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0 . 6 ‘ 0 z‘. , r '_‘,1. *; °m «r1; <II (ï. ' {m I ' fi' ‘@ “<‘ A 44. .k i..«Ë. æ» L.Ï Ë..ÏL Revué philosoghique indépendante des Hauteê Études Hypnotisme, Th'eosophie Kabbale, Franc-Mcçonnerie Sciences Occultes 9‘* VOLUME. — 3’“° ANNÉE SOMMAIRE DU N° 5 (Octobre 1890) —>4—-— PARTIE INITIATIQUE... Prière théosophique . . 1 à Stanislas de Guaita. p . La Physiologie (avec planche) . . . . . . . . . .. G. Encausse. (p. 3 à 15).
Remarques . . . . . . . . . .. Papus. (p. 15 à [6). ' PARTIE PHILOSOPHIQUE L’Esote'fisme en Islam ET SCIENTIFIQUE... Un Saint . . . . . . . . .. E. Masqueray. (p. 17 à 32). Expériences d’0ccul— tismepratique . . . . .. Le Loup et H. Pel (p. 33 à 38). letier. L‘Egypthologz‘e sacrée : (su1te). . . . .' . . . . . . .. Marcus de Vèze. (p. 39 à 47 ) PARTIE LITTÉRAIRE... Satyros (fin) ....... .. Gœthe. A (p.48 à 63). L’ŒilduDragon(fin).
B. de Maricourt. (p- 64 à 77) He3pe,frus (suite)... [poème] (p. 78 à 79)- ' . Bibliographie : Entrevue du Tzar et de l’empereur d’Allemagne. — L’arbitrage. — Groupe indépendant d’études ésotéri mes, sou's la direction de la revue l’Initiation. —— Couvent annue du Grand-‘ Gatulle Mendès. Orient de France. -— Groupe indépendant d’études ésotériques; nouvelles branches. —— La première œuvre d’un théosophe.
RÉDACTION ; » Administration, Abonnements? ‘ 29., rue de Tre’vzse, 29 58, rue St—André—des-A rts, 58 . PARIS ' PARIS Le/Numéroz UN FRANC. —— Un An: DIX FRANCS. ‘ÇK\ emuœu_ L' I\‘ I v ERS,IT\-’ LI _ liAlî\ .. I“‘-.
/‘7L 5 A?«;/_.fl./.ZÉ / Is 7 ; ,7, PROGRAMME - 0 * Les Doctrin/es matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri-— mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l’Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’1nitiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains : le militarisme et la misère. Enfin l’Initiation étudie imparti«lement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L’Initiati0n expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. ' La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte.
La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’1nitiation parait régulièrement le 15 de chaque mois et compte déjà deux années d’existence. —- Abonnement: 10 francs par an.
PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE 1' Initiation 10 PARTIE IN ITIATIQUE F. CH. BARLET. M. S. T. S; -— STANISLAS DE GUAITA. S.'. I.'. È). -— GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. — PAPUS, S.'. 1.-. catholique romain auprès de l’Initiation : R+C+C. — Légat JOSÉPHIN PéLADAN, 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ALEPH.— Le F.'. BERTRAND.VEN.'.— BOUVERY.— RENÉ CAILLIÉ. — AUGUSTIN CHABOSEAU. — G. DELANNE. -— DEI.EZINIER. — JULES DOINEL. — ELY STAR.
À— FABRE DES ESSARTS. — D“ FOVEAU DE GOURMELLES. —— JULES GIRAUD. —- E. GARY. — HENRI LASVIONES. — J. LEJAY. — DONALD MAC—NAB. — MARCUS DE VÈZE. NAPOLÉON NEY.-—- EUGÈNE NUS. — HORACE PELLETIER — G. POI REL. — G. POLTI. —JULES PRIOU. — Le Magnétiseur RAYMOND. Le Magnétiseur A. ROBERT. — ROUXEL. — H. SAUSSE. — G. VITOUX. — F. VURGEY. -— HENRI WELSCH. — OSWALD W1RTH. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG.— E.
GOUDEAU. -— MANOEL DE GRANDFORD. —-JULEs LERMINA. -— L. HENNIQUE. — R. DE MARICOURT. — LUCIEN MAUCHEL. — CATULLE MENDES. —- ÉMILE MICHELET. — GEORGE MONTIÈRE. — CH. DE SIVRY. —— CH. TORQUET. 40 POÉSIE En. BAZIRE. —- CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. -— P. GIRALDON. — R. DE MARICOURT. — PAUL MARROT. — MARNÈS. — A. MORIN. — ROBERTDE LA VILLEHERVÉ. *
AVIS Les Abonnés dont l’abonnement expire en Octobre sont priés de le renouveler (10 fr. pour la France, ’12 fr. pour l’étranger), par mandat ou bon de poste : A l’Adresse de M. CARRÉ 58, Rue Saint-André-des-Arts —— PAR/8 Ceux qui n’auraient pas le loisir de se déran - _ger pourront attendre la présentati0n de la quittance par la poste (Supplément de 50 cent). PRIMES A l’occasion de la troisième année de PIN] .TIATION, plusieurs Primes gratuites seront données. Tous les deux mois, à partir du no 1, une superbe planche phototypique, grandeur in-4°, sera insérée “ avec explications ” dans la Revue. De plus tous les nouveaux abonnés ou réa bonnés recevront GRATUITEMENT avant la fin de l’année 1890, un GLOSSAIRE DE LA SCIENCE OCCULTE contenant la définition des principaux termes courants. Les abonnés qui voudraient les tables des matières de l’lNlTlA’l‘lON (1re année) peuvent s’adresser à M. CARRÉ. .
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Ènmnm«w&€ PARTIE INITIATIQUE ËRlÈRE ËHÉ@SGPHlQUE A Papus, qui sait prier. Ælohîm ! Vertus spécifiques de la Vie-principe! Splendeurs irradiantes du Vrai, Vérités efficientes du Beau, Glaives flamboyants du Juste.... Ælohîm !divins collaborateurs dans_l’œuvre d’éter nelle Harmonie; différenciations lumineuses du Verbe éternel ! Que — grâceà Vous -—1’Unité divine soit glorifiée, par la réintégration des sous-multiples humains l... Que les Sonorités discordantes — par la vertu de l’Accord Parfait—soient ramenées à l’unisson de cette Voix mélodieuse, qui est la Voix même du Silence; Que les Splendeurs hostiles et multicolores —— par la Lumière Blanche, cette synthèse pacifique des çouleurs — soient rendues à l’homogénéité de ces 1 e ._Cî"-L:“1“‘«- “fit“ ‘4‘“?“1'5‘Î;Ï2‘T“I‘Ïî‘ÎÎÏÊËÎ"
2 L’INITIATION Ténèbres maternelles et sacrées, d’où s’irradia la Lu— mière-principe ; Que les Formes désordonnées et sans nombre — déviations différentielles de la Circonférence —— s’oc cultent au gouffre ineffable de ce point central, d’où jaillit le rayon qui la détermina 1 Que 1’Espace rentre dans l’lnfini, le Temps dans 1’Eternité l Que ton humanité divisionnelle, ô Christ Doulou reux, s’évanouisse dans la divinité collective du Christ Glorieux, et que tous deux s’abîment dans la plénitude nuptiale et féconde du Verbe incompréhen sible »« Daber! -— union suprême de l’Eternel Masculin et de l’Eter et Féminin, de l’Esprit pur et de l’Ame—vivante universelle!
Afin que —— l’Univers-manifesté s‘étant évanoui, comme un encens, sur l’autel de l’Univers-essence -— l'A dam-prz‘nczPe embrasse d’une éternelle étreinte Son Ère—faculté; Et que I‘Esprit vivificateur de Leur Amour, l’âme de Leur baiser, Roûah Hakkadôsh, Les pénétrant tous deux, Les rappelle à la contemplation interne, à l’in— visible Vision de l’Unité même, l’Être—non»être, le Prime et l’Ultime, Source et Fin de l’Être: .
Aî'n-Sop/z, que mutuellement Ils manifestent. dans l’arcane incommunicable de Leur Très-Sainte—Trinitél : pas Amen. STANISLAS DE GUAITA. WMMYW""“"N wW ' ">"'-"W ! .
LA SCIENCE occuma 3 Ë,a ficlence cculte APPLIQUÉE AUX scxeucas EXPÉRIMENTALES LA PHYSIOLOGIE Un des buts poursuivis par les occultistes contem— porains est de montrer que la science occulte permet, grâce à l’emploi de la méthode analogique , de découvrir des données toutes nouvelles dans le do maine de nos sciences usuelles.
Nous tirons d’un travail qui vient de paraître (1) les deux extraits sui vants qui montreront l’application des principes de l’occultisme à la physiologie. La planche jointe à ces extraits permettra à tous nos lecteurs d’en saisir tous les détails.
INTRODUCTION Il y a deux façons de décrire un monument ;vous pouvez, vous plaçant assez loin, décrire l’ensemble que vous embrassez alors d’un coup d’œil; vous pou vez, au contraire, vous rapprochant le plus possible de l’édifice, en décrire minutieusement tous les détails. (1) Essai de Physiologie synthétique, par GÉRARD Encausse, officier d'Academie. externe et médaille de bronze des hôpitaux, rrofesseur, médalle de bronze et médaille d‘argent de l'Union flancaisc de la Jeunesse, | vol. gr. in-8* avec 35 schemas. (Carré. éditeur): Prix :4f. usa-&W
4 L’INITIATION Dans le premier cas vous donnerez une idée géné rale, synthétique de l’objet à étudier, mais sans aucun détail; dans le second cas, l’étude analytique, très riche dans sa division, manquera totalement de point de vue d’ensemble. Il en est ainsi pour toute étude.
Nos livres de science sont, à très peu d’exceptions près, tous construits d’après la seconde méthode, et les ouvrages élémentaires ne diflèrent des autres que par la moindre quantité des détails étudiés. De là les difficultés réelles à vaincre par l’auteur pour rester clair. , Dans le travail suivant, consacré à la Physiologie, nous allons essayer d’appliquer la première manière de description.
Laissant là les détails, indispensables cependant à connaître pour tout étudiant sérieux, nous allons considérer uniquement le point de vue général, synthétique. De là le titre choisi: Essai de Physiologie synthétique. Les défauts inhérents à une telle méthode sont nom breux quoique rachetés en partie par certaines qualités.
Ainsi, de même que l’édifice à décrire ne tire son effet d’ensemble que de la fusion de toutes ses lignes, de même les termes employés doivent être assez géné— raux pour ne donner prise à aucune critique d’école, ce qui peut facilement nous faire accuser de les avoir naïvement choisis. Tels sont par exemple les mots de force et de matière que nous employons fréquem ment, nous expliquerons tout à l’heure pourquoi. Cependant que de clarté un auteur plus expert que no'us-même en la matière ne pourrait—il pas tirer de
LA SCIENCE 0ÇCUL’I‘E 5 cette méthode! 'Les sciences, considérées d’une façon synthétique, se gravent profondément dans l’esprit, et l’étude des détails est ensuite bien mieux comprise. La généralité des termes facilite à tous leur compré hension sans travail préalable, et plus tard chaque mot technique venant remplacer un terme général est bien mieux spécifié pour l’esprit.
Telles sont les considérations préliminaires qui ont guidé notre travail; voyons maintenant comment nous avons cru devoir exposer la Physiologie. n un I Ouvrez un traité quelconque de Physiologie et cher chez quel est le plan d’exposition suivi dans l’étude d’une fonction. Vous verrez que l’auteur décrit une série de phéno— mènes spéciaux dont l’ensemble constitue cette fonc tion.
Ainsi, pour prendre un exemple, la circulation du sang conduit à étudier une foule de détails anato miques ou histologiques sur les rapports et la consti— tution intime des divers organes qui concourent à cette circulation. Le sang circule, voilà le phénomène. Quelle est sa constitution, par où passe-t-il, quelles modifications subit-il dans sa course, voilà quelques. uns des points étudiés particulièrement.
Peut-on considérer une fonction sous un tout autre point de vue P Certainement. sans cela il n’y aurait aucun bénéfice à déterminer l’existence des deux méthodes, synthé tiques et analytiques, de description. Au lieu de voir les divers comment de la circula
6 L’INITIATION tion du sang, cherchons-en les pourquoi. Cherchons LE BUT des diverses circulations de l’organisme au lieu d’en décrire uniquement la marche. La science expérimentale est assez avancée pour nous fournir tous les éléments nécessaires à cet effet, nous n'avons à énoncer rien de nouveau; notre effort porte uni quement sur ce point : présenter d’anciennes ques— tions sous un nouvel aspect.
Quelques considérations inattendues pourront surgir de l’emploi de cette mé— thode. Ainsi, pour rester dans l‘exemple choisi, si nous nous demandons à quoi sert le sang, la science expé rimentale nous répondra qu’il sert à réparer les pertes de l’organisme. Ces pertes sont de deux sortes : les pertes de force et les pertes de substance. Le but du sang est donc de réparer la force et la substance de l’organisme.
Toutes les portions de la circulation sanguine ne concourent pas également à ce but. Ce n’est que dans son parcours du cœur aux organes que le sang remplit effectivement cette action réparatrice. A quoi servent donc les autres parties de la circu lation sanguine ?
Lorsqu’il passe du cœur aux poumons, le sang n’a rien à réparer; il vient au contraire se charger à nou veau sous l’influence de l’oxygène qui lui apporte la circulation de l’air dans les poumons. De quoi se charge-t-il P Évidemment ce n’est pas de substance. mais bien de l’autre élément, deforce. . Ainsi dans son trajet du cœur aux organes le sang distribue la force et la substance. Dans son trajet du cœur aux poumons il se charge à nouveau de force;
LA SCIENCE OCCULTE 7 V. w.c._,.rrÿ _,, w.c _ . .— .:ræ,æ-‘_7‘v,r.. , . »v.. ._.2.v ..g;.';«wS—æ .vy-Jg ...r mais que fait—il dans son trajet des organes au cœur? L’étude , même superficielle, des organes qui viennent se joindre à la circulation dans ce trajet (veine sus-hépatique, canal thoracique et grande veine lymphatique) suffit à répondre de suite à notre ques tion. Le sang se charge alors de substance.
Ainsi, pour tout résumer, la circulation du sang comprend trois périodes : Pendant la première le sang va du ventricule gauche à l’organisme et répare la force et la substance au fur et à mesure des besoins.
Mais cette force et cette substance une fois sorties du sang doivent se renouveler aussi pour une nou velle action; aussi, dans la seconde période, le sang, revenant de l’organisme au cœur droit, se charge-t-il de substance; puis, passant du cœur droit au poumon, dans une troisième période, il se charge de force; enfin quand il revient au cœur gauche il est de nou— veau chargé de force et de subtance et peut exercer encore son action réparatrice.
0 Mais pensez—vous que toute la force et toute la substance contenues dans le sang s’usent chaque fois?
Ce serait un bien singulier marchand que celui qui n’aurait dans sa boutique que juste ce qu’il vendrait dans sa jdurnée et qui s’arrangerait de telle sorte qu‘il ne restât rien chaque soir. _ La nature est aussi, sinon plus, prévoyante que l’homme; tout ce qui n’a pas servi est soigneusement extrait de la circulation sanguine et mis en réserve. La substance qui n’a pas trouvé son emploi est drainée par les lymphatiques, au sortir des artères, et WÏWMNMMWW'M
8 L’INITIATION mise en magasin dans des ganglions répandus un peu partout. Delà une nouvelle circulation : la circulation lymphatique. La force qui n’a pas servi est aussi soigneusement mise en réserve dans des ganglions répandus égale ment un peu partout : les ganglions du grand sym pathique. De là une nouvelle façon de considérer la circulation nerveuse inconsciente.
Répandre dans l’organisme la force et la matière, tel est le but de la portion capitale de la circulation du sang dont le centre d’action est dans la poitrine. Renouveler et mettre en réserve la matière, tel est le but de la circulation lymphatique dont le centre p’action est dans l’abdomen.
Présider au renouvellement,à la distribution et à la mise en réserve de la force, tel est le but de la circu— lation nerveuse dont le centre d’action est dans la tète.
C’est un peu toute la physiologie humaine que nous venons-de résumer en ces quelques lignes; nous y pouvons voir au mieux les défauts et les qualités de la méthode que nous avons choisie. ùv“ La physique doit ses plus grands progrès à la décou _verte de l’unité de la force, toutes les forces pouvant se transformer l’une dans l’autre (théorie mécanique de la chaleur).
La chimie, par la découverte des séries atomiques et de leur progression mathématique, a été conduite également à considérer tous les corps comme mo;h : l. t o s à degrés divers de l’hydrogène,
LA SCIENCE OCCULTE '9 wa—:‘Ywr—-—urwt‘vn "- -' - c’est-à-dire à admettre l’unité de la matière. Est—il permis, en application de ces données, de prendre desÎ 4 termes aussi généraux que ceux que nous avons em- ‘ ployés ? Les écoles diverses qui se sont succédées en méde cine pour aboutir à l’école anatomo-pathologiste d’au jourd’hui sont toutes caractérisées par les acceptions différentes qu’elles ont données à la vie.
Vouloir choisir un de ces termes caractéristiques d’une école, c’est sortir de suite de la généralité, de la synthèse, pour rentrer dans la particularité, dans l’analyse. C’est ce que nous voulons éviter avant tout. Les mots de force et de matière sont bien généraux, ils peuvent être considérés même comme un peu naïfs, mais ils ont cet immense avantage d’être com— pris par tous et d’être acceptables par toutes les écoles.
Les disciples de Bichat peuvent voir dans cette force la vie considérée comme un principe particulier, tandis que les disciples de l’école de Paris peuvent y voir la résultante d’actions chimiques et physiques. C’est là un des grands avantages de la généralité que d’éviter toute discussion sur les termes employés.
De plus nous sommes amenés à déterminer ainsi dans l’homme l’existence de diverses circulations qui répondent toutes à un schéma unique. La circulation du sang, la circulation de la lymphe, la circulation du fluide nerveux présentent entre elles des rapports d’identité curieux, rapports qui se retrouvent jusque dans les circulations adjointes comme la circulation
10 L’INITIATION .o-w_.._ a.c W. de l’air, celle des aliments et toutes les circulations excrétoires. Partout nous voyons un centre de fabrication, un centre de condensation et des conduits centripètes et centrifuges. Nous aurions pu aborder en détail la comparaison des fonctions entre elles ou même des divers organes entre eux.
L’anatomie philosophique qui s’occupe de cette dernière question est presque délaissée en France, quoique de création toute française, et cultivée au plus haut point en Allemagne, ainsi que le montre Foltz dans son remarquable travail il). _ A côté de Foltz, à peine pouvons-nous citer en France comme auteurs originaux dans ces dernières années le docteur Adrien Péladan (2) et le docteur Camille Bertrand (3), outre ceux cités dans l’excellent article de Lereboullet consacré à cette question dans le'dictionnaire encyclopédique de Dechambre, tandis qùe l’école allemande poursuit toujours des études dans cette voie.
S’il est intéressant de comparer des organes entre eux pour trouver leur loi de construction, combien ne serait—il pas plus important de comparer les fonc— tions entre elles pour en déduire les principes fonda mentaux de fonctionnement? Ce serait créer de toutes pièces une science presque inconnue : la physiologie philosophique qu’un docteur viennois a seul abordée (1l Foltz.
Homo‘ogie des memb_ pelviens et thoraciques de l‘homme. (2)Adrien Féladan. Anatomie h «mo'ogique. (3) Camille Bertrand. Anatomie philosophique.
LA SCIENCE OCCU LTE Il »«-..c d‘au- 310 ,_. -—rçfl7-I ., en 1839 (I) après Oken (a), à moins. Notre intention n’est pas d’aborder la question sous tous ses aspects, aussi bornerons-nouslà notre « essai».
Qu’il nous suffise en terminant de rappeler l’harmo nie qui existe, de par cette méthode, entre toutes les fonctions de l’homme et de prier tous les hommes compétents de parcourir ce qui concerne le système nerveux et particulièrement le rôle bien spécial que nous attribuons aux ganglionsdu grand sympathique.
Nous avons voulu avant tout être concis ; si parfois nous avons commis des négligences ou des erreurs, nous demandons qu’on nous pardonne eu égard à la nouveauté de ce genre d’études. notre connaissance du 30 juin 1890.
EXPLICATION DE LA PLANCHE SYNTHÉTIQUE. ( Voir au frontispice) LE SCHÉMA D’ENSEMBLE Cette figure contient, à très peu d’exceptions près, tous les organes splanchniques du corps humain, grou pés de façon à donner une idée de leur fonction et des rapports de ces fonctions entre elles. (1) Jean Malfatti de Montereggio. La Malhe‘se. Paris 1839, in-8. tra duit par Ostrowski. (z) Uken. Esquisse du système d’anatomie. Paris l821’, in-8.
1 2 ' L’lNITIATION Trois segments concentriques constituent la figure : Extérieurement le système nerveux -— au milieu, le système sanguin ;——au centre, le système lymphatique et les organes de la digestion; enfin en bas les organes d’excrétion. On peut noter en passant les rapports de ce groupement avec les feuillets blastodermiques de l’embryon.
' ' 1 ° SEGMENT CENTRAL _ Au centre de la figure l’estomac et l’intestin grêle présentent l’origine de l’entrée de la substance dans le corps. —— Les chylifères aboutissant au canal tho racique avec la rate comme centre de condensation (hypothèse de Malfatti) et les veines aboutissant à la reine porte avec lefoie comme centre condensateur, figurent la circulation du renouvellement des éléments matériels de l’organisme.
La chaîne de ganglion et de plexus de la circula tion lymphatique'commençant au niveau des capil— laires artériels et allant gagner le système veineux près du cœur montrent schématiquement la circula tion de la lymphe, véritable drainage de la substance qui n’a pas trouvé son emploi pendant la circulation du sang. ' > Enfin, en bas, le gros intestin montre les voies d’ex— crétion des aliments non assimilés. 2° SEGMENT MÉDIAN Au milieu nous voyons le schéma si connu de la circulation du sang. — A gauche, la circulation du
LA SCIENCE OCCULTE 13 sang rouge, du sang chargé de matière et de force, circulation figurée par un trait double. — Parti du poumon, le sang aboutit aux organes en allant passer ' par le cœur gauche, grand régulateur de cette circu lation. ' A droite, la circulation centripète du sang noir, figuré par un trait noir.
Parti des organes par les capillaires veineux. le sang gagne le cœur droit en se chargeant en route de matière sous l’influence de la veine sus—hépatique et du canal thoracique. —— Du cœur droit, le sang passe par le ventricule dans le poumon où il va se charger de force et enfin repart du poumon, chargé cette fois de deux éléments qu’il avait perdus : la force et la ma tière.
3° SEGMENT PÉRIPHÉR1QUE La force sanguine, sublimée par le cervelet, (théorie du docteur Luys) est transformée en fluide nerveux et prend deux grandes directions suivant le point d’incitation. Si ce point d’incitation est dans le sens, le courant produit est centripète.
L’excitation traverse le gan glion médullaire postérieur et en gagne soit le cer veau postérieur (circulation consciente), soit la sub stance arise postérieure de la moelle et, de là, la substance grise antérieure (circulation réflexe). Si l’excitation a gagné le cerveau, un courant ner— veux s’établit, courant dont la physiologie n’a pas encore déterminé toutes les conditions, et la circulation psychique prend naissance.
14 L’INITIATION Le résultat de cette circulation psychique est la pro duction d’une idée, agissant du dedans au dehors comme l’objet matériel, origine de la sensation, agis— sant du dehors au dedans. Le courant part du cerveau antérieur par les fibres de projection de premier ordre, traverse les ganglions cérébraux où il se renforce, suit les cordons moteurs de la moelle antérieure, puis les nerfs moteurs et ar— rive aux organes à fibres striées.
Dans le cas où l’excitation passe directement de la moelle postérieure (substance grise dans la moelle an— térieure (substance grise) il n’y a rien de correspon dant à 11 circulation psychique. La sensation se trans— forme en mouvement, mais la puissance du mouve ment et sa diffusion dépendent uniquement de la grandeur de l’excitation.
La force nerveuse en excès est drainée et conden sée par le système spécial du grand sympathique dont les ganglions et les plexus répondent en tous points aux ganglions et aux plexus lymphatiques. C’est encore grâce à ce drainage parti,des parties grises an— térieures de la moelle, que la force nerveuse, agissant par saccade dans les circulations précédentes, est trans formée en une force continue, agissant sur les or— ganes à fibres lisses.
Enfin au bas des trois segments nous trouvons: 1° La portion extra-péritonéale du gros intestin avec l’anus, organe d’excrétion de la circulation alimentaire et del’abdomen en général; 2° Le rein et la vessie avec leurs conduits, organes
LA SC!ENCE OCCULTE I5 (l’excrétion de la circulation sanguine et de la poitrine en général; 3° Le testicule, les vésicules séminales et les conduits annexes que nous sommes amenés à considérer comme les organes d’excrétion rapide et instantanée de la force nerveuse. On peut suivre un à un tous ces détails sur le schéma d’ensemble qu’on trouvera dans la planche ci-jointe.
Il résume, aussi bien que faire se peut. notre essaz tout entier. et nous espérons qu’on voudra bien excu— ser les fautes de détail qui pourraient s’y trouver, eu égard à l’idée d’ensemble que nous nous sommes efiorcé de représenter. G. LNCAUSSE. REMARQUES A cette étude nous ajouterons quelques mots.
On remarquera que le schéma montre, dans le microcosme même, l’existence des trois mondes ; chacun des mondes correspond à l’une des lettres du tétragramme sacré N T" (iod, he’, van, 12e). En haut le monde de l'idce comprenant le cerveau, et ses ganglions, le cervelet et la circulation psy chique. Ce monde correspond à la lettre z'od (l).
Au milieu le monde de la Vie comprenant les poumons, le cœur, les organes de circulation avec le grand sympathiquecomme centre de réserve du corps astral (fluide nerveux mis en réserve). Ce monde correspond à la lettre vau (‘1) qui veut dire lien.
I 6 ‘- L’INITIATION En bas entre le diaphragme supérieurement et le péritoine inférieurement le monde de la matière com prenant les organes situés dans l’abdomen et les réser— voirs matériels de l’organisme. Ce monde correspond à la lettre hé (.1). Voici donc trois des lettres du tétragramme :le iod (tête), le hé (rentre), le van (poitrine). Où se trouve le second hé ?
A propos de notre étude du Tarot nous avons montré que les arcanes mineurs indiquaientla consti tution du corps humain. L’originalité de notre travail provient surtout de la découverte des fonctions du deuxième hé agissant comme centre de transition, de genération d’un monde à l’autre.
Or, voyez dans le corps humain, tous les organes extra-péritoneaux, situés sous le péritoine, tout à fait en bas du schéma, représentent ce deuxième hé du tétragramme sacré. } Voilà donc une de nos sciences exactes venant appuyer de tous ses enseignements les données de la science occulte sur le mot iod, hé, vau, he’.
Bientôt la physique, le chimie etl’histoire naturelle viendront se ranger sous la même loi et prouver, mieux que toutes les théories, que l’initié des temples égyptiens, Moïse, a formulé dans son Sepher des principes de haute science et non des contes de fée. PAPUS.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE L’ESOTÉRISME EN ISLAM Mu Satur Je viens de passer quelques minutes bien agréables à me rappeler mon vieux maître en islam, le premier qui m’ait révélé le charme discret du mysticisme, le meilleur assurément et le plus doux des hommes. , Il s’appelle Ben-Smaia : il habite dans la haute ville d’Alger une petite maison très blanche, dont la porte très basse est encadrée d’une bande bleue.
Nous avions fait connaissance un jourquelalumière me semblait moins brillante, le regard des femmes moins puissant, l’horizon de la mer plus étroit que la veille, et je lui avais plu en lui traduisant quelques lignes de la « Cité de Dieu » de saint Augustin. « L’homme qui a écrit cela était musulman », m’a vait—il dit comme je refermais le livre.
( L’INITIATION 18 Depuis ce temps, il m’avait donné des leçons régu— lières. Il venait chez moi trois fois par semaine, vêtu d’un burnous très mince, un petit panier à la main (car c’était lui qui faisait le marché pour sa famille), et il s’asseyait à côté de moi, se donnant une peine infinie pour m’expliquer le « Livre de l’Or pur » du cheikh abd-el-Aziz.
Il était, d’ailleurs, beaucoup plus savant en grammaire arabe et en législation musul mane qu’un professeur au Collège de France. De temps en temps. je l’interrompais pour qu’il me parlât de sa vie : il était répétiteur de Koran dans la mosquée voisine, et il y allait tous les jours pour 600 fr. par an. Deux de ses fils étaient marchands de tabac et mariés.
Absolument content de son sort dans ce monde, il n’avait pas peur de l’autre : car il vivait en paix avec tous les hommes et tous les Esprits. Une vieille négresse morte chez lui venait souvent ranger de menus objets dans sa chambre, et se reti rait en le saluant. Quand je souriais de sa crédulité, il me reprenait doucement et ajoutait : —— Vous ne pouvez pas voir ce que nous voyons, nous autres musulmans, parce que vous ne voulez pas croire.
I 11 y avait bien trois semaines qu’il m’expliquait le « Livre d’Or pur », et je désirais lui Offrir le prix de sa peine; mais j’avais une sorte de honte à lui tendre ma bourse en échange des idées hautes et des senti ments délicats qu’il m’apportait. Cependant je m’en
L’ÉSOTËRISME EN ISLAM 19 hardis, et je lui demandai combien il me prendrait par mois pour achever de m’instruire. ll réfléchit pendant quelques instants et me répOn dit: — Cent francs.
La somme était forte, mais je m’inclinai, et du mois de janvier au mois de juillet nous continuâmes d’expliquer ensemble les formules les plus rares de la l’abandon à la volonté de Dieu et du renoncement aux choses de ce monde; puis je partis pour la France, et j’y restai pendant les vacances. De retour à Alger, je me hâtai d’aller le revoir, et le priai de me continuer ses soins.
Il me serra les mains avec un air attendri et joyeux que je ne lui avais jamais vu, et me promit d’être chez moi le lendemain à l’heure habituelle.
Quand il y fut, il s’assit sur une chaise, et, me regardant bien en face, me dit : — « Je me suis repenti devant Dieu, etj’ai de grandes excuses à vous faire L’année dernière, je vous ai demandé une somme bien exagérée, bien au-dessus de ma condition présente et de mon mérite; mais alors je devais marier ma petite-fille, et j’avais besoin d’argent.
« Le mariage vient d’avoir lieu, et, maintenant, je vous demande comme un service que nous reprenions nos entretiens pendant cette année-ci toute entière, sans que vous me donniez la moindre rétribution. Ne me le refusez pas, je vous en prie : vous me feriez trop de peine. » J’ai accepté, et, pour m’en remercier, il n’a jamais
2o_ L’INITIATION cessé de m’apporter des gâteaux au miel parfumés d’ambre et de muscà la fin du jeûne du Ramadan. * ’54 Je sens maintenant tout ce que je dois à cet homme aimé de Dieu; car voici, grâce à lui, le quatrième jour que je subis un charme profond et rare, plus troublant que l’ivresse.
J’ai rencontré, en me promenant autour d’Amoura avec Hadj Aïssa, un personnage dont la tête était en veloppée de mousseline blanche, et mon compagnon l’a salué avec vénération, en l’appelant Hadj Moham med. Tous deux ont fait ensemble le pèlerinage l’année dernière et laissé le peu d’argent qu’ils avaient entre les mains des Anglais de la mer Rouge et des Bédouins campés près de la ville Sainte; mais ils n’en tirent pas vanité.
Hadj Mohammed est même tout le con traire de mon heureux Tartufl”e des Aoulâd Naïel. C’est un ascète sincère, amaigri par le jeûne. Ses mains sont fines et très blanches, et dans ses yeux extraordinairement calmes on voit briller une âme immobile. Il nous a fait place à l’ombre près de lui, et j’ai gagné sa confiance en lui parlant du livre du cheikh Abd-el Aziz.
Il s’est bien tenu, d‘abord, sur la réserve; mais, le lendemain, il s’est piqué au jeu, et voilà qu’il entre— prend de me convertir. Ce n’est pas tout à fait l'isla misme qu’il m’en_seigne, c’est encore la doctrine mys térieuse dont Ben-Smaïa m’a fait balbutier les pre miers mots inconnus du vulgaire, et je suis resté dans
L’ÉSOTÉRISME EN ISLAM 21 ce misérable village d’Amoura pour mêler mes pen sées aux siennes. J’éprouve un plaisir singulier à sentir qu’il s’empare de moi et, bien loin'de résister, je me livre à tout risque.
« Le disciple, disent les mystiques, est un jeune oiseau dont le cheikh est le nid; il est un corps inerte que le cheikh tourne et retourne, comme fait le laveur des morts. » ù’ «‘1 — « Tu crois, m’a-t—il dit avant-hier, que tu pos sèdes beaucoup de science, et qu’au moins tu sais aimer. Détrompe-toi. Tu ignores tout et tu n’aimes rien.
Tu as appris que la terre tourne autour du soleil, que le sang qui circule dans le corps de l’homme est un fleuve qui revient à sa source, qu’il y a, par—delà la mer des ténèbres, des terres couvertes d’arbres dif— férents des nôtres et habitées par des hommes jaunes; mais ni toi ni tes maîtres n’avez encore reconnu que toutes les créations et toutes les créatures de l’univers sont des signes.
«Tu poursuisla beauté des femmes, et tu te réjouis quand elles ouvrent leurs voiles, mais comprends-tu, sinon comme un païen, ce que disent leurs yeux et leurs lèvres ?
Il y a des signes divins dans les femmes, des signes divins dans la mer quand elle s’étend, le jour, sous le soleil, ou se rétrécit, la nuit, sous les étoiles; des signes divins dans les orges vertes qui sortent des champs fécondés et mûrissent pour nour— rir les chevaux et les hommes; des signes divins dans ton souffle, dans tes muscles, dans tes os et dans ta chair, jusque dans les vêtements dont tu te couvres, Ü
22 L’INITIATION \ et dans ceux que tu dédaignes. Dieu te parle a toutes les secondes de ta vie une langue immensémentriche et sonore, auprès de laquelle les mots que tes doc teurs grilfonnent dans leurs livres n’ont même pas la valeur d’une poignée de sable. « Voilà pour ta science. Et, dis-moi : confesse ce que tu aimes.
Depuis l’homme et la femme qui te sont le plus chers jusqu’aux objets les plus futiles dont tu détournes bientôt les yeux, n’est-il pas vrai que tu n’aimes que des fantômes? Ils passent devant tes yeux sans s’arrêter jamais, déformés par les maladies ou par la vieillesse, et les regrets ou la crainte se mêlent sans cesse à ce bonheur que tu appelles l’amour.
Toi même tu n’es capable d’aimer de cet amour misérable que pendant un temps très court de ta vie. « Après avoir tourmenté ton corps et avili ton âme pour amasser de l’or, le moment vient vite où tu ne jouis plus de ce qu’il te procure7 et alors tu le donnes à d’autres pour les voir en faire un meilleur usage.
« Tu te londs en tendresses,et bientôt les créatures que tu croyais si fortement chérir te deviennent indif férentes par le simple efl”et de ton impuissance. Tu aimes l’étude et tu te consumes dans les veilles: après cinquante ans de recherches aveugles qui t’égareront loin du monde présent et du monde futur ton intelli— gence s’affaiblira et tu bégaieras comme un enfant..
Tu en es là parce que tu aimes les signes d: Dieu, sans les comprendre, au lieu de Dieu lui-même; parce que tu es un homme des temps de l’ignorance, et que tu as refusé d’entendre les prophètes et les apôtres. Si au moins tu étais chrétien et si tu lisais
au—un». .&Yxflljqr v w 551.....m. I L’ÉSOTÉRISME EN ISLAM 23 l’Evangile comme je l’ai lu, tu m’entendrais tout de suite, et je n’aurais même pas besoin de t’avertir. » 'I4. Hier il m’a dit : — « Écoute-moi avec attention. Donne-moi bien toute ton âme. Ecarte le doute et tends fortement ta pensée pour me croire. Je vais te donner le moyen de connaître et d’aimer le vrai absolu et l’impérissable.
« Si tu pouvais effacer d’un seul coup toutes les impressions que ce qui t’entoure a faites dans ton âme, si tu parvenais en quelques jours à être bien certain que cette terre—ci et ce qu’elle porte, ton père et ta mère, ta maison et ton champ, tes biens et ton corps sont d:s illusions; si tu te mettais en face du pur néant qu1 est la source de la vie et de la beauté, et dans lequel toute vie et toute beaué s’éteignent, tu deviendrais fou pour sûr, et ta raison fondue comme la cire devant un feu ardent laisserait ton corps vide errer à la façon des bêtes.
Comprendre et aimer tout Dieu, tu l’as peut—être entendu dire par les sots et les hypocrites qui s’entrc-payent de mots ; mais la vérité est que cela n’est point donné au com mun des hommes. Il n’y a que les prophètes comme Aïssa (Jésus) et Mohammed qui aient reçu cette grâce formidable, et tu sais avec quelle terreur et quelle angoisse ils en ont parlé. Mais Dieu est clé— ment et miséricordieux.
« Tous les autres hommes peuvent s’élever vers lui, lentement, il est vrai, mais sans danger, en unissant leurs âmes à celles de ceux qu’il a manifesœment
24 L’INITIATION choisis pour ministres, et qui sont heureusement innombrables sur la surface de la terrezcar, depuis le commencement du genre humain, aucun de ces êtres privilégiés n’est mort, et les plus anciens comme les plus récents passent peut-être en ce moment près de toi dans la lumière, invisibles à tes yeux de chair.
Dieu en suscite tous les jours de nouveaux là où il veut, sous nos tentes et dans les forteresses des sul— tans, jusque chez vous-mêmes; -— n’en doute pas, il ya des saints parmi vous; seulement vous vivez avec eux sans les reconnaître...
1't' « Eh bien, prends une résolution ferme; cherche à découvrir un de ces hommes, non pas avec ton intel ligence (car le démon t’égare), mais avec ton cœur; et quand ton cœur t'aura dit: « Le voilà, c’est lui », comme le cœur d’une femme parle à la vue de son amant, humilie-toi devant lui, aurait-il la figure d’un mendiant, et demande-lui qu’il te prenne.
S’il te repousse, passe des jours et des nuits à prier devant son tombeau ou devant sa porte. « Peu importe, je te (le répète,iqu’il soit mort ou vivant. Un jour viendra où tu l’entendras dire: « Viens », et où tu le verras t’ouvrir les bras ; il te relèvera, il te serrera sur sa poitrine, et tu sentiras tout ton être s’enfoncer dans le sien comme dans un abîme. Alors tu seras sauvé.
Tu seras une parcelle de lui-même, tu commenceras à t’afiranchir, à com prendreet à aimer par lui. Il te révélera les noms par lesquels tu dois invoquer Dieu pour qu’il t’attire,
L’ÉSOTÉRISME EN ISLAM 25 les prières que tu dois réciter la nuit pour purifier ton âme, toutes les paroles que tu dois dire et tout ce que tu dois faire dans ce monde visible, en un mot, le chemin que tu dois suivre sans en dévier d'une ligne, et tu goûteras, mon ami, les joies immenses de l’obéissance et de l’abandon complet aux volontés d’un maître et Seigneur.
« Soupçonnes-tu seulement ce que cela peut être, a vivre, toi, homme ignorant et misérable, vivre par l’amour, de la vie intime d'un être surhumain, plus puissant dans l’univers que tous les sultans des nations infidèles, qui commande aux éléments et fait partie des conciles du Prophète ? C’est là le pre— mier degré de l'initiation: l’anéantissement de ta personne dans un autre homme.
Il y en a six autres; mais ce premier pas est le plus difficile à franchir, parce qu’il faut briser bien des attaches, et le pro phète Aïssa (Jésus) aeu raison de dire:« L'homme n’a pas de pires ennemis que les gens de sa maison. » i 421 Là, il s‘est arrêté, et j’ai vu passer comme des lueurs et des nuées dans ses yeux; ses paupières se sont abaissées, et il s’est tu pendant longtemps; puis il a paru revenir à lui, et, me regardant avec un tel calme qu’il me faisait peur, il a repris: « J’avais peut-être vingt ans, quand j'ai quitté mon père et ma mère.
Ils étaient alors dans le pays de Mouley Abd er Rahman, aux environs de Tanger, et je ne les ai plus revus. Je suis allé d’abord à Ouazzan me mêler aux fidèles qui prient sous la direction de
26 L’INITIATION Mouley Taïeb ; mais j’ai vu bientôtqu’ils n’étaient pas assez pauvres pour moi, et qu'ils s’occupaient trop des affaires de ce monde. Je les entendais discourir sur la puissance du sultan de Fez et sur l'amitié du roi des Français, comme si de pareilles choæs méri taient qu’on s’en occupât, et leur chérif lui-même leur en donnait l'exemple.
«Je les ai quittés, j’ai mendié sur ma route, et je suis arrivé presque au bout du monde, à Baghdad, dans le couvent de Sidi Abd el Gader el Djilâni; mais quand je fus devant le tombeau du saint, mon cœur resta dur comme une pierre. Le sultan des saints de l’Islam, l’étoile polaire de tant de milliers de fidèles se détournait de moi.
Je m’obstinai dans la naïveté de mon âme, croyant qu’il était bien aisé d’entrer dans sa voie, car il a dit simplement: « Rejetez les mau « vaises paroles, prononcez sans cesse le nom du « Très-Haut, méprisez les biens de la terre, et repous « sez les amours humaines. » « Un duviche me communiqua le secret de ses invo:ations, et je me mis à réciter tous les jours, après chacune des cinq prières obligatoires, 165 fois: «Il n’y a de Divinité que Dieu », 100 fois: « 0 mon « Dieu, répandez vos grâces sur notre seigneur Moham— « med, le prophète illettré », 121 fois l’oraisôn qui ouvre le Koran, I21 fois le chapitre du Koran comm/ nçant par « Lorsque viendra le secours... », 12[ fois quatre autres chapitres à mon choix.
Je priais comme le veut la règle: assis et les jambes croisées, les mains ouvertes et les doigts écartés sur les genoux; je prenais tout juste assez de Www/ '
L’ÉSOTÉRISME EN ISLAM 27 nourriture pour ne pas défaillir, et je tendais toute mon âme vers le saint, comptant d’un moment à l’autre sur l’illumination de sa présence. « Cela dura deux ans de suite,et la seule grâce qu’il me fit fut de me maintenir en vie. A la fin, croyant que j’allais mourir, je revins à son tombeau, je le priai pendant trois jours en versant des larmes; puis, les yeux clos. j’attendis qu’il me parlât. Il resta inexo— rable.
Le désespoir me prit, etje repartis pour cher— cher sur la terre l’homme vivant ou mort que je devais servir. .. « Alors j’ai lentement parcouru l’Egypte, la Tri— politaine, la Tunisie entière et l’Algerie.
J’allais de zaouïa en zaouïa et de confrérie en confrérie, et mon désespoir augmentait en voyant tant d’hommes heu reux d’être unis à leurs cheikhs: car, tu ne le sais peut-être pas, il y a, chez les seuls musulmans d’Al gérie. plus de 30,000 fidèles d’Abd el Gader el Dji lâni.
Les coupoles qui marquent les places où son corps aérien s’est posé sont dix fois plus nombreuses ° que vos villes. ’ « Elles s’élèvent sur les collines et servent de guides aux voyageurs comme les phares et les îles de la mer. Les Rahmanîa, qui sont peut-être deux cent mille, pullullent depuis les montagnes de la Kabyiie jus qu’aux oasis du Zab.’Ceux-là s’approchent de Dieu par la grâce d’Abd er Rahman bou Gobrîn, le Saint aux deux tombeaux. « Les Tidjânia qui vénèrent El Tidjânî de Laghouat
28 L’lNITIATION occupent tout le sud de la province d’Alger et étendent leurs prédications jusqu’aux Touaregs du grand désert. Et les Châdelîa Derqaoua, et les Kerzazîa, et les Hansalîa, et les Taibîa, vingt mille dans une région, quinze mille dans une autre, dix mille ailleurs, dispersés sous les tentes de poil et sous les gourbis de branchages : voilà la bonne semence, la réserve mys térieuse, le levain de l’Islam !
Ton gouvernement essaye de les compter : il n’en saura jamais le nombre. « Moi, je les connais presque tous.
Pendant dix ans, j’ai, sans dire un mot à personne, visité leurs retraites, prié sur les tombeaux de leursintercesseurs, emprunté leurs pratiques et leurs formules ; j’ai porté les gue— nilles des Derqaoua, je me suis flagellé avec les Han salia ; j’ai prié les pieds dans la neige au col de Chel lala; dans le sable, sous le soleil, à Temassinin; et, pour mon malheur, pendant ces dix ans, j’ai trouvé tous les cheickhs morts ou vivants également impi toyables.
Je sentais bien que je ne priais que des lèvres et que je restais comme un oiseau perdu dans le monde; mais, pour me soutenir, je me rappelais le cheikh El Hansali. Celui-là, après avoir été agréé par Dieu et regardé comme un prodige de science, avait tout à coup perdu la mémoire. Au lieu de se livrer à la douleur, ilavait recommencé d’apprendre ses lettres et avait reconquis toutes ses connaissances.
Je me di sais, quand je me sentais faible : « Tu n’en es pas « encore à l’épreuve d’El Hansali. » ' æ-v « Enfin mon jour vint à Méquinez, comme je dor—
L’ÉSOTÉRISME EN ISLAM 29 mais contre le mur du tombeau de Si Mahmed ben Aïssa.
Il me sembla que j’étais porté sur une mer sans limites, ténébreuse et plaintive; mon cœur était serré par une telle angoisse que je me sentais absolument mourir; des regrets immenses naissaient en moi de toutes les choses que j’avais vues et de celles que je n’avais pas vues encore, et mon renoncement était pareil à celui des agonisants auxquels on élève la main droite en signe de témoignage.
Tout à coup, la mer disparut, et j’étais assis devant une terre d’une ri chesse inimaginable, rayée de longues plaines bleues, sillonnée de fleuves bleus, parsemée de villes et de mosquées bleues; j’étais enveloppé, inondé, pénétré d’une lumière bleue; un bonheur inconnu dilatait ma poitrine, et je croyais me lever, les bras étendus, pour embrasser la radieuse immensité.
Puis, cette terre bleue s’évanouit dans une autre plus merveilleuse encore, éclatante et jaune comme de l’or; des mon tagnes aux formes inconnues étaient des huées d’or; il en tombait de hautes cascades d’or; les champs étaient des nappes d’or, et des vibrations d’or qui ve— naient des profondeurs du ciel gonflaient mon coeur qui palpitait d’une joie indicible ; je me sentais trans porté, et je parlais, et je m’entendais parler, mais je ne comprenais pas mes paroles.
Peu à peu la lumière d’or s’éteignit, et cependant le bonheur qui m’avait envahi me semblait devoir être éternel. « Enfin je m’éveillai, et, à ma grande surprise, je me vis entouré de gens qui criaient au miracle. Il paraît que je m’étais levé et que j’avais marché, les yeux fermés, droit devant moi,toujours plus vite en disant :
30 L’INITIATION « Les cœurs sont des jardins, les prières en sont les « arbres, les mots sont une eau vivifiante... » J’avais récité, sans l’avoir jamais lu, le mandement de Si Mahmed ben Aissa. C’était lui qui me l’avait inspiré et qui m’avait entr’ouvert dans mon sommeil ce monde bleu et ce monde d’or. .’ « Depuis ce temps j’appartiens au cheikh Mahmed ben Aïssa.
Par lui je sais tout ce que je puis savoir; par lui j’aime autant que je puis aimer; je lentends s’il m’appelle; il me répond si je l’invoque. En lui mon âme s’est élevée dans l’inaccessible et dans l’éter— nel, dans le calme absolu La mort ni les souffrances ne m’inquiètent guère.
Je me nourrirai de plantes vénéneuses devant toi ; je mâcherai du verre sans que mes lèvres saignent; je m’enfoncerai un poignard dans le flanc, et à l’instant même ma blessure sera guérie.
Je puis, rien qu’en imposant mes mains sur la tête d’un homme. lui communiquer ma force et l’envoyer contre un mur hérissé de piques ou le lancer pieds nus sur un champ de charbons rouges : que sa chair se déchire ou qu’elle brûle, il se retournera ors moi en souriant, ivre de bonheur. Mon cheikh m’a même accordé davantage.
Je puis entrer dans la chambre d’un malade, prendre tout son mal et l’en délivrer ainsi sans souffrir moi-même : il me suffit de le regarder et de tenir ses mains dans les miennes. Telles sont les œuvres de l’amour ; mais il faut s’être donné pour les accomplir.
L’ÉSOTÉRISME EN ISLAM 3! w“Iñn”‘ñ‘r * ‘ xili « Sais-tu, par exemple, comment Sî Mahmed ben Aïssa a choisi ses premiers disciples P Un jour il con— voqua devant sa maison tous ceux qui le suivaient d’ordinaire et la place se trouva bientôt remplie. Il monta sur le petit escalier qui menait à sa porte, tira un long couteau de sa ceinture et dit qu’une révéla— tion divine lui avait ordonné d’égorger un homme à l’instant même.
Lequel d’entre eux l’aimait assez pour lui donner sa vie? Un homme répondit : « Moi! », et s’avança. Ben Aissa le fit entrer dans la maison, l’y suivit et referma la porte. On entendit un grand cri : un filet vermeil descendit sur les marches. Ben Aïssa reparut, tenant son couteau ensanglanté, et cria: « Un autre! » Une seconde voix répondit: « Moi! » La porte s’ouvrit et se referma; un second cri retentit.
Ben Aissa revint et en demanda un troisième. Un troisième homme sortit de la foule, puis, ainsi de suite, un quatrième, un cinquième, jusqu’à quarante; mais, au quarante et unième appel, personne ne répondit.
Les hommessde peu de foi restaient muets devant les marches rouges Alors il sourit, et, fonçant la porte d’un coup si violent quelle tomba tout entière à l’intérieur, il leur montra ses fidèles tous vivants et souriant eux-mêmes d’un bon— heur presque divin. Il avait égorgé l’un après l’autre quarante moutons à leur place, et c'était lui qui avait poussé les cris de mort.
C’est depuis ce moment que le Conseil suprême des Aissaoua se compose de qua rante membres. » Ww«p'-WAV\ c,,..»\‘___ .Wmn“flw.‘._”w_ Ï___ r
32 L’INITIATION i axa Il m’a dit cela très doucement, d’une voix unie et calme comme son regard ; mais l’assurance impas sible de cette voix et de ce regard me fascinaient comme la profondeur des eaux dormantes.
Il m’est arrivé plus d'une fois, quand j’étais en barque sur un bras de fleuve très lisse et presque mort, à l’heure où le ciel lui donnait le tendre reflet des perles, de me sentir attiré vers le gouffre par une force inconnue, et on raconte la même chose des jeunes marins qui naviguent sur la mer Rouge par les grands calmes. Il faut que les vieux veillent sur eux pour empêcher qu’ils s’y précipitent.
De même ma pensée vacillait indécise devant l’abîme au bord duquel il m’attirait. Ma raison se révoltait, et je lui répondais: « Qui sait? » Aux objections de mon doute, un je ne sais quoi répliquait : peut-être. A ce moment juste, il m’a pris la main, l’enchan teur, et m’a dit: « Accompagne—moi seulement à Messad. Tu devais y aller il y a trois jours. Faisons le voyage ensemble.
J’y ai donné rendez-vous, pour demain, à quelques uns de mes disciples. Là, je te montrerai sûrement que notre amour est plus fort que la souffrance et la mort. » (Figaro.) E. MASQUERAY.
EXPÉRIENCES D’OCCULTISME PRATIQUE 33 Expériences tl’“@tŒlllll8fllê ÿratique Ayant lu dans l’Initiatz‘on le compte rendu des expériences de M. Vicente Fernandez (I), je voulus les renouveler. Je pris une aiguille plantée dans un morceau de carton épais, et supportant un rectangle de papier buvard en son centre de gravité; j’ai la face tournée vers le Nord, et il est six heures du son.
Entourant le rectangle de la main gauche, et par un effort de volonté, je fais tourner le rectangle sept fois ; la hui tième révolutidn n’a pu s’accomplir. Après dîner, j’ai mis le carton sur un presse-papier en verre, et je n’ai pu alors obtenir que des oscillations de 15 à 20°. J’ai arrêté une série de révolutions, en présentant doucement, afin de ne pas ébranler les couches d’air, mon doigt à 3 mill. d’un des côtés du rectangle.
J’ai pu également faire accomplir à une étoile à ’quatre pointes sept rotations; pour que la huitième ait lieu, il m’a fallu présenter successivement à chaque pointe; au moment où la pointe qui me servait à compter mes révolutions passait au Nord, j’observais un temps d’arrêt, et il me fallait un nouvel efiort pour que le phénomène pût continuer. J’ai remplacé le rectangle de buvard par un rec (I) Voir le numéro précédent.
34 L'INITIATION tangle de ce papier mesurant 48 mm. sur 72, et l’ai guille par une épingle; j’ai marqué un des petits côtés A, et l’ai dirigé vers moi, parallèlement au bord de la table; j’impose les deux mains se touchant, à I/2 cent. au-dessus du côté A; alors il y a rotation indéfinie avec un temps d’arrêt lorsque A arrive vers l’Est, et un autre vers le Sud, c’est-à-dire au point initial.
Je dois ajouter que mon épigastre en était alors fort rapproché.
Enfin, je fis des passes sur mon rectangle, du côté A, à l’opposé, c’est-à-dire dans la direction Nord-Sud; je le replace sur l’épingle dans cette même direction; je cache mes mains sous mon burnous, et à la dis— tance d’environ 45 cent. je fais de violents efforts de regard sur le côté A pour le faire tourner de gauche à droite; en deux secondes, le rectangle se meut en sens inverse de celui que j’avais fixé, je redouble d’efforts, et après trois oscillations il décrit un arc de 90° vers l’Est puis revient à sa position primitive.
Je renouvelai cette expérience avec beaucoup de tension d’esprit, mais je ne parvins pas à un meilleur résultat. . De nouvelles impositions des mains ont produit des demi—révolutions; et toutes.les fois qu’un des petits côtés passe sous mes doigts qui en sont éloignés de 3 à 4. cent., il me suffit d’un mouvement imper ceptible des troisièmes phalanges pour produire un balancement vertical du papier, d’une amplitude d’environ 15". Il me faut beaucoup d’efforts; je sens mon pouls
EXPÉRIENCES D’OCCUL‘I‘ISME PRATIQUE 35 battre assez fort, et j’ai la poitrine un peu oppressée; j’ajouterai que le temps était orageux. Depuis j’ai observé souvent l’immobilité de l’appa— reil, lorsque je ne concentrais pas ma volonté.
Par contre, j’ai aujourd’hui essayé des expériences à une heure de l’après—midi, et elles n’ont pas réussi. -—- Je pourrais me hasarderà donner comme explication de cet insuccès, que le corps astral concentré et retenu par la digestion, au niveau du grand sympathique, était à cette heure beaucoup plus difficile à immobi liser.
Les expériences de rotation par le regard, et l’arrêt des rotations par les doigts, me paraissent des preuves non équivoques de son existence. Ce qui est encore confirmé en ces quelques phé— nomènes, ce sont les lois de la polarité humaine et dont nous devons nous contenter, puisque la per ception des principes est réservée à si peu d’élus. YVON LE LOUP.
OCCULTISME PRATIQUE MONSIEUR LE DIRECTEUR, Après avoir pris lecture de l’article de l’Inz'tz‘afion du mois de septembre, intitulé « Le potentiel élec trique des mains », j’ai voulu répéter l’expérience décrite par la Nature et refaite par M. Vicente Fer—
36 L’INITIATION nandez. Je dirai d’abord que je partage en partie l’opinion de M. Vicente Fernandez et je nie, comme lui, que cette expérience ait pour base une cause purement mécanique. Mais je cesse d’être d’ac cord avec lui quand il attribue au phénomène une cause électrique.
La cause selon moi doit être due à la force psychique ; à mon tour j’ai coupé une ron delle dans un bouchon de liège, je l’ai traversée dans son milieu par une épingle dont la pointe dirigée en l’air peut servir de pivot; seulement, au lieu de tenir en équilibre sur la pointe un carré de papier,j’ai rem placé le papier par un brin de paille, fendu en deux parties rabattues jusqu’au nœud que j’ai placé sur la pointe de l’épingle.
Ce brin de paille, avec les deux parties rabattues, simule une aiguille aimantée mo bile sur un pivot. J’ai rapproché ma main de l’appa— reil, l’aiguille de paille n’a pas donné signe de vie. J’ai approché ma main encore plus près de l’appareil, l’aiguille est restée immobile.
Voyant que de cette manière l’aiguille persistait à ne pas se mouvoir, j’ai changé ma main de position et je l’ai tenue étendue à un pouce environ au-dessus de l’appareil pendant près de dix minutes etl’aiguille a conservé son immo bilité. J’ai pensé que si ma main n’obtenait aucun effet cela provenait de ce que je n’étais pas un sensitif, et, pour m’assurer que mon échec n’avait pas d’autre cause, j’ai fait venir mes trois sensitifs.
Le premier, Jean Masson, a tenu sa main étendue à côté de l’ap— pareil, et il n’a pas fallu l’espace de deux secondes pour que l’aiguille de paille déviât d’une façon sen— sible; au bout d’une minute la déviation étaitconsidé {Q
EXPÉRIENCES D’OCCULTISME PRATIQUE 37 rablement accentuée et même elle a décrit un demi quart de cercle. J’ai dit à Jean Masson de tenir ses deux mains au—dessus de l’appareil, à deux pouces à peu près; l’aiguille oscillait et décrivait un demi— cercle. J’ai appelé ensuite Porcheron dont la sensi— tivité est exactement la même que celle de Jean Masson. et le résultat a été aussi satisfaisant.
J’ai dit ensuite à Jean Masson qui, sur mon invitation, avait repris sa place, de frotter sa main sur son pantalon qui était en laine et d’approcher sa main de l’aiguille. Celle-ci a dévié dans une proportion bien plus consi dérable que la première fois, quoique cette pre— mière fois l’effet obtenu eût été des plus satisfaisants.
Jean Masson a cédé ensuite la place au troisième sensitif dont le degré de sensitivité est bien infé— rieur aux deux autres. Il lui a fallu beaucoup plus de temps pour faire dévier l’aiguille, presque six minutes, et encore cette déviation était assez faible bien qu’appréciable. Après cette dernière expérience j’ai ordonné à mes trois sensitifs de s’asseoir près de la table sur laquelle était porté mon appareil.
Aucun n’a approché ses mains, cela était tout à fait inutile, tout à fait superflu ; l’aiguille de paille très agitée ne cessait d’osciller et de dévier à droite et à gauche dans une très forte proportion. A la fin, non seule— ment l’aiguille déviait, mais elle décrivait des quarts de cercle, des demi-cercles, des cercles entiers et tour nait plusieurs fois sur elle—même comme un mouli net.
J’ai terminé la séance par une autre expérience où le papier a joué un rôle important. J’ai pris la che mise qui enveloppait l’Inz’tz'ation, je l’ai posée sur ma
3 8 L’INITIATION table et j’ai commandé à mes sensitifs de tenir leurs mains à deux pouces au-dessus. En moins d’une minute la chemise s‘est agitée, elle s’est écartée plu sieurs fois tantôt à droite, tantôt à gauche, puis elle s’est élevée à deux centimètres au-dessus de la table pour retomber ensuite à plat et recommencer de nouveau à s’élever. Cette expérience a été le dernier acte de la séance.
Si M. Vicente Fernandez a réussi à faire mouvoir son carré de papier, cela vient sans doute de ce que, sans le savoir, il est sensitif et que sa main projette non de l’électricité mais bien du fluide magnétique ou de la force psychique comme on vou dra l’appeler.
Peut-être au surplusM Fernandez a-t—il raison et moi aussi, car qu’est-ce que l’électricité? qu’est-ce que le fluide magnétique ? qu’est-ce que le force psychique P ne serait—ce pas une seule et même chose sous trois noms différents ? La vérité est que j’ai obtenu de mon aiguille de paille les mêmes résultats par le moyen d’un bâton de soufre préala blement électrisé par le frottement avec un morceau de drap.
Cette électricité des mains, ou fluide magné tique ou force psychique, n’agit pas d’une façon con— tinue mais intermittente et pas toujours avec la même intensité, et le degré de son action dépend de mille causes qui nous sont encore inconnues et est propor— tionnel au degré de force psychique du sujet. Veuillez agréer, Monsieur le directeur, l’expression de mes sentiment les plus distingués. HORACE PELLETIER.
..... -. w»« .. , _ L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 39 l’ÈGYPTGIÛGIE fiAERÉE (Suite) V. — Végétaux sacrés L’arboriculture et la flore égyptiennes ne compor tent pas un grand nombre de végétaux; cela se con çoit sans peine.
En efiet,un pays sorti pour ainsi dire du sein des eaux , et régulièrement envahi par elles, ne peut pas fournir une grande variété de végétaux terrestres; au contraire, les plantes aquatiques y pul lulent et poussent avec un luxe de végétation tout à fait extraordinaire. Nous n’avons à nous occuper ici que des végétaux sacrés, soit terrestres, soit aquatiques. Au premier rang des premiers figure le Perséa.
Cet arbre, que quelques archéologues ont confondu avec le pêcher, le saule et même le sycomore, était consa cré à Isisla bonne déesse.
Les Égyptiens considéraient cet arbre comme tout à fait sacré ; Plutarque nous le dit formellement : « Parmi les plantes égyptiennes, le Persea d’lsis doit être principalement sanctifié, car son fruit ressemble au cœur et sa feuille à la langue. » Le perséa était l’emblème de l’arbre de vie; on en trouve de nombreuses représentations chez les Assy riens, les Babyloniens et les Égyptiens; chez ceux-ci o
40 L’INITIATION le perséa figure sur les monuments de la XII° dynastie, ce qui prouve que ce n’est pas Cambyse qui le premier aurait introduit cet arbre en Egypte, comme le pré— tend Diodore. Les Egyptiens ont comparé les personnalités dans lesquelles s’incarne l’essence primordiale à cet arbre, dont le tronc prend racine en terre, s’élève vers le di vin soleil et produit rameaux et fruits.
Cette allusion tendrait à prouver que les Égyptiens croyaient à la réincarnation et expliquerait ainsi un autre motif pour lequel ils prenaient tant de soins du corps du défunt, autour duquel le périsprit se tient constamment,car, le corps une fois entièrement dissous, le périsprit peut s’éloigner et l’âme se réincarner. Le perséa est aussi désigné dans les manuscrits sous le nom de sahu, de l’arbre aschat et de vert syco more.
On croit que le perséa est le lauruspersea de Linné ou persea gratissima, l’avocatier, le laurier avocat de la famille des laurinées. Cet arbre a douze à quinze mètres de hauteur; sa forme est pyramidale,ses feuilles persistantes, oblongues et glauques en dessous; ses fleurs sont jaunâtres en groupes axillaires; le lruit, vert ou violet, affecte la forme d’une poire.
Cet arbre pousse en Provence en pleine terre,ainsi qu’en Algérie. —Quelques botanistes, Delille entre autres, l’assimilent au Banalz’tes ægyptz’aca. Pline, dans son Histoire naturelle, nous parle du perséa; dans son livre XIII, chap. xvn, il nous dit : g< L’Égypte a encore. un arbre particulier, le persea, semblable au poirier et conser— Ivant ses feuilles... Le fruit plus long qu’une poire est
L’ÉGYPTOLOGXE SACRÉE 4.[ dans une coquille et une peau verte la recouvre comme le fruit de l’amandier; mais l’intérieur au lieu d’être une amande est une prune, seulement plus petite et plus molle. Ce fruit, quoi qu’excellent par son exquise douceur, n’incommode pas. » Et dans le livre XV, chap. X111, le même auteur a l’air de le con fondre avec le prunier.
« C’est du perséa que les auteurs ont dit cela, arbre absolument différent dont le fruit est semblable aux sebestes qui rougissent et et qui ne croit pas en dehors de l’Orient... Le perséa a toujours des feuilles et des fruits qui naissent au fur et à mesure. Quoi {qu’il en soit, il est manifeste que les prunes n’ont commencé à se répandre qu’après Caton. » .
Les chapitres XVII et cxxv du Livre des morts mentionnent une localité mystique dénommée :Bassin du perséa. — On voit assez souvent Thoth , Sawekh et autres dieux promettre l’immortalité aux rois en inscrivant leur nom sur l’écorce du perséa, ou sur le fruit de cet arbre. Sawekh, dénommée aussi Safek, est la déesse de l’architecture et des Livres, c’est-à-dire la protectrice des blibiothèques ; elle était adorée à Memphis dès la IV° dynastie.
C’était également la déesse du septénaire, comme nous l’apprend le Livre des morts (ch. LVII) ; c’est elle qui construit à l’homme sa demeure : septuple est donc sa maison, et de même que celle-ci forme un tout, de même le septenaire de l’homme; celui—ci est mortel par son corps et immortel par son essence divine (Paon nuturu); nous l’avons vu déjà en par lant des livres de Thoth. ._ _————‘_—_'Ç—c <Iür,».r«vvzu..... _ ..'....... ,_..__....—._,
42 L’INITIATION Après le Perséa, nous voyons figurer parmi les arbres sacrés divers acacias, dont le nom hiéroglyphi que est Shen. Le bois de l’acacia était utilisé comme bois de charpente, et son écorce comme tannin pourle tannage des peaux. C’était surtout une variété d’acacia à écorce rouge, et non l’acacia commun,le faux robinier.
Les Égyptiens extrayaient de ce même acacia une gomme ; ils cultivaient l’acacia nz'latica, le lebbek et lefistula, ces deux derniers originaires de l’Inde. Parmi les plantes, la plus sacrée était le lotus ou le nélumbo (Nelumbium specz‘osum); il en existait de trois couleurs, l’un à fleurs blanches, un autre à fleurs bleues et le troisième à fleurs roses. Nous avons long— temps cultivé dans notre jardin de Nice ces deux dernières variétés.
Celui àfleurs roses aune odeur suz' generis des plus caractérisques etdes plus suaves ; c’est un mélange de fleur d’oranger, de vanille et d’amande amère ; la graine affecte la forme d’une petite olive. Le papyrus ou souchet était aussi une plante sacrée ; on en faisait un grand usage pour les manus crits, elle servait à faire le papier.
Mentionnons enfin le byssus qui servait à fabriquer le linge de corps et des vêtements. — Divers monuments authentiques, entre autres l’inscription de Rosette, prouvent que les temples fournissaient au fisc royal des toiles de byssus.
Or, à l’occasion du couronnement de Ptolémée Epiphane, ce prince fit remise aux temples, non seule ment des toiles dont la fourniture était en retard epuis huit années, mais encore des indemnités que le fisc royal était en droit de réclamer pour une partie
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 43 de ces toiles qui se trouvaient inférieures à l’échan tillon fourni. Ceci prouve donc que les temples possédaient des manufactures de ces toiles, dont la consommation était considérable chez la caste sacer— dotale. Au dire d’Hérodote, c’est avec des bandelettes de byssus qu’on enveloppait les momies ; nous pouvons justifier de la vérité de cette affirmation.
Qu’était ce byssus P D’après les uns, c’était une espèce de lin plus blanc que le lin ordinaire ; d’après les autres, c’était une espèce de laine ou même une sorte de coton. -— Nous savons aujourd’hui que le byssus était originaire de l’Inde, que ce n’était ni du lin ni de la laine, mais une sorte de coton jaune dont l’étoffe de nos jours appelée nan/rz‘n peut donner une idée fort juste; il y avait également un byssus blanc.
« La partie arabique de l’Egypte, dit Pline, engendre des arbres qui portent une laine queles uns appellent gossypium, et les autres xylon. » Ce n’était pas un arbre, mais une plante bisannuelle, une sorte de cotonnier (gossypium).
De son côté, Hérodote nous apprend que dans l’Inde il y avait un arbre sauvage qui avait pour fruit une sorte de laine supérieure par sa beauté et ses qualités à celle que fournit la toison du mouton, et c’est avec cette laine que les Hindous fabriquent leurs vêtements.
Cette fabrication du byssus remonte à une haute antiquité, puisque nous voyons que le Pharaon, très satisfait des sages avis de Joseph, lui donna, en témoi gnage de sa gratitude, le gouvernement de l’Egypæ, un anneau royal, et le fit revêtir d’une tunique de fin byssus. Mais certainement la fabrication de cette
44 L’INITIATION toile a une origine beaucoup plus ancienne ; elle remonterait à l’époque où, par l’intermédiaire des Phéniciens, les Égyptiens firent du commerce avec l’Asie. Disons ici qu’il ne faut pas confondre ce byssus ' avec celui provenant d’une sorte de duvet qui recouvre la pinne marine et quelques espèces de moules, avec lequel on fabrique encore aujourd’hui à Tarente, par exemple, des étoffes très fines et très recherchées.
En dehors des végétaux sacrés, dont nous venons de parler, les Égyptiens cultivaient deux petits palmiers, des mimosas, des grenadiers, letamarin et le sycomore. On désignait même I’Egypte sous le nom de pays des sycomores. C’est placée dans un de ces arbres que Nout verse à l’âme du défunt le breuvage de l’immor talité (l’amrita de la mythologie hindoue). Dans des inscriptions de Deïr-el-bahari, on nomme le sycomore arbre à encens.
CHAPITRE II. —- CLASSE SA'CERDOTALE; FÊTES ET CÉRÉMONIES Après la religion, les mythes et les symboles, nous devons étudier la classe sacerdotale, les fêtes et céré monies, qui avaient toutes un caractère religieux; pas de fêtes sans dieux, sans religion.
De même que tous les autres citoyens, les prêtres étaient circoncis; ils devaient se raser la tête et la barbe et s’épiler le corps, au moins tous les trois jours : c’était une obligation stricte. Il entrait dans cette pres
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 45 cription une idée de propreté et de pureté corporelle nécessitées par le commerce des prêtres et des choses sacrées.
Ceux—ci devaient être exempts de toute dif— formité corporelle; ils ne devaient revêtir que des costumes de lin ; l’usage de la laine leur était formel lement interdit, parce que la laine, le poil et le crin, provenant d’un animal, ont une origine impure, contrairement au lin, qui naît de la terre immor telle.
La démarche, les paroles et la physionomie habi tuelle des prêtres avaient quelque chose de grave et d’imposant, que complétait le bel aspect de vête ments blancs d’une grande finesse de tissu, ainsi que le repos forcé des bras et des mains cachés sous les plis d’amples vêtements.
Le schenti était leur habil lement habituel ; c’était une courte tunique et le vêtement intérieur; quand le prêtre sortait de sa demeure, il passait par—dessus le schenti la calasiris, vêtement de même forme mais beaucoup plus long et beaucoup plus ample. Les prêtres d’Osiris jetaient sur leur tunique de lin une peau de panthère, insigne de leur rang.
D’autres classes de prêtres se distinguaient par des ornements divers, des pectoraux en forme de petits naos, qui renfermaient des scarabées sacrés; par des barz' (barques) symboliques, par des emblèmes de la vie, de la stabilité, par des figures d’aniniaux sacrés. Les prêtres portaient en outre à leurs doigts des bagues d’une grande richesse et valeur et de superbes colliers à leur cou.
Ils avaient pour chaussures des tabtebs, c’est—à-dire des sandales affectant la forme de la plante des pieds; elles étaient en palmier ou en
46 L’INITIATION papyrus, terminées en longues pointes recourbées qui se rabattaient sur le coude-pied. La classe sacerdotale était la partie la plus instruite de la nation, plus spécialement vouée que les autres classes de la société à l’étude des arts et des sciences.
Les prêtres professaient la médecine et la chirurgie, mais chaque médecin devait s’adonner à l’étude d’un genre de maladie seulement, afin de le mieux con naître et pouvoirle mieux guérir; c’étaient donc des spécialistes. La classe sacerdotale était chargée non seulement des cérémonies et de l’administration de la justice, mais encore de l’établissement des impôts, de leur recette et de toutes les autres branches de l’adminis tration civile.
' Au début de la civilisation égyptienne, la classe sa cerdotale était absolument souveraine du gouverne ment de l’Etat; mais une révolution de la classe mi litaire l’obligea de céder au roi la première place.
Elle conserva toutefois une très grande influence, parce que celle—ci était fondée sur d’immenses richesses consis tant en vastes possessions territoriales; elle était fon dée aussi sur d’énormes privilèges: par exemple, les prêtres ne payaient aucun impôt pour leurs vastes dœ maines, et ils recevaient en outre des particuliers des produits de toute nature : taxe en blé, taxe en métaux, taxe en vin, en fourrages; enfin, ils encaissaient des revenus sur les morts, des droits de gîte sur les momies dépOsées dans les catacombes publiques, etc. Diodore de Sicile rapporte sur les prêtres ce qui suit : « lls»exercettt lesenfants dans l’étude de l’arith
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 47 métique et de la géométrie, car les inondations du Nil détruisent chaque année les limites des terres; des contestations s’élèvent alors entre les propriétaires et ce n’est qu’à l’aide de la géométrie qu’on peut vider ces différends très fréquents. L’arithmétique sert aussi pour les usages sociaux et pour les spéculations de la géométrie. Elle est surtout utileà ceux qui cultivent l’astrologie, car les Égyp— tiens comme d’autres peuples observent les lois et les mouvements des astres, et conservent une série d’ob— servations qui remonte à un nombre incroyable d’années, cette étude étant cultivée chez eux des l’anti quité la plus reculée. Ils ont aussi soigneusement dé— crit les mouvements, la marche et la station des pla nètes, l’influence bonne ou mauvaise de chacune d’elles sur la naissance des êtres, et ils en tirent souvent des prédictions sur les événements de la vie des hommes ». ‘ De son coté Porphyre nous apprend que les prêtres Égyptiens employaient les nuits une partie à faire des ablutions et une autre partie à observer les astres. (A suivre.) J. MARCUS DE VÊZE. «-fl
PARTIE LITTÉRAIRE Si—l’l’YRÜS OU LE DIABLE DES BOIS DIVINISË (Suite et Fin) SATYROS Nous voilà donc seuls et libres, 6 enfant des anges! Ton divin visage a rempli mon âme de volupté. PSYCHÉ 0 Dieu! depuis que je te considère, je puis à peine tenir sur mes pieds. SATYROS De toi rayonne la lumière de la vertu et de la vérité, comme de la forme d’un ange. PSYCHÉ Je suis une pauvre petite jeune fille,à qui, seigneur, tu daignes être bienveillant. (Il l’embrasse.)
SATYROS , 49 .r1rh ; snvaos Je tiens tout le bonheur du monde dans mes bras que réchauffe la céleste volupté d’amour .' PSYCHÉ Ce cœur me prépare déjà beaucoup de malheur; mais maintenant il expire dans la béatitude. SATYROS Tu n’as jamais senti rien de pareil P PSYCHÉ Jamais, si ce n’est depuis que je suis près de toi. SATYROS Il était naguère plein de pressentiment et lourd, puis, anxieux, pauvre et vide, il te poussait souvent dehors vers le bois pour respirer là l’inquiétude; et des larmes pleines de délices coulaient, et de saints gémis— sements s’échappaient, et autour de toi disparaissaient ciel et terre. (. PSYCHÉ O seigneur ! tu sais toute chose, et je sens en trem— blant la vaine chimère de toute félicité se réaliser pleinement. (Il la baise avecforce.) PSYCHÉ Laisse-moi! j’ai honte, -— volupté et malheur. — 0 Dieu du ciel! je m’égare. (Hermès et Arsinoé arrivent.)
50 L’INITIATION HERMÈS Sois le bienvenu, étranger, dans notre, pays ! SATYROS Vous portez une robe fameusement large. HERMÈS C’est maintenant l’usage de ce pays. SATYROS Et une drôle de barbe bouclée. ARSINOÉ (bas à Psyché) Pour ce maraud rien n’est bien. PSYCHÉ 0 enfant! il est d’une race divine. HERMÈS Vous me paraissez tout aussi surprenant. SATYROS Tu vois ma chevelure inculte, mes épaules, ma poitrine et mes cuisses nues, mes ongles longs à mes mains. Y a-t—il là quelque chose qui choque ? HERMÈS Pas moi! PSYCHÉ Ni moi l ARSINOÉ (à part) Mais bien moi!
snnos 51 snvaos Vous vous éloignerez bien vite d’ici et viendrez hurler dans la forêt avec les loups, si vous voulez quitter votre malheureuse destinéebour le bien et pourle bonheur, et ces habits qui vous couvrent, mais m’assombrissent comme une manifestation de supé riorité. HERMÊS Seigneur! c’est une nécessité... PSYCHÉ Oh ! comme me pèse déjà mon habit!
SATYROS Quelle nécessité! la bouffonne coutume'vous éloigne seule de la vérité et de la nature; en celle-ci consistent la seule félicité et la joie de vivre et d’aimer; condam nésà l’esclavage, vous n’avez rien du tout possédé. (Le peuple se presse de tous côtés.) UN PARMI LE PEUPLE Qui peut être ce puissant Orateur P UN AUTRE Sa parole pénètre jusqu’à la moelle des os.
SATYROS Vous avez oublié votre origine, vous vous êtes livrés en esclaves, vous vous êtes murés, dans vos maisons, vous vous êtes assombris à vivre en vos usages, vous ne connaissez l‘âge d’or que comme une fable qui vient de loin-1'
52 L’INITIATION LE PEUPLE Malheur à nous ! malheur! sxrvnos Lorsque vos pères récemment nés du sol bondissaient, qu’ils chantaient leur chanson joyeuse perdue dans l’ivresse des voluptés, sur le sein de leur compagne née avec eux, de la nature qui germait alentour, ils regardaient sans envie le ciel, s’égalaient aux dieux. Et pour vous, où est le plaisir? Infirme et exilé! LE PEUPLE Malheur I malheur!
SATYROS Heureux qui peut sentir ce que c’est d’être dieu, d’être homme! Confiant en sa poitrine, il se dessaisit jusqu’à la peau de toute parure étrangère, et, désor mais dégagé de l’oppression des bagatelles amonce lées, libre comme les nuages, il sent ce que c’est que de vivre!
Se tenir sur ses pieds, jouir de la terre, au lieu de préférer à cela de maladifs tracas; l’arbre Sert de tente, le gazon de tapis, et les châtaignes crues sont une délicieuse pâture! . LE PEUPLE Des châtaignes crues! Oh I en avoir déjà l SATYROSj Qu’est-ce qui vous retient loin du bonheur céleste? qu’est—ce qui vous en éloigne P
SATYROS 53 LE PEUPLE Des châtaignes crues ! 0 fils de Jupiter! SATYROS Suivez-moi donc, dignes maîtres de la terre! Tout ensemble. LE PEUPLE Des châtaignes crues! A nous le monde l avarnxnma AO'Æ'E DANS LA FORÊT SATYROS, HERMÈS, PSYCHÉ, ARSINOÉ, LE PEUPLE assis en cercle et tous accroupz‘s à la manière des écureuils, avec des châtaignes dans les mains et en rangeant après). HERMÈS, à part. ‘8acredieu! j’ai déjà de la religion nouvelle une sa tanée indigestion. SATYROS Et préparés maintenant à l’approfondissement de toute connaissance, écoutez mes chants ! Apprenez comment dans le principe tout allait pèle—mêle; dans leur haine enfermée, les éléments mugissants, et toute force heurtant contre les forces qui lui étaient contraires, sans lien de haine comme sans lien d’ami— tié, sans destruction comme sans production. LE PEUPLE Enseigne-nous, nous écoutons l SATYROS Lorsque, dans le Principe, le Principe se répandit,
54 L’INITIATION y q 7...... retentit lumineusement à travers la nuit, et pénétra toutesles profondeurs des êtres, le déluge du naissant désir et les éléments s’ouvrant firent irruption avec avidité les uns sur les autres, pénétrant partout, de partout pénétrés. HERMÈS L’esprit de l’homme provient des dieux. SATYROS Quand naquirent la Haine et l’Amour, et que le tout devint un univers, et que cet univers résonna dans un accord vivant et productif, la Force s’aug menta en force et alors se précipita en roulant à droite et à gauche la toute, l’unique et éternelle chose, sans cesse modifiée, sans cesse identique ! LE PEUPLE C’est un Dieu ! HERMÈS Comme l’âme se vivifie du feu de la parole ! LE PEUPLE 0 Dieu l Dieu ! PSYCHÉ Saint prophète ! Divinité! A tes paroles, à tes re gards, je me meurs de transport ! LE PEUPLE lnclinez—vous! priez! L’UN Sais-nous bienveillant!
SATYROS 55 —E": Ærænfls_ÿt; UN AUTRE D‘ispensateur des miracles, et puissant! LE PEUPLE Agrée ce sacrifice ! L’UN Dissipées sont les ténèbres. LE PEUPLE Agrée ce sacrifice! L’UN Le jour se lève. LE PEUPLE Nous sommes à toi ! 0 Dieu, à toi! tout à toi ! (L’ermite s’avance, à travers la forêt, sans façon, uers Satyros). L’ERMITE Ah! mon luron d’hôte! je te trouve ici, grossier et honteux animal! _sxrvaos A qui parles—tu ? L’ERMITE A toi ! qui m’as ingratement volé et qui as ravi l’image de mon Dieu ! Toi, boiteux démon ! LE PEUPLE ‘ / Plaisant d’enfer! Il blasphème notre puissant Dieu!
56 L’INITIATION L’ERMITE Tu ne rougis d’aucune infamie. LE PEUPLE Le blasphémateur a mérité la mort. Lapidez—le ! SATYROS Arrêtez ! Je ne veux pas assister à cela. LE PEUPLE Que son sang impur, ô céleste lumière, coule loin de ta présence ? snvaos Je m’en vais. LE PEUPLE Mais ne nous abandonne pas ! (Safyros s’éloigne.) L’ERMITE Êtes—vous fous ? HERMÊS Malheureux, pas un mot ! Conduisez-le en lieu sûr! Allez, enfermez—le dans ma demeure. (Ils emmènent l’ermite.) LE PEUPLE Il doit mourir! HERMÈS Il ne mérite aucun égard. Et pour nous réconcilier l’Esprit céleste qui s’est montré bienveillant et gra
sxrvaos 57 , cieux à nous, nous voulons lui consacrer notre temple et le réjouir du sanglant sacrifice. LE PEUPLE Bien! bien ! HERMÈS Aux pieds de la divinité réparer le forfait com— mis... LE PEUPLE Tirer vengeance du crime, exterminer l’impiété. TOUS Anéantissez les blasphémateurs! glorifiez Dieu! OING‘U'IËME acæn DEMEURE D’HERMÈS EUDORA, femme d'Hermès. L’ERMITE EUDORA Reçois de moi, brave homme, ce pain et ce lait; c‘est la dernière fois. L’ERMITE Femme, je te remercie. Et ne pleure point, laisse moi finir avec calme. Ce cœur est bien accoutumé à souffrir, à souffrir seul, virilement. Mais ta compas sion m’accable.
58 L’INITIATION EUDORA Je suis affligée de voir comme, ainsi qu’une soif du sang, le vertige a pu prendre mon mari, le peuple entier. L’ERMITE Ils croient. Laisse—les ! Tu n’y peux rien. Le Destin joue avec notre pauvre tête et notre esprit. EUDORA Vouloir te tuer pour cette brute l L’ERMITE Une brute !... Eh ! celui qui veut son cœur inas souvi trouve partout un prophète. Je ne suis pas le premier martyr, mais à coup sûr un de ceux qui auront été exempts de pensées chagrines; ce n’est pas pour l’amour d’aucune opinion, d’aucune fantaisie tyrannique, mais pour l’amour d’une pauvre guenille, d’une guenille àlaquelle j’avais besoin, par Dieu! C’est mon image de dévotion, c’est le dieu protecteur de mon repos que le misérable me ravit, par—dessus le marché. EUDORA 0 ami, je connais comme toi son sang divin ; mon mari est devenu valet dans sa propre demeure. et son hirsute Majesté, en récompense, a vu en moi la maîtresse de la maison, quelque cygne d’Arcadie, et en mon lit nuptial un gazon pour s’y trémoussen L’ERMITE Je le reconnais bien là.
SATYROS 59 EUDORA Je l’ai repoussé avec mépris ! Il s’est attaché alors plus que jamais à Psyché, la pauvre créature, pour me narguer l... Bref, je mourrai ou je te verrai libre. L’ERMITE C’est pour aujourd’hui qu’ils préparent le sacrifice. EUDORA Le danger nous instruit. Je ne tiens rien pour perdu ; d’un regard, je rentre dans le cœur du témé— taire et présomptueux insensé... ' L’ERMITE Et alors ?
EUDORA Pendant qu’ils te conduisent au sacrifice, je l’attire à s’égarer dans le sanctuaire secret et à laisser là tout semblant de générosité et de douceur. Alors le peuple entre de force pour nous surprendre... L‘ERMITE Je crains.. . EUDORA Ne crains pas ! Celui qui parle pour sa vie a de l’énergie. Je me risque ; toi, harangue-les. L’ERMITE Si cela ne réussit pas, ils peuvent me tuer ! LE TEMPLE snvnos est assis, sérieux et sauvage, sur l’autel. LE PEUPLE à genoux deuant lui. PSYCHÉ à leur tête.
60 . L'INITIATION _ LE PEUPLE (chœur) Esprit du ciel, fils des Dieux, ne t’irrite pas! Aux impies l'orage de ton front, à nous une bienveillante expression l Le blasphémateur a-t-il commis son crime, abaisse tes regards ici, vois, on te venge! Ter rible, son jugement approche. ' HERMÈS (Une troupe le suit, amenant L’ERMITE enchaîné) LE PEUPLE Enfer et mort au violateur l Esprit du ciel, fils des Dieux, ne t’irrite pas contre tes enfants!
SATYROS. descendant, Jelui ai remis son iniquité. Je le livre à la justice; vous pouvez devant les portes l’immoler, le libérer; je ne veux pas m’y opposer. LE PEUPLE O magnanimité 1 Que son sang coule !
SATYROS Je rentre dans le sanctuaire ; et que personne ne s’avise, sous peine de mort, de me suivre ! (Satyros sort.) L’ERMITE Ma vie est dans vos mains ', ce n’est pas que je ne suis point préparé à la finir, car depuis mainte longue année déjà je ne jouis plus de la vie, mais je la porte comme un fardeau. Donc, soit ! Rien ne me retient
SATYROS 6 I F _W qu a... _ . . plus, ni le regard rempli de larmes de quelque ami, ni le besoin où je laisserais une femme aimée, ni la détresse d’enfants non pourvus. Ma maison, qui n’é tait construite que pour le besoin de ma vie, s’écroule après ma mort. Cependant ce qui seulement m’affiige, c’est de m’être avancé avec tant de peine, et mainte— nant, hélas! bien inutilement, dans la connaissance profonde de la nature ; de penser que la connaissance des hommes et maint pouvoir mystérieux doivent disparaître de la terre, avec cette âme. UN PARMI LE PEUPLE Je le connais ; il est plein de savoir. UN AUTRE A quoi bon le savoir P Notre Dieu connaît toute chose. UN TROISIÈME S’il nous le révèle, c’est un autre cas... L’ERMITE : Vous êtes plus de cent. Quand vous seriez deux et trois cents, je vous enseignerais à chacun une recette, à chacun une, parce que ce que tous savent n’est à personne. LE PEUPLE Il veut nous enjôler. En avant ! en avant ! L’ERMITE Encore un mot! Permets-moi donc de te révéler un secret qui te rende à jamais heureux.
62 L’INITIATION HERMÊS De quoi veux—tu parler. L’ERMITE (bas). Ce n’est rien moins que la pierre des philosophes. Viens seulement d’un pas dans cette direction. (Ils veulent s’écarter.) LE PEUPLE Téméraire, pas un pas! PSYCHË Dans le sanctuaire! Et c’est toi, Hermès, qui l’ac compagnes ? Oublies—tu l’ordre de Dieu ? LE PEUPLE Allez ! allez! Impie, ton sang et ta mort! (Ils entraînent l’ermite à l’autel. L’un d’eux met à Hermès le couteau dans les mains.) EUDORA (à l’intérieur). Au secours! au secours! LE PEUPLE Quelle est cette voix ? HERMÈS C’est ma femme! L’ERMITE Contenez votre fureur un instant.
SATYROS 63 EUDORA (à l'intérieur). Au secours, Hermès! au secours ! (Il enfonce les portes du sanctuaire. On voit Eadora luttant contre les eñzbrassements de Satyros.) HERMÈS Ce n’est pas possible ! (Satyros lâche Eudora) EUDORA Voilà votre Dieu! LE PEUPLE Une brute! une brute! SATYROS Vous ne me ferez pas honte, marauds!
Je vous faisais honneur, ânes, en vous traitant comme a fait avant moi Jupiter, mon père ; je voulais instruire vos stupides têtes et chasser les mouches à vos femmes que vous ne songez pas à en préserver; allez, habil« lez-vous d’ordures. Je retire de vous ma main et des cends chez de plus nobles mortels. HERMÈS Va-t’en! nous ne tenons pas à toi. (Satyros s’éloigne.) L’ERMITE Et pourtant une jeune fille le suit. (Fin.) GŒTHE.
64 L’INITIATION Œ’©Ëltit ou ®naeou (Suite et Fin) -—- Beatissz‘ma vergine ! s’écria la vieille. Comment connaît-il notre Gemma ? Et s’adressant directement à moi : -— Elle ne sort que pour aller à la messe; c’est là que vous l’aurez vue et vous aurez demandé son nom. Elle est si belle, si belle que tous les étrangers s’ar— rêtent sur son passage; les artistes paieraient cher pour l’avoir comme modèle.
En tout cas si vous lui avez parlé elle ne vous a rien répondu; pas plus qu’elle na répondrait à présent; la pauvre petite est muette. Je répétai machinalement : — Muette P —- Oui, monsieur, muette depuis son accident. La cicatrice que vous lui voyez au-dessus du sourcil pro vient d’une chute; elle n’a jamais parlé ensuite. C’était contre une vieille cuirasse accrochée à ce coin lit-bas, juste au-dessous de la Minerve...
Coupant la parole à la vieille femme, je dis avec une volubilité excessive : _ — Oui, je sais; une cuirasse, c’est-à-dire la pièce de cuirasse appelée corselet, acier damasquiné et niellé ; deux bandes d’or montent de la ceinture pour se rejoindre au-dessous de la bavière en formant che vron sous un angle aigu. Le long de chaque bande. des bêtes fantastiques s’enlèvent en noir. sur le fond
L’ŒlL DU DRAGON 65 _.‘ 5, (l y—r—a-e .. d’or mat. Au sommet deux dragons se rencontrent front à front comme des béliers qui luttent..... La femme me regardait en face avec des yeux que la stupéfaction avait arrondis. Elle disait : —-— C’est ça, c’est bien ça, mais comment... ? ' -— Oh ! cette cuirasse de malheur, qui la connaîtrait sinon moi, moi qui l’ai commandée à Milan en 1527 ?
Les yeux des dragons sont formés par des rubis taillés en pointe; une de ces pointes a déchiré son front..... Te le rappelles-tu, Gemma, oh! ma Gemma P Ne me regarde pas : tu me ferais tomber mort... un signe de tête pour indiquer que tu m’entends, que tu m’as reconnu !... Terrifiée, la femme reculait pendant que la jeune fille, avec son impassibilité sereine, d’un geste distrait et lent semblait chercher la rotonde de Vesta.
L’homme venait de se dresser brusquement; ren versant la table et jetant son livre, il courut sur moi et me prit par le bras. Il m’entraînaà travers la boutique et me fit gravir un escalier dont les marches me semblèrent raboteuses, inégales, disjointes par places. Nous courûmes le long de plusieurs corridors très sombres.
Il ouvrit une petite porte, la referma à clef aussitôt que nous l'eûmes franchie et me demanda : — Êtes-vous un initié de haut grade P L’action fut aussi rapide qu’imprévue ; la question me surprit. Stupéfait de tout cet extraordinaire sur— venu en si peu de temps, je restai immobile sans ouvrir la bouche. L’antiquaire m’assit sur un siège de forme bizarre 3
66 L’INITIATION et je regardai autour de moi sans rencontrer les limites de la pièce. Elle était remplie par une clarté douce, discrète, atténuée, qui semblait faite de rayons bleus ; cette même lueur mystérieuse, ultra-terrestre, avait illuminé mes visions. Son foyer n’existait nulle part de sorte que les objets, éclairés également sur toutes leurs faces, ne projetaient aucune ombre portée.
Les choses que j’entrevis m’apparurent comme des images dans une glace sur laquelle le souffle humain a étendu une buée légère. J ’aperçus de la sorte de grandes plaques métalliques polies comme des miroirs, des chaînes de métal, des trépieds et certains objets que les franc-maçons adoptent dans leurs simagrées, symboles dont ils ont perdu la signification originelle.
Sur une table de marbre se trouvait incrustée une étoile d’or à cinq rayons, puis posés dessus une ba guette, une épée et d’autres instruments dont je ne sai sis pas la forme et les dimensions. L’antiquaire, qui avait suivi mon regard, dit en souriant : — Vous voilà, cher confrère, dans l’antre du magi cien. J’agis sans détours; faites de même.
Un peu revenu de mon ébahissement, je répondis : -- En toute sincérité, monsieur, j’ignore tout à fait de quoi vous parlez. J’ai cru aux magiciens des contes de fées dans mon enfance; je sais qu’il existe encore des charlatans qui exercent sur les foires..... — « Vrai? Eh bien! soit, je vous crois, mais vous me confondez. Comment! Je ne verrais en vous qu’un .__.nw p, '.unr’ ------'«W_W* m*-rW* a...H ‘ w251
L’ŒIL DU DRAGON 67 vulgaire profane bourré de préjugés, pétri d’ignorance? Pas même initié ? Mais alors le fait n’en est que plus admirable. Sans autre secours que celui de votre orga— nisation, vous seriez devenu un voyant? Oui, vous avez entrevu ces mystères à la connaissance desquels nous arrivons après plusieurs siècles d’études achar nées et de cruelles épreuves.....
« Vous avez aperçu quelque chose au delà des gros siers phénomènes physiques; vous avez, si peu que ce soit, secoué cette hallucination passagère qui s’ap pelle la vie organique et saisi quelques lambeaux de la vérité éternelle. « Et vous, vous ainsi privilégié, vous soutiendriez avec la plèbe ignare des savants officiels que la magie est une duperie ou une chimère !
« Sachez que notre science divine se transmet de maître à disciple depuis que le monde a été créé; vieille comme lui, elle ne périra qu’avec lui; c’est elle qui le gouverne par des lois occultes, le dirige au moyen de fils invisibles. Les persécutions des gou vernements aveuglés ont pu l’obliger au silence, mais sans lui rien enlever de sa puissance infinie. » Lopallino venait de retirer ses lunettes et il me re gardait.
Ses yeux très brillants me parurent cerclés de jaune comme ceux des oiseaux de proie. Leur fixité désagréable me faisait monter avec de vagues nausées un engourdissement général pendant qu’une pesan teur me serrait le front au-dessus des sourcils en me coiffant comme d’une calotte de plomb. J’aurais voulu détourner mon propre regard ; je ne le pus pas. J’étais dominé. .._.......Ç.. “mW.«w——- MJ...”._—_-ËW. . ' i. ’
68 L’INITIATION — Que savez-vous sur Gemma et la cuirasse ? Ï Malgré mes velléités de résistance, une force interne m’obligea de parler. Je lis le récit complet des visions qui m’avaient éclairé successivement à Paris et à Rome. ' Quand je dis avoir retrouvé chez Gemma une loin taine analogie de forme et d’expression avec certaine statue que je croyais me rappeler au fond d’un sou— terrain, Lopallino eut un léger soubresaut.
Les yeux perdus dans le vide, lentement, à voix très basse, il murmura : — Oui... le temple hindou... des brahmes... c’est là qu’ils ont commencé à m’initier. . .
' ’ » Je continuai mon récit et je le terminai en disant : — Maintenant, monsieur, puisque v0usyous pré tendez magicien, apprenez—moi s’il est-possible que la Gemma pour laquelle je suis mort noyé ,auiprin;terhps de 1527 soit la Gemma que je - retrouve pendant l’automne de 1869 derrière le comptoir d’un;brôcane teur,:,z ' '. -’ ‘."’"î ’1' Lopallino m’avait écouté sans faire un mouvement.
Il se tenait, toujours le müenton'sur une main et sem blair caresser. sa barbe. ': * ' t. Quandrjïeus fini il se croisa les bras. .
' Ë:'——'î« Vo‘us êtes, dit-il, après un moment de:sileqce, vOus"êtes,,r je: le répète, singulièrement:privilégié d’avoir pu,.sans études, pénétrer-le mystèfedes incar-s nations successives; il n’est:révéléfià:lafimajorité: des: hommes qu’après : leur: mort. lMOi:—m’ênæ: jiai:—cemaide—ê ment vécu sous une autre forme que celle ' de Lopal lino l’antiquaire. Parfois je me rappelle mes exis ,'WlwÏT—' u., _. . C:w__v >'_r—lM—d'*AT- ‘:g";"a.d ‘.'.A
L’OEIL DU DRAGON 69 tences antérieures mais seulement par rapides intui— tions comme ces éclairs qui déchirent la nuit pendant l’orage. I «Il est plus étrange encore qu’un Esprit ait retrouvé sa forme matérielle et jusqu’à son nom dans la suc cession de ses existences corporelles . Cela peut s’expliquer cependant.
Savezvous ce qu’est Gemma ? » f Je ne répondais rien ; l’antiquaire reprit : '»*'— Représentez-vous une âme encore en période d’incubation, un esprit élémentaire, un être inachevé s’essayant à l’humanité. Comme elle doit réaliser le prototype de la beauté féminine sur notre planète, la nature n’a pas brisé son moule; il lui serait difficile de rassembler une seconde fois toutes les perfections matérielles.
A cet être, hélas ! il manque quelques— uns des sept principes dont la réunion constitue l’homme..... Je voulais parachever Gemma et vous m’y auriez aidé, vous dont le sort est uni au sien, si nous n’avions pas perdu la cuirasse de Staccone... — Pour le coup, pensai—je, le bonhomme est en enfance ou bien je suis ivre. Si habitué que je fusse à rencontrer des singula rités, jamais mon bon sens n’avait buté contre une extravagance pareille.
J ’essayai de me lever pour chercher la porte. — Veuillez m’écouter comme je l’ai fait, reprit mon interlocuteur et prêtez-moi la plus grande atten— non. J ’obéis. — « Lopallino, le bourgeois du Vélabre, a épousé il y a trente—cinq ans une fraîche et vigoureuse Traste— MW”AAÏ, _‘ r--- . .-..—w
70 L‘INITIATION verine qui gère parfaitement la boutique. J’ai donc une excellente femme. Or celle—ci a trouvé une enfant abandonnée sur une marche de l’escalier d’Ara Cœli. « Personne ne réclamant l’enfant nous l’avons adoptée, élevée et nommée Gemma, à cause de la beauté pour ainsi dire paradoxale qui s’annonçait dès ses pre mières années.
Nous avons, en même temps, cons— taté chez elle une grande difficulté à s’exprimer et l’absence, au moins apparente, de toute sensibilité. » V Le regard du soi—disant magicien me plongeait, vous ai—je dit, dans une sorte de torpeur. Sa voix un peu sourde, sa diction lente et monotone contribuaient à entretenir l’engourdissement. Il m’était malaisé de suivre ses paroles dont je cherchais à pénétrer le sens.
Je sentais, comme lorsqu’on va s’endormir, ma pensée s’envoler et je voulais la ressaisir de même que l’enfant rattrape le fil au bout duquel il a attaché un papillon. Et puis je me trouvais humilié de la fascination que ce boutiquier plus ou moins charlatan exerçait sur moi. J’aurais voulu l’interrompre par quelque boutade impertinente.
Il me fut impossible de rien dire et il continua en tenant rivé sur mon visage son regard clair: -—— « Un peu plus tard, je fis l’acquisition de deux objets précieux pour moi : un corselet d’acier ramené du fond du Tibre près le château St-Ange, et puis un fragment de rubis gravé.
L’ŒIL DU DRAGON 71 « Ayant pu distinguer la marque de l’artiste et la date de fabrication, je reconnus un chef-d’œuvre de Glor gio Staccone exécuté en 1 527. « Le rubis m’intéressait à un autre point de vue. Indépendamment des recherches spéciales nécessi— tées par ma profession, j’ai étudié les sciences hermé— tiques vers lesquelles me poussait un goût que je puis appeler instinctif.
Les connaissances acquises m’ont donc fait reconnaître un fragment d’abraxas gnostique d’Alexandrie, un abraxas basilidien. Je le porte toujours sur moi; le voici. » Lopallino tira de la poche de son gilet un petit écrin renfermant, sur un moelleux coussinet de soie blanche, un morceau de rubis cassé dont une des faces portait une tête de cynocéphale sur torse humain, et des lettres grecques symétriquement disposées.
La gravure devait se continuer sur le morceau disparu. — Si je pouvais compléter cette pièce, la destinée de Gemma s’accomplirait en même temps que la vôtre. —Je ne comprends pas, dis—je, en me demandant encore si le pauvre homme jouissait de ses facultés mentales. — « Certainement non! Eh ! comment un misé— rable profane comprendrait-il des mystères dont la profondeur échappait aux hiérophantes d’Eleusis ?
Si votre intelligence reste fermée, ouvrez au moins l’oreille. « Vous savez comme quoi Gemma, alors âgée de quatre ans, s’est blessée au front en tombant sur la pointe de rubis enchâssée dans l’œil du dragon. On vous a dit que cet accident avait déterminé son W "—" "‘ i \ " " “’N““w«.—‘Mwxu- . - . 'Y.‘nAw . . IhÊ.u..ln.
72 L’INITIATION . 1 mutisme complet. Le lendemain de sa chute, lecor selet avait disparu ; je n’ai jamais pu le retrouver. A force de travail j’ai fait une découverte importante : Le rubis de l’œil du dragon de gauche sur le corselet n’est autre chose que la seconde partie de l’abraxas basilidien.
Ce pauvre ignorant de Staccone, ne soup çonnant pas la valeur de son trésor, a simplement taillé ce fragment pour l’enchâsser dans l’acier de votre cuirasse. « Une révélation, commeil en arrive dans mes rares éclairs de lucidité extra—terrestre, m’a enseigné un secret plus important encore. Au talisman gnostique est attaché le mystère du sort de Gemma. « Voilà pourquoi il faut m’aider à retrouver la cuirasse. Que ce soitl’œuvre de votre vie.
Consacrez-y les quelques années d’existence qui vous sont prêtées en attendant une autre incarnation. Tôt ou tard les obscurités étant dissipées, Gemma, devenue complè tement femme, sera à vous. » Pris de vertige, je sentais ma tête tournoyer. ' — Parlez-vous sérieusement?
D’où savez-vous ces choses P De son ton calme et posé Lopallino répondit: —-« Avez—Vous remarqué la signification du nom de Gemma, c’est-à—dire pierre précieuse? de ce nom dési— gnant deux fois une même individualité i‘ Remarquez vous aussi la blessure produite au front par le même rubis ? Vous expliquez—vous la répercussion d’un fait identique à trois siècles d’intervalle ? Que signifie cette sorte d’affinité chimique entre l’écorce charnelle de Gemma et une pierre précieuse ?
.Hx-_'l ,. —.——' ,.;-s:_;_. .. il"âiV“"*-T" ' :""‘ '. f‘ ' L’ŒIL DU DRAGON 73 « Effet du hasard? Allons donc! Pour le«sage le hasard n’existe pas. Les événements en apparence les plus futiles ont leur raison d’être en vertu des lois immuables qui régissent la nature; et ces lois échap pent à l’intelligence terrestre. « Gemma est une émanation de l’âme universelle vivifiant toute chose créée dans les mondes qui peuplent l’espace.
Dans l’univers tout est vivant, même les minéraux accusés d’inertie par nos savants d’Académie. Ils sont composés d’atomes qu’agite un tourbillonnement perpétuel. Leur mode de cristalli sation est imposé par les mêmes lois qui délimitent la forme des organismes animaux. « Or, s’ils vivent, ils ont des âmes, âmes rudimen taires, principes de vie destinés au perfectionnement successif.
« Sachez donc que l’abraxas basilidien provenait du joyau enchâssé au front d’une déesse hindoue, et que celle—ci renfermait l’esprit encore embryonnaire de notre Gemma. ‘ - « Quand'cet esprit sera complété, la pierre s’atten- ' drira, elle deviendra chair ; un cœur féminin pourra battre sous la magnifique enveloppe glacée.
« Gemma parlera lorsque le langage lui sera néces— saire pour exprimer des sentiments ; jusqu’à présent elle n’a connu que les sensations superficielles. L’ao meut est un mystère sacré que, comme la majorité des hommes, vous avez profané dans d’autres exis tences en retardant votre développement spirituel. Voilà pourquoi vous vous êtes heurté à un bloc de marbre, que vous ne pouviez pas spirituellement visi
74 L’INITIATION ter. Purifié par la souffrance, dégagé des instincts matériels et brutaux, vous déterminerez l’éclosion d’un cœur chez Gemma. Peut-être faudra-t-il pour cela de nouvelles incarnations. Voilà ce que la posses sion de l’abraxas nous eût aidés à accomplir. « Vous ne comprenez pas ? Pour être intelligible il me faudrait d’autres mots que ceux des langues humaines. Par lui-même un talisman n’est rien.
Celui que je veux retrouver serait dépourvu de toute vertu sans la consécration du mage qui a hérité de mon savoir, de même que moi j’avais hérité du savoir de Pythagore, des Egyptiens, des Brahmes. » Lopallino s’était levé en parlant, une transforma tion s’opérait chez lui. Du bonnet grec orné de vieux galons il ne restait qu’un cercle d’or serrant ses cheveux qui tombaient sur ses épaules en longues ondulations blanches.
Blanche aussi,la barbe déroulait des boucles babylo miennes sur sa vieille robe de chambre devenue une simarre lamée d’or. De ses yeux brillants partait l’irradiation bleue qui avait éclairé mes rêves et qui maintenant rem plissait l’espace.
De tout son être émanait ce quelque chose d’im mense que l’on a pressenti êt que l’on ne sait pas, que l’on voudrait saisir et que l’on n’ose pas ; le rayon nement d’un inconnu plein de majesté, d’une splen deur toute psychique. Je murmurai : —- Qui donc êtes-vous ?
L’OEIL DU DRAGON 75 L’auguste personnage sourit avec la condescen— dance suprême d’un Dieu descendu sur terre. — En voyant mon nom sur ma porte, pourquoi vous êtes-vous arrêté P Est—ce que vous ne sauriez plus lire ? Au-dessus de moi, dans l’espace, je revis les lettres de sa devanture : « LOPALLINO Dl NEATI » . Elles volti— geaient,tourbillonnaient scintillantes comme des ban des de lucioles en amour dans les belles nuits du sud.
Elles brillaient, pâlissant et subitement ravivées ainsi que des traînées phosphoriques au milieu de l’obs curité. Groupées en demi-cercle elles tracèrent un nimbe au-dessus de la tête du sublime vieillard ; sur le front de celui—ci flamboyait une étoile à cinq pointes lumi neuses, le signe du Microcosme. Les lettres s’étaient agencées de manière à écrire sous cette forme : oN 10 Dz \>) / 0 7 Q.
“1» v (e Apollonius de Tyane il! le grand thaumaturge, le successeur de Pythagore, l’élève des mystérieux Brahmes de l’Inde ! ! Il me dit en conservant son sourire. —— « Je m’appelle Lopallino dans le faubourg de Vé labre où j’exerce ma modeste industrie. N’est-il pas singulier que les lettres de mon nom soient celles du nom que portait l’ancien mage
76 . L’INITIATION _.—-: « Vous penserez que tout ceci est illusion. Däns un instant nous aurons fait un rêve..... » Je murmurai en tremblant: -— Apollonius de Tyane ! le divin Apollonius! Ah! mon Dieu, mais je suis halluciné, je deviens fou! — « Vous êtes déjà l’un et l’autre. La lumière fas— cine, elle enivre comme le vin. Vous avez vu l’invi sible ; dans l’invisible seul réside le VRAI.
« Le monde n’est pas encore assez spiritualisé pour le saisir. Oui vous serez bafoué, persécuté, enfermé avec des êtres privés de raison. Les aveugles traite ront toujours en fou celui qui affirme la lumière. « Epurez—vous donc afin de vous élever dans la hié— rarchie spirituelle. » Ecrasé, ébloui, terrassé, je me laissai retomber et je fermai les yeux. _ Quand je les rouvris, j’étais au milieu d’un galetas encombré d’un amas de vieilles choses.
Le débonnaire Lopallino tenait une lampe à trois becs; son dos s’arrondissait en plein cintre sous sa vieille robe de chambre ; une grande toile d’araignée pendillait accrochée à son bonnet grec. Il furetait dans tous les coins. — Ma foi, monsieur, dit-il en bougonnant, je ne puis pas mettre la main sur ce que vous cherchez. Je descendis bien vite. je traversai la boutique dé serte et je me retrouvai au coin de la place Bocca della Verita. La lumière du premier réverbère me fit très mal aux yeux.
L’ŒIL DU DRAGON I 77 Irl_‘\l‘ VI. Le narrateur s’arrêta court. Et la fin de l’histoire? — Il n’y en a pas. J’ai dépensé mes années et mes écus en pérégrinations pour chercher la cuirasse. Mon dernier voyage m’a amené ici. On m’empêche d’en sortir. J’y reste donc et je m’y laisse vivre en attendant une prochaine incarnation. Je vous quitte, car voici l’interne au bout de l’allée.
' Reprenant sa bêche le vieux fou s’engoufira dans le massif de rhododendrons. Une idée jaillit dans ma cervelle: Les visions du bonhomme lui paraissent jaunes et ses atmosphères d’un bleu transparent. Le vin d’0rvicto, si doux au palais, est magnifiquement jaune. Les arêtes d’un flacon de cristal forment un prisme que la lumière traverse en jetant sur'les tables d’auberge certains rayons du spectre solaire où domine le bleu.
Mon illuminé ne serait—il qu’un simple ivrogne P Comme je me posais cette question l’interne arriva. .. ' _ _ — Pardon de vous avoir fait attendre si longtemps; Je quitte un agité qui n’était pas commode à réduire. Me voici maintenant tout à vous. Allons chez les épileptiques ;vous verrez des sujets intéressants. Septembre 1889. R. DE MARICOURT.
'78 L’INITIATION firsrtass (Suite) L’abz‘me tentateur renforce tes voix gaies Par les écroulements somptueux de monnaie. Un autre appel s’élève. et c’est une chanson Qui nous émeut d’ un tiède et violentfrisson Comme le vent du sud chaufle et tord des voilures. « Monter vers eux, parfums légers des chevelures, Et vous, bruits doucereux des caresses, monte{ Avec le clair éveil des rires chuchote’s!
Ensez’gneg-leur l’amour, seul reposoir propice Où lafatigue d’être immortel s’assoupz’sse, E 1‘ ce léthé, stagnant endormeur des desseins, Qui gît dans l’intervalle adoré des beaux seins.
Langueurs [asses du lit, soupirs, caresses nues, Doux néant, soyer—leur des ivresses connues, Et qu’il sachent, heureux de se désabuser, Ce que l’Enfer a mis de ciel dans le Baiser! » ; Ce chant quinous poursuit, plein d’enervantesfzèvres, A fait se rapprocher ma bouche de tes lèvres; Parce qu’au fond de moi sans doute il est resté Un peu de pesanteur de l’univers quitté, Mon front penche, surpris d’ivresse et de panique Au doucereux appel de la Chair tyrannique, Et je te dis, sentant se heurter mes genoux:
HESPÊRUS 79 « Regardons-les {peut—être ils aiment comme nous... » Mais ton œil, qui connaît le bon grain de l’ivraie, Surprend l’ombre d’un jet de la lumière vraie, Et l'enfer, qui s’efl"are, apparaît dans ce jour Tout autre qu’il n’était, vu selon son amour.
Ce bétail attaché dans une herbée épaisse De glaz’ves et de dards sanglants, pour qu’il y puisse, Ces ânes dont le bât a crevasse’ leur dos Et qui buttent, chargés de coups sur lesfardeaux, Ces lynx maigres, don 2‘flotte, ainsique de vieux linges, Le ventre, ces chacals chevauchés par des singes, Ces porcs, sale troupeau gras d’ ordures, qui sent, Palpe et mange sa fange en se réjouissant, Ce sont les empereurs, les évêques, les princes!
Un roi qui grossissait d’empires ses provinces, Homme encor, mais sans tête, apour royaume un trou Et porte sa couronne à même sur le cou, Pendant qu’à ses talons ce loup—cervz‘er qui lape Du sang est un héros et ce renard un pape! (A suivre.) CATULLE MENDÊS. ramonaaemu Entrevue du Tzar et de l’Empereur d’Allemagne. — Ce qu’ils auraient dû dire (Août 1890). Par ALBER Juouumr, Paris, Comptoir d'édition.
Une récente entrevue entre les deux plus puissants souverains de l’Europe a inspiré à l’Initié—Poète, Alber Jhouney, un poème qui, après avoir paru à. la Revue de
80 L’INITIATION Paris et de Saint-Pétersbourg et à l’Etoile, nous parvient en brochure. Guillaume 11, le Nemrod tyrannique, le Droit armé, qui met le légitime pouvoir divin dans la grandeur royale, offre à son frère de Russie l’écrasement de la France, de la Révolution et de la Liberté au profit de la ligue des trônes. Logique égoïsme et encore violente loyauté. Quoique empereur, le Tzar, qu’un signe sacré protège et inspire, se refuse.
Il sait trop que Trop grande. l'Allemagne Ne voudra plus soufl'rir d‘égale pour compagne. Sur l'ancien allié. sur le frère imprudent L'Empereur d‘Oecident jetera l‘Occident. Même fidèle aux promesses, Guillaume ne pourrai: contenir son peuple. D’autre part la Liberté gagne l’univers. Du nord au sud la grande Amérique se fait libre. Il est d'occultes lois par qui le monde tremble. Dont nous ne savons rien, qui règnent plus que nous.
L’ Allemand s’emporte : Je la souhaiterai cette lutte sublime, A En finir avec la révolte, avec le crime, L'Ancien continent reprenant le Nouveau, Et nous, rois. sous le ciel flottant en grand drapeau, Nous, rois, maîtres du monde entier comme il est juste. Mais avant les trônes, le Tzar, lui, voit les nations : . . .
Je suis seul le responsable devant Dieu De ce peuple, Mystère et Matrice au milieu Du lucide Occident aux croyances usées, Et de l'Orient large où planent des pensées...
Quant à l’asservissement des Latins, il l’empêchera, le dût—il par le glaive, et le Teuton ne serait qu’épave à l’irrésistible flot slave : Je verseruis mon peup‘e en sa force sans fin ou couve la douleur d'un désespoir divin, Et qui t'engloutirait, ô mon frère héroïque, Sans colère, et comme une mer mélancolique...
Guillaume répond qu'il reste dévoué, chrétien, géné— reux, mais il n’épargnera point la rébellion : Tout amour ou tout fer, jamais rien à moitié.
BIBLIOGRAPHIE 8 I Que fera. son frère slave, lorsque le nihilisme, ne se contentant plus de frapper le chef, à grandes secousses fera s’écrouler l’ordre social? Lui, la justice, il exter minera son ennemi, en mourant lui-même. . . . C'est en écrasant que je tomberail Et toi ? LE TZAR Je resterai debout et je prierai.
Au large-horizon de ce fatidique poème, brumeuse et rougeâtre, l’aurore des socialismes futurs, Nemrod mourra, méchant ou bon, dur ou charitable, empereur d’Allemagne ou Tzar. De l’abîme des peuples, le Christ social, sanglant, se lèvera tel un lion. Le Devoir révolté tuera enfin le Droit. Inélucrable providence. Mais noble ment ils tomberont les rois d’indomptable orgueil, glO-, rieusement las, empereurs de sagesse et de piété.
Le poète ne réserve son mépris que pour la politique tor tueuse et cabotine, pour le Bismarck qu'il flagelle d’une large ironie hugolique ou dantesque : , Joueur Obscur, Homme d'expédients, d‘astuce et de réclame, Habillé de passé mais moderne dans l'âme, Bismarck, géant de foire, empirique et hâbleur. Son pouvoir enlevé découvre sa valeur. Eh bien, qu‘a-t-il choisi pour suprême attitude ? La grandeur du silence et de la solitude?
La révolte effrayante et le bond du damné ? Rien de cela. Des pleurs d'acteur infortuné, Qui se plaint aux journaux et se confie aux drôles. Oui, c’est l'âme moderne, en tout jouant des rôles, Faible au fond, sans réel orgueil et sans ferveur l Avecdes airs de matamore et de buveur Avoir bu le pouvoir dans la coupe d‘Hercule, Et finir par ce bavardage ridicule I D ' L’initié-Poète de l’Etoile sainte, des Lys noirs, du. Livre du jugement est en pleine possession d’un tols-> toîque hexamètre. C.
82 L’INITIATION m_,, ,' L‘ARBRTÏRAGÈ A vous tous, hommes de bonne volonté, à vous toutes, lectrices au cœur compatissant, à tous ceux qui, attentifs à l’écho du passé, aidés par leurs supérieurs dans la hié rarchie humaine, cherchentà restituer, pour eux et pour la société, cette sagesse antique, harmonieuse science de la triple vie physique, intellectuelle et morale, j’adresse un pressant appel, je viens tendre la main pour une idée juste, belle et prat1que en notre fin de siècle.
Certes la guerre a sa. beauté fatale ; mais son principe est la destruction, et le sage, consulté. laisse tomber de sa bouche sérieuse et douce l’inéluctable sentence: 4!
Le génie de la mort, qui doit être vaincu, a, dans les grands carnages modernes, déplo é ses derniers efforts, comme il était prédit ; le cycle e conservation va s’ouvrir et Père de paix durera jusqu'à la prochaine création. ) Vous savez tous, vous pressentez toutes que le triomphe du droit sur la force, de la Providence sur le Destin est la conclusion logique de l’évolution occidentale ; vous en avez l’espoir, vous y avez une foi inébranlable: pour suivez-en la réalisation avec votre indomptable énergie, et, dans l’occasion présente, adhérez tous à la Société Française pour l’Arbitrage entre nations ; vous avez montré, une fois de plus, que notre vaillante revue se distingue, comme son directeur, par son sens audacieu sement et intelligemment pratique.
E. GARY DE LACROZE. ÏËtR©U‘PE iNDJËPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES sous LA DIRECTION DE LA REVUE L’Initz'ation STATUTS Titre I BUT Art. premier. -— Le Groupe indépendant d'Etudes éso tériques a pour but: I° L’étude impartiale, en dehors de toute académie et
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 83 _ de tout cléricalisme, des données scientifiques, artis tiques et sociales, cachées au fond de tous les symbo lismes, de tous les cultes et de toutes les traditions; 2° L’étude scientifique par l’expérimentation et l’obser vation des forces encore inconnues de la Nature et de l’Homme (phénomènes spirites, hypnotiques, magiques et théurgiques); 3° Le groupement de tous les éléments épars en vue de la lutte contre les doctrines désespérantes du maté rialisme et de l’athéisme.
Art. 2. — Chacun des membres conserve son entière liberté d’opinion, à condition de respecter celle de ses collègues. Toutes les discussions politiques ou religieuses étran gères au but ou statuts sont interdites. Titre II ORGANISATION Art. 3. -— Le Groupe a son quartier général à Paris, 2q. rue. de Trévise. et des branches partout où il peut en établir.
Le Groupe comprend: I° Des membres associés : ,,.. __ actifs: 3° — titulaires; 40 — bienfaiteurs: 50 ... d’honneur : 6° Des sociétés adhérentes. Membres Art. 4. — Associés. Les membres associés sont reçus sur leur demande. Ils payent un droit unique de cinq francs à leur entrée dans la société. Ils reçoivent une carte et un insigne. Ils ont droit d’assister à toutes les conférences et à tous lescours de la Société, mais non aux études pratiques.
Ils portent le titre de (M. G. E.) Tout abonné d’un an de la Revue l’Initiation reçoit sur sa demande une carte de membre associé. Il‘est, de plus, exempt du droit d‘entrée.
84 L’INITIATION Art. S. —- Actifs. Les membres actifs du groupe sont nommés, sur leur demande, par le comité de direcrion. Ils peuventassister à toutes les séances d’enseignement et aux expériences pratiques, en se conformant au règlement. Tous les rédacteurs de l’Initialion sont de droit mem bres actifs. Ils doivent cependant faire la demande au comité de direction pour recevoir leur carte. Art.) 6. —‘ Titulaires.
Les membres titulaires du groupe sont nommés parle comité de direction à la ma jorité absolue. Ils peuvent seuls faire partie de divers bureaux dans les commissions. Seuls. ils peuvent diriger des groupes d'expérimentation ou d’études. Tous les rédacteurs de la partie initiatique de la Revue sont de droit membres titulaires ainsi que les directeurs et les secrétaires de rédactiun de cette revue. Art. 7. -— Bienfaiteurs.
Sont membres bienfaiteurs du Groupe tous ceux qui font un don de cent francs au moins pour l’œuvre. ’ Le nom des membres bienfaiteurs est affiché (à moins d’avis contraire de l’intéresse) au quartier général dans un tableau spécial et communiqué à toutes les branches. (Ces dons doivent être faits personnellement au nom d’un des membres du comité de direction.) Art. 8. — Membres d'honneur.
Le comité de direction pourra décerner des diplômes de membres d’honneur du Groupe à ses membres qui seront jugés dignes de cette distinction. Le nom des membres d‘honneur est affiché dans un tableau spécial au quartier général. Art. 9 — Les titres de membres bienfaiteurs et de mem bres d'honneur sont purement honorifiques et n’imp05cnt aucune obligation spéciale à ceux à qui ils sont décernés. Titre IlI ADMINISTRATION Art.
10. — L’administration générale du Groupe est confiée âvtrois grandes commissions formées de mem bres titulaires. Ces commissions sont : ' I" La commission des finances ;
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 85 2" 2° La commission de propagande et de défense; » . 3° La commission d’enseignement. Art. 11. -— Lors de sa nomination, chaque membre titulaire indique la commis>ion spéciale à laquelle il désire être attaché. . Art. 12. —Tous-les trois mois chacune de ces commis sions se réunit et prend connaissance des travaux acco .11 plispar le con ité de direction qui administre les affaires courantes dugroupe.
Elle présente‘ ses.observations sur ces travaux et les approuve ou les désapprouve. ‘ Art. 13. — En cas de désapprobation, uh-comité d'ar+ bitrage, composé de sept membres, est élu en séance plé nière des trois commissions et décide ce dernier ressort. (Voir l’art. 23.) Art. 14. — Le directeur de chacune des trois commis. sions est nommé pour cinq ans à la majorité des mem— bres de sa commission présents. Il est rééligible. Disposition spéciale.
Le. président fondateur du Groupe indépendant d’études ésotériques est nommé à vie. Il peut déléguer ses pouvoirs à un membre titulaire choisi parlui. ‘ Art. 15. — Les fonctions des trois commissions dans l’administration générale sont les suivantes : Commissions ' A. Finances.
La commission économique gère les finances de la Société et fournitles fonds disponibles aux autres commissxons sur la demande de celles-ci et à la majorité de ses membres présents aux délibérations. B. Popagande. La commission de propagande veille au développement et à la défense de la Société. C’est à elle qu’incombe l’exécutif. _ Elle se partage en autant de groupes que l’exige la rapidité du travail. C. Enseignement.
La commission d’enseignement émet son avis sur toutes les questions d’enseignement. Ces avis deviennent exécutifs après approbation par les deux autres commissions. Comité de direction Art. 16. — Les affaires courantes du groupe sont ad
86 L’INITIATION ministrées par un Comité de Direction composé des trois directeurs des grandes commissions (Finance — Pro pagande -— Enseignement) et présidé par le Président Fondateur du groupe. Art. 17. —- Le Comité de Direction a tous pouvoirs pour prendre les décisions nécessaires aux progrès des idées représentées par le groupe. Les décistons sont prises à la majorité absolue des membres.
En cas de partage égal de voix, celle du Président est prépondé rante. ' Art. 18. — Aucune cotisation n’étant demandée aux membres, le Comité de Direction peut faire un appel fraternel à tous, en cas de besoin urgent en faisant con naître le motif de cet appel. Chacun reste libre de ré pondre comme il l’entend à cette demande qui ne se fait qu’en cas vraiment nécessaire et sous le contrôle de la Commission des Finances tout entière.
Titre IV DISPOSITIONS GÉN ÊRALES Art. 19. — Toute décision intéressant la Société en général doit être prise par le Comité de Direction sur la proposition de l’un quelconque des membres titulaires de la Société et approuvée par les trois commissions. Une telle décision ne devient exécutive qu’après appro— bation par les trois commissions à la majorité des membres présents. Conférences et cours ' Art. 20.
Tout membre de la Société peut demander à faire des conférences. Il est autorisé par le Comité de Direction. Des cours réguliers et suivis ne peuvent être faits que par des membres titulaires de la Société après avis conforme du Comité de Direction. Ce comité peut, dans certains cas et à la majorité absolue, accorder cette autorisation pour un cours spé— cial ou une conférence à toute autre personne. Études pratiques Tout groupe d’études pratiques devra être dirigé par
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 87 un membre titulaire. Personne ne sera admis aux séances fermées sans avoir subi l’initiation nécessaire à l’effet de se rendre bien compte des effets produits (voir le règle ment). Diplômes d'honneur Art. 22. — Le Comité de Direction pourra décerner un diplôme d’honneur à toute personne qui aura rendu service par ses actes ou par ses œuvres à la cause de la philosophie spiritualiste .
Les diplômes doivent être signés du Président ou des deux membres du Comité de Direction. Contestations Art. 13. —- Justice. Toute contestation est réglée à l’ARBITRAGE. Un arbitre est choisi par le plaignant et agréé par la partie adverse. Un arbitre est choisi par la partie adverse et agréé par le plaignant. Un membre titulaire de la Société également agréé par les deux parties préside les décisions.
Les décisions de ce comité d’arbitrage peuvent être portées par le plaignant pour approbation ou désappro bation devant les commissions. Le vote de ces commis sions, après nomination par elles de nouveaux arbitres, est sans appel et devient exécutif. Au cas où les parties ne pourraient s’entendre pour la nomination des arbitres, ceux-ci seront nommés d’of— fice par le comité de Direction. Cas non prévus Art.
24. — Tout cas non prévu dans les présents sta— tuts sera réglé par le Comité de direction et devra être approuvé par les comissions de la société. Titre V ORGANISATXON EXTÉRIEURE Art. 25.- Outre le Quartier général à Paris, le Groupe comprend des correspondants et des loges dans tous les pays .
88 L’INITIATION Art. 26. — Chaque correspondant du Groupe est nom. mé par le Comité de Direction. Il reçoit une carte spé ciale signée du Président ou de deux membres du Comité de Direction. Art. 27. — Le correspondant du Groupe a tout pou— voir pour organiser des branches à condition d’en faire connaître les membres au Quartier général. Les branches sont définitivement constituées après réception de leur charte. Art.
28. —- Le correspondant du Groupe peut nom— mer directementles membres associés. Il signe les cartes de ces membres, faisant suivre sa signature de son titre. Branches Art. 29. — Tout correspondant qui désire s’occuper activement de la diffusion des idées défendues par le Groupe et qui peut trouver les éléments nécessaires à cet effet peutdemanderà fonder une branche du Groupe.
A cet effet il envoie au Quartier général le titre qu’il a choisi et reçoit la charte nécessaire avec le titre de Président de la Loge. Art. 30. — Le Président a tous pouvoirs-pour orga— niser la Loge comme il l’entend et pour nommer les membres de cetteloge qui sont de droit membres asso— ciés du Groupe. Il est responsable personnellement de l’administration et des finances de sa loge. Il ne doit aucune contribution financière au Groupe. Art.
31. — Chaque loge reçoit sur sa demande toutes les communications confidentielles qui peuvent aider à son développement. Elle reçoit aussi de la part du Quar tier général des dons en livres ou en publications, autant que cela est possible. Art. ‘52. — Les Loges qui en feront la demande rece vront toutes les instructions nécessaires à l’effet d‘entrer en relations avec les groupes Martinistes ou les frères de la R. C. Art.
33. —T0ut Président de branche est de droit membre titulaire du Groupe et peut fonder directement des branches ou nommer les membres associés d’après l’art. 27.
GROUPES INDEPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 89 SOCIÉTÉS ADHÉRENTES Art. 34. — La Société qui désire faire adhésion au Groupe en fait la demande au Comité de Direction en présentant un extrait de ses statuts. Ce comité avise la Société du résultat de sa demande. L’adhésion au Groupe n’implique aucune sorte de changement dans la conduite interieure de la Société.
Chaque Société adhérente conserve son indépndunce absolue et n'a rien à voir avec les actes du Groupe, pas plus que le Groupe n’a à s'inquiéter des actes personnels de la Société adhérente. Quatre membres au moins de la Société adhérente doivent être membres réguliers du Groupe.
Voici maintenant les avantages que procure l’adhésion au Groupe : 1° Le nom de la Société, son siège social et le nom du président sont inscrits en permanence dans la salle de conférences du Groupe; 2° Les réunions de la Société sont annoncées au public dans un cadre spécial; 3° Une salle de conférences est mise à la disposition de la Société adhérente pour une somme très minime représentant juste les frais indispensables (S à 10 fr.). — (La salle est accordée après entente avec le Président de la Commission des Finances, administrateur-directeur du siège central du Groupe, M. Lucien Mauchel); 4° Tous les membres de la Société adhérente jouissent des mêmes privilèges que ceux du Groupe et peuvent être admis à la bibliothèque, aux conférences et aux cours; 5° Dans certains cas l’Initiation et le Voile d'lsis peuvent insérer les communications importantes des Sociétés adhérentes.
En s0mme, toute Société, aussi petite qu’elle soit, se trouve du jour au lendemain, par le fait de son adhésion, posséder un local, une salle de réunion, une librairie pour les ouvrages de ses membres ou pour les achats qu’ils peuvent faire, c’est-à-dire est aussi puissante que les Sociétés les mieux organisées et les plus riches, et cela sans aucune dépense notable. ‘ _
90 L’INITIATION QUARTIER GÉNÉRAL RÈGLEMENT I. Les locaux du Groupe sont placés sous l’adminis— tration générale du Directeur de la Commission des Finances, directeur adjoint de l’Initiaiion, M. Lucien Mauchel, licencié en droit. 2. La librairie est ouverte tous les jours, dimanches exceptés. Les salles de lecture sont ouvertes aux membres abonnés tous les jours de la semaine, sauf le mercredi, de 10 heures à 5 heures. 3.
La salle de conférences et les salles de cours sont ouvertes les jours désignés à cet effet aux membres pourvus de leur carte ou aux invités munis de leur invitation. Les officiers seuls du Groupe peuventy entrer les autres jours. 4. Le local destiné aux séances pratiques est ouvert une fois par mois aux membres actifs et titulaires du Groupe sur invitation spéciale, délivrée sur leur demande. 5 z. ÉTUDES EXPÉRIMENTALES 5.
Nul ne sera admis à assister à une séance d’études expérimentales (spiritisme, magnétisme, etc.) au Quartier général, s’il n’a pas reçu une initiation particulière. 6. Cette initiation pourra être donnée par le Direc teur du Groupe d’études, avant la séance. Ellene durera Pas plus d’un quart d’heure; le Directeur pourra délé— guer ses pouvoirs à un membre titulaire. 7.
Il est impossible de rien comprendre aux expé— riences d’un chimiste, si l’on ne connaît pas quelques mots de chimie ; de même il est impossible de rien com prendre aux phénomènes occultes si l’on n’en connaît pas la théorie. L’initiation des personnes appelées à assister aux études expérimentales comprendra donc: I°Un résumé rapide des principaux phénomènes qui peuvent se présenter.
2° Un exposé des règles à suivre pendant la séance pour éviter de trou’ler l’ordre des phénomènes ou d‘influencer le sujet ou les médiums. 8. Les personnes ayant subi cette initiation recevront
GROUPE INDEPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 91 le titre d'Associë—1’rarz’que. Une carte leur est donnée sur leur demande. 2° degré 9. Les membres qui désirent étudier d’une façon suivie les phénomènes recevront un complément d’ini tiation comprenant: ‘ I° L’exposé des théories d’Allan Kurdec sur les phé nomènes produits et leur cause. 2° Un résumé de l’œuvre d‘Allan Kardec et du mou vement spirite en France depuis I853. I0.
Les membres ayant subi cette initiation recevront le titre d’Initié—Spirite. Une carte confirmant ce titre leur est donnée sur leur demande. 3e degré I I . Les membres titulaires désirant diriger un groupe d’études expérimentales recevront un complément d’ini tiation comprenant: I° L’exposé des théories des principales écoles spi— rites, théosophiques et occultistes sur les phénomènes produits et sur leur cause.
2° Un résumé du mouvement spiritualiste dans toutes ses branches depuis I850. 3° Des conseils pratiques et des cours sur la forma tion des Sujets et des médiums. 12. Ils prennent le titre d’Initiateur-Pratique et reçoivent un diplôme spécial. ŒE «sauveur ANNUEL DU GRAND ORIENT DE FRANCE Chaque année, les représentants des loges maçon« niques groupées sous l’obédience du Grand-Orient de
92 1- ' L’INITIATION v France se réunissent à Paris pendant une semaine afin de délibérer sur les affaires les plus importantes de la fédération.‘ 'o - Il ne s’agit d’ordinaire que de procéder à l’élection des membres sortants du conseil de l'Ordre et de la chambre de Cassation, puis' d’approuver les cQmptes de l’exercice financier précédent et d’arrêter le budget pour l’année suivante.
' C’est là le travail courant et inéluctable, toujoupsà peû près le même et donnant par suite ‘rarement lieu àdes incidents imprévus ou réellement intéressants. , Il n’en est'pas de même d'une autre partie de la beso gne du convent. Nous voulons parler des modifications que l'assemblée générale du Grand—Orient de France est chargée d'apporter chaque année à la constitution et aux règlements de l’Ordre.
C’est là une tache fort délicate, qui donne naissance fréquemment à des discussions de la plus haute impor tance.
Les questions, malheureusement, sont tranchées à la 'majurité des voix, et, comme les quatre cents personnes appelées à prendre part au vote sont en général fort peu compétentes en matière d’initiation et de haute philoso ph1e, il en résulte que les décisions du convent du Grand Orient de France ne sont pas toujours marquées au coin d’une sagesse impeccable.
Il suffirait d’en citer pour preuve la mesure maladroite prise en 1877 à l’égard de la fameuse formule : < A la gloire du Grand Architecte de l’Univers ), que l’on crut devoir supprimer alors en tête de tous les documents maçonniques officiels. De graves difficultés furent soulevées par cette bévue, qui devint l'occasion d’un schisme entre le Grand-Orient de France et une partie de la maçonnerie étrangère.
Depuis, d’autres erreurs furent commises, dont il serait fastidieux d’énumérer ici le détail. Qu’il nous suffise de dire qu'elles eurent toutes pour principe l’abus du suf frage universel, qui, en maçonnerie, ne devra1t jamais intervenir qu’en ma:ière d'administration pure et simple. Cette année, la pierre d’achoppement du convent fut, «MIN... .—.. r— v—'npHMW M...” _.)—'——_»«,H-Myhuu l
CONVENT ANNUEL 93: comme presque toujours, le symbolisme. Après l’avoir successivement mutilé en détail, on propose enfin sans ambages de le supprimer radicalement en entier. Il y alongtemps qu’on pouvait s'attendre à voir surgir une pareille prop05ition. Elle devait être amenée néces sairement par la logique même des choses.
Néanmoins on ne provoque pas impunément au sui cide une institution telle que la Franc-Maçonnerie, fût ce même en plein couvent du Grand—Orient de France; la proposition en question souleva donc de véhémentes protestations. Elles furent en nombre insuffisant Cepen dant pour empêcher que la motion ne soit prise en con sidération, et soumise par conséquent à l’examen des loges,‘afin de venir'régulièrement en discussion au con vent prochain.
' ' g _ I g , Il s’agira de décider alors du sort de la Maçonnerie française. 11 appartiendra aux délégués des loges du Grand-Orient de France de se prononcer entre les deux courants d’opinionflqui partagent actuellementles cons tructeurs symboliques. Les uns, et c’est le petit nombre, tiennent à conserver fidèlement le dépôt des traditions initiatiques propres à la Maçonnerie.
D'autres, et c’est malheureusement la masse prépondé rante, se trouvent entraînés à ravaler toutes choses, au niveau de leur compréhension bornée, et à supprimer par suite tout ce dont ils ne saisissent pas la portée cachée. ,ll est plus que probable, dans ces conditions, que dansun an nous verrons au sein du couvent l'agnosti cisme triompher de l'Initiarion.
Le Grand-Orient de France se séparera irrémédiablement par là de la Maçon nerie universelle. Il évoluera de plus en plus‘vers le jacobinisme pur et n’aura, de fait, plus rien de maçon nique. ÏLes loges qui voudront alors persévérer à poursuivre l’idéal de la véritable Initiation, ne pourront plus faire cause.commune avec la maçonnerie officielle.
Elles se verront nécessairement amenées à constituer un pou voir maçonnique nouveau qui relèvera la bannière ini ‘ «un-æ..‘-—«æxwvæ-‘x—vzæL M\‘_Wy“W *-*«> ‘ afin,
94 L’INITIATION tiatique, que des mains inhabiles auront laissé piétiner par une foule aveugle, étrangère à la vraie science de la lumière. Il existe déjà, du reste, au sein de la Maçonnerie contemporaine, un noyau d'initiés ayant pleine con science de la mission qui leur incombe. Ils voient avec regret la. Maçonnerie officielle engagée dans une voie fâcheuse, et font ce qu’ils peuvent pour la ramener dans une meilleure direction.
Ce n’est pas de leur faute si tous leurs efforts n’aboutissent en cela qu’à leur faire recueillir intégralement un héritage précieux que seuls désormais ils sont en état de faire valoir. OSWALD VIRTH, M Membre du Groupe Maç d’Etudes Initiatiques. nanars INDÊPENDANT D’ÉTUDES ÉsorEmqusa NOUVELLES BRANCHES 1° Zachar, à Port—Saïd. 2° Les Indépendants Lyonnais, à Lyon (Rhône).. Cette branche dirigée par M. A.
Bouvier possède une salle de conférences et une librairie. Elle aura bientôt un organe spécial. 3° Société pour l’étude de la nouvelle synthèse sociale, médicale et religieuse, à New-York (État—Unis), 1i5, Blecker street. 4° La Havane ésotérique (Cuba). Séances générales Les séances générales reprendront le vendredi I7 oc— tobre à 1‘ h. 1/2 du soir au siège du Groupe. Les séances pratiques commenceront peu après. Le Voile d’Isis reparaîtra à cette occasion et continuera régulièrement. - , ..ma .3.
GROUPE INDEPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 95 Études pratiques dans les groupes Le Président du groupe A nous communique plusieurs procès-verbaux de ses expériences fort intéressants. Le manque d’espace nous oblige à rendre compte des faits obtenus dans le Voile d’Isis. Nous insérons toutefois l’intéressant procès-verbal suivant : Paris, 27 août 1890.
Les soussignés, Boreau, chevalier de la Légion d’hon— neur, François (Léon), officier d’Académie, délégué cantonal des écoles du XIVe arrondissement de Paris, certifient que, dans une séance de spiritisme qui a eu lieu le 26 août 1890, chez M. Adrien François, Prési dent d’un Groupe Spiritê rattaché au Groupe Indépen dant d’études ésotériques, Mme R.. ., médium voyant, a dépeint, d’une manière remarquable,des personnes décé dées depuis plusieurs années (l’une d’elle depuis trente trois ans). ‘ Les soussignés certifient, en outre, que Mme R... n’avait jamais vu les consultants, ni les décédés qu’elle a dépeints avec une exactitude telle qu'il était impos sible de ne pas les reconnaître.
A. BOREAU, 6, passage Montbrun. L. FRANçOIS, 12, place Bréda. Le Président du Groupe A. Adrien F RANçOIS, 50, boulevard Edgar-Quinet. * au L’abondance des matières nous oblige à renvoyer les divers comptes rendus des livres et les analyses des Revues du mois au prochain numéro.
96 L’INITIATION . . . Signalons cependant à tous nos lecteurs la Bibliogra phie raisonnée de la Science Occulte (livres modernes) contenant la liste et l‘analyse desprincipaux ouvrages de la Science Occulte dans toutes ses branches (Occul tisme, Kabbale,Théosophie,Spiritisme, Histoire, Litté rature, etc., etc.) qu’on trouve en librairie avec le prix franco de chacun d’eux.
0 Cette bibliographie (de plus de 50 pages in-|8)pré cédée d’un avant-propos de Papus est envoyée franco à tous les abonnés de l‘Initiation pour 0 fr. 30 en timbres poste au lieu de 0 fr. 50, son prix pour le public.
S’adresser: 29, rue de Trévise, Librairie du Merveilleux. ä.a âremière Œuvre d’un Ëhéosaphe Les ( facultés latentes en l‘homme ) sont enfin déve loppées dans une charmante petite brochure imprimée, qui vient de paraître sous le titre d’A/faire Papas.
Comme l’1nitiation n’a pas l’habitude de faire des polé miques avec les milieux dans lesquels on s’abaisse mora lement, nous nous mntenterons de signaler cette lecture à tous nos lecteurs. — C‘est bien amuwnt. Toutes les personnes qui nous en feront la demande, à titre personnel, recevront d’ici quelques jours une petite histoire de la Soc1été Théosophique, dernier écrit de Papus dans ce genre.
Cette histoire sera insérée dans la troisième édition du Traité élémentaire de Science Occulte et communiquée aux IIo revues spirites et spi ritualistes alliées. Elle sera de plus envoyée franco aux 200 branches de la Société Théosop‘nique. L’Affaire de la S. T. répondra « théosophiquement a» aux douces insinuations d’un pauvre vieillard qui débute par cette publication. — Compliments de condoléance, mon « bon frère I». Le Gérant: ENCAUSSE. TOURS, IMP. E. ARRAULT ET C“, RUE DE LA PRÉFECTURE, ô. ’ ’*“’:...—"57".Œ7“ —.. ,—
Groupe Indépendant d’innnns ln0tértqnen Sous LA DIRECTION DE LA REVUE L’INITIATION Quartier général : 29, ‘Rue de “Ire’vise, 29, PARIS COURS ET CONFÉRENCES PERMANENTS SUR LA KABBALE, LA THÉOSOPHIE, LES SCIENCES OCCULTES EXPÉRIENCES d’Hypnotisme, de Spiritisme, de Magie par groupes fermés Librairie. — Salle de Conférences. — Salle de Cours. — Bibliothèque d'0ccultisme. — Bulletin hebdomadaire : Le Voile d’Isis, résumant les travaux du groupe pour les membres de province et de l’Etranger.
Tout abonné de FINIT/A TION reçoit sa carte de membre du groupe sur sa demande. PLUS DE 350 ADHÉRENTS Dix Sociétés adhérentes, affiliées ou représentées Branches en Europe et en Amérique CORRESPONDANTS OFFICIELS ET CHEFS DE GROUPE France : Paris — Lille — Tours —— Lyon —— Bordeaux — Mar seille — Sens — Alger.
Étranger : Londres — Bruxelles — Lie e — Berlin -—Amsterdam — Munich — Varsovie— Saint-Péters ourg— Vienne — Genève — Rome — Barcelone — New-York — Québec — La Plata. — Port—Saïd — Panama —- Cuba. La Bibliothèque internationale des œuvres des Femmes (Directrice Mne A. DE WOLSKA) p05sède une grande salle de leçture au Siège du groupe, 29, rue de Trévise, où la directrice reçont les membres de l'œuvre. Un Bulletin mensuel de la Bibliothèque sera. prochainement publié
Vient de paraître : PAPUS CONSIDÉRATIONS sur mas PHÉNOMÈNES DU SPIRITISME Rapports de I’Hypnotisme et du Spiritisme, nouvelles règles pratiques pour la formation des médiums I brochure in-8, avec quatre gravures. . . . . I franc. JULES LEBMINA L’ELIXIR DE VIE Conte magique (AVEC UNE PRÉFACE DE PAPUS) Joliebrochurein-18. . . . . . . . . . .
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L‘indépendance bsolue étant la raison d’être de la Revue. la direction ne se ermettra jamais aucune note dans le corps d’un article. Mnxtrscarrs. -— Les manuscrits doivent être adressés à L! 'édacfitm. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus . moins d‘avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer tu plus tôt que le mois suivant.
L1vngs 21 Revues. — Tout livre ou brochure dont la rédaction ecevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s‘il _\' dieu. Les Revues qui désirent faire l'échange. sont priées de adresser à la rédaction. ADMINISTRATION, ABONNEMENTS. —- Les abonnements sont d’un an et se paient d’avance à l'Administrarion par mandat. 3011de poste ou autrement.
AVANTAGES ces ABONNÉS. — Les abonnés anciens et nouveaux reçoivent gratuitement les primes fréquentes qu’a données et que donnera l’Initiation. Chacune de ces primes représente à elle Seule la valeur du numéro. L’Im‘tiation paraît le 15 de chaque mois en un beau numéro le 96 pages, format d’un volume ordinaire. Elle est en vente chez IlPS principaux libraires de Paris (voir leur adresse à la 8° page). i I i
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