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FFF’ ; , o go 0 L I n 1 t 1 at 1 o n Huppe philosophique indépendante des Hautes Études J’ . Hypnotisme, Théosophie Kabbale, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes — ÿr . >ç< *—_——— 4m VOLUME. —' 2m ANNÉE SOMMAIRE DU N° ’10 (Juillet 1889) .4 PARTIE INITIATIQUE.. .. Discours d’Initiaii0n Martiniste ( tenue de 3e de ré) . . . . . . Stanislas de Guaita . i à .) PARTIE PHILOSOPHIQUE (p ET SCIENTIFIQUE . . ..
Le Système Théoso phique(exposé com plet en un article). Eugène Nus. (P9 à 34') , . La Crozx ansee. .. . . Marcus de Veze. . 54 à 57.) Al(ri)in de Lille. . . . . . . id. ' (p. 58 à 62.) . . Principes cosmo-psy chiques du Magné— tisme (suite) . . . . .. Rouxel. (p. 62 à 87.) PI‘HTIE LITTÉRAIRE... L’lnitiation (poésie). Lucien Mauchel. (p. 88 à go.) ??? (poésie)..... . Paul-Armand Kirsch I (p. go.) Lettre de M. Ad.
Franck (de l’Institut). — Les Congrès de i889. —— l.'Orient à l’Exposition universelle. —— Livres reçus à l’Initiali0n. RÉDACTION : Administration, Abonnemenls: 14 rue de Strasbourg, 14 58, rue St—André—des—Arts,58 P A RI S P A RIS Le Numéro: UN FRANC. —— Un An: DIX FRANCS.
Î" BUT Les Doctrines matérialistes ont vécu. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion ; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science expéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l’hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. La Renaissance spiritualiste s’affirme cependant de toutes parts en dehors des Académies et des Cléricalismes. Des phénomènes étranges ramènent à considérer de nouveau cette vieille Science Occulte, apanage de quelques rares chercheurs.
L’étude raisonnée de ses principes conduit à la connaissance de la Religion unique d’où dérivent tous lesœultes, de la Science Universelle d’où dérivent toutes les Philosophies. . Des Écoles diverses s’occupent de chacune des parties de cette Science Occulte. La Théosophie, la Kabbale, le Spiritisme, ont leurs organes spéciaux, souvent ennemis. L’Initiati0n étudie comparativement toutes les écoles sans appar tenir exclusivement à aucune.
L’Initiaiion n’est pas exclusivement théosophique, mais elle compte parmi ses rédacteurs les plus instruits des théosophesfrançais. L’Initiation n’est pas exclusi vement kabbaliste, mais elle publie les travaux des kabbalistes les plus estimés que nous possédions.
Il en est de même pour toutes les autres branches de la Science Occulte : la Franc-Maçonnerie, le Spiritisme, I’Hypnotisme, etc., etc. La Partie initiatique de la Revue résume et condense toutes ces données diverses en un enseignement progressif et méthodique.
La Partie philosophique et scientifique expose les opinions de toutes les écoles sans distinction ; enfin la Partie littéraire déve loppe ces idées dans la forme attrayante que savent leur donner le poète et le romancier. Plus de quarante rédacteurs, pour la plupart déjà connus, concourent à la rédaction de l’Initiati0n.
Tous ces avantages unis à l’extrême bon marché de la Revue en font une des plus attrayantes et des plus originales de toutes les publications mensuelles.
PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE l’Initz‘alion 10 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET (auteur de l’Initiation). M. S. T. {Ç} -— STANISI.A5 DE GUAITA (auteur de Au Seuil du Mystère) S.'. I.'. —— GEORGE MONTIÈRE (rédacteur en chef de l’Initialion) S.‘. I.-. — PAPUS (auteur du Traité élémentaire de Science Occulte). S.'. 1.-. -— JOSÉPHIN PEI.ADAN (auteur de la Décadence Latine) S.'. I.'.
20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ALEPH (de la Revue du Mouvement social). -— Le F.'. BERTRAND VEN.'. RENÉ CAILLIE (directeur de l’Eloile). G.
DELANNE (rédacteur en chef du Spiritisme). — ELY STAR (auteur des Mystères de I'Horoscope). — FABRE DES ESSARTS. — FABIUS DE CHAMPVILLE. — Dr FOVEAU DE COURMELLES (licencié ès-sciences physiques, licen cié ès-sciences naturelles).— JULES GIRAUD (auteur du DrSelectin.— Dr GOYARD (ancien président de la Société Végétarienne). — E.
GARY (auteur de la Théorie des Tempéraments.—— HENRI LASVIGNES (ex-se crétaire de la rédaction du Constitutionnel). — J. LEJAY (licencié en droit). -— MARCUS DE VÈZE. — EUGÈNE NUS (auteur de les Grands Mystères). -——G. POLTI (auteur de la Théorie des Tem péraments). — Le Magnétiseur RAYMOND. — Le Magnétiseur A. ROBERT. — ROUXEL (du Journal des Économistes). — HENRI WELSCH. 30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. — E.
GOIIDEAU.'— MANOEL DE GRANDFORD. — VILLIERS DE L’ISLE—ADAM.— JULES LERMINA. — L. HENNIQUE.— A. MATTHEY. — LUCIEN MAUCHEL. — CATULLE MENDÈS. — ÉMILE MICHELET. — GEORGE MONTIËRE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE ED. BAZIRE. — CH. DUBOURG. — RODOLPHE DARZENS. — P. GIRALDON. — PAUL MARROT. -—- MARNES. -— A. MORIN. — ROBERT DE LA VILLEHERVE. ‘!
Le 11° Numéro de L’INITIATION Ce numéro contiendra toute l’introduction du magnifique travail de M. SCHURÉ sur les Les Grands Initiés. Le désir de donner en une fois l’étude de Eugène Nus sur la Théo sophie nous oblige à renvoyer à ce numéro l’article de W***. Le [1° numéro contient aussi un travail de NAPOLÉON NEY sur les Sociétés secrètes des Musulmans, une étude littéraire de JOSÉPHIN PÉLADAN, etc., etc. LES GRANDS INITIÉS ESQUISSE DE L’HISTOIRE SECRÈTE DES RELIGIONS PAR ÉDOUARD SCHURË Rama. —- Krishna. — Hermùs 1\Ioïse Orphée. — Pythagore. -— Platon Jésus Magnifique volume in-8° de plus de 500 pages. Prix : 7 fr. 50 La Librairie CARRE se charge d’envoyer franco ce volume au prix marqué. ————‘ç(N\ IŒÂ«'——*—
PARTIE INITIATIQUE ÆISGÜJURS ËNITIATI@UE POUR UNE RÉCEPTION MARTINISTE TENUE DU 3° DEGRÉ (5&3 , , . A . ’ â]ÏÊU as ete successrvement revetu des tr015 grades W hiérarchiques de notre ordre ; nouste saluons S.-. I.'., et quand tu auras transcrit et médité nos cahiers, tu deviendras Initiateur à ton tour. AZtes mains fidèles sera commise une importante mission : la charge t’incombera, mais aussi l’honneur, de former un groupe dont tu seras devant ta conscience et devant 1’Humanité divine le Père intellectuel, et à l’occasion le Tuteur moral. Il ne s’agit point ici de t’imposer des convictions dogmatiques. Que tu te crbies matérialiste, ou spiri— tualz’ste, ou Idéaliste; que tu fasses profession de Christianisme ou de Bouddhisme; que tu te pro clames libre—penseur ou que tu affectes même le scepticisme absolu, peu nous importe après tout : et nous ne froisserons pas ton cœur, en molestant ton ,.. _____.., I
2 L’INITIATION W—- .. .. _.. .._ U _IIHITW esprit sur des problèmes que tu ne dois résoudre que , face à face avec ta conscience et dans le silence solen— nel de tes passions apaisées.
Pourvu que ton cœur, embrasé d’un amour véri table pour tes frères humains, ne cherche jamais à briser les liens de solidarité qui te rattachent étroite— ment au Règne Homz’nal considéré dans sa Synthèse, tu es d’une religion suprême et vraiment univer— selle, car c’est elle qui se manifeste et s’impose, (mul— tiforme il est vrai, mais essentiellement identique à elle-même), sous les voiles de tous les cultes exoté— riques d’0ccident comme d’Orient.
Psychologue, donne à ce sentiment le nom que tu voudras : Amour, Solidarité, Altruisme, Fraternité, Charité; . . Économiste ou Philosophe, appelle-le Socialiste, si tu veux... Collectiuisme, Communisme... Les mots ne sont rien ! _ Honore-le, Mystique, sous les noms de Mère di— nine ou d’Esprit—Saint. .
Mais qui que tu sois, n’oublie jamais que dans toutes les religions réellement vraies et profondes, c’est-à-dire fondées sur l’Ésotérz’sme, la mise en œuvre de ce sentiment est l’enseignement premier, capital, essentiel, de cet Ésotérisme même. * 4-»; Poursuite sincère et désintéressée du Vrai, voilà ce que ton Esprit se doit à lui-même; fraternelle mansuétude à l’égard des autres hommes, c’est là ce que ton Cœur doit au prochain.
DISCOURS INITIATIQUE 3 Ces deux devoirs exceptés, notre Ordre ne prétend pas t’en prescrire d’autres, sous un mode impératif du moins. Aucun dogme philosophique ou religieux n’est imposé davantage à ta foi. — Quant à la doctrine dont nous avons résumé pour toiles principes essen— tiels, nous te prions seulement de la méditer à loisir et sans parti pris. C’est par la persuasion seule que la Vérité Traditionnelle veut te conquérir à sa cause!
1» ‘vit Nous avons ouvert à tes yeux les sceaux du Livre ; mais c’est à toi d’apprendre à épeler d’abord la lettre, puis à pénétrer l'Esprz‘t des mystères que ce livre renferme. Nous t’avons commencé: le rôle de tes Initiateurs doit se borner là.
Si tu parviens de toi—même à l’intel ligence des Arcanes, tu mériteras le titre d’Adepte ; mais sache bien ceci: c’est en vain que les plus sa— vants mages de la terre te voudraient révéler les su— prêmes formules de la science et du pouvoir magique; la Vérité Occulte ne saurait se transmettre en un dis cours : chacun doit l’évoquer, la créer et la dévelop— per en soi.
Tu es Initz'atus : celui que d’autres ont mis sur la voie; efforce-toi de devenir Adeptus: celui qui a con quis la Science par lui—même ; en un mot lefils de ses œuvres. '. - J
4 L’INITIATION Notre Ordre, je te l’ai dit, borne ses prétentions à l’espoir de féconder les bons terrains, en semant par— tout la bonne graine: les enseignements des 8.-. I.'. sont précis. mais élémentaires.
Soit que ce programme secondaire suffise à ton ambition; soit que ta destinée te pousse un jour au seuil du temple mystérieux où rayonne, depuis des siècles, le lumineux dépôt de l’Esotérisme Occidental, écoute les dernières paroles de les Frères Inconnus : puissent-elles germer dans ton esprit et fructifier dans ton âme! * «\up Je te proteste que tu peux y trouver le critérium infaillible de l’Occultisme, et que la Clef de voûle de la synthèse ésotérique est bien là, non pas ailleurs.
Mais à quoi sert d’insister, si tu peux comprendre et si tu veux croire P Dans le cas contraire, à quoi bon insister encore ? Tu es bien libre de prendre ce qui me reste à dire pour une allégorie mystique ou pour une fable lit— téraire sans portée, ou même pour une audacieuse imposture... Tu es libre ; mais ECOUTE. — Germe ou pourrisse la graine, je vais semer ! 2:24.
En principe, à la racine de l’Etre est l’Absolu ; L’Absolu — que les religions nomment Dieu —— ne se peut concevoir, et qui prétend le définir en déna— \ t.
DISCOURS ÏNITIATIQUE 5 turc la notion, en lui assignant des bornes: un Dzeu défini est un dieu fini(1). Mais de cet insondable Absolu émane éternelle ment la Dyade androgynz’que, formée de deux prin cipes indissolublement unis: 1’Esprit Vivificateur Ç et l’Ame—vz‘vante universelle A Le mystère de leur union constitue le Grand Arcane du Verbe. Or, le Verbe, c’est l’Honzme collectif considéré dans sa synthèse divine, avant sa désintégration.
C’est l’Adam Céleste avant sa chute; avant que cet Etre Universel ne se soit modalisé, en passant de l’Unité au Nombre; de l’Absolu au Relatif; de la Col— lectzvité à l’Indz’vidualisme; de l’Infini à l’Espace et de I’Eternité au Temps.
Sur la Chute d’Adam, voici quelques notions de l’enseignement traditionnel : lncités par un mobile intérieur dont nous devons taire ici la nature essentielle, mobile que Moïse appelle nm, NAÏ-IASH, et que nous définirons, si tu veux, la soif égoïste de l’existence individuelle, un grand nombre de Verbes fragmentaires, consciences poten , ,ielles vaguement éveillées en mode d'énzanalion dans le sein du Verbe Absolu, se séparèrent de ce Verbe qui les contenait. ’ Ils se détachèrent, —- infimes sous-multiples, — de l’Unité mère qui les avait engendrés. Simples rayons ‘ (1) Eliphas Lévi.
6 L’INITIATION de ce soleil occulte, ils dardèrent à l’infini dans les ténèbres leur naissante individualité, qu’ils souhai— taient indépendante de tout principe antérieur, en un mot, autonome. Mais comme le rayon lumineux n’existe que d’une existence relative, par rapport au foyer qui l’a pro-« duit, ces Verbes également relatifs, dénués de prin cipe autodivin et de lumière propre, s’obscure‘rer‘zt à mesure qu’ils s’éloignaient du Verbe absolu.
Ils tombèrent dans la matière, mensonge de la sub stance en délire d’objectivité; dans la matière, qui est au Non-Être ce que I’Esprit est à l’Être ; ils descen dirent jusqu’à l’exz‘stence élémentaire, jusqu’à l’ani— malité, jusqu’au végétal, jusqu’au minéral!
Ainsi, la matière fut élaborée de l’Esprit, et l’Univers concret prit une vie ascendante, qui remonte de la pierre, apte à la cristallisation, jusqu’à l’homme, susceptible de penser, de prier, d’assentir l’intelligible et de se dévouer pour son semblable!
Cette répercussion sensible de l’Esprit captif, subli mant les formes progressives de la Matière et de la Vie, pour tâcher de sortir de sa prison, — la Science contemporaine la constate et l’étudie sous le nom d’Évolution. L’Évolution, c’est l’universelle Rédemption de l’Es— prit. En évoluant, l’Esprit remonte. Mais avant de remonter, I'Esprit était descendu : c’est ce que nous appelons : l’1nvolution.
Comment le sous—multiple verbal s’est-il arrêté à un point donné de sa chute? Quelle Force lui a permis de rebrousser chemin P Comment la conscience obscu’
u ..—..—.......—.—.—.w—_.——a—IZ.AU< rv‘“" \ DISCOURS INITIATIQUE ' 7 rée de sa divinité collective s’est—elle enfin réveillée en lui, sous la forme encore bien imparfaite de la Socia biIité 9— Voilà de profonds mystères, que nous ne pouvons pas même aborder ici, et dont tu sauras acquérir l’intelligence, si la Providence est avec toi. Je m’arrête.
Nous t’avons conduit assez avant sur la voie; te voilà muni d’une boussole occulte qui te permettra, sinon de ne jamais t’égarer, du moins de retrouver toujours le droit chemin. *.1 Voilà donc quelques données précises sur la grande affaire (1) de l’humaine destinée: à toi le soin d’en déduire le reste, et de donner au problème sa solution.
Mais comprends bien, mon frère, une troisième et dernière fois je t’en adjure, comprends bien que l’AI Zruisme est la seule voie qui conduise au but unique et final, -— je veux dire la réintégration des sous multiples dans l’Unité Divine ;——-la seule doctrine qui en fournisse le moyen, qui est le déchirement des entraves matérielles, pour l’ascension, à travers les hiérarchies supérieures, vers l’astre central de la régé nération et de la paix.
N’oublie jamais que l’Universel Adam est un Tout homogène, un Être vivant” dont nous sommes les atomes organiques et les cellules constitutives. Nous vivons tous les uns dans les autres, les uns par les autres; et fussions—nous individuellement sauvés (l) Saint—Martin. |,‘|Ë' ' |-. .
8 L’INITIATION (pour parler le langage chrétien), nous ne cesserions de souffrir et de lutter qu’une fois tous nos frères sauvés comme nous! L’Egoî'sme intelligent conclut donc comme a con— clu la Science traditionnelle: l’universelle fraternité n’est pas un leurre; c’est une réalité de fait. Qui travaille pour autrui travaille pour soi; qui tue ou blesse son prochain se blesse ou se tue; qui l’outrage, s’insulte soi—même.
Que ces termes mystiques ne t’efiarouchent pas: nous sommes les mathématiciens de l’ontologie, les algébristes de la métaphysique.
Souviens-toi, fils de la Terre, que ta grande ambi tion doit être de reconquérir l’Eden {odiacal d’où tu n’auraisjamziis dû descendre, et de rentrer enfin dans l’Inefiable Unité, HORS DE LAQUELLE TU N’ES RIEN, et dans le sein de laquelle tu trouveras, après tant de travaux et de tourments, cette paix céleste, ce som meil conscient que les Hindous connaissent sous le nom de Nirvânâ : la béatitude suprême de l'Omni— science, en Dieu. STANISLAS DE GUAITA i}. S.'. I.'.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE är QÊTSTÈME lEÉ@SUPEIQUE EXTRAIT d'un tr_;avail que fait en ce moment M. EUGÈNE Nus sur les Idées métaphysiques du jour.
ÊISTOIRIÆ ou roman, révélation ou chimère, chiffres Œ fabuleux, affirmations prodigieuses s’exposant et s’imposant avec un aplomb qui renverse et une logique presque toujours incontsstable, voilà ce que nous présente le livre de M. Sinnet, tlze esoteric Buddhz‘sm, écrit, assure-t-il, sous l’inspiration et parfois sous la dictée des Mahatmas. Ce n’est encore là qu’un abrégé de la science ésoté rique, car les maîtres nous mesurent la dose.
Si les secrets qu’ils gardent par devers eux concernent les pouvoirs formidables que la théosophie leur attribue, ils font bien de les tenir cachés. A voir l’usage que nous faisons des forces mises en circulation par notre physique et notre chimie, il est grandement désirable que nos puissances pour mal faire ne s’enrichissent pas de procédés nouveaux.
.1o L’INITIATION Ce qui nous importe dans le désarroi où nous sommes, c’est de trouver une lueur qui nous aide, si la chose est possible, à débrouiller le chaos de nos idées. Les détenteurs des traditions antiques pré tendent qu’ils possèdent cette lumière, et que le temps est arrivé où nous pouvons et devons la recevoir. Accueillons-la avec les égards qui lui sont dus, mais sous bénéfice d’inventaire.
Elle date de loin, cette science cachée, si l’on en croit ses disciples. Elle ne serait même pas le fruit de la branche aryenne. Les Aryens l'auraient reçue de races antérieures qui développèrent jadis des civilisa— tions évanouies, sur des continents disparus. Voilà, diront nos professeurs d’histoire, la fantaisie qui commence,et l’archéologie, la géologie, toutes nos sciences en gie vont faire chorus.
Nous ne voyons pas dans l’antiquité plus loin que le bout du nez d’He’rodote. Encore accusons—nous le vieux chroni— queur de s’être laissé mettre sur cette excroissance des besicles grossissantes par les occultistes de son temps.
Manéthon, qui s’est permis de rédigerune chronologie égyptienne, reculant de quelques misérables siècles l’époque où Gain, sans autre aide possible que les bras de son fils Hénoch, bâtissait une ville entière poury loger sa famille, Manéthon, disons—nous, a été mis par ses collègues au ban de l’histoire et des historiens.
Ceux d’aujourd’hui, même parmi les mécréants qui se moquent de Moïse et de sa bible, n’osent pas encore relever leur malheureux confrère de l’anathème prononcé contre lui par les annalistes chrétiens. On comprend l’accueil’que Vont recevoir n'Il
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE I I ‘cÏ" :“ . ' n dans nos régions savantes ces civilisations rouge et noire, séparées l’une de l’autre, disent leurs révéla teurs, par un intervalle de sept cent mille ans. Mais, avant d’aborder cette question délicate de la chrono— logie occulte, prenons une'vue générale de la doctrine qui permet à ses adeptes de se livrer, sans s’émouvoir, à de pareilles conceptions. .
Tout part, comme dans les Védas, des jours et des nuits de Brahma, Manuantaras et Pralayas, dans la langue sanscrite.
Écoutons les maîtres de la philosophie préhisto— rique : « La chose éternelle, impérissable de l’Univers, que le Pralaya universel même traverse sans la détruire, 3 est ce qui peut être appelé indifféremment espace, durée, matière ou mouvement, non une chose ayant ces quatre attributs, mais une chose qui est ces quatre attributs à la fois, et toujours. Et l’évolution prend sa source dans la polarité atomique que le mouvement engendre.
En cosmogonie, les forces positive et néga tive, ou active et passive correspondent aux principes mâle et femelle. L’influ spirituel entre. dans le voile de la matière cosmique.
Le principe actif est attiré par le principe passif, et, si nous pouvons ici aider à l’imagination en ayant recours à un ancien symbole occulte, le grand Nag, le serpent, emblème de l’éter nité, attire sa queue dans sa bouche, formant ainsi le cycle de l’éternité, ou plutôt les cycles dans l’éternité.
« Le principal attribut du principe spirituel univer— sel qui don;ize la vie inconsciente mais toujours active, est de répandre et de donner ; celui du prin
12 L’INITIATION cipe matériel universel est de recueillir et de iéconder. Inconscients et mon existants quand ils sont séparés, .ils deviennent conscients et vivants quand ils sont ensemble. » Qu’elle vienne des noirs, des rouges ou des blancs, voilà une métaphysique d’une belle envolée et tracée magistralement, réserve faite toutefois sur cette con ception, un peu trop idéale peut être, des deux prin cipes non existants quand ils sont séparés.
Et d’abord sont-ils jamais séparés, autrement que dans l’abstrac— tion de la pensée hindoue, reprise et\embrouillée par la nébulosité germaine P c Nous pouvons voir maintenant, ajoute M. Sinnet, que tout est voulu parun seul etunique élément dans l’Univers, et par l’action de cet élément comme Andro .gyne. » . Ne remontons pas plus haut que cét An drogyne dans la sphère des causes. C’est déjà une belle hau— teur.
A s’aventurer plus loin, s’il y a un plus loin, dans les dissertations sur l’inconscience ou l’hyper conscience du Tout qui n’est rien, ou du Rien qui est tout, on risque de se perdre dans les profondeurs de sa propre pensée. Cette loi d’alternance, activité et repos, régit tous les degrés du Cosmos et des êtres.
Comme la plante, comme l’animal, comme l’homme, chaque échelon de la hiérarchie des Mondes a ses phases périodiques de veille et de sommeil. Les Planètes, les soleils, les univers, les systèmes d’univers, avant la concentra— tion générale que suivra une nouvelle expansion de la Nature naturante, traversent successivement ces pé
LE SYSTÈME THEÔSOPHIQUE I 3 riodes d’obscuration et de lumière, dont la durée se chiffre par des nombres de plus en plus prodigieux, à mesure que l’on atteint par la pensée les grands fonc tionnements de l’évolution universelle qui nous ramène, enrichis de la conscience,dans la sphère mys térieuse d’où nous sommes descendus à l’état neutre et inconscient.
Car voici en deux mots le secret de la vie voulue. par l’élément éternel et impérissable: descente de l’esprit dans la matière, le subjectif s’objectz‘vant; retour, à travers la matière, des monades spirituelles, conscientes et individualisées, au principe qui les émane. Nous sommes des atomes de l’unité divine.
Chacun des atomes de cette unité, consubstantiel à elle, contient en germe toutes les puissances de l’être, et le long parcours de l’existence a pour cause et pour but de développer ces puissances et de nous faire remonter, devenus Dieu nous—mêmes, au sein du Dieu universel. * I>-Ï» Sachant, enfin, par la science antique, qui nous sommes, d’où nous venons et où nous allons, exami— nons l’état des lieux qui nous servent d’habitation provisoire.
' Nous croyons que le tourbillon solaire, dont la terre fait partie, se compose uniquement des planètes visibles à nos yeux, découvertes par nos télescopes ou soupçonnées par nos calculs. L’ésotérisme prétend que, là comme ailleurs, nos sens et nos sciences nous renseignent insuffisamment, et qu’il y a autour de
14 L’INITIATION nous des Mondes réels dont l’existence nous échappe. Selon la doctrine, notre Soleil régit sept systèmes ou chaînes planétaires. Chaque chaîne se compose de sept planètes, visibles ou invisibles pour l’observateur humain. J’ignore comment la Cosmologie occulte concilie ces quarante-neuf planètes avec les lois connues de l’astronomie officielle.
Elle répondrait sans doute que des états de matière différents ont des propriétés dif férentes, et que ces mondes invisibles, placés dans d’autres conditions dejvie, entretiennent avec les globes ambiants des rapports qui sortent du domaine des lois étudiées par nous. Jusqu’à ces dernières années, notre physique ne connaissait que trois états de la matière : solide, liquide, gazeux.
Un quatrième, l’état radiant, vient d’être introduit par Crooks, dans le giron de la. science orthodoxe. Les maîtres orientaux affirment qu’il y en a trois autres que nos laboratoires exoté riques ne découvriront pas de longtemps. Plan astral, plans spirituels sont les noms attribués par l’ésotérisme à ces conditions de la matière subtile sur lesquelles, jusqu’à ce jour, il a donné peu de détails.
Il n’en a même pas donné du tout, alléguant, chose que je crois parfaitement juste, qu’il nous serait impossible de les comprendre. Il faut s’y transporter de sa personne, comme font, paraît-il, les Mahatmas, et comme feront, affirment ceux-ci, les hommes de la race qui succédera à la nôtre, 'pour se rendre compte de ce que peuvent pêtre ces régions éthérées qui pré— cèdent ou suivent le compartiment de l’Infini que nous habitons.
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE I 5 ‘ Mais déclarons une fois pour toutes qu’à quelque degré d’immatérialité qu’on suppose ces états de la vie si différents du nôtre, c’est toujours de la matière, puisque la vie, perceptible ou non pour nos sens, provient de l’élément androgyne de l’Univers, prin cipes spirituel et matériel, essence et substance fon— dues en un.
Il n’y a donc partout, sous quelque nom qu’on les désigne, que des plans de matière, dans les quels les Mondes et les êtres évoluent. Et ces plans descendent et remontent sur une échelle fantastique dont j’ai peine à concevoir, je l’avoue, que des habitants de notre sphère, si haut qu’ils puissent atteindre, aient pu compter les de grès.
C’est encore et toujours le nombre sept, union du trinaire et du quaternaire, si cher à la nature et à la Kabbale; sept principes constitutifs de l’univers, dont nous retrouverons l’analogie dans la constitution de l’homme. De ces sept principes généraux de la Grande Vie, nous ne connaissons qu’une partie du septième, celui que nous traversons.
Tout ce que jnous comprenons sous le nom de matière, eny ajoutant les forces phy siques, chaleur, lumière, électricité, vitalité, ne sont que des divisions de ce dernier principe, le plus gros sier de tous. Chacun des six autres se divise, comme celui-là, en sept sous—principes, comportant eux-mêmes sept subdivisions qui en comportent d’autres... On ne nous dit pas où cela s’arrête. Cela doit s’arrêter pourtant, puisqu’il y a un point où l’esprit remonte, traversant _ ,_, M W1:r
16 L’INITIATION de nouveau, dans son ascension de plus en plus lumi neuse, les innombrables sphères qu’il a successive— ment descendues, pour entrer enfin dans le voile de la matière cosmique. L’imagination est confondue devant cette perspective d’états passés et futurs dans lesquels, inconscients ou conscients, nous avons vécu, ou nous devons vivre. Nous tombons tout à fait dans l’insondable.
Rentrons dans notre chaîne planétaire déjà si peu abordable pour notre pauvre intellect ré duit à la portion congrue de cinq mauvais serviteurs. Il est vrai qu’on nous promet, pour l’avenir, deux sens nouveaux qui serviront à redresser les mensonges des autres.
C’est sur cette chaîne de sept planètes de conditions si différentes, mais reliées, pour la même œuvre, par une étroite solidarité, que les règnes, les espèces et les races, — nous compris, — se mettent en route pour le grand voyage dont nous allons indiquer les premières étapes. Nous sommes à l’aurore du manvantara plané taire. L’activité commence ou recommence.
L’élé ment androgyne adéveloppe’ dans les sept mondes les forces par lesquelles vont s’accomplirles premières opérations de la vie, condensation de la matière, préparation des formes dans lesquelles s’individuali sera l’esprit. . « Dans son procédé pour développer les mondes, disent les maîtres, la nature commence avec quelque chose qui a précédé le minéral.
Elle commence avec les forces élémentales qui contiennent en elles tous les phénomènes qui peuvent tomber sous les sens de
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 1 7 l’homme. Les formes minérales sont, elles aussi, le résultat de l’évolution d’un quelque chose qui était lui-même un produit naturel évolué. » Cette phase mystérieuse de la vie comprend trois règnes, non moins mystérieux qu’elle. Le minéral n’arrive qu’en quatrième ligne, inaugurant le plan matériel considéré par nous commel’unique domaine de la nature.
C’est sur ce plan qu’évoluent les trois règnes connus dont l’homme est le couronnement, en même temps que la synthèse.
Le travail des races humaines prépa— rera à son tour un état supérieur de vie établi sur des hauteurs qui nous sont inaccessibles, comme les bas fonds des trois premiers. * :sx Abordons enfin le secret de cette évolution ascen dante dont la science moderne a découvert quelques procédés secondaires qui ont suffi pour bouleverser les sacristies religieuses, philosophiques et 'acadé miques de l’Occident.
C’est le passage de la doctrine le plus difficile à’ comprendre, et surtout à bien expliquer.
Quelques efforts que je me propose de faire pour rendre cette humble esquisse aussi claire et en même temps aussi courte que possible, je préviens le lecteur déjà un peu étourdi peut—être par l’exhibition de ces choses nou velles si proches parentes du rêve, qu’il aura besoin de se frotter les yeux et de faire appel à toute sa lucidité, pour continuer cette excursion dans l’in connu.
1 8 L'lNITIATION Cela ne va pas aussi droit que les Darwinistes se l’imaginent. L’esprit remonte les degrés de la vie, comme il les a descendus, par un escalier en colimaçon. Chaque règne vient s’établir et s’épanouir tour à tour sur chacun des sept mondes qui composent la chaîne. Cette chaîne forme un cercle, et non une ligne droite. Toujours l’analogie du serpent qui se mord la queue.
L’évolution se fait en spirale, et chacun des sept anneaux de la chaîne, successivement abordé par le règne en voyage, lui fournit les conditions d’un développement nouveau. , N’oublions pas que ces sept planètes sont de qua lité dif‘férente, et doivent par conséquent différem ment afl"ecter les êtres auxquels elles servent tour à tour de support.
A la fin de chaque ronde, — c’est le nom donné par l’occultisme à ce trajet circulaire, — la vie revient à son point de départ, et l’évolution re commence, mais sur un plan supérieur. Le minéral, par exemple, a développé toutes les puissances que comporte sa nature.
Ce qui repart au n° 1, ce n’est‘ plus la substance minérale parvenue sur la septième planète à son apogée; c’est la quintessence de cette substance, rudiment du végétal dont les premiers germes vont éclore ; et le végétal quintessencié à son tour par son évolution à travers les sept sphères, donnera naissance à l’animalité dont le raffinement produiral’homme, comme la quintessence del’homme enfantera le règne supérieur, auquel nous ne tou cherons pas encore. « Les sphères qui constituent le chemin qui mène
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 19 d’une éternité à une autre, écrit M. Sinnet, sont dis— posées en couches, et le minéral, végétal, etc., doi— vent les parcourir toutes, ces couches, avant de pou voir avancer d’un règne dans un autre. Les monades spirituelles, atomes individuels de cette gigantesque impulsion de vie, ne peuvent compléter leur existence minérale sur le premier globe.
Sur le second, elles avancent; mais elles ne sont mûres pourla formation végétale qu’après avoir fait le tour de la chaîne, en— fouies dans les profondeurs du minéral. Ce n’est donc qu’après des tours et retours dans tous les règnes et sous toutes les formes, qu’enfin elles peuvent arriver, ces monades, à animer l’homme rudimentaire. » Ce rudiment d’homme, une fois éclos, procède de la même manière.
Après avoir accompli sur un globe, dans un nombre prodigieux d’existences, son cercle d’évolution, il passe, poussé par la vague de la vie, sur la planète voisine, préparée pour le recevoir. Celle—ci déverse à son tour, sur le monde limitrophe, l’huma nité qu’elle a reçue.
« Chaque ronde, professe la doctrine, est consacrée à perfectionner dans l’homme un principe corres— pondant à son ordre numérique et à préparer les voies et moyens propres à faciliter, pour la ronde suivante, l’assimilation au principe supérieur qui vient après...
Après un stage accompli sur cette terre, l’individua lité passe outre, et, lorsqu’elle a complété son voyage circulaire dansla série des sept mondes, elle revient ici—bas où elle commence à accomplir la deuxième ronde, et ainsi de suite, toujours traversant une série de races et de sous-races, sur la même planète. » üÊ‘ —ænÿx fl . ‘ ' ::' L ,! c
20 L’INITIATION Et chaque nouvelle évolution, répétons-le, alieu sur un plan supérieur, car les mondes aussi évo— luent et progressent.
« Quand le flot de vie s’é chappe d’une planète pour passer sur une autre, la nature se repose sur la première dans une sorte de léthargie temporaire. » C’est la période d’obscuration;‘ mais « l‘action vitale se continue dans ce monde qui se repose, comme celle du cœur et du poumon dans l’homme pendant son sommeil », et le sommeil de la planète, est comme le nôtre, une réparation et un accroissement de forces.
Cette phase de léthargie prépare les conditions nouvelles que le globe va offrir au nouveau parcours de l’humanité. « La pla nète se réveille avec la fraîcheur du matin, oflrant un plus haut degré de perfection pour recevoir le retour de la vague humaine, que lorsque celle-ci a aban— donné momentanément son rivage. » L’homme actuel, nous annonce M. Sinnet, n’est encore qu’à moitié chemin de son évolution plané taire.
« Sa différence avec l’homme futur sera aussi grande que celle qui existe entre lui et l’anneau man— quant de Darwin, l’anthropoïde introuvé et introu vable qui fut la transition du singe à l’homme. Cette transformation s’accomplira même sur cette terre, pendant que, dans les autres mondes, des séries ascendantes de pics beaucoup plus hauts de perfec tion seront escaladées par les humanités qui les habi— tent... » et que nous remplacerons.
L’explication de l’évolution humaine à travers les cycles et les rondes demanderait peut-être quelques sùppléments que je ne trouve pas dans le livre anglais.
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 2 I Contentons-nous de ce qu’il donne, et poursuivons notre analyse : * #-J Voici les sept principes constitutifs de l’homme que chaque individualité doit ‘successivement déve lopper, pour atteindre à la perfection que comporte la nature humaine, et passer à l’état supérieur : 1° Le CORPS PHYSIQUE, dit matériel, composé de la matière sous sa forme la plus grossière. —- En sans— crit: RUPA.
Inutile de s’étendre sur ce premier principe, suffi— samment exploré par l’anatomie, la physiologie et la pathologie qui s’en donnent à cœur joie, depuis des siècles, sur le mort et sur le vivant. 2° Le PRINCIPE VITAL, uneforme de laforce univer— selle, indestructible, matière subtile et supersensuelle disséminée dans toute la nature physique de l’être vivant. -— .IIVA. Rappelons—nous bien que tout est matière, y com pris les forces.
Le principe vital est donc une pro— priété de la matière à un état particulier correspondant à ce que nous appelons chaleur, électricité, quoique différant d’elles.
Le vitalisme, l’animisme, le dyna misme se sont longuement disputé la découverte de ce principe de vie que, de guerre lasse, le matéria lisme moderne a placé dans la gélatine du proto plasma, tous n’ayant pas absolument tort, et nul n’ayant tout à fait raison, comme cela arrive dans presque toutes les disputes humaines. « La vitalité, écrit M. Sinnet, consiste en matière
2 2 L’INITIATION sous l’aspect de force, et son affinité pour l'état plus grossier de la matière est telle, qu’elle ne peut être séparée d’une partie donnée de celle-ci, sans se trans férer immédiatement à une autre partie. Quand un homme meurt, son second principe reste avec les mo— lécules du corps qui se décompose, et s’attache aux nouveaux organismes qui naissent de cette décompo sition.
Si l’on brûle le corps, l’indestructible Jiva se réfugie instantanément dans le corps de la planète même, son réservoir primitif, et entre dans quelque nouvelle combinaison déterminée par ses affinités. » C’est ce second principe qui produit les modifica cations des cellules et les incessantes transformations des formes vivantes. 3° Le CORPS ASTRAL, composé de substance hautement éthérée, double etplan original du corps physique. — LINGA SHARIRA.
Le corps astral est formé, dans les états subtils de la matière, avant le corps physique que moulera sur lui le travail de Jiva. C’est le corps astral, ce plan d’ensemble de l’être vivant, qui dirige la force vitale dans l’élaboration continuelle du changement des molécules, et empêche cette force d’éparpiller la struc ture animale en plusieurs organismes distincts. Cette ombre du corps, qui est un corps elle—même, en est le double parfait.
A la mort, elle reste désincarnée pen dant une courte période, et peut même, dans des conditions anormales, être temporairement visible. L’occultisme explique ainsi certains phénomènes spi rites, et les revenants, les apparitions, les fantômes, attribués de nos jours à la crédulité des bonnes fem4 .4 > .«.::.Œ
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 23 mes, et sur lesquels une société de savants anglais, moins dédaigneux que nos sceptiques de ce côté-ci de la Manche, font une enquête en ce moment. L’homme ne possède pas seul cette forme subtile cachée en lui et sur laquelle, à partir de la conception utérine, le corps physique s’établit.
Tout ce qui est doué de vie sur la terre contient ce double éthéré, canevas de la structure plastique. * 4.° L’AME ANIMALE, appelée aussi le corps du désir, la volonté brutale, siège des instincts égoïstes et des appétits grossiers. —— KAMA RUPA. C’est le principe le plus élevé de l’animalité dans laquelle nous émergeons encore. Nous en sommes restés à la lutte pour l’existence, stimulant du monde des bêtes.
C’est à l’accord dans la vie et pour la vie qu’il faut arriver. Cette étape, assure l’occultisme, est la plus impor— tante de toutes pour l’individualité humaine. Il faut la franchir ou tomber. 5° L’AME HUMAINE, véritable personnalité de l’homme, entrée dans la sphère psychique. —- MANAS.
L’âme humaine, que notre race est en train de former, n’est qu’à l’état de germe chez la plupart des hommes, et même beaucoup de ceux que nous appe lions grands, ont un défaut de taille sous ce rapport. C’est la volonté ébauchée dans le quatrième prin cipe, qui est le véhicule du cinquième. Cette force animale doit s’élever en puissance, en s’exerçant sur nous—mêmes.
L’homme n’est vraiment homme que quand il est libre, et ses pires tyrans sont les convoi— tises de son sensualisme et de ses vanités. « La liberté
24 L’INITIATION est en raison inverse de la matérialité. L’esprit seul est libre. » 6° L’AME SPIRITUELLE. — BCDDHI. Etat supérieur de sagesse et d’intelligence, si fort au-dessus de notre être actuel, que nous ne pouvons nous en faire une idée avant d’avoir développé en nous, dans toute sa plénitude, le cinquième principe dont nous ne touchons que le seuil.
7° L’ESPRIT UNIVERSEL, la substance une, non ma— nifestée,foyer divin d’où a irradié la manade spiri« tuelle qui nous anime. étincelle de la divinité dans l’être. — ATMA. Sur les conditions de vie de ce septième principe, encore moins que sur le précédent, la science esoté— rique, pour cause, je pense, déclare ne pouvoir donner aucun détail qui nous soit accessible.
Cette division septennaire de la constitution de l’homme, sauf quelques modifications de termes, existe dans l’esotérisme de toutes les religions de l’Asie. On la trouve dans le Zend-Avesta, comme dans les vieux livres de la Chine, et la Kabbale judéo— égyptienneaaussi son septennaire constitué par deux ternaires, au milieu desquels se tient l’Unité. Rien d’étonnant du reste dans ces coïncidences.
Tout cet occultisme doit avoir la même origine, qu’il ait été révélé à la race noire, comme l’affirment les Mahatmas, ou créé de toutes pièces par le cerveau aryen, selon l’opinion commune. ' Les sept principes de l’homme, microcosme, monde en petit, fait à l’image de Dieu, correspondent, nous l’avons dit, aux sept grandes divisions fondamentales
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 25 du macrocosme, proclamées par la science secrète, de par la loi d’analogie. Chaque état de la vie humaine, de degré en degré, à mesure qu’elle monte, puise ses éléments dansla région de la substance unique qu’elle est parvenue à atteindre, et dans laquelle elle évolue jusqu’à ce qu’elle l’ait dépassée, à moins qu’elle ne manque de force et retombe. Il n’y a pas de stage intermédiaire dans lequel on puisse se fixer.
Il faut monter ou redescendre, monter jusqu’au sommet de l’esprit, ou redescendre dans la grosse matière d’où l’on part {pour recommencer. Mais bâtons-nous de dire que, même pour ces germes avortés, jusque dans la sphère qu’ils n’ont pu franchir, chaque eflort a reçu sa récompense.
Donc, corps physique, principe vital, corps astral, ._— corps aromal de Fourier, périsprit des spirites, -— voilà, selon la science occulte, et dans jla forme du langage ordinaire. le côté matériel de l’homme; âme animale, âme humaine, âme spirituelle, voilà la gra dation morale, l’état divin au sommet.
Les occultistes, conséquents avec l’idée que tout est matière, font, comme nous l’avons vu, des entités séparées de ces diverses conditions de l’âme, dans lesquelles la philosophie occidentale ne voit que des différences de qualité. Ces délimitations si nettement tranchées par la science secrète nous mettront bientôt en présence de difficultés qu’elle n’a pas, dans le livre -de M. Sinnet, du moins, suffisamment résolues. Revenons à l’évolution humaine « dont nous sommes à moitié chemin ». * ä-8»
2 6 L’INITIATION N’ayant pas la clé des calculs ésotériques, il m’est impossible de vérifier l’authenticité des zéros qu’ils alignent pour énumérer l’âge du genre humain. Notre race blanche à elle seule, s’il faut en croire la chrono logie des Mahatmas, compte déjà, sur cette planète, un million d’années d’existence. Or notre race est la cinquième.
On peut juger de la quantité de siècles qui ont passé sur le monde, depuis que la première forme humaine y a été constituée. On sait du reste d’où et comment procèdent ces chiffres orientaux. Les quatre âges védiques, le Néros chaldéen, les six jours de Moïse ont la même origine. Tout part de la période de six cents ans pendant la— quelle le soleil et la lune accomplissent la révolution qui les fait se retrouver au même point du ciel.
L’éso térisme thibétain semble aussi appuyer ses multipli— cations sur cette base astronomique de la grande année lunaire. Peu importe. Prenons leurs nombres d’où qu’ils viennent et, cette fois, sous bénéfice d’inven taire, car ce serait difficile à inventorier. Quatre races ont donc précédé la nôtre. Les deux premières n’ont point d’histoire.
Leur évolution a eu pour tâche de former le corps, les sens, les facultés physiques et quelques—unes des intellectuelles que nous possédons.
La troisième, elle non plus, n’a pas laissé de trace authentique de son passage sur la terre; mais les Mahatmas, pour qui le passé n’a pas de voiles, nous apprennent qu’elle développa une civilisation floris— sante dont il nous est bien permis d’ignorer l’exis— tence, puisque cette civilisation s’étalait longtemps avant l’époque tertiaire, sur une terre qui n’existe plus.
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 27 Laissons la parole au maître de la science secrète qui fut le professeur de M. Sinnet. Les citations qui vont suivre sont extraites d’unelettre écrite par l’adepte thibétain à son disciple anglais, en réponse à plu« sieurs questions adressées par celui—ci sur ces points scabreux de l’histOire antédiluvienne.
« L’ancien continent de Lemuria s’étendant vers le sud de l’Inde, à travers ce qui est maintenant l’océan Indien, et se reliant à l’Atlantide, car l’Afrique n’exis " tait pas encore, ne doit pas plus être confondu avec le continent des Atlantes que l’Europe avec l’Amérique. Tous deux disparurent avec leurs civilisations et leurs dieux.
Une période de sept cent mille ans s’é coula entre ces deux catastrophes, Lemuria florissant et terminant sa carrière, avant le commencement de l’âge éocène. On trouve des restes de cette grande race dans quelques aborigènes à tête plate de l’Aus— tralie. « L’habitation de la quatrième race qui a précédé directement la vôtre, fut le continent de l’Atlantide dont quelque souvenir est resté dans la littérature exotérique.
La grande île dont la destruction est re— latée par Platon, était le dernier reste de ce continent.
Dans l’âge éocène, le cycle de la quatrième race hu— maine avait atteint son apogée, et ce grand continent, père de presque tous les continents actuels, montrait les premiers symptômes de son affaissement qui fut consommé, il y a 11,446 ans, quand la dernière île que, changeant son nom national, vous avez le droit d’appeler Posséidonis, fut engloutie. « Pourquoi vos géologues ne se mettent—ils pas dans
2 8 L’INITIATION l’esprit que, sous les continents explorés {et sondés par eux, dans les entrailles desquels ils ont trouvé l’âge éocène qu’ils ont forcé de leur livrer ses secrets, il peut y avoir des abîmes mystérieux, sans fond, ou plutôt des lits d’océans non sondés, d’anciens conti nents dont les couches n’ont pu être explorées par les géologues, et qui peuvent, un jour, entièrement ren— verser leurs théories présentes.
Pourquoi ne pas ad mettre que nos continents actuels, comme le Lemuria et l’Atlantide, ont été submergés plusieurs fois déjà et ont pu reparaître encore et porter leurs nouveaux groupes de races humaines et de civilisations, et qu’au premierlsoulèvement géographique, au prochain cata clysme, dans les séries de cataclysmes périodiques qui ont lieu au commenccment et à la fin de chaque cercle, nos continents déjà explorés seront_engloutis, et que le Lemuria et l’Atlantide surgiront de nou— veau? » .
Les géologues de nos jours, partisans de l’évolution et ennemis des révolutions, répondront à cela qu’ils n’admettent pas les cataclysmes.
Mais, comme rien ne ' prouve que les savants de demain seront d’accord avec ceux d’aujourd’hui,l’expérience du passé démontrant tout le contraire, cette question, jusqu’à preuve suffi sante, reste accrochée, comme tantd’autres, à un point d’interrogation. ( Les civilisations grecque, romaine, égyptienne, continue cet étrange professeur d’histoire, n’ont rien de comparable avec les civilisations qui commen— cèrent avecla troisième race. Les Grecs et les Romains étaient de petites sous-races, et les Égyptiens une par .5 ’«2‘âa’
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 29 tie de votre branche caucasique, car c’est par erreur que des auteurs modernes qui ont écrit sur l’Atlantide peuplent l’Égypte d’une partie de ce continent. Ce n’est donc pas assez de dire, comme quelques—uns de vos écrivains, qu’uneciyilisation éteinte existait avant qu_’Athènes et Rome fussent fondées.
Nous affirmons que des séries de civilisations existèrent avant comme après la période glacière,qu’elles existèrent sur divers points du globe, atteignirent l’apogée de leur gloire, et disparurent. - « La Chaldée était à l’apogée de sa gloire, déclare encore le correspondant de M. Sinnet, à l’époque que vous appelez l’âge de bronze, et la Chine, ——je parle de la vraie Chine, non de cette mixture hybride entre la quatrième et la cinquième race qui occupe le trône en ce moment, — les aborigènes qui appartenaient dans leur nationalité sans mélange à la plus haute et der— nière branche de la quatrième race, touchaient à leur plus haut point de civilisation, quand la cinquième commença à paraître en Asie...
La majorité de l’es— pèce humaine, est-il dit plus loin, appartient à la septième sous—race de la quatrième race, les Chinois déjà mentionnés, et leurs rejetons ou sous-branches, Malais, Mongols, Thibe’tains, Javanais, etc., avec les restes d’autres sous-races, et les quatrième et septième sous-races de la troisième race. » ' On s’embrouille un peu dans ces races, sous-races, branches et sous-branches de sous-races.
La science ésotérique aiderait beaucoup à l’intelligence de ces choses en nous communiquant un arbre généalogique du genre humain. ‘
30 L’INITIATION « Tous ces. types humains dégradés, poursuit le Maître, sont les descendants directs d’anciennes civi lisations dont ni le nom ni le souvenir n’ontsurvécu, excepté dans les livres sacrés de Guatémala, et quel— ques autres, inconnus de la science. » Quelques extraits de ces livres Sacrés seraient bien utiles à connaître.
Mais les maîtres hindous se défient probablement de nos experts—jurés en chronologie qui poussèrent de si formidables éclats de rire, quand ce pauvre Rodier, sur la foi des observations astrono« miques relatées dans les vieilles chroniques de l’Inde et de l’Égypte, essaya timidement d’établir que des civilisations existaient depuis au moins dix-neuf mille ans sur les bords du Nil et du Gange.
A quelles extrémités se seraient—ils livrés, si le malheureux au teur de l’Antz’quité des races humaines eût poussé ses investigations sur le fleuve Jaune et le fleuve Bleu I ‘ Je crois bien que les Chinois eux-mêmes seront surpris de leur grand âge.
Malheureusement il leur est impossible de vérifier leur état civil, puisqu’un fils du ciel incendia jadis les registres de l’Empire, pour faire croire aux générations futures que la Chine datait de lui. . Le Maître nedit rien de lagrande floraison aryenne.
Notre race mère a dû avoir pourtant des jours de splendeur dépassant les progrès réalisés par ses deux devancières, peut-être ce cycle de Ram qui, selon Fabre d’Olivet et M. de Saint—Yves, a perpétué dans la mémoire des peuples la tradition d’un âge d’or. Mais la cinquième race ayant pour tâche le développement des facultés morales qui constituent le cinquième
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUÉ 3t principe, l’âme humaine, elle dut trouver son outil— lage matériel préparé par les races antérieures, char« gées de l’éclosion et du perfectionnement des apti tudes physiques.
C’est du moins ce qui ressort de la logique de la doctrine, et ainsi s’expliquent ces paroles de l’adepte qui déroutent notre conception sur la marche des choses humaines : — « Les civilisations égyptienne, grecque et romaine n’étaient pas com parables à celles des races antérieures. » Toutes ont fini, petites ou grandes, floraisons de sous—races ou de races mères. matérielles ou spiri— tuelles, conformément à la loi de développement de _ tous les cycles : croissance, maturité, déclin.
Mais, à chaque nuit, une aurore succède. De nouveaux reje— tons remplacent la branche fatiguée et, quand une race a épuisé sa sève, surgit la race qui devait suivre, sur une terre retrempée, héritant des progrès acquis, et, avec des forces nouvelles, préparant le progrès nouveau. En ce qui regarde l’évolution de la collectivité humaine, la doctrine secrète est, on le voit, fataliste.
Chaque grande famille a pour mission de développer une faculté de l’espèce, jusqu’à un point qu’elle ne peut dépasser. « La loi des cycles est immuable, déclare le Maître. Ce que sont les restes dégénérés des peuples éclipsés qui eurent leurs jours de gloire et de grandeur, vous le serez un jour.
Quand votre race aura atteint son zénith d’intelligence physique et développé sa plus haute civilisation, ne pouvant plus monter dans son propre cycle, ses progrès tournant vers le mal seront
32 L’INITIATION arrêtés, comme ses prédécesseurs les Lémuriens et les Atlantes furent arrêtés dans leurs progrès tournant de même, par un de ces cataclysmes transformateurs.
Ni à une race mère, ni à plus forte raison à ses sous-races ou branches, il n’est accordé par une loi d’empiéter sur les prérogatives de la race ou de la sous-race qui doit suivre, et d’acquérir même la plus petite partie des pouvoirs ou des connaissances réservés à ses successeurs. » Il est donc inévitable et nécessaire que les progrès physiques tournent à mal, quand ils sont arrivés au point qu’ils devaient atteindre, et qu’il leur est inter dit de dépasser.
Voilà une excuse à laquelle ne s’at tendaient pas les méfaits de notre chimie, les massa cres de nos engins explosibles et tous les abus, toutes les barbaries de notre industrialisme à outrance. Il n’est que trop prouvé d’ailleurs que nos forces mo rales ne sont pas au niveau de nos puissances intel lectuelles. Mais ne nous appuyons pas trop sur cette fatalité de la loi des cycles.
L’individu a une somme de liberté dans la,nécessité qui régit l’espèce, et c’est lui—même qui fait sa destinée. Cequi est fatal pour lui, c’est la conséquence de ses actes.
Pour rabattre un peu l’orgueil de nos princes de la science et de l’industrie, il est bon peut-être de leur faire savoir comment nos gloires sont envisagées sur les hauts plateaux du Thibet. ( Le peuple le plus élevé maintenant sur terre, spi rituellement, écrit le Mahatma, appartient à la pre— mière sous—race de la cinquième race, et ce sont les Aryens asiatiques. La plus haute race pour l’intel - - a
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 33 ligence physique est la dernière sous—race de la cin« quième, la vôtre, les conquérants blancs. Votre petit cycle court vers son apogée; mais, malgré vos efforts, ce que vous appelez civilisation reste confiné seule ment dans votre occident et ses rejetons enAmérique. Sa lueur mensongère, éclairant à la ronde, peut sem bler projeter ses rayons plus loin qu’elle ne le fait en réalité.
Elle ne pénètre pas en Chine, et du Japon vous ne faites qu’une caricature. » Les répugnances de la Chine ne sont que trop jus tifiées, et je crois bien que le Japon ferait mieux de rester Japonais.
Mais la spiritualité des masses de l’Inde me semble, comme notre intelligence physique, engagée dans une mauvaise voie, et le fatalisme transcendant de la loi des cycles n’explique peut-être pas suffisamment, pour nos intelligences occidentales, la savante indifférence aveclaquelle les maîtres de la science secrète regardent ces pauvres idolâtres se fai sant écraser sous le char de Jaggernauh.
Les disciples répondent à cela que ces grands déta chés s’occupent plus que nous ne le pensons des misères de ce bas monde, et que, ne connaissant ni leur point de vue, ni leurs modes d’action, nous sommes incompétents pour les critiquer.. Abstenons-nous donc de tout jugement téméraire, et abordons enfin le point de la grande doctrine qui nous intéresse le plus.
Dans ces cercles et dans ces rondes, dans ces marches et contre-marches de l’évo lution des races humaines, voyons ce que devient la personnalité. M“-"“°“'—“" a.—..‘..\ ..««-««..«. _\ ...-._.,.« mW-x‘W“'
34 L’INITIATION « L’homme, dit la science ésotérique, peut être sûr que, pendant des millions et des millions d’années, jamais il ne se trouvera en face d’un autre juge que lui-même. » Voilà le dogme intelligent de l’humanité majeure, mise en possession de ses destinées. Ni Dieu jaloux, ni Dieu vengeur. La loi, pas de maître. Nul ne récompense, nul ne punit. Dans le moral, comme dans le matériel. il n’y a que des effets et des causes.
L’homme n’est soumis qu’à la vie. Comme ce monde et comme les mondes, comme l’essence universelle dont il fait partie, il est, parce qu’il est. Ce n’est pas une volonté, c’est une loi qui l’a fait naître, la loi sou— veraine et immuable qui régit toutes les causes et tous les effets.
Et il doit savoir, et il saura que la vie est impeccable, et que ses injustices apparentes dont nous ignorons les ressorts, si elles ne sont pas des réparations que nous nous devons à nous-mêmes, sont une dette qu’elle paie toujours. La loi des réincarnations est en effet la justification de l’existence. Sans elle, l’absurde ou l’inique gou vernent tout.
Quant à l’explication du comment, elle est encore enfouie, avec le secret de la génération, dans les profondeurs de l’être. Des procédés de la formation physique la science ne connaît que le groupement des cellules. De la force ou des forces qui résident dans le germe, du germe lui—même, elle ne sait rien. Dans l’état actuel de nos connaissances, il est aussi impos sible d’expliquer l’être moral qui éclot, que celui qui se réincarne.
Toute hypothèse sur ce point échappe aux vérifications de l’expérience et ne procède que Il. _n \ a. -.,.n.,’«w-— -,.,,_.rA,._æ..fl.rw.’»;.m./wx._ww,fl»W-— « L ' L fl—û >r u >- MA 7 e
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 35 _de la raison. Prenons donc comme établie sur ce terrain l’antique conception de nos pères, rebelles aux stupidités du hasard comme aux cruautés du destin, et voyons comment, par induction tirée de l’ordre matériel que leur révélaient la série des créations et l’harmonie des sphères, ils ont placé dans la destinée humaine la justice absolue qui est l’ordre du monde moral. La mort est la condition du progrès.
Siva est le grand régénérateur. Il ne détruit que pour refaire. Chaque renaissance est un rajeunissement. La mort est le bain de Jouvence dépouillant le vieil homme de ses rides et de ses scories. Les rides sont les préjugés, les superstitions. les erreurs, les idées de son temps dont chaque génération s’imprègne et qui se referment sur elle.
Les scories sont les troubles de notre conscience, les regrets de nos passions satisfaites ou déçues, tout le triste bilan de nos égoïsmes et de nos faiblesses, de nos hontes et de nos remords. De tout cela l’oubli fait table rase, ouvrant à des hori— zons nouveaux nos sentiments et nos pensées, et, pour nous permettre d’avancer, nous allégeant du poids de nos fautes. Mais, le sommet atteint, tout s’éclaire.
Les échecs partiels ne comptent plus, quand la ba— taille est gagnée, et la lumière qu’on a conquise illu— mine le chemin parcouru. ' « Dans l’état de conscience supérieure, déclare la doctrine, on peut contempler toutes ses vies passées, comme un immense panorama.
Tout est tracé sur les pages lumineuses de I’akasa —— lumière astrale. — Arrivé à la vue complète, on lit tout. » rl‘ ..a -..I W“'-- n—1-r\<»---""' * :-s ' *«-—«, \n\末w< - - .. s \\,t M...
35 L’INITIATION Avant de parvenir àce degré de spiritualité où se dé. roule sous ses yeux le chapelet de ses existences passées, chaque entité humaine, soumise aux renaissances, vit alternativement dans le monde des causes et dans le monde des effets. Le monde des causes est‘la terre où nous sommes. Le monde des effets est ce que, dans la langue des religions, on nomme la vie future ou l’autre vie. Pas de juge, avons-nous dit.
Récompense et puni tion, si l’on veut se servir de ces mots, sont les con— séquences naturelles de nos actes ou des désirs qu’a nourris notre pensée. Chacun se fait son ciel, son purgatoire, ou son enfer. Mais le purgatoire et l’enfer du Bouddhisme ésotérique sont bien différents des nôtres. Nous reviendrons sur ces deux points, les, plus obscurs de la doctrine.
Parlons du paradis, ou plutôt des paradis, puisque, selon le degré d’élévation morale qu’il a atteint dans sa vie terrestre, chaque homme construit le sien. Le paradis des adeptes hindous se nomme le Déva— khane. La vie Dévakhanique n’est pas seulement la récompense de tout le bien que nous avons semé dans notre vie, mais encore la réalisation de celui "que nous avons rêvé pour les autres et pour nous mêmes.
' ' « Le Dévakhane, disent les maîtres, est formé de la quintessence de nos pensées. de nos désirs, de nos affections terrestres, dégagement du meilleur et du plus élevé de nos aspirations psychiques d’ici—bas, qui s’épand pour créer l’atmosphère pure et saine dans laquelle notre moi doit se réconforter. La vie . H; ' 'r'—W,,W_lxärræ;ærggzfiwwmwm
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 37 fur. ‘\‘T""-- _ dévakhanique n’est qu’une jouissance, le temps de la récolte de ces semailles psychiques tombées de l’arbre de_l’existence physique, dans nos moments de rêve et d’espérance, rêves de bonheur étouffés dans une société mauvaise, épanouis à la lumière rose du Déva khane, et mûrissant sous son ciel toujours fécondant Là, tous les espoirs déçus, toutes les aspirations qui semblaient irréalisables se réalisent pleinement, et les idéalités de l’existence objective deviennent les réa— lités de l’existence subjective. » Le Dévakhane n’est donc pas une localité, mais un état.
« Vie-rêve, disent les occultistes. Les activités mora— les et spirituelles y trouvent seules leur sphère d’action dans la pensée et l’imagination sans limites. » Mais cette fiction est pour l’être une réalité absolue. Tous ceux qu’il aime sont là.
Tous ceux qu’il appelle arri— vent, les élus de ses tendresses, les collaborateurs de ses recherches, et, dans les grandes sphères altruistes, là aussi sont vivants et réalisés pour lui le monde de justice et de bonté, les harmonies sociales rêvées par son cœur ou. conçues par son génie.
« Si l’on nous objecte, ajoutent les maîtres, qu’il n’y a là qu’une tromperie de la nature, nous répon drons qu’alors il ne sera jamais permis d’appeler réalité aucun de ces sentiments purement abstraits qui nous appartiennent exclusivement et sont réflée chis et assimilés par la partie la plus élevée de notre âme, tels, par exemple, que la perception idéale de la. beauté, de l’amour, de la profonde philanthropie, aussi bien qu’aucune autre sensation purement spiri-y
3 8 L’INITIATION tuelle qui, pendant la vie, remplit notre être de joies si vives, et de si cuisantes douleurs. » L’objection sera faite sûrement. Reste à savoir si la réponse semblera satisfaisante. J’avoue , pour ma part, que cet état purement subjectif, sans mouvement réel, sans action efficace, sans utilité d’aucune sorte pour le progrès de la personne ni pour celui de l’es— pèce, ne satisfait pas complètement mon idéal.
Il m’est difficile d’admettre que cette vie de l’autre monde, astral ou spirituel, n’ait, comme la doctrine semble l’indiquer, aucune influence sur l’existence matérielle qui va suivre, et que l’être qui se réincarne après avoir touché et savouré son salaire, dans un rêve oublié, revienne sur la terre tel qu’il en était parti, avec les mêmes aspirations, les mêmes forces les mêmes faiblesses.
Les phases ultra-terrestres ainsi comprises ne sont en somme que des lacunes dans l’activité libre de l’individu. Je ne reconnais pas là. les procédés habituels de la nature qui joint toujours l’utile à l’agréable, et je trouverais le salaire beau coup plus précieux, s’il servait à constituer un capital pour l’avenir. .
L’objection n’est pas moins forte, quand il s’agit des états de souffrance que nos religions occidentales ont appelés purgatoire et enfer. Toujours l’inexorable équité de la semence et de la récolte. L’entité humaine qui n’a pas dépassé la sphère des désirs brûtaux et des passions grossières, reste la proie de ces passions et de ces désirs. Son supplice est de se sentir dévorée par ses appétits violents, sans pouvoir les satisfaire. Le livre de M. Sinnet donne peu de détails sur ces
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 39 tristesses de l’autre monde. Mais pas un mot ne fait supposer que leur séjour dans le Kama-Loca, c’est le nom sanscrit de ce lieu de douleur, soit, en aucune façon, profitable à ces malheureux.L’expiation des uns est aussi stérile que le salaire des autres. La peine n’est pas plus une leçon, que la récompense n’est un encou ragement.
Tous boivent également le léthé et revien« ment tels qu’ils étaient partis, avec le bagage d’attrac— tions bonnes ou mauvaises, le Karma, qu’ils avaient emporté dans la mort. Le monde des effets ne produit pas de causes. Est-ce bien sûr ? Il doit y avoir une lacune dans l’exposition des disciples, ou il y a une exagération dans la logique des maîtres.
La solidarité doit exister dans les deux modes de vie, et la tutelle providentielle des sympathies et des consciences doit s’exercer sur tous les plans de l’existence, sans distinction de vivants et de morts. Les aperçus du sentiment, tout aussi humains et divins que ceux de la raison, sont le côté faible des conceptions hindoues. Plus de lumière que de chaleur.
Mais chaque race apporte son contingent dans le travail de la pensée humaine, et celui des Aryas d’Asie est assez riche et assez beau, pour qu’on l’accepte sans marchander et avec empressement. La doctrine secrète a aussi son enfer, Avitchi, sé— jour ou étatd’énergies farouches, indomptables, génies du mal qui franchissent toutes les étapes de la vie, projetés en avant par leur formidable volonté.
Ce point ténébreux de la science occulte est à peine indi qué dans le Bouddhisme ésotérique qui n’explique, pas le rôle joué par ces êtres exceptionnels dans l’évo
40 L’INITIATION lution générale des choses. Plus intraitables qu’A rihmane, ces satans de l’Occultisme ne se convertis— sent que dans la mort finale, noyés comme tout ce qui est, dans le Pralaya universel. La Kabbale affirme aussi l’existence de ces puis— sances terribles qui ont conquis l’immortalité dans le mal. Mais le mal, pour la kabbale, est aussi nécessaire que le bien.
Ce sont les deux principes de l’équilibre universel, opposés, mais non contraires. « Être immortel dans le bien, écrit Eliphas Levi, c’est s’identifier avec Dieu; être immort:l dans le mal, c’est s’identifier avec Satan. Voilà les deux pôles du monde des âmes. Entre ces deux pôles, végète et meurt la partie inutile de l’espèce humaine.
« Soit froid ou chaud, a dit l’Apocalypse, car si tu n’es ni froid ni chaud, je vomirai les tièdes de ma bouche. » On voit, une fois de plus, que l’ésotérisme de tous les peuples se ressemble. Mais l’occultisme hindou, moins radical que la kabbale juive, n’admet pas l’éga lité entre les deux principes d’équilibre, et déclare A que l’Avitchi est beaucoup moins peuplé que le Déva khane.
« Il ya bien peu d’hommes, dit M. Sinnet, dont la vie ait été si complètement privée de sentiments d’a mour, de tendances plus ou moins intenses vers un certain ordre de pensée, qu’elle soit impropre à une période proportionnelle d’existence Dévakhanique. » Ici une autre obscurité se présente. Pendant que les tendances affectives et les aspirations intellectuelles de l’être, la quantité d’âme humaine, de substance
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 41 relativement raffinée, Manas, qu’il est parvenu à dé— velopper en lui, savoure les joies de l’état dévakha— nique, que deviennent les éléments du quatrième principe, Kama-rupa, qui ont constitué une partie de cette personnalité mi-animale, mi-humaine, moins humaine souvent qu’animale?
Ces forces brutales du moi désincarné, séparées des affinités supérieures qui vivent dans le Dévakhane, sommeillent-elles quelque part, ou flottent-elles dans le Kama-Loca, — que nous avons improprement appelé le purgatoire, puisqu’on ne s’y purge de rien, — soumises, comme les élémen— taires dont nous parlerons quand nous nous occupe— rons du spiritisme, aux évocations des médiums et aux conjurations des adeptes de la magie noire, jusqu’à ce que l’heure de la réincarnation étant venue, la partie spirituelle de l’entité qui va renaître, après avoir con sommé son salaire, vienne rejoindre l’animal qui la tire en bas, et la force de se réintégrer dans la chair?
Cette conception de la personnalité qui se sépare en deux dans le monde des effets, pour se refondre en un dans le monde des causes, n’est pas suffisamment éclairée dans le livre de M. Sinnet. La grande doc— trine doit avoir une réponse f:rme à toutes les ques tions. Je signale cette insuffisance aux expositions futures.
Sur la durée de ces existences subjectives comparée au temps que nous passons sur la terre, le Bouddhisme ésotérique est beaucoup plus explicite. Selon le degré d’élévation de l’être, la vie Dévakhanique peut durer de quinze cents à huit mille ans. En admettant, au bas mot, qu’un million d’années. constitue la vie
42 L’INITIATION complète d’une race, chaque entité humaine doit y renaître environ huit cents fois, et la proportion des deux modes de vie est ce que neuf cent quatre-vingt« «huit est à douze. Le salaire est élevé, on le voit, et la récompense l’emporte de beaucoup sur la peine.
Mul tiplions ces chiflres par les cycles déjà franchis, et nous verrons que ceux qui ne pourront doubler le cap des tempêtes, ont déjà vécu, de cette double vie où les phases de bonheur sont si longues en compa raison des jours d’épreuves, ce que les plus ambitieux appelleraient une éternité. Nous touchons ici à la question capitale de l’indi— vidualité conservée ou perdue.
« Pendant les premiers essais du voyage del’homme sur cette terre, dit la doctrine, la responsabilité est presque nulle. Mais, dans la seconde moitié de l’évo lution, l’homme doit nager et non se laisser emporter par le courant du progrès, sinon il se noie. » Rassurons-nous pour le moment. Nous sommes encore les enfants de Ia‘bête, à peu près irresponsa bles.
Bien peu d’entre nous arrivent à faire dominer en eux l’intelligence et la raison, apanages de l’âme humaine. Les désirs indisciplinés, les volontés de l’instinct conduisent toujours la machine. La qua trième phase n’est pas finie, et ce n’est que dans la cinquième, que l’avenir se décidera.
« Dans la cinquième ronde, est-il dit, la raison, l’intelligence, l’âme dans laquelle le moi réside, étant à son summum de développement, doit pouvoir s’assi miler au sixième principe, le principe spirituel, ou abandonner la course de la vie comme individualité.»
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 43 ? TŸ“'"I-""‘T'”' , . C’est un peu dur pour les mous et les tièdes vomis par la bouche de l’Apocalypse. Car enfin, toute part faite à la liberté et à la volonté, reste toujours cette question peu commodeà résoudre : Pourquoi ceux-ci ont-ils plus de liberté et de volonté que ceux-là? « N’est pas chaud ou froid qui veut, quoiqu’en dise l’occultisme des deux hémisphères.
Le Christianisme des églises occidentales s’est tiré d’affaire par l’inter vention de la grâce, qui n’est pas à la louange de son Dieu. Le Brahmanisme s’en remet également au bon plaisir de Brahma, faisant sortir, sans qu’on sache pourquoi, ni lui non plus, les uns de son pied, les autres de sa bouche.
Gautama Bouddha a combattu ce système de sélection préétablie, en remplaçant la ' grâce de Dieu par la grâce de la nature qui ne révèle pas davantage aux mortels la raison de ses faveurs. Elle doit pourtant en avoir une. La science secrète a-t-elle le mot de ce problème qui date des origines de la pensée ?
D’accord sur ce point avec le positi— visme occidental, elle paraît dire que la nature sème, comme les autres graines, les germes humains à la merci des vents. Beaucoup avortent; quelques-uns fructifient. Ainsi des glands tombés du chêne. La doc— trine du Thibet concède, il est vrai, que les naufrages ne sont pas irréparables, et que les noyés reviennent à la vie pour recommencer le voyage.
« Les rejetés, dit-elle, attendent dans l’état spirituel négatif un nouveau manvantara dont ils seront les éléments. » Et M. Sinnet rappelle que, jusqu’au jour où ils ont sombré dans le passage suprême, « des siècles de
44 L’INITIATION siècles d’existences spirituelles ont payéleurs premiers efforts, et cela, ajoute—t-il, en dehors de la question de savoir si l’entité qui recevait ainsi son salaire avait en elle l’étoffe qui lui permettrait d’atteindre à l’état divin de la septième ronde. » Mais, sur la qualité originelle de l’étoffe et des forces qui la tissent, la question se pose toujours.
Le hasard est-il à la base des différentiations pre mières, et la principale fonction de la vie est-elle de réparer les dommages qu’elle cause? La doctrine hin doue, à ma connaissance du moins, ne donne pas l’explication de ce mystère.
Mais, proclamant, comme elle le fait, la providence active et consciente à tous les échelons de l’évolution ascendante, elle ne peut logiquement admettre que la première distribution des choses ne soit pas régie également par la loi tuté laire de l’amour.
Voyons fonctionner, au-dessus de nous 'et pour nous, à tous les degrés de la vie voulue, ces délégués de l'élément androgyne, père-mère de tout ce qui est. * 42& Nous continuons de citer la parole des maîtres : « Quand la monade humaine a enfin accompli ce voyage étonnant dont le point de départ fut la preq mière planète et le point d’arrivée la septième, voyage .51 long qu’il semble éternel, quand elle en a fini avec les milliers et les’milliers de vies, et les milliers et les milliers d’existences dévakhaniques, le moi, avant de recommencer un nouveau tour de sphère, passe dans
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 45 une condition spirituelle, mais différente de l’état du Dévakhane, et là il se repose pendant une période de temps d’une longueur inconcevable. Cet état peut être regardé comme le Dévakhane des états Dévakha niques, une sorte de revue générale de cette condition pleine de félicité par laquelle on a passé et repassé si souvent. » Là est le couronnement du règne humain.
Dans le, nouveau tour de spire que va recommencer la mo nade individuelle, c’est le règne divin qui se dé roule. Au premier degré de cet état supérieur sont les esprits planétaires, appelés Dhyan—Chohans dans le langage ésotérique. L’évolution des races humaines a pour but l’é closion de ces êtres spirituels, tuteurs et guides de l’humanité qui leur succède dans le prochain manva tara planétaire.
« A peine un nouveau système de mondes a-t-il commencé à évoluer quelque part dans l’espace infini, lisons-nous encore, que les efforts de la nature ne tendent qu’à un seul but: de tous ces matériaux gros siers, de toutes ces énergies furieuses, terribles, et qui nous semblentindomptables d’un monde à son aurore, produire une nouvelle moisson de Dhyan-Cho— bans. » Et ceux-ci, à leur tour, aident à faire mûrir la ré— colte future.
« Comme l’enfant de chaque génération humaine est dirigé par ses parents, et grandit pour diriger à son tour une nouvelle génération, ainsi chaque huma
46 L’INITIATION mité des grandes périodes manvantariennes, les hommes d’une génération, grandissent pour être les Dhyan-Chohans de l’humanité prochaine, cèdent ensuite la place à leurs descendants. quand les temps sont accomplis, et passent à de plus hautes conditions d’existence. » Mais cette providence active estenfermée. elle aussi, dans la loi universelle des cycles.
« Même ces grands Êtres, efflorescence parfaite de l’ancienne humanité, qui, quoique loin de constituer une divinité suprême, exercent néanmoins une sou veraineté divine sur les destinées de notre monde, ne sont pas omnipotents, et, tout grands qu’ils soient, voient leur action restreinte dans des limites compa rativement étroites.
Il semblerait que, sur le théâtre fraîchement préparé pour un nouveau drame de la vie, ils devraient pouvoir introduire quelques chan gements dans l’action dérivant de leur expérience acquise dans le drame qu’ils viennent de traverser; mais ils ne peuvent, en ce qui regarde la grande char pente de la pièce, que répéter ce qui a été représenté auparavant.
Ils peuvent, sur une grande échelle, faire ce que fait, sur une petite, un jardinier avec les dahlias.
Il peut produire de considérables modificæ tions de formes et de couleurs, mais ses fleurs, avec quelque soin qu’ils les travaille, seront toujours des dahlias. » Les fonctions attribuées par l’ésotérismeà ces élus, ou, pour mieux dire, à ces arrivés de chaque famille humaine, sont donc bien la négation absolue de ce que l’on appelle l’inconscience de la nature, puisque,
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 47 dès la première phase de l’évolution non seulement des êtres, mais des mondes, tout est dirigé par eux.
« C’est sous l’impulsion donnée par les humains glorifiés du dernier manvantara, nouveaux Dhyan Chohans, remplaçant les anciens qui vont agir sur un plan plus élevé, que se reconstituent les planètes dissoutes, réduites en poussière cosmique. » Après avoir présidé à la construction du berceau des races futures, ces collaborateurs de la mère com mune dirigent le travail inconscient des forces élémen— ta1res qui préparent, l’un après l’autre, les premiers règnes dont la progression croissante constitue la vie fœtale de l’humanité.
Et, quand cette humanité est éclose, et que la vie morale commence, leur interven tion, plus directe, guide les premiers pas du nouveau genre humain montant à son tour vers la spiritua lité.
« Dans la première ronde, est—il dit, lorsque le cou— rant de la vie traversant pour la première fois l’an— neau manquant, provoque l’évolution de l’espèce qui doit former la première race de la première série, apparaît l’être qui peut être considéré comme le Boud dha de cette première race. Les hommes, non encore bien formés, complètement inintelligents, voient tout à coup surgir au milieu d’eux des êtres qui ne leur ressemblent pas.
Innocents, dévoués, bons, esprits allant toujours de l’avant, ils ouvrent la marche et éclairent la voie ténébreuse où la nouvelle humanité essaie ses pas chancelants, en jetant au fond de son cœur les grands principes du bien et du mal, du droit et de la justice, et en imprégnant surtout
48 L’INITIATION ‘1 dans un nombre suffisant d’esprits réceptifs, les pre mières vérités de la doctrine ésotérique. « C’est cette arrivée d’un être sqpérieur divin, du« rant la première période des rondes, qui a donné naissance à la conception du Dieu anthropomor— phique des religions exotériques. L’Esprit planétaire qui s’incarne réellement au milieu des hommes, au moment de la première ronde, fut le prototype de la Déité personnelle.
Les religions ne portent que sur un cas de degré, les peuples faisant, sans penser plus loin, du Dieu de leur vie, le Dieu de toutes les vies, du Dieu de leur monde et de leur période de mondes, le Dieu de tous les mondes et de toutes les périodes. » De la base au sommet, cette hiérarchie de puis sances et de fonctions s’échelonne et se pénètre.
Les esprits planétaires, expression de l’humanité qui nous ,précéda sur la terre, ne sont pas seulement en com— munion avec l’humanité qui les suit, et qu’ils aident à gravir à son tour l’étage supérieur qu’ils sont par venus à atteindre. Ils sont reliés à ce qui est au-des sus d’eux par une chaîne ininterrompue, et reçoivent d’en haut l’équivalent de ce qu’ils donnent en bas.
« Les Dhyan-Choans, enseigne la_doctrine, commu— nient à leur tour avec les esprits supérieurs, et plon gent ainsi dans des systèmes plus élevés. » Donc, à mesure que l’esprit monte, à l’état de plus en plus divin, à travers la matière de plus en plus affinée, il illumine le chemin parcouru et protège— l’ascension de ceux qui viennent après lui.
La série des êtres est une série de providences; l’unité du toù!i ‘.._‘L-._..-s‘_.. ......u-/ vs... - -. l “en '->-. 'y, «u. ..
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE . 49 implique la solidarité des parties, et il n’y a pas de place dans l’Infini pour le salut individuel. Quelques mots du livre de M. Sinnet semblent indi ., quer que ces grands êtres tutélaires, quintessence des spiritualités humaines, sont plutôt des personnalités collectives que des entités séparées.
Nous retrouve rons ailleurs cette conception exprimée, sous une autre forme, dans une œuvre curieuse et toute nou velle, qui vient répondre aux points d’interrogation que nous avons posés sur les rares obscurités de l’oc— culisme hindou. Parlons de la finalité suprême, du retour à l’ineflable et insondable foyer d’où tout émane et Où tout revient. * «21 Le Nirvana du Bouddhisme ésotérique n’est pas celui du Bouddhisme vulgaire.
Les adeptes du Thibet ne commettent pas l’inconséquence de couronner leur grande synthèse par l’anéantissement stupide, si cher au pape de Ceylan. Le retour à l’unité n’est pas un plongeon dans le ’Vide. Cette récolte de la nature. au trement dit de la vie divine, moisson de conscience, de savoir et d’amour, amassée par des milliards de siècles dans ces individualités transcendantes qui ont été ce que nous sommes, n’aboutit pas à la banque route.
Ces hautes individualités qui ont passé de sphère en sphère, parvenuesà s’assimiler toutes les puissances de l’être, n’arrivent pas au sommet pour tomber dans l’abîme, et n’ont pas conquis la pléni— tude de la vie, à seule fin de l’immerger dans la mort. Cette fausse notion du Nirvana—Néant, puisée par
50 L’INITIATION nos indianistes occidentaux dans les traditions du Bouddhisme des églises, reprise, exploitée et brodée d’ornements fantasques dans les aberrations du pes simisme allemand, ne supporte l’examen ni de la raison, ni de la conscience.
Quoiqu’on pense de la doctrine dont nous esquissons les contours, et dont nous traçons les grandes lignes, qu’elle soit comme le prétendent ses propagateurs, le produit de révélations et de perceptions dont le procédé nous échappe, ou, comme le pensera notre positivisme occidental, un grand roman cosmogonique élaboré et coordonné par des générations de rêveurs, on ne peut lui refuser cette justice qu’étant donné son point de départ, elle est rigoureusement logique et le lecteur, simple curieux, qui a suivi notre exposition sommaire, doit supposer que la conclusion de cet étrange système, si étrange qu’elle semble encore, ne sera pas une absurdité.
Ce n’en est pas une en effet. Cette monstruosité de l’Inconscience de l’Un-tout noyant dans son vide intellectuel et moral toutes ces consciences éclairées, parties intégrantes de son être, n’est pas admise dans l’enseignement secret que le progrès de nos sciences, répètent les Maîtres, leur permet de divulguer aujourd’hui.
Loin de nier la conscience dans l’absolu, ils l’affirment expressément, en l’élevant à une hauteur que notre conception ne peut atteindre. «Ce que peut être ce tout formé de toutes les indi— Vidualités, dit M. Sinnet, ce que peut être ce genre d’existence entièrement différent et nouveau, traversé par ces mille myriades d’individualités fondues en un, voilà la question sur laquelle les plus grands pen
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 5 r : me," seurs, non initiés, ne peuvent jeter la moindre lueur. » Les mystères de l’initiation sont hors de notre por tée. Restons dans le domaine de la vulgaire raison; n’examinons que la logique de la doctrine, et insis— tons, avec le Bouddhisme du Thibet, sur ce point capital qui le sépare de son frère du Sud.
«Lorsque nous parlons, ajoute le livre, de la fin . ultime de l’homme—Dieu, venant se fondre dans l’état de conscience absolue du Para—Nirvana, nous ne fai— sons allusion qu’à la perte dela personnalité physique, l’individualité étant. dans ce cas, entièrement con— ’ servée. » Donc, conscience absolue de l’Un-tout, conserva— tion de l’individualité dans la communion finale des âmes, voilà le couronnement de l’édifice ésotérique.
« Soyez tous frères pour être tous un, dit le verbe chrétien, parlant au cœur des masses. » Peut-être l’axiôme évangélique, venu de Nazareth ou d’Alexan drie, voilait-il sciemment, sous son enveloppe senti— mentale, la conception logique de l’intuition hindoue. Les religions se rejoignent au sommet, comme elles se fondent à la base.
Tout part de l’unité, et y retourne. * —Y-* Précisons, pour finir cette étude, la loi d’ordre uni— versel qui régit les réincarnations. En parlant du Dévakhane, et du Kama-Loca, nous avons déjà affleuré ce sujet qui ne nous semble pas suffisamment expliqué par, M. Sinnet. Voici ce qu’il dit sur le Karma :
52 L’INITIATION « Pendant le cours de la vie, tout cequ’elle produit de bon ou de mauvais laisse après soi des puissances indestructibles, des énergies qui doivent s’unir d’elles mêmes, mais qui se fixent, en attendant, dans un organe particulier qui résiste à la mort simple de l’homme.
Ces affinités, arrêtées par le cinquième principe, aussitôt qu’elles se produisent, deviennent causes de tous les effets qui suivent la mort de l’indi vidu, et qui se manifestent dans sa nouvelle existence.
Elles suivent l’être en Devakhane, et celles qui sont assez pures et assez élevées pour s’adapter à l’atmos phère de cet état, fructifient dans une prodigieuse abondance, et repassent, amsi que les affinités infé— rieures, dans le monde objectif, avec le moiqui est, en quelque sorte, leur esclave une fois qu’elles sont en gendrées.
Et, avec autant de certitude que la molé— cule d’oxigêne, mise en présence de molécules diverses, ira à celle pour laquelle elle ressent le plus d’affinité, avec autant de certitude, le Karma ou fais— ceau d’affinités conduit la monade à chercher et à trouver le genre d’incarnation pouvant satisfaire les mystérieuses attractions qui la dirigent.
Et il n’y a pas là création d’un nouvel être, il n’y a de nouveau que la charpente corporelle construite en vue d’abriter le revenant.
C’est le même je, le même moi qu’aupara— vant, récoltant les fruits ou subissant les conséquences de son passé. » Il semblerait ainsi que les affinités grossières, pure— ment animales du quatrième principe, arrêtées par le cinquième, suivraient l’être en Dévakhane, à l’atmos phère duquel elles ne peuvent pourtant s’adapter, qui
LE SYSTÈME THÉOSOPHIQUE 53 d’ailleurs n’est pas une localité mais un état, aborda ble seulement pour les attractions élevées de l’âme humaine.
On voit que nous avions raison de signaler ce détail comme une obscurité dans la doctrine qui suit siimperturbablement son droit chemin partout ailleurs. _ Quoiqu’il en soit, le Karma constitue la somme des tendances, des penchants, des aptitudes divêrses qui ont établi le caractère de la personnalité morale et intellectuelle que la mort a fait disparaître. C’est le bagage emporté en quittant cette vie, et rapporté dans chaque réincarnation.
L’état passé détermine l’état futur, et celui-ci, à son tour, devient, pour l’avenir, une cause. Selon l’usage qu’il fera de sa liberté dans l’état où il va renaître, l’être humain établira lui même les conditions de sa renaissance et de son. existence postérieures.
« L’esprit qui se réincarne, conclut M. Sinnet, par la seule opération de ses affinités, trouve la famille dans laquelle il aura les conditions exactes de la vie nouvelle à laquelle l’ont préparé ses existences pas— sées. L’assimilation par choix des esprits, sous la loi du Karma, réconcilie la renaissance avec l'atavisme et l’hérédité. Il peut arriver parfois qu’un accident nuise à l’enfant dans sa naissance.
Mais la nature a le temps de réparer ses dommages. La souffrance im— méritée d’une vie est compensée amplement dans la prochaine existence, par l’opération de la loi du Karma. Il n’y a pas d’indifférence pour les petites choses dans la chimie et la mécanique. La nature, dans ses opérations physiques, répond aux causes
54. L’INITIATION minimes aussi bien qu’aux grandes; dans ses opéra tions spirituelles, elle n’a pas non plus coutume de regarder les bagatelles comme insignifiantes et d’ou« blier ses petites dettes, sous prétexte quelle paie les grosses. x Voilà l’exposé sommaire de cette doctrine si vieille et pour nous si neuve, qui commence à faire une trouée en Europe. Signe des temps.
Malgré les efforts réunis des coteries sacerdotales et scientistes, le monde est en quête d’une idée. Le mot que nous cherchons peut être aussi bien enfoui dans la nuit du passé, que caché dans les brumes de l’avenir. Il faut regarder partout et avoir soin surtout d’examiner soi— gneusement ce qui fait rire le vulgaire.
EUGÈNE Nus. }ËA “ÉRIX ANSÉE , a beaucoup écrit sur le sujet que porte le titre de ’ cet article, et nous nous garderions bien d’y reve nir, si nous n’avions pas à apporter un jour tout nouveau sur ce symbole qui a toujours été mal lu et incompris. — En quelques lignes, nous dirons ce qu’on sait etnous étudierons un peu plus longuement ce que l’on a jusqu’ici ignoré ou feint d’ignorer. l La crozx ansée des Egyptiens symbolise la vie, l’homme; la barre verticale de la croix représente les forces actives ou créatrices, tandis que la barre hori
_. ..... ÿ _ . _. ; LA CROIX ANSEE 55 zontale (les bras de la croix) réprésente les forces passionnelles ou destructives chez l’homme. On voit donc que la croix, par sa barre verticale, reproduit la valeur du triangle ascendant dans la nature et la barre horizontale la valeur du triangle descendant. _ Voilà ce qu’on sait et ce que M. Papus disait encore tout dernièrement dans une revue que nous allons bientôt mentionner.
En ce qui concerne l’anneau cercle ou anse dont est surmontée la croix, qui lui a fait donner le quali ficatif de ansée, l’explication est moins aisée, Faut—il y voir un simple anneau de suspension ou bien un symbole? L’hésitation n’est pas permise, c’est évi— demment un symbole. Mais lequel? Et quelle est sa signification ?
M. Papus nous dit (I) que le cercle placé au-dessus de cette croix « répond à la tête de l’homme et il. indique la création par lui—même de son immortalité, secret très insigne dévoilé par Wronski (2) » Nous pensons que W’ronski et, par suite, M. Papus qui adopte son explication se trompent l’un et l’autre non sur la signification véritable du symbole, mais sur l’objet symbolisant.
Ce n’est pas un emblème de la tête de l’homme en effet, qu’il faut voir dans la courbe qui figure au sommet de la barre verticale, mais une des parties du Lingam; ce n’est jamais un cercle parfait qu’on voit dans les croix construites d’après la véritable tradition. Ce qui nous confirme (I) Revue Théosophique, n° I, p. 26, année I889. (2) Wronski, ÀIessianisnte ou reforme absolue et définitive du savoir humain, 2' vol. Introduction.
56 L’INITIATION dans cette supposition, c’est qu’il existe un signe hié roglyphique, le Ménat 'ou contre—poids de celui qui, lui aussi, symbolise la vie, la génération et qui affecte la forme d’un lingam ou phallus horizontal, lequel Ménat porte ce même signe que la croix dite ansée.
Ce qui nous permet de dire que, si l’objet représenté n’est pas l’emblème de la tête, le symbolisme a la même signification; c’est toujours la puissance, la création, la reproduction et par suite la vie et l’im— mortalité par la génération sans cesse renouvelée ;ce n’est donc que le déplacement d’un des réservoirs de la matière génératrice; mais enfin il y a lieu d’établir le fait.
Ainsi donc la croix anse‘e est un terme impropre ; il faudrait dire la croix lingam, la croix ovoïdée, ou employer même un qualificatif plusexpressif, puisque nous venons de voir que l’objet placé au—dessus de la croix n’est pas une anse, mais un objet qui comme le Ménat symbolise la vie, les forces génératrices et reproductrices.
Il ne faut pas oublier non plus que le Ménat est un des emblèmes particuliers de la déesse Hathor, mère du soleil levant Haras, le créateur par excellence, et nous savons que le nom hiéroglyphique d’Hathor signifie littéralement, Habitation d’Horus. On voit donc encore par là que l’idée de création ne peut pas être plus fortement exprimée.
Ce qui prouverait encore en faveur de l’interpréta— tion que nous venons de donner, s’il nous fallait d’autres preuves, c’est que MM. les abbés qui ont beaucoup écrit sur la croix, ont évité de parler de la
aprw -——-— LA CROIX ANSÉE 57 croix ansée; cependant parmi eux se trouvent des érudits; or, en parlant de la croix en T (Thau) qu’on désigne aussi sous les noms de crux commz’ssa, crux patibulaz‘a (1), ces érudits se contentent la plupart de nous dire que cette croix sert souvent d’attribut dans ,l’lconographie à l’apôtre Philippe ; ils ajoutent qu’à _cette forme se rattacha1t une idée mystique, mais sans la définir ; ils disent aussi que,suivant Tertullien, les chrétiens crurent reconnaître le Thau des hébreux dans le signe qu’Ezéchiel (IX, 4) dit de mettre sur le front des hommes qui gémissent, et quand ils obser vèrent aux mains des dieux de l’Egypte une sorte de clefà anse (2) laquelle était dans cette contrée le sym— bole de la vie, ils supposèrent que c’était là un signe prophétique de la Rédemption, conservée par les Égyptiens. » On voit que les archéologues catholiques dont nous venons de résumer les opinions en quelques lignes tournent autour du problème et n’osent le résoudre pour ne point parler des signes de la généra— tion.
Pour nous laïcs, qui ne sommes pas astreints à la même réserve, nous avons cru intéressant pour nos lecteurs de montrer sous un nouveau jour, que nous croyons le vrai, la croix faussement dénommée ansée. . J. MARCUS DE VÈZE. (i) Paulin, Epist. : XXIV, 23 ; Lipsim et Gretzer, de cruce; Gallonius de martyr. crucial., etc., etc. (2) C‘est la Croix anse’e.
58 L’INITIATION äLAIN DE äur.r ÆLAIN de Lille, qu’on nommait anciennement As lain de Lisle, en latin Alanus de insulis ou insu— lensz‘s, comme c’était la coutume au moyen-âge, na— quità Lille en Flandre en 1114, il nous l’apprend lui-même dans son Anticlaudianus (t), il mourut vers 1203, 'mais la date, ni le lieu de sa mort ne sont pas très certains.
On peut affirmer cependant qu’il vivait encore en 1194, puisque Othon Saint-Blaise cite maître Alain parmi les plus célèbres docteurs vivant en cette année 1194; Albéric de Trois-Fon taines, écrivain du Xlll° siècle, place la mort de notre hermétiste en l’an 1202, ce qui s’accorde du reste avec la grande Chronique Belge.
Alain de Lille est sans conteste un des plus grands savants du xu° siècle; il était à la fois philosophe, physicien, théologien, historien et poète, aussi l’a-t—on surnommé avec raison le Docteur Unirersel.
Il pouvait donc enseigner, et il enseigna en effet, la théologie à l’Université de Paris, puis il vécut en communauté avec saint Bernard, à l’abbaye de Clair vaux; enfin, il fut nommé évêque d’Auxerre, mais il résigna bientôt ses fonctions pour se retirer au mo— (|) Nous ne pouvons, dès lors, comprendre que certains biographes le fassent naître en Allemagne. en Écosse, en Espagne et en Sicile; il dut probablement mourir a Citeaux; en tous cas, ce sont les moines de ce monastère qui firent son épitaphe que voici : « Alanum brevi bora brevi tumulo sepelivit « gui duo, qui septem, qui totum scibi e scivit: « cire suum moriens dure vel retinere nequz’rit. »
- W. ALAIN DE LILLE 59 nastère de Citeaux et s’y livrerà l’étude de la science hermétique, qu’il pratiqua avec succès. On possède de cet homme éminent un grand nombre d’ouvrages en prose ou en vers, ces derniers sont les plusgnom breux; tous les écrits d’Alain ont été recueillis par le P. Ch. de Visch; ils ont été publiés en 1654, à Anvers. Parmi ses travaux alchimiques, ses aphorismes (dzcta) sont curieux.
Il nomme solution des philo sophes, l’amalgame d’or et l’amalgame d’argent; il nous apprend qu’on peut en retirer de grands avan tages.
« Pour cela, dit-il, il faut d’abord chauffer légère ment la solution des philosophes (solutz‘o philoso phorum), puis la placer dans un vase bien clos, enfin l’exposer pendant quarante jours à une chaleur mo dérée, jusqu’à ce qu’il se forme à la surface, une ma tière noire qui est la tête de corbeau des philosophes et le mercure des sages. » Dans l’édition publiée par Visels, il se trouve un véritable petit traité sur la pierre philosophale, dans lequel il compare la génération des plantes avec celle des animaux (ce traité se trouve au tome III du théâtre chimique).
Alain a également écrit sous le nom de Doctrinale minus, un livre de paraboles qui a été traduit en fran çais en un volume in—folio, chez Antoine Vérard, Paris, I492. Beaucoup d’écrits attribués à Alain ne sont pas de ce maître; du reste, la plupart de ses travaux n’ont pas été publiés et les manuscrits en sont conservés dans les bibliothèques de France et d’Angleterre.
60 L’INITIATION De même qu’on a attribué à Alain beaucoup d’é crits auxquels il était étranger, de même aussi, on a débité sur son compte pas mal de fables, auxquelles on ne doit pas ajouter une foi aveugle.
Ainsi Dom Brial, qui a parfaitement établi (I) qu’Alain était bien l’auteur de l’A nticlaudian us, nous raconte que « l’abbé de Citeaux, devant aller à Rome pour assister au concile général convoqué par le pape, prit avec lui Alain pour lui servir de valet de pied et panser les chevaux. Alain demanda en grâce à son abbé de le laisser entrer dans la salle du concile.
On lui repré— senta que cela ne se pouvait pas, et qu’il serait bien difficile de tromper la vigilance des gardes. Il y entra cependant caché sous la chape ou le manteau de l’abbé et se plaça à ses pieds. Ce jour—là, on discutait la doctrine des hérétiques du temps, et plusieurs étaient là pour rendre compte de leur croyance. La dispute s’engagea, et les hérétiques semblaient avoir l’avantage.
Alors Alain se levant demanda à son abbé la permission de parler, mais il la demanda par trois fois sans pouvoir l’obtenir; enfin, le pape ayant su de quoi il s’agissait, luip‘ermit de parler. Alain reprit la controverse et réfuta si bien les hérétiques que l’un d’eux s’écria : Tu es le diable ou bien Alain! —Je ne suispas le diable, répondit-il, mais je suis Alain. Se non e vere e bene trovato ! Voici quelques-uns des ouvrages les plus connus de ce philosophe : (I) Histoire littéraire, tome XVI. ‘v,.hl::
rater" » 61 Doctrz’nale minus ou le livre des paraboles, en vers élégiaques; un vol. 1n-4", Lyon, I491. Le titre de la traduction française, imprimée par A. Vérard, comme nous l’avons dit plus haut, est celui-ci : Les paraboles de maître Alain (traduit du latin en vers français), imprimé à Paris ce xx° jour de mars mil coco quatre—vingt et douze, par Anth. Vérard, petit in-fol. goth.
Il en existe un exemplaire sur vélin ayant 205 miniatures, lequel a été vendu 530 fr. à la vente Mac—Carthy; cet exemplaire provenait de la biblio— thèque La Vallière. Doctrinale minus alterum, ou Livre des sentences, "1 vol. in-4°, Paris, 1492. Antz’claudz‘anus, sive de ojficz’o viri boni et perfecti, Bâle, 1536. Elucz‘daz‘z’o super cantica cantz’corum, 1 Paris, 1540.
Alani‘magni de Insulis explanatz’onum in prophe tiam Merlz’ni Ambrosii Boitamii libri V11, 1 vol. in-8°, Francfort, 1607. De arte seu artz’culz’s catholz’cæfla’ei, 1 vol. in—8", Paris, 1612.
Alani magnz’ de [nsulzs opera moralia parœnetica et polemz’ca, edita a carlo de Visch, in—fol. autuer pice (Anvers), 1654; ' Deplanctu naturæ ad Deum sine Enchirz’dzon de rebus naturæ : (violente satire contre la dépravation des hommes) ; Liber pænitentz‘alis ; ce livre est dédié à Henri de ‘Sully, archevêque de Bourges. Enfin, il existe de nombreux manuscrits d’Alain ALAIN DE LILLE vol.,
62 L’INITIATION disséminés dans diverses bibliothèques; il serait à désirer, pour l’instruction et l’utilité générales, que ces manuscrits fussent analysés, décrits, ou portés tout au moins à la connaissance du public. J. MARCUS DE VÈ2E. PRINCIPES CÊlSMÛ ‘* ES '_ CHI@UES U nacn:äzrtsna (Suite) SOMMAIRE : 7. Preuves ex érimentales de son existence (suite); 8. Principes fono damentaux e la science magnétique. Nature du fluide; q.
Le moteur immobile d'Aristote; m. Le fluide universel devant la science ; Il. Théorie de la vie; I2. Mode d‘action du fluide magnétique; I3. Qui est magnétiseur; 14,. Qui est magnétisable; l5. Influences du sexe; 16. Les trois fluides : Lunaire, solaire et terrestre et leurs conduc teurs; l7. Procédés de magnétisaiion: Poses, passes, insul’flations, fascination, etc.; I8. Méthode pour magnétiser. . Ë’EST ce que j’ai fait moi—même, je l’avoue.
Quoique la réalité du fluide me fût démontrée par une autre voie que la méthode expérimentale, tant que je n’ai eu que la déposition des somnambules, je suis resté dans le doute (au point de vue expérimental, cela s’entend); mais j’ai obtenu les mêmes révélations, et sans les chercher, de personnes qui n’avaient jamais été magnétisées, qui n’avaient jamais vu magnétiser que dans les foires et qui étaient intimement convain cues que le sommeil était simulé.
J’engage les lecteurs qui doutent encore, et même ceux qui ne doutent plus,à faire comme moi. Il n’y a que les expériences que l’on fait soi-même qui soient réellement démonstraüves. WL -«wæ«»«-æ :-*—r—z—',o--"‘. r".
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 63 a. VIII. —-— Il ne suffit pas de savoir que le fluide ma— gnétique existe; il faut aussi, si l’on veut s’en rendre maître, le diriger, l’utiliser, connaître sa nature, ses qualités, ses propriétés, ses manières d’être et d’agir.
' C’est en observant les phénomènes, en les compa rant entre eux,en remontant des effets aux causes, et de cause en cause jusqu’à la plus générale qu’on puisse atteindre, c’est-à-dire jusqu’à celle qui com— prendra et expliquera tous, ou du moins le plus grand nombre possible des faits acquis; c’est par ce moyen que l’on parviendra à connaître la nature des choses et leurs relations entre elles.
Après l’inventeur vient le démonstrateur qui, sui— vant la marche inverse, descendant des causes aux effets, expose les résultats obtenus par le premier. Il explique ce que l’autre a impliqué, c’est ce que nous allons tâcher de faire pour ce qui concerne le magné« tisme. . La synthèse parfaite serait celle qui ramènerait tous les faits à un seul principe, qu’on pourrait appe ler matière, esprit ou autrement, peu importe le nom.
Mais cette perfection n’est point à notre portée; étant des êtres contingents, nous pouvons bien conce« voir l’absolu, mais nous ne pouvons pas le com. prendre, l’étymologie du mot comprendre le dit assez. Si tout était un, tout serait rien pour nous. En effet, nous ne connaissons les objets que mé diatement, par leur action les uns sur les autres et sur nous-mêmes.
64 L’INITIATION Nous ne connaissons donc que des mouvements. Or, tout mouvement suppose pour le moins deux éléments : un moteur et un objet mû. Le moins que nous puissions donc admettre pour expliquer l’univers, ou l’une quelc'onque de ses par ties, c’est deux principes: 1° Un principe actif; Un moteur ou principe de mouvement, que l’on appelle uneforce.
2° Un principe qui peut être passif ou actif, mais que nous supposerons passif pour plus de simplicité; ce second principe reçoit le mouvement qui lui est imprimé par la force; nous l’appellerons la matière. La force peut être expansive ou contractive; dans une hypothèse comme dans l’autre, la matière, qui est passive résiste à la force, lui fait obstacle, elle est inerte; le mouvement dont la matière peut être ani‘ mée lui vient de laforce.
Nous devons admettre que la force est expansive, car son rôle est de produire, et pour cela, de dilater la matière; si la force était contractive par son essence, elle tendrait au néant. * On comprend dès lors que la force-principe est impondérable, puisque ce qui constitue la pesanteur des corps, c’est l’attraction des parties entre elles.
C’est cette force—principe, occulte, impalpable, im pondérable, que les uns appellent le'fluide universel, d’autres l’éther, le feu-principe, la lumière, l’esprit universel, l’âme du monde. La matière est indifférente au mouvement, elle en est le réceptacle. C’est donc à tort que certains philo—
PRINCIPES COSMO-PSYCH1QUES DU MAGNÉTISME 65 sophes lui attribuent la force d’inertie. L’inertie n’est pas plus une force que la paresse une vertu et l’OiSi< veté une action. Tous les corps de l’univers contiennent ces deux principes : l’un (force expansive) et l’autre (résis tance), dans diverses proportions. Il n’existe pas, du moins pour notre intelligence, d’êtres purement matériels ni purement spirituels.
Les corps inorganiques sont constitués par plus de matière que d’esprit; ils sont doués en conséquence de peu de force expansive; ils croissent peu et lente— ment. Les végétaux possèdent plus d’esprit que les corps bruts, mais moins que les animaux. L’homme est de tous les êtres qui tombent sous nos sens celui qui est doué de la plus grande somme de force—principe.
IX.— Il va sans dire que ces deux principes: force et matière, ne sont pas par eux-mêmes, car alors ils seraient indépendants l’un de l’autre et ne pourraient en aucune façon s’unir, se combiner pour former les corps. Ils impliquent donc un premier principe, supérieur à eux, qui est par soi, qui est en quelque sorte l’équa teur d’un aimant dont les deux principes seconds sont les pôles.
Ce principe premier de toutes choses, c’est le moteur immobile d’Aristote, le Dieu des Théistes, l’Inconnaz’ssable des matérialistes modernes. Ce moteur immobile n’est ni esprit ni matière, ni positif ni négatif, mais il est la source de l’un et de 3
66 ' L’INITIATION l’autre; il est le centre duquel efflue la force, et la circonférence de laquelle afflue la matière. C’est à tort que les chrétiens modernes affirment que_Dieu est un pur esprit. Ils n’en savent rien, et n’ont, comme nous, aucun moyen de savoir quelle est la nature de Dieu. Il est; et voilà tout (1).
Ce qui prouve bien qu’ils sont aussi ignorants que les autres à cet égard, c’est qu’un très grand nombre de chrétiens primitifs, y compris les pères de l’Église, ont cru que Dieu était aussi bien matériel que spiri tuel; et il n’y a pas bien longtemps que la doctrine est fixée sur ce point. Les trois principes que nous venons d’établir ont été admis par les plus grands philosophes de tous les temps et de tous les pays.
Ce fait est surabondamment démontré pour tous ceux qui connaissent les théogonies, les cosmogo— nies, les mythologies des diverses parties du monde ; nous nous bornerons donc à citer quelques preuves seulement à l’appui de notre assertion. Pour ce qui est de la matière, il serait fastidieux de citei‘ des autorités: personne ne nie son existence, quoi qu’elle soit, des trois principes, le plus mal connu et celui que l’on croit le mieux connaître.
Il est également superflu de prouver par l’autorité que Dieu est. Ce n’est point sur son existence, mais sur sa manière d’être, sur ses attributs que l’on se divise. Reste donc le fluide universel,l’âme du monde. (I) L'adiectifa ant pour effet de restreindre la signification du subs tantif, qualifier ieu ce seraIt le limiter.
PRINCIPES COSMO—PSYCI—IIQUES DU MAGNÉTISME 67 Toute l’antiquité a admis l’existence de ce principe actif, source du mouvement, de lavie, de l’intelligence. « C’est lui, dit l’Oupneh’hat, qui agit sur nos or ganes pour les vivifier, sur notre cœur pour imprimer le mouvement au sang, sur notre bouche pour animer notre parole, sur nos facultés intellectuelles pour y répandre le feu du génie.
Sanchoniaton attribuait également la conservation de l’univers à un esprit subtil qui, répandu dans l’air, animait les hommes et était la cause des sympathies et des antipathies (EUSÈBE, Préparat. évangél.) Le fluide universel est considéré comme expansiq et assimilé à la chaleur dans la Nature des dieux, de Cicéron : « Tous les êtres qui prennent nourriture et accrois— sement, ont une chaleur intérieure sans laquelle ils ne pourraient ni croître ni se nourrir. ’ « Tout ce qui est vivant, soit plantes, soit ani— maux, ne vit que par le moyen de la chaleur qu’il renferme. » (liv.
Il.) _ « L’âme universelle, dit Fénelon, est un vaste océan de lumière; nos âmes sont autant de petits ruis— seaux qui y prennent leur source et retournent s’y perdre.» (Télémaque.) " Newton regardait le fluide universel comme le principe de la gravitation; ses prétendus disciples ont pris l’effet pour la cause, le mot pour la chose; —- et il estimait que ce fluide, cause du mouvement des corps célestes, et a fortiori de celui des corps ter« restres, devait être 700,000 fois plus rare et plus élas— tique que l’air. «J'—-- .- ....__.l
b8 L'INITIATION ) On voit que nous n’inventons rien, et que le fluide universel et le rôle qu’il remplit dans l’univers ont été connus de tout temps et admis par les esprits les plus distingués. Il a fallu que Mesmer vint jeter sa pierre dans les marécages académiques pour que l’existence même de ce fluide fût niée.
Inutile d’ajouter qu’en dépit des corps savants, les plus grands astronomes, les plus célèbres physiciens, même les membres de ces corps, dans leur particu— lier, ont persisté à croire au fluide universel, et cela se comprend, puisque, nous espérons l’avoir démontré, il est impossible de rien expliquer sans recourir à cette hypothèse.
XI. — Abordons maintenant l’explication du ma— gnétisme, de sa cause, de ses effets, à l’aide des prin— cipes que nous venons d’établir. Pour cela, il nous faut savoir ce que c’est que la vie, la santé et la malad1e, la veille et le sommeil, et, enfin, la nature, les qualités et propriétés du magné— tisme. Nous avons vu que le fluide universel est le prin cipe vivifiant de toute la nature.
C’est lui qui nous anime; la matière n’est que l’étoffe de la vie, elle étoufl’e l’esprit; l’empêche de s’épandre à l’mfini, comme il ytend par sa nature. Il est bon de remarquer que dans plusieurs langues, notamment dans lalangue allemande, le mot matière est synonyme d’étoffe (stofien allemand). Du mouvement imprimé à la matière par l’esprit pour l’informer, comme disent les hermétistes, résul tent dans tous les corps deux courants opposés ; l’un
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME centrifuge (mouvement d’action). l’autre centripète (mouvement de réaction, de retour). La vie consiste donc dans un équilibre instable de ces deux courants, dans un mouvement de flux et de reflux. L’esprit agit, la matière réagit.
C’est en ce sens qu’il faut entendre Descartes lors qu’il dit qu’il semble que les corps se distinguent de l’esprit en ce que les corps agissent les uns sur les autres et sur les esprits de dehors en dedans, et les esprits les uns sur les autres et sur les corps de dedans en dehors. (Lettre 29.) Lorsque l’équilibre existe, lorsque le flux et le reflux ont lieu régulièrement, l’individu est en état de santé.
Dans le cas contraire, quand une cause quelcon que entrave et modifie cette circulation du fluide uni versel, il y a rupture d’équilibre, d’où maladie. _ L’un ou l’autre des deux courants (centrifuge, ou centripète) pouvant prédominer, il y a deux sortes de maladies.
L’expérience prouve que le courant centripète pré side à la nutrition et à l’accroissement des corps vivants ; et que le courant centrifuge régit les sécré tions, les excrétions, en un mot, la désintégration. Il y aurait à tirer de ces principes plusieurs consé quences physiologiques très intéressantes, mais cela nous écarterait de notre sujet. .
La force centrifuge, résultante de l’action de cette partie de l’âme universelle qui nous vivifie et nous meut, s’épuise par l’action. Lorsqu’elle est ainsi mise hors d’état de résister au
70 L’INITIATION monde extérieur, elle cesse de nous mouvoir, et de la veille nous passons au sommeil. Dans ce dernier état, le courant centripète prédo mine sur le courant centrifuge; le fluide universel exerce sur nous une influence plus directe et plus considérable que dans la veille. Nous sommes alors en rapport plus intime avecl’âme universelle et avec les âmes particulières, qu’avec le monde extérieur.
C’est pourquoi nous sommes sus— ceptibles de recevoir alors des révélations d’un ordre particulier. Lorsque, dans l’état de sommeil, nous avons accu mulé une nouvelle provision du fluide universel. le réveil se produit, et le courant centrifuge reprend le dessus.
Nous voilà maintenant en état de comprendre ce que c’est que le fluide magnétique, pourquoi et com ment il agit à distance, quels effets il produit, etc. Il est d’abord évident que tous les corps de l’univers et l’homme surtout, sont entourés d’une atmosphère fluidique plus ou moins compacte, plus ou moins étendue, suivant que le courant centrifuge est plus ou moins puissant,c'est-à—dire suivant quele corps en ques—_ tion possède une partie plus ou moins considérable ou plus ou moins énergique de l’âme du monde.
En un mot, le courant centrifuge, et, par suite, l’at mosphère fluidique sont d’autant plus considé— rables que les corps sont plus vivants ; à mesure que la vie s’affaiblit, l’atmosphère diminue, et lorsque le corps est mort, l’atmosphère se réduit à rien ; la planète devient lune.
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 7! ..._ .=.-I -— — Cette atmosphère, chez l’homme et chez les autres êtres intelligents, peut être érigée par l’imagination et dirigée par la volonté, de manière à agir plus ou moins énergiquement et à'distance sur un autre être, sui vant que celui—ci est plus ou moins apte à subir cette action (1).
On peut donc définir le fluide magnétique : le pro— duit excédent de la force centrifuge sur la force centri— pète porté par la volonté dans une direction quel— conque.
C’est à peu près la définition qu’en donne Deleuze, qui s’inspire de Van Helmont : « Le fluide magnétique, dit-il, s’échappe continuel lement de nous, il forme autour de notre corps une atmosphère qui n’ayant point de courant déterminé, n’agit pas sensiblement sur les individus qui nous environnent; mais lorsque notre volonté le pousse et le dirige, il se meut avec toute la force que nous lui imprimons : il est mû comme les rayons lumineux envoyés par les corps embrasés.
Le principe qui le met en action est donc notre âme, comme celui qui envoie la force à notre bras, et il est de la même nature. » A ceux qui ne peuvent pas croire, parce qu’ils ne (I) Cette action des êtres les uns sur les autres a même lieu sans que la volonté s’en mêle; c‘est ainsi que certaines personnes s'engraissent aux dépens de celles avec qui elles cohabitent.
Il n’est pas rare de voir des ménages dont le mari est très obèse et la femme sèche comme une planche, ou l‘inverse. Un sait aussi qu'un enfant dépérit et peut mourir s‘il couche entre deux vieillards; ce qui tient à ce que le courant centrifuge étant presque nul chez ceux-ci, ils attirent à eux celui de l'enfant. C'est pour cette raison que les vieillards aiment la compagnie des enfants.
Il n‘y a pas d'inconvénient à cela, comme on pourrait le croire, (l‘abus seul serait nuisible). car les enfants sont surabondamment pourvus d’atmosphère : ce sont des nébuleuses d'hommes.
72 L’INITIATION .‘\" sont pas accoutumés à le voir, que l’homme puisse agir à distance, sans faire usage de ses organes, et par la seule force de son imagination et de sa volonté, Van Helmont a admirablement répondu ainsi qu’il suit : « Cette puissance que nous avons d’agir hors de nous par notre seule volonté est sans doute incom préhensible; mais concevons-nous mieux comment notre volonté agii sur nos‘propres organes, comment elle remue notre bras?
L’union de l’âme et du corps, l’action de l’un sur l’autre, sont des phénomènes dont la cause est impénétrable.
Cependant, si nous réflé chissons 'sur notre origine, le raisonnement nous prouvera d’abord ce qu’il nous est facile de constater‘ par l’expérience. » Et voici en quoi consiste cette réflexion sur notre origine que nous recommande Van Helmont : « L’homme est l’image de Dieu. non par sa forme extérieure, mais par son âme, par les facultés dont il est doué.
Or, Dieu, qui n’a point d’organes corporels, agit par sa seule volonté ; c’est par sa seule volonté qu’il imprime le mouvementà toutes les créatures ; il suit de là que l’homme peut aussi faire quelque chose par sa seule volonté. » XIII. —— Avant d’examiner quels effets produit le” magnétisme, et par quels procédés on les obtient, il faut voir qui est apte à produire et à subir cette action, qui est magnétiseur et qui est magnétisable.
Il résulte des principes que nous venons d’établir, que pour être apte à magnétiser, il faut : I° posséder une atmosphère fluidique abondante; 2° une imagi« Afi"|’"
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME .v ._ : F nation vive et une volonté ferme pour projeter au loin cette atmosphère; 3° récupérer facilement le fluide dépensé.
L’une et l’autre de ces conditions fondamentale suppose un principe vital énergique, un organisme dans lequel la force centrifuge et la force centripète sont bien équilibrées, de manière à dégager facilement et abondamment son fluide propre et à absorber du fluide universel pour le remplacer. ‘ Ce ne sont pas la haute taille, la grande force phy sique, encore moins la grosse corpulence (qui n’est ordinairement qu’une force apparente, source d’un fluide lourd et malsain) qui forment les qualités requises pour être bon magnétiseur; ce qu’il faut, c’est un bon tempérament, le tempérament tempéré; il faut être sain, dispos, alerte, vigoureux de corps, de cœur et d’esprit.
« Le meilleur magnétiseur, dit Deleuze, est celui qui a un tempérament robuste, un caractère à la fois ferme et tranquille, le germe des passions vives sans être subjugué par elles, une volonté forte sans enthou— siasme, de l’activité réunie à la patience, la faculté de concentrer son attention sans effort, et qui en magné tisant s’occupe uniquement de ce qu’iläfait. » Il n’est pas nécessaire, ni même à propos, de faire, comme beaucoup de personnes le croient, de grands efforts de volonté pour magnétiser.
Sauf dans quelques cas exceptionnels, les meilleurs magnétiseurs conviennent, pour que l’action magné' tique ait toute son efficacité, que la volonté ne doit jamais être“ impérative; « elle doit, dit Mouillesaux l
74 L’INITIATION (cité par Deleuze) être un désir de seconder la natùre pour opérer la guérison. Elle n’est point l’agent du magnétisme, mais une disposifion nécessaire pour faire usage de cet agent. » Même pour les cas exceptionnels, pour la sugges tion, comme l’observe M. Ochorowicz, ce n’est pas la volonté forte qui favorise la suggestion, mais bien la pensée nette.
XIV. —- On a remarqué de tout temps qu’il y a beaucoup plus de sorcières que de sorciers. Ce fait implique que les femmes sont plus disposées à subir l’influence pmagnétiqäue, plus 'sensitz’ves, que les hommes. Cette conclusion a été contestée par plusieurs ma gnétiseurs, mais ils n’ont apporté à l’appui de leur thèse ni faits ni raisons suffisants pour nous en traîner.
Nous resterons donc de l’avis de M. Teste, qui dit : « Les femmes, généralement parlant, sont incom— parablement plus magnétisables que les hommes. Cela se conçoit aisément, si l’on admet, ce qui est vrai, que la faculté magnétique, c’est-à-dire celle qui rend apte à être magnétisé, n’est qu’une faculté, pour ainsi dire négative, laquelle tend à rendre l’âme et toute l’organisation passive d’une puissance exté rieure » (I).
Le même auteur observe un peu plus loin que les femmes ont plus de sensibilité, plus de tendance au merveilleux, plus de vénération, moins d’énergie, (I) Ricard soutient la même opinion dans son Traité du Magnétisme
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNETISME moins d’orgueil, et en conséquence de toutes ces choses, une foi plus vive, ce qui constitue une des conditions les plus nécessaires à la production des phénomènes magnétiques. » On pourrait ajoute; à ces raisons que les femmes par leur nature et par leur éducation, sont plus intui« tives que les hommes.
Leur sens interne est moins pervèrti — ou l’a moins été jusqu’à ces derniers temps — par l’endoctrinage, que celui des hommes. Pierre Béron affirme que les juifs sont plus sensitifs que les autres races d’hommes. Un assez bon nombre de mes propres eXpériences semblent confirmer cette assertion. J’ai aussi souvent trouvé une grande sensibilité au magnétisme chez les personnes de race bretonne.
On sait, d’autre part, que la seconde vue naturelle est très répandue en Écosse et en Irlande. Faudrait—il conclure de là que la sensitivité est en' raison de l’antiquité et de la pureté des races ? Non ; il faut seuleme_nt profiter de ces observationSpour les contrôler et les continuer. On 'a cherché à déterminer les signes extérieurs aux— quels On peut reconnaître les sensitifs.
Reichenbach a fait un petit traité sur ce sujet inti— tulé : Qui est sensitif, dans lequel il indique un grand nombre d’expériences tendant à découvrir cette faculté. Quelques chercheurs ont même inventé des instru— ments ayant pour but de révéler la sensitivité ; tout le monde connaît l’hypnoscope de M. Ochorowicz ; mais tout cela ne sert pas à grand’chose, le plus sim— . ‘n .._..a—t.- 1-. ...p
76 L’INITIATION ple et le plus sûr est encore d’essayer en employant les procédés que nous indiquerons tout à l’heure. D’après le principe, le sensitif doit avoir, en règle générale, les qualités inverses du magnétiseur, c’est à-dire: I° atmosphère peu abondante; 2° imagina tion calme et volonté douce, sinon faible.
On voit, comme l’a observé Pomponace depuis longtemps, que c’est l’opérateur qui doit avoir de l’imagination et s’en servir, et non le patient, comme le prétendent les académiciens. De la part du sujet, l’imagination est plus nuisible qu’utile, la raison l’indique et l’expérience le prouve tous les jours. Une autre erreur de nos infaillibles consiste à croire que l’anémie est favorable au développement des phénomènes magnétiques.
L’expérience, qui est lettre morte pour les immor- ‘ tels, prouve que l’anémie est plutôt contraire que favorable. 4 Toutes les cataleptiques de Petetin, par exemple, et bien d’autres, étaient de tempérament sanguin. Il semblerait résulter“ de nos principes que les femmes et les enfants ne seraient pas aptes à magné— tiser; or, de nombreuses expériences prouvent le contraire; donc, dira-t—on, nos principes sont faux.
Pour résoudre cette contradiction apparente, il suffit de se rappeler que l’action de magnétiser se compose de deux opérations: projeter sur le sujet son propre fluide et attirerà soi, absorber le fluide) universel pour reconstituer le fluide dépensé. On comprend dès lors que le même individu peut
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME -|q.- .. être à la fois magnétiseur et magnétisable; il suffit pour cela que la recette égale la dépense, ou du moins en approche autant que possible. XV. —- Le fluide de l’homme exerce une influence plus grande et surtout plus salutaire sur la femme, et réciproquement. En d’autres termes, le croisement des sexes est favorable à l’efficacité du magnétisme. C’est ici un fait d’expérience.
Une pudibonderie judéo-catholico-matérialiste, qui, se fondant sans doute sur sa propre expérience, ne conçoit pas qu’il puisse exister d’autres rapports entre personnes de différents sexes que la cohabita tion, cette pudibonderie se scandalise, se couvre la face dès qu’il s’agit de faire magnétiser un homme par une femme ou vice versa. Cet usage existe pourtant, et sans inconvénient. dans tous les pays du monde.
Partout où le judaïsme, le catholicisme et leur enfant naturel le matérialisme n’ont pas pénétré, les massages se pratiquent confor— mément au principe du croisement des sexes. Presque tous les magnétiseurs ont eu la faiblesse de céder sur ce point.
Ils sont excusables, car ils avaient assez d’autres ennemis à combattre; mais Daloz, peut-être le seul qui n’ait pas transigé, n’en est que plus louable lorsqu’il dit: « Le inagnétisme étant une action sympathique, je ’ crois que, par une suite naturelle de cette sympathie, cette action serait d’autant plus bienfaisante, si elle était exercée sur la femme parl’homme, et sur l’homme par la femme. Une autre cause naturelle me semble— rait aussi déterminer cet échange de secours: le
78 L’INITIATION fluide de l’homme ayant généralement plus de force que celui de la femme, ces fluides doivent mutuelle ment se modifier; c’est-à-dire que celui de l’homme a besoin d’être tempéré par la douceur de celui de la femme, et que celui de la femme doit être fortifié par celui de l’homme. » (Entretiens sur le magnétisme animal, p. 124). XVI. —— Le fluide universel est un, simple, en tant que force; il est expansif.
A cet égard, les ruisseaux qui en découlent, les fluides magnétiques individuels lui Jressemblent; mais ces fluides ne sont pas simples dans leur nature; ils varient en quantité, en qualité et en propriétés, non seulement d’un règne de la nature à l’autre, et d’un individu d’une même espèce ou d’une même famille à un autre individu de la même espèce et de la même famille; mais encore ils diffèrent en quantité et en qualité, et conséquemment dans leurs effets, suivant les différentes parties du corps du même individu.
Pour nous borner à l’homme, nous dirons qu’il y a dans cet être trois sortes de fluides : celui de la tête, celui de la poitrine et celui du ventre. Les initiés savent que le premier est lunaire, le second solaire et le troisième terrestre.
Le fluide de la tête est le plus subtil, celui du ventre le plus grossier et celui de la poitrine est tempéré. , Ces trois réservoirs fluidiques ont pour conducteurs principaux: le premier le front, les yeux et la bouche; le deuxième, le cœur, les bras et les mains; le troi sième le pôle génital, les jambes et les pieds.
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME Les effets magnétiques diffèrent suivant que l’opé— rateur se sert de l’un ou de l’autre de ces conducteurs pour diriger son fluide sur telle ou telle région du corps du sujet. De là les divers procédés de magnétisation que l’on doit approprier au but qu’on se propose, et qui peut être, comme nous l’avons dit, de produire des effets physiques, ethiques ou psychiques.
Delà aussi la diversité dans la puissance des ma— gnétiseurs: l’un ayant une grande énergie lunaire, l’autre solaire, celui-ci terrestre, au détriment de telle ou telle autre. Il est rare que la même personne réunisse les trois sortes de fluides au même degré. Pyrrhus, qui guéris— sait les maladies de la rate avec.le pied, n’aurait peut— être produit que très peu d’effets par le moyen du regard ou des mains. XVII.
— Le fluide terrestre, qui a pour organe de transmission les pieds, n’est généralement pas em— ployé par les magnétiseurs modernes. C’est à tort, -car la raison l’indique et l’expérience de Pyrrhus vientâ l’appui, ce procédé serait plus énergique que les mains dans toutes les maladies si nombreuses des viscères sous-diaphragmatiques. Le fluide solaire, qui est le mieux tempéré et la source des deux autres, est aussi le plus fréquemment employé.
Nous ne parlerons que pour mémoire de la magné‘ tisation par le moyen du cœur. Il n’y a plus que les mères et les amants qui emploient ce procédé si puis sant.
80 L’INITIATION Les mains sont les organes dont on fait le plus d’usage dans le magnétisme, à cause de la commodité d’abord, et ensuite parce que le fluide solaire, dont elles sont les conducteurs, peut servir partout et ne peut guère nuire nulle part. Par le moyen des mains on fait des poses et de passes (I).
La pose consisteà placer la ou les mains sur ou devant la partie que l’on veut magnétiser, avec con— tact ou à une distance plus ou moins grande, en se laissant guider par le patient, pour la distance comme pour la durée de la pose. ' La passe est le procédé du plus grand usage. Elle se pratique avec contact, par un léger frole ment ou à distance. Les passes se font: les bras tendus sans raideur, les mains ouvertes, les doigts légèrement écartés.
On distingue les passes longitudinales qui magné— tisent, qui chargent, et les passes transversales qui démagnétisent, qui dégagent. Il faut toutefois observer que les passes longitudi— nales doivent être faites avec une,certaine lenteur pour magnétiser.
Rapides, elles entraînent le fluide du sujet sans laisser à celui de l’opérateur le temps de pénétrer; par conséquent elles dégagent (2). (I) En tlIér_apeutique magnétique on emploie quelques autres procédés manuels, mais nous ne pouvons parler ICI que des procédés genéraux. (2) Ce dernier fait n’a été remarqué par aucun magnéticien, que je sache. Le raisonnement me l'avait indiqué et mon expérience l'a con firmé.
Il m'est arrivé plusieurs fois d'endormir des personnes qui avaient été réfractaires à l'action d'autres magnétiseurs, non pas parce que je suis lus puissant qu‘eux, mais parce que j'ai observ de commencer par égager mon sujet par le moyeu de passes rapides .
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 81 'n' I"_ On pratique les passes sur, ou plutôt devant l’une ou l’autre des trois régions du corps ou sur toutes à la fois. Les passes longitudinales, lentes ou rapides, se font aussi très utilement sur les bras et sur les jambes. Les passes et les poses des mains sur les jambes et les pieds sont le meilleur moyen de dégager la tête.
Les passes longitudinales embrassant toute la lon— gueur du corps sont dites passes à grands courants. Les passes à grand courant sont en quelque sorte le procédé souverain ; rapides elles démagnétisent, et, dans tous les cas, elles distribuent également le fluide dans toutes les parties du corps, et rétablissent ainsi l’équilibre lorsqu’il est rompu. Les passes peuvent être faites des deux mains ou d’une seule.
On peut les pratiquer postérieurement et latérale ment aussi bien qu’antérieurement; on peut aussi les faire antéro-postérieurement, d’une main sur ou devant la poitrine et de l’autre sur le dos. Enfin les passes peuvent être descendantes ou ascen« dantes. Les magnéticiens modernes interdisent les passes ascendantes. Règle générale, ils ont raison; mais il y a des exceptions à toutes les règles.
« Une personne dont l’esprit était dérangé, devenait furieuse lorsqu’on la magnétisait en commençant par la tête pour aller jusqu’aux pieds; on eut l’heureuse idée de la magnétiser d’une manière inverse, <en remontant des pieds vers la tête, et son exaspération fut calmée à l’instant.» (DELEUZE, Lettre d’un médecin).
82 L’INITIATION Le même procédé est employé dans l'lnde (I); et ses résultats s’expliquent très bien dans notre système. On comprend, en effet, que le fluide terrestre et le fluide solaire transportés ainsi vers le cerveau doivent tempérer l’exaltation de celui-ci. Je n’ai pas eu l’occasion d’en faire l’essai, mais il est très probable que des poses sur la tête avec les pieds produiraient un effet analogue dans les mêmes cas.
La bouche, par les nerfs qui y aboutissent et par le souffle qui vient de la poitrine, émet un fluide mélangé de solaire et de lunaire. Aussi les insufflations sont elles d’une grande efficacité et d’un fréquent usage en. thérapeutique magnétique. C’est d’après de Lausanne (Bruno) le plus énergique des procédés magnétiques.
Chaudes, les insufflations mettent les humeurs en mouvement et favorisent la dissolution des obstruc— tions viscérales et des engorgements ganglionaires et la résolution des contractions nerveuses. On les emploie avec succès sur toutes les parties du corps. Pour les pratiquer, ou pose sa bouche sur un mouchoir plié en double et appliqué sur la partie malade et l’on fait passer son haleine à travers.
Froides, surtout si elles sont faites sur le front, elles dégagent et réveillent. ' Aucun magnétiseur ne parle des passes par le souffle. Elles sont pourtant très agréables, d’après le témoignage des somnambules sur qui je les ai essayées, mais elles (I) a Les Brames, selon un auteur du temps d‘Alexandre, et d'après les voya curs de nos jours qui ont visité ces contrées, obtiennent une espèce e nouvelle vie par ces procédés.
Ils promènent leurs mains depuis l'épigastre jusqu'à la tête, et ils prétendent transporter l‘âme au cerveau et s unir alors à la divinite. » (CHARPIGNON, Physiologie, Méde cine et Métaphysique du magnétisme, p. 140).
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME sont moins énergiques et‘conséquemment plus fati« gantes que les passes manuelles. Du ressort de la bouche sont encore les impréca— tions. les incantations, mais nous nous bornons à les signaler en passant. C’est la magnétisation par le regard, appelée aussi fascination, qui détermine la meilleure lucidité.
M. Teste avait déjà fait cette remarque : « J’ai cru remarquer, dit-il, que ce genre de magnétisation augmente la clairvoyance. » (p. 199.) Mes propres observations confirment celles de M. Teste. Néanmoins, .il ne faut pas regarder ceci comme parole d’évangile, car la lucidité des somnam bules dépend en partie du magnétiseur, abstraction faite du procédé employé, et aussi de la manière d’em ployer ce procédé.
Pour magnétiser par le regard, la première chose à observer, c’est d’éviter de recourir au procédé char— latanesque, qui consiste à fixer le'sujet brusquement d’un air féroce._Par ce moyen-là on n’obtient aucune lucidité et l’on détraque le sujet. Le regard du magnétiseur doit être bienveillant, ferme, mais sans la moindre dureté, à la fois doux et vif. L’effet ne sera pas si rapide, il ne sera pas fou droyant mais il n’en sera que meilleur.
« Il ne s’agit pas, dit De Lausane d’obtenir des effets prompts mais salutaires. » Il est bon que le sujet regarde l’opérateur, mais ce n’est pas absolument nécessaire ; et il vaut mieux qu’il tienne les yeux clos, mais immobiles, qu’ouverts et mobiles.
84 L’INITIATION Dans le premier état le fluide traverse facilement la paupière et pénètre jusqu’au cerveau; tandis que dans le second les rayons fluidiques sont brisés par les mou vements du globe oculaire.
La magnétisation par le front qui consiste à appuyer le front du magnétiseur sur celui du sujet avec ou sans interposition d’un autre corps, est le moyen le plus énergique pour transmettre la pensée et imposer la volonté de l’opérateur au patient. C’est Chardel qui, à ma connaissance, a employé le premier ce moyen, sur l’indication d’un somnam— bule, et constaté ses effets (I).
Les hypnotiseurs se sont emparés de ce moyen et l’ont employé notamment dans les fameuses expé— riences du Havre, mais ils n’ont point cité l’inventeur, ce qui prouve, ou leur peu d’érudition, ou leur mau— vaise foi. Tels sont les procédés magnétiques les plus usités et les plus efficaces.
Dans toutes ces opérations, ne nous lassons pas de le dire, il est essentiel de procéder doucement et lente ment, c’est-à-dire prudemment; c’est ici, plus qu’en toute autre chose, le cas de dire : chipapiano ra sana.
Il faut s’abstenir de tout grand effort volontaire et musculaire, qui nuirait au sujet tout en fatiguant inutilement l’opérateur. (I) a Un somnambule m'indiqua le moyen de débarrasser cette dame de ses visions; il s‘a issait de la mettre en somnambulisme et de l‘éveiller avec la volonté de ui en enlever le souvenir. On recommandait de ne jamais lui en reparler.
Je devais dansl'ope’ration. ap uyer mon front sur le.Sien, en plaçant un corps dur entre nos têtes, affn de fixer par la sensation ma volonté sur un point extérieur. La chose réussit... n (Esquisse de la nature humaine, p. 271).
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 85 C’est surtout les premières fois que l’on magnétise une personne qu’il faut observer cette réserve, car les voies n’étant pas encore ouvertes au fluide, si le sujet est très sensible, il peut s’accumuler trop vite au cer— veau ou dans un autre centre nerveux et déterminer une rupture d’équilibre, une crise nerveuse.
Laissons aux hypnotiseurs forains, aux académi ciens et aux médecins des hôpitaux, qui regardent les . personnes magnétisables comme leur chose, comme leurs « justiciables », —Ë c’est leur pr_opre expression, -— laissons à tous ces jongleurs le monopole des pro cédés violents, dont nous montrerons les inconvé— nients plus loin en comparant l’hypnotisme au magnétisme.
XVIII. —- Étant donnés les divers procédés magné tiques et leurs raisons d’être, il est aisé à chacun d’en déduire une méthode de magnétisation et de l’adapter aux diverses conditions de santé, de sensitivité des personnes et au but qu’on se propose, qui est d’obtenir des effets physiques, moraux ou psychiques. Voici la méthode qui m’a paru, généralement par— lant, la plus rationnelle et la plus efficace.
1° On peut toujours commencer par dégager le sujet par quelques passes rapides sur les bras, “sur les deux côtés du corps jusqu’aux pieds, et sur les deux faces antérieures et postérieures. Ces passes rapides se font avec contact léger, et l’on doit avoir soin, après chacune, de secouer ses mains et de souffler dessus pour en chasser le fluide du sujet. Ces préliminaires, qui ne sont pas de nécessité
86 L’INIT1ATION absolue pour un sujet sain, sont indispensables s’il est malade. Beaucoup de magnétiseurs les négligent, surtout depuis qu’ils se laissent entraîner hors de la bonne voie par les hypnotiseurs ; mais les spirites les obser vent soigneusement et ils s’en trouvent bien.
Le plus simple bon sens indique, en eflet, qu’avant d’introduire le fluide sain dans un organisme malade, il faut commencer par le débarrasser du fluide mor— bide, de même qu’on rince un vase avant d’y mettre du vin. 2° Faites asseoir le patient sur un siège plus ou moins élevé, selon que vous-même voulez être assis ou debout pendant l’opération.
3° Placez-vous en face de lui, debout ou assis, mais de manière à ce que tous vos mouvements soient aisés et que vous puissiez faire les poses et les passes sans trop lever les bras. De °cette façon, le fluide circule plus facilement et l’opérateur se fatigue moins.
Il est préférable de se tenir debout qu’assis ; dans cette situation l‘opérateur a plus de puissance, quel quetois trop, et se fatigue moins; ce qui tient proba blementà ce que le fluide dépensé est plus facile— ment remplacé par celui qui émane de la terre. 4° Recueillez-vous un moment, et laissez au sujet le temps d'en faire autant.
5° Posez les mains sur les épaules, glissez-les légè rement et lentement le long des bras jusqu’à l’extré— mité des doigts, prenez les pouces du sujet et tenez les un instant en contact avec les vôtres.
PRINCIPES COSMO-RSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 87 6° Répétez ce mouvement cinq ou six fois, jusqu’à ce que le rapport soit établi; On reconnaît que le rapport est établi, suivant Deleuze, lorsqu’il y a égalité de chaleur entre les pouces du sujet et du magnétiseur. Suivant moi, on le reconnaît mieux à l’isochronisme des pulsations du pouls dans les pouces des deux facteurs.
7° En revenant des mains aux épaules, pour réité rer les passes, et en général dans toutes les passes, observez d’écarter les mains et de les tourner le des vers le sujet, afin de ne pas défaire ce que vous avez fait. La raison de ce précepte, c’est que le dessus des mains dégage beaucoup moins de fluide que la paume.
' 8° Le rapport établi, si c’est un malade qu’on ma— gnétise, on pratiquera les poses, les passes, les insuf flations qui conviennent à son cas. Nous ne pouvons entrer ici dans les détails ;l’expé rience enseigne mieux que de longs discours ce qui convient dans chaque cas particulier, et, d’ailleurs, les malades indiquent eux-mêmes ce qui leur fait plus de bien; il n’y a qu’à se laisser guider par eux. ROUXEL. (A suivre.)
- iteg»s: a.. annaæananne . . /9 / \» '\>5 / PARTIE LITTÉRAIRE Œ’INIRIMION A PAPUS. ,lŒ‘Q) Un jour ’ai rencontré Papas sur mon chemin ; Papas m’a révélé la Science féconde Quifait prendre en pitié tout le savoir humain.
ÉËÎEUNE et nouveau lecteur au grand livre du monde, Am2, rappelle—toi ce temps de ta jeunesse -— Car trois ans ne sont pas asse,” longs pour l’oubli, — Alors qu’associant ta force à ma faiblesse, Tu baissazs jusqu’à moi ton largefrontpälz. Débarqué dans Paris depuis huit jours à peine, Sur le pavé bruyant tu dirz’geaz’s mes pas : Souvent, les soirs d’hiver, nous montions de la Seine A Montmartre, ton bras appuyé sur mon bras.
La science en habzt, froide, universitaire, Avait semé l’erreur dans mon jeune cerveau; Pour forcer mon esprit à ramper terre à terre, On avait étoufi’é ma pensée au berceau. .' ..
L’INITIATION Mais toi, tufis tomber le voile d’ignorance Qui m’enveloppait tout, ainsi qu’en un linceul, Tu m’inondas soudain de jour et d’espérance ; Et lorsque je rentrais dans ma chambrette, seul, Après cesdiscours longs, précieux et sublimes Poursuz‘vz’s au milieu du bruit de la cité, ’ Je me sentais plus grand, jeplanais sur les cimes De la théosophz’e et de la vérité.
Puis tu m’initias à la Science Occulte; Convaincu par ta voix mâle et pleine d’ardeur, Bientôt je partageai pour elle tout ton culte Etje mefis partout son zélé défenseur. Chaque entretien nouveau me dissz’pait une ombre: Je crus à l’alchimie, aux symboles, à l’or, Je connus le karma, le ternaire et le nombre, De l’antique savoir j’admzraz le trésor. Merci donc, cher Papus, merci de la lumière Eclatante dont tu frappas mes yeux.
Aussi, Ma gratitude s’attache à toi comme un lierre, Aujourd’huipour toujours, je répète: Mercz ! Depuis trois ans, ami ta glozre a marché vite; Et moi, si d’autres soins ont brzsé mon essor, A présentje renaz’s,je m’élance à ta suzte, Ma lyre se réveille et veut vibrer encor. Tu n’a pas dédaigne? le tout petit poète Pour chanterprès de toi: je ferai mon devoir,
90 L’INITIATION Heureux si sur mes vers l’œil du lecteur s’arrête! . A défaut de talentj’aurai le bon vouloir. Papas et vous savants, théosophes et mages, Précheq la vérité, déraciner l'erreur ; Et moi par quelques vers, quelques simples images, Faisant aimer le vrai, je toucherai le cœur. Lucien MAUCHEL.
'-?”?”t ‘ t i« Îäu1 préside en aveugle au mouvement du monde P Q; Existe-t—il des lois pour régir l’univers P Quelle est la destinée, en erreurs si féconde, Dont l’homme est la victime en ses cruels revers P Connaître le hasard et ses secrets divers, C’est le but de la vie .' déception profonde Qu’on éprouve en cherchant, par d’éternels hivers, . Le soleil, la clarté]...
C’est en vain que l’on sonde Cet abîme sansfin, ce ciel sans horizon, C ’est en vain qu’on emploie ses forces, sa raison : Une voix vous rejoond—— c’estl’âpre voix du Doute:— « Tu compteras les nuits, tu compteras les jours; « Tu chercheras encor, tu chercheras toujours ! » — Et c’est précisément le Doute qu’on redoute ! Paul-Armand Hmscu.
LETTRE DE M. AD. FRANCK 91 . LETTRE @E M. A. ÊRAIËI©LK (DE L’INSTITUT) M. Franck a bien voulu nous autoriser à publier cette lettre : A Monsieur Papus, directeur de l’Initiati0n. Monsieur, Je vous suis très reconnaissant de 15 manière dont vous avez rendu compte dans l‘Initiation de mon vieux livre dela Kabbale.J’ai été d’autant plus susceptible à vos éloges qu’ils attestent une connaissance approfondie et un grand amour du sujet.
Mais ce qui m‘a charmé dans votre article, ce n’estpas seulement la part personnelle que vous m’y faites, c’est la manière dont vous rattachez mon modeste volume à toute une science fondée sur le symbolisme et la mé thode ésotérique. Je n’ai pu en vous lisant, m’empêcher de penser à Louis XIV, conservant à Versailles le mo— deste rendez-Vous de chasse de son père en l’encadrant dans un immense palais.
Bien que mon esprit, que vous qualifiez d’universi' taire, mais qui veut simplement rester fidèle aux règles de la critique, se refuse à vous suivre dans vos magni— fiques développements, je vois avec plaisir qu'en face du positivisme et de l’évolutionisme de notre temps, il se forme, il s’est déjà formé une vaste gnose qui réunit dans son sein, avec les données de l’ésotérisme juif et chrétien, le bouddhisme, la philosophie d’Alexandrie et le panthéisme métaphysique de plusieurs écoles modernes.
Ce réactif est nécessaire contre les déchéances et les 'dessèchements dont nous sommes les victimes et les témoins. La Mission des Juifs, que vous citez souvent dans votre Revue, est un des grands facteurs de ce mou. vement. Je vous recommanderai seulement, dans ma vieille expérience, de ne pas aller trop loin. Les symboles et les traditions ne doiventpas être négligés comme ils le sont à v >v— wvs .7M1ñ ,.
92 L’INITIATION généralement par les philosophes ; mais le génie, la vie spontanée de la conscience et de la raison doivent aussi être comptés pour quelque chose, sans cela l’histoire de l’humanité n’est rien qu’une table d'enregistrement. Veuillez agréer, monsieur, l’assurance de mes senti« ments les plus distingués. An. FRANCK. Les '©oneaès on 41 a se CONGRES SPIRITE ET SPIRITUALISTE Le Congrès spirite et spiritualiste est en bonne voie.
Les adhésions arrivent nombreuses et nous ne doutons plus maintenant de son plein succès.
Nous rappelons aux intéressés que les mémoires sur les deux questions discutée 52 1° Immortalité de l’âme ; 2° Rapport entre les vivants et les morts, doivent être remis avant le 31 juillet au siège du bureau, 1, rue de Chabanais, Paris. * 44 CONGRÈS DE MAGNÉTISME Le lundi 17 juin 1889, un grand nombre de partisans du magnétisme réunis chez M. Allar, ont décidéà l’una nimité la réunion, pour le mois d’octobre prochain, d’un CONGRÈS MAGNÉTIQUE INTERNATIONAL sur l’étude des appli cations du magnétisme humain au soulagement et à. la guérison des malades.
Citons parmi les personnes pré sentes : ' MM. les docteurs Fuel, Huguet du Vars, Gérard, Cha zarain, l’abbé de Meissas, docteur en théologie, ancien chapelain de Sainte—Geneviàve, de Rochas, Fabart, comte de (Jonstantin, Mor_1tin, Burg, Bué, Bonvery, Reybaud, Papus, Durville, Auffinger, J. L‘ejay, Chamuel, Fabius '.W. '.11
I-. LES CONGRÈS DE 1889 93 de Champville, le comte du Mas, O. Wirth, Larsen de Castano,Angerville, Guyonnet du Pérat, Conard, Reveil hac, Milo de Meyer,Schmoll, Allar, Le Cocq, Puveillac, Millien, etc., etc. Le Comité aété composé ainsi qu’il suit: MM. le docteur Fuel, chevalier de la Légion d’honneur, Président d’honneur.
A. de Meissas, président. le docteur Huguet de Vars, vice-président. -— Gérard — — Chazarain — Fabart — Le comte de Constantin — Millien, ingénieur, secrétaire général, 3, place de la Nation. F. de Champville, secrétaire délégué à la presse. Burg, secrétaire. Guyonnet du Pérat, secrétaire. Chamuel, secrétaire. Lejay, secrétaire. Saintaraille, trésorier, 52, rue des Beaux-Arts. La cotisation de chaque adhérent est fixée à IO fr.
L’adhésion donnera droit aux travaux publiés à la suite du Congrès. Une autre liste de souscription est ouverte pour les dons particuliers indispensables au succès. Toutes les sommes sont reçues entre les mains du tréso rier et toutes les communications entre celles du secré taire général.
L'Initiation, qui s’intéresse vivement à tout ce qui touche l’occultisme, a vu avec plaisir élus au bureau en qualité de secrétaires trois de ses rédacteurs, MM. Lejay, secrétaire de la rédaction, Fabius de Champville et Lu cien Chamuel (Mauchel dans la revue). 'k ' :t--\< CONGRES INTERNATIONAL DES ŒUVRES ET INSTITUTIONS FÉMININES Parmi les Congrès organisés par le Gouvernement françaisà l’occasion de l’Exposition universelle, nous
94 L’INITIATION appelons t0ut spécialement votre attention sur le Con grès des œuvres et institutions féminines, qui doit se réunir le 12 juillet 1889 à la mairie du v1° arrondisse ment, place Saint-Sulpice, sous la présidence de M. Jules Simon, président du Congrès. EXTRAIT DU RÈGLEMENT Art.
5. —- Seront membres du Congrès les personnes qui auront adressé leuradhésion au secrétaire du Comité d’organisation avant l’ouverture de la session ou qui se feront inscrire pendant la durée de celle-ci, et qui, après avoir été acceptées par le Comité, auront acquitté la cotisation, dont le montant est de 10 francs.
Toutes les communications relatives au Congrès doi— vent être adressées à Mm de .Morsier, secrétaire - du Co mité d‘organisatiôn, à la Bibliothèque Wolska, passage Saulnier, 21, à Paris. ”®riertt à l’Expnsitian iËlniVerselle Sous ce titre, l'Initiation commencera dans son pro-— chain numéro une étude détaillée de la civilisation et du symbolisme orientaux représentés à l'Exposition Universelle.
SECTION TUNISIENNE Contentons—nous de signaler, pour cette fois, deux mé— dailles orientales figurant les caractères occultes de deux génies kabbalistiques qu’on trouve à la section tuni sienne (place des Invalides). Ces deux médailles ont été, sur la demande de leur propriétaire, expliquées par l’Initiati0n qui en a retrouvé l’origine : ce sont deux talismans, l’un du Soleil, l’autre de Vénus, décrits dans
LIVRES REÇUS 95 un vieux manuscrit attribué à Salomon et conservé à la Bibliothèque Nationale. Nos lecteurs parisiens pourront se rendre au souk tunisien et étudier par eux-mêmes ces curieux talismans. LIVRES BEÇUS A L’INITIATION Nous rappelons que nous ne ferons de compte-rendu détaillé que des livres dont nous recevrons DEUX exem plaires. Lgs autres seront simplement annoncés, à moins de cas particuliers. D.
METZGER. -—-< La Vivisecti0n est-elle une science ? Librairie Universelle, 41, rue de Seine, in-12. Prix : 1 fr. HENRY DE MART. — Ange et Femme, étude de psy chologie religieuse. Prix: 3 f. 50 (même librairie). C. HUMANN. — La Nouvelle Jérusalem, d’après les enseignements d’Emmanuel Swedenborg (important ouvrage recommandé à tous les occultistes, compte— , rendu prochainement).
En vente au dépôt des livres de la Nouvelle Jéru salem, 12, rue Thonin (Paris). Prix: 3,fr. 50. A. BUE. -« La Main du Général Boulanger. -— Dentu, éditeur, in-12, 1889. Prix: 2 fr. DURVILLE. — Application de l’aimant au traitement des maladies. Librairie du Magnétisme, in-12, 1889. Prix : I fr.
Cercle chromatique de M. CHARLES HENRY, présentant tous les compléments et toutes les harmonies des cou leurs, avec une introduction sur la théorie générale du contraste, du rythme et de la mesure. Rapporteur esthétique de M. CHARLES HENRY, per mettant l’étude et la rectification esthétique de toute forme.
9 6 L’INITIATION ROBERT DE LA VILLEHERVÉ. — Toute la Comédie. Léon Vanue', 19, rue St-Michel. Prix: 5f. 50, Recommandé. Compte—rendu prochainement. HENRI LACROIX. '— Mes expériences avec les Esprits. (Spiritisme américain), in-18. Librairie des Sciences psychologiques, I, rue Chabanais. Prix: 4 f. Revue Théosophique (N° 4, Juin 1889) SOMMAIRE. — H.-P. Blavatsky :Le Phare de l’In connu. — Comtesse d’Adhémar : le Christ, le Bouddha, Jéhovah. — Amaravella : Les Portes d'Or. — Le Boud— dhisme ésotérique, d’après Sinnet. — Le De,vakan. — Fr. Lambert : La Sagesse des Egyptiens. — Bibliogra phie. — Nouvelles diverses. Le Gérant : ENCAUSSE. TOURS, IMP. E. ARRAULT ET CIE, RUE DE LA PRÉFECTURE, 6
VIEN T DE PARAITRE PAPUS CLEF ABSOLUE DE LA SCIENCE OCCULTE L E T A R O T DES BOHÉMIENS Le plus ancien Livre du Monde (A l’usage exclusif des Initiés) Magnifique volume in-8° de 370 pages avec huit planches phototypiques hors texte et plus de deux cents figures et tableaux explicatifs. — Carré, éditeur, 58, rue Saint-André— des—Arts................gfr. Tous les lecteurs d’ELIPHAS LÉVI et de CHRISTIAN et tous ceux qui s’intéressent à la Sciencé0cculte trouveront de précieuses indications, absolument inédites jusqu’ici, dans cet ouvrage. PRIME Ce numéro contient en prime un magnifique portrait de ELIPHAS LÉVI, le célèbre auteur de Dogme et Rituel de Haute Magie.
LECTURES UTILES POUR L’INITIATION Beaucoup de nos lecteurs nous demandent les ouvrages qu’il faut lire pour acquérir une connaissance générale de la Science Occulte. Il est très difficile de répondre à cette demande d’une manière absolue; nous allons toutefois donner quelques rensei gnements à ce sujet.
Les personnes qui ne veulent qu'avoir une teinte générale de cette question sans avoir le temps de beaucoup lire suivront avec fruit la progression suivante dans leur lecture: I. Zanoni, par Bulwer Lytton (traduction française.) — z. Traité élémentaire de Science Occulte, par Papus. La Science Occulte, par Dramard. — 4. Crookes, Recherches sur la Force psychique. — A Brûler, par Jules Lermina.
Les lecteurs qui veulent approfondir davantage ces questions peuvent ajouter à ces ouvrages les suivants: La Science du Vrai, par Delaage. — Au seuil du Mystère (2': ' édition), par Stanislas de Guaita. — Le Tarot des Bohémiens, par Papus. -— Histoire de la Magie, d‘Eliphas Lévi. — Mission'des Juifs, de Saint-Yves d’Alveydre. —— Collection de l’Initiation et du Lotus. — La Messe et ses Mystères, par Ragon.
Enfin les travailleurs consciencieux qui voudront pousser leur étude encore plus loin, choisiront dans le tableau suivant divisé en trois degrés. Les ouvrages sont d’autant plus techniques que le degré est plus élevé. Nous n’ayons cité que les livres qu’on peut se procurer en librairie et qui sont écrits en français. Sans quoi un volume ne serait pas de trop pour tous les ouvrages utiles: PREMIER DEGRÉ. -— (Littéraire).
Spirite, par Théophile Gau thier. — Louis Lambert. Seraphitus Seraphita, par Balzac. — Le Vice Suprême, par Joséphin Péladan. — Un Caractère, par L. Hennique. ' DEUXIÈME DEGRÉ. — Eure’ka, par Edgard Poë. Fragments de Théosophie Occulte, par Lady Caithness. — Le Monde Nouveau, par l’abbé Roca. —— Les Grands Mystères, par Eugène Nus. -— Voyages dans l’Inde,de Jacolliot. — Le Spiritisme,par le Docteur Gibier. -— Force psychique, par Yveling Rambaud.
TROISIÈME DEGRÉ. — La Kabbale, par Ad. Franck. -— Clef des Grands Mystères, par Eliphas Lévi. — Dogme et Rituel de Haute Magie (du même). — La Science des Esprits (du même). -— Le Royaume de Dieu, par Alb. Jhouney. — Le Sep/1er Je’sirah, par Papus.— La Théorie des Tempéraments, par Polti et Gary. On trouvera des listes complémentaires dans ces mêmes ouvrages et surtout à la fin du traité de Papus. L'éditeur CARRÉ se charge de procurer tous ces ounrages franco, au prix marqué de chacun d‘eux.
L’INITIATIO N i'II'" RÉDACTION 2 ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg, 14 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS G. CARRÉ DIRECTEUR: PAPUS 56’, rue Saint—André—des-A rts Rédacteur en chef: PARIS George MONTIE RE Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an. I0 Ü" CH. BARLE'I‘. -— .1. LEJAY ÉTRANGER, — 12 fr. RÉDACTION: 14, rue de Strasbourg. — Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.
L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant.
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AVANTAGES DES ABONNÉS. — Les abonnés anciens et nouveaux reçoivent gratuitement les primes fréquentes qu’a données et que donnera l’Initiation. Chacune de ces primes représente à elle seule la valeur du numéro. L’Initiation paraît le 15 de chaque mois en un beau numéro de 96 pages, format d’un volume ordinaire. Elle est en vente chez les principaux libraires de Paris (voir leur adresse à la 8° page).
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