’ai encore pu vérifier des expériences de ce genre. Je ne puis donc rien avancer qui me soit propre sur ce point. Quoi qu’il en soit, toutes les traditions de l’occul tisme sont d’accord sur cette théorie.
Voici un extrait d’Eliphas Lévi sur la question : « Ces larves ont donc un corps aérien formé de la vapeur du sana. C’est pour cela qu’elles cherchent le sang répandu et se nourrissaient autrefois de la fumée du sacrifice. « Ce sont les enfants mon‘strueux de ces cauche mars impurs qu’on appelait autrefois les incubes et les succubes. ' « Lorsqu’ils sont assez condensés pour être vus. ce W ..A
LA-BAS 1 o 5 n’est qu’une vapeur coloréepar le reflet d’une image ; ils n’ont pas de vie propre, mais ils imitent la vie de celui qui les évoque comme l’ombre imite le corps (I). » La question de remords et certain cas d’aliénation mentale se gœfl“ent aussi sur l’étude des incubes et des succubes. _ \ On voit quel parti des métaphysiciens de la force'suppose’e des héros de M. Huysmans auraient pu tirer de la Science occulte, si, au lieu d’en atta quer sans cesse les représentants, l’auteur ne s’en était rapporté qu’à lui-même pour approfondir les don— nées principales.
Au lieu de cela les chap. IX et X (surtout p. 202) nous présentent une théorie bien amusante de l’incu bat et du succubat pratiqués avec les morts évo qués. Mais cette évocation n’est pas possible sans l’al— liance du périsprit de l’âme évoquée avec celui d’un médium. Ce médium perd tant de force vitale qu’il doit être pour le moins en léthargie.
Il n’y a que M. Lacroix qui pratique ce genre de relations avec les grandes dames défuntes, et encore cela se passe le plus souvent... en Amérique et sans autre témoin que celuiqui le raconte, ce qui permet d’être très sceptique à cet égard. Quelle singulière idée de faire expliquer l’incubat par l’évocation spirite... sans médium.
LA MESSE NOIRE L’auteur de Lei—Bas décoche quelques pointes à Elli— phas Lévi qui ne satisfait pas, parait-il, la juste curio sité du lecteur. (1) Eliphas Lév7, Hz’st. de la Magie, p. nÉ.
.. I. I.0 I .-_'*H 106 L’INITIATXON Tout l’ouvrage de M. Huysmans converge vers la Messe Noire et à chaque page on promet monts et merveilles quand on abordera enfin cette terrible question. Or le chapitre XIX nous présente une scène d’hys— téro-pornographie qu’on peut décorer d’un nom quel conque, mais qui ne répond en rienàce que nous enseignent tous les « vieux bouquins » concernant la Messe Noire.
Je ne parle pas des paroles prononcées, ni des variations de la forme générale, je parle du rituel symbolique qui doit être immuable. La Messe Noire, c’est le culte rendu par l’aliénation mentale aux fantômes de l’imagination malade. La Nature fait vivre, le sorcier instruit tue. La Nature fait pousser les germes, le sorcier cherche à les faire regresser. Ce que la Nature fait en positif, le magicien noir le fait toujours en négatif.
De là, certaines pratiqucs_tou jours semblables. \ Ainsi il ne saurait y avoir de Messe Noire véritable sans effusion de sang. Il ne saurait non plus y avoir Messe Noire sans qu’une croix renversée ne préside à la cérémonie. Eliphas Lévi, que M. Huymans n’a sans doute pas pris la peine de consulter, décrit plusieurs fois la Messe Noire et son symbolisme dans son Histoire de la Magie (p. 290, p. 3r4).
Y a-t-il quelques expériences concernant l’action d’un symbole droit ou renversé c’est-à—dire pris en signe de Magie blanche et en signe de Messe Noire? Nous avons eu l’idée d’essayer l’action du Penta
LA-BAS I O 7 gramme (étoile à cinq pointes), accompagné de carac tères hébraïques, sur les sujets hypnotiques. Grande fut notre surprise de constater que cette action existait, qu’elle différait du tout au tout suivant que la figure était droite ou renversée; et que cette action existait bien en prenant toutes les précautions pour éviter la suggestion.
Notre expérience a été répétée avec plein succès à Paris par M. le comte de Constantin, à Carcas— sonne par M. X..., ingénieur des arts et manufactures, à Bruxelles par M. Vurgey et ses amis du Groupe Kumris, en variant les précautions qui excluaient toute idée de suggestion antérieure.
Dans le siècle demier il s’est trouvé un aliéné qui, doué de pouvoirs maléfiques, disait la Messe de Sang et faisait des « apports » ad hoc dans'le calice et sur les hosties. C’était Vintras. Qu’on relise donc le grimoire d’Honorius, Ou les descriptions d’Eliphas Lévi, ou le récit des actes de Vintras; on verra que le symbolisme est toujOurs observé : effusion de sang ou renversement de la croix.
Rien de pareil ne se trouve dans le chapitre XIX de Là-Bas. C’est pourtant, si je ne me trompe, le clou du livre. _ Voilà en quelques pages les objections les plus impor tantes qu’on peut adresser à l’ouvrage de M. Huys mans sur le côté purement technique et traditionnel. Passons à l’érudition des personnages. Q 44
108 L’lNlTIATION L’ÉRUDITXON Nul d'entre les occultistes ne prétend, je pense. posséder intégralement la Science infuse. Aussi acceptai-je très naturellement l’accusation portée contre nous, persuadé que j’allais trouver grâce à M. Huysmans des enseignements inédits, ou des ouvrages de magie inconnus des écrivains modernes en ces matières, dans cet exposé présenté avec tant d’assurance.
A cet effet j’analysai chapitre par chapitre les idées émises, je fis aussi patiemment qu’un critique alle mand la liste des livres ou des auteurs cités dans Lei-Bas et voici, à peu près, le résultat de mon en quête: Laissant de côté les documents qui se rapportent à l’histoire générale de Gille. de Rais, tirée de deux vo lumes, je trouve, par ordre de matières, pour les ouvrages de Science occulte : Sur la Sorcellerie, cinq ouvrages principaux : La Mystique de Gorres (chap. 111 ; chap. V : chap. IX);’ L’œuvre de Delrz‘o et celle de Bodin (chap. l X); Plus un manuel d’exorcismes (cité p. 140) de Plan— fin; Les œuvres de Sénz’strari (chap. IX).
La Mystique de Gorres forme le fonds de l’érudition spéciale des héros de M. Huysmans. ‘ Sur la Magie, deux ouvrages : '
LA—BAS 109 w-.,o.c* r La Magie naturelle de Porta (chap. XXI); Un Dictionnaire de Pluque (p. 21).
Ainsi SEPT OUVRAGES, telle est la base sur laquelle s’appuie l’érudition extraordinaire des personnages de Lei-bas, car, si nousen croyons M. Huysmans (p. 32), « l’un d‘eux était surprenant par son érudition ; il se « révélait prodigieux, savait tout, était au courant des « plus anciens bouquins, des plus séculaires coutumes, « des découvertes les plus neuves ».
Du haut de ces connaissances techniques, les pauvres chercheurs actuels sont traités comme ils le méritent. Or, si l’on se donne la peine d’ouvrir le Larousse aux articles Magie, Sorcellerie, MesseNoire, Enuoû tement, on trouvera, à une exception près, la liste de ces « plus anciens bouquins », et de quelques autres.
Ainsi l’étude de la Magie et de la Sorcellerie est-elle si hâtivement faite par M. Huysmans qu’il commet une série de fautes techniques dans la description de ses « secrets » pour ne pas avoir lu Agrippa (philo sophie occulte), non plus que le vulgaire GrandAlbert (authentique), ni surtout le Grimoire d’Honorius ou l’Enchiridion de Pape Léon.
Et, même sans aller plus loin, une lecture calme d’Eliphas Levi aurait suffià éviter de ces fautes qui ne peuvent que mettre en liesse ceux qu'un tel « érudit » accuse de manque de savoir technique. ’ Nulle part dans Là—Bas on ne trouve la description des cercles magiques dans lesquels opèrentles sorciers de Gille de Rais, non plus qu’aucune des formules d’évocation. Par contre, la Messe Noire rappelle, par l’historique qu’en fait M. Huysmans, la description :i-‘9
.- |.‘_;.,.W I 10 L’INITIATION qui en est faite dans le Larousse d’après Michelet. Si nous laissons le terrain de la Magie ou de la Sorcellerie pour aborder l’Alchimie, nous verronsciter cinq auteurs: Albert le Grand, Arnauld de Villeneuve, Raymond Lulle, Paracelse et les Manuscrits de Flamel.
Aucun ouvrage spécial de ces auteurs n’est cité, ce qui montre que, pour cette fois, « l’érudit » s’est contenté de prendre n’importe où une file de noms quelconque. ' Par contre, je trouve dans Là-Bas, p. 120 et suiv., p. 195 et suiv., des passages entiers inspirés par Louis Figuier (l’Alchimie et les Alçhimites), une citation de Berthelot tirée d’une étude de votre serviteur et un résumé des conclusions du Dr Gibier (le Spiritisme).
Aucun de ces auteurs n’est mentionné par les « docteurs » divers qui se partagent la besogne d’atta quer Eliphas Lévi (qu’on aurait dû lire), les occultistes et même les spirites.
Outre ces ouvrages techniques, nous, pouvons encore mentionner quelques volumes se rapportant à la théologie (Étude sur les cloches, Vie des Saints, Imitation de J .-C., Bibles), une ou deux revues reli— gieuses et une étude sur le symbolisme de l’abbé Aubert, étude qui se trouve mentionnée dans tous les dictionnaires courants.
Ainsi, tout compte fait, il n’y a pas vingt ouvrages cités dans Là—Bas, et la Mystique, de Gorres, est un des seuls cités plus de deux fois. Si l’on veut bien réfléchir qu’il ya plusieurs milliers de volumes écrits en français rien que surl’Alchimie; que, de plus, dans une Bibliographie publiée à la fin ,v. 'L\:ça.."
LA-BAS _ l I I de notre Traité élémentaire de Science occulte en 1887, on trouve cités 123 ouvrages ingés indispen sables pour l’étude un peu sérieuse de ces questions; que, depuis, nous avons été forcé de faire appel à 425 auteurs pour approfondir les données historiques et techniques de l’ésotérisme, on v‘erra avec quelle légèreté M. Huysmans fait parler ses personnages.
Et, pour donner une idée du savoir de ces derniers, je m’arrêterai à l’un d’eux : Des Hermies, docteur en médecine et docteurès-sciences (ch. VU), qui doit être un ancien sapeur, vu son goût pour les [1. A la page 38 de Là-Bas on trouve en effet le mot lzémoply— sz'e (crachement de sang) écrit avec trois /2 HÉMOPH THISIE, ce qui est dur pour un vétérinaire et, à plus forte raison, pour un docteur ès—sciences.
C’est, du reste, il faut l’avouer, une manie chère aux littéra— teurs que celle d’afl‘ubler leurs héros de titres aussi ronflants que peu justifiés par le développement de l’action. Il y aurait çncore beaucoup à dire sur la partie histo— rique de l’ouvrage où le rôle de Vintras, ce misérable sorcier qui maculait de sang des hosties, est passé sous silence, on ne sait trop pourquoi.
En deux en droits cet individu est nommé (p. 405 et 410), et .en termes flatteurs, à propos d’un autre docteur (en théologie celui-là) du nom de Johannès dont la doctrine secrète est assez bien résumée, p. 405 : « L’action du Paraclet doit s’étendre au principe de la Génération; la vie divine doit sanctifier ces organes qui, dès lors, ne peuvent plus procréer que des êtres d’élection, exempts des boues originel
r 12 L’INITIATION les, des êtres qu'il n’est plus nécessaire d’éprouver dans le fourneau de l’humiliation, comme dit la Bible. » Cette petite phrasejette unjour singulier sur les pra tiques de ces érudits « et de ces docteurs » qui sa— vent tant de choses. Pour une fois que j’aurais enfin trotwé quelque chose de nouveau, il m’est dur de ne pas connaître le procédé employé pour cette « sanc— tification ».
CONCLUSION Il était important de savoir si les bases du travail de M. Huysmans étaient le produit de ses recherches personnelles ou si les renseignements techniques ne lui avaient pas été fournis par un tiers. Aujourd’hui nous croyons pouvoir poser lesconclu— sions suivantes : Un écrivain de grand talent, M.‘J.-K. Huysmans, a été victime d’une mystification dont les conséquen— ces retombent sur tout son travail.
Voici sur quoi nods basons notre dire: Le journal l’Eclair publiait, quelques jours après l'apparition de Lai-Bas, un article sur le chanoine Docre, un des perSonnages du roman. L’auteur de l’article prétendait que le type du chanoine Docre aurait été fourni à M. Huysmans par un prêtre défro qué de Lyon,l’abbé B., dirigeant là-bas un « carmel » où, parait—il, l’on ne s’ennuiqpas.
LA-BAS I 13 :w--‘.‘"'*N *î ‘ ' , A la suite de cet article, M. Huysmans écrivit à I’Echo de Paris une lettre dans laquelle il affirmait : l° Quele chanoineDocre était établi sur plusieurs modèles, mais surtout sur celui d’un prêtre de Bruges ; 2°Que l’abbé B. , de Lyon, répondait plutôt au Docteur Johannès du livre (ce personnage présenté comme possédant le monopole dela Science occulte).
Et, de plus,l’auteur de Là-Bas avait passé quelques mois en compagnie du fameux docteur en théologie qui était bien la personne la plus sainte du monde et qu’on se faisait l’écho « d’odieux potins » sur son compte. Dans le numéro daté du dimanche 3 mai 189I, le journal 1’Eclair répondit par des documents irrécu— , sables et écra5ants.
Cet article, inspiré sans doute par un de nos plus brillants rédacteurs, celuiqui possèdele mieuxaujour— d’hui la sorcellerie quantàson histoire dans l’anti quité et dans les temps actuels, se termine ainsi : « Il importait, pour notre bonne renommée, d’établir que nous n’avions, selon notre coutume, avancé que des faits contrôlés rigoureusement. C’est chose c à demi faite.
Ce sera une chose faite tout à fait dans quelques jours lorsque des philosophes courbés sur les passionnants problèmes de l’occultisme, des sa— ges dont la besogne s’accomplit en toute prêté, , chasseront du temple, aux yeux de tous, cette -la mentable brebis galeuse qui, sous les traits du doc— teur Johannès, n'a trouvé dans le livre de M. Huys mans un si beau refuge que par surprise. » Tout en remerciant l’anonyme auteur de l’article;
. .A.' \ I 14 L’ANITIATION des termes flatteurs aveclesquels il désigne notre rédac— teur et ami, nous déclarons partager entièrement son avis. Il n’y a pas de meilleure conclusion à notre étude. PAPUS.
JÏeanne d’àrc victorieuse PAR SAINT-YVES D’ALVEYDRE (Suite etfin.) ‘ Pour s’en rendre un compte suffisant et voir com bien ils diffèrent des images de l’anthropomorphisme, il est nécessaire de remonter jusqu’aux premiers prin— cipes de la cosmologie ésotérique. Faisons donc un instant abstraction de tous les êtres que nous voyons autour de nous, pour nous représenter un univers en éclosion matérielle.
L’Ab— solu vient d’achever l’1nrolution qui, le développant en espace et en temps, le rend accessible au fini ; la pénétration du néant par l’Être est accomplie. Voici l’Inconscient transformé en un Univers com_ posé d’une quantité innombrable d’atomes infinitési— maux dont chacun renferme, comme l’Unité première, les deux principes opposés, la Force et l’lnertie, ou, .selon l’expression ordinaire, l’Esprit et la Matière. Que va-t-il résulter de cet état P — Le Mouvement.
JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 115 «' . h’* '. Et quel sera le but, la direction de ce mouvement? — Une concentration nouvelle.
Mais comment sont possibles ce mouvement et cette concentration ? , Si nous considérons isolément chacune des deux énergies en présence dans un atome quelconque, nous n’en pouvons rien déduire que l’Absolu : inertie absolue pour la résistance passive, mouvement ab— solu pour l’énergie active, et le mouvement absolu nous est incompréhensible : ainsi la coexistence des deux principes contraires n’a pu suffire à produire le temps et l’espace, elle correspond seulement ‘a cet. état de I’Être qu’Hartmann nomme l’Inconscient, Hegel l’Absolu, l’Ésotérisme l’Innommable.
Il faut qu’une troisième puissance s’ajoute aux deux autres pour les combiner; à savoir l’affinité ré ciproque de l’Inerte et de l’Actif. Alors chacun d’eux trouve en l’autre un centre de résistance, la Force apparaît et par elle le mouvement proprement dit. De la l’axiome que les matérialistes revendiquent bien inutilement : pas de Force sans matière, pas de ma tière sans Force.
Ce Principe fondamental est clairement exprimé par le symbole de la Trinité. L’Actif et le Passif simplement coexistant consti tuent la personne du Père (plus exactement Père? Mère). Leur affinité réciproque est l’Esprit Saint ou amour, et le résultat de leur conjonction est le Fils, le Verbe, ou Mouvement de la Vie. Maintenant cette Vie, entraînement de l’Inerte par
‘l'7*"'.î * "‘r"ÿfl IV 1 16 L’l‘NITIATION la Force, où doit—elle conduire? Au principe même de l’Actif, à l’Unz’te’, principe actuellement disparu au sein de la multiplicité atomique. Le but de la vie est la synthèse de l’Espace à travers le Temps; Isis ras semble les membres épars d’Osiris que Typhon a mis en pièces. C’est l’œuvre que nous nommons l’Éuolu tion (1).
Franchissons ses premières étapes, inutiles à notre sujet; arrivons à notre état actuel : L’effet de la grande Loi trinitaire a été la produc— tion de créatures finies en qui les deux principes joints par le Saint—Esprit se retrouvent en proportions va riables, de façon que leur origine reparait dans leur constitution. Finies, elles aspirent toujours à des com binaisons nouvelles; la mort est donc la conséquence de la vie corporelle.
Chacune de ces existences limi tées fournit un produit qui lui survit, une âme. Sans retenir toute la spiritualité qui a provoqué la combi naison corporelle, l’âme en contient beaucoup plus ordinairement qu’elle n’en possédait à la naissance; à la mort elle se trouve donc destinée à, une sphère supérieure; elle ne l’atteintpas immédiatement comme on va le voir.
Ainsi la vie par son mouvement de combinaisons peuple à la fois deux mondes : Celui des êtres incorporés, livrés à toutes les an goisses tumultueuses de la combinaison des con traires; et celui plus calme des âmesi‘ormées par la (l) Spencer en a décrit en maître les lois primordiales. mais au point .dc vue purement_pliys1q ue_. —— V01!“ les_Érelnrtrs Principes; on en pren‘d ici, pour amst dire, la suite dans llnvxsible.
JEANNE D’ARC VICTORIEUSE I 17 T‘_’n‘“.“'Ïîï‘.‘_"" -v—.- vie, jouissant du fruit de leurs pénibles efforts en attendant de nouveaux combats pour des progrès nouveaux. Cependant l’action synthétique de l’Esprit-Saint ne se borne pas au rapprochement des deux principes extrêmes qui composent l’être vivant; elle se poursuit encore dans d’autres détails et dans d’autres formes. La première est celle de la génération.
Les êtres vivants jouent l’un à l’égard de l’autre le rôle actif et passif des deux principes fondamentaux; ils se com— binent par le rapprochement des contraires pour pro duire des êtres de même ordre qu’eux, mais dont la variété, et par conséquent la complexité, vont toujours croissant: Cette union des contraires s’effectue dans le monde des âmes aussi bien que sur la planète; seulement son effet est différent ; au lieu d’engendrer elle syn thétise en faisant passer à la sphère immédiatement supérieure l’être unique composé des deux autres.
Cet être unifié, c’est l’Ange, synthèse des deux âmes terrestres. L’Ange reprendra dans sa sphère le mouvement de la vie; puis la synthèse des âmes angéliques, quand elle sera devenue possible, produira l’A rchange. Et ainsi de suite de degrés en degrés (I). ' Latroisième action de l'Esprit Saint ou Amour est d’ordre à la fois différent et supérieur.
Au lieu d’assembler les contraires pour les combiner. (I) Voir sur ce suict les Lois de la Série de Louis Lucas, dans le Varie d'1szr, n" 14 et 15.
I 18 L’INITIATION rwv_x- _ il agit sur les homologues pour les associer (1), c’est— à-dire les unir non plus par couples individuels, mais autour d’une pensée commune, d’un centre invisible, spirituel.
Ainsi, tandis qu’il suffit, pour la génération, d’une attraction réciproque et qu’elle n’opère qu’une syn— thèse dualistique, l’association, au contraire, néces— site une intervention nouvelle du principe supérieur par l’Idée centrale, et son effet est beaucoup plus étendu, presque illimité.
La première de ces deux acti0ns produit la com— plexité, la seconde seule constitue l’unification, la syn thèse véritable : en un mot, la génération fournit les éléments quel’Association rassemble en un tout unique.
Nous pouvons suivre les traces de ces deux actions à travers toute la série des êtres terrestres, depuis le minéral, association d’atomes chimiques, et ensuite de combinaisons, plus ou moins complexes, ou depuis le tissu vivant, association des cellules, jusqu’à la famille humaine, jusqu’au peuple, jusqu’à l’Huma nit’é entière, toutes formes d’une Idée de plus en plus large.
La même série se poursuit parles mêmes causes dans le monde invisible des âmes ; telles sont les as sociations angéliques nommées Cohortes, Légions ou Chœurs. (I) Il est aisé de retrouver ces diverses sortes d’action dans l'attrac tion qui est la forme de l'Esprit Saint dans le monde phystque ; nous avons d’abord l'union de la force et de la matière dans latome - et les mouvements physiques qui en résultent,-— uis, par génération, les combinaisons chimiques avec toute la série de eurs complexttés — pour association la cohésion dans le minéral, la formation des tissus et des organes dans l'être v1vaut.
JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 119 De pareilles associations sont des individualités vé— ritables, absolument analogues à nos organismes : le corps en est dans les êtres qui les composent ; l’esprit en est dans la Pensée qui les cimente. Elles ont leur vie propre avec toutes ses phases, et, par l’efiet de cette vie, elles façonnent comme nous leur âme que l’on désigne sous le nom d’Esprz‘t collectz‘fou Ame col— Iectz've.
Le Marquis de Saint-Yves nous montre en action les âmes de la France et de l’Angleterre. Sur la France un Esprit se lève, Couronne au front, dressant un glaive, Bardé de fer et sans merci (1). Enfin, quatrième sorte d’action : L’Esprit Saint qui, dans chaque monde, com bine les contraires et rassemble les homologues, étend encore son inspiration d’une sphère à l’autre pour les joindre par l’aspiration des inférieurs et la sympathie des supérieurs.
C’est ce qui constitue la Charité, la Fraternité C’est elle qui, développée en proportion de la spiri tualité, incline les êtres célestes vers les êtres terrestres tantôt pour les enseigner, tantôt pour soutenir ou re— lever leur courage. Selon la tradition bien connue, chaque être plané taire, individuel ou collectif, reçoit ainsi l’influence sympathique d’un invisible des mondes supérieurs.
'..u _—— ' ...sl-"-- 3.4. (xi Voir les _chants 6 et 7 sur chacun de ces deux Esprits collectifs. (2 Astrologtquement la Combinaison correspond à l‘influence de la Lune ; l’agregau‘on ou association à celle de Mercure et la Fraternité à celle de Venus.
l 20 L’INITIATION f.] .nn. -. d'_ .-, -|n -. J' '\ Toutefois il est à noter que cette action n’est jamais irrésistible, au contraire de celle du destin, qui est la réponse aux aspirations d’en bas : l’inspiration cé leste n’est qu’un conseil, un germe qui ne se dévelop pera qu’àla condition que nous consentions à l’accep ær et à l’aider de nos propres efforts.
Cette observation nous amène à dire quelques mots indispensables sur les conséquences de ce jeu des Principes pour la vie terrestre. ‘tu L’Evolution de l’être individuel, en l’élevant vers l’Unité par la synthèse, développe en lui la con— science, l’intelligence des êtres ambiants et de soi même, et, par là, l’esprit‘d'indépendance, la sponta nc'ite’ qui est, d‘ailleurs, le propre du Principe actif. [1 en résulte chez lui une tendance croissante à s’affran chir del’impulsion subie jusque-là ; c’est le sentiment qui détache l’adolescent de la tutelle paternelle.
Cet état commence clairement à l’être humain ; la liberté est undes premiers besoins de sa nature. Dès lors se présente un danger nouveau, une lutte plus troublante des éléments vitaux.
Cette sponta néité, signe de divinité, doit se développer sans cesse pour que le progrès synthétique s’accomplisse ; et cependant, si elle vient à dominer, elle engendre l’Ego‘isme despotique, obstacle le plus insurmontableà la réalisation de l’Unité, à la santé de la vie commune; tellement insurmontable même qu’il faudra que l’individualité soit sacrifiée à l’Universelsi elle s’en
JEANNE D’ARC VICTORIEUSE ’ I 2 I ferme dans l’égoïsme. Mais combien à ce compte \ pourront franchir ce redoutable passage? Combien d’âmes humaines pourront gagner l’immortalité si l’Universel ne vient à leur secours ?
Nous venons de voir que l’Esprit Saint y pourvoit par la Charité ou Fraternité ; mais qu’on remarque les difficultés de son intervention ; si l’être supérieur, Ange ou Saint, impose sa puissance, il fatiguera le ressort précieux, indispensable, du libre arbitre; il at teindra les sources mêmes de la vie spirituelle ; ou bien la répression fera périr dans la révolte les âmes les mieux trempées. Que va donc faire ce ministre de l’Universel ?
Il ne s’imposera pas, il s’offrira; il ne commandera pas, il inspirera ;et l’individu restera libre de sa détermination. Ainsi l’Ide’e n’agit en l’Etre individuel qu’autant qu’elle est acceptée par lui; repoussée, elle reste inerte, (l’Ange s’enfuit) ; acceptée, accaparée par l’individu, elle apparaît aussitôt dans la vérité de la nature, ac tive, fécondante, formatrice (1).
Toutefois l’intervention supérieure se fait active dès que la vie universelle est intéressée à l’acte hu main, et dans la proportion de cet intérêt: elle se manifeste alors ou comme Providence ou comme Destin, aux limites extrêmes de la liberté humaine : nous reviendrons tout à l’heure sur ce.point. (i[_) Ce principe donne la raison du dissentiment qui sépare Aristote de ‘laton: celui-ci ne parle que de l'Idee acceptée, zncorpore’e à l‘individu, I'Ev; ceui_—Ià n'apcrçoit l‘Idée qu'à son état passif; l'ldée qui s'offre, l'image eiôoç, l'initiatrîce de l’imagination. Platon regarde en haut, Aristote a la vue volontairement limitée du positiviste. >,’.-i. ' . ÿÿrÿA -<vrW—V7M
122 L’INITIATION r, -—.:.T___,—_ —ΗΠ. .. .« -« ‘ ' ‘ ‘ .. .a_9 ùuI . 1 .< . ..-.. - -: .. .- ...,. a..,._.. -=“ v ____.. ..|__:.| l5fl Si l’égoïsme individuel résiste à l’Esprit de Frater— nité, il périra comme on l’a dit tout à l’heure, mais il ne succombera pas sans avoir épuisé pour se dé— truire soi-même toute l’énergie vitale à laquelle ildoit son origine.
Il y aura donc des âmes perverties, douées, comme celles dont nous avons parlé jusqu’ici, d’une spiritualité qui les place dans l’invisible et qui leur donne sur les vivants une influence proportionnée à la hauteur d’où elles sont tombées, exactement con traire à l’influence synthétique.
Il y aura même, par un dernier effet de la puissance d’Unité, non plus une génération, l’égoïsme s’oppo sant à la fusion des contraires, mais du moins une as sociatio n de ces âmes,par attraction des homologues ; seulement ces associations peuvent se comparer aux nuages chargés de grêle ou de foudre; elles sont en état de dissociation, de décomposition perpétuelle par répulsion de leurs éléments.
L’influence de ces êtres spirituels, plus impérative que celle des êtres synthétiques, étant plus dangereuse, peut nécessiter aussi une immixtion angélique plus directe dans les affaires de notre monde ; c’est une in tervention de ce genre que nous retrace le poème de J canne d’Arc. ‘ La tradition nous dit que les Anges eux-mêmes peuvent encore succomber à l’égoïsme, leur déchéance produisant les démons. Il en pleut du sommet de toute Hiérarchie. Au-dessus d’eux est Satan,l'Archange du mal, anta
JEANNE D’ARC VICTORIEUSE I 2 3 goniste toujours vaincu par l’Archange de l’Unité so— laire Michael. Satan a resplendi ; car ses feux sont les Ames. Qu'il s'incorpore ainsi. u Du front aux pieds sclon le crime, « Les Ames des vivants sont aussi, chose étrange, ct Présente dansle corps de l'infernal Archange. «1Leur Maître et leur Grand Pan. 1 Suscephble encore cependant de Redemptmn, et disant de lui-même : Sous l‘affreux Météore .
Que je suis, un Archange antique brûle encore, Car je fus Lucif:r l Delà enfin les Iuttescélestes qui se fonten l’homme, par l’homme ou avec l’homme.
L’Epopée grecque, essentiellement anthopomorphique, nous les repré— sentait sur le champ de bataille terrestre ; le poème de Jeanne d’Arc nous en restitue la vérité en nous mon trant où et comment ils s’effectuent accomplissant la synthèse de notre planète par le progrès de l’être humain, car Si le règne de Dieu doit... Descendre du ciel jusqu‘ici Il nedescendra pas tout seul I. . ..
Il faut quelqu'un pour l’attirer, Le concevoir et I'lnspirer. *.1 Ces actions et réactions des Etres nous montrent com bien leschaînons de la vie universelle sont reliés et entrecroisés grâce aux trois opérations de la combinai— son, de l’association et de la Fraternité; le monde forme ainsi comme un ensemble de tissus dont nos organismes vivants nous offrent l’analogie, et dans lesquels la moindre particule ne peut faillir ou souffrir
[24. L’lNITIATION sans qùe le tout soit intéressé à sa guérison ou, s’il le faut, à sa destruction. Toutefois, la puissance n’y est pas égale; elle cor respond au degré de spiritualité, d’esâence active, de sorte qu’il existe entre ces innombrables individua— lités solidaires une hiérarchie indestructible. Elle est assez connue pour qu’il suffise d’en rappeler briève ment les divisions principales.
La suite, dans l’Invi_sible, en commence aux âmes de nos morts parmi lesquelles celles des héros et des saints forment une classe supérieure.
Au-dessus d’eux sont les Anges, partagés comme on le sait en trois hiérarchies représentatives des trois principes fondamentaux: L’inférieure (Anges, Archanges et Principautés) (r) est celle des réalisateurs ; l’art symbolique les repré— sente armés en guerriers ; La suivante est celle du Principe intelligible (Puis sances, Vertus et Dominations) ; La supérieure ou divine comprend les Trônes, les Chérubins et les Séraphins, que l’on représente sym boliquement pourvus de 2, 4 ou 6 ailes diaprées aux yeux resplendissants.
La solidarité de tous les êtres conscients, c’est—à-dire depuis l’homme et au-dessus, est exprimée par l’acte magnétique et spirituel que la Religion nomme Com— munion : Communion des vivants, communion des vivants et des morts, communion des Saints. (l) Leurs sphères d'action respectives sont les Planète: (ou le _Zodia gus), les Eio:l_zs ou Soleils, etles Constellalfon: en désignant ainsinon les aures arbitraires de notre perspective terrestre, maisl’ensemble de Soleils qui evoluent autour d'un centre commun. l .o |.
JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 125 L’ensemble des mêmes êtres constitue l’Église Uni— verselle partagée en Militante, qui comprend les Réa lisateurs (habitants des planètes, Anges, Archanges et Principautés) et Trz’omphante —- parce que la spiri= tualité y est tout à fait affranchie des influences d’iner tie — qui se compose des deux hiérarchies angeliques supérieures.
7 Jeanne, Prophétésse, entend les Voix de tous ces Etres invisibles, depuis ceux inférieurs à l’âme hu maine, les Elémentaux, qu’il faut ajouter à la série surhumaine, jusqu’aux Séraphins. Elle perçoit aussi .\le verbe des esprits malins personnifiés en Satan.
Elle voit surtout, elle perçoit dans son extase, elle symbolisera sur sa bannière tout l’ensemble sublime des hiérarchies célestes couronnées par le Christ triomphant, rayonnement du Verbe après l’accomplis sement de la spiritualité Universelle, de la Rédemp— tion.
Ces admirables visions, confirmées par les monu—, ments authentiques de l’histoire, ont fourni trois des plus beaux chants du poème (les 9“ et 10°, et surtout le 8e dont chaque strophe voudrait un commentaire).
Il faudrait les citer tout entiers pour faire apercevoir les splendeurs lumineuses de l’Invisible dont notre froide analyse ne fait que disséquer le cadavre. ttz UU> L’intervention supérieure, comme il a été dit plus haut, n’a lieu qu’autant que la vie Universelle est in téressée ; c’est donc surtout — pour ne pas dire pres que exclusivement -— dans l’évolutidn des_ Peuples qu’elle se manifeste, et sur ce sujet on ne peut mieux
1 26 L’INITIATION faire que de citer le poème de Jeanne d’A rc, fort ex plicite sur les lois sociales : on va reconnaître l’ap— plication de tous les principes développés tout à l’heure. Chaque Peuple ayant son Esprit Qu'un Ange aux Ordres d'un Apôtre (I) Assiste ou fuit d’un Ciel à l‘autre Selon ses Actes et leur Rit.
Quand l‘Universelle Parole Fit les âmes des Nations, Chacune au Ciel choisit son rôle Devant les constellations, Et jura d'y rester fidèle. Son'Ange garda le modèle du Serment par elle signé : Puis elle partit pour la Terre Chercher le_Destin Volontaire Que son d0Igt s’était désigné.
Dans l’accomplissement de son rôle dont les phases principales sont caractérisées en maints vers superbes qu’il serait trop long de rappeler ici, le Peuple, c’est à-direles hommes qui le composent par leur associa tion spirituelle, laissés libres de leur action, peuvent errer ; dans ce cas, la Nation Veut-elle marcher en arrière ?
Elle y rencontre une barrière : L'ange masqué du châtiment ; Et son épreuve n'est finie Que quand son lumineux Génie Rend son but à son dévouement. l Si, dans son erreur, le peuple ne peut plus servir la Vie Universelle, ou si son rôle est accompli, le Destin l’efface ou l’endort; mais s’il est susceptible encore de revenir à une vie utile, la Providence le (1) Sous une forme moins vivante on dit souvent que chaque peuple est soumis à l'mfluence d'un des 12 Signes du Zodiaque.
JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 127 sauve. Telle était la France, et c’est pourquoi un Es« prit solaire descend sur terre pour son salut : Oh !Jeanne, sois sa Rédemptrice, Sache que sa‘voix créatrice Aux Peuples n’a pas dit adieu, Mais que, si tu veux, son Génie Doit leur révéler l’Harmonie . Du règne futur de Ton Dieu ! Et l’instrument de la Providence, c’est le Messie.
Différent du héros qui, par l’effort de sa volonté, sait atteindre le summum de la Puissance humaine (en s’élevant pour ainsi dire de la terre aux Cieux) (i), le Messie descend des Cieux sur la terre De son élan volontaire; Bravant l'incarnation, Sa naissance Est la mort au Paradis. Il renonce aux béatitudes de la vie spirituelle pour venir exercer parmi les hommes une puissance sur humaine devenup nécessaire.
Ineffable sacrifice, peint en vers admirables dans le 10° chant. Mets sous ce Dieu vivant la Terre rassemblée Tous les hommes sur ui va pleuvoir l‘lnfini Du vrai, du Beau, du. ien !. . ton âme désolée . .
Verra bientôtJésus criant: u Sabactham 1 n Le héros, l’initié ont besoin de la puissance maté— rielle ou intellectuelle de l’homme ; le Messie n’en a que faire: il possède en lui la force suprême des prin (r) Généralement par le secours de l'Initiation ésotérique et de l‘inspi ation religieuse.
128 L’INITIATION -- -: “fi-Mg cipes ; il naît et restehumble de rangétd’esprit; mais supérieur aux plus forts etaux plus savants. ' Elle ignorecomme eux l‘Art de lire et d'écrire Et rourtant son savoir divin va d'un sourire Epouvant:r Prêtres et Clercs, Dévoiler les Destins, promulguer mille Oracles, ht les faire éclater en autant de Miracles.
L’actidn messianiquese divise en deux parts : l’une pour le Présent, irrésistible, qui rétablit actuellement l’équilibre troublé par l’erreur humaine ; l’autre pour l’avenir, germe confié aux soins de la liberté de l’homme. Ainsi Jeanne d’Arc sauvera la France des mains des Anglais, l'Archange Michel le lùi promet: Ils trembleront ! Va ‘. l‘Ame Universels ’ Soufl'lera par toi la :erreur ! Dis—leur : Fuir, c’est la Paix ; résister, le Massacre!
Et Jeanne en a l’assurance, elle l’affirme, elle le pré dità jour fixe ; mais la Francesauve’e, l’avenir est remis entre'ses mains ; le sort immédiat du Sauveur lui— même dépend de la Volonté de ceux qu’il a rachetés. Jésus est crucifié ! Jeanne est brulée !
C’est pourquoi l’Archange lui dit encore, au mo— mentdu triomphe, à Reims, en parlant du Dauphin : Tu l'as tiré d'un gouffre et mis sur des sommets ou ton sort dépendra deson cœur désormais, Qu'il t’en chasse, ou t'y glorifie. 'Ïu.no‘us remplaceras’, car nous serons plus. A monns que Charles Sept n'appelle les Elus Et les Anges du Ciel suprême Par un acte d'Amour digne du Saint-Esprit.
Charles Sept, si son 'cœ.ur.savait‘ le.conséillér, '1 ’ayant pour connétable et moi pour chancelier, Etcndrait partout sa Puissance. .
JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 129 W Alors Jeanne, désolée, jette aussi vers le Ciel son cri de Sabachz‘ani! ’ Je vouscrie encore toujours: Pitié _ Non pour mm, manspour l'œuvre ébauçhée à mome’ Par nous, vous chef. mot volontaire l Craintes vaines ! l’œuvre messianique est toujours divine, et le sacrifice terrestre de l’Ange qui l’opère est un triomphe éclatant au Ciel : L’Œuvre est complète en soi, ma soeur; elle vivra.
Le cours normal du Temps y développera Le germe divin qui l'anime. Comme il sort de ton Aine, il restera béni, Et nous l’assisterons du fond de l'lnfini D‘où vint ton élan magnanime. , Cinq cents ans sauveront l'Europe : il n eût fallu, Si ce Prince plus saint s'était E n, Qu'un miracle de cinq années.
Puis, dévoilant plus loin encore les Arcanes de l’avenir, l’Archange montre à cette « sœur » enchaî née sur la terre, non plus seulement le salut de la France ou de l’Europe, mais celui de la terre entière. Une vision sublime lui fait apparaître l’Église triom phante ici—bas, dans l’union en Église Universelle des trois religions fondamentales : L’E lise triomphante, ICI-bus, envoyait our quel ue mystère sublime.
Une et tri le. ’Irois chefs, Trots chœurs dans l’Inoui, L'Un de l‘ ymalia l'antre du Sinai, Et le troisième de Solyme. Et l.s Trois chefs d’Eglise avec leurs Testaments, Prosternés. écoutaient dans ses Embrasements Le Verbe de I'Euchanstie : ci Préparez la Couronne et la Palme,tous Trois; ( Je sacre Jeanne d‘Arc Fille du Rois des Rois u Sur l'Œuvre qu'elle réalise u Confirmantà la fo.sirots Révélations.» . --».w w.—‘._‘ ‘ est “à? ";.."A
I 30 L’INITIATION C’est sur cette apothéose que se termine cette éton nante épopée à peine indiquée ainsi dans ses ensei— gnements les plus essentiels.
Que de choses, en effet, fort importantes encore il resterait à signaler : Ce qu’est Jcanne d’Arc, sa comparaison avec Pallas, Isis, Phébus, Jupiter ; La signification du principe féminin, comment il se révèle en Jeanne, comment et pourquoi l’avenir prochain lui appartient; Ce qu’est la France parmi les nations ; Le sens métaphysique et providentiel de la guerre (Magie Militaire); Et tant d’autres sujets où l’occulte est aussi inté ressé que la sociologie : mais il faudrait à ce poème un commentaire perpétuel qui pût suivre pas à pas chaque vers. û :+:4n Le Marquis de Saint—Yves nous annonce malheu reusement qu’il juge à présent son œuvre accomplie Sans doute, après ses quatre productions magistrales, dont une seule suffirait à bien des gloires, il a le droit de proclamer son exegi monumentum / Qu’il me per-> mette cependant de lui dire qu’à mon humble avis,‘il manque encore une pierre à son admirable édifice.
Après la Providence, nous avons à connaître le Destin. Après Jeanne d’Arc, il nous faut Napoléon. F.-CH. BARLET. ':@jï(c«:: ..rà|.æ*”*:\- 'v*.»w"’t‘-Mè .
1 _I5 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Études sur la Philasuphie Hermétique LE TRAITÉ DE LA NATURE DES CHOSES, de Paracelse l La Philosophie hermétique est l’adaptation, au .monde matériel, de la théorie des hautes sciences. Elle comprend l’Alchimie, application aux corps mi— néraux, et la Médecine occulte, application aux corps organisés.
Le Fakir qui fait bouillir de l’eau à dis tance fait œuvre d’alchimiste, le magnétiseur qui charge un arbre de fluide fait de la médecine occulte.
Ces deux branches des hautes sciences sont connues de toute antiquité ; il est notoire, depuis les recher— ches de M. Berthelot, que les prêtres égyptiens s’occu paient d’alchimie dans le silence des sanctuaires; malheureusement leurs travaux ne nous sont parve— nus que par l’intermédiaire de quelques philosophes grecs des premiers siècles de l’ère chrétienne qui s’étaient fait initier en Égypte,
1 3 2 L’INITIATION L’alchimie et la médecine occulte tombèrent ainsi dans le domaine public; chacun put s’en occuper, mais combien rares furent les esprits d’élite qui de loin en loin possédèrent la science primitive dans son intégrité.
Dans une période de plusieurs siècles, c’est à peine si nous trouvons quelques adeptes dans la multitude des alchimistes vulgaires et des souffleurs : Raymond Lulle, Arnauld de Villeneuve, Basile Va— lentin, Khunrath, Flame], Paracelse. C’est en étudiant ce dernier que l’on pourra parve nir à lever le voile d’Isis ;c’est dans ses œuvres, la Bible de l’Occultz‘ste, que l’on trouvera la théorie et la pratique de la Science occulte.
Ses nombreux traités fourmillent d’enseignements précieux, c’est un trésor des pierres les plus rares ; mais parmi, un surtout se fait remarquer entre tous, c’est le De naturâ rerum, ou traité de la nature des choses. II Ce traité se trouve dans le tome sixième de ses œuvres complètes, traduites en latin et impriméesà_, Francfort en 1605.
Ce traité avait été donné manus— crit par Paracelse à un de ses amis intimes, Jean Winckelstein, et, comme il est dit dans la lettre pré— monitoire, il devait rester dans la famille et ne jamais être produit au jour. « C’est pourquoi, très cher ami, mon frère bien-aimé, j’ai écrit ce traité purement par amour pour toi et pour toi seul ; aussi je te prie de le conserver comme une .chose précieuse et qu’il faut tenir cachée. Garde-le près de toi jusqu’à la mort, et
133 en mourant lègue-le aux mêmes conditions à tes en fants ou à tes héritiers; qu’ils le conservent secret, et je leur demande spécialement qu’il demeure dans la famille, et qu’il ne devienne jamais assez connu pour tomber entre les mains des faux savants et des écer vêlés, qui méprisent tout ce qu’ils ne comprennent pas, et souvent le calomnient. » Heureurement Winckels— tein ou ses héritiers ne suivirent pas ce conseil et livrèrent le précieux manuscrit aux imprimeurs. .
Le Traité de la nature des choses est divisé en neuf livres et occupe soixante-douze pages in—quarto. Nous allons en faire l’analyse complète et raisonnée. ÉTUDES SUR LA PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE III Le premier livre traite de la génération.
« Il y a deux espèces de génération, l’une qui se fait par la na ture et l’autre par l’art, c’est-à—dire par l’alchimie. » Nous retrouverons cette seconde espèce ou génération artificielle quand Paracelse traitera de l’homunculus. Il continue ainsi : « L’on peut dire en général que la nature tire tout de la terre à l’aide de la putréfaction.
La putréfaction est produite par une chaleur hu mide. » Cette théorie de la putréfaction facteur de la génération est fort ancienne; qui ne connaît le taureau de Virgile, qui après sa mort donne naissance à un essaim d’abeilles ? Au moyen âge cette théorie brille dans tout son éclat. Le sperme se corrompt dans la matrice, le grain pourrit dans la terre, la putréfaction précède la génération des minéraux et c’est la clef du grand-œuvre. Toute théorie produit des exagérations. _.,,_., ., wvw o. vin . '-. ' ' 'w .....,....... ..........L
134 L’INITIATION «' On croyait que les mouches naissaient du limon corrompu et Van-Helmont assurait avoir vu de vieux linges pourris donner naissance à des souris. » (A. Poisson, Théories et symboles des alchimistes. page 138.) Mais, faut—il rejeter tout d’abord cette théorie P Évidemment non ; il faut auparavant l’exa miner et la juger. Et d’abord que faut—il entendre par putréfaction.
Selon nous il faut entendre uniquement un change ment de forme se produisant a55ez rapidement et mo difiant profondément les propriétés de la matière. ' Dans ce sens la théorie médiéviste de la putréfaction Concorde avec la science actuelle, le grain de blé subit des altérations profondes pendant la germination; il se gonfle, les principes qu’il renferme fermement.
Fermentation ou putre’faction, c’est tout un; de même suggestion mentale et magnétisme.
Le Livre de la Génération nous apprend que la Pa lingénésie est applicable aux animaux et qu’en opérant avec un oiseau comme l’on opère avec une rose, on pourra faire renaître l’image ou projection astrale de l’oiseau ; il faut seulement avoir soin d’enfermer l’oi seau vivant dans un alambic que l'on fermera hermé tiquement, et de chauffer ensuite de façon à obtenir une masse informe.
Paracelse est amené à nous parler des monstres, c’est-à—dire des hommes sortant, par leur conformation, des lois communes. Ces hommes, nous dit—il, sont un produit du Démon; leurs déformations portent la si— gnature diabolique. « Aussi, fuyez ces êtres qui naissent avec un membre en plus ou en moins, car
mdm.»h-ænuï7.u...»..:.e ..... —-... ,_ z.« i " ‘ "‘ I . - . ÉTUDES SUR LA PHILOSOPHIE HERMÊTIQUE [35 ils sont l’œuvre de Satan; leurs défauts sont un signe de méchanceté et de scélératesse; ils meurent miséra blement, de la main du bourreau ou tout au moins portant une marque infamante. « Rapprochons un simple fait: Un de mes parents m’a souvent raconté que dans son pays vivait un homme de nature f0urbe et astucieuse, qui passait pour sorcier.
Cet homme, nommé Six-pouces, parce qu’il avait six doigts à une main, périt dans une inondation. C’est en traitant des monstres que Paracelse en arrive à parler de l’homunculus, mais, ce passage ayant été déjà traduit par M. Figuier, nous nele repro— duirons pas ici. De la génération des corps organisés, Paracelse passe à la génération des corps minéraux.
« Sachez, dit-il, que les sept métaux naissent d’une triple ma— tière, c’est—à—dire soufre, mercure et sel. » Ces termes désignent des modalités de .‘la matière et non des corps spéciaux, comme l’a démontré M. Poisson dans un récent ouvrage. Le soufre c’est la matière conden sée, libre, pesante, fixe, positive; le mercure c’est la matière désagrégée, subtile, volatile, négative.
Le sel c’est la matière en équibre entre ces deux états; que l’od vienne à l’emporter, elle devient soufre; si la balance penche du côté de l’od, elle devient mer cure. Le diable du Tarot nous représente l’astral donnant naissance aux deux modes de la matière.
La dextre dirigée vers la terre porte le mot coagula, c’est-à-dire condense, épaissit, réunit, polarise posi— tivement la matière pour obtenir le soufre ; sa se mestre, dirigée vers le ciel: dissous, c’est—à—dire désu
I 36 L’INITIATION mis, sépare les molécules, vaporise, liquéfie, polarise négativement la matière, et tu auras le mercure.
Les deux démons inférieurs, l’un vert et l’autre rouge. c’est—à—dire complémentaires, signifient : une égale quantité d’astral positif neutralise une égale quantité d’astral négatif et produit le repos; le mercure et le soufre se neutralisent dans le sel; la lumière rouge et la lumière verte se neutralisent en produi sant la lumière blanche. Voy. le Tarot, dessiné par Oswald Wirth, et Papus : Le Tarot des Bohémz’ens.
IV Le second livre traite de l’accroissement des choses. Ce que Paracelse dit au sujet des minéraux est fort curieux; il donne entre autres la manière d’obtenir un arbre solaire. « Il est possible à l’alchimiste habile d’obtenir par l’art que l’or croisse dans un matras, à la façon d’un arbre, avec d’admirables branches et feuilles, ce qui est réellement agréable à contempler.
On opère ainsi : calcinez l’or par l’eau régale, en sorte qu’il devienne friable comme la craie, puis met tez—le dans un alambic; versez dessus de l’eau régale récente de bonne qualité et de l’eau de gradation, en sorte que le liquide surmonte la chaux d’or, de quatre travers de doigt ; puis distillez au troisième degré du feu, jusqu’à ce qu’il ne passe plus rien.
Remettez ce qui a distillé dans l’alambic, distillez de nouveau; recommencez ainsi jusqu’à ce que vous voyiez l’or s’élever dans le vaisseau, croître en prenant la forme
ÉTUDES SUR LA PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE 137 d’un arbre et en émettant des branches et des ramus— cules; et que vous ayez finalement un arbre d’or, admirable à Voir. Les alchimistes l’appellent « herbe aurée » et « arbre des philosophes ».
En lisant ceci, quelque railleur va s’écrier : « Belle merveille en vérité, c’est là un simple phénomène de cristallisation, de même que l’arbre de Saturne et l’arbre de Diane, mais cela ne prouve pas que les métaux et les miné raux soient capables de croissance! » Nous répon— drons simplement ceci : Tout être quelconque ne peut s’accroître qu’en prenant aux corps extérieurs des éléments semblables ou susceptibles de devenir semblables à ceux qui le composent.
Le corps de l’homme ne contient ni or ni argent, et l’homme ne peut s’accroître en se nourrissant de ces métaux, mais il se nourriraü de corps organisés et organiques susceptibles de lui fournir les éléments du sang.
De même l’or ne pourra pas s’accroître si on le plonge dans l’alcool, corps organique, ou dans un sel d’un métal différent; mais plongez-le dans une solu tion de chlorure d’or et exposez le tout au soleil : peu à peu votre morceau d‘or s’accroîtra aux dépens du liquide ambiant. Maintenant comment appellerez vous cette force qu’attire l’or vers l’or, le plomb vers le plomb?
Nommez-la affinité, ou trouvez—lui une nouvelle appellation ; pour nous, nous appuyant sur l’antique science occulte, nous la nommerons: la Force par excellence, la Vie. :«L\-, n ; - ,,
1 38 L’INITIATION ' J 'Ë'*î““f’s""ñr"m. I V Le troisième livre traite de la Conservation des choses, c’est-à—dire de la manière de les préserver de tout accident préjudiciable à leur existence.
Pour les ’ préserver et les conserver, il faut d’abord connaître ce qui leur est nuisible tout aussi bien que ce qui leur est profitable, et, élevant la discussion sur le terrain philosophique, Paracelse nous dit: «Il est aussi néces saire de connaître le mal que de connaître le bien. Qui donc pourrait savoir ce qui est bien, s’il ne savait ce qui est mal? Personne assurément.
Aussi nul ne peut estimer que] trésor vaut la santé, s’il n’a jamais été malade! Celui-là ne peut jouir pleinement de la joie, qui n’a jamais été triste et affligé. Pourrait-on avoir une idée juste de Dieu, si l’on ignorait ce qu’est Satan P » Tout ceci estparfaitement juste au point de vue philosophique. , Il examine ensuite quels sont les ennemis des métaux, c’est-à-dire les corps qui peuvent leur faire perdre quelqu’une de leurs propriétés.
« Quand l’on veut conserver les métaux, il faut d’abord connaître quels sont leurs ennemis afin de savoir mieux les préserver d’altération.
Les principaux ennemis des métaux sont les eaux fortes, les eaux régales, les corps corrosifs, les sels, le soufre cru, l’antimoine et le mer :ure. » C’est, en général, ajoute-t—il, toutes choses qui dissolvent, attaquent, calcinent, corrodent les métaux. ‘ Il examine ensuite quels sont les corps qui les conservent, et il remarque fort justement à propos
ÉTUDES SUR LA PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE 139 de l’aimant que « pour la conservation de l’aimant il n’y a rien de meilleur que la limaille de fer ou d’acier; et un aimant que l’on conserve dans cette limaille, loin de faiblir, augmente chaque jour de force ». VI Le quatrième livre traite de la vie des choses natu relles; il nous enseigne que tout corps matériel est lié à un esprit, c’est-à-dire à une force.
« Il faut savoir que dans le principe lorsque Dieu créa toute les choses, il ne laissa pas un corps sans lui attacher un esprit, qui est caché en lui. Que serait un corps sans esprit? Rien. C’est l’esprit et non le corps qui a les propriétés et la puissance renfermées en lui—même. Car le corps n’est que mort et sujet à la mort, et l’on ne peut trou— ver dans le corps que la mort.
Un corps peut être altéré et déformé de diverses manières, un esprit non pas, car l’esprit est éternel et c’est le substratum de la vie. C’est lui qui donne la vie au corps, et, quand on les sépare, le corps meurt et l’esprit retourne au lieu d’où il était venu, dans le chaos et dans l’air du firmament supérieur et inférieur. Il ressort de ceci qu’il y a autant d’espèces d’esprits qu’il y a d’espèces de corps.
Il y a en effet des esprits célestes, infernaux, humains, métalliques, minéraux. Il y en a dans les sels, les pierres, les marcassites, les arsenics, les liquides, les racines, les humeurs, les chairs, le sang, les os. Sachet donc que l’esprit est la vie et le baume de toutes choses. »
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Nous ajouterons que tous ces esprits ne sont que des fractions de l’esprit universel, de la force que Paracelse nommait l’archée, qui n’est autre que l’as tral, circulant à travers les Mondes et animant toutes choses; l’air est son véhicule, et c’est en respirant que nous absorbons la vie, l’archée; aussi nous dit-il à la fin du livre : « L’air vit par soi et en soi et il donne la vie à toutes choses. » Vil Le cinquième livre traite de la mort des choses.
Il nous apprend quels sont les moyens de tuer les mé taux, de les mortifier, de leur faire perdre leurs pro priétés physiques et chimiques : « La rouille indique la mort du fer et de l’acier. Le vitriol bleu, le cuivre brûlé sont du cuivre mort. Le cinabre, le mercure précipité, sublimé, calciné est un mercure mort.
La litharge, la céruse, le minium, tout cela plomb m‘ort. » A propos de la mort du cuivre il indique un procédé remarquable où l’on obtient de l’acétate de cuivre (cristaux de Vénus) très pur; il dit qu’en le distillant on lui enlève le vinaigre, et que, si au contraire on laisse le liquide à l’air, on aura des cristaux. Ce livre est rempli de recettes vraiment étonnantes qui prouvent que Paracelse était le premier chimiste de son temps.
Signalons ce passage : « On tue l’aimant en Poignant d’huile de mercure, ou même en le plon geant dans le mercure vulgaire; après quoi il ne peut plus attirer le fer. »
_ _,,__f.. ._ —=..nrr î 'ar-P‘AIQË., must-v" .. .‘ *.".‘.' , . _ r_' r i ÉTUDES SUR LA PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE ' 141 î VIII l Le sixième livre a trait à la résurrection des choses naturelles : « Tout ce que l’homme détruit. il peut le ? reconstruire; tout ce qu’il brise, il peut le reconstituer, mais là. s’arrête son pouvoir; en essayant d’aller au delà, il toucherait à la puissance de Dieu, il travaille rait en vain et serait confondu, à moins que Dieu ne fût avec lui, ou qu’il eût cette foi qui transporte les montagnes.
A un tel homme les plus grands prodiges seraient possibles, car l’Êcriture et le Christ lui-même a dit : « Si vous avez de la foi, gros comme un grain, et que vous disiez à cette montagne : viens et place-toi là, elle le fera, et tout vous sera possible et rien im possible! » Tous les occultistes comprendront; nous ne voudrions pas déparer cette magnifique phrase en la commentant.
Une question se pose naturellement dans ce livre : Peut—on ressusciter un homme? Pour y répondre, Paracelse distingue deux sortes de mort : la mort naturelle qui arrive par maladie ou qui clôt une longue vie, et la mort violente qu’il désigne sous le nom particulier de mortification.
Dans le premier cas il n’y a rien à espérer; mais, dans le second, il n’en est pas de même, l’organisme pouvait encore vivre, il était sain et en bon état, la mort est venue d’une cause extérieure, l’esprit vital s’est enfui, il est vrai, mais il reste encore le baume, esprit doué d’une cer— taine vitalité latente et propre à chaque organe. Donc on peut ressusciter dans ce cas.
142 L'INITIATION IX Les septième et huitième livres qui traitent de la transmutation et de la séparation des choses ne sont intéressantes qu’au point de vue purement chimique; aussi nous n’en dirons que quelques mots.
Dans le septième, Paracelse énumère les diverses espèces de feux et leurs degrés: le feu de charbons, le feu de bois, le feu de lampe, le bain de sable, le bain-marie, le bain de vapeur ; il affirme enfin que le feu invisible ou lumière solaire concentrée à l’aide de miroirs ou de lentilles fournit une chaleur supérieure à toutes les autres, qui fond aisément tous les métaux.
Rappe lons à ce propos que deux siècles plus tard, Buffon répète ces expériences qui furent considérées comme nouvelles et firent beaucoup de bruit dans le monde scientifique. Ceci soit dit sans commentaires. Dans le huitième livre. entre autres procédés chi— miques, Paracelse en indique un que nous tenons à rapporter, parce qu’on a répété que les alchimistes voyaient une transmutation dans cette expérience, ' ce qui est une erreur grave.
Les alchimistes savaient distinguer entre une transposition (ce que nous appe lons aujourd’hui une double décomposition) et une transmutation. Ce procédé est du reste nommé sépa— ration par Paracelse; il a en effet pour but d’enlever l’argent d’une solution qui le renferme. « Mettez, dit‘il, dans la solution une lame de cuivre, et aussitôt l’argent se précipitera de sa solution et tombera au fond du vase sous forme de neige; en même temps la
ÉTUDES sua LA PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE 143 lame de cuivre sera corrodée. » Un chimiste de nos jours ne décrirait pas mieux cette expérience. Remar quez bien que le mot de transmutation n’est pas pro noncé, et que Paracelse ne veut que retirer de l’argent d’une solution qui en contient en le remplaçant dans cette solution par du cuivre qui se dissout à mesure que l’argent se précipite.
X Nous arrivons enfin au neuvième et dernier livre, le plus important de tous, qui traite des signatures des choses. La signature d’une chose est l’ensemble de ses propriétés visibles et tangibles, grâce auxquelles on peut déduire les propriétés cachées. Paracelse compare la signatureà l’étiquette que l’on met sur un flacon et qui vous renseigne immédiatement sur le contenu.
La Chiromancie et la Physiognomonie sont les signatures des astres dans l’homme. Paracelse insiste beaucoup sur ceci qu’une signature n’est jamais infaillible, car les astres influent sur l’homme mais ne le déterminent pas absolument; de plus leur action, qui est toute puissante sur l’homme adonné à ses passions, devient nulle sur l’homme qui est roi par sa volonté, sur le Mage; celui—là, loin d’obéir aux influences, les dirige à son gré.
« Si quelqu’un, discutant avec nous, prétend que les signes de la physiognomonie dus aux astres ne peuvent pas plus que ces derniers forcer personne, nous lui répondrons qu’il n’a pas entière— ment tort, mais il faut ajouter que les astres influent sur l’un et n’influent pas sur l’autre. Car sachez que
144. L’INITIATION l’un est dirigé parles astres et que l’autre au contraire. est maître de leurs influences. Sachez que le sage, loin d'obéir aux astres, est leur maître...
Au contraire les astres dirigent l’homme aux instincts grossiers, le régissent fatalement, que le gibet attire le voleur; la roue, le bandit; les poissons, le pêcheur; les oiseaux l’oiseleur; le gibier, le chasseur. » Paracelse ajoute plus loin: « Sachez qu’un saturnien, ayant Saturne dans son ascendant, peut néanmoins se soustraire à cette influence néfaste, la vaincre et attirer sur lui— même l’influence du soleil. » Et pour mieux faire comprendre sa pensée, il donne cette parabole: « C’est comme si un mineur qui travaille assidûment dans les mines de son maître, qui maintient en bon état son filon au péril de sa vie, se tenait un jour ce raisonnement : « Qu’arrivera-t—il de moi, si je passe toute la vie sous terre, si j’use dans un labeur conti nuel mon esprit et mon corps ?
Je quitterai mon maître et je chercherai un autre maître, afin que ma vie s’écoule calme, que j’aie à boire et à manger mon saoûl, que mes vêtements soient propres; je travaillerai moins et je serai mieux payé ; je n’aurai plus une montagne qui m’oppressera. » Ce mineur 'peut devenir son propre maître, alors qu’il fût resté toute sa vie mercenaire, accablé de travail, épuisé de fatigues. » Au contraire celui qui est esclave de ses passions subira jusqu’à sa mort les influences astra— les, toutes-puissantes dans ce cas : « Celui qui joue aux dés jouera encore et toujours. Celui qui a volé et. qui a évité la potence volera de nouveau. Paracelse nous donne ensuite la pratique des signa—
ÉTUDES SUR LA PHXLOSOPHIE HERMÉTIQUE 145 tures dans l’homme, la Physiognomonie. Quoique ce passage soit fort long, nous le donnons en entier, parce que nous préférons le Verbe du Maître aux affir mations plus ou moins fantaisistes des Indogine. des Coclês, des Tricasse. XI Les yeux noirs indiquent la plupart du temps, ou tre une constitution saine, un esprit constant, clair, large, actif, prudent, amoureux de la vérité.
Les yeux bleus indiquent un homme rusé, d’un caractère incertain, tenace. Les yeux faibles dénotent un homme de bon con seil, fin, d’un jugement profond. Les yeux louches dénotent un homme faux, rusé, que l’on ne peut tromper, infidèle, fuyant le travail, oisif, vivant parle jeu, l’usure et le vol, dans la dé bauche et le libertinage.
Les yeux petits et enfoncés dans l’orbite, une vue faible présagent fréquemment la cécité pour la vieil— lesse; ils indiquent aussi un homme courageux, bel liqueux, intrépide, rusé. remuant, sachant attendre la fortune. Ces hommes ont généralement une fin tragique. . Les grands yeux, surtout s’ils sont saillants, indi quent un homme avide et avare, Celui qui a des yeux clignotants a la vue faible; il est timide et prend grand soin de ses yeux. Celui qui a des yeux très mobiles a un esprit aimant, prudent,. inventif. . . NWË_‘—r—N
4146 L’INITIATION '.--“.‘rsW Les yeux baissés dénotent la pudicité et la modestie. Les yeux rouges : audace et courage. Les yeux brillants et fixes sont le signe des héros, magnanimes, intrépides, éveillés, redoutables pour leurs ennemis. De grandes oreilles indiquent une bonne ouïe, une grande mémoire, un esprit observateur, un cerveau sain.
Les oreilles déprimées sont de mauvais augure: elles dénotent une mauvaise ouïe, un homme plein de malice, trompeur, injuste, intrépide, s’exposant facilement au danger, enfin de mauvaise mémoire. Un nez long et recourbe’ indique un homme coura— geux, prudent, discret, sévère mais juste. Le nez ca mus indique la malice, la duplicité, la paillardise, le mensonge et la frivolité. Le nez pointu dénote un homme hâbleur et très inconstant.
Un nez très allongé :bon odorat, mais lenteur dans les affaires. ' Les joues creuses indiquent l’homme bavard, qui méprise les autres et se dispute aisément. Le menton oblong avec une face allongée / : caractère enclin à la colère, temporiseur.
Un menton fendu indique un homme fidèle, prompt à rendre service, ayant une conversation variée, au langage parabolique, disant une chose eten pensant une autre, irascible mais se repentant de sa colère, ingénieux, inventif. Une bouche très grande: voracité, fatuité, nullité, imprudence, intrépidité. Une petite bouche indiqué. le contraire.
ÉTUDES SUR LA PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE 147 ., lI—Ir’ ”W Des lèvres épaisses, la supérieure plus grande que, l’inférieure, indiquent un homme irascible, belliqueux, remuant, aux instincts grossiers et lascifs comme ceux du porc. La lèvre inférieure très grande : stupidité, sottise, esprit obtus. ' Pour les cheveux et la barbe on ne peut porter un jugement certain, car, selon la mode, on les frise ou on les teint en brun, en blond, en roux, en blanc.
De même on les rend à volonté durs ou flexibles. De là vient que quelques-uns assez savants dans les . diverses parties de la physionomie se sont miséra blement trompés, en jugeant témérairement des che veux, voyant des signatures astrales dans ce qui était simplement dû aux hommes. On ne peut nier cepen dant que les cheveux plantés fortement dans la tête, de même que tous les autres poils, indiquent que le corps et la tête sont en bonne santé.
C’est pour cela que les maquignons examinent soigneusement la queue des chevaux, jugeant par là de leur santé. De même les soies chez: le porc, les écailles, les épines chez les pois sons, les plumes chez les oiseaux, dénotent selon leur état la bonne ou la mauvaiSe santé. Le col plus long que de coutume dénote un homme prudent, attentif, toujours sur ses gardes.
' Les épaules larges,le dos fort, indiquent un homme capable de. porter ou de remuer de grands poids. Les bras. noueux indiquent un homme fort, vail lant, très apte à lancer, à frapper. Les mains rugueuses indiquent un homme qui tra vaille, uneuvrier;les mains fines indiquentle contraire.
vz\ 4.. '. 2 148 L’INITIATION Un tronc court, de longues jambes indiquent un bon coureur, un homme sobre, mais devant avoir une vie courte. Des veines très visibles et grosses, marquent avant l’âge mûr un homme sanguin et plein de sève, mais, après cette époque, elles dénotent plutôt un état mala— dif. XI] Ayant ainsi traité complètement de la physiogno monie, Paracelse aborde la chiromancie.
Pour lui c’est une science divinatoire qui étudie les lignes que présentent des êtres; ce mot est pour lui synonyme de science des signatures, aussi voyons-nous qu’il traite de la chiromancie des plantes, des herbes, etc. Mais il en dit fort peu de chose et nous renvoyons pour cet article aux écrits de ses disciples et principale ment de Crollins dont le Traité des Signatures accom— v pagne généralement la Chimie royale de Groll.
Paracelse traite ensuite des signatures des métaux, il remarque que plus une mine est ancienne, plus elle contient de métal, parce que celui-ci a eu le temps de s’accroître. Cette idée est profondément enracinée chez les mineurs de tous les pays.
« L’opinion de la trans mutation, de la perfectibilité des métaux est si généra lement admise par les mineurs du Mexique, qu’il ne faut pas s’étonner de leur entendre dire en parlant des morceaux de minerai qu’ils admettent ou rejettent .pour l’exploitation: « Ceci est bon et mûr, ceci est
: 0 ; ETUDES SUR LA PHILOSOPHIE HERMETIQUE 149 mauvais et n’est pas encore passéà l’état d’or. » (Tiffe— . reau, [Or et la transmutation des métaux.) Puis Paracelce nous apprend que chaque métaldoit son origine à une planète. Que le Soleilvienne àinfluencerlamatièrepremière, peu à peu elle se transformera en or, et, quand le mé— talestarrivéàsa perfection, l’influence astrale cesse, de— venantinutile.
Il appelle cette influence Astrum ; nous traduirons par l’Astral. Voici ce qu’il en dit: « Sa chez que chaque métal naissaht, alors qu’il est encore au sein de la matière première, a son astral particulier. Ainsi l’or reçoit l'astral du Soleil, l’argent a l’astral de la Lune, le cuivre l'astral de Vénus, le fer l’astral de Mars, l’étain celui de Jupiter, le plomb celui de Sa— turne, et le vifargent celui de Mercure.
Mais lorsque le métal est parfait, et coagulé en un corps métallique fixe, l'astral s’éloigne de lui et laisse ce corps mort. » En un mot l'astral est l’esprit, la vie du métal, et l’al chimiste qui sait se rendre maître de l’astral solaire, peut changer les corps métalliques en or, et, s’il dé tientl’astral lunaire, il peut changer les métapx en argent.
Paracelse était parvenu à préparer ou à con denser ces Astraux; il les décrit ainsi : « L’astral de l’étain est blanc, semblable à la résine, un peu obscur, parsemé de jaune. L’astral du fer est d’une brillante couleur rouge, lumineux comme un grenat, fusible comme la résine, fragile comme du verre; c’est un corps fixe, plus dense que le fer...
L’astral de l’argent est une substance fixe, incapable d’accroissement, d’une blancheur éclatante, fluide comme la résine, transparente comme le cristal, fragile comme du
I 50 L’INITIATION verre, ayant même densité que le diamant...
L’as— tral de l‘or est une substance très fixe, pourpre, sa poussière est jaune; quand elle est entière elle a l’éclat du rubis, fusible, transparente et très dense, etc. » Paracelse traite ensuite de quelques signatures na turelles et surnaturelles, par exemple des signes (dents, cornes) auxquels on peut connaître l’âge d’un animal, des pronostics du temps, et il termine son ou vrage par de courts aperçus sur les différentes espèces de divination (chaomancie, hydromancie, pyro— mancie, nécromancie) et par la liste des objets et des choses consacrées à chaque planète, et qui portent par conséquent sa signature; ainsi : « A la Lune est con sacré tout ce qui sert à l’agriculture, à la navigation, àvoyager et aux voyageurs.
A Vénus sont consacrés tout ce qui a trait à la musique, les exercices amou— reux, lesbaisers.
A Saturne sont consacrés tout ceuxqui travaillent sous ou dans la terre, les mineurs, les fossoyeurs, les puisatiers et leurs instruments, etc. » Nous voici arrivés à la fin de ce magnifique traité, mine inépuisable d’enseignements de tout genre pour le Philosophe hermétique, et cependant ce n’est là qu’une infime partie des œuvres complètes de ce géant scientifique que fut Paracelse.
Nous affirmons, tran— quille dans notre foi profonde, qu’aujourd’hui même l’homme qui posséderait tout ce que savait Paracelse serait l’homme le plus prodigieux de notre siècle ! PHlLOPHOTES .
ESSAIS DE TRANSMISSION HYPERPHYSIQUE 151 ,m _ «n: .«>eBË, Ë ‘.
Essais de Transmission hyperphysique DE LA PENSÉE communiqués par ANTOINB SCHMOLL (Le Sphynx, 111, 14 février 1887). — Traduit de l’allemand par Yvan le Loup. (Voir la planche au frontispice) Les essais suivants furent tous tentés le soir, à la lumière, chez moi (1 I I, avenue de Villiers, à Paris), avec le concours de M. Etienne Mabire, officier de marine en retraite, de M"° Louise M., et de ma femme.
Un jeune officier, M. D., a, de plus, assisté à notre première séance. Nous expérimentions dans la salle à manger dont le dessin ci-dessous (fig. 1) représente l’arrangement intérieur. Nous opérâmes de la manière suivante : la personne désignée pour recevoir l’impression des sujets d’ex périence (dessins ou objets matériels) s’asseyait tour— nant le dos aux autres dans le coin P de la chambre, où on lui bandait les yeux.
Pour la clarté, je nomme— rai cette personne la Passive, parce que son rôle se réduit à ceci : recevoir des impressions psychiques, —— pendant que la tâche des autres personnes, les Actives, consiste à faire naître ces impressions par la concen— tration du regard et un vouloir énergique. — Sur la fig. n' I, P désigne donc la personne passive, et A A les actives. Je dirai cependant qu’au cours des trois 7 W
I 52 L’INITIATION __I . *.__< r {» fl\É f premières expériences, deux personnes actives agis— saient seulement, placées en a, a. 0 est l’objet ou le dessin constituant le corps de l’expérience. La lampe L est posée sur une suspension. Les flèches donnent la direction du regard.
Après que la personne passive s’est commodément assise dans le coin P, distant d’environ trois mètres de la table, et qu’on lui a bandé les yeux, un des actifs dessine une figure quelconque, en gros traits, sur une feuille de papier blanc, que l’on pose à plat sur la table, en 0. Cependant, nous reconnûmes cette manière de procéder défavorable à la réussite de l’ex périence, et à notre sixième essai nous posâmes verticalement le dessin.
D’autre part, comme il a été dit plus haut, les actifs, dont les regards, partant de A A pour aboutir en 0, se croisaient à angle droit, furent placés sur une même ligne en A, les uns à côté des autres, de manière à réaliser la plus petite diver gence possible entre les directions des regards.
Le bandeau qui ferme les yeux ne doit pas être serré trop fort, sinon la pression sur les globes ocu laires occasionne un scintillement qui s’oppose à la production d’un bon résultat. Ce bandeau n’a pour but que d’empêcher la vision directe, et, pour ce faire, une puissante pression n’est pas nécessaire. De même, le passif était instamment invité à ne fermer les yeux. qu’à demi pour ne pas fatiguer les muscles orbicu laires.
Les sept dernières expériences furent faites sur des objets matériels; dans ce cas, il est de toute nécessité qu’aucun autre objet ne soit à voir sur la table, qui
ESSAIS l)E TRANSMISSION HYPERPHYSIQUE 153 puisse influencer la pensée des actifs. (Cf.
14” expér.) Pendant les expériences, un parfait silence règne dans la chambre; les actifs regardent incessamment l’objet, et concentrent toute leur force de volonté sur le désir de produire, devant les yeux obscurés du Passif, une image sensible. — On avait recommandé à ce dernier de s’abandonner tout entier à l’attente passive d’une vision, par conséquent d’éviter soi gneusement tout effort de l’esprit tendant à se repré senter la forme de l’objet.
Il va de soi qu’avant d’ôter le bandeau des yeux de la personne passive, l’objet était caché, excepté en cas d’insuccès, si aucune impression n’avait été produite. Les objets d’expérience étaient posés sans aucun bruit sur la table; celle—ci étant d’ailleurs recouverte d’un épais tapis, le passif ne pouvait percevoir le moindre choc à la mise,en place de ces objets.
A la fin de la séance on rédigeait une minutieuse description du cours et des particularités des phéno mènes. , Voici quelques renseignements sur les personnes 'présentées: M“° Louise M., âgée de 25 ans, est vive et gaie; ma femme, âgée de 39 ans, est d’un tempéra ment tranquille ; M. Mabîre, 59 ans, est sérieux, réfléchi, circonspect en ses jugements. Quantà moi, j’ai 43 ans, et suis d’une constitution normale, sauf une nervosité excessive.
Dès le commencement, il fut convenu entre nous que chacun se garderait très soigneusement des illusions et particulièrement d’exagération à l’égard des résultats obtenus. Nous voulions simplement
154 L’INITIATION savoir à quoi nous en tenir sur cette question, et une amplification complaisante des résultats nous y eût peu aidés. Nous n’avons pu d’ailleurs, jusqu’à maintenant, acquérir la preuve que l’un de nous soit prédisposé à devenir médium_ ou somnambule. Plusieurs essais typtologiques, que nous fîmes ces derniers temps, sont demeurées tout à fait sans résultat.
Un médium— nimisme possible, s’il existe chez l’un de nous, n’est donc pas encore arrivé au terme de son développe ment. Aucun de nous n’était sceptique à l’endroit des phénomènes psychiques en général; mais aussi si nous ne nous sentions pas autorisés à nier ces précé dents, que des savants compétents affirment avoir constatés, nous penchions cependant plus ou moins à considérer la plupart de ces phénomènes comme étant d’une nature subjective.
On trouvera plus loin le récit de la production d’images matérielles qui se jouaient devant les yeux fermés du passif; on ne perçoit rien pendant plusieurs minutes, un quart d’heure même.
Puis apparaît dans le champ de vision un reflet lumineux de forme indé— terminée; cette image confuse semble progressivement se concréter ; elle disparaît et réapparaît à des inter valles de plus en plus courts; on commence à saisir des formes qui se précisent de minute en minute, jusqu’à ce qu’enfin on se dise : « Je crois maintenant voir ce que c’est ! » Quand un essai semblait ne pas devoir réussir, le Passif se rapprochait de nous, les yeux toujours bandés, et donnait les mains à dqux des Actifs, pendant
ESSAIS DE TRANSMISSION HYPERPHYSIQUE 155 que le troisième fermait la chaîne. Mais il ne semble pas que ce procédé, parmi nous du moins, ait été de quelque efficacité. L’intensité des images n’en était pas sensiblement augmentée, et quand aucune n’était apparue précédemment, nous n’obtenions pas de meil leur résultat après la formation de la chaîne.
Pour finir, disons encore qu’il n’y avait pas de différence essentielle dans les aptitudes des expérimen tateurs à la lecture de la,pensée, et qu’au cours des expériences, cette faculté ne fit de remarquables progrès chez aucun de nous. I. —— 20 juillet 1886. Actifs : M. Mabire, le lieutenant D..., M“‘° Schmoll. Passif: A. Schmoll. Objet : Une paire de lunettes,eh or est posée sur la table.
Résultat : Atteint après huit à dix minutes : « Je vois quelque chose comme un pétillement d’étincelles, ou comme des éclairs de petite longueur. » . Remarque. + Les Actifs, d’un commun accord, attribuèrent cette vision à la réflexion des ‘rayons lumineux, qui, par suite de l’éclairage oblique, étaient, renvoyés dans leurs yeux. Il. — 31 juillet 1886. Actifs : M. Mabire, M“° Louise, Mme Schmoll. Passif: Schmoll. Objet : Figure 2. Résultat: Après dix minutes: « Je vois quelque chose de rond, un cercle, dont le contour semble se
- x 156 rétrécir du dehors au dedans. » Après une pause : « Le mouvement cesse, c’est une forme ronde ou plutôt elliptique. » Remarque. — M. Mabire avait d’abord dessiné le contour extérieur de la figure, l’épaississant ensuite au dedans par de grands traits de plume. L’lNITIATION lll. — Même soir. Actifs : M"' Louise, M‘ne Schmoll, Schmoll. Passif: M. Mabire. Objet : Un canif posé sur la table.
Résultat : Manqué; après un quart d’heure, M. Ma bire ôte le bandeau, et déclare, après avoir vu l’objet, ., ,Nit.W que sans percevoir aucune forme, il avait involontai rement pensé à un canif; il regrette ne pas avoir dit cela avant d’enlever son bandeau. IV. — Même soir. Actifs :M"° Louise, M. Mabire, M‘" Schmoll. Passif : Schmoll. Objet : Figure 3.
Résultat : Après un quart d’heure : « Cela semble un éventail chinois, en bambou; on dirait aussi un cœur dont la pointe s’allonge en tige », et je dessinai, sans avoir vu l’original, l’image de la figure 3. Remarque. — Je voyais clairement l’objet symé« triquement dédoublé. V. — 4 août 1886. Actifs : M“° Louise, M. Mabire, M"“’ Schmoll. Passif : Schmoll. Objet : Figure 4..
ESSAIS DE TRANSMISSION HYPERPHYSIQUE 157 Résultat : « Je vois quatre cercles tangents... Non, ce sont deux 8 qui se croisent à angle droit. » Après une pause de quelques minutes, pendant laquelle la chaîne est formée: « Maintenant je ne vois plus que la moitié de la figure.précédente. » Sur quoi je dessi nai l’image de la figure 4. VI. — 12 août 1886. Actifs : M”e Louise, M'“° Schmoll, Schmoll. Passif: M. Mabire. Objet : Figure, 5.
Résultat : « Ce que je vois me rappelle ‘une spirale nébuleuse; je ne peux pas très bien le décrire, mais je vais essayer de le dessiner. » Vil. — 20 août 1886. Actifs : M. Mabire, M“"’ Schmoll, Schmoll. Paqsive : M“e Louise. Objet: Figure 6.
Résultat: « Je vois deux lignes droites qui forment un angle tantôt tourné en bas comme un A, tantôt en haut comme un V. » (Pause de plusieurs minutes.) « C’est singulier! je vois maintenant les deux figures réunies par leur pointe. » Mlle Louise enlève alors le bandeau et dessine l'image de la figure 6. ’ VIII. -— Même soir. Actifs : M“° Louise, M“‘° Schmoll, Schmoll. Passif: M. Mabire. Objet: Figure 7. Résultat : « Ce n’est pas très précis; c’est difficile » ‘ A '. . ' M.W a... m..æ,,.,æ = == L M.. . L H H,...,
I 58 L’INITIATION à décrire; je vois une rangée d’angles obtus décrois sante, emboîtés les uns dans les autres; cela me rap pelle les chaînes de montagnes, comme elles sont dessinées sur les cartes géographiques. » M. Mabire trace alors l’image de la figure 7. XI. — Même soir. Actifs : M"' Louise, M. Mabire, Mme Schmoll. Passif: Schmoll. Objet : Figure 8.
Résultat: Après un quart d’heure : « Je vois deux lignes claires divergentes, tout à fait semblables à celles que l’on voit à l’ouest du double cratère de Mes sier (Lune.) » \Trois minutes de pause.) « Maintenant, ce sont deux angles aigus, presque droits, emboîtés l’un dans l’autre. » Je dessinai les deux images de la figure 8. Remarque. — La ligne verticale de l’original ne fut donc pas vue. X. —- Même soir.
Actifs : Mlle Louise, M. Mabire, Schmoll. Passz‘ae : Mme Schmoll. Objet : Figure 9.
Résultat : « Je vois un objet ovoïde, très petit, avec un point au milieu. » (M“° Louise et moi répondons par un éclat de rire, tandis que M. Mabire garde son sérieux.) Mais Mme Schmoll se reprend aussitôt, et dit :« Vous devez bien avoir raison, car maintenant je vois très clairement quelque chose de tout différent : comme trois angles droits se recouvrant l’un l’autre. »
- a- “5’ - n: - ,....Ç.æ-.À:« -.. ESSAIS DE TRANSMISSION HYPERPHYSIQUE 159 M"“' Schmoll ôte son bandeau et dessine les deux figures. Remarque. —— Alors seulement M. Mabire déclare la surprise qu’il a éprouvée à la description de la pre— mière figure :'son intention primitive avait été de dessiner non une figure en zigzag, mais la forme rudimentaire d’un œil.
Comme_on le voit sur la figure, la deuxième image présente les trois angles droits non l’un à la suite de l’autre, mais l’un dans l’autre. Le nombre et la forme de ces angles sontd’ailleurs restés les mêmes. XI. *- 24 août 1886. Actifs : Mne Louise, M“‘° Schmoll, Schmoll. Passif: M. Mabire. Objet: Figure 10.
Résultat : M. Mabire voit une sorte de demi-cercle, semblable à la queue d’une comète, mais de structure hélicoïdale, comme une nébuleuse cosmique; il repr0< duit ce qu’il a vu par l’image de la figure 10. XII. —-— Même soir. Actifs : M"° Louise, M. Mabire, Schmoll. Passive : Mme Schmoll.. .
Objet : Un poids de 500 grammes en laiton est posé sur la table. ‘ Résultat : Ce que je vois ressemble à un petit mor— ceau de bougie, sans chandelier; mais il doit être allumé, car je vois des étincelles à sa partie supé rieure_. Remarque. —— A la partie supérieure de l’objet, dési—
1 60 L’INITIATION gné par la flèche, tous les actifs virent des rayons réfléchis dus à l’obliquité de l’éclairage (le poids avait été nettoyé à neuf);}a forme vue se rapproche sen siblement de l’original, si on ne considère que le con tour de celui—ci. Xlll. —— Même soir. Actzfs : M. Mabire, M"“‘ Schmoll, Schmoll. Passive : M"° Louise.
Objet : Ma montre en or, sans la chaîne. est posée sans bruit devant nous, le dos tourné vers nous; le cadran porte des chiffres romains.
Résultat: Après cinq minutes : « Je vois un objet rond; mais je ne puis mieux le décrire. (Pendant la pause qui suit, je tourne la montre, sans faire le moindre bruit; nous voyons alors le cadran. » Aussi tôt M"° Louise s’écrie : « Vous regardez certainement la pendule qui est au-dessus du piano, car je vois très distinctement un cadran avec des chiffres ro mains. » Remarque. —— De tous les résultats obtenus jusqu’ici, ce dernier est certainement le plus remarquable.
Le tic—tac de la montre n’avait rien pu trahir. Il était impossible aux Actifs, assis tout près, de le percevoir, à cause du perpétuel roulement des voitures dans la rue; et M"° Louise, assise à trois mètres de là, était d’autant plus hors d’état de l’entendre. XIV. —— 10 septembre 1886. Actifs : M"° Louise, M. Mabire, M“° Schmoll. Passif: Schmoll. Objet: Un livre in-8 broché est mis sur la table. w. ‘==-..4.— .. ".l
,rmà‘j:'c'i—”* « . , _._.._un.. 161 Résultat : Entièrement manqué. Je ne vis rien du tout. Remarque. — Il avait été négligé, avant le com mencement de la séance, de débarrasser la table. Le livre était entouré d’autres objets et par le fait mal éclairé. ESSAIS DE TRANSMISSION ÈYPERPHYSIQUE XV. —Même soir. Actifs : M"° Louise, M. Mabîre, Schmoll. Passive :M'”' Schmoll. Objet: Une bougie de 20 centimètres de long est posée sur la table.
' Résultat : Après huit minutes : « Je vois bien queL que chose, mais pas assez distinctement pour dire ce que c’est. C’est un objet allongé et blanchâtre. » — « De quelle longueur ? » demande M. Mabîre.
M'ne Schmoll nous indique par l’écartement de ses mains la grandeur approximative de l’objet, mais, ne pouvant y arriver avec précision, elle ajoute : « De la longueur d’une grande main, environ 20 centi mètres. ;> Et comme on lui demande quelques dé— tails : « Je ne vois qu’une baguette; mais, à un bout, il doit y avoir de l’or, car il y brille quelque chose. » (La bougie n’était pas allumée.) XVI. -— Même soir. Acti/Is: M. Mabîre, Mme Schmoll.
Passive : M“e Louise. Objet: Une tasse à thé en faïence est posée sur la table. ' Résultat :Après cinq minutes : « Ce n’est pas un 6
162 L’INITIATION dessin, mais un objet matériel. Je vois très distincte ment un petit vase, un pot ou une tasse. XVII. — Même soir. Actifs : M“° Louise, M“" Schmoll, Schmoll. Passif: M. Mabire. Objet: Une griffe est mise sur la table.
Résultat: Après vingt minutes : « L’image m’appa raît assez confuse; je crois cependant voir la partie « inférieure d’un bocal » (Pause) « Maintenantje ne « vois plus rien. » (Nouvelle pause de cinq minutes.) « Maintenant je vois une autre forme : deux courbes « en forme d’S placées symétriquement l’une en face de l’autre. » M. Mabire dessine alors l’image de la figure 12.
Remarque. —— La partie inférieure de l’original fut aperçue évidemment d’abord, puis la partie supé rieure. XVIII. — Même soir. Actifs : M. Mabire, Mme Schmoll, Schmoll. Passive : M"° Louise. Objet: Le binocle de M. Mabire. Résultat: Après cinq minutes : «Je vois deux courbes ouvertes par en haut, et qui ne se touchent pas. » M"e Louise dessine l’image de la figure 13.
Nous fîmes en tout 25 expériences parmi lesquelles sont choisies les r8 précédentes. Les résultats atteints laissent sans doute beaucoup à désirer ;cependant il faut reconnaître que, dans beaucoup de cas, l’image présentait les caractèresfondamentaux de l’original, et que, dans plusieurs même, elle s’approchait très n
ESSAIS DE TRANSMISSION HYPERPHYSIQUE 163 <‘u=. - -w ' près de la réalité. -—— A proprement parler, il n’y eut, en aucun cas, de contradiction absolue entre les for— mes de l’image et celle de l’original.
Nous avons pu nous en convaincre par ce fait que les Actifs, en con centrant leur regard sur l’objet donné, en projettent .une image plus ou moins approchante, sur la rétine spirituelle de la personne passive ; et nous tenons pour certain qu’un simple désir(qu’ilaitétéinconscient ou intentionné) n’aurait pas donné les résultats cités plus haut.
Nous continuerons ces expériences psychiques, et espérons que de semblables seront commencées dans d’autres familles, car, avant que la science puisse arriver à la synthèse de ces phénomènes si peu connus et cependant si importants de la vie animique, il lui ‘ faut donner un matériel de faits empiriques le plus complet possible.
Il n’est, à vrai dire, pas si facile que l’on pourrait le croire de trouver dans son entourage quelques personnes qui sachent apprécier la portée de telles expériences, et y apporter le sérieux convenable et la persévérance nécessaire ; mais un peu de peine ne doit pas vous contrarier lorsqu’il s’agit d’éclairer des exemples dont l’exacte connaissance nous conduit peut-être à la démonstration physiologique de notre moi transcendantal. .. r , ‘ 1— »+———-næn—a..uw.uufl__.flbt. vv\-.-. ‘<>‘.\...a - ___,
164 L’lNlTIATION . -. _h._:' ©ecumnsms l}?taartous La Plala (République Argentine}, 20janvier 1891. MONSIEUR LE DIRECTEUR, Je suis avec bêaucoup d’intérêt les expériences de M. Pelletier et celles plus récentes de MM. Fayard et Leloup.
Depuis plus de deux ans je cherche un instrument qui puisse servir à mesurer, ou tout au moins à indi quer la force psychique, émise soit spontanément, soit volontairement; de là à mesurer lavolonté il n’y aurait pas loin.
L’instrument qui m’a donné les meilleurs résultats, soit pour des expériences dans lesquelles j’étais le sujet, soit essayant avec diverses personnes, de conditions, de tempéraments et de sexesdiflérents, c’est un aimant mobile, ou mieux dit différents petits aimants réunis en étoile, isolés les uns des autres, tournant sur un pivot, présentant tous extérieurement le pôle du même nom.(Afin que vouspuissiez l’expé— rimenter dans un des groupes d’études, je vous en envoie un.) , J’ai pu constater : que la volonté active agissait toujours plus fort que la passivité des sensitifs; que si un droitier, sans l’emploi de la volonté, présentait une main ou l’autre, l’aimant tournait en sens inverse de la main présentée, à gauche si c’était la droite, à droite si c’était la gauche; l’une attirait, l’autrerepous— sait. Le gaucher produit les mêmes phénomènes en
OCCULTISME PRATIQUE 165 .- .., 4_ç-M..p—- * ..vu r...a V. sens inverse ; un ambidextre, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. (Je n’ai pu suivre lesexpériences avec ce sujet.) Ce qui m’autoriserait à croire que le cerveau n’estpas étranger à l’affaire, me rapportant à une expérience du D' Bérillon.
Quand l’un ou l’autre des expérimentateurs, gaucher ou droitier, employait sa volonté, déjà développée par un entraînement, selon son désir, il pouvait avec la même main faire tourner l’aimant à droite ou à gauche, c’est—à-dire attirer et repousser; fait qui pour rait nuire à la théorie de la polarité fixe du corps humain.
Mais comme les passifs (sensitifs) influençaient l’aimant, pas toujours cependant, comme les actifs (volitifs), mon instrument ne remplissait pas le but que je cherchais. Je continue mesrecherches, relevant destables, qui me donneront la moyenne, en faveur de l’un ou del’autre, passifs ou actifs. Le numéro 12 de l’Initz‘afion donne la description du magnétomètre de l’abbé Fortin.
Je l’ai expérimenté avec différentes personnes deux ou trois fois par jour, pendant'plus d’un mois, et j’ai dû constater que là aussi il y a doute. En approchant la main du globe de verre, on augmente la température de l’airrenfermé dans le globe et, selon la différence entre la main et cet air, l’aiguille se déplacera d’un angle plus ou moins ouvert.
Le corps seul produit le même effet se plaçant tout près du magnétomètre. (Je continue à dresser des tables au moyen de thermomètres très sensibles.) Sans thermomètre il est facile de s’en rendre compte: une simple allumette enflammée appliquée près du globe,
_ . l I 66 L’INITIATION à la hauteur de l’aiguille, suffit pour la faire dévier.
Ce qui m’a fait découvrir cette cause d’erreur, c’est en voulant me rendre compte si la Volonté entrait pour peu ou beaucoup dans le mouvement de l’ai— guille; nous expérimentions voulant ou pensant à autre chose, comptant ou lisant: l’effet était le même, si nous commencz’ons sans vouloir; un rayon de soleil qui vint frapper l’instrument nous mit sur la voie du pourquoi. Ce coquin de Hasard!
Afin d’éviter cet inconvénient, j’ai ajouté à mon appareil, dont le condensateur a 4"{,50 de superficie, et le multiplicateur 650 m. de fils, le globe 22 cent. de Hauteur pour I4. cent. de diamètre extérieur, deux fils conducteurs, au moins deux mètres, l’un partant de l’extrémité du condenseur, l’autre aboutissant à une plaque métalliqueisolée à peu près de la grandeur de la main, aussi près que possible du globe de cristal.
Selon que l’une ou l’autre maintient le fil du con denseur ou de la plaque, l’aiguille se meut en sens inverse de la main du condenseur, mais il faut bien wouloz‘r. Ne croyez pas que je critique pour le plaisir de cri tiquer, non ; tous nous avons besoin d’instruments en registreurs sur lesquels on puisse compter. Je continue à expérimenter le magnétomètre avec les modifica— tions ajoutées. Je vous tiendrai au courant des résul— tats.
Dans sa dernière expérience (numéro 3 de l’Initia tion),M. Pelletier n’a pas prêté toute l’attention vou lue, peut-être influencé par ses sensitifs, car il aurait pu constater que si bien l’influence de l’aimant se fait
OCCULTISME PRATIQUE 167 sentir à travers le verre, et on peut ajouter à travers tout, sur une aiguille aimantée ou non, le fluide élec trique peut influencer une aiguille ou tout autre objet facilement mobileà travers le verre, la soie, la résine. la gomme laque, le caoutchouc, et peut-être autres; que sérieusement il en tente l’expérience et il verra que le fluide électrique d’un bâton de résine, ou de gomme laque, n’aura aucune influence sur le pendule électrique, s’il agit en interposant un métal, une feuille d’étain, par exemple, du canevas de coton, de laine ou de fils, ou toile métallique, des étoffes de fils ou coton; ce qui peut paraître un paradoxe que les corps isolants, tous producteurs de l’électricité par frotte— ment, sont précisément les seuls quiparaz'ssent laisser passer l’électricité.
On sait que c’est par influence; c’est, je crois, le terme employé. Que doit—on conclure de toutes ces expériences? Que les facteurs en sont: Chaleur, force neurique, psychique, électricité, polarité, volonté, etc., selon que les individus expérimentants sont neutres, passifs, actifs, sensitifs, malades ou bien portants, nerveux ou calmes.
Ce qui reviendrait à dire que tous les expérimenta teurs ont raison quand c’est le Je qui expérimente seul, MM. Tissandier, Fernandez, L. Fayard, Leloup et Pelletier, vous, moi, les sensitifs de M. Pelletier (comme condenseurs) sous l’influence probable de sa volonté à lui. Les sensitivomètres du docteur Ochorovitz et de M. Durville ne sont point des appareils enregistreurs, c’est le Je qui doit ressentir les effets et tous nous
168 L’INITIATION w*.-Ër«l“nxfèÏ-Â’.“ÎÏJV .. L . . _.?'M I 14 sommes prédisposés à l’erreur, ne pouvant distinguer toujours sûrement l’effet du froid, du poids, de l’arrêt de la circulation, etc., que l’aimant peut produire sur un organisme plus ou moins bien disposé, aidé sou— vent par le désir de ressentir. Cependant je les crois très utiles pour reconnaître certaine classe de sensitifs.
Je profiterai de cette trop longue lettre pour vous féliciter de la merveilleuse idée de la création des groupes d’études. Ce qu’il faut pour qu’on nous écoute, ce sont des séries de faits bien étudiés, bien classés, non seulement ceux produits par des sujets spéciaux, les médiums passifs ou actifs, mais surtout ceux à peine ébauchés par tout chercheur de bonne foi. Recevez mes salutations fraternelles. H. GIRGOIS.
ESSAI SUR LES SGIENŒES ÛÜGULTES INTRODUCTION A LA PHYSIQUE SUIVANT LA PHILOSOPHIE HERMÉTIQUE \ Dieu a enveloppé tout le globe que nous habitons d’une atmosphère immense, c’est-à-dire d’une masse d’eau et d’air plus ou moins composé, mais cet air, à partir d’une hauteur voulue, devient de moins en moins respirable; ceci a été démontré d’une façon suf— , . " . n. " t"! ““1“
Wn1«,,- . .v. .—.., .. «’5‘; "“ . . . , ESSAI SUR LES SCIENCES OCCULTES 169 fisante par les dernières ascensions faites par les aéronautes. On estime par un calcul fort simple que la hauteur de cette atmosphère peut être de vingt lieues et l’on sait également par des preuves certaines qu’il varie suivant les degrés de chaleur, de froid, de vent, de trouble ou de repos qui s’y font sentir.
C’est dans ce vaste réservoir d’eaux raréfiées, d’air compressible, d’huile atténuée, de sels volatils et d’autres éléments prudemment ménagés ; c’est là qu’il faut chercher la cause primordiale de tout ce qui existe. En dehors de cette atm05phère il faut supposer toute la partie éthérée comprise entre les planètes, notre Terre et le Soleil comme inondés de torrents de lumière et par conséquent de calorique.
Ce déga gement constant de lumière et de soleil de la partie éthérée repousse continuellement l’atmosphère qui nous entoure sur ’le centre de la Terre et, comme un immense manteau entourant notre globe, force par sa pression continuelle les vapeurs composées qui s’échappent de la Terre et de l’écorce de notre globe et tendent toujours à monter et à se volatiliser, à re-. tomber soit en pluies, en rosée, en soufre et sels vola tils qui fertilisent le sol.
D’un autre côté, la Terre que nous habitons ne pos sède qu’une écorce, d’une épaisseur très légère que l’on estime à environ une dizaine de lieues, mais sur cette profondeur il ne faut pas compter en moyenne plus de trois mètres de terre cultivable; passé cette pro—l fondeur,le reste de cette écorce ou couche de dix lieues ' appartient au règne géologique et minéral. Le centre de ce globe ne serait qu’un centre immense de feu
"‘P"." r' """‘->—-..-“:r_- .
7::x_.,_.<-u_- —‘ _ _-. _ 170 L’INITIATION chassant devant lui les vapeurs mercurielles et sulfu reuses qui viennent rejoindre la superficie de la terre cultivable et se jeter dans les couches les plus basses de notre atmosphère; ceci explique parfaite— ment les eflets contraires de la sève terrestre divisée en deux: sève montante et sève descendante, ainsi qu’il arrive aux saisons voulues par la position de notre Terre vis—à-vis du Soleil.
Dans ces données. l’écorce de la Terre que nous habitons, étant à peu près sphérique, ressemble à la Superficie extérieure d’un immense matras ou ballon qui, animé intérieurement d’une certaine vapeur sul fureuse, représente la terre que nous habitons et serait enfermé exactement dans un autre ballon beaucoup plus grand et capable de contenir deux fois ce dernier.
Ce grand matras contenant une faible quantité d’eau et hermétiquement fermé, placé sur un feu doux, l’eau s’élèverait en ébullition, se condenserait en vapeurs qui tendent à s’échapper en se sublimant, mais qui, retenues par les parois intérieures du grand ballon, se trouvent donc forcées de venir se condenser en rosée et en eau sur les parois extérieures du petit.
Ce mou vement est complètement identique à celui qui se passe dans l’atmosphère qui nous entoure ou par le fait rien ne reste sans emploi ; ce qui faire dire à Her mès trismégiste dans sa Table d'Émeraua’e: « Il est vrai sans mensonge, certain et très véri table.
Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour les miracles d’une seule chose. » Il n’est pas donné à beaucoup de pénétrer dans les f_fl,än
ESSAI SUR LES SCIENCES OCCULTES I7I secrets de la Nature, parce que la plupart des hommes, suivant une route tracée d’avance dans la Science, ne peuvent arriver à leur maturité, sortir de ce chemin tracé par les professeurs nos devanciers, et qu’en sui— vant un chemin battu par beaucoup de personnes on ne peut y faire grande trouvaille, ce chemin ayant été fréquenté depuis longtemps par des milliers de sa vants qui, travaillant plutôt dans leurs laboratoires, n’ont pas, par conséquent, la latitude possible pour contempler les effets de la nature sans lesquels ils ne peuvent s’instruire dans cette science, faute de re marques qui fixeraz’ent certainement leur attention ; aussi la science officielle, depuis Richelieu et Mazarin, a-t-elle été toujours et à toutes époques très peu fixée, sinon hostile sur la science hermétique et sur ses résultats.
Les erreurs ont leur source dans le préjugé comme dans le défaut d’appréciations justes, faute de lumières et de solide instruction.
La véritable route dans cette science ne peut être que très simple puisqu’il n’y a rien de plus simple que la Nature; ma15, quoique toute tracée par cette même Nature, elle est peu fréquentée et ceux même qui y ont passé avant nous se sont fait un devoir de cacher le secret en entier qtæique en parlant sans allégories.
On n’y marche qu’à travers l’obscurité des fables et des énigmes les plus grandes; il est donc très difficile de ne pas s’égarer si un protecteur spé cial ne vous éclaire de la manière la plus simple, la plus claire, la plus naturelle, enfin ne vous donne la clef de ses secrets; alors on s’aperçoit que tous
172 _LÏNlTIATION ces savants étaient et sont tous compétents entre eux et que, quelles,que soient leurs allégories, ils n’ont jamais déclaré que la Vérité sous des fables diverses. La connaissance de la Nature est donc indispen sable avant de se mettre en devoir de l’interroger, pour connaître le corps qu’il faut recueillir pourl’imi ter et entreprendre de perfectionner ce qu’elle a laissé dans le chemin de la perfection.
L’étude de la physique nous donne cette connais sance, non cette physique des écoles qui a un autre but aussi glorieux, mais c’est à la physique hermétique qu’il faut avoir recours.
Elle est une science pratique fondée sur une théo rie dont l’expérience a prouvé la vérité; mais cette expérience est rare, et, pour pouvoir l’expliquer scien tifiquement par un exemple frappant et un fait réel, ainsi qu’il le sera démontré dans le cours de cet essai, il a fallu les travaux en chimie de nos devan ciers. Ce qui fait que jusqu’à ce jour bien des gens ont pris occasion de douter de l’existence de cette science.
Comme point de départ, il nous faut remonter à Moïse, et tous ceux qui ont voulu s’écarter du fait de la Révélation et de ce que Moïse nous a laissé dans la Genèse se sont perdus dans leurs vains raisonne— ments.
Car Moïse n’a pas voulu non seulement créer une Religion pour tous les hommes, mais lui-même, instruit par la Révélation, par l’Auteur même de la Nature, versé d’ailleurs très parfaitement dans toutes les sciences des Égyptiens, plus instruits et plus
ESSAI SUR LES SCIENCES OCCULTES v 173 W. , . . . -«*Ti.,«: .... . r v ‘ c-..... éclairés dans toutes celles que nous cultivons, qui mieux que lui était en état de nous apprendre quelque chose de certain sur l’histoire de l’univers ? Son système, il est vrai, 3. une base religieuse, mais est-il incompatible pour cela avec la vérité?
Tout y annonce la grandeur, la toute-puissance et la sagesse du Créateur, mais tout en même temps y manifeste à nos yeux la Créature telle qu’elle est. Dieu parla et tout fut fait.
Moïse ajoute d’où ce monde a été tiré, quel ordre il a plu à 1’Ètre suprême de mettre dans la formation de chaque règne de la nature; il fait plus : il déclare positivement quel est le principe de tout ce qui existe et ce qui donne la vie et le mouvement à chaque indi— vidu dans sa série.
' Pouvait-il en dire davantage en si peu de paroles P Disons mieux, il n’est personne dans la science de la Nature qui ne reconnaisse Moïse pour un homme inspiré de Dieu, ses Clavicules le prouvent suffisam ment, pour un grand philosophe et un vrai physicien.
Il a décrit la création du monde et de l’homme avec autant de vérité que s’il y avait assisté en per sonne, mais avouons en même temps que ses écrits sont si sublimes qu’ils ne sont pas à la portée de tout le monde et que ceux qui le combattent ne le font que parce qu’ils ne l’entendent pas et que les ténèbres de leur ignorance et de leur entêtement les aveuglent. \ ‘ Rien de plus simple que la physique hermétique; son objet, quoique paraissant très composé et compre nant trois branches bien distinctes à première vue,
I 74 L’INITIATION n’en comprend en réalité qu’une seule, mais par le fait chacune de ces trois sciences distinctes n’est que le dérivé d’une science unique comme unité réelle, la sczence occulte, et, de même qu’il n’y a qu’une seule et unique nature, cette nature comprend trois règnes : animal, végétal et minéral. Donc de même il n’y a qu’une seule matière générale en un seul principe, il n’existe qu’un seul et unique Dieu.
Après examen mûr et sérieux de l’ensemble de cette doctrine, il est hors de doute et indubitable qu’il nous est permis d’affirmer que l’œuvre de la nature, quoique partant d’une seule matière et d’un seul principe, est divisé en trois parties bien distinctes et plus subtiles les unes que les autres.
Les différentes proportions employées dans le mélange de l’humide radical, son emploi dans ces pro portions avec le calorique, la réunion de cet esprit primordial avec les différents mixtes, les combinai sons des parties plus subtiles avec celles qui le sont moins, forment tous les individus de la nature et par conséquent des métaux; et comme ces combinaisons sont presque infinies, le nombre des mixtes formant des séries de la nature entière l’est aussi.
Si les anciens philosophes ont en conscience du rôle immense que joue l’eau dans l’harmonie de la nature, ils n’ont eu que des idées fausses sur sa véri table constitution chimique. Suivant Thalès, le chef de l’école socinienne qui vivait 64.0 ans avant Jésus Christ, l’eau est le principe de tout; c’est l’eau qui a produit toute chose; les plantes, les animaux, l’homme
ESSAI SUR LES SCIENCES OCCULTES 175 lui—même ne sont que de l’eau condensée sous diverses formes et c’est en eau qu’ils se réduiront.
Admise au nombre des quatre ou cinq éléments universels par tous les siècles et par toutes les écoles philosophiques de l’antiquité, l’eau n’a cessé d’être considérée comme un corps simple qu’à une époque bien rapprochée de nous et aujourd’hui personne n’ignore que l’eau n’est que la réunion de deux gaz en proportions définies, l’hydrogène (eau j’engendre) et l’oxigène (acide j’engendre).
Les chimistes des xvx° et xvn° siècles, en soumettant l’eau de pluie à la distillation, en retiraient trois par— ties bien distinctes, à savoir : de l’air, de l’eau et de la terre, et ils en concluaient qu’elle était composée de ces trois corps; mais, comme leurs devanciers, ils admettaient que l’eau élémentaire était indécompo— sable.
Il ne faut pas confondre cette dernière avec l’eau ordinaire, ainsi qu’il le sera prouvé ultérieurement dans un chapitre spécial sur la matière première. Hoffmann, célèbre chimiste et médecin, soutint vers le commencement du XVIII° siècle que l’eau est com posée d’un fluide gazeux très subtil (ce que Lavoisier .a démontré à la fin du même siècle) et d’un principe salin.
C’était là une idée hardie, mais qui n’était fondée ni appuyée par aucune expérience réelle et positive et par conséquent n’eut aucun retentissement, mais on doit le c0mpter comme un des précurseurs de Stahl. Georges Ernest Stahl, né à Anspach (Bavière) en 1660, et dont j’ai euet possédé entre les mains des manuscrits fort curieux écrits en vieil allemand, est
176 L’INITIATION un des plus grands génies du xvu° siècle. Élève du chimiste Beckher, il émit sur les métaux au commen cement du xvru' siècle une théorie qui a eu un bien grand retentissement et qui a régné jusqu’à la révolu— tion chimique opérée par Lavoisier et dont nous aurons à parler par la suite sur la constitution des métaux ainsi que sur leur décomposition et recompo sition entière.
Il regarde les métaux comme des corps composés de chaux ou soufre ou terre métallique et d’une cer taine Substance Élémentaire à laquelle ils doivent leur combustibilité ;c’est le phlogistique et on pourrait lui donner d’autres noms.
Pour chaque métal s’adjoignait en proportions différentes à ces deux composants un troisième prin cipe qu’il nomma terre mercurielle et qui n’est autre que le mercure vulgaire et d’une partie plus ou moins pure de résidus divers selon que les métaux sont, sauf l’or et l’argent,du cuivre, du plomb et étain, et enfin du fer le plus crasse de tous.
Généralement ses idées reconnaissent la nécessité du feu pour la production de tous les phénomènes soit physiques ou chimiques, et, remarquant les chan gements qu’il opère dans les caractères du soufre et des métaux, Stahl considéra avec raison la combus— tion comme l’acte fondamental de la science chi mique et il fit dépendre de son explication celle de tous les faits connus de son temps (là était son er reur) en sorte que, le premier, il eut l’heureuse idée de réunir toutes les parties de la science et d’en for mer un corps de doctrine.
/ ESSAI SUR LES SCIENCES OCCULTES 177 Dans les idées de Sathl tous les corps combustibles renferment du phlogistique, ou une partie éthérée qui échappe à l’analyse chimique, soit par le fait d’une combustion trop vive du feu, soit par la ténuité sifine de cet éther qui, par des causes diverses, échappeinvi« sible par la destruction du corps où il est enfermé ainsi que l’âme s'échappe du corps d’un mourant.
La combustion a lieu parce que le phlogistique se dégage des corps ; une fois privés de ce principe élé mentaire, ceux-ci deviennent incombustibles. Toutes les fois au contraire qu’il est absorbé par des corps incombustibles, ces derniers acquièrentde la combus tibilité.
Le phlogistique, en se dégageant, est affecté d’un mouvement violent de tournoiement, d’où naissent la chaleur et la lumière qui se produisent dans l’acte: de la combustion ;la chaleur et la lumière sont donc seulement deux propriétés du phlogistique en mou— vement.
C’est d’accord avec la doctrine de Stahl (sauf cer tains points qui serontex pliqués plus loin), et ainsi qu’il a été déclaré dans le commencement de cet essai à cette essence élémentaire, que tous les Corps ou mixtes de la nature doivent leur combustibilité à‘ l’animation de leurs atomes et molécules suivant qu’ils sont plus ou moins mis en mouvement par le feu de la nature ou le feu artificiel des chimistes.
On doit attribuer de même en cette essence élémen taire tirée des éléments de l‘atmosphère tous les phénomènes de la fermentationl et} de l’électricité. C’est. donc la connaissance parfaite de cette essence que V 1 v r... . m‘ç-uqr‘fl'ï‘Ç'“. “‘3'“ i \
1 78 L’INITIATION le philosophe et artiste hermétique doit chercher et toujours y arriver avant de ne rien entreprendre, car cette essence élémentaire n'est autre que la ma tière philosophique appelée par les Allemands Maa, Dissolvant universel de Raymond Lulle, Açoth de Basile Valentin, Alkaest de Van Helmont, et Phlogt’s tique de Stahl et autres.
Il faut entendre, par artiste hermétique, le chimiste, le physicien, le naturaliste connaissant entièrement l’œuvre de la nature dans la création des séries ou mixtes et les causes de leurs générations et reproduc dons Dans l’univers, naître, mourir et se produire, telle est la loi imposée à tout ce qui existe. Le monde offre donc une rotation perpétuelle de création ou agré— gations, de destructions ou désagrégations.
Pour que la génération des êtres, quels qu’ils soient, s’accomplisse, il faut que les principes générateurs meurent, qu’ils se dissolvent par la fermentation et se désunissent par la putréfaction, car sans cela le germe contenant la portion du fluide vital renfermé dans la semence peut se faire jour à travers les enveloppes qui l’enserrent.
Les diverses révolutions des corps ne sont donc qu’une lutte perpétuelle entre la vie et la mort, et c’est là non seulement la base de l’Alchimie ou Chimie par excellence, comme le déclare Jean Beguin dans ses Éléments de chimie édi tésà Paris en 1613, mais encore mieux la base et la source de toutes les mythologies anciennes et toutes les religions antiques. Le mouvement suivant les uns, l’Esprit Saint et
ESSAI SUR LES SCIENCES OCCULTES 179 .3nwltauäwr .. _ww, _. -.V.-.twm«.mw ' c 11‘. - Dieu suivant les plus sages, les atomes, la matière suivant les anciens, le fluide vital magnétique, une Essence élémentaire primordiale et tirée des éléments suivant les adeptes sont la cause de tous ces états de la matière parce que seuls ils peuvent donner la vie ou causer la mort ;c’est Osiris ou le Soleil suivant la doctrine du vulgaire des Egyptiens, principe du fluide vital; c’est le soleil spirituel des médecins sweden— borgistes.
Pourles adeptes alchimistes tous les mixtes composant les séries de la nature sont les corps com posés d’oxygène, hydrogène, azote et carbone; c’est la réunion de ces quatre corps plus un cinquième, hy drogène, mais par une autre matière que l’eau dont sont formés tous les corps appelés pour cela corps composés.
L’étude de ce cinquième corps et les modes divers de son emploi composent la science d’Hermès tris mégiste, c’est-à-dire trois fois grand, et désigne com plètement la division des sciences occultes en trois parties séparées, mais en réalité n’en faisant qu’une seule et unique : La première comprend l’alchimie ou chimie des métaux; ’ La deuxième, la médecine sparygique ou médecine du corps humain ; La troisième, cette dernière, renferme la quintessence des deux autres et constitue par sa réunion des trois branches le Ternaire ayant comme radical l’unité. Elle comprend la Kabbale ou haute magie d’après Salomon et Hermès; la Thé050phie, le Magné
180 L’INITIATION tisme et le Spiritisme ne sont que des branches dérivées de cette science. Les Alchimistes cherchaient donc au moyen de PES— sence élémentaire ou Dissolvant universel à obtenir d’un métal parfait tel que l’or une teinture ou chaux métallique d’or,animée par l’Essence élémentaire pou— vant servir de ferment, pour le projeter sur un autre métal ou métalloïde tel que le mercure, ce dernier étant à l’état de fusion.
Pour les alchimistes, tous les métaux étaient com posés de mercure vulgaire; un seul métal à leurs yeux passait pour parfait, c’était l’or (leur Soleil); l’argent suivait ensuite (Lune), précédant les autres métaux principaux tels que le plomb, l’étain, le cuivre et le fer. Quant au mercure, ainsi qu’il vient d’être dit, ce métalloïde servait de base à tous les autres métaux.
L’or n’était à leurs yeux qu’un mercure ordinaire mais pur, fixé par un soufre pur et inaltérable ainsi qu’il le sera expliqué dans la formation des métaux précieux. Sous l’équateur l’argent, par un mercure humide et un soufre moins pur, et tous les autres métaux contenaient du mercure, en plus ou moins grande quantité, mélangé avec des soufres grossiers et impurs de la matière première. CHIMUA DU LAFAY.
W _.. . , .‘—_;-m jQÏÇ PARTIE LITTÉRAIRE Vieilles Filles ue d’autres, sottement, raz'llentles vieilles filles ; ÇA Moije les plains! leur cœur a souflert et lutté; Elles ont, vaz‘llamment, sans verrous et sans grilles, Porté le lourd fardeau de. leur virginité. Elles n’ont pas toujours eu la lèvre pincée, Les membres anguleux et les coudes pointus; Leurs corps se sont séchés au feu de leur pensée Et l’âge leur a fait ces rigides vertus.
Mais lorsque la jeunesse à l’aile blanche et rose Répandait ses trésors sur leurs fronts.ingénus, Lorsqu’au fond de leur cœur, sans en savoir la cause, Elles sentaient germer des désirs inconnus ; Quand leurs seize ans n‘aient sur leur bouche ver [meille, Quand tout l’azur du ciel rayonnait dans leursyeux, Elles aussi pensaient qu’un jour, à leur oreille, Quelqu’un chuchoterait des mots mystérieux. Elles aussi, rêvant le roman qui s’achève Dans l’hymen désiré, sentaient confusément »
I 82 L’INITIATION -.__,__;_fl S’alanguir et vibrer leur corps frêle où la sève Montait sous le baiser d'un invisible amant.
Où sont—ils, maintenant, ces jours où leurjeunesse Se berçait longuement des rêves les plus fous 9 Où, cœurs extasiés, elles voyaient sans cesse Lejeune, le charmant, le triomphant époux P Hélas! le Temps brutal a balayé les rêves; Les fronts se sont ridés, l’époux n’est pas venu; Et, seules à présent, comptant les heures brèves, Elles disent tout bas : « Sije l’avais connu! » Toutes ilfaut les plaindre et, surtout, plaindre celle Qui des jours écoulés n’a rien à retenir, Et qui songe au passé sans voir une étincelle Jaillir parmi ta cendre, ô divin souvenir!
Mais celle qui connut la douceur d’être aimée, Vit du bonheurpassé, n’eût—il duré qu’un jour; Et son âme, à jamais, restera parfumée Par le sou/île fécond de l’immortel Amour. CHARLES DUBOURG. TRAITÉ MÉTHODIQUE DE Somme OCCULTE Par Papns. —- Lettre préface de Ad. Franck, de l'Institut. I vol. gI'. in 8 de I,Ioo pages avec 400 figures et tableaux; 12 planches hors texte.
La Science occulte dans ses diverses branches était jusqu’à pré-sent disséminée dans une foule d’ouvrages le plus souvent très difficiles à trouver. Il était nécessaire d'exposer, le plus synthétiquement possible, les enseignements de l’ésotérisme en citant les
La. azî"“Ÿ . TRAITÉ MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE 183 originaux chaque fois que les affirmations personnelles de l'auteur pouvaient être remplacées par celles d’autres écrivains autorisés, il fallait enfin fournir aux chercheurs une série de traités techniques abordant les diverses questions de détail. Le TRAITÉ MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE, de Papus, répond à ces desiderata. .
Il est composéde trois parties et d'une introduction générale (prolégomènes). L’« Introduction » met au jour de nouveaux docu ments sur LA SCIENCE DE L’ANTIQUITÊ, sur les épreuves de l’Initiation, sur la méthode analogique et sur les nombres. De nombreux extraits, tirés des ouvrages d‘auteurs classiques et de chercheurs modernes, viennent à l’appui de chaque affirmation.
La c première partie » expose LA DOCTRINE, telle qu’elle se dégage des enseignements ésotériques alliés aux découvertes de la Science expérimentale contempo raine. La Vie est étudiée dans ses diverses manifestations, les lois de l'Involution et de l’Evolution déterminant la genèse des Univers, des planètes, des continents et des races humaines sont développées.
La constitution de l’Homme, l’étude de l’âme, de la naissance et de la mort sont exposées en prenant pour base les données les plus récentes de l’embryologie et de la physiologie. L’état de l’âme après la mort est l’objet d’une étude toute spéciale, La ( deuxième partie ) : LA TRADITION, fournit des éclaircissements très curieux sur l’histoire depuis I’Egypte jusqu’à nos jours.
L’existence d’une langue sacrée commune à tous les prêtres anciens est prouvée. L’hébreu de Moïse, seul reste de ce langage mystique, est considéré d’après les enseignements de Fabre d’Olivet, de Lacour, de Barrois et de de Brière. La traduction correcte de la Genèse, un traité technique de Kabbale montrent l’application de ces enseignements.
Les origines du christianisme, l’existence incontes— table de Jésus-Christ, l‘origine et les enseignements de la Gnose sont ensuite mis au jour. Enfin, une étude sur l’Alchimie, avec la réédition d’un traité hermétique des plus rares, une autre étude sur la Franc-Maçonnerie et ses origines, complétées par le résumé de la tradition des
184 L’INITIATION Bohémiens et de l’histoire du mysticisme, par Wronski, conduisent le lecteur à notre époque. La « troisième partie ) traite du MONDE pas INVISIBLES ET DE LA DIVINATION. L'lnvisible dans l’homme et dans la nature, la magie, la divination (avec une application à la chiromancie), le plan astral dans le microcosme et dans le macrocosme montrent une partie des enseignements secrets de l’ésotérisme.
Des données presque entière ment inconnues sont fournies sur le symbolisme et sur les procédés de construction et d’application des figures magiques ou panœcles. Enfin l’histoire de la Science occulte dans ses diverses branches au xv;11° et au x1x° siècle complète la partie historique de l’ouvrage.
Afin de permettre au lecteur la plus grande facilité dans ses recherches, de nombreuses tables alphabé tiques terminent le volume (table alphabétique des ma tières, glossaire, table alphabétique des auteurs). De plus, tous les traités techniques sont imprimés en petit texte; chacun des chapitres et chacune des parties sont résumées en quelques pages avant d'aborder l’étude suivante. Enfin 400 figures et tableaux éclairent les obscurités du texte.
Le TRAITÉ MÉTHODIQUE DE SCIENCE occuurr«:, de Papus, forme un volume de 1,110 pages grand in-8 avec une lettre préface de Ad. Franck, de l’Institut. Les citations et les extraits d’auteurs tiennent 500 pages. les dévelop pements personnels de Papus 600 pages. Il y a 425 au— teurs cités et une table spéciale permet de se reporter à chacune des pages où se trouve la citation de l’auteur.
Cet ouvrage forme donc à lui seul une véritable biblio thèque d’occultisme, indispensable à tous ceux qui veu— lent se tenir au courant des préoccupations actuelles de l’esprit humain. ' P. L. ‘E,N 1?Écoa Par PAUL ADAM. 1 vol. in-12. Prix : 3 fr. 50 Après Être etl’Essence de Soleil, Paul Adam continue la série de ses Volontés merveilleuses par un tro1srème
EN DÉCOR I 8 5 volume, En décor, digne en tous points de ses deux amas. Une âme passionnée, vibrante au moindre ébranlement intellectuel ou physique que provoquent en elle les choses ou les êtres, livre son combat de la vie dans l’hypocrite milieu de l'aristocratie bourgeoise.
Derrière un décor illusoire fait de convenances affectées. d'impla cable rigorisme, transparaît le monde réel: adultères des femmes, trahison des amantes par l’attrait de la débauche ou del’or, perversité des jeunes filles que corrompent leurs vicieuses camaraderies ; chez les hommes, jalousie et haine du prochain, tous moyens bons pour s’ene richir, servilité envers les parvenus, bestialité et sot tise sous un vernis de gentilhomrfierie factice: Telle la société, si conforme aux mœurs de notre époque, parmi laquelle se déroulent les phases émouvantes du drame.
Noble d’instinct, doué d'une impressionnabilité exquise, d'un esprit large d‘envolées, mais névrosé dans ses enthousiasmes, Manuel Héricourt paye chèrement son initiation au néant des apparences. Un vigoureux souffle de passion enfièvre l’œuvre.
Il s’enamoure d'une splendide fillette « de ses pupilles siciliennes, de sa chevelure sombre, de la nuque délicieusement mobile dans le col mousquetaire rabattu contre les mouvantes épaules, de ses hanches de cartéphore » et sacrifie à cette fille du peuple ses faciles conquêtes de bou doirs. L’un et l’autre s'aiment éperdument. « A l’immensité de leur désir, la chair se modifia, se conforma.
« Et des miracles s’accomplirent. ( Souvent, contre l'effort d'un regard volontaire et mâle, Louise, lassée brusquement, semblait mourir. Insensible, rigide, statuaire, elle demeurait sourde aux paroles, en pâleur d’ivoire... Suivant la pensée du prêtre, la face hiératique se transformait, éloquente tra dition des cultes universels...
Il l’adora sous les formes’ religieuses que conçurent les génies de l’humanité. » Mais dans cette enfant en qui l’amant incarne ses rêves -de mangeur, un rythme de mal ne tarde pas à s’insinuer. « N’était-il pas, lui, l’assassin de cette vie, de cette
186 L’INITIATION pudeur morte, de ce possible bonheur sacrifié à ses appé tits lubriques, au caprice de sa virilité. Par sa faute, elle irait au fond des bouges, engraisser, odorante et si mstre. » Louise déchue, Manuel, laminé par toutes les épreuves, renonce à la transfusion de son être dans une forme fille.
L’amour n’est qu’un décor placé devant la Douleur humaine par la pitié de Dieu ; sa passion n'a vécu que de douleur, ne s'est exaltée que par la douleur; il en arrive à chérir la Douleur pour elle-même..« Hors les contingences du monde, à. présent, Manuel se résolut de vivre, reclus au château patrimonial... « Des mois sans même lire, il se replia dans la médi— tation intérieure. « Alors sa volonté s’objectiva.
« Il acquit cette vertu miraculeuse de voir se préciser devant son œil les images des concepts évoqués et Manuel exista dans la communion des dieux. « Les mystères révélés et toujours renaissants lui emplissaient l’âme d’une harmonie merveilleuse et tendre où sa volonté vogua mollement parmi les plus sublimes évocations.
« La nuit, il s’enveloppait d'un grand manteau de laine, et, les paupières closes, il s‘hypnotisait sur un seul point imaginatif. . ( Au bout d’un temps, il lui paraissait sortir de l’en veloppe charnelle poussé par l’unique force du désir. « Et son corps retombairinerte comme du vin épanché. ( L’âme astrale saisie dans l’attraction des mondes supérieurs évoluait parmi les miracles.
« Une fois, sa vision lui montre l’univers émanant de Jésus, son involution et son évolution au traver: de l’Espace et du Temps et sa résorbsion finale dans la lu mière primitive essentielle. « Ainsi le philosophe connut l’appareil du monde faux et menteur àtous actes, dénué de réel et de rêve, animé de fàntômes, créatures de la seule volonté, et possibilité de sensations pour elle.
« Et, peu à peu, unissant les faisceaux des couleurs éparses et des nuances, il était, par la force mystique, parvenu à la contemplation de Dieu... "uni—Ma. "Hww—gWWM* ,. ...M,,_,._.W_.=I ,, 1 ‘.,
EN DÉCOR 1 8 7 TW V n‘w r n « Or Manuel Héricout périt sous la douche des méde c1ns altémstes, s‘efforçant de 1111 restituer l’erreur ori— ginelle. » En De’çor est un point d’étape dans la littérature et la philosophie nouvelle. GEORGE MONTIÈRE. @oua «EnnÉeanuanu D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES CONFÉRENCES - Signalons l’empressement avec lequel les membres du Groupe suivent les conférences.
Dans nos deux derniè res réunions, la grande salle était absolument comble et c’est devant une assistance choisie que MM. Hippolyte Destrem, limile Michelet et Papus ont présidé. ' BRANCHES Une charte vient d’être délivrée p0ur la fondation d’une nouvelle branche du Groupe à Marseille (Bouches du-Rhône). Le président, qui sera bientôt connu de nos lecteurs par ses travaux, écrit sous le nom de Quœrens S.-. I.'. .
Une autre charte a été également délivrée pour la fon dation d’une autre branche à Harnoué, près Nancy (Meurthe-et-Moselle), sous la présidence de M. Auguste Leclaire 33° — S.-. 1.-. Enfin ajoutons qu’une branche régulière est en for mation à Ramleh (Egypte). On voit que le succès du Groupe ne fait que persister.
GROUPES _D‘ETUDES Nous aurons sous peu une grosse nouvelle à annoncer à nos lecteurs à propos des groupes d’études théoriques et pratiques et de leur extension. Rappelons que deux rapports sont en préparation. 1° Un rapport sur la fraude et la médiumnité, par MM. Lemerle et Papus; 2° Un rapport sur la communication sans contact de la pensée à courte distance, par M. Lemerle.
Par décision en date du7 mai 1891, M. Albert Poisson est nommé directeur d’un groupe d’études alchimiques, créé sur la demande de plusieurs membres.
188 L’INITIATION Nouvamas ®wansas Nous apprenons au dernier moment la. mort, à Londrés, de Mme H. P. Blavatsky, secrétaire général et fondatrice de la S. T. . I I L‘abondance des matières nous oblige à renvoyer au prochain numero la Revue de la Presse de notre con— frere A. Dorade. I' "U Nous sommes heureux d’apprendre à nos lecteurs l’entrée, dans la rédaction de l’1nitiati0n, de M. YVON LE LOUP S.'.
I.'. qui fera connaître au public français les principaux travaux ubliés en Allemagne,surl'occultisme et la psychologie p 1ysiologique. * in 4 Nous commencerons sans doute dans le prochain nu méro la publication d’une Nouvelle inédite écrite spécia lement pour l’1nitiation par JULES LERMINA.TÏÎJ‘€ : la Vie d’un mort. x 4 Une souscription est ouverte_à la Chaîne AIagr_1e’tique (15, rue du Four) pour l’entretien et la restauration du tombeau de Mesmer. * 21a241 L’art libre (bi-mensuel), 12. rue de l’Odéon, publie dans son dernier numéro une étude sur Là-Bas de Huysmans au pomt de vue de l’érudition.
Le Voile d'l'sis, l'organe si intéressant du Groupe, va bientôt accroître encore son intérêt par l’adjonction de l’illustration. Chaque numéro contiendra une ou deux gravures. (Abonnement: 5 fr. par an; 29, rue de Trévise.) , . O I Lalibrairie du Merveilleux, 29, rue de Trévise. offre gracieusement aux abonnés qui lui achèteront LE TRAITÉ MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE de Papus (12 fr. 50 net, franco pour la France, 13 fr. 50 pour l’Union postale) un abonnement de 6 mois au Voile d’Isis.
VARIÉTÉS 189 WARIIÉËΑJËS A L’EXPOSITION DU CHAMP-DE‘MARS Quatre portraits par M. Henri Rondel. C’est dans le curieux atelier du numéro 12 de la rue Legendre, où Rondel a succédé au regretté maître Bas— tien Lepage, que j’ai eu occasion d'admirer, la première fois, peu avant leur départ pour le Champ de Mars, les quatre portraits que le jeune peintre expose cette année.
QuandI après avoir gravi l’escalier du petit hôtel trop assombri par les tentures et les lueurs changeantes des vitraux; on pénètre tout à coup dans la pleine lumière que versent trois gigantes ues châssis vitrés, les yeux éblouis distinguent, parmi e pâle-mêle des cadres, des torles, des chevalets, des étoffes et des divans, un homme d'une soixantaine d'années, au visage intelligent et mâle, à barbe grise, vêtu d'un veston marron, coiffé d’une toque, allongé nonchalamment sur un moelleux fauteuil, tout entier à la joie de humer les bouflées de sa bonne pipe qu‘il tient de ses doigts amoureux.
L’illusion de la vie est complète, telle qu’on serait tenté d'abord de gra tifier d’un salut le bienveillant fumeur, n'était le carré d’or qui l’isole et avertit le visiteur à temps. A côté de l’homme à la pipe, trône Arthur Meyer, très correct, en redingote et cravate de satin bleu avec, pour épingle. une superbe perle fine.
Le directeur du Gaulois incline légèrement la tête, lèvres souriantes, et songe à son prochain article, l'avant—bras droit couché sur sa table de travail, la main gauche fouillant la poche. Des publicistes ont loué déjà cette excellente peinture dont on parlera dans tous les feuilletons; souhaitons qu’elle vaille à son auteur un bien légitime succès. En face, se dresse un tableau d'effet puissant.
Du fond sombre se détache la silhouette d’une dame âgée, la mère de Rondel, assise et tournée de trois quarts, dans la pose la plus simple du monde. Elle est habillée de deuil; son long voile de crêpe, rejeté en arrière, découvre la figure austère et résignée, seule note éclairée de la toile, se déroule ensuite et se confond avec les lis d'un ample châle noir qui l’enveloppe.
En dépit de a tonalité uni— forme, chaque détail se dessine avec une netteté surprev nante; ce portrait, un des mieux réussis que je con— naisse, est une merveille de hardiesse et de savotr. \
I 90 L’INITIATION Près de la porte, enfin, dans un élégant cadre de bois sculpté agrémenté d’une baguette d’or, Maurice Barrès, en né ligé du matin, un veston gris ouvert sur sa che mise e soie bise où s’étale une cravate mauve hâtivement nouée autour du col, s’appuie sans effort contre le dos sier de sa chaise, jambes croisées, mains jointes au-dessus des genoux, et apparaît de profil, rêvant près d’une table chargée de volumes, à l’extrémité de laquelle, dans un vase de Ve‘nise, fleurit un bouquet méridional.
Un second portrait de Barrès, signé du peintre Blanche, se trouve à la même exposition; eh bien, sans songer certes à critiquer la très haute valeur de cet éminent artiste, je n’en déclare pas moins l’œuvre de Rondel in comparablement supérieure.
Le Maurice Barrès de M. Blanche a la bouche en cœur, des yeux très doux, le front olympien, les joues arrondies, tandis que les lèvres du vrai Barrès, du Phi lippe de l’Homme libre que nous représente Rondel, sont fines et ironiques ; les yeux, vifs et beaux, voilent magis tralement la pensée intérieure; le front un peu bas, très caractéristique, décèle une opiniâtre volonté, tandis que le creux des joues manifeste l’excessive nervosité de l’écrivain et la fatigue du travailleur.
La ressemblance est d’ailleurs siparfaite que le désir vous prend de bavar der avec le portrait ou de lui serrer la main. L’ex osition de Rondel ne saurait manquer de lui attirer es éloges d’influents critiques et les applaudisse ments des amateurs; qu’il me permette néanmoins d’ex primer, dans notre modeste revue, le plaisir que m’a donné la contemplation de ses quatre chefs-d’œuvre et la sincérité de ma foi en son glorieux avenir.
GEORGE MONTIÈRE. [LA L‘i@IÆWËÈLË ÈÊŒI]E \ Nous croyons intéressant pour nos lecteurs de publier l’appel suivant adressé aux médecms par le D’Pelltsster: ( MONSIEUR ET CHER CONFRÈRE, « L’attention générale du monde médical s’est portée, dans ces derniers temps, sur les affections des vores resprratmres et sur leur traitement.
LA NOUVELLE MÉDECINE 191 ( Plusieurs découvertes annoncées comme devant enfin résoudre ce problème d’une façon définitive ont eu le sort de leurs devancières, et un oubli mérité succé— dera sous peu aux espérances les plus chimériques. u Notre intention n’est pas d’annoncer une nouvelle panacée des affections des voies respiratoires, destinée àtransformer subitement la médecine contemporaine.
« Nous venons soumettre à votre haute appréciation le résultat de recherches poursuivies laborieusement et patiemment pendant qu’une réclame grandement menée cherchait à attirer le public sur les détenteurs de l’uni— verselle panacée.
Les recherches poursuivies tendaient à deux buts principaux : < 1° Déterminer exactement le problème à résoudre ; 1° Déterminer exactement le problème à résoudre ; < 2° Appliquer à la solution de ce problème les don» nées le plus en rapport avec les principes scientifiques actuellement connus. 4: Le problème à résoudre se compose de deux facteurs prinCipaux : _ .
« 1° Trouver les voies les plus rapides permettant d’at teindre le plus sûrement le principe infectieux; « 2° Trouver la substance capable de neutraliser à jamais ce principe infectieux. « Nous pensons avoir résolu la première partie de ce problème. Quant à la seconde, nous ne prétendons pas en trouver la solution intégrale sans une pratiquelongue—. ment poursuivie.
« Cependant certaines des affections des voies respira toires comme la rinite, la pharyngite, la laryngite, ont déjà fourni les meilleurs résultats au point de vue de la guérison, et cela dans un temps très court. Laissant donc de côté ces affections, nous allons nous occuper spécialement de la tuberculose pulmonaire.
« Le professeur Trousseau se faisait fort de guérir les affections des voies respiratoires, si on avait pu lui fournir un appareil capable de porter le médicament directement sur le poumon « Le but cherché par le médecin, c’est d’introduire la substance médicamenteuse dans la circulation sanguine. Le sang baignant tous les organes se chargera de porter lui-même le baume sur la plaie. ( La voie suivie le plus souvent est celle de l’estomac..
Le médicament, absorbé par les chylifères ou les veines de l’intestin, gagne la circulation soit par le canal tho racique et la veine sous-clavière, soit par la veine-porte, {e f01e, la veine sus-hépatique et la veine-cave, suivant es cas.
192 L’INITIATION « On conçoit sans peine toutes les influences subies par la substance méd1camenteuse endant ce trajet et 'on comprend pourquoi la médecme tend aujourd'hui a éviter autant que possible l'action des sucs digestifs sur le médicament. . 41 Lesinjections sous-cutanées permettent de résoudre le problème, non toutefois sans de sérieux inconvé nients.
La substance médicamenteuse introduite dans le tissu cellulaire est absorbée par les lymphatiques et peut-être aussi par les capillaires veineux, ce qui évite l’action néfaste des sucs digestifs. « Dès 1869, un chimiste français, M. L.Encausse, avait résolu au mieux le problème de l’absoption directe des médicaments par la peau, sous l’influence d’un générateur de son invention.
Le rapport adressé au ministre de l’intérieur le 12 octobre 1869 par le méde cin en chef de l’Asile national de Vincennes, le Dr Bre mond, commis à cet efiet; les expériences personnelles du D“ Rabuteau, relatées dans son Traité de The'ra eu tique (p. 3); un nouveau rapport adressé à l’Academie des sciences en 1873 ne laissent aucun doute à cet égard.
« L’inventeur a poursuivi le cours de ses études, per— fectionnant sans cesse ses moyens d‘action, et maintenant. de nouveaux brevets viennent d'être pris pour les appa— reils permettant l'absorption rapide des substances mé dicamenteuses ar le poumon. « Ces apparei s dénommés humateurs ont pour but d’adjoindre à la colonne d'air inspirée une colonne de vapeur à faible température chargée du médicament.
Les résultats obtenus par ce mode de traitement, à la Maison médicale, 16, rue Rodier, dont M. L. Encausse a été nommé directeur par l’administration supérieure, sont tels qu’après une étude sérieuse nous avons résolu de donner à ce mode de traitement l‘extension qu’il m'é— rite en ouvrant une nouvelle maison permettant de trai— ter un grand nombre de malades dans les meilleures conditions possibles.
De plus, cent chambres seront àla disposition de ces malades. Nous réalisons ainsi en France ce qui existe déjà à l’étranger et ce qui rend de si grands services au corps médical et aux malades : une Clinique pour les affections assezgraves où le malade peut trouver tout le conforta ble nécessaire joint au traitement et à la tranquillité les plus‘appropriés à son état. D' PELLISSIER. (r) Voy. le ‘Bon de Visite à la 8* page de la couverture. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS. IMP. |:. ARRAUL'I‘ ET G", RUE DE LA PRÉFECTURE. 6. 4'W.M.WW . , ...e,....’_« M,««:_ . \«al
Groupe national l’llulès isotéflques '. Sous LA DIRECTION DE LA REVUE L’INITIATION Quartier général 5 29, ‘Rue de ‘Irévise, 29, PARIS COURS ET CONFÉRENCES PERMANENTS SUR LA KABBALE, LA THEOSOPHIE, LES SCIENCES OCCULTES EXPÉRIENCES d’Hypnolisme, de Spiritisme, de Magie par groupes fermés (21 GROUPES D’ÉTUDES THÉORIQUES ET PRATIQUES) Librairie. — Salle de Conférences.
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L’I N ITIATI O N (“””ËEËE“’””) DIRECTION ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg, 14 ABONNEMENTS, VENTE c_AU NUMÉRO 6 PARIS G . c A R R É , 56’, rue Saint—André—des-A ris ë’DIRECTEURZ PAPUS ü DIRECTEUR-ADJOINT : Lueien MAUCHEL Rédacteur en chef: George MONT uä: RE Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un 3nv 10 “' CH. aAm.rr. - J. LEJAV ÉTRANGER, — I2 fç.
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