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_ . É I þÿ s o M 1 a > i A i : R : E ¿ yuvvv-uvv Philosophie | L'lucons.cient en Allemagne .... Eucàuz Nus. ' Occultisme , La Di*/ination. . . . . . . Rouxn.. Spiritualisme . L'Etat actuel du Spiritiszme . . . . G. Duuuuz. i ' V 'Physiognomonie La Théorie des ternpéramems. . . . . Pour sr þÿ G ¼ u r . Études historiques Le Christianisme þÿ s c i e n t iû q u e . . . H. Lxznu. PAR'HE LITTÈRAIRE Appariiion, histoire vraie..... M' Mimon. nn Gmunru.
A Brûler (suite) .... _ J. þÿ l S n m m g . Le Sphinx (poésie) . . . . I*`Amu: mas Essuvrs. Bulletin Çhéosophique (p. 273). - Franç-Maçonnique (p. 276). - Mágnétique (p. 278). - Spirite (p. 280). Bibliographie. -_ Causerie bibliographique, par þÿ F ¼ n u s ns CHAMPVILLE. 1_ r
PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFÎQUE åwïwcnnscinmr EN ål.ILElllAGNE' (Extrait d'un travail que fait en ce moment M. EUGENE Nus, sur les Idées métaphysiques du jour.) Une preuve évidente du désarroi des esprits et de þÿ F aû o l e m e n t de la boussole humaine dans notre époque de dissolution, ou de transition, comme on voudra, c'est l'invasion du pessimisme qui vient achever la débâcle.
Après avoir germé et fermenté dans les brouillards de l'Allemagne, cette lamentation philo- ,sophique, renouvelée de Job avec de nombreux perfectionnements, a fait irruption en France, où le positivisme et le matérialisme avaient préparé son logement, la conséquence logique de la mort sans appel, après les tribulations de la vie, ne pouvant être, sauf pour les stoïciens, toujours en petit nombre, qu'un profond dégoût de Pexistence mêlé d'imprécations contre sa cause, quelle qu"elle soit.
Schopenhauer a donné le branle à cette danse d'idées macabres à laquelle se livre avec transport toute une école de littérateurs. _ Mais, tandis que l'Allemand, entraîné de naissance _ vers les mystères de l'absolu, s"élançait à la recherche > 7
I 94 LllNlTlATION de l'origine du mal, dans les régions de l'invisible, le pessimisme français, attaché à la surface, ne songeait qu'à déblatérer contre le processus des choses, mettant tout sur le compte des combinaisons aveugles de la force et de la matière, opérées par la Nature, qui n"enpeut mais, et que l"on n'en maudit pas moins. Schopenhauer a trouvé, et M. de Hartmann a complété sa découverte.
Lemal vient de la vie, ou plutôt c'est la vie même. Si rien n'était, tout serait pour le mieux. Contre les maux sans nombre et sans fin þÿ i nû i g é s par l'existence aux créatures de tous genreset de tous degrés qui pullulent et pâtissent sur cette* terre et sur les autres, bêtes et gens n'ont qu'un refuge: le non-être d'où ils sont sortis. Il s'agit d'y rentrer, et ce n'est pas facile, car la mort n'est pas un moyen.
La disparition de votre conscience individuelle n'atténue en rien les þÿ s o uû r a n c e s du tout dont vous faites partie. C'est la vie de ce tout, le processus universel, le temps, l'espace, le monde qu'i1 faut anéantir. Comment s"y prendre? Le pessimisme allemand ne s'est pas contenté de poser le problème: il l'a résolu. Pour supprimer la vie, il s'agissait d'abord d'en connaître la provenance.
Le Dieu personnel tirant le monde du néant et se complaisant' dans son þÿ S u v r e , pour la damner quelques jours plus tard, þÿ n " oû r a i t pas à la certitude des points d'appui suffisants. Leibnitz, pour justifier sa grande Monade, était forcé de tomber dans Poptimisme, déclarant que le mal, essentiellement négatif, n'est pas autre chose que la privation du bien. L'ldée absolue d'l-légel, petite-nièce de Platon et þÿû l l e de la natureS
LHNCONSCIENT EN ALLEMAGNE 195 naturante de Spinosa, pouvait, avec toute apparence de raison, être l'objet des récriminations de la naturenaturée; car enfin, si le monde est une idée de l"Idée, c'est à elle seule que peuvent s"en prendre tous ceux qui ne sont pas contents.
Aussi lepanthéisme pessimiste, ou moniste, comme M. de Hartmann appelle le sien,- j'ai oublié de dire que Schopenhauer et M. de Hartmann sont panthéistes, comme tous les grands penseurs de l'Allemagne moderne, - déclare-t-il que l'idée est complètement étrangère à toute ingérence dans l'éclosion -de la Vie, contre laquelle même, paraît¿il, elle n'eût pas mieux demandé que de protester à l'origine. C'est la Volonté qui a tout fait.
Abordons ce mystère: Pour dégager la cause suprême de toute participation aux souffrances des créatures, le pessimisme panthéiste a décrété Pinconscience de l'Absolu. Etant donné que le pessimisme trouve que ce monde est absolument mauvais, c"était le seul moyen d'innocenter la Toute-Puissance.
« Il faut, dit M. de Hartmann, que Pexistence du Monde ait été décidée par l'acte d'une volonté aveugle que n'éclairait aucun rayon de Pintelligence raisonnable. pour que cette existence devienne compréhensible, et que Dieu, comme tel, n°en soit pas rendu responsable. » Voilà Dieu sauvé. C"est déjà une consolation.
Cette conception de l'Inconscz`ent qui remonte au Nirvâna hindou pris dans son acception vulgaire, n'était pas du reste une nouveauté pour l'Allemagne.
Î I 96 L,INlTIATlON Hégel, Shelling, Fichte et leurs disciples l"ont indiquée plus ou moins clairement. Mais la démonstration complète de Finconscience du Tout était réservée au pessimisme, qui a pénétré dans les plus intimes profondeurs de la source des choses.
Nous voilà loin du fameux axiome: «Le þÿû n i ne peut comprendre þÿ l ' l nû n i . : : C ' e s t que, selon M. de Hartmann, nous avons en nous de þÿ l ' i nû n i , c ' e s t - à - d i r e de l'inconscient, puisque c"est identiquement la même chose.
C'est par ce côté inconscient de notre nature, instinct, intuition, génie, que nous pénétrons dans Pinconscience de l'Absolu, et que nous pouvons découvrir sa manière d'être, ou plutôt de ne pas être, car l'Un qui est tout n'est absolument rien, si l'on en croit la définition donnée par la philosophie de l'inconscz`ent : « Il n'est ni grand ni petit, ni dans un lieu ni dans un autre, ni þÿû n i ni þÿ i nû n i , ni présent sous une forme, ni en un point, ni quelque part, ni nulle part. þÿ : : On comprend que ce néant soit inconscient de luimême; mais ce que l'on comprend moins, c'est qufune conscience puisse le concevoir. * Et pourtant, dans ce rien qui va produire le tout, une chose, et même deux choses sommeillent.
Schopenhauer n'en a vu qu'une; M. de Hartmann en a vu deux. Schopenhauer a vu la volonté; à côté d'elle, ou plutôt au-dessous d'elle, M. de Hartmann a vu de plus l'Idée, chacune inconsciente, bien entendu. Il n'y a que de Pinconscient dans l"inconscience universelle. Et c'est, avons-nous dit, la Volonté qui a fait tout le mal, en s'éveillant un beau matin. si l'on peut se
IÎINCONSCIENT EN ALLEMAGNE 197 servir de cette expression dans l'état du non-être où il n'y a ni jour ni nuit, en s'éveillant þÿ e nû n dans un moment donné, quoiqu"íl n'y ait pas de moments quand le temps n'existe pas encore, en s'éveillant n'importe où et n'importe comment, pour vouloir vivre.
Si cette velléité ne lui était pasuvenue, et elle pouvait ne pas lui venir, rien de ce qui fut, est et sera n'aurait connu l'existence, et nous serions tous encore plongés dans l'on ne sait quoi, inerte et sans forme, ni þÿû n i s rii þÿ i nû n i s , ni quelque part ni nulle part. «' La volonté en soi, enseigne la métaphysique pessimiste, pouvait vouloir et, par suite aussi, ne pas vouloir.
Le vouloir vivre est la volonté qui s'est déterminée à vouloir. þÿ : : Pourquoi la volonté a-t-elle .voulu vouloir?
Ceci, nous ne pouvons le dissimuler, est le côté faible de la doctrine: une volonté qui veut, sans qu'une idée quelconque l'ait induite à vouloir _ car, dans l'acte de la volonté, l'idée, dont la présence dans l,Absolu niée par Schopenhauer est affirmée par M. de Hartmann, n'intervient pas encore; la volonté va l'éveiller tout à l'heure pour la forcer de lui prêter son concours, - la volonté, disons-nous, tout inconsciente qu'elle soit, n"a aucun motif pour se permettre de vouloir vivre, ignorant complètement, puisqu'elle ignore tout, ce que peut bien être la vie.
Du reste, elle serait impardonnable si, le sachant, elle s'obstinait à la vouloir. ' De motif, elle n'en a pas, le pessimisme en convient; c'est le hasard qui la décide. Shelling, qui n'est pas pessimiste, a exprimé la même opinion : -
198 L,lNlTI.TXON « Le vouloir, a-t-il dit, qui est pour nous le commencement d'un Monde, est le hasard en soi. þÿ : Voilà encore une chose qui sommeillait dans l'Inconscient, et la plus importante de toutes, puisque c'est elle qui fait que la volonté veut. Mais alors ce n'est pas à la volonté, c'est au hasard en soi que nous devons le triste cadeau de la Vie, et, cette fois, nous avons bien affaire à Finconscience absolue.
Qu'y a-til de plus inconscient que le hasard P Enfin, d'où qu'il vienne, le mal est fait : la volonté a voulu. Mais, si l'on peut vouloir sans le secours de l'idée, ce qui est déjà bien difficile, il est complètement impossible de réaliser son désir sans avoir l'idée de ce que l'on veut.
La Volonté appelle donc l'Idée qui sommeille à côté d'elle; et, comme celle-ci, qui n'a pourtant pas de volonté, pas plus que la volonté n'a d'idée, ne veut pas entendre parler de vivre, la volonté lui fait violence, « l'attire et la saisit þÿ : : . « On voit clairement ici, dit M. de Hartmann, que la volonté et l'idée sont dans le rapport du principe masculin et du principe féminin. » Si cela se voit !
Pauvre féminin l déjà victime,même dans le sein de l'absolu ! Et nous prétendons qu'elles ont tort de se plaindre! Elle cède donc. Mais qu"on ne lui jette pas la pierre ; c'est pour un motif si louable, que son péché lui sera remis. « L'idée, ajoute M. de Hartmann, qui, avant l'existence réelle est dans un état diinnocence bienheu« reuse, sacrifie cette innocence virginale pour sauver à la þÿû n la volonté, qui ne peut se sauver ellemême. »
IÎINCONSCIENT EN ALLEMAGNE Nous connaissons maintenant l'orígine des tendres dévouements et des touchants sacrifices qui sont l'apanage du féminin dans notre monde manifesté. Ajoutonséy un peu de ruse, ce qui rendra Panalogie encore plus frappante; car c'est à l'insu du principe masculin, et en dépit de ses þÿ eû o r t s , que l"idée se propose de le sauver. Sa tactique est bien simple.
C*est la volonté qui veut la vie : il faut arriver à ce que la volonté ne la veuille plus. 'La cause supprimée, Pefïet disparaîtra de lui-même. Or c'est l'Idée qui dirige le processus de la vie. C'est àl'aide de ce processus qu'elle en viendra à ses þÿû n s , e t elle organise l'évolution de manière à former l'intellect et la conscience.
On comprend que, une fois disséminée dans les cerveaux humains et devenue intelligente et consciente, la volonté, qui voulait vivre, þÿû n i r a par reconnaître que la vie n'est qu'une amère déception, et n'aura plus d"autre vouloir que celui de rentrer dans le néant,d'où elle est si sottement sortie.
« Pour échapper, dit M. de Hartmann, à la calamité du vouloir, que l'ldée inconsciente, malgré sa 'logique et son omniscience, ne peut prévenir, parce qu"elle n'a aucune initiative en face de la Volonté, Plnconscient a recours à la conscience qui doit émanciper l'idée en divisant la Volonté par Pindividuation, et en Pentraînant ainsi dans des directions opposées qui se neutralisent.
Le principe logique conduit de la façon la plus sage le processus du monde jusqu"au développement de la conscience., de telle sorte que la Volonté actuelle soit réduite à néant. Le processus du monde þÿû n i t
zoo 1.'mrri/mon alors, et sans laisser après lui les éléments d"un nouveau processus. » La philosophie de Plnconscient semble avoir oublié une chose : c"est qu'autour de notre soleil il y a d'autres terres que la nôtre, et d'autres terres probables encore autour des autres soleils, sur lesquelles doit s'exercer également la déplorable volonté de vivre.
Quelque haute considération que nous ayons pour notre globe et pour nous-mêmes, nous ne pouvons pas décemment supposer qu'il nous þÿ s uû î r a de voter la suppression de la vie, pour faire disparaître avec notre grain de sable tous ces millions d'étoiles et de planètes.
0u bien il faut admettre que, sur la totalité des mondes habités., se déroulent des processus parallèles au nôtre, amenant au même point, dans le même moment, toutes les consciences de l'Univers, chose peu acceptable pour la majorité des astronomes. qui assurent, à tort ou à raison. que les Mondes n'ont pas le même âge, et prétendent même trouver au bout de leurs lunettes des nébuleuses à peine écloses, encore en voie de formation. ll y a là une difficulté que, à ma connaissance du moins, le Panthéisme moniste n'a pas, jusqu'à ce jour, résolue.
Mais je crois qu°il þÿ s uû i t de la lui signaler, pour qu'il en vienne aisément à bout. Admettons donc que, d'une façon ou d"une autre, le processus universel prenne þÿû n sans laisser de trace après lui, et que l"Un-Tout rentre, à la chute des temps, dans son état de félicité suprême. « qui n'est pas autre chose que l"absence de toute douleur þÿ : : .On croit que c'est þÿû n i . Pas du tout! Cela peut recommencer absolu-
.îî IJINCONSCIENT EN ALLEMAGNE 2OlÎ ment de la même manière. Le Pessimisme nous en prévient : _ « Il n'y a pour l'lnconscient ni expérience, ni souvenir. Ijexpérience du processus passé ne saurait l'empècher de courir la même aventure.
Nous sommes obligés d"abandonner, comme une píeuse illusion, l'espoir þÿû a t t e u r qu'après la conclusion du processus universel, l'Inconscient se renfermera dans ,une paix définitive et saura jouir de ce repos définitif. Il est incontestablement possible que la puissance de la Volonté se décide encore une' fois à vouloir. Le hasard seul, dans toute la rigueur mathématique du terme, décidera si la Volonté voudra ou ne voudra pas.
La vraisemblance d'une résolution nouvelle est donc égaleà demi. þÿ : : On ne peut rien objecter à ce calcul. Il n"y a pas en þÿ eû e t de raison pour que cela þÿû n i s s e , la raison n'ayant absolument rien à voir dans toute cette affaire. Donc, au petit bonheur! puisque le hasard est maître de tout. Reste la question du processus du monde. Là, le Panthéisme moniste sort de l'invention pure, et appelle la science à son aide.
Il s'agit de prouver que toutes les forces, toutes les lois, tous les mouvements, toutes les évolutions géologiques, biologiques, sociologiques, ne tendent qu'au but poursuivi par l'lnconscient. M. de Hartmann prend 'en croupe la physiologie et la psychologie, et les fait galoper avec lui sur le dada de son système, s'assimilant ce qu'elles démontrent, et expliquant ce qu'elles n'expliquent
202 i."mmA1'1oN pas. Tout s`élucide en effet par l'intervention permanente de la puissance qui est au fond de la vie, et s'ingénie àla perfectionner pour la détruire, s'efforçant en chemin, puisqu'elle est forcée d°exploiter ce triste domaine, d'en tirer tout le bien qu'elle peut, et de faire ce monde le moins mauvais et le moins laid possible.
Ainsi s'explique le côté esthétique des choses, ces merveilles de formes et de couleurs qui se trouvent jusque dans les organismes rudimentaires cachés au fond des océans, luxe de la nature pour la nature, qui nous semble une folle dépense.
C"est l'Inconscient qui dore ses chaînes, et, dans les premières associations de cellules vivantes, fait naître ce besoin de produire la beauté qui se développera avec la vie et se fixera dans les espèces, jusqu'à la pleine conscience de l'homme,où le goût du beau se connaît, þÿ s ' aû " i r m e , et, s'aidant des leçons de la nature, devient créateur à son tour.
L'art est né, bien longtemps avant nous, avec le premier nuage qu'éclaira le soleil, avec la première þÿû e u r marine conçue, avant d'éclore, dans la pensée préexistante.
Et ce culte des harmonies esthétiques, instinctif ou raisonné, joignant l'utile à Pagréable, va présider, par la sélection sexuelle, à la reproduction des êtres et à leur progression nécessaire, tant il est vrai que l'économie divine sait tirer parti de tout, et ne perd jamais de vue son but et ses þÿû n s .
Car þÿ e nû n , il faut bien le dire, ce Un-Tout qui vit dans la vie, cet inconscient qui est en nous, dirigeant le travail secret de nos organes et venant, jusque dans I wi. ij? .', -,z
L,lNCONSClEN'l` EN ALLEMAGNE 203 le siège de nos consciences, susciter les pressentiments et les intuitions de la pensée, ce n'est pas seulement le Dieu du Panthéisme, le Parabhram de l'Inde Esotérique, la Nature de Spinosa, l'Idée pure d'l-Iégel : c'est le Dieu du théisme, le Dieu des chrétiens, le Tout-Puissant, l'Omniscient, Plntelligence, la Raison, la Providence qui conduit et gouverne tout par sa sagesse impeccable, aussi bien le processus de Phumanité que celui de la nature, intervenant de son initiative personnelle à toutes les phases de notre histoire, faisant naître au moment voulu les conquérants , les législateurs , les révélateurs , Moïse , Alexandre, Jésus, Attila, Pierre l'Hermite, tous les remueurs d'hommes par Faction ou par la pensée, tous les brasseurs de la fournaise humaine, le Dieu du miracle þÿ e nû n , sans cesse actif, et mû par cette Volonté suprême : anéantir la vie.
Il est vrai que nous avons déjà sa volonté occupée àvouloir vivre.
Mais, j'en demande bien pardon à M. de Hartmann, il est impossible de ne pas voir aussi une Volonté dans cette résolution opiniàtre de supprimer le monde, et, malgré Pingéniosité de sa logique, trop ingénieuse peut-être, il lui sera difficile de nous ôter de l'esprît que ce ' Dieu, tel qu'il nous le montre, peu conséquent avec lui-même, veut ce qu'il ne veut pas, et ne veut pas ce qu"il veut.
Schopenhauer évite cette contradiction au sein de l'Absolu, en lui refusant Pintelligence. Le Vouloir qui ne veut plus vivre est un produit de la vie même, dû, comme elle, au pur hasard, car le père du pessimismelgermain ne s'est pas contenté de mettre à la
204 1.'1NmA'noN base ce facteur étrange et commode : il l'a introduit partout. Pour lui, la Volonté seule constituant l'ètre du monde, l'idée, lalogique, n'est qu'un produit accidentel du cerveau. S'il se rencontre, ici-bas et ail-" leurs, un peu de raison, d'ordre, de bon sens, le hasard seul en est l'auteur, puisque le principe est inintelligent, dénué de tout sens et aveugle.
L'intellect conscient n'est qu'un parasite apporté on ne sait d'oû, par le hasard, au sein de l'absolue inintelligence.
Voilà où mène l'esprit de système, quand un hasard, venu on ne sait d'où, l'a fait entrer dans la cervelle d`un métaphysicien allemand. r A plus forte raison ici que dans les autres branches du Panthéisme moderne, on comprend que l'lndividu n'existe pas pour lui-même, et n'est qu'une passagère manifestation de l'Un-Tout qui a besoin de s'émietter pour la fin que nous savons.
Uêtre particulier n'est qu'un phénomène, non une substance; la conscience, qu'une fonction du cerveau. Nous passons comme Parc-en-ciel et le mirage. Cela nous contrarie presque tous; mais Auguste Comte a tort de nous reprocher ce désir égoïste de persévérer dans l'existence. Ce n'est pas notre faute: nous cédons à la pression de la Volonté aveugle qui est en nous et continue de vouf loir vivre. Cela ne durera pas.
Le processus commence à entrer dans une bonne voie, gràce au pessimisme þÿ s c i e n t iû q u e , qui démontre par A+B que la vie n'est qu'une déception. Encore quelques générations de phénomènes, après quoi le positivisme lui-même, cessant de considérer Phumanité comme une subs»
i?§::: _ _ _ =.~ þÿ - . _ - . . = : w : < : » 1 : . = _ - - - ILA mv1NA'r1oN 205 tance, renoncera à l'idéal du bonheur futur de l'espèce, dernier refuge de l'illusion, et ne s'occupera de nos petits neveux que pour leur épargner la contrariété d'être, en écrivant le plus tôt possible sur la dernière page de l'hi-stoire du monde : - Requiescat in pace! Euoàmz Nus. il äiviiiiricm I. -- La divination est-elle possible ?
Les hommes. ou du moins quelques-uns d'entre eux, jouissent-ils, dans une mesure plus ou moins étendue, de la faculté de connaître l'avenir P Cette question seule va faire hausser les épaules aux esprits forts et même à beaucoup d'esprits faibles, et, sans aucun doute, ils vont jeter de côté cette étude en souriant de pitié pour la naïveté ou la duplicité de Pauteur et de tous ceux qui, comme lui, . s"amusent à examiner des questions si futiles, si anti scientifiques.
On a tant répété, ren effet, que l'inventeur de la divination fut ,<< le premier fripon qui rencontra un imbécile » (Voltaire), qu'il est difficile, tout en ne croyant pas aux oracles, de ne pas ajouter foi .à celuici, et qu"il faut une certaine dose de courage oude niaiserie pour remettre þÿ s u r : l e tapis une question si formellement tranchée. V Cependant, lorsqu'on voit que les plus savants
206 ijiumxnon hommes et les plus grands génies de l'antiquité ont cru à la divination, on se demande s'il est admissible qu'ils aient tous été des fripons ou des dupes, et le moins que l'on puisse faire., c'est de suspendre son jugement jusqu'à plus ample informé. ` Si l'on observe ensuite qu'un grand nombre d'auteurs ont écrit pour et contre cet art, que la question a été débattue au grand jour, avec faits et raisons à l'appui, et avec autant de passion et non moins de talent qu'on discute aujourd"hui, par exemple, sur le libre échange et la protection, au point qu'Eusèbe (Prépar. þÿ é : : a n g . ) , estimeà plus de six cents le nombre des auteurs payens qui ont écrit contre les oracles, ce qui implique qu'il y en a eu un nombre au moins égal qui ont écrit pour, on incline beaucoupà croire que la question vaut la peine d'être prise au sérieux et d'être soumise à un nouvel examen.
Et lorsqu'en présence d'autorités si imposantes, on entend un auteur moderne s'écrier: « On reste confondu en voyant les plus beaux génies de ces époques donner tête baissée dans ces folles superstitions.
Hérodote, Pythagore, Pausanias, Virgile, Tacite, Pline le Jeune témoignent, en mainte occasion, de leur respect pour les oracles et les augures. » (DEBAY, Histoife des sciences occultes, p. 8x.) _ N'est-on pas en droit de se demander s"il n'y a pas plus lieu d'ètre confondu en voyant la présomption de ceux qui nient absolument des faits qu"ils.n'ont point vus et qui tranchent si cavalièrement une question qui a passionné tant de bons esprits bien mieux
_. -- þÿ . _ : .¢ - ....r-....--...--:f-'.:nz::*--r LA DIVINATION 207 placés que nous pour savoir où étaient les fripons et les imbéciles î' * Quoi qu'il en soit, nous n'avons pas la prétention de convaincre deusi doctes personnages de la réalité de la divination; mais comme il est encore permis de n'être pas de leur avis, sans risquer le fagot, nous allons essayer, pour ceux qui désirent savoir à quoi s'en tenir sur ce sujet, d'exposer sommairement les principaux éléments de cet art. Croira qui voudra; notre enseignement n'est point obligatoire; nous ne forçons personne à Paccepter, et nous ne demandons pas à l'État de lever de nou~ veaux impôts pour nous faciliter les moyens de le propager soi-disant gratuitement.
Cette étude s'adresse donc à ceux qui veulent voir avant de croire, mais qui consentent à croire après qu'ils ont vu ; à ceux qui ne prennent pas leur esprit pour la mesure de ce qui est, et leurs connaissances pour la limite du connaissable; à ceux, þÿ e nû n , qui -considèrent comme possible, -- et par conséquent comme digne d'examen., comme devant faire l'objet du doute et non de la négation, - tout ce dont l'impossibilité n'est pas physiquement ou mathématiquement démontrée.
Il. - Commençons par bien poser la question. _ *On confond assez généralement la divination avec la prévision, l'art de deviner avec l'art de conjecturer. Eliphas Lévi même, l'un des rares penseurs modernes qui ont osé prendre la défense de la þÿ d i v i : nation, n'a pas évité ce défaut. t « La divination, dit-il, n*est que la connaissance
208 i.'iNrrn'rioN des efïets contenus dans les causes et la science appliquée aux laits du dogme universel de l'analogie. » (Ddgme, p. r5x.) Et plus loin (p. 274) : « La divination est une intuition, et la clef de cette intuition est le dogme universel et magique des analogies. » L'obscurité qui règne dans cette double þÿ d éû n i t i o n provient évidemment de ce que l'auteur confond la divination proprement dite avec la prévision.
Cette distinction était pourtant bien établie par les anciens. Cicéron l'observe avec soin et y revient avec insistance. Mais est-elle réelle ? En quoi diffèrent ces. deux sortes de divination P La prévision est une opération de l'esprit, par laquelle il déduit l'avenir du présent et du passé, ce qui sera de ce qui est et de ce qui a été. Comme le dit Eliphas Lévi, cette espèce de divination est régie par la loi des analogies.
Dans la divination pure, au contraire, l'esprit est passif. ll reçoit la connaissance de l"avenir; il ne la. fait pas, il la dit seulement. La faculté de deviner est appelée instinct, intuition, inspiration, peu importe; l'essentiel est de bien retenir que, dans cette opération, comme le dit Cicéron, l`âme agit de son propre mouvement sans le secours du raisonnement ni de la science.
La première espèce de divination tient de Part, l'autre en est dépourvue. _ La prévision (la divination par analogie, l'art de conjecturer), n'étant contestée par personne, puisque les adversaires de la divination soutiennent même que toutes les prédictions se réduisent à l'art de conjecturer,
f! LA DIVINATION 209 au calcul des probabilités, - nous n'avons pas à nous en occuper pour le moment, et il ne nous reste qu'à examiner si la divination intuitive existe ou non, ce qui est le vrai point en litige. III. - La question ainsi posée, se réduit à dire : La faculté d"intuition existe-t-elle chez Fhomme? Ou autrement: L'homme peut-il acquérir des connaissances par d'autres voies que celles des sens extérieurs?
On sait que la science moderne se prononce pour la négative. D'après elle, toutes nos connaissances nous viennent des sensations; d'où il suit que le premier venu peut acquérir n'importe quelleconnaisance, pourvu qu'il soit placé dans les conditions physiques convenables.
Mais il est curieux de voir ces matérialistes nous parler des « génies enfouis », et réclamer incessamf ment des écoles gratuites et obligatoires, pour les instruire et les sortir de l'obscurité dans laquelle ils croupissent. Cette contradiction entre leur opinion et leurs actes montreassez quel cas on doit faire de leur doctrine sensualiste, sans qu"il soit besoin de s'arrêter å la réfuter.
L'expérience de tous les temps prouve que la plupart des inventions les plus utiles ont été faites par des ignorants et, conséquemment, par une méthode toute différente de la méthode scientifique. _ La plupart des législateurs religieux et politiques ont été des hommes peu ou point lettrés :* les savants mneme, * lorsqu'ils font quelques découvertes, les si..
2 to L`lNlTlÂ'l`lON doivent plus au hasard qu'à une opération de leur intelligence, en se promenant, en songeant, en dor» mant, qu"ils reçoivent cet éclair, cette lumière extra» sensuelle qui les met sur la voie de la solution des grands problèmes.
L'inspiratíon, qui distingue le poète du þÿ v e r s iû c a ~ teur, l'artiste de l'artisan, a toujours été considérée, et avec raison, comme une faculté qui provient d'une tout autre source que la sensation. * On pourrait même soutenir qu'aucune des nos connaissances ne vient des sensations; les sens sont la voie par laquelle un certain nombre d'idées sont réveillées; en nous les sensations sont l"occasion et non le principe de nos pensées.
C'est l'esprit qui les fait, qui les frappe à son coin ; c°est pourquoi cogner et connaître (cognoístre) ont la même racine. * IV. - þÿ E nû n , on possède une preuve expérimentale de ce fait que nous pouvons acquérir des connaissances par d'autres voies que les sens. Cette preuve se tire de l'état de somnambulisme, aussi bien naturel que provoqué. Cette observation n'est pas nouvelle.
On lit encore dans l"Esprít de l'Encyclopédie, ouvrage publié en 1768, la phrase suivante: « Si le somnambule (naturel) ne se sert pas de ses sens pour obtenir les sensations, comme il est incontestabletque cela arrive quelquefois, on peut donc conclure, avec raison, que les objets même corporels peuvent, sans passer par les sens, parvenir à l'entendement. Voilà donc une exception du fameux axiome: Ni/lil est in intellectu quodprius nonfueritin sensu.
-- . . .:-*n'f;.i':í* *1--i T" "^' LA DIVINATION 21 I Il ne faut pas confondre ce qui se passe ici avec ce qui arrive en songe.
Un homme qui rêve, de même que celui qui est dans le délire, voit comme présents des objets qui ne le sont pas ; il y a un vice d'aperception, et quelquefois de raisonnement; mais ici les objets sont présents à Pimagination, comme s'ils étaient transmis par les sens ; ce sont les mêmes que le somnambule verrait s'il rouvrait les yeux et en reprenait l"usage. þÿ : :(2, v, p. 2 ro.) ll a fallu que la science officielle fût mise en demeure de prononcer sur le système de Mesmer et de ses disciples, pour que cette opinion courante, ou plutôt ce fait, devînt l'objet d'une négation formelle et systématique.
V. -- Il nous est donc démontré que la connaissance des objets, même corporels, peut nous arriver par une autre voie que celle des sens. ll s'agit maintenant de savoir si tout le monde est apte à recevoir des connaissances par cette voie, ou quelles sont les personnes qui y sont le mieux disposées. ll y a tout lieu de croire que tous les hommes possèdent naturellement la faculté de divination.
Mais, ici comme en toute chose, la nature varie ses ouvrages, chacun est plus ou moins doué de cette faculté. Les âmes incarnées, dit Plutarque, ont, en cette vie, la faculté de prédire l"avenir, mais elle est plus ou moins latente, car ces âmes sont obscur. cies par le corps, comme le soleil par le brouillard. L/observation et l'expérience de tous les temps ont prouvé que les personnes qui ont le plus d'aptitude I
2 1 2 1.'mmA1'ioN pour ce genre de connaissances sont les gens simples, doux et humbles de þÿ c S u r , les gens du peuple, les paysans, surtout les bergers, les femmes et les enfants. _ Je ne demande pas pardon au lecteur des fréquentes citations que je fais; d'abord, parce que mon style n'est pas si élégant qu'il y ait perte pour lui à ce que-je le remplace par celui des autres chaque fois que l'occasion s'en présente; ensuite, parce qulil importe de montrer par ces citations que je n'invente rien et qu'un grand nombre d'écrivains, même modernes, éclairés etimpartiaux, ont constaté Fexistence de la faculté humaine dont je soutiens la réalité.
« Souvent un funeste pressentíment dont nous ignorons la cause nous avertit d'un danger qui nous menace; nous nous reprochons nos craintes comme indignes de nous, mais bientôt l'événement les justiþÿû e . Il est rare qu'une personne échappée à un danger imminent, ou qui a éprouvé un grand malheur, ne se souvienne parfaitement d'une voix secrete, qui l'en avait avertie. «...
Notre instinct serait aussi vrai que celui des animaux, si nous savions écouter sa voix, et si elle n'était la plupart du temps étouffée par nos réflexions et nos préjugés plus trompeurs encore que' nos songes. þÿ : :(PLANE, Physiologie morale, en l'art de connaître les hommes sur leur physionomie, t. ll, pp. zi et 29.) i « Les femmes tiennent peu aux démonstrations. La forme intuitive prédomine dans leur savoir. Ce qu'elles demandent tout d'abord à un philosophe, ce
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LA mviNA'rioN 213 sont ses conclusions... Ijhomme de génie a une manière de procéder qui se rapproche de la leur. þÿ : : (LANDUR, Prz`ncz]ves du savoir et de Faction, p. iz.) Quant à Pintuition des enfants, tout le monde en a vu des exemples. ll est bien rare, par exemple, que leurs sympathies ou leurs antipathies, lorsqu'elles sont bien prononcées, ne soient pas fondées.
On a également observé que les hommes les moins doués sous le rapport intuitif sont : 1°Les riches, qui, « usant plus leur principe vital par les sens, sont moins susceptibles de cette direction de l'âme. » (Vnuav, l'Art de pezjfectionner l'homme, etc., t. ll, p. 2o6.) 2° Les savants.
« Plus l'esprit est occupé de sciences, moins il est ému par les impressions intérieures; aussi Pignorance, laissant l'âme dans son allure naturelle, est plus propre aux notions instinctives, que la marche logique et compassée du raisonnement. þÿ : :(Le même, p. 348.) VI. _ Du moment que la faculté de deviner, de pressentir, et par conséquent de prédire, existe, au moins en germe., il est évident qu"elle est susceptible de développement par le moyen d'exercices appropriés, et d'atrophie par défaut d'exercice, ou par suite d"exercices contraires à son développement normal.
V' Mais quelles sont les conditions favorables à l'exercice de cette faculté? Puisque l'âme reçoit Pinspiration, puisqu"elle est passive, ou à peu près, le moyen de la recevoir, c'est de se mettre en situation convenable, c'est-à-dire de
2 14 i.'mmATioN s'isoler du monde extérieur, de se concentrer en soi, de faire abstraction des sens et des idées qu"ils nous apportent. Tout ce qui tend à ce but, favorise la réception de Finspiration et contribue à développer la faculté divinatrice.
Ces moyens, déduits de Pobservation et confirmés par Pexpérience, indiqués par tous les auteurs anciens et modernes qui se sont occupés de cette question, se réduisent aux suivants: 1° Pauvreté volontaire, c'est-à-dire renoncement au désir des richesses, des honneurs mondains, etc.; 2° Sobriété, surtout abstinence de viande; 3° Continence, ou tout au moins modération dans les plaisirs sensuels; 4° Douceur, c'est-à-dire calme de l'âme; " 5° Et, par-dessus tout, calme de l'esprit, solitude, c'est-à-dire abstraction de toute idée qui vient des sens, þÿ aû n que l'âme se mette en communication, en contact aussi direct que possible avec la source de l'inspiration.
« La solitude est à l'esprit ce que la diète est au corps. þÿ : :(Vzuvz NARGUES.) « Un esprit qui a rompu les attacliements du monde (1), retourneaisément vers son pôle... (VIREY, op. czt., II, p. 2o6.) En un mot, maitrise de soi, équilibre entre le corps _ (1) Nous n'uvons pas à chercher pour le moment quelle est cette source de Yinspiration, ce pôle de l`esprit.
Nous ne vou ons pas sortir ici du domaine des faits qui nous sont Iournis par fobservation de l'expérience, et des consequences pratiques qui en découlent immédiate» ment.
LA Dl`lNA'l`l)N 215 et l'esprit, tel est l'état dans lequel doit se trouver le devin. VII. - L"observation de tous les temps a prouvé que c'est dans le sommeil et dans les états analogues que l'âme est le plus apte à recevoir les révélations.
« Uentendement, dit Strabon, dans Plutarque, est, ne sais comment. plus sensible en dormant, et s'émeut lors plus à appéter connaissance. » « C'est, dit Cicéron, lorsque l"âme est séparée par levsommeil de la compagnie, et en quelque sorte de la contagion du corps, qu'elle se souvient du passé, qu'elle voit le présent, qu'elle prévoit liavenir. » Les grandes inspirations des poètes, des législateurs «religieux et politiques, des savants même leur viennent ordinairement lorsqu'ils sont plongés dans le sommeil ou dans un état analogue, intermédiaire entre la veille et le sommeil; leurs sens extérieurs sont alors inactifs, si bien qu'ils en oublient jusqu'au boire et au manger, et même au soin de conserver leur vie; c'est à peine s'ils ont conscience d'euxmêmes, plongés qu'ils sont dans la lumière astrale.
Il faut donc se placer dans un semblable état pour réussir dans la divination. C'est ce qu'ont fait les prophètes et les devins de tous les temps et de tous les pays.
« On lit dans les livres sacrés des Indiens, que lorsque les Pénitents er les Deverkels voulaient connaître quelque chose, ils se recueillaient un moment: alors le passé se présentait à leur esprit, et ils lisaient dans l'avenir,¿ þÿ : :(SONNERAT, Voyage aux Indes orientales età lae Cízíne, I, p. 3x6.)
2 i 6 i.'1NmA1'xoN « Quelquefois notre pensée se concentre tellement sur un point que les yeux s'y þÿû x e n t , le goût cesse, les oreilles n"ont point d'ouïe, les narines plus d'odorat, la langue demeure sans voix; il devient alors manifeste par de tels indices, que l'âme se retire en quelque sorte dans les recoins secrets_ dc son intérieur.
Du haut de ce lieu élevé où nous la croyons établie, elle siège comme sur un tribunal; et on la voit modérer ses propres appétits, juger le bien et le mal, discerner ce qui est douteux, rejeter ce qui est nuisible, pourvu toutefois que la grâce divine ait brillé en elle. » (Cassionoiua, De l'âme, ch. vm.) On doit comprendre maintenant pourquoi les riches, et surtout les savants, ne croient pas à la divination.
Toujours attirés au dehors par les plaisirs sensuels, les passions ou les travaux intellectuels sur les livres et sur les corps extérieurs, ils ne sont jamais chez eux, ils ne voient jamais en eux-mêmes. Ils ne peuvent connaître la divination que par ouï-dire, comme les aveugles connaissent la lumière. Ils sont donc à demi excusables de la nier.
Mais, de ce qu'ils se seront crevé les yeux, il ne faut pas conclure que nous sommes tous incapables de voir.
' Ijoracle, consulté par le père de Socrate au sujet de son þÿû l s , lui recommanda de laisser faire à cet enfant tout ce qui lui viendraità l'esprit, de ne le contraindre ni le détourner de rien, et de lâcher la bride à son inclination naturelle. - Voilà pourquoi le démon de Socrate, c'est-à-dire son intuition s'est développée à un si haut degré.. Si Socrate avait été endoctriné comme le sont nos .rg
,¢,).
LA DIVINATION 2 I enfants et comme l'étaient la plupart de ses contemporains, il n'aurait pas été plus devin qu'un autre. il serait devenu rhéteur et non prophète. ~ VIII. - Maintenant que nous avons vu quelles sont les qualités et les conditions requises pour être apte à la divination, et dans quelles dispositions physiques et morales il faut se placer pour y réussir, une autre question se pose : Ne pourrait-on, par des procédés extérieurs au sujet, développer cette faculté, et même la provoquer þÿ a r t iû c i e l l e m e n t ?
Sans aucun doute. De même qu'on peut l'atrophier, ce à quoi tend tout notre régime scolastique, on peut aussi la dévolopper. Si l'on a bien saisi les considérations qui précèdent, on comprend, sans même' être devin, que, règle générale, tout ce qui tend à isoler le sujet des influences extérieures, à le recueillir en lui-même, contribue à exalter le sens intérieur et à le mettre en action.
' ' ' Les moyens les plus simples consistent à fermer les yeux, la vue étant le principal des sens extérieurs, à 'fixer un point, comme l'indique Cassiodore cidessus, ce que les enfants font instinctivement lorsqu"ils récitent leurs leçons en regardant au plafond. . Les anciens connaissaient un très grand nombre de moyens de s'isoler ainsi, de se magnétiser, comme on dit aujourd*hui.
Caton se plaignait de ce que beaucoup d'augures et d'aruspices avaient été entièrement perdus par la négligence du collège. (CICERON, De divin., l. I.) _ ¿
2 1 8 x.'mmATroN Malgré la négligence des collèges, beaucoup de ces moyens ont été conservés par le peuple, qui n'était pas chargé de ce soin. On en compte encore au moins quatre-vingts dans les Remarques ou Re'/Iexíons critiques, morales et historiques, de Laurent Bordelon, publiées en 1690. Et l'auteur n'a pas la préten. tion de les donner tous.
Depuis cette époque, la science a fait des progrès, et un siècle après Cagliostro a pu donner, comme de son invention, le procédé appelé par Bardelon Garosmancie, qui consiste à faire regarder une enfant ou une femme enceinte dans une carafe d'eau. Mais ces moyens artificiels de divination tenant plus ou moins de la prévision, nous ne nous y arrê~ terons pas en ce lieu. IX. - Une question plus importante appelle notre attention.
Quelles sont les ,choses futures qui peuvent être devinées? C'est ici que la présomption des devins donne beau jeu aux sceptiques. Devinant quelquefois, ceux-là croient pouvoir deviner toujours et il leur arrive de se tromper. De ce qu'ils se trompent quelquefois, souvent même, les autres en concluent qu'ils se trompent toujours, et que la faculté divinatrice est un mythe.
Si l'on se rappelle ce que nous avons dit: que, dans. la divination, notre esprit est passif, qu'il ne la fait pas, mais qu'il la reçoit et qu'il ne fait que la dire, on comprendra que l'on ne peut pas prédire tout ce qu'on veut et quand on veut. « Un prophète, dit Virey, ne devine pas toute :
LA DIVINATION 219 chose, mais seulement celle qui lui vient en la pensée. » Et pour savoir quelles sont les choses qui lui viennent ordinairement à la pensée, il s'agit de recueillir et comparer entre elles les diverses prédictions qui se sont réalisées.
Les anciens, que nous nous plaisions avec Voltaire à regarder comme des imbéciles, donnant tête baissée dans ces folles superstitions, accordant une þÿ c o nû a n c e aveugle à toutes les prédictions (expressions de Debay), n'ont pourtant pas manqué de recueillir et de comparer entre elles les prédictions et ils ont reconnu que, généralement, elles ne se réalisaíent que pour les choses soumises à la nécessité, c"est-à-dire qui ne dépendent pas du libre arbitre de Fhomme et pour celles qui n'y portent pas atteinte.
Cornéade observe que les oracles d'Apollon ne portaient que sur les choses soumises à la fatalité. Cette voix que ÿentends quelquefois, disait Socrate, ne commande jamais de rien faire, mais le défend toujours. Il ne faut pas, en effet, pour que nous conservions notre libre arbitre, que des ordres positifs nous viennent d'une autre source que de nous-mêmes.
On doit même remarquer que la défense du démon de Socrate était plutôt un conseil qu'un ordre formel. ll en est de la divination, comme de Pastrologie ; astra inclinant, sed non necessitant. De même le démon qui nous inspire nous conseille, nous exhorte, mais ne nous oblige pas. Comme le dit saint FranO
220 |.'mmAr1oN çois de Sales, il agit sur nous par instigation et non par communication. ` Ifinspiration ne vient généralement pas pour ce qui concerne les intérêts matériels. Plutarque regarde même comme une des principales causes de la cessation des oracles, les vilaines et sacrilèges demandes qu'on leur adresse, sur les trésors cachés, les successions, les mariages, etc. .
On rencontre à cet égard un grand nombre d"exceptions, mais il est prudent de ne pas s'y þÿû e r , car elles ne détruisent pas la règle. On est, au contraire, souvent averti diévénements qui n'intéressent que le þÿ c S u r , et dont la révélation ne porte aucune atteinte à notre libre arbitre.
C'est ainsi, par exemple, que Plutarque apprit la mort de Laure, au moment même où elle avait lieu, quoiqu"il l'eut quittée depuis vingt-six ans pour retourner en ltalie. ` X. -- Comment pourrons-nous distinguerlïnspiration de nos autres pensées ?
L'inspiratíon est caractérisée: 1° par la manière dont elle entre dans l'esprit : elley surgit spontanément, à l'imprévu; 2° par sa nature négative, inhibitive, qui fait que, lorsqu'elle a quelque rapport avec nos autres idées, elle se trouve en opposition avec celles-ci ; elle les défend, sans commander autre chose ; 3° par un sentiment de satisfaction intime, de gaieté, qui Paccompagne.. Ce dernier caractère a été fort bien indiqué par Descartes. « J"ai souvent remarqué, dit-il, que les choses que "î
_ LA DIVINATION 22 I j'ai faites avec un coeur gai, et sans aucune répugnance intérieure, ont coutume de me succéder heureusement...
Et ce qu'on nomme communément le génie de Socrate n'a sans doute été autre chose si non qu'il avait accoutumé de suivre ses inclinations intérieures, et pensait que Pévénement de ce qu'il *entreprenait serait heureux, lorsqu'il avait quelque secret sentiment de gaieté, et au contraire qu'il serait malheureux lorsqu"il était triste...
Touchant les actions importantes de la vie, lorsqu'elles se rencontrent si douteuses que la prudence ne peut enseigner ce qu"on doit faire, il me semble qu'on a grandement raison de suivre le conseil de son génie. » (Lettre XVà1a princesse Elisabeth.) Avec un peu d'attention et d"habitude on arrive à. distinguer très bien ses inspirations de ses autres pensées, et plus on s"observe plus on y devient habile.
Ainsi entendue, la divination ne remplit pas toutes les belles promesses descharlatans, mais elle n'en estpas moins une faculté naturelle de l'esprit humain, dont la réalité est bien prouvée, et dont l"utilité n'est pas douteuse. _ Elle n'a pas non plus le défaut qu'on lui reproche souvent, de porter atteinte au libre arbitre, de décourager la volonté, etc. Le démon qui nous inspire n*inþÿû u e sur notre volonté qu"à la manière de la personne qui nous indique le chemin le plus court et le plus sûr, nous laissant libre ensuite de prendre le chemin des écoliers si nous le préférons. Xl. - Tout ce qui précède ne concerne guère que
2 2 2 IÎINXTIATION Pínspiration personnelle, la divination par rapport à soi. Comme elle est la plus sûre et la plus écono~ mique, il est désirable que chacun possède cette faculté. Mais ceux qui en sont dépourvus peuvent-ils avec chance de succès consulter ceux qui sont mieux partagés ? L'expérience prouve qu"il existe des personnes qui font à d'autres des prédictions très véridiques.
Mais ces personnes sont bien plus sujettes à se tromper pour les autres que pour elles-mêmes, et d'autant plus que ce qu'on appelle en magnétisme le rapport est moins intimement établi entre le consultant et le devin.
Dans tous les cas, il laut se rappeler que la véritable inspiration naît spontanément, et qu'elle ne dépend que peu ou point de la volonté des parties. -C'est pourquoi Socrate, qui faisait beaucoup de prédictions à ses amis et à ses disciples, lorsque son démon les lui dictait, refusait de leur répondre lorsqu'ils voulaient le consulter, les renvoyant aux oracles.
« Une des conditions essentielles de la divination, dit Eliphas Lévi, c'est de ne jamais être forcée et de ne se soumettre jamais à la tentation, c'est-à-dire à l'épreuve. Jamais les maîtres de la science n'ont cédé à la curiosité de personne. » (Dogme, p. 272.) On comprend ainsi qu'une prédiction est plus aléatoire lorsqu'elle est provoquée avec effort, par des procédés þÿ a r t iû c i e l s , que lorsqu"elle est faite spontanément. Néanmoíns, Pexpérience de tous les jours prouve qu'un très grand nombre de ces prédictions se réalisent.
LA DIVINATION 223 Il arrive même quelque chose de curieux : c"est que la plupart des somnambules, qui consultent bien pour le public, sont obligées d'en consulter d"autres. pour elles-mêmes. Les sceptiques concluent de cette anomalie que les somnambules ne voient pas davantage pour les personnes qui les consultent que pour elles-mêmes.
Mais la vérité est que leur lucidité s"est développée extraordinairement dans le sens où elle a été exercée, etiau détriment de celui qui a été négligé. S"il fallait des preuves à l"appui de cette assertion, il suffirait d'observer que les somnambules qui ne font pas métier de leur faculté, sont presque infail~ libles pour ce qui les concerne, ce qui ne les empêche pas de bien consulter pour les autres, pourvu qu'elles ne se surmènent pas.
XII. - Le degré de certitude de la divination étant indiqué, à chacun appartient le soin d'en apprécier l'utilíté et d'en éviter les abus. Les adversaires ont certainement raison de s'élever contre l'abus qu'on fait de cet art; mais il y a des abus en toute chose et ce n'est pas une raison pour nier les faits réels et, par suite, l'existence de la faculté qui les produit. On þÿ f a l s iû e le vin.
Mais s'il n'y avait pas eu de vin naturel, on n'aurait jamais songé à l'imiter. De même, s'il n'y avait pas eu d'abord de vrais prophètes, il ne s'en serait pas levé de faux. Si l'on considère quel développement peuvent prendre toutes les facultés humaines quand elles sont convenablement exercées, et combien elles restent,
224 L,lNlTlATlON embryonnaires lorsqu'on néglige de les cultiver, si l'on compare, par exemple la mémoire de Pignorant à celle du savant, on n'aura pas de peine à croire que la faculté divinatrice puisse acquérir un développement dont ceux qui ne l'ont jamais exercée ne se font pas plus l'idée qu"un laboureur de l'agilité des doigts d'un pianiste.
I.orsqu"ensuite on voit, dans l'histoire de tous les temps et de tous les pays, tant de preuves authentiques de la réalité du phénomène, il n'est plus permis de douter; et si l'on s'étonne de quelque chose, ce sera devoir que, malgré l'oisiveté dans laquelle nous laissons notre faculté divinatrice, elle soit encore si commune.
Et l'on arrivera å conclure que les savants ne sont pas plus fondés à nier l'inspiration, qu"ils ne connaissent pas, pour ne l'avoir jamais cultivée, que les ignorants ne feraient autorité s'ils s'avisaient de vouloir nier la mémoire. Les savants sont encore plus illogiques lorsqu'ils nient la divination parce que les explications qu"on en a proposées ne sont pas satisfaisantes et, surtout, parce qu'elles choquent leurs idées préacquises.
Cette objection a été soulevée et réfutée depuis longtemps. On lit dans le traité de Cicéron : « Quand on veut contester l'existence des diverses espèces de divination dont je viens de parler, on en est réduit à se prévaloir de la difficulté d'en expliquer la cause et les rapports. » Uínterlocuteui* de Cicéron observe que la réalité desifaits ne dépend point des explications qu'on en
-..__-=.... þÿ : . . . . ._ Érum-: sun Li: smamsmiz 225 donne.
« Quoi l je vous dirai que l'aimant attire le fer, mais parce que je ne pourrai pas vous en donner la raison, vous me nierez absolument le fait! » Il est même aussi étonnant que contradictoire de voir que les matérialistes, les positivistes, qui prétendent íonder toute la science sur les faits, qui n'admettent, disent-ils, aucune hypothèse, et qui veulent tirer les lois des faits, soient précisément ceux qui commencent par nier les faits qui ne sont pas d`accord avec leurs prétendues lois.
Espérons qu'ils se mettront d"accord avec leurs propres principes et qu'ils finiront par reconnaître les faits de l'ordre divinatoire, sauf à en rejeter les explications ou à en trouver de meilleures. Si la présente étude peut les y déterminer, elle n'aura pas été inutile, et l'auteur ne regrettera pas le temps ,qu'i1 y a consacré.
Rouxai.. þÿ a r m i z c sm: LE ÿimirismn Depuis Fépoque déjà lointaine où le Spiritisme þÿû t son apparition dans le monde, un double courantia toujours régné parmi ses adeptes. Les uns, esprits positifs, nourris des données de la science, aimant ses méthodes, se sont surtout attachés dans leurs recherches au côté expérimental. lls ont varié de mille manières les phénomènes, ils Ont scruté tous les aspects 8
226 L'iNiT1AT1oN des manifestations, et se sont moins attachés à édifier des théories, qu'à mettre hors de doute la réalité des faits. On peut ranger dans cette classe tous les savants qui ont publiquement écrit sur le Spiritisme, depuis les professeurs Mapes et Robert Hare aux Etats-Unis, jusqu'aux Crookes, Wallace, Zoëllner, Boutlerow, Aksakow, Gibier, etc., dont les expériences eurent lieu dans tous les pays de l'Europe.
D"autres chercheurs, plus portés vers les spéculations philosophiques, se sont appliqués surtout à mettre en lumière les conséquences des faits nouveaux qui se présentaient à eux. De tous les écrivains qui publièrent des travaux sur cette question, Allan Kardec est., sans contredit, celui qui rencontra le meilleur accueil du public.
Son système, basé sur l'enseignement des Esprits, ne tarda pas à se répandre en Europe et fut plus spécialement adopté par les nations latines. Cette rapide diffusion est due autant à la rectitude de sa doctrine, qu'à la logique et àla clarté avec laquelle elle est exposée; mais elle doit surtout son succès à la preuve expérimentale de l'immortalité de l'âme, qu'elle met à la portée des investigateurs impartiaux. i .
C'cst une véritable révolution dans les méthodes jusqufalors employées dans la psychologie, et elle devait produire une sensation profonde dans notre monde si peu disposé à s'incliner devant des réalités spirituelles. Notre époque est éminemment positiviste et ceci s'explique aisément. Depuis plus d'un siècle, le libreexamen bat en brèche les religions; il montre com~ _ _
ÉTUDE SUR LE SPIRITISME 227 bien les dogmes imposés sont peu compatibles avec la raison; il démolit une à une toutes les croyances de nos pères, de sorte que l'homme moderne voit disparaître, au nom du rationalisme et de la science, tout ce qui avait été édifié sur la révélation et par la foi. Le savant se substitue au prêtre.
Il parle, non de choses vagues et mystérieuses, comme l'âme et Dieu, mais de réalités tangibles comme la force et la matière. Il montre le jeu incessant des forces naturelles dans les phénomènes vitaux; il prédit avec une exactitude merveilleuse le mouvement des astres; il possède l'analyse spectrale pour fouiller les soleils, et le microscope le fait pénétrer dans la région mystérieuse des þÿ i nû n i m e n t petits.
Armé de toutes ces connaissances, il regarde dédaigneusement la religion et la philosophie.
Il montre la première s'essayant, par d'impuissan_tes subtilités théologiques, à rajeunir ses doctrines qui tombent en désuétude; il met la seconde aux prises avec les þÿ d i fû c u l t é s physiologiques, et, content de son þÿ S u v r e , il þÿ p o n t iû e à son tour et proclame les dogmes de la matière en la þÿ q u a l iû a n t de toutepuissante et d'éternelle. Là majeure partie du public est routinière.
Incapable d'acquérir par elle-même les connaissances nécessaires pour distinguer les faits des théories destinées à les expliquer, elle suit l"impulsion la plus forte, et comme les sophismes matérialistes sont émis par des hommes que l'on est habitué à écouter avec respect dans le domaine scientifique, elle leur abandonne aussi la direction spirituelle de l'humanité, et devient sceptique à leur exemple. ll faut avouer aussi f
228 LQINITIATION que la multiplicité des écoles philosophiques est bien faite pour décourager les chercheurs.
Dans tous les camps, on rencontre des intelligences supérieures, des dialecticiens de premier ordre; les arguments se croisent; on assiste à une joute brillante, de part et d'autre on rivalise d'ardeur; les inductions, les déductions, les analyses, les synthèses, les syllogismes s'enchevêtrent en produisant un désordre inexprimable, et l"homme que n'aveugle aucun système en vient à considérer les philosophes comme des rhéteurs habiles, plus aptes à éblouir l"esprit qu°à le convaincre.
C"est au milieu de ce chaos intellectuel que le Spifait son apparition. ll s'adresse au dieu du jour, àla science; il lui emprunte ses raisonnements. er, þÿ S m b a t t a n t avec ses armes, il le bat sur son propre terrain, C'est en s'appuyant sur l'inébranlable autou*il démontre l"existence et l'immortalité dg 1'âme et réduit ainsi au néant les orgueilleuses prétentions du matérialisme.
En vain, les savants þÿ Q fû c i e l g et patentés affectent un souverain mépris pour Ces pratiques qu'ils considèrent comme puériles itieuses; en vain l'Eglise déchaîne 'ses foudres et fulmine des anathèmes, la vérité commence à luire pour tous, et déjà plusieurs millions d'adeptes dispersent dans le monde entier la bonne nouvelle.
C'est au moyen de méthodes précises et délicates que les quelques savants qui ont osé braver le pré' jugé se sont assurés de l`exactitude des þÿ aû î r m a t i o n s spirites. Remplis de þÿ d éû a n c e en commençant leurs recherches, ils ont été amenés insensiblement à la *à ritisme rité du nir, q et superst
ÉTUDE SUR LE SPXRITISME 229 croyance. Le phénomène a soulevé un à un tous les voiles qui Fenvironnaient. et s"est montré þÿû n a l e m e n t dans toute sa splendeur. Suivez attentivement les études de Crookes; voyez les invisibles opérer avec une sage lenteur þÿ aû n d'habituer le grand chimiste à leurs procédés.
Lorsqu'il est persuadé, par ses patientes et rigoureuses investigations, que des forces intelligentes se manifestent de mille façons diverses, alors une de ces intelligences se dévoile: Katie King se montre tangiblement. et pendant trois années convainc les incrédules les plus acharnés. A mesure que les objections s'élèvent, des faits nouveaux viennent les détruire.
Les premiers spirites qui s'étaient contentés des tables tournantes pour asseoir leurs convictions, furent bafoués par les sceptiques. On leur fabriqua des théories qui prouvèrent, clair comme le jour, leur ignorance.
Les Babinet, les Chevreul, les Faraday s"unissent en un touchant concert pour condamner ces faits qui avaient l'0utrecuidance de se produire en dehors de l'approbation des académies, et on déclara fous, tout net, ceux qui croyaient à ces billevesées. Malgré de si respectables autorités, les Esprits s"entêtèrent à ne vouloir pas être morts. Aux tables parlantes, succédèrent les médiums.
Les uns écrivirent, sous l'inspiration de leurs guides, des messages en des langues qui leur étaient totalement inconnues; les autres parlèrent en latin ou en grec ; de plus remarquables encore décrivirent avec exactitude des êtres qu'eux seuls voyaient dans l"espace, mais qui étaient reconnus par les personnes présentes comme étant leurs parents ou leurs amis décédés
23o 1.'1N1'r1A'rroN depuis un grand nombre d'années ; certains composèrent de la musique et des vers sans avoir les moindres notions d'harmonie ou de prosodie; enfin la médiumnité revêtit toutes les formes possibles sans amener les incrédules à résipiscence. Loin de désarmer, les adversaires du spiritisme appelèrent à la rescousse toutes les subtilités imaginables. La transmission de pensée þÿû t alors une brillante apparition dans le monde.
On pinça de cette guitare avec persistance; on lui þÿû t accomplir des prodiges, et en jouant habilement de Vhallucination , on parvint à donner des semblants d'explications. Pour le coup, le spiritualisme moderne semblait vaincu. lllusion vaine, espoir chimérique. La vérité est une déesse persévérante. Les Esprits qu'on s'obstinait à nier prirent le seul parti qui ne permettait plus de doute: ils se þÿû r e n t voir.
Non contents de se montrer, ils se þÿû r e n t photographier, donnèrent des empreintes de leurs membres, en un mot ils désarmèrent la critique, car personne aujourd'hui n'ose causer dans le monde þÿ o fû c i e l des savants, de ces étrangetés qui déconcertent les connaissances acquises et démolissent si irrévérencieusement, de fond en comble, toutes les théories plus ou moins mécanicistes de l'univers.
Et, à quelle époque voyons-nous s"accomplir ces choses? Au moment précis où Phumanité semble toucher à une ère nouvelle. De toutes parts surgissent les symptômes d'une rénovation sociale. Les peuples anxieux cherchent une organisation plus en rapport avec leurs aspirations.
L'instruction, partout répandue, a créé des besoins intellectuels plus grands ; les déveÉTUDE SUR LE SPlRl'I`lSME 231 loppements de l'industrie mettent en présence le capital centralisé dans un petit nombre de mains et le travail représenté par toutes les forces vives de la nation, et l'on sent la nécessité d'une formule qui équilibrera ces éléments divers, lesquels se livrent déjà une bataille acharnée.
Cependant un immense besoin de fraternité se manifeste dans la multiplication des sociétés de secours mutuels, de retraite, d'éducation de l'enfance abandonnée, de " libérées de Saint-Lazare, et de tant d'autres qui prennentnaissance chaque jour.
Mais pour que cette tendance ne soit pas stérile, pour que Pégoïsme ne détruise pas ces nobles élans vers un état meilleur, il faut que la nation ait de robustes croyances en Fimmortalité de l'âme, que chacun soit persuadé que tous ont la même origine et les mêmes destinées, que la responsabilité des actes n'est pas un vain mot, et ce n'est que par Pamélioration individuelle que se produira la grande révolution sociale qui nous donnera þÿ p a c iû q u e m e n t le bonheur, par les sages applications de la solidarité, de la fraternité et de l'amour.
C'est à nous, spirites, qui possédons le seul moyen pratique d'imposer la conviction, de répandre ces idées qui sont émancipatrices et þÿ f o r t iû a n t e s .
Nul besoin pour l'ignorant de se plonger dans des recherches ardues, de fouiller la poussière des sanctuaires pour en extraire la vérité; il n'a qu'à expérimenter avec la bonne foi de celui qui ,veut véritablement s'instruire, et bientôt il acquerra la certitude consolante de son immortalité.
Les þÿ t e r r iû a n t e s obscurités du doute se dissiperont devant lui, il verra s'éva2 32 L`im*r1ATioN nouir les trompeuses þÿ a fû r m a t i o n s d'un grossier matérialisme, car les arguties de la rhétorique se brisent contre l'évidence. L'âme vient révéler elle-même les secrets d'outre-tombe et proclamer sa survivance.
Le tombeau n'est plus le gouffre redoutable où venaient s'engloutir tous nos espoirs, toutes nos aspirations vers une justice plus haute et plus sereine que celle d'ici-bas. Nos morts si tendrement aimés revivent dans la lumière.
La fosse ne renferme qu'une inerte enveloppe de chair: la chrysalide se transforme en papillon; le moi conscient poursuit son incessante ascension vers le beau. le bien, lejuste, et l'âme dégagée de son manteau charnel s'envole dans l'espace retrouver sa véritable patrie. Les manifestations spirites ont ceci de remarquable que, par elles, la plupart des grands problèmes philo_ sophiques se trouvent résolus avec une simplicité magistrale.
L'âme se montre après la mort avec la plénitude de ses facultés; elle conserve dans l'erraticité toutes ses connaissances terrestres; elle apparaît comme identique et indivisible, confirmant ainsi ce grand principe de la science, que rien ne se crée, que rien ne se perd. mais que tout se transforme dans la nature.
Dégagés des entraves que leur ímposaient les organes matériels, les sens prennent une acuité plus grande, une portée plus étendue, et révèlent à l'esprit des modes de la force ct de la matière encore inconnus de l'humanité. Le périsprit nous aide à comprendre le rôle joué par l'âme pendant la vie terrestre; il nous explique aussi de quelle manière cette âme entre en relations avec le monde supérieur. La _loi de
ETUDE sua Lr: smnrrlsms '233 la réincarnation jette une vive lumière sur les anomalies des positions sociales et Finégalité intellectuelle des êtres qui naissent sur notre globe. Elle fait saisir l'inanité des enfantines conceptions du paradis et de l'enfer en prouvant que nous sommes, à toutes les époques de notre évolution, les seuls maîtres de nos destinées, parce que l'avenir dépend du présent, qui lui-même est déterminé par le passé.
La loi du progrès nous montre, grandes ouvertes, les portes de þÿ l ' í nû n i ; elle nous donne la certitude que le retour en arrière est impossible, car ce qui est une fois acquis neÎ se perd jamais ; et de même que les vibrations de la harpe d'l-Iomère résonnent encore quelque part dans l'éther, de même nos vertus subsistent éternellement dans l'âme, inépuisable cause et immortel réceptacle de tous nos élans vers le bien.
V Ces conceptions si hautes résultent directement de Finterrogation minutieuse de la mort. Ce ne sont pas des théories forgées de toutes pièces pour les besoins d'une thèse à soutenir, ce sont des constatations de ce qui se passe chaque jour sous nos yeux. C'est l"histoire de l'humanité écrite par des témoins irrécusables, par ceux-là même qui l'ont vécue.
C'est la pâle déesse, dépouillant son manteau sinistre pour nous montrer un visage radieux paré de toutes les grâces de la jeunesse incorrnptible ; en un mot, c'est la vie débordant de la tombe et envahissant l'étendue du Cosmos.
Plus degrands cieux déserts, plus de mornes: o itudes dans l'étendue, partout la vie grandiose, immense, indéþÿû n i s s a b l e , peuplant à jamais les profondeurs célestes, et se développant sans interruption dans l'éternité.
234 L"|N1TiA1*ioN Que dire devant ces majestueuses réalités de ceux qui ne voient dans les manifestations spirites que þÿ l ' S u v r e de je ne sais quelle infernale puissance appelée le Démon ? Que penser de spiritualistes qui reculent eífarés devant la réalisation palpable de leurs démonstrations érudites? þÿ E nû n comment faut-il juger les philosophes qui attribuent cette sublime révélation à des entités inconcevables, à des loques périspritales, à des forces semi-intelligentes s'unissant à des pensées pour donner naissance à des êtres hybrides n"ayant qu'une existence momentanée? Toutes ces explications (P), au moins singulières, reposent sur de vieilles croyances, bien usées aujourd'hui; elles ont leur fondement dans une science incomplète. L'esprit du mal, þÿ p e r s o n n iû é dans la þÿû g u r e du Démon, est une conception purement humaine qui ne correspond à rien de réel, car l'expérience démontre que nous sommes, après la mort, nos seuls justiciers. L'hypothèse qui fait de nos esprits des larves toujours inassouvies est insoutenable, car ces larves ne seraient, en supposant leur existence démontrée, que des vestiges vitaux d'hommes imparfaitement développés, et ne posséderaient pas cette élévation d'idées, cette envergure que l'on remarque dans certaines communications; de plus, ces larves n'auraient qu'une existence temporaire, très rapidement limitée par les forces sans cesse en action dans le monde þÿû u i d i q u e , et nous constatons, au contraire, par la vision et les `7"!
Éruniz sua LE spinrrisms 235 communications, que beaucoup de nos guides nous accompagnent pendant toute la durée de l'existence.
Les mêmes remarques s'appliquent à la bizarre association d'un élémental avec une idée; nous croyons inutile d'insister davantage sur þÿ F i n eû i c a c i t é de pareils systèmes pour expliquer les phénomènes spirites.
Nous admirons sincèrement les chercheurs consciencieux qui exhument la science antique; nous leur sommes reconnaissants de nous faire connaître le résultat de leurs recherches; mais nous sommes persuadés que ce n'est pas en suivant cette voie que l'humanité trouvera le chemin de la vérité.
Nous savons que Pantiquité a examiné sous tous ses aspects le problème de la destinée humaine, mais ce qui a manqué aux religions anciennes, c'est l'idée du progrès; de là, chez les peuples de l"Inde, une métempsycose aveugle; de là, chez les chrétiens d'Occident, le sentiment de l'immobilité dans le bonheur. Il existe, selon nous, des séries d'existences pour le même être qui constituent les degrés d'une perfection toujours nouvelle.
Le progrès est partout., le terme nulle part; Fame n'a pour limite de son ascension que þÿ l ' i nû n i . Il est dans la nature de certains esprits d'aspirer au repos absolu. Lassés de la vie, froissés dans leurs délicates aspirations, les mystiques rêvent de s'absorber dans le sein de la divinité.
La raison ne peut admettre ce bienheureux anéantissement, cette disparition des êtres créés, dans le sein du créateur, ce Nirvana qui est suivant l'idée indoue le terme le plus élevé de la félicité. L'Humanité tout entière progresse. Quelle diffé236 ifmmarios rence entre les peuplades primitives dont nous voyons encore quelques misérables vestiges, et les grandes civilisations de l"Égypte ou de la Grèce!
Mais que sont elles-mêmes ces organisations sociales dans lesquelles la force régnait en souveraine, où les castes opprimaient les individus, où l'esclavage s'étendait comme une lèpre., où l'aveugle Fortune avait des temples, à côté de nos sociétés actuelles!
Les idées modernes du droit et de la justice reposent sur des principes bien dilïérents de ceux qui dirigeaient les anciens; c"est une conception nouvelle du rôle de Plndividu qui a dicté la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, et c'est sur ces bases que la plupart des Etats se sont réorganisés. Sans doute tous les progrès ne sont pas relisés, mais ils sont contenus ímplicitement dans nos constitutions.
L'instruction semée à profusion dans les masses fait germer les éléments puissants qui s"y trouvent.
La science, loin d'ètre le privilège de quelques-uns, devient Fapanage de tous, et le þÿ m a g n iû q u e mouvement intellectuel qu'a fait naître notre grande Révolution, ira en progression géométrique à mesure qu'un plus grand nombre sera appelé à y participer, C'est Fignorance qui est l'ennemíe; c'est elle qu"il faut vaincre, car elle enfante la routine et le préjugé.
Elle courbe servilement les esprits devant l'erreur et s'oppose stupidement à chaque elïort que font les âmes d'élite vers la justice et la fraternité. La libre discussion, la propagande par le fait, sont les armes que les spirites doivent adopter pour propager ces idées qui auront une þÿ í nû u e n c e si considérable
ÉTUDE SUR LE SPIRITISME 237 sur Pévolution humaine. Établissons la certitude de la survivance en répétant partout les expériences irréfutables des Crookes et des Zoëllner. Expliquons nos doctrines au moyen de la science contemporaine, et l'on verra qu'elles se complètent mutuellement. Faisons comprendre qu'il existe une grande différence entre la science proprement dite et les conclusions qu'une certaine école þÿ s ' eû ` o r c e d'en tirer.
Montrons que, maniée par des esprits systématiques, elle aboutit à la négation de l'âme, alors que celle-ci leur þÿ i nû i g e le plus sanglant démenti en faisant irruption dans leur domaine et en se manifestant d'une manière authentique. Il est donc nécessaire de s'emparer des résultats scientifiquement acquis, et de les concilier dans une synthèse qui embrasse l'âme et le corps.
Il faut, en s'armant de la physiologie, de la psychologie, de Phypnotisme, etc., montrer les rapports qui existent entre la force motrice et la machine, déterminer avec précision la nature du mécanisme délicat par lequel le physique þÿ i nû u e sur le moral et réciproquement; prouver comment chacune de nos pensées, chacune de nos volitions, agit comme facteur de notre état futur en þÿ m o d iû a n t incessamment l'organisme þÿû u i d i q u e .
Une fois ceci bien établi, on possède une base solide pour étudier la nature des forces qui entrent en jeu pendant la communication entre les esprits et les médiunîs. þÿ E nû n , on peut s'avancer hardiment ensuite dans la détermination des conditions þÿ s c i e n t iû q u e s de l'état de l'âme après la mort. Le programme est vaste, mais de tous côtés on tra238 L'1Nx'rxA'rioN vaille à le réaliser.
Toutes les méthodes sont bonnes pourvu qu'elles conduisent àla vérité; c'est pourquoi nous sommes sympathiques à tous les þÿ eû ` o r t s qui peuvent amener un progrès dans le domaine si étendu, ouvert devant nous. Dans un prochain article, nous exposerons quelques résultats auxquels nous sommes arrivés en suivant la méthode que nous venons d'indiquer. . Guamsi. DELANNE.
Paris, le 28 octobre 1888. iii monts mas ÿzmrtnimnus ET LEUR PRATIQUE CHAPITRE III LES comsnmxsous Il y aurait, à bien compter, six étapes successives dans la route que nous suivons : 1° Donner des théories sur le sens en quelque sorte métaphysique de ces quatre éléments de forme. - Nous nous en abstenons, de même qu'on s'abstient de théories sur les atomes dans les abrégés de chimie; * 2° De chaque manifestation de Pindividualité, dégagés, comme nous en avons donné quelques exemples, quatre éléments primitifs correspondant à ceux qui ont été d'abord déterminés; 3° Combiner ces éléments deux à deux, et étudier les
LA 'méonis mas Tisnpáimmznïs 239 phénomènes seconds qui se présentent partout où se diagnostique l'une de ces combinaisons; 4° Indiquer par l'ordre des lettres l'ordre d'importance des quatre éléments; comparer entre elles les classes que l'on aura ainsi créées; 5° Fixer par des chiffres laproportion dans laquelle ces quatre éléments sont unis chez chacungp 6 Déterminer þÿ e nû n la valeur absolue de chacun d'entre eux dans l'individu à étudier, par rapport au reste des hommes; et classer ainsi cet individu à sa place exacte dans Fhumanité et dans le monde.
Comnimusous Bmanu-:s. -~ Comme ce point de vue est presque aussi général que celui des quatre éléments, nous avons eu besoin de six autres noms. Toute combinaison d'x. et de B est objective; d's et d'N, subjective; d's et de B, active; d'1. et d'N,passive; d'N et de B, intellectuelle; d's et d"L, corporelle. Le tableau suivant fera saisir ces relations: B Intellectual N t 9; °0:¿. þÿ f : ° ` 'U .Os § C 2 <2 5° K 2.
"I S Corporel L 1. est donc corporel, objectif et passif, ce que nous exprimerons plus brièvement avec les initiales cop, comme nous dirons B aoz, s cas, N ÿzs. Il faut, dans cette nouvelle façon de considérer, faire abstraction du total qu'atteignent les éléments: c'est-à-dire que tel individu à prédominance intellec240 i.'1NmA'r|oN luelle (Na ou BN) sera pourtant, intellectuellement, moins développé que tel autre à prédominance corporelle (si.
LS), mais dont le total est tellement supérieur que ses éléments les plus faibles dépassent encore les éléments les plus forts du premier. Gràcelàces premières combinaisons, nous allons nous rendre compte d'un des mystères les plus amusants de 'la physionomie. Je veux dire des ressemblances et analogies de toute espèce qui unissent les êtres d'aspects d'abord absolument contraires.
On concevra sans peine, en effet, que la prédominance, même faible, de l"un ou de lfautre de ces deux éléments puisse changer considérablement la direction des formes,-'sans que leur proportion ni ses þÿ i nû u e n c e s en soient beaucoup þÿ m o d iû é e s : L relèvera des traits que N rabaissera, mais cela n'empêche pas les prédominances*LN et NL(1) d'exercer des þÿ i nû u e n c e s très parentes sur le moral et même, pour þÿ l ' S i l déjàaccoutumé à discerner nos éléments, sur le physique. þÿ : A se contenter de combiner les notions qu'il a sur les quatre éléments, le lecteur se rendra vite compte que les signespassÿs sont, pour la tête, en haut et en arrière, et pour le corps en arrière; les signes actifs en bas pour le visage, et en avant pour le corps.
Considé~ rant par conséquent l'homme comme un animal quelconque qu'on a posé sur les pattes de derrière, il verra les signes subjectgfs abaisser pour relever ensuite, les signes objectÿsfaire l'inverse, les signes intellectuels rendre' convexe, ramener en bas et comme _/ermer, (xl Comme on le verra plus loin, nous nommons le premier l'éIémcnt le p us important.
LA T1-iråomr: nr-:s TEMPÉRAMENTS 241 les signes corporels rendre concave, retrousser les chairs, ouvrir.
S'il a liesprit porté aux analogies, il méditera de toutes les façons qu'il lui plaira sur ces combinaisons; il pourra aussi se convaincre que notre système renferme bien toutes les formes si patiemment et sagacement énumérées par Léonard de Vinci dans son Traité de la Peinture ; il pourra même tirer quelque þÿ p r oû t des présentes études pour étudier certaine lzgne courbe, sur laquelle Hogarth a écrit son Analyse de la Beauté.;..
Mais ce sont là les régions réservées aux spécialités; qu'après les avoir longtemps parcourues pour notre propre plaisir, il nous þÿ s u fû s e ici de les signaler à d'autres; nous leur laisserons de même retrouver, - besogne enfantine - ce qui, dans les combinaisons binaires, n'est que simple mélange. Il n'est pas non plus bien þÿ d i fû c i l e de saisir les origines des propriétés nouvelles que nous allons exposer. Objecqfs.
Á-Traits majestueux, écartés, concordants, larges et calmes; sourcils qui retombent en dehors. Gestes larges; démarche grave, ample, entière; posture droite du corps, devient de bonne heure dominatrice. Écriture régulière. petite, un peu serrée. foient de haut en bas, pensent de dehors en dedans. Esprit large, suivant une trajectoire incommensurable, sans but ni retour visibles.
La tête prédomine sur le þÿ c S u r , tout naturellement, dans le gouvernement des sens. Le corps, d'une chair blanche aux airs de pierre nouvellement sculptée, surtout dans le bas, reste froid et, même lorsque le sang est riche, manque du frisson de la vie; les muscles parfois exagérés donnent de la
242 i."1NxT1ATioN lourdeur; la taille est d'ordinaire entre celle de lfhomme et celle de la femme. Défauts : lenteur d'idées, orgueil, d'où (excepté quand l'étude vient apporter sa modestie) la « pose » physique et morale, et de là l'ambition. Style oratoire, explicatif, emphatique, porté à grandir par des développements succes« sifs ce qui était petit, surtout la mélodie des idées.
La tendance naturelle de leurs opinions est conservatrice, ploutocratique, bourgeoise, hiérarchique, amie de l'ordre, de la loi, de Fharmonie, de la respectabilité, avec le bonheur considéré comme but. En philosophie, ce sont des panthéistes; en science, des p_hysiciens; en art, des sculpteurs.
Ils sont du parti primitif des Olympiens et des héros autoritaires; ce sont des neptuniens, pour parler avec þÿ G S t h e , Fun d'eux; leur þÿ i nû u e n c e a quelque chose de celle de Peau. De cette classe, la femme aimera comme un homme, souvent trop comme un homme; les'enfants objectifs préfèrent la mère. Géographíquement, au point de vue français, ce tempérament paraîtra fréquent chez les Normands, chez les Anglais.
Subjectgfs. -Traits ramassés, minces, comme þÿ i a i l l i s : sants; sourcils relevés à Forientale; corps aux chaudes transparences des marbres les plus fins, chair rosée par le bas; les laideurs proviendraient d"aspects visqueux, ou d'une coloration trop forte et de hâle; grosseur proportionnée, généralement des traces quelconques d'élégance.
Geste enthousiaste, le geste révoÎutionnaire; posture aisément héroïque; les pas sont assez courts, mais précipités. Écriture composée de variations, paraphes, etc. Parole vive ; style þÿ r e p r é s e n :
LA *ruxâoiuis mas 'rizmmîmimsurs 243 tatif; éclat des images, antithèses, esprit ou éloquence tragique; apostrophes et prosopopées. -- Le þÿ c S u r prédomine sur la tête dans le gouvernement des sens; les subjectifs vivent à l"état de passion, tout au moins intérieure. C'est leur qualité, c'est la source de leurs défauts. La vue part de bas en haut; la pensée s'élance du dedans au dehors.
Quelle que soit leur 'opinion acquise, vous retrouvez en eux les þÿû l s du vieux parti des Titans et de ces géants révolutionnaires, frères de Prométhée; il y a toujours au fond d'eux de Finsurgé républicain et égalitaire, épris du droit, de Fhéroïsme, de la sincérité quand méme, de la liberté, de la grandeur, de la cause des opprimés et des humbles. Idéalistes_ de nature, ils sont artistes, ils sont poètes.
Ce sont des vulcaniques, de la nature du feu; en science, ils seront plutôt chimistes. Enfants, c'est le père qu'ils préfèrent. Plus tard, s"il ya prédominance corporelle surtout, cela rend inquiétante leur préférence pour la beauté virile. Ironiques; l'Ns est þÿû a t t e u r , l'sN complimenteur. - Point de vue géographique : Provence, Italie.
Actifs. -- Leurs corps de tons fermes, de chair. chaude et légèrement bruníe, aux formes développées* d'une taille plutôt virile, a pour éléments de laideur la brutalité et les poils.
Leurs gestes forts, concentrés, puissants, leur démarche rapide et amoureuse des courts chemins, leur posture prête à Faction. font comprendre que pour de tels esprits les impulsions intérieures, le sentiment de la vie ont plus d'importance que les impressions, qu"ils mentent ou exagèrent facilement, qu'ils jouent la vie, qu'ils sont essayístes,
244 L,lNl'l`lA'l`l0N tâteurs du nouveau avec une hardiesse de sceptiques, irrévérencieux du passé. L"écriture est rapide et peu lisible. Leur style narratif et agile, clair, grandement et nettement coloré, se crée surtout par l`usage. Hommes de la foule, ils aiment ce qui la pousse, et sont, de fond, césariens, point ennemis des coups d"Etat ni des aventures, enthousiastes des armées.
Sectateurs de l'en avant, la lutte les séduit; libres comme Pair, ils savent se tirer un peu de tout, gràce à quelque égoïsme. De naturalisme déiste, ils aiment les sciences naturelles.
Les parfums qu'ils préfèrent sont forts, animaux, comme le musc; l'objectif aime mieux ceux qui ne sont en quelque sorte que des odeurs, comme le corylopsis, l'encens, etc. ; le subjectif va aux parfums vifs et poivrés, le passif aux frais comme la violette, l'intellectuel aux enivrants comme le café, et le corporel aux joyeux comme la roseGéographie des actifs: Gascogne, Espagne. þÿ P a s sû . -- Chairs blondes, dont le défaut serait la mollesse, le manque d'attache aux os ; formes rentrées.
Taille de la femme. Gestes souvent involontaires; paroles aussi. Écriture qui garde toujours quelque chose d'enfantin où de « jeune þÿû l l e ». Posture étendue; démarche molle, balancée, avec le pied assez d'aplomb, pourtant. Style harmonieux, périodique , orné, décrivant volontiers. Nature musicale, devient facilement religieuse. Les impressions dans fesprit recouvrent les impulsions: Ils s'habituent volontiers.
D'où grande importance du souvenir et quelque chose de provincial ; en politique, dévouements légitimistes ; fidélités au trône età
LA THÉORIE mas TEMPÉRAMENTS 245 l'autel, vieille tradition familiale, loyalisme et royalisme, culte du Roi autant et plus même que de la royauté ; la France classique, Félégance þÿû n e . académies et faubourg Saint-Germain, le bon vieux temps, les classiques etle droit divin. - Caractère : gaieté d'enfant; le passif voit comiquement le laid, le sale et le grossier; il rira du désir, mais en dessous, un fond d'ardeur mélancolique, d'où sérieux profond pour ses propres sentiments, qui s'expriment en paroles mignardes.
Pas de þÿ r a fû n e m e n t s , beaucoup d'habitude et d"hypocrisíe ; þÿû n e s s e s parfois mauvaises Vertus de famille. - Êtres d"en arrière - Analogie dans le goût antique : la terre immuable. - Géographie des passifs : Champagne, Allemagne.
Iníellectuels. - La chair, pâle, à peine un peu rosée par places, rare, est distribuée en masses séparées; la maigreur, fréquente, est molle chez les uns, sèche chez les autres ; formes rabaissées ; poitrine, omoplates et ventre bombés ; l'expression se conserve jusque dans les cuisses (italiennes). - Le geste est souvent maniaque, plein de tics; la posture bizarre et distraite semblera un mouvement suspendu ; la démarche s'allonge, pliant les genoux, un peu forte.
L'écriture est saccadée, aiguë ou bizarre. -- Style concis, intense, axiomatique, þÿû é v r e u x , souvent original. L*esprit et les tendances se résument dans ces deux principes indissolublement liés: fantaisie et absolu. La parole est pleine d'expressions curieuses, acquises et employées presque inconsciemment.. Dans ces êtres incurablement en dedans, les défauts seront cachés, envieux et égoïstes. Ou bien c'estl'opinion
246 L,lNlTlATlON qui est individualiste, * anarchiste, destructive, pessimiste ; un sentiment énergique des droits de la personnalité fait admettre par Pinsensibilité de ces stoïciens et théoriciens nés, tout pour arriver à un état idéal où l'individu dépende le moins possible de la foule. - Querelleurs et sophistes. Goût des abstractions. Algébristes.
Souvent négligés sur eux, ou bien très soigneux par système et méthode. - Géographie :Paris, Tours, Toulouse. - Corporels. - Coquetterie qui frise parfois les lettres dans Fécriture, laquelle est basse et ronde, lourde (écriture militaire). - Les chairs, fournies partout, sont variées de reliefs ; la maigreur,rare, est musclée; dès la poitrine, Fexpression se noie dans la chair (Flamandes) È leur laideur sera la bourþÿ s o u fû u r e .
Formes relevées en l'air. Plutôt trapus. Le geste est rythmique, d"un développement aisé ; la démarche, bien que de tout le corps, en remuant les hanches, et la posture, bien que d'aplomb, ne sont pas lourdes du tout. Le défaut de l'esprit, tout examen, tout expérimental et tout restreint, est un prosaîsme dont la grossièreté passe quelquefois dans le caractère et les goûts, souvent sensuels.
Adaptation, réalisation.- L'opinion s'appuie sur une doctrine; elle est associationiste ; elle repose plus ou moins sur la solidarité, la coopération, Peffort en masse, et accorde peu à Pinitiative, n"accorde rien àl'inégalité.
C'est le nivellement et le cosmopolitisme du socialisme. - Formule : en dehors. - Cet esprit pratique aboutit souvent au matérialisme; sa science sera industrie, sa vie toute d'adaptation; son art essentiellement imitateur -
LA 'runâoiue 'ous þÿ * r i ; M i : £ m M : ¿ m * s ` 247 Géographie: Belgique et Flandre, Loiret, Auvergne, Algérie.
Exemples d"objectifs : beaucoup d'antiques, les Apollons ,les Junons, etc.; Alcibiade., Alexandre, César, Vinci, Newton, þÿ G S t h e , Napoléon, Balzac, Vigny, George Sand, etc.- Subjectifs : les Vénus, etc. Tibère, Caracalla, Raphaël, Mozart, Descartes, Molière, Beethoven, Schiller, Voltaire, Rousseau, Byron Musset, Baudelaire, Flaubert, Verlaine, Mac-Mahon, etc.- Actifs: les Faunes, les Mars; Michel Ange, Henri IV, de Retz, Boileau, La Fontaine, Dumas père, Zola, etc.- Passifs: les vieilles divinités mères; fréquents au siècle de Louis XIV; la reine Claude, Pierre Corneille, Madame de Sévigné, Jean Racine, Renan , etc. - Intellectuels : Saturne; l'empereur Commode, Calvin, Dante, Spinoza, Pascal, Edgard Poë, Alphonse Daudet, Charcot , Naquet, etc. - Corporels: les Hercules, les Silènes, les Cupidons; le Bazarow de Tourguéneff (Pères et En/ants), La Pérouse, Terburg, Danton, La Harpe, l'amiral Krantz, etc. Comnmaisous þÿ o m : : o N N É E s . - A ne prendre que les quatre lettres dont l"ordre .indique l'ordre d"importance des quatre éléments (le plus important vient en premier, et ainsi de suite) nous pouvons les disposer de vingt-quatre manières þÿ d iû é r e n t e s , d'où vingt~ quatre classes générales.
Lmzs, la reine Claude (femme de François I°'); msn, M. Renan; LSNB, Terburg; LSBN, La Pérouse; uasn, Balzac; mms, Newton; BLSN, Alexandre; Buts, César; BNLS, Charcot; Bust., Calvin; Bsm., Boileau; 7
248 . IÎINITIATION BSLN, Henri IV; SBNL, M. Zola; saLN, Dumas père; sLnN, Danton; SLNB, La Harpe; SNLB, Voltaire; SNBL, M. de Mac-Mahon; NSLB, Victor Hugo; NsnL, Baudelaire; NBSL, Edgard Poë; NnLs, M. Alph. Daudet; NLBS, Corneille; NLSB, Racine. On va voir combien il était important d'établir les combinaisons binaires, pour arriver à pénétrer dans le détail : ` Analyse psychologique (ébauche d'un parallèle).
Soient devant nous deux þÿ o b j e c t iû : aLsN et nLNs.
Le premier sera (Ls) plus corporel, c'est-à-dire en dehors, et le deuxième plus passif (LN), c'est-à-dire en arrière; BLSN est en effet philosophe, libre, parfois même débraillé, tandis que BLNs est plus ambitieux, et de façon contenue, persévérante; celui-ci sera César, celui-là Alexandre (dans la þÿû n de sa vie, surtout). - Prenez deux autres objectÿs : LBSN et LBNS; ici Pelément corporel ou calmant (L) domine l'élément précis ou systématique (B); LBNS, plus intellectuel, c'est Newton; LBSN, plus actif, c'est Balzac.
Au point de vue physique, Alexandre et Balzac sont forcément plus colorés de visage que Newton et César, car ils sont plus corporels.
Nous constatons dans Alexandre, comparé à César, une tendance plus énergique de s à rejoindre B : c'est un aventureux; chez César, c'est N qui tend à rejoindre B : il n'y a plus lieu de s'étonner que César ait fait des livres de grammaire et d'astronomie.l Balzac et Newton ont, au même point de vue, une tendance, chez le premier corporelle, chez le second passive, qui porta, par exemple, le premier à adapter, le second à étudier le mysticisme chrétien,
» LA THÉORIE DES TEMPÉRAMENTS 249 pris par Balzac dans Swedenborg et saint Martin (le corporel cherche dans le restreint et le contemporain), et par Newton dans l'Apocalypse (le passif est homme de tradition). - Vous pouvez poursuivre cette étude dans les plus petits détails.
Prenez après cela, les quatre subjectifs, les quatre actifs, etc., et vous ferez un peu de cette fameuse « analyse psychologique » d'une « þÿ s c i e n t iû q u e rigueur þÿ : : dont on parle beaucoup, mais qu"on pratique moins. þÿ : Qu'ici encore il nous þÿ s uû î s e d'indiquer les excursions à faire, et qu'ílfaut faire, non seulement pour avoir des preuves en notre faveur, mais pour bien comprendre la présente synthèse. * *Ã Entrons plus avant encore dans le détail et dans la précision.
Chez ces individus d'aspect souvent disparate au premier coup þÿ d ' S i l , que nous avons renfermés dans une de ces 24 classes. dans quelle proportion se trouvent les 4 éléments dont l"ordre est déjà indiqué?
Rien de plus facile à savoir; supposons pour tout individu un même chiffre total, - par exemple 16 (choisi comme multiple de 4), et distribuons-le entre les 4 éléments de la manière suivante : La ligne droite, dans le profil du nez, représente l'équilibre des 4éléments et les suppose, par conséquent, tous forts de 4.
16, qui est l'excès absolu, sera représenté pour les éléments corporels ou rentrés en deçà par une ligne partant du coin de la narine et qui suivra parallèlement la ligne d'équilibre; une ligne à égale distance, mais placée au delà de la ligne vd'é2 So LYINITIATION quilibre, représentera l'excès intellectuel, le second 16 : il ne restera plus qu'à subdiviser en 12 degrés de part et d'autre.
Le maximum du premier élément est IO et son minimum (en négligeant les calculs par fractions) 5; chiffres du second élément : 6 et 3 ; du troisième : 4 et 2 ; du dernier : 4 (cas d'égalité avec le précédent) et 1. En prenant, au lieu de 16, des chiffres de plus en plus forts, on subdivisera de plus en plus ses observations, on entrera surtout de plus en plus facilement dans le détail.
C'est un travail simple et patient où le guide est inutile. * *# Il ne nous reste plus que le dernier point à enlever pour arriver à reconnaître quelle est la place réservée (indépendamment des questions de milieu que nous étudierons séparément) à un homme parmi les valeurs de ce monde. Avec un peu de perspicacité, le lecteur* peut entrevoir, par ce qui précède, la méthode dont nous nous servirions.
Mais, en vérité, nous ne* croyons pas devoir la lui exposer; car, si nous sommes à peu près sûrs d'avoir marché sans erreur jusqu'ici, nous sentons trop combien grandit le danger de casser le þÿû l qui nous a guidés...
Qu'en faveur* de ce que nous avons livré de notre science, le <1 bienveillant lecteur » nous excuse donc, maintenant, si nous nous récusons et ne voulons point Pemmener avec nous, -- de même que nous avons refusé d'ouvrir quelque explication sur Porigine , la valeur physique ou métaphysique et la nature des quatre
LE CHRISTIANISME SCIENTIFIQUE 2 5 I éléments exposés à ses yeux... Laissant donc dans l'ombre ce commencement et cette lin, qu'il veuille bien encore venir voir avec nous les grandes lois d'après lesquelles se meuvent ces combinaisons -- et, par un dernier chapitre, aboutisse aux applications pratiques de ces théories et de ces déductions.
Pour ET GARY. (A suivre.) lin ÉHRISTIANISME åuwrirmns § 2. - Ifonom CHRÉTIENNE Dans les premiers temps de notre ère, une quantité de petites associations religieuses parcouraient le monde romain en vivant aux dépens des dupes.
Parmi les plus connues de ces troupes nomades, les Galles célébraient les très anciens mystères de la Grande Déesse : sous les noms phrygiens d'Attis et de Cybèle, ils rappelaient une légende astronomique en tout point semblable à celle d'Adonis et de Vénus. Ces prêtres se mutilaíent en souvenir d'Attis, puis tonsurés et vêtus de robes, passaient le reste de leur existence à solliciter des aumônes par des momeries.
D'après Lucien, qui les a connus au u° siècle, ce n'était pas seulement par les habits, mais aussi par les þÿ m S u r s , qu'ils voulaient ressembler aux femmes (1). (1) Lucien, Lucíus ou ljAne.
2 52 i.`1NrT1ATxoN Concurremment avec les Galles et ne valant pas mieux qu'eux sous le rapport de la réputation, des bandes de chrétiens pullulaient dans tout l'empire. Lucien nous les présente sous un jour peu þÿ é d iû a n t dans un de ses récits. « Un certain Pérégrinus, dit-il, adultère, parricide, corrupteur de garçons, s`était vu forcé, à cause de ses méfaits, d`errer de pays en pays.
Arrivé en Palestine, il se þÿû t instruire dans « l'admirable » religion des Chrétiens en þÿ s ' aû * i l i a n t avec quelques-uns de leurs prêtres et de leurs scribes. Que vous dirai-je? Cet homme leur fit bientôt voir qu'ils n'étaient que des enfants; tour à tour prophète, thiasarque, chef d'assemblée. il fut tout à lui seul, interprétant leurs livres. les expliquant, en composant de son propre fonds.
Aussi nombre de gens le regardèrent-ils comme un dieu, un législateur, un pontiíe égal à celui qui est honoré en Palestine où il fut mis en croix pour avoir introduit ce nouveau culte parmi les hommes. Pérégrinus, arrêté pour ce motif, fut jeté en prison. Mais cette persécution lui procura, pour le reste de sa vie, une grande autorité et une grande réputation d'opérer des miracles (1). þÿ : : La Palestine surtout était la terre des thaumaturges.
Dans ce pays à peu près tout le monde se déclarait prophète, Dieu, Fils de Dieu ou Esprit Saint. Au rapport de Celse, « une foule de gens les plus obscurs y prophétisaient dansf les temples avec la plus grande facilité et à la première occasion. D'autres parcouraient les villes ou les camps et là, rassemblant la multitude (i) Lucien, Mort de Pérégrinus, § 9 et suiv.
ita,-__ LE CHRISIIANISME SCIENTIFIQUE 253 autour d"eux, ils s'agitaient en mouvements frénétiques comme des inspirés. Ils ne manquaient jamais de s'écrier: Je suis Dieu, je suis le þÿû l s de Dieu ou l'Esprit divin. Je suis venu parce que le monde va périr. Et vous, ô hommes, vous allez mourir à cause de vos iniquités, mais je veux vous sauver et vous me verrez revenir avec une puissance céleste.
Bienheureux quiconque me rend hommage en ce moment! Je précipiterai tous les autres dans les þÿû a m m e s éternelles, et, avec eux, leurs cités et leurs régions. Ceux qui ne savent pas quels supplices les attendent feront vainement pénitence et pousseront de stériles gémissements, tandis que ceux qui croiront à moi, je les sauverai pour toute l'éternité.
A ces þÿ m a g n íû q u e s promesses, ils mêlaient des choses inconnues, mystérieuses, pleines de ténèbres, dénuées de sens pour les plus instruits, tant elles étaient obscures ou plutôt chimériques, mais qui fournissaient aux insensés et aux imposteurs l'occasion d"appliquer en toute circonstance et au gré de leur fantaisie ces prétendus oracles (x). » La société romaine confondait dans le même mépris tous ces fanatiques, chrétiens et autres.
Tacite avait le premier signalé «les malheureux,'abhorrés pour leurs þÿ m S u r s infâmes et vulgaírement nommés chrétiens, capables de tous les dérèglements et de tous les crimes (2). »« Les chrétiens, þÿ c o nû r m a i t Suétone, sont une espèce d'hommes adomiés à une superstition nouvelle et dangereuse (3). » , Contre Celse, l. VlI,5 9. (ln 1 ,i. xx 9 . þÿ ( § : 1 » ! Ê f ç g : i Î s § 16. ' 44
2 54, L,lNITlATION _ Dans les trois premiers siècles, les épithètes courantes à l'adresse de ces nouveaux adeptes étaient -celles de « stupides, ignorants, gens rasés de þÿ c S u r et d'esprit, fous galiléens, hommes perdus de þÿ m S u r s , amants des hermaphrodites, fourbes, charlatans, lèpre de la société, ennemis de l'état, assassins (1). þÿ : : On les disait recrutés parmi « des abrutis, des pauvres femmes, des servantes », parmi « les esclaves exerçant les plus humbles métiers, tels que cardeurs, cordonniers, foulons, menuisiers, cabaretiers, gabelous, gens des ports et danseurs ».
Les propagandistes évitaient d'ailleurs la société des hommes de bon sens et les tenaient à l'écart (2). C'est pourquoi Julien s'écriait avec raison : « Je veux qu'on me traite de menteur si l'on a vu, sous le règne de Tibère ou de Claude, un seul homme distingué se convertir aux idées chrétiennes et aux Evangiles imposteurs (3). þÿ : : Les apôtres et le personnage même de Jésus n'étaient pas épargnés davantage.
Celse nous représente « le Sauveur suivi par dix ou onze hommes de þÿ m S u r s infâmes, gabelous et mariniers perdus par tous les vices, errant çà et là comme un vagabond, mendiant sa nourriture et se procurant avec peine quelques aliments ». Les disciples, ajoute le même auteur, ignoraient jusqu'aux rudiments des lettres (4). .. (I) Origène Contre Celse l. I,§ 55 - Julien.
Lettre â un pontí e gg; fuç`SFãçl:ïÎ*î§Zx;,iei.ucien, le: Fugïtü ; Philopatrís, 5 24 et rg ; ii) C"flÎ!`8 les Chretien: 3 þÿ O f f sû n e ctmm Celse] 1 ; ss I in s (Á ongm, canm cmê, 1.'1,§az, as. L.`1l,4§46.
ua c1~1R1s1'1AN1s1v1E SCIENTIFIQUE 255 Telle est Yimpression d'ensemble produite par la lecture des anciens auteurs. Si Fon précise les méfaits reprochés aux chrétiens, les accusations se rangent sous les trois chefs suivants: 1° adoration d'une tête d'âne; 2° débauches contre nature ; 3° homicides et anthropophagie. 1° Culte renduà l'âne. Cet animal était diversement apprécié suivant les religions.
Maudit en Egypte pour avoir aidé à la fuite de Typhon, meurtrier d'Osifis, il était þÿ s a c r iû é comme victime expiatoire et mangé en commun pendant les fêtes d'lsis (1). Par contre, il recevait des honneurs en Judée, car d'autres que les Romains pouvaient dire avec raison le mot de Tacite: « Les Juifs ont de l'horreur pour tout ce que nous révérons et se permettent tout ce qui nous révolte.
C'est pourquoi ils adorent l'âne (2). þÿ : : Plutarque þÿ c o nû r m e (3) et Appien explique « que les Juifs avaient dans leur trésor sacré une tête d'âne en or et de grand prix à laquelle ils adressaient leurs prières. Elle fut trouvée par Antiochus lors du pillage du temple (4). » Des Juifs ce culte se transmit aux chrétiens. « Leur dieu est une tète d'âne, dit-on.
Sur un tableau qui porte cette inscription : Dieu des chrétiens, race d'á`ne, il est représenté avec de longues oreilles,un pied corné, dans une main un livre et couvert de la toge. On le fête pendant le « grand jour » ou «jour du soleil (5). þÿ : : (1) Minucius Félix. Octave; Plutarque, Banquet des sep! Sdgíl. (1) Hí.vtox'res,l V.6 2. 3 Plutarque, les Symposiaquer. I, IV, § 2. fg) F lavius Josephe, Réponse å Appien, I. ll, ch. IV. ( Tertullien, Apologélique ;Aux natxons, I. I. § ll, 14.
2 56 L,lNITlATlON Dans l'0ctave de Minucius Félix, un des interlocuteurs reproche aussi aux chrétiens « d'adorer la tète de l'animal le plus ignoble, la tête d'un ane (1). » Ce que l"on riait dans le monde pàyen 1 A cette occasion nombre de romans parurent sur les aventures et les métamorphoses d'un âne (2).
Par allusion aux disputes entre Juifs et chrétiens sur le personnage du Christ, l'expression « se quereller pour þÿ l ' o m : bre d'un âne » passa en proverbe (3). 2° Débauches contre nature.
« Dans leurs assemblées nocturnes, lorsque des chiens dressés ont renversé les þÿû a m b e a u x , les initiés, à la faveur des ténèbres, commettent des incestes avec leurs mères ou leurs þÿ s S u r s et se livrent à de monstrueux caprices, sans distinguer Page ni le sexe (4). þÿ : : Voilà crûment les pratiques continuellement reprochées aux chrétiens.
On disait encore qu'ils adoraient à découvert, sur la personne de leurs prêtres, les parties du corps qu'il est plus séant de cacher. C'est pourquoi le culte en l`honneur de Jésus rappelaità Celse celui rendu en Égypte à Antinoüs et aux mignons d'Adrien « empereur sans vergogne qui faisait subir aux mâles le sort des femmes » : analogie d'autant plus saisissable qu'Antínoüs passait aussi pour opérer des miracles après sa mort.
3° Meurtres et anthropophagie. On accusait les chrétiens d'homicides. Dans leurs (1) Dies mrgna nr Le grand jour ». d'où « Dimanche þÿ : : . (2) On les nomme Luciades. On en compte trois composées par Lucius de Pntfas, Lucien et Apulée. (3) Origène. Contre Celse, '. III 5 r. (4)T¢I'(t1lll¢D, Apologétîèquç, 2. 8 ; Origène. Contre Celse, l. Vl, 271 49, L. Ill, 36 ; Minucius éhx, Octave.
us þÿ cû m s r i s u i s m a scnaNTn=1Qur~: 257 assemblées, disait-on, ils trempaient leur pain dans le sang de victimes humaines; ils immolaient des enfants et en servaient les chairs dans des repas communs (1). _ Ces divers reproches étaient-ils fondés P (A suivre) Henri Lrzimn. (|) þÿ T e r m l l i e n ¼ l p o l o dt' ue 2, 7,8* Minuc'u Fél' , 0 t 8,3 ; Origène, Contre þÿ ( j e l a - e ¬ ' l . l ( ' l , ' § 4e. 7 I 8 Ix C aw' 0 1 9
þÿ : Ã Z Z È Z PARTIE LITTÉRAIRE §PPARI'l`ION HISTOIRE VRAIE J'étais à la Nouvelle-Orléans, il y a bon nombre d'années de cela, et, parmi les amis que je comptais dans la Métropole du Sud, le docteur L... était un des meilleurs ; j'avais été accueillie par sa famille avec la pl_us grande cordialité; chaque jour j'allais chez eux, ou eux venaient chez moi ; le docteur avait ainsi pris l'habitude, avant de commencer ses visites, de venir me faire part des projets de la soirée, et m"apportait souvent un message de sa femme ou de ses þÿ s S u r s . *Ceci pour expliquer que malgré la présence d'un médecin dans ma chambre, je n'étais nullement malade le matin où eut lieu l'étrange apparition que je vais raconter, et dont mon ami fut le témoin comme moi-même. Le docteur L... porte aujourd'huí un nom très célèbre; ses travaux scientifiques l'ont fait connaître du monde entier, et son esprit, pas plus que le mien, n"est sujet à des hallucinations. Un matin, je m'en souviens comme si c'était hier,
Apmarriou 259 je reçus le docteur, étant encore couchée; il faisait très chaud, les persiennes à demi closes ne laissaient pénétrer dans ma chambre qu"une lumière attiédie, mais assez intense cependant pour que chaque objet fût parfaitement distinct; à son arrivée le docteur s'assit près de mon lit qu'une` ample moustiquaire íermait hermétiquement; liétoffe blanche, très diaphane, était relevée et tendue sous les matelas de façon qu'aucun insecte ne pût pénétrer..
Nous causions avec tranquillité, lui et moi , de choses indifférentesflorsque ÿaperçus se dessinant sur la moustiquaîre comme une sorte de forme lumineuse et mouvante... je crus que c'était un rayon de soleil qui se jouait dans mes rideaux, et comme cela me fatiguait les yeux, je me soulevai pour déplacer le rideau dont la blancheur combinée avec la clarté devenait d'un insoutenable éclat..
Notez, s"il vous plaît, qu'il pouvait être dix heures du matin... Eh bien! je suis encore bouleversée de terreur en vous racontant qu'à mesure que je me rapprochai du pied de mon lit, les contours d"abord indécis de la forme entrevue s'accentuèrent, et que je vis... là... distinctement dans une attitude humble et servile, un être de petite taille, vêtu de gris comme un moine de degré inférieur..
Il avait le visage très pâle, la tête rasée et sur les lèvres une sorte de sourire dont le souvenir me fait encore frissonner. Ses yeux - oh ses yeux! - brillaient d'une þÿû a m m e rouge; il les tenait þÿû x é s sur moi avec Pexpression d'une malice diabolique... ces yeux, scintillant sous ses sourcils épais, éclairaíent la lividité du front, des joues sans
260 LÎINITIATION barbe, du menton saillant.. Toute Papparence était celle d'un homme vivant, avec quelque chose de presque þÿû u i d i q u e . . . transparente... comme l'est notre image þÿ r éû é t é e par une eau limpide... þÿ T e r r iû é e , je poussai un cri en appelant le docteur au secours; me tournant vers lui, je le vis debout au chevet de mon lit, l'air égaré, repoussant d'un geste de ses deux mains la terrible vision..
Lui aussi avait vu... Oui, nous l'avons vu le petit homme gris, le docteur L... et moi... non point à l"heure où d'ordinaire apparaissent les fantômes, mais à la pure clarté d'un soleil printanier... Nous l'avons vu... vu comme je vois le papier sur lequel je trace ces lignes... vu le visage pâle, la tête rasée, les yeux þÿû a m b o y a n t s d'un être qui n"appartient point à la terre... Que me voulait-il?
Que semblait-il attendre là, auprès de mon lit, le serviteur d'un autre monde P.. Je n'en sais rien... et je vous jure que je n'ai nulle envie de l'apprendre jamais. ~ MANOEI/ nr-: GRANDFORD. .____..l__ HISTOIRES INCROYABLES A BRULER (Suite.) Quand je me levai, i'étais étourdi et eus quelque peine à marcher droit. J'étais même si pâle que mes
A BRULER 261 camarades me raillèrent, à cause du « trac»qu'ils me supposaient. Quelques minutes après, sortant de la salle Gerson, l'aír avidement respiré me rendait mon équilibre. Je me rappelai les mots latins, la traduction. C'était la perfection mème. J'eus le prix.
Mon père, qui estimait au plus haut point l'instruction universitaire, m'embrassa avec plus þÿ d ' eû " u s i o n que de coutume : et pourtant je ne pus m'empècher de remarquer combien son étreinte manquait de cette tiédeur enveloppante qui avait caractérisé naguère les caresses de ma mère. Hélas, ce baiser là aussi allait me manquer.
Le lendemain de la distribution des prix, mon père fit, dans la rue, une 'chute qui eut les conséquences les plus navrantes. Sa tête avait porté sur l'angle d'un trottoir et on le ramena àla maison inanimé. Ijébranlement cérébral avait été si violent qu'un épanchement s'en était suivi. Dans la nuit mème, l'agonie survint : j'étais auprès de lui comme autrefois il avait été auprès de moi, au moment où la vie allait m'abandonner.
Et dans un élan instinctif, je lui criai, répétant ses propres paroles : - Je t'en supplie, père, cher père, fais un effort... réagis... aie la volonté de vivre ! Il tourna vers moi ses yeux atones et vitreux. ll me sembla, aux contractions de sa lèvre, þÿ q u ' i l 'û t un efïort. Mais un þÿ s o u tû e rauque, brusquement coupé, sortit de sa poitrine. ll était mort. Bien souvent, je me suis reproché depuis lors de
262 1.'mmA*rioN n'avoir point substitué ma volonté à la sienne et de n'avoir pas contraint sa vie à m'obéir. Mais, dans l'exercice de ma volonté, je n'étais pas encore assez maître de moi pour m`abstraire des instincts purement þÿ r éû e x e s . Mon premier mouvement avait été de lui adresser Padjuration qui m'avait sauvé moi-même. J'avais mal agi, en dehors de toute méthode. Je le sais maintenant.
V Ici commence une période de ma vie sur laquelle je puis passer assez rapidement, car elle marque un temps d'arrêt dans mon évolution cérébrale. i J'étais orphelin, sans parents qui s'intéressassent à moi. Mon père m'avait laissé, sinon la fortune, tout au moins une aisance très raisonnable, une dizaine de mille livres de renie.
Un des clients de mon père, M. Charvet, professeur au collège de France, touché sans doute par mes aptitudes évidentes, accepta du juge de paix le rôle de subrogé-tuteur, se chargea de mon patrimoine et m'engagea à continuer mes études. J'y consentis facilement. Je ne sentais encore aucune curiosité de la vie libre. Loin de là, Pinternat auquel je dus me résigner ne me parut pas pesant.
J'étais alors dans une singulière disposition d'esprit: loin d'aspirer à Pindépendance, j'avais au contraire de vagues désirs de claustration, Une histoire de l'abbé de Rancé qui étaittombée entre
A mzuuan 263 mes mains avait tourné mes idées vers le cénobitisme ; j'avais lu avec avidité la vie des grands solitaires. les légendes chrétiennes de saint Paul le Thébain,de saint Antoine, de Siméon et ces exemples avaient développé en moi une passion contemplative.
Le soir, à l'étude, sous la lueur tempérée des lampes, m"enveloppant d'un rempart de livres, ÿarrivais à m'abstraire si complètement de tout ce qui m'entourait que je créais autour de moi une solitude factice ; j'éprouvais alors une jouissance þÿ i nû n i e , me perdant en rêveries vagues, plus creuses que profondes.
Peu à peu je cédais à une sorte d'hypnotisme -- que bien entendu je ne notais ni n'analysais alors - et qui ne se dissipait qu'au signal donné de cesser le travail. Je m'habituais à cet état comme à un accès d'ivresse quotidienne: je prenais mille précautions pour que mes devoirs fussent þÿû n i s , þÿ aû n de me réserver cette heure, ou toutau moins cette demi-heure de suprême placidité.
Tous les quinze jours je sortais et passais la journée chez mon tuteur. * C'était un homme de quarante-cinq ans environ qui, depuis sa jeunesse, s'occupait d'études orientalistes. Il étaitveuf et avaitdeuxenfants, un þÿû l s de deux ans plus âgé que moi et qui se préparait à l'Ecole polytechnique et une þÿû l l e . . . Je ne veux pas encore songer à elle. C'était une enfant. Elle avait douze ans à peine.
Quant au þÿû l s , il s'était produit en lui un phénomène bien singulier. M. Charvet, ai-je dit, avait consacré sa vie à Penseignement des langues hindoues;
264 L,lNlTlATlON il était un desplus assidus collaborateurs de Max Muller et continuait en France l'oeuvre de Burnouf. Par une tendance très naturelle, tout son intérieur portait le cachet de Pornementation hindoue.
Son cabinet notamment était encombré de statuettes, de fûts de colonnes, de pierres de toutes formes rappelant les études auxquelles il se livrait, tout cela pèlemêle, mais formant un ensemble étrange et saisissant. ll était grand, blond, fade; pour tout dire d'un mot, avec ses grands cheveux, sa face blanche et grasse, ses lunettes inamovibles, il ressemblait à un privat docent des universités allemandes.
Son þÿû l s -- il s'appelait Georges - était brun, avait les cheveux crespelés, une barbc naissante qui se séparait en deux pointes. Ses yeux, très noirs, longuement fendus, avec une légère tendance au relèvement pré-temporal, avaient une douceur singulière, comme une limpidité humide où le regard se noyait. Bref, avec son teint mat, il me représentait exactement le type d'un homme né sur le bord du Gange.
Cette remarque était instinctive, mais il_me semblait que sa physionomie s'harmonisait parfaitement avec le cadre oriental dans lequel il m'apparaíssait ; et, ce qui est surtout curieux, c"est que mon observation était exacte. Car ses camarades lui avaient donné, en riant, le surnom de Bouddha. ll était très doux, bon garçon, 'et me témoígnait une sympathie réelle.
Nous passions la journée ensemble, le plus souvent en promenades à travers Paris. ll causait peu 'et semblait très attentif à mes
A BRULER 265 bavardages, qu'il soulignait 'du sourire 'qui lui était habituel. Une année se passa ainsi: j'entrai en philosophie. Georges fut reçu à l'Ecole polytechnique; mais à ma grande surprise, il se déclara satisfait de ce succès et dédaigna d'en þÿ p r oû t e r . Il resta auprès de son père dont il devient le secrétaire et le collaborateur.
Cette année-là, les mauvais temps d"hiver m'obligèrent à passer plusieurs dimanches chez M. Charvet: j'avais remarqué d'ailleurs que Georges ne sortait avec moi que par complaisance. Évidemment mon verbiage l'ennuyait ; ÿavais Pexubérance de paroles niaises et prétentieuses qui caractérisent Fâge où on ne sait rien, pas même apprendre.
Tout frais émoulu de philosophie þÿ o fû c i e l l e , je dissertais à perte de vue sur les questions les plus abstraites, prenant ma mémoire pour de la science ; j'étais insupportable, et je le sentais. ' Au contraire., Georges - Bouddha -- s'était passionné, à froid, pour les travaux de son père, et je devinais qu'il lui était pénible de s'y arracher pour me servir d'interlocuteur bénévole.
Je me piquai d'honneur; car feignant, à mon tour, d'être fatigué de déambulations inutiles, je demandai la permission de passer quelques journées dans la pagode, comme ÿappelais le cabinet de Porientaliste. Il y eut quelque pitié dans le ton de M. Charvet, quand il þÿ m ' aû i r m a que j'allais « bien m'ennuyer þÿ : : .Je protestaiid'autant plus vivement. Je m'installerais là, à une table, et ÿétudierais mon Descartes.
2.66 L`lNlTlATlOX Ainsi fut-il fait, et bientôt les deux savants þÿû n i r e n t par oublier ma présence. A cette époque, et à l'exception des quelques moments d'auto-magnétisation que je me ménageais char quesoir, j'étais revenu à un état normal. J "avais complètement perdu la notion des effets ressentis autrefois auprès de ma mère, comme aussi des appels à la volonté, plus instinctiis que raisonnés.
Je m'étais résigné à n'être qu'un élève de force moyenne, de ceux qu'on nomme consciencieux. C"était donc par pure curiosité que je prêtais l'o¿ reille à la conversation du père et du þÿû l s , qui déchiffraient un manuscrit et échangeaient leurs observations.
J'entendais le son plein et grave d'une langue que je ne comprenais pas - où l'a se modulait avec des harmonies étranges, où les consonnes avaient des glissements, des aspirations, des rondeurs bizarres, des gutturalités despotiques. Puis ils s'arrêtaient et causaient en français, cou'- pant leurs phrases de ces mots nouveaux pour moi et qui avaient tout l'attrait d'un grimoire inconnu.
Je me rappelle encore, comme si c'était hier, ces phrases échangées entre eux: - Ces fakirs, dit M. Charvet, ne sont que d'habiles jongleurs. - Je ne le crois pas, mon père, répliqua Georges. Tout peut s'expliquer par la projection de Línga-Sha¢ rira... - Mais Linga-Sharira est lui-même inexplicable... - Pourquoi P Linga-Sharira est à Sthula-Sharira ce que Buddhi est à Atma...
.
A mwtzn - 267 Certes, je ne comprenais pas un seul mot de ces dissertations; mais était-ce la mélodie de cette langue À- du sanscrit, comme je le sus plus tard _ était-ce en raison de cette disposition, commune à tous les hommes et qui est l'attrait de Pinconnu, j'écoutais ainsi pendant plusieurs heures, sans un geste, sans un mouvement, me passionnant pour ces sons qui þÿ n ' oû " r a i e n t aucun sens à ma raison, pour ces idées que je ne saisissais pas, mais qui produisaient sur mes nerfs exactement le même þÿ eû e t que celui du tambourin, frappé en un rythme sourd et monotone, sur les derviches tourneurs de Constantinople. .Varrivais à un engourdissement extatique, d'un charme pesant et exquis.
La séance prit þÿû n , et je regrettai presque d'entendre ces deux hommes, qui pendant plusieurs heures, m'avaient semblé des êtres mystérieux, causer comme de simples mortels des intérêts mondains.
Pourtant je n'osais pas les provoquer à un retour vers leurs études favorites, et je rentrai au lycée, en proie à une préoccupation intense. * A ma sortie suivante, ÿemployai toute ma diplomatie à obtenir une nouvelle séance; et j"y réussis facilement, car en vérité je n'avais pas été gênant. Et pendant trois mois, tous les huit jours, je pus me procurer cette jouissance inexplicable, qui n'avait d'autre principe que la dégustation du mystère.
Cependant à force d'attention, ÿétais parvenu à savoir d'abord qu'il s"agissait de langue sanscrite - devanagari - puis que les deux savants s'ef`forçaient d'expliquer les prodiges exécutés par des êtres privilégiés,
268 ' L,lNlTlATlON Y yoguis ou fakirs, inhumation prolongée pendant des mois et suivies de résurrection, arbustes naissant d'une semence ou se développant en deux heures. phénomènes de lévitation ou de suspension dans l'air. M. Charvet était Pincrédule, Georges le possibiliste. Dès que cette notion eut pénétré dans mon cerveau, j'attachai la .plus grande attention aux discussions du père et du fils.
J'ai toujours joui d'une grande þÿû n e s s e d'ouïe - non seulement dans le sens de l'audition à longue distance ou de la perception des bruits les plus faibles - mais surtout au point de vue de la notation des sons entendus.
Dès que j'y pris garde, les mots dont la signification m'échappait furent saisis par ma mémoire comme les notes d'un chant, et je pus, resté seul, les transcrire avec leur prononciation exacte, sinon avec leur orthographe réelle, si bien que je réalisai ce problème de parler le sanscrit avant de le connaître. Mais en même temps, et par une corrélation très naturelle, je fus pris de l'intense désir de l'apprendre.
Mon but n'était certes pas purement philologique. Pour moi la possession de cette langue impliquait lc possibilité du miracle: je la considérais comme une formule magique, grâce à laquelle il était possible d'opérer des prodiges. ll en était un surtout qui était le but le plus ardent de mes désirs.
Cent fois, il m'était arrivé, pendant mon sommeil, de me sentir enlever dans l'air, de voler à la, façon de l'oiseau, de m'élever à des hauteurs prodigieuses et en même temps d'éprouver en cette sensation de suspension
' A nauuza 269 une impression exquise. Puisque les fakirs parvenaientà se léviter pendant la veille, pourquoi n'y parviendrais-je pas moi-même P Je me persuadais que la prononciation de certains mots sanscrits, en des conditions encore ignorées de moi, mais que je saurais bien découvrir, communiquait à l'homme ces puis. sances occultes. Pour rien au monde je n'eusse avoué cette fantaisie à mon tuteur ni à son þÿû l s .
Plus que tout je redoutais un signe de dédain. Il fallait donc me mettre à þÿ l ' S u v r e , seul. .Vachetai les grammaires de J.
Desgranges, d'Oppert que je dissimulai avec le soin que mettaient certains de mes condisciples à cacher des romans,et renonçant à mon hypnotisation de l'étude, je me mis à travailler avec acharnement: je fus surpris de constater combien le travail tout mécanique de prononciation auquel je m'étais livré facilitait ma tâche. Au bout de trois mois j'étais en état de lire couramment une page de texte imprimé!
Quant à la traduction, c'était une autre affaire. Le sanscrit est aux langues modernes ce que l'algèbre est à Parithmétique. Il faut avoir trouvé la clef pour la comprendre dans ses combinaisons presque mathématiques. Ce fut alors que l"idée me vint de faire appel à cette force de volonté qui, en diverses circonstances, m'avait déjà tiré d'embarras.
Mais, à mon grand dépit, je sentis qu"il m'était impossible d'opérer à nouveau ces concentrations d'énergie qui naguère se produisaient pour ainsi dire spontanément. En fait, ÿétais redevenu un être nor2 70 L,lNI'I`lATlON mal, équilibré, médiocre comme la presque unanimité des hommes. Je m'irritai et laissai là mes livres de sanscrit.
Puis je commençai mon droit, et la mort subite de mon tuteur m'ayant mis en possession de mon capital, grâce à une émancipation qui avança ma majorité de quelques mois, je changeai subitement d'allures, je m'enivrai de ma liberté et me lançai à toutes brides dans les plaisirs dont jusqu'ici je n'avais même pas conçu l'idée.
Je devins, pour tout dire, un abominable gamement; et cependant -- puissance de Fatavisme - même dans les entraînements les plus stupides, même quand mes compagnons de plaisir surexcitaient ma vanité de richard, comme ils le disaient, même quand j'obéissais aux caprices de ces créatures qui exploitent notre niaiserie, survivait, revivait plutôt en moi l'esprit d'ordre de mon père: je ne dépensais que mon revenu, à peu près mille francs par mois, ce qui constituait une liste civile de roi, au quartier latin.
Cinq ans se passèrent ainsi. Je me souciais médiocrement du droit et ne passais mes examens qu"à mon corps défendant. Que deviendraís-je? Je ne m'en préoccupaís pas.
N'eut-il pas mieux valu d'ailleurs pour moi de rester dans cette fange, où peu à peu je me serais engourdi et noyé que d'en avoir été violemment arrachél... pour remonter, remonter si haut qu'aujourd*hui je n'ai plus qu'un degré' à franchir pour atteindre la toute-puissance... ou la mort.
A BRULER 27l Ce qui décida de mon avenir fut une querelle ridicule, qui s"engagea en un restaurant de nuit, entre moi et un étudiant, à propos d'une þÿû l l e perdue, et qui s'éleva à un tel diapason de violences et de menaces qu'on nous expulsa de Pétablissement. Nous nous trouvâmes sur le trottoir, mes compagnons, les femmes et mon adversaire. Celui-ci continua à m'insulter.
C'était un colosse. un Provençal, aux épaules énormes, aux bras de ler. Cependant ce fut moi qui le premier levaî la main. Nous nous ruâmes l'un sur l'autre. En un clin þÿ d ' S i l , il m'eut saisi par le milieu du corps, et je me sentis comme pris dans un cercle qui en se serrant allait écraser ma poitrine et me briser les reins.
Alors. par un effort cérébral, identique à celui qui jadis m'avait révélé le sens d'une_ phrase de Tacite, toute ma vigueur se concentra dans mes mains, dans mes avant-bras, dans mes biceps. Je frappai... ou plutôt quelque chose qui sortait de moi et était plus que moi - atteignit l'homme qui râla et tomba... Et moi aussi je m'écroulai de toute ma hauteur, inanimé, à demi-tué par l'exhaustion de þÿ l ' eû ` o r t .
Ici s'arrète la première partie de ma vie : je puis dire cela, quoique six ans seulement se soient écoulés depuis cette catastrophe, car en ces six années j'ai plus vécu que pendant les vingt-cinq premières... j'ai trente et un ans. .Pen ai cinquante. Et d'ailleurs est-ce qu'à la veille d'une bataille, on sait Page qu'on a... L'àge réel, c'est la proximité de la mort.
2 72 IÎINITIATION VI Je revins à moi au About de trois jours, pendant lesquels je n°eus pas un seul instant la notion du monde extérieur, et cependant je savais que j'étais vivant. Seulement tout en moi était lié -- esprit et corps ++ dans Pinextricable réseau d'un engourdissement qui ne m'eût permis ni une pensée ni un mouvement. La première impression extérieure qui parvint jus« qu'à moi fut le son de deux voix.
L'une mâle, conte~ nue, grave; l'autre, d'une douceur, d'une musique exquise, et si pénétrante, si conquérante pour ainsi dire, qu'il me sembla que tout mon être,était une harpe vibrant à l'unisson. JULES LERMIIQA. (A suivre.) lin ÿrnmx A PAPUS I mais Om etDenderah un beau Sphinx deporphyre Lève son _/ront vermeil þÿ q u eû l e u r e le Zéphyre, Et ses seins nus baisés desfélins rugzlssants ; Il se dresse, immortel, virginal, impassible,
LE semux 2 7 3 Sous les caresses d'or du jour immarcessible Et les rouges splendeurs des soirs incandescents. Il Soyons comme le Sphinx.
Ayons lefront qui pense, þÿ L ' S i l qui rêve, la bouche aux lobes toujours clos; ans souci du labeur, ni de la récompense, u'il nous tombe des cieux, du soleil ou des_/lots, insi que le Taureau creusons la terre ingrate, I linés sous le joug de l'âpre Volonté; Os s aussi: parfois le pâle Idéocrate Doi vdevenir semblable au Lion irrite'; Vou ir ne þÿ s uû i t p a s , combattre est necessaire.
Lutto _, mais ayonsfoi, car le triomphe est sûr, Et notre, être þÿ aû r a n c h i de l'humaine misère, Comme lfAzg*le ouvrira ses ailes vers l'a{ur. l FABRE mas Essiuzrs. l *BUILILETIINS PETIT BULLETIN THÉOSOPHIQUE þÿ s o c u - îû ã 'rnùosovmqus HERMÈS Résumé des travaux du Bureau pendant le mois x de novembre A la réunion du 5 nov., la question suivante est choisie pour être soumise aux membres de la société : a Etude sommaire de la valeur des quatre premiers nombres en occultisme : l'unité, le binaire, le ternaire la
2 74. . þÿ 1 . ` 1 x m : . 1 u o x quaternaire et leurs rapports sur le plan physique. þÿ : Les travaux devront être adressés pour le 25 nov. au siège social, tzz, boul. St~Germain. Réunion du |z.- Lecture d'une lettre du secrétaire correspondant annonçant qu'il est en possession de plusieurs lettres inédites de Kool-Houmi et qu'il les communiquera aussitôt que la traduction en sera faite.
Réunion du 19. - Examen des demandes `d'admission ; adoption des règlements du bureau; fixation de la séance générale au lundi 26. Groupes de la S. T. Hermès en Province. - Plusieurs groupes de province de la S. T. Hermès sont en voie d'organisation.
L'un d`eux formé au sem d'une L.°. sera sous peu transformé en branche de la Société Mere. * #4 niumcx-nz þÿ É s o r a m q u e DE LA 'r. s. _ Une branche ésotérique de la Société Théosophique vient d'être fondée à Londres. Nous ne doutons pasdu succès de cette nouvelle création, vu la haute valeur de Finspiratrice intellectuelle de la T. S. placée à la tête, et nous lui envoyons tous nos souhaits de rapide prospérité.
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SOMMAIRE L'Europe en Afrique. - L'Arbitrage. - France et Italie, .- Chronique de la Paix. - La Paix armée. - Le Tonkin meurtrier. - Le congrès international des trade's unions. - Le congrès de Romans. - Paix ou guerre avec Yétranger en 1889 ? - Les Belges à þÿ P a r i s : - Association des ieunes amis de la paix. - Pigeons voyageurs. - Almanach illustré de la paix pour þÿ l ö s gû - Etat-civil du Familistère. - Avis aux Lecteurs. - Avis. Les Sciences mystérieuses, 17, rue des Fabriques (Bruxelles).
276 L'xNi'rxA1'xoN 9° année n° 14. þÿ : - Soumtine. - zo novembre 1888 Léo ne MORVILLEI Le your des morts. _ H. PELLE- *rxsnz La bi-corporeité ou dédoublement de la personnalité. - Cercle d'études psychiques : statuts constitutifs. - LUMEN : Revue du mois. - L. S. : Bibliographie. Le Magicien-. Directrice M* Louis Mond, 14, rue Terme (Lyon). _ PETIT BULLETIN FRANC-MAÇONNIQUE Un mouvement important se produit en ce moment dans la Franc-Maçonnerie.
Les journaux spéciaux parlent en termes voiles de névolte, de scis-ion, etc. Des dissensions importantes se sont en effet produites entre certains frères de hauts grades et par suite prennent une importance considérable. C'était là une terminaison presque fatale de l'abandon des données du symbolisme traditionnel pour adopter le mndusgvívendi du monde parlementaire.
Nous pourrions espérer un rapprochement si les choses n'avaient pas pris dès le début un caractère d'acuité trop prononcé; nous sommes donc à la veille de nouvelles créations franc-maçonniques. Quoi qu'il en soit, nous msérons avec plaisir la communication suivante: La Maçs. française commence à voir qu'elle fait fausse route.
Son immixtion désormais ouverte dans les luttes de la politique militante, commence à porter les fruits qu'on devait attendre de cette dérogation aux vrais principes de l'ordre. Le désarroi des esprits est à son comble. La raison d'être de la maç.°. échappe à la plupart des maçons.
Leur marche s'empêtre dans les mailles thin symbolisme qu'ils ont cessé de prendre au sérieux et qu'xls mutilent sans comprendre qu`ils sapent ainsi la base même de l'institution maç.'. Heureusement que le bien nait souvent d'un excès du mal. - C'est ainsi que les abus, devenus intolérables en
BULLETXNS 277 maç.-., ont provoqué un mouvement de régénération symbolique, dont il est permis d'attendre d'heu:-eux résultats. i Le groupe d'études initiatiques, fondé récemment au sein de la maçx. parisienne, lait paraître, sous la signature d'un de ses membres, un article dans le numéro de décembre de la revue théosophique le Lotus.
C'est ne sorte de proclamation de principes, dont le titre: La F.'.-M.'. au point de vue de l'Initiation Occulte þÿ : , fait prévoir þÿ s u tû s a m m e n t l'esprit. ._____.Î- . REVUES MAÇONNIQUES La Chaine d'Union de Paris.
Journal de la Maçonnerie universelle. - 24° année, novembre 1888. (Recommandée.} so1v1M.um: Pnsmixn PARlS.-- La Franc-Maçonnerie et le Passé (41 |); -- La situation présente de la Franc-Maçonnerie; - Notre hésitation à en parler ; - Gr.'. Ors. de France, - Faits graves qui nous sont signalés ;-- Suprs.
Cons.*. pour la France et ses dépendances (Rite Ecossais Ancien Accepté); - Les dissensious au sein de l'Obédience Ecossaise (412) ; - Considérations explicatives ; -7 Renseignements sollicités et obtenus sur les dissidences et les troubles survenus; - La Pl.'. du Frs. HUB:-:RT du 2.4 octobre au Secrétx. Génx. Gr.'. Chancv. du Rite (41 5); -_La présence du Fr.'. HUBERT et celle de quelquesuns de ses Collègues du Supr.'.
Cons.: à l'AssemblÊe des Dissidents, du 29 octobre (416) ; - La Pl.*. du Fr:- HUBER1-, du 30 octobre, au Secréts. Gíns. (4.17) ; - _La séance du 31 octobre du Supra. Cons.: ; - Faire de la politique militante n'est pas ,du rôle des AA.'. Maçonn.'. ; - La Presse Cléricale et la Maçonnerie (4l7), etc., etc.. Bulletin Haçonnique de la Grande Loge symbolique Ecosþÿû a i s e . - Paris, rue Monge, 29. - France : un an: 6 fr.; La Truelle. - Paris.
17, passage Saulnier. - Un an : 12 fr. = Le Monde Haçonnique, 32, rue Perronnet (Neuilly).- Abonnement: l2 francs par an. þÿ :
2 78 L,lNITlA'l`lON Bulletin hebdomadaire des travaux de la Maçonnerie française, tt, rue Cadet. - Abonnement : 2 fr. So. Bulletin du Grand Orient de France, 16, rue Cadet. - Abonnement :- 5 francs. PETIT BULLETIN MAGNÉTIQUE ZAMORA Ainsi que nous le disions dans notre dernier numéro, nous avons assisté aux expériences de Zamora et nous tenons à donner quelques détails à ce sujet.
Disons tout d'abord que, quoique opérant dans un milieu de sceptiques, Zamora a réussi, au delà de toutes prévisions, ses essais de lecture directe dans la pensée, au Figaro et au Petit Journal, qui lui consacrèrent chacun un compterendu dans leur numéro suivant. Ce qui différencie ce sujet de tous ceux que nous avons vus jusqu'icí, c'est qu'il obéit à un ordre mental sans entrer le moins du monde en contact avec la personne qui pense l'acte.
On connait comment Zamora fut, du jour au lendemain, l'obiet de violentes polémiques de la part des journaux. Laissons à ce suÿet parler Plntransigeant. HYPNOTISME Un de nos confrères raconte qu'un fait bizarre lui arrive de þÿ P a i m b S u f ; ila fait sensation dans la LoireInférieure: nous n'entreprendrons pas de Fexpliquer.
Le juge d'instruction assistait avec plusieurs de ses amis aux expériences d'hypnotisme données par un certain Zamora. lfopérateur ayant þÿ aû i r m é que, s'il se trouvait en contact avec un voleur, et si le voleur pensait .un seul instant à l'objet volé et à sa cachette, lui-même découvrirait aussitôt ladite cachette, les magistrats se rendirentà la prison de þÿ P a i m b S u f , Pintroduisirent auprès d'un accuse qui niait avoir volé et caché plusieurs ceutaines de francs.
Après quelques instants de contact, Zamora quitta le détenu; les magistrats, anxieux, le suivirent iusqu'auprès de la gare, où, à leur grande þÿ s t u - : péfaction, ils trouvèrent la somme dans le creux d'un vieux mur. ` _
BULLETINS 2 Les faits cités ci-dessus étaient parfaitement exacts et la même experience fut refaite depuis plusieurs fois, toujours avec le même succès. Ces phénomènes constituent une des plus sérieuses preuves qu'on puisse invoquer en faveur de l'existence þÿ d uû u i d e dont se sont tant moqués les savants. Ils en reviendront.
Il était cependant fort intéressant pour les occultistes de savoir les sensations éprouvées pendant les expériences par Zamora et c`est à ce sujet que nous favons interrogé. Dès qu'il commence une expérience, le sujet est dans un état de très grande surexcitation nerveuse et devient sensible à toute þÿ i nû u e n c e psychique.
Si alors un assistant lui ordonne mentalement un acte, voici ce que ressent Zamora: prenons un exemple pour plus de clarté: Un assistant vient de penser: « Vous allez vous rendre à la bibliothèque et prendre au milieu des Soo volumes qu'elle contient tel ouvrage dans lequel j'ai mis cette après-midi une feuille de papier. þÿ : : (Expérience du Figaro.) Aussitôt Zamora, qui a les yeux bandés, sent une impulsionirrésistible vers un but encore_inconnu de lui.
Il obéit.C'est alors 'qu'il traverse sans hésiter les nombreux couloirs d'une maison dans laquelle il n'étaitjamais venu, et se rend inconsciemment à l'endroit indiqué. Là un nouveau phénomène se produit pour lui. Le livre lui apparaît lumineux au milieu de tous les autres et il le voit s'ouvrir à l'endroit indiqué. Il exécute alors Ce qu'il a vu et rien de plus. Il en est de même pour tous les autres phénomènes qu'il produit.
" Il ne faudrait pas confondre ce genre tout spécial de facultés avec celles des sujets habituels des magnétiseurs; c'est ce que démontre parfaitement notre confrère, le magnétiseur Roanirr, avec son sujet MU' JEANNE. M. Robert exécute des expériences comparativement à celles de Zamora, qu'il a présenté au Figaro, pour prouver ce fait, et il le prouve parfaitement. Du reste, nous aurons sans doute occasion de reparler encore de tout cela. P.
2 80 L,INITIATION PRINCIPALES REVUES MAGNÉTIQU ES Journal du Magnétisme, Directeur: H. Dunv1L1.n, 23, rue St-Merri, Paris. Le Magnétisme, revue générale par Doiwvro. La Chaine Magnétique, directeur: L. Aurriucnn, 15, rue du Four-St-Germain, Paris. ÎÎ... ' PRINCIPALES SOCIETES MAGNÉTIQUES Société magnétique de France, 23, rue St-Merri, Paris. Séance d'é1ude tous les samedis, excepté le dernier samedi de chaque mois.
Les séances ne sont pas publiques. On peut obtenir une invitation, en demandant au siège social. . ' onnm: þÿ n U _ J o u 1 : . nu szuvnzoi 24 Novt-:Mani: 1888 Admissions et Nominations; Congrès international de Magnétisme. - Discussion des bases de Forganisation ; Nomination d'une Commission pour l'étude du projet de M. Cazalis, tendant à la fondation d'une Clinique de la Société. _ Institut Magnétologique de Paris.
Séances þÿ e x p é r i m e n a tales le dernier vendredi de chaque mois, IÖ7, Gale» rie de Valois (Paris). Cercle électro-magnétique de Paris, zo, rue de Grammont. D' Fovmu nn CCURMELLES. i PETIT BULLETIN SPIRITUALISTE Un mouvement très accentué de I'opiníon scientifique vers le spiritualisme se produit en ce moment.
On est loin déjà des þÿ aû î r m a t i o n s matérialístes de Buchner lesquelles firent, il y a un peu plus de trente ans, lorsque parut Kraft und þÿ S t oû ' (Force et Matière) une véritable révolution en Allemagne et par suite en France et en Angleterre. Ne croyez-vous pas, Monsieur, qu'il serait opportun de provoquer à Paris en 1889 un congrès psychologique?
1zu1.1.E1'1Ns 28 1 ll serait facile de créer un centre de ralliement auquel enverraient leurs communications les personnes qui iugeraient ce congrès utile.
Aisément on arriverait à trouver les moyens de mettre cette idée à exécution (1). _ A mon avis, il faudrait prendre la question de haut, laisser dans le futur congrès toutes les idées se produire, il pourrait alors jaillir une lueur bienfaisante de ce trav_a1l fait en commun par des hommes tolérants et éclairës. þÿ :Le domaine de la psychologie est assez nettement déterminé et les méthodes de cette science assez bien établies pour que la matière ne manque pas à un tel congrès.
En dehors des travaux ordinaires de toute assemblée de ce genre, certain membre apporteraient évidemment ce que l'on pourrait appeler des documents humains; en présence de témoins compétents, diverses expériences seraient faites et discutées,des cas pathologiques seraient étudiés. þÿ E nû n , un semblable congrès ferait certainement surgir d`eux-mêmes les résultats.
La nouvelle philosophie gagnerait beaucoup à ce rapprochement qui il été si fécond pour les autres sciences. , ll va de soi que ce congrès devrait être international, ,libre de toute attache et dégagé de tout parti d'école. PRINCIPALES REVUES þÿ s 1 : 1 R 1 ' 1 ' E s La Revue Spirile, journal d`études psychologiques (bi-mensuel), 1, rue Chabanais. - Abonnement: lO fr.
SOMMAIRE nu N" zz Avis (673). - Commémoration des morts, 1" novembre 1888 (673). - Dégagement et ascension de l'espri1 (676). - Le Spiritisme et la science (suite) (679). - Un nouveau projet d'assistance (suite) (1385). - Expériences magnétiques (6131). -- Les éléments d'une explication rationnelle (693). - La double vue des des somnambules (ó93). - Phénomènes psycho-physio- -(1) Envoyer provisoirement les adhésions au bureau du journal, ou à Potomé, P1erre, å Vincennes (Seine). `
2-82 IÎINITIATION logiques (6g9). - Une proposition (7oz). -- Avis aux postes et télégraphes (yoz). -- Appel des spirites de Seraing (7o3). -Journal d'études psychologiques (7o3),, -'Nécrologie (7o4). - Bibliographie (7o4). - Le Spiritisme (bi-mensuel), 39, passage Choiseul. - Abonnement: 5 francs. La Lumière. - Directrice Mm Lucv GRANGE, 35, boulevard Montmorency (Paris-Auteuil). - Abonnement : 6 francs.
La Vie posthume, 27, rue Thiers (Marseille).- Abonnement : 6 lrancs. í þÿû î ä n m n e e a n e u t m ' ISTAR Istar est un retour au dranatisme du Vice Suprême. Après les tableaux parisiens de Curieuse, après les subtilités de l'Initiation sentimentale et les voluptueuses liturgies d'A þÿ C S u r perdu, þÿ J o s é rû m PÉLADAN revient au genre qui le rendit célèbre du jour au lendemain.
V Certes, Istar contient de profondes idées, telle la théorie de l'aristocratie humaine, et des pages musicales presque étrangères à Faction, comme la légende de Plnceste; mais cette part réservée aux penseurs et aux þÿ r a fû n é s disparait dans le drame. Istar est une orpheline juive d'origine orientale qu'épouse par amour un soirier lyonnais. Jusque vers quarante ans, Istar subit le devoir ; mais Nergal, le romancier, passe à Lyon.
Et alors commence entre ces deux natures d'élite un amour chaste, un amour idéal qui n'est que l'union de leurs deux âmes. Après le départ de Nergal, l'opinion lyonnaise, incapable de comprendre* la grandeur et la pureté de Mm' lstar, Pécrase sous la= calomnie. La province est traitée dans ce livre avec une violence» sans bornes. Original et puissant , Joséphin Péladan a semé dans Istar les situations les plus imprévues et les plus neuves. Le livre þÿû n i t sur une malédiction furieuse, après des duels, surla. tombe même de Mm' Istar.
þÿ n | m . 1 o G 1 < A x : H i | : 283 Pour la première fois, dans son nouveau roman, l'auteur du Vice Suprême présente des héros humains vécus, et plus passionnants que les impavides Merodack. Au reste, ce changement dans la manière vient d`un changement dans la carrière. .loséphin Péladan a mis å la þÿû n de son livre : EN þÿ 1 : i : | : c T n i v t ~ : : Istar, drame en cinq actes.
M. Barbey-d'Aurevilly et les pairs de M. Péladan l'ont poussé dans cette voie qui leur semble la sienne. Ce serait, à tous les points de vue, une curieuse première que celle-là; car M. Péladan est allé _à Bayreuth, cet été, avec son éditeur, M. Edinger, pour étudier les procédés scéni(ues de Wagner. Istar comprend deux volumes à z francs pièce, ce qui les met au même prix qu'un in-18 ordinaire.
Il a été tiré trois cents grand papier in-8 et in-t8 contenant un frontispice de Knoplï, dont l'éloge n'est plus à faire. On peut recevoir, franco. les 6 volumes parus de la Décadence latine, y compris Islar, qui en forme les tomes V et VI, en adressant un mandat de iz francs à Yéditeur Edinger, 34, rue de la Montagne-Sainte-Gene~ viève, Paris. þÿ l : * | L'I-IOMME AUX LUNETTES D'0R Quoi, un livre sur la bohême?
Eh oui, et c'est même un livre très actuel que l'Homme aux lunettes d'or, de M. Noêl Amaudru, par-cette raison bien simple que la bohême est l'éternel provisoire de tous les débutants, comme aussi le refuge de tous les vaincus de la vie.
Voici qui va bien étonner M. Prudhomme, s'il lit cette courte notice; mais le développement « de l'art de vivre de ses rentes sans en avoir þÿ : ,comme disait, avec sa bonhomie narquoise, le héros de M. Noël Amaudru, est en proportion directe de l'élévation du niveau intellectuel d'une nation.
Malheur aux peuples qui n'ont pas de bohêmel Ce sont des peuples dénués d`cntrain, de jeunesse et de spontanéité.
Ils ne manqueront pas de bras pour Pagriculture; mais l'ennui naîtra certaine2 84, LEINITIATION ment de l'uniformité de leur bien-être et, ne pas s'en" nuyer, c'est là vivre! ll faut. à tous ceux que tement les pommes d'or des Hespérides, les joyeuses escarmouches contre le créancier, cet ennemi séculaire de la littérature, Pincertitudc allègrement supportée du lendemain, la pauvreté, þÿ e nû n , mise en quatrains, et non en élégies, pour les préparer aux batailles décisives.
Pensez donc, s'ils n'avaient, pour se défendre, que les inévitables appels å la fraternité des discours de distributions de prix! Ignace Courchinoux, « l'homme aux lunettes d`oi þÿ : , n'est point, cependant, le þÿû l s légitime de Schaunarcl, il n'est pas davantage Víngtras. Entre le ricanement farouche de ce dernier et la fantaisie abracadabrante du premier, il occupe le iuste milieu.
C'est le bohême lingé qui s'en va à travers l'existence, avec la logique du hanneton enfermé entre quatre murs, armé d'une gravité de pince-sans-rire, peu scrupuleux sur les moyens, peut-être parce qu'1l n`en a pas le choix. ondoyant et divers dans ses þÿ aû ` e c t i o n s . .ie soupçonne qu`il ne vous est pas inconnu et, malgré l'obscurité malicieuse que M. Noêl Amaudru laisse planer sur la þÿû n du personnage, il se pourrait qu'il eût fait quelque part, dans une sous-préfecture quelconque, une þÿû n bourgeoise et administrative... . = Je n'en dis pas plus long. Il faut bien laisser quelque surprise au lecteur.
J'a]outerai seulement que le volume, quoique coté à 2 francs, a été édité avec un soin particulier par l'éditeur Eoiucizn, qu'il est orné de plus de 150 illustrations dues au spirituel crayon de M. Oswald Levens, et qu'il se vend chez tous les libraires au prix de z francs. * 44 LE MAGNÉTISME PRATIQUE, par MM L. Morin. Prix: 25 cent. Enmcnn, éditeur.
Dans cette brochure, la directrice du Magicien expose en un dialogue parfois amusant les données principales du Magnétisme. Les procédés qu'elle donne sont pratiques et nous ne pouvons que recommander cet ouvrage aux personnes qui veulent apprendre à magnétiser.
BIBLIOGRAPHIE 2 8 5 Toutefois, nous ferons un gros reproche à l'auteur; c'est de ne pas citer les maitres dont il donne des extraits, entre autres Eliphas Levi. et de vouloir s'attribuer les découvertes de Mesmer et de Du Potet. þÿ U o fû c i a l i s m e use trop de ce procédé pour que les occultistes ne Pabandonnent pas de suite. COURRIER BIBLIOGRAPHIQUE C'est le Supplice de Famanl qui ouvre le feu. M. L.
Gagneur, que beaucoup de nos confrères ont comparé non sans raison à George Sand, nous donne dans ce volume tout poignant d'émotions, un drame que dans la realité nous côtoyons tous les jours, quand nous n'y sommes ou acteur ou comparse. Le titre à lui seul est toute une révélation : nous pensons pourtant que l'auteur a dû chercher quelque peu avant de s`y arrêter.
Son þÿ S u v r e pourrait aussi bien s'appeler : le Drame étern el; la Suprême folie, etc. Le Supplice de I'amant débute par d`exquises peintures; ensuite, c'est un salon mondain avec ses conventions puériles, ses honnêtetés de pacotille, ses vertus faciles. Ce morceau, comme tout le livre du reste, est traité de main de maitre.
On songe tristement à ces rastaquouères du monde, mais plus encore aux êtres charmants qu'un sourire illumine; on songe à toutes ces femmes - qui, comme l'a dit Proudhon, seraient mieux au sein de la famille-à ces femmes ndulées, prónées, célébrées sur tous les tons, à ces femmes aux þÿ m S u r s plus ou moins légères, au þÿ c S u r trop þÿ i nû a m m a b l e , que ce milieu þÿ s u r c h a uû é de la vie rnondaine perd, dégénere et tue.
Elles sont riches! Elles sont puissantes l Le mari est quelqu'un! Respectons-les! Platitude humaine 1 Peut-être seulement: politique intelligente et diplomatie habile autant qu'intéressée. Quel spectacle vous offrez au penseur. Respectées si vous êtes présentes, femmes, prenez garde! sitôt le dos tourné on vous couvrira de boue. Cachez vos fredaines, voilez vos débordements, soyez
286 L,lNlTlATlON _ hypocrites et il vous sera beaucoup pardonné; mais soyez surtout la femme ou la maitresse d'un puissant de la terre et tout vous sera permis. Les salons s'ouvriront devant vous; on vous entourera d'un essaim de jeunes þÿû l l e s pures autant que jolies. Pompadour l Marie- `Thérèse_ vous appellera c ma þÿ s S u r þÿ : .
Comédie 1 Comédie! et c'est cela le monde, et c'est cela la société, et c'est de cette bouíllabaisse - oh! le mot est lâché - dont on brigue si ardemment d'êtreP Il y a des moments où l'on approuve les trappistes, où l'on comprend les ermites. M. L. Gagneur, sans grands mots, finement, spirituellement vous introduit dans ce milieu. On entre en plein dans le drame.
Un grand amour, le premier, le seul vrai, endormi depuis huit ans, se réveille tout à coup. La femme est mariée; elle est mère. Le mari est grand, loyal et bon. Uamant est un brave garçon, plus, e'est un honnête homme. Voyez ces caractères aux prises ! Assistez à la désagrégation des sentiments honnêtes dans ces âmes d'élite. Tous luttent; mieux, `l'amant sauve le mari; le mari se bat pour l'amant.
En dépit des efforts de tous, la passion exubérante, irrésistible, éclate. Le ménage est bouleversé. La famille compte une épouse aussi coupable que mère indigne ; le déshonneur, le désespoir , la mort vont remplacer la paix, l'honnêteté, le bonheur. Le succès du Supplice d'un amant s'explique pour ceux qui ont lu déjà M. L.
Gagneur : style clair, charmant, enchaînement naturel, þÿ S u v r e vécue, d'où s'¿- cbappe une haute moralité : Voilà ses moÿens et ses charmes pour ensorceler lectrices et lecteurs. L L'exubérance de la passion, les péripéties tragiques, les situations étonnantes de vérité ; tout vous tient. On lit; on tourne þÿû è v r e u s e m e n t s les feuillets; on est ému, on est empoigné. On vit de la vie des personnages et Faction se déroule devant vos yeux comme si vousy étiez acteur. i *Q 1 .H
BIBLIOGRAPHIE 287 Tout dernièrement, résultat d'une polémique internationale entre docteurs. paraissait la Dernière maladie de Frédéric le Noble (1) par le D' Moasu. Macxuznsm. Le docteur Mackensie, répondant aux insinuations et aux accusations des docteurs allemands, fait un historique absolument complet et méticuleux de la maladie du meilleur empereur qui ait régné dans l'Allemagne.
De son livre extrêmement intéressant. il ressort d'une façon incontestable que Frédéric III est mort plutôt victime de ses médecins que de sa maladie. On y voit le docteur Gérhard lui appliquant huit jours de suite le thermo-cautère sur les cordes vocales.
Plus loin, c'est le docteur Bergmann, qui, d'après le docteur Mackensie, est aussi brutal qu'orgueilleux, qui appliquant la canule d'une main mal assurée, la force à pénétrer dans les tissus du cou, provoquant ainsi un abcès dont l'Unser Frit; devait mourir. M. J. de Bonnefon a appelé la maladie de l'empereur d'Allemagne un Drame impérial. On ne peut contester que la tragédie n'ait habité les palais où était transporté Frédéric III.
Le livre que publie M. P. Ollendorf fait partie des documents historiques. La dernière maladie de Frédé-- ric le Noble est une page d'histoire à laquelle il sera souvent fait allusion. Dans les livres qui appellent notre attention par le succès qui les accueille ou par les rééditions remarquables citons : .Portraits et Aventures de M. GUY nr. Cx-names.
Les Mystères du peuple (2) édités avec grand soin et luxe par M. MAURICE Lacuxrns, en livraisons à dix centimes. N Le Bonheur à trois, par A. CHARPENTIER, dont la nouvelle édition est demandée pour Fétranger, est un livre des mieux étudiés. . (1) Un joli volume in-18, 3 fr. So chez Paul Ullendorf, rue Richelieu, 28. (2) Publiés en livraisons il to_c. chaque semaine par M. Lachãtre Librairie du Progrès. 16, rue Bertin-Poiree.
2 88 1.'mmA'rloN Le Sportman, par M. de Lmcnv, intéressera tous les amateurs de chevaux. ~.Ce livre traite d'une manière fort intelligente la question du cheval de luxe. C'est un véritable manuel du sportman. G. FABIUS ne þÿ C H . u u : v n . r . n . PROTESTATION On annonce que l'illustre inventeur KEELY vient d'être incarcéré pour avoir refusé de livrer son secret au public.
Tous les occultistes, quelle que soit l'école à laquelle ils appartiennent, ne peuvent que protester avec la dernière énergie contre cet_acte arbitraire de mesquine vengeance. _ VARIÉTÉS þÿ N o u v t z ¼ u a s þÿ ' rû é n a a u z s Dans quelques jours débute à la Comédie-Française, une jeune artiste de grand talent, M"° Bertiny.
Après avoir suivi les cours de M. Sady-Pity (de l`Odéon), professés à l'Union française de la Jeunesse, section de Montmartre, il a suffi, à la ieune artiste, d'un an seulement pour remporter le premier prix de Comédie. Félicitons vivement son jeune professeur, ainsi que l'Union française de Ia Jeunesse fout entière pour ce beau succès. . Le Gérant : G. Errcaussn. rouns, mr. n. .umAu|.*r nr cie, nue ne LA rmît-'sc-runs, 6
AVIS DIVERS, RENSEIGNEMENTS RÉDACTION ABONNEMENTS * 58, rue Saint-A ndré-des-Arts 14, rue de Strasbourg, 14 FRANCE, un an. IO fr. PARIS ETRANGER, - _ I 2 fr. Chaque rédacteur de Plnítíation publie ses articles sous sa seule responsabilité. Uindépendance absolue étant la raison d'être de la Revue, la direction ne se permettra jamais aucune note dans le corps d'un article. Les manuscrits devront être adressés à la rédaction de la Revue.
Ceux qui ne pourront être insérés seront renvoyés dans les deux mois. ABRÉVIATIONS Nous croyons devoir donner la liste des principales abréviations employées. þÿ s i g n iû e frère. Ven.*. Vénérable. L.'. Loge. M. S. T. Membre de la Société Théosophique. S. T. Société Théosophique. T. LS. indique la même chose en anglais (Fheosophical Society).
LIVRES, REVUES ET JOURNAUX Tout livre ou brochure dont LA Riãn/lc'rioN recevra deux exemplaires sera sûrement annoncé et analysé s`il y a lieu. ' Les Revues qui publieront le sommaire de l'Initíation jouiront du même privilège dans notre revue. Celles qui désirent faire Véchange sont priées de s'adresser à la rédaction. ,ii Administration, abonnements et vente au numéro : NI.
GEORGES CARRÉ, editeur 58, rue Saint-André-des-Arts, 58, ,PARIS UINITIATION paraît tous les mois Le Numéro de 96 pages af, Un franc.
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