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initiation Revue philosnphique indépendante des Hautes Études Hypnotisme, Thèosophie Kabbale, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes _,+;‘ .7... ’10e VOLUME. — 4'“ ANNÉE SOMMAIRE DU N°Ï) (Février 1891) , _C,.__ I‘ARTIE INITIATIQU E... Les Éléments de la Kabbale (lin) . . . . .. Eliphas Lévi. (p. 385 à 393). La Méthode de KeeIy. Keely. (p. 393 à 408).
PARTIE PHILOSOPHIQUE Les Principes supé— ET SCIENTIFIQUE . . . rieurs du Septenaire humain devant le Spiritisme (avec fi— gures) . . . . . . . . . . . .. J. C. Chaigneau. (p. 409 à 428).. _ L’Occultisme setentz— figue (suite et lin). . . G. Vitoux. (p. 428 à 440). Alchimie . . . . . . . . . . . .. A. Chaboseau (p. 440 à 445). , ' L’Egyptologze sacrée. J. Marcu5 de Veze. , (suite)(p. 445 à458). PARTIE LITTÉRAIRE...
La Tristesse des Sa— pins . . . . . . . . . . . . . .. Ch. Duhourg. (p. A59 à 460). Batracien mélomane. . B. de Maricourt, (400 à 467) Bibliographie. —— La fraude et la médiumnité (PAPUS). — Groupe indépendant d’études ésotériques. — Revue des revues. —— Nou— velles diverses. — Variétés : Traitement de la tuberculose. —— Ouvrages reçus. — Ligue nationale contre l’athéisme.
RÉDACTION : Administration, Abonnements: 29., rue de Trém'se, 29 58, rue St—André-des—Arts, 58 PARIS PARIS Le Numéro 2 UN FRANC. — Un An: DIX FRANCS.
'.' ,‘ñ'ËI’l'j j‘3:..> ,_ . ._ .. PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiatz‘on est l’organe principal de cette renaissance spiritua» liste dont les efforts tendent: Dans la Science à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion à donner une base solide à la Morale,par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta— physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
' Au point de vue social, l’Initiati0n adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le militarisme et la. misère. Enfin l’Initiati0n étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l‘Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initr‘atique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
' La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Initiation parait régulièrement le 15 de chaque mois et compte déjà trois années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. . ‘
PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation [0 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET. S.'. I.'. -— STANISLAs DE GUAITA. S.'. I.'. g.) -— GEORGE MONTIERE, S.‘. I.'. — PAPUS, 53. I.' catholique romain auprès de l’Initiati0n : R+C+C. . ä—- Légat JOSÉPHIN PÉLADAN, 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ALEPH.— Le F.'. BERTRAND.VËN.'.— BOUVERY.— RENÉ CAILLIÉ. — AUGUSTIN CHABOSEAU. — CAMILLE CHAIGNEAU. —- G.
DELANNE. — DELÉZINIER. — JULES DOINEL. — A. DORADO. — ELY STAR. — FABRE DES ESSARTS. — JULES GIRAUD. — E. GARY. — HENRI LAS VIGNES. —— J. LEJAY. — L. LEMERLE. — DONALD MAC—NAB. — MARCUS DE VÈZE. — NAPOLÉON NEY. — EUGÈNE Nus. — HORACE PELLE TIER — G. POIREI.. — JULES PRIOU. — Le Magnétiseur RAYMOND. — Le Magnétiseur A. ROBERT. — ROUXEI.. — H. SAUSSE. — G. VITOUX. -— F. VURGEY. — HENRI WELSCH. — OSWALD VVIRTH.
30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. —— E. GOUDEAU. — MANOËL DE GRANDFORD. -—JULES LERMINA. — L. HENNIQUE. — R. DE MARICOURT. — LUCIEN MAUCHEL. — CATULLE MENDÈS. -— ÉMILE MICHELET. — GEORGE MONTIÈRE. — CH. DE SlVRY. — CH. TORQUET. 40 POÉSIE En. BAZIRE. —- CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. * P GIRALDON. ——- R. DE MARICOURT. — PAUL MARROT. — A. MORIN. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ. a
Groupe Inflipenflani d’liudes lsoiéHques Sous LA DIRECTION DE LA REVUE L’INITIATION Quartier général : 29, ‘Rue de Trévise, 29, PARIS COURS ET CONFÉRENCES PERMANENTS SUR LA KABBALE, LA TIIEOSOPIIIE, LES SCIENCES OCCULTES EX P E RI E N c E s d’Hypnolz’sme, de Spiritisme, de Magie par groupes fermés (‘21 GROUPES D’ÉTUDES THIÎORIQUÈS ET PRATIQUES) Librairie. — Salle de Conférences. — Salle de Cours. — Bibliothèque d‘Occultisme. — Bulletin hebdomadaire : Le Voile d’Isis, résumant les travaux du groupe pour les membres de province et de l’Etranger. : Tout abonné de FINIT/A TION ou du VOILE D’ISIS reçoit sa carte de membre du groupe sur sa demande. PLUS DE 350 ADHÉRENTS Dix Sociétés adhérentes, affiliées ou représentées Branches en Europe et en Amérique CORRESPONDANTS OFFICIELS ET CHEFS DE GROUPE France : Paris —— Lille — Tours — Lyon —— Bordeaux — Mar— ’ seille — Sens— CIermont-Ferrand — Alger. Etranger :Lonures — Bruxelles — Lie e — Berlin —Amsterdam — Munich —,Varsovie— Saint-Péters ourg— Vienne —— Genève —Rome — Barcelone — New-York —- Québec — La Plata. — Port-Saïd — Panama -——Cuba. La Bibliothèque internationale des œuvres des Femmes (Directrice M118 A. DE WOLSKA) possède une grande salle de lecture au Siège du groupe, 29, rue de Trévise, où la directrice reçoit les membres de l’œuvre. Un Bulletin mensuel de la Bibliothèque sera prochainement publié _ _A,_.;.wc«_ll . . ...—.......-n . ..M—... .
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I1 g\\\\äl‘é .\ : àmmmlmw«\\xæ PARTIE INITIATIQUE . ä.rs ÉLÉMENTS IDE I.A ËABBAIE En Dix Leçons LETTRES INEDITES D’ÉLIPHAS LÉVI (1) (suite et fin) vu° LEç0N III Court de Gebelin a vu dans les vingt-deux clés du Tarot la représentation des mystères égyptiens et il en attribue l’invention à Hermès ou Mercure Trismégiste qui a été aussi appelé Thaut ou Thoth.
Il est certain que les hiéroglyphes du Tarot se retrouvent sur les anciens monuments de l’Egypte ; il est certain que les signes de ce livre, tracés en ensembles synoptiques sur des stèles ou sur des tables métalliques sem (l) Reproduction interdite pour les journaux ou, revues non publiés par une ranche du Groupe indépendant d'Etudes esotérlques. 13
386 L’INITIATION blables à la table isaque de Bembo, étaient repro ‘duits séparément sur des pierres gravées ou sur des médailles qui devinrent plus tard des amulettes et des talismans.
On séparait ainsi les pages du livre infini dans ses combinaisons diverses pour les assem— bler, les transposer et les disposer d’une manière tou ’ jours nouvelle pour en obtenir les oracles inépuisables de la vérité. - Je possède un de ces talismans antiques qui m’a été apporté d’Egypte par un voyageur qui est de mes amis. Il représente le binaire des Cycles ou vulgaire— ment le deux de deniers.
C’est l’expression figurée de la grande loi de polarisation et d’équilibre produisant l’harmonie par l’analogie des contraires; voici com— ment ce symbole est figuré dans le tarot que nous possédons et qui se vend encore de nos jours. La médaille que j’ai est un peu fruste, large à peu près comme une pièce de cinq francs en argent mais plus épaisse.
Les deux cycles polaires y sont figurés exac— tement comme notre tarot italien, une fleur de lotus avec une auréole ou un nimbe. ' Le courant astral qui sépare et attire en même. temps les deux foyers polaires est représenté dans notre talisman égyptien par le bouc Mendès placé entre les deux vipères analogues aux serpents du caducée.
Sur le revers de la médaille, on voit un adepte ou un prêtre égyptien qui, s’étant substitué à Mendès entre les deux cycles de l’équilibre universel; conduit dans une avenue plantée d’arbres le bouc‘ devenu docile comme un simple animal sous la baguette de l’homme imitateur de Dieu. ï
LES ÉLÉMENTS DE LA KABBALE 387 Les dix signes des nombres, les vin gt—deux lettres de l’alphabet et les quatre signes astronomiques des saisons sont le sommaire et le résumé de toute la Kabbale. Vingt-deuxlettres et dix nombres donnent les trente— deux voies‘ du SepherJetzirah; quatre donnent la mer— v cavah et le schémemamphorasch. C’est simple comme un jeu d’enfants et compliqué comme les plus ardus problèmes des mathématiques pures.
C’est naïf et profond comme la vérité et comme la nature. Ces quatre signes élémentaires et astronomiques sont les quatre formes du sphinx et les quatre ani maux d’Ezéchiel et de saint Jean. Tout à vous en la Sainte Science.
ELIPHAS LÉVI. vm° LEÇON I V MONSIEUR ET FRÈRE, La science de la Kabbale rend impossible le doute en matière de religion, parce que seule elle concilie la raison avec la foi en montrant que le dogme universel diversement formulé, mais au fond toujours et partout le même, est l’expression la plus pure des aspirations de l’esprit humain éclairé par une foi (
388 L’INITIATION nécessaire. Elle fait comprendre l’utilité des pratiques religieuses qui en fixant l’attention fortifient la volonté, et jette une lumière supérieure également sur tous les cultes. Elle prouve que le plus efficace de tous ces cultes est celui qui par des signes efficaces rapproche en quelque sorte la divinité de l’homme, la lui fait voir, toucher et en quelque sorte se l’incor porer.
C’est assez dire qu’il s’agit de la religion catho— ligue. Cette religion telle qu’elle apparaît au vulgaire est la plus absurde de toutes parce qu’elle est de toutes la mieux révélée; j’emploie ce mot dans son véritable sens. reuelare, revoiler, voiler de nouveau.
Vous savez que dans l’Evangile il est dit qu’à la mort du Christ le voile du temple se déchira tout entier et tout le travail dogmatique de l’Eglise à travers les âges a été de tisser et de broder un nouveau voile. Il est vrai que les chefs du sanctuaire eux—mêmes, pour en avoir voulu être les princes, ont perdu depuis longtemps les clés de la haute initiation.
Ce qui n’em pêche pas la lettre du dogme d’être sacrée et les sacre— ments d’être efficaces. J’ai établi dans mes ouvrages que le culte chrétien-catholique est la haute magie organisée et régularisée par le symbolisme et la hié rarchie. C’est une combinaison de secours offerts à la faiblesse humaine pour afiermir sa volonté dans le bien.
Rien n’a été négligé, ni le temple mystérieux et sombre, ni l’encens qui calme et qui exalte en même temps, ni les chants prolongés et monotones qui bercent le cerveau dans un demi-somnambulisme.
LES ÉLÉMENTS DE LA KABBALE 389 Le dogme. dont les formules obscures semblent le désespoir de la raison, sert de barrière aux pétulances d’une critique inexpérimentée et indiscrète. Ils paraissent insondables pour mieux représenter l’infini.
L’office même; célébré dans une langue que la masse du peuple n’entend pas. élargit ainsi la pensée de celui qui prie et lui laisse trouver dans la prière tout ce qui est en rapport avec les besoins de son esprit et de son cœur. Voilà pourquoi la religion catholique ressemble à ce sphinx de la fable qui se succède de siècle en siècle et renaît toujours de sa cendre, et ce grand mystère de la foi est tout simplement un mys tère de la nature.
On semblerait émettre un paradoxe énorme si l’on disait que la religion catholique est la seule qui puisse être justement appelée naturelle, et pourtant cela est vrai7 puisque seule elle satisfait pleinement à ce besoin naturel de l’homme qui est le sens religieux. Tout à vous en la Sainte Science. ELIPHAS LEVI.
IX° LEÇON V Si le dogme chrétien-catholique est entièrement kabbalistique, il en faut dire autant de ceux des grands sanctuaires de l’ancien monde. La légende de Chrisma, telle que la donne le Bhaghavadam, est un véritable évangile, semblable aux nôtres, mais plus
390 L’INITIATION naïf et plus brillant. Les incarnations de Vichnou sont au nombre de dix comme les Séphiroth de la Kabbale et forment une révélation plus complète en quelque sorte que la nôtre. Osiris tué par Typhon puis ressuscité par lsis, c’est le Christ renié par les Juifs, puis hônoré en la personne de sa mère. La Thébaïde est une grande épopée religieuse qu’il faut placerà côté du grand symbole de Prométhée.
Antigone est un type de la femme divine aussi pur que celui de Marie. Partout le bien triomphe par le sacrifice volon— taire après avoir subi pour un temps les assauts déré— glés de la force fatale. Les rites même sont symbo— liques et se transmettent d’une religion à l’autre. Les tiares, les mitres, les surplis appartiennent à toutes les grandes religions. Dupuis en conclut que toutes sont fausses; et c’est la conclusion qui est fausse.
La vérité est que la religion est une comme l’humanité, progressive comme elle et restant toujours la même tout en se transformant toujours. Si chez les EgyptiensJésus-Christ se nomme Osiris, chez les Scandinaves Osiris se nomme Balder. Il est tué par le loup Jeuris, mais Woda ou Odin le rappelle à la vie et les Walkyries elles-mêmes lui versent l’hy— dromel dans le \Valhalla.
Les scaldes, les druides, les bardes chantent la mort et la résurrection de Tara nis ou de Béténus, distribuent à leurs fidèles le gui sacré comme nous le buis bénit aux fêtes du solstice d’été et rendent un culte à la virginité inspirée des pré— tresses de l’Ile de Seyne. Nous pouvons donc, en toute conscience et avec toute raison, accomplir des devoirs que nous impose
LES ÉLÉMENTS DE LA KABBALE 391 notre religion maternelle. Les pratiques sont des actes collectifs et répétés avec une intention directe et per— sévérante. Or, de pareils actes sont toujours utiles à employer et, en fortifiant la volonté dont ils sont la gymnastique, ils nous font arriver au but spirituel que nous voulons atteindre.
Les pratiques magiques et les passes magnétiques n’ont pas un autre but, et donnent des résultats analogues à ceux des pratiques religieuses, mais plus imparfaits. Combien d’hommes n’ont pas l’énergie de faire-ce qu’ils voudraient et ce qu’ils devraient faire? Et il y a des femmes en grand_nombre qui se consacrent sans découragement aux travaux si répugnants et si pénibles de l’infirmerie et de l’enseignement!
Où trou vent-elles tant de force ? dans les petites pratiques répé tées. Elles disent tous les jours leur office et leur chapelet et font à genoux l’oraison et l’examen par ticulier. Tout à vous en la Sainte Science. '.. ELIPHAS LÉVI. x° LEÇ.ON VI La religion n’est pas une servitude imposée à l’homme, c’est un secours qui lui est offert.
Les castes sacerdotales ont cherché de tout temps à exploiter, à vendre et à transformer ce secours en un joug insup— portable et l’œuvre évangélique de Jésus avait pour
392 L’INITIATION but surtout de séparer la religion du prêtre ou du moins de remettre le prêtre à sa place de ministre ou serviteur de la religion, en rendant à la conscience de l’homme toute sa liberté et sa raison. Voyez la pa rabole du bon Samaritain et ces textes précieux :la loi est faite pour l’homme et non pas l’homme pour la loi.
Malheur à vous qui liez et imposez sur les épau les des autres des fardeaux que vous ne voudriez pas toucher seulement du bout du doigt (etc., etc .).
L’Église officielle, qui se déclare infaillible dans l’interpréta tion des Ecritures, n’a jamais pu expliquer l’Apoca lypse qui est la clé kabbahstique des évangiles, et il y a toujours eu dans le Christianisme une église occulte ou jvanuite qui tout en respectant la nécessité de l’Église officielle, conservait du dogme une interpréta tion tout autre que celle qu’on donne au vulgaire.
Les templiers, les rosecroix, les francs-maçons des hauts gradesont tous avant la Révolution française appartenuà cette église dont Pasqualis Martinez, Saint Martin et même Mme de Krudemer ont été les apôtres au siècle dernier. Le caractère distinctif de cette école, c’est d’éviter la publicité et ne jamais se constituer en sexte dissi— dente.
Le comte Joseph de Maistre, ce catholique si radical, était plus qu’on ne croit sympathique à la so ciété des Martinisœs et annonçait une régénération prochaine du dogme par des lumières qui émane— raient des sanctuaires de l’occultisme. Il existe encore ' _maintenant des prêtres fervents qui sont initiés à la doctrine antique, et un évêque, entre autres, vient de mourir qui m'avait fait demander des communications
LES ÉLÉMENTS DE LA KABBALE 393 kabbalistiques. Les disciples de Saint-Martin se fai saient appelerles philosophes inconnus etceuxd’un mai» tre moderne assez heureux pour être encore plus ignoré n’ont besoin de prendre aucun nom, car le monde ne soupçonne pas même leur existence.
Jésusa dit que le levain doit être caché au fond du vaisseau qui contient la pâte afin de travailler jour et nuit en silence jusqu’à ce que la fermentation ait envahi peu à peu toute cette masse qui doit devenir du pain.
Un initié peut donc avec simplicité et sincèrement pratiquer la religion dans laquelle il est né, car tous les rites représentent diversement un seul et même dogme, mais il ne doit ouvrirle fond de sa conscience qu’à Dieu et ne doit compte à personne de ses croyances les plus intimes. Le prêtre ne saurait juger de ce que le pape lui-même ne comprend pas.
Les signes exté rieurs de l’initié sont la science modeste, la philan thropie sans éclat, l’égalité de caractère et la plus inal térable bonté. Tout à vous en la Sainte Science. ELIPHAS LÉVI. li.A MÉTH@DE DE KEEl.Y (Notes inédites) Notre collaborateur, M. Jules Lermina, nous trans« ‘ met des notes d’un grand intérêt, qui lui ont été
3‘94 L’INITIATION adressées par le célèbre Keely, l’inventeur du moteur dont il a été si fort question depuis deux ans. Ces quelques pages — malgré des obscurités inhé— rentes à la nouveauté même de la thèse exposée —— sont des plus suggestives, et il n’est pas un occultiste qui n’y découvre des traces de la vérité scientifique à la recherche de laquelle nous nous dévouons tous.
C’est donc surtout à titre d’étude et de thème à recherches que nous publions ces extraits, encore iné— dits, et traduits sur le texte original de M. Keely. COURANTS SYMPATHIQUES L’action des courants sympathiques de la nature n’est pas dissemblable à celle du champ de mouve ment —— diversement oscillatoire —— des masses pla nétaires, se rapprochant ou s’éloignant les unes des autres.
Ces courants peuvent aussi être comparés au courant magnétique qui pénètre les espaces exisn tant entre les molécules elles-mêmes, excitant les centres neutres combinés de ces molécules, sans trou bler en aucune façon la masse moléculaire visible.
Dans les masses planétaires, équilibrées comme si elles se trouvaient sur les plateaux de l’universel espace, flottant comme des bulles de savon dans le champ de l’air atmosphérique, la concentration de ces cou rants sympathiques développe le pouvoir universel qui les met en mouvement, dans l’oscillation qui les rapproche où les éloigne l’un de l’autre.
Ce triple cou rant sympathique se focalise et se défocalz‘se sur les centres neutres de toutes ces masses : polarisation et l"-._.. :‘»‘ 1—""“!‘;‘
LA MÉTHODE DE KEELY 395 I__ü I,__ , .—..— .;"p—-v-—.r. dépolarisation, action positive et négative, rotation planétaire, etc. C’est ainsi que toutes les conditions auxquelles sont soumises la lumière, la chaleur, la vie, la végétation, le mouvement, dérivent de la rapi dité de l’interéchange positif et négatif de la sympa thie céleste avec la sympathie terrestre.
Tout état harmonique des évolutions de la nature est gouverné par une inéluctable loi — celle de l‘har— monie concordante assimilative. Cette clef de concor dance est la déterminante de toutes les actions discor— dantes, antagonistiques et négatives.
Le point-foyer de la concentration concordante sympathique est le champ de percussion électrique, où la rapidité de ses courants sympathiques se répercute avec une puis sance qui les lance au loin dans l’universel espace: et si loin au delà de leur centre d’équilibre qu’elle les porte en sympathie avec l’universelle attraction des centres neutres combinés de toutes les masses plané taires.
' LES CENTRES SYMPATHIQUES QUI INFLUENCENT L’ACTION ET LA RÉACTION DE TOUTES LES FORMES VISIBLES DE LA MATIÈRE. Qu’est—ce que la lumière et la chaleur, et comment sont-elles développées ? Et pourquoi sont-elles si intensivement perceptibles comme émanant du monde solaire ? La lumière et la chaleur, considérées théorique— ment, appartiennent à l’ordre le plus élevé des phé
396 L’INITIATION nomènes. Elles peuvent seulement être expliquées par la rapidité des courants sympathiques, comme inter échangeables entre les centres de focalisation négatifs et attractifs.
En considérant que la rapidité de vibra tion, associée à la projection d’un rayon de lumière, est d’au moins cent mille milliards par secon e, il est facile d’expliq'uer l’origine et la révélation de ces deux élé ments par l’action de courants sympathiques célestes.
I° Lumière et chaleur ne sont pas développées. jus— qu’à ce que la force du courant vibratoire sympa thique, projetée du centre neutre du soleil, vienne en percussion atomique contre l’atmosphère moléculaire ou enveloppe de notre planète. Il en est de même pour tout ce qui est perceptible à nos sens. De la visi— bilité des planètes, il ne peut être rien établi que par ce moyen, à un degré plus ou moins grand.
D’innom— brables milliers restent invisibles pour nous parce qu’elles ne sont pas dans des conditions d’enveloppe ment et de pénétration qui permettent le développe ment de lafraction atomique et moléculaire nécessaire pour les rendre visibles.
Une balle d’acier, passant à travers l’enveloppe atmosphérique, à une vitesse de millions de milliards de fois moindre que le courant éthérico-sympathique, serait dissipée en Vapeur en une période infiniment moindre qu’une seconde. Lumière et chaleur, en un certain sens, sont identiques : la lumière donnant la chaleur. et la chaleur donnant la lumière.
Tout le mystère, associé à leur évolution, est expliqué par le bombardement du courant éthérico— sympathique sur la partie condensée du moléculaire, ne recherche du centre sympathiquement concordant 'l "a
LA MÉTHODE DE KEELY 397 et neutre de la masse planétaire qui enveloppe le point de focalisation. L’interéchange positif et négatif de ce vrai courant sympathique conserve intacte la force magnétique de l’enveloppe polaire de la terre, en la transformant en un grand aimant. Le fait de la présence universelle de cette force magnétique, sur et dans notre planète, prouve l’immesurable force et pouvoir de l’inter échange éthérico-sympathique.
Ainsi arrivera—t-il que, de la rapidité de ces rayons sympathiques, le type terrestre de chaleur et de lumière s’établit et reste en équilibre.
Cet interéchange de radiation sympa thique entre le monde solaire et son système de pla— nètes équilibre le volume sympathique par la récep tion de la pleine valeur dépensée en distribution sympathique, montrant aussi la restauration sans fin de l’équilibre, par le même intermédiaire qui le trou— ble, pendant l’action sympathique intermittente.
Il y a beaucoup de faits dans la physique des vibra tions qui prouvent que le volume de chaleur supposé émaner du soleil, s’il était focalisé et concentré sur un centre de la même grandeur que le soleil, donne rait une force focale équivalente qui, projetée sur le système de planètes qui se trouvent dans le rayon son action, les vaporiserait en un mois.
Un rayon de de chaleur un milliard de fois plus grand que le volume entier du soleil ne traverserait pas les sombres et vides frontières qui existent entre nous et le soleil sans être neutralisé et absorbé.
398 L’INITIATION QU'EST-CE QUE L’ÉLECTRICITÉ ? L’électricité est le résultat de trois effluves différents et sympathiques. combinant les effluves célestes et terrestres par un ordre d’assimilation d’ordre néga« tivement attractif. C’est un des efforts de la nature pour rééquilibrer la différenciation attractive.
En ana— lysant leur triple union dans sa philosophie vibra toire, je trouve l’ordre le plus élevé de perfection dans cette action assimilatoire de la nature.
L’état entier est atomique et constitue l’intermédiaire en affinité avec les centres terrestres, s’unissant magnétiquement avec le courant polaire, en d’autres termes s’unis sant avec le courant polaire par affinité neutre.Les forces magnétiques ou électriques de la terre sont ainsi conservées en équilibre stable par cette force tri-une, et les cordes de cette force peuvent être défi nies comme: 1. la dominante; 2. l’harmonique; 3. l’enharmonique.
La valeur de chacune est, relativement aux autres, dans les proportions de I à 3. Pre* mier tiers : (E b) corde transitive ou dominante, (A b) harmonique, (Abb) enharmonique. L’union des deux premiers tiers est si rapide, quand les conditions positives et négatives développent une certaine force de mouvement vibratoire, qu’on peut la comparer à une explosion.
Pendant cette action,le courant positif électrique est libéré et immédiatement recherche son centre terrestre neutre ou centre de plus haute attrac tion. Le pouvoir de vibration attractive des forces solaires
LA MÉTHODE DE KEELY 399. est le grand Coi‘ncident à travers lequel se détourne le flot terresto-magnético—sympathique. Cette force est le courant céleste qui réalise le premier tiers de la triple association. Elle produit aussi une désintégra tion aqueuse et une c0ncentration thermique, les deux conducteurs premiers à travers cette corde coincidente de sympathie.
Sans cette désintégration aqueuse, il n’y aurait pas de lien connectif entre le céleste et le terrestre. Il n’existerait rien qu’un état de radiation lumineuse dans le genre de l’aurore — une potentia lité vers le concordant, sans aucune diversion sympa thique pour créer l’équilibre instable du magnétisme terrestre.
En fait, en pareille condition, l’absence de soleil d’une part, l’absence d’eau d’autre part, la force magnétique ou électrique resterait dans un état d’équi— libre stable, état chaotique dans toute la force de l’ex— pression.
Le trouble de l’équilibre et la péréquation sympathique constituent le pouvoir dualistique qui gouverne toutes les formes variées de la vie et du mouvement existant sur terre, et dont l’électricité ou le magnétisme sont le moteur premier et le régula teur.
Toute action électrique, quelle que soit son caractère, a son principe sympathique dans l’inter— vention du courant tri—un, que j’appelle la dominante, avec le courant polaire harmonique, tous flots sympa— thiques étant composés de trois courants. Ils devien nent associés les uns aux autres seulement par la fonction de leur interférence terrestre.
Le grand espace vide qui existe entre les systèmes planétaires libère de tout antagonisme cette partie du courant éthérée, moléculairement ou autrement, jusqu’à .œ
400 L’INITIATION que soit atteint le point d’association pour l’évolution - et l’assimilation immédiates avec les centres terrestres d’attraction. Je qualifie cette intervention atomico intermoléculaire et moléculaire du mot de « densité ».
La combinaison de l’action du courant tri-un sym— pathique céleste avec les mêmes intermédiaires pro duit chaleur et lumière, comme résultantes de ces conflits corpusculaires avec les centres sympathiques célestes et terrestres, foyers de radiation neutre. Je n’admets ni l’électricité, ni la lumière, ni la chaleur comme venant du soleil.
Ces états, d’après mes théo ries, émanent de l’interférence atomique et interato— mique sur les vibrations moléculaires par vibration sympathico-éthérique, l’attractif céleste étant le pre mier moteur. A mon avis, il n’y a rien là de phéno ménal : cela n’est phénoménal qu’autant qu’il s’agit de son action sur la mécanique physique.
Les physiciens ont marché dans une fausse direction qui les a con— duits à associer la mécanique physiqueaux évolutions sympathiques de la nature. L’expression «l’électricité attire à distance » est aussi fausse, sinon plus, que le « Microbe de l’Aimant ».
Clerk Maxwell semble, quand il théorise sur la transmission du son par un milieu atmosphérique, n’avoir pas pris en considéra tion la philosophie du phénomène de l’origine des courants électriques dans l’espace céleste.
La lumière est l’un des principaux moyens de développement de l’action électrique, et elle est développée par un boni. bardement corpusculaire résultant de courants sym pathiques agissant entre les centres neutres des masses planétaires, qui toutes sont en état d’équilibre instable.
LA MÉTHODE DE KEELY 401 Ces conditions d’instabilité sont nées en elles, et ont été ainsi réglées par l’architecte de la création afin de perpétuer le lien connectif entre le positif-dispersant et le négatif—attirant. L’action qui produit ce lien, je l’appelle « oscillation sympathique planétaire » (i). ATTRACTION — PROPULSION L’action du fluide magnétique est double dans son évolution, propulsive et attractive.
L’inclination du plan sur lequel le subtil courant se meut, soit à droite, soit à gauche, n’a rien à voir avec les condi tions du positif ou du négatif. La différence d’état de ce qui est appelé, par les électriciens, électricité posi— tive ou négative, est la différence entre les vibrations respectives et propulsives. Elles peuvent être respec tives à droite ou à gauche, ou propulsives à gauche ou à droite.
Les positives sont les vibrations radiantes, les négatives sont celles qui sont attirées vers le centre neutre. Le courant polaire négatif-sympathique est le vrai flot magnétique, et il est en coïncidence sympathique avec le second courant atomique: le courant élec trique est le’premier et le second ordre de vibration atomique, une force dualistique dont l’action est trop ténue pour déplacer les molécules.
Il ne peut pas plus arriver à ce résultat que la force d’un aimant ne peut (i) Les électriciens admettent maintenant que, dans les courants élec triques, l'énergie ne se répand pas elle-même le long du fil, mais elle est transmise par la vibration éthéri ne en dehors du fil, justement comme dans les ex ériences de Keel aisant évoluer sa il sphère musi. cale n avec un fin fi de soie: l'énergie n'est pas transmise . ar le fil de soie, qui agit seulement comme intermédiaire, rendant pos51 le le trans fert de l‘énergie, mais ne le réalisant pas lui-même.
402 L’INITIATION déplacer les molécules d’une glace, quand il passe à sa surface. Le courant d’un aimant est trop faible pour troubler la plaque de terre, mais il passe aussi facile: ment à travers les molécules que passe le vent à tra vers un gros crible.
De même que les pôles semblables ne se repous sent pas l’un l’autre, uniquement parce qu’il y a une parfaite équation sympathique entre eux, de même les pôles contraires, si une difiérence de 33 0/0 était établie entre eux, pôles semblables ou contraires, ils S’attireraient l’un l’autre. Ils se repoussent l’un l’autre s’ils’sont différenciés de 66' °/, par vibration sym— pathique.
Prenant en considération même les conditions pré liminaires de l’état éthérique, la vibration éthérique m’a prouvé que plus est forte la rapidité rotative du courant et plus grande est sa tendance vers le centre neutre ou centre de coïncidence sympathique. S’il en était autrement, comment pourrait-il exister des for mations planétaires Ou des constructions de formes visibles?
Si une bille de billard était mue en rota— tion avec une certaine vitesse, elle se briserait en mor ceaux et les morceaux se disperseraient par la tan gente; mais si c’était une bille d’éther, plus serait rapide le mouvement de rotation, plus forte serait la tendance de ses corpuscules à chercher leur centre de neutralité et à adhérer ensemble.
Ce n’est pas une force magnétique, contenue dans l’atome éthérique, qui lui donne le pouvoir de former ses courants de coïncidence. La force magnétique est susceptible seulement de former certains états agrégés
LA MÉTHODE DE KEELY 403 de matière: le fer par exemple et ses succédanés. Tous les corps mouvants de matière visible pro duisent de la chaleur relativement à leur rapidité de mouvement. Le courant des gaz donne seulement une réduction thermique de la fraction moléculaire. Il ne faut pas entendre par là que les molécules viennent en contact et se frottent les unes les autres.
Il n’est pas de pression, si grande soit-elle, qui puisse >produire le contact moléculaire. L’area du volume de la molécule peut être dimi— nué par une pression énorme et ainsi la tension sup portée par l’enveloppe rotative développe de la chaleur. La chaleur ainsi produite est une preuve positive de l’étonnante rapidité de l’enveloppe éthérique.
Si les molécules étaient mortes — ce qui est une impossibilité infinie -— aux vibrations sympathiques et sans enve loppe rotative, et que toute la pression possible fût exercée sur elle, cela n’amènerait pas le moindre changement thermique. ÉNERGIES L’énergie estune condition sympathique inhérente à toute agrégation de matière visible ou invisible.
Elle est toujours présente en condition latente et est révélée parles perturbateurs sympathiques de l’équi libre. Par conservation, elle devient transférable. La corrélation sympathique de la force spirituelle dans les centres circonvolutionnaires du cerveau transfère son énergie à l’organisme cérébral. Mettez une baguette d’acier en contact avec un
404 L’INITIATION aimant et l’énergie de la baguette d’acier est mise en action sans qu’elle devienne imprégnée du magné tisme de son excitateur. L’énergie est une force latente infinie. Si elle n’existait pas, elle .ne pourrait pas être générée. Conséquemment, il n’y aurait pas d’énergie à perdre ou à conserver.
Le volume de l’é nergie latente dans le domaine éthérique n’augmente ni ne diminue, il reste et restera le même hier, aujourd’hui et toujours. PHYSIQUE TRANSCENDANTALE La nature a établi les concordances sympathiques depuis la naissance des centres neutres des planètes. C‘est la gravité. La gravité est fixe, inhérente. Il n’y a pas de perte de gravité.
La difiérence dans l’état des masses, comme elle est établie dans l’homme et la femme à leur naissance, constitue la condition moléculaire de l’individu. L’état moléculaire des animaux, végétaux ou minéraux, dépend de l’agréga tion de leurs centres-cordes. Il est imposssible de faire deux moules du même dé absolument sem blables quant à leur agrégation moléculaire.
Le simple fait de déplacer le dé et de le replacer amène la perte de milliards de molécules. Cela produit un chan gement dans La masse du type. Comme ce fait a été développé seulement par recherche progressive et persistante, il est facile de comprendre la nature des difficultés qui se rencontrent quand il s’agit d’établir des devis pour guider des ouvriers ou mécaniciens, partout où ils peuvent
LA MÉTHODE DE KEELY 405 apporter une action vibratoire personnelle et provo—‘ quer une transmission positive sympathique. Pour répandre et démontrer ce que je sais, il me faudrait de plus parfaits instruments que ces grossiers engins d‘abord construits pour mes recherches. Un de mes meilleurs instruments montre à l’œil nu (par certains efiets produits par certain ordre de vibration) quand l’accord d’harmonie est établi entre deux centres neutres.
Un centre, quand il est mis en relation avec le synzpaf/zz'seur, indique Exactement par la couleur ' de certain son ou de combinaisons de sons le nombre de vibrations qui sont nécessaires pour amener certains effets mécaniques. Des vibrations inentendables sont attestées par l’aiguille magnétique seulement. Chaque molécule de gaz est par elle-même un résonnateur et est sensible à tel ou tel son, accordant ou discordant.
A la densité normale de l’atmosphère, nous enten dons un volume de son, focalisé par l’associa tion comburée de chaque molécule placée sous l’influence du son. Quand nous réduisons le volume atmosphérique du récipient de 50 0/0, alors notre oreille est sensible à la force acoustique développée en même proportion, et ainsi jusqu’à ce que le son devienne inentendable.
Cette inentendabilité de notre organe acoustique n’est pas le moins du monde une preuve de la réduction de la force sonore évoluée par l’impulsion donnée à la cloche, c’est seulement la preuve que le nombre des molécules laissées pour le développement de la force acoustique a été réduit de telle sorte (par augmentation du vide) que la co -
406 L’INITIATION centration du son ne peut plus être perçue. L’oreille n’est plus susceptible de ressentir la force acoustique 'émanant d’une seule molécule, pas même de la con— centration de cent millions de milliards de molécules.
Le plus parfait vide qui puisse être obtenu dans un pouce cube de volume laisse en résidu un nombre de molécules cent milliards de fois aussi grand que le nombre ci-dessus, et peut être parfaitement incu tendable quand toutes les forces acoustiques sont foca— lisées. ’ L’entendable a été conquis par mes instruments au point de me mettre en contact sympathique avec l’inentendable, dont les conditions vitalisées (en ce qui regarde son union sympathique avec l’état terrestre) sont les intermédiaires purs et nécessaires établissant un lien entre les masses choriques terrestres et l’ins trument, dans le but de produire une machine sym— pathique.
Mais il reste devant moi une vaste région à explorer avant que la clef de voûte de cette arche sympathique se trouve en situation de produire le haut ordre de transfert sympathique que je recherche. J’ai toute raison d’ espérer que lorsque j’aurai surmonté ces difficultés matérielles, je pourrai analyser les forces les plus subtiles de la nature... Ceci fait, l’ap— plication industrielle suivra de près.
Il n’est pas de voie plus vraie et plus prompte pour atteindre le but que celle que je suis. Mes Obligations remplies sur ce point, je serai libre de porter mon attention sur les forces mentales, dans leur association avec les forces physiques, et, enfait, la solution du problème mécanique est: le même en. principe que celui du .;;
LA MÉTHODE DE KEELY 407 physique et du mental. Que l’un soit résolu, tout est résolu. Les circonvolutions qui existent dans le champ cérébral sont entièrement gouvernées par les conditions sympathiques qui l’entourent.
Toutes agrégations, anormales, discordantes, dans ces involutions résonnantes, produisent une diffé renciation de transmission concordante; et, selon le volume de ces différenciations, les transmissions sont plus ou moins discordantes et produisent un antago— nisme à la pure action physique.
Aussi, dans l’ataxie mineure, le même état entre les muscles contracteurs et extenseurs et de la jambe et du pied a pour résultat la cessation du contrôle des mouvements, par différen ciation. La même vérité peut s’appliquer à n’importe quelle circonvolution centrale qui se trouve en diffé renciation d’harmonie avec la masse voisine du cer veau.
Prenant comme totalisée la masse cérébrale, elle est subordonnée à un centre dirigeant, quoiqu’il y ait autant de centres neutres qu’il existe de circonvolu— tions. Les mineurs sont contrôlés parles moléculaires , le troisième tiers progressif est contrôlé par les ato— miques, et le troisième tiers, leÏplus haut, est dirigé par l’e’flzérz‘que. Tous ces degrés progressifs ont leur position positive, négative et neutre.
Quand nous examinons la structure du cerveau humain, nous ne devons pas être découragés par l’infinité des centres propulsifs sympathiques,d’autant que rien ne prouve mieux au vrai philosophe que la masse harmonique de ces structures est gouvernée par les courants vibra toires éthériques. Il n’est pas de structure quelconque, animale, végétale, minérale, qui ne soit l’œuvre de
408 L’INITIATION l’éther cosmique. Certains ordres de vibrations attrac« tives produisent certains ordres de construction, d’où une infinie variété d’effets, surtout dans les organes cérébraux. Il ne peut exister de concordance dans la molécule propre.
La discordance dans une masse est le résultat de groupes différenciés, actionnés par des cordes antagonistiques, et toutes masses différenciées peuvent être placées en état d’harmonie ou d’équa tion par l’action de leur corde propre moyenne; égale sympathie peut se produire, qu’il s’agisse de métal ou de matière cérébrale.
Il y a tout lieu de croire que la folie est tout sim plement un état de différenciation des diapasons des circonvolutions, qui crée un bombardement molécu laires antagonistique entre leurs cenfres neutres ou attractifs. Cela peut se comparer à un nœud sur une corde de violon. Tant que subsiste le nœud, il est impossible de produire avec ses voisines sympa thiques l’état qui doit donner pure concordance au corps de l’instrument.
Les conditions de discord — différenciation de masse — produisent la négation de l’action de coïncidence. Discordance est maladie. La santé, c’est l’hara momie. KEELY. ----i ——«—17’ 1 'ts«a
PARTIE PHILOSOPHlQUE ET SCIENTIFlQUE äes ÿrinrhes Ëupérieurs DU SEPTÉNAIRE HUMAIN DEVANT LE SPIRITISME Ceci est le résumé d’une conférence faite à la So ciété du Spiritisme scientifique.
M. Papus ayant écrit, dans l’1niz‘iation de novembre dernier, que les deux principes supérieurs de l’être humain (considéré comme septénaire) sont inconnus du spiritisme, il a paru intéressant à un spirite, profane en fait d’occul tisme, d’examiner le bien-fondé de cette assertion. Il remercie le directeur de l’[nitiation pour l’hospitalité libérale qu’il veut bien accorder à ce résumé.
Pour un profane, en face de l’affirmation d’un ini tié, il n’y a qu’un procédé possible: c’est de remonter aux sources mêmes de la science occulte, telles que les écrivains compétents nous les ont signalées. De la sorte, nous trouverons peut-être les moyens de déter miner le septénaire humain, et nous verrons alors
4.10 L’INITIATION si les deux termes supérieurs de ce septénaire sont inconnus du spiritisme. La présente étude comporte donc les points suivants: 1“ Qu’est-ce qu’un septénaire, d’après l’occultisme ? 2° Vérifier la conception générale du septénaire, par l’examen de deux septénaires connus (spectre solaire, gamme musicale) se contrôlant l’un l’autre.
3° Étant acquis les deux premiers points, appliquer la méthode de la science occulte, c’est-à-dire la méthode analogique, pour déterminer le septénaire humain. 4° Montrer que les deux principes supérieurs du septénaire ainsi déterminé ne sont pas inconnus du spiritisme.
PREMIER POINT. — Qu'est—ce qu’un septénaire, d’après [occultisme .9 On lit dans le Traité élémentaire de Science occulte, de Papus (page 94) : « Nous voyons la constitution du quatre par la ré « duction du trois à l’unité, et la constitution du « sept par la réduction du six (les deux ternaires) à « l’unité. » Rappelons que les deux ternaires se représentent par le sceau de Salomon, c’est-à-dirc par deux trian gles enlacés.
On lit, d’autre part, dans le Tarot des Bohémiens (page 61) : l « Le sept forme l’élément de transition entre un « septénaire et un autre. » Donc un septénaire comporte deux ternaires enlacés et un élément de transition.
LES PRINCIPES SUPÉRIEURS . 4,” Premier point général important, que nous ne per drons pas de vue dans l’application particulière. DEUXIÈME POINT. — Vérification du premier point (général et abstrait) par l’examen de deux septe’naz‘res connus. . 1 Nous envisagerons le spectre solaire et la gamme musicale, d’abord le spectre solaire (dont M. Papus a utilisé l’analogie dans son article de novembre).
Rap— pelons quelles en sont les couleurs par ordre : 1° -le rouge; 2° l’orangé; 3° le jaune; 4" le vert; 5° le bleu; 6° l’indigo ; 7° le‘violet. Le rouge, le jaune et le bleu (c’est—à-dire les élé ments I, 3, 5) forment un ternaire bien caractérisé: le ternaire des couleurs fondamentales.
L’orangé, le vert, l’indigo (c’est-à-dire les éléments 2, 4, 6) forment le ternaire des couleurs intermé diaires, un peu moins bien caractérisé que le précé dent, à cause de l’indigo. Que signifie l’indigo, qui procède du bleu et du noir ? Nous verrons tout à l’heure. Supposons un rayon blanc qui se décompose (voir la figure). En première analyse, il donne ses trois cou— leurs fondamentales.
En analyse plus minutieuse, va-t—il donner sept couleurs ? Si les trois couleurs fondamentales étaient nettement tranchées, elles seraient séparées par de l’ombre. Mais il n’en est rien, attendu qu’il y a les couleurs inter— médiaires, qui représentent le rapport des couleurs fondamentales voisines. Ainsi, entre le rouge et le jaune se place naturellement l‘orangé; entre le jaune et le bleu se place naturellement le vert. Vient alors le Eau . ' 1.—. — ‘ "'""‘
412 L’INITIATION - "fin—‘5‘. bleu, couleur fondamentale, et... c’est tout. Je me trompe : le bleu, se trouvant à la partie supérieure du rayon décomposé, s’obscurcit peu à peu dans l’ombre ambiante; d’où l’indigo. Et le violet? direz-vous. Le rayon envisagé ne peut pas en rendre compte, car le violet est une couleur intermédiaire au bleu et au rouge, et le rouge se trouve tout en bas, au premier degré du spectre (I).
Donc le rayon envisagé ne peut pas en rendre compte; du moins il ne le peut pas à lui tout seul.
Mais, si nous supposons un autre rayon supérieur au premier, et décomposé de même (voir la figure), ce rayon n° 2 nous permettra de considérer, comme élément inférieur de son ternaire fondamental, un nouveau rouge qui donnera la raison d’être du violet comme couleur intermédiaire entre lui et le bleu du rayon n° 1 (bleu dont l’influence aura tra versé la zone sombre de l’indigo, pour provoquer la genèse de cette suprême couleur de transition : le violet).
Cette hypothèse d’un certain rouge apparte nant a un rayon n” 2 et déterminant le violet, devien dra plus claire tout à l’heure par l’analogie musicale de la gamme; car les analogies se renforcent les unes les autres et s’éclairent les unes les autres.
Mais, en attendant, on ne saurait trop insister sur cette re (1) Dans la figure ci-jointe, conformément à d'évidentes analogies, le rouge est re résenté par des lignes horizontales, le iaune par des lignes obliques, le leu par des lignes verticales; les autres couleurs par des lignes croisées (à l'exception de l'indigo qui est teinté d'ombre).
Notons que le soleil est rouge l'horizon, qu'il est plus ou moins_iaune dans ses positions obliques. que le Ciel est bleu et que le .soleil luI-me‘me, quand il est haut. parait plus ou monns bleuté (ce qu1 concorde d'ail leurs, d'une part, avec les données photographiques sur les degrés de puissance actinique des divers rayons colorés. et, d‘autre part, avec les diverses phases de l'action photoge’nique de la lumière solaire dans le cours d'une iournee). L : v
LES PRINCIPES SUPÉRIEURS 413 I1“? r_..,._.,T w<-l*"p ——v—-. ——v—-. marque : que l’existence du violet, à l’extrême hauteur du. spectre, aux antipodes du rouge (appartenant au rayon n° 1), ne peut s’expliquer que par un suprême rapport entre le bleu du rayon n° 1 et le rouge d’un rayon n” 2.
De même l’indigo ne peut s’expliquer que par une zone sombre et mystérieuse, indiquant qu’il y aurait une démarcation, une sorte d’abîme entre les deux rayons, si l’influence du bleu ne planait par dessus le vide, par-dessus l’ombre, et n’allait rejoindre — par le violet — le premier degré ou le rouge du rayon supérieur (trop aigu pour être visible).
De toutes les précédentes considérations il résulte que le septénair‘e des couleurs comporte bien deux ternaires enlacés (I, 3, 5) et (2, 4, 6), et que la sep— tième couleur est bien un élément de raccord entre deux spectres lumineux, entre un septénaire et un autre. — Première vérification. Voyons maintenant la gamme musicale.
La tonique, la médiante et la dominante (c’est à-dire les éléments 1, 3, 5,) forment un ternaire bien caractérisé : le ternaire de l’accord parfait. _ La sus-tonique (ou sous—médiante), la sus-médiante (ou sous-dominante), la sus-dominante (ou sous—sen sible), 'dest-à-dite les éléments 2, 4., 6, forment le ternaire des notes intermédiaires,ou de passage (intra gammique).
Quant à la septième note, si justement nommée la sensible, elle représente avec la plus grande évidence le raccord avec un septénaire supérieur. Ici l’analogue musical du rouge supérieur n’est plus une hypothèse, Il constitue un élément bien connu: il s’appelle l’oc—
4.14 . L’INITIATION tave, et il devient la tonique du septénaire supé rieur, lequel est lui—même une réalité incontestée. Donc le septénaire musical comporte bien deux ter. maires enlacés et un élément de transition ou de rac— cord. —-— Deuxième vérification. TROISIÈME POINT. —-— Détermination du septénaire humain, par application de la méthode analogique.
Avant d’aborder ce troisième .point, nous ferons quelques remarques sur les deux septénaires précédem ment envisagés. . Dans le spectre solaire, les couleurs fondamentales I, 3, 5 peuvent être considérées comme les éléments statiques; les couleurs intermédiaires 2, 4, 6 pro— cèdent d’un principe de rapport, de rapprochement entre les fondamentales voisines; elles impliquent mouvement.
Elles peuvent être considérées comme les éléments dynamiques intrinsèques du spectre. Quant à la septième couleur, c’est elle qui entraîne tout le système, tout le septénaire en question, vers un septénaire supérieur: elle représente l’élément dynamiquepar excellence.
De même, dans la gamme, les notes 1, 3, 5 (accord parfait) expriment le repos et constituent le ternaire statique; les notes de passage 2, 4, 6 expriment le mouvement et constituent le ternaire dynamique. La septième note, ou sensible, qui précipite l’ensemble du septénaire vers le septénaire supérieur, représente encore l’élément dynamique par excellence.
De plus, dans les deux septénaires (lumineux et musical), l’élément no 6 correspond à une sorte de crise. Le bleu s’y engoufïrerait dans le noir (avec l’im * *WwUN*W> .Wrîifl’,
LES PRINCIPES SUPÉRIEURS 4.15 {v" '0' digo), n’était son coup d’aile (le violet) jusqu’au rouge supérieur. La gamme y tomberait dans le ton mineur relatif, si la sensible ne l’emportait jusqu’à l’octave, refuge supérieur de sa tonalité.
Des observations précédentes, il résulte que, le ter naire I, 3, 5 étant enlacé avec le ternaire 2, 4, 6, les éléments I et 2 forment un couple statique-dyna— miqué(ou de substance et de force) ; de même les éléments 3 et 4, de même les éléments 5 et 6. Cela dit, rien de plus facile que de déterminer le s_epténaire humain, par analogie.
En première analyse, nous devons avoir, au pre mier degré, une tonique, base du système; ce sera le corps matériel. Au cinquième degré, nous aurons une dominante (l’âme humaine dans sa forme spiritualisée), but passager, étape principale avant d’arriver à la suprême solution, qui est l’arrivée à l’octave (tonique supérieure). Entre les deux, au troisième degré, nous devons avoir uneme’dzanz‘e.
Ce sera le médiateur plas tique, corps astral, ce que les spirites appellent com munément le périsprit. En analyse plus complète, nous verrons chacun des éléments de _ce ternaire se dédoubler en substance et en force; car il n’y a pas de substance sans force. et il n’y a pas de force sans substance (en principe, Bûchner a raison); seulement, à mesure que l’on monte, l’élément force prend la prépondérance sur l’élément substance.
Nous aurons ainsi les deux ter naires enlacés et constituant trois couples d’éléments. Les éléments 1 et 2 seront : le corps matériel et la vitalitématérielle. ' ”' ’ e ..a .\,,._.‘.ä.a _.w.-‘v—v-— W%W“wœw v. ÿ-., . g._ r . _, a. -\. Î __ÿ»_,_____—-M*
416 L’INITIATION Les éléments 3 et 4 seront: le corps astral et la vitalité astrale. Les éléments 5 et 6 seront : le corps spirituel _et la vitalité spirituelle. Le premier de ces couples correspond aux condi— tions de l’être sur la surface du noyau planétaire, le second aux conditions de l’être dans les fluides péri plane’taires , le troisième aux conditions de l’être dans les régions interastrales. Les éléments I et 2, ainsi déterminés, concordent exactement avec les enseignements des publications occultistes. Ce sont bien là Rupa et Jiua des bond dhistes. A partir de ce point, la concordance existe peut-être, mais elle n’est plus évidente. Pourtant les trois couples (formés par les deux ternaires enlacés) doivent reproduire analogiquement le même dessin. Des éléments 3 et 4 (corps astral et vitalité astrale), nous ne dirons rien de plus ici: cela nous entrai— nerait trop loin. ' Arrivons aux éléments 5 et 6. Le 5, c’est le corps spirituel, ou plutôt c’est l’âme humaine considérée dans le type idéal qui la synthétise pour ainsi dire et la caractérise pour chaque individualité. Un Esprit rayonnant de lumière nous représentera assez bien le cinquième principe. Le 6 sera la virtualité spéciale afférente à ce degré de spiritualisation. Ici, la force intelligente domine ' complètement la substance, réduite à des germes quin tessenciés, 'qui sontcomme les clichés microscopiques de toutes les impressions vécues par I’Esprit, dans le cours de son passé, dans la longue conquête de son ,-___fl.fl,«__mh__J
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420 L’INITIATION progrès. Maître de la substance, I’Esprit développe tous ces germes à son gré, il voit l’ensemble de ses existences, il en domine toute la série, etilpeut en faire revivre telle partie qu’il lui convient d’évoquer en pleine réalité. L’individualité complète se dessine enfin en renouant en un seul être les incarnations di verses par lesquelles elle a évolué.
Ceci correspond à peu près à ce que dit M. Papus, lorqu’il représente les principes supérieurs par une grande ligne verticale reliant une quantité de petites hérizontales qui figure raient les successives incarnations d’un même être. Les bouddhistes emploient aussi la figure du chapelet dont les grains sont rattachés au même fil.
Ce sixième principe, analogue de l’indigo et du la de la gamme d’ut, principe de crise dans l’évolution de l’être, est plein de périls pour l’esprit qui ne s’oriente pas immédiatement vers le septième principe.
Porté au mépris de la terre par sa puissance acquise, I’Esprit presque dieu cherche une divinité complète qu’il ne trouve pas, faute d’avoir découvert le courant vrai qui conduit à l’état divin, et qui n’est autre que ' le septième principe, faute d’avoir cultivé le germe de ce septième principe dans le cours de son évolution.
Abîmé dans l’admiration de sa propre grandeur, ivre d’orgueil transcendant, il attend sans issue, jusqu’à ce que la réincarnation abhorrée qu’il avait cru éviter (par une personnelle purification) le ressaisisse à nouveau et le replonge dans les ondes mélangées de la solidarité terrienne, où il trouvera peut-être le germe du septième principe, qui doit tout sauver. Qu’est-ce donc que ce septième principeP—Analogi ' mm.
LES PRINCIPES SUPÉRIEURS 421 . quement, c’est le principe de raccord entre les septé naires. De plus, et par cela même, c’est l’élément dynamique par excellence. Eh bien, la force par excellence, la force qui engrène les êtres entre eux, en les entraînant vers un plan supérieur, quelle serait elle donc sinon cette force divine d’attraction qui s’appelle affinité pour les atomes et qui s’appelle amour pour les êtres conscients?
Le septième principe du sep ténaire humain (l’exquise et toute-puissante sensible de notre être) est donc en toute évidence le principe d’amour. C’est lui qui fait de nous véritablement des dieux en nous faisant participer à tous les êtres et à l’âme universelle. Résumons. Le sixième principe est celui qui relie toutes les personnalités passagères de chacun de nous en une individualité éternelle.
Le septième principe (principe d’amour universel) est celui qui tend à relier toutes les éternités indivi duelles dans le plexus universel, et par conséquent à constituer le monde divin. QUATRIÈME POINT. — Montrer que les sixième et septième principes ne sont pas inconnus du spiri— tisme. Il est superflu de démontrer que le principe d’amour est connu du spiritisme, dont il constitue le plus précieux idéal.
Tout au plus reste-t—il au spiri— tisme à développer la question qui procède de ce principe. Quant au sixième principe, qu’on pourrait appeler principe de la pluri—personnalz‘te’ de l’individu, le spiritisme ne l’a peut—être pas encore nettement VW rw r_ 14
42 2 L’INITIATION dégagé par l’analyse ; mais certaines manifestations spirites le proclament implicitement d’une manière indiscutable. Comme en cette matière chacun peut surtout parler d’après son expérience personnelle, voici quelques exemples.
Ilya quelques années, existait un cercle spirite intime, assisté particulièrement par des Esprits de l’Inde antique, et dont la manifestation des sixième e septième principes, tels que nous venons de les définir, était pour ainsi dire la caractéristique. Par le médium (incarnatif) il arrivait fréquemment qu’un Esprit se manifestait successivement dans diverses de ses incarnations.
Par exemple, il venait dans une incarnation de philosophe pour donner un ensei gnement; puis il quittait le corps du médium, (cequi se traduisait par une phase cataleptique), et immédia— tement il revenait dans une incarnation plus familière, pour parler soit à tous, mais familièrement, soit à tel assistant qui lui était particulièrement cher. Ceci, c’est le fait d’observation.
Voici maintenant quelques mots de théorie communiqués par l’un de ces Esprits: « Lorsque nous venons dans un « enfant de la terre (lisez: dans un médium), nous y « venons dans une seule incarnation, c’est-à-dire « étant l’homme d’un seul jour, et non le produit de « tous les jours de l’homme, c’est-àdire de toutes les « incarnations.
L’Esprit n’est possesseur de lui-même « et voyant dans lui—même de tout son passé que lors— « qu’il est là-haut, libre, et qu’il domine tout son passé, « comme le berger du haut de la montagne domine « tous les pas qu’il a faits pour la gravir. Frères, dans
LES PRINCIPES SUPÉRIEURS 423 « un médium, il ne peut y avoir qu’un Esprit sous une « telle ou telle incarnation. Ce corps est pour une « seule incarnation, et un Esprit nepeut y entrer que « dans une seule de ses incarnations . .
Et lorsque « l’Esprit d’en haut, aussi grand qu’il soit, peut reve— « nir parler à la terre dans une de ses incarnationS « passées, il redevient alors dans cet homme (le mé— « dium) le véritable Esprit incarné de l’âge auquel il « se reporte, avec ses défauts et ses qualités. . .
Mais, « lorsque 1’Esprit a quitté le médium, il voit, il com « prend et il reconnaît qu’il vient de se produire sous ' « toutes les ihcarnations qu’il a voulu... » (Séance du 21 janvier 1884.) Dans le même cercle il arrivait parfois que des communications d’une très haute envolée étaient données —un peu vagues peut-être, parce que plus on s’élève, plus les termes se généralisent, — mais pleines de grandes aspirations et d’un immense amour.
Lorsque, la communication finie, on deman dait à l’Esprit de se nommer, il répondait: Mettez « une Harmonie ». Une Harmonie, c’est-à-dire qu’il ' parlait au nom d’une collectivité parfaitement en communion de pensée et d’amour. Le septième prin cipe, tel que nous l’avons défini, éclatait là dans toute sa splendeur.
Voici maintenant un autre document médiani mique que l’auteur de cette étude croit pouvoir pré— senter, bien qu’il en soit seul responsable. C’est une communication intuitive, et jusqu’à un certain point semi-mécanique, servant de commentaire à deux dessins mécaniques préalablement obtenus, et dont le
424 L’INITIATION . . ,_. principal esÎ reproduit ci-contre. Le médium ignorait complètement la signification de ces dessins, dus à l’impulsion d’un Esprit A, avant qu’un autre Esprit B en eût donné l’interprétation. De plus, il ignorait alors la figure ésotérique du chapelet des existences, avec laquelle le dessin p. 417 (fig. 1) présente un rapport évident.
Voici cette communication : « Ce sont des dessins avec lesquels nous avons le désir de développer plus facilement notre pensée au sujet de la vie de l’espace. C’est avec ces dessins que j’ai l’intention de faire comprendre, entre autres choses, les fonctions du périsprit. « Et d’abord, il faut distinguer, définir, pour ne pas faire deconfusion. Il est des mots qui demandent à passer par plusieurs études avant d’être parfaitement élucidés.
Le mot « périsprit » est de ceux—là. Il faut compléter les enseignements dont Allan Kardec s’est fait l’interprète à propos du périsprit.
D’après ces enseignements, il n’est pas fait de distinction entre le corps fluidique ou aromal. corps subtil par rapport à votre matière et plus ou moins éthéré suivant l’état des Esprits, il n’est pas fait, dis-je, de distinction entre le corps aromal (représentation de l’individua lité par sa forme personnelle à un moment donné) et l’enveloppe de l’Esprit, ce qu’on pourrait appeler son atmosphère, amas de fluides dégagés de lui et retenus autour de lui par une affinité à toute.épreuve.
C’est cette enveloppe, distincte de la forme du corps arc-— mal et l’enserrant de toutes parts, qui mériterait, à proprement parler, le nom de périsprit. Mais, comme on n’est pas habitué à cette distinction et qu’on pour—
LES PRINCIPES SUPÉRIEURS 425 wsa: rait confondre, nous ferons suivre, chaque fois qu’il pourraity avoir confusion, le mot périsprit de cet autre mot « atmosphère spirituelle ». « C’est dans l’atmosphère spirituelle que sont em magasinés toutes les impressions, tous les acquis de l’Esprit à travers ses existences. C’est là que se trouvent, réduits à l’état de germes, les différents états par lesquels l’Esprit a passé.
Plus l’Esprit est puissant par son élévation, plus il a la possibilité de développer ces germes, c’est-à-dire d’évoquer les mo— dalités les plus anciennes par lesquelles il a évolué. Il y a des Esprits qui sont encore cristallisés dans l’heure où ils ont quitté la terre, ou qui du moins ne sortent guère des époques les plus prochaines de cette date.
Il y a des Esprits qui peuvent évoquer tout le passé de leur dernière incarnation, mais qui ne peu vent sortir de ce cercle pour retrouver une époque plus reculée de leur existence. Enfin il y a des Esprits qui peuvent reconstituer plusieurs ou toutes les exis tences de leur passé. Ce sont les plus puissants par leur élévation.
Tout cela s’accomplit en vertu de lois positives, physiologiques si j’ose m’exprimer ainsi, c’est—à-dire au moyen d’une fonction procédant des propriétés d’un organe spécial. Cette fonction est ’ une sorte de germination reproductive des états passés d’une individualité.
De même qu’il y a la reproduc tion de l’espèce (qui néglige l’individualité au profit de la série des êtres), de même il y a la reproduction de la personnalité, c’est-à-dire la reproduction de l’être dans ses phases qu’il croyait disparues (repro— duction, réapparition, qui s’accomplit au profit de la
426 L‘INITIATION série des divers états d'un même être).
La reproduc— tion de l’espèce condamne les individualités à dispa raître pour faire place à d’autres; mais la germination reproductive des états passés fait réapparaître ces personnes dans tout ce qu’elles ont été, et, grâce à cette fonction, on voit refleurir les doux printemps d’amour qu’on avait vus avec tant de regrets tomber sous la faux du temps : l’organe de cette fonction, c’est le périsprit, c’est l’atmosphère spirituelle, ou du moins certaines parties de l’atmosphère spirituelle.
« Mais il est bien des choses à dire sur ce sujet... » (Du 7 septembre 1883.) D’une communication ultérieure sur le même sujet il y a lieu d’extraire le passage suivant : «...
Il ne peut pas y avoir de vie éternelle sans une permanence éternelle de toutes vos impressions, de tous vos états successifs, et cette permanence, cette vie éternelle de vos états passés ne peut fonctionner qu’en vertu d’un organe reproducteur de ce que vous appelez le passé. Cet organe, innommé pour vous, est une des composantes de ce que nous avons appelé le périsprit.
L’esprit dessinateur a essayé de le représen— ter schématiquement par une série de germes reliés les uns aux autres, série que l’esprit avancé peut par courir à volonté pour développer à son gré le germe correspondant à l’époque de sa vie éternelle qu’il veut évoquer et faire revivre en toute réalité et actualité... » (Du 11 septembre 1883.) Pour terminer, l’auteur de cerésumé (qui forcément présente des lacunes) demande la permission de repro duire quelques lignes d’un article qui a paru en juin
LES PRINCIPES SUPÉRIEURS 427 , 1889 dans la Vie Posthume, cette vaillante revue malheureusement interrompue depuis lors et que ' nous espérons bien voir renaître, à l’avant-garde du spiritisme. On trouvera manifestement, dans le pas sage suivant, la préoccupation des sixième et septième principes, tels que nous les avons définis: «...
Cette faculté de renouer à son gré les anneaux successifs de son individualité... c’est là véritablement ce qui constitue je ne dirai pas seulement notre im mortalité, mais notre éternité... « Mais de ce que nous avons conçu l’éternité de chaque être, nous n’avons pas envisagé toute la ques tion de l’infini. Nous avons bien relié les chaînons de tel ou tel esprit éternel, mais tous les esprits éternels nous ne les avons pas reliés entre eux.
C’est ici qu’in tervient la splendide question de l’amour. Je n’antici perai pas sur ce que j’ai à en dire, mais je veux sim plement indiquer déjà la conclusion générale.
« Cette conclusion, c’est que, de même que l’esprit dans ses états supérieurs, peut se définir comme « une série d’hommes » synthétisée dans une unité éter nelle, de même la synthèse de tous les esprits —— syn— thèse qui, pratiquement, ne saurait être que le résul tat progressif de l’amour —— peut se définir comme « le réseau harmonique » de tous les esprits éternels.
Et ainsi chacun de nous, dans ses destinées les plus hautes, se trouvant relié à lui-même par la série de sa propre éternité et relié à tous par les irradiations de l’amour, arrive à ne plus faire qu’un avec lui-même, grâce à la possession synoptique de sa série person nelle, comme à ne plus faire qu’un avec tous, grâce’à mW .__«g_-‘_.‘__mn _._..r
428_ L’INITIATION la constitution du réseau harmonique où les pensées de son esprit éternel se fondent— sans se confondre —— dans les pensées de tous les esprits éternels.
Vain queur du temps comme de l’espace, chacun se sent devenir — en soi et en les autres — éternel et univer sel: éternel en soi, universel en les autres; et pro‘ gressivement l’infini de la vie et l’infini de l’amour font de nous tous, si innombrables que nous soyons, un seul et même être Où se distinguent tous les êtres, un seul et même Dieu toujours divers et grandis sant. » Le6 (vie éternelle) et le 7 (amour universel) con duisent à l’octave (état divin).
Le spiritisme a sans doute négligé de classer dans un septénaire les principes supérieurs, mais, on le voit, ce,n’est pas une raison pour qu’il les ignore. ' J. CAMILLE CHAIGNÉAU. ïi’rcultisme firientifique (Suite et Fin) III L’examen des phénomènes du magnétisme conduit encore à des conclusions analogues. D’ailleurs, un lien très étroit les unit à ceux du spiritisme, et, comme eux, ils semblent émaner d’une force mystérieuse,
., —.ar .> . , ... ,—.-.., --a«2’c—'.—-r1 L’OCCULTISME SCIENTIFIQUE 429 impondérable, très réelle cependant, et qui se traduit extérieurement des manières les plus diverses.
Sous l’influence de son fluide particulier, en effet, le magnétiseur plongele sujet dans un état de sommeil plus ou moins profond caractérisé par des manières d’être physiologiques spéciales : tantôt, son action a pour unique but de modifier heureusement un orga nisme affecté ; tantôt, il s’agit au contraire non plus de traiter le patient, mais d’utiliser, une fois qu’il estendormi, ses aptitudes spéciales de lucidité, etc. Du reste, le pouvoir du magnétiseur sur l’être ma gnétisé est très réel, très intense, portant aussi bien dans le domaine de l’ordre moral que dans celui de l’ordre matériel, et même va jusqu’à produire, tout comme le fait la force psychique des spiritualistes, des phénomènes d’attraction ou de répulsion et de lé vitation.
« Rappelons-nous a ce propos les prétentions des fakirs dont nous parlions à l’instant même.
D’ailleurs, tous les expérimentateurs ont constaté l’action mécanique de l’opérateur sur leur sujet qui subit dans certains cas une attraction telle que celui— ci prend des positions en apparence contradictoires avec les lois normales de l’équilibre, et même, ainsi que le rapporte MERicard dans le Journal du Ma gne’tz’sme(n° de novembre 1840), peut être entièrement soulevé dans l’espace. Comment expliquer de semblables phénomènes ? Tout bonnement en rapportant la production des forces nécessaires à ces actions, à la force fluidique :
43 o L’INITIATION psychique si l'on veut, que possède en plus ou moins grande abondance le magnétiseur. Sur les individus sensibles, l’aimant produit une action analogue à celle du corps humain. M. de Rochas a observé chez deux de ses sujets, Paul P. et Emile B., des phénomènes particuliers d’attraction, seulement quand ces sujets avaient la face tournée à l’Est ou à l’Ouest (I).
La suggestion transmise au sujet peut également concourir à la production du fait, et elle y concourt en réalité fréquemment. L’influence fluidique, cependant, est sans conteste prépondérante.
Du reste, en dehors des phénomènes d’orientation venant favoriser la production des effets de l’aimant sur le sujet, il est d’autres observations, — celles de Reichenbach sur l’od et les eyflunes odiques, — qui concourrentpareillement à appuyer cette présomption.
Ces découvertes du savant viennois se rattachent directement à la question de la polarité humaine que divers expérimentateurs ont fort étudiée en ces der nières années. _ D’après Reichenbach, il s’échappe des extrémités du corps humain, notamment, des effluves d’un fluide particulier qu’il appelle 0d, et que certaines personnes douées d’une sensitivite’ spéciale et qu’il nomme des sensitifs perçoivent dans l’obscurité sous l’aspect d’une lueur colorée.
Les quantités de 'ce fluide varient avec l’état du sujet à un moment donné. (1) A. DE RocuAs, le: Farces non définies, in-8, Masson, Paris, I887, p. II4. ..4 . .n......—.-.:.-uW-.e... ç‘ _ . î ;}‘J::‘,'Jrl’ââ"i
L’OCCULTISME SCIENTIFIQUE 43 I Or, des effluves semblables se constatent à la surface des barreaux aimantés. Voilà, n’est-il pas vrai, qui jette un jour singulière ment précis sur l’observation de M. de Rochas rela tive à l’orientation du sujet.
Si l’efiËl uve odique, en effet, est assimilable au fluide magnétique, ou même n’est avec lui qu’une seule et même chose, il est naturel de concevoir que les sensi tifs, qui perçoivent si facilement cette eflluve odique, soient influencés par l’action du magnétisme terrestre tout comme peut l’être un aimant.
Reichenbach l’admet sans hésitation : « Une per sonne sensitive doit, pour pouvoir dormir tranquille ment, ou seulement se trouver bien, être placée de telle sorte qu’en dormant elle ait la tête au nord et que lorsqu’elle est assise, lorsqu’elle marche, qu’elle se pro— mène envoiture, sonvisage soit dirigé vers le sud(r) ».
Et, quelques lignes plus loin, complétant sa théorie, il écrit : « Le globe terrestre agissant comme un grand aimant, émet de puissantes effluves qui partent de ses pôles. _ « Or, nous avons vu que toutes les effluves qui vien nent de nous, d’une part, ont une tendance vers le sud, et, d’autre part, que les pôles magnétiques ont une telle action sur les effluves des pôles isonomes, qu’à grande distance déjà ils les repoussent.
C’est donc le pôle nord de la terre qui agit jusqu’à notre 48° de latitude et impose à tous nos effluves cette in (I)REICHENBACH. Résumé des études expérimentales sur je: eflluve: ndrques, traduction de M. A. de Rochas, Revue d’hypnologze, n° d'oe tobre :890. p. 298.
432 L’INITIATION clinaison de 10 à 15° vers le sud, que perçoivent par— tout nos sensitifs.
« Les esprits éclairés parmi les médecins admettent depuis plus de cent ans le fait que, dans beaucoup de maladies nerveuses, des passes dites mesmériques soulagent dans beaucoup de cas les malades et leur procurent assez souvent une guérison radicale; les passes, nous le savons maintenant, sont tout simple— ment des effluves que le médecin déverse de ses doigts sur le malade.
Eh bien ! c’est un pareil courant odique, mais plus faible, que le pôle terrestre déverse sur la terre et les hommes; ce courant se dirige vers le sud, traverse constamment nos habitations et nous met ainsi sous l’influence continuelle de légères passes.
Les non sensitifs ne ressentent pas ce perpétuel cou rant, au milieu duquel ils se trouvent; mais il en est autrement pour les sensitifs, et cela d’autant plus que leur excitabilité est plus grande (1). » M. l’abbé Fortin n’a—t—il pas imaginé un appareil, le magnétomètre (2), qui semble enregistrer les mani— festations fluidiques de nature odique et, dans une certaine mesure, donne la démonstration expé— rimentale de la réalité de l’hypothèse de Reichen bach.
Au surplus, il est d’autres observations qui viennent appuyer la présomption d’une parenté in time, sinon d’une identité complète, entre la nature des fluides odiques et des fluides électriques ou ma (1) REICRENBAGH, toc. czl., . 298 et 299. . _ (a Voir A. Forum. le agne‘lisme atmosphérique, 1 vol. 111-16, (marges Carre Pans. 1890. —Œ‘_,_ / r./»æflh «.. - ' .w7}.._
L’OCCUL’TISME SCIENTIFIQUE 433 gnétiques. M. de Rochas a établi que chez un individu suggestionné alors qu’il était plongé en état somnam bulique, c’est-à-dire sous l’influence fluidique de son magnétiseur, la suggestion pouvait être détruite par un courant voltaïque : « Je donnai à Benoit, en état somnambulique, la suggestion d’être Henri au réveil.
J’avais alors une pile de deux éléments ; je fis passer le courant de droite à gauche sur la nuque, le sujet ayant la tête tournée au midi ; j’évoquai ainsi l’idée de Benoit, puis, au bout de quelques instants, la sug— gestion fut complètement détruite (i). » Après une expérience semblable, n’est—on pas fondé à admettre la réalité des courants odiques et, au besoin, à voir dans leur existence même la raison toute naturelle des actions dynamiques du magné— tisme, jusque et y compris les phénomènes de lévi tation : « Il n’est point absurde de supposer que l’or ganisme humain peut développer, dans certains cas, sous certaines latitudes, des courants qui, parrallèles au grand courant terrestre et de sens contraire, en seraient repoussés avec une force suffisante pour contrebalancer le poids du corps (2). » La chose, en somme, n’est pas en soi plus extraor dinaire que cette orientation nouvelle que le magné— tisme imprime aux cellules cérébrales du ma— gnétisé et qui produit chez ce dernier, à la volonté de l’opérateur, unetransformation si complète de sa per sonnalité qu’il oublie absolument la notion de son identité propre pour revêtu celle d’un autre individu, (i) A. D!. ROCHAS, les Forces non definz’er, p.226. ':)A. DE Rucu.«s,loc. cit., p. 364.
434 L’INITIATION et cela alors même qu’il a cessé d’être plongé dans le sommeil. Mais, n’est-ce point là tout simplement, transportée dans la vie pratique, l’expérience que réalisent en dormis les médiums à incarnation.
Chez les sujets suggestibles, le magnétiseur joue le rôle de guide du médium, et son influence est parfois si grande que l’on a pu prétendre, non sans apparence de raison, que le libre arbitre de l’individu suggestionné était annihilé au point de le rendre inca-1 pable de résister à l’ordre reçu, même fût-il criminel.
En dépit de certains tribunaux qui ont admis cette dernière façon de voir, le plus grand nombre des savants et des magnétiseurs estiment, il est vrai, qu’il n’en est rien, mais que le sujet n’obéit entièrement à la suggestion qu’autant que cela lui convient. « La suggestion criminelle est très problématique.
On a confondu avec elle certaines impulsions irré« sistz‘bles morbides -— vols aux étalages des boutiques par de riches mondaines hystériques, assassinats par des épileptiques.... —— Tout au plus. la suggestion hypnotique répétée pourrait-elle aider au développe— ment de ces tendances chez les dégénérés. On a encore confondu avec elle l’influence du fort sur le faible. Ce mélange bizarre de notions différentes rend vrai— semblable (?
P) cette fabuleuse et récente histoire du tribunal d’Helsingborg où tous les témoins étaient suggestionnés —— pourquoi pas les juges? —-—ce qui est tout bonnement absurbe (I). » (x) Dr FOVEAU DE CouRMELI—ES, le Magnétisme devant la loi, in-rS, chez Georges Carré, Paris, 1890, p. 4.0.
L’OCCULTISME SCIENTIFIQUE 435 Ces justes critiques formulées publiquement, voici quelques mois, par le Dr Foveau de Courmelles, devant les membres du Congrès magnétique interna tional, sont la meilleure des réponses à ces affirma tions des hypnotiseurs qui se prétendent les maîtres absolus de leurs sujets.
Le temps n’est plus, en effet, où l’on croit à la puis— sance indéfinie du magicien asservissant, grâce à sa science néfaste, ou mieux grâce à la puissance de son fluide magnétique, l’individu dont il veut faire son esclave. A l’heure présente, nous connaissons la raison vraie du mystère, et nous en avons exactement mesuré la grandeur. IV Quel est, maintenant, le problème de la vie?
« C’est, répond sans hésitation M. Louis Lucas, le mouvement, le dynamisme. « Le MOUVEMENT libre, simple, fait la base de notre organisation.
Il n’y a pas si petite partie de ce mou vement qui ne puisse s’ajouter l’une à l’autre; puis se condenser, se tendre; en manifestant à nos sens, non seulement les trois grandes phases distinctes, apparentes, de l’électricité, chaleur, lumière; mais encoredes phases importantes, quoique intermédiaires, dont nous ne savons bien, ni reconnaître ni constater la valeur organique. De même qu’un corps quelconque, animé ou non, revêt des couleurs pour nos sens; de
436 L’INITIATION même un organisme revêt les phases apparentes du MOUVEMENT élémentaire libre; qui sont appelées et classées par nous sous le nom d’électricité, chaleur, lumière (1). » .
Comme Hippocrate, M. Louis Lucas est persuadé qu’à la base de la vie, présidant à tous les actes physi— ques et psychiques de l’être humain, se trouve la force, toujours de même essence, toujours une, comme la matière elle-même, suivant les alchimistes et bon nombre de nos modernes savants.
Ce qui caractérise l’état de vie, c’est la tension du mouvement accumulé dans l’organisme, et, ajoute-t-il encore, « la puissance an1male suit la puissance de la tension, en des limites déterminées par l’équilibre de ces organismes.
Voilà pourquoi un simple coup d’épée, la balle d’un pistolet; dont les ouvertures présentent quelquefois si peu d’im portance, suffisent pour laisser épancher au dehors cette tension singulière qui nous donne la vie (2) ». De telles théories, pour subtiles qu’elles paraissent à un premier examen, ne laissent pas de se pouvoir défendre avec des arguments réellement séduisants.
Dans Essai de physiologie synthétique (3), M. Gé rard Encausse, qui lui aussi estime avec M. Louis Lucas que «l’organisme est un ensemble de machines spéciales, convergeant vers un but commun, auxquelles se trouve jointe la tension centrale qui est la base de l’existence des êtres vivants (4), s’est attaché à re : Louis Lucas, la Médecine nouvelle, 2 vol. in-x8, Paris, 1863 chez Savy. t. 1, p. 84. (2) Louis LUCAS, la Médecine nouvelle. t. I. p.xn. (3 Un vol._ in«8. chez Georges Carré, Paris 1891 .'..o:I :LIICA Medccme nouvelle p. :26, t. I.
L’OCCULTISME SCIENTIFIQUE 437 chercher les lois simples du fonctionnement vital, et aussi à démontrer que partout, dans l’être humain, les processus biologiques sont les mêmes. « Nous sommes amenésà déterminer dans l’homme, écrit-il, l’existence de diverses circulations qui répon dent toutes à un schéma unique.
La circulation du sang, la circulation de la lymphe, la circulation du fluide nerveux présentent entre elles des rapports d’identité curieux, rapports qui se retrouvent jusque dans les circulations adjointes comme la circulation de l’air, celle des aliments et toutes les circulations excrétoires.
« Partout nous voyons un centre de fabrication, un centre de condensation et des conduits centripètes et centrifuges (I). » D’après lui, en effet, — et des idées analogues ont également été professées par un médecin viennois, Jean Malfatti de Montereggio, qui a exposé sa doctrine dans un livre aujourd’hui rarissime, la Mathèse (2), -— dans la partie active de l’organisme humain, il existe trois grands centres, possédant chacun ses mem branes particulières propres: le Ventre, la Poitrine, la Tête, et qui présentent des degrés divers de dif férenciation.
Au Ventre, revient le rôle de fabriquer la Matière nécessaire à l’organisme général. Dans la Poitrine, s’élabore la Force qui sera elle— même dynamisée par le cerveau. l'un.=p: ..-«c-w» de physiologie synthétique, in-8, cnez Carre, Paris. .339. .. ' (2 Jean MAI.FATTI_DE ONTBREGGIO, la Malhè.re, Pans, 1839, in-8, :I'aauI par05trowskl. .
438 L’INITIATION « Fabriquer et mettre en réserve la Matière en bas, condenser et mettre en réserve la Force en haut; enfin répandre, par l’action des organes situés au centre, cette Matière et cette Force partout: voilà, résumées en quelques lignes, les fonctions principales des trois grands segments humains.
Ajoutez une division supplémentaire située dans les caves (portion extra—péritonéale) pour la vidange des matériaux usés ou inutiles et pour la reproduction de l’être, et vous aurez une idée complète, quoique générale, de la question (1). » Mais, n’est-ce pas là une application manifeste à la physiologie de cette loi du ternaire si chère aux oc cultistes ?
Il en est justement si bien de la sorte que récem— ment, dans l’1nitiation, M. Papus appliquait à cette même conception ternaire de l’organisme les lettres du tétragramme sacré mm (z’od, hé, nau, hé). « En haut, le monde de l’Ide’e, comprenant le cerveau et ses ganglions, le cervelet et la circulation psy chique. Ce monde correspond à la lettre z'od (i).
« Au milieu, le monde de la Vie, comprenant les poumons, le cœur, les organes de circulation avec le grand sympathique comme centre de réserve du corps astral (fluide nerveux mis en réserve): Ce monde correspond à la lettre van (1), qui veut dire lien. « En bas, entre le diaphragme supérieurement et le péritoine inférieurement, le monde de la Matière com prenant les organes situés dans l’abdomen et les (I) GÉRARD ENCAUSSE, loc.cit., p. 109. 2452-. 4
L’OCCULTISME SCIENTIFIQUE 439 I réservoirs matériels de l’organisme. Ce monde cor respond à la lettre ne (n) (I). » Et, quant au second hé, ajoutait l’auteur de la re— marque que nous venons de rapporter, il représente les centres de transition, de génération d’un monde à l’autre, soit, dans l’être humain, les organes extra— péritonéaux, la division supplémentaire, accessoire de l’individu.
Il n’y a pas à aller contre, cette fois, la science mys térieuse et le savoir académique communient sous de mêmes espèces et le physiologisteappelle à son secours le prêtre de Moïse. Puissent—ils tous deux, quelque jour, nous montrer grande ouverte la porte cachée du superbe Inconnu, nous dévoiler enfin le secret de la Vie et de l’Etre.
V Les études les plus diverses, nous le voyons donc. suivent à l’occasion une marche parallèle, et, souvent aussi, elles sont susceptibles de se prêter un mutuel appui. Aussi, est-ce bien avec juste raison que M. de Saint Yves d’Alveydre a pu dire : « Il n’y a pas de sciences occultes, z'ln’y aque des sciences occultées ! » (I_) l’ag>us, La Science occulte, appliquée aux sciences expérimentales. (Inmal‘zon, 5- annee, n° 1 octobre 1890, p. 15.)
4.4.0 L’INITIATION Le hasard, le merveilleux, non plus que le surna turel n’existent. Souvent, la cause prochaine des choses nous échappe, et c’est alors que nous crions au miracle. L’étude prudente des phénomènes ramène les faits sous leur angle véritable. Entre la Science des Initiés et le Savoir des Digni— taires Académiques, il y a une barrière moins élevée qu’on ne serait à un premier aspect tenté de croire.
La Vérité, c’est que toutes les Sciences, quelles soient-elles, sont bien sœurs. L’avenir se chargera de démontrer leur indéniable parenté... G.
Vrroux. %L©E«îllllällE Depuis que l’unité de substance a été admise comme une réalité indiscutable par les savants les plus auto— risés, depuis que Claude Bernard a pu dire: « Les phénomènes dans les corps bruts et dans les corps vivants ont pour conditions les mêmes éléments et les . mêmes propriétés élémentaires.
C’est la complexité de l’arrangement qui fait la différence »; Helmholtz: « Tout, dans la nature extérieure, se réduità un chan gement de forme dans l’agrégation des éléments chi miques éternellement invariables », et M. E. Va renne: « COmprimez de l’hydrogène jusqu’à deux
ALCHIMIE 441 F 1_-.-. .I':I cent mille atmosphères et vous- aurez un lingot d’or pur », la théorie alchimique a reconquis auprès des esprits équitables la considération dont elle est digne.
Il est vrai que le Grand—Œuure doit être entendu aux sens symboliques d’épuration psychique et de perfec tion spirituelle, et alors il a la même signification que la Toison d’Or de la hiérologie antique, le Rameau d’Or de la tradition virgilienne, le Graal de l’initia tion celtique, et la Branche d’Acacia du culte maçon nique; c’est la Gnosis alexandrine et la Bodlzi indoue.
Mais du momentque tous les corps prétendus simples ne sont que des cas particuliers de l’agglomération de molécules absolument identiques, et puisque le ma . gnésium est fabriqué aujourd’hui couramment et que Sainte—Claire Deville a fait de l’aluminium, il ne sub— ‘. siste plus aucune raison valable de tenir pour my thiques l’existence et l’efficacité de la pierre philoso phale; historiquement d’ailleurs, il est prouvé, même par les maladroites critiques de Louis Figuier, comme l’a victorieusement démontré Papus, que beaucoup de personnages célèbres dans les annales de la science ont fait de l’or; et chimiquement, Chevreul et Ber thelot ont établi la possibilité logique de cette « créa tion », et il n’est pas certain qu’ils n’en aient pas expérimenté la possibilité objective.
Enfin, il n’est . guère admissible que le procès évolutif, reconnu au jourd’hui, aussi définitivement qu’il se peut, pour présider à la phénoménalité universelle, souffre la moindre exception; le végétal, l’animal, la sphère astrale, le monde, deviennent, il faut donc que les propriétés du minéral aillent se modifiant incessam
442 L’INITIATION :\ v ment, au point que tous les minéraux ne soient que le minéral unique immobilisé à des âges différents de son développement.
Les ouvriers des placers l’ont appris par la pratique, et il est habituel de leur entendre dire, lorsqu’ils examinent du minerai : « Ceci est bon, est mûr; cela est mauvais et n’est pas encore passé à l’état d’or parfait. » On doit donc féliciter M. Jules Lermina de réser— - ver aux études alchimiques la place majeure dans la Bibliothèque des Sciences hermétiques dont il a pris l’initiative, et où lui-même a donné d’autre part, avec une préface de Papus, son conte A Brûler, inséré au , préalable dans l’Initz‘az‘z‘on.
Cette collection, éditée par le très aimable bibliophile H. Chacornac, un voi sin de Léon Vanier sur ce quai Saint-Michel qui a décidément la spécialité des bouquineries sympa thiques, est fort avenante dans sa forme: couverture, format, papier, caractère, tout est d’un bon goût impeccable. Le premier volume publié est dû àM. G. Théodore Tiffereau.
Après une introduction judicieuse de M. Jules Lermina et la réimpression d’une étude à peu près complète, excessivement soignée et docte . ment mesurée, de M. Adolphe Franck, sur Paracelse et l’Alc/zimz‘e çzu xvr“ siècle, l’auteur a réuni six mémoires présentés par lui en 1853 et 1854 à l’Aca démie des Sciences sur ses travaux de transmutation, et une conférence lue, en 1889, sur le même sujet, devant plusieurs journalistes convoqués spéciale— ment. M. Tifl’ereau a été en 1840 préparateur de chimieà ...wWW7WWMWWW y 1
ALCHIMIE 4.43 l’École professionnelle supérieure de Nantes, et il a séjourné six ans aux placers de l’Amérique Centrale dans le but exclusif, dit-il, d’étudier le minerai auri fère à l’état brut, ses variétés et leurs exactes situa tions géologiques.
Depuis son retour en France, en 1848, il a dépensé une conscience vénérable, une ténacité étonnante, et une fortune plusieurs fois recon quise à grands labeurs dans le commerce, à prouver que par des procédés rigoureusement scientifiques il est possible de faire de l’or et que lui-même en a fait, et à solliciter, pour l’aider à perfectionner sa décou verte et à l’appliquer dans l’industrie, l’appui des corps savants, de la presse et des capitalistes.
Malheureu sement, il appert du détail loyal qu’il donne de ses expériences, que les résultats de celles—ci n’ont jamais été absolument satisfaisants; M. Tifi‘ereau ne parvient pas à détruire l’objection constante qui lui a été pré— sentée, que les métaux sur lesquels il opérait, l’argent par exemple, détenaient dans leur composition d’in-. dégageables parcelles d’or; les essais tentés à la Mon naie sur sa demande et par lui—même ont tous échoué piteusement, et l’analyse sollicitée de chimistes experts pour son or artificiel a démontré que des dif— férences notables existaient entre celui-ci et l’or natu rel.
D’ailleurs, le procédé eût-il réussi, il n’a abouti qu’à la production de quantités si infinitésimales du métal précieux, et de plus il est si long, si compliqué, si coûteux, si dangereux même, que l’or artificiel obtenu de cette manière reviendrait, je ne dis pas moins cher, mais au même prix que l’or naturel, seu lement à la condition d’opérer sur des masses rela—
444 L’INITIATION -.--.-_-;_= en" tivement énormes de métaux vils.
Enfin, le récit de tels travaux offrait peu de chances d’être accueilli avec enthousiasme, d’abord parce qu’il était formulé d’une façon pénible et confuse, sans trace d’aucune méthode, ensuite et surtout parce que l’auteur s’évertuait avec une prolixité par trop ingénue à dérouler devant ses auditeurs un tableau des innombrables et formidables périls auxquels, selon lui, la société serait fatalement exposée, dès la mise en pratique journalière de la transmutation des métaux.
M. Tiffereau, lui-même du reste l’avoue, ne con naissait que par les légendes courantes et les dédains et dénigrements des coteries « bien pensantes », la tradition alchimique que nous ont transmise pure à travers les âges les plus troublés de l’évolution occi dentale, un petit nombre d’occultistes souventgéniaux.
Simplement dans la lecture du troisième volume de la Bibliothèque des Sciences hermétiques, il a pu trouver depuis la base qui manquait à ses-recherches.
En ce petit livre, M. Albert Poisson a réuni les cinq ' traités capitaux sur la Pierre philosophale : le Semita Semitæ d’Arnauld de Villeneuve, la Claricula de Raymond Lulle, le Speculum Alchemiæ de Roger Bacon, le Thesaurus Thesaurorum Alchz‘mz‘storum de Paracelse, et le Compositum de Compositz‘s d’Albert le Grand (1).
C’est la première tradition française qui soit donnée de ces merveilles à peine trouvables aujourd’hui, et, bien que scrupuleusement littérale, elle est fort claire; d’ailleurs un glossaire explique les (I) I vol. in-8 relié, 5 fr.
ALCHIMIE 445 ! ____. . — I-I- —I—-I--v-- v vocables dont les profanes pourraient ne dégager le symbolisme qu’avec difficulté.
Chaque œuvre est pré cédée de la biographie de son auteur et de la repro duction du frontispice apposéà la première édition de l’original; enfin, une interprétation de la Table d’Êmeraude, accompagnée d’une notice, et une pré— face saillante, complètent le volume au point qu’il peut être considéré comme un parfait manuel d’alchi mie. AUGUSTIN CHABOSEAU. L’ÈGYPTÛLÛGIE fiacaa’r (Suite) CHAPITRE IV. — DEUIL, FUNERAILLES, EMBAUMEMENTS.
LES MOMIES ET LEURS CERCUEILS Au sujet du deuil, des funérailles et de l’embau mement des corps chez les Égyptiens, voici ce que nous apprend Hérodote (I) : « Ils observent, dans les deuils et dans les funérailles, diverses cérémonies sin gulières.
Quand un homme quelque peu important vientà mourir, tout ce qu’il y a de femmes dans la mai son se couvrent la tête et même la figure de boue (2); ensuite, abandonnant le corps du défunt, elles sor (x) Histoire. Livre II, Euterpe, LXXXV. . . (2) Cet usage est tellement enraciné qu'encore aujourd‘hui, les femmes captes ont l'habitude dans le deuil de se barbouiller la figure de boue.
446 L’INITIATION ' :u _-rsY.jlfl tent pour parcourir la ville, le haut de leurs robes re— plié dans la ceinture, le sein découvert, et se frappant la poitrine ; toutes les parentes du mort se joignent à elles.
Les hommes font la même chose de leur côté, avec leurs vêtements également relevés dans la cein ture, et, après cette première cérémonie, portent le corps à embaumer. » Ce récit d’Hérodote constituait chez les Égyptiens la scène dite Première manifestation de la douleur, après laquelle le corps du défunt était livré aux em baumeurs, artisans qui appartenaient à la classe sa cerdotale; c’étaient les Clochytes, les Paraschz’z‘es et les Taricheutes; ils occupaient un ranginfe’rieur dans la hiérarchie sacerdotale, nous l’avons vu précédem ment.
Les Tarzcheutes lavaient et nettoyaient le corps. les Paraschites ouvraient le ventre pour en extraire les viscères et les intestins; enfin les Clochytes termi naient la préparation de la momie et plaçaient les der— nières bandelettes, les yeux en émail et le masque s’il y avait lieu.
La famille du défunt traitait avec ces artisans du prix del’embaumement, car, suivant la simplicité ou la magnificence de celui-ci, le prix étaient extrêmement variable. — Le procédé le plus simple consistait à purger, avec des drogues à bas prix, l’intérieur du ventre, à le vider, à faire dessécher le corps entier pendant soixante—dix jours en le plongeant dans le natron.
Ensuite on enveloppait le corps dans un lin— ceul de toile grossière cousue àgrands points autour du cadavre desséché qui était alors déposé dans les cata—
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 447 combes publiques. Cet embaumement rudimentaire ne représentait guère que la fosse commune de nos jours. Parfois, on étendait le même cadavre sur une planche de sycomore enveloppée également d’une toile. Pour un embaumement supérieur, on employait l’huile de cèdre pour vider et nettoyer l’intérieur du cadavre; c’était avec du natron qu’on le desséchait.
Puis on entourait chaque membre de bandelettes im prégnées d’huile de cèdre et le corps était ensuite en fermé dans une caisse à momie ou cercueil plus ou moins historié suivant le prix que les parents voulaient y mettre. Lorsque le mort est remis aux prêtres, nous dit Hé— rodote (1), «ils présentent à ceux qui l’apportent des modèles, en bois peints, de corps arrangés de diverses façons.
Ils leur montrent d’abord la façon la plus parfaite employée pour celui dont il ne m’est pas per mis de prononcer le nom (2); ensuite, ils font voir la seconde manière plus simple, puis la troisième plus simple encore, et demandent quelle est celle que l’on .veut qu’on emploie pour préparer le mort. Quand les parents ont convenu du prix, ils se retirent. Les embaumeurs procèdent alorsà la préparation : je vais décrire la plus parfaite.
« Ils commencent par se servir d’un fer recourbé pour retirer par les narines la cervelle, qu’ils font sor tir entièrement soit par ce moyen, soit en versant quelques drogues pour la faire écouler. Puis les inci (1) Histoire, Livre II. Euterpe, LXXXVI. _ _ d‘à) N‘étant pas tenu àla même réserve, nous le dirons ce nom : c’est celui une. ,
448 L'INITIATION seurs (Parasc/zites) fendent avec une pierre d’Ethio pie très aiguë le ventre vers la partie des iles, et reti rent par cette ouverture la totalité des intestins.
Ils nettoient avec grand soin la cavité abdominale, la lavent avec du vin de palme et l’essuyent avec des aromates pilées; ils la remplissent ensuite le plus complètement possible avec de la myrrhe très pure et broyée de cassie (I) et de toute sorte de parfums, excepté de l’encens; puis ils consent la peau pour fermer l’ouverture pratiquée par l’incision.
Ce tra vail accompli, ils placent le corps pour ledessécher dans une saumure de natron ; le corps y séjourne * soixante-dix jours (2) il n’est pas permis de l’y lais ser plus longtemps. Après ce laps de temps, les em baumeurs lavent de nouveau le corps et l‘envelop peut de bandelettes de byssus, trempées dans une sorte de gomme que les Égyptiens emploient au lieu de colle (3).
Les parents viennent alors recevoir le corps et font faire une caisse affectant la forme hu maine, dans laquelle ils placent la momie.
Après avoir fermé cette caisse à clef, ils la déposent précieu— sement dans la chambre sépulcrale de la famille où ils la rangent debout le long du mur. » (I) La cassie est la fleur d'un mimosa très odorant (acacia farnesx‘ana) qu'on dénomme encore aujourd'hui en Provence cassie; elle fleurit d'oc tobre à janvier. (a) Hérodote commet ici une erreur évidente. — Nous savons en effet _qu‘un mode d'embaum_ement consistait à laisser le corps dans un bain e natron pendant sclxante-dIx jours. or ce laps de temps suffisait pour détruire complètement les chairs et la graisse et ne laisser subsister quela peau sur les os.
Les opérations de l'embaumement du corps du patriar che Jacpb ne durèrent d'après la Genèse (ch. L, 3) que quarante jour: et les Egy tiens en firent leur deuilsoixante-dixjourx. — Evidemment ce chiffre e soixante-dix ne se rapporte qu’à la durée du deuil. (3) Cette sorte de gomme était du bitume de Jude'e.
J ’ / L EGYPTOLOGIE SACREE 449 Au chapitre LXXXIX, Hérodote nous dit: « Quant aux femmes mariées à des hommes d’une classe distinguée, on ne les livre pas immédiatement après la mort, mais on attend trois ou quatre jours avant de les livrer aux embaumeurs, et l’on observe le même délai pour celles qui ont quelque réputation de beauté.
Cette précaution a pour but d’empêcher les embaumeurs d’en abuser, et elle a été pres‘crite depuis que l’on en a surpris un, outrageant le corps d’une femme morte récemment. Son crime avait été découvert par un de ses compagnons de travail. » Le récit d’Hérodote n’est pas suffisamment expli cite en ce qui concerne tous les détails de l’embau mement.
Aujourd’hui, grâce aux études et aux recher ches égyptologiques, nous pouvons fournir à nos lec teurs des renseignements beaucoup plus complets et par suite plus intéressants. Voici comment on procédait pour embaumer les corps des grands personnages, des hauts fonction naires de l’Etat.
Les embaumeurs avaient chacun des attributions spéciales ; les tarz’cheutes, après avoir lavé le corps, nous l‘avons vu, étaient chargés d’extraire entière ment le cerveau par les narines ; ils employaient à cet eflet un fer recourbé ou de toutes petites pinces courbes fabriquées pour cet usage. Les mêmes embaumeurs sortaient également les viscères et les intestins au moyen d’une incision pra tiquée sur le côté (flanc gauche).
Ajoutons que cette incision pour l’extraction des entrailles n’était pas de rigueur pour les embaumements de première classe ; 15
450 L’INITIATION en effet de riches momies n’en montrent aucune trace, tandis que parfois des embaumements très ordinaires montrent cette incision dans leur momie. Le scribe avait eu soin de tracer à l’encre la place et la longueur de cette incision, qui était pratiquée par le Parachite (opérateur), au moyen d’une pierre d’Ethiopie tranchante (i).
Le Taricheutes qui était chargé de retirer les en trailles et les intestins du cadavre, était revêtu du costume symbolique; il avait la tête coiffée par celle d’un chacal, emblème d’Anubis, gardien de l’hémisphère inférieur; il plongeait son bras droit dans le bas ventre et la poitrine pour en retirer les intestins qui recevaient ultérieurement une prépara tion et étaient placés dans des vases (camper); mais, avant deles y placer, l’un des Taricheutes, en élevant ces entrailles vers le soleil, prononçait une prière que nous a conservé Porphyre (2).
Le mort en s’adressant au soleil disait dans cette prière que sa vie avait été exempte de crimes, et que s’il avait péché en quelque chose, en mangeant et en buvant, c’était par cette partie de lui-même sortie maintenant de son corps, D’autre fois, suivant Hérodote, les entrailles du cadavre étaient enfermées dans un coffret qu’on jetait dans le N il ; c’est ce qui explique que beaucoup de tombes ne renferment point de canopes.
Pour opérer leurs tra— vaux, les embaumeurs étendaient le cadavre sur un r banc de bois dont les pieds et le dossier affectaient la forme des jambes et de tête de lion. Ils commençaient (x Hêrodote, II, 86. (a De abstinentia‘.
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 45 I par épiler minutieusement le corps; ils le lavaient à grande eau et le soumettaient ainsi préparé à l’action' de sels chimiques, dont nous ne connaissons guère que le principal: le nitre (natr0n), qui avait la propriété de dessécher les muscles et la chair.
Avant de pratiquer cette dessication, on introduisait dans les cavités de l’abdomen et de l’estomac de la myrrhe, de la can nelle et d’autres aromates ; on injectait dans la boîte cranienne du bitume liquide très chaud qui durcissait en se refroidissant.
Ces diverses opérations accom plies, on plongeait le corps dans un bain de nalron, puis on badigeonnait tout le corps avec du bitume liquide, afin de le soustraire aux variations de tempé rature et surtout à l’humidité. C’est après ces dernières opérations que les Chlochytes commençaient à poser les bandelettes qui baignaient avant leur emploi dans un liquide odoriférant et insecticide.
Ils envelop— paient d’abord chaque doigt des pieds et des mains, après avoir recouvert d’une couche d’or les ongles. Parfois même les doigts des mains étaient enfermés dans de véritables étuis d’or; puis ils posaient les bandelettes aux pieds, aux mains, aux jambes, aux bras, aux cuisses, sur tout le corps enfin.
De ces ban— delettes, quelques—unes mesuraient plusieurs mètres de longueur; elles enveloppaient de leurs circonvo lutions le corps tout entier, et, par leur épaisseur distribuées avec art, elle rétablissaient les formes du corps détruites par la dessication. Les momies thé baines se distinguent des autres par un entrelac de bandelettes fort bien agencé. Généralement les embaumeurs paraissent avoir C. . .w__A_ .II.L.MÆ A' ' z. - '
452 L’INITIA’I‘ION attaché une grande. importance aux bandelettes ; c’étaient elles, en effet, qui devaient préserver le plus efficacement les momies contre la destruction par suite de leur immersion dans des liquides insecticides. Aussi voit-on des momies, et des plus riches, enve loppées d’un si grand nombre de bandelettes que la forme du corps disparaît entièrement ; ce n’est plus qu’une sorte de py,ramide quadrangulaire tronquée.
L’étoffe employée pour les bandelettes ne mesurait pas moins, pour une seule momie, de 250 à 300 mètres carrés,et la longueur des bandes,de 7 à 8 centimètres de largeur, atteignait 380 mètres ; le poids total de la momie ainsi empaquetée pesait 106 kilogrammes (I).
Dans les sépultures de la XXlîet de la XXII° dynas tie, on trouve placées sur la poitrine des momies, au dessus des bandelettes des étales ou bretelles en cuir gauflré. — Souvent les couvercles des cartonnages et des caisses à momies portent des figures ou repro ductions de ces bretelles ; on les voit, soit croisées sur la poitrine, soit formant sous l’aspect d’un ruban flottant une sorte d’appendice au pectoral, qui enca dre quelque représentation religieuse, au centre des quelles se trouvent souvent un scarabée ; celui-ci est en terre cuite ou en pierre émaillée (2). (I) Caillaud, voy. à Meroé, t.
VI. — Cf. égal.
Letronne, observ. crit. sur l‘objet des représ. zodiacales.p. 44 et suiv. (à) Les momies renferment des scarabées en grand nombre, soit comme chaton de bagues, soit comme colliers ;souvent, à la place du ' cœur on retrouve de gros scarabées en pierre. dure sur lequel était grue le chapitre XXX du Livre de: morts, ainSI conçu : « Mon cœur qui me vient de ma mère, mon c_œur nece_ssære à mon ex15tence sur terre, ne te dresse pas contre m_Oi, ne témmgqe pas‘en adversaire contre moi parmi les divins chefs au su;et de ce que je fais devant legDreux_'; ne le sépare pas de moi devant le dieu grand seigneur de lamçnt1. Salut à toi, 6 cœurd'Ostris, résident de l'Ouest ', salut à vous, entrailles;
F“"’" ..-...m L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 453 Ces bretelles de momie sont en relation évidente avec khem, le dieu de la génération, puisque les des: sins estampés sur leur cuir montrent constamment des scènes d’adoration et d’offrande à cette divinité ithyphallique, dénommée également Ammon-ge’ne’ra teur, comme nous l’avons vu déjà.
Parfois des yeux d’émail cerclés de bronze étaient placés dans l’orbite des yeux de la momie ; la figure, était entièrement dorée ou portait un léger masque d’or. Ajoutons qu’on retrouve souvent sur les momies des masques en cartonnages (toiles agglutinées), en cire, en verroterie, en bois peint ou en bois noirci avec des yeux de verre. On cherchait même à donner à ces masques, si nous nous en rapportons à de Rougé, la ressemblance du défunt.
Cetauteur ajoute (I) : Les cercueils du roi Antew montrent que, dès la plus haute antiquité, qUelques-uns de ces masques furent dorés et ornés d’yeux incrustés en émail. L’usage des masques composés d’une feuille d’or remonte au moins à la XVIII° dynastie. Les masques en carton nage doré furent usités dans tous les temps.
Les mas— ques auxquels on a donné à la peau une couleur rose sont beautoup plus récents; plusieurs masques de femmes de cette couleur sont coiffés d’ornements étrangers à l’Egypte ; ce sont des monuments gréco— égyptiens, ainsi que les masques en cartonnage doré salut à vous, dieux à la barbe tressée. augustes par votre sceptre, etc. Ce qui explique la fréquence de scarabées armi les momies, c‘est que cet Insecte est considéré comme le symbo e de la transformation ; du reste, en écriture hiérogly hique, le scarabée représente le kheper qui signifie devenir, prendre orme.
Les anciens Egyptiens vo aient dans cet emblème la négation de la mort. C'est ce qui explique es énormes quantités de scarabées trouvés au milieu des momies. (I) Notice sommaire de: monumenlx du Lauvre. -fi_..._..___
4 54 L‘INITIATION ---i-».:. l :rwr;w du même style. Des portraits peints remplacèrent les masques à l’époque romaine.
Les masques de momies étaient parfois recouverts de plusieurs doubles d’une fine toile de lin ; le dernier était agglutiné sur la peau même de la face à l’aide du bitume ; les autres morceaux étaient collés au-dessus les uns des autres ; cette superposition avait pour but de renforcer les traits de la momie amoindris par la dessication. Du reste, au-dessus de ces toiles super posées, on modelait souvent au moyen du plâtre la figure du défunt.
Quand la momie est celle d’un homme, on voit une barbe tressée attachée au menton; quand la momie au contraire est celle d’une femme ou d’un adolescent, naturellement elle ne porte pas de barbe. Beaucoup de momies ont des colliers, des bagues aux mains et des bracelets aux bras ; elles sont entourées de scarabées en terre cuite vernissée ou émaillée, en porcelaine, en améthyste, en jade ou autres pierres pré— cieuses, enfin en or et en argent.
Les Égyptiens nom maient ce dernier métal or blanc; il reçut aux basses époques des dénominations diverses (r). — Sur les riches momies les colliers sont généralement en or; sur les momies de conditions ordinaires, ces mêmes colliers sont composés de grains et de cylindres de verroteries, d’ambre, le tout entremêlé de scarabées ou de figures de divinités en terre cuite émaillée.
' La position des bras de la momie était déterminée par une règle à peu près constante, ce qui permet de (I) En ’sanscrit le nom de ce métal signifie blanc; son nom grec bipyupo; vient d‘apyéç.
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 455 reconnaître encore à première vue le sexe de la momie ; les hommes et les jeunes enfants avaient assez généra— lement les bras placés le long des flancs et la bouche entr’ouverte; les femmes d’un certain âge avaient les bras croisés sur la poitrine, ou bien un bras replié sur la poitrine (le bras gauche) et le bras droit allongé le long du corps; les bras des jeunesfilles, des vierges étaient étendus sur le ventre, les mains croisées au-dessus du pubis. -— Les mains des momies sontassez souvent allongées, c’est-à-dire ouvertes, mais, quand l’une des mains est fermée, elle renferme pres— que toujours des amulettes.
Les momies dans leur boîte ou gaine ont le cou ap— puyé sur un chevet; c’est une sorte de demi-carcan monté sur un pied. Ces chevets sont encore en usage dans bien des contrées orientales notamment à,Alexan— drie, au Caire et dans bien des régions africaines.
La momie ainsi conditionnée était placée dans un cartonnage en forme de gaine, lequel cartonnage était fait au moyen de papier (papyrus) et de toile recouverts de plâtre blanc, sur lequel on appliquait de la peinture et de la dorure; les représentations peintes ont trait aux obligations de l’âme, à ses visites aux divinités, à ses pérégrinations dans les champs de l’Amenti, etc., etc. Sur le milieu de la boîte se trouve souvent une inscription hiéroglyphique perpendiculaire, qui con— tient le nom du défunt accompagné quelquefois de celui de son père et de sa mère ou de sa femme, ainsi que des titres ou qualités du mort.
Le cartonnage en veloppe au«dessus la momie tout entière, et au-dessous une cordelette ou lacet rapproche et maintient les extré— Tï‘*W»w WmmA-—snæ-æw
456 ' L’INITIATION . _. . qu-elî,W mités du cartonnage. Ainsi disposée, la momie était placée dans un cercueil. Ceux—ci sont ordinairement en bois de cèdre ou de sycomore ou souvent en simple cartonnage très épais ; ils sont faits en deux pièces : le fond et un couvercle. Des peintures intérieures et ex térieures les décorent; elles représentent des scènes fu néraires dans lesquelles le nom du défunt setrouve fré quemment écrit.
On y voit aussi l’âme faire des offrandes à la divinité. Ces cercueils sont enfermés dans un second et parfois dans un troisième de grandes di mensions; ils sont tous recouverts d’inscriptions,et décorés de peintures.
La momie ainsi triplement en fermée était placée dans une chambre sépulcrale, et parfois celle des rois ou autres grands personnages dans un sarcophage de granit; mais, dans tous les cas, ' on plaçait auprès de la momie des offrandes et parfois des insignes de la dignité ou les instruments de la profession du défunt: des coudées pour les architectes ou les géomètres, des palettes ou des écritoires pour les scribes, etc. Dans le cercueil de la reine Aah-holep, Mariette-Bey a découvert une barque en or massif dont il donne la description que voici : « Portée sur un chariot à roues de bronze, sa forme rappelle celle des caïks de Constantinople et des gondoles de Venise_ Les rameurs sont en argent massif.
Au centre se tient un petit personnage armé d’une hache et d’un bâton recourbé. A l'arrière est le timonnier qui dirige la bar— que au moyen d’un gouvernail ; à l’avant un chanteur debout règle la cadence des rameurs. '» Cette barque était un symbole destiné à rappeler le voyage que le
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 457 , , _ _, ,. _: défunt devait accomplir par eau dans l’autre monde. On plaçait également dans les cercueils des vases et des figurines, principalement des figurines de répon dants.
On nommait ainsi ou figures d’ommissz’on, des représentations de diverses matières de l’image d’un mort enveloppé dans sa momie, On déposait ces em blèmes également dans les tombeaux comme compen— sation des cérémonies, prières et offrandes que la famille avait négligé d’accomplir à l’égard du défunt.
Quand ces figures sont de petites proportions, on n’y lit que le nom et la profession du défunt accompagné souvent de la formule mystique : Illumination de l'Osirz‘s N ou bien que l’Osiris N devienne bientôt pur esprit. Ces figurines sont parfois en terre cuite émaillée d’un beau bleu vert (pers) et parfois rose très pâle; les premières peuvent remonter à une très haute antiquité.
Quand ces figures sont au contraire d’assez grandes dimensions, on y lit souvent ce fragment du cha pitre VI du Livre des Morts, qu’on trouve également inscrit sur certaines gaines des représentations d’Isis qui chasse les mauvais esprits: « O Répondants que voici, comptez en faveur de l’osiris N pour toutes les offrandes qui n’ont pas été faites dans le tombeau. Ne punissez pas les fautes de chacun jusqu’à sa con fusion.
Permettez que je vous parle et que je vous prie, toujours de bonne volonté ; ne changez pas en poussière des champs et en herbe des eaux les liba— tions, tout en détournant l’encens de l’Occident à l’Orient. Permettez que je vous parle en faveur de l’Osiris N. Mais il nous faut ajouter que cette formule Varie suivant l’exemplaire du Livre des Morts; ainsi,
45 8 L’INITIATION dans la traduction faite par M. Pierret, on lit dans le même chapitre VI: « O métamorphosés! Si cet Osiris N est jugé digne de faire dans la région infê rieure tous les travaux qui s’y font, alors lui est enlevé tout principe mauvais comme à un homme maître de ses facultés. Or moi je vous dis: Jugez—moi digne pour chaque journée qui s’accomplit ici de fertiliser les champs, d’inonder les ruisseaux, de transporter le sable de l’Ouest à l’Est ; or je vous dis cela, moi l’Osiris N. » J. MARCUS DE VÉZE. (A suivre.)
Î " .‘ PARTIE LITTÉRAIRE LA ‘II‘RIISÏI‘lËSSIË ES SAPIIJËIS .— Sous le ciel obscurci d’un soir brumeux d’hiver Les hauts sapins, derniers survivants du bois sombre, Murmurent tristement en agitant dans l’ombre Leurfeuillage luisant et dur comme dufer. Tout est mort autour d’eux: Ormes, marronniers, [chênes Tordent, secs et noz’rcz’s, leurs longs bras décharne’s, Et semblent, sous lefroid et le vent acharnés, Perdre jusqu’à l’espoir des floraisons prochaines. Et pourtant les sapins disent : ils sont heureux! Ils ont, quand revient Mai, des nids dans leurs [ramures, Et leurs dômes feuillus s’enzplissent des murmures Et des gaqouillements des ozseaux amoureux. Mais, pour nous, à quoi bon la verdure éternelle Sous le ciel de l’hiver ainsi qu’aux plus beaux jours, Si nos mornes rameaux, même au temps des amours, Ne frémz’ssent jamais sous le frisson d’une aile P
460 L’INITIATION Et voici que, soudain, des nuages épais Qui de l’horizon bas assombrz‘ssaz’ent les lignes, Des flocons blancs pareils au blanc duvet des cygnes Aux arbres attrz‘stés apportèrent la paix : Un long frémissement courut de branche en branche Sous un 2101 doux, léger, tourbillonnant sans bruit, Car sur les noirs sapinsfrissonnant dans la nuit Se posait lentement la Neige à l’aile blanche. CHARLES DUBOURG.
BATRAGlEN MÉL@MÀNE Le maçon qui venait de desceller une des grosses pierres formant le cintre du soupirail recula avec une stupéfaction quasi-épouvantée. Un crapaud de taille phénoménale, sautant entre ses jambes, était tombé le ventre en l’air. Ce monstrueux batracien se débat tait maladroitement en agitant ses lourdes pattes et
BATRACIEN MÉLOMANE 461 cherchait à retrouver son équilibre. tandis qu’au plein soleil brillait son ventre blanchâtre , gonflé, tout hérissé de tubercules. Je le retournai du bout de ma canne. Avec ses gros yeux saillants, son dos rugueux, la bête me parut d’aspect invraisemblablement monu mental, quasi-antédiluvien.
Ma fille Hélène, surmontant une première impres— sion d’horreur, la regarda attentivement. -— C’est une vieille connaissance, un ami de la maison. Nous l’entendions chanter tous les soirs sous le parquet du salon; sa voix nous arrivait intermit— tente, monotone et lointaine comme 'à travers un cristal. Quand je me mettais au piano il paraissait vouloir me répondre.
Sa note unique, un sol dièze, jetée à intervalles réguliers, si plaintive et si triste, me faisait songer au gémissementd’une âme en peine. Voyez donc si ces gros yeux cerclés d’or n’ont pas l’expression de la souffrance résignée. Je lui trouve quelque chose d’humain... Le crapaud avait disparu pendant que la senti mentale Hélène se livrait à ses divagations, et, chose bizarre, il avait disparu sans laisser aucune trace sur le sable de l’allée. .
J’allai me reposer dans l’orangerie où je m’étendis sur un banc. Devant moi se dressait un gros agaue amerz’cana que je considérai machinalement en sentant arriver la torpeur qui précède le sommeil. Ces feuilles marginées s’agrandirent et je les vis s’agiter tandis que l’ourlet d’un blanc sale qui les
462 L’INITIATION borde se transformait en un reflet d’argent poli et que les nervures médianes passaient du vert à un beau jaune d’or; elles flamboyaient comme les épées d’ar change. Elles s’écartèrent pour laisser passer une tête cheve lue couverte d’un béret de velours rouge auquel était fixée une plume de paon. J’entendis distinctement les paroles suivantes: —- Ah! Déa ! vecy messire Jacques, le maistre de céans, en ce tant plaisant retraict.
Hez ! hez ! mes sire ! Ce fut, sans doute, sans trop savoir ceque je faisais et par la force de l’habitude que je répondis: -——Hé bien ! entrez... que diable ! On pourraitme laisser faire un quart d’heure de sieste sans me pour chasser jusqu’ici.
Personne n’entra et, loin de disparaître, l’halluc'ina tion. ou le personnage quel/qu’il fût, sauta lestement à bas du gradin, s’approcha, salua d’une façon gra— cieuse et dit avec une volubilité excessive: »-—- Chier sire, grant mercy à vous et par ispécial à gente damoiselle Hélène, qui, par signalés couraige et vertu, m’a tiré hors l’enveloppe de ceste tant ortie et puante beste.
Poinct ne cuyderais troubler si chier et digne repos; mais emprins de joye, il me convient bailler notices et raconter comme quoi en cest hostel je fus trais treusement féru d’amour par la grande ire de messer Cupido comme vous orrez cy après plus à plain... -— Ta, ta, ta, ta; tout cela est bel et bon, mon jeune ami. S’il s’agit d’une plaisanterie, comme je le crois,
BATRACIEN MÉLOMANE 463 abrégez-la, et, si vous avez quelque chose à me dire, employez le langage moderne ; il m’est plus familier que celui de Froissart. — Vous en parlez à votre aise, mon bon monsieur, mais, rompant brusquement un silence de quatre cents ans, j’ai quelque peine à parler un idiome qui s‘est beaucoup transformé depuis le règne de Louis XI. Je ferai de mon mieux ; vous m’excuserez si je retombe dans le vieux style.
Il sera intéressant pour vous d’ap prendre par quelle étrange aventure un garçon pas trop mal tourné, comme vous pouvez le voir, a été métamorphosé en batracien. Me faisant de la main un signe courtois pour m’en gager à rester étendu, le visiteur s’assit au bout du banc. Je le regardai avec une curiosité inquiète.
Une physionomie jeune et imberbe, de longs che veux blonds qui, taillés carrément, lui retombaient en bloc sur le cou, des yeux vifs d’un bleu tirant sur le vert, surmontés de sourcils nets et bien arqués, tels sont les traits que je saisis du premier coup d’œil. Je remarquai surtout l’extrême douceur d’un regard pro fond, un peu triste et langoureux. Cette figure m’était absolument inconnue; elle ne fit surgir aucune réminiscence dans mon esprit.
Le jeune homme portait un élégant surcot de velours cramoisi bordé de fourrure. Les manches, très larges, flottaient derrière lui à chaque mouvement et lais saient passer par une fente ses bras serrés dans l’étoffe jaune d’une étroite tunique qui lui couvrait le buste sous le vêtement de velours. Des chausses rouges lui
464 L’INITIATION modelaient les jambes aussi sévèrement que les cu lottes en peau de daim de nos écuyers. Ses pieds reposaient dans de longs souliers pointus, et à sa cein— ture pendait une escarcelle résillée de fils d’or en com— pagnie d’une dague élégamment historiée. Me croyant la victime d’un cauchemar, je voulus faire un effort pour hâter le réveil et je secouai mes jambes.
Le visiteur venait de s’asseoir au bout du banc ; celui-ci était si court que mes pieds en touchaient l’extrémité. Cependant je ne sentais pas le poids du corps de l’intrus évidemment assis sur moi. Il conservait son regard calme et doux. Alors de ma canne je luiassénai ou crus asséner plusieurs coups dans le dos. La canne, décrivant un demi-cercle, passa à plusieurs reprises à travers le corps.
Je sentis quel— ques gouttes de sueur me mouiller les tempes. L’hommÏa dit avec un sourire condescendant. — Poinct ne vous adirer ne eschauffer, biau sire, comme soulerait faire ung villain de mince couraige et chétive discrétion. Puis se reprenant avec effort pour parler le français moderne: _ — Allons, mon bon monsieur Jacques Debray, je sais que vous êtes un bourgeois enrichi auquel les choses extra-matérielles sont étrangères.
Je pardonne votre vivacité, si ridicule_qu’elle soit. J ’existe et le corps que vous voyez est la reproduction exacte de celui que mon âme habitait sous Louis XI ; mais ce n’est qu’une forme inaccessibleà vos coups de bâton, une image que vous ne sauriez atteindre, pas plus que “““v '
BATRACIEN MÉLOMANE . 465 vous ne pourriez vous suicider en vous tirant un coup de pistolet dans votre miroir. Mort pour vous et vivant, en pleine lumière, de la vie spirituelle, je reconstitue ma forme antique pour entrer en rapport avec vous; mais les moléculesorganiques qui compo saient mon corps sont éparpillées à l’infini et servent à de nouvelles combinaisons.
Mon temps est limité ; je ne suis pas venu vous donner des leçons d’occuL tisme auxquelles vous ne comprendriez rien; vous me paraissez trop épais pour cela. J’ai hâte de racon ter mon aventure.
Comme je ne répondais rien, le personnage, ôtant sa toque de velours, se passa à plusieurs reprises la main dans ses cheveux; puis, levant les yeux comme pour recueillir et fixer ses souvenirs. ilparla ainsi : —— Oyez donc, oyez sans plus donner empeschement ne destourbier à mon dessein, la dolente et véridique adventure qui, à mon grant meschief, me bailla tor ment de corps et d’âme. ’ Si vous étiez un peu plus versé en archéologie, vous auriez dès l’abord appris, en voyant mon costume, que je suis issu de noble race.
J’avais nom Jehan de Trin quemar. Mon père, dans sa seigneurie, possédait basse et moyenne justice, étang, moulin et four banal; il jouissait même, dans un de ses fiefs, du droit d’occire à coups de bâton les volatiles des basses—cours. Vous comprenez bien qu’il s’agissait d’une simple rede-y vance... Vos historiens ont si burlesquement travesti notre féodalité que vous avez à son sujet les plus stu— pides préjugés... mais passons. Malgré notre belle. généalogie peinte et rimée, nous étions d’assez minces
466 L’INITIATION hobereaux de Picardie ; en ma qualité de cadet, j’étu diai pour être clerc ; il me fallut revêtir la longue robe fendue et les souliers montants. J’aurais préféré endos— ser la cuirasse de mon frère aîné, mais notre père ne pouvait pas nous équiper tous deux.
Je fus vite dégoûté des doctrinaux , des institu tions grammaticales, des florilèges, des fleurs de la Iatinité et surtout des coups de lanière de l’écolâtre; un beau jour je m’enfuis tout afiriandé de soleil et de liberté. En maigre équipage, chétif et seulet, j’errais dans la campagne lors que je rencontrai plusieurs chars traînés par des bœufs.
Ils étaient pleins de person— nages bizarrement accoutrés qui chantaient en chœur un virelai tiré du Miracle d’Amis et Amille. C’étaient les confrères de la Passion allant jouer à Sens pour les fêtes de Paques. Je m’arrêtai tout esbaubi sentant d’un coup que Dieu m’avait fait naître musicien.
La flexibilité et la pureté des jeunes voix qui jaillissaient dans l’air comme fusées d’harmonie puis allaient mourir dans le lointain, pareilles au murmure du ruisselet_ sous la feuillée, me remuaient d’une étrange sorte. J’avais cru voir le ciel s’ouvrir et les angelets du bon Dieu peu cher vers moi leurs rosés visages.
Pour abréger les propos, je vous dirai que, dès lors, mettant en oubli et nonchaloir le premier métier en— trepris et si mal gouverné, je demeurai bien surle chemin, depuis la basse nonne jusqu’à la vesprée, son— geur et aiguillonné par diverses imaginations. Plus de vingt fois je redis le rondeau chanté par
BATRACIEN MÉLOMANE 467 saint Michel dans le miracle, celui qui le dernier me sonnait aux oreilles. Et je m’écoutais moi—même chan ter comme si un autre eût poussé les sons ; j’éprouvais cette admiration pleine de désir et de trouble que dut ressentir Narcissus rencontrant son image au fond de la claire fontaine.
Pour lors la musique fut ma chère occupation, la douce maîtresse de mes loisirs. le m’appliquai donc par ispécial à la perfection et parachèvement de cette science que je sentais tenir par le haut bout. J’appris à l’école de Josquin de Cam brai et bientôt connus mieux que pas un comment se dirigent musette, flûte et rebec. R.
DE MARICOURT. (A suwre.) ERBLE©GR4APËIÏJJË Nous ne saurions trop conseiller à nos lecteurs de se procurer pour la minime somme de 0 fr. 50 franco le travail que vient de publier M. H. LEFORT sur l’Erreur latine. L’Occultisme fournit, on le sait, des données toutes nouvelles sur l’histoire; cette étude sera d’un précieux secours et cet effet. On trouvera du reste tous les renseignements nécessaires sur la couverture.
Parmi les faits caractéristiques de ces derniers temps, il importe de relever l‘attention inquiète que le grand public s’est mise à accorder aux sciences occultiques.
468 L’INITIATION L‘étude des connaissances mystérieuses, aujourd’hui, n’est plus considéréecomme un passe-temps uniquement frivole, et chacun veut connaître ce qu'il peut y avoir devraire’el au fond de cetinconnu troublant que n'ont point dédaigné d’explorer scientifiquement des savants de pre mier ordre comme MM. Crookes, L.
Lucas, Chevreul, Docteur Gibier, de Rochas, Flammarion, etc., etc. Dans l'0ccultisme scientifique, une élégante plaquette que M. Georges Vitoux vient de publier à lalibrairie du Merveilleux, 29, rue de Trévise (envoi franco contre Ifr. en timbres—poste), sont étudiés avec uneimpartialité par— faite et une autorité réelle les rapports de la science occultique avec la science officielle, rapports beaucoup plus étendus et beaucoup plus intimes qu’on ne pourrait croire à un superficiel examen.
C'est-àdire que l’Occultisme scientifique est un petit livre à lire et dont la place est toute marquée dans la bi bliothèque de quiconque tient à se tenir au courant du mouvement intellectuel contemporain. iâ.a fraude et la médiumnité Quelle singulière chose que la médiumnité ! Eglinton, un des plus forts médiums connus, obtient des phénomènes étonnants à la cour de Russie etest pris en flagrant délit de fraude quelque temps après.
Slade produit des expériences qui semblent irrécu sableset se fait prendre écrivant avec son pied par Camille Flammarion. Un médium, tout comme un sujet, cherchera donc toujours à remplacer par la supercherie les phénomènes qu’il est incapable de produire le jour où la séance a lieu. Dans plusieurs de nos études nous avons parlé de
LA FRAUDE ET LA MÉDIUMNITÉ 469 ces difficultés à établir la Vérité dans les phénomènes médianimiques et chaque jour, dans nos hôpitaux, nous avons à lutter contre les simulations possibles des sujets.
Le Groupe indépendant d‘Etudes ésotériques, n’étant inféodé à aucune école, fait des expériences en essayant de s’entourer de toutes les garanties possibles; mais, comme ce ne sont là que des expériences, il doit recher cher la Vérité avant tout, quelle qu’elle puisse être.
Or il résulte de témoignages nombreux, émanant de personnes dont l'honorabilité ne saurait être mise en* doute un seul instant, que, malgré les minutieuses pré cautions prises par nous, nous avons été trompés par l’un de nos médiums. Tant qu’il ne s’agissait que d’avertissements vagues, ou même d’articulation plus précises, mais malheureuse ment incomplètes, nous ne pourrions que redoubler de précautions pour éviter la tromperie.
Mais, après une enquête des plus sérieuses que nous venons de faire, le doute n’est plus permis. Déjà, depuis plusieurs séances, les phénomènes phy— si ues avaient diminué d’intensité, ce qui montre la vaciidité des précautions prises. Cependant les phéno mènes d’apports et de lumière avaient toujours conti mué. S’agit-il d’un cas de fraude de tous les instants ?
S’agit il au contraire d’un véritable médium faisant ce qu’ont fait ses précédents confrères ? Il appartient à l‘enquête de le décider. Dans ces ques tions, en effet, il faut éviterles emballements. Le fraude étant dûment établie, il s’agit de passer en revue l’un après l’autre les phénomènes produits surtout quand on connaîtra les procédés de tromperie employés.
Il faut procéder scientifiquement et bien voir s’il s’agit d’un vrai médium, faisant de la prestidigitation quand ses forces étaient nulles, ou d'une tentative de tromperie de tous les instants. Il est aussi important pour les expérimentateurs de connaître les procédés de fraude possible, que les phéno mènes réels; aussi ne manquerons-nous pas de tenir nos lecteurs au courant des résultats de l’enquête pour
470 L’INITIATION suivie par un comité de quatre membres chargé d’éclair cir cette affaire (1). D’autre part, nous annoncerons aussi à la suite de ce rapport les décisions prises par la commission des finances. Les expériences nous ont coûté, mais le Groupe doit être seul à supporter ces frais. Le peu de temps qui nous est donné pour faire cette note ne nous permet pas d’aborder tous ces détails. Nous ne reculerons devant aucune crainte.
Notre but à nous tous, membres du Groupe, est de rechercher la Vérité dans cet amas d’expériences à allure extra-scien tifique. Nous n’y faillirons pas. Nos personnalités importent peu devant les résultats à obtenir ; aussi nous croyons du devoir de tout expérimentateur conscien cieux d’avouer hautement et publiquement qu’il a été induit en erreur quand cet aveu peut être utile à tous ceux qui s’occuperont des mêmes études.
Généralement on laisse les médiums libres de leurs mouvements. Dans nos expériences, le médium a été _attaché, cacheté, isolé, et cependant ces précautions n’ont pas encore suffi. Que dire alors des résultats obtenus dans les Groupes où aucune précaution n’est prise?
La Société des Recherches Psychiques de Londres, s’est acquis une universelle réputation de probité en ne craignant pas de divulguer les tromperies dont elle avait été longtemps victime de la part de sujets peu scrupu leux. Nous ne saurions agir autrement.
Nous aurions pu taire ces faits, arrêter nos séances et étouffer toute trace de la constatation faite, mais, encore une fois, notre devoir est de rechercher la Vérité et de la proclamer hautement. Ces expériences sur la force psychique ne constituent qu’une infime partie de notre champ d’études, et nos membres doivent être prévenus qu’ils trouveront toujours parmi nous, à défaut d’autre qualité, la sincérité dans nos recherches.
Nous nous donnons assez de peine et nous risquons assez d’ennuis pour que chacun puisse profiter de nos découvertes, (1) Il est inutile d'ajouter que toutes les séances d'études ou ce médium était employé sont suspendues dès a présent.
LA FRAUDE ET LA MÉDIUMNITÉ 471 n‘a M?“N I! . quelles qu'elles soient, bonnes ou mauvaises pour telle ou telle école. L’Indépendance et la Vérité avant tout. PAPUS. Queues tunÉanana D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES CONFÉRENCES. — Les conférences ont lieu tous les quinze jours, le vendredi. Pour le mois de février, elles auront lieu les vendredis 6 et 20 et. pour le mois de mars les vendredis 6 et 20 également, chacun des mois commençant par un dimanche.
BRANCHES. —— Une nouvelle branche qui promet d‘être très prospère vient d‘être créée à Carcassonne (Aude). LES SUCCÈS MATÉRIELS. — Le Voile d’Isis double de volume. Il aura désormais huit pages au lieu de quatre sans augmentation de prix. Ce résultat est dû au nombre d'abonnements existant à l‘heure actuelle. Nous rappelons que ce journal, qui forme le complé ment de l’Initmti0n, ne coûte que 5 fr. paran et est heb domadaire. Il commencera bientôt la publication de l’étude de Fabre d’Olivet sur la doctrine.des pythagoriciens.
472 L’INITIATION À . .......-.— ——. .-——.4. .. a. REVUE DES REVUES OCCULTISME Le Voile d’Isis (hebdomadaire) s’occupe particulière ment des séances d’études pratiques poursuivies au Groupe. Le succès de cette publication permet dès aujourd'hui de doubler le format du journal sans aug mentation du prix :ä fr. par au, 29, rue de Trévise. Le Voile d’Isis commencera dans son prochain numéro i'Affaire de la S.
T. qui sera suivie de la publication in extenso de l’ouvrage de FABRE D‘OLIVET : Les Vers dorés de Pythagore. * 414 L’Union Occulte Française publie dans son dernier numéro une étude sur le Spiritisme et l’Occultisme mon. tram que tout occultiste doit savoir le Spiritisme, tandis que la réciproque n’est pas vraie.
Q U!‘ L’Anti—Cle‘ricul de l’abbé Roca contient de bonnes définitions de termes techniques de l’ésotérisme, peut être trop surchargées de citations des livres saints. * u«v L’E’toile donne dans le numéro de février 1891 une bonne étude de M. JHOUNEY sur le Christ ésotérique, à rapprocher de la très savante conférence D’EMILE MICHE LET.
La partie littéraire de cette revue est fort bien tenue. oet L’Eclaireur continue à propager l’occultisme sous l’habile direction de Mme Paul Janick. \
REVUE DES REVUES 473 M‘t'yaj " "' I' SPIRITISME Les succès croissants obtenus par les doctrines de l’occultisme sont l’objet de commentaires variés de la part des divers organes spirites. Le Spiritisme traite les questions d’une façon vrai— ment magistrale parla plume de M. GABRIEL DELANNE qui se place sur le terrain strictement scientifique.
Atten— dons, pour donner nos objections à cette étude, les don nées de l’auteur sur les médiums à incarnation et à matérialisation qui rentrent surtout dans le cadre des phénomènes hypnotiques. La Revue Spirite a chargé M. DUFILHOL de traiter la question. Quelle différence avec M. Gabricl Delannel Les attaques remplacent les arguments.
A signaler seule ment le médium facultatifprésenté par l‘auteur comme type des médiums pour prouver que ceux-ci sont cons— cients et l'idée que la nécromancie est l'évocation par les rites de la magie noire.
Je ne parle que pour mémoire de l’idée que Pythagore enseignait la transmigrati0ndes âmes dans les carps des animaux; il n'y a que le Larousse ou les livres d’histoire à l’usage des classes primaires qui soutiennent encore cette thèse; ab unâ disce omnes. 4"‘Y Le Moniteur Spirite et Magnétique est surtout remar quable parles correspondances parisiennes de B. SYL VAIN, qui traite cette fois de l’influence de l’éther dans les phénomènes spirites.
Dans la Lumière, M‘“ LUCIE GRANGE prophétise la fin de la Science par l’avènement du Spiritisme piétiste. L’évocation de Melchissedeck remplacera les décou vertes de Pasteur et les travaux de Kant. Enfin l t ne L’Avenir de l'Humanite' (à Douai) donne quelques études sérieuses sur le Spiritisme.
474 L’INITIATION MAGNÉTISME Les deux revues magnétiques tombent d’un commun accord sur le volume résumant les travaux du CONGRÈS MAGNÉTIQUE. Il parait que certains travaux ont été écartés par les auteurs du volume; de l‘a de vives protestations. L'affaire Eyraud - Bompard préoccupe la Chaîne Magnétique. Le Journal du lilagne'tisme dirigé par M. DURV[LE est de mieux en mieux fait.
Le dernier numéro contient une bonne étude d’0swald lVirth surla médecine occulte et une étude bibliographique pas mal faite. DIVERS La Religion Universelle. — Excellente étude sur le dernier livre de M. Léon Denis par CH. FAUVETY; suite des articles de M. F. COURTÉPÉE. L’Alliance scientifique. — Le Nirvana Bouddhique, par JACQUES TASSET, étude savante et bien comprise; réfuta— tion des fausses idées qu'on se fait sur le Nirvana.
Philosophie générale des Eludiants Swedenborgiens libres.—L’Aurore de la Vie, par LEC0MTE.-—Recherches sur l’Interne (anonyme), article bien curieux que nous recommandons à la méditation des rédacteurs de la Revue Spirite. La Tradition. — Études diverses. Nous consacrerons une étude spéciale aux périodiques étrangers à partir du prochain numéro.
Nous prions nos confrères qui désirent faire l’échange ou être ana— lysés d’envoyer les journaux, 14, rue' de Strasbourg, Paris, à la Direction de l'Initiation. w_. _.,_.. . , «mais: -.... W
NOUVELLES DIVERSES 475 Nouvamas waasas L’Initiation est heureuse d’annoncer à ses lecteurs l’entrée de trois nouveaux rédacteurs: M. Lemerle, ancien élève de l'école polytechnique; Camille Chaigneau l’écrivain spirite si justement estimé, et M. Alexandra Dorade, qui sera chargé de l’analyse de la presse espa gnole à partir du mois prochain. , 4 " Nous nous faisons un plaisir de publier la lettre sui vante: Mon cher Papus, Soyez donc assez aimable pour dire dans la prochaine Initiation que j’ai été la première, sinon la seule à rendre compte dans la presse parisienne de l'ouvrage Phantasms ofthe Living dont il va paraître une traduc tion réduite.
J’y ai consacré dans la Nouvelle Revue du 15 mai 1889 un article très étudié, de dix pages, et j’ai le plaisir de voir que le D“ Richet dit dans sa préface des choses que j’avais dites moi—même dans cet article inti tulé Hallucinations etfantômes. En le mentionnant vous ferez plaisirà Mme Adam, qui me l’avait spécialement demandé et à votre amie.
MARIE-ANNE DE BOVET. ‘h % 4 Le Journal du Magnétisme, organe de la SOCIÉTÉ MAGNÉTIQUE DE FRANCE, paraît maintenant deux fois par mois. Le prix de l’abonnement est porté à [0 fr. par an pour toute l’union postale. Ce prix est remboursé en livres ou par les aimants du professeur H. DURVILLE. A titre de PRIME EXCEPTIONNELLE, le Journal du Magné— tisme sera encore donné gratuitement à tous nos nou— veaux abonnés pendant la durée de leur abonnement.
476 L’INITIATION f Pour obtenir cette prime, envoyer sa quittance d’abon nement à la Librairie du Magnétisme, 23, rue Saint— Merri. Ù À& AUGER FERRIER : Jugements astronomiques sur les nati— vite‘s. — Rarissime, un exemplaire relié, parfaitement conservé, 40 fr. Librairie du Merveilleux.
Wanrérés TRAITEMENT DE LA TUBERCULOSE Le professeur Trousseau prétendait arriver à la gué rison rapide des affections de la poitrine, si on lui four nissait un bon appareil d’inhalations. Il est mort sans voir réaliser sa demande. Lorsqu’un médecin veut agir sur le poumon par les procédés habituels, il doit faire une des deux choses sui— vantes : .
1° Ou s'efforcer d’introduire dans le sang, grâce aux voies digestives ou à l’injection sous-cutanée, des subs tances médicamenteuses qui ne viendront agir sur le poumon qu’après avoir subi plusieurs transformations; 2° Ou déposer sur le pharynx des substances aroma tiques dont quelques parcelles seront entraînées, grâce à leur état gazeux, par la respiration.
Il est évident que si l’on peut agir sur le poumon comme on agit sur les mains malades, porter directe ment le baume sur la plaie sans aucun intermédiaire, ou réalisera, au point de vue de la rapidité du traitement, de sérieuses réformes. )l**)ln Telle est l’idée qui a inspiré le directeur de la maison médicale, M. L. Encausse, dans la nouvelle installation v qu’il vient de faire, 16, rue Rodier, à Paris.
VARIÉTÉS 477 Le salon où se fait le traitement des voies respiratoires contient une très grande table 'chargée d’appareils d’un type entièrement nouveau, construits d’après les nou veaux brevets de 1890, pris par l’inventeur. Au milieu de cette table se dresse, tout étincelant dans son enveloppe de nickel, l’appareil destiné à fournir la vapeur à toute la salle.
Cet appareil n'a pour but que de donner à la vapeur, qui arrive d’autre part, une pression absolument constante. C’est l’analogue des accumulateurs électriques pour l’électricité. De cet appareil la vapeur se rend dans des récipients également nickelés d’où elle ne peut ressortir sans sa surcharge de médicaments.
Sortie des récipients, elle gagne les « humateurs », petits appareils en forme de larges entonnoirs sur lesquels est placée la bouche du malade. ,Un système particulier permet à l’air expiré de ne jamais se mélanger au médicament inspiré. Le traitement des poumons est ainsi direct. Les résul tats étonnants obtenus depuis deux mois sont plus puis sants que toutes les théories.
Déjà, en 1369, les rapports les plus élogieux furent adressés à l’Institut, à l’Académie de médecine et au Ministre de l’Intérieur sur le générateur de L . Encausse. Un nouveau travail est actuellement en préparation sur: les nouveaux travaux de l'inventeur infatigable.
' Outre les « humateurs », des vaporisateurs à haute pression permettent de traiter les maladies du pharynx, de la langue et de la bouche. ‘ Mais le plus curieux de tous les nouveaux appareils, c’est sans contredit celui destiné au traitement de la phtisie par les humations d’alcool pur, additionné d’une substance qui est encore le secret de l’inventeur.
L'al— cool est un des plus puissants antiseptiques connus et a de plus l’avantage d’être admirablement supporté par le poumon sur lequel il vient s’appliquer directement. Avant de formuler une conclusion quelconque, M. L. Encausse attend toujours le résultat de nombreuses expériences scientifiquement conduites.
C’est ainsi que lorsqu’il affirma, en 1869, l’absorption cutanée des médi— caments au moyen de son générateur, la Commission officielle nommée par lè Ministre ne put que certifier du
.Ir _ . 'I .n.:.|: . '| 478 L’INITIATION tout au tout son affirmation en lui décernant des éloges bien mérités. Tout permet de croire qu’il en sera de même aujourd’hui. On voit donc qu’il s’agit d’un travailleur « sérieux» dont les efforts ont été l’objet d’encouragements officiels. Aussi attendons-nous avec impatience le résultat de ses recherches sur l‘amélioration de la phtisie. (Extrait du journal La Défense politique.) Voy. RABUTEAU.
Traité de Thérapeutique, p. 10. U’VIRAGÈS REQUIS M. DESBEAUX a su rendre attrayantes les données les plus techniques de la physique dans son ouvrage la Physique populaire.
Ce que nous admirons surtout, c’est la disposition donnée au volume et la réaction contre la routine qui fait commencer tous les traités de ce genre par des données générales suivies, toujours par ordre, de l’étude de l'acoustique, de la chaleur, de la lumière, etc. L’auteur débute par les instruments les plus perfection nés: phonographes et téléphones, et c’est à propos de' leur construction et de la théorie de leur action qu’il passe en revue les données communes de la physique.
Le Fluide du Magnétiseur, précis des expériences du baron de Reichenbach sur ses propriétés physiques et physiologiques classées et annotées par le lieutenant— colonel DE Rocnns D’AIGLUN, administrateur de l’École Polytechnique. I vol. in-8°; prix :5 fr. (Compte rendu prochainement.)
LIGUE NATIONALE 479 LU®UDE IIIIAÏÎII@NA\ILE CONTRE L’ATHÉISME M. Franck, de l‘Institut, président. 32, rue Balla, 32, Paris M Fidèle au but de généreuse lutte et de salutaire pro pagande qu’elle se propose, la Ligue Nationale contre l’Athéisme vient de donner à son activité une organisa tion appropriée à la nature du mal qu’elle poursuit.
Elle a constitué dans son sein un corps de conféren ciers choisis dans les rangs les plus élevés de l’Enseigne ment, du Barreau, de l’Administration et des Lettres.
Elle leur a confié la tâche de combattre successivement dans des conférences publiques, non seulement l’A— théisme, mais tous les systèmes qui y conduisent direc tement ou indirectement, à savoir: l’évolutionisme, le pessimisme, le déterminisme, le positivisme, le matéria lisme, la morale indépendante, c'est—à—direla morale sans Dieu. - La première de ces conférences, faite par le président de la Ligue, M. Ad.
Franck, de l’Institut, aura lieu très prochainement, dans la salle de la Société de Géographie; vous serez prié, par avis ultérieur, d’y assister. Nous comptons aussi sur votre zèle et votre libéralité pour faciliter à la Ligue l’accomplissement de sa tâche morale, sociale et éminemment patriotique. La Ligue n’a pas d'autres interprètes que les docu— ments directement émanés d’elle ou publiés avec l’ap probation de son comité directeur. Le journal La Paix
480 L’INITIATION Sociale. distribué pendant quelque temps sous son patronage, lui est devenu complètement étranger. Recevez, M , l'assurance de notre considération distinguée. Pour le Comité directeur, Le Président : Au.
FRANCK. Paris, le I"" février 1891. Pour les adhésions et les versements, s’adresser à M. Juncker, Trésorier de la Ligue, 6, rue Boursault, Paris.
Le Gérant: ENCAUSSE. revus. IMP. E. ARRAULT ET c“, RUE DE LA PRÉFECTURE. 6.
L’IN ITIATIONJΔ’iii’ii””> DIRECTION ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg, 14' ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS G . c A.R R É 56’, rue Saint—André—des-Arls Dumcreua: PA.PUS id DIRECTEUR-ADJOINT : Lucien MAUCHEL Rédacteur en chef: PARIS George MONT 1 É RE Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. 10 “ CH. BARLET. — J. LEJAY ÉTRANGER, — 12 fr.
RÉDACTION : 14, rue de Strasbourg. —'- Cheque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité. L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. MANUSCRITS. -— Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial.
Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant. LIVRES ET REVUES. — Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s'il y a lieu. Les Revues qui désirent faire l'échange sont priées de s’adresser à la rédaction.
ADMINISTRATlON, ABONNEMENTS. — Les abonnements sont d’un an et se paient d’avance à l’Administration par mandat, bon de poste ou autrement. AVANTAGES DES ABONNÉS. — Les abonnés anciens et nouveaux reçoivent gratuitement les primes fréquentes qu’a données et que donnera l’Initiation.
Chacune de ces primes représente seule la valeur du numéro. à elle L’Initiation paraît le 15 de chaque mois en un beau numéro de 96 pages, format d’un volume ordinaire. Elle est en vente chez les principaux libraires de Paris (voir leur adresse à la 8° page). lm A“ l
POUR PARAITRE PROCHAINEMENT .r-‘I. TRAITÉ MÉTHODIQUE DE LA SCIENCE OCCULTE Par PAPUS Président du Groupe Indépendant d’Études Ésotériques Directeur de l’Initiali0n CONTENANT : l" La Preuve de l’existence de la Science dans l’Antiquzté, l’organisation de l’Université d’Egypte, le détail des épreuves de l’initiation.
' 2° La Doctrine ésotérique dans ses applications à nos sciences expérimentales. , 3° L’Histoire de la Tradition en Occident depuis Moïse jusqu’à nos jours, avec la traduction correcte de la Genèse. un traité méthodique de Kabbale, un traité méthodique d’A [— c/zimie. etc., etc. 4° Le.
Doctrine ésotérique sur le Monde Invisible, sur l’état de l’âme après la mort, sur la Divination, etc., etc. 5" Un Glossaire de la Science Occulte, une table alphabé tique des auteurs cités et une autre de tous les sujets traités. 1 volume grand in-8° de 900 pages environ, avec 8 planches phototypiques hors texte et 150 figures dans le texte. Georges CARRÉ, Éditeur
LIBRAIRIE DU MERVEILEUX 29, Rue de Trévise, Paris ‘VIENT DE PARAITRB L’ERREUR LATINE Ses causes, ses effets en France sur l’enseignement, sur les arts et sur l'esprit public PAR M. HORACE LEFORT ARCHITECTE ATTACHÉ A LA COMMISSION DES MONUMENTS HISTORIQUES Prix: Cinquante centimes FRANCO PAR LA POSTE: SOIXANTE CENTIMES Cette brochure est une réponse aux articles publiés dans la Revue des Deux—Mondes, d’août à décembre I890, sur l’enseignement du latin: elle indique une solution inattendue de ce problème et restaure le point de vue national invoqué par M. A.
Fouillée comme base de nos études classiques. A LA MÊME LIBRAIRIE: GÉRARD ENCAUSSE : Essai de physiologie synthétique . . . . . . G. VITOUX: L’Occultisme scientifique, brochure . . . . . . . Mrcneusr: L’Esotérisme dans l’Art, brochure . . . . . . . . . . PAPUSZ L’Occultisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . o»»a F”???
20 Vente de tous les livres d’0ccultisme. — Abonnements à toutes les revues.—— Renseignements bibliographiques SALLE DE LECTURE VIENT DE PARAITRE MORALE DU BOUDDHISME Par Léon de ROSNY Professeur au Collège de France PR1x: 0 fr. 50
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Salle de lecture et Bibliothè ne contenant les ouvrages les plus rares sur la Science occu te, la Kabbale, la Théosophie, la Franc-Maçonnerie, etc., etc., et les revues d’occultisme du monde entier. Salle de conférences du Groupe indépendant d’Études ésotériques. Rédaction de l’Initialion et du Voile d’lsis, T OURS, IMP. E. ARRAULT ET CIE