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7-8“ VOLUME, ‘— ; _ Revue philosophique indépendante des Hautes Études Hypnotisme, Thèosophie Kabbale, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes M 31110 ANNÉE SOMMAIRE DU N°’ (Septembre 1890) PARTIE INITIATIQUE... PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE . . . PARTIE LITTÉRAIRE... Bibliographie : __'..__ Avant—propos.
La troi— sième année de l’Ini— tintion . . . . . . . . . . . . . (p1481à488.) L’ActegdeàCre’ntion. . . (P4 502) Le Cor23 astral..... [illustrations] (p. 502 à 516 Sainte Gnose . . . . . . .. (p. 5l7 à 523) OccuInsme expérimen tal. App_arexl prou vant le laide . . . . . . . [avec p anches illus trées] (p. 523 à 531). Le lWagne’tome‘tre. . . . [gravure] (p. 53I à 535 . Sal_yros (à suivre). . . . [prémière traduc tionfrançaise](p. 536 à 545).
L’Hypnotise’e [poésie]. (P546) La Direction F. Ch. Barlet Papus. Jules Doinel Vicente Fernandez D“ Foveau de Gour malles Gœthe Paul Marrot Byzance. — Nouvelles diverses. — Groupe indépen dant d’études ésotériques. — Bulletin de la crémation. — Bulletin théosophique. —- Bulletin maçonnique. — Le mouvement en août et septembre 1890. — Livres reçus.
RÉDACTION : 29, rue de Tre’vise, 29 RI Administration, Abonnements:— 5 8, rue S t—A ndré-des-A ris, 58 PARIS Le Numéro; UN FRANC. —- Un An: 131x FRANCS.
PROGRAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri« mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’1niliation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: \ Dans la Science a constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des exper1mentateurs contemporains.
Dans la Religion à donner une base solide à la Alorale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'Occulte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemp’crains : le militarisme et la misère. Enfin l’Initiarion étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’Inde.
L'Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte, parmi ses 50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la'Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux lectrices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Initiation parait régulièrement le 15 de chaque mois et compte déjà deux années d’existence. — Abonnement: I0 francs par an.
PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Inz‘liatz'on 10 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET. M. S. T. É: -— STANISLAS DE (iUAITA. S.°. I.'. g‘). — GEORGE MONTIER_E, S.'. I.'. — PAPUS, S.'. I.'. —- Légat catholique romain auprès de l’1nitiation . JOSEPHIN PÉLADAN, Rfi-C-l-C. 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ALEPH.— Le F.'. BERTRAND.VÊN.‘.— BOUVERY.— RENÉ CAILLIE. —AUGUSTIN CHABOSEAU. -— G.
DELANNE. — DEI.EZINIER. —— JULES DOINEL. -— ELY STAR. — FABRE DES ESSARTS. — D' FOVEAU DE GOURMELLES. — JULES GIRAUD. — E. GARY. — HENRI LASVIGNES. — J. LEJAY. — DONALD MAC-NAB. — MARCUS DE VÈZE. — NAPOLÉON NEY.—- EUGÈNE NUS. — HORACE PELLETIER — G. POI REI.. — G. POLTI. —JUI.ES PRIOU. — Le Magnétiseur RAYMOND. Le Magnétiseur A. ROBERT. — ROUXEI.. — H. SAUSSE. — G. VITOUX. — F. VURGEY. — HENRI WELSCH. —' OSWALD WIRTH.
30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — E. GOIIDEAU. —-—MANOËL DE GRANDFORD. —- JULES LERMINA. —— L. HENNI‘QUE. — R. DE MARICOURT. — LUCIEN MAUCHEI.. — CATULLE MENDÈS. v-— ÉMILE MICHELET. — GEORGE MONTIÈRE. — CH. DE SIVRY. — CH. TORQUET. 40 POESIE En. BAZIRE. — CH. DUBOURG. —— RODOLPHE DAR2ENS. —— P. GIRALDON. -— R. DE MARICOURT. — PAUL MARR0T. —— MARNES. — . , A. MORIN. — ROBERTDE LA VILLEHERVE. *
AVIS Les Abonnés dont l’abonnement expire en Ï octobre sont priés de le renouveler (10 fr. pour la France, ’12 fr. pour l’étranger), par mandat ou bon de poste : A l’A dresse de M. CARRÉ 58, Rue Saint-André-das-Arte — PARIS Ceux qui n’auraient pas le loisir de se déranl ger pourront attendre la présentation de la quittance par la poste (Supplément de 50cent.). Î PRIMES A l’occasion de la troisième année de FINI TIATION, plusieurs Primes gratuites seront‘ données. Tous les deux mois, à partir du no 1, i ' une superbe planche phototypique, grandeur in-40, sera insérée “ avec explications ” dansl la Revue. ' ’ De plus tous les nouveaux abonnés ou réa bonnés recevront GRATUITEMENT avant la fin de l’année 1890, un GLOSSAIRE DE LA SCIENCE OCCULTE contenant la définition des principaux termes courants. Les abonnés qui voudraient les tables de: matières de l’INlTIATION (1re année) peuvent 1 s’adresser à M. CARRÉ. l
\ (Voir l'article Occultisme Expérimental, p. 523). W 1 2 3 4 5
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NTIr;—-v —--' < ‘ ËWANT*ËRUP@S LA TROISIÈME ANNÉE DE L’INITIATION Ë’Inz’tiation termine avec ce numéro sa seconde an née de publication, elle commencera bientôt sa quatrième année d’existence, ayant paru {en octobre 1888 (1“ année) 1889, (2° année)_t8go (3° année), 1891 (4° année).
Maintenant que l’avenir de la Revue paraît à jamais assuré, à moins d’événements inattendus, il nous semble utile de résumer le chemin parcouru et les progrès accomplis par l’occultisme depuis la fondation de l’Inz’tz’ah’on. ‘ En octobre 1888 diverses publications existaient, rattachées chacune à une école particulière et présen tant systématiquement les idées philosophiques sous le jour particulier de cette école.
Le public ne pouvait trouver nulle part un exposé de toutes les opinions unies dans un but commun :. le renversement des doctrines matérialistes en dehors de tout cléricalisme. Une société qui prétendait à l’Union fraternelle de tous venait de se révéler comme la plus sectaire et la m.«ç.fl.W“g ÿ 1 * "æ“ 16
_ »v1!eevp_ I . 482 L’INITIATION plus intolérante qui fût; éclairés sur ses agissements, les écrivains occultistes français s’étaient retirés du guêpier. Nous fîmes alors appel à toutes les écoles dans leurs représentants les plus éminents, toutes répondirent: une revue philosophique indépendante se trouvait fondée; l'Initiation naquit en moins d’un mois de préparation.
Je dois ici rendre justice et remercier publiquement celui à qui nous sommes redevables du succès de notre œuvre. Collaborateur trop modeste, eu égard à son mérite réel, Julien Lejay vint à nous dès la pre mière heure et s’associa à nos efforts intellectuelle ment et matériellement; mettant comme seule condi tion que personne ne saurait ce qu’il avait fait.
Aujourd’hui que le succès est venu couronner notre audacieuse tentative, je trahis mon serment et j’espère que notre ami voudra bien me pardonner. Le second facteur de notre réussite fut le public qui répondit relativement vite à notre appel, puisqu’à l’heure actuelle, au commencement du neuvième volume, nous avons été obligés d’augmenter notre tirage après avoir diminué de 150 les numéros gra tuits de la Revue.
Enfin, quels que soient les efforts de celui qui prend la responsabilité de fonder une telle œuvre, il échoue sûrement, si des collaborateurs éminents ne viennent appuyer de leur nom et de leur talent l’entreprise com— mencée. Les noms de F. Ch. Barlet, de Stanislas de Guaita, de G. Montière, étaient déjà considérés à leur valeur par les lecteurs de leurs œuvres d’occultisme. Celui de
LA TROISIÈME ANNÉE DE L’INITIATION 483 Joséphin Péladan était aussi bien connu; adoré des uns, haï des autres, il était la marque d’un haut mérite pour tous. René Caillié, Eugène Nus, Gabriel Delanne, tenaient la tête du mouvement spirite; le DIF Foveau de Conrmelles était estimé à son juste mérite par les partisans du Magnétisme.
Si je voulais citer tous les noms des écrivains déjà connus, il me faudrait reco pier ici la liste de tous nos rédacteurs.
Signalons cependant la création dans l’IniZz‘atz‘on d’une partie littéraire et le succès considérable qu’obtinrent les « Contes astraux » de Jules Lermina (à qui nous devons une foule de conseils pour la direction pratique de la Revue) et les études physiognomoniques de Polti et Gary, travail entièrement nouveau, dans la pre— mière année de notre publication.
Nous ne pouvons donc que constater l’empresse ment de tous à nous répondre et nous remercions tous nos rédacteurs, tous nos collaborateurs pour l’impul— sion qu’ils ont donnée non pas tant à notre Revue qu’au mouvement spiritualiste lui-même. ' Terminons ce qui arapport àl’Inz’tiation en énu mérant ce qui fait de cette publication une œuvre vraiment originale. Grâce au concours d’un occultiste dévoué, G.
Poi— rel, les lecteurs possèdent à l’heure actuelle une col lection unique de Phototypies se rapportant à nos études. Trois magnifiques gravures sont encore tirées, prêtes à être livrées à nos abonnés; elles paraîtront tous les deux mois à partir du prochain numéro. L’Inz’tz‘atz’on est la seule revue qui ait consacré et qui consacre encore aux ouvrages spirrtualistes des " ». W. ;. .À..—-—-sæ"r.‘\.a...w...._.«..w ,M,,fiwwmkwæ*w_ ,..,......—.—.
484 L’INITIATION comptes rendus et des analyses de 10 ou 20 pages. Nous voulons avant tout faire une Revue, c’est-à-dire jeter un coup d’œil d’ensemble sur le progrès de notre mouvement et non débiter des morceaux de volumes mensuellement.
Voilà pourquoi celui qui parcourt la collection complète de l’Inz’tz'afion peut se rendre compte des progrès accomplis mois par mois grâcé‘ aux bulletins divers et à l’analyse aussi complète que possible des revues et des journaux, publiée dans chaque numéro.
C’est là ce qui prouve mieux que tout que l’Im'tiaiz’on est une revue synthétique, une revue d’ensemble, et non une revue sectaire, pas plus qu’un journal éclectique, ce qui serait tout à fait ridicule. Quand on compare l’état du spiritualisme en 1888 avec l’état actuel du mouvement, on ne peut que constater des progrès sensibles.
Le Congrès spirite et spiritualiste de I889, auquel l’Im’lz‘az‘z’on prit une grande part, a donné à ce mou— vement une impulsion véritablement remarquable. Laissant là les divisions créées par certains théosophes, les occultistes sont venus s’unir fraternellement aux spirites dans la lutte pour le but commun et cette union a donné un essor tout nouveau au spiritua— lisme tout entier.
C’est en vain que, dans une petite publication qui copie servilement l’aspect extérieur de l’Inz'tz'ation, le spiritisme est grossièrement attaqué7 en même temps du reste que certains de nos rédacteurs. Il est des attaques « théosophiques » auxquelles il est mal— séant de répondre quand on est bien élevé; les spi
LA TROISIÈME ANNÉE DE L’INITIATION 485 rites l’ont compris ainsi que nous-mêmes, et nous les en remercions. Cependant cette œuvre de groupement commencée par la Revue, il fallait la couronner par un essai plus considérable enc'ore. L’Initiation venait d’être achetée par son éditeur, nous pouvions porter nos efforts de réalisation d’un autre côté. Le Groupe indépendant d’études ésotériques fut fondé avec quarante francs de capital au début.
Je tiens à donner ce chiffre pour bien montrer quelle illusion c’est de croire à la nécessité de fortes sommes pour faire réussir une entreprise, même intellectuelle. Le dévouement et la foi de ceux qui s’attellent à la réussite d’une idée valent plus que le grand nombre d’employés.
C’est à l’activité d’un de nos amis, licencié en droit, Lucien Mauchel, qui ne craignit pas de se charger de toute la partie admi nistrative, que nous sommes redevables de l’état du groupe. Les séances régulières se tinrent d’abord dans le local de la Bibliothèque internationale des Œuvres des Femmes, mis gracieusement à notre disposition par la directrice, Mademoiselle A. de Wolska, toute dévouée à notre œuvre.
Le Groupe indépendant d’études ésotériques n’est pas une société cherchant sous un titre ronflant à faire adopter des idées arrêtées d’avance à ses membres; c’est un groupe, c’est-à-dire une alliance de toutes les écoles n’enlevant l’autonomie d’aucune d’elles. Les membres peuvent avoir les opinions personnelles
486 L’INITIATION qui leur plaisent et ne seront jamais excommuniés de ce chef. Des groupes d’expériences spirites dirigés par des spirites Kardécistes fonctionnent et obtiennent de superbes résultats à côté d’autres groupes d’expé— rimentation dirigés par des positivistes de méthode sinon de croyance Nous tenons à insister sur ce fait pour détruire deux préjugés répandus sur le compte du Groupe : d’abord,que c’est une société éclectique.
Il faudrait pour cela faire une moyenne des opinions de toutes les écoles, ce qui n’est pas. Ensuite, que le Groupe n’est pas spirite, n’est pas occultiste, etc., etc. Un fantassin n’est pas uri artilleur, un artilleur n’est pas un dragon et cependant l’infanterie, la cavalerie et l’artillerie sont indispensables pour constituer une véritable armée.
De même, il en est parmi nous qui sont occultistes et kabbalistes de grand talent comme Stanislas de Guaita; il en est d’autres qui sont spirites comme MM. Bouvery et Auzanneau; cela influe—t-il en quelque chose sur la marche du Groupe?
Pas le moins du monde; nous sommes unis pour la diffusion de toutes nos idées, quelle qu’en soit l’étiquette, et nous poursuiwons cette diffusion indé— pendamment de toute école; de là le nom: Groupe indépendant d’études ésotériques de l’œuvre, et le succès obtenu. Le local mis à notre disposition ne suffisant plus, nous primes la résolution de nous agrandir en nous mettant en contact plus direct avec le public. C’est alors que nous avons mis à contribution les bienfaits de la collectivité. La Bibliothèque interna
* '_I--' ’- '.g"‘,v-g-v-‘V_ wr-, \,5‘.nn 1 -j;.3.;»-,, g., .H» -.fl,_;,“f’.,».î .7, ,.7 <1, ., ., .._fl . _- .u . LA TROISIÈME ANNÉE DE L’INITIATION 487 tz’onale des Œuvres des Femmes voulut bien s’unir à nous; de là un apport considérable de matériel.
Le directeur de l’lnitiation envoya sa bibliothèque d’occ— cultisme; d’autres amis contribuèrent aussi à l’édit? cation du nouveau local, et voilà comment avec 800 fr. de capital initial, augmenté de quelques légères com mandites (1,000 francs environ), nous créâmes un quartier général contenant une librairie, une salle de conférences, la Bibliothèque des Œuvres des Femmes et celle du Groupe.
Lucien Mauchel voulut bien se charger de l’administration générale de la nouvelle entreprise. A l’heure actuelle nous venons encore de nous agrandir en annexant à proximité un nouveau local qui servira aux expériences pratiques et aux réunions fermées; le succès a donc répondu encore une fois à notre appel.
Le Groupe z'nde’pendantd’E[udes ésotériques compte plus de 350 membres, parmi lesquels des noms émi nents dans la Littérature, la Science, dans la Diplo matie. Il a des correspondants dans toute l’Europe; ses branches commencent à se répandre aussi partout et tout cela a été obtenu par l’union de quelques volontés servie par une foi inébranlable en l’œuvre entreprise.
0 ou C’est un peu notre confession que nous avons présentée à nos lecteurs, c’est aussi l’histoire des origines de notre mouvement. Peut-être verrons-nous nos efforts demeurer vains; peut-être, ainsi que nous l’espérons, verrons-nous le succès s’affirmer de plus ,s \ --<—W-u « am . ............ _ u<«
‘- .<--r I,r:flmm a.mgrzmnæanm. . . W., . " 488 L’INITIATION en plus. Quoi qu’il en soit, notre jeunesse à tous répond de notre activité; elle est un gage aussi que, s’il est nécessaire de combattre, nos adversaires trouveront devant eux des troupes organisées, habituées aux combatSquotidiens et dont les chefs, ou mieux les camarades placés en avant, sont guidés par une idée qui assure généralement la victoire : la Foi en la Vérité qu’on vient proclamer. Nous publierons bientôt un exposé complet de l’Histoire du Groupe avec ses statuts et ses règlements. Pour l’instant nous avons voulu résumer l’œuvre de l’1nitiation depuis sa fondation et remercier tous ceux qui ont largement contribué au succès : rédacteurs, collaborateurs et lecteurs. LA DIRECTION.
_mŸTŸ Ww ""<I s‘- ':!"""-—'r-'-rw‘"‘w““ "“‘"‘-‘*‘1’.“:4".‘ "':'n u '“"" '." i‘T“'“‘ A . .ñ,_.'.’_. \,.. PARTIE INITIATIQUE E’ärte de “ŒFÉä’tlttfl (Fragment) « La conclusion finale très nette à laquelle nous « condamne l’étude comparée de tout l’ensemble des « faits les mieux acquis est, en résumé, celle—ci : les «Éléments du Monde physique ont commencé à « exister à un moment donné, et c’est de ce moment « que date laformalz’on graduée des Mondes. « Que nous comprenz‘ons ou que nous ne compre— « nions pas, cela n’y change rien. L’assertion solen « nelle de la Science moderne reste debout, inatta— « quable. » Voilà ce qu’on lit en propres termes dans un ouvrage tout récent qui est comme un des derniers mots de nos sciences : Constitution de l’espace céleste, par G. A. Hirn (Paris, 1889). Et ce n’est pas une simple opinion, un article de foi, c’est le fruit de plus de dix ans de travaux, d’observations, aidés du calcul trans— cendant, fondés sur la théorie dynamique de la
490 L’INITIATION chaleur. Nous voilà bien loin des assertions empiri ques que le matérialisme nous imposait il y a vingt ans à peine ; cependant nous sommes bien éloignés aussi d’une solution satisfaisante de ce ténébreux mystère de la création. Comment le concilier avec la notion des attributs divins, comment résoudre les antinomies si souvent exprimées de cette difficile question?
On ne le peut qu’en cherchant à se rendre compte de l’acte même si nettement affirmé par notre savant physicien.
C’est ce que l’on veut essayer ici par quelques réflexions soumises à toutes les critiques du lecteur: Les données de nos sciences analytiques y sont ajoutées à quelques enseignements bien connus de l’ésotérisme; mais les conclusions qui en sont tirées ne sont données comme rien de plus que de simples hypothèses personnelles. t ou Pythagore a dit quelque part et Pascal a répété depuis, sous une autre forme, qu’on pouvait se représenter Dieu comme un point mathématique se mouvant dansl’espace infini avec une vitesse infinie.
La science analytique de notre monde physique ne peut-elle pas éclaircir cette définition ? L’une de ses constatations les mieux assises est la! coexistence de deux forces de sens contraire qui, se disputant la matière, produisent par leur antago nisme tous les mouvements moléculaires ou cosmi ques.
A voir l’ensemble de ces mouvements il est facile de s’assurer qu’à travers les innombrables péripéties de cette lutte, la force condensatrice l’emporte d’une
. ;vwæwæ,- .. r-. ,( ..x.. .,..;.._...,,., ‘. . ‘..-32. ;: , , , ., -* .v '« , ' ..,, ‘ L’ACTE DE CRÉATION 49I manière continue sur la force expansive, de façon à effectuer une condensation lente mais constante de la matière.
Les couches géologiques les plus anciennes de la terre, même quand elles affleurent, sont consi dérablement plus denses que celles de formation plus récente ; la terre, comme toutes nos autres planètes, comme le soleil lui-même, va se refroidissant et se resserrant ;on admet que les étoiles se rapprochent, que les nébuleuses en se condensant se rassemblent, que l’Univers s’agglutine.
Les savants modernes en concluent que cet Univers est périssable, mais ils ne sont pas d’accord sur les suites de sa mort. Les uns prétendent que les mouvements d’attraction récipro que finiront par s’équilibrer de sorte que, toute lumière et toute phaleur étant éteintes, les cadavres astraux continueront à évoluer comme des ombres perpé tuellement silencieuses sur leur orbite éternellement fixe.
Mais ce mouvement dans la mort suppose qu’aucun rayonnement de chaleur ne soit possible au dehors de notre monde, sinon la force répulsive n’arriverait pas à l’homogénéité ; or cette hypothèse est incompréhensible.
Les étonnants travaux des Herchell et de leurs successeurs peuvent bien faire Penser que notre univers visible est fini, et sphérique, d’après les amas de nébuleuses entassées à son pôle et à son équateur; mais cette démonstration, fût-elle universellement acceptée, ne suppose nullementautour de ce globe un vide absolu, un incompréhensible néant; elle n’établit pas surtout que le globe cos— mique soit pourvu d’une enveloppe qui réfléchisse la force expansive émanée du centre sur toute sa surface,
492 L’INITIATION D'autres savants, que Spencer a parfaitement résu més, admettent que la condensation se poursuit jusqu’à la réunion des astres sur les soleils centraux, mais ils ajoutent que la chaleur produite par leur choc, lors de cette réunion, suffira pour reproduire, comme par une exploision, l’expansion première, le chaos primitif, puis le cycle de la Condensation; ils ajou tent des calculs et des chiffres à l’appui de leur asser— tion.
Cette hypothèse, combattue notamment par le savant géomètre cité au commencement de cet essai, c’est—à—dire par la première autorité en science thermo chimique, nécessite comme la précédente la condition qu’aucune déperdition ne se fera au delà de notre univers. Sinon, ce ne sera pas subitement, avec un choc, que se fera le rapprochement des astres, mais par quantités infinitésimales et par mouvements tangents.
La chaleur qui pourra en résulter se dissi pera à mesure dans l‘infini des espaces. Tout au plus pourra—t—on admettre une série d’expansions de plus en plus faibles, dont la plus intense sera très infé— rieure à celles primitives, de sorte que la condensation finale arriverait après une série d’explosions rapide— ment décroissantes. Or, quelle sera la limite d’une pareille condensat tion?
Il n’y a aucune raison suffisante d’en conce— voir d’autre que le point mathématique. Il est vrai que la science physico-chimique ne permet pas d’admettre pour la matière d’élément inférieur à l'atome fini; mais c’est là tout au plus l’aspect actuel de la matière telle qu'elle nous apparaît, et il n’est pas démontré que la force centripète ne resserre pas le volume de
L’ACTE DE CRÉATION 493 l’atome lui-même, volume dont on n’a presque pas d’idée: enfin il est bien moins prouvé et moins admis encore que l'atome soit un élément simple, indécomposable, irréductible par conséquent.
L’hypo— thèse la plus récente n'est point favorable du reste à la cOnstitution atomique pour la substance inter stellaire qui estinfinie à côté de la matière proprement dite ; on admet que cette substance est homogène. continue et douée d’élasticité.
Ainsi nous pouvons concevoir sans trop de har diesse, qu’avec le concours d’un tempsimpossible peut être pour nous à nombrer, mais fini cependant, notre univers actuel sera réduit à un point mathématique qui renfermera en potentialité tout ce que nous ' voyons actuellement en activité dans l’espace.
Cette potentialité serait la somme totale de la force centri pète maintenant en fonction dans notre univers, force négative et de résistance, car elle tend à l‘inertie et à l’extrême limitation. Au contraire la force centrifuge serait comme exprimée, par filtration de ce résidu infiniment petit, et elle se serait diffusée dans l’espace infiniment grand.
Notre monde serait alors absolu— ment mort parle retour de ses deux forces opposées aux infinis qui leur sont propres.
Revenons un instantà ses débuts, ou même à son état actuel: Du même centre vers lequel con verge toute matière, nous voyons rayonner depuis des siècles de siècles la force centrifuge qui produit lumière, chaleur et vie sur tous nos globes ; elle nous apparaît sous la forme, encore pleine de mystère pour notre science, du Soleil, centre secondaire cepen—
494 LE CORPS ASTRAL dant, mais suffisant pour nous servir d’enseignement. Il peut donc y avoir dans l’espace des centres de deux sortes: centres de force positive, expansive, et centres de force négative, constructive.
Nous les voyons confondus en un même point: nous voyons aussi qu’ils peuvent être d’intensité variée puisque notre Soleil, centre positif pour nos planètes, est en même temps attiré par un centre contraire plus puis sant, correspondant par conséquent à une plus puis sante expansion.
Cette gradation dans l’intensité des centres nous permet d’aller, en pensée tout au moins, jusqu’à leur limite; au lieu d’un soleil dont le rayonnement devienne rapidement trop petit, par la loi du carré des distances, soit pour attirer, soit pour repousser la matière sollicitée par d’autres points à une certaine distance, figurons—nous donc un centre d’expansion infinie et d’infinie attraction qui puisse agir dans toute l’étendue de l’espace infini.
Un pas encore, et ce sera le dernier, dans nos repré sentations: Nous voyons dans la phase actuelle de notre monde les deux forces opposées en état de mou vement, unies seulement dans leur centre mais dis jointes, déséquilibrées et tendant à la séparation complète que nous avons décrite : ce spectacle corres pond à la période de condensation qui a dû néces sairement elle—même être précédée d’une expansion à partir du centre commun : reportons-nous au moment qui a précédé cette expansion; que pouvait être l’Univers à ce moment P L’image en peut être grossièrement figurée par un
L’ACTE DE CRÉATION 495 .“.w:: grain de poudre explosive: la matière y est réduite à son volume minimum et la force active y reste en potentialité. Seulement, dans le système que nous .a nous figurons, l’explosion ne peut pas être retardée de la même manière que dans le grain de poudre où la force condensante en excès doit être vaincue par l’ad dition d’une certaine quantité de force expansive.
La séparation pourra cependant, dans notre système, être évitée si l’on satisfait à cette double condition que la force expansive occupe instantanément tout l’espace, selon la nature que lui démontrent nos sciences, et que cependant la force condensatrice maintienne constamment toute la matière à l’état de point mathématique.
Or cette double condition est complètement remplie par l’indication fournie par Pythagore, à savoir que le point mathématique où sont unis le centre d’attrac— tion infinie et la concentration infinie de la matière par la force condensante, se meuve avec une vitesse infinie dans l’espace infini : alors la force active s’exercera complètement sans que la force passive perde rien de sa puissance. .
Examinons l’état d’un pareil système; cherchons ensuite comment l’équilibre pourra y être rompu, comment la désunion s’y accomplira. * 2&4 A calme de la vitesse infinie, quel que soit le point de l’espace que l’on considère et à quelque moment que ce soit, on y trouve le même point mathématique, condensation de la matière inerte, centre de force
496 L’INITIATION 14‘. W passive; par conséquent l’espace entier est absolu— ment homogène. Il est inerte aussi; le mouvement qui s’y produit est imperceptible puisqu’il n’éprouve aucune espèce de résistance, la matière étant toute rassemblée dans le point entraîné. Le mouvement est en chaque point contemporain et identique avec celui de tous les points ambiants.
Le résultat est la SUBSTANCE: bien qu’elle contienne toute vie et toute matière en potentiel, il n’y existe cependant ni matière, ni vie, ni modification appa rentes : il n’y a ni temps, ni espace, ni conscience d’aucune sorte ; la seule image qui puisse rendre cet état est celle d’une mer infinie, sans flots, sans mou vements, sans distinctions d’aucune sorte.
Par rap port à notre monde actuel incessamment changeant, cette substance est le Néant, la nuit de Brahmâ, le Pralaya; en fait, c’est la vie en Puissance d’être absolue, l’Unité et rien autre. ’ Si dans notre point en mouvement il n’y a rien de plus que les deux forces que nous y avons supposées unies et concentrées, cet état de Néant ne cessera jamais, l’équilibre qui le constitue n’ayant aucun motif d’être rompu.
Il faut pour le détruire l’inter vention d’une troisième force. Cette puissance nou— velle devra être différente des deux autres, sinon, on infinie et se confondant avec l’une ou l’autre, elle ne modifierait point leur système, ou finie, elle serait absorbée dans leur infinité sans les influencer, le fini n’ajoutant rien à l’infini.
Et comme nous ne connais sons, comme nous ne pouvons concevoir plus de deux ordres de forces physiques opposées et de signe
L’ACTE DE CRÉATION 497 contraire (d’après le principe d’exclusion du 3°), il faut bien que cette troisième force soit métaphysique, c’est-à-dire douée du caractère de spontanéité qui dif férencie le métaphysique du physique. Enfin cette même force devra être supérieure aux deux autres puisque par hypothèse elle va les modifier.
Le caractère de supériorité lui permettra d’agir sur une partie seulement de la substance, de détacher pour ainsi dire une portion de la somme totale concentrée pour l’actionner.
Supposons donc qu’en un point quelconque de la substance, la force métaphysique produise un arrêt du mouvement décrit tout à l’heure, ne fût-ce qu’un instant infinitésimal ; cet arrêt équivaut à une supé— riorité de la force d’inertie sur la force d’expansion; celle—ci ressent l’effet de celle-là, éprouve une résistance contre laquelle elle réagit; la lutte succède à l’équilibre.
Cette lutte ne peut avoir qu’une forme, l’explosion du point inerte, centre de condensation, sous l’in fluence du centre expansif, jusqu’à unelimite mesurée par la volonté de la force métaphysique intervenante, limite à laquelle les deux forces se contrebalançant reproduisent un équilibre instable d’inertie avec un état d’infinie division, l’état atomique.
Ainsi par cette intervention instantanée de la force spontanée, un monde vient de naître au sein de la substance anéantie, un univers est créé du néant. C’est, selon l’image antique, l’œuf qui nage dans l’océan infini ; c’est la nébuleuse chaotique suspendue au milieu de l’éther. Les deux premiers versets de la Genèse nous retracent cet état : _ ..._._ . .. . .. .... _.. _w ——--u-r-\.
498 L’INITIATION « Dans le principe, Œ 10/1 im, Lui, les Dieux, I’Etre « des Etres, avait créé en principe ce qui constitue « l’existence des Cieux et de la terre. » ( En effet il n’y avait pas auparavant d’existence).
« .‘7Wais la terre n’était qu’une puissance contingente « d’être dans une puissance d’être » (c’est-à-dire la matière nébuleuse, éthérée dans la substance) ; « L’obs— « curtté,force astringente et compressz’ve, enveloppait «l’abîme, source infinie de l’existence potentielle. » (I) (c’est comme la coque de l’œuf cosmique expansé autour du centre de la force positive, active), etc...
Avec la résistance, la conscience, l’espace, le temps ont repris naissance instantanément, et, avec la force métaphysique ajoutée aux deux forces physiques, se trouve constitué le germe de tous ses développements futurs qui composent l’évolution de l’univers.
1 tu Ainsi nous devons nous figurer au sein de la substance homogène un être métaphysique disposant, au moins dans une certaine limite, des deux forces active et passive de façon à les modifier en les domi nant et à en gouverner l’équilibre.
L’action de cet Œlohim créateur peut se représenter, selon le cours de nos idées humaines, comme un désir inspiré à l’une et l’autre des deux forces unies dans l’incon science, désir qui les porte à se connaître en se séparant, à prendre pour ainsi dire conscience de soi-même par le moyen de l’autre : la force passive en s’abandonnant à l’expansion de la forceactive, et celle-ci en se laissant (x) Traduction de Favre d'Olivet.
L’ACTE DE CRÉATION 499 emprisonner dans la matière, instrument de celle—là. Ainsi se trouve figurée la première chute de l’être hermaphrodite, inconscient, angélique, en être uni sexué et doublé, par le désir de prendre connaissance de sa substance.
Cette chute n’est qu’un début, elle est suivie d’une série d’autres par lesquelles l’être métaphysique va se disperser lui—même dans la matière comme pour délivrer par de longs efforts la force active des liens de l’inertie.
L’évolution s’effectue, en effet, par une suite de concentrations successives qui reproduiront la condensation décrite au début de cet essai ; c’est elle que notre science analytique moderne commence à nous retracer en un tableau magistral. La force condensatrice réduisant la matière, le corps de la nébuleuse retournera à l’océan de la subs— tance, s’anéant‘ira, en même temps que la force expansive se dispersera à travers les espaces.
I‘âI Cependant la vie de ce corps destiné à cette mort cosmique n’aura été que l’accessoire, l’instrument du phénomène grandiose d’une création ; le but, le résultat essentiel est ailleurs.
Par l’effet de l’évolu tion, la force métaphysique, qui s’était dispersée dans les moindres atomes de la matière expansée, se rassemble progressivement par une série de synthèses qui comprennent les éléments, les minéraux, la vie végétative, animale, humaine, intelligente, angélique: en réunissant ainsi ses membres épars, selon la légende expressive d’Isis et d’Osiris, cette force se crée des âmes isolées qu’elle rassemble en êtres toujours plus
500 L’INITIATION _ spirituels et plus puissants ; elle les élève en leur faisant traverser des corps où la matière va se rappro— chant sans cesse de la substance.
Ainsi s’expliquent " la hiérarchie des êtres, la puissance physique aussi bien que morale des plus avancés ; le bien et le mal qui sont les deux courants des forces contraires ressentis par la force métaphysique ou plutôt par les êtres qui tendent vers elle: le libre arbitre et les destinées humaines.
Mais nous n’avons pas à retracer ici toutes ces conséquences qu’il suffit d’indiquer à l’intuition du lecteur, comme nous n’avons pas non plus à nousa étendre sur toutes les observations qu’il aura faites sans doute à l’appui de ce rapide exposé : La lumière astrale issue, par la création, de la subs tance anéantie; sa naissance provenant pour ainsi dire d’un choc de la substance, ainsi que l’indiquent les occultistes ; —— cette même substance représentant par sa génération cette sphère dont parle Pascal, dont la surface est partout et le centre nulle part ; — le rôle vivifiant d’un soleil dans son monde ; -—la puissance de la force métaphysique, qui est l‘idée de Platon, comme créatrice de formes; — l’instantanéité des forces expansive et condensatrice affirmée par la science (I) et bien d’autres rapprochements inutiles à énumérer plus longuement. (1) « C‘est peut—être un des plus beaux titres de Laplace d‘avoir montré que l‘action de la pesanteur, si elle se propage, a tout au moins une vitesse de plus de 100 millions de fois supérieure à celle de la lumière.
Pour Laplace, et je pense, pour tout homme sensé, cela revient à dire qu'elle ne se propage pas, mais qu’elle est partoutà la fois. Il est extrêmement robable qu‘il en est absalument de même des attrac tions et répu siens électriques (à distance). (Hirn, Constitution de l’espace célertc). n v " g==:aax:
L’ACTE DE CRÉATION 501 Mais il est une remarque essentielle qu'il n’est pas possible de passer sous silence avant de terminer : Le Dieu défini par Pythagore nous apparaît jusqu’ici, par ce qui précède, comme le Dieu Créateur, non comme l’Inefiable. On peut cependant s’élever par les mêmes considérations jusqu’à cette conception suprême, comme entrevue du moins, du fonds du monde sensible.
Nous n’avons parlé, en effet, que d’une action limi tée en un point de la substance, d’une création par un Dieu. Il faut maintenant nous représenter ce même acte comme se reproduisant à chaque point, à chaque instant, dansl’infini de l’Espace et du Temps. Chaque moment infinitésimal voit naître et mourir une infi— nité d’Univers, berceaux d’Anges descendants, larves d’Anges rachetés qui retournent conscients et para chevés au sein de l’Innommable.
Le DIEU SUPRÊME apparaît alors comme créant éternellement et sans cesse, par la fulguration Trini taire des esprits qu’il a faits eux—mêmes créateurs, afin qu’ils puissent conquérir la science et la sagesse grâce auxquelles ils pourront participer à sa gloire.
Immanent à la Substance qui ést le néant, à la fois infiniment grand et infiniment petit, les Univers sont les atomes de son corps éternel, comme les esprits qui les peuplent sont les étincelles de son esprit, centre inénarrable d'où elles émanent et Où elles reviendront . à la fin de leur course séculaire à travers les abîmes cosmiques. ’ IL n’est ni le devenir, comme le prétendent certains philosophes qui ne le voientque dans le monde intelli—
502 L’INITIATION gible en évolution, ni la somme des esprits, comme le disent quelques panthéistes, notamment dans l'Inde. IL est, comme on vient de l’expliquer, et comme le dépeignent les traditions occidentales, la Source, le Moyen et le But, celui en qui sont toutes choses, en qui nous, créatures finies, nous nous mouvons, nous vivons, nous avons notre être. F.-Ch. BARLET. @es tisanes L‘homme est l'ombre de Dieu dans le corps d'un animal. Et.
Léfli. On discute beaucoup sur le corps astral. Un grand nombre des phénomènes spirites étant attribués par les écoles d’occultisme à l’action de cet élément, on comprend l’intérêt qui s’attache à la connaissance de ses facultés.
Dans l’aperçu suivant, nous allons tout d’abord résumer rapidement les théories principales avancées pour expliquer la constitution de l’homme, puis nous développerons une analogie qui permet, à notre avis, de bien faire comprendre les propriétés mystiques du corps astral tel qu’il est conçu par les occultistes. Des images naïves peut—être, mais très suggestives, à notre
LE CORPS ASTRAL 503 avis, sont fournies par cette analogie. Nos lecteurs vont du reste juger eux—mêmes en dernier ressort. I «U Pour comprendre les théories diverses enseignées sur l’homme, son passé et son avenir, il est important tout d’abord de voir comment on peut connaître les divers principes qui constituent l’être humain.
L’homme est constitué de manière bien différente si l’on s’adresse aux théologiens et aux philosophes spiritualistes, ou si l’on étudie les travaux des maté rialistes.
Pour les écoles tirant leur enseignement des données religieuses, l’homme est composé de deux principes opposés l’un à l’autre : le corps et l’âme ; le corps, sujet à toutes les tentations et cause de toutes les déchéances ; l’âme, immortelle et pure, origine de la conscience et des facultés psychiques.
Ces théories ont un défaut, c’est qu’elles sont dans l’impossibilité d’expliquer une grande partie des faits produits par l’être humain et qu’on en arrive par leur application àdire qu’un homme est phtisique parce « qu’il a une âme phtisique », ce qui est un peu forcé, comme on voit.
Comme toujours, c’est à l’école matérialiste que nous sommes redevables des travaux les plus solides sur la question de la constitution de l’homme. — Cette école n’admet qu’un seul principe : le corps ; mais au moins a-t—elle le mérite d’étudier sérieusement et surtout expérimentalement les données qu’elle avance. Exa— géré dans le sens de la réaction, le-matérialisme s’est laissé choir dans un grave défaut et en est arrivé à
'jn.‘lÿl-ffl . 504 L’INITIATION nier a priori tous les phénomènes du pressentiment, de la vision à distance, du dédoublement possible de l’être humain etc., phénomènes constatés souvent et dans 'des conditions excluant toute supercherie.
Or, parcourez les œuvres de tous les initiés, adres sez-vous aux traditions de tous les peuples, et vous verrez que de tout temps l’on enseigne que l’homme était composé non pas d’un, ni de deux, mais de trois principes parfaitement étudiés. Platon en fait ses trois âmes, localisées dans les trois grands segments de l’organisme: tête, poitrine et ventre, origine réelle en effet, de ces trois principes.
Le catholicisme lui—même, affirmant que Dieu fit l’homme à son image, et enseignant d’autre part que Dieu est un en trois personnes, donne par cela même la constitution de l’être humain déjà présentée par saint Paul qui enseignait l’existence du corps astral (I).
Les trois principes Les trois principes désignés par la Science Occulte comme formant l’homme sont: 1° Le corps ; 2° Le médiateur plastique (corps astral); 3° L’âme. (I) La Trinité et fait l'homme à son image et à sa ressemblance. Le corps humain est double et son unité ternaire se compose de deux m01tie’s; l‘âme humaine est aussi double; elle est animus et anima, elle est esprit et tendresse. Elle a deux sexes.
Le sexe paternel siège dans la tête, le sexe mater neldans le cœur; l‘accom lissement de la rédemption doit donc être double dans l'humanité; i faut que l‘esprit par sa pureté rachète les égarements du cœur: puis il faut que le cœur; par sa générosité, rachète les sécheresses égoïstes de la tète. GUILLAUME POSTEL. _4_ nm
LE CORPS ASTRAL 505 Ë'zfl'n" '.‘. L’occultisme se différencie donc des théologiens en admettant un nouveau principe intermédiaire entre le corps et l’âme. Il se différencie des matérialistes en enseignant l’existence et le fonctionnement de deux principes échappant, chez l’homme, aux lois de la matière.
On comprend de suite que le côté original des théories de la Science Occulte réside tout entier dans l’étude de ce principe intermédiaire qui a reçu des noms variés : Corps Astral —- Périsprit -— Vie, etc., etc., mais qui est identiquement étudié par toutes les écoles.
Eliphas Lévi résume fort exactementla constitution de l’homme dans la définition suivante : L’homme est un être intelligent et corporel, fait à l’image de Dieu et du monde, UN en essence, TRIPLE en substance, immortel et mortel.
Ilya en lui une âme spirituelle, un corps matériel et un médiateur plastique. ç &4 Si l’on saisit bien le jeu de ces principes, on verra que la Vie estl’intermédiaire obligé ; sanselle, le corps ne peut obéir aux incitations de l’âme, l’âme ne peut recevoir les impressions du corps. Voilà une théorie bien amenée, ne manqueront pas de dire certains philosophes.
Ne pouvant concilier ces deux opposés: le corps et l’âme, ne pouvant expliquer comment le subjectif devient objectif, vous éludez la question, messieurs les occultistes, en inventant un
506 L’INITIATION soi—disant principe intermédiaire doué justement de toutes les propriétés nécessaires à votre cause (I). Il suffit d’ouvrir un traité quelconque de physiolo— gie pour apprendre que ce principe qui fait marcher notre cœur et notre foie malgré notre volonté et à l’abri de son influence, existe bien, quelle qu’en soit d’ailleurs l’origine.
Le grand'tort des occultistes a été jusqu’ici de vouloir rester cantonnés dans leur domaine sans s’occuper des découvertes de la science expérimentale. Dites à un médecin: le corps astral fait marcher les organes splanchniques, le médecin vous regardera comme un doux aliéné; dites-lui au contraire: la vie organique meut ces organes, il vous répondra de suite: parbleu! je le sais bien.
Montrezensuite que ce qu’il appelle vie organique vous l’appelez corps astral, et l’on pourra déjà commencer à s’entendre. Quand vous voulez être com pris d’un étranger, vous savez fort bien qu’il est inutile de lui parler votre langue pour aussi fort que vous criiez. Cette règle élémentaire semble naïve. Que de fois cependant elle est inconnue de part et d’autre !
Pour bien faire saisir le jeu de ces trois principes, je vais encore une fois sacrifier à la manie qui m’est si chère en me servant d‘une analogie d’origine très vulgaire. Voulez—vous bien comprendre la constitu— tion de l’homme: mettez-vous à la fenêtre et voyez passer une voiture quelconque dans la rue; vous y (1 V0 . Dict. hilaso hi ne} de Franck articles Paracelse et R. i-‘Iudci. "’ p q ’ lr -I»Ô’:« - 4
LE CORPS ASTRAL 507 verrez plus clair qu’en lisant tous les traités encom brés de mots sanscrits ou hébreux. Une voiture qui marche comprend trois éléments prmupaux : 1° La voiture; 2° Un cheval attelé à cette voiture et la mettant en mouvement; 3° Un cocher guidant le cheval. La voiture. Image analogique des trois principes de l'homme. La voiture est inerte par elle même.
Elle est inca pable de se mouvoir sans un autre élément, voilà bien le caratère fondamental du corps matériel. Le cocher sur son siège a beau s’agiter, faire claquer son fouet, crier aussi haut qu’il lui plaît; s’il n’y a pas de cheval attelé, rien ne la mettra en mouvement. Le cocher est bien l’élément directeur, c’est lui qui
508 L’INITIATION . . _- :‘M_: a __I conduira au but indiqué,'mais pour cela un auxi liaire indispensable lui est utile:le cheval. Le cocher nous montre bien par analogie les caractères généraux de l’élément supérieur de l’homme: l’âme. Le c'orps astral. Relié d’une part à la voiture par les brancards, d’autre part au cocher par les guides, nous voyons le principe intermédiaire général : le cheval.
Le cheval est plus fort physiquement que le cocher, mais il est malgré ’cela guidé, bon gré mal gré, par celui—ci. Aux philosophes nous demandantà quoi bon ce corps astral, nous pouvons répondre: à agir en l’homme comme le cheval agit pour la voiture, c’est-à dire à tout conduire ou à peu près sousla direction du principe supérieur: le cocher. l * 4 2+ Des Passions.
Le cheval représente la vie de l’être humain, centre des passions comme nous le verrons plus loin. Le caractère commun des passions est d’étouffer les efforts de la raison et d’entraîner l’être tout entier à sa perte, malgré l’action de l’âme devenue impuis saute. La colère est surtout remarquable à cet égard. Dès qu’elle prend naissance chez un être faible, il semble que la circulation sanguine se localise en entier dans la tête. Une bouffée de chaleur monte au visage, les
LE CORPS ASTRAL 509 F-—v'-vr—.--Wu r r—'!'—'flw‘ yeux se congestionnent, la raison essaye en vain de maîtriser lavie organique devenue maîtresse du ter rain d’homme voit rouge, il ne saitplus ce qu’il fait, il est capable de tout à ce moment. Le corps astral a ‘ vaincu l’âme. . 7 l = . "37"" J ana. ’1‘,“ :‘ " Le cheval s‘emporte. Envahissement de l‘âme par le corps astral. La colère.
" I Voyez si ce n’est pas exactement ce qui arrive pour la voiture quand le principe intermédiaire, le cheval, n’obéissant plus aux eflorts du cocher, s’emporte? La force physiqueatout envahi dans ce cas.
Lecocher, plus faible, mais mieux armé, est vaincu ; la voiture qui le porte roule avec une rapidité effrayante là où la con duit le cheval devenu le maître, jusqu’au moment où l Celui-ci, dans son aveuglement, vienne se briser contre un obstacle insurmontable détruisant en même temps que lui l’appareil tout entier, voiture et cocher compris. .... ....xa--. -... __... c. . - _a._c .. ..x R.
5 10 L’INITIATION **-‘ La clarté donnée aux questions les plus abstraites parla méthode analogique est telle que cette figure de la voiture, qui semblait naïve au premier abord, peut nous être fort utile pour comprendre certaines données de l’occultisme concernant les propriétés mystérieuses attribuées au corps astral.
Constatons en passant l’action du cocher activant l’allure de son cheval au moyen du fouet, image frap pante de l’action des excitants (alcool, café, etc.) sur le corps astral. Un cheval de race qu’on bat trop fort peut s’emporter; de même un corps astral trop forte ment actionné par l’alcool peut conduire l’organisme à sa perte (I). Le Magnétisme Voulez-vous savoir comment se produisent les phé nomènes du magnétisme?
Un étranger est venu qui a mis le cocher (l’âme, la volonté) dans l’impossibilité de prendre les guides (liens du cerveau au corps astral). C’est lui (le magnétiseur) qui s’est emparé des guides,et le pauyre cocher, ahuri, assiste à la direction (x) L’ivresse est une folie passagère et la folie est une ivresse erma nente.
L‘une et l'autre sont causées par un engorgement phosp orique des nerfs du cerveau qui détruit notre équilibre lumineux et prive l'âme de son instrument de précision. L'âme fluidique et personnelle est alors emportée par l‘âme fluidique et matériel‘e du monde (comme Moise sur les eaux). L‘âme du monde est une force qui tend toujours à l'équilibre: il faut que la volonté triomphe d'elle ou qu'elle triomphe de la volonté. Humus Lévt.
LE CORPS ASTRAL 5 I I de la vorture par une volonté qui n’est pas la sienne et contre laquelle il ne peut lutter. Le corps astral (cheval) obéira toujours à celui qui tiendra les guides, que ce soit le propriétaire effectif de la voiture ou un étranger. Le cocher est ligotté sur son siège. —Un étranger s'est emparé des guides et dirige la voiture. — Magnétisme.
Cependant le cocher, quoique ligotté et incapable d’agir effectivement, peut encore faire entendre sa voix et arrêter net le cheval, quoiqu’il ne tienne aucune guide. C’est ce qui explique comment, chez certains sujets à qui l’on a donné des suggestions criminelles, la conscience du sujet lutte contre la suggestion, et l’in dividu s’évanouit (le cheval se cabre et tombe) plutôt que d’exécuter l’ordre donné.
5 I 2 L’INITIATION l v--—-.Il-‘r—.TL _.. La Sortie du Corps Astral. Magie. Spiritisme. Un autre phénomène, Souvent cité en occultisme, est clairement expliqué par cette analogie. Il s’agit de la sortie du corps astral. Plusieurs faits en apparence surnaturels sont expli qués grâce à cette action.
Sous l’influence d’un riaime particulier et de l’emploi raisonné de certains excitants PSYCH1QUES (I), l’être humain entre dans un état mixte qui tient de l’état de veille et de l’état som nambulique. Le corps astral quitte momentanément le corps comme le cheval dételé quitterait la voiture. Le corps refroidi reste immobile mais l’âme veille.
Elle dirige le corps astral vers l’endroit Où elle veut qu’il se rende car alors le temps et l’espace n’existent plus pour. lui. Le cocher dont les guides pourraient s’allonger à volonté et qui guiderait ainsi son cheval dételé donne une idée assez juste de la sortie consciente du corps astral. Dans ce cas le corps est absolument immobile, le corps astral n’étant lié qu’à l’âme. Dans un autre cas, le cocher (l’âme) s’endort.
Le cheval dételé (le corps astral sorti} erre à l’aventure. Il n’est plus tenu à l’appareil qu’il a quitté par les guides, mais bien par les liens qui le rattachent à la voiture (liens du corps astral au corps physique). D’après l’occultisme, c’est le phénomène qui se produit dans la médiumnité (sortie inconsciente du corps (I) Entr'autres la prière faite magiquement. - g»... ::=; : ,....._-. .-w.-w-m <
LE CORPS ASTRAL 513 astral). Le corps astral est alors à la disposition des influences diverses qui peuvent s’en emparer (esprits ou suggestions) (I). Les guides s‘allongent. Le cheval dételé continue sa course guidé par le cocher. (Sortie consciente du corps astral.) La figure ci-dessus indique bien ces phases de la sortie consciente du corps astral. (x) La substance du Médiateur plastique est lumière en partie volatile et en partie fixée.
Partie volatile — fluide magnétique. Partie fixée — cor sfluidique ou aromal. Le Médiateur plast1 ue est formé de lumière astrale ou terrestre et il en transmet au Corps umain la double aimantation. L‘âme en agissant sur cette lumière par sa volition peut la dissoudre ou la coaguler, la rejeter ou l'attirer. Elle est le miroir de l'imagina tion et des rêves. ’lle réagit sur le système nerveux et produit ainsi les mouvements du corps. .
Cette lumière peut se dilater indéfiniment et communiquer son îma e à des distances considérables, elle aimante les corps soumis à l‘action e l‘homme et peut, en se resserrant, les attirer vers lui. Elle peut prendre toutes les formes évoquées par la pensée et, dans les coagulations passa gères de sa partie rayonnante, apparaître aux yeux et offrir même une sorte de résistance au contact. ELIPHAS LEV1. I7
514 L’INITIATION Mort. Enfin il est un phénomène qui nous intéresse tous plus ou moins,icar nous sommes appelés à l’étudier de près: c’est la mort. Le cocher sommeille. Les liens qui attachent le cheval à la voiture s'al longent. Le cheval erre à l'aventure ne subissant plus la direction du cocher. Des êtres rôdant autour du cheval cherchent à s'en emparer. (Sortie inconsciente du corps astral.) ' La voiture (le corps physique) est brisée et gît sur la route, l’âme (le cocher) chevauche et le corps astral (le cheval) part pour le voyage de l’au-delà.
LE CORPS ASTRAL 515 C’est ce qu’exprime la figure suivante : Abandon de la voiture par le cheval et le cocher. Abandon du corps par le corps astral portant l'âme (La Mort). 'R' I)!» Ainsi nous avons choisi une image que nous croyons très claire malgré sa naïveté pour expliquer le jeu des trois principes qui constituent l’homme d’après l’occultisme. L’analogie fournie par cet exemple est à tel point exacte qu’on pourrait l’appliquer à toutes les parties de la philosophie. Un de mes amis G. P. me faisait remarquer justement qu’elle répond assez spirituelle— ment aux diverses opinions philosophiques. Le Matérialisme fait générer le cheval par la voiture et le cocher par le cheval. , Le Panthéisme met le cheval dans la voiture qu’il fait traîner par le cocher. Enfin le Catholicisme, comme la philosophie spiri— tualiste de l’Université, place bien un cocher sur la
516 L’INITIATION ._ __. ._. ,_ , ruu;'.Wrn voiture mais Sans admettre l’existence du cheval. Le corps et l’âme doivent suffire à tout. Malheureuse ment, ce fameux principe, soi-disant inventé pour les besoins de leur cause par les occultistes, le cheval, est si nécesSaire que rien ne marche sans lui, à la Sorbonne comme sur la plus vulgaire de nos routes. PAPUS. 15115:
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ÏTREMIÈRE fi@IIIÉLIE SUR LA SAINTE GNOSE A L’ÉGLISE DU PARACLET. I Le nom de la sainte Gnose a été oublié parmi nous.
La Gnose est l’histoire tragique de la chute de l'esprit dans la matière, et du voyage douloureux et provi dentiel que fait l’esprit pour remonter, de la nuit du vide (le Kénôme) aux clartés du Plérôme divin, à la matière pleine d’illusions et de mirages de la paix ’ souveraine et sacrée de l’idée pure, à cet abîme insondable de la Pensée, que, dans leur langage uni versel, expression d’une vérité unique, les philosophes ont nommé l’Absolu et les peuples ont appelé Dieu. Et pour opérer ce voyage et ce retour, odyssée de l’esprit humain, l’âme a deux ailes, la Science et
518 L’INITIATION ‘=“‘l I’Amour, le Christ céleste et le Saint—Esprit (Christos et Pneuma agion). II Ces termes ne sauraient effrayer les Idéalistes, ni faire sourire les indifférents. Des âmes ont rompu ce pain et bu ce vin pendant des siècles.
Quant aux matérialistes, esprits qui n’entrevoient qu’une seule face des choses, la Gnose peut leur citer ces paroles de Jean Scot Érigène : « Le danger n’est pas de chercher Dieu dans la nature, avec le flambeau du Logos ; il est de s’obstincr à demeurer dans les limites de la_ , nature, quand on est conduit au point où il faut les franchir. » Scot pouvait parler ainsi, lui qui imposait deux sources à la Gnose : «la raison pure et la vision ».
N éan moins les gnostiques sont bien éloignés de mépriser la science expérimentale, mais ils pensent avec Plotin, avec les Oupanishads, qu’au-dessus du monde phéno ménal, du monde de la Maïa, il y a la sphère de l’Intelligible où les sens grossiers ne pénètrent pas. Ils savent qu’une idée qui se manifeste est une Théo— phonie, une apparition du Divin dans l’âme humaine, et que TEL DIEU SE RÉVÊLE‘, TEL 11. EST.
III La Gnose, c’est la science des Théophanies, des appa— ritions du Divin. C’est la science des Eons, ces théo— phanies sublimes , ces hypostases des pertections divines.
.. _ ——3—... .—mias _.-. PREMIÈRE HOMÉLIE SUR LA SAINTE GNOSE 519 Yeux ouverts du Seigneur sur Nombre des déserts ; Esprits qui remplissez l’air, la terre et les mers; Anges de tous les noms ; mystérieux fantômes, Dont le monde invisible est plus plein que d'atomes} Saints ministres du Père en tous les lieux vivant, Qui (aise; dans le feu, qui passez dans le vent, Invisibles témoins de nos terrestres haines. LAMARTINE.
Un jour, le grand Emmanuel Kant comparait l’âme qui plane dans l’Absolu à une colombe qui voudrait planer dans le vide. La Gnose, au contraire, nous enseigne et nous démontre que l’Absolu est l’atmo sphère où se meut l’âme, puisque l’âme estune émana tion de l’Absolu. La Gnose, a dit Ephrem le Syrien, tresse une couronne à ceux qui l’aiment et elle les fait asseoir sur un trône de Roi.
' Et d’abord, quand le SEIGNEUR disait: « Je vous enverrai le Paraclet et il vous enseignera toutes choses », il annonçait à la fois et la Gnose chrétienne et l’avènement du Saint-Esprit. A cette parole prophé— tique de Jésus, « la fleur des Éons », ont répondu, dans tous les temps, des initiateurs et des messagers évangéliques.
En feuilletant les apocryphes de la Bible , vous entendrez presque à chaque instant retentir la plainte de colombe de la sainte Gnose et son appel d’amour aux hommes qui ont faim et soif de la justice et de la vérité. IV Jean nous a révélé qu'au commencement—dans le principe — le Logos fut émané par Dieu et que du
520 L’1NITIATION :W ÏrÏŒuFÀ,Ç: -:-_; Logos émanent la VÉRITÉ et la VIE. Le même Jean, dans l’Apocalyps‘e, nous montre prophétiquement la nouvelle Jérusalem qui descend du sein de Dieu, parée comme une épouse pour son époux. C’est la très sainte Gnose. C’est encore lui qui voit venir du ciel la femme symbolique, vêtue de soleil, couronnée de douze étoiles et ayant la Lune sous ses pieds.
C’est lui enfin qui, dans son dernierchapitre, appelle l’époux au nom de l’épouse : Amen! Viens, Seigneur Jésus, viens !
C’est Paul parlant aux Colossiens de ce mystère de Dieu manifesté en Christos, dans lequel sont contenus tous les trésors de l’HYPERGNOSE ; et, dans l’Epître aux Galates, disant: « Si vous êtes sous PNEUMA, vous n’êtes plus sous la Loi ! » C’est Apollos, dans l’admirable Epître aux Hébreux, nous présentant le Fils, le MONOGÉNÈS héritier de toutes choses, par qui Dieu a fait les EONS; le Fils unique, splendeur de la Gloire et image empreinte de la SUBSTANCE divine, qui soutient toutes choses par le LOGOS.
V Les docteurs et les évêques de cette Gnose ont reçu en dépôt le sens ésotérique de la Bible. C’est à nous, pontifes selon l’ordre de Melchisédech, que les Anges ont confié le pectoral où‘ flamboient l’Urim et le Thumim (Le’m’ttque, VIII, 8). C’est nous qui lisons dans le livre dela Loi (Néhé1m‘e, vm, 8). C’est notre écriture qui est cachetée au nom du Roi ; c’est nous qui portons l’anneau du Roi (Esther, VIII, 8).
'F’.‘ ' . "—.p—.., .n .un>uun: I. " _ ,.....-A............, PREMIÈRE HOMÉLIE sua LA SAINTE GNOSE 52r C’est de nous qu’il est écrit : « Ceux qui sont revêtus de robes blanches, qui sont-ils et d’où sont-ils venus? Ce sont ceux qui ont soufiert de la grande Tribulation et qui ont lavé leurs tuniques dans le sang spirituel de l’Agneau (Ram), et qui sont vierges des superstitions et des souillures du monde Hylique!
La Gnose est l’essence, même du Christianisme. (Comtesse d’Adhémar, Revue Théosophz’que, 21 juin 1889.) Voilà, nos bien-aimés, la plus juste définition du Gnosticisme. Or le Christianisme nous dit d’où nous venons et nous apprend où nous allons. Unde venis et quo‘ uadz’sP Savoir cela, c'est savoir la seule chose nécessaire. Porro unum est necessarz’um !
Cette Gnose illumina tive est la perle de l’Evangile pour laquelle l’Homme digne de ce nom doit vendre et donner tout ce qu’ila.. « Mon âme, d’où viens-tu? disait saint Basile. Qui t’a chargée de porter un cadavre ? Si tu es quelque chose de céleste, ô mon âme! apprends-le—moi.
Et la Gnose répond: « En contemplant le Plérôme, tu connaîtras toutes choses. » Vl L’illustre M. Franck a justement remarqué que la Gnose prétend être une synthèse complète et définitive de toutes les croyances et de toutes les idées dont l’humanité a besoin pour se rendre compte de son origine, de son passé, de sa fin, de sa nature, de son avenir, des contradictions de l’existence et des pro blèmes de la vie. (Journal des Savants.)
522 L’INITIATION Le premier Principe, c’est l’abîme, l’Unité absolue, existante par elle-même, le Père Inefïable, et qu’on ne peut définir justement parce qu’il est ineffable. C’est 1’Etre en puissance avec tous les possibles ren fermés dans son sein, enveloppé dans son mystérieux silence (Sigê) et renfermant en soi l’ldée, l’Amour la Lumière et la Vie!
Si le Père lneflable sort de ce Silence, si cet abîme déborde, si cette Puissance s’actz‘onne, ce n’est pas la NÉCESSITÉ qui l’y contraint, c’est l’AMOUR. Et c’est parce qu’il aime qu’il se sépare de soi-même, se répand, se précipite, quitte sa solitude majestueuse, se prolonge pour aimer. Car, dit Valentin, il EST AMOUR, et il n’y a pas d’Amour sans objet aimé!
De cette unité d’amour jaillit la dualité (dyade), une dualité vivante, théophanie de l’Absolu, mascu line et féminine,'aimàntée et aimée, et qui se révèle comme Esprit et Vérité (Nus et Alètheia). VlI Nous nous arrêterons ici, nos bien-aimés, remet— ‘ tant à une seconde Homélie épiscopale la suite de cette épopée sublime. Nous livrons ce préambule de la manifestation divine à vos méditations, à vos con- ‘; templations.
Vous qui faites partie de l’Eglise du Paraclet, unis— sez-vous à vos frères. C’est par vos prières et vos études, c’est par votre obéissance à vos pasteurs invi sibles, c’est par votre fuite de l’orgueil personnel et ,. tout ce qui peut établir ou briser la charité, que vous
OCCULTISME EXPÉRIMENTAL 5 2 3 _ , u u_. .. F,. .v,. _... h... .-..,—..... ....>44M. réussirez à établir sur de fortes et profondes assises la communauté visible des Pneumatiques que les MANIFESTATIONS d’En-Haut nous annoncent et nous promettent. — Amen. Donné sous le Thau, le 18 août I890, neuvième année de Notre-Dame Saint-Esprit.
T JULES, évêque gnostique. (JULES DOINEL). consensus ŒxEamenuau LE POTENTIEL ÉLECTRIQUE DES MAINS (I) La Nature, journal scientifique français, décrit un passe-temps qui constitue essentiellement un mode très curieux d’expérimentation. Ce journal assure que cette expérience a pour base une cause mécanique et nie la cause physique qu’on lui a attribuée : le magnétisme animal des mains.
Je nie personnellement les deux causes et j’attribue (I) Nous traduisons cet article du Bulletin dela Société des ingénieurs de Guajuguaio. — Nos lecteurs verront que l‘auteur sans le savoir a redécouvert leslois de la polarité humaine si bien étudiées par MM. le doc teur Chazarain, colonel de Roches, Durville et Beretti.
Chacun peut répéter facilement toutes ces expériences, qui démontrent au mieux I’extstencc et le mode d'action du corps astral, le grand facteur des phénomènes de I‘occultisme. L’auteur prouve ce fait sans s'en rendre compte. P. ,:;r. mî«Mm..u. . , n
524 - L’INITIATION le phénomène à une cause électrique. Je vais m’efforcer de le démontrer par la série d’expériences que j’expose par la suite. Mais auparavant je dirai celle que la Nature décrit. On coupe, dit ce journal, une rondelle dans un bou chon de bouteille et on traverse cette rondelle en son centre de part en part avec une épingle qu’on enfonce le plus possible.
On place horizontalement la rondelle sur une table, de manière que ' l’épingle soit verticale, la pointe tournée en haut et distante de la rondelle de toute la longueur de l’épingle, moins ce qui est dans le bouchon. Sur cette pointe on place en équilibre un carré de papier ordinaire à lettres de 2 centimètres sur 4.
Afin de bien obtenir l’équilibre, on plie légèrement le papier en son milieu au moyen de deux plis longitudinaux allant d’un coin au coin opposé et se coupant en ce milieu. _ Ces plis permettent de maintenir l’équilibre cherché quand le centre de la figure se pose sur la pointe de l’épingle.
Cela fait, on entoure d’un côté quelconque ce petit moulin à vent avec la paume de la main, et on verra que l’appareil se met à exécuter un mouvement de rotation dû à la colonne d’air ascendant que la cha
OCCULTISME EXPÉRIMENTAL 525 leur de la main développe. Là s’arrête mon extrait de la Nature. . Effectivement, l’existence du magnétisme animal n’étant pas prouvée, d’une part, et cependant le petit appareil présentant toutes les conditions de mouve ment par une cause mécanique d’autre part, il n’y a rien de plus naturel que d’expliquer ce mouvement comme le fait la Nature.
Histoire de vérifier le fait et d’amuser ma famille, je construisis ce jouet, que je range aujourd’hui au nombre des études sérieuses. Me suis—je trompé ?
Je vais exposer les résultats de mes expériences et mes déductions pour que d’autres en tirent à l’occasion meilleur parti que moi-même. ‘ I° J’entourai un côté de l’appareil avec la paume de ma main droite, et il se mit en mouvement (dans une atmosphère très calme)dans le sens opposé à celui des aiguilles d’une montre, en rotation de droite à gauche.
Ce mouvement, concordant avec les plis des coins du papier, pouvait être dû à la colonne d’air ascendante. 2° Je plaçai la main gauche seule, et le plus souvent l’appareil ne bougea pas. Par suite, la colonne d'air chaud n’était pas la cause; car l’appareil devait tour ner, et tourner dans le même sens déterminé par la position des plis.
3° Je continuai mon expérience avec la main gauche en mettant le papier dans les meilleures conditions possibles pour tourner avec l’autre main (dans la pre mière direction donnée par la main droite), et je vis qu’avec la main gauche le papier tournait bien , mais dans un sens contraire au sens donné par la main
526 L’INITIATION droite, c’est-à-dire qu’il tournait de gauche à droite (comme les aiguilles d’une montre). Effet mystérieux? Non.
Cela devait être parce que les colonnes d’air produites par chaque main ne montaient pas vertica— lement, mais bien en sens opposés; la colonne d’air produite par la main droite agirait sur les plans in clinés des pointes de papier, tandis que la colonne produite par la gauche agirait sur les plans inclinés de jonction avec l’épingle.
En effet, la rapidité de mouvements me le fit croire ainsi : la rapidité don née par la main droite était plus grande que celle donnée par la main gauche. 4° Mais cette différence ne serait—elle pas produite par des températures différentes? La main droite était habituellement plus chaude que l’autre. Je plongeai cette main droite quelques minutes dans l’eau froide et je la replaçai encore mouillée.
L’appareil tourna comme toujours avec la même rapidité et dans le même sens. Que voulait dire cela? 5° Si tout dépendait de la chaleur, il devait tourner plus doucement, et il n’en fut pas ainsi. Si c’était la chaleur, avec une chaleur double on obtiendrait une rotation deux fois plus rapide. « Avec les deux mains, dit la Nature, c’est ce qui se produit. ».
Soit; quand l’appareil était en rotation avec la main droite, preuve sûre de bonnes conditions d’équilibre et de sensibilité, j’approchai la main gauche très doucement, et..... tout s’arrêta? Les colonnes d’air de sens oppo sés le retenaient-elles! ou d’autres de sens également contraires étaient-elles le motif de cette neutralisation de forces motrices?
OCCULTISME EXPÉRIMENTAL 527 6° La chaleur ou l’électricité? Il est évident que la chaleur produit des mouvements de cette nature, comme nous le voyons dans un phare tournant; mais serait-ce là l’unique agent dans le cas présent?
Je me couvris la main avec une carte de bristol, parce que le carton est mauvais conducteur de la chaleur, et, ainsi préparée, je la rapprochai du petit appareil, et comme, malgré tout, il tourna avec la même rapidité qu’avant et dans le même sens, j’en déduisis que « la chaleur n’agit pas comme agent exclusif du phéno mène ».
7° Je m’enveloppai la main droite dans un mou choir de lin, et l'appareil tourna comme toujours, et je remarquai que la main pouvait être plus éloignée de l’appareil pour produire le mouvement que quand elle était nue. Je changeai le mouchoir pour une toile de chanvre écrue, c’est-à-dire pleine de pointes, et l’effet produit fut la même, bien que je retirasse ma main de un cen— timètre (où je la plaçais avant) à dix Centimètres de l’appareil.
« Ce n’est pas la chaleur, » me dis—je, car elle ne peut se transmettre au travers de si mauvais conducteurs à ces distances, ni en si peu de temps. C’est l’électricité. 8° L’effet est-il produit par attraction et répulsion successives ou par des courants solénoïdes ?
Quand l’appareil était en mouvementsous l’influence de la main droite, je retournai la main de façon à pré senter devant moi son dos, le pouce touchant la table et le petit doigt placé en haut, alors la rotation changea de sens (1). J’ajoutai alors la main gauche qui, comme “' _*- vm.
528 L’INITIATION . :=æg je l’ai dit, produit le mouvement dextrogire, et le mou vement continua et avec plus de rapidité. J’en déduisis que ce sont des courants qui dans une main sont d’un sens, et dans l’autre de sens opposé. 9° Mais, en définitive, n’esbce pas la chaleur?
Pour me contenter définitivement, je doublai les pointes de papier dans le sens opposé à celui qu’elles avaient, et, malgré cela, les effets produits par les deux mains furent les mêmes. Le moteur n’était donc pas mécanique, mais bien physique; ce n’est pas la colonne d’air ascendante, ce n’est pas la chaleur qui suit la cause du fait : à quoi l’attribuer, sinon à l’électricité?
Bien que ma dernière expérience fût concluante, je voulus, malgré tout, obtenir un plus grand nombre de preuves, et je l’obtin's.
Je remplaçai le papier ainsi plié dans ses coins par un autre rectangle de papier sans aucun autre pli que celui que je lui donnai à son milieu pour qu’il puisse se maintenir surla pointe de l’épingle, puis, à la place du rectangle je mis un rond, puis un carré, une croix en cercle donnant à ces trois dernières figures des plis croisés à angle droit, pour qu’en ce croisement appuie l’épingle, mais prenant garde de laisser les figures aussi planes que possible pour éviter d’attribuer le mouvement aux plans inclinés, et parce qu’ainsij’ob tenais de meilleurs résultats qu’avec les figures précé dentes.
Eh bien, j’obtins toujours les mêmes effets, et je les obtiens toujours soit avec mes mains, soit avec celles d’autres personnes. Mais il y a plus et plus concluant. Une carte [de la wot‘
OCCULTISME EXPÉRIMENTAL 529 e..c , WW:.« grandeur de la main fut enroulée sans former un tube complet, c’est-à-dire non en cylindre, mais en demi cylindre,et fut maintenue ainsi par un fil qui l'atta chait.
Si je laisse quelques secondes ce tube dans ma main droite et qu’ensuite je le place devant l’appareil à la place de ma main, il agit comme elle, il produit la rotation de droite à gauche ; si je place ce tube dans la main gauche et que je fasse la même expé rience, j’obtiens la rotation de gauche àdroite.
Ces effets démontrent complètement, comme nous le disons déjà ci-dessus, que le phénomène n’est pas dû à une cause mécanique, comme il semble à qui conque lira la description du journal la Nature.
Il faut donc déduire de cet exposé : 1° L’électricité est le principal agent; 2° La chaleur proprement dite n’influe pas dans ces expériences} 3° Ce ne sont pas probablement des attractions et des répulsiohs qui prennent naissance, mais bien des courants solénoïdes ; 4° Les mains sont douées d’un potentiel électrique, puisqu’elles produisent un travail représenté par diverses Ergo ou Énergies. VICENTE FERNANDEZ.
530 L’INITIATION ...,‘.,‘—- ,, REMARQUES Ainsi que nous l’avons dit au début, cet appareil permet de prouver l’existence du fluide chez l’homme et donne un grand poids à la théorie des magnéti seurs. Il prouve de plus l’existence des lois de la pola rité dans ce fluide. Il vient à l’appui de cette idée que, pour qu’une aiguille subisse l’action du fluide humain, il est né, cessaire qu’elle ne soit pas métallique, ni, par suite, aimantée.
Louis Lucas a, en effet, donné, dès 1853, la théorie de celphénomène dans la Chimie nourelle.
Cet auteur donne même une expérience inconnue encore : en prenant une simple aiguille de tôle de dix centimètres de longueur et en la mettant en équilibre sur une pointe quelconque de bois ou de métal, on constate, à l’abri de tous les courants d’air, que cette aiguille se dirige d’elle-même vers le nord, sans avoir subi aucune action de la part d’un aimant.
Au moyen de l’appareil de M. Fernandez, muni d’une aiguille en papier de vingt centimètres de lon gueur, on peut constater, dans des conditions de con— trôle rigoureux, que cette aiguille subit l’action de la wolonte’ à cinq ou six mètres de distance. Il suffit d’étendre la main, les doigts réunis en pointe, vers l’aiguille de papier, en pensantfortement au sens dans lequel on veut qu’elle entre en mouvement. Dans une seconde communication faite à la même Société, l’auteur de l’article ci-dessus décrit de nou I \fiÿm‘w‘ . i ’
LE MAGNETOMETRE , 531 velles expériences qu’il a entreprises pour vérifier son idée. Nous signalons tout particulièrement celle de la figure 5 de notre gravure (I). Difiérents appareils sont disposés derrière des demi-cylindres de carton. En plaçant la main droite sur le premier de ces cylindres, tous les appareils entrent en marche, et souvent c’est le plus éloigné qui se meut le premier.
P. le Magnétmètre AUTRE INSTRUMENT D’OCCULTISME EXPERIMENTAL Enregistrer le fluide, tel est le rêve le plus ambi tieux et le plus scientifique qu’aient pu faire les magnétiseurs l Probablement même n’ont—ils pas osé élever si haut leur idéal ! Guérir leur prochain, tel est le but humanitaire et suffisant qu’ils se sont fixé. Ils l’atteignent souvent ! Mais les savants en veulent plus pour être convaincus. Guérir, c’est bien ; démon trer, c’est mieux!
Et d’ailleurs les guérisons sont passibles de tant d’interprétations, imagination..., qu’elles sont matériellement insuffisantes à prouver l’existence du fluide, c’est-à-dire d’une force s’échap— pant du magnétiseur et allant au magnétisé. Le fait de projeter sa force, son énergie au dehors une fois démontré, bien des phénomènes considérés comme (I) Placée en tête de la Revue.
5 3 2 L’INITIATION d’ordre surnaturel deviennent on ne peut plus natu rels ! Aussi est-ce à ce butque tendent les savants cher— cheurs que rendent rêveurs les phénomènes troublants du spiritisme et du magnétisme ! C’est également à ce but qu’a songé une commission scientifique nommée au sein du Congrès Magnétique international de 1889 et dont nous faisons partie. Trouver un appareil enregistreur, et la question était élucidée, c’était le programme tracé. Déjà certains observateurs affirmaient avoir vu bouillonner de l’eau à une certaine distance de laquelle des sensitifs tenaient leurs mains. Mais il fallait des sensitifs, et comme cette espèce est relative ment rare, il fallait songer àmieux. J'eus alors, comme rédacteur en chef de la Revue universelle des Inventions nouvelles (I), la bonne fortune d’être en relation avec l’abbé Fortin, de le voir, de l’entendre et de vérifier sesexpériences sur l’ozone, cause de l’influenza ;.aùssi, dès le mois de février dernier, nous donni‘onSqdans cette revue une description sommaire du type unique . qui existait alors du 772agne’tomètre, l’instrument tant cherché. Depuis , l‘abbé Fortin en a indiqué les multiples utilités dans son livre le Magnétisme at mosphérique (2). Voici en quoi consiste essentielle ment le magnétomètre. Une aiguille de métal ni aimantée ni aimantable , très mobile sur un cadran divisé, en est la partie intégrante. Au-dessous d'elle est un condenseur formé de feuilles d’étain repliées (1) Son directeur, M. Henri Farias, nous a communiqué le cliché ci contre. (2) Carré, édit., 1890.
LE MAGNÉTOMETRE 533 entre elles, mais séparées par une substance isolante. Séparant ce condenseur de l'aiguille, estun multiplica teur formé d’un long fil métallique d mt les tours sont isolés. Un globe en verre renferme le tout.
534 L’INITIATION Veut-on agir, on approche la main de l’appareil, on l’y laisse cinq minutes environ et on l’enlève. Une ou deux minutes après l’enlèvement de la main, l’aiguille se déplace d'un angle qui varie avec chaque observateur. Il n’y a plus qu’à faire opérer les magnétiseurs habitués à concentrer leur volonté, et à voir si, selon la plus ou moins grande concentration de celle—ci, ils obtiendront une déviation propor tionnelle.
Ce que l’appareil présente de curieux, d’anormal, de fantastique presque, c’est qu’il ne se borne pas à démontrer l’action humaine, il annonce les tempêtes! Par la direction et la valeur de ses angles, il permet de prévoir la force et le sens des ouragans. Les conséquences de ces utilités multiples boule— versent la science!
En effet, si l’on réfléchit bien à l’action humaine produite sur le magnétomètre, on ne peut l‘assimiler ni à l’électricité, —— car l'aCtion serait immédiate, ce qui n’est pas, — ni au magné— tisme minéral, — l'aiguille n’étant ni aimantée ni aimantable.
' Mais, puisque l’aiguille se meut sous une action ni électrique ni magnétique, les ouragans ou les cyclones ne sont,pas dus au magnétisme terrestre, ils ne peuvent être prévus par ses manifestations. Et il en est ainsi, car l'action dela Terre est analogue à l’électricité ou au magnétisme minéral. Et la science est à refaire sur ce point !
Et qui sait ? que pouvons—nous. penser sur les forces humaines répandues dans l’espace P C'est peut— être le trop-plein de nos énergies — disséminées un peu
LE MAGNÉTOMÊTRE 5 3 5 partout à notre insu -— qui bouleverse les éléments, comme parfois nos ’consciences l Et sur cette idée bizarre, prétentieuse, étrange, qui vient subitement de germer en mon esprit, — piée que je renie d’ailleurs !— je termine, laissant le champ' libre aux chercheurs. Dr FOVEAU DE COURMELLES.
ewaäaraarmæamæa 1 PARTIE LITTÉRAIRE SATYRÜS OU LE lIABLE DES BOIS DIVINISÈ‘” PEflJSÆEJËEfl AGŒE L’ERMITE Vous vous imaginez, vous, Messieurs, queje suis seul parce que je ne puis être dans les villes. Vous vous trompez, mes chers Messieurs ! Je ne me suis point rendu ici parce que dans les villes on vit d’une manière si perverse et que tous, voleur, hypo— (i) Ce chef—d'œuvre de Gœthe qui se trouve dans presque_ toutes.1es éditions allemandes. n‘est dans aucune des traductions françaises. C‘est à faire croire qu‘à l‘instar des historiens de la littérature et des critiques, les traducteurs s’entre-copient_indéfiniment. -—- Ceci son dit avec l'es poir que, blessés à l'endroit juste, quelques-uns mgnalent avec_ clair voyance les fautes de cette traduction; de quoi, lecteur, vous et mm profi. temns. (Note du traducteur.)
SATYROS 537 crite et flatteur, s’y comportent selon leur fantaisie: cela m’aurait au contraire continuellement diverti..., si je n’avais été forcé de les honorer. Comment! me piller, me.... , mieux que des corbeaux , et avoir en sus mes révérences ! Las donc de leur ennuyeuse manie, je me suis re— tiré dans la cité de Dieu, où tout est aussi sens dessus dessous, et malgré cela ne périt pas.
Je vis, au prin temps, des fleurs et des bourgeons sans nombre, je vis comment tout s’efforce et se pousse; pas une petite feuille, pas une petite graine qui s’arrête. Là-dessus le lourd philistin pense en soi—même: Ceci est pour moi et mes frères; notre Seigneur Dieu est assez bienveillant pourl’heure, je voudrais bien avoir déjà tout cela en grange!
Notre Seigneur Dieu dit, lui : Mais ce n’est pas mon idée_;à moi; il faut que d’autres encore s’en réjouissent. Et dès‘que l’éclat du soleil rappelle chez nous cigognes et hirondelles, il fait éclore le papillon de sa demeure, les mouches hors des fentes et tout le petit peuple des chenilles. Tout cela jaillit dela force productive, comme réveillé en sursaut.
Oiseaux, grenouilles, quadrupèdes et moucherons s’accouplent à tous moments, par derrière et par devant, sur le dos et sur le ventre, de sorte qu’on a dans chaque fleur et dans chaque feuille un lit d’épousailles, un lit d’ac— couchement. Et je chante alors dans mon cœur louange à Dieu avec tous les vermisseaux... Mais le petit peuple veut à manger, veut se nourrir des dons de Dieu qui lui sont offerts.
De même que le vermis seau mange la tendre poussé de feuille, le vermisseau rassasieà son tour la petite alouette, et, comme je suis
5 3 8 L’ INITIATION de même ici pour manger, la petite alouette se fait sentir à moi. Puis je suis aussi propriétaire, j’ai ici maison, éta— ble et jardin. Je défends mon jardinet, ma petite récolte contre le froid, et les chenilles, et la chaleur aridePar exemple, si la grêle s’abat ici un beau matin et fourrage tout, il faut avouer que le contre— ‘ temps me vexe. Toutefois je vis encore a la fin de l’année, où maint loup—garou est mort déjà par l’an— goisse de la famine. (On entend hurler au loin :) Hou! Hou! Ahou ! Ahou! Malheur! Aie! Aie! L’ERMITE Quelle triste lamentation! Ce doit être une bête blessée. SATYROS Ah !mon dos! ah! ma jambe! L’ERMITE Mon pauvre ami, quel mal vous est arrivé ? SATYROS Sotte question ! Vous le voyez bien. Je suis tombé. . ., la jambe cassée. L’ERMITE Montez sur mon dos! Entrons dans la cabane,. ici.
SATYROS 539 (L’ermite le charge sur son dos, le porte dans la cabane et le couche sur le lit.) L’ERMITE Tenez-vous tranquille, que je visite la blessure! SATYROS Vous êtes un lourdaud ! vous me faites mal! L’ERMITE Vous êtes une poule mouillée! Tenez-vous donc tranquille ! Que diable! je veux vous couvrir. (Il l’attache.) Comme cela, vous resterez un peu en repos. SATYROS Procurez-moi maintenant du vin et dés fruits 1 L’ERMITE Du lait et du pain, je n’ai rien d’autre au monde. SATYROS Votre auberge est mal fournie. L’ERMITE D’hôtes distingués je ne suis point fréquenté. Ainsi donc goûtez de ce pot-ci.
540 L’INITIATION SATYROS Pouah! quel est, fi! ce goût? maigre nourriture! Ah! lei—haut, dans la montagne, les chèvres sauvages, quand je m’amusais à en attraper une par ses cornes, je saisissais avec ma bouche ses tétines pleines et m’arrosais tant que je voulais le gosier; c’est là, par Dieu ! une autre vie!
L’ERMITE C’est pourquoi dépêchez-vous de guérir. | SATYROS Que soufflez—vous là dans votre main F L’ERMITE N’êtes-vous pas' familiarisé avec cet art P Je souffle sur le bout de mes doigts pour les réchauffer. SATYROS Vous êtes malgré votre sorcellerie, vrai! un pauvre diable. ' L’ERMITE _ Non, monsieur! Je suis excessivementriche ; je subviens à mon propre besoin. Ne voulez-vous pas un peu de soupe et de choux ? SATYROS Qu’ai-je à faire de cette chaude lavasse ? fi,.ç w . , .t k
' SATYROS 54I' L’ERMITE Restez donc une fois tranquille l Employez une couple d’heures à dormir, je vais voir si je ne trou verai pas par là quelque chose à votre goût. DEU&IÊMI A°Tfl SATYROS, s’éveillan t. C’est une couche à chien! un lit de torture pour criminel ! Je me suis tout écorché le dos. Et Une multitude de damnés insectes! Je suis venu dans un vilain trou!
Dans ma caverne, comme on vit pourtant! on a du vin dans une cruche bien ciselée et du lait, épais et du fromage tant qu’on veut. — Puis-je vraiment remuer le pied P —- Voilà la place où prie le bonhomme. Cela me fait mal aux yeux de voir son Seigneur Dieu, au pauvre sot. J’aimerais mieux regarder un oignon cru jusqu’à me mettre les larmes dansles yeux que d’ouvrir le fond de mon cœur à une rognure d’image, à une petite bricole de bois !
Rien au monde n’est pour moi plus que moi—même : car Dieu est Dieu et je suis moi. Mais , j’y pense, je me glisse dehors ; et que le diable emporte le maître de la maison I... Ne puis-je avoir besoin, par hasard, de quelque chose 2'“ La toile mise ainsi serait une assez bonne plaisanterie. Voilà de quoi faire courir les jeunes filles; je l’attache comme ceci... Quant à son Seigneur Dieu, je vais le mettre en pièces et le jeter dehors dans la ravine.
542 L’INITIATION TIRCJ:ESZÈÆEŒEË ASCIIEE SATYROS Je suis pourtant fatigué: il fait infernalement chaud. Ce ruisseau est fraîchement ombragé. Ici le gazon m’a déjà offert un trône de roi, et les vents légers me sollicitent tous, comme de libres amants sans nombre. La nature autour de moi est remplie de frissons amou reux; je veux me réjouir avec ma flûte et mes chan sons. DEUX JEUNES FILLES, avec leurs cruches d’eau. ARSINOÉ Écoute, comme cela résonne là-bas délicieusement l Cela vient du ruisseau ou de la forêt. O PSYCHÊ Ce n’est pas un garçon de notre endroit ; seuls les. dieux du ciel chantent ainsi. Viens, écoutons. ARSINOÉ Cela me prend l’âme. PSYCHÊ Mon cœur, ah ! a soif de ce chant ! SATYROS chante. Ta vie, mon cœur, pour qui se consume—t-elle ? Ton regard d’aigle, que voit-il? La nature, autour de Q Tant—hi
SATYROS 543 toi, te rend hommage, elle est toute à toi ; et tu es seul, tu restes malheureux ! ARSINOÉ Il chante en vérité presque trop bien ! PSYCHÉ Mon cœur est sur le point de fondre dans mon sein. SATYROS chante. Tu as reçu du ciel la mélodie, tu as ému le rocher, la forêt et le fleuve; et ta chanson était douce à la plaine comme le rayon de soleil; et tu es seul, et tu restes malheureux! PSYCHÉ Quel divin et majestueux visage! ARSINOÉ Ne vois-tu donc pas ses grandes oreilles ? PSYCHÉ Avec quelle splendide ardeur il regarde alentour! ARSINOÉ Je ne voudrais pas être la fiancée d’une telle mer veille. SATYROS 0 jeunes filles aimables! ornement de la terre! je vous en prie, ne fuyez pas devant moi. ‘ \ ._““"-ËŒÉC'
544 L’INITIATION PSYCHÉ Comment es-tu venu près de ce ruisseau ? SATYROS D’où je viens, je ne puis le dire; où je vais, ne me ]: demandez pas. Bénies sont pour moi les heures où je vous ai trouvé, cher couple. PSYCHÉ O cher étranger! dis-nous franchement quel est ton nom et ta race. ' SATYROS Ma mère, je ne l’ai pas connue; personne ne m’a nommé mon père. Dans un pays éloigné, fait de hautes montagnes et de forêts, est mon asile chéri. J’ai pris mon chemin partout. PSYCHÉ Il doit venir à coup sûr du ciel. ARSINOÉ De quoi, 6 étranger, vis-tu alors P SATYROS De la vie, comme un autre homme. A moi est tout le vaste monde. Je demeure où cela m’est agréable. Je règne sur les bandes de gibier et d’oiseaux, sur les produits de la terre et sur les poissons de la mer. De
SATYROS 645 plus, par toute l’étendue du sol, il n’est pas d’homme si avisé ni habile que moi. Je connais les herbes innombrables et les noms de toutes les étoiles sans exception, et mon chant apporte dans le sang comme l’ivresse du vin et la flamme du soleil. PSYCHÉ Ah! Dieu! je sais comment cela fait à quelqu’un. ARSXNOÉ Écoute, ce serait l’homme de mon père. PSYCHÉ Oui, sans doute ! SATYROS Quel est donc ton père ? ARSINOÉ C’est le prêtre et le doyen du pays ;il a beaucoup de livres et beaucoup d’entendement, et se connaît aussi aux herbes et aux étoiles; vous devriez vrai ment lui enseigner. PSYCHÉ Cours donc et amène—le vite ici! (A rsinoe’ s’éloigne.) (A suwre.) GŒTHE. -.m.—‘ ành——h*‘N.—MM . .g,\ ..a. a«_.....m 18
L’INITIATION Ë’iÊIYPN©TÏISJËE Le docteur comme un statuaire , Se plaça devant le sujet Qui, dans sa raideur de suaire, Semblait une œuvre d’un seuljet. C’était une femme, les lèvres Closes, le geste arrêté ; L’opérateur prit ses doigts mièvres Et lui souflla sa volonté. Puis, en mimant une cadence, Il simula les violons; Et le tremblement de la danse La prit de la tête aux talons.
Danse énervante et galvanique ! — Car on dit qu’elle avait perdu, La pauvrefemme.’ un fils unique. Elle sautait comme un pendu. Elle était une espèce d’âme Que la main du docteur moulait; Assujettie à son programme, Ellefaz’sait ce qu’il voulait. Elle fit le prêtre et le maire, Le gamin quijoue au cerceau, Ellefit tout, même la mère Heureuse devant un berceau. Paul MARROT.
BIBLIOGRAPHIE 547 v lBnmnoennenm By;ance, par Jean LOMBARD. — Albert Sunna, éditeur. Déjà, au point de vue scriptural, M. Jean Lombard est une individualité extrêmement intéressante.
Son style, très personnel, a un caractère mâle et fruste même, qui ravit; quant à l’abus de certaines formes, par exemple le leitmotiv et l’inversion, et à quelque chose d’à peine définissable, une espèce de continue trépida tion névropathique, épuisante pour le lecteur, je n'aurais garde de le critiquer, étant trop fermement persuadé qu’un artiste a le devoir d’exaspérer son tempérament par la culture savante de ses défauts.
Pourtant, c’est sur. tout la philosophie sociale de ses livres qui leur donne une saveur régulière, œuvres de restitution historique, sans doute conçues d’abord sur le modèle de Salammbo; mais, tandis que Flaubert ne voulait qu’un effet d’es thétique pure, M. Jean Lombard, socialiste militant, a cherché plutôt à donner la physionomie des foules d'antan.
Et fatalement il a été porté vers les grandes dates, c’est—à-dire non point celles des batailles et des avènements et des pactes, qui sont futiles, mais celles, seules solennelles, des crises poignantes où une race, parallèlement sur les trois plans, précipite son évolution pour passer à un nouveau mode vitalu Le premier travail de la série lamente l’Agonie de Rome au temps d'Héliogabale; celui qui vient de paraître étale Bygance sous Constantin Copronyme, avec la lutte entre les Iconoclastes, aristocratiques en politique et sémites par l’intellectualité et la morale, c’est—à-dire amants des abstractions et individualistes à outrance, et les Iconolâtres, dont l’auteur a bien fait ressortir les aspirations démocratiques et la ferveur esthétique et l’iradiant universalisme, tout Aryens, et même Bud dhistes, puisqu’il est prouvé que le manichéisme déri— vait de la doctrine de Sakya-Muni. Le troisième volume, ms...,.q..
548 L’INITIATION en préparation : Commune! Commune! hurlera la cla meur moyenâgeuse, et un quatrième, annoncé sous un titre peu vibrant, mais qui sera évidemment changé : Un Volontaire de 92, sonnera la diane des temps pro— chains.
On aura ainsi le roman de la multitude de cinq siècles en cinq siècles, conception grande, à laquelle la réalisation ne faillira point ; et il y aura lieu alors à une étude passionnante sur une œuvre de telle envergure.
En attendant, il faut insister sur la science avec laquelle M. Jean Lombard meut les grouillantes masses popu laires, science absolue au point qu’elle ne souffre auprès de ses merveilles nulle analyse psychologique, nul dessin de caractère, et nul dialogue, que des essais gauches, et nulle oasis de grâce fraîche, que des souvenirs d'écrivains contemporains (la famille Skleros ne fait-elle pas, invin ciblement, songer aux enfantines de J. - H.
Rosny P), et science où il n’a qu’un rival, d’ailleurs dépassé à mon sens, le Zola de Germinal.
Et l’on ne peut aussi que' s’incliner devant la somme de difficultueuses recherches où l’auteur a dû s’enfouir, pour s‘efforcer de rendre à chaque détail une vie historique, dont un archéologue de profession pourrait certes contester parfois l'exactitude. mais qui plaît par sa couleur éclatante et gaie. vIl me reste à ajouter un mot au sujet des œuvres psy chiques prêtées par M. Jean Lombard à l’hégoumène Hybréas, chef des hérétiques : ces choses sont peu adroi— tement présentées, et il parait trop qu'elles n’ont été mises là que pour sacrifier à la vogue.
AUGUSTIN CHABOSEAU. a i u 0 Le: Facultésmentaler des animaux, par le Dlr Fovnu me Counuau.ss (1 vol. de la bibliothèque scientifique contemporaine, J.-B. BAILLXÈRE etfiis, 350 p., 3 fr. 50).
Notre célèbre collaborateur de la première heure étudie avec un scepticisme doux et aimable les diverses théories qui ont régi l‘intelligence des bêtes, puis émet la sienne qui vaut—- il ne se le dissimule pas et l’écrit — ce que valent en général les théories scientifiques: « Ce sont des moyens mnémotechniques, pas autre chose; \
BIBLIOGRAPHIE 549 elles ne sont ni démontrées, ni démontrables, dans le sens rigoureux et absolu du mot. L’affirmer serait une présomption absurde qui voudrait faire croire que la science humaine est universelle, et telle n’est pas certai— nement son opinion; ses travaux continus et incessants le prouvent. La vraie science est plus modeste et a rai son.
Une théorie aide la mémoire et permet le groupe ment des faits. > C’est de la modestie au premier chef et digne de servir de leçon à pas mal de négateurs à outrance des phéno— mènes spiritualistes. D’accord avec les conciles, avec saint Thomas, Leibniz, l’auteur ne refuse pas aux bêtes l’âme, c’est-à-dire un principe indépendant de la matière. Se basant sur la théorie de Darwin, il arrive à des con clusions en apparence paradoxales.
En admettant une évolution, le docteur Foveau de Courmelles est forcé ensuite d’en trouver au moins deux grandes, et s’il y en a deux, pourquoi pas davantage,... on voit de suite la tendance à la négation de l'évolution générale, l’évo lution de chaque groupe animal existant seul. Malgré les excellentes raisons que donne l’auteur, on peut lui retourner son argumentation sur la valeur de sa théorie. équivalente aux autres.
Au point de vue particulier del’Initiation, il faut signaler le remarquable chapitre sur le sommeil provoqué chef les animaux. L’historique montre que cette étude date de plusieurs siècles. L’exposé des phénomènes fait découvrir de grandes analogies, sinon l'identité parfaite avec ceux obtenus chez l’homme. L‘hibernation de la marmotte, du loir,... peut être assimilée à la léthargie.
Le maintien des attitudes chez des grenouilles, des écrevisses..., n’est pas autre chose que de la catalepsie. L’attraction vers la lumière des papillons, des chevaux,... est de la fasci— nation. L’art du dompteur rentre aussi dans ce dernier ordre de phénomènes. De même encore l’art de charmer les serpents par des accents mélodieux, et là il faut re courir aux Aïssaouas, aux Hindous,... et avoir des pro cédés absolument inconnus des Européens.
Finement, spirituellement et scientifiquement écrite est l’œuvre de notre collaborateur, le Dr Foveau de Courmelles. En même temps que cette récente production
5 50 L’INITIATION que nous sommes heureux de signaler, nous annonçons l’apparition pour le commencement d’octobre de 1’Hypno tisme, du même (1 vol. de la Bibliothèque des Merveilles, Hachette et C"). G. D. * I- ‘ Léon Dumx. Poésies Complètes. 2 vol. in-12.
LEKERRE, éditeur, 21-23, passage Choiseul. ( Je ne crois pas, déclare Catulle Mendès dans sa Légende du Parnasse contemporain, qu’il ait jamais existé un homme plus intimement, plus essentiellement poète que Léon Dierx. La poésie est la fonction naturelle de son âme et les vers sont la seule langue possible de sa pensée. Il vit dans la rêverie éternelle de la beauté et de l’amour. ) Une noble figure, en effet !
Armé de cette fierté che valeresque qui jamais ne défaille, Léon Dierx aura sou tenu héroïquement le combat de la vie, en impeccable champion de l’Idéal. v Lui-même le proclame : a La cuirasse à nos reins bouclée, Dans une lutte sans merci, Nous nous sommes jetés, ainsi Que des Bretons dans la mêlée. Ainsi donc soit! Et jusqu‘au soir, Tenons tête dans la bataille, Haut la visière, et haut la taille, Sans lâcher pied, sans nous asseoir!
Champions du beau qu'on lapide, Que le sort nous trahisse ou non, Faisons flotter notre pennon, Par-dessus la clameur stupide.
Puisque pour nous les durs chemins, Quand nous regardons Vers la terre, N’ont point d‘eau qui nous désaltère, A notre flanc portons les mains; Et, ruisselants d'éclaboussures, Pour revivre du même espoir, Buvons, ainsi que Beaumanoir, Le sang tout chaud de nos blessures ! » J’ai cité ces vers magnifiques parce qu’ils peignent l’homme tout entier. Nul plus que Léon Dierx n’a subi
BIBLXOGRAPHIE 5 5 1 _ _, —v-r 1.&",”'ÏΑ - -ar-sgu’nfl.&-ts.,oñafi"ÿn—Mä r"&.. c mw -r _\; le choc douloureux des épreuves (quelle sensibilité plus vibrante que la sienne P), mais avec quelle résignation douce, avec quelle magnanime acceptation!
Trop au— dessus de mes préjugés niais, du scepticisme névrosé actuel, des sottises ou des vilenies humaines pour s’abaisser à les admettre réels, trop supérieur à la fatalité pour ne la mépriser point, il sauvegarde jusqu’au bout, malgré l’âpreté de la lutte, l’ardeur de sa foi, sans croire à la méchanceté ni à la traitrise, sans rancune contre le destin, miséricordieux toujours: 01Cette femme te jette un linceul de tortures Avec leslongs espoirs qu'en secret nous gardons; AVec tes désespoir! désormais sans pâtures, Jette-lui sur l’épaule un manteau de pardons. » De l’île de la Réunion où il est né, Léon Dierx a rap porté ces descriptions de paysages troublants, cette mé lancolie douloureuse et surtout cet amour presque reli gieux de la nature qui lui constituent une si puissante originalité.
Très modeste d’ambitions, mais conscient de sa valeur intellectuelle, jamais il n’a hasardé une démarche intéressée, ni brigué une faveur quelconque, vivant assez retiré, préférant l'admiration et le dévoue ment de ses familiers à n’importe quelle réclame tapa— geuse.
On vient de le décorer néanmoins; les critiques com mencent d’applaudir et l’éditeur Lemerre publie une édition luxueuse, en deux volumes, des poésies com plètes du nouveau chevalier.
Mais si la période de célé— brité fait mine de vouloir s’ouvrir, si justice est enfin rendue au grand poète, Léon Dierx restera le parfait gentilhomme au cœur simple, à la main loyale, le pen— seur indulgent et compatissant pour tous, franc rieur à l’occasion et peintre de talent aux minutes de loisir. G. MONTIÈRE. * * *. Contes pour les A::arsins.} vol. in-12, prix 3 fr. 50, pa_r Maurice BEAU.
Bouge, préface de Maur_1ce BARRÈS. — I’ERRIN et Clé, éditeurs 35, quai des Grands-Augustins. En quelques pages de préface, Maurice Barrès exprime très nettement l’impression ressentie a la lecture de ces I
552 L’INITIATION ’k" "w . . I.l'a"'-L.-vt curieuses nouvelles. « Ce qui me plaît, dans ce premier volume de M. Maurice Beaubourg, écrit—il,c’est un pare fait dédain pour tout ce qui constitue le monde extérieur. Voyez comme il regarde les choses autour de lui! Il use perpétuellement, à leur égard, du droit à l’ironie.
Ce qu'il connaît du fourmillement de la vie (agitation des grandes villes, commerce avec les hommes, petits agré ments de sensualité), il en parle dès ses premiers pas avec une rare clairvoyance; son âme est trop délicate, trop renseignée aussi, pour s’attacher à aucune des ap— parences; dès le premier instant il se conduit à leur égard en homme libre. » Cinq contes, plus étranges les uns que les autres, se suc. cèdent : Moi! — L’intermédiaire.— Célestin Gardanne — Vingt et un ans après. — Le drame de la route de Tre muth.
Chacun donne sa note originale, mais dans tous reparaissent le même sourire méprisant, la même ironie dédaigneuse.
Supérieur aux mesquines intrigues, aux misérables influences émanées du coudoiement des médiocres, sans haine contre eux, mais sachant sous traire son idéal aux souillures dont le contact menace rait de le tenir, Maurice Beaubourg contemple en ama teur les pièces que ses contemporains lui jouent, et, spectateur impartial, note à mesure les scènes où son humour se complait davantage. ( C’est au nom de leur monde intérieur que ces esprits, dont Maurice Beaubourg nous est un spécimen, mé prisent le monde extérieur.
C’est le sentiment plus ou moins net qu’ils ont d’eux-mêmes et de leur monde inté— rieur qui leur fait mépriser comme petites misères, à peine vivantes, comme de simples apparences, toutes ces choses qui sont, pour l’ordinaire, l’orgueil et l’occu pation des hommes. n Que les critiques louent ou blâment, notre conclusion sera celle de Barrès : « Les Contes pour les Assassins sont et resteront un document, très significatif entre mille, sur l’attitude que gardent aujourd’hui à l’égard de la vie les esprits qui ont véritablement profité des expériences de leurs aînés; ils ne bénissent ni maudissent les choses et les faits; ils ne les prennent pas au sérieux. Ils récla ment le droit à l’ironie. » G. M.
BXBLIOGRAPHIE 5 53 * 25:5 DEUX EXTRAITS sua L'ORIENT Nous croyons intéresser vivement nos lecteurs par les citations suivantes. La première est empruntée au livre magistral du marquis de Saint-Yves d’Alveydre :Jeanne d’Arc victorieuse; la seconde est empruntée à un boud dhiste convaincu et sérieux.
L’Église brahmanique. — « L’Église-mère du brahma nisme non sectaire est encore constituée telle qu’elle est présentée ici pour la première fois aux Européens. « La Trinité synarchique y est représentée par le sou verain pontife ou Brahatma, chef de l’ordre enseignant, et ses deux assesseurs, le Mahatma, chef de l’ordre juri dique et le Mahanga, chef de l’ordre économique.
Les sept Ris/ris et les trois cent soixante Bagwandas ou car dinaux forment tout le grand collège sacerdotal univer sitaire qui reproduit dans son organisation toute l’an cienne synthèse antédiluvienne, basée sur le système de la parole, dont parle saint Jean. « Par suite des révolutions qui ont brisé l’ancienne organisation synarchique révélée dans la Mission des Juifs, cette Université—mère a de plus en plus fermé ses mystères.
Son nom mystique, Agartha, Insaisissable à la violence, dit assez clairement qu’elle dérobe à la curio sité le lieu de sa résidence. « Jeanne d’Arc victorieuse y sera lue comme la Mission des Juifs.
« Puisse-belle unir l’Église patriarcale à la Mosaïque et à l’Evangélique dans une même glorification de la fille de Dieu et de son étendard synarchique! » (SAINT-YVES D’ALVEYDRE, op. cit., p. 302.) Théorie de l‘enchaînement mutuel des causes. — 4: Le Bouddhisme n’admet pas à l’origine des choses de cause première, de cause fixe, absolue. Douze conditions, tour à tour effets et causes les unes des autres, s'enchaînent mutuellement pour produire la vie.
‘."n., n WWËW: _ x\ -nv s waqsx -1 - \_ . .— . . ... v . -..:.—:'—;I.Î, _ - ' Il ‘ ‘ . 5 54 L’INITIATION «La mort,précédée de la vieillesse, n’aurait pas lieu sans la naissance: la mort est donc un effet dont la naissance est la cause. La naissance ne serait pas sans l’existence; elle est un effet de l’existence qui l’a précédée.
Il ne s’agit point ici de l’existence dans son acception générale; c’est l’existence avec toutes les modifications qu’y ont appor tées les épreuves antérieures; c’est l’état moral de l’être, selon les actions qu’il a successivement accumulées, vertueuses et vicieuses. ( L’existence a pour cause l’attachement.
Sans l’atta chement aux choses, l’être ne renaîtrait pas, ne prendrait pas un certain état moral qui le conduit à renaître. < L’attachement, cause de l’existence, n’est lui-même qu’un efi’et: ce qui le cause, c'est le désir, la soifde l’être. Le désir est cet insatiable besoin de rechercher ce qui plaît et de fuir ce qui est désagréable. Il a pour cause la sensation qui nous fait connaître les choses, en nous fai sant percevoir leurs qualités.
« La sensation, cause du désir, a pour cause le contact; il faut que les choses nous touchent, soit à l’extérieur, soità l’intérieur, pour que nous les sentions.
Le con tact, cause de la sensation, est l’effet à son tour des six sièges des qualités sensibles ou des six sens. ( Ces sièges de qualités sont : la vue, l’ouïe, le goût, le toucher et l’âme humaine. ( Ce dernier est le siège du sentiment, de ce qu’on peut appeler le sens intime, ce qui prouve que la psychologie bouddhique n’est pas sensualiste, comme on l’a dit sou vent à tort. ( Les six sièges des sens ont pour cause le nom et la forme. < Sans le nom et sans la forme les objets seraient indis tincts.
La forme qu’ils revêtent leur permet d’entrer en contact avec nos sens extérieurs, le nom qui les'désigne les rappelleà l’esprit. Le nom et la forme ont pour cause la connaissance ou conscience, qui se représente les objets, les distingue et les nomme. < La conscience est la dixième cause; elle a sa source dans les concepts, sorte de miroir à travers lequel l’ima gination voit le monde. Enfin la dernière cause, c’est l’ignorance, non pas l’ignorance ordinaire. mais cette e
NOUVELLES DIVERSES 555 . -n- =-- .. .-'|s.. a... '.' o. c.w.,,_. erreur fondamentale par laquelle_ nous attribuons aux choses la durée, la permanence et la réalité. Là est l’il— lusîon primitive, là est l’origine de l’existence et de tous les maux. ) (SAIZAN MOTOYOSSI(I), le Bouddha et le Bouddhisme.) Nouvamas muses OCCULTISME EXPÉRIMENTAL.
ACTION DU PENTAGRAMME SUR LES SUJETS HYPNOTIQUES Le mois dernier nous avons publié les expériences de Papus à ce sujet. Nous avons le plaisir d’annoncer à nos lecteurs que ces expériences ont été refaites dans des conditions excluant toute suggestion par M. le comte de Constantin, président du dernier congrès magnétique (1889). La tête en haut, le pentagramme donne des sensations agréables au sujet.
La tête en bas et les deux pointes en haut, le penta gramme leur cause de l’horreur. Les expériences de Papus sont donc vérifiées de ce fait. Les expérimentateurs qui auraient des observations à présenter sur cette question encore inédite de l’action des figures magiques sur le sujet sont priés de s'adresser à l’Initiation. ".
AVIS A NOS LECTEURS Le lundi 15 septembre, Papus commencera à la salle des Capucines une série de cinq conférences sur la Magie et la Science occulte et le Spiritisme expérimental. Ces (1) Conférence faite à la salle des Capucines. .x‘*sl
5 56 L’INITIATION conférences continueront tous les lundis, à huit heures et demie du soir; nous prions tous nos lecteurs de prendre bon avis de cette information. . . I La Bibliothèque internationale des Œuvres des Femmes, sous la direction de M"" A. de Wolska, qui a transféré son siège social 29, rue de Trévise, publiera sous peu un Bulletin mensuel.
1 on PRO GRAINES PUBLICATIONS D’OCCULTISME A la fin d’octobre, paraîtra la cinquième édition du Traité élémentaire de Science occulte de Papas. Cette édi tion entièrement refondue formera un volume in—8 d’en viron cinq cents pages, illustré de nombreuses gravures inédites. L’ouvrage ainsi refondu contient une foule d’enseigne ments nouveaux.
Les diverses phases de l’initiation dans les temples d’Egypte, de Perse et de l’Inde sont décrites tout; au long. De nouveaux extraits d’auteurs anciens prouvent l’existence de la science dans l’antiquité. en même temps que les œuvres des occultistes modernes Fabre d‘Olivet, \Vronski, Lacuria sontanalyséeset expli— quées tout au long. Les théories philosophiques et cosmogoniques déve loppées par la Théosophie sont résumées entièrement.
Leurs sources gnostiques et occidentales sont révélées en même temps que de nouveaux aperçus sont fournis sur la chaîne planétaire (les sept états de la matière), l’évolu tion et l’involution, le vague de vie et ses lois d’action sur la Terre et dans l’Homme. La Kabbale est exposée en détails avec de nombreux commentairesinédits. La Franc-maçonnerie et l’alchimie sont aussi traitées d’une façon beaucoup plus large que dans la quatrième édition.
Le Spiritisme est analysé en tant que doctrine philosophique. A propos de la Magie et de la Divination, les éléments principaux de la physiognom0nie, de la chiromancie et de la graphologie sont résumés.
NOUVELLES DIVERSES 557 Une étude spéciale sur l’occultisme contemporain dé voilera les actions occultes et les procédés employés par diverses sociétés soi—disant de fraternité universelle et en réalité véritables sources d’exploitation. Une analyse de certaine enquête faite par une grande société anglaise et divers autres documents mettront les lecteurs français en garde contre la duperie.
Enfin un glossaire de la Science occulte terminera le volume. Le Traité élémentaire de Science occulte ainsi réédité formera avec le Traité élémentaire de Magie pratique, qui le suivra sous peu, un résumé élémentaire complet de la Science occulte dans toutes ses parties. a en. La maison Carré mettra en même temps en vente un volume d’AUGUSTIN CHABOSEAU sur le Bouddhisme exoté rique et ésotérique.
Ce volume sera précédé d’une pré— face d’un de nos plus éminents professeurs d’orientalisme, c’est dire qu’il s’agit là d’une étude documentée, scienti fique et sérieuse, faite par un collaborateur érudit des revues françaises d’orientalisme, et qui réduira à leur juste valeur les erreurs and-scientifiques présentées fauss sement par certains entrepreneurs de théories philoso— phiques sous le nom de Bouddhisme. ola UNE INVENTION UTILE Le but que poursuit l’Initiation est, en même temps que la propagande spiritualiste, la mise au jour de toutes les découvertes inconnues pouvant être profitables à tous, à condition bien entendu qu’il n’y ait pas de questions pécuniaires sous roche et que le but poursuivi soit pure— ment altruiste.
A ce sujet nous signalons à l’attention de nos abonnés propriétaires de vignobles la découverte faite et expéri mentée, il y a bien longtemps déjà (lors du congrès de
5 58 L’INITIATION Monrpellier), par M. Louis Encausse (t), chimiste à Paris, 16, rue Rodier.
La Guérison du Phylloxe’ra (2) c La Croir Fédérale a déjà traité cette question si importante pour les vignobles suisses, et a déjà fait remarquer qu’avant d’essayer les plants américains, moyens très onéreux puisque le chésal est condamné à une non-valeur à peu près complète pendant près de cinq ans, il serait bon d’essayer tous les moyens moins coûteux et plus pratiques.
« C’est dans le but de contribuer, si possible, à la reconstitution de nos vignobles, que nous avons de mandé l’avis d’un homme absolument compétent en la matière, et qui a suivi les expériences faites dans le Midi de la France par la Commission que présidait M. J.-B.
Dumas, chimiste, à Paris. ‘ ( Il est bon de rappeler qu’une sous-commission avait été nommée pour faire les essais pratiques sur des carrés de vignes, qui étaient mis à la disposition de tous les inventeurs; ces essais avaient lieu à Montpellier.
Or, il arriva que cette sous-commission publia, dans une brochure, tous les résultats obtenus, mais en s’attribuant les meilleurs résultats, comme ayant été obtenus par elle. c A la suite de cela, plusieurs inventeurs ne faisant partie d'aucune commission se retirèrent et portèrent ailleurs le champ de leurs travaux; parmi ceux qui se retirèrent était M. Encausse, également chimiste à Paris, à qui nous sommes redevables des renseignements sui— vents. ( M. Encausse fit ses expériences dans une propriété située aux environs d'Avignon.
Les résultats de ces expériences, appuyés par des preuves qu’il serait trop long d’énumérer ici, furent envoyés à M. J.-B. Dumas, , r gui] ne faut pas confondre avec le gérant de l‘Initiation. 2 _ous extra ons cet article de la Croix Fe’derale, organe des colo ics suisses en rance.
NOUVELLES DlVERSES 559 en même temps qu’il était prié de nommer quelques membres de la commission pour constater ces résultats; afin d’intéresser davantage M. J.-B.
Dumas à faire cette nomination, on lui fit remettre un sarment mesurant plus de 1 mètre 20 de long et chargé de raisin, prove— nant d'une souche phylloxérée, qui se trouvait placée entre deux autres souches également malades, mais qui, seule, était traitée; les deux autres furent totalement perdues.
Il faut remarquer qu'on ne se bornera pas à traiter des pieds de vignes dans des jardins, mais aussi dans divers terrains, et tous indistinctement donnèrent du raisin.
Ce qui est regrettable c’est que, quoi qu’on fît, on ne put pas arriver à obtenir un examen ou une sanction officielle de la part de la commission; c’est malheureusement ce qui arrive trop fréquemment, même lorsqu’il s’agit des intérêts vitaux d’un pays. ( Voici comment M. Encausse a procédé pour arri ver au traitement de la vigne : < La première constatation de la maladie de la vigne a lieu lorsque l’atrophie des tailles est apparente, ce qui parfois n’a lieu qu’à la troisième année; on se rend compte de cette atrophie au moyen d’un compas de pré. cision, qui permet de juger que le sarmenr diminue de grosseur. ( La deuxième période est caractérisée par des taches noirâtres de forme carrée qui se produisent sur le sar ment.
4( A la troisième période, la feuille est attaquée, mais alors la vigne est tout à fait malade. < Il convient d’ajouter à ces observations que, dès que Il convient d’ajouter à ces observations que, dès que la maladie commence, les souches produisent moins de radicelles (soit les petites racines naissantes de l’année).
Or ici se place naturellement cette question : comment les radicelles, ne se produisant pas, pourraient-elles être détruites par un insecte quelconque? Et par suite de raisonnements fort justes, M. Encausse n’hésite pas à déclarer que le phylloxéra dépend de l’anémie de la vigne, c’est—à—dire que cette terrible maladie de la vigne est une conséquence du surmenage, si l’on peut s’expri— mer ainsi, que l'on a fait subir à la vigne. Celle-ci a été forcée, on a exigé d’elle une produCtion excessive, elle
560 L’INITIATION est appauvrie, elle ne peut plus rendre, et il lui arrive ni plus ni moins que ce qui arrive aux misérables humains.
Conclusion : le phylloxéra est le pou de la vrgne. ct C’est donc cette anémie de la vigne qu’il s’agit de combattre, il faut lui redonner de la vigueur; M. En— causse a institué un traitement dans ce sens, et la réussite est venue donner raison au diagnostic. ( En donnant la recette de ce traitement, nous tenons à faire remarquer qu’il ne s’agit pas ici d’une réclame en faveur de qui que ce soit et nous recommandons aux viticulteurs qui voudront faire l’essai de l’engrais dont s’est servi M. Encausse, de le préparer eux-mêmes sui vant la formule fort simple que voici : « Mélanger : < 100 kil. de gravier; 100 kil. de gravier; 20 kil. de cendre de bois; 8 kil. de nitrate de potasse (sel de nitre); 5 kil. de chaux; et 4. kil. de chlorure de zinc.
A fiââ « Bien brasser le tout et mettre, dans un creux que l’on aura fait au préalable autour du pied de la vigne, une hauteur de 5 cent. de cet engrais. c Si le terrain est très humide, il faut augmenter la proportion de cendre et de chaux. « Nous croyons, pour l‘intelligence de tout le monde, devoir indiquer ici quelle est l’action chimique et phy sique des divers éléments qui compose‘nt le Paonur‘r L. ENCAUSSE.
« 1° Le gravier retient l’humidité attirée d’autre part, et empêche les rayons du soleil de dessécher la compo sition. « 2° La cendre de bois. La potasse contenue dans cette cendre vient de se combiner avec l’acide azotique con tenu en très petite quantité dans l’air et forme une com— binaison d’azotate de potasse toujours à l’état naissant.
C’est pour cela que nous recommandons d’augmenter la quantité de cendres, suivant l’humidité du terrain. c 3° Le nitrate de potasse sert de point de départ à la combinaison du nouvel azotate de potasse. \
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 561 « 4° La chaux s’empare de l’humidité en excès et dégage de l'acide carbonique fort utile à la plante. « 5° Le chlorure de {inc (I) a deux propriétés : « a) Son hygrométrie, grâce à laquelle il attire l’humi— dité utile aux combinaisons chimiques; « b) Allié à l’acide carbonique, c’est un antiseptique puissant qui débarrasse le terrain de tous les germes en développement sur la plante affaiblie.
« M. Encausse conseille aux viticulteurs de fabriquer eux-mêmes le chlorure de zinc, qui s’obtient en faisant dissoudre des copeaux de zinc dans l’acide chlorhy drique (vulgairement : esprit de sel). < Nous répétons que cet engrais a été essayé et que les résultats obtenus ont été excellents. C’est pourquoi nous nous faisons un devoir de le recommander aux viticulteurs.
« Quant aux vignes non atteintes, le meilleur moyen de les garantir est tout simplement de ne pas les exté nuer, c’est-à-dire de les économiser en leur donnant moins de taille. L’engrais ci-dessus les rendrait d’ailleurs invulnérable. _ ( Enfin, une dernière recommandation très impor— tante : L’engrais Encausse, pour être le plus .efiicace, doit être employé en mai, en juin ou au plus tard en juillet.
Dans les autres mais, on peut l’employer aussi, mais ses efi’ets sont moins rapides. » Eonéa ilnnn’annann D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Agrandissement. -— Le succès croissant du groupe a fait décider la création d'un local spécial réservé aux séances pratiques fermées et aux tenues martinistes. Ce nouveau local sera prêt le 15 octobre. ‘ (I) Le chlorure de zinc est liquide.
562 L’INITlATION Branches nouvelles.— Le groupe a établi une nouvelle branche à Orléans (Loiret), sous la présidence de Jules Stany Doinel : titre Sophia Achamoth. Cette branche étudiera spécialement le gnosticisme. Une autre branche vient d'être également formée à Suez. Le titre sera prochainement publié. ' De nouvelles branches sont en formation à Nancy (France), à Varsow‘e (Pologne), à New-Yark (États-Unis) et à la Havane.
Nous ferons connaître ces titres au fur et à mesure de l’envoi des chartes. Séances générales. — Les séances générales repren dront au mois d’octobre. La partie expérimentale sera fort développée dans ces séances toute cette année. Btudes pratiques. -— Les groupes d'études pratiques, fonctionnant d’une façon absolument indépendante sous la direction de leur président, obtiennent déjà d’excel lents résultats.
Nous donnons ici in extenso le procès-verbal des séances du groupe A. Pour tous renseignements à ce sujet, écrire à M. A. François, directeur du groupe, 50, boulevard Edgar—Quinet, Paris.
Ce groupe comprend déjà: 1° Un médium voyant remarquable; 2° -—— à incarnation (en formation); 3° — à efl‘ets physiques excellent; ° —- écrivain et magnétiseur ; 5° Deux médiums sensitifs en cours de développement. * 2; æt Groupe A, 50, boulevard Edgar-Quinet. -— A. FRANÇOIS, président, membre titulaire du groupe indépendant d’études ésotériques (études des phénomènes spirites). Séance du 15 juin 1° En pleine lumière.
Manifestations par la table et par l’écriture. . 2° Séance dans l’obscurité. Apparition d’un point lumi neux. Des réponses sont données par ce point au moyen __—_—..—_'.
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 563 de signes conventionnels. Sur la demande d’un assistant, un nom pensé par une personne présente est tracé en lettres lumineuses. (Il ne faut plus douter du Mane. Thecel, Pharès .) Certifié véritable. A. Fnançoxs. Séance du 29 juin 1° En pleine lumière. Manifestations par la table et par l’écriture. 20 Séance dans l’obscurité.
Différents objets déposés sur un grand guéridon sont déplacés ou projetés sur les assistants. A deux reprises différentes, un petit guéridon, en contact avec les médiums, quitte le sol et s’élève à une hauteur d’environ 50 centimètres. Certifié véritable. A. FRANÇOIS. L. FRANÇOIS. Séance du 6 juillet 1° En pleine lumière. Manifestations par la table et par l’écriture. 2° Dans l’obscurité. Des objets divers sont projetés sur les assistants.
Les médiums ayant été invités à retirer leurs mains placées sur le guéridon, celui—ci quitte le sol à deux reprises et vient se placer sur les genoux d'un médium; il répond, sans contact, aux questions posées. Trois assistants ressentent des attouchements parais sant être produits par une main fluidique. Écriture directe. Certifié véritable. A. Fanuçms. L. Fnanço1s. Séance du 17 juillet 1 1° En lumière. Table et écriture. 2° Dans l'obscurité.
Déplacement d’objets sans contact. Un plat est cassé en trois morceaux. Séance du 27 juillet 1° En lumière. Table et écriture. 2° Dans l’obscurité. Des objets sont déplacés et appor
564 L’INITIATION tés aux médiums; des fleurs et autres objets sont lancés sur les assistants ; un lourd guéridon se meut sans contact; un petit guéridon quitte le sol et s’élève à 1m50 environ. Groupe A bis, avenue du Maine. Séance du 23juillet 1° En lumière. Magnétisme, extase, catalepsie, sugges tion, table, écriture. 2° Dans l’obscurité. Coups frappés, déplacement d’ob jets sans contact. Groupe A ter, avenue du Maine.
Séance du 30 juillet I° Lumière. Magnétisme, extase, catalepsie, sugges* tion, table. écriture. 2° Dans l'obscurité. Déplacement d’objets sans contact. Ecriture directe. Groupe A, 50, boulevard Edgar-Quinet. Séance du 2 août 1“ En lumière. Table et écriture. 2° Dans l’obscurité. Des objets sont déplacés sans contact, apportés aux médiums ou projetés sur les assis tants. Le guéridon quitte le sol. Écriture directe.
Séance du 16 août (passage Montbrun). Etaient présents : La famille B..., M. et M““’ M..., M. Charles Limouzin, publiciste; M. Georges Limou— zin, M. Georges M..., M. Fernand B..., M. B..., cheva lier de la Légion d‘honneur; M. et Mme Ad. François. Médiums: M”“° M..., M. Georges L..., M. Fernand M..., M. Georges M. ., M. Ad. François. 1° En lumière. Table et écriture. 2° Dans l’obscurité.
Un lourd guéridon se déplace sans contact; une main invisible pince une guitare et la jette sur le sol; du papier, des crayons sont jetés à terre. A deux reprises, une boîte à musique est placée devant un médium; à diverses reprises, cette boite joue d’elle
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 565 même. Un dessous de plat à musique (à remontoir) joue sans aucun contact. Un grelot, pris sur une table par une main invisible, est agité dans le vide, puis est jeté à terre. Une guitare est apportée à un médium. Un porte—bou quet est apporté à un deuxième médium, puis, après quelques instants, lui est repris. Des fleurs sont données à diverses personnes.
Des objets légers, tels que balles, gants, boites légères, sont projetés sur les assistants. Une dame médium éprouve les symptômes d'une ma gnétisation occulte et est obligée de quitter la salle. Le chef du groupe A, A. FRANÇOIS. Séance du 26 août 1° En pleine lumière. Un médium voyant dépeint, d’une manière remarquable, les esprits appelés par les assistants. Table, écriture. 2° Dans l’obscurité.
Une sonnette est agitée dans le vide et jetée à terre. Divers objets sont donnés ou pro jetés sur les assistants. Une boite à musique joue d’elle même. Une fleur est prise dans un porte-bouquet et placée devant le médium voyant. Un guéridon,en contact avec deux médiums, s’élève à un mètre du sol environ; il retombe légèrement. ut -Iræx J DÉCISION En présence des travaux constants de M. A.
François et des résultats obtenus par lui, le groupe d’études éso tériques a décidé de lui décerner un diplôme d’honneur. It 4<x TRAVAUX POURSUIVIS AU CENTRE GÉNÉRAL (29, rue de Trévise). Après l’étude sur l’action du talisman sur les sujets hypnotiques, de nouvelles recherches sont en cours sur les résultats qu’on peut obtenir par le groupement des médiums, sous la direction de Papus. Les faits déjà observés conduisent à cette remarque que l’adjonction d’un sujet hypnotique bien développé à
566 L’INITIATION un médium à incarnation double d'une part les facultés du médium et développe d’autre part celle du sujet. Les médiums dont dispose le groupe du siège central sont : Médiumsàincarnation............... 3 — voyant . . . . . . . . . . . . r — typtologue................ 1 Des séances régulières auront lieu a partir du 15 oc tobre auxquelles prendront part les membres du Groupe qui en feront la demande.
I 'Ü‘ LE VOILE D’ISIS. —- La publication du Voile d’Isis, sus pendue en même temps que les séances générales, repren dra régulièrement à partir du 10 octobre. t & & RÈGLEMENTS ET STATUTS. — Le prochain numéro de l’Initiation contiendra les statuts et règlements complets du Groupe. t «II NOUVELLES CRÉATIONS. -— Le Groupe d’Etudes sociales, sous la présidence de Julien Lejay, s’organise acüve ment, Un groupe d’études d‘art mystique est en fonction.
Le titre n’est pas encore choisi. Èulletin de la firémaiin M. Georges Salomon a eu la gracieuseté de m’adresser le dernier bulletin de la Société pour la Propagation de la Crémati0n, dont il est secrétaire général. Comme les kabbalistes aussi bien que les théosophes, et les spirites et Modern-Spiritualists non moins queles occultistes purs, a
BULLETIN DE LA CRÉMATION 567 sont depuis longtemps gagnés à la cause de la Crémation, j'ai cru n’être pas désagréable aux lecteurs de l'Initiation, élite de ces nouvelles écoles philosophiques, en appe— lant leur attention sur cette brochure, où ils trouVeront à la fois une puissante confirmation à l’une des idées qui leur sont le plus chères, et des documents pour une pro pagande féconde.
Notamment, je dois signaler des renseignements sur les progrès de la Crémation au cours de l‘année 1889 et jusqu’à mars 1890 , avec statistique des incinérations opérées, détails surl’âge des incinérés etla durée absolue dela... cérémonie, surles appareils employés, et les monu— ments, sociétés et publications, spéciaux.
Sont ainsi passés en revue: l’Italie, où la Crémation se pratique de plus en plus fréquemment, à Milan surtout et à Rome. puis à Turin, à Florence, à Livourne, Crémone, Asti, Padoue, Brescia, San Remo, Bologne, Côme, Lodi, Novare Udine, Vérone, Alexandrie , Mantoue, Pise, Spezia, Varese, Lugo; l’Allemagne, qui ne possède encore qu’un créma toire, très actif il est vrai, à Gotha, mais qui, grâce aux efforts de la Société Berlinoise et des deux journaux Die Flamme et Der Fhœnix, ne saurait tarder à en voir s’éle— ver deux nouveaux, l’un dans la capitale de l’Empire, l’autre à Darmstadt; l’Angleterre, où la Société présidée par Sir Henry Thompson a pu, aidée surtout de dona teurs généreux comme le duc de Bedfort, lord Shaftes burg, l'évêque Traser, fonder à Woking tout un établis— serment, avec columbaria, parc, etc.; la Suède (Stockolm), le Danemark (Copenhague), la Suisse (Zürich) et les Pays-Bas (La Haye); puis les États-Unis du Nord (Buf falo, New-York) et le Japon (Nangasaki, Tokio).
Enfin c’est pour la France toujours nonchalante et routinière, l’historique, -— et la critique, très légitime, —- de l'appa reil en fonctionnement au Père Lachaise, et les projets de crématoires pour le cimetière Montparnasse, pour Lyon et pour Rouen.
Plus loin, on peut consulter le règlement d’adminis tration publique et la notice de la Préfecture de la Seine déterminant les conditions et formalités à remplir pour le mode funéraire en question , puis les statuts de la . société fondée en décembre 1880, d’abord pour obtenir
568 L’INITIATION la liberté de la crémation en France, puis, ce but une fois atteint (décret du 15 novembre 1887), continuée pour propager cette coutume dans le même pays, faire toutes études sur la pratique de l’incinération et participer, selon ses ressources, lorsqu’elle le juge convenable, aux frais d’incinération de ceux de ses membres pour lesquels une demande régulière lui est faite.
Le siège est à Paris, chez M. Georges Salomon, ingénieur civil des mines, 7, boulevard Malesherbes. Les membres titulaires ont à payer une cotisation annuelle fixée à un minimum de 5 francs, les membres adhérents I fr. par an, et les membres donateurs sont ceux qui, à leur entrée dans la Société, lui ont fait un don de 100 francs au moins. Le Président est le D“ Bourneville, les vice—présidents le Dr Napias et M. Frédéric Passy.
Sur la liste des membres je relève, en passant, les noms de Mme Juliette Adam, de MM. Bischofisheim, Paul-Casimir Périer, Henri Cer nuschi, de Douville-Maillefeu, Alfred Kœchlin, général Parmentier, Émile Trélat, Mme veuve Edmond About, MM. Berthelot, Paul Beurdeley, Ernest Bosc (Marcus de Vèze), Ernest Brelay, Lé0n Cléry, D' Cornil, Dietz— Menin, Ferdinand Dreyfus, Mme Griess-Trant, MM. de Hérédia, Anatole de La Forge, Ferdinand de Lesseps, Jean Macé, Marmottan, Georges Martin, Maunoir, Max de Nansouty, Peyrat, Francisque Sarcey, Victor Schœl cher, Dr Vallin, Germain Casse, Topinard, etc. Au 22 fé vrier de cette année la Société comptait 584 membres, parmi lesquels 75 dames, et un grand nombre de nota bilités politiques, d’artistes, de publicistes, de médecins, d'ingénieurs, d’officiers, de fonctionnaires, de magistrats et d’avocats.
Enfin on lira avec plaisir une notice destinée à être remise, dans les mairies de Paris, à toute personne venant y déclarer un décès, et à être répandue dans le public par les membres de la Société, notice mettant en lumière la supériorité de la Crémation sur tous autres modes sépul— tuaires, au point de vue sentimental aussi bien que social.
On ne saurait trop, en effet, appuyer sur ceci: ce n’est point, comme les Papistes feignent de le croire, par ani— mosité contre quelque culte que ce soit, que les cré mationnistes réclament l’abandon de l’inhumation, mais l!‘
BULLETIN THÉOSOPHIQUE 569 uniquement au nom de l’hygiène sociale. Et la terrible maladie qui actuellement ravage l’Espagne et menace l’Europe, ne leur donne que trop raison, puisque, comme je le faisais valoir récemment au Midi républicain, elle a paru lors d’un remuement de terres en un cimetière où avaient été enterrés en I885 les victimes d’un choléra, qui lui-même n'avait pas d’autre cause.
Et il est certain que si l'on étudiait avec pleine impartialité l’histoire de tous les typhus, on trouverait que beaucoup de ces calamités ont la même origine.
Bien plus, cela est aujourd’hui scientifiquement avéré; la plupart des grandes épidémies qui déciment l’humanité se perpétuent à l’état latent aux alentours des cimetières ; il en est même certaines, et non des moins redoutables, que notre espèce ignorait avant que telle peuplade ait eu l‘idée’d’engraisser le dé jeûner de ses vaches avec les corps de ses ancêtres.
Augustin CHABOSEAU. menant ŒnÉosonnmun < Mon cher Directeur, Mon cher Directeur, < Puisque vous avez annoncé la dissolution de S. T. Puisque vous avez annoncé la dissolution de S. T.
Hermès, auriez-vous l'obligeance d’insérer la circulaire suivante, adressée aux membres de 1’Hermès: « MONSIEUR ET FRÈRE, « Depuis l'envoi de ma dernière circulaire vous an ( nonçant la dissolution de l’Hermès, j’ai eu l’occasion « de voir l’un des vice-présidents, M. Ch. P., et l’un des « secrétaires, M113 A. G. < Tous deux ont déclaré accepter la dissolution et « approuver la circulaire. ( L’autre secrétaire, M. H. T., m'a écrit pour m’ap
570 L’INITIATION a prendre qu’il votait la dissolution et en prévenait ( M. A. A. ( La dissolution de l'Hermès, que six membres du ( Bureau avaient antérieurement résolue en principe et c qui existait depuis quelque temps en fait, se trouve «donc ainsi légalement prononcée à la majorité de ( quatre voix. < Salutations fraternelles. « Signé : G. CAMINADE. > ( J'ajouterai que M“° A.
G. et moi venons d’écrire au colonel Olcott et à M” Blavatsky pour leur déclarer que nous retirions nos signatures du rapport de l’Hermès contre Papus et que nous n’entendions pas en accepter la responsabilité. « Bien à vous. « G.
CAMINADE. » ÏBUJLILÆ’Ï‘ŒN MA@©NNK@UE Plusieurs Loges parisiennes se proposent de fusionner entre elles pour fonder un atelier spécial, dont le titre distinctif serait : - Le Réveil initiatique. » Une nouvelle extension serait ainsi donnée au mouve ment inauguré il y a deux ans par le Groupe Maç.'. d’Etudes initiatiques et par la L. ' . Travail et Vrais Amis Fidèles.
Le mouvement prend une importance telle qu’il pour rait fort bien devenir le point de départ d’une révolution complète dans la Maçonnerie contemporaine. Nous assistons positivement sous ce rapport à un véri table réveil initiatique. Les maçons sortent de la tor— peur d’une ignorance routinière et ouvrent enfin les yeux à la lumière de la science traditionnelle dont ils furent < , |. t"7wp—a—" t_,.- «-»’--r\ ;—’ > . ’ " ». J 7 ,....-.._, ......ÿ —»-,,..-N,p—.—æ ,-—-’.c' r'r' .f' ..;w_r‘-Ï .
LE MOUVEMENT EN AOÛT—SEPTEMBRE 1890 571 longtemps les dépositaires inconscients. Ils s’efforcent désormais de prendre au sérieux l’initiation maçonnique, de telle sorte à former des hommes qui soient des initiés dans toute la force du terme. Il ne s’agit pas, en effet, de n’enseigner que la théorie de l’initiation. C'est la pratique surtout qui intéresse les maçons.
Ils ne sont point hommesà se perdre volontiers dans les nuages de la spéculation abstraite. Ce sont des travailleurs, des constructeurs actifs, ayant toujours en vue la réalisation effective de l’idéal qu’ils conçoivent. C’est ce qui donne un intérêt capital à la tentative de régénération initiatique dont la F. ' . M.-. est actuelle ment l’objet. Si cette tentative aboutit, les conséquences en seront incalculables.
Mais il ne convient pas de faire à ce sujet des pro messes que les événements seuls peuvent tenir. Il ne nous appartient pas de préjuger de l’avenir.
Les maçons gardent le silence sur leurs rêves secrets, car ils savent fort bien qu’en restant fidèles à leur devise : Travailler et se taire, les faits se chargent de parler pour eux et de proclamer plus hautement qu’ils ne pourraient le faire eux-mêmes les résultats acquis par leur tenace et infati gable activité. OSWALD WIR‘T‘H . ' . Membre du Groupe Maç.‘. d'Etudes initiatiques.
2.8 j’jlauvement en ÈÜlÏÊ*Ê@E’ÊEHIÏŒFE l89@ REVUE DES REVUES I.— OCCULTISME ET PHILOSOPHIE GÉNÉRALE Tout d’abord signalons l’heureuse transformation de l’ANTI-ÉGOISTE imprimé typographiquement et reprodui
572 L’INITIATION sant un des plus beaux articles qu’il ait jamais publiés :Les Basesde l’Altruisme. (Les bureaux sont 2, rue des Hauts Pavés, Nantes.) oet L'ETOILE (n° 7, septembre 90) contient une analyse du Seuil du Mystère de Stanislas de Guaita par Alb.
Jhouney et une autre du livre du marquis de Saint-Yves, Jeanne d’Arc victorieuse, par l’abbé Roca; plus une série de cor respondances diverses et la suite des études de MM. René Caillié, Jules Bois, etc... A ce propos une lettre recti ficative envoyée par Papas a été remplacée par une toute petite note insuffisante. w 4‘41 L’AURORE (n° 7, juillet 90).
Notes hermétiques par Edward Martland. t -uc REVUE DE SCIENCES PSYCHOLOGIQUES ILLUSTRÉE. ——Article nécrologique de M. Joseph Capèran sur Georges Coutan, le rédacteur en chef de cette revue, trop tôt enlevé à la sympathie de tous ceux qui ont pu le connaître et l’ap précier. Nous nous associons de tout cœur aux regrets de tous ses amis. l"U LA RELIGION UNIVERSELLE (n° I I H 12, août 90).— Études remarquables de Ch.
Fauvety, de Fabre des Essarts, de F. Courtepe’c et de P. Verdad. Une note de la fin se plaint amèrement du petit nombre d’abonnés, eu égard aux frais élevés: 250 abonnés en cinq ans, c’est peu. Notre confrère voudrait-il nous permettre à ce sujet deux petites observations. Pourquoi le formatsi incommode? première cause d’insuccès. Pourquoi choisir Nantes (P) comme centre d'action?
Le succès de l’Initiation, qui tire aujour d’hui à 700 (chiffre exact, cher confrère), est dû, je pense, à tout un autre plan de propagande. Iv C" LE DEVOIR (n° 558, août go). — Remarquable étude de J.-B.-A. Godin sur le cerveau et les facultés de l’être ".'Il
LE MOUVEMENT EN AOUT-SEPTEMBRE 1890 573 humain. (Essai d’alliance de l’anatomie et de la physio gnomonie.) 'l'l PHILOSOPHIE GÉNÉRALE mus ÉTUDIANTS SWEDENBORGIENS LIBRES (n° 22, août 90).— L’Aurore de la vie par Lecomte (suite) Esprit et zWatière par Allan. — Une cure du docteur Luys, par Lecocq. Cette revue devrait trouver le moyen de paraître mensuellement. Ses numéros, vraiment intéressants, sont bien trop rares. .
I LA RÉNOVATION. -— Plusieurs études d’Hypolyte Des— trem (n° 28, juillet 90). l“ REVUE THÉURGIQUE (23, avenue Mac-Mahon; Le Zouave Jacob, directeur). —- Aimables grossièretés adressées à MM. Leymarie, Delanne et à quelques autres confrères. ‘ «u-u n. — SPIRITISME ET MAGNÉTISME REVUE SPIRITE (n' g, 1“ septembre 90). -—- Réponse de M. Vincent à la demande de l’apus surla communication des victimes d’un assassinat. — Théorie de l'état de trouble de l’esprit, théorie déjà soutenue au sujet de la même question par Henri Sausse dans le Moniteur Spirite et Magnétique.
Les deux réponses sont fort bien faites, et, pour montrer que c’est une simple question et non une source de polé miques que Papus a posée, nous dirons que s’il est vrai, ainsi que l’a publié le Matin, que le nom de Jack l’éven— treur ait été communiqué à Londres par une Table, c’est là une réponse irréfutable à la question précitée que nous enregistrons avec grand plaisir.
Mais pourquoi ces allusions blessantes contre les occuL tistes et à leur théorie « à la portée seulement des initiés? ) Les œuvres de Kant, de Hegel, de Spinoza ne sont pas « à la portée des profanes » même spirites, et ce . ..Inlal ;...n. a “ni—Anu—
574 L’INITIATION sont pourtant là de grands noms. Habituons-nous donc à discuter sans nous quereller, si tant est que la discus sion serve à quelque chose, ce dont nous doutons fort.
Nous considérons l’expérience de l’incarnation par tielle d’un vivant par le transfert comme une réponse à l’article de M. Metzgu, bien plus probante que toutes les discussions du monde. t IIÇ LE SPIRlTXSME (n° 9, 8° année, I" septembre), 24, rue Labruyère. -——Reproduction d’un article du Moniteur de M. Bouvery. -— Reproduction de l'article de l’Initiation de M. Fidler. — Causerie du docteur, etc. Q 00 MONITEUR Serrure ET MAGNÉTIQUE (Bruxelles). — Ques tion à Papus et aux théosophes par Bouvery. — Réponse de Papus. .a; La LUMIÈRE (n° 118, avril 90), 97, boulevard Mont morency. -— Curieuse étude du D” Johannès (aliàs Bou lant) sur la cinquième essence. — Revue étrangère fort bien faite et spécialement recommandée (M. de Courte ville). * «I a LA CHAINE MAGNÉTIQUE (n° 134, août 90). —— Résumé de la vision somnambulique de M9 Aufi'enger à propos de l’huissier Gonflé. — Cri d’alarme d’HenriSausse à propos des hypnotiseurs.—Correspondance de M. Horace Pelletier.
' \+ lin; L’AVENIR DE L’HUMANITÊ (Douai). - La Pluralité des Mondes habités, par J. Jésupret fils. nlr Ç‘I ËTRAN’GRI. La PSICHE (n° 17—18; 1” septembre 90). —— Via Mo dena, 37, Rome. —— Traduction de la conférence de axa.” r:;_:_\.r. >. ‘: l .’l l
LIVRES REÇUS 575 Papus sur la Localisation physiologique du Périsprit (Congrès Spirite I889). — La Prière, par R., etc. l'U REVIS’1‘A DE ESTUDIOS PSICOLOGICOS (avril 90), SI, rue de S. Juan, Barcelone. — Recommandons cette revue dirigée par le vicomte de Torres Solanot. t0. THE THEOSOPHIST (Adyar—Madras). — Étude sur la Chi— romande, par N; Chedambaram, avec notes par H. 5. Olcott.
Lumens Reçus CŒUR EN PEINE, par Joséphin Peladan (compte rendu détaillé en préparation). ‘— COMPTE RENDU DU CONGRÈS MAGNÉTIQUE (I889). — (Analyse bientôt). It ætt DE LA CONDITION DES MÉDECINS, apothicaires, chirur— giens et barbiers sous l‘Ancien régime, par Albert de Rochas. —— Extrait de Cosmos, 8, rue François I" avril 1890. — Etude fort savante très recommandée. .CI LA MÉDECINE jugée par les professeurs, par A. Leta quart.
Le communiqué suivant fait connaître les idées de l’au teur: DISPENSAIRE FRANÇAIS ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE 115, Bleecker Street, N. Y. Le meilleur Elixir de vie est le courant électrique bien appliqué et d’une manière méthodique; c’est le meilleur >‘\..a-A... ...«. *MWW
576 L’INITIATION moyen de sauvegarder la santé publique ; il empêche les stases du sang et des humeurs, transporte l’ozone, l’oxy gène, l'hydrogène, le chlore et l’ammoniaque, remplace les acides par les alcalis, et ces derniers par les acides, tue les microbes en changeant spontanément le milieu chimique où ils vivent, etc., etc., mieux que ne le font toute espèce de drogues et noculiations quelconques qui préparent à l'humanité dettistes revers.
La postérité jugera sévèrement ces hommes qui ne craignent pas d’infiltrer dans nos veines, et jusque chez les animaux, les germes des nouvelles maladies. Je rappelle au public que la méthode électro-galva nique est le complément de la méthode de Raspail, mé decin aimé et trop incompris.
Gloire à toi, Raspaill La pestérité ne te tresserajamais assez de couronnes, toi qui fus le promoteur et le Titan de la science moderne dans toutes ses branches; nous le prouverons au besoin. Le Dispensaire auquel j’ai consacré quinze années de ma vie et dont l’outillage a été fait par moi est à la dis position du public. A. LETOQUART.
Notaf—- Ce Dispensaire est essentiellement laïque et en dehors de toute secte religieuse. tai Pourparaître prochainement, par A. LETOQUAR’I‘. !° La médecine jugée pai’ ses'propres professeurs. 2° Traitement de la phthisie pulmonaire par le cou rant électrique. 3° Solution de la question sociale ou mémoire présenté au concours Pereire, en 1880. 4° Quest-ce que l’âme? Est-elle immortelle et dans quelle condition?
Et une série d’autres brochures concernant lès ques— tions politiques, sociales et religieuses. Le Gérant : ENCAUSSE. revus, me. !. ARRAUL‘I‘ ET c‘°, nue ne LA PRÉFECTURE. 6. .wu».æus.æw«»,,.. z.» e....,
Groupe Indépendant d’index l80lél‘li}lltl _. ..T_.._ ,-gÿ-.y.. ._.«w-.æ—-——rI—rp-v-v-vn—r' 1 Sous LA DIRECTION DE LA REVUE L’INITIATION Quartier général : 29, ‘Rue de 7re‘w’se, 29, PARIS COURS ET CONFÉRENCES PERMANENTS SUR LA KABBALE, LA THÉOSOPHlE, LES SCIENCES OCCULTES E X P É RI E N C E S d’Hypnotz’sme, de Spiritisme, de Magie par groupes fermés Librairie. — Salle de Conférences. — Salle de Cours. — Bibliothèque d’0ccultisme. — Bulletin hebdomadaire : Le Voile d’Isis, résumant les travaux du groupe pour les membres de province et de l’Etranger.
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'_li IN ITIATIO N RÉDACTION ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg, 14 ABONNEMENTS, VENTE'AU NUMÉRO PARIS G. ICA.RRÊ I S - æ ‘ Dm’cm’” PAPU 58, rue Samt—A ndre—des-A rts .lRECTEUR-ADJOINT : Lucien MAUCHEL Rédacteur en chef: PARIS George MONT1 È RE Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un 3n10 Îl'» CH. BARLET. — J. LEJAY ÉTRANGER, —— 12 fr. RÉDACTION : 14, rue de Strasbourg. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.
L’indépendance absolue étant la raison .d’être de la Revue, la direction ne' se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d'avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours , composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant.
LlVRES ET REVUES. —- Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s'il y a lieu. Les Revues qui désirent faire l'échange sont priées de s’adresser à la rédaction.
ADMINISTRATION, ABONNEMENTS. — Les abonnements sont d’un an et se paient d’avance à l'Administration par mandat, bon de poste ou autrement. l AVANTAGES DES ABONNÉS. — Les abonnés anciens et nouveaux ) reçoivent gratuitement les primes fréquentes qu’a données et que donnera l'Initiati0n.
Chacune de ces primes représente à elle seule la valeur du numéro, ’ l ’; L’Initiation paraît le 15 de chaque mois en un beau numéro de 96 pages, format d’un volume ordinaire. Elle est en vente chez les principaux libraires de Paris (voir leur adresse à la 8° page).
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FLAMMARION CHACORNAC \.I . quai Saint—Michel, 11 LIBRAIRIE DU MERVEILLEUX 29, rue} de Trévise, — PARIS Vente de tous les livres et revues d’0ccultisme. , Salle de lecture et Bibliothèque contenant les ouvrages les plus rares sur la Science occulte, la Kabbale, la Théosophie, la Franc—Maçonnerie, etc., etc., et les revues d’occultisme du monde entier. Salle de conférences du Groupe indépendant d’Études ésotériques. Rédaction de l’Inz'tz'atz‘on et du Voile d’Isz's. 10URS, l)lP. E. ARRAULT ET CIE.