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mnflm b ———î âbm . _s— ] . -v—W r'fl'5‘ . nitiation Revue philosophique indépendante des Hautes Études Hypnotisme, Thèosophie Kabbale, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes l‘ 7'” VOLUME. -— 3‘“° ANNÉE SOMMAIRE DU N0 8 (Mai 1890) PARTIE INITIATIQUE... Correspondances me:— giqms dans l'homme visible . . . . . . . . . . . .. Papus. PARTIE PHILOSOPHIQUE (p. 97 à 111.) ET SCIENTIFIQUE... De l'Esote’risme dans l’Art . . . . . . . . . . . . . ..
Emile Michelet.f (p. 112 à123.) Expériences relatives à11Force psychique. Horace Pelletier. L(Ê. 124? 134.) ’ 10 o le sacrée (sÊifä . . . . . . . . . .. Marcus de Vèze. , (p. 134à 143.) PARTIE LITTERAIRE. .. La Loi de Karma.. . . G. Polti. (p. 144 à164.l L'E‘ssence de Soleil. . . G. Montière. (P 164 à 174») A travers le Monde enchanté (poésie). . .
Lucien Mauchel. (P- 174 à 178-) Bibliographie. — Une apparition. — Groupe indépendant d’Études ésotériques. — La Presse. — Les travaux du D1‘Luys. — B. P. S. — La Société Théosophique. — Deuxième soirée de la Société psycho—magnétique. — Bulletin maçonnique. —— Journaux et Revues. — Livres reçus. RÉDACTION : Administration, Abonnements: 29., rue de Trévz‘se. 29 56’, rue St-André—des-Arz‘s,58 , PARIS PARIS Le Numéro: UN FRANC. -— Un An: DIX FRANCS.
PROGRAMME 1 ; _p __..._.. Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l'hypnotisme et la suggestion à distance.
Efirayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la Science à constituer la Synthèse en appliquant la méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'0cculte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contré l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains: le militarisme et la misère. Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l'l—Iypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans l’lnde.
L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais ‘n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte parmi ses 50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la Revue (Initiatique) contient les articles destinés aux lecteurs déjà familiarisés avec les études de Science ‘ Occulte.
La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits. , Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux leurices ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Inztiation parait régulièrement le 15 de chaque mois et compte déjà deux années d’existence. —Abonnement: 10 francs par an. *
PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation x0 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET. M. S. T. — STANISLAS DE (iUAITA. S.'. I.'. g.). — GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. — PAPUS, S.'. I.'. —— JOSÉPI—IIN PÉLADAN, S.'. I.'. 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ALEPH. —— Le F.'. BERTRAND. VÉN.'. — RENÉ CAILLIÉ. -— AUGUSTIN CHABOSEAU. — G.
DELANNE. — DEI.ÉZlNIER. — JULES DOINEL. — ELY STAR. — FABRE DES ESSARTS. — D“ FOVEAU DE GOURMELLES. — JULES GIRAUD. — E GARY. — HENRI LASV1GNES. —— J. LEJAY. —— DONALD MAC-NAB. — 1‘JARCUS DE VÈZE. — NAPOLÉON NEY. — EUGÈNE NUS. —— G. POIREL. — G. P0LTI. — JULES PRIOU. —— Le Magnétiseur RAYMOND. — Le Magnétiseur A ROBERT.— ROUXEL. — H. SAUSSE — G. VITOUX -— HENRI WELSCH. — OSWALD \/V1RTH. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — E.
GOUDEAU. -—- MAN0EL DE GRANDFORD. —— JULES LERMINA. -— L. HENNIQUE. — LUCIEN MAUCHEL. — CATULLE MENDÈS. ‘— ÉMILE MICHELET. —- GEORGE MONTIÈRE. -— CH. DE SIVRY. —- CH. TORQUET. 40 POÉSIE En. BAZIRE. -— CH. DUBOURG. —— RODOLPHE DARZENS. —— P. GIRALDON. -— PAUL MARROT. — MARNÈS. -— A. MORIN. —- ROBERT DE LA VILLEHERVË . *k
Groupe maintenant d’llnles lsolénîqnen Sous LA DIRECTION DE LA REVUE L’INITIATION Société pour l‘étude de la Science Occulte Théorique et Pratique dans toutes ses branches et indépendamment de toute école. -—W ORGANISATION SYNARCHIQUE Trois grandes Commissions permanentes: Enseignement - Exécutif - Finnnces PLUS DE 300 ADHÉRENTS COURS & CONFÉRENCES PERMANEN 'l‘S sur la Kabbale, la Th’e’omphie, la Franc- ’lIagomicrie, la Science Occulte, etc. ÉTUDES ranuauanrns PAR GROUPES‘ raaués DES PHÉNOMÈNES DE SPIRITISME, DE MAGNÉTISME ET DE MAGIE Correspondance hebdomadaire par Bulletin spécial avec tous les Membres (adhérents de Province et de l‘Etranger. —.——msœ_——— BIBLIOTHÈQUE D’OCCULTISME ET SALLE DE LECTURE Contenant toutes les Revues d’Hermétisme du monde entier S’adresser pour tous renseignements à M. Lucien MAUCHEL, ___,,r.‘lir’,’ecteur général du Centre d'Etudes du Groupe, 29, rue de "Trévise, Paris. \
PARTIE INITIATIQUE fi@RRESP@NDANGES jljlAüllfllES DANS L‘HOMME VISIBLE (I) _ " Le visible est la manifestation, de l’invisible. ÊOUIS-CLAUDE de Saint-Martin , le philoSophe ‘ inconnu, l’un de nos plus profonds maîtres en occultisme, nous indique les bases de tout véritable enseignement par cette suggestive épigraphe : «Expliquer la Naturepar l’H0mme, et non l’Homme par la Nature. » ' C’est donc par l’étude de l’organisme humain que nous parviendons à la connaissance des forces subtiles dont la magie prétend nous donner les lois ; mais cet organisme lui—même, comment devons—nous l’étudier? Vous connaissez, n’est-ce pas, cette singulière manie qui nous est chère? Une question est à peine posée (1] Extrait du Traité élémentaire de Magie Pratique de Papus (en préparation). 4 ./ ... ‘.“ .—- .
98 L‘INITIATION que nous vous entraînons loin du sujet considéré pour vous parler de mille riens qui paraissent n’avoir aucun rapport avec ce qui vous intéresse — Voilà pourquoi je vous prie de me suivre dès l’instant bien loin d’ici (oh! en esprit seulement), devant Notre Dame de Paris par exemple. La — nous y voilà. — Veuillez maintenant me dire comment vous allez décrire ce monument?
Allez—vous courir chez l’architecte et lui demander les plans détaillés de cet édifice ? Dans le cas présent, ce serait peut—être difficile et vous n’y pensez même pas. IrezÏvous du moins trouver le maçon pour savoir de quelle carrière ont été tirées les pierres, comment fut gâché le plâtre, quels ouvriers furent employés?
Je vois que mes questions vous impatientent et vous vous demandez comment serait faite la cervelle de la personne qui ferait toutes ces ridicules demandes avant de décrire N otre-Dame de Paris.
Cette cervelle fonctionnerait tout simplement ' comme celle d’un de nos savants physiologistes qui ne peuvent décrire l’homme (un monument intéressant, somme toute) sans vous ennuyer au préalable de détails multiples sur l’architecte et sur le plan (les causes premières) et surtout sur l’origine et la constitu— tion des matériaux qui ont servi à faire ce monument (os, muscles, nerfs, etc., etc).
Ce procédé, qui vous semblait tout à l’heure si bouffon, est donc journellement employé dans nos livres de physiologie contemporaine qui enseignent que l’embryologie, c’est-à-dire l’histoire de la cons
CORRESPONDANCES MAGIQUES 99 truction du monument, est la seule base possible à donner à l’étude de l’organisme humain.
Comme nous ne sommes pas des savants, ou plu tôt comme je ne suis pas un savant, nous allons faire comme tout le monde et nous commencerons par dire ce que nous rayons en l’étudiant aussi bien que pos— sible, et plus tard, si nous ytrouvons quelque'plaisir, nous entrerons dans le monument pour considérer ce . que nous ne voyons pas extérieurement, et même, si notre amour d’apprendre augmente toujours, nous irons humblement trouver monsieur le savant et nous lui demanderons de nous dire comment le maçon a construit l’édifice et comment l’architecte l’a conçu, si toutefois monsieur le savant croit à l’existence d’un plan de construction, car il y a beaucoup de physio logistes qui n’y croient pas.
Peut-être alors compren drons-nous ces belles explications qui eussent été pour nous brillants hiéroglyphes alors que nous igno— rions l’état actuel de ce merveilleux monument.
Ce n’est donc pas en procédant du connu à l’inconnu, mais bien en procédant du visible à l’invisible que nous allons aborder l’étude de l’homme, le monument le plus parfait de la création, si l’on en croit nos maîtres les kabbalistes, et même nos habituels dé tracteurs les darwinistes.
Nous tenons cependant à bien faire remarquer dès l’abord que nous n’entrerons pas en minutieux détails, réservés pour un autre ouvrage tout physiologique, non plus que nous ne perdrons du temps à prouver une à une nos affirmations basées sur l’alliance de la Science actuelle et de' la Magie, notre ouvrage
100 L’INITIATION n’étant pas écrit à l'usage des facultés ni des écoles primaires. *4* I LA PARTIE VISIBLE DE L’HOMME. -— LE CORPS Ce n’est plus Notre—Dame de Paris que vous avez maintenant devant les yeux, c’est un objet plus com plexe au premier abord et peut—être aussi le plus difficile à décrire de toute la Nature, c’est le corps humain.
Nous remarquons de suite dans ce corps deux divisions primordiales : 1° Une partie centrale qui contient (nous le savons déjà,je pense) tous les organes importants de l’homme; cette partie, c’est le tronc ; 2° Des parties accessoires : les Membres, moins im portantes que la précédente puisqu’on peut les couper sans détruire l’être lui—même et qui servent de moyen d’action aux organes contenus dans le tronc.
Voilà donc notre première grande division : l’homme est composé d’une partie centrale et ton damentale : le tronc, et de parties adjacentes : les membres. Continuons notre étude en considérant chacune de ces parties. Voyons la plus importante : LE TRONC Ce qui nous frappe tout d’abord si nous considé rons avec quelque attention ce centre de l’organisme, c’est qu’il présente également une division en plusieurs segments nettement séparés. Ë_.:
CORRESPONDANCES MAGIQUES I 0 I Ainsi, tout en haut, nous voyons la tête, séparée parfaitement du segment qui lui fait suite, la poitrine. La poitrine est elle-même distincte d’un autre segment, le ventre.
Tête, poitrine et ventre, tels sont les trois centres distincts qui constituent par leur réunion le tronc. — Nous reviendrons tout à l’heure sur cette division; voyons pour l’instant si nous n’avons rien à dire de l’autre partie de l’homme : LES MEMBRES Prenez donc la peine de regarder au moins le bras. Ici encore nous trouvons des segments à tel point connus qu’ils ont reçu les noms distincts que vous savez bien: bras, avant-bras, main.
De même les membres inférieurs nous montrent trois segments : la cuisse, lajambe (le mollet), le pied. Remarquez de suite cette curieuse répétition de trois dans ces divisions.
Le tronc était divisé en trois parties, il en est de même de la jambe et du bras, et vous savez aussi, n’est—ce pas, que la main et le pied, les segments terminaux des membres, présentent encore trois divisions: poignet (carpe) et cheville (tarse) ; paume (métacarpe) et plante (métatarse) ; doigts (I) et orteils.
La Magie nous dit que toutes ces parties se corres pondent rigoureusement; nous aurons à le voir tout (1) Inutile,_je pense. de faire remarquer que chaque doigt présente également trals segments: phalange, phalangine et phalangctte.
102 L’lNITIATION à l’heure en détail. Contentons-nous de signalerce fait pour l’instant. Cependant, me direz-vous, puisque vous insistez sur votre division par trois, comment se fait-il qu’il n’y ait que deux paires de membres: les bras et les jambes, et pas trois ? Voilà précisément ce qui vous trompe.
Les anciens anatomistes hindous savaient et les modernes viennent de découvrir que le maxillaire inférieur constitue une troisième paire de membres véritables : la partie verticale du maxillaire représente le bras; la partie horigontale, l’avant—bras, les gencives repré sentent les doigts, et les dents les ongles. Toute une branche de l’anatomie, sous l’influence des travaux de Vicq-d’Azir, de Gœthe, d’Oken, de G.
Saint Hilaire, de Foltz, d’Adrien Péladan, etc., etc., s’édifie en ce moment sous le nom d’anatomie philosophique. Les quelques données que nous allons indiquer dans cette étude peuvent servir de base à cette réédification d’une science très ancienne que nous avons tout spécialement étudiée.
Encore une fois, nous ne pouvons, dans cet ouvrage, entrer dans les détails que comportent de telles considérations, et nous allons rapidement passer en revue les rapports qui peuvent exister entre tous ces segments dont nous venons de parler. ' RAPPORTS DES MEMBRES ENTRE EUX Il faudrait écrire un véritable traité d’anatomie sur cette seule question si on voulait l’étudier comme elle
'=ul"“\|‘.-' CORRESPONDANCES MAGIQUES I 03 le mérite. Nous renvoyons les curieux aux travaux de Foltz, nous bornant à signaler les rapports suivants : .Le bras correspond à la cuisse et à la partie verticale du maxillaire. L’avant—bras correspond à la jambe et à la partie horizontale du maxillaire. La main correspond au pied et aux gencives. Il ne fallait pas grande attention, me direz-vous, pour établir ces rapports.
C’est exact si vous consi— dérez, comme jele fais en ce moment,toutcela d’une façon générale ; mais si vous voulez étudier en détail, que de difficultés ne rencontrez-vous pas! Ainsi, pour prendre un exemple, le pouce de la main ne correspond pas du tout au gros orteil du pied, mais bien aux deux derniers doigts, ainsi que l’a victorieusement démontré Foltz.
Ceci nous montre donc les erreurs dont il faut se garder dans l’établis— sement sans réflexion des rapports qui peuvent exister entre les différentes parties de l’homme. RAPPORT DES MEMBRES AVEC LE TRONC Un peu d’attention suffit pour nous faire découvrir que chacune des paires de membres que nous avons décrites est en rapport avec l’un des trois grands centres du tronc.
Ainsi les jambes sont spécialement rattachées au segment inférieur : le ventre. Les bras, au segment moyen : la poitrine, et le maxillaire au segment supérieur : la tête. Un auteur presque totalement inconnu, Jean Mal— ;..e;.aæx:‘ mW
104 L’INITIATION fatti de Montereggio (I), fournit de curieux dévelop— pements à ce sujet.
Son livre est à peu près incom— préhensible pour qui ne connaît pas les principes de la Science Occulte; citons une phrase qui a rapport au sujet qui nous occupe: « Les mains et les pieds sont simultanément les instruments correspondants du tact, comme placentas osseux, les premières à l’œufthoracique (poitrine), les derniers à l’œuf abdominal (ventre) (2). » Pour résumer, retenons bien ce fait que chaque segment du tronc présente une paire de membres qui lui sont adjoints et qui peuvent indiquer ce qui se passe en son intérieur.
Des données très importantes au point de vue magique nous sont fournies par les rapports que nous avons maintenant à considérer : RAPPORT DU TRONC AVEC LES MEMBRES Le segment particulier du tronc d’où dépendent les membres imprime à ceux—ci un caractère spécial qui fournit des enseignements bien profonds au Mage, tout en échappant totalement aux investigations du médecin vulgaire.
Toutes les sciences de divination par l’inspection des traits et des lignes sont basées sur les rapports qui (1) Jean Malfatti de Montereggio, la Maqthèçe; Vienne. 1837, traduit par OstrowskI. (Nous devons a eommunIcahon de cet ouvrage à bta« nislas de Guaita.) (a) Mat/lèse, p. Io. _AA__,._>L___ AL. .. I.. | '4;
CORRESPONDANCES MAGIQUES 105 relient tous les segments entre eux.
Il serait hasardeux en ce moment pour moi d’entreprendre la défense scientifique de la Métoposcopie (divination par les lignes du front) ou de la Chiromancie (divination par les lignes de la main) ; aussi renverrai-je cette discus sion pour l’instant, tout en constatant que ceux qui traitent tout cela de superstition ridicule ignorent totalement les raisons pour lesquelles ils font cette affirmation.
Cependant je dois montrer les rapports possibles qui relient entre eux tous ces segments, et je \ vais à ce propos donner quelques détails au sujet de la face et des rapports des organes qui s’y trouvent avec le reste de l’organisme ; mais, avant, nous allons terminer ce' qui a rapport à notre étude pré sente.
Chacune des divisions principales des membres correspond à un segment du tronc; bien plus, dans chaque membre, les divisions d’une partie corres pondent à la division analogue des membres tout entiers.
Ainsi les divisions du doigt: Phalange, Phalangine, Phalangette, correspondent exactement aux divisions de la main : Poignet, Paume, Doigt, à tel point que la constitution anatomique d’une pha— langette reproduira analogz‘quement celle du doigt tout entier. C’est là un point d’anatomie philoso phique qui n’a pas été approfondi, que je sache. De Î __—’——"‘—‘“—__— A A—‘—"""
106. L’INITIATION ,_ _, _,.l_,,..fiw Mm: » - ' _ 171 même les divisions de la main correspondent en tous points à celles des bras : Bras, Avant—Bras, Main, et celles-ci correspondent de même aux divisions du tronc: Ventre, Poitrine, Tête. Si nous établissons d’après ces données très élé— mentaires un tableau de correspondance, nous obtien— drons ce qui suit : TRONC VENTRE POITRINE TÊTE BRAS Bras Avant—bras Main (Membre) MAIN Poignet Paume Doigt DOIGT Phalange lPhalangine Phalangette Ainsi le Bras, le Poignet ou la Phalange nous indi queront les rapports visibles ou occultes à établir avec le ventre; de même que si nous voulons savoir ce qui se passe dans la tête, nous aurons recours à l’examen de la main tout entière ou seulement à un doigt, ou même à la phélangette qui représente spé— cialement cette tête. De là toutes les indications des chiromanciens. La
CORRESPONDANCES MAGIQUES I 07 figure suivante fait encore mieux comprendre ces ‘rapports : Le corps plié. Le bras plié. La main pliée. Un doigt plié. Rapport du Tronc avec les Membres (Chiromancîe) LA FACE HUMAINE (Quelques-unes de ses correspondances ) De même que le tronc se divise en trois segments, de même que chacun des membres se divise en trois
I 08, L’INITIATION parties, de même aussi la face humaine présente trois grands domaines, ainsi que l’a déterminé Lavater : Le domaine des Yeux; Le domaine du Neq; Le domaine de la Bouche. Domaine des Yeux. Domaine du Nez. Domaine de la Bouche. I. Les Yeux. — Anatomiquement, les yeux sont en rapport direct avec le cerveau. Ce sont, à proprement parler, lesfenétres du cerveau, et c’est en eux que nous voyons peintes ces émotions qui agitent l’être tout entier. Les maladies mentales exercent presque toujours une action très caractéristique sur les yeux et spéciale ment sur la pupille. Les yeux correspondent donc en tout point à la Tête. _ II. Le Neg. — Le nez est en rapport direct avec le canal qui conduit l'air dans les poumons : la trachée.
CORRESPONDANCES MAGIQUES I 09 v.. -... —..,‘-iw C'est l’organe essentiel de la Respiration. L’homme peut aussi respirer parla bouche; mais les mammifères, et spécialement le cheval, en sont incapables, ce qui ' indique bien que le nez est la fenêtre de la poitrine, comme les yeux sont celle de la tête. Fenêtre de la Tête. Fenêtre de la Poitrine. Fenêtre du Ventre. Citons à l’appui de ce fait ces colorations si parti culières des pommettes dans les maladies du poumon ;
1 10 L’INITIATION ces dépressions caractéristiques au niveau des ailes du nez (fades cardiaque) dans les maladies de cœur, faits bien constatés par nos savants médecins contempo rains, mais absolument inexplicables pour eux... et pour cause ! Il]. La Bouche. — La Bouche correspond directe— ment au canal des aliments, à l’œsophage et par là au Ventre; c’est la fenêtre du Ventre.
Si ces idées paraissaient absurdes à quelque savant, je le prierais de me dire pourquoi il fait tirer la langue aux malades pour se rendre compte de l’état de leur estomac, et pourquoi la péritonite exerce une action si particulière sur les lèvres des gens qui sont atteints de cette affection. La magie seule nous permet de donner une raison suffisante de tous ces faits.
En résumé, la Tête, la Poitrine et le Ventre ont leurs fenêtres sur la face elle—même, dans les Yeux, le Nez et la Bouche. Voilà pourquoi Paracelse, le grand initié, faisait des diagnostics médicaux sur la seule inspection des traits. Cependant ces divisions sont très générales, et nous pouvons encore aller plus loin si cela vous intéresse.
Ainsi le domaine des yeux comprend trois parties :. le front, qui est vraiment la tête de la tête comme corres pondance; l’œil, qui estla tête de lapoitrine, c’est—à-dire l’endroit où se peindrontles affections les plus élevées d’origine passionnelle (amour —— haine —— colère, etc., etc.) ; la paupière inférieure, qui est la tête du ventre, l’endroit où se peindront les traces des plaisirs ou des douleurs dont le ventre est l’origine (tous les excès vénériens se peignent par un cercle noir au-dessous
CORRESPONDANCES MAGIQUES I I I des yeux, ainsi que beaucoup d’affections spéciales, métrite, prostatite, etc.) . Le domaine de la poitrine comprend également trois parties : la racine du nez ou poitrine de la tête ; les pommettes ou poitrine de la poitrine, et les ailes du nez avec les deux lignes qui en partent ou poitrine du ventre. Ces deux lignes sont la reproduction dans ce domaine des lignes qui soulignent les yeux dans le domaine précédent. De même, le domaine de la bouche comprend la lèvre supérieure ou ventre de la tête; la lèvre infé rieure ou ventre de la poitrine, et le menton ou ventre du ventre. Nous donnons ces divisions sans les expliquer autrement; elles servent de base à une foule de systèmes de divination et doivent être connues de tous ceux qui s’occupent de Science Occulte. PAPUS.
____fi),..-— rr'*vr— v PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE fie I’Èsutèrisme dans l’ârt NOTES D’ES'I‘HÉTIQUE OCCULTE ( I) CËVÜ’ESTHÉTIQUE: science incertaine et trébuchante! Æ Pourtant elle repose sur un socle fixe. La Beauté a son absolu. L’ldéal est un. Toutes les formules‘de la Beauté données par les différents génies humains, toutes les grandes œuvres d’art sont inspirées par cet Idéal unique, toujours le même malgré la diversité des formes qu’il revêt. Ainsi la lumière envoie des rayons diversement colorés quand elle traverse le prisme. J’imagine un septénaire de grands artistes, au hasard énumérés: Dante, Shakespeare, Vinci, Dürer, Bec thowen, Po'e‘, Hugo. C’est le même et unique Idéal (1) Ces notes _résutnent une conférençe faire par l'auteur au Groupe independant d’etudes ésotériques le 29 jahVIer1890.
DE L’ÉSOTÉRISME DANS L’ART . 113 qui brille sous des formes variées à travers ce prisme d’âmes. Car la Beauté immuable est sœur de la Vérité im muable. J’essaierai, en ces notes trop insuffisantes, de découvrir l’essence de la Beauté dans la synthèse où les occultistes enferment leurs notions sur le Monde, puis, par des exemples, de démontrer que nombre de grands génies ont connu cette synthèse.
I. — DU FONDEMENT KABBALISTIQUE DE LA BEAUTÉ La Kabbale institue dix manifestations de l’Être absolu; ce sont les dix Séphiroth que le Sépher Jesi— rah appelle « les dix Esprits ineffables du Dieu vivant ». La dixième des séphiroth ayant une existence distincte du nonaire formé par les autres, ces neuf Séphiroth sont divisées en trois triades, dont chacune correspond à l’un des trois Mondes.
La première triade est celle du monde divin, du monde métaphysique; la deuxième appartient au monde intellectuel, et la troisième au monde naturel. Ainsi apparaît la série trinitaire que le Sépher nomme le Nombre, le Nombrant et le Nombré. Or, la troisième Séphire de la seconde triade, soit la sixième des Séphiroth , c’est la Beauté, c’est Tiphe’reth.
Pour déterminer les rapports de Tiphe’reth, la Beauté, avec les cinq premières Séphiroth, les trois premières appartenant au monde divin et les deux autres appartenant au monde intellectuel, j’emploie le procédé pentaculaire. _..;nv_..r&._.__.
I 14 L’INITIATION y'...—.çr --MWw_fi-—.; 7w—— _ _ w‘_v—— Instituant le triangle du monde divin, j’écrirai la figure: ce Kélher _ A + Binah Chochmah Construisant le triangle du monde intellectuel, j’obtiendrai cette seconde figure : — + Géburah "‘7 Chésed \/ Tîphéreth 00 Au sommet du triangle du monde divin, Kéther, la Couronne, exprime, dans l’abstraction du concept kabbalistique, l’Être absolu, c’est-à—dire la plus vaste conception que la pensée se forme de la Substance.
Kéther s’appuie sur Chochmah et Bz‘nalz. Chochma/z, l’lntelligence, c’est le Logos, le prin cipe mâle, actif, générateur, par quila création s’opère, —— phallus de la conceptualité dont Binah est la ma trice. Binah, la Sagesse, c’est la forme femelle, passive, réceptive de l’Esprit. Dans le second triangle, Tiplze’reth, la Beauté, est la résultante de Chésed et Ge’burah.
Che'sed, principe mâle, actif, du monde intellectuel, exprime la Grâce, et la Magnificence, —- phallus de l’intellectualité dont Géburalz est la matrice.
DE L’ÉSOTÉRISME DANS L’ART 115 Géburah, la Rigueur, exprime la puissance de con centration de la Grâce, de Chésed.
En vertu du principe d’analogie {sunt quæ supe— rius sz'cut quæ z'nferzus), i’oppose les deux triangles tracés plus haut, afin d’obtenir un pentacle sénaire : 00 Kéther — + Géburah Chésed — + Binah Chochmah Tiphe’reth 00 La troisième triade des Séphiroth, Jesod, la Géné— ration ou le Fondement même de l’être, est la résul tante de Netzah, principe mâle du développement, et de Hod, la Gloire, principe femelle de la force créatrice, conservatrice de la forme.
Opposant cette triade de Séphiroth à celle que domine Tiphéreth, j’obtiendrai le second pentacle sénaire ci—dessous : 00 Tiphéreth — + Hod Netzah —' + Géburah Chésed Jésod ce Ainsi, d’après ces deux figures, Tiphéreth, la Beauté, est un mirage, un reflet de Kéther, de l’être absolu, de ce qui est le plus proche du mystérieux Ainsoph. De même elle est un reflet de Jésod, de l’es— sence du monde. .
I I 6 L’INITIATION Tous les grands poètes, tous les grands artistes, ont eu l’intuition de cette nature de la Beauté. Dans leurs hymnes à sa gloire, ils ont clamé, directe ou vir tuelle, en leur langue suprême, cette notion de l’essence de la Beauté, devinée par leur génie. Il. —— DE L’ÉSOTÉRISME DANS L’OEUVRE DE BEAUTÉ Du monde de la conceptualité où rayonne l’idée vivante de la Beauté, passons dans le monde où elle se réalise.
Allons d’un plan sur un autre. Laissons l’esthétique occulte pour considérer l’œuvre de Beauté. Il est des hommes qui ont mission de révéler la Beauté. Ce sont les Poètes. Qu’est-ce que le Poète P C’est une des incarnations diverses sous lesquelles se manifeste le Révélateur, le Héros, l’homme que Carlyle appelle «un messager envoyé de l’impénétrable infini avec des nouvelles pour nous ».
Cette concep tion du Héros, exprimée par un visionnaire de génie, est la directe conséquence d’une autre conception universellement admise par les occultistes et les mys— tiques, et formulée ainsi par Novalis: « Tout être créé est une révélation dans la chair ». Cette concep tion, nous la retrouverons dans tous les poèmes sacrés de l’antiquité.
Ainsi, dans les grandes épopées de l’Inde, dans le Ramayana, l’enfant Krishna, l’enfant prédestiné qui doit devenir un sauveur d’hommes, est uneincarnation divine, et Rama, le futur héros, ' est toujours couronné, dans le poème, d’une épithète
DE L’ÉSOTÉRISME DANS L’ART ‘ 117 constante; il est appelé: « le devoir incarné », de même que, dans Homère, Ulysse est toujours « l’industrieux Ulysse ». Les historiens ésotériques contemporains, comme MM. Saint-Yves d’Alveydre et Edouard Schuré, ont l’habitude de considérer ainsi les héros qui arrivent sur terre pour donner quelque puissant coup d’épaule à l’évolution de l’humanité.
« Le Héros est celui qui Vit dans la sphère inté rieure des choses, dans le Vrai, le Divin et I’Eternel, qui existent toujours, inaperçus de la plupart, sous le Temporaire, le Trivial. Son être est dans cela. Il déclare cela au dehors. Sa vie est un lambeau de l’éternel cœur de la Nature elle—même; — la vie de tous les hommes aussi. Mais le grand nombre des faibles ne connaît pas le Fait et lui est infidèle la plupart du temps ».
' Le Héros saisit te mystère du côté moral; il en— seigne le Bien et le Mal, le devoir et la prohibition. Il fixe aux foules une croyance basée sur ce qu’il a deviné de la mystérieuse et uniforme Vérité. Alors il est prophète, comme Moïse, comme Mahomet.
S’il saisitle mystère du côté originel, s’il pénètre la sphère des Principes, sans là-dessus édifier une croyance à la portée des foules, sans vulgariser sa vision et sa science, il est Mage, comme Apollonius de Tyane, comme Paracelse, comme Khunrath. S’il pénètre le monde des Lois et révèle aux liommes non des principes, mais des lois, il est un savant, comme Kepler, comme Newton.
Il évolue, dans le monde intellectuel, plutôt que dans le monde du Divin, plutôt que dans le,monde des Principes. ...r...t':.‘ '
t 18 L’INITIATION S’il pénètre le mystère des couleurs et des formes, ou des sonorités, il révèle la Beauté: il est Phidias ou Michel-Ange, ou Léonard de Vinci, ou Beethowen. S’il a saisi le mystère du côté esthétique, comme dit Hegel, il révèle la Beauté, il est poète, dans la pléni tude de la force triomphale : il est Dante, Shakespeare, Shelley. Le poète doit avoir pénétré ce que Gœthe appelait « le secret ouvert ».
'I ou Un préjugé, qui commence à disparaître, un vieux lieu commun, qui a été trop répandu, prétend qu’entre le monde de la science et le monde de la poésie, il y a un abîme. Nous avons entendu souvent affirmer que science et poésie sont deux sœurs ennemies, deux antagonistes irréconciliables.
Pour quiconque a quelque peu entrevu la synthèse occulte, pour quiconque a risqué des regards sur le monde du Divin, cet antagonisme n’existe pas plus que celui qu’on trouve entre les religions diverses et la science.
De même que chaque religion {est une révélation de l’Universelle vérité, de ce qui constitue la Haute Science, la science définitive, celle qui ne se borne pas à connaître les Lois, mais qui remonte jusqu’à la Cause Première ; de même toute poésie est la vision ex, primée d’un rayon émané de cette universelle Vérité.
Un poète contemporain, qui eut des intuitions, comme tous les poètes, M. Sully-Prudhomme, a cru entrevoir, dans l’inconnu de l’avenir, la venue au
DE L’ÉSOTÉRISME DANS L’ART 119 monde de poètes différents de ceux qu’on a vus jus qu’ici. Ces nouveaux poètes, imprégnés de la science enfin définitive, débarrassée des tâtonnements actuels, ces nouveaux poètes, ayant connu les ultimes secrets de la nature et des dieux, chanteraient de majes— tueux hymnes, des poèmes célébrant l’harmonie des mondes.
Ils écriraient, au lieu de poèmes troublés, anxieux, de calmes et nobles poèmes, sans cris d’angoisse; ils écriraient Sur de plus hauts objets, des poèmes sans larmes. Je ne pense pas que les beaux poèmes de l’avenir soient sans larmes, car alors ils perdraient le carac tère qui nous passionne et nous charme le plus, leur caractère d’humanité.
Mais on pourrait répondre à ces vers de M. Sully Prudhomme qu’en tous les temps les poètes ont eu l’intuition de l’universelle vérité. Beaucoup, surtout en notre temps, où peu d’hommes ont remué les vieux bouquins magiques dans lesquels il faut beau coup chercher pour trouver quelque chose, beaucoup, ont deviné le Mystère; ils ont connu les Causes, ils ont pénétré la sphère du Divin.
Leur génie devant eux déchirait les triples voiles sous lesquels se cache la déesse Isis, la sombre Nature. Et quand ils avaient vu, quand ils avaient pénétré ces mystères, pour nous les expliquer,ils étaient obligés de se mettre à notre portée, de nous rendre accessible ce qu’ils connaissaient. Ils ont donc toujours montré ce qu’ils savaient en l’enveloppant dans les bandelettes du symbole, en l’enfermant dans des légendes, dans des
I 20 L’INITIATION mythes. De cette façon, le lecteur comprenait là dedans ce qu’il pouvait; il montait dans leur œuvre jusqu’où son propre esprit lui permettait l’ascension.
Ainsi,à ce que dit la Bible, quand Moise descendit du Sinaï, Où il avait contemplé Dieu face à face, il revint parmi les hommes en conservant sur son visage une éblouissante lumière, en sorte que, pour ne pas aveugler les hommes par le rayonnement de son visage, il était forcé de se cacher la tête d’un voile épais. * 2&4 Parmi les poètes, parmi les artistes, il yen eut, dans tous les temps, qui étaient guidés dans leur œuvre non seulement par leur intuition, mais aussi par une étude approfondie des choses de la nature, qu’on con sidère comme secrètes; qui ont connu la synthèse de ce qu’on appelle — plus ou moins improprement — la science occulte.
Il y eut des poètes et des artistes qui étaient ce qu’on appelle des Initiés, des occultistes, des magistes. Ils sont très nombreux, ces poètes, ces artistes qui ont été des initiés. Elles fourmillent, ces œuvres d’art qui, sous la formule de Beauté, révèlent des vérités scientifiques de l’ordre le plus haut.
Ainsi, les initiés de notre temps, ceux qui cherchent dans les bouquins des bibliothèques, dans les sys tèmes des philosophes, dans les théories des kabbæ listes, dans les symboles des alchimistes, dans tout ce qui a touché aux choses du Mystère, quelque chose de la Vérité universelle, ceux qui veulent pénétrer les 11 -.gl
DE L’ÉSOTÉRISME DANS L’ART 1‘21 secrets de la haute science, doivent étudier Shakes peare, Homère, Dante, Eschyle, etc., etc. Ils trouvé ront des enseignements dans les peintures de Vinci et d’Albrecht Dürer, dans la statuaire antique, dans l’architecture antique, dans les drames lyriques de Richard Wagner, etc., etc. Ne nous attardons pas trop longuement dans l’art de l’antiquité et dans l’Art, trop peu connu, de l’Orient.
Tout cela est trop loin de nous, bien qu’im mortel. On sait que les sphinx d’Egypte, ces sculptures qui paraissent à nos savants des figures de fantaisie, sont ce que les initiés nomment des pentacles, c’est— à-dire des représentations, par une forme non arbi traire, de conceptions initiatiques. On sait que l’homme qui comprendrait toutes les idées contenues dans la forme du Sphinx serait un Initié du plus haut degré.
On sait que les pyramides d’Egypte sont également des pentacles, des schémas de l’idée initiatique. Toute l’architecture antique, au temps où elle était hiératique et sacrée, sibylline, construisait des temples dont la forme était un enseignement pour l’initiable.
Je dirai même plus: l’art de la danse de théâtre, au temps où elle était non pas, comme aujourd’hui, un divertissement, un plaisir des yeux, mais un art sacré, au temps où elle était l’orchestique des Grecs, par exemple , était pleine d’enseignements initia— tiques. , " Etant donnée la niaiserie analytique des cerveaux contemporains et leur impuissance à voir synthé tiquement, je m’imagine fort bien qu’il leur semble
1 22 L’INITIATION d’un haut comique de penser qu’un ballet puisse révéler quelque chose des vérités scientifiques. Il me serait désagréable, en avançant de pareilles affirmations dont je n’ai pas le temps, aujourd’hui, de fournir la preuve, de passer pour un fou bon à enfermer. J’abandonnerai les mystères de l’art antique.
Je me bornerai à rappeler que 1’Exposition de 1889 à Paris a fourni plusieurs reconstructions d’ancien art exotique qui méritaient l’attention des occultistes. Ainsi le palais du Mexique était plein de figures hermétiques empruntées à une très vieille civi lisation américaine. Ainsi, dans la rue du Caire, la reconstruction, réduite, du temple égyptien d’Edfou, était ce que nous appelons un pentacle. Restons dans notre France.
Tout l’art gothique est hermétique, est plein d'enseignements occultes. Toutes nos cathédrales du moyen âge fourmillent de ces enseignements. Notre—Dame de Paris est une école d’Alchimie. Le portail plus proche de l’Hôtel-Dieu contient des sculptures donnant hiéroglyphiquement le secret du Grand—Œuvre. M. Papus, dans son Traité élémentaire de sciences occultes, en donne l’explica tion. La Tour Saint—Jacques est un pentacle.
La Tour Saint—Jacques contient, sculptés dans la pierre, plus d’enseignements en matière de sciences occultes que toute une bibliothèque. On connaît là-dessus la légende de l’alchimiste Nicolas Flamel. Avez-vous remarqué, au sommet de la Tour, les quatre figures qui, aux quatre coins, dominent Paris, colossales: un lion, un aigle, un ange et un taureau P ce sont
DE L’ÉSOTÉRISME DANS L’ART 123 les quatre animaux de l’Apocalypse, les quatre ani maux symboliques dont la compréhension donne la clef du grand arcane, fait le grand Mage, dompteur des forces; les quatre animaux qui constituent le Khéroub de la Khaldée, le Sphinx de I’Egypte, les veaux de l’arche d’alliance ; les quatre animaux re présentant ce qu’on appelle le quaternaire, ce que les Kabbalistes appellent du nom sacré mm, et ce que les alchimistes appellent les quatre éléments, Feu, Air, Eau, Terre, _ éléments qui paraissent si naïfs aux chimistes modernes parce qu’ils les prennent dans leur sens positif, s’attachant à la lettre, non à l’esprit.
Pénétrons dans les arts plastiques, peinture et sculpture. Il est évident, pour tout occultiste, dès qu’il voit une oeuvre comme le Saint Jean—Baptiste ou la Viergeaux Rochers de Léonard de Vinci, au muséedu Louvre, que le peintre qui a fait de telles œuvres était un initié d’un ordre supérieur. Je n’ai pas encore lu les manuscrits de Vinci, mais il est probable que ce génie universel a décelé là quelque chose de sa science.
Regardons un peu les modernes. Un peintre comme Gustave Moreau, un aquafortiste comme Félicien Rops, un sculpteur comme Redin, ont créé des œuvres qui révèlent l’intuition du génie vers l’Har monie, vers l’universelle vérité. Ils sont des initiés inconscients. EMILE MICHELET. (A suivre.) —‘.._..- ‘._-_.x -x..«»&-M-A-% —
1 24 L’INITIATION Èxrtmrcrs RELATIVES A LA FORCE PSYCHIQUE I les expériences auxquelles je me suis livré m’ont amené à constater, chez certaines personnes appelées sensitives, une force qui semble avoir de l’a nalogie avec ce que nous appelons électricité. Les personnes sensitives ne sont pas rares, je dirai même que, tous tant que nous sommes, nous avons droit à des degrés divers au titre de sensitifs.
Seule— ment chez les uns la sensitivité est à l’état latent, elle ne se manifeste pas; chez d’autres elle se manifeste faiblement, chez quelques-uns au contraire elle se montre à un degré plus intense et peut produire des phénomènes curieux et appréciables. Chez un petit nombre, presque exceptionnel, cette force inconnue prend des proportions considérables et donne lieu à des effets surprenants.
Les thaumaturges anciens, cela ne fait pas de doute, connaissaient cette force, et savaient l’utiliser au profit de leur gloire. C’est grâce à elle qu’ils accomplissaient des merveilles que la foule qualifiait de miracles, mais auxquelles les incrédules refusaient de croire et qu’ils traitaient de jonglerie.
Les thau maturges, à qui il suffisait d’être grands parmi le peuple, se préoccupaient fort peu de,l’incrédulité des sceptiques et des gens dits éclairés ; ils possédaient le
EXPÉRIENCES RELATIVES A LA FORCE PSYCHIQUE 125 secret qui, aux yeux de leurs contemporains, les éle— vait au niveau de la divinité: ils n’en demandaient pas davantage. Cette force que maniaient si habilement les thau maturges de l’antiquité n’est pas inconnue de nos jours; c’est avec son secours que les fakirs de l’In doustan accomplissent les prodiges qui font l’admi ration des voyageurs.
Ma curiosité ayant été vivement excitée par les récits (I) de M. Jacolliot, qui a long temps habité Pondichéry et qui a souvent été témoin des hauts faits des fakirs, j’ai eu la témérité de vouloir chercher à les reproduire7 bien qu’au fond je fusse porté à- croire qu’il n’y eût là que d’habiles tours de passe—passe.
A ma grande stupéfaction, cette témérité a été couronnée de succès; force m’a donc été de reconnaître que M. Jacolliot avait parlé en fidèle et exact historien, et que les fakirs n’étaient pas des jongleurs, ma1s de parfaits sensitifs qui savaient se servir d’une force inconnue émanée de leur corps et à laquelle, faute de mieux, les Occidentaux donnent le nom de force psychique.
' Il Mes expériences peuvent se classer en trois catégo ries : De}vlacement et mouvement d’objets inanimés à dis tance et sans contact; Ü) VÛJ'a"e au a sdes akirs Clan-meurs. e P }’
I 2 6 L’INITIATION Attraction et répulsion d’objets animés ou inani més; Déviation et afi‘olement de l’aiguille aimantée. Je commence par le mouvement d'objets inanimés à distance et sans contact. I° M. Jacolliot raconte qu’il a vu un fakir, nommé Covindassamy, étendre sa main au-dessus de la sur face d’un vase plein d’eau et faire rider et bouillonner cette eau.
A mon tour j’ai rempli d’eau jusqu’aux bords un bol de porcelaine placé sur un guéridon et j’ai fait tenir à quatre de mes sensitifs leurs mains étendues à deux pouces au-dessus de la surface du liquide. Au bout de deux minutes tout au plus, l’eau s’est ridée et s’est mise à bouillonner.
Aujourd’hui, les sensitifs ne sont plus obligés de s’asseoir près du guéridon, ni d’étendre leurs mains à deux pouces au dessus du bol; ils se tiennent à I mètre de la table et leur seule présence, même à cette distance, suffit à faire rider l’eau et à provoquer des bouillonnements. Quatre sensitifs ne sont plus nécessaires, trois, deux suffisent, et même un seul.
2° J’ai construit un petit moulin ou tourniquet en fichant une épingle la pointe en l’air dans une rom delle de liège; la pointe est insérée dans un brin de paille fendu en quatre, et ces quatre parties tendues, étant rabattues, simulent les ailes d’un moulin. Je place cet appareil au milieu du guéridon et je prescris à mes sensitifs d’étendre leurs mains au-dessus. Presque aussitôt le moulin se met en mouvement, et plus les mains restent longtemps étendues (de 5 à -—'a‘J
EXPÉRIENCES RELATIVES A LA FORCE PSYCHIQUE 127 8 minutes), plus le mouvement s’accentue. Vers la fin de l’expérience le moulin tourne avec une rapidité vertigineuse. Maintenant les sensitifs n’étendent plus leurs mains, ils se tiennent à un mètre du guéridon et le moulin ne cesse de tourner pendant toute la durée de l’expérience. 3° J’ai donné à cette troisième expérience le nom de DANSE DES FEUILLES, nom que j’ai emprunté à M. Jacolliot.
Je fais remplir de terre un pot jusqu’aux bords. Je plante dans ce pot une tige de bois sec traversant des feuilles vertes percées d’un trou dans leur milieu et placées de distance en distance. Les sensitifs sont tout près du guéridon et étendent leurs mains à deux ou trois pouces au plus au-dessus de l’extrémité supérieure de la tige.
Après un court espace de temps, sous l’influence de la force mystérieuse émanée des mains de mes sujets, les feuilles s’agitent vivement, puis descendent, puis remontent le long de la tige. Pour cette expérience les sensitifs ont toujours les mains étendues et se tiennent toujours près du guéridon. 4.° Je place une plume de paon au milieu du gué ridon et les sensitifs se tiennent à un mètre sans étendre leurs mains.
La plume s’agite, se démène, saute, tourne sur elle-même, parcourt toute l’étendue du plateau qui a des rebords, puis, dans l’instant qu’on s’y attend le moins, fait un saut par-dessus les rebords et tombe à terre. 5° Je place au milieu du guéridon mon porte-mine qui est en bronze d’aluminium. Eu égard à la faible puissance de mes sensitifs, il est un peu lourd, il
128 L’INITIATION .vv 1 .—væn_pèse trente grammes et se déplace difficilement. Il lui faut en outre un certain temps, trois à quatre minutes au moins, pour qu’il se mette en mouve— ment. Il ne se déplace d’abord que d’un demi-centi— mètre, puis il fait un léger tour sur lui-même et décrit un quart de cercle, puis un demi-cercle, puis un cercle entier. Quelquefois, mais bien rarement, il quitte le centre du guéridon pour se rendre à une des extrémités. Ce dernier fait est presque exception nel, tandis que fréquemment il décrit des cercles entiers, mais le plus souvent encore des quarts et des demi—cercles. A quelque distance du porte-mine en bronze d’aluminium je place tantôt un porte-plume en palissandre, à garniture de laiton, tantôt un crayon. Le porte-plume et le crayon se déplacent très facilement et se promènent d’un bout à l’autre du plateau. Il est arrivé bien des fois que, se trouvant aux extrémités du plateau, ils reviennent Immédiatement et vivement se coller contre le porte—mine qui occupe le centre et semble les attirer. D’autres fois aussi, quand le crayon et le porte-plume sont aux extré— mités du plateau, le porte-mine quitte le centre et se rend vers le crayon et le porte-plume, comme si, à son tour, il subissait une attraction de leur part. Il est à remarquer que mes quatre sensitifs n’étendent pas leursmainsau—dessus des objets, mais qu’ils se tiennent à un mètre de distance du guéridon. Avec deux sensi tifs seulement j’ai obtenu les mêmes résultats. 6° Je remplace le porte-mine, le porte—plume et le crayon par une petite boîte fort légère en copeau de sapin. Elle est couchée sur le flanc au milieu du pla
.lb... III! ,Ëhrlhi .. ËÂ' .nI 1..Inf.ÿg .1 F. . ‘I 4— ———— ————
I l ,‘y TI_O NATVRÆ; 5 _Q_,VAM ERRANTIBI’ il ’ ‘ Ch_ymirùflçit, dur» deSopbifl cb_/loliab Spintore ur« bannie muque rtlur. r— ’ ‘» f’" ., ;, i DEMONSTRA1 . \ - . DESCRIPTA per , IOANNEM A MEHVNG j‘:. ‘ ” ANNO M.DC.XXV. LA ©LEÆ’ Il ŒUVRE (Frontispice d‘un vieux livre Hermétique)
EXPÉRIENCES RELATIVES A LA FORCE PSYCHIQUE 129 teau. Elle commence par tourner sur elle-même, par fois même elle décrit un quart, un demi et un cercle entier, ce qui, cependant, est assez rare. Mais, après son petit mouvementsur elle-même,elle roule, et en roulant elle se promène d’un bout à l’autre du plateau, allant et venant, tantôt avec une lenteur relative, tantôt avec une très grande rapidité.
Je fais ensuite succéder à la boite deux bouchons de liège qui produisent exactement le même phénomène. Je passe maintenant aux faits d’attraction et de répulsion, que je considère comme spécialement dignes d’attention : ‘ 1° Je place au centre du plateau un certain nombre de petits morceaux de papier et j’invite un sensitifà étendre au—dessus une de ses mains.
Les petits papiers ne bougent pas d’abord ; mais, après une attente de. deux minutes au plus, ils s’agitent, se déplacent, volent et sautillent comme si on tenait au—dessus d’eux un bâton de gomme laque préalablement élec— trisé par le frottement d’une peau de chat.
Chaque sensitif étend sa main à tour de rôle, et l’effet d’at traction (certains pétits papiers viennent quelquefois s’attacher àla main) est en rapport direct avec la somme de force psychique qui se dégage de son corps. Plus le sensitif a de force psychique, plus l’effet est intense. 2° Je retire les petits morceaux de papier et je mets à leur place un pendule électrique. Les sensitifs viennent chacun à leur tour tenir la paume de leur main à une distance de deux à trois centimètres de 5
1 30 L’INITIATION la balle de sureau. Il y a attraction, et l’attraction est toujours proportionnelle au degré de force physique émise par la main du sujet. 3° Après l’attraction de la balle de sureau du pen dule électrique par la main des sujets, je passe au phénomène d’attraction d’un sensitif par un sen sitif.
Je fais tenir deux sensitifs debout, les pôles de noms contraires en regard , c’est-à—dire dos à dos et à une distance l’un de l’autre de vingt à vingt cinq centimètres. Petit à petit les deux sujets se sentent attirés l’un vers l’autre; à mesure que le temps s’écoule, l’attraction s’accentue, puis, après cinq à six minutes, les reins et les épaules contraires, attirés par une force invincible, deviennent adhérents et se sou dent ensemble.
Après huit minutes, moment où l’at traction a atteint son maximum d’intensité, je dis aux sujets de marcher: les deux corps sont tellement collés que le plus fort entraîne le plus faible et la séparation n’a pas lieu. Pour l’obtenir je me sers du manche d’une grande cuiller en argent que je glisse entre les épaules et les reins, et encore c’est avec grand’peine que s’opère la séparation. C’est M. de Rochas qui m’a enseigné cette expérience (1).
4° Autre phénomène d’attraction moins frappant, mais qui a une tendance à se transformer en lévita tion.
Je fais tenir un sujet droit sur ses pieds; de chaque côté se tiennent chacun, l’un àdroite et l’autre à gauche, deux autres sujets montés sur une chaise et (1) Cette expérience et les suivantes sont basées sur les lois de lapo larité découvertes par le baron de Reichenbach et exposées dans le livre sur les Forces non définies, publié parle commandant de Rochas, (Paris, Masson, 1887). A A : . _*='æ:—‘&auäfl_-...-m u.__.-b—-._À_ .-a - kaüfl!Llfl
EXPÉRIENCES RELATIVES A LA FORCE PSYCHIQUE I3I qui étendent leurs mains à deux pouces au—dessus de la tête du patient. Trois minutes ne sont pas écoulées que le patient sent sa tête attirée par les mains des deux autres sensitifs, puis deux minutes encore et il ne peut plus se tenir debout, et si quelqu’un ne se trouvait là tout exprès pour le recevoir, il tomberait à terre.
L’attraction produite à la tête par les mains des opérateurs contre—balance l’attraction ; si la sensi tivité des sujets avait quelques degrés de plus, le phé nomène de lévitation aurait lieu. 5° Je fais étendre sur le carreau de la chambre qui sert de théâtre à mes expériences un matelas. Un sen— sitif se couche dessus de tout son long et sur le dos.
Un second sensitif étend ses deux mainsà deux pouces au—dessus de la tête ; un troisième fait la même chose pour la région gastrique, et un quatrième pour les jambes.
Le sensitif couché ne tarde pas à s’agiter, à se démener, puis il se tord; ses épaules, ses reins, sa croupe se détachent malgré lui du matelas ; la partie dorsale et la partie postérieure du corps prennent une attitude arquée très prononcée et on peut passer une feuille de papier sanSqu’elle touche le corps. Le sen— sitif est suspendu, très légèrement suspendu, mais il est suspendu. La suspension ne dure qu’une seconde.
6° Un sensitif se tient debout, un autre sensitif se tient également debout la main dans une position verticale, à deux pouces en face du front du premier. Ce second sensitif, la main toujours dans la même attitude, marche à reculons. Le premier, attiré parla main de son camarade, le suit, jusqu’à ce que son front se colle à cette main.
132 L’INITIATION ‘v---— w. -1 u .v- -... , -.-.:»‘.æ.«.... . 7° Deux sensitifs sont debout; l’un approche sa main verticalement à deux pouces de la joue et de l’oreille de l’autre. Au bout de peu d’instants la main de l’un est soudée à la joue et à l’oreille de l’autre, tellement qu’on ne peut opérer la séparation qu’au moyen du manche d’une cuiller à bouche en argent qu’on insère entre la joue et l’oreille du premier et la main du second.
Encore cette séparation n’a-t—elle pas lieu sans de grands efforts. 8° Phénomène de répulsion. Je place deux sensitifs debout l’un devant l’autre, les pôles de même nom en regard à une distance de25 centimètres l’un de l’autre. Trois à quatre minutes suffisent pour que le phéno mène ait son plein effet. L’un tombe en avant, l’autre tombe en arrière. Cette dernière expérience n’est que la répétition d’une tout à fait semblable de M. de Rochas.
J’arrive à la déviation et à l’affolement de l’aiguille aimantée: 1° Quand un sujet approche sa main ouverte de l’aiguille aimantée, celle—ci oscille d’abord, puis dévie, et la déviation est en rapport avec le degré de sensiti— vité du sujet. 2° Quand mes cinq sujets sont tous réunis autour de la table, la déviation est bien plus accentuée .qu’avec un seul, lors même qu’avec ce seul sujet elle se montre très sensible.
L’aiguille tourne sur elle-même et décrit tantôt un demi, tantôt un cercle entier, selon la quantité de force psychique qui se dégage du corps des sensitifs. L’aiguille ne se con—’
...,,...g. ..._7;,, r . r..w_. .Vmme‘ntw.‘nd'i\—la‘k :.. t*Œ"W‘I‘»U"‘ I‘.".’”J.Wä'fl‘ ’!‘1.‘:‘."’..". ‘— ’”'.-.. E «_..J*-. .v.. 1 _ 1'- _ I'- . . ._ EXPÉRIENCES RELATIVES A LA FORCE PSYCHIQUE 133 tente pas de tourner sur elle-même et de décrire un demi et un cercle entier, elle s’affole et tourne avec la rapidité d’un tourniquet sous l’influence d’un vent violent.
III ‘ Tous les phénomènes que je viens de rapporter, bouillonnement de l’eau, déplacement sans contact d’objets inanimés, attraction, répulsion, déviation et afiolement de l’aiguille aimantée, ne se produisent pas constamment avec la même intensité. Ils ne se manifestent que par intermittence; ils dépendent complètement de la force psychique projetée hors du corps des sujets, et cette projection est toujours inter— mittente.
Un certain nombre de personnes ont bien voulu assister à mes expériences, et toujours le succès a été en raison directe des dispositions d’esprit de ces personnes. Il est arrivé que l’attitude froide et conte— nue de plusieurs, bien qu’elles fussent animées de bonnes intentions, a intimidé les sujets et influé sur leur sensitivité.
Les expériences ont réussi, mais d’une façon moins marquée, les sujets n’ayant plus leur entrain habituel; tandis qu’avec d’autres assistants qui avaient mieux su dissimuler leur scepticisme, les expériences ont admirablement réussi, les sujets se sentant plus àleur aise.
Aussi ces assistants y ont également gagné de leur côté: leurs yeux se sont ouverts etleur scepticisme, vaincu par l'évidence, s’est complètement évanoui ; il ne leur était plus possible
134 L’INITIATION un æ._ il" -'su ..L.s v—I|_‘_, . "la' ou»..\...uvs de douter. Il en est des sujets qui servent aux expé riences, sous les yeux de personnes qui leur sont étrangères, comme des candidats qui passent un examen. Si les examinateurs leur paraissent bien veillants, les candidats qui possèdent bien leurs ma— tières se sentent à leur aise et ont réponse à tout.
Mais un examinateur affecte-t—il un maintien froid et sévère, les candidats se sentent intimidés; ils perdent leur présence d’esprit ,et répondent d’une façon moins satisfaisante. Quand des expériences réussissent médiocrement, cela ne veut pas dire qu’elles reposent sur des erreurs et des illusions, cela signifie simple— ment que les sujets sont intimidés.
Les variations et certaines dispositions de l’atmo sphère influent pareillement sur les expériences; néanmoins elles réussissent, et le succès, quoique tardif, est incontestable. Tout est pour nous mystère dans la nature. HORACE PELLETIER. E’Ennnrononnn 5noRÉE (Suite.) (9:) âÎJÏ@OUT ce qui précède, pourra—t-on nous objecter, est Wune simple hypothèse.
Le blé symbolisait la vie, parce qu’il nourrit l’homme ; la résurrection, parce que la plante morte ressuscite par sa graine.Nous pourrions répondre que, toutes les graines étant dans le même cas, il peut paraître au moins singulier que les Egyp»
r , ..\. u_w',,ar . , n. ,‘__ ,,..<W ....,,.v—,,. ‘.3‘f' f“ 3* ,n». -"',3-mw :<‘n -" 'J ’rä-W“;:æ'äfl«“.—-- " . _.» . a a 37 w - ... n . . L’ÊGYPTOLOGIE SACRÉE 135 tiens soient allés chercher précisément celle qui véri— fie le mieux, le plus sûrement, le métal mort; mais nous n’insisterons pas sur ce point. Nous avons en effet à soumettre à nos lecteurs des preuves autrement sérieuses, des connaissances chimiques des anciens Égyptiens.
En efiet, dans des questions aussi graves, on ne saurait fournir que des preuvesincontestables, nous les fournirons bientôt dans un prochain paragraphe. Aujourd’hui, nous savons ou croyons du moins savoir beaucoup de chimie, mais qui nous dit que les Égyptiens n’en savaient pas plus que nous.
Quel serait le chimiste moderne assez osé pour prétendre que les Égyptiens ne connaissaient pas les procédés de la coupellation, eux dontles rois vivaient au milieu de la profusion de l’or et de l’argent, comme nous le verrons dans la troisième partie.
S’ils connais— saient la coupellation, ils savaient comme nous que si l’on calcine dans des coupelles (faites en os pulvé— risé) du plomb argentifère par exemple, le plomb se réduit en cendres et disparaît dans la substance même de la coupelle, et, à la fin de l’opération, il reste un petit résidu, un petit macaron ou lingot d’argent pur, de l’argent coupelle'.
Or une simple opération telle que nous venons de la décrire, faite dans le laboratoire d’un temple, cette opération devait, aux yeux de l’initié, passer pour une transmutation véritable. Du reste, dans les résultats de leur distillation etde tous leurs travaux du laboratoire, les Égyptiens ne voyaient que la réalisation de cette théorie, à savoir que la terre, l’eau, l’air et le feu formaient les quatre t...— _, .. 1s
1 36 L’INITIATION >4 «44,'e0h.‘.%kL.—t—AKJBÜM—"Ww) W u ‘-«u—-nv«- s éléments du monde, tous susceptibles de transforma tions. Le résidu de la distillation, résidu solide (char— bon) représentait la terre, les liquides l’eau, et les esprits (gaz) l’air. Quant au feu, ils le considéraient soitcomme action ou moteur de l’opération, soit comme purificateur, soit enfin comme l’âme ou lien z'nuz‘si‘ble de tous les corps en général.
L’art sacré était entouré d’un grand respect ; ce qui contribuait à augmenter, à exagérer même ce pro— fond respect, c’est que les prêtres d’lsis et les initiés en général entouraient de mystères les expériences; de plus, le langage symbolique en usage pour les travaux rendait obscures pour le profane les opérations à l’aide desquelles on les accomplissait.
Aussi ces tra vaux n’étaient-ils compris que des seuls initiés et il était défendu sous peine de mort de révéler ces mys tères aux profanes. Nous sommes intimement convaincu que les Pha raons et les Grands Prêtres égyptiens connaissaient la pierre philosophale, cela seul peut expliquerl’énor me profusion d’or que possédaient ces Souverains orientaux. — A l’appui de notre conviction, nous mentionnerons les écrits d’un homme, le P.
Kircher, qui a toujours combattu l’opinion accréditée que les hermétistes du moyen âge possédaient la pierre phi losophale. En ce qui concerne les Égyptiens,ce même auteur prétend (I) qu’ils faisaient l’or sans le secours de cette pierre= mais par unequz‘ntessence cachée dans —.Amm _..__,__ (l) Œdz’pur Œgypt., t. II, p. 2, de alchym., c. 1. L——-— AA.. ——4‘.‘.—.4,;i, i..‘l
, . .« A(‘-‘.‘TW‘"’ITN’°." ê?“""'rrî . ,-- 'u .,.- ‘Wr‘rv‘r‘ pv""’. . ' ‘ ëTw“.,u_,..u —_=—æ_:_ç,u:dyi æ.q«':fl73}tä.:,æf ,, . , . 4. . , ..i .7 _ _ , 7 _ L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 137 tous les mixtes, imprégnée de la vertu de l'Esprit uni— versel.
Voici le passage en question: « Les Égyptiens n’a vaient pas en vue la pratique de cette pierre (philoso phale) ; et s’ils touchaient quelque chose de la prépa— rationfdes métaux, et qu’ils dévoilentles trésors les plus secrets des minéraux, ils n’entendaient pas pour cela ce que les alchimistes anciens etmodernes entendent; mais ils indiquaient une certaine substance du monde inférieur analogue au soleil; douée d’excellentes ver tus et de propriétés si surprenantes, qu’elles sont fort au-dessus de l’intelligence humaine, c’est-à—dire une quintessence, cachée dans tous les mixtes, imprégnée de la vertu de l’esprit universel du monde, que celui qui, inspiré de Dieu et éclairé de ses divines lumières, trouverait le moyen d’extraire, deviendrait par son moyen exempt de toutes infirmités et mènerait une vie pleine de douceur et de satisfactions.
Ce n’était donc pas de pierre philosophale qu’ils parlaient, mais de l’élixir dont je viens de parler. » Nous pensons que le P. Kircher joue ici un peu sur les mots; en effet, comment peut—il savoir si les Égyp tiens faisait de l’or avec un élixir ou avec une pierre? Il nous suffit, pour nous, qu’il constate le fait. Or le P.
Kirçher le constate formellement dans le même endroit de son Œdipe, et il le constate en ces termes : «r Il est constant, dit-il, que ces premiers hommes (les Égyptiens) possédaient l’art de faire de l’or, soit en le tirant de toute sorte de matières, soit en transmuant les métaux, que celui qui en douteraz‘t ou qui vou drait le nier se montrerait parfaitement ignorant en
I 38 L’INITIATION _"'.‘. _ “""-'T"" ' histoire (c'est nous qui avons souligné cette ligne)... Les Prêtres, les Rois, les chefs de famille en étaient seuls instruits.
Cet art fut toujours conservé dans un grand secret, et ceux qui en étaient possesseurs gardé— rent toujours un profond silence à cet égard, de peur que, les laboratoires et le sanctuaire les plus cachés de la Nature étant découverts au peuple ignorant, il ne tournât cette connaissance au détriment et à la ruine de la République.
L’ingénieux et prudent Hermès, pré— , voyant ce danger qui menaçait l’État, eut donc raison de cacher cet artde faire de l’or sous les mêmes voiles et les mêmes obscurités hiéroglyphiques, dont il se ser— vait pour cacher au peuple profane la partie de la Philosophie qui concernait Dieu, les Anges et l’Uni— vers. » Ainsi, que ce soitau moyen d’une pierre ou au moyen de l’eau, le P.
Kircher reconnaît parfaitement que les Égyptiens pouvaient faire de l’or. Mais un autre auteur, Haled (I), est encore plus ex plicite; il nous dit en effet: « qu’il y a une essence ra dicale primordiale, inaltérable dans tous les mixtes, qu’elle se trouve dans toutes les choses et en tous lieux; ' heureux celui qui peut comprendre et découvrircette secrète essence et la travailler comme il faut!
Hermès dit aussi que l’eau est le secret de cette chose, etl’eau - reçoit sa nourriture des hommes.‘ Marcuna ne fait pas difficulté d’assurer que tout ce qui est dans le monde se vend plus cher que cette eau; car tout le monde la possède; tout le monde en a besoin. Abua (I) Comment. in Hermet.
L’EGYPTOLOGIE SACREE 139 mil dit en parlant de cette eau qu’on la trouve en tout lieu, dans les plaines, les vallées, sur les montagnes, chez le riche et le pauvre, chez le fort et le faible.
Telle est la parabole d’Hermès et des Sages touchant leur pierre; c’est une eau, un esprit humide, dont Hermès a enveloppé les connaissances sous des figures symboliques les plus obscures et les plus diffi ciles à expliquer. » Cette matière, cette essence provenant d’un feu ca ché et d’un esprit humide, il ne fautpas s’étonnerque Hermès nous l’ait représentée hiéroglyphiquement sous le symbole d’Osiris, qui veut direfeu caché, car il est le roi de la région inférieure (regio inferna), et d’lsis qui, considérée comme identification de la Lune, Signifie nature humide.
Nous conclurons. donc en disant que l’art sacré égyptien est devenu au moyen âge l’alchimie et la chi mie de nos jours. Ce qui démontre une fois de plus que la science, toujours une, toujours la même, revêt des.formes diverses pour chacune des périodes qu’elle traverse. Cette filiation montre aussi combien notre chimie moderne doit à l’alchimie, et par suite à l’art sacré égyptien.
Cependant une certaine coterie n’a pas asse; de sarcasme pour ce moyen âge auquel nous devons tant. _ ‘ En effet, en feuilletant l’histoire‘, nous voyons, livre en main, que du 1xe au xvIa siècle, si les artistes et les savants n’étaient pas aussi nom— breux qu’à notre époque, ils furent la plupart des hommes très illustres ; ce sont eux qui ont créé notre belle architecture nationale, peuplé nos musées, malgré
m _ .u—n‘aM fi...Ærvî""‘ - « « -—— 140 L’INITIATION tout ce qui a péri, d’un très grand nombre d’œuvres d’art ; ensuite nous sommes bien obligés de recon naître que les alchimistes ont été les créateurs, les pères de notre chimie moderne (I).
Ces pauvres alchimistes ne clamaient pas leurs découvertes par— dessus les toits, mais ils les consignaient dans des livres et ils les enveloppaient de symboles et d’allé gories que pouvaient seuls comprendre les initiés. S’ils cachaient avec tant de soin leur science, c’est qu’ils avaient de bonnes raisons pour agir ainsi, il pouvait leur en coûter la vie ou tout au moins la liberté d’agir autrement.
Ensuite les alchimistes du moyen âge avaient une grande qualité: la patience.
Jamais un insuccès ne les rebutait.Un philosophe hermétiste en train d’opérer venait-il à mourir au milieu de l’opération, au milieu du Grand’Œuvre, son fils le continuait, car il n’était pas rare de voir le père léguer par testamentà son fils les secrets d’une expérience ' incomplète. — Pour nous, au lieu de nous moquer de ces alchimistes, nous les admirons, et, loin d’être surpris du peu de valeur des travaux alchimiques du moyen âge, nous sommes plutôt étonné du peu de progrès accomplis par notre chimie moderne. (I) A propos de chimistes égyptiens, voici ce que nous lisons dans la première édition du ‘Z)xctz_onnaire de Bosc. t.
II, verbo ÉGYPTIEN (art), p. 129 : « Eexnture. — SI les Egy_pnens ne furent pas de grands peintres. Ils furent jusqu'à un cert_aln oint coloristes ', en tout cas, leurs pré parations colorantes pourraient es faire passer pour d'excellents chimistes, car après quatre mille ans les tons qu'ils ont employés se sont conser vés, dans beaucoup de locaux fermés. aussi vifs et aussi brillants que le _jour de leur emploi.
C'était aux prêtres qu’était réservée la charge de peintre, etc. 11 Comme, dans la présente étude, nous ne traiterompas del’art égyptien, nous engageons nos lecteurs qui en auraient le loisir delire ce qui con— cerne cet art dans le Dictionnaire d’architecture et des arts qui s‘v rattachent, publIé par MM. Firmin-Didot et C". '
L’ÉGYPTOLOGIE SACRÉE 141 '- 1.n .._<.: r-»u..- .v- -;—-«s: --.. .v'»‘afItawî_..m-a-w .. n .. _|-- m,— .. . En efiet, il ne faut pas perdre de vue que, si aujour d’huiune découverte rapporteà son auteur honneurs et profits, c’était tout le contraire au moyen âge.
Puis nos chimistes ont eu des matériaux, ceux que leur ont légués les alchimistes; ceux-ci n’avaient rien, il leur a fallu créer de toutes pièces l’art sacré des Egyptiens; ils ont eu le grand mérite de renouer la chaîne rom pue entre l’antiquité et les temps modernes. Honneur donc aux alchimistes, les dignes disi:iples de l’art sacré égyptien.
Que de découvertes par eux faites, qu’ils ont été obligés d’entourer de mystères si épais, que la plupart ont été perdues, pas peubêtre pour tous les savants!
L’illustre et regretté Chevreul, notre grand chimiste contemporain, l’auteur de si nombreuses découvertes, a puisé beaucoup dans l’alchimie; l’admirable biblio thèque hermétique qu’il a laissée à notre Muséum d’histoire naturelle prouve sinon qu’il doit beaucoup à l’alchimie, du moins qu’il en appréciaitla haute valeur.
Revenant à l’art sacré des Egyptiens, nous dirons en manière de conclusion qu’il est aujourd’hui par faitement démontré que les prêtres de l’Egypte con naissaient l’alchimie et la transmutation des métaux, ou tout au moins le moyen de faire de l’or.
L’histoire nous apprend que Dioclétien, comme tous les empe reurs romains du reste, abusant de sa victoire en Egypte, y fit rechercher et brûler tous les anciens livres de chimie qui traitaient de l’or, afin d’appau vrir les rois égyptiens qui ne soutenaient la lutte contre Rome qu’à cause du secret qu’ils possédaient de faire de l’or. m..." __ _ _._ .__ -__....._...
142 L’INITIATION TROISIÈME PARTIE Religion, Mythes, Symboles; Prêtres; Philosophie, Psychologie; Art. et Linguistique. CHAPITRE PREMIER. — RELIGION, MYTHES, SYMBOLES De toutes les religions, l’une des plus commentées, des plus discutées et cependant des moins connues, c’est la Religion de l’antique Égypte.
Aujourd’hui même, Où les mœurs et la civilisation de ce grand pays sont pourtant si étudiées, il n’existe pas en France de travail, nous ne dirons pas complet, mais de quelque étendue sur la religion, les mythes et les symboles égyptiens, surtout en ce qui concerne l’interprétation de leur ésotérisme.
On a cru trop longtemps, et bien à tort, que cette religion n’était qu’une réunion, un ramassis de cultes locaux; c’est là une grave erreur dans laquelle sont tombés beaucoup d’archéologues éminents, des hom— mes même de la valeur de M. le vicomte de Rougé.
Il faut bien plutôt admettre que cette multitude de divinités adorées en Égypte ne représente que des types divers d’un seul et même Dieu; nous le verrons bientôt désigné, suivant les localités, sous des noms divers. Ce qu’on a débité de fables, de sottises et de niai— series au sujet du culte égyptien et incalculable.
Et, fait digne de remarque le fondateur de la religion Égyptienne, en profond Voyant qu’il était, avait par faitement prévu la chose.
I'l.’"“"' ‘ 1 .- .--.--n.uv - - ‘ L’ÊGYPTOLOGIE SACRÉE 143 Nous lisons en effet, dans un des livres de Toth (Hermès Trismégiste): « O Égypte! 0 Égypte!
Un temps sera où, au lieu d’une religion pure et d’un culte pur, tu n’auras plus que des fables ridicules, incroyables à la postérité, et qu’il ne te restera plus que des mots gravés sur la pierre, seuls monuments pouvant attester ta réelle piété. » Ces paroles sont non seulement prophétiques, mais elles résument encore fort bien ce que le gros public, la foule pense de nos jours de la religion égyptienne, la plus belle, la plus pure, la plus avancée des reli gions ou plutôt des philosophies, celle à laquelle seront obligées de Se rallier un jour les civilisations avancées.
Il n’est donc pas étonnant que l’Écriture sainte ait vanté la Sagesse des Égyptiens. J. MARCUS DE VÈZE. (A suivre.) * acx. ERRATA DU TOME V Page 126, Epigraphe, lire indocti discant, au lieu de discunt. —— 133, lire: Chabos, au lieu de ; Chabar. 7—— 133, -— G. Ébers, '— Éliers. — 133, note 1, — — -— — 144, note 1, lire: Ed.
Porter; au lieu de; Patter. — 147, lire : orné del'Urœus; au lieu de : ornée del’Urœus. — 147, — les cérmonies; —— ces cérémonies. Enfin, passim, lire: un amulette, au lieu d'une; ce terme est masculin. J. M. DE V. .r,.. r;«::.rv. .oI .,'.-A. .,>,- »
PARTIE LITTÉRAIRE Ë;A }itii DE KARMA A Madame la comtesse J'Adhe'mar, ne ce récit retour_ne, puisque c est d'elle que me vint l‘idée. G. P. CHAPITRE PREMIER EUX \jrwoun le dernier soir qu’il passe dans son dernier Ëchez lui, Tély allume du feu...
Chaque fois qu’il voit la flamme s'élever au som met, il met près d’elle de nouveau bois ; et elle redes— cend, comme attirée par la matière, s’y enfonce, dis— paraît; souvent la salamandre est sur le point de périr dans sa lutte avec le gnome opiniâtre ; mais le souffle providentiel de Tély la fait reparaître, agran die ; l’être entier resplendit alors et ranime de sa cha leur l’homme qui le surveille. 1
LA LOI DE KARMA l4.5 . Cependant la journée se meurt. Fidèle du moins à son rôle de consolatrice, la lune s’avance parmi la verte prairie des cieux ; elle dessine dans l’ombre vague que le feu projette de l’homme une autre ombre identique, bien que plus petite et plus nette.
Tély, qui est penché devant la cheminée, au manteau de laquelle sa main gauche s’appuie, a mis de l’eau sur le feu pour l’entendre, et, tenant la main droite contre terre, il reste, dans une attitude de méditation. Derrière lui, toute la grande pièce dénudée se remplit de mystère.
De la mort de cette journée quelque chose semble naître; la lune est là pour dire que la lumière n’est pas morte et qu’elle reviendra toujours; en même temps la mémoire recueille des sensations nouvelles et plus discrètes. L’eau bruit sur le feu comme si elle chantait, l’eau chante...
Bien que Tély soit d’aspect presque corporel, sin cère et calme, bien qu’il soit revêtu de la blouse noire de l’ouvrier mécanicien et qu’il y ait_des outils, la lime et le marteau, à la muraille, quelques détails de sa personne, quelques gravures suspendues montrent en lui autre chose qu’un prolétaire.
Sa vie n’a été qu’une rapide descente au fond des classes sociales : c’était le deuxième enfant d’un des professeurs de Faculté les plus riches et dont la poli tique fit un ministre du second empire ; mais de bonne heure il a étendu le mépris que lui inspirait l’adulation de ses maîtres à la science età la pensée contemporaines ; séparé de son père par des opinions radicales, il a voulu, à l’imitation de son frère aîné, conquérir dans l’armée un mérite qui lui fût vraiment
146 L’INITIATION propre. Ridicule essai! le mécanisme et la puérilité militaires n’ont pas tardé à lui inspirer un dédain égal pour tout ce qui porte uniforme. Alors il s’est fait industriel, a réussi ; en plein succès, il a tout à coup , disparu. Tourmenté par les exigences croissantes d’un socialisme convaincu, il avait voulu ne plus être un privilégié et avait pris, pour vivre, le métier de mécanicien-ajusteur appris dans son enfance.
Deux années durant, sa fierté a été d’avoir un bon livret ; puis, pendant les chômages, il a essayé successive— mentde tout, s’est même loué dans une ferme pour faire une moisson.Toujours rebuté par la médiocrité des esprits qui l’environnent, il a fini par tourner défini tivement à l’irrégulier, au bohème travaillant selon sa fantaisie aux travaux de rebut.
En même temps, il s’est peu à peu trouvé affilié à tous les groupes socia listes de la fin de l’empire ; il s’est mis au rang des plus exagérés et des plus révoltés. Arrivé au dernier échelon de son involution, il veut respirer au moins, se dégager; mais il s’est aperçu, avec stupeur, que tous le rejetaient, Ilui, et qu’il était pris dans les mailles du filet social.
A l’heure présente, il est donc dans une de ces concentrations redoutables dont le calme apparent recouvre d’inconscients germes de violence : peut—être souffre-t-il encore de n’avoir pas voulu se mêler à la guerre franco-allemande; peut-être tant d’abandons successifs ont-ils créé en lui un vide insupportable en faisant mourir quelque espoir obscur ; peut-être subit-il surtout l’impression solennelle de se trouverà la veille d’une action décisive.
LA LOI DE KARMA [4.7 Le double cercle de la société et de la fatalité natu relle lui serre le cœur. L’injustice le révolte et le déterminisme l’écrase. D’un regard sans espoir, l’homme contemple les temps. Passivité générale, tout dirigé et rien de vrai— ment directeur ; comme aboutissant,voit Tély, l’équi valence d’une inertie générale. La fatalité dévorant ses enfants, même intelligents et justes.
Un duel entre lui et le reste, ce dernier devant toujours l’em— porter... Comme les flammes dansent joyeusement! le bois soupire en se consumant : on entend la voix grave, lente et serrée comme une prière, de l’eau qui remonte en vapeur vers le ciel. Plus qu’à son propre malheur, Tély songe à celui de ses égaux, qu’il juge plus misérables que les parias d’aucun pays dans aucun temps.
Aux autres époques. du moins, pense-t-il, entre l’infortuné ou le coupable et son fardeau, l’imagination glissait subtilement des dieux, des fées, des êtres de déséquilibre, de suprême caprice, des libertés de toutes sortes qui venaient j us— tement comme pour amortir l’impitoyable pesée.
On les voyait, on y cr'oyait autant qu’aux choses et à soi même ; elles donnaient des forces, noires ou blanches. —— « Combien était digne d’amour en effet cette ima gination, cette faculté qui possédait l’inexplicable pouvoir de combiner des réalités et d’en créer de telles qu’elles fussent différentes, et même contradictoires aux lois des premières ! » I Il s’arrête, surpris, et se .met à réfléchir: —— Il faut avouer que le phénomène est bizarre entre
1 48 L’INITIATION tous. Des combinaisons de réalités possibles dans notre cerveau, et impossibles dans le monde extérieur ? Heureux les peuples qui n’ont pas admis cet étrange axiome l... Si en effet l’illusion était réalité, si l’imagination..... En lui-même naît une question : Eh ! qu’est-ce donc que l’imagination? qu’est—ce que ce principe qui, au milieu de toi-même, échappe lui aussi toujours aux règles?
Sans elle as—tu jamais senti un plaisir? un désir est—il physiquement pOssible sans elle? Et l’action, enfin, quand elle sort de la pensée, dans ce saut brusque où l’analyse ferait choir ou bien chemi ner éternellement sans arriver, comment en sort-elle, sinon par un escamotage suprême, par un délire imaginatif? C’est elle, cette imagination,qui lui fait entendre un chant dans ce bruit de l’eau sur le feu.
Mais sans elle serait-ce seulement un bruit, y aurait—il une sensation. Car tout entier qu’est-ce l’homme, qu’une imagination, qu’une subjectivité ? — Eh quoi, dit Tély tout haut, en se levant, le poète serait l’homme vrai P... Consolation ne serait plus un mot sentimental, mais le retour, par grâce divine, à la vérité normale et entière ?
Le divin serait là, tapi, pour ouvrir à notre âme traquée une issue, et ajouter l’idéale perfection à la «réalité scienti— fique >>... De ses tempes il écartait lentement les poings et les levait, formant vers le ciel comme une lyre hu maine; le feu brillait comme un regard; le mono— logue dans la tête penchée se pressait. Et Tély avaità a
LA LOI DE KARMA 149 peine prononcé tout haut l’objection ou la question, que la réponse lui venait, comme par inspiration. L’univers entier croyant à ces êtres, le lymphatique Esquimau comme le Nègre du Soleil, le sauvage et volontaire Peau-Rouge comme le Grec spirituel, les chiens s’arrêtant et hurlant, les chevaux se cabrant...
Chaque fois que l’humanité s’est laissé tenter, est-ce simplement pour avoir voulu le bonheur, ce qui n’eût pas été déjà si sot dans notre cruellement éternel, et de par la Science pour toujours bien assuré « état rela— tif» P... Nous, qui nous trompions hier, ne reconnai trons-nous pas demain que nous avons nié trop vite aujourd’hui P...
Sur _cette foi, en somme, que de con structions gigantesques et de longue durée furent écha faudées i‘ Ne vaut-elle point le vide du matérialisme chimique ou l’étrange conception déiste avec son Dieu infiniment plus grand que nOus et seul, à une infinie distance de notre être complexe P Ni l’un ni l’autre ne peuvent répondre à tant de petits désirs matériels et déjà supérieurs...
Dans chacun de nos souhaits même honteux il y a une prière, et le dieu décourageant du moindre monothéisme l’écrase de sa hauteur utopique. Tout notre langage, toute notre ‘ pensée ne sont-ils pas, en dépit des églises et des théories, aussi imprégnés quejamais de polythéisme? —— Est-ce donc, disait Tély d’une voix moqueuse tandis qu’il était assis sur son lit, est—ce que notre Société est comme une dame mûre qui zézaierait et ferait le bébé?
Nous lisons partout, par exemple: « les voix du souvenir chantant dans cette voix de l’eau qui chaufie: » mais il reste bien entendu que l
I 50 L’INITIATION 5 ce n’est pas pour de vrai. Oh ! sans doute, il y a bien des contes sur ces données imaginatives; les poètes d’aujourd’hui font même, en s‘armant d’une lyre fictive, de virulentes attaques contre le bourgeois épais qui méprise ces fantaisies. Mais en somme, simple escarmouche, on ne s’en veut pas, c’était une aimable plaisanterie, cette affirmation « faisait bien » ; ne faut-il pas exagérer un peu!
Tout ce que l’on veut dire dans ces voix du souvenir et cette eau qui chante, c’est que c’est « comme si » la voix d’un être aimé, aimant, consolateur, conseilleur, chantait... et que ce comme si est une idée qui fait plaisir. Si pourtant... Pour tout phénomène divin , les croyants demandent d’abord d’agir de même que si l’on croyait déjà.
Et vraiment si tout ce qui me manque était là, derrière ce seuil, si tout l’inutile de mes efforts avait ainsi son but, et si ma soif de justice, de sincérité, de bonheur terrestre possible pour les déshérités, si la grande révolution rémunératrice étaient là, toutes prêtes ! Déjà, quelle magnifique distraction pour mon mépris de ce monde. La folie même, qu’est—ce pour moi P Du reste, ce serait une folie aussi rare que belle!
Il s’était renversé sur le lit bas, et, avec émotion, s’écoutait penser et parler tour à tour. —— Il serait si simple d’entendre, déjà. Ce que nous disons du dedans au dehors, d’une manière impulsive et active, tout haut surtout, est quelque chose qui nous apparaît comme bien nettement dit par nous, et par nous seuls. Mais tout ce qui, par la loi de l’inverse,
LA LOI DE KARMA 151 vient aussitôt nous contredire alors, l’observation qui vient du dehors, l’idée contraire, presque complémen— taire qui s’élève en nous et que nous formulons d’une manière machinale, passive, dans notre cerveau, cela ne ressemble-t-il pas à une parole extérieure P N ’est-ce pas, en effet, inspiré, précisément pendantles entr’actes de l’action, par le monde objectif P D’autre part, les différences sensibles entre les caractères de ces diverses « réponses » seraient causées par la multiplicité des sources, des intentions extérieures, des dieux...
Tout ce mythe, tout ce monde, comme on dit, « métapho rique », qui semble si étrange dans le livre, devient si naturel à mesure que j’y entre! C’est de la plus naïve réalité même, telle qu’elle existe pour tout ce qui n’a pas été atteint de la maladie morale qui s’est atta quée à quelques familles de la race blanche occidentale. L’enfant sain parle à sa poupée...
Cette attraction troublante de l’idée nouvelle, revêtant mille formes, m’obsédant ainsi et me séduisant dans toutes mes sensations et dans toutes mes songeries, il est si simple de l’attribuer à tout ce qui m’entoure, à ce Rayon de Lune que je devine, bien que j‘aie la tête dans mes bras, à cette douce Vapeur qui vient caresser mes épaules etmon cou, au Feu qui se réjouit, là—bas. ——« Nous te supplions, me disent ces voix, de nous écouter.
Consens à faire comme si tu nous croyais. Tiens! seulement ne tends plus ta volonté contre nous. N ’écarte pas nos formes pour rester dans un volontaire aveuglement, tète d’homme, pauvre -Œdipe trompé qui as cru devoir t’aveugler toi-même
I 52 L’INITIATION pour te punir d’un crime et de débauches dont tu n’étais cependant pas le véritable auteur. Oh ! n’as-tu pas assez erré, tes pieds percés sur le bois cruel n’ont ils pas assez souffert, pauvre dévoyé? Écoute-nous, écoute-nous! Les bienveillantes, et puis toutes...
Oui. nous sommes, nous sommes... ne nous sois pas si dure, 6 volonté d’homme et devant toi nous voici... » Autour de Tély, toujours penché sur son lit, elles volent, les légères, les divines, et le pressent, l’en tourent; sa blouse autour de ses reins s’est enroulée avec des plis de tunique; ses jambes se modèlent en l’étoffe tordue du pantalon ; sur son cou qui sort de la cotte rouge, les mèches épaisses de ses cheveux sont remuées par d’invisibles mains...
Il se tait, il écoute avec l’âme.
Et il les aperçoit aussi un peu, par moments, entre ses paupières demi—fermées; car len— tement, son regard s’accommode: d’abord, à chaque détail qui lui semble oflrir une apparence de forme et de vie, il admet cette forme, en cherche les pro— longements et peu à peu les entrevoit; il. passe à d’autres; puis il revient aux premiers et les aper çoit plus nets; il fait de même pour les voix qu’il entend résonner d’abord en lui, et dont il retrouve ensuite la trace le long de ses nerfs jusqu’à l’extérieur de ses oreilles où il commence à les entendre retentir, très naturellement.
C’est absolument ainsi qu’un enfant travaille à reconnaître sa mère, son père, les étrangers qui se penchent sur son berceau, en réunissant, groupant, systématisant les sensations diverses de profils, de trois-quarts, de couleurs et de jours si divers;
LA LOI DE KARMA 153 . . ?. l c’est ainsi qu’il relie dans leurs imperceptibles res semblances des syllabes prononcées avec des into— nations, des hauteurs, des étendues, des timbres, des accents, des intentions multiples; il y reconnaît des unités, groupe celles-ci dans d’autres, retrouve les personnalités en apparence éparses en des millions d’aspects sans union entre eux et qui se présentent sans ordre visible dans le temps.
De même faisait Tély avec les jeunes dieux qui venaient à lui parmi ses attitudes, ses idées, la sensation de tiédeur, de tranquillité, de consolation.
Il ébauchait des gestes, guidé seulement par la recherche d’une commodité plus grande, et modifiant,doucement, mais sans cesse, son attitude, son expression, sa manière de sentir. ...Par le bout de sonpied fin, l’une, à demi agenouillée, tient au feu et se balance dans la vapeur: elle est grande comme une fillette de douze ans, et, tournée vers Tély, elle l’observe d’un air attentif et plein de pensées.
Parmi les flammes du foyer, il aperçoit un gnome minuscule à grande barbe qui s’agite et qui arrache des parcelles noires à une guer— rière aux cheveux de flamme. Une voix parle près de l’oreille de Tély, tandis que des membres gracieux l’entourent, et qu’à chaque fois qu’il aspire, il se sent soulevé en l’air, doucement. — Nous sommes, nous sommes l... Danslavapeur et l’air, moi je viens te chercher, légère et cares sante...
Moi je te serre et te réchauffe dans la chaleur ardente du feu... Dans le chant de l’eau, moi, grave, je rappelle les souvenirs de ta profonde conscience.
I 54 L’INITIATION Et la voix de celle qui est près de lui insiste tou jours plus subtile, plus intérieure, plus grande : -— Je vous évoque, je vous invoque (Le chœur: Nous sommes, nous sommes...), créatures multiples de cette unité, par trois et quatre fois... Ne serait-ce pas ingra— titude que de ne pas nous reconnaître?
Nete souviens tu pas que, chaque fois que les obstacles matériels te gênaient, tu nous parlais à nous les choses, et nous t’avons aidé si souvent ! souvent même nous t'avons obéi quand tu nous rudoyais et nous insultais dans tes paroles.
Ne comprends-tu pas qu‘il y a des êtres élevés juste d’un degré au—dessus de toi et qui ne sont presque que tes égaux ; ceux—là. cher, sont comme des frères aînés et ne sont pas absolus, ni despotes, ni autoritaires. Loin de condamner l’enfantillage des détails de la vie, qui te font vivre, ils sont capables de tout comprendre et de te donner en proportion de tes moindres efforts.
Ils ne te parlent pas d’exil, ils ne crachent pas leurs mépris sur la vie qui t’est faite, sur les ambitions dont tu l’emplis et sur le désir que tu as d’y jouer autre chose qu'une rapide et fugitive farce dérisoire. Oh ! non ; ils savent penser à ta façon, s’émeuvent sympathiquement, peuvent prendre part à tesluttes et t’aimer à mesure que tu le mérites ; ils savent caresser l’endolori qui vient à eux.
C’est si simple, pense donc, si naturel, si juste et si doux que ce qui te manque ne manque pas en réalité, et que, lorsque tu voudrasimaginer, avancer, ton âme le ren contre, étant plus rapide que l’espace n’est grand. Perdu dans un désir concentré, Tély murmure, en regardant les silhouettes plus viriles, qui se penchent
LA LOI DE KARMA ‘ 155 d’en haut : —Ah ! cela doit être... Je ne dois pas être seul ici, à jamais méconnu, sans confident à ma taille, sans ouvriers pour mes œuvres. Bien réellement, en toute évidence, ils étaient là. Elle était près de lui, la créature blanche aux doux parfums.
Et quand il se relève, transfiguré, tous sont bien par la salle, l’entourant d’une troupe immense, debout devers lui, penchés d’en haut, se levant de terre, grands, moyens, petits, se jouant dans les flammes, glissant de la lune, se courbant aux angles obscurs, avec leurs voix, leurs haleines, leurs formes spéciales et leurs cadences.
Et parmi les rangs serrés, mais appuyé, bien à l’aise, lui médite en les admi rant. — Eh bien, oui, je vous vois.Je suis initié à vos Mystères, si vous voulez. Mais... ' —— Mais ? font les centaines de visages avec des sourires. — Sans doute, vous êtes aimables, gracieux, je vous remercie de venir à moi.
Mais, si vous n’êtes pas les enfants de mon rêve condensé depuis des jours en cette pièce, vous n’êtes en somme que les esprits des choses, comme vous me le dites. Et moi qui suis homme, je suis votre aîné; hélas 1 dans mon mécon tentement, qu’aiej e à faire d’inférieurs?... Élémentaux, je vous absorbe...
Il se heurte à une table et, instinctivement, se retourne : du bois s’élançait en même temps un être à l’aspect violent et froid, au regard étincelant, au souffle fort. —Ah ! je savais bien. Orgueilleux, déjà! Vous
156 L’INITIATION >v-,:r<file/“m -.4 l’avez voulu, vous tous. Réjouissez-vous! Allons, dis-le leur bien, c’est toi le maître, le libre, l’intelli— gent ! Or, sais-tu ce qui m’amuse, c’est que tu as rai son. On a toujours raison .’ — Ne le crois pas, s’écrie en pâlissant la compagne de Tély. — Soit, continue l’Esprit haineux, vous ne voulez pas qu’il s’égare.
C’est donc ton orgueil que je frap perai, pour que le savoir te fasse souffrir et que tu le rejettes, en agissant.
Ces parcelles de ton corps sont à nous, tu devrais le savoir, 6 poussière, et c’est nous qui te les reprenons; l’harmonie de ces combinai sons, ta vie, ta forme, ton instinct et ta pensée se dissolvent avec tes parcelles, et tout cela en nous doit s’épandre; ta spiritualité, un jour nous la buvons, négligemment; ànous de la globuliser, s’il nous plaît, de la garder, et de la transformer à notre fantaisie, comme nous le limes déjà en partie de ton vivant, pauvre coïncidence.
Vraiment, tu nous refuses l’âme à nous ; c’est énorme ! Le mécanisme cartésien, ton monothéisme ou ton athéisme nous l’applique; eh! eh ! le bon cartésien Malebranche, l’ex«idiot donné à la vie intellectuelle par un coup à la tète, savait rendre ce coup au chien qu’il repoussait du pied devant un visiteur, en disant: Vous ne savez donc pas que cela ne sent pas ?Obeauté des systèmes !
Continue, retourne où l’on t’a pris, range dans le monde de la poésie notre vie, puis ferme la porte, — et va-t’en l... Que ton imagination se rabougrisse, que les vices veillent autour d’elle pour la saisir au moindre mouvement, qu’elle soit l’ennemie intime .r-w-rWW_—‘A ..—» ., , ,, .L ;P,7 . de {Iÿ"” ...
LA LOI DE KARMA 157 ‘ qui te tue et te fait mentir a toi-même. Recule, retourne dans la négation... La compagne, que l’Esprit de haine écartait de son bras roux, s’y attachait et essayait de passer, criant à Tély, avec amour et anxiété : Ne l’écoute pas, ne l’écoute pas. Tély revient d’un pas : Je me suis juré que je ne reculerais jamais, 6 toi ! Ainsi j'admets tout, et j’écouterai, ô compagne inconnue.
Devant lui, lui tenant les mains, elle était déjà, avec de la reconnaissance et de la bonté dans les regards, l’Autre ayant disparu. Au-dessus d’elle, Tély voit un nouvel Etre, plus nettement, blond et superbe, qui semblait porté en l’air par quelque invisible appui sur lequel il avait posé un pied et, à côté, un genou. C’est à lui que Tély élève la question : — Mais enfin, votre forme, comment serait-elle, où serait—elle?
Dans l’informe matière, sans aucun centre, où placer des membres? N’êtes—vous pas fata-. lement des incohérences modifiables et immenses? —— O matière, répond avec raillerie le Lumineux... 0 pensée rudimentaire! tes facultés sont-elles mode lées à tel ou tel morceau de tout corps?
Le souvenir d’un objet à plusieurs faces, dans ta mémoire, est-ce une série de clichés photographiques toujours tour nants, ou encore quelque cellule de ton cerveau ' modelée à la forme de cet objet P Faut—il que celle-ci, de plus, soit proportionnée à tous les autres solides qui remplissent ta pensée? Ta mémoire, est-ce un musée de réductions matérielles, tangibles et décou— pables, qu’ensuite ton imagination peut transformer,—
158 L’INITIATION - ..-:-.«m . _c sans pourtant les détruire, puisqu’après avoir imaginé, tu te souviens encore P Chez nous, la forme est aussi libérée de la matière que la pensée; car la forme existe en plus de la matière, en dehors des sens qui la perçoivent, de même qu’en un pays d’aveugles la cou— leur n’existerait pas moins, en dehors d’eux et malgré leur dire: elle revêt la matière, comme l’esprit la pénètre, elle est sa preuve, elle est lui—même.
Notre forme est généralement à la taille de qui la contemple, large ou restreinte, nette ou vague, selon la presbytie et la myopie de chacun, — de même que nulle, s’il n’y voit pas. — Pourtant elle devient ou plus grande ou plus petite ainsi que dans une perspective, selon le point de vue de l’orgueil ou de la crainte de ton désir.
Et partout elle est complète. — Pourquoi donc est-elle humaine ? — Oh! s’écrie d’un étonnement gai celle qui se balançait dans la vapeur. C’est ainsi que la Matière primordiale nous demanda pourquoi notre substance était matière. Elle paraît étinceler, et tout à coup disparaît; Tély tressaille comme s’il avait entrevu l’infini.
La Com— pagne met une main sur la poitrine de l’homme, et d’un regard ramène I’Esprit lumineux, qui déjà s’en— levait vers le plafond éclairé; il descend et dit du ton dont on prononce une formule: — Tu veux dire que la forme qu’on t’a donnée est la nôtre, parce qu’en l’homme la forme et l’esprit arrivant enfin à la suprématie sur la matière, il fut - fait à notre image. ‘ Tély ne réplique rien, comprenant que les dieux .
LA LOI DE KARMA 159, s’expriment en symboles redoutables : —— Ne me regarde pas ainsi, murmure-HI sous le regard de sa compagne; tu me persuades et me désarmes trop facilement. Et puis... Il y avait quelques instants que de vagues songeries nouvelles passaient en lui; il s’inquiétait. Ecartant d’une main les rangs pressés, il réfléchissait, l’autre main sur ses yeux. En même temps tous se penchaient curieusement vers lui.
Sourdement, mais d’une voix qui devient plus haute par degrés, il reprend : —-—Esprits des éléments, oui, tous; même toi que j’écarte bien que charmante; et toi surtout dont les yeux et les lèvres s’allument d’une clarté méchante et qui reparais devant moi (en vérité je ne sais pour— quoi); toi, triste et- pleine de pitié qui avec l’ombre te penches sur mon front et m’observes; toi, enfant à l’air inquisiteur et faussement naïf; vous, lumière de lune, lamentations nocturnes du dehors , odeurs rôdantes, frissons serpentins aux brusques sursauts, il faut que je vous le dise: Non, vous ne me semblez pas des éléments; j’ai senti, comme une pointe glacée, venue je ne sais d’où, une idée funèbre me frapper au cœur, et je suis efirayé, depuis quelques minutes, parce qu’il me semble vous reconnaître, sans que, pareil à une pudeur, l’oubli me permette de décou vrir le lieu où nous nous sommes vus, unis tant de fois.
Dites , seriez—vous des âmes d’hommes défunts, comme on dit qu’il en apparaît dans ces séances P... Il voit alors s’élever, d’un angle, une forme dou— loureuse , tendant ses bras , le Visage anxieux et «t: ......«.. \wM.wwæW‘
160 L’INITXATION tourné vers le ciel, les cheveux épars; il frissonne: Oh! tais-toi, tais-toi, cri intime, je sais... Mais le cri monte: Katia! Katia! Avec souffrance, avec effroi, il recule, parmi la foule des élémentaux; l’Esprit de haine rit d‘un rire fort; dans le lointain, des pleurs, des sanglots: — Eh bien! non, s’écrie triomphalement l’enfant de Lumière, nous ne sommes pas qu’un mot de ta langue.
Moi, je suis une idée vivante, et me suis dégagé pour te secourir, sur la prière de la chère com plémentaire que tu repoussais tout à l’heure, je me suis dégagé d’une cellule expirée de ton cerveau. Celui-ci vient de naître de la mort d’un des tiens... Un visage pâle, aux yeux clos, passait; son immo bilité exprime formidablement un total presque défi nitif: — Mon père, crie Tély en larmes, pourquoi vous ai-je abandonné?
Pourquoi étais—je sorti de vous !... —— Agis, ditle fantôme, je suis. Mais Tély s’écarte avec une antipathie instinctive devant une nouvelle apparition, comme s'il craignait une profanation: sans âmes visibles, sans pensée, deux formes voguent. « Aimer, disparaître, créer », balbutient-elles.
« Et celles-là aussi, se dit Tély, sont en dehors du temps ; au milieu des souffrances de ce monde, est-ce infâme ! mais leur ‘Vie va reprendre. » Ce qu’il cherche, c’est son père. L’Idée, qu’il va pour interroger, se fond avec le souffle qui remue la vitre, et le nouvel être s’enfuit dans le rayon que la lune détourne. Tély veut le suivre. L’Esprit adver— versaire est encore là, qui fait ombre et obstacle. « Mon père ? » lui demande Tély éperdu. Les yeux réf:
LA LOI DE KARMA 161 de l’Adversaire étincellent. « Le tombeau est dur comme moi, et je te hais. Mais si les autres se fondent entre eux autour de toi, moi je veux, auris que de souf— frir plus que toi-même, m’unir à laZréalité terrestre. N’essaie pas de me frapper ; tu te blesserais I Et tiens, je commence, on heurte à ta porte, entends-tu ? Va m’ouvrir. » Machinalement, Tély se dirige vers la porte.
En même temps, d’une marche parallèle à la sienne, I’Espritde haine arrivait au même côté de la pièce, et, quand Tély ouvre, c’est lui encore qui entre. C’est bien la même mâchoire brutale et forte ; les côtes plus larges peut—être gonflent cette fois un manteau; l’abdomen est aussi peut—être plus lourd. Le haut de l’être est toutefois plus pâle.
Tély finit par reconnaître le possesseur de sa chambre ; il comprend qu’on vient le chasser, un peu plus tôt qu’il ne s’était imaginé. C’est l’heure de l’action qui arrive comme à son ordinaire, discordante avec l’état d’esprit. Dédaigneusement, l’autre s’est assis sur le seul siège en bon état ; il semble ne pas voir la foule qui se serre dans la salle.
« Vous le savez, tout ce qui . est ici m’appartient. — Tout? demande Tély d’une voix singulière.— Oui—da, mon petit, meubles, outils même engagés comme prêts; ç’a été arrangé dans notre petit papier. — Ah! bon 1 » Tély songe ; il est surpris de n’avoir pas encore remarqué les sons bizarres qui sont dans la voix de cet homme et qui, parallè lement aux mots et aux intonations, disent tout un monde de choses ; certainement, au fond de cette voix d’imbécile, on entend se plaindre une. intelligence 6 um-‘mh“uwc‘ .,,(WÀ_.,., ., ... ..7. '-«—«s—e\ïä ”’"T&M-—m—qx‘-W’fl. ,
I 62 L’INITIATION condamnée et martyrisée ; ces notes discordantes qui s’échappent sont les manifestations désespérées d’une âme inconnue embourbée dans la vulgarité méchante et meurtrière. L’autre continue : « — Allons, vous vous souvenez ; vous avez bien raison ; avec le père Dubois, c’est le mieux d’être gentil.
Qu’est—ce que vous voulez ? » Tély considère la fenêtre qui encadra et qu’embel lissent tant de ses rêves, la cheminée où chaufla son âme, ce morceau d’espace plein de lui ; partout, pour le réconforter, il les voit qui lui font signe. -—Monsieur, dit-il enfin, je voudrais seulement emporter d’ici une bande, très étroite, d’étoffe rouge, qui est dans ce tiroir, mais, je vous déclare qu’il me la faut.
M. Dubois sourit, du sourire que Tély attendait avec quelque curiosité de si bien le tenir ; M. Dubois est enchanté de voir sa « petite expropriation » mar cher d’une manière tellement ravissante avec ce fou. La réponse est bien la réponse prévue, dite avec une, sûreté d’acteur qui n’a jamais su qu’un rôle : « Prends, mon petit. Je suis gentil, hein ? » —- Regarde donc, lui dit alors Tély en lui mon— trant la fenêtre.
Une lueur rouge s’élève sur Paris. Pendant que Dubois crie (comme de juste) : « Oh ! les misérables, les incendiaires, canailles de fédé rés l... » Tély a attaché bien tranquillement en plu— sieurs tours le ruban sur sa,manche ; Dubois, en se retournant, aperçoit le brassard rouge et commence à comprendre. . . rr-"‘a ,,a,, ,. .. ,. *_l‘uo'rw ‘ .. .._,- .;;.u .. .,. ,,. ,-«' ..—.... ,,,,.«,u,wm». .. ..
LA LOI DE KARMA 163 Tély va au lit, le brise et brise plusieurs meubles ; il en jette les morceaux dans le feu. Une flamme énorme s’élève et éclaire la nudité de la salle. —— Misérable ! s’écrie Dubois qui, dans cette ivresse dont l’atmosphère l’oppresse depuis l’entrée, sent son cerveau tourner, et lui échapper toute perception nette ; mais il a déjà brûlé presque tous ses meubles.
Voleur, canaille, qu’est—ce que tu fais ? —- Je change seulement de place quelques objets. *C’est tout, je vous assure. Et Tély, impassible, s’arrête pour sourire au nouveau gnome qui, parmi les flammes, répète la grimace effrayée de M. Dubois, en voyant fondre sur lui la salamandre ironique ; elle a le sourire de Tély. Mais Dubois prend une expression de haine sur humaine qui fait tressaillir Tély.
Cependant celui-ci veut l’insulter encore, l’atteindre dans ce rayonne— ment d’emprunt. —- Citoyen, s’écrie-t-il en montrant de sa droite le feu, et puis de la gauche le ciel enflammé du dehors, la vois-tu ici petite, là-bas grande, la sauvage Sala mandre? Salut à l’éternelle jeunesse du feu! C’est ma dernière foi, celle qui chassera les fantômes et toi avec eux, qui remplacera mm, la Papesse!
Elle monte et va tout changer de place, c’est la Sociale, Bonsoir, riche; et vive la Commune! Ce n’est plus M. Dubois qui lui a fait dire ces‘ paroles et secouer sa pensée, c’est l’Adversaire lui même qui a cette expression de haine, devant laquelle Tély frémit de colère. Des paroles prophétiques s’élancent vers le révolté, le poursuivent au delà .An \.,..-u..7 ’“F"‘:S‘s:’ . '”Wr";‘ '
164 L’INITIATION du seuil : « tu as commencé..;, nous nous rever— rons, nous nous reverrons.’ » GEORGES Pour. (A suivre.) E’ESSENÏGE DE SÛILEJIL 1 vol. in-12, par PAUL ADAM. — Tresse et Stock, éditeurs. « Pour le Boulevard, pour le cercle du Glaive, le Directeur des Banques fédératives, baron Kleist, octroie un jour total de plaisir en l’honneur de Jahel, interprète d’un poème lyrique deux cents fois ap plaudi.
« Le bateau de fête. où trépident la vapeur et des musiques, gagne le large du fleuve. » Parmi les invités, trois intellectuels, tous trois ini— tiés et catholiques, se sont réunis pour causer à l’écart : « Suarès, un Catalan à la fine taille, à la moustache bleue.
Autrefois il avait entrepris de savoir intimement et profondément l’âme des hommes, afin de comprendre leurs faiblesses aussi bien que leur raison directrice, puis de saisir ces mobiles, d’y appliquer, d’y substituer enfin l’effort unique de son intelligence volontaire.
Ainsi vivait-il pour la des truction des formes humaines afin d’en prendre les pensées. — Monségur, tête en ravines cadrée d’une courte chevelure roussâtre; le spectateur bizarre et compatissant de la vie, l’orateur aux sûrs arguments ,. .w—I - æm :::___Ïm ,,fl,fl.....l W)Mfligxæxu/Jt-nrfi’—W‘w"A"'«""i"(fiA,ifl
L ESSENCE DE SOLEIL logiques, le prophète, le lanceur d'idées. — Scrive, avec sa blonde physionomie de chèvre à barbiche folle. Par suite de textes hébreux, il s’amourachait de la Kabbale, des choses occultes. Et durant des mois, dans sa cervelle ressurgissaient la Chaldée stellaire, la mystique Afrique, la fauve Judée, l’Égypte lumi neuse.
Sa foi grandissait en Isis, où se révélaient les corrélations surprenantes entre les lois inscrites aux symboles magiques et les plus récentes théories mo dernes. » A eux se joint le juif Helcias. « —— Les Sémites vont nous reconquérir, dit Monsé gur, et retremper sous un propice esclavage notre race défaite.
Eux seuls conservent les signes des forces primordiales qui ordonnèrent le monde. » « -— Il nous reste les nerfs, le cerveau, la vie ima— ginative, répond Suarès. Nous triomphons, autrement victorieux que les brutes. » ‘ « — Peuh! Nous ne les pouvons même plus vou— loir, ces rêves. Finie la volonté, finie la réalisation. >g Dès le début, voici donc que se dégage la pensée de l’auteur.
Fidèles à l’exotérisme de leurs antiques symboles, solidaires les uns des autres, grâce à leur volonté unanimement concentrée vers ce but unique : conquérir l’or! les Juifs règnent sur le monde et maî« ‘trisent la catholicité dédaigneuse de leur idéal infé rieur, mais incapable de formuler son verbe de cha rité embryonnaire encore, dépravée, hésitante et sceptique, faute d'entente et de savoir. A bord du vapeur, la fête continue. Le colossal baron Kleist rôde autour des quatre jeunes gens, puis les aborde : M&———-—_ m_..«..æ ..
I 66 L’INITIATION . . ... . n...‘... .\ -,._ 7 - « — Oui, dit-il, la volonté manque à vous, scep tiques d’une race moribonde; mais si vous teniez un système, un système logique, là, sûr, vous des hommes d’action, en fait, vous toucheriez à la réussite. —— Quatre. — Parmi vous une épée, deux épées : assurer l’excellence par le glaive. Bon, la sanction du système, ça.
Un savant pour l’étudier, pour l’étendre, pour labourer l’idée : la main d’œuvre, ça. Un sémite pour compter et prévoir : le flair, ça. Un éloquent, un dis perseur d’idées, un prophète comme M. de Monségur : l‘expansion du système, ça. Tout ce qu’il faut à vous quatre. » Et se faisant plus explicatif encore : « Ce n’était pas en vain qu’il avait parlé. Lui, sou— cieux du bonheur de ses amis, les eût voulu riches, puissants maîtres d’or.
Car tous les hommes s’hallu ciment au pur métal, tendent à lui leurs âmes en holocauste. L’essence de soleil, malgré la diversité des âges et la solide éducation des siècles vieillards, a retenu son antique prestige d’alchimie. Les êtres ne savent fuir cette irradiante attraction. Toutes choses se prophétisent en elle; tous désirs, elle les assouvit; toutes gloires, elle les procure.
Eux, fils de Sem, par la vertu du métal dieu dont ils demeurèrent les assidus hiérophantes, n’ont-ils point persisté à travers les races adversaires, vaincu les tortures, les exils, les massacres et les pestes, perpétuellement possesseurs d’une occulte, d’une inaliénable souveraineté ?Aujour d’hui, rois des arts, maîtres en prestige, au faîte des humains, les guerriers du Jourdain errants par le monde se rassemblent vers les Jérusalems nouvelles, .: . .-. 'fi'" . .- fi.__ w.__-._....
L’ESSENCE DE SOLEIL 167 ., _ .,... «- w _ ; ,‘.—-—-c ,»,v,M-kñ.-«_fî'w tu, .-«.«.’%-..:: ;'u. t.»v,-.IL . . . . les conquises : Paris , Londres , Vienne , villes d’or. « La race de Salomon reconstruira le Temple en toute sa splendeur de symboles de Cèdres et d’or. Ici même, ô Lutèce, sur ton sol où furent martyrisés nos premiers émissaires. Et le sang et la sueur de tes peuples seront en offrande sur les tables de proposition.
« Oui, pour nous peinent les manœuvres et les ambassades; pour nous en tous lieux du monde le mineur rallume sa lampe et la vierge prépare le nœud de sa ceinture. Ainsi se remplissent nos trésors, ainsi se peuplent nos palais d’œuvres insignes , ainsi s’élève en gloire la gerbe de notre race, diamant des humanités. » .
« En des paroles sacerdotales, le baron chuchota l’arcane et le grimoire, le secret d’une vaste combi naison financière, l’ouverture d’un immense crédit aux 36,000 communes de France, crédit qui afferme— fait à une banque unique les travaux de voirie et de constructions municipales rapidement exécutés par elle sur la garantie des impôts et péages futurs; qu’un député radical propose aux Chambres le projet, soutenu d’un discours exaltant l’indépendance fiscale «des communes et le système fédératif tantpréconisé par les programmes des candidatures parlementaires. » L’idée de cette banque à fonder, semée dans les cer— velles des quatre amis, germe durant le reste de la fête; au matin, ils sont attablés dans un restaurant, discutant les chances de l’affaire et, sur la promesse d’Helcias d’avancer dix mille francs, se décident à la tenter. Ww* «..,-.-.——— _.. ».-ÿ \
-.... v ,. .«,—«-n..,e ‘_ ‘. ‘ -.__-I. . -u,W"“\‘hu.._ ; L’INITIATION 168 . La lutte commence, désespérée tout d’abord.
Les premiers fonds s’épuisent vite ; un groupe de femmes enrégimentées sous les ordres du baron Kleist, et dont les influences sont précieuses, spéculent sur les services qu’elles peuvent rendre et multiplient leurs dépenses ruineuses : l’Équateur, la maîtresse de Suarès; milly Wace, la maîtresse de Monségur, et surtout une vieille intrigante, la baronne de Fourcroy.
Déjà Suarès a dû se battre en duel, afin d’imposer silence aux médisants; ses poches n’en sonnent pas moins le vide et des besoins d’argent le torturent. « Il était soumis à de subites chutes.
Souvent les forces attractives du groupe humain où il perpétrait ses expériences le saisissaient de vertiges, l’affolaient de leur bêtise giratoire, l’entraînaient dans leur stroom de sottises, éperdu, impersonnel, inconscient de sa force, fondu dans ses apparences, dans sa joie de commande, conquis par l’allure même dont il avait voulu se travestir. Deux jours, trois jours il voguait ainsi imbécilement, pareil aux êtres.
Enfin il se retrou vait honteux et rompu, pleurant sa déchéance. » A bout d’expédients, jugeant son honneur perdu, la banqueroute inévitable, Suàrès 's’étourdit et se pro— digue; il en arrive à vendre secrètement, à bas prix, ses actions qui s’étalent aux vitrines des Changeurs; la catastrophe va éclater d’un instant à l’autre, quand toutàcoup, à la Chambre, le socialiste Vaubert, grâce à un discours véhément, renverse le ministère et obtient la garantie de l’État pour la Banque com munale. .. . z, r-ñ': r‘—*:.: m7.
,wW-gæ7‘“% i’-î 11. ' 5' ."."-“n “‘"".‘H: T I L’ESSENCE DE SOLEIL 169 * au» Le succès s’établit immédiat, définitif. « Vite des quatre points du monde les Sémites arrivent par tribus. On les tuait dans l’Oural, on les massacrait sur le Don. Ils étaient brûlés en Her zégovine, maltraités en Alsace, chassés du Maroc, rejetés d’Espagne par le mépris des foules.
« Et ces misères nombreuses se réfugiaient vers la Jérusalem nouvelle, la terre promise à l’Ahasvérus, après dix—huit cents années de pérégrinations lamen tables.
« Aux guichets de la Banque communale ils s’a— massaient, dans l’attente de secours, et parfois, levant les yeux vers la grande glace verticale, ils se cour baient en leurs souquenilles huileuses pour apercevoir les rois des tribus, pommadés, luisants et gras, qui se solennisaient, autour du vaste tapis vert, parmi les saluts obséquieux des huissiers.
« Peu de jours après, on, les rencontrait travestis, rasés, les breloques au ventre , le portefeuille en mains, déjà rompus aux habiletés de la Bourse, déjà merveilleusement aptes à primer le producteur et le consommateur dans leur éternelle besogne d’entre— mise. « Intermédiaires entre l’achat et la vente, entre les peuples et Dieu. » Une assemblée des actionnaires a lieu.
Scrive explique ses découvertes admirables, les merveilles enfantées par son génie. Après lui, Helcias parle au sens exact de la praticité prochaine, des dépenses sûres
I 70 L’INITIATION ' 'nn '.. - 4.. b... . t... J? - ‘{" -"«Î'-— fi.-. 73 V G et des recettes problables, et un vieillard de la tribu de Lévi, oublieux de l’inventeur, propose de confier à Helcias la direction de l’entreprise. «A Helcias glapeur de principes et metteur en gerbes venaient d’échoir gloire et profits, plutôt qu’au créateur premier, d’intelligence trop hautaine pour le vulgaire des hommes.
« A concevoir ces âmes satisfaites, Scrive se mélan colisa. Il sut comprendre son esprit, celui des siens pompé par la forte ventouse du sémitisme. Ce lui devint l’hallucination d’un gouffre vertigineux, d’un stroom formidable où couraient s’engloutir tous les efforts humains rejetés ensuite en débris d’or, par cette écume des races transformatrices. » . « Chez Suarès, des places vides l’avaient étonné.
Bientôt il se rappela ces choses passées aux mains d’Helcias en reconnaissance de gros services rendus. L’or, pour Suarès, se fluidifiait et de ses doigts sem blait fuir plus volatil que les essences chimiques; en sorte qu’il lui fallait recourir sans cesse aux bourses amies, à celle d’Helcias surtout mieux ordonnée; Scrive multipliant les expériences coûteuses, et Mon ségur se laissant sucer l’or par les baisers de milly è Wace.
« Jamais Suarès ne parvint à solder une dette : les trésors recueillis par ses soins dans des voyages aux anciennes mosquées de Maures rémunéraient Hel— cias, serviable toujours. » « Helcias n’a-t-il pas tout absorbé déjà, ce perpétuel moissonneur, rejeton d’une âpre race, et la gloire du penseur Scrive, et l’argent de Suarès, et la puissance _I.— .‘r__ l ‘(ñ‘ 'rr’1W! _—_\—-x‘fiv_1—-nv-‘g:r .1‘. i l i . v i l
L’ESSENCE DE SOLEIL 171 hi W\WWu, '.q-J..M._v. . .__i.._-;j—.k,...-v . 7;:v _«,_. _ , _ _ . distributive dé l’idée qui les meut tous et guide vers la fortune? « En ce descendant des grands prêtres de Sion, le dogme de l’Unité essentielle et génératrice du Dieu Iévé brûlait, flamme du sanctuaire renouvelée d’âge en âge au sein fécond des épouses, des mères d’lsraël.
Et l’instinct d’Ahasvérus, renforcé par des siècles de labeur et de voyages à travers les nations, se mani festait maintenant, dans l’appétit de l’or, résultante de tous génies, de toutes conquêtes, de toutes tâches humaines. L’or demeurait le symbole de l’esprit d’Adam réalisé en son principe.
Né du soleil, l’effort du monde peinait depuis les temps de vie pour repro— duire l’essence de l’astre père, parce que c’est loi que toute œuvre entreprise d’après un principe reproduise ce principe même. Helcias le disait: « Et cette race d’lsraël intégrale, n’ayant jamais laissé son sang 'se corrompre au sang des familles rencontrées, l’unification des pensées du monde ten— dait à s’accomplir.
«A l’heure présente, le temple de Salomon allait se reconstruire dans l’antique Paris, Bar-Isis, arche d’Isis, nom prédestiné par la Genèse.
Enfin les sacer— doces des tribus hiératiques avaient reconnu le lieu saint, et, sur les tables de proposition, bientôt les lévites sauraient offrir au Dieu Iévé les prémices de la volonté du monde recueillies par le soin d’lsraël, fille chérie des Elohims ! >â . ar*2s Ici dans le roman, s’intercalent divers épisodes : la
_ ,_«-v—- mvwv;u.w ‘ ,, ._{_n 172 L’INITIATION mort de Suarès, et l’effervescence soulevée par la can didature du maréçhal Liméric. Provoqué par le russe Vouguinine, son heureux rival près de l’Equateur, Suarès a été tué.
En quelques pages magistrales que l’Inz‘tz‘ah’on reproduira sans doute et où se révèlent l’lnitié jadis auteur de « Être », cette œuvre magique d’une si grandiose envergure, Paul Adam décrit, suivant les rites, la veillée du cadavre de leur ami par Scrive et Monségur.
Quant à la mission socialiste du maréchal, il nous la présente comme une tentative de réveil de la catho licité, une concentration de volonté soudaine, grâce à laquelle l’esprit de charité et de solidarité du Christ s’oppose à l’accaparement des vendeurs du Temple. Scrive et Monségur défendent la cause de Liméric.
« Le Glaive, journal de la Banque communale, prêcha la conciliation entre les différents partis, entre les hommes des anciens régimes, « la caste de l’honneur » et les hommes des principes socialistes, « la caste de la Justice », pour se liguer contre les gens du trafic, du trafic immonde incompatible avec la justice et avec l’harmonie. » « Liberté, disait Vaubert, les prolétaires commen— çaient à savoir cette monstrueuse plaisanterie du suffrage Universel inventé par le génie d’une bande déprédatrice.
Donc, qu’un individu enrichi par les plus odieux trafics, spéculant sur la perpétuelle famine des travailleurs, payât en un jour de bombance le sac des cabarets électoraux, cela suffisait pour qu’il fût jugé digne de régir l’Etat; et ces votes arrachés à
L’ESSENCE DE SOLEIL 173 ".‘*‘t»Pgln‘“à«<. . . l’ivresse, on les qualifiait effrontément de suffrage libre! C’était l’ancien, l’inique mode d’élection par le cens. Rien pratiquement ne le modifia jamais. « Ainsi parvenus au pouvoir, à quelles nobles tâches s’efforcent-ils pour nepoint compromettre le sort de la législation suivante ? Il faut d’abord payer l’influence des agents électeurs. Quelle abjecte comédie!
Basses, tristes intrigues des couloirs parlementaires , mar chandages de licences industrielles ou financières, honteux commerce où peine chaque honorable enchaîné par ses besoins, au caprice du chef de parti qui dispense la faveur, étant lui-même devenu le manœuvre salarié d’une banque qui le soutient en ces difficultés ; subventions votées aux victimes du vingt— quatre n’importe quoi, aux parents des victimes, aux collatéraux des victimes et qu’empochent toujours les agents d’élection et les indignes sica1res des partis.
« Un avenir s’ouvrait, une politique heureuse, où mourraient enfin les mesquines querelles de coteries, Où la France, la belle glorieuse France d’autrefois se relèverait victorieuse dans son grand rôle humain de la nation—poète, de la nation—Justice, de la nation Vérité. » ‘it’ a! Les Sémites se sont alliés au mouvement dans le principe, mais uniquement « pour attirer par là un_ sourd courant plébéien de relèvement et de gloire.
Unifié dans un homme, il tombera avec lui, car Liméric sera vaincu par eux. Lasse de l’avortement de cette suprême fierté, la nation des Francs se son
174 L’INITIATION mettra pour toujours aux pasteurs du Jourdain. » Aussi abandonnent-ils le maréchal, contraint à l’exil sitôt après son élection. « Malheur aux Parsifals qui ne veulent connaître le Graal et le garder ! s’écrie Scrive. Le sang précieux du Christ s’est écoulé en mains profanes. La Vierge reniée, l’Esprit renié, le Fils renié, le rachat de la Passion s’est épuisé en vain.
Voici que la Trinité se renferme dans l’Unité terrible du Sinaï. Christ a désespéré des hommes. Le père de Sion va châtier par la main de ses lévites et de ses sacerdotes anciens l’arche d’Isis pour les sacrifices ! Paris! Paris ! les destinées de ton nom évoluent dans toute la rigueur du symbole perpétué par les histoires. « Peuple Ca'1‘n, J évé repousse la fumée de tes sacri— fices, parce que tu as détourné ton cœur de la charité du Golgotha!
Toi, sans espérance et sans foi! Ville hostie, voici ta passion qui commence plus amère que celle du Nazaréen ! Tes filles, les passives, deviennent les instruments de ta mort et de ton anéantissement_ Tes fils, les actifs, se noieront dans la mer d’airain du tabernacle rétabli, les esclaves de la tribu d’Israël couronnée de tes gloires, maîtresse de ton passé, de l’avenir fructueux.
Et tes petits, germés au ventre des mères, connaîtront avant la lumière du jour le joug du Dieu offensé. La splendeur de l’origine solaire Î s’obscurcira comme un mirage regretté par les aspi- ‘ rations du cœur. Plus rien ne te luira durant des siècles avant la purification définitive... l l G. MONTIÈRE. (A suivre.)
W»._ T .a. i‘1,. ‘ .-.,«.., .. ,. , A TRAVERS LE MONDE ENCHANTÉ 175 travers le finale enchanté POÉSIE DITE A LA MATINÉE DU 18 AVRIL. A STANISLAI DE GUAITA E connais deux pays. L’un estfroid, monotone, Où l’horz’gon, bornépar un ciel gris d'automne, Renferme, ensevelis sous l’ombre et sous la nuit, Des êtres accablés de langueur et d’ennui. Aucun but élevé, rien de grand ne les guide; Le souci des trésors, l’ambition sordide, L’amour sans idéal et la soif de l’encens Seuls fi)nt battre leurs cœurs et palpiter leurs sens. Regardez—les: ils vont, ils viennent par la uille, Empressés, étourdis ; et leurfie‘ure inutile Cache mal, d’un vernis faux, le cadaure noir De leur dégoût sans borne et de leur désespoir. Il Mais si cette impuissante vie Ne vous re’jouz’tpas, allons, Bercés sur desflots d’harmonie, Conquérir d’autres horizons. Venez, élevons-nous ensemble Vers le plus beau des deux pays :
L’INITIATION — Dès les premiers pas il nous semble Que nos regards sont éblouis. D’abord, le sol ou la légende Prend un asseg brillant éveil Pour qu’elle vive et se répande: L’Orient, séjour du Soleil, Là préchèrent les plus grands Mages, Initiés, divins élus, Flambeaux de la Foi, Savants, Sages : Krz’shna, Platon, Bouddha, Jésus. Leur mission, à tous la même, Fut bien inconnue aux humains Quand ils se lançaient l’anathème Dans des combats sanglants, mais vazns. Dans un réduit plein de silence, Voyez ce vieillard en émoi Qui se jette avec violence Aux pieds du Très-Haut, son seul roi. Après trente ans de patience, De labeurs sans fin, resté fort, Il a couronné sa Science, Triomphe! il vient de trouver l’or! C’est dans un pieux sanctuaire Que,'toujours seulpendant trente ans, Il a répété la prière Qui dirigea ses pas géants.
w T -.__,n..; L , A TRAVERS LE MONDE ENCHANTÉ 177 On l’écoute sans le comprendre, Il symbolise son secret; A personne il ne veut l’apprendre: Il sait trop ce qu’on en ferait. Aussi, nous n’avons plus sur terre Le grand œuvre ditpar Kunrath; Qu’on travaille, qu’on persévère, Un jour on le retrouvera. Puis, en un cortège innombrable, Astrologues, Magzciens, Avec leur arme redoutable: Le Tarot des Bohémz‘eœ. Enfin, nous voyons des fantômes . Quiparlent avec les vivants ; Ils savent quitter leurs royaumes Pour consoler nos cœurs croyants. Plus de doute, à nous l‘espérance, Plus de larmes sur les tombeaux, La mort est une délivrance, La nature ouvre ses rideaux! [Il Quand nous aurons fini ce superbe voyage Au milieu du monde enchanté Nous verrons dans son nu, radieuse, l’image De la céleste vérité.
I 78 L’INITIATION Alors, à notre gré, tournant toutes les pages Du livre ouvert de l'avenir, Nous verrons, à travers la tourmente des âges, Notre œuvre, encor frêle, grandir. Bien des fois assaillie etjamais renversée, Accroissant toujours son trésor De courageget de foi, de vie et de pensée, Elle nous“ rendra l’âge d’or. Les hommes, las enfin de ramper dans l’ornière, A l’appel de nos fortes voix, A sa source magique ayant pris la lumière, Sages feront de sages lois. Plus de calamités, plus de maux, plus de guerres, Les peuples, plusforts, changeront En armes de travail leurs armes meurtrières; Les frontières s’écrouleront. Le vice aura vécu; vol, crime, félonz‘e, Mais, dans un accord éternel, La justice et l’amour, la paix et l’harmonie Sur notre terre comme au ciel. LUCIEN MAUCHEL. manoennamn Parmi les récents ouvrages publiés pour la défense du Magnétisme, celui de M. J. Delbœuf, le savant professeur de l’Université de Liège, mérite une mention toute spéciale.,
BIBLIOGRAPHIE 179 Sous ce titre: Magnétiseurs et Médecins , notre Vaillant champion, relevant le gant qui lui fut jeté perfi dement au congrès de l’hypnotisme, a tenu à honneur de venger notre cause des imputations mensongères qui lui avaient été attribuées et de rendre hommage à la vérité.
Dans un plaidoyer plein de vigueur,» et de précision il riposte aux attaques dont il a été l’objet de la part du rapporteur de cette assemblée et réduit à néant les arguties de son adversaire.
Chose incroyable et cependant exacte, M. Delbœuf, ayant été attaqué en son absence avec la dernière violence à la première réunion du Congrès de l‘hypno tisme, ne put, malgré ses démarches, obtenir communi cation de ce rapport qu’une demi-heure avant la dernière séance et alors qu’il lui était impossible d’en prendre connaissance et partant d’y répondre.
Ce que l’éminent professeur de l’Université de Liège n’a pu faire au Congrès, il s’en acquitte dans cet ouvrage, Magnéti5eurs et Médecins, et de main de maître il admi nistre à l‘auteur du fameux rapport une correction aussi vigoureuse que méritée.
Tous les amis de notre cause liront avec plaisir ces pages pleines d’une indignation non dissimulée contre des adversaires qui se cachent pour nous attaquer par derrière, et rendront hommage à l’énergie, au savoir, au talent que M. Delbœuf a mis en œuvre pour la défense du magnétisme. N.
B. — Le rapporteur ainsi justement fustigé a répondu dans la Revue de l’Hy‘pnotisme; comme il fallait s’y attendre, il n’oppose que des arguties, voire même des injures aux arguments de son adversaire M. Delbœuf, et cherche par des périodes ronflantes à masquer le vide de sa thèse.
Ce n’est plus un savant qui n'a pour but que la défense de la justice et de la vérité, mais un avocat qui plaide sa cause et, pour y parvenir, rage, écume et fait feu des quatre pieds. HENRI SAUSSE.
1 80 L’INITIATION iÜun °ifàeeamru©u On se rappelle le cas si intéressant qui se produisait il y a quelques mois à Cônstantinople, — ainsi que l’ont alors raconté tous les journaux, — où l'esprit d’un der— viche. mort depuis plus de trois siècles, est apparu au gardien d’un cimeäère, demandant que l’on procédât à l’exhumation de s cendres.
Ces faits de rapprochement entre les vivants et les morts sont beaucoup plus fréquents qu’on ne seraità un premier abord tenté de le croire, et de nombreux témoignages autorisés en font foi.
Voici le récit d’un fait analogue qui se passa en 1879 et qui est rapporté tout au long, d’après le journal hongrois l’Egretertès, par les Archives israélites du 1ojuillet de cette même année, à la page 230 : c A trois quarts d’heure d'ici, dans la petite ville recu— lée du nom de Diosgyor, un jeune homme, Louis Arnse rein, avait, il y a trois semaines, perdu au jeu de cartes vingt kreutzers avec un de ses voisins et était resté son débiteur.
« Le créancier demandant un jour à encaisser son bé néfice, Arnstein l’engage en plaisantant à ajouter au con traire vingt autres kreutzers, et alors lui, Arnstein, s’engageait par écrit à se désister, en faveur de son créancier, de sa part du salut éternel (Chele’k IeoIam habo).
Le voisin accepte, fait son versement, et en reçoit en échange le susdit engagement libellé en due forme. u Deux jours après,Arnstein meurt subitement, laissant en gage sur la terre sa «1 part de salut éternel ). La nuit qui suivit ses obsèques, le créancier affolé réveille par ses cris tout le voisinage, déclarant que l’âme d’Arns tein lui estapparue, réclamant avec instance la restitution de sa portion de « salut éternel ».
Ce phénomène se reproduisit trois nuits de suite. et Pour mettre un terme à ses obsessions, l'intére’ssé s’adressa au Rabbin, qui se déclara incompétent dans l’espèce. Hier enfin, on a réuni à Szeklzo un conseil de
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 181 six rabbins qui ont décidé que le tombeau du défunt devrait être ouvert, et que l’on devait replacer dans le linceul l’engagement écrit par lequel le pauvre trépassé s’était fermé la porte du ciel. n v G. VITOUX. @1a©uea üna’enanr D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES ’ Les séances de propagande du Groupe vont reprendre sous peu dans le nouveau local de la rue de Trévise.
La salle des conférences peut facilement contenir cent quatre-vingts auditeurs.-— L'alliance de plusieurs sociétés des plus importantes fait de ce local le centre actif du mouvement de l’occultisme à Paris. — L’annexion d’une salle publique de lecture ne peut manquer d’être fort goûtée de nos membres (1).
La pluralité des écoles officiellement représentées exclut toute idée de ( petite chapelle », idée qui causela perte de toutes les petites sociétés qui veulent se sépa— rer du mouvement général, et qui par suite sont inca pables de faire aucune propagande sérieuse. Le Voile d’Isis paraîtra sans doute en même temps que ce numéro.
Ce petit journal autographié sera un organe actif de propagande et de polémique, et entamera les questions trop mesquines pour une revue sérieuse. Les séances d’études pratiques continuent de plus belle sous la direction de deux chefs de Groupe, M. A. Fran çois et M. L.-.
Enfin disons, pour les personnes que cela peut intéres ser, que M. Papus recevra au siège du Groupe, 29, rue de Trévise, les mercredis et vendredis, de 5 heures à 7 heures, et M. Lucien Mauchel tous les jours, de 2 heures à 5 heures. (l) Un règlement qui sera bientôt terminé fera connaître les condi tions d’entrée toutes art1cuhères faites aux membres du Groupe et à ceux des sociétés adh rentes.
I 82 L’INITIATION LIBRAIRIE Nous prions instamment tous nos membres de faire faire à la librairie du Merveilleux tous les achats de livres dont ils pourront avoir besoin.
Il suffit d'écrire une carte postale pour recevoir chez soi le lendemain le livre demandé contre rembourse ment. * -V-4 LE CONCERT DONNE PAR LE GROUPE Le 18 avril, à la salle d’horticulture, devant plus de quatre cents personnes, le Groupe ésotérique a donné en matinée son premier concert. Le succès a été grand et le public, en majeure partie, très satisfait.
Toute la partie musicale avait été soigneusement réglée par Augusta Holmès, dont le répertoire seul, si nombreux et si varié, devait charmer les oreilles et réjouir les cœurs. La grande musicienne poète avait choisi les interprètes et dirigé les répétitions, témoignant ainsi hautement de ses convictions occultes et de sa vive sympathie pour le Groupe ésotérique.
Le piano était tenu par deux jolies et excellentes artistes dont l’éloge n’est plus à faire, Mlles Lydie et Jenny Pirodon, qui ont exécuté dans la perfection, à quatre mains, le Chant des Forgerons et Dans les Bois, deux chœurs extraits du Ludus pro patria.
M“°s Berthe de Monta1ant et Mathilde Romi ont obtenu un très beau succès, la première en interprétant, avec sa grâce bien connue de ceux qui fréquentent les concerts du Châtelet, une délicieuse romance, Noël, qui a été hissée; la seconde dans l’0pprimée, d'une inspira tion large et émue, et les stances de l’0de triomphale, qu’elle dit naguère au palais de l’Industrie. ba voix puis sante est d’un superbe effet.
Enfin, une Suédoise, M"° Erickson Duhost, a fort bien chanté deux romances d’Holmès. ' ’Mm Sarah Bernhardt s’est fait excuser au dernier wh:tt_æÿ' ’Ê
LA PRESSE 183 , Æ“? .‘4s _ .;:s -'.....a moment. En effet, le lendemain elle suspendait pour quelques jours ses représentations de Jeanne d’Arc. Dans les intermèdes, les occultistes se sont appliqués à donner au public quelques idées simples et justes sur leurs théories si décriées, si mal connues. C’est d’abord Émile Gary qui exp05e brièvement la morale des mages.
Il termine par la lecture un peu longue des Sept péchés, de Joséphin Péladan, qui n’a pas été du goût de tout le monde. Puis Lucien Mauchel, dans une superbe poésie, en— thousiaste et élevée, promène A travers le monde en. chanté, les auditeurs étonnés d’y trouver tant de mer— veilles.
Mais le grand succès est pour Papus qui, dans deux causeries très courtes, a trouvé moyen d’expliquer avec sa précision habituelle les théories les plus ardues de la Magie. En somme, excellente journée pour le Groupe ésoté rique. A quand la prochaine ? G. M. ËlA RÈSSlË ‘ . La presse a été presque unanime pour constater le succès de cette matinée organisée en quelques jours par des ( jeunes », guidés uniquement par la grandeur du but préconisé.
Nous adressons tous nos remerciements aux plus importants journaux de Paris : Le Figaro, le Gaulois, le Journal des Débats, qui ont annoncé notre matinée en termes fort biènveillants. Mais, comme rien ne parle mieux que les faits, nous allons donner quelques extraits des comptes-rendus qu’a faits de ce concert la presse de Paris. "k t‘ai. XIX° Siècle (20 avril). — Hier a eu lieu, dans la salle de la Société d‘horticulture, la matinée-concert donnée
1 84 L’INITIATION par l'Initialion, et organisée pour la. partie musicale par M'“ Augusta Holmès.
Grand succès pour M"° Berthe de Montalant, qui a chanté avec beaucoup d’art un Noël ; pour Mne Roumi qui s’est fait entendre dans l’Opprimée, morceau tiré du poème symphonique Irlande, et dans les srances de l’Ode triomphale de M“ Augusta Holmès, et pour M. Pneus qui, à deux reprises, a entretenu l’assistance de questions hermétiques, dont il a su dérober habi lement le caractère abstrus. * \&«\‘ La Grande Revue (25 avril). — Vendredi, 18 avril, à la salle de la Société d’horticulture, matinée—concert au bénéfice du groupe d’études ésotériques, sous le patro nage de la revue d’occultisme l’Initiation.
La partie musicale se composait uniquement d’œuvres de M118 Augusta Holmès, la triomphatrice de l’0de. Comme intermèdes, causeries sur la morale des mages, la magie par MM. Gary et Pneus. La grande magicienne, ç'a été vraiment M"° Holmès, cette « Circé de l’art >, comme l’appelle si justement mon collaborateur Jean Lorrain. Mm Sarah Bernhardt, qui devait dire une Poésie mys tique, s’est fait excuser au dernier moment.
En somme, après-midi charmante et artistique bien profitable, espérons-le, à l’expansion de cette œuvre éminemment spiritualiste. 1' 41 Petit Journal(rg avril). — Matinée des plus curieuses, hier après-midi, dans le local de la Société d’h’orticul ture. Un certain nombre de jéunes gens qui rêvent de remettre la magie en honneur avaient organisé une séance ésotérique coupée par des intermèdes mu sicaux.
M. Gary a exposé la Morale des Mages et déclamé les Sept péchés capitaux, de M. Joséphin Peladan. Bien accueilli a été M. Papus, qui a fait une intéressante
LA PRESSE 185 causerie sur la magie, telles que la comprennent ses nouveaux adeptes.
Dans la partie musicale, on a.particulièrement goûté un Noël chanté à ravir par M119 Berthe de Montalant et le « Chant des Forgerons », fragment de Ludus pro patria, de M“ Augusta Holmès pour pianos à quatre mains. * * l | Le Soir, le Journal des Débats, The Galignani Mes singer, la Paix, la Vie Parisienne, etc., etc., publient, à propos du concert, de longues études sur la renaissance de la magie et ses apôtres contemporains. * . -\t 4 La note gaie nous est fournie par l’Eve’nement du 24 avril.
Là, un jeune débutant dont le prote a oublié de corriger les fautes d’orthographe nous montre ses con— naissances approfondies de la Société parisienne. Plu sieurs personnes appartenant à l’ambassade de Russie, qui nous avaient fait l’honneur d’assister auconcert,sont décrites comme nihilistes assassins de tsar (sic).
M“° Au gusta Holmès, qui avait dirigé en personne toutes les répétitions, n’a pas été, d’après ce jeune homme si bien informé, consultée par les organisateurs; enfin une longue tirade sur Joséphin *Péladan, copiée dans une biographie qui vient de paraître, est attribuée à Gray; le reste à l’avenant.
Consolons-nous toutefois en son-— geant que chacune des lignes de ce gracieux compte rendu a été payée au moins 10 centimes à son auteur, vu la somme d’esprit dépensée. Il est si dur de mesurer du drap pour le moment, que nous excusons de tout cœur l’anonyme reporter de l'Evénement.
Il faut bien vivre que diable ! -v*äv» A propos du mouvement occultiste, plusieurs grands articles ont été publiés dans les journaux dont les noms suivent,pendant le dernier mois : Le Gaulois du I" avril. —- Étude générale sur le Spiri— tisme et {Occultisme (une colonne). mm
186 ‘ L’INITIATION Le XIX° Siècle du 2 avril. — Etude de deux grandes colonnes sur le Monde de l’Occulte (reproduite par plu sieurs autres journaux). Le Parti National, du 3 avril. —Paris qui passe, étude d’une colonne et demie sur les Mages. Journal Fléchois, du 9 avril. — Bouddha chef nous (deux colonnes). La 'louraine républicaine, du 22 avril. — Analyse du dernier numéro de l’Initiation.
La Paix, du 21 avril. — Article d’une colonne et demie sur l’0ccultisme, assez bien fait malgré quelques légères erreurs ., Journal de Rennes, du 22 avril. — Trois colonnes et demie sur le Progrès des Sciences occultes. Article utile comme réclame, mais criblé d’erreurs naïves et ridicules. La Gironde, du 23 avril. — Bon article sur l’Occul tisme (une colonne). Bordeaux Journal, du 23 avril. — Reproduction de l’article du Journal de Rennes.
L’Echo du Nord, du 20 avril. -— Article en tous points remarquable sur le mouvement occulte. C’est une des meilleures études qu’ait publiées la presse. Nos remer ciements les plus sincères à notre confrère de province (trois colonnes). Le Petit [ssorien reproduit l’étude sur le Remords, de Papus. * 42‘ A L’ÉTRANGER El Globo, de Madrid. -——Long article de deux colonnes et demie sur la Science occulte et ses diverses écoles.
The Globe, de Londres (3 avril). — Etude aussi lon gue et aussi savante sur le Groupe d’études ésotériques. Le Dictionnaire Larousse (Supplément).— Article bien fait pour un ouvrage aussi peu impartial, sur la Théoso phie et l’Initiati0n. ’ PAPUS. “tire-«vain, .—«—«m— _ . 4 n..t.... _ .<..,.. .. ; "F
LES TRAVAUX DU DOCTEUR LUYS 187 Les Travaux du Dateur Luys Il est toujours intéressant de signaler à nos lecteurs les travaux de savants consciencieux qui poursuivent leurs recherches sans s’inquiéter des théories toutes faites et de la routine.
Il n’entre pas dans nos habitudes de faire l’éloge des hypnotiseurs dont les théories touchent de très près au matérialisme, mais nous ferons une excep tion pour les travaux du D‘T Luys à l’hôpital de la Charité.
Des résultats thérapeutiques vraiment surprenants sont obtenus par la méthode du transfert, méthode qui consiste à transporter au moyen des aimants une mala die presque incurable (épilepsie, paralysie agitante, etc.) sur un sujet endormi. On enlève ensuite la maladie au sujet par simple suggestion.
Sous cette influence deux résultats sont obtenus : 1° Le sujet voit ses crises nerveuses disparaître peu à peu et ressent une amélioration considérable en se prê tant à faire les transferts ; 2° Le malade voit sa maladie se diluer à chaque trans fert et en est souvent débarrassé en un mois et demi. La Revue d’Hypnologie publie une clinique régulière de traitements suivis et de résultats obtenus.
Nous voilà bien loin des représentations théâtrales de la Salpêtrière, et le Dr Luys tire de l’hypnotisme des résultats vraiment humanitaires. Encore un peu, et les hypnotiseurs vont redécouvrir... la magie d’il y a 2,000 ans.
188 L’INITIATION t-Z'.wm*rafi-' B. P. 8.. THE BUD (D) HIST PROPAGATION SOCIETY Quartier général à Kioto (Japon) Cette Société a été établie dans le but de propager le boud (d) hisme.
Pour mener à bien son œuvre, la Société se propose d’exécuter les travaux suivants : 1° D’établtr des centres de propagande boud (d) histes dans toutes les contrées; 2° De publier des livres, traités et journaux bond (d)— histes et de traduire les Sutras et les Sastras. 3° D'émblir une correspondance entre les bond (d) histes régionaux et tous ceux qui s’intéressent au bond (d) hisme et de répondre aux questions.
Cette Société ne veut adopter aucune forme spéciale de boud (d) hisme mais elle vient proclamer les grandes vérités au monde entier. Pour la France, s’adresser à M. Papus, membre hono raire de laloge de Londres, quitransmettrales demandes soit à Londres, soit au Quartier général. Cette Société n’a d‘attache d’aucune sorte à aucune autre. Elle est absolument indépendante et ses enseignements sont fort sérieux.
De nombreuses branches françaises existeront sous peu. La Société Taéos©eæmue Sous peu une nouvelle branche de la Société Théoso phique sera formée à Paris. Cette branche s’occupera de répandre sérieusement la Théosophie, par des publica tions nombreuses et des cours suivis faits par des gens compétents. Titre de la nouvelle branche, la Société Théosophique le Sphin r. Plusieurs revues et journaux prêteront leur concours actifà cette Société.
BULLETIN MAÇONNIQUE 189 ; a .. a»1 ! ‘ ’ v DEUXIÈME S©RRIËJË DE LA SOCIÉTÉ PSYCHO-MAGNÉTIQUE La Société Psycho-Magnétique a donné à la galerie Vivienne une soirée des plus réussies. La jolie petite salle Vivienne était comble, et nous avons constaté la présence de beaucoup de personnalités du Tout-Paris aristocratique. D’ailleurs, le programme a tenu ce qu’il promettait aux auditeurs.
Commencée par une brillante fantaisie de M. Dynam, le merveilleux pianiste que se disputent en ce moment les salons mondains, et continuée par MM. Ernest Moutin et Villa, qui ont très bien interprété Si j’étais Roi et l’Africaine, la soirée a pris une tournure scientifique avec M. Papus, directeur de l'Initiation et vice-président dela Société, dont la conférence très instructive a inté« ressé vivement tous les invités. M. L.
Moutin, assisté de M. Audebert, a fait ensuite rapidement la sélection des sujets, sur les personnes qui se sont présentées à lui, préparant ainsi ses attrayants exercices. La partie artistique a été reprise par Mme Mon camp et M“?
Mocenzo , qui ont merveilleusement chanté les Noces de Fernande et la Véritable Ma nola, par M. Montégut, avec les Vêpres siciliennes, et par M.Tisseyre, traduisant de sa belle voix le Noëlpaïen et la Ronde du Veau d’or,de Faust. Les expériences de magnétisme et de suggestions sur les personnes éveillées, reprises par MM. Moutin et Audeberr, ont eu le succès habituel.
Contractures, para lysies, transferts, automatismes, sensations de chaleur et de froid, tous ces phénomènes ont été subis par les sujets, très étonnés de ne pouvoir résister à la volonté de l’opérateur, et riant les premiers de leur impuissance absolue. On s’est séparé vers onze heures et demie. t—\M\a‘-nont.a w r. u
1 go L’INITIATION __I. .,.vvw ÿ——-_ iBuunurtu ’îl‘ilaçouumua Un accueil des plus sympathiques vient d’être fait, dans différentes loges -de Paris, à une série de confé rences, inspirées par les travaux du Groupe maçonnique d’Etudes Inuiatigues. . Cela démontre que les maçons comprennent de plus en plus l’urgence d’une étude approfondie du Symbolisme maçonnique.
Ils suivent avec un intérêt croissant l’in tention rapide du mouvement occultiste et se rendent compte du rôle capital qui pourrait leur incomber dans la reconstitution sérieuse des véritables traditions ini tiatiques. . 'Les adeptes instruits de la F.°. M.‘ . aspirent, sous ce rapport, à faire revivre en leur institution la puissante école philosophique des sanctuaires antiques.
Ils sont las de ne posséder que la lettre morte de leurs mystères, et s’appliquent de toutes leurs forces à en saisir l’esprit. Une évolution de la plus extrême importance s’ac complit ainsi au,sein de la moderne.
On peut prévoir, en conséquence, un avenir des plus brillants pour l’Ordre Symbolique, régénéré par la pratique sérieuse de ses traditions initiatiques, et par l’étude des connaissances occultes qui s’y rattachent directement. * «\I -u Rappelons aux adhérents du Groupe indépendant d’Etudes ésotériques qu’ils sont admis, sur la présenta tion de leur carte, à.prendre part aux tenues blanches de la grande loge Symbolique Ecossaise.
Ces tenues ont lieu 5, rue Payenne, le deuxième samedi de.chaque mois (10 mai et 14 juin 1890), à 8 h. 1/7. du son. ' OSWALD WIRTH. _ r s vwq
“1.7 1 («in \ . REVUES ET JOURNAUX 19 I älounnaux a avons La Revue des Sciences Psychologiques illustrée (2, rue Duperré), Dr Moutin. — Jolie poésie d’E. Goudeau. —« Études intéressantes de MOUT1N sur le Magnétisme, de M. A. GOUPIL sur le Spiritisme (pour et contre), et de HENRI SAUSSE sur la vision somnambulique. ' *. -‘ ‘Ih .
Signalons un article des plus intéressants dans le Bul— letin de la Société d’ethnographie sur l’exercice de la Souveraineté chez les peuples africains, par GEORGES RAYMOND. Toutes les formes de gouvernement connues en Europe (même la Synarchie), plus une dizaine totale< ment inconnues de nous, existent en Afrique. * ’5‘! La Revue Spirite du 1“ mai donne une étude de M. A.
VINCENT, tendant à réfuter les théories occultistes des phénomènes spirites exposés par Donald Mac Nab, et un travail sur le musée Guimet de notre collaborateur AUGUSTIN CHABOSEAU. * x»:i: Le Spiritisme, rédacteur en chef: GABRIEL DELANNE (numéro de mars). — Voyage au pays des souvenirs, par G. DELANNE, et Conférence, par CLAUDIUS CHAPOT. * 4 «v La Tradition, revue générale des contes, légendes, chants, usages, traditions et arts populaires.
Direction : MM. ÉMILE BLÉMONT et HENRY CARNOY (33, rue Varin; Paris). -— Vivement recommandée à nos lecteurs. I lU Lux, directeur: HOFFMANN G10VANI, Rome. — Excel lent numéro d’avril. ‘.ËWK<WΑ“ -- n ,""* “‘
'}"Ï'”“ "*'""_I I M. -'1‘ 192, L’INIT‘SATION 1. lLIIVRÏSS REÇUS i ’_ Le Druidisme et le Christianisme, suivi d'un essai sur _l, l’art de prédire le temps, par HENRI LISERAY. — Chez l’auteur, 211 bis, avenue de Versailles, 1 fr. . t I ' * I..", -V- -V ;: PAULINE Dl: GRANDPRÉ. -— Démolissons Samt-Lqare, solution de la question. — Prix: 0,50.
Dentu, éditeur, w. — Excellente publication sur une des plus importantes .’., questions sociales, écrite avec grand talent et par une vé . ritable philanthrope. p! i . ,1], le u ,fE} ' D“ ANTOINE Caos. — Le Problème, nouvelles hypo {. thèses sur la destinée des êtres. — (Carré, éditeur.) — .1? (Compte rendu prochainement, par’ Augustin Chabo ‘. seau.) j ' ! 4 «U " . G. DE BARRIGUE DE FONTAINIEU. — Le Livre d’amour, ‘1/ traduit du Tamoul.
1 vol. : 3 fr. 50,— I-emerre, éditeur. ,./ — (Compte rendu prochainement, par Gary.) ,{’, l®Ê’Ï@ÿi Le Gérant . ENCAUSSE. TOURS, me. E. ARRAULT ET c", RUE DE 'LA PRÉFECTURE, 6.
Groupe Indépendant d’innües Ennténîqnes Sociétés adhérentes, afliliées ou représentées DONT LES MEMBRES JOUISSENT DES MÊMES DROITS QUE CEUX DU GROUPE FRANCE La Société Spirite (président M. P. G. LEYMARIE), Revue Spirite; La Société Magnétique de France (M. H. DURVILLE), Journal du Magnétisme ; La Société Psycho-Magnétique (président L.
MOUTIN), Revue d’Études Psychologiques ; La Société Théosophique le Sphinx (président X”), l’Ini— tiation, prochainement ; La Fraternité Occulte de C. ROSE CROIX (Ê;.) ; Les Groupes d’lnitiation Martinistes (8.-. 1.-.) ; Le Groupe Maçonnique d’Études Initiatiques (O. WIRTH) ; ÉTRANGER _ La Société Théosophique d’Adyai (Indes), H. S.
ÛLCOTT, président; Thé Bud (d) hist propagation Society de Kioto (Japon), Papus, représentant pour la France ; The H. B. et L. (cercle extérieur), F. CH. BARLET, représentant; CORRESPONDANTS OFFICIELS ET CHEFS DE GROUPE France: Paris — Lille —— Tours —— Lyon — Bordeaux -— Marseille — Alger.
Étranger : Londres —— Bruxelles —— Liège —— Berlin — Munich — Varsovie — Saint-Pétersbourg — Vienne — Genève —— Rome — _Barcelone —— New-York — Québec — La Plata. La Bibliothèque internationale des œuvres des Femmes (Directrice M“° A. DE WOLSKA) possède une grande salle de lecture, au Siège du groupe, 29, rue de Trévise, où la . directrice reçoit les membres del’œuvre.
ESSAIS DE SCÆIjË_ES MAUDITES I.‘ AU SEUIL DU MYSTÈRE (Nouvelle édition, corrigée, au mentée et refondue en divers points, avec deux belles figures magiques d’après hunrath et un appendice entièrement à1néd1t), PAR STANISLAS DE GUAITA 1 vol. in-8 carré de 200 pages . . . . . . . . . . . . . Prix: 6 fr. Il a été tiré de cet ouvrage : 10 exemplaires de luxe sur Hollande . . . . . . . . . . . Prix : 15 fr. 10 — sur Japon . . . . . . . . - . . .
Prix : 18 fr. LE PROBLÈME Nouvelles hypothèses sur la destinée des êtres PAR LE D' ANTOINE GROS 1 volume in-8 de 300 pages. ' . . . . . . . . . . . . . Prix : 6 fr. DES NOMBRES Œuvre posthume, par SAINT-MARTIN Prix :3 fr. 50 99.2.
L’IN ITIATI 0 N RÉDACTION ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg, I4 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS G. CARRÉ : PAPUS . . DIRECTEUR 56’, rue Samt—A ndre—des—A rts DIRECTEUR-ADJOINT : Lucien MAUCHEL ’ Rédacteur en chef: PARIS George MONTIÈRE Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an10 ÏI‘ CH. BARLET. — J. LEJAY ÉTRANGER, — 12 fr. RÉDACTION : 14, rue de Strasbourg. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.
L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant.
LIVRES ET REVUES. -— Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s'il y a lieu. Les Revues qui désirent faire l'échange sont priées de s’adresser à la rédaction. ADMINISTRATION, ABONNEMENTS. —— Les abonnements sont d’un an et se paient d'avance à l’Administration par mandat, bon de poste ou autrement.
AVANTAGES DES_ ABONNÉS. — Les abonnés anciens et nouveaux reçoivent gratuitement les primes fréquentes qu’a données et que donnera l'Initiaiign. Chacune de ces primes représente à elle seule la valeur du numéro. L’Initiation paraît le 15 de chaque mois en un beau numéro de 96 pages, format d'un volume ordinaire. Elle est en vente chez les principaux libraires de Paris (voir leur adresse à la 86 page).
“rn j PRINCIPALES MAISONS VENDANT L’INITIATION AU NUMÉRO ' LIBRAIRIES C. MARPON ET E. FLAMMARION 12, Boulevard ’ 14' ru. Aube” Galeries _ LELIËGEOÏS Rue de Marengo de [Odéon des Italiens gérant Remise de I5 à 20 0/0 sur les prix des éditeurs LIBRAIRIE E. DENTU LIBRAIRIE 36”“, avenue de l’Opéra, 36bis m: H. FLOURY. GÉmm L’ART INDÉPENDANT I I.
Chaussée-d’Antin, 1 I PA R I S CHACORNAC Il, quai SainfiMichel, 11 | LIBRAIRIE DU MERVEILLEUX 29 rue de Trévise, —— PARIS (Ouverture le ter mai) Vente de tous les livres et revues d’0ccultisme. Salle de lecture et Bibliothè ne contenant les ouvrages les plus rares sur la Science occu te, la Kabbale, la Théosophie, la Franc-Maçonnerie, etc., etc., et les revues d’occultisme du monde entier.
Salle de conférences du Groupe indépendant d’Etudes ésotériques. Rédaction de l’Initialion et du Voile d’Isis. TOURS, IMP. E. ARRAUL’I‘ ET CIE.