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m Auu m._m .4 ‘ I '7' °«LÎ .e_° , if”Hä.ââài0ü Revue philoso;hique indépendante des Hautes Études Hypnotisme, Thèosophie Kabbale, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes ———-'———— .94 7‘“ VOLUME. -—- 3‘“° ANNÉE SOMMAIRE DU N° Î (Avril 1890) PARTIE INITIATIQUE... Les Phénomènes ma giques . . . . . . . . . . . .. Papus. (p. l à 23.) Les Mystères de la Solitude(suiteetfin). Stanisl. de Guaita. PARTIE PHILOSOPHIQUE (p. 23 à 37.) ET SCIENTIFIQUE. . .
La Gnose de Valentïn. J. Stany-Doinel. (p. 3_‘ à 48;) _ Chromquesc1ennfique DTF.deCourmelles. (p. 48 à 53.) La Science Occulte (suite) . . . . . . . . . . . .. Julien Lejay. (p 54 à 60.) Principes du Magné tisme (suite) . . . . . . .. Rouxel. (p. m à 65.) PARTIE LITTÉRAIRE. . . Mandement . . . . . . . . .. Joséphin Pèladan. (p. 60 à 69.) Hespe’rus (suite) . . . . . . Catulle Mendès. (_P- 70 à 74:)_ _ . Legende (poesœ). . . . .
Em1le Mmhelet. (p- 74-) Ce qu1 reste des Morts. Paul Marrot. (P- 75-) Bibliographie. — Une Première. — La Science éternelle} — Groupe indépendant d‘Etudes ésotériques. —— La Presse. —— Nouvelles diverses. —‘Livres reçus. — Lorrespondance. RÉDACTION : Administration, Abonnements: 29., rue de Trévise, 29 58, rue St-André—des—Arts, 58 PARIS PARIS Le Numéro '. UN FRANC. —— Un An: DIX FRANCS. «I C O R N E L_L v I\‘I\“ ERSIT\J 'I'I:'.I«M
H Ë) /2s"1’> 7:57.57‘3' .. 771/: A" RAMME Les Doctrines matérialistes ont vécu. . E les ont voulu détruire les principes éternels qui sont l'essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n'ont abouti. qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des lorces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Efi"rayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. L’Initiation est l’organe principal de cette renaissance spiritua liste dont les efforts tendent: Dans la. Science à constituer la Synthèse en appliquant la I’IKC) - méthode analogique des anciens aux découvertes analytiques des expérimentateurs contemporains.
Dans la Religion à donner une base solide à la Morale par la découverte d’un même ésotérisme caché au fond de tous les cultes. Dans la Philosophie à sortir des méthodes purement méta physiques des Universitaires, à sortir des méthodes purement physiques des positivistes pour unir dans une Synthèse unique la Science et la Foi, le Visible et l'0cculte, la Physique et la Métaphysique.
Au point de vue social, l’Initiation adhère au programme de toutes les revues et sociétés qui défendent l’arbitrage contre l’arbitraire, aujourd’hui en vigueur, et qui luttent contre les deux grands fléaux contemporains: le militarisme et la misère. Enfin l’Initiation étudie impartialement tous les phénomènes du Spiritisme, de l’Hypnotisme et de la Magie, phénomènes déjà connus et pratiqués dès longtemps en Orient et surtout dans_l’lnde.
L’Initiation expose les opinions de toutes les écoles, mais n’appartient exclusivement à aucune. Elle compte parmi ses 50 rédacteurs, les auteurs les plus instruits dans chaque branche de ces curieuses études. La première partie de la.Revue (Initiatique) contientles articles destinés aux lecteurs déjà.v familiarisés avec les études de Science Occulte. La seconde partie (Philosophique et Scientifique) s’adresse à tous les gens du monde instruits.
Enfin, la troisième partie (Littéraire) contient des poésies et des nouvelles qui exposent aux dames et aux demoiselles ces arides questions d’une manière qu’elles savent toujours apprécier. L’Initiation parait régulièrement le 15 de chaque mois et compte déjà deux années d’existence. — Abonnement: 10 francs par an. - ;. «a _jJ:/;EJJ 7758fi3’ W” "Efl»fi» — ‘4 —
PRINCIPAUX ,RÉDACTEURS E'_l‘ COLLABORATEURS DE [Initiation 10 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET. M. S. T. S; — STANISLAS DE GUAITA. S.'. I.-. 5;). —- GEORGE MONTIÈRE, S.'. I.'. -— PAPUS, S.'. 1.-. — JOSÉPHIN PÉLADAN, S.'. I.'. 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ALEPH. —-— Le BERTRAND.VÉN.'. — RENÉ CAILLIÉ. — AUGUSTI|N CHABOSEAU. — G.
DELANNE. — DELIÊZINIER. ——- .Ii'l.ES DOINEL. -— ELY STAR. —- FABRE DES ESSARTS. — D‘” FOVEAU DE GOURMELLES. —- JULES GIRAUD. — E GARY. — HENRI LASVIGNES. — J. LEJAY. — DONALD MAC-NAB. -— I\IARCUS DE VÈZE. — NAPOLÉON NEY. -— EUGÈNE NUS. — G. POIREL. — G. POLTI. -— JULES PRIOU. — Le Magnétiseur RAYMOND. — Le Magnétise ur A ROBERT. — ROUXEL. — HENRI WELSCH. — OSWALD WIRTH. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — E.
GOUDEAU. -—- MANOËL DE GRANDFORD. — JULES LERMINA. —— L. HENNIQUE. — A. MATTHEY. -— I.UCIEN MAUCHEL. — CATULLE MENDÈS. —- I'MILE MICHELET. — GEORGE MONTIÈRE. -— CH. DE SIVRY. — CH. TORQUET. 40 POÉSIE En. BAZIRE. — CH. DUBOURG. -— RODOLPHE DARZENS; —« P. GIRALDON. -— PAUL MARROT. — MARNÈS. — A. MORIN. -— ROBERT DE LA VlLLEHERVË.
Groupe In‘dépendant fl’Etudes Esotériques Sous LA DIRECTION DE LA REVUE L’INITIATION Société pour l'étude de la Science Occulte Théorique et Pratique dans toutes ses branches et indépendamment de toute école. ORGANISATION SYNARCHIQUE Trois grandes Commissions permanentes: Enseignement - Exéculit - Finances PLUS DE 300 ADHÉRENTS COURS & CONFÉRENCES PERMANENCES sur la Kabbale, la Théowphie, la Franc- Maçonnerie, la Science Occulte, etc. ÉTUDES mausnæmcas PAR GROUPES menés . DES PHÉNOMÈNES DE SPIRITISME, DE MAGNÉTISME ET DE MAGIE Correspondance hebdomadaire par Bulletin spécial avec tous les Membres adhérents de Province et de l'Etranger. ——-wsœ_———-— (A partir du 1‘” Mai) BIBLIOTHÈQUE D’OCCULTISME ' ET SALLE DE LECTURE Contenant toutes les Revues d’Hermétisme du monde entier S’adresser pour tous renseignements à M. Lucien MAUCHBL, directeur général du Centre d‘Emdes du Groupe, 29, rue de Trévise, Paris;
' \ \\\\Ÿ ‘ JIi' '. 6 @ i\ PARTIE INITIATIQUE ärs ÊHÉN‘GMÈNES 3ÏIAGi@UES” THÉORIES SPIRITES ET OCCULTISTES (DONNÉES GÉNÉRALES) ÉCOLES SPIRITES Ëoun bien saisir les données de chaque école au su E jet des phénomènes produits, quelques considé rations préliminaires sont indispensables. Le spiritisme expose un système philosophique bien défini, ainsi du reste que les écoles d’occultisme. L’homme, son passé, sa raison d’être et son avenir, tels sont les sujets principaux qu’aborde cette philo sophie spirite. L’Unz'yers et Dieu sont étudiés par quelques écoles, mais sans jamais entrer dans des considérations aussi profondes. Tout d’abord comment doit-on considérer l’homme vivant, tel que nous le voyons autour de nous sur cette terre ? (I) Extrait du volume du Congrès spirite et spiritualiæte (1889). I
2 L’INITIATION L’homme est composé de trois principes bien dis tincts: 1° Le corps matériel, support et moyen d’action des deux autres principes; 2° L’esprit, cause de la conscience, de l’intelligence et de la volonté; 3° Entre ces deux principes opposés le périsprit ou lien fluidique qui relie l’esprit au corps, et qui accom pagne l’esprit après la mort terrestre et lui sert de nouveau corps.
Allan Kardec étudie avec grand détail ce périsprit qui constitue le point le plus important des doctrines spirites. Le corps, le périsprit et l’esprit, tels sont les trois principes qui forment l’homme incarné. D’où vient cet homme et où va-t-il i‘ D’après la majorité des écoles spirites, l'âme hu maine tend au perfectionnement indéfini. Le moyen de réaliser ce perfectionnement, ce sont les incarna— tiens successives.
L’âme ,. accompagnée de son pé— risprit, se réincarne autant de fois qu'il est néces— saire à son progrès. Entre chaque incarnation, elle flotte dans les espaces interplanétaires et peut entrer en commu— nication avec ceux qui l’appellent. Ceci nous amène à décrire ce qui se passe à la mort. Au moment de la mort, le périsprit se détache progressivement du corps matériel. qu’il abandonne sur la terre comme un vêtement désormais inutile. Quand lelien qui unissait le périsprit au corps est dé _-_
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES 3 finitivement rompu, l’homme est mort pour les gens de la terre; il vient de naître pour ceux de l’espace. Pendant les premiers moments de cette séparation, l’esprit ne se rend pas compte du nouvel état où il est; il est dans le trouble, il ne croit pas être mort, et ce n’est que progressivement, souvent au bout de plusieurs jours et même de plusieurs mois, qu’il a conscience de son nouvel état.
Il se voit alors entouré de ses parents d’autrefois, de ses amis, de tous ceux qu’il croyait morts et qui sont maintenant les seuls vivants pour lui. Les vivants de la terre sont morts à ses nouveaux yeux.
Doué par son périsp_rit d’or ganes plus subtils qu’avant sa désincarnation, il voit sa famille de la terre ou ses amis, il cherche à leur montrer qu‘il est encore près d‘eux, et pour cela il agit au moyen de son périsprit sur les objets matériels qui les environnent. Il ne peut leur apparaître tel qu’il est sans qu’eux mêmes ne s’y prêtent en alliant leur fluide magnétique (leur périsprit encore incarné) à son propre périsprit.
Voilà pourquoi il en est réduit à agir sur la matière; De là ces coups, ces craquements multiples, ces phé_ nomènes inexplicables, attribués machinalement à la chaleur, au froid ou aux influences météorologiques générales par ceux qui ne se doutent pas de la vérité.
Dans son nouvel état l’esprit progresse d’abord par ce qu'il voit, ensuite par les enseignements des autres esprits, enfin sous l’influence des bonheurs, des bonnes pensées et des prières de ses proches restés sur terre. Cet échange desioies et des progrès entre le monde visible et le monde invisible constitue le fond de la m.»— w,e. ._.n-v.-u-.æ >
4 L’INITIATION morale du spiritisme, morale reconnue très élevée, même par les pires ennemis de ses doctrines. Le monde invisible est donc formé par des esprits plus ou moins avancés, bons ou méchants, ignorants ou savants, ayant à leur disposition des fluides plus ou moins puissants au moyen desquels ils peuvent entrer en relations avec les vivants.
Ces relations s’établissent en général au moyen d’objets matériels que les esprits font mouvoir en se servant de leur périsprit combiné avec les fluides des assistants et surtout de l’être humain qui sert de médium. Pour qu’un esprit se communique, il faut qu’il ait à sa disposition le périsprit d’un vivant et des organes matériels. C’est en alliant son périsprit à lui avec celui du médium que l’esprit peut se servir des objets matériels.
Ces objets matériels peuvent être des meubles (tables, chaises, etc.), qu’il met en mouvement. C’est le moyen généralement employé (phénomènes physzques). D’autres fois l’esprit agit directement sur le médium endormi et se sert des organes matériels du médium pour se manifester.
Dans ce cas on voit le médium changer l’expression générale de sa physionomie, le timbre de la voix habituelle change également; c’est un esprit qui parle en se servant du larynx et des organes du médium en son lieu et place (phénomènes psychiques, z'ncarnafions). ’ D’autres fois encore l’esprit peut se montrer aux vivants en condensant autour de lui de la matière. Il «4» «e
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES 5 se matérialise (phénomènes fluz‘dz‘ques, matérialisa tion; voyez les expériences à ce sujet de William Crookes). ’ Enfin dans d’autres cas l’esprit laisse des traces visi bles de sa venue. Des objets matériels sont apportés à traversles murailles, des écritures sontdirectement pro jetées dans des ardoises ou sur du papier, et une foule d’autres phénomènes du même genre sont produits.
Ce sont là les principaux moyens qu’emploient les «esprits désincarnés » pour communiquer avec les vivants et pour montrer la réalité de leur existence. Les personnes peu au courant de tous ces phéno mènes se demanderont, en lisant ces lignes et bien d’autres dans ce volume, si décidément ce ne sont pas des aliénés dangereux à qui est confiée la tâche d’exposer ici les idées des membres du congrès.
Quelques mots sont nécessaires pour rassurer ces susceptibles personnes. Voir des choses que le commun des mortels ne voit pas journellement, entendre des paroles quand on est seul, voir apparaître des revenants et croire à leur réalité, ce sont là des signes évidents de dérangement cérébral pour nos bons médecins. Ils ont raison s’ils veulent rester sur le terrain scientifique, et c’est aux spirites à leur répondre sur ce même terrain.
Voilà pourquoi tous ceux qui ont étudié sincèrement ces phénomènes ont pris soin de remplacer les organes humains par des instruments enregistreurs purement mécaniques. Là plus d’hallucination possible : le curseur qui grave des courbes sur le noir de fumée, ou la plaque
6 L’INITIATION sensibilisée qui enregistre uneimage, ne peuvent être hallucinés. Nous insistons longuement sur ces sortes de preuves, et c’est bien volontairement.
Il n’y a pas en effet d’autre argument à opposer aux médecins contemporains, qui savent tous que l’hallucination d’un aliéné devient une réalité quand elle est contrôlée par des appareils mécaniques. , Toute personne quz’à l'heure actuelle nie systéma tiquement/es phénomènes du spiritisme (quelle qu’en puisse être du reste l’explication) fait preuve d’igno rance ou de mauvaise foi.
Ou Revenons maintenant aux théories que nous avons abondonnées pour faire cette digression. Nous avons montré les principales données de la doctrine spirite sur l'homme. Il nous reste peu de chose à dire. L’Unz‘uers est conçu comme formant une série d’étapes que parcourt l’esprit qui se perfectionne.
Les espaces interplanétaires sont peuplés d’espritdésincar nés, et les diflérentes planètes de tous les systèmes sont peuplés d’esprits incarnés dans des corps plus ou moins parfaits suivant leur élévation. L’unité detous les univers et de toutes les humanités est ainsi proclamée par le spiritisme. La question de Dieu est traitée d’une manière diffé rente par presque toutes les écoles.
Aussi nous abstien drons-nous d’entrer dans aucun détail à ce sujet, nous bornant à constater que la presque unanimité des spirites croit à l’existence de Dieu.
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES . 7 En résumé, la doctrine du spiritisme, telle qu’elle est conçue généralement en Europe, étudie principale— ment l’homme sans entrer dans de grandes considéra tions sur l’Univers et sur Dieu. Voyons maintenant les opinions des écoles d’occul— tisme sur ces mêmes sujets. ÉCOLE D’OCCULTISME Ainsi que nous l’avons dit précédemment, les kab— balistes et les théosophes sont d’accord sur le fond de la doctrine ésotérique.
Leurs enseignements se présentent tout d’abord à l’esprit comme beaucoup plus compliqués que ceux du spiritisme. L’analyse a été poussée dans ces doctrines aussi loin que possible à propos de chaque question ; de là l’impossibilité presque absolue d’en faire un résumé tant soit peu complet. L’occultisme admet comme absolument réels tous les phénomènes du spiritisme.
Cependant il restreint considérablement l’influence des esprits dans la pro— duction de ces phénomènes et les attribue à une foule d’autres influences en action dans le monde invisible. Nous aurons donc à voir successivement : 1° Comment est conçue la constitution de l’homme P 2° Quel est état de l’homme après la mort P 3° Quelle est la constitution de l’uniuers et celle de Dieu, d’après ces écoles ?
A Nous exposerons tous ces enseignements de notre mieux, mais sans jamais prendre parti pour l’une ou l’autre des deux doctrines. Notre devoir consiste à exposer et non à critiquer. ‘—>MMÀ-«=a—s
8 L’lNITIATION Constitution de l'homme L’homme est composé de trois principes fonda— mentaux: ' 1° Le corps matériel ; 2° Le corps astral ou médiateur plastique (la vie), le périsprit des spirites ; ' 3° L’âme (l’esprit des spirites). Mais ce sont là les principes vus dans leur généra lité. Chacun d’eux est composé de plusieurs éléments distincts. La connaissance de ces éléments est indis pensable pour bien comprendre ce qui se passe à la mort.
Le corps est formé d’une foule de cellules maté— rielles. Mais chacune de ces cellules et une vitalité propre, est vivante. Cette vie spéciale de chaque cellule est indépendante de la vie générale de l’être. Le périsprit ou corps astral se présente ainsi com posé : La vie purement matérielle de l’homme, qui fait croître ses organes à mesure qu’ils s’usent.
Cette vie charriée incessamment dans l’organisme par les glo— bules du sang et localisée comme centre de réserve dans les ganglions du nerf grand sympathique. ' C’est cette partie du périsprit ainsi localisée qui peut sortir hors de l’homme à l’état somnambulique ou à l’état de médiumnité et qui contribue beaucoup à la production des phénomènes. Cet élément est le siège même de l’instinct, de l’in— conscient et de toutes ses actions. Enfin le périsprit, dans sa combinaison supérieure
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES 9 avec l’âme7 produit l'intelligence, d’où dérive la fa culté d’apprendre pour l’homme (z'nz‘ellectualz‘teÿ. Pour Ï_résumer, voici comment les écoles d’occul tième analysent le périsprit (I) : / Élément localisé dans les cellules du corps La matériel et qui ne son-r JAMAIS hors du corps.
'-* Ë — Vitalité. > Ë: (Combinaison du périsprit avec le corps matériel.) 3 Élément localisé dans les ganglions du nerf E__ :; grand sympathique, élément qui PEUT SORTIR ... m hors du corps matériel dans certaines condi ËÎ Ï tiens. — Corps astral, Ame animale. m '53 Élémentlocalisé en partie dans le cerveau, qui Ë" peut diriger le précédent consciemment '.:.1 8 (magie). — Siège de la science de l’homme. °-' -— lime humaine. ‘ \ (Combinaison du périsprit avec l'esprit.) On voit de suite à quel raffinement analytique les écoles d’occultisme ont poussé leurs enseignements.
Voyons de même l’autre principe. Ce que les spirites appellent l’esprit, et certains occultistes l’âme, est ainsi analysé par ces derniers : 1“ Partie inférieure de l’Esprit, siège de la mémoire des choses terrestres et de leur intelligence. — Ame humaine. ‘ 2° Partie moyenne de l’Esprit, siège de l’inspi ration, de la double vue consciente et de la moralité. — Ame angélique.
3° Partie supérieure de l’Esprit, siège de la prévision consciente de l’avenir. -— Ame divine. ESP RIT composé de3 éléments (I) Voy. la conférence sur la localisation physiologique du périsprit.
10 L’INITIATION Les deux derniers éléments de l’Esprit ne sont pas développés dans les races actuelles. Ils prendront pro— gressivement naissance dans les races futures del’hu— manité terrestre. Connaissant ces données indispensables, il nous est très facile de voir ce que devient l’homme après la mort. État de l’homme après la mort / Lafin de l’homme, c’est la fusion en Dieu dans la totale conscience, et la totale puissance ou Nirvâna”.
Le moyen d’atteindre cette fin, c’est l’évolution mo— rale, l’évolution libre et consciente des principes su périeurs latents en chacun de nous. Un Dieu tout despotique n’a pas à intervenir dans l’état de notre vie future. Nous sommes nous—mêmes nos seuls juges, et l’ensemble des mérites et des démé rites (Karmal de notre dernière existence détermine seul notre avenir, d’après les lois de la réaction tou jours équivalente à l’action.
A la mort le corps matériel resté attaché à la terre, d’où il provient.
La vitalité des cellules’de ce corps se répand dans la nature, où elle devient la vie des êtres sans cesse générés (plantes, vers, etc. ) Un être fluidique se détache peu à peu de l’être ma tériel ; maintenant inerte, cet être fluidique est for mé des éléments suivants : Le corps astral comme corps ; L’âme animale comme vie (instinct) ; Lesprincipes supérieurs, âme humaine, âme spi rituelle, comme esprit, âme divine.
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES r 1 Cet être fluidique est saisi par les courants d’attrac tion de la terre. Les principes supérieurs cherchent à l’attirer en haut. les principes inférieurs (instinct et corps astral) cherchent à l’attirer en bas. L’être franchitles courants d’autant plus vite que les principes supérieurs sont plus puissants.
C’est la souffrance particulière qui accompagne cette lutte que toutes les religions exotériques ont symbolisée par le purgatoire. Cependant la séparation des principes s’effectue progressivement; les principes inférieurs restent dans l’atmosphère occulte de la terre et les principes supé— rieurs se détachent des inférieurs, auxquels ils ne sont plus liés que par un lien fluidique.A ce moment l’être est ainsi constitué : Ame angélique. Ame divine.
Lien fluidique. Science. Mémoire des_ choses terrestres. Intelligence inférieure. Lien fluidique. ( Instincts grossiers. l Passions. CORPS ASTRAL PÊRlSPRIT Principes supérieurs. { } Inconscient supérieur. L'homme cons cient (le moi). % Ame humaine. Inconscient Ame animale. . . inferieur. . Élémentaire .
Les principes inférieurs illuminés par l’intelligence de l’âme humaine forment ce que les occultistes appellent un élémentaire, et flottent autour de la terre dans le monde invisible, tandis que les principes supérieurs évoluent sur un autre. plan. Voilà la première différence qui sépare les occul tistes des spirites; les spirites admettant que l’esprit :' .> æwrrn--—r **w—r\væç-_ _ ' VV ‘ V 7 A_..—r‘-—‘.—
I 2 L’INITIATION reste toujours enveloppé du périsprit, les occultistes enseignant que l’esprit se sépare progressivement du périsprit. D’après les occultistes, dans la plupart des cas, l’esprit qui vient dans une séance est l’élémentaire de la personne évoquée, c’est-à-dire un être qui ne pos— sède du défunt que les instincts et la mémoire des choses terrestres (voyez ci-dessus).
Mais même cet esprit élémentaire ne vient pas dans tous les cas et d’autres influences agissent. Ceci nous amène à étu dier la façon dont l’occultisme conçoit le monde invi sible. D’après le spiritisme, le monde invisible est peuplé seulement d’esprits et de fluides. D’après l’occultisme, d’autres éléments s’y trouvent.
Ce sont d’abord les : , Élémentaz’res, principes inférieurs des êtres décédés à la vie terrestre, puis : , Les Corps astraux des êtres tirants, périsprits des médiums sertis inconsciemment hors de l’être, ou pé— risprits des adeptes sortis consciemment du corps dans un but déterminé ; Les Ele’mentaux, êtres inférieurs n’ayant jamais été incarnés, ne possédant aucune intelligence propre et subissant l’influence de toutes les volontés humaines bonnes ou mauvaises : ces êtres agissent dans les élé— ments ; Les Idées des hommes.
Autour de chaque homme ses idées se trouvent, constituant, par la fusion de chacune d’elles avec un élémental, un être réel qui reste là plus ou moins longtemps suivant la tension
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES 13 I' _).ï .—*v1—.IFW g7-vve cérébrale qui lui a donné naissance et qui agit bien ou mal sur l’homme, suivant que l’idée est bonne (enthousiasme) ou mauvaise (remords). Expliquer en détails la constitution de tous ces êtres, le moyen de les distinguer et de montrer la réalité de leur existence, ce serait faire un traité com— plet de magie pratique. Nous n’en avons pas le loisir ici (1). .
Le spiritisme comme le magnétisme forment en effet. d’après les occultistes, deux branches de l’an tique Magz‘e, science profonde enseignée dans les temples antiques après de terribles épreuves. Un point important à noter tout d’abord, c’est que la querelle entre les occultistes et les spirites à propos des esprits et des élém‘entaires est une pure querelle de mots.
Le spiritisme n’ayant pas établi l’existence des prin cipes supérieurs admis par l’occultisme, il s’ensuit que ce que le spirite appelle un esprit correspond absolument à ce que l’occultiste appelle un élémen taire. Ce sont des mots différents pour désigner la même chose. L’occultisme enseigne aussi que dans certains cas on peut évoquer les principes supérieurs de l’être ; mais qu’alors on court le risque de perpétrer le plus grand des crimes.
On fait perdre en effet à l’être ainsi rappelé dans ce monde le bénéfice de tous ses efforts pour s’en éloigner spirituellement. L’expérience seule / (i) Depuis}rois ans nous avons commencé un volume sur ce sujet. Ce volume parama sans doute cette année.
14 L’INITIATION permettra d’infirmer ou de confirmer cette observa— tion.
En terminant cette étude sur le monde invisible, rappelons qu’entre les êtres dont nous avons parlé,on y rencontre des courantsfluidz‘ques delumière astrale, courants non perceptibles à notre être physique, mais qui deviennent immédiatement perceptibles à l’être qui par la sortie de son corps astral a acquis le sixième sens humain, sens encore inconnu de la plu part des hommes actuels.
Cette LUMIÈRE ASTRALE est laforce—substance univer— selle dont toutes les autres forces et toutes les autres substances sont des modalités. Elle suit, à très peu de chose près, les mêmes lois que l’électricité, une de ses manifestations supérieures.
Pour tout résumer, voici ce qu’on rencontre dans le monde invisiblé aux yeux matériels, visible à l’état médianimique : ‘ 1° Les COURANTS remorques delumière astrale char riant les: 2° ELÉMENTAUX, forces inconscientes des éléments; 3° ELÉMENTAIRES, restes des défunts, Esprits des spirites ; 4.° IDÉES navanuas mas ETRES,êU‘CS collectifs)(Eugène Nus) ; ' 5° Cours FLUIDIQUES des médiums ou des adeptes. y L’Univers et Dieu L’occultisme entre dans des détails aussi nombreux à propos de l’Univers et à propos de Dieu. Les spirites, dont la doctrine n’aborde que fort peu ces problèmes,
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES 1 5 ont été quelque peu intrigués par les conclusions de la section de l’occultisme du Congrès au sujet de l’Univers et de Dieu. Nous ne pouvons pas, faute de place, entrer dans de grands détails à ce sujet; cependant deux mots sont nécessaires pour déterminer les éléments primordiaux de cet enseignement. ' L’occultisme enseigne que tout est vivant, depuis la matière la plus solide jusqu’à Dieu.
Un échange perpétuel se fait entre tous les êtres, la matière évolue à travers les règnes de la nature et les races humaines vers l’Esprit. Cette évolution, connue de toute antiquité dans l’Inde, vient à 'peine d’être découverte par les savants occidentaux. Mais récipro quement l’esprit involue vers la matière dans des conditions déterminées. L’évolution n’a jamais lieu sur la même planète dans un même âge.
Ainsi l’animal est bien un végétal évolué, mais jamais, au grandjamais, on ne peut voir sur la terre un végétal devenir un animal. Cette trans— formation s’opère daas le monde invisible, entre les grands cycles, et porte non sur le corps lui-même, mais sur ce qui fabriquera le nouveau corps maté— riel. ' De même que l’homme, chaque système solaire naît, vit, pense et meurt.
Les âges exacts d’un Univers sont mathématiquement déterminés par les Brahma nes indiens. Les personnes désireuses d’approfondir ces questions pourront prendre connaissance de toute la littérature théosophique qui traite de ces questions. La place nous manque pour détailler davantage et i... >—g—‘VË
I 6 L’INITIATION nous renvoyons le lecteur aux conclusions des six sections d’occultisme, où il trouvera tous les détails complémentaires. RÉSUMÉ Terminons ici l’exposé des théories générales des diverses écoles représentées au Congrès. Comme il est facile de le voir, les théories du spiritisme sont les mêmes que celles de l’occultisme ; mais en moins détaillé.
La portée des enseignements du spiritisme est par suite plus grande, puisqu’il peut être compris par un bien plus grand nombre de personnes. Les enseignements, même théoriques,del’occultisme sont, de par leur complication même, réservés aux cerveaux pliés à toutes les difficultés des conceptions abs traites. Mais au fond c’est une doctrine identique qu’ensei gnent les deux grandes écoles.
UNE SÉANCE SPIRITE EXPLIQUÉE SUIVANT LES DEUX THÉORIES Pour bien préciser tout ce que nous avons dit, nous allons exposer côte à côte les opinions des deux écoles spirites et occultistes au sujet des divers phénomènes qui se produisent dans le cours d’une séance spirite. Comme toujours, nous exposerons les enseigne ments sans aucun parti pris, laissant à chacun le soin de se faire une opinion d’après ses idées et ses expé— riences personnelles. Les théories spirites sur ces phénomènes sont trop connues pour avoir besoin d’en indiquer les sources.
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES I 7 Les théories de l’occultisme au point de vue de ces phénomènes ont été résumées par E lz)vlzas L6ÿl (I), H. P. Blauatsky (2), par Jules Lermina (3), et tout dernièrement par Donald Mac Nul; (4).
Ce dernier auteur, se plaçant sur le terrain exclusivement théoso phique, donne des conclusions entièrement antispi— rites, tout en affirmant la réalité expérimentale de tous les phénomènes (apports, matérialisation, etc.).L’expé— rience, nous le répétons,peut seule faire savoir qui a ‘raison. Ceci dit, commençons les séances. La première personne sur qui se porte l’intérêt, c’est Le médium Qu’est—ce que le médium (5) ?
Spiritisme Occultisme . a A ‘ Intermédiaire entre les Erre dont le systeme ner vivants et les esprits. veux présente une cons— Instrument des esprits titution particulière qui dans leur diverses manifespermet au corps astral de tations. sortir très facilement.
Agissant inconsciemment sous l'influence des assis tants ou du milieu ambiant (physique ou astral). (I) Livre des Esprits. (2) Ici: Unveiled et articles du Lucifer. (3) A Brûler, conte astral. (4) Etude expérimentale de quelques phénomènes de force psychique. (5) Je tiens personnellement à remercier les médiums grâce aux uels "ai uétudier à loisir tous les phénomènes du spiritisme.
Tout d’a 0rd lVlc %ablin, de Paris, avec qui j'ai étudié les matérialisatjous et les apports, c'est un des médiums les plus remarquables que j‘aie vus; puis
18 L’INITIATION La Table Le médium se met à la table, et la table se soulève. Des coups sont frappés dans l’intérieur de la table. Spiritisme Occultisme Un esprit uni au fluide Le corps astral du mé du médium agit sur la dium sort inconsciemment table. et soulève la table, soit seul soit uni au corps astral des assistants ou à un élémen— ta]. La table répond d’une façon intelligente aux ques tions posées.
Elle donne des noms, des dates précises et' répond aussi parfaitement aux questions mentales. Spiritisme Occultisme L’esprit évoqué est là et L’inconscient (corps as— se manifeste. tral) du médium lit direc— tement dans l‘inconscient du consultantqui suggère sans le savoir les réponses, Et tout se passe absolu— mentàl’insu de la cons cience du médium ou du consultant.
La table s’enlève de terre sans contact et flotte dans la chambre ( de même tout objet matériel). Spiritisme Occultisme Les esprits enlèvent la Le corps astral du mé— table. dium, uni aux corps astraux des assistants, produit ces phénomènes. . Des élémentaux peuvent \ y part1c1per.
M" Everitt, de Londres, qui a produit la lévitation complète d’objets _matériels en pleine lumière; puis Mm D..., merveilleux médium à mcarnations; enfin M=-- Jeunehomme à Paris qui ont donné des séances chez Mm Raymond Pognon. '
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES 19 Séance obscure ‘ Pourquoi lait-on l’obscurité ? Spiritisme Les esprits se manifestent mieux et ont plus de force dans l’obscurité ;lalumière vague et diffuse convient aux phénomènes spirites. Le médium s’endort. Spiritisme Les esprits vont se servir du fluide du médium pour produire les phénomènes. Occultisme Lalumière jaune dissout les agglomérations astralés plus compactes.
La lumière vitale invi— sible à la lumière devient visible dans l’obscurité. Occultisme A l’état cataleptique la sortie du corps astral est beaucoup plus complète. Delà une plus grande force. De petites lumières apparaissent autour du mé dium. Spiritisme Ce sont les esprits qui se rendent visibles à l’aide de ces lumières phosphores centes. Occultisme La vie du médium sort par la rate ou le plexus sympathique et devient visible.
Les objets matériels sont enlevés dans la chambre. Mêmes explications des deux parts que l’enlève« ment total de la table. Des mains matérielles font en quelques secondes le tour des assistants, elles obéissent au commande— ment mental.
20 L’INITIATION Spiritisme Un ou plusieurs esprits matérialisés mais non visi bles produisent ces phé nomènes. Occultisme Les mains du corps astral du médium agissent loin de lui, et produisent ces phéo nomènes. 3 Des fleurs toutes fraîches tombent subitement et en même temps sur tous les assistants, sans qu’il y ait aucune supercherie possible. _ D’autres objets situés en dehors de la chambre sont tout à coup apportés.
Spiritisme Les esprits dématériali— sent la matière des objets apportés et les rematériali sent ensuite. Occultisme 1° Le corps astral du médium, protégé incons ciemment parles assistants, se rend au lieu où sont les objets. 2° Par l’action de la vie humaine qui lui est propre, il dématérialise les objets ; il les fait passer de l'état solide à l'état radiant. 3° Au moyen des élé— mentaux et des courants fluidiques, il transporte la matière.
4° Il la rematérialise su bitement au lieu de séances. Des dessins sont subitement dessinés; des pages d’écriture prennent subitement naissance. Spiritisme Les esprits écrivent ou dessinent au moyen des fluides qu’ils ont à leur disposition. Le médium est Occultisme L’inconscient du médium écrit ou dessine les images qui flottent danslui ou dans le cerveau des assistants.
LES PHÉNOMÈNES MAGIQUES 21 l’agent par lequel ils se manifestent ainsi, en se servant de son organisme. Cette action s’opère au moyen du sang même du médium qui se matérialise en noirsurle papier (I). Un être matériel apparaît à côté du médium ou à côté des assistants. Cet être parle et peut être touché par les assistants. Il peut être photographié (expé— riences d’Aksakof et de Crookes).
Spiritisme Un esprit se matérialise en se servant de tout ce qui constitue la vie, chez le médium d’abord, ensuite chez les assistants et dans le milieu ambiant. Occultisme 1° Le corps astral du médium s'unit à un élé mental, et aux corps astraux des assistants. - 2° Cet agglomérat prend la forme de l'idée qui dominele médium ou l’un des assistants. La Suggestion mentale détermine la forme del'ap pantlon.
3° Cet agglomérat a toutes les propriétés du corps matériel. L’apparition, l’observateur et le médium causent ensemble. Le médium est éveillé et cause à l’apparition ma térialisée devant lui (expérience de Crookes). Spiritisme L’esprit se manifeste au médium lui—même. Dans ce fait ily a deux individua lités distinctes et concrètes. ’ (I) El. Lévi, le Livre des Esprits. Occultisme ( Nous ne connaissons pas l’explication de ce phé nomène d’après l‘occultis— me.)
22 L’INITIATlON L’apparition laisse des traces visibles de son pas ‘ . sage en moulant sa main dans de la paraffine. Spiritisme L’esprit produit volon tairement ce phénomène par un mode qui doit être très simple, dont nous n'a vons pas la clé. Occultisme Action toute simple de la main astrale du médium, qui se dissout après s’être matérialisée.
Un des assistants, ayant rompu la chaîne pour sai sir une matérialisation, est blessé par la chute d’un objet. Spiritisme Action des esprits. Le médium n’a pas assez de fluide à leur donner, ou bien les assistants n’ont pas entre eux la commu nion de pensées, état spécial indispensable pour la réali sation parfaite du phéno— mène.
Occultisme La chaîne magique reliait tous les corps astraux entre eux et formait une sorte de lit fluidique sur lequel flottaient les objets. La rupture de cette chai ne entraîne la chute immé diate de ces objets. Telles sont, d'après les deux écoles, les explications possibles des phénomènes.
Encore une fois nous n’avons pas à donner notre avis, les faits se char-y geront de mettre tout le monde d’accord. & CONCLUSION Nous avons fait tous nos efforts pour résumer de notre mieux les opinions philosophiques et scienti— fiques des écoles représentées au Congrès.
LES MYSTÈRES DE LA SOLITUDE 23 Il ne faut s’en prendre qu’à nous-mêmes des erreurs ou des lacunes que pourrait présenter ce résumé. Nous avons tout sacrifié au désir d’être clair. Puisse une même vérité luire bientôt pour tous, puisse notre union se faire chaque jour plus étroite, tous groupés contre le matérialisme, tous unis par l’affirmation de la réalité des phénomènes.
N’oublions jamais que nos personnalités ou nos opinions d’école ne sont :rien devant la vérité que nous sommes chargés de répandre et marchons fraternellement à la conquête de l’idéale religion scientifique et sociale de l’humanité. PAPUS. äès Ælys’tères de la Ëlitucle (“ LE SERPENT DE LA GENESE”, LIVRE II, CHAP.
2.) (Suite et fin) " OUR nous en tenir aux larves, elles manquent, faisions—nous observer, de type générique et par conséquent de forme qui leur appartienne en propre. C’est si vrai, qu’elles se déterminent exactement sur le modèle des individus qu’elles hantent. Changent-elles d’atmosphère fluidique ?
Se dé tachent-elles d’un être pour en posséder un autre? — C’est une mutation de forme instantanée, leur nature simiesque se pliant aussitôt à la ressemblance de leur nouveau père nourricier. Pour se coaguler et prendre une apparence formelle, elles empruntent à ce dernier
24. L’INITIATION la substance biologique à cette fin requise : aussi l’être obsédé ressent—il une subite impression de froid pénétrant et même a-t-il conscience d’une déperdition vitale assez notable. ' Tel est le cas du médium qui s’efforce de produire en public des fantômes astraux.
Son vouloir étant habile à modifier l’apparence de ces coagulations, il sait, pour peu qu’il soit exercé convenablement, les revêtir de toutes les formes qu’il arrête dans sa pen sée. Faire apparaître une main, un pied, une tête, la figure d’un animal, ou même celle d’objets de tout autre nature, tels qu’un meuble. une carafe, un bou quet : tout cela pour le médium n’est qu’un jeu.
Cette magie des transmutations touche de très près d’une part aux mystères de la Lycantrophie, de l’autre à ceux de la Palinge’nésie; une nuance seule l’en distingue: les phénomènes de la Palingénésie et de la Lycantrophie se réduisent à des modali— sations du double éthe’ré d’un animal ou d’une plante; tandis que le corps astral n’est pas acteur, mais instru ment, dans la création de formes extérieures par coagu— lation d’une larve; iljoue seulement (comme l’indique son nom de médiateur plastique) un rôle d’intermé— diaire entre la volonté du médium et l’être lémurien qui constitue l’appendice fluidique de celui-ci.
La plupart des médiums, procédant par objectiva— tions de larves, en sont quittes pour un peu de fatigue, sauf à payer chèrement un jour pareille collabora tion. Quelques rares, en qui l’on peut voir de véri— tables occultistes, ne procèdent que par sorties en corps astral, partielles ou complètes. Ils préfèrent à
LES MYSTÈRES DE LA SOLITUDE 25 l’esclavage du pauvre possédé que les larves dévorent tout vif, prendre sur soi les frais dynamiques de l’expérience, quitte à tomber, celle-ci durant, en con dition seconde ou même en catalepsie.
Ils réalisent ainsi des apports d’objets matériels et parviennent à distendre leur libre sidéralité, jusqu’à produire tous les phénomènes d’ubiquité vivante —- où sans doute excelleront toujours les magiciens noirs, qui ne vont pas sans le déploiement de toute une légion de larves et d’élémentaux. Mentionnerons-nous ici ces prétendus médiums dont le talent se réduit à des subtilités d’escamoteurs ?
On ne saurait trop se mettre' en garde contre ces faussaires de la médiumnité, ingénieux à toutes les contrefaçons phénoméniques. Rappellerons—nous la, manie commune à tant de médiums excellents, qu’on voit compromettre l’évi dence de faits probants à coup sûr, par un mélange déplorable, avec des phénomènes impudemment et parfois grossièrement simulés?
Nous avons fait ailleurs nos réserves à ce sujet, en démêlant la vraie cause d’un charlatanisme aussi fréquent : elle réside dans la superbe obstinée de ces glorieux, qui, mettant leur amour—propre à donner le change sur une maladie où ils voient leur maîtrise, se trouvent acculés à la supercherie et contraints de suppléer tant bien que mal aux intermittences de cet agent qui les épuise et qu’ils appellent leur force.
Pour un médium occultiste, c’est—à-dire actif; pour dix médiums loyaux et sûrs, qui sont strictement passifs , on rencontre peut—être trente médiums
26 L’INITIATION douteux et cinquante escamoteurs proprement dits. Au surplus, tel est le cachet des phénomènes non simulés, qu’un observateur d’expérience ne parvient à s’y méprendre qu’en y mettant de la bonne volonté. 'k >.«4 Pour finir, je veux toucher un mot des Incubes et des Succubes. Le lecteur ne saurait s'en étonner : ces spectres sont les produits de la solitude sexuelle.
On peut paraître se jouer des lois de la nature; mais qui la violente s’expose à des représailles d’un ordre souvent inattendu, avec accompagnement d’hu— miliations terribles. Derrière ces humiliations même, la Mère Céleste, toujours indulgente, s’ingénie à glis ser quelque salutaire leçon pour ceux qu’elle juge susceptibles de se corriger, ou un grain d’ellébore en faveur des monomanes encore curables.
N’est-il pas des orgueilleux de la vertu, comme il est des austères du vice P... Que de simples mortels, alléchés et déçus par une vanité bien naïve, se flattent, en gardant toute leur vie une rigoureuse continence, d’éluder la norme sexuelle ! Le traducteur autorisé de Moïse fait bien dire au Créateur du monde : Il n’estpas bon que l’homme soi! seul (Genèse, II, 18); L’homme sejoindra à la femme et ils seront une même chair (Genèse, Il, 24).
Mais qu’importe aux mystiques de la continence? Cet avis et cette prescription ne sauraient être pour eux, les purs, les saints, les privilégiés Eh bien, qu’ils ne l’ignorent plus, ces présomptueux d’une vertu scan-y »r v .;‘«-ær-tu . -ÿ' —
LES MYSTÈRES DE LA SOLITUDE 27 _ - .—...fi.. ._.e<,.._, ,, daleuse, puisqu’elle est anormale: en reniant la loi des sexes, en se refusant à l’amour d’un époux, en se dérobant au baiser d’un être comme eux de chair et d’os, ils se sont désignés aux dégradantes promis cuités de l’Invisible, et voués d’eux-mêmes aux stériles embrassements des fantômes.
Sans’doute, il est des cas où la continence absolue se légitime logiquement; mais nous verrons tout à l’heure à quelle quotité négligeable se réduisent ces «cas.
Si ‘l’on excepte d’ailleurs les exemples assez fré quents d’atrophie par non—usage des Organes physi ques — à quoi correspondent parallèlement la dégé— nérescence de certaines fonctions du cerveau et quelque altération, au moins partielle, du sens mo ral : à part ces cas pathologiques d’une castration sans chirurgien ni scalpel, il est certain qu’en sevrant leur cœur et leurs sens de toute satisfaction, ces fidèles d‘un inflexible célibat n’ont pu abolir en eux ni la virtua lité de l’amour sentimental, ni l’appétence au plaisir physique —- et, schismatiques désorientés du senti— ment comme de la sensation, ils aiment sans but, ils désirent sans objet.
Or, tous les Verbes sont créateurs. —— Comme le Verbe impératif objective ce qu’il veut, comme le Verbe dogmatique réalise ce qu’il affirme, ainsi le Verbe appétent évoque et suscite ce qu’il convoite. Ici, pour éviter les redites, nous renvoyons le lec teur à notre théorie des larves ; il y trouvera l’expli— -catipÆ/du choc en retour qu’elles exercent sur les au leur? de leur existence.
2 8 L’INITIATION —a Ce qui est vrai pour les individus ne l’est pas moins pour les collectivités humaines —- et la potentialité créatrice des communs vouloirs se développe et s’ac— croît en mode géométrique et en raison directe, pro— portionnellement au nombre des êtres rassemblés sous une même oriflamme, tous épris d’une chimère identique, ou fervents d’un même idéal.
Là sans doute est la force des plus sublimes reli gions, comme des sectes lès plus excentriques et des communautés même les moins respectables. — Le consensus des sorciers crée le sabbat en astral ;ainsi le consensus du fanatisme musulman crée à la lettre pour les fidèles le paradis rêvé par Mahomet ; ainsi le consensus de certains mystiques ro'mpt l’équilibre du monde hyperphysique, en y créant des tourbillons de folle et contagieuse extase... — Mystères de la multitude : voilà ce qui va faire en partie l’objet de notre section X (3°chapitre du livre Il).
Mais revenons à l’Incube et au Succube proprement dits, où plusieurs ne veulent voir que le mythe su ranné, l’incarnation purement poétique de la Pollu tion nocturne: ceux—là, pour accuser avec décence ce petit désagrément intime et assez ridicule en soi, disent simplement :j’ai rêvé.
Mais les anciens —— estimant que les diverses angoisses du sommeil sont dues à la malice de cer tains êtres fantastiques (t), pernicieux démons qui (t) Ces deux opinions sont un peu extrêmes : toutes deux, dans la moyenne des cas, expriment une part de vérité; c‘est la même question envxsage’e sons deux faces différentes. Le lecteur trouvera dans notre théorie des larves le moyen de concilier ces deux appréciations d‘appa rence inconciliable.
LiS MYSTÈRES DE LA SOLITUDE 29 prennent plaisir à molester, étoufier et tourmenter le dormeur, en pesant sur lui de tout le poids de leur corps — les anciens confondaient volontiers les no— tions de pollution nocturne et de cauchemar.
Les Grecs ont synthétisé les deux, en les personni fiant sous l’appellation assez vague d’Ephialte (ra— cine: Ëq>toiÂÂw, je m’élance sur); le mot latin Insultor (racine : in sulto, je saute sur) témoigne par son étymologie que cette conception n’avait pas varié en passant de Grâce à Rome. Levocable ’E<ptoihrjç, qu’on a traduit par Cauche— mar, offrait donc un double sens.
« L’Ephialz‘e, dit le bon Pierre Le Loyer, efloz‘t une maladie populaire etePide’miale... » et il ajoute : « le croz‘ray qu’ily auoit quelque chofe d’extraordinaire, voirefupernaiurel en l'Ep/zz‘alte de Rome. » (Tome I du Livre des Spectres. Paris, 1605, Buon, in-4°,page 97’. ) Ne haussons pas les épaules à la légère : cette opi— nion du Conseiller au siège présidial d’Angers est très remarquable.
Notons bien qu’il dit maladie épidé— miale et non pas contagieuse. Or, qu’est-ce qu’une épidémie ? — C’est un agent extérieur au malade, et qui, répandant l’infection dans une zone parfaitement déterminable et circons crite, frappe d’un même mal un grand nombre d’in— dividus qui s’y trouvent. La zone dangereuse s’étend— Aelle ? -— On dit : l’épidémiea gagné ; elle est ici, elle s’arrête là.....
Il s’agit donc bien d’une cause réelle, objective, en dehors des êtres qui en ressentent les effets. Ceci revient à la théorie des Loca infesta du Père
30 L’INITIATION Thyrée , dont le livre appuie sur de nombreux exemples la vieille idée traditionnelle des lieux hantés. Parmi ces derniers, les cloîtres ont toujours tenu le premier rang. Cela devait être, puisqu’à tous égards ils constituaient un terrain parfaitement propre à la production comme au développement des larves en général, et plus particulièrement de l’lncube et du Succube.
L’histoire ecclésiastique le constate, les dossiers de sorcellerie en présentent la preuve offi cielle, revêtue d’une sanction juridique ; enfin l’una nimité des traditions populaires viendrait, pour peu qu’il parût nécessaire, en fournir l’éloquente confirL mation. D’ailleurs tout le moyen âge — l’ascétique moyen âge avec son fanatisme d’austérité fiévreuse et chagrine —a vécu, si l’on peut dire, en concubinage réglé avec les Invisibles.
Voulons-nous des faits modernes ? -— Les livres de médecine en foisonnent, et c’est au docteur Calmeil, pensons-nous, que revientl’honneur d’avoir introduit dans le langage médical le terme assez piquant (I) d’Hysle’rdde’monopaz‘hz’e.
D‘autre part, les mission naires catholiques en Chine (2) sont là pour nous ga rantir le caractère également épidémique et meurtrier 1“": (I) N’implique-t-il pas un aveu tacite et peut-étréinconscient? . (a) M. Gougenot des Mousseaux cite, entre autres, les RR. PP Desjlcques et Lemaitre, comme particulièrement édifiés sur le chapitre de ces incroyables épidé . ies.
Les Indigèn;s qui en sont atteints meurent à l’échéance de quatre àcinq ans, dans le marasme et la consomptmn. Un tromi‘eme missionnaire écrit: — u C'est une maladie presque en— démique de certaines provinces de la Chine que nous avons explorées; nous 'appelons la malaria du Diable. » (Consulter les Hauts Phéno mène: de la Magie, Paris, Plon,1854,in-8, pages 392-393.)
LES MYSTÈRES DE LA SOLITUDE 31 qu’afl'ecte en Extrême Orient ce mal étrange, sous l’étreinte duquel succombent des populations entières, et que les indigènes qualifient de commerce d’amour avec les esprits. Dans certaineâ6 conditions exceptionnelles, nous ne nions pas la possibilité de copulation avec un élémen taire condensé,‘ni celle du viol accompli par un ma— gicien noir, en sortie de corps astral...
Mais sur le mode de réalisation d’un tel acte, il convient de laisser un voile impénétrable: tout commentaire serait lui même criminel.
Pour en finir avec l’lncube et ses équivalents, il faut bien toucher un mot, aussi prudent que possible, du plus secret arcane de la théurgie pratique; effleurer ce que certains Pères de la primitive Église ont flétri de ces noms: mystère d’abomination, abîme d’inz’quité, honte du sanctuaire, éternel opprobre des hommes et des Dieux, tandis que les hiérophantes des nations y voyaient la Communion céleste et la Chaîne de me.
Ecoutons d’abord Quantius Aucler, ce fou si para doxal et parfois sensé , ce païen mystique du xvme siècle, qui prêchait aux sans—culottes le culte de Gérés et de la Grande Nuit: —— « Ce n’est pas ici le lieu de vous dire comment une femme peut penser que l’image des Forces de la Nature répandue dans sa personne; l’ordre de tous ses membres; la modestie, l’innocence et toutes les vertus dont sa taille, sa dé marche et son visage sont l’excellent tableau, puis sent plaire à une Intelligence Supérieure, et lui faire désirer de s’y mêler et d’en jouir: c’est ainsi que saint Paul prescrit que toutes les femmes soient voi— t.,,_ _‘,wM-.._..
3 2 L’INITIATION lées dans les temples, de peur que leur beauté ne cause des distractions aux Intelligences Supérieures qui assistent aux sacrés mystères... Vous aurez peine à comprendre comment les Dieux peuvent être épris de la beauté mortelle d’une femme et désirer de pos séder les signes que la beauté intellectuelle répand sur la forme extérieure. Vous connaissez peu l’amour l...
Comment une déesse peut s’adapter un corps solide et désirer de recevoir en son sein le symbole des forces et des vertus d’un héros ou celles d’un sage puissantù). » En transcrivant ces lignes embarrassées d’Aucler, nous ne prétendons ni les expliquer, ni moins encore entreprendre la justification de l’idée qu’elles trahis sent...
Cela dit, rappellerons—nous pour mémoire l’alcôve nuptiale et sacrée, tendue au sommet de la huitième des tours superposées, qui dominaient à Babylone la muraille du septentrion ? Là couchait, certaines nuits, la femme choisie par les Mages pour les embrassements du dieu Bélus.
Ce rite était commun d’ailleurs à tous les temples de l’antiquité païennei Les sceptiques, toujours prompts à fournir une explication superficielle et piquante des usages dont ils ne soupçonnent pas la portée, ne manqueront pas de produire à ce propos l’anecdote de Pauline — la prude et pieuse matrone, vendue à Mundus par les prêtres d’Ambis —— et d'insinuer plaisamment que les (I) La Thre’icie, seule voie des sciences divines et humaines, Paris, an VII de la Républ., in-8, pages I92 et 286-287, passtm.
LES MYSTÈRES DE LA SOLITUDE 33 : choses se passaient en tous lieux comme à Rome, en tous temps comme sous Tibère, les ministres du culte jouant assez volontiers, dans les cas analogues, le rôle du dieu... Loin de nous la prétention de nier. qu’il en fût parfois ainsi. Mais de la constatation d’une fraude éventuelle, conclure à la permanence, à l’ubiquité du charlatanisme et de l’imposture, c’est raisonner d’une sorte déraisonnable.
De pareils rites existaiènt—ils, oui ou non, dans la plupart des sanctuaires du vieux monde ? Qu’était-ce que l’Autopsz‘e des anciens mystères ? — Qu’appelait-on l’Etat pneumatique des Elus, au cours de la neuvième nuit des Eleusines? -— En quoi con— sistait proprement la Telétie, ou Possession extatique etjouissance des dieux de l'Hadès?
Qu’est-ce que certains kabbalistes appellent encore le Baiser du Serpent de Feu P Qu’entendaient-ils, en magie cérémonz’elle, par n:‘D‘JJ Shéekinah, la Présence réelle de la Divinité ?
A quel arcane enfin fait allusion Moïse au Vl° cha pitre de la Genèse: 1111:)": mm ni::rns mn'7sn un imu : m: 1x27»: 5373 mm mm 1npu nm Abstraction faite du sens hiéroglyphique pur, quelle signification positive attribuer à ce verset 2, ainsi rendu par Fabre d’Olivet: — Et ils considérèrent, les Fils de Lui—les-dieux, ces Filles d’Adam, que bonnes elles étaient: et ils prirent pour eux des 2
34 L’INITIATION épouses—corporelles de toutes celles qu’ils chérirent le plus (1) ? Il doit nous suffire, pour cette fois, d’avoir attiré sur ces replis du serpent l’attention des esprits auda cieux, investigateurs sans défaillance, que le respect humain n’a pas encore figés dans un entêtement de négation a priori.
Ceux-là n’ont pas peur d’encourir l’excommunication majeure du ridicule que le vul gaire attache à la recherche de ces mystères trou blants.
En somme, et sans revenir outre mesure sur des théories que nous avons établies assez au long dans ce chapitre, ni sur des principes généraux dont il est loisible à chacun de tirer les conséquences détaillées et des adaptations spéciales au problème de l’Ephialte, disons, pour conclure, qu’en règle générale il faut voir, dans les lncubes et les Succubes, des larves de luxure, engendrées à foison, partout où des humains se laissent rouler sur la pente des concupiscentes rê— veries que leur suggère un célibat contraint.
Le célibat rigoureux est un outrage à la mère nature. Tous les êtres, en effet, se manifestent en mode bissexué, sur ce plan physique de la déchéance : ils ne peuvent être restitués dans leur plénitude onto logique, progressivement rendus à leur intégrale unité, que par la fusion des électricités complémentaires et la clôture du circuit qui va d’un pôle à l’autre.
On sent bien que nous ne parlons point seulement au physique, mais au moral surtout età l’intellectuel. (1) Langue hébraïque restituée; Paris, 1815, 2 vol. in-4, tome II. Cosmogonie de Moïse, p. 177. 1.-..Æ
LES MYSTÈRES DE LA SOLITUDE C’est ce qu’on pourra mieux saisir au chapitre sui vant, où nous exposerons la grande loi généralement insoupçonnée de la polarité double et quadruple dans l’Androgyne humain..... Les deux pôles positif et négatif ne valent que l’un par l’autre; de l’un comme de l’autre, l’isolement fait un non-sens.
Telle est la règle. * Voici l’exception : dans deux cas seulement, l’homme ou la femme peut logique— ment s’abstraire : 1° En vue de l’acquisition de certaines facultés ma giques, ainsi que nous comptons le détailler ailleurs; 2° Pour la pratique d’un mysticisme particulier, tout d’abne’gaz‘z’on et de renoncement final, où tendent intuitivement ceux-là qu’une irrésistible vocation pré— destine à la vie religieuse, dans le sein de telle com— munauté. des ordres dits contemplafifs.
Ces deux cas limitatifs mis à part, la solitude sexuelle n’a pas d’excuse, et quand elle se prolonge, on sait maintenant à quoi s’exposent ses fervents..... Nous l’avons dit : tous les êtres constitutifs de l’Univers-vivant sont comme Lui androgynes; ils se manifestent par le binaire, en mode d’antagonisme équilibré.
Ils ne peuvent se produire et se reproduire dans le temps et l’étendue qu’à la faveur d’une double polari sation, d’un schisme en deux natures dont l’hostilité n’est qu’apparentè; car les deux pôles ne s’opposent l’un à l’autre que pour être unis: le Vide appelle le Plein ; le Plein recherche le Vide. Et ces termes complé— mentaires du grand arcane de la Vie n’ont de valeur et de raison d’être que dans la nécessité-de leur mu—
3 6 L’iN lTIATION tuelle pénétration: isolés, ils ne sont rien et ne peuvent qu’efforts stériles, subversion, désordre... Que serait le Père Divin, sans la Mère Céleste?
Que serait le Iod sans le Hé P , Dieu lui-même ne se manifeste que par l’intermé diaire de son épouse, la Nature—naturante, dont le rôle est de fournir aux principes qu’ll déploie une substance plastique où s’informer et s’objectiver. —— L’Esprit demeurerait incompréhensible, sans la Vie qui le réactionne en le réfléchissant; la Vie demeure— rait un non—sens informe et chaotique, à défaut d’Es— prit qui l’élaborât.
Céleste et mutuel amour des deux facteurs de l’Unz‘uers—essence : Esprit et Vie! Le Verbe rayonne à jamais dans l’harmonie de leurs noces indissolubles.
Aussi le kabbaliste fameux Rabbi Shiméon ben Jocka‘i, s’efforçant d’exprimer le non-être initial, ou plutôt (car il n’y eut pas de commencement au sens où l’on croit d’habitude) l’inanité respective des deux Principes abstraits l’un de l’autre, dit—il : : pas: pas pnuwn un s5 ( Non respiciebatfacies adfaciem... p (SIPHRA D’ZENIHOUTHA, I, a.) Il faut que les deux faces d’En Haut se regardent: c’est alors — mais alors seulement —- que l’Eternel masculin et 1’Eternel féminin se révèlent l’un à l‘autre, dans un baiser d’où naît perpétuellement 1’Etre. Ces principes sont d’ordre absolu ; ils portent en
LES MYSTÈRES DE LA SOLITUDE 37 vç}“‘5 eux l’évidence de leur rectitude... Mais, puisque nous avons ouvert le Zohar, nous ne le refermerons pas sans en avoir préalablement transcrit un autre texte, où la mutualité créatrice des célestes époux est rendue par une image étrange et sublime : — « Le Feu (lit-on dans les Commentaires) avait jailli du Iod paternel de Dieu, comme un serpent, et, sous son étreinte, la terre allaitpérir dévorée, quand la Mère Céleste — que béni soit son nom ! —- suscita les vagues marines, qui vinrent aj]‘luer, libératrices, sur la tête brûlante du serpent. » L’arcane universel de la Vie réside en l‘incessante réciprocité des deux qui ne font qu’un. -— L’isole ment définitif des facteurs complémentaires de l’Etre ferait, en réalisant la suprême solitude, fiamboyer sur le mur de la nuit, désormais sans aurore, une sen— tence qui serait la révélation soudaine de l’absurde et du néant : la formule du grand Arcane de la Mort éternelle. FIN. STANISLAS DE GUAITA. ’%
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE EA «Œvau DE Ÿ6AlÆl‘ll‘ll‘l A mes frères et mes sœurs de l’Église Gnostique répan dus dans les ténèbres de ce monde Hylique. I l’aborde la gnose de Valentin. C’est la gnose complète. Je l’aborde avec foi, en thousiasme et tremblement, carje sens que l’heure est venue où la Doctrine longtemps muette, longtemps cachée, longtemps persécutée, va jeter sur les hommes de cette fin de siècle sa clarté salutaire et libératrice. Je remercie Papas de m’avoir ouvert l’Initz’atz‘on, pour cet apostolat gnostique. Le jour n’est pas loin où je pourrai avec l’aide des Saints Bons exposer en public, devant les hommes de bonne volonté du grand et noble Paris, l’Evangile pour lequel ont vécu, lutté, souffert, pleuré, versé leur sang, les martyrs,
LA GNOSE DE VALENTIN 39 .. z..r.,.._.........æ . v‘u—n1-..œw»__.—«-.- _.....Mv.z:m.wxvr..æmhä_A—_t—’ les apôtres, les docteurs et les initiés depuis Simon le Mage jusqu’au glorieux Albigeois. Notre âge est vraiment privilégié. Il voit refleurir la Kabbale, la Théosophie, l’Initiation, l’Astrologie, la Science occulte. Il assiste à un réveil prodigieux. Toute une constellation d’esprits éminents resplendit ’ dans son ciel psychique.
Des revues, des journaux, des livres, répandent la lumière de l’Orient sur notre terre occidentale. L’absolu se manifeste. N ’est-il pas juste que la gnose qui a rayonné pendant plusieurs siècles et qui s’est presque éteinte, reparaisse à son tour dans le firmament des âmes ? Je ne suis qu’une voix qui la proclame, cette voix ne résonnera pas dans le désert. Mais que tout profane s’écarte.
Nous ne jetons pas les perles d’Ophir devant les Hyliques ignorants. Il v Le principe de la Gnose est celui—ci: .. L’ABSOLU ÉMANE DES FORCES DIVINES QUI SONT SES HYPOSTASES. CES ÉMANATIONS SONT PROJETÉES PAR cou PLES (Syzygies) DE SÉRIES DÉCROISSANTES, CE SONT LES ÉONS. Atèç xozl 1:06; Aîôivocç ë-mzrjoe, dit Apollos dans l’épître aux Hébreux (t. Il).
Au commencement était le SILENCE, Eon éternel, source des Bons, l’invisible Silence, l’innommé, l’in— eflable, l’ABîME; la langue vulgaire l’appelle Dieu. Principe et cause, infini, enveloppé de soi—même, il n’agissait pas. Mais dans son silence inviolé deux
40 L‘INITIATION « générateurs », le principe mâle et le principe femelle, l’un, le mâle, illuminateur d’en Haut, l’autre, le femelle, illuminateur d’en Bas, contenaient la ra cine, la source de l’Être, ou plutôt étaient eux-mêmes la racine et la source. ' L’ABÎME (Buthor), s’enveloppant ainsi soi—même, se contemplait avec sa coéternelle épouse, la PENSÉE (Ennoia).
Silencieuse comme Lui, Ennoia recevait dans cette inexprimable embrassement le germe fécond, le germe divin des Emanations. C’est par Ennoia que l’ABIME allait engendrer. Car il était amour, et l’amour aspire à se répandre. Et il n’ya pas d’amour qui ne veuille quelque chose à aimer.
Il] L’ABÎME voulut donc se répandre, et avec la Pensée il émane l’INTELLIGENCE, l’Eon Noûs, le premier-né (Monogênes), seul capable de comprendre la grandeur de son Rêve. C’est le premier des Eons, l’ ’Apxw'1, il est mâle, et Dieu se révèle par lui. L’acte qui l’émane émane en même temps sa compagne, sa parente, l’absolue VÉRITÉ (Alêtheia), Eon femelle à côté de ql’Eon mâle, subjectivité à côté de l’objectivité.
C’est ainsi que se constitue la première Tétrade. 1 -— 2. Sigê-Ennoia(Silence et Pensée). 3 — 4. Noûs-Alêtheia (Intelligence-Vérité). Cette première tétrade est la manifestation inté rieure, interne, de l’Absolu. ' Les Eons sortis de Dieu émanèrent à leur tour
u...tn,,.,{_,.—« . 7 .w_.. p’vv‘8— rs*—w;ÿl‘..’1‘: vs.: .-.;:»—.—<nr.*.". "mm 1ñn."I‘ ‘.: m g“fi:äh«v? ' LA GNOSE DE VALENTIN 41 comme Dieu. Noûs et Alêtheia engendrèrent la PAROLE et la VIE (Logos et Zôê). Logos et Zôê éma— nèrent l’ESSENCE-HUMAINE (Anthropos) et l’ASSEMËLÉE (Ecclésia). On doit savoir qu’Anthropos est l’Homme— Type dont notre Humanité n’est qu’une copie loin— taine, et qu’Ecclêsia est l’Ensemble du Cosmos.
De sorte que Anthropos, mâle, et Ecclésia, femelle, sont les deux archétypes du monde de l’Intelligence et de celui de la matière. C’est la seconde tétrade. 5— 7—. Logos-Zôê. Anthropos—Ecclêsia. 6. 8.
Avec la première tétrade, cette deuxième tétrade constitue l’Ogdoade qui condense les ineffables beautés de l’UN, de l’ABSOLU. ç IV Comme leur Père, les Eons allaient émaner, tou« jours par syzygie, par couple, par principe mâle et par principe femelle. Logos et Zôê émanèrent donc et projetèrent : r —-— 2. — Bythios et Mixis. 3 — 4. — Ageratos et Hénosis. 5 — 6. — Autophyès et Hedonê. 7 — 8. — Akine’tos et Synkrasis. 9 -— 10. — Menogenês et Makana. Ces dix Eons forment la Décade.
......pam .. 7v.:_ ..s_ -H......... , . .- .. _ . V_. , . . w(\ 4.2 L’INITIATION Anthropos et Ecclésia émanêrent et projetèrent: I — 2. -— Paraclutos et Pistis. 3 — 4. — Patricos et Elpis. 5 — 6. — Mêtricos et Agapê. 7 — 8. — Aeinous et'Sunêsis. 9 -— 10. — Ecclésiasticos et Makaridès Il — 12. —— Telêtos et Sophia. Ces douze Eons forment la_Dodécade.
La réunion de l’Ogdoade, de la Décade et de la Dodécade, manifestant par degrés successifs etdescen« dants l’ABSOLU, constituent la PLENITUDE, ou, pour parler le langage de Valentin, le PLÉROME. Chacun des Eons est une hypostase de la vie de l’ABîME DIVIN, un type qui le reproduit, un échelon mystérieux pour monter jusqu’à lui. L’Ogdoade est plus élevé que la Décade, et la Dodécade moins élevée.
Valentin disait avec Paul (Colossiens, II, 9): « En elle habite le PLÉROME de la divinité. » — « ’Ev ou’rrq) xoz‘cozxeï 7räv -rô HÀfipwy.a T‘IÎG ®eéw,-roç. » ‘ Ces notions contiennent l’essence de la Théologie du grand Valentin. Vous devons maintenant exposer avec la même clarté simple et sans emphase la cos— mogénie de ce docteur de la Gnose. V Tous les EOns émanés de l’ABîME ne connaissaient pas son essence, sa nature.
Seul, Noûs (l’intelligence) la Connaissait, étant le principe mâle sorti de lui et d’Ennoia. «Personne, disent Matthieu et Luc, ne con
. . 's.?"æ—-_Ir_-.-- - =*-' n! hl ’ LA GNOSE DE VALENTIN naît le Père, si ce n’est le Fils.» (Matth., XI, 27; Luc., x, 22.) Cette science parfaite cependant était ambitionnée par tous les Bons. Ils émanaient de Dieu, ils tendaient à Lui, ils l’aimaient, ils étaient dévorés du désir insa— tiable de le connaître. Noûs leur aurait communiqué cette science parfaite si le SILENCE éternel le lui eût permis. Mais il ne le permit pas.
Par suite de l’émanation à mesure que les Eons émanés s’éloignaient de leur source, du foyer de l’In— fini, leur ignorance de ce mystère ineffable allait. croissant et leur langueur s’augmentait. Leur insa tiable désir devenait une véritable sOuflrance. Cette souffrance, SOPHIA la ressentait à un degré incalcu— lable. Elle était le dernier Eon de la Dodécade, le ' plus loin du Père, par là même le plus ignorant du secret de sa Natu’ie.
Unie à Thélêtos (volonté), elle ne pouvait supporter son principe mâle. Elle avait soif de l’ABiME. Elle désirait s’unir avec Lui. Elle aimait la source des émanations, le père des Bons, le premier Eon. Elle luttait ainsi contre l’impossible. Et dans la violence passionnée de cette lutte, elle se serait perdue, anéantie, si la LIMITE, l’Eon Horos, ne lui avait été envoyée par SlGÊ (le Père).
Horos fit rentrer Sophia dans les limites de son être, dans les bornes de sa nature. Emané pour restaurer l’harmonie du PLÉROME troublée par les langueurs de Sophia, Horos se sentit impuissant à remplir toute sa mission, car, dans sa passion d’amour indicible, Sophia avait déjà gravi les sublimes échelons de la PLÉNITUDE. Il fallut aider Horos. C’est pourquoi, Noûs émana
44 L’INITIATION un couple nouveau: CHRIST et PNEUMA (l’Esprit). Ces deux Eons devaient pacifier le monde divin du Plérome. Christ apparaissant aux Eons leur expliqua le dé ploiement de l’Absolu, ses lois, ses règles, ses exigen ces, sa norme.
Grâce à lui, les Eons comprirent que l’Absolu, incompréhensible en soi, ne peut être perçu et saisi que par ses manifestations, ses éma nations, son devenir successif et que son incom municable essence reposait dans l’éternel SIGÊ (Silence). _ Après Christ, Pneuma parla aux Eons et leur en seigna la sainte résignation et la sainte paix de l’ac— quiescence. Vl Cependant les langueurs de SOPHIA n’avaient pas été stériles.
Sans le secours de son parent VOLONTÉ, elle avait enfanté d’elle—même, durant ses ardeurs inassouvies, un Bon femelle émané de son désir de s’unir à l’ABîME. Cet Eon, Acmno+rx, ou SOPHIA-TERRESTRE, préci pité en naissant du Plérôme, exilé *dans le chaos, errait hors des limites du Monde divin que lui barrait impitoyablement Horos. Achamoth,en tombant du Plérome, avait eula vision rapide de la Lumière ineflable qui lui était ravie. Le sentiment de sa chute, la pensée torturante de son isolement la poursuivaient dans son exil. On pourrait
LA GNOSE DE VALENTIN 45 lui appliquer ces beaux vers du poète ésotérique La , martine : Tout mortel est semblable à l’exile‘ d'Eden, Lorsque Dieu l'eut banni du céleste jardin ; Mesurant d'un regard les fatales Limites, Il s'asstt en pleurant aux portes interdites. Il entendit deloin, dans l'immortel séjour, L’harmonieux soupir de I'Eternel amour. Souvent l’infortunée s’élançait jusqu’aux confins de la Plénitude.
Horosla repoussait, comme l’archange au glaive flamboyant de la Bible repoussait Adam et Eve des portes resplendissantes du Paradis. Alors, Achamoth roulait dans le vide et pleurait : 4 Borne’ dans sa nature, infini dans ses vœux, L'Homme est un Dieu tombé qui se souvient des Cieux. De ces larmes sacrées naquit l’élément humide. De cette tristesse Auguste sortit la matière. Alors, Horos eut pitié d’Achamoth.
Il émana pour la consoler l’Eon Jésus, dont elle devint la compagne et qui fit briller sur elle un reflet du Plérome. Ainsi rachetée et réhabilitée, Achamoth émana trois éléments: le Pneumatique, le Psychique, I’Hylique. De ces trois éléments elle forma le DÉMIURGE, ouvrier inconscient des mondes d’en Bas.
VII DÉMIURGE, qui avait en lui tout à la fois le reflet du Plérome et l’élément naturel, sépare le principe hylique du principe psychique, primitivement confon dus dans le chaos, et en créa six mondes gouvernés
46 L’INITIATION par six Eons. Ces six mondes sont les sphères d’en haut, la zone sextuple du Firmament. Avec le principe hylique, Démiurge organisa le monde matériel : « Ce monde subsiste en Dieu, disait Valentin, comme une tache sur une tunique blanche. L’Eon de ce monde matériel est Satan, appelé aussi l’Archôn de ce monde par saint Paul. Satan est né de la matière, en même temps que son escorte d’esprits pervers.
Bientôt Démiurge voulut combattre la méchanceté de Satan. Il lui opposa un adversaire, l’HOMME. L’âme de l’homme est formée d’un rayon du prin cipe psychique ; son corps, d’un fragment hylique de la matière. Achamoth insinua alors dans l’homme un germe pneumatique. De là la triple nature de l’homme. Démiurge fut jaloux de son œuvre quand il vit qu’elle était ennoblie par le germe pneumatique, étin— celle du Plérqme.
Pour se venger, il imposa à l’homme l’obligation de s’abstenir du fruit savoureux de l’arbre de la Science du Bien et du Mal. L’homme désobéit à cette loi, se révolta contre Démiurge et fut chassé du Paradis. Une triple enve loppe hylique empoisonna son âme.
Démiurge le sou mit aux appétits des sens et lui donna le goût des vo— luptés, afin d’étouffer en lui le germe de la lumière, la clarté pneumatique que lui avait donnée Acha— moth. \ Achamoth bienfaisante et douce, pitoyable et ma— ternelle, Achamoth, « sel de la terre » et « lumière du monde », donna alors à l’homme la GRACE, cet invi
LA GNOSE DE VALENTIN sible secours qui lui permet de résister aux natives concupiscences. Les hommes sont divisés en trois classes : Les Pneumatiques ou Gnostiques, esprits supé rieurs et initiés, qui suivent la lumière d’Achamoth ; les Psychiques, flottant entre la lumière et les ténè bres, entre Achamoth et Démiurge; les Hyliques, sujets de Satan, dont l’âme est matérielle et qui seront anéantis.
Sera, ABEL, CAÏN,, représentent ces trois catégories. Vlll Il nous reste à exposer la Rédemption, d’après Va— lentin. Notre monde à nous Hommes a été racheté par l’Eon Jésus. Il est venu par le canal immaculé de 1’Eon MIRIAM que nous nommons Marie. L’Eon Jésus n’a rien de matériel. Il est formé d’un principe psychique emprunté à Démiurge et d’un corps astral.
Il est animé par CHRIST, qui quitta le Plérome et se reposa sur lui, en lui communiquant la puissance absolue sur le monde de Satan. Son enseignement a racheté et rachète encore les Pneumatiques. Au moment de la Passion, Christos, Eon impassible7 le soutint et le fortifia. La Croix (Stauros),devenue la limite qui sépare les Pneuma tiques des autres hommes, est le symbole sacré de la Gnose. Telle est, dans son ensemble, la doctrine de Valen tin. Elle répond à toutes les difficultés. Jamais l’Ab
48 ' L’INITIATION Ww solu ne s’est manifesté plus lumineusement que dans cette admirable épopée qui se passe successivement dans les trois mondes. Il resterait à parler de la morale Gnostique. Qu’il suffise maintenant de dire qu’elle proclame Dieu innocent du mal, de la douleur et de l’injustice. L’origine du Mal nous fournira la matière d'une autre étude.
Veuille 1’Eon qui accompagne chacun de nous nous éclairer, nous illuminer, nous purifier. ’Ayfiv! JULES STANY DOINEL. “lÎIHRHNlWE ÊGlENTlFlQUE LA LITTÉRATURE MAGNÉTIQUE ÉËræs Mystères du Magnétisme, un roman de Ray— mond Maygrier, ont paru ces jours derniers chez Dentu (1 vol. in—12, 320 pages, 3 fr. 50). Ce roman est honoré d’une préface de notre savant confrère -— et plus excellent vulgarisateur encore — le docteur Monin.
Analysons d’abord cette préface, sur laquelle nous avons maintes réserves à faire. Au sujet des expériences publiques, si propres et si promptes à détraquer qui les voit ou qui s’y prête, nous partageons entièrement l’avis du docteur Menin, elles sont nuisibles et doivent être prescrites. C’est l’avis que — non seul de notre avis, mais seul ora
CHRONIQUE SCIENTIFIQUE tout — nous avons défendu au Congrès magnétique znternatz’onal, tenu à Paris du 21 au 27 octobre der nier et dont nous étions vice—president. Donato, Reybaud et autres'expérimentateurs publics n’étaient pas de notre avis, et cela se conçoit.
Cependant ren dons-leur ici justice, ces expériences —- à un moment donné — ont forcé l’attention du grand public, et par suite cette ennemie de tout progrès qui la gêne —— à s’occùper du magnétisme animal sous le nom d’hyp— notisme. Heureuse de ressusciter un des siens — mort oublié et méconnu, c’est le sort des novateurs— elle a exhumé (la science officielle) le médecin James Braid, de Manchester, et a démarqué le linge d’autrui.
A quoi bon d’ailleurs adorer ce qu’on a brûlé — ou à peu près ——selon la parole éloquente de l’évêque saint Remy au roi Clovis, qu’on peut parodier à l’usage des Académies. Il y a des abdications d’orgueil que l’on ne peut faire. Songez donc, 6 hommes, renier les prétendus progrès que l’on a cru faire et qui vous ont illustré, c’est trop demander à notre malheureuse espèce humaine!
Et cependant, savants qui dédai gnez de vous incliner devant la vérité, vos erreurs et vos tâtonnements —— ne l’oubliez pas -— ne sônt pas perdus et même détruits, ils vous ontillustrés. Donc, inclinez-vouS devant les magnétiseurs, de l’héritage desquels vous n’avez pris que la plus mauvaise part, le sommeil provoqué par les agents physiques. Ils ont détraqué parfois, et vous les imitez.
Les tréteaux des hôpitaux vous servent à des exhibitions grotesques où les sujets vous raillent — oh ! derrière vous, mais c’est déjà trop. — Dans ces séances malsaines, vous - <-w-—-æ,-ilœvw‘I—_‘
50 L’INITIATION 0 compromettez vos personnes, et surtout -— chose plus grave — la science que vous voulez préconiser est bien en danger entre vos mains. C’est un puissant agent de guérison — le magnétisme humain, dont l’hypnotisme n’est qu’une bien faible partie — mais ce n’est pas une panacée. Le magnétisme est inoffen— sif; l’hypnotisme, parfois dangereux.
L’un peut se passer du sommeil — c’est une action contagieuse de la santé — l’autre l’exige toujours. ’ Les expériences publiques ont eu des dangers par leurs exagérations. Mesmer avait, dans ce sens , ouvert la voie, et ce sont les crises qu’il a provoquées qui ont — qu’on nous passe l’expression — coulé lui et sa cause. Pourquoi retomber dans ces errements?
C’est que le public exige—quand des connaissances, qu’il n’a pas sucées avec le lait de sa nourrice, cho— quent son prétendu bon sens — des phénomènes abracadabrants. Pourquoi oublier que l’Académie de Médecine a refusé d’admettre la magnétisme animal, parce que, cherchant le merveilleux, elle ne l’a pas trouvé? Profitons, une fois pour toutes, des exagéra tions de nos devanciers et n’y retombons pas.
Ne nous associons cependant pas à des larcins, à des démar cages de linge, et rendons à César ce qui appartient à César et aux magnétiseurs ce qui leur appartient... la découverte du magnétisme.
Exigeons d’eux des connaissances spéciales , un diplôme particulier comme je l’ai exposé dans mon mémoire présenté au Congrès magnétique international (Le Magnétisme 1 devant la loi, I brochure in-12, 50 pages; Carré, édi— teur, I fr."), soit; mais ne localisons pas le magnétisme
CHRONIQUE SCIENTIFIQUE 51 — je ne dis pas l’hypnotisme, qui n’en est qu’un frag ment -— aux seuls médecins qui souvent n’y enten dent rien. La clientèle absorbante, la routine et les préjugés les dominent souvent trop.
Et comme je m’associe au docteur Monin quand il dit : « Ce que nous demandons, c’est qu’on imp‘rime à ces études une direction sérieuse et scientifique; qu’on les réglemente et surtout qu’on les interdise à tout charlatan, diplômé ou non, suspecté d’en faire usage. » Mais nous ne nous sommes pas, nous, seulement associé, en pensée, à ce vœu, nous l’avons formulé à notre Congrès ouvert — contrairement à celui des hypnotiseurs qui ont craint la contradiction !
Avaient ils donc ainsi le sentiment de leur insuffisance! —— Et ce qui plus est, ce vœu que nous avons émis a été voté, et les magnétiseurs ont nommé leurs vieux ennemis, les médecins; c’est là un oubli de soi— même, digne d’être donné en exemple.
En effet, le Congrès magnétique a nommé une Commission scientifique des Hautes Études Magné— tiques, indépendante de lui-même, avec le comman— dat de Rochas, administrateur de l’École Poly technique comme président, le capitaine du génie Colson, les docteurs Baraduc et votre serviteur, chers lecteurs, comme membres.
Nous travaillons, nous, et la science officielle, qui paye ses sujets, croit à des résultats erronés, tandis que nous, impartiaux, noüs souciant peu des appellations jalouses de nos contem« porains, nous émettons et suivons cette loi: « Il n’y a pas de religion plus élevée que la vérité. »
52 L’INITIATION .., ... Aussi la dite science officielle arrive à ce résultat faux et dangereux — que de toute notre énergie nous avons combattu dans notre mémoire du Congrès -— que la volonté humaine est un mythe!
Et là encore, nous nous associons à notre savant confrère le doc teur Menin : « L’hypnotisé est loin d’être l’instrument passif qu’on se figure: sa liberté morale ne sombre pas entièrement. » ' Pour nous, elle ne sombre pas du. tout, et là, nous prions encore le lecteur de se reporter à notre mémoire, pour être — sinon convaincu — au moins forte ment ébranlé, dans le sens de nos propres idées.
Quant au roman lui—même, M.Raymond Maygrier le fait rouler sur le Magnétisme et le Spiritisme et sur leurs phénomènes troublants. L’auteur n’est pas un croyant aux esprits et il attribue les faits qu’on leur prête à des causes matérielles encore inconnues. C’est là une opinion que nous partageons.
« Voyons, fait-il dire à son principal héros, en toute conscience, est—il raisonnable de prétendre qu’un esprit qui fut sur la terre un grand penseur, un poète, un savant, s’amuse à remuer une table, un lit, une chaise, quand ce n’est pas un chapeau P... C’est lui faire, assurément, peu d’honneur.
Parce que vous placerez, d’une certaine façon, vos mains sur un guéridon, il faudra qu’aussitôt cette âme d’élite aban donne tout pour venir se mettreà la disposition d’une vieille fille ou d’un charlatan quelconque? Non l... le spiritisme, compris de la sorte, est faux, et ceux—là seuls le défendent qui ont pour cela un intérêt puis
CHRONIQUE SCIENTIFIQUE 53 saut. Ce que j’admets, c’est l’existence d’une force inconnue et terrible, allant, dans certains cas, jusqu’à détruire des lois connues , établies depuis long temps... » Et plus loin ce dialogue: « Si on rendait au cerveau ce qui lui manque (par le magnétisme)? —Tu touches àde graves questions que ne se permettrait pas de ' soulever Charcot. Bernheim, lui—même, hésiterait à proclamer ce que tu avances...
Tu parles comme un profane... » . ‘ Ces dernières phrases sont sans doute une ironie sous la plume aiguisée du magnétiseur Raymond, de l’1nitiaz‘ion. Admirez cette leçon d’humilité donnée par un autre magnétiseur, le héros du livre, félicité d’avoir guéri un malade abandonné de la Faculté: « Je ne permettrai jamais au meilleur de mes amis de me poser en adversaire des médecins.
J’ai obtenu, je l’avoue, un résultat curieux à noter chez un pauvre diable perdus. Faut-il en conclure forcément que le magnétisme en est la cause... unique? Le premier étudiant eût opéré de même. » Les trucs qu’utilisent les médiums, les jours Où leur force... psychique (d’après Crookes) manque, sont dévoilés. Au milieu de ces idées sérieuses et attachantes se déroule un roman d’amour non moins attachant, mais qui a le tort de finir tristement.
En résumé, les Mystères du Magnétisme sont bien et simplement écrits; ils constituent une œuvre forte, utile et saine! . D' V. F OVEAU DE GOURMELLES.
54 L’INITIATION Œs ‘Scxnucx ©ccumx APPLIQUÉE A L’ÉCONOMIE POLITIQUE CONFÉRENCE PAR M. JULIEN LEJAY Avocat à la Cour d‘appel de Paris, Secrétaire de la Rédaction de l‘Initiation. (Suite) Dans la société au contraire nous voyons des indi vidus s’approprier des parties du sol.
Ici le corps social ne constitue plus un support commun protégeant tous les organes également et en vertu d’une loi de l’organisme, mais un support mobile et soumis a l’influence des diverses cellules. Nous verrons les conséquences de cette infraction à la loi organique, comme de toutes celles d’ailleurs ' que nous allons constater dans notre quatrième et dernière partie.
Si nous examinons maintenant le ventre de l’homme, nous voyons sans peine que les organes et les cellules qui le composent ont un but unique: la fabrication de l’élément matériel, et forment ce que l’on appelle l’appareil de nutrition.
Cellules et organes coopèrent, chacun de leur façon, à cette fonction, mais nous avons vu comment et en vertu de quelle loi le travail est divisé, mais il est aussi organisé; c’est en vertu d’une loi générale de tout l’organisme que chaque cellule, que chaque organe accomplit tel travail plutôt que tel autre. Remarquons enfin que cellules et organes ne con
LA SCIENCE OCCULTE 55 somment pas le fruit de leur travail, mais l’aban donnent à l’appareil de nutrition tout entier qui réu nit les divers éléments constitutifs du sang et va les remettre à l’organe distributeur dont la mission est de les lancer dans la circulation générale où cellules et organes puiseront la vie. Résumons ces données: Nous avons division, organisation et corporz‘satz’on, si je puis m’exprimer ainsi, du travail de nutrition.
Chaque cellule a un travail propre, mais ce travail est soumis à la loi de l’organisme; il n’a pas pour fin directe le développement de la cellule qui le fait, mais la production d’un des facteurs dont se compo— sera le sang qui dispense la vie au corps tout entier.
Que se passe-t-il dans la sociétéz’ Nous remarquons bien des organes : l’agriculture, l’industrie, la maz’md’œuvre, etc. Mais sont-ils coor donnés P Il est facile, hélas, de se rendre compte que non.Agri—l culteurs, industriels,financiers ne remplissent pas un travail social, mais un travail personnel, et ce n’est que leur intérêt personnel et non l’intérêt social qui guide leurs travaux.
L’ordre apparent qui règne entre ces divers organes n’est qu’un équilibre plus ou moins stable entre les intérêts généraux de ces organes libres ; de même que dans chaque organe il n’est dû qu’à l’équilibre instable des intérêts particuliers, dont la concurrence est le balancier. Agriculteurs et industriels, avons-nous dit, ne sont guidés que par leur intérêt personnel. Comment cela se peut—il faire P Dans le corps, nous avons vu que
56 L’INITIATION chaque cellule abandonnait le fruit de son travail à l’économie générale qui le lui rendait sous une forme parfaite, le sang. Il n’en est donc pas de même dans la société ? Évidemment non. Ici chaque travailleur conserve le fruit de son travail et le transforme lui-même en sang, c’est-à-dre en monnaie. Mais ce sang social vient-il au moins d’une source unique i’ Est-il canalisé?
A-t—il une circulation régie par une loi générale de l’organisme ? Non ! La mon— naie va et vient, circule sans loi au milieu du corps social, afflue ici, manque la selon les hasards et les caprices de la production et de l’échange de cellules individualistes et égoïstes. C’est l’lncoordination dans la circulation comme dans la production! Mais ne sommes-nous pas en présence d’une nouvelle infraction à la loi de l’organisme?
Le ventre de l’homme n’a qu’une seulefonction, c’est la nutrition. Ici nous voyons la nutrition et la circulation confon dues. Dans l’homme le ventre est le centre de la nutrition ; la poitrine, le centre de la circulation.
Dans la société le ventre contient à la fois et nutrition et czrculatzon; reprenons les autres' différences que nous avons constatées, l’incoordinahon des organes et le travail égoïste des cellules, et nous aurons un résumé des infractions à la loi de l’organisme dont nous mon— trerons tout à l’heure les conséquences. Passons à la poitrine.
C’est dans la poitrine humaine, avons—nous dit, que vient se condenser le fruit du travail de toutes les cellules et de tous les organes du ventre, le sang; il se vivifie sous l’action
LA SCIENCE OCCULTE 57 des poumons, passe au cœur et de là irradie dans tout l’organisme qu’il régénère. C’est ce que l’on appelle la circulation. ' Nous voyons là l’élément mixte qui doit unir la poitrine auventre. Quel est l’élément qui l’unit à la tête et en fait bien ce terme médian dont nous avons parlé au début, destiné à équilibrer ces deux contraires le ventre et la tète?
Cet élément c’est le grand sympathique : Indépendant de la volonté, il est le ré gulateur de tous les organes qui fonctionnent sans l’intervention de celle-ci, par exemple, le cœur, le foie, l’estomac. Si maintenant nous cherchons quelque chose d’analogùe dans la société nous n’ytrouvons rien. Nousavons— vu que le ventre avait absorbéf,la cir culation. La tête a absorbé l’administratz’oh.
Le terme médian n’existe pas dans la société; les deux contraires, l’Etat et le peuple, sont en présence; si la loi occulte est vraie, ils doivent s’opposer cons tamment l’un à l’autre; l’ordre ne peut pas régner dans la société parce qu’il n’y a pas d’équilibre. Nous verrons bientôt ce qu’il en est. Lorsque je dis que le terme médian n’existe pas, j’exagère évidemment.
S’il était complètement absent, la société ne serait pas ce qu’elle est actuellement nous aurions l’anarchie ou le despotisme bien nets. Ce terme médian existe à l'état embryonnaire : il se manifeste dans l’économie , par l’intervention de l’Etat dans la production et la circulation, dans l’ad— ministration par l’autonomie relative de certaines autorités locales; c’est là évidemment une circulation et une organisation bien élémentaire! Qu’est-ce en
58 L’lNITIATION effet que cette intervention intermittente et particu lière de la volonté sociale à côté de l’action constante, régulière et générale du cœur et du grand sympa thique? Quoi qu’il en soit, nous voyons là un essai d’organisation générale, une réaction lente du prin cipe social contre le principe individuel, une confir mation de la loi qui veut que les organes dépendent de l’organisme et non l’organisme d’un organe quel conque.
Comparons enfin la Tête et l’Etat. Tête et Etat représentent la volonté : la volonté de l’individu, la volonté de la société! La volonté est produite au moyen d’un organe par ticuliâ le cerveau, qui, comme tous les autres organes, reçoit le sang nécessaire à sa vie et à son développement, de la circulation générale dont la poitrine est le centre.
' Si nous examinons cet organe, nous voyons qu’il est composé de cellules spéciales, cellules affinées, quintessenciées, subtilisées par l’organisme tout entier La volonté dans l’homme est donc le produit d’un organe spécial, le cerveau, nourri conformément à la loi de l’organisme tout entier mais composé de cellules particulières.
Dans la société l’Etat, organe de la volonté, ne reçoit pas la monnaie, ce sang social, d’une circula tion générale qui n’existe pas ; il la reçoit en vertu d’une circulation particulière, l’impôt, qui part du ventre pour arriver jusqu’à lui. Économiquement, l’Etat ne semble pas faire partie intégrante du corps social; il s’en détache presque et n’est relié à lui que
LA SCIENCE occu LTE 59 par une espèce de cordon ombilical qui est l'impôt! Cette opposition était encore plus frappante avant 1789, alors que tous ceux qui touchaient à l’Etat ne payaient pas d’impôt. Depuis, le cordon s’est élargi, mais au fond la situation est la même.
Si nous examinons maintenant les cellules qui composent plus particulièrement l’organe de la volonté, les gouvernants, nous voyons qu’elles pro— viennent d’une sécrétion morbide intermittente, des cellules quelles qu’elles soient qui composent le corps ! Le cerveau dans l’homme est le produit du perfec tionnement de cellules hiérarchiquement évoluées à travers les générations.
Dans la société le cerveau se fabrique de toute pièce, et les éléments en sont puisés à tous les degrés de la hiérarchie sociale indistinctement. Je n’insiste pas sur ces oppositions qui donneront lieu dans le suite à quelque développement. Faisons cependant un peu. de psychologie sociale en passant. Dans le corps, les organes agissent sur la tête par les sensations.
Les fonctions synthétisées par le grand sympathique agissent par le senti— ment; c’est la combinaison de ces sensations et de ces sentiments qui fait naître idées et juge ments, c’est—à-dire la pensée et la raison. Dans la société, nous avons bien les sensations, et encore pas depuis bien longtemps; c’est l’action des gouvernés sur les gouvernants, le droit de suffrage et la liberté de la presse. Mais il n’y a rien qui corresponde aux .sentiments. C’est une administration indépendante
60 L’INITIATION seule qui pourrait manifester le trouble ou la régula rité des fonctions sociales, mais nous avons vu que l’administration est passive et n’a qu’à exécuter les ordres de la volonté.
C’est là, disons-le en passant, la cause de la lutte, . des autorités locales et de l’administration centrale; c’est ce qui s’oppose à la décentralisation, car, à l’in— coordinaiion des organes s’ajouterait immédiatement l’incoordination des seules fonctions qui aujourd’hui soient socz'alz'sées et qui maintiennent l’ordre, les fonctions administratives!
La décentralisation ne sera possible que le jour où la coordination des organes et des fonctions sera parfaite et conforme \a la loi universelle. Alors , le gouvernement n’aura rien à redouter de l’indépendance de l’admi nistration. On ne fera plus depolz’tique !
Jusqu’à ce jour (il est inutile, n’est—ce pas, de dire qu’il est assez éloigné) toute tentative de décentralisation sera dange reuse sinon funeste, elle précipitera la désagrégation sociale et l’arnarchie. J’ai volontairement anticipé sur la quatrième par tie afin de rompre un peu la monotonie de ma com paraison. . Elle est achevée d’ailleurs.
Nous venons de voir (nécessairement d’une façon bien succincte) toutes les manifestations sociales qui obéissent plus ou moins à la loi de l’organisme humain et toutes celles qui la violent. JULIEN LEJAY. (A suivre.)
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 6I PRINGIPES EÜSM@* PSYEHIWES ou maeuérrsuia (Suite.) XXV.—Nous avons ditquele magnétisme produit, sur les personnes qui s’y soumettent, des effets phy— siologiques, moraux et intellectuels. Nous voyons déjà, par ce qui précède, quelques-uns de ces effets; mais entrons plus avant dans la question et tâchons d’expliquer comment ces phénomènes se produisent. Commençons par les effets physiologiques.
Les observateurs les plus compétents et les plus consciencieux ont constaté que le magnétisme produit sur l’organisme des effets qui, à première vue, parais— sent contradictoires. Tantôt il calme la douleur, tantôt il l’augmente et produit des accès plus ou moins violents, des crises.
Quelquefois il guérit une maladie comme par en chantement, d’autres fois il semble produire de toutes pièces une maladie dont rien n’indiquait la présence, et dont on ne peut attribuer la cause qu’à l’action magnétique.
On sait par des milliers d’observations que le ma gnétisme active la digestion, l’absorption, les sécré— tions, les excrétions et même, d’après les expériences de quelques magnétiseurs, qu’il accélère la décompo sition des corps morts. Une magnétisation assez courte suffit pour remé
62 L’INITIATION dier à une indigestion, pour dissiper l’ivresse, une seule passe enlève le hoquet, c’est le cas de le dire, avec la main. Comment une seule force peut-elle produire des effets si nombreux et si divers ?
' Si nous nous rappelons que toutes les fonctions des organismes vivants sont régies par la force centripète ou par la force centrifuge, savoir: les fonctions d’in tégration, d’assimilation,de composition,par la force centripète, et celles de désintégration, de désassimila tion, de décomposition, par la force centrifuge, il semble que le magnétisme devrait suivre l’une ou l’autre de ces lois et non les deux.
C’est en raisonnant ainsi,peut-être inconsciemment, que les esprits superficiels, ne pouvant concilier entre eux les eflets contradictoires que produit le magné tisme. les ont niés purement et simplement, les attri— buant àl’imagination des sujets ; mais la contradiction n’est qu’apparente. Nous savons que le fluide magnétique est expansif.
Pendant qu’il pénètre dans l’organisme du patient, il suit le courant centripète et active les fonctions qui en ressortent. Une fois qu’il a pénétré l’organisme passif. et qu’il s’y est accumulé, l’équilibre fluidique se trouve établi entre l’opérateur et l’opéré.
Si l’un abandonne alors celui-ci à lui-même, le fluide expansifdontil est saturé augmente dans son organisme le courant centrifuge, que prend la prévalence sur le courant centripète et accélère les fonctions de désintégration. La maladie, la cause morbide qui, comme la santé
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 63 et comme la nourriture, suit le courant centripète et ne se sent que lorsqu’elle atteint le centre, pourra donc être accélérée dans sa course si le fluide magné tique la rencontre en son chemin, et elle se déclarera plutôt qu’elle ne l’aurait fait sans cela. Mais ce n’est pas le magnétisme qui l’engendre ; le germe préexistait, le magnétisme n’a fait que pré— cipiter son évolution.
Il n’ya pas lieu de s’inquiéter de ce phénomène; au contraire, le fluide magnétique, qui a pressé son mouvement d’invasion, favorise en suite, dans son reflux, son mouvement d’expulsion. On voit que c’est à tort que les ignorants et surtout les savants, tout en niant la réalité du magnétisme, l’accusent de causer des maladies.
Il ne fait que les découvrir pour, ensuite, les guérir. , Il va sans dire que la magnétisation peut être cura tive suivant que le magnétiseur est sain ou malade; car, comme l’a dit Paracelse, le magnès des per‘sonnes saines attire l’aimant dépravé ou le chaos de celles qui sont malades. XXVI. — Lorsqu’on a recours au magnétisme comme moyen thérapeutique, il importe donc de faire choix d’un magnétiseur sain de corps et d’âme.
Les sensitifs (et tous les malades le sont à cet égard), distinguent bien vite le fluide qui leur est salutaire de celui qui leur est nuisible; on doit s’en rapporter à eux. Néanmoins, nous allons indiquer les principales qualités requises pour qu’un magnétiseur soit bon guérisseur, bon toucheur, comme dit le peuple. Certains magnétiseurs, dit Deleuze, ont plus de
64 L’INITIATION puissance que d’autres, et le même magnétiseur ne convient pas également à tous les malades. Il y a même des magnétiseurs qui sont plus propres à gué rir certaines maladies. Plusieurs personnes se croient insensibles à l’action du magnétisme parce qu’elles n’ont pas rencontré le magnétiseur qui leur convient.
Il découle de ce que nous avons dit précédemment sur ce qui convient pour restituer au magnétiseur les forces qu’il a dépensées, qu’un magnétiseurjouitd’une puissance d’autant plus grande, plus sacrée, plus sa-, lutaire, plus bienfaisante que son genre devie est plus simple, plus frugal, plus près de la nature.
Sobriété, vie au grand air autant que possible, tra vail corporel et intellectuel pondérés, tempérancc dans tous les plaisirs, résignation courageuse dans les adversités, en un mot RIEN TROP, comme dit Plu tarque, tel doit être le régime du toucheur. Ce sont la raison et l’expérience qui nous four— nissent ces préceptes. .
Lisez les biographies des guérisseurs célèbres, vous constaterez que presque tous ont été des gens simples, des campagnards, puisant à même le grand réservoir de la nature le fluide curatifqu’ils transmettaient aux malades.
C’est aussi pour la même raison, parce que, faisant de nécessité vertu, ils observaient les préceptes que nous venons d’indiquer, que les peuples primitifs étaient doués de facultés magnétiques beaucoup plus puissantes et plus élevées que nous autres civilisés, dont le genre de vie physique et moral est si éloigné de la nature.
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES nu MAGNÉTISME 65 XXVII. Les mêmes conditions sont aussi bien né— cessaires pour recevoir l’impression magnétique que pour la communiquer.
En général, dit encore Deleuze, le magnétisme agit d’une manière plus sensible et plus efficace sur les personnes qui ont mené une vie simple et frugale, et qui n’ont point été agitées par les passions, que sur celles chez qui l’action de la nature a été troublée soit par les habitudes du grand monde, soit par les remè des.
Aussi le magnétisme guérit-il bien plus promp tement et bien mieux les gens de la campagne et les enfants, que les personnes qui ont vécu dans le monde, qui ont fait beaucoup de remèdes, et dont les nerfs sont irrités. Dupotet et tous les magnétiseurs les plus expéri— mentés ont fait la même observation; et il est bon d’ajouter que l’état moral des malades n’influe pas moins sur l’efficacité du magnétisme que leur état physique. {A suivre.) ROUXEL.
- —‘__‘ -.-—.——-—..,.1 gag... : PARTIE LITTÉRAIRE ’lMAIËIDEMENÏ‘ POUR LA MORT DU Chevalier ADRIEN PELADAN des Ordres pontificaux del'Éperon d'Or et de Saint-Sylvestre, de l'Acndé— mie des Arcades de Rome; honoré pour ses ouvrages theologiqucs de brefs nombreux de LL. 55. LL. PP. Pie IX et Léon XIII, celui-ci glorieusement régnant. Aux abonnés et aux lecteurs des Annales du Surnaturel, Salut et lamentation en N.-S.
J.-C. ‘ A ce silence, droit légitime des grandes douleurs, N. T. C. F. et N. T. C. S., huit pâles jours seulement ont été donnés, avant que Nous convions la famille spirituelle au partage de l’immense regret. La messe octénàire vient d‘être célébrée, au milieu d’une grande assistance tout oppressée devant cette disparition du modèle des chrétiens.
Nous avons voulu que la plus sublime harmonie accompagnât une sublime mémoire; et le Parsifal du grand Wagner légitimement a servi pour magnifier
'uur:r MANDEMENT 57 cet écrivain-prêtre dont toute la vie apparaît une queste du Greal. Tandis que la sainte musique de l’Extase du Ven dredi Saint étonnait les échos de l’église paroissiale, le poème du Greal, thème que la croyante époque chevaleresque a pieusement brodé, Nous semblait le symbolisme même de la vie si dévotement militante du chevalier Adrien PELADAN.
Cette coupe taillée dans le diamant qui tomba du front de Lucifer précipité, la même qui servit à la Sainte Cène, la même encore où Joseph d’Arimathie recueillit sur le Golgotha le sang royal du Dieu cru— cifié, cette suprême Eucharistie eut ses chevaliers— prêtres, qui la gardaient en l’adorant.
Notre père fut un de ces moines militants de l’é ternel Montsalvat (mont du Salut). ’ Comme le héros de nos vieilles annales, réalisé par Wagner, comme Parsifal, Adrien PELADAN naquit chevalier. A l’âge où les séductions de la chair et du monde enlisent les plus grands, déjà missionné, il titrait ses premiers vers : Efusions catholiques, Mé— lodies catholiques.
Il n’eut pas même la première heure troublée d’un saint Augustin : né de Dieu, né pour Dieu, ce fut un croisé et un mystique. Il a vécu pour la seule Église; pour la seule Église il a écrit. Écrit! La seule énumération de son calame effraie rait l’esprit le plus polygraphe. Il nous faudrait plu— sieurs pages pour dénombrer ses œuvres, et les con— ditions où il les produisit augmentent devant Dieu leur mérite. . Être grand sur un grand théâtre, il n’y faut que du
68 L’INITIATION ;f génie; rester grand en de petites circonstances veut plus : — de la sainteté. A Lyon Où il fonda la première des Semaines Religieuses, à Lille, à Nîmes, partout, il a été vox clamantis in deserto, la voix qui arrachait un écho au désert lui-même. Mais, N. T. C. F., Dieu, en ses insondables des seins, ne donne pas à la lame un fourreau qui l’égale.
Et_le chevalier Adrien PELADAN. qui, à soixante-quinze ans, travaillait dix heures par jour, aux œuvres de lumière ou de charité, succomba, aflaibli par la mé ditation et la prière, à une simple fluxion de poitrine. Sa mort, comme sa vie,Îa été d’un saint; nous la magnifierons en l’oraison funèbre que nous allons écrire et que vous recevrez, N. T. C. F.
Vous fûtes ses plus chères joies ; il aimait, par—dessus ses autres livres, ces Annales du Surnaturel qui étonneront un jour la postérité, par la splendeur de la foi et la profondeur des vues qui y scintillent.
Appliqué à une éthopée digne de Notre nom, mais destiné à prêcher Dieu par la beauté, seule manifesta‘ tion divine, perceptible encore aux yeux aveuglés des Babyloniens, parmi lesquels Nous vivons, comment oser, d’une plume qui a servi à peindre des Farné sines, continuer ces pages illuminées et pures ?
Telle Notre Vénération pour la sainteté de ce recueil mystique, que nous préférons, aux offres .nombreuses de continuation, et à Notre propre effort, que la chaire s’effondre dans la disparition de celui qui sept annéesy clama les ultima Verba d’un Nabî d‘Israël.
Ww..—m;wm. un".-. J.‘W!ÏIT‘Ï Î".Î'î . .Î"Î" L‘ '1‘}!,'.,I.T."'X‘Z «H'.'".l n MANDEMENT 69 Les Annales du Surnz’zturel, c’était l'âme mêrqe du chevalier Adrien PELADAN. Le chevalier a été rappelé par son Suzerain Jésus, le 7 mars, en la fête de saint Thomas d’Aquin. N’essayons pas, Vous ses fidèles, Nous-même, son fils, de souffler dans sa trompette de jugement, de porter son orifiamme triomphant.
Dernier maître penseur chrétien de la race des Chateaubriand , des Lamartine , des Bonald, des Saint-Bonnet, des Montalembert, des d’Aurevilly, il aura été le suprême effort de la Foi, en ce siècle abject, en ce pays de blasphémateurs arrogants.
A vous tous ses fils ou ses pairs, dont l'amitié en.v Dieu le consolait du bien qu’il voulait et qu’on em«. pêchait ; A vous qui, sept ans, avez communié avec lui, sous les Augustes espèces du Credo enflammé des Hilde— brand et des François d’Assise; A vous, N. T. C. F., Nous demandons pour Lui de vous souvenir, et la funèbre oraison que vous allez recevoir vous y aidera pour la gloire du Nom inef— fable et le triomphe de Notre Mère l’Église. Nous vous saluons, N. T. C. F. et N. T. C. S., en Jésus seul Dieu et en Pierre seul Roi. JOSÉPHIN PELADAN.
70 L’INITIATION . ..x_ .s ..A. ...- . . fissrtsss (Suite.) 111 ARCANES Il reprit : « 0 vous tous, mangeant, buvant, dormant Sous le Ciel qui s’entr’ouvre impénétrablement, Puz’ssz’eg—vous, par cet homme à qui je la révèle, Apprendre, ô surdités aveugles .’ la Nouvelle Que savent mon oreille et mes yeux revenus Du voyage à travers les mondes inconnus!
Ait-dessus des enfers, sous le Ciel triple et double, Plane un Monde baigné d’une lumière trouble, Ses astres n’étant pas ténébreux ni vermez‘ls. C’est là que, réveillés du plus court des sommeils, Les hommes qu’on croit morts sont conduits par un ange.
Qu’ils soient hommes encor, cela leur semble étrange, Et chacun d’eux, vêtu comme il était vêtu, Entend ces mots : «Esprit! qu’as- tucru P qu’aimaz‘s-tu? » Telle étant la contrée où l’Ange les amène Qu’on n’y saurait mentir suivant la mode humaine, L’un répond : « Je croyais que le tombeau jaloux Ne s’ouvrait qu’à la faim de l’hyêne et des loups, Etj'aimais, pour tromper mesfunèbres détresses,
HESPÉRUS 7 I Les coupes et les yeux qui versent des ivresses. » Un autre dit: « Je n’ai rien cru, je n’ai rien su, Objectant à la Foi la peur d’être déçu; Mais j’amassai de l’or afin de faire envie. » Un troisième répond: « J’ai désiré la vie Et l’ai cherchée aufond du mystère hagard; Mais l’abîme était trop profond pour mon regard. » Un quatrième dit: « J’étais Roi.
Mes prophètes S ’e'criaient: « Vous et Dieu, vous êtes les deux Failes : « Seigneurs, regarder-vous en face sans ennui, « Et que, si l’un de l'autre estjaloux, ce soit lui. » Je les croyais. Jefus terrible et débonnaz’re.
Ayant l’Az’gle, ilfallait quej’eusse le tonnerre ; Mais j’avais des pitiés au retour des combats. » Un cinquième, quifut dans l’Église ici—bas, Dit: « J’étais catholique et croyais l’Évangile : Que l’esprit survivrait mais que la chair fragile Se mêlerait au vent quifuit, je le prouvaz’s ; Et dans un célibat plein de rêves mauvais J’ai connu longuement les afi’reuses délices De la blême abstinence et des rouges cilices. » Tels ils parlent, ayant la Couleuvre à leurs pieds.
Mais l’Interrogateur leur dit: « Vous vous trompieg ; Et c’est de quoi le Cœur du Ciel soupire et saigne. » Puis il les fait asseoir en cercle, et les enseigne. Or, comme dans le monde aux douteuses clartés Un ange très savant parle aux ressuscités, Je vous parle ici—bas, vivants que l’heure presse, s Faites l’Œuvre, d’après l’Amour, par la Sagesse;
72 L’INITIATION - -v.v- - - -: -—> v-.ug.r"tflrvw Mais quelle est la Sagesse, et quel est l’Amour P Voicz.
Les saints avertisseurs d’Israé‘l endurer, Les suscités de Dieu, disaient vrai; les sibylles rNe mentaz‘ent pas aux pieds des Baals immobiles, Ni celle que Saül implora dans Endor, zNi dans le carrefour d’un triple corridor ' Les femmes d’Éleusz‘s, de Delphes, ou de C umes ; Ces bouches ont bavé du vrai dans leurs écumes, Et, malgré soi prophète en sa rébellion, Î Astaroth, dans saint Jean, se nomme Apollyon.
Certe il voulut séduire et tromper, mais le Traître, S’efi'orçant d’être faux, ne put que le paraître, Car le mensonge est malaisé même aux satans ; Et l’oracle d’Ép/1èse est sûr, si tu l’entends. A Donc, médite, et poursuis l’âme éparse du Verbe. Le sang court dans la chair, la racine est sous l’herbe. Quand il a dans sa cave enseveli de l’or, L’avare, qui réserve à ses fils ce trésor, Pour qu'ils sachent l’endroit, le marque d'une obole .* .
Tel, Dieu mit sur le sens enfoui le symbole Pour qu'aux yeux que n’a point aveuglés le Péché ‘ La Lettre révélât où l’Esprit fut caché. Fouiller profondément; la trouvaille est certaine. l Est—ce que Raphz‘dim n’est pas une fontaine, Bien que nulle eau d’abord ne coule du rocher? Issachar dit: « Ma soif ne pourra s’étancher », Et, lâche, pour mourir, se couche sur la terre» Mais vous, frappez le roc profond qui désaltérel
HESPÉRUS 73 \ Que des sables d’Horeb sourde la vérité; Creuseg, puz’seg, —— l’efiort, fût—il vain, est compté,-. Afin qu’ayant lavé vos erreurs dans l’eau saine, Vous vous présentiez, purs, à l’éternelle Cène, ‘ Et disie{: « Nul ne meurt.
Dans le tombeau dormant, La pourriture trompe et le squelette ment; Le néant du cadavre est la funèbre embûche Du Jaloux qui, d’étoile en étoile, trébuche Dans le décombre noir des Trônes vermoulus, Et se dit Lucifer, sachant qu’il ne l’est plus. Lefront allier survit, et les basses entrailles Survivent; éternels, nions les funérailles.
L’espoir de fuir le corps étendu sur le dos Peut sourire aux porteurs des immondes fardeaux ; Tel qui souiIla sa chair veut bien qu’on l’en délivre. Mais quiconque, attentif au sens caché du Livre, Vécut selon le Vrai du Bien, et le comprit, Sait le Corps immortel à l’égal de l’Esprit. Comment périrait—II, étant l’uniqueforme?
Dieu,c’estl’Hommedivin; le Ciel, c’estl'homme énorme, Plus parfait, et mieux clos aux ruses du démon, Mais ayant, comme l’Homme et la Femme, un Poumon : L’Intelligenœ, un Cœur: la Charité suprême (Car le Poumon perçoit, et, plus chaud, le Cazur aime), Un Front resplendissant de la sublimz’te’ De Connaître, des Bras qui sont la volonté, Des Lombes que sacra l’horreur de l’Adultère, Des Pieds, enfin, plus vils, étant presque la Terre.
Et qui donc pourrait dire: il en est autrement, Quand l'univers divin, qu’à notre entendement Illustre leflambeau sacré des évidences,
74 L’INITIATION —wa: —:ætä:: sfiäiäkä. :.‘2"7‘.1"‘_;v-'Â Est le lieu des Accords et des Correspondances P Selon que tout existe, il existe, plus pur : Ses horizons sont bleus, mais d’espoir, non d’azur ; L’éternel Orient le baigne avec largesse, Mais de quel jour P du jour appelé la Sagesse; Sesfleuves, c’est la Foi, plus limpide qu’une eau; A-t—il un soleil P oui.
Mais quel soleil P l’Agneau. » Parlez ainsi devant la Porte occidentale, A l’heure où le drap noir sur vos bières s’étale, Pour que le serviteur du seuil, splendide et nu, Bise : « Ils peuvent entrer, parce qu’ils ont connu. » CATULLE MENDES. (A suivre.) LÉGENDE 5ËÎÊmm seigneur Bouddha marchait seul, voyageant A l’heure où se levaient les étoiles d’argent. : Le Maître, flagelle’ par les bambous des jungles, l Vivait dans sa pensée en regardant ses ongles.
Ï Or, il vit une mère tigresse aux flancs creux, Dont le corps épuisé d’un jeûne douloureux Râlait de n’avoir plus de lait pour sa portée. Il aurait pu tuer cette bête éreinte’e, Il dit : « Mère, voici de la viandepour toi. » Et puis«il se coucha sur l’herbe et se tint coi, Etant rentré dans sa pensée interrompue, Et mourut avant que la bêtefût repue. EMILE MICHELET.
Œfl:f'ili I-..v3.l‘.;: r: .. .i'.Ï\.". ". .. CE QUI RESTE DES MORTS le qui reste des morts Ëauvmæ âne, mon vieil âne à qui l'on prit la peau, Pour tendre le tambour retentissant au large, ou donc es—tu P Je vois laflamme du drapeau Palpitante et claquante au soufile de la charge ; Ton cuir est noir de coups ;et le beau régiment, Glorifié, s’avance en rythmant ses pas lestes.
'Et cependant, pauvre âne, où sont tes humbles restes P Dans quel charnier profond gz‘s—tu confusément P Chat maigre, chat nerveux à qui l’on prit la fibre, Pour doter d’un soupir l’âme inertie du bois, Je sens courir, le long de l’instrument qui vibre, _ Un frisson de ta vie intense aux bords des toits.
J 'entends se lamenter le doux violoncelle ; Et charmé dolemment je pense à toi, je dis Que tu nous a laissé ta part de Paradis, En te mêlant à la poussière universelle. 1 Et toi, première aimée, 6 femme, où donc cs-tu P Es-tu l’épouse stable ou la fille qui passe P Dans le troupeau banal ton corps est descendu ; Mon cerveau garde seul ta jeunesse et ta grâce.
Il reste au souvenir des fragments de beauté, Un teint chaud, des cheveux, des yeux pleins de folie ; Et ce reste des Morts, longtemps, longtemps vous lie, Par des vibrations de sensibilité. PAUL MARROT.
7b L’INITIATION manoeuaeam L. un MILLOUÉ. — Précis d’Histoire des Religions;Première partie : RILIGIONS DE L'INDE.
I vol. de la Bibliothèque de vulgarisation du Mn se’e Guimet ; Ernest Leroux, éditeur. _ Le développement considérable, et si soudain, acquis en ces dernières années par les études hiérographiques, et le sens dans lequel elles évoluent, est une des formes les plus intéressantes du grand élan qui emporte l’humanité contemporaine vers la réintégration en la sainte Gnose.
Tandis que les chimistes, de décomposition en décom position et d'induction en induction, s’acheminent à la certitude de l’Unité de la Matière, et que les patholo gistes retrouvent la thérapeutique Egyptiaque, et pré— Egyptiaque, des érudits auscultent les Mythes, et ne rient plus.
' Les uns —— ceux de Folklore — pieusementcueillent aux lèvres des simples les miettes d'épopées et les féeries dont s’enchante l’innocence des enfantelets, les dits épou vantants dont frémit la veillée d‘hiver, les psalmodies où s’enrêvent le pâtre et le marin, les actes et les gestes et les mots consacrés, jusqu’aux nasillements qu'aiment les fillettes pour rythmer leurs rondes, jusqu’aux formu lettes éliminatoires par quoi va être désigné le loup, et de toutes ces menues choses ils proclament, hermé tistes inconscients, la haute importance, ils pressentent la signification profonde, et la cherchent.
En Angleterre Andrew Lang, à Paris Émile Blémont et Henry Carnoy avec leur belle revue: La Tradition, tiennentla tête de ce mouvement. Les autres n’ont peut-être commencé à se préoccuper des cultes qu’à la mode de Dupuis, de Volney, de tous les énergumènes de la secte à Voltaire: pour faire pièce au Catholicisme.
Mais, une fois déblayé l’amoncellement ' des particularités caractéristiques, sont apparus, au cœur de chaque croyance, des dogmes partout les mêmes, bien qu'affublés de travestissements divers —- et logiques: un voyageur qui change de climat ne modifie-t-il pas sa vêture ? Puis, à force d'obstinés labeurs ou par audacieu
BIBLIOGRAPHIE ses intuitions, beaucoup ont atteint le voile flottant devant l'intime sanctuaire, et par de furtifs entrebâille ments il leur a été donné d’entrevoir la similitude des Puissances adorées par l’humble foi des Clercs, et des Lois hurlées par l’inquiète superbe des Laïcs.
Et dès lors un respect les a saisis pour quelque manifestation que ce soit du sentiment religieux, et les voici en com munion — pas tous à leur insu — avec les apôtres de la rénovation occultiste. C’est le spectacle que nous offrent les organisateurs du Musée Guimet, et les rédacteurs des publications y an nexées: Annales du M.»G., Bibliothèque de Vulgarisation du M. G., Revue de l’histoire des Religions.
La plupart en effet sont Boudhistes; et je veux insister sur l’ortho graphe de ce mot, comme l’a fait récemment Papus dans une de ses limpides et savoureuses conférences: je ne dis point que ces messieurs se soient convertis au culte déificateur de tel ou tel grand homme; il est clair qu’ils ne se prosternent pas plus devant les images de Gautama le Bouddha que devant celles de Jésus le Christ ou de Confucius ; j’exprime qu’ils croient à la Budhi, à la Con naissance où se mathétisent l’universalité des spécula rions.
M. L. de Milloué, conservateur de la collection plus haut citée, affirme remarquablement cette tendance par une Histoire des Religions de l’Inde, éditée il y a quel ques jours.
Dès l'introduction, qui est un petit chef—d’œuvre d’in tensité, la distinction est nettement faite entre « la reli gion et la hiérocratie >>,entre c les religions et la reli gion », et si l’auteur s’attache à l’exclusive physiologie des Cultes, quelque soin qu’il prenne d’effacer sa. pér— sonnalité, en maint passage, ——par exemple à la fin de la partie quatrième, qui traite du Bouddhisme (cette fois avec deux d), — elle trahit ses. nobles aspirations d’Eso tériste.
Ce livre en effet veut avoir été écrit dans le seul but de fixer tout ce que la science officielle a pu apprendre des religions de l’Inde. Et il est certain que sous ce rap— port il est impossible de trouver en un si modique vo lume une aussi énorme provision de renseignements;
78 L’INITIATION documentation'corroborée d'une précieuse bibliographie, et telle que seul pouvait la donner un homme qui vit depuis dix ans parmi les figurations multiples des pan— théons asiatiques. J’ajoute que cette érudition est rendue amie par un style fort agréable, où l'on peut relever, entre autres particularités, la fréquence des tournures germaniques, — rencontre jolie pour quiconque s’est imprégné de Hegel etde Gœthe.
La théorie de l’Involution et de l’Evolution, celles du Karma et des transmigrations de l'âme, sont énoncées aussi bellement qu’eût pu le faire un Hermétiste con vaincu; de même, la différence entre la création ab nihilo, invention des curés de campagne hypnotisés par la lettre des Ecritures, et l’émanation, telle que l'enseigne la Kabbale, c'est-à-dire l’Esprit des Testaments, aussi bien que la Théosophie Aryenne, est expliquée à souhait.
Les prétentions de certains critiques à ne faire dater l’éclosion de l’intellectualité indoue que de l’invasion d’Alexandre, ou à voir dans la Bible Egypto-Kaldaique le prototype des Védas, sont réduites à leur nullité.
Quant aux racontars colportés sur la métempsycose et sur d’autres docrrines brahmâniques par des missionnaires assez peu avisés pour ne pas comprendre qu’un jour im minait où l’on vérifierait leurs assertions aux sources authentiques, quelques mots incisifs en fontjustice.
Ce que l’on est convenu d’appeler les Paradis et les Enfers est fort bien démontré ne point signifier des en droits où le défunt se gave de jouissances ou geint sous les supplices, mais des états résultant du mérite et du démérite acquis au cours des existences antérieures.
Et à ce propos sont rappelés, pour être détruits, les préju gés que des papistes encore ont répandus sur le Nirvana, lequel est le néant pour les seuls Bouddhas n qui ont volontairement renoncé à la salvation des êtres » afin de contempler leur nombril,‘mais où ceux qui se sont fait a une loi de propager parmi l’universalité des créatures les vérités éternelles », tout en étant « délivrés à jamais de l’obligation de renaitre ), conservent « leur person nalité et continuent à s’occuper des affaires du monde ». Je note en passantla netteté, je pourrais dire la rudesse, avec laquelle l’auteur caractérise l’athéisme absolu et le
UNE PREMIÈRE 79 désarmant fatalisme du système bouddhique, imprégné des principes matérialistes de la philosophie Samkhya; puis je dois attirer l’attention sur un point capital. M. de Milloué a fait (1) une étude approfondie de la religion des Djaînas, et, après Colebrooke, Jacobi et avec bien d’au tres chercheurs loyaux, il démontre que Mahâvira, le 24° et dernier Tirthâmkara, fut le précepteur de Sakya Mouni.
La paternité du Djaïnisme sur le Bouddhisme est donc établie péremptoirement, une fois de plus.
Enfin, au point de vue exotérique pur, on suit pas à pas l'évolution naturelle de Informe des cultes hindous, dans son passage du Naturalisme Védique au Polythe’isme Brahmânique, pour ensuite se transmuer en le Panthéisme Djaïno-Bouddhique et plus tard en le .Monothe'isme vir— tuel du Vishnouïsme et du Sivaïsme; et l’histoire des dieux et des demi-dieux, des génies et des démons, des schismes religieux et des sectes philosophiques, deslivres sacrés et du rituel, est dite avec une précision méritoire.
Al’heure où tant de bonnes gens ergotent à tort et à travers sur des sujets dont ils ne connaissent rien que ce qu’en ont travesti soit des cléricaux trop zélés, soit des « libres penseurs» (111) non moins intolérants, Soit, plus récemment, d’autres fanatiques qu’il n’est pas be— soin de nommer, il serait désirable que fussent publiées beaucoup d’œuvres d’une érudition aussi bien informée, d’une conscience aussi droite.
AUGUSTIN CHABOSEAU. ê@ua REMKÊRE Théâtre de l‘Odéon : Amour, drame en trois parties et quatre tableaux, en prose, par LÊON HENNIQUE. Un drame écrit dans un style merveilleux, dont le hé— ros, sans peur et sans reproche, champion de l’honneur et du devoir, lutte sans défaillir jusqu’au bout, voilà ’ (1) Voir L. DE MILLOUÉ, Essais sur la Reli ton des Jains, et id., Étude sur le Mythe de Vrishabha (le premier irthâmkara}.
80 L’INITIATION deux obstacles au succès, en l’an de grâce 1890, où la médiocrité n’entend pas abdiquer son trône de souve raine, où tout sentiment de noble générosité apparaît comme une duperie.
Les oreilles des auditeurs, accoutumées aux tirades boutiquières des auteurs à la mode, ont trop d’épais— seur pour ne point s’effaroucher de ces phrases délica tes, ciselées comme des œuvres d’art, imagées et vi— brantes, que la plupart de nos critiques déclareront à coup sûr maniérées ou peut-être incompréhensibles.
Quant à intéresser le public actuel aux vertus d'un autre âge, à émouvoir des gens, que passionne le seul désir d’emplir leurs poches, par le spectacle de la rési gnation aux épreuves d’un vaillant que soutienent sa gen tilhommerie et sa foi, c’est parler lumière à des aveu gles: une marionnette vieux jeu, diront-ils, ce Jean Dall Ion comte de Ligny, doux et secourable pour les faibles, impeccable et miséricordieux !
En 1512, au temps où Gaston de Foix guerroyait con tre Venise, | Les Français, maîtres de Brescia la veille, organisent le pillage, envoient à l’échafaud les chefs prisonniers. La fille du comte Rona, un de ceux désignés pour mourir, échappe à des soudards qui la poursuivent, et, protégée par Jean de Ligny, devient sa femme. Des années passent.
Enchaîné dans les cachots des Colonna, après la défaite de Ravenne, Jean a confié au bâ tard Philippe, son frère, le soin de ramener en France la nouvelle épousée ; mais celle-ci, ardente et farouche, celui-là trop faible, s’éprennent ensemble d‘amour. Dès sa rentrée, à la suite d’une évasion périlleuse, le comte, instruit de la vérité par un serviteur, chasse les félons. Errants, misérables, ils rôdent autour du, château.
Jean de Ligny mort les ferait riches 1 Philippe hésite, puis, affolé par la passion, pénètre avec sa maîtresse dans la chambre où sommeille son frère que la douleur a ter— rassé. Prête à brandir le poignard, sa main retombe, mais la femme adultère saisit l’arme et frappe la victime qui meurt en pardonnant. Une artiste de talent incontestable et de bel avenir, M“' Antonia Laurent, chargée du rôle si difficile de
LA SCIENCE ÉTERNELLE 8 I Maria Rona, a trouvé de superbes élans de passion instinctive. MM. Candé (Jean de Ligny) et Balmettes (Philippe) incarnent assez bien leurs personnages. Enfin M"' Duhamel est d’une grâce très touchante et très mutine. Grand succès ou succès d'estime, éloges ou critiques, peu importe, Léon Hennique a œuvré en artiste et a droit de s’enorgueillir.
Son Jean de Ligny, d’un coup de son gantelet de fer, assommerait les avortons, accom modés à la sauce du jour, sans croyances, sans idéal. Si les rayons du Vrai et du Beau éblouissent la myopie contemporaine, applaudissons du moins qui s’efforce d’en infiltrer quelques reflets à. travers l‘opacité de ses bé sicles ! GEORGE MONTIÈRE.
ILA semence ETERNEEEE ENCYCLOPÉDIE DES ÉTUDES HERMÉTIQUES La fin du XIX° siècle est marquée par un fait bien curieux: une'irrésistiblè impulsion entraîne tous les penseurs vers un ordre de connaissances diamétralement opposé aux enseignements tirés des sciences dites expé rimentales.
La science moderne s’était targuée de satisfaire à toutes les aspirations humaines par l’étude exclusive et chaque jour resserrée de plus en plus des infiniment petits. Elle a simplement réussi, et c'est un servxce dont il fautlui savoir gré, à prouver l’impuissance de l’expé— rimentation lofsqu’elle n’est pas adjuvée par l’Intui tien et par la Tradition.
Aussi cette fin de cycle voit— -elle l’intellectualité des races d’0ccident aspirer à une unification où l’analyse se complète par la synthèse, l’in— finiment grand reprenant ses drOIts.
82 L’INITIATION Notre but, en publiant cette encyclopédie, n’est pas de détruire toutes ces découvertes positives pour mettre à leur place des affirmations vagues basées uniquement sur la métaphysique. Mais nous voulons rendre justice et à la puissance de l’intuition et aux connaissances scientifiques de l'antiquité, méconnues des modernes.
Nous voulons montrer, par des preuves propres à satis— faire les savants eux—mêmes, que la plupart des décou vertes essentielles de notre science expérimentale con temporaine étaient familières aux initiés hindous, égyp— tiens, chaldéens.
Nous nous efforcerons de replacer en leurjour exact les diverses théories philosophiques et scientifiques pr0posées depuis les origines de l’histoire et trop souvent travesties par des « érudits » qui se sont copiés les uns les autres,sans remonter jusqu’aux sources véritables, En proclamant ainsi la grandeur de nos mai tres anciens, nous aurons à poursuivre la réhabilitation de plus d’un mécompris, la glorification de plus d’un martyr.
Nous ne prétendons pas non plus défendre un système religieux au nom d’un clergé quelconque ;mais nous irons chercher ce que tous les cultes ont conservé jalousement dans le i saint des saints» de leur ésotérisme, ce que lesinitiés de toutes les fraternités occultes se sont transmis d’âge en âge, et nous en révélerons tout ce que nous pourrons, espérant démontrer ainsi l'idenme’ abso lue de ces traditions avec les conclusions de la science moderne logiquement complétée, et par conséquent la nécessité d’une réconciliation des doctrines laïques et des dogmes religieux, la fatalité d’une reconquête pro— chaine de la Gnose intégrale.
Nous voulons tenter de faire apercevoir de quel jour nouveau la Physique, la Chimie,l’Astronomie, la Biologie, 1’Ethnographie même s’éclairent à lalumière de ces ensei gnements ;comment 1'Histoire, grâce à eux, apparaît sous un aspect inattendu ; combien enfin toutes nos connaissances s’harmonisent sous l'influence de cette méthode synthétique qui a toujours été et qui sera tou jours l’apanage exclusif de la SIENCE ÉTERNELLE.
Et comme l’Evolution sociale procède du développe "ment intellectuel, le but de notre volonté d’Altruistes est de hâter l'effondrement de la civilisation présente, basée
GROUPE INDÉPENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 83 sur un individualisme implacable et mesquin, pour planter sur ses ruines l’étendard de Lumière et d’Amour. Le Comité de rédaction : F.-CH. BARLET, STANISLAS DE GUAITA, José PHIN PÉLADAN, PAPUS, EUGÈNE NUS, GEORGE MONTIERE, AUGUSTIN CHABOSEAU.
De nombreux rédacteurs, et du plus grand mérite, s’ad« joindront à ces sept hermétistes pour la confection de l’Encyclopédie. ’ floues anaauana D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES Le groupe Ésotérique, ayant décidé de créer un centre d'Etudes théoriques et expérimentales sur le Merveilleux, donne, vendredi 18 avril, à deux heures, dans la salle de la Société d’Agriculture, rue de Gre nelle, 84., une matinée artistique avec le concours de Mme Sarah Bernhardt.
Des œuvres d'Augusta Holmès seront exécutées sur ses indications par ses meilleurs interprètes. Des poésies et causeries hermétiques par des mages célèbres rempliront les intermèdes. Le prix du billet est de vingt francs. * —r25 CONFÉRENCES - Chaque vendredi une conférence est donnée par le Groupe dans le salon de la Bibliothèque internationale des œuvres des Femmes, 21-23, passage Saulnier.
Le succès des causeries s’affirme chaque semaine davantage; les salons, qui peuvent facilement contenir quatre-vingts personnes, sont insuffisants, et bientôt un nouveau local sera nécessaire.
84 L‘INITIATION Le Spiritisme, la Franc-Maçonnerie et le Magnétisme ont été successivement étudiés par Papas le mois der nier. Lecamte de Larmandie a charmé les auditeurs par la lecture de fragments de ses œuvres (I4, mars). Julien Leiay a remporté un véritable triomphe le 2|, avec son étude sur la Sociologie, et Emile Gargy a de voilé l’ésotérisme de la Prière le 28.
Les conférences, interrompues par les fêtes, vont bien tôt reprendre dans le nouveau local du Groupe, 29, rue de Trévise. ‘. ‘I> TRAVAUX PRATIQUES Le groupe A étudie les phénomènes au point de vue spirite pur, sous la direction de M. A. FRANÇOIS. Le3 mars.— Le président fait une étude théorique sur le spiritisme, les phénomènes et les médiums, puis les études pratiques commencent.
M. BLOCH fait plusieurs expériences du plus haut in térêt: Coups frappés. — Exécution d'un ordre écrit. ‘— Découverte par le guéridon d’un objet caché pendant l‘ab sence du médium. Séance obscure. — Coups frappés à distance (sans contact) sur ou dans des objets déterminés. Le 17 mars. — 1“ Théorie et état de l’âme après la mort. -— Formation des médiums. 2° Pratique : Evocations par la table et l’écriture. Le Président du groupe, A.
FRANÇOIS 5 Le groupe B étudie les phénomènes au point de vue scientifique, sans aucune théorie préétablie. Le 19 mars. —— Allocution du président, M. L...— Expériences diverses. — Coups frappés. -— Essai d" crituro de la. main gauche. — Symptôme de Imagnétisa tion chez un assistant, etc. Séance obscure. —- Mouvements spontanés de la table. -— Phénomènes divers. Le Président du groupe B.
GROUPE iNDE’PENDANT D’ÉTUDES ÉSOTÉRIQUES 85 il4! ÉTUDES PRATIQUES DE FRANC-MAÇONNERIE Les adhérents du Groupe indépendant d'Etudes ésoté— _, - riques sont admis, sur la présentation de leur carte, a ' r prendre part aux. tenues blanches organisées par deux Loges dépendant de la Grande Loge Symbolique Écos . saise. " Ces tenues ont été inaugurées le 8 mars dernier et auront lieu à l’avenir le deuxième samedi de chaque mois, à 8 h.
1/2 du soir, au local maçonnique, 5, rue Payenne. Le but de ces réunions est de faireconnaître la Maçon nerie par le moyen de conférences, destinées à présen ter en quelque sorte la conclusion des discussions auxquelles se livrent les maçons dans leurs tenues pri vées. Il y aura trois conférences à chacune des tenues blanches.
Elles n’auront qu'une durée de vingt à trente minutes chacune et seront coupées par des intermèdes musicaux destinés à reposer agréablement l’attention des auditeurs.
La séance du 8 mars comportait l’ordre du jour sui- ‘ vaut : Des tenues blanches au point de vue de la propagande maçonnique, par Oswald Wll'th, membre du Groupe maç.‘. d’Etudes initiatiques ; ' L’influence de la Franc-Maçonnerie sur le mouvement È révolutionnaire de 1789, par Bertrand, ex-vénérable de la L.'. la Renaissance, rédacteur de l'1nitiation ; Â, _ De l’Ordre des avocats, par le Dr Chassaing, dé puté de Paris.
L’ordre des travaux de la Tenue blanche du 12 avril n’est pas encore arrêté. On peut annoncer néanmoins dès maintenant une conférence sur la Franc-Maçonnerie et la Fraternitédes peuples, par le signataire de la pré— sente note, à qui doivent s’adresser les membres du Groupe d’Etudes ésotériques désireux de prendre part à des travaux de maçonnerie pratique. OSWALD WIRTH, : 78, rue Lacondamine
86 L’INITIATION . ce CRÉATION D’UN CENTRE D’ÉTUDES Le I" mai, le Groupe indépendant d’Etudes ésotériques ouvrira au public son nouveau local, 29, rue Trévise, à Paris.
Ce local comprend : 1°' Une boutique où seront mis en vente tous les ouvrages et toutes les revues s’occupant de l’occultisme dans toutes ses branches : cette librairie, rattachée au Groupe, prend le titre de Librairie du Merveilleux ; 2° Un salon de conversation ; 3° Une bibliozhèque d’occultisme , comprenant une grande salle de lecture renfermant les principaux ouvrages anciens et modernes sur la question et toutes les revues du monde entier ; 4° Une salle de conférences pouvant contenir 180 audi teurs, et des salles de cours; 5° Les bureaux de la Rédaction de l’Initintion et la Bibliothèque internationale des œuvres des femmes, ainsi que la Rédaction du Voile d’Isis, sont transférés au centre général du Groupe.
M. LUCIEN MAUCHEL est nommé directeur général du Centre d’études. *k Ï» ‘ LE VOILE D’ISIS L’apparition régulière du Bulletin hebdomadaire du Gr0upe : Le Voile d’Isis, est retardée jusqu’à l‘établisse ment définitif du Centre d’études. .
Chaque numéro du Voile d’Isis comprendra : 1° Une chronique sur la Science Occulte; , 2° Un résumé des conférences faites au Groupe ; 3° Un résumé des études pratiques poursuivies dans les cercles fermés ; 4° Des réponses aux principales questions posées par les membres à la Commission d’enseignement ; 5° Des études sur la littérature et le théâtre dans leurs rapports avec les doctrines de l’0ccultisme. _17 Ï
LA PRESSE 87 Le Voile d’Isis est imprimé autographiquement afin de réduire les frais au minimum. Les abonnés n’ontà payer que les frais d’envoi, d’achat de papier et de tirage ; aussi l’abonnementà cet organe hebdomadaire ne coûte, pourles membres du groupe et les abonnés de l’Initiation, que trois francs pour un an, payables en trois fois, par timbres ou par bon de poste. Le prix pour les autres personnes est de cinq francs.
Ilsuffit donc d‘envoyer de suite unfranc au bureau du journal, 29, rue de Trévise (Paris), pour recevoir le Voiled’lsis pendant quatre mois. nécrsxous M. AUGUSTIN CHABOSEAU S.'. I.'. est nommé rédacteur en chef du Voile d’Isis. M. HENRI WELSCH S.‘.
I.‘ . quitte, sur sa demande, ia rédaction du Voile d’Isis et est nommé chef des Cor-— respondants du Groupe. .Œa asse -| — L'abondance de matières nous oblige, à notre grand regret, à remettre les analyses en détail des revues d’occultisme de ce mois. * ’l» x Signalons cependant le grand mouvement qui s’est produit dans la. presse quotidienne en ces derniers temps.
Le Public du 8 mars, la Revue Bleue du 8 mars, l’Uni— vers de 14. mars, les Droits du Peuple du 16 mars, le M’ot d’ordre du 11 mars, la Liberté du 9 mars, le Peti Nord du 23 mars, l’Observati0n française du 24 mars publient des études diverses sur mes doctrines. Signalons particulièrement le XIX° Siècle du 1"r avril et le Matin du 9 mars dont nous donnons l’interviev in extenso. * In!
88 L’INITIATION BOUDDHA CHEZ NOUS LA RELIGION HINDOUE A LA CONQUÊTE ne L’OCCIDENT Entrevue avec un apôtre convaincu. — La perfection bouddhiste — Le babysme. — La réincarnation de l’homme. — Théorie de l’évolution et de l'involution. — Analyse et synthèse. Les journaux viennois racontent que les autorités uni versitaires de la capitale de l’Autriche ont découvert un fait aussi extraordinaire qu’inattendu.
Un jeune étudiant, Udo Halsmeyer, pratiquerait le bouddhisme et chercherait à faire des adeptes. On ne parlerait de rien moins que de le chasser de l'Univer sité. A propos de cette histoire, et tenant à avoir des ren seignements précis sur le bouddhisme en Europe, nous sommes allé voir M. Papus, qui s’est fait en France l’a pôtre et le vulgarisateur de la religion des Hindous.
Voici ce qu’il nous a dit: —— Il y a en Europe un mouvement bouddhiste très prononcé, mais qui est limité exclusivement aux esprits élevés en chaque pays. C’est ainsique je puis vous citer, parmi les bouddhistes les plus célèbres en France, MM. Burnouf, Léon de Rosny, Benoît Malon; en Angle. terre, le philosophe Max Muller; en Allemagne, Carl de Prel, de Munich; Hartmann, le philosophe pessimiste.
On peut d’ailleurs affirmer que toute l’école philoso phique allemande actuelle est bouddhiste depuis long temps. Richard Wagner était un fervent bouddhiste. LA PRATIQUE ,_ Mais tous ces penseurs n’admettent que la doctrine bouddhiste, ils ne pratiquent pas.
Le caractère curieux de l’étudiant viennois est d’avoir voulu mettre en pra— tique le rite bouddhiste, qui consiste essentiellement à s'abstenir de tout ce qui a vie, afin de développer dans l’homme des facultés qui existent à l’état latent. Ces facultés sont caractérisées chez l’homme par le pressentiment, cet état spéçial qui fait qu’on Sent, par une faculté ou sens, qui‘n’est pas un des cinq sens
LA PRESSE 89 'connus, qu’un bonheur ou un malheur va arriver. Ce pressentiment échappe à toute analyse scientifique, d‘après les méthodes actuelles. Or le bouddhisme pré tend que ce pressentiment est produit par un sens latent en nous et que la pratique de la méditation développe au suprême degré. Cette méditation est un exercice physique, physiologique et psychique.
Physi quement, il faut faire prendre au corps l’habitude d’obéir passivement à l’esprit: delà les macérations de l’étudiant viennois. Physiologiquement, il faut graduer la respira tion de façon à régler les dépenses vitales à volonté, et psychiquemenr, il faut concentrer toutes les forces orga niques humaines sur le développement de ce sixième sens': l’intuition.
Ce sixième sens une fois acquis, le bouddhiste devient capable de savoir immédiatementles secrets de la nature, de percevoir les forces en action dans le monde et de produire, s’il le veut, des phéno mènes qui paraissent surnaturels et qui ne sont que la manifestation des forces très naturelles, mais encore inconnues. Le bouddhisme est une religion qui a été créée pour la race aryenne, tandis que le catholicisme est d’origine sémite.
A ce point de vue, le mouvement bouddhiste est donc une sorte de corollaire du mouvement antisé mite. Une religion créée en Perse vers 1860, le babysme, religion qui compte à l’heure actuelle plus de 122000 martyrs, est fondée en grande partie sur le bouddhisme, allié au fouriérisme. Le fondateur de cette religion, le Bah, était un jeune homme de dix-neuf ans, complètement illettré, qui est mort fusillé pour son idée.
Aujourd’hui, le babysme a plus de deux millions d’adhérents. LA DOCTRINE Maintenant que je vous ai fait connaître le boud— dhisme pratique, ajoute notre interlocuteur, je vais vous en exposer la doctrine. Le bouddhisme respecte tout ce qui a vie ; c'est pour obéirà ce précepte mal comprisetpousséà l’exagération,
go L’INITIATION .—. que certains bouddhistes en sont arrivés à éviter de tuer leurs poux et autres parasites. Ils croient à la réincarna tion et non pas à la métempsycose. Les missionnaires chrétiens ont voulu créer cette confusion pour décrier le bouddhisme, qui, à mon avis, est incontestablement supérieur au christianisme.
Les bouddhistes croient que quand un riche s'est mal conduit, il jouit après sa mort d’un certain repos paradisiaque pour le payer des souf— frances de cette vie ; mais la punition commence au moment où il est obligé de revenir comme homme sur cette planète ou sur une autre ;il revient alors dans le corps d’un misérable ;et il a d’autant moins de chance qu’il aété plus coupable dans l’existence antérieure.
De même un individu qui s’est bien conduit se réincarne dans le corps d’un riche. Tel est l’origine du mal et de la souffrance. Le temps écoulé entre chaque rémcarnauon est en moyenne de quinze cents ans. L’enfer éternel n’existe pas, la terre est le lieu de souffrance véritable. Un dieu omnipotent n’a pas à intervenir après la mort, l’homme est son seul juge d'après la loi fatale et toute physique des réactions égales à l’action.
Cette loi s’appelle la loi de Karma. Les indiens croient à l’évolution, mais ils ont des données bien supérieures à celles des Européens; ainsi pour eux l’évolution ne s’arrête pas à l’homme ni à la vie actuelle. Chaque homme doit se développer d’abord physiquement, puis intellectuellement, puis moralement jusqu’à devenir un Bouddha, c’est—à-dire un être tout divin et qui se fond en dieu après la mort.
Les réincar nations durent plus ou moins longtemps jusqu’à ce qu’on soit devenu un Bouddha. Ainsi, le minéral évolue en vé gétal, le végétal en animal, l’animal en homme, l’homme en dieu; mais les différents stades de cette évolution ne se font pas sur la même planète.
Voilà. pourquoi il est impossible, disent les Hindous, de voir sur notre planète un singe devenir un homme, quoiqu’il soit inocntestable que cette évolution se passe dans l’invisible. De même que le minéral devient dieu, dieu devient minéral, ce qui détermine un courant contraire au pré cédent, courant totalement inconnu des Occidentaux et ‘—.——..u«,_,‘. .A,
LA PRESSE 91 appelé involution par les Hindous, par opposition à l’évolution. Cette matérialisation progressive de la force divine donne les mystères de l’Incarnation, enseignée dans toutes les religions, de même que la divinisation progressive de la matière donne l’explication du mystère de la Rédemp ion.
Pour nous, les mystères fondamentaux du christia nisme ne sont que des traductions de la religion des an— ciens Hindous, comme l’a démontré, avec preuves à l’appui, un missionnaire catholique, le P. Huc, qui s’est fait mettre à l’index pour sa loyauté. LE BOUDDHISME EN FRANCE Vous voyez la nouveauté de quelques-unes des idées que je vous ai très rapidement exposées.
Les chercheurs européens, et surtout les Français, portent leurs efforts vers ces études dans l’espoir d’arriver à des découvertes scientifiques nouvelles en alliant ces données orientales, dont le caractère est la synthèse, aux découvertes expéri mentales contemporaines de l’Occident, qui sont dues surtout à l’analyse.
De là les différents travaux auxquels se livrent les bouddhis es français, comme l’ethnographie, cultivée plus particulièrement par de Rosny; la sociologie, par Benoit Malon; la physiologie, par moi, Papus; la philo sophie, par de Guaita; la littérature, par Joséphin Pela .dan, Léon Hennique, Paul Adam, Jules Lermina, etc. (1).
Ainsi que vous le voyez, nous n’avons pris au boud dhisme que sa doctrine, on peut dire qu’aucun de nous ne pratique; on cite cependant quelques bouddhistes, qui observent certains rites, mais ils se contentent d’être vegétariens, Nous sommes réunis en un groupe, l’Initiation, et les adhérents nous arrivent tous les jours de plus en plus nombreux.
Je vais peut-être vous étonner, mais le jour nalisme nous en fournit un certain nombre. (l) il est entendu que Guaita, Peladan, etc., étudient le Boudhisme avec un d) l‘antique sagesse ésotérique et ne sont nul|ement Bouddhistes dlsClpl€s de Bouddha), ce qui serait profondément ridicule pour des ommes de cette valeur.
92 L’INITIATION 'AI Le Moniteur Spirite et magnétique de Bruxelles pu blie les deux intéressantes communications sutvantes, que nous signalons volontiers à tous nos lecteurs : LA VOIX DES ESPRITS REPRODUITE’ PAR LE PHONOGRAPHE EDISON M. Gates, de New—York, dans sa lettre à M. Burns, l’éditeur du Médium de Londres, raconte les faits sui— vants : 1 J’ai été assez heureux d’assister à une séance chez Mm° Williams, qui demeure n° 232 West 46 Street New-York.
Chez elle, les esprits se communiquent par le phonographe Edison, qui reproduit non pas seule ment les sons, mais les intonations, on pourrait même dire la personnalité de l’esprit, à tel point que j‘ai vu pleurer des personnes qui reconnaissaient la voix de ceux qui leur étaient chers. L’effet est saisissant : il vous semble sentir la présence de l’esprit, tant c’est naturel.
Nos amis d’outre-tombe nous disent qu’enfin ils pos Sèdent les conditions nécessaires, si longtemps'désirées par eux, pour communiquer librement avec nous. Pendant la séance un phénomène curieux s’est pro duit. Le phonographe était enveloppé de flammes bleues qui éclairaient la chambre. C’est une expérience que je n’oublierai de ma vie.
I' o ‘ Les journaux spirites des États-Unis d’Amérique ont donné le compte rendu d’une séance à laquelle assis— taient deux cents personnes, dans laquelle, par l'inter médiaire du médium M. Williams, se matérialisèrent trente et un esprits : hommes, femmes et enfants, qui furent reconnus par leurs parents et amis, lesquels, séance tenante, dressèrent procès-verbal et attestèrent la Vérité du fait. Cette séance, ajoute le narrateur, est une des plus remarquables qui aient eu lieu en public. * «V-*
NOUVELLES DIVERSES . Signalons à nos lecteurs qui lisent l'espagnol la Re vista de Estudios psicologicos, de Barcelone (5 fr. par an), dirigée par le vicomte DE TORRES SOLANOT. Cette revue, fort bien faite, contient chaque mois le résumé complet des progrès et des nouvelles du spiritisme et du spiri tualisme dans les pays de langue espagnole.
Nouvnmns avnusas M"° Louise Abbéma expose, du mercredi 9au samedi 19 avril, dans les galeries particulières de M. Georges Petit, 12, rue Godot—de-Mauroi. ‘ 'k’ ‘ Dans notre prochain numéro nous publierons une étude sur l’origine du Mal au point de vue mystique, par notre rédacteur en chef GEORGE MONTIÈRE.
Titre : La faute d’Adam. * 241* Nous commencerons également dans le prochain nu méro une belle étude de notre collaborateur ÉMILE MICHILET sur l’Esote’risme dans l‘Art. * :4»25 , A la salle des Capucines, les mages font une série de Conférences sur I’Hermétisme le 2° et le 4° lundi de chaque mois. Papus a déjà traité la Alagie au xnr' siècle le lundi 10 mars, et Bouddha che:; nous le 24..
Voici le résumé de cette dernière conférence : BOUDDHA CHEZ NOUS L‘Inde mystérieuse. —- Travaux des savants. —- L’ori gine des Religions et des Sciences de l’Occident. -— L‘Exotérisme et 1’Esotérisme, — Unité des Sciences, unité des cultes.
l -a -—‘-u 94 L’INITIATION Brahmanisme et Bouddhisme. — Enseignements. — Le Père Hue et ses travaux. — La légende de Krischna. —— Le Bouddhisme ésotérique et ses adeptes. — La So ciété Théosophique d’Adyar.
Bouddha chez nous. — Udo Halsmayer l’étudiant viennois. — Interview du Matin. — Bouddhisme et Boudhlsme. — Singulière confusion. —— Le temple Bouddhique de l’Exposition et son symbolisme. — Le Musée Guimet. —— Caractère du Baudhlsme en Europe. -— Occultisme. — Avenir du Bouddhisme et avenir du Boudhisme chez nous. — Conclusion. i a I* Le 14 avril, conférence sur les Revenants et la Magie, par Papas.
Le 28, conférence de Stanislas de Guaita. ;* 2|1«in De notre collaborateur Paul Marrot, l’Europe‘enne illustrée, qui se publie à Bruxelles et à Paris, a donné le Mariage de Su;anne, une nouvelle où se trouve étudié un curieux cas de dédoublement de la personnalité. «1‘'V‘ Un correspondant de l‘Inz‘tz‘atz‘on à La Plata, M. H. Girgeois, a subi des attaques injustifiées de la part d’un prétendu Suprême Conseil local.
Nous rappelons ànotre frère en S I.'. qu’il trouvera toujours un défenseur ardent en notre revue. Lwaes Reçus MARC AMANIEUX. — La Révolution : les Grandes Amours, les Grandes Luttes, les Grands Drames, les Grandes Lois. (Compte rendu prochainement.) * 2424 ‘Illl.
CORRESPONDANCE 9 5 WM. 4‘ ‘ v ‘ A Application de l’aimant (Magnétisme minéral) au trai tement des maladies, avec I2 fig. dans le texte, par H. DURVILLE, in-16 de 64 pages. Prix 1 fr., à la Librairie du magnétisme, 23, rue Saint—Merri. Ouvrage très intéressant, tant au point de vue phy siquequ'au point de vue physiologique et thérapeutique.
Il contient un historique de l’application de l’aimant en médecine, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours ; une étude surla physique de l’aimant, où la pola— rité du corps humain et son analogie avec l’aimant est démontrée ; une description des pièces aimantées à em ployer dans un traitement et une thérapeutique qui per met au malade de se traiter lui-même, dans le plus grand nombre des cas.
Cet ouvrage est l’application des principes que l'au— teur a exposés dans son remarquable Traité expérimen— tal et thérapeutique de magnétisme. * . " Le Magnétisme humain considéré comme agent phy sique, par H. DURVILLE, in-18 de 36 pages. Prix : 60cen times, à la même librairie. L’auteur démontre d’une façon claire et précise l’exis tence de l’agentdésigné vulgairement sous le nom de fluide magnétique.
Comme l’électricité, la chaleur, la lumière, c’est un mode vibratoire de l’éther. L’agent ma gnétique n’est donc pas une conception de l’imagination pour expliquer les effets que l’on observe, car, dans cer taines conditions, on peut le percevoir par les organes des sens. ©©1annse©uauca Paris, 17 mars 1890. Je réponds à la note qui termine l’Initiation de ce mois et qui concerne l’insertion d’un article de M. Doi .__.___m_..—/«
96 L’INITIATION nel dans le numéro ta de la Revue théosophique. —- Ce n'est pas par un hasard ( inexplicable > puisque je te l’ai expliqué d’une manière qui t'a paru très plausible, a huit jours, » comme tu le dis, u avant l’apparition du nu méro. ) Je t’ai, en même temps, dit comment le tout résultait d’une étourderie de ma part, dont la Direction n'avait pas été informée. Tu savais donc que toute res— ponsabilité en retomberait infailliblement sur moi seul. Quand tu c signales ce singulier procédé à tous tes lecteurs >, dis-moi, fais-tu œuvre d’ami? Je n’ai rien à me reprocherà ton égard. Peux-tu en dire autant, au— jourd’hui? Pour moi, même très piqué par des polé— miques extérieures à cette question, je sens bien que jamais je n’aurais agi de la sorte. GEORGES POLTI, gérant de la Revue Théosophrque. Tout en reconnaissant volontiers que nous avons fait plus de bruit que cet accident n’en valait la peine, nous demandons ànotre ami Polti s’il n’y avait pas circon— stances atténuantes dans les événements extérieurs dont il parle. Mais, en vérité, nous aurions tort de nous fâcher l’un et l’autre, étant l'un et l’autre au-dessus de ces puérilités. Passons l’éponge tous les deux sur nos comptes, s’il veut bien, soyons camarades comme avant, et travaillons. PAbIJS. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS, IMP. a. AnaAuur ET c", au: D: LA PRÉFECTURE. ô.
AVIS IMPORTANT A dater du 19" Mars 1890, M. Georges CARRÉ, éditeur, devient propriétaire de la Revue l’Im‘tiation. C’est donc _à lui qu’il faudra désormais s’adresser pour les abonnements, les annonces et les services de la Revue. A dater, du I“ mai, la rédaction de l’Initiation sera transiéréé dans le superbe local du Groupe Indépendant d’Études Ésotériques, 29, rue de Trém‘se, Paris. c—-——___
LIBRAIRIE CARRÉ, 58. RUE SAINT—ANDkÉ-DEs-AR'I‘S, PARIS STANISLAS DE GUAITA AU SEUIL DU MYSTÈRE 2‘ édition, considérablement lugmenle’e, me deux eslampes, 200 page: in-8. 6'fr. NOTE IMPORTAN TE Quelques fautes se sont glissées dans cette deuxième édition.
Prière instante au lecteur de corriger sur son exemplaire, page 139, note du bas de la page, le 4° paragraphe, comme suit: c< A jamais incompatible avec le Néant, où elle est en voie de « sombrer, l‘âme spirituelle trouve dans la profondite’ de sa nature et occulte un principe occasionnel d‘arrêt brusque — et qui la rejette « en arrière. » PAPUS Clef absolue de la Science Occulte. Le Tarot des Bohémiens; le plus ancien livre du monde.
I beau vol. de plus de 350 pages avec 8 planches hors texte et plus de 200 figures............ 9fr. Traité élémentaire de Science occulte, mettant chacun à même de comprendre et d’expliquer les théories et les symboles employés par les anciens, les alchimistes, les francs-maçons, etc. 4° édit. . . . . . . 3 fr. 50 L’Occuliste contemporain . . . . . '1 » » Le Sepher Jesirah.
Les 32 voix de la sagesse: les 50 portes‘ de l’intelligence . . . . . . . . . il fr. » Fabre d’Olivet et St-Yves d’Alveydre 0 » 75 La. pierre philosophale. preuves irréfutables de son existence.‘............. 1fr.» m4544“W1mM .a» .—-.
L’I N I TI AT I O N (””%’iäh“’”’) mW ,._ __; __;. . A V. .-.:.: . _. RÉDACTION % ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg, 14 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS, % G. CARRÉ DIRECTEUR: PA.PUS . , DIRECTEUR-ADJOINT : Lucien MAUCHEL l 58’ rue saznt-Andre_de&A ris Rédacteur en chef: PARIS George MONTIERE _ Secrétaires de la Rédaction: FRANCE, un an. 10 fr. :H. BA.RLET. ——J. LEJAY ÉTRANGER, -— 12 fr.
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Salle de conférences du Groupe indépendant d’Études ésotériques. Rédaction de l’Initz’alz‘on et du Voile d’Isis. TOURS, IMP. E. ARRAULT ET CIE. %.dmu_; I ;;m;., ,_—-—-«-,.a—_ _____...__ax.-.-. a»...