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DEUXIÈME VOLUME TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES PHILOSOPHIE RACES Essai sur la Situation . par L. . . 1-146-25,3 HYPNOTISME l.cs Maladies épidémiques de l'Esprit, du I)' Paul Reynam)......................... S5 Cachexie nicotiqu* guéric, par E. Décroîs . . 142 Hypnotisme, par Rovxel. 260 Expériences suivies d'hypnotisme, par H. Pelutier..........................277 philosophique (W-) . . .
SCIENCE OCCULTEMCE» La Pierre philosophale, par Parus...................... 3 1 La Synarchie, par R cm1. Caii.l ié ................................. hj La Divination artificielle, par R oueel.................. io 3 L'Astrologie, parEuïSiAii 13o Expériences sur la Force p sy c h iq u e , par H. PELLETIER......................
IS5 FRANC-MAÇONNERIE tju'est-ce qu'un Initié, par Parus............................ tri 3 THÉOSOPH1E Theusophie et Sociologie, par Barleî...................... 219 Prière tliéosuphique. . , 277 KABBALE Explication du Pantacle de la Pose-Croix, par Stanislas i>i Guaita . . 200 SPIRITISME Les Origines et les Fins, par Etats 1 Nu». . . .
273 DIVERS La Théorie des Tempé raments, par Polti et Gary............................. •7 Le Testament d’un Haschichéen, par J ules GtK AU 0 ............................. 50 S oit................................... 84 Déclaration à nos lec - leurs et à nos abonnés. 97 Vite Découverte, par M. Charles Hfsat . . . . 181 L'Abbé Roc a et les Con grégations .................. 279
| • §SSAI 3ïik la Situation PhIlosophsqus Le développement des idées est incontestablement soumis à des lois, lois mathématiques comme celles qui régissent la mécanique et la physique : le déve loppement des mœurs lui est parallèle, et ils réagissent l’un sur l'autre. Notre époque se signale par l’embrouillement des doctrines et par l'affolement des mœurs.
Une morale inférieure, beaucoup trop de théorie, beaucoup trop peu de pratique, voilà ce qui nous caractérise. Cette anarchie sûrement ne durera pas; l'èrc est proche qui verra naître une nouvelle philosophie et une nouvelle société. Notre mode de penser est usé : s’il satisfait la raison, il laisse le cœur vide. Le pessimisme n'est pas une solution ; or tous les philosophes d'aujourd'hui y aboutissent.
L'école des systèmes contemporains permet d'induire ce que pourront être les futures formules du xx* siècle. C'est ce que nous avons tenté. Que le lecteur se montre indulgent envers cet essai ; r < , V* •
2 l ’initiation en pareil sujet l'erreur est facile, l'impartialité presque impossible. Le seul voeu que nous formons pour lui est qu'il contribue à remettre en honneur la philosophie sans laquelle ni la science ni la morale ne peuvent pro gresser. W. ♦ ¥ * I L'antiquité se termina dans une grande lutte de philosophes.
Aux premiers siècles du christianisme ce fut un déchaînement des systèmes les plus contraires, des doctrines les plus opposées: galilécns. phari siens et saducéens : pythagoriciens, platoniciens, et néo-platoniciens ; stoïques et épicuriens se dispu tèrent sans relâche dans les écoles, et les bouleverse ments du vieux monde semblèrent petits comparés à cette bataille gigantesque, â cette mêlée prodigieuse des idées où tant d'intelligence fut dépensée, où l'ef fort des esprits fut si intense que la théologie et la sco lastique purent régner sans peine pendant plus de huit cents ans sur l’Europe endormie, épuisée par l'effort.
Avec le xix* siècle paraît s'ouvrir une ère semblable. Notre époque, non contente des résultats acquis ou retrouvés depuis la Renaissance, se signale par l’abon dance et la diversité des opinions et des théories.
Sous Louis XIV la philosophie avec Descartes, Bacon, Hobbes. .Malebranchc et Bossuet, même avec Pascal, lut celle qui convenait au pouvoir absolu, au pouvoir de droit divin : elle glorifie l’homme, oublie la nature : son unité est bien apparente. Seul. Spinoza
ESSAI SUR LÀ SITUATION PHILOSOPHIQUE 3 proteste au nom du panthéisme, mais son heure n'était pas venue et ses disciples n’apparaissent que longtemps après. La Monadologie est une œuvre de transition; l’har monie préétablie un fgrand essai d'accommodement entre l’homme et les créatures qui l’entourent : Leibnitz prépare les philosophes de la nature, il pré pare Condillac, Voltaire, Rousseau et les (Encyclo pédistes.
C’est à peine si le pyrrhonisme involon taire de Berkeley jette une note ^discordante dans cette belle symphonie des humanitaires qui ne connurent qu’une erreur, capitale par exemple, « de n'avoir point pour le mal toute l’horreur qu'il doit inspirer. » (i).
La Révolution et les guerres de l’Empire, le déve loppement des sciences d’observation, l’œuvre de Goethe, ont achevé de dégager de scs liens la pensée moderne sur laquelle l’Eglise avait si pesamment exercé son joug qu’on retrouve son influence même chez scs adversaires les plus convaincus.
Mais la liberté entraîne l’anarchie; la liberté mo rale, plus sûrement et plus vite que la liberté politique, amène la dissolution et l'éparpillement : l’éclectisme a tenté d'extraire un corps de doctrine de toutes celles qu’il réfutait, mais comme on ne bâtit rien de dura ble avec des matériaux tirés de racines, il n’a fait qu'accélérer la désagrégation, et en détruisant les sys tèmes qui l'avaient précédé il a contribué à la multi plication des théories, à l’amoncellement des De nnturci rerum de toutes marques qui constituent l'as- (i) Guizot.
4 l’initiation semblage le plus disparate qu’on ait connu depuis l’Ecole d’Alexandrie. Ce fut certes une grande et belle idée que celle de Victor Cousin.
Son tempérament à la Bossuet le poussait à réglementer la philosophie comme l’Eglise l’avait fait pour la théologie : mais loin de proscrire l’examen et la discussion, il voulut s’en servir exclu sivement: rêve impossible, utopie généreuse, qui dénote de la part de son auteur plus d'illusion sur le cœur humain qu'on ne penserait en trouver chez un homme qui a vécu pour la philosophie et qui s’est illustré par elle.
La psychologie, avec La Romiguière. Royer-Collard et Maine de Biran. continuait à se développer sur les bases d’autrefois. La Romiguière essayait, sans y par venir, de rajeunir Condillac et de l’accommoder au progrès des idées. Royer-Collard discutait sur la con naissance. il se montrait profond analyste et habile argumcntatcur.
Maine de Biran. par ses conscien cieuses monographies, contribuait pour une grande part, plus peut-être que Cousin lui-même, au triomphe du spiritualisme à l'Université de France. Vers la même époque, concurremment avec cette splendeur de la philosophie oftïciclle. le socialisme s’épanouissait et passionnait les esprits.
Les SaintSimon. les Fourier et les Proudhon semaient à la volée leurs paradoxes et leurs sophismes. œuvres bizarres où les traits de génie côtoient les absurdités sans nom. où le rationalisme se mêle au mysticisme, où l’oubli des conventions est si absolu, la poussée vers le neuf et l’inconnu si intense qu’on se demande
ESSAI SUR LA SITUATION PHILOSOPHIQUE 5 quel est leur but et si les auteurs nont point cherché autre chose qu'allbler la conscience humaine. Fouricr, le communiste, prêche l’anarchie et l’en tier laisser-aller, il veut par là affirmer la liberté. Saint-Simon, au contraire, anéantit la personnalité et noie l'individu dans une effrayante organisation où le panthéisme est religion et le despotisme gouver nement.
Proudhon cherche à renverser l’idée d’un Dieu personnel extérieur à sa création et les principes les plus vulgaires du droit commun : un de scs pam phlets a pour titre : la Propriété, cest le vol. Ce lurent trois tentatives gigantesques, elles don nèrent naissance aux mouvements socialistes qui ne font que s'accentuer de plus en plus; elles attaquaient les idées et les institutions les plus dures à l’homme: la responsabilité et l’idée du devoir, la famille et la propriété.
Tandis qu'en France on tentait d établir une cons titution philosophique qui n’eut pas plus de stabilité que ses contemporaines politiques, et que le socia lisme poussait de vigoureux rameaux, on travaillait en Angleterre sur un terrain plus restreint mais plus solide, sur la logique.
Hamilton proscrivait la métaphysique, la rayait bru talement par un sophisme ingénieux mais futile, s’ima ginant l’avoir détruite, de même qu’on prétendait, dans les classes, réfuter le pyrrhonisme par le fameux argument, si enfantin d’ailleurs, du doute du doute. Stuart MilI vint ensuite, et marchant dans la même voie, sous l’influence de Comte, inaugurait la logique et la psychologie expérimentale. Sa Logique est une
l'initiation oeuvre à part, où l’originalité ne le cède en rien à la clarté et à une admirable exposition des phénomènes de l’esprit ; le contraste est violent avec Fa métaphy sique allemande du même temps.
Lebon senséelatant dont elle s’illumine, la rigueur mathématique de ses définitions et de scs déductions, la convenance par faite doses inductions, ne permettent de la comparer, parmi les traités analogues, qu'à un seul : le Discours sur la méthode. On sent que l’auteur est du pays de Bacon, du pays de la science expérimentale, du pays des Newton, des Davy et des Priestley.
En ce qui concerne la connaissance, il n’admet en réalité que les phénomènes ; d'aprèslui, on peut définir la matière : une possibilité permanente de sensations; il nous ramène ainsi à Condillac, il le rajeunit et avec plus d’autorité que La Romiguière; avec lui apparaît la définition moderne de l'esprit; l’esprit n’est qu'une chaîne de faits de conscience.
Dans sa Logique il établit ou croit établir que les axiomes ne reposent que sur l'expérience ; « Toutes les sciences commencent par être inductives, elles ne prennent que plus tard la forme déductive. L’induc tion seule nous instruit (point commun avec Condil lac). Pas de volition sans antécédent, donc détermi nisme absolu.
Son Économie politique s'en ressent ; après avoir nié que la société soit une institution natu relle il la subordonne entièrement à la raison et admet trois époques : théocratique. métaphysique et logique. Toutefois, en appliquant à l'économie politique les résultats trouvésen logique, il en agrandit le domaine
ESSAI S IR LA SITUATION PHILOSOPHIQUE 7 et il prépare la sociologie. On peut même dire qu'il en est le fondateur. Cette doctrine de la sensation allait compter d’illustres disciples, Bain et Herbert Spencer, et Taine en France.
Bien que son domaine ne.s’étende pas au delà de la pure psychologie et quelle ne puisse constituer à elle seule une philosophie à part, on doit lui être reconnaissant des progrès qu'elle a fait faire à l'analyse de l’esprit et de la voie nouvelle où elle a lancé la physiologie.
Dépouillant les errements an ciens. effaçant ce son vocabulaire les entités vagues en lesquelles on prétendait, à priori, décomposer l’intel ligence, elle s’est résolument lancée dans l'observa tion. détruisant cette vieille barrière que l’orgueil de l’homme avait élevée entre lui et le reste des êtres, et, ne voulant voir en lui qu’un animal supérieur par la complicité et la richesse d’organisation, elle l’a étudié avec une sincérité dont on ne saurait trop la louer.
Cependant l’Allemagne, loin d’abandonner la métaphysique, produit le plus gigantesque système déductif qu’on ail vu s’élever depuis Spinoza. Hegel, le plus puissant esprit, après Kant et Leibnitz, de ce pays si riche en philosophes, développe le panthéisme rationnel, l’accorde avec la science moderne, et l’édi fice qu’il élève est si imposant d’aspect, qu’on n’aperçoit pas tout d’abord, en l’admirant, la faiblesse de sa base.
L’esprit universel dont les individus ne sont que des formes passagères évolue dans le temps; rien n’est en dehors de lui, il est tout ce qui est. La pensée en soi, dans un perpétuel devenir, crée tout et dévore
l'initiation tout. Aussi la logique, la déductive, non l'expérimen tale, la subjective, non l'objective, est-elle la science par excellence, la science de Dieu considéré dans son essence. L’idée, qui sans cesse se transforme, est la seule réalité ; rien de ce qui existe soit subjectivement, soit objectivement ne peut être séparé d'elle, de sa substance éternelle et infinie.
Aussi, en toutes choses, faut-il considérer la totalité.dégager la condition d'exis tence, le pourquoi et la fin de l'ensemble : les parties n’ont aucune valeur séparément, et leur seule raison d’être est que réunies elles forment un tout.
On peut facilement prévoir ce que devient l'État dans un tel système et quelle faible importance une pareille philo sophie attache à l'individu dès qu’il sort de son rôle de citoyen, ou plutôt de rouage civique, le seul qu’il ait le droit de jouer et dans lequel il doit toujours se confiner.
Infécond en politique, l’hégélianisme ouvre des horizons nouveaux à l’esthétique; la division de l'art en symbolique, classique et romantique, cette trinité riche en conséquences et en heureuses applica tions, ses aperçus profonds et impartiaux sur les religions contribuent à relever son originalité et accen tuent son caractère propre : l'Universalité.
La méta physique moderne n'avait pas encore vu naître une doctrine plus complète et d'apparence plus rigoureuse. Mais Hegel n'en est pas seul le père. Spinoza, Kant et Schelling avaient fourni les organes. Hegel les a ras semblés et coordonnés. Quelques années plus tard, Schopenhaucr paraît, et avec lui la formule du pessimisme contemporain C'est la renaissance du panthéisme hindou, une
ESSAI SUR LA SITUATION PHILOSOPHIQUE 9 étrange et attirante philosophie. Le principe d'où tout découle n'est plus l’Idée mais la Volonté : non pas la volonté telle que le vulgaire l’imagine, mais la Volonté impersonnelle, j’allais dire inconsciente, qui préside A toutes les causes, qui détermine tous les effets, qui fait tomber la pierre sur le sol, qui combine les atomes, qui pousse l'oiseau à faire son nid, qui inspire à l’homme tous ses sentiments et son amour pour la vie. La Volonté veut tout, produit tout, c'est d'elle que tout émane. Plus l’homme combat ses instincts infé rieurs, plus il cherche à se spiritualiser, plus il tend vers la perfection, vers le but final qui est le retour à la Volonté suprême, l'anéantissement dans son sein, le Nirvûna. La vie, telle que nous la comprenons, est l’obstacle qui s’oppose à la réalisation du bonheur vrai, au retour à l’Unité. Le sage doit-il pour cela renoncer à l’existence, s'en défaire par la force? Non, qu’il accepte ce mal dont il n’est pas responsable, mais qu’il contribue à la délivrance de l’humanité en l’acheminant vers la mort. C'est pourquoi les femmes sont un grave péril, une ruse de Satan, l’amour une duperie, la procréation une absurdité. Par l’égoïsme, qui est une forme de l'instinct de con servation. nous tenons à la terre: il faut vaincre l’é goïsme ; par la charité, le dévouement, le sacrifice, nous nous détachons d'elle, il faut développer en nous ces vertus. La sympathie est le fondement de la morale, elle prouve à chaque homme qu'il n’est qu’une insé parable parcelle du Tout, qu’il ne fait qu’un avec lui. Tat huant asui, tu es cela, dit la maxime hindoue, la
10 1. INITIATION seule vraie.
Le guerrier qui meurt pour sa patrie, tout être qui se sacrifie pour la communauté, en affirmant victorieusement l'excellence de cette parole, triomphe de l'esclavage, s'affranchit définitivement par la mort victorieuse. Telle est, en un href résumé, la métaphysique et la morale de Schopcnhauer : l’originalité de cette doc trine n'est pas le seul caractère qui la distingue.
Le vague des conceptions, le peu de solidité des argu ments disparaissent dans le poétique du langage, dans l’ironie, dans la verve sarcastique qui ornent l’expo sition des idées. Schopcnhauer n’est pas un métaphy sicien ordinaire, à la mode allemande, il est misan thrope avec autant d’esprit que La Rochefoucauld, poète comme pas un philosophe.
Son œuvre, d’abord obscure et méconnue, a conquis une des premières places; son action sur la société, quoique tardive, est indéniable. Edouard de Hartmann a succédé au pessimiste de Francfort avec un succès, en possession d’une popu larité qui, en Allemagne du moins, va toujours gran dissant. 11 part, à peu de chose près, des mêmes principes, aboutit aux mêmes conclusions.
Moins spirituel et moins caustique, mais plus bril lant. aussi plus superficiel, il a fondé sur ce qu'il appelle l'Inconscient son explication de l’homme et du monde. Ses théories, dont l'analogie avec celles de Schopcnhauer est évidente, paraissent remonter à Leibnitz, aux Perceptions insensibles. L’Inconscient (Unbewüstes) est l’être unique dont les individus ne sont que des manifestations phénoESSAI SLR LA SITUATION PHILOSOPHIQUE 1 I ménales.
11 n’est pas seulement la Volonté (car on ne conçoit pas de volonté sans objet) mais la Volonté avec son Idée objet (Vorslellung).
La Volonté cons ciente, celle qui préside aux actes réfléchis chez l'hoinmc, n’est qu'une exception, une injure à l’In conscient qui par toutes les fins l’opprime : l’issue de sa lutte avec lui n’est pas douteuse, il l’anéantira tôt ou tard.
Nous sommes, presque autant que l’animal, esclaves de l’instinct qui n’est qu’une manifestation sensible de l’Inconscient; et même notre volonté n’est vraiment maîtresse du corps que lorsqu’elle agit par l’intermédiaire du vouloir inconscient : un mouve ment réfléchi ne devient facile que lorsqu’il se trans forme en une sorte de réflexe ; l’entraînement, dans tous les exercices physiques en est une preuve con vaincante.
C’est encore à l'InconsJent qu’il faut remonter pour expliquer le sentiment de l’idéal. L’or ganisme ne fait pas l’instinct, comme le prétendent les cartésiens; c’est bien plutôt celui-ci qui détermine celui-là; et, pour appuyer son assertion, l’auteur a puisé dans son érudition une foule d’ingénieux exemples.
Nous sommes donc des instruments de l’Inconscient, et la conscience de notre moi n’est qu’une anomalie, et le philosophe conclut comme son maître : Pour être ce que nous sommes, mieux vaut ne pas être. Avec cette doctrine se termine l’histoire contempo raine des idées allemandes. Il semble inutile d’insister sur leur allure commune, sur le fond d’où elles dérivent toutes, le panthéisme.
La marche rapide des sciences y a fatalement conduit l’esprit germanique, on va voir qu’en France et en Angleterre celles-ci ont
l'initiation déterminé la chute définitive de la métaphysique et l'avènement de la philosophie positive. Parmi la foule des noms bien connus des penseurs qui ont illustré le positivisme et l’cvolutionisme, nous ne citerons ici que les deux principaux : Auguste Comte et Herbert Spencer. L’importance énorme de leur œuvre ne nous permet pas dans cette introduction de l'analyser et de la discuter, ne fût-ce que le plus brièvement possible, nous en reparlerons plus loin ; nous voulons seule ment en présenter l'ensemble et les idées maîtresses. Le positivisme n'est pas à proprement parler une philosophie, car les problèmes de l'Etre et de la Sub stance, l'explication de la connaissance y sont systé matiquement laissés de côté: c'est plutôt une méthode, pure et simple, n'admettant que l’expérience et le cal culée voulant considérer que les faits et les lois qui les enchaînent, refusant à l'esprit de le guider dans le subjectif cl dans l'idéal. Descartes, Bacon et Hume peuvent être considérés comme scs ancêtres les plus directs. Le seul objet digne des efforts de l’homme est la science, la science du réel; et la science a pour but de nous permettre de prévoir les faits, de nous en rendre maîtres, en ce sens que nous pouvons les déter miner. Cette pensée présente une grande analogie avec celles de Képler sur le même^sujet, et on se rap pelle volontiers son admirable expression à propos de la planète Mars : ce captif maintenant dédaigné, si longtemps rebelle à ses calculs, et qu'il avait fini par enchaîner dans scs tables. Mais éloigner le fantôme de l'absolu ce n’est pas le
Supplément à L'INITIATION \u n ir r o du 15 Ja n v ie r 1S89 En vente à l’A dm inistration 5 8 , «UE SA IN T -A N D R É -D E S-A R T S, 58 1. Dcmonomanie des Sorciers. Bodin, Angevin.
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ESSAI SUR LA SITUATION PHILOSOPHIQUE l 3 nier. Comte sait trop bien qu'il y a tout un ordre de noumènes qui échappent au raisonnement, indéfinis sables par leur essence même ; il les range dans l’in connaissable. désignant par ce mot l’Absolu, le prin cipe subjectif et tout ce qui s’y attache et en découle.
« Il n’y a qu’une seule maxime absolue, c’est qu’il n’y a point pour nous d'absolu. » L’éternelle rela tivité régit le monde, nous ne pouvons qu’étudier ses manifestations, chercher à saisir sur la mobilité des phénomènes et l’instabilité des sensations qu’ils pro duisent en nous, les lois immuables auxquelles tout est soumis, par lesquelles tout devient, se transforme et disparaît.
Voilà donc le dernier mot sur les efforts de l’hu manité : les siècles se sont succédé apportant chacun leur génération de penseurs qui s’acharnaient dans la poursuite du même problème : l’origine et la fin des choses. L’esprit de l’homme est ainsi fait que sa logique entraînante, plus maîtresse de lui qu’il n’est maître d’elle, l’amène invariablement à cette muraille derrière laquelle se retranchent les idées dernières.
Et malgré tant de vains efforts, tant de déceptions, bien que toutes ces tentations d’explication se fussent ré futées les unes les autres, l’espérance n’avait jamais faibli, le courage n’avait jamais fait défaut, le Sphynx ne perdait point ses interrogateurs. Et voici que le positivisme nous enlève même l’espoir, interdit la métaphysique, proscrit l’idéal.
Une fois tracé le cercle dans lequel nous sommes condamnés à nous mouvoir, sans jamais en sortir, voyons ce qu’il renferme et si le champ est encore
l'initiation H vaste : La philosophie positive, dit Comte, se com pose de six sciences : on n’y trouve pas la psychologie, car l'auteur la range dans la physiologie : n'admet tant que l’étude objective de l’esprit et nullement l’examen par la conscience.
Ce dernier ne conduit à rien : « Comment pourrions-nous nous observer rai sonnant ? » Nous ne savons rien de l’esprit,'si ce n’est que [toute pensée est accompagnée d’un travail méca nique ou chimique, d'une manifestation objective.
Les lois de ces manifestations, leur ensemble et leur enchaînement constituent la psychologie. — L’algèbrc est la plus générale et aussi la plus élémen taire de toutes ces sciences, la sociologie en est la plus complexe: la première, en raison de sa simplicité relative, est la plus développée, la plus avancée ; la dernière est encore dans l’enfance, mais dans un avenir prochain, on pourra prédire les événements de l'histoire, expliquer leur succession et trouver leurs rapports avec autant de certitude qu’on le fait aujour d’hui pour les phénomènes physiques ou chimiques.
La sociologie date de Comte, c’est la science positi viste par excellence, les disciples du maître n’ont fait que développer, généraliser et préciser ses idées pleines d'aperçus féconds. La division du développement de l’humanité en trois époques est, sans contredit.la plus originale et la plus neuve: il y a trois âges: le théologique, le métaphysique et le positif.
L’cpoque théologique, la plus imparfaite des trois, remonte jusqu'à l’origine des sociétés et s’étend longtemps sur l'histoire, clic a vu naître les religions qui ont succes sivement passé par le fétichisme, par le polythéisme
ESSAI SUH LA SITUATION PHILOSOPHIQUE l 5 et pnr le monothéisme. — Mais bientôt, devant l’uni forme ci constante évolution de la nature, l'esprit sc voit forcé de rejeter ses divinités capricieuses et de les remplacer par des abstractions auxquelles il aura recours pour expliquer les causes et rendre compte des eirets. C’est l’époque métaphysique ; aux dieux plus ou moins imparfaits ont succédé les principes, les entités cfimagination.
Le mode positif se prépare alors, l'expérimentation substitue la méthode positive à la méthode subjective, son domaine s'agrandit avec les découvertes et le jour est proche où la métaphy sique elle-même disparaîtra définitivement. Vers la fin de sa vie, Auguste Comte s’est contredit: comprenant l'insuffisance de son système, il a voulu créer une religion nouvelle.
Nous ne nous arrêterons pas à ces aberrations, les positivistes les ont reniées : la doctrine était formulée, toutes les parties du système nettement indiquées dans le Cours de philosophie positive. Herbert Spencer, en Angleterre, a joué le même rôle de réformateur. Il procède A la lois de Stuart Mil! et de Comte.
Moins exclusif que celui-ci, il ne renonce pas au subjectif, et après avoir montré l’im puissance de l'esprit en face de l’absolu, l’inanité de ses tentatives pour définir ou seulement pour conce voir la substance et la force, l’espace et le temps, il admet l'efficacité de la conscience dans la relativité.
Loin de proscrire la religion, il veut la concilier avec la science, il fait voir dans une admirable analyse, qu’elles finissent par sc rencontrer, après être parties des deux voies opposées : la foi et le raiiG L INITIATION sonncment, qu'elles arrivent chacune au mystère dont il ne faut pas essayer de soulever le voile.
Les deux méthodes objective et subjective sont donc egalement bonnes, mais à condition de les employer chacune à propos, c’est ainsi qu’il procède dans ses Principles of Psydiology.
Ce qpi le distingue surtout de Comte, c’est qu’il ne rejette pas entièrement les causes finales ; il voit lans le développement de l’univers, dans son évolu tion une marche systématique depuis la désintégration complète, jusqu'à l’intégration parfaite; la matière cosmique, d’abord disséminée dans l’espace en un état de raréfaction tel que le vide le plus parfait de nos machines pneumatiques ne peut en donner une idée, se condense peu à peu, s'intégre, et en même temps la diversité remplace l'uniformité, l'hétérogénéité succède à l’homogénéité suivant une loi unique dont nos lois physiques ne sont que des cas particuliers, loi que nous parviendrons peut-être un jour à for muler, sans toutefois connaître les termes qu’elle relie.
Cette loi universelle est le Progrès, l’Evolution. Herbert Spencer est le philosophe de l’Evolution, il a donné la dynamique du matérialisme actuel, tandis que Comte en avait élaboré la statique. Les deux systèmes se complètent l’un l’autre; ils résument les tendances rationalistes de notre époque.
C’est le monument de la science moderne; c’est l’œuvre fondamentale du xix' siècle, celle par laquelle on le jugera et par laquelle il marquera sa place dans l’histoire. w*»*.
LA THEORIE UES TEMPÉl A.MEXTS • *7 £ a fHÊORIE DES TEMPÉRAMENTS Les lois se réduisent à deux : loi d’évolution, loi des complémentaires.
Loi d'évolution. — L’ordre d'évolution est l , b. s, n, l, etc. Cela revient à dire (au point de vue action) : calme, accroissement, maximum, décroissance, calme nou veau. (Voir au second chapitre les Analogies d'âges, de saisons et de toute sorte.) Dans les Lunaisons, l'ordre des influences correspondantes est : nouvelle lune, premier quart, etc. ; dans la journée : nuit, matin, etc. On retrouve cette évolution dans une période de digestion : d'abord l’esprit est soumis aux sensations et au système digestif: puis il se libère, domine à son tour, influe sur toute l’activité; de déductif, comme ET LEUR PRATIQUE CHAPITRE IV LES LOIS
i8 l'initiation dirait J'abbé Michon (Système de Graphologie), le sujet devient intuitif. D’abord passif, corporel, calme (pco — l), il est spiritualisé et activé (oia = b) ; l’acti vité s’est répandue dans le corps et a commencé à s’étendre au delà du domaine immédiatement soumis à la volonté (acs = s) ; enfin l’intuition pure surgit de cet état d'inconscience qui réagit à son tour sur le cerveau, dont c'est là la passivité spéciale (sip = n).
Si le jeune se prolonge, un nouvel état l se manifeste, mais plus exagéré, de même que ceux qui suivent : b sera fièvre : s et n seront des exaltations maladives du corps et de la tète; et quelque suprême état l amè nera, au bout d’un certain nombre de tours de la roue, le suprême épuisement. Que l’on compare, en tenant compte des modifica tions qui font leurs caractères particuliers, la veille, la continence au jeûne.
Comme points de repère, on n'a qu’à prendre l'ennui (objectivité) du début et l’exaltation (subjectivité) de la fin : l'un mène à l'autre ; incessamment on va de l'amour de la régula rité au goût du nouveau, et de la digestion, de la lan gueur, de la fécondité à la faim, à la passion, au désir: du spleen à l'idéal. (Voir plus loin la loi de variété.) Qu’on observe le prestige identique que donnent sur autrui la résistance au sommeil, le jeûne, la chas teté, et la parenté d’influence sur le sujet entre l’in somnie, l’amour et le désespoir, ainsi qu’entre la fatigue, le rut et l’ennui.
Et que l’on déduise. Tout excitant doit être considéré comme un moyen de hâter les effets du jeûne et même de les prolonger au delà d’un repas ou plus loin encore. — II y a des
LA TH LOME DES TEMPERAMENTS 19 excitants tout intellectuels. — Prendre un excitant c’est sacrifier du soi, tout comme jeûner, c’est-à-dire sacrifier de sa réserve, de sa volonté objective, de son énergie propre (r.. n et s) pour se livrer à de l’incons cient, à l'inconnu ( n ), àiafaim débilitante cl excitante. L’égoïsme, c’est digérer; l’altruisme, jeûner.
Une pensée, une occupation, une lecture, une étude, une action quelconque, un état quelconque évoluent selon la loi générale. il va de soi que plus un élément est développé chez le sujet, plus les états et influences analogues acquièrent d’importance et d'étendue.
On peut subdiviser les quatre périodes de l’évolu tion, et se faire des espèces de calendriers, d’hor loges, etc., approximatifs : 1-nbs : minuit à t h. : première quinzaine de janvier.
LNsn ; 1 h. à 2 h. ; deuxième quinzaine de janvier. lsnb : 2 h. à 3 h.; première quinzaine de février. l s b n : 3 à 4 h. ; deuxième quinzaine de février. lbsn : 4 h. à 5 h. ; première quinzaine de mars. lbns: 5 h. à 6 h. : deuxième quinzaine de mars. (en reculant, si l’on veut, de quelques jours ces dates, de manière à faire coïncider la première avec le solstice d’hiver) ; et ainsi de suite pour toutes les analogies, dans tous les détails que nous avons don nés aux combinaisons, et en développant autant qu’on le voudra : quant à l’ordre des lettres dans la série des formules, il doit être tel que les plus voisines fo r mules soient les plus semblables. Dans l’existence humaine, l régira à peu près les sept premières années et les quatorze dernières (si l’on prend le
l’initiation chiiïrc 84 comme moyenne de la vie normale) ; a s’étendra de 7 à 28, s de 28 à 49. et n de 29 à 70 ans. Les subdivisions binaires (1) feront des périodes d’environ sept années.
Nous n'attachons pas, bien entendu, d’importance particulière à ce chiffre 7, non plus qu’à ses multiples ; nous ne le prenons même pas comme consacré par l'usage, voire même par le Code; mais simplement parce que l'observa tion nous a fait voir que c’est dans des périodes de trois anset demi qu'a lieu une petite évolution utSN,qui recommence ainsi au-dessous de la grande des sub divisions nouvelles.
On voit, en effet, reparaître à trois ans et demi de distance des tendances semblables chez le même in dividu. Sans avoir l'intention d’entrer davantage dans le détail, indiquons encore deux lois secondaires : i° Loi d’écho. — Les pensées de chaque printemps ont un écho dans l'automne suivant et de là, trans formées, dans le printemps d'une seconde année : celles de chaque été se répercutent par un hiver dans un deuxième été, et vice versa.
Il en est de même pour les quarts d’évolution de toute espèce, dont les influences se répondent ainsi par pairs et par im pairs. 20 Loi de variété. — L'homme évolue sans cesse de l’exagération de son propre tempérament à la ten dance opposée qui le pousse à développer au con traire les éléments les plus faibles de sa formule. (i) Voir au chapitre precedent.
LA THÉORIE DES TEMPERAMENTS 2 1 Nous en avons déjà vu un premier exemple, qui est en môme temps une explication, à propos de la diges tion. Un actif, d'après la loi de variété, se fera alter nativement actif et passif; un objectif, objectif et subjectif; et ainsi pour tous. En histoire cette loi est de la plus haute impor tance : l’histoire s'appuie sur le temps imposé aux efforts par masses et sur l'hérédité.
Chaque généra tion (de trente-trois ans à peu prèsl évolue, pendant chacune de ses subdivisions de seize années, huit ou neuf ans dans un sens, huit ou neuf ans dans l’autre. — aspirant et respirant, digérant et jeûnant. Son repas c’est, en quelque sorte, tout ce qui fait rénova tion, révolutionnaire ou romantique ; quant au repos, on peut le trouver dans le long intervalle du moyen Age... Mais ceci n'est que théorie.
En tout cas. en nous appuyant sur ce que trois générations for ment un siècle et. d'après nous, quatre siècles une ère, n’cst-il pas instructif de comparer le xix*, lexv*, le xi* et le vit*, si troublés et inventeurs ; le xvm*, le xiv', le x' et le vi* qui détruisirent et rénovèrent ; le xvue, terminé avec Louis XIV, le xm* sous saint Louis, le ix' finissant avec Charlemagne et le v* avec Clovis, dans leurs brillantes synthèses: le xvi*, lexii', le vm'. le vi”. autant de naissances à des sociétés, des arts et des pensers nouveaux ?
Eh bien, ce qu'est en général l’Ere de quatre siè cles. l'homme l’est en particulier. II éprouve aussi vivement que chaque génération ce va-et-vient de l’excès de la personnalité à l’excès du désir de la com pléter. Ce dernier excès peut occasionner un grand
l'initiation 2 2 danger psychologique, celui de se renier soi-même dans l'admiration de son contraire (telle que l’ex plique plus bas le complémentarisme), et c’est l’ori gine de la plupart des conversions. C’est qu’en effet, dans ce tangage qui se joint au roulis perpé tuel de l’Evolution en marche, il est difficile de con server toujours son équilibre.
Evolution individuelle. — Elle suit les lois géné rales ; mais le caractère de persistance des éléments qui forment la personnalité veut que cette évolution soit toute de surface.
Pour en donner l’idée, nous distinguerons le tempérament essentiel, immuable, que nous écrirons en majuscules, des tempéraments d'aspects qui ne sont que les apparences successives, que les modifications d’ordre invariable que le tem pérament essentiel présente successivement aux divers âges : les formules de ces tempéraments d'aspects seront en italiques.
A l’exception toutefois de la première lettre qui res tera une majuscule, parce que l’élément le plus im portant reste absolument immuable dans l’évolution. C’est ainsi que le centre d'une roue qui tourne de meure immobile.
L’observation nous permet d'établir que la for mule qui donne le tempérament essentiel est identi que à celle que présente le tempérament d'aspect chez le sujet une fois sa puberté bien établie, c’est-àdire entre un peu plus de dix-sept ans et vingt et un ans chez l'homme, entre quatorze ans et un peu moins de dix-huit ans chez la femme.
Avant cet âge et après cet âge, autour du tempéra33 I.A THÉORIE DES TEMPERAMENTS mont réel ou essentiel, graviteront ses aspects mais do façon à présenter, à l'époque que nous venons d’indiquer, une identité parfaite entre la formule essentielle et la formule d’aspect. Quant à l’ordre dans lequel se succéderont les trois éléments mobiles, c’est l’ordre de la loi d’évolution.
Prenons un exemple : soit un nuls mâle : il doit pré senter la formule d'aspect s bis entre dix-sept ans et demi et vingt et un ans. 11 cuit donc auparavant pen dant sept ans n7 (d’abord slsb, puis nIbs, pour suivre l'ordre de croissance et de décroissance des éléments» et, de trois ans et démina dix et demi, ns (nslb. bien en tendu) ; de la naissance à trois ans et demi. ubsl.
Après la majorité, il sera sbsl, puis l’évolution continuera sa roue.Cependant, cesera dans un plan supérieur: il faut aussi tenir compte des influences générales des âges. Ces formules d'aspects (qu’on peut appliquer à l’évolution historique et à toute évolution d’une indi vidualité même collective), ces formules servent à comprendre les modifications qui invariablement se produisent dans un tempérament donné.
Mais il res tera toujours cette différence radicale entre, par exemple, un s n à l’état si et un s l à l’état s n. que l’in fluences/sera plus une surprise et une superfétation chez le premier que chez le second, et y sera moins naturelle dans tous les sens du mot.
Cependant, pour comprendre un individu à un âge donné, il n’en est pas moins indispensable de le rapprocher d’individus dont le tempérament essentiel repro duise l’aspect du sien et à l’âge où leur tempérament d'aspect reproduise son tempérament essentiel.
24 l’initiation Il ne faut pas oublier d’y ajouter l’observation des deux lois secondaires d’écho et de variété.
On reconnaîtra généralement les influences mo mentanées par les caractères suivants, qui apparais sent d’abord : In, rêverie secrète et tendance domes tique ; ni, goût de l’étude et de l’instruction ; ns in flammabilité des sentiments, et disposition à la phti sie et aux névroses ; sn, désir un peu égaré et violent; Ib, organisation et quelque chose de maternel plus encore que de paternel ; bl, esprit de domination et de direction ; si. habitude active et pratique de la vie ; 1s, jouissance calme et positive de l’ûtre ; sb, esprit d’intrigue et d’habileté : bs, active invention et originalité ; bn goût de comédie et de persuasion ; nb, celui des spéculations abstraites et de l’indépen dance.
L’actif, le passif et l’objectif donnent à cette vie bien plus de valeur que ne lui en donnent l’intel lectuel, le corporel et le subjectif, etc. De quatorze à vingt et un ans. de trente-cinq à quarante-deux, de cinquante-six à soixante-trois, de soixante-dix-sept à quatre-vingt-quatre (toujours en supposant de quatre-vingt-quatre ans la moyenne de la vie normale), l’homme retrouve chaque fois son indi vidualité spéciale avec son tempérament ; de sept à quatorze, de vingt-huit à trente-cinq, de quaranteneuf à cinquante-six, de soixante-dix à soixante-dixsept, le rôle que la raison (mais elle seule) lui indique; de la naissance à sept ans, de vingt et un à vingt-huit, de quarante-deux à quarante-neuf, de soixante-trois à soixante-dix, les impulsions premières de la na ture.
I.A THÉORIE DES TEMPERAMENTS 25 Si vous faites l'expérience de lui révéler le premier de ces côtés, vous ferez à coup sur trébucher sur scs lèvres un rire de satisfaction ; son cœur ne se gonflera pas de fierté, mais il est chatouillé par un plaisir qui monte et qui descend ; dans sa surprise et son ravis sement, il livrera bien des choses. — Si vous lui dites le second, vous lui dites ce qu'il a fa it, son grand effort,ce qu’il a pris sur lui d'accomplir, son obéissant courage devant le devoir fatal ; alors c’est son orgueil qui le fait se révéler. — Quand vous lui aurez esquissé le dernier, vous aurez éclairé à ses yeux la vieille question, toujours discutée, toujours singulière, que soulève son cœur, son impulsion, devant son esprit toujours irrésolu, et le consultant soupire avec mélancolie... comme un ballon gonflé que l’on perce et que l’on presse; c’est par sympathie qu’il s’épan chera en confidences.
Loi d e s c o m p l é m e n t a ir e s. — Tout amour résulte d’un coinplémentarismc. Amour est pris ici dans son sens le plus large. Le complémentarismc est en quelque sorte la raison de toute attraction.
Dans une équation du premier degré, un rapport existe entre les deux termes d’un premier membre : l'idéal, le but à atteindre, c’est d’établir un rapport égal entre le terme exprimé du second membre et le terme inconnu, terme à trouver,terme complémentaire. Dans les couleurs, l’unique couleur blanche est d’un côté ; de l’autre, se trouve un excès de deux des trois
l'initiation 26 couleurs fondamentales : rouge, jaune, bleu ; Y idéal, cedontl’oeil a besoin pour lV,yui7/Y>;'edcses sensations* c'est un excès tel de la couleur absente qu’on retrouve dans l’ensemble une impression analogue à celle de l’unité blanche.
Dans nos tempéraments, il n’y a qu’un membre à l’équation : Y idéal, le but et le besoin d'égalité et d'cquililibre sont intérieurs à la formule qui essaie en quelque sorte de s’ouvrir aux influences complémen taires, c’est-à-dire capables de la compléter et de faire cesser pour elle son perpétuel trébuchcmcnt. Ici. c’est l'individu qui cherche à se compléter, et pour cela s’adresse à toute la nature et se sert de toutes ses facultés.
Mais nous avons vu dans une des lois secondaires qui dépendent de l’Evolution (loi de variété) que l’individu alterne sans cesse entre la nourriture et i’étayement de soi-mème, d’une part, et la projection exagérée de ce qu’il a de plus saillant, d’une autre part. Ici, c’est la race qui cherche à se compléter, en exagérant les tendances des êtres et en les poussant, par là, à l’activité, à l’union, à la production.
Ce n’est plus l’équilibre de l’homme qui se tient debout, c’est l’équilibre de l’homme qui s’est laissé tomber. Alors surgit la grande tendance de deux êtres à deve nir un — l’un par l’autre, et non plus individuelle ment — ce qui n'amène qu’un troisième être, l’En fant. Ce complémentarisme pour l'espèce a diverses formes.
LA THÉORIE DES TEMPERAMENTS 2 7 I. La plus simple est celle du complémcntarisme absolu, fermé, de deux individus de môme race et de sexes opposes, d’âges rapprochés et de familles éloi gnées. Ex. : l 12 n i o B7 S 4 e t sa réciproque s 12 n 1 o n 7 l 4.
A cette idcndité des chitTres est dû Y air de vague ressemblance qui unit deux formules absolument inverses où les traits composés n'ofirent pourtant aucune similitude, comme, par exemple, chez un corporel et une intellectuelle complémentaires. Amitié de Gcethc et de Schiller, de Racine et de Boileau; amours de Goethe et de Betlina, de Rousseau et de M"“ de Warcns, de Racine et de la Du Parc (iisl n ) etc., etc. II.
Complémcntarisme, fermé aussi, des formules de périodes. Ex.: 1. 12 n 10 b 7 .s- 4 ets / 2 b 10 n 7 14. Cas secondaires résultant des deux précédents : i° complémcntarisme d'un tempérament d’aspect pour un tempérament essentiel : Ex.; wbs pour sbnl. 2° la réciproque. III. Complémcntarisme ouvert et produit par l’adjonction du milieu, d'où le résultat.
Etant donnés un sujet à excès n. un objet à excès n, un milieu à excès l , le résultat n é c e s s i t é sera s . Le milieu est un total de formules, comme souvent le sujet, par exemple en histoire. Sujet, objet, milieu et résultat ne sont-ils pas les fils par lesquels M. Zola dit tenir ses personnages ? La connaissance de trois quelconques d’entre eux entraîne celle du quatrième, par complémcntarisme.
28 l’initiation Kn amour, Yobjet est humain. Plus il y a. comme dans les cas qui dépendent de cette troisième forme, de membres au complémentarisme, moins il est constant, moins il a de chances pour être réciproque. Mais, moins il possède de membres, plus il est rare et difficile.; car il exige un complémentarisme concomitant des conditions exté rieures, moins une lacune telle qu’elle amène des résultats heureux.
D'où l'importance des petits détails en amour. Et ailleurs. Les passions sont toutes des modifications de l'a mour, d’autres l'ont assez dit. On pourrait ajouter que les pensées sont à leur tour des modifications des passions.
Parmi les passions, il en est de forme hai neuse: elles sont une combinaison de celles qui viennent directement de l'amour et des pensées qui aperçoivent des obstacles au complémentarisme désiré, nécessaire, et les jugent mauvais. Le complémentarisme à l’intérieur ou à l’extérieur, est pour l'ètre l’état idéal, le seul but et la seule cause de tous ses efforts, de celui de vivre.
Le complémentarisme à l’intérieur, c’est l’absorption des élé ments qui manquent, afin de se compléter. Si le complémcntarisme à l'extérieur garde quelque chose du précédent, il prend la forme de l’amitié ; s’il est tout à l’extérieur, instantané et à fond, c’est la passion ; tra. versé de lacunes, il donne les amours troublés, etc. Le mélange de l’amitié et de la passion a plus d’une fois produit ces derniers : cas de Musset et George Sand. Un individu, à la fois très complet de nature et
LA THÉORIE DES TEMPÉRAMENTS 2 t) d'aspect très équilibré, en attire un grand nombre d’autres ; c’est le cas de Goethe avec tant de femmes et de disciples ; c’est le cas de Napoléon et d’une généra tion toute subjective et en état de subjectivité. (Voir plus haut l'étude sur la faim, etc.) De ce qui précède, résultent plusieurs enseigne ments : exagérer sa personnalité au dehors, c’est en réalité aboutir à se sacrifier à l’espèce sans le vouloir.— Toute influence analogue à nous-mème nous jette au déséquilibre. — L’action, et tout ce qui active, tout excitant produisent des effets pareils. —Enfin le désé quilibre nous donne à choisir entre l’absorption des éléments qui nous manquent et l'abandon pour l'es pèce de tout ce qui est saillant en nous.
Le bien pour l’individu, c'est de s'équilibrer. Mais la loi de variété gène cette tendance d’une part. Et d’autre part toute action, toute réalisation finale exigent le sacri fice de tout l'équilibre acquis.
Avec ces règles et les lois qui précèdent, il est inté ressant de suivre les histoires de passions, depuis les malaises obscurs du prologue, les attentes de l’im prévu, le fameux « vague à l’àme » de i83o, depuis l’immense désespoir qui surgit au bout du premier pas dans la voie amoureuse, jusqu'à l’état de ruine lamentable où se trouve, tout fini, celui qui aima le plus longtemps et qui, seul, reste appuyé... au vide.
Il est encore plus intéressant d’étudier, en partant du même point de vue, la formation d’une indivi dualité, d’un idéal, d’une œuvre.
3o l’in it ia t io n De la loi d'évolution et de la loi des complémen taires dérive la Pratique des tempéraments. Les applications sont sans nombre.
C’est de l’évolution surtout qu’il faut s’occuper pour le travail ; pourtant il y a à tenir compte du complémentarisme à scs trois degrés : au dernier et plus simple, en faisant s’équilibrer sa nature, son but, les circonstances et les moyens; au second (lorsqu’on s'est déjà attaché d’une manière intime à son œuvre), en la réglant d’après son évolution ; au premier et plus haut enfin, lorsqu’on ne fait presque plus qu’un avec elle et qu’on l’a épousée, comme, dit-on, Jésus épouse son Église.
Il est curieux de voir ainsi tel homme, studieux, dans une période n/. devenir systé matique en n\b, puis virtuose en n s. C’est le complémentarisme surtout qui sert dans la vie sociale. Avec un objectif, soyez subjectif dans des proportions égales en veillant bien aux con ditions dans lesquelles vous lui apparaissez, et en disposant le tout en vue du résultat.
Avec un intel lectuel, soyez corporel, etc. Cet art est merveilleuse ment possédé d’intuition par les intrigants, les hommes à bonnes fortunes et les coquettes. Servezvous des mêmes règles pour vous défendre ou vous garder.
Scrvez-vous-cn pour savoir trouver les autres dans les états où il vous les faut (température, heure, circonstances, etc. analogues à leurs formules, plus ou moins), pour connaître leurs goûts (les goûts sont les résultats de besoins, lesquels ne sont que des complémentarismes partiels), pour prévoir leurs change ments, pour prévoir les vôtres.
I.A THÉORIE DES TEMPÉRAMENTS 3 I N’oubliez ni pour eux ni pour vous la loi de variété; un effort dans un sens prédit la réaction dans l’autre, d’après des lois que vous possédez main tenant; ne posez pas par conséquent en but tout l’idéal d’abord, si vous ne voulez pas toute la chute bientôt; mais appropriez les élans de votre balancier à la formule du sujet et à celle de l’objet, comme aussi à celle du milieu.
Sachez vous servir delà loi d'écho, prenez garde au retour rythmique du mal un moment repoussé ; utilisez ces répercussions pour la multiplication des bonnes pensées et des efforts. La loi d’écho contient Y art de l’habitude. Sachez obvier aux mauvais effets d’une évolution précipitée, retardée ou inégalement accomplie ; Ceci est la médecine de l’âme.
Craignez les suites d’un compiémcntarisme per verti : Si vous voulez, systématiquement, n’assimiler qu’une partie de ce que vous absorbez par la tête ou par le corps, si vous vola; la nature, gare au déséqui libre ; gare, surtout si vous persistez, aux suites de cet égoïsme : l'espèce, la nature sont là pour profiter à vos dépens... En combinant tout cela, voyez quels diagnostics complets vous pouvez tirer du moindre coin de l’indi vidualité.
Une écriture qui vous tombe entre les mains, une phrase entendue vous font trouver la for mule ; Vous réunissez en proportions égales les ca ractères attribués aux éléments primitifs ; vous com binez selon les moyens indiqués et complétez ainsi les renseignements. Ayez avec cela l’Age et le sexe du
I.A Tl!HOME DIS TEMPÉRAMENTS 3 l N’oubliez ni pour eux ni pour vous la loi de variété; un cflort dans un sens prédit la réaction dans l’autre, d’après des lois que vous possédez main tenant; ne posez pas par conséquent en but tout l’idéal d’abord, si vous ne voulez pas toute la chute bientôt ; mais appropriez les élans de votre balancier à la formule du sujet et à celle de l'objet, comme aussi à celle du milieu.
Sachez vous servir de la loi d'écho, prenez garde au retour rythmique du mal un moment repoussé; utilisez ces répercussions pour la multiplication des bonnes pensées et des efforts. La loi d’écho contient Yart de l'habitude. Sachez obvier aux mauvais effets d’une évolution précipitée, retardée ou inégalement accomplie ; Ceci est la médecine de l'âme.
Craignez les suites d’un complémcntarismc per verti : Si vous voulez, systématiquement, n’assimiler qu’une partie de ce que vous absorbez par la tête ou par le corps, si vous vole^ la nature, gare au déséqui libre ; gare, surtout si vous persistez, aux suites de cet égoïsme : l cspèce, la nature sont là pour profiter à vos dépens... En combinant tout cela, voyez quels diagnostics complets vous pouvez tirer du moindre coin de l’indi vidualité.
Une écriture qui vous tombe entre les mains, une phrase entendue vous font trouver la for mule : Vous réunissez en proportions égales les ca ractères attribués aux éléments primitifs ; vous com binez selon les moyens indiqués et complétez ainsi les renseignements. Ayez avec cela l’âge et le sexe du
l’initiation sujet : vous n’avez plus qu'à tracer son évolution et chercher ses complémentaires pour dire les grandes lignes de son existence.
Il vous sera facile de mesurer pour Eux les doses qui entreront dans leurs « idéals » successifs en amour, rien qu’en prenant à ces douze portraits féminins : hl déité, lb sphynge, ns sombre et Espagnole, sb narquoise et Parisienne, bn supérieure et lumineuse, nb délicate et inconnue, ns névrosée, sn ardente de vie, ls confortable et si. superbe; et pour Elles, en vous faisant une liste analogue de types virils.
II est donc possible de faire des « horoscopes » jusqu’à un certain point. Ce point est à peu près au tiers de la vérité complète. On peut compter un autre tiers pour les changements qu’apporteront les événe ments et la météorologie. Enfin un dernier tiers (en moyenne, également) peut être réservé aux modifica tions que sont capables d'accomplir la volonté et l’ap plication d’influences déterminantes (i).
Ces influences sont partout : dans l'alimentation : dans l’exercice (l promenade à plat, b montée, s mar ches difficiles, n desccntei ; dans les attitudes du corps (l) (l) Cette fraction jj est singulièrement voisine de la fraction -j. qti on trouve dans maintes questions du calcul des probabilités, n étant le rap port 3,1416 de la circonférence au diamètre.
Le problème, dit de VAiguille, la théorie de Laplacesurla probabilité des erreurs dans des observations quelconques (célèbre application aux observations de Uradley); la théorie generale de la probabilité des causes, permettent de calculer le uombre n avec une approximation d'autant plus grande que le nombre des épreuves est plus considérable.
La présence de “ dans tous ces problèmes est l'indice d'une loi générale sur le rapport de l'incertitude 1 lacertitude.de la prévision 6 la réalité. Or, rrcstâ peu de chose près 3, le rapprochement qu'il soit voulu ou non mérite d’étre signalé. (a3 décembre 1888. — .Vole de H”").
LA THÉORIE DES TEMPERAMENTS 33 ( l couche et étendu ; b debout et marchant ; s cou rant ou se hâtant ; n à genoux et assis).
Le corps cambré est objectif: tendu, subjectif: voûté , intellec tuel ; remuant en entier, corporel ; un peu raide et gêné, passif; poussant de la poitrine, actif ; dans les attitudes prises au lit ( l sur le do>, n sur la gauche, s sur le ventre, n sur la droite) ; dans celles de la tète ( l retirée, b penchée en avant, s tendue en avant ou de côté, n renversée en arrière) ; dans toutes les atti tudes (étudier les rites chrétiens et autres) ; dans la direction des gestes ; dans les divers travaux physi ques et intellectuels ; dans les plaisirs, etc., etc. ...
Mais nous voici encore, et définitivement, dans une de ces régions où les préceptes font place à de simples développements ! Ceux-ci n'ont que faire dans ce court résumé. Qu’on nous pardonne de n’avoir pu exposer ces préceptes et ces lois avec plus de clarté. C’est tin peu l'algèbre de l’homme que nous donnons ici : une algèbre ne se lit pas couramment D'ailleurs nous ne saurions regretter d'avoir rebuté les esprits paresseux.
Aux autres, il n’est pas besoin d'apprendre qu’un livre se relit, quand il a quelque valeur. A m is , b r is e z l ’é c o r c e : e lle n 'e s t p a s v i d e ... P o l t i e t G a r y . a D écem bre 18 8 8 .
L INITIATION $ a | ierhe Philosophale I AVANT-PROPOS 9 Il faut une certaine audace pour traiter un pareil sujet à la fin du xix* siècle. Nous sommes cependant convaincus d’avance que le lecteur nous pardonnera eu égard à notre sincé rité.
En effet, nous venons offrir au public non pas les conclusions d’un mystique enthousiasme non plus que les critiques partiales d'un esprit prévenu, mais bien le résultat d’un travail positif digne d’ètrc pris en considération par tous les gens sérieux. Nous allons d’abord voir ce qu’il faut entendre par le mot de Pierre Philosophal&et pour cela nous aurons à résumer l’opinion des alchimistes les plus instruits.
Quand nous saurons la signification scientifique de cette expression, il nous faudra voir si elle est, oui ou non, en contradiction avec les données de la chimie contemporaine. Éclairés sur ces deux points, nous aborderons l’Histoire, cherchant avec la plus grande impartialité si la Pierre Philosophale a donné de son existence des preuves sérieuses et irréfutables, capables d’ètre facilement contrôlées par le lecteur. Ce sera là le point capital de notre travail, la raison d’ètre de toute notre étude.
LA PIERRE PHILOSOPHALE 35 C’est alors que nous pourrons dire quelques mots de la grande famille alchimique, des doctrines de ses membres et des débris de leur science subsistant encore dans l'architecture de nos vieux monuments et les rites de certains hauts grades de la franc-ma çonnerie. Enfin une petite liste des livres les plus utiles au débutant terminera nos recherches.
Tel est le plan de notre travail; nous espérons qu’il ne fera pas trop regretter au lecteur les quelques minutes que lui prendra sa lecture et nous prions d'excuser d’avance les imperfections qui pourraient s'y trouver, uniquement imputables à l'auteur de l’étude et non aux doctrines et aux maîtres étudiés. Il qu’entend-on par PIERRE PHILOSOPHALE? Celte question, si simple au premier aspect, est cependant assez difficile à résoudre.
Ouvrons les dic tionnaires sérieux, parcourons les graves compilations des rares savants qui ont daigné traiter ce sujet. La conclusion est assez facile à poser : Pierre Philoso phale. transmutation des métaux, égale Ignorance. Fourberie, Folie.
Si pourtant nous réfléchissons qu’en somme, pour parler draps, mieux vaut aller au drapier qu’au doc teur ès-lettres. l'idée nous viendra peut-être de voir ce que pensent les alchimistes de la question. Or, au milieu des obscurités voulues et des sym boles nombreux qui remplissent leurs traités, il est
l'initiation un point sur lequel ils sont tous d’accord, c'est la définition et les qualités de la Pierre Philosophale. La Pierre Philosophale parfaite est une poudre rouge qui a la propriété de transformer toutes les impuretés de la nature. Oncroitgénéralcment qu’elle ne peut servir, d’après les alchimistes, qu'à changer du plomb ou du mer cure en or. C'est une erreur.
La théorie alchimique dérive de sources bien trop spéculatives pour localiser ainsi scs effets.
L’évolution étant une des grandes lois delà nature, ainsi que l'enseignait il y a plu sieurs siècles l’hermétisme, la Pierre Philosophale fait évoluer rapidement ce que les formes naturelles met tent de longues années à produire, voilà pourquoi elle agit, disent les adeptes, sur les règnes végétal et ani mal aussi bien que sur le règne minéral et peut s’ap peler médecine des trois règnes.
Physiquement, ce serait une poudre rouge assez senblable comme consistance au chlorure d’or et de l’odeur du sel marin calciné. Tout à l'heure, du reste, nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet. Comme c’est à la transformation des métaux vils, plomb et mercure, en or que doit le plus souvent servir cette Pierre, voyons en quoi consiste cette opération.
Chimiquement c’est une simple augmentation de densité si l’on admet l’unité de la matière, idée fort en honneur parmi les philosophes chimistes contem porains. En effet, le problème à résoudre consiste à transformer un corps de la densité de 13,6 comme le mercure, en un corps de la densité de 19,5 comme l'or. Cette hypothèse de la transmutation est-elle en
LA PIERRE PHILOSOPHALE désaccord avec les plus récentes données de la chi mie? C'est ce que nous allons voir. III LA CHIMIE ACTUELLE PERMET-ELLE DE MER L’EXISTENCE DE LA PIERRE PHILOSOPHALE ?
Deux chimistes contemporains ont poussé leurs investigations dans l’obscur domaine de l’alchimie; ce sont MM. Figuier, vers 1853, qui publiait l'Alchimie et les Alchimistes, livre dont nous aurons tout à l’heure l’occasion de parler, et M. le professeur M. Berthelot, membre de l'Institut, qui fit paraître, en 1885, les Origines de l'Alchimie.
Ces deux savants officiels, le dernier surtout, font autorité en la matière et leur opinion mérite d’être écoutée par toutes les personnes sérieuses. Tous deux ils considèrent l’alchimie et son but comme de beaux rêves dignes des temps passés; tous deux ils nient formellement l’existence de la Pierre Philosophale(quoiquc Figuier prouve à son insu cette existence).
Et cependant ils déclarent que scientifique ment la chose ne peut pas être niée à priori. Ainsi Figuier dit : « Dans l’état présent de nos connaissances, on ne peut prouver d’une manière absolument rigoureuse que la transmutation des métaux soit impossible : quelques circonstances s'opposent à ce que l’opinion
l ’in it ia t io n alchimique soit rejetée comme une absurdité en con tradiction avec les faits. » (L'Alchimie et les Alchimistes, p. 353.) M. Bcrthelot, dans plusieurs passades de son livre, montre que loin d’ôtre opposée à la chimie contem poraine, la théorie alchimique tend au contraire à remplacer aujourd’hui les données primitives de la philosophie chimique.
Voici quelques extraits à l’ap pui : « A travers les explications mystiques et les sym boles dont s’enveloppent les alchimistes, nous pou vons entrevoir les théories essentielles de leur philoso phie, lesquelles se réduisent en somme à un petit nombre d’idées claires, plausibles, et dont certaines offrent une analogie étrange avec les conceptions de notre temps. » (BF.nTiiKi.OT, les Origines de l'Alchimie, p. 2 8 0 .) « Pourquoi ne pourrions-nous par former le soufre avec l'oxygène, former le sélénium et le tellure ayee le soufre, par des procédés de condensation conve nables?
Pourquoi le tellure, le sélénium ne pourraientils pas être changés inversement en soufre, et celui-ci à son tour métamorphosé en oxygène? « Rien en effet ne s’y oppose à priori. » {Ibid., p. 2 9 7 .) « Assurément, je le répète, nul ne peut affirmer que la fabrication des corps réputés simples soit impossible à priori. » {Ibid., p. 321.)
LA PIERRE PHILOSOPHALE 39 Tout cela montre assez que la Pierre Philosophale n’cst pas fatalement impossible, même de l'avis des savants contemporains. C’est maintenant qu’il nous faut chercher si nous avons des preuves positives de son existence.
IV PREUVES DE L’EXISTENCE DE LA PIERRE PHILOSOPHALE. — DISCUSSION DE LEUR VALIDITÉ Nous affirmons que la Pierre Philosophale a donné de son existence des preuves irréfutables et nous allons exposer les faits sur lesquels se basent nos convictions. Nous avons dit les faits ; car on ne peut considé rer comme absolument sérieuses les démonstrations tirées des raisonnements plus ou moins solides.
C’est dans le domaine de l'histoire que les affirmations sont toujours faciles à contrôler à toute époque et par là même vraiment irréfutables. Nous allons donc exposer les arguments invoqués par les adversaires de l’alchimie contre la transmutation, et ce sont des » faits qui, seuls, pourront victorieusement réfuter chacune de ces objections. C'est Geoffroy l’aîné qui s’est chargé en 1722 de faire le procès des alchimistes devant l’Académie.
Si l’on en croit son mémoire, les nombreuses histoires de transmutation sur lesquelles les adeptes basent leur foi, sont facilement explicables par la superche rie. Des philosophes incontestés tels que Paracelse ou Raymond Lullc laissaient là pour un moment les
l’initiation 4 0 spéculations abstraites pour faire quelques tours adroits d'escamotage devant de bons naïfs ébahis. Cependant analysons les moyens de tromper dont ils disposaient, et cherchons à déterminer des conditions expérimentales mettant à néant ces arguments.
Les alchimistes se servent pour tromper les assis tants de : i® Creusets à double fond: 2" Charbons ou baguettes creux et remplis de poudre d'or; 3° Réactions chimiques inconnues alors et parfaite ment connues aujourd’hui. Pour qu’une de ces conditions se réalise, il faut nécessairement que l’alchimiste soit présent à l’opé ration ou ait touché auparavant aux instruments employés.
Donc, dans la détermination expérimentale d’une transmutation, l'absence de l'alchimiste sera la pre mière et la plus indispensable des conditions. Il faudra de plus qu’il n'ait eu en main aucun des objets qui serviront à cette transmutation. Enfin pour répondre au dernier argument, il est indispensable que les données de la chimie contem poraine soient impuissantes à expliquer normalement le résultat obtenu.
Pour que notre travail trouve encore une base d’évi dence plus solide, il faut mettre le lecteur à même de contrôler facilement toutes nos affirmations; c’est pourquoi nous tirerons nos arguments d'un seul ouvrage, facile à trouver: l'Alchimie et les Alchi mistes. de Louis Figuier.
LA PIERRE PHILOSOPHALE 4» Rappelons, avant de passer outre, les plus essen tielles conditions : 1® Absence de l'Alchimiste ; 2® Qu'il n’ait touché à rien de ce qui sert à l'ope rateur; 3° Que le fa it soit inexplicable par la chimie con temporaine. Et on peut ajouter encore: 4' Que l'opérateur ne puisse pas être soupçonne de complicité. Ouvrons le livre de M. Figuier, édition de 1854, chapitre m, page 206.
Là, nous trouvons, non pas un, mais trois faits répondant à toutes nos condi tions et que nous allons discuter un à un. Non seulement l’opérateur n’est pas alchimiste; mais c’est un savant considéré, un ennemi déclaré de l’alchimie, ce qui répond encore avec plus de force à notre quatrième condition.
Parlons d’abord d’Helvé tius et de sa transmutation : nous citons textuelle ment Figuier : « Jcan-Fréderic Schweitzcr. connu sous le nom latin d’Helvétius, était un des adversaires les plus décidés de l’alchimie; il s’était même rendu célèbre par un écrit contre la poudre sympathique du chevalier Digby.
Le 27 décembre 1666 il reçut à la Haye la visite d’un étranger vêtu, dit-il, comme un bourgeois du nord de la Hollande et qui refusait obstinément de faire con naître son nom. Cet étranger annonça à Helvétius que
4i l’initiation sur Je bruit de sa dispute avec le chevalier Digby, il était accouru pour lui porter les preuves matérielles de l’existence de la Pierre Philosophale. Dans une longue conversation, 1’adeptc défendit les principes hermétiques, et pour lever les doutes de son adver saire, il lui montra dans une petite boite d'ivoire, la Pierre Philosophale. C’était une poudre d'une métaline couleur de soufre.
En vain Helvétius conjura-t-il l’in connu de lui démontrer par le feu les vertus de sa poudre, l'alchimiste résista à toutes les instances et se retira en promettant de revenir dans trois semaines. « Tout en causant avec cet homme et en examinant la Pierre Philosophale, Helvétius avait eu l’adresse d’en détacher quelques parcelles et de les tenir cachées sous son ongle. A peine fut-il seul qu’il s’empressa d’en essayer les vertus.
Il mit du plomb en fusion dans un creuset et fit la projection. Mais tout sc dis sipa en fumée; il ne resta dans le creuset qu’un peu de plomb et de terre vitrifiée. « Jugeant dès lors cet homme comme un imposteur, Helvétius avait à peu près oublié l’aventure lorsque, trois semaines après et au jour marqué, l’étranger reparut.
11 refusa encore de faire lui-mème l’opéra tion; mais cédant aux prières du médecin il lui fit cadeau d’un peu de sa pierre, à peu près la grosseur d’un grain de millet. Et comme Helvétius exprimait la crainte qu’une si petite quantité de substance ne pût avoir la moindre propriété, l’alchimiste, trouvant encore le cadeau trop magnifique, en enleva la moitié disant que le reste était suffisant pour transmuer une once et demie de plomb. En même temps il eut soin
LA PIERRE PHILOSOPHALE 4 3 de faire connaître avec détails les précautions néces saires à la réussite de l’œuvre, et recommanda surtout au moment de la projection d’envelopper la Pierre Philosophale d’un peu de cire afin de la garantir des fumées du plomb.
Helvétius comprit en ce moment pourquoi la transmutation qu’il avait essayée avait échoué entre ses mains; il n’avait pas enveloppé la pierre dans de la cire et négligé par conséquent une précaution indispensable. « L’étranger promettait d’ailleurs de revenir le len demain pour assister à l’expérience. « Le lendemain Helvétius attendit inutilement, la journée s’écoula tout entière sans que l’on vit paraître personne.
Le soirvenu, la femme du médecin ne pou vant plus contenir son impatience, décida son mari à tenter seul l’opération. L’essai fut exécuté par Helvé tius en présence de sa femme et de son fils. * Il fondit une once et demie de plomb, projeta sur le métal en fusion la Pierre enveloppée de cire, couvrit le creuset de son couvercle et le laissa exposé un quart d’heure à l’action du feu.
Au bout de ce temps le métal avait acquis la belle couleur verte de l'or en fusion; coulé et refroidi, il devint d'un jaune magnifique. « Tous les orfèvres de la Haye estimèrent très haut le degré de cet or. Povelius, essayeur général des monnaies de la Hollande, le traita sept fois par l’anti moine sans qu’il diminuât de poids. » Telle est la narration qu’Helvctius a faite lui-même de cette aventure.
Les termes et les détails minutieux de son récit excluent de sa part tout soupçon d’im posture. Il fut tellement émerveillé de ce succès qoe
l’initiation 44 c’est à cette occasion qu’il écrivit son Vitulus aureus dans lequel il raconte ce fait et défend l’alchimie. ★♦ ♦ Ce fait répond à toutes les conditions requises. Cependant M. Figuier, sentant combien il était difficile à expliquer, ajouta quelques explications dans une édition postérieure (18G0).
Voulant trouver partout à priori de la fraude, voici son argument principal : L’alchimiste a soudoyé un complice qui est venu mettre dans un des creusets d’Helvétius un composé d’or facilement décomposable par la chaleur. Est-il nécessaire de montrer la naïveté de cette objection ? i° Comment choisir juste le creuset que prendra Helvétius ?
2° Comment croire que celui-ci soit assez sot pour ne pas reconnaître un creuset vide d’un plein ou un alliage d’un métal ? 3“ Pourquoi ne pas se donner la peine de relire le récit des faits; M. Figuier aurait vu deux points importants : D’abord la phrase suivante : il prit une once et demie de plomb. Ce qui indique qu’il l'a pesé, qu’il l’a manié, ce qui l’aurait mis à même de vérifier facile ment si c’était vraiment du plomb.
4" Ensuite ce petit détail : il couvrit le creuset de son couvercle, ce qui empêche toute évaporation ulté rieure. 5° Supposé même que vraiment Helvétius ait été trompe; que lui, savant expérimenté, ait pris de l'or
LA PIERRE PHILOSOPHALE 45 pour du plomb, la preuve de la transmutation n’en ressort pas moins évidente, car les critiques oublient toujours le fait suivant : S’il existe un alliage cachant l'or en lui, le lingot, après évaporation ou oxydation du métal impur, pèsera beaucoup moins que le métal initialement employé. Si, au contraire, il y a adjonction par un procédé quelconque d’or, le lingot pèsera beaucoup plus que le métal initialement employé.
Or la transmutation de Bérigard de Pise, qu’on trouvera ci-après, prouve irréfutablement l’inanité de ces arguments. Enfin pour détruire à tout jamais les affirmations de M. Figuier, il suffit de remarquer que les orfèvres de la Haye ainsi que l’essayeur des monnaies de la Hollande constatent la pureté absolue de l'or, ce qui serait impossible s’il y avait eu un alliage quelconque.
Ainsi tombe d’ellc-mème l’explication que le critique donno de ce fait, « Nous ne pouvons guère expliquer aujourd’hui ces faits qu’en admettant que le mercure dont on faisait usage ou le creuset que l’on employait recélait une certaine quantité d’or dissimulée avec une habi leté merveilleuse. » (Louis F iguier, ibid., p. 210.) Nous avons dit qu'un seul fait bien prouvé suffisait pour démontrer l’existence de la Pierre Philosophale, et cependant il en existe trois dans les mêmes condi tions. Voyons les deux autres : Voici le récit de Hérigard de Pise, cité de même par Figuier, p. 211 :
l’initiation 46 « Je rapporterai, nous dit Bérigard de Fisc, ce qui m’est arrivé autrefois lorsque je doutais fortement qu’il fût possible de convertir le mercure en or. Un homme habile, voulant lever mon doute à cet égard, me donna un gros d’une poudre dont la couleur était assez semblable à celle du pavot sauvage, et dont l’odeur rappelait celle du sel marin calciné.
Pour détruire tout soupçon de fraude, j’achetai moi-mime le creuset, le charbon et le mercure chez divers mar chands afin de n’avoir point à craindre qu’il n’y eût de l’or dans aucune de ces matières, ce que font sou vent les charlatans alchimiques.
Sur dix gros de mer cure j’ajoutai un peu de poudre; j’exposai le tout à un feu assez fort, et en peu de temps la masse sc trouva toute convertie en près de dix gros d’or, qui fut reconnu comme très pur par les essais de divers orfèvres.
Si ce fait ne me lût point arrivé sans témoins, hors de la présence d’arbitres étrangers, j’aurais pu soupçonner quelque fraude; mais je puis assurer avec confiance que la chose s'est passée comme je la raconte. » Ici c’est encore un savant qui opère ; mais il con naît les ruses des charlatans et emploie toutes les précautions imaginables pour les éviter.
Enfin citons encore la transmutation de Van Uelmont pour édifier en tous points le lecteur im partial: En 1618, dans son laboratoire de Vilvorde, près de Bruxelles, Van Uelmont reçut d’une main inconnue un quart de grain de Pierre Philosophale. Elle venait d'un adepte qui, parvenu à la découverte du secret,.
LA PIERRE PHILOSOPHALE 4 7 désirait convaincre de sa réalité le savant illustre dont les travaux honoraient son époque. Van Hclmont exécuta lui-même l’expérience seul dans son laboratoire. Avec le quart de grain de pou dre qu’il avait reçu de l’inconnu il transforma en or huit onces de mercure. II faut convenir qu'un tel fait était un argument presque sans réplique à invoquer en faveur de l’existence de la Pierre Philosophale.
Van Hclmont, le chimiste le plus habile de son temps, était difficile à tromper ; il était lui-même incapable d'imposture, et il n’avait aucun intérêt à mentir puis qu’il ne tira jamais le moindre parti de cette obser vation. Enfin, l'expérience ayant eu lieu hors de la présence de l’alchimiste, il est difficile de comprendre com ment la fraude eut pu s’y glisser.
Van Hclmont fut si bien édifié à ce sujet qu’il devint partisan avoué de l’alchimie. II donna en l’honneur de cette aventure le nom de Mercurius à son fils nouveau-né. Ce Mercurius Van Hclmont ne démentit pas d’ailleurs son baptême alchimique. Il convertit Leibnitz à cette opinion ; pendant toute sa vie il chercha la Pierre Philosophale et mourut sans l’avoir trouvée, il est vrai, mais en fervent apôtre.
Reprenons maintenant ces trois récits et nous cons taterons qu’ils répondent aux conditions scientifiques posées. En effet : Le mercure ou le plomb contenaient-ils de l’or? Je ne le pense pas, attendu : i” Qu’Helvétiusqui ne croyait pas à l'alchimie non plus que Van I lelmont et Bérigard de Pise, qui étaient
48 l'initiation dans le même cas, n’allaient pas s’amuser à en mettre; 20 Que dans aucun cas l’alchimiste n’avait touché aux objets employés; 3° Enfin que dans la transmutation de Bérigard de Pise, si le mercure avait contenu de l’or et que celui-ci fût resté seul après la volatilisation du pre mier. le lingot obtenu aurait pesé beaucoup moins que le mercure employé, ce qui n’est pas.
Après ces arguments on pourrait croire que la liste est close; pas le moins du monde, il en reste encore un, peu honnête, il est vrai, mais d’autant plus dan gereux : Tous ces récils, tirés de livres imprimés, ne sont pas l'œuvre des auteurs signataires, mais bien d'habiles alchimistes imposteurs. Voilà certes une terrible objection qui semble dé truire tout notre travail ; mais la vérité peut encore apparaître victorieusement.
En effet, il existe une lettre d'une tierce personne aussi éminente que les autres, le philosophe Spinosa, adressée à Jarrig Jcllis. Cette lettre prouve irréfuta blement la réalité de l’expérience d’Helvétius. Voici le passage important : « Ayant parlé à Voss de l’affaire d’Helvétius, il se moqua de moi, s'étonnant de me voir occupé à de telles bagatelles.
Pour en avoir le coeur net, je me rendis chez le monnayeur Brechtel, qui avait essayé l’or. Celui-ci m’assura que, pendant sa fusion, l’or avait encore augmenté de poids quand on y avait jeté de l’argent. Il fallait donc que cet or, qui a changé
I.A SYKARCHIE 49 l’argent en de nouvel or, fût d’une nature bien parti culière. Non seulement Brechtel, mais encore d’autres personnes qui avaient assisté à l'essai, m’assurèrent que la chose s’était passée ainsi. Je me rendis ensuite chez Helvétius lui-même qui me montra l’or et le creuset contenant encore un peu d’or attaché à scs oarois. 11 me dit qu'il avait jeté à peine sur le plomb bndu le quart d’un grain de blé de Pierre Philoso phale.
11 ajouta qu’il ferait connaître cette histoire à tout le monde. Il paraît que cet adepte avait déjà fait la même expérience à Amsterdam où on pourrait en core le trouver. Voilà toutes les informations que j’ai pu prendre à ce sujet. « Boorbourg, 27 mars 1667.
«c S pinosa. » (Opéra posthuma. p. 553.) Tels sont les faits qui nous ont conduits à cette conviction : L a P ie r r e P h il o s o p h a l e a d o n n é d e so n EXISTENCE DES PREUVES IRRÉFUTABLES, A MOINS DE NIER A JAMAIS LE TÉMOIGNAGE DES TEXTES, DE L'HISTOIRE ET DES HOMMES. Parus. (A suivre.) £ a A narchie A tous les Peuples judéo-chrétiens Nous savons maintenant c e que veut dire ce beau, c e pur diamant du Verbe divin : S y n a r c iiie . La
5o l ’in it ia t io n Synarchic, c’est l'ordre partout à la surface de la Terre ; c’est la Justice, le Bonheur et la Paix parmi les hommes ; c’est le Règne de Dieu. C’est l'image au milieu des sociétés humaines de l’ordre et de la hié rarchie que l’on voit régner dans le Ciel au milieu des Astres, où trône un soleil central allaitant de sa Lumière et de ses Rayons tous les autres Soleils de la Nébuleuse, qui, eux-mômes.
Rois de Justice et d’Amour, inondent de tous les bienfaits de la vie les milliers de Terres qui gravitent autour d’eux avec les Humanités qui les couvrent. Immense /lsscmbléc de Soleils!
O divin E m p y r é e de Lumière et de Feu, où vont habiter les âmes glorifiées, les grands serviteurs du Dieu social de l’univers! jetez donc enfin au milieu de notre pauvre Humanité terrienne dévorée par la guerre fratricide et l’anarchie politique, un peu de votre science et de votre sagesse, un peu de votre amour; afin que la fraternité ne soit plus un vain mot.
Et vous S e ig n e u r v iv a n t de l’espace et de l’éternité, qui êtes l’âme et l’esprit du G rand T o u t qui vous donne à tous un peu de sa vie, écoutez la prière que vous font nos cœurs tous unis dans l’es prit divin de notre Christ : Q u e v o t r e r è g n e a r r iv e , q u e v o t r e v o l o n t é s o it FAITE SUR LA TERRE COMME AUX CIEUX.
Il faut qu’au centenaire de 89 le Peuple français, ce peuple si généreux, si bon, toujours prêt à verser son sang pour une idée, écrive cette divine prière sur une face de son drapeau, et sur l’autre : S c ie n c e, J u s t ic e , E c o n o m ie, P a ix e t F r a t e r n it é »
LA SYNARCHIE 5 l ENTRE TOl!S LES PEUPLES. SOLIDARITÉ ENTRE TOUTES LES H umanités de l’univers. Et l’Avenir ne sera plus pour nous un hideux fan tôme; le Progrès ne fera plus peur comme étant l'esprit du mal ; et l’évolution de la vie nous appa raîtra comme un don divin qui doit nous rendre sages en rivant a u fond de nos âmes la S cience et la V é r i t é , c’est-à-dire l’Amour, la Justice et la Bonté.
Cette Synarchie, qui doit régénérer et sauver le monde, qui doit ramener la Paix et la Fraternité entre tous les peuples, il faut la réaliser, et dès main tenant, travailler pour elle. Sursum corda! Races chrétiennes : Juifs, Francs-maçons, Libres-Penseurs, Catholiques romains et Protestants. Sursum corda!
Et que tous les peuples ne fassent qu’une seule et même âme pour aimer et respecter partout la Vie, et réaliser le règne de Dieu dans l’humanité. De venons tous les alliés du Créateur, tous Synarchistes. Mais ni destruction, ni violence; car rien n’est plus facile que réaliser la Synarchie par simple transfor mation, par simple jeu d’évolution, sans rien détruire, absolument rien , de ce qui existe actuellement.
Science, J ustice , E conomie , voilà les pierres de marbre et de porphyre que nous voulons glisser sous l’édifice et dans les fondations. Plus de césa risme, plus de politique, plus de révolution présidant aux relations des Etats entre eux et minant la vie organique de l’Humanité terrienne; mais trois grands conseils impersonnels partout: S cience, J ustice, E co nomie sociale, dans chaque commune, dans chaque
l’initiation nation, dans toute l’Humanité terrienne ramenée et rendue à son unité divine TOUS DANS UN, UN DANS TOUS par un PAPE et scs TROIS CONSEILS ARBI TRAUX trônant au sommet de notre Pyramide Humanitaire, Jamais l’Europe, à aucune époque, ne fut si belle en intelligence, si riche en science, si morale au fond du cœur.
Jamais on n’y vit tant de sagesse et de raison, et si la paix ne règne pas parmi les nations du globe la faute en est seule au césarisme devenu la loi des gouvernements, à l’arbitraire, seule règle de leurs actes, à la politique aveugle et sans conscience qui travaille leurs cerveaux sans sagesse et sans frein.
Or, il s’agit simplement de faire passer dans les institutions humaines cette raison, cette intelligence, ce sens moral qui existent déjà dans chaque individu. Il s’agit d’établir un GOUVERNEMENT GÉNÉRAL ayant pour base tout ce qui sert déjà de base à la molécule humaine, c’est-à-dire : la science, la justice et l’ÉCONOMIE.
Et ce que nous demandons là, nous les synarchistes, il n’y a pas un seul individu appartenant à la Judéo-Chrétienté qui, pris isolément et individuelle ment, ne lui donne son assentiment des deux mains : car, rien n’est plus évident que la nécessité de la réalisation de cette loi sociale universelle, devant ramener sur terre la Paix et le Bonheur. Le pape lui-même n’oserait ni ne pourrait s’y refuser, d’autant moins que c'est lui qui deviendrait la clef de
LA synarchic 53 voûte de l’édifice nouveau.
« Du premier prêtre au dernier athée, du premier savant au dernier ignorant, du premier des rois au dernier des juges de paix, du premier des réactionnaires au dernier des révoltés, depuis le plus grand des économistes et des ploutocrates jusqu'au dernier des pauvres et des socialistes, il ne peut se trouver un seul homme qui, pris indivi duellement, puisse oser nier la nécessité et la bonté de cette réforme, car ce serait avouer que ce qu’il veut c’est l’iniquité, l’ignorance et la ruine.
Ce serait un fou. » (Saint-Yves.) . Du reste le jour n’est pas loin où la Raison, la Morale et l’Opinion publiques renieront et maudiront cette politique, mère de tous les désordres, cause de tous les maux. C’est donc à elle-même qu’il appartiendrait de rendre les armes.
C'est bien réellement au pouvoir politique de prendre l’initiative de la réforme, s’il veut éviter sa ruine, s’il veut garder ses positions dans la personne de ses représentants actuels.
Il faut que leschcfs de tous les gouvernements de l’Europe com prennent la nécessité de subordonner l’Empirisme politique à la Science, à la Justice, à l'Economie et qu’ils voient que l’époque est venue d’inaugurer l’ère nouvelle en organisant les trois pouvoirs sociaux de la synarchic. les trois C hambres correspondant à ces rois divisions de la Biologie planétaire. Mais la synarchic est une loi scientifiquement exacte.
M. de Saint-Yves l’a certes assez surabon damment démontré dans sa Mission des souverains depuis.dix-huit cents ans, puis dans sa Mission des
l.’lNITlATION H juifs depuis huit mille six cents ans, il faut donc l’appliquer savamment et exactement en prenant essentiellement pour base : la distinction sine qua non enta* I’autorité, le pouvoir et la volonté populaires, et tout particulièrement en en donnant l’autorité à la totalité des corps enseignants, c’est-à-dire aux hommes de la science et de la sagesse, et le pouvoir aux hommes de la justice alliés par le respect et l’obéissance aux hommes de la sagesse et de la science.
La transition de tout gouvernement politique au nouvel ordre social est facile, car la synarchic, loi purement sociale, se prête à la rectification de n’im porte quel gouvernement politique.
Mais c’est sur tout en France que la chose irait de soi, d'abord parce que la forme républicaine est déjà une forme de gouvernement impersonnel, ensuite parce que l'Esprit particulièrement universaliste du peuple français rend cette évolution singulièrement aisée. La première initiative sera d’y faire plébisciter, en principe, la synarchic. par le moyen du suffrage uni versel qui, aujourd’hui, est passé dans les mœurs.
La majorité pour sera immense bien sûr, car le peuple français est enthousiaste pour le Vrai, le Juste et le Bien, qui sont toujours compris dans ce noble pays. Sur les billets de vote se trouveront inscrits les principaux articles de la nouvelle Constitu tion: i° Composition immédiate de trois pouvoirs so ciaux représentant respectivement: l’enseignement, la. justice, l’économie.
LA SYNARCIUE 55 2° Première loi organique de la nouvelle Consti tution : SOUMISSION DU POUVOIR A L’AUTORITÉ ENSEIGNANTE. 3* Chemins ouverts, sans distinction ni faveur, à toutes les capacités et tous les mérites par I-A LIBERTÉ SANS LIMITES 4° Condition sine qua non à remplir par le candi dat à tout grade sollicité: l’examen Telle pourrait être la formule du PLÉBISCITE.
Et la Nation donnerait pleins pouvoirs politiques au gouvernement politique existant, c’est-ù-dire au président de la République, lequel serait aidé du con cours des deux Chambres pour modifier dans ce sens notre régime parlementaire ; car il est indispensable que la Constitution actuelle et scs deux Chambres soient momentanément maintenues.
De cette sorte, l’Etat ne resterait pas sans défense devant la mauvaise volonté ou l’opposition des autres Nations, le cas échéant. Et la transformation se ferait sagement en prenant pour cela autant d’années qu’il faudrait. Puis, la Période constituante déclarée close, la constitution nouvelle entrerait en vigueur.
Pendant cette période d'évolution les deux Parle ments. la Chambre des députés et le Sénat, se livre raient aux travaux de la réorganisation de l’Etat. Ils se réuniraient en congrès pour se séparer ensuite en trois Commissions ainsi formées :
l’initiation Première Commission. Elle serait composée des sénateurs et des députés appartenant soit aux différents Cultes, soit à l’Université, soit aux Académies, soit aux Ecoles spéciales, soit aux dignitaires de la FrancMaçonnerie. Et celte Commission serait le noyau de la première chambre correspondant à l’ENSEIGNEMENT. Deuxième Commission.
Elle serait composée des sénateurs et des députés appartenant à la magistrature (assise ou debout) ou diplômés de l’Ecole de Droit. Cette Commission serait le noyau de la deuxième chambre correspondant à la JUSTICE. Troisième Commission. Elle serait composée des sénateurs et des députés appartenant aux Finances, à l’Industrie, à l’Agriculture, au Commerce, à la Maind’œuvre.
Cette Commission serait le noyau de la troisième chambre correspondant à l’ÉCONOMlE SOCIALE. Bien entendu, pour qu’il n’y ait aucun droit acquis lésé, les sénateurs et députés restant non classés dans ces trois catégories, y seront rattachés par assimilation aussi approximative que possible. Ainsi seraient générés les trois embryons de la Tri nité synarchique.
Pendant ce temps, les Conseils généraux auraient à rédiger trois ordres de cahiers départementaux renfer mant leurs vœux, lesquels seraient ensuite envoyés aux trois Commissions spéciales indiquées plus haut. On le voit, rien de plus facile, rien de plus pratique que cette réforme, que cette transmutation du gouver nement anarchique en gouvernement synarchique.
LA SYNARCH1E 57 La France, il faut bien qu’on le dise, est la Pales tine de l’Europe actuelle. C’est elle dont Victor Hugo a si bien dit : Saigner est sa Iteauté, mourir est sa Victoire. Toute cette coalition des rois contre elle (non pas des peuples), ne rend-elle pas la vérité éclatante aux yeux du penseur?
Les gouvernements la détestent, car, la France, C'est plus qu’un Peuple, c’est le monde, que les roi» Tâchent de clouer, morne et «anglant. sur ta croix. parce qu’elle est la Nation qui marche en avant dans la régénération sociale du globe, et qu elle est juste ment celle qui doit donner le coup de mort à tous les gouvernements personnels qui éternisent toutes les anarchies du Nemrodisme : I’arbitraire, c’est-àdire l’Injustice, la Faveur, l’infàme Politique et les drapeaux sanglants de la Guerre.
Mais la France est forte de l’appui de tous les Peuples qui sentent en elle le Sauveur promis ; et elle ne périra que si elle le veut. Pour vivre et amener à bonne fin son noble rôle, elle n’a qu’à réaliser chez elle le gouvernement synarchique ( i ), mais cela non pas passionnément, et encore moins naïvement, mais sagement et savamment.
Elle doit se tenir en garde contre un hypocrite désarmement du Césarisme aux 1 (1) l-i S y n ir c k ie n'est point un culte. La Synarchie, c’cit U Loi Scientifique de l’organisme des Société, telle que lont dégagée les Sages de l’Antiquité à une époque où la Science et la Religion nctaint qu'une M u l e et même Vérité, et telle que nous la montre ,1 belle et si évidente le marqu , de Saint-Yves dans »es M inions .
58 l’initiation abois. Aussi ne doit-elle pas désarmer elle-même sans que les autres Nations l’imitent en même temps. Il faut qu’elle dise bien haut ce qu’elle veut. Elle veut pour le monde entier la vraie Paix, sous certaines conditions, et non la fausse, sans conditions. Il faut que tous les Peuples sachent bien qu’elle veut la Paix sociale universelle, et qu’elle refuse l’hypocrite paix du Nemrodismc arbitraire et politique.
Réaliser en France l’admirable Etat Social de la Grèce d’autrefois, en tenant compte des besoins nou veaux de la Société moderne, tel est le moyen de sortir de l'abominable anarchie qui nous désagrège et nous tue. Et cet Etat Social de la vieille Hcllade, de l’Hellnde d'Orphée, c’était la Synarchie : Au bas : Conseil local des Anciens, formant les cours de première iustancc ; la République.
A u milieu : Conseil générai des Initiés laïques, con nus sous le nom d’Amphictyons, formant la cour d’appel ; les savants. A u sommet : le Conseil de Dieu qui formait, dans le Temple d’Apollon Dclphien, la cour de cassation : le Pape et ses acolytes, représentant le plus haut degré de la Science intégrale sur le globe. ■ R ené C aillié. inspiré de la Mission des Juijs de M. de Saint-Yves.
LE TESTAMENT IHIS IIASCHISCIIEEN 59 LE fESTAMEKT d'un lASCIISCHÉEN II LES HYPERBOLES DE NU MA PASDORAC (l) Irridcbo et îubsanabo. (L’Ecbitubi.) Il faut que l'homme ait devant lui demandes chocs ou un grand but.
Sam quoi il perd se' forcct, comme l’aimant perd le» siennes lorsque pendant longtemps il n‘a pas clé exposé en face du nord. tJean-Paut..) « Moi, Numa Pandorac, lors de mes premières expériences haschischécnnes, il m’arrivait de penser : « Oh mon Dieu I si elles pouvaient être profitables ! » Ce semblant de prière ou plutôt cette interjection qui n’exprimait qu’un souhait risqué, ce qu’elle est deve nue depuis, vous le savez, ô mes Walkyries calom niées, ô mes Sirènes de bon secours, qui avez entendu mes eurêka trop précipités et consolé mes fréquentes déceptions (2).
Pourtant les chances en faveur de dénouements favorables paraissent augmenter, et mes espérances ont reçu quelques couches de foi. (I) Cette fantaisie sera complétée par une étude sur l’orgueil du ha'cliïsciié. (a) Le haschisch donnerait une tendance à la mythologie, que Goethe délinisioit > un luxe de croyance », et i la superstition, qu’il définissait a poésie delà vie ».
Cette tendance rentre dan» l'hyloxolsme et on géné ral dans les doctrines qui croient la nature animée de plus de forces intelligentes qu’on ne suppose.
6o l’initiation S’il pouvait se confirmer que je fusse doué d’une idiosyncrasie favorable, eu égard à l’herbe hypnoti sante, je ne regretterais pas d’avoir été amené à me familiariser avec elle à la suite d’une série d'inci dents heureux, d’accidents heureux.
Il y a tant d’acci dents malheureux en ce monde, ô mon Dieu... ô mes déesses(?), ô qui que ce soit ou quoi que ce soit enfin à qui puissent s’adresser mon besoin physiologique d’expansion ou mon vague désir de placer mes belles ambitions et mes faibles ressources sous quelque pro tection inconnue ! Quel dommage qu’il faille décompter! Jugez un peu.
Couler le pessimisme par une drogue, con\'ertir le monde par des combinaisons d’antidotes ; trou ver une alimentation aristocratique dans des coupages d’inébriants ! doser l’extase ! allier la pharmacie à la morale, et par là même enfoncer Dcscartcs, qui n’a uni que l’algèbre à la géométrie, lui. Pcuh Crookes ! avec sa matière radiante.
Ce sont les lois de la matière dansante des sèves supérieures qu’il s’agit de découvrir sous les rayons de notre microscope, de notre idéaloscope (et de notre blaguoscope), ou tout au moins les lois de l’origine et de l’association des idées. Fi Dante ! ce visionnaire de la réaction, comme il serait facile de le dégoter... au point de vue philoso phique. Et Jésus-Christ, martyre à part, comme c’est maigre au point de vue expérimental...! Il n’a pas su scientiflquer la superstition. Que d’horizons pour les étudiants de l’avenir dans
LE TESTAMENT D'UN HASCIIISCIIÉEN 6 l les indications mieux nuancées de notre creuset orga nique, dans les appétences plus lucides du « sens du corps », dans l’art de savoir s’écouter, lequel éclairera mieux sur notre dedans biologique que les cruautés sanctifiées de la vivisection !
Quoi encore ! poser les règles de l’auto-expérimentation ! étudier la folie sur lieu ! montrer à la lan terne magique les niches de l’inconscient, les lois du caprice et les mystères de l’illumination ! débiner les trucs de l’antre de Trophonius 1 fabriquer du delphique et du cumiquc, sans tant d’histoires et sans tant de bafouillages! monographier la dilcction, appliquer la méthode expérimentale à la psychosculpture! rajeunir les grands mythes t poétiser la science et même les savants ! être le saint Augustin d’une religion amusante, dont la morale consisterait dans le culte de la beauté, avec beaucoup de muses bon enfant et pas un dieu mauvais coucheur !
A côté de la comédie humaine, la féerie humaine ! graduer sa sensibilité d’après les tâches à accomplir, quand il n'est pas loisible de choisir ses tâches d’après les variations de la sensibilité ! se rendre plus vivant ou moins vivant, suivant que la vie gagne à être grossie ou diminuée ! tout comme le sommeil, mettre l’ivresse sacrée en bouteille ! canaliser l’enthousiasme ! ne se maximer qu’à bon escient I rendre l’inspiration facul tative! prendre l’intuition sur le fait! taire souiller l’esprit, non quand il veut, mais quand nous voulons! donner des leçons de prophétisme I entrevoir les lois des miracles ! N’être apocalyptique, n’ètre génial qu’à ses heures!
Ô2 l’initiation Plus modestement, découvrir de nouvelles sources de l'influx et de nouvelles sanctions de la morale y réconcilier le matérialisme et le spiritualisme dans un déterminisme supérieur, et tout cela par d’autres voies que celles où vous avez coutume! c'est beaucoup pour un homme seul,et Numa Pandorac demande des col laborateurs.
Comment ne pas être taxé de matérialisme, en pré tendant que, pour la correction des caractères, les sommités du chanvre supplanteraient aisément les jeûnes et les mortifications: que par l'absorption d’une simple pilule l’homme s’élancera, comme porté sur les ailes du génie ou d’un génie, dans les zones les plus lointaines du monde de la pénombre! O féti chisme! ô régression!
Il y aurait donc à l’adorer, cette divc pilule dont les propriétés, plus tangibles que celles des hosties sacrées, nous débarrasseraient des entraînements pénibles et débilitants de l'ascète. Il est donc vrai, ô petitesse de la grandeur de l’homme ! qu’on pourra acheter pour 5o centimes de lyrisme, que la vertu se vendra comme le vice, que la sérénité et la jovialité se confectionneront secundum artem.
Dire que d’avaler une dose c'est comme si on introduisait dans son individu un tabernacle avec des égéries pour ses examens de conscience ! Quoi ! quelques centigrammes de haschischinc épanouiraient autant que des baisers de vierge !
Quoi ! le pharma cien du coin donnerait plus de jouissances que les cdlincries les mieux modulées, plus de sagesse que les enseignements des sages, que les exemples des saints, avec scs pastilles d’Ariane, ses granules de
LE TESTAMENT D’UN tlASCHlSCHÉEN 6 3 Nestor, ses sacchorolés de componction,[scs élcctuaircs apostoliques, ses trochisques sibyllins, ses tisanes pactolicnnes, ses bols de concupiscence, ses fioles de seconde vue, ses boulettes de visionnaire et ses boîtes de bonne espérance 1 Quoi ! le comble du marivaudage consistera à dire : « Madame, vous me faites autant d’effet que 4 grammes d’extrait gras de chanvre in dien»; et, si l’on nous demande quel a été le plus beau jour de notre vie, serons-nous obligés de ré pondre : « C'est un jour où j’ai absorbé 15 grammes de dawasmeck. » Mais, pour pénétrer dans les paradis de l'expéri mentation, il faut être soutenu par la bonne intention, sous peine d’affreuses terreurs.
Et voilà la part du spiritualisme,ou mieux de l’idéalisme! Gare aux phi listins qui n’ont pas le haschisch bon ! gare aux haschischés charnels 1 gare aux scélérats qui s'aventu reraient dans ce nouveau monde où les sanctions de la morale cessent d’étre des banalités courantes! gare aux téméraires de la pure (!) curiosité! Ils revien draient avec une veste et sans la moindre investiture.
Ils n’en mèneraient pas large, les Macbeth et les Richard 111, aux minutes solennelles où le moi s’effi loche. où l’on est tenté de se crier : Qui vive ! à soimème, tant on est surpris de soi-mème, étonné de se reconnaître.
Pour être à même de se colleter avec Adamastor, de rcmouchcr les plus terribles sphynx, de badiner avec la folie, jongler avec les mystères, batifoler avec le prodige, pour jouer avec le feu... sacré, il faut être du bois dont on fait les hommes de flamme !
64 l’initiation Pour être admis à sonder l’insondable, à voir au travers du voile d’Isis, à admirer son double astral au difîractin de Narcisse, il faut être un voyant de la Grande Fêlure, un marqué de la Grande Ride, un chevalier de la Grande Accolade! Il faut avoir passé par des épreuves purifiantes, et les lavements sacrés ne se transgressent pas ! Seuls les gosiers d clection avaleront les mystiques couleuvres.
C’est la fleur de votre cervelle, c’est la cervelle de votre cervelle qu’il faut brûler sur le bra sier intellectuel, si vous voulez que les vapeurs s’endosmosent à la dyalise animique, avec des auras ali mentaires, des inspirations de Bengale et des spasmes de renfort. Aucune Egérie ne se montrera aux in trus du tabernacle.
Les malappris et les Boireau qui ne sont pas en état de grâce ne trouveront à qui par ler dans la gracieuse république de l'invisible ! Les Dryades ne s’encanaillent jamais, et les choses sem blent se passer comme si, sous les bulbes pileux de notre occiput, les meilleurs esprits végétaux ne com muniaient avec les esprits animaux que sur des autels de sélection (1).
Oui, il faut avoir le pied orphique pour ne pas trébucher au bord de tant d’abîmes; il faut un cœur ferme pour tous ces sauts de Lcucade; il faut une tête solide pour braver les mystères d'Udolphis; il faut ne 1 (1) Mieux que dan» la légende de oint llruno. deattimuli. de* nœud* de force tiré* de» régne* inférieur* (?| viennent faire à notre place le travail imaginatif, vou* épargnent lu*ure ou rendent avec n*urc ce que l'uvnre peut coûter.
Ce point d'interrogation apri* in fé ritu rx , parce que le règne liominat n e*t pas *ur tou» le* point* mieux avantagé que le règne végétal. Ainsi l'homme ne sent bon,
LE TESTAMENT D'UN HASCKISCMEEN 65 plus conserver aucun grain de laideur; il faut se sen tir d’une belle transparence, pour oser se regarder à la psyché-psychique; il faut savoir sténographier des éclairs jusqu’en dégringolant dans des gouffres! Ne sera pas qui voudra le Jason des profondeurs, le favori de la fée Cannabinc.
Drogue et matière dans l’affaire, c’est vrai ; mais apprentissage pour lequel seront surtout requises les lacultés esthétiques et contemplatives ; et il dépend de nous que l’accès haschischéen devienne un éveil de visionnaire. Quel fort atout en faveur de l’optimisme!
En d’autres termes, quel atout recevraient les pessi mistes, ces infortunés condamnés à vie, s’il devenait manifeste que, dans les ramifications invisibles de l’encéphale dont parle H.
Spencer, sous l’arrosage des globules avancés de la sève vitale, grâce à une nourriture spéciale, a une pression convenablement mesurée, nos centres sensitifs les plus délicats déga gent des ondes d’influx nerveux de première qualité qui vont, les unes, baigner, retremper voluptueuse ment nos organes, opérer le phénomène de diffusion nerveuse, et les autres projeter sur je ne sais quelle rétine mentale des arborescences d’images ou des guirlandes d’idées !
Celles-ci sont presque impossibles à fixer, à prévoir et à diriger, dans les débuts ; mais il n’en est pas de même si l’on cultive parallèlement les centres où se localisent les facultés de discernement, si l’on par vient à éviter ce piège à haschisché : l’oubli du terreà-terre devant les fascinations du ciel-à-ciel. Pour ma part, n’étant ni peintre ni poète, j’ai dù dissiper 3
l’initiation 6G comme des obsessions de sirènes'ccs Olympes inédits où « le cri de l’homme arrive chant », ces jardins magiques où « les vérités prennent les formes de toutes les fleurs » et de toutes les déesses, où, comme sous la baguette d’ovidics inconnues, les lauriers et les araignées se remétamorphosent en Daphnés et en Arachnées toutes modernistes.
Puisque le succès de mes accès haschischéens dépend de mon état de santé, au lieu de descendre dans le puits de Babel, de flâner dans l’île des caprices ou d’édifier le temple des combles, ne serait-ce pas plu tôt le cas de me faire renseigner par mon conseiller végétal sur l’analogie qui existe entre l’hygiène phy sique et l’hygiène psychique, et, si les échappées de la fantasia sont incoercibles, de la diriger vers des sujets plus positifs, tels que les salles de l'hôpital passionnel ou les officines du palais des dégusta teurs ?
Devrait-on regretter de s’être mis, sinon dans tous ses états, du moins dans ses principaux états de conscience, pour constater qu’à certains moments de périhélie les courants vertueux influent visiblement sur les courants nerveux de nos plus modestes plexus ? Les phénomènes du plus haut dynamisme attendent leurs Œrstedt et leurs Ampère.
La vapeur du monde moral aura ses Mariotte, ses Salomon de Caus et ses Stephcnson ; et Numa Pandorac donnerait tous ses plans de poème épique et de constitutions sociales pour le moindre grain de mil dans le domaine des idées-forces. Le terre-à-ciel suffit à son ambition. Aux chaudes vapeurs de notre encens intérieur que
LE TESTAMENT D’UN HASCHISCHÉEX 67 de caillots! que de glaçons se fondent dans notre cerveau ! que de brouillards se dissipent devant les excursions de nos monades d’avant-garde ! Aux lueurs de la résine ardente, il apparaît mieux que les saines pensées servent en effet de topique héroïque contre la mauvaise humeur.
Oui, pour empêcher qu’on ne se fasse du mauvais sang ou de la bile, pour guérir l'aigreur du caractère, il est tout un codex de révulsifs, de substitutifs, de lénitifs, de contre-stimu lants puisés dans la série des bons sentiments.
Non, ce n’est pas une vainc métaphore qui nous fait dire que la lecture est la nourriture de l’esprit, et ils n’ont pas l’air de se douter qu’il existe une alimen tation aristocratique ceux qui osent dire que le lait est un aliment complet, comme s’il n’y avait pas des baisers qui réconfortent et des effusions qui réparent.
La nostalgie est une faim qui n’est pas satisfaite. — Foi de Haschisché, le pain du déshonneur est indi geste et le vin n’est jamais généreux dans les cons ciences frelatées. Oui, la confiance est stomachique, la mansuétude analeptique, la résignation antiphlo gistique. Il est des fermes-propos sthéniques, des pos tulats anthischimiqucs et des inspirations apéritives. On sait qu’une passion de bon aloi est tonique.
Pas de cordial comme un élan poétique! On s’assimile des mouvements harmoniques ; on se nourrit littéra lement de sons; on boit des rayons de lumière, et rien ne ravitaille comme un beau mirage. De même, combien d’efforts pourrions-nous écono miser, par la collaboration de ce qu’on appelle la matière, en ses représentants les plus efficaces !
68 l’initiation Est-cc absolument insensé de mettre le nectar à la bouche de l’humanité en lui insinuant qu’elle saura diminuer la part du mérite au profit du bonheur à l’aide de trucs scientifiques, de recettes pharmaceu tiques intervenant dans la direction de la conduite, plus heureusement que les redites et les sermons du moralisme vieux jeu.
Au lieu de forcer quand même son éréthisme, le centre supérieur qui commande, mais qui ne dégage pas assez d’influx pour rendre son commandement efficace, ferait bien mieux de recourir à des réservoirs d’influx externes propres à alimenter les foyers de L’intelligence et du sentiment, tandis qu’il bornerait son activité à manier le compteur des sensations et des idées.
Comme les choses seraient simplifiées si avec de simples simples l'homme pouvait devenir un modèle d’édification ; s’il n’était plus besoin d’ajourner aux calendes.,... phalanstériennes la réalisation d’une pharmacie psycho-pathique qui mettrait à la rigueur la tendresse en sirop, la justice en tablettes, l’amour en opiat, la fidélité en cornets, la pudeur en conserve, la chasteté en cachets, la fermeté en pâte, l’enthou siasme en gelée, l’orgueil en poudre, la virilité en limonade, la bonté en capsules, l’illusion en ciga rettes, la volupté en émulsion, le sourire en perles, La foi en dragées, la piété en infusion, le Saint-Esprit en apozèmes, les anges gardiens en confiture, le patriotisme en marmelade, et la Providence en compote ! Quant aux partisans de l’effort pour l’effort, du
LE TESTAMENT d ’US HASCHISCHÉEN 69 devoir à blanc; quant aux apôtres du décarcassement (attrapez, monsieur Sarcey), avec leurs fastidieux laboremus! quant aux panégyristes du ahan sempi ternel, aux chantres de la mutilation, aux champions de l’abstinence, aux apôtres de la maigreur, foin des âneries où se complaisent leurs ataviques cervelles !
Qu’on impose la gaudriole de force à ces gaillards-là 1 Bons pour les purgatoires de notre diabolique comé die! Ça leur apprendra à manquer de reconnaissance pour qui travaille à diminuer les tâches ingrates! Parlez-moi des bons vivants de la philosophie, qui, en fait d’efforts, ne préconisent que les essors, qui ne désespèrent pas d’adoucir l’âpre montée vers le bien en pente à volutes douces.
Tas de jansénistes attardés, n’en dégoûtez pas les autres, si vous n’en voulez pas, de nos cités entrevues, où tous les vendredis seront changés en dimanches, où l’on se fera littéralement un jeu du devoir, où le che min de l’école signifiera le plus court chemin d’un point à un autre, où les raisins ne seront jamais trop verts, les mariées jamais trop belles, où la jeunesse saura et où la vieillesse pourra, où l’on romanisera la vie, où la volupté sera célcstée, où, selon le vœu du philosophe inconnu, tous s’applique ront à tout diviniser autour de soi, à se faire des rentes en âmes!
Oui, j’en donne ma parole de cannabien. Un jour, l’humanité, qui est si riche en pauvres... Mais pardon pour cette digression et ces bafouillages couleur locale, qui ont pourtant un côté sérieux, celui d’accuser une tendance très prononcée au détermil'initiation nismc à laquelle seraient, selon moi, déterminés les cannabiens raisonnables, tendance sur laquelle j’aurai occasion de revenir.
Tant de différence dans mon individu en si peu de temps, selon que j’aurai ou non avalé ma dose» c’est cela qui change bien des idées sur l’orgueil et sur le libre arbitre; et il faut avouer que, si l’esprit est une belle chose, les ingrédients qui entrent dans notre cucurbite pour le former composent une singulière macédoine. N uma P andorac. Pour copie conforme : J ules G iraud.
PARTIE LITTÉRAIRE HISTOIR ES 1N CRO Y A B LES A BRULER (Suite.) Instantanément alors, j’éprouvai à la place du cœur la sensation d’un souille très rapide qui, venant du dehors, entrait en moi, si violemment d’abord que c’était presque une douleur.
Mais en même temps, ce quelque chose — alors indéfinissable pour moi — se répandit en tout mon être, fourmillement de vitalité qui titillait mes fibres, des extrémités au cerveau : puis je fus pris d'une sorte d’ivresse, avec surchauficment de l’organisme tout entier, avec surexcitation de pensées, avec flux de paroles, avec incohérence de mouvements.
En fait, l'équilibre n’était pas encore établi, cet équilibre qui est à la fois la santé et la cons cience. Et peu à peu la sédation se fit, comme en un vase où le liquide, brusquement agité, reprend son niveau. Comme pour ressaisir décidément le monde extérieur
l’initixtion j'ouvris les yeux. A ce moment, j’étais couché à demi sur le côté, et mon regard embrassait l’ensemble de la chambre où je me trouvais. C’était l’hiver: un leu, peu ardent, mettait au foyer une lueur rougeâtre sur laquelle se dessinaient deux ombres assises et penchées l’une vers l’autre. A travers mes rideaux, je distinguais aussi le reflet d’une veilleuse. Ou n’avait pas pris garde à mon réveil et on causait, bas.
Mais je reconnus aussitôt l’une des deux voix, déjà entendue au cours de ma résurrection. Maintenant je savais que c'était celle de Georges Charvet. Comment me trouvais-je là ! je l’ignorais. Il parlait. — Cette crise, disait-il, est sans doute la dernière. Comme je te l'ai expliqué, il y a en lui des prédisposi tions naturelles vraiment étonnantes.
L’état dans lequel nous l’avons vu rappelle, à s’y méprendre, celui des êtres bizarres dont je t’ai parlé. Je suis con vaincu qu’il en sortira sain et sauf ; le seul danger, c’est que sa léthargie étant le résultat non d’un acte volontaire, mais d’un accident, il n’a été pris aucune des précautions dont usent les Hindous et que la ren trée de la vie peut s'opérer avec une violence si bru tale que l’organisme ne la puisse supporter.
Alors l’autre voix dit : — Oh ! il est jeune et fort ! Ce fut tout. Et cependant cette seconde décida de toute ma vie. Nous autres Occidentaux, nous igno rons la puissance inouïe du son. Nous passons à
A mUILER 73 côte des phénomènes les plus étranges sans même leur accorder l'aumône de notre attention : par exemple, nous entendrons tout à coup les carreaux d’une chambre vibrer fortement, alors qu’un violoniste joue de son instrument, sans nous étonner que. des notes lancées par l’archet, la presque totalité n'ait pas pro duit cet effet, tandis qu’une seule — et non toujours la plus aiguë — ait subitement déterminé cet ébran lement.
C’est ainsi que dans une mélodie, telle com binaison d’accords nous pénètre jusqu’au plus pro fond de notre être, nous met le sanglot à la gorge ou le serremeut au cœur, sans qu’il nous soit possible de dire quel fut cet accord qui n’a fait que passer fugitif et rapide, c’est ainsi enfin qu'un savant a découvert aujourd’hui, dans la production de certaines sono rités, une force auprès de laquelle celles de la vapeur, et même de l'électricité, telle qu’on la connaît aujourd’hui, sont en proportion d’une chiquenaude d’enfant au coup de marteau d’un géant.
C’est ainsi enfin que celte voix fit vibrer toutes mes fibres, comme la corde sous l’archet, pénétra mes moelles, remplît mon cœur, circula en tout mon organisme et que, passionné, exalté, je me dressai, criant : — Qui a parlé?
Georges s’élança vers moi, et je ressentis comme un mouvement de rage, car, dans ce moment, il me cacha ce que je voulais voir : devina-t-il cette fureur dans mon premier regard ? je le crois, car avant d’avoir touché mon lit, il s’écarta et dit : — Sœur, il est sauvé !
74 l ’initiation Sa sœur ! celle dont si souvent j’avais entendu pro noncer le nom — nom étrange et que seule pouvait expliquer la fantaisie d’un orientaliste — Sità, la jeune fille que j’avais à peine entrevue jusque-là et qui m’apparaissait soudain comme évoquée à mon appel, à vingt ans, admirablement belle, avec son front haut et un peu bombé, avec ses grands yeux noirs aux douceurs profondes, avec son profil hiéra tique et son sourire mystérieux de prêtresse !...
Oh! pourquoi remuer en moi ces souvenirs, pour quoi creuser la terre sous laquelle si longtemps j'ai tenté de les ensevelir, pourquoi raviver en mon être ce foyer qui a brûlé ma vie ! Je le veux pourtant, car c’est d’eux seuls que me viennent aujourd’hui ma résolution et ma force ! Elle sortit et je restai seul avec Georges.
J’avais soudainement recouvré tout mon sang-froid, seulement je gardais en moi l’écho — jamais éteint désormais — de cette voix qui devait être à jamais ma joie et mon supplice : je ne percevais les paroles de Georges comme depuis je ne perçus tous les bruits, qu’à travers une sorte de voile cristallin qui fon dai: chaque son dans la tonalité unique dont j’étais pénétré ou plutôt enveloppé. Il me raconta d’abord comment je me trouvais chez lui.
Lorsque j’étais tombé, nQl de ceux qui se trou vaient là — compagnons de hasard — ne connaissait mon domicile : mais quelqu’un s’était souvenu du nom de Charvct. et l’inquiétude aidant et aussi la crainte d’être.compromis dans une rixe dont les con séquences pouvaient être des plus graves, on l’avait
A 1IPULER 75 envoyé chercher. Il était accouru et m’avait fait trans porter chez lui. tandisquelcsatnis de mon adversaire le plaçaient, inanimé, dans une voitureet l'emportaient. Par bonheur, la police n’était pas intervenue: mais pendant deux jours, l'inquiétude de Georges avait été grande, tant à cause de mon état léthargique que du péril que semblait courir la vie de mon adversaire.
11 me dit alors une chose qui me parut incroyable, mais qui était vraie cependant, je le sais maintenant. Mon adversaire était dans l’engourdissement coma teux qui suivrait un coup violent reçu en plein crâne.., et pourtant, il ne portait aucune trace de coup, ni gonflement ni ecchymose.
Et— ceci surtout me sem blait rentrer dans le domaine de l’invraisemblable — tous les témoins de la scène allirmaient de la façon ■la plus péremptoire que je n’avais pas frappé, que ma main ne l’avait même pas effleuré, et qu’au moment où il s'était affaissé, il semblait qu’il eût été abattu sous un choc dont l’instrument était resté invisible ; si bien que les pseudo-savants, étudiants de la bande, croyaient à une congestion subite déter minée en lui par l’excès de sa propre colère.
Ce qui était manifestement faux, puisque depuis la veille, il était complètement rétabli, sans ressentir aucun des symptômes qui suivent nécessairement une commotion cérébrale interne. Et puis je savais bien que je l'avais frappé, moi, sinon de mon poing, tout au moins de quelque chose qui avait jailli de moi... — Ah ça ! me dit Georges en riant, tu sais donc le sanscrit, toi ?
76 l ’in itiation — Pourquoi cette question? fis-je en rougissant un peu. — Parce que dans les intermittences de la léthargie, alors que la force vitale faisait effort pour rentrer en toi, tu as prononcé plusieurs phrases et des plus correctes... c'est ma sœur ques'cn est aperçue... — Elle ! — Ah 1 tu 11c sais pas, tu 11c peux pas savoir.
Depuis la mort de mon pauvre père, Sità est venue habiter avec moi, et elle a manifesté de si extraordi naires dispositions pour l’étude des langues orientales que j’ai dù consentir à ce qu’elle partageât nos tra vaux... et en deux ans, il m’a semblé que je ne fusse plus qu’un écolier auprès d’elle.
Elle n’a pas appris, je suis certain quelle s’est souvenue : il y a dans notre famille un cas d’atavisme bien singulier et qui ne s’est révélé que par les aptitudes de mon père.
Jusque-là, rien dans notre famille, autant du moins que nous pouvons remonter dans son passé, ne semblait la rattacher à l’Orient : mais voici qu’en mon père et en moi le désir d’apprendre s’est manifesté comme à notre insu et sans qu’à vrai dire notre volonté soit intervenue : voici qu’enfin ma sœur que, jusqu’en ces derniers temps, j’avais tenue naturellement à l’écart de ces études, s’est tout à coup révélée, en quelques semaines, l’interprète le plus profond, le plus intelli gent, le plus devin, pour ainsi dire, des langues de l’Inde du Sud : là où pour mon père et pour moi, sous le sens littéral des mots se cachaient des obscu rités impénétrables, où sous la forme philologique l’esprit philosophique nous échappait, Sitâ a la prèsA BRULER 77> cicncc plus encore que la science : l’inintelligible lui paraît clair, l’insondable s’entr'ouvrc...
Ah! mon ami, si tu savais dans quel monde sans bornes elle m’entraîne à sa suite... monde sublime dont nos plus pures jouissances d’esprit ne sont qu’un reflet à peine perceptible... Et tandis qu’il parlait, je voyais l’enthousiasme éclairer son visage comme une lueur qui eut rayonné de quelque foyer inconnu...
De cet instant, ma résolution était prise : moi aussi j’avais l’intuitif désir de cette science, et j'en venais à me persuader que, pour moi, comme pour eux, existait je ne sais quelle prédestination atavique. Ne rcconnaissait-il pas lui-mème qu’il était surprenant que j’eusse si aisément, seul, acquis les premiers rudiments d’une langue, restée cncoredans le domaine de l'érudition?
Ma patience même n’était-cllc pas une preuve de mon aptitude innée ? Georges était bon. faible même : aussi accueillit-il mon projet avec joie. Il m’avait toujours traité en frère cadet, et il lui plaisait — surtout après ma longue absence — reprendre à mon égard son quasi-droit d’aînesse, droit de protection et aussi de surveillance.
J’avais dépensé niaisement mes premières années de jeunesse, aucune voie ne s’ouvrait devant moi, je ne manifestais aucun goût pour le barreau ni pour la médecine. Pourquoi contrarier cette tendance qui ressemblait à une vocation ? — Seulement, me dit-il. il faut obtenir l’agrément de ma sœur. Je le regardai surpris.
7& l’initution Quelle obicction raisonnable pouvait-elle opposer à mon désir? — Tu ne connais pas Siti, me répondit-il, elle est la gardienne du temple.
Je n’attachai point à cette phrase plus d’importance que le sens littéral n’en semblait comporter; d’ailleurs est-ce que, tandis que j’aflîrmais au frère, l'expresse volonté de m’inslruirc dans les sciences hindoues, je ne songeais pas avant tout à la sœur, à celle dont la voix m’avait soumis, conquis, à celle que déjà j’aimais d’un amour si violent que toute ma vie, toute mon énergie, toute mon ambition convergeait vers elle seule.
J ules L ermina. (A suivre.) $QIIH ÏÏN lA P T Ê M E S a lu t ! Toi qui nais, toi qui «leurs, hélas! Ton âme est ravie aux célestes sphères 1 Pour toi sont voilés les Divins Mystères/ Un cercueil de chair l’étreint ici-bas ! Mais que sur ton front glissent à ma] voix Les Esprits ailés !... Penchés sur ta couche. Je les vois déjà. Plus d'un qui te touche, En rêvant sourit à ton doux minois. Ce sont tes amis, ce sont tes aïeux.
Qui forment, là-haut, l’invisible chaîne Où doit se nouer ta jeune âme humaine S i tu le souviens que tu viens des Cieux.
LA GLOIRE DU PÉCHÉ 79 Qu'ils versent sur toi, pour te rendre fort, La douce Espérance et la Foi qui donne A chacun son but : pour quon te pardonne, Prends leur Charité. ce divin trésor l... Pour ta vie entière, enfant, j'ai voulu T ’armer de ces dons... Pars! Marche sans crainte Et garde en ton cœur. loin de toute atteinte Ces dépôts sacrés qui font la Vertu.
Par eux tu pourras trouver la clarté Qui t'indiquera. dans le Chaos sombre, Le Devoir de l'Homme en ce siècle d'ombre: Chercher la Justice et la Vérité. Puis, mourant pour eux, enfin tu naîtras t Car l’Ame s'envole aux célestes sphères Où sont dévoilés les Divins Mystères ; Le cercueil de chair, seul, reste ici-bas ! G. C aminade d’A ngers. | a G l o ir e d u $ é c h é (,) A Félicien ROPS.
L e Glaive archangélique a flamboyé, vainqueur du Sathan révolté qui, fou d'orgueil, relève un front centfois terrassé, des yeux, cherchant l’Eve (U La rédaction, ,jui sc plaît 1 mettre au jour les étude* de toute* les école», pourvu que la doctrine qu'on y voit exposée v soit soutenue p«r le talent, a le plaisir de donner aujourd'hui à ses lecteurs un curieux échantillon de poésie décadente. (Note du Com ité de R édaction.)
8o l'initiation attendue...
Et par les deux, retentit le chœur des Séraphins exaltant la paix éternelle auxpieds du Très-Haut...Des mondes.desjir manient s s’allument au Veuil du Créateur : Eléments, Univers, Soleil, — prologue de la charnelle épopée... ■A lors il fu t qu’au Verbe divin répondirent les Choses : l'arbre, l'oiseau, flamme envolée en de fulgurantes couleurs : l'âme humaine, aussi, s'éveillant au charmeur et vain décor de la Terre et, par la prime caresse amoureuse se mesurant <i Dieu jusqu'en sa Splendeur !...
Car la lèvre baisée, ivre, quand l'or ruisselle sur de lourds cheveux où se presse un long désir, n’est-ce point, pour jamais, pervers et grandiose, un rêve inassouvi de nôtre indigne, ou le vouloir sans bornes de connaître et d'aimer?... C’était l'aube des jours, là-bas. vers les orients... O Fleur des Paradis, fanée au seuil des Ages, source du Péché delà Vie, œuvre d'Enfer, salutl...
Reçois, du delà des vieux siècles, mon adoration damnée, ô Fleur des Paradis !... L'Eden a tressailli de voir : la presque divine est debout, superbe en toute sa chair triomphante, fruit du Verbe étonné, lui-même, devant l'être assailli, déjà, par la hantise des demains. Mystère insondable, pendant que le ciel s'est fondu en la prunelle d’Eve, voici descendu
LA GLOIRE DU PÉCHÉ S i ondulant sur ses reins, bientôt jusqucs à terre un Jlcuvc ardent... et c'est « croire qu’un démon tenta de brosser quelque chimérique aurore en la blondeur de scs cheveux qu’un premier aure emplit de frissons! Quels pas laissent au limon d'où sortit la créature, leur gracieuse * empreinte?... Ceux d’Eve!... Quel sourire apparaît ingénu par les chemins bénis qu’ignorait l’Amour?... Celui d’Eve!...
Quelle chair radieuse exulte en sa blancheur ?... Celle d’Eve!... « O Beauté souveraine ! Joyau des Temps ; ira ma baise impure arder ta bouche, pour que ne s'apaise en toi la soif du Péché, mon éternité, mon empire!... Ainsi parla, se vêtant d'une ombre, oublié, Sathan, l'Ange du Mal!... « Uosanna! louons le Seigneur dont la bonté nous donna l’existence !
Dieu de la Lumière et du Nombre immanent tel un hommage de tes enfants pieux, que soit l’hymne chanté par la Nature entière, toujours vierge de toute imposture et d’orgueil : Dieu de magnificence défends de la tentation du Péché ta servante et ton serviteur craintifs d'entendre ta Voix courroucée, en ce beau Paradis où je vois l'éclat de ta Grandeur !... » Sa prière fervente achevée, Eve baissa les yeux!... Sathan dit alors, à la Brise : « Toi qui vas, chuchoteuse errante, à ta suite entraînant, vraie ou menteuse.
l’initiation un peu de l’humaine parole, du Maudit, en ce four, sois l'esclave; délaisse la nue et, pour moi, va mettre un frissonnement au cou d’Eve. » Et la furtive obéit... « Eau du lac ou des clairs ruisseaux, du mirage de sa chair nue, A l’Eve faites un délice », commanda l'Ange du Mal. Et la Femme s’en fu t rêveuse et solitaire s’admirant !...
« Pour la buveuse idéale, Parfums, que l'air bleu demande à la Fleur vos ivresses ; que. de partout, s'élève, en un vol de troublantes senteurs, là me des floraisons malignes écloses, par moi, dès ce jour!... » Il dit, le Tentateur, et, fier, à l'Eve il se montra!...
« Femme, Ouvrière du destin futur des Humanités de la Terre, amante impolluéa, encor, chose de la démente entité — Dieu — dont l’ordre jaloux, au matin de la Vie, entrava ton essor vers l’essence ultime des Fins, brave la peur d un trépas imaginaire et ne détourne plus tes pas de l’arbre au fru it vermeil sceau de la connaissance entière du Bien et du Mal!...
Au créateurbaiser, abandonne-toi, Mère de la race adamique des Hommes ; que ton sein embrasse, aujourd'hui la puissance des Temps ; que menteur soit le Verbe, que par tes flancs féconds un monde incrêé soit comme ravi au froid linceul des Nuits... Entends ma voix pour, à ton geste seul,
IA GLOIHE DU PÉCHÉ 83 désormais que tout obéisse: éther, Jlamme, onde ou sol !... Entends, Femme, et tu seras semblable à Dieu !... Eritis similcs Dco !... Maudire Eve enlacée au veuil du Tentateur par le rêve infini de Science et d'Amour qui troubla sa raison, tel fut le droit de Dieu...
Puis le Verbe, ordonna: « Des siècles je fiais la souffrance et de l'instant les Paradis !... » Un autre autel s'est élevé sur le tertre antique de fauve herbe atouré pour l'occulte Jeté.
Dans l'éclair fulgurant, voici,plus beau qu’un Dieu} Sathan l'Ange autrejois abhorré qu’escorte la phalange errante des damnés de la Vie, au son clair dcsroseauxplaintifs.Durantquevers 1’En-haut sombre et déconstellé. le regard de lEternel Exilé monte, comme un défi, solennel et triste, le réprobateur office où sombre une croyance a commencé.
Dans un houleux choral grimaçant /'Introït, clameur énorme arrachée à tout un peuple objet de la Norme impassible, ils vont braver le fieu du ciel, eux les serfs affamés de baisers. Par un blasphème, encore, ils vont renier tout, la Trinité sainte, l'hostie; ils vont faire à la Volupté leur offrande, en ce cantique dont la strophe aime et console. Tourne la ronde des Sabbats échevelés. Sorcière, Femme, toujours reine adorée, alors que ton grand geste parraine
L INITIATION en l'avenir prochain la Gloire des combats aux lascives étreintes... Sur nos fronts, ton aile a passé, légère, emportant le dogme du mensonge des vieux siècles : la flamme a tordu maint coeur s’éveillant au seul voir de ta prunelle insondée, 0 Sathane; et sous ton pied chaussé d'escarpins d'or, les Dieux ont disparu, la Vie a triomphé, car le Tentateur nous convie aux agapes d'amour de son veuil exaucé enfin!... Et toutes les stupeurs de la tremblante angoisse, l'antique promess se des enfers sans pardon ; et les baisers maudits, tant soufferts, tantpleurés ?... Qu’importe demain à la troublante emprise, qu’importe, à jamais l'éternité sans but!... Ce pendant vibre, en un rire colique au sein des airs glacés : « Le Glaive archangélique a flamboyé, vainqueur du Sathan révolté!... » E dmond Bailly. I I s î o i î s I Clef cosmique : i5 dlckmcke Souille, masse de fluide, vague de secours, de grâce, de rédemption qui arrive sur le monde. La manne est donnée; c’est à chacun à s'en servir, à en faire bon usage, à se l’assimiler pour épurer et renouveler sa vie. II Clef humaine : mincit C’est dans le silence de toute la nature que l’homme'
BIBLIOGRAPHIE 85 peut descendre nu dedans de lui-mcme et se retrouver. Là, s’il le veut, il entendra la voix qui donne la paix et le courage. III Clef divine : naissance L’homme ne peut enfanter son esprit divin que dans la douleur. C'est de Krcsios que doit sortir Kristos ; derrière le sacrifice apparaît la glorification. Pour que le sacrifice porto tous scs fruits, il faut qu’il soit volontaire. Soyez bénis, vous tous qui me faites souffrir 1 Vous êtes les véritables envoyés de Dieu pour ma rédemption. Loin de vous haïr, je vous aime, je vous remercie, et je veux vous faire du bien à mon tour. Dieu !
J’aurai accompli tes desseins mystérieux, quand j’aurai rendu le bien à ceux qui m’auront donné le mal. fhB!U0 GRAÏ>aa3 Les M aladies épidém iques de l'esprit : Sorcellerie, m agnétism e, m or phinism e, délire (les grandeurs, par le IP Pacl R e c n a h d . — Pari», E. l’Ion, Nourrit cl C‘*. 1SS7.
Depuis que la science s'est mise en devoir de s'oc cuper du magnétisme, — « expression fâcheuse, » dit M. Ucgnard, qu’elle a remplacée par celle d’hypnotisme qui n'est pas fâcheux, parait-il, — il a été publié un grand nombre d’ouvrages volumineux que tout le monde n'a pas le temps de lire et qui, d'ailleurs, pour la plupart, no valent guère la peine d'être lus.
Néanmoins, pour tenir nos lecteurs au courant de ce qui se dit, se fait et s’écrit pour et contre le magnétisme, nous leur donnerons des analyses de ces ouvrages aussi claires, et et aussi impartiales quo nous le pourrons. ^ Le livre du Dr Regnard, dont nous allons parler au86 L INITIATION jourd'hui, est le résultat de conférences faites à In Sor bonne par ce docteur sous le patronage de l'Association scientifique de France.
Avant d’entrer en matière nous devons dire que VAssociation scientifique de France a eu lu main heureuse ; M. Uegnard, que nous n'avons pas l'honneur de connaître, a toutes les apparences d’un gentil causeur, d’un conférencier aimable. Nous ne serions nullement surpris de le voir succéder à Caro.
Mais le charmant babil ne nous suffisant pas, nousn’insistcrons pas davantage sur ce point et nous passerons au fond des choses et particulièrement à la partie du livre qui est de notre ressort, intitulée Sommeil et Som nambulisme. Le magnétisme, « mot détestable » a contre lui tous scs adeptes, dit M.
Rcgnard, « parmi lesquels on n'a guère rencontré jusqu’à ces derniers temps que des dupes qui acceptaient tout et des charlatans qui lâchaient d’en imposer il tous. > M. Regnard, peu désireux d'être confondu avec les hommes de l’une ou de l'autre de ces deux classes, va procéder autrement, lui 1 « « Je vais, dit-il, vous montrer des faits, vous exposer des expériences et, je l'espère, entraîner votre convic tion ; je vous donnerai la preuve de tout, mais je ne vous fournirai l’explication de rien.
C’est qu'en effet le rôle de la science est de constater les faits, de détermi ner les conditions dans lesquelles ils se produisent ; mais elle n'en peut trouver la raison. > Elle est modeste, la science; son rôle ainsi tracé ne res semble pas mal à celui du carrier, qui extrait du soussol la pierre et lî sable sans s’inquiéter de l’usage qu’en pourra faire l'architecte.
Mais cette modestie, qui n’n d’ailleurs rien de churlatanosque, n'est que pour la mon tre.
Lisez le livre d'un bout à l’autre, vous verrez que l'auteur soutient une thèse, ou pour mieux dire une hypothèse, qui se réduit h cette proposition : Lr.démunomauie,la théomanie, le somnambulisme, etc. tout cela n'est qu’une maladie, toujours la même, quoi que sc présentant sous diverses apparences: ces atfections sont des maladies épidémiques de l’esprit. Nous ne discuterons pas cette assertion, cela nous
BIBLIOGRAPHIE 87 mènerait trop loin et nous avons suffisamment à dire du somnambulisme. Malgré son horreur pour les explications, M. Regnard nous en donne un grand nombre : celles du sommeil, du rêve, du somnambulisme naturel et artificiel, de l’action réllcxc, etc. Nous pourrions montrer que toutes ces explications sont, ou erronées, ou tout au moins discutables, ou incomplètes ; mais nous préférons le laisser dire à l'au teur lui-même.
Après avoir exposé des théories aussi ondoyantes que diverses sur les phénomènes que nous venons d'énumé rer, M. Regnard, se basant sur l’expérience d’un chien endormi que l’on trépane conclut : < Ce serait donc a l'anémie subite du cerveau que serait dû le sommeil, et, de fait, on peut endormir un homme ou un animal en lui pressant les carotides au cou. c’est-à-dire en empêchant le sang d'arriver à son encéphale. • Sentant bien que cette théorie est fort loin d'expliquer tous les phénomènes du sommeil, l'auteur se reprend et ajoute : « Mais ce sont là des choses un peu problématiques et j'aime mieux les laisser dans l’ombre pour m’occuper avant tout des maladies du sommeil. » Au temps où la science n’avait pas le rôle que les mo dernes lui attribuent, 011 appelait cela se tirer d'affaire par une gambade.
Comment, en effet, s’occuper des ma. ladies du sommeil, de ses états pathologiques, alors qu’on n'est pas fixé sur son état physiologique nor mal ? Quelle valeur scientifique peuvent bien avoir, dès lors, des assertions comme celles-ci : « Le somnambulisme, messieurs, est une maladie ; c'est une névrose. C'est une maladie que l'on peut pro voquer, traiter et guérir.
Elle consiste dans l'altération d’une fonction physiologique, dans une altération du sommeil. » Après avoir donné une explication aussi scientifique du somnambulisme, il ne doit pas être difficile de ren verser celle des magnétiseurs. C’est ce qu’entreprend M. Regnard. A cet effet, il prend à partie Vasseur-Lom bard.
88 l'initiation Vous ne connaissez pas Vasseur-Lombard, vous autres, profanes ! Vous n'avez pas été obligés, comme M. Rcgnard, de lire des centaines de volumes où l'ab surdité s’étale au grand jour. M. Regnard les a lus, et il n’en est pas plus fier.
J’ai été obligé de les lire, messieurs ; rien n’est plus ennuyeux, rien n’est même plus douloureux. > Un ignorant qui voudrait donner au public quelque idée d'une science quelconque, choisirait pour le com menter ou le critiquer l’ouvrage d’un des auteurs qui se sont acquis le plus de notoriété dans la matière.
Mais ce n'est point ainsi, parait-il, que procèdent les savants, et M. Regnard, dans son désir de faire voir ou de faire croire qu’il a lu des centaines de volumes de mognétisme, choisit Vasseur-Lombard. Eh bien I soit; autant celui-là qu'un autre.
Il faut voir avec quel dédain AL Iîegnard parle de ce magnétiseur qui traite de la guérison du cancer par le magnétisme, de la magnétisation des animaux et des végétaux malades, etc. Son scientifique et sorbociquc auditoire n dû bien rire ! Pourtant tous les hommes sérieux qui ont un peu voyagé ou lu savent qu'il se passe des choses plus mer veilleuses encore aux Indes, en Egypte et ailleurs.
Et sans {.lier si loin, M. Regnard, qui a lu tous les ou vrages de magnétisme, doit savoir que Charpignan, son collègue en doctorat, cite plusieurs expériences du même genre que celle de Vasseur-Lombard, expériences faites en public et en présence de docteurs médecins qui n'avaient aucun intérêt à jouer le rôle de dupes ou de charlatans. (V. Physiologie, médecine et métaphysique du magnétisme, par J.
Charpignan, p. 5o ctsuiv.) M. Regnard, qui traite si légèrement les hommes res pectables qui, depuis un siècle, ont sacrifié leur temps, leur fortune, leur réputation scientifique même, à étu dier, pratiquer et propager le magnétisme, ne parait pourtant pas lui-même posséder une science bien pro fonde.
11 nous dit, par exemple, p. 2 1 7 : que l’électricité a été découverte par Mollet ; p. 238 : que Braid a am puté des malades qu’il avait hypnotisés, sans parler de Cloguel qui avait précédé Braid de longtemps dans
BIBLIOGRAPHIE 8(j cette voie ; p. 247 : que l’abbé Faria, charlatan célèbre, — cela va île soi, — a étonné le monde il y a quelque vingt iins, quoiqu'il soit mort depuis environ soixantedix ans. C’est avec le meme sans-façon, nous devrions peut-être dire avec la même ignorance, qu’il exécute la métallo thérapie, p. 2 4 0 .
Quand on ne possède qu’une science aussi superfi cielle on est mal venu à jeter le ridicule sur dos hommes (les magnétiseurs) qui, ignorants ou savants, ont du moins été sincères et animés du désir de faire le bien et de rendre service ù l’humanité. Il est permis à tout le monde d’errer, c’est le propre de l’homme, c’est peutêtre à cela que se réduit la science.
Mais ce qui n’est pas permis à ceux qui se disent savants parce qu'ils ont des diplômes, c’est de trancher si cavalièrement des questions discutables, je l'accorde, mais qui méritent examen. Lorsque M. Regnard vient nous dire, par exemple, en forme de conclusions : « Je ne vous ai pas parlé de la lecture à travers un bandeau ou par le moyen de la seconde vue, de la divi nation, de l’art de guérir les maladies par le magné tisme.
Ces choses-là ne relèvent pas de la science.
« M. Regnard devrait se rappeler : i° qu’il se met en contradiction avec ses propres principes: « Je vais vous montrer des faits, vous exposer des expériences « 2 0 que ces faits et ces expériences de lecture à travers un bandeau ou par le moyen de lu seconde vue etc., ont été réalisés et constatés par une foule d’hommes de tous pays, qui ne le cèdent ni en science ni en bonne foi aux perruques académiques dont la montre est tou jours en retard de trois ou quatre siècles sur le chrono mètre universel.
Il nous semble enfin, que, malgré son vif désir de ne pas être confondu avec les dupes et les charlatans, M. Rcgnard n'échappe pas tout ù fait à l’une ou à l’autre de ces classes. Nos lecteurs pourront en juger par l’anecdote sui vante que nous copions à la page i3o de son livre. 11
l’initiation La quatrième édition de Traité élémentaire de Science occulte de Pnpus parait dans quelques jours. Annon çons que cet auteur prépare un nouveau volume sur la Magie pratique, qui doit paraître avant Pâques. avis aux végétariens. — On trouve du pain de GraUam ou Whole meal, 33, avenue de l'Opéra. PÉRIODIQUES REÇUS A W I N I T I A T I O N PHILOSOPHIE La Religion Laïque. 3, rue Mercœur, Nantes.—Abon nement : 3 francs par an.
Philosophie générale des étudiants Swédenborgiens li bres. Trimestrielle. M. Lecomte, à Noisy-le-Sec. — Abonnement : 4 francs. Le Devoir. Journal des Réformes sociales, ù Guise (Aisne). — Abonnement : io francs. Les Sciences mystérieuses, 17, rue des Fabriques, Bruxelles. Le Magicien. Directrice: Mm‘ Louis Mond, 14, rue Ternie, Lyon. THÉOSOPHIE L’Aurore.
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SPIRITISME La Revue Spirite, journal d’éludes psychologiques (bi-mensuel), t, rue Chabanais. — Abonnement : 10 fr. Le Spiritisme (bi-mensuel), 3p, passage Choiscul. — Abonnement : 3 francs. La Lumière, directrice : Mme Lucv G range, 35, bou levard Montmorency, Paris-Auteuil. — Abonnement : 6 francs. La Vie posthume, 2 7 , rue Thiers (Marseille).— Abon nement : 6 francs.
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l’initiation LITTÉRATURE La Rovue de Fomillo, publication bi-mcnsuellé. Direc teur : J ules S imon. — Administrateur: T ony Borel. — Abonnement: 40 fr. par an. Editée par E. T estar» e t C**, 10, rue de Condë, Paris. — Superbe publication grand in-S (Recommandée). La Tribune Populaire. 57, rue Lepic, Paris. — Abon nements : un an, 8 fr. La Revue Française, organe mensuel des concours poétiques du Midi.
Agen, 6, rue Puits-du-Saunion. — Abonnements : 10 fr. Bulletin des Sommaires. Indispensable à tout écri vain et à tout lecteur sérieux. 44, rue Beaunier, Paris. — Envoi gratuit sur demande par carte postale. LA PRESSE Le Mot d’ordre, la Revue Spirite, le Magicien, le Lotus, la Chaîne d'Union, le Livre ont annoncé et commente les premiers numéros de l'Initiation, nous les en remer cions.
Notre savant collaborateur le Docteur F oveau de Cou km elles a fait, dans le Voltaire du 20 décembre, une étude sur la Névrose qui mérite d'être citée. Le Gaulois a consacré un blok-note parisien à VAlchimie h propos de la dernière publication de Papas. Parmi les périodiques étrangers qui ont annoncér/m - tiation, citons particulièrement le Theosophistde .Madras et le Lucifer de Londres. Le Gérant : Encausse.
P A R T IE I N I T I A T I Q U E Déclaration a ms lecteurs e t a ms A3ùmms 'id ée qui a présidé à la fondation de l'Initiation est la Tolérance absolue pour toutes les écoles s’occupant plus ou moins des sujets de Haute Philo sophie et d’Occultisme. Devant le sectarisme sans cesse grandissant, qui menaçait de transformer en ennemis les écrivains et les penseurs poursuivant un même but, nous avons voulu faire œuvre de conciliation et de synthèse.
Nous avons voulu montrer aux membres de la Société Théosophique, aux Labbalislcs occidentaux, aux fervents du Spiritisme, du Magnétisme ou des autres branches de l’Occultisme, qu’une doctrine iden tique par beaucoup de points les rassemblait tous dans un même but.
Les questions de personnes ont malheureusement trop souvent le pas sur les ques tions de doctrines et c’est là qu'il faut chercher la cause véritable des dissensions qui partagent en sectes 4
L INITIATION 98 souvent irréconciliables, toutes les petites chapelles passées, présentes et à venir. Voilà pourquoi nous avons fait appel à toutes les écoles en fondant l’Initiation, et nous sommes heu reux de constater l’empressement avec lequel écrivains et public ont répondu à notre attente.
L’indépendance absolue garantie à tous les rédac teurs a permis de grouper dans un même organe des Théosophes et des Spirites, des Philosophes et des Magnétiseurs en compagnie de littérateurs et de poètes tous déjà connus et beaucoup déjà célèbres. C’est qu'il s’agissait d’idées et non de Personnes, de Doctrines et non de Dogmes.
L’indépendance a quelquefois ses désagréments et chaque éccle n’a pas manqué de protester contre une Revue qui laissait place aux autres idées. La Société Théosophiquc nous a dit que nous n’étions pas assez exclusivement théosophe, les Spirites nous ont accusé de l’être trop, les Catholiques nous ont soupçonné de trop de Franc-Maçonnerie et les Francs-Maçons de trop de Catholicisme.
Nous sommes indépendants, voilà tout, c’est là notre seule raison d’être et nous pouvons être fiers d’avoir atteint notre but. Mais, une conséquence plus grave de l’indépendance, c’est l’hésitation du Public à se faire une opinion devant les déclarations, identiques sur le fond quoique différentes dans la forme, des diverses écoles.
L’Initiation consiste cependant à fournir des éléments de travail que l’initié développe ensuite d’après scs seules forces et suivant ses désirs; mais le Public, sauf de rares exceptions, n’aime guère travailler et
DKCLARATION 99 cherche à acquérir de nouvelles connaissances le plus agréablement qu'il peut. Nous tenons à honneur de le contenter et pour cela deux moyens nous sont offerts.
D’abord de réunir le comité de rédaction de l'Ini tiation, composé d’écrivains français connus et appré ciés par le public, et de transformer ce comité en petit tribunal dogmatique qui ajouterait des notes dans le texte des auteurs dont l’opinion serait diffé rente de celle du comité.
Ce procédé est déplorable au premier chef; d’abord parce qu’il supprime du coup la raison d’ètre de la Revue : l’Indépendance ; ensuite parce qu’il crée un inconvénient encore plus grave. Celui qui met les notes, n’a, le plus souvent, jamais lu les ouvrages sur lesquels s'appuie l’auteur dans scs déductions, ce qui le porte à commettre des erreurs dont est coutumière certaine Revue dont c’est là le procédé.
Outre l'indélicatesse de l’action, cela crée des froisse ments entre l’auteur et la Revue d’où résultent des polémiques, prenant de la place et fatiguant le public qui achète un journal pour s’instruire et non pour assister à une scène de pugilat épistolaire. Voilà pourquoi nous éviterons toujours les polé miques et, si nous sommes obligés d’en venir là, nous les reléguerons dans le petit texte, tout au bout de la Revue.
Le procédé des notes dans le texte est donc impra ticable et force nous est d’en chercher un autre. Après réflexion, nous avons écarté de même l’idée de faire suivre d’articles rectificatifs les travaux de
ÎOO l' initiation nos rédacteurs qui ne cadreraient pas avec nos idées personnelles, ce système enlevant aussi toute indé pendance à la Revue.
Nous croyons avoir résolu toutes les difficultés du problème par la création d’une nouvelle partie de la Revue, intitulée PARTIE INITIATIQUE La partie initiatique, placée en tète de la Revue, traitera de Y Initiation sous toutes scs formes, histoire, traditions, enseignements, etc., mais au point de vue des idées spéciales des rédacteurs unis par une même doctrine.
Ainsi sera réalisée la promesse que nous avons faite d’ouvrir un cours de science o c c u lte aussi clair que possible. Cette partie seule de la Revue sera réservée aux développements doctrinaires et la Partie Philosophique et Scientifique constituera comme avant une véritable tribune libre où toute indépendance sera assurée aux rédacteurs. Ainsi se trouvent conciliés les intérêts du public et la liberté des écrivains.
Nous demandons pardon à nos lecteurs et à nos abonnés de les avoir entretenus de nos questions d’ordre intérieur; mais ils comprendront sans doute la nécessité où nous étions de le faire. Nous ne pouvons terminer sans remercier tous ceux qui s’intéressent à notre œuvre du chaleureux accueil qu’ils ont tien voulu lui faire. Grâce à eux nous avons fait beaucoup; mais avec leur concours nous pouvons encore mieux faire. Que chaque lecteur, que chaque abonné, prenne à cœur de répandre Y Initiation
DECLARATION IOI de son mieux. Il s’agit ici d’idées et non d'argenl, car on comprend facilement que ces sortes de publica tions coûtent presque toujours beaucoup plus quelles ne rapportent et notre intention n’est pas de faire une affaire commerciale. Nous désirons avant tout ren forcer l'armée nombreuse de tous ceux qui luttent contre les fausses conclusions du Matérialisme déjà bien ébranlé.
C’est une couvre de synthèse que nous avons entreprise, et dans ce groupement de tous les penseurs contre l’ennemi commun, il ne doit plus y avoir ni Kabbalistes, ni Théosophes, ni Spirites, ni Magnétiseurs, il ne doit exister qu'une seule et même armée d’écrivains, résolus à combattre de toutes leurs forces les conséquences sectaires et démoralisantes du Matérialisme sous toutes ses formes!
C’est à cette renaissance des idées philosophiques que nous con vions tous ceux qui s’intéressent à notre entreprise. Nous avons montré le chemin ; quelle que soit maintenant la longueur de notre carrière nous aurons du moins la certitude d'avoir poursuivi sans faillir la réalisation de notre but.
Nous avons confiance dans les nombreuses sympathies qui nous entourent et nous sommes persuadés que tous ceux qui com prennent l’importance de ce mouvement, qui s’accroît chaque jour davantage, ne manqueront pas de le répandre de leur mieux. Que chacun prenne confiance et s’unisse de cœur et d’action avec nous tous et nous sommes sûrs d’at teindre au but sans tarder. Détruisons la haine religieuse en dévoilant I'lnité de tous les cultes dans une seule Religion; détruisons
l’initiation la haine philosophique en proclamant I’unité de toutes les doctrines dans une même Science. Groupons-nous, écrivains et lecteurs, dans la pour suite de la Vérité et puissions-nous un jour inscrire au fronton de notre œuvre cette belle parole de Morin : A CEUX QUI, FATIGUÉS D'APPRENDRE, DÉSIRENT ENFIN SAVOIR ! La Direction : K.-Ch.
B a r le t (M. S. T.) S ta n isla s de G iia ita (.Cj) G. M oNTIÈRE (i|r) pAPUS (S.’. I.*.).