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L’Inüiation Revue philosophique indépendante des Hdules Études Hypnotisme, Théosophie Kabbale, Franc-Maçonnerie Sciences Occultes }4 3m VOLUME. — 2me ANNÉE SOMMAIRE DU N° 8 (Mai 1889) .— .4— PARTIE INITIATIQUE.... Cours méthodique de Science occulte. Pre— miers principes . . . . .. F. Ch. BarIet. (p97 a 119-) PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE . . .. Principes cosmo-pqychi— ques du Magnétisme (Magnétisme pratique).
Rouxel. (p. 120 à 140.) L’Astrologie . . . . . . . . . . . Ely. Star. (p. 140 à 151.) PARTIE LITTÉRAIRE. ... Un Caractère (de L. Hennique) . .. . . . . . . . . G. Montière. (p. 152 à 159.) Corruptrice ( d’Emile Goudeau) . . . . . . . . . . .. M. de G. Le Feu (poésie) . . . . .' . . . L. Mauchel. (p. 163.) - A Brûler (fin) . . . . . . . . .. Jules Lermina. Le Chanvre (poésie) . .. J. Michel.
Bibliographie. — Congrès Spiritualiste. — Congrès international des œuvres et institutions féminines. — Bibliothèque Wolska. — Nouvelles diverses. —— Variétés (Un docteur ès—sciences occultes.) R É DACT l o N : ‘ Administration, Abonnements : 14 rue de Strasbourg, 14 5 8, rue S t—A ndré—des-A rts, 58 P A RI S . P A RI S Le Numéro: UN FRANC. —— Un An: DIX FRANCS.
, BUT, Les Doctrines matérialistes ont véw. Elles ont voulu détruire les principes éternels qui sont l’essence de la Société, de la Politique et de la Religion; mais elles n’ont abouti qu’à de vaines et stériles négations. La Science espéri mentale a conduit les savants malgré eux dans le domaine des forces purement spirituelles par l‘hypnotisme et la suggestion à distance.
Effrayés des résultats de leurs propres expériences, les Matérialistes en arrivent à les nier. La Renaissance spiritualiste s’affirme cependant de toutes parts en dehors des Académies et des C1éricalismes. Des phénomènes étranges ramènent à considérer de nouveau cette vieille Science Occulte, apanage de quelques rares chercheurs.
L’étude raisonnée de ses principes conduit à la connaissance de la Religion unique d’où dérivent tous les cultes, de la Science Universelle d’où dérivent toutes les Philosophies. Des Écoles diverses s’occupent de chacune des parties de cette Science Occulte. La Théosophie, la Kabbale, le Spiritisme, ont leurs organes spéciaux, souvent ennemis. L’Initiation étudie comparativement toutes les écoles sans appar tenir exclusivement à aucune.
L’1nitiation n’est pas exclusivement théosophique, mais elle compte parmi ses rédacteurs les plus instruits des théosophes français. L’Initiation n’est pas exclusi vement kabbaliste, mais elle publie les travaux des kabba1istes les plus estimés que nous possédions.
Il en est de même peur toutes les autres branches de la Science Occulte : la Franc—Maçonnerie, le Spiritisme, 1‘Hypnotisme, etc., etc. La Partie initiatique de la Revue résume et condense toutes ces données diverses en un enseignement progressif et méthodique.
La Partie philosophique et scientifique expose les Opinions de toutes les écoles sans distinction; enfin la Partie littéraire déve loppe ces idées dans la forme attrayante que savent leur donner le poète et le romancier. Plus de quarante rédacteurs, pour la plupart déjà connus, concourent à la rédaction de l’1nitiation.
Tous ces avantages unis à l’extrême bon marché de la Revue en font une des plus attrayantes et des plus originales de toutes les publications mensuelles. &.‘,_, , __ Æ_"’f‘fia
PRINCIPAUX RÉDACTEURS ET COLLABORATEURS DE [Initiation 10 PARTIE INITIATIQUE F. CH. BARLET (auteur de l’Initiation). M. S.T. -— STANISLAS DE (iUAITA (auteur de Au Seuil du Mystère) 53). —— GEORGE MONTIÈRE (rédacteur en chef de l’Initiatian e]e). — PAPUS (auteur du Traité élémentaire de Science Occulte). S l 20 PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE ALEPH (de la Revue du Mouvement, social). — Le F.'. BERTRAND VÉN.'.
RENÉ CAILLIÉ (directeur del’Etoile). G. DELANNE (rédacteur en chef du Spiritisme). -— ELY STAR (auteur des Mystères de I'Horoscope). — FABRE DES ESSARTS. —— FABIES DE CHAMPVILLE. — Dr FOVEAU DE GOURMELLES (licencié ès-sciences physiques, licen cié ès-sciences naturelles).— JULES GIRAUD (auteur du DmSelectm.— D“ GOYARD (ancien président dela Société Végétarienne). -——E.
GARY (auteur de la Théorie des Tempéraments. -— HENRI LASVIGNES (ex-se crétaire de la rédaction du Constitutionnel). — J. LEJAY (licencié en droit). -— EUGÈNE Nus (auteur de les Grands Mystères). — JOSÉPHIN PÉI.ADAN (auteur de la Décadence Latine). -— G. P0LTI (auteur de la Théorie des Tempe'rmnents). -— Le Magnétiseur RAYMOND. — Le Magnétiseur A. ROBERT. — ROUXEL (du Journal des Économistes). — HENRI WELSCH.
30 PARTIE LITTÉRAIRE MAURICE BEAUBOURG. —— E. GOIIDEAU.Ï— MANOEL DE GRANDFORD. -— VILLIERS DE L’ISLE-ADAM. — JULES LERMINA. — A. MATTHEY. — CATULLE MENDÈS. — ÉMILE MICHELET. — GEORGE MONTIÈRE. — CH. DE SIVRY. 40 POÉSIE ED. BAZIRE. — CH. DUBOURG. —— RODOLPHE DARZENS. — P. GIRALDON. — PAUL MARROT. -—— MARNES. — A. MORIN. — ROBERT DE LA VILLEHERVÉ. . ‘k
Le 9° Numéro de L’INITIATION L'abondance des matières nous oblige, à notre grand regret, à remettre au numéro suivant les articles de PAI’US, de FABRE DES Essnn'rs (le banquet de Platon et les doctrines d‘E‘nfantin) et du Dr FERRAN (les Initiations) ces deux derniers travaux passeront sûrement dans le n° 9.
Ce numéro contiendra aussi la suite des études philosophiques de \/V"**, un travail de JULES DE MARTHOLD, sur Barbqy d’Aure'yilly, un étude bibliographique de JosÉrnm PÉLADAN, etc., etc. ARTICLES REçUS A LA RÉDACTION. — Faits divers (nouvelle) par Ch.—M. TORQUET. — La Franc-Maçonnerie, par OS\\'ALD WIRTH. — L’Hypnotisme dans les Hôpitaux, par Rouxm..
En vente à la librairie CARRÉ, 58., rue Saint-André-des—Arts LES NOMBRES DE LOUIS CLAUDE DE SAINToMARTIN l l l l l l le Philosophe inconnu Édition autographie’e tirée à petit nombre d’exemplaires; de l’ouvrage mystique du célèbre théosophe. Prix exceptionnel del’exemplaire,franca . . . . . . . . . . 3fr. 50
PARTIE INITIATIQUE Eus jjléthacliue cle Eciemxe «Ensuite PROGRAMME ET PREMIERS PRINCIPES Une des plus grandes difficultés que rencontre le débutant en science occulte est de se rendre suffisam ment compte de l’objet même des études qu’il désire entreprendre.
Le domaine en est si vaste qu’il y a place pour toutes les incertitudes quand on n’en a pas pris encore une idée d’ensemble; le débutant limite aisé— ment l’occultisme à l’objet de ses désirs plus ou moins sages : philosophie, nécromancie, divination, etc., ou tout au moins s’il songe également aux diverses par ties de la science il en saisit difficilement la liaison, seule capable de lui fournir des notions justes et salu taires.
Dans le présent article on propose, comme remède à cette difficulté, une revue rapide de la science occulte; toutefois, dans ce coup d’œil d’ensemble, il ne faut voir rien de plus que le plan d’un simple étu diant qui le soumet sans prétention aucune à l’appré ciation de ses confrères. 4
98 L’INITIATION * -KJ» Ce d0nt il s’agit ici ce n’est plus de se rendre compte de la suite de l’lnitiation dans ses phases successives; nous sommes maintenant à la phase préliminaire, à. la préface de l’lnitiation; le Néophyte écoute l’énu mération des connaissances dont il aura à se rendre compte à mesure qu’il avancera dans l’énorme travail de développement physiologique intellectuel et moral qu’il entreprend.
On doit donc s’attendre ici à trouver une vaste encyclopédie de connaissances, mais il ne faut pas s’en effrayer d’abord parce qu’elle se compose de sciences de principes beaucoup plus condensées que les nôtres, ensuite parcequ’elle correspond à une série d’études très longues.
Il en est ici, du reste, comme dans la vie commune ; tout le monde n’est pas destiné à s’y faire Docteur, il n’est cependant personne qui n’ait le plus grand intérêt à pousser aussi loin que possible et à perfectionner sans cesse son instruction primaire ou secondaire.
Ce plan comprendra deux parties : d’abord le proe gramme de toutes les études que demande l’Initiation, avecindication des degrés qu’elles comportent, et en second lieu la méthode la plus convenable à ces études. * 44‘ La première idée que le débutant doit se faire de la science occulte c’est qu’elle n’est rien autre chose que le degré transcendant de nos sciences ordinaires,
COURS MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE comme l’Initiation en général n’est que le degré trans cendant de notre éducation.
L’occultisme est la syn thèse et la philosophie de nos sciences positives; sans doute il n’en confirmera pas toutes les hypothèses qui, du reste, sont en transformation continuelle, il pourra critiquer, corriger plus d’une théorie, mais sans dé truire aucune des sciences analytiques qu’il m’embrasse dans sa synthèse que pour leur ajouter une harmonie et une grandeur incomparables.
C’est sur les lois de la raison humaine, non à côté d’elle, c’est sur l’échafau dage admirable de nos sciences modernes, auquel tant de génies ont travaillé pendant la suite des Siècles, que Is’e’lève la science occulte, comme sur le piédestal seul digne de sa propre grandeur.
Le premier degré de notre programme sera donc la revue synthétique de nos sciences ordinaires; dans un second degré on en approfondira la métaphysique; le troisième (qui est l’lnitiation) les transportera dans la région suprasensible où elles reprendront par l’obser— vation et l’expérience directe leur caractère positif. .mais dans une sphère supérieure à la nôtre.
Ainsi : Premier degré: primaire; conclusions synthétiques, de nos sciences positives; éléments et principes géné raux d’occultisme. —-—Nous le désignerons sous le nom de Petits mystères. Second degré : science secondaire; développements purement intellectuels, mais transcendants, des prin— cipes précédents; on peut y allier déjà quelques essais de pratique occulte élémentaire. —- Nous l’appellerons les Grands mystères. Enfin l’Initiaz‘ion proprement dite, mise en pratique
! 00 L'INITIATION " ru...— complète de l’occultisme, développement de la science transcendante ; c’est la voie du Mage. Le programme ofiert ici n’a pas la prétention de s’élever au—dessus des études que nous nommons les Petits mystères,c’est-à-dire l’occultisme primaire : on essaiera seulement d’indiquer quelques-unes des études plus approfondies dont se composent les Grands mys tères.
Dans une société organisée normalement, ce pro— gramme, avec le développement moral qu’il comporte, serait celui de la classe intermédiaire, alors justement dirigeante et acceptée comme telle; au-dessous d’elle serait celle des hommes instruits tout au plus de la science positive et consacrés aux intérêts économiques, y compris la production; au-dessus, serait la classe sacerdotale distinguée par le degré transcendant de ses facultés aussi bien que de sa science et de ses vertus.
Telle a été l’Inde ancienne, telle a été l’Egypte des premiers temps, si révérée des Grecs, qui, eux-mêmes conservaient un reste de cette organisation alors dégé-. nérée, dans leurs fédérations républicaines. La disposition donnée à ce programme est celle qui convient à la majorité des esprits de notre temps.
On y débute en chaque chose par l’analyse pour s’élever ensuite, par induction, à la synthèse des éléments ainsi aperçus, puis redescendre, par déduction, de cette hau teur, jusque dans les détails de l’objet à étudier; on imite ainsi l’élève mécanicien qui, après avoir démonté sa machine pour en connaître les organes, s’exerce d’abord à la remonter, puis la fait entrer en fonction. Toutefois, ce procédé ne convient pas à tous les esprits;
COURS MÊTHODIQUB DE SCIENCE OCCULTE IOl tous n’ont pas non plus la même façon de démonter ou remonter la machine; nous verrons plus loin, en traitant de la méthode, comment le programme pro posé se prête à ces variétés de dispositions. De même que la science a été divisée dans sa pro— fondeur en divers degrés, de même elle doit se parta ger en surface, pour ainsi dire, d’après le plan qui vient d’être indiqué.
C’est ici que nous allons trouver les quatre ordres de connaissance établis dans le Traité de science occulte de Papus (page 79) : I° Dans le premier ordre, faisant la synthèse des sciences analytiques, on s’élève jusqu’aux premiers principes à travers d’autres principes secondaires et subordonnés.
La connaissance, dans leur hiérarchie comme dans leurs détails de ces principes Coopéra— teurs, Créateurs et Directeurs de l’univers constitue la Théogonie ou science de la Nature naturante. 2° On redescend, par induction, dans les ordres suivants. Le second traitera de l’Origine, de la Cons— titution, de la vie de l’Univers créé ; ce sera la Cos mogonie ou science de la Nature naturée.
3° Le troisième ordre a pour objet spécial la con naissance de l’H0mme, de sa place dans l’Univers, de sa constitution et de ses pouvoirs. Ce sera l’Andro— gonie ou science de la Nature humaine. 4° On sera alors en état de comprendre ce qui peut et doit être fait dans l’Occultisme pratique, couron nement, réalisation des études précédentes, formant ... _...—_..——-.
I 02 L’INITIATION le dernier ordre de connaissances. par lequel on achèvera d’épeler le nom divin IÈVÉ.
Ce dernier ordre ne comprend pas seulement l’Ini tiation proprement dite, c'est-à-dire le développement personnel de l’lnitié; il renferme aussi la connais— sance des devoirs que l'Initié doit accomplir envers ses semblables, devoirs qui constituent le but le plus élevé et le plus important de l'Initiation, car elle n’est valable pour l'Initié même que par un dévouement absolu au service de l’Humanité.
Ainsi, pour ce dernier ordre, notre programme élé mentaire doit comprendre, avec une description som maire de l’Initiation pratique, celle de la réalisation de la science occulte dans l’humanité, sous sa triple forme d’Histoire, de Sociologie et de Religion, cor respondant au passé, au présent et à l’avenir. Entrons maintenant dans quelques détails.
I" Ordre. —- Théogonie On débutera ici. comme il a été dit plus haut, par la revue synthétique de nos sciences positives; quel— ques mots peuvent suffire à esquisser ce premier cha pitre; il n’y a qu’à signaler les théories de l’attraction universelle, de l’unité des forces cosmiques, de la conservation de l’énergie et de l’évolution progressive à travers les alternatives de la vie et de la mort.
A celui qui, non content de ce degré primaire, voudra pénétrer les grands mystères, un travail bien plus approfondi sera nécessaire; il faudra qu’il passe de cette base positive à la légitimité et à toutes les
COURS METHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE 103 v «. -=., , ,:.—_-:A, .- :,x. -:<_ ,e.ÿ-J_:.nu-ud . n..- ,= discussions de la métaphysique, sur la Création, l’Absolu, la Réalité, l’Objectivité et la Subjectivité et tous autres sujets de ce genre qui ont immortalisé les plus grands philosophes de Platon à Hegel et ses , ‘ successeurs. _ Il ne devra pas omettre, d’ailleurs, d’entendre sur ces sujets toutes les écoles, car la science occulte doit admettre toutes les antithèses pour les corriger ou les harmoniser.
Par ce travail, l’étudiant arrivera aux principes premiers de la synthèse universelle, savoir: I" La dualité, qui fait qu’il n’est rien qui n’ait son contraire, d’où suit que tout s’y comporte par alter— natives de prédominance, par vibrations ; 2° La synthèse des termes opposés par un troisième unique et supérieur, d’où la Trinité; 3° Le progrès universel vers la synthèse complète ou l’unité, par l’Evolution, qui suppose l’lnvolution et représente l’Univers comme une expression pério— clique de l’Absolu. ‘ Précisons un peu en les développant ces éléments supérieurs.
Les premiers principes dont ils nous offrent de rechercher la solution sont les suivants: Comment la dualité contradictoire s’harmonise et se résout par l’Unité en constituant la Trinité. Que la dualité du monde’actuel n’est que le Deve« nir de l’Unité absolue, rompue à un certain moment et se cherchant à nouveau dans la synthèse de l’in finie multiplicité. Qu’ainsi s’expliquent la Création ou Involution, le
104 L’INITIATION progrès ou Evolution, et la réunion de la multiplicité rassemblée dans l’Unité ou Nirvana. Enfin, comment le passage de l’Unité à la Multi— plicité s’effectue par une Trinité de Trinités de plus en plus concrètes, et comment le retour de la Multipli cité à l'Unité s’accomplit par une trinité de synthèses de plus en plus étendues.
Nous pouvons donc résumer comme voici le sujet de nos études théogoniques, qui embrassent toute la métaphysique : En premier lieu, la Trinité suprême, définition de ses trois personnes (I’Inefiable, I’Etre et la Substance). — Idée de la Tetraktis qui est à la fois la résultante de la première Trinité, et le chef et générateur de la deuxième. — C’est le premier temps de la descente de l’Esprit dans la matière.
Dans le deuxième apparaissent : dans la substance, I’Espace, le Temps, la Forme; dans I’Etre, les E10 hims ou Créateurs (dans le Verbe, les Verbes). Dans le troisième temps de la descente, nous avons à reconnaître les Éléments, la Force, l’Homme et les Etres élémentaires. Le Cosmos matériel est le dernier degré, le produit ultime de ces condensations successives.
Ici se pré senteront les définitions de la Matière, de l’Esprit, de l’Idée et celle de l’Amour, qui doit produire la syn thèse, I’Evolution, le Retour à l’Unité. Quelques mots suffisent à caractériser le degré secondaire, ou des Grands Mystères, de ces études, L’intelligence devra s’y élancer jusqu’aux limites extrêmes de notre métaphysique (celui qu’Hegel a ,-..
COURS MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE 105 approché plus qu‘aucun autre de nos philosophes, et que Wronski. parmi les théosophes modernes, éclaire le mieux peut-être pour les profanes). Il S’agit, en effet, de concevoir aussi rigoureusement qu’il est possible de le faire en dehors de l’Initiation :le Nombre, le Temps, l’Éspace, l’Éssence, la Substance et toutes les catégories métaphysiques.
Le disciple des Grands Mystères y devra même joindre trois études fort importantes: celle des Nombres, celle du Verbe, qui l’amènera à cette origine tant discutée du Langage, que la Théosophie éclaire admirablement, et celle de la Morphologie; puis, soit comme préliminaires, soit plus tard comme développements et applications de ces études spéciales, il apprendra la symbologie, il approfondira l’embryologie, la philologie et l’har monie musicale qui touchent aux plus profonds mys tères de la Création.
2' Ordre. -— Cosmogonz’e. Après avoir parcouru les deux mondes métaphy siques, le transcendant et l’intelligible, nous allons ' pénétrer maintenant plus spécialement dans le monde 7 réalisé en étudiant le développement vital de notre Univers.
Nous aurons pour cela à nous rendre compte: « 1° De l’acte même de la création matérielle, der nière condensation de l’Unité multipliée — ou Cos mogénz’e; 2° Du résultat de cette création soit dans son état actuel, soit dans son devenir, ce qui constitue la :2 .;:.e . .‘.;4.‘«}—'> i’. ' r
106 L’INITIATION Cosmologie partagée en cosmologie descriptive et cosmologie dynamique ou biologie cosmologique. 3° Enfin de la classification hiérarchique des Êtres concrets qui peuplent notre Univers, ou Ontologie, qui sera encore soit descriptive (état actuel) soit dynamique (état progressif ou biologie ontolo gique).
Dans la cosmogénie nous aurons à voir principale ment cet Elément Universel (Azoth, Serpent du symbolisme, etc.), dont les métamorphoses successives marquent les degrés de passage de l’Essence à I'Être. ou de la descente de l’esprit qui se partage et s’empri sonne dans les subdivisions toujours plus denses de la substance.
Ensuite, à l'inverse, il faudra voir fonc ’tionner la loi d’Evolution, dire par quelle série de synthèses la matière se subtilise sous l’impulsion de l’Esprit qui la fait pour ainsi dire éclater. Ici le second degré (Grands mystères) ne diffèrent du premier que par une connaissance plus approfondie, plus précise surtout, permise par les définitions métaphysiques du premier ordre, (la philosophie de la Nature d’Hegel en peut donner une idée).
Après cette vue d’ensemble, la Cosmologie descrip— tive nous conduira par une analyse plus détaillée, de la nébuleuse à l’état radiant jusqu’au dernier satellite, à travers les centres intermédiaires des Soleils, en nous indiquant l’origine et la place hiérarchique de chaque monde. Celle biologique comprendra, notamment, le mou— vement de la vague de vie qui fait palpiter successi vement les mondes de chaque chaîne planétaire, de
COURS MÊTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE 107 chaque système solaire, et les grandes lois cycliques qui en résultent pour notre globe en particulier. L’Ontologie, enfin, nous dira la hiérarchie,des Êtres qui peuplent ces mondes; êtres infrahumains, humains et surhumains; elle nous décrira l’origine et l’avenir de chacun d’eux dans la vie cosmique.
Pour le degré supérieur il n’y a qu’à répéter ce qui a été dit tout à l’heure à propos de la cosmogénie en ajoutant qu’il auraà s’occuper spécialement des Cycles et de leurs divisions, de la distinction et de la succes-. sion des races humaines ainsi que de la connaissance des Êtres élémentaires ou angéliques; puis il étendra ses études, autant que possible, jusqu’aux derniers êtres de notre monde, par la zoologie, la botanique et la minéralogie occultes avec la grande loi des corres— pondances, clef de leur harmonie.
Tous ces sujets touchent aux mystères les plus cachés de la théosophie parce qu’ils sont à la fois les plus difficiles à com— prendre sans une métaphysique bien assise, et les plus féconds dans la pratique. 1 3‘ Ordre. — Sciences androgoniques. La division en est très simple.
L’origine, la créa— tion de l’homme sera d’abord étudiée et fera ressortir sa constitution physiologique, psychologique et spiri-. tuelle; constitution trinitaire qui se développe en sept éléments et même davantage, selon le point de vue. ' Faisant ensuite, comme pour les autres sujets, la synthèse de cette analyse, on aura à traiter de la vie
I 08 L’INITIATION et de la mort physiologiques, de la vie propre de l’âme (sensations, sentiments, volonté, intelligence) et de celle de l’Esprit. On touchera ainsi aux deux points essentiels qui ouvrent la porte de l’initiation pratique : le But de la vie humaine et les possibilités de l’Etre humain. Signalons pour le second degré la connaissance précise de l’état d’après la mort corporelle.
C’est aussi dans cet ordre que le disciple des grands mystères aura à traiter de l’intelligence humaine, du désir, de la volonté et, en général, de la psychologie dans toute son étendue, puis des créations de l’intelligence humaine, de l’Esthétique, de la Morale, de la Philoso phie. Il arrivera ainsi à cette partie humanitaire de l’application qui traite de la Sociologie et de la Religion. 4° Ordre. — Application.
Cet ordre comprend, comme nous l’avons dit, deux parties : le développement personnel du disciple, ou Initiation proprement dite, et les réalisations qui s’étendent à l’humanité tout entière. Laissons le programme de la première partie déjà esquissé dans un article antérieur de cette revue (n° I, l’article inti tulé Initiation) ; attachons-nous seulement aux appli cations universelles de la Théosophie.
Nous y avons constaté trois parties : l’histoire, la sociologie et la religion. Il est à peine besoin de remarquer quelle influence la science occulte peut exercer sur chacune de ces parties. Sans aborder l’histoire des religions, sans avoir même à méditer
COURS MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE 109 _ .|. _. ...—.—-... -.-——-—- —._ des ouvrages de science aussi profonde que ceux de Taylor, de Wronski, de Fabre d’Olivet, du marquis de Saint—Yves, il suffit de lire à la lumière d’unoccul tisme même élémentaire quelques pages d’auteurs aussi \sensualistes que Dupuis, Boulanger ou Volney pour se Convaincre de l’influence considérable que la Science occulte a exercée de tous temps, non seule— ment sur les idées et les caractères des peuples, mais même sur les destinées de l’humanité.
Le disciple qui aura maintenant une idée de la science elle-même ne pourra se dispenser de se rendre compte de cette application, couronnement sublime _ de l’Initi'ation; c’est par elle qu’on s’élève de la simple adoration à la coopération même avec le Divin dans la vie du Cosmos.
Continuant à observer le même ordre déductif, nous commencerons dans ce programme par la Religion, pratique publique et journalière de l’Occulte; par elle nous éclairerons l’Histoire et nous pourrons arriver enfin aux conclusions sociologiques.
Pour la Religion, nous aurons à nous demander ce qu’est le Culte qui se rattache directement à l’Occul tisme pratique, à la Magie; ce que peuvent, ce que doivent être le culte privé et le culte public, le Sacer— doce et son recrutement ; comment, aussi, peut se faire l’enseignement religieux ce qui comporte les degrés hiérarchiques d’initiation publique ou privée.
Il est clair, du reste, qu’en cette partie, l’étudiant ne peut recevoir que des notions car presque tout s’y rattache à la science la plus‘élevée. Pour l’histoire, on commencera par en analyser les
1 10 L’INITXATION éléments au point de vue théosophique et selon les trois sphères d'intérêt matériel, intellectuel et moral, savoir : ' 1° Au point de vue physique, ou distinguera les races par leurs caractères; on cherchera leur distribu— tion dans le temps, par la chronologie ou dans l’es— pace, par leur distribution géographique.
2° Au point de vue mental, on aura à connaître comment leur histoire intellectuelle et politique se rapporte aux principes théosophiques et s’explique par eux. , 3“ Il restera à faire l’histoire des principes mêmes des races et des peuples, c’est-à-dire des religions qui se sont succédé sur le globe, en expliquant leurs ori— gines comme leurs décadenèes : cette histoire se parta— gera entre celle des cultes, des symboles et des tradi tions et se rattachera à celle des races et des institu tions.
' A cette analyse succédera une synthèse générale propre à éclairer par la Théosophie la marche pro gressive de l’humanité à travers les cycles et sous— cycles qui les partagent; sujet grandiose esquissé par l’abbé Tritheme à ce point de vue astrologique, mais avec beaucoup de mystère, et traité admirablement par Wronsky encore, à un point de vue plus méta physique.
Quant à la sociologie, on l’éclairera d’abord par l’histoire en montrant de quelles fautes et de quelles lois les péripéties humaines sont les conséquences. (Voir pour exemple, la France Vraie, du marquis de Saint—Yves.) Puis avant d’arriver aux théories générales
COURS MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE III on analysera au point de vue théosophique les éléments sociaux de la famille, de la province, de l’Etat, du Peuple; on dira à quelles forces cosmiques ils répon-' dent.
On étudiera au même point de vue les intérêts so— ciaux, matériels, intellectuels et moraux, en établissant leur hiérarchie et leurs limites et on les rapprochera, dans ce but, de la constitution humaine et de la vie de l’humanité entière que l’on aura appris à connaître par la science occulte et par l’histoire.
On fixera, enfin, la raison d’être, la valeur théosophique des diverses formes du groupement social : Despotisme. —— Unité par la mort des individua— lités. Anarchie. -— Mort sociale par la multiplicité des individualités. , Ou Synarchie. —-— Liberté harmonieuse des indivi dualités hiérarchisées par la science.
' C’est après cette étude qu’il sera permis, en arri vant aux questions les plus actuelles, de conclure quelle est la forme normale de la société humaine, de juger de son état présent, de décider quel hygiène ou qùels remèdes elle réclame pour l’accomplissement normal des destinées terrestres, et aussi quels actes sociaux peuvent et doivent accomplir ceux qui deman dent à la science Occulte la connaissance et la réali sation de la Vérité. Rassemblons ce programme sous un seul coup .d’œil :
I 12 L’INITIATION a , GRANDS PETITS MYSTÉRIÊS ' MYSTÈRES Revu; synthéti-ç , d que csscienccs Unité e loi et . . positives (pasde force dans R,Ï‘IA|}S%IËet!Iq sage de l'anala dualité. — _°î 'S‘b. 'ÎËË.’ l{se à la synÉvolution. L’ e " le” - t èse.) ’” ordre Les remicrs Trinité et Te- . . THÉOGONIE prihcipes. trams. j Metsphymqœ. (Nature naturante) La Création (ma ’La Force et [en Eléments.Créa— teurs et Créa— tures.
Esprit et Matière/Amour et Synthèse. te’rialrsation de l'Esprit. spiri tualrsanon de la matière). Le Verbe, les Nombres,laMon phologie. Philo« ogie, symbolo gie . harmonie musicale. Géné ration. 2! Ordre COSMOGONIE( (Nature noture’e) CosxocÉme et se condense. L'Éle’mcnt Universel. Comment il s'anime Comment il revient à l'Unité. Descriptive Vie d‘un Univers. Vie d'une Nébu leuse.
Vie d'un s stème solaire ( haines planétaires, Va gue de vie.) Les Cycles. Infrahu-Ê \ tque Cosnococn: ' ,/_\/ Biolog Minéraux Végétaux Animaux mains et leursélé mentaux Humains. Snprahumains (ou \ angéliques). Q) = Chûtes et Rédemp E‘ rions successives. ÿgRelations entre les ‘5’ êtres de divers or Cfl escri ptive Les Cycles. Zoologie, bo tanique , miné ralogie occultes. Carres on< dances. El men— taires. Les Races. Magie et Sor cellerie .
3‘ Ordre A N D no G o NI E( (Nature humaine) ——.*_-— Consututwn humaine actuelle. dI‘CS. Origine et Création de l'homme. Du Corps.L’Intelli gence. Les Races dis parues. L'Etat d'après la mort. - La Raison. La Volonté et la M0 raie. De l’âme (psycho— logie) . BIOLOGIE Intelligence et passion. Volon té. Liberté. Es thétique. Morale et philosophie au p o i n t d e V u e théosophique. ._..-ld
COURS METHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE 113 A. L, . vwyr1> w l r v — L .. f, —w.....,__fl _- .-_,. , ,,....._Ïr?wyq.. (.j.,u.__7 fv,v. ,_.T —.,,, INDIVIDUELLE INITIATION PROPREMENT DITE: privé. cm”? 3 public. _ _ Innse1 nement'reli 1_eux. Sacer oce (hierarc ne). Races et dans le temps. peuples dans l'espace. Histoire in_te_llectuelle et po 1 ne. Histoire 3 Cu tes etreligions RELIGION Ê Iqué HISTOIRE Anal)! des Symboles. 0 d principes. Traditions.
4° r re , Marche de l‘huma RÉALISATION Synthétique nité à travers les races et les cycles Famille , province , peuple. Intérêts matériels, in tellectuels et moraux des collectivités. SOCIOLOGIE Formes % Despotisme. SOCIALE Elén_tcnts sociaux des Anarchie. groupements Synarchie. F.tat présent des divers peuples. l Réformes re uises.
' Rôle social e l'0ccultiste. * 44 Le choix de la Méthode est ici plus important peut— être encore que l’établissement du programme. Exa minons cette question au double point de vue du ca« ractère intellectuel de l’étudiant, et de la sûreté de l’étude en elle-même.
Beaucoup de tempéraments particulièrement intuitifs n’auront pas besoin de s’appuyer sur nos sciences analytiques ou se refuseront même à le faire; il leur suffira de débuter par les premiers principes qu’ils sont prêts déjà à accepter. Pour d’autres, en très grand nombre encore, la synthèse générale présentée au début et surtout l’éta« blissement des premiers principes par cette voie sera
I 14 L’INITIATION particulièremènt pénible faute d’une habitude suffi sante des idées abstraites. Parmi eux, les uns préfè reront qu’on leur expose d’une façon même dogma— tique, à priori, la vie de l’Univers; les autres s’attacheront de préférence à la constitution et aux possibilités de l’homme.
Pour les premiers, l’ordre du programme proposé devra être modifié comme suit : 1° Aperçus préliminaires de la cosmologie (l’étude secondaire en est encore impossible). 2° Par induction, la Création, puis les premiers principes, et de là on redescendra tout le programme.
Pour les intelligences du second genre, l’ordre sera: 1° L’androgonie au degré primaire; 2° Par induction, la cosmologie (qui pourra même être indiquée très légèrement); 3° Et de là, par induction encore, la Création et les premiers principes. Dès lors on pourra reprendre tout le programme.
Ainsi, quel que soit le caractère intellectuel de l’é— tudiant, il doit réussir à atteindre d’abord ce que nous pouvons appeler le degré métaphysique ; de là il suivra l’ordre normal de la démonstration déductive, ordre que l’lnitiation, au contraire, repren— dra en sens inverse parce qu’elle est Science posi— tive.
Quant à la voie pour atteindre ce degré métaphy— sique elle est triple: il y a celle philosophique indi— quée dans le programme proposé ci—dessus, qui passe directement des sciences ordinaires à la métaphysique;
COURS METHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE 115 il y a celle cosmique ou naturaliste, et celle physio« logique. Enfin, certaines classes d’intelligences arriveront encore à la Théosophie par sa réalisation religieuse (comme l’abbé Roca nous en donne l’exemple); sociale (comme Fourier l’a fait d’instinct), ou même pratique (ainsi par exemple que procèdent la plupart des spirites et des magnétiseurs).
Ils ont alors à passer par l’interprétation théosophique de ces réalisations avant de choisir l’une des trois méthodes précé dentes.
Le programme proposé peut ainsi servir, par les modifications à faire à son premier chapitre seul, à, mesurer pour ainsi dire la distance d’un étudiant à la science, comme aussi à juger de l’utilité que peut. avoir pour lui un ouvrage théosophique donné. * ’l-*l Quant à la méthode d’étude ou d’enseignement en elle-même, elle offre, comme pour tout autre ordre de science, deux genres: celui dogmatique et celui critique.
L’obligation de choisir entre les deux s’impose à. nous à défaut d’enseignement régulier. Il est clair qu’au temps où la Science Divine avait ses maîtres hiérarchisés, ainsi qu’il en était autrefois en Inde, en Egypte, dans le collège des Druides, l’enseignement des petits et des grands mystères devait être dogma— tique comme le sont aujourd’hui les enseignements primaire et secondaire de nos sciences. Le disciple, en effet, connaît alors les Maîtres du degré supérieur
‘l 16 L’INITIATION de qui la science émane; il peut les apprécier, leur accorder toute sa confiance. Toute autre est la position actuelle de la Théoso phie.
Par des circonstances que l’on trouvera magis— tralement exposées, notamment dans la Mission des Juifs, elle a dû, depuis des siècles, se renfermer dans le Mystère; ses Maîtres restent inconnus longtemps, même au Néophyte affilié à quelqu’une des nom breuses associations secrètes par lesquelles ils se mani festent.
Aujourd’hui, cependant, le monde fatigué, découragé de ses doutes et de ses négations, semble entendre de tous côtés l’appel qu’elle n’a cessé de lui _ieter du fond des cryptes où elle avait dû se réfugier.
Elle paraît se réveiller dans une foule d’âmes avides de vérité, mais pour qu’elle revienne à une vie saine et véritable, il faut de la part de ses nouveaux dis— ciples un effort tout spécial analogue à celui par lequel les savants du XVI' siècle ont fait ressortir la Science des ténèbres du Moyen âge.
Il faut que, par nous-mêmes, nous retrouvions la science véritable et les Maîtres supérieurs, à travers toutes les usurpa tions, toutes les excroissances plus ou moins malsaines engendrées par une obscuration séculaire.
Nous ne pouvons donc accepter en pleine confiance et sans critique aucune des théories, aucun des Maîtres v qui s’offrent à nos aspirations de Néophytes, même sous le couvert de quelques qualités ou de quelques pouvoirs transcendants : et nous ne pouvons les juger qu’en les écoutant tous également avec une impar tialité égale à notre ardeur. Le programme précédent et l’exposé de l’Initiation
COURS METHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE 117 peuvent, en effet, nous rendre compte de ce qui s’est passé depuis l’occultation de la science. Les questions supérieures, celles qui traitent des premiers principes, ne reçoivent de solution complète et sûre que par l’Initiation des plus hauts Grades: elles ne sont bien connues que des Adeptes qui ont poussé le développe ment humain àses limites extrêmes.
Mais ils ne com muniquent leur savoir que par l’Initiation: au-dessous de leur degré il n’y a donc sur ces questions que vé rités partielles, approximations successives; erreurs, par conséquent, en proportion inverse.
Quand la science était ouverte et publiquement hiérarchisée, ces erreurs sur les principes mêmes n’étaient que temporaires ; mais à mesure que la science a dû se voiler, ces mêmes erreurs ont fait école, au moins faute de trouver toujours où se rectifier, et chacune des écoles ainsi formées se croit de bonne foi en possession de la vérité complète, alors qu’elle n’en atteint qu’une approximation plus ou moins éloignée.
Chacune a ses Maîtres en possession de pouvoirs et de connaissances supérieures à celles de l’homme or dinaire, mais elles n’en sont pas moins entachées d’erreurs qui doivent les faire craindre: ces erreurs sont, en effet, comme un ferment qui, selon la loi na— turelle, en se développant, détruira la masse qui le renferme avec une rapidité proportionnée à sa force. ‘ La science occulte, en son état actuel, sle peut com parer à quelqu’une de ces magnifiques graminées tro picales dont la fleur s’élève majestueusement sur une hampe unique au milieu d’une touffe luxuriante de feuilles. Celles-ci consacrées à la nourriture, au sou
1 18 L’INITIATION tien de la vie temporaire de la plante sont destinées à périr à la fin de la saison, après une vie restée stérile; seule féconde, la hampe florale se perpétuera et se multipliera par la graine que nourrit et qu’embellit sa fleur.
Elle est l’image de l’Esotérisme unique et su prême, tandis que les feuilles figurent les nombreuses écoles nées de mêmes racines mais condamnées à l’oubli; le disciple est comme l‘atome de sève, qui, du sol, s’élèvera dans la plante pour aller se spiritua—-. liser dans l’espace.
S’engage-t-il aveuglément, sans choix, dans quelqu’une des feuilles, il périra avec elles à la fin de leur rôle ; c’est dans la fleur seule qu’il trou— vera la beauté, le parfum, l’essence féconde et la pep. pétuité du fruit.
Nous ne pouvons donc nous donner trop de peine pour choisir notre voie, ménager trop notre liberté, afin de revenir même autant de fois qu’il sera néces— saire sur nos pas mal dirigés; le plus grand risque que nous pourrons courir ainsi est de nous attarder dans le sol où d’autres floraisons pourront toujours nous reprendre, et qu’est ce risque auprès du danger auquel nous exposerait une erreur venue d’en haut, reçue avec tout le respect, toute la déférence due à la Vérité. , Nous avons aussi dans ces considérations un puisp saut motif pour ne pas craindre de nous attarder comme elles le méritent aux études préliminaires que comporte ce programme.
Les obstacles intellectuels et moraux même, accumulés par les préjugés de notre éducation commune, sont bien suffisants pour arrêter longtemps les efforts de l’étudiant, et ce sera bien 5011—, .. - _..,i,..,J
COURS MÉTHODIQUE DE SCIENCE OCCULTE 119 _IIJ\.. vent pour lui un progrès énorme que de savoir recon naître qu’il n’est pas mûr pour l‘effort surh'umain de l’lnitiation pratique. Que de joies saines et viriles l’attendent, du reste, à chaque succès de cette lutte préliminaire!
Quels horizons sublimes s’ouvriront toujours plus vastes à son esprit charmé, suppléant de plus en plus à la cer titude que l’lnitiation complète peut seule donner., par une conviction, une admiration croissante, à me— sure que les harmonies théosophiques se dérouleront devant lui. Qu’il marche donc sans crainte sur la trace de tous les génies qui l’ont précédé dans cette voie divine.
Ils lui garantissent que, même pour les plus faibles7 il n’y a pas au monde d’entreprise plus grande, plus digne de l’âme humaine, plus conforme à la noblesse de ses destinées que ces efforts pour l’ascension de la Montagne de Lumière. F. CH. BARLET.
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE PRINCIPES EGSMÛ*PSYCHIQIIES ou IIIAENETISME SOMMAIRE : Aux lecteurs; I. Introduction; 2. Définition de la magie et du magné tisme; 3. Coup d'œil historique; 4. Le magnétisme n'est pas toute la magie; 5. Le magnétisme au moyen—âge: 6. Hypothèse du fluide magnétique; 7. Preuves expérimentales de son existence. AUX LECTEURS Ce n’est point ici, chers lecteurs, une composition littéraire, mais une étude scientifique.
Vous n’y trou verez donc pas l’élégance et la magnificence du style, mais, autant qu’il me sera possible, la clarté et la concision. Avant d’entrer en matière je dois vous prier de m’excuser pour le grand nombre de citations que je ferai, et qui rendront peut-être plus fatigante la lec-r ture de ce travail.
Ce n’est point pour faire parade d’érudition, — le génie du bœuf, —- que je cite beaucoup de textes; c’est, d’abord, une question de probité scientifique,
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME I2I trop rare de nos jours, de rendre à chacun le tribut d’hommages qui lui est dû. Il importe ensuite de montrer que, dans cette question si discutée du magnétisme, ce sont les hommes les plus savants, les plus progressistes, les plus ennemis de la superstition et du charlatanisme, qui ont plaidé en sa faveur.
Enfin, depuis plus d’un siècle, les magnétiseurs sont insultés, bafoués par de prétendus savants qui n’ont de docte que le nom.
Il est donc bon de montrer au public, avec preuvesà l’appui, que les hypnotiseurs n’ont rien découvert d’essentiel, et qu’il leur reste beaucoup à apprendre pour égaler en science, aussi bien qu’en moralité, ceux qu’ils traitent d’ignorants et d’exploiteurs de la crédulité publique. »4& I‘. — L’homme possède deux instruments par le moyen desquels il acquiert les diverses connaissances dont la nature le rend capable.
L’un de ces instruments se compose des organes des sens, qui le mettent en rapport avec le monde extérieur, le monde matériel, sensible, le monde des effets. L’autre iñstrument est le sens intérieur, qui relie l’homme au monde spirituel, au monde occulte, au monde des causes. On peut comparer ces deux sens aux deux pôles de l’aimant, ou mieux aux deux parties essentielles d’une plante : les racines et la tige.
1 2 2 L’INITIATION Les sens extérieurs plongent dans le monde matéw riel, comme les racines des végétaux dans la terre. Le sens intérieur s’épanouit dans le monde spin rituel, comme les branches, les feuilles, les fleurs, les fruits d’un arbre dans l’air et dans la lumière.
De même que la partie souterraine et la partie aérienne d’un arbre ne forment qu’un tout, liées qu’elles sont l’une à l’autre par le tronc, le collet; de même les sens extérieurs et le sens intérieur ne for ment qu’un tout qui est l’intelligence.
De même aussi que la plante puise, partie dans la terre, partie dans l’air, les éléments nécessaires à son développement et à son entretien; pareillement l’homme tire les éléments de ses connaissances, partie du monde matériel, partie du monde spirituel.
Nous devons même ajouter que l’intelligence humaine puise incomparablement plus de connais sances dans le monde spirituel que dans le monde matériel, de la même manière que les plantes tirent beaucoup plus de nourriture de l’air que de la terre Il est aussi impossible à l’homme d’apprendre que], que chose sans se servir à la fois de ses deux moyens de connaître, qu’a une graine de germer dans un air sec, privé d’eau et de sels, ou dans du sable pur, dépourvu d’humidité, d’air, de lumière.
Néanmoins, il y a des sciences qui puisent plus ou moins de leurs matériaux dans l’un ou l’autre des deux mondes, spirituel et matériel; de même, pour continuer notre comparaison, qu’il y a des plantes qui exigent plus ou moins d’eau, de terre, ou d’air ou de lumière pour prospérer; et qu’il y a des végétaux
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME ‘I23 qui ont peu de racine et beaucoup de tige, tandis que d’autres n’ont que peu de tige et poussent de pro— fondes racines.
On peut donc diviser les sciences en deux grandes classes: 1° les sciences physiques, qui puisent leurs éléments dans le monde matériel plus que dans le mpnde spirituel; 2° les sciences métaphysiques qui, inversement, dirigent plus leurs spéculations sur le monde spirituel que sur le matériel. 4 Mais c’est en vain que la physique voudrait se passer de la métaphysique, et réciproquement.
Celui qui voudrait faire de la physique sans méta— physique ou de la métaphysique sans physique trar vaillerait en vain. Il ne suffit pas d’amonceler des pierres et du sable pour construire un monument, il faut qu’un architecte préside à l’emploi et à la dispo— si tion de ces matériaux. p Nisi Domz‘nus ædificaverz‘t domum : in vanum Iaboraveruntquz’ ædificant eam.
La physique sans métaphysique ou la métaphy sique sans physique ne seraient que des demi—sciences. qui ressembleraient à une tige sans racine ou à- une racine sans tige. Il nous a paru nécessaire de poser ces principes préliminaires pour indiquer de quelle manière nous nous proposons de traiter la question du magné— tisme. Il. —— Tous les corps de l’univers peuvent agir les uns sur les autres.
Nous ne les connaissons que par leurs actions et leurs réactions entre eux et sur nous-mêmes. Toutes nos connaissances sont des
1 24 L’lNlTIATION mouvements, des effets du mouvement, et, ensuite, des causes d’autres mouvements. Lorsque la cause de ces mouvements agit par con tact immédiat, ces mouvements et leurs lois sont du domaine des sciences physiques. Lorsque la cause des mouvements échappe à nos sens ou qu’elle agit à distance, la science qui expose les lois des mouvements de cet ordre se nomme Magie.
« Toute science occulte ou qui s’élève au-dessus de celle que nous acquérons par l’observation et le calcul, est magie; toute puissance qui n’appartient pas à une action mécanique est une puissance ma gique, et la nature est la grande magicienne. » (VAN HELMONT.) Le magnétisme est une partie seulement, mais une partie importante de la magie.
« On donne le nom de magnétisme, dit l’auteur que nous venons de citer, à l’influence que les corps exercent à distance les uns sur les autres, soit par attraction, soit par impulsion. » Et il ajoute : « Le magnétisme agit partout; il n’a rien de nouveau que le nom; il n’est un paradoxe que pour ceux qui se moquent de tout, et qui attri— buent au pouvoir de Satan ce qu’ils ne peuvent expliquer ».
Le docteur Charpignon‘ (Journal de Magnétisme de 1858,p. 207), définit le magnétisme : « la loi d’in fluence des êtres de la création les uns sur les autres, à quelque règne, à quelque type, à quelque degré
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME [25? qu’ils occupent dans l’océan de la vie et de laæ pensée ». Et à la p. 24.! de la dite publication, le même auteur répète : « Le magnétisme est l’ensemble des lois qui régissent les influences réciproques des êtres de la création! magnétisme sidéral, minéral (I), animal, humain et spirituel ». Cette définition est beaucoup trop étendue, et con viendrait mieux à la magie qu’au magnétisme.
Il est plus convenable de s’en tenir à la définition de Du Potet, qui donne le nom de magnétisme à l’influence occulte que les êtres organisés exercent à. distance les uns sur les autres. Ne voulant même guère considérer ici le magné— tisme que dans ses.rapports avec l’homme, nous restreindrons la définition ainsi qu’il suit : Le magnétisme est l’influence que les hommes exercent à distance les uns sur les autres.
Jusqu’à ce jour on a donné, le nom de magnétiseur à toutindividu qui s’occupe de magnétisme à quelque titre que ce soit. Il y là une confusion qu’il serait désirable de faire cesser. Le magnétiseur est celui qui fait métier du magné— tisme, comme le doreur fait métier de dorer et le chanteur de chanter.
Celui qui fait du magnétisme une étude libérale, c’est—à-dire celui qui étudie cette science théorique« 'ment et pratiquement sans en faire sa profession, sans en tirer un profit pécuniaire, devrait être appelé (1) L’auteur omet, à tort, le magnétisme végétal.
126 L’lNITIATION magnéticien, de même que celui qui s’occupe de mathématiques est appelé mathématicien et non mathématiqueur. Nous souhaitons, sans trop l‘espérer, que cette dis tinction entre dans l’usage; en tout cas, on nous comprendra lorsque nous emploierons le mot magné— tz'cz’en.
L’homme étant un être composé: x° d’un corps et par suite, sujet àdes impressions physiques; 2°d’une âme, siège des sentiments; et 3° d’un esprit ou d’une intelligence, réceptacle de ses connaissances; l’action de l’homme sur nos semblables peut produire trois sortes d’effets : 1° physiologiques; 2° moraux; v3° psychiques.
Cette division n’a rien d’absolu : la transition est insensible entre ces trois ordres de phénomènes; mais il est utile de l’établir pour la clarté de l’exposi— tion des principes et pour la facilité de leur compré— hension. Les effets physiologiques du magnétisme humain se traduisent par une augmentation ou une diminu— tion de la santé et des forces physiques.
De l’influence morale peuvent résulter l’améliora tion ou la détérioration des sentiments. Enfin, l’influence psychique peut déterminer une exaltation ou une dépression des facultés intellec tuelles, tant intérieures qu’extérieures. Nous aurons donc à considérer les phénomènes magnétiques à ces divers points de vue. Mais avant d’entrer en matière, et pour qu’on ne puisse pas nous accuser de discuter sur la dent d’or,
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNETISME 127. de parler dans le vide, il convient de jeter un coup' d’oeil en arrière, afin de voir si le magnétisme, tel que nous l’avons défini, existe réellement, sur quelles autorités et sur quel ordre de preuves son existence est établie. \ ' ’ III. — A quelque point de vue qu’on l’envisage, le magnétisme a été connu et pratiqué dès la plus haute. antiquité, et l’on peut dire de lui, comme de la plu part de nos connaissances, que son origine se perd dans la nuit des temps.
Nous voyons, en effet, dans la Bible, que les pro phètes juifs étaient des voyants, comme les deverkels de l’Inde, c’est»à-dire des hommes doués de la. faculté de se mettre en somnambulisme lucide. Certains d’entre eux jouissaient en outre du don de guérir par le moyen du magnétisme. C’est ainsi qu’Élie et Elisée ont ramené à la vie des malades réduits à la dernière extrémité.
La défense plusieurs fois réitérée dans le livre de Moïse de consulter les devins et les sorcières prouve que les voyantes n’étaient pas plus rares que les voyants, et que leurs services étaient appréciés du public. On voit sur le zodiaque de Denderah, deux per sonnages face à face et dans l’attitude qui est encore en usage aujourd’hui pour magnétiser.
« Les prêtres égyptiens, dit Diodore de Sicile, prétendent que du sein de son immortalité Isis se plaît à manifester aux hommes, pendant le sommeil, des moyens de guérison; elle indique à ceux qui souffrent les remèdes propres à leurs maux; l’obser—
128 L’INITIATION 'r Vation fidèle de ses avis a sauvé, d’une manière sur— prenante, des malades abandonnés des médecins. » Prosper Alpin, dans son traité de la Médecine des Égyptiens, dit aussi que « les frictions médicales et les frictions mystéreuses étaient les remèdes secrets dont les prêtres se servaient pour les maladies incu— Tables.
Après de nombreuses cérémonies, les malades enveloppés de peaux de bélier, étaient portés dans le sanctuaire du temple où le Dieu leur apparaissait en songe et leur révélait les remèdes qui devaient les guérir.
Lorsque les malades ne recevaient pas les communications divines, des prêtres, appelés onéiro pales, s’endormaient pour eux, et le Dieu ne leur refu sait pas le bienfait demandé. » Hypocrate n’ignorait évidemment point les effets psychiques du magnétisme lorsqu’il disait: « Les affections qu’éprouve le corps. l’âme les voit très bien les yeux fermés ».
Si l’on en croit Celse, Asclépiade guérissait les fré nétiques en les plongeant dans le sommeil par le moyen des frictions. Plutarque et Pline nous apprennent que Pyrrhus guérissait les maladies de la rate en pressant douce ment le flanc gauche du malade avec son pied droit. Plotin s’abstenait aussi de l’emploi des remèdes dans le traitement des maladies et dit dans ses Ennéades, (1.
IV), que son secret consiste dans l’application qu’il faisait à la médecine d’un système de sympathie et d’antipathie, naissant d’une force unique qu’il nomme force magique de la nature.
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNETISME I29 Tacite, qu’on n’açcusera pas de crédulité, rapporte que Vespasien, étant à Alexandrie, deux hommes, l’un aveugle, l’autre perdus d’une main, supplièrent cet empereur de les toucher pour les guérir, et que la guérison eut lieu en présence d’un grand nombre de témoins.
Lorsque ces deux hommes prièrent Vespa riers de les toucher, il s’y refusa d’abord; mais ensuite il consulta les médecins pour savoir d’eux si de telles infirmités étaient de nature à pouvoir être guéries.
Les médecins dirent que l’organe de la vision n’était pas détruit dans l’un, et que le mouvement pouvait être rendu à la main de l’autre, si l’on employait une force salutaire. (DELEUZE, Hz’st. du magnét., II, 322.) Nous rapportons ce fait avec un peu de détails, parce qu’il prouve que les médecins de ce temps—là croyaient à l’efficacité curative du magnétisme. Les premiers chrétiens ne doutaient pas plus des vertus magnétiques que les payens.
Saint Jérôme disait que les sibylles avaient reçu de Dieu le don de prophétie en récompense de leur virginité. « Quant à cette faculté de prédire l’avenir et de guérir, dit Athénagore, elle est étrangère aux démons, et elle est propre à l’âme. L’âme, en sa qualité d’im mortelle peut, par elle-même et par sa propre vertu, percer dans l’avenir et guérir les infirmités et les mala dies.
Pourquoi donc en attribuer la gloire aux démons ? » Ce passage prouve que les chrétiens, qui guérissaient aussi les malades par leurs prières aidées du magné_ tisme, commençaient à soutenir que c’est par l’inter 5
130 L’INITIATION médiaire des démons. des mauvais esprits, que les payens obtenaient leurs guérisons. On sent que le but de cette insinuation était d’attirer l’eau à leur moulin et de se réserver le monopole des cures magnétiques. Ils y parvinrent peu à peu, mais non sans peine, et, doublés des universitaires. des médecins et des légistes, les chrétiens furent et sont encore les ennemis jurés des magiciens.
C’est pourquoi, depuis le moyen âge, on ne voit plus que les savants indépendants, adversaires des privilèges cléricaux et universitaires, soutenir la cause du magnétisme. IV. — Nous avons dit que le magnétisme était une partie de la magie et n’en était qu’une partie.
Il ne sera peut-être pas hors de propos de prouver cette assertion, car il y a encore des gens qui ne croient pas à la magie, et d’autres qui prétendent que cette science se bornait au magnétisme.
Que le magnétisme fut une branche de la magie, c’est ce qui ressort d’un grand nombre de faits entre autres de celui—ci : que Celse reproche à Jésus-Christ d’avoir opéré ses miracles, qui sont la plupart des guérisons et des résurfections, au moyen de procédés magiques empruntés aux prêtres égyptiens.
Nous n’avons pas à examiner si les miracles de Jésus-Christ relèvent de la magie ou d’une autre source, mais nous voyons que les prêtres égyptiens guérissaient par des procédés analogues à ceux qu’em— ployait J ésus—Christ: imposition des mains,suggestîon, etc., et que ces procédés étaient du ressort de la magie.
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 131 Pour prouver à certains magnéticiens qu’ils sont dans l’erreur lorsqu’ils soutiennent que la magie n’était rien de plus que le magnétisme, il suffit de rappeler que la magie opérait bien d’autres merveilles que des guérisons sans médicaments et des divinations som nambuliques.
Les Amalécites eurent recours à la magie pour se défendre contre les Hébreux à leur sortie d’Egypte. \ Balaam, assiégé par les Ethiopiens, en fit autant. Arnobe nous apprend que dans les combats entre ,Ninus et Zoroastre on fit usage de part et d’autre des secrets magiques, ces secrets n’avaient évidemment pas pour but de guérir les hommes, mais de les tuer.
On sait que les magiciens troublaient le cours des éléments, qu’ils enchaînaient et déchaînaient les vents et les tempêtes, qu’ils faisaient tomber la pluie, la grêle, le. tonnerre ou qu’ils les détournaient; qu’ils détmisaient les récoltes, tarit sur pied que dans les greniers; qu’ils faisaient passer les fruits de la terre d’un champ ou d’un grenier dans un autre; qu’ils rendaient les mariages stériles et faisaient avorter les femmes et les femelles des animaux, etc., etc. Tout cela est prouvé par les nombreuses lois pro mulguées en tous les temps et dans tous les pays contre les auteurs de ces méfaits.
V. — On trouve dans les ouvrages spéciaux une foule d’autres preuves de ce fait que le magnétisme a été d’un usage courant dans toute l’antiquité; mais celles que nous avons citées suffiront pour persuader les lecteurs de bonne foi, qui peuvent d’ailleurs remon
I 3 2 L’INITIATION ter aux sources; quant aux autres, nous n'avons pas la prétention de les convaincre malgré eux.
' Les gens qui ne connaissent de sciences que celles que leurs curés et leurs professeurs leur coulent dans l’oreille « comme de l’eau dans un entonnoir », dit malicieusement Montaigne, ces braves gens s’ima ginent que tout ce que les anciens ont dit du magné tisme n’est que rêverie, duperie d’une part et charlatanerie de l’autre, ou du moins que, si l’anti quité a connu le magnétisme, il yalongtemps que cette science est perdue.
Il est de fait que, pour la religion et pour la science officielles, le magnétisme est bien mort. Supposé qu’il ait jamais vécu.
Il en a été de lui comme de la divi— nation : par la négligence, la malveillance et l’igno— rance des églises, des universités et des académies, il a été rejeté hors des programmes d’enseignement, et cela se comprend : sa connaissance ne conduit pas aux bénéfices ecclésiastiques, aux charges de judica ture, aux emplois publics, aux honneurs et aux profits dont le gouvernement est le dispensateur.
Or, ce sont là les seules fins que se propose l’enseignement uni versitaire soi-disant libéral. Mais, de ce que le magnétisme est lettre morte pour la science vénale, il ne faut pas conclure que la tradi tion n’en ait pas été conservée par les savants indé— pendants et entretenue parmi le peuple.
On sait que la plupart des rois de France ont pos sédé, comme Vespasien, Adrien et d’autres, la faculté de guérir les malades par l’attouchement; que jusqu’à. ces derniers temps la France, villes et campagnes.
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTXSME 133 a été remplie de sorciers et de sorcières, de rebouteurs, de toucheurs, de sourciers, en un mot de maiges (mages) comme les appelle avec dédain Tissot dans son avis au peuple.
On s’imagine volontiers que les pratiques de ces maiges étaient purement empiriques, lorsqu’elles n’étaient pas simplement charlatanesques; mais il suffit de parcourir les ouvrages populaires, pour se convaincre que le magnétisme a toujours été basé sur une théorie très rationnelle. Au risque d’être taxé de pédantisme, nous allons citer quelques passages de divers auteurs qui ne lais seront rien à désirer à cet égard.
Pierre Pomponace (xv' siècle), dans son traité de la puissance occulte des enchantements, regarde comme une chose généralement reconnue qu’il y a des hommes doués de la faculté de guérir certaines maladies par une émanation que la force de leur imagination dirige sur le malade.
« Lorsque les hommes doués de cette puissance agissent en employant la force de l’imagination et de la volonté, cette force affecte leur sang et leurs esprits qui, par une évaporation poussée au dehors, pro duisent de tels effets. » Les conditions que Pomponace considère comme essentielles au succès de cette opération, sont à peu près les mêmes que préconisent aujourd’hui encore les magnétiseurs.
« il faut, dit—il, que celui qui exécute cette sorte d’enchantement ait une grande foi, une imagination forte, et une ferme volonté de guérir la maladie ; dis— Wn-«a -3....ç,_, . ,
134 L’INITIATION positions qui ne se rencontrent pas chez tous les hommes. » Il ajoute que la confiance du malade contribue à l’efficacité du remède, ce qui est exact; et que les enfants sont susceptibles d’en éprouver les effets, « parce que les organes plus faibles opposent moins de résistance ». Ne dirait—on pas que cela est écrit d’hier? Van Helmont, Maxwell, VVirdig, Digby, disent la même chose sous une autre forme.
« L’âme, dit Maxwell, n’est pas seulement au dedans, mais elle est même au dehors de son propre corps; elle n’est point circonscrite dans l’enceinte d’un corps organisé. « L’âme peut agir hors de ce qu’on appelle commu nément son propre corps.
« Il émane de tous le corps des rayons corporels qui sont autant de véhicules par lesquels l’âme transmet son action, en leur communiquant son énergie et sa puissance d’agir; et ces rayons non seulement sont corporels, mais ils sont même composés de diverses matières. » Pour Maxwell, comme pour Pomponace, l’imagi— nation entre pour une bonne part dans la production des phénomènes du magnétisme, mais c’estl’imagi nation de l’opérateur et non celle du patient, comme le croit la science officielle.
Maxwell emploie une comparaison bien exacte et bien expressive pour indiquer le rôle de l’imagi nation. . « L’imagination, dit—i1, opère au dehors; elle est en
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 135 ,.. c:. ,. enfin—met? mesa". .-, quelque sorte une main dont l’âme se sert pour agir sans le secours du corps. » I Vl. —— On pourrait remplir un volume de citations prouvant que le magnétisme théorique et pratique s’est toujours conservé en dehors de l’Église et de l’École. Mais à quoi bon, puisque ses adversaires mêmes en conviennent.
L’antiquité et la perpétuité du magné tisme sont les principaux arguments invoqués par Thouret et les Académiciens pour contester à Mesmer sa découverte. On peut s’en rapporter à eux sur ce point; et s’ils s’étaient bornés là il n’y aurait rien à dire. Mais ils sont allés plus loin : ils ont nié les principes et même les faits.
Pour eux les phénomènes magnétiques sont simu lés, ou tout au plus, ils sont le produit de l’imagina« tion des sujets ; et les hommes qui croient au magné— tisme sont des charlatans ou des dupes. Quant à la théorie, elle ne repose sur aucun fon‘ dement sérieux.
Le fluide universel, les émanations du corps humain sont des mythes, des hypothèse gratuites, des idées superstitieuses. . - Il faut du moins convenir que s’il en est ainsi, les superstitieux sont en bonne et nombreuse compagnie, car, sans parler des hommes les plus célèbres de l’an— tiquité, ce sont, parmi les modernes, depuis la renais sance, les hommes les moins crédules, les adversaires les plus déclarés de la superstition scientifique aussi bien que religieuse, qui ont cru à ces mythes. A ceux que nous venons de citer nous pourrions ajouter Bacon, Lachambre, Newton, Boyle, etc., etc.
136 L’INITIATION Mais il est probable que nous perdrions notre temps auprès des gens dont toute la science est dans leurs diplômes et qui regardent leurs Manuels comme le nec plus ultra du connaissable. Nous allons néanmoins répondre à une objection que l’on entend soulever à tout bout de champ, à l’objection à la mode du jour.
Le fluide universel et le fluide humain, dit-on, sont des assertions gratuites, de pures hypothèses, dont un savant ne peut se contenter. Il nous faut des faits, des preuves expérimentales, des démonstrations scien tifiques. Montrez—nous ces fluides et nous y croirons. Ces assertions soi-disant gratuites sont fondées sur des autorités d’une certaine valeur, nous l’avons vu.
Il faut sans doute que ceux qui les récusent soient bien forts pour ne jamais s’en rapporter au témoignage d’autrui. Quand ce ne seraient que de pures hypothèses, il ne faudrait pas les rejeter a priori. Il y a des hypo thèses dans toutes les sciences, sans en excepter les mathématiques. Les hypothèses sont souvent utiles, et même néces— saires; il ne peut être question de les exclure toutes, mais seulement de choisir les plus rationnelles.
Or, « Comme nous ne pouvons comprendre, observe Deleuze, qu’un corps agisse sur un autre à distance, sans qu’il y ait entre eux quelque chose qui établisse la communication, nous supposons qu’il émane de celui qui magnétise une substance qui se porte sur le magné tisé, dans la direction imprimée par la volonté, c’est cette substance, la. même qui entretient chez nous la
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME [37 1 \v ’| r u. vie, que nous nommons fluide magnétique.
La nature de ce fluide est inconnue, son existence même n’est pas démontrée; mais tout se passe comme s’il existait, et cela suffit pour que nous l’admettions dans l’indi cation que nous donnons des moyens d’employer le magnétisme. » VII. —— L’existence du fluide magnétique n’est, d’ail leurs, pas si loin qu’on pourrait le croire d’être démon— trée expérimentalement, Deleuze même, et après lui beaucoup d’autres expérimentateurs, en donnent des preuves d’une certaine force.
En voici quelques—unes : 1° Les sujets magnétisables sentent ce fluide d’une manière ou d’une autre, suivant le mode et le degré de leur sensitivité, même sans être endormis.
Pour les uns, il produit l’effet d’un doux courant d’air frais; pour d’autres, ce courant est chaud; diver sité de sensations qui prouve que ce fluide est distinct de la chaleur animale. ’ On voit beaucoup de personnes auxquelles il donne la sensation d’une pluie fine et tiède ; pour quelques unes, c’est une pluie de sable très fin.
« Le magnétisé, dit Deleuze, sent une chaleur qui s’échappe du bout de vos doigts lorsque vous les passez à une petite distance devant le visage, quoique vos mains lui paraissent froides si vous le touchez; il la sent ensuite au travers des habits dans telle ou telle partie du corps ou sur toutes les parties devant les quelles passent vos mains.
Il lui semble souvent que de l’eau tiède coule sur lui et cette sensation précède votre main. » (Inst.prat., etc., p. 148.) . , :-*,vrnfi Î-r'-rz r""’-":.v
1 38 L’INITIATION 2° Un grand nombre de somnambules, voient ce fluide dans l’obscurité et même en plein jour. Il y en a même qui le voient sans être en état somnambu— lique ; ils suffit qu’ils tiennent les yeux clos.
3° La plupart des somnambules distinguent un objet magnétisé, un mouchoir, par exemple, entre plusieurs objets identiques à tous autres égards, 4.° Ils trouvent sans hésiter parmi plusieurs bar— reaux de fer semblables, l’un d’eux qui est aimanté, tandis que les autres ne le sont pas. 5° Ils voient le fluide de la machine électro-statique.
Ils voient également celui de la bouteille de Leyde, et, lors même qu’elle est déchargée, ils aperçoivent le dépôt qui reste sur ses parois. 6° Ils distinguent les uns des autres les divers fluides : électrique, magnétique minéral, magnétique humain, et même celui d’un individu de celui d’un autre. 7° Ils connaissent à la vue (les yeux fermés) et au goût l’eau magnétisée de celle qui ne l’est pas.
Pré sentez-leur plusieurs flacons égaux remplis d’une même eau et dont l’un soit magnétisé, ils n’hésiteront pas à nous indiquer ce dernier ; et s’il a été magné— tisé par plusieurs personnes ils vous diront par com— bien. 8° Ils se nourrissent du fluide qui émane des per— sonnes qui les approchent et qui leur sont sympa— thiques.
Le -D‘ Kerner rapporte que la voyante de Prévorst mangeait très peu, mais elle avouait elle—même qu’elle se nourrissait de la substance des personnes qui
PRINCIPES COSMO-PSYCHIQUES DU MAGNÉTISME 139 venaient la voir, surtout de celles qui lui étaient unies par les liens du sang, leur constitution se trou— vant plus conforme à la sienne. De fait, les visiteurs qui avaient passé quelques instants auprès d’elle remarquaient qu’en se retirant ils étaient affaiblis. (T. DASSIER, Essai sur l’humanité posthume et le spiritisme par un positiviste.) 9" D’autres se chauffent à ce calorifère fluidique.
« J’ai vu une femme hydropique, à qui on avait fait plusieurs fois la ponction, devenir somnambule.
Dans cet état, elle présentait ses mains devant son magnétiseur comme devant un poêle; elle se char— geait ainsi de fluide, et se magnétisait ensuite elle— même en se passant les mains sur tout le corps, de haut en bas, avec beaucoup de dextérité. » (DELEUZE, Hist. du Magnét., I, 240.) 100 Enfin, pour ne pas multiplier indéfiniment ces preuves, les forces des sujets sont augmentées par le magnétisme, ce dont on s’est assuré nombre de fois au dynamométre.
« La plupart des somnambules, dit Deleuze, voient et décrivent le fluide de la même manière; tous indi« quent les mêmes procédés à employer et les mêmes précautions à prendre; et je puis attester qu’avant d’avoir lu aucun des écrits sur le somnambulisme, j’ai vu des somnambules qui certainement n’en avaient pas lu plus que moi, et qui m’ont dit les mêmes choses et donné exactement les mêmes con— seils que j’ai retrouvés depuis dans les écrits de M. Tardy et autres. » (Hist. du Magnét., I, 176.) Si l’on considère que les mêmes phénomènes sont
140 L’INITIATION _I l produits et les mêmes renseignements sur le fluide obtenus dans tous les pays du monde; si l’on ajoute que les magnétiseurs les plus expérimentés et même les plus sceptiques conviennent que tout se passe comme si le fluide existait, il sera difficile de ne pas accorder quelque créance à l’hypothèse du fluide.
On arrivera même à se dire qu’il serait à désirer que beaucoup d’autres hypothèses qui passent pour scien tifiques et qui ne soulèvent aucune objection dans le monde savant, fussent aussi rationnelles. Si ces témoignages sur l’existence du fluide magné tique ne provenaient que de somnambules de pro fessions, on serait en droit de les suspecter, ou, tout au moins, de les considérer comme insuffisants.
ROUXEL. (A suivre.) ä.*äsrmmm Après avoir examiné les signes zodiacaux au point de vue des saisons dont ils sont l’emblème, nous allons les étudier maintenant comme symboles du « microcosme »; car, il ne faut pas l’oublier, le zodiaque, ce céleste cadran solaire, est en Kabbale la synthèse du « Grand—Œuvre » ; voici quelles sont à.
L’ASTROLOGIE I 4 I ce point de vue, les attributions de chaque constella tion : BÉLIER : Calciner. BALANCE : Sublimer. TAUREAU : Congeler. SCORPION: Séparer. GEMEAUX; Fixer. l SAGITTAIRE : Insérer. CANCER : Dissoudre. ’ CAPRICORNE : Fermenter. LION : Cohober. VERSEAU : Multiplier. VIERGE : Distiller. j POISSONS : Projeter.
Or, tout adepte sait que le « Grand—Œuvre » n’est point exclusif à l’Alchimie, et que l’or et l’aôr sont exactement le même mot. Avant d’aller plus loin, nous croyons opportun de dire un mot. sur le nombre douze qui chiffre le zodiaque.
D’après la loi des nombres, le quaternaire est, dans la première décade, le second développe ment de l’Unité, et le septennaire n’est que l’épa— nouissement du qua_ternaire; donc si les nombres 4 et 7 ne sont que l’unité répétée dans un autre mode, il s’en suit que les nombres 8 et 5 ne sont, eux aussi, que la répétition du binaire; sept et cinq ne sont donc que l’unité dans son troisième développement, (car 2 est engendré de I), positif par le septennaire, négatif pour le nombre cinq; sept, épanouissement d’une manifestation spirituelle, cinq, épanouissement d’une manifestation matérielle; ces deux nombres réunis doivent conséquemment produire dans une autre octave, ce que produit harmoniquement la réunion de I + 2, ou pour être plus précis, l’action réciproque de I sur 2, que nous savons être une action harmonique; d’après la même loi, 7 + 5 = 12,
142 L’INITIATION nous donnera une manifestation harmonique ou « spirituelle ». D’autre part, sachant que la « Trinité » s’exprime par ces trois mots : vita, verbum, lux, l’homme, reflet de DIEU, devra posséder aussi ces trois termes : vie ou volonté; verbe ou distinction ; lumière ou sentiment, ou conscience. Donc, en DIEU comme dans l’humanité le nombre 12 sera le symbole du lien qui réunit le positifet le négatif, c’est-à-dire de l’harmonie.
Revenons au septennaire. Il n’y a en réalité que sept signes zodiacaux qui sont les manifestations des sept planètes. A part le soleil et la lune qui ont chacun leur « domicile » actif et passif dans le même signe zodiacal (le Lion pour le Soleil, et le Cancer pour la Lune), les autres planètes disposent chacune de deux signes, l’un actif, l’autre passif.
Nous ne les citons que pour mémoire : Saturne trône dans le Verseau et le Capricorne; Jupiter, dans le Sagittaire et les Pois— sons; Mars, dans le Bélier et le Scorpion ; Vénus dans le Taureau et la Balance; Mercure, dans les Gémeaux et la Vierge.
« Le nombre sept », dit Lacuria, « est le nombre privilégié des prophètes, il remplit l’Apocalypse; c’est donc un nombre mystérieux, et le mystère qu’il ren— ferme est d’une haute importance, puisque Dieu nous le remet si souvent devant les yeux dans l’ordre spiri tue], comme dans l’ordre matériel. » Connaissant exactement la symbolique des planètes nous saurons par cela même celle des signes zodia— caux, que nous avons étudiée déjà; et en même temps celle des douze « Maisons » de 1’Horoscope, M. ..m . W À
L’ASTROLOGIE ‘ 143 puisque ces dernières tirent leurs significations propres de celles des signes du zodiaque. Cherchons donc à analyser hiéroglyphiquement les significations planétaires, car ce sont elles qui sont la base des présages astrologiques.
Nous devons à la bienveillance de notre frère Papus le point de départ des explications suivantes : les hiéroglyphes planétaires sont formés, ou d’un cercle, comme le soleil, emblème de la vie; ou d’un crois sant—lunaire, emblème de la matière passive; ou d’une croix, emblème de l’infini.
Le cercle, symbole de la vie supérieure représente l’intelligence ou la Volonté; le croissant lunaire sym— bolise la matière, les instincts, les besoins, les pas— sions; et la croix, symbole de l’infini, représente nos aspirations; c’est le lien entre le cercle—positif, et le croissant-négatif, c’est le médium, le médiateur uni— versel, le signe de la rédemption; c’est, entre l’esprit régi par la volonté, et le corps que sollicitent les besoins matériels, l’AME avec sa double faculté attrac— tive et répulsive, spirituelle ou bestiale ; l’âme qui tient tant de place dans notre être que, dans bien des cas, elle le remplit tout entier, quand la volonté som meille et que les besoins se taisent, repus ou domptés.
Eclairée par le rayon spirituel, elle est le sentiment; abandonnée à elle—même, elle reçoit les sensations; sollicitée par les instincts, elle est la sensibilité. La volonté et les instincts ont aussi leur trilogie, et c’est parce que le négatif de chaque division trinaire devient le positif de la division suivante, que cette triple trinité ne donne que sept termes au lieu de neuf.
144 L’INITIATION Ceci est important à noter. Donc, si nous considérons l’hiéroglyphe de Saturne. nous voyons qu'il est formé d’une croix sur un crois— sant : les sensations dominant les instincts; Jupiter, son opposite, est formé d’un croissant sur une croix : les instincts dominantles sensations.
Mars, une croix sur un cercle (I), les sensations dominant la volonté; Vénus, le contraire. -—- Mercure l’hermaphrodite, '« l’âme des planètes », sera ou spirituel ou matériel; symbole du Verbe, il aura l’éloquence qui diffuse la lumière,qou le mensonge qui sème les ténèbres; formé par le cercle, au centre, son pivot sera l’intelligence: mais la croix et le croissant qui le complètent en le synthétisant, peuvent, comme nous venons de le dire, se placer en haut ou en bas selon que les sensations ou les instincts domineront en lui.
Mercure, c’est « toutes les relations » spirituelles, sentimentales et matérielles; entre l'esprit et le corps, entre l’intelli gence et les passions, entre la Providence et la fatalité. entre le temps et l’espace, il est l’éternel trait d’union, le Protée qui revêt toutes les formes, le Caméléon qui épouse toutes les nuances; c’est l’âme humaine aux trois attributs, c’est le mouvement, c’est ce qui se volatilise et ce qui se fixe, ce qui en nous devient po— sitif ou négatif, céleste ou infernel, ange ou bête : rappelons—nous que Mercure dispose de trois paires d’ailesl... * 44 (1) Nous sommes portés à croire que l'hie’roglyphe de Mars était, pri mitivement, un (( Vénus n retourné, comme Jupiter est un Saturne ren versé, les modifications légères que nous y voyons aujourd‘hui semblent avoir été prises parles astrologues pour eviter les confusions. E. S
L’ASTROLOGIE 145' W Ainsi, Saturne, dont les sensations dominent les instincts matériels, sera tout « âme »; son absence de sensualité le rend misanthrope et timide; les joies bruyantes, la société, les réunions m‘bndaines lui font peur, il n’aime que sa chère solitude.
Plongé dans les études abstraites, impressionnable à l’excès, toujours morose, le Satdrnien fuit le commerce des hommes; Saturne est un titan hargneux et sombre, et quand son influence prédomine, il fait, avec des idées reli— gieuses, le trappiste fanatique; sans elles, l’avare qui meurt d’inanition sur un grabat rembourré de billets de banque.
« Le doute et la défiance sont leurs prin cipaux attributs : le doute désanchante leur vie en. leur ôtant toute illusion, la défiance les mène à la crainte, et cette oscillation perpétuelle engendre une mélancolie qu’ils peuplent des visions les plus sombres.
Par le doute, ils s’inquiètent de tous les mystères de notre vie ; il leur faut le toucher pour la certitude des choses, mais l’excès de ce doute les conduit à la su— perstition (i). a Ce Dieu sombre devait présider et être l’instigateur des horreurs de l’Inquisition :en nemi de tous plaisirs, il est juste qu’il affectionne les tortures.
C’est pour les Saturniens que Voltaire et écrit quelque part ce beau vers : Qui n'est que juste est dur; qui n‘est que sage est triste. —— Au rebours de Saturne, Jupiter aime tout ce qui brille, tout ce qui amuse; chez lui la passion domine tout; sa confiance en soi est extrême et va jusqu’à la (r) Andrieu, Étude: sur la main.
I 46 L’INITIATION présomption; les moindres actes de sa vie sont mar— qués au grand balancier passionnel : les Jupitériens sont les heureux de la terre, tout leur sourit et ils sou rient à tous; à défaut du savoir, n’ont-ils pas le tout puissant savoir faire P...
Où un saturnien échouera avec toute sa Science, un jupitérien réussira sans se donner la moindre peine; Veni, vidi, vici, disent-ils en parodiant César, l’un d’eux; ce que l’on appelle I« la chance » est leur élément; les succès, les hon neurs, la fortune viennent à eux comme attirés ma gnétiquement; ils trônent partout: à table, au salon, au Parlement.
Dans Homère, Jupiter dit aux autres dieux « qu’ils peuvent se pendre à un câble, et que lui, le Zeua‘, les entraînerait et les remorquerait à lui avec un doigt ».Jupiter rend ambitieux, non du savoir, comme Saturne, mais des hautes charges, des décora tions, de l’apparat : le luxe est son domaine; pauvre, il sera parasite, et mendiera sa place à la table des grands; fortuné, il sera prodigue : l’or attire l’or, se dit-il, et pour lui, —— mais pour lui seul — cet adage se justifie pleinement.
Sa prestance et son immense confiance en soi le font réussir et s’attirer les bonnes grâces féminines :c’est lepapillon de l’espèce humaine. Mars, la purpurine planète, confère aux sujets qu’elle influence le goût des flamboyantes couleurs, du bruit, des fanfares, de la canonade.
Grands amis des rixes —- fussent-elles sanglantes — leur véritable place est sur un champ de bataille; les types de Mars sont nés pour la guerre, et quand on ne la leur fait point faire, ils la provoquent pour leur propre compte partout où ils se trouvent, au cercle comme dans leur u.iËlu
L’ASTROLOGIE I47 famille; la bonne influence de cette planète donne l’initiative, mais toujours avec une tendance à s’exa— gérer, dans les natures inférieures, jusqu’à l’audace et au cynisme. Les maîtres d’armes, les Nemrod, les guerriers et les criminels se partagent ses influx plus ou moins destructeurs.
La signature astrale donnée par le Soleil est la plus heureuse de toutes; en kabbale, le soleil c’est l’or, aussi les solariens ont—ils le plus souvent les cheveux et la barbe d’un blond doré; ils ont les yeux d’or que Balzac donne à une de ses héroïnes, ces yeux qui s’éprennent si passionnément du beau idéal que, soit par la plume —— en radieuses poésies ou en mélodies étincelantes — soit par le pinceau ou le ciseau, ils sont naturellement incités à le chanter ou à le re-' produire.
Nos splendides cathédrales, Bel hymne de granit que la pierre a chanté; les merveilles de la statuaire, où l’on croit sous le marbre apercevoir la vie; les tableaux qu’on achète en les recouvrant d’or; La musique enivrantc où l’âme s‘extasie, Et les immortels chants de toute poésie, Sont les travaux sacrés, uniques, sans pareils, De ces êtres bénis qu‘on nomme des Soleils!
Après le Soleil vient Vénus; après le dieu du beau, la déesse du charme, que vous incarnez si bien, Madame i... Oh ! laissez-les vous calomnier ces angu— leuses Saturniennes, d’autant plus prudes qu’elles manquent de charmes — etde charme ; — vous n’avez que deux rivales dangereuses: l’Artiste à qui l’as—
1148 L’INITIATION 1—. tre radieux a prêté ses rayons, et la J upitérienne qui. comme vous, a le teint blanc et rose, mais dont la morgue déplaît, tandis que votre tendresse attire; c'est de vous que parlait M'“ Anaïs Ségalas, lors qu’elle écrivait ce beau vers : Un regard d'Ange luit dans un bel œil d'azur!
Oui, la femme gracieuse est doublement jolie, car la beauté n’est qu’humaine, mais la grâce est angé lique; inséparable de la tendresse, elle est le corps de la bonté ; une belle âme est comme une eau transpa rente: elle reflète le Ciel ; et c’est vous, divine inspi ratrice, que cherche le peintre sur le prisme de sa palette; vous encore, qui murmurez à l’oreille ravie du poète la stance harmonieuse où son âme frémit; aussi, soyez bénie, vous dont le limpide regard trans fuse aux cœurs altérés d’idéal l'inefiable sérénité; vous dont l’inépuisable charité touche à l’héroïsme quand, oubliant votre sexe et bravant de réels périls, on vous retrouve aux ambulances au chevet des bles és!
Mais les beaux-arts, dont nous parlions à propos des attributs solaires, ne se bornent point à l’architecture, à la sculpture, à la peinture, à la musique et à la poé— sie; ici, le Verbe réclame ses droits; voici la parole et le geste, voici le domaine de Mercure: l’éloquence et la mimique. . _ « La danse, dit Lacuria, exprime, comme la musi que, tantôt la joie naïve de l’innocence par le ron deau, la danse naturelle et magique par excellence ;. tantôt l’enthousiasme guerrier, tantôt la douleur funè
L’ASTROLOGIE [49' bre, tantôt les extases de l’amour; comme elle, elle peut se séparer de l’idée de l’infini, redescendre jus— qu’au tour de force et arriver même jusqu’à la cho quante lubricité; mais aussi, elle saura comme la Vmusique s’élever jusqu‘à la pensée religieuse, et l’on sait que toutes les religions ont eu leurs danses sacrées. » Mais les trois paires d’ailes de Mercure ne sont point les seuls attributs; on le représente aussi avec des chaînes d’or lui sortant de la bouche, comme étant le symbole de l’éloquence.
« Le propre de la vie, dit l’auteur précité, c’est de se donner; elle ne peut donner à une autre vie autre chose que sa forme et sa lumière; une vie ne peut donner à une autre vie que ce par quoi elle est autre : une vie n‘est autre d’une vie que par sa forme et sa lumière; donner sa forme et sa lumière, c’est transformer les autres en soi, les entraîner dans sa propre direction, etles conduire vers le but où l’on tend.
Lorsque l’homme emploie ces forces pour com muniquer, non les impressions de ses sens et de sa sensibilité, mais pour faire passer dans les autres âmes la forme de sa pensée, la lumière de sa conviction, la la direction de sa volonté, il crée un nouvel Art, c’est celui de l’orateur. » Et plus loin : « L’Art oratoire est à la fois le plus puissant, le plus utile, et leplus dangereux; il est le plus puissant parce qu’il est le plus vivant, et qu’avec l’instrument de la parole il pénètre jusque dans les régions supérieures de l’intelligence _; il est le plus utile et le plus dangereux, parce que concluant direc—
15 0 L’INITIATION tement à la pratique, selon qu’il pousse au bien ou au mal, il entraîne l’homme dans des destinées heu reuses ou funestes. » Le propre du Verbe est de créer, dans le domaine spiritutuel et dans l’ordre des choses matérielles: — « Tout a été par lui, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui. — (Évangile selon saint Jean, chap. I, v. 3).
Après avoir vu leVerbe créer dans l’Esprit,nous allons le voir maintenant créer dans la matière.
La dernière planète qu’il nous reste à examiner — la Lune — va nous exposer ses mystères dans les trois mondes. ’ Sa puissance créatrice est à la fois supérieure ou positive, inférieure ou négative, et mixte ou harmo nique; elle influe simultanément sur les éléments, sur les végétaux, sur le règne animal tout entier, dont l’humanité est le point culminant: la « triple Hécate » a son domaine dans les trois mondes de la Kabbale; C’est la grande Maya, l’illusion, la Nature naturée.
Dans le domaine spirituel, la Lune préside à l’Ima ginaz‘ion, ce formidable instrument de l’adaptation du « Verbe >>. C’est par l’imagination que nous pouvons entrer en rapport direct avec la lumière astrale... et ici nous n’en pouvons dire davantage, car nous sommes « au seuil du Mystère », pour nous servir de la juste expression de l’Adepte DE GUAITA.
La Lune est la reine de l’Occulte; c’est elle qui préside à tous les phénomènes de double vue, d’ex— tase, de transmission de la pensée, etc., etc. ; elle trône dans le domaine du rêve et dans celui des suga gestions mentales; c’est elle qui éclaire de ses rayons
L’ASTROLOGIE r 5 I blafards la ronde nocturne du sabbat, comme les an géliques visions de Jeanne d’Arc; Phébé, Diane ou Hécate, elle est le pont mystérieux qui relie l’invisible au visible, l’inconnu au connu, l’esprità la matière; ami lecteur, souviens-toi que l’on ne pénètre point impunément dans ses parages radieux ou sombres, il faut auparavant s’être armé de connaissances spéciales et ignorer la peur, car une fois lancé dans ce tourbil— lon des forces supra—terrestres, on ne peut plus reculer, le terrible gouffre de la folie s’ouvre sous les pas de l’oseur imprudent.
Pi-Joh, le génie lunaire, préside, dans le domaine animal, aux mystères de la génération comme, dans le domaine végétal, à l’intelligente distribution des sèves et à la germination des plantes. L’Horticulture comme la thérapeutique sait reconnaître, par expé rience, les divers influx lunaires et chacun sait que le mouvement des marées est régi par la même force.
La création est incessante et même l’hiver, quand sur nos vitres l’intensité du froid dessine des feuilles et des fleurs, alors que la sève engourdie ne se doit réveiller qu’avec les effluves printaniers, qui sait si nous n’assistons pas « au rêve de la végétation qui dort » ?.. ELY STAR. (A suivre.)
naaaaaeaeeaer PARTIE LITTÉRAIRE UN CARACTÈRE Par LËON Humour. —- 1 vol. in-12. Prix: 3 fr. 50. -— Tresse et Stock, éditeurs Sur terre, chaque vivant suit son petit bonhomme de chemin, rit, pleure, s’amuse, souffre.
S’efforcer de— découvrir le pourquoi et le comment de ses rires et de ses plaisirs, de ses larmes et de ses souffrances, afin d’augmenter ceux-là et, si faire se peut, de supprimer celles—ci, telle est, consciente ou non, la tâche entre prise par nos modernes romanciers. , La méthode expérimentale envahit, envahit, en— vahit; elle a envahi la littérature comme le reste.
De vigoureux bûcherons du monde psychique émondent. sans relâche la puante forêt des préjugés, piochent, cognent, détruisent, déblaient le chemin. Sous l’im pulsion donnée, des travailleurs a‘l’esprit large s’ato taquent au domaine sacre-saint de la routine; un beau matin, au centre du Paradou bourgeois, crou lera le tronc vermoulu de l’hypocrisie sociale. Cahin—caha, la foule emboîte le pas derrière eux
UN CARACTÈRE 153 De gré ou de force, on lui fourre le nez dans sa pour— riture morale et, consternée, se bouchant les narines, «elle en arrive à s’écrier d’elle-même : — Nettoyez ! ça empoisonne! Nettoyer! C’est la devise du jour. Convaincus ou non, de bonne volonté, mais entraînés par l’irrésistible courant, historiens, dramaturges, romanciers, chro niqueurs brandissent à l’envi le balai; tous nettoient!
En dépit de son fard démodé, la vieille société commence à laisser transparaître, sous sa cornette usée de béguine, ses rides et son détraquement. La guerre aux préjugés d’un autre âge continuera, s’ac— centuera, triomphera, et les mœurs fantaisistes et égoïstes de nos pères céderont à mesure la place à des mœurs plus positives et plus fraternelles.
A force de scruter chaque penchant, d’analyser chaque passion, de reconstituer chaque individualité, le romancier naturaliste découvre peu à peu l’homme caché sous l’antique marionnette. A force de lecture, chacun découvrira ses propres ficelles, et ce jour-là tu seras bien malade, vénérable soi-disant civilisation .actuelle! La littérature est proclamée science par ses adeptes.
Dès lors, les lois qui régissent les sciences, ses sœurs, la régiront. A mesure de leur complexité, celles—là se sont subdivisées en embranchements et en sous—em branchements, celle—ci se subdivisera de même. A tout écrivain son lot: tel flagellera le vice social, étu diera les faiblesses et les ressorts du cerveau humain; tel autre compulsera les vieilles archives, les vieux grimoires, ressuscitera les âges disparus.
I 54 L’INITIATION Les âges disparus ! On les connaît si mal, on a tant besoin de les connaître! Le voile du passé ne dérobe— t—il pas à nos intelligences les germes de l’avenir. Ignorants de ce que nous avons été, comment prévoir ce que nous serons? Pour se risquer en avant, ne faut-il pas, au préalable, sonder le terrain en arrière ? Un architecte entreprendra—HI le couronnement d’un édifice, sans vérifier d’abord la solidité de la base ?
Au collège, nul professeur ne nous a enseigné les mœurs, les aspirations, les idées des peuples, les lois qui ont présidé à leur évolution, à leur décadence; aucune leçon ne nous a inspiré la perception complète d’une époque.
Pourtant, quelle échappée dans l’ldéal pour le pen— seur, quelle mine inépuisable pour le socialiste, s’ils parvenaient à embrasser par l’imagination, à travers les siècles, la marche souvent troublée et défaillante, mais sans cesse ininterrompue de l’homme vers le progrès ; s’ils parvenaient à reconstruire, anneau après anneau, la grande chaîne des humanités ! Patience! La lumière ne dissipe que graduellement les couches des ténèbres.
Ça marche, ça marche! La lutte d’Emile Zola contre les fantaisies du romantisme date de quelques années à peine, et voici que le public exige du sérieux, du vivant, se plaît à discuter la psy— chologie de tel ou tel personnage. Puis l’horizon s’élargit encore.
Etudier le monde physique, commence—t—on à dire, rien de plus utile ; mais s’il est indispensable de dis séquer l’animal humain, de rechercher le mécanisme de son instinct et de ses organes, un moment vient où
U N CARACTÈRE I 5 5 _ l’on a besoin de dégager l’homme de la brute, de re chercher aussi le mécanisme de ses passions, d’explo rer les régions trop délaissées et autrement fertiles du monde moral, de contraindre la nature à avouer un à un ses secrets. Souvent un vers sublime de. Hugo, un poème— Hespérus entre autres -— ont ouvert à la pensée des largeurs d’envolée que ne lui offriront jamais les plus gros bouquins de nos positivistes.
Loin de rétrécir le domaine de la science, ces aperçus nouveaux l’éten— dent à l’infini, et la récolte est bonne à cueillir. Joséphiu Pé1adan a déjà publié son éthopée de la décadence latine, voici qu’un romancier connu pour appartenir à l’école naturaliste, Léon Hennique, fait paraître un volume sur le spiritisme.
L’œuvre est puissamment étrange, au style bizarre, hallucinant, hérissé d’épithètes inattendues, de phra ses contournées et obsédantes. D’abord un prologue ._ assez court, puis l’action se déroule sans interruption, d’une haleine, jusqu’à l’épilogue, deux pages au plus.
Bientôt une sorte de hantise vous poigne, on subit malgré soi la névrose du personnage, son atmosphère devient vôtre, chargée d’électricité et de magnétisme; à sa suite, on quitte la vie terrestre pour aborder le monde astral.
Le marquis Agénor de Cluses, fils d’un lieutenant— colonel du régiment de la couronne et de la troisième fille de lord Gainsborough, élevé par un prêtre dans la solitude du château de Juvigny, nerveux, imagi natif, méthodique, très affectueux, rarement tapageur, d’une sensibilité maladive, s’éprend très jeune de la
156 L’INITIATION fille de son tuteur, Thérèse de Montégrier, l’épouse et s’enterre avec elle dans sa province. La marquise meurt en accouchant d’une fille Agénor accuse celle-ci de la mort de sa mère, se refuse à l’aimer et renfermé des après—midi entiers dans la chambre de la défunte, les volets clos, une seule bougie allumée, sanglotte, prie, appelle Thérèse, implore du ciel un miracle.
Des manifestations d’outre—tombe ne tardent pas à. se produire, auxquelles succède une apparition, et dès lors le marquis de Cluses est dominé par le spectre de sa femme. Les années s’écoulent. Berthe, sa fille, s’est mariée au vicomte de Prahecq, « un garçon poli, dont l’as-> pect n’éveille aucune attirance », et a laissé son père seul à Juvigny.
Un jour de neige, tandis qu’Agénor marche à. longs pas dans le parc, sa canne lui échappe des. doigts et se met à tracer la phrase suivante: « Une enfant va naître de Berthe... je ne m’appartiens plus... » ' Et dorénavant, en effet la vision cesse de se con-v denser. « Aucun stigmate, pas l’ombre d’une hantise, quelques songeries éperdues, simplement. » L’époque approche enfin du voyage des de Prahecqr à Juvigny.
Ils amèneront Laure, leur fillette, et Agé nor part à cheval à la rencontre de ses hôtes. En voyant Laure il pâlit, est Obligé de s’appuyer au pommeau de sa selle. « L’enfant a les yeux de Thérèse, les mêmes yeux de velours brun, le même: regard, un teint pareil. »
UN CARACTÈRE 157 ,Laure ne peut être que Thérèse réincarnée ! Justement la pauvrette reste boiteuse d’une chute et les de Prahecq, regagnant Paris, confient son éduca— cation aux soins du grand—père.
« Les doigts unis, semblables à des amoureux, l’une si jeune, boitillante, l’autre au déclin de la matu— rité », ils s’associent dans une commune existence; mais, plus tard, une brouille éclate entre Agénor et son gendre, et celui-ci intime à Laure l’ordre de réintégrer le domicile paternel. ' Elle obéit et meurt peu de temps après.
Désincarnée de nouveau, l’âme de Thérèse rede— vient alors pour le marquis ce qu’elle était: guide, soutien, amante. Une analyse détaillée des chapitres demanderait de trop longs développements.
Citons au hasard des pages: la présentation d’Agénor dans le prologue, sa nuit d’amour avec Thérèse, l’agonie du garde—chasse, la magistrale description de la mort du duc de Beau fort, la scène de somnambulisme où le marquis de Cluses attire sa petite-fille endormie, une sortie de c0rps astral très savamment rendue, la dernière apparition de Laure à son aïeul. ’ Le « caractère » d‘Agénor de Cluses si minutieu sement tracé, mené avec une telle science psycho— logique d’un bout à l’autre de sa vie, ne se crée pas sans un long et c’onsciencieux travail.
Léon Hennique n’a pas imaginé son héros; il est aussi réel certes que le Coupeau de l’Assommoir ou l’Etienne Lantier de Germinal. A l’exemple d’Emile Zola l’auteur aura ras— semblé des documents, collectionné des faits, contrôlé
158 L’INITIATION des expériences. C’est du matérialisme encore, mais comme en ont fait avant lui Balzac et Bulwer Lytton, comme en feront d’autres prochainement, puisque la voie est frayée. « L’âme a le sentiment d’un monde plus élevé que celui dans lequel la matière s'agite et lutte pour s’assurer une existence grossière et incom plète. » Sans enthousiastes et sans prophètes, les Euro péens du xx' siècle mourraient de consomption scien tifique.
Pendant que les logiciens, toujours aux prises avec le monde physique, résoudront leurs analyses, les idéalistes, ces vagabonds de la pensée, recompo ?seront la synthèse et nous rapporteront de leurs échappées au-delà de l’espace et du temps des bouf fées d’arômes, des effluves solaires.
Familiers des ondins, des salamandres, des sylphes et des gnômes, ces chercheurs lesinterrogeront sur les forces cachées parmi les eaux, le feu, l’air et les con tinents; avec les mages de la Chaldée, ils nous révé— leront des lois inconnues; avec les Druides, ils chan teront les dieux protecteurs de la Gaule.
Par eux nous comprendrons l’Edda des peuples germaniques et les Védas des Hindous; nous pénétrerons à leur suite dans le paradis des chrétiens; et peut—être l’un d’eux, hanté par une vision étrange, nous transpor tera dans les mondes disparus où le génie des Altantes et des Péris, nos frères aînés d’un autre cycle et d’une autre race, jetait ces lueurs éclatantes dont la Grèce héroïque a recueilli les derniers reflets. A ces éclaireurs d’éparpiller aux quatre vents de la lyre leurs richesses imaginatives. La raison se défiera ’1‘!"
CORRUPTRICE 1 59 des contes enfantins et des enchantements prestigieux, mais elle entreverra l’énigme renfermée dans telle ou telle légende, et parfois même l’expliquera. Peut-être les strophes d’un poète fourniront—elles à quelque Newton de l’avenir la solution d’un gigantesque pro blème, peut—être l’intuition d’un voyant dévoilera-t— ‘ elle à l’humanité l’effarante vision de sa destinée future.
GEORGE MONTIÊRE. Œ@RRUPTRIŒE Par M. ÉMILE COUDEAU (Charpentier. éditeur). r fort vol. in-l8, 3 fr. So Voici un Livre — c’est—à—dire une œuvre, —- une œuvre hautement philosophique, où les questions les plus en mouvement de notre époque sont traitées par M. Émile Goudeau avec la virile puissance d’un ta lent qui passe, avec une remarquable souplesse, de l’analyse du psychologue à la synthèse du penseur.
« Ce sont les meilleurs qui meurent, dit un des personnages de Corruptrz’ce..., meilleurs... parce que peut—être ceux qui sont morts n’ont pas eu le temps de trahir le rêve de leur jeunesse ! » M. Paul Ginisty qui, dans son excellente causerie littéraire de Gz’l Blas, consacre à M. Émile Goudeau une grande partie de son article, ajoute, après avoir cité cette phrase: « Et cela résume le livre qui est l’âpre étude de la déchéance progrpssive d’un homme, tandis que les
.160 L’INITIATION honneurs lui viennent, que la Renommée porte son nom, que l’exercice du pouvoir lui est permis. Ah ! les rêves de jeunesse, les vaillants appétits de lutte et \ de dévouement, que sont-ils devenus? Où est-il le superbe mépris de la curée des places et des intérêts mesquins ?
Qu’est-ce que lavie en a fait des belles et fières indignations, des tendresses pour les déshé— rités, des généreuses chimères des transformations sociales! » « C’est la navrante histoire humaine. Les uns som brent, les autres « arrivent », mais sur combien de désillusions s’édifie le succès lui—même !
Qui vaut jamais, quelque cas que l’on fasse de lui, ce qu’il a valu avant l’âge de l’expérience ! » « De toutes les ennemies des nobles ambitions, la politique est la plus féroce.
C’est elle qui ale plus vite raison de son homme, qui le jette le plus rapidement dans un engrenage de compromissions et d’intrigues qui lui font oublier ses ardeurs désintéressées d’au trefois. » « Il s’est assagi singulièrement le fantaisiste et bouil lant président de l’ancien club des Hydropathes qui, avec une égale tendresse pour la rive droite et pour la rive gauche, fut aussi le chantre de la gloire de Mont martre et, sur le mode épique, dit les étonnantes aventures de l’illustre A’Kempis, habitant de la Butte sacrée, découvrant Paris.
Dans le roman d’analyse psychologique — témoin le Froc,-— continue M. Gi nisty, M. Goudeau s’est montré, par une transforma— tion curieuse en ce qu’elle a de subit, un écrivain pénétrant et subtil. Mais en cette tenue nouvelle qu’il s
_.._—.—.. ___—--.._ ._. .. connurrmcr: 161 a adoptée, il ne s’est heureusement pas dépouillé de sa verve abondante, parfois même exubérante, et le mélange est savoureux chez lui de ce feu, de ce bouil ,lonnement, de ce pittoresque des idées et de l’expres— sion avec la logique, la gravité de développement qu’il apporte dans l’étude d’un caractère. » A cette critique si artistiquement formulée, j’ajou terai ceci : Corruptrz‘ce/ c’est la femme dont l’intellect ne peut saisir les idées générales et qui particularise l’homme qu’elle aime ou prétend aimer.
Avec son horrible sagesse bourgeoise, qui ne lui permet pas de s’élever vers les hauteurs de la pensée et qui veut que tout effort se traduise par un succès. Elle enlève le poète à son rêve pour en faire un repor ter, l’artiste à ses projets grandioses pour le forcer à devenir l’esclave des marchands de tableaux, le phi— losophe synthétiseur à son essor vers les découvertes pour le plonger dans le détail enlisant et la fadaise édulcorante.
Corruptr1‘ce.’ C’est encore pour M. Émile Goudeau l’atmosphère morbide de cette fin de siècle qui attend le coup de vent salutaire, de cette fin d’un siècle qui, ayant fait faillite, dépose son bilan après toutes sortes de tentatives hypocrites et fardées.
Cor ruptrz’ce/ C’est la politique sans principes, sans lois, sans science, sans hauteur, véritable mensonge, art sans art, art d’artifice qui saisit les volontés les plus hautes pour en fabriquer des faiblesses, et transforme les géniales personnalités en banales figures de bal masqué vouées aux petites intrigues et aux basses trahisons. Avec une haute philosophie, qui demeure quand 6
r 62 L’INITIA 1‘10N même finement parisienne, l’auteur de la Revanche des bêtes, de la Vache enragée et du Frac place son protagoniste, Jean Linguet, dans une situation com— mune à bien des personnages de ce temps troublé.
Chaste et grave, il succombe naturellement aux atti— rances féminines ; philosophe et synthétiseur, il va se perdre dans l’analyse poudroyante ; socialistejhautain, féru d’idées généreuses, il devient le député qui ment à tous ses programmes, et le ministre qui, justement, fait le contraire de ce que la raison de sa vie première lui imposait.
Au milieu de ce bouleversement, de cet effondre ment dans lequel Jean Linguet essaie de se ressaisir, l’influence de la femme se fait plus tenace, plus amère, plus rai11euse ; de l’amour d’autrefois, de l’amour pour lequel tout fut trahi, plus rien n’est demeuré... La solitude s’est faite autour de lui et dans son âme... Seule, «me fillette, l’enfant du premier mariage de sa femme, est là près de lui, tendre et douce...
Le chemin est bien glissant, la pente bien rapide entre la tendresse compatissante et l’amour sensuel... La distance a été franchie... et, après avoir tout renié, tout trahi, Jean Linguet, parti dans la vie pour être un des apôtres de l’humanité, se tue. L’inceste a été sa dernière abjection.
Telle est l’œuvre de M. Émile Goudeau, œuvre sai sissante, cruelle, profondément humaine, dont la lec— ture laisse dans l’esprit, mêlée à l’amertume des choses présentes, je ne sais quelle espérance, flottante encore, de rénovation sociale et de fraternité future. M. DE G.
LE FEU 163 - ‘I.E FEII NFANTS, lorsque les soirs d’hiver, l’après-dînée, ._ Quand le sol est couvert de givre et de verglas, Vous vous agenouilleg devant la cheminée Pour réchaufl‘er, joyeux, vos mains, vos petits bras, Surtout preneg bien garde, 6fré‘les créatures, De ne pas approcher trop vos doigts du tison, Car le terrible feu vous ferait des brûlures Dont vous attendrieg longtemps la guérison.
Il est un autre feu qui réchaufie ou qui brûle Suivant que le brasier est plus ou moins ardent. C’est un Maître qui tient l’homme sans sa férule E1 rouge sans pitié le cœur de l’imprudent Qui, sans méfier, plein d’inexpérience, Ignorant de l’Amour se range sous ses lois Et‘ vientprès de ce Dieu qui leflatte et l’encense Chercher le vrai bonheur pour la première fois.
S'il ne sait pas calmer son ardeur qui commence, Ou bien s’il est trompé dans l’être qu’il chériz‘, Alors à son beau rêve un désespoir immense Succède et pour toujours son pauvre cœur périt. L’h0mmepe’niblement à soufirz‘r s’habitue. C’est le chemin fatal ; prends—y garde, 6 mon cœur: Tu vivras dans la joie ou mourras de douleur Par l’Amour: il enivre, ou par l’Amour: il tue! LUCIEN MAUCIIEL.
154 L’INITIATION HISTOIRES INCROYABLES A BRUl.ER (Suite et fin.) J’avais dormi trois jours, du sommeil lourd et sans rêves; et quand je m’étais éveillé, j’avais couru, comme un fou, à l’appartement de Sitâ. Partis! Ils étaient partis! Une lettre m’attendait, contenant un adieu... et quel adieu! Consolations banales, hypo crites, conseils et adjurations burlesques.
Moi, deve— nir bon! me dévouer à l’humanité! alors que je n’avais qu’un désir, c’était de me sentir assez fort pour prendre le monde dans ma main et l’écraser en serrant les doigts l... Ces rêves me touchaient bien! Comme je me sou— ciais du bonheur des peuples! En vérité, je riais de tout cela, et j’en ris encore, aujourd’hui que, possé— dant la puissance, je vais la concentrer tout entière dans l’effort suprême... pour la haine, pour le mal!
Eh bien, oui, il avait raison, le Mahatma! Si tous les secrets nous étaient révélés, nous nous en servirions méchamment contre ce monde méchant... et comme après tout mes haines ont un but déterminé, et que je ne sentirais aucune joie à faire le malheur de ceux que je dédaigne, je brûlerai cette confession, le memen— t0 de mes travaux et de mes souffrances. Le lendemain, j’étais sur les rives de la Méditer ranée. Aucun navire n’était parti pour les Indes. Je 5
A BRULER 165 parcourus Marseille comme un insensé. Je ne décou— vris ni Sitâ, ni son frère. Je supposai alors qu’ils étaient partis pour l’Angleterre. A quoi bon chercher sur le continent d’ailleurs ? En tous cas, n’avaient-ils pas une forte avaflce sur moi. Sans raisonner, je m’inscrivis sur le premier paquebot en partance.
Et je passai six mois dans les Indes, fouillant les vallées, gravissant les pics, à la piste de ces adeptes maudits qui m’avaient volé mon âme. Quand j’inter-y rogeais, les Anglais me répondaient, incrédules, en ricanant. Les Indigènes, graves, feignaient de ne pas comprendre ou bien semblaient attendre quelque mot de passe que je ne connaissais pas.
Existaient-ils seulement, ces imposteurs détestés P Sitâ avait—elle été victime de quelque immense fourberie, dont son frère peut-être avait été le complice ? Ma colère s’accroissait de mes insuccès. Alors je résolus d’employer cette colère même, inextinguible et passionnée, à la solution du problème irritant que je me posais.
Je raisonnai froidement ; car, en dehors de mon amour,—— puis—je dire mon amour? — je me sentais parfaitement maître de moi. Je savais — l’Hindou l’avait constaté lui—même — que j’étais déjà en possession d’une force exception nelle. Je pouvais tenter des efforts, interdits à tout être humain.Je n’étais pas un médium, j’étais plus, puisque je pouvais développer peu à peu ma puissance psychi que et en conserver la direction. N’avais-je pas vu aux Indes ces fakirs, qui, sous le rayonnement de leur force astrale concentrée, font
1 66 L’INITIATION germer en quelques heures une graine confiée à la terre : ces yoguis qui parviennent à suspendre en eux le cours de la vie et se font enterrer pendant deux mois, ressortant ensuite de leur tombe,vivants et forts. En cela rien de surnaturel, le rai30nnement, me le prouvait, en s’appuyant sur ma propre expérience.
N’étais-je pas mort, plusieurs fois, moi-même, alors que dans une projection soudaine et excessive de ma volonté, j’étais tombé en léthargie ? Bref, je partis de ce principe que, par un entraîne— ment raisonné, je pourrais m’abstraire des règles de la vie normale. Et alors, puissance contre puissance, j’engagerais résolument la lutte contre l’infâme qui m’avait arraché Sitâ !
Je revins en France, et là, dans la solitude la plus absolue, je repris le cours de mes études, sans hâte, sans rien laisser au hasard, avec une méthode inflexible. J’avais tracé d’avance un plan dont j’étais décidé à ne point me départir. Puisque je n’avais pu, en mon corps matériel, retrouver la trace de Sitâ, il me fallait parvenir à me créer une existence nouvelle -—— en corps impen dérable, astral —- comme ils disent.
Ainsi je me jouerais des distances, ainsi je pénétrerais dans les retraites les plus cachées, ainsi je pourrais me glisser jusqu’à elle ..'. et alors, me venger, oh oui ! me venger! car c’était cela — et cela seul que je Voulais, que je veux encore. Trompant la vigilance de ses gardiens, 1 j’irai dans le sanctuaire où elle se cache, et là, je ne dirai qu’un mot: — c’est moi ! — et je frapperai !
A BRULER 167 . W?! Ix:rrf..vîv—n A..,. .-æ .I..,»« n.- . ,vH:: ,—,,. ,«- I,gs-.;.. ., .-w_..—-‘- . . > J’avais apprécié par moi»même l’effrayante difficulté que présentait la projection -—— hors du moi maté— riel — du fluide vital. C’était, au début, une épou vantable souffrance, comme un coup de stylet en plein cœur.
Je me mis à l’œuvre, m’efforçant, dans une immobilité absolue, en exerçant sur tout mon être une pression de volonté par quantités infinité simales, d’annihiler cette douleur, dont le pire résultat avait été jusque-là de me retirer la libre disposition de la force que j’émettais.
La douleur est une distraction .: et il fallait peu à peu ‘ écarter de moi toute sensation qui, en accaparant mon attention,en me suggérant une seule pensée, usait en si petite quantité que ce fut, mon énergie mentale. Aussi je m’aperçus que les besoins de l’organisme étaient une sujétion mauvaise. Les anachorètes seuls ont pu arriver à l’extase ; et peu à peu je supprimai en moi, la faim, la soif.
Je me composai des aliments strictement mesurés pour faire équilibre à la déper dition quotidienne et physique, en même temps que, par l’abstention de tout mouvement inutile, de tout effort qui ne tendit pas directement à mon but, je diminuai la dépense organique jusqu’à la rendre presque nulle. Je renonçai à tout, à la curiosité, à l’intérêt, au désir.
Je pus promener dans Paris mon corps comme une machine inerte, sans qu’aucune impression extérieure troublât son jeu purement mécanique. Mes yeux ne voyaient plus, mes oreilles n’entendaient plus, sinon dans la proportion juste où il était néces saire, pour éviter tout accident.
1 68 L’INITIATION ai l Puis, j’estimaisque ces déambulations mêmes, utiles d’abord pour entretenir en moi la circulation n’étaient plus indispensables. Je les fis plus courtes, j’en rétrécis peu à peu le cercle, jusqu’à ce qu’enfin je ne sortisse plus de mon appartement.
Par contre, mon moi spirituel acquérait une luci dité, une acuité toujours plus grande : je sentais que je me dégageais mentalement des entraves de la ma tière, et que ma force psychique s’aflinait de plus en plus. Ce fut alors que je commençai sérieusement l’œuvre décisive.
J’étais parvenu, sans trop de peine, à réaliser de nouveau l’effet qui déjà une fois s’était produit, sans l’aide de ma volonté, la matérialisation vague, hors de moi, de mon fliude vital.
Mais justement, lorsque je voulais renforcer ce nague, lui donner une existence plus concrète, il arrivait ou bien que l’effort cérébral de raisonnement auquel je me livrais ame— nât au contraire une évaporation de la forme obtenue, ou bien que je fusse pris d’un engourdissement pen dant lequel l’œuvre s’opérait sans que j’en eusse cons— cience. Je constatais ce dernier point, au moyen d’un appareil photographique que je disposais ainsi.
J’opérais dans l’obscurité pour n’avoir pas même la distraction de la lumière. Etendu sur un canapé, je provoquais la sortie du fluide vital. Alors par un mouvement d’horlogerie, ' l’appareil photographique se mettait en marche déroulait régulièrement une feuille de papier sensibi
A BRULER 169 liSé. Un autre mécanisme allumait de dix en dix secOndes un fil de magnesium. Lorsque la syncope sur-. venait, l’appareil agissait toujours, pendant un temps déterminé, après lequel un déclic faisait partir une sonnerie qui me rappelait à la réalité. J’ai les épreuves, là, sous mes yeux. Je les joindrai à ce manuscrit. Ou elles seront brûlées avec lui, ou je les retrouverai... si je reviens.
Sur ces épreuves — qui ne mentent pas — je puis suivre la marche de l’opération. C’est d’abord, à la place du cœur, un jet de vapeur grisâtre, si ténu qu’il est presque invisible, puis un léger serpentin qui monte d’abord, tourne ensuite sur lui—même, s’enlace, s’alourdit et peu à peu retombe en une ligne qui semble un brin de laine blanche.
Puis, la source vitale coulant toujours, le fil grossit, s’épanouit en quelque sorte, s’élargit en se diluant d’abord comme pour remplir un moule et bientôt s’épaissit de plus en plus — très relativement, s’en; tend, et sans arriver à l’opacité — et bientôt cette va peur prend une forme, la mienne. C’est à ce moment que pendant six mois je me fis éveiller par la sonnette.
J’avais employé ce long délai à retarder de plus en plus l’instant de la syncope, ce que je n’avais pu obtenir que par fractions de temps infinitésima1es. Mais au bout de cette période, j’étais parvenu à rester éveillé jusqu’à la parfaite production de ma forme extérieure. De plus, je n’avais plus à craindre d’éparpillement de ma volonté, elle se con centrait bien tout entière dans la matérialisation obtenue.
1 70 L’INITIATION Ce fut alors que je me préoccupai de perfectionner cette forme et lui ayant donné l’existence, de lui donner la force. Il fallait d’abord qu’elle pût se mou voir, alors que matériellement je restais immobile. Il fut long pour moi de constater que les mouve ments, créés dans mon cerveau, se représentaient sur mon double et s’exécutaient avec d’autant plus de précision que je les exécutais plus nettement moi même— en moi.
' Par un acte cérébral je créais un geste, distincte— ment évolué dans une image bien claire, et ma forme accomplissait ce geste, avec hésitation d’abord, mais bientôt avec une précision parfaite. Ainsi peu à peu je l’amenaià étendre les bras, à mouvoir les jambes, à s’agiter, à s’éloigner, à se rapprocher de moi.
Souvent encore j’étais interrompu par la syncope, mais la sentant venir, je faisais agir l’appareil photo graphique, et j’acquérais la preuve que, quand même, ma force m’avait obéi. Il me fallut ensuite lui donner prise sur les objets matériels qui m’entouraient, c’est—à-dire faire d’elle un esclave actif et soumis. Mais les progrès, par moi réalisés, étaient tels que cette tentative ne me coûta pas grande fatigue.
Le procédé était toujours le même: je créai dans mon cerveau le quadruple mou vement de s’approcher de ma bibliothèque, puis d’étendre le bras vers un livre, de le saisir et de me le rapporter. Si je m’engourdissais avant que l’acte fut totalement accompli, je retrouvais à mon réveil le livre auprès de moi. Enfin, il y a trois mois que, pour la première fois
A BRULER 171 je pus me dire que j’avais pleinement réussi : je n’éprouvais plus aucune sensation pénible, à.peine un peu de lassitude. lorsque l’effort se prolongeait trop longtemps. Les syncopes devenaient de plus en plus rares et n’étaient déterminées que par un pro grès obtenu. C’est ainsi que je courus risque de la vie dans l’expérience suivante.
Cette forme, composée d’atomes si ténus qu’ils n’a— vaient même pas la consistancce des molécules consti tuantes d’un gaz, devait, selon moi, traverser les corps les plus épais, s’infiltrer en quelque sorte dans leurs pores et se retrouver ensuite dans son intégrité de composition.
Pour être fixé, je m’entourai d’une sorte de muraille, en bois épais de cinq centimètres, puis de l’autre côté, en dehors, là où je ne voyais pas avec mes yeux matériels, je plaçai l’appareil photogra phique. Je projetai ma forme, et concentrant toute ma volonté sur elle, je m’efforçài de l’obliger à franchir l’obstacle.
Non seulement je ne pus y parvenir; mais, m’acharnant contre cette résistance, je provo quai une sorte de _choc en retour qui, se reperçutant sur mon cerveau, me jeta en une sorte de léthargie qui dura plusieurs heures. J’eus un instant de découragement: n’étais—je donc allé si loin que pour me heurter tout à coup àl’im possible P Je méditai longtemps, et la logique vint enfin à mon aide. Je créai dans mon cerveau l’acte de passer à travers la planche, je l’objectivai mentale.
t 72 L’INITIATION ment. La forme disparut à mes yeux. Je la rappelai par le même procédé ; et j’eus la joie de constater que l’épreuve photographique prouvait mon succès. Peu à peu, je pus donner à ma forme une physiono mie plus nette, presque’jusqu’à l’identité parfaite à mon corps matériel, je la vêtis de mes vêtements, je l’animai de ma pensée et de ma volonté.
Seulement, il était un fait que je ne pouvais nier; c’est que le lien qui attachait ma force vitale à moi même devenait plus faible, à mesure que je lui don nais plus de netteté. Quand elle pensait, il ne restait plus en moi, pour ainsi dire, que l’écho lointain de la pensée, que l’ombre à peine sensible de la volonté. Que ce lien par lequel je la rappelais à moi se brisât, c’était la mort.
Je m’aguerris cependant contre cette angoisse; et aujourd’hui, je suis, autant du moins que la certitude humaine peut exister, hors de tout péril. Pourquoi écris—je ces mots, alors que ma conviction est contraire ?
Certes j’ai pu, en ces derniers temps, disposer de ma forme comme d’un autre moi-même: j’ai pu, restant étendu sur un canapé dans un état d’adynamie com plète — la projeter hors de mon appartement, hors de ma maison: je sais ——par elle quia ma pensée et jusqu’à ma mémoire —- qu’elle a pu parcourir les rues sous mon apparence parfaite, être vue des gens qui ‘me connaissent, qu’elle a répondu aux saluts qu’on lui adressait.
Je sais que, du trottoir qui règne sous ma fenêtre, elle s’est élevée jusqu’ici, rentrant dans cette chambre à travers les murailles, je sais encore
A BRULER 173 que la distance qui me sépare d’elle n’est rien et que ce n’est point par l’éloignement que le lien vital se pourrait briser. Par quoi donc alors ? Me voici seul, ferme, décidé à tenter l’épreuve suprême. Tout à l’heure je vais m’étendre là, sur mon canapé ; et je vais projeter ma forme. Je vais lui ordon ner de franchir les continents, les mers, d’aller là-bas, dans l’Inde, de trouver la trace de Sitâ, de s’approcher d’elle...
' \ Elle m’obéira, je ne redoute rien. Mais 'au moment où elle fera le dernier pas vers celle que je hais — que j’aime ! que j’aime! —— sais—je _alors si la commotion ne sera pas si violente que le ' lien Se r’omprà... et alors !'.. ' ’ Eh bien ! est-ce que j’ai peur ! Voici trois ans que, . pas une minute, pas une seconde, une seule de mes pensées ait tendu à un autre but que celui auquel je touche maintenant... Et j’hésiterais.
Non pas !.. n’ai—je pas l’orgueil profond de mon œuvre ? Ne suis—je pas fort entre les forts, puissant entre les puissants !.. Est-ce que je suis fou P Allons donc! Est—ce qu’un fou a le cerveau aussi lucide, et le pouls aussi calme Sitâ! Sitâ! en ta paix profonde, c’est toi qui devrais tout craindre. Car ma volonté te menace, car ma force — que tu raillais — va s’élancer vers toi avec , la rapidité de la foudrel... Sitâ, je t’aime... et je t’ai condamnée! Je n’hésite plus l
r 74 L’INFflATION Dresse—toi, lentement, lentement, forme mystérieuse qui es ma volonté et ma vie l Va, libre des chaînes qui retiennent ici mon corps abject, va, Iinga Sharz’ra ! (Oh 1 comme elle prononçait doucement ces mots ! ) Va accomplir l’œuvre maudite... et reviens donner à mon cœur mortel la joie de la haine assouvie, de l’amour vengé l. .
Te voilà, ma messagère de mort 1 Salut l.. absorbe en toi toute ma force, bois ma vie, bois le fluide de ma poitrine et de mon cerveau... Je ne peux plus écrire... Il faut que je ferme cette enveloppe... Il faut... que nul ne connaisse... ce secret... Il faut écrire... à brûler... Ah i..
« On lit dans le Nouvelliste Parisien : « Depuis plusieurs jours, les locataires et le con cierge dela maison, rue... n°... n’avaient plus vu pa— raître un original, Louis de S..., qui vivait dans une sorte de claustration absolue. On se décida à avertir la police: le magistrat qui procéda à l’ouverture des portes constata que le malheureux était mort. Le décès semblait remonter à quarante-huit heures.
Le cadavre paraissait absolument exangue et présentait cette particularité qu’il était dans un état de conservation complète. Les médecins ont conclu à une rupture d’anévrisme. « On a trouvé, sur une table, auprès du cadavre une enveloppe ouverte dans laquelle se trouvait un manuscrit écrit d’une main fiévreuse, presque illisible et qui semble plein de divagationsincohérentes.
LE CHANVRE r 75 « L. de S... s’adonnait, croyons—nous,aux pratiques du magnétisme et avait le cerveau déséquilibré 1 Comme il jouissait d’une certaine fortune, les_ scellés ont été posés chez lui. « Le corps a été transporté à la Morgue. Post scrz’ptum. Au moment de mettre sous presse, nous apprenons que l’autopsie a infirmé le diagnostic des premiers médecins qui avaient examiné le cadavre de L. de S. Le malheureux se serait suicidé en se perçant le cœur avec une aiguille d’une finesse telle, qu’elle n’a laissé à l’intérieur_aucune trace de blessure. « Fait singulier, quand les employés ont pénétré ce matin dans la salle où le corps avait été déposé a on a trouvé le linceul jonché de feuilles de rose. Nul n’a pu dire qui était venu rendre ce pieux hommage à sa dépouille mortelle. » J nues LERMINA. l.E ËHAlWRE I Ëe chamre, est, de l’humanité Vipant sous les lois d’harmonie Etfleur1’ssdht en liberté, L’Image stricte, définie.
I 76 L’INITIATION Et Rabelais, par son burin Du chanvre éternisait la gloire, Quand il lui donnaitpourparram Son héros d’auguste mémoire. Il L’herbe Pantagruélion ' Pousse droite et sarde l’espace. Elle écarte de son sillon Larrons (I), mauvaise herbe, limace (2). Ses feuilles vont par cinq et sept Nombres de groupe et de série; Et le champ forme uneforêt Qui des vents brave lafurie. 111 De même que l’humanité, Le chanvre naît mâle etfemelle. A l’heure de la puberté Le double sexe se révèle Et l’on voit le champ se couvrir D’une lumineuse poussière ; L'étamz’ne vient de s'ouvrir! C’est l’amour quipeu'ple la terre! IV Lange, drap de lit ou linceul Le chanvre dont on fait la toile, (I) A cause de la corde qu’on tresse avec le chanvre pour les pendre. (a) Les gryphes pelue: (RABELAII). n.
LE CHANVRE 1771 Suit l’homme jusques au cercueil; Hier encor c’était une voile. N 'est—z‘l pas l’homme tout entier Quand pour remplacer la mémoire, Il est deuenu le papier ..
Sur lequel on écrit l’histoire P V Le chanfre n’a pas que son corps: De son esprit, ardente flamme, Il nous prodigue les trésors ; Du chanvre le Haschich est l’âme : Le Hasc/zz‘ch, ce suc précieux Du chanure d’Afrz‘que ou d’Asie, Dontjadis s’enivraient les Dieux, Et qu’ils appelaient l’Ambroisie! VI D’ancuns disent que le bonheur N'estpas l’humaine destinée, Dont chacun porte en son cœur L’espérance éternelle, innée.
Au Haschz‘ch ils n’ont point goûté; Car un peu de sa pâte uerte, Du rêve fait réalité, Est la porte toujours ouverte! V. MICHAL. - (L‘Esprit des Plantes.) (I) (l) 0 fr. 50. 5, rue Menessier, Paris.
t 78 L’INITIATION LIVRES REÇUS A L’INITIATION —-—-— Nxpouâou NEY. —- En Asie Centrale à la vapeur, préface de Pierre Véron, dessins de Dick de Lonlay. Magnifique volume in—8°, 3 f. 50 (Garnier frères, 6, rue des Saint—Pères). Compte rendu prochainement. Aucuns. SAMYN. — Un essaid’applicalion de la symbo lique comparée à, l’architecture funéraire. Liège, Ch. Claesen, 26, rue du Jardin-Botanique. In-fol.
M. Adolphe Samyn comme architecte et M. Houstant comme sculpteur «4 se sont efforcés de réunir sur les colonnes de ce monument, à l’extérieur, les caractères, signes et emblèmes qui ont servi à distinguer, soit la divinité suprême, soit son principal représentant dans les grandes religions tant du passé que du présent. .
A l’intérieur du monument sur les deux premières co lonnes vers l’entrée ont été disposées - des images em pruntées aux différents ordres des phénomènes naturels qui étaient pour les anciens un symbole ou un garant de l’existence future: les réapparitions périodiques du Soleil et de la Lune, la production du feu assimilé à la vie, les métamorphoses de certains insectes, la germination des semences et la floraison des plantes ).
Enfin l’inscription suivante : l’Etre unique aplus d’un nom, gravée sur les quatre faces du monument en fran» çais, en grec, en égyptien et en sanscrit, ainsi que des sentences morales gravées sur la stèle complètent ce mo nument. Une érudition très solide a présidé à la construction de ces symboles et nous ne pouvons que féliciter les auteurs de leur généreuse tentative, couronnée du reste de plein succès.
AMILCARE CIPRIANI. —— Les Romagnes et le peuple Ita lien, par Mm EM!LIE DE MORSXER. Lettre -préface de Be noit Malon (compte rendu prochainement). Dentu, 1889. PlERRE-ETIENNE Canner. — La Souveraineté humaine. Tarbes, 1889.
LIVRES REÇUS I OUVRAGES DE M. Forum En vente au Bureau du Jeu du Renard, 9, rue Guy—de-la-Brosse, Paris. Nouveau Dieu, nouveau Monde, in-18, 3,50. —- En tête des ouvrages de P. Poulin, qui doivent être mentionnés après Dieu selon la science, nous plaçons son livre de Nouveau Dieu, nouveau Monde. La société ne vit plus, elle agonise, et pourtant elle ne mourra pas. Donc la rénovation sociale est à bref délai de nécessité absolue.
Elle n’est toutefois possible que moyennant la transfor— mation morale dans l’humanité, que peut seulement réa liser la propagation de la certitude religieuse. Mais la nécessité du moyen ne peut être contestée, quand la nécessité de la fin est incontestable. Et étant donné ' l’émulation de dévouement qui résulterait de notre trans— formation morale, aucun autre ordre social se conçoit—il que l’association intégrale et universelle?
Voilà le Nouveau Dieu, nouveau Monde. La justice dans le socialisme et dans la propriété. in-18, 1 f. 50. —— Nous devons à P. Poulin un autre Ouvrage de socialisme, conçu dans le même esprit que Nouveau Dieu, nouveau Alonde; c’est le petit livre, aussi bien écrit que bien pensé, qui porte le titre De la Justice dans le socia lisme et dans la propriété. Réalité du droit, in—rfi, 1 f. 50. — Après cela, Réalité du droit.
Que signifie, nous dit-on, un pareil titre? Il importe de chercher en quoi consiste le droit; mais peut-on se demander si le droit existe? Oui; c’est ce qu’on doit se demander avant tout, et cette question affirmativement résolue. l’autre pourrait ne recevoir ja— mais de solution, que la société ne serait pas pour cela en danger de mort. Point de morale et conséquemment point de droit au sein de l’automatisme.
Donc l’ordre matériel étant l’ordre de nécessité, s’il n’y a que matière, auquel cas nous ne sommes que des automates, le droit n’a pas de raison d’être. Pour qu’il y ait droit réel, il faut que l’homme soit un être moral, c’est-à-dire libre et pensant, et que par con séquent, au lieu de n’être que matière, il soit une imma
t 80 L’INITIATION térialité unie à un organisme. Ces principes posés, Pou lin fait voir ce que valent la morale et les idées de réforme de la gente matérialiste, et c’est surtout aux élucubrations d'Emile de Girardin qu’il en a. La Religion sans culte, in-18, 1 f.
25. — De la Religion sans culte, qui est un résumé de Dieu selon la science,nous n’avons rien à dire, sinon que ce résumé est à l'usage des travailleurs intelligents, qui ayant peu le temps de lire, peuvent pourtant, tout en maniantla lime ou en poussant le rabot ou en tirant le ligneul, etc., ruminer ce qui leur serait resté dans la mémoire d’une courte et substan tielle lecture ; comme celle dont il s’agit.
Le Dieu non—être, parle même, in-18, t f. 25. Les Balançoires politiques, par le même, 8 br. in-18, ! f. 50. Éus ©ouonäs au 11889 Congrès spiritualiste. —- Congrès international des Œuvres et Institutions féminines. CONGRÈS SPIRITUALISTE Dans notre précédent numéro nous avons énuméré le forces des diverses fractions du parti spiritualiste prêtes à se grouper contre le matérialisme déjà bien proche de sa fin, au moins comme doctrine scientifique.
Ce grou pement vient de s’opérer en grande partie pour former une imposante manifestation en septembre 1889, à Paris.
Laissant là les questions de détails qui divisent les écoles, tous les groupes spiritualistes : Spirites, Philo sophes, Kabbalistes, Théosophes, Théophilanthropes, Swedenborgiens se sont spontanément unis sur les bases d’un terrain d'entente formé des deux points suivants : 1° Démonstration de l’immor’talité de l’âme ou de la survivance du moi conscient. , 2° Communication entre les vivants et les morts.
LES CONGRÈS EN 1889 181 Chaque groupe spiritualiste peut envoyer des délégués r(trois au maximum). L’ensemble de ces délégués forme ‘13 commission exécutive du Congrès Spiritualiste. Les adhésions des groupes et les envois des délégués tous reçus jusqu’au 31 juillet 1889 inclusivement. Le mercredi 24 avril dernier une importante. réunion de délégués a eu lieu, et le bureau de la commission a été nommé.
Le bureau se compose des membres sui— vants : MM.Dr Chazarain, Leymarie, Arnould, Gabriel Delan ne, Mongin, .Watchavsky, Caminade, Papus. Et de MM. Baissac et Smyth quiaideront particulière ment le bureau dans le dépouillement de la correspon— dance étrangère. ' Le succès du Congrès ne fait plus de doutes mainte nant. Les groupes de province et de l’étranger ainsi qu’un grand nombre de Revues ont déjà adhéré.
Dès à ' présent une liste de souscription est ouverte pour couvrir les frais du Congrès dans les journaux spirilualistes; l’Inilialion publiera le nom des souscripteurs qui lui adresseront le montant de leur souscription. Toutes les listes seront céntralisées et le résultat total sera publié dans tous les journaux adhérents. Les directeurs et rédacteurs des Revues Spiritualistes font de droit partie de la commission exécutive.
Pour tous les renseignements, s'adresser à M. Ley marie, 1, rue de Chabanais, Paris. t ‘\‘4» _ Il faut aussi constater le succès croissant de tous les mouvements intéressant les droits sociaux de la femme.
1Les cuivres féminines prennent chaque jour une impor tance plus grande,nous n’en voulons aujourd’hui prendre pour preuve que : 'LE comaÈs INTERNATIONAL DES ŒUVRES ET INSTITUTIONS FÉMININES C'est la première fois que le gouvernement patronne officiellement une manifestation en faveur des femmes. 7 »ra—az-VJ-—-—fl
1 82 t.’mrrumou Il suffit de jeter les yeux sur les noms illustres compo sant le comité d’organisation pour constater ce fait qui a une importance sociale plus élevée qu'on n’est géné— ralement porté à le croire. COMITÉ D’ORGANISATION MM : Jules Simon (de l’Académie); Legouvé de (l'A cadémie); Frédéric Passy (de l'Institut); Dr Ch. Richet, directeur de la Revue Scientifique; L.
Donnar, conseiller municipal ; Jean Macé, sénateur; Hippolyte Destrem; Echenauer ; Dr Goroditche; Beurdelay, maire du VIII‘ arrondissement ; Joseph Fabre; Jules Mansais (Référen daire au Sceau de France); De Maintaut, député.
Mm" : De Verneuil ; Isabelle Bojelot; Emilie de Morsier; Marjoline Scheffer; Marie Martin; Victorine Benoît (D" en médecine); Léa Bertaut; Legrand Priest ley ; Marie Lament, comtesse Pallavicini ; Marie-Anne de Bovet ; Duchesse de Pomar; Princesse Ouroussow, F. Moulton; Kœchlin-Schwartz; Mile de Broen. BUREAU Président : M. Jules Simon; Vice—présidente d’honneur : Mm' Kœchlin-Schwartz.
Secretaire : M"“ Emilie de Morsier; Marie Martin; M. Beurdeley. Trésorier : M. Jules Mansais. Le Congrès s’ouvrira le 12 juillet. Secrétariat : Au siège de la Bibliothèque Wolska, 2t, passage Saulnier, rue Lafayette. Secrétaire général, M119 A. de Wolska. n1vrsron DU PROGRAMME I. Philanthrophie et Morale. —- Enfance. — Vieillesse. - Prison. — hôpitaux. -— Indigence. — Assistance aux blessés. -— Action en faveur de la.
Paix. -— Prévoyance. — Protection. — Tempérance. Il. Pédagogie. — Le rôle de la femme dans les écoles maternelles, primaires, secondaires et professionnelles. . III. —- Arts, Scien’es et Lettres. IV. Législation civile. — La mineure. -— L’épouse. — La mère. — La femme commerçante. *I'
NOUVELLES DIVERSES 18?: LA BIBLIOTHÈQUE WOLSKA La bibliothèque internationale des Œuvres des Fem— mes, fondée par M11e A. de Wolska, sous la présidence d’honneur de S. M. la reine de Roumanie. a tenu sa première assemblée générale, au siège social, passage Saunier, 21.
Mm Emilie de Morsier, présidente de la séance, a exposé très clairement le triple but que se propose cette association : _ I° Faire connaître les œuvres des femmes dans tous les pays du monde ; 2° Créer un lieu de réunion où se rencontreront les femmes françaises ou étrangères qui s’occupent de ques tions intellectuelles et littéraires; 3° Faciliter aux femmes étrangères qui arrivent à Paris les moyens de se créer des relations parmi les femmes françaises dévouées à toutes les œuvres de pro grès, de façon à se mettre au courant de ce qui se passe en France et à être aidées dans les études qu’elles pour suivent.
3 M. Christian de Verneui1a alors donné lecture des statuts et règlements de la bibliothèque, qui ont été votés à l’unanimité. Les personnes suivantes ont également été nommées membres du conseil d’administration : Mme A. de Wolska, E. de Morsier, M. de Verneuil, princesse Ouroussow, A. Basset, F. Vigné, F. Moult0n.
MM. Franck, de l’Institut; Jean Macé, sénateur; doc teur Charles Richet, directeur de la Revue Scientifique ; Charles Read, Jules Baissac, Steiner DollfuS, G. de Morsier. Ont été nommés comme censeurs : MM. Christian de Verneuil et Narille Zodd. 4..._ N©UV]ËJLEÆS DEVËRËES LA KABBALE DE A. FRANCK - Bientôt va paraître chez Hachette la réédition de l’im«
1'84 L’INITIATION portant ouvrage de M. Ad. Franck de l’Institut sur la Kabbale. L’Initiation fera une analyse détaillée de ce livre dès qu'elle l’aura reçu. Mais nous tenons dès à présent à remercier le savant auteur de la mention qu’il fait de. l’Initiation dans sa préface. Cette préface a paru in et— tenso dans le Journal des Débats, du 18 avril. *I * Bientôt paraîtra chez Dentu un livre de notre collabo— tuteur RAYMOND, sur le Magnétisme.
Nous ne doutons pas du succès de cet ouvrage, vu la haute compétence de l'auteur en ces matières. 4Ravua Œ‘néosoemnua Le numéro 2 de la Revue Théosophique contient un article remarquable intitulé : les Portes d'or. L’élévation des idées, la méthode et la clarté font de cette étudepne lecture des plus utiles à tous les oceultistes. Amaravella. continue dans ce numéro ses études sur les classiques. chinois.
L’article de début intitulé : Signal de Danger par, Mm H. P. Blavatsky a une toute petite teinte d’invite à_ la polémique et nous est personnellement consacré; aussi sommes—nous obligés d’en dire quelques mots. Tout en déclarant que « la conférence de M. Papus sur le cachet de la bociété Théosophique est admirable, et. l'érudition qu’il y montre, fort remarquable » ce dont nous sommes très honorés venant d'une telle bouche, Mme H. P.
Blavatsky n’est pas de notre avis au sujet de la définition des termes : initié et adepte. Cette définition a été donnée comme base d'un en seignement méthodique que compte donner n0tre revue. Aussi nous garderons-nous bien de changer quoi que ce soit au sens des termes que nous employons. Initium en latin veut dire commencement, du moins en Occident. S’il en est autrement en Orient il suffit de le dire et_le
REVUE THÉOSOPHIQUE _ 185 lecteur saura ne voir qu’une même idée sous les termes différents. Chacun des quarante rédacteurs de notre revue donne le sens qui lui convient aux mots qu’il emploie;la partie initiatique est rédigée par ceux qui -concordent entre eux dans la définition des termes em ployés. Telle est la raison pour laquelle nous conseil— lons à chaque auteur traitant de Science occulte de bien définirles termes qu'il emploie.
Comme les idées exprimées sont absolument les mêmes pour tous, on arrive toujours à s’entendre par ce moyen. Mme Blavatsky vient de lire Ragon ainsi que le montre son article; nous sommes fort heureux d’apprendre la haute opinion qu’elle a de cet auteur.
Nous ferons ce pendant remarquer que sila Franc-Maçonnerie a perdu le sens de ses symboles, il existe des centres d'lnitiation en Occident qui le possèdent encore intégralement, entre autres les Martinistes et les groupes de la Rose Croix pour ne citer que ceux-là.
Il suffit de lire 'Wronski (1), Claude de Saint-Martin (2), le théosophe, et Fabre d’Olivet (3) pour voir que Ragon, quoique très estimable, n’a possédé que des bribes de la grande tradi tion occidentale. MM Blavatsky nous a déclaré à nous même, quand nous eûmes l’honneur de la voir à Londres, qu’elle n’avait lu ni Wronski, ni Fabre d’Olivet.
En les lisant et en nous donnant son avis sur ces auteurs, elle nous rendrait un très grand service puisqu’ils forment la base des études d'occultisme en France au moins quant au point de vue écrit, déduction faite de l’ensei gnement oral. La Théosophie ne possède pas encore d’ouvrage mé thodique et le Français aime la méthode et la clarté avant tout.
Voilà pourquoi nous renvoyons toujours l’étudiant aux ouvrages nationaux ainsi que pourra le voir M‘"' Blavatsky en parcourant la liste des livres initia (t) Messianisme ou réforme absolue du savoir humain. Apodictique Messianique. (a) Œuvres et surtout le Tableau naturel et les traductions de Bœhme. (3) Vers dorés de Phytagore. —Langue hébraïque restituée. - His toire philosophique du genre humain. 4’
1 86 L’INITIATION tiques cités, par ordre de progression, à la 6" page de la couverture de notre revue. Du reste, la définition des termes initié et adepte est. très souvent prise dans le sens que nous lui attribuons en plusieurs endroits de The Secret Doctrine. Si M‘" Bla vatsky y tient, c’est avec grand plaisir que nous lui cite— rons ces passages. P.
ËIB QΑ_AR©T Voici un extrait de la table méthodique des Matières du volume de Papus sur le Tarot qui paraîtra le 1" juin Ce volume sera un grand in-8°, d’environ trois cents pages, avec huit planches en lphototypie hors texte et deux cents figures dans le texte (Carré, éditeur, 58, rue Saint-André-des-Arts): LE TAROT DES BOHÉMIENS LE PLUS ANCIEN LIVRE DU MONDE (A l’usage exclusif des Initiés.) PREMIÈRE PARTIE CLEF GÉNÉRALES DU TAROT DONNANT LA CLEF ABSOLUE DE LA SCIENCE OCCULTE CHAP.
I. —- Introduction à l’étude du Tarot. -— Mort pro chaine du Matérialisme. —— La Synthèse. -— La Science Occulte. — Les Sociétés secrètes. —— Les Cultes. — Le Peuple transmetteur de l’Esotérisme. — Les Bohé miens. -— La parole sacrée de la Franc—Maçonnerie. — Notre travail. Cnxp. Il. — Le mot sacré iod-hé-vau-he’. — La Kabbale et le mot sacré. Le iod. —-—Le hé. — Le Van. — Le 2° Hé. — Synthèse du mot sacré.
LE TAROT 187 Char. III. —— L’Esote'risme des nombres. -— Les nombres et les opérations théosophiques. — Signification des nombres. Crue. IV. —- Rapports du mot sacré et des nombres. -— La série Kabbalistique et la série des Nombres. — Explication de la Tétractys de Pythagore. —— Figura— tion de la Loi générale. Crue.
V. -— La clef des arcanes mineurs. — Constitu. tion du Tarot. — Étude d’une couleur. — Les q_parre figures. — Les dix nombres. — Rapports des figures et des nombres. — Étude des quatre couleurs. -— Figu— ration générale des arcanes mineurs. Cn.u>. VI. — La clef des arcanes majeurs. ——Arcanes Majeurs. — r" Ternaire. — 2° Ternaire. — 1°" Septe naire. — Le 3° Septenaire. et le Ternaire de Transi tion.
CHAP.VII. —Rapports des arcanes majeurs et mineurs. — Domination du l“ Septenaire. — Rapports du 2° Sep tenaire dans le Tarot lame par lame. — Rapports du 3° Septenaire.— Rapports généraux.— Rapport de iod, de he’, de vau,de he'. — Figure générale donnant la clef du Tarot. DEUXIÈME PARTIE APPLICATION DE LA CLEF GÉNÉRALE AU SYMBOLISME. -— LE SYMBOLISME DANS LE TAROT Crue.
VIII. — Introduction à I'Etude du Symbolisme. —— Le Symbole. — Les termes primitifs. — Clefdu Sym— bolisme. — Détermination immédiate de sens d’un des symboles. -— Loi générale du symbolisme. CHAP.
IX. — Histoire du symbolisme du Tarot. -— Re cherche de son origine. —— Le Tarot est un livre egyp tien. — Ses transformations. -— Jeu de Mantegnua. -— Tarot Vénitien.—Tarot de Florence. -— Tarot de B0 logne. — Tarots indous. — Taret chinois. — Tarots actuels. — Etteila. — Marseille. — Besançon. — Wa tillaux. — O.
Wirth. — Tarots italiens et allemands. — Constitution du symbolisme du Tarot.— Les seize signes hiéroglyphique5 primitifs. — Les vingt-deux lettres hébraïques. 0
t 88 L’INITIATION Crue.
X. — Le Tarot Symbolique. — r" Septenaire : Tnéooome. — Plan du travail. — Clef du l“ Septe— naire. — La 1"’ lame du Tarot origine de toutes les autres.— Les trois principes de l’absolu. — La Trinité 2° Lame : La lettre hébraïque Beth origine du symbo lisme de la 2° lame du Tarot, la Papesse. — 3° lame : Le Ghimel origine du symbolisme de la 3' lame l’lm pératrice. — 4' lame : l’Empereur (Daleth). -— 5° lame : le Pape (Hé). -— 6° lame : l'Amoureux (Vau). — Ré sumé du 1°“ Septenaire : Constitution de Dieu.
CHAP. XI. — 2° Septenaire : ANDROGONIE. — Clef du 2’ Septenaire. — 7° lame : le Chariot (Zaîn). — 8' lame : la Justice (Heth). — 9‘ lame : la Trinité (Teth)_ — 10° lame : la Roue de Fortune (iod). -— ll° lame : la Force (Gai). — 12" lame : le Pendu (Lamed). — Ré sumé du 2° Septenaire : Constitution de l'homme. CHAP.
Xll. — 3' Septenaire : COSMOGONIE. — Clef du 3° Septenaire. — 13° lame : la Mort (Mem). — r 4. lame : la Tempérance (Nun). — 15° lame : le Diable (Samech). — 16° lame : la Maison Dieu (Gnaîn). -— 17' lame : l'Etoile (le Phé). — 18° lame: la Lune (Tsa dé). — Résumé : Constitution de l’Univers. CHAP.
XIII. — Transition générale. — rg° lame : le So leil (Coph). —— 20° lame : le Jugement (Resch). —- 20° lame :le Mat (Schin). —— 21° lame : le Monde (Thau) — Résumé. Crue. XIV. — Résumé général du Tarot symbolique. -— Involution et Evolution.— TI1éog0nie : L’absolu d’après Wronski. Lacuria et le Tarot. — Théogonies des diverses religions,identiques à celle du Tarot. —- Ré— sumé. — Androgonie : Tableau résumé. — Cosmogonie '. Tableau résumé.
Tableau résumant le symbolisme de tous les arcanes majeurs et permettant de déterminer immédiatement, la définition du sens de l’un quelconque de ces arcanes TROISIÈME PARTIE APPLICATIONS ou TAROT CHAP. XV. — CIe/‘géne'rale des applications du Tarot. — Le principe et les formes. — La 21' lame est une
LE TAROT 189, figure principe. -— Le Tarot. — L’année. -— Le mois. — La journée. —— La vie humaine. CHAP. XVI. — Le Tarot astronomique. — Astronomie des Egyptiens.-— Les quatre saisons. — Les douze mois. — Le 36 décans. — Les planètes.— Rapports ab solus avec le Tarot. -— Figure résumant l’application du Tarotà l’Astronomie, clef des Travaux astrolo giques de Christian. —- Le Tarot astronomique d’Oswald Wirth. Case.
XVII. — Le Tarot Initialique. — Le travail de Ch. Bar1et sur ce sujet —— Involution et Evolution. — Les heures d’Apollonius de Tyane. — Les phases de l’lnitiation figurées par le Tarot. CHAP. XVIII. — Le Tarot Kabbalistique. —- Déduction d’Etteila surle livre de Toth. — Exemple d’application du Tarotà la. Kabbale. —— L’Hiérogramme d’Adam par Stanislas de Guaita. CHAP.
XIX. — Auteurs qui se sont occupés du Tarot. — Cardan. —'Postel. -— La Rose-Croix. — Court de Gébilin. — Etteila. — Claude-de-St-Martin‘. —- J.-A Vaillant. — Christian.— Eliphas Levi. -— Stanislas de Guaita. —— Joséphin Peladan. — The Plutonist. -— Theosophical publications. — F. Ch. Barlet. — O. Wirth. —Poirel. —- Ely Star. — Matthers. — H.-P.. Blavastky. — Ch. de Sivry. CHAP.
XX. —-Le Tarot Divinatoire en sept leçons.— Introduction. -— A nos lectrices. — L’Astronomie et l’Astrologie. — L’initiation. - Le tirage des sorts par le Tarot en sept leçons. — 1° leçon : Simplification des règles du Tirage des Tarots. — 2°leçon : Arcanes mineurs. — Significations. — Inutilité de beaucoup de mémoire pour les retenir. -— Clef du Tarot divi natoire. — 3° leçon: Arcanes majeurs. — Signifi cations au point de vue divinatoire. — 4° leçon: Bases. de l'application de ces données. — Etablissement du Sort. — 5° leçon: Tirage du Tarot. — Procédé rapide. — Procédé développé. — o° leçon : Méthode originale et inédite d‘Etteila pour le tirage du Tarot. —g (d’après un de ses plus rares ouvrages) 1' coup. -— 2° coup. —- 3" coup. — 4° coup. -— 7° leçon : Conclusion. — Bibliographie.
I go L’INITIATION CHAP. o. — Application du Tarot aujeu. — Le jeu royal de la vie humaine suivant les Égyptiens. — L’unité des jeux par le Tarot. CHAP. XXI. — Conclusions de l’ouvrage.
Waum’r1äs UN DOCTEUR ÈS-SCXENCES OCCULTES Nos lecteurs ignorent sans doute l’existence du plus grand occultiste que la terre ait produit jusqu‘à présent : je veux parler de M"“ LOUIS MONO, chevalier de l'ordre royal de Mélusine (l) et noble patricienne de la ville de Rosarno (Italie), (l) membre de l’Institut... electro médical... de Toulouse, titulaire de son grand prix du novateur (P) et grand dignitaire du prix Saint—Louis des commandeurs... du Midi (Toulouse), membre de l’École Dantesque de Naples et un: PLUSIEURS AUTRES socnänäs SAVANTES, lauréat des expositions de;Paris et de Lyon, etc. Tous ces titres ne sont pas l’œuvre d’un mauvais plai sant; mais sont copiés textuellement sur la couverture du journal que dirige cette dame : Le Magicien.
Or le dernier numéro du Magicien contient notre condamna tion définitive ; M“ Mond nous accuse de vouloir nous emparer de la Science Immense contenue dans ses œuvres. Effrayés de cette horrible accusation nous avons pris le parti de parcourir l’œuvre capitale, l’œuvre des œuvres du chevalier de l’ordre royal de Mélusine : LE COURS DE MAGNÉTISME (prix, 0,25 0., 34, rue de la Montagne—SainIe—Genevjève, Paris).
C’est alors que nous avons compris toute la portée de notre faute ; à la page 58, de ce volume (P) on trouve la révélation scienti— fique suivante : L’animal ou corps matériel respire, ce que chacun sait, par la bouche et les narines, il aspire l’oxygène et tes— pire 1’HYDROGÈNE.
VARIÉTÉS - I 91 Mm Mond peut donc se rassurer, la ville de Rosarno (ltalie) n’aura pas la douleur de voir une de ses nobles patriciennes méconnue plus longtemps. On n’apprend ' pas la chimie élémentaire (composition de l’Air) ni les premiers principes de Physiologie (respiration) dans cette bonne ville; mais en échange qu’on est fort en Science occulte 1 Ainsi je vais commencer à mourir. Savez-vous pourquoi?
Parce que j’ai offensé cette dame (qui me confond du reste avec Fabius de Champville, lit térateur de talent et rédacteur de l’Initiati0n).
Mainte nant que vous connaissez la science que je suis prêt à plagier, dégustez le Style; Mm Mond explique la loi qui va me faire mourir : 4 A cette loi, unie à une plus terrible encore, forme une intelligence qu’il ne nous est pas permis de formu ler ici, laquelle (i) est le grand arcane du mouvement vital s’échangeant entre tous les êtres de la création, intelligence qui est tout à la fois du magnétisme ani mal et du magnétisme occulte.
Que ces messieurs la trouvent et ils pourront se relever du pouvoir qui nous donne empire sur eux par le fait de leur injure à notre égard, sinon..... (Textuel). Le Magicien (page 158). » Comment voulez-vous donc, 6 Madame Mond, qu’on vous plagie.
Ne pouvez-vous pas tuer instantanément l’audacieux qui voudrait le faire et le malheureux ne serait-il pas reconnu au style? ‘ J‘espère que vous n’aurez pas la mauvaise grâce de vous fâcher; on pardonne tant de choses à un homme qui va mourir et, si vous vous emportez, vous vous con tredirez, puisque vous nous avez pardonné à la page 157.
Quoique n’étant pas docteur ès-sciences occultes ni maître en magnétisme, comme vous, 6 Madame Mond, je vais vous donner un moyen sûr de tuer les gens qui osent dire que vous n’avez pas inventé le magnétisme et que vos livres ne sont pas écrits en français; mais bien en rosar nien (Italie) : ce moyen c’est d’approcher une allumette allumée de la bouche de ces détracteurs, l’uvnnocizuu qu’ils expirent s'enflammera et alors..... (1) La Loi ou l'Iutelligeuce (i)
192 L’INITIATION -II J'espère que voilà une belle réclame, mais je vous l préviens que désormais l’Initiation ne répondra plus à vos attaques quelles qu’elles soient et qu’aucun de ses rédacteurs n’essayera par là de nuire à votre juste re— nommée. PAPUS, Ni docteur ès-sciences occultes, ni noble patricien de Rosarno, etc. Avrs A nos LECTEURS. — M'“ L.
Mond n’a pas formé d’autre somnambule merveilleuse que la sienne et elle n’a d’autre cabinet en ville que celui du Magicien. — On peut consulter par correspondance (n° 138 du Magicien, p. 136) 14., rue Terme, Lyon). \ L’abondance des matières nous oblige a renvoyer au prochain numéro la liste des périodiques reçus à l’Initiation. - Le Gérant . ENCAUSSE. TOURS, IHP. l. ARRAUL‘I‘ ET CIE, RUE DE LA PRÉFECTURE, 6 . :.r5ä’
AVIS A NOS LECTEURS Nous avons fait subir à la Revue queques légères modi fications dans la disposition de la couverture. Ces modifications commencent avec le troisième volume de l’Initiaiion. Nous pouvons maintenant donner le Sommaire en tête de la Revue, ce qui facilitera beaucoup les recherches.
Nous ajoutons, en outre, quelques renseignements fort utiles qui nous sont demandés depuis longtemps par nos abonnés et nos lecteurs, sur les livres à consulter pour étudier la Science Occulte, sur le but et l’organisation de la Revue, etc., etc. Nous prions tous ceux qui auraient des observations à nous faire, ou des idées à nous exposer, de vouloir bien écrire au directeur de la Revue.
Les avis des abonnés et des lecteurs sont toujours pris en sérieuse considération par la Direction. AVIS IMPORTANT Nous recommandons à nos lecteurs une nouvelle librairie qui vient de s’ouvrir, u, Chaussée d’Amin; c'est la librairie de l’Art Indépendant. Tous les livres de Science occulte y sont en vente aux meilleures conditions.
PRIME Ce numéro contient en prime les portraits des Alchimistes cé lèbres d’après un des plus rares ouvrages d‘alchimie. Cette prime est réservée aux abonnés. L’Initiati0n est la seule revue qui ait dans un si court espace de temps donné de si belles primes et en si grand nombre à ses lecteurs et abonnés. r ""*mn>
LECTURES UTILES POUR L'INITIATION Beaucoup de nos lecteurs nous demandent les ouvrages qu’il faut lire pour acquérir une connaissance générale de la Science Occulte. Il est très difficile de répondre à cette demande d’une manière absolue; nous allons toutefois donner quelques rensei gnements à ce sujet.
Les personnes qui ne veulent qu’avoir une teinte générale de cette question sans avoir le temps de beaucoup lire suivront avec fruit la progression suivante dans leur lecture: I. Zanoni, par Bulwer Lytton (traduction française.) — 2. Traité élémentaire de Science Occulte, par Papus. — La Science Occulte, par Dramard. — 4. Crookes, Recherches sur la Force psychique. —— A Brûler, par Jules Lermina.
Les lecteurs qui veulent approfondir davantage ces questions peuvent ajouter à ces ouvrages les suivants: La Science du Vrai, par Delaage. — Au seuil du Mystère (2° édition), par Stanislas de Guaita. — Le Tarot des Bohénz_iens, par Papus. —- Histoire de la Magie, d‘Eliphas Lévi. — Mission des Juifs, de Saint-Yves d’Alveydre. — Collection de l’Initiation et du Lotus. —— La Messe et ses Mystères, par Ragon.
Enfin les travailleurs consciencieux qui voudront pousser leur étude encore plus loin, choisiront dans le tableau suivant divisé en trois degrés. Les ouvrages sont d‘autant plus techniques que le degré est plus élevé. Nous n’avons cité que les livres qu’on peut se procurer en librairie et qui sont écrits en français. Sans quoi un volume ne serait pas de trop pour tous les ouvrages utiles :. PREMIER DEGRÉ. — (Littéraire).
Spirite, par Théophile Gau thier. -— Louis Lambert. Seraphitus Seraphita, par Halzac. — Le Vice Suprême, par Joséphin Péladan. DEUXIÈME DEGRÉ. — Eurêka, par Edgard Poë. — Fragments de Théosophie Occulte, par Lady Caithness. — Les Grands Mystères, par Eugène Nus. — Voyages dans l’Inde, de Jacolliot. -— Le Spi ritisme, par le Docteur Gibier. -— Force psychique, par Yveling Rambaud. TROISIÈME DEGRÉ. -— La Kabbale, par Ad.
Franck. — Clef des Grands Alystères, par Eliphas Lévi. — Dogme et Rituel de Haute Magie (du même). — La Science des Esprits (du même). — Le Sep/ner Jésirah, par Papus. — La Théorie des Tempéraments, par Polti et Gary. — La Chimie Nouvelle, par Louis Lucas, etc.,etc. On trouvera des listes complémentaires dans ces mêmes ouvrages et surtout à la fin du traité de Papus. L'éditeur CARRÉ se charge de procurer tous ces ouvrages franco, au prix marqué de chacun d’eux. "‘2‘
L’INITIATION RÉDACTION ADMINISTRATION 14, rue de Strasbourg, 14 ABONNEMENTS, VENTE AU NUMÉRO PARIS G. CARRÉ DIRECTEUR; PAPUS 58, rue Saint—André—des-A ris Rédacteur en chef: ‘ George MONT 1E RE Secrétaires de la Rédaction : FRANCE, un an10 Ïl" CH. BARLET. -— J. LEJAV ÉTRANGER, -— 12 fr. RÉDACTION : 14, rue de Strasbourg. —- Chaque rédacteur publie ses articles sous sa seule responsabilité.
L’indépendance absolue étant la raison d’être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d’un article. MANUSCRITS. — Les manuscrits doivent être adressés à la rédaction. Ceux qui ne pourront être insérés ne seront pas rendus à moins d’avis spécial. Un numéro de la Revue est toujours composé d’avance : les manuscrits reçus ne peuvent donc passer au plus tôt que le mois suivant.
LIVRES ET REVUES. — Tout livre ou brochure dont la rédaction recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s'il y a lieu. Les Revues qui désirent faire l’échange sont priées de s’adresser à la rédaction. / ADMINISTRATION, ABONNEMENTS. 4 Les abonnements sont d’un an et se paient d‘avance à l’Administration par mandat, bon de poste ou autrement.
AVANTAGES DES ABONNÉS. — Les abonnés anciens et nouveaux reçoivent gratuitement les primes fréquentes qu'a données et que donnera l’Initiati0n. Chacune de ces primes représente 21 elle seule la valeur du numéro. ' L’Initiation paraît le 15 de chaque mois en un beau numéro de 96 pages, format d’un volume ordinaire. Elle est en vente chez les principaux libraires de Paris (voir leur adresse à la 8e page).
PRINCIPALES MAlSONS VENDANT L’INITIATION AU NUMÉRO LIBRAIRIES C. MARPON ET E. FLAMMARION Galeries ,2, Bouleuard i 14. rue Auber LEL[Ë G]; 015 Rue de Marengo de [Odéon des Italzens gérant Remise de 15 à 20 010 sur les prix des éditeurs LIBRAIRIE DE L’ART INDÉPENDANT 1 r, Chaussée-d'Antin. 1 1 S E V I N 8, Boulevard des Italzens.
Réduction sur les prix marques Tous les livres de Science Oc_ culte y sont en vente et aux Maison recommandée. . . . meilleures conditions. G 0 R R E 3, Boulevard Saint- Martin. SAUVAITRE 72, Boulevard Haussmann. PHOTOGRAVURE, PHOTOTY PIE —Mfl— MAISON E.
POIREL 38, rue de la Tour-d’Auvergne, 38 PARIS Reproduction au plus bas prix de gravures, frontispices, manuscrits de Science Occulte tirés des collections rares et des grandes bibliothèques. — Procédés spéciaux permettant de conserver toutes les demi-teintes. Toutes les primes de l’Initimion sont exécutées par les procédés de la Maison POIREL, 38, rue de la Tour-d’Auvergne, Parts. 1OURS, I)IP. E. ARRAULT ET CIE.